<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?id_mot=237&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1776308407</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le seul candidat des travailleurs aux &#233;lections : la gr&#232;ve de masse insurrectionnelle</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6597</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6597</guid>
		<dc:date>2021-12-13T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Karob, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
		<dc:subject>Guadeloupe</dc:subject>
		<dc:subject>Martinique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le seul candidat des travailleurs aux &#233;lections : la gr&#232;ve de masse insurrectionnelle en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en France et partout &lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue des exploit&#233;s, des travailleurs de France et d'ailleurs, tous les candidats aux &#233;lections pr&#233;sidentielles ont, chacun &#224; leur mani&#232;re, le m&#234;me programme : la d&#233;fense d'un syst&#232;me capitaliste &#224; bout de souffle. C'est la d&#233;fense des trusts sous pr&#233;texte de d&#233;fense de l'emploi. C'est la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des labos pharmaceutiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot237" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot276" rel="tag"&gt;Guadeloupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Martinique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_16344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/265043407_2257000941109125_9099623975641371305_n-a1e53.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;262&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seul candidat des travailleurs aux &#233;lections : la gr&#232;ve de masse insurrectionnelle en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en France et partout&lt;/strong&gt;}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue des exploit&#233;s, des travailleurs de France et d'ailleurs, tous les candidats aux &#233;lections pr&#233;sidentielles ont, chacun &#224; leur mani&#232;re, le m&#234;me programme : la d&#233;fense d'un syst&#232;me capitaliste &#224; bout de souffle. C'est la d&#233;fense des trusts sous pr&#233;texte de d&#233;fense de l'emploi. C'est la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des labos pharmaceutiques sous pr&#233;texte de lutte contre covid-19. C'est la d&#233;fense des capitalistes sp&#233;culateurs sous pr&#233;texte de lutte contre l'effondrement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie de la Covid 19 a &#233;t&#233; une occasion r&#234;v&#233;e que les gouvernements des pays les plus riches n'ont pas rat&#233; l'occasion d'exploiter pour frapper le peuple travailleur : &#171; Nous d&#233;cr&#233;tons la panique g&#233;n&#233;rale, en attendant que la science d&#233;termine s'il faut avoir peur &#187; titre avec humour le Canard encha&#238;n&#233;. Mais tous les candidats sont dans l'Union sacr&#233;e &#171; vacciniste &#187;. Cependant la gr&#232;ve insurrectionnelle en Guadeloupe, dont l'&#233;tincelle dans le d&#233;clenchement a &#233;t&#233; l'obligation vaccinale et dont le fond est r&#233;volutionnaire sur le terrain politique et social, est venue perturber le ronron des &#233;lections. Plus pr&#233;cis&#233;ment : des &#233;lections bourgeoises. Car cette gr&#232;ve en Guadeloupe, s'&#233;tendant ensuite en Martinique, en Guyane et dans d'autres territoires coloniaux de l'empire fran&#231;ais, est venue rappeler que l'opposition fondamentale n'est pas entre &#233;lections et r&#233;volution. C'est l'opposition entre d&#233;mocratie bourgeoise et d&#233;mocratie des exploit&#233;s. Pendant la grande R&#233;volution fran&#231;aise, les sans-culottes ne manifestaient pas tous les jours, mais ils transform&#232;rent d&#232;s 1789 les bureaux de vote des &#233;lections f&#233;odales aux &#201;tats-g&#233;n&#233;raux en assembl&#233;es permanentes qui devinrent des sections de quartier. Les travailleurs peuvent juger les candidats par leur attitude envers l'insurrection Guadeloup&#233;enne et Martiniquaise, plus que sur leurs programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, par exemple, en Guadeloupe de nombreux comit&#233;s, rassemblant des travailleurs, des jeunes ch&#244;meurs, des gr&#233;vistes d'entreprises ou de secteurs en lutte se sont form&#233;s. Oui, c'est bien de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re qu'il s'agit, sous la forme des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales rassemblant des travailleurs en lutte et &#233;lisant la direction de leur gr&#232;ve. Ces comit&#233;s pr&#233;figurent les Sections de la r&#233;volution fran&#231;aise, la Commune de Paris de 1871, les soviets russes de 1905 et 1917, les &#171; tanacs &#187; hongrois de 1956, les chouras d'Iran en 1978, les comit&#233;s de gr&#232;ves MKS de Pologne en 1980 et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s sont les cellules vivantes du mouvement, et leur aspiration est bien exprim&#233;e par le journal &#171; Combat Ouvrier &#187; en ces termes : &#171; Des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par leurs camarades sur les barrages et dans les entreprises en gr&#232;ve devront &#234;tre aussi pr&#233;sents dans les n&#233;gociations lorsqu'elles se d&#233;rouleront. C'est cela la vraie d&#233;mocratie ouvri&#232;re ! M&#234;me si les syndicats et leurs chefs sont pr&#233;sents, les travailleurs et les membres de la population en lutte doivent &#234;tre repr&#233;sent&#233;s directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de base qui suit et de chefs qui d&#233;cident ! &#187; C'est bien la plupart du temps dans de tels termes que la plu-part des travailleurs en lutte se posent la question de la direction de cette lutte. Car dans tout mouvement de grande envergure, l'immense majorit&#233; des travailleurs est non-syndiqu&#233;e, et se m&#233;fie &#224; juste titre de toutes les organisations. Malheureusement, ces lignes cit&#233;es ont &#233;t&#233; &#233;crites par des militants d'organisation politique et syndicale comme Combat Ouvrier ou la CGT Guadeloupe qui sont exp&#233;riment&#233;s, et tout travailleur qui a v&#233;cu un mouvement de lyc&#233;ens, d'infirmi&#232;res, de cheminots, d'enseignants, ou &#224; des souvenirs directs ou transmis par des militants de Mai 68, sait que des r&#233;volutionnaires ou simplement des militants du mouvement ajoutent aussit&#244;t : &#171; les travailleurs en lutte doivent se constituer partout en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales souveraines, repr&#233;sent&#233;e chacune par un comit&#233; de gr&#232;ve, qui enverra des d&#233;l&#233;gu&#233;s dans une coordinations nationale des d&#233;l&#233;gu&#233;s ! Formons partout des comit&#233;s, de gr&#232;ve en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en Nouvelle Cal&#233;donie et&#8230; en m&#233;tropole. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas fixer cet objectif concret d'une coordination nationale, c'est duper les travailleurs ! Un des dirigeant de Combat ouvrier est aussi le dirigeant de la CGT Guadeloupe, Jean-Marie Nomertin. Or Jean-Marie Nomertin, qui le 30 novembre, avec Combat Ouvrier, appelle comme on l'a vu, &#224; juste titre, bien que de mani&#232;re incompl&#232;te &#224; la d&#233;fense de la &#171; vraie d&#233;mocratie ouvri&#232;re &#187;, signe ensuite des deux mains (une pour la CGT Guadeloupe, une autre pour Combat Ouvrier) le 10 d&#233;cembre, l'accord avec l'&#201;tat intitul&#233; &#171; Accord de m&#233;thode relatif aux n&#233;gociations sur les revendications port&#233;es par le collectif des organisations en lutte face &#224; la crise sanitaire, &#233;conomique et sociale en Guadeloupe &#187;. Dans la liste des signataires de cet accord, pas de trace claire des d&#233;l&#233;gu&#233;s des comit&#233;s auto-organis&#233;s &#224; la base. La &#171; vraie d&#233;mocratie ouvri&#232;re &#187; pr&#244;n&#233;e par Combat ouvrier est enterr&#233;e par Combat ouvrier avec l'aide de la CGTG. Parmi les parties prenantes mentionn&#233;es dans l'accord on trouve SUD PTT, Solidaires Guadeloupe, la FSU. Parmi toutes ces organisations syndicales, on trouve comme dans la CGT G / Combat Ouvrier des centaines de militants, cadres syndicaux qui en m&#233;tropole se disent &#171; radicaux &#187;, &#171; r&#233;volutionnaire &#187;. Aucune de ces organisations ne d&#233;fend donc r&#233;ellement la d&#233;mocratie ouvri&#232;re. SUD et la FSU n'ont pas mis &#224; leur agenda l'extension en m&#233;tropole de la lutte de leurs camarades de Guadeloupe, ne serait-ce que pour soutenir leurs n&#233;gociations avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que J-M Nomertin de la CGT Guadeloupe est le repr&#233;sentant en Guadeloupe d'une des candi-dates &#224; l'&#233;lection qui se r&#233;clame du &#171; camp des travailleurs &#187;, Nathalie Arthaud de Lutte ouvri&#232;re. A la lumi&#232;re des &#233;v&#233;nements des Guadeloupe, une conclusion malheureuse est &#224; tirer, pour elle comme pour l'autre candidat li&#233; au monde du travail, P. Poutou : leur programme est &#224; peu de choses pr&#232;s celui des autres candidats, ils veulent sauver la &#171; d&#233;mocratie bourgeoise &#187; en &#233;vitant qu'en Guadeloupe de vrais soviets se forment ! N. Arthaud a rendu visite r&#233;cemment &#224; l'H&#244;pital Saint-Antoine. Une cha&#238;ne d'information l'a accompagn&#233;e dans une r&#233;union d'une dizaine de personnes. Pourquoi apr&#232;s leur avoir parl&#233; salaire ne pas leur proposer de mettre en place un comit&#233; de travailleurs de Saint-Antoine pour l'augmentation des salaires Et la solidarit&#233; avec la Guadeloupe ? En Guadeloupe, un des moteurs du mouvement est la revendication d'acc&#232;s &#224; l'eau potable, de quoi rendre ce mouvement populaire dans les h&#244;pitaux et ailleurs, tant c'est un probl&#232;me de sant&#233; publique digne d'un pays du Tiers-Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, dans son &#233;ditorial des bulletins d'entreprises du 6 d&#233;cembre intitul&#233; &#171; Contre l'extr&#234;me-droite, vive le camp des travailleurs ! &#187;, N. Arthaud ne mentionne pas la Guadeloupe, dont la gr&#232;ve insurrectionnelle est le combat actuel le plus remarquable, celui qui nous montre la voie, contre l'extr&#234;me-droite. Car en Guadeloupe, c'est l'arm&#233;e fran&#231;aise, les &#171; petits blancs &#187; racistes qui sont des troupes de l'extr&#234;me droite ! A bas l'arm&#233;e fran&#231;aise ! A bas le GIGN, bras arm&#233; de l'extr&#234;me droite coloniale et fasciste en Guadeloupe ! En ne donnant pas en exemple la gr&#232;ve de masse avec des objectifs pas seulement &#233;conomiques mais politiques, N. Arthaud suit la gauche &#233;lectorale dont l'ennemi n'est que l'extr&#234;me droite &#233;lectorale Zemmour Le Pen. Le directeur de campagne de Zemmour est un militaire, ex-num&#233;ro 2 de l'arm&#233;e de terre. L'extr&#234;me-droite est donc pr&#233;sente depuis longtemps aux sommets du pouvoir. Il est facile pour la gauche et l'extr&#234;me-gauche &#233;lectoraliste (Arthaud-Poutou) de manifester contre Zemmour, il est plus difficile de soutenir le soul&#232;vement des Guadeloup&#233;ens contre l'arm&#233;e fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce n'est pas en criant &#171; vive nous ! &#187;, comme le propose la moraliste donneuse de le&#231;on N. Arthaud que les travailleurs combattront le fascisme d'&#201;tat. C'est en faisant le m&#233;nage dans &#171; leur camp &#187;. N. Arthaud qui ne s'est pas mise en gr&#232;ve pour soutenir les Guadeloup&#233;ens n'h&#233;site pas &#224; leur faire la le&#231;on expliquant qu'ils ont perdu ce qu'ils avaient gagn&#233; en 2009 parce qu'ils avaient &#171; baiss&#233; la garde &#187; face au patronat. Contrairement aux propos frelat&#233;s d'Arthaud, les travailleurs de Guadeloupe sont en 2021 comme en 2009 bien plus un exemple de lutte anti-patronale et anticapitaliste pour nous que Lutte Ouvri&#232;re, l'extr&#234;me-gauche &#233;lectoraliste et les syndicats corrompus dont elle est membre et dont nombre de ses camarades ont des postes de direction dans l'appareil syndical. Si les travailleurs ont bel et bien baiss&#233; la garde, c'est avant tout, non pas vis-&#224;-vis du patronat ou de l'&#201;tat, mais vis-vis de ces faux amis, de ces pr&#233;tendus &#171; r&#233;volutionnaires &#187; reconvertis en cadre des appareils staliniens qui veulent faire une r&#233;volution sans pouvoir ouvrier, mais uniquement &#224; travers les syndicats et associations tol&#233;r&#233;s par la bourgeoisie. Les syndicats et leurs chefs ne sont que les organes les plus ouvriers de la machine de l'&#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs, s'ils veulent avancer sur la voie de la r&#233;volution sociale, n'ont vraiment rien &#224; attendre de ces faux &#171; r&#233;volutionnaires &#187; qui ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s &#224; l'appareil d'&#201;tat Bourgeois et dont la politique est d&#233;termin&#233;e avant tout par la bureaucratie syndicale li&#233;e &#224; la gauche de gouvernement (PS, PCF, Insoumis et tous les appareils qui leur sont li&#233;s). Dans son mensuel &#034;Ensemble&#034; des adh&#233;rents de la CGT, num&#233;ro de d&#233;cembre, seule-ment 2-3 lignes consacr&#233;es &#224; la Guadeloupe ; deux lignes qui reprennent quasiment un communiqu&#233; du minist&#232;re de l'int&#233;rieur concernant le couvre-feu. La CGT de m&#233;tropole veut donc clairement &#233;touffer par le silence ce mouvement. C'est ce qui explique et d&#233;termine presqu'enti&#232;rement la politique de l'extr&#234;me gauche dans son abandon de l'insurrection sociale aux Antilles qui est ainsi, derri&#232;re des paroles creuses, un soutien &#224; l'&#201;tat Colonial et Imp&#233;rialiste pour &#233;craser le peuple en lutte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario de ces &#171; r&#233;volutionnaires &#187; inf&#233;od&#233;s &#224; la bureaucratie de l'appareil d'&#201;tat Bourgeois qui font la le&#231;on aux travailleurs, les r&#233;volutionnaires authentiques ont confiance dans la classe ouvri&#232;re. Ils se souvienne que lors de la vague de d&#233;colonisation, c'est parce que plusieurs fronts s'ouvrirent, de l'Indochine &#224; l'Alg&#233;rie, &#224; l'Afrique noire que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dut reculer face aux r&#233;voltes anticoloniales. Les Antillais se souviennent comment le 23 mars 1962, cet imp&#233;rialisme fran&#231;ais paniqua &#224; nouveau lorsqu'une petite bande de jeunes nationalistes couvrit les murs de l'affiche : &#171; La Martinique aux martiniquais &#187;. Les luttes anticoloniales, dirig&#233;es par des nationalistes d&#233;guis&#233;s en r&#233;volutionnaires ont cependant &#233;chou&#233;. Mais de la Guadeloupe au Mali, au Soudan, apr&#232;s le printemps arabe il y a 10 ans, des millions de travailleurs ont repris le chemin de la lutte contre l'imp&#233;rialisme. Les pays domin&#233;s par l'imp&#233;rialisme n'offrent aucun avenir &#224; leur jeunesse. Les bourgeoisies imp&#233;rialistes masquent le blocage d&#233;finitif de leur syst&#232;me en &#233;vitant artificiellement l'&#233;croulement du syst&#232;me bancaire en injectant massivement des liquidit&#233;s, du capital fictif. Ces soins palliatifs ne peuvent emp&#234;cher des crises r&#233;currentes, dont des soul&#232;vements sous le signe du &#171; On en a assez ! &#187; comme en Guadeloupe. C'est en mettant en place &#224; chaque occasion de v&#233;ritables organes locaux de pouvoir des exploit&#233;s, au travers de comit&#233;s auto-organis&#233;s, que les exploit&#233;s ouvriront la voie au but qui se cache derri&#232;re toutes ses m&#233;andres : une r&#233;volution socialiste mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte gronde en Guyane</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4405</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4405</guid>
		<dc:date>2017-03-23T00:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Max</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Kourou (et notamment le centre d'Arianespace) est bloqu&#233; par les manifestants La r&#233;volte gronde en Guyane &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, la r&#233;volte des anciens esclaves coloniaux et des populations de ces territoires d'outremer ne suscite pas ou peu d'information et encore moins de commentaire. Pourtant c'est chaud et tr&#232;s chaud !!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes de Guyane en ont marre qu'on les prom&#232;ne de discussion en promesse, qu'on les condamne &#224; la mis&#232;re et au ch&#244;mage, qu'on ne fasse que les r&#233;primer&#8230; Ils se sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot237" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_8180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2714.jpg' width=&#034;660&#034; height=&#034;371&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Kourou (et notamment le centre d'Arianespace) est bloqu&#233; par les manifestants&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2713.jpg' width=&#034;650&#034; height=&#034;433&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2725.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2725.jpg' width=&#034;960&#034; height=&#034;639&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte gronde en Guyane&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, la r&#233;volte des anciens esclaves coloniaux et des populations de ces territoires d'outremer ne suscite pas ou peu d'information et encore moins de commentaire. Pourtant c'est chaud et tr&#232;s chaud !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes de Guyane en ont marre qu'on les prom&#232;ne de discussion en promesse, qu'on les condamne &#224; la mis&#232;re et au ch&#244;mage, qu'on ne fasse que les r&#233;primer&#8230; Ils se sont organis&#233;s en association des 500 Fr&#232;res, en collectif des Toukans, et entendent ne plus &#234;tre d&#233;daign&#233;s et tromp&#233;s !