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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>
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&lt;p&gt;Lire la premi&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; dans une bourgade agricole pr&#232;s de Vicenza, Pietro Tresso &#233;tait l'a&#238;n&#233; d'une famille de quatre enfants. Son p&#232;re, Luigi, issu d'une famille paysanne, devint ouvrier dans la plus importante industrie de la r&#233;gion, l'entreprise textile Lanificio Rossi. Les conditions de vie tr&#232;s modestes de ses parents, ne permirent &#224; Pietro que de fr&#233;quenter les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la premi&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233; dans une bourgade agricole pr&#232;s de Vicenza, Pietro Tresso &#233;tait l'a&#238;n&#233; d'une famille de quatre enfants. Son p&#232;re, Luigi, issu d'une famille paysanne, devint ouvrier dans la plus importante industrie de la r&#233;gion, l'entreprise textile Lanificio Rossi. Les conditions de vie tr&#232;s modestes de ses parents, ne permirent &#224; Pietro que de fr&#233;quenter les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Il fut, ensuite, apprenti tailleur. Sa formation intellectuelle, nourrie de nombreuses lectures d&#232;s son adolescence, fut celle d'un autodidacte. En 1909, &#224; l'&#226;ge de seize ans, il s'inscrivit &#224; la F&#233;d&#233;ration des Jeunesses socialistes et, l'ann&#233;e suivante, il participa &#224; la fondation du Cercle des jeunes socialistes de Magr&#233;. Son premier combat politique fut anticolonialiste : en 1911, il contribua &#224; organiser une manifestation contre l'intervention militaire italienne en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es de travail syndical parmi les paysans de sa r&#233;gion, une des plus catholiques du pays, Pietro Tresso fut envoy&#233; &#224; Milan, en mai 1914, afin de suivre un stage de formation syndicale dans l'&#233;cole l'&#171; Umanitaria &#187;. Un mois plus tard, il partit pour les Pouilles et s'installa &#224; Gravina, un important centre rural d'environ 20 000 habitants, pour y d&#233;velopper le syndicat des travailleurs agricoles (braccianti). C'est l&#224; qu'il fit sa premi&#232;re exp&#233;rience de dirigeant syndical. Peu apr&#232;s son arriv&#233;e, il fut &#233;lu secr&#233;taire de la Ligue des paysans de Gravina et commen&#231;a &#224; collaborer &#224; La Conquista, le journal des socialistes des Pouilles, publi&#233; &#224; Bari. En janvier 1915, il fut appel&#233; &#224; faire son service militaire. Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, il se rallia &#224; la majorit&#233; du Parti socialiste italien (PSI), qui &#233;tait oppos&#233;e &#224; la guerre. Il distribua l'appel de Zimmerwald au sein de l'arm&#233;e. Cette activit&#233; antimilitariste lui valut un proc&#232;s, mais les charges retenues contre lui furent insuffisantes et il fut envoy&#233; dans une &#171; compagnie disciplinaire &#187;. Revenu &#224; Vicenza &#224; la fin de la guerre, avec le grade d'officier et pensionn&#233; &#224; 80%, il reprit son activit&#233; politique au sein du PSI. Il commen&#231;a &#224; &#233;crire pour son journal local, Il Visentin. Dans le PSI, il adh&#233;ra au courant dit &#171; maximaliste &#187; de Serrati, favorable &#224; la r&#233;volution d'Octobre et dispos&#233; &#224; adh&#233;rer &#224; la IIIe Internationale, mais oppos&#233; &#224; une rupture avec le courant r&#233;formiste dirig&#233; par Turati.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1920, Pietro Tresso fut &#233;lu au conseil municipal de Magr&#233; et au conseil provincial de Vicenza, lors d'une &#233;lection qui marqua une forte avanc&#233;e du PSI S'&#233;loignant de Serrati, il participa &#224; la cr&#233;ation de la fraction communiste de Vicenza, qui l'envoya comme d&#233;l&#233;gu&#233; au congr&#232;s national du PSI Le congr&#232;s de Livourne, en janvier 1921, marqua la fracture du socialisme italien. Bien que minoritaire, le courant communiste, dirig&#233; par Amadeo Bordiga, quitta le PSI et constitua le Parti communiste d'Italie. Rentr&#233; &#224; Vicenza, Tresso fut nomm&#233; directeur du nouveau journal du parti, La Lotta communista. La fraction communiste devenant majoritaire dans la CGL de Vicenza, il fut envoy&#233; &#224; Milan o&#249; il commen&#231;a &#224; collaborer &#224; la r&#233;daction du journal syndical Il Sindicato rosso, l'organe italien de l'Internationale syndicale rouge (ISR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1922, Mussolini prit le pouvoir. Dans une situation de guerre civile latente, les affrontements se multipliaient entre les militants ouvriers et les &#171; chemises noires &#187;. Tomb&#233; dans une embuscade, Pietro Tresso fut durement battu par une bande fasciste dans une rue de Milan. Pendant cette ann&#233;e cruciale, il se rendit &#224; plusieurs reprises &#224; Berlin pour coordonner le travail de l'ISR. Il participa, &#224; Moscou, au IVe congr&#232;s du Komintern et au IIe congr&#232;s de l'ISR, au cours duquel il intervint pour d&#233;fendre la th&#232;se du r&#244;le dirigeant du Parti communiste &#224; l'&#233;gard des syndicats. Avant de rentrer en Italie, &#224; la fin de 1923, il fit une nouvelle &#233;tape de quelques semaines &#224; Berlin, o&#249; il connut Debora Seidenfeld, &#171; Barbara &#187;, qui devint la compagne de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, Pietro Tresso fut incorpor&#233; &#224; la direction du travail syndical du PCI. C'est &#224; partir de cette p&#233;riode qu'il noua une relation &#233;troite d'amiti&#233; et de collaboration avec Antonio Gramsci, qui &#233;tait devenu le principal dirigeant du parti. Tresso contribua &#224; la &#171; bolch&#233;visation &#187; du PCI, qui se traduisit essentiellement par la marginalisation de Bordiga au sein du groupe dirigeant, en d&#233;pit de son influence encore majoritaire dans le parti. Frapp&#233; par la dure r&#233;pression du r&#233;gime fasciste, le mouvement ouvrier connut des difficult&#233;s croissantes. Tresso fut arr&#234;t&#233; &#224; deux reprises &#224; Milan, en mai 1924 et en juillet 1925, lors de la dispersion de r&#233;unions syndicales. Peu apr&#232;s, le droit de gr&#232;ve fut supprim&#233; et les syndicats non-fascistes mis hors la loi. Pendant cette p&#233;riode, alors que Bordiga s'&#233;tait ouvertement oppos&#233; au nouveau cours de l'URSS et que Gramsci avait &#233;crit au Comit&#233; central du PCUS pour manifester son inqui&#233;tude &#224; l'&#233;gard des m&#233;thodes adopt&#233;es dans la lutte contre l'Opposition de gauche, Tresso semblait totalement absorb&#233; par les probl&#232;mes italiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1926, lors du congr&#232;s de Lyon du PCI qui marqua la d&#233;faite de Bordiga et consacra la domination politique de Gramsci, Pietro Tresso fut &#233;lu au Comit&#233; central. Favorable &#224; une r&#233;organisation globale du travail politique &#224; partir de cellules de base clandestines, il s'installa &#224; Rome, avec la t&#226;che de diriger le bureau pour le travail ill&#233;gal. C'est alors qu'il prit le pseudonyme de &#171; Blasco &#187; sous lequel il fut connu par la suite. Apr&#232;s la vague d'arrestations qui, en r&#233;ponse &#224; l'attentat contre Mussolini, avait durement affaibli la direction du PCI, Tresso fut coopt&#233; au Bureau politique du parti et en devint le principal organisateur. Le s&#233;jour dans la capitale &#233;tant devenu de plus en plus dangereux, Blasco s'installa &#224; Sturla, dans la banlieue de G&#234;nes, d'o&#249; il pouvait maintenir une liaison r&#233;guli&#232;re avec Alfonso Leonetti, qui avait install&#233; &#224; Recco la r&#233;daction clandestine de l'Unita, le quotidien du PCI. En f&#233;vrier 1927, dans la plus stricte ill&#233;galit&#233;, il organisa &#224; Milan une conf&#233;rence nationale de la CGIL, qui venait d'&#234;tre dissoute par Mussolini. A la fin de l'ann&#233;e, il dut quitter l'Italie pour &#233;chapper &#224; l'OVRA, la police fasciste. Il rejoignit alors le centre du parti dans l'&#233;migration &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, en 1928, o&#249; il participa au VIe congr&#232;s de l'Internationale communiste, Pietro Tresso ne manifesta aucune perplexit&#233; au sujet du tournant de la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187;, qui pr&#233;voyait une nouvelle vague r&#233;volutionnaire en Europe et qualifiait la social-d&#233;mocratie d'&#171; ennemi principal &#187;. Cela se traduisait, pour le PCI, par l'envoi massif de cadres en Italie afin de reconstituer l'organisation clandestine en vue d'une reprise imminente des luttes sur une vaste &#233;chelle. Tresso consid&#233;rait comme aventuriste et suicidaire une telle politique. Cependant, il ne remit pas en cause la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pietro Tresso v&#233;cut bient&#244;t &#224; Paris l'une des crises les plus profondes de l'histoire du PCI. Les divergences sur l'appr&#233;ciation de la situation en Italie &#233;clat&#232;rent &#224; propos de l'&#171; affaire Tasca &#187; qui venait d'&#234;tre expuls&#233; &#224; cause de son appui &#224; N. Boukharine. Togliatti, lui aussi li&#233; &#224; la &#171; droite &#187; boukharinienne jusqu'au VIe congr&#232;s du Komintern, s'&#233;tait ralli&#233; &#224; la derni&#232;re minute &#224; la majorit&#233; stalinienne du PCUS. Pendant la r&#233;union du Bureau politique du PCI qui devait sanctionner l'expulsion de Tasca, Tresso, appuy&#233; par Alfonso Leonetti et Paolo Ravazzoli, intervint pour critiquer l'orientation g&#233;n&#233;rale du parti et soulever des r&#233;serves &#224; l'&#233;gard de l'attitude de Togliatti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces divergences s'approfondirent fin 1929, lorsque Togliatti et L. Longo propos&#232;rent l'envoi en Italie d'un certain nombre de dirigeants du parti afin de reconstituer un centre &#224; l'int&#233;rieur du pays. Tresso, Leonetti et Ravazzoli, d&#233;sormais appel&#233;s les &#171; trois &#187;, reconnaissaient la n&#233;cessit&#233; de renforcer le travail clandestin en Italie, mais s'oppos&#232;rent aux m&#233;thodes et aux rythmes propos&#233;s par Togliatti. Le d&#233;bat sur le &#171; tournant &#187; italien fut tranch&#233;, en mars 1930, par le Comit&#233; central qui, suivant les indications de Moscou, approuva la ligne propos&#233;e par Togliatti et Longo, exclut Ignazio Silone et Ravazzoli du CC, r&#233;trograda Leonetti et exclut Tresso du BP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;cart&#233;s de la direction du PCI, les &#171; trois &#187; prirent contact avec l'opposition trotskyste en France. Ils avaient &#233;t&#233; frapp&#233;s par les articles de Trotsky parus dans la V&#233;rit&#233;, qui semblaient apporter une explication plus globale aux critiques qu'ils adressaient au &#171; tournant &#187; du PCI. La prise de contact fut favoris&#233;e par Alfred Rosmer, qu'ils avaient connu &#224; Moscou, o&#249; il s'&#233;tait li&#233; d'amiti&#233; avec Gramsci. Dans l'impossibilit&#233; d'exprimer leur point de vue dans la presse de leur parti, ils d&#233;velopp&#232;rent leurs analyses dans les pages de La V&#233;rit&#233;. En m&#234;me temps, ils entam&#232;rent une riche correspondance avec Trotsky. La collaboration avec les trotskystes entra&#238;na aussit&#244;t l'expulsion des &#171; trois &#187; du PCI. Entour&#233;s par un petit noyau de militants, ils cr&#233;&#232;rent la Nouvelle opposition italienne (NOI), qui partageait l'orientation g&#233;n&#233;rale de Trotsky. Rest&#233; sans ressources, apr&#232;s avoir perdu son poste de &#171; r&#233;volutionnaire professionnel &#187; dans l'appareil du PCI, Tresso reprit son ancien m&#233;tier de tailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre avril 1931 et mai 1933, Blasco contribua &#224; la publication de l'organe de la NOI, le Bollettino dell'opposizione comunista italiana. En m&#234;me temps, il participa &#224; l'activit&#233; du mouvement trotskyste en France. En janvier 1931, il fut &#233;lu au Comit&#233; ex&#233;cutif de la Ligue communiste et son activit&#233; dans le mouvement ouvrier fran&#231;ais l'&#233;loigna de plus en plus de la NOI. En novembre 1932, Pietro Tresso se rendit avec d'autres militants trotskystes &#224; Copenhague, o&#249; il put rencontrer Trotsky qui avait &#233;t&#233; invit&#233; dans la capitale danoise pour tenir une conf&#233;rence &#224; l'occasion du quinzi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution russe. L'ann&#233;e suivante, apr&#232;s la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne, l'Opposition de gauche internationale tint une conf&#233;rence &#224; Paris, en f&#233;vrier 1933, qui &#233;lut Tresso au Comit&#233; ex&#233;cutif international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s proche de Pierre Naville au sein de la Ligue communiste, Pietro Tresso s'opposa au tournant &#171; entriste &#187; dans la SFIO que Trotsky sugg&#233;ra &#224; partir de septembre 1934. S'&#233;loignant de la Ligue communiste, Tresso et Naville constitu&#232;rent un petit Groupe communiste internationaliste (GCI), qui finit par rejoindre &#233;galement le Parti socialiste. Pendant cette p&#233;riode &#171; entriste &#187;, Blasco milita dans les cercles exil&#233;s du PSI. Il collabora &#224; la revue italienne Quaderni di critica proletaria. Il fut &#233;lu au conseil g&#233;n&#233;ral du PSI en tant que repr&#233;sentant du courant &#171; bolchevik-l&#233;niniste &#187;. En 1936, apr&#232;s sa &#171; sortie &#187; du PSI, Tresso reprit son activit&#233; de dirigeant du mouvement pour la IVe Internationale dans les rangs du Parti ouvrier internationaliste (POI), la nouvelle organisation des trotskystes fran&#231;ais. En 1937, Pietro Tresso &#233;voqua dans les pages de la Lutte ouvri&#232;re, l'hebdomadaire du POI la figure d'Antonio Gramsci, qui venait de mourir au bout de onze ans de d&#233;portation et de prison. Son portrait du dirigeant communiste et de l'intellectuel marxiste italien n'avait rien d'hagiographique. Il n'h&#233;sitait pas &#224; affirmer que Gramsci s'&#233;tait aussi tromp&#233; sur des questions importantes (tout d'abord sur la &#171; bolch&#233;visation &#187; du parti et dans les m&#233;thodes adopt&#233;es pour &#233;carter Bordiga de la direction, une critique qui, sous la plume de Blasco, apparaissait aussi comme une autocritique). &#171; Nous ne savons pas quelle a &#233;t&#233; l'&#233;volution de Gramsci au cours des onze ann&#233;es de prison, &#233;crivait-il, mais nous pouvons affirmer ceci : toute l'activit&#233; de Gramsci, toute sa conception du d&#233;veloppement du Parti et du mouvement ouvrier s'oppose de fa&#231;on absolue au stalinisme, &#224; ses crapuleries politiques, &#224; ses falsifications &#233;hont&#233;es... &#187; (la Lutte ouvri&#232;re, 14 mai 1937). Il ne se trompait pas : depuis les ann&#233;es soixante, une large litt&#233;rature historique a mis en lumi&#232;re l'opposition de Gramsci au stalinisme et &#224; la direction du PCI pendant ses ann&#233;es de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1938, Blasco participa, sous le pseudonyme de Julien, au congr&#232;s de fondation de la IVe Internationale, qui se tint clandestinement &#224; P&#233;rigny (voir Alfred Rosmer). Le congr&#232;s confirma l'appartenance de Tresso au Comit&#233; ex&#233;cutif du mouvement. Blasco s'opposa en 1939, au sein du POI, &#224; l'entr&#233;e dans le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert, pr&#233;conis&#233;e par Trotsky. Apr&#232;s la d&#233;faite fran&#231;aise en juin 1940, Blasco et Barbara demeur&#232;rent &#224; Paris, sous l'occupation nazie. En 1941, ils purent &#233;chapper de justesse &#224; une perquisition de la Gestapo, qui venait de d&#233;couvrir leur domicile secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traqu&#233;, Pietro Tresso se rendit avec Louis Rigaudias en juillet &#224; Marseille, o&#249; Barbara le rejoignit en fin d'ann&#233;e. Parvenant, gr&#226;ce &#224; l'aide du Comit&#233; am&#233;ricain de secours (CAS) &#8212; dont Tresso devint le consultant pour l'&#233;migration italienne &#8212; &#224; s'embarquer le 5 janvier 1942 &#224; destination de Cuba, Rigaudias avait vainement tent&#233; de convaincre Tresso de se rendre aux &#201;tats-Unis. Celui-ci, &#226;g&#233; de pr&#232;s de cinquante ans, r&#233;pugnait &#224; envisager une nouvelle &#233;migration dans un pays dont il ignorait la langue. Il finit, cependant, par s'y r&#233;soudre un peu plus tard et le CAS lui procura les papiers n&#233;cessaires au d&#233;part. Il ne manquait plus que le passeport et les visas de Barbara lorsque le 2 juin 1942 Tresso et sa compagne furent arr&#234;t&#233;s par la police fran&#231;aise avec les principaux militants trotskystes de Lyon et de Marseille, dont Albert Demazi&#232;re et Jean Reboul. La police avait intercept&#233; la correspondance entre le Secr&#233;tariat international de la IVe Internationale si&#233;geant &#224; New York et les trotskystes fran&#231;ais. Tresso fut maltrait&#233; sous les yeux de sa compagne. Traduit le 30 septembre, avec ses camarades, devant la section sp&#233;ciale du Tribunal de la XVe division militaire de Marseille, sous le curieux chef d'inculpation &#171; d'activit&#233;s communistes relevant directement ou indirectement de la IIIe Internationale &#187;, assist&#233; par Gaston Defferre, Tresso fut condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transf&#233;r&#233; d&#233;but octobre &#224; la prison militaire de Lod&#232;ve (H&#233;rault) avec Reboul et Demazi&#232;re, Pietro Tresso y retrouva un autre trotskyste, Maurice S&#233;gal, dit Salini qui se trouvait dans un &#233;tat d'&#233;puisement physique et moral inqui&#233;tant, par suite de la s&#233;v&#232;re quarantaine qu'il subissait de la part du collectif communiste. Tresso &#233;crivit en novembre 1942 &#224; sa belle-s&#339;ur Gabriella Maier, r&#233;sidant en Suisse : &#171; Le point noir pour nous ici, ce sont nos rapports avec les staliniens. Pour ces messieurs, nous sommes naturellement une bande de vip&#232;res lubriques et tout le tralala que vous connaissez... leur haine contre nous est sans bornes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de tension subsista &#224; la prison du Puy-en-Velay (Haute-Loire) o&#249; furent achemin&#233;s les d&#233;tenus politiques, le 18 d&#233;cembre 1942 et o&#249; arriva, en m&#234;me temps, en provenance de la prison de Nontron (Dordogne), le trotskyste lyonnais Abram Sadek qui partagea d&#233;sormais la cellule de Pietro Tresso. Dans ses derni&#232;res lettres des 11 et 18 septembre 1943 &#224; sa compagne, celui-ci fit encore &#233;tat des calomnies prof&#233;r&#233;es &#224; l'encontre des trotskystes, reprenant les th&#232;mes des proc&#232;s de Moscou, assorties de menaces de liquidation. Ces propos tenus par le principal organisateur de l'&#233;vasion collective des 79 prisonniers politiques de la prison du Puy, dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943, &#233;taient inqui&#233;tants quant au sort futur r&#233;serv&#233; aux trotskystes. La majorit&#233; des &#233;vad&#233;s furent conduits au maquis &#171; Wodli &#187; cr&#233;&#233; par le PCF, localis&#233; au lieu-dit Raffy de la commune de Queyri&#232;re (Haute-Loire), proche d'Yssingeaux. Les trotskystes y furent plac&#233;s sous une &#233;troite surveillance. Des personnes qui ne pouvaient ignorer les faits refus&#232;rent de r&#233;pondre, ou formul&#232;rent des hypoth&#232;ses contradictoires, inexactes au sujet de la disparition de Pietro Tresso. Il ressort des recherches r&#233;centes que Tresso, Jean Reboul, Abram Sadek et Maurice Segal furent ex&#233;cut&#233;s fin octobre 1943, peut-&#234;tre le 26 ou le 27 &#224; Queyri&#232;re (Haute-Loire), sur ordre des responsables du maquis, appliquant les consignes &#171; venues d'en haut &#187;. Pierre Brou&#233; et Raymond Vacheron &#233;voqu&#232;rent la responsabilit&#233; de Giovanni Sosso commandant du maquis FTP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Maitron&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pietro Tresso et la naissance du trotskisme italien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre 1943, le camarade Pietro Tresso, dit &#034;Blasco&#034;, fondateur et leader du Parti communiste d'Italie et ami de Gramsci, est assassin&#233;, expuls&#233; pour &#034;trotskysme&#034; par le parti en 1930 par la volont&#233; de Togliatti, fondateur de la Quatri&#232;me Internationale, assassin&#233; en France par les staliniens pendant la R&#233;sistance. Ce texte retrace le tournant qui s'est produit en 1930 au sein du PCd'I, en relation avec les changements profonds qui ont affect&#233; la politique de l'Internationale communiste &#224; la fin des ann&#233;es 1920, et qui ont conduit &#224; l'expulsion de Tresso, Leonetti et Ravazzoli. des rangs du parti et la naissance du trotskisme italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps-&#233;t&#233; 1930, la crise la plus profonde &#224; laquelle le jeune Parti Communiste d'Italie (n&#233; en 1921) a &#233;t&#233; confront&#233; au cours de ses premi&#232;res ann&#233;es de vie troubl&#233;e prend fin, et l'un des moments les plus difficiles de toute la vie de ce qui va devenu ensuite, au cours des ann&#233;es trente, et plus encore depuis la Seconde Guerre mondiale, un parti qui n'avait plus de points communs avec celui fond&#233; par Bordiga et Gramsci &#224; Livourne en 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1930 est l'ann&#233;e de ce qui sera plus tard d&#233;fini, par les historiens et les militants, &#171; le tournant du PCd'I &#187;. Un chapitre central de l'histoire de ce parti, mais qui restera longtemps obscur et incompris, obstin&#233;ment &#233;cart&#233; et coupablement d&#233;form&#233;. Qu'il suffise de dire que jusqu'au milieu des ann&#233;es soixante-dix il n'y avait pas d'ouvrages historiographiques qui en parlaient, et jusqu'au milieu de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente les termes de la question n'&#233;taient pas encore clairs dans leur essence pour l'&#233;crasante majorit&#233; des militants du PCI. et d'autres partis ouvriers (sauf, pr&#233;cis&#233;ment, &#224; ceux qui en ont fait l'exp&#233;rience).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant tournant, et la crise profonde qui s'ensuit, repr&#233;sente pour le PCdI &#224; la fois un point d'arriv&#233;e et un point de d&#233;part. Dans ce Comit&#233; central brumeux et dramatique de mars 1930 &#224; Li&#232;ge, s'ach&#232;ve la vie de la section italienne de la Troisi&#232;me Internationale bolchevique, de l'Internationale de L&#233;nine et Trotsky ; et la vie d'un parti a commenc&#233; dont la ligne &#233;tait, de ce moment &#224; la fin, co&#239;ncidant avec la ligne de Staline, dont les choix et les volont&#233;s seront li&#233;s aux destins personnels des dirigeants eux-m&#234;mes, ainsi que, d'ailleurs, de la base. Un parti qui, avec les enseignements de L&#233;nine et l'&#233;cole de la R&#233;volution russe, avait jet&#233; par-dessus bord sa propre exp&#233;rience particuli&#232;re de lutte et de t&#233;moignage, ses propres caract&#233;ristiques et pr&#233;rogatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas que le parti italien qui a chang&#233; de peau et de piste. A la m&#234;me &#233;poque, ce sont tous les partis communistes, toute l'Internationale qui ont radicalement chang&#233; son essence et ses perspectives. Quel a donc &#233;t&#233; le &#171; tournant &#187; ? En quoi s'est-il mat&#233;rialis&#233; ? Quelles &#233;taient ses hypoth&#232;ses et motivations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928 eut lieu le sixi&#232;me congr&#232;s de la IIIe Internationale. Quatre ans apr&#232;s le cinqui&#232;me, dans un contexte et un climat bien diff&#233;rents du pr&#233;c&#233;dent, le sixi&#232;me congr&#232;s est celui qui, selon les mots de Trotsky, inaugure &#171; la troisi&#232;me p&#233;riode des erreurs de l'Internationale communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de L&#233;nine, avec l'aggravation des conditions d'isolement de la Russie sovi&#233;tique et le &#171; gel &#187; d&#233;finitif de la r&#233;volution en Europe occidentale et dans le reste du monde - et avec la reprise contextuelle de ce capitalisme qui jusqu'&#224; quelques ann&#233;es auparavant &#233;tait consid&#233;r&#233;e sur le point de succomber &#224; l'avanc&#233;e rouge - l'Internationale Communiste (IC) a commenc&#233; &#224; reculer et &#224; s'installer sur des positions de plus en plus d&#233;fensives non seulement par rapport aux relations de pouvoir modifi&#233;es, mais aussi par rapport &#224; la nouvelle configuration g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me social et politique. L'ordre du mouvement ouvrier qui en a r&#233;sult&#233; a &#233;t&#233; red&#233;fini. La tactique et la strat&#233;gie de l'Internationale commencent &#224; osciller dangereusement d&#232;s les premiers &#233;pisodes importants de ces difficult&#233;s (Allemagne 1923), mais, contrairement &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, elles en viennent &#224; s'&#233;carter de plus en plus des principes sur lesquels l'IC a &#233;t&#233; fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrainte dans les redoutes de plus en plus asphyxi&#233;es de la Russie sovi&#233;tique, la r&#233;volution prol&#233;tarienne subit une involution dont les aspects objectifs et les r&#233;percussions sont de plus en plus souvent et de plus en plus sans &#233;quivoque la contrepartie d'approches et de choix subjectifs erron&#233;s. Si le c&#244;t&#233; subjectif est toujours dialectiquement sensible &#224; l'objectif, et d&#233;termin&#233; par lui, dans le cas de l'IC &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1920 l'impact n&#233;gatif assum&#233; dans ce contexte par l'action consciente des dirigeants (Staline, Zinoviev, Kamenev, Boukharine ) acquiert un poids sp&#233;cifique de plus en plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1927, le Parti communiste russe, aux mains de Staline et de Boukharine, fit un pas en avant substantiel dans la direction de cette involution : apr&#232;s des ann&#233;es de lutte interne acharn&#233;e, pour la premi&#232;re fois ceux qui, jusqu'&#224; peu de temps auparavant, avaient &#233;t&#233; les principaux dirigeants : Zinoviev, Trotsky, etc. C'est un point de non-retour. C'est le passage &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence, qui &#224; partir de ce moment (certainement pas le premier signe du changement de situation) verra le CI et ses partis sombrer un &#224; un dans les cercles infernaux qui conduiront d'erreurs en horreurs, de trahisons en crimes. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me congr&#232;s est celui qui inaugure la &#171; p&#233;riode &#187; &#224; partir de laquelle la d&#233;g&#233;n&#233;rescence ne s'arr&#234;tera ni n'aura de limites. Les fluctuations de l'IC avaient conduit en 1926-1927 &#224; des capitulations opportunistes et &#224; des collaborations de classe (comit&#233; anglo-russe, Chine), avec des effets d&#233;sastreux sur le mouvement communiste. En 1928, il est d&#233;cid&#233; de virer &#171; &#224; gauche &#187;, de changer d'orientation &#224; 180 degr&#233;s : cela met fin non seulement &#224; la collaboration avec la bourgeoisie (jusqu'&#224; un certain point), mais aussi avec les partis socialistes et sociaux-d&#233;mocrates ; le front unique des organisations de classe est d&#233;finitivement abandonn&#233; ; l'&#233;quivalence &#171; de facto &#187; entre social-d&#233;mocratie et fascisme (&#171; socialfascisme &#187;) est th&#233;oris&#233;e. Tous ces choix reposent sur une base pr&#233;cise d'analyse et de perspective politique : aggravation de la situation de l'&#233;conomie capitaliste mondiale, radicalisation des masses, imminence de la r&#233;volution et prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re en Europe (dont une guerre tout aussi imminente, avec l'agression imp&#233;rialiste contre l'URSS l'aurait rendu non seulement n&#233;cessaire, mais non reportable). M&#234;me ces analyses - autant que l'orientation politique qui s'ensuivit - &#233;taient en totale contradiction avec les analyses de 1926-27, qui voyaient l'&#233;conomie capitaliste dans une phase de stabilisation et de consolidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le VIe Congr&#232;s (juillet-septembre 1928) et le 10e pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif du CI (juillet 1929) sanctionneront cette nouvelle analyse et cette nouvelle ligne politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non seulement ils le sanctionneront, mais ils l'&#233;toufferont. En ce sens que dans l'Internationale de Staline, contrairement &#224; l'Internationale de L&#233;nine, les dissensions, les divergences d'opinion et la possibilit&#233; de critique ne sont plus autoris&#233;es. La seule dissidence autoris&#233;e est la dissidence personnelle envers soi-m&#234;me : l'exercice des autocritiques humiliantes des militants individuels devient une pratique formelle fr&#233;quente. Les partis doivent s'adapter &#224; la ligne de l'Internationale, et l'Internationale doit se conformer &#224; la ligne de Staline. Et que cette ligne est appliqu&#233;e sans r&#233;serve et inconditionnellement, ind&#233;pendamment de toute autre analyse et croyance, ou m&#234;me contre elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment le cas du parti italien. Togliatti et la plupart du groupe dirigeant qui dirige le parti (apr&#232;s la vague d'arrestations qui fin 1926 priva le PCd'I de Terracini, Gramsci et de nombreux autres dirigeants) &#233;taient d'abord sceptiques quant &#224; l'analyse et aux nouveaux slogans. qui &#233;mergea au VIe congr&#232;s de 1928. Il appara&#238;t m&#234;me que, dans les limites qu'ils avaient dans un domaine d&#233;j&#224; largement compromis en termes de d&#233;mocratie et de libert&#233; int&#233;rieure comme celui de ce congr&#232;s, les dirigeants italiens (et Togliatti in primis !) tent&#232;rent introduire des &#233;l&#233;ments de probl&#233;matisation et de distinction par rapport &#224; la nouvelle ligne, se r&#233;f&#233;rant principalement &#224; l'&#233;laboration et &#224; la politique pass&#233;e, qui avaient &#233;t&#233; dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant imm&#233;diatement celle qui avait caract&#233;ris&#233; l'Internationale dirig&#233;e par le bloc Staline-Boukharine (1926-1928) . En effet, dans l'ombre de Boukharine, Togliatti g&#233;rait la ligne suite au congr&#232;s de Lyon et les relations entre le parti italien et Moscou, &#224; l'&#233;poque o&#249; il se trouvait &#224; le diriger et &#224; le repr&#233;senter personnellement au CI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec le tournant de 1928, on l'a vu, la situation change, et sous le marteau de Staline d'abord tous les dirigeants du parti russe, puis les dirigeants du CI et les dirigeants nationaux (ceux, &#233;videmment, qui n'avaient pas encore expulsion encourue, comme Trotsky). Togliatti, une marionnette en &#233;tain, se plie &#233;galement. Pr&#233;cis&#233;ment entre l'&#233;t&#233; 1928 et celui de 1929 (la p&#233;riode entre le sixi&#232;me congr&#232;s et le dixi&#232;me pl&#233;num), sans trop de tribulations, il se d&#233;barrasse des perplexit&#233;s et des divergences qu'il avait timidement manifest&#233;es, et accepte pleinement le nouveau cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas sur la base d'une conviction et d'une adh&#233;sion rationnelle que Togliatti accepte le changement, mais sur la base d'une adaptation passive &#224; la ligne gagnante, &#224; laquelle il sacrifiera autonomie de jugement, pratique et alliances internes. Togliatti &#171; reste &#187; avec Boukharine quand Boukharine gagne (en alliance avec Staline), et &#171; reste &#187; avec Staline quand Boukharine perd (contre Staline). Trotsky dira : &#171; Ercoli s'est empress&#233; de montrer que la v&#233;rit&#233; lui est ch&#232;re, mais que Molotov lui est encore plus cher &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'opportunisme fondamental de Togliatti, qui inspire tout son parcours politique et qui en donne la meilleure preuve &#224; ce stade, devra composer avec la r&#233;sistance au sein du parti italien. Et avec qui, dans le parti italien, s'opposera compl&#232;tement &#224; la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode d'erreurs&#034;, bien qu'au d&#233;but de mani&#232;re inconsciente, partielle et d&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les pr&#233;c&#233;dents tournants et zigzags du CI et de ses partis avaient &#233;t&#233; le reflet d'erreurs, et que la lutte contre elles &#233;tait encore permise dans une certaine mesure, &#224; partir du pl&#233;num X tout cela vient avoir un poids et une qualit&#233; qualitativement diff&#233;rents physionomie, &#034;produit d'une crise internationale de toutes les sections de l'IC, due &#224; l'&#233;mergence de l'imposition de la politique stalinienne au Komintern, un fait qui a trouv&#233; un instrument valable dans l'&#233;touffement d'abord, et dans la tentative d'an&#233;antissement ensuite, de tout semblant de d&#233;mocratie interne &#034;[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le VIe Congr&#232;s de l'Internationale Communiste (IC) en 1928 et, de mani&#232;re plus organique et d&#233;finie, avec le Xe pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC en 1929, le mouvement communiste mondial consacre un &#171; tournant &#187; vers un nouveau ligne politique. La nouvelle politique &#233;tait centr&#233;e sur l'&#233;valuation de l'approche d'une situation r&#233;volutionnaire en Occident &#224; la suite d'une crise sans pr&#233;c&#233;dent du capitalisme. Cette crise (nous sommes dans la p&#233;riode de l'effondrement de Wall Street en 