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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Le point de vue de Rosa Luxemburg sur les bolcheviks &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution russe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
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		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rosa Luxemburg et les bolcheviks &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution russe &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les bolcheviks ont certainement commis plus d'une faute dans leur politique et en commettent sans doute encore - qu'on nous cite une r&#233;volution o&#249; aucune faute n'ait &#233;t&#233; commise ! L'id&#233;e d'une politique r&#233;volutionnaire sans faille, et surtout dans cette situation sans pr&#233;c&#233;dent, est si absurde qu'elle est tout juste digne d'un ma&#238;tre d'&#233;cole allemand. Si, dans une situation exceptionnelle, un simple vote au Reichstag fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rosa Luxemburg et les bolcheviks &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les bolcheviks ont certainement commis plus d'une faute dans leur politique et en commettent sans doute encore - qu'on nous cite une r&#233;volution o&#249; aucune faute n'ait &#233;t&#233; commise ! L'id&#233;e d'une politique r&#233;volutionnaire sans faille, et surtout dans cette situation sans pr&#233;c&#233;dent, est si absurde qu'elle est tout juste digne d'un ma&#238;tre d'&#233;cole allemand. Si, dans une situation exceptionnelle, un simple vote au Reichstag fait d&#233;j&#224; perdre la &#171; t&#234;te &#187; aux &#171; chefs &#187; du socialisme allemand, alors que la voie leur est clairement trac&#233;e par l'abc du socialisme, si alors leur c&#339;ur bat la chamade et s'ils y perdent tout leur socialisme comme une le&#231;on mal apprise - comment veut-on qu'un parti plac&#233; dans une situation historique v&#233;ritablement &#233;pineuse et in&#233;dite, o&#249; il veut tracer de nouvelles voies pour le monde entier, comment veut-on qu'il ne commette pas de faute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la situation fatale dans laquelle se trouvent aujourd'hui les bolch&#233;viks ainsi que la plupart de leurs fautes sont elles-m&#234;mes la cons&#233;quence du caract&#232;re fondamentale&#172;ment insoluble du probl&#232;me auquel les a confront&#233;s le prol&#233;tariat international et surtout le prol&#233;tariat allemand. &#201;tablir une dictature prol&#233;tarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encercl&#233; par l'h&#233;g&#233;monie scl&#233;ros&#233;e de la r&#233;action imp&#233;rialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle. Tout parti socialiste &#233;tait condamn&#233; &#224; &#233;chouer devant cette t&#226;che et &#224; p&#233;rir, qu'il soit guid&#233;, dans sa politique par la volont&#233; de vaincre et la foi dans le socialisme international, ou par le renoncement &#224; soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aimerions les voir &#224; l'&#339;uvre, ces Basques pleurnichards, les Axelrod, les Dan, les Grigoriants et compagnie qui, l'&#233;cume aux l&#232;vres, vitup&#232;rent contre les bolcheviks et colportent leurs mis&#232;res &#224; l'&#233;tranger, trouvant en cela - et comment donc ! - des &#226;mes compa&#172;tis&#172;santes, celles de h&#233;ros tels que Str&#246;bel, Bernstein et Kautsky, nous aimerions bien voir ces Allemands &#224; la place des bolcheviks ! Toute leur subtile sagesse se bornerait &#224; une alliance avec les Milioukov &#224; l'int&#233;rieur, avec l'Entente &#224; l'ext&#233;rieur, sans oublier qu'&#224; l'int&#233;&#172;rieur, ils renonceraient consciemment &#224; accomplir la moindre r&#233;forme socialiste ou m&#234;me &#224; l'entamer, en vertu de cette c&#233;l&#232;bre prudence de ch&#226;tr&#233; selon laquelle la Russie est un pays agraire o&#249; le capitalisme n'est pas encore &#224; point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien la fausse logique de la situation objective tout parti socialiste qui acc&#232;de aujourd'hui au pouvoir en Russie est condamn&#233; &#224; adopter une fausse tactique aussi longtemps que le gros de l'arm&#233;e prol&#233;tarienne internationale, dont il fait partie, lui fera faux bond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des fautes des bolcheviks incombe en premier lieu au prol&#233;tariat international et surtout &#224; la bassesse persistante et sans pr&#233;c&#233;dent de la social-d&#233;mocratie allemande, parti qui pr&#233;tendait en temps de paix marcher &#224; la pointe du prol&#233;tariat mondial, s'attribuait le privil&#232;ge d'endoctriner et de diriger tout le monde, comptait dans le pays au moins dix millions de partisans des deux sexes et qui maintenant crucifie le socialisme trente six fois par jour sur l'ordre des classes dirigeantes, comme les valets v&#233;naux du Moyen Age.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles qui nous viennent aujourd'hui de Russie et la situation des bolcheviks sont un appel &#233;mouvant &#224; la derni&#232;re &#233;tincelle du sentiment de l'honneur qui som&#172;meille encore dans les masses d'ouvriers et de soldats allemands. Ils ont permis de sang-froid que la r&#233;volution russe soit d&#233;chiquet&#233;e, encercl&#233;e, affam&#233;e. Puissent-ils &#224; la douzi&#232;me heure la sauver au moins du comble de l'horreur : le suicide moral, l'alliance avec l'imp&#233;rialisme allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'une seule issue au drame qui s'est nou&#233; en Russie : l'insurrection tombant sur l'arri&#232;re de l'imp&#233;rialisme allemand, le soul&#232;vement des masses allemandes qui donnerait le signal d'un ach&#232;vement r&#233;volutionnaire international du g&#233;nocide. Le sauvetage de l'honneur de la r&#233;volution russe co&#239;ncide, en cette heure fatale, avec le salut de l'honneur du prol&#233;tariat allemand et du socialisme international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19180900.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19180900.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti bolchevik, force motrice de la r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re p&#233;riode de la r&#233;volution russe, depuis le moment o&#249; elle a &#233;clat&#233;, en mars, jusqu'au coup d'&#201;tat d'octobre, r&#233;pond exactement, dans son cours g&#233;n&#233;ral, au sch&#233;ma du d&#233;veloppement, tant de la R&#233;volution anglaise que de la R&#233;volution fran&#231;aise. C'est la forme de d&#233;veloppement typique de tout premier grand heurt des forces r&#233;volutionnaires cr&#233;&#233;es au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise contre les cha&#238;nes de la vieille soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son d&#233;veloppement se poursuit naturellement selon une ligne ascendante, en partant de d&#233;buts mod&#233;r&#233;s, jusqu'&#224; des buts de plus en plus radicaux, et, parall&#232;lement, de la collaboration des classes et des partis &#224; la domination exclusive du parti le plus radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, en mars 1917, la r&#233;volution fut dirig&#233;e par les &#034;cadets&#034;, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie lib&#233;rale. La premi&#232;re vague du flot r&#233;volutionnaire emporta tout : la quatri&#232;me Douma, le produit le plus r&#233;actionnaire du plus r&#233;actionnaire des syst&#232;mes &#233;lectoraux, celui des quatre classes, issu du coup d'Etat, se transforma du jour au lendemain en un organe de la r&#233;volution. Tous les partis bourgeois, y compris les droites nationalistes, form&#232;rent soudain un seul bloc uni contre l'absolutisme. Celui-ci s'&#233;croula d&#232;s le premier choc, presque sans combat, comme un organe pourri qu'il suffisait de toucher du doigt pour le faire tomber. De m&#234;me, la courte tentative faite par la bourgeoisie lib&#233;rale pour sauver au moins la dynastie et le tr&#244;ne fut bris&#233;e en quelques heures. Le flot imp&#233;tueux des &#233;v&#232;nements submergea en quelques jours des territoires que la R&#233;volution fran&#231;aise avait mis des dizaines d'ann&#233;es &#224; conqu&#233;rir. Il apparut ici que la Russie r&#233;alisait les r&#233;sultats d'un si&#232;cle de d&#233;veloppement europ&#233;en, et, avant tout, que la r&#233;volution de 1917 &#233;tait une continuation directe de celle de 1905-1907, et non un cadeau des &#034;lib&#233;rateurs allemands&#034;. En somme, la r&#233;volution reprenait en mars 1917 au point exact o&#249; la pr&#233;c&#233;dente avait interrompu son oeuvre, dix ans auparavant. La R&#233;publique d&#233;mocratique &#233;tait le produit tout pr&#234;t, int&#233;rieurement m&#251;r, du premier assaut de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors commen&#231;a la seconde &#233;tape, la plus difficile. D&#232;s le d&#233;but, la force motrice de la r&#233;volution fut le prol&#233;tariat des villes. Mais ses revendications &#233;taient loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;es par l'instauration de la d&#233;mocratie politique, elles portaient avant tout sur la question br&#251;lante de la politique internationale : la paix imm&#233;diate. En m&#234;me temps, la r&#233;volution se pr&#233;cipita sur la masse de l'arm&#233;e, qui &#233;leva la m&#234;me revendication d'une paix imm&#233;diate, et sur la masse de la paysannerie, qui mit au premier plan la question agraire, ce pivot de la r&#233;volution depuis 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix imm&#233;diate et la terre : avec ces deux mots d'ordre, la scission int&#233;rieure du bloc r&#233;volutionnaire &#233;tait faite. Le premier &#233;tait en contradiction absolue avec les tendances imp&#233;rialistes de la bourgeoisie lib&#233;rale, dont le porte-parole &#233;tait Milioukov. Le second, v&#233;ritable spectre pour l'aile droite de la bourgeoisie, la noblesse terrienne, &#233;tait en m&#234;me temps, en tant qu'attentat &#224; la sacro-sainte propri&#233;t&#233; individuelle, un point douloureux pour l'ensemble des classes poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, au lendemain m&#234;me de la premi&#232;re victoire de la r&#233;volution, commen&#231;a dans son sein une lutte autour de ces deux questions br&#251;lantes : la paix et la question agraire. La bourgeoisie lib&#233;rale lan&#231;a une tactique de diversion et de faux-fuyants. Les masses ouvri&#232;res, l'arm&#233;e, les paysans, exer&#231;aient une pression de plus en plus forte. Il ne fait aucun doute qu'&#224; ces deux questions, celle de la paix et celle de la terre, &#233;taient li&#233;s les destins m&#234;mes de la bourgeoisie politique, de la r&#233;publique. Les classes bourgeoises qui, submerg&#233;es par la premi&#232;re vague de la r&#233;volution, s'&#233;taient laiss&#233;es entra&#238;ner jusqu'&#224; la forme d'Etat r&#233;publicain, commenc&#232;rent &#224; chercher en arri&#232;re des points d'appui pour pouvoir organiser en silence la contre-r&#233;volution. La marche sur Petrograd des cosaques de Kal&#233;dine exprima nettement cette tendance. Si ce premier assaut avait &#233;t&#233; couronn&#233; de succ&#232;s, c'en &#233;tait fait, non seulement de la question de la paix et de la question agraire, mais aussi du sort de la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. Une dictature militaire, avec un r&#233;gime de terreur contre le prol&#233;tariat, puis le retour &#224; la monarchie, en eussent &#233;t&#233; les cons&#233;quences in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut mesurer par l&#224; ce qu'a d'utopique et au fond de r&#233;actionnaire la tactique suivie par les socialistes russes de la tendance Kautsky, les mencheviks. Ent&#234;t&#233;s dans leur fiction du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution russe - puisque la Russie n'&#233;tait pas encore m&#251;re pour la r&#233;volution sociale ! -, ils s'accrochaient d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la collaboration avec les lib&#233;raux bourgeois, c'est-&#224;-dire &#224; l'union forc&#233;e des &#233;l&#233;ments, qui, s&#233;par&#233;s par la marche logique, interne, du d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire, &#233;taient d&#233;j&#224; entr&#233;s en opposition violente. Les Axelrod, les Dan, voulaient &#224; tout prix collaborer avec les classes et les partis qui mena&#231;aient pr&#233;cis&#233;ment des plus grands dangers la r&#233;volution et sa premi&#232;re conqu&#234;te, la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, c'est &#224; la tendance bolcheviste que revient le m&#233;rite historique d'avoir proclam&#233; d&#232;s le d&#233;but et suivi avec une logique de fer la tactique qui seule pouvait sauver la d&#233;mocratie et pousser la r&#233;volution en avant. Tout le pouvoir aux masses ouvri&#232;res et paysannes, tout le pouvoir aux soviets -c'&#233;tait l&#224; en effet le seul moyen de sortir de la difficult&#233; o&#249; se trouvait engag&#233;e la r&#233;volution, c'&#233;tait l&#224; le coup d'&#233;p&#233;e qui pouvait trancher le n&#339;ud gordien, tirer la r&#233;volution de l'impasse et lui ouvrir un champ de d&#233;veloppement illimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti de L&#233;nine fut ainsi le seul en Russie qui comprit les vrais int&#233;r&#234;ts de la r&#233;volution ; dans cette premi&#232;re p&#233;riode, il en fut la force motrice, en tant que seul parti qui poursuivit une politique r&#233;ellement socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique &#233;galement pourquoi les bolcheviks, au d&#233;but minorit&#233; calomni&#233;e et traqu&#233;e de toutes parts, furent en peu de temps pouss&#233;s &#224; la pointe du mouvement, et purent rassembler sous leurs drapeaux toutes les masses vraiment populaires : le prol&#233;tariat des villes, l'arm&#233;e, la paysannerie, ainsi que les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires de la d&#233;mocratie, &#224; savoir l'aile gauche des socialistes-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques mois, la situation r&#233;elle de la r&#233;volution russe se trouva r&#233;sum&#233;e dans l'alternative suivante : ou victoire de la contre-r&#233;volution ou dictature du prol&#233;tariat, ou Kal&#233;dine ou L&#233;nine. Telle est la situation qui se produit tr&#232;s rapidement dans chaque r&#233;volution, une fois dissip&#233;e la premi&#232;re ivresse de la victoire, et qui d&#233;coulait en Russie des questions br&#251;lantes de la paix et de la terre, pour lesquelles il n'y avait pas de solution possible dans les cadres de la r&#233;volution &#034;bourgeoise&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe n'a fait que confirmer par l&#224; l'enseignement fondamental de toute grande r&#233;volution, dont la loi est la suivante : ou aller de l'avant rapidement et r&#233;solument, abattre d'une main de fer tous les obstacles, et reculer ses buts de plus en plus loin, ou &#234;tre rejet&#233;e en arri&#232;re de son point de d&#233;part et &#233;cras&#233;e par la contre-r&#233;volution. S'arr&#234;ter, pi&#233;tiner sur place, se contenter des premiers r&#233;sultats obtenus, cela est impossible dans une r&#233;volution. Et quiconque veut transporter dans la tactique r&#233;volutionnaire ces petites habilet&#233;s de la lutte parlementaire, montre uniquement qu'il ignore non seulement la psychologie, la loi profonde de la r&#233;volution, mais encore tous les enseignements de l'histoire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts de la r&#233;volution russe vus par Rosa Luxemburg en 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la r&#233;volution en Russie a triomph&#233; d'embl&#233;e de l'absolutisme bureaucratique, mais cette victoire n'est pas une fin, elle n'est qu'un timide. d&#233;but. D'une part, en raison de son caract&#232;re g&#233;n&#233;ralement r&#233;actionnaire et de son opposition de classe au prol&#233;tariat, la bourgeoisie abandonnera un jour ou l'autre, avec une logique in&#233;luctable, ses positions avanc&#233;es de lib&#233;ralisme r&#233;solu. D'autre part, une fois sur la br&#232;che, l'&#233;nergie r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat russe prendra, avec la m&#234;me logique historique in&#233;luctable, la voie d'une action d&#233;mocratique et sociale radicale et remettra le programme de 1905 &#224; l'ordre du jour : r&#233;publi-que d&#233;mocratique, journ&#233;e de huit heures, expropriation des grands propri&#233;taires terriens. Mais il en r&#233;sulte avant tout pour le prol&#233;tariat socialiste de Russie le plus urgent des mots d'ordre, li&#233; indissolublement &#224; tous les autres : fin &#224; la guerre imp&#233;rialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire se r&#233;v&#232;le par son programme en opposition flagrante avec la bourgeoisie imp&#233;rialiste russe qui s'enthousiasme pour Constantinople et profite de la guerre. L'action pour la paix en Russie comme ailleurs ne peut prendre qu'une seule forme : celle d'une lutte de classe r&#233;volutionnaire contre sa propre bourgeoisie, d'une lutte pour la prise du pouvoir dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les perspectives imp&#233;rieuses du d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la r&#233;volution russe. Bien loin d'avoir achev&#233; son oeuvre, elle n'en a accompli que de minces pr&#233;mices que suivront d'implacables luttes de classe pour la paix et le programme radical du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au grand drame historique qui se joue sur la N&#233;va correspond le drame satyrique de la Spree. Si notre m&#233;moire ne nous fait d&#233;faut, le mot d'ordre du 4 ao&#251;t 1914 2 &#233;tait : lib&#233;rons la Russie du despotisme tsariste. C'&#233;tait l&#224; le sublime pr&#233;texte du g&#233;nocide, et au nom de ce &#171; bon vieux programme de Marx et d'Engels &#187;, les vassaux de la fraction social-d&#233;mocrate ont d&#233;cid&#233; de soutenir la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et o&#249; est l'all&#233;gresse, maintenant que la strat&#233;gie militaire allemande a atteint son objectif ? O&#217; est le triomphe dans la presse gouvernementale ? Hourrah ! On a r&#233;ussi ! &#187; En chiens battus, les &#171; lib&#233;rateurs &#187; allemands contemplent l'&#339;uvre de la r&#233;volution russe. Ils ne parviennent m&#234;me pas &#224; esquisser une grimace d&#233;cente, &#224; faire contre mauvaise fortune &#171; bon c&#339;ur &#187;. La com&#233;die des premiers mois de guerre, la farce mise en sc&#232;ne par la social-d&#233;mocratie allemande pour la social-d&#233;mocratie allemande, afin de mener les masses par le bout du nez est si bien oubli&#233;e que les acteurs ne tentent m&#234;me pas d'exhumer les masques poussi&#233;reux pour cacher &#224; demi leur mauvaise humeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur bleue d'un renforcement de la Russie par un renouveau interne, la peur d'une comparaison, qui saute aux yeux et vous tourne en d&#233;rision, entre la Russie qui s'est lib&#233;r&#233;e elle-m&#234;me par la r&#233;volution et la &#171; Pologne ind&#233;pendante &#187; lib&#233;r&#233;e &#171; manu militari &#187; par les Allemands, la peur surtout du mauvais exemple que pourrait donner la Russie, qui risquerait de corrompre les bonnes m&#339;urs du prol&#233;tariat allemand, montre en tous lieux son pied fourchu. M&#234;me dans l'organe &#233;clair&#233; de Mosse 3, un flambeau du lib&#233;ralisme allemand tente na&#239;vement de faire la preuve consolante et rassurante de ce que la fameuse &#171; lib&#233;ration de la Russie &#187;, noble objectif de la guerre, achopperait sur des difficult&#233;s internes et sombrerait dans l'anarchie. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'explosion de la r&#233;volution en Russie, on a d&#233;pass&#233; le point mort o&#249; stagnait la situation historique avec la poursuite de la guerre et le renoncement parall&#232;le &#224; la lutte de classe prol&#233;tarienne. Dans une Europe qui toute enti&#232;re sentait le moisi, o&#249; l'on &#233;touffait depuis bient&#244;t trois ans, on dirait qu'une fen&#234;tre s'est brusquement ouverte, laissant passer un souffle d'air frais et vivifiant vers lequel chacun se tourne dans un profond soupir. Les &#171; lib&#233;rateurs &#187; allemands notamment ont aujourd'hui les yeux fix&#233;s sur le th&#233;&#226;tre de la r&#233;volution russe. Les hommages geignards que les gouvernements allemand et austro-hongrois rendent aux &#171; mendiants et conjur&#233;s &#187; et la tension anxieuse dans laquelle est accueillie ici la moindre d&#233;claration de Tche&#239;dze 4 et du conseil des ouvriers et des soldats concernant la guerre et la paix, offrent &#224; pr&#233;sent la confirmation tangible d'un fait que m&#234;me les socialistes oppositionnels de l'Arbeitsgemeinschaft 5 hier encore ne parvenaient pas &#224; comprendre : aucun &#171; arrangement diplomatique &#187; aucune ambassade Wilson, mais l'action r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat et elle seule pr&#233;sente une issue &#224; l'impasse de la guerre mondiale. Maintenant, les vainqueurs de Tannenberg et de Varsovie attendent en tremblant des seuls prol&#233;taires russes, de la &#171; rue &#187;, qu'ils les d&#233;livrent de l'&#233;tau de la guerre ! ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat d'un seul pays ne parviendra pas, il est vrai, a desserrer cet &#233;tau, quel que soit l'h&#233;ro&#239;sme qui l'anime. La r&#233;volution russe prend d'elle-m&#234;me les proportions d'un probl&#232;me inter&#172;national. En effet, dans leurs aspirations pacifiques, les travailleurs russes entrent en conflit violent, non seulement avec leur propre bourgeoisie qu'ils savent d&#233;j&#224; ma&#238;triser, mais aussi avec la bourgeoisie anglaise, fran&#231;aise et italienne. On voit bien &#224; travers le ton bougon des d&#233;clarations de la presse bourgeoise des pays de l'Entente, de tous les Times, des Matin, des Corriere della Sera que les capitalistes occidentaux, ces vaillants champions de la &#171; d&#233;mo-cratie &#187; et des droits des &#171; petites nations &#187; observent avec des grin&#172;ce&#172;ments de dents et une rage sans cesse croissante les progr&#232;s de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui fixent le terme de la belle &#233;poque d'une h&#233;g&#233;monie sans partage de l'imp&#233;rialisme en Europe. Ces capitalistes de l'Entente constituent le plus solide des renforts pour la bourgeois&#172;sie russe contre laquelle se dresse le prol&#233;tariat russe dans sa lutte pour la paix. Par tous les moyens, diplomatiques, financiers, politico-&#233;conomiques, ils peuvent exercer sur la Russie une &#233;norme pression et ils l'exercent sans doute d&#233;j&#224;. R&#233;volution lib&#233;rale ? Gouvernement provisoire de la bourgeoisie ? Tr&#232;s bien ! On les a aussit&#244;t reconnus officiellement et on a salu&#233; en eux les garants d'un renforcement militaire de la Russie, les instruments ob&#233;issants de l'imp&#233;rialisme internatio&#172;nal. Mais pas un pas de plus ! Que la r&#233;volution d&#233;voile son vrai visage prol&#233;tarien, qu'elle se retourne en toute logique contre la guerre et l'imp&#233;rialisme et ses chers alli&#233;s lui montreront aussit&#244;t les dents et chercheront &#224; la museler par tous les moyens. Par cons&#233;quent, la t&#226;che qui s'impose aux prol&#233;taires socialistes d'Angleterre, de France et l'Italie est maintenant de lever l'&#233;tendard de la r&#233;bellion contre la guerre par des actions de masse &#233;nergiques dans leur propre pays, contre leurs propres classes dirigeantes, s'ils ne veulent pas trahir l&#226;chement le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire russe, le laisser massacrer en un combat in&#233;gal, non seulement contre la bourgeoisie russe mais aussi contre celle de l'Ouest. Les puissances de l'Entente se sont d&#233;j&#224; ing&#233;r&#233;es dans les affaires int&#233;rieures de la r&#233;volution russe, il y va donc de l'honneur des travailleurs de ces pays de couvrir la r&#233;volution russe et d'imposer la paix par une attaque de flanc r&#233;volutionnaire contre leurs propres classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes gouvernementaux d'Allemagne peuvent bien crier que la domination des bolcheviks en Russie n'est qu'une caricature de dictature du prol&#233;tariat. Qu'elle l'ait &#233;t&#233; ou non, ce ne fut pr&#233;cis&#233;ment que parce qu'elle &#233;tait une cons&#233;quence de l'attitude du prol&#233;tariat allemand, laquelle n'&#233;tait pas autre chose qu'une caricature de lutte de classes. Nous vivons tous sous la loi de l'histoire, et l'ordre socialiste ne peut pr&#233;cis&#233;ment s'&#233;tablir qu'internationalement. Les bolcheviks ont montr&#233; qu'ils peuvent faire tout ce qu'un parti vraiment r&#233;volutionnaire peut faire dans les limites des possibilit&#233;s historiques. Qu'ils ne cherchent pas &#224; faire des miracles. Car une r&#233;volution prol&#233;tarienne mod&#232;le et impeccable dans un pays isol&#233;, &#233;puis&#233; par la guerre, &#233;trangl&#233; par l'imp&#233;rialisme, trahi par le prol&#233;tariat international, serait un miracle. Ce qui importe, c'est de distinguer dans la politique des bolcheviks l'essentiel de l'accessoire, la substance de l'accident. Dans cette derni&#232;re p&#233;riode, o&#249; nous sommes &#224; la veille des luttes d&#233;cisives dans le monde entier, le probl&#232;me le plus important du socialisme est pr&#233;cis&#233;ment la question br&#251;lante du moment : non pas telle ou telle question de d&#233;tail de la tactique, mais la capacit&#233; d'action du prol&#233;tariat, la combativit&#233; des masses, la volont&#233; de r&#233;aliser le socialisme. Sous ce rapport, L&#233;nine, Trotsky et leurs amis ont &#233;t&#233; les premiers qui aient montr&#233; l'exemple au prol&#233;tariat mondial ; ils sont jusqu'ici encore les seuls qui puisent s'&#233;crier avec Hutten : &#034;J'ai os&#233; !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks. En ce sens, il leur reste le m&#233;rite imp&#233;rissable d'avoir, en conqu&#233;rant le pouvoir et en posant pratiquement le probl&#232;me de la r&#233;alisation du socialisme, montr&#233; l'exemple au prol&#233;tariat international, et fait faire un pas &#233;norme dans la voie du r&#232;glement de comptes final entre le Capital et le Travail dans le monde entier. En Russie, le probl&#232;me ne pouvait &#234;tre que pos&#233;. Et c'est dans ce sens que l'avenir appartient partout au &#034;bolchevisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1502&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1502&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/luxembur/revo-rus/rrus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'Opposition de gauche (trotskyste) en Russie</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7868</link>
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		<dc:date>2026-06-10T22:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'opposition de gauche trotskiste de Russie en 1930 (en camp de concentration stalinien) analysait son bilan et ses perspectives &lt;br class='autobr' /&gt;
Tactique et t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Le r&#244;le historique et les t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste dans le mouvement ouvrier international &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'opposition l&#233;niniste est avant tout un courant international. Son apparition et son d&#233;veloppement prennent leurs racines dans les changements de toute la situation internationale survenus cons&#233;cutivement &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition de gauche trotskiste de Russie en 1930 (en camp de concentration stalinien) analysait son bilan et ses perspectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tactique et t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Le r&#244;le historique et les t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste dans le mouvement ouvrier international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'opposition l&#233;niniste est avant tout un courant international. Son apparition et son d&#233;veloppement prennent leurs racines dans les changements de toute la situation internationale survenus cons&#233;cutivement &#224; la d&#233;faite de la premi&#232;re vague de la r&#233;volution europ&#233;enne en 1921-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soi-disant stabilisation du capitalisme a apport&#233; avec elle le renforcement des positions du social r&#233;formisme dans la classe ouvri&#232;re, la d&#233;croissance du mouvement communiste international et le renforcement dans ses rangs des &#233;l&#233;ments centristes et droitiers. L'aile gauche du Komintern [1] a subi une s&#233;rie de d&#233;faites jusqu'&#224; ce qu'elle soit formellement exclue par l'IC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de l'aile gauche du communisme a &#233;t&#233; la cons&#233;quence du changement qui s'est produit dans les relations internationales. Cependant, cette d&#233;faite n'a pas conduit &#224; la liquidation du mouvement oppositionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale sapaient de fait la &#171; stabilisation &#187;, suscitant des r&#233;veils partiels de la lutte de classe prol&#233;tarienne, gr&#226;ce auxquels l'aile gauche se renfor&#231;ait &#224; nouveau et se revivifiait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La p&#233;riode compl&#232;te rec&#232;le de tr&#232;s grandes possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires. Il s'ensuit la n&#233;cessit&#233; br&#251;lante d'un parti mondial du communisme. La conqu&#234;te du Komintern, sa transformation en l'instrument principal de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale, telle est la t&#226;che principale de l'opposition de gauche communiste internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte pour le redressement du PC(b)U et de l'IC, l'opposition bolchevik-l&#233;niniste s'oriente vers une r&#233;forme profonde de ces organisations, par le changement de leur direction opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me but, l'opposition donne une base id&#233;ologique aux &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens de gauche du mouvement communiste international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul l'accomplissement de cette t&#226;che &#224; l'&#233;tape actuelle, pr&#233;pare la possibilit&#233;, &#224; l'&#233;tape suivante, de conqu&#233;rir les ouvriers communistes &#224; la politique de L&#233;nine et de transformer le Komintern en avant-garde du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international, &#224; un niveau plus &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
isolateur&lt;br class='autobr' /&gt;
II. Les &#233;tapes principales du d&#233;veloppement de la pratique de l'opposition l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. D'octobre 1923 au 14e congr&#232;s du PC(b)U [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La premi&#232;re &#233;tape du mouvement d'opposition repr&#233;sentait une r&#233;action spontan&#233;e des masses du Parti contre la bureaucratisation qui commen&#231;ait &#224; s'y d&#233;velopper. Celle-ci &#233;tait la principale forme de pression exerc&#233;e contre cette r&#233;action spontan&#233;e par les &#233;l&#233;ments petits-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les erreurs de la direction du parti en mati&#232;re de politique &#233;conomique, qui ont eu de fortes r&#233;percussions sur la situation mat&#233;rielle des masses ouvri&#232;res, et la d&#233;faite de la tactique du Komintern en Allemagne, ont suscit&#233; un m&#233;contentement ouvert dans les rangs du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La tactique de l'opposition durant cette p&#233;riode consistait &#224; donner une forme id&#233;ologique &#224; ce m&#233;contentement et &#224; montrer les causes qui ont suscit&#233; les erreurs de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'opposition n'a pu remplir ce r&#244;le jusqu'au bout, car elle (sa direction) n'avait pas encore totalement pris conscience, de fa&#231;on claire, du fait que le clivage qui s'est esquiss&#233; dans le parti allait devenir le point de d&#233;part de la lutte ult&#233;rieure &#224; l'int&#233;rieur du parti, qui entrainerait un clivage profond du parti selon deux options de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La d&#233;claration des 46 [3] et le Cours nouveau [4] sont les documents principaux de l'opposition &#224; cette &#233;poque ; ils refl&#233;taient une certaine absence d'explication, principalement en ce qui concerne l'analyse de la politique &#233;conomique du CC et de sa signification sociale, ainsi que du sens politique des dissensions &#224; l'int&#233;rieur du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette erreur de la direction de l'opposition &#233;tait accompagn&#233;e d'une autre erreur concernant les questions d'organisation. L'absence de forme organisationnelle de l'opposition en 1923 est l'une des causes de sa d&#233;faite &#224; Moscou, malgr&#233; le fait qu'elle disposait d'une majorit&#233; nette dans les rangs de l'organisation moscovite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La cause objective de toutes ces erreurs tactiques avait pour origine le d&#233;veloppement insuffisant des contradictions de classe durant cette p&#233;riode dans le pays ; de l&#224; &#233;galement r&#233;sultait le retard de la prise de conscience par le parti des t&#226;ches rendue prioritaires par la marche des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela explique aussi la presque compl&#232;te liquidation du mouvement oppositionnel jusqu'au 14e congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
isolateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Du 14e au 15e congr&#232;s [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les principales tendances de classe li&#233;es aux dissensions internes du parti se sont r&#233;v&#233;l&#233;es de fa&#231;on suffisamment claire lors du 14e congr&#232;s. D'un c&#244;t&#233; s'est form&#233; le bloc de centre droit ; de l'autre, un centre gauche qui &#233;tait &#224; la t&#234;te des mouvements oppositionnels du prol&#233;tariat de Leningrad [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode, apr&#232;s avoir form&#233; un bloc avec l'opposition de Leningrad tout en conservant son ind&#233;pendance id&#233;ologique, la principale t&#226;che tactique de l'opposition de 1923 consistait &#224; obtenir progressivement l'h&#233;g&#233;monie dans ce bloc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che, l'opposition l'a enti&#232;rement accomplie ; les documents principaux de l'&#233;poque en ont &#233;t&#233; l'expression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;claration de 1923 [7],&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;claration des 83 [8],&lt;br class='autobr' /&gt; La plate-forme des 13 [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Dans sa lutte contre le bloc de centre droit, la tactique de l'opposition unifi&#233;e est pass&#233;e par trois &#233;tapes principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;riode de pr&#233;paration du travail clandestin. Celle-ci s'est r&#233;duite &#224; la cr&#233;ation de la fraction et &#224; la formulation d'une conception id&#233;ologique et organisationnelle. Ensuite, sur cette base, l'opposition unifi&#233;e a conduit &#224; une offensive ouverte et r&#233;solue sous la forme de &#171; si&#232;ge &#187; des &#171; bastilles de l'appareil &#187; (usine des appareils et instruments a&#233;ronautiques, usine Poutilov [10], etc.).&lt;br class='autobr' /&gt; Les le&#231;ons de la premi&#232;re p&#233;riode ont montr&#233; l'insuffisance d'une telle forme de lutte, la force &#233;norme des pr&#233;jug&#233;s dans la masse ouvri&#232;re elle-m&#234;me et la n&#233;cessit&#233; du passage &#224; une nouvelle forme de lutte : une forme plus compr&#233;hensible pour les &#233;l&#233;ments avanc&#233;s des masses, et pr&#233;vue pour donner le temps d'une explication progressive, pers&#233;v&#233;rante et syst&#233;matique des positions de l'opposition, dans le cadre d'interventions publiques et l&#233;gales.&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;faite du 16 octobre 1926 [11] a ouvert alors une p&#233;riode de recul de l'opposition sur la base de la r&#233;duction de la lutte fractionnelle clandestine et du transfert du centre de gravit&#233; vers le travail l&#233;gal. La 15e conf&#233;rence [12], le pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC [13], le pl&#233;num de f&#233;vrier du CC [14] ; telles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes de cette nouvelle tactique. Le groupe des CD [15] a quitt&#233; l'opposition durant cette p&#233;riode ; il ne comprenait pas la n&#233;cessit&#233; de nouvelles formes de lutte, sans lesquelles on ne peut pr&#233;parer les conditions pour une nouvelle offensive.&lt;br class='autobr' /&gt; La tactique du recul et des interventions l&#233;gales ouvertes a &#233;t&#233; enti&#232;rement justifi&#233;e &#224; ce moment, quand les dissensions se sont &#224; nouveau attis&#233;es, en relation avec la r&#233;volution chinoise ; elles ont rendu in&#233;vitable l'aggravation de la lutte et le passage &#224; l'offensive. Gr&#226;ce &#224; son travail l&#233;gal, l'opposition a su recevoir un soutien politique fort du parti durant cette p&#233;riode.&lt;br class='autobr' /&gt; La nouvelle tactique offensive, pour la p&#233;riode qui va d'avril 1927 [16] au 15e congr&#232;s, utilisait des m&#233;thodes de lutte l&#233;gales et semi-l&#233;gales, et s'est d&#233;velopp&#233;e de fait &#224; une &#233;chelle plus importante que la lutte de 1926. Une grande campagne de p&#233;tition, des alliances, des manifestations, de pair avec le renforcement du travail fractionnel, &#233;taient des indicateurs du haut niveau de lutte et de la grande participation des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Du 15e congr&#232;s au pl&#233;num de novembre 1928 [17]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La capitulation des centristes de gauche (les zinovi&#233;vistes) et la crise aigu&#235; du bloc de centre droit &#224; l'occasion de la gr&#232;ve du pain des koulaks, qui a port&#233; un coup d&#233;cisif aux illusions de la p&#233;riode de reconstruction, ont cr&#233;&#233; un nouveau rapport de force dans le pays et dans le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution vers la gauche de la politique des centristes a &#233;t&#233; l'expression de cette nouvelle p&#233;riode de d&#233;veloppement, et a donn&#233; &#224; l'opposition de nouvelles t&#226;ches &#224; accomplir. &#171; Le centrisme &#187;, dit le camarade Trotski, en &#233;valuant les perspectives de la p&#233;riode qui a suivi le congr&#232;s, &#171; est un coup d'arr&#234;t, mais les masses acqui&#232;rent &#233;galement leur propre exp&#233;rience dans la lutte. Nous comptons l&#224;-dessus &#187;. (&#192; une nouvelle &#233;tape) [18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation dans la classe ouvri&#232;re, et le renforcement des &#233;l&#233;ments de gauche du parti, cr&#233;ent les conditions favorables pour le mouvement oppositionnel. Le caract&#232;re hybride du centrisme, son absence de clart&#233;, ses h&#233;sitations, qui se sont exprim&#233;es sous une forme claire aux pl&#233;nums d'avril et de juillet 1928 [19], ont d&#233;masqu&#233; encore plus son incapacit&#233; &#224; faire face &#224; de nouveaux dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. En d&#233;clarant que notre principale t&#226;che tactique est le soutien, sous une forme critique, des pas faits &#224; gauche par le centrisme, dans le but de d&#233;masquer la direction centriste, l'opposition a trouv&#233; le contact avec les masses du parti. Sur la base de cette tactique, elle a gagn&#233; l'initiative dans la lutte contre la droite et a pris l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne des conventions collectives de 1928 [20] a &#233;t&#233; le point le plus avanc&#233; de l'offensive de l'opposition. Sous ses coups puissants, les centristes ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'entrer en lutte contre la droite ; cependant, l'opposition n'avait pas assez de forces pour mener &#224; bien la r&#233;forme du parti et remplacer la direction centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. De novembre 1928 &#224; la p&#233;riode actuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Malgr&#233; le fait que la direction centriste ait conserv&#233; pleinement tous ses d&#233;saccords strat&#233;giques avec l'opposition, et n'ait pas touch&#233; au r&#233;gime du parti et aux m&#233;thodes bureaucratiques de la construction de l'&#233;conomie, elle s'est &#171; empar&#233;e des slogans de notre arsenal &#187; (Trotski), et prenant le chemin de la lutte administrative avec les koulaks et de l'organisation par en haut des kolkhozes et de l'industrialisation, elle a inculqu&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re et au parti des illusions qui n'&#233;taient pas du tout r&#233;volutionnaires, sur les possibilit&#233;s de sortie des contradictions dans de brefs d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le changement radical de la situation a oblig&#233; l'opposition &#224; changer &#224; nouveau sa tactique, en r&#233;orientant son travail vers l'explication &#233;nergique et syst&#233;matique aux masses de l'incapacit&#233; des centristes &#224; diriger la classe ouvri&#232;re vers une nouvelle voie, et &#224; sortir la dictature prol&#233;tarienne de l'orni&#232;re dans laquelle ils ont mis le pays par leur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression de cette nouvelle tactique a &#233;t&#233; la d&#233;claration du 4 octobre 1929 [21] donnant comme principale t&#226;che de cette p&#233;riode la cr&#233;ation d'un front uni par rapport aux masses qui se font des illusions sur &#171; le plan quinquennal &#187;. En analysant la situation, la d&#233;claration avertissait que le plan quinquennal des centristes, mis en place avec des m&#233;thodes rejet&#233;es par la r&#233;volution d'octobre, conduit non au d&#233;veloppement, mais &#224; la r&#233;duction des forces productives ; il n'am&#233;liore pas la situation mat&#233;rielle, politique et culturelle de la classe ouvri&#232;re, mais la d&#233;t&#233;riore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le passage de la direction centriste &#224; la voie de l'aventure ultra gauche et le premier repli qui a suivi le 15 mars [22] ont d&#233;montr&#233; la compl&#232;te absence de fondement et l'aventurisme de la politique centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rangs de l'opposition, le d&#233;but du d&#233;clin des illusions centristes parmi les masses a permis justement &#224; l'opposition de commencer &#224; se pr&#233;parer &#224; une nouvelle tactique offensive, mettant en avant un nouveau mot d'ordre pour le changement de direction, mot d'ordre qui pouvait devenir &#224; ce moment-l&#224; la conclusion que les masses tiraient de leur propre exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression du passage &#224; une nouvelle tactique offensive s'est manifest&#233;e dans les documents &#171; des 4 et des 7 &#187; [23], qui ont formul&#233; pour la premi&#232;re fois les principales dissensions, et dans la &#171; carte postale &#187; d'ao&#251;t [24] du camarade Trotski, qui donnait la formulation la plus pr&#233;cise de la nouvelle tactique offensive et de ses principales t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Les principales le&#231;ons de notre lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En jetant un regard r&#233;trospectif sur les &#233;tapes pass&#233;es de sa lutte, l'opposition l&#233;niniste doit tenir compte de fa&#231;on sens&#233;e des erreurs qui ont &#233;t&#233; faites, afin d'&#233;viter leur r&#233;p&#233;tition dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons ici seulement les principales d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la lutte, l'opposition ne se rendait pas compte de la profondeur des dissensions qui la s&#233;paraient de la fraction dominante, et des influences de classe que ces dissensions d&#233;terminaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sous-estimation du travail organisationnel a &#233;t&#233; &#233;galement li&#233;e &#224; cela ; elle a conduit &#224; laisser passer les conditions les plus favorables pour la cr&#233;ation d'une organisation ill&#233;gale qui fonctionne correctement et qui oriente son travail vers une longue p&#233;riode de travail clandestin. La cons&#233;quence des erreurs a &#233;t&#233; justement l'inad&#233;quation entre les exigences mises en avant par la crise politique et les possibilit&#233;s organisationnelles existantes. Une inad&#233;quation qui s'est refl&#233;t&#233;e de fa&#231;on si pr&#233;judiciable sur le travail de masse : il a &#233;t&#233; loin de correspondre &#224; son importance potentielle sur le plan id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concessions faites aux compagnons de route provisoires dans la lutte ont constitu&#233; un autre d&#233;faut non moins s&#233;rieux de notre travail ; elles ont souvent pris une proportion bien au-del&#224; de ce qu'exigeaient les int&#233;r&#234;ts du mouvement, pris dans sa totalit&#233;. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233;, dans nos rangs, de mettre de l'eau dans notre vin, ainsi que d'affaiblir la direction ; ces &#233;l&#233;ments (principalement avec une orientation de centre gauche) nuisaient, dans les moments d&#233;cisifs, aux bases id&#233;ologiques et aux forces organisationnelles de notre mouvement, ils y suscitaient de profondes crises internes. L'influence des compagnons de route se ressentait indubitablement aussi sur la ligne tactique de l'opposition dans une direction qui, selon l'appr&#233;ciation du camarade Trotski, consistait &#224; ce que &#171; nos erreurs &#233;taient toujours dans une bien plus grande mesure des erreurs de droite que des erreurs de gauche par rapport &#224; la ligne juste &#187; (voir sa lettre du 23 mai 1928 &#224; B&#233;loborodov). Ce n'est qu'en se purifiant, au cours de plusieurs processus, des &#233;l&#233;ments les plus nuisibles de centre gauche, que l'opposition l&#233;niniste a pu se donner une orientation claire &#224; sa tactique dans sa lutte implacable avec le centrisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
III. Nos t&#226;ches en lien avec les fondements de la tactique l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale t&#226;che de l'opposition, pour le moment, est l'organisation de la lutte prol&#233;tarienne pour la r&#233;forme du parti, des syndicats, de l'&#201;tat, avec pour principe la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, ainsi que la rectification de la ligne strat&#233;gique du parti et son retour dans la voie trac&#233;e par L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che ne peut &#234;tre accomplie que par la mobilisation de toutes les forces r&#233;volutionnaires du parti et de la classe ouvri&#232;re autour de l'opposition l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions qui se sont form&#233;es &#224; pr&#233;sent, la crise &#233;conomique et politique qui ne cesse de s'approfondir dans le pays, suscitent la croissance du m&#233;contentement de toutes les classes. Dans cette situation qui &#233;largit indubitablement notre base dans la classe ouvri&#232;re, notre ligne tactique doit se traduire par une offensive politique sur la base d'un travail organisationnel profond dans les masses, bien que grandisse en m&#234;me temps &#233;galement le danger des interventions contre-r&#233;volutionnaires des classes ennemies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule possibilit&#233;, dit le camarade Trotski, de conserver et d'augmenter les chances de la voie du d&#233;veloppement r&#233;formiste de la r&#233;volution d'octobre et du parti, r&#233;side dans la mise en place du fonctionnement correct de l'organisation centralis&#233;e des bolcheviks-l&#233;ninistes, disposant de ressources techniques suffisantes pour influer de fa&#231;on syst&#233;matique sur l'opinion du parti atomis&#233;. &#187; (lettre du 08/08/1930) [26]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; principale de l'opposition l&#233;niniste doit &#234;tre la capacit&#233; &#224; effectuer un brusque changement de tactique pour se r&#233;armer, et &#224; utiliser de nouvelles m&#233;thodes de lutte, en d'autres termes &#224; pratiquer une politique de tournants brusques. Dans les p&#233;riodes de croissance de l'activit&#233; politique des masses et du renforcement, en parall&#232;le, de la pression des classes ennemies, elle doit mettre en pratique une tactique d'offensive d&#233;cid&#233;e et hardie ; dans les p&#233;riodes de recul politique de l'esprit des masses, elle doit passer &#224; une tactique d&#233;fensive et attentiste, mais en tentant, dans ces conditions, de faire preuve, sur la base d'une nouvelle ligne tactique, d'une tr&#232;s grande activit&#233; dans sa lutte pour gagner de l'influence sur les masses. Gardant la maitrise dans les compromis qu'elle passe et les accords forc&#233;s, elle ne doit jamais reculer d'un iota sur les questions de principe devant l'ennemi ou devant un alli&#233; peu s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse politique profonde et les &#233;valuations saines de la r&#233;alit&#233; ont toujours aid&#233; l'opposition &#224; indiquer de fa&#231;on juste la tactique &#224; suivre, en choisissant entre l'offensive et la d&#233;fensive en fonction de la situation objective. C'est pour cette raison qu'elle a toujours &#233;t&#233; &#233;trang&#232;re &#224; l'aventurisme et s'est toujours bas&#233;e uniquement sur la croissance de la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une &#233;laboration approfondie des mots d'ordre concrets du moment, &#224; partir des orientations programmatiques, qui soit &#233;trang&#232;re &#224; la fois au regard en arri&#232;re conservateur et &#224; la simple r&#233;p&#233;tition non critique des slogans anciens, peut assurer &#224; l'opposition bolchevik-l&#233;niniste une tactique efficace qui corresponde aux buts poursuivis.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV. La lutte pour les masses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution d'octobre, il n'y a pas eu de changements dans la situation de notre prol&#233;tariat qui conduisent &#224; la liquidation de son r&#244;le r&#233;volutionnaire pass&#233;. Au contraire, il a grandi de fa&#231;on plus sensible sur les plans politique et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le profond abattement de la classe ouvri&#232;re en ce qui concerne son &#233;tat d'esprit politique, sa passivit&#233;, sa fatigue durant les ann&#233;es qui ont suivi la fin de la guerre civile, malgr&#233; l'exposition de certaines de ses couches &#224; l'influence des pr&#233;jug&#233;s petits-bourgeois qui lui viennent de la campagne et que la bureaucratie entretient consciemment, nous avons pu souvent observer la manifestation de la profonde r&#233;sistance, sourde, de la classe ouvri&#232;re face &#224; la ligne thermidorienne. Et cela permet d'estimer que maintenant, quand les illusions nuisibles parmi les masses s'effondrent rapidement, toute pression des classes ennemies peut cr&#233;er &#224; nouveau dans le parti et la classe ouvri&#232;re un retour vers l'activit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique actuelle de la bureaucratie centriste est clairement calcul&#233;e pour brider le prol&#233;tariat, dans le but de lui retirer la possibilit&#233; de se d&#233;fendre. En liaison avec cela, une diff&#233;renciation, sur le plan de la conscience de classe des masses ouvri&#232;res, s'est effectu&#233;e &#224; des niveaux plus ou moins clairement marqu&#233;s. &#192; c&#244;t&#233; d'une aristocratie ouvri&#232;re peu nombreuse et tr&#232;s bien pay&#233;e, qui aspire &#224; une vie tranquille, et un groupe d'ouvriers de choc assez important, mais qui n'est pas encore totalement form&#233;, composant formellement le soutien du r&#233;gime, il y a de nombreuses &#171; recrues &#187;, venues de la petite bourgeoisie de la ville et de la campagne, dont l'&#233;tat d'esprit va des relations de confiance bienveillantes &#224; l'&#233;gard de toutes les fables que les centristes leur comptent, jusqu'&#224; une haine plus consciente du pouvoir sovi&#233;tique, tel qu'il est incarn&#233; par ses repr&#233;sentants actuels. Mais la fraction la plus importante du prol&#233;tariat industriel se lib&#232;re progressivement des illusions pass&#233;es, acquiert une exp&#233;rience politique, et s'imbibe d'un profond m&#233;contentement r&#233;volutionnaire ; elle continue de garder pour le moment une attitude d'attente, dans la mesure o&#249; le r&#233;gime existant ne donne pas la possibilit&#233; aux sentiments des masses de se manifester librement, tant qu'ils n'atteindront pas leur limite sup&#233;rieure, qui correspondrait &#224; l'intensit&#233; de la pression politique qu'ils subissent. Ce noyau principal de la classe ouvri&#232;re, capable d'entrainer &#224; sa suite le reste de la masse de nombreux millions de personnes, cherche maintenant une direction ferme, claire, ayant un programme d'action pr&#233;cis, visant &#224; r&#233;tablir un r&#233;gime normal et une ligne politique juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales questions tactiques de notre lutte sont de trouver les voies pour gagner &#224; nous des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires d'avant-garde et de la classe ouvri&#232;re et, par eux, gagner &#224; notre influence, &#224; notre direction la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re pour la lutte &#224; venir pour la r&#233;forme. Et pour ce faire, notre premi&#232;re t&#226;che consiste &#224; contrecarrer tous les &#233;l&#233;ments de d&#233;ception, de fatigue et d'apathie qui g&#234;nent l'essor de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, on ne doit pas fermer les yeux sur le fait que la grande masse des ouvriers n'a pas pris conscience jusqu'&#224; pr&#233;sent de la n&#233;cessit&#233; d'une lutte active contre la croissance du danger contre-r&#233;volutionnaire, par la faute de la direction centriste, malgr&#233; le fait que la dictature prol&#233;tarienne rec&#232;le de tr&#232;s grandes forces et possibilit&#233;s de renaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons qu'on ne peut pas vaincre vraiment avec la seule avant-garde. Et pour que toute la classe en arrive &#224; un soutien direct et conscient de l'avant-garde, il est n&#233;cessaire qu'elle acqui&#232;re sa propre exp&#233;rience politique et sache la g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'il devrait &#234;tre clair pour nous que la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat conduira au r&#233;veil des couches retardataires des masses, seulement quand les buts de la lutte seront &#233;troitement li&#233;s &#224; la situation concr&#232;te et seront compr&#233;hensibles pour les grandes masses. Ce n'est qu'en cr&#233;ant une organisation fortement ramifi&#233;e, li&#233;e &#233;troitement aux masses sur leurs lieux de travail, et grandissant sur la base de la d&#233;fense m&#234;me des int&#233;r&#234;ts quotidiens les plus modestes, que nous pouvons compter sur la r&#233;ussite de notre agitation, et sur le fait que cette masse nous suivra dans la lutte pour la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous pr&#233;occupant avant tout de la classe ouvri&#232;re dans sa globalit&#233;, nous devons mener le travail aussi bien parmi les membres du parti, que parmi les ouvriers sans parti, contrecarrant de toutes les fa&#231;ons possibles les tentatives de cr&#233;er une s&#233;paration entre les uns et les autres. De telles tentatives sont aussi bien le fait de la bureaucratie centriste, qui essaie de semer la discorde entre les diff&#233;rents d&#233;tachements de la classe ouvri&#232;re, que des partis anti-sovi&#233;tiques, qui tentent de dresser les ouvriers sans parti contre le parti et de les d&#233;tourner vers la voie de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre directive tactique acquiert de ce fait un sens particulier &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rents courants politiques, et avant tout &#224; l'&#233;gard du centrisme lui-m&#234;me, qui &#171; repr&#233;sente le principal danger dans le parti &#187; (L. Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'objectif principal du centrisme est d'&#233;touffer l'activit&#233; du prol&#233;tariat, aussi bien par des m&#233;thodes de terreur administrative et &#233;conomique, que des m&#233;thodes sophistiqu&#233;es de mensonge, notre t&#226;che est un grand travail d'explication, destin&#233; &#224; d&#233;masquer le centrisme, dans le but de relever l'activit&#233; des prol&#233;taires &#224; un niveau o&#249; plus aucune menace n'est capable d'emp&#234;cher l'intervention des masses. En outre, nous devons expliquer avec t&#233;nacit&#233; aux masses que la voie de la r&#233;forme passe par le remplacement de la direction centriste &#171; qui ne peut r&#233;aliser la r&#233;forme pour des raisons organiques &#187; (Rakovski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centrisme, qui suscite le d&#233;senchantement et la chute de l'activit&#233; m&#234;me de la partie la plus r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, facilite l'influence des mencheviks sur les masses. En luttant contre le centrisme, et en montrant au prol&#233;tariat les voies les plus efficaces du sauvetage de son pouvoir (la dictature du prol&#233;tariat), nous paralysons en grande partie aussi l'influence des mencheviks et des autres partis anti-sovi&#233;tiques qui font du travail dans la classe ouvri&#232;re. Il convient &#233;galement de dire la m&#234;me chose sur les anarchistes et les partis qui ont de la m&#234;me fa&#231;on des complices &#224; l'int&#233;rieur de l'officiel PCR(b).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant contre ces courants, nous nous battons contre la division de la classe ouvri&#232;re en sph&#232;res d'influence, en fonction de ses principales cat&#233;gories sociales, contre sa soumission &#224; diff&#233;rentes influences &#233;trang&#232;res de classe, et pour son unit&#233;, son regroupement, avec le mot d'ordre du r&#233;tablissement de la dictature du prol&#233;tariat. Mais cette t&#226;che ne peut pas &#234;tre accomplie par une action ext&#233;rieure, en lan&#231;ant simplement des mots d'ordre ronflants, sans un travail pr&#233;paratoire correspondant dans toutes les organisations ouvri&#232;res de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, de ce point de vue, la lutte dans le secteur prol&#233;tarien du parti officiel est l'une des t&#226;ches &#224; accomplir. Mais le travail dans cette direction ne doit en aucun cas masquer la n&#233;cessit&#233; de conqu&#233;rir les organisations prol&#233;tariennes hors du parti, et particuli&#232;rement les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en attirant de notre c&#244;t&#233; toute l'aile r&#233;volutionnaire du parti et la majorit&#233; r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, ainsi qu'en r&#233;tablissant ensuite la confiance &#224; son &#233;gard des couches pauvres et moyennes du village (par la voie de la propagande de mesures &#233;conomiques correspondantes), que nous pourrons r&#233;aliser une r&#233;forme dans toute l'ampleur n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de notre lutte, nous aurons sans doute &#224; faire face &#224; la r&#233;sistance cruelle des forces thermidoriennes et bonapartistes. Et l&#224; se posera au prol&#233;tariat la question des formes que prendra sa lutte avec ces forces, car, celle-ci ne pourra certainement pas se faire sans un &#233;pisode de guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti officiel repr&#233;sente maintenant la cohabitation de deux camps de la guerre civile. (L. F.) [27]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cohabitation ne peut continuer longtemps. L'un de ces camps doit p&#233;rir, afin de laisser la place au d&#233;veloppement de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas, par cons&#233;quent, miser sur le travail en direction du parti officiel, qui n'existe pas comme parti, mais nous devons choisir de nous orienter vers la recr&#233;ation du vieux parti l&#233;niniste avec le secteur r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien du parti officiel et les ouvriers actifs, d'avant-garde, consciemment r&#233;volutionnaires, qui se trouvent actuellement hors du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction bolchevik-l&#233;niniste, organis&#233;e et en &#233;tat d'agir, sera la base sur laquelle se fera la cristallisation de ces &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens et r&#233;volutionnaires, et la renaissance du parti l&#233;niniste.&lt;br class='autobr' /&gt;
V. Les formes et les m&#233;thodes de lutte pour la r&#233;forme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous donnant pour t&#226;che de contribuer &#224; l'organisation des masses ouvri&#232;res, nous devons, en m&#234;me temps, nous rendre compte que le r&#233;gime et la politique centriste conduisent objectivement &#224; ce que, dans le mouvement des masses, une certaine spontan&#233;it&#233; puisse prendre le dessus sur le niveau d'organisation que l'opposition l&#233;niniste peut donner &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que, dans le cas o&#249; un mouvement se d&#233;clare de fa&#231;on spontan&#233;e, nous ne refuserons pas d'y participer. Car lorsque se pr&#233;sentent les conditions objectives d'une pression r&#233;volutionnaire directe, se mettre au service du mouvement des masses est, comme dit L&#233;nine, &#171; la t&#226;che la plus &#233;lev&#233;e du parti &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, nous ne sommes pas complaisants avec les &#233;l&#233;ments de spontan&#233;it&#233; des mouvements, nous ne nous soumettons pas &#224; eux, nous aspirons de toutes les mani&#232;res possibles &#224; les combattre, &#224; soumettre ces mouvements &#224; notre influence : &#171; aller &#224; la rencontre des masses ne veut pas dire l&#226;cher pied devant la spontan&#233;it&#233; &#187; (L. T.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que la grande masse de la classe ouvri&#232;re (et pas toute son avant-garde) n'est pas encore sortie de son attentisme, il nous faut rejeter cat&#233;goriquement les propositions qui sont dict&#233;es par l'impatience r&#233;volutionnaire et l'absence de maturit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela veut dire que nous appelons &#224; la passivit&#233; et inculquons aux &#233;l&#233;ments d'avant-garde du prol&#233;tariat qu'il faut survivre avec fatalisme, tant que le d&#233;veloppement objectif des &#233;v&#233;nements ne nous apportera pas des r&#233;sultats tout pr&#234;ts &#171; par eux-m&#234;mes &#187; ? Absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut seulement dire qu'il ne s'agit pas de lancer des mots d'ordre qui ne peuvent &#234;tre encore compris des masses ouvri&#232;res et qui ne se d&#233;duisent pas de leur propre exp&#233;rience. La principale t&#226;che des ouvriers d'avant-garde et conscients, &#224; l'&#233;tape actuelle de l'offensive politique, doit consister, non &#224; crier des slogans ronflants, mais &#224; r&#233;aliser un travail opini&#226;tre pour cr&#233;er une organisation clandestine extr&#234;mement ramifi&#233;e, afin d'&#234;tre en mesure, gr&#226;ce elle, de se saisir des conflits, particuliers ou plus g&#233;n&#233;raux, des ouvriers avec la bureaucratie, et d'entra&#238;ner de plus en plus de masses d'ouvriers &#224; la lutte pour la r&#233;forme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la lutte de la classe ouvri&#232;re contre le r&#233;gime bureaucratique a eu principalement un caract&#232;re individualiste et anarchique. Dans les conditions d'&#233;touffement complet de l'activit&#233; normale des syndicats, qui se sont transform&#233;s d'organes de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des ouvriers en organes auxiliaires des gestionnaires, les ouvriers ont recours &#224; des formes de lutte comme les absences injustifi&#233;es, la d&#233;t&#233;rioration des machines, l'assassinat des ouvriers de choc, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition l&#233;niniste ne met pas en avant toute forme de m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard du r&#233;gime bureaucratique existant et de sa politique. Sa t&#226;che consiste &#224; pr&#233;parer et &#224; organiser la r&#233;sistance collective et de masse &#224; toute la politique de la bureaucratie stalinienne. Et en ce sens, il y a, &#224; la disposition du prol&#233;tariat, toute une s&#233;rie de m&#233;thodes mises au point par l'exp&#233;rience pass&#233;e du mouvement, en commen&#231;ant par les protestations organis&#233;es et en finissant par des manifestations, des gr&#232;ves, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, lorsqu'il a atteint une grande force et exerce une grande pression, peut se manifester en exer&#231;ant directement sa propre autorit&#233;, par la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, la destitution et l'&#233;lection des fonctionnaires dans le parti, les syndicats, les soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fonction du degr&#233; de d&#233;veloppement d'un mouvement ouvrier de masse, la gr&#232;ve acquiert une grande importance en sa qualit&#233; d'instrument traditionnel de lutte de la classe ouvri&#232;re ; son utilisation dans les conditions actuelles est punie avec toute la s&#233;v&#233;rit&#233; de l'arbitraire bureaucratique, bien que du temps de L&#233;nine elle ait &#233;t&#233; reconnue comme moyen de d&#233;fense des ouvriers contre les perversions de l'appareil au pouvoir. Une r&#233;solution connue du 11e congr&#232;s [28] du parti sur les syndicats obligeait les cellules communistes des entreprises &#224; se mettre &#224; la t&#234;te des ouvriers contre les d&#233;formations bureaucratiques des organes &#233;conomiques d'&#201;tat (apr&#232;s &#233;puisement complet des autres moyens d'action).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions actuelles, l'utilisation organis&#233;e des gr&#232;ves peut jouer un grand r&#244;le dans la mobilisation des forces prol&#233;tariennes avec les slogans de r&#233;forme du parti, des syndicats et des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 11e congr&#232;s nous donne un argument important en faveur du droit de gr&#232;ve contre le r&#233;gime bureaucratique. L'opposition doit montrer aux masses qu'elle est &#224; cet &#233;gard le vrai promoteur de la ligne l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans les conditions se rapprochant de la pire des situations, celle qui exige la plus grande tension des forces du prol&#233;tariat, sa lutte peut prendre la forme la plus aigu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'intervention ouverte des &#233;l&#233;ments bonapartistes, dans le but d'un coup d'&#201;tat contre-r&#233;volutionnaire, le seul moyen de r&#233;tablir la dictature du prol&#233;tariat est l'&#233;crasement arm&#233; de la contre-r&#233;volution, d'o&#249; qu'elle vienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI. Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition bolchevik-l&#233;niniste a toujours consid&#233;r&#233; sa lutte pour la r&#233;forme comme une t&#226;che internationale. La lutte qui a &#233;t&#233; et qui est actuellement men&#233;e par l'opposition contre la direction stalinienne, l'est en lien &#233;troit avec la lutte g&#233;n&#233;rale de l'aile gauche du Komintern contre la domination du centrisme. Sans le remplacement de la direction centriste du Komintern, la pr&#233;paration du facteur subjectif de la r&#233;volution mondiale est impossible, car l'histoire de la direction stalinienne est l'histoire de ses erreurs incessantes et des d&#233;faites du prol&#233;tariat international suscit&#233;es par elles (L. Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centrisme stalinien et sa domination au Komintern ont grandi sur la base de la stabilisation relative du capitalisme et d'une s&#233;rie de d&#233;faites du prol&#233;tariat europ&#233;en au cours des huit derni&#232;res ann&#233;es. Les succ&#232;s de la lutte contre l'opportunisme stalinien et pour la renaissance du Komintern seront stimul&#233;s par l'essor du mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de la situation internationale montre clairement la justesse de l'&#233;valuation g&#233;n&#233;rale du 3e congr&#232;s de l'IC [29] selon laquelle &#171; la courbe du d&#233;veloppement capitaliste est, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, descendante avec des mouvements passagers de remont&#233;e ; la courbe de la r&#233;volution est, par contre, montante avec quelques fl&#233;chissements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons, en nous appuyant sur ce fait, attendre en toute certitude un nouvel essor de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, qui sapera profond&#233;ment le terrain sous les pieds de la domination de la bureaucratie centriste et cr&#233;era la pouss&#233;e que nous attendons au profit de la classe ouvri&#232;re et de l'aile gauche du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement pour cette raison que l'opposition l&#233;niniste n'a jamais consid&#233;r&#233; (&#224; la fa&#231;on des zinovi&#233;vistes et des d&#233;cistes qui souffrent de la m&#234;me fa&#231;on du bornage national) sa lutte contre le centrisme en faisant abstraction de sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du d&#233;veloppement de toute la situation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En menant une lutte opini&#226;tre pour la renaissance du Komintern sur les bases du l&#233;ninisme, nous cr&#233;ons par l&#224; m&#234;me les &#233;l&#233;ments subjectifs de l'essor futur de la lutte prol&#233;tarienne, en pr&#233;parant le lendemain du mouvement communiste international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Komintern : Commounistitch&#233;ski Internatsional (en russe), soit Internationale communiste en fran&#231;ais (IC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le 14e congr&#232;s du Parti communiste (bolch&#233;vique) de l'URSS (PC(b)U) s'est tenu &#224; Moscou entre le 18/12/1925 et le 31/12/1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] D&#233;claration des 46 : lettre envoy&#233;e par un groupe de 46 dirigeants sovi&#233;tiques au Bureau politique du Comit&#233; central du PC(b)U le 15 octobre 1923, et gard&#233;e secr&#232;te, comme ne concernant que le bureau politique. &#201;crite par 46 dirigeants bolcheviks, dont Pr&#233;obajenski, Antonov-Ovs&#233;&#239;enko, Smirnov, Piatakov&#8230; elle d&#233;crit la situation dans le pays, critique la direction du parti et son manque de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Cours nouveau de L. Trotski, &#233;crit fin 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le 15e congr&#232;s du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou entre le 02/12/1927 et le 19/12/1927. Lors de ce congr&#232;s, les dirigeants de &#171; l'opposition unifi&#233;e &#187; sont exclus du parti. (Trotski l'avait &#233;t&#233; avant m&#234;me le congr&#232;s, au mois de novembre). C'est &#233;galement l&#224; qu'ont &#233;t&#233; avanc&#233;es les premi&#232;res r&#233;solutions sur le travail &#224; la campagne et directives pour la mise en place du 1er plan quinquennal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans les ann&#233;es 1920, le mouvement oppositionnel &#233;tait anim&#233; par G. Zinoviev &#224; Leningrad, ville o&#249; il avait une grande influence dans le Parti bolch&#233;vique et dont il avait &#233;t&#233; pr&#233;sident du soviet en d&#233;cembre 1917. (Elle s'appelait alors Petrograd, avant qu'on l'affuble du nom de L&#233;nine en 1924, question d'honorer le mort&#8230; et faire, en son nom, le contraire de sa politique. Rebaptis&#233;e depuis 1991 de son nom sous le tsarisme, Saint-P&#233;tersbourg, pour faire oublier son pass&#233; rouge. Mais c'est une autre histoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] D&#233;claration de 1923 : voir la note 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] D&#233;claration des 83, r&#233;dig&#233;e par L&#233;on Trotski et envoy&#233;e au Comit&#233; central du PCPR en mai 1927. Th&#232;mes trait&#233;s : &#233;chec en Chine, &#233;chec en Grande-Bretagne, politique int&#233;rieure, danger de la guerre, unit&#233; du parti, d&#233;fense de G. Zinoviev. Elle a &#233;t&#233; sign&#233;e dans un premier temps par 83 bolcheviks de l'opposition (en fait 84), puis par plus de 3 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Plate-forme des 13 : pr&#233;par&#233;e pour le 15e congr&#232;s du PC(b)U en septembre 1927, elle &#233;tait sign&#233;e &#224; la fois par Kamenev, Zinoviev, Trotski, et plusieurs autres dirigeants de l'opposition trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Usine Poutilov : usine d'armement construite en 1801 sous le r&#232;gne de Paul 1er &#224; Saint-P&#233;tersbourg. Sa production se diversifie avec le temps (mat&#233;riel ferroviaire, par exemple). En 1900, l'usine occupait la premi&#232;re place dans l'empire russe pour sa production m&#233;tallurgique et de machines. En 1917, 29 000 ouvriers y &#233;taient employ&#233;s. Ils ont jou&#233; un r&#244;le majeur dans les &#233;v&#233;nements. Plus de 10 000 ouvriers ont rejoint les fronts de la guerre civile. Nationalis&#233;e en 1917, l'usine a &#233;t&#233; privatis&#233;e en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] La d&#233;faite du 16 octobre 1926 : au pl&#233;num du Comit&#233; central du PC(b)U, L. Trotski, G. Zinoviev et L. Kamenev ont &#233;t&#233; exclus du Bureau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] La 15e conf&#233;rence du PC(b)U s'est tenue &#224; Moscou entre le 26 octobre et le 3 novembre 1926. Elle &#233;tait consacr&#233;e &#224; la situation internationale, &#224; la situation &#233;conomique du pays et aux t&#226;ches du parti et des syndicats, enfin &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ce 7e pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC s'est tenu &#224; Moscou du 22/11 au 16/12/1926. Il portait sur la situation internationale (en particulier la Grande-Bretagne, la Chine et l'Allemagne), l'action du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC, les syndicats, et les oppositions &#224; l'int&#233;rieur du parti russe (des exclusions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ce pl&#233;num du Comit&#233; central du parti, tenu le 12 f&#233;vrier 1927, a vot&#233; les r&#233;solutions relatives &#224; l'industrie du b&#226;timent en 1926/1927 et &#224; La baisse des prix de vente et de d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Le groupe &#171; Centraliste d&#233;mocratique &#187; (abr&#233;g&#233; CD, &#233;galement nomm&#233; D&#233;ciste), s'est form&#233; en tant que tendance dans le parti bolch&#233;vique en mars 1919 au 8e congr&#232;s du PCR. Les dirigeants principaux &#233;taient Val&#233;riane Ossinski, Vladimir Smirnov et Timof&#233;&#239; Sapronov. Ils voulaient revenir &#224; une pratique politique et &#233;conomique initi&#233;e par la base ouvri&#232;re au d&#233;triment de la centralisation et de la bureaucratisation qui s'&#233;taient instaur&#233;es. Ils s'impliqu&#232;rent &#233;galement dans le d&#233;bat sur les syndicats fin 1920, d&#233;but 1921. Le groupe se dissout en mars 1921 suite au 10e congr&#232;s du PCR qui condamne les fractions. Ses membres se li&#232;rent en 1923 avec l'opposition de gauche initi&#233;e par Trotski, puis &#224; l'opposition unifi&#233;e de Trotski avec Kamenev et Zinoviev, et rompirent avec l'opposition trotskiste apr&#232;s la d&#233;faite de cette opposition unifi&#233;e du 16 octobre 1926, dont parle l'article. Certains membres ont fait ensuite d&#233;fection, d'autres sont rest&#233;s fid&#232;les &#224; leurs id&#233;es, mais tous ont subi la r&#233;pression stalinienne (isolateurs, prisons, exils, puis ex&#233;cutions massives &#224; la fin des ann&#233;es trente). Par rapport au r&#233;gime stalinien, ils jugent que &#171; Si chez nous les moyens de production sont nationalis&#233;s et que le pouvoir d'&#201;tat n'est pas entre les mains de la classe ouvri&#232;re, alors l'absence par elle-m&#234;me de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production montre que le sujet de l'exploitation a chang&#233; (le propri&#233;taire), mais pas l'objet (la classe ouvri&#232;re) &#187; [T. Sapronov : L'agonie de la dictature petite-bourgeoise]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils jugent en quelque sorte la contre-r&#233;volution comme achev&#233;e, et ont, dans la p&#233;riode du &#171; Grand tournant &#187; de Staline vers la d&#233;koulakisation, une politique que Trotski juge &#224; la fois gauchiste et en partie d&#233;faitiste. C'est &#224; leur propos que Trotski &#233;crit, fin 1928 : &#171; &#8230; aller au-devant de la masse ne signifie pas se mettre &#224; la t&#234;te des mouvements d&#233;sordonn&#233;s auxquels tendent les &#171; d&#233;cistes &#187;, qui, ou bien se casseront le cou sur une politique d'aventure, ce qui ne serait qu'un demi-malheur, ou bien aideront accidentellement l'ennemi &#224; tordre le cou &#224; la r&#233;volution, ce qui est beaucoup plus grave [&#8230;] &#187; Et estimant n&#233;cessaire de se d&#233;marquer de cette politique, Trotski ajoutait : &#171; Il faut que les flancs et l'arri&#232;re soient pour nous d&#233;limit&#233;s par une ligne claire, afin que la masse sache o&#249; nous sommes et o&#249; nous ne sommes pas. &#187; Cf. (Lettre du 21 octobre 1928). C'est ce point de vue que rappellent ici les r&#233;dacteurs du journal retrouv&#233; de l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Avril 27 : le 12 avril 1927, le Kuomintang retourne ses armes contre le Parti communiste chinois &#224; Shangha&#239; et y &#233;crase dans le sang la classe ouvri&#232;re, attisant ainsi la confrontation entre l'opposition de gauche et la majorit&#233; du PC(b)U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Pl&#233;num de novembre 1928 : le pl&#233;num du Comit&#233; central du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou du 16 au 24 novembre 1928. L'opposition droiti&#232;re y a &#233;t&#233; condamn&#233;e ; celle-ci a cependant vot&#233; cette r&#233;solution avec les partisans de Staline pour pr&#233;server l'unit&#233; du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] &#192; une nouvelle &#233;tape est un texte &#233;crit apr&#232;s le 18 d&#233;cembre 1927. La citation n'y a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Pl&#233;nums d'avril et de juillet 1928 : le premier s'est d&#233;roul&#233; du 6 au 11 avril 1928 &#224; Moscou et r&#233;unissait le Comit&#233; central du PC(b)U et la Commission centrale de contr&#244;le du PC(b)U ; il &#233;tait consacr&#233; &#224; des questions agraire, industrielle, d'organisation du parti. Le second s'est d&#233;roul&#233; du 4 au 12 juillet 1928 &#224; Moscou et r&#233;unissait le Comit&#233; central du PC(b)U ; questions abord&#233;es : Komintern, agriculture, formation de sp&#233;cialistes, nominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] &#171; &#192; la fin de 1928, une campagne pour le renouvellement des conventions collectives s'est ouverte dans tout le pays [&#8230;] &#187;, pr&#233;cise Mikhail Vassiliev dans le num&#233;ro 20 des Cahiers du mouvement ouvrier : &#171; &#201;tant donn&#233; l'aggravation brutale des conditions de vie et de travail de la classe ouvri&#232;re, la hausse des prix sur les marchandises de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, un mouvement de gr&#232;ve s'est intensifi&#233; dans le pays. &#187; Et il cite un document de l'opposition de gauche &#224; l'&#233;poque qui dit : &#171; Le m&#233;contentement des ouvriers, ne trouvant pas d'issue aupr&#232;s des syndicats, s'amplifie [&#8230;] La gr&#232;ve, c'est le moyen extr&#234;me d'autod&#233;fense de la classe ouvri&#232;re contre les perversions de l'appareil bureaucratique. [&#8230;] les bolcheviks-l&#233;ninistes doivent prendre la t&#234;te du mouvement partout et en se souciant en tout lieu de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, luttant sans merci contre les perversions bureaucratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Nous n'avons pas le texte de la d&#233;claration du 4 octobre 1929, r&#233;dig&#233;e par Rakovski, l'un des responsables de l'opposition trotkiste &#224; l'&#233;poque. Mais elle est, semble-t-il, dans la continuit&#233; d'une autre d&#233;claration de Rakovski, cosign&#233;e avec deux autres oppositionnels, Kossior et Okoudjava, datant du 22 ao&#251;t (publi&#233;e notamment par P. Brou&#233; dans Les cahiers L&#233;on Trotsky no 6, p. 78 &#224; 85). &#192; sa fa&#231;on, ce texte du 22 ao&#251;t saluait le tournant &#224; gauche de la direction stalinienne, avec son plan d'industrialisation que les signataires de la d&#233;claration appelaient &#224; soutenir, appelant en m&#234;me temps &#224; la r&#233;int&#233;gration de l'opposition de gauche dans le parti, y compris la r&#233;int&#233;gration de Trotski et son retour d'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski a, &#224; post&#233;riori (fin septembre), approuv&#233; sur le fond ce texte, auquel il apportait sa signature. Dans sa Lettre ouverte aux bolcheviks-l&#233;ninistes signataires de la d&#233;claration du 22 ao&#251;t 1929, il &#233;crivait : &#171; Le fait du tournant &#224; gauche de la direction officielle est patent. Depuis 1926, nous avons plus d'une fois pr&#233;dit qu'il &#233;tait in&#233;vitable sous les coups de la lutte de classe qui avait sans aucune difficult&#233; d&#233;moli le cadre de la politique droite-centre. De m&#234;me il n'est pas n&#233;cessaire de d&#233;montrer ici le fait incontestable que, si la lutte contre notre plate-forme a &#233;t&#233; conduite avec les arguments du groupe de droite actuel, la lutte officielle contre ce dernier a &#233;t&#233; men&#233;e avec des arguments emprunt&#233;s &#224; notre plate-forme. [&#8230;] Vous avez absolument raison de souligner que le plan quinquennal de construction socialiste peut devenir une &#233;tape tr&#232;s importante dans le d&#233;veloppement de la r&#233;volution d'Octobre. Dans des termes mesur&#233;s, mais sans &#233;quivoque, vous soulignez les conditions qui seraient n&#233;cessaires pour cela mais qui n'existent pas encore &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il mettait en garde contre toute illusion sur le cours qu'allait suivre la direction stalinienne, tant sur le plan international que dans sa politique vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re et dans le parti : &#171; La direction maintient et m&#234;me renforce la r&#233;pression parce que la co&#239;ncidence de nombre des mesures pratiques extr&#234;mement importantes qu'elle a prises dans sa politique actuelle avec les mots d'ordre et formulations de notre plate-forme, ne fait nullement dispara&#238;tre pour elle la dissemblance des principes th&#233;oriques d'o&#249; la direction et l'Opposition partent pour leur examen des probl&#232;mes de l'heure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en garde semble avoir &#233;t&#233; prise en compte dans la d&#233;claration du 4 octobre, qui &#233;tait devenue, plus que sa premi&#232;re &#233;bauche du 22 ao&#251;t, une r&#233;f&#233;rence pour l'opposition de gauche (dont les r&#233;dacteurs du texte). C'est ce que l'on voit par le r&#233;sum&#233; qu'en donne Rakovski lui-m&#234;me en avril 1930 : &#171; Dans sa d&#233;claration au C.C. et &#224; la C.C.C. du 4 octobre de l'ann&#233;e derni&#232;re, l'Opposition bolchevik-l&#233;niniste s'est &#233;lev&#233;e contre les mesures administratives extraordinaires &#224; la campagne, parce qu'elles entrainent des cons&#233;quences politiques n&#233;gatives. Nous nous sommes &#233;galement &#233;lev&#233;s contre la th&#233;orie tout &#224; fait n&#233;faste de la possibilit&#233; de construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste dans un seul pays [&#8230;] &#187;. Cette d&#233;claration d&#233;non&#231;ait &#171; l'application &#8211; en vue de l'accroissement de la discipline du travail et de la rationalisation &#8211; de proc&#233;d&#233;s rejet&#233;s par la r&#233;volution d'Octobre &#187; (d&#233;crets sur la discipline, introduction de la semaine continue, augmentation des normes de production&#8230;). Elle indiquait &#171; la n&#233;cessit&#233; d'une unification de toutes les forces communistes et r&#233;volutionnaires autour du Plan quinquennal d'industrialisation et de la lutte contre le capitalisme agraire et les droitiers. [&#8230;] Dans la mesure cependant o&#249; la r&#233;alisation du mot d'ordre d'unification de toutes les forces communistes signifie la fin de la p&#233;riode du monopole politique du centrisme la bureaucratie centriste va le combattre avec le m&#234;me acharnement que dans le pass&#233; &#187;. (D&#233;claration en vue du xvie congr&#232;s du PCUS, du 12 avril 1930, sign&#233;e de Rakovski, Kossior, Mouralov et Kasparova, publi&#233;e par P. Brou&#233; dans le Cahier L&#233;on Trotsky no 6, p. 90 &#224; 103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Il s'agit en fait d'une d&#233;cision prise le 14 mars 1930 par le Comit&#233; central du PC(b)U sur La lutte avec les d&#233;viations dans le mouvement kolkhozien par rapport &#224; la ligne du parti. Cette d&#233;cision a fait suite &#224; l'article sign&#233; par Staline dans la Pravda du 2 mars 1930, intitul&#233; Le vertige du succ&#232;s. Devant les difficult&#233;s rencontr&#233;es et la r&#233;sistance des paysans, la campagne de &#171; collectivisation &#187; a &#233;t&#233; stopp&#233;e un temps et un certain nombre de cadres de base ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s pour gauchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Il s'agit vraisemblablement du texte du 12 avril 1930, sign&#233; de Rakovski, Kossior, Mouralov et Kasparova, puis cosign&#233; par quelques autres (Brou&#233; en cite deux autres) dont nous avons parl&#233; dans la note 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Nous n'avons pas ce texte. Il semble &#234;tre la lettre de Trotski d'ao&#251;t 1930 dont dit se souvenir Ciliga dans Au pays de mensonge d&#233;concertant (une de ces lettres surnomm&#233;es les &#171; cartes postales &#187; qui parvenaient aux oppositionnels m&#234;me dans les prisons). Ciliga n'en cite pas le texte, mais seulement les longues discussions qu'ont suscit&#233;es au sein des trois tendances des oppositionnels de Verkn&#233;ouralsk l'appr&#233;ciation que Trotsky donnait du stade o&#249; en &#233;tait le &#171; bonapartisme stalinien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ciliga &#233;crit : &#171; Une de ses phrases : &#8220;La pr&#233;paration du bonapartisme dans le parti est achev&#233;e&#8221;, devint le fondement de tous les raisonnements et de toutes les th&#232;ses de la gauche. Quant aux droites, ils ne lui attribuaient qu'une valeur rh&#233;torique sans importance pour l'attitude d'ensemble adopt&#233;e par Trotski. Les gauches ne voulaient entendre que le jugement n&#233;gatif &#233;mis par Trotski sur la superstructure politique du r&#233;gime, les droites &#8211; que son jugement positif quant &#224; la base sociale : dictature du prol&#233;tariat et caract&#232;re socialiste de l'&#233;conomie &#187; (Ante Ciliga, Dix ans au pays du mensonge d&#233;concertant, p. 181-182 de l'&#233;dition 10/18 de 1977). Mais il ne nous renseigne pas sur les pr&#233;cisions que Trotski donnait sur la nouvelle tactique de l'opposition dont parlent ici les auteurs du texte des oppositionnels emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Il s'agit vraisemblablement de la m&#234;me &#171; carte postale &#187; d'ao&#251;t 1930 cit&#233;e plus haut (cf note 24)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] L. F. : Peut-&#234;tre, sous ces initiales, les auteurs du texte tiennent-ils &#224; citer L. F&#233;dortchenko qui, si l'on en croit la liste des bolcheviks-l&#233;ninistes enferm&#233;s dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk, publi&#233;e dans le no 19 de mars 1931 du Bulletin de l'Opposition, y aurait &#233;t&#233; enferm&#233;. S'agirait-il de L&#233;onide F&#233;dortchenko dont a retrouv&#233; mention par ailleurs et qui serait d&#233;c&#233;d&#233; en 1929 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le 11e congr&#232;s du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou du 27 mars au 2 avril 1922. Dans le projet de r&#233;solution sur Le r&#244;le et les t&#226;ches des syndicats dans les conditions de la Nouvelle politique &#233;conomique, r&#233;dig&#233; par L&#233;nine pour ce congr&#232;s, il &#233;crivait : &#171; Le passage des entreprises d'&#201;tat &#224; l'autonomie financi&#232;re est in&#233;vitablement et indissolublement li&#233; &#224; la nouvelle politique &#233;conomique, et dans un tr&#232;s proche avenir ce type de gestion deviendra immanquablement pr&#233;pond&#233;rant, sinon exclusif. En fait, cela signifie, dans une situation o&#249; la libert&#233; du commerce est autoris&#233;e et se d&#233;veloppe, que les entreprises d'&#201;tat reviennent dans une mesure notable &#224; des bases commerciales capitalistes. Cette constance, jointe &#224; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse d'accro&#238;tre la productivit&#233; du travail, d'obtenir de chaque entreprise d'&#201;tat une gestion non d&#233;ficitaire et m&#234;me b&#233;n&#233;ficiaire, &#224; l'attachement l&#233;gitime ou m&#234;me excessif aux int&#233;r&#234;ts particuliers de l'entreprise, ne peut manquer d'engendrer une certaine contradiction d'int&#233;r&#234;ts entre la masse des ouvriers et les directeurs, les administrateurs des entreprises d'&#201;tat ou les services administratifs dont ils rel&#232;vent. Aussi est-ce le devoir absolu des syndicats, m&#234;me &#224; l'&#233;gard des entreprises d'&#201;tat, de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat et des masses travailleuses vis-&#224;-vis de leurs employeurs. &#187; Et un peu plus loin il ajoutait : &#171; C'est pourquoi une des t&#226;ches essentielles des syndicats consiste &#224; d&#233;fendre dans tous les domaines et par tous les moyens les int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat dans sa lutte contre le capital. Cette t&#226;che doit &#234;tre ouvertement situ&#233;e parmi les toutes premi&#232;res, l'appareil des syndicats doit &#234;tre r&#233;organis&#233;, modifi&#233; ou compl&#233;t&#233; en cons&#233;quence, il faut cr&#233;er, ou plus exactement faire en sorte que s'organisent des fonds de gr&#232;ve, etc. [&#8230;] D'o&#249; il d&#233;coule qu'actuellement nous ne pouvons absolument pas renoncer au recours &#224; la gr&#232;ve, que nous ne pouvons par principe admettre que la loi substitue aux gr&#232;ves l'arbitrage obligatoire de l'&#201;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution insistait aussi sur &#171; la diff&#233;rence entre la lutte de classe du prol&#233;tariat dans un &#201;tat qui reconna&#238;t la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre, des usines, etc., avec un pouvoir politique aux mains de la classe des capitalistes, et la lutte &#233;conomique du prol&#233;tariat dans un &#201;tat qui ne reconna&#238;t pas la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre et de la majorit&#233; des grosses entreprises, dans un &#201;tat dont le pouvoir politique est dans les mains du prol&#233;tariat &#187; en &#233;crivant : &#171; il est &#233;vident que le but final vis&#233; par les gr&#232;ves en r&#233;gime capitaliste est la destruction de l'appareil d'&#201;tat et le renversement de la classe d&#233;tenant actuellement le pouvoir d'&#201;tat. Mais dans un &#201;tat prol&#233;tarien de type transitoire comme l'est le n&#244;tre, le but final vis&#233; par les gr&#232;ves ne peut &#234;tre que le renforcement de l'&#201;tat prol&#233;tarien et du pouvoir d'&#201;tat exerc&#233; par la classe prol&#233;tarienne, au moyen de la lutte contre les d&#233;formations bureaucratiques de cet &#201;tat, contre ses erreurs et ses faiblesses, contre les app&#233;tits de classe des capitalistes &#233;chappant &#224; son contr&#244;le, etc. &#187; (L&#233;nine, &#338;uvres, tome 33, p. 185-196 de l'&#233;dition en fran&#231;ais.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Ce 3e congr&#232;s de l'IC : il s'est tenu &#224; Moscou entre le 22 juin et le 12 juillet 1921. 103 partis et organisations et 605 d&#233;l&#233;gu&#233;s y ont particip&#233;. La citation est extraite des Th&#232;ses sur la situation mondiale et les t&#226;ches de l'Internationale communiste, chapitre VII, Perspectives et t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1930/08/bl%20tactique%20taches.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1930/08/bl%20tactique%20taches.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plateforme de l'Opposition de gauche en 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Correspondances de l'Opposition de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes au camp d'internement stalinien de Vorkouta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'un de ses sympathisants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rogovine/works/1994/04/dogart.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rogovine/works/1994/04/dogart.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Discussion de Trotsky sur l'Opposition de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bolchevisme de L&#233;nine n'est pas ce qu'en comprend&#8230; Lutte ouvri&#232;re</title>
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		<dc:date>2026-05-21T22:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le bolchevisme de L&#233;nine n'est pas ce qu'en comprend&#8230; Lutte ouvri&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par une citation bien significative d'Arlette Laguiller dans un expos&#233; du cercle L&#233;on Trotsky, &#224; l'occasion du 80&#232;me anniversaire de la r&#233;volution russe, Paris le 7 novembre 1997. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce parti en Russie, c'&#233;tait le Parti Bolchevik, moralement et enti&#232;rement pr&#233;par&#233; pour conduire le prol&#233;tariat &#224; la conqu&#234;te du pouvoir. Un parti qui avait fait profond&#233;ment sienne la compr&#233;hension marxiste de l'&#233;volution de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bolchevisme de L&#233;nine n'est pas ce qu'en comprend&#8230; Lutte ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par une citation bien significative d'Arlette Laguiller dans un expos&#233; du cercle L&#233;on Trotsky, &#224; l'occasion du 80&#232;me anniversaire de la r&#233;volution russe, Paris le 7 novembre 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce parti en Russie, c'&#233;tait le Parti Bolchevik, moralement et enti&#232;rement pr&#233;par&#233; pour conduire le prol&#233;tariat &#224; la conqu&#234;te du pouvoir. Un parti qui avait fait profond&#233;ment sienne la compr&#233;hension marxiste de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, ce qui l'a rendu apte &#224; discerner, m&#234;me aux pires p&#233;riodes de r&#233;action ou de r&#233;pression, les cheminements souterrains de la r&#233;volution. Un parti forg&#233; dans de dures luttes pendant les 15 ans qui s&#233;parent l'apparition du Parti Bolchevik de la r&#233;volution ; un parti compos&#233; d'un nombre relativement faible de femmes et d'hommes, ouvriers mais aussi intellectuels, mais tous consacrant enti&#232;rement leur existence &#224; la r&#233;volution sociale, et tous tr&#232;s li&#233;s aux masses ouvri&#232;res, dans lesquelles ils voyaient le seul levier pour transformer la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.vie-publique.fr/discours/242817-laguiller-07111997-communisme-face-au-capitalisme-revolution-russe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.vie-publique.fr/discours/242817-laguiller-07111997-communisme-face-au-capitalisme-revolution-russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une autre citation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le parti bolch&#233;vik, fort de la confiance des travailleurs, acquise au cours d'un long et patient travail, avait su &#233;clairer les masses, d&#233;masquer le jeu des &#171; socialistes &#187; de la bourgeoisie ; il avait su, en juillet, retenir les ouvriers de Petrograd, les emp&#234;cher de se lancer seuls dans la lutte et de se couper ainsi de la grande masse du peuple qui n'avait pas encore pris conscience de la n&#233;cessit&#233; de l'insurrection ; il avait su, en ao&#251;t, mobiliser derri&#232;re lui, dans une juste politique de front unique, tous ceux qui voulaient lutter contre Kornilov et la contre-r&#233;volution ; il avait su, enfin, en octobre, lancer les travailleurs &#224; la prise du pouvoir, apr&#232;s les y avoir pr&#233;par&#233;s physiquement et moralement, au moment le plus opportun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-avant-1968-article-cinquantieme-anniversaire-de-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-avant-1968-article-cinquantieme-anniversaire-de-la.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de LO est que le parti bolchevique de L&#233;nine &#233;tait pr&#234;t et d'avance programm&#233; pour cette r&#233;volution. Tout &#224; fait faux ! Quand les partis sociaux-d&#233;mocrates ont trahi la r&#233;volution de f&#233;vrier, la direction bolchevique en Russie &#233;tait de leur c&#244;t&#233; ! Quand L&#233;nine et Trotsky ont fait le choix de la r&#233;volution d'Octobre, une partie non n&#233;gligeable du parti bolchevique a choisi d'&#234;tre adversaire de la r&#233;volution. Cela ne montre pas seulement que le parti bolchevique &#233;tait d&#233;mocratique mais que les plus proches dirigeants de L&#233;nine avaient compl&#232;tement rompu avec la perspective r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le parti bolchevique &#233;tait loin d'&#234;tre parfaitement pr&#233;par&#233; &#224; Octobre, vu que pendant des ann&#233;es L&#233;nine avait combattu CONTRE la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, v&#233;ritable base de la r&#233;volution d'Octobre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu &#233;crire que, gr&#226;ce &#224; leur poids politiques personnels consid&#233;rables, L&#233;nine et Trotsky &#233;taient parvenus in extremis &#224; sauver le parti des erreurs o&#249; il semblait tomber irr&#233;m&#233;diablement, notamment du fait d'erreurs de&#8230; L&#233;nine (son opposition syst&#233;matique &#224; la th&#232;se de la r&#233;volution permanente qui n'a cess&#233; qu'en 1917, et plus nettement avec les &#171; th&#232;ses d'avril &#187;. Plut&#244;t que de laisser croire que le parti bolchevique avait lui-m&#234;me su trouver la juste politique&#8230; Ce qui n'est pas la v&#233;rit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est qu'aux moments cruciaux de la r&#233;volution russe, L&#233;nine a &#233;t&#233; mis en minorit&#233; au sein de son propre parti et qu'il a eu du mal &#224; remonter la pente, la grande majorit&#233; de son comit&#233; central &#233;tant contre lui. Et ce n'est pas une seule fois mais durant six p&#233;riodes clefs de la r&#233;volution russe d&#233;but&#233;e en 1917 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; son d&#233;but, quand il s'agissait de savoir si c'&#233;tait &#171; une r&#233;volution d&#233;mocratique &#187;, c'est-&#224;-dire bourgeoise, s'il s'agissait d'appuyer l'aile d&#233;mocratique de la bourgeoisie et de s'unir aux autres partis de gauche, ou au contraire s'il s'agissait d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne, donc d'une r&#233;volution permanente om c'est la classe ouvri&#232;re qui allait prendre la t&#234;te de la lutte d&#233;mocratique, de celle des paysans, de celle des nationalit&#233;s opprim&#233;es, toutes ces luttes devant n&#233;cessairement mener au socialisme en se liant &#224; la lutte du prol&#233;tariat mondial (th&#232;se dite de la r&#233;volution permanente de Trotsky). Pendant de longues ann&#233;es, L&#233;nine avait combattu contre cette th&#232;se &#171; trotskyste &#187; et avait form&#233; sa direction politique dans ce sens. Il a eu un mal de chien (de f&#233;vrier &#224; avril) &#224; lui faire prendre le tournant dit des &#171; th&#232;ses d'avril &#187; et ce ne sont pas les dirigeants ou les militants qui lui ont facilit&#233; les choses mais la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Changement radical : le parti bolchevique, qui s'appr&#234;tait &#224; soutenir le gouvernement provisoire, a commenc&#233; &#224; militer pour son renversement et pour &#171; le pouvoir aux soviets &#187; et le socialisme ! Rien ne permet de penser que, sans L&#233;nine, il aurait redress&#233; le tir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/03/vil19170322.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/03/vil19170322.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/03/vil19170326.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/03/vil19170326.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170410.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170410.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Deuxi&#232;me erreur grave : le parti n'a pas ais&#233;ment accept&#233; que la r&#233;volution de juillet &#233;tait pr&#233;matur&#233;e et un grand nombre de militants ont pris le large &#224; cette occasion, tromp&#233;s par les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vinrent les journ&#233;es de juillet qui marqu&#232;rent un moment im&#172;portant dans la voie de la r&#233;volution et le d&#233;veloppement des di&#172;vergences de vues &#224; l'int&#233;rieur du Parti. Dans ces journ&#233;es, la pression spontan&#233;e des masses petersbourgeoises joua un r&#244;le d&#233;cisif. Mais il est indubitable que L&#233;nine se demandait alors si le temps n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; venu, si l'&#233;tat d'esprit des masses n'avait pas d&#233;pass&#233; la superstructure sovi&#233;tiste, si, hypnotis&#233;s par la l&#233;galit&#233; sovi&#233;tiste, nous ne risquions pas de retarder sur les masses et de nous d&#233;tacher d'elles. Il est tr&#232;s vraisemblable que certaines op&#233;rations purement militaires pendant les journ&#233;es de juillet eurent lieu sur l'initiative de camarades sinc&#232;rement persuad&#233;s qu'ils n'&#233;taient pas en d&#233;saccord avec l'appr&#233;ciation de la situation par L&#233;nine. Plus tard, L&#233;nine disait : &#034;En juillet, nous avons commis assez de b&#234;tises.&#8221; En r&#233;alit&#233;, cette fois aussi, l'affaire se r&#233;duisit &#224; une reconnaissance mais de plus vaste envergure et une &#233;tape plus avanc&#233;e du mouvement Nous d&#251;mes battre en retraite. Se pr&#233;parant &#224; l'insurrection et a la prise du pouvoir, L&#233;nine et le Parti ne virent dans l'intervention de juillet qu'un &#233;pisode o&#249; nous avions pay&#233; assez cher la reconnaissance profonde effectu&#233;e parmi les forces ennemies, mais qui ne pouvait faire d&#233;vier la ligne g&#233;n&#233;rale de notre action Au contraire, les camarades hostiles &#224; la politique de la prise du pouvoir devaient voir dans l'&#233;pisode de juillet une aventure nui-sible. Les &#233;l&#233;ments de droite renforc&#232;rent leur mobilisation ; leur critique devint plus cat&#233;gorique, par suite, le ton de la riposte changea. L&#233;nine &#233;crivait : &#8220;Toutes ces lamentations, toutes ces r&#233;flexions tendant &#224; prouver qu'il n'aurait pas faIlu participer ou bien proviennent de ren&#233;gats, si elles &#233;manent des bolcheviks, ou bien sont des manifestations de l'effroi et de la confusion habituels aux petits-bourgeois.&#8221; Ce mot de ren&#233;gat prononc&#233; &#224; un tel moment &#233;clairait d'une lueur tragique les diver&#172;gences de vues dans le Parti. Dans la suite, il revient de plus en plus fr&#233;quemment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915e.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915e.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand LO &#233;crit que le parti a tr&#232;s bien su prendre cette d&#233;cision, il y manque le r&#233;cit r&#233;el. C'est ce qui est si bien rapport&#233; dans &#171; Le tourbillon &#187; de D&#233;midov :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8453&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Troisi&#232;me erreur encore plus grave : quand c'est le moment de prendre le pouvoir, la direction du parti bolchevique est r&#233;solument oppos&#233;e et, malgr&#233; des interventions v&#233;h&#233;mentes de L&#233;nine, bien que Trotsky soit d&#233;j&#224; en train de pr&#233;parer politiquement et organisationnellement et de commencer &#224; enclencher physiquement l'insurrection &#224; la t&#234;te du comit&#233; militaire r&#233;volutionnaire avec l'accord de L&#233;nine&#8230; Cela a &#233;t&#233; au point qu'une partie du comit&#233; central s'est d&#233;solidaris&#233;e publiquement de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;non&#231;ant m&#234;me dans la presse ses pr&#233;paratifs secrets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/09/vil19170926.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/09/vil19170926.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171018.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171018.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6837&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6837&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quatri&#232;me erreur : une bonne partie de la direction bolchevique a particip&#233; aux man&#339;uvre pour combattre et &#233;vincer Trotsky de la direction de l'Arm&#233;e Rouge ! L&#224; encore, c'&#233;tait &#224; deux doigts de r&#233;ussir et c'est seulement gr&#226;ce &#224; l'intervention in extremis de L&#233;nine que Trotsky n'a pas &#233;t&#233; mis &#224; l'&#233;cart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; Quand, dans certains cercles du Parti, non sans la participation occulte de Staline se manifesta une opposition contre mes m&#233;thodes de direction de la guerre civile, L&#233;nine, en juillet 1919, de sa propre initiative et d'une fa&#231;on tout &#224; fait inattendue pour moi, me remit une feuille de papier blanc au bas de laquelle il avait &#233;crit : &#034; Camarades, ayant pris connaissance du caract&#232;re rigoureux des ordres du camarade Trotsky, je suis si convaincu, si absolument convaincu de la justesse, de l'opportunit&#233; et de la n&#233;cessit&#233; &#8211; pour le bien de notre cause, des ordres qu'il a donn&#233;s, que je donne &#224; ses ordres mon enti&#232;re adh&#233;sion &#034;. Il n'y avait pas de date sur ce papier. En cas de n&#233;cessit&#233; la date devait y &#234;tre appos&#233;e par moi-m&#234;me. La prudence de L&#233;nine dans tout ce qui concernait ses relations avec les travailleurs est bien connue. N&#233;anmoins, il consid&#233;rait possible de contresigner par avance un ordre venant de moi, bien que de ces ordres d&#233;pendait souvent le sort d'un grand nombre de gens. L&#233;nine ne craignait pas que je puisse abuser de mes pouvoirs. Je dois ajouter que pas une seule fois je n'ai fait usage de la &#034; carte blanche &#034; donn&#233;e par lui. Mais ce document est un t&#233;moignage de l'exceptionnelle confiance d'un homme que je consid&#232;re comme le plus parfait mod&#232;le de moralit&#233; r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article405&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article405&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal16.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal16.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6825&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cinqui&#232;me erreur : avec la mont&#233;e r&#233;volutionnaire, ce sont les communistes de gauche qui ont influenc&#233; le parti et l'internationale, au point d'&#234;tre momentan&#233;ment majoritaires dans les deux. Seule l'unit&#233; L&#233;nine-Trotsky a pu &#233;viter cette erreur d'avoir des cons&#233;quences fatales &#224; la Russie des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sixi&#232;me erreur qui a cette fois march&#233; parce que L&#233;nine n'est pas intervenu contre, ne sachant pas trop qu'en penser : certains dirigeants ont fait courir dans le parti bolchevique le bruit que Trotsky voulait instaurer la dictature de l'Arm&#233;e rouge et la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de Trotsky s'est tellement &#233;tendue dans le parti qu'elle a un peu influence momentan&#233;ment L&#233;nine dans une phase o&#249; il pol&#233;miquait plus s&#233;v&#232;rement avec Trotsky sur paix ou guerre avec l'Allemagne, sur l'&#233;conomie de guerre, sur la NEP et la voie vers le socialisme. Staline en a tir&#233; profit pour grimper et faire grimper ses sbires. L&#233;nine n'a redress&#233; le tir qu'en 1922-1923 mais le mal &#233;tait fait : l'alliance Staline-Zinoviev-Kamenev allait faire du d&#233;g&#226;t&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et, septi&#232;mement, en 1922-1923, L&#233;nine et Trotsky &#233;taient ensemble mais contre une partie des militants et dirigeants bolcheviques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2018&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2018&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Huiti&#232;me erreur : le Politburo a bloqu&#233; les demandes politiques de L&#233;nine, son testament&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/12/vil19221229.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/12/vil19221229.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela d&#233;montre que le parti bolchevique ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233;, ind&#233;pendamment des conditions extr&#234;mement difficiles de la r&#233;volution en Russie, comme tout &#224; fait au point, tout arm&#233; pour diriger la r&#233;volution prol&#233;tarienne. C'est une image fallacieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky &#233;crit : &#171; La t&#226;che de la conqu&#234;te du pouvoir ne s'est pos&#233;e devant le Parti que le 4 avril, c'est-&#224;-dire apr&#232;s l'arriv&#233;e de L&#233;nine &#224; Petrograd. Mais, m&#234;me &#224; partir de ce moment, la ligne du Parti n'a pas un caract&#232;re continu, indiscutable pour tous. Malgr&#233; les d&#233;cisions de la conf&#233;rence d'avril 1917, une r&#233;sistance, tant&#244;t sourde, tant&#244;t d&#233;clar&#233;e, au cours r&#233;volutionnaire se manifeste pendant toute la p&#233;riode de pr&#233;paration.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude du d&#233;veloppement des divergences de vues entre f&#233;&#172;vrier et la consolidation de la r&#233;volution d'Octobre non seulement pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t th&#233;orique exceptionnel, mais a une impor&#172;tance pratique incommensurable. L&#233;nine, en 1910, avait qualifi&#233; d'anticipation les d&#233;saccords qui s'&#233;taient manifest&#233;s au II&#176; Congr&#232;s en 1903. Il importe de suivre ces d&#233;saccords depuis leur source, c'est-&#224;-dire depuis 1903, et m&#234;me depuis l'&#8220;&#233;cono&#172;misme &#034;. Mais cette &#233;tude n'a de sens que si elle est compl&#232;te et embrasse &#233;galement la p&#233;riode o&#249; les divergences de vues furent soumises &#224; l'&#233;preuve d&#233;cisive, c'est-&#224;-dire Octobre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pouvons, dans ces pages, entreprendre un examen approfondi de tous les stades de cette lutte. Mais nous jugeons n&#233;cessaire de combler partiellement la lacune inadmissible qui existe dans notre litt&#233;rature sur la p&#233;riode la plus importante du d&#233;veloppement de notre Parti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, la question du pouvoir est le n&#339;ud de ces divergences de vues. C'est l&#224; le crit&#233;rium permettant de d&#233;terminer le caract&#232;re d'un parti r&#233;volutionnaire (et m&#234;me d'un parti non r&#233;volutionnaire). Dans la p&#233;riode que nous &#233;tudions, la question de la guerre se pose et se r&#233;sout en connexion &#233;troite avec la question du pouvoir. Nous examinerons ces deux ques&#172;tions dans l'ordre chronologique : position du Parti et de sa presse dans la premi&#232;re p&#233;riode apr&#232;s le renversement du tsa&#172;risme, avant l'arriv&#233;e de L&#233;nine ; lutte autour des th&#232;ses de L&#233;nine ; conf&#233;rence d'avril ; cons&#233;quences des journ&#233;es de juillet ; &#233;meute de Kornilov ; conf&#233;rence d&#233;mocratique et Pr&#233;-parlement ; question de l'insurrection arm&#233;e et de la crise du pouvoir (sep&#172;tembre-octobre) ; question d'un gouvernement socialiste &#034;ho&#172;mog&#232;ne&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; Le 4 avril, le lendemain de son arriv&#233;e &#224; Petrograd, L&#233;nine s'&#233;leva r&#233;solument contre la position de la Pravda dans la question de la guerre et de la paix : &#034;Il ne faut accorder aucun soutien au Gouvernement Provisoire - &#233;crivait-il - il faut expliquer le mensonge de toutes ses promesses, particuli&#232;rement de celle qui concerne la renonciation aux annexions. Il faut d&#233;masquer ce gou&#172;vernement au lieu de lui demander (revendication propre unique&#172;ment &#224; faire na&#238;tre des illusions) de cesser d'&#234;tre imp&#233;rialiste.&#034; Inutile de dire que L&#233;nine qualifie de &#034;fumeux&#034; et de &#034;confus&#8221; l'appel des conciliateurs du 14 mars, si favorablement accueilli par la Pravda. C'est une formidable hypocrisie que d'inviter les autres peuples &#224; rompre avec leurs banquiers et de cr&#233;er en m&#234;me temps un gouvernement de coalition avec ses propres banquiers. &#034;Les hommes du centre - dit L&#233;nine dans son projet de plate-forme - jurent leurs grands dieux qu'ils sont marxistes, interna&#172;tionalistes, qu'ils sont pour la paix, pour toutes sortes de pres&#172;sion sur leur gouvernement afin qu'il &#034;manifeste la volont&#233; de paix du peuple&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; Les adversaires de la lutte pour le pouvoir abordaient tout autrement la question. A la Conf&#233;rence d'avril du Parti, Kame&#172;nev exposait ses plaintes : &#034;Dans le n&#176; 19 de la Pravda, des camarades (il s'agit &#233;videmment de L&#233;nine. L.T.) avaient pro&#172;pos&#233; une r&#233;solution sur le renversement du Gouvernement Pro&#172;visoire, r&#233;solution imprim&#233;e avant la derni&#232;re crise, mais ils l'ont rejet&#233;e ensuite comme susceptible d'introduire la d&#233;sorga&#172;nisation et empreinte de l'esprit d'aventure. On le voit, les cama&#172;rades en question ont appris quelque chose pendant cette crise. La r&#233;solution propos&#233;e (c'est-&#224;-dire la r&#233;solution propos&#233;e par L&#233;nine &#224; la Conf&#233;rence. L.T.) r&#233;p&#232;te cette faute.&#034; Cette fa&#231;on de poser la question est significative au plus haut point. La reconnaissance une fois effectu&#233;e, L&#233;nine retira le mot d'ordre du renversement imm&#233;diat du Gouvernement Provisoire, mais il le retira temporairement, pour des semaines ou des mois, selon que l'indignation des masses contre les conciliateurs cro&#238;trait plus ou moins rapidement. L'opposition, elle, consid&#233;rait ce mot d'or&#172;dre comme une faute. Le recul provisoire de L&#233;nine ne compor&#172;tait pas la moindre modification de sa ligne. L&#233;nine ne se basait pas sur le fait que la r&#233;volution d&#233;mocratique n'&#233;tait pas encore termin&#233;e, mais uniquement sur le fait que la masse &#233;tait encore incapable de renverser le gouvernement provisoire et qu'il fallait la rendre au plus vite capable de l'abattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la conf&#233;rence d'avril du parti fut consacr&#233;e &#224; cette question essentielle : allons-nous &#224; la conqu&#234;te du pouvoir pour r&#233;aliser la r&#233;volution socialiste, ou aidons-nous &#224; parachever la r&#233;volution d&#233;mocratique ? Par malheur, le compte rendu de cette conf&#233;rence n'est pas encore imprim&#233; ; pourtant, il n'y a peut-&#234;tre pas dans l'histoire de notre parti de congr&#232;s qui ait eu une im&#172;portance aussi grande, aussi directe pour le sort de la r&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lutte irr&#233;ductible contre le d&#233;fensisme et les d&#233;fensistes, conqu&#234;te de la majorit&#233; dans les Soviets, renversement du gou&#172;vernement provisoire par l'interm&#233;diaire des Soviets, politique r&#233;volutionnaire de paix, programme de r&#233;volution socialiste &#224; l'int&#233;rieur et de r&#233;volution internationale &#224; l'ext&#233;rieur : telle est la plate-forme de L&#233;nine. Comme on le sait l'opposition &#233;tait pour le parach&#232;vement de la r&#233;volution d&#233;mocratique au moyen d'une pression sur le Gouvernement Provisoire, les soviets de&#172;vant rester des organes de &#034;contr&#244;le&#8221; sur le pouvoir bourgeois. De l&#224; une attitude beaucoup plus conciliante &#224; l'&#233;gard du d&#233;fen&#172;sisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des adversaires de L&#233;nine d&#233;clarait &#224; la conf&#233;rence d'avril : &#034;Nous parlons des soviets ouvriers et soldats comme de centres organisateurs de nos forces et du pouvoir... Leur nom seul montre qu'ils sont un bloc des forces petites-bourgeoises et prol&#233;tarien&#172;nes auquel s'impose la n&#233;cessit&#233; d'achever les t&#226;ches d&#233;mocrati&#172;ques bourgeoises. Si la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise est termin&#233;e, ce bloc ne pourrait exister... et le prol&#233;tariat m&#232;nerait la lutte r&#233;volutionnaire contre lui... N&#233;anmoins, nous reconnais&#172;sons ces soviets comme des centres d'organisation de nos forces... Ainsi, la r&#233;volution bourgeoise n'est pas encore close, elle n'a pas donn&#233; toute sa mesure et nous devons reconna&#238;tre que si elle &#233;tait enti&#232;rement termin&#233;e, le pouvoir passerait aux mains du prol&#233;tariat.&#034; (Discours de Kamenev).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'inconsistance de ce raisonnement est &#233;vidente : en effet, la r&#233;volution ne sera jamais tout &#224; fait termin&#233;e tant que le pouvoir ne passera pas en d'autres mains. L'auteur du discours pr&#233;cit&#233; ignore l'axe v&#233;ritable de la r&#233;volution : il ne d&#233;duit pas les t&#226;ches du parti du groupement r&#233;el des forces de classe, mais d'une d&#233;finition formelle de la r&#233;volution consid&#233;r&#233;e comme bourgeoise ou d&#233;mocratique-bourgeoise. Selon lui, il faut faire bloc avec la petite bourgeoisie et exercer un contr&#244;le sur le pouvoir bourgeois tant que la r&#233;volution bourgeoise ne sera pas parachev&#233;e. C'est I&#224; un sch&#233;ma nettement menchevik. En limitant doctrinairement les t&#226;ches de la r&#233;volution par l'appellation de cette derni&#232;re r&#233;volution &#8220;bourgeoise&#034;, on devait fatalement arriver &#224; la politique de contr&#244;le sur le Gouvernement Provisoire, &#224; la reven&#172;dication d'un programme de paix sans annexions, etc... Par parach&#232;vement de la r&#233;volution d&#233;mocratique, on sous-entendait la r&#233;alisation d'une s&#233;rie de r&#233;formes par l'interm&#233;diaire de la Constituante, o&#249; le parti bolchevik devait jouer le r&#244;le d'aile gauche. Le mot d'ordre : &#034;Tout le pouvoir aux soviets&#8221; perdait ainsi tout contenu r&#233;el. C'est que, plus logique que ses camarades de l'opposition, Noguine d&#233;clara &#224; la conf&#233;rence d'avril : &#034;Au cours de l'&#233;volution, les attributions les plus importantes des so&#172;viets disparaissent, une s&#233;rie de leurs fonctions administratives sont transmises aux municipalit&#233;s, aux zemstvos, etc... Consid&#233;rons le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de l'organisation &#233;tatique : nous ne pouvons nier qu'il y aura une Assembl&#233;e Constituante et, &#224; sa suite, un Parlement. Il en r&#233;sulte que, progressivement, les soviets seront d&#233;charg&#233;s de leurs principales fonctions ; mais cela ne veut pas dire qu'ils terminent honteusement leur existence. Ils ne feront que transmettre leurs fonctions. Ce n'est pas avec les soviets du type actuel que la r&#233;publique-commune sera chez nous&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, un troisi&#232;me opposant aborda la question du point de vue maturit&#233; de la Russie pour le socialisme &#034;Pouvons-nous, en arborant le mot d'ordre de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, compter sur l'appui des masses ? Non, car la Russie est le pays le plus petit-bourgeois d'Europe. Si le parti adopte la plate-forme de la r&#233;volution socialiste, il se transformera en un cercle de propa-gandistes. C'est de l'Occident que doit &#234;tre d&#233;clench&#233;e la r&#233;vo&#172;lution... O&#249; se l&#232;vera le soleil de la r&#233;volution socialiste ? Etant donn&#233; l'&#233;tat de choses qui r&#232;gne chez nous, le milieu petit-bour-geois, j'estime que ce n'est pas &#224; nous de prendre l'initiative de la r&#233;volution socialiste. Nous n'avons pas les forces n&#233;cessaires &#224; cet effet ; en outre les conditions objectives font d&#233;faut. En Oc&#172;cident, la question de la r&#233;volution socialiste se pose &#224; peu pr&#232;s de la m&#234;me fa&#231;on que, chez nous, celle du renversement du tsarisme.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
A la conf&#233;rence d'avril, tous les adversaires de L&#233;nine n'al&#172;laient pas jusqu'aux conclusions de Noguine, mais tous, par la logique des choses, ils furent forc&#233;s de les accepter quelques mois plus tard, &#224; la veille d'octobre. Diriger la r&#233;volution prol&#233;ta&#172;rienne ou se borner au r&#244;le d'opposition dans le Parlement bour&#172;geois : telle &#233;tait l'alternative dans laquelle se trouvait plac&#233; notre parti. La deuxi&#232;me position &#233;tait menchevique ou, plus exac&#172;tement c'&#233;tait la position que les mencheviks furent forc&#233;s d'aban&#172;donner apr&#232;s la r&#233;volution de f&#233;vrier. En effet, pendant des an&#172;n&#233;es, les leaders mencheviques avaient affirm&#233; que la r&#233;volution future serait bourgeoise, que le gouvernement d'une r&#233;volution bourgeoise ne pouvait accomplir que les t&#226;ches de la bourgeoisie, que la social-d&#233;mocratie ne pouvait assumer les t&#226;ches de la d&#233;mocratie bourgeoise et devrait, &#8220;tout en poussant la bourgeoisie vers la gauche&#8221;, se confiner dans le r&#244;le d'opposi&#172;tion. Martynov, en particulier, ne s'&#233;tait pas lass&#233; de d&#233;velopper ce th&#232;me. La r&#233;volution de f&#233;vrier amena bient&#244;t les menche&#172;viks &#224; participer au gouvernement. De leur position de principe ces derniers ne conserv&#232;rent que la th&#232;se portant que le prol&#233;&#172;tariat ne devait pas s'emparer du pouvoir. Ainsi, ceux des bolcheviks qui condamnaient le minist&#233;rialisme menchevik tout en s'&#233;levant contre la prise du pouvoir par le prol&#233;tariat, se re-tranchaient dans les positions pr&#233;-r&#233;volutionnaires des menche&#172;viks. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais alors que les mencheviks abandonnent leur socialisme for&#172;mel pour la d&#233;mocratie vulgaire, la droite des bolcheviks passe au socialisme formel, c'est-&#224;-dire &#224; la position qu'occupaient, la veille encore, les mencheviks.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#234;me regroupement se produisit dans la question de la guerre. A l'exception de quelques doctrinaires, la bourgeoisie (qui d'ailleurs n'esp&#233;rait plus gu&#232;re la victoire militaire) adopta la formule : &#034;Ni annexions, ni contribution&#034;. Les mencheviks et les s.-r. zimmerwaldiens, qui avaient critiqu&#233; les socialistes fran&#172;&#231;ais parce qu'ils d&#233;fendaient leur patrie r&#233;publicaine bourgeoise, devinrent des d&#233;fensistes d&#232;s qu'ils se sentirent en r&#233;publique bourgeoise : de la position internationaliste passive, ils pas&#172;s&#232;rent au patriotisme actif. En m&#234;me temps, la droite bolche&#172;vique glissa &#224; l'internationalisme passif de &#034;pression&#034; sur le Gouvernement Provisoire, en vue d'une paix d&#233;mocratique &#8220;sans annexions, ni contribution&#034;. De la sorte, la formule de la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie se disloque th&#233;oriquement et politiquement &#224; la conf&#233;rence d'avril et fait appara&#238;tre deux points de vue oppos&#233;s : le point de vue d&#233;mocratique, masqu&#233; par des restrictions socialistes formelles, et le point de vue social-r&#233;volutionnaire ou point de vue bolche&#172;vique v&#233;ritable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915d.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915d.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; Lenine avait dit plus d'une fois que les masses sont plus &#224; gauche que le parti. Il savait que le parti est plus &#224; gauche que son sommet, la couche des &#034; vieux bolcheviks &#034;. Il se repr&#233;sentait trop bien les groupements int&#233;rieurs et les tendances dans le Comit&#233; central pour attendre de lui des d&#233;marches audacieuses ; en revanche, il appr&#233;hendait beaucoup une circonspection excessive, l'esprit de temporisation, la n&#233;gligence d'une de ces situations historiques qui sont pr&#233;par&#233;es par des dizaines d'ann&#233;es. Lenine ne fait pas confiance au Comit&#233; central... sans Lenine : l&#224; est le secret de ses missives &#233;crites du fond de sa retraite clandestine. Et Lenine n'a pas tellement tort de manquer de confiance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oblig&#233; de se prononcer dans la plupart des cas apr&#232;s une d&#233;cision d&#233;j&#224; prise &#224; Petrograd, Lenine critique invariablement, d'un point de vue de gauche, la politique du Comit&#233; central. Son opposition se d&#233;veloppe sur le fond du probl&#232;me de l'insurrection, mais ne se borne pas l&#224;. Lenine estime que le Comit&#233; central accorde trop d'attention au Comit&#233; ex&#233;cutif conciliateur, &#224; la Conf&#233;rence d&#233;mocratique, en g&#233;n&#233;ral au remue-m&#233;nage parlementaire dans les sommets sovi&#233;tiques. Il se prononce v&#233;h&#233;mentement contre les bolcheviks proposant un bureau de coalition au Soviet de Petrograd. Il stigmatise comme &#034; d&#233;shonorante &#034; la d&#233;cision de participer au pr&#233;parlement. Il est indign&#233; &#224; la publication en fin septembre de la liste des candidats bolcheviks &#224; l'Assembl&#233;e constituante : trop d'intellectuels, trop peu d'ouvriers. &#034; Combler l'Assembl&#233;e constituante avec des orateurs et des litt&#233;rateurs, c'est marcher dans les sentiers battus de l'opportunisme et du chauvinisme. Cela est indigne de la III&#176; Internationale. &#034; En outre, parmi les candidats, il y a trop de nouveaux membres du parti non &#233;prouv&#233;s dans la lutte ! Lenine estime n&#233;cessaire de faire une r&#233;serve : &#034; Il va de soi que... personne ne contesterait, par exemple, une candidature comme celle de L. D. Trotsky, car, en premier lieu, Trotsky, d&#232;s son arriv&#233;e, a occup&#233; une position internationaliste ; en second lieu, il a lutt&#233; dans l'organisation inter-districts pour la fusion ; en troisi&#232;me lieu, pendant les dures Journ&#233;es de Juillet, il s'est montr&#233; &#224; la hauteur de la t&#226;che et d&#233;vou&#233; aux partisans du parti du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Il est clair que l'on ne peut en dire autant d'une multitude de membres du parti inscrits d'hier... &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut sembler que les Journ&#233;es d'Avril sont revenues : Lenine est de nouveau en opposition avec le Comit&#233; central. Les questions se posent autrement, mais l'esprit g&#233;n&#233;ral de son opposition est le m&#234;me : le Comit&#233; central est trop passif, c&#232;de trop &#224; l'opinion publique des sph&#232;res intellectuelles, est trop conciliant &#224; l'&#233;gard des conciliateurs ; et, surtout, consid&#232;re avec trop d'indiff&#233;rence, en fataliste, non en bolchevik, le probl&#232;me de l'insurrection arm&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la parole il est temps de venir aux actes : &#034; Notre parti, maintenant, &#224; la Conf&#233;rence d&#233;mocratique, a de fait son Congr&#232;s, et ce Congr&#232;s doit r&#233;soudre (qu'il le veuille ou non) le sort de la r&#233;volution. &#034; On ne peut concevoir qu'une seule solution : l'insurrection arm&#233;e. Dans cette premi&#232;re lettre sur le soul&#232;vement, Lenine fait encore une r&#233;serve : &#034; La question se pose non au sujet du &#034; jour &#034; du soul&#232;vement, mais au sujet du &#034; moment &#034; dans le sens &#233;troit du mot. Cela ne sera d&#233;cid&#233; que par la voix de tous ceux qui sont en contact avec les ouvriers et les soldats, avec les masses. &#034; Mais d&#233;j&#224;, deux ou trois jours apr&#232;s (les lettres de ce temps ne sont d'ordinaire point dat&#233;es : non par oubli, mais pour des raisons conspiratives), Lenine, sous l'&#233;vidente impression de la d&#233;composition de la Conf&#233;rence d&#233;mocratique, insiste sur le passage imm&#233;diat &#224; l'action et formule aussit&#244;t un plan pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Nous devons &#224; la Conf&#233;rence resserrer tout de suite la fraction des bolcheviks, sans rechercher le nombre... Nous devons r&#233;diger une br&#232;ve d&#233;claration des bolcheviks... Nous devons diriger toute notre fraction vers les usines et les casernes. Nous devons, en m&#234;me temps, sans perdre une minute, organiser l'Etat-major des d&#233;tachements insurg&#233;s, r&#233;partir les forces, faire avancer les r&#233;giments fid&#232;les vers les points les plus importants, cerner l'Alexandrinka [le th&#233;&#226;tre o&#249; si&#233;geait la Conf&#233;rence d&#233;mocratique], occuper la P&#233;tropauline, arr&#234;ter l'Etat-major g&#233;n&#233;ral et le gouvernement, envoyer aux junkers et &#224; la division sauvage des d&#233;tachements capables de p&#233;rir, mais d'emp&#234;cher l'ennemi d'avancer vers les centres de la ville. Nous devons mobiliser les ouvriers arm&#233;s, les appeler &#224; une derni&#232;re bataille acharn&#233;e, occuper imm&#233;diatement les t&#233;l&#233;graphes et les t&#233;l&#233;phones, installer notre Etat-major d'insurrection au Central t&#233;l&#233;phonique, relier avec lui par fil toutes les usines, tous les r&#233;giments, tous les points de lutte arm&#233;e, etc. &#034; La question de la date n'est plus pos&#233;e en d&#233;pendance de &#034; la voix commune de ceux qui ont contact avec les masses &#034;. Lenine propose d'agir imm&#233;diatement : sortir avec un ultimatum du th&#233;&#226;tre Alexandra pour y revenir &#224; la t&#234;te des masses arm&#233;es. Le coup d'assommade doit &#234;tre dirig&#233; non seulement contre le gouvernement, mais aussi, simultan&#233;ment, contre l'organe supr&#234;me des conciliateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; ... Lenine, qui, dans des lettres priv&#233;es, r&#233;clamait l'arrestation de la Conf&#233;rence d&#233;mocratique, - ainsi le d&#233;nonce Soukhanov - proposait dans la presse, comme nous le savons, un &#034; compromis &#034; : que tout le pouvoir soit pris par les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires et, l&#224;, on verra ce que dira le Congr&#232;s des soviets... La m&#234;me id&#233;e &#233;tait obstin&#233;ment pr&#233;conis&#233;e par Trotsky &#224; la Conf&#233;rence d&#233;mocratique et autour d'elle. &#034; Soukhanov voit un double jeu l&#224; o&#249; il n'y en avait pas l'ombre. Lenine proposait aux conciliateurs un compromis imm&#233;diatement apr&#232;s la victoire remport&#233;e sur Kornilov, dans les premiers jours de septembre. Haussant les &#233;paules, les conciliateurs le laiss&#232;rent tomber. La Conf&#233;rence d&#233;mocratique fut transform&#233;e par eux en un camouflage d'une nouvelle coalition des cadets entre les bolcheviks. La possibilit&#233; d'un accord disparaissait par l&#224; m&#234;me d&#233;finitivement. La question du pouvoir ne pouvait &#234;tre d&#233;sormais r&#233;solue que par une lutte ouverte. Soukhanov confond deux phases dont la premi&#232;re en date devan&#231;ait l'autre de quinze jours et la conditionnait au point de vue politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, si l'insurrection proc&#233;dait irr&#233;sistiblement de la nouvelle coalition, Lenine, par la vivacit&#233; de son tournant, prit &#224; l'improviste m&#234;me les sommets de son propre parti. Grouper d'apr&#232;s sa lettre la fraction bolcheviste &#224; la Conf&#233;rence, m&#234;me &#034; sans rechercher le nombre &#034;, &#233;tait &#233;videmment impossible. L'&#233;tat d'esprit de la fraction &#233;tait tel que, par soixante-dix voix contre cinquante, elle repoussa le boycottage du pr&#233;parlement, c'est-&#224;-dire le premier pas vers l'insurrection. Dans le Comit&#233; central m&#234;me, le plan de Lenine ne trouva aucun soutien. Quatre ans plus tard, dans une soir&#233;e consacr&#233;e &#224; des souvenirs, Boukharine, avec les exag&#233;rations et les mots d'esprit qui le caract&#233;risent, raconta d'une fa&#231;on assez juste au fond cet &#233;pisode : &#034; La lettre (de Lenine) &#233;tait &#233;crite avec une extr&#234;me violence et nous mena&#231;ait de toutes sortes de ch&#226;timents (?). Nous en f&#251;mes estomaqu&#233;s. Personne encore n'avait pos&#233; la question si violemment... Tous &#233;taient dans le doute d'abord. Apr&#232;s, s'&#233;tant consult&#233;s, on d&#233;cida. Ce fut peut-&#234;tre le seul cas dans l'histoire de notre parti o&#249; le Comit&#233; central r&#233;solut &#224; l'unanimit&#233; de br&#251;ler la lettre de Lenine... Nous pensions bien que sans aucun doute, &#224; Piter et &#224; Moscou, nous r&#233;ussirions &#224; prendre le pouvoir en main, mais nous estimions qu'en province nous ne pourrions pas encore tenir, qu'ayant pris le pouvoir et ayant expuls&#233; les membres de la Conf&#233;rence d&#233;mocratique, nous ne pourrions plus nous consolider dans le reste de la Russie. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Provoqu&#233;e par certaines consid&#233;rations conspiratives, l'incin&#233;ration de plusieurs copies de la lettre dangereuse fut d&#233;cid&#233;e r&#233;ellement non &#224; l'unanimit&#233;, mais par six voix contre quatre, avec six abstentions. Un exemplaire fut par bonheur conserv&#233; pour l'histoire. Mais ce qui est vrai dans le r&#233;cit de Boukharine, c'est que tous les membres du Comit&#233; central, quoique pour des motifs divers, repouss&#232;rent la proposition : les uns s'opposaient &#224; l'insurrection en g&#233;n&#233;ral, les autres estimaient que le moment o&#249; se tenait la Conf&#233;rence &#233;tait le moins favorable de tous ; la tierce partie h&#233;sitait simplement et restait dans l'expectative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant rencontr&#233; une r&#233;sistance directe, Lenine entre dans une sorte de conjuration avec Smilga, qui se trouve aussi en Finlande et qui, en qualit&#233; de pr&#233;sident du Comit&#233; r&#233;gional des soviets, a dans les mains pour le moment une autorit&#233; r&#233;elle consid&#233;rable. Smilga se trouvait en 1917 &#224; l'extr&#234;me flanc gauche du parti et, d&#233;j&#224; en juillet, &#233;tait enclin &#224; pousser la lutte jusqu'&#224; son d&#233;nouement : dans les tournants de la politique, Lenine trouvait toujours sur qui s'appuyer. Le 27 septembre, Lenine &#233;crit &#224; Smilga une longue lettre : &#034; ... Que faisons-nous ? Nous adoptons seulement des motions ? Nous perdons du temps, nous fixons &#034; des dates &#034; (le 20 octobre - le Congr&#232;s des soviets, - n'est-il pas ridicule de diff&#233;rer ainsi ? N'est-il pas ridicule de compter l&#224;-dessus ?) Les bolcheviks ne poursuivent pas un travail syst&#233;matique pour pr&#233;parer leurs forces militaires en vue de renverser K&#233;rensky... Il faut faire de l'agitation dans le parti pour que l'on envisage s&#233;rieusement l'insurrection arm&#233;e... Ensuite, au sujet de votre r&#244;le... cr&#233;er un Comit&#233; clandestin, form&#233; des militaires les plus s&#251;rs, examiner avec eux la situation sous tous ses aspects, recueillir (et v&#233;rifier par vous-m&#234;mes) les renseignements les plus pr&#233;cis sur la composition et l'emplacement des troupes sous Piter et dans Piter, sur les transports de troupes finlandaises vers Piter, sur le mouvement de la flotte, etc. &#034; Lenine r&#233;clame &#034; une propagande syst&#233;matique parmi les Cosaques qui se trouvent ici, en Finlande... Il faut compulser toutes les informations sur les cantonnements de Cosaques et organiser l'envoi chez eux de d&#233;tachements d'agitateurs choisis parmi les meilleures forces des matelots et des soldats de Finlande &#034;. Enfin : &#034; Pour pr&#233;parer convenablement les esprits, il faut imm&#233;diatement mettre en circulation ce mot d'ordre : le pouvoir doit imm&#233;diatement passer entre les mains du Soviet de Petrograd qui le transmettra au Congr&#232;s des soviets. Car &#224; quoi bon tol&#233;rer encore trois semaines de guerre et de pr&#233;paratifs korniloviens de K&#233;rensky ? &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons devant nous un nouveau plan d'insurrection : &#034; un comit&#233; clandestin des principaux militaires &#034; &#224; Helsingfors, comme Etat-major de combat ; les troupes russes cantonn&#233;es en Finlande comme forces de combat : &#034; la seule ressource que nous pouvons avoir, semble-t-il, compl&#232;tement en main, et qui joue un r&#244;le militaire s&#233;rieux, ce sont les troupes de Finlande et la flotte de la Baltique. &#034; Lenine compte ainsi porter au gouvernement le coup le plus dur du dehors de Petrograd. En m&#234;me temps est indispensable &#034; une pr&#233;paration convenable des esprits &#034;, pour que le renversement du gouvernement par les forces arm&#233;es de la Finlande ne tombe pas comme de l'impr&#233;vu sur le Soviet de Petrograd : celui-ci, jusqu'au Congr&#232;s des soviets, devra se montrer l'h&#233;ritier du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle esquisse de plan, de m&#234;me que la pr&#233;c&#233;dente, n'eut point d'application. Mais elle ne resta pas inutilis&#233;e. L'agitation dans les divisions cosaques donna bient&#244;t des r&#233;sultats : nous l'avons entendu dire par Dybenko. L'appel fait &#224; la participation des marins de la Baltique pour porter le coup principal au gouvernement entra &#233;galement dans le plan qui fut adopt&#233; plus tard. Mais l'essentiel n'est pas l&#224; : une question devenue grave au dernier degr&#233;, Lenine ne permettait &#224; personne de l'&#233;luder et de louvoyer. Ce qui se trouvait inopportun comme proposition directe de tactique devenait rationnel comme v&#233;rification des &#233;tats d'esprit dans le Comit&#233; central, comme un soutien des r&#233;solus devant les h&#233;sitants, comme une impulsion suppl&#233;mentaire vers la gauche,&lt;br class='autobr' /&gt;
Par tous les moyens dont il pouvait disposer dans l'isolement de sa retraite clandestine, Lenine s'effor&#231;ait de contraindre les cadres du parti &#224; sentir la gravit&#233; de la situation et la force de la pression des masses. Il faisait venir dans son refuge divers bolcheviks, les soumettait &#224; des interrogatoires passionn&#233;s, contr&#244;lait les paroles et les actes des dirigeants, exp&#233;diait par des voies d&#233;tourn&#233;es ses mots d'ordre au parti, en bas, en profondeur, pour placer le Comit&#233; central devant la n&#233;cessit&#233; d'agir et d'aller jusqu'au bout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour apr&#232;s avoir &#233;crit sa lettre &#224; Smilga, Lenine r&#233;dige d&#233;j&#224; le document cit&#233; plus haut, La Crise est m&#251;re, le terminant par une sorte de d&#233;claration de guerre au Comit&#233; central. &#034; Il faut... reconna&#238;tre la v&#233;rit&#233; : chez nous, dans le Comit&#233; central et dans les sommets du parti, il existe une tendance ou une opinion pr&#233;conisant d'attendre le Congr&#232;s des soviets, s'opposant &#224; la prise imm&#233;diate du pouvoir, &#224; l'insurrection imm&#233;diate. &#034; Cette tendance doit &#234;tre surmont&#233;e co&#251;te que co&#251;te. &#034; Remporter d'abord la victoire sur K&#233;rensky, ensuite convoquer le Congr&#232;s. &#034; Perdre du temps &#224; attendre le Congr&#232;s des soviets, c'est &#034; une compl&#232;te idiotie ou une enti&#232;re trahison... &#034;. Jusqu'au Congr&#232;s, fix&#233; pour le 20, il reste plus de vingt jours : &#034; Les semaines et m&#234;me les jours d&#233;cident maintenant de tout. &#034; Diff&#233;rer le d&#233;nouement, c'est renoncer l&#226;chement &#224; l'insurrection, car, pendant le Congr&#232;s, la prise du pouvoir deviendra impossible : &#034; On am&#232;nera des Cosaques au jour &#034; fix&#233; &#034; d'une fa&#231;on nigaude pour l'insurrection. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le seul ton de la lettre montre d&#233;j&#224; combien semble &#224; Lenine fatale la politique de temporisateurs des dirigeants de Petrograd. Mais il ne se borne pas, cette fois, &#224; une critique acharn&#233;e et, &#224; titre de protestation, il d&#233;missionne du Comit&#233; central. Motifs : le Comit&#233; central n'a pas r&#233;pondu d&#233;s le d&#233;but de la Conf&#233;rence &#224; ses sommation concernant la prise du pouvoir ; la r&#233;daction de l'organe du parti (Staline) imprime ses articles avec des retards intentionnels, en y biffant certaines indications sur &#034; des fautes des bolcheviks aussi criantes que celle tout &#224; fait honteuse de participer au pr&#233;parlement &#034;, etc. Lenine n'estime pas possible de couvrir cette politique devant le parti. &#034; Je suis oblig&#233; de demander &#224; sortir du Comit&#233; central, ce que je fais, et de garder pour moi la libert&#233; d'agitation &#224; la base du parti et au Congr&#232;s du parti. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s les documents, l'on ne voit point comment, dans la suite, cette affaire fut r&#233;gl&#233;e formellement. En tout cas, Lenine ne sortit pas du Comit&#233; central. En donnant sa d&#233;mission qui, chez lui, ne pouvait &#234;tre nullement le r&#233;sultat d'une minute d'irritation, Lenine gardait &#233;videmment par devers lui la possibilit&#233; de se d&#233;gager, en cas de besoin, de la discipline int&#233;rieure du Comit&#233; central : il n'avait pas &#224; douter que, de m&#234;me qu'en avril, un appel direct &#224; la base lui garantirait la victoire. Mais le chemin d'une r&#233;volte ouverte contre le Comit&#233; central supposait la pr&#233;paration d'un Congr&#232;s extraordinaire, et, par suite, exigeait du temps ; or, c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le temps qui manquait. Gardant en r&#233;serve sa lettre de d&#233;mission, mais ne sortant pas enti&#232;rement des limites de la l&#233;galit&#233; du parti, Lenine continue avec une libert&#233; d&#233; plus grande &#224; d&#233;velopper l'offensive sur les lignes d'op&#233;rations &#224; l'int&#233;rieur. Non seulement ses lettres au Comit&#233; central sont exp&#233;di&#233;es par lui aux Comit&#233;s de Petrograd et de Moscou, mais il prend des mesures pour que des copies parviennent aux militants les plus s&#251;rs des quartiers. Au d&#233;but d'octobre, passant d&#233;j&#224; par-dessus la t&#234;te du Comit&#233; central, Lenine &#233;crit directement aux Comit&#233;s de Petrograd et de Moscou : &#034; Les bolcheviks n'ont pas le droit d'attendre le Congr&#232;s des soviets, ils doivent prendre le pouvoir tout de suite... Tarder est un crime. Attendre le Congr&#232;s des soviets, c'est un jeu pu&#233;ril pour la formalit&#233;, c'est un jeu inf&#226;me de formalisme, c'est trahir la r&#233;volution. &#034; Du point de vue des rapports hi&#233;rarchiques, les actes de Lenine n'&#233;taient pas tout &#224; fait irr&#233;prochables. Mais il s'agissait de quelque chose de plus grand que des consid&#233;rations de discipline formelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des membres du Comit&#233; du district de Vyborg, Svechnikov, dit dans ses Souvenirs : &#034; Et Illitch dans sa retraite &#233;crivait et &#233;crivait infatigablement, et Nadejda Konstantinovna (Kroupska&#239;a) nous lisait tr&#232;s souvent des manuscrits au Comit&#233;... Les paroles enflamm&#233;es du chef ajoutaient &#224; notre force... Je me rappelle comme si c'&#233;tait d'hier Nadejda Konstantinovna pench&#233;e, dans une des salles de la direction du district o&#249; travaillaient les dactylos, comparant soigneusement la reproduction avec l'original et, tout &#224; c&#244;t&#233; d'elle, &#034; Diadia &#034; et &#034; G&#233;nia &#034; demandant &#224; avoir une copie. &#034; Diadia (l'oncle) et G&#233;nia (Eug&#232;nie), c'&#233;taient, dans la conspiration, les noms de guerre de deux dirigeants. &#034; Il n'y a pas longtemps - raconte un militant du district, Naoumov - nous avons re&#231;u d'Illitch une lettre &#224; transmettre au Comit&#233; central... Nous avons lu la lettre et on a fait &#034; Oh ! &#034; Il se trouve que Lenine pose depuis longtemps devant le Comit&#233; central la question de l'insurrection. Nous avons protest&#233;, nous avons commenc&#233; &#224; faire pression sur le centre. &#034; C'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il fallait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les premiers jours d'octobre, Lenine invite la Conf&#233;rence du parti &#224; Petrograd &#224; dire fermement son mot en faveur de l'insurrection. Sur son initiative, la Conf&#233;rence &#034; prie instamment le Comit&#233; central de prendre toutes mesures pour la direction de l'in&#233;vitable soul&#232;vement des ouvriers, des soldats et des paysans &#034;. Dans cette seule phrase, il y a deux camouflages, l'un juridique, l'autre diplomatique : sur la direction d'un &#034; soul&#232;vement in&#233;vitable &#034;, au lieu d'une pr&#233;paration directe de l'insurrection, cela est dit pour ne point donner trop d'atouts au Parquet ; la Conf&#233;rence &#034; prie le Comit&#233; central &#034;, elle n'exige pas et ne proteste point - c'est un &#233;vident tribut au prestige de la plus haute institution du parti. Mais, dans une autre r&#233;solution, &#233;galement, r&#233;dig&#233;e par Lenine, il est dit avec une plus grande franchise : &#034;... Aux sommets du parti, on remarque des fluctuations, comme une crainte de lutter pour la prise du pouvoir, un penchant &#224; substituer &#224; cette lutte des r&#233;solutions, des protestations et des congr&#232;s. &#034; C'est d&#233;j&#224; dresser presque ouvertement le parti contre le Comit&#233; central. Lenine ne se r&#233;solvait pas &#224; la l&#233;g&#232;re &#224; faire de tels pas. Mais il s'agissait du sort de la r&#233;volution et toutes autres consid&#233;rations passaient &#224; l'arri&#232;re-plan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 8 octobre, Lenine s'adresse aux d&#233;l&#233;gu&#233;s bolchevistes du prochain Congr&#232;s r&#233;gional du Nord : &#034; On ne peut attendre le Congr&#232;s panrusse des soviets, que le Comit&#233; ex&#233;cutif central est capable de diff&#233;rer jusqu'&#224; novembre, on ne peut surseoir, tout en permettant &#224; K&#233;rensky d'amener encore des troupes korniloviennes. &#034; Le Congr&#232;s r&#233;gional, o&#249; sont repr&#233;sent&#233;s la Finlande, la flotte et Reval, doit prendre l'initiative &#034; d'un mouvement imm&#233;diat sur Piter &#034;. L'appel direct &#224; une insurrection imm&#233;diate est adress&#233; cette fois-ci aux repr&#233;sentants de dizaines de soviets. L'appel vient de Lenine en personne : il n'y a pas de d&#233;cisions du parti, la plus haute instance du parti ne s'est pas encore prononc&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait avoir une tr&#232;s grande confiance &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat, du parti, mais une tr&#232;s s&#233;rieuse m&#233;fiance vis-&#224;-vis du Comit&#233; Central pour soulever, ind&#233;pendamment de celui-ci, sous une responsabilit&#233; personnelle, du fond d'une retraite, au moyen de petites feuilles de papier &#224; lettres couvertes d'une fine &#233;criture, l'agitation pour l'insurrection arm&#233;e. Comment donc put-il se faire que Lenine, que nous avons vu isol&#233; aux sommets de son propre parti au d&#233;but d'avril, sembl&#226;t se trouver de nouveau isol&#233; dans le m&#234;me milieu en septembre et au commencement d'octobre ? Cela ne peut &#234;tre compris si l'on ajoute foi &#224; la l&#233;gende stupide qui repr&#233;sente l'histoire du bolchevisme comme l'&#233;manation pure et simple d'une id&#233;e r&#233;volutionnaire. En r&#233;alit&#233;, le bolchevisme s'est d&#233;velopp&#233; dans un milieu social d&#233;termin&#233;, dont il a &#233;prouv&#233; les r&#233;actions diverses, parmi lesquelles l'influence d'un encerclement petit-bourgeois et d'un Etat de culture arri&#233;r&#233;. A chaque nouvelle situation, le parti ne s'adaptait que par une crise int&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que la lutte aigu&#235;, qui pr&#233;c&#233;da Octobre, dans les sommets du bolchevisme, se pr&#233;sente &#224; nous sous son v&#233;ritable jour, il faut encore jeter un regard en arri&#232;re sur les processus dans le parti dont il a &#233;t&#233; question dans le premier tome du pr&#233;sent ouvrage. Cela est d'autant plus indispensable que, juste en ce moment, la fraction de Staline fait des efforts inou&#239;s, m&#234;me &#224; l'&#233;chelle internationale, pour effacer de l'histoire tout souvenir de ce qui a &#233;t&#233; effectivement pr&#233;par&#233; et accompli par l'insurrection d'Octobre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant les ann&#233;es qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent la guerre, les bolcheviks se donnaient le titre, dans la presse l&#233;gale, de &#034; d&#233;mocrates cons&#233;quents &#034;. Ce pseudonyme n'avait pas &#233;t&#233; choisi par hasard. Le bolchevisme, et lui seulement, avait la hardiesse de pousser jusqu'au bout les mots d'ordre de la d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire. Mais, dans la prognose de la r&#233;volution, il ne les d&#233;passait pas. Or, la guerre, ayant li&#233; indissolublement la d&#233;mocratie bourgeoise avec l'imp&#233;rialisme, montra d&#233;finitivement que le programme de la &#034; d&#233;mocratie cons&#233;quente &#034; ne pouvait &#234;tre rempli autrement que par une r&#233;volution prol&#233;tarienne. Celui des bolcheviks qui n'avait pas trouv&#233; cette explication dans la guerre devait &#234;tre pris fatalement &#224; l'improviste par la r&#233;volution et transform&#233; en un compagnon de route &#224; la gauche de la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, une &#233;tude scrupuleuse des documents qui caract&#233;risent la vie du parti pendant la guerre et au commencement de la r&#233;volution, malgr&#233; leurs lacunes extr&#234;mes et non forfuites, et, &#224; partir de 1923, malgr&#233; l'accroissement de l'esprit tendancieux, montre de plus en plus l'&#233;norme glissement id&#233;ologique op&#233;r&#233; par la couche sup&#233;rieure des bolcheviks pendant la guerre, quand la vie r&#233;guli&#232;re du parti avait, en fait, cess&#233;. La cause du glissement est double : rupture avec les masses, rupture avec l'&#233;migration, c'est-&#224;-dire, avant tout, avec Lenine, et comme r&#233;sultat : s'emp&#234;trer dans l'isolement et le provincialisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#034; Les Th&#232;ses d'Avril de Lenine - d&#233;clare une publication historique officielle - n'eurent vraiment pas de chance au Comit&#233; de Petrograd. En faveur de ces th&#232;ses qui faisaient &#233;poque, deux voix seulement se prononc&#232;rent, contre treize, avec une abstention. &#034; &#034; Trop hardies semblaient les conclusions de Lenine, m&#234;me &#224; ses disciples les plus enthousiastes &#034; - &#233;crit Podvo&#239;sky. Les d&#233;clarations de Lenine - d'apr&#232;s l'avis du Comit&#233; de Petrograd et de l'Organisation militaire - &#034; plac&#232;rent.., le parti des bolcheviks dans l'isolement et, par l&#224;, bien entendu, aggrav&#232;rent la situation du prol&#233;tariat et du parti au dernier degr&#233;. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Staline, &#224; la fin de mars, se pronon&#231;ait pour la d&#233;fense nationale, pour le soutien conditionnel du gouvernement provisoire, pour le manifeste pacifiste de Soukhanov, pour une fusion avec le parti de Ts&#233;r&#233;telli. &#034; J'ai partag&#233; cette position erron&#233;e - &#233;crivait lui-m&#234;me, r&#233;trospectivement, Staline, en 1924 - avec d'autres camarades du parti et n'y ai renonc&#233; enti&#232;rement qu'au milieu d'avril, en adh&#233;rant aux th&#232;ses de Lenine. Il fallait une nouvelle orientation. Cette nouvelle orientation a &#233;t&#233; donn&#233;e au parti par Lenine dans ses c&#233;l&#232;bres th&#232;ses d'avril... &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Kalinine, m&#234;me &#224; la fin d'avril, tenait encore pour un bloc &#233;lectoral avec les mencheviks. A la Conf&#233;rence du parti, Lenine disait : &#034; Je m'oppose vivement &#224; Kalinine, car un bloc avec... les chauvins est inconcevable... C'est trahir le socialisme. &#034; L'&#233;tat d'esprit de Kalinine ne faisait pas exception, m&#234;me &#224; Petrograd. A la Conf&#233;rence, l'on disait : &#034; L'ambiance asphyxiante de l'union, sous l'influence de Lenine, commence &#224; se dissiper. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