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et leur mouvement est li&#233; &#224; un vaste mouvement social tous azimuts des travailleurs et milieux populaires de Guyane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif des Toukans et les gr&#233;vistes d'EDF se sont retrouv&#233;s &#224; Kourou, hier, pour bloquer le rond-point du CSG. Leurs revendications ne sont pas les m&#234;mes mais ils font front commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne s'&#233;taient pas donn&#233; rendez-vous. Pas m&#234;me concert&#233;s. Ils se sont pourtant retrouv&#233;s hier &#224; l'aube au rond-point du Centre spatial guyanais, &#224; Kourou, avec un m&#234;me objectif : emp&#234;cher les v&#233;hicules d'acc&#233;der au site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le collectif des Toukans comme pour les gr&#233;vistes d'EDF Guyane, cet endroit est hautement strat&#233;gique. &#171; Le Centre spatial fait partie du conseil d'administration du CMCK (centre m&#233;dico-chirurgical de Kourou). Or, le Cnes a vendu l'h&#244;pital &#224; la Croix-Rouge &#224; l'euro symbolique avec les cons&#233;quences que l'on conna&#238;t (lire en page 3) &#187; , souligne Jos&#233; Mari&#233;ma, le porte- parole du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures concr&#232;tes tr&#232;s loin des pr&#233;occupations des Toukans, engag&#233;s dans deux batailles d'importance : l'avenir du centre m&#233;dico-chirurgical de Kourou et les probl&#232;mes d'ins&#233;curit&#233; dans la ville. &#171; On veut d'une part que le CMCK devienne un &#233;tablissement public de sant&#233;, indique Jos&#233; Mari&#233;ma. Et d'autre part, que l'&#201;tat prenne ses responsabilit&#233;s pour assurer la s&#233;curit&#233; &#224; Kourou. Ici, les gens ont peur, ils n'osent plus sortir. Les vols sont r&#233;p&#233;titifs dans les commerces. On dit stop &#224; tout &#231;a. Et on r&#233;clame un commissariat de police. &#187; Si les revendications sont propres &#224; chacun, la d&#233;termination est la m&#234;me chez tous les manifestants. &#171; On ira jusqu'au bout, on ne bougera pas d'ici tant qu'on n'aura pas obtenu satisfaction &#187; , ass&#232;nent en choeur les deux porte-paroles. Hier soir, les Toukans ont camp&#233; sur place. Ils esperaient &#234;tre rejoints par les Iguanes de l'Ouest et les 500 Fr&#232;res. Mais ces derniers &#233;taient r&#233;unis avec la population &#224; Cayenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Agents d'EDF, sous-traitants de la base spatiale, transporteurs, agriculteurs, chauffeurs de bus de l'Agglo, agents de la Caf et employ&#233;s du centre m&#233;dico-chirurgical. De toutes parts, les conflits sociaux se multiplient. Avec deux satisfactions pour la population. D'abord, comme annonc&#233; par l'UTG (lire notre pr&#233;c&#233;dente &#233;dition), l'&#233;lectricit&#233; n'a pas &#233;t&#233; coup&#233;e. Ensuite, les stations-service fonctionnent, contrairement &#224; ce qu'annoncent les r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestation des transporteurs, des agriculteurs... d'autres mouvements sociaux avaient lieu simultan&#233;ment hier. Les pr&#233;avis de gr&#232;ve, eux, continuent de tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Union guyanaise des transports routiers (UGTR) a bloqu&#233; l'entr&#233;e du Grand Port maritime hier. Elle d&#233;nonce l'arriv&#233;e sur le port de trois camions toupies destin&#233;s &#224; travailler sur le chantier d'Ariane-6. Selon Dominique Mangal, pr&#233;sident de l'UGTR, un deal avait &#233;t&#233; conclu avec le centre spatial au moment de l'octroi du march&#233; &#224; Eiffage, le groupe europ&#233;en de la construction et de la concession. &#171; Le fait d'avoir octroy&#233; la seconde phase du chantier d'Ariane-6 &#224; Eiffage, nous les transporteurs locaux, &#231;a nous a mis au ch&#244;mage, explique-t-il. On a accept&#233; la concurrence mais on a demand&#233; au CSG de ne pas faire venir de camion qui ont la m&#234;me capacit&#233; que les n&#244;tres. &#187; Aujourd'hui, cet accord ne serait pas respect&#233;. Le mouvement initi&#233; par l'UGTR n'a pas de lien avec la gr&#232;ve des salari&#233;s d'Endel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des agriculteurs &#233;taient r&#233;unis, hier, devant l'Agence de service et de paiement, route de Baduel. Ils ont exprim&#233; leurs revendications dont le paiement imm&#233;diat de l'ensemble des mesures du programme de d&#233;veloppement rural de Guyane (PDRG), la suppression du besoin de l'assurance maladie des exploitants agricoles pour l'obtention de la dotation jeune agriculteur, le r&#233;tablissement de la cession de cr&#233;ance, et le versement des aides en retard... Les agriculteurs ont rencontr&#233; le pr&#233;fet Martin Jaeger. N'ayant pas &#233;t&#233; satisfaits par cet &#233;change, ils entendent durcir le mouvement aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le syndicat UTG de la Caisse d'allocations familiales (Caf) d&#233;pose un cahier de revendications. Il compte douze points &#171; concernant des probl&#233;matiques de la Caf, plus les probl&#233;matiques guyanaises d&#233;fendues par les socioprofessionnels &#187; , d&#233;taille Xavier Louise-Rose, responsable UTG Caf. Ce cahier de revendications est accompagn&#233; d'un pr&#233;avis de gr&#232;ve pour lundi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;volte sociale est tous azimuts : d&#233;nonciation des violences, d&#233;nonciation de la surexploitation, d&#233;nonciation de l'exploitation de la for&#234;t, d&#233;nonciation de la situation des anciens esclaves coloniaux, d&#233;nonciation des m&#233;thodes polici&#232;res, d&#233;nonciation des autorit&#233;s m&#233;prisantes comme au temps des colonies...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une r&#233;ponse du gouvernement Hollande-Cazeneuve et c'est... LA REPRESSION !!!! M&#234;me les &#233;lus qui s'imaginaient pouvoir discuter avec les forces de r&#233;pression se sont faites gazer !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guyane se caract&#233;rise par une forte croissance d&#233;mographique qui conduira &#224; l'horizon 2030 &#224; un doublement de la population des personnes &#226;g&#233;es de moins de 20 ans. Plus de la moiti&#233; de la population en &#226;ge de travailler n'a aucun dipl&#244;me. C'est pourquoi la population jeune est en r&#233;volte et commence &#224; s'organiser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s ne font rien contre les profiteurs, que ce soit la pollution au mercure caus&#233;e par les orpailleurs, les destructions de for&#234;ts et les prix de la main d'&#339;uvre, que ce soit la vague de suicides des am&#233;rindiens et on en passe des crimes coloniaux actuels de la France, couverts par le gouvernement de gauche Hollande-Cazeneuve succ&#233;dant &#224; Hollande-Valls&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des images de la r&#233;volte pr&#233;c&#233;dente de 2008&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_8177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2711.jpg' width=&#034;350&#034; height=&#034;233&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2712.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;103&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-2710.jpg' width=&#034;290&#034; height=&#034;174&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;voltes et r&#233;volutions des esclaves des Antilles et d'Am&#233;rique </title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174</guid>
		<dc:date>2010-03-11T19:42:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Antilles</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le temps des r&#233;volutions d'esclaves de ... la France &lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Hugo &#233;crivait le 19 mai 1848 : &#034;La proclamation de l'abolition de l'esclavage se fit &#224; la Guadeloupe avec solennit&#233;. Le capitaine de vaisseau Layrle, gouverneur de la colonie, lut le d&#233;cret de l'Assembl&#233;e du haut d'une estrade &#233;lev&#233;e au milieu de la place publique et entour&#233;e d'une foule immense. C'&#233;tait par le plus beau soleil du monde. Au moment o&#249; le gouverneur proclamait l'&#233;galit&#233; de la race blanche, de la race mul&#226;tre et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118" rel="tag"&gt;Antilles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot128" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot237" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.uga.edu/slavery/francophonie/Revolution%20Play%20French.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le temps des r&#233;volutions d'esclaves de ... la France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Hugo &#233;crivait le 19 mai 1848 : &lt;i&gt;&#034;La proclamation de l'abolition de l'esclavage se fit &#224; la Guadeloupe avec solennit&#233;. Le capitaine de vaisseau Layrle, gouverneur de la colonie, lut le d&#233;cret de l'Assembl&#233;e du haut d'une estrade &#233;lev&#233;e au milieu de la place publique et entour&#233;e d'une foule immense. C'&#233;tait par le plus beau soleil du monde. Au moment o&#249; le gouverneur proclamait l'&#233;galit&#233; de la race blanche, de la race mul&#226;tre et de la race noire, il n'y avait sur l'estrade que trois hommes, repr&#233;sentant pour ainsi dire trois races : un blanc, le gouverneur ; un mul&#226;tre qui lui tenait le parasol ; et un n&#232;gre qui lui portait son chapeau.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Le capitalisme est n&#233; aux Antilles et aux Am&#233;riques au XVIe si&#232;cle. En 1846 (soit deux ans avant l'abolition de l'esclavage dans les Antilles fran&#231;aises)&lt;/i&gt;, Marx pose l'&#233;quation entre l'esclavage, la colonisation et le capitalisme : &lt;i&gt;&#171; Sans esclavage, vous n'avez pas de coton ; sans coton vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donn&#233; de la valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont cr&#233;&#233; le commerce du monde, c'est le commerce du monde qui est la condition n&#233;cessaire de la grande industrie utilisant les machines. Aussi, avant la traite des n&#232;gres, les colonies ne donnaient &#224; l'ancien monde que tr&#232;s peu de produits et ne changeaient visiblement pas la face du monde. Ainsi l'esclavage est une cat&#233;gorie &#233;conomique de la plus haute importance. (...) La d&#233;couverte des contr&#233;es aurif&#232;res et argentif&#232;res de l'Am&#233;rique, la r&#233;duction des indig&#232;nes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conqu&#234;te et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l'Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voil&#224; les proc&#233;d&#233;s idylliques qui signalent l'&#232;re capitaliste &#224; son aurore. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclavage dans les colonies fran&#231;aises et notamment aux Antilles fut tout aussi violent que dans les autres colonies : objet de non-droit, les esclaves faisant l'objet de tous les commerces et de tous les abus. Comme les Portugais, les Espagnols et les Am&#233;ricains avant eux, les colons fran&#231;ais souvent d'ascendance noble, ont d&#233;barqu&#233; dans les &#238;les accompagn&#233;s de centaines d'esclaves. Une fois install&#233; et devenus de riches propri&#233;taires fonciers, certains comtes et autres barons install&#233;s en Martinique ou en Guadeloupe trouv&#232;rent un plaisir sadique &#224; mutiler les esclaves et abuser des femmes. La mise &#224; mort des voleurs et autres criminels &#233;tait aussi banale que les contrats n&#233;griers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un si&#232;cle plus tard, la R&#233;volution fran&#231;aise de 1789 bouleversa ce r&#233;gime &#034;royal&#034; accord&#233; aux colonies. Le 15 mai 1791, l'Assembl&#233;e nationale accorda le droit de vote &#224; certains hommes de couleur. Ce d&#233;but d'&#233;mancipation inqui&#232;ta les colons blancs install&#233;s &#224; Saint Domingue qui envisagaient de proclamer l'ind&#233;pendance de l'&#238;le pour pr&#233;server leur &#233;conomie florissante. Cette demi-mesure instaur&#233;e par Paris ne satisfaisait pas non plus les esclaves affranchis mul&#226;tres tel Fran&#231;ois Og&#233; qui r&#233;clamaient une v&#233;ritable &#233;galit&#233; entre esclaves et colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t 1791, au cours d'une c&#233;r&#233;monie vaudou dirig&#233;e par le pr&#234;tre Boukman au Bois-Ca&#239;man, pr&#232;s de Morne-Rouge, les esclaves qui avaient fui les plantations et s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s dans les for&#234;ts (appel&#233;s esclaves marrons) revendiqu&#232;rent l'abolition de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soul&#232;vement populaire s'en suivi le 22 ao&#251;t 1791, dirig&#233; par Boukman et ses lieutenants. Durant cette insurrection des centaines de sucreries et de caf&#233;ri&#232;res (plantations de caf&#233;) furent d&#233;truites. Des centaines de Blancs furent massacr&#233;s. Ce sera le d&#233;but d'une longue guerre qui conduira &#224; l'ind&#233;pendance de la colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les insurg&#233;s noirs re&#231;urent le soutien des affranchis, dont le c&#233;l&#232;bre Fran&#231;ois Og&#233;. La r&#233;volte sera finalement organis&#233;e par Fran&#231;ois Toussaint, un cocher &#226;g&#233; de 48 ans et affranchi depuis 15 ans. Il entra au service de Fran&#231;ois Biassou et ne tarda pas &#224; faire la preuve de son courage et de sa d&#233;termination pour abolir l'esclavage. Fran&#231;ois Toussaint sera surnomm&#233; &#034;L'ouverture&#034; (Louverture) en raison de sa bravoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 mars 1792, l'Assembl&#233;e l&#233;gislative vota l'&#233;galit&#233; de droit entre tous les hommes libres. Excluant les esclaves de tout droit, cette nouvelle demi-mesure r&#233;attisa la r&#233;volte des esclaves &#224; Saint Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, les Espagnols envisag&#232;rent d'envahir le territoire fran&#231;ais de Catalogne. L'ex&#233;cution de Louis XVI en 1793 marqua le d&#233;but de la guerre franco-espagnole dans les pyr&#233;n&#233;es orientales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH353/slave-4e905.jpg?1776322088' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/slave-726656.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/slave-726656-97b07.jpg?1776322088' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH490/slave-ship-2-8e22f.jpg?1776322088' width='500' height='490' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/slave-ship_picture1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH584/slave-ship_picture1-495f4.jpg?1776322088' width='500' height='584' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/slave-auction.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH338/slave-auction-1a0db.jpg?1776322088' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/1cara0117b-a225c.jpg?1776322088' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_967 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L300xH400/beating-4fe7c.jpg?1776321319' width='300' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ANTILLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=OtaGod-o0CoC&amp;pg=PA118&amp;lpg=PA118&amp;dq=r%C3%A9volte+des+esclaves+des+Antilles&amp;source=bl&amp;ots=q5WmD16x9N&amp;sig=yXH8ZECVZ8h-Stz-acwLxCJSf_0&amp;hl=fr&amp;ei=fOseSs-YGIihjAfgvoWVDQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions aux Antilles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gende est celle d'une France coloniale qui aurait brutalement compris que l'esclavage &#233;tait inhumain ! Comme si un politicien bourgeois nomm&#233; Schoelcher aurait pu proposer avec succ&#232;s la suppression de l'esclavage sans la r&#233;volte des esclaves des Antilles qui s'&#233;tait d&#233;veloppe avec succ&#232;s bien avant, notamment en Ha&#239;ti ! Parler de l'abolition de l'esclavage par la France en 1848 &#171; &#224; l'initiative de Victor Schoelcher &#187;, c'est &#171; oublier &#187; que l'esclavage colonial a continu&#233; bien apr&#232;s. Et surtout, c'est oublier que ce sont les esclaves eux-m&#234;mes qui s'&#233;taient r&#233;volt&#233;s pour se lib&#233;rer. Par exemple, en 1656, 1710, 1730, 1752, 1802 en Guadeloupe, en 1733 en Guyane, en 1678, 1699, 1748, 1752, 1822 et 1833 en Martinique, en 1791 &#224; Saint Dominigue, et 1810 &#224; Cuba.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En 1685, le roi de France Louis XIV dit le &#034;roi Soleil&#034; voulut &#233;tendre son pouvoir aux colonies. Par l'entremise de son ministre Jean-Baptise Colbert, il imposa le &#034;Code Noir&#034; dans lequel il d&#233;finit une doctrine de l'esclavage. Selon le philosophe fran&#231;ais Louis Sala-Molins (1987), le Code Noir est &#171; le texte juridique le plus monstrueux qu'aient produits les Temps modernes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE CODE NOIR (EXTRAITS)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclave qui aura frapp&#233; son ma&#238;tre, sa ma&#238;tresse ou le mari de sa ma&#238;tresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 34&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quant aux exc&#232;s et voies de fait qui seront commis par les esclaves contre les personnes libres, voulons qu'ils soient s&#233;v&#232;rement punis, m&#234;me de mort, s'il y &#233;chet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vols qualifi&#233;s, m&#234;me ceux de chevaux, cavales, mulets, b&#339;ufs ou vaches, qui auront &#233;t&#233; faits par les esclaves ou par les affranchis, seront punis de peines afflictives, m&#234;me de mort, si le cas le requiert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vols de moutons, ch&#232;vres, cochons, volailles, canne &#224; sucre, pois, mil, manioc ou autres l&#233;gumes, faits par les esclaves, seront punis selon la qualit&#233; du vol, par les juges qui pourront, s'il y &#233;chet, les condamner d'&#234;tre battus de verges par l'ex&#233;cuteur de la haute justice et marqu&#233;s d'une fleur de lys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclave fugitif qui aura &#233;t&#233; en fuite pendant un mois, &#224; compter du jour que son ma&#238;tre l'aura d&#233;nonc&#233; en justice, aura les oreilles coup&#233;es et sera marqu&#233; d'une fleur de lis une &#233;paule ; s'il r&#233;cidive un autre mois pareillement du jour de la d&#233;nonciation, il aura le jarret coup&#233;, et il sera marqu&#233; d'une fleur de lys sur l'autre &#233;paule ; et, la troisi&#232;me fois, il sera puni de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affranchis qui auront donn&#233; retraite dans leurs maisons aux esclaves fugitifs, seront condamn&#233;s par corps envers les ma&#238;tres en l'amende de 300 livres de sucre par chacun jour de r&#233;tention, et les autres personnes libres qui leur auront donn&#233; pareille retraite, en 10 livres tournois d'amende par chacun jour de r&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclave sera puni de mort sur la d&#233;nonciation de son ma&#238;tre non complice du crime dont il aura &#233;t&#233; condamn&#233; sera estim&#233; avant l'ex&#233;cution par deux des principaux habitants de l'&#238;le, qui seront nomm&#233;s d'office par le juge, et le prix de l'estimation en sera pay&#233; au ma&#238;tre ; et, pour &#224; quoi satisfaire, il sera impos&#233; par l'intendant sur chacune t&#234;te de n&#232;gre payant droits la somme port&#233;e par l'estimation, laquelle sera r&#233;gal&#233; sur chacun desdits n&#232;gres et lev&#233;e par le fermier du domaine royal pour &#233;viter &#224; frais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donn&#233; &#224; Versailles au mois de mars 1685.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sign&#233; : Louis le quatorzi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'esclavage aboli par les r&#233;voltes d'esclaves&lt;br class='autobr' /&gt;