1929) a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e par les dirigeants de l'Internationale, d&#233;sormais enti&#232;rement aux mains de la fraction stalinienne, comme la crise d&#233;cisive du r&#233;gime capitaliste, qui a cr&#233;&#233; les conditions objectives de une phase &#034;r&#233;volutionnaire aigu&#235;&#034; (au sens de l'IC) dans laquelle les partis communistes devraient se pr&#233;parer &#224; conqu&#233;rir les positions qui leur permettraient de mener la classe ouvri&#232;re &#224; la victoire sur la bourgeoisie et &#224; prendre le pouvoir. Cette analyse a &#233;t&#233; formul&#233;e, sans diff&#233;renciation, pour tous les pays capitalistes avanc&#233;s. Aucune particularit&#233; des diff&#233;rentes situations nationales n'a &#233;t&#233; prise en consid&#233;ration (crise de la R&#233;publique de Weimar en Allemagne, fascisme en Italie, extr&#234;me faiblesse des communistes en Grande-Bretagne, etc.), et toutes les conditions de d&#233;part ont &#233;t&#233; ramen&#233;es &#224; une &#171; synth&#232;se &#187; du moins forc&#233;, ce qui excluait d'embl&#233;e m&#234;me la possibilit&#233; d'un d&#233;veloppement diff&#233;renci&#233; des pr&#233;tendues situations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette analyse, sur le terrain pratique, le &#034;tournant&#034; s'est mat&#233;rialis&#233; par l'imposition aux diff&#233;rents partis de l'Internationale de mesures d'organisation destin&#233;es (en th&#233;orie) &#224; renforcer et intensifier l'activit&#233; et le travail des partis eux-m&#234;mes, pr&#233;cis&#233;ment en vue de la maturation des situations r&#233;volutionnaires et pr&#233;-insurrectionnelles, jug&#233;es &#171; imm&#233;diates &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Parti communiste d'Italie, le &#034;tournant&#034; de la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode&#034; signifiait non seulement l'abandon de l'approche politique prise par le congr&#232;s de Lyon, mais l'adoption d'une ligne qui r&#233;voquait m&#234;me les aspects analytiques et pratiques de l'action achev&#233;, sous la direction de Togliatti lui-m&#234;me, jusqu'&#224; quelques mois plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la section italienne de l'Internationale, en effet, s'est r&#233;alis&#233; dans un laps de temps tr&#232;s court, entre 1929 et 1930, et s'est substantiellement mat&#233;rialis&#233; par la d&#233;cision de retransf&#233;rer en Italie l'appareil et la majeure partie des organes directeurs de le parti, contraint &#224; l'exil &#224; Paris par les lois d'exception du fascisme et la r&#233;pression du r&#233;gime (r&#233;pression qui a d&#233;j&#224; vu, en 1929, des milliers et des milliers de communistes pourrir dans les prisons fascistes, et parmi eux des dirigeants de haut niveau comme Gramsci, Terracini, Scoccimarro). Le transfert du centre dirigeant vers l'Italie &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une mesure n&#233;cessaire et incontournable, li&#233;e &#224; la nouvelle perspective politique &#224; laquelle se pr&#233;parait l'Internationale stalinis&#233;e, perspective - rappelons-le - selon laquelle une crise du capitalisme imminente plus grande que celle de la p&#233;riode 1917-1920. , qui aurait conduit les partis communistes &#224; un affrontement frontal et sans m&#233;diation avec la bourgeoisie, mettant ainsi la question du pouvoir &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette implication organisationnelle, mais qui a rapidement pris une &#233;paisseur politique, qui, au sein de l'organe supr&#234;me de direction politique du parti italien, le Bureau politique, a fait appara&#238;tre une rupture verticale insurmontable entre la direction stalinienne de Togliatti d'une part ( avec Grieco, Longo, Secchia et Camilla Ravera), et Tresso, Leonetti et Ravazzoli d'autre part. Les &#171; trois &#187;, comme on les appellera plus tard, diff&#233;raient du reste de l'UP parce qu'ils ne consid&#233;raient pas comme fond&#233;e la vision de la rupture r&#233;volutionnaire naissante, m&#234;me s'ils tenaient les masses sur la voie de la radicalisation. De l&#224; leur opposition claire &#224; la mani&#232;re de r&#233;introduire les instances dirigeantes et l'appareil du parti en Italie (&#171; projet Gallo &#187;), modalit&#233;s qu'ils jugeaient aventuristes (cela aurait expos&#233; le parti &#224; une d&#233;capitation rapide et in&#233;vitable d'une partie de fascisme, ce qui arrivait alors r&#233;guli&#232;rement, quelques semaines apr&#232;s son retour) et erron&#233;e du point de vue m&#233;thodologique, car elle impliquait la contribution exclusive du centre du parti au travail de base, selon une hypoth&#232;se &#171; de substitution &#187; qui minait et emp&#234;chait la renforcement de la base d&#233;j&#224; implant&#233;e en Italie par une intervention volontaire de gestion sur place par les organes de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce qui ressort rapidement de cette approche diff&#233;rente, c'est la nature politique du tournant, que sa traduction organisationnelle n'a que partiellement r&#233;v&#233;l&#233;e. L'arri&#232;re-plan du tournant &#233;tait en fait une orientation politique qui, en &#171; armant &#187; les partis (formellement, l'Internationale) en vue de la bataille finale pour la prise du pouvoir (&#224; partir d'une analyse &#171; catastrophique &#187; de la situation compl&#232;tement correspondant &#224; la r&#233;alit&#233;, comme on le faisait d&#233;j&#224; remarquer dans bien des milieux), l'a d&#233;sarm&#233; non seulement de la strat&#233;gie l&#233;niniste de conqu&#234;te de la majorit&#233; du prol&#233;tariat, mais de tout l'arsenal tactique que l'Internationale avait &#233;labor&#233; dans ses quatre premiers congr&#232;s et qu'elle a &#233;t&#233; le directeur du d&#233;veloppement &#224; la fois des partis communistes et de leurs relations avec la classe et le prol&#233;tariat dans son ensemble, &#224; travers les diff&#233;rentes phases qui ont vu &#224; la fois l'avanc&#233;e et le recul de la vague r&#233;volutionnaire qui a suivi la R&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, Tresso, Leonetti et Ravazzoli, partant d'une diversification qui au d&#233;part (1929) concernait exclusivement l'analyse de la situation italienne et la diff&#233;rence de jugement sur l'&#233;volution de la ligne PCd'I avant et apr&#232;s le VI congr&#232;s du Komintern, ils sont venus &#233;largir la critique, en fait, &#224; toute la strat&#233;gie que le tournant a mis en place, et &#224; tracer &#224; travers cette critique la v&#233;ritable substance du contraste entre la politique de Staline et celle de ceux qui &#224; ce moment-l&#224; repr&#233;sentait l'alternative la plus &#233;nergique &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale, c'est-&#224;-dire l'opposition trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; observ&#233; par beaucoup de gens que les raisons et les arguments de l'opposition des trois au tournant n'&#233;taient en aucun cas clairs et coh&#233;rents. Si cela s'av&#232;re vrai, c'est dans la mesure o&#249; l'opposition des trois &#233;tait conditionn&#233;e avant tout par le contexte national dans lequel s'est d&#233;roul&#233; le tournant (Italie fasciste et PC des exil&#233;s et d&#233;pourvus d'un centre de gestion vraiment homog&#232;ne), ce qui ne refl&#233;tait que partiellement la v&#233;ritable port&#233;e internationale de la confrontation qui s'&#233;tait ouverte depuis longtemps dans le parti russe et qui impliquait d&#233;sormais toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de l'action des trois consistaient dans le fait qu'au d&#233;part ils ne s'opposaient pas &#224; l'IC et &#224; Staline, mais seulement &#224; la majorit&#233; italienne (majorit&#233; de l'UP et du CC) et notamment Togliatti, &#224; qui ils d&#233;non&#231;aient des accusations d'opportunisme pour s'&#233;tant rapidement converti au virage &#224; gauche alors que pendant toute une phase il avait &#233;t&#233; partisan d'une ligne &#171; mod&#233;r&#233;e &#187;, la m&#234;me ligne qui &#233;tait d&#233;sormais condamn&#233;e par l'Internationale. Les trois se sont donc pos&#233;s en opposants &#224; l'opportunisme de Togliatti au nom et sur la base d'un &#171; virage &#224; gauche &#187; incompris de l'Internationale, qu'ils ont interpr&#233;t&#233; comme un retour aux positions bolcheviques du d&#233;but des ann&#233;es 1920, au moins jusqu'au 5e congr&#232;s de l'IC. &#171; Tresso approuva avec enthousiasme le nouveau cours de l'Internationale et la lutte qu'elle mena contre les courants de &#171; droite &#187; pr&#233;sents dans les diff&#233;rents partis communistes ; cependant, il jugea n&#233;cessaire de pr&#233;c&#233;der la nouvelle orientation par un profond processus d'autocritique qui mettrait en lumi&#232;re les erreurs commises par toute la direction du PCI influenc&#233;e par Tasca &#224; partir de 1927 &#034;[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'autocritique de Togliatti et de la direction italienne n'existait pas et n'aurait pas pu exister, &#233;videmment. De m&#234;me, d'autre part, les caract&#233;ristiques que prenait le tournant montraient peu &#224; peu qu'il ne s'agissait certainement pas d'une r&#233;g&#233;n&#233;ration &#171; l&#233;niniste &#187; de l'Internationale. Au contraire. Mais lorsque l'opposition des trois s'installe, &#171; dans le tableau d&#233;formant de cette situation (c'est-&#224;-dire la situation d'&#233;touffement de l'Internationale par les m&#233;thodes bureaucratico-terroristes de Staline et de ses fid&#232;les, ndlr.) [..] les opposants aux le tournant ne sont m&#234;me pas touch&#233;s par le doute que la ligne des dirigeants de l'Internationale peut et doit &#234;tre remise en cause afin d'assurer coh&#233;rence et profondeur dans la lutte contre ce qu'ils consid&#232;rent comme une grave involution politique du PCd'I &#187; [4 ].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a fait m&#251;rir les positions des trois et &#233;largir leur angle de vue, ce sont les travaux et les &#233;crits de Trotsky contre le tournant stalinien de 1929. D'o&#249; leur d&#233;cision concomitante, une fois &#233;tablie l'impossibilit&#233; de &#171; redresser &#187; le parti, de prendre contact avec l'Opposition de gauche internationale et avec Trotsky lui-m&#234;me, expuls&#233; du parti et retir&#233; de l'Union sovi&#233;tique. D&#232;s la premi&#232;re approche, toute une s&#233;rie de points de tangence et une grande communaut&#233; de pr&#233;suppos&#233;s &#233;mergeront chez les opposants italiens, comme en t&#233;moignent la premi&#232;re lettre des trois &#224; Trotsky et sa r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion des trois du parti, intervenue avant m&#234;me qu'ils n'aient pu mettre en &#339;uvre une quelconque tentative de lutte contre la majorit&#233; de Togliatti, marque l'acte de naissance officiel du mouvement trotskyste italien, au moins dans le sens de la pr&#233;sence d'un groupe organis&#233; de camarades, en fait tr&#232;s peu, qui se r&#233;f&#233;reront d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 30 &#224; la figure du grand r&#233;volutionnaire russe et rejoindront la bataille internationale qu'il menait alors pour r&#233;g&#233;n&#233;rer l'IC et la sauver de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L. Trotsky, &#201;crits 1929-1936, Milan, 1968, p. 341&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Giancarlo De Regis, La &#171; svolta &#187; del Komintern e il comunismo italiano, Rome, 1978, p. 83&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Eros Francescangeli, L'enclume et le marteau, p. 45. Voir aussi : Paolo Casciola, Giorgio Sermasi, Vita di Blasco&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Michele Salerno, L'opposizione nel PCd'I alla svolta del 1930&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.pclavoratori.it/files/index.php?obj=NEWS&amp;oid=6756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pclavoratori.it/files/index.php?obj=NEWS&amp;oid=6756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.aptresso.org/www.aptresso.org/pietro-tresso.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui &#233;tait Pietro Tresso dit Blasco ?</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qui &#233;tait Pietro Tresso dit Blasco ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 ou 27 octobre 1943, (la date reste incertaine), quatre militants trotskystes &#233;taient assassin&#233;s dans le maquis Wodli en Haute-Loire. Pietro Tresso, Abraham Sadek, Maurice Sieglmann et Jean Reboul furent ex&#233;cut&#233;s par les staliniens avec lesquels, le 1er octobre, ils s'&#233;taient &#233;vad&#233;s de la prison du Puy-en-Velay. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tresso &#233;tait un des fondateurs du PC italien. Sous le pseudonyme de &#034;Blasco&#034;, il repr&#233;sentait la direction de la Quatri&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_6380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1431.jpg' width=&#034;512&#034; height=&#034;415&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait Pietro Tresso dit Blasco ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 26 ou 27 octobre 1943, (la date reste incertaine), quatre militants trotskystes &#233;taient assassin&#233;s dans le maquis Wodli en Haute-Loire. Pietro Tresso, Abraham Sadek, Maurice Sieglmann et Jean Reboul furent ex&#233;cut&#233;s par les staliniens avec lesquels, le 1er octobre, ils s'&#233;taient &#233;vad&#233;s de la prison du Puy-en-Velay.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1432.jpg' width=&#034;533&#034; height=&#034;785&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tresso &#233;tait un des fondateurs du PC italien. Sous le pseudonyme de &#034;Blasco&#034;, il repr&#233;sentait la direction de la Quatri&#232;me Internationale au sein de la section fran&#231;aise et esayait de maintenir la liaison avec la direction &#224; New York. Il fut arr&#234;t&#233; &#224; Marseille en avril 1941 avec Albert Demazi&#232;re et Jean Reboul, Abraham Sadek, lui, avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; Lyon dans une autre affaire et envoy&#233; &#224; la prison du Puy. Quant &#224; Maurice Sieglmann, il s'y trouvait d&#233;j&#224;. Demazi&#232;re s'&#233;vada du Puy avec ses quatre camarades mais il parvint, par chance, &#224; &#233;chapper &#224; la mort en perdant par hasard le contact avec ce maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1935-1936, la bureaucratie russe mena une guerre &#224; mort, dans tout le mouvement communiste international, contre tous ceux qui, comme Trotsky, Blasco et ses camarades, &#233;taient rest&#233;s fid&#232;les au vrai communisme, celui de Marx, Engels et L&#233;nine, celui qui avait permis la victoire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Russie en 1917. Les staliniens les combattaient parce qu'ils craignaient plus que tout qu'existent, sur leur gauche, des militants d&#233;fendant des id&#233;es r&#233;volutionnaires authentiques. En emp&#234;chant ainsi que se constitue une direction r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, ils esp&#233;raient consolider le pouvoir de la bureaucratie russe. Cette lutte, commenc&#233;e en Russie, s'&#233;tendit en Espagne, en Pologne, au Mexique, en France, au Vietnam, en Gr&#232;ce, en Albanie, etc. La bureaucratie stalinienne, n&#233;e elle-m&#234;me de l'&#233;chec de la r&#233;volution mondiale, impulsa ainsi l'une des plus formidables p&#233;riodes de recul du mouvement ouvrier qui, au lieu de consolider l'Etat ouvrier russe, allait conduire au r&#233;sultat inverse : son &#233;clatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Magr&#233; (province de Vicence) en 1893, il rejoignit les Jeunesses socialistes italiennes &#224; l'&#226;ge de 14 ans, et fut poursuivi au cours de la premi&#232;re guerre mondiale. En 1921, au congr&#232;s de Livourne, il fut parmi les fondateurs du Parti communiste italien. Il fut &#233;lu au Comit&#233; central de ce parti en 1925 et ensuite au Bureau politique. En 1930, il fut exclu du parti ainsi que deux autres membres du Bureau politique. La direction du P.C. italien se trouvait en exil en France. Les exclus, Blasco, Feroci, Santini, qui vivaient alors &#224; Paris, rejoignirent l'Opposition de gauche, Blasco participa &#224; la Conf&#233;rence de Copenhague en 1932 lors du s&#233;jour de Trotsky dans cette ville, et &#224; la Conf&#233;rence de fondation de la IV&#232;me Internationale en 1938. Pendant la guerre, il prit part &#224; la lutte clandestine des trotskystes en France, fut arr&#234;t&#233; en 1942 et condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s par le tribunal militaire de Marseille pour activit&#233; ill&#233;gale en militant pour la IV&#232;me Internationale. Enferm&#233; &#224; la prison du Puy, il fut lib&#233;r&#233; avec tous les les d&#233;tenus de cette prison par le maquis en octobre 1943. Ceux-ci rest&#232;rent dans le maquis. Mais, peu apr&#232;s cette lib&#233;ration de prison, on n'eut plus de nouvelles de Blasco et des trois autres trotskystes lib&#233;r&#233;s dans les m&#234;mes conditions. On n'a jamais retrouv&#233; leurs corps. Les quelques indications recueillies imm&#233;diatement &#224; la fin de la guerre permettent de penser avec beaucoup de certitude que les dirigeants staliniens du maquis de la Haute-Loire, en ex&#233;cution d'ordres, &#233;limin&#232;rent physiquement les trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Militant du PS Italien, puis dirigeant du PCI, d'abord li&#233; &#224; Bordiga puis Gramsci. En 1930 il est l'un des trois exclus qui donnent naissance &#224; la &#034;Nouvelle Opposition Italienne&#034;, qui rejoint l'Opposition de Gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fugi&#233; en France, il milite au sein du Parti Ouvrier Internationaliste et devient rapidement l'un des membres du Secr&#233;tariat International trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blasco est arr&#234;t&#233; par les nazis en 1942. Lib&#233;r&#233; par un commando FTP de la prison du Puy en 1943, il est, avec trois autres militants trotskystes, assassin&#233; au maquis o&#249; il a &#233;t&#233; men&#233;. Il s'agit indiscutablement d'un crime commandit&#233; par l'appareil stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blasco fut un des peu nombreux cadres dirigeants de l'Internationale communiste (il participa &#224; des congr&#232;s de celle-ci ainsi qu'&#224; des congr&#232;s de l'Internationale syndicale rouge) que la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne ni ne corrompit en bureaucrate ni ne d&#233;truisit comme communiste et qui, fid&#232;le &#224; l'appel de la R&#233;volution d'Octobre, poursuivit la lutte dans les rangs du mouvement trotskyste jusqu'&#224; son dernier souffle de vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1426.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;206&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blasco/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courte biographie et &#339;uvres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article660&#034;&gt;Sur le fascisme italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Tresso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Pietro Tresso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/annees-40/affaire-pietro-tresso&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat de Pietro Tresso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1238&#034;&gt;Fascisme et stalinisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3012&#034;&gt;Son point de vue sur la situation en Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1239&#034;&gt;Marxisme et question nationale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1427.jpg' width=&#034;270&#034; height=&#034;266&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1428.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1428.jpg' width=&#034;1600&#034; height=&#034;1079&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lettre &#224; Gabriella (extraits), par Pietro Tresso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pietro Tresso, dit &#171; Blasco &#187;, na&#238;t en V&#233;n&#233;tie en 1893. Il est, avec Antonio Gramsci et Pietro Bordiga, l'un des fondateurs du Parti Communiste Italien. Il en est exclu en 1930, alors que Staline triomphe &#224; Moscou et que Gramsci est en prison depuis 4 ans. La ligne majoritaire, repr&#233;sent&#233;e par Palmiro Togliatti et Luigi Longo, demeure fid&#232;le &#224; l'Union Sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rejoint &#171; l'opposition de gauche &#187; et pratique un temps &#171; l'entrisme &#187; au sein du Parti Socialiste Italien en exil &#224; Paris. Le courant trotskiste est exclu du parti en 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, il est des cr&#233;ateurs du Parti Ouvrier Internationaliste. En ao&#251;t, Palmiro Togliatti publie l' &#187;Appel aux fascistes &#187; sign&#233; par tout le comit&#233; central du PCI &#233;migr&#233; en France. Il d&#233;clare notamment : &#171; Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 qui est un programme de paix, de libert&#233;, de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Peuple italien, fascistes de la vieille garde, jeunes fascistes, luttons ensemble pour la r&#233;alisation de ce programme ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;t&#233; par les nazis &#224; Marseille en juin 1942, Pietro Tresso est incarc&#233;r&#233; &#224; la prison de Lod&#232;ve. Dans une lettre de novembre 1942 &#224; sa belle-soeur Gabriella Maier, il &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le point noir, pour nous ici, ce sont nos rapports avec les staliniens. Pour ces messieurs, nous sommes, naturellement, une bande de vip&#232;res lubriques et tout le tralala que sans doute vous connaissez. Par cons&#233;quent, nos rapports avec eux se r&#233;sument dans le manque de tout rapport, quels qu'ils soient. Eux nous ignorent et nous les ignorons. Au point de vue personnel, cela ne me g&#234;ne nullement, mais leur haine contre nous est sans bornes. Tant pis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er septembre 1943, il b&#233;n&#233;ficie avec 78 autres d&#233;tenus -dont quatre trotskistes- d'une &#233;vasion spectaculaire de la prison du Puy. Les trotskistes sont tenus par la suite sous haute surveillance au lieu dit Raffy, dans les environs de Saint Julien Chapteuil. L'un d'eux, Albert Demazi&#232;re, est gard&#233; &#224; l'&#233;cart, et parvient &#224; s'enfuir. Les quatre autres sont abattus le 26 ou le 27 octobre par un groupe de partisans communistes, sous l'&#233;gide de Giovanni Sosso, dit Capitaine Jean. Les responsabilit&#233;s en haut lieu, tant du PCI que du PCF, restent aujourd'hui difficiles &#224; d&#233;terminer avec pr&#233;cision, m&#234;me si l'existence de consignes ne fait aucun doute. Un cinqui&#232;me homme, Paul Maraval, ancien combattant de la guerre d'Espagne et membre des Jeunesses Communistes, qui avait sympathis&#233; avec les trotskistes, est &#171; liquid&#233; &#187; au printemps 1944. D'apr&#232;s un t&#233;moignage recueilli par Pierre Brou&#233; et Raymond Vacheron (1), son corps aurait &#233;t&#233; ensuite coul&#233; dans le ciment d'un barrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un second extrait de la lettre de Pietro Tresso :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) C'est parce que nous sommes rest&#233;s jeunes que nous nous trouvons pratiquement en dehors des diverses &#171; &#233;glises &#187;. Les m&#234;mes aspirations morales qui nous ont pouss&#233;s, d&#232;s notre jeunesse, &#224; l'int&#233;rieur d'un parti, nous ont pouss&#233;s en dehors d&#232;s qu'elles se sont trouv&#233;es en d&#233;saccord avec ce qu'on appelle les n&#233;cessit&#233;s pratiques. Si nous avions vieilli, nous aurions entendu la voix de l'exp&#233;rience ; nous serions devenus des &#171; sages &#187;, nous nous serions adapt&#233;s, ainsi que beaucoup d'autres, &#224; la rue, au mensonge, au sourire obs&#233;quieux envers les divers &#171; fils du peuple &#187;(2), etc. Mais cela nous a &#233;t&#233; impossible. Pourquoi ? Parce que nous sommes rest&#233;s jeunes. Et pour cela toujours insatisfaits de ce qui est et aspirant toujours &#224; quelque chose de mieux. Ceux qui ne sont pas rest&#233;s jeunes sont en r&#233;alit&#233; devenus des cyniques. Pour eux, les hommes et toute l'humanit&#233; ne sont que des instruments, que des moyens qui doivent servir &#224; leurs buts particuliers, m&#234;me si ces buts sont couverts avec des phrases d'ordre g&#233;n&#233;ral ; pour nous, les hommes et toute l'humanit&#233; sont les seules v&#233;ritables r&#233;alit&#233;s existantes. Naturellement, tout ceci est bien g&#233;n&#233;rique. Encore faudrait-il &#233;tablir la liaison n&#233;cessaire entre les forces morales qui sont en nous et la r&#233;alit&#233; quotidienne. C'est ici que les v&#233;ritables difficult&#233;s surgissent. Mais une chose me para&#238;t certaine : il est impossible de supporter en silence ce qui heurte les sentiments les plus profonds de l'homme. Nous ne pouvons pas admettre comme justes les actes que nous sentons et nous savons &#234;tre injustes ; nous ne pouvons pas dire que ce qui est vrai est faux et que ce qui est faux est vrai sous pr&#233;texte que cela sert &#224; telle ou &#224; telle autre des forces en pr&#233;sence. En d&#233;finitive, cela retombe sur l'humanit&#233; enti&#232;re et, donc, sur nous m&#234;mes ; et cela briserait la raison m&#234;me de notre effort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prison militaire de Lod&#232;ve, novembre 1942.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Meurtres au maquis, page 165.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Allusion &#224; Maurice Thorez, dont l'autobiographie portait ce titre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1429.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1429.jpg' width=&#034;1392&#034; height=&#034;1038&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Maquis Wodli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pietro Tresson a fini dans le maquis Wodli de Haute-Loire, assassin&#233; avec Jean Reboul, Abram Sadek et Maurice Sieglman par les hommes du capitaine Jean (Giovanni Sosso) au service des hommes la bureaucratie stalinienne de Moscou le 27 octobre 1943.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1430.jpg' width=&#034;203&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.aptresso.org/files.spazioweb.it/aruba27963/file/quaderno_blasco_finale.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.litci.org/en/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=2635:pietro-tresso-blasco-trotskyist-militant-and-founder-of-the-iv-international&amp;catid=729:international-courier&amp;Itemid=39&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salut &#224; l'opposition de gauche internationale ! C'&#233;taient &#034;les n&#244;tres&#034; !</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135</guid>
		<dc:date>2014-03-04T02:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>
		<dc:subject>Natalia Sedova</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'opposition de gauche (trotskiste) en Russie &lt;br class='autobr' /&gt;
L'opposition trotskiste se bat jusque dans les camps du goulag comme le montre le document ci-dessous : une manifestation trotskiste de prisonniers des camps staliniens contre les bureaucrates et les koulaks Ceux gr&#226;ce auxquels le communisme n'est pas synonyme de stalinisme, ni les soviets synonymes de bureaucratie, ni le socialisme de caution de gauche de la bourgeoisie, ceux qui n'ont pas pris pr&#233;texte de la d&#233;faite prol&#233;tarienne pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot108" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot308" rel="tag"&gt;Natalia Sedova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_3497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Trotskyist_Left_Opposition-1927.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;247&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; L'opposition de gauche (trotskiste) en Russie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition trotskiste se bat jusque dans les camps du goulag comme le montre le document ci-dessous : une manifestation trotskiste de prisonniers des camps staliniens contre les bureaucrates et les koulaks&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/troskystes_001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/troskystes_001.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ceux gr&#226;ce auxquels le communisme n'est pas synonyme de stalinisme, ni les soviets synonymes de bureaucratie, ni le socialisme de caution de gauche de la bourgeoisie, ceux qui n'ont pas pris pr&#233;texte de la d&#233;faite prol&#233;tarienne pour cautionner leurs adversaires bourgeois, et faux amis staliniens, sociaux-d&#233;mocrates ou bureaucrates syndicaux...&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/P1050263.jpg' width=&#034;225&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le tombeau de Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/lt-1938.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;415&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky et Natalia S&#233;dova&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/avec_leon_sedov.jpg' width=&#034;275&#034; height=&#034;454&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Avec L&#233;on S&#233;dov&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article405&#034;&gt;Sur L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63965927/f3.image&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky explique la situation de l'opposition en 1928-1929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les quarante-six ou opposition de 1923, anciens dirigeants bolcheviks qui ont d&#233;nonc&#233; par &#233;crit le tournant bureaucratique en Russie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L. Trotsky, E. Pr&#233;obrajensky, B. Breslav, L. Serebriakov, A. Beloborodov, A. M. Rosengoltz, M. Alsky, Antonov-Ovse&#239;enko, A. Benediktov, I.N. Smirnov, Y. Piatakov, B. Obolensky (Ossinsky), N. T. Mouralov, T. Sapronov, A. Holtzman, V. Maximovsky, D. Sosnovsky, Danichevsky, P Mesyatsev, T. Khorechko, A. Boubnov, A.Voronsky, B. Smirnov, E. Bosch, V. Kossior, F. Lokatskov, Kaganovitch, Drobnis, P. A. Kovalenko, A. E. Minekine, V. Yakovleva, B. Eltsine, M. Levitine, I. Palioudov, O. Chmidel, N. Vaganian, I. Stoukov, A. Lobanov, Rafa&#239;l S. Vassiltchenko, Mikh. Jakov, A. M. Pousakov, N. Nikolaev, Averine, I. Bogouslavsky, F. Soudnik&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Muralov_Nikolai_02.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;292&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nicola&#239; Mouralov&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/beloborodov_11.jpg' width=&#034;197&#034; height=&#034;261&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alexandre Beloborodov&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/lo1-smilga-exile.jpg' width=&#034;240&#034; height=&#034;332&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ivar Smilga&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Sapronov.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;294&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Timofei Sapronov&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/osinsky-obolensky.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;266&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Valerian Lobanov Obolensky, dit Nikola&#239; Ossinski&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/lo3-lenin.jpg' width=&#034;240&#034; height=&#034;321&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec L&#233;nine, Leonid Serebryakov, Evgeny Preobrazhensky&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3551 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Serebryakov_Voronsky_Trotsky_Radek_au_quatrieme_congres_du_parti_bolchevik_en_decembre_1925.jpg' width=&#034;480&#034; height=&#034;322&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Serebryakov, Voronsky, Trotsky et Radek au quatri&#232;me congr&#232;s du parti bolchevik de d&#233;cembre 1925&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2008/07/contre-le-courant-nc2b08-11-fevrier-1928.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce qui leur est arriv&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Piatakov.jpg' width=&#034;225&#034; height=&#034;225&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Piatakov &#224; son proc&#232;s par les staliniens&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/karl_radek.jpg' width=&#034;299&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Karl Radek&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Trotskyist_Left_Opposition-1927.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;247&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'opposition de gauche de 1927&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/opp1927.jpg' width=&#034;258&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Rakovsky_and_trotsky_circa_1924_trimmed.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Rakovsky_and_trotsky_circa_1924_trimmed.jpg' width=&#034;2354&#034; height=&#034;3779&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et Christian Rakovsky&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Rappoport__Rakovski__Krassine_et_Voline_1924__Meurisse.jpg' width=&#034;728&#034; height=&#034;475&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au centre Rakovsky et Krassine&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3706 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/22-Vorovsky-Genoa.jpg' width=&#034;214&#034; height=&#034;245&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Vatslav Vorovsky&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3506 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Bubnov_andrei.jpg' width=&#034;199&#034; height=&#034;263&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233;i Bubnov&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/TrotskyWolf1936.jpg' width=&#034;295&#034; height=&#034;224&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trotsky en compagnie d'Erwin Wolf&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3496 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Victor_serge.