En province, la r&#233;sistance aux th&#232;ses de Lenine continua beaucoup plus longtemps, dans un certain nombre de r&#233;gions, presque jusqu'&#224; octobre. D'apr&#232;s le r&#233;cit d'un ouvrier de Kiev, Sivtsov, &#034; les id&#233;es expos&#233;es dans les th&#232;ses (de Lenine) ne furent pas tout de suite assimil&#233;es par toute l'organisation bolcheviste de Kiev. Un certain nombre de camarades, dont G. Piatakov, &#233;taient en d&#233;saccord avec les th&#232;ses... &#034; Un cheminot de Kharkov, Morgounov, raconte ceci : &#034; Les vieux bolcheviks jouissaient d'une grande influence parmi toute la masse des cheminots... Nombreux &#233;taient parmi les vieux bolcheviks ceux qui n'appartenaient pas &#224; notre fraction... Apr&#232;s la R&#233;volution de F&#233;vrier, certains, par erreur, adh&#233;r&#232;rent aux mencheviks, apr&#232;s quoi ils en rirent eux-m&#234;mes, se demandant comment la chose avait bien pu se passer. &#034; Les t&#233;moignages de cet ordre et de ce genre ne manquent pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout cela, une simple mention du r&#233;armement du parti effectu&#233; par Lenine en avril est consid&#233;r&#233;e maintenant par l'historiographie officielle comme un sacril&#232;ge. Au crit&#232;re historique les tout derniers historiens ont substitu&#233; celui du prestige de l'uniforme du parti. Ils n'ont m&#234;me pas le droit de citer &#224; ce sujet Staline qui, encore en 1924, &#233;tait forc&#233; de reconna&#238;tre toute la profondeur du revirement d'avril. &#034; Il fallut les fameuses th&#232;ses d'avril de Lenine pour que le parti p&#251;t d'embl&#233;e s'engager dans une nouvelle route. &#034; &#034; Nouvelle orientation &#034; et &#034; nouvelle route &#034;, c'est l&#224; le r&#233;armement du parti. Mais d&#233;j&#224;, six ans plus tard, Iaroslavsky, ayant rappel&#233;, en qualit&#233; d'historien, que Staline, au d&#233;but de la r&#233;volution, avait pris &#034; une position erron&#233;e dans les questions essentielles &#034;, fut traqu&#233; farouchement de tous c&#244;t&#233;s. L'idole du prestige est, de tous les monstres, le plus d&#233;vorant ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La tradition r&#233;volutionnaire du parti, la pression des ouvriers de la base, la critique de Lenine au sommet, forc&#232;rent la couche sup&#233;rieure du parti, dans le courant d'avril-mai, d'apr&#232;s les propres termes de Staline, &#034; &#224; s'engager dans une nouvelle voie &#034;, Mais il faudrait ignorer totalement la psychologie politique pour admettre qu'un simple vote d'adh&#233;sion aux th&#232;ses de Lenine signifiait une renonciation effective et compl&#232;te &#224; &#034; la position erron&#233;e sur les questions essentielles &#034;. En r&#233;alit&#233;, les points de vue vulgairement d&#233;mocratiques qui s'&#233;taient organiquement renforc&#233;s pendant les ann&#233;es de guerre, bien qu'ils s'adaptassent &#224; un nouveau programme, restaient en sourde opposition avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 6 ao&#251;t, Kamenev, malgr&#233; la r&#233;solution de la Conf&#233;rence d'avril des bolcheviks, se prononce au Comit&#233; ex&#233;cutif pour la participation &#224; la conf&#233;rence des social-patriotes qui se pr&#233;pare &#224; Stockholm. Dans l'organe central du parti, la d&#233;claration de Kamenev ne trouve aucune riposte. Lenine &#233;crit un article foudroyant qui ne para&#238;t, cependant, que dix jours apr&#232;s le discours de Kamenev. Il fallut la pression &#233;nergique de Lenine lui-m&#234;me, et d'autres membres du Comit&#233; central, pour obtenir de la r&#233;daction, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvait Staline, l'impression de la protestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des mouvements convulsifs d'ind&#233;cision se propag&#232;rent dans le Parti apr&#232;s les Journ&#233;es de Juillet : l'isolement de l'avant-garde prol&#233;tarienne effrayait bien des dirigeants, surtout en province. Pendant les journ&#233;es korniloviennes, ces peureux essayaient de se rapprocher des conciliateurs, ce qui eut pour cons&#233;quence un nouveau cri d'avertissement de Lenine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 30 ao&#251;t, Staline, en qualit&#233; de r&#233;dacteur en chef, imprime sans aucune r&#233;serve un article de Zinoviev, Ce qu'il ne faut pas faire, dirig&#233; contre la pr&#233;paration de l'insurrection- &#034; il faut regarder la v&#233;rit&#233; en face : &#224; Petrograd nous avons devant nous de nombreuses circonstances qui favorisent l'&#233;closion d'un soul&#232;vement du type de la Commune de Paris de 1871... &#034; Le 3 septembre, Lenine, dans une autre suite d'id&#233;es et sans d&#233;signer Zinoviev, mais le frappant par ricochet, &#233;crit : &#034; L'allusion &#224; la Commune est tr&#232;s superficielle et m&#234;me b&#234;te. Car, en premier lieu, les bolcheviks ont tout de m&#234;me appris quelque chose depuis 1871, ils n'auraient pas laiss&#233; une banque hors de leur mainmise, ils n'auraient pas renonc&#233; &#224; une offensive sur Versailles ; et, si les conditions avaient &#233;t&#233; telles, la Commune m&#234;me aurait pu vaincre. En outre, la Commune ne pouvait proposer au peuple du premier coup ce que pourront proposer les bolcheviks s'ils d&#233;tiennent le pouvoir, pr&#233;cis&#233;ment : la terre aux paysans, l'imm&#233;diate proposition de paix. &#034; C'&#233;tait un avertissement anonyme, mais non &#233;quivoque, non seulement &#224; Zinoviev, mais au r&#233;dacteur de la Pravda, Staline.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question du pr&#233;parlement scinda en deux le Comit&#233; central. La d&#233;cision de la fraction de la Conf&#233;rence dans le sens de la participation au pr&#233;parlement fut confirm&#233;e par de nombreux comit&#233;s locaux, sinon par la majorit&#233;. Il en fut ainsi, par exemple, &#224; Kiev. &#034; Sur la question de... l'entr&#233;e au pr&#233;parlement - &#233;crit dans ses Souvenirs E. Boch - la majorit&#233; du Comit&#233; se pronon&#231;a pour la participation et &#233;lut comme son repr&#233;sentant Piatakov. &#034; En de nombreux cas, comme ceux par exemple de Kamenev, de Rykov, de Piatakov et d'autres, on peut discerner une succession d'incertitudes : contre les th&#232;ses de Lenine en avril, contre le boycottage du pr&#233;parlement en septembre, contre le soul&#232;vement en octobre. Par contre, la couche suivante des cadres bolchevistes, plus proche des masses et politiquement plus neuve, adopta facilement le mot d'ordre du boycottage et contraignit &#224; se retourner brusquement les comit&#233;s, dont le Comit&#233; central. Sous l'influence des lettres de Lenine, la Conf&#233;rence de la ville de Kiev, par exemple, se pronon&#231;a par une &#233;crasante majorit&#233; contre son comit&#233;. C'est ainsi que, dans presque tous les durs tournants politiques, Lenine s'appuyait sur les couches inf&#233;rieures de l'appareil contre les plus hautes, ou bien sur la masse du parti contre l'appareil dans son ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les h&#233;sitations qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent Octobre &#233;taient, dans ces conditions, le moins faites pour prendre Lenine &#224; l'improviste. Il se trouva d'avance pr&#233;muni d'une perspicace d&#233;fiance, il veilla aux sympt&#244;mes alarmants, il partit des pires pr&#233;somptions et consid&#233;ra comme opportun de faire pression encore une fois plut&#244;t que de montrer de l'indulgence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le lendemain eut lieu, sur la demande de Lenine, la fameuse s&#233;ance du Comit&#233; central, o&#249; la question de l'insurrection fut pos&#233;e dans toute son acuit&#233;. De l'issue de cette s&#233;ance Lenine faisait d&#233;pendre sa politique int&#233;rieure : par le Comit&#233; central ou bien contre lui. &#034; O nouvelles fac&#233;ties de la joyeuse muse de l'Histoire ! - &#233;crit Soukhanov. Cette s&#233;ance d&#233;cisive des hauts dirigeants eut lieu chez moi, dans mon logement, toujours dans la m&#234;me rue Karpovka (32, logement 31). Mais tout cela se passait &#224; mon insu. &#034; La femme du menchevik Soukhanov &#233;tait bolcheviste. &#034; Cette fois-l&#224;, des mesures particuli&#232;res furent prises pour me faire passer la nuit ailleurs : pour le moins, ma femme se renseigna exactement sur mes intentions et me donna un conseil amical et d&#233;sint&#233;ress&#233;, celui de ne pas me donner trop de fatigue apr&#232;s un long voyage. En tout cas, la haute assembl&#233;e &#233;tait compl&#232;tement garantie contre une incursion de mon c&#244;t&#233;. &#034; La r&#233;union se trouva, chose beaucoup plus importante, garantie contre une incursion de la police de K&#233;rensky.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur vingt et un membres du Comit&#233; central, douze &#233;taient pr&#233;sents. Lenine arriva coiff&#233; d'une perruque, portant lunettes et ras&#233;. La s&#233;ance dura environ dix heures sans interruption, jusqu'&#224; la nuit profonde. Pendant une suspension, l'on but du th&#233; avec du pain et du saucisson pour reprendre des forces. Et l'on avait besoin d'en prendre : il s'agissait de se saisir du pouvoir dans l'ancien Empire des tsars. Comme toujours, la s&#233;ance commen&#231;a par un rapport sur l'organisation de Sverdlov. Cette fois, les informations qu'il donna &#233;taient consacr&#233;es au front et, de toute &#233;vidence, pr&#233;alablement concert&#233;es avec Lenine afin de lui donner un appui pour les d&#233;ductions n&#233;cessaires : cela r&#233;pondait tout &#224; fait aux proc&#233;d&#233;s habituels de Lenine. Les repr&#233;sentants des arm&#233;es du front Nord faisaient savoir, par l'interm&#233;diaire de Sverdlov, que le commandement contre-r&#233;volutionnaire pr&#233;parait &#034; une affaire louche en ramenant les troupes sur l'arri&#232;re &#034;. De Minsk, de l'Etat-major du front Ouest, l'on communiquait que se pr&#233;parait l&#224; une nouvelle aventure kornilovienne. En raison de l'&#233;tat d'esprit r&#233;volutionnaire de la garnison locale, l'Etat-major avait fait cerner la ville par des contingents de Cosaques. &#034; Il se m&#232;ne des pourparlers d'un caract&#232;re douteux entre les Etats-majors et le Grand Quartier G&#233;n&#233;ral. &#034; Il est tout &#224; fait possible de mettre la main sur l'Etat-major &#224; Minsk : la garnison locale est pr&#234;te &#224; d&#233;sarmer les Cosaques qui l'encerclent. L'on peut &#233;galement exp&#233;dier de Minsk un corps d'arm&#233;e r&#233;volutionnaire sur Petrograd. Au front, on est bien dispos&#233; pour les bolcheviks, on marchera contre K&#233;rensky. Telle est l'entr&#233;e en mati&#232;re : elle n'est pas suffisamment nette dans toutes ses parties, mais elle a un caract&#232;re tout &#224; fait r&#233;confortant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenine passe tout de suite &#224; l'offensive : &#034; Depuis le d&#233;but de septembre, on observe une sorte d'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de l'insurrection. &#034; On all&#232;gue un refroidissement et une d&#233;sillusion des masses. Ce n'est pas &#233;tonnant : &#034; les masses sont exc&#233;d&#233;es de paroles et de r&#233;solutions &#034;. Il faut prendre la situation dans son ensemble. Les &#233;v&#233;nements, dans les villes, s'accomplissent maintenant sur le fond d'un gigantesque mouvement de paysans. Pour &#233;touffer le soul&#232;vement agraire, le gouvernement aurait besoin de forces colossales. &#034; La situation politique est ainsi toute pr&#234;te. Il faut parler du c&#244;t&#233; technique. Tout se ram&#232;ne &#224; cela. Or, nous, apr&#232;s les partisans de la d&#233;fense nationale, sommes enclins &#224; consid&#233;rer la pr&#233;paration syst&#233;matique de l'insurrection comme une sorte de p&#233;ch&#233; politique. &#034; Le rapporteur mod&#232;re &#233;videmment ses termes : il en a trop sur le c&#339;ur. &#034; Il faut profiter du Congr&#232;s r&#233;gional des Soviets du Nord et de la proposition de Minsk pour engager une action r&#233;solue. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s du Nord s'ouvrit le jour m&#234;me de la s&#233;ance du Comit&#233; central et devait se terminer dans deux ou trois jours. Lenine consid&#233;rait comme la t&#226;che des tout prochains jours &#034; l'engagement d'une action r&#233;solue &#034;, On ne peut attendre. On ne peut diff&#233;rer. Sur le front &#8211; nous l'avons entendu de Sverdlov - on pr&#233;pare un coup d'Etat. Y aura-t-il un congr&#232;s des soviets ? On n'en sait rien. Il faut prendre le pouvoir imm&#233;diatement, sans attendre aucun congr&#232;s. &#034; Intraduisible, inexprimable - &#233;crivait Trotsky quelques ann&#233;es apr&#232;s - resta l'esprit g&#233;n&#233;ral de ces improvisations opini&#226;tres et passionn&#233;es, p&#233;n&#233;tr&#233;es du d&#233;sir de transmettre aux objecteurs, aux h&#233;sitants, aux incertains, sa pens&#233;e, sa volont&#233;, son assurance, son courage... &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenine s'attendait &#224; une grande r&#233;sistance. Mais ses appr&#233;hensions se dissip&#232;rent vite. L'unanimit&#233; avec laquelle le Comit&#233; central avait repouss&#233; en septembre la proposition d'un soul&#232;vement imm&#233;diat avait un caract&#232;re &#233;pisodique : l'aile gauche s'&#233;tait prononc&#233;e contre &#034; l'encerclement du th&#233;&#226;tre Alexandra &#034; en tenant compte de la conjoncture ; l'aile droite, pour des motifs de strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale qui, pourtant, n'avaient pas encore &#233;t&#233; m&#233;dit&#233;s &#224; fond jusqu'&#224; ce moment. Durant les trois semaines &#233;coul&#233;es, le Comit&#233; central avait consid&#233;rablement &#233;volu&#233; vers la gauche. Dix voix contre deux se prononc&#232;rent pour l'insurrection. C'&#233;tait une s&#233;rieuse Victoire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Peu apr&#232;s l'insurrection, &#224; une nouvelle &#233;tape de la lutte &#224; l'int&#233;rieur du parti, Lenine rappela, au cours de d&#233;bats au Comit&#233; de Petrograd, comment, en s&#233;ance du Comit&#233; central, il &#034; avait eu peur de l'opportunisme de la part des internationalistes unificateurs, mais cela s'&#233;tait dissip&#233; ; dans notre parti, certains membres (du Comit&#233; central) n'ont pas &#233;t&#233; d'accord- cela m'a beaucoup chagrin&#233; &#034;. Parmi les &#034; internationalistes &#034;, exception faite de Trotsky, que Lenine ne pouvait gu&#232;re avoir en vue, le &#034;Comit&#233; central se composait de : Ioffe, futur ambassadeur &#224; Berlin ; Ouritsky, futur chef de la Tcheka &#224; Petrograd ; et Sokolnikov, le futur cr&#233;ateur du tchervonetz : tous trois se rang&#232;rent du c&#244;t&#233; de Lenine. Comme adversaires, se pronon&#231;aient deux vieux bolcheviks qui, par leur action pass&#233;e, avaient &#233;t&#233; les plus proches de Lenine : Zinoviev et Kamenev. C'est d'eux qu'il s'agit quand L&#233;nine dit : &#034; Cela m'a extr&#234;mement chagrin&#233;. &#034; La s&#233;ance du 10 consista presque enti&#232;rement en une pol&#233;mique passionn&#233;e avec Zinoviev et Kamenev : Lenine menait l'offensive, les autres venaient &#224; lui successivement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;solution r&#233;dig&#233;e en h&#226;te par Lenine, avec un petit bout de crayon sur une feuille de papier quadrill&#233; d'&#233;colier, &#233;tait d'une architecture tr&#232;s imparfaite, mais en revanche donnait un solide appui pour le courant dans le sens de l'insurrection. &#034; Le Comit&#233; central reconna&#238;t que, de m&#234;me que la situation internationale de la r&#233;volution russe (le soul&#232;vement de la flotte en Allemagne comme extr&#234;me manifestation de l'accroissement dans toute l'Europe de la r&#233;volution socialiste mondiale, ensuite la menace de paix des imp&#233;rialistes dans le but d'&#233;touffer la r&#233;volution en Russie), ainsi la situation militaire (indiscutable d&#233;cision de la bourgeoisie russe, de K&#233;rensky et cie de livrer Piter aux Allemands) - tout cela en liaison avec le soul&#232;vement paysan et avec le revirement de la confiance populaire vers notre parti (&#233;lections &#224; Moscou), enfin l'&#233;vidente pr&#233;paration d'une deuxi&#232;me aventure kornilovienne (&#233;vacuation des troupes de Piter, exp&#233;dition &#224; Piter de Cosaques, encerclement de Minsk par des Cosaques, etc.) - tout cela met &#224; l'ordre du jour l'insurrection arm&#233;e. Reconnaissant ainsi que l'insurrection arm&#233;e est in&#233;vitable, et qu'elle est compl&#232;tement m&#251;re, le Comit&#233; central invite toutes les organisations du parti &#224; se guider l&#224;-dessus, &#224; discuter et &#224; r&#233;soudre de ce point de vue toutes les questions pratiques (Coup&#233;s des Soviets de la r&#233;gion du Nord, &#233;vacuation des troupes de Piter, mouvements des troupes de Moscou et de Minsk, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est remarquable, tant pour l'appr&#233;ciation du moment que pour la caract&#233;ristique de l'auteur, c'est l'ordre m&#234;me des conditions de l'insurrection : en premier lieu, la r&#233;volution mondiale m&#251;rit ; l'insurrection en Russie n'est consid&#233;r&#233;e que comme un anneau de la cha&#238;ne g&#233;n&#233;rale. C'est l'invariable position de d&#233;part de Lenine, ce sont ses grandes pr&#233;misses : il ne pouvait faire autrement. La t&#226;che de l'insurrection est pos&#233;e directement comme celle du parti : la question difficile d'un accord avec les Soviets sur la pr&#233;paration du soul&#232;vement n'est pas abord&#233;e pour le moment. Pas un mot pour &#233;voquer le Congr&#232;s panrusse des soviets. En qualit&#233; de points d'appui pour l'insurrection, au Congr&#232;s r&#233;gional du Nord et &#034; au mouvement des troupes de Moscou et de Minsk &#034;, sont ajout&#233;s, sur les instances de Trotsky, les mots : &#034; l'&#233;vacuation des troupes de Piter &#034;. C'&#233;tait la seule allusion au plan d'insurrection qui s'imposait dans la capitale par la marche m&#234;me des &#233;v&#233;nements. Personne ne proposa d'amendement du point de vue tactique &#224; la r&#233;solution qui d&#233;terminait le point de d&#233;part strat&#233;gique de l'insurrection contre Zinoviev et Kamenev, lesquels niaient la n&#233;cessit&#233; m&#234;me du soul&#232;vement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tentatives faites plus tard par l'historiographie officieuse pour pr&#233;senter les choses de telle fa&#231;on que tous les dirigeants du parti, sauf Zinoviev et Kamenev, se seraient prononc&#233;s pour l'insurrection, sont d&#233;molies par les faits et les documents. Sans omettre de dire que ceux qui votaient pour l'insurrection &#233;taient fr&#233;quemment dispos&#233;s &#224; la diff&#233;rer jusqu'&#224; une date ind&#233;termin&#233;e, les adversaires avou&#233;s de l'insurrection, Zinoviev et Kamenev, n'&#233;taient pas isol&#233;s, m&#234;me au sein du Comit&#233; central : leur point de vue &#233;tait enti&#232;rement partag&#233; par Rykov et Noguine, absents de la s&#233;ance du 10, et Milioutine leur &#233;tait proche. &#034; Aux sommets du parti, l'on observe des fluctuations, une sorte de peur de la lutte pour le pouvoir &#034; - tel est le t&#233;moignage de Lenine lui-m&#234;me. D'apr&#232;s Antonov-Saratovsky, Milioutine, qui arriva apr&#232;s le 10 &#224; Saratov, &#034; parlait d'une lettre d'Illitch exigeant &#034; qu'on s'y mette &#034;, parlant des tergiversations du Comit&#233; central, de &#034; l'&#233;chec &#034; primitif de la proposition de Lenine, de son indignation, et, enfin, de ceci que tout s'orientait vers l'insurrection &#034;. Le bolchevik Sadovsky &#233;crivit plus tard au sujet &#034; d'un certain manque d'assurance et de d&#233;termination qui r&#233;gnait en ce temps-l&#224;. M&#234;me au sein de notre Comit&#233; central, en cette p&#233;riode, il y avait, comme on sait, des frictions, des conflits, on se demandait comment commencer et s'il fallait commencer &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sadovsky lui-m&#234;me &#233;tait, en cette p&#233;riode, un des dirigeants de la Section militaire du Soviet et de l'Organisation militaire des bolcheviks. Mais, pr&#233;cis&#233;ment, les membres de l'Organisation militaire, comme on le voit par un certain nombre de M&#233;moires, consid&#233;raient avec une extr&#234;me pr&#233;vention en octobre l'id&#233;e d'une insurrection : le caract&#232;re sp&#233;cifique de l'Organisation inclinait les dirigeants &#224; sous-estimer les conditions politiques et &#224; surestimer les conditions techniques. Le 16 octobre, Krylenko disait dans un rapport : &#034; La majorit&#233; du Bureau (de l'Organisation militaire) estime qu'il ne faut pas pousser pratiquement la question trop &#224; fond, mais la minorit&#233; pense que l'on peut prendre sur soi l'initiative. &#034; Le 18, un autre membre &#233;minent de l'Organisation militaire, Lachevitch, disait : &#034; Ne faut-il pas prendre le pouvoir tout de suite ? J'estime qu'il ne faut pas forcer les &#233;v&#233;nements... Rien ne garantit que nous puissions garder le pouvoir... Le plan strat&#233;gique propos&#233; par Lenine cloche des quatre pieds. &#034; Antonov-Ovs&#233;enko raconte l'entrevue des principaux militants de l'Organisation militaire avec Lenine : &#034; Podvo&#239;sky exprimait des doutes, Nevsky tant&#244;t le soutenait, tant&#244;t c&#233;dait au ton assur&#233; d'Illitch : j'exposais la situation en Finlande... L'assurance et la fermet&#233; d'Illitch ont une action fortifiante sur moi et encouragent Nevsky, mais Podvo&#239;sky s'obstine dans ses doutes. &#034; Il ne faut point perdre de vue que, dans tous les Souvenirs de cette sorte, les doutes sont dessin&#233;s en couleurs d'aquarelle, les assurances avec de fortes touches de couleurs &#224; l'huile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre l'insurrection se pronon&#231;a r&#233;solument Tchoudnovsky. Sceptique, Manouilsky r&#233;p&#233;tait, en mani&#232;re d'avertissement, que &#034; le front n'&#233;tait pas avec nous &#034;. Contre le soul&#232;vement s'&#233;levait Tornsky. Volodarsky soutenait Zinoviev et Kamenev. Les adversaires de l'insurrection &#233;taient loin de se prononcer tous ouvertement. En s&#233;ance du Comit&#233; de Petrograd, le 15, Kalinine disait : &#034; La r&#233;solution du Comit&#233; central est une des meilleures qu'il ait jamais adopt&#233;es... Nous sommes pratiquement arriv&#233;s &#224; l'insurrection arm&#233;e. Mais, quand cela sera-t-il possible ? Peut-&#234;tre dans un an - l'on n'en sait rien. &#034; Un &#034; accord &#034; de ce genre avec le Comit&#233; central des plus caract&#233;ristiques pour Kalinine, n'&#233;tait pourtant point particulier &#224; lui seul. Nombreux furent ceux qui adh&#233;r&#232;rent &#224; la r&#233;solution pour prendre ainsi des assurances dans leur lutte contre le soul&#232;vement.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Moscou, c'est dans les cercles dirigeants qu'il y eut le moins d'unanimit&#233;. Le Bureau r&#233;gional soutenait Lenine. Au Comit&#233; de Moscou, les fluctuations &#233;taient tr&#232;s consid&#233;rables, l'opinion pr&#233;dominante &#233;tait de diff&#233;rer. Le Comit&#233; provincial prenait une attitude ind&#233;termin&#233;e, et, en outre, au Bureau r&#233;gional, d'apr&#232;s les termes de Iakovleva, l'on estimait qu'au moment d&#233;cisif le Comit&#233; Provincial pencherait du c&#244;t&#233; des adversaires du soul&#232;vement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La victoire m&#234;me de l'insurrection &#224; Petrograd fut encore loin de briser partout l'inertie de l'expectative et la r&#233;sistance directe de l'aile droite. Le flottement de la direction faillit amener par la suite l'effondrement de l'insurrection &#224; Moscou. A Kiev, le Comit&#233; dirig&#233; par Piatakov, qui menait une politique purement d&#233;fensive, transmit, en fin de compte, l'initiative et, ensuite, le pouvoir m&#234;me &#224; la Rada. &#034; L'organisation de notre parti &#224; Voron&#232;je - raconte Vratchev - h&#233;sitait extr&#234;mement. Le coup d'Etat, m&#234;me &#224; Voron&#232;je... fut accompli non par le Comit&#233; du parti, mais par son active minorit&#233; &#224; la t&#234;te de laquelle &#233;tait Mo&#239;sseev. &#034; Dans bon nombre de chefs-lieux de province, les bolcheviks firent bloc en octobre avec les conciliateurs &#034; pour combattre la contre-r&#233;volution &#034;, comme si les conciliateur n'&#233;taient pas &#224; ce moment un des plus importants soutiens de celle-ci. Presque partout, il fallait tr&#232;s souvent une impulsion simultan&#233;e et d'en haut et d'en bas pour briser les derni&#232;res h&#233;sitations du Comit&#233; local, l'obliger &#224; rompre avec les conciliateurs et &#224; prendre la t&#232;te du mouvement. &#034; La fin d'octobre et le commencement de novembre furent v&#233;ritablement des journ&#233;es &#034; de trouble profond &#034; dans les milieux de notre parti. Nombreux &#233;taient ceux qui se laissaient rapidement gagner par l'ambiance &#034; - rappelle Chliapnikov, qui paya lui-m&#234;me un large tribut aux h&#233;sitations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces &#233;l&#233;ments qui, comme par exemple les bolcheviks de Kharkov, se trouv&#232;rent au d&#233;but de la r&#233;volution dans le camp des mencheviks, et, ensuite, se demandaient avec stup&#233;faction &#034; comment cela avait bien pu se faire &#034;, ne trouv&#232;rent pas, pendant les Journ&#233;es d'Octobre, o&#249; se mettre en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, h&#233;sit&#232;rent, temporis&#232;rent. Avec d'autant plus d'assurance, ils firent &#233;tat de leurs droits de &#034; vieux bolcheviks &#034; dans la p&#233;riode de la r&#233;action id&#233;ologique. Si consid&#233;rable qu'ait &#233;t&#233;, en ces derni&#232;res ann&#233;es, le travail destin&#233; &#224; dissimuler de tels faits, ind&#233;pendamment m&#234;me des archives secr&#232;tes, inaccessibles pour l'instant &#224; l'&#233;rudit, il subsiste, dans les journaux de ce temps-l&#224;, dans les M&#233;moires, dans les revues historiques, un bon nombre de t&#233;moignages prouvant que l'appareil m&#234;me du parti le plus r&#233;volutionnaire opposa, la veille de l'insurrection, une grande force de r&#233;sistance. Dans la bureaucratie s'installe, in&#233;vitablement, l'esprit conservateur. L'appareil ne peut remplir sa fonction r&#233;volutionnaire qu'autant qu'il demeure un instrument au service du parti, c'est-&#224;-dire subordonn&#233; &#224; une id&#233;e et contr&#244;l&#233; par la masse.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;solution du 10 octobre prit une importance consid&#233;rable. Elle assura du coup aux v&#233;ritables partisans de l'insurrection le terrain solide du droit dans le parti. Dans toutes les organisations du parti, dans toutes les cellules, commenc&#232;rent &#224; prendre la premi&#232;re place les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;solus. Les organisations du parti, &#224; commencer par celles de Petrograd, se ramass&#232;rent, calcul&#232;rent leurs forces et leurs ressources, raffermirent leurs liaisons et donn&#232;rent &#224; la campagne pour l'insurrection un caract&#232;re plus concentr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la r&#233;solution ne mit pas fin aux dissentiments dans le Comit&#233; central. Au contraire, elle leur donna forme et les ext&#233;riorisa. Zinoviev et Kamenev qui r&#233;cemment, se sentaient, dans une certaine partie des sph&#232;res dirigeantes, entour&#233;s d'une atmosph&#232;re de sympathie, observ&#232;rent avec effroi combien rapide &#233;tait le mouvement vers la gauche. Ils r&#233;solurent de ne plus perdre de temps et diffus&#232;rent le lendemain m&#234;me un long appel aux membres du parti. &#034; Devant l'Histoire, devant le prol&#233;tariat international, devant la r&#233;volution russe et la classes ouvri&#232;re de Russie -&#233;crivaient-ils - nous n'avons pas le droit maintenant de jouer tout l'avenir sur la carte de l'insurrection arm&#233;e. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur perspective &#233;tait d'entrer, en qualit&#233; de forte opposition du parti, dans l'Assembl&#233;e constituante, laquelle &#034; ne pourrait s'appuyer que sur les Soviets dans son travail r&#233;volutionnaire &#034;, De l&#224; la formule : &#034; L'Assembl&#233;e constituante et les Soviets, voil&#224; le type combin&#233; des institutions &#233;tatiques vers lequel nous marchons. &#034; L'Assembl&#233;e constituante o&#249; l'on supposait que les bolcheviks seraient en minorit&#233;, et les Soviets o&#249; les bolcheviks &#233;taient en majorit&#233;, c'est-&#224;-dire l'organe de la bourgeoisie et l'organe du prol&#233;tariat, doivent &#234;tre &#034; combin&#233;s &#034; dans le syst&#232;me pacifique de la dualit&#233; de pouvoirs. Cela n'avait pas r&#233;ussi m&#234;me sous la domination des conciliateurs. Comment donc cela aurait-il pu r&#233;ussir avec des soviets bolchevis&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Ce serait une profonde erreur historique, disaient pour terminer Zinoviev et Kamenev, si l'on posait la question du passage du pouvoir au parti prol&#233;tarien de cette fa&#231;on : ou bien tout de suite, ou jamais. Non. Le parti du prol&#233;tariat grandira, son programme s'&#233;claircira pour des masses de plus en plus &#233;tendues. &#034; L'espoir d'une incessante croissance du bolchevisme, ind&#233;pendamment de la marche r&#233;elle des conflits de classe, contredisait irr&#233;ductiblement le leitmotiv de Lenine &#224; cette &#233;poque : &#034; Le succ&#232;s de la r&#233;volution russe et mondiale d&#233;pend de deux ou trois jours de lutte. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est gu&#232;re n&#233;cessaire d'ajouter que, dans ce dialogue dramatique, c'&#233;tait Lenine qui avait enti&#232;rement raison. Il est impossible de disposer &#224; son gr&#233; d'une situation r&#233;volutionnaire. Si les bolcheviks n'avaient pas pris le pouvoir en octobre-novembre, ils ne l'auraient vraisemblablement jamais pris. Au lieu d'une ferme direction, les masses auraient trouv&#233; chez les bolcheviks toujours les m&#234;mes divergences fastidieuses entre la parole et l'action et se seraient dissoci&#233;es du parti qui aurait tromp&#233; leurs esp&#233;rances pendant deux ou trois mois, de m&#234;me qu'elles s'&#233;taient d&#233;tach&#233;es des socialistes-r&#233;volutionnaires et des mencheviks. Une partie des travailleurs serait tomb&#233;e dans l'indiff&#233;rence, une autre aurait consum&#233; ses forces dans des mouvements convulsifs, dans des explosions anarchiques, dans des escarmouches de partisans, dans la terreur de la vengeance et du d&#233;sespoir. Reprenant ainsi son souffle, la bourgeoisie en aurait profit&#233; pour conclure une paix s&#233;par&#233;e avec le Hohenzollern et pour &#233;craser les organisations r&#233;volutionnaires. La Russie e&#251;t &#233;t&#233; de nouveau ins&#233;r&#233;e dans le cercle des Etats capitalistes, &#224; titre de pays &#224; demi imp&#233;rialiste, &#224; demi colonial. L'insurrection prol&#233;tarienne e&#251;t &#233;t&#233; report&#233;e dans un lointain ind&#233;termin&#233;. La vive compr&#233;hension de cette perspective inspirait &#224; Lenine son cri d'alarme : &#034; Le succ&#232;s de la r&#233;volution russe et mondiale d&#233;pend de deux ou trois jours de lutte. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais maintenant, apr&#232;s le 10, la situation dans le parti s'&#233;tait radicalement modifi&#233;e. Lenine n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus un &#034; oppositionnel &#034; isol&#233; dont les propositions &#233;taient repouss&#233;es par le Comit&#233; central. Ce fut l'aile droite qui se trouva isol&#233;e. Lenine n'avait plus besoin d'acqu&#233;rir sa libert&#233; d'agitation au prix de sa d&#233;mission. La l&#233;galit&#233; &#233;tait de son c&#244;t&#233;. Par contre, Zinoviev et Kamenev, ayant mis en circulation leur document dirig&#233; contre la r&#233;solution adopt&#233;e par la majorit&#233; du Comit&#233; central, se trouv&#232;rent avoir viol&#233; la discipline. Or, Lenine, dans la lutte, ne laissait pas impunie m&#234;me la moindre b&#233;vue de l'adversaire !&lt;br class='autobr' /&gt;
A la s&#233;ance du 10, l'on &#233;lut, sur la proposition de Dzerjinski, un bureau politique de sept personnes : Lenine, Trotsky, Zinoviev, Kamenev, Staline, Sokolnikov, Boubnov. La nouvelle institution s'av&#233;ra cependant tout &#224; fait non viable : Lenine et Zinoviev se cachaient encore ; en outre, Zinoviev continuait &#224; mener la lutte contre l'insurrection, de m&#234;me que Kamenev. Le Bureau politique constitu&#233; en octobre ne se r&#233;unit pas une seule fois et on l'oublia bient&#244;t tout simplement, ainsi que d'autres organisations qui avaient &#233;t&#233; form&#233;es ad hoc dans le remous des &#233;v&#233;nements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun plan pratique d'insurrection, m&#234;me approximatif, ne fut esquiss&#233; &#224; la s&#233;ance du 10. Mais, sans le mentionner dans la r&#233;solution, il fut convenu que l'insurrection devait pr&#233;c&#233;der le Congr&#232;s des soviets et commencer si possible le 15 octobre au plus tard. Cette date n'&#233;tait pas accept&#233;e volontiers de tous : elle &#233;tait trop rapproch&#233;e, &#233;videmment, pour permettre de prendre de l'&#233;lan dans Petrograd. Mais insister sur un d&#233;lai, c'e&#251;t &#233;t&#233; soutenir les droites et brouiller les cartes. Au surplus, il n'est jamais trop tard pour diff&#233;rer ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; A la Conf&#233;rence du 16, Zinoviev, insistant pour faire rapporter la r&#233;solution prise six jours auparavant, d&#233;clarait : &#034; Nous devons nous dire nettement que, dans les cinq journ&#233;es qui vont suivre, nous n'organisons pas de soul&#232;vement &#034; ; il s'agissait des cinq journ&#233;es qui restaient encore jusqu'au Congr&#232;s des soviets. Kamenev qui, &#224; la m&#234;me Conf&#233;rence, d&#233;montrait que &#034; fixer la date de l'insurrection, c'&#233;tait courir &#224; l'aventure &#034;, rappelait encore : &#034; Nagu&#232;re, on disait que l'insurrection doit avoir lieu avant le 20. &#034; Personne ne lui objecta rien l&#224;-dessus et ne pouvait r&#233;pliquer. C'est l'ajournement de l'insurrection que Kamenev interpr&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment comme la ruine de la r&#233;solution de Lenine. Pour l'insurrection, d'apr&#232;s ses propres termes, &#034; en cette derni&#232;re semaine, l'on avait rien fait &#034;, Il y a l&#224; une &#233;vidente exag&#233;ration : la date fix&#233;e, tous se virent oblig&#233;s de mettre dans leurs plans plus de rigueur et d'acc&#233;l&#233;rer le rythme du travail. Mais il est hors de doute que le d&#233;lai de cinq jours fix&#233; &#224; la s&#233;ance du 10 se trouva trop court. Un d&#233;lai s'impos&#226;t d'&#233;vidence. C'est seulement le 17 que le Comit&#233; ex&#233;cutif central reporta l'ouverture du Congr&#232;s des soviets au 25 octobre. Cet ajournement tomba tout &#224; fait &#224; propos. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alarm&#233; par les atermoiements, Lenine, &#224; qui, dans son isolement les frictions int&#233;rieures devaient in&#233;vitablement appara&#238;tre sous des aspects exag&#233;r&#233;s, insista pour la convocation d'une nouvelle assembl&#233; du Comit&#233; central avec les repr&#233;sentants des principales motions de militants dans la capitale. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette conf&#233;rence, le 16, dans la banlieue de la ville, &#224; Lessny, que Zinoviev et Kamenev formul&#232;rent les motifs cit&#233;s ci-dessus pour contremander la date pr&#233;c&#233;demment fix&#233;e, en s'opposant &#224; la fixation d'une nouvelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dissensions recommenc&#232;rent, deux fois plus vives. Milioutine estimait que &#034; nous n'&#233;tions pas pr&#234;ts pour porter le premier coup... Une autre perspective surgit : un conflit arm&#233;... Il grossit, la possibilit&#233; se rapproche. Et nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; cette collision. Mais cette perspective est diff&#233;rente d'une insurrection &#034;, Milioutine se pla&#231;ait sur une position d&#233;fensive que pr&#233;conisaient plus nettement Zinoviev et Kamenev. Schotmann, vieil ouvrier de Petrograd, ayant pass&#233; par toute l'histoire du parti, affirmait qu'&#224; la conf&#233;rence de la ville et au Comit&#233; de Petrograd, et dans l'Organisation militaire, l'&#233;tat d'esprit &#233;tait bien moins combatif que dans le Comit&#233; central. &#034; Nous ne pouvons pas marcher encore, mais nous devons nous pr&#233;parer. &#034; Lenine attaquait Milioutine et Schotmann pour leur appr&#233;ciation pessimiste du rapport des forces : &#034; Il ne s'agit pas d'une lutte contre l'arm&#233;e, mais d'une lutte d'une partie de l'arm&#233;e contre l'autre... Les faits prouvent que nous avons la pr&#233;pond&#233;rance sur l'ennemi. Pourquoi le Comit&#233; central ne peut-il commencer ? &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky &#233;tait absent de la s&#233;ance : &#224; ces heures m&#234;mes, il faisait adopter par le Soviet le statut du Comit&#233; militaire r&#233;volutionnaire, Mais le point de vue qui s'&#233;tait d&#233;finitivement &#233;tabli &#224; Smolny pendant les derniers jours &#233;tait d&#233;fendu par Krylenko, qui venait de mener, coude &#224; coude avec Trotsky et Antonov-Ovs&#233;enko, le Congr&#232;s r&#233;gional des soviets du Nord. Krylenko pensait que, sans aucun doute, &#034; l'eau avait suffisamment bouilli &#034; ; rapporter la r&#233;solution sur le soul&#232;vement &#034; serait la plus grave erreur &#034;. Il est toutefois en d&#233;saccord avec Lenine &#034; sur la question de savoir qui commencera et comment commencer &#034;. Il n'est pas encore rationnel pour l'instant de fixer nettement le jour de l'insurrection. &#034; Mais la question de l'&#233;vacuation des troupes est justement le motif qui provoquera la bataille... Le fait d'une offensive contre nous existe ainsi et l'on peut l'utiliser... Il n'est pas utile de s'inqui&#233;ter de savoir qui commencera, car c'est d&#233;j&#224; commenc&#233;. &#034; Krylenko exposait et pr&#233;conisait la politique qui servait de base au Comit&#233; militaire r&#233;volutionnaire et &#224; la Conf&#233;rence de la garnison. L'insurrection se d&#233;veloppa ensuite pr&#233;cis&#233;ment dans cette voie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenine ne r&#233;pondit rien aux paroles de Krylenko : le vivant tableau des six derni&#232;res journ&#233;es &#224; Petrograd ne s'&#233;tait pas d&#233;roul&#233; sous ses yeux. Lenine craignait les atermoiements. Son attention &#233;tait dirig&#233;e sur les adversaires directs de l'insurrection. Toutes r&#233;serves, toutes formules conventionnelles, toutes r&#233;ponses insuffisamment cat&#233;goriques, il &#233;tait enclin &#224; les interpr&#233;ter comme un appui indirect &#224; Zinoviev et &#224; Kamenev, qui se pronon&#231;aient contre lui avec l'intr&#233;pidit&#233; d'hommes ayant br&#251;l&#233; leurs vaisseaux. &#034; Les r&#233;sultats de la semaine - argumentait Kamenev - d&#233;montrent qu'il n'y a pas en ce moment de donn&#233;es favorables &#224; l'insurrection. Nous n'avons point d'appareil pour le soul&#232;vement ; chez nos ennemis, l'appareil est beaucoup plus fort et, probablement, s'est encore accru pendant cette semaine... Ici se combattent deux tactiques : celle de la conspiration et celle de la confiance donn&#233;e aux forces actives de la r&#233;volution russe. &#034; Les opportunistes donnent toujours leur confiance aux &#034; forces actives &#034; au moment o&#249; il faut se battre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenine r&#233;pliquait : &#034; Si l'on estime que l'insurrection est m&#251;re, inutile de parler de conspiration. Si, politiquement, l'insurrection est in&#233;vitable, il faut consid&#233;rer l'insurrection comme un art. &#034; C'est pr&#233;cis&#233;ment sur cette ligne que se d&#233;veloppait dans le parti le d&#233;bat essentiel, effectivement de principe, dont la solution, en tel ou tel sens, d&#233;terminait les destin&#233;es de la r&#233;volution. Cependant, dans le cadre g&#233;n&#233;ral du raisonnement de Lenine qui ralliait la majorit&#233; du Comit&#233; central, surgissaient des questions subsidiaires, mais extr&#234;mement importantes : comment, sur la base d'une situation politique arriv&#233;e &#224; maturit&#233;, en venir &#224; l'insurrection ? Quelle passerelle choisir de la politique &#224; la technique du soul&#232;vement ? Et comment guider les masses sur cette passerelle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ioffe, qui appartenait &#224; l'aile gauche, soutenait la r&#233;solution du 10. Mais il faisait une objection &#224; Lenine, sur un point : &#034; Il n'est pas exact qu'&#224; pr&#233;sent la question soit purement technique ; m&#234;me maintenant, la question du soul&#232;vement doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e du point de vue politique. &#034; Justement, la derni&#232;re semaine avait montr&#233; que, pour le parti, pour le Soviet, pour les masses, l'insurrection n'&#233;tait pas encore devenue une simple question de technique. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela que l'on ne put retenir la date que l'on avait fix&#233;e le 10.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle r&#233;solution de Lenine, appelant &#034; toutes les organisations et tous les ouvriers et soldats &#224; une pr&#233;paration multilat&#233;rale et renforc&#233;e de l'insurrection arm&#233;e &#034; est adopt&#233;e par vingt voix contre deux, celles de Zinoviev et de Kamenev, avec trois abstentions. Les historiens officiels all&#232;guent ces chiffres pour prouver la compl&#232;te insignifiance de l'opposition. Mais ils simplifient la question. La pouss&#233;e vers la gauche dans les profondes masses du parti &#233;tait d&#233;j&#224; si prononc&#233;e que les adversaires de l'insurrection, ne se d&#233;cidant pas &#224; parler ouvertement, se sentaient int&#233;ress&#233;s &#224; effacer la ligne de division de principes entre les deux camps. Si l'insurrection, malgr&#233; la date auparavant fix&#233;e, ne s'est pas r&#233;alis&#233;e avant le 16, ne peut-on obtenir que, dans la suite, l'on se borne &#224; suivre platoniquement &#034; le cours vers le soul&#232;vement &#034; ? Que Kalinine ne f&#251;t pas si isol&#233;, cela se manifesta .tr&#232;s clairement &#224; la m&#234;me s&#233;ance. La r&#233;solution de Zinoviev : &#034; Les manifestations avant d'avoir conf&#233;r&#233; avec la fraction bolcheviste du Congr&#232;s des soviets sont inadmissibles &#034;, est repouss&#233;e par quinze voix contre six avec trois abstentions. Voil&#224; o&#249; se produisit l'effective v&#233;rification des &#233;tats d'opinion ; un certain nombre de &#034; partisans &#034; de la r&#233;solution du Comit&#233; central voulaient en r&#233;alit&#233; diff&#233;rer la d&#233;cision jusqu'au Congr&#232;s des soviets et jusqu'&#224; une nouvelle conf&#233;rence avec les bolcheviks de province, pour la plupart plus mod&#233;r&#233;s. Ces derniers, en tenant compte des abstentions, se trouv&#232;rent au nombre de neuf sur vingt-quatre, c'est-&#224;-dire plus du tiers. C'est encore, bien entendu, une minorit&#233;, mais, pour l'&#233;tat-major, elle est assez consid&#233;rable. L'irr&#233;m&#233;diable faiblesse de cet &#233;tat-major &#233;tait d&#233;termin&#233;e par ceci qu'il n'avait aucun appui &#224; la base du parti et dans la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, Kamenev, d'accord avec Zinoviev, remit au journal de Gorki une d&#233;claration portant contre la r&#233;solution qui avait &#233;t&#233; adopt&#233;e la veille. &#034; Non seulement moi et Zinoviev, mais un certain nombre de camarades-praticiens - ainsi s'exprimait Kamenev - trouvons que prendre sur nous l'initiative d'une insurrection arm&#233;e au moment pr&#233;sent, &#233;tant donn&#233; les rapports des forces sociales, ind&#233;pendamment et quelques jours avant le Congr&#232;s des soviets, ce serait une d&#233;marche inadmissible, p&#233;rilleuse pour le prol&#233;tariat et la r&#233;volution... Jouer tout... sur la carte du soul&#232;vement en ces prochaines journ&#233;es, ce serait un acte de d&#233;sespoir. Or, notre parti est trop fort, il a devant lui un trop grand avenir pour faire de tels pas... &#034; Les opportunistes se sentent toujours &#034; trop forts &#034; pour s'engager dans la lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lettre de Kamenev &#233;tait une vraie d&#233;claration de guerre au Comit&#233; central, et sur une question &#224; propos de laquelle personne n'avait l'intention de badiner. La situation prit du coup une extr&#234;me acuit&#233;. Elle se compliqua de plusieurs autres &#233;pisodes individuels qui avaient une source politique commune. A la s&#233;ance du Soviet de Petrograd, le 18, Trotsky, en r&#233;ponse &#224; la question pos&#233;e par les adversaires, d&#233;clara que le Soviet ne fixait point le soul&#232;vement aux plus prochains jours, mais que, s'il se trouvait oblig&#233; de le fixer, les ouvriers et les soldats marcheraient tous comme un seul homme. Kamenev, voisin de Trotsky au bureau, se leva imm&#233;diatement pour faire une courte d&#233;claration : il souscrit &#224; chaque parole de Trotsky. C'&#233;tait un jeu perfide : alors que Trotsky, par une formule de d&#233;fensive en apparence, camouflait juridiquement la politique de l'offensive, Kamenev tenta d'utiliser la formule de Trotsky, avec qui il &#233;tait en radical d&#233;saccord, pour camoufler une politique directement oppos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour paralyser l'effet de la man&#339;uvre de Kamenev, Trotsky, le m&#234;me jour, disait dans un rapport &#224; la Conf&#233;rence panrusse des Comit&#233;s de fabrique et d'usine : &#034; La guerre civile est in&#233;vitable. Il faut seulement l'organiser de la mani&#232;re la moins sanglante, la moins douloureuse. On peut y parvenir non par des tergiversations et des h&#233;sitations, mais seulement par une lutte obstin&#233;e et courageuse pour la conqu&#234;te du pouvoir. &#034; Au sujet des tergiversations, il &#233;tait clair pour tous que cela visait Zinoviev, Kamenev et ceux qui partageaient leur opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;claration de Kamenev au Soviet est, en outre, soumise par Trotsky &#224; l'examen de la plus prochaine s&#233;ance du Comit&#233; central. Dans l'intervalle, Kamenev, d&#233;sirant avoir les mains libres pour l'agitation contre le soul&#232;vement, d&#233;missionnait du Comit&#233; central. La question fut discut&#233;e en son absence. Trotsky insistait &#224; dire que &#034; la situation qui s'&#233;tait faite &#233;tait absolument intol&#233;rable &#034; et proposait d'accepter la d&#233;mission de Kamenev.[1]&lt;br class='autobr' /&gt;
Sverdlov, ayant soutenu la proposition de Trotsky, lut publiquement une lettre de Lenine qui stigmatisait Zinoviev et Kamenev pour s'&#234;tre prononc&#233;s dans le journal de Gorki en &#034; Streikbrecher &#034; (briseurs de gr&#232;ve) et qui exigeait leur exclusion du parti. &#034; La supercherie de Kamenev &#224; la s&#233;ance du Soviet de Petrograd &#233;crivait Lenine - a quelque chose de bien vil ; voyez-vous &#231;a, il est tout &#224; fait d'accord avec Trotsky. Mais est-il difficile de comprendre que Trotsky ne pouvait pas en dire devant les ennemis plus qu'il n'en a dit, qu'il n'en avait pas le droit, qu'il ne le devait pas ? Est-il donc difficile de comprendre que... la r&#233;solution sur la n&#233;cessit&#233; d'une insurrection arm&#233;e, sur son enti&#232;re maturation, sur sa pr&#233;paration de tous c&#244;t&#233;s, etc. oblige, dans les d&#233;clarations publiques, &#224; rejeter non seulement la faute, mais m&#234;me l'initiative sur l'adversaire... le subterfuge de Kamenev est simplement de la filouterie. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
En exp&#233;diant sa protestation indign&#233;e par l'interm&#233;diaire de Sverdlov, Lenine ne pouvait pas encore savoir que Zinoviev, par une lettre &#224; la r&#233;daction de l'organe central, avait d&#233;clar&#233; : lui, Zinoviev, avait des opinions &#034; tr&#232;s &#233;loign&#233;es de celles que discutait Lenine &#034;, lui, Zinoviev, &#034; se ralliait &#224; la d&#233;claration faite hier par Trotsky au Soviet de Petrograd &#034;. C'est dans le m&#234;me esprit que se pronon&#231;a dans la presse un troisi&#232;me adversaire de l'insurrection, Lounatcharsky. En surcro&#238;t &#224; un confusionnisme perfide, la lettre de Zinoviev, imprim&#233;e dans l'organe central juste &#224; la veille de la s&#233;ance du Comit&#233; central, le 20, se trouva accompagn&#233;e d'une note exprimant la sympathie de la r&#233;daction : &#034; A notre tour, nous exprimons l'espoir que, gr&#226;ce &#224; la d&#233;claration faite par Zinoviev (comme celle faite par Kamenev au Soviet), la question peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme liquid&#233;e. La violence de ton dans l'article de Lenine ne change rien &#224; ceci que dans l'essentiel, nous restons de la m&#234;me opinion. &#034; C'&#233;tait un nouveau coup de poignard dans le dos, et d'un c&#244;t&#233; d'o&#249; on ne l'attendait pas. Alors que Zinoviev et Kamenev faisaient, dans la presse ennemie, une agitation ouverte contre la d&#233;cision du Comit&#233; central sur l'insurrection, l'organe central bl&#226;me &#034; la violence &#034; du ton de Lenine et constate son unit&#233; de vues avec Zinoviev et Kamenev &#034; dans l'essentiel &#034;. Comme s'il y avait eu, &#224; ce moment-l&#224;, une question plus essentielle que celle de l'insurrection ! D'apr&#232;s un bref proc&#232;s-verbal, Trotsky d&#233;clara, en s&#233;ance du Comit&#233; central, &#034; inadmissibles les lettres de Zinoviev et de Lounatcharsky &#224; l'organe central, ainsi que la note de la r&#233;daction &#034;. Sverdlov soutint la protestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Staline et Sokolnikov faisaient partie de la r&#233;daction. Le proc&#232;s-verbal dit : &#034; Sokolnikov fait savoir qu'il n'est pour rien dans la d&#233;claration de la r&#233;daction au sujet de la lettre de Zinoviev et qu'il consid&#232;re cette d&#233;claration comme erron&#233;e. &#034; On d&#233;couvrit que Staline, personnellement - contre un autre membre de la r&#233;daction et la majorit&#233; du Comit&#233; central - avait soutenu Kamenev et Zinoviev au moment le plus critique, quatre jours avant le d&#233;but de l'insurrection, par une d&#233;claration de sympathie. L'irritation fut grande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Staline se pronon&#231;a contre l'acceptation de la d&#233;mission de Kamenev, en d&#233;montrant que &#034; toute notre situation &#233;tait contradictoire &#034;, c'est-&#224;-dire qu'il se chargea de d&#233;fendre le confusionnisme que r&#233;pandaient dans les esprits les membres du Comit&#233; central qui se d&#233;claraient oppos&#233;s &#224; l'insurrection. Par cinq voix contre trois, la d&#233;mission de Kamenev est accept&#233;e. Par six voix, de nouveau contre Staline, une d&#233;cision est adopt&#233;e, interdisant &#224; Kamenev et &#224; Zinoviev de mener une lutte contre le Comit&#233; central. Le proc&#232;s-verbal dit : &#034; Staline d&#233;clare qu'il sort de la r&#233;daction. &#034; Pour ne pas aggraver une situation qui n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas si facile, le Comit&#233; central refuse la d&#233;mission de Staline.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conduite de Staline peut sembler inexplicable &#224; la lumi&#232;re de la l&#233;gende cr&#233;&#233;e autour de lui ; en r&#233;alit&#233;, elle correspond enti&#232;rement &#224; sa formation spirituelle et &#224; ses m&#233;thodes politiques. Devant les grands probl&#232;mes, Staline recule toujours, non point qu'il manque de caract&#232;re, comme Kamenev, mais parce qu'il a des vues trop &#233;troites et qu'il manque d'imagination cr&#233;atrice. Une prudence soup&#231;onneuse le force presque organiquement, dans les moments de grave d&#233;cision et de profonde dissension, &#224; se retirer dans l'ombre, &#224; attendre et, s'il est possible, &#224; s'assurer pour deux cas &#233;ventuels. Staline votait avec Lenine pour l'insurrection. Zinoviev et Kamenev luttaient ouvertement contre l'insurrection. Mais, si l'on rejette &#034; la violence du ton &#034; de la critique l&#233;niniste, &#034; nous restons, dans l'essentiel, de la m&#234;me opinion &#034;. Ce n'est pas du tout par &#233;tourderie que Staline pla&#231;a sa note : au contraire, il pesait soigneusement les circonstances et les mots. Mais, le 20 octobre, il ne croyait pas possible de couper sans retour les ponts vers le champ des adversaires de l'insurrection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine, dans &#171; L&#233;nine th&#233;oricien &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rappelez-vous l'&#233;poque o&#249; L&#233;nine est arriv&#233; en Russie pour la premi&#232;re fois apr&#232;s de longues ann&#233;es d'&#233;migration. Rappelez-vous l'accueil r&#233;serv&#233; &#224; ses c&#233;l&#232;bres Th&#232;ses d'avril. Une fraction de notre propre parti, importante au reste, y a vu, ou peu s'en faut, une trahison de l'id&#233;ologie marxiste habituelle ! Manifestement, il n'y avait rien l&#224; de contradictoire au marxisme. Force nous est aujourd'hui, au contraire, de constater que c'&#233;tait un d&#233;veloppement de la doctrine marxiste orthodoxe de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie nous a administr&#233; la preuve &#233;clatante que le pouvoir sovi&#233;tique &#233;tait la forme la plus stable d'existence de la dictature ouvri&#232;re, qu'elle poss&#233;dait un certain nombre d'avantages pratiques immenses pour la classe ouvri&#232;re triomphante. Mais si, parall&#232;lement, nous comparons cette reconnaissance universelle &#224; l'accueil qui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; initialement &#224; la formule de L&#233;nine m&#234;me dans nos propres rangs du parti, sans parler de nos adversaires, nous comprendrons quel immense propos th&#233;orique et pratique avait alors tenu le camarade L&#233;nine. C'est assez fr&#233;quent, eu &#233;gard aux rythmes effr&#233;n&#233;s de notre vie, que bien des &#233;l&#233;ments nouveaux finissent par &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme allant de soi. Mais lorsque nous t&#226;chons de porter une appr&#233;ciation historique sur ces &#233;l&#233;ments nouveaux, il faut faire liti&#232;re des habitudes, il faut se remettre en m&#233;moire tout ce qui pr&#233;c&#232;de l'instant pr&#233;sent, comment ont &#233;t&#233; accueillies cette conception th&#233;orique et les d&#233;ductions pratiques qui en d&#233;coulaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le r&#233;p&#232;te, loin d'avoir &#233;t&#233; accueillies avec reconnaissance, elles ont au contraire suscit&#233; des attaques tr&#232;s virulentes. Aujourd'hui, la notori&#233;t&#233; est g&#233;n&#233;rale, et c'est bien l'indice que, du point de vue de la r&#233;flexion th&#233;orique sur les questions relatives &#224; la dictature du prol&#233;tariat, &#224; la th&#233;orie du pouvoir d'Etat, &#224; ses normes, et d'un point de vue pratique, il y a effectivement ici quelque chose de grandiose. Il faut bien voir que ce n'est pas simplement une question pratique, m&#234;me si j'ai dit que le seul &#233;l&#233;ment d&#233;cisif pour nous est en fin de compte la pratique. C'est aussi une immense question th&#233;orique, parce que la th&#233;orie des formes de domination des classes est, pour la bourgeoisie aussi, une question th&#233;orique et pratique ; la question des formes de sa domination est d'un int&#233;r&#234;t majeur, tout comme pour la classe ouvri&#232;re. Mais pour cette derni&#232;re, elle l'est incommensurablement plus importante et suscite des difficult&#233;s bien plus consid&#233;rables parce que les diverses variations du pouvoir d'Etat de la bourgeoisie trahissent une sorte de continuit&#233; historique, tandis que le prol&#233;tariat n'a jamais eu ce pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine en septembre 1917 : &#171; Oui, les chefs du Comit&#233; ex&#233;cutif central appliquent une tactique juste de d&#233;fense de la bourgeoisie et des propri&#233;taires fonciers. Et il est hors de doute que les bolch&#233;viks, s'ils se laissaient prendre au pi&#232;ge des illusions constitutionnelles, de la &#171; foi &#187; dans le Congr&#232;s des Soviets et dans la convocation de l'Assembl&#233;e constituante, au pi&#232;ge de l'&#171; attente &#187; du Congr&#232;s des Soviets, etc., - il n'y a pas de doute que ces bolch&#233;viks seraient des tra&#238;tres m&#233;prisables &#224; la cause du prol&#233;tariat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils seraient, tra&#238;tres &#224; cette cause, car par leur conduite ils trahiraient les ouvriers r&#233;volutionnaires allemands qui ont commenc&#233; &#224; se soulever dans la flotte. Dans ces conditions, &#171; attendre &#187; le Congr&#232;s des Soviets, etc., c'est trahir l'internationalisme, trahir la cause de la r&#233;volution socialiste internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car l'internationalisme ne consiste pas en paroles, en expressions de solidarit&#233;, en r&#233;solutions, mais en actes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolch&#233;viks seraient tra&#238;tres &#224; la paysannerie, car tol&#233;rer qu'un gouvernement, que le Di&#232;lo Naroda lui-m&#234;me compare &#224; celui de Stolypine, &#233;crase le soul&#232;vement paysan, c'est perdre toute la r&#233;volution, la perdre &#224; jamais et sans retour. On crie &#224; l'anarchie et &#224; l'indiff&#233;rence croissante des masses : comment les masses pourraient elles ne pas &#234;tre indiff&#233;rentes &#224; l'&#233;gard des &#233;lections, quand la paysannerie en est r&#233;duite &#224; se soulever, et quand la pr&#233;tendue &#171; d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire &#187; supporte patiemment que ce soul&#232;vement soit &#233;cras&#233; par les armes !!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolcheviks seraient tra&#238;tres &#224; la d&#233;mocratie et &#224; la libert&#233;, car supporter la r&#233;pression du soul&#232;vement paysan en un tel moment, c'est permettre de falsifier les &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e constituante, exactement comme l'ont &#233;t&#233;, de fa&#231;on pire encore et plus grossi&#232;re, la &#171; Conf&#233;rence d&#233;mocratique &#187; et le &#171; pr&#233;parlement &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise est m&#251;re. Tout l'avenir de la r&#233;volution russe est en jeu. Tout l'honneur du Parti bolch&#233;vik est en question. Tout l'avenir de la r&#233;volution ouvri&#232;re internationale pour le socialisme est en jeu. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise est m&#251;re...&lt;br class='autobr' /&gt;
Que faire ? Il faut aussprechen vas ist, &#171; dire ce qui est &#187;, reconna&#238;tre la v&#233;rit&#233;, &#224; savoir qu'il existe chez nous, au Comit&#233; Central et dans les milieux dirigeants du parti, un courant ou une opinion en faveur de l'attente du Congr&#232;s des Soviets et hostile &#224; la prise imm&#233;diate du pouvoir, hostile &#224; l'insurrection imm&#233;diate. Il faut, vaincre ce courant ou cette opinion [6].&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement, les bolch&#233;viks se d&#233;shonoreraient &#224; tout jamais et seraient r&#233;duits &#224; z&#233;ro en tant que parti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car laisser &#233;chapper l'occasion pr&#233;sente et &#171; attendre &#187; le Congr&#232;s des Soviets serait une idiotie compl&#232;te ou une trahison compl&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Trahison compl&#232;te &#224; l'&#233;gard des ouvriers allemands. Nous n'allons tout de m&#234;me pas attendre le d&#233;part de leur r&#233;volution !! Alors, m&#234;me les Liber-Dan seront partisans de la &#171; soutenir &#187;. Mais elle ne peut pas commencer, tant que K&#233;renski, Kichkine et Cie sont au pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Trahison compl&#232;te &#224; l'&#233;gard de la paysannerie. Alors que nous avons les Soviets des deux capitales, laisser &#233;craser le soul&#232;vement paysan, c'est perdre et, m&#233;riter de perdre toute confiance de la part des paysans, c'est se mettre aux yeux des paysans sur le m&#234;me plan que les Liber-Dan et autres canailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Attendre &#187; le Congr&#232;s des Soviets est une idiotie compl&#232;te, car c'est laisser s'&#233;couler des semaines ; or, &#224; l'heure actuelle, les semaines et m&#234;me les jours d&#233;cident de tout. C'est renoncer l&#226;chement &#224; la prise du pouvoir, car le 1er et le 2 novembre elle sera impossible (pour des raisons &#224; la fois politiques et techniques : on r&#233;unira les cosaques pour le jour sottement &#171; fix&#233; &#187; [7] de l'insurrection.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Attendre &#187; le Congr&#232;s des Soviets est une idiotie, car le congr&#232;s NE DONNERA RIEN, ne peut rien donner !&lt;br class='autobr' /&gt;
La port&#233;e &#171; morale &#187; ? A merveille ! ! La &#171; port&#233;e &#187; des r&#233;solutions et des conversations avec les Liber-Dan, alors que nous savons que les Soviets sont pour les paysans et qu'on &#233;crase le soul&#232;vement paysan !! Nous r&#233;duirions par l&#224; les Soviets au r&#244;le de m&#233;prisables bavards. Battez d'abord K&#233;renski, puis convoquez le congr&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