et pas par les &#171; bons &#187; ma&#238;tres &#8230;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PETIT HISTORIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les d&#233;buts de la r&#233;volution fran&#231;aise, lors des Etats G&#233;n&#233;raux convoqu&#233;s par le roi en mars 1789, des repr&#233;sentants des Antilles se sot pr&#233;sent&#233;, se disant d&#233;l&#233;gu&#233;s des populations locales, pour l'essentiel form&#233;es d'esclaves. Il existait d&#233;j&#224; des mouvements dans la m&#233;tropole pour l'abolition de l'esclavage et ils n'ont pas manqu&#233; de d&#233;noncer le stratag&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des esclavagistes candidats &#224; repr&#233;senter &#8230; les Noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les Planteurs de nos Colonies demandent &#224; avoir 21 d&#233;put&#233;s aux Etats G&#233;n&#233;raux. Ils ont calcul&#233; ce nombre, non seulement d'apr&#232;s la population blanche, mais d'apr&#232;s les populations noires. Comment ces m&#234;mes hommes qui ne rougissent pas d'acheter les Africains et de les traiter comme des b&#234;tes de somme, veulent aujourd'hui les &#233;lever non seulement d'hommes mais d'hommes libres ! Ainsi, ils osent aujourd'hui mettre des Noirs sur la ligne des Fran&#231;ais, tandis que nous les avons vus constamment, et dans leurs &#233;crits et dans leurs discours, les d&#233;grader au dessous du niveau de l'esp&#232;ce humaine ! Ah ! Si ce changement de langage n'avait d'autre objet que de r&#233;parer une erreur, que d'expier les d&#233;lits des si&#232;cles pass&#233;s, si les Planteurs ne demandaient &#224; repr&#233;senter les Noirs que pour avouer, enfin &#224; la face de l'univers, qu'ils sont hommes comme nous, ayant les m&#234;mes droits que nous (..) il ne serait pas de Fran&#231;ais sensibles, &#233;clair&#233;, qui ne s'&#233;cri&#226;t : partageons nos droits avec les Noirs, ils sont hommes, ils sont nos fr&#232;res. Mais gardons-nous ici du pi&#232;ge qu'on leur tend ; ce n'est pas pour faire rendre aux Noirs leur libert&#233;, ce n'est pas pour en proscrire &#224; jamais l'horrible trafic, que les Planteurs r&#233;clament une repr&#233;sentation nombreuse ; non, c'est pour continuer, pour faire sanctionner par la Nation, le r&#233;gime actuel (..) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brissot (Note sur l'admission des planteurs)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a nullement emp&#234;ch&#233; ces Planteurs d'obtenir leur repr&#233;sentation et d'exercer une certaine influence sur les assembl&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la c&#233;l&#232;bre nuit du 4 ao&#251;t 1789 o&#249; les privil&#232;ges f&#233;odaux sont abolis par la peur de la r&#233;volte des paysans, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d'&#233;tendre aux esclaves le principe d'&#233;galit&#233; devant la Loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e Constituante fait un modeste pas en avant en accordant en mars 1790 quelques droits politiques aux mul&#226;tres et aux Noirs affranchis. Manifestement insuffisant !... Le 15 mai 1791, le d&#233;bat fait &#224; nouveau rage &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Les repr&#233;sentants des colonies, des planteurs de souche noble, menacent de proclamer leur ind&#233;pendance si l'on abroge l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On nous menace du ressentiment de ces nobles d'outre-mer... Ils se consoleront comme se sont consol&#233;s les nobles fran&#231;ais qui avaient un peu de sens. Si toutefois cette s&#233;cession devait avoir lieu, il vaudrait mieux sacrifier la colonie plut&#244;t qu'un principe &#187;, r&#233;pond un audacieux d&#233;put&#233;, Pierre Samuel Dupont de Nemours. Finalement, l'Assembl&#233;e se contente d'accorder le droit de vote &#224; certains hommes de couleur libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 mars 1792, la nouvelle Assembl&#233;e l&#233;gislative va un peu plus loin et &#233;tablit une &#233;galit&#233; de droit entre tous les hommes libres (&#224; l'exception des esclaves).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces demi-mesures ne satisfont gu&#232;re les esclaves de l'&#238;le de Saint-Domingue (aujourd'hui Ha&#239;ti), la principale et la plus riche de toutes les colonies fran&#231;aises. Ces derniers se soul&#232;vent sous le commandement d'un chef nomm&#233; Toussaint Louverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce soul&#232;vement et les menaces d'invasion anglaise et espagnole, les commissaires de la R&#233;publique fran&#231;aise &#224; Saint-Domingue, Sonthonax et Polverel, se r&#233;signent &#224; proclamer la libert&#233; g&#233;n&#233;rale des esclaves. C'est chose faite le 29 ao&#251;t 1793 dans la province du Nord et le 4 septembre dans les parties ouest et sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Convention g&#233;n&#233;ralise ces d&#233;cision en votant enfin l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies sur une proposition des d&#233;put&#233;s Lacroix, Danton et Levasseur. Les d&#233;put&#233;s de Saint-Domingue sont l'objet de toutes les attentions et le d&#233;cret du 16 pluvi&#244;se An II est vot&#233; dans l'enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;nonce : &#171; La Convention d&#233;clare l'esclavagedes n&#232;gres aboli dans toutes les colonies ; en cons&#233;quence, elle d&#233;cr&#232;te que tous les hommes, sans distinction de couleur, domicili&#233;s dans les colonies, sont citoyens fran&#231;ais et jouiront de tous les droits assur&#233;s par la Constitution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote des Conventionnels passe n&#233;anmoins inaper&#231;u dans l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est frappant d'observer que, quelques d&#233;cennies plus tard, le grand historien Jules Michelet n'accorde aucune place &#224; cet &#233;v&#233;nement dans sa monumentale &#171; Histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;cret, il faut l'avouer, est appliqu&#233; de fa&#231;on tr&#232;s variable selon les colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'archipel des Mascareignes, dans l'Oc&#233;an Indien (&#238;le de la R&#233;union et &#238;le de France, aujourd'hui &#238;le Maurice), il est proprement ignor&#233; du fait de l'opposition r&#233;solue des colons. L'&#238;le de France, plus tard annex&#233;e par Londres, attendra 1833 pour abolir l'esclavage et la R&#233;union, rest&#233;e fran&#231;aise, 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Antilles, avant m&#234;me que le d&#233;cret prenne effet, les Anglais se sont empar&#233;s de la Martinique et de la Guadeloupe. Ils resteront en Martinique jusqu'&#224; la paix d'Amiens (1802), date &#224; laquelle ils rendront l'&#238;le aux Fran&#231;ais. Dans cette &#238;le, l'esclavage ne sera donc pas aboli avant l848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guadeloupe suit un destin tr&#232;s diff&#233;rent. Les Anglais en sont chass&#233;s presqu'imm&#233;diatement, en mai 1794, par un capitaine de navire fran&#231;ais, Victor Hugues, &#224; la t&#234;te d'un d&#233;tachement d'un millier d'hommes. Le nouveau ma&#238;tre de l'&#238;le fait imm&#233;diatement appliquer le d&#233;cret de Pluvi&#244;se mais les Noirs, &#224; peine lib&#233;r&#233;s de leurs cha&#238;nes, sont aussit&#244;t astreints &#224; travailler comme salari&#233;s sur les plantations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la grande et riche &#238;le de Saint-Domingue, les planteurs appellent les Anglais sit&#244;t vot&#233; le d&#233;cret de Pluvi&#244;se ! Le chef des esclaves insurg&#233;s, Toussaint Louverture, voyant cela, se rallie au gouvernement de la R&#233;volution et combat les Anglais qui ont d&#233;barqu&#233; en masse sur l'&#238;le. En octobre 1798, le dernier Anglais quitte l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint Louverture, fort de son succ&#232;s, annexe la partie espagnole de l'&#238;le. Il r&#233;tablit la prosp&#233;rit&#233; en imposant, comme en Guadeloupe, le travail forc&#233;. Le 8 juillet 1801, il proclame l'autonomie de Saint-Domingue et se nomme Gouverneur g&#233;n&#233;ral &#224; vie de la nouvelle R&#233;publique. A Paris, le Premier Consul Napol&#233;on Bonaparte n'appr&#233;cie gu&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonaparte envoie &#224; Saint-Domingue une puissante exp&#233;dition militaire pour reprendre possession de l'&#238;le, sous le commandement de son beau-fr&#232;re, le g&#233;n&#233;ral Charles Leclerc. Ce sera un dramatique &#233;chec. Il envoie en Guadeloupe une autre exp&#233;dition sous le commandement du g&#233;n&#233;ral Antoine Richepance. Celle-ci r&#233;ussira &#224; reprendre l'&#238;le aux insurg&#233;s et &#224; y restaurer l'esclavage, conform&#233;ment au d&#233;cret pris par le Premier Consul le 20 mai 1802...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France n'abolit d&#233;finitivement l'esclavage qu'en 1848, quinze ans apr&#232;s le Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Saint-Domingue, alors partag&#233;e entre la France et l'Angleterre, le repr&#233;sentant fran&#231;ais de l'&#238;le d&#233;cide d'emp&#234;cher l'expansion des anglais sur la partie fran&#231;aise en mettant les noirs de son c&#244;t&#233;, et particuli&#232;rement l'arm&#233;e men&#233;e par Toussaint Louverture : en ao&#251;t 1793, il d&#233;cr&#232;te l'abolition de l'esclavage dans la partie fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite de ces &#233;v&#232;nements, le 4 f&#233;vrier 1794, est r&#233;dig&#233;e la premi&#232;re abolition fran&#231;aise de l'esclavage : &#034;La Convention Nationale d&#233;clare que l'esclavage des n&#232;gres dans toutes les colonies est aboli. En cons&#233;quence, elle d&#233;cr&#232;te que tous les hommes sans distinction de couleur, domicili&#233;s dans les colonies sont citoyens fran&#231;ais, et jouiront de tous les droits assur&#233;s par la constitution&#034;. Suivi d'aucun d&#233;cret d'application, cet article n'a jamais &#233;t&#233; respect&#233; par les propri&#233;taires d'esclaves, d&#233;clenchant ainsi de nouvelles r&#233;voltes dans les plantations. Une autre cons&#233;quence plus positive sera le ralliement de Toussaint Louverture &#224; la France, qui proclame son intention d'&#233;tablir une r&#233;publique noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e de Napol&#233;on 1er (Bonaparte) en 1799, et afin de r&#233;tablir l'&#233;conomie coloniale, l'esclavage est officiellement r&#233;tabli le 20 mai 1802.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 1 :&#034;L'esclavage sera maintenu conform&#233;ment aux lois et r&#233;glements ant&#233;rieurs &#224; 1789&#034;. Le Code noir est restaur&#233; et la traite n&#233;gri&#232;re reprend. Cette d&#233;cision soul&#232;ve des mouvements de r&#233;volte dans les diff&#233;rentes colonies, et oblige la France &#224; envoyer des hommes arm&#233;s en Guadeloupe et &#224; Saint-Domingue pour r&#233;tablir l'ordre. N&#233;anmoins, en 1804, Saint Domingue, devient la R&#233;publique d'Ha&#239;ti (reconnue par la France seulement en 1825).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Guyane, la cons&#233;quence du r&#233;tablissement de l'esclavage est d'avoir amplifi&#233; le marronnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1815, la traite est interdite par Napol&#233;on, cependant elle se poursuit et les conditions de transport des esclaves ne s'am&#233;liorent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1831, sous la Monarchie de Louis-Philippe, les droits civiques sont reconnus &#224; tous les &#034;hommes de couleur&#034; libres et la Loi du 4 mars interdit la traite. Cette interdiction impose de lourdes peines aux contrebandiers. Malheureusement, ces mesures n'emp&#234;chent pas la traite de se poursuivre, elle en est m&#234;me renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi sera pourtant appliqu&#233;e en Guyane &#224; partir de 1833, et les Noirs saisis sur les bateaux n&#233;griers de contrebande seront d&#233;barqu&#233;s dans la colonie, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REVOLTE DES ESCLAVES D'HAITI/SAINT DOMINGUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t 1791, au Bois-Ca&#239;man, dans la plaine du Nord, de nombreux esclaves d&#233;cid&#232;rent d'une r&#233;volte, sous l'autorit&#233; de Boukman, assist&#233; de Jean-Fran&#231;ois et Biassou. Ce premier acte de la r&#233;volution des esclaves aurait pris la forme d'une c&#233;r&#233;monie vaudoue. En quelques jours, toute les plantations du Nord furent en flammes et un millier de blancs, massacr&#233;s. Malgr&#233; la r&#233;pression o&#249; Boukman fut tu&#233;, des bandes d'esclaves arm&#233;s persist&#232;rent dans les campagnes et les montagnes. Dans d'autres parties du pays, des r&#233;voltes plus spontan&#233;es s'ensuivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement des esclaves entra&#238;na de vifs d&#233;bats &#224; la nouvelle Assembl&#233;e l&#233;gislative de Paris. Celle-ci fut d'abord sensible aux arguments des colons : Elle envoya des commissaires civils pour ramener &#224; l'ordre les libres et les esclaves. Alors que ces derniers &#233;taient demandeurs d'une paix honorable, la raideur des colons ranima les r&#233;voltes. La L&#233;gislative finit alors par se rallier aux arguments des Girondins comme Brissot, Elie Guadet et Armand Gensonn&#233;. Le 4 avril 1792, fut promulgu&#233;e dans l'enthousiasme l'&#233;galit&#233; des droits des libres et des blancs. Pour la faire appliquer, de nouveaux commissaires civils, dont L&#233;ger-F&#233;licit&#233; Sonthonax et Etienne Polverel, furent envoy&#233;s &#224; Saint-Domingue, appuy&#233;s de quatre mille volontaires de la garde nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci d&#233;barqu&#232;rent au Cap le 18 septembre 1792, &#224; la veille de la proclamation de la R&#233;publique fran&#231;aise. Sonthonax annon&#231;a &#224; son arriv&#233;e qu'il entendait pr&#233;server l'esclavage. Mais il avait &#233;crit un an plus t&#244;t : &#171; Les terres de St Domingue doivent appartenir aux noirs. Ils les ont acquises &#224; la sueur de leur front &#187; et ne re&#231;ut que d&#233;fiance de la part des colons. Les commissaires s'alli&#232;rent d'abord aux mul&#226;tres pour s'imposer. Ils eurent du succ&#232;s, notamment &#224; Port-au-Prince.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'ex&#233;cution du roi, le 21 janvier 1793, d&#233;clencha un nouveau clivage. Le 21 juin 1793 au Cap-Fran&#231;ais, le nouveau gouverneur Galbaud, royaliste, s'allia aux colons pour renverser les commissaires. Accul&#233;s, ceux-ci promirent la libert&#233; &#224; tout esclave qui se battrait pour la R&#233;publique. Des hordes envahirent la ville, la pill&#232;rent et l'incendi&#232;rent. Dix mille colons s'expatri&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, l'Angleterre et l'Espagne, qui avaient d&#233;clar&#233; la guerre &#224; la France, attaquaient Saint-Domingue, qui par la mer, qui par les terres depuis la partie orientale de l'&#238;le, possession espagnole. Les espagnols avaient avec eux des colons royalistes ainsi que des bandes d'esclaves r&#233;volt&#233;s, comme celle de Jean-Fran&#231;ois et de Biassou, &#224; qui ils avaient promis la libert&#233;. A l'&#233;t&#233;, de nombreux ports et la plus grande partie du pays &#233;taient occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la recherche d'alli&#233;s, Sonthonax proclama l'abolition de l'esclavage dans le Nord le 29 ao&#251;t 1793. Un mois plus tard, Polv&#233;rel fit de m&#234;me dans le reste du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aprenant cette d&#233;cison, la Convention vota, dans l'enthousiasme, le 4 f&#233;vrier 1794 l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toussaint Louverture et la r&#233;volution noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affranchi Toussaint Br&#233;da (du nom de la plantation au Haut-du-Cap o&#249; il naquit en 1743) exer&#231;ait, malgr&#233; sa laideur et sa petite taille, un ascendant tant par ses origines africaines qu'on disait royales Arada que par ses qualit&#233;s de lettr&#233;, de cavalier et de m&#233;decin par les plantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devint aide-de-camp de Georges Biassou, un des successeurs de Boukman, qui se rallia aux Espagnols de l'est de l'&#238;le en 1793 afin de combattre les colons. Initi&#233; &#224; l'art de la guerre, il remporta plusieurs victoires audacieuses qui lui valurent le surnom de L'Ouverture.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abolition de l'esclavage par les commissaires civils le fit r&#233;fl&#233;chir. Apr&#232;s un &#233;change de courriers avec le g&#233;n&#233;ral r&#233;publicain Etienne Lavaux, il changea brutalement de camp en mai 1794. En quelques mois, il refoula les espagnols &#224; la fronti&#232;re orientale de l'&#238;le et vainquit les troupes de ses anciens chefs qui leur &#233;taient rest&#233;s fid&#232;les. En 1795, il lib&#233;ra l'int&#233;rieur des terres. La Convention l'&#233;leva au grade de g&#233;n&#233;ral en juillet 1795. En mars 1796, le gouverneur Laveaux, qu'il avait d&#233;livr&#233; d'une r&#233;volte au Cap, le nomma Lieutenant G&#233;n&#233;ral de Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mesure de ses victoires, Toussaint confirmait l'&#233;mancipation des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux renforts arriv&#233;s de m&#233;tropole en mai 1796, il reprit la lutte contre les anglais qui tenaient de nombreux ports. Lass&#233;s d'un combat sans espoir, ceux-ci finirent par n&#233;gocier directement avec lui et abandonn&#232;rent St Domingue le 31 ao&#251;t 1798.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint avait, en effet, &#233;loign&#233; les repr&#233;sentants de l'autorit&#233; m&#233;tropolitaine, y compris Lavaux en octobre 1796, et Sonthonax en ao&#251;t 1797, pourtant revenu comme commissaire civil. Il avait habilement fait &#233;lire ces derniers d&#233;put&#233;s de St Domingue &#224; Paris. Le dernier commissaire envoy&#233; par le Directoire, le g&#233;n&#233;ral H&#233;douville, embarqua en octobre 1798, apr&#232;s avoir constat&#233; que l'arm&#233;e n'ob&#233;issait qu'&#224; Toussaint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mul&#226;tres, men&#233;s par le g&#233;n&#233;ral Andr&#233; Rigaud &#233;taient les derniers &#224; discuter son autorit&#233;. Ils tenaient le sud du pays. Avec l'aide de ses lieutenants Christophe et Dessalines, Toussaint les vainquit en ao&#251;t 1800 apr&#232;s une guerre civile sanglante d'un an. Rigaud embarqua pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s avoir envahi en un mois la partie espagnole de St Domingue (janvier 1801), il &#233;tablit son autorit&#233; sur toute l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toussaint organisa la remise en marche de l'&#233;conomie en invitant les colons &#224; y revenir, y compris ceux qui avaient choisi le parti contre-r&#233;volutionnaire. Il publia le 12 octobre 1800 un r&#233;glement de culture obligeant les noirs &#224; reprendre le travail sur les plantations. Ce travail forc&#233; fut mal per&#231;u par la population. En novembre 1801, une r&#233;volte &#233;clata dans les ateliers du Nord. Il la mata et fit fusiller treize meneurs, dont son neveu adoptif, le g&#233;n&#233;ral Moyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juillet 1801, il promulgua une constitution autonomiste qui lui donnait les pleins pouvoirs &#224; vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconqu&#234;te fran&#231;aise et la guerre d'ind&#233;pendance [modifier]&lt;br class='autobr' /&gt;
En repr&#233;sailles, Napol&#233;on Bonaparte, qui avait sign&#233; avec l'Angleterre les pr&#233;liminaires de la paix d'Amiens le 18 octobre 1801, exp&#233;dia une exp&#233;dition militaire fran&#231;aise de vingt mille hommes et quatre-vingt-six vaisseaux, men&#233;e par son beau-fr&#232;re le g&#233;n&#233;ral Leclerc, pour reprendre le contr&#244;le de l'&#238;le. Les instructions secr&#232;tes de Bonaparte &#233;taient de r&#233;tablir l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint arr&#234;ta une strat&#233;gie de d&#233;fense de marronnage : Devant l'arriv&#233;e des fran&#231;ais, en f&#233;vrier 1802, les villes furent incendi&#233;es et les troupes se retir&#232;rent sur les hauteurs pour pratiquer une guerre d'usure. Les fran&#231;ais investirent le plus souvent des villes en ruines, comme le Cap. Les noirs r&#233;sist&#232;rent, mais durent reculer devant la puissance de l'arm&#233;e de Leclerc. A la fin avril, les fran&#231;ais tenaient toute la c&#244;te au prix de cinq mille morts et autant de malades ou bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leclerc offrit la libert&#233; &#224; Toussaint et l'int&#233;gration de ses hommes dans l'arm&#233;e fran&#231;aise en &#233;change de sa reddition. Toussaint accepta. Mais, un mois plus tard, le 7 juin 1802, tromp&#233; par de fausses garanties, il fut fait prisonnier. Il aurait dit en embarquant : &#034;En me renversant, on n'a abattu que le tronc de l'arbre de la libert&#233; des Noirs. Il repoussera par les racines, car elles sont profondes et nombreuses.&#034; Enferm&#233; au Fort de Joux, dans le Jura, il y mourra le 7 avril 1803.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vingt mille soldats de Toussaint rest&#232;rent un temps fid&#232;les &#224; Leclerc. Mais ce dernier ordonna le d&#233;sarmement g&#233;n&#233;ral de la population et, pour y aboutir, usa d'ex&#233;cutions sommaires. Il r&#233;tablit l'esclavage dans l'est de l'&#238;le, anciennement espagnole, en juillet 1802.&lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre 1802, les troupes ralli&#233;es aux fran&#231;ais firent d&#233;fection, sous la conduite des anciens lieutenants de Toussaint, dont P&#233;tion, Christophe et Dessalines. Par des attaques multiples, plusieurs villes furent reprises dans le mois. Les troupes fran&#231;aises, frapp&#233;es de plus par les maladies tropicales, r&#233;sistaient mal. Leclerc d&#233;c&#232;da de la fi&#232;vre jaune le 1er novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Rochambeau lui succ&#232;da. Energique, connaissant Saint-Domingue pour y avoir fait campagne en 1792, il sut reprendre quelques villes, mais pas l'int&#233;rieur du pays. Sa cruaut&#233; &#233;tait telle qu'elle eut pour effet d'amplifier la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Dessalines f&#233;d&#232;ra la r&#233;bellion et lui donna une ambition de guerre d'ind&#233;pendance. Le 18 mai 1803, le blanc du drapeau fran&#231;ais fut d&#233;chir&#233; pour cr&#233;er le drapeau de l'arm&#233;e indig&#232;ne bleu et rouge. Il symbolisait l'alliance des noirs et des mul&#226;tres, s&#233;par&#233;s des blancs. D'ao&#251;t &#224; octobre, les villes furent reprises. Les fran&#231;ais ne d&#233;tenaient plus gu&#232;re que le Cap. La d&#233;faite finale eut lieu &#224; la bataille de Verti&#232;res le 18 novembre 1803.