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;269&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Pietri_Tresso_dit_Blasco.jpg' width=&#034;533&#034; height=&#034;785&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pietro Tresso dit Blasco&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3501 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/alfred_rosmer.jpg' width=&#034;112&#034; height=&#034;163&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alfred Rosmer&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/monatte.gif' width=&#034;217&#034; height=&#034;251&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pierre Monatte&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Christian_Rakovsky01.jpg' width=&#034;179&#034; height=&#034;241&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Christian Rakovsky&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3503 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Eugenio_Preobrazhenski.jpg' width=&#034;118&#034; height=&#034;166&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Eugenio Pr&#233;obrazhenski&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3504 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Adolf_Abramovich_Ioffe.jpg' width=&#034;170&#034; height=&#034;235&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Adolf Abramovitch Ioff&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Chen_Duxiu.jpg' width=&#034;149&#034; height=&#034;210&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chen Duxiu&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/leonsedov.jpg' width=&#034;184&#034; height=&#034;168&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on S&#233;dov&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/BenjaminPeret_small.jpg' width=&#034;200&#034; height=&#034;282&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Benjamin P&#233;ret&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1934-7b261.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;364&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec des militants de l'opposition de gauche en 1934&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Max_Eastman_James_P-_Cannon_and_William_Haywood.jpg' width=&#034;480&#034; height=&#034;323&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Max Eastman, James P-Cannon et William Haywood&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/andreu-nin-y-solano.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;297&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Andreu Nin et Solano&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Leo_Trotzki_1940.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;384&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec des militants am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/avec_Anfre_Breton_et_diego_rivera.gif' width=&#034;292&#034; height=&#034;188&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec Andr&#233; Breton et Diego Rivera&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/avec_frida_Kahlo_et_Shachtman.jpg' width=&#034;273&#034; height=&#034;185&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec Natalia Sedova, Frida Kahlo et Shachtman&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/gif/mathieu.gif' width=&#034;164&#034; height=&#034;214&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Mathieu Bucholtz&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3552 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/barta2.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;367&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3553 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/ta_thu_thau.jpg' width=&#034;139&#034; height=&#034;168&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/jean_van_heijnoort.jpg' width=&#034;181&#034; height=&#034;208&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean Van Heijnoort&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3555 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/joseph_hansen.jpg' width=&#034;150&#034; height=&#034;200&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Joseph Hansen&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/rudolf_klement.jpg' width=&#034;384&#034; height=&#034;288&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rudolf Klement&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/arne_swabeck-arne.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;357&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arne Swabeck&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3558 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/avec_andre_bretonJPG.jpg' width=&#034;350&#034; height=&#034;493&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;avec Andr&#233; Breton&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/van_group2.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;376&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;groupe de militants avec jean van Heijnoort&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/p_001-800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/p_001-800.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;799&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Grandizo Munis et Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/4int/urss/reiss.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lettre au Comit&#233; Central du Parti Communiste de l'Union Sovi&#233;tique de Ignace Reiss (Ludwig)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/07/lt19380717.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur la Mort de Ignace Reiss&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Poretski-Elisabeth-Les-Notres-Livre-896642293_ML.jpg' width=&#034;270&#034; height=&#034;270&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A lire : &#8220;Les n&#244;tres&#8221; de Elisabeth Poretski&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Ignaz_Reiss_Soviet_Union.jpg' width=&#034;144&#034; height=&#034;225&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ignace Reiss (Poretski)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les &#233;poques r&#233;actionnaires comme la n&#244;tre non seulement d&#233;sagr&#232;gent et affaiblissent la classe ouvri&#232;re en isolant son avant-garde, mais aussi abaissent le niveau id&#233;ologique g&#233;n&#233;ral du mouvement en rejetant la pens&#233;e politique loin en arri&#232;re, &#224; des &#233;tapes d&#233;pass&#233;es depuis longtemps. Dans ces conditions, la t&#226;che de l'avant-garde est avant tout de ne pas se laisser entra&#238;ner par le reflux g&#233;n&#233;ral. Il faut aller contre le courant. Si le rapport d&#233;favorable des forces ne permet pas de conserver les positions politiques pr&#233;c&#233;demment occup&#233;es, il faut se maintenir au moins sur les positions id&#233;ologiques, car c'est en elles qu'est concentr&#233;e l'exp&#233;rience ch&#232;rement pay&#233;e du pass&#233;. Une telle politique appara&#238;t aux yeux des sots comme du &#034;sectarisme&#034;. En r&#233;alit&#233; elle ne fait que pr&#233;parer un nouveau bond gigantesque en avant, avec la vague de la prochaine mont&#233;e historique.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;Bolchevisme contre stalinisme&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comprendre clairement la nature sociale de la soci&#233;t&#233; moderne, de son Etat, de son droit, de son id&#233;ologie constitue le fondement th&#233;orique de la politique r&#233;volutionnaire. La bourgeoisie op&#232;re par abstraction (&#171; nation &#187;, &#171; patrie &#187;, &#171; d&#233;mocratie &#187;) pour camoufler l'exploitation qui est &#224; la base de sa domination. (&#8230;) Le premier acte de la politique r&#233;volutionnaire consiste &#224; d&#233;masquer les fictions bourgeoises qui intoxiquent les masses populaires. Ces fictions deviennent particuli&#232;rement malfaisantes quand elles s'amalgament avec les id&#233;es de &#171; socialisme &#187; et de &#171; r&#233;volution &#187;. Aujourd'hui plus qu'&#224; n'importe quel moment, ce sont les fabricants de ce genre d'amalgames qui donnent le ton dans les organisations ouvri&#232;res fran&#231;aises. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#171; La France &#224; un tournant &#187; (28 mars 1936)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il va sans dire que les masses ne sont pas sans p&#233;ch&#233;. Nous ne sommes pas enclins &#224; les id&#233;aliser. Nous les avons vues en des circonstances vari&#233;es, &#224; diverses &#233;tapes, au milieu des plus grands bouleversements. Nous avons observ&#233; leurs faiblesses et leurs qualit&#233;s. Leurs qualit&#233;s : la d&#233;cision, l'abn&#233;gation, l'h&#233;ro&#239;sme trouvaient toujours leur plus haute expression dans les p&#233;riodes d'essor de la r&#233;volution. A ces moments, les bolcheviks furent &#224; la t&#234;te des masses. Un autre chapitre de l'histoire s'ouvrit ensuite, quand se r&#233;v&#233;l&#232;rent les faiblesses des opprim&#233;s : h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, insuffisance de culture, manque d'horizon. Fatigu&#233;es, d&#233;&#231;ues, les masses s'affaiss&#232;rent, perdirent la foi en elles-m&#234;mes et c&#233;d&#232;rent la place &#224; une nouvelle aristocratie. Dans cette p&#233;riode les bolcheviks (les &#034;trotskistes&#034;) se trouv&#232;rent isol&#233;s des masses. Nous avons pratiquement parcouru deux cycles semblables : 1897-1905, ann&#233;es de flux ; 1907-1913, ann&#233;es de reflux ; 1917-1923, ann&#233;es marqu&#233;es par un essor sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ; puis une nouvelle p&#233;riode de r&#233;action qui n'est pas encore finie. Gr&#226;ce &#224; ces &#233;v&#233;nements, les &#034;trotskistes&#034; ont appris &#224; conna&#238;tre le rythme de l'histoire, en d'autres termes la dialectique de la lutte des classes. Ils ont appris et, me semble-t-il, r&#233;ussi &#224; subordonner &#224; ce rythme objectif leurs desseins subjectifs et leurs programmes. Ils ont appris &#224; ne point d&#233;sesp&#233;rer parce que les lois de l'histoire ne d&#233;pendent pas de nos go&#251;ts individuels ou de nos crit&#233;riums moraux. Ils ont appris &#224; subordonner leurs go&#251;ts individuels &#224; ces lois. Ils ont appris &#224; ne point craindre les ennemis les plus puissants, si la puissance de ces ennemis est en contradiction avec les exigences du d&#233;veloppement historique. Ils savent remonter le courant avec la conviction profonde que l'afflux historique d'une puissance nouvelle les portera jusqu'&#224; l'autre rive. Pas tous ; beaucoup se noieront en chemin. Mais participer au mouvement les yeux ouverts, avec une volont&#233; tendue, telle est bien la satisfaction morale par excellence qui puisse &#234;tre donn&#233;e &#224; un &#234;tre pensant !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;Leur morale et la n&#244;tre&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;L&#233;nine expliquait aux amateurs de &#034;probl&#232;mes politiques concrets&#034; que notre politique n'est pas de caract&#232;re conjoncturel mais principiel ; que la tactique est subordonn&#233;e &#224; la strat&#233;gie ; que, pour nous, le sens fondamental de chaque campagne politique est de mener les travailleurs des questions particuli&#232;res aux probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux, c'est-&#224;-dire de les amener &#224; la compr&#233;hension de la soci&#233;t&#233; moderne et du caract&#232;re de ses forces fondamentales.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;D&#233;fense du marxisme&#034; dans le paragraphe &#034;contre le pseudo &#034;r&#233;alisme&#034; politique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Nous ne nous repentons de rien et nous ne renon&#231;ons &#224; rien. Nous vivons des id&#233;es et de l'&#233;tat d'esprit qui nous animaient durant les journ&#233;es d'Octobre 1917. A travers des difficult&#233;s temporaires, nous pouvons voir devant nous. Si marqu&#233;s que soient les m&#233;andres du fleuve, le fleuve coule vers l'oc&#233;an.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Trotsky - Constantinople 17 octobre 1929&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;J'ai particip&#233; aux r&#233;volutions de 1905 et de 1917 ; j'ai &#233;t&#233; pr&#233;sident du soviet des d&#233;put&#233;s de P&#233;tersbourg en 1905, puis en 1917. J'ai pris une part active &#224; la r&#233;volution d'Octobre et j'ai &#233;t&#233; membre du gouvernement sovi&#233;tique. En qualit&#233; de commissaire du peuple aux Affaires &#233;trang&#232;res, j'ai men&#233; les pourparlers de paix &#224; Brest-Litovsk, avec les d&#233;l&#233;gations allemande, austro-hongroise, turque et bulgare. En qualit&#233; de commissaire du peuple &#224; la Guerre et &#224; la Marine, j'ai consacr&#233; environ cinq ann&#233;es &#224; l'organisation de l'arm&#233;e rouge et &#224; la reconstitution de la flotte rouge. Pendant l'ann&#233;e 1920, j'ai joint &#224; ce travail la direction du r&#233;seau ferroviaire qui &#233;tait en d&#233;sarroi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les ann&#233;es de guerre civile mises &#224; part, l'essentiel de mon existence a &#233;t&#233; constitu&#233; par une activit&#233; de militant du parti et d'&#233;crivain. Les &#201;ditions d'Etat ont entrepris, en 1923, la publication de mes oeuvres compl&#232;tes. Elles ont r&#233;ussi &#224; en faire para&#238;tre treize volumes, sans compter les cinq tomes d'ouvrages militaires qui avaient &#233;t&#233; publi&#233;s pr&#233;c&#233;demment. La publication fut interrompue en 1927 lorsque les pers&#233;cutions exerc&#233;es contre le &#034;trotskysme&#034; devinrent particuli&#232;rement acharn&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En janvier 1928, j'ai &#233;t&#233; d&#233;port&#233; par le gouvernement sovi&#233;tique actuel et j'ai pass&#233; un an sur la fronti&#232;re de la Chine ; j'ai &#233;t&#233; expuls&#233; en Turquie, en f&#233;vrier 1929 ; j'&#233;cris ces lignes &#224; Constantinople.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#234;me pr&#233;sent&#233;e dans son raccourci, ma vie ne pourrait &#234;tre dite monotone. Bien au contraire, si l'on en consid&#232;re tous les tournants, l'impr&#233;vu, les conflits aigus, les rel&#232;vements et les descentes, on peut affirmer que cette existence a &#233;t&#233; plut&#244;t surabondante en &#034;aventures&#034;. Pourtant, je me permettrai de dire que, par mes penchants, je n'ai rien de commun avec les chercheurs d'aventures.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;Ma Vie&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les n&#244;tres :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2019&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat de L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2007/07/rosmer-10-1948.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat de Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/10/lt19371019.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat d'Erwin Wolf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/07/lt19380717.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour l'anniversaire de la mort de Reiss&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/07/lt19380718a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition de Rudolf Klement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/07/lt19380719a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'enqu&#234;te sur la mort de L&#233;on S&#233;dov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/06/lt19400625b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cadavre de Harte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3486&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve260&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat de Mathieu Bucholz&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3150&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le stalinisme a d&#233;truit Boukharine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quatre militants trotskystes assassin&#233;s par les staliniens dans le maquis Wodli en Haute-Loire : Pietro Tresso, Abraham Sadek, Maurice Sieglmann et Jean Reboul&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat des trotskistes vietnamiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3088&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand Staline lan&#231;ait sa campagne de d&#233;nonciation publique et d'extermination massive des anciens r&#233;volutionnaires bolcheviks&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3719&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les proc&#232;s de Moscou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En 1936, comment Staline assassine les militants r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2198&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La contre-r&#233;volution assassine les opposants communistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5537&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Communistes contre Stalinisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6269&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'assassinat de Rudolf Klement, secr&#233;taire de Trotsky, par les staliniens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4850&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment et pourquoi Staline a fait torturer et assassiner Andr&#232;s Nin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1035&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste non exhaustive d'assassinats par les staliniens des dirigeants trotskystes mondiaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les probl&#232;mes r&#233;volutionnaires de l'Italie et nos divergences - Pietro Tresso (Blasco)</title>
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		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3012</guid>
		<dc:date>2013-12-13T02:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes dont il est question dans cet article ne sont qu'une partie des probl&#232;mes sur lesquels existe un anta&#173;gonisme entre l'opposition communiste et la bureaucratie qui dirige aujourd'hui le Parti Communiste Italien. A ces probl&#232;mes d'autres encore pourraient &#234;tre ajout&#233;s, ce que l'on fera certainement dans la suite. Particuli&#232;rement, il faudra souligner les divergences qui existent sur les questions internationales, aussi bien que sur les questions italiennes. Sur le terrain des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les probl&#232;mes dont il est question dans cet article ne sont qu'une partie des probl&#232;mes sur lesquels existe un anta&#173;gonisme entre l'opposition communiste et la bureaucratie qui dirige aujourd'hui le Parti Communiste Italien. A ces probl&#232;mes d'autres encore pourraient &#234;tre ajout&#233;s, ce que l'on fera certainement dans la suite. Particuli&#232;rement, il faudra souligner les divergences qui existent sur les questions internationales, aussi bien que sur les questions italiennes. Sur le terrain des questions internationales, l'Opposition Com&#173;muniste devra r&#233;examiner &#224; fond toutes les positions adop&#173;t&#233;es par l'I.C. apr&#232;s le IV&#176; Congr&#232;s, de mani&#232;re &#224; porter sur ces questions, en collaboration avec l'Opposition de Gauche Internationale un jugement d&#233;coulant de l'applica&#173;tion du marxisme r&#233;volutionnaire aux faits r&#233;els, et non du crit&#233;rium strictement bureaucratique qui consiste &#224; vouloir &#234;tre d'accord avec la hi&#233;rarchie officielle de l'I.C. Il est cer&#173;tain, par exemple, que sur des &#233;v&#233;nements d'importance mondiale, tels que la R&#233;volution chinoise, la gr&#232;ve des mi&#173;neurs et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des travailleurs anglais, le d&#233;ve&#173;loppement de la situation russe et la tactique appliqu&#233;e par la direction de l'I.C. dans diff&#233;rentes occasions, la presse officielle internationale en g&#233;n&#233;ral, et celle du P.C.I. en par&#173;ticulier, n'a rien fait qui puisse les &#233;clairer. Au contraire, elle a fait de son mieux pour les garder dans l'ombre. Au lieu d'une ample discussion, d'une s&#233;v&#232;re auto-critique, vraiment bolchevique, elle n'a fait qu'une campagne de calomnies, de potins, contre tous ceux qui ont d&#233;nonc&#233; &#224; temps les erreurs qu'on aurait commises, et qui ont lutt&#233; pour les emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce terrain aussi la nouvelle opposition est sur des positions fortes. Elle n'aura qu'&#224; d&#233;velopper jusqu'aux cons&#233;&#173;quences n&#233;cessaires quelques positions, comme par exemple, sur la r&#233;volution chinoise et sur le Comit&#233; anglo-russe, qui avaient &#233;t&#233; adopt&#233;es, &#224; l'&#233;poque o&#249; ces &#233;v&#233;nements se sont v&#233;rifi&#233;s, au sein m&#234;me du C.C. du P.C.I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la critique des positions opportunistes et aventuristes de la direction actuelle du P.C.I., il faut arriver &#224; la critique de toute la ligne si riche en zigzags de la direction de l'I.C. Voil&#224; une des t&#226;ches les plus imp&#233;rieuses pour l'Opposition Communiste. En effet, le funambulisme opportuniste que nous voyons dans la direction du P.C.I. - comme, du reste, dans toutes les autres sections de l'I.C. - plut&#244;t que la cause, est l'effet de la fa&#231;on dont, depuis plusieurs ann&#233;es, est dirig&#233;e l'I.C. La direction de l'I.C. et les directions officielles de ses diff&#233;rentes sections, sont pouss&#233;es aujourd'hui, par la bu&#173;reaucratie r&#233;gnante, &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes du Parti et de la classe ouvri&#232;re en fonction des formations instables de majorit&#233; et de minorit&#233; : la m&#233;thode parlementaire et la m&#233;thode bureaucratique l'emportent sur la m&#233;thode marxiste&#173;r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; travers une s&#233;v&#232;re application de cette derni&#232;re m&#233;thode que l'Opposition Communiste est arri&#173;v&#233;e &#224; une compl&#232;te s&#233;paration d'avec l'opportunisme aventuriste qui r&#232;gne aussi dans le P.C.I. Et &#224; cette m&#233;thode l'Opposition Communiste restera fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa t&#226;che, actuellement, n'est pas des plus faciles. Des difficult&#233;s consid&#233;rables barrent son chemin. Elle a pourtant quand m&#234;me l'orgueil de pouvoir affirmer que les faits ont tout de suite prouv&#233; combien sa critique contre l'opportu&#173;nisme des dirigeants du P.C.I. masqu&#233; par des phrases de gauche, &#233;tait enti&#232;rement justifi&#233;e, et combien cette critique &#233;tait indispensable au Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique devra &#234;tre continu&#233;e avec fermet&#233;, sans fl&#233;chir. Non seulement la base du Parti devra &#234;tre clairement inform&#233;e sur les combinaisons sans principes en honneur au sommet, mais elle devra &#234;tre appel&#233;e partout et de toutes les mani&#232;res &#224; intervenir pour faire cesser ces combinaisons, pour que le Parti Communiste Italien ait &#224; nouveau une direction ferme r&#233;volutionnaire, digne de lui et digne de l'es&#173;prit de sacrifice du prol&#233;tariat italien.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation italienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re cause de divergences entre nous et la majorit&#233; du C.C. du P.C.I. : l'appr&#233;ciation diff&#233;rente crue nous fai&#173;sons de la situation italienne. Nous r&#233;sumons ici en quelques lignes comment, pour accorder son jugement sur la situation italienne (nous disons accorder) avec les d&#233;cisions du X&#176; Pl&#233;&#173;num, la majorit&#233; pr&#233;tend voir aujourd'hui la situation ita&#173;lienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise du capitalisme italien est arriv&#233;e &#224; un stade extr&#234;mement aigu, et va rapidement empirant, de semaine en semaine. Cette crise n'est pas seulement une crise de conjoncture, mais elle est essentiellement une crise organique qui d&#233;bouchera directement dans la guerre ou dans la r&#233;vo&#173;lution. La crise de conjoncture qui se v&#233;rifie aujourd'hui dans tous les pays est particuli&#232;rement grave pour l'Italie, o&#249; manquent les mati&#232;res premi&#232;res, o&#249; manquent les capitaux pour renouveler rapidement les installations industrielles ; o&#249; l'on est dans l'impossibilit&#233; de r&#233;duire comme il faudrait le prix des produits pour r&#233;sister &#224; la concurrence &#233;trang&#232;re et la vaincre ; o&#249; le probl&#232;me des d&#233;bouch&#233;s s'aiguise de jour en jour ; o&#249; la rationalisation est r&#233;alis&#233;e essentiellement par une r&#233;duction des salaires ouvriers ; o&#249; le march&#233; int&#233;&#173;rieur s'appauvrit constamment ; o&#249; il existe une crise agraire ruinant les petits propri&#233;taires et les petits colons par mil&#173;liers ; o&#249; il existe une arm&#233;e permanente d'environ un million de ch&#244;meurs dans l'industrie et l'agriculture.&lt;br class='autobr' /&gt; Le bloc r&#233;volutionnaire ouvrier-paysan est d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;. Au Parti Communiste ne se pose plus le probl&#232;me de gagner soit une partie du prol&#233;tariat, soit les alli&#233;s de la r&#233;volution (paysans et en particulier les millions de paysans pauvres, mis&#233;rables, du midi de l'Italie, et les minorit&#233;s nationales) mais l'unique t&#226;che qui se pose aujourd'hui est de &#171; se mettre &#224; la t&#234;te des masses en mouvement &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Les partis interm&#233;diaires (r&#233;publicains, d&#233;mocrates, populaires-catholiques, l'&#201;glise elle-m&#234;me, et la social-d&#233;mo&#173;cratie) n'ont plus aucune importance dans la soci&#233;t&#233; italienne. Le fascisme a d&#233;truit (&#224; part l'organisation de l'&#201;glise catho&#173;lique) par la violence les organisations des partis interm&#233;&#173;diaires, leurs si&#232;ges, leurs journaux ; donc, le Parti Commu&#173;niste n'a plus &#224; se pr&#233;occuper de ces partis. La social-d&#233;mo&#173;cratie, dont une partie est exil&#233;e &#224; l'&#233;tranger, &#171; fait rire &#187;, elle &#171; ne pourra pas, malgr&#233; ses bonnes intentions, &#234;tre le bour&#173;reau du prol&#233;tariat italien &#187;. Les bases sociales de ces partis (paysans, journaliers agricoles, techniciens d'industrie, em&#173;ploy&#233;s et petits commer&#231;ants, une partie des intellectuels) sont tellement &#171; radicalis&#233;es &#187;, qu'elles se placent d&#233;j&#224; sous la di&#173;rection du Parti Communiste. &#171; Aujourd'hui, en Italie, le prol&#233;tariat en entier et les larges masses travailleuses se posent le dilemme : Fascisme ou Communisme ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Les larges masses des ouvriers et des paysans sont sorties de la passivit&#233; dans laquelle elles &#233;taient plong&#233;es &#224; la fin de 1927 ; elles ont repris &#233;nergiquement la lutte, les armes &#224; la main. D'apr&#232;s l'affirmation des &#171; majoritaires &#187;, aujourd'hui en Italie nous avons les &#171; masses des paysans qui se battent contre les Podestats &#187; ; les &#171; colonnes de ch&#244;meurs manifestent pour revendiquer du pain et du travail en met&#173;tant en d&#233;route les miliciens fascistes &#187; ; les &#171; groupes d'ou&#173;vriers qui, par des manifestations violentes de rue, ont r&#233;ussi &#224; arracher quelque chose, &#224; arracher la reconnaissance totale ou partielle de leurs droits &#187;. Puis encore : &#171; Avec leur essor, leur d&#233;cision, leur esprit d'offensive, ils ont r&#233;ussi &#224; neutra&#173;liser, &#224; briser (m&#234;me seulement pour un moment) l'appareil de r&#233;pression fasciste ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cons&#233;quence de cette vision toute arbitraire de la situation italienne, la majorit&#233; affirme - bien entendu avec les habituelles ambigu&#239;t&#233;s de langue destin&#233;es &#224; permettre aux opportunistes du calibre d'Ercoli de se retirer &#224; tout mo&#173;ment en bon ordre - que les t&#226;ches du Parti sont essentielle&#173;ment les suivantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mobiliser les masses pour la gr&#232;ve politique et pour l'insurrection arm&#233;e. Tout ce qui n'est pas directement li&#233; &#224; ce but imm&#233;diat, devient tout de suite d'importance secon&#173;daire, est n&#233;glig&#233;, sinon bafou&#233;. Sur le papier, par un dernier reste de pudeur, on parle encore de revendications &#233;cono&#173;miques et aussi de revendications politiques partielles ; mais on ajoute tout de suite que sans la lutte arm&#233;e des travail&#173;leurs il n'y aura pas d'am&#233;lioration, pas de soulagement m&#234;me transitoire dans la situation actuelle. Bref : la position sur le terrain de l'agitation est la suivante : &#171; Ou bien vous, les travailleurs, vous &#234;tes capables de vous battre les armes &#224; la main contre les fascistes, ou bien votre lutte est inutile ! &#187; Il est clair qu'une agitation men&#233;e d'une telle fa&#231;on, bien qu'envelopp&#233;e dans des phrases ultra-extr&#233;mistes, m&#232;ne direc&#173;tement &#224; la passivit&#233; des masses et favorise cette passivit&#233;, pour la simple raison que les masses ont conscience de leur actuelle impossibilit&#233; de se battre sur le terrain de la lutte arm&#233;e contre le fascisme, et que, par cons&#233;quent, elles de&#173;vraient rester les bras crois&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt; Le premier pas pour la r&#233;alisation de la mobilisation des masses en vue de la gr&#232;ve politique et de l'insurrection arm&#233;e, est celui qui consiste &#224; &#171; &#233;purer le Parti des opportunistes ! &#187;. Il suffit de se rappeler que cette &#171; &#233;puration &#187; est effectu&#233;e sous la direction d'Ercoli pour savoir tout de suite quels seront les &#171; opportunistes &#187; &#224; &#233;liminer des postes responsables et du Parti. En r&#233;alit&#233; la lutte est livr&#233;e aux meilleurs militants, &#224; ceux qui poss&#232;dent la plus grande exp&#233;rience politique et d'organisation, qui sont toujours rest&#233;s &#224; leur poste responsable, mais qui n'acceptent pas de s'incliner, ni devant l'opportunisme tel qu'il a &#233;t&#233; pratiqu&#233; jusqu'&#224; hier encore par le Centre dirigeant du P.C.I., ni devant l'aven&#173;turisme qui est en honneur aujourd'hui et qui, d'autre part, n'est autre chose qu'un d&#233;guisement de l'opportunisme an&#173;cien.&lt;br class='autobr' /&gt; La lutte contre la social-d&#233;mocratie, et, en g&#233;n&#233;ral, contre la Concentration Antifasciste qui a son centre dirigeant &#224; Paris, est une lutte purement acad&#233;mique, &#224; mener simple&#173;ment pour garder sa bonne humeur. Il est clair en effet qu'au&#173;cune lutte s&#233;rieuse ne peut &#234;tre men&#233;e contre un adversaire que l'on estime ridicule et incapable de devenir le bourreau du prol&#233;tariat. Dans cette question aussi le Centre du Parti passe de l'opportunisme le plus d&#233;go&#251;tant &#224; l'extr&#233;misme le plus ridicule. Jusqu'au VI&#176; Congr&#232;s de l'I.C., le centre diri&#173;geant du P.C.I. consid&#233;rait que la social-d&#233;mocratie italienne avait une nature diff&#233;rente de celle de la social-d&#233;mocratie internationale. En particulier, tandis qu'il reconnaissait que la social-d&#233;mocratie des autres pays devenait une force toujours plus r&#233;actionnaire, et &#233;voluait vers ce qu'aujourd'hui on appelle &#171; social-fascisme &#187;, il affirmait, qu'au contraire, la social-d&#233;mocratie italienne avait creus&#233; un ab&#238;me entre elle et le fascisme ; qu'aucun accord n'&#233;tait d&#233;sormais possible entre les deux, et que la social-d&#233;mocratie italienne se radi&#173;calisait chaque jour davantage, comme le prouvaient ses for&#173;mules politiques (remplacement par la formule &#171; R&#233;publique d&#233;mocratique des Travailleurs &#187; des pr&#233;c&#233;dentes formules plus g&#233;n&#233;rales revendiquant un retour aux libert&#233;s constitution&#173;nelles et au Statut de Charles-Albert).&lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui, au contraire, sous l'aiguillon de l'I.C. et en particulier pour racheter les p&#233;ch&#233;s opportunistes d'hier, le Centre de notre Parti ne voit dans la social-d&#233;mocratie ita&#173;lienne autre chose qu'un instrument du fascisme, qu'un col&#173;laborateur du r&#233;gime fasciste ; il nie que la social-d&#233;mocratie (toujours dans l'int&#233;r&#234;t de la bourgeoisie) pourra lutter contre le fascisme ; et il affirme que cette social-d&#233;mocratie italienne est la social-d&#233;mocratie des caf&#233;s de Montparnasse et de la d&#233;b&#226;cle.&lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi, tandis que jusqu'&#224; hier on avait une obsession de la social-d&#233;mocratie et de la Concentration Antifasciste, et qu'on la combattait en masquant la solution communiste et les mots d'ordre li&#233;s &#224; cette solution - aujourd'hui on tombe dans une faute qui conduit aux m&#234;mes cons&#233;quences prati&#173;ques. Que ce soit comme hier, lorsque, pour combattre la social-d&#233;mocratie, on abaissait le Parti au niveau de la social-&#173;d&#233;mocratie, ou comme aujourd'hui, lorsqu'on affirme que la social-d&#233;mocratie &#171; fait rire &#187; - on emp&#234;che en r&#233;alit&#233; le Parti de combattre &#224; la mani&#232;re bolch&#233;vique un ennemi qui, malheureusement, n'est ni mort, ni pourri, et poss&#232;de encore une influence consid&#233;rable dans de larges couches de travail&#173;leurs italiens.&lt;br class='autobr' /&gt; Les revendications &#233;conomiques et partielles, comme nous l'avons dit, demeurent encore, en partie, sur le papier, mais dans la r&#233;alit&#233; elles sont compl&#232;tement n&#233;glig&#233;es. Au lieu de consid&#233;rer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale politique comme le r&#233;sul&#173;tat du d&#233;veloppement de toute une s&#233;rie de luttes de carac&#173;t&#232;re &#233;conomique et politique, luttes que le Parti a pour t&#226;che de susciter, d'&#233;largir, de coordonner jusqu'&#224; ce qu'on puisse arriver &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale politique, &#224; l'insurrection arm&#233;e du prol&#233;tariat et des larges masses - la direction, comme cela se passe d&#233;sormais dans toutes les sections de I'I.C., fait de la gr&#232;ve politique une esp&#232;ce de pr&#233;misse &#224; toute autre affirmation du prol&#233;tariat. Tandis qu'on rencontre d'&#233;normes difficult&#233;s pour mettre en mouvement les ouvriers pour des revendications de caract&#232;re &#233;conomique imm&#233;diat, telles, par exemple, que la lutte pour une aide plus large aux ch&#244;meurs, contre l'augmentation des loyers ou pour la d&#233;fense et l'aug&#173;mentation des salaires, la &#171; majorit&#233; &#187; fait de grandes proclamations pour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale politique, sans d'ailleurs indiquer les objectifs concrets pour lesquels la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale politique devrait &#234;tre d&#233;clench&#233;e. Par suite, elle porte la plus grande confusion non seulement parmi les &#171; masses &#187; influen&#173;c&#233;es par le Parti, mais parmi les membres du Parti eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition, au contraire, soit sur la situation italienne, soit sur toute une autre s&#233;rie de probl&#232;mes, a exprim&#233; des id&#233;es bien diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; souligner les signes de la gravit&#233; de la situation italienne. Cette gravit&#233; appara&#238;t par maints indices. La balance commerciale italienne se solde par un passif de plus de 6 milliards. Dans les derni&#232;res ann&#233;es, l'industrie italienne a largement recouru aux emprunts &#224; l'&#233;tranger afin d'effectuer sa rationalisation. Mais aujourd'hui, presque toutes les branches de l'industrie italienne sont frapp&#233;es par une crise de surproduction &#224; laquelle cor&#173;respond une sous-consommation vraie et propre. Les indus&#173;tries du textile, de l'automobile, les m&#233;caniques, les construc&#173;tions navales, les constructions de mat&#233;riel pour les chemins de fer sont particuli&#232;rement frapp&#233;es. Toutes ces industries sont frapp&#233;es par la concurrence sur les march&#233;s &#233;trangers. Mais elles le sont aussi, malgr&#233; la haute protection douani&#232;re dont elles sont l'objet, sur le march&#233; int&#233;rieur, au moins pour une grande partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est tr&#232;s grave aussi dans l'agriculture. Le pro&#173;bl&#232;me qui est &#224; la base de la crise agraire en Italie aussi, est le probl&#232;me des prix de revient. Suivant un &#233;conomiste bourgeois, tandis que les prix, par rapport &#224; l'avant-guerre, avaient augment&#233; de 49 %, le prix de revient de la produc&#173;tion agricole a augment&#233; de plus de 120 %. La presse fasciste a exalt&#233;, il y a un an, les r&#233;sultats de la &#171; bataille du bl&#233; &#187; pour le fait que la r&#233;colte du bl&#233; en Italie avait atteint envi&#173;ron 70 millions de quintaux de bl&#233; : &#224; savoir, dix millions de quintaux en plus de la production moyenne des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Ce r&#233;sultat, suivant la presse fasciste, d&#233;coule du d&#233;veloppement de la technique agraire et des engrais chi&#173;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, au contraire, affirmer, qu'un tel r&#233;sultat est d&#251; essentiellement &#224; la saison favorable, ce qui est prouv&#233; par le fait que presque tout le surplus de bl&#233; obtenu provient des r&#233;gions du midi, o&#249;, justement, la technique agraire et les engrais chimiques sont, aujourd'hui encore, &#224; un niveau tr&#232;s bas. Quoi qu'il en soit, cette augmentation de la production du bl&#233;, qui s'est v&#233;rifi&#233;e parall&#232;lement &#224; l'allure favorable de la production de bl&#233; dans presque tous les pays producteurs n'a nullement &#233;t&#233; favorable &#224; l'&#233;conomie italienne. Au contraire, elle a provoqu&#233; l'aggravation des conditions et la ruine de nombreux petits paysans. En effet, la chute des prix int&#233;rieurs du bl&#233;, malgr&#233; l'augmentation continuelle des tarifs douaniers, a &#233;t&#233; tr&#232;s sensible ; et de nombreux petits et moyens producteurs de bl&#233; en ont &#233;t&#233; et en sont encore frapp&#233;s. Par-dessus le march&#233; l'augmentation de la quantit&#233; de bl&#233; &#224; l'int&#233;rieur a diminu&#233; la n&#233;cessit&#233; de l'importation de bl&#233; &#233;tranger, ce qui provoque un d&#233;s&#233;quilibre assez sen&#173;sible dans le budget de l'&#201;tat, qui perd le prix des taxes douani&#232;res sur le bl&#233; correspondant aux millions de quintaux qui ne sont pas import&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la crise du bl&#233;, nous avons en Italie la crise de l'olivier, la crise dans la production du vin, la crise dans la production du chanvre, etc.. Les hommes d'&#201;tat se conso&#173;lent et cherchent &#224; consoler les autres en affirmant que la crise industrielle ou agraire ne frappe pas seulement l'Italie, mais encore plus durement les autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise industrielle donc, et crise agricole. Crise de surpro&#173;duction et crise de sous-consommation. Ruine de petits commer&#231;ants, des petits industriels, des petits cultivateurs. Concentration puissante : bancaire, industrielle, commerciale, et aussi agricole. R&#233;duction des salaires (les salaires actuels sont en moyenne inf&#233;rieurs de 40 et m&#234;me de 50% aux sa&#173;laires conquis par les ouvriers en 1929-30) ; augmentation des heures de travail (dans plusieurs industries, on doit travailler 12 heures par jour, dans l'agriculture, on travaille m&#234;me 13 et 14 heures par jour), augmentation des imp&#244;ts : sur les ouvriers, sur les paysans, les petits commer&#231;ants ; un ch&#244;&#173;mage ouvrier et agricole qui atteint au moins le chiffre d'un million de ch&#244;meurs, dont moins de la moiti&#233; b&#233;n&#233;ficie de l'allocation ch&#244;mage de 3,25 lires par jour. Les perspectives imm&#233;diates sont les perspectives d'une aggravation ult&#233;rieure de la situation, m&#234;me si la, reprise des travaux agricoles r&#233;us&#173;sit, en partie, &#224; att&#233;nuer le ph&#233;nom&#232;ne du ch&#244;mage parmi les travailleurs des champs. Mais la question n'est pas de &#171; photographier &#187; la situation &#233;conomique actuelle : le pro&#173;bl&#232;me est de savoir si cette crise sera la derni&#232;re du capita&#173;lisme italien ou bien si, &#224; la faveur de circonstances d&#233;termi&#173;n&#233;es (int&#233;rieures ou internationales) le capitalisme ne pourra pas &#233;ventuellement se ressaisir encore pour une p&#233;riode plus ou moins longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement : si nous nous repr&#233;sentons la crise actuelle comme une ligne, aurons-nous un segment qui aboutit tout droit &#224; la guerre ou &#224; la r&#233;volution, ou bien aurons-nous une ligne en zigzag, ce qui montrerait que, bien qu'en allant toujours plus vers un empirement g&#233;n&#233;ral de la situation, le capitalisme italien aura encore quelque r&#233;pit ? La majorit&#233; du centre dirigeant est d'avis que le capitalisme italien se pr&#233;cipite directement et rapidement vers sa chute finale. Nous pensons, au contraire, qu'on ne peut pas exclure la possibilit&#233; que cette crise aussi puisse &#234;tre provisoirement surmont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe d&#233;j&#224; des facteurs objectifs qui tendent &#224; rendre moins lourde au capitalisme italien la situation actuelle. Tan&#173;dis qu'au commencement de l'hiver le capitalisme, italien &#233;tait tenaill&#233; par l'impossibilit&#233; de donner du travail au moins &#224; une partie des ouvriers ch&#244;meurs, &#224; pr&#233;sent les travaux d'&#233;t&#233; &#224; la campagne lui donnent la possibilit&#233; de consid&#233;rer le probl&#232;me avec moins de pr&#233;occupation. En outre, le krach boursier am&#233;ricain - provoqu&#233; par une crise profonde de surproduction, a lib&#233;r&#233; une certaine quantit&#233; de capitaux qui affluent &#224; pr&#233;sent avec plus d'abondance sur le march&#233; euro&#173;p&#233;en. Le taux d'escompte a &#233;t&#233; abaiss&#233;, ce qui soulage les industriels et les propri&#233;taires agraires (et aussi les petits commer&#231;ants et les petits cultivateurs), qui entrevoient la possibilit&#233; de produire &#224; un prix de revient inf&#233;rieur et, par cons&#233;quent, d'augmenter la vente. Il s'agit pour le moment d'&#233;l&#233;ments tr&#232;s faibles qui servent plus &#224; retarder la pr&#233;cipi&#173;tation &#224; la crise, qu'&#224; la surmonter. Mais en politique - re&#173;tarder une crise, reculer l'aggravation - signifie souvent aussi la possibilit&#233; de surmonter cette crise, m&#234;me si cela implique un approfondissement et un &#233;largissement des causes g&#233;n&#233;rales de la crise et qui lui donneront plus tard un ca&#173;ract&#232;re plus aigu et plus difficilement surmontable. A ces facteurs plus faibles, il faut ajouter le facteur principal : la faiblesse r&#233;volutionnaire du Parti et l'esprit de lutte des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la capacit&#233; d'intervention du Parti dans la situation italienne, notre avis n'est pas seulement bas&#233; sur les forces num&#233;riques dont le Parti dispose, forces tr&#232;s faibles comme effectifs ; ni sur les conditions p&#233;nibles o&#249; son centre dirigeant est r&#233;duit maintenant - mais il est bas&#233; surtout sur les conditions politiques et d'organisation dans lesquelles se trouve aujourd'hui la base du Parti, et sur les difficult&#233;s que cette base rencontre pour se frayer un che&#173;min parmi les masses. La majorit&#233; de nos membres actuels poss&#232;dent une capacit&#233; politique tr&#232;s limit&#233;e. Plusieurs diri&#173;geants actuels de nos F&#233;d&#233;rations, de nos secteurs, de nos cel&#173;lules, sont des camarades hier encore incapables de diriger m&#234;me une petite cellule. Nos meilleurs cadres, nos anciens (anciens par l'exp&#233;rience politique et l'anciennet&#233; dans le Parti, mais jeunes d'&#226;ge) secr&#233;taires f&#233;d&#233;raux, nos secr&#233;taires de R&#233;gions, les secr&#233;taires de nos cellules de rue et d'usine qui ont v&#233;cu l'exp&#233;rience du Parti d&#232;s sa naissance et de toute la lutte contre le fascisme, sont aujourd'hui en prison ou surveill&#233;s tr&#232;s strictement. Nous les avons remplac&#233;s une, deux, trois, quatre fois, jusqu'&#224; ce que nous ayons &#233;t&#233; obli&#173;g&#233;s de placer comme dirigeants des organisations des camarades disposant certainement d'une tr&#232;s grande bonne volont&#233; et d'esprit de sacrifice, mais qui en r&#233;alit&#233; &#233;taient aupa&#173;ravant un peu la &#171; r&#233;serve &#187; de l'arm&#233;e prol&#233;tarienne. A cette capacit&#233; affaiblie des camarades de la base correspond une augmentation, bien que relative, des difficult&#233;s du travail parmi les masses ; difficult&#233;s dues &#224; la chasse impitoyable de la police, au manque de moyens techniques, &#224; la terreur qui r&#232;gne encore parmi les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'esprit de lutte des masses, nous sommes aussi en d&#233;saccord avec la direction du Parti. Elle voit &#171; les larges masses dans la rue &#187;. Pour elle la t&#226;che consiste seulement &#224; porter le Parti &#171; &#224; la t&#234;te de ces masses d&#233;j&#224; en mouvement &#187;. Elle voit, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, les &#171; masses &#187; de paysans luttant les armes &#224; la main contre les Podestats, &#171; contre les fascistes &#187; ; les &#171; colonnes de mani&#173;festants mettant en fuite les miliciens fascistes &#187; ; &#171; la milice en d&#233;route devant les masses en mouvement &#187;. Et tout cela non seulement comme des faits importants mais &#233;pisodiques, mais comme un ph&#233;nom&#232;ne g&#233;n&#233;ral, se produisant journelle&#173;ment d'un bout &#224; l'autre de l'Italie. Malheureusement toute cette vision n'est pour 90 % que pure fantaisie. Celui qui, &#224; l'&#233;tranger, lit aujourd'hui la presse ill&#233;gale de notre Parti, re&#231;oit d'embl&#233;e l'impression qu'en Italie nous sommes en plein mouvement r&#233;volutionnaire des masses. Ce qui ne sert qu'&#224; satisfaire Piatnitsky &#224; Moscou. La r&#233;alit&#233; est que les masses ouvri&#232;res italiennes en sont, aujourd'hui encore, aux premi&#232;res tentatives pour sortir de la passivit&#233;. Elles sont m&#233;contentes. Elles ridiculisent le fascisme et quand c'est pos&#173;sible, en disent grand mal. Mais de cet &#233;tat effectif de m&#233;con&#173;tentement sourd &#224; l'action ouverte des larges masses, il y a un grand pas &#224; franchir. Les masses ne sont encore actives pour plusieurs raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; parce que notre Parti n'est ca&#173;pable de d&#233;velopper qu'une activit&#233; tr&#232;s limit&#233;e de propa&#173;gande et d'agitation parmi les masses ;&lt;br class='autobr' /&gt; parce que les masses sont priv&#233;es de toute organisation l&#233;gale qui ne soit directe&#173;ment contr&#244;l&#233;e par le fascisme ;&lt;br class='autobr' /&gt; parce que les masses ont encore peur du Tribunal Sp&#233;cial et surtout du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les masses sont encore id&#233;ologiquement dispers&#233;es. Non seulement il est faux, ce que la majorit&#233; affirme, qu'en Italie le bloc r&#233;volutionnaire ouvrier-paysan soit un fait accompli ; non seulement il est faux que &#171; le prol&#233;tariat en entier et les larges masses travailleuses se posent aujourd'hui le dilemme : Fascisme ou Communisme &#187; - mais il est vrai, au contraire, que m&#234;me des ouvriers, m&#234;me des camarades militant depuis plusieurs ann&#233;es dans le Parti, esp&#232;rent que le salut viendra de la social-d&#233;mocratie, du Pape, ou du Prince h&#233;ritier... Sur le terrain syndical, par exemple, le fascisme n'a pas r&#233;ussi &#224; s'attacher les ouvriers, pas plus qu'il n'y a r&#233;ussi sur le terrain id&#233;ologique g&#233;n&#233;ral, ou sur le terrain politique. Les ouvriers sont contre le fascisme. Et en g&#233;n&#233;ral un ouvrier se consid&#232;re comme cruellement offens&#233; si on l'appelle fasciste... Mais malgr&#233; tout les fascistes sont &#224; m&#234;me de contr&#244;ler tr&#232;s strictement les masses ouvri&#232;res. A travers toute une s&#233;rie d'institutions (sportives, &#233;ducatives, d'amusement), ils enr&#244;lent des millions d'ouvriers. Dans une ville comme Turin, par exemple, o&#249; notre Parti a des traditions bien enracin&#233;es, o&#249; les luttes r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat ont &#233;t&#233; tr&#232;s &#226;pres, chaque samedi, toutes les demi-heures, partent des trains bond&#233;s d'ouvriers (jeunes hommes, femmes) qui vont faire de petits voyages d'agr&#233;ment sous le contr&#244;le du &#171; Dopolavoro &#187; fasciste. Un autre ph&#233;nom&#232;ne est la renais&#173;sance du sentiment religieux. Toujours &#224; Turin, pour nous borner &#224; cette ville, dans un quartier o&#249; notre Parti avait jadis &#233;t&#233; puissant, quartier strictement ouvrier o&#249;, en 1919-20, pas un chien n'allait &#224; l'&#201;glise, tous les dimanches matin l'&#233;glise est litt&#233;ralement bond&#233;e et les personnes qui &#233;coutent la messe d&#233;bordent dans la moiti&#233; de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aper&#231;u de la situation qui, peut-&#234;tre, pourrait &#234;tre jug&#233; un peu sombre, correspond &#224; la r&#233;alit&#233;. Cela n'emp&#234;che pas qu'il y ait des &#233;pisodes de lutte, et une certaine reprise parmi les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si ces &#233;pisodes et cette reprise sont confront&#233;s avec la situation italienne, on voit tout de suite qu'ils sont extr&#234;me&#173;ment importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En novembre dernier les paysans de Sulmona (petite ville des Abruzzes en Italie centrale) ont fait une d&#233;mons&#173;tration spontan&#233;e au cri de &#171; Dehors les Autrichiens &#187; et contre l'octroi. La manifestation, bien que notre Parti n'ait pas eu la possibilit&#233; d'avoir des informations directes, doit avoir &#233;t&#233; tr&#232;s importante, car la presse fasciste elle-m&#234;me, quelques mois apr&#232;s, a &#233;t&#233; forc&#233;e de reconna&#238;tre cette impor&#173;tance. En r&#233;alit&#233;, les dispositions adopt&#233;es r&#233;cemment par le gouvernement fasciste d'abolir l'octroi dans toutes les villes italiennes, signifient l'acceptation des remontrances des pay&#173;sans, remontrances qui ont explos&#233; dans les &#171; faits de Sulmona &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; A Turin, &#224; la &#171; Fiat &#187; (usine la plus importante de la ville) un ouvrier fasciste a gifl&#233; un contrema&#238;tre, lui aussi fasciste. Et ceci, comme signe de protestation contre l'attitude des entrepreneurs qui, faute de travail, envisageaient la fer&#173;meture de quelques ateliers de l'usine.&lt;br class='autobr' /&gt; A Carpri, en Emilie, a eu lieu une d&#233;monstration d'ouvriers ch&#244;meurs (1.500 environ) ; manifestation toute pacifique, tellement pacifique qu'elle s'est dissoute tranquille&#173;ment et sans un cri lorsque le Podestat fasciste a pri&#233; les ma&#173;nifestants de regagner leurs maisons, leur assurant qu'on allait envisager le moyen de donner &#224; manger aux plus mis&#233;&#173;rables.&lt;br class='autobr' /&gt; A Faenza (Romagne), un ouvrier, sympathisant com&#173;muniste, a tu&#233; deux fascistes pour des raisons, au fond, poli&#173;tiques. Les fascistes ont imm&#233;diatement mobilis&#233; et ils se sont livr&#233;s aux violences habituelles (bastonnades, d&#233;vasta&#173;tions et pillages des maisons des &#233;l&#233;ments connus comme anti&#173;fascistes, etc.., un ouvrier a &#233;t&#233; tu&#233;). Comme ces, violences atteignaient aussi les antifascistes de la campagne, la famille Sangiorio, sympathisante communiste, s'est barricad&#233;e dans sa maison et s'est d&#233;fendue les armes &#224; la main contre les fascistes. La reddition a eu lieu seulement lorsque la milice fasciste a &#233;t&#233; retir&#233;e et que les gendarmes (carabiniers) sont arriv&#233;s sur place. Ce fait est tr&#232;s important, car depuis plu&#173;sieurs ann&#233;es, en Italie, on n'avait plus vu d'&#233;pisodes de r&#233;sis&#173;tance arm&#233;e par un groupe d'ouvriers ou par une famille, aux violences fascistes.&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;cemment encore on a eu les faits de Martina Franca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien d'autres &#233;pisodes d'importance moindre pour&#173;raient encore &#234;tre &#233;num&#233;r&#233;s. Ceux que nous indiquons sont pourtant les plus caract&#233;ristiques, les plus importants, ceux qui servent le mieux &#224; &#233;clairer la situation. Comme on le voit, il s'agit &#224; pr&#233;sent seulement d'&#233;pisodes de r&#233;action spon&#173;tan&#233;e des masses contre quelques-uns des aspects les plus hideux de la domination fasciste et contre quelques disposi&#173;tions adopt&#233;es par des industriels &#224; la suite du manque de travail. Mais nous sommes encore tr&#232;s loin des larges mouve&#173;ments de masse dont parle la presse ill&#233;gale du Parti, de m&#234;me que la presse l&#233;gale &#233;dit&#233;e &#224; l'&#233;tranger. En plus, tous ces &#233;pisodes de lutte se sont d&#233;roul&#233;s en dehors de l'inter&#173;vention directe du Parti. Le Parti en a eu connaissance seule&#173;ment apr&#232;s coup. Ce qui prouve d'un c&#244;t&#233; que la situation italienne est grave et que le m&#233;contentement des masses est aigu, car si ces masses cherchent &#224; se mettre en mouve&#173;ment spontan&#233;ment c'est parce qu'elles jugent la situation d&#233;sormais intol&#233;rable ; et d'autre part, cela prouve la faiblesse de notre Parti qui ne r&#233;ussit pas &#224; se trouver pr&#233;sent dans toute la mesure o&#249; l'exige la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'essor des masses vers la lutte est encore si faible, si des couches tr&#232;s larges de la population travailleuse italienne, et m&#234;me de nos camarades, esp&#232;rent que l'affranchissement de l'esclavage fasciste viendra du Pape, de la social-d&#233;mocra&#173;tie ou du Prince h&#233;ritier, ou de l'Arm&#233;e Rouge, ou de la r&#233;volution chinoise ou hindoue victorieuse ; bref, de tout, sauf de ses propres forces et de sa propre lutte, si, en m&#234;me temps, la faiblesse du Parti est telle qu'il est dans l'impossi&#173;bilit&#233; de bien orienter m&#234;me ses membres - comment est-il possible de nier que le capitalisme italien a peut-&#234;tre encore la possibilit&#233; de surmonter la crise actuelle comme il a sur&#173;mont&#233; les pr&#233;c&#233;dentes ? Pour que le capitalisme italien n'ait plus de possibilit&#233; de surmonter la crise actuelle, deux choses au moins sont n&#233;cessaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que le Parti soit r&#233;ellement capable de se mettre &#224; la t&#234;te des masses ; &#224; savoir : que le Parti r&#233;ussisse, au cours de la lutte, &#224; conqu&#233;rir et &#224; organiser les masses et avant tout les couches d&#233;cisives du prol&#233;tariat ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que les masses interviennent dans la lutte avec un tel essor que les rapports de force actuels en soient renvers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces deux conditions ne se v&#233;rifient pas (et elles se conditionnent mutuellement), alors le capitalisme italien aura la possibilit&#233; de surmonter et la crise actuelle et d'autres crises encore qui se pr&#233;senteront &#224; l'avenir. Croire autre chose c'est s'amuser avec des phrases et &#234;tre bien convaincu, au fond, que la r&#233;vo&#173;lution victorieuse nous sera donn&#233;e comme un cadeau par le d&#233;veloppement spontan&#233; des &#233;v&#233;nements ; tout comme ce m&#234;me d&#233;veloppement spontan&#233; nous aurait fait cadeau en Italie de la formation toute pr&#234;te du bloc r&#233;volutionnaire ouvrier-paysan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la nature du fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ercoli, Tasca et Compagnie ont toujours consid&#233;r&#233; essen&#173;tiellement le fascisme comme un mouvement des masses petites-bourgeoises de la ville et de la campagne. Ils consi&#173;d&#232;rent le fascisme comme l'expression politique d'int&#233;r&#234;ts qui ne sont pas les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, ni ceux du prol&#233;tariat, mais les int&#233;r&#234;ts des couches moyennes. D'apr&#232;s eux, le fascisme &#233;tait a l'origine un mouvement politique &#171; autonome &#187; s'opposant aussi bien au prol&#233;tariat qu'a la bourgeoi&#173;sie et, en particulier, aux grands int&#233;r&#234;ts financiers. Il en aurait &#233;t&#233; ainsi jusqu'&#224; la Marche sur Rome. Avec la prise du pouvoir le fascisme aurait subi une sorte de m&#233;tamor&#173;phose, de changement dans sa propre nature. Il aurait cess&#233; peu a peu d'&#234;tre l'expression des int&#233;r&#234;ts des couches moyen&#173;nes de la ville et des campagnes pour devenir toujours plus l'&#233;l&#233;ment unificateur des int&#233;r&#234;ts du capital financier, de la grande industrie, des grands propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de cette mani&#232;re de consid&#233;rer la nature et le d&#233;veloppement du fascisme, le centre dirigeant de notre Parti est arriv&#233; &#224; la formule : &#171; Fascisme &#233;quivaut Capita&#173;lisme &#187;, ce qui signifie que le fascisme est devenu (auparavant il ne l'&#233;tait pas) l'&#233;quivalent du capitalisme. Sur la base de cette appr&#233;ciation de la nature et de l'&#233;volution du fascisme, le Centre dirigeant de notre Parti en est arriv&#233; &#224; toute une s&#233;rie de positions compl&#232;tement opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moyen d'un proc&#233;d&#233; logique tr&#232;s compliqu&#233;, la pre&#173;mi&#232;re conclusion a laquelle notre Parti est arriv&#233;, en plein accord avec l'Internationale Communiste, a &#233;t&#233; la suivante : en Italie, &#224; l'ordre du jour il n'y a pas une r&#233;volution prol&#233;&#173;tarienne &#224; accomplir, mais une &#171; r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise &#187;. Cette perspective, que nous estimons en frap&#173;pant contraste avec tout le d&#233;veloppement historique de la soci&#233;t&#233; italienne, et qui aboutit &#224; faire reculer la soci&#233;t&#233; ita&#173;lienne jusqu'aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant 1870, trouve son expres&#173;sion parachev&#233;e dans une r&#233;solution adopt&#233;e &#224; Moscou en janvier 1927 o&#249; elle est r&#233;sum&#233;e dans la formulation synth&#233;&#173;tique de la &#171; R&#233;volution populaire &#187;. Donc : premi&#232;re erreur capitale, fondamentale : la confusion de deux p&#233;riodes histo&#173;riques essentiellement diff&#233;rentes, et l'erreur de confier &#224; une classe la t&#226;che de refaire une r&#233;volution qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite par une classe qu'il faut actuellement enterrer. De cette erreur en d&#233;coule une autre : celle de la &#171; p&#233;riode de transi&#173;tion &#187;. De l'id&#233;e qu'en Italie c'est la r&#233;volution d&#233;mocratique-&#173;bourgeoise qui est &#224; l'ordre du jour (au lieu de la r&#233;volution prol&#233;tarienne) on est arriv&#233; &#224; l'affirmation (qui, au point de vue politique a une grande importance, bien qu'elle puisse para&#238;tre comme un lieu commun &#233;tant donn&#233; certaines pr&#233;&#173;misses), qu'entre la chute du fascisme et l'instauration de la dictature du prol&#233;tariat nous aurons en Italie une &#171; p&#233;riode de transition &#187; plus ou moins longue, caract&#233;ris&#233;e par des luttes plus ou moins profondes suivant les rapports de force qui s'&#233;tabliront et la capacit&#233; des masses, sous la direction de notre Parti, de transformer la &#171; R&#233;volution populaire &#187; qui renversera le fascisme, en une r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; p&#233;riode de transition &#187;, on le voit tout de suite, a ici un caract&#232;re tr&#232;s pr&#233;cis : elle est donn&#233;e par la &#171; R&#233;volu&#173;tion populaire &#187; qui renversera le fascisme et qui constituerait le passage n&#233;cessaire pour arriver apr&#232;s la R&#233;volution prol&#233;&#173;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous jugeons tout cela comme une v&#233;ritable salade, confectionn&#233;e au four opportuniste, incapable de saisir les faits tels qu'ils sont et tels qu'ils se d&#233;veloppent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous repoussons la conception selon laquelle le fascisme aurait &#233;t&#233; essentiellement le mouvement et l'expression des int&#233;r&#234;ts des couches moyennes des villes et des campagnes jusqu'&#224; la conqu&#234;te du pouvoir, et serait devenu, cette conqu&#234;te achev&#233;e, l'&#233;quivalent du capitalisme. Nous repoussons aussi toutes les cons&#233;quences d&#233;coulant de cette position que nous jugeons fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre avis le fascisme, d&#232;s son origine, doit &#234;tre inter&#173;pr&#233;t&#233; comme l'ensemble des moyens que, dans la situation particuli&#232;re italienne, la bourgeoisie italienne a &#233;t&#233; forc&#233;e d'adopter pour se d&#233;fendre contre la vague r&#233;volutionnaire montante des masses, pour r&#233;soudre certaines questions inh&#233;&#173;rentes &#224; sa propre r&#233;organisation int&#233;rieure, et pour assurer sa propre situation de classe dominante. Bref, on doit affir&#173;mer que le fascisme italien n'est que la m&#233;thode particuli&#232;re de domination &#224; laquelle la bourgeoisie italienne, dans sa phase imp&#233;rialiste actuelle a &#233;t&#233; r&#233;duite a recourir pour assu&#173;rer sa propre domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que la bour&#173;geoisie italienne, qui a r&#233;ussi pour toute une p&#233;riode histo&#173;rique &#224; assurer et a d&#233;velopper sa propre domination au moyen de l'application de la m&#233;thode d&#233;mocratique, s'est aper&#231;ue &#224; un moment donn&#233; que cette m&#233;thode ne r&#233;pondait plus d&#233;sormais &#224; son but. A la fin de la guerre les contradic&#173;tions int&#233;rieures de la soci&#233;t&#233; italienne &#233;taient extr&#234;mement graves. D'un c&#244;t&#233; il y avait les larges masses d'ouvriers anim&#233;s d'un esprit r&#233;volutionnaire consid&#233;rable, dispos&#233;s et d&#233;&#173;cid&#233;s &#224; la lutte pour le renversement du r&#233;gime capitaliste et l'instauration de la dictature du prol&#233;tariat &#224; l'exemple du prol&#233;tariat russe ; (avec les ouvriers proprement dits il y avait les larges masses des salari&#233;s agricoles, des journaliers, des petits paysans et une partie consid&#233;rable de la petite bour&#173;geoisie urbaine). De l'autre c&#244;t&#233; se tenait la bourgeoisie, dans son ensemble. A l'usine, dans les campagnes, la discipline capitaliste &#233;tait pi&#233;tin&#233;e. Les gr&#232;ves &#224; caract&#232;re &#233;conomique ou politique &#233;clataient &#224; tout moment. Les ouvriers ob&#233;issaient aux Commissions Int&#233;rieures de l'usine, &#224; leurs propres Conseils d'Usines, et non pas aux repr&#233;sentants des patrons. Partout apparaissait l'embl&#232;me de la Faucille et du Marteau. Pour endiguer ce mouvement ouvrier imp&#233;tueux et chao&#173;tique, manquant d'une discipline r&#233;volutionnaire (car alors manquait encore le Parti r&#233;volutionnaire) la bourgeoisie ita&#173;lienne cr&#233;a dans un premier stade la Guardia Regia sans ren&#173;contrer la moindre protestation de la part des d&#233;put&#233;s socia&#173;listes au Parlement. Mais la Guardia Regia ne suffisait pas &#224; atteindre le but. D'abord sa composition sociale ne la desti&#173;nait pas tout &#224; fait pour faire face aux ouvriers dans la rue. En outre, comme elle &#233;tait un organe l&#233;gal de l'&#201;tat, elle devait agir suivant des r&#232;gles d&#233;termin&#233;es qui parfois, &#224; la suite de la situation politique g&#233;n&#233;rale, en ralentissaient l'em&#173;ploi. En troisi&#232;me lieu, le gouvernement ne pouvait pas trop recourir &#224; la Guardia Regia pour ne pas se heurter &#224; une opposition parlementaire trop forte qui, &#224; cette &#233;poque, fai&#173;sait &#171; peur &#187;. Enfin, la Guardia Regia servait particuli&#232;rement les int&#233;r&#234;ts d'un groupe bourgeois (le groupe Nitti) et pou&#173;vait &#234;tre man&#339;uvr&#233;e contre l'autre groupe qui s'&#233;tait parti&#173;culi&#232;rement distingu&#233; pour l'intervention de l'Italie dans la guerre mondiale et pour l'aventure de Gabriele d'Annunzio &#224; Fiume. Pour toutes ces raisons, la bourgeoisie, apr&#232;s l'ar&#173;mistice, comprit la n&#233;cessit&#233; o&#249; elle se trouvait de susciter un autre mouvement susceptible d'&#234;tre man&#339;uvr&#233; au moment donn&#233;. Cet autre mouvement existait d&#233;j&#224;, en r&#233;alit&#233; ; il &#233;tait repr&#233;sent&#233; par le mouvement de l'interventionnisme soi-disant r&#233;volutionnaire que la bourgeoisie italienne (en collaboration avec les millions de la bourgeoisie fran&#231;aise) avait cr&#233;&#233; avant la guerre. Ce nouveau mouvement fut le mouvement fasciste. D&#232;s sa naissance, celui-ci fut financ&#233; par la bourgeoisie ita&#173;lienne et on peut l'affirmer, alors qu'il n'&#233;tait encore qu'un mouvement d'intervention. Les &#171; squadre di azione &#187; (&#233;quipes d'action) &#233;taient form&#233;es par d'anciens bagnards qui s'&#233;taient &#171; rachet&#233;s &#187; au moment de la guerre, par des r&#233;sidus de ba&#173;taillons d'assaut de la guerre imp&#233;rialiste, par des &#233;l&#233;ments du &#171; Lumpenproletariat &#187; et elles &#233;taient dirig&#233;es par des officiers de l'arm&#233;e, en service actif pour une grande partie. La &#171; cr&#233;ation &#187; du mouvement fasciste a permis &#224; la bourgeoisie italienne d'allier la m&#233;thode d&#233;mocratique l&#233;gale de r&#233;pres&#173;sion avec la m&#233;thode extra-l&#233;gale de la violence directe. O&#249; l'on jugeait bon de les employer on appelait les policiers, la Guardia Regia, les gendarmes. L&#224; o&#249; ils n'&#233;taient pas jug&#233;s opportuns, on appelait l'&#233;quipe fasciste d'action, qui, il ne faut pas l'oublier, op&#233;rait toujours