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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Jeunesse d'octobre 56 &#224; Budapest</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Jeunesse d'octobre 1956 &#224; Budapest &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;composition du cadavre de Staline &#8211; bien qu'on e&#251;t coll&#233; un chef de cire et qu'on e&#251;t embaum&#233; son uniforme &#8211; ne pouvait emp&#234;cher la pourriture de la dictature. Cette d&#233;composition se fit sentir dans les prisons surtout &#224; partir de 1954, pendant l'&#233;t&#233; Imre Nagy. Le changement se traduisait par une att&#233;nuation des s&#233;vices, par la possibilit&#233; d'&#233;crire et de recevoir quelques lettres, et autres menus adoucissements. (&#8230;) La d&#233;moralisation de la police (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jeunesse d'octobre 1956 &#224; Budapest&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;composition du cadavre de Staline &#8211; bien qu'on e&#251;t coll&#233; un chef de cire et qu'on e&#251;t embaum&#233; son uniforme &#8211; ne pouvait emp&#234;cher la pourriture de la dictature. Cette d&#233;composition se fit sentir dans les prisons surtout &#224; partir de 1954, pendant l'&#233;t&#233; Imre Nagy. Le changement se traduisait par une att&#233;nuation des s&#233;vices, par la possibilit&#233; d'&#233;crire et de recevoir quelques lettres, et autres menus adoucissements. (&#8230;) La d&#233;moralisation de la police secr&#232;te , l'Avo, &#233;tait le signe le plus certain, le plus &#233;c&#339;urant aussi du changement en cours. Les Avo ne savaient pas jusqu'o&#249; allait la transformation du r&#233;gime politique, et ils cherchaient &#224; prendre des gages en nous rendant de petits services : lors d'un brusque revirement, nous pourrions t&#233;moigner pour eux. Le gardien qui me giflait hier &#233;tait maintenant obs&#233;quieux. Dans leurs cerveaux de brutes, les mots n'avaient qu'un sens : les anciens ma&#238;tres disparaissaient, d'autres ma&#238;tres allaient les relayer. Et ils seraient choisis, de pr&#233;f&#233;rence, parmi ceux qui &#233;taient en prison. Peut-&#234;tre certains de nous, qui sait ? Cette masse de mercenaires arm&#233;s que repr&#233;sentait l'Avo &#233;tait en plein d&#233;sarroi : les dirigeants communistes savaient, eux, jusqu'o&#249; ils composeraient, mais ils mettaient une sorte de coquetterie &#224; n'en rien r&#233;v&#233;ler, et les Avo restaient sur leurs gardes, inquiets. L'Avo, c'&#233;tait la plus lourde hypoth&#232;que du r&#233;gime, on l'a bien vu pendant la R&#233;volution. Le 25 et le 26 octobre, par exemple, on a vu surgir dans diff&#233;rents quartiers de Budapest des voitures de l'Avo d'o&#249; ces canailles mitraillaient des femmes qui faisaient la queue devant les boulangeries. Comme s'ils tenaient &#224; exasp&#233;rer la population, &#224; susciter des actes de vengeance spectaculaires, pour permettre en retour une r&#233;pression sauvage, une r&#233;pression totale. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois premi&#232;res semaines d'octobre, (&#8230;) entre les dirigeants du Parti, l'autocritique prenait des dimensions &#233;piques, de jour en jour amplifi&#233;es, cependant que le peuple ni les intellectuels ne se tenaient pour satisfaits. Grignoter les mensonges ne suffisait d&#233;cid&#233;ment plus. Les &#233;crivains, les jeunes universitaires, les ouvriers, tous r&#233;clamaient la v&#233;rit&#233;, tant sur les actes du pass&#233; que sur la situation r&#233;elle du pays. La mise en sc&#232;ne de fun&#233;railles de Rajk visait non pas &#224; la r&#233;habilitation de la victime Rajk, mais &#224; la r&#233;habilitation de ceux qui avaient mis en place l'appareil &#224; obtenir et &#224; utiliser des aveux, de ceux qui avaient ordonn&#233; l'ex&#233;cution de l'ancien ministre, grand inquisiteur &#224; ses heures, l'emprisonnement et la torture pour sa femme et le rapt de son fils. La grossi&#232;re imagerie des chefs &#233;gar&#233;s &#233;tait remplac&#233;e &#224; pr&#233;sent par la grossi&#232;re imagerie des chefs repentants et morfondus. Les foules, certes, en avaient &#233;t&#233; saisies, mais pas comme les psychologues et propagandistes l'avaient voulu. Les Hongrois n'acceptaient plus le mensonge, que ce f&#251;t pour noircir les uns, ou pour blanchir les autres. Si, jusqu'au 6 octobre, date de ces fun&#233;railles sinistres au cimeti&#232;re Kerepesi, la r&#233;volte grondait sourdement, pendant les jours qui suivirent, elle s'exprima, pr&#233;cise et imp&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;unions du Cercle Pet&#246;fi &#233;taient en fait des r&#233;unions d'un comit&#233; permanent de pr&#233;paration r&#233;volutionnaire, une assembl&#233;e qui groupait les hommes les plus &#233;clair&#233;s, les plus conscients et qui mettait au point les cahiers de revendications de la nation. Les journaux, la radio apportaient tous les jours d'&#233;tonnantes nouvelles qui t&#233;moignaient aussi d'un &#233;branlement dans les autres pays satellites, les pays &#233;cuyers comme on dit en Hongrie. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La population d&#233;j&#224; noctambule de Budapest prenait l'habitude, &#224; pr&#233;sent, de prolonger ind&#233;finiment les discussions dans les lieux publics et dans la rue. Les dirigeants du Parti, auxquels tout contr&#244;le de l'opinion mena&#231;ait d'&#233;chapper, r&#233;p&#233;taient en vain : ne portez pas la discussion dans la rue. Mais lma rue, o&#249; ce qu'ils tenaient pour telle, p&#233;n&#233;trait partout. Les discussions du Cercle Pet&#246;fi, interdites, puis cependant reprises, avaient lieu dans des locaux de plus en plus vastes et, par un jeu de micros reli&#233;s &#224; la salle, se propageaient dans des immeubles entiers, durant ais&#233;ment de sept heures du soir &#224; trois heures du matin. Dans les expresso, dans les h&#244;tels d'&#233;tudiants, dans les couloirs des Facult&#233;s et les jardins, dans les r&#233;fectoires des usines, elles continuaient ind&#233;finiment. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a lanc&#233; l'id&#233;e de manifester ? Le mot d'ordre nous a &#233;t&#233; pass&#233; par t&#233;l&#233;phone. Nous &#233;tions tous en liaison, les responsables, ceux qui avaient la confiance des jeunes. L'id&#233;e de la manifestation &#233;tait dans l'air, depuis les fun&#233;railles de Rajk, peut-&#234;tre. Pour la premi&#232;re fois, chacun pouvait en faire &#224; sa t&#234;te, aller ou ne pas aller &#224; une d&#233;monstration, sans &#234;tre point&#233; par le secr&#233;taire du Parti ou le secr&#233;taire de la Section d'Etudes. L'occasion &#233;tait tentante. Quand le bruit courut, le mardi, que la manifestation &#233;tait interdite, les &#171; enfants &#187; (les jeunes) se mirent &#224; hurler : &#171; Nous voulons manifester. Nous n'avons jamais manifest&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi soir, pendant que dans diff&#233;rentes Universit&#233;s avaient lieu de grandes r&#233;unions et de nombreux &#171; meetings volants &#187; une centaine de d&#233;l&#233;gu&#233;s des &#233;coles d'art se rencontr&#232;rent pour d&#233;cider de l'opportunit&#233; de la manifestation et, le programme du mardi. La manifestation de solidarit&#233; pour les Polonais (eux-m&#234;mes en lutte contre la dictature et la mis&#232;re) serait-elle silencieuse ou non ? Devions-nous nous borner &#224; porter des banderoles ? Ou allions-nous crier, r&#233;p&#233;ter des mots d'ordre ? Quelqu'un proposa de manifester en silence, d'abord. Nous nous compterions. Et deux semaines plus tard, nous pourrions manifester encore et crier des slogans. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous sommes promis de d&#233;filer en rangs serr&#233;s, &#233;cole par &#233;cole, pour &#233;viter que les &#233;l&#233;ments inconnus qui poursuivaient peut-&#234;tre des buts qui n'&#233;taient pas les n&#244;tres, ne vinssent &#224; se m&#234;ler &#224; nous. Nous avons d&#233;cid&#233;, d'accord avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s d'autres &#233;coles venus nous rejoindre, que nous nous rencontrerions mardi &#224; deux heures et demi devant la statue de Pet&#246;fi. Et quel serait le parcours suivi par les diff&#233;rentes universit&#233;s ? Exigerions-nous l'arr&#234;t du trafic pendant la manifestation ? Nous nous efforcerions de tout pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le mardi se leva. D&#232;s le matin, il fallut s'occuper de la mise au point et du tirage des tracts. Nous avons envoy&#233; des &#233;missaires dans les usines, pour expliquer aux ouvriers le but de la manifestation projet&#233;e. Non, nous ne voulions pas r&#233;clamer une am&#233;lioration de la nourriture &#224; la cantine. Puis le ministre de l'Int&#233;rieur Lazlo Piros fit savoir qu'il interdisait la manifestation. Puis il fit savoir qu'il autorisait la manifestation. Et il y eut la grandeur de ces instants, autour de la statue de Bern, le g&#233;n&#233;ral polonais, le fameux insurg&#233; de 1848. Et le long stationnement d'une foule de cent mille personnes devant le Parlement, le spectacle extraordinaire des torches improvis&#233;es qui s'allumaient : pour d&#233;courager les manifestants et les obliger &#224; se disperser, le commandant de la police politique, de l'int&#233;rieur du Parlement, avait fait &#233;teindre les lumi&#232;res. Les gens mettaient le feu &#224; des journaux, aux papiers qu'ils avaient sur eux. Imre Nagy para&#238;t au balcon, trop tard, et dit quelques mots. Arrivent les premi&#232;res nouvelles de la lutte devant la Radio, la foule se divise, afflue vers les quais et les boulevards. Les uns marchent sur la Radio, les autres sur la statue de Staline. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant les grilles du parc du Mus&#233;e, les balles sifflaient d&#233;j&#224;. (&#8230;) Place du Parlement, les Avo avaient commis un massacre. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons pouss&#233; des pointes de reconnaissance dans diverses directions. Il y avait foule devant l'imprimerie &#171; V&#246;r&#246;s Csillag &#187;. Surtout des soldats, sans armes et l'air d&#233;sempar&#233;. Un groupe de civils, sans armes eux aussi, entourait une auto qu'on lan&#231;ait comme un b&#233;lier contre le portail de l'immeuble. On avait, para&#238;t-il, arr&#234;t&#233; des Avo, la police secr&#232;te, et la foule voulait leur faire un mauvais parti. Un jeune homme dont la veste laissait voir un gros pansement &#224; l'&#233;paule me dit qu'il y avait eu deux cents morts pendant la nuit. Un tank passa, la tourelle ouverte. Les femmes comme les hommes brandirent le poing vers les soldats russes, indiff&#233;rents. C'&#233;tait mon premier tank russe. Certes, les tanks hongrois &#233;taient de la m&#234;me fabrication que les russes : ils ne s'en distinguaient que par le num&#233;rotage, mais que c'&#233;tait donc curieux ces tanks du pays &#171; grand fr&#232;re &#187; parmi le petit peuple de Budapest !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rebrouss&#226;mes chemin vers le boulevard Szent Istvan, de l'autre c&#244;t&#233; de la gare de l'Ouest, d'o&#249; venait le bruit qu'on aurait dit celui des chaines train&#233;es dans quelque pacifique enfer : des tanks. Les gens passaient, sans manifester de peur ou d'&#233;tonnement. &#171; Tu as beau courir, tu n'iras pas loin &#187;, lan&#231;a un gar&#231;onnet. Les tanks prirent une rue lat&#233;rale, plut&#244;t &#233;troite : ils remplissaient presque la chauss&#233;e. C'est qu'ils ne pouvaient pas passer par le haut du boulevard o&#249; se dressaient des barricades, tous les cent m&#232;tres. Une auto blind&#233;e dont le moteur avait d&#251; &#234;tre d&#233;truit, mont&#233;e sur le trottoir, bordait la premi&#232;re barricade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, nous sommes revenus sur nos pas. Nous nous m&#234;lions &#224; des groupes qui discutaient ferme, sans s'occuper de la fusillade intermittente, et pas davantage des tanks, qui semblaient errer plut&#244;t que patrouiller. &#171; Il ne faut pas jeter la discorde entre les &#233;tudiants et les ouvriers &#187;, expliquait un cheminot moustachu relatant un incident dont il aurait &#233;t&#233; t&#233;moin devant le Parlement. &#171; On ne savait pas encore quelle tournure &#231;a prendrait &#187;, disait une femme qui se mit tout &#224; coup &#224; sangloter, et qui s'esquiva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, je m'aper&#231;us que nous marchions sur une sorte de tapis automnal. L'asphalte &#233;tait recouvert d'un rev&#234;tement &#224; dessins jaunes, bleus et noirs. Les zones de diff&#233;rentes couleurs &#233;taient nettement d&#233;limit&#233;es ; c'&#233;taient des disques fondus. La foule avait cass&#233; les vitres du Centre Culturel, une de ces &#233;l&#233;gantes librairies &#8211; salons que les Russes avaient install&#233;s dans diff&#233;rents quartiers de Budapest, et qu'on appelait les boutiques Horizons. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous e&#251;mes juste le temps de nous abriter : des rafales partaient du milieu de la chauss&#233;e. La fusillade &#233;tait intense autour de l'imprimerie Athenaeum, le si&#232;ge de quelques publications d'importance secondaire, et tenues pour divertissantes. (&#8230;) Je ne sais dire combien de temps nous avons pris ainsi l'air de la Dictature du Prol&#233;tariat, qui s'&#233;tait install&#233;e sur les boulevards. Un caf&#233; fameux, &#233;norme, celui qui s'appelait jadis le &#171; New York &#187; avait ses vitres bris&#233;es, et dans ses fauteuils s'&#233;taient install&#233;s les ouvriers de la p&#233;riph&#233;rie. On ne leur servait rien, mais, dans une rue voisine, un boulanger faisait des kifli (sorte de croissant). Des gens s'engouffraient dans la boutique et repartaient par les rues en mangeant. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re sc&#232;ne de violence, je l'ai vue devant le S&#246;rszanatorium, un local assez mal fam&#233;, d'o&#249; partaient des coups de feu. La foule prit le local d'assaut, et je vis sortir quatre hommes en uniforme : l'un d'eux fut imm&#233;diatement abattu. &#171; Il vient de tuer une femme et son gosse &#187;, cria quelqu'un. Un autre fut pris &#224; partie par la foule, s&#233;rieusement malmen&#233;, puis on le conduisit avec sollicitude dans une pharmacie. On entourait le troisi&#232;me, qu'on emmena je ne sais o&#249;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la pr&#233;fecture de Budapest, le colonel Sandor Kopacsi, cet homme vif et &#233;nergique qui avait organis&#233; le service d'ordre de la manifestation du mardi, surveille lui-m&#234;me la distribution des armes aux insurg&#233;s. Il prend garde qu'elle soit &#233;quitable. On fait la queue, pas de passe-droit. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de nous, les gens chantaient, toussaient, pleuraient. Chacun manifestait ses sentiments selon l'&#233;tat de son larynx, car la manifestation avait d&#233;j&#224; exig&#233; beaucoup, et voix et d'enthousiasme, avant que la foule ne f&#251;t parvenue au Parlement. (&#8230;) Les ouvriers de Csepel, ce groupe en tablier de cuir, la barre de fer brut &#224; la main, ils entrent tout droit dans la mythologie de la R&#233;volution. (&#8230;) La foule hurlait &#171; Cr&#232;ve Ger&#246;, montre seulement ta gueule ! &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois centres n&#233;vralgiques &#233;taient le Parlement, qui devait r&#233;pondre du lendemain, la Radio, qui devait &#233;tablir le lien avec le pays et le monde ext&#233;rieur, et la statue de Staline, symbole de la cruaut&#233;, de la b&#234;tise et du mensonge, g&#233;ante baudruche qu'il fallait d&#233;gonfler, f&#251;t-elle en bronze. (&#8230;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le b&#226;timent de la radio, on avait l'impression que les nouvelles les plus r&#233;centes, des nouvelles capitales, se transmettaient de la rue &#224; la Radio. Comme nous faisions l&#224;, de nos mains nues l'histoire, nous souhaitions que le puissant &#233;metteur de la Radio Kossuth en inform&#226;t le monde ext&#233;rieur, que l'annonce d'un speaker enthousiaste consacr&#226;t le nouveau code de notre libert&#233;. La foule s'agglom&#233;rait devant l'entr&#233;e du b&#226;timent o&#249; des t&#234;tes apparaissaient aux fen&#234;tres. Des cris fusaient de toutes parts pendant que les haut-parleurs d&#233;versaient de la musique. Et le cri : &#171; A bas Ger&#244; &#187;, &#171; Cr&#232;ve Ger&#246; &#187; avait &#233;t&#233; tant de fois r&#233;p&#233;t&#233; que les lapes s'allum&#232;rent sur la place et qu'une voix s'&#233;leva : &#171; Chers auditeurs, nous transmettons une allocution du camarade Ern&#246; Ger&#246;, premier secr&#233;taire du Comit&#233; central du MPD (parti communiste hongrois). &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les d&#233;cisions importantes prises par la Comit&#233; central en juillet&#8230; les membres du parti, la classe ouvri&#232;re, la paysannerie laborieuse, les intellectuels les ont pleinement approuv&#233;es&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu parles ! Nous sommes l&#224; et on ne nous avait pas demand&#233; d'approuver ou non&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous voulons &#233;lever le niveau de vie de notre peuple&#8230; Mais quelques mois ne suffisent pas &#224; r&#233;aliser compl&#232;tement ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;&#8230; Nous connaissons maintenant l'urgence des probl&#232;mes&#8230; Nous devons les examiner de pr&#232;s&#8230; Nous devons nous appuyer sur des millions de camarades, nos ouvriers, nos paysans&#8230; &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaisanteries autour de moi allaient bon train, les jurons aussi, et les cris renouvel&#233;s appelaient Nagy au pouvoir. Mais le discours m&#233;canique et radiophonique continuait, imperturbable. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'immeuble de la Radio, c'&#233;taient les hommes de l'Avo qui avaient commenc&#233; &#224; tirer, non par nervosit&#233;, mais sur ordre. Sur l'ordre de qui ? Du commandant de leur d&#233;tachement ? Probablement sur l'ordre du conseiller sovi&#233;tique qui dirigeait leur &#233;tat-major.