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er janvier 1804, Dessalines d&#233;clara l'ind&#233;pendance du pays qu'il baptisa de son nom indien. Ha&#239;ti devint ainsi la premi&#232;re r&#233;publique noire du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan en vies humaines fut particuli&#232;rement lourd. En 1804, la population ha&#239;tienne &#233;tait r&#233;duite &#224; environ 300 000 &#226;mes, au lieu des quelques 550 000 &#224; la veille de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra, de plus, attendre 1825 pour que la France de Charles X &#034;conc&#232;de&#034; l'ind&#233;pendance &#224; Ha&#239;ti, moyennant le paiement d'une indemnit&#233; de 150 millions de francs or pour &#034;d&#233;dommager les anciens colons&#034;. Ren&#233;goci&#233;e en 1838 &#224; 90 millions, cette dette d'ind&#233;pendance fut enti&#232;rement honor&#233;e par versements successifs jusqu'en 1883. Certains historiens identitaires carib&#233;ens affirment que cette dette a rendu Ha&#239;ti la nation la plus sous-d&#233;velopp&#233;e d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&#034;&gt;Qui &#233;tait Dessalines&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&#034;&gt;Les jacobins noirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3388&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise et l'esclavage des Noirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHRONOLOGIE DES ABOLITIONS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1815 : D&#233;cision d'abolition de la traite par les puissances europ&#233;ennes au congr&#232;s de Vienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1822 : Abolition &#224; Santo Domingo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1823 : Chili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1826 : Bolivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1829 : Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1833 &#8211; 1838 : Colonies britanniques des West Indies (&#238;les des Cara&#239;bes orientales, Jama&#239;que, Trinidad, Honduras et Guyane britannique) et de l'&#238;le Maurice (ex. Ile de France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1846 &#8211; 1848 : Colonies des &#238;les Vierges danoises (Sainte &#8211; Croix, Saint &#8211; Jean, Saint &#8211; Thomas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1847 : Saint &#8211; Barth&#233;l&#233;my (Su&#232;de).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1848 : Colonies fran&#231;aises (Guadeloupe, Martinique, partie fran&#231;aise de Saint &#8211; Martin, Guyane et &#238;les de la R&#233;union).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ABOLITION FRANCAISE DE L'ESCLAVAGE EN 1848&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1848, le ministre de la marine et des colonies, Arago, n'envisage pas une abolition imm&#233;diate de l'esclavage. Il veut attendre que la nouvelle constitution soit vot&#233;e. En attendant, il fait de vagues promesses. V. Schoelcher va le pousser dans la voie d'une action rapide. Le 3 mars, ils se rencontrent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Dans un entretien que nous e&#251;mes ensemble ce m&#234;me jour (le 3 mars), M. Schoelcher me prouva qu'il fallait absolument revenir &#224; l'id&#233;e de l'&#233;mancipation imm&#233;diate ...Les arguments de M. Schoelcher port&#232;rent une enti&#232;re conviction dans mon esprit, et je r&#233;solus de pr&#233;senter &#224; mes coll&#232;gues un d&#233;cret d'&#233;mancipation imm&#233;diate.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de Schoelcher :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le gouvernement provisoire a &#233;t&#233; parfaitement logique lorsqu'il appela au suffrage universel les esclaves qu'il affranchissait. En rendant les n&#232;gres &#224; la libert&#233;, on ne pouvait leur marchander le droit, on ne pouvait en faire des demi-citoyens, des quarts de citoyen ... Les colonies ne pouvaient &#234;tre priv&#233;es du suffrage universel sans lequel il n'y a pas de R&#233;publique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le travail perdra-t-il des bras ? Sans aucun doute, au premier jour de l'&#233;mancipation, les n&#232;gres voudront se sentir vraiment libres, en laissant la houe, symbole de la servitude. Mais il n'est pas moins permis de croire qu'apr&#232;s ce premier moment donn&#233; au repos ils reviendront au travail, d&#233;sormais affranchi de la contrainte et du fouet, r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; par la libert&#233;, transform&#233; par une juste r&#233;mun&#233;ration en une source de bien-&#234;tre ... Seulement, s'ils ont eu &#224; souffrir de la conduite du ma&#238;tre, s'ils trouvent en d'autres lieux plus d'avantages, un sol plus fertile, un plus heureux climat, il est probable qu'ils s'y rendront de pr&#233;f&#233;rence : c'est naturel et c'est juste.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans le r&#233;gime de l'esclavage, il y a le ma&#238;tre qui poss&#232;de et l'esclave qui est poss&#233;d&#233; ; et si la France doit une indemnit&#233; pour cet &#233;tat social qu'elle a tol&#233;r&#233; et qu'elle supprime, elle la doit bien sans doute &#224; ceux qui ont souffert autant qu'&#224; ceux qui en ont profit&#233;. Le d&#233;dommagement ne peut pas &#234;tre donn&#233; &#224; la propri&#233;t&#233; exclusivement ; il doit &#234;tre assur&#233; &#224; la colonie toute enti&#232;re, afin de tourner en m&#234;me temps au profit et du propri&#233;taire et du travailleur.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;cret d'abolition de l'esclavage 27 avril 1848&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'avenir, m&#234;me en pays &#233;tranger, il est interdit &#224; tout Fran&#231;ais de poss&#233;der, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement &#224; tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction &#224; ces dispositions entra&#238;nera la perte de la qualit&#233; de citoyen fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins les Fran&#231;ais qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du pr&#233;sent d&#233;cret, auront un d&#233;lai de trois ans pour s'y conformer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Martinique, les circonstances particuli&#232;res de l'abolition ont donn&#233; lieu &#224; une pol&#233;mique entre partisans de la comm&#233;moration de l'esclavage le 27 avril et les partisans de la c&#233;l&#233;bration du 22 mai comme date de l'abolition de l'esclavage. L'impatience des esclaves de jouir d'une libert&#233; qui leur avait &#233;t&#233; annonc&#233;e en m&#234;me temps que la proclamation de la R&#233;publique (fin mars 1848) aboutit, &#224; Saint Pierre de la Martinique, le 22 mai 1848, &#224; une &#233;meute populaire qui contraint le Gouverneur de la colonie &#224; proclamer l'abolition imm&#233;diate le 23 mai sans attendre l'arriv&#233;e des d&#233;crets du 27 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces d&#233;crets ne devaient parvenir &#224; la Martinique que le 4 juin 1848. Ils pr&#233;voyaient l'abolition dans un d&#233;lai de deux mois apr&#232;s leur promulgation dans la colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour tenir compte de la r&#233;alit&#233; de l'abolition d&#233;j&#224; effective depuis pr&#232;s de deux semaines &#224; l'arriv&#233;e des d&#233;crets, il a donc fallu les modifier &#224; la Martinique (et &#224; la Guadeloupe o&#249; le gouverneur pour &#233;viter la contagion avait suivi l'exemple de son coll&#232;gue de l'&#238;le voisine et aboli l'esclavage le 27 mai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que tous les colons annon&#231;aient, le d&#233;cret d'abolition de l'esclavage n'a entra&#238;n&#233; que peu de d&#233;bordements en Martinique. Libres, les esclaves ne se sont pas empress&#233;s d'&#233;gorger leurs anciens propri&#233;taires. (Par contre, en Guadeloupe, les choses se pass&#232;rent tout autrement.) Les planteurs martiniquais r&#233;ussirent m&#234;me, le d&#233;cret d'abolition survenant en pleine p&#233;riode de r&#233;colte, &#224; convaincre leurs anciens esclaves de rester quelques jours terminer celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s, les choses se g&#226;tent rapidement. Libres, les affranchis abandonnent les plantations de canne pour cultiver leur propre lopin de terre, et les propri&#233;taires qui ont besoin de bras, ont du mal &#224; les persuader de revenir travailler. Quant ils reviennent, ils exigent &#233;videmment un salaire, ce qui rench&#233;rit d'autant le co&#251;t du sucre produit sur l'&#238;le, et gr&#232;ve les b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne pouvait tomber au plus mauvais moment. Apr&#232;s 60 ans de troubles divers (R&#233;volution, guerre avec l'Angleterre et blocus &#233;conomique), la Martinique, comme les autres colonies de plantation, d&#233;j&#224; ruin&#233;e, d&#233;j&#224; &#224; genoux, est sur le point de succomber &#224; la concurrence d'un ennemi longtemps d&#233;daign&#233; : la Betterave.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers le d&#233;but du si&#232;cle, des savants mettent au point un proc&#233;d&#233; de production du sucre &#224; partir de la betterave, puis ne cessent de le perfectionner, encourag&#233;s en cela par le blocus &#233;conomique qui emp&#234;che la majeure partie du sucre des colonies d'atteindre la m&#233;tropole et en accro&#238;t consid&#233;rablement le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette concurrence impr&#233;vue, les planteurs de Martinique restent d'abord sereins, pensant que ce produit de substitution ne durera que le temps d'un blocus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvais calculs. D'abord artisanale, la production du sucre de betterave se d&#233;veloppe &#224; une vitesse fulgurante en m&#233;tropole, pour atteindre bient&#244;t le rang d'industrie. Des milliers d'emplois se cr&#233;ent en quelques ann&#233;es, et en 1848, la production atteint en volume, celle des colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, la betterave attire les capitaux au d&#233;triment de la canne &#224; sucre. Les investisseurs comprennent vite les avantages du sucre produit en m&#233;tropole sur celui provenant des colonies. Investir dans des champs et dans des raffineries directement dans l'hexagone leur semble infiniment moins risqu&#233; que sur ces terres lointaines aux &#233;conomies d&#233;j&#224; vacillantes ; d&#233;j&#224; ruin&#233;es en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#233;tropole, ni les terres, ni les bras ne manquent. De plus, les consommateurs, le march&#233; sont l&#224;. Et, l'&#233;conomie du transport transatlantique rend le produit encore plus comp&#233;titif.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des planteurs n'a rien vu venir ! Longtemps surprot&#233;g&#233;s par des all&#232;gements fiscaux, longtemps endormis par les confortables b&#233;n&#233;fices obtenus d'un sucre vendu &#224; un cour &#233;lev&#233;, ils se trouvent soudain oblig&#233;s de produire &#224; moindre co&#251;t, pour contrer la concurrence de la betterave. Mais comment faire quand les plantations emploient en 1848 les m&#234;mes m&#233;thodes de culture archa&#239;ques, d&#233;voreuse en bras, des d&#233;buts de la colonisation ? Oui, comment baisser les prix, &#224; l'heure o&#249; la main d'&#339;uvre n'est plus servile ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le XIX&#232;me si&#232;cle est bien entam&#233;, la r&#233;volution industrielle est d&#233;j&#224; sur les rails. Mais en retard d'un train, les planteurs de Martinique, plut&#244;t que d'investir dans des machines nouvelles pour remplacer une force de travail d&#233;faillante, vont pers&#233;v&#233;rer dans la m&#234;me logique : des bras, encore des bras. Mais surtout, des bras moins co&#251;teux que ceux des anciens esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un intense travail de lobbying aupr&#232;s de la R&#233;publique, ils obtiennent enfin ce qu'ils veulent. La mise en place de nouvelles fili&#232;res d'immigration, libres cette fois, pour faire venir des Engag&#233;s (contrat de 5 ans) des c&#244;tes d'Afrique et des Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES ESCLAVES LIB&#201;R&#201;S PAR LEURS PROPRES LUTTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous parle de comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage par la France en 1848 &#171; &#224; l'initiative de Victor Schoelcher &#187;. C'est oublier que l'esclavage colonial a continu&#233; bien apr&#232;s. Et surtout, c'est oublier que ce sont les esclaves eux-m&#234;mes qui s'&#233;taient r&#233;volt&#233;s pour se lib&#233;rer. Par exemple, en 1656, 1710, 1730, 1752, 1802 en Guadeloupe, en 1733 en Guyane, en 1678, 1699, 1748, 1752, 1822 et 1833 en Martinique, en 1791 &#224; Saint Domingue, et 1810 &#224; Cuba.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nombreuses r&#233;voltes ont secou&#233; toutes les colonies &#224; esclaves depuis la fin du XVIII&#176; si&#232;cle et qui ont amen&#233; les m&#233;tropoles &#224; abolir l' esclavage dans leurs colonies par peur d'un nouveau Saint Domingue o&#249; l'insurrection (1791) avait abouti en 1804, au terme d'une longue guerre, &#224; la perte de la colonie et &#224; la proclamation de la premi&#232;re R&#233;publique noire d. Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
PRINCIPALES R&#201;VOLTES D'ESCLAVES AUX CARA&#207;BES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DU XVI&#232;me AU XIX&#232;me SI&#200;CLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologie &#233;tablie par Nelly SCHMIDT, d'apr&#232;s son ouvrage &#171; L'abolition de l'esclavage. Cinq si&#232;cles de combats, XVIe-XXe si&#232;cle &#187;, et Oruno D. LARA, &#171; Cara&#239;bes en construction : espace, colonisation, r&#233;sistance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1503 - Premi&#232;re r&#233;volte d'esclaves &#224; Ayti / La Espa&#241;ola. D&#233;but du XVIe si&#232;cle : &#233;dification des premiers palenque en Ayti / La Espa&#241;ola, &#224; Cuba, aux Guyanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1514-1533 - R&#233;bellion du Cacique Enrique &#224; Ayti / La Espa&#241;ola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1521 - La plantation sucri&#232;re de Diego Colomb est d&#233;vast&#233;e par une r&#233;bellion d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1523 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1526 - Soul&#232;vement d'esclaves en Caroline du Sud (alors &#233;tablissement espagnol).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1529 - D&#233;but des r&#233;voltes d'esclaves en Colombie : les esclaves incendient le port de Santa Marta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1530 - Premi&#232;res r&#233;bellions et premiers cimarrons en Castille d'Or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1533 - R&#233;volte dans une mine d'or de la partie orientale de Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1537 - R&#233;volte d'esclaves au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1538 - Soul&#232;vements d'esclaves &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1549-1553 - Guerre contre les palenques de San Miguel au Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1553 -1558 - Guerre contre le palenque du cimarron Bayano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1573-1576 - Les cimarrons de la Castille d'Or aident les exp&#233;ditions de Drake contre les possessions espagnoles, de Nombre de Dios &#224; Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1599-1619 - R&#233;pression contre le palenque de San Basilio en Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fin du XVIe si&#232;cle : Edification du quilombo de Palmares dans la r&#233;gion de Pernambouc au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;but du XVIIe si&#232;cle - Edification des premiers grands camps de n&#232;gres marrons en Jama&#239;que, dans les Iles Vierges, en Guadeloupe et en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1607 - Soul&#232;vement d'esclaves au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1608 et 1612 - R&#233;voltes d'esclaves au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1612-1613 - Les Espagnols accordent la libert&#233; et l'autonomie aux cimarrons du palenque de San Basilio &#233;tabli en Nouvelle-Grenade depuis 1599-1600.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1636 - Etablissement du premier grand-camp de n&#232;gres marrons en Guadeloupe, dans les hauteurs de Capesterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1639 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; Saint-Christophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1649 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; la Barbade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1656 - Soul&#232;vement d'esclaves en Guadeloupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1644-1645 - Deux exp&#233;ditions hollandaises contre le quilombo de Palmares au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1650 - D&#233;but de la r&#233;pression contre les cimarrons de la r&#233;gion de Caracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1673 - Premi&#232;re grande insurrection d'esclaves en Jama&#239;que. Ils forment la premi&#232;re &#171; bande &#187; de &#171; marrons &#187; reconnue. Soul&#232;vement d'esclaves aux Bermudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1675 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; la Barbade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1678 - Soul&#232;vement d'esclaves en Martinique et en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1679 - Les cimarrons de Santa Marta, en Nouvelle-Grenade, obtiennent la libert&#233; et des terres. Soul&#232;vement d'esclaves &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1685-1686 - Soul&#232;vement d'esclaves en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1687 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; Antigua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1690 - Premi&#232;re r&#233;volte d'esclaves en Guyane hollandaise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Soul&#232;vement d'esclaves en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1691 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; La Espa&#241;ola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1692 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; la Barbade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1695 - Destruction du quilombo de Palmares apr&#232;s trois semaines de si&#232;ge par les troupes portugaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1699 - Soul&#232;vement d'esclaves en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1700 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; la Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1701 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; Antigua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1704 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; la Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1710 - Soul&#232;vement d'esclaves en Guadeloupe et en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1713 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1720 - Soul&#232;vement d'esclaves au Br&#233;sil et en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1725-1740 - Premi&#232;re Guerre des &#171; Maroons &#187; en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1730-1740 - R&#233;bellions d'esclaves dans les Cara&#239;bes orientales, notamment en Jama&#239;que, &#224; la Dominique, &#224; la Guadeloupe, &#224; Antigua et &#224; Saint-Jean. Soul&#232;vements au Suriname.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1731 - Les esclaves des mines de cuivre de Santiago del Prado, &#224; Cuba, rejoignent le palenque voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1732 - Soul&#232;vement d'esclaves au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1733 - R&#233;volte d'esclaves &#224; Berbice, Guyane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1735 - Insurrection de plus de 1 000 esclaves dans la r&#233;gion de Veracruz au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1738 - Signature, en Jama&#239;que, d'un trait&#233; de paix avec les &#171; maroons &#187;, &#224; Trelawney Town.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1730-1740 - Succession de r&#233;voltes d'esclaves en Virginie, en Caroline du Sud et en Louisiane. 