sous la protection des forces de l'appareil &#233;tatique. Les gros industriels, la Banque d'&#201;tat, la presse bourgeoise, chacun de son c&#244;t&#233;, contribuait par l'argent, par la fourniture d'armes et de moyens techni&#173;ques, par l'exaltation dans les journaux, etc.., &#224; valoriser, &#224; glorifier les &#171; squadre d'azione &#187; fascistes et les coups qu'elles infligeaient au prol&#233;tariat. Naturellement cette action n'&#233;tait pas limit&#233;e au jeu des poignards et des bombes : elle &#233;tait aussi une action politique. La strat&#233;gie de la bourgeoisie ita&#173;lienne sur ce terrain a &#233;t&#233; tr&#232;s simple. D'un c&#244;t&#233; elle s'effor&#173;&#231;ait d'endormir le prol&#233;tariat par l'opium du r&#233;formisme, par des paroles d&#233;mocratiques et progressistes prononc&#233;es &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s ; de l'autre c&#244;t&#233; elle op&#233;rait pour s&#233;parer du prol&#233;tariat les paysans et la petite bourgeoisie urbaine. La tactique consistait &#224; illusionner le prol&#233;tariat par des formules d&#233;mocratiques et par certaines &#171; concessions &#187;, tout en luttant pour abattre ce m&#234;me prol&#233;tariat sous les coups de poignard et les bombes des &#171; squadre d'azione &#187; fascistes. En m&#234;me temps les fascistes arboraient un pro&#173;gramme fait expr&#232;s pour s&#233;parer les paysans et les couches moyennes urbaines du prol&#233;tariat et les mobiliser contre lui. Dans ce programme on parle de &#171; la terre aux paysans &#187;, de &#171; l'abolition des &#171; Mense vescovili &#187; (pr&#233;bendes de l'organisa&#173;tion de l'&#201;glise), de &#171; lutte contre la ploutocratie &#187;, de &#171; r&#233;publique &#187;, etc.., etc. Mais ce programme n'&#233;tait en r&#233;alit&#233; qu'une man&#339;uvre tactique accomplie par la bourgeoisie &#224; travers le mouvement fasciste dans le but de mieux r&#233;aliser ses propres desseins. A peine le prol&#233;tariat fut-il affaibli ou battu, que la lutte commen&#231;a contre les paysans &#171; blancs &#187; (catholiques) que les fascistes appelaient des bolch&#233;viks en soutane. Et ainsi de suite. La d&#233;faite du prol&#233;tariat amena la d&#233;faite de l'ensemble des masses travailleuses italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'&#224; un premier stade le mouvement fasciste extra-l&#233;gal compl&#233;tait la r&#233;pression l&#233;gale de l'&#201;tat bourgeois par la suite le mouvement extra-l&#233;gal acquit une importance toujours plus grandissante. Le pouvoir &#233;tatique devint un &#233;l&#233;ment subsidiaire, de couverture dans la lutte arm&#233;e contre le prol&#233;tariat. On arrive ainsi &#224; la Marche sur Rome, qui ne repr&#233;sente nullement la conqu&#234;te du pouvoir par la petite bourgeoisie, comme le disent Tasca, Ercoli et Compagnie, mais qui repr&#233;sente au contraire, le passage ouvert de la machine &#233;tatique aux mains du capital financier. Avec la Marche sur Rome, la petite bourgeoisie et les couches moyennes se voient barrer toute possibilit&#233; d'intervention directe dans les affaires de l'&#201;tat. C'est donc justement le contraire de ce que les &#171; majoritaires &#187; ont affirm&#233;, qui s'est produit dans la r&#233;a&#173;lit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question aurait besoin d'&#234;tre d&#233;velopp&#233;e ult&#233;rieu&#173;rement. Mais les quelques mots que nous en avons dits suffisent &#224; notre avis &#224; bien &#233;tablir que le fascisme ne doit pas &#234;tre compris comme un mouvement autonome de masses petites-bourgeoises qui, avec la Marche sur Rome, s'emparent du pouvoir, mais comme une m&#233;thode particuli&#232;re de domi&#173;nation de la bourgeoisie dans une p&#233;riode donn&#233;e et dans un milieu historique donn&#233;. La bourgeoisie a certainement r&#233;ussi &#224; mobiliser gr&#226;ce &#224; cette m&#233;thode de larges couches paysan&#173;nes et petites-bourgeoises urbaines et m&#234;me des couches ou&#173;vri&#232;res. Mais la direction effective du mouvement fasciste est toujours demeur&#233;e aux mains de la grande bourgeoisie qui, par son entremise, a eu la possibilit&#233; de reprendre le contr&#244;le politique et de briser le mouvement du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la p&#233;&#173;riode de transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu ce que la direction du P.C.I. appelait &#171; p&#233;&#173;riode de transition &#187;. Actuellement - surtout sous l'aiguillon de notre critique et pour rester &#224; la surface avec le nouveau cours dans l'I.C. - cette direction a quitt&#233; soit ses positions de la &#171; r&#233;volution populaire &#187;, soit ses positions sur la &#171; p&#233;&#173;riode de transition &#187;. Mais elle les a quitt&#233;es &#224; la l&#233;g&#232;re, sans bien comprendre ce qu'elle mettait de c&#244;t&#233;, et sans bien com&#173;prendre par quoi elle rempla&#231;ait ces positions abandonn&#233;es. Si bien que nous assistons au changement de sc&#232;ne suivant : tandis qu'hier encore on jugeait exalt&#233; ou pire celui qui osait lutter contre la perspective de la &#171; r&#233;volution populaire &#187; en Italie et contre la p&#233;riode de transition de type opportuniste, on menace de mesures d'organisation le malheureux ca&#173;marade de l'appareil ou de la base qui n'a pas encore r&#233;ussi &#224; bien se rendre compte du revirement de ses &#171; chefs &#187;. La majorit&#233; actuelle du C.C. de notre parti ne se borne pas aujourd'hui &#224; nier et &#224; bafouer ce qui hier encore de l'air le plus s&#233;rieux elle avait appuy&#233; et d&#233;fendu. Avec le z&#232;le propre aux opportunistes d&#233;sireux de faire oublier &#224; tout prix les p&#233;ch&#233;s du pass&#233;, la majorit&#233; tombe &#224; pr&#233;sent dans l'exc&#232;s oppos&#233;, bien que cet exc&#232;s soit en r&#233;alit&#233; li&#233; en fin de compte aux fautes identiques d'hier. Aujourd'hui la majorit&#233; du C.C. du P.C.I. nie que la bourgeoisie italienne puisse encore tenter la man&#339;uvre inverse de celle accomplie il y a huit ans, c'est-&#173;&#224;-dire qu'on nie toute possibilit&#233; pour la bourgeoisie italienne de tenter d'une mani&#232;re quelconque et avec quelque r&#233;sultat, une man&#339;uvre qui puisse ramener, au moins dans ses appa&#173;rences ext&#233;rieures, l'&#201;tat italien sur des bases d&#233;mocratiques. Elle estime que l'&#201;tat italien ne peut que se &#171; fasciser &#187; davan&#173;tage et elle nie que sur cette ligne de &#171; fascisation &#187; il puisse y avoir des interruptions et des reculs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes au contraire d'avis qu'il n'est pas possible de nier d'une fa&#231;on absolue la possibilit&#233; pour la bourgeoisie de tenter et d'accomplir des man&#339;uvres tr&#232;s vastes qui puis&#173;sent donner, pour une p&#233;riode ind&#233;termin&#233;e, l'illusion aux masses que la dictature ouverte du fascisme est termin&#233;e et que dor&#233;navant on reviendra sous l'empire de la loi &#171; &#233;gale pour tous les citoyens &#187; &#233;gaux entre eux. Nous estimons qu'il est faux d'identifier la ligne historique de d&#233;veloppe&#173;ment d'un mouvement donn&#233; avec les &#233;tapes de ce mouve&#173;ment qui, dans leur ensemble, servent &#224; d&#233;terminer cette ligne historique. Par exemple : pouvons-nous exclure pour l'Italie la possibilit&#233; d'une situation dans laquelle la m&#233;thode fasciste de domination aura d&#233;j&#224; fourni &#224; la bourgeoisie tout ce qu'elle pouvait lui apporter ? A un moment donn&#233; du d&#233;veloppement des contrastes de classe, quand le prol&#233;tariat aura recommenc&#233; &#224; lutter d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, quand le bloc r&#233;volutionnaire ouvrier-paysan sur le terrain de la lutte sera un fait accompli et que la bourgeoisie constatera que m&#234;me avec la m&#233;thode fasciste elle ne r&#233;ussit plus &#224; garder sa domination et qu'au contraire, l'application ult&#233;rieure de cette m&#233;thode ne ferait que h&#226;ter la catastrophe - &#224; ce mo&#173;ment-l&#224; pourquoi donc la bourgeoisie n'essaiera-t-elle pas une diversion (la forme fasciste de sa domination ayant saut&#233; sous l'action r&#233;volutionnaire des masses), des formes &#233;videmment diff&#233;rentes des pr&#233;c&#233;dentes, la forme de sa dic&#173;tature d&#233;mocratique ? Ne voyons-nous pas d&#233;j&#224; sur la sc&#232;ne politique tout un personnel politique li&#233; &#224; de larges couches de la population italienne, qui gagne toujours davantage d'adh&#233;sions parmi les couches de paysans, de petits-bourgeois et aussi dans une partie de la bourgeoisie, qui se d&#233;tachent et s'&#233;loignent de la direction id&#233;ologique et politique du fas&#173;cisme ? Ce personnel politique n'est-il pas fourni par les ca&#173;dres de la Concentration Antifasciste, compos&#233;s de r&#233;publi&#173;cains, de social-d&#233;mocrates, de maximalistes, jusqu'&#224; r&#233;unir, au point de vue politique, certains &#233;l&#233;ments bourgeois poss&#233;&#173;dant encore une large influence et qui, peut-&#234;tre, l'&#233;tendront encore (au sein de leur propre classe), tels que les ex ministres Nitti, Sforza, etc. ? Et la bourgeoisie ne pourra-t-elle pas, &#224; travers ce nouveau personnel politique et avec une r&#233;adapta&#173;tion &#224; la m&#233;thode d&#233;mocratique, reprendre le contr&#244;le poli&#173;tique et d'organisation sur une partie au moins de ces couches sociales qu'elle perd aujourd'hui ? Et la forme actuelle d'or&#173;ganisation de l'&#201;tat, bris&#233;e par le d&#233;veloppement de la R&#233;vo&#173;lution prol&#233;tarienne, pourra-t-elle l'emp&#234;cher d'accomplir cette man&#339;uvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que la r&#233;alisation d'une telle man&#339;uvre est subordonn&#233;e &#224; toute une s&#233;rie de facteurs qui serviront &#224; &#233;ta&#173;blir &#224; ce moment donn&#233; et sur le terrain de la lutte r&#233;elle, les rapports concrets de force entre les classes. Par cons&#233;quent, comme il est absurde d'affirmer, d&#232;s aujourd'hui, que la bourgeoisie ne pourra pas accomplir une telle man&#339;uvre, il est &#233;galement absurde d'affirmer qui cette man&#339;uvre sera sans aucun doute tent&#233;e et effectu&#233;e. Mais, en raisonnant en mar&#173;xiste, il est n&#233;cessaire de tenir compte aussi de la possibilit&#233; d'une telle &#233;ventualit&#233; car au point de vue historique et poli&#173;tique elle n'est nullement exclue, et c'est seulement de cette mani&#232;re que le Parti r&#233;ussira &#224; mobiliser les masses pour l'&#233;vi&#173;ter ou pour la briser aux mains de la classe dominante. Le danger, au point de vue politique, est tr&#232;s grave, car la r&#233;vo&#173;lution prol&#233;tarienne n'est pas la r&#233;sultante de proc&#233;d&#233;s m&#233;ca&#173;niques : mais le r&#233;sultat de l'intervention politique active de larges masses d'hommes pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices pour attein&#173;dre la victoire. Or, une man&#339;uvre politique qui trouve les masses non pr&#233;par&#233;es &#224; lui tenir t&#234;te, peut semer l'incertitude parmi ces masses, et m&#234;me provoquer leur d&#233;sagr&#233;gation pour une p&#233;riode plus ou moins longue. Et l'incertitude et la d&#233;sa&#173;gr&#233;gation des masses au point culminant de la lutte, lorsqu'il faut passer d&#233;cid&#233;ment le Rubicon, ou bien &#234;tre vaincu, peut signifier la perte d'une occasion r&#233;volutionnaire pour des ann&#233;es enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une man&#339;uvre de ce genre a &#233;t&#233; tent&#233;e par la bourgeoi&#173;sie italienne apr&#232;s le crime Matteotti, en 1924. Elle n'a m&#234;me pas eu besoin de l'effectuer, car il a suffi de la promettre pour d&#233;sagr&#233;ger d'un coup le soi-disant Aventin et pour d&#233;termi&#173;ner des oscillations tr&#232;s sensibles parmi les &#233;l&#233;ments diri&#173;geants de notre Parti. Devant le mouvement des masses, Mussolini lan&#231;a la promesse des &#233;lections g&#233;n&#233;rales. Et cette pro&#173;messe a suffi pour faire s'&#233;crouler d'un seul coup les plus fiers propos (il ne s'agissait que de propos) de lutte de la coalition aventinienne. A peine l'Aventin laissa-t-il percer son impuis&#173;sance, que Mussolini r&#233;avala sa promesse d'&#233;lections et pro&#173;non&#231;a le discours du 3 janvier 1925 dans lequel il finit par disperser l'Aventin lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, lorsque la direction du P.C.I. nie d'une fa&#231;on abso&#173;lue la possibilit&#233; pour la bourgeoisie d'une man&#339;uvre du genre de celle que nous venons d'indiquer, elle ne fait que com&#173;mettre une erreur &#233;norme, de caract&#232;re infantile, en se ber&#173;&#231;ant des illusions les plus fantasques. D'autre part, cette erreur est li&#233;e &#224; la caract&#233;risation que ladite direction donne du fascisme consid&#233;r&#233; par elle dans un premier temps comme l'expression politique et id&#233;ologique des int&#233;r&#234;ts des couches moyennes, et transform&#233; ensuite en capitalisme sous la pous&#173;s&#233;e de circonstances ext&#233;rieures. La majorit&#233; consid&#232;re le fas&#173;cisme comme quelque chose qui s'est coll&#233; &#224; la robe de la bourgeoisie le long du laborieux chemin de celle-ci. Aujour&#173;d'hui la bourgeoisie ne pourrait plus se lib&#233;rer de cette esp&#232;ce de parasite, car il a p&#233;n&#233;tr&#233; trop profond&#233;ment sa chair jus&#173;qu'&#224; se confondre avec elle. Le fascisme ne permettait plus &#224; la bourgeoisie de le chasser ; il r&#233;agirait les armes &#224; la main, etc.., etc.. Comme nous l'avons vu, consid&#233;rer le fascisme de cette mani&#232;re, c'est une erreur qui contraste avec les origines, le d&#233;veloppement et la nature elle-m&#234;me du mouvement fas&#173;ciste en Italie.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la nature du Parti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes en d&#233;saccord avec la direction actuelle du Parti Communiste Italien non seulement sur l'analyse de la situation &#233;conomique italienne, sur la nature du fascisme, etc.., mais encore sur toute une s&#233;rie d'autres probl&#232;mes que nous avons d&#233;j&#224; abord&#233;s en partie, mais sur lesquels il faudra revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nous sommes en opposition aussi sur le probl&#232;me particuli&#232;rement important de la nature du Parti de la classe ouvri&#232;re, du Parti Communiste. Cette divergence a surgi apparemment en une circonstance occasionnelle : en r&#233;alit&#233; elle existait avant qu'une discussion avec Ercoli e&#251;t donn&#233; &#224; cette opposition une forme pr&#233;cise et d&#233;finie. La d&#233;finition r&#233;cem&#173;ment donn&#233;e par Ercoli dans une discussion &#224; Moscou sur la nature du Parti est la suivante : &#171; Le Parti est une chose arti&#173;ficielle. &#187; Parmi toutes les d&#233;finitions qui ont &#233;t&#233; jusqu'ici donn&#233;es du Parti, celle d'Ercoli brille par son caract&#232;re aventuriste, par son manque de tout lien avec la classe et avec la situation dans laquelle la classe agit et lutte. Mais cette d&#233;fi&#173;nition du Parti comme une chose artificielle correspond exac&#173;tement &#224; la politique que le centre dirigeant du P.C.I. a me&#173;n&#233;e et veut continuer &#224; mener en Italie. Si le Parti est une chose artificielle, il est clair qu'artificiels sont aussi les rapports qui s'&#233;tablissent entre le Parti et sa classe : la classe ouvri&#232;re. Mais alors les rapports qui s'&#233;tablissent entre la classe ouvri&#232;re et les autres classes de la soci&#233;t&#233; sont aussi artificiels. Et comme la soci&#233;t&#233; n'est qu'un syst&#232;me de rapports entre les classes, il en r&#233;sulte que la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, toute enti&#232;re, est une chose artificielle ; et artificiel est le milieu dans lequel la soci&#233;t&#233; vit... etc.. En poursuivant sur cette voie, on arrive &#224; admettre que la soci&#233;t&#233; et l'univers sont produits par l'esprit &#224; savoir, l'on arrive &#224; Dieu ! Ercoli n'est pas encore arriv&#233; &#224; Dieu, mais il est quand m&#234;me all&#233; si loin, qu'il a r&#233;v&#233;l&#233; ce qu'il a toujours &#233;t&#233; : un petit bourgeois opportuniste, impr&#233;&#173;gn&#233; de lieux communs philosophiques, incapable de toute &#233;la&#173;boration personnelle des probl&#232;mes, d&#233;sireux de rester toujours &#224; la surface, et capable de changer d'opinion sur le m&#234;me probl&#232;me &#224; chaque instant s'il s'aper&#231;oit que cette conversion lui permet de rester du c&#244;t&#233; du manche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement parce que le Parti est consid&#233;r&#233; comme une &#171; chose artificielle &#187;, justement parce qu'on juge que tout est artificiel dans la soci&#233;t&#233;, il arrive que la m&#233;thode dialectique du marxisme est remplac&#233;e par des sch&#233;mas intellectuels. A l'&#233;tude et &#224; l'interpr&#233;tation des faits r&#233;els on substitue les &#171; produits de l'esprit &#187;. De cette mani&#232;re on voit le bloc r&#233;&#173;volutionnaire ouvrier-paysan tout pr&#234;t. On voit les masses paysannes chassant le fascisme, les colonnes de ch&#244;meurs, les &#171; marches de la faim &#187;, se ruant et mettant en d&#233;route les gendarmes, etc.., etc.. On arrive &#224; voir tout ce qu'on veut. Mais ce que l'on voit n'existe, en r&#233;alit&#233;, que dans la pens&#233;e, dans l'imagination. Il est clair que de cette mani&#232;re on se barre le chemin non seulement d'une bonne politique prol&#233;tarienne, mais aussi celui d'une politique quelconque ; on oscille conti&#173;nuellement d'un p&#244;le &#224; l'autre de l'opportunisme le plus av&#233;r&#233; &#224; l'ultra-gauchisme le plus fanfaron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la conception que les dirigeants actuels se font du Parti on arrive n&#233;cessairement &#224; fausser toute chose. Aussi les faits r&#233;els sont-ils adapt&#233;s et pr&#233;sent&#233;s sous un jour enti&#232;&#173;rement faux. Le fait que des fascistes frappent jusqu'au sang un ouvrier est d&#233;crit comme un conflit arm&#233; entre fascistes et ouvriers dans la rue. Les mots d'ordre du Parti au lieu d'&#234;tre lanc&#233;s en fonction de la ligne g&#233;n&#233;rale du mouvement et en tenant compte des rapports de force r&#233;els entre le prol&#233;tariat et les masses laborieuses et leurs ennemis, d&#233;coulent de cons&#173;tructions purement abstraites. La ligne politique du Parti change &#224; tout moment et devient un galimatias incompr&#233;hen&#173;sible. En un mot : on foule aux pieds le marxisme et l'on tombe quatre-vingt ans apr&#232;s la parution du Manifeste des Communistes, dans l'utopisme contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes persuad&#233;s au contraire, que le Parti com&#173;muniste est et doit &#234;tre l'avant-garde de la casse ouvri&#232;re, sa partie la plus consciente, la plus combative, la partie capable de r&#233;soudre tous les probl&#232;mes en fonction des int&#233;r&#234;ts de class&#233; du prol&#233;tariat, et qui est capable de mener le prol&#233;ta&#173;riat &#224; la lutte et &#224; la victoire. Au fond, c'est justement de ces deux conceptions oppos&#233;es qu'on a de la nature et de la fonc&#173;tion du Parti, que d&#233;coulent les diff&#233;rends entre l'opposition et la bureaucratie de la direction officielle, au sein du P.C.I.&lt;br class='autobr' /&gt;
La social-d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie italienne est divis&#233;e en trois courants d&#233;termin&#233;s politiquement et par l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier courant se rattache au groupe Problemi del Lavoro, revue l&#233;galement &#233;dit&#233;e en Italie. A ce groupe appar&#173;tiennent presque tous les anciens dirigeants de la C.G.T. ita&#173;lienne et des plus importantes f&#233;d&#233;rations nationales de m&#233;&#173;tier. Ses personnalit&#233;s les plus en vue sont : Rinaldo Rigola, Ludovico d'Aragona, Battista Maglione, Reina, Azimonti, etc.. L'organisation de ce groupe (organisation l&#233;gale) est essen&#173;tiellement une organisation de cadres. Elle poss&#232;de des rami&#173;fications dans les villes les plus importantes du Nord, parti&#173;culi&#232;rement &#224; Turin, Milan, G&#234;nes. D&#232;s la promulgation des lois d'exception (novembre 1926)jusqu'&#224; aujourd'hui, l'orga&#173;nisation des &#171; Problemi del Lavoro &#187; a tenu des conf&#233;rences dans lesquelles elle a fix&#233; les lignes de son programme et de sa tactique. Bref : la position de ce groupe est la suivante elle proclame les id&#233;es fondamentales du socialisme r&#233;formiste et sa confiance dans le triomphe final du socialisme. Elle affirme la lutte de classes ; mais elle juge que cette lutte doit &#234;tre comprise &#171; non comme un &#233;l&#233;ment de d&#233;sagr&#233;gation de la soci&#233;t&#233; &#187;, mais, surtout dans les p&#233;riodes de crise, elle doit savoir faire place &#224; la collaboration de classe. Elle se d&#233;clare contre le fascisme, mais elle accepte la situation de fait telle qu'elle est, et reconna&#238;t que, sous certains aspects, le fascisme n'a fait que r&#233;aliser une partie du programme r&#233;formiste, surtout en ce qui concerne l'intervention de l'&#201;tat dans les diff&#233;rends entre &#171; capital et travail &#187;, dans la l&#233;gislation so&#173;ciale. Elle accepte l'organisation syndicale fasciste corporative, mais elle voudrait que dans cette organisation tout privil&#232;ge f&#251;t aboli, et surtout elle voudrait que &#171; les saines &#233;nergies du travail &#187; eussent la possibilit&#233; de mieux marquer leur influen&#173;ce et leur poids. Elle voudrait avant tout que le corporatisme fasciste masque un peu mieux son contenu politique, de ma&#173;ni&#232;re &#224; pouvoir entra&#238;ner les masses dans son sillon avec plus de facilit&#233;, &#224; ce qu'elles y adh&#232;rent spontan&#233;ment sans avoir besoin d'y &#234;tre incorpor&#233;es de force, comme cela se passe actuellement. En ce qui concerne le gouvernement fasciste, elle a adopt&#233; une position de collaboration &#224; peine limit&#233;e par quelques r&#233;serves en ce qui concerne le r&#233;gime &#171; totali&#173;taire &#187;, qui ne permet pas &#224; toutes les forces &#171; soucieuses du bien commun &#187; de collaborer directement avec le gouverne&#173;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce groupe est celui qui, pour ne pas cr&#233;er de difficult&#233;s au fascisme, a proclam&#233; en janvier 1927 la dissolution de la C.G.T. italienne. Ce groupe entretient des rapports &#171; de cor&#173;dialit&#233; &#187; avec Amsterdam. En effet, Citrine et Sassenbach ont fait un voyage en Italie pr&#233;cis&#233;ment pour prendre des contacts avec lui et pour examiner avec lui toute une s&#233;rie de ques&#173;tions. Le groupe &#171; Problemi del Lavoro &#187; affirme que sa ligne de conduite envers le fascisme rentre en plein dans le pro&#173;gramme et la tactique d'Amsterdam qui, on le sait, collabore dans tous les pays avec les diff&#233;rentes bourgeoisies nationales soit sur le terrain &#233;conomique-industriel, soit sur le terrain po&#173;litique. Il ne voit pas par cons&#233;quent quelles raisons pourraient emp&#234;cher la social-d&#233;mocratie italienne de collaborer avec sa propre bourgeoisie, m&#234;me si cette bourgeoisie, &#224; un moment donn&#233;, est revenue fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me courant de la social-d&#233;mocratie italienne est form&#233; par le noyau dirigeant du Parti Socialiste des Tra&#173;vailleurs Italiens, constitu&#233; apr&#232;s la scission de Modane en 1922. Parmi ces personnalit&#233;s notons : Filippo Turati, Claudio Treves, Bruno Buozzi, Modigliani. Ce courant, qui se rattache directement aux positions de Matteoti, est proscrit par le gouvernement fasciste. Ses cadres dirigeants vivent dans l'&#233;migration, en France, o&#249; a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e la direction du Parti socialiste des Travailleurs Italiens qui &#233;dite une revue &#224; lui, paraissant tous les quinze jours : Rinascita Socialista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions politiques de ce courant sont dans leur substance celles de la social-d&#233;mocratie internationale. Ce courant consid&#232;re le fascisme comme un ph&#233;nom&#232;ne patho&#173;logique d'apr&#232;s-guerre. Il n'est pas l'expression des int&#233;r&#234;ts nouveaux et des n&#233;cessit&#233;s nouvelles de la bourgeoisie en un moment historique donn&#233; et dans des conditions d&#233;termin&#233;es, mais il incarne l'irruption morbide de tous les sentiments, de toutes les rancunes, de toutes les haines allum&#233;es par la guerre au sein de la soci&#233;t&#233; et qui, comme tels, peuvent aussi &#234;tre exploit&#233;s par la bourgeoisie (et particuli&#232;rement par ses cou&#173;ches les plus parasitaires) pour ses propres int&#233;r&#234;ts. Pour ce courant, le fascisme est en d&#233;finitive ind&#233;pendant des classes et vit en exploitant soit le prol&#233;tariat soit la bourgeoisie sur laquelle il op&#232;re un chantage. Par cons&#233;quent le fascisme ne sera pas renvers&#233; par la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais par tout le peuple italien (bourgeoisie comprise), qui s'insurgera contre cette esp&#232;ce d'arm&#233;e d'oppresseurs. Dans cette lutte contre le fascisme, le courant social-d&#233;mocrate dont nous nous occupons, fixe, mais seulement en paroles, une grande t&#226;che au prol&#233;tariat. Il affirme que le prol&#233;tariat doit &#234;tre &#224; la t&#234;te de la lutte lib&#233;ratrice, que sa t&#226;che principale est d'affranchir la soci&#233;t&#233; italienne du fascisme. Et pour atteindre un tel but le prol&#233;tariat devra abandonner toute id&#233;e de &#171; domination de classe &#187;, tout r&#233;sidu de bolch&#233;visme, et se placer enti&#232;re&#173;ment et sans r&#233;serve sur le terrain de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce courant est le courant officiellement reconnu par l'In&#173;ternationale de Zurich et par l'Internationale d'Amsterdam. Ses bases sociales sont constitu&#233;es en partie par le prol&#233;tariat, par de larges couches de salari&#233;s agricoles, par des couches d'intellectuels des professions lib&#233;rales et de paysans. A l'&#233;tranger, ce courant est la colonne vert&#233;brale de la &#171; Concentration Antifasciste &#187;, esp&#232;ce de cartel entre les diff&#233;rents partis politiques qui se r&#233;clament de l'antifascisme et exer&#173;&#231;ant une certaine influence parmi les masses italiennes paysan&#173;nes &#233;migr&#233;es dans le sud-est de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie ce courant a gard&#233; ses cadres presque intacts. Ses cadres sont form&#233;s par les anciens r&#233;dacteurs des jour&#173;naux socialistes locaux, par d'anciens secr&#233;taires de F&#233;d&#233;ra&#173;tions provinciales, par d'anciens organisateurs syndicaux, se&#173;cr&#233;taires de Bourses du Travail, de Ligues de r&#233;sistance, par des membres d'anciennes Commissions Int&#233;rieures d'usine, par quelques anciens secr&#233;taires de F&#233;d&#233;rations syndicales na&#173;tionales, par d'anciens d&#233;put&#233;s &#224; pr&#233;sent en prison ou d&#233;por&#173;t&#233;s. Ces derniers temps ce courant s'est renforc&#233; &#224; la suite de la scission du Parti Socialiste Italien (maximaliste) dont l'aile droite (plus de la moiti&#233; des affili&#233;s actuels) a d&#233;cid&#233; de fusionner avec le Parti Socialiste des Travailleurs Ita&#173;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de ce courant officiel de la social-d&#233;mocratie ita&#173;lienne il se fait depuis longtemps une discussion relative &#224; la th&#232;se sur la n&#233;cessit&#233; de faire rena&#238;tre en Italie le Syndicat libre, vu qu'au point de vue l&#233;gal ce syndicat n'aurait pas &#233;t&#233; dissous par d&#233;cret fasciste. Ce point de vue est appuy&#233; de fa&#231;on particuli&#232;re par Modigliani, ex-d&#233;put&#233; r&#233;formiste de Livourne. Concr&#232;tement il s'agirait de reconstituer en Italie, et l&#233;galement, l'ancienne Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail que d'Aragona et associ&#233;s avaient proclam&#233; dissoute. La t&#226;che du Syndicat libre devrait &#234;tre la suivante : d&#233;fendre &#224; la fois les int&#233;r&#234;ts des ouvriers et des entrepreneurs mieux que ne le fait le syndicat fasciste. D'apr&#232;s Modigliani le syndicat fas&#173;ciste co&#251;te tr&#232;s cher, aussi bien aux ouvriers qu'aux patrons ; il repr&#233;sente une sorte de pompe aspirante su&#231;ant le sang des ouvriers et des industriels. Le &#171; Syndicat libre &#187; pourrait donc, en concurrence avec le syndicat fasciste, d&#233;fendre &#224; la fois les int&#233;r&#234;ts ouvriers et patronaux et devenir &#224; la fin l'&#233;l&#233;&#173;ment d'organisation unificateur du prol&#233;tariat et de la bour&#173;geoisie &#171; intelligente et progressiste &#187;, contre le fascisme r&#233;ac&#173;tionnaire et voleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la th&#232;se ouvertement appuy&#233;e. Mais en r&#233;alit&#233; cette th&#232;se n'est qu'un d&#233;guisement pour mieux tenter une compromission &#187; avec le fascisme. Le prix de ce &#171; compro&#173;mis &#187; devrait justement &#234;tre la concession effective de la part du fascisme du droit syndical. Ceci pour le moment. Apr&#232;s on verra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me courant de la social-d&#233;mocratie italienne est constitu&#233; par le Parti Socialiste Italien qui, lui aussi, a transf&#233;r&#233; son si&#232;ge &#224; l'&#233;tranger, de m&#234;me que son organe central l'Avanti, qui s'&#233;dite actuellement en format r&#233;duit et hebdomadaire &#224; Paris. L'&#233;l&#233;ment le plus repr&#233;sentatif de ce courant est Angelica Balabanova. Le Parti Socialiste Italien qui, en 1920, avait environ 200.000 adh&#233;rents en est actuelle&#173;ment r&#233;duit &#224; en glaner quelques centaines &#233;parpill&#233;s dans tous les pays du monde. Depuis janvier 1921 (date de la fon&#173;dation du P.C.I.) jusqu'&#224; aujourd'hui ce parti est pass&#233; par toute une s&#233;rie de scissions. La premi&#232;re a donn&#233; naissance &#224; notre Parti ; de la seconde naquit en 1922 le Parti Socialiste des Travailleurs Italiens ; la troisi&#232;me, en 1924, portait au Parti Communiste la fraction Troisi&#232;me-Internationaliste repr&#233;sen&#173;t&#233;e par Serrati ; la quatri&#232;me qui s'est produite en mars der&#173;nier, a port&#233; la majorit&#233; des affili&#233;s survivants du Parti Socia&#173;liste Italien dans les rangs du P.S.I. des Travailleurs. Actuelle&#173;ment ce troisi&#232;me courant de la social-d&#233;mocratie italienne exerce une influence presque nulle tant parmi les masses &#233;mi&#173;gr&#233;es, qu'en Italie m&#234;me. Sa base est ouvri&#232;re, mais presque enti&#232;rement d'aristocratie ouvri&#232;re. Son journal fait un usage abondant de phras&#233;ologie r&#233;volutionnaire, mais sa politique est platement suiveuse. Ce courant a toujours suivi les r&#233;for&#173;mistes dans toutes leurs man&#339;uvres politiques, tout en se r&#233;&#173;servant le droit aux &#171; distinguo &#187; et aux murmures quand la possibilit&#233; s'en offrait. Ses chefs en Italie se sont presque tous disqualifi&#233;s par des compromissions personnelles avec le fascisme, et &#224; l'&#233;tranger il est repr&#233;sent&#233; par Angelica Balabanova, ce qui suffit &#224; souligner la constance id&#233;ologique et politique de ce courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas parler de la social-d&#233;mocratie italienne et de ses diff&#233;rents courants sans parler aussi de la &#171; Concentra&#173;tion Antifasciste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Concentration Antifasciste, nous l'avons dit, est un cartel de Partis qui trouvent chacun leur d&#233;nominateur commun au sein de la Concentration en question. Y adh&#232;rent le Parti Socialiste des Travailleurs Italiens, le Parti Socialiste Italien et le Parti R&#233;publicain Italien. Y adh&#232;rent aussi : le Bureau de Paris dirig&#233; par Buozzi et la Ligue Italienne des Droits de l'Homme (L.I.D.U.). Dans un premier moment y adh&#233;raient aussi les Populaires catholiques &#233;migr&#233;s qui en sont sortis par suite de divergences trop graves d'ordre politique et id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; cette Concentration Antifasciste, ce Cartel de Partis, doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une esp&#232;ce de parti social-d&#233;mocrate unifi&#233;, accordant une large autonomie aux diff&#233;&#173;rentes fractions qui le composent. Ce cartel existe en effet depuis trois ans d&#233;j&#224; et m&#232;ne une lutte politique contre le fascisme sur laquelle tous les partis adh&#233;rents sont d'accord. Le programme de la Concentration Antifasciste est le sui&#173;vant : &#171; Lutte contre le fascisme ; retour &#224; la d&#233;mocratie ; R&#233;publique d&#233;mocratique des Travailleurs Italiens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organe officiel de la Concentration Antifasciste, la Liberta, est &#233;dit&#233; &#224; Paris avec un tirage de 8.000 exemplaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Concentration Antifasciste a aussi ses ramifications en Italie, vivant sur la m&#234;me base qu'&#224; l'&#233;tranger, celle de petits cartels locaux de Parti. Naturellement son organisation est secr&#232;te ; mais la d&#233;monstration de son activit&#233; nous est donn&#233;e par la parution (plus intense ces temps derniers) de sa presse clandestine dans diff&#233;rentes villes d'Italie comme Milan, Udine, Vicenza, Rome, Naples, Turin, etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les perspectives en ce qui concerne ces cou&#173;rants social-d&#233;mocrates et la Concentration Antifasciste ? Concr&#232;tement : quelles sont les perspectives quant au r&#244;le de la social-d&#233;mocratie italienne dans la crise italienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; du C.C. pense que la social-d&#233;mocratie ita&#173;lienne s'ins&#233;rera dans le fascisme, en suivant sur ce terrain le chemin parcouru par le groupe Rigola-d'Aragona. En m&#234;me temps la majorit&#233; du C.C. note dans la social-d&#233;mocratie ita&#173;lienne un large processus de d&#233;sagr&#233;gation politique et moral qui la condamne &#224; la nullit&#233; politique. Comme nous l'avons dit, pour la majorit&#233;, la social-d&#233;mocratie &#171; fait rire &#187;, elle &#171; ne pourra pas &#234;tre le bourreau du prol&#233;tariat italien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une telle perspective nous opposons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que l'insertion du groupe Rigola-d'Aragona dans le fascisme est toute relative. En effet, ce groupe, bien que col&#173;laborant aujourd'hui avec le fascisme sur le terrain que le fascisme lui a assign&#233;, confirme ses principes social-r&#233;formis&#173;tes. Ce fait a une double importance :&lt;br class='autobr' /&gt; ce groupe r&#233;ussit aujourd'hui &#224; entra&#238;ner une partie de la classe ouvri&#232;re et des masses laborieuses &#224; la collaboration avec le fascisme, ou tout au moins &#224; la non-r&#233;sistance &#224; sa politique ;&lt;br class='autobr' /&gt; ce groupe a la possibilit&#233; de ne pas se couper toute issue pour l'avenir, de fa&#231;on qu'au moment d'une crise profonde et quand la m&#233;thode de domination ouverte du fascisme se r&#233;v&#233;lera us&#233;e et d&#233;sor&#173;mais inutile, il pourra constituer l'instrument d'une nouvelle man&#339;uvre de la bourgeoisie italienne qui, en abandonnant quelques formes ext&#233;rieures de sa propre domination, pourra mieux assurer la substance de cette domination.