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les services de la radio furent le th&#233;&#226;tre de sanglantes bagarres. Les manifestants avaient r&#233;ussi, de la rue Pouchkine, &#224; gagner les studios en retrait de la rue du Mus&#233;um ; un bunker &#224; deux &#233;tages, pr&#233;vu pour les services d'&#233;mission en temps de guerre, et les ruines de l'ancienne l&#233;gation d'Italie, le long de la rue du Mus&#233;um, achevaient le bloc. Par cette rue du Mus&#233;um &#233;taient arriv&#233;s les d&#233;tachements de l'Avo, qui encerclaient le bloc ba&#239;onnette au canon, face &#224; la foule. D&#233;tail d&#233;risoire : c'est dans cette m&#234;me rue du Mus&#233;um que se trouvait le si&#232;ge du Club Kossuth, d'o&#249; &#233;tait issu le mouvement d&#233;sign&#233; sous le nom de Cercle Pet&#246;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La houle de la foule s'&#233;tait d&#233;plac&#233;e et renouvel&#233;e sans cesse. Vers 7 heures, une d&#233;l&#233;gation de manifestants, entr&#233;e dans l'immeuble de la Radio avait demand&#233; &#224; ce que les seize points fussent diffus&#233;s sur les ondes, &#224; Valeria Benke, la grande patronne de la Radio, qui s'&#233;tait d&#233;rob&#233;e, et au sous-directeur, Lazlo Hartai. Hartai, le type achev&#233; du fanatique, et d'autres responsables comme Erd&#246;s, firent lanterner la d&#233;l&#233;gation pendant des heures. Une d&#233;l&#233;gation du personnel de la Radio apparut &#224; un balcon et cria &#224; la foule que le personnel ne demandait qu'&#224; transmettre les seize points mais qu'on l'en emp&#234;chait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour calmer la foule, on am&#232;ne sur le balcon des membres de la d&#233;l&#233;gation. Les manifestants cri&#232;rent qu'il fallait mettre un micro dans la rue et qu'ils se chargeaient de donner eux-m&#234;mes la lecture des seize points. En effet, une voiture de radio arriva dans la rue Brody Sandor ; la foule hissa une jeune fille que signalait la couleur voyante de son imperm&#233;able sur la plateforme de la voiture. Elle lut le tract des seize points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelques instants plus tard, la foule s'aper&#231;ut que les postes r&#233;cepteurs, plac&#233;s dans les fen&#234;tres des appartements qui avoisinaient l'immeuble, ne diffusaient rien de cette lecture : la voiture n'&#233;tait pas reli&#233;e &#224; l'&#233;metteur de la radio d'Etat. Cette tentative de diversion poussa l'exasp&#233;ration &#224; son comble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des quartiers voisins, les gens arrivaient aux nouvelles. L'agitation &#233;tait extr&#234;me dans cette portion de la capitale comprise entre le Danube, les rues Kossuth et Rakoczi, jusqu'aux boulevards et au Th&#233;&#226;tre National, d'une part, jusqu'au Pont Pet&#246;fi d'autre part, et enfin dans ce quartier qui repr&#233;sente le cerveau de Budapest, avec les Facult&#233;s, les Biblioth&#232;ques, les journaux et dont la radio est le centre m&#234;me. C'est d'ailleurs sur ce secteur des boulevards aux alentours du Pont Pet&#246;fi que se situ&#232;rent un peu plus tard les foyers de r&#233;sistance les plus ardents, la caserne Kilian, l'impasse Korvin, et les luttes autour de l'immeuble de &#187;Szabad N&#233;p &#187;. A l'angle de la rue Kossuth et du boulevard du Mus&#233;um se trouve le fameux H&#244;tel Astoria, qui allait devenir pendant les jours d'octobre le si&#232;ge du Haut Commandant russe. Mais tout indique que des observateurs et des conseillers sovi&#233;tiques de haute vol&#233;e s'y &#233;taient d&#233;j&#224; install&#233;s avant le d&#233;but des bagarres &#224; la Radio. Toujours est-il que c'est devant l'Astoria que les premiers tanks de l'intervention prirent leur position de d&#233;part, d&#232;s cette nuit du 23. Quand ? Il est difficile de l'&#233;tablir &#224; une heure pr&#232;s, vers 3 ou 4 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, apr&#232;s de discours de Ger&#246;, la nuit tomb&#233;e, rien ne se passait. Les hauts-parleurs diffusaient de la musique de danse. L'un apr&#232;s l'autre, outre la d&#233;l&#233;gation admise, des groupes de jeunes &#233;taient entr&#233;s &#224; la radio en se faufilant &#224; travers le palais Eszterhazy. (&#8230;) Toute &#233;mission avait cess&#233; &#224; la Radio Kossuth, elles venaient du studio du Parlement. Le pouvoir tenait la radio. Ger&#246; r&#233;gnait toujours. O&#249; &#233;tait-il ? Pas mal de gens avaient entendu son discours mais les nouveaux venus dans la foule n'en connaissaient la teneur que par de brefs r&#233;sum&#233;s, qui se colportaient de l'un &#224; l'autre. &#171; Il ne veut rien entendre. Il nous refuse tout. Il nous a trait&#233;s de fascistes, de &#171; vaguany &#187; &#187;. Vagany, un mot en vogue, blessant, r&#233;serv&#233; aux aventuriers de bas &#233;tage, aux petites frappes, aux voyous, quelque chose comme &#171; hooligan &#187; en russe, avec la nuance de Budapest qui veut que la canaille ait de l'adresse et du cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des courants, des vagues puissantes secouaient la foule, de mani&#232;re purement m&#233;canique aussi. Elle &#233;tait de plus en plus dense du c&#244;t&#233; du Mus&#233;e National, juste &#224; l'endroit o&#249; les insurg&#233;s de 1848 s'&#233;taient rassembl&#233;s pour &#233;couter le po&#232;me insurrectionnel, de la bouche de Pet&#246;fi. A pr&#233;sent, pour qu'elle f&#251;t valable et entendue, cette d&#233;claration devait &#234;tre &#233;nonc&#233;e &#224; la Radio. La foule, de plus en plus grande, prenait conscience de sa force et essayait de p&#233;n&#233;trer dans le goulot de la rue Brody Sandor, devant la fa&#231;ade de la Radiodiffusion. Il &#233;tait un peu moins de 9 heures quand la nouvelle se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : la statue de Staline avait &#233;t&#233; abattue, il n'en demeurait que les bottes sur le socle. Tout le monde voulait en finir avec ces bottes, qui, par un d&#233;calage inadmissible de l'Histoire &#233;crasaient encore la radio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvante et renouvel&#233;e sans cesse, la foule tr&#233;pignait plus qu'elle ne grondait, en plein d&#233;sarroi, une foule o&#249; se m&#234;laient aux hommes, des enfants, des ouvri&#232;res, et beaucoup d'&#233;tudiants. Soudain, du c&#244;t&#233; de la radio, des cris. Les haut-parleurs invitent la foule &#224; approcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Venez plus pr&#232;s. Avancez. Imre Nagy va vous parler. Ecoutez. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps se d&#233;ploie un cordon d'Avo, armes point&#233;es, ba&#239;onnettes au canon, qui interdit l'entr&#233;e du b&#226;timent. L'un des hommes, serr&#233; de pr&#232;s par les manifestants, lance &#224; l'officier, avec un chapelet de jurons : &#171; Il faut foutre cette bande de salauds en l'air. &#187; L'officier a un geste d'impatience. Et en un clin d'&#339;il, tout le tableau change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fen&#234;tres tombent des bombes lacrymog&#232;nes. Des manifestants en rattrapent quelques-unes au vol, et les lancent contre la fa&#231;ade. Les Avo dans les &#233;tages doivent pleurer comme les gens dans la rue. Au m&#234;me instant, ou presque, cinq camions d'Avo arrivent par la rue Pouchkine, et trois s'engouffrent dans l'immeuble de la radio. Deux sont immobilis&#233;s par la foule. Par la rue Szentkiralyi d&#233;bouchent des camions et des tanks de l'arm&#233;e, pleins de soldats en armes, des armes vides de munitions, comme il s'av&#232;re sur le champ. Un tank avance presque jusqu'&#224; l'entr&#233;e de la Radio. De la tourelle sort un officier &#8211; commandant, disent les uns, capitaine disent les autres &#8211; qui veut parler, calmer la foule &#224; ce qu'il para&#238;t. Je ne sais. Je suis alors pr&#232;s des camions militaires, au coin de la rue Pouchkine. Je saisis des bribes de propos &#233;chang&#233;s entre manifestants et soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur qui voulez-vous tirer ? &#8211; Vous n'avez pas de m&#232;re ? &#8211; Toi, tu es un fils de paysan. Ton p&#232;re pense sans doute que tout est pour le mieux, &#224; la ferme. &#8211; Les Avo sont des assassins, nos ennemis sont les v&#244;tres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous n'avons pas de munitions. Ne craignez rien. Nous ob&#233;irons &#224; nos officiers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les premi&#232;res salves claquent. La confusion est totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous essayons de pousser les femmes et les enfants en direction de la Facult&#233; des Sciences et la foule, autant que faire se peut, reflue vers les jardins du Mus&#233;e National. Le commandant du tank est toujours debout, dress&#233; sur son tank, sa t&#234;te casqu&#233;e &#233;merge de la fum&#233;e. C'est lui qui s'abat le premier : couch&#233; par une salve &#8211; une s&#233;rie, comme on dit &#224; Budapest. Des fen&#234;tres de la radio les Avo d&#233;chargent leurs mitraillettes sur la rue. Du c&#244;t&#233; des studios, la fusillade cr&#233;pite. Les lampadaires &#233;clatent sous les balles. Les manifestants portent les bless&#233;s. Un enfant geint, la gorge ouverte, une femme l'emporte, silhouette d'une minceur fantastique d&#233;tach&#233;e sur la lueur des camions qui flambent. La sir&#232;ne des ambulances alterne avec les d&#233;tonations. Une ambulance charg&#233;e d'armes destin&#233;es aux Avo est prise d'assaut. D&#232;s lors, les armes changent de mains. Je vois P&#233;ter, un gar&#231;on de Polytechnique, charger une mitraillette. Il la secoue calmement, la premi&#232;re balle ne glisse pas dans le canon. De la caserne Kilian arrivent avec une promptitude qui tient du miracle les premiers groupes d'ouvriers qui ont fonc&#233; sur les d&#233;p&#244;ts. Un ambulancier tra&#238;ne un soldat bless&#233;. Sur un cri inarticul&#233;, nous nous jetons par terre derri&#232;re un camion en flammes. &#171; Il y a l&#224; vingt morts &#187; dit quelqu'un. Je rampe du c&#244;t&#233; de la rue Pouchkine, et voici que les coups de feu de ce c&#244;t&#233; claquent au-dessus de moi : ils viennent des toits des immeubles qui font face &#224; la Radio. Les partisans sont derri&#232;re les chemin&#233;es, dans les d&#233;crochements des charpentes. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des soldats russes sautent de leurs tanks, embrassent les citoyens en armes, des Hongrois en l'occurrence, leur font place dans le tank, les y installent avec leur drapeau national. Les instances russes avaient d'abord donn&#233; &#224; l'Avo l'ordre secret de tirer sur la foule, et plus tard au personnel politique hongrois de les appeler officiellement, eux, les Russes, &#224; &#233;touffer l'insurrection en pr&#233;tendant qu'elle &#233;tait contre-r&#233;volutionnaire. Dans quelle mesure ces instances y croyaient, &#224; l'existence de ces contre-r&#233;volutionnaires ? Mais ce que le haut commandement russe savait, c'est que les troupes hongroises, des troupes portant uniforme russe, maniant des armes russes, usant d'un mat&#233;riel roulant russe, encadr&#233;es d'officiers g&#233;n&#233;raux russes, que ces troupes s'&#233;taient mutin&#233;es. Les hommes ont pass&#233; leurs armes aux insurg&#233;s. Qui pis est, les officiers hongrois laissaient faire, quand ils n'encourageaient pas. (&#8230;) Tous ceux qui, comme moi, ont circul&#233; dans les campagnes, pendant les jours d'octobre, ont rencontr&#233; de lamentables cort&#232;ges des soldats sans armes qui erraient sur les chemins de terre, dans les bois, cherchant &#224; atteindre leurs villages. Il n'y avait plus d'arm&#233;e. (&#8230;) Mais quel a pu &#234;tre l'affolement et l'indignation de ces g&#233;n&#233;raux russes quand ils s'aper&#231;urent que, non seulement les troupes hongroises avaient refus&#233; d'ob&#233;ir, mais que leurs propres soldats, natifs de Kharkov, de Sverdlovsk ou de Kuibitchev se mutinaient, eux aussi. Et si &#231;a continuait ? Si apr&#232;s l'arm&#233;e de Hongrie, les arm&#233;es d'occupation de Roumanie et des autres d&#233;mocraties populaires se soulevaient, &#224; leur tour ? De proche en proche, le mouvement de r&#233;bellion pourrait s'&#233;tendre, et quelque t&#233;m&#233;raire pourrait lever la main, et arracher l'&#233;paulette de son g&#233;n&#233;ral. N'avait-on pas renvers&#233; la statue de Staline ? Les mitrailleuses de l'Avo &#8211; et de la police politique russe, elle n'a pas d&#251; l&#226;cher l'Avo dans ces circonstances critiques &#8211; qui se sont install&#233;es sur les toits des minist&#232;res autour du Parlement avaient pour mission claire, pour mission capitale, d'&#233;touffer la mutinerie des soldats. Les tanks qui circulaient dans la ville devaient suffire &#224; intimider les civils. A condition toutefois de remplir leur r&#244;le. Le feu de l'Avo visait avant tout les soldats qui avaient cess&#233; d'ob&#233;ir : les d&#233;serteurs russes devaient mourir avant de faire &#233;cole. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier tank sovi&#233;tique est sorti &#224; minuit et demi, de la cour de l'Ambassade sovi&#233;tique, &#224; Bajza ucca, le mardi 23 octobre. Cette m&#234;me nuit, &#224; quatre heures, le premier convoi de tanks a pris position devant l'h&#244;tel Astoria. Mercredi, les tanks circulaient, nombreux, et souvent sautaient, jouets monstrueux cass&#233;s par des enfants, et pas seulement par des enfants. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats se prom&#232;nent autour de leurs engins, et regardent la foule, assez dense par ici, avec un sourire plut&#244;t bienveillant. Dans un renfoncement deux civils examinent un fusil. Au coin de la rue Andrassy qui fut rue Staline, puis avenue de la Jeunesse Hongroise, un cadavre au bord d'un trottoir, le visage recouvert de papier journal. Les gens l'entourent, chapeau, casquette &#224; la main. Quelqu'un se baisse et d&#233;couvre le visage. Un civil, un adolescent, les cheveux coup&#233;s ras. Soudain, d&#233;bouche du c&#244;t&#233; de la rue Andrassy un cort&#232;ge pr&#233;c&#233;d&#233; d'un cycliste qui agite un drapeau. Une avant-garde, compacte, est suivie de pr&#232;s par la masse des manifestants, qui tiennent toute la largeur de la chauss&#233;e. Des cris &#171; Nous ne sommes pas des fascistes ! Les Avo sont des bandits ! &#187; Et l'impr&#233;cation &#224; pr&#233;sent famili&#232;re : &#171; Cr&#232;ve Ger&#246; ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis une sorte de murmure parcourt la foule : &#171; Au Parlement. Allons au Parlement. &#187; Il y a un flottement. D'autres groupes, toujours sans armes, arrivent du c&#244;t&#233; de la rue Rakoczi. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants se scindent, envahissent les rues lat&#233;rales, tandis que le gros d&#233;file par la rue Bajcsi-Zsilinski. Certains passent par la rue des &#233;poux Rosenberg, l'ancienne rue Hold. Arr&#234;t des groupes, cris et d&#233;l&#233;gations aux ambassades des Etats-Unis et d'Angleterre. On d&#233;clare partout aux manifestants que les repr&#233;sentants diplomatiques ne servent &#224; rien en mati&#232;re de soul&#232;vement populaire. J'entre en conversation avec l'&#233;quipage d'un char russe, dans lequel soldats et manifestants fraternisent sous le drapeau hongrois. Un jeune officier russe, qui semble jouir du spectacle, du moment solennel, historique, et s'&#233;panouit dans les hourras d'enthousiasme, r&#233;p&#232;te inlassablement &#171; Vous &#234;tes des gars, des vrais de vrai &#187;. Toute cette grande famille afflue, passablement en d&#233;sordre, sur la place du Parlement, la place Kossuth. La fa&#231;ade de l'immense b&#226;timent en faux gothique, tant de fois d&#233;crite, est cern&#233;e par un cordon de tanks qu'entourent des groupes paisibles de soldats. Ceux-ci ne frayent pas avec la foule, ils la maintiennent &#224; distance.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sur le terre-plein b&#233;tonn&#233;, face &#224; l'escalier d'honneur, que surviennent deux autres tanks russes sur lesquels un nombre incroyable de jeunes gens s'agrippent. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re rafale venue des toits du Minist&#232;re de l'Agriculture faucha les hommes sur la pelouse, pr&#232;s de la statue de Rakoczi. Comme si l'ordre &#233;tait venu de l'immeuble du Parti tout proche. Telle fut ma premi&#232;re id&#233;e : la direction de ce tir doit se trouver au foyer de toutes les initiatives malheureuses, au Comit&#233; Central m&#234;me. (&#8230;) je vis les Russes diriger leurs armes vers les toits des Minist&#232;res. Pas de doute, ils tiraient sur les Avo. Et un instant encore, j'aper&#231;us mon camarade Fedor pr&#232;s de la tourelle de son tank. D'en haut, de seconde en seconde, les rafales devenaient plus nourries. Je ne sais ce que faisaient les tanks rang&#233;s devant la fa&#231;ade du Parlement, mais ceux qui &#233;taient sur a place se d&#233;fendaient ferme. La foule d&#233;ferlait tant&#244;t sur le Parlement, dont l'acc&#232;s lui &#233;tait barr&#233;, tant&#244;t vers le minist&#232;re dont les arcades offraient une protection, mais sous lesquelles on se pi&#233;tinait : les portes &#233;taient ferm&#233;es. Ceux qui essayaient de fuir vers la rue Alkotmany qui s&#233;pare, face au Parlement, le Minist&#232;re de l'Agriculture et l'Institut du Mouvement Ouvrier &#8211; l'ancienne Haute Cour d'Appel &#8211; &#233;taient des cibles faciles pour les mitrailleuses de l'Avo confortablement install&#233;s sur les toits : ils allaient mourir pr&#232;s des archives du Mouvement Ouvrier International. (&#8230;)*&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre la statue de Kossuth et la statue de Rakoczi, des deux c&#244;t&#233;s de la place, c'&#233;tait &#224; pr&#233;sent un paysage &#224; la Goya, des centaines de corps couch&#233;s parmi lesquels d&#233;ambulaient, lents, pesants, des infirmiers et des &#234;tres hagards qui cherchaient un des leurs. Les tanks russes qui prot&#233;geaient le Parlement &#8211; de quoi ? -, des r&#226;les des g&#233;missements, &#233;taient toujours point&#233;s sur les hommes couch&#233;s. Des &#233;quipages, insuffisants en nombre ou paralys&#233;s par la surprise essayaient de man&#339;uvrer les tanks sur le terre-plein. (..)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi du jeudi, les discours du nouveau secr&#233;taire du Parti, Janos Kadar, et du nouveau chef du gouvernement, Imre Nagy, qui faisaient des promesses, et passaient sous silence le massacre du matin, me remplirent d'amertume. Je ne les croyais pas, je savais &#8211; ce qui s'appelle savoir &#8211; qu'ils n'&#233;taient pas libres. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule d&#233;ambulait, la radio l'arrosait de conseils, de promesses et plus encore de menaces. Le m&#233;chant Ger&#246; est parti, le sage Kadar est arriv&#233;, Imre Nagy veille sur tous. Assez de sang, de vitres cass&#233;es. Ceux qui continuent &#224; combattre sont des ennemis du peuple. Et derri&#232;re les drapeaux tricolores souvent tach&#233;s de sang, les hommes criaient : &#171; Libert&#233;, ind&#233;pendance, nous ne sommes pas des fascistes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous disions qu'il &#233;tait urgent d'agir de mani&#232;re &#224; canaliser cette force, &#224; lui donner une direction, avant que sa propre fermentation ne la d&#233;compose. Nous nous trouvions devant l'imprimerie &#171; Etoile rouge &#187;, qui avait jadis appartenu &#224; un journal prosp&#232;re, le Pesti Hirlap. En un rien de temps, nous avons form&#233; un d&#233;tachement de soldats et d'agents qui se trouvaient parmi les manifestants ; il occupa l'imprimerie sur le champ. Nous avons r&#233;dig&#233; et fait imprimer, &#224; une vitesse record, un appel &#224; la population, qui exposait les revendications minima ; qui r&#233;clamait au gouvernement d&#233;mocratique le d&#233;part des Russes et l'arr&#234;t des combats. Nous sign&#226;mes : &#171; Le gouvernement provisoire et le comit&#233; de d&#233;fense national e. &#187; Quinze camions emport&#232;rent les tracts dans tous les quartiers de la ville, dans les banlieues industrielles et en province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imprimerie devint, pour vingt-quatre heures, le si&#232;ge du Gouvernement Provisoire. (&#8230;) la coh&#233;sion des groupes de r&#233;sistance s'affermissait. Je me suis occup&#233; surtout de celui du 9&#232;me arrondissement, dont le PC s'&#233;tait install&#233; dans la caserne de pompiers de la rue Tompa. Le mieux retranch&#233; restait celui de l'impasse Korvin ; il avait aussi une plus grande puissance de feu. Mais quant &#224; l'influence politique, c'est le centre de Sz&#233;na T&#233;r qui l'emportait. L'organisation, le courage aussi de ce groupe d'hommes pos&#233; en terrain d&#233;couvert en plein centre de Buda, exaltait la population. Militairement, la caserne Kilian restait le centre le plus redoutable, &#224; cause du commandement de Mal&#233;ter, du nombre de combattants, et de la situation strat&#233;gique. La liaison entre les quatre noyaux a fonctionn&#233; parfaitement pendant tous les combats, aussi bien sur le plan politique que sur le plan militaire. Chaque groupe d&#233;l&#233;guait ses repr&#233;sentants pour les pourparlers avec le gouvernement, en vue du cessez-le-feu et du d&#233;part des Russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions des milliers d'yeux, nous savions tout ce qui se passait, nous intervenions simultan&#233;ment en tous les points n&#233;vralgiques. Et les discussions avec Imre Nagy tra&#238;naient. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat o&#249; la peur n'existait pas, o&#249; le sacrifice de la vie paraissait l&#233;ger, chaque geste, chaque parole prenait un sens nouveau. Ces pauvres tracts qui se multipliaient, que nous r&#233;digions avec tant de soin, pesant chaque mot, que nous tirions sur du papier gris&#226;tre, &#224; l'encrage ingrat des ron&#233;os nous r&#233;jouissaient comme l'hirondelle ou le perce-neige apr&#232;s la saison dure. Les murs, les vitrines se couvraient d'inscriptions, d'un journal mural improvis&#233;, de pamphlets, de toute une litt&#233;rature libre. Ici, quelqu'un avait copi&#233; des vers de Pet&#246;fi et les avait affich&#233;s ; l&#224;, quelqu'un avait affich&#233; ses propres po&#232;mes. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux jours, il y avait une accalmie dans la lutte. (&#8230;) Andropov, l'ambassadeur sovi&#233;tique, &#224; la haute silhouette, au visage angulaire de fonctionnaire styl&#233;, apparaissait plusieurs par jour. Il &#233;coutait ses interlocuteurs, faisait attendre les ministres hongrois, atermoyait, cependant que se pr&#233;parait l'invasion du dimanche. (&#8230;) Mal&#233;ter, de colonel, &#233;tait en une semaine devenu g&#233;n&#233;ral et ministre de la guerre, et de jour en jour avait moins de pouvoir r&#233;el. Il allait n&#233;gocier en personne avec les g&#233;n&#233;raux russes&#8230; Ils le font arr&#234;ter &#224; la porte et trinquent, levant leurs verres, pendant qu'on emm&#232;ne sous bonne garde l'audacieux et na&#239;f chef de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 29 octobre, les magasins avaient commenc&#233; &#224; lever leurs rideaux, et les balayeurs apparaissaient dans les rues. (&#8230;) Mardi, rue Ull&#246;i, la lutte flambe de nouveau. Ce que je vis, vers dix heures, du c&#244;t&#233; de la caserne Kilian, cadavres, destructions, feu et fum&#233;e. &#8230; aucun livre d'histoire n'y e&#251;t suffi. Nous savions tous que les Russes &#233;taient all&#233;s faire un tour &#224; la campagne, mais nous savions tous aussi qu'ils n'&#233;taient pas all&#233;s plus loin que le chat qui, apr&#232;s la bagarre se cache pour se refaire le museau. Nous savions, puisque les cheminots, les postiers, les camionneurs, les combattants et les civils transmettaient dans l'instant les nouvelles, puisque ne parlait d'autre chose, que les Russes envoyaient des camions de ravitaillement vers l'Est, mais que les troupes et les blind&#233;s affluaient en masse en Hongrie. Mais nous esp&#233;rions que le miracle de la r&#233;volution allait commander un autre miracle. Un miracle russe. Qu'ils comprendraient enfin. Qu'ils feraient d&#233;sormais patte de velours. Comme on ne savait pas trop, dans les premi&#232;res heures de l'insurrection, qui tirait sur qui, les premiers jours de libert&#233; en cette fin d'octobre on ne savait pas qui commandait &#224; qui. Qui gouvernait. Les conseils ouvriers tenaient les usines. Ils persistaient dans la gr&#232;ve pour inciter les Russes &#224; &#233;vacuer le pays. Un conseil flou et changeant tenait le Parlement, et essayait de faire d&#233;marrer l'appareil de l'Etat. Imre Nagy &#233;tait amen&#233; &#224; d&#233;noncer le pr&#233;tendu pacte de Varsovie, parce que les Russes, tout en s'y r&#233;f&#233;rant, ne le respectaient plus. Ils entraient en Hongrie, avec des troupes de plus en plus nombreuses et &#244;taient m&#234;me l'apparence d'autonomie qu'ils avaient feint d'octroyer au pays. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre, les Comit&#233;s R&#233;volutionnaires qui se forment partout, prennent de plus en plus d'essor : des liens s'&#233;tablissent entre les diff&#233;rents centres. Dans une d&#233;claration &#224; la radio, Imre Nagy annonce le cessez-le-feu, reconna&#238;t le caract&#232;re d&#233;mocratique et populaire de l'insurrection, annonce la dissolution de l'Avo et promet l'&#233;vacuation des troupes sovi&#233;tiques. Les organisations r&#233;volutionnaires continuent &#224; critiquer la composition du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 octobre, &#224; la suite du cessez-le-feu, s'organisent dans les administrations et les institutions officielles les Comit&#233;s R&#233;volutionnaires. Les troupes sovi&#233;tiques commencent l'&#233;vacuation de Budapest. Des &#233;l&#233;ments de l'Avo, le plus souvent en civil, troublent la s&#233;curit&#233; publique et commettent des assassinats. Quand la foule les reconna&#238;t, elle les lynche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 octobre, les nouvelles transmises de bouche &#224; oreille par les cheminots, et annonc&#233;es par les postes de radio dans les villes de Hongrie orientale signalent l'entr&#233;e de convois russes qui se dirigent vers la capitale. Cependant que les derni&#232;res troupes quittent Budapest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre, le Conseil Ouvrier de Borsod exige la formation d'un Comit&#233; r&#233;volutionnaire National pour remplacer le Parlement. Le Conseil Ouvrier National lance un appel pour la cessation de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 novembre, le travail reprend dans la plus grande partie du pays, comme dans la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 novembre, attaque g&#233;n&#233;rale des troupes sovi&#233;tiques. Avec la coop&#233;ration des parachutistes, elles occupent simultan&#233;ment tous les points strat&#233;giques du pays. Imre Nagy proteste aupr&#232;s des Nations Unies. Par un poste de radio nouveau, Ferenc M&#252;nnich, Janos Kadar et autres annoncent qu'ils ont form&#233; un nouveau gouvernement, qui a demand&#233; l'aide de l'arm&#233;e sovi&#233;tique pour abattre la Contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Jeunesse d'octobre &#187; de Nicolas Baudy&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au nom de la classe ouvri&#232;re</title>