La victoire de l'insurrection est assur&#233;e maintenant aux bolch&#233;viks : 1) nous pouvons [8] (si nous n'&#171; attendons &#187; pas le Congr&#232;s des Soviets) frapper &#224; l'improviste &#224; partir de trois points : de P&#233;trograd, de Moscou, de la flotte de la Baltique ; 2) nous avons des mots d'ordre qui nous assurent le soutien des masses : &#224; bas le gouvernement qui &#233;crase le soul&#232;vement paysan contre les propri&#233;taires fonciers ! 3) nous avons la majorit&#233; dans le pays ; 4) le d&#233;sarroi est total chez les socialistes-r&#233;volutionnaires et les mench&#233;viks ; 5) nous avons la possibilit&#233; technique de prendre le pouvoir &#224; Moscou (qui pourrait m&#234;me commencer afin de frapper l'ennemi d'un coup impr&#233;vu) ; 6) nous avons &#224; P&#233;trograd des milliers d'ouvriers et de soldats en armes qui peuvent d'un seul coup s'emparer &#224; la fois du Palais d'Hiver, du Quartier G&#233;n&#233;ral, du Central t&#233;l&#233;phonique et de toutes les grandes imprimeries ; on ne nous chassera pas de l&#224;, - et l'agitation dans l'arm&#233;e sera telle qu'il sera impossible de combattre ce gouvernement de la paix, de la terre aux paysans, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous frappons d'un coup, &#224; l'improviste, &#224; partir de trois points, &#224; P&#233;trograd, &#224; Moscou, dans la flotte de la Baltique, nous avons quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent de vaincre avec moins de pertes que nous n'en avons eu les 3-5 juillet, car les troupes ne marcheront pas contre un gouvernement de paix. Si m&#234;me K&#233;renski a d&#233;j&#224; une cavalerie &#171; fid&#232;le &#187;, etc., &#224; P&#233;trograd, en face d'une attaque venue de deux c&#244;t&#233;s et devant la sympathie de l'arm&#233;e pour nous, K&#233;renski sera contraint de se rendre. Si avec nos chances d'aujourd'hui nous ne nous saisissons pas du pouvoir, tous les propos sur le pouvoir des Soviets ne sont que mensonge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas prendre le pouvoir maintenant, &#171; attendre &#187;, bavarder au Comit&#233; ex&#233;cutif central, se borner &#224; &#171; combattre pour l'organe &#187; (le Soviet), &#171; combattre pour le congr&#232;s &#187;, c'est causer la perte de la r&#233;volution. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Comit&#233; Central ayant laiss&#233; m&#234;me sans r&#233;ponse mes instances l&#224;-dessus depuis le d&#233;but de la Conf&#233;rence d&#233;mocratique, et comme l'organe central biffe dans mes articles les indications que je donne sur les erreurs criantes des bolch&#233;viks, telles que la d&#233;cision d&#233;shonorante de participer au pr&#233;parlement, que l'attribution d'un si&#232;ge aux mench&#233;viks au pr&#233;sidium du Soviet, etc., etc., force m'est de voir l&#224; une allusion &#171; d&#233;licate &#187; au refus du Comit&#233; Central de d&#233;battre m&#234;me la question, une allusion d&#233;licate au b&#226;illonnement et &#224; l'invitation &#224; me retirer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je dois pr&#233;senter ma demande de d&#233;mission du Comit&#233; Central, ce que je fais, en me r&#233;servant de faire de la propagande, dans les rangs du parti et au congr&#232;s du parti. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car ma conviction la plus profonde est que, si nous &#171; attendons &#187; le Congr&#232;s des Soviets et laissons tout de suite &#233;chapper l'occasion, nous causons la perte de la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171029.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171029.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, L&#233;nine avait longtemps (jusqu'en 1917) &#233;t&#233; en d&#233;saccord avec Trotsky sur le caract&#232;re de la r&#233;volution russe et cela signifie que le parti bolchevique &#233;tait tr&#232;s loin d'&#234;tre arm&#233; d&#232;s le d&#233;part pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L&#233;nine, de son c&#244;t&#233;, &#233;crivait &#224; la fin de 1904 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il semble toujours &#224; l'intellectuel russe que reconna&#238;tre notre r&#233;volution comme bourgeoise c'est la d&#233;colorer, la d&#233;grader, l'abaisser... Pour le prol&#233;tariat, la lutte pour la libert&#233; politique et pour la r&#233;publique d&#233;mocratique au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise est simplement un stade n&#233;cessaire dans sa lutte pour la r&#233;volution socialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les marxistes sont absolument convaincus, &#233;crivait-il en 1905, du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution russe. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que ces transformations d&#233;mocratiques... qui sont devenues indispensables pour la Russie ne signifient pas en elles-m&#234;mes une tentative de miner le capitalisme, de miner la r&#233;volution bourgeoise, mais, au contraire elles ouvrent la voie, pour la premi&#232;re fois et d'une fa&#231;on valable, &#224; un d&#233;veloppement du capitalisme ample et rapide, europ&#233;en et non asiatique. Elles rendront possible, pour la premi&#232;re fois, la domination de la bourgeoisie en tant que classe... &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pouvons sauter par-dessus le cadre d&#233;mocratique bourgeois de la r&#233;volution russe, insistait-il, mais nous pouvons &#233;largir ce cadre dans des proportions colossales&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est-&#224;-dire nous pouvons cr&#233;er au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise des conditions bien plus favorables pour la lutte future du prol&#233;tariat. Dans ces limites, L&#233;nine suivait Plekhanov. Le caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution servait aux deux fractions de la social-d&#233;mocratie russe comme point de d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout &#224; fait naturel que, dans ces conditions, Koba (Staline) ne d&#233;passa pas, dans sa propagande, ces formules courantes qui constituaient la propri&#233;t&#233; commune des bolch&#233;viks comme des mench&#233;viks.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'Assembl&#233;e Constituante, &#233;crivait-il en janvier 1905, &#233;lue &#224; la base du suffrage universel, &#233;gal, direct, et secret, c'est ce pour quoi nous devons maintenant lutter. Seule cette Assembl&#233;e nous apportera la r&#233;publique d&#233;mocratique dont nous avons un si urgent besoin dans notre lutte pour le socialisme&#034;. La r&#233;publique bourgeoise, comme ar&#232;ne d'une lutte de classes de longue haleine pour le but socialiste, telle est la perspective.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1907 ; c'est-&#224;-dire apr&#232;s d'innombrables discussions dans la presse &#224; P&#233;tersbourg et &#224; l'&#233;tranger et apr&#232;s une s&#233;rieuse exp&#233;rimentation des pr&#233;visions th&#233;oriques dans les exp&#233;riences de la premi&#232;re r&#233;volution, Staline &#233;crivait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Que notre r&#233;volution est bourgeoise, qu'elle doit se terminer par la destruction de l'ordre f&#233;odal et non de l'ordre capitaliste, qu'elle peut &#234;tre couronn&#233;e seulement par la r&#233;publique d&#233;mocratique, sur ces points, semble-t-il, tous sont d'accord dans notre parti&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Staline ne parlait pas de ce par quoi la r&#233;volution commence mais de ce &#224; quoi elle aboutit et il le limitait d'avance et d'une fa&#231;on tout &#224; fait cat&#233;gorique &#034;&#224; la seule r&#233;publique d&#233;mocratique&#034;. Nous chercherions en vain dans ses &#233;crits, ne fusse qu'une allusion de quelque perspective d'une r&#233;volution socialiste en rapport avec un renversement de la d&#233;mocratie. Telle fut sa position, m&#234;me au d&#233;but de la r&#233;volution de f&#233;vrier 1917, jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de L&#233;nine &#224; P&#233;trograd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal23.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal23.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; L&#233;nine lui-m&#234;me, &#224; vrai dire, n'avait pas remplac&#233; la formule de la dictature d&#233;mocratique par une autre, m&#234;me conditionnellement, m&#234;me hypoth&#233;tiquement, jusqu'au d&#233;but de la R&#233;volution de F&#233;vrier. &#201;tait-ce juste ? Nous pensons que non. Ce qui se passait dans le parti apr&#232;s l'insurrection d&#233;voilait d'une fa&#231;on trop mena&#231;ante le retard du r&#233;armement que, d'ailleurs, dans les conditions donn&#233;es, L&#233;nine seul pouvait op&#233;rer. Il s'y &#233;tait pr&#233;par&#233;. Il avait chauff&#233; &#224; blanc son acier et l'avait retremp&#233; dans le feu de la guerre. A ses yeux s'&#233;tait modifi&#233;e la perspective g&#233;n&#233;rale du processus historique. Les secousses de la guerre avaient brusquement rapproch&#233; les d&#233;lais possibles d'une r&#233;volution socialiste en Occident. Demeurant, pour L&#233;nine, encore d&#233;mocratique, la r&#233;volution russe devait donner une impulsion &#224; l'insurrection socialiste en Europe, qui, ensuite, devait entra&#238;ner aussi la Russie arri&#233;r&#233;e dans son tourbillon. Telle &#233;tait la conception g&#233;n&#233;rale de L&#233;nine quand il quitta Z&#252;rich. La lettre aux ouvriers suisses, que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;e, dit ceci : &#034; La Russie est un pays de paysans, un des pays les plus arri&#233;r&#233;s d'Europe. Le socialisme ne peut y &#234;tre directement et tout de suite vainqueur. Mais le caract&#232;re rural du pays, o&#249; se sont conserv&#233;s d'immenses biens-fonds de propri&#233;taires nobles, peut, sur la base de l'exp&#233;rience de 1905, donner un formidable essor &#224; la r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise en Russie et faire de notre r&#233;volution le prologue d'une r&#233;volution socialiste mondiale, un degr&#233; d'acc&#232;s &#224; celle-ci. &#034; En ce sens, L&#233;nine &#233;crivait alors pour la premi&#232;re fois que le prol&#233;tariat russe commencerait la r&#233;volution socialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel &#233;tait le point de jonction entre l'ancienne position du bolch&#233;visme qui bornait la r&#233;volution &#224; des buts d&#233;mocratiques, et la nouvelle position que L&#233;nine exposa pour la premi&#232;re fois devant le parti dans ses th&#232;ses du 4 avril. La perspective d'un passage imm&#233;diat &#224; la dictature du prol&#233;tariat semblait absolument inattendue, contraire &#224; la tradition, et, enfin, simplement parlant, ne rentrait pas dans les cerveaux. Ici, il est indispensable de rappeler que, jusqu'&#224; l'explosion m&#234;me de la R&#233;volution de F&#233;vrier et dans les premiers temps apr&#232;s elle, ce que l'on appelait trotskysme n'&#233;tait point l'id&#233;e que, dans les fronti&#232;res nationales de la Russie, l'on ne p&#251;t &#233;difier une soci&#233;t&#233; socialiste (l'id&#233;e d'une pareille &#034; possibilit&#233; &#034; ne fut en somme exprim&#233;e par personne jusqu'en 1924, et il est douteux qu'elle soit venue &#224; l'esprit de quelqu'un) - ce que l'on appelait trotskysme, c'&#233;tait cette id&#233;e que le prol&#233;tariat de Russie peut se trouver au pouvoir plus t&#244;t que celui d'Occident, et qu'en ce cas il ne pourrait se maintenir dans les cadres de la dictature d&#233;mocratique, mais devrait s'attaquer aux premi&#232;res mesures socialistes. Il n'est pas &#233;tonnant que les th&#232;ses d'avril de L&#233;nine aient &#233;t&#233; r&#233;prouv&#233;es comme trotskystes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les objections des &#034; vieux bolch&#233;viks &#034; se d&#233;veloppaient sur plusieurs lignes. Le d&#233;bat principal consistait &#224; savoir si la r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise &#233;tait compl&#232;tement achev&#233;e. &#201;tant donn&#233; que la r&#233;volution agraire ne s'&#233;tait pas encore accomplie, les adversaires de L&#233;nine pouvaient &#224; bon droit affirmer que la r&#233;volution d&#233;mocratique n'avait pas &#233;t&#233; conduite jusqu'au bout et, par suite, concluaient-ils, il n'y a point place pour une dictature du prol&#233;tariat, quand bien m&#234;me les conditions sociales de la Russie permettraient en g&#233;n&#233;ral cette dictature dans un temps plus ou moins rapproch&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ainsi que la r&#233;daction de la Pravda posait la question dans un passage que nous avons cit&#233;. Plus tard, &#224; la Conf&#233;rence d'avril, Kam&#233;nev r&#233;p&#233;tait : &#034; L&#233;nine a tort quand il dit que la r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise est parachev&#233;e... La survivance classique du f&#233;odalisme - la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re des nobles - n'est pas encore liquid&#233;e... L'&#201;tat n'est pas transform&#233; en soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique... Il est trop t&#244;t pour dire que la d&#233;mocratie bourgeoise a &#233;puis&#233; toutes ses possibilit&#233;s. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; La dictature d&#233;mocratique - r&#233;pliquait Tomsky - voil&#224; notre base... Nous devons organiser le pouvoir du prol&#233;tariat et de la paysannerie et devons le s&#233;parer de la Commune, &#233;tant donn&#233; que l&#224; n'existe que le pouvoir du prol&#233;tariat. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Devant nous se posent d'immenses t&#226;ches r&#233;volutionnaires reprenait Rykov. Mais la r&#233;alisation de ces t&#226;ches ne nous conduit pas encore au-del&#224; des cadres du r&#233;gime bourgeois. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine voyait, certainement, tout aussi bien que ses contradicteurs, que la r&#233;volution d&#233;mocratique n'&#233;tait pas parachev&#233;e, ou, plus exactement, qu'&#224; peine commenc&#233;e elle refluait d&#233;j&#224; en arri&#232;re. Mais de l&#224; pr&#233;cis&#233;ment il d&#233;coulait qu'il ne serait possible de la mener jusqu'au bout que sous la domination d'une nouvelle classe, et l'on ne pouvait en arriver l&#224; qu'en arrachant les masses &#224; l'influence des mench&#233;viks et des socialistes-r&#233;volutionnaires, c'est-&#224;-dire &#224; l'influence indirecte de la bourgeoisie lib&#233;rale. La liaison de ces partis avec les ouvriers et particuli&#232;rement avec les soldats s'alimentait d'une id&#233;e de d&#233;fense - &#034; d&#233;fense du pays &#034; ou bien &#034; d&#233;fense de la r&#233;volution &#034;. L&#233;nine exigeait, par cons&#233;quent, une politique intransigeante &#224; l'&#233;gard de toutes les nuances du social-patriotisme. D&#233;tacher le parti des masses arri&#233;r&#233;es pour ensuite d&#233;livrer ces masses de leur &#233;tat arri&#233;r&#233;. &#034; Le vieux bolch&#233;visme doit &#234;tre abandonn&#233; - r&#233;p&#233;tait-il. Il est indispensable de s&#233;parer la ligne petite-bourgeoise de celle du prol&#233;tariat salari&#233;. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un point de vue superficiel, il pouvait sembler que les perp&#233;tuels adversaires avaient &#233;chang&#233; leurs armes. Les mench&#233;viks et les socialistes-r&#233;volutionnaires repr&#233;sentaient maintenant la majorit&#233; des ouvriers et des soldats, comme s'ils r&#233;alisaient en fait l'alliance politique du prol&#233;tariat et de la paysannerie qu'avaient toujours pr&#234;ch&#233;e les bolch&#233;viks contre les mench&#233;viks. Or, L&#233;nine exigeait que l'avant-garde prol&#233;tarienne s'arrach&#226;t &#224; cette alliance. En r&#233;alit&#233;, chacun des partis restait fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me. Les mench&#233;viks, comme toujours, jugeaient que leur mission &#233;tait de soutenir la bourgeoisie lib&#233;rale. Leur alliance avec les socialistes-r&#233;volutionnaires &#233;tait seulement un moyen d'&#233;largir et de consolider cet appui. Par contre, la rupture de l'avant-garde prol&#233;tarienne avec le bloc petit-bourgeois signifiait la pr&#233;paration d'une alliance des ouvriers et des paysans sous la direction du parti bolch&#233;vik, c'est-&#224;-dire la dictature du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des objections d'un autre ordre &#233;taient bas&#233;es sur l'&#233;tat arri&#233;r&#233; de la Russie. Le pouvoir de la classe ouvri&#232;re signifie in&#233;vitablement le passage au socialisme. Mais l'&#233;conomie et la culture de la Russie ne sont point m&#251;res pour cela. Nous devons pousser jusqu'au bout la r&#233;volution d&#233;mocratique. Seule la r&#233;volution socialiste en Occident peut justifier chez nous la dictature du prol&#233;tariat. Telles &#233;taient les objections de Rykov &#224; la conf&#233;rence d'avril. Que les conditions culturelles et &#233;conomiques de la Russie fussent en soi insuffisantes pour l'&#233;dification d'une soci&#233;t&#233; socialiste - c'&#233;tait pour L&#233;nine l'A. B. C. Mais la soci&#233;t&#233; n'est nullement agenc&#233;e si rationnellement que les &#233;ch&#233;ances pour une dictature du prol&#233;tariat tombent juste au moment o&#249; les conditions &#233;conomiques et culturelles sont venues &#224; maturit&#233; pour le socialisme. Si l'humanit&#233; se d&#233;veloppait aussi r&#233;guli&#232;rement, il ne serait pas besoin de dictature, non plus que de r&#233;volutions en g&#233;n&#233;ral. Toute l'affaire est en ceci qu'une vivante soci&#233;t&#233; historique est profond&#233;ment d&#233;sharmonieuse, et cela d'autant plus que son d&#233;veloppement est plus tardif. L'expression de cette d&#233;sharmonie se trouve dans ce fait que, dans un pays arri&#233;r&#233; comme la Russie, la bourgeoisie &#233;tait arriv&#233;e &#224; d&#233;composition avant la compl&#232;te victoire du r&#233;gime bourgeois et que, pour la remplacer, en qualit&#233; de dirigeant de la nation, il n'y avait que le prol&#233;tariat. L'&#233;tat &#233;conomique arri&#233;r&#233; de la Russie ne dispense pas la classe ouvri&#232;re de l'obligation de remplir la t&#226;che qui s'est impos&#233;e &#224; elle, mais conditionne seulement cette r&#233;alisation par d'extr&#234;mes difficult&#233;s. A Rykov, qui r&#233;p&#233;tait que le socialisme doit venir de pays o&#249; l'industrie est plus d&#233;velopp&#233;e, L&#233;nine donnait une r&#233;ponse simple, mais suffisante : &#034; On ne peut dire ni qui commencera, ni qui ach&#232;vera. &#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3415&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3415&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lire L&#233;nine et Trotsky sur ces phases politiques o&#249; ils &#233;taient minoritaires&#8230; au sein des bolcheviques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170410.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170410.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170407.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170407.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques r&#233;cits de la r&#233;volution russe par LO :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-avant-1968-article-cinquantieme-anniversaire-de-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-avant-1968-article-cinquantieme-anniversaire-de-la.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/publications-brochures-1917-2017-la-revolution-russe-pour-changer-le-monde-les-travailleurs-au-pouvoir-97735.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/publications-brochures-1917-2017-la-revolution-russe-pour-changer-le-monde-les-travailleurs-au-pouvoir-97735.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-avant-1968-article-cinquantieme-anniversaire-de-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-avant-1968-article-cinquantieme-anniversaire-de-la.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Lutte ouvri&#232;re, l'organisation de L&#233;nine, le parti bolchevique, est arriv&#233;e compl&#232;tement arm&#233;e devant la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait juste eu besoin d'une rectification de L&#233;nine, soutenue heureusement par la base ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2017-04-05-le-retour-de-lenine-et-les-theses-davril_85610.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2017-04-05-le-retour-de-lenine-et-les-theses-davril_85610.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; central bolchevique contre la r&#233;volution d'Octobre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discutons avec Lutte ouvri&#232;re sur la R&#233;volution de 1917 en Russie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8270&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8270&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de conclusion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO ne peut pas comprendre le bolchevisme parce qu'il est tr&#232;s loin du simple culte du parti r&#233;volutionnaire. Pour LO, c'est tout pour le parti, rien que le parti, tout par le parti. Mais, cela justement ce n'est pas un parti r&#233;volutionnaire. En d&#233;finitive, ce que LO appelle le parti, ce n'est pas l'exp&#233;rience prol&#233;tarienne mais la construction du petit groupe, exactement ce que Marx et L&#233;nine combattaient. L'esprit de petit groupe, c'est seulement un conservatisme organis&#233; comme la social-d&#233;mocratie mais &#224; petite &#233;chelle. LO est persuad&#233; qu'il suffit &#171; d'&#234;tre dans les entreprises &#187;, &#171; de militer dans les syndicats &#187;, &#171; de faire de la propagande de classe dans les &#233;lections &#187;, mais &#234;tre li&#233; au prol&#233;tariat, c'est bien diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes ne peuvent rien r&#233;ussir sans le prol&#233;tariat organis&#233; dans ses soviets, sans son &#233;lan, sans ses id&#233;es, sans ses objectifs, sans son organisation autonome. Mais, en m&#234;me temps, le parti communiste n'est rien sans une th&#233;orie vivante et combattante, sans courage politique, sans audace. Ce que l'on constate, c'est que les dirigeants bolcheviques eux-m&#234;mes ont eu du mal &#224; se mesurer &#224; cette volont&#233;-l&#224;. La perte de moral du prol&#233;tariat russe isol&#233; et fatigu&#233; et la mort de L&#233;nine ont eu raison aussi du parti r&#233;volutionnaire englu&#233; dans les t&#226;ches du pouvoir d'Etat. Ni le parti r&#233;volutionnaire, ni des syndicats r&#233;volutionnaires, ni le pouvoir d'Etat r&#233;volutionnaire ne suffisent si le peuple travailleur r&#233;volutionnaire a perdu son &#233;lan, sa confiance dans ses propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De vrais r&#233;volutionnaires savent reconnaitre que le prol&#233;tariat est capable tout seul de grandes avanc&#233;es r&#233;volutionnaires. Marx consid&#233;rait le parti dans un tout autre sens que LO. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Marx &#233;crivait &#171; Le Manifeste du parti communiste &#187;, il n'existait aucune organisation dans aucun pays qui ait ce nom et lui-m&#234;me n'a construit ensuite aucune organisation ayant ce nom. Ce n'&#233;tait donc pas stricto sensus le programme d'une organisation ni m&#234;me celui d'une r&#233;volution, mais le bilan de l'histoire des luttes de classe pour &#233;clairer les t&#226;ches de l'heure, celles de la r&#233;volution de 1848 en Europe. De 1848, date de r&#233;daction du Manifeste &#224; la r&#233;volution russe d'Octobre, il n'allait exister aucune organisation de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crivait que &#171; L'actuelle insurrection de Paris est le plus glorieux exploit de notre parti &#187; (&#224; Kugelmann, 12 avril 1871). Mais en quel sens la Commune fut-elle l'&#339;uvre de ce parti ? Dans les Enseignements de la Commune de Paris, Trotsky ne craint pas d'affirmer que &#171; le prol&#233;tariat parisien n'avait ni parti, ni chef &#187; ? Les deux affirmations contradictoires en apparence, se compl&#232;tent simplement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi &#171; militer pour un parti bolchevique &#187;, ce n'est pas seulement construire un groupe politique&#8230; Et surtout pas un groupe qui ne milite pas pour des soviets et cautionne des bureaucraties syndicales et m&#232;ne des campagnes aux &#233;lections bourgeoises qui ne font nullement fr&#233;mir la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine &#233;crit dans &#034;Le mat&#233;rialisme militant&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les r&#233;volutionnaires en g&#233;n&#233;ral qui ont men&#233; &#224; bien le d&#233;but d'une grande r&#233;volution), c'est de se figurer que la r&#233;volution peut &#234;tre accomplie par les mains des seuls r&#233;volutionnaires. Or, pour assurer le succ&#232;s de toute action r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l'id&#233;e que les r&#233;volutionnaires ne peuvent jouer un r&#244;le que comme avant garde de la classe r&#233;ellement avanc&#233;e et viable. L'avant garde ne remplit sa mission que lorsqu'elle sait ne pas se d&#233;tacher de la masse qu'elle dirige, lorsqu'elle sait v&#233;ritablement faire progresser toute la masse. Sans l'alliance avec les non communistes dans les domaines d'activit&#233; les plus divers, il ne saurait &#234;tre question d'aucun succ&#232;s en mati&#232;re de construction de la soci&#233;t&#233; communiste.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky, &#171; La Chine et la r&#233;volution russe &#187;, juillet 1940 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mal&#233;diction pour la jeune g&#233;n&#233;ration de tous les pays est qu'on a cr&#233;&#233;, sous l'&#233;tiquette de marxisme, une gigantesque fabrique de falsifications historiques, th&#233;oriques et autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion du parti n'est pas le sens politique du parti de classe du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte du Potemkine</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8047</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8047</guid>
		<dc:date>2026-01-18T23:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>1905</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Christian Rakovski &lt;br class='autobr' /&gt;
Les origines de la r&#233;volte du Potemkine &lt;br class='autobr' /&gt;
(1907) &lt;br class='autobr' /&gt;
On sait que la r&#233;volte du Potemkine n'&#233;tait pas un &#233;v&#233;nement inattendu. C'&#233;tait l'explosion pr&#233;matur&#233;e et isol&#233;e d'un plan courageusement pr&#233;par&#233; pour un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral qui devait enflammer la flotte de la mer Noire dans son anneau de fer. En s'emparant des bastions navals, la r&#233;volution russe aurait dispos&#233; d'une base imprenable pour de nouvelles conqu&#234;tes. Passant du bombardement des c&#244;tes au si&#232;ge des garnisons, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;1905&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Christian Rakovski
&lt;p&gt;Les origines de la r&#233;volte du Potemkine&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(1907)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la r&#233;volte du Potemkine n'&#233;tait pas un &#233;v&#233;nement inattendu. C'&#233;tait l'explosion pr&#233;matur&#233;e et isol&#233;e d'un plan courageusement pr&#233;par&#233; pour un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral qui devait enflammer la flotte de la mer Noire dans son anneau de fer. En s'emparant des bastions navals, la r&#233;volution russe aurait dispos&#233; d'une base imprenable pour de nouvelles conqu&#234;tes. Passant du bombardement des c&#244;tes au si&#232;ge des garnisons, elle aurait couvert tout le Sud et de l&#224; se serait propag&#233;e au reste du pays. Ce soul&#232;vement &#233;tait pr&#233;vu pour juillet, au moment des grandes man&#339;uvres de la flotte. Au signal convenu &#8211; deux fus&#233;es tir&#233;es l'une apr&#232;s l'autre du pont du cuirass&#233; Catherine II &#8211; les marins concern&#233;s devaient arr&#234;ter ou tuer leurs officiers &#171; au nom du peuple &#187;, s'emparer de tous les navires et en prendre le commandement. En fait, le malheureux incident de la viande avari&#233;e provoqua une r&#233;volte pr&#233;matur&#233;e sur le Potemkine et tout le plan &#233;choua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres navires, pris au d&#233;pourvu, ne furent pas pr&#233;venus ; seuls parmi eux purent prendre part au mouvement le Georgi Pobedonostsev , rest&#233; fid&#232;le &#224; la r&#233;volution pendant 24 heures, et le navire-&#233;cole Prout , qui tenta en vain de retrouver le Potemkine pour lui apporter son soutien. Il faut aussi mentionner le Sinopia , qui s'&#233;tait &#233;galement joint au Potemkine , mais qui s'&#233;loigna sur ordre inopin&#233; de l'amiral Krieger de se rendre &#224; S&#233;bastopol alors que la minorit&#233; des marins r&#233;volutionnaires n'avait pas encore r&#233;ussi &#224; vaincre les h&#233;sitations de la majorit&#233; ind&#233;cise et craintive. Le cas le plus malheureux fut la mise hors de combat du cuirass&#233; Catherine II , &#171; Katia &#187;, comme l'appelaient commun&#233;ment les marins. &#171; Katia la Rouge &#187; &#233;tait pr&#234;te &#224; faire le pas le plus d&#233;cisif et fut victime de son propre enthousiasme r&#233;volutionnaire. Lorsque la mutinerie &#233;clata sur le Potemkine , il y eut un conflit mineur entre les marins et les officiers du Catherine II , incident ridicule en comparaison du r&#244;le que le cuirass&#233; aurait pu jouer deux jours plus tard, mais qui aboutit &#224; l'envoi de la majorit&#233; de l'&#233;quipage &#224; terre. Ainsi, le plus r&#233;volutionnaire des cuirass&#233;s fut oblig&#233; de rester &#224; S&#233;bastopol, tandis que les autres navires furent envoy&#233;s &#224; Odessa contre le Potemkine .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut se poser la question suivante : l'insurrection g&#233;n&#233;rale aurait-elle r&#233;ussi si les &#233;v&#233;nements du Potemkine n'avaient pas eu lieu ? La flotte aurait-elle pu r&#233;ussir dans sa tentative de s'emparer des villes c&#244;ti&#232;res et de soulever la population ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous apprenons par le r&#233;cit de Cyrille [1] les d&#233;tails de l'histoire bouleversante et dramatique de la lutte des marins r&#233;volutionnaires et que nous d&#233;couvrons &#224; quel point ils &#233;taient pr&#232;s du succ&#232;s alors qu'un seul navire s'&#233;tait mutin&#233;, nous sommes pratiquement convaincus qu'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral aurait pu r&#233;ussir&#8230; Du point de vue purement militaire et technique, c'&#233;tait une excellente id&#233;e de d&#233;clencher une r&#233;volte arm&#233;e g&#233;n&#233;rale au moyen d'un soul&#232;vement de la flotte : tout d'abord parce que les marins &#233;taient les plus r&#233;ceptifs de toutes les arm&#233;es &#224; la propagande socialiste, et surtout parce qu'une flotte qui s'est mutin&#233;e est mieux plac&#233;e pour se d&#233;fendre que toute autre formation. La victoire de la mutinerie de la flotte aurait cr&#233;&#233; une situation sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire des guerres civiles. L'absolutisme russe, avec toute son arm&#233;e, se serait r&#233;v&#233;l&#233; impuissant dans la lutte contre cette poign&#233;e d'hommes. La Russie dirigeante se serait retrouv&#233;e dans la m&#234;me situation ridicule que la Roumanie lorsque le Potemkine &#233;tait apparu devant Constanza : toute la garnison &#233;tait mobilis&#233;e, m&#234;me&#8230; la cavalerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable int&#233;r&#234;t historique de la r&#233;volte de la flotte r&#233;side dans la compr&#233;hension de ses causes. Le Parti ouvrier social-d&#233;mocrate russe, et surtout son organisation en Crim&#233;e (l'Union social-d&#233;mocrate de Crim&#233;e), par son activit&#233; de longue dur&#233;e, ont largement contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence de r&#233;volutionnaires dans les rangs des marins. Mais c'est la structure de l'&#201;tat russe, et surtout le r&#233;gime dans les casernes, qui a &#233;veill&#233; leur esprit et leur a appris &#224; comprendre les id&#233;es r&#233;volutionnaires et socialistes. Il est impossible de comprendre le soul&#232;vement r&#233;volutionnaire dans la flotte ou d'autres mouvements comparables sans tenir compte de ces &#233;l&#233;ments. Quand on comprend &#224; quel point l'action r&#233;volutionnaire a &#233;t&#233; gravement entrav&#233;e en Russie, au prix de combien de victimes et de quels efforts elle a n&#233;cessit&#233; pour chaque pas &#8211; victimes dont seule une infime minorit&#233; verrait la r&#233;alisation de son but et dont la majorit&#233; tomberait d&#232;s la premi&#232;re bataille contre la multitude d'obstacles dress&#233;s par le r&#233;gime politique &#8211; on comprend alors qu'&#224; la base de la r&#233;volte des marins se trouvaient avant tout leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est plus que jamais n&#233;cessaire de comprendre la nature du syst&#232;me des casernes en Russie. Lorsque la paix sera conclue et que l'Assembl&#233;e constituante sera institu&#233;e, les partis politiques devront reconstruire le pays d'une mani&#232;re radicale. Mais la Russie ne sera vraiment transform&#233;e que lorsqu'elle sera lib&#233;r&#233;e des erreurs du pass&#233;. Nous voulons d&#233;crire, sur la base des documents en notre possession, le r&#244;le jou&#233; dans la r&#233;volte par des facteurs conscients , c'est-&#224;-dire la propagande socialiste, et par des facteurs inconscients , c'est-&#224;-dire le syst&#232;me militaire en Russie. Le syst&#232;me des casernes n'est qu'un reflet de la structure sociale et politique d'un pays, et les conditions de vie &#224; bord du Potemkine &#233;taient les m&#234;mes que dans toute la flotte. Les m&#234;mes abus se rencontr&#232;rent partout. De la part des officiers, surtout des officiers sup&#233;rieurs, on remarqua partout la m&#234;me cruaut&#233; stupide, et le m&#234;me refus de comprendre la n&#233;cessit&#233; d'un comportement plus humain envers les marins. Toute tentative de la part de ces derniers pour obtenir une existence plus supportable ne faisait qu'&#233;veiller chez les officiers la volont&#233; obstin&#233;e de les punir plus s&#233;v&#232;rement encore. Les marins ne pouvaient donc pas se sentir bien dispos&#233;s envers leurs sup&#233;rieurs. En apparence, ils &#233;taient dociles, par crainte de r&#233;pression, mais, au fond, ils ha&#239;ssaient et m&#233;prisaient les &#171; dragons &#187; et les &#171; scorpions &#187;, termes qu'ils n'h&#233;sitaient pas &#224; employer &#224; la moindre occasion. Lors de la mutinerie du 3 novembre, les marins poursuivaient leurs officiers, leur jetant des pierres et leur lan&#231;ant des insultes grossi&#232;res. En tout cas, les insultes &#233;taient si courantes que les officiers y &#233;taient habitu&#233;s et faisaient semblant de ne pas les entendre&#8230; L'hostilit&#233; et la m&#233;fiance entre officiers et soldats sont des ph&#233;nom&#232;nes g&#233;n&#233;raux dans toutes les arm&#233;es, mais elles &#233;taient plus aigu&#235;s dans les forces arm&#233;es russes. Le foss&#233; infranchissable qui les s&#233;parait devenait plus profond &#224; chaque &#233;v&#233;nement politique, et finissait par envoyer les soldats contre les gr&#233;vistes et les manifestants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer cette m&#233;fiance, ainsi que la haine m&#233;prisante que les marins &#233;prouvaient pour leurs officiers, il faut rappeler, outre les raisons politiques, les d&#233;fauts sp&#233;cifiques du corps des officiers russes, notamment dans la flotte, o&#249; les officiers se recrutaient exclusivement dans la noblesse. Les &#233;coles militaires &#233;taient peupl&#233;es de la &#171; lie &#187; de la soci&#233;t&#233; industrielle. Quant &#224; la jeunesse honn&#234;te et comp&#233;tente, elle fr&#233;quentait g&#233;n&#233;ralement les prisons russes et s'orientait vers les professions intellectuelles. Seuls les incomp&#233;tents et les serviles se tournaient vers les carri&#232;res de la bureaucratie et des forces arm&#233;es&#8230; Ces officiers consid&#233;raient leur position comme un moyen de survie et s'effor&#231;aient de travailler le moins possible pour le plus grand avantage personnel possible. C'est sur cette base que se d&#233;velopp&#232;rent les relations entre officiers et marins, avec des cons&#233;quences souvent catastrophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons au cuirass&#233; Potemkine . Les ch&#226;timents corporels les plus brutaux &#233;taient monnaie courante. Malgr&#233; l'apparition d'une circulaire secr&#232;te insistant sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; respecter la dignit&#233; humaine des subordonn&#233;s &#187;, les officiers de marine continuaient, comme par habitude, &#224; distribuer des gifles et des coups. Des marins m'ont racont&#233; avoir eu les tympans crev&#233;s par des coups aussi violents&#8230; Mais ils souffraient surtout d'insultes et d'humiliations de toute sorte qui portaient atteinte &#224; leur dignit&#233; humaine. Il fallait voir l'arrogance avec laquelle ceux qu'on appelle &#171; aristocrates &#187; traitaient leurs subalternes pour comprendre la force de la haine que ces derniers leur vouaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque a v&#233;cu en Russie a peut-&#234;tre vu, dans certains parcs publics, cet &#233;criteau barbare : &#171; Entr&#233;e strictement interdite aux chiens et aux personnes de rang inf&#233;rieur . &#187; L'amiral Tchoukhnine a r&#233;ussi &#224; inventer une r&#232;gle encore pire pour les marins de S&#233;bastopol. L'arr&#234;t&#233; n&#176; 184 du 29 avril 1905 interdit aux marins &#171; sous peine de prison &#187; de circuler sur deux boulevards, deux avenues et une rue. Quelques jours plus tard, un groupe de marins invalides, de retour de Port-Arthur, passa sur l'un de ces boulevards o&#249; se dressait le monument comm&#233;morant le si&#232;ge de S&#233;bastopol en 1855. Ils rencontr&#232;rent un officier qui les interpella en termes grossiers : &#171; Comment osez-vous venir ici ? Vous savez que le boulevard est interdit aux subalternes ! &#187; L'un des marins lui r&#233;pondit : &#171; Avons-nous le droit de fouler notre terre natale, pour laquelle nous avons vers&#233; notre sang ? &#187; &#171; Vous avez le culot de discuter, canaille ! &#187; Et une s&#233;rie de coups permirent &#224; ces &#171; h&#233;ros &#187; de retour de go&#251;ter aux joies d'une patrie reconnaissante. La mutinerie du 3 novembre fut provoqu&#233;e par un ordre de l'amiral Tchoukhnine interdisant aux marins de p&#233;n&#233;trer dans la ville sans une permission sp&#233;ciale, dite &#171; ticket rouge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures de ce genre n'auraient pas eu des cons&#233;quences aussi graves quelques ann&#233;es plus t&#244;t. On peut m&#234;me affirmer que le r&#233;sultat aurait &#233;t&#233; le m&#234;me si les conditions de vie dans la flotte s'&#233;taient am&#233;lior&#233;es et non d&#233;grad&#233;es : ce sont surtout les marins eux-m&#234;mes qui avaient chang&#233; et m&#251;ri. Pendant cinq ou six ans, leur sens de la dignit&#233; personnelle avait m&#251;ri&#8230; Pour prendre un exemple typique de la nouvelle g&#233;n&#233;ration, les recrues de 1904 de l'&#233;quipage du 36e &#8211; celui du Potemkine &#8211; avant m&#234;me d'avoir pr&#234;t&#233; serment, pr&#233;sent&#232;rent &#224; leurs sup&#233;rieurs un ensemble de revendications. Le puissant choc envoy&#233; dans toute la Russie par le mouvement ouvrier au cours des cinq ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes avait suscit&#233; chez les marins l'espoir d'une vie nouvelle, meilleure et libre. En raison des conditions de travail, le cuirass&#233; &#233;tait en fait une usine flottante ; les marins &#233;taient plus proches de la classe ouvri&#232;re que de toute autre classe. Le grand nombre de punitions pour lecture, l&#233;gale mais non approuv&#233;e par les officiers, permet de mesurer l'int&#233;r&#234;t des marins pour la science et la litt&#233;rature, ainsi que leur soif de connaissances. Leur qu&#234;te d'un avenir meilleur se heurte aux officiers... qui incarnent l'absolutisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marins discut&#232;rent avec enthousiasme de la question des relations entre les officiers et les hommes de troupe : le parti dirigeant de la Russie future devait s'en pr&#233;occuper &#233;galement. Il faut rappeler que le premier point de l'ultimatum adress&#233; par le cuirass&#233; au commandant militaire d'Odessa &#233;tait le remplacement de l'arm&#233;e permanente par des milices populaires. Les relations entre les marins et leurs officiers sup&#233;rieurs &#233;taient une question de premi&#232;re importance. C'est en observant le comportement d'un marin envers ses officiers et ses sentiments &#224; leur &#233;gard que les camarades r&#233;volutionnaires d&#233;cidaient s'il &#233;tait apte &#224; prendre part &#224; leurs activit&#233;s secr&#232;tes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de s'arr&#234;ter sur la mani&#232;re dont se d&#233;roulait le travail de propagande &#224; bord du Potemkine . Un certain nombre de marins avaient d&#233;j&#224; rencontr&#233; les id&#233;es sociales-d&#233;mocrates lorsqu'ils travaillaient aux chantiers Nikola&#239;evski. Ils &#233;taient en contact avec des ouvriers civils, dont beaucoup avaient &#233;t&#233; influenc&#233;s par la propagande socialiste. Ensuite, l' &#233;quipage du Potemkine prit contact directement avec le parti social-d&#233;mocrate de S&#233;bastopol, o&#249; il avait d&#233;j&#224; nou&#233; des liens solides avec la marine. &#201;videmment, seul un petit nombre de marins pouvait &#234;tre en contact direct avec les r&#233;volutionnaires. Parmi ceux du Potemkine , j'en ai identifi&#233; environ 15 &#224; 20 qui assistaient, de fa&#231;on irr&#233;guli&#232;re, aux r&#233;unions secr&#232;tes organis&#233;es par les socialistes. Ces r&#233;unions, dites &#171; br&#232;ves &#187; lorsqu'il n'y avait presque pas de participants et &#171; massives &#187; lorsqu'elles &#233;taient nombreuses, r&#233;unissaient les marins des 50 navires de guerre ancr&#233;s au large de S&#233;bastopol. D'abord espac&#233;es, les r&#233;unions deviennent de plus en plus fr&#233;quentes ; Au cours des quatre mois qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent l'insurrection, il y en eut presque tous les dimanches (du 10 novembre au 25 mars, il y en eut 11 en tout). Le nombre des marins participants passa de 30 &#224; 300 ou 400. Pour &#233;viter les mauvaises surprises, ces r&#233;unions se tenaient hors de la ville, dans une for&#234;t proche de la colline de Malakhov. Les marins s'y rendaient par petits groupes, empruntant d'abord la route d'Inkerman, puis se s&#233;parant pour prendre divers sentiers. Une garde &#233;tait post&#233;e tout le long du chemin pour s'assurer que la voie &#233;tait libre. Lorsqu'ils atteignirent la prairie qui &#233;tait le lieu de r&#233;union, ils s'install&#232;rent &#224; leur guise. Les discours commenc&#232;rent. Les orateurs, souvent des femmes, expliqu&#232;rent aux marins les causes de l'existence de l'insupportable pouvoir oppressif, et propos&#232;rent des moyens pour le d&#233;truire et lib&#233;rer tout le pays. Puis ils discut&#232;rent, racont&#232;rent leurs exp&#233;riences et, apr&#232;s avoir adopt&#233; une r&#233;solution, ils termin&#232;rent la r&#233;union par un chant r&#233;volutionnaire. Voici le texte d'une de ces r&#233;solutions adopt&#233;es le 20 mars :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, 194 marins de la flotte de la mer Noire pr&#233;sents &#224; cette r&#233;union, joignons nos voix &#224; celles des ouvriers russes repr&#233;sent&#233;s par leur aile r&#233;volutionnaire, le Parti ouvrier social-d&#233;mocrate russe ; nous exigeons la suppression du r&#233;gime autocratique et son remplacement par une r&#233;publique d&#233;mocratique. Nous sommes convaincus que seule la convocation d'une Assembl&#233;e constituante, sur la base du suffrage universel direct et &#233;galitaire, au scrutin secret, peut affirmer le pouvoir du peuple. Nous savons que le r&#233;gime tsariste est all&#233; en guerre dans son propre int&#233;r&#234;t. C'est pourquoi nous exigeons qu'il y soit mis fin imm&#233;diatement. En unissant notre voix &#224; celle de la Russie qui s'&#233;veille &#224; la vie politique, nous sommes s&#251;rs que notre exemple, l'exemple de la protestation de la flotte de la mer Noire, sera suivi par toutes les forces arm&#233;es russes. Le dernier bastion du r&#233;gime est sur le point de s'&#233;crouler. Notre lib&#233;ration est imminente, et nous appelons tous ceux qui sont pers&#233;cut&#233;s et opprim&#233;s par l'autocratie &#224; rejoindre nos rangs, les rangs de notre parti. Notre lutte ne cessera pas tant que l'humanit&#233; ne se sera pas lib&#233;r&#233;e de l'exploitation des sanguinaires capitalistes. Nous luttons pour le socialisme. A bas l'autocratie ! A bas la guerre ! Vive l'Assembl&#233;e constituante ! Vive la r&#233;publique d&#233;mocratique ! Vive le Parti ouvrier social-d&#233;mocrate de Russie ! Vive le socialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent cinquante marins qui n'avaient pas assist&#233; &#224; cette r&#233;union ont approuv&#233; cette r&#233;solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres marins, la propagande se fait par des tracts et surtout par des appels. Il faut noter que les marins demandent au comit&#233; de S&#233;bastopol de r&#233;diger des appels sp&#233;cialement pour eux. Lorsque le comit&#233; a constat&#233; que la propagande parmi les marins est efficace, il s'efforce d'&#233;clairer chaque &#233;v&#233;nement plus ou moins significatif de la vie de la flotte. Ainsi, deux ou trois jours apr&#232;s la r&#233;volte, lorsque les marins se l&#232;vent et sortent dans le chantier, ils trouvent des tracts sur les &#233;v&#233;nements r&#233;cents &#233;parpill&#233;s sur le sol. Le comit&#233; de S&#233;bastopol appelle les marins &#224; donner un caract&#232;re politique &#224; leur protestation. Quelque 1 800 exemplaires de cet appel sont distribu&#233;s. Au total, le comit&#233; distribue 12 000 tracts du d&#233;but novembre au d&#233;but avril. Parmi les titres, citons Il est temps d'en finir , Le Manuel du soldat (2 800 exemplaires), Les deux Europes , Qui va gagner ? , Mort aux tyrans , Le Manifeste du tsar (9 janvier), etc. Certains traitent du r&#233;gime russe en g&#233;n&#233;ral, d'autres concernent sp&#233;cifiquement les marins. Ils d&#233;crivent les conditions difficiles d'existence des marins, qui contrastent avec le confort et les privil&#232;ges dont jouissent leurs officiers. &#192; cette &#233;poque, au Japon, l'amiral de la flotte japonaise Togo per&#231;oit 5 600 roubles par an, tandis que le grand-duc Alexe&#239;, amiral de la flotte russe, touche un salaire 18 fois sup&#233;rieur &#8211; 108 000 roubles. Par ailleurs, la solde des marins est incomparablement plus &#233;lev&#233;e au Japon qu'en Russie. Un marin co&#251;te 54 roubles au gouvernement japonais, contre 24 pour le gouvernement russe &#8211; et la moiti&#233; de cette somme est vol&#233;e par les officiers. Des tracts sp&#233;ciaux furent diffus&#233;s &#224; l'occasion du d&#233;part de 800 marins pour Libau, et d'autres &#224; l'occasion du proc&#232;s de 30 marins accus&#233;s d'&#234;tre les &#171; instigateurs &#187; de la r&#233;volte du 3 novembre. Parall&#232;lement &#224; ces &#233;v&#233;nements particuliers, des questions d'ordre g&#233;n&#233;ral furent soulev&#233;es : la guerre, la situation des ouvriers et des paysans, l'&#201;tat russe, etc. La fin de la guerre fut le mot d'ordre le plus r&#233;pandu. Certains exhort&#232;rent les marins &#224; refuser de partir en Extr&#234;me-Orient. Un tract imprim&#233; par le comit&#233; de S&#233;bastopol produisit une impression particuli&#232;rement forte. Il avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; et sign&#233; par &#171; des marins et des sous-officiers du cuirass&#233; Catherine II , en collaboration avec le Parti social-d&#233;mocrate &#187;. Il indiquait d&#233;j&#224; les actions plus importantes qui allaient d&#233;couler de la d&#233;faite de Tsushima. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que la Russie est devenue un &#201;tat d&#233;mocratique autoproclam&#233;, la question de la r&#233;organisation des forces arm&#233;es reste d'actualit&#233;. Les revendications des marins visent toutes &#224; am&#233;liorer leurs conditions de vie pendant leur service militaire : ce n'est qu'&#224; la fin qu'ils &#233;voquent le lien &#233;troit entre l'ordre social en Russie et le syst&#232;me militaire. Il convient de noter certaines de ces revendications :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;duction de la dur&#233;e du service militaire dans la flotte &#224; trois ans (actuellement sept ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;finition pr&#233;cise de la journ&#233;e de travail (les man&#339;uvres au front et les exercices sp&#233;ciaux sont consid&#233;r&#233;s comme du travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Contr&#244;le des marins sur les d&#233;penses consacr&#233;es &#224; la nourriture qui leur est destin&#233;e. Les marins exigent d'&#234;tre directement impliqu&#233;s dans l'approvisionnement et dans la nomination du cuisinier : &#171; Nous vous priverons ainsi de la possibilit&#233; de nous voler &#187;, disent les marins du Catherine II &#224; leurs officiers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre ensemble de revendications concernait les droits de l'homme et du citoyen : l'abolition des formules que les marins devaient utiliser pour s'adresser &#224; leurs sup&#233;rieurs [3] , et de la pratique consistant &#224; d&#233;cerner des honneurs militaires aux officiers. Les marins exigeaient &#233;galement que les d&#233;lits soient jug&#233;s par un tribunal ordinaire. Si les tribunaux militaires devaient &#234;tre pr&#233;serv&#233;s, ils devaient &#234;tre compos&#233;s &#224; parts &#233;gales d'officiers et de marins &#233;lus par leurs camarades&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces appels furent diffus&#233;s partout &#224; des centaines d'exemplaires. Un jour, les marins du Potemkine furent surpris de les trouver sur les couvertures de leurs lits. Ils ramass&#232;rent tous les &#171; tracts &#187; et cherch&#232;rent &#171; un endroit isol&#233; &#187; pour les lire. Ensuite, ils en discut&#232;rent en groupe pendant plusieurs jours. Peut-&#234;tre les marins ne comprirent-ils pas tout. Il arriva que les marins du Potemkine &#233;crivirent [au comit&#233;] pour critiquer l'emploi [dans les tracts] de trop nombreuses expressions incompr&#233;hensibles pour la majorit&#233; des marins, et pour demander de nouveaux tracts. Mais ces tracts, petits, insignifiants et souvent illisibles, imprim&#233;s clandestinement sur des machines primitives, accomplissaient leur t&#226;che r&#233;volutionnaire. Ils &#233;taient la preuve vivante de l'existence d'un parti insaisissable, qui se tenait aux c&#244;t&#233;s des marins isol&#233;s et soumis pour &#233;couter leurs plaintes et sympathiser avec leurs souffrances. Les membres de ce parti tendirent une main fraternelle aux marins, les trait&#232;rent en &#233;gaux, mirent &#224; leur disposition leur temps, leurs ressources et leur vie ; ils les appel&#232;rent &#224; s'unir &#224; la lutte contre l'ennemi de toute la classe ouvri&#232;re. On ne pouvait esp&#233;rer que cette propagande transformerait les marins en socialistes conscients. Elle fit cependant beaucoup en donnant un caract&#232;re politique &#224; leur vague m&#233;contentement et en popularisant les mots d'ordre du programme socialiste minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord inorganis&#233;e, la lutte des marins devint consciente. Ils firent leur le parti et son programme. &#171; Nous sommes 300 sociaux-d&#233;mocrates pr&#234;ts &#224; mourir &#187; : c'est avec ces mots que je fus accueilli par le marin Matiuchenko lorsque je montai &#224; bord du Potemkine &#224; Constanza. Ces 300 sociaux-d&#233;mocrates ne savaient peut-&#234;tre pas tout de ce que r&#233;clamait leur parti, mais le fait d'en &#234;tre membre leur donnait une confiance illimit&#233;e en leur propre force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, avec une &#233;nergie et un esprit d'initiative croissants, les marins trouv&#232;rent en eux-m&#234;mes ce que les appels ne pouvaient leur offrir. Ils compl&#233;taient leur formation politique en observant les faits qui les entouraient, en lisant les livres et les journaux autoris&#233;s par les officiers. Guid&#233;s par la haine du despotisme, ils d&#233;couvraient des id&#233;es r&#233;volutionnaires jusque dans les livres religieux. Quiconque &#233;tudiait de pr&#232;s la vie quotidienne &#224; bord du Potemkine pouvait percevoir leur intense vie intellectuelle. C'&#233;tait comme une ruche o&#249; chacun agissait au maximum de ses forces. Il y avait une trentaine de partisans de la non-violence, qui pr&#244;naient la r&#233;sistance passive &#224; la guerre et le refus de tirer sur &#171; les &#234;tres humains, cr&#233;atures de Dieu &#187;. Des disputes &#233;clataient presque tous les dimanches entre eux et le commandant Golikov&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous examinons la personnalit&#233; des marins, nous pouvons voir qu'il y avait parmi eux des hommes brillants, dont la capacit&#233; &#224; jouer un r&#244;le &#233;tait entrav&#233;e par les conditions sociales et politiques du pays. Parmi eux, Nikitchkine, v&#233;ritable tribun du peuple, exer&#231;a une grande influence sur ses camarades (il mourut h&#233;ro&#239;quement &#224; Feodosia). Poss&#233;dant un grand talent oratoire, impr&#233;gn&#233; de cet id&#233;alisme religieux profond&#233;ment enracin&#233; dans les masses populaires, en particulier dans la paysannerie, et qui n'a pas encore &#233;t&#233; min&#233; par un scepticisme superficiel, et dot&#233; d'une m&#233;moire remarquable, il ornait ses discours de citations. Il initia le style de discours qui commen&#231;ait par un extrait de l'&#201;vangile et se terminait par un hymne r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zvenigorodsky, apprenti m&#233;canicien de l'&#233;cole pratique, &#233;tait d'un autre type : fils de journaliste, il r&#233;digeait lui-m&#234;me des journaux dans lesquels il d&#233;crivait la mis&#232;re et les souffrances des marins et qu'il lisait &#224; ses camarades. C'est gr&#226;ce &#224; son activit&#233; que de nombreux marins, comme Reznitchenko par exemple, devinrent des r&#233;volutionnaires. &#171; Nous discutions souvent pendant des heures &#187;, me dit ce dernier, &#171; en regardant la surface lisse de la mer. &#187; A c&#244;t&#233; de ces deux personnages, il y avait toute une s&#233;rie d'agitateurs actifs, Matioutchenko, Reznitchenko, Kourilov, Dymtchenko, Makarov et bien d'autres. Ils discutaient des &#233;v&#233;nements qui agitaient toute la Russie. L'une des cons&#233;quences de la guerre russo-japonaise fut sans doute l'&#233;mergence d'une vie sociale et d'une opinion publique&#8230; Les afflictions, la honte, les souffrances partag&#233;es rapprochaient la marine et l'arm&#233;e du peuple&#8230; Un jour, Nikitchkine lut un extrait de la pi&#232;ce de Gorki Les Bas-fonds , dans laquelle l'un des occupants de la taverne de Vassilissa se lance dans un discours r&#233;volutionnaire : &#171; Votre loi, votre v&#233;rit&#233;, votre justice ne sont pas les n&#244;tres &#187;, etc. Nikitchkine fit ses lectures dans les recoins du navire, et ses auditeurs furent enthousiasm&#233;s par un sentiment commun. On passa des paroles aux actes : les protestations collectives devinrent de plus en plus fr&#233;quentes. On les pr&#233;parait le soir avant de se coucher. Les marins, rassembl&#233;s sur le gaillard d'arri&#232;re du navire pour la pri&#232;re, refus&#232;rent de se disperser, malgr&#233; les ordres de l'officier de garde, et commenc&#232;rent &#224; discuter &#224; voix basse ; alors l'un des plus courageux d'entre eux &#233;leva la voix et cria des slogans. Quand ils eurent dit tout ce qu'ils avaient &#224; dire, les marins se dispers&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le soir du 3 novembre 1904 que, pour la premi&#232;re fois, la protestation des marins prend un ton de r&#233;volte imminente. Les fen&#234;tres de la caserne et les lampes de la cour sont bris&#233;es, et les chambres des officiers sont saccag&#233;es en un instant. Les officiers courent se cacher partout o&#249; ils peuvent et parviennent &#224; esquiver la col&#232;re des marins. Les soldats, appel&#233;s des casernes voisines, refusent de tirer. Les marins et les sous-officiers du Pamiat Merkuria parviennent finalement, apr&#232;s plusieurs salves, &#224; disperser les mutins... Les incidents se multiplient sur les navires... Les marins du Catherine II menacent de couler le navire s'ils ne re&#231;oivent pas leur solde de guerre. Les &#233;quipages de tous les navires soutiennent cette revendication. Ils gagnent, comme ils gagnent aussi sur la qualit&#233; du pain. Les marins r&#233;volutionnaires sont g&#233;n&#233;ralement &#224; l'origine de ces actions. Chaque succ&#232;s renforce leur influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'&#233;tait la guerre qui &#233;tait le plus vif stimulant pour les marins. Elle avait mis &#224; nu les innombrables d&#233;fauts de l'arm&#233;e et de la marine, que les marins attribuaient &#224; l'incomp&#233;tence et &#224; la l&#226;chet&#233; des &#171; chefs &#187;. Les officiers avaient perdu toute autorit&#233; et n'inspiraient plus ni respect ni crainte. De leur c&#244;t&#233;, les marins avaient compris que l'action r&#233;solue m&#232;ne &#224; la victoire, et ils avaient gagn&#233; en audace. Les d&#233;sertions se multipliaient et &#233;taient ouvertement appuy&#233;es par tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette atmosph&#232;re, o&#249; souffle le vent de la r&#233;volution et o&#249; la discipline est bris&#233;e, que l'id&#233;e d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral est n&#233;e. O&#249;, quand et par qui l'id&#233;e fut-elle lanc&#233;e pour la premi&#232;re fois ? Comme toute id&#233;e vraiment populaire, elle n'a probablement pas &#233;t&#233; lanc&#233;e d&#233;lib&#233;r&#233;ment par quelqu'un en particulier, et elle est n&#233;e spontan&#233;ment dans le climat d'espoir qui r&#232;gne &#224; bord du navire. D&#232;s le 3 novembre, les marins avaient demand&#233; au parti social-d&#233;mocrate si le moment n'&#233;tait pas venu de transformer la r&#233;volte en mouvement organis&#233;. Le comit&#233; avait conseill&#233; d'attendre un moment plus favorable. L'id&#233;e d'une intervention r&#233;volutionnaire avait donc d&#233;j&#224; &#233;merg&#233; un an auparavant. Plus tard, au d&#233;but de l'ann&#233;e, lorsqu'on apprit qu'un pogrom de Juifs avait &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233; par la police de S&#233;bastopol, 150 marins arm&#233;s p&#233;n&#233;tr&#232;rent dans la ville et se joignirent aux ouvriers pour d&#233;fendre les Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements du 8 au 12 janvier 1905 &#224; Saint-P&#233;tersbourg provoqu&#232;rent une vive &#233;motion parmi les marins&#8230; Le &#171; centre des marins &#187;, le comit&#233; central dirig&#233; par les repr&#233;sentants des marins de tous les navires, commen&#231;a &#224; &#233;laborer s&#233;rieusement un plan d'insurrection. Ce ne fut pas facile. La proposition souleva une foule de questions concr&#232;tes. Quelle attitude adopter &#224; l'&#233;gard des officiers ? Devrait-on les arr&#234;ter ou les ex&#233;cuter ? Quelles seraient les cons&#233;quences de l'insurrection, r&#233;ussie ou d&#233;faite ? N'entra&#238;nerait-elle pas l'&#233;clatement de la Russie ? Chaque marin donna son point de vue. Dans une lettre adress&#233;e au comit&#233; de S&#233;bastopol&#8230; l' &#233;quipage du Potemkine demanda une r&#233;ponse &#224; toutes les questions qui suscitaient des doutes. Mais la d&#233;faite de Tsushima et la nouvelle du massacre de 40 marins de l'escadre Niebogatov pr&#232;s de Shanghai (publi&#233;e dans un journal russe) pouss&#232;rent la patience des marins &#224; ses limites. Ils disaient : &#171; Si nous devons mourir, autant que ce soit pour lib&#233;rer la Russie, plut&#244;t que d'&#234;tre tu&#233;s par des officiers ou par les Japonais. &#187; Et l'id&#233;e d'un soul&#232;vement gagna de plus en plus de partisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question se pose ici : combien de marins du Potemkine &#233;taient impliqu&#233;s dans le complot ? Au moins la moiti&#233;, m'a-t-on dit. En fait, les marins r&#233;volutionnaires ne gard&#232;rent pas secret leur plan : ils n'observ&#232;rent que des pr&#233;cautions tr&#232;s &#233;l&#233;mentaires. Voici un d&#233;tail qui montre combien ils &#233;taient audacieux : les officiers d'un petit navire &#8211; dont nous ne citerons pas le nom &#8211; se rendirent un jour en ville pour assister &#224; une noce : pendant ce temps, les marins tenaient une r&#233;union &#224; bord&#8230; Il est fort probable que les officiers savaient ce qui se pr&#233;parait. On sait qu'il y avait une trentaine d'informateurs parmi les marins. Mais comment pouvaient-ils d&#233;jouer ces plans ? Qui arr&#234;ter ? Ils ne r&#233;ussirent pas &#224; d&#233;couvrir quels &#233;taient les membres du comit&#233; r&#233;volutionnaire du Potemkine &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commandant du Potemkine &#233;choua dans toutes ses tentatives de r&#233;tablir la discipline &#224; bord par des mesures traditionnelles, ridicules et inefficaces&#8230; On essaya d'emp&#234;cher les marins de se r&#233;unir ; on leur interdire m&#234;me de lire les journaux et les revues, et il &#233;tait difficile d'obtenir des permissions pour aller en ville. Golikov, qui auparavant passait souvent la nuit hors du navire, ne le quittait plus d&#233;sormais : il inspectait les cabines pour v&#233;rifier l'emploi du temps des marins : &#171; Pourquoi ce hamac est-il vide ? O&#249; est le matelot X ? &#187; &#171; Il est de garde &#187;, r&#233;pondit son voisin, tandis que le matelot X discutait dans un coin sombre avec un camarade. Ces mesures draconiennes rendirent les protestations encore plus vives. Il y en eut une particuli&#232;rement vive les deux ou trois jours pr&#233;c&#233;dant la Trinit&#233;. Golikov crut pouvoir y mettre fin en pronon&#231;ant un discours sur la discipline pendant la f&#234;te. Il raconte comment une mutinerie survenue vingt ans plus t&#244;t sur le Svetlana , o&#249; il servait, s'&#233;tait sold&#233;e par de nombreuses ex&#233;cutions. &#171; Voil&#224; ce qui attend ceux qui oublient la discipline &#187;, d&#233;clara-t-il&#8230; Apr&#232;s la d&#233;faite de Tsushima, de tels propos &#233;taient hautement irresponsables. Le fait de conna&#238;tre les risques qu'ils couraient permettait aux marins de surmonter leur peur des cons&#233;quences d'une r&#233;volte. Mais que pouvait faire le malheureux commandant ? Comme tout bon soldat de l'absolutisme, il devait d&#233;fendre la vieille Russie par tous les moyens possibles. Devant la difficult&#233; de la t&#226;che, Golikov, comme les autres, perdit la t&#234;te et ne fit qu'acc&#233;l&#233;rer le processus. D'ailleurs, lui-m&#234;me &#233;tait tout &#224; fait s&#251;r de sa propre impuissance : &#171; Le poison r&#233;volutionnaire se r&#233;pand sur le bateau m&#234;me parmi les sous-officiers &#187;, dit-il un jour &#224; un policier. Toute tentative d'&#233;radiquer la r&#233;volution se solda par un &#233;chec&#8230; Reznichenko cite un exemple significatif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions sur le point de commencer la r&#233;union lorsqu'une patrouille sous le commandement d'un officier est arriv&#233;e. Il voulait nous arr&#234;ter tous. L'un de nous s'est approch&#233; de lui et, apr&#232;s l'avoir salu&#233;, lui a demand&#233; : &#171; Que t'importe que nous soyons ici ? &#187; &#8211; &#171; Je t'ordonne de te disperser. &#187; &#8211; &#171; Pourquoi ? &#187; &#8211; &#171; Parce que je te donne des ordres. &#187; &#8211; &#171; Mais nous ne faisons rien de criminel. &#187; &#8211; &#171; Disperse-toi ou je donne l'ordre de tirer. &#187; &#8211; &#171; Personne ne t'ob&#233;ira. Aujourd'hui je suis de ce c&#244;t&#233;, mais demain je serai peut-&#234;tre dans ta patrouille, et si tu donnes l'ordre de tirer, tu seras le premier sur qui je tirerai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'officier se retira sans un mot. Les marins s'&#233;loign&#232;rent et reprirent leur r&#233;union. Baranovsky, le commandant du Prout , pronon&#231;a un discours sur ces r&#233;unions dans lequel il accusait les Juifs d'&#234;tre &#224; l'origine des troubles dans la flotte. Il ajouta qu'il n'h&#233;siterait pas &#224; prononcer la peine de mort contre tous ceux qui participeraient &#224; des complots avec les socialistes. Quelques jours plus tard, une proclamation des marins parut : &#171; Vous disiez la v&#233;rit&#233;. Nous savons que vous &#234;tes un bourreau. Le jour viendra o&#249; nous n'h&#233;siterons pas &#224; vous &#233;trangler. Le temps du paiement approche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, Baranovski fut arr&#234;t&#233; par les marins et Golikov mourut, victime de l'obstination de l'absolutisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Remarques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Kirill &#233;tait le pseudonyme d'Anatoly Petrovich Berezovsky, qui fut charg&#233; de rassembler les souvenirs d'un marin du Potemkine dont cet article est tir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La flotte russe de la Baltique, apr&#232;s avoir fait le tour du monde, fut an&#233;antie pr&#232;s des &#238;les de Tsushima par l'amiral Togo le 27 mai 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les militaires de la Russie tsariste &#233;taient oblig&#233;s de s'adresser &#224; leurs officiers d'une mani&#232;re particuli&#232;rement obs&#233;quieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1907/xx/potemkin.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1907/xx/potemkin.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1905/00/Potemkine.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1905/00/Potemkine.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7191&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gr&#232;ve de Vorkouta, camp du goulag de Staline</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8549</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8549</guid>
		<dc:date>2026-01-17T23:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de Vorkouta, camp de concentration stalinien &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire le texte ici : &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitres I et II &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre III &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre IV &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre V &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre VI &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre VII &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitres VIII et IX &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre X &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre XI : La gr&#232;ve &lt;br class='autobr' /&gt; Lire aussi : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vorkoutlag &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lumni.fr/video/goulag-les-camps-de-travail-sovietiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique47" rel="directory"&gt;05- Politique des blocs, fausses r&#233;volutions et faux socialismes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/illus-p32ou33_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/illus-p32ou33_1.jpg' width=&#034;1300&#034; height=&#034;905&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesghj.jpg' width=&#034;299&#034; height=&#034;168&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/imagessdk.jpg' width=&#034;273&#034; height=&#034;185&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesyui.jpg' width=&#034;283&#034; height=&#034;178&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titresd.jpg' width=&#034;305&#034; height=&#034;165&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/vorkuta_in_winter.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;336&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve de Vorkouta, camp de concentration stalinien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lire le texte ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitres I et II&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18664 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img076-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 22.2 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre III&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18669 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img082-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre IV&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18670 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img083-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 5.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre V&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18671 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img084-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre VI&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18672 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img085-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre VII&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18676 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/chap_vii.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitres VIII et IX&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18677 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/chap_viii_et_ix.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 8.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre X&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18678 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img089-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chapitre XI : La gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18679 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img090-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 6.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vorkoutlag&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vorkoutlag&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lumni.fr/video/goulag-les-camps-de-travail-sovietiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lumni.fr/video/goulag-les-camps-de-travail-sovietiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/au-fin-fond-de-la-siberie-le-goulag-8953523&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/au-fin-fond-de-la-siberie-le-goulag-8953523&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6944&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6944&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_de_Vorkouta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_de_Vorkouta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://infos-ouvrieres.fr/2025/11/21/les-mutins-du-goulag-et-du-quotidien/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://infos-ouvrieres.fr/2025/11/21/les-mutins-du-goulag-et-du-quotidien/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6715&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6715&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8012&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8012&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4539&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4539&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/culture/programmes-tv/documentaire-livre-une-plongee-glacante-dans-l-039-archipel-du-goulag-2080392.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/culture/programmes-tv/documentaire-livre-une-plongee-glacante-dans-l-039-archipel-du-goulag-2080392.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6830&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=MBsbiVwJLlc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=MBsbiVwJLlc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6650&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6650&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Cqq8YYOEXr0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Cqq8YYOEXr0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gulagfilms.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gulagfilms.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les grandes &#233;vocations de la R&#233;volution d'Octobre en Russie</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7831</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7831</guid>
		<dc:date>2026-01-03T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les grandes &#233;vocations de la R&#233;volution d'Octobre en Russie &lt;br class='autobr' /&gt;
Un an apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-marxists-org.translate.goog/archive/gramsci/1918/03/one-year.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.retronews.fr/journal/la-correspondance-internationale/07-decembre-1921/1071/4111169/1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Sept ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les grandes &#233;vocations de la R&#233;volution d'Octobre en Russie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/gramsci/1918/03/one-year.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/gramsci/1918/03/one-year.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.retronews.fr/journal/la-correspondance-internationale/07-decembre-1921/1071/4111169/1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.retronews.fr/journal/la-correspondance-internationale/07-decembre-1921/1071/4111169/1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915g.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915g.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/raskolnikov/works/1925/00/Raskolnikov_1925.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/raskolnikov/works/1925/00/Raskolnikov_1925.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k14138448.r=Histoire%20populaire%20de%20la%20R%C3%A9volution%20d%27octobre%20%20S.%20A.%20Piontkovsky?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k14138448.r=Histoire%20populaire%20de%20la%20R%C3%A9volution%20d%27octobre%20%20S.%20A.%20Piontkovsky?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treize ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr47.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr47.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/octobre.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/octobre.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv29.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv29.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-sept ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt-deux ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/08/trois.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/08/trois.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/serge/works/1947/07/serge_19470700.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/serge/works/1947/07/serge_19470700.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente-sept ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1329&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1329&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent ans apr&#232;s la R&#233;volution russe d'octobre 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4274&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4274&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2017/11/24/phro-n24.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2017/11/24/phro-n24.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/read-offline/17168/revolution-russe-histoire-memoires.print&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/read-offline/17168/revolution-russe-histoire-memoires.print&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses adversaires eux aussi comm&#233;morent &#224; leur mani&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/11/07/01016-20171107ARTFIG00015-revolution-de-1917-un-siecle-apres-les-russes-blancs-n-oublient-pas.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/11/07/01016-20171107ARTFIG00015-revolution-de-1917-un-siecle-apres-les-russes-blancs-n-oublient-pas.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/planete/2017/10/20/24-25-octobre-la-nuit-rouge_1604595/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/planete/2017/10/20/24-25-octobre-la-nuit-rouge_1604595/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/europe/article/2007/11/05/octobre-1917-un-etrange-coup-d-etat_974674_3214.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/europe/article/2007/11/05/octobre-1917-un-etrange-coup-d-etat_974674_3214.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencespo.fr/ceri/fr/content/le-centieme-anniversaire-du-coup-detat-revolutionnaire-doctobre-1917&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sciencespo.fr/ceri/fr/content/le-centieme-anniversaire-du-coup-detat-revolutionnaire-doctobre-1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poutine comm&#233;more&#8230; Staline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2017/03/24/31005-20170324ARTFIG00338-centenaire-de-1917-poutine-prefere-staline-a-lenine.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2017/03/24/31005-20170324ARTFIG00338-centenaire-de-1917-poutine-prefere-staline-a-lenine.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lematin.ch/story/cent-ans-apres-sa-mort-lenine-oublie-des-russes-et-meprise-par-poutine-103025086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lematin.ch/story/cent-ans-apres-sa-mort-lenine-oublie-des-russes-et-meprise-par-poutine-103025086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepoint.fr/histoire/pour-poutine-lenine-a-ete-un-agent-de-l-etranger-21-01-2024-2550290_1615.php#11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepoint.fr/histoire/pour-poutine-lenine-a-ete-un-agent-de-l-etranger-21-01-2024-2550290_1615.php#11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des t&#233;moignages sur l'origine de la l&#233;gende du &#171; Trotskisme &#187;</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8006</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8006</guid>
		<dc:date>2025-12-17T23:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propagande stalinienne antitrotskyste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme de &#171; trotskisme &#187; viendrait de Milioukov, dirigeant du parti KD, d&#233;non&#231;ant en 1905 le r&#244;le de Trotski dans le Soviet. Il a &#233;t&#233; &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233; dans les d&#233;bats du POSDR avant 1917. Mais son usage massif vient des zinovi&#233;vistes et des staliniens dans les ann&#233;es 1920. Tout en se r&#233;clamant de L&#233;nine, ils laissent entendre que Trotski avait des id&#233;es oppos&#233;es &#224; celui-ci et contre-r&#233;volutionnaires. En 1929, la Pravda titre sur &#171; Mister Trotski (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Propagande stalinienne antitrotskyste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de &#171; trotskisme &#187; viendrait de Milioukov, dirigeant du parti KD, d&#233;non&#231;ant en 1905 le r&#244;le de Trotski dans le Soviet. Il a &#233;t&#233; &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233; dans les d&#233;bats du POSDR avant 1917. Mais son usage massif vient des zinovi&#233;vistes et des staliniens dans les ann&#233;es 1920. Tout en se r&#233;clamant de L&#233;nine, ils laissent entendre que Trotski avait des id&#233;es oppos&#233;es &#224; celui-ci et contre-r&#233;volutionnaires. En 1929, la Pravda titre sur &#171; Mister Trotski au service de la bourgeoisie britannique &#187;. L'Internationale Communiste stalinis&#233;e de son c&#244;t&#233; affirme que &#171; la lutte contre le trotskisme est aujourd'hui l'une des plus importantes t&#226;ches de tout le mouvement ouvrier international &#187;, et qu'&#171; &#224; l'heure actuelle, toutes les conditions pour &#233;craser la vermine trotskiste existent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, la propagande stalinienne se fit encore plus grossi&#232;re et n'utilisait plus que le terme d'&#171; hitl&#233;ro-trotskistes &#187; pour condamner ses opposants. En France, le PCF et L'Humanit&#233; applaudissent &#224; ces consignes. En 1935, L'Humanit&#233; exige la mise hors la loi des trotskistes en France, et ne parle d&#233;sormais plus que des &#171; hitl&#233;ro-trotskistes au service de l'&#233;tranger &#187;. L'apoth&#233;ose est atteinte avec les proc&#232;s de Moscou, o&#249; Vychinski parle des &#171; bandits trotskistes, vulgaires mouchards et espions &#187; ; affirme que &#171; le trotskisme contre-r&#233;volutionnaire est devenu depuis longtemps d&#233;j&#224; le pire d&#233;tachement d'avant-garde du fascisme international &#187;, &#171; converti en une des succursales des SS et de la Gestapo &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les partis communistes &#233;purent leurs rangs, et tout militant critique peut se voir &#233;tiquet&#233; de &#171; trotskiste &#187;, exclu et diffam&#233;, et souvent molest&#233;. Il devient de plus en plus difficile pour les militants trotskistes de militer, et en particulier dans les entreprises, situation qui perdurera dans les d&#233;cennies de Guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mythes sur le trotskysme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les calomnies des staliniens contre Trotski et le trotskysme stigmatisent essentiellement deux aspects : la pr&#233;tendue haine de Trotski pour la paysannerie d'une part, et son pr&#233;tendu aventurisme putschiste et gauchiste d'autre part. Aujourd'hui, les staliniens ne croient plus gu&#232;re aux th&#233;ories qui font de Trotski un agent de la Gestapo ou de l'Intelligence Service britannique ; en revanche, les accusations plus &#034;politiques&#034; contre Trotski peuvent encore, elles, trouver de l'&#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haine de la paysannerie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski pensait, comme la plupart des marxistes, que &#171; l'histoire du capitalisme est l'histoire de la subordination de la campagne &#224; la ville &#187;[1] et que la classe ouvri&#232;re devait jouer un r&#244;le d&#233;terminant. Dans la Russie semi-f&#233;odale et majoritairement paysanne, les marxistes, y compris L&#233;nine et les bolch&#233;viks, pensaient qu'il faudrait d'abord une r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise, qui repose sur la force de la paysannerie. Trotski a &#233;t&#233; accus&#233;, en raison de sa th&#233;orie de la r&#233;volution permanente qui donne un r&#244;le dirigeant &#224; la classe ouvri&#232;re, de sous-estimer le potentiel de la paysannerie. Ces accusations ressortent en particulier fin 1923 &#224; des fins pol&#233;miques. Cela est renforc&#233; par le fait qu'&#224; ce moment-l&#224; Trotski d&#233;fendait qu'il &#233;tait urgent de d&#233;velopper en priorit&#233; l'industrie (pour renforcer la classe ouvri&#232;re et &#233;galement pour r&#233;soudre la crise des ciseaux). Pourtant Trotski n'a quasiment pas eu la moindre divergence pratique avec L&#233;nine et la direction bolch&#233;vique en Octobre et apr&#232;s sur la question paysanne. Il &#233;tait convaincu de la n&#233;cessit&#233; de s'allier &#224; la paysannerie et a largement r&#233;alis&#233; cette alliance dans la pratique en dirigeant l'Arm&#233;e rouge, arm&#233;e majoritairement paysanne. Trotski fut &#233;galement un des premiers &#224; d&#233;fendre une nouvelle politique &#233;conomique plus favorable &#224; la paysannerie en 1920, ce que le comit&#233; central refuse alors. Et il s'opposera aux collectivisations forc&#233;es dans les campagnes men&#233;es par Staline en 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aventurisme et gauchisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski ne se conduisit jamais de fa&#231;on aventuriste : contre l'avis de L&#233;nine, il s'opposa &#224; la campagne de Pologne en 1920 ; il s'opposa aussi aux tentatives r&#233;volutionnaires avort&#233;es des communistes allemands en 1921 et 1923. Ce que les staliniens appellent &#171; aventurisme &#187;, c'est tout ce qui d&#233;passe leur horizon devenu r&#233;formiste &#224; force de collaborer avec diff&#233;rents partis ou &#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des t&#233;moignages sur l'origine de la l&#233;gende du &#171; Trotskisme &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;3 janvier 1928&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tels sont les t&#233;moignages que j'ai pu recueillir &#224; Moscou. Ils ne font que mettre cr&#251;ment en lumi&#232;re ce que les camarades mieux inform&#233;s comprenaient d&#233;j&#224; clairement avant de les conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gende du &#171; trotskysme &#187; qui fut cr&#233;&#233;e, d&#233;truite et de nouveau reconstitu&#233;e par les seuls et m&#234;mes hommes, suivant les besoins du moment, nous am&#232;ne &#224; examiner une autre question plus g&#233;n&#233;rale : celle des m&#233;thodes &#224; admettre dans la lutte politique au sein du parti r&#233;volutionnaire. Il n'est pas rare d'entendre dire par des repr&#233;sentants de la majorit&#233; actuelle (naturellement dans une conversation priv&#233;e) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il va de soi que nous savons tr&#232;s bien que l'Opposition n'a rien de commun avec le menchevisme. Mais il s'agit de deux groupes luttant pour le pouvoir, il faut donc de puissants moyens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maquignons qui sont maintenant dans l'appareil croient qu'une telle fa&#231;on d'aborder les questions id&#233;ologiques est tout &#224; fait r&#233;aliste et m&#234;me v&#233;ritablement bolchevique. Elle est pourtant profond&#233;ment impr&#233;gn&#233;e de cynisme. L'id&#233;ologie est dans la lutte de classes une arme tranchante : elle se venge cruellement de ceux qui en abusent. Les cadres du parti se sont form&#233;s au cours d'ann&#233;es et de dizaines d'ann&#233;es, sur la base des th&#232;ses du marxisme contr&#244;l&#233;es par l'exp&#233;rience de la vie et de la lutte. Abuser des valeurs id&#233;ologiques, falsifier les th&#233;ories, transformer les mots de &#171; menchevisme &#187;, de &#171; social-d&#233;mocrate &#187; etc. en injures vides de sens, tout cela sape in&#233;vitablement les bases de la vie du parti, d&#233;truit les liens d'id&#233;es, d&#233;moralise les cadres, d&#233;soriente les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne reconnaissons pas l'existence d'une morale abstraite au-dessus de la r&#233;alit&#233;, des classes et des int&#233;r&#234;ts de celles-ci. Mais cela ne signifie nullement que nous ne reconnaissons l'existence d'aucune morale. Ce que l'on peut et ce que l'on ne peut pas faire est d&#233;termin&#233; par les int&#233;r&#234;ts historiques du prol&#233;tariat et non par les besoins actuels de l'appareil &#8211; ou de la poign&#233;e de ceux qui le dirigent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de se repr&#233;senter clairement, un instant seulement, le jeu r&#233;pugnant de saute-mouton pratiqu&#233; dans le domaine des id&#233;es &#224; propos du &#171; trotskysme &#187;. Il n'en a m&#234;me pas &#233;t&#233; question entre 1917 et 1923. Pour nous en tenir &#224; l'essentiel, c'est pendant cette p&#233;riode qu'a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; le programme du parti, qu'a &#233;t&#233; fond&#233;e l'Internationale communiste, qu'ont &#233;t&#233; constitu&#233;s ses cadres et &#233;tablis ses documents principaux, parmi lesquels les th&#232;ses du Programme et les Manifestes de l'Internationale communiste. En 1923, apr&#232;s que L&#233;nine ait &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de toute activit&#233;, de s&#233;rieuses divergences de vue sont apparues dans le noyau principal du comit&#233; central et ces divergences se sont d&#233;velopp&#233;es, dans le cours des quatre ann&#233;es suivantes, autour de deux lignes de conduite irr&#233;conciliables. Le spectre du trotskysme a &#233;t&#233; lanc&#233; sur la sc&#232;ne en 1924 apr&#232;s une soigneuse pr&#233;paration en coulisses. Zinoviev et Kamenev &#233;taient les inspirateurs de cette campagne. Ils &#233;taient &#224; la t&#234;te de ce qu'on appelait &#224; l'&#233;poque &#171; la vieille garde bolchevique &#187;. En face, le pr&#233;tendu &#171; trotskysme &#187;. Mais le noyau des soi-disant &#171; l&#233;ninistes &#187; scissionne en 1925. Quelques mois plus tard, Zinoviev et Kamenev ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de reconna&#238;tre que le noyau principal de l'Opposition de 23, les pr&#233;tendus &#171; trotskystes &#187; avaient eu raison dans les questions essentielles sur lesquelles il y avait eu des divergences. Cet aveu est le plus cruel des ch&#226;timents encourus par les abus scandaleux commis dans le domaine th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus : bient&#244;t Zinoviev et Kamenev sont eux-m&#234;mes catalogu&#233;s comme &#171; trotskystes &#187;. Il est difficile d'imaginer plus implacable ironie du hasard. Zinoviev et Kamenev s'unissent aux dirigeants de l'Opposition de 1923 dans un groupe parfaitement fond&#233; &#224; se d&#233;nommer gauche prol&#233;tarienne du parti ou bolcheviks-l&#233;ninistes (Opposition) en opposition au groupe opportuniste Staline, Rykov, Boukharine. Le 15e congr&#232;s n'a rien chang&#233; &#224; la ligne politique de la majorit&#233; ; au contraire, il l'a renforc&#233;e. Il a condamn&#233; l'Opposition et l'a exclue du parti. Pour Zinoviev et Kamenev, c'est apparu suffisant pour dissimuler le danger de Thermidor et tenter en revanche de ressusciter le fant&#244;me du trotskysme. Il ne serait pas surprenant que Zinoviev se mette &#224; r&#233;diger une brochure contre le danger trotskyste et que Kamenev se mette &#224; faire r&#233;f&#233;rence &#224; ses discours et articles de 23-24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de principes porte en lui son ch&#226;timent. Il se brise contre les faits, sape la confiance et en fin de compte se ridiculise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des individualit&#233;s, m&#234;me aussi consid&#233;rables que Zinoviev et Kamenev, viennent et passent. La ligne politique, elle, demeure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un roman bolchevik sur la r&#233;volution russe de 1917 avant Octobre...</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8453</link>