&lt;br class='autobr' /&gt; Lorsqu'on parle de la social-d&#233;mocratie italienne, il ne faut pas avoir uniquement en vue les quelques chefs qui se trouvent aujourd'hui dans l'&#233;migration ; il faut voir ses bases sociales et les cadres qu'elle poss&#232;de en Italie. Or, il est ind&#233;&#173;niable que, plus la crise politique italienne empirera, plus les bases sociales de la social-d&#233;mocratie (opprim&#233;e par le fascis&#173;me) deviendront actives contre le fascisme ; et il est certain aussi qu'une partie des cadres actuels de la social-d&#233;mocratie sera &#224; leur t&#234;te tout au moins pour leur donner des conseils de prudence et pour &#233;viter que, avec la forme fasciste de do&#173;mination bourgeoise en Italie, elles ne renversent aussi la substance de cette domination. Nous aurons donc certaine&#173;ment des couches tr&#232;s larges de social-d&#233;mocrates qui, non seulement ne s'ins&#233;reront pas dans le fascisme (comme l'a fait le groupe Rigola-d'Aragona), mais qui se battront sous des formes plus ou moins aigu&#235;s contre le fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt; En ce qui concerne les chefs de la social-d&#233;mocratie, on ne peut pas exclure &#233;videmment, que des ph&#233;nom&#232;nes d'insertions personnelles dans le fascisme aient lieu. Mais cela n'a rien &#224; voir avec le r&#244;le de la social-d&#233;mocratie en tant qu'organisation politique. Il est possible qu'une compromission se fasse entre social-d&#233;mocratie et fascisme sur des bases plus ou mois larges de possibilit&#233;s de man&#339;uvre de la part de la social-d&#233;mocratie. On sait, en effet, qu'un &#233;missaire fas&#173;ciste a eu une rencontre avec Bruno Buozzi pour l'inviter (avec ses camarades) &#224; rentrer en Italie o&#249; il aurait obtenu des postes responsables. Buozzi a r&#233;pondu par une lettre ouverte publi&#233;e dans la presse concentrationniste de l'&#233;migration, dans laquelle les conditions suivantes sont pos&#233;es &#224; un retour &#233;ven&#173;tuel en Italie :&lt;br class='autobr' /&gt; amnistie aux prisonniers politiques ;&lt;br class='autobr' /&gt; libert&#233; de r&#233;union, d'organisation et de presse sur la base de la d&#233;mocratie.&lt;br class='autobr' /&gt; Conditions qui, en fait, impliqueraient l'&#233;limination du fascisme. Mais il n'est pas permis d'exclure que ces conditions puissent subir des att&#233;nuations, et que la social-d&#233;mocratie puisse se contenter de quelque chose de moins pour rentrer en Italie et d&#233;velopper au grand jour un travail politique d&#233;ter&#173;min&#233;. Cela d&#233;pendra surtout de l'allure de la crise italienne, de son d&#233;veloppement plus ou moins rapide. Mais nous ne voyons pas, en tout cas, pour quelles raisons la social-d&#233;mo&#173;cratie irait volontairement vers son suicide en s'ins&#233;rant dans le fascisme, c'est-&#224;-dire en devenant elle-m&#234;me fasciste. Une man&#339;uvre de ce genre signifierait pour la social-d&#233;mocratie ne pas apporter les masses, c'est-&#224;-dire ses bases sociales, au fascisme, mais passer au fascisme sans les masses, c'est-&#224;-dire capituler purement et simplement devant le fascisme. Une telle man&#339;uvre ne servirait ni &#224; la social-d&#233;mocratie, ni au capitalisme italien. Le r&#244;le de la social-d&#233;mocratie n'est bas de d&#233;fendre la m&#233;thode fasciste de la domination bourgeoise, mais de d&#233;fendre la bourgeoisie par l'application de la m&#233;&#173;thode susceptible d'entra&#238;ner dans le sillon de l'&#201;tat bour&#173;geois les masses sur lesquelles la social-d&#233;mocratie s'appuie, c'est-&#224;-dire par l'application de la m&#233;thode &#171; d&#233;mocratique &#187;. De son c&#244;t&#233; la bourgeoisie n'a pas besoin de la capitulation d'un petit groupe de g&#233;n&#233;raux sans soldats : elle a besoin de l'adh&#233;sion politique &#224; sa propre domination des plus larges masses possibles. Or, &#224; mesure que la crise empire, la bour&#173;geoisie perd le contr&#244;le politique non seulement sur les bases sociales de la social-d&#233;mocratie, mais aussi sur les bases socia&#173;les des anciens partis d&#233;mocrates. Une nouvelle liaison poli&#173;tique avec ses masses ne peut donc se v&#233;rifier par un simple passage des chefs social-d&#233;mocrates au fascisme, mais par un changement plus ou moins profond des m&#233;thodes de domi&#173;nation politique et par un remplacement plus ou moins large du personnel politique attach&#233; &#224; la direction des organes diri&#173;geants de l'&#201;tat. Voici alors appara&#238;tre l'utilit&#233; de la social-&#173;d&#233;mocratie en tant qu'&#233;l&#233;ment de conservation et de d&#233;fense de la soci&#233;t&#233; bourgeoise ; non dans le sens d'un passage de la social-d&#233;mocratie au fascisme, mais parce qu'elle permet &#224; la bourgeoisie de changer encore sa propre m&#233;thode de gouver&#173;nement, sans que cela puisse signifier, implicitement, faire sauter sa propre domination de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que ce que nous venons de dire ne signifie nullement qu'il faille attribuer &#224; la social-d&#233;mocratie italienne un caract&#232;re r&#233;volutionnaire en face de la situation italienne et du r&#233;gime fasciste. Au contraire, le r&#244;le de la social-d&#233;mo&#173;cratie est franchement contre-r&#233;volutionnaire, aussi - et sur&#173;tout - en Italie. Ce r&#244;le r&#233;actionnaire ne commencera pas de&#173;main quand le fascisme p&#233;riclitera ; il est en action depuis plu&#173;sieurs ann&#233;es. Pour s'en convaincre il suffit de se rappeler que la social-d&#233;mocratie lutte contre le fascisme non pour renver&#173;ser la bourgeoisie et instaurer la dictature du prol&#233;tariat, mais pour restaurer la d&#233;mocratie. Or, une telle restauration ne pourrait &#234;tre qu'une nouvelle d&#233;faite de la r&#233;volution prol&#233;&#173;tarienne en Italie. Il est clair aussi que la social-d&#233;mocratie au pouvoir n'h&#233;sitera pas &#224; recourir &#224; la violence l&#233;gale et extra&#173;-l&#233;gale contre le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire toutes les fois que les int&#233;r&#234;ts de classe g&#233;n&#233;raux de la bourgeoisie le r&#233;clame&#173;ront. Ce qui est prouv&#233; par l'exp&#233;rience internationale. Et le reproche que les social-d&#233;mocrates italiens se font &#224; eux-m&#234;mes, c'est de ne pas avoir pr&#233;venu le fascisme, par une lutte violente contre les r&#233;volutionnaires et les communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions maintenant quelques autres probl&#232;mes &#224; traiter, et surtout celui de l'organisation et le probl&#232;me des Communes, sur lesquels la discussion a &#233;t&#233; tr&#232;s anim&#233;e au sein des organes dirigeants du P.C.I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment nous nous bornerons &#224; souligner seule&#173;ment que sur le probl&#232;me de l'organisation, la ligne indiqu&#233;e par l'opposition s'est montr&#233;e enti&#232;rement juste ; et c'est sur cette ligne que le Parti devra travailler encore pour long&#173;temps s'il veut substituer le travail effectif et la lutte r&#233;elle contre le fascisme &#224; la phrase creuse et au bluff qui le d&#233;mo&#173;ralise et le d&#233;sagr&#232;ge. Quant au probl&#232;me des Communes, nous remarquons que faute d'arguments, les bureaucrates de la direction officielle en sont r&#233;duits &#224; fausser sciemment et grossi&#232;rement les positions adopt&#233;es par les camarades de l'op&#173;position communiste. Leur crainte de la discussion sur ce probl&#232;me est telle, par exemple, qu'en d&#233;pit d'une d&#233;cision pr&#233;cise du Bureau Politique, ils se sont refus&#233;s &#224; intervenir dans la discussion sur ce sujet pendant le Pr&#233;sidium du mois de f&#233;vrier. Notons aussi que le Parti a maintenant un mot d'ordre (la Commune aux travailleurs) de pure marque cen&#173;triste. C'est un mot d'ordre nettement anti-l&#233;niniste et qui repose sur la th&#233;orie social-d&#233;mocrate de la possibilit&#233;, pour l'&#201;tat bourgeois et pour ses organes, de se transformer d'ins&#173;trument d'oppression en instrument d'&#233;mancipation du pro&#173;l&#233;tariat et des masses laborieuses. Voil&#224; le fond de la critique de l'opposition communiste au mot d'ordre concernant les Communes, qui a &#233;t&#233; lanc&#233; par la direction officielle. Quant aux points de vue personnels des camarades de l'Opposition sur ce sujet, nous n'avons aucune difficult&#233; &#224; d&#233;clarer qu'ils ne sont pas unanimes. D'ailleurs le probl&#232;me est tellement important non seulement pour l'Italie mais pour nombre de pays capitalistes qu'on peut tr&#232;s bien concevoir que le dernier mot ne soit pas encore &#233;crit l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'anticipons pas. Nous nous r&#233;servons de traiter dans d'autres articles ce probl&#232;me d'un int&#233;r&#234;t extr&#234;me pour le P.C.I. et pour toute l'Internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Fascisme et stalinisme, Pietro Tresso</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1238</link>
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		<dc:date>2013-07-22T08:28:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le stalinisme se pr&#233;sente lui-m&#234;me, dans le monde en&#173;tier, comme la seule force qui lutte d'une fa&#231;on d&#233;cid&#233;e et cons&#233;quente contre le fascisme. Quiconque n'est pas dispos&#233; &#224; lui reconna&#238;tre ce titre, quiconque ne se soumet pas &#224; ses d&#233;clarations, quiconque a l'audace de lui arracher le masque et de le pr&#233;senter aux masses tel qu'il est, avec sa d&#233;prava&#173;tion et sa duplicit&#233; r&#233;pugnantes, quiconque ose cela, tombe inexorablement sous le coup de sa haine sans bornes, de ses calomnies effront&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le stalinisme se pr&#233;sente lui-m&#234;me, dans le monde en&#173;tier, comme la seule force qui lutte d'une fa&#231;on d&#233;cid&#233;e et cons&#233;quente contre le fascisme. Quiconque n'est pas dispos&#233; &#224; lui reconna&#238;tre ce titre, quiconque ne se soumet pas &#224; ses d&#233;clarations, quiconque a l'audace de lui arracher le masque et de le pr&#233;senter aux masses tel qu'il est, avec sa d&#233;prava&#173;tion et sa duplicit&#233; r&#233;pugnantes, quiconque ose cela, tombe inexorablement sous le coup de sa haine sans bornes, de ses calomnies effront&#233;es ; sous la menace d'&#234;tre mitraill&#233; au coin de la rue ou enlev&#233; et fait dispara&#238;tre par une des innombra&#173;bles bandes de la Gu&#233;p&#233;ou. Cependant les faits sont t&#234;tus ; et de plus en plus il s'av&#232;re que le stalinisme, avec son &#171; id&#233;olo&#173;gie &#187;, sa politique, son gangst&#233;risme sur tous les plans et dans tous les domaines, avec ses m&#339;urs, ses provocations et ses assassinats, loin de constituer un barrage au fascisme, fa&#173;cilite l'emprise de celui-ci sur les masses et devient un auxi&#173;liaire de sa victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait oiseux de rappeler l'apport que le stalinisme a fourni au fascisme avec sa politique qui aboutit &#224; l'&#233;crase&#173;ment de la R&#233;volution chinoise en 1927. Il est inutile aussi de rappeler le r&#244;le jou&#233; par la criminelle politique stalinienne dans la mont&#233;e et dans le triomphe du fascisme en Allema&#173;gne. Aujourd'hui il est clair pour tout le monde que la capi&#173;tulation honteuse et sans combat du stalinisme allemand de&#173;vant l'hitl&#233;risme, faisait partie du &#171; plan &#187; politique de Sta&#173;line qui, avec le g&#233;nie qui le distingue, pensait par ce moyen avoir comme alli&#233; une Allemagne plus forte contre l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais. Comme il avait offert en 1927 &#224; Chang-Kai-Chek la t&#234;te de la r&#233;volution chinoise pour avoir son alliance, Staline en 1932 sacrifia la r&#233;volution allemande pour acheter l'alliance avec Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est essentiellement par suite de la politique suivie par les staliniens en Chine et en Allemagne que le Fascisme re&#173;pr&#233;sente &#224; l'heure actuelle un danger mortel pour tous les pays du monde. Non moins claire est d&#233;sormais la signifi&#173;cation r&#233;elle du Front Populaire, suivie par les staliniens en France, en Espagne et dans les autres pays. La lutte contre le fascisme n'a &#233;t&#233; et n'est encore qu'un pr&#233;texte. Le but r&#233;el de cette politique est autre et consiste dans la tentative de trouver de nouveaux alli&#233;s pour la bureaucratie sovi&#233;tique ; peu importe si ces alli&#233;s sont des &#171; d&#233;mocrates &#187; ou des r&#233;ac&#173;tionnaires fieff&#233;s ou des fascistes. En effet, la ligne de d&#233;mar&#173;cation effective &#233;tablie par les staliniens entre &#171; amis &#187; et &#171; ennemis &#187;, n'est nullement celle des fascistes et des anti&#173;fascistes. Cette d&#233;marcation est bas&#233;e encore moins sur des crit&#232;res de classe. Non, les &#171; amis &#187; sont ceux qui acceptent - dans le sens le plus large du mot - la politique du gou&#173;vernement de Moscou ; les &#171; ennemis &#187; sont ceux qui ne l'ac&#173;ceptent pas. Les premiers sont m&#233;nag&#233;s comme des &#171; amis de la paix &#187;, des hommes &#171; probes &#187;, &#171; honn&#234;tes &#187;, et tout le tralala, m&#234;me s'ils sont des r&#233;actionnaires ou des fascistes ; les seconds sont qualifi&#233;s de &#171; bandits &#187;, d' &#171; espions &#187; et de &#171; fascistes &#187;, m&#234;me si, par tous les actes de leur vie - et par&#173;fois par leur propre mort - ils se sont montr&#233;s les ennemis les plus acharn&#233;s du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lord Cecil, par exemple, qui a d&#233;clar&#233; p&#233;remptoirement &#224; une &#233;minente personnalit&#233; fran&#231;aise qu'il &#233;tait favorable &#224; la victoire de Franco en Espagne, mais qu'il &#233;tait d'accord contre l'Allemagne et contre le Japon, reste pour les staliniens un &#171; grand ami &#187;, une &#171; grande illustration &#187; du &#171; peuple et de la politique anglaise &#187;. Les r&#233;actionnaires fran&#231;ais qui sont d'accord pour le maintien du pacte franco-sovi&#233;tique sont soit &#233;pargn&#233;s, soit lou&#233;s sous toutes les formes. Le mar&#233;chal Rydz-&#173;Smigly, &#224; l'occasion de sa venue &#224; Paris, fut salu&#233; par Thorez en des termes d'une platitude inou&#239;e, bien que sur ses mains le sang des gr&#233;vistes et des paysans polonais tomb&#233;s sous les balles &#233;tait encore frais. Mais par contre, les ouvriers r&#233;volu&#173;tionnaires qui, par exemple lors des &#233;v&#233;nements d'Espagne se sont pr&#233;cipit&#233;s les premiers aux barricades et dans les tranch&#233;es contre Franco et pour le triomphe du socialisme (ne pas lutter pour le socialisme, ainsi que le font les staliniens, c'est en r&#233;alit&#233; servir Franco) ; ceux qui veulent en fait, lutter contre l'exploitation bourgeoise, ceux qui n'enten&#173;dent pas offrir spontan&#233;ment leur peau pour la prochaine boucherie imp&#233;rialiste dans le camp des &#171; d&#233;mocraties &#187;, ceux&#173;-l&#224; ne sont que p&#232;gre, espions, &#171; agents de la Gestapo &#187; qu'il faut exterminer comme des chiens enrag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique qui n'a &#171; d'antifasciste &#187; que le nom (et parfois, comme on le d&#233;montrera par la suite, m&#234;me le nom est abandonn&#233;), mais dont le contenu rend les plus grands services au fascisme, se manifeste avec un &#233;clat particulier, dans le secteur r&#233;serv&#233; aux staliniens italiens. Pour le d&#233;mon&#173;trer, nous nous limiterons &#224; pr&#233;senter quelques faits et quel&#173;ques attitudes qui sont typiques, et dans lesquels se concentre_ en quelque sorte, et se r&#233;sume, la politique du stalinisme ita&#173;lien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA GUERRE D'&#201;THIOPIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre, par son caract&#232;re nettement imp&#233;rialiste, par les moyens particuli&#232;rement odieux avec lesquels elle a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e et conduite, par les louches marchandages aux&#173;quels elle a donn&#233; lieu avant, pendant et apr&#232;s les &#171; sanc&#173;tions &#187;, par les cons&#233;quences, enfin, qu'elle devait avoir pour toutes les masses travailleuses d'Italie, offrit - apr&#232;s la &#171; crise Matteotti &#187; de 1924 - une occasion unique au prol&#233;tariat italien pour terrasser le r&#233;gime fasciste et ouvrir la voie au triomphe de la r&#233;volution prol&#233;tarienne dans la P&#233;ninsule. Un parti, dont les dirigeants n'auraient pas &#233;t&#233; des bureaucrates pourris jusqu'&#224; la moelle, des l&#226;ches et des tra&#238;tres, et qui n'aurait pas pi&#233;tin&#233; avec un entrain vraiment sadique les en&#173;seignements &#233;l&#233;mentaires du bolch&#233;visme, un tel Parti aurait pu sans grandes difficult&#233;s, devenir le facteur d&#233;terminant de la situation italienne ; il aurait pu gagner les millions de prol&#233;taires et les grandes masses des campagnes et des villes pour les lancer en vagues puissantes contre le r&#233;gime bourgeois fasciste d'Italie, jusqu'&#224; le d&#233;manteler, le d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux conditions &#233;taient n&#233;cessaires pour cela : d&#233;montrer au peuple italien par une attitude farouchement internatio&#173;nale, que la lutte contre la guerre d'Abyssinie n'avait rien de commun avec la tentative de couvrir les rapines coloniales de l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais. Que, au contraire, la lutte con&#173;tre le f&#233;roce imp&#233;rialisme fasciste &#233;tait en m&#234;me temps le moyen le plus s&#251;r pour faire sauter aussi les bases de l'imp&#233;&#173;rialisme anglo-fran&#231;ais. Et, en m&#234;me temps, d&#233;velopper par tous les moyens la lutte de classes &#224; l'int&#233;rieur du pays. La r&#233;alisation de cette deuxi&#232;me condition &#233;tait, de toute &#233;viden&#173;ce, en fonction de la r&#233;alisation de la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, non seulement les staliniens italiens n'ont rien fait dans ce sens, mais ils ont tout mis en oeuvre pour emp&#234;cher que ces conditions se r&#233;alisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine ext&#233;rieur, toute leur activit&#233; s'est d&#233;velopp&#233;e derri&#232;re et sous le patronage de la S.D.N., c'est-&#224;-dire derri&#232;re et sous le patronage des int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais. Les sinistres mascarades des &#171; Congr&#232;s anti&#173;fascistes &#187;, les d&#233;l&#233;gations &#224; Gen&#232;ve - le tout mont&#233; avec l'argent stalinien - les campagnes de presse, tout &#233;tait fait pour donner &#224; l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais l'assurance que seule la victoire de &#171; l'antifascisme &#187; lui aurait garanti l'ex&#173;ploitation pacifique de ses dominions et de ses colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italie fasciste - plus pr&#233;cis&#233;ment, l'Italie dirig&#233;e par Mussolini - constitue un danger pour les conqu&#234;tes imp&#233;rialistes anglo-fran&#231;aises, tandis qu'une Italie lib&#233;r&#233;e de Mussolini serait une garantie pour les digestions laborieuses des magnats de Londres et de Paris. Voil&#224; la th&#232;se, parfois mas&#173;qu&#233;e, parfois ouverte, mais toujours r&#233;elle, des staliniens et de &#171; l'antifascisme &#187; officiel italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait justement la th&#232;se dont avait besoin Mussolini pour disqualifier d'un trait de plume, tout &#171; l'antifascisme &#187; d'au-del&#224; des fronti&#232;res, et pour resserrer autour de lui les masses italiennes. Voyez, disait la presse fasciste, ces messieurs antifascistes qui vivent &#224; l'&#233;tranger et se targuent d'&#234;tre des &#171; italiens &#187;, voyez-les : ils sont contre notre conqu&#234;te de l'Em&#173;pire, mais ils ne soufflent mot contre l'Empire de ceux qui font cinq repas par jour et qui dominent sur des centaines de millions de coloniaux. Et non seulement cela : mais encore ils se mettent au service des imp&#233;rialismes riches et les pous&#173;sent &#224; agir contre nous qui sommes pauvres, qui n'avons que des colonies de sable et qui cherchons &#224; avoir nous aussi, notre part au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de &#171; l'antifascisme &#187; &#233;tait liquid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mussolini avait obtenu une &#233;norme victoire. La politique stalinienne avait abouti &#224; resserrer autour de lui les masses qu'il s'agissait de mobiliser pour l'abattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine int&#233;rieur, la politique &#171; habile &#187; des staliniens et de tout &#171; l'antifascisme &#187; officiel, fut, si c'est possible, encore plus idiote. Elle n'a &#233;t&#233;, du reste, que le pro&#173;longement in&#233;vitable (le la politique qu'on menait sur le plan ext&#233;rieur. Cette politique trouva son expression achev&#233;e dans le &#171; Congr&#232;s antifasciste &#187;, convoqu&#233; en 1936 &#224; Bruxelles, en pleines &#171; sanctions &#187; genevoises et se r&#233;suma par les deux formules : &#171; Via Mussolini dal Governo &#187; et : &#171; Ne rien faire qui puisse &#233;pouvanter la bourgeoisie italienne (et anglo-fran&#231;aise). Avec la premi&#232;re formule les staliniens et &#171; l'anti&#173;fascisme &#187; officiel d&#233;claraient ouvertement que leur but imm&#233;diat n'&#233;tait pas le renversement du r&#233;gime fasciste, mais seu&#173;lement l'&#233;loignement de Mussolini. Et avec la seconde ils di&#173;saient aux masses : Attention, exigez l'&#233;loignement de Mussolini du Gouvernement ; mais... ne bougez pas, car autrement vous obligeriez la bourgeoisie &#224; se faire prot&#233;ger encore par lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes clairs, ces deux formules signifiaient ceci Vous, Monarchie, vous, Vatican, vous, bourgeoisie, vous, pro&#173;pri&#233;taires fonciers, si vous restez accroch&#233;s &#224; cet aventurier de Mussolini, vous &#234;tes perdus. Eloignez-le donc, et en &#233;change, nous vous promettons, et nous vous donnons d&#233;j&#224; en gage, la &#171; tranquillit&#233; &#187; des masses. Ainsi, la formule &#171; habile &#187; des staliniens, qui devait &#171; mobiliser toutes les couches &#187; du peuple italien &#171; contre l'aventurier &#187; Mussolini, n'&#233;tait qu'une cami&#173;sole de force pass&#233;e au cou du prol&#233;tariat et des masses tra&#173;vailleuses d'Italie pour les emp&#234;cher de bouger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, en somme, la r&#233;p&#233;tition, mot pour mot, de la politique suivie par l'Aventin en 1924, pendant la crise Matteotti. Mais sans scission parlementaire, sans &#233;branlement des masses, et men&#233;e non &#224; Rome, mais &#224; Bruxelles. La politique de l'Aventin a servi &#224; consolider le fascisme. Celle des stali&#173;niens, suivie pendant la guerre d'Abyssinie, l'a servi et conso&#173;lid&#233; deux fois. Il n'est pas hasardeux d'imaginer que Mussolini, en lisant les discours et les &#171; r&#233;solutions &#187; de Bruxelles devait se tordre dans de gros &#233;clats de rire. &#171; Les masses exi&#173;geront... en restant tranquilles &#187;. Donc, pas de gr&#232;ves, pas de d&#233;faitisme, pas de sabotage, pas d'occupation de terres, pas de refus de payer les imp&#244;ts. En un mot, pas de guerre civile en Italie. Tout cela n'est que litt&#233;rature r&#233;serv&#233;e aux p&#233;riodes creuses, pour justifier les appointements des bureaucrates. Mais si les masses restent tranquilles, si elles ne pr&#234;tent pas l'oreille &#224; la &#171; d&#233;magogie des provocateurs trotskystes &#187; (c'est encore au &#171; Congr&#232;s antifasciste &#187; de Bruxelles que l'on s'exprime ainsi) la bourgeoisie, les gros propri&#233;taires, et tutti quanti, m&#234;me s'ils en avaient envie (ce qui, d'ailleurs, est loin d'&#234;tre vrai), seront bien incapables de mener la bagarre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mussolini se frotte les mains. Il a gagn&#233; une deuxi&#232;me bataille.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES INT&#201;R&#202;TS &#171; HONN&#202;TES &#187; DE L'IMP&#201;RIALISME ITALIEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assurances donn&#233;es par les staliniens &#224; toutes les couches et &#224; tous les clans de la bourgeoisie italienne sur le maintien de la &#171; tranquillit&#233; &#187; sociale en Italie, &#233;taient toute&#173;fois consid&#233;r&#233;es comme insuffisantes par les staliniens eux&#173;-m&#234;mes. D'autant plus qu'aucune de ces couches ou de ces clans ne s'empressait de r&#233;pondre &#224; leur appel. D'autant plus aussi que les assurances donn&#233;es &#224; l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais sur l'int&#233;grit&#233; de ses dominations coloniales, enlevait &#224; la bourgeoisie italienne toute perspective imp&#233;rialiste. Ce qui &#233;tait, &#233;videmment, d&#233;sagr&#233;able pour elle, outre mesure. Mais les staliniens italiens sont des hommes aux grandes ressources. C'est pourquoi ils d&#233;couvrirent en un tournemain, les &#171; Int&#233;&#173;r&#234;ts honn&#234;tes &#187; de l'Italie (imp&#233;rialiste et fasciste) dans l'Eu&#173;rope centrale et dans les Balkans. &#171; Notre gouvernement &#187; - c'est-&#224;-dire, le gouvernement dont le chef est Mussolini - &#233;crivaient dans leur presse les bureaucrates staliniens, au lieu de faire la guerre aux abyssins, au lieu de chercher des aven&#173;tures dans la M&#233;diterran&#233;e, doit organiser et &#171; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts justes et honn&#234;tes de l'Italie (sic) en Europe Centrale et dans les Balkans. Ce faisant, il travaillera pour la paix, pour la Civilisation, pour l'Honneur de notre pays bien-aim&#233; : l'Ita&#173;lie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, le plan que les staliniens italiens offraient - et offrent - &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste italien, est complet. En fait, il est vrai, le barrage vers l'Afrique et vers la M&#233;diterran&#233;e, mais uniquement pour offrir tout de suite - mais seulement sur le papier - une compensation infini&#173;ment plus &#171; avantageuse &#187; au-del&#224; de l'Adriatique. Car il faut bien que l'imp&#233;rialisme italien trouve &#224; casser sa cro&#251;te quel&#173;que part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, &#171; Notre Gouvernement &#187; - le gouvernement fasciste dont le chef est Mussolini - n'est pas enti&#232;rement du m&#234;me avis que les staliniens. Il pense, lui, qu'&#224; l'heure actuelle, l'expansion vers l'Afrique et vers la M&#233;diterran&#233;e comporte, somme toute, moins de risques que la &#171; d&#233;fense &#187; des int&#233;r&#234;ts &#171; honn&#234;tes &#187; indiqu&#233;s par ses entreprenants collaborateurs. Il se peut qu'il se trompe et - nous le souhaitons de toutes nos forces - qu'il finisse par se casser le cou. Mais ce qui importe c'est que les staliniens, avec leur plan, ont effac&#233; toute divergence de principe entre eux et le fascisme quant &#224; l'expansion imp&#233;rialiste du capitalisme italien. Le plan stalinien ne vise plus &#224; abattre l'imp&#233;rialisme italien, mais s'efforce de lui offrir les meilleurs moyens pour sortir de l'im&#173;passe. La &#171; lutte &#187; entre staliniens et Mussolini s'engage d&#233;&#173;sormais pour savoir lequel des deux sera le valet le plus pers&#173;picace de l'imp&#233;rialisme italien. A cause des staliniens, le pro&#173;l&#233;tariat et les masses travailleuses d'Italie, ne sont plus appe&#173;l&#233;es &#224; choisir entre leur esclavage sous la coupe imp&#233;rialiste et leur. lib&#233;ration, comme de celle des autres peuples, mais entre deux directions diff&#233;rentes de la politique imp&#233;rialiste expansion vers le sud-est, ou expansion vers le nord-est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, encore une fois, si l'on confine la lutte entre ces ter&#173;mes, la victoire du fascisme est certaine. D'abord parce que le fascisme combine &#224; la fois les deux directions de l'expan&#173;sion italienne. Pour lui, les marches vers le sud-est et vers l'est-&#173;ouest, ne s'annulent pas, mais sont compl&#233;mentaires l'une de l'autre. Il arrache &#224; droite et &#224; gauche en s'appuyant, ou en faisant tour &#224; tour le chantage aux &#171; d&#233;mocraties &#187; et &#224; &#171; l'hit&#173;l&#233;risme &#187;. Et il faut avouer que jusqu'&#224; pr&#233;sent le jeu lui a assez bien r&#233;ussi. Ensuite parce que le &#171; plan &#187; stalinien lie, socialement, politiquement et moralement, le prol&#233;tariat et les masses travailleuses d'Italie au sort de l'imp&#233;rialisme ita&#173;lien. En effet, si &#171; notre Gouvernement &#187; (le gouvernement fasciste dont le chef est Mussolini), est appel&#233; &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts &#171; justes et honn&#234;tes &#187; dans un endroit quelconque, il faut le soutenir, et non l'abattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, si l'expansion au-del&#224; de l'Adriatique est &#171; juste &#187; et &#171; honn&#234;te &#187; parce qu'elle s'oppose &#224; l'Allemagne (qui n'a pas de colonies), pourquoi l'expansion vers la M&#233;di&#173;terran&#233;e et vers l'Afrique serait-elle malhonn&#234;te et injuste ? Peut-&#234;tre parce qu'elle s oppose &#224; l'Angleterre et &#224; la France ? Mais quel cafone italien serait assez na&#239;f pour admettre cela ? Enfin, r&#233;duite &#224; ces limites, la &#171; lutte &#187; se terminera toujours par la victoire du fascisme, car toute v&#233;ritable mobilisation des masses sera impossible contre lui. En effet, les masses ne comprendront jamais la n&#233;cessit&#233; d'une insurrection ayant pour but, non d'&#233;craser leurs exploiteurs, mais de les obliger &#224; manger au r&#226;telier de gauche plut&#244;t qu'&#224; celui de droite. Elles comprendront encore moins cette n&#233;cessit&#233; si la &#171; prime &#187; de l'insurrection doit &#234;tre un renforcement du joug imp&#233;&#173;rialiste qui p&#232;se sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui gagne dans tout cela, c'est Mussolini, encore une fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES FR&#200;RES EN CHEMISES NOIRES &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la fin de la guerre d'Abyssinie, lorsqu'arriva de Mos&#173;cou, comme d'un pays &#171; d&#233;mocratique &#187; quelconque, la phi&#173;losophie selon laquelle il valait mieux laisser br&#251;ler la b&#226;tisse dans le d&#233;sert (la b&#226;tisse &#233;tait l'Abyssinie) que de risquer de mettre le feu &#224; l'Europe, les staliniens italiens, toujours aler&#173;tes sur la direction du vent, comprirent que vraiment le temps des demi-formules &#233;tait pass&#233;. Finalement on pouvait parler haut et clair. Les ex-souris du service de censure (c'est-&#224;-dire du service d'espionnage contre les soldats r&#233;volutionnaires et m&#233;contents) pendant la grande guerre ; les ex-trafiquants de sacristie, les ex-porte-queue de Mussolini dans sa trahison et dans son interventionnisme, toute la bande de l&#226;ches et d'es&#173;claves qui &#171; dirige &#187; actuellement le Parti soi-disant communiste italien, pouvait enfin respirer &#224; pleins poumons. La contradiction insurmontable entre les restes des formules bolch&#233;viques qui avaient encore cours dans le Parti, et leur nature &#224; eux, les beefsteackards de toutes les tables, &#233;tait d&#233;sormais &#233;cart&#233;e. C'&#233;taient eux qui triomphaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait, bien entendu, toujours de la Paix, de la D&#233;mocratie et de la Libert&#233;. Devant ces trois d&#233;esses, toute nouvelle h&#233;sitation aurait &#233;t&#233; un crime. Il est vrai, auparavant la Monarchie, le Vatican, la grosse bourgeoisie des villes et des champs, avaient fait la sourde oreille. Mais Mussolini, lui, comprendrait certainement. Eh, Mussolini, disaient ses ex-compagnons de trahison, lui n'est pas un fossile. Oui, peut-&#173;&#234;tre, c'est peut-&#234;tre un aventurier, mais c'est un homme po&#173;litique. C'est un esprit r&#233;aliste. Rien n'exclut donc qu'on puisse faire un bout de chemin ensemble et, qui sait, avec ce Mussolini, rien n'exclut non plus qu'on puisse cheminer ensemble jusqu'au bout. Voil&#224; le &#171; plan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut arracher l'Italie (fasciste) &#224; ses amours avec Hitler, et la porter &#224; combattre pour la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Pour cela, &#171; nos fr&#232;res en chemise noire &#187; pourront nous apporter le plus grand appui. L'ennemi n'est plus le fascisme, c'est l'hitl&#233;ris&#173;me. Assez, donc, d'antifascisme. Il n'y a plus, en Italie, ni fascistes, ni antifascistes, comme il n'y avait plus depuis long&#173;temps, sur les &#171; papiers &#187; staliniens, ni prol&#233;taires, ni bour&#173;geois, ni paysans pauvres, ni paysans riches, ni exploit&#233;s, ni exploiteurs. En Italie, il n'y a plus que des italiens et des annihilables. Mais ces derniers se cachent bien ailleurs que parmi les fascistes. Messieurs, on liquide. On liquide les &#171; Comit&#233;s prol&#233;tariens antifascistes &#187; ; on liquide la &#171; d&#233;magogie anti&#173;fasciste &#187; ; on liquide le mot &#171; antifasciste &#187;. Les malheureux militants de base, qui ne savent pas ce qui se passe et qui continuent &#224; se d&#233;clarer antifascistes, se font tirer l'oreille ; et s'ils ne comprennent pas, ils sont vite d&#233;nonc&#233;s comme anti-italiens, agents de Hitler, espions de la Gestapo, etc.., etc.. &#171; Tous les italiens sont des fr&#232;res &#187;, proclament les staliniens, sauf les &#171; trotskystes &#187; qui veulent la lutte contre les &#171; fr&#232;res en chemise noire &#187;, qui font le jeu d'Hitler, dont ils sont les agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse stalinienne d&#233;couvre tous les jours de nouvelles merveilles en Italie. L'Italie redevient &#224; nouveau &#171; le plus beau jardin du monde &#187;. Les syndicats fascistes ne sont plus les g&#233;hennes &#224; l'int&#233;rieur desquelles le prol&#233;tariat est musel&#233; et ligot&#233;. Cela, c'est de la &#171; calomnie trotskiste &#187;. Les syndi&#173;cats fascistes sont les &#171; syndicats des travailleurs italiens &#187;. Les institutions fascistes se transforment comme par enchan&#173;tement en institutions du peuple italien. Entre les fils de la m&#234;me patrie il y a eu, malheureusement, des malentendus, des &#233;quivoques. Les uns se sont appel&#233;s fascistes, les autres &#171; antifascistes &#187;. L'incompr&#233;hension a &#233;t&#233; commune &#224; tous, certainement, mais surtout aux antifascistes, qui n'ont pas appr&#233;ci&#233; comme il le fallait le grand amour des &#171; fr&#232;res en chemise noire &#187; pour l'Italie. Si les &#171; fr&#232;res en chemise noire &#187; ont p&#233;ch&#233;, eux aussi, c'&#233;tait par trop d'amour. Donc, il faut les excuser. En tout cas, tout cela n'est qu'un triste cauche&#173;mar du pass&#233;. D&#233;sormais, f&#234;te g&#233;n&#233;rale, embrassade g&#233;n&#233;rale. Plus d'insignes antifascistes qui seraient des provocations contre &#171; nos fr&#232;res &#187;. &#171; Nos fr&#232;res &#187;, du reste, comprendront vite que leurs insignes aussi n'auront plus de sens. Tous fils de la m&#234;me Patrie, nous n'aurons tous qu'un seul drapeau tri&#173;colore. Et en avant, contre Hitler...