1739 : r&#233;volte de Stono en Caroline du Sud ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1742 - Soul&#232;vement d'esclaves en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1746 - Soul&#232;vements d'esclaves &#224; Sainte-Croix et en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1748 - Soul&#232;vement d'esclaves en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1749 - Conspiration d'esclaves &#224; Caracas au Venezuela. Guyane hollandaise : les n&#232;gres marrons &#233;tablis le long des rivi&#232;res obtiennent la reconnaissance de leur ind&#233;pendance des autorit&#233;s coloniales hollandaises (les Saramaka). R&#233;volte d'esclaves &#224; Berbice en Guyane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1750 - soul&#232;vement d'esclaves &#224; Cura&#231;ao. Soul&#232;vement d'esclaves au Suriname/Guyane hollandaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1751 - R&#233;volte d'esclaves &#224; Berbice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1752 - Soul&#232;vements d'esclaves en Guadeloupe et en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1753-1757 - R&#233;bellion men&#233;e par Makandal &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1754 - Soul&#232;vement d'esclaves en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1757 - Soul&#232;vement d'esclaves au Suriname/Guyane hollandaise.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1759 - Tentative de r&#233;bellion des esclaves de Sainte-Croix, Iles Vierges danoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1760 - R&#233;bellion des Coromantins en Jama&#239;que. Les Djuka, &#233;tablis en Guyane sur un affluent du Maroni, obtiennent la reconnaissance de leur ind&#233;pendance par les autorit&#233;s hollandaises en 1762.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1761 - Soul&#232;vement d'esclaves aux Bermudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1762-1764 - Grande insurrection des esclaves de Berbice, Guyane hollandaise. Les chefs des rebelles Saramaka concluent des trait&#233;s de paix avec les autorit&#233;s hollandaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1765-1784 - R&#233;voltes &#224; Westmoreland, Hanovre, St. James et Kingston en Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1772 -Boni s'&#233;tablit en territoire de Guyane fran&#231;aise avec sa communaut&#233;. Une convention franco-hollandaise reconna&#238;t leur &#233;tablissement en 1860.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1773 - Soul&#232;vement d'esclaves au Honduras britannique (Belize).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1776 - Soul&#232;vement d'esclaves en Jama&#239;que et &#224; Montserrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1778 - Soul&#232;vement d'esclaves &#224; St.Kitts/Saint-Christophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1779-1783 - Premi&#232;re Guerre des Karibs &#224; Saint-Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1789-1792 - Soul&#232;vements d'esclaves au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1791 - 1793 - R&#233;bellion des esclaves de Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1795 - Conspiration d'esclaves &#224; Coro, Venezuela. R&#233;volte d'esclaves &#224; Cura&#231;ao. Insurrection d'esclaves &#224; Demerara en Guyane. Seconde Guerre des Karibs &#224; Saint-Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1795-1796 - Deuxi&#232;me guerre des &#171; maroons &#187; en Jama&#239;que. R&#233;volte d'esclaves &#224; la Grenade, &#224; Puerto Rico et en Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1796 - 16 000 esclaves fugitifs sont captur&#233;s dans la r&#233;gion de La Havane &#224; Cuba suite au nouveau &#171; R&#233;glement sur les n&#232;gres cimarrons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1798 - Insurrections au Venezuela, en Jama&#239;que, et &#224; Bahia, Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1799 - Conspiration d'esclaves &#224; Maraca&#239;bo au Venezuela et dans les Iles Vierges britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1795-1805 - Deuxi&#232;me Guerre des Karibs &#224; Saint-Vincent. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;gociations entre les Karibs et les Britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1800 - Insurrection de Gabriel Prosser en Virginie, Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1802 - Insurrection contre le r&#233;tablissement de l'esclavage en Guadeloupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1803 - Insurrections d'esclaves en Jama&#239;que et &#224; Trinidad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1805 - Insurrection d'esclaves &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1806 - Insurrection d'esclaves &#224; Trinidad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1807 - Insurrections d'esclaves au Br&#233;sil, en Jama&#239;que, en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1810 - Insurrection d'esclaves &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1812 - Insurrection d'esclaves &#224; Cuba, Puerto Rico, Dominique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1815 - Insurrection d'esclaves &#224; la Jama&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1816 - Insurrection d'esclaves &#224; la Barbade et au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1819 - Insurrection d'esclaves &#224; Trinidad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1820 - Insurrection d'esclaves &#224; Puerto Rico, Antigua, Tortola, Cuba, en Martinique et au Honduras britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1821 - Insurrection d'esclaves &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1822 - Insurrection d'esclaves aux Etats-Unis (Denmark Vesey en Caroline du Nord), au Br&#233;sil et &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1822-1823 - Insurrection d'esclaves en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1825 - Insurrection d'esclaves &#224; Trinidad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1831 - Insurrection d'esclaves en Martinique, en Guadeloupe, en Jama&#239;que, aux Etats-Unis (Nat Turner en Virginie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1831-1832 - Insurrection d'esclaves en Jama&#239;que (plus de 20 000 insurg&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1832 - Insurrection d'esclaves &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1833 - Insurrection d'esclaves en Martinique et &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1835 - Insurrection d'esclaves au Br&#233;sil (Bahia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1839 - Affaire des captifs r&#233;volt&#233;s du navire Amistad entre Cuba, l'Espagne et les Etats-Unis. Insurrection d'esclaves au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1840 - Insurrection d'esclaves en Guadeloupe et &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1841 - Insurrection d'esclaves en Louisiane et &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1843 - Insurrection d'esclaves &#224; Cuba, en Martinique, &#224; Puerto Rico.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1844 - Conspiration de La Escalera &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1848 - Insurrection d'esclaves en Martinique. Soul&#232;vements en Guadeloupe. Insurrection d'esclaves &#224; Sainte-Croix. et &#224; Puerto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1851 - Insurrections des esclaves des vall&#233;es de Chicama et de Ca&#241;ete au P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1859 - R&#233;bellion de John Brown en Virginie, Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1874 - Soul&#232;vement d'esclaves au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&#034;&gt;La r&#233;volution des esclaves d'Ha&#239;ti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 Novembre 1803, les esclaves remportent la bataille de Verti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES PR&#201;MISSES DE LA R&#201;VOLUTION ANTI-ESCLAVAGISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ha&#239;ti, le 18 novembre est un jour f&#233;ri&#233; qui c&#233;l&#232;bre la victoire de Verti&#232;res. C'est en ce lieu que le 18 novembre 1803, l'arm&#233;e des esclaves remporta une victoire d&#233;cisive sur les troupes envoy&#233;es par Napol&#233;on pour r&#233;tablir l'esclavage sur l'&#238;le d'Ha&#239;ti. La bataille de Verti&#232;res est pour les esclaves d'Ha&#239;ti la fin d'une longue et sanglante guerre de lib&#233;ration. Cette guerre a commenc&#233; par une lutte des esclaves pour se lib&#233;rer de l'exploitation des colons fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France la r&#233;volution se d&#233;veloppait depuis 1789 et l'abolition de l'esclavage n'&#233;tait pas acquise en 1791. Pour la bourgeoisie maritime, abolir l'esclavage &#233;quivalait &#224; abolir la source de leurs richesses. Aux yeux de cette bourgeoisie qui se r&#233;voltait contre l'aristocratie, les esclaves n'&#233;taient pas des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de cette r&#233;volution fut la r&#233;volte de 1791 avec Boukman. Les bandes d'esclaves arm&#233;s se r&#233;pandirent sur la plaine du Nord. Dans leurs rangs se d&#233;tach&#232;rent des hommes qui prirent la direction des bandes tels Biassou, Jean Fran&#231;ois, puis Toussaint Louverture qui organisa une v&#233;ritable arm&#233;e d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assista alors &#224; une succession de luttes arm&#233;es qui en plus d'opposer entre eux Noirs, Mul&#226;tres et colons, opposa &#233;galement Fran&#231;ais et Anglais pour le contr&#244;le de l'&#238;le. Les colons n'h&#233;sitant d'ailleurs pas &#224; s'allier aux Anglais pour recouvrer des droits que la R&#233;volution avait abrog&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirant profit des affrontements entre les bourgeoisies fran&#231;aise, espagnole, anglaise pour la possession de l'&#238;le de Saint Domingue, Toussaint mena l'arm&#233;e des esclaves &#224; des victoires qui oblig&#232;rent les repr&#233;sentants de la r&#233;volution, les commissaires Sonthonax et Poverel &#224; proclamer l'abolition de l'esclavage dans la partie fran&#231;aise de Saint Domingue le 21 ao&#251;t 1793, sous peine de perdre cette colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOUSSAINT LOUVERTURE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint Louverture, g&#233;n&#233;ral de &#171; l'arm&#233;e fran&#231;aise &#187;, occupa toute la partie fran&#231;aise et les g&#233;n&#233;raux de l'arm&#233;e mirent la main sur les terres laiss&#233;es par les colons en fuite. Il essaya de relancer l'agriculture de l'&#238;le comme axe de l'&#233;conomie en ramenant les anciens esclaves vers les grandes propri&#233;t&#233;s en tant que travailleurs libres. Il fit appliquer la militarisation du travail sous la forme du &#171; caporalisme agraire &#187; dans le but de relancer la production sucri&#232;re qui &#233;tait plus rentable pour la classe dirigeante que la production vivri&#232;re qui &#233;tait plus n&#233;cessaire aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le prestige qui aur&#233;olait Toussaint, cette politique &#233;loigna de lui les anciens esclaves, alors que dans le m&#234;me temps Napol&#233;on Bonaparte, qui avait tir&#233; profit tant de la r&#233;volution que du recul de celle-ci pour asseoir son pouvoir, se pr&#233;parait &#224; r&#233;tablir l'esclavage &#224; Saint Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA GUERRE D'INDEPENDANCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er f&#233;vrier 1802, une exp&#233;dition coloniale faite de 86 vaisseaux transportant une arm&#233;e de 22.000 hommes d&#233;barquait &#224; Saint Domingue, sous la direction du g&#233;n&#233;ral Leclerc le beau fr&#232;re de Napol&#233;on. Malgr&#233; une r&#233;sistance acharn&#233;e, l'arm&#233;e des esclaves fut battue par une force mieux &#233;quip&#233;e. Toussaint fut captur&#233; par tra&#238;trise et d&#233;port&#233; au fort de Joux o&#249; il mourut le 7 avril 1803. Mais les troupes de Leclerc &#233;taient d&#233;cim&#233;es par la fi&#232;vre jaune, alors il temporisa dans son action pour d&#233;sarmer les troupes noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il obtint que les g&#233;n&#233;raux noirs comme Dessalines, Christophe ou mul&#226;tres comme P&#233;tion et Clervaux gardent le commandement de leurs troupes en les int&#233;grant dans les troupes fran&#231;aises. Ainsi pendant quelques mois ces g&#233;n&#233;raux et les hommes sous leur commandement se battirent contre les bandes d'esclaves insurg&#233;s. Mais bien que ces g&#233;n&#233;raux aient la possession de domaines, les colons esclavagistes les consid&#233;raient, malgr&#233; leur uniforme, comme des anciens esclaves qui devaient retourner sur les plantations. &lt;br class='autobr' /&gt;
La masses des anciens esclaves n'avait acc&#233;d&#233; &#224; aucun privil&#232;ge, elle n'&#233;tait aveugl&#233;e par aucun uniforme, elle n'avait rien &#224; perdre et &#233;tait d&#233;termin&#233;e &#224; lutter jusqu'au bout. Les esclaves insurg&#233;s redoubl&#232;rent leurs attaques quand la nouvelle se propagea que la mission de Leclerc &#233;tait le r&#233;tablissement de l'esclavage. Dans le m&#234;me temps parvint la nouvelle qu'en Guadeloupe le g&#233;n&#233;ral Richepance avait r&#233;tabli l'esclavage au nom de Bonaparte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans avaient gard&#233; les armes qui leur avaient &#233;t&#233; donn&#233;es par Sonthonax. Ils rejoignirent les bandes arm&#233;es. Les officiers, Dessalines, Christophe, P&#233;tion, finalement, comprirent que le jeu de Leclerc &#233;tait le r&#233;tablissement de l'esclavage. En f&#233;vrier 1803, &#224; la Petite Rivi&#232;re de l'Artibonite, Dessalines, le chef des insurg&#233;s Noirs et P&#233;tion, le leader des Mul&#226;tres, d&#233;cid&#232;rent de ne plus combattre aux c&#244;t&#233;s des Fran&#231;ais. Ils se ralli&#232;rent &#224; l'insurrection avec les soldats qu'ils commandaient et en prirent la direction au nom de l'unit&#233; nationale contre l'envahisseur. Dessalines r&#233;ussit &#224; imposer l'unit&#233; de commandement et elle fut proclam&#233;e au congr&#232;s de l'Arcahaie le 18 mai 1803. Il pr&#233;senta symboliquement le drapeau de l'union des Mul&#226;tres et des Noirs dans la lutte pour leur libert&#233;, deux bandes, bleu et rouge et y fit inscrire la devise &#171; Libert&#233; ou la Mort &#187;. Dessalines fut alors nomm&#233; G&#233;n&#233;ral en chef de l'arm&#233;e de l'insurrection, les diff&#233;rents chefs locaux qui avaient men&#233; la gu&#233;rilla pr&#233;lude &#224; l'insurrection devaient se soumettre ou dispara&#238;tre. Les mots d'ordre de libert&#233;, d'ind&#233;pendance menaient les insurg&#233;s au combat. Aucun ne voulait le retour &#224; l'esclavage. La guerre devint une guerre d'ind&#233;pendance men&#233;e par une arm&#233;e organis&#233;e b&#233;n&#233;ficiant de l'appui de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VICTOIRE DES ESCLAVES INSURGES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Rochambeau rempla&#231;a Leclerc &#224; sa mort et intensifia les attaques contre les insurg&#233;s, mais ses atrocit&#233;s n'entam&#232;rent pas leur d&#233;termination. La fi&#232;vre jaune et le harc&#232;lement de l'arm&#233;e des esclaves ravag&#232;rent les troupes fran&#231;aises et les arm&#233;es insurg&#233;es s'empar&#232;rent de grandes villes comme les Cayes et Port au prince. Dans sa progression vers la capitale, le Cap Ha&#239;tien, les arm&#233;es noires affront&#232;rent celles de Rochambeau &#224; Verti&#232;res le 18 novembre 1803. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire d'Ha&#239;ti retient qu'&#224; Verti&#232;res, ce 18 novembre 1803, les soldats noirs avec un &#233;quipement moindre, ont vaincu la meilleure arm&#233;e d'Europe venue pour les remettre sous le joug.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route de la capitale leur fut alors ouverte, et Rochambeau se rendit &#224; Jean-Jacques Dessalines. Les garnisons fran&#231;aises capitul&#232;rent les unes apr&#232;s les autres. L'ancienne colonie proclama son ind&#233;pendance le 1er janvier 1804, devenant la premi&#232;re r&#233;publique noire libre. Elle prit alors le nom d'Ha&#239;ti que les premiers habitants am&#233;rindiens avaient donn&#233; &#224; l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES &#171; JACOBINS NOIRS &#187; AUX &#171; BOLCHEVIKS NOIRS &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esclaves ont &#233;t&#233; les moteurs de la victoire, les fers de lance de l'ind&#233;pendance. Leur d&#233;termination a oblig&#233; m&#234;me leur chef &#224; ouvrir les yeux sur les colonialistes et leur arm&#233;e. Mais au lendemain de l'ind&#233;pendance ils ne re&#231;urent pas la terre qu'ils d&#233;siraient et qui &#233;tait le garant de leur libert&#233;, ce sont les g&#233;n&#233;raux qui se la partag&#232;rent. Ils devinrent ainsi l'embryon d'une nouvelle et cruelle classe oppressive noire et mul&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;r&#234;ts des esclaves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s par ceux en qui ils avaient confiance au nom de l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me unit&#233; est resservie par le gouvernement Latortue, le 18 Novembre 2005 quand il se d&#233;pla&#231;a en grande pompe &#224; l'Arcahaie, lieu historique. Flanqu&#233; d'un cort&#232;ge de politiciens, de beaux parleurs, de com&#233;diens, Latortue a recousu symboliquement le drapeau national en appelant &#224; l'unit&#233; de tous les enfants du pays, riches pauvres, noirs, mul&#226;tres, en leur demandant d'&#234;tre tous derri&#232;re les &#233;lections. Dans la foul&#233;e, les patrons, les bourgeois pr&#233;sent&#232;rent leur contrat social o&#249; ils d&#233;taill&#232;rent les nouvelles bases de l'exploitation des travailleurs dans les entreprises, toujours au nom de l'unit&#233; et du salut national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1803 les esclaves se sont battus pour leur libert&#233;, en 2005 ce souvenir est utilis&#233; par les politiciens pour semer l'illusion et pour mettre les travailleurs sous le joug des bourgeois au nom de la nation ha&#239;tienne. Les esclaves modernes que sont les travailleurs surexploit&#233;s d'Ha&#239;ti, avec le parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien qu'ils construiront, retrouveront un jour l'h&#233;ro&#239;sme de leurs anc&#234;tres pour se lib&#233;rer d&#233;finitivement du joug de l'oppression imp&#233;rialiste et des classes dirigeantes noires qui les oppriment si cruellement. Alli&#233;s aux ouvriers de la Cara&#239;be ils pourront alors contribuer &#224; l'&#233;mancipation de tous les travailleurs de la Cara&#239;be et peut &#234;tre aussi des travailleurs du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comm&#233;morer les luttes d'hier pour renforcer les luttes d'aujourd'hui !