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		<dc:date>2024-07-21T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Extraits de &#171; Au nom de la classe ouvri&#232;re &#187; de Sandor Kopacsi : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Entre le soir du 24 f&#233;vrier 1956 et l'aube du 25, dans la salle du Grand Palais du Kremlin, &#224; Moscou, il se passa quelque chose qui allait chambarder l'esprit des communistes du monde entier. C'&#233;tait la lecture du fameux &#171; rapport secret &#187; de Krouchtchev. (&#8230;) Le massacre d'innocents, la liquidation de millions de paysans, les goulags venaient de faire leur entr&#233;e dans l'histoire de l'Union sovi&#233;tique et de son r&#233;gime. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits de &#171; Au nom de la classe ouvri&#232;re &#187; de Sandor Kopacsi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;&#171; Entre le soir du 24 f&#233;vrier 1956 et l'aube du 25, dans la salle du Grand Palais du Kremlin, &#224; Moscou, il se passa quelque chose qui allait chambarder l'esprit des communistes du monde entier. C'&#233;tait la lecture du fameux &#171; rapport secret &#187; de Krouchtchev. (&#8230;) Le massacre d'innocents, la liquidation de millions de paysans, les goulags venaient de faire leur entr&#233;e dans l'histoire de l'Union sovi&#233;tique et de son r&#233;gime. Les dirigeants des pays de l'Est chancel&#232;rent sous le coup des r&#233;v&#233;lations. Le chef de l'Etat polonais, Bierut, rendit l'&#226;me sur place. (&#8230;) Apr&#232;s Kadar, la veuve de Rajk sortit des souterrains et exigea la r&#233;habilitation de son mari. (&#8230;) Rakosi fut cong&#233;di&#233; par t&#233;l&#233;phone. Le lendemain, il partit pour Moscou. Pour le pays, le rempla&#231;ant ne valait gu&#232;re mieux : Erno Ger&#246;, son bras droit de toujours, ancien commissaire du GPU en Espagne, champion des plans de production fantaisistes qui en dix ans avaient ruin&#233; le peuple hongrois. Apr&#232;s le d&#233;part du dictateur au petit pied, l'opposition du parti obtint la r&#233;habilitation solennelle de ses victimes les plus en vue, principalement celle de son ancien co-&#233;quipier Lazlo Rajk. Au terme de recherches longues, on retrouva les restes de son corps dans un bois (&#8230;) La c&#233;r&#233;monie d'inhumation fut pr&#233;vue pour le 6 octobre 1956. L'opposition du parti et tout particuli&#232;rement la veuve de la victime insist&#232;rent pour qu'elle fut solennelle, avec une participation tr&#232;s large. La population de Budapest se souciait peu des r&#232;glements de comptes &#224; l'int&#233;rieur du parti, mais la mauvaise gestion et la p&#233;nurie l'avaient pouss&#233; &#224; bout. C'&#233;tait la premi&#232;re fois que nous allions mettre &#224; nu l'incomp&#233;tence criminelle du pouvoir (&#8230;) 200.000 personnes manifest&#232;rent (&#8230;) La jeunesse bougeait. Les universitaires pr&#233;sentaient une s&#233;rie de revendications concernant leur condition d'&#233;tudiant, dont certaines touchaient &#224; la grande politique. Ils avaient placard&#233; des tracts ron&#233;otyp&#233;s exhortant la jeunesse estudiantine &#224; se rendre &#224; une manif de sympathie avec la Pologne de Gomulka. (&#8230;) Une manif organis&#233;e par d'autres que les dirigeants officiels du Parti, c'&#233;tait un &#233;v&#233;nement. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine quelques mois plus t&#244;t en Pologne, &#224; Poznan, cinquante mille ouvriers avaient d&#233;fil&#233; dans les rues r&#233;clamant du pain, des &#233;lections libres et le d&#233;part des troupes sovi&#233;tiques. R&#233;sultat : cent morts, trois cent bless&#233;s, trois cent personnes arr&#234;t&#233;es. Les forces de s&#233;curit&#233; polonaises avaient tir&#233;&#8230; Certes, ces victimes anonymes avaient en quelque sorte arrach&#233; des concessions aux Russes, puisque, un mois plus tard, la direction d&#233;savoua la S&#233;curit&#233;, r&#233;int&#233;gra dans le parti l'ancien grand chef sorti de prison, Gomulka. En Hongrie, tout le monde commen&#231;ait &#224; appeler Imre Nagy &#171; le Gomulka hongrois &#187;. Les gens s'attendaient &#224; ce qu'il arrive un triomphe analogue &#224; celui de Gomulka qui &#233;tait devenu premier secr&#233;taire du parti polonais, tandis que le mar&#233;chal Rokossovsky, citoyen sovi&#233;tique d'origine polonaise plac&#233; &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e polonaise, symbole de la suj&#233;tion, &#233;tait &#233;cart&#233; du pouvoir. Krouchtchev et les autres dirigeants du Kremlin venaient de donner leur b&#233;n&#233;diction &#224; tous ces changements. (&#8230;) Les &#233;tudiants manifest&#232;rent. Certains arboraient des drapeaux, d'autres des pancartes sur lesquelles on lisait : une bourse qui permette de vivre, plus d'enseignement obligatoire du Russe, d&#233;mocratisons le parti, Imre Nagy au pouvoir, les Russes en Russie ! (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation longeait le quai o&#249; &#233;tait situ&#233;e la caserne des &#233;l&#232;ves-officiers de l'arm&#233;e. Les futurs commandants &#233;taient install&#233;s aux fen&#234;tres, pour la plupart juch&#233;s sur le rebord, jambes ballantes dans le vide. Ils faisaient des signaux au cort&#232;ge, ils reprenaient les mots d'ordre que criaient les manifestants. Sur la caserne, je voyais hiss&#233; un grand drapeau hongrois. A l'endroit o&#249; il devait porter un &#233;cusson &#224; la sovi&#233;tique, le drapeau pr&#233;sentait un trou. Les &#233;l&#232;ves-officiers avaient d&#233;coup&#233; l'&#233;cusson &#224; l'aide d'une paire de ciseaux. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent mille manifestants entouraient la statue de Staline que certains &#233;taient en train de d&#233;boulonner. C'&#233;taient les ouvriers des grandes usines de Pest. La mase de bronze s'abattit au milieu de la place des H&#233;ros. Ce fut sur cette immense place asphalt&#233;e, dans le cr&#233;puscule qui tombait vite en cette saison, que les gens apprirent qu'Imre Nagy h&#233;sitait &#224; venir : il n'avait aucun poste officiel, ni dans le parti ni dans le gouvernement ! Il ne pouvait venir &#171; faire un discours &#187; comme la bonne population de Budapest le demandait &#224; cor et &#224; cri. (&#8230;) Un demi million de personnes scandant avec d&#233;termination le nom d'un homme politique, &#231;a fait trembler les carreaux des immeubles environnants, c'est pire que le bang d'une escadre d'avions supersoniques. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les amis intimes d'Imre Nagy &#233;taient all&#233;s le chercher et l'avaient amen&#233; presque de force sur la place du Parlement o&#249;, d'un balcon, il avait tenu un discours improvis&#233; dont l'essentiel avait &#233;t&#233; : &#171; Bonnes gens, de la patience, retournez chez vous, le parti va arranger les choses. &#187; La foule avait hu&#233;, puis avait fini par quitter la place (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la radio, on entendit la voix d&#233;sagr&#233;able du premier secr&#233;taire Ger&#246; : &#171; Chers camarades, chers amis, peuple travailleur de Hongrie, nous avons l'intention ferme et inalt&#233;rable de d&#233;velopper, d'&#233;largir et d'approfondir la d&#233;mocratie dans notre pays. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif des ennemis du peuple est aujourd'hui de saper le pouvoir de la classe ouvri&#232;re, de d&#233;nouer les liens entre notre parti et le glorieux parti de l'Union sovi&#233;tique. (&#8230;) Nous condamnons ceux qui ont profit&#233; des libert&#233;s d&#233;mocratiques que notre Etat assure aux travailleurs pour organiser une manifestation de caract&#232;re nationaliste ! &#187; (&#8230;) Un d&#233;tachement de la S&#233;curit&#233; post&#233; sur les toits tire sur les manifestants. (&#8230;) Sur les grands boulevards, les militaires transport&#233;s sur les camions furent t&#233;moins de la fusillade et de la panique qui s'en suivit. A l'instant m&#234;me, ils furent entour&#233;s par la foule exasp&#233;r&#233;e qui leur demanda des armes pour &#171; se d&#233;fendre contre les assassins de la S&#233;curit&#233; &#187;. Les jeunes recrues &#8211; jeunes paysans de la campagne &#8211; ne mirent pas longtemps pour r&#233;agir. Ils connaissaient la cruaut&#233; de la S&#233;curit&#233;. Une nouvelle preuve venait de leur en &#234;tre fournie &#224; l'instant. La fum&#233;e et la poussi&#232;re du tir ne s'&#233;taient pas encore dissip&#233;es. Un soldat puis deux tendirent leurs armes aux gens. D'autres en firent bient&#244;t autant. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats se joignent &#224; la foule qui fait feu contre les d&#233;fenseurs de l'immeuble de la radio (qui n'a pas diffus&#233; les &#171; revendications des manifestants). (&#8230;.) L'arm&#233;e intervient pour d&#233;gager l'immeuble de la radio. (&#8230;) Les gens assi&#232;gent le journal central du Parti. (&#8230;) Ils voulaient faire publier un placard comme quoi, en r&#233;ponse aux massacres commis par la S&#233;curit&#233;, tout le monde devait se mettre en gr&#232;ve demain. Peut-&#234;tre qu'on leur a refus&#233; la publication ? Et c'&#233;tait bien le cas. La r&#233;daction avait m&#234;me refus&#233; qu'une d&#233;l&#233;gation entre dans l'immeuble. Alors les gens &#233;taient all&#233;s chercher ceux qui se battaient pr&#232;s de la radio. Ensemble, ils p&#233;n&#233;tr&#232;rent d'abord dans la librairie du parti, o&#249; ils saccag&#232;rent tout, puis gagn&#232;rent la r&#233;daction du journal, d'o&#249; ils fich&#232;rent tout le monde dehors. (&#8230;) Nous entend&#238;mes des coups de canon. Les insurg&#233;s &#233;taient en train de d&#233;busquer un point d'appui de la S&#233;curit&#233;. (&#8230;) Les armes &#224; feu cr&#233;pitaient dans le centre et dans les banlieues. (&#8230;) On chuchotait que Kadar &#233;tait pr&#233;vu par les camarades sovi&#233;tiques comme rempla&#231;ant de Ger&#246; &#224; la t&#234;te du parti. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imre Nagy fut coopt&#233; au Politburo hongrois (&#8230;) A deux heures du matin, une grande arm&#233;e blind&#233;e (russe) entrait dans Budapest. Les chars &#233;taient des &#171; Iosip Satline &#187;. C'&#233;taient les r&#233;serves de blind&#233;s de l'arm&#233;e sovi&#233;tique stationnant pr&#232;s du lac Balaton, au sud-ouest de la capitale. (&#8230;) Militairement parlant, c'&#233;tait un coup de poker. Ils avaient probablement song&#233; &#224; r&#233;&#233;diter leur succ&#232;s de Berlin en 1953 lorsque, au milieu des troubles, l'apparition des forces blind&#233;es sovi&#233;tiques avait suffi au d&#233;samor&#231;age de la r&#233;volte. A Budapest, la consigne des unit&#233;s russes fut &#233;galement de jouer la carte de la duret&#233;, de l'intimidation. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux premi&#232;res heures de la matin&#233;e, nous e&#251;mes enfin des &#233;chos de la situation militaire. Contrairement aux pr&#233;visions du gouvernement, l'arriv&#233;e des blind&#233;s sovi&#233;tiques n'avait fait qu'exasp&#233;rer la lutte. Un tr&#232;s grand nombre d'habitants des quartiers ouvriers de Csepel avaient &#233;t&#233; approvisionn&#233;s en mat&#233;riel par les travailleurs de l'usine &#171; Lampart &#187; (la principale fabrique d'armes du pays). L'arsenal de l'&#233;cole d'officiers avait &#233;galement &#233;t&#233; vid&#233;. Les armes, transport&#233;es en banlieue, furent r&#233;parties parmi la population. Certaines casernes de l'arm&#233;e, situ&#233;es dans le p&#233;rim&#232;tre, eurent elles aussi des complaisances. L'arriv&#233;e des blind&#233;s sovi&#233;tiques avait exasp&#233;r&#233; tous les milieux. (&#8230;) Pendant ce temps, la radio se manifestait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renseignement pris, les &#233;missions se faisaient maintenant de la cave du Parlement, entour&#233; de blind&#233;s sovi&#233;tiques. La maison de la radio, compl&#232;tement d&#233;truite, &#233;tait occup&#233;e par les insurg&#233;s. La radio parlait et elle parlait mal (&#8230;.) : &#171; Attention ! Attention ! D'ignobles attaques &#224; main arm&#233;e des bandes contre-r&#233;volutionnaires ont cr&#233;&#233; une situation extr&#234;mement grave. Les bandits ont envahi des usines et des b&#226;timents publics, assassinant des civils, des soldats et des membres de la police de s&#233;curit&#233;&#8230; &#187; Il est dur d'entendre des mensonges aussi grossiers (&#8230;) Vers la fin de la matin&#233;e, (&#8230;) Imre Nagy, nomm&#233; chef du gouvernement, parlait pour la premi&#232;re fois &#224; la radio. Le pays tout entier &#233;tait &#224; l'&#233;coute. &#171; Peuple de Budapest, je vous informe que tous ceux qui auront d&#233;pos&#233; les armes et cess&#233; de combattre &#224; 14 heures aujourd'hui ne tomberont pas sous le coup de la loi martiale. &#187; (&#8230;) Imre Nagy disait avoir d&#233;j&#224; d&#233;pos&#233; au Parlement un projet de d&#233;mocratisation de notre gouvernement, de notre parti, de notre vie politique et &#233;conomique. &#187; Mais il &#233;vit&#233; de parler des crimes de Ger&#246; contre le peuple, des assassinats que la S&#233;curit&#233; avait commis, et surtout des tanks russes qui sillonaient en ce moment m&#234;me les rues de Budapest, appel&#233;s par quel pouvoir ? En vue de parer quelle &#171; agression ext&#233;rieure &#187; ? (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des insurg&#233;s, les fr&#232;res Pongracz et Sandor Angal, totalement inconnus hier, &#233;taient les noms les plus prestigieux de Budapest. Les fr&#232;res Poncracz, jeunes ouvriers de la banlieue de Budapest, et Sandor Angyal, jeune ouvrier de l'&#238;le de Csepel, commandaient de concert les deux plus importants groupes d'insurg&#233;s. Les fr&#232;res tenaient le cin&#233;ma Corvin. Angyal avait son QG quelques rues plus bas, dans le fin fond du vieux quartier prol&#233;tarien Ferencvaros. Ils poss&#232;daient des armes anti-tanks. Une dizaine de carcasses de chars sovi&#233;tiques t&#233;moignaient de l'efficacit&#233; de leur travail. Ils me contact&#232;rent par t&#233;l&#233;phone. (&#8230;) Je re&#231;us ordre du gouvernement d'ouvrir imm&#233;diatement des pourparlers avec les groupes insurg&#233;s. Mission : conna&#238;tre leurs intentions, les amener si possible &#224; se rendre, en leur assurant une amnistie totale. (&#8230;) L'a&#238;n&#233; des fr&#232;res Pongrcz r&#233;pondit : &#171; Le seul arrangement viable serait celui que le gouvernement hongrois trouverait avec le gouvernement sovi&#233;tique, en vue du retrait du pays de leur arm&#233;e. Nous ne nous faisons pas d'illusions : muni d'armes l&#233;g&#232;res le peuple ne parviendra pas &#224; se d&#233;barrasser d'eux. Mais il faut que notre gouvernement le sache : il n'y aura pas de cessez-le-feu tant que les Russes seront l&#224;. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Portant des drapeaux et des pancartes, les gens venaient du bois municipal, ils scandaient des mots d'ordre : &#171; A bas Ger&#246; ! &#187;, &#171; Rousski go home ! &#187; Hommes, femmes, jeunes gens, ils &#233;taient bien une dizaine de milliers sinon plus. (&#8230;) Trois gros tanks sovi&#233;tiques mod&#232;le Iosip-Staline faisaient route en sens oppos&#233;, droit en direction de la foule. Les tanks d&#233;bouch&#232;rent sur l'avenue. Les tankistes virent la foule quand ils &#233;taient d&#233;j&#224; nez &#224; nez. Les chars s'arr&#234;t&#232;rent et rest&#232;rent sur place, moteur ralenti. La foule ne put absolument pas s'arr&#234;ter : elle coula en avant, contournant les trois blind&#233;s. D'une seconde &#224; l'autre les armes automatiques des chars pouvaient d&#233;clencher un feu d'enfer. Au lieu de &#231;a, il se passa autre chose. Un gar&#231;on se fraya un chemin jusqu'au premier char et introduisit quelque chose dans la meurtri&#232;re. Ce n'&#233;tait pas une grenade. C'&#233;tait une simple feuille de papier. D'autres l'imit&#232;rent. Ces feuilles-l&#224; &#233;taient des tracts r&#233;dig&#233;s en langue russe par des &#233;tudiants de la facult&#233; des langues orientales. (&#8230;) Les tracts commen&#231;aient par une citation de Marx : &#171; ne peut &#234;tre libre le peuple qui en opprime d'autres. &#187; (&#8230;) Le commandant ouvrit la tourelle et se jucha sur le dessus de son char. Imm&#233;diatement, des mains se tendirent vers lui. Une jeune fille monta, embrassa le commandant. (&#8230;) Les gens criaient : &#171; Vive l'arm&#233;e sovi&#233;tique ! &#187; (&#8230;) Quelques minutes plus tard, la S&#233;curit&#233; &#233;tait en train de tirer sur les manifestants d&#233;sarm&#233;s qui r&#233;clamaient la d&#233;mission de Ger&#246;. Et les chars sovi&#233;tiques ouvraient le feu sur la S&#233;curit&#233;. Ils d&#233;fendaient la foule ! La foule subissait des pertes &#233;normes, sous le feu des mitrailleuses lourdes de la S&#233;curit&#233; post&#233;es sur les toits. La boucherie ne prendra fin que gr&#226;ce &#224; l'intervention des blind&#233;s sovi&#233;tiques, la vingtaine de blind&#233;s qui entouraient le Parlement. Leur commandant fit diriger le feu de ses canons contre la S&#233;curit&#233; hongroise embusqu&#233;e sur les toits. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politburo sovi&#233;tique d&#233;cidait la destitution de Ger&#246; qui est remplac&#233; par Kadar &#224; la t&#234;te du parti. Imre Nagy est nomm&#233; Premier ministre. (&#8230;)&lt;br /&gt;