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		<dc:date>2025-11-25T23:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un roman sur la r&#233;volution russe de 1917 avant Octobre : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le tourbillon &#187; de Alexis D&#233;midov &lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatri&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Cinqui&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Sixi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Septi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Huiti&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Neuvi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Dixi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Onzi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Douzi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte du Potemkine &lt;br class='autobr' /&gt;
https://pandor.u-bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb2381.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moignages sur la r&#233;volution russe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique160" rel="directory"&gt;24- COMMENTAIRES DE LIVRES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1945-93902.jpg' width=&#034;352&#034; height=&#034;234&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un roman sur la r&#233;volution russe de 1917 avant Octobre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le tourbillon &#187; de Alexis D&#233;midov&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18255 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img047-4.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 30.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18328 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16.2 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18329 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 20 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18381 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb4.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 18.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18418 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb1.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18424 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img056-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18436 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img057-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 17.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Huiti&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18437 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img058-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 6.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Neuvi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18462 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img060-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 14.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dixi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18475 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img061-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 5.8 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Onzi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18476 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img062-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Douzi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18496 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img066-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 10.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du Potemkine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://pandor.u-bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb2381.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pandor.u-bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb2381.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignages sur la r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3151&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3151&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/fevrier.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/fevrier.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/octobre.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/octobre.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1004385j&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1004385j&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1413802x/f7.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1413802x/f7.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.matierevolution.fr/IMG/pdf/img056-3.pdf" length="17193479" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lenin and Trotsky against Stalinism</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8415</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8415</guid>
		<dc:date>2025-10-24T04:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lenin and Trotsky against Stalinism &lt;br class='autobr' /&gt;
1922-1923 : when Lenin and Trotsky were united against Stalin and the Russian bureaucracy, dictatorial, nationalist, corrupt and reactionary, beginning to usurp power in place of the exhausted proletariat, struck by a bloody civil war, beaten throughout Europe, internationally isolated and demoralized &lt;br class='autobr' /&gt;
In 1922-1923, everything opposed the common policy of Lenin and Trotsky, the two historical leaders of October 1917 and of the revolutionary war which (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lenin and Trotsky against Stalinism&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1922-1923 : when Lenin and Trotsky were united against Stalin and the Russian bureaucracy, dictatorial, nationalist, corrupt and reactionary, beginning to usurp power in place of the exhausted proletariat, struck by a bloody civil war, beaten throughout Europe, internationally isolated and demoralized&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1922-1923, everything opposed the common policy of Lenin and Trotsky, the two historical leaders of October 1917 and of the revolutionary war which defeated imperialism in Russia, to the policy of Stalin and the bureaucracy :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.- L and T want to stop the NEP, this momentary and limited retreat towards capitalism in a catastrophic economic situation due to the civil war and the backwardness of the country and aimed at preserving the workers' and peasants' alliance, to preserve the monopoly of foreign trade to avoid the connection of the kulak and the nepman with foreign imperialism, to develop the control of the workers over the bourgeois economy authorized in a limited way, to control the connection of the state bureaucracy with the new bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.- L and T want us to first fight the bureaucracy within the party, the soviets and the state and to dissociate them. To this end, we must revive the soviets, develop the organization of trade unions and non-party organizations, independent of the Bolshevik party and the state, and develop workers' control and their rights.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.- L and T want to preserve the policy of liberation of the oppressed peoples of the former Russian empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.- L and T are betting on the world revolution and not only on the internal economic and social development of Russia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.- in this international perspective, it is important to develop genuine national communist leaderships in the world and not appendages of the Russian party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.- L and T have a short-term political project to push back and bring down the bureaucracy within the party. They have noticed that it develops by always starting from the same institutions : party secretariat, organizing bureau, secretariat of the central committee, workers' and peasants' inspection, ministry of nationalities. All these institutions have in common that they are linked to Stalin... The project proposed by Lenin to Trotsky consists of detonating a public bomb at the party congress : unmasking Stalin in the eyes of the entire party, restructuring all the leaderships that Stalin has monopolized, giving back the power of decision to an enlarged Central Committee (true political leadership with sufficient authority for this fight) and no longer to the secretariats and organizing bureaus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The October Revolution, let us not forget, was that of Lenin and Trotsky, as the French communist newspaper &#034;L'Humanit&#233;&#034; of the time called it and as the whole world called it. This is the Stalinist version that will seek to oppose Lenin and Trotsky, while Lenin had chosen Trotsky as the only one capable of leading the revolution upon his death...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excerpt from &#8220;Lenin's Last Stand&#8221; by Moshe Lewin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;After three trying years of war, struggle, toil, and worry, Lenin fell ill. He was already seriously ill toward the end of 1921 and was forced to leave work for several weeks. During the first half of the following year, his capacity for work was reduced and steadily deteriorated. Then suddenly, on May 25, 1922, a catastrophic attack occurred : paralysis of his right hand and leg, and disruption&#8212;or even loss&#8212;of his ability to speak. Convalescence was slow and painful. &#8220;You understand,&#8221; Lenin later told Trotsky, &#8220;I could no longer speak or write ; I had to learn again.&#8221; His robust constitution pulled him through once more, but he did not return to work until October 2, and his health was not fully restored. The symptoms of fatigue and malaise he was showing, his frequent absences from work sessions, his latest crisis did not go unnoticed by the members of the Sovnarkom (government) and the Politburo. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The return to public life was not long-lasting. On December 13, a new bout of illness forced Lenin to retire, this time permanently. It is therefore clear that his participation in affairs during 1922 was very limited. This is an important fact for understanding this entire period, which played a crucial role in the destiny of Soviet Russia. The government machine created under Lenin, much more at the whim of circumstances than by premeditated will, continued to function without his participation. His comrades in the Politburo were getting used to governing alone and were acquiring a taste for the independence acquired thanks to the absence of the old man. (&#8230;) While Lenin was losing his capacity for work and the conduct of affairs was slipping more and more out of his hands, Stalin was asserting himself, gaining ease and assurance, quite often in opposition to Lenin. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A number of men then left the Secretariat and the Central Committee. Among them were the three secretaries Krestinsky, Preobrazhensky, and Serebriakov, all future Left Opposition members and future victims of Stalin's purges. And, significantly, Kaganovich, Uglanov, Jaroslavsky, and Molotov reached the highest echelons. They were all future Stalinists. (&#8230;) The problem of foreign trade became acute towards the end of 1921, when Miliutin, the Soviet delegate to the Riga talks, promised the abolition of this monopoly. (&#8230;) Stalin supported these theses. But Lenin saw them as a fundamental error, an unacceptable attack on the country's interests. In his view, it was not only unwise but undoubtedly harmful to allow foreign exporters to come into direct contact with the private businessmen of the interior, the nepmany, because then &#034;foreigners will buy up and take home everything of value.&#034; (&#8230;) Lenin was accumulating evidence to try to convince the Central Committee of the correctness of his views. Only the rigid maintenance of the monopoly principle would make it possible to counter the country's economic weakness. (&#8230;) The slightest breach in defense would eventually destroy the weak domestic industry and help to weld an alliance between the forces of international capitalism and businessmen on the one hand and the entire Russian peasantry on the other against the power of the Soviets. By March, Lenin's arguments seemed to be winning out and the monopoly was confirmed by a series of decrees, but it was only a truce. Lenin noted with concern that government and Central Committee circles were continually putting this issue back on the agenda and challenging the solution reached by constantly formulating new draft legislative amendments. (&#8230;) Annoyed, Lenin finally demanded, in a letter to Stalin, that the monopoly principle be reaffirmed and that all contrary drafts be banned. It was perhaps on this occasion that Lenin discovered that the gensek (general secretary) did not agree with him at all and was standing up to him with growing assurance. Stalin added the following opinion to Lenin's letter : &#034;At this stage, I do not oppose the formal ban on measures aimed at weakening foreign trade. However, I believe that weakening is becoming inevitable. &#187; Lenin's proposals were adopted by the Politburo on May 22, but during his prolonged absence due to his first paralysis, the opponents of monopoly finally achieved success. A few days after Lenin's return to work, at the Central Committee meeting on October 6, Sokolnikov's proposals for significant exceptions to the state monopoly were approved by the plenum. Lenin, who was suffering,was absent from the session. He felt this decision as a real blow to him. (&#8230;) Significant fact : on October 11, he invited Trotsky to talk with him, and in particular about this problem. Two days later, he sent an urgent letter to the Politburo categorically demanding a revision of the decision. The Bureau had to give some ground : it decided to have the members of the Central Committee vote on Lenin's request. Once again, Stalin attached a note to Lenin's letter : &#034;Comrade Lenin's letter has not made me change my mind about the correctness of the decision of the plenum. (&#8230;) concerning foreign trade.&#034; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Knowing that Trotsky was like him a defender of monopoly, Lenin proposed to him on December 12th to make common cause with him. (&#8230;) Lenin insisted to Trotsky, in increasingly cordial terms, that he take charge of defending their common thesis. (&#8230;) From December 12th to 15th, the two men exchanged abundant correspondence. (&#8230;) In case of failure, a tactic was decided : the charge would be returned to the communist faction of the next Congress of Soviets and, later, to the Party Congress. On December 15th, Lenin drew his conclusions : &#8220;Comrade Trotsky, I believe that we have agreed on everything ; I ask you to announce our solidarity at the plenum. &#187; (&#8230;) On the same day, in a letter to Stalin and the other members of the Central Committee, he announced that he had made the necessary arrangements to withdraw, but &#8211; and this must have caused a sensation among the Tsekists &#8211; he also declared : &#8220;I have finalized an agreement with Trotsky on the defense of my opinions concerning the monopoly of foreign trade.&#8221; (&#8230;) The &#8220;old guard,&#8221; in whose eyes Trotsky was nothing more than an arrogant and unbearable intruder, closed ranks after Lenin's letter. The outlines of the future triumvirate : Stalin, Kamenev, Zinoviev, based solely on hatred of Trotsky and the desire to block his path to power, were beginning to appear during these days. Lenin had indeed gone even further in another postscript to his letter, declaring himself &#8220;assured that Trotsky would in no way defend his opinions worse than he would have done himself.&#8221; &#187; Such remarks could only increase the tension, develop mistrust and jealousy within the Politburo. On December 18, the Central Committee, meeting in plenary session, annulled its previous deliberation which had caused Lenin so much trouble. Stalin had given in on all counts. (&#8230;) Lenin, already bedridden, warmly congratulated Trotsky : &#8220;It seems that the fortress has been taken without a shot being fired, by a simple maneuver ; I propose not to stop there and to continue the offensive.&#8221; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On August 10, 1922, the Politburo requested the Orgbjuro (i.e., Stalin) to form a commission to prepare, for the next session of the Central Committee, a draft regulation of the Russian Federation's relations with the other Republics. Lenin was ill and was increasingly out of control. The leaders were clearly in a hurry, and perhaps they already had a clear idea of &#8203;&#8203;the conclusions they would reach, because the commission was set up the day after the Politburo's decision. Its composition is not without interest. It included Stalin, Kuybytchev, Ordzhonikidze, Rakovsky, Sokolnikov, and probably also Molotov (&#8230;) It was Stalin himself who masterfully drafted the resolution of this commission, concerning the mutual relations between the RSFSR and the independent Republics, a so-called &#8220;autonomization&#8221; project which provided for the pure and simple inclusion of these &#8220;independent Republics&#8221; in the Russian Federation as &#8220;autonomous Republics&#8221;. The project stipulated that the government of the Russian republic, its central executive committee and its government would henceforth constitute the government of the whole. Stalin's text was sent for opinion to the Central Committees of the Parties of the Republics (&#8230;) The Georgians' response was clear : they were against it. The session of their Central Committee on September 15 refused (&#8230;) unanimously, minus one vote. It provoked an immediate response from Ordzhonikidze and his Zakkvajkom, who immediately adopted a resolution in favor of Stalin's project, and better still, using his superiority in the Party hierarchy, ordered the Georgian Central Committee to comply with Stalin's orders and not to make public its differences with Moscow. (&#8230;) Stalin is said to have telegraphed Mdivani on August 29, 1922, to inform him that henceforth the decisions of the higher government authorities of the RSFSR were binding on all the Republics. (&#8230;) Meanwhile, Lenin, still convalescing, asked Stalin for information on the progress of the commission's work. He received it on September 25 (&#8230;). Lenin's reaction was not long in coming. The letter he sent the next day to Kamenev, his second in command at the sovnarcom (government), and not directly to Stalin, drew the latter's attention to the importance of the matter and asked him to give it careful consideration. (&#8230;) The following month, in a letter, he found Stalin &#034;a little too hasty&#034;. (&#8230;) We must arrive, he said, at a &#034;Federation of Republics enjoying equal rights&#034;. To better guarantee this equality, he deleted from Stalin's draft the paragraph relating to the accession of the Republics to the RSFSR,and instead advocates &#034;a formal unification jointly with the RSFSR in a Union of Soviet Republics of Europe and Asia. The Russian government will not be that of the Union. (&#8230;) Meanwhile, Stalin is indeed behaving like a man in a hurry. (&#8230;) He communicates, without waiting for Lenin's opinion, the results of his commission to all the members of the Central Committee, as material for their next meeting, which was to take place on October 6. Lenin's letter containing a draft union of Soviet Republics was in his eyes only an unnecessary interference of the &#034;old man&#034; in an area where he, Commissar for Nationalities, had acquired a solid reputation (&#8230;) During the meetings of the Politburo, Stalin and Kamenev exchanged two brief notes about Lenin's memorandum. Kamenev's note : &#034;Ilyich is going to war to defend independence.&#034; Stalin's response : &#034;I think we must show firmness against Lenin. &#187; (&#8230;) Communicating Lenin's text on September 27 to the members of the Politburo, Stalin attached a letter in which he made no secret of his opinion and bluntly accused Lenin of &#8220;national liberalism&#8221; which would inevitably encourage separatism. Realizing that he would be in the minority in the Central Committee, Stalin gave in on all counts and himself transformed his project of autonomization into a project of Union, in the sense of Lenin's amendments. (&#8230;) The introduction to the new project calmly claimed that it was only a &#8220;slightly modified, more precise formulation&#8221; than that of the Orgburo, the latter having been &#8220;correct in principle and fully acceptable&#8221;. (&#8230;) Lenin declared to Kamenev :(&#8230;) The introduction to the new draft calmly claimed that it was only a &#8220;slightly modified, more precise formulation&#8221; than that of the Orgburo, the latter having been &#8220;correct in principle and fully acceptable&#8221;. (&#8230;) Lenin declared to Kamenev :(&#8230;) The introduction to the new draft calmly claimed that it was only a &#8220;slightly modified, more precise formulation&#8221; than that of the Orgburo, the latter having been &#8220;correct in principle and fully acceptable&#8221;. (&#8230;) Lenin declared to Kamenev :&#034;Comrade Kamenev ! I declare war, not a small war but a war for life and death, on Great Russian chauvinism. As soon as I am rid of my cursed tooth, I will devour all my healthy teeth.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So as soon as my health improves, as the doctors believe, I will go into the final battle against Stalin. He will make sure that this never happens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moshe Lewin continues : &#034;Thanks to the authority of Lenin, whose ideas seemed to be accepted by everyone, the Central Committee adopted the project in its entirety, entrusting a new commission with the task of a more detailed elaboration for the next session. (&#8230;) Ordzhonikidze began to employ drastic measures. With the support of the Moscow Secretariat, from which he constantly benefited, he removed from Georgia the supporters of the Central Committee of this Republic, ordering them by disciplinary means to leave their country and place themselves at the disposal of the Central Committee in Moscow. (&#8230;) Having run out of patience, despairing of finding justice in Moscow, exasperated by the deportations ordered by Ordzhonikidze, the Georgian Tsekists made an unprecedented gesture : on October 22, they submitted their collective resignation. Ordzhonikidze was probably only waiting for this opportunity. His Zakkrajkom immediately appointed a new Central Committee composed of incompetent and docile young men, who accepted the Federation without batting an eyelid. The Moscow Secretariat had hastened to accept the resignations of the old Tsekists and the new appointments. (&#8230;) During these confrontations, Ordzhonikidze's nerves ceased to obey him : he struck another Party member, a supporter of Mdivani. This happened during a private session at Ordzhonikidze's house. Rykov, Lenin's deputy and member of the Politburo, was present. (&#8230;)&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarding Ordzhonikidze, Lenin, who had not yet discovered Stalin's entire plan, wrote : &#034;Ordzhonikidze did not show the necessary flexibility and prudence in conducting the Party's national policy in Georgia, he admitted administrative methods, he took certain measures too quickly, he did not always take into account the opinions and rights of the Central Committee of the Communist Party of Georgia. He also did not show proper self-control in his relations with the Mdivani group.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin then began to worry. It was the letter from the Georgian Okudzhava, a resigned Tsekist, accusing Ordzhonikidze of having made threats against the communists of Georgia, which suddenly alarmed him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lewin continues : &#034;One can measure how profound the difference between Lenin and Stalin was by comparing their respective attitudes on the national question. Stalin proposes a solution as simple as it is expeditious, which would crystallize and reinforce the reality of power : was not the government of the RSFSR practically that of all the Republics ? Well, it would officially become that of the Union. How to proceed ? Paragraph 6 of Stalin's draft reads : &#034;The present decision, if confirmed by the Central Committee of the RCP, will not be published but communicated to the Central Committees of the Republics for circulation in the Soviet organs, the central executive committees, or the congresses of Soviets of the said Republics, before the convocation of the All-Russian Congress of Soviets, where it will be declared to express the wish of these Republics.&#034; &#034; Since in any case it was the Central Committee in Moscow that decided and imposed its decision on the national central committees by &#034;circular directive&#034;, that is to say by an order the non-execution of which was punishable by disciplinary measures, since the will of the Central Committee had to finally be solemnly declared to respond to the wish of the Republics, the meaning of Stalin's project is clear : it was a question of having the fact ratified so that it would become the law. Lenin, on the contrary, refuses to take into consideration only administrative efficiency, and seeks to resolve the problem by applying the principles that had been his for years. He says in his letter that he does not want to destroy the independence of the Soviet Republics, but to create a new level in the constitutional order : &#034;a Federation of Independent Republics&#034; . Efficiency counts, of course, for Lenin, and the solution adopted must also strengthen the State, but, precisely, the whole question of nationalities must be resolved and not suppressed. Internationalism must not be renounced in favor of centralism ; it is also necessary to continue to combat the powerful tradition of oppression that characterized the tsarist state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When he resumed running affairs in October 1922, Lenin had not regained his capacity for work or his former control. His speech on the 20th was confused and visibly improvised. (&#8230;) A few days after this speech, when painful suspicions began to arise in Lenin about the Georgian affair, the doctors demanded that he considerably reduce the pace of his work. (&#8230;) Finally, he agreed to go to Gorky to rest, but his active participation in political life continued through letters and telephone calls. He impatiently awaited news from Rykov and Dzerzhinsky, but he devoted most of his time to organizing the work of his deputies, who now numbered three : Rykov, Kamenev and Tsjurupa ; he remained in constant contact with them to establish, through collective elaboration, the modalities of the Sovnarkom's activities. The reorganization of the Sovnarkom (Council of People's Commissars or government) with a new distribution of tasks is visibly linked in his mind to the problem of succession. Thus, at the beginning of December, Lenin invited Trotsky to a new interview during which he first suggested the formation of a &#034;bloc against the bureaucracy,&#034; that is, in practice, to participate in a special committee that would be established to lead this struggle ; he offered him to become one of his deputies in the government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On December 30, he was to write : &#034;If things have come to this, one can imagine the quagmire we have gotten ourselves into.&#034;The interview with Dzerzhinsky had a harmful influence on the progression of Lenin's illness, and undoubtedly hastened the crisis. The night must have been restless ; on the morning of December 13, 1922, two serious attacks forced Lenin to leave office for good. (&#8230;) From then on, Lenin would not leave his small room in the Kremlin : it was impossible to transport him to Gorky as had been planned. This circumstance would be of great importance for the activities of the seriously ill man during the eighty days during which he was still to retain his intellectual capacities. For the future, visitors were forbidden : he would only see his wife Krupskaya, his sister Maria Ilinchina, and three or four of his secretaries, not to mention, of course, the medical staff. His entourage was forbidden to transmit any correspondence to him or to inform him of current state affairs, so as &#034;not to give him food for thought and worry.&#034; Thus began Lenin's exhausting struggle to be kept informed of what interested him, to formulate his opinions and make them known to the right people. This was not the whim of a sick man who, refusing to face death, continued a semblance of activity. Lenin, on the contrary, knew that death could suddenly overtake him, at a time when the country and the Party remained in an extremely difficult situation, without a clear program of action, without even some markers of the path to follow having been laid down ; he felt that he had to say at least the essentials on the most pressing subjects, that this was the duty of the head of state, of the leader of an unprecedented revolution. (&#8230;) The ambiguity of the situation was further increased by the fact that the man who was responsible for ensuring that the sick man's regime was scrupulously respected was none other than Stalin (decision of the Central Committee obtained by Stalin on December 18, 1922). (&#8230;) A significant incident between Krupskaya and Stalin sheds light on how he intended to fulfill his mission. On December 22, learning from his informants that Krupskaya had the day before taken a letter, in fact a short note, dictated by Lenin, he called her on the telephone and covered her, Krupskaya herself said, &#8220;with unworthy insults and threats.&#8221; He intended to sue her before the Party's Central Control Commission for her &#8220;violation&#8221; of the prescriptions of the sick man's regime. This rudeness was unprecedented in the relations between the Party leaders and Lenin's family. There was obviously no reason to doubt Krupskaya's devotion to the sick man and her competence to look after him. Stalin's intervention was not even legally justified : Krupskaya had had the permission of the attending physician&#8212;Stalin could easily verify this. Stalin had acted in a genuine fit of anger:Lenin's letter was the one addressed to Trotsky to congratulate him on having won &#034;without striking a blow&#034; at the session of the Central Committee, in the debate on the monopoly of foreign trade. Stalin was well aware of the increasingly close relations that had been developing in recent times between Lenin and Trotsky. (&#8230;) Furthermore, as early as November 25, Lenin, as we have recently learned, had informed the Politburo that he approved Trotsky's proposals on the use of tactics concerning the International ; above all, in the second part of this message, he put forward a very flattering opinion of Trotsky's theses on the NEP : he insisted that they should be published in a pamphlet and widely distributed. This was undoubtedly a great compliment, for it was one of the most complicated problems of Soviet policy, and one that caused Lenin a great deal of worry. It is therefore not surprising that Stalin, more concerned than anyone by the problem of succession, jumped with indignation on learning of this new mark of recognition from Lenin towards Trotsky, especially since the rapprochement between the two men &#8211; he could already suspect it &#8211; was to be accompanied by a real campaign against him, Stalin. (&#8230;) Lenin's principal secretary, Foti&#233;va, noted in the diary on January 30 :&#034;Stalin asked if I wasn't telling Vladimir Ilyich too much. How does he know about current affairs ? For example, his article on the Workers' and Peasants' Inspection shows that he knows about certain circumstances.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
This was yet another subject in which Stalin was personally targeted, perhaps in a veiled way, but obvious to the person concerned.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is against such surveillance and such limitations on his activities, which are, moreover, very legally covered, that Lenin will have to fight. And, first, on December 23. He was shaken by a severe attack of illness during the night of the 22nd to the 23rd. He was nevertheless able to fall asleep, but in the morning he noticed that part of his body, his right hand and right leg, was paralyzed again. The news was immediately communicated to the Politburo. (&#8230;) Despite the commotion caused by this attack, Lenin's thoughts were essentially focused on the destinies of the State and the Party. He then demanded permission to dictate for five minutes each day. (&#8230;) Once permission was granted, Lenin called one of his two secretaries and dictated around thirty lines to her in four minutes. (&#8230;) The next day, he demanded the right to continue what he called his &#034;diary.&#034; The doctors tried to stop him, but Lenin gave them an ultimatum : if he was not allowed to dictate for a few minutes a day, he would refuse treatment. A council composed of doctors and members of the Politburo, Stalin, Bukharin, and Kamenev, saw no way to override this. Permission was granted, but the Politburo's decision specified that the notes could not be in the nature of correspondence and could not call for any kind of response. This is how the &#034;Testament&#034; was composed, a series of very brief notes at first, dictated with enormous effort for a few minutes a day. Yet Lenin's robust constitution seemed to work miracles. His health began to improve, and hopes of recovery appeared. He was able to dictate for up to three-quarters of an hour a day and could even read and continue the struggle through the intermediary of his faithful entourage : his wife, his sister, and the secretaries, all devoted to Lenin and very attached to him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;testament&#034; in the strict sense of the term consists of notes dictated between December 23 and 31, with a supplement of January 4, notes entitled in the works &#034;Letter to the Congress.&#034; But the true exposition of Lenin's views, the testament in the true sense of the term, is the entirety of the writings of this period. One can undoubtedly find there a coherent view of the international situation and perspectives, important elements for a program and a line of action, as well as an attempt at clarification with regard to internal developments. In addition to the notes, there are five articles written in January and February 1923, although the majority of the Bureau sometimes made efforts to avoid or postpone their publication. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The notes that Lenin began to dictate on December 23 had the aim, he declares in the very first line, of proposing to the next Party Congress the accomplishment of &#034;a series of changes in our political system.&#034; (...) First of all, it is necessary to strengthen the unity of the Central Committee, so that it is capable of accomplishing the urgent task of reorganizing, or rather reconstructing, the state apparatus, and also to prevent the Party from succumbing to the danger that threatens it : the split that may occur (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
First remedy : a significant increase in the number of members of the Central Committee would allow this assembly to strengthen &#034;several thousand times over&#034; the stability of the Party. Lenin also proposes &#034;to grant, under certain conditions, a legislative character to the decisions of Gosplan, going here in the direction of Comrade Trotsky's positions, up to a certain point and under certain conditions.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) The reform of government structures is the most widely developed theme in Lenin's projects, because political power is almost the only lever in the hands of the Bolsheviks to impose a socialist direction on the development of Russian society. (&#8230;) To combat all harmful tendencies, to try to remedy all the illnesses of the state apparatus and the Party, Lenin saw only one starting point : to organize the communist elite, and above all, the leadership of the Party, in an exemplary manner. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
For the moment, even the large commissariats were functioning poorly ; Lenin did not spare them his harshest criticisms. There was worse : he was worried about the functioning of his own Sovnarkom (the Council of People's Commissars or government leadership) (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the other hand, having returned to work after a period of illness, Lenin noticed that during his absence, both machines, the government and the Party, had started to run on empty, with the senior officials, including the commissars, all tending to shirk their responsibilities (&#8230;) The (enlarged) Central Committee and the new Central Control Commission would together constitute the new Central Committee, a large assembly of 150 to 200 people, which would in reality become a Party conference and would meet six times a year. In addition, the presidium of the Central Control Commission would participate in the work of the Politburo, both as a collaborator and as a controller, it would ensure the regular functioning of the Central Committee and the Bureau, checking all documents, etc., without consideration of persons, even if it were the gensek (general secretary). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin returns to the institution he had once promoted, but which had deeply disappointed him : the Workers' and Peasants' Inspection, which we will refer to by its Russian acronym, the three letters : RKI. It was responsible for monitoring the work of government agencies and administrations. Under the direction of Stalin, the Control Commissioner, from March 1919 to April 25, 1922, it had become a bloated and highly bureaucratized body, comprising some twelve thousand civil servants, few of whom were workers : the tchinovnik very quickly succeeded in colonizing the institutions designed precisely to combat bureaucracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky had begun to attack the RKI at the beginning of 1922. Lenin then still defended this commissariat and, therefore, indirectly, the person of its leader, but in his last texts he portrayed it as a hotbed of ineptitude, a &#034;hopeless affair&#034; : &#034;There is no commissariat more badly organized than the RKI, and it does not enjoy even the shadow of authority.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
These arrows fired at Stalin through the commissariat for which he was responsible were undoubtedly the reason why the article &#034;Better less, but better,&#034; the writing of which was completed on February 10, did not appear in Pravda until March 4. According to Deutscher, the majority of the Bureau opposed the publication ; Kuybichev even proposed printing, for Lenin's use alone, a special copy of Pravda with the article in question. But Trotsky insisted that the article be published normally and finally won with the support of Kamenev or Zinoviev. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the months of January and February 1923, through five articles developing the ideas expressed in the notes, Lenin's plans became a vast program of political strategy prepared for the next Party congress, which was to be held in a few weeks. Lenin was driven to accelerate its development, both by the fear of not being able to attend the congress and by the urgency of the reforms advocated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the practical field, three questions particularly caught his attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;First, he wanted to know the results of the census of civil servants in the major cities, which had just been carried out at his instigation. His great fear of bureaucracy made him often ask for it. Finally, his secretary had to admit to him that these documents could not be provided to him without Stalin's authorization ; Lenin did not know this. According to Fotieva's account in her Memoirs, this affair caused Lenin to be in a very bad mood three days later, on January 10, and a month later, on February 12, it caused him a real crisis. One of his doctors, F&#246;rster, who was already going to allow him newspapers and visits, suddenly put an end to his hopes and forbade &#034;political information.&#034; When Lenin asked what he meant by this, the doctor replied : &#034;Look, for example, you are interested in the question of the census of Soviet civil servants.&#034; This answer came as such a shock to Lenin that his lips trembled : that the doctors were aware of such details and made such distinctions confirmed his suspicions. Fotieva notes in the &#034;Diary,&#034; in a cautious style : &#034;It is likely that, in addition, an impression would have been created in Lenin that it was not the doctors who gave orders to the Central Committee, but the CC to the doctors.&#034; In fact, for Fotieva, this was no longer a mere probability, but a real certainty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The second area of &#8203;&#8203;concern for Lenin was his plan to merge the Commissariat of the Workers' and Peasants' Inspection with the Central Control Commission, the centerpiece of the plan to reorganize the Central Committee and the entire top level of the Party's organizational chart. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the main sources of activity and emotion were still the Georgian imbroglio and the constitution of the USSR. Having established his principled opinion and made his judgment on the individuals in his memorandum at the end of December, Lenin had to act, and act quickly, in order to gather before the opening of the congress the necessary documents to specify the errors committed and the exact role of those responsible, given the radical measures that were to be imposed on the latter. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin insisted too much for Stalin to be able to refuse him the file (of the Georgian affair) without being covered by the Politburo (&#8230;) Foteva, without specifying her sources further, reports an exchange of messages between Kamenev and Stalin during the session of the Bureau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kamenev : &#034;Since Vladimir Ilyich insists, I think it would be even worse if he were refused.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin : &#034;I don't know ; let him do as he pleases.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) The Bureau ignored this and decided to send the file to Lenin, without really understanding what he intended to do with it. Lenin simply wanted to verify the facts himself. To this end, he set up a private commission of inquiry, composed of Gorbunov, his charg&#233; d'affaires at the SNK, and his secretaries Foti&#233;va and Glasser. The first questions that this commission was to clarify&#8212;others would arise as the study of the file progressed&#8212;were the following :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;1) Why was the former Georgian Central Committee accused of deviationism ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) What are they accused of as a breach of discipline ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Why is the Zakkrajkom (in the hands of Ordzhonikidze and Dzerzhinsky) accused of repression against the Georgian Central Committee ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) The physical means of oppression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) The line of the Central Committee of the Communist Party of Russia in the absence of Vladimir Ilyich and in his presence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Who did the commission deal with ? Did it investigate only the accusations against the Georgian Central Committee, or did it also investigate those against the Zakkrajkom ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On February 14, Lenin gave new indications to the commission, which denote his state of mind and his resolution to leave nothing in the dark :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Three elements :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) It is not allowed to hit someone ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Concessions are essential ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) You cannot compare a small state with a large one&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Did Stalin know about the incident (Ordzhonikidze hitting an activist) ? Why didn't he react ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) He gives the following order :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Directive from Vladimir Ilyich : to hint before Solz that Vladimir Ilyich is on the side of the weaker. To make someone among the offended understand that he takes their side.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) He called Volodicheva around noon on March 5 and dictated two letters. The first, highly secret, and written in an affectionate tone very rare in Lenin, was intended for Trotsky and its contents were to be communicated to him immediately. Here it is :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;I urge you to take charge of the defense of the Georgian case in the Central Committee of the Party. This case is currently under the &#034;persecution&#034; of Stalin and Dzerzhinsky, and I cannot trust their impartiality ; the opposite is true. If you agree to undertake the defense, I can then be reassured ; if you do not agree, for whatever reason, then return the file to me ; I will see it as a sign of your disagreement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With my best comradely greetings,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Schematically, we could summarize the most explicit part of Lenin's legacy in these three commandments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Put a brake on nationalism, especially Russian nationalism, fight this great-power chauvinism that all arms of the government machine tend to serve ; ensure the internationalist education of the peoples of Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Fight the uncultured, wasteful and oppressive bureaucracy, fight it at all levels, including the top of the Party ; fight for efficient state administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Depose Stalin.&lt;br class='autobr' /&gt;
In 1922-1923, Lenin, despite his serious illness and most likely his poisoning by doctors linked to Stalin, led the fight against Stalin and the bureaucracy. This resulted in a clash over the issue of the foreign trade monopoly that began at the end of 1921. Through Stalin, who for the first time openly waged his own battles against Lenin, the bureaucracy wanted to push the NEP, this &#034;temporary retreat&#034; towards state capitalism, further, to the point of linking up with imperialism by abolishing this monopoly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin, on the contrary, fought to stop the retreat represented by the NEP. On October 11, 1922, Lenin relied on Trotsky to lead the fight against Stalin on this issue. Stalin replied on October 13, 1922 : &#034;Comrade Lenin's letter has not changed my mind about the correctness of the decision of the Central Committee Plenum of October 6 regarding foreign trade.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On November 25, 1922, Lenin made it official that he approved Trotsky's theses on the NEP and proposed that they be published as a pamphlet by the party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On December 12, Lenin and Trotsky jointly went on the offensive on this issue. On December 15, Lenin wrote to Trotsky : Comrade Trotsky, I believe we have agreed on everything ; I ask you to announce our solidarity at the plenum.&#034; And in a letter to the Central Committee, he wrote : &#034;I have finalized an agreement with Trotsky on the defense of my views concerning the monopoly of foreign trade.&#034; On December 18, 1922, Lenin and Trotsky won the battle in the Central Committee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin retreats. Lenin congratulates Trotsky, claiming that this is only the beginning of the joint offensive, but like Trotsky, Lenin is skeptical that the rest will be so easy. Indeed, this is the only point on which Stalin will retreat. He already has more power than Lenin and Trotsky combined and, of course, more than Trotsky alone when Lenin dies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin said to Trotsky : &#034;It seems that the fortress has been taken without a shot being fired, by a simple maneuver ; I propose not to stop there and to continue the offensive.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The next battle took place over the question of nationalities and their union with Russia. Stalin advocated the merger of the federation by force. Lenin openly accused him of Great Russian nationalism. This issue had taken a violent turn in Georgia, where Georgian communists opposed Stalin, the Commissar for Nationalities. Lenin finally took a virulent stand against Stalin. At the September 15, 1922, session of the Central Committee, he declared : &#034;The unification proposed on the basis of Comrade Stalin's theses must be considered premature.&#034; Lenin described Stalin's envoy to Georgia as follows : &#034;He admitted administrative methods in this matter. He did not take into account the opinions and rights of the Central Committee of the Communist Party of Georgia.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin opposed Stalin's so-called &#034;autonomization&#034; project, which, on the contrary, represented a forced integration of the other republics and a dictatorship against the peoples. He wrote numerous notes and letters and thus noted that he had much less weight than in the past, including with close associates like Kamenev and Zinoviev. In a letter to Kamenev, he wrote on September 26, 1922 : &#034;Comrade Kamenev ! You have no doubt already received from Stalin the resolution of his commission concerning the incorporation of the independent Republics into the RSFSR. (...) Stalin agreed to make a concession, that of replacing the term &#034;accession&#034; to the RSFSR in paragraph 1 with &#034;formal union with the RSFSR within the framework of the Union of Soviet Republics of Europe and Asia. I hope that the meaning of this concession is clear : we recognize ourselves as equal in law with the Ukrainian SSR and enter with it on an equal footing into the new union.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin is not characterized by Lenin in a more obliging manner in this affair : &#034;I think that a fatal role was played here by Stalin's haste and his taste for administration, as well as by his irritation with the notorious 'social-nationalism'. Irritation generally plays a most disastrous role in politics. (...) Here arises an important question of principle : How is internationalism to be conceived ? (...) An exemplary punishment must be inflicted on Comrade Ordzhonikidze (I say this with all the more regret because I personally number myself among his friends and have been active with him abroad, in emigration), and also the investigation must be completed or a new investigation carried out into all the documents of the Dzerzhinsky Commission, in order to rectify the enormous number of irregularities and biased judgments undoubtedly found therein. It goes without saying that it is Stalin and Dzerzhinsky who must be held politically responsible for this fundamentally nationalist campaign Great Russian.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin was finally forced to write to the Georgian oppositionists on March 6, 1923 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;To comrades Mdivani, Makharadze and others, (copy to comrades Trotsky and Kamenev).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dear comrades, I am with you in this matter with all my heart. I am outraged by Ordzhonikidze's arrogance and the connivance of Stalin and Dzerzhinsky. I am preparing notes and a speech in your favor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The day before, he had dictated the following note to me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dear Comrade Trotsky,&lt;br class='autobr' /&gt;
I urge you to take on the defense of the Georgian case in the Central Committee of the Party. It is now being &#034;pursued&#034; by Stalin and Dzerzhinsky, so I cannot count on their impartiality. In truth, it is quite the opposite ! If you agree to take on this defense, I will be at ease. If for some reason you do not agree, please return the file to me. I will consider this as a mark of your disagreement. With my best comradely greetings.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin then sent two of his personal secretaries, Glasser and Fotieva, to take Trotsky a note in which he asked him, among other things, to follow up the Georgian question at the Twelfth Party Congress, which was about to convene. Glasser added : &#034;When Vladimir Ilyich read our correspondence with you, his brow lit up. Well ! Now that's another matter ! And he instructed me to hand over to you all the manuscripts that were to be used in the making of his 'bomb' for the Twelfth Congress.&#034; Kamenev had informed me that Lenin had just written a letter breaking off all comradely relations with Stalin, so I suggested that, since Kamenev was to leave that very day for Georgia to attend a Party conference, it might be well to show him the letter on the national question so that he would be able to do whatever was necessary. Fotieva replied : &#034;I don't know.&#034; Vladimir Ilyich did not instruct me to communicate the letter to Comrade Kamenev, but I can ask him to do so.&#034; A few minutes later, she came back and said : &#034;Absolutely not. Lenin said that Kamenev would show the letter to Stalin, who would then try to conclude a rotten compromise in order to deceive us later. - So, things have gone so far that Lenin no longer considers it possible to conclude a compromise with Stalin even on a correct line ? Yes, Ilyich does not trust Stalin ; he wants to speak out openly against him in front of the whole Party. He is preparing a bomb.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in a letter to LB Kamenev on &#034;the fight against great power chauvinism&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comrade Kamenev, I declare war to the death on great-power chauvinism. As soon as I am freed from my cursed tooth, I will devour it with all my healthy teeth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is absolutely essential to insist that the federal CEC be chaired in turn by&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a Russian&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a Ukrainian&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a Georgian, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolutely ! &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in &#034;The Question of Nationalities or Autonomy&#034;, opposing Stalin's resolution on autonomy :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;It is claimed that it was absolutely necessary to unify the apparatus. Where did these assertions come from ? Is it not from this same apparatus of Russia, which, as I have already said in a previous issue of my newspaper, we borrowed from Tsarism while limiting ourselves to lightly coating it with a Soviet varnish ? Without a doubt, this measure should have been postponed until the day when we could have said that we were guaranteeing our apparatus, because we had it well in hand. And now we must in all conscience say the opposite ; we call our own an apparatus which, in fact, is still fundamentally foreign to us and represents a hodgepodge of bourgeois and Tsarist survivals, which it was absolutely impossible for us to transform in five years for lack of help from other countries and at a time when military concerns and the fight against famine predominated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In these conditions, it is quite natural that the &#034;freedom to leave the union,&#034; which serves as our justification, appears as a bureaucratic formula incapable of defending the non-natives of Russia against the invasion of the authentic Russian, the Great Russian, the chauvinist, that scoundrel and oppressor who is, at bottom, the typical Russian bureaucrat. There is no doubt that the Soviet and Sovietized workers, who are in tiny proportion, would drown in this ocean of chauvinistic Great Russian rabble, like a fly in milk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To support this measure, it is said that we have created people's commissariats dealing specifically with national psychology and national education. But then a question arises : is it possible to detach these people's commissariats entirely ? Second question : Have we taken measures carefully enough to really protect foreigners against the typical Russian policeman ? I think we have not taken these measures, although we could and should have done so.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that a fatal role was played here by Stalin's haste and his taste for administration, as well as by his irritation with the notorious &#034;social-nationalism.&#034; Irritation generally plays a most disastrous role in politics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have the exchange of notes between Stalin and Kamenev, whom Stalin was courting at that time :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kamenev : &#034;Ilyich (Lenin) goes to war to defend independence.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin : &#034;I think we must show firmness against Lenin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 27, 1922, Stalin responded point by point to Lenin's proposals, sharply contradicting them :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Paragraph 2 : The amendment made by Lenin (...) is in my opinion unacceptable. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Paragraph 4 : Comrade Lenin, in my opinion, was &#034;in too much of a hurry.&#034; (Reply to Lenin, who accused Stalin of being in too much of a hurry).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Paragraph 5 : The amendment requested by Lenin is, in my opinion, superfluous.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These are not differences over paragraphs or even simple tactical differences, but rather a fundamental opposition between diametrically opposed conceptions of the very meaning of the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;While Stalin's approach was fundamentally statist and bureaucratic - strengthening the apparatus, centralizing the state, administrative unification - Lenin was primarily concerned with the international scope of Soviet policy : &#034;The harm that the absence of national apparatuses unified with the Russian apparatus can cause to our state is infinitely, immeasurably less than that which will result from it for us, for the entire International, for the hundreds of millions of people of the peoples of Asia, who will appear after us on the historical forefront in the near future.&#034; Nothing would be as dangerous for the world revolution as &#034;to engage ourselves, even in matters of detail, in imperialist relations with oppressed nationalities, thereby arousing suspicion as to the sincerity of our principles, as to our principled justification of the struggle against imperialism.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin's state nationalism, in which the international proletariat is at most a diplomatic bargaining chip, is opposed by the revolutionary internationalist conception of Lenin and Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin declared : &#034;The Russian revolution is only a detachment of the world socialist army, and the success and triumph of the revolution we have accomplished depend on the action of this army. This is a fact that none of us forgets (...). The Russian proletariat is aware of its revolutionary isolation, and it sees clearly that its victory has as its indispensable condition and fundamental premise the united intervention of the workers of the whole world.&#034; (&#034;Report to the Conference of Factory Committees of the Moscow Province&#034;, July 23, 1918).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's struggle opposes not only Stalin's methods and political objectives but also the entire bureaucracy he directs at the state and party levels. Lenin writes in his article &#034;Better Less, But Better,&#034; published (despite bureaucratic attempts to throw it in the trash) in Pravda on March 4, 1923 : &#034;Things are so bad with our state apparatus, not to say detestable, that we must first seriously consider how to combat its defects. The most harmful thing would be to believe that we have the elements to build a truly new apparatus, one that truly deserves the name of socialist, Soviet, etc. No, we practically do not have this apparatus.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And Lenin adds : &#034;For five years we have been striving to perfect our state apparatus, but it has been nothing but vain agitation which, during these five years, has simply shown us that it is ineffective, or even useless, or even harmful. This vain agitation gave us the appearance of work ; in reality, it clogged our institutions and our brains.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On March 4, 1923, in this same article, Lenin leads the fight against Stalin, as head of the Workers' and Peasants' Inspection, the bureaucracy being the one that always demands more and more of it : &#034;Let's be frank. The People's Commissariat of the Workers' and Peasants' Inspection does not enjoy at present a shadow of prestige. Everyone knows that there are no institutions more badly organized than those under our Workers' and Peasants' Inspection, and that, in the present circumstances, nothing can be demanded of this commissariat. (...) What is the point of founding a People's Commissariat where the work would be done as best it could, which, once again, would not inspire the slightest confidence ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky reports in &#034;My Life&#034; : &#034;Lenin had asked me to go and see him in his room in the Kremlin. He had noticed, upon his return to work, a monstrous growth of bureaucratism in our Soviet apparatus ; it was urgent to curb it. He suggested the creation of a special commission of the Central Committee and asked me to participate actively in it. I replied : 'Vladimir Ilyich, I am convinced that, in the struggle against the bureaucratism of the Soviet apparatus, we must not lose sight of the general phenomenon which dominates the situation : a special selection of functionaries and specialists, of Party members and non-Party men, in the Center and in the provinces, even in the local Party offices, is made on the basis of loyalty to certain dominant Party figures and certain groups within the Central Committee itself. Every time you attack a minor secretary, you come across an important Party leader... I could not, therefore, in the present circumstances, work with the commission you are talking about.'&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin appeared concerned for a moment and - I quote his words literally - said to me : &#034;In other words, I propose to you a campaign against the bureaucratism of the Soviet apparatus and you propose to extend it by adding to it the bureaucratism of the Party Organization Bureau ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I started to laugh, so unexpected was the remark : &#034;Let's assume that it is so.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Well then,&#034; Lenin continued, &#034;I propose a block to you.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's always nice to do a block with a good man, I said.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We agreed that Lenin would take charge of the proposal to create this Central Committee commission that would take up the battle against bureaucratism &#034;in general,&#034; and in the Organizational Bureau in particular. We parted company there. Two weeks passed. Lenin's health worsened. It was then that his secretaries brought me his notes and his letter on the national question. Then, for months, he was paralyzed by arteriosclerosis, and nothing could be done regarding our bloc against Party bureaucratism. It is obvious that Lenin's plan was directed primarily against Stalin, although his name was not mentioned ; this corresponded to the course of thought and concerns that Lenin explicitly formulated in his Testament. If, at that time, Stalin held in his hands the Central Control Commission, the Organizational Bureau, and the Party Secretariat, Zinoviev had the majority in the Politburo and the Central Committee, which helped to ensure his first place in the triumvirate. The struggle between him and Stalin, hidden but nevertheless very fierce, had as its object the conquest of the majority at the Party congress. Zinoviev completely controlled the Petrograd organization, and his partner Kamenev that of Moscow. The two most important centers of the Party therefore needed only the support of a few others to obtain the majority at the congress. This majority was necessary for the election of a Central Committee and the ratification of resolutions favorable to Zinoviev. But the latter failed to obtain a majority ; most of the Party organizations outside Petrograd and Moscow remained under the firm influence of the General Secretary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky reports :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On March 5, Lenin dictated a note to me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Dear Comrade Trotsky, I urge you most earnestly to take charge of defending the Georgian cause in the Central Committee of the Party. This matter is currently the object of &#8220;prosecution&#8221; by Stalin and Dzerzhinsky, and I cannot trust their impartiality. Indeed, quite the opposite. If you would agree to take up the defense of this cause, I could rest easy. If, for one reason or another, you do not agree, send the entire file back to me. I will conclude that it does not suit you. With my best regards, Comrade Lenin.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But why had the question become so acute ? I asked. It turned out that Stalin had once again betrayed Lenin's confidence : to secure support in Georgia, he had organized, without the knowledge of Lenin and the entire Central Committee, with the help of Ordzhonikidze and not without the support of Dzerzhinsky, a coup d'&#233;tat against the best elements of the party, falsely alleging the authority of the Central Committee. Taking advantage of the fact that the ill Lenin could not have interviews with his comrades, Stalin tried to surround him with false information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin had instructed his secretariat to compile a comprehensive dossier on the Georgian question and was determined to speak out openly. It is difficult to say whether he was more moved by Stalin's disloyalty or his brutally bureaucratic policy on the national question. Probably a combination of both. Lenin was preparing for the struggle, but he feared that he himself would not be able to speak at the congress, and this tormented him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; What if we came to an agreement with Zinoviev and Kamenev ? his secretaries suggested.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But Lenin makes a gesture of annoyance. He clearly foresees that, in the event that he has to abandon the work, Zinoviev and Kamenev will form a &#034;troika&#034; with Stalin against me and that, consequently, they will betray him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; But don't you know what Trotsky thinks about the Georgian question ? asks Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Trotsky at the plenum [Plenary Assembly of the Central Committee. &#8212;Ed.] spoke entirely in your spirit, replies Glasser, who had been secretary at the plenum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; You're not mistaken ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; No, Trotsky accused Ordzhonikidze, Voroshilov and Kalinin of not understanding the national question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Check this again ! Lenin demands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The next day, Glasser gave me a note at the central committee meeting held in my apartment, in which she summarized my speech from the previous day and ended with this question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Did I understand you correctly ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Why do you need this ? I asked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; For Vladimir Ilyich, Glasser replies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; The summary is correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meanwhile, Stalin was watching our exchange of notes with concern. But at that time, I still didn't know what it was about...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glasser then communicated to me this :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;When Vladimir Ilyich read the papers we had exchanged, his brow lit up : &#034;Well, now that's another matter !&#034; &#034;And he instructed me to give you all the manuscripts that were to be used in the manufacture of his bomb for the 12th Congress.