&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin du mois de mai 2005 a vu se multiplier les comm&#233;morations, les unes envers nos anc&#234;tres esclaves et leurs luttes pour leur lib&#233;ration ; d'autres envers les r&#233;pressions brutales et meurtri&#232;res des manifestations de fin mai 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, dans les deux &#238;les, en Guadeloupe et Martinique et dans l'&#233;migration &#224; Paris, on a largement honor&#233; la m&#233;moire des combattants de 1802 et 1848. Diff&#233;rentes manifestations furent suivies par des milliers de gens, descendants des esclaves africains qui furent les instruments d'enrichissement d'une classe b&#233;k&#233;e locale et furent parfois exploit&#233;s par des notables mul&#226;tres ou noirs. Mais surtout c'est sur la base du trafic d'esclaves (traite n&#233;gri&#232;re, pendant pr&#232;s de trois si&#232;cles), que des bourgeois des ports fran&#231;ais s'enrichirent. C'est ainsi que la traite et l'esclavage des Noirs d'Afrique, aux Antilles et en Am&#233;rique, servit de base pour l'accumulation des capitaux qui permirent le d&#233;veloppement capitaliste dans plusieurs pays d'Europe : France, Angleterre, Pays-Bas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1802 -1848 : de l'&#233;chec &#224; la victoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que l'abolition a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e le 26 avril 1848 en France. Ce d&#233;cret aurait mis plus de huit semaines &#224; parvenir sur place. Les esclaves des Antilles n'ont pas attendu ! La rumeur qu'une r&#233;volution avait bien eu lieu &#224; Paris a provoqu&#233; une mont&#233;e d'effervescence dans les ateliers, dans les champs, parmi la population noire esclave. Et c'est &#224; partir de cette &#233;bullition que des &#233;v&#233;nements d&#233;cisifs vont &#233;clater en Martinique en fin mai 1848, qui &#224; St Pierre qui &#224; Fort de France, aussit&#244;t suivis d'une mobilisation des esclaves dans Pointe-&#224;-Pitre. Le gouverneur aura beau pr&#234;cher le calme et la patience, disant que cette lib&#233;ration des esclaves &#233;tait en marche, qu'une loi allait arriver de France etc., rien n'y fit ! Les esclaves avaient deux objectifs, se lib&#233;rer mais aussi laisser &#233;clater leur col&#232;re contre ces gens &#8211; les B&#233;k&#233;s - qui les avaient opprim&#233;s, humili&#233;s, exploit&#233;s depuis tant d'ann&#233;es. La r&#233;volte fut in&#233;vitable, elle culmina dans les &#233;v&#233;nements du 22 mai 1848 et elle prit fin uniquement lorsque le gouverneur pronon&#231;a devant des milliers d'&#233;meutiers et d'esclaves r&#233;volt&#233;s, l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage, sans attendre le d&#233;cret qui devait, disait-on, venir de France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux de Guadeloupe mobilis&#233;s sur la place, dite aujourd'hui Place de la Victoire, obtinrent satisfaction quelques jours apr&#232;s. Le gouverneur de Martinique &#8211; le plus grad&#233; &#8211; conseilla &#224; son confr&#232;re de faire sans tra&#238;ner une telle proclamation de l'abolition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1848, les esclaves n'ont pas voulu attendre et ont arrach&#233; eux-m&#234;mes leur lib&#233;ration, ils eurent bien raison de ne pas attendre les textes officiels. Car c'est cette mobilisation qui fit bien savoir aux propri&#233;taires, aux politiciens de France et &#224; tous les profiteurs du syst&#232;me esclavagiste que les esclaves n'accepteraient plus de d&#233;lais, ni de demi mesures et encore moins de retour en arri&#232;re. Car tout ceci &#233;tait d&#233;j&#224; envisag&#233; ! Ils ont eu raison de lutter et de garantir leur libert&#233; nouvelle par leur mobilisation dans les rues des villes et dans les champs, dont ils br&#251;l&#232;rent un certain nombre pour bien montrer aux esclavagistes leur d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient d'autant plus de raisons d'agir ainsi que certains se rappelaient bien qu'il y eut une lib&#233;ration, abolition d&#233;cr&#233;t&#233;e et apport&#233;e de France en 1794 en Guadeloupe et qu'elle fut supprim&#233;e par la force militaire en 1802. Le gouvernement de Napol&#233;on Bonaparte tenta aussi de r&#233;tablir l'esclavage en Ha&#239;ti, mais se heurta &#224; une r&#233;sistance importante qui aboutit &#224; l'ind&#233;pendance de cette &#238;le en 1804. En Guadeloupe, les Delgr&#232;s, Ignace, Massoteau et d'autres, officiers dans l'arm&#233;e fran&#231;aise, alors que des signes d'un r&#233;tablissement de l'esclavage se multipliaient, crurent longtemps que leur statut d'officiers allait les prot&#233;ger. Mais quand ils se sentirent directement menac&#233;s, ils d&#233;cid&#232;rent de passer &#224; la r&#233;sistance. Les troupes fran&#231;aises command&#233;es par Richepance furent introduites par l'officier noir P&#233;lage qui servit d'interm&#233;diaire pour trahir ses fr&#232;res d'armes et de couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1802 connut donc surtout une h&#233;ro&#239;que r&#233;sistance. Les troupes fran&#231;aises ne firent pas de quartier, les troupes conduites par Delgr&#232;s furent vaincues et selon les historiens se firent sauter &#224; trois cents sur le Matouba. Ignace, l'autre officier noir, qui cherchait &#224; se rabattre sur la Grande Terre fut vaincu sur les Abymes. Les historiens racontent que la r&#233;pression fut ensuite sanglante. Pendant des semaines et des mois on pourchassa les Noirs, soldats ou civils, qui refusaient de se rendre ou qui avaient combattu, des milliers de Noirs furent tu&#233;s ou d&#233;port&#233;s ou remis dans les fers, eux et tous les anciens esclaves pour quarante-six longues ann&#233;es de nouveau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes du pass&#233; doivent inspirer celles d'aujourd'hui : l'exploitation a chang&#233; de forme, il faut encore la vaincre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous qui sommes militants communistes, qui combattons la nouvelle forme capitaliste d'exploitation et de spoliation des travailleurs actuels, nous ne pouvons que nous sentir solidaires, des luttes men&#233;es par nos anc&#234;tres, par tous nos devanciers, pour plus de libert&#233;s, moins d'oppression et pour &#233;chapper &#224; la servitude. Nous sommes solidaires de toutes ces luttes du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne nous contentons pas de &#171; comm&#233;morations officielles &#187; tr&#232;s &#224; la mode, aujourd'hui ! Nous voulons que ces hommages rendus aux combattants, aux r&#233;volt&#233;s du pass&#233; inspirent nos combats d'aujourd'hui. Nous voulons justement que les exploit&#233;s et opprim&#233;s d'aujourd'hui apprennent &#224; se m&#233;fier des &#171; P&#233;lage &#187; d'aujourd'hui, de ces notables qui cherchent toujours &#224; r&#233;gler leurs propres probl&#232;mes par des arrangements avec l'ennemi et non en combattant cet ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ainsi vu de plus en plus appara&#238;tre dans ces comm&#233;morations des notables, maires, d&#233;put&#233;s, et autres grands et petits chefs de partis politiques qui, hier encore, ne seraient jamais venus dans de telles comm&#233;morations ; car elles n'&#233;taient pas admises, ou pas bien vues et parfois pas tol&#233;r&#233;es par les autorit&#233;s coloniales. Participer &#224; ces comm&#233;morations semblait alors presque un acte d'opposition anti-colonialiste. On a vu pendant des ann&#233;es, la municipalit&#233; de Pointe-&#224;-Pitre mener une petite guerre aux nationalistes du Gong ou de l'UPLG qui voulaient comm&#233;morer sur la place de la Victoire, l'assassinat de Nestor et de plus de 80 autres manifestants en mai 1967. Ils &#233;taient tomb&#233;s sous les balles des CRS ou &#171; K&#233;pis rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on a m&#234;me vu le journal France-Antilles parler de mai 67, donner la parole &#224; une victime connue de 67, etc. Mais oublie-t-on que ce journal, de m&#234;me que certains articles de l'Etincelle, et des d&#233;clarations du maire PCG de l'&#233;poque condamnaient surtout les gens qui avaient &#233;t&#233; victimes et ceux qui avaient r&#233;sist&#233; aux agressions des forces de r&#233;pression coloniales, et rejetaient la responsabilit&#233; des &#233;v&#233;nements sur les militants du Gong. De fait, ce sont des dizaines de jeunes et de militants anti-colonialistes, dont ceux du Gong, qui furent arr&#234;t&#233;s et certains d&#233;port&#233;s en France pendant plusieurs mois, avant d'&#234;tre jug&#233;s par une cour de s&#251;ret&#233; de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, il faut bien s&#251;r exalter le souvenir de ceux qui ont lutt&#233;, ont souffert et se sont sacrifi&#233;s dans le pass&#233; ; mais il ne faut pas croire aux larmes ou aux d&#233;clarations hypocrites des notables de tous bords qui se faufilent dans ces manifestations pour les transformer en d'innocentes manifestions de &#171; jour f&#233;ri&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces journ&#233;es sont des journ&#233;es o&#249; des hommes et des femmes courageux ont combattu, au p&#233;ril de leur vie, pour plus de libert&#233;, pour faire sauter leurs cha&#238;nes. Le meilleur hommage &#224; leur rendre c'est de r&#233;affirmer, &#224; ces occasions, que nous continuons la lutte contre une exploitation qui, si elle n'a pas de cha&#238;ne visible, en comporte une qui contraint les salari&#233;s d'aujourd'hui &#224; revenir sans cesse, chaque jour, se faire exploiter par les continuateurs des grands planteurs esclavagistes. Ce sont leurs familles, aujourd'hui capitalistes, qui continuent, parfois sous les m&#234;mes noms, &#224; recueillir le profit, fruit vol&#233; du travail des descendants d'esclaves, aujourd'hui appel&#233;s &#171; travailleurs &#187; ou &#171; salari&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la lutte continue contre l'exploitation, pour b&#226;tir un jour une meilleure soci&#233;t&#233;, d&#233;barrass&#233;e des exploiteurs, mais ce sera en se m&#233;fiant de tous ces cloportes des notabilit&#233;s locales, toujours pr&#234;ts &#224; se courber devant la puissance et la richesse des gros exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1798 : La r&#233;volution des Jacobins Noirs au Br&#233;sil &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#225;rio MAESTRI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par G&#233;rard Jugant, r&#233;vis&#233; par Fausto Giudice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1794, la mar&#233;e r&#233;volutionnaire fran&#231;aise atteignait son point culminant, r&#233;clamant &#224; l'Europe des rois que tous les hommes aient un droit &#233;gal au bonheur, sans se pr&#233;occuper si pour une telle entreprise il fallait mettre le monde sens dessus dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la colonie fran&#231;aise sucri&#232;re la plus riche, les planteurs tent&#232;rent d'obtenir leur autonomie et les hommes libres de couleur exig&#232;rent la citoyennet&#233; promise en 1789, facilitant l'insurrection des captifs en ao&#251;t 1791, qui fonda Ha&#239;ti en 1804, premier territoire am&#233;ricain libre de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1789, l'&#201;tat absolutiste lusitanien faisait tout pour que les id&#233;aux r&#233;volutionnaires, d&#233;mocratiques et lib&#233;raux fran&#231;ais n'atteignent pas la ville et les colonies. Au Br&#233;sil on surveillait les inhabituels visiteurs &#233;trangers et on contr&#244;lait les bagages d&#233;charg&#233;s des bateaux, cherchant des livres et des pamphlets subversifs. La vigilance &#233;tait extr&#234;me &#224; Salvador, le principal port du Br&#233;sil colonial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancienne capitale de la colonie, avec 60.000 habitants, aux rues &#233;troites, irr&#233;guli&#232;res et sales, aux c&#244;tes escarp&#233;es, avec ses &#233;glises, ses monast&#232;res et ses maisons basses, Salvador &#233;tait la seconde m&#233;tropole de l'empire lusitanien, apr&#232;s Lisbonne. Deux tiers de la population &#233;tait noire et m&#233;tisse, un tiers blanche et indig&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1789 la colonie connaissait des difficult&#233;s et Bahia un certain essor &#233;conomique, avec des exportations de sucre, de coton, d'indigo, de tonneaux d'eau-de-vie, de tabac et d'autres produits. En d&#233;pit de la richesse commerciale, Salvador d&#233;pendait de la production rurale, qui ne produisait pratiquement plus rien. Les commandements de la m&#233;tropole prohibaient toute production manufacturi&#232;re dans les colonies luso-br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des principales m&#233;tropoles europ&#233;ennes, par le Portugal, arrivaient de multiples marchandises qui &#233;taient consomm&#233;es &#224; Salvador ou r&#233;export&#233;es vers l'int&#233;rieur et vers les autres capitaineries voisines : huile d'olive, armes, poivre, tissus, v&#234;tements, vin, compl&#233;ments domestiques, mat&#233;riaux de construction, etc. Le principal produit import&#233; &#233;tait le travailleur africain. Le commerce bahianais &#233;tait contr&#244;l&#233; par de riches commer&#231;ants, surtout de captifs, en g&#233;n&#233;ral portugais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le reste de la colonie, la soci&#233;t&#233; bahianaise &#233;tait dispos&#233;e en strates. Au sommet de la pyramide on trouvait les grands propri&#233;taires des plantations et les commer&#231;ants ; la base &#233;tait form&#233;e par des milliers de captifs. Chaque ann&#233;e, des lots d'Africains &#233;taient conduits jusqu'&#224; Salvador. La communaut&#233; des esclaves &#233;tait h&#233;t&#233;rog&#232;ne, elle &#233;tait divis&#233;e entre captifs n&#233;s au Br&#233;sil, de diff&#233;rentes couleurs et professions, et Africains de diverses cultures et langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les esclavagistes et les esclaves il y avait la figure de l'homme libre pauvre, avec peu de possibilit&#233;s d'ascension sociale, mais de &#171; sang pur &#187;. Ceux-ci travaillaient comme administrateurs, caissiers, fermiers, marins, vendeurs ou bien entraient dans le bas clerg&#233;, ou occupaient des charges civiles et militaires inf&#233;rieures, ou encore se partageaient les activit&#233;s artisanales avec les captifs de profit ou de location (voir note). Les postes de prestige &#233;taient le semi-privil&#232;ge des Portugais de naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Salvador, les hommes libres de couleur &#233;taient contract&#233;s comme artisans, dans le petit commerce, comme soldats et sous-officiers de premi&#232;re ligne, toujours pour une solde de mis&#232;re. Pour survivre les soldats avaient coutume d'avoir un second travail. Leur sort &#233;tait d&#233;primant. En plus des possibilit&#233;s restreintes d'insertion &#233;conomique, on les stigmatisait pour la couleur de leur peau, qui leur fermait l'acc&#232;s aux postes civils, religieux et administratifs interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du XVIIIe si&#232;cle le Br&#233;sil &#233;tait la grande source de revenus de la classe dominante. Le monopole commercial et les diverses taxes consommaient une partie des revenus et ench&#233;rissaient le co&#251;t de la vie au Br&#233;sil. La population pauvre de Salvador avait r&#233;ellement faim et se voyait condamn&#233;e &#224; mendier de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les leaders locaux se renfor&#231;ait l'id&#233;e du caract&#232;re parasitaire qu'impliquait le r&#233;gime colonial, sentiment renforc&#233; par l'ind&#233;pendance des USA et par les id&#233;es lib&#233;rales et r&#233;volutionnaires fran&#231;aises. Dix ann&#233;es plus t&#244;t avait &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;e la conspiration pour l'ind&#233;pendance de Minas Gerais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1798, Salvador connut l'unique r&#233;volte coloniale et imp&#233;riale du Br&#233;sil qui, avec des articulations traversant la soci&#233;t&#233; coloniale de bas en haut, proposa une r&#233;organisation d&#233;mocratique pour la r&#233;gion, en dehors de l'ordre esclavagiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les captifs de location (cativos de aluguel) &#233;taient lou&#233;s &#224; un priv&#233; ou &#224; l'&#201;tat par leur ma&#238;tre, qui recevait l'int&#233;gralit&#233; de leur &#8220;loyer&#8221;, &#224; charge pour lui de nourrir l'esclave, les loueurs n'&#233;tant pas int&#233;ress&#233;s &#224; entretenir sa force de reproduction. Les captifs de profit (cativos ganhadores) se d&#233;pla&#231;aient librement, offrant leurs produits et services, &#224; condition de payer un gain fixe &#8211;quotidien, hebdomadaire ou mensuel) &#224; leur ma&#238;tre. Celui-ci investissait ce gain dans la nourriture, l'habillement, le logement et la constitution d'un petit p&#233;cule pour l'esclave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; II- Les pamphlets s&#233;ditieux de Salvador de Bahia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 ao&#251;t 1798, Fernando Jos&#233; de Portugal, gouverneur de la capitainerie de Bahia, alors &#226;g&#233; de 43 ans, apprit que le matin avaient &#233;t&#233; trouv&#233;s dans diff&#233;rents lieux fr&#233;quent&#233;s de Salvador 12 bulletins &#171; s&#233;ditieux &#187;, appelant le peuple &#224; constituer la R&#233;publique Bahianaise. Bien que peu de citoyens sussent lire, le contenu des manifestes eut une grande r&#233;percussion, se transmettant de bouche &#224; oreille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des pamphlets d'ao&#251;t 1798&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation subversive n'&#233;tait pas quelque chose de nouveau. Au d&#233;but de 1797, on avait trouv&#233; des &#171; bulletins injurieux &#187; sur le &#171; gibet public &#187;, lequel avait &#233;t&#233; br&#251;l&#233; dans la qui&#233;tude de la nuit et on ne put ni d&#233;couvrir ni punir les responsables. L'acte &#233;tait constitutif du d&#233;lit de l&#232;se-majest&#233;, vu que la macabre m&#233;thode avait une signification symbolique. En juillet de cette m&#234;me ann&#233;e, d'autres manifestes avaient circul&#233; dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;crits on peut appr&#233;cier l'orientation politique, sociale et syndicale du mouvement. Dans ceux-ci on d&#233;fendait l'&#233;galit&#233;, la r&#233;publique, l'ind&#233;pendance de Bahia, la libert&#233; du commerce et de la production, on faisait l'&#233;loge de la France r&#233;volutionnaire et on exigeait la fin de la discrimination sociale et raciale. On mena&#231;ait les cl&#233;ricaux qui combattraient les id&#233;es nouvelles et on promettait une augmentation de soldes pour les soldats et officiers de premi&#232;re ligne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les d&#233;clarations de t&#233;moins qui avaient entendu parler des manifestes, sans les avoir lus, il se produisit une claire reformulation du contenu des textes, proposant des revendications des classes subalternes qui n'y &#233;taient pas contenues, comme l'&#233;laboration d'une table pour fixer le prix de la viande. Une telle reconstruction des contenus des messages des manifestes &#233;tait normale dans une soci&#233;t&#233; en tension, dans laquelle le principal v&#233;hicule de transmission des informations &#233;tait la communication orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouverneur ordonna qu'on ouvre une enqu&#234;te sur les faits. Avant que commencent les investigations la rumeur courait dans la ville que les pamphlets &#233;taient l'oeuvre de soldats et officiers mul&#226;tres de la cit&#233;. Comme dans la Bahia d'alors l'alphab&#233;tisation &#233;tait une chose rare, surtout parmi la population pauvre, les autorit&#233;s compar&#232;rent l'&#233;criture de l'auteur des manifestes avec celle des p&#233;titions et r&#233;clamations des archives du Secr&#233;tariat du Gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La recherche polici&#232;re d&#233;boucha sur un suspect. Le 16 ao&#251;t on arr&#234;ta le mul&#226;tre Domingos da Silva Lisboa, natif de Lisbonne, de parents inconnus, &#226;g&#233; de 43 ans, plaideur et auteur de lettres, aux id&#233;es anti-religieuses et libertaires, r&#233;sidant &#224; la ladeira da Misericordia (cote de la Mis&#233;ricorde). Dans sa maison on trouva plus de 100 livres, ce qui pour l'&#233;poque &#233;tait une biblioth&#232;que &#233;norme, surtout pour un homme aux faibles ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le 22 ao&#251;t apparurent deux autres lettres dans une &#233;glise, de la m&#234;me &#233;criture, alors que Domingos da Silva Lisboa &#233;tant emprisonn&#233;, l'enqu&#234;te fut reprise et elle conduisit &#224; l'arrestation, le 23, de Luis Gonzaga das Virgens, &#233;galement mul&#226;tre, de 36 ans, natif de Salvador, soldat du 2e R&#233;giment de Premi&#232;re Ligne. &#192; son domicile on trouva de la litt&#233;rature lib&#233;rale. Peu de temps avant, Luis Gonzaga, petit-fils de Portugais et d'esclave africaine, avait r&#233;clam&#233; que son ascension ne soit pas entrav&#233;e par des questions de couleur de peau.