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se grattant la t&#234;te, le militant de base demandait Quoi ? Quoi ? Les membres des escouades fascistes qui ont tu&#233;, viol&#233;, mutil&#233; au sein de ma famille ? &#171; Fr&#232;re en chemise noire &#187;, ripostaient les bureaucrates. Les petits argousins qui, dans les villes et les villages exercent encore la bastonnade et la terreur ? &#171; Fr&#232;re en chemise noire &#187;. Les bureaucrates fascistes qui, dans les usines, dans les syndicats et partout surveillent les ouvriers et les livrent &#224; la vengeance des pa&#173;trons et de la police ? &#171; Fr&#232;res en chemise noire &#187;. Les gros manitous des grandes Corporations Fascistes. les Rossoni, les Ciardi et compagnie ? &#171; Fr&#232;res en chemise noire &#187;. Mais enfin, demande le pauvre militant de base, enti&#232;rement abruti par la surprise d'avoir tant de fr&#232;res insoup&#231;onn&#233;s : et Mussolini ? &#171; Fr&#232;re, fr&#232;re en chemise noire &#187;, ripostent imperturbablement les bureaucrates staliniens. Nous ne sommes pas des anti&#173;fascistes, donc Mussolini aussi est un fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour que cela soit bien net et clair, la presse stalinienne publiait une d&#233;claration officielle du Parti dans laquelle les staliniens se d&#233;claraient pr&#234;ts &#224; marcher &#171; la main dans la main avec tous les fascistes quel que soit le grade qu'ils occu&#173;pent dans la hi&#233;rarchie du Parti et de l'Etat. &#187; L'invitation au &#171; fr&#232;re en chemise noire &#187;, Mussolini, ne pouvait &#234;tre plus nette. Et toute cette orgie, toute cette d&#233;bauche de fraternisa&#173;tion stalinienne envers les fascistes, y compris Mussolini, eut lieu &#224; la fin et apr&#232;s la guerre d'Abyssinie, lorsque les cons&#233;&#173;quences d&#233;sastreuses de celle-ci se faisaient le plus sentir et lorsqu'il &#233;tait encore possible de dresser les masses contre le r&#233;gime. Encore une fois, les staliniens serviront &#171; honorable&#173;ment &#187; leurs fr&#232;res fascistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
SUS AUX &#171; TROTSKYSTES &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux avances r&#233;it&#233;r&#233;es qui lui &#233;taient faites, Mussolini r&#233;pondit par l'intervention en Espagne et par la consolidation de l'axe Rome-Berlin. Ces deux faits ont consid&#233;rablement refroidi les ardeurs philo-fascistes des bureaucrates staliniens. Refroidi, mais non &#233;teint. Un exemple suffit &#224; le prouver. Au moment de l'occupation de l'Autriche par les nazis, la presse stalinienne menait une campagne effr&#233;n&#233;e contre Mussolini, responsable d'avoir mis &#171; notre ch&#232;re Italie &#224; genoux devant Hitler &#187;. Mussolini, donc, est de nouveau sur la sel&#173;lette. De &#171; fr&#232;re &#187; il s'est transform&#233; en &#171; mauvais esprit &#187;. Mais la main n'en reste pas moins tendue aux fascistes. On peut m&#234;me dire que la reprise d'une certaine phras&#233;ologie &#171; an&#173;tifasciste &#187; ne sert qu'&#224; couvrir le contenu d'une politique plus &#171; fraternelle &#187; que jamais envers les fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si jusqu'&#224; hier l'axe Rome-Berlin n'&#233;tait qu'une perspective qu'il fallait &#233;viter &#224; tout prix, aujourd'hui elle est devenue une r&#233;alit&#233;. La conclusion qu'en tirent les stali&#173;niens, c'est qu'&#224; l'ordre du jour se trouve de nouveau, en Ita&#173;lie, le probl&#232;me de la &#171; lutte &#187; pour l'ind&#233;pendance nationale. Et cette ind&#233;pendance nationale peut &#234;tre assur&#233;e, non &#224; travers le d&#233;cha&#238;nement de la guerre civile contre les exploi&#173;teurs directs du peuple italien, mais gr&#226;ce &#224; l'union de toutes les classes contre les &#171; tedeschi &#187;. C'est pourquoi le leitmotiv de toute la presse stalinienne est le suivant : Le Peuple italien est sous le talon d'Hitler et des &#171; tedeschi &#187;. Nos journalis&#173;tes (il s'agit des journalistes fascistes), sont oblig&#233;s d'&#233;crire sous la dict&#233;e des agents &#171; tedeschi &#187;. L'Italie est envahie par les &#171; tedeschi &#187; qui, dans les usines, dans les bureaux, dans les salles de r&#233;daction, partout, exercent la terreur contre le peuple italien. Ce ne sont pas les fascistes et les capitalistes italiens qui oppriment les travailleurs d'Italie, ce sont les &#171; te&#173;deschi &#187;. Mussolini, et quelques autres chefs fascistes, ainsi qu'une demi-douzaine de gros trusteurs sont &#233;videmment de sales valets de l'Allemagne. Il faut les chasser. Mais le fascisme italien, en tant que tel, est toujours hors de cause. C'est con&#173;tre les allemands, contre les &#171; tedeschi &#187; (dans la presse stali&#173;nienne, le terme &#171; tedeschi &#187; a la m&#234;me signification de m&#233;&#173;pris que le &#171; boche &#187; pour les fran&#231;ais) qu'il faut concentrer le feu. Donc, guerre aux &#171; tedeschi &#187;. Bastone tedesco l'Italia non doma (le b&#226;ton boche ne domine pas l'Italie), c'est le re&#173;frain le plus cher des staliniens. Et leur chauvinisme fasciste va bien plus loin encore. Il surpasse probablement tout ce que la presse hitl&#233;rienne a d&#233;ball&#233; contre les &#171; juifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour preuve, nous n'en voulons qu'une correspondance, &#171; venant d'Italie &#187;, publi&#233;e dans l'organe en langue italienne que les staliniens italiens publient &#224; Paris. Dans cette corres&#173;pondance, provenant &#171; d'une grande personnalit&#233; de la litt&#233;&#173;rature et de l'antifascisme italien &#187;, disait le journal, le peuple allemand (non les hitl&#233;riens, mais tout le peuple allemand) &#233;tait outrag&#233; d'une mani&#232;re atroce. Tout son contenu avait pour but ceci : d&#233;montrer que les &#171; tedeschi &#187; (les boches) ne sont qu'un tas de porcs, et que pour le bien de l'humanit&#233; il faut, comme &#224; des porcs, leur planter le couteau dans la gorge. Cette publication vraiment ignoble souleva des protestations g&#233;n&#233;rales au sein de l'&#233;migration italienne ; ce qui obligea la r&#233;daction du journal &#224; exprimer, apr&#232;s coup et apr&#232;s lui avoir fait une publicit&#233; tapageuse, des r&#233;serves hypocrites en trois lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant contre les &#171; trotskystes &#187; que la haine sta&#173;linienne se manifeste sans tr&#234;ve. Ici, pas d'interruption, pas de &#171; pause &#187;. Les fascistes peuvent devenir des &#171; fr&#232;res &#187;, les hitl&#233;riens peuvent se transformer en &#171; compagnons &#187;, mais les &#171; trotskystes &#187; restent toujours les ennemis num&#233;ro un pour les bureaucrates staliniens. Dans aucune presse du monde, celle de l'U.R.S.S. except&#233;e, le &#171; folklore anti-trotskyste &#187; n'est aussi abondant et aussi vari&#233; que dans celle des bureau&#173;crates italiens. Ce n'est pas que les Italiens se fatiguent les m&#233;ninges plus que leurs confr&#232;res des autres pays pour trou&#173;ver quelque chose d'original. Loin de l&#224;. Mais ils copient plus abondamment que les autres la presse russe. Il faut bien, les malheureux, justifier le beefsteak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, pourtant, il s'agit aussi d'autre chose que de folklore. Toute une s&#233;rie de faits et de sympt&#244;&#173;mes d&#233;montrent que les staliniens italiens se proposent d'aller plus loin. D&#233;j&#224; la suppression du leader anarchiste Berneri (lui aussi un &#171; trotskyste &#187;) et de son camarade Barbieri, &#224; Barcelone, porte la marque d'origine. C'est parmi les staliniens italiens que se trouvent les mandants et les ex&#233;cuteurs de ces l&#226;ches assassinats. La r&#233;action de la presse stalinienne &#224; une note faite en son temps par le journal socialiste, le Nuovo Avanti sur la fin de Berneri, est un aveu. Et voici ce qu'il y a encore. Les &#171; trotskystes &#187; qui se trouvent dans les prisons et dans les &#238;les de Mussolini, en Italie, sont de plus en plus vic&#173;times d'agressions, pendant le jour et pendant la nuit, de la &#171; mafia &#187; stalinienne qu'on a constitu&#233; dans ces lieux. Ceux qui sont en libert&#233;, sont ouvertement indiqu&#233;s par la presse stalinienne &#224; l'Ovra fasciste, &#224; laquelle on communique les noms et les lieux de leurs rencontres. Le &#171; trotskiste &#187; Damen (il s'agit en r&#233;alit&#233; d'un bordiguiste), v&#233;t&#233;ran des prisons ita&#173;liennes pour son action antifasciste, a &#233;t&#233; depuis quelques mois, arr&#234;t&#233; de nouveau &#224; Milan &#224; la suite de d&#233;nonciations circonstanci&#233;es des mouchards italiens. Dans l'&#233;migration, chaque fois que l'occasion s'en pr&#233;sente, les &#171; trotskystes &#187; sont d&#233;nonc&#233;s par leurs noms, pr&#233;noms et pseudonymes dans le but de les faire expulser par la police. Tout r&#233;cemment, &#224; la suite d'un incident de nature politique survenu dans la section italienne de la Ligue des Droits de l'Homme, &#224; Pa&#173;ris, la presse stalinienne s'est distingu&#233;e dans cette sale be&#173;sogne de mouchardage. Des listes enti&#232;res de noms et de pr&#233;noms de militants, de retour des tranch&#233;es espagnoles, sont publi&#233;es dans la presse stalinienne. Ces militants se trou&#173;vent, en g&#233;n&#233;ral, sans papiers et la police les traque pour les jeter hors de France. Or, la publication de leurs noms et pr&#233;&#173;noms a pour but de les obliger &#171; &#224; se tenir tranquilles &#187; et de ne pas d&#233;noncer les saloperies accomplies par les bureau&#173;crates staliniens en Espagne contre les r&#233;volutionnaires. Ensuite : des &#171; trotskystes &#187;re&#231;oivent des lettres anonymes plei&#173;nes de menaces, avec une t&#234;te de mort dessin&#233;e au milieu. C'est le m&#234;me proc&#233;d&#233; que les &#171; fr&#232;res en chemise noire &#187; utili&#173;saient jadis en Italie pour terroriser les militants prol&#233;tariens et surtout leurs familles. D'autres sont &#171; charitablement &#187; pr&#233;&#173;venus de ne pas rentrer tard le soir s'ils veulent &#233;viter des surprises. D'autres encore se voient espionn&#233;s par des indi&#173;vidus suspects. Tout cela d&#233;montre que l'OVRA stalinienne existe aussi sur le sol italien, travaille et se pr&#233;pare &#224; des coups redoubl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi cela ? En dehors des basses, mais tr&#232;s r&#233;elles consid&#233;rations du beefsteak et des t&#226;ches g&#233;n&#233;rales qui leur sont d&#233;volues par la Gu&#233;p&#233;ou, en dehors aussi des motifs d'ordre personnel, c'est-&#224;-dire de la biographie charg&#233;e de trahisons et de l&#226;chet&#233;s des quelques manitous qui tiennent (ou se donnent l'air de tenir) les r&#234;nes du parti stalinien ita&#173;lien, les causes profondes de la haine particuli&#232;re des bureau&#173;crates italiens contre les &#171; trotskystes &#187; sont expos&#233;es dans cet article. La lutte &#224; mort contre les &#171; trotskystes &#187; est le compl&#233;&#173;ment n&#233;cessaire de la politique de fraternisation envers les fascistes et envers les couches et les clans de la bourgeoisie italienne, men&#233;e par les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos camarades italiens, dans la mesure extr&#234;mement limit&#233;e de leurs possibilit&#233;s, d&#233;noncent cette politique abracadabrante et tra&#238;tresse. Les ouvriers italiens, surtout ceux qui reviennent des tranch&#233;es espagnoles et de l'U.R.S.S., tournent le dos aux mis&#233;rables charlatans qui jonglent avec les &#171; fr&#232;res fascistes &#187; et qui, dans tous les probl&#232;mes impor&#173;tants ont fait et font le jeu de Mussolini. En Italie, dans les prisons et dans les &#238;les de d&#233;portation, si l'on excepte quelques fonctionnaires pr&#233;occup&#233;s du soutien de leur famille et de leur assiette pour demain, la r&#233;volte est g&#233;n&#233;rale contre les profiteurs &#233;hont&#233;s de leurs sacrifices. C'est assez pour que les bureaucrates v&#233;reux, &#224; l'&#226;me d'esclaves, vouent aux &#171; trotskystes &#187; une haine &#233;ternelle. Ce qui n'emp&#234;che pas nos camarades italiens d'accomplir leur travail r&#233;volutionnaire avec fermet&#233; et succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marxisme et question nationale, Pietro Tresso</title>
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		<dc:date>2009-06-26T19:04:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Marxisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>

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&lt;p&gt;1. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un examen approfondi de la question nationale devrait tenir compte, avant tout, du processus &#224; travers lequel on est arriv&#233;s &#224; la formation des &#171; nations &#187; contemporaines. Ce processus n'est qu'un aspect du processus g&#233;n&#233;ral de d&#233;veloppement du capitalisme. C'est le capitalisme qui cr&#233;e les &#171; nations &#187;. Avant le capitalisme, il y a des groupes ethniques plus ou moins homog&#232;nes, plus ou moins diff&#233;rents, mais la nation n'existe pas. En Italie par exemple, il y avait les Pi&#233;montais, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - Livre Quatorze : PROLETAIRES SANS FRONTIERES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Marxisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen approfondi de la question nationale devrait tenir compte, avant tout, du processus &#224; travers lequel on est arriv&#233;s &#224; la formation des &#171; nations &#187; contemporaines. Ce processus n'est qu'un aspect du processus g&#233;n&#233;ral de d&#233;veloppement du capitalisme. C'est le capitalisme qui cr&#233;e les &#171; nations &#187;. Avant le capitalisme, il y a des groupes ethniques plus ou moins homog&#232;nes, plus ou moins diff&#233;rents, mais la nation n'existe pas. En Italie par exemple, il y avait les Pi&#233;montais, les Lombards, les V&#233;nitiens, etc.., etc.. Ces groupes ethniques avaient, entre eux, des similitudes de langues, de traditions et une position g&#233;ographique qui les avaient plus ou moins rapproch&#233;s, au travers les si&#232;cles, par des &#233;v&#233;nements historiques communs. Cependant, ils n'avaient pas encore de &#171; nation &#187;. La nation n'existait pas encore en 1870, au moment de la disparition du pouvoir temporel des papes. L'ann&#233;e 1870 repr&#233;sente une &#233;tape importante dans la formation de la nation italienne, puisqu'elle marque l'unification de tout le territoire de la p&#233;ninsule en une seule entit&#233; administrative et politique. Pourtant il manque encore cette unit&#233; effective cr&#233;&#233; par l'implantation et la domination du capitalisme, lequel soumet la &#171; nation &#187; tout enti&#232;re &#224; une m&#234;me loi de d&#233;veloppement, qui, comme il est dit plus haut, est la loi du d&#233;veloppement du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est dit pour l'Italie pourrait &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;, au-del&#224; des donn&#233;es particuli&#232;res, pour la France, l'Allemagne, etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois le capitalisme n'est pas seulement la force qui cr&#233;e les nations, c'est aussi celle qui, &#224; un certain stade de son d&#233;veloppement, les soumet et les opprime. Le trait&#233; de Versailles en est la preuve la plus monstrueuse. La guerre de 1914-1918 a &#171; lib&#233;r&#233; &#187; certains peuples du centralisme bureaucratique et militaire semi-&#173;f&#233;odal auquel ils &#233;taient soumis. Le d&#233;mant&#232;lement de l'empire austro-hongrois, la cr&#233;ation d'une Pologne &#171; ind&#233;pendante &#187;, etc.., en sont un exemple. Mais en m&#234;me temps, elle a soumis d'autres peuples ou des fractions de ceux-ci aux &#201;tats vainqueurs et, parfois, &#224; ces m&#234;mes &#201;tats qui avaient surgi au nom de l'ind&#233;pendance nationale. La Pologne, par exemple, qui &#233;tait une &#171; nation opprim&#233;e &#187; sous l'empire des tsars, est devenue &#224; son tour une nation (&#224; savoir l'&#201;tat polonais) qui opprime les minorit&#233;s nationales. On peut en dire autant de la Tch&#233;coslovaquie, etc.., etc.. Dans le m&#234;me temps, les &#171; nations &#187; lib&#233;r&#233;es de l'ancien centralisme bureaucratique-militaire ont &#233;t&#233; soumises, en r&#233;alit&#233;, &#224; un esclavage mille fois plus dur et dangereux, &#224; l'esclavage de l'imp&#233;rialisme moderne. Par exemple, les diff&#233;rents peuples qui constituaient l'ancien empire austro-hongrois ont &#233;t&#233; &#171; lib&#233;r&#233;s &#187;, mais leur &#171; lib&#233;ration &#187; a signifi&#233; dans le m&#234;me temps le d&#233;membrement de l'ancienne conf&#233;d&#233;ration danubienne, la fin de cette unit&#233; &#233;conomique qui &#233;tait n&#233;e et s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e sur la base de cette conf&#233;d&#233;ration, et la soumission effective de chacun de ces &#201;tats, aujourd'hui &#171; libres &#187; aux banquiers de Paris, de Londres et de New-York. D'autres peuples, au contraire, ne firent rien d'autre que passer d'un ma&#238;tre &#224; un autre. Par exemple, les Croates et les Slov&#232;nes qui, hier, &#171; g&#233;missaient &#187; sous le joug de la monarchie austro-&#173;hongroise, maudissent aujourd'hui la domination de la monarchie serbe ou celle, aussi cruelle, du fascisme italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits r&#233;v&#232;lent au grand, jour que, justement, le capitalisme, de force cr&#233;atrice de nations, est devenu une force qui les bafoue, les opprime et les d&#233;truit. Aujourd'hui il est clair que le destin des nations, dans ce qu'elles repr&#233;sentent de progressif pour l'humanit&#233;, est &#233;troitement li&#233; au sort du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de l'Europe nous passons &#224; l'Asie ou &#224; l'Afrique, cette v&#233;rit&#233; nous appara&#238;t encore plus &#233;vidente. Toute la lutte du capitalisme des m&#233;tropoles consiste, au fond, &#224; maintenir les pays coloniaux dans la situation de fournisseurs de mati&#232;res premi&#232;res et d'acheteurs de produits manufactur&#233;s. On veut ainsi emp&#234;cher que ces pays b&#226;tissent une industrie nationale moderne car, dans ce cas, non seulement ils cesseraient d'&#234;tre des &#171; colonies &#187;, mais deviendraient - comme le d&#233;montre le Japon - pour ces m&#233;tropoles, des concurrents tr&#232;s dangereux sur le march&#233; mondial. Mais emp&#234;cher ces pays de cr&#233;er leur propre industrie moderne, signifie pr&#233;cis&#233;ment leur rendre impossible l'accession &#224; une vie nationale, c'est-&#224;-dire &#224; devenir des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; de Versailles, le triomphe de la r&#233;volution russe, le d&#233;veloppement des mouvements r&#233;volutionnaires dans les autres pays et les difficult&#233;s particuli&#232;res du mouvement r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat dans les r&#233;gions o&#249; existent des minorit&#233;s nationales, ont rendu le probl&#232;me de ces minorit&#233;s infiniment plus important qu'il ne l'&#233;tait avant la guerre. La classe ouvri&#232;re, soit en se fondant sur l'analyse g&#233;n&#233;rale de l'imp&#233;rialisme, soit sous la contrainte des n&#233;cessit&#233;s de son action politique quotidienne, a compris que le probl&#232;me des minorit&#233;s nationales non seulement ne lui est pas &#233;tranger, mais qu'au contraire il ne peut &#234;tre r&#233;solu que par la destruction de la soci&#233;t&#233; actuelle et l'instauration du pouvoir prol&#233;tarien. Ainsi le prol&#233;tariat est non seulement le porte-drapeau de ses propres int&#233;r&#234;ts de classe, mais aussi celui du d&#233;veloppement des &#171; nations &#187;. Le prol&#233;tariat, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il tend &#224; r&#233;soudre chaque probl&#232;me en partant du fait de l'existence des classes, rejette toute oppression nationale et est la seule classe qui, concr&#232;tement, agit pour la lib&#233;ration des nations et des minorit&#233;s nationales de l'esclavage dans lequel elles se trouvent actuellement, &#224; savoir l'asservissement &#224; l'imp&#233;rialisme et aux &#201;tats qui en sont l'instrument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat est la seule classe qui non seulement peut inscrire sur son drapeau : droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, mais qui peut &#233;galement agir en cons&#233;quence. Mais affirmer que les peuples ont le droit de disposer d'eux-m&#234;mes signifie, dans les pays o&#249; existent des minorit&#233;s nationales, que ces minorit&#233;s ont elles aussi le droit de disposer d'elles-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire qu'elles ont le droit de d&#233;cider si elles veulent faire partie de l'&#201;tat auquel elles sont actuellement li&#233;es, ou bien faire partie d'un autre &#201;tat, ou bien &#234;tre autonomes. Le prol&#233;tariat s'oppose &#224; quelque forme d'oppression nationale que ce soit et par cons&#233;quent est pour la libert&#233; nationale la pins illimit&#233;e. Et ceci justement parce que le prol&#233;tariat est une classe dont les int&#233;r&#234;ts s'expriment non pas sur le plan national mais sur le plan international. Le prol&#233;tariat ne combat pas ses ennemis en tant qu'allemands, fran&#231;ais, japonais ou autres, mais il les combat en tant que bourgeois, grands propri&#233;taires fonciers ou autre type d'exploiteurs. Pour le prol&#233;tariat italien, par exemple, le bourgeois, qu'il soit italien, fran&#231;ais ou autre, est un ennemi. Et plus exactement, l'ennemi dont il doit se d&#233;barrasser en premier lieu est pr&#233;cis&#233;ment [le bourgeois] italien. Par contre, le prol&#233;tariat, qu'il soit fran&#231;ais ou allemand, etc.., est fr&#232;re du prol&#233;tariat italien, pr&#233;cis&#233;ment parce que ses int&#233;r&#234;ts de classe sont ceux des prol&#233;taires des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat italien (ant&#233;rieurement celui de forme d&#233;mocratique, aujourd'hui celui de forme fasciste) opprime trois minorit&#233;s nationales. La minorit&#233; croate, la minorit&#233; slov&#232;ne et la minorit&#233; allemande. Il &#171; prot&#232;ge &#187; en outre l'Albanie et &#171; civilise &#187;, avec les m&#233;thodes du g&#233;n&#233;ral Badoglio, la Lydie, la Cyr&#233;na&#239;que, l'&#201;rythr&#233;e, la Somalie italienne, et est sur le point de se lancer sur l'Abyssinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons de c&#244;t&#233; un moment les colonies et abordons le probl&#232;me des minorit&#233;s croate, slov&#232;ne et allemande. Ces minorit&#233;s ont &#233;t&#233; soumises &#224; l'&#201;tat italien par la force des arm&#233;es imp&#233;rialistes, juridiquement exprim&#233;e par les trait&#233;s de Saint-Germain et de Versailles. Nous sommes contre ces trait&#233;s de brigands, donc nous sommes contre l'incorporation forc&#233;e des minorit&#233;s croato-slov&#232;ne et allemande &#224; l'&#201;tat italien. Donc nous reconnaissons &#224; ces minorit&#233;s le droit de d&#233;cider elles-m&#234;mes o&#249; et avec qui elles veulent faire route. En outre, il est clair que le fascisme m&#232;ne contre ces minorit&#233;s une lutte nationaliste bien r&#233;elle. Il a italianis&#233; les routes de leurs pays. Il impose des noms italiens &#224; leurs enfants. Il a impos&#233; des ma&#238;tres d'&#233;cole italiens. Dans les &#233;glises, les sermons doivent &#234;tre faits en italien (et pensez que ces populations n'en comprennent pas un mot). Dans les tribunaux, les mairies, etc.. tous les actes publics doivent &#234;tre r&#233;dig&#233;s en italien, et m&#234;me les avocats sont contraints &#224; plaider en italien. Ce qui veut dire qu'un paysan slave ou allemand qui veut d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts devant un tribunal doit se servir d'avocats qui au tribunal parlent une langue qui leur est inconnue. Mais il y a pire sa propre d&#233;position devra &#234;tre faite en italien, c'est-&#224;-dire dans une langue qu'il ne conna&#238;t pas. L'oppression nationale ne pourrait &#234;tre plus manifeste. Il est aussi &#233;vident que la lutte des Croato-Slov&#232;nes et des Allemands contre l'oppression nationale italienne est progressiste dans la mesure o&#249; elle fait obstacle aux vis&#233;es de l'imp&#233;rialisme italien. Il n'y a donc aucun doute que le prol&#233;tariat et son parti, dans cette lutte, doivent &#234;tre du c&#244;t&#233; des minorit&#233;s nationales contre l'&#201;tat imp&#233;rialiste italien, qu'il soit d&#233;mocratique ou fasciste. Ne pas agir ainsi, signifie se rendre complices de l'imp&#233;rialisme italien, signifie renforcer son pouvoir, signifie trahir non seulement les droits des minorit&#233;s nationales mais, avant et par-dessus tout, les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat et les int&#233;r&#234;ts de la r&#233;volution. Le prol&#233;tariat doit appuyer toutes les revendications de lib&#233;ration nationale des minorit&#233;s nationales opprim&#233;es par l'&#201;tat italien, y compris la reconnaissance de leur droit &#224; se s&#233;parer de l'&#201;tat italien et &#224; faire route avec qui ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre ce droit n'implique toutefois pas que le prol&#233;tariat doive conseiller &#224; ces minorit&#233;s nationales, toujours et partout, de se s&#233;parer de l'&#201;tat italien. Tout au contraire, l'oppos&#233; peut s'av&#233;rer juste. Par exemple, nous reconnaissons aux croyants le droit de prier leur dieu et m&#234;me celui d'aller &#224; l'&#233;glise (pourvu qu'ils payent leurs pr&#234;tres), mais ceci ne signifie pas que nous leur conseillons de prier, ni d'aller &#224; l'&#233;glise. Au contraire, nous faisons tout pour les persuader de ne faire ni l'un ni l'autre. Il peut en aller de m&#234;me en ce qui concerne la s&#233;paration des minorit&#233;s nationales de l'&#201;tat italien. Le seul guide qui doive nous servir dans ce cas est l'int&#233;r&#234;t de la r&#233;volution. Si cet int&#233;r&#234;t est favoris&#233; par la s&#233;paration des minorit&#233;s nationales de l'&#201;tat italien, alors nous le leur conseillerons et nous les aiderons dans leur lutte pour la r&#233;alisation de leur droit reconnu ; si, au contraire, les int&#233;r&#234;ts de la r&#233;volution &#233;taient entrav&#233;s par cette s&#233;paration, nous conseillerions aux minorit&#233;s nationales de ne pas se d&#233;tacher de l'&#201;tat italien. C'est toutefois &#224; eux de d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les minorit&#233;s nationales ne se d&#233;finissent pas simplement comme telles, elles constituent aussi un certain ensemble de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela revient &#224; dire que dans ces minorit&#233;s existent aussi des diff&#233;rences de classe. Parfois, la diff&#233;renciation de classes co&#239;ncide, ou presque, avec la diff&#233;renciation nationale. Parmi les Slov&#232;nes de l'Istrie, par exemple, la masse des paysans pauvres est slov&#232;ne, alors que les propri&#233;taires terriens sont Italiens. Nous devons nous appuyer sur les masses laborieuses (ouvriers et paysans pauvres) pour d&#233;velopper leur action de classe contre leurs exploiteurs (qu'ils soient italiens, slov&#232;nes, croates ou allemands) et contre l'&#201;tat bourgeois auquel ils sont assujettis, c'est-&#224;-dire l'&#201;tat italien. Nous ne sacrifions pas leurs revendications nationales &#224; leurs int&#233;r&#234;ts de classe mais, en d&#233;fendant leurs int&#233;r&#234;ts de classe, nous sommes les seuls &#224; r&#233;ellement d&#233;fendre &#233;galement leurs revendications nationales. Il y a deux possibilit&#233;s pour que les minorit&#233;s nationales faisant actuellement partie de l'&#201;tat italien, obtiennent leur lib&#233;ration nationale. La premi&#232;re serait une nouvelle guerre imp&#233;rialiste dans laquelle l'&#201;tat italien serait vaincu par l'&#201;tat yougoslave ou allemand. Toutefois cette possibilit&#233; constituerait une terrible d&#233;faite pour tout le prol&#233;tariat et pour les masses laborieuses et cr&#233;erait, sans aucun doute, une situation contraire, c'est-&#224;-dire qu'au lieu de minorit&#233;s nationales &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat italien, nous aurions des minorit&#233;s nationales italiennes &#224; l'int&#233;rieur des &#201;tats vainqueurs. Cette solution est celle que visent les imp&#233;rialistes &#233;trangers et les mouvements nationalistes petits-bourgeois existants, au moins potentiellement, au sein des minorit&#233;s nationales slov&#232;ne, croate et allemande. En outre, cette &#171; solution &#187; laisserait intacte l'oppression de classe contre ces m&#234;mes minorit&#233;s nationales &#171; lib&#233;r&#233;es &#187;. L'autre solution, la seule, la vraie solution, est la victoire du prol&#233;tariat italien sur sa propre bourgeoisie. Cette solution apporterait du m&#234;me coup et la lib&#233;ration de classe aux masses populaires des minorit&#233;s nationales et aussi la satisfaction de toutes leurs revendications nationales. C'est la seule solution que nous devons indiquer aux minorit&#233;s nationales assujetties &#224; l'&#201;tat italien. C'est aussi la seule solution &#224; laquelle nous devons travailler. Mais de quelle fa&#231;on ? &#171; En d&#233;masquant implacablement l'oppression bourgeoise de la nation dominante et en conqu&#233;rant la confiance du prol&#233;tariat (et de la masse laborieuse pauvre - Blasco) de la nationalit&#233; opprim&#233;e &#187;. (Trotsky). &#171; Toute autre voie &#233;quivaudrait &#224; soutenir le nationalisme r&#233;actionnaire de la bourgeoisie imp&#233;rialiste de la nation dominante, contre le nationalisme r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique de la nation opprim&#233;e &#187;. (Trotsky).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la question des minorit&#233;s nationales, nous avons eu en Italie, de 1919 &#224; 1921, d'autres mouvements autonomistes et s&#233;paratistes. Les deux mouvements les plus caract&#233;ristiques furent les mouvements sicilien et sarde. Quels &#233;taient leurs caract&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s&#233;paratiste sicilien &#233;tait dirig&#233; par des grands propri&#233;taires fonciers et par la grande bourgeoisie sicilienne. Ce mouvement voulait se s&#233;parer de l'Italie non parce qu'il entendait briser les liens bureaucratiques et de d&#233;pendance avec l'&#201;tat bourgeois italien, mais parce qu'il craignait qu'une r&#233;volution n'&#233;clate en Italie. La grande bourgeoisie sicilienne tenta d'exploiter le m&#233;contentement des masses ouvri&#232;res et paysannes face &#224; l'oppression de la bourgeoisie continentale et de l'&#201;tat italien pour le d&#233;tourner en une lutte contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement autonomiste et s&#233;paratiste sarde, au contraire, se proposait de briser les liens avec l'&#201;tat italien parce qu'il voyait en celui-ci l'obstacle majeur &#224; la r&#233;alisation des revendications sociales et culturelles des masses populaires de la Sardaigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier fut donc un mouvement purement r&#233;actionnaire. Le second, par contre, fut un mouvement r&#233;volutionnaire&#173;d&#233;mocratique. Quelle devait &#234;tre notre attitude face aux deux mouvements ? Dans le premier cas, il fallait d&#233;masquer le s&#233;paratisme de la grande bourgeoisie sicilienne en tant que nouveau moyen d'exploiter les masses ouvri&#232;res et paysannes de la Sicile. Dans le second cas, il fallait d&#233;montrer aux masses de la Sardaigne que leur s&#233;paratisme ne pouvait les conduire qu'&#224; la d&#233;faite et que leur sort &#233;tait &#233;troitement li&#233; &#224; celui du prol&#233;tariat italien. Pour atteindre ce r&#233;sultat il fallait pourtant, dans les deux cas, d&#233;montrer par des faits, tant aux masses ouvri&#232;res et paysannes de la Sicile qu'&#224; celles de la Sardaigne, que le prol&#233;tariat d&#233;fendait r&#233;ellement leurs int&#233;r&#234;ts et leurs aspirations contre l'oppression bureaucratique militaire et culturelle soit de l'&#201;tat et de la bourgeoisie italienne, soit des cliques semi-f&#233;odales siciliennes et sardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les erreurs et les crimes des staliniens dans ce domaine, une &#233;tude &#224; part s'imposerait. Trois choses toutefois peuvent &#234;tre soulign&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. les staliniens ont traduit la formule de L&#233;nine : droit des minorit&#233;s nationales &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, jusque et y compris la s&#233;paration d'avec l'&#201;tat, par : s&#233;parez-vous de l'&#201;tat. Comme s'il &#233;tait possible, pour ces minorit&#233;s, de se s&#233;parer de l'&#201;tat oppresseur sans passer sous l'oppression d'un autre Imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt; 2. Ils ont bris&#233; le lien qui existe entre le probl&#232;me de la lib&#233;ration nationale et celui de la lib&#233;ration sociale du prol&#233;tariat, c'est-&#224;-dire celui de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt; 3. Ils ont mis dans le m&#234;me sac les mouvements autonomistes et s&#233;paratistes r&#233;actionnaires et les mouvements r&#233;volutionnaires-d&#233;mocratiques. Ce faisant, ils sont tomb&#233;s dans une accumulation d'aberrations en trahissant les int&#233;r&#234;ts et les revendications des minorit&#233;s nationales et en favorisant le jeu des brigands imp&#233;rialistes de l'un ou de l'autre camp.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Naissance du fascisme, l'Italie de 1918 &#224; 1922 &#187; par A. Rossi Pietro Tresso (Blasco)</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article660</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article660</guid>