La r&#233;action de Ger&#246; fut brutale et imm&#233;diate. Officiellement relev&#233; de ses fonctions et remplac&#233; par Kadar sur l'intervention de Souslov et Miko&#239;an, il continuera quelque temps encore &#224; avoir la haute main sur la totalit&#233; des forces de l'ordre. Sans attendre, il fit d&#233;brancher toutes nos lignes t&#233;l&#233;phoniques directes, &#171; t&#233;l&#233;phone rouge &#187; compris. Pour le simple fait d'avoir n&#233;goci&#233; avec la foule, je devins hors-la &#8211;loi aux yeux du pouvoir. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu insurg&#233;, Yochka Szilagyi vint me parler. Pendant les deux jours de l'insurrection, il &#233;tait all&#233; partout. Il avait suivi les gens, du fond des usines de Csepel, jusqu'au massacre du Parlement, jusqu'au si&#232;ge de mon QG. Il avait voulu tout voir, tout savoir :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandor, malgr&#233; les &#233;v&#233;nements tragiques et les pertes de sang, c'est une r&#233;volution, et une r&#233;volution merveilleuse. Les gars sont purs, avec une &#233;thique qui ferait p&#226;lir d'envie les plus grands personnages de l'Histoire. (&#8230;) Mais Sandor, le plus significatif, c'est l'avenir qui se pr&#233;pare. Je ne sais pas si tu te rend compte, mais dans les usines, les entreprises, les municipalit&#233;s, l'arm&#233;e, les gens se mettent &#224; &#233;lire au vote secret des comit&#233;s r&#233;volutionnaires, seuls organes directeurs habilit&#233;s d&#233;sormais pour la direction des affaires. (&#8230;) Ce sont les soviets qui se pr&#233;parent, Sandor, les vrais soviets, ceux-l&#224; m&#234;mes qui, en Russie en 1917, n'ont pas trouv&#233; le moyen de survivre ! Notre nation saigne et peut-&#234;tre saignera encore, mais tout porte &#224; croire que de ce bain de sang sortira le premier &#233;tat socialiste d&#233;mocratique du monde ! &#187; (&#8230;) Yochka Szilagyi restera aupr&#232;s d'Imre Nagy comme directeur du secr&#233;tariat du Premier ministre. (&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 octobre, aux environs de 19 heures, mon ami Yochka Szilagyi me convoqua par t&#233;l&#233;phone chez Imre Nagy, au Parlement : &#171; Sandor, la Hongrie a besoin des forces de l'ordre que tu as pr&#233;serv&#233;es. &#187; (&#8230;) Les Services secrets et la S&#233;curit&#233; furent dissous, leurs membres licenci&#233;s. Des comit&#233;s r&#233;volutionnaires furent &#233;lus dans la plupart des entreprises et organismes du pays, pr&#233;fecture de police comprise. Les Russes eux-m&#234;mes paraissaient changer leur fusil d'&#233;paule. Tout le monde parlait de n&#233;gociations entre les gouvernements hongrois et sovi&#233;tique (pour le retrait des troupes russes). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le si&#232;ge du gouvernement d'Imre Nagy, l'immense &#171; Westminster au bod du Danube &#187; ressemblait au palais Smolny de Petrograd, centre des bolcheviks en 1917, tant de fois reproduit dans des films. Les couloirs et les antichambres &#233;taient peupl&#233;s de d&#233;l&#233;gations ouvri&#232;res, paysannes&#8230; (&#8230;) C'est la premi&#232;re fois que je retrouve la vraie atmosph&#232;re des &#171; Dix jours qui &#233;branl&#232;rent le monde &#187;. (&#8230;) La population en r&#233;volte &#233;tait maintenant arm&#233;e dans tout le pays. L'&#233;lection des Comit&#233;s r&#233;volutionnaires dans les organismes et &#224; la t&#234;te des communes avait donn&#233; un sens aux combats jusque l&#224; anarchiques. Mais les unit&#233;s de l'arm&#233;e ne pouvaient demeurer longtemps dans l'&#233;tat de semi-liqu&#233;faction o&#249; la r&#233;volution les avait conduites. Il &#233;tait urgent de proc&#233;der &#224; l'&#233;lection d'une direction g&#233;n&#233;rale &#224; leur t&#234;te. Imre Nagy avait propos&#233; un trio de candidats : B&#233;la Kiraly pou le commandement, moi-m&#234;me comme son adjoint et Paul Mal&#233;ter pour le poste de ministre de la D&#233;fense. (&#8230;) &#171; Les chefs de nos deux arm&#233;es vont bient&#244;t se r&#233;unir, pr&#233;cisa Nagy. Les blind&#233;s quitteront Budapest, et dans trois mois toute l'arm&#233;e russe se retirera du pays. Nous proc&#233;derons &#224; des &#233;lections g&#233;n&#233;rales, o&#249; tous les partis d&#233;mocratiques pr&#233;senteront leurs candidats. Naturellement, nous conserverons tous les acquis socialistes, terres, banques, usines, entreprises resteront aux mains de l'Etat. &#187; (&#8230;) Nous conv&#238;nmes, avec Imre Nagy, de mettre sur pied deux divisions susceptibles de nettoyer en quelques jours Budapest de tous les &#233;l&#233;ments douteux, d&#233;class&#233;s et autres aventuriers en puissance. (&#8230;) Les tanks russes quittaient Budapest. (&#8230;) Le quartier dit &#171; russe &#187;, situ&#233; autour de l'ambassade, d&#233;m&#233;nageait massivement. Les gros immeubles modernes b&#226;tis pour les h&#244;tes &#233;trangers se vidaient d'&#233;tage en &#233;tage : les matelas et les canap&#233;s prenaient place sur les galeries des voitures, les grosses valises en cuir bouilli fa&#231;on Russie centrale, partaient encord&#233;s avec les duvets &#224; la housse en soie &#224; grosses fleurs achet&#233;s dans les d&#233;p&#244;ts sp&#233;ciaux de Budapest. A mesure que les &#233;tages se vidaient, des squatters de tous &#226;ges et de toutes conditions, venus du fin fond des quartiers pauvres, occupaient les lieux, avec leur marmaille, leurs vieux et leurs malades. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la grande acierie, sur la route de Lillaf&#252;red, une colonne de l'arm&#233;e russe se dirigeait vers une place forte tenue par les insurg&#233;s. C'&#233;tait le 4 novembre. Les femmes et les enfants des ouvriers d'Alsohamor et Felsohamor se couch&#232;rent sur l'unique route de montagne qui y conduisait. Le commandant sovi&#233;tique fit stopper sa colonne de chars, il somma les femmes et les enfants de s'en aller. En vain. Apr&#232;s une lutte int&#233;rieure, l'officier opta pour la retraite de colonne. Deux jours plus tard, il fut fusill&#233; dans la cour de la caserne de la ville de Miskolc, en compagnie de ses adjoints. Sans doute aurait-il d&#251; passer avec ses chenilles sur les corps de femmes et d'enfants d'ouvriers ? (&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imre Nagy devenait pressant. Par l'interm&#233;diaire de Yochka, il pria le commandement de la nouvelle garde nationale d'acc&#233;l&#233;rer la mise sur pied de l'organisme. (&#8230;) Notre objectif &#233;tait de mettre imm&#233;diatement &#224; la disposition du gouvernement une force de frappe susceptible de mater tout ce qui paraissait entraver le retour &#224; la vie normale. Je sais que le mot &#171; normalisation &#187; sonne mal aujourd'hui apr&#232;s les exp&#233;riences brejn&#233;viennes en Tch&#233;coslovaquie. Notre normalisation &#224; nous signifiait simplement la cessation des combats et le retour &#224; la vie quotidienne, la mise en route de la production, surtout la reprise en main des esprits. Dimanche, le 4 novembre, nous pouvions compter sur deux divisions de la Garde nationale susceptibles d'assurer le red&#233;marrage de la vie &#224; Budapest. (&#8230;) Une semaine de combats meurtriers avait laiss&#233; des traces. Je rencontrais partout des trams renvers&#233;s, des d&#233;bris de voitures et des tanks calcin&#233;s. Mais la lutte &#233;tait visiblement termin&#233;e. Au coin d'une rue, je butai contre un attroupement : du haut d'un camion, des paysans distribuaient des canards plum&#233;s et des sacs de pommes de terre&#8230; gratuitement ! D'autres vivres arrivaient, par convois entiers, dans les usines, &#233;galement &#224; titre gracieux&#8230; Les cultivateurs du pays &#233;taient visiblement reconnaissants &#224; la classe ouvri&#232;re de Budapest d'avoir mis fin au r&#233;gime des kolkhozes, au moins sous sa forme obligatoire. Devant l'ancienne Bourse, les employ&#233;s du minist&#232;re des Finances discutaient des &#233;lections de leur comit&#233; r&#233;volutionnaire, de leur &#171; soviet &#187;, comme ils l'appelaient. (&#8230;) Un des jeunes employ&#233;s, ancien social-d&#233;mocrate ex-bagnard sous Rakosi, qui avait command&#233; un d&#233;tachement arm&#233; du minist&#232;re durant les journ&#233;es d'insurrection fut &#233;lu au vote secret en tant que pr&#233;sident du soviet du minist&#232;re. Il devait repr&#233;senter tout le personnel en face du pouvoir d'Etat et cela jusqu'&#224; l'expiration de son mandat. Le ministre devait tenir compte de son avis sous peine de d&#233;mission. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du dimanche 29, le chef de gare du poste fronti&#232;re sovi&#233;tique signale l'entr&#233;e de nouvelles troupes et de mat&#233;riel neuf en territoire hongrois. (&#8230;) Les forces sovi&#233;tiques mass&#233;es &#224; l'est du pays son &#233;valu&#233;es &#224; 200.000 hommes, douze divisions dont huit blind&#233;es, de quoi nous aplatir comme une galette. Ma premi&#232;re r&#233;action fut : &#171; Imre Nagy est au courant ? &#187; Il l'&#233;tait bien entendu. (&#8230;) Je lui demandai ce qui restait &#224; faire. Sa r&#233;ponse fut formelle : &#171; continuer, continuer comme si de rien n'&#233;tait. &#187; Il me fit promettre de garder le secret absolu sur tout ce que je venais d'apprendre. (&#8230;) Nagy d&#233;clara : &#171; Je refuse de donner l'ordre de r&#233;isister par les armes. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne citadelle de Mal&#233;ter subira un bombardement a&#233;rien en r&#232;gle. Elle tiendra cependant jusqu'&#224; l'aube du 7 novembre. Les Russes n'y trouveront pratiquement que des morts et des bless&#233;s graves. (&#8230;) Les ouvriers en armes de la grande usine sid&#233;rurgique de Csepel parvinrent &#224; infliger des pertes lourdes aux chars sovi&#233;tiques. (&#8230;) Par repr&#233;sailles aux cocktails Molotov les unit&#233;s blind&#233;es russes d&#233;truisaient syst&#233;matiquement les immeubles d'o&#249; &#233;tait parti le coup. Des rang&#233;es de maisons furent ras&#233;es derri&#232;re lesquelles les Russes croyaient d&#233;celer des groupes d'insurg&#233;s. Des centaines d'immeubles furent ainsi d&#233;truits, principalement dans les quartiers ouvriers, berceaux des insurg&#233;s. Le nombre des civils tu&#233;s dans les rues ou ensevelis sous les d&#233;combres se chiffrait &#224; plusieurs milliers ! (&#8230;) Apr&#