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'emprisonnement du soldat acc&#233;l&#233;ra la conspiration et fit &#233;merger, au centre des &#233;v&#233;nements, Jo&#227;o de Deus do Nascimento, mari&#233;, mul&#226;tre, caporal de l'Escouade du 2e R&#233;giment de la Milice, 27 ans, et tailleur install&#233; dans la rue Direita. Craignant que Luis Gonzaga ne parle, les conspirateurs organis&#232;rent une r&#233;union pr&#233;cipit&#233;e des affili&#233;s et sympathisants, avec pour objectif de d&#233;battre sur le d&#233;veloppement de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre de la nuit du 25 ao&#251;t, dans le champ du Dique (talus), dans la zone Desterro (Bannissement) &#224; Salvador, fut un &#233;chec, &#233;tant donn&#233; qu'il n'y eut que quatorze participants sur les deux cents esp&#233;r&#233;s, peut &#234;tre du fait que la convocation avait &#233;t&#233; mal diffus&#233;e. Il s'en fallu de peu que les r&#233;volutionnaires ne soient arr&#234;t&#233;s. Sur un terrain voisin, une centaine de soldats et d'esclaves veillaient arm&#233;s de massues. Il est possible que quelques jacobins abandonn&#232;rent le champ du Dique en constatant l'inad&#233;quate structuration r&#233;pressive organis&#233;e par le lieutenant-colonel Alexandre Teot&#244;nio de Souza, qui allait couvert d'une cape blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union fut d&#233;nonc&#233;e par le mar&#233;chal-ferrant affranchi Joaquim Jos&#233; da Veiga et par le barbier Joaquim Jos&#233; de Santana, capitaine du 3e R&#233;giment de Milices des Homes de Coouleur Homen Pretos. Invit&#233;s par la r&#233;volte, les indicateurs de la police choisirent de d&#233;noncer pour ne pas encourir le crime de haute trahison et ainsi recevoir les r&#233;compenses esp&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des d&#233;clarations post&#233;rieures, Joaquim Jos&#233; de Santana fit part de son espoir d'&#234;tre promu, car selon lui il le m&#233;ritait grandement, pour l'important r&#244;le qu'il jouait dans sa milice. Sur instruction des autorit&#233;s, Joaquim Jos&#233; de Santana et Joaquim Jos&#233; da Veiga particip&#232;rent &#224; la r&#233;union du champ du Dique pour pouvoir mieux trahir leurs compagnons. Il y eut une troisi&#232;me d&#233;nonciation, plus tardive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-La dure r&#233;pression contre la R&#233;publique Sociale Bahianaise &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;couverte des pamphlets &#224; Salvador occasionna le d&#233;but des investigations polici&#232;res qui pr&#233;cipit&#232;rent la conspiration en vue d'aboutir &#224; un Bahia r&#233;publicain et sans esclavage. &#201;tant donn&#233; les d&#233;nonciations le mouvement fut r&#233;prim&#233; avant de faire irruption. L'enqu&#234;te sur les faits provoqua la d&#233;nonciation de 34 conspirateurs, bien qu'il est certain que le nombre d'hommes libres et d'esclaves impliqu&#233;s &#233;tait plus important. On inculpa surtout des &#171; personnes insignifiantes &#187;, &#233;tant donn&#233; que le gouverneur s'effor&#231;a que les &#171; hommes bons &#187; de la capitainerie ne soient pas d&#233;nonc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exclusion de l'investigation des jacobins &#233;minents fit que la solidarit&#233; sociale fut maintenue et que la porte resta ouverte &#224; de futures n&#233;gociations. &#192; ce moment-l&#224; les secteurs &#233;clair&#233;s (ilustrados) de l'administration lusitanienne se propos&#232;rent d'emp&#234;cher l'ind&#233;pendance coloniale en gagnant &#224; eux les classes prol&#233;tariennes br&#233;siliennes pour la proposition d'&#233;mancipation du Br&#233;sil au sein de l'empire lusitanien reconstruit, qui conserverait le Portugal comme centre politique et commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conspirateurs s'identifiaient par des particularit&#233;s externes comme la barbe longue, une boucle dans l'une des oreilles et une coquille d'Angola &#224; leurs cha&#238;nes des montres. Le drapeau du soul&#232;vement avait une frange blanche, entre deux bleues, parall&#232;les jusqu'&#224; la hampe. Sur la frange blanche, une grande &#233;toile et cinq petites, avec la devise &#171; nec mergitur &#187; [&#171; mais ne coule pas &#187; (sous-entendu : &#171; fluctuat &#187; : elle flotte&#8230;, NdR].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouverneur fut accus&#233; de passivit&#233;, &#233;tant donn&#233; que bien qu'alors qu'il avait &#233;t&#233; avis&#233; des fran&#231;aiseries (francesias) en ao&#251;t 1797 par le commandant du 2e R&#233;giment de Ligne, il avait seulement r&#233;primand&#233; le lieutenant Hermogenes Francisco de Aguilar Pantoja, qui &#233;tait la t&#234;te propagandiste la plus visible des id&#233;es lib&#233;rales. Selon certains historiens, son apathie &#233;tait due &#224; son manque de d&#233;cision. Le fait que Fernando Jos&#233; de Portugal agissait de mani&#232;re temporisatrice, attitude per&#231;ue par les absolutistes comme de la complaisance et par les lib&#233;raux comme de la sympathie, venait de ce qu'il se rendait compte de l'impossibilit&#233; de maintenir la domination sur le Br&#233;sil seulement &#224; travers la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa passivit&#233; face aux fran&#231;aiseries &#233;tait due aussi au r&#233;sultat incertain de l'affrontement entre le lib&#233;ralisme et l'absolutisme en Europe. Les conspirateurs bahianais attendaient que le gouverneur dirige le nouveau pouvoir et comptaient sur le d&#233;barquement fran&#231;ais &#224; Bahia. En ao&#251;t 1797, peut-&#234;tre sur la suggestion des conspirateurs, un officier fran&#231;ais pr&#233;senta au Directoire une proposition d'attaque de Salvador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix des accus&#233;s &#233;taient blancs et les 24 autres &#233;taient des hommes de couleur &#8211; brun clair, sombre, couleur ma&#239;s et fonc&#233;s. Il n'y avait un seul esclave noir. Les r&#233;volutionnaires &#233;taient des officiers et des soldats de troupe et des tailleurs. Il y avait un professeur, deux orf&#232;vres, un brodeur, un ma&#231;on, un n&#233;gociant, un charpentier et un chirurgien non dipl&#244;m&#233;. Onze accus&#233;s &#233;taient des esclaves et 23 libres et affranchis. Les esclaves &#233;taient surtout tailleurs, cordonniers, coiffeurs, etc. mis en location.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conspiration fut durement r&#233;prim&#233;e. En plus des condamnations &#224; l'exil, quatre leaders du mouvement furent pendus et &#233;cartel&#233;s sur la Pra&#231;a da Piedade, le 8 novembre 1799, tandis que sonnaient les cloches des &#233;glises de Salvador. Les soldats Luis Gonzaga das Virgens et Lucas Dantas de Amorin, 24 ans, qui &#233;tat aussi menuisier, qui r&#233;sista courageusement &#224; la prison ; les tailleurs Jo&#227;o de Deus do Nascimento et Manuel Faustino dos Santos Lira, affranchis, tous mul&#226;tres. Un esclave, Ant&#244;nio Jos&#233;, se suicida en prison. Les corps des ex&#233;cut&#233;s rest&#232;rent expos&#233;s &#233;cartel&#233;s comme exemple public. Leurs familles furent soumises &#224; l'infamie durant trois g&#233;n&#233;rations. Un cinqui&#232;me leader condamn&#233; &#224; mort ne fut jamais trouv&#233;. Des esclaves qui avaient particip&#233; &#224; la conspiration furent condamn&#233;s &#224; cinq cent coups de fouet, vendus et exp&#233;di&#233;s dans la redout&#233;e capitainerie de Rio Grande do Sul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques hommes blancs accus&#233;s furent en g&#233;n&#233;ral condamn&#233;s &#224; des peines l&#233;g&#232;res. Parmi eux il y avait Cipriano Jos&#233; Barata de Almeida, chirurgien, propri&#233;taire de 35 livres, et le lieutenant Hermogenes Pantoja, de 28 ans, possesseur de 26 livres, qui avait dit qu'&#224; son mariage il suffirait, pour c&#233;l&#233;brer la c&#233;r&#233;monie, que les fianc&#233;s confirment leur d&#233;sir d 'union. En plus d'&#234;tre lib&#233;ral et r&#233;publicain, il &#233;tait ath&#233;e ! D'autres membres &#233;minents de la soci&#233;t&#233; bahianaise partisans des jacobins ou impliqu&#233;s &#224; leurs c&#244;t&#233;s ne furent jamais inqui&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV- La conspiration des humbles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Primeira revolu&#231;&#227;o social brasileira, Alfonso Ruy mentionne comme dirigeants de la conspiration bahianaise le pharmacien Jo&#227;o Ladislau de Figueiredo Melo, le cur&#233; Francisco Agostinho Gomes, l'intellectuel Jos&#233; da Silva Lisboa, le senhor de engenho [1] Inacio Siqueira Bulc&#227;o, le chirurgien Cipriano de Almeida Barata, le professeur de rh&#233;torique Francisco Muniz Barreto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible qu'il n'y ait pas eu de participation organique de la part de Bahianais &#233;minents dans les faits d'ao&#251;t et dans l'agitation jacobine qui se d&#233;veloppait depuis le d&#233;but de 1798 &#224; travers des actions directes comme l'incendie de la potence ou l'affichage des manifestes. Les liens entre les lib&#233;raux de la classe des propri&#233;taires et les jacobins noirs n'ont pas encore &#233;t&#233; &#233;claircis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es d&#233;mocratiques et r&#233;volutionnaires fran&#231;aises expos&#233;es par des membres des classes poss&#233;dantes bahianaises avaient &#233;t&#233; re&#231;ues par des artisans et soldats de couleur, libres et esclaves, surtout de Salvador, qui les adapt&#232;rent &#224; la r&#233;alit&#233; sociale d'alors, r&#233;digeant le programme politique le plus avanc&#233; qui ait &#233;t&#233; propos&#233; au Br&#233;sil, comparable avec celui de l'Abolition (de l'esclavage, NdR), en 1888.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible que le lieutenant Hermogenes Aguilar Pantoja ait servi de pont entre les membres &#233;clair&#233;s et lib&#233;raux des classes poss&#233;dantes et les jacobins des classes subalternes. La diffusion des manifestes peut avoir &#233;t&#233; une tentative de mettre fin &#224; l'ind&#233;cision des lib&#233;raux des &#233;lites, peut-&#234;tre paralys&#233;s par les questions que leur posait l'abolition de l'esclavage. Ils r&#234;vaient de l'ind&#233;pendance de Bahia mais craignaient la lib&#233;ration des captifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque d'int&#233;r&#234;t de la part des id&#233;ologues nationaux pour la conspiration de 1798 tient &#224; son caract&#232;re pl&#233;b&#233;ien et &#224; son radicalisme et non au fait qu'elle ne soit jamais pass&#233; &#224; l'action. Un mouvement d'esclavagistes, cl&#233;ricaux et intellectuels comme la Conjuration Mini&#232;re [2] s'effondra, en 1789, comme un ch&#226;teau de cartes, et elle a &#233;t&#233; pourtant beaucoup c&#233;l&#233;br&#233;e (elle a m&#234;me droit &#224; un mus&#233;e &#224; Ouro Prieto, NdR). A Bahia les hommes riches particip&#232;rent &#224; la conspiration, mais l'h&#233;g&#233;monie du mouvement appartenait dans ses moments aux soldats, artisans et captifs de Salvador.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Minas Gerais, un seul conspirateur, le plus humble, fut ex&#233;cut&#233;. A Bahia, on pendit 4 leaders, avec la corde plus haute que d'habitude comme signe de la gravit&#233; du d&#233;lit. En 1798 on r&#233;prima durement les hommes qui ne supportant pas &#171; en paix la diff&#233;rence de condition et l'in&#233;galit&#233; de fortunes qui compose l'admirable oeuvre de la soci&#233;t&#233; civile &#187;, pr&#233;tendaient imposer les &#171; principes anti-sociaux d'&#233;galit&#233; absolue &#187;, &#171; sans distinction de couleur et de formation &#187; comme le rapportent les minutes du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; qu'elle fut l'oeuvre d'humbles travailleurs de couleur, la conspiration r&#233;usit, fait unique dans l'histoire du Br&#233;sil, &#224; incorporer les captifs et &#224; proposer la fin de l'esclavage, sans doute sous l'inspiration de la d&#233;cision de la Convention en 1794 d'abolir cette institution dans les colonies fran&#231;aises. Jamais appliqu&#233;e, cette mesure r&#233;volutionnaire fut annul&#233;e, en 1802, par Napol&#233;on, dont les troupes furent d&#233;faites par les captifs de Saint-Domingue, o&#249;, en 1804, fut proclam&#233;e l'ind&#233;pendance d'Ha&#239;ti, libre de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation d'esclaves et la proposition de l'abolition de l'esclavage assur&#232;rent la caract&#232;re r&#233;volutionnaire au mouvement, dans une colonie o&#249; l'esclavage &#233;tait la forme dominante d'exploitation du travail. La victoire du mouvement et la r&#233;ussite de son programme auraient anticip&#233; de presque un si&#232;cle, &#224; Bahia, l'entr&#233;e en vigueur de relations de travail libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conspiration des Tailleurs de 1798 peut &#234;tre rapproch&#233;e de la Conjuration des &#201;gaux de Gracchus Babeuf, qui &#233;choua en France deux ann&#233;es plus t&#244;t, en 1796. La premi&#232;re proposait, &#224; Bahia, la fin de la discrimination et de l'esclavage. La seconde marquait l'entr&#233;e ind&#233;pendante des travailleurs dans les questions politiques et sociales, quand le capitalisme constituait d&#233;j&#224; en France la forme de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mant&#232;lement de la Conspiration des Tailleurs ne signifia pas la fin de l'agitation sociale. A partir de 1807, la tension parmi les travailleurs esclaves de Salvador explosa p&#233;riodiquement pour d&#233;boucher sur la grande r&#233;volte des esclaves de 1835. En d&#233;pit de la violence de la R&#233;volte Mal&#234;, son programme repr&#233;sentait une r&#233;gression par rapport aux id&#233;es ant&#233;rieure, vu qu'elle proposait la mort et la r&#233;duction en esclavage pour les blancs et les mul&#226;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression du mouvement de 1798 posa une pierre lapidaire sur la lutte et son programme pour toute la soci&#233;t&#233;, &#233;teignant la proposition de contenu d&#233;mocratique et r&#233;volutionnaire des secteurs exploit&#233;s d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique et &#233;galitaire. Il faudra attendre neuf d&#233;cennies pour que des abolitionnistes radicalis&#233;s proposent un programme d&#233;mocratique aussi vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; NdT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le senhor de engenho &#233;tait le propri&#233;taire de l'hacienda et du complexe de production de sucre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La Conjura&#231;&#227;o Mineira est le nom donn&#233; &#224; une tentative de r&#233;volte &#224; Minas Gerais, dans laquelle les leaders arr&#234;t&#233;s furent accus&#233;s de manque de loyaut&#233; au roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=esclavage+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ensuite sur l'esclavage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article888</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article888</guid>
		<dc:date>2009-01-22T18:16:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Antilles</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quoi de neuf aux Antilles ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La Guadeloupe maintient sa gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la vie ch&#232;re et cette r&#233;volte sociale va bient&#244;t &#234;tre rejointe par la Martinique (voir la fin du texte). &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle perspective pour la lutte des travailleurs des Antilles ? &lt;br class='autobr' /&gt;
UGTG &lt;br class='autobr' /&gt;
Chanson des manifestants : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La Gwadloup s&#233; tan nou, la Gwadloup a pa ta yo : yo p&#233;k&#233; f&#232; sa yo vl&#233; an p&#233;yi an-nou&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; (La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas : ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays). (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118" rel="tag"&gt;Antilles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot237" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/guadeloupe-greve_346-2.jpg' width=&#034;605&#034; height=&#034;356&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot118&#034;&gt;Quoi de neuf aux Antilles ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guadeloupe maintient sa gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la vie ch&#232;re et cette r&#233;volte sociale va bient&#244;t &#234;tre rejointe par la Martinique (voir la fin du texte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article949&#034;&gt;Quelle perspective pour la lutte des travailleurs des Antilles ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://ugtg.org/article_687.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UGTG&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chanson des manifestants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Gwadloup s&#233; tan nou, la Gwadloup a pa ta yo : yo p&#233;k&#233; f&#232; sa yo vl&#233; an p&#233;yi an-nou&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas : ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la lutte de la population travailleuse de Guadeloupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis deux semaines, la population guadeloup&#233;enne est en lutte. Un ras le bol g&#233;n&#233;ralis&#233; s'exprime dans la rue : travailleurs du public comme du priv&#233;, retrait&#233;s, ch&#244;meurs, tous ensemble contre &#171; les profits abusifs &#187;, la vie ch&#232;re, pour la baisse des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, pour une baisse des imp&#244;ts, du prix des carburants, pour le gel des loyers et, enfin, une augmentation des salaires de 200 euros. La population n'en d&#233;mord pas et elle a bien raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs et les milieux populaires de Guadeloupe sont en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la vie ch&#232;re depuis plus d'une semaine et mobilis&#233;s toutes cat&#233;gories confondues, bloquant les routes par des barricades, occupant les usines et les lieux de travail, passant d'entreprise en entreprise pour tisser des liens entre gr&#233;vistes et convaincre les h&#233;sitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De jour en jour, les manifestations grossissent (la derni&#232;re a rassembl&#233; au moins 20.000 personnes). Des soutiens &#224; la lutte affluent de partout. Face &#224; cette mobilisation, l'Etat fran&#231;ais a renforc&#233; la pr&#233;sence des forces de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De notre c&#244;t&#233;, notre soutien &#224; cette lutte doit passer par une mobilisation commune car des deux c&#244;t&#233;s de l'oc&#233;an, nous avons affaire aux m&#234;mes exploiteurs et au m&#234;me Etat qui sert leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/guadeloupe-carburant-essence-2713810pfzch_1378.jpg' width=&#034;358&#034; height=&#034;202&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un barrage routier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22/01:2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois jours, la population travailleuse de Guadeloupe est en r&#233;volte : &#233;meutes et barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la vie ch&#232;re !