		<dc:date>2008-09-06T16:02:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le fascisme italien &lt;br class='autobr' /&gt;
SITE : MATIERE ET REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt; www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Prol&#233;taires, sauvons-nous nous-m&#234;mes ! &lt;br class='autobr' /&gt; MOTS CLEFS : &lt;br class='autobr' /&gt; dialectique &#8211; discontinuit&#233; &#8211; physique quantique &#8211; relativit&#233; &#8211; chaos d&#233;terministe &#8211; syst&#232;me dynamique &#8211; non-lin&#233;arit&#233; &#8211; &#233;mergence &#8211; inhibition &#8211; boucle de r&#233;troaction &#8211; rupture de sym&#233;trie &#8211; le temps - contradictions &#8211; crise &#8211; transition de phase &#8211; criticalit&#233; &#8211; auto-organisation &#8211; vide - r&#233;volution permanente - Blanqui - L&#233;nine - Trotsky &#8211; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/relevance/search/mouvement+ouvrier/video/x8m7i1_le-fascisme-italien-conquete-du-pou_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le fascisme italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SITE :&lt;br class='autobr' /&gt;
MATIERE ET REVOLUTION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prol&#233;taires, sauvons-nous nous-m&#234;mes !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;MOTS CLEFS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034;&gt;dialectique&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&#034;&gt;discontinuit&#233;&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article568&#034;&gt;physique quantique&lt;/a&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article630&#034;&gt;relativit&#233;&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article474&#034;&gt;chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article599&#034;&gt;syst&#232;me dynamique&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article540&#034;&gt;non-lin&#233;arit&#233;&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article571&#034;&gt;&#233;mergence&lt;/a&gt; &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article566&#034;&gt;inhibition&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article570&#034;&gt;boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article606&#034;&gt;rupture de sym&#233;trie&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article598&#034;&gt;le temps&lt;/a&gt; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article572&#034;&gt;contradictions&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article105&#034;&gt;crise&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article565&#034;&gt;transition de phase&lt;/a&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article672&#034;&gt;criticalit&#233;&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article564&#034;&gt;auto-organisation&lt;/a&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article597&#034;&gt;vide&lt;/a&gt; - &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article600&#034;&gt;r&#233;volution permanente&lt;/a&gt; -&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article561&#034;&gt;Blanqui&lt;/a&gt; - &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article590&#034;&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article405&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt; &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article446&#034;&gt;Prigogine&lt;/a&gt; - &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034;&gt;Barta&lt;/a&gt; - &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article604&#034;&gt;Gould&lt;/a&gt; - &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article607&#034;&gt;marxisme&lt;/a&gt; - &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article612&#034;&gt;Marx&lt;/a&gt; - &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article657&#034;&gt;la r&#233;volution&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Naissance du fascisme, l'Italie de 1918 &#224; 1922 &#187; par A. Rossi&lt;br class='autobr' /&gt;
Pietro Tresso (Blasco)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur de ce livre, A. Rossi, se propose &#171; d'expliquer, c'est-&#224;-dire reconstituer avec la plus grande approximation possible, le drame social qui aboutit, le 29 octobre 1922, &#224; l'av&#232;nement du fascisme italien au pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour y parvenir, A. Rossi [Angelo Tasca] commence son &#233;tude en prenant l'Italie au moment o&#249; l'ultimatum de l'Autriche &#224; la Serbie traversa l'Europe comme un &#233;clair en la pr&#233;cipitant dans l'effroyable carnage imp&#233;rialiste de 1914-1918. A ce moment l'Italie se trouvait en pleine crise politique et sociale. A peine sortie de la guerre de Libye, elle &#233;tait travers&#233;e par une agitation profonde, dont le moment culminant fut la &#171; semaine rouge &#187; d'Anc&#244;ne, qualifi&#233;e par Rossi de &#171; r&#233;volte anarchiste &#187;, mais qui fut, en r&#233;alit&#233;, une explosion grandiose du grave m&#233;contentement qui &#233;treignait depuis des ann&#233;es les masses travailleuses de la P&#233;ninsule, &#224; cause surtout de la corruption des classes dirigeantes italiennes et de leur impuissance &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes pos&#233;s par l'histoire. La &#171; semaine rouge &#187;, pendant laquelle le prol&#233;tariat de la province d'Anc&#244;ne et des Romagnes laissa plus de cent de ses fils sur le pav&#233;, fut le tocsin indiquant que l'Italie &#233;tait vraiment impr&#233;gn&#233;e de R&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mussolini, alors directeur de l'organe central du Parti Socialiste Italien l'Avanti !, exalte dans des articles enflamm&#233;s le mouvement, tandis que les chefs r&#233;formistes du parti et de la C.G.T. le d&#233;savouent et le d&#233;nigrent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, c'est la guerre mondiale. Mussolini est d'accord, ainsi que tout le Parti Socialiste, farouchement &#171; neutraliste &#187;. Il d&#233;nonce les vrais buts imp&#233;rialistes de la guerre ; il se moque de la &#171; farce sentimentale &#187; &#233;chafaud&#233;e autour de la &#171; Belgique martyre &#187;, et il invite le prol&#233;tariat &#224; ne pas tomber dans le filet que lui tendent les comp&#232;res r&#233;actionnaires et d&#233;mocratiques pour l'entra&#238;ner dans le massacre pour leurs louches int&#233;r&#234;ts de classe. Mais &#224; l'improviste, illumin&#233; par les sacs d'or qui, par Marcel Cachin, lui sont envoy&#233;s par l'Ambassade de France, il retourne sa veste, passe dans le camp des &#171; interventionnistes &#187;, fonde le Popolo d'Italia, constitue les &#171; Faisceaux d'Action r&#233;volutionnaires &#187; et se lance dans une campagne effr&#233;n&#233;e qui r&#233;ussit, par l'action de rue, &#224; entra&#238;ner l'Italie dans le conflit.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces &#171; Faisceaux d'action r&#233;volutionnaires &#187; qu'on doit situer l'origine du mouvement qui, avec des transformations successives, deviendra le fascisme sous le joug duquel les travailleurs plient encore aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre n'a r&#233;solu aucun des probl&#232;mes devant lesquels se trouvait d&#233;j&#224; quatre ans auparavant l'Italie. Elle les a tous aggrav&#233;s, en y ajoutant d'autres encore plus graves et plus &#233;pineux. Faisant partie du Bloc des &#201;tats vainqueurs, l'Italie s'est trouv&#233;e, en r&#233;alit&#233;, dans la situation d'un &#201;tat presque vaincu. Dans le partage du butin imp&#233;rialiste, le brigand italien s'est vu en quelque sorte spoli&#233; par ses compagnons de route, les brigands de l'imp&#233;rialisme anglo-franco-am&#233;ricain. Au m&#233;contentement des masses travailleuses qui savaient avoir fait la guerre pour le compte de leurs exploiteurs, et dont aucune des promesses qui leur avaient &#233;t&#233; faites pour les maintenir au front n'avaient &#233;t&#233; tenues, s'ajoute donc le m&#233;contentement des &#171; responsables &#187; du carnage qui, eux aussi, s'aper&#231;oivent qu'ils ont &#233;t&#233; les dupes du &#171; roi de Prusse &#187;. La tension politique en Italie devient &#233;norme. C'est un formidable volcan dont la lave jaillit par toutes les fissures de la soci&#233;t&#233; italienne. Toutes les classes sont en &#233;bullition. Les ouvriers et les salari&#233;s agricoles se lancent, au cours des ann&#233;es 1919-1920, dans des gr&#232;ves presque &#224; jet continu, pouss&#233;s &#224; cela non seulement par un &#233;tat d'esprit qui voulait &#171; changer le monde &#187;, suivant l'exemple de leurs fr&#232;res russes qui, en 1917, avaient conquis le pouvoir, mais aussi par la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre leurs conditions imm&#233;diates d'existence, empirant dans le marasme g&#233;n&#233;ral et par la mont&#233;e du co&#251;t de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; victoires &#187; les entra&#238;nent ; les &#233;checs les trempent. Les &#233;tapes de cette agitation d&#233;bordante, profonde et spontan&#233;e, sont donn&#233;es : par le refus de d&#233;part des troupes envoy&#233;es en Albanie, refus qui marque tout le degr&#233; de d&#233;sagr&#233;gation de l'arm&#233;e italienne et l'&#233;tat d'esprit r&#233;volutionnaire qui r&#233;gnait parmi les troupes ; par le vaste mouvement contre la chert&#233; de la vie, mouvement qui embrasa en quelques jours l'Italie du Nord au Sud, et au cours duquel des rabais jusqu'&#224; 50 % furent impos&#233;s sur tous les prix pratiqu&#233;s &#224; la vente. La puissance de ce mouvement fut telle que presque partout les commer&#231;ants se pr&#233;sent&#232;rent aux Bourses du Travail et aux sections syndicales pour leur confier les clefs de leur n&#233;goce. Les soldats fraternisaient avec les foules en les aidant dans leur action contre les &#171; sp&#233;culateurs &#187; et en leur offrant des armes. Vient ensuite la gr&#232;ve d'Avril 1920, &#224; Turin. Gr&#232;ve provoqu&#233;e par le patronat sous pr&#233;texte d'introduire &#171; l'heure l&#233;gale &#187;, mais en r&#233;alit&#233; pour tenter d'en finir avec les &#171; Conseils d'Usine &#187; qui, surtout dans cette ville, avaient pris un s&#233;rieux d&#233;veloppement. Et enfin on a les occupations d'usines au mois de septembre 1920, occupation qui ne se limita pas aux danses et aux jeux de belote comme en France en 1936, mais constitua une remarquable tentative de mettre effectivement la main sur l'appareil de production.&lt;br class='autobr' /&gt;
De leur c&#244;t&#233;, les salari&#233;s agricoles marchaient sans h&#233;sitation sur le m&#234;me chemin trac&#233; par leurs fr&#232;res, les ouvriers des villes. Dans toutes les provinces d'Italie ils r&#233;ussirent &#224; imposer des contrats de travail et compl&#233;t&#232;rent leur mouvement revendicatif des gr&#232;ves par des tentatives et aussi par d'effectives occupations des terres. Les couches moyennes suivaient, surtout au commencement, avec sympathie l'irr&#233;fr&#233;nable mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'autre c&#244;t&#233; de la barricade, mais avec des caract&#232;res complexes qui auraient pu, dans une grande mesure, &#234;tre utilis&#233;s, m&#234;me directement par le prol&#233;tariat, on a eu le mouvement des &#171; L&#233;gionnaires fiumains &#187; (&#171; Legionari fiumani &#187;) dont le chef &#233;tait Annunzio et dont l'exploit principal fut l'occupation de la petite ville-fronti&#232;re de Fiume pour l'incorporer &#224; l'Italie. Et on a eu la naissance et le d&#233;veloppement... du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous est impossible de r&#233;sumer ici toutes les vicissitudes &#224; travers lesquelles le mouvement fasciste a r&#233;ussi &#224; s'affermir jusqu'&#224; s'emparer du pouvoir. Le livre de Rossi &#233;taye avec une abondance remarquable les diverses phases de cette mont&#233;e rapide ; foudroyante. Mais, &#224; notre avis, il passe toujours &#224; c&#244;t&#233; ou nie carr&#233;ment les v&#233;ritables probl&#232;mes. De toute &#233;vidence A. Rossi, &#224; travers la description, parfois saisissante, du d&#233;bordement fasciste et de l'incapacit&#233;, du &#171; nullisme &#187; politique des partis prol&#233;tariens, vise &#224; justifier et &#224; exalter la politique de &#171; Front Populaire &#187; qui a triomph&#233; en France en 1936. Du livre de Rossi il se d&#233;gage nettement que c'est une politique de Front Populaire qui aurait pr&#233;serv&#233; l'Italie du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dilemme devant lequel se trouvait - et se trouve l'Italie - : socialisme ou fascisme, non seulement est ni&#233; par Rossi, mais est caract&#233;ris&#233; comme &#171; perfide &#187;. Pourtant, &#171; perfide &#187; ou non, c'est bien ce dilemme que l'histoire pose devant nos yeux et - comme le d&#233;montre le d&#233;veloppement de la lutte dans tous les pays du monde - pas seulement en Italie. Rossi a raison lorsqu'il affirme que le mouvement ouvrier a &#233;t&#233; vaincu en Italie, non par le fascisme, mais par l'inaptitude, par la d&#233;composition int&#233;rieure, par l'inexp&#233;rience des partis qui devaient le conduire &#224; la victoire. C'est un fait que le fascisme, s'est fray&#233; la voie non sur la base de la destruction directe des organisations prol&#233;tariennes (et cela malgr&#233; l'appui et la collaboration active qu'il a obtenue de la part de tous les gouvernements &#171; d&#233;mocratiques &#187; qui se sont succ&#233;d&#233;s en Italie depuis la fin de la guerre jusqu'&#224; Octobre 1922) mais sur celle du pi&#233;tinement sur place, de l'impasse dans laquelle, &#224; un certain moment le mouvement ouvrir s'est trouv&#233; clou&#233;. Mais les recettes que Rossi indique comme susceptibles d'&#233;viter la catastrophe si elles avaient &#233;t&#233; employ&#233;es, nous paraissent plut&#244;t des cataplasmes inutilisables et en tout cas, absolument inaptes &#224; sauver les masses travailleuses d'Italie de l'esclavage fasciste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Rossi, le v&#233;ritable probl&#232;me &#224; r&#233;soudre en Italie &#233;tait celui de l'int&#233;gration des larges masses populaires et avant tout du prol&#233;tariat, dans l'&#201;tat. Il fallait cr&#233;er l'&#201;tat populaire italien. Concr&#232;tement, cela veut dire qu'&#224; l'&#201;tat bourgeois, menac&#233; de dislocation sous les vagues oppos&#233;es des forces de la soci&#233;t&#233; italienne, il fallait donner une base de masse pour le sauver et pour emp&#234;cher en m&#234;me temps que cette base lui soit fournie par les forces hostiles au prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons d'abord que cette id&#233;e n'a rien d'original, m&#234;me sur le terrain italien. On peut affirmer que depuis 1900, elle a inspir&#233; toute la politique du plus grand corrupteur de la vie politique italienne : Giolitti. Elle a inspir&#233; aussi la politique des r&#233;formistes. C'est cette politique qui fit faillite d&#233;j&#224; dans le climat relativement tranquille de l'avant-guerre, car l'int&#233;gration des masses populaires dans l'&#201;tat (bourgeois) ne pouvait signifier pour, celles-ci, surtout en Italie, que la renonciation passive &#224; toute am&#233;lioration et &#224; tout progr&#232;s r&#233;el. Elle ne pouvait signifier aussi que la mort de toute conscience de classe du prol&#233;tariat italien, dont les divers tron&#231;ons n'auraient servi que (le supp&#244;t de la politique des divers groupements industriels et agraires de la P&#233;ninsule. Les &#171; Eccidi proletari &#187; (les massacres des prol&#233;taires) qui ensanglant&#232;rent, avec une fr&#233;quence tristement fameuse, la vie politique italienne dans les 14 ann&#233;es qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent la guerre mondiale, ont d&#233;montr&#233; que cette int&#233;gration (int&#233;gration volontaire et de collaboration, bien entendu : l'int&#233;gration par la force, le fascisme l'a effectu&#233;e) n'&#233;tait qu'un r&#234;ve. D'autant plus chim&#233;rique devait -elle para&#238;tre - et &#233;tait-elle - dans la situation d'apr&#232;s guerre, lorsque toutes les masses &#233;taient lanc&#233;es en avant vers de nouvelles conqu&#234;tes politiques et sociales, et lorsque, pour pouvoir continuer d'exister, les classes exploiteuses avaient besoin de les chasser en arri&#232;re. Int&#233;grer les masses dans l'&#201;tat, apr&#232;s la guerre, aurait signifi&#233; non leur permettre, ainsi que le pense Rossi, d'utiliser les leviers de celui-ci pour consolider et &#233;tendre leurs conqu&#234;tes, mais aurait signifi&#233; briser leurs forces et les soumettre spontan&#233;ment (au moyen des mitrailleuses social-d&#233;mocrates) &#224; l'exploitation renforc&#233;e des capitalistes et des agrariens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais est-ce qu'au moins cela aurait &#233;pargn&#233; &#224; l'Italie la domination fasciste ? R&#233;pondre par un oui ou par un non &#224; cette question, cela a l'air un peu hors du temps... Les &#233;v&#233;nements ont r&#233;solu le probl&#232;me &#224; leur fa&#231;on. Toutefois il faut consid&#233;rer ceci : nous avons d&#233;j&#224; des exp&#233;riences similaires &#224; celles pr&#233;conis&#233;es par Rossi : entre autres, en Autriche et en Allemagne, et plus r&#233;cemment en France et en Espagne. Dans les deux premiers cas le fascisme a vaincu presque sans combattre. La r&#233;sistance oppos&#233;e par les ouvriers viennois en 1934 va &#224; l'encontre des moyens pr&#233;conis&#233;s par Rossi. L'int&#233;gration des masses dans l'&#201;tat op&#233;r&#233;e en Autriche et en Allemagne par la collaboration de la social-d&#233;mocratie au gouvernement a servi uniquement &#224; arr&#234;ter la marche de la r&#233;volution, comme premier pas, pour lui tordre d&#233;finitivement le cou.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France, le passage de Blum au gouvernement n'a modifi&#233; en rien l'attitude de l'&#201;tat en faveur de la classe ouvri&#232;re. Il a seulement r&#233;ussi &#224; faire avaler &#224; celle-ci une politique d'ensemble qu'aucun gouvernement non de &#171; Front Populaire &#187; n'aurait &#233;t&#233; capable - dans les rapports de force donn&#233;s - de lui imposer. Sit&#244;t que Blum esquissa un geste de r&#233;sistance (si l'on peut dire...) il a &#233;t&#233; mis &#224; la porte gentiment. En Espagne, le coup d'arr&#234;t contre Franco a &#233;t&#233; donn&#233; par les masses insurg&#233;es contre la tentative fasciste et contre... l'&#201;tat &#171; r&#233;publicain &#187;. Celui-ci, non seulement dans tous ses rouages, mais jusque dans les membres de son gouvernement, ou passe ouvertement &#224; Franco, ou &#233;tait pr&#234;t &#224; la capitulation. Dans la mesure o&#249; les masses de l'Espagne &#171; r&#233;publicaine &#187; ont &#233;t&#233; &#171; int&#233;gr&#233;es &#187; dans l'&#201;tat bourgeois depuis juillet 1936, la guerre civile contre le fascisme a &#233;t&#233; transform&#233;e toujours plus en une guerre entre clans li&#233;s aux imp&#233;rialistes rivaux. Les buts sp&#233;cifiques du prol&#233;tariat et des larges masses dans la lutte contre le fascisme sont chaque jour plus mis &#224; l'&#233;cart, et &#224; leur place on introduit des buts bourgeois-imp&#233;rialistes. De sorte que les masses voient toujours moins clairement pourquoi elles versent leur sang ; ce qui se traduit par une aide consid&#233;rable &#224; Franco. Les vrais d&#233;faitistes de la lutte antifasciste sont encore une fois ceux qui, au service de la bourgeoisie nationale et de l'imp&#233;rialisme &#233;tranger, enl&#232;vent aux masses les raisons essentielles de leur d&#233;vouement et de leur r&#233;sistance jusqu'&#224; la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quelques exemples nous autorisent &#224; affirmer que l'int&#233;gration des masses italiennes dans l'&#201;tat (en admettant qu'elle fut possible) n'aurait pas &#233;vit&#233; le fascisme. Peut-&#234;tre lui aurait-elle fray&#233; un autre chemin pour arriver au but. Il faut souligner en outre que le fascisme n'est pas seulement un moyen pour garantir &#224; la bourgeoisie l'exploitation &#171; pacifique &#187; des masses &#224; l'int&#233;rieur du pays. C'est surtout un moyen pour d&#233;velopper sa puissance ext&#233;rieure. Exploitation &#171; pacifique &#187; &#224; l'int&#233;rieur et puissance ext&#233;rieure sont les conditions n&#233;cessaires sans lesquelles toute bourgeoisie nationale est vou&#233;e &#224; la d&#233;cadence et &#224; la mort. La question se pose donc : ou les masses &#171; int&#233;gr&#233;es &#187; se pr&#233;sentent volontairement, spontan&#233;ment, &#224; la politique d'auto-esclavage et de pillage imp&#233;rialiste, ou elles sont vite &#171; d&#233;sint&#233;gr&#233;es &#187; et &#233;cras&#233;es sans m&#233;nagement. C'est-&#224;-dire qu'elles sont &#171; int&#233;gr&#233;es &#187; dans l'&#201;tat &#224; la mani&#232;re fasciste. Il n'y avait pas d'autres alternatives possibles en Italie pour ceux qui, comme Rossi, se basent sur le maintien du capitalisme et de son &#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
De cette position initiale d&#233;coule aussi la position de Rossi sur tous les autres probl&#232;mes soulev&#233;s dans son livre. Nous sommes oblig&#233;s d'aller vite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la critique de Rossi contre la social-d&#233;mocratie italienne se r&#233;duit &#224; ceci : elle devait entrer dans le Gouvernement. Pourquoi faire ? Pour emp&#234;cher que la place... soit occup&#233;e par d'autres ! Seulement, il ne suffit pas d'occuper la place, il faut aussi, entre autres, d&#233;cider qui paye la casse de la guerre. Est-ce la bourgeoisie ? Mais alors il ne reste plus d'autres ressources que de l'exproprier et de l'abattre. Mais Rossi sait tr&#232;s bien que ce n'est pas pour cela que la collaboration socialiste &#233;tait sollicit&#233;e. Du reste, cela aurait &#233;t&#233; la seule collaboration &#224; laquelle les &#171; socialistes &#187; &#224; la Turati se seraient r&#233;solument refus&#233;s de toutes leurs forces. Est-ce donc le prol&#233;tariat et les masses travailleuses ? Sans doute... Mais alors il faudra les m&#226;ter, car d&#233;j&#224; elles ne peuvent et ne veulent plus vivre dans leur situation pr&#233;sente. Le dilemme &#171; perfide &#187; se repr&#233;sente toujours. Les &#171; socialistes &#187; qui &#233;taient fonci&#232;rement hostiles &#224; toute r&#233;volution en Italie ont certainement commis un crime en se refusant &#224; la collaboration gouvernementale. Il aurait &#233;t&#233; mille fois mieux qu'ils jouent leur r&#244;le ouvertement (et dans ce cas, m&#234;me indirectement, la classe ouvri&#232;re pouvait en tirer des avantages) que de se r&#233;duire &#224; poignarder la r&#233;volution dans les coulisses. Car le &#171; nullisme &#187; maximaliste et l'inexp&#233;rience, plus tard, des jeunes cadres communistes ne peuvent nullement &#171; justifier &#187; ou att&#233;nuer la trahison des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du reste, envisag&#233;e ainsi que le fait Rossi, la collaboration des socialistes au gouvernement n'aurait que r&#233;duit ceux-ci au r&#244;le de simples pantins aux mains de leurs &#171; alli&#233;s &#187;. Rossi, en effet, pose la question en ces termes sur le terrain de la force dans le pays, le prol&#233;tariat et les masses travailleuses ne peuvent &#234;tre que battues. Il faut donc entrer au gouvernement pour utiliser les forces de l'&#201;tat. Mais si cela est vrai, alors ceux qui entrent dans le gouvernement doivent le faire en acceptant les conditions impos&#233;es par l'adversaire (l'adversaire des masses travailleuses). Et celui-ci n'est pas assez b&#234;te pour offrir &#224; celui qui se trouve &#224; sa merci les armes pour se faire abattre ; d'ailleurs tous ceux qui ont offert la &#171; collaboration &#187; aux socialistes (Nitti, Giolitti, etc..) leur ont tenu ce simple langage : ou vous entrez dans le gouvernement et nous aidez &#224; &#233;trangler le mouvement ouvrier, ou nous serons forc&#233;s de le faire avec la Garde royale et avec les bandes fascistes. Toute la strat&#233;gie de Rossi consiste dans l'acceptation de cette collaboration.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi il n'a que du m&#233;pris pour ces pauvres socialistes bolonais qui, devant les menaces fascistes prot&#233;g&#233;es ouvertement et ostensiblement par le gouvernement qui offrait aux socialistes de collaborer, d&#233;cident de se d&#233;fendre eux-m&#234;mes. Il fallait, selon lui, demander &#224; l'&#201;tat de d&#233;fendre ses propres institutions. Et apr&#232;s ? Si l'&#201;tat consid&#232;re que pour d&#233;fendre ses institutions il faut y pousser les socialistes &#233;lus par les masses ? Si, pour y arriver, il arme les fascistes, les encadre d'officiers de l'arm&#233;e et les pousse &#224; l'attaque prot&#233;g&#233;s par les forces de la police ? Les proph&#232;tes d&#233;sarm&#233;s sont vou&#233;s &#224; la d&#233;faite ; mais celui qui se met sous la protection des armes de l'adversaire qui veut l'abattre n'a pas de meilleures chances d'y &#233;chapper. Rossi critique &#224; juste titre Mateotti lorsque celui-ci invite les paysans de Polisine &#224; ne pas r&#233;sister par les armes aux fascistes. Mais il critique parce que, selon lui, la non-r&#233;sistance &#224; la base devait avoir comme compl&#233;ment une action encore plus &#233;nergique &#224; Rome. Mais quelle action &#233;nergique pouvaient-ils mener &#224; Rome ceux qui y arrivaient des provinces en qu&#233;mandeurs, la queue et les oreilles d&#233;chir&#233;es par les morsures des loups fascistes que Rome prot&#233;geait et armait ? N'est-il pas &#233;vident qu'ils ne pouvaient qu'&#234;tre l'objet de la politesse ironique des concierges des minist&#232;res ? N'est-il pas &#233;vident que pour peser &#224; Rome il fallait &#234;tre en condition de d&#233;truire les nids fascistes que la capitale organisait dans les provinces ? Et dans ce cas, o&#249; aller trouver la &#171; collaboration &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Rossi discute dans son livre aussi le probl&#232;me des Soviets, des Communes et des Bourses du Travail. Au lieu de poursuivre de fantomatiques Soviets &#233;trangers &#224; l'exp&#233;rience italienne, il fallait, selon Rossi, s'appuyer sur les Bourses du Travail et sur les Communes. Ces deux organismes auraient pu substituer avantageusement les Soviets. Substituer pour quoi faire ? Pour entrer dans une combinaison minist&#233;rielle la corde au cou ? Sans doute, pour faire cela les Soviets sont inutiles. Mais l'exp&#233;rience italienne a d&#233;montr&#233;, elle aussi, que le Soviet n'est nullement un organisme sp&#233;cifiquement russe. Dans les usines, au cours des gr&#232;ves, pendant les manifestations contre la chert&#233; de la vie, en mille et mille occasions, les ouvriers, les masses, ont spontan&#233;ment donn&#233; vie &#224; des organismes qui les r&#233;unissaient et les dirigeaient en dehors et au-del&#224; des limites des Bourses du Travail (sans parler des communes, institutions de l'&#201;tat bourgeois).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que les dirigeants du Parti Socialiste Italien (les Bombacci, les Gennari et autres abrutis de cette esp&#232;ce), au lieu de s'appuyer sur l'exp&#233;rience des masses, voulaient cr&#233;er des &#171; soviets &#187; tels qu'ils les concevaient dans leur pauvre cerveau, n'enl&#232;ve rien au fait que ces organismes &#233;taient trouv&#233;s, au moins dans leur forme embryonnaire, spontan&#233;ment par les masses chaque fois qu'elles en avaient besoin. Cela d&#233;plaisait beaucoup aux mandarins r&#233;formistes et &#224; leurs avocats mais cela &#233;tait un fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit des id&#233;es de son auteur, nous recommandons particuli&#232;rement aux jeunes la lecture du livre de Rossi. Ils pourront y apprendre beaucoup de choses. Avant tout l'incapacit&#233;, la carence, la trahison des dirigeants des partis prol&#233;tariens italiens face au fascisme leur enseigneront (il faut l'esp&#233;rer) &#224; trouver d'autres chemins pour vaincre ce terrible ennemi. Et ensuite ils verront par quels moyens le fascisme italien, dirig&#233; par Mussolini, est parvenu au pouvoir. Ils verront avant tout que le fascisme s'est pr&#233;sent&#233; du premier moment comme une organisation de combat, une organisation arm&#233;e. Il a su exploiter &#224; fond les moyens l&#233;gaux et les moyens ill&#233;gaux pour atteindre son but. Il a utilis&#233; largement les forces de l'&#201;tat pour prot&#233;ger son action, mais il s'est pr&#233;occup&#233; &#224; chaque instant d'avoir une force arm&#233;e &#224; lui, ne d&#233;pendant que de lui. Et pas seulement une force arm&#233;e, mais aussi une police, des moyens de communication et de liaison : en somme tout ce que doit avoir une organisation, un parti qui veut r&#233;ellement conqu&#233;rir le pouvoir. Du livre de Rossi il se d&#233;gage des le&#231;ons de strat&#233;gie et de tactique politique de la plus haute importance pour les jeunes qui, rompant avec le socialisme &#224; la Blum et avec le stalinisme, se rangent sous le drapeau de la Quatri&#232;me Internationale pour vaincre l&#224; o&#249; les autres ont perdu, failli et trahi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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