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's intentions were then perfectly clear to me : taking Stalin's policy as an example, he wanted to denounce before the party, and without sparing anything, the danger of a bureaucratic degeneration of the dictatorship.&#034; (Trotsky in &#034;My Life&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1923, Lenin then attacked Stalin as General Secretary of the party and proposed his dismissal in a note to the party called his Testament : Comrade Stalin, by becoming General Secretary, has concentrated immense power in his hands, but I am not sure that he always knows how to use it with sufficient prudence.&#034; Then he added : &#034;Stalin is too brutal, and this defect, fully bearable in relations between us communists, becomes intolerable in the functions of General Secretary. This is why I propose to the comrades to consider how to remove Stalin from this post and to appoint in his place a man who, in all respects, is distinguished from him by his superiority. (...)&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky reports :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lenin was no longer just preparing Stalin's removal from the post of General Secretary ; he wanted to disqualify him before the party. On the question of the foreign trade monopoly, on the national question, on the question of the internal party regime, on the workers' and peasants' inspection and on the control commission, Lenin, systematically and persistently, aimed to deal, at the 12th Congress, in the person of Stalin, the most terrible blow to bureaucratism, to the complicit solidarity of functionaries, to the abuse of power, to arbitrariness and brutality.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But his death puts an end to the fight and Trotsky, alone, does not have the same weight and is too isolated in the party to be able to continue the internal fight in the same way within the party. He will finally found with the bulk of the old revolutionary vanguard the Left Opposition which will be defeated by maneuvers and assassinations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We have reported these few clashes between these three people. This does not mean that we consider the proletarian revolution to be the measure of a few personalities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the contrary, we believe that these personalities, as eminent as the first two were and as dark as the third, did not invent the conditions for revolution or counter-revolution. They only expressed them. And Stalin expressed the conditions for the isolation of the Russian Revolution and its retreat as well as Lenin and Trotsky, in their time, had expressed, as consciously and scientifically as possible, the conditions for the revolutionary rise of the proletariat in Russia and throughout the world in 1917-1919. The failure, in the conditions of revolutionary Russia's backwardness and isolation, is not surprising. The bureaucratic dictatorship is surprising only in the sense that one expected, if the revolution did not succeed in overthrowing imperialism, to see the imperialist bourgeoisie return in force to Russia, something for which it did not have the strength. As a result, the bureaucracy remained in power for a curiously long time and was able to survive even though it did not represent a lasting society with a well-established sense of class. This is not because a society cannot live in glaring contradictions, but because a parasitic caste is not a class with a historical root in the process of economic and social development. The long-term existence of the Stalinist bureaucracy was a thorn in the side of the proletariat, while it is above all a testimony to the fact that the bourgeoisie was unable for many years to do without its Stalinist crutch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For us, it is not just a matter of rehabilitating the Russian Revolution or a few personalities. In terms of perspectives, it is politically essential to know how to distinguish between the Stalinist conception and the Marxist revolutionary conception. The first focuses on statism, the dictatorship of the apparatus supposedly above the classes, national economic development, socialism in a single country, the single party, with an indisputable, incontestable leadership, and in the total absence of any confidence in the autonomous capacities of the masses. Marxism - and therefore the Bolshevism of Lenin and Trotsky - are at the antipodes of such conceptions : internationalism, fraternal debate between revolutionary militants, confidence in the historical capacities of the masses, political expression of the aspirations of these masses, democracy towards them in the struggle and after the seizure of power, democracy within the party, etc. are the opposite of Stalinism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Stalinist or Maoist currents - or even the so-called Trotskyist currents - which have supported or support the Stalinist conception of struggle, of the party and of the workers' state or which, disappointed by the defeat of the Russian revolution, renounce its objectives, can only lead the revolutionary struggle of tomorrow to stinging defeats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is why this question is not just a correction of interest to historians, but a burning political issue of current interest...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Before even discussing the remarkable struggle waged by Lenin and Trotsky and its importance, it is worth recalling that it could only bear fruit in 1917-18 thanks to the revolutionary upsurge of the proletarian masses in Russia and Europe. Before recalling the very unremarkable character of Stalin, it must be recalled that his role in no way stems from this, but only from the defeat of the proletarian masses in Europe due to the betrayal of social democracy and the isolation of Russia from the Soviets, as well as from its backwardness and the violence of the civil war that all the bourgeoisies of the world waged against it. Stalin flourished on the quagmire of defeats, unlike Lenin and Trotsky, who could only win thanks to a surge of consciousness and activity of millions of proletarians. This is the first opposition, but not the only one. Lenin and Trotsky saw no way out except in world revolution, and Stalin in national construction. Lenin and Trotsky were for the dictatorship of the proletariat, that withering state where the masses directly exercise power ; Stalin saw socialism in the dictatorship of the apparatuses. Lenin and Trotsky considered the revolutionary party as a free organization of militants committed to their class and freely debating the outcome of the struggle. They often debated heatedly among themselves. Stalin saw his covert action in the control of the apparatuses... But, once again, Stalin's particularities only became important during the proletariat's retreat following the defeat. In terms of perspectives, Lenin and Trotsky never confused socialism with statism, nor the proletariat with nationalism. This is essential for understanding the Russian Revolution and even more essential for preparing for tomorrow's revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin not only represented the aspirations of the state, soviet, and party bureaucrats ; he not only murdered the entire Bolshevik Central Committee (including Trotsky and probably poisoned Lenin), he also murdered the revolutionary leadership throughout the world, betrayed the revolutions in Germany, Spain, and China, and, above all, discredited the socialist revolution for a long time. But the communist revolutionary ideal, however, has nothing to do with the so-called ideas of the Stalinists : they have always been diametrically opposed to them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge writes in &#034;From Lenin to Stalin&#034; : &#034;Lenin died &#8211; on January 21, 1924 &#8211; haunted by this anxiety expressed in his last writings : &#034;Isn't the rudder slipping from our hands ?&#034; Ill, he had used all his last strength to seek weapons against the worst and most immediate evil : the bureaucratic fouling of the party. Already, the offices were replacing the party ; the worker, the activist no longer had much right to speak. One could sense the coming of the all-powerful civil servants. Shortly before his death, Lenin had proposed to Trotsky &#8211; hostile to the bureaucratic system &#8211; a joint action for the democratization of the party. In the general secretariat, the Georgian Stalin, obscure during the civil war, was becoming increasingly influential by taking advantage of his technical functions to populate the services with his creatures. It was he who clashed with the failing Lenin. (&#8230;) It was necessary to foresee and react, there was still time. Three solutions : 1) democratize the party, so that the real influence of the workers and revolutionaries could be felt and air out the offices of the State ; this was the obvious condition for the success of all economic measures ; 2) Adopt an industrialization plan and significantly retool industry in a few years. 3) To find the resources necessary for industrialization, force the wealthy peasants to deliver their wheat to the State. In general, limit the enrichment of the privileged, combat speculation, restrict the power of civil servants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This was to be the opposition's program within the party. Hence its slogan : &#034;Against the mercantilist, the wealthy peasant, and the bureaucrat !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By 1923, the opposition had found a leader in Trotsky. The bureaucratic system was beginning to take shape in Stalin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From 1923 onwards, an agitation campaign of boundless violence was being waged against Trotsky, who was denounced in every way as the anti-Lenin, the evil genius of the party, the enemy of the Bolshevik tradition, and the enemy of the peasants. His old disagreements with Lenin, dating from 1904 to 1915, exploited on orders by all-round polemicists, made it possible to forge under the name of Trotskyism a whole ideology distorted to the max, which was made into the most criminal heresy. (&#8230;) At the beginning, the organizer of the Red Army, whom Pravda had called a few months earlier &#8220;the organizer of victory,&#8221; who had remained president of the Supreme War Council, enjoyed such popularity in the army and the country that, hoping for success, he could attempt a coup. But that would mean, the next day, replacing the bureaucracy with that of the military, and setting the socialist revolution on the path followed until now by bourgeois revolutions. Now, it is not a question of playing Bonaparte, even with the best intentions in the world, but of preventing, on the contrary, Bonapartism. It is not by a pronunciamiento that the opposition will attempt to impose its policy of internal renewal of the revolution, but according to the socialist methods of always, by the appeal to the workers. Trotsky leaves his command posts, allows himself to be dismissed without resistance, resumes his place in the ranks and his struggle continues. Everything depends, according to him, on the world revolution&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From Lenin to Stalin, everything changed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The goals : from international socialist revolution to socialism in one country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The political system : from the workers' democracy of the Soviets, desired and affirmed from the beginning of the revolution, to the dictatorship of the general secretariat, of the civil servants, of the Security (GPU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The party : from the freely disciplined, thinking, and living organization of Marxist revolutionaries to the hierarchy of offices, self-interested and subject to passive obedience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Third International : from the propaganda and combat training of the great years to the maneuvering servility of the Central Committees appointed to approve everything without retching or shame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The defeats : from the heroism of the defeats in Germany and Hungary, where Gustave Landauer, L&#233;vin&#233;, Liebnecht, Rosa Luxemburg, Ioguich&#233;s, Otto Corvin died, to the sad underbelly of the Canton Commune (a Stalinist maneuver).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The leaders : the greatest of the October fighters leave for exile or prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ideology : Lenin said : &#034;We will witness the progressive withering away of the State, and the Soviet State will not be a State like the others, moreover, but a vast commune of workers.&#034; Stalin will proclaim that &#034;we are moving towards the abolition of the State by strengthening the State&#034; (sic). The condition of the workers : egalitarianism, Soviet society will move towards the formation of a privileged minority, increasingly privileged, vis-&#224;-vis the disinherited and disenfranchised masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morality : from the great, austere, and sometimes implacable honesty of the Bolshevism of the past, we gradually arrive at nameless forbidding.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Everything has changed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The lie of the so-called construction of socialism in one country did not come from Lenin or Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta wrote :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;In the thinking of Lenin and Trotsky, the principal organizers of the new International, it was impossible to carry out this revolutionary action of the masses without having an international program that corresponded to the character of the imperialist epoch, that is, the epoch in which finance capital directed the world economy and politics. To this international program, on the other hand, necessarily corresponds an international organization of the different political parties of the proletariat, a sort of international General Staff of the masses in struggle on the whole world terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the imperialist epoch, infinitely more than in the epoch of industrial capitalism of the 19th century, no proletarian party can establish its program based solely or primarily on the conditions and tendencies of development in its own country. On the contrary, &#034;the direction in which the proletariat is moving from the national point of view must be deduced and can only be deduced from the direction taken in the international sphere and not vice versa&#034; (Trotsky). This, moreover, is the fundamental difference that separates communist internationalism from all other tendencies in the workers' movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And yet, faced with the isolation of the Russian Revolution, following the successive defeats of the world proletariat between 1917 and 1923, faced with the fatigue of the Russian workers and the ephemeral stabilization of capitalism, the Stalinist leadership of the Third International substituted after the death of Lenin, towards the end of 1924, for its program, which until then had been entirely based on the international revolution, a &#034;consoling&#034; theory, that of &#034;socialism in one country.&#034; But in fact this was a new political orientation, the roots of which must be sought in a social-patriotic conception of the role of the USSR in the world revolution. In 1924, when Stalin first launched this formula, which has since become the basis of his entire domestic and foreign policy, objective conditions did not yet allow the great mass of revolutionary militants in the world to appreciate all the inevitable consequences of such an orientation. And the opposition raised by Trotsky within the Third International against &#034;socialism in one country&#034; then appeared only as an unjustifiable attempt at split and discord, too &#034;theoretical&#034; to have any appreciable practical result. But Trotsky, who was capable of handling Marxism not as an empirical doctrine of political &#034;manoeuvres&#034; and &#034;plots&#034;, but as a science, was perfectly right.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The theory of &#034;socialism in one country&#034; was the negation of all international action and organization of the proletariat. It could necessarily lead only to the liquidation of the international movement. Let us compare, after 25 years, what Trotsky wrote in 1928 on the real significance of the Stalinist theory of &#034;socialism in one country&#034; with the recent dissolution of the Third International, which occurred on May 16, 1943, in the midst of the imperialist war, on the eve of its decisive phase, at a time when millions of workers, peasants, exploited and oppressed people all over the planet still held a supreme hope : deliverance from imperialist barbarism through world revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Marxism has always taught the workers that even the struggle for wages and the limitation of the working day can only be successful if it is waged as an international struggle. And now, all of a sudden, it turns out that the ideal of socialist society can be realized by the forces of one nation alone. This is a mortal blow to the International. The unshakeable conviction that the fundamental class goal cannot be achieved, much less can the partial goals, by national means or within the framework of one nation, constitutes the marrow of revolutionary internationalism. If the final goal can be arrived at within national boundaries by the efforts of the proletariat of one nation, then the backbone of internationalism is broken. ...The Communist Party of any capitalist country, after having imbued itself with the idea that within its state there are all the &#034;necessary and sufficient&#034; premises for building on its own forces &#034;the integral socialist society&#034;, will not differ in any way from revolutionary social democracy, which also did not begin with Noske but which definitely stumbled on this question on August 4, 1914.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
LENIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;One of the greatest and most dangerous errors made by communists (and indeed by revolutionaries in general who have successfully initiated a great revolution) is to imagine that the revolution can be accomplished by the hands of revolutionaries alone. Now, to ensure the success of any serious revolutionary action, it is necessary to understand and know how to practically apply the idea that revolutionaries can play a role only as the vanguard of the truly advanced and viable class. The vanguard fulfills its mission only when it knows how not to detach itself from the masses it leads, when it truly knows how to advance the entire masses. Without an alliance with non-communists in the most diverse fields of activity, there can be no question of any success in the construction of communist society.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in &#034;Militant Materialism&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comrade Stalin, by becoming General Secretary, concentrated immense power in his hands, and I am not sure that he always knows how to use it with sufficient prudence.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in his &#034;Testament&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;January 4, 1923&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's postscript :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Stalin is too brutal, and this defect, fully bearable in relations between us communists, becomes intolerable in the office of General Secretary. That is why I propose to the comrades that they consider how to remove Stalin from this post and appoint in his place a man who, in every respect, is distinguished from Stalin by a superiority - that is, who is more patient, more loyal, more polite and more attentive to the comrades, less capricious, etc. This circumstance may seem an insignificant trifle, but I think that in order to prevent a split, and from the point of view of the relations between Stalin and Trotsky which I have examined above, it is not a trifle, unless it is a trifle that can acquire decisive significance.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin against Stalin's Great Russian nationalist maneuvers, especially in Georgia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in &#034;Speech at the Eleventh Congress of the Bolshevik Party of March-April 1922 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;You, communists, you, workers, you, the conscious part of the proletariat, who have taken it upon yourselves to govern the State, will you be able to ensure that the State, which you have assumed responsibility for, functions as you intend ? We have lived through a year, the State is in our hands ; well, in terms of the new economic policy, has it functioned as we intended ? No. We do not want to admit it : the State has not functioned as we intended. And how has it functioned ? The car does not obey : a man is indeed sitting at the wheel, who seems to be steering it, but the car does not go in the desired direction ; it goes where another force pushes it - an illegal force, an illicit force, a force coming from who knows where - where speculators push it, or perhaps private capitalists, or perhaps both, - but the car does not go quite right, and very often not at all just as the person behind the wheel imagines. (...) And we must ask this question clearly : what constitutes our strength and what do we lack ? We have as much political power as we need. There will probably be no one here who would say that on this or that practical question, in this or that institution, the communists, the Communist Party do not have enough power. There are people who constantly have this thought in mind, but they are people desperately turned to the past, who do not understand that we must look to the future. The essential economic strength is in our hands. All the major key enterprises, the railways, etc., are in our hands. Leasing, however widely practiced in certain places, plays, on the whole, only a minimal role. It is, on the whole, a completely insignificant part. The economic strength at the disposal of the proletarian state of Russia is quite sufficient to ensure the transition to communism. So what is lacking ? It's clear : what is lacking is culture among the leading communists. In fact, if we consider Moscow&#8212;4,700 responsible communists&#8212;and if we consider the bureaucratic machine, this enormous mass, who is leading and who is being led ? I very much doubt that one can say that the communists are leading. To tell the truth, it is not they who are leading. It is they who are being led. Something similar to what we were told in our childhood, in history lessons, happened there. It happens, we were taught, that one people subjugates another, and then the people who subjugated are a conquering people, and the one who was subjugated is a vanquished people. This is simple and understandable to everyone. But what happens to the culture of these peoples ? It is not so simple. If the conquering people are more cultured than the vanquished people, they impose their culture on them. Otherwise, it happens that It is the vanquished who imposes his culture on the conqueror.Didn't something similar happen in the capital of the RSFSR, and didn't it happen here that 4,700 communists (almost an entire division, and the best of them) were subjected to a foreign culture ? It is true that one might, here, have the impression of a high cultural level among the vanquished. Wrong. Their culture is miserable, insignificant. But, all the same, it is superior to ours. However poor, however miserable it may be, it surpasses that of our responsible communists, because they do not know how to lead sufficiently. The communists who put themselves at the head of institutions&#8212;sometimes saboteurs cleverly push them there on purpose, to make a name for themselves&#8212;often find themselves duped. A very unpleasant admission. Or, at least, not very pleasant. But it must be made, it seems to me, because this is now the crux of the matter. This, in my opinion, is what the political lesson of the year boils down to, and it is under this sign that the struggle will take place in 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Will the responsible communists of the RSFSR and the Communist Party of Russia understand that they do not know how to lead ? That they imagine they are leading others, when in reality it is they who are being led ? If they can understand this, they will certainly learn to lead, because it is possible. But for that, one must study, and here, we do not study. We issue orders and decrees left, right and centre, and the result is not at all what we want. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To build a communist society by the hands of communists is a childish idea if ever there was one. The communists are a drop in the ocean, a drop in the people's ocean. They will be able to lead the people on their path only if they trace it in a way that is correct, not only from the point of view of world-historical orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1922-23, Lenin took every opportunity to express to activists and workers his deep esteem for Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For example, in &#034;Militant Materialism&#034; he states :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;As for the general aims of the journal Pod Znam&#233;niem Marxisma (Under the Banner of Marxism), Comrade Trotsky has already said the essentials in No. 12, and he said it perfectly. I would like to dwell on a few questions which define more closely the content and program of the work advocated by the editors of the journal in their introductory note to No. 12.&lt;br class='autobr' /&gt;
The note states that those who have grouped themselves around the journal Under the Banner of Marxism are not all communists, but all are consistent materialists. I think that this union of communists with non-communists is absolutely necessary and that it defines exactly the tasks of the journal. One of the greatest and most dangerous errors made by communists (as, indeed, by revolutionaries in general who have successfully completed the beginning of a great revolution) is to imagine that the revolution can be accomplished by the hands of revolutionaries alone. Now, to ensure the success of any serious revolutionary action, it is necessary to understand and know how to practically apply the idea that revolutionaries can only play a role as the vanguard of the truly advanced and viable class. The vanguard fulfills its mission only when it knows how not to detach itself from the masses it leads, when it truly knows how to advance the entire masses. Without the alliance with non-communists in the most diverse fields of activity, there can be no question of any success in the construction of communist society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or again at the eleventh congress of the Bolshevik party &#8211; Conclusions by Lenin from the political report of the central committee of the CP (b) on March 28, 1922 (this is his last intervention at a congress) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A thousand times more difficult is the situation when one is dealing with an adversary who is found in the daily life of our economy. The debates that have been going on up to now in the press about state capitalism can, at best, be written in a history textbook. I do not in any way deny the usefulness of textbooks, and I wrote recently that it would be better if our authors devoted a little less attention to newspapers and political chatter and wrote textbooks, which many could do excellently, including Comrade Larin. His qualities would be extremely useful in this field. In this way, we would fulfill the task that Comrade Trotsky so rightly emphasized when he declared that the main thing at present is the education of the younger generation, but that we have nothing to educate them in. Indeed, where do they learn social sciences ? In the old bourgeois junk. It is a disgrace !&#8221; And this, while we have hundreds of Marxist authors who can give us textbooks on all social questions, but who do not do so because they are busy with other things and do not orient themselves in this direction. (&#8230;) Comrade Trotsky spoke of the significance of Comrade Kollontai's pamphlet. (&#8230;) I remember that, in his article on the anniversary of the Red Army, Comrade Trotsky said : &#034;A year of study.&#034; This slogan is equally true for the Party and for the working class. During this period, we promoted a number of heroes who undeniably strengthened the turn in world history. This is no reason for not understanding the task facing us now : &#034;A year of study.&#034; (&#8230;) I will end with a few words about Shlyapnikov. I wanted to speak about him at greater length. Trotsky, who responded with Zinoviev, on behalf of the CC, to the declaration of the 22 to the Communist International, exhausted the subject 99%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With all due respect to the Stalinists, it was at LENIN'S suggestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that the Bolshevik Party adopted in April 1917 the theses of the permanent revolution in the Russian revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that the Bolshevik Party merged with Trotsky's party in May 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was co-opted into the central committee of the Bolshevik party and the political bureau of that party&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was chosen as president of the Petrograd Soviet, which had become a Bolshevik majority&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was proposed as chairman of the Military Revolutionary Committee that led the October Revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was proposed as President of the Council of People's Commissars and then appointed Commissar for Foreign Affairs, responsible for the Brest-Litovsk negotiations, then founder and leader of the Red Army and responsible for drafting the Manifesto of the Congress of the Third International, all this in the year 1918. At the time, the French communist newspaper headlined : 'Long live the Russian revolution of Lenin and Trotsky'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was proposed in 1922 as deputy chairman of the Council of People's Commissars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was contacted in 1923 by Lenin to lead together the fight against Stalin and the bureaucracy in the Bolshevik party&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; that Trotsky was chosen as the future leader of the Russian state in his &#034;Testament&#034; which was kept secret by Stalin.&lt;br class='autobr' /&gt;
TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky writes in &#034;My Life&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lenin felt that, on the occasion of his illness, the still imperceptible threads of a conspiracy were already being woven, behind his back and behind mine. The epigones had not yet burned their ships and had not blown up the bridges. But already, in certain places, they were sawing through the beams and imperceptibly slipping in pyroxylin cartridges. At every favorable opportunity, they spoke out against my proposals, as if to practice independence, carefully preparing each such demonstration. Returning to work, observing with growing concern what had happened over the past ten months, Lenin delayed publicly pointing out the epigones so as not to aggravate relations. But he was preparing to rebuff the &#034;troika&#034; and he began to do so on matters of detail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Among the ten or so tasks that I directed at the party level, that is, in a way incognito and unofficially, there was anti-religious propaganda, in which Lenin took a great interest. He repeatedly urged me not to lose sight of this area. During his convalescence, it was reported to him that Stalin was also maneuvering against me on this point, by reorganizing the apparatus of anti-religious propaganda and removing me from it. Lenin sent a letter from the village to the Politburo in which, without apparent necessity at first sight, he cited my book against Kautsky, adding great praise for the author, whom he did not name, nor did he specify the title of the book. I confess that I did not immediately guess that this was a roundabout way for Lenin to condemn the maneuvers directed against me by Stalin. However, Yaroslavsky, I believe, was appointed to the leadership of anti-religious propaganda as my deputy. Returning to his work and having learned this, Lenin, at a meeting of the Politburo, fell furiously on Molotov, that is, in reality, on Stalin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ia-ro-slav-sky ? But don't you know what Ia-ro-slav-sky is ? He's a man who would make chickens laugh. How will he be able to get out of this task ? &#8212;etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's liveliness might have seemed excessive to laymen. But it was not a question of Yaroslavsky, whom Lenin, in truth, resented ; it was a question of the party leadership. There was more than one incident of this kind.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In short, Stalin, ever since he had been in more permanent contact with Lenin, that is to say, especially since the October coup d'&#233;tat, had not relented from a silent, impotent, but all the more furious opposition towards him. Boundless in his ambition, full of envy, he could not help feeling his intellectual and moral inferiority at every step. He apparently tried to get closer to me. It was only later that I became aware of the attempts he had made to create something like familiarity between us. But he repelled me because of the character traits that later became his strength in the wave of decadence : narrowness of interests, empiricism, crude psychology, a singular provincial cynicism that Marxism emancipated from many prejudices without, however, replacing them with a deeply meditated and morally assimilated general philosophy. According to certain observations he sometimes made, which seemed to me at the time to be entirely casual, but which could hardly have been so in reality, Stalin was trying to find in me a support against Lenin's control, which was unbearable to him. At each such attempt, I instinctively took a step back and passed. I think that this is where we must look for the origins of Stalin's cold hostility towards me, a hostility that was fearful in the early days and profoundly perfidious. Methodically, he gathered around him men of his own kind, the naive, inclined to live without seeking malice, or finally the offended. The first, second, and third were quite numerous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no doubt that, for current affairs, Lenin, in many cases, found it more convenient to rely on Stalin, Zinoviev, or Kamenev than on me. Constantly concerned with conserving his time and that of others, Lenin tried to minimize the expenditure of energy when it came to overcoming internal difficulties. I had my own ideas, my own working methods, my own procedures for carrying out decisions already adopted. Lenin knew this well enough and appreciated it. Precisely for this reason, he understood only too well that I was worthless for running errands. When he needed messengers for his daily tasks, he turned to others. This could, at certain times, especially when I disagreed with Lenin, give his aides the idea of &#8203;&#8203;their particular familiarity with Lenin. Thus Lenin appointed Rykov and Tsyurupa as his replacements as Chairman of the Council of People's Commissars, and then added Kamenev to them. I considered this choice to be correct. Lenin needed docile deputies in practice ; in this role, I was worthless. And I could only be grateful to Lenin that he had not proposed that I replace him. In this I saw not at all a lack of confidence in me, but, on the contrary, a clear and in no way offensive assessment of my character and our mutual relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I later had the opportunity to convince myself of this only too clearly. In the interval between his first and second attacks, Lenin could work with only half his former energy. His arterial system was constantly undergoing shocks that were seemingly minor, but threatening. At one of the meetings of the Politburo, as he was getting up to send someone a note (Lenin did this to speed up the work), he staggered slightly. I only noticed this because Lenin's face immediately became completely confused. This was yet another of the many warnings sent to him by his vital centers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin had no illusions about this. He thought about it, trying to see, from every angle, how the work would proceed without him and after him. At that time, the document that later became well known under the title of Testament was already forming in his head.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the same period, a few weeks before the second crisis, Lenin had a long conversation with me about my later work. Because of the political importance of the conversation, I already shared it with several people (Rakovsky, I.-N. Smirnov, Sosnovsky, Preobrazhensky, and others). It is thanks to this that our conversation has remained clearly imprinted in my memory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here's how things went :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The central committee of the education workers' union sent a delegation to Lenin and me, requesting that I also take over the Commissariat of Public Education, just as I had headed the Commissariat of Communication for a year. Lenin asked my opinion. I replied that in matters of public education, the difficulty would arise, as in all other matters, from the apparatus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Yes, our bureaucracy is monstrous,&#034; Lenin cried. &#034;I was horrified by it when I returned to work... But that is precisely why, in my opinion, it is not right for you to get involved in the affairs of other commissariats besides the War Commissariat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Warmly, insistently, visibly moved, Lenin outlined his plan. The forces he could give to the leadership were limited. He had three substitutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; You know them. Kamenev is certainly an intelligent politician, but what is his value as an administrator ? Tsyurupa is ill. As for Rykov, let's say he is an administrator, but he will have to be returned to the Supreme Council of the National Economy. It is essential that you become my deputy. The situation is such that we need a radical reorganization of personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I again alleged that the &#034;apparatus&#034; was increasingly hampering my work, even at the War Commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Well, you can shake the apparatus,&#034; Lenin continued briskly, alluding to an expression I had used recently.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I replied that I had in mind not only the bureaucracy of the State, but that of the party ; that the root of all these difficulties lay in the combination of the two apparatuses and in the mutual complicity of the influential groups that formed around a hierarchy of party secretaries.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin listened with extreme attention and confirmed my ideas in that heartfelt tone he assumed when, sure of being understood to the end by his interlocutor and rejecting the necessarily conventional forms of a conversation, he came openly to the most important and most alarming matters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After a moment's reflection, Lenin put the question clearly :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; So you are proposing to open the struggle not only against state bureaucracy, but also against the organizing bureau of the Central Committee ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I started laughing, it was so unexpected. The Central Committee's Organization Bureau was the very center of Stalin's apparatus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Let's say it is so.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Well, continued Lenin, visibly satisfied that we had given the question its true formula, I propose that we join forces with you : against bureaucracy in general, against the organizing bureau in particular.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; It is flattering, I replied, to make an honest bloc with an honest man.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We agreed to meet again sometime later. Lenin suggested that I consider organizational matters. He advocated the creation of a commission for the fight against bureaucracy within the Central Committee. We were both to be members of it. Basically, this commission was to serve as a lever for the destruction of the Stalinist faction, the backbone of the bureaucracy, and for the creation of conditions within the party that would give me the opportunity to become Lenin's replacement ; in his mind : to be his successor as Chairman of the Council of People's Commissars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is only when one knows these things that one can clearly and completely understand the meaning of what is called the Testament. In this document, Lenin names only six people and characterizes them by weighing each word. The undeniable purpose of the testament is to facilitate my work of leadership. Lenin wants to achieve this, of course, by causing as little personal friction as possible. He speaks of all of them with the greatest circumspection. He gives a shade of mildness to judgments that are basically crushing. At the same time, he softens with reservations my too clear designation to the first position. It is only in Stalin's assessment that another tone appears, which, in a text added some time later to the testament, becomes quite simply damning.&lt;br class='autobr' /&gt;
Of Zinoviev and Kamenev, Lenin says, as if without seeming to touch it, that their capitulation in 1917 was not &#034;accidental&#034; ; in other words, that they had it in their blood. It is clear that such men cannot lead a revolution. However, one cannot blame them for their past. Bukharin is not a Marxist, but a scholiast ; on the other hand, very sympathetic. Pyatakov is a capable administrator, but he is worthless in politics. It may be, however, that both of them, Bukharin and Pyatakov, will still succeed in forming themselves. The most capable is Trotsky ; his fault lies in his excessive self-confidence. Stalin is brutal, disloyal, capable of abusing the power given to him by the party apparatus. Stalin must be eliminated to avoid a split. Such is the essence of the testament. It completes and explains the proposal that Lenin had made to me in the last conversation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin, in short, only got to know Stalin well after October. He appreciated in him firmness, a practical spirit that was three-quarters cunning. At the same time, Lenin noted at every step Stalin's ignorance, the extreme narrowness of his political views, an exceptional moral coarseness, an absolute lack of scruples. Stalin had been elected General Secretary of the party against Lenin's will, who resigned himself to seeing him in this post as long as he himself was at the head of the party. But when, after his first crisis, Lenin returned to work, in weakened health, he posed the problem of the leadership as a whole. Hence his conversation with me. Hence the Testament. The last lines were written on January 4 ; then two months passed during which the situation became definitively settled. Lenin was no longer only preparing Stalin's elimination from the post of General Secretary ; he wanted to disqualify him before the party. On the question of the foreign trade monopoly, on the national question, on the question of the internal regime within the party, on the workers' and peasants' inspection and on the control commission, Lenin systematically and persistently aimed to deal, at the Twelfth Congress, in the person of Stalin, the most terrible blow to bureaucratism, to the complicit solidarity of functionaries, to the abuse of power, to arbitrariness and brutality.&lt;br class='autobr' /&gt;
Could Lenin have achieved the regroupment he was planning in the party leadership ? At that time, without a doubt. There had been many precedents of this kind ; there was one quite recent and very characteristic. While Lenin, convalescing, was still living in the countryside and I was absent from Moscow, the Central Committee had unanimously adopted, in November 1922, a decision which dealt an irreparable blow to the foreign trade monopoly. Lenin and I, independently of each other, gave the alarm ; Then we reached an agreement through exchanges of letters and agreed on the steps to be taken. A few weeks later, the central committee returned with as much unanimity on its decision as it had had in taking it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On December 21, Lenin wrote to me triumphantly :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Comrade Trotsky, it seems that we have managed to take the position without firing a single shot, by a simple maneuver. I propose not to stop there and to continue the offensive...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our joint action against the Central Committee, if it had taken place at the beginning of 1923, would certainly have assured us victory. Much more. If I had acted on the eve of the Twelfth Congress in the spirit of the Lenin-Trotsky &#034;bloc&#034; against Stalinist bureaucratism, I have no doubt that I would have won the victory, even without Lenin's direct assistance in the struggle. To what extent this victory would have been lasting is another question. To resolve it, it is essential to realize a certain number of objective processes that took place in the country, in the working class, and in the party itself. A very particular and very broad theme. Krupskaya once said, in 1927, that if Lenin were still alive, he would probably already be in one of Stalin's prisons. I think she was right. For it is not a question of Stalin himself, but of the forces that Stalin expresses without understanding them. However, in 1922-1923, it was still entirely possible to seize the main strategic position by waging an open offensive against the rapidly forming faction of National Socialist functionaries, usurpers of the apparatus, seizers of the October legacy, epigones of Bolshevism. The main obstacle in this path, however, was Lenin's health. It was expected that he would recover as after the first crisis and participate in the Twelfth Congress as he had participated in the Eleventh. He himself was counting on this. The doctors spoke in an encouraging, though less and less firm, tone. The idea of &#8203;&#8203;the &#034;Lenin and Trotsky bloc&#034; against the apparatus people and the bureaucrats was, at that time, fully known only to Lenin and me ; the other members of the Politburo only vaguely guessed at it. Lenin's letters on the national question, as well as his will, were unknown to anyone. My action could be understood, or more precisely, represented, as a personal struggle to take Lenin's place in the party and in the state. I could not think of this without shuddering. I felt that it could cause a demoralization in our ranks for which we would have had to pay dearly, even in the event of victory. In all plans and calculations, there was one decisive element : my uncertainty regarding Lenin because of his state of health. Would he be able to pronounce himself ? Would he have the time ? Would the party understand that it was a struggle between Lenin and Trotsky for the future of the revolution, and not a struggle by Trotsky to take the place of the sick Lenin ? Because of the special position Lenin occupied in the party, the uncertainty about his condition became perplexity about the very condition of the entire party. The provisional situation dragged on, and this was entirely to the advantage of the epigones, insofar as Stalin, as General Secretary,naturally became the butler of the aircraft for the duration of the &#8220;interregnum&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;br class='autobr' /&gt;
**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was the first days of March 1923. Lenin was bedridden in his room in the Grand Palace of Judicial Institutions. The second crisis was approaching, announced by a series of ailments. I myself was confined to bed for several weeks by lumbago. I was lying in the so-called Knights' Building, where our lodgings were located ; thus, we were separated from Lenin by the immense Kremlin courtyard. Neither Lenin nor I could even take a step to the telephone ; moreover, the doctors had strictly forbidden Vladimir Ilyich to take the call. Lenin's two secretaries, Foti&#233;va and Glasser, made the connection. Here is what they transmitted to me : Vladimir Ilyich is extremely worried about Stalin's preparations for the next party congress, and especially because of the factional machinations he is engaged in in Georgia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vladimir Ilyich is preparing a real bomb against Stalin, for the congress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is what Fotieva literally said. The word &#034;bomb&#034; was Lenin's, not hers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vladimir Ilyich asks you to take charge of the Georgian affair ; he will then be more at ease.&lt;br class='autobr' /&gt;
On March 5, Lenin dictated a note to me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Dear Comrade Trotsky, I urge you most earnestly to take charge of defending the Georgian cause in the Central Committee of the Party. This matter is currently the object of &#8220;prosecution&#8221; by Stalin and Dzerzhinsky, and I cannot trust their impartiality. Indeed, quite the opposite. If you would agree to take up the defense of this cause, I could rest easy. If, for one reason or another, you do not agree, send the entire file back to me. I will conclude that it does not suit you. With my best regards, Comrade Lenin.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But why had the question become so acute ? I asked. It turned out that Stalin had once again betrayed Lenin's confidence : to secure support in Georgia, he had organized, without the knowledge of Lenin and the entire Central Committee, with the help of Ordzhonikidze and not without the support of Dzerzhinsky, a coup d'&#233;tat against the best elements of the party, falsely alleging the authority of the Central Committee. Taking advantage of the fact that the ill Lenin could not have interviews with his comrades, Stalin tried to surround him with false information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin had instructed his secretariat to compile a comprehensive dossier on the Georgian question and was determined to speak out openly. It is difficult to say whether he was more moved by Stalin's disloyalty or his brutally bureaucratic policy on the national question. Probably a combination of both. Lenin was preparing for the struggle, but he feared that he himself would not be able to speak at the congress, and this tormented him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; What if we came to an agreement with Zinoviev and Kamenev ? his secretaries suggested.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But Lenin makes a gesture of annoyance. He clearly foresees that, in the event that he has to abandon the work, Zinoviev and Kamenev will form a &#034;troika&#034; with Stalin against me and that, consequently, they will betray him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; But don't you know what Trotsky thinks about the Georgian question ? asks Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Trotsky at the plenum [Plenary Assembly of the Central Committee. &#8212;Ed.] spoke entirely in your spirit, replies Glasser, who had been secretary at the plenum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; You're not mistaken ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; No, Trotsky accused Ordzhonikidze, Voroshilov and Kalinin of not understanding the national question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Check this again ! Lenin demands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The next day, Glasser gave me a note at the central committee meeting held in my apartment, in which she summarized my speech from the previous day and ended with this question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Did I understand you correctly ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Why do you need this ? I asked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; For Vladimir Ilyich, Glasser replies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; The summary is correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meanwhile, Stalin was watching our exchange of notes with concern. But at that time, I still didn't know what it was about...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glasser then communicated to me this :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;When Vladimir Ilyich read the papers we had exchanged, his brow lit up : &#034;Well, now that's another matter !&#034; &#034;And he instructed me to give you all the manuscripts that were to be used in the manufacture of his bomb for the 12th Congress.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's intentions were then perfectly clear to me : taking Stalin's policy as an example, he wanted to denounce before the party, and without sparing anything, the danger of a bureaucratic degeneration of the dictatorship.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Kamenev, I said to Fotieva, is leaving tomorrow for Georgia, he is going to the party conference. I can give him Lenin's manuscripts to encourage him to act there in the right spirit. Ask Ilyich if it is necessary. A quarter of an hour later, Fotieva returns, out of breath :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; No way !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Why is that ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vladimir Ilyich said : &#034;Kamenev will rush to show everything to Stalin, and Stalin will seek a fake compromise to deceive us.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; So, it has come to this point that Ilyich no longer considers it possible to reach a compromise with Stalin, even on a just line ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Yes, Ilyich doesn't trust Stalin, he wants to speak out against him openly in front of the entire party. He's preparing a bomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;About an hour after this conversation, Fotieva returned, bringing me a note from Lenin addressed to the old revolutionary Mdivani and other opponents of Stalin's policy in Georgia. Lenin wrote to them :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;I am wholeheartedly interested in your cause. I am outraged by Ordzhonikidze's brutality and the connivance of Stalin and Dzerzhinsky. I am preparing notes and a speech for you.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A copy of these lines was addressed to me, but there was another one for Kamenev. This surprised me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; So Vladimir Ilyich has changed his mind ? I asked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Yes, his condition is worsening hour by hour. We must not trust the doctors' reassuring statements ; Ilyich already has difficulty expressing himself... The question of Georgia torments him extremely ; he fears he will be in dire straits before he can do anything. When he gave me the note, he said :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;To avoid arriving too late, we must act openly before the time.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; But does that mean I can now talk to Kamenev ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Obviously.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tell him to come see me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kamenev arrived an hour later. He was completely disoriented. The idea of &#8203;&#8203;the Stalin-Zinoviev-Kamenev &#034;troika&#034; had been ready for a long time. The tip of the triangle was directed against me. The problem for the conspirators was only to prepare a sufficient organizational base to achieve the coronation of the group that would have declared itself the legitimate heir to Lenin. A tiny note was enough to puncture this plan. Kamenev did not know what to do, and he admitted it to me quite frankly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I gave him Lenin's manuscripts to read. Kamenev had enough experience as a politician to understand immediately that in Lenin's eyes it was not only about Georgia but about the entire role played by Stalin in the party. Kamenev gave me additional information. He had just returned from Nadezhda Konstantinovna Krupskaya's, who had summoned him. Deeply moved, she had said to him :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vladimir has just dictated a letter to Stalin in shorthand, declaring that he is breaking off all relations with him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The immediate motive was of a semi-personal nature. Stalin did everything to isolate Lenin from sources of information and, in this regard, showed exceptional rudeness towards Nadezhda Konstantinovna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; But you know Ilyich, Krupskaya added : he would never have gone so far as to break off personal relations if he had not considered that Stalin must be demolished politically.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kamenev was very moved and pale. He felt the ground give way beneath him. He didn't know which way to turn, which way to turn. Perhaps he was simply afraid that I would act maliciously against him. I explained my point of view on the situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Sometimes, I told him, when faced with an imaginary danger, we become afraid and attract a real threat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tell yourself and others that I have not the slightest intention of engaging in a struggle at the congress to achieve organizational changes. I am in favor of maintaining the status quo. If Lenin can recover before the congress, which is unfortunately not likely, we will proceed together to a new examination of this question. I am not in favor of finishing with Stalin, nor of excluding Ordzhonikidze, nor of removing Dzerzhinsky from the Ways of Communication. But I agree with Lenin on the substance. I want national policy to be radically changed, for the repression exercised in Georgia against Stalin's opponents to cease immediately, for an end to the administrative pressure of the party to be put to an end, for a more firm orientation towards industrialization and for honest collaboration in the ruling spheres to be established. Stalin's resolution on the national question is absolutely worthless. The brutal and insolent pressure of a great power is situated there on the same level as the protest and resistance of small, weak and backward nationalities. I have given my resolution the form of amendments to Stalin's, to facilitate the indispensable change of direction. But this change must be immediate and clear. Furthermore, it is essential that Stalin immediately write Krupskaya a letter of apology for his rudeness and that he actually change his conduct. He must not try to shirk. There must be no more intrigues. There must be honest collaboration. As for you, I told Kamenev, you must, at the Tiflis conference, aim at obtaining a complete change of attitude towards the Georgian supporters of Lenin's national policy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kamenev breathed a sigh of relief. He accepted all my proposals. He was only afraid that Stalin would persist :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; He is rude and capricious, he said.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;No,&#034; I replied, &#034;I don't think he's being stubborn, because he has no other way out now.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Late that night, Kamenev informed me that he had visited Stalin in the countryside and that he had accepted all the conditions. Krupskaya had already received a letter of apology from him. But she had not been able to show the letter to Lenin, whose condition had worsened.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It seemed to me, however, that Kamenev's tone was already different from that which he had had when he left me a few hours earlier. It was only later that I saw the cause of this change : it was due to the worsening of Lenin's illness. On the way or upon his arrival in Tiflis, Kamenev received a coded telegram from Stalin informing him that Lenin was once again paralyzed : unable to speak or write. At the Georgian conference, Kamenev defended Stalin's policy against Lenin. Fortified by a felony, the &#034;troika&#034; existed from then on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's offensive was directed not only against Stalin himself, but against his entire staff, and above all against those who helped him, Dzerzhinsky and Ordzhonikidze. These two names constantly recur in Lenin's correspondence on the subject of Georgia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dzerzhinsky was a man of highly explosive passion. His energy was kept under pressure by continual electric discharges. On every issue, however minor, he would become inflamed, his thin nostrils would quiver, his eyes would flash, his voice would rise and frequently break. Despite this extreme nervous tension, Dzerzhinsky never experienced periods of weakness or apathy. He seemed to be always in full mobilization. Lenin once compared him to a most ardent thoroughbred. Dzerzhinsky was enamored with a desperate love for every task he undertook, defending his colleagues against interference and criticism with a passion, an intransigence, a fanaticism in which, however, there was nothing of personal interest : Dzerzhinsky dissolved into the cause without a trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But he had no thoughts of his own. He himself did not consider himself a politician, at least not in Lenin's time. On various occasions, he told me more than once :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; I may not be a bad revolutionary, but I am not a leader, a statesman, a politician.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It wasn't just modesty. The judgment was basically correct. From a political point of view, Dzerzhinsky always needed someone's immediate direction. For many years, he followed Rosa Luxemburg and waged the struggle she wanted not only with a certain Polish patriotism, but with Bolshevik sentiments. In 1917, he joined Bolshevism. Lenin told me enthusiastically about him :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; There is no trace left of the struggle of the past.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For two or three years, he was particularly drawn to me. In his later years, he supported Stalin. In economic work, he prevailed by his temperament : exhorting, pushing, leading. He had no considered conception of economic development. He shared all of Stalin's errors and defended them with all the passion of which he was capable. He died, so to speak, standing ; he had barely had time to leave the platform from which he had violently attacked the opposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
As for Stalin's other ally, Ordzhonikidze, Lenin considered it essential to exclude him from the party for the bureaucratic arbitrariness of which he had been guilty in the Caucasus. I raised objections. Lenin replied to me through his secretary : &#034;At least for two years.&#034; &#187; How far he was from thinking that Ordzhonikidze would take the head of the control commission that Lenin intended to combat Stalinist bureaucratism and which was to embody the very conscience of the party !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apart from the problems of general policy, the immediate aim of the campaign opened by Lenin was to create the most favorable conditions for my leadership work, either near him if he could recover, or in his place if illness overcame him. But this struggle, not having been carried through to the end, or even halfway, produced completely opposite results. Lenin, in short, had just enough time to declare war on Stalin and his allies, and even then the fact only reached the attention of those concerned, not the party. Stalin's faction&#8212;which was still only the faction of the &#034;troika&#034;&#8212;closed up further after the first warning. The provisional situation persisted. Stalin kept the handle of the apparatus. The artificial selection of leaders was pushed furiously. The more the &#034;troika&#034; felt ideologically weak, the more it feared me (being afraid of me precisely because it wanted to overthrow me) and the more it was obliged to tighten all the bolts of the regime in the party and the state. Much later, in 1925, Bukharin, in a private conversation, when I criticized the oppression exercised in the party, replied :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; We don't have democracy because we're afraid of you.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;So try,&#034; I said to him, by way of advice, &#034;not to be afraid anymore and let's try to do some good work together.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But this advice was of no use.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1923 was the first year of a fierce, but still silent, struggle to suppress and demolish the Bolshevik Party. Lenin was struggling with a terrible illness. The &#034;troika&#034; was fighting the party. The atmosphere was one of painful tension, which, towards the autumn, culminated in the &#034;discussion&#034; against the opposition. Chapter II of the revolution was opening : the struggle against Trotskyism. Basically, it was a struggle against the ideological succession of Lenin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky writes in &#034;The Revolution Betrayed&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The civil service and the standing army,&#034; wrote Lenin, &#034;are 'parasites' on the body of society, parasites engendered by the internal contradictions that tear this society apart, but precisely parasites that block its pores...&#034; (&#8230;) From 1918, that is to say, from the moment when the party had to consider the seizure of power as a practical problem, Lenin constantly occupied himself with the elimination of these &#034;parasites&#034;. After the subversion of the exploiting classes, he explains and demonstrates in The State and the Revolution, the proletariat will smash the old bureaucratic machine and form its own apparatus of workers and employees, taking, to prevent them from becoming bureaucrats, &#034;measures studied in detail by Marx and Engels : 1. eligibility for election and also revocability at any time ; 2. remuneration not higher than the worker's wage ; 3. immediate transition to a state of affairs in which all will carry out the functions of control and supervision, in which all will be momentarily &#034;bureaucrats,&#034; no one being able to bureaucratize himself for that reason.&#034; It would be wrong to think that for Lenin this is a work requiring decades ; no, it is a first step : &#034;One can and must begin there by making the proletarian revolution.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Stalinism is not an abstract 'dictatorship' either ; it is a vast bureaucratic reaction against the proletarian dictatorship in a backward and isolated country. The October Revolution abolished privileges, declared war on social inequality, substituted government of the workers by the workers for bureaucracy, abolished secret diplomacy ; it strove to give social relations complete transparency. Stalinism restored the most offensive forms of privilege, gave inequality a provocative character, stifled the spontaneous activity of the masses by means of police absolutism, made administration the monopoly of the Kremlin oligarchy, and revived the fetishism of power in aspects of which the absolute monarchy would not have dared to dream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Social reaction, whatever it may be, is obliged to conceal its true aims. The more abrupt the transition from revolution to reaction, the more reaction depends on the traditions of revolution&#8212;in other words, the more it fears the masses and the more it is obliged to resort to lies and imposture in its struggle against the advocates of revolution. Stalinist impostures are not the fruit of &#034;Bolshevik&#034; amorality ; like all important events in history, they are the products of a concrete social struggle of the most treacherous and cruel kind : that of a new aristocracy against the masses who brought it to power. It requires, in truth, complete intellectual and moral poverty to identify the reactionary and police morality of Stalinism with the revolutionary morality of the Bolsheviks. Lenin's party ceased to exist long ago ; internal difficulties and world imperialism broke it. The Stalinist bureaucracy succeeded it and is an apparatus for transmitting imperialism. In world politics, the bureaucracy substituted class collaboration for class struggle, social patriotism for internationalism. In order to adapt the ruling party to the tasks of reaction, the bureaucracy &#034;renewed&#034; its personnel by exterminating revolutionaries and recruiting careerists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Every reaction resuscitates, nourishes, and strengthens the elements of the historical past that the revolution has struck without succeeding in annihilating them. Stalinist methods complete, bring to the highest tension, and also to the absurd, all the processes of lies, cruelty, and degradation that constitute the mechanism of power in every society divided into classes, without excluding democracy. Stalinism is a conglomerate of the monstrosities of the State as history has made it ; it is also its fatal caricature and repugnant grimace. When the representatives of the old society sententiously oppose to the gangrene of Stalinism a sterilized democratic abstraction, we have every right to recommend to them, as to all of the old society, to admire themselves in the distorting mirror of the Soviet Thermidor. It is true that, in the frankness of its crimes, the GPU far surpasses all other regimes. This is due to the grandiose scale of the events that have shaken Russia in the demoralization of the imperialist era.&#034; (Leon Trotsky in August 1930)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As Leon Trotsky wrote on October 31, 1935 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;To speak of the future of the revolution can only be done in an implacable struggle against the regime of bureaucratic absolutism, which has become the worst brake on the revolutionary movement.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Soviet Bonapartism is due, ultimately, to the delay of the world revolution. The same cause engendered fascism in the capitalist countries. We arrive at a conclusion which at first sight seems unexpected, but in reality is irreproachable : that the stifling of Soviet democracy by the all-powerful bureaucracy and the defeats inflicted on democracy in other countries are due to the slowness with which the world proletariat is fulfilling the task assigned to it by history. Despite the profound difference in their social bases, Stalinism and fascism are symmetrical phenomena. In many ways they are overwhelmingly similar. A victorious revolutionary movement in Europe would immediately shake fascism and also Soviet Bonapartism. The Stalinist bureaucracy, for its part, is right to turn its back on the international revolution ; in doing so, it is obeying the instinct of self-preservation. (&#8230;) In the early days of the Soviet regime, the party served as a counterweight to the bureaucracy. It administered the state, the party controlled it. Zealously ensuring that inequality did not exceed the limits of necessity, the party was always in open or covert struggle with the bureaucracy. The historical role of the Stalinist faction was to put an end to this duality by subordinating the party to its own offices and by merging the offices of the party and those of the state. Thus the present totalitarian regime was created. Stalin's victory was assured by the definitive service he rendered to the bureaucracy. (&#8230;) The Thermidorians put into proscribing revolutionaries all the hatred inspired in them by men who remind them of the past and make them fear the future. The most steadfast and loyal Bolsheviks, the flower of the party, are in prisons, in the remote corners of Siberia and Central Asia, in the numerous concentration camps. (...) How many Bolsheviks were expelled, arrested, deported, exterminated from 1923 onwards, the year the era of Bonapartism began, we will only know the day the archives of Stalin's political police are opened. How many remain illegal, we will only know the day the collapse of the bureaucratic regime begins. What importance can twenty or thirty thousand opponents have in a party of two million members ? On this point, simply comparing figures is not meaningful. It only takes a dozen revolutionaries in a regiment to make it go over, in a superheated atmosphere, to the side of the people. It is not without reason that the general staffs are terrified of small clandestine groups and even of isolated militants. This fear, which makes the Stalinist bureaucracy tremble, explains the cruelty of its proscriptions and the baseness of its slander. (Trotsky, The Revolution Betrayed, 1936.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky writes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Stalin represents an absolutely exceptional phenomenon. He is neither a thinker nor a writer nor an orator. He seized power before the masses had learned to distinguish his face from the others when they filed past the leaders of the Revolution in the traditional processions in Red Square. He took possession of power, not through personal qualities, but by using an impersonal machine. And it was not he who created the machine, but the machine that created him ; with its power and authority, it was the product of the long and heroic struggle of the Bolshevik Party, which was itself the product of ideas, it was the bearer of the idea before it became an end in itself. Stalin directed it from the day he cut the umbilical cord that attached it to the idea and became a thing, by itself. Lenin had created it in constant association with the masses, if not by word, at least by writing, if not directly, then with the help of his disciples. Stalin merely seized it. For this, special and exceptional qualities were necessary. But these were not those of the thinker, nor of the writer, nor of the orator. While the Party apparatus had developed on ideas, Stalin's first qualification was a contemptuous attitude towards ideas.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The emancipation of the workers can only be the work of the workers themselves. There is therefore no greater crime than to deceive the masses, to pass off defeats as victories, friends as enemies, to buy off leaders, to fabricate legends, to mount imposture trials, - in a word, to do what the Stalinists do. These means can only serve one end : to prolong the domination of a clique already condemned by history. They cannot serve the emancipation of the masses. That is why the Fourth International supports a life-and-death struggle against Stalinism.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky in &#034;Their Morality and Ours&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;It is true that capitalist reactionaries use, not without artifice, Stalin's regime as a scarecrow against the ideas of socialism. Marx never said that socialism could be perfect, applied in a single country, and, what is more, in a backward country.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky in &#034;Marxism and Our Time&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
STALIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1922, during Lenin's illness and Trotsky's leave, Stalin, under the influence of Sokolnikov, passed a resolution undermining the monopoly on foreign trade. This proposal was to be quashed thanks to the vigorous protests of Lenin and Trotsky (see &#034;Letter to Istpart&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the same period, on the national question, Stalin held a position that Lenin described as bureaucratic and chauvinistic. Stalin, for his part, accused Lenin of having national-liberal tendencies (&#034;Letter to Istpart&#034;). What was Stalin's position on the question of the German revolution of 1923 ? Here too, as in March 1917, he had to orient himself independently on a large scale : Lenin was ill and a struggle against Trotsky was unleashed. Here is what he wrote in August 1923 to Bukharin and Zinoviev about the situation in Germany :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Should we, the Communists, seek, in the present phase, to seize power without the Social Democrats ? Are we mature enough for that ? In my opinion, everything is there. When we seized power in Russia, we had reserves such as a. bread, b. land for the peasants, c. the support of the immense majority of the working class, d. the sympathy of the peasants. The German Communists have nothing of the sort at the moment. True, they have the Soviet nation in their vicinity, which we did not have, but what can we offer them at the present time ? If today in Germany power, so to speak, were to fall and the Communists were to seize it, they would fail with losses and a crash. That, in the &#034;best&#034; of cases. In the worst, they would be cut to pieces and thrown out. The point is not that Brandler wants to &#034;educate the masses,&#034; the main thing is that the bourgeoisie, more the right-wing social democrats would certainly turn the course of the demonstration into a general battle - at the moment the odds are in their favor - and crush them. Certainly the fascists are not asleep, but it is in our interest that they attack first : this will unite the entire working class around the communists - Germany is not Bulgaria. Besides, according to all my information, the fascists are weak in Germany. In my opinion, we must hold back the Germans and not stimulate them.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus, in August 1923, when the German revolution was knocking at every door, Stalin said that Brandler should be restrained and not stimulated. For having missed the revolutionary situation in Germany, Stalin took the heaviest share of responsibility. He supported the temporizers, the skeptics, the wait-and-seeers. In this question of world-historical importance, it was not by chance that he took an opportunist position : in reality, he was only continuing the policy he had pursued in Russia in March 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the revolutionary situation was marred by passivity and indecision, Stalin defended the Brandler CC against Trotsky for a long time, thus defending himself. Thus he wrote in December 1924 - a year after the German shipwreck :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;This originality must not be forgotten for a single instant. It is especially important to remember it when analyzing the events of the autumn of 1923 in Germany. And it is Trotsky who should remember it first, he who establishes a wholesale analogy (!!) between the October Revolution and the revolution in Germany and unreservedly scourges the German Communist Party&#034; (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) We recall Lenin's Testament. It is not a polemical article or speech, in which one can always imagine that there were inevitable exaggerations, arising from the ardor of the struggle. No, in the Testament, Lenin, calmly weighing every word, gives his final opinion to the party concerning his comrades on the basis of all the experience of his work together with them. What does he say about Stalin ? a- brutal, b- disloyal, c- inclined to abuse power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : &#034;eliminate him from the post of secretary general.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A few weeks later, Lenin dictated a note to Stalin in which he indicated his intention to &#034;break off all personal and comradely relations&#034; with him. This was one of the last expressions of Lenin's will. All these facts are set out in the minutes of the 1927 Central Committee plenum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(reported by Leon Trotsky)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The image presented by the Stalinists and the Maoists, but also by the bourgeoisie and its historians, is of a Stalin who is a worthy successor to Lenin. One cannot imagine a more blatant lie. And it is not simply a question of historical truth. It changes the entire conception of the revolutionary party, of socialism, and of the proletarian revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On one side, two internationalist revolutionaries, Lenin and Trotsky, who never bargained over their socialist commitment to the proletariat, like fish in water in the revolutionary struggle of the exploited, on the other, the head of the national and nationalist bureaucracy of Russia, Stalin, a fabrication of all the apparatuses, of the party as of the State, like a fish in water in the rout of the revolution and the rise of reaction : two incompatible worlds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1922, Lenin declared at the Party Congress : &#034;When we look at the bureaucratic machine, we must ask ourselves the question 'who leads and who is led ?' I very much doubt that the Communists lead. The truth is that they are led.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If Lenin advocated the NEP tactic, a temporary retreat, Stalin and the bureaucracy adapted perfectly to the NEP : the bureaucrat allied himself with the kulak and the nepman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Breton writes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Long live Lenin ! I salute Leon Trotsky here, he who was able, without the help of many of the illusions that remain with us and without perhaps believing in eternity like us, to maintain for our enthusiasm this invulnerable slogan :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;And if the alarm bells ring in the West, and they will, we may be up to our necks in our calculations, in our balance sheets, in the NEP, but we will respond to the call without hesitation and without delay : we are revolutionaries from head to toe, we have been, we will remain so until the end.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today, even more than in the past, it is important to re-establish the truth about the true role of Lenin and his Bolshevik companions, to highlight that his entire life was devoted to the struggle for the emancipation of the working class and not to the establishment on it of one of the most barbaric forms of exploitation and oppression, as Stalinism was.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Even before becoming known for the establishment of a police terror unparalleled in history, Stalinism began its career as a defender of the thesis of &#034;building socialism in one country.&#034; From 1925, Stalin became the spokesperson for this conception, which completely contradicted the entire vision previously defended in the workers' movement. Indeed, from its origins, the latter presented itself as an international movement insofar as, as Engels wrote in 1847 : &#034;The communist revolution (...) will not be a purely national revolution ; it will occur simultaneously in all civilized countries (...) It will also have a considerable impact on all the other countries of the globe and will completely transform and accelerate the course of their development. It is a universal revolution ; it will, consequently, have a universal terrain&#034; (&#034;Principles of Communism&#034;). It is no coincidence, either, that the slogan that concludes the &#034;Communist Manifesto&#034; of 1848 is &#034;Workers of all countries, unite.&#034; Similarly, the first important organization of the proletariat was the &#034;International Workingmen's Association&#034; (1864-1872) or the First International. Subsequently, internationals (Socialist International, 1889-1914 ; Communist International, 1919-1928) also punctuated the development and struggles of the working class on a global scale. Finally, it is also significant that the anthem of the workers' movement is, in all countries, the &#034;International.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, one of the decisive criteria for a political party to belong to the proletarian camp is internationalism. Thus, in 1914, when the world war broke out, the participation in the &#034;Sacred Union&#034; and the &#034;National Defense&#034; of the dominant sectors of most of the socialist parties of Europe (the &#034;social-chauvinists&#034; as Lenin called them) signaled their betrayal of the working class and their transition to the bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is why the thesis of &#034;socialism in one country&#034; constitutes a real betrayal of the basic principles of the proletarian struggle and the communist revolution, a betrayal against which those who continue to defend the proletarian program, such as Trotsky in the Communist Party of the Soviet Union, engage in a merciless fight.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In particular, this thesis, presented by Stalin as one of the &#034;principles of Leninism&#034;, constitutes the exact opposite of Lenin's position :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The Russian Revolution is only a detachment of the world socialist army, and the success and triumph of the revolution we have accomplished depend on the action of this army. This is a fact that none of us forgets (...). The Russian proletariat is aware of its revolutionary isolation, and it sees clearly that its victory has as its indispensable condition and fundamental premise the united intervention of the workers of the whole world.&#034; (&#034;Report to the Conference of Factory Committees of the Moscow Province&#034;, July 23, 1918).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin, exemplary defender of proletarian internationalism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's uncompromising internationalism, a mark of his total commitment to the proletariat's struggle for emancipation, was a constant throughout his life. It was particularly evident in 1907 at the Stuttgart Congress of the Socialist International, when, along with Rosa Luxemburg, the most prominent figure in the German and Polish proletariat throughout the early 20th century, Lenin led the fight to have delegates adopt an amendment toughening the resolution against imperialist war. Similarly, Lenin actively participated in the struggle of the International's left wing to make the 1912 Basel Extraordinary Congress a resounding demonstration against the threat of war. But it was during the First World War that Lenin's internationalism reached its full potential. His denunciation of the &#034;social-chauvinists,&#034; but also of the &#034;centrists&#034; who can only oppose the imperialist butchery with pacifist moans, is one of the most illuminating pages in the history of the workers' movement. In particular, at Zimmerwald in September 1915, Lenin was the leader of the left wing of the conference bringing together delegates from the various socialist currents in Europe who opposed the war. His position differed from that of the &#034;Manifesto&#034; adopted by the conference by clearly stating that &#034;the struggle for peace without revolutionary action is an empty and mendacious phrase&#034; and by calling for the &#034;transformation of the imperialist war into a civil war&#034;... &#034;a slogan... precisely... indicated by the resolutions of Stuttgart and Basel.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin's internationalism did not end with the victory of the revolution in October 1917. On the contrary, he saw it solely as the first step and stepping stone of the world revolution. This is why he played a decisive role, along with Trotsky, in the founding of the Communist International in March 1919. In particular, it was Lenin who wrote one of the fundamental texts of the founding congress : the &#034;Theses on Bourgeois Democracy and the Dictatorship of the Proletariat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Lenin's time, the CI had nothing to do with what it later became under Stalin's control : an instrument of Russian capitalist state diplomacy and the spearhead of counter-revolution on a world scale. At its first congress, the CI asserted itself and practically acted as &#034;the instrument for the international republic of workers' councils, the International of open mass action, of revolutionary achievement, the International of action&#034; (&#034;Manifesto of the CI&#034;, written by Trotsky). - ICC text&lt;br class='autobr' /&gt;
By P. Brou&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Trotsky&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapter XX &#8211; The &#8220;bloc&#8221; with Lenin [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Having suffered a first stroke on 26 May 1922, Lenin was left paralyzed on his left side and had to struggle for a long time before being able to resume some activity from July onwards and to return to work in October. He then had &#8211; and he no doubt sensed it &#8211; only a few months to complete a task whose importance he suddenly discovered when he resumed his duties after a few months' break.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many clues &#8211; reflections in passing in speeches or letters &#8211; show that on the eve of this attack, he was still concerned about the risk of a split in the party which could arise from the slightest disagreement within the ruling circle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is what he wrote on March 23, 1922 to Molotov, then &#034;responsible secretary of the central committee&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;At present, the proletarian policy of the Party is determined not by its numbers, but by the immense and undivided authority of that very thin layer which may be called the Old Guard of the Party. A slight internal struggle within this layer is enough for its authority to be, if not ruined, at least weakened to the point that the decision will no longer depend on it [2].&#034; At the same time, however, he posed the problem of government and leadership in entirely new terms. Already in October 1921, he had explained that the three main obstacles were &#034;communist complacency,&#034; illiteracy, and the practice of bribery [3]. At the 11th Congress of the RCP(b), he addressed, for the first time, it seems, the question of power in terms of culture, with developments on the need to learn, which recalled Trotsky's reflections on this point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He explained in particular :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The economic strength of the proletarian state of Russia is quite sufficient to ensure the transition to communism. What is it that we lack ? It is clear that what is lacking is culture among the communist leaders [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For him, the communists had become prisoners of what he called &#034;the bureaucratic machine&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;In fact, if we consider Moscow &#8211; 4,700 responsible communists &#8211; and if we consider the bureaucratic machine, this enormous mass, who is leading and who is being led ? I very much doubt that one can say that the communists are leading. In fact, it is not they who are leading. It is they who are being led [5].&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recalling the phenomenon, often observed in history, of conquered peoples imposing their culture on their victor, he draws an analogy with the victorious communists in Russia submitting, according to him, to the &#034;miserable, insignificant&#034; culture of the vanquished :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Will responsible communists [...] be able to understand that they do not know how to lead ? That they imagine they are leading others when in reality it is they who are being led ? If they manage to understand this, they will certainly learn to lead, because it is possible. But for that, one must study, and in our country, we do not study [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was on the basis of this reflection that, after a refresher from July, he threw himself back into battle in the autumn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The story that began then was for a long time known only through Trotsky's testimony, the excerpts from documents published in The Disfigured Revolution, and his account in My Life &#8211; a version indignantly rejected in Moscow and dismissed as a &#034;slanderous forgery&#034; by those he contemptuously called &#034;epigones.&#034; But this version was in fact resoundingly confirmed, starting in 1956, not only by Khrushchev's &#034;secret speech,&#034; but by the subsequent publication of documents whose very existence had been denied for so long. Shortly afterward, on the basis of this abundant documentation, Moshe Lewin published his work on Lenin's Last Battle. Here we will try to use, in a more concise form, all of these documents concerning a few decisive months in Soviet history.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky's account in My Life begins with an interview with Lenin, which he does not date precisely, but places &#034;a few weeks before the second crisis&#034; - which took place on December 16, 1922. The interview was prompted by a proposal from the education workers' union to temporarily entrust Trotsky with the Commissariat of Education. Lenin was not enthusiastic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky says :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Heartily, insistently, visibly moved, Lenin expounded his plan.&lt;br class='autobr' /&gt;
[...] It is essential that you become my deputy. The situation is such that we need a radical regrouping of personnel.&#034; &#034;I again alleged that the 'apparatus' was increasingly hampering my work, even at the War Commissariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Well, you can shake up the apparatus,&#034; Lenin continued briskly, alluding to an expression I had used recently. &#034;I replied that I had in mind not only the bureaucracy of the State, but that of the party ; that the root of all the difficulties lay in the complicity of the two apparatuses and in the mutual complicity of the influential groups that were forming around a hierarchy of party secretaries [7].&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In his 1927 testimony before the party's Central Control Commission, Trotsky testified :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lenin called me to the Kremlin and spoke to me about the appalling development of bureaucratism in our Soviet apparatus and the need to find a lever to seriously address this issue. [...] I replied : 'Vladimir Ilyich, my conviction is that we must not forget that at present, in the struggle against the bureaucratism of the Soviet apparatus, in the provinces as well as in the center, a selection of functionaries and specialists, party members, non-party members and half-party members, is being created around certain leading groups and personalities of the party, in the province, in the district, in the region, in the center, that is, in the Central Committee, etc. By putting pressure on the functionary, we will clash with the leader of the party [...], and, in the present situation, I would not want to take on this task [8].'&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All this is in accordance with a letter of January 25, 1923, contained in Trotsky's archives : in it he declared to the Central Committee that he had questioned before Lenin &#034;the policy of the Secretariat of the Central Committee, of the Organization Bureau and of the Political Bureau in Soviet matters [9]&#034;, and the numerous interventions of these organizations, including behind the backs of the officials in office. He continues the story in My Life :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;After a moment's reflection, Lenin put the question clearly :&lt;br class='autobr' /&gt;
So you propose to open the struggle not only against state bureaucracy, but also against the Organization Bureau of the Central Committee ?&#034; &#034;I started laughing, it was so unexpected. The Organization Bureau of the Central Committee was the very center of Stalin's apparatus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let's say that's how it is.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Well, continued Lenin, visibly satisfied that we had given the question its proper formula, I propose that we join forces with you, against bureaucracy in general, and against the organizing bureau in particular.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is flattering, I replied, to form an honest bloc with an honest man.&#034; [10] The 1927 deposition is quoted here almost word for word. The two men agreed to meet again. Lenin proposed to create within the Central Committee a &#034;commission for the fight against bureaucratism&#034; in which he wanted Trotsky to participate, according to the version in My Life, &#034;a commission on the question of a more accurate selection, training and prognosis of civil servants and more correct international relations [11]&#034;, according to the note of January 25. The account is completed in My Life by a comment which is obviously not in the documents of 1923 and 1927 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Basically, this commission was to serve as a lever for the destruction of the Stalinist faction, the backbone of the bureaucracy, and for the creation in the party of conditions that would have given me the possibility of becoming Lenin's replacement, in his thinking, of being his successor as Chairman of the Council of People's Commissars [12].&#034; This agreement, which remained secret, underlies the entire history of this period and in particular the battles fought on Lenin's initiative during which the &#034;bloc&#034; between the two men was strengthened and finally sealed.&lt;br class='autobr' /&gt;
The first battle took place over the question of the monopoly on foreign trade. It was brutally initiated by a promise made during the conversations in Riga by the People's Commissar for Foreign Trade Miliutin to renounce it soon [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It seems that the majority of leaders, and among them Stalin, were then in favor, if not of its abolition, at least of its relaxation : all considered that a resumption and rapid development of international trade were necessary for the success of the NEP. Trotsky, for his part, was firmly opposed to a measure which, according to him, disarmed the workers' state in the face of its class enemies. Lenin was also hostile to abolition and had clearly expressed this in March 1922. But he discovered with astonishment in May that Stalin considered a weakening of the monopoly as inevitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
However, on October 6, at the Central Committee, in Lenin's absence, the People's Commissar of Finance, Sokolnikov, had the principle of significant exceptions to the monopoly adopted. Lenin reacted strongly to this decision and considered it, in the words of Mr. Lewin, as &#034;a real blow that had been dealt to him [14].&#034; He therefore began to campaign among the other leaders, inviting Trotsky to discuss this question with him on October 11, 1922 [15]. Probably encouraged by this interview, he addressed Stalin the day after to protest against &#034;this blow to the monopoly of foreign trade [16]&#034;, and, moreover, without any real discussion. He insisted on postponing the solution of the problem by referring it to the next session of the Central Committee [17].&lt;br class='autobr' /&gt;
But the resistance proved more serious than Lenin had supposed. In a note written in his own hand on Lenin's letter itself, Stalin remarked :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Comrade Lenin's letter has not changed my opinion as to the correctness of the decision of the Central Committee Plenum of October 6 concerning foreign trade [18]. &#187; After some superficial considerations on the question, he added :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nevertheless, in view of the insistence of Comrade Lenin's proposal to postpone the implementation of the plenum of the Central Committee, I vote in favor, so that this question may be discussed by the next plenum with the participation of Lenin [19].&#034; The majority of the Central Committee followed him. On December 12, 1922, informed by a letter from Lenin that he was going to &#034;wage war in favor of the monopoly of foreign trade [20]&#034;, Trotsky replied that he was convinced of the absolute necessity not only of maintaining, but also of strengthening the monopoly of foreign trade. He also drew his attention to the danger of undermining the monopoly under the pretext of carrying out equally necessary general reforms. Faithful to his analysis, he added in conclusion that the central question remained &#034;the regulation of export trade in relation to overall economic operations&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Someone must know and decide what can and cannot be imported and what must be exported. [...] This should, obviously, be the work of the State Planning Commission [21].&#034; Lenin's response would considerably strengthen the bonds between the two men. He assured him of his agreement, then, his illness preventing him from participating in the Central Committee, asked him to defend their common position &#034;on the necessity of maintaining and strengthening the monopoly of foreign trade [22].&#034; After several exchanges, he concluded, in a letter dated December 15 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I consider that we have reached a complete agreement. Please announce our solidarity at the plenum. I hope that our resolution will pass, because several of those who voted against it in October are partly or totally going over to our side. &#034;If, contrary to our expectations, our resolution does not pass, let us appeal to the faction of the Congress of Soviets and announce that we will bring the question before the Party Congress [23].&#034; &#187; Finally, in a letter addressed to Stalin to the members of the Central Committee, Lenin announced his intentions in a very provocative manner :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I have now completed the liquidation of my affairs and I can leave in peace. I have also reached an agreement with Trotsky on the defense of my point of view on the monopoly of foreign trade. [...] I am convinced that Trotsky will defend my point of view as well, as I will myself [24]. &#034; On December 18, 1922, the Central Committee annulled its decisions of October and satisfied Lenin. The latter, on the 21st, dictated a short note for Trotsky to Krupskaya, overjoyed at his victory :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;As it seems, we have succeeded in taking the position without a shot being fired, by a simple maneuver. I propose not to stop there and to continue the offensive [25]. &#034; Thus the Lenin-Trotsky bloc had won its first battle even before its existence was known. Some people were beginning to sense its existence, and their sleep was probably disturbed. Didn't its birth determine, or at least strengthen, the Zinoviev-Kamenev-Stalin troika ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A few days later, Lenin finally agreed, with some reservations, with Trotsky's point of view on Gosplan, writing in a note dictated on December 17, 1922 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;This idea was put forward a long time ago, I believe, by Comrade Trotsky. I spoke out against it because I felt that it would create a fundamental discord in the system of our legislative institutions. But after careful examination, I see that, basically, this is a correct idea, namely : the State Planning Commission stands somewhat apart from our legislative institutions, although, being a group of competent people in science and technology, it actually has the maximum of elements at its disposal for judging matters correctly. [...] We must, I think, accede to Comrade Trotsky's wish, without entrusting the chairmanship of the State Planning Commission to a person chosen from among our political leaders [26]. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
The second conflict between Lenin and Stalin was to be much more serious. The Georgian affair no longer only personally implicated Stalin &#8211; here as People's Commissar for Nationalities &#8211; but also his system of government through the activities of his loyalists, and first and foremost, Ordzhonikidze.&lt;br class='autobr' /&gt;
We have seen how, in 1921, Stalin-Ordzhonikidze's policy of fait accompli had led, initially, to the occupation of Georgia by the Red Army and, later, to its transformation at an accelerated pace into a Soviet Republic. Lenin had not formally opposed this, but the notes he had written on the subject, urging, for example, Ordzhonikidze to find a government agreement with the Mensheviks, betrayed his deep concern.&lt;br class='autobr' /&gt;
However, things developed, in 1922 and particularly during his period of leave, along lines that were hardly in accordance with his wishes. Very quickly, in fact, Ordzhonikidze's satrapy behavior, sure of Stalin's support and guaranteed against any surprise from Moscow, aroused the discontent, then the indignation and fury of the Georgian communists, who were legitimately sensitive to the national feelings of the population. The project of a Caucasian Federation grouping Georgia, Armenia and Azerbaijan, inspired by Lenin, was rejected almost unanimously by the Georgian communists, and the Congress of Georgian Soviets adopted resolutions hostile to the Federation &#8211; even whose supporters, moreover, rose up against Ordzhonikidze's autocratic practices.&lt;br class='autobr' /&gt;
On August 10, 1922, while Lenin was still kept very much away from public affairs due to his health, the Politburo decided to set up a commission to submit a draft regulating relations between the Russian Republic (the RSFSR) and the other independent republics, including Georgia. The commission, chaired by Stalin, quickly drew up a draft that simply amounted to the integration of the &#034;independent&#034; republics, which had become &#034;autonomous,&#034; into the Russian Federation. The Georgian communists immediately expressed firm opposition, demanding that the draft be revised in such a way as to guarantee them &#034;all the attributes of independence [27].&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
The showdown was now underway between the Georgian Communist Party, all tendencies united, and the Caucasian bureau of the RCP(b) led by Ordzhonikidze, who bluntly called on his opponents to keep quiet and submit. Stalin rushed things forward in August by informing the Georgians that the decisions of the RSFSR applied, from now on and in any case, to their republic [28]. At the meeting of the commission on 24 and 25 September, the Ukrainians seemed close to aligning themselves with the Georgians.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin had always been concerned with the national question and remembered the outcry that his position in favour of self-determination had provoked in the ranks of the party. There is therefore nothing extraordinary in his requesting the complete file on the commission's activities, its proposals and the reception they had received. He received it on 25 September. Moshe Lewin rightly points out that it is quite clear that at that time, although sometimes reserved about Stalin's behavior, he retained his complete personal confidence in him and did not for a moment doubt the veracity of his statements [29]. But he expressed reservations about the project, which he found a little &#034;hasty,&#034; and spoke out both against the formula of &#034;autonomous&#034; republics within the Russian Federation, and for their integration, all of them, including the RSFSR, within a Union of Soviet Socialist Republics [30].&lt;br class='autobr' /&gt;
Confident in himself, strengthened by the power he had acquired during the months of Lenin's illness, Stalin seems to have grown impatient. He did not appreciate the remarks of the &#034;Old Man&#034; - whom he considered to be outside the scope of the project - and wanted to oppose him with a firm attitude. Communicating to the Politburo Lenin's letter proposing modifications and amendments to the commission's draft, he commented on it by accusing Lenin of both &#034;national liberalism&#034; and &#034;hasty centralism&#034;, an attitude which, according to him, was only likely to encourage &#034;nationalist&#034; and &#034;separatist&#034; resistance from the Georgian communists in Georgia [31]. However, faithful to the tactics he had adopted for years, he did not confront Lenin before the Central Committee, gave in without a fight and allowed the assembly to rearrange the draft in accordance with Lenin's wishes. It is very likely that the latter had been content, until then, to think, as he had suggested to Kamenev on September 26, that in this matter Stalin only had &#034;some tendency to rush things.&#034; Stalin's remarks on his project, his evasion of the discussion, alerted Lenin. On the very day of the debate in the Central Committee, he wrote a note to the Politburo heavy with meaning :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I declare war to the death on Great Russian chauvinism. As soon as I am freed from my cursed tooth, I will devour it with all my healthy teeth. &#034;It is absolutely necessary to insist that the Federal Central Executive Committee (of the Soviets) be chaired in turn by a Russian, a Ukrainian, a Georgian, etc. &#034;Absolutely [32].&#034; But the agreement reached at the Central Committee - in which Mdivani, spokesman for the opposing Georgian communists, had participated - was only a facade agreement. For the Georgians, the independent Republic of Georgia, along with the other Georgian republics, should be called upon to enter the Union of Republics on an equal footing with the RSFSR. Stalin and Ordzhonikidze, refusing to lose face, continued to demand Georgia's entry into the Transcaucasian Federation and the admission of the federation alone into the USSR.&lt;br class='autobr' /&gt;
The test of strength had begun. With the unconditional support of the secretariat, Ordzhonikidze used it to dismantle the positions of his adversaries through transfers and appointments. The latter desperately sought possible support in Moscow, finally obtaining from Bukharin a request for him to submit a complaint to Lenin listing their grievances. Still convinced that Stalin, even if he was fundamentally wrong, was not manipulating the information he provided him, Lenin responded sharply to the Georgians, reproaching them for the &#034;indecent tone&#034; of their letter :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I was convinced that all disagreements had been settled by the resolutions adopted by the plenary meeting of the Central Committee with my indirect participation and the direct participation of Mdivani. This is why I categorically condemn the insults directed at Ordzhonikidze and I insist that your conflict be brought in a proper and loyal tone before the secretariat of the Central Committee of the RCP which will decide [33].&#034; Desperate at being thus sent back to Stalin to complain about him and his men, the Georgian opponents decided on a spectacular gesture : a mass resignation from the Central Committee of the Georgian CP, on October 22 [34]. Without wasting any time, Ordzhonikidze immediately had a new CC appointed by the Caucasian bureau. The incidents multiplied, and Ordzhonikidze allowed himself, during a scuffle, to hit Kibanidze, a supporter of Mdivani [35]. Letters, resolutions, complaints &#8211; even from supporters of the federation like Makharadze &#8211; were piling up in Moscow, denouncing the methods of the secretariat and its proconsul in Georgia. It seems that it was only then that Lenin began to have doubts. Abstaining from the vote in the Politburo to send to Georgia a commission of inquiry headed by Dzerzhinsky, head of the Cheka, he charged Rykov, who was leaving for Georgia, with a fact-finding mission [36].&lt;br class='autobr' /&gt;
The return, three days apart, of Rykov and the Dzerzhinsky commission, removed any illusions he still had. He learned that this commission had approved the secretariat's decision to recall all of Ordzhonikidze's opponents to Moscow, thus distancing them from Georgia. He also learned from Dzerzhinsky about Ordzhonikidze's brutality against Kibanidze, which Rykov had tried to conceal from him. There is no doubt that Lenin was absolutely shocked by these discoveries. According to Moshe Lewin, his interview with Dzerzhinsky had &#034;a harmful influence on the progression of Lenin's illness and probably hastened the crisis&#034; that was to strike him a few days later, on the morning of December 13 [37].&lt;br class='autobr' /&gt;
On December 30, despite the terrible difficulties he was now experiencing, he dictated the bulk of his notes on the nationalities question [38], beginning with the famous sentence : &#034;I am, I believe, greatly guilty before the workers of Russia [39]. [...] We have,&#034; he writes further, &#034;slid into a quagmire&#034; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;We call our own an apparatus which, in fact, is fundamentally alien to us and represents a hodgepodge of bourgeois and tsarist survivals [40].&#034; What he discovered in the Georgian affair, under what he calls &#034;a bureaucratic formula,&#034; was &#034;the invasion of the authentic Russian, the Great Russian, the chauvinist, that scoundrel and oppressor who is at bottom the typical Russian bureaucrat [41].&#034; And to clearly situate the responsibilities, he specifies :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I think that a fatal role was played here by Stalin's haste and his taste for administration, as well as by his irritation with the famous social-nationalism [42].&#034; He also condemns what he calls Dzerzhinsky's &#034;100% Russian state of mind&#034; and the &#034;irreparable fault&#034; he committed in taking lightly Ordzhonikidze's brutalities [43]. His verdict against Stalin was fierce :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The Georgian who looks with disdain at this side of the matter, who dismissively hurls accusations of 'social-nationalism' (while he himself is not only a true, genuine 'social-nationalist', but also a brutal Great Russian swindler), this Georgian is in reality undermining proletarian class solidarity [44].&#034; In January and February 1923, despite all the restrictions imposed on his activity by the Politburo under the pretext of protecting his health &#8211; and which revolted him &#8211; Lenin worked hard on the Georgian question and succeeded in learning what was being hidden from him, namely the Politburo's approval of the conclusions of the Dzerzhinsky Commission for the transfer of Mdivani's comrades, and a moral discharge for Stalin and Ordzhonikidze. He then instructed a small group of his close collaborators to conduct the investigation for him : it was his &#034;clandestine commission&#034; that informed him, for example, that the text of Kibanidze's complaint against Ordzhonikidze had &#034;disappeared&#034; from the file. On March 3, it submitted to him a detailed report, the text of which had remained secret, even at the time of de-Stalinization.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin now had no more doubts and his position, completely reversed from that of the summer of 1922, was now very firm. He wrote to Trotsky on March 5 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I urge you to take charge of the defense of the Georgian case in the Central Committee of the Party. This case is currently under the &#034;persecution&#034; of Stalin and Dzerzhinsky, and I cannot trust their impartiality ! The opposite is true. If you agree to undertake the defense, then I can be reassured ; if you do not agree, for whatever reason, then return the file to me, I will see it as a sign of your disagreement. &#034;With my best comradely greetings. [45]&#034; In the account he gives in My Life, Trotsky assures that he decided to take on this defense. The Moscow Institute of Marxism-Leninism claims that he refused for health reasons, but provides no evidence to support this allegation. Adam B. Ulam also assures that he refused &#8211; because he returned the file without forgetting to take a copy &#8211; and that he then tried to conceal it. But his arguments are weak and his development allusive and confused [46]. In the appendices to the &#034;Diary of Lenin's Secretaries&#034;, Moshe Lewin cites a letter from L.A. Fotieva which constitutes proof of Trotsky's acceptance [47]. Lewin further states :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Thanks to the Diary and the other sources to which we refer here, we can see that Trotsky is a reliable source. Comparing them with the revelations of the IML, we see that his information are provided with the utmost honesty and accuracy. In all that he relates about the events in question here, he is at most &#8211; and rarely &#8211; mistaken by more than one day in his chronology [48]. &#187; Placed in envelopes which Lenin's secretaries specified, at his request, could only be opened by Krupskaya, Lenin's reflections on the party leaders and on the national question were to remain unknown to Soviet citizens and even to party cadres. Two articles, however, published in Pravda several weeks apart, indicated to the attentive reader the distance that had grown in recent months between Lenin and Stalin. These&lt;br class='autobr' /&gt;
are two articles devoted to the Workers' and Peasants' Inspectorate, a people's commissariat of which Stalin had not been a permanent official for a year, but where he continued, through the men he had placed there, to exercise a preponderant influence. Perfectly aware of the meaning of the attack made by Lenin, the Politburo considered for a moment not publishing these two texts, the very last dictated by Lenin.&lt;br class='autobr' /&gt;
The first article deals with the necessary &#034;reorganization of the Workers' and Peasants' Inspection [49].&#034; The criticism is devastating. We will simply note that, while proposing a massive reduction in the Inspectorate's staff to 300 or 400 employees, he asserts the necessity - no doubt in contrast to the reality of the time - that all the Inspectorate's collaborators be &#034;particularly checked with regard to their good faith and their knowledge of the state apparatus [50].&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
With &#034;Better less, but better,&#034; published in Pravda on March 4, 1923 [51], Lenin takes a further step in the sustained fire that he now openly directs against Stalin. Returning to his earlier reflections on the problems of culture in relation to the state apparatus, he first noted, in a very direct attack :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;It would be enough for us to begin with a genuine bourgeois culture : it would be enough for us, to begin with, to dispense with the particularly inveterate types of pre-bourgeois, that is, bureaucratic or feudal, cultures [52]. Turning once more to the question of the state apparatus, he noted that things there were &#034;bad,&#034; even &#034;detestable.&#034; There were, in his view, no elements &#034;to build a truly new apparatus, one that fully deserves the name of socialist, Soviet, etc. apparatus [53].&#034; This was precisely what, in his eyes, first implied a transformation of the Workers' and Peasants' Inspectorate into a new &#034;People's Commissariat.&#034; He gave a very important definition of what he called &#034;the best&#034; of the Soviet social system :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The advanced workers first of all, and secondly, the truly educated elements for whom one can vouch that they will not take anything at face value and that they will not say a word that is contrary to their conscience, are not afraid to become aware of difficulties, whatever they may be, and will not shrink from any struggle to achieve the goal that they have seriously set for themselves [54].&#034; Having thus negatively defined the elements of the Workers' and Peasants' Inspection, he finally dotted the i's and crosses the t's, dealing a severe blow to Stalin's prestige :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Let us speak frankly. The People's Commissariat of the Workers' and Peasants' Inspection does not at present enjoy a shadow of prestige. Everyone knows that there are no institutions more badly organized than those which come under our Workers' and Peasants' Inspection, and that, under present conditions, nothing can be demanded of this commissariat. [...] I ask any current leader of the Workers' and Peasants' Inspection or persons connected with it to tell me in all conscience what practical need there is for a commissariat like the Workers' and Peasants' Inspection [55].&lt;br class='autobr' /&gt;
The &#034;de-Stalinization&#034; under Khrushchev's aegis - as has already been emphasized - ultimately &#034;revealed&#034; only what was already known. In any case, it constituted, without, of course, having intended it, a confirmation of the veracity of the documents and texts cited or mentioned by Trotsky. Writing in 1967, Moshe Lewin could confidently assure that the Moscow publications of recent years had made it possible to confirm the accuracy of Trotsky's testimony.&lt;br class='autobr' /&gt;
First among these documents is obviously Lenin's letter to the Central Committee, which is called, somewhat improperly, his &#034;testament&#034; : notes dictated on December 23 and 24, 1922, and completed on January 4, 1923.&lt;br class='autobr' /&gt;
In this famous text, Lenin returns to the problem that had been at the center of his concerns since the winter of 1920-1921, namely the risk of a split in the party and, in the immediate future, the problem of the cohesion of the Central Committee. He writes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;I consider that in this respect, the essential point in the problem of cohesion is the existence of members of the Central Committee like Stalin and Trotsky. The relations between them constitute, in my opinion, the main danger of this split, which could be avoided [56]. &#187; He then moves on to a brief characterization of the two men :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Comrade Stalin, having become General Secretary, has concentrated unlimited power in his hands, and I am not sure that he can always use it with sufficient circumspection. On the other hand, Comrade Trotsky, as his struggle against the Central Committee in the question of the People's Commissariat for Communication has already shown, is not only distinguished by his eminent abilities. He is perhaps the most capable man in the present Central Committee. But he is guilty of excess self-confidence and an exaggerated infatuation with the purely administrative side [57].&#034; A few lines further on, referring to &#034;the October episode of Zinoviev and Kamenev,&#034; which he does not consider &#034;accidental,&#034; he assures that they cannot be blamed for it any more than &#034;Trotsky's non-Bolshevism.&#034; A few sentences on Bukharin and Pyatakov conclude this brief presentation [58].&lt;br class='autobr' /&gt;
This text &#8211; whose very existence has been contested for so long and with so much violence &#8211; deserves a careful examination, which has only rarely been granted to it, perhaps because all the attention was devoted to the problem of its existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
The first observation that is necessary is that Lenin considers Stalin and Trotsky as the two eminent leaders &#8211; an assertion which, according to Moshe Lewin, &#8220;had the potential, by the place given to Stalin, to astonish the country, to hurt Trotsky and to unpleasantly surprise Zinoviev and Kamenev [59]&#8221;. Did it correspond, as the same author suggests, to Lenin's discovery of the extent of the powers held by Stalin, who had become General Secretary ? It is possible, but not proven.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moshe Lewin also underlines the care with which Lenin draws the portrait of the two men in such a way as to reveal no preference. The superior individual qualities &#8211; the gifts and the talent &#8211; &#8203;&#8203;that he recognizes in Trotsky are compensated by the reminder of his behavior during the trade union discussion and that of his past as an anti-Bolshevik conciliator. As far as Stalin is concerned, the emphasis is not on the man and his qualities, but on the extent of his power and the risk &#8211; the risk only &#8211; that he might use it imprudently. The historian is right when he writes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Let us suppose that the notes had been drafted here and that they were then read from the podium of a party congress, they would seem to be dominated by a concern for balance, by the desire to maintain the status quo in order to avoid a split [60].&#034; This last message from Lenin to his party would therefore have been, on December 25, 1922, a call for prudence, an invitation to preserve a balance, a warning against anything in either of the two &#034;eminent leaders&#034; that could harm the cohesion of the leadership.&lt;br class='autobr' /&gt;
However, on January 4, 1923, he dictated to Fotieva an addition that changed everything and in particular destroyed the balance over which he had until then jealously guarded :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Stalin is too brutal, and this defect, perfectly tolerable in our milieu and in the relations between us communists, is no longer so in the functions of General Secretary. I therefore propose to the comrades to study a means of removing Stalin from this post and of appointing in his place another person who would have in all things only one advantage over Comrade Stalin, that of being more tolerant, more loyal, more polite and more attentive to the comrades, of less capricious temper, etc. These traits may seem to be only a tiny detail. But, in my opinion, to preserve us from splitting and taking into account what I wrote above on the relations between Stalin and Trotsky, it is not a detail, or it is one which may take on decisive importance [61]. &#034; What happened between December 24, 1922 and January 4, 1923 ? The temptation &#8211; which some historians have not resisted &#8211; is to look for the personal incident, the straw that broke the camel's back of disagreements. Stalin, however, finds it difficult to accept the accumulation of critical remarks coming from the room of a sick person whose guardianship he hopes to have shaken off. The correspondence between Lenin and Trotsky, their meetings, the letter from the former to the latter of December 18, celebrating their victory in the battle for the foreign trade monopoly, appear to him as so many intolerable threats, enrage him and undoubtedly make him lose his composure. On December 21, in fact, learning that the letter had been dictated to Krupskaya, he calls her on the telephone, insults her and threatens her for having contravened medical prescriptions, even though she had the doctors' agreement to take down a text that Lenin wanted dictated.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin's companion protested the same day in a letter to Kamenev, vice-president of the government, and asked to be &#034;protected from gross interference [...], from unworthy insults and threats [62]&#034;. Did Krupskaya, who did not immediately inform Lenin of the incident, to avoid him getting upset, speak to him about it between December 25, 1922 and January 4, 1923 ? This would be an event-related explanation of this addition which completely changes the original form of the &#034;testament&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Until additional convincing evidence is produced, particularly on the chronology, we, for our part, fully subscribe to the explanation proposed on this point by Moshe Lewin :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;We know enough about Lenin to find an explanation for Ilyich's statements against Stalin that better suits his character, his conscience as a responsible leader, for whom politics took precedence over all other considerations [63]. The historian of Lenin's Last Battle considers it impossible that the incident between Stalin and Krupskaya could have pushed Lenin to &#034;a political act likely to upset the balance of power in the Central Committee.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;He had much more serious reasons for doing so. To be convinced of this, it is enough to study the notes on the national question [...] dictated on December 30 and 31 [64]. It was only on March 5, 1923, that, referring to Stalin's &#034;rudeness&#034; and &#034;telephone abuse&#034; to Krupskaya, Lenin wrote to Stalin that what was directed against his wife was also directed against him. He gave him the choice between an apology and a break in their personal relations. On the same day, he wrote to Mdivani the letter we know and instructed Fotieva to inform Kamenev of his alliance with Trotsky in the Georgian affair [65]. His secretary, Gliasser, announced to Trotsky : &#034;Vladimir Ilyich is preparing a bomb against Stalin [66]. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
On March 7, it was the second attack, infinitely more severe than the first. Lenin, according to the official communiqu&#233;s, no longer had the power of speech. He would survive for more than ten months, probably aware of his decline and condemned to the torture of total impotence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Everything ultimately indicates that Lenin, at the beginning of 1923, had indeed decided to engage in the fight against Stalin and the bureaucracy, starting with the party apparatus, and that it was for this purpose that he had concluded an alliance with Trotsky which had begun to be implemented. Trotsky is perfectly convincing from this point of view when he writes in My Life :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;[After January 4], Lenin was no longer merely preparing Stalin's elimination from the post of General Secretary ; he wanted to disqualify him before the party. On the question of the monopoly of foreign trade, on the question of the internal regime of the party, of the Workers' and Peasants' Inspection and on the Control Commission, Lenin, systematically and persistently, aimed to deal at the Twelfth Congress, through the person of Stalin, the most terrible blow to bureaucratism, to the complicit solidarity of functionaries, to the abuses of power, to arbitrariness and to brutality [67].&#034; He then poses the question :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Could Lenin have succeeded in the regroupment he was planning in the leadership of the party [68] ?&#034; And he answers clearly :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;At that time, without a doubt. [...] Our joint action, if it had taken place at the beginning of 1923, would certainly have assured us victory. [...] To what extent this victory would have been lasting is another question. [...] In 1922-1923, it was still quite possible to seize the main strategic position by waging an open offensive against the rapidly forming faction of National Socialist functionaries, usurpers of the apparatus, seizers of the October legacy, epigones of Bolshevism [69]. &#187; Trying to answer the same question, Moshe Lewin, for his part, notes that Lenin, at the beginning of 1923, after his addition of January 4, no longer seemed to worry about the danger of factionalism which had seemed to dominate his concerns since 1921. He also thinks that Lenin only sensed part of the reality, &#034;the extent of the danger represented by the abuse of power&#034; that could be committed at the top of the hierarchy, and &#034;its degeneration into an irresponsible personal dictatorship.&#034; He continues :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;To avoid being beaten, Lenin would have had to perform prodigies of skill, he would have had to show himself to be audacious, a skillful maneuverer, a political innovator. [...] He would have had to, in his own words, &#034;show prodigious obstinacy.&#034; One can think that he was capable of it. It is legitimate to think that Lenin, acting in concert with Trotsky and others, could have led Soviet Russia down a less tragic, more rational path, one that would have less compromised the idea of &#8203;&#8203;socialism. [...] Between them, they symbolized the mobilizing call of the October Revolution [70]. &#187; Taking stock of the Georgian affair, he writes that it is perfectly legitimate to suppose that the subsequent structure of the Soviet Union would have been ultimately quite different from what it was to become [71] &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin's absence and Trotsky's reservations had limited consequences, at the time, in the Politburo of the CPSU, but which could only have contributed significantly to the increase in tensions and the aggravation of antagonisms.&lt;br class='autobr' /&gt;
The first conflict at the top erupted over Lenin's article on the reorganization of the Workers' and Peasants' Inspection, which Bukharin did not publish in Pravda on January 23, 1923, as Lenin had requested, sending it to the editorial office of the party's central organ. Krupskaya then telephoned Trotsky to ask for his intervention, emphasizing Lenin's impatience with the publication of his plan. It was Trotsky who obtained the immediate convening of the Politburo on this issue.&lt;br class='autobr' /&gt;
All those present at the beginning of the meeting, Stalin, Molotov, Kuibyshev, Rykov, Kalinin, and Bukharin&#8212;with the sole exception of Trotsky&#8212;declared themselves against Lenin's plan and the publication of the article, which was particularly vigorously rejected by the members of the secretariat. In response to Trotsky, who emphasized Lenin's impatience to have the newspaper with the printed article in hand, Kuibyshev even proposed printing a single issue of Pravda containing the article and intended for Lenin alone. Kamenev, who arrived an hour late, supported Trotsky : for them, it was impossible to hide Lenin's article from the party&#8212;something which ultimately convinced the opponents of the publication, not without ulterior motives. Lenin's article was therefore finally published in Pravda on January 25.&lt;br class='autobr' /&gt;
A second, very lively debate then began around plans for the reorganization of the Central Committee, one of which was tabled by Lenin, the other by the General Secretariat. Trotsky also resolutely fought against Lenin's proposal to increase the number of members of the Central Committee, which he believed would make him more easily manipulated. A campaign of innuendos would accuse him of covertly combating Lenin's ideas. Informed of this, he protested in a letter to the Central Committee on February 23, threatening to bring the debate before the entire party in order to put an end to the rumors and make everyone face up to their responsibilities. Grievances multiplied and resentment grew.&lt;br class='autobr' /&gt;
However, uncertainty continued to hover over Lenin's health : would &#034;the Old Man&#034; recover sufficiently to resume some activity, and in how long ? This situation would continue for months : as long as Lenin's recovery and return to office remained a plausible eventuality, the Lenin-Trotsky bloc would remain a possibility, a threat that their target did not underestimate. The political struggle at the top of the first &#034;workers' state&#034; depended, under these conditions, on doctors and the fight against arteriosclerosis in a still young man whose constitution was then considered, perhaps wrongly, exceptionally robust.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky was more aware of this than anyone else. The responsibilities weighing on his shoulders, starting with Lenin's relapse, became overwhelming on the eve of the 12th Congress. Could one behave in the party as if Lenin were dead ? Should one postpone to a later date any major decision concerning the future of the party and only engage in combat if he dies or recovers ?&lt;br class='autobr' /&gt;
This was certainly the type of problem for which Trotsky was least prepared.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;References&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] The documentary bases of this chapter, which until then were found exclusively in the archives or Trotsky's writings, were expanded by publications from the Khrushchev era, in particular Lenin's documents, which had been hidden until then. Two important works : Lidia Aleksandrovna Fotieva, Iz vospominianii o Lenine (Moscow, 1964), and Mosh&#233; Lewin, Le dernier combat de L&#233;nine (Paris, 1964), have supplemented but not substantially modified them. See also Anna Di Biagio &#034;Stalin e Trockij : dopo la revoluzione (1921-1923), Problemi del Socialismo&#034; series 4.21.1980, (No. 17) pp. 113-148.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Lenin, Works, vol. 33, p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Ibid., pp. 72-73.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ibid., p. 293.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ibid., p. 294.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] MV, III, p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Letter to Istpart, DLR, p. 165.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Trotsky Archives, Harvard, letter of January 25, 1923, T 775.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] MV, III, pp. 200-201.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ibidem, p. 201, as well as AH, T 775.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] MV, III, p. 201.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Lewin, Last Fight, p. 46.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ibid., p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] DLR, p. 155.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Lenin, Works, vol. 33, p. 382.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Ibid., pp. 383-384.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Fotieva, op. cit., pp. 28-29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Lenin, Works, vol. 45, p. 622.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] TP, II, pp. 778-780.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Lenin, Works, vol. 45, p. 622.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Ibid., p. 626.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Ibid., pp. 623-624.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Ibid., p. 627.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Lenin, Works, vol. 36, pp. 611-612.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Lewin, op. cit., p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Ibid., p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Quoted ibidem, pp. 146-148.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Lewin, op. cit., pp. 149-150.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Lenin, Works, vol. 33, p. 379.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Lenin, Works, vol. 45, p. 601.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Fotieva, op. cit., p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Ibid., p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Lewin, op. cit., p. 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Ibid., p. 78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Lenin, Works, vol. 36, pp. 618-624.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Ibid., p. 618.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] Ibid., p. 619.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] Ibid., p. 620.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] Ibid., pp. 621-622.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[45] Lenin, Works, vol. 45, p. 628.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[46] Adam B. Ulam, The Bolsheviks, pp. 571-573.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[47] Notebooks of the Russian and Soviet World, 26 (27), p. 328.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[48] &#8203;&#8203;Ibidem, m. 1, p. 297.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[49] Lenin, Works, vol. 36, pp. 611-615.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[50] Lenin, Works, vol. 33, pp. 495-500.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[51] Ibid., pp. 500-517.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[52] Ibid., p. 501.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[53] Ibid., pp. 501-502.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[54] Ibid., pp. 503.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[55] Ibid., pp. 504-505.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[56] Lenin, Works, vol. 36, p. 606.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[57] Ibid., p. 607.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[58] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[59] Lewin, op. cit., p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[60] Ibid., p. 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[61] Lenin, Works, vol. 36, p. 608.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[62] Lewin, op. cit., pp. 150-151.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[63] Ibid., p. 92.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[64] Ibid. p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[65] Lenin, Works, vol. 45, pp. 628-629.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[66] DL .R., p. 166.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[67] M .V., III, pp. 202-203.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[68] Ibid., p. 203.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[69] Ibid., pp. 203-204.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[70] Lewin, op. cit., pp. 140-141.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[71] DLR, p. 164.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE QUESTION OF NATIONALITIES OR &#8220;AUTOMY&#8221; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am very guilty, I believe, before the workers of Russia, of not having intervened with enough energy and harshness in the famous question of autonomy, officially called, if I am not mistaken, the question of the union of Soviet socialist republics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the summer, when this question arose, I was ill, and in the autumn I relied too much on my recovery and also on the hope that the plenary sessions of October and December [2] would allow me to intervene in this question. However, I was unable to attend either the October session (devoted to this problem) or the December one ; and so the question was discussed almost completely without my assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I was only able to speak with Comrade Dzerzhinsky, who, upon his return from the Caucasus, informed me of the status of this question in Georgia. I was also able to exchange a few words with Comrade Zinoviev and express my fears on this subject. From the communication I received from Comrade Dzerzhinsky, who was at the head of the commission sent by the Central Committee to &#034;investigate&#034; the Georgian incident, I was able to draw only the most serious fears. If things have reached the point where Ordzhonikidze has allowed himself to resort to violence, as Comrade Dzerzhinsky told me, you can well imagine the quagmire into which we have fallen. Obviously, this whole enterprise of &#034;autonomy&#034; has been fundamentally mistaken and untimely.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is claimed that it was absolutely necessary to unify the apparatus. Where did these assertions come from ? Is it not from this same apparatus of Russia, which, as I have already said in a previous issue of my newspaper, we borrowed from Tsarism, merely smearing it with a Soviet varnish ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Undoubtedly, this measure should have been postponed until the day when we could have said that we were the guarantors of our apparatus, because we had it well in hand. And now we must in all conscience say the opposite ; we call our own an apparatus which, in fact, is still fundamentally foreign to us and represents a hodgepodge of bourgeois and tsarist survivals, which it was absolutely impossible for us to transform in five years for lack of help from other countries and at a time when military concerns and the fight against famine predominated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In these conditions, it is quite natural that the &#034;freedom to leave the union,&#034; which serves as our justification, appears as a bureaucratic formula incapable of defending the non-natives of Russia against the invasion of the authentic Russian, the Great Russian, the chauvinist, that scoundrel and oppressor who is, at bottom, the typical Russian bureaucrat. There is no doubt that the Soviet and Sovietized workers, who are in tiny proportion, would drown in this ocean of chauvinistic Great Russian rabble, like a fly in milk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To support this measure, it is said that we have created people's commissariats dealing specifically with national psychology and national education. But then a question arises : is it possible to detach these people's commissariats entirely ? Second question : Have we taken measures carefully enough to really protect foreigners against the typical Russian policeman ? I think we have not taken these measures, although we could and should have done so.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that a fatal role was played here by Stalin's haste and his taste for administration, as well as by his irritation with the notorious &#034;social-nationalism.&#034; Irritation generally plays a most disastrous role in politics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I also fear that Comrade Dzerzhinsky, who went to the Caucasus to investigate the &#034;crimes&#034; of these &#034;social-nationals,&#034; has also distinguished himself here essentially by his 100% Russian attitude (we know that Russified foreigners constantly exaggerate in this matter), and that the impartiality of his entire commission is characterized enough by Ordzhonikidze's &#034;attacks.&#034; I think that these Russian assaults cannot be justified by any provocation, or even by any outrage, and that Comrade Dzerzhinsky has committed an irreparable error by regarding these assaults too lightly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordzhonikidze represented power for all other citizens of the Caucasus. He had no right to lose his temper, a right that he and Dzerzhinsky invoked. Ordzhonikidze should, on the contrary, have shown a composure that no ordinary citizen is required to display, especially if he is accused of a &#034;political&#034; crime. For, at heart, the Social Nationalists were citizens accused of a political crime, and the whole atmosphere of this accusation could not characterize him otherwise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here an important question of principle arises : How should we conceive of internationalism ?[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30.XII.22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuation of the notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;December 31, 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The question of nationalities or &#8220;autonomy&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(following)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I have already written in my works on the national question that it is quite futile to pose the question of nationalism in general in the abstract. We must distinguish between the nationalism of the oppressing nation and that of the oppressed nation, between the nationalism of a large nation and that of a small nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With regard to the second nationalism, we, the nationals of a great nation, are almost always guilty, throughout history, of an infinite number of acts of violence, and even more, we commit an infinite number of injustices and exactions without realizing it. One need only recall my memories from the Volga of the way in which foreigners are treated among us : the Pole, the Tatar, the Ukrainian, the Georgian and the other foreigners of the Caucasus are only called by pejorative nicknames, such as &#034;Polyatchichka&#034;, &#034;Kniaz&#034;, &#034;Khokhol&#034;, &#034;Kapkazski tch&#233;lovek&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Therefore, internationalism on the part of the oppressing nation, or of the so-called &#034;great&#034; nation (even if it is great only in its violence, great simply as, for example, the policeman) must consist not only in respect for the formal equality of nations, but also in a compensatory inequality on the part of the oppressing nation, of the great nation, for the inequality that manifests itself practically in life. Whoever has not understood this has also not understood what the truly proletarian attitude to the national question is : he basically adheres to the petty-bourgeois point of view and, consequently, can only slide at every moment towards the positions of the bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is important for the proletarian ? It is important, but also essential and indispensable, that he be assured in the proletarian class struggle of the maximum confidence on the part of the non-natives. What is necessary for this ? For this, not only formal equality is necessary ; it is also necessary to compensate in one way or another, by one's behavior or concessions to the non-native, the distrust, suspicion, and grievances that, throughout history, have been engendered in him by the government of the &#034;imperialist&#034; nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that for the Bolsheviks, for the Communists, it is hardly necessary to explain this further. And I believe that here we have, as far as the Georgian nation is concerned, a typical example of the fact that a truly proletarian attitude demands that we redouble our prudence, thoughtfulness, and accommodation. The Georgian who looks with disdain on this side of the matter, who dismissively hurls accusations of &#034;social-nationalism&#034; (while he himself is not only a true, genuine &#034;social-national,&#034; but also a brutal Great Russian swindler), this Georgian is in reality harming proletarian class solidarity, for there is nothing that retards its development and consolidation like national injustice ; there is nothing that is more sensitive to &#034;offended&#034; nationals than the feeling of equality and the violation of this equality, even if by negligence or jest, by their proletarian comrades. That is why, in the case under consideration, it is better to force the note in the direction of the spirit of accommodation and gentleness towards national minorities than to do the opposite. That is why, in the case under consideration, the fundamental interest of proletarian solidarity, and therefore of the proletarian class struggle, demands that we never observe a purely formal attitude towards the national question, but that we always take into account the obligatory difference in the behavior of the proletarian of an oppressed (or small) nation towards the oppressing (or large) nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consigned by MV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuation of the notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;December 31, 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So what practical measures should be taken in the situation thus created ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;First, the union of the socialist republics must be maintained and consolidated ; there can be no doubt about this. This measure is necessary for us, as it is for the world communist proletariat to fight the world bourgeoisie and defend itself against its intrigues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secondly, the union of the socialist republics must be maintained in the diplomatic apparatus. This is, moreover, an exception in our state apparatus. We have not admitted a single person of any influence from the old tsarist apparatus. Both the middle and the upper management are communists in its personnel. Thus, it has already earned (one can boldly say so) the name of a tried and tested communist apparatus, infinitely better purged of elements of the old tsarist, bourgeois and petty-bourgeois apparatus than that with which we are obliged to be content in the other people's commissariats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thirdly, exemplary punishment must be inflicted on Comrade Ordzhonikidze (I say this with all the more regret because I personally count myself among his friends and have been active with him abroad, in exile), and also the investigation must be completed or a new investigation must be carried out into all the documents of the Dzerzhinsky Commission, in order to correct the enormous number of irregularities and biased judgments that are undoubtedly found there. It goes without saying that it is Stalin and Dzerzhinsky who must be held politically responsible for this fundamentally Great Russian nationalist campaign.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourthly, the most rigorous rules regarding the use of the national language in the allogeneic republics forming part of our Union must be introduced, and these rules must be checked with the greatest care. There is no doubt that, under the pretext of unity of railway services, under the pretext of fiscal unity, etc., an infinite number of abuses of an authentically Russian nature will arise among us with our present apparatus. To combat these abuses requires a very special spirit of initiative, not to mention the extreme loyalty of those who will lead this fight. A meticulous code will be necessary, and only the nationals living in the given republic are capable of elaborating it with any success. And one must never swear in advance that as a result of all this work there will be a step backward at the next Congress of Soviets by maintaining the union of the Soviet Socialist Republics only on the military and diplomatic level, and by reestablishing in all other respects the complete autonomy of the different people's commissariats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It must not be forgotten that the fragmentation of the people's commissariats and the lack of coordination of their functioning in relation to Moscow and other centers can be sufficiently compensated by the authority of the Party, if this is exercised with sufficient circumspection and in all impartiality ; the harm that the absence of national apparatuses unified with the Russian apparatus can cause to our State is infinitely, immeasurably less than that which results for us, for the entire International, for the hundreds of millions of people of the peoples of Asia, who will appear after us on the historical forefront in the near future. It would be unforgivable opportunism if, on the eve of this intervention of the East and at the beginning of its awakening, we were to ruin our authority in its eyes by the slightest brutality or injustice towards our own foreigners. One thing is the necessity of making a united front against the imperialists of the West, defenders of the capitalist world. There can be no doubt about this, and it is superfluous to add that I absolutely approve of these measures. It is another thing to engage ourselves, even in matters of detail, in imperialist relations with oppressed nationalities, thereby arousing suspicion about the sincerity of our principles, about our principled justification of the struggle against imperialism. Now, tomorrow, in world history, will be precisely the day of the definitive awakening of the peoples oppressed by imperialism and the beginning of a long and bitter battle for their liberation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31.XII.22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes added by the editor are marked [NE]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Autonomy, the project to organize all the republics forming the RSFSR on the basis of autonomy. The project of &#034;autonomy&#034; was submitted by Stalin. Lenin severely criticized it and proposed a fundamentally different solution to this question : the formation of the Union of Soviet Socialist Republics, comprising republics equal in law. In December 1922, the 1st Congress of Soviets of the USSR decided to form the Union of Soviet Socialist Republics. [NE]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] These are the plenary sessions of the CC of the CP(b)R, which took place in October and December 1922 and which deliberated on the problem of the formation of the USSR [NE]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Further on in the shorthand notes, the sentence &#034;I think our comrades have not sufficiently understood this important question of principle&#034; is crossed out. [NE]&lt;br class='autobr' /&gt;