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POINTE-&#192;-PITRE (AFP) &#8212; Des barricades constitu&#233;es de d&#233;tritus, poubelles renvers&#233;es, pneus usag&#233;s, gravats et branchages, ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;es aux premi&#232;res heures de jeudi, au troisi&#232;me jour de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui affecte la Guadeloupe contre la vie ch&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit de mercredi &#224; jeudi, les pompiers ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; intervenir dans plusieurs communes de l'&#238;le et &#224; quatorze reprises &#224; Pointe-&#224;-Pitre pour des feux de poubelles ou de voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon leur &#233;tat-major, ils ont &#233;t&#233; caillass&#233;s plusieurs fois et souhaitent dor&#233;navant intervenir sous la protection des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;fet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges, a convi&#233; le collectif &#034;contre l'exploitation outranci&#232;re&#034; (&#034;kont pwofitasyon&#034;), constitu&#233; d'une cinquantaine de syndicats, partis politiques et associations culturelles, &#224; une table ronde jeudi apr&#232;s-midi en pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif ne s'&#233;tait pas rendu mercredi &#224; la &#034;r&#233;union de travail&#034; &#224; laquelle les avaient convi&#233;s les pr&#233;sidents des conseils g&#233;n&#233;ral et r&#233;gional, Jacques Gillot et Victorin Lurel, et le pr&#233;sident de l'Association des maires, Jean-Claude Malo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evoquant jeudi matin, sur Radio Cara&#239;bes Internationale (RCI), les &#034;blocages de routes&#034; et l'envahissement la veille de l'a&#233;rogare internationale de Pointe-&#224;-Pitre par environ 500 manifestants, M. Lurel a affirm&#233; que &#034;ce n'est pas &#231;a qu'il faut attendre d'un mouvement d'une telle ampleur : &#231;a devient quelque chose d'ing&#233;rable&#034;, a-t-il estim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, les 115 stations-services de l'&#238;le sont ferm&#233;es depuis lundi, leurs g&#233;rants exigeant l'arr&#234;t de toute nouvelle implantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans notre situation, marqu&#233;e par un ch&#244;mage massif [1], l'emploi pr&#233;caire et les licenciements dont les femmes sont particuli&#232;rement victimes, la hausse du co&#251;t de la vie touche toutes les cat&#233;gories sociales et plus durement encore ceux qui ont peu de ressources financi&#232;res. Les cons&#233;quences aujourd'hui sont un appauvrissement et un surendettement entra&#238;nant l'impossibilit&#233; de payer les loyers, les charges, les imp&#244;ts et de subvenir &#224; ses besoins et &#224; ceux de sa famille &#187;, explique l'Union G&#233;n&#233;rale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG), signataire d'un appel &#224; la gr&#232;ve reconductible lanc&#233; par une cinquantaine d'organisations syndicales, politiques et associatives qui ont &#233;labor&#233; une plateforme commune contenant douze points de revendications :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La baisse imm&#233;diate de 50 centimes du prix des carburants&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La baisse des prix de tous les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et de tous les imp&#244;ts et taxes&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Une augmentation du salaire minimum de 200 &#8364; nets&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La baisse du prix de l'eau et des transports de passagers&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La titularisation de tous les pr&#233;caires publics et priv&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le reversement des sommes abusivement per&#231;ues par la SARA [2] et les Collectivit&#233;s dans un fonds destin&#233; &#224; la formation et &#224; l'emploi des jeunes et &#224; l'organisation d'un v&#233;ritable service des transports de passagers&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La restitution par la SARA des 3 millions d'&#8364; vers&#233;s par l'Etat et les Collectivit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La cr&#233;ation, en remplacement de la SARA, d'un service public d'approvisionnement et de distribution des carburants garantissant la transparence, la qualit&#233; et l'acc&#232;s &#224; un carburant au meilleur co&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La sauvegarde du patrimoine de l'H&#244;tel Kalenda et le reclassement de tous les salari&#233;s de Kalenda et Anchorage&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le d&#233;veloppement de notre production afin de satisfaire les besoins de la population&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le droit &#224; l'&#233;ducation et &#224; la formation pour la jeunesse et les travailleurs de notre pays&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; La priorit&#233; &#224; l'embauche et aux postes de responsabilit&#233; pour les Guadeloup&#233;ens et le refus du racisme &#224; l'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Priv&#233;s ou publics, les secteurs de l'&#233;ducation, des transports, du b&#226;timent, de la sant&#233;, du tourisme, de l'h&#244;tellerie, de l'&#233;lectricit&#233; ou de l'eau sont touch&#233;s. M&#234;me le P&#244;le Emploi est en gr&#232;ve. Des rassemblements, des occupations et des op&#233;rations escargot s'organisent. En face des gr&#233;vistes, les forces de l'ordre ont re&#231;u la consigne de s'opposer &#224; tout barrage, occupation ou tentative de blocage de la circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deux jours le mouvement s'est durci et, selon &#171; Kont pwofitasyon &#187;, ne s'arr&#234;tera pas tant que les revendications ne seront pas satisfaites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] On rappelle que la plupart des statistiques officielles sur le taux de ch&#244;mage ou le nombre de RMIstes &#233;ludent g&#233;n&#233;ralement les DOM, les chiffres jet&#233;s en p&#226;ture &#224; l'opinion publique ne concernant que la sacro-sainte m&#233;tropole afin d'avoir l'air nettement plus reluisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La SARA (Soci&#233;t&#233; Anonyme de Raffinerie des Antilles), qui approvisionne en produits p&#233;troliers la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, est d&#233;sign&#233;e comme principale responsable des prix &#233;lev&#233;s du carburant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH200/9207-1vignette_250-e5add.jpg?1776314863' width='250' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une foule &#233;norme a afflu&#233; hier dans les rues de Pointe-&#224;-Pitre, en Guadeloupe. Entre 20 000 manifestants, selon la police et 65 000, d'apr&#232;s l'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs guadeloup&#233;ens, venus de partout, ont r&#233;pondu &#224; l'appel du collectif Liyannaj kont pwofitasyon (mouvement contre l'exploitation outranci&#232;re) en gr&#232;ve &#171; contre la vie ch&#232;re et pour le pouvoir d'achat &#187;. Une mobilisation in&#233;dite sur l'archipel paralys&#233; depuis le 20 janvier. Le collectif qui f&#233;d&#232;re quarante-sept partis, organisations syndicales, associatives et culturelles a fait la d&#233;monstration qu'il pouvait fortement peser dans les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une plate-forme de 146 points de revendication d&#233;clin&#233;s sous dix th&#232;mes dont certains jug&#233;s prioritaires, le collectif r&#233;clame &#171; tout de suite &#187; le rel&#232;vement d'au moins 200 euros des bas salaires, retraites et minima sociaux. Les n&#233;gociations, entam&#233;es lundi (retransmises en direct sur RFO et Canal 10) entre les repr&#233;sentants du collectif, de l'Etat, des collectivit&#233;s et des ex&#233;cutifs locaux ainsi que des socio-professionnels ont tourn&#233; court mercredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;quisition. Les g&#233;rants des stations-service, qui ont lanc&#233;, le 19 janvier, un mouvement de gr&#232;ve parall&#232;le exigent, eux, le gel de toute nouvelle implantation. Les 115 stations-service sont ferm&#233;es au public mais huit d'entre elles sont r&#233;quisitionn&#233;es pour les v&#233;hicules prioritaires. &#171; Le probl&#232;me, c'est l'essence. On est pratiquement confin&#233;s. On ne sort qu'exceptionnellement &#187;, reconna&#238;t Rudy, un gaillard de 34 ans. Cet artisan &#233;lectricien des Abymes a pu recharger son r&#233;servoir gr&#226;ce &#224; la d&#233;brouille. &#171; J'ai pu travailler deux jours gr&#226;ce &#224; un client qui poss&#232;de des camions et sa propre pompe &#224; essence. Mais il ne peut plus me fournir. Alors, je vais rester &#224; la maison. Pour l'alimentation, il y a encore une petite boutique qui a un peu de stock. Et on mangera les bananes du jardin&#8230; &#187; Et tous les moyens sont bons pour trouver du carburant. Les moins scrupuleux siphonnent des v&#233;hicules en per&#231;ant les r&#233;servoirs et les plaintes ne cessent d'affluer dans les commissariats. Pour la plupart des automobilistes, le dernier plein remonte au 17 ou 18 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bus ne circulent plus, les &#233;tablissements scolaires, l'universit&#233;, les hypermarch&#233;s, des administrations et la plupart des entreprises et commerces sont ferm&#233;s, les touristes immobilis&#233;s dans les h&#244;tels, les agriculteurs et &#233;leveurs &#224; la peine : la Guadeloupe est au point mort. Jarry, quartier de Baie-Mahault, c&#339;ur des affaires, de l'industrie et des services, est quasiment d&#233;sert. L'activit&#233; portuaire est ralentie par une gr&#232;ve des douaniers. Mais si les avions ont parfois du retard, les vols long-courriers sont normalement assur&#233;s. A Pointe-&#224;-Pitre, les rares commer&#231;ants qui se risquent &#224; ouvrir sont r&#233;guli&#232;rement &#171; invit&#233;s &#187; &#224; baisser leur rideau par des groupes de manifestants intimidants. A Basse-Terre, la pr&#233;fecture, comme &#224; Pointe-&#224;-Pitre, les rues portent les stigmates des derniers d&#233;bordements : poubelles renvers&#233;es et carcasses de voitures br&#251;l&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidarit&#233;. Le Medef a fait ses comptes : chaque jour de gr&#232;ve est estim&#233; &#224; une perte de 20 millions d'euros. &#171; Le gros point d'interrogation est de savoir de quoi demain sera fait &#187;, r&#233;sume Odile, chef d'une petite entreprise de communication. Directrice d'&#233;cole, Monette, solidaire du mouvement, &#233;voque un moment &#171; historique &#187; et ne croit pas au pourrissement de la situation. La crainte est, en effet, que le conflit s'enlise et que la tension, palpable, monte d'un cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cageots. Comme toujours, face au manque, la solidarit&#233; s'organise entre amis, parents et voisins. Des producteurs et des &#233;leveurs proposent des op&#233;rations avantageuses aux consommateurs. Mercredi, un mara&#238;cher de Saint-Fran&#231;ois, au bout de la Grande-Terre, a invit&#233; la population &#224; venir cueillir des produits frais. A 10 euros le cageot de tomates, les gens se sont ru&#233;s dans ses champs d&#232;s 5 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les n&#233;gociations pourraient reprendre. Mais un accord ne r&#233;glerait pas l'&#233;pineux probl&#232;me du combustible confisqu&#233; par des g&#233;rants de stations d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOLIDAIRES DU PEUPLE GUADELOUPEEN ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi, 30 Janvier 2009 14:47 &lt;br class='autobr' /&gt;
Un puissant mouvement social et populaire se d&#233;veloppe en Guadeloupe depuis le mois de d&#233;cembre dernier avec Liyannaj Kont Pwofitasyion. Quarante-neuf organisations syndicales, politiques, populaires, culturelles et sportives s'&#233;l&#232;vent contre la vie ch&#232;re, les bas salaires, les retraites et les minima sociaux mis&#233;rables, les licenciements, le ch&#244;mage. Par leur action, ces organisations ont obtenu l'adh&#233;sion de la majorit&#233; des travailleurs et du peuple guadeloup&#233;en pour une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale commenc&#233;e depuis le 20 janvier et qui va en s'amplifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement est repris dans toutes les communes, dans de tr&#232;s nombreuses entreprises tant industrielles que commerciales et agricoles et aussi dans diverses administrations. On note quotidiennement de gigantesques d&#233;fil&#233;s et rassemblements avec des manifestants enthousiastes et pacifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat fran&#231;ais par son repr&#233;sentant le pr&#233;fet, se refuse, suivant les ordres de son ministre &#224; r&#233;pondre aux l&#233;gitimes revendications et mise sur le pourrissement du mouvement. Une campagne de d&#233;nigrement est &#224; l'&#339;uvre pour critiquer les 123 points de revendications et l'exigence d'une n&#233;gociation globale et transparente. De nombreux renforts de forces de r&#233;pression venant de France arrivent en Guadeloupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;fet vient d'annoncer son d&#233;part de la table de n&#233;gociations tandis qu'Yves J&#233;go, menace de faire respecter &#171; l'ordre r&#233;publicain &#187; qui n'a jamais &#233;t&#233; menac&#233;. Ce m&#234;me J&#233;go se refuse &#224; venir en Guadeloupe n&#233;gocier tandis qu'il se rend, comme en provocation &#224; la R&#233;union. Les gr&#233;vistes et manifestants guadeloup&#233;ens ne sont pas des terroristes, ne sont pas des preneurs d'otages, ne sont pas des casseurs. Ils sont dans une d&#233;marche unitaire, responsable et exemplaire visant la construction d'une soci&#233;t&#233; de justice sociale, de dignit&#233; et de responsabilit&#233; dans leur pays. Des revendications qui par ailleurs concernent les masses laborieuses de la Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 8.000 manifestants selon la pr&#233;fecture, plus de 10.000 selon des journalistes sur place, ont parcouru les rues de Pointe-&#224;-Pitre samedi, au cinqui&#232;me jour de la la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#8220;contre la vie ch&#232;re&#8221; qui paralyse la Guadeloupe depuis mardi. Tout au long d'un parcours de plusieurs kilom&#232;tres, les manifestants scandaient en chantant &#8220;La Gwadloup s&#233; tan nou, la Gwadloup a pa ta yo : yo p&#233;k&#233; f&#232; sa yo vl&#233; an p&#233;yi an-nou&#8221; (La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas : ils ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays). Aucun incident n'a &#233;t&#233; signal&#233;. Le Collectif contre l'exploitation outranci&#232;re (&#8221;Lyannaj kont pwofitasyon&#8221;, LKP) qui regroupe la quasi-totalit&#233; des syndicats insulaires ainsi que des partis politiques et associations culturelles, a accept&#233; de participer samedi apr&#232;s-midi &#224; une table ronde organis&#233;e par le pr&#233;fet, Nicolas Desforges. Les pr&#233;sidents des Conseils r&#233;gional et g&#233;n&#233;ral, les parlementaires et le patronat local ont confirm&#233; leur participation &#224; cette premi&#232;re prise de contact depuis le d&#233;but de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale organis&#233;e par le LKP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France Infos, 24 janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mardi 20 janvier, la Guadeloupe vit au rythme d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale initi&#233;e par un collectif d'une cinquantaine d'organisations syndicales, politiques et culturelles qui, au nom de la lutte &#8220;contre la vie ch&#232;re&#8221;, a &#233;tabli un programme de 120 revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 115 stations-service de l'&#238;le sont ferm&#233;es. Des &#233;coles, magasins et centres commerciaux sont ferm&#233;s. Des services publics ne sont plus assur&#233;s, du ramassage des ordures aux transports routiers de voyageurs. Des d&#233;lestages privent d'&#233;lectricit&#233;, deux heures durant, des tranches de 20 000 abonn&#233;s non pr&#233;venus. Des coupures d'eau sont engendr&#233;es, selon la G&#233;n&#233;rale des eaux, par &#8220;des actes de malveillance perp&#233;tr&#233;s sur le r&#233;seau&#8220;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cahier de revendications du &#8220;Lyannaj kont pwofitasyon&#8221; (Collectif contre l'exploitation outranci&#232;re) r&#233;clame notamment &#8220;un rel&#232;vement imm&#233;diat et cons&#233;quent d'au moins 200 euros des bas salaires, des retraites et des minima sociaux&#8220;, celui du smic et &#8220;des salaires du secteur priv&#233;, des traitements de la fonction publique, du minimum vieillesse, des minima sociaux&#8220;, &#8220;un salaire minimum guadeloup&#233;en calcul&#233; sur le co&#251;t r&#233;el de la vie en Guadeloupe&#8220;, une &#8220;baisse significative de toutes les taxes et marges sur les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et les transports&#8221; et &#8220;des taux de la taxe sur les carburants&#8220;, la &#8220;suppression de la taxation des produits locaux&#8220;, le &#8220;gel des loyers pour une p&#233;riode ind&#233;termin&#233;e&#8220;, &#8220;l'arr&#234;t des saisies immobili&#232;res des propri&#233;t&#233;s des guadeloup&#233;ens et la restitution des biens&#8220;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, ce sont 120 revendications dont le Collectif exige qu'elles soient n&#233;goci&#233;es &#8220;en un seul lieu&#8221; avec &#8220;l'Etat, les collectivit&#233;s territoriales majeures et le patronat&#8221; local. Pour Willy Ang&#232;le, pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration locale du Medef, &#8220;les probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; ne se r&#232;glent ni dans la rue ni par d&#233;cret&#8220;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tr&#232;s activistes, centrales syndicales ind&#233;pendantistes UGTG (51,67 % des voix aux prud'homales) et CTU (8,57 %) et la plus mod&#233;r&#233;e CGTG (19,83 %), dirig&#233;e par un militant trotskiste, ont r&#233;ussi &#224; f&#233;d&#233;rer FO et la CFDT (7,24 % et 5,35 %), la CFTC et l'UNSA (3,61 % et 2,16 %), la FSU (1,41 %) et les syndicats d'enseignants, l'ensemble des syndicats de paysans producteurs de cannes &#224; sucre, le PC guadeloup&#233;en et les Verts, en s'adjoignant environnementalistes et associations de &#8220;carnavaliers&#8221; identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidents des conseils g&#233;n&#233;ral et r&#233;gional, le d&#233;put&#233; (PS) Victorin Lurel et le s&#233;nateur (app. PS) Jacques Gillot, craignent que les pr&#233;alables de n&#233;gociation pos&#233;s par le Collectif ne traduisent une volont&#233; de &#8220;marginaliser les &#233;lus&#8221; et de faire avancer des revendications statutaire qu'eux-m&#234;mes renvoient &#224; un futur lointain ou n'envisagent qu'&#224; pas compt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 janvier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations politiques martiniquaises soussign&#233;es solidaires de la lutte du peuple guadeloup&#233;en&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;clament le retrait des troupes suppl&#233;mentaires venues intimider et r&#233;primer le mouvement social :Non &#224; une nouvelle r&#233;pression sanglante comme celle de mai 67 en Guadeloupe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigent le retour du pr&#233;fet et des repr&#233;sentants de l'Etat fran&#231;ais &#224; la table pour une n&#233;gociation globale et transparente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appellent le peuple martiniquais &#224; la vigilance et &#224; la solidarit&#233; avec la lutte du peuple guadeloup&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appellent les martiniquaises et martiniquais &#224; un&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;rassemblement de solidarit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LUNDI 2 FEVRIER &#224; 18h PLACE ABBE GREGOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aux TERRES SAINVILLE FORT DE FRANCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combat Ouvrier (C.O), Groupe R&#233;volution Socialiste (GRS), MODEMAS,Mouvement Populaire Franciscain (MPF), Mouvement Populaire pour la R&#233;sistance offensive Martiniquaise (MPROM), Parti pour la Lib&#233;ration Martiniquaise (PALIMA),Parti Communiste Martiniquais (PCM), Pati Kominis pou Lend&#233;pandans ek Sosialism (PKLS), Parti Progressiste Martiniquais (PPM), Rassemblement D&#233;mocratique pour la Martinique (RDM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MARTINIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ouze syndicats martiniquais regroup&#233;s au sein d'une intersyndicale lancent un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le jeudi 5 f&#233;vrier 2009. Pour cette intersyndicale (CDMT, CFDT, CFTC, CGTM, CGTM-FSM, CSTM, UGTM, UNSA, CFE-CGC, FSU, SMBEF et SUD-PTT), il s'agit de cr&#233;er &#034;un rassemblement pour un puissant mouvement d'ensemble pour exiger une v&#233;ritable am&#233;lioration de nos conditions de vie et de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un communiqu&#233;, elle qualifie la situation en Martinique d'&#034;extr&#234;mement critique&#034;. Selon l'intersyndicale, &#034;70 000 Martiniquais vivent en dessous du seuil de pauvret&#233; et le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer&#034; alors que l'on assiste &#224; une &#034;multiplication des licenciements et de la pr&#233;carisation&#034;. Une situation qui &#034;touche les salari&#233;s de tous les secteurs d'activit&#233; et de toutes les cat&#233;gories, les retrait&#233;s, les ch&#244;meurs et les personnes &#224; handicap&#034;, indique encore l'intersyndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les organisations membres de l'intersyndicale ont &#233;labor&#233; une &#034;plate-forme revendicative en onze points&#034;. La plate-forme revendicative, accompagn&#233;e d'une demande d'audience, a &#233;t&#233; adress&#233;e, mardi, aux pr&#233;sidents des conseils g&#233;n&#233;ral et r&#233;gional, de l'association des maires ainsi qu'au pr&#233;fet de R&#233;gion, selon un responsable syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la perspective de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, certaines grandes surfaces et stations d'essence ont &#233;t&#233; prises d'assaut d&#232;s mardi soir, &#224; Fort-de-France notamment. Plusieurs mairies ont annonc&#233; la fermeture, jeudi, des services de garderies et de restauration scolaire, voire de tous les services communaux en solidarit&#233; avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;suite &#224; venir ...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH335/h_4_ill_1158762_92e7_000_par2423369-d3d5a.jpg?1776322088' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