Lenin in &#034;Less is better but better&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Things are so bad with our state apparatus, not to say detestable, that we must first think seriously about how to combat its defects ; these, let us not forget, go back to the past, which, it is true, has been overturned, but has not yet been abolished ; it is not a question of a cultural stage long since over. The question here is precisely that of culture, because in this order of things, one must consider as realized only that which has entered into cultural life, into morals, into customs. Now, with us, what is good in our social organization is seized in haste, one could not less ponder, understand, feel, verify, test, confirmed by experience, consolidated, etc. It certainly could not be otherwise in a revolutionary era and with such a dizzying development which has brought us, in five years, from tsarism to the regime of the Soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is time to become reasonable. We must imbue ourselves with a healthy distrust of an inconsiderate impulse, of any kind of boasting, etc. ; we must think about verifying the measures that we proclaim every hour, that we take every minute and whose weakness, inconsistent and unintelligible character we then demonstrate every second. The most harmful thing here would be haste. The most harmful thing would be to believe that the little we know is enough, or that we possess a more or less considerable number of elements to build a truly new apparatus, and one that truly deserves the name of socialist, Soviet, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No, we practically do not have this device, and we even possess ridiculously few elements that would allow us to create it. And we must not forget that to put it in place, we must not spare any time, and that it will take many, many, many years.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What elements do we possess to create this apparatus ? Only two. First, the workers, excited by the struggle for socialism. They are not sufficiently educated. They would like to give us a better apparatus. But they do not know how to go about it. They cannot do it. They are not sufficiently trained, they do not have the required level of culture. And to do this, one must have culture. Here, one cannot get by with a stroke of audacity or an assault, with energy or courage, or, in general, with any of the best human qualities, whatever they may be. Second, we possess elements of knowledge, education, and teaching, but ridiculously few compared to all other countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And we must not forget that we are still too inclined to want to replace this knowledge (or to imagine that we can replace it) with zeal, haste, etc. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For five years we have been striving to perfect our state apparatus. But this has been nothing but vain agitation which, in these five years, has simply shown us that it is ineffective, or even useless, or even harmful. This vain agitation gave us the appearance of work ; in reality, it clogged our institutions and our minds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This finally needs to change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must adopt this rule : less is better, but better. We must adopt this rule : it is better in two years or even three years than to rush things without any hope of forming good human material.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I know that it will be difficult to observe this rule and to apply it in our situation. I know that the opposite rule will force its way through a thousand twists and turns. I know that it will require formidable resistance, that it will require prodigious perseverance ; that this work, at least in the first years, will be devilishly thankless. And yet I am convinced that it is only in this way that we will achieve our goal and, once this goal is achieved, will be able to found a republic truly worthy of the name of Socialist Republic, Soviet Republic, etc., etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is likely that many readers found the figures I cited as examples in my first article [1] too inadequate. I am sure that many calculations can be produced to show the inadequacy of these figures. But I think that above all possible and imaginable calculations, we must place one thing : truly exemplary quality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I believe that the time has come when we must deal properly and with all due seriousness with our state apparatus, and when haste would perhaps be the greatest harm. Therefore, I would like to warn against increasing these figures. On the contrary, I think that here we must be particularly sparing with figures. Let us be clear. The People's Commissariat of the Workers' and Peasants' Inspection does not enjoy a shadow of prestige at the moment. Everyone knows that there are no institutions less organized than those under our Workers' and Peasants' Inspection, and that under present conditions nothing can be demanded of this Commissariat. We must remember this if we really want to succeed in establishing, within a few years, an institution which, firstly, will be exemplary, secondly, will inspire absolute confidence in everyone, and thirdly, will show everyone that we have truly justified the activities of this high institution, the Central Control Commission. All general norms for the personnel of its administrations must, in my opinion, be banished from the outset and without appeal. We must choose the cadres of the Workers' and Peasants' Inspection with particular care, subjecting them to the most rigorous examination, and nothing else. Indeed, what is the point of founding a People's Commissariat where the work is done as best it can, which, again, would not inspire the slightest confidence, and whose opinion would have only the slightest authority ? I think that our main task is to avoid this in the reorganization we are now planning.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The workers whom we appoint as members of the Central Control Commission must be irreproachable communists, and I think that a long effort must be devoted to teaching them the methods and objectives of their work. Then there must be a certain number of secretaries as auxiliaries who must be carefully subjected to a triple check before being admitted. Finally, those applicants whom we have decided, as an exception, to be immediately recruited to the Workers' and Peasants' Inspection must meet the following conditions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;firstly, they will be recommended by several communists ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;secondly, they will undergo a test to prove that they know our state apparatus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;thirdly, they will undergo a test attesting that they know the elements of the theory relating to our state apparatus, the principles of administrative science, writing, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fourthly, they will have to work in good understanding with the members of the Central Control Commission and with their own secretariat, so that we can answer for the proper functioning of the entire apparatus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I know that these are extraordinary conditions, and I am very much afraid that the majority of the &#034;practical&#034; workers in the Workers' and Peasants' Inspection will declare them unrealizable, or will greet them with a disdainful smile. But I ask any of the present leaders of the Workers' and Peasants' Inspection or of the persons attached to this Commissariat : can he tell me frankly what is the practical use of this People's Commissariat, the Workers' and Peasants' Inspection ? I think that this question will enable him to find a sense of proportion. Either it is not worthwhile to carry out the reorganization&#8212;we have seen so many of them&#8212;of this hopeless enterprise, the Workers' and Peasants' Inspection ; or we must really set ourselves the task of creating, through a slow, difficult, unusual effort, not without resorting to numerous checks, something truly exemplary, capable of inspiring respect in everyone, not only because titles and ranks oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you don't have patience, if you don't devote several years to this work, it's better not to undertake it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that among the institutions we have already created, in the way of higher institutes of labor, etc., we must choose a minimum, check whether they are organized with all the required seriousness, and continue the work, but only in such a way that it is truly at the height of modern science, that it allows us to benefit from all its achievements. Therefore, it will not be a utopia to hope to have, in a few years, an institution that will be able to fulfill its task, that is to say, to perfect our state apparatus methodically, without fail, enjoying the confidence of the working class, the Communist Party of Russia and the entire population of our Republic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preparatory action could begin now. If the Commissariat of Workers' and Peasants' Inspection accepted the plan for this reform, it could begin preparations immediately and continue to act systematically to bring them to fruition, without rushing and without refusing to repeat what has been done once.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Half measures would be extremely harmful here. Any other considerations that might be made about the size of the Workers' and Peasants' Inspection would in reality be based on old bureaucratic principles, on old prejudices, on what has already been condemned and which provokes public ridicule, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All in all, the question arises as follows :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Either we must show, already now, that we have acquired serious knowledge in the matter of state building (it is not forbidden to learn something in five years) ; or we are not yet ready for it, and then it is not worth taking on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that with the human resources at our disposal, it would not be immodest to assume that we already know enough to be able to rebuild from scratch, methodically, at least one People's Commissariat. It is true that this single Commissariat must give the measure of our entire state apparatus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immediately open a competition for the writing of two or more textbooks dealing with the organization of labor in general, and especially with administration. One could take as a basis Iermansky's book, although, incidentally, this author clearly sympathizes with Menshevism and is incapable of writing a textbook suitable for the Soviet government. Then one could take as a basis Kerzhentsev's recently published work ; finally, one could also make use of a few other textbooks dealing with various aspects of the question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Send a few knowledgeable and conscientious people to Germany or England to gather documentation and study the problem. I said England in case travel to America or Canada is impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appoint a commission to draw up the preliminary programme of examinations to be administered to persons applying for a position in the Workers' and Peasants' Inspectorate ; the same applies to applicants for positions as members of the Central Control Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These and similar activities will, of course, not bother the People's Commissar, the members of the Workers' and Peasants' Inspection College, or the Presidium of the Central Control Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the same time, a preparatory commission will have to be appointed to find candidates for the positions of members of the Central Control Commission. I hope that for these positions we will now have a more than sufficient number of candidates, both among experienced employees of the administrations and among students of our Soviet schools. It would hardly be rational to exclude in advance this or that category. We will probably have to give preference to a varied staff for this institution, where we must seek a synthesis of many qualities, of diverse merits. So a great effort will have to be made to draw up the list of candidates. It would be highly undesirable for this new Commissariat to be formed according to a single standard, say, the type of official, or by eliminating the type of agitator, or men whose distinguishing feature is sociability or the ability to penetrate circles unfamiliar to this type of employee, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It seems to me that I can best express my thoughts by comparing my plan to institutions of an academic nature. The members of the Central Control Commission will be required, under the direction of their presidium, to regularly examine all the files and documents of the Political Bureau. On the other hand, they will have to rationally distribute their time between the various tasks of checking the records in our institutions, from the smallest and least important to the large state administrations. Finally, they will also have to study the theory, that is, the theory of the organization of the work to which they intend to devote themselves ; they will also have to carry out practical exercises under the direction of either experienced comrades or professors from the higher institutes of labor organization.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But I think that they will not have to limit themselves to this purely academic activity. They will also have to prepare themselves for functions that I would not hesitate to call preparation for hunting, I would not say for rogues, but for something of that kind, and invention of tricks intended to conceal their campaigns, their marches and counter-marches, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the institutions of Western Europe, such proposals would have provoked unheard-of indignation, a feeling of moral revolt, etc. ; but I hope that we are not yet bureaucratized to that extent. The NEP has not yet acquired such a reputation in our country that we would be offended by the idea of &#8203;&#8203;catching someone. Our Soviet Republic was built so recently, and there is such a jumble there that no one will think of being offended by the idea that, in this jumble, excavations could be carried out with the help of certain tricks and soundings sometimes aimed at quite distant sources, or carried out by rather roundabout routes. And even if someone did think of it, we can be sure that we would all laugh heartily.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our new Workers' and Peasants' Inspection, we hope, will leave far behind it that quality which the French call prudishness [2], and which we might call ridiculous affectation or ridiculous ostentation, and which plays into the hands of our entire bureaucracy, both our Soviet institutions and the Party organizations, because, incidentally, bureaucracy exists among us in both.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If I wrote above that we must educate ourselves and educate ourselves further in higher schools of labor organization, etc., this does not mean in the least that I conceive of this &#034;education&#034; in a school-like manner, or that I confine myself to the idea of &#8203;&#8203;a school-like education. I hope that a true revolutionary will not suspect me of having here renounced the idea of &#8203;&#8203;&#034;education&#034; as a half-joking joke, a ruse, a good trick, or something of the sort. I know that in a serious and measured state of Western Europe, this idea would really have provoked horror ; no self-respecting official would have consented even to discuss it. But I hope that we are not yet bureaucratized to that extent, and that the discussion of this idea only provokes good humor among us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, why not combine pleasure with business ? Why not take advantage of a pleasant or semi-pleasant joke to surprise someone with something ridiculous, something harmful, or something semi-ridiculous, semi-harmful, etc.?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It seems to me that our Workers' and Peasants' Inspection will gain much from taking these considerations into account, and that the list of cases in which our Central Control Commission or its colleagues in the Workers' and Peasants' Inspection have won some of their most brilliant victories will be enriched with numerous exploits of our future inspectors and controllers, in places which it is hardly convenient to mention in decent and serious manuals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How can a Party institution be united with a Soviet administration ? Isn't that something unacceptable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I am not asking this question on my own behalf, but on behalf of those I referred to above, saying that we have bureaucrats not only in our Soviet administrations, but also in the Party organizations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, why not bring both together when the interest of the matter demands it ? Has no one ever noticed, for example, that in a People's Commissariat like the Foreign Office, such a meeting is extremely useful and has been practiced since its foundation ? Does not the Politburo discuss, from the Party's point of view, a number of questions, large and small, relating to our &#034;counter-manoeuvres&#034; in response to the &#034;manoeuvres&#034; of foreign powers, in order to forestall, let us say, some trick on their part, to be polite ? Is not the flexible alliance of the administrative element and the Party element an immense source of energy in our policy ? I believe that what has proven itself, has been consolidated in our foreign policy, and has become so accepted in our customs that it no longer causes the slightest doubt on the matter, would be no less opportune (and even much more so, in my opinion) in the whole of our state apparatus. Now, the Workers' and Peasants' Inspection must take into consideration our entire state apparatus, and its activity must cover all state institutions without exception, local, central, commercial, purely administrative, educational, theatrical, archives, etc., in a word, all of them, without the slightest exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why, then, for an institution of this magnitude, which also demands extraordinary flexibility in the forms of its activity, why not allow for a special fusion of the Party's control body with that of the State ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For my part, I would see no problem with it. Moreover, I believe that this merger is the only guarantee of fruitful activity. I think that all doubts in this regard emanate from the dusty corners of our state apparatus, and that they deserve only one thing : to be ridiculed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Another doubt : is it appropriate to associate studies with the exercise of a function ? It seems to me that this is not only appropriate, but necessary. In general, despite all our revolutionary attitude towards the principles that govern the Western states, they have succeeded in inoculating us with a series of the most harmful and ridiculous prejudices. To a certain extent, this contagion also comes to us from our amiable bureaucrats who knowingly passed it on to us, in the hope of often being able to fish in the murky waters of these prejudices. And they fished in this murky water to the point that only the unrepentant blind among us failed to notice how widely this fishing was practiced.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the entire sphere of social, economic, and political relations, we are &#034;terribly&#034; revolutionary. But when it comes to hierarchy, respect for the forms and customs of administrative procedure, our &#034;revolutionaryism&#034; constantly gives way to the most moldy spirit of routine. Here we can observe a phenomenon of the highest interest, namely that in social life the most prodigious leap forward is frequently allied with a monstrous indecision in the face of the slightest changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is understandable, because the most daring steps forward had, for a very long time, been in the realm of theory, a realm cultivated mainly, indeed almost exclusively, on the theoretical plane. Disgusted by the abominable bureaucratic reality, the Russian soothed his heart at home by constructing eminently daring systems ; and this is why these eminently daring systems took on an extraordinarily narrow character among us. One saw boldness in general constructions coexist among us with a surprising timidity in the face of the most insignificant of administrative reforms. The idea of &#8203;&#8203;a prodigious universal agrarian revolution was elaborated with an audacity unknown in other countries ; and alongside this, there was a lack of imagination to carry out a tenth-rate administrative reform ; there was a lack of imagination or patience to apply to this reform the general principles which, touching on problems of a general nature, gave such &#034;brilliant&#034; results.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is why our present life combines in a striking way traits of astonishing audacity and an indecision of thought in the face of the most insignificant changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I believe that it has never been otherwise in all truly great revolutions, for they arise from the contradictions between the old, the tendency to rework the old, and the most abstract tendency towards what is new, new to the point of no longer containing a single grain of the past.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the more radical this revolution, the longer these contradictions will persist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The general feature of our present life is this : we have destroyed capitalist industry, we have set about thoroughly demolishing medieval institutions, manorial property, and on this basis we have created the small and very small peasantry which follows the proletariat, confident in the results of its revolutionary action. However, with this confidence alone, it is not easy for us to hold out until the victory of the socialist revolution in the more advanced countries ; for the small and very small peasantry, especially under the NEP, remains, by economic necessity, at an extremely low level of labor productivity. Moreover, the international situation is such that Russia is today thrown back ; that on the whole the productivity of national labor is now noticeably lower in our country than before the war. The capitalist powers of Western Europe, partly knowingly, partly spontaneously, have done everything in their power to throw us back, to take advantage of the civil war in Russia in order to ruin our country as much as possible. Precisely such an outcome of the imperialist war appeared to them, of course, as offering significant advantages ; if we do not overthrow the revolutionary regime in Russia, we shall at least hinder its development towards socialism, that is roughly how these powers reasoned, and from their point of view, they could not reason otherwise. In the end, they accomplished their task only halfway. They did not overthrow the new regime established by the revolution, but neither did they allow it to take an immediate step forward such as would have justified the predictions of the socialists, which would have enabled them to develop the productive forces at an extremely rapid pace ; to develop all the possibilities which together would have formed socialism ; to show everyone clearly, in all evidence, that socialism implies immense forces and that humanity has now passed to a new stage of development, which holds extraordinarily brilliant prospects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The system of international relations is now such that in Europe, one state, Germany, is enslaved by the victors. Then, several states, among the oldest in the West, find themselves, following the victory, in conditions which allow them to take advantage of it to make certain concessions to their oppressed classes, concessions which, although mediocre, delay the revolutionary movement in these countries and create a semblance of &#034;social peace.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moreover, a good number of countries, those of the East, India, China, etc., precisely because of the last imperialist war, have found themselves definitively thrown out of the rut. Their evolution has definitively moved in the general direction of European capitalism. The fermentation that is working all over Europe has begun there. And it is now clear to the whole world that they have embarked on a path that cannot fail to end in a crisis of the whole of world capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are now faced with the question : will we be able to hold out with our small and very small peasant production, with the dilapidated state of our country, until the day when the capitalist countries of Western Europe have completed their development towards socialism ? But they are not completing it as we previously thought. They are completing it not by a steady &#034;maturation&#034; of socialism in their countries, but at the price of the exploitation of some states by others, of the exploitation of the first state defeated in the imperialist war, exploitation together with that of the whole of the East. On the other hand, precisely as a result of this first imperialist war, the East has definitely entered the revolutionary movement, and has been definitely drawn into the whirlwind of the world revolutionary movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What tactics does this situation impose on our country ? Obviously the following : we must exercise the greatest caution in order to preserve our workers' power, to keep our small, tiny peasantry under its authority and direction. We have the advantage that the whole world is already drawn into a movement that must bring about the universal socialist revolution. But we also have the disadvantage that the imperialists have succeeded in splitting the world into two camps ; and this split is complicated by the fact that Germany, a country where capitalism is truly developed, would find it very difficult to recover today. All the capitalist powers of the so-called West are tearing it apart and preventing it from recovering. On the other hand, the whole of the East, with its hundreds of millions of exploited workers, reduced to the last extremity, is placed in conditions where its physical and material forces can in no way bear comparison with the physical, material and military forces of any state, however much smaller, in Western Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Can we avert the future clash with these imperialist countries ? Can we hope that the internal antagonisms and conflicts between the prosperous imperialist countries of the West and the prosperous imperialist countries of the East will leave us a truce for the second time, as they did the first time, when the crusade undertaken by the Western counter-revolution to come to the aid of the Russian counter-revolution failed as a result of the contradictions existing in the camps of the counter-revolutionaries of the West and the East, in that of the Eastern exploiters and the Western exploiters, in that of Japan and America ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It seems to me that the answer to this question must be that the solution here depends on too many factors ; what allows, in short, to predict the outcome of the struggle is the fact that, in the end, capitalism itself instructs and educates for the struggle the immense majority of the world's population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The outcome of the struggle ultimately depends on the fact that Russia, India, China, etc., form the vast majority of the world's population. And it is precisely this majority of the population that, in recent years, has been drawn with incredible rapidity into the struggle for its emancipation ; in this respect, there can be no shadow of doubt about the final outcome of the struggle on a world scale. In this sense, the final victory of socialism is absolutely and fully assured.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But what interests us is not this inevitable final victory of socialism. What interests us is the tactics which we, the Communist Party of Russia, we, the Soviet Power of Russia, must follow to prevent the counter-revolutionary states of Western Europe from crushing us. In order for us to survive until the next military conflict between the counter-revolutionary imperialist West and the revolutionary and nationalist East, between the most civilized states in the world and the backward countries like those of the East, which nevertheless form the majority, this majority must have time to become civilized. We too are not civilized enough to be able to pass directly to socialism, although we have the political premises for it. We must follow these tactics, or else adopt the following policy for our salvation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must strive to build a state in which the workers would continue to exercise leadership over the peasants, would retain the latter's confidence, and through rigorous economics, would banish even the slightest excesses from all areas of social life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We must achieve maximum economy in our state apparatus. We must banish from it all traces of excess that Tsarist Russia, its capitalist and bureaucratic apparatus, left in such great numbers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Will this not be the reign of peasant mediocrity ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No. If we maintain the working class's leadership over the peasantry, we will be able, at the cost of the most rigorous economy in the management of our state, to use the smallest sum saved to develop our large-scale mechanized industry, electrification, hydraulic peat extraction, to complete the construction of the Volkhov hydroelectric station [3], etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There, and there alone, lies our hope. Only then, to use an image, can we change horses, abandon the nag of the peasant, the muzhik, renounce the savings essential in a ruined agricultural country, and mount the horse that the proletariat seeks and cannot fail to seek, namely, large-scale mechanized industry, electrification, the Volkhov hydroelectric power station, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is how I connect in my mind the overall plan of our work ; of our policy, our tactics, our strategy, with the tasks of the reorganized Workers' and Peasants' Inspection. This is what justifies in my eyes the exceptional concern, the sustained attention that we must give to the Workers' and Peasants' Inspection, by placing it at an exceptional height, by conferring on its leaders the rights of the Central Committee, etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here is the justification : it is only by purifying our apparatus as much as possible, by reducing to a minimum everything that is not absolutely necessary, that we will be able to maintain ourselves with certainty. And this, not at the level of a country of small peasant agriculture, not at the level of this generalized narrowness, but at a level which is rising more and more towards large-scale mechanized industry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These are the great tasks I dream of for our Workers' and Peasants' Inspection. That is why I plan for it the merger of the supreme Party body with a &#034;simple&#034; People's Commissariat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;March 2, 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] See &#8220;How to reorganize the Workers' and Peasants' Inspection ?&#8221;, 23.1.1923. (NR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] In French in the text. (NR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] This was the first Soviet hydroelectric power station. Its construction began in 1918 but was not completed until 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin on the NEP : a temporary social retreat to avoid an even greater catastrophe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;So, in 1918, I was of the opinion that, in relation to the economic situation of the Soviet Republic at that time, state capitalism was a step forward. This seems very strange and perhaps even absurd ; for even at that time our Republic was a socialist republic ; we were then adopting every day, with the greatest haste&#8212;excessive haste, no doubt&#8212;new economic measures of all kinds that could only be called socialist measures. Nevertheless, I thought that, in view of the economic situation of the Soviet Republic at that time, state capitalism was a step forward. And to explain this thought, I simply enumerated the elements of the economic system of Russia. Here are what, in my opinion, these elements were : &#034;1. the patriarchal form, that is, the most primitive form of agriculture ; 2. small-scale commodity production (here also includes the majority of peasants who sell wheat) ; 3. private capitalism ; 4. State capitalism and 5. Socialism. All these economic elements existed in Russia at that time. I had set myself the task of elucidating their relationship, and I wondered whether it would not be appropriate to consider one of the non-socialist elements, in this case state capitalism, as superior to socialism. I repeat : it seems very strange to everyone that in a Republic which proclaims itself socialist, a non-socialist element should be considered superior, as placed above socialism. But the thing becomes understandable, if you remember that we in no way considered the economic regime of Russia as a homogeneous and highly evolved system ; we were fully aware that in Russia patriarchal agriculture, that is to say, the most primitive form of agriculture, existed side by side with the socialist form. What role could state capitalism play in these conditions ?&lt;br class='autobr' /&gt;
I then asked myself : which of these elements predominates ? It is clear that in a petty-bourgeois environment, it is the petty-bourgeois element that dominates. I realized then that the latter predominated ; it was impossible to think otherwise. The question I posed to myself&#8212;in the course of a polemic that has nothing to do with the question we are now examining&#8212;was this : what is our attitude toward state capitalism ? And I gave myself this answer : state capitalism, without being a socialist form, would be for us and for Russia a more favorable form than that of today. What does this mean ? It is that, while having already accomplished the social revolution, we have not overestimated either the seeds or the principles of socialist economy. On the contrary, even at that time we were aware, to a certain extent, of this truth : yes, indeed, it would have been better to go through state capitalism first and then arrive at socialism.&lt;br class='autobr' /&gt;
I must emphasize this point in particular, because I believe that only on this basis can one, first, show what the current economic policy is ; secondly, one can draw very important practical conclusions from it also for the Communist International. I cannot say that we already had a retirement plan ready-made. No, we did not. These few lines, written on the occasion of a polemic, were not at all, at that time, a retirement plan. Not a word is found there on an essential point, namely, on freedom of trade, which is of fundamental importance for state capitalism. However, the general, still imprecise, idea of &#8203;&#8203;retirement was already indicated there. I think that we must focus our attention on this not only from the point of view of a country which, in its economic system, was and still is very backward, but also from the standpoint of the Communist International and the advanced countries of Western Europe. So, at the present time, we are dealing with the program. I, for my part, believe that we would do much better, for the time being, to discuss all the programs only preliminary, so to speak at first reading, and to have them reproduced as they are, without adopting a final decision immediately, this year. Why ? First of all, in my opinion, because we have hardly studied them thoroughly, that is obvious. And also because we have hardly given any thought at all to the question of a possible retreat and the means of effecting it. Now, this is a problem to which&#8212;in view of the radical changes taking place throughout the world, such as the overthrow of capitalism and the construction of socialism with the immense difficulties that this entails&#8212;we absolutely must give our attention. It is not enough to know what we have to do when we go directly to the offensive and win. In revolutionary times, this is not so difficult, nor so important ; At least, it is not the most decisive. During the revolution, there are always moments when the enemy loses his head, and if we attack him at one of these moments, we can easily defeat him. But that does not mean anything yet ; if our enemy is sufficiently self-possessed, he can gather his forces in time, etc. From then on, he can easily provoke an attack, and then throw us back for many years. That is why I think that the idea that we must allow ourselves the possibility of a retreat is of very great importance, and not only from the theoretical point of view. On the practical level as well, all parties that are preparing in the near future to go over to the declared offensive against capitalism, must also think now about arranging a retreat for themselves. I think that if we take advantage of this lesson,as well as all the others provided by the experience of our revolution, far from harming us, this will very likely be useful to us on many occasions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Having emphasized that as early as 1918 we were considering state capitalism as a possible line of retreat, I come to the results of our new economic policy. I repeat : at that time it was still a very vague idea ; but in 1921, after we had passed through that very important stage of the Civil War, and passed through it victoriously, we encountered a great&#8212;I think the greatest&#8212;internal political crisis in Soviet Russia, a crisis which led to the discontent of a notable section of the peasants, and also of the workers. This was, in the history of Soviet Russia, the first and, I hope, the last time that large masses of peasants turned against us, instinctively and not consciously. What had brought about this peculiar and, of course, very unpleasant situation for us ? This is because, in our economic offensive, we had taken too much of an early step, without having secured a sufficient basis for ourselves : the masses sensed what we did not yet know how to formulate pertinently at the time, but which soon, a few weeks later, we in turn recognized, namely : that it was beyond our strength to pass immediately to purely socialist forms, to purely socialist distribution ; and that if we showed ourselves incapable of effecting the retreat in such a way as to limit ourselves to easier tasks, we were threatened with death. The crisis began, I believe, in February 1921. Already in the spring of that same year, we unanimously decided&#8212;I did not observe any significant disagreements among us on this subject&#8212;to pass to the new economic policy. Today, at the end of 1922, after a year and a half, we can already make some comparisons. What happened then ? How did we experience this period of more than eighteen months ? What is the result ? Has this retreat benefited us, has it really saved us, or is the result still uncertain ? This is the main question I ask myself. I believe it is of primary importance also for all the communist parties. For, if the answer were negative, we would all be condemned to perish. I believe that we can all answer, with a clear conscience, in the affirmative, especially in the sense that the past eighteen months prove, positively and absolutely, that we have triumphed over this ordeal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenin in &#034;Five Years of the Russian Revolution and the Prospects of the World Revolution&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Report presented to the Fourth Congress of the Communist International, November 13, 1922&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Vingt ans de d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne</title>
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		<dc:date>2025-10-12T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
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&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Vingt ans de d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne &lt;br class='autobr' /&gt;
(1938) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;pondre correctement &#224; la question pos&#233;e dans le titre de cet article, il faut tout d'abord &#233;tablir la diff&#233;rence entre la conqu&#234;te fondamentale de la R&#233;volution d'Octobre - la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e - et la politique men&#233;e par le gouvernement actuel. Il y a une contradiction entre la forme r&#233;volutionnaire de la propri&#233;t&#233; et la politique thermidorienne, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaire. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent cette politique n'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on Trotsky
&lt;p&gt;Vingt ans de d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1938)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre correctement &#224; la question pos&#233;e dans le titre de cet article, il faut tout d'abord &#233;tablir la diff&#233;rence entre la conqu&#234;te fondamentale de la R&#233;volution d'Octobre - la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e - et la politique men&#233;e par le gouvernement actuel. Il y a une contradiction entre la forme r&#233;volutionnaire de la propri&#233;t&#233; et la politique thermidorienne, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaire. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent cette politique n'a pas pu ou n'a pas os&#233; ou n'a pas r&#233;ussi &#224; renverser encore la forme r&#233;volutionnaire de la propri&#233;t&#233;. Les tendances du gouvernement en place sont diam&#233;tralement oppos&#233;es au programme du bolchevisme. Mais dans la mesure o&#249; les institutions &#233;rig&#233;es par la r&#233;volution continuent d'exister, la bureaucratie est oblig&#233;e d'adapter ext&#233;rieurement ses tendances aux vieux principes du bolchevisme : elle continue de jurer par les pactes d'Octobre ;il invoque les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat et qualifie invariablement le syst&#232;me sovi&#233;tique de socialiste. On peut dire sans risquer une b&#233;vue que dans l'histoire de l'humanit&#233;, il n'y a jamais eu de gouvernement aussi port&#233; au mensonge et &#224; l'hypocrisie que la bureaucratie sovi&#233;tique d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, la pr&#233;servation de la propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat sur les moyens de production est d'une importance progressive &#233;norme, dans la mesure o&#249;, avec l'aide de l'&#233;conomie planifi&#233;e, elle permet d'atteindre un d&#233;veloppement rapide des forces productives. Certes, les statistiques &#233;conomiques publi&#233;es par la bureaucratie ne m&#233;ritent aucune confiance : elles exag&#232;rent syst&#233;matiquement les succ&#232;s tout en masquant les &#233;checs. Il est n&#233;anmoins impensable de nier le fait qu'aujourd'hui encore les forces productives de l'Union sovi&#233;tique se d&#233;veloppent encore &#224; un rythme qui n'&#233;tait et n'est connu dans aucun autre pays du monde. Quiconque refuse de voir ce c&#244;t&#233; de l'affaire, identifiant le r&#233;gime sovi&#233;tique avec le fascisme - comme le fait, par exemple, Max Eastman - jette, comme disent les Allemands, le b&#233;b&#233; avec l'eau sale du bain.Le d&#233;veloppement des forces productives est le facteur fondamental de la culture humaine. Sans augmenter le pouvoir de l'homme sur la nature, il est m&#234;me impossible de songer &#224; d&#233;truire la domination de l'homme sur l'homme. Le socialisme ne peut &#234;tre &#233;rig&#233; sur l'arri&#233;ration et la pauvret&#233;. La pr&#233;misse technique du socialisme a fait un &#233;norme pas en avant en Union sovi&#233;tique au cours de ces vingt ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout le m&#233;rite de la bureaucratie. Au contraire, la caste dirigeante s'est transform&#233;e en le plus grand frein au d&#233;veloppement des forces productives. L'&#233;conomie socialiste doit par essence s'inspirer des int&#233;r&#234;ts des producteurs et des besoins des consommateurs. Ces int&#233;r&#234;ts et besoins ne peuvent s'exprimer qu'au travers d'une d&#233;mocratie florissante de producteurs et de consommateurs. La d&#233;mocratie, dans ce cas particulier, n'est pas une sorte de principe abstrait. C'est le seul et unique m&#233;canisme concevable pour pr&#233;parer le syst&#232;me d'&#233;conomie socialiste et le r&#233;aliser dans la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs expropri&#233;s politiquement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clique au pouvoir en place a remplac&#233; la d&#233;mocratie sovi&#233;tique, de parti, syndicale et coop&#233;rative par la domination des fonctionnaires. Mais une bureaucratie, m&#234;me compos&#233;e uniquement de g&#233;nies, ne saurait assurer de ses bureaux les proportions n&#233;cessaires entre toutes les branches de l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire la correspondance n&#233;cessaire entre la production et la consommation. Ce que le lexique de la justice stalinienne qualifie de &#171; sabotage &#187;, est en r&#233;alit&#233; l'une des cons&#233;quences n&#233;fastes des m&#233;thodes bureaucratiques de domination. Les manifestations de disproportion, de gaspillage et d'enchev&#234;trement, sans cesse croissantes, menacent de saper les fondements m&#234;mes de l'&#233;conomie planifi&#233;e. La bureaucratie cherche invariablement &#171; le coupable &#187;. Tel est dans la plupart des cas le sens secret des proc&#232;s sovi&#233;tiques de saboteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouver une explication du r&#233;gime existant dans la &#171; soif de pouvoir &#187; personnelle de Staline est bien trop superficiel. Staline n'est pas un individu mais un symbole de caste. Le pouvoir n'est pas quelque chose d'incorporel. Le pouvoir permet de disposer et de s'approprier les valeurs mat&#233;rielles. Naturellement, l'&#233;galit&#233; compl&#232;te ne peut &#234;tre atteinte d'un seul coup. Une certaine diff&#233;renciation des r&#233;mun&#233;rations du travail est dict&#233;e &#224; un stade donn&#233; dans l'int&#233;r&#234;t d'augmenter la productivit&#233; du travail. Cependant, d'une importance d&#233;cisive pour &#233;valuer la nature de la soci&#233;t&#233; est la question suivante : la soci&#233;t&#233; &#233;volue-t-elle dans le sens de l'&#233;galit&#233; ou dans le sens des privil&#232;ges ? La r&#233;ponse &#224; cette question ne laisse place &#224; aucun doute. La diff&#233;renciation de la soci&#233;t&#233; [sovi&#233;tique] a depuis longtemps d&#233;pass&#233; les limites de la n&#233;cessit&#233; &#233;conomique.Les privil&#232;ges mat&#233;riels de la bureaucratie ont grandi comme un glacier. Craignant leur isolement des masses, la bureaucratie cherche &#224; cr&#233;er une nouvelle main-d'&#339;uvre etl' aristocratie kolkhozienne sous la banni&#232;re du stakhanovisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage du revenu national d&#233;termine &#224; son tour le r&#233;gime politique. La caste dirigeante ne peut permettre une d&#233;mocratie producteurs-consommateurs pour la simple raison qu'elle spolie impitoyablement &#224; la fois les producteurs et les consommateurs. On peut admettre comme un fait &#233;tabli que la bureaucratie d&#233;vore pas moins de la moiti&#233; du fonds national de consommation, compte tenu bien entendu non seulement du logement, de la nourriture, des v&#234;tements, des moyens de transport et de communication mais aussi des &#233;tablissements d'enseignement, de la presse, de la litt&#233;rature, des sports , cin&#233;ma, radio, th&#233;&#226;tres, mus&#233;es, etc. On peut donc &#224; juste titre dire que si la bureaucratie est encore contrainte de s'adapter aux institutions et aux traditions de la R&#233;volution d'Octobre, sa politique, qui exprime ses propres int&#233;r&#234;ts, est directement oppos&#233;e aux int&#233;r&#234;ts du peuple et du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#244;le de la bureaucratie sovi&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me contradiction fondamentale peut &#234;tre corrobor&#233;e dans toutes les autres sph&#232;res de la vie sociale, telles que l'&#201;tat, l'arm&#233;e, la famille, l'&#233;cole, la culture, la science, l'art, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du marxisme, l'&#201;tat est une machine par laquelle une classe r&#232;gne sur une autre. La dictature du prol&#233;tariat n'est qu'une institution temporaire, indispensable aux travailleurs pour faire face &#224; la r&#233;sistance des exploiteurs et pour d&#233;truire l'exploitation. Dans une soci&#233;t&#233; sans classes, l'&#201;tat, en tant qu'appareil de coercition, doit progressivement d&#233;p&#233;rir et &#234;tre remplac&#233; par la libre administration des producteurs et des consommateurs. Mais qu'observe-t-on en r&#233;alit&#233; ? Vingt ans apr&#232;s la r&#233;volution, l'&#201;tat sovi&#233;tique est devenu l'appareil de coercition et de contrainte le plus centralis&#233;, despotique et sanguinaire. L'&#233;volution de l'Etat sovi&#233;tique se d&#233;roule donc en totale contradiction avec les principes du programme bolchevique. La raison en est &#224; trouver en ceci, que la soci&#233;t&#233;, comme on l'a d&#233;j&#224; dit,&#233;volue non pas vers le socialisme mais vers la r&#233;g&#233;n&#233;ration des contradictions sociales. Si le processus continue dans cette direction, il doit in&#233;vitablement conduire &#224; la renaissance des classes, &#224; la liquidation de l'&#233;conomie planifi&#233;e et &#224; la restauration de la propri&#233;t&#233; capitaliste. Le r&#233;gime &#233;tatique deviendra alors in&#233;vitablement fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution d'Octobre proclama comme l'une de ses t&#226;ches : dissoudre l'arm&#233;e dans le peuple. On pr&#233;sumait que les forces arm&#233;es seraient construites sur le principe de la milice. Seul ce type d'organisation de l'arm&#233;e, faisant du peuple le ma&#238;tre arm&#233; de son destin, correspond &#224; la nature de la soci&#233;t&#233; socialiste. Au cours de la premi&#232;re d&#233;cennie, une pr&#233;paration syst&#233;matique a &#233;t&#233; faite pour le passage d'une arm&#233;e de caserne &#224; une arm&#233;e de milice. Mais &#224; partir du moment o&#249; la bureaucratie a r&#233;ussi &#224; &#233;craser toute manifestation d'ind&#233;pendance de la classe ouvri&#232;re, elle a ouvertement transform&#233; l'arm&#233;e en un instrument de sa propre domination. Le syst&#232;me de milice a &#233;t&#233; compl&#232;tement mis de c&#244;t&#233;. Une arm&#233;e de deux millions est maintenant une arm&#233;e de caserne purement. Une caste d'officiers avec des g&#233;n&#233;raux et des mar&#233;chaux a &#233;t&#233; r&#233;tablie.D'instrument de d&#233;fense socialiste, l'arm&#233;e est devenue un instrument de d&#233;fense des privil&#232;ges de la bureaucratie. Les choses ne se sont cependant pas arr&#234;t&#233;es l&#224;. La lutte entre la clique &#233;troite de Staline et les chefs militaires plus autoritaires et talentueux, v&#233;ritablement d&#233;vou&#233;s aux int&#233;r&#234;ts de la d&#233;fense, a conduit &#224; la d&#233;capitation de l'Arm&#233;e rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de la femme est l'indicateur le plus graphique et le plus r&#233;v&#233;lateur pour &#233;valuer un r&#233;gime social et une politique de l'&#201;tat. La R&#233;volution d'Octobre inscrit sur sa banni&#232;re l'&#233;mancipation de la femme et cr&#233;e la l&#233;gislation la plus progressiste de l'histoire sur le mariage et la famille. Cela ne signifie pas, bien s&#251;r, qu'une &#171; vie heureuse &#187; &#233;tait imm&#233;diatement r&#233;serv&#233;e &#224; la femme sovi&#233;tique. Une v&#233;ritable &#233;mancipation des femmes est inconcevable sans un essor g&#233;n&#233;ral de l'&#233;conomie et de la culture, sans la destruction de la cellule familiale &#233;conomique petite-bourgeoise, sans l'introduction d'une pr&#233;paration alimentaire et d'une &#233;ducation socialis&#233;es. Pendant ce temps, guid&#233;e par son instinct conservateur, la bureaucratie s'est alarm&#233;e de la &#171; d&#233;sint&#233;gration &#187; de la famille. Il se mit &#224; chanter des pan&#233;gyriques au souper familial et &#224; la lessive familiale, c'est-&#224;-dire l'esclavage domestique de la femme.Pour couronner le tout, la bureaucratie a r&#233;tabli les sanctions p&#233;nales pour les avortements, remettant officiellement les femmes au statut de b&#234;tes de somme. En totale contradiction avec l'ABC du communisme, la caste dirigeante a ainsi restaur&#233; le noyau le plus r&#233;actionnaire et le plus noir du r&#233;gime de classe, c'est-&#224;-dire la famille petite-bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indicateur graphique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation n'est gu&#232;re meilleure dans le domaine de la culture. La croissance des forces productives a cr&#233;&#233; les pr&#233;misses mat&#233;rielles d'une nouvelle culture. Mais le d&#233;veloppement de la culture est impensable sans critique, sans h&#233;sitation et sans erreur, sans travail cr&#233;ateur ind&#233;pendant, en un mot, sans &#233;veil de la personnalit&#233; humaine. La bureaucratie, cependant, refuse de tol&#233;rer une pens&#233;e ind&#233;pendante dans un seul domaine d'activit&#233; cr&#233;atrice. Et &#224; sa mani&#232;re, elle a raison : si la critique s'&#233;veillait dans le domaine de l'art ou de la p&#233;dagogie, elle deviendrait in&#233;vitablement dirig&#233;e contre la bureaucratie, contre ses privil&#232;ges, contre son ignorance et son arbitraire. C'est l&#224; que se trouve l'explication du fait que la &#171; purge &#187;, commenc&#233;e par le parti, p&#233;n&#233;tra plus tard dans toutes les sph&#232;res de la vie sociale sans exception. Avec le &#171; trotskisme &#187; comme signe,le GPU &#171; purge &#187; les po&#232;tes, les astronomes, les p&#233;dagogues et les musiciens, et ainsi les meilleures t&#234;tes tombent sous le museau des revolvers. Est-il concevable dans de telles conditions de parler de culture &#171; socialiste &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de l'alphab&#233;tisation ordinaire, les succ&#232;s sont incontestables. Des millions de personnes ont appris &#224; lire et &#224; &#233;crire. Parall&#232;lement &#224; cela, cependant, ils ont &#233;t&#233; priv&#233;s du droit d'exprimer leurs opinions et leurs int&#233;r&#234;ts par le biais de la parole &#233;crite. La presse ne sert que la bureaucratie. Les po&#232;tes dits &#171; socialistes &#187; n'ont le droit d'&#233;crire que des hymnes &#224; Staline. Le m&#234;me droit est l&#233;gu&#233; aux prosateurs. La population a le devoir de lire ces hymnes. Il en est de m&#234;me pour le cin&#233;ma, la radio, le th&#233;&#226;tre, etc. Un nouveau manuel prim&#233; sur l'histoire de la Russie a r&#233;cemment &#233;t&#233; introduit dans les &#233;coles. On peut dire sans exag&#233;ration que ce manuel consiste uniquement en des falsifications, dont le but est de justifier le despotisme de la bureaucratie et l'autocratie personnelle de Staline.M&#234;me les manuels d'histoire de l'&#201;glise catholique, publi&#233;s avec l'approbation du Vatican, sont des mod&#232;les de conscience scientifique par rapport aux manuels stalinis&#233;s en URSS. Des dizaines de millions de t&#234;tes d'enfants sont infect&#233;es et empoisonn&#233;es par cette litt&#233;rature m&#233;ticuleuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution d'Octobre a proclam&#233; le droit de chaque nationnon seulement &#224; un d&#233;veloppement culturel ind&#233;pendant, mais aussi &#224; la s&#233;paration de l'&#201;tat. En fait, la bureaucratie a transform&#233; l'Union sovi&#233;tique en une nouvelle prison des peuples. Il est vrai que la langue nationale et l'&#233;cole nationale continuent d'exister : dans ce domaine, le despotisme le plus puissant ne peut plus faire reculer la roue de l'&#233;volution. Mais la langue des diverses nationalit&#233;s n'est pas un organe de leur d&#233;veloppement ind&#233;pendant, mais l'organe de la domination bureaucratique sur elles. Les gouvernements des r&#233;publiques nationales sont, bien entendu, nomm&#233;s par Moscou, ou pour le dire plus pr&#233;cis&#233;ment, par Staline. Mais ce qui est &#233;tonnant, c'est que vingt et dix de ces gouvernements s'av&#232;rent soudainement constitu&#233;s d'&#171; ennemis du peuple &#187; et d'agents d'un gouvernement &#233;tranger. Derri&#232;re cette accusation,qui sonne beaucoup trop grossi&#232;rement et ridiculement m&#234;me sur les l&#232;vres de Staline et de Vychinski, se cache en r&#233;alit&#233; le fait que, dans les r&#233;publiques nationales, les fonctionnaires, m&#234;me ceux nomm&#233;s par le Kremlin, tombent sous la d&#233;pendance des conditions et des humeurs locales et s'infectent progressivement avec un esprit d'opposition contre le centralisme &#233;touffant de Moscou. Ils commencent &#224; r&#234;ver ou &#224; parler de remplacer le &#171; chef bien-aim&#233; &#187; et de d&#233;tendre les tentacules d'acier. C'est la vraie raison pour laquelle toutes les r&#233;publiques nationales de l'URSS, ont &#233;t&#233; r&#233;cemment d&#233;capit&#233;es.tomber dans la d&#233;pendance des conditions et des humeurs locales et devenir progressivement infect&#233; par un esprit d'opposition contre le centralisme &#233;touffant de Moscou. Ils commencent &#224; r&#234;ver ou &#224; parler de remplacer le &#171; chef bien-aim&#233; &#187; et de d&#233;tendre les tentacules d'acier. C'est la vraie raison pour laquelle toutes les r&#233;publiques nationales de l'URSS, ont &#233;t&#233; r&#233;cemment d&#233;capit&#233;es.tomber dans la d&#233;pendance des conditions et des humeurs locales et devenir progressivement infect&#233; par un esprit d'opposition contre le centralisme &#233;touffant de Moscou. Ils commencent &#224; r&#234;ver ou &#224; parler de remplacer le &#171; chef bien-aim&#233; &#187; et de d&#233;tendre les tentacules d'acier. C'est la vraie raison pour laquelle toutes les r&#233;publiques nationales de l'URSS, ont &#233;t&#233; r&#233;cemment d&#233;capit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalino-chauvinisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de trouver dans l'histoire un exemple de r&#233;action non teint&#233; d' antis&#233;mitisme . Cette loi historique particuli&#232;re est &#233;galement compl&#232;tement corrobor&#233;e de nos jours en Union sovi&#233;tique. Dans son livre int&#233;ressant, mais pas profond, Assignment in Utopia , Eugene Lyons, qui a pass&#233; de nombreuses ann&#233;es &#224; Moscou, raconte comment la bureaucratie a exploit&#233; syst&#233;matiquement, m&#234;me si secr&#232;tement, les pr&#233;jug&#233;s antis&#233;mites afin d'asseoir son pouvoir. Et comment peut-il en &#234;tre autrement ? Le centralisme bureaucratique est impensable sans le chauvinisme, tandis que l'antis&#233;mitisme a toujours &#233;t&#233; la ligne de moindre r&#233;sistance en ce qui concerne le chauvinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine des &#233;trangerspolitique, au cours de ces vingt ann&#233;es, il s'est produit un tournant non moins radical que dans les politiques internes. Ce n'est que par inertie ou avec une pens&#233;e cach&#233;e &#224; l'esprit que la r&#233;action bourgeoise continue d'accuser Staline d'inspirateur de la r&#233;volution mondiale. En fait, le Kremlin est devenu l'un des piliers de l'ordre public conservateur. L'&#233;poque o&#249; le gouvernement de Moscou liait le sort de la R&#233;publique sovi&#233;tique &#224; celui du prol&#233;tariat mondial et des peuples opprim&#233;s de l'Est est loin derri&#232;re elle. Hormis la question de savoir si la politique du &#171; Front populaire &#187; est bonne ou mauvaise, il se trouve qu'il s'agit de la politique traditionnelle du menchevisme contre laquelle L&#233;nine s'est battu toute sa vie. Il signale le renoncement &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne au profit de la d&#233;mocratie bourgeoise conservatrice.La caste dirigeante de Moscou cherche aujourd'hui une chose et une seule : vivre en paix avec toutes les classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction entre la R&#233;volution d'Octobre et la bureaucratie thermidorienne a trouv&#233; son expression la plus dramatique dans l'an&#233;antissement de l' ancienne g&#233;n&#233;ration des bolcheviks. Vychinski, Yezhov, Troyanovsky, Maiski, agents du Komintern et du GPU, journalistes du type Dwianty-Louis Fisher, avocats du type Pritt, ne duperont pas l'opinion publique mondiale. Plus une seule personne s&#233;rieuse ne croit plus que des centaines de vieux r&#233;volutionnaires, dirigeants du Parti bolchevique sous l'ill&#233;galit&#233; [tsariste], dirigeants de la guerre civile, diplomates r&#233;volutionnaires sovi&#233;tiques, chefs militaires de l'Arm&#233;e rouge, chefs de 30 r&#233;publiques sovi&#233;tiques nationales, soient devenus tout d'un coup et comme par les commanditaires du fascisme. Le comit&#233; d'enqu&#234;te de New York, compos&#233; de personnes impeccables et impartiales, a trouv&#233;, apr&#232;s neuf mois de travail, que les proc&#232;s de Moscou &#233;taient la contrefa&#231;on la plus grandiose de l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas aujourd'hui de prouver que Zinoviev, Kamenev, Smirnov, Piatakov, Serebryakov, Sokolnikov, Radek, Rakovsky, Krestinsky, Tukhachevsky et des centaines d'autres ont &#233;t&#233; victimes d'un coup mont&#233;. Cela a &#233;t&#233; prouv&#233;. Il s'agit d'expliquer comment et pourquoi la clique du Kremlin a pu se risquer &#224; entreprendre une machination aussi monstrueuse. La r&#233;ponse &#224; cela d&#233;coule de tout ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contradiction insoluble&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte pour le pouvoir et les revenus, la bureaucratie est oblig&#233;e d'abattre et d'abattre les groupes qui sont li&#233;s au pass&#233;, qui connaissent et se souviennent du programme de la R&#233;volution d'Octobre, qui se consacrent sinc&#232;rement aux t&#226;ches du socialisme. Le massacre des vieux bolcheviks et des &#233;l&#233;ments socialistes parmi la g&#233;n&#233;ration d'&#226;ge moyen et la plus jeune sont les maillons n&#233;cessaires de la cha&#238;ne de la r&#233;action anti-octobre. C'est pourquoi l'accusateur-procureur aux proc&#232;s s'est pr&#233;sent&#233; en la personne d'un ancien garde blanc, Vychinski. C'est pourquoi, l'URSS est repr&#233;sent&#233;e &#224; Washington par un ancien garde blanc, Troyanovsky, et &#224; Londres par un ancien ministre de Koltchak, Maisky. Et ainsi de suite. Les personnes n&#233;cessaires se pr&#233;sentent aux endroits n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque personne ne se laissera duper par la farce des r&#233;centes &#233;lections &#224; Moscou. Hitler et Goebbels ont plus d'une fois commis exactement la m&#234;me chose, exactement de la m&#234;me mani&#232;re. Il suffit de lire ce que la presse sovi&#233;tique elle-m&#234;me a &#233;crit sur les pl&#233;biscites d'Hitler pour saisir le secret du &#171; succ&#232;s &#187; de Staline. Les exp&#233;riences parlementaires totalitaires ne t&#233;moignent que de ceci : qu'une fois tous les partis &#233;cras&#233;s, y compris le sien ; une fois les syndicats &#233;trangl&#233;s ; une fois la presse, la radio et le cin&#233;ma subordonn&#233;s &#224; la Gestapo ou &#224; la Gu&#233;p&#233;ou ; si le pain et le travail ne sont donn&#233;s qu'aux dociles ou aux silencieux, tandis qu'un revolver est plac&#233; &#224; la tempe de chaque &#233;lecteur, alors il est possible de r&#233;aliser des &#233;lections &#171; &#224; l'unanimit&#233; &#187;. Mais cette unanimit&#233; n'est ni &#233;ternelle ni stable.Les traditions de la R&#233;volution d'Octobre ont disparu de l'ar&#232;ne officielle, mais elles continuent de vivre dans la m&#233;moire des masses. Sous couvert de machinations juridiques et &#233;lectorales, les contradictions ne cessent de s'approfondir et ne peuvent manquer de d&#233;boucher sur une explosion. La bureaucratie r&#233;actionnaire doit &#234;tre renvers&#233;e et elle sera renvers&#233;e. La r&#233;volution politique en URSS est in&#233;vitable. Il signifiera la lib&#233;ration des &#233;l&#233;ments de la nouvelle soci&#233;t&#233; du joug de la bureaucratie usurpatrice. Ce n'est que si cette condition est donn&#233;e que l'URSS pourra se d&#233;velopper dans le sens du socialisme.La bureaucratie r&#233;actionnaire doit &#234;tre renvers&#233;e et elle sera renvers&#233;e. La r&#233;volution politique en URSS est in&#233;vitable. Il signifiera la lib&#233;ration des &#233;l&#233;ments de la nouvelle soci&#233;t&#233; du joug de la bureaucratie usurpatrice. Ce n'est que si cette condition est donn&#233;e que l'URSS pourra se d&#233;velopper dans le sens du socialisme.La bureaucratie r&#233;actionnaire doit &#234;tre renvers&#233;e et elle sera renvers&#233;e. La r&#233;volution politique en URSS est in&#233;vitable. Il signifiera la lib&#233;ration des &#233;l&#233;ments de la nouvelle soci&#233;t&#233; du joug de la bureaucratie usurpatrice. Ce n'est que si cette condition est donn&#233;e que l'URSS pourra se d&#233;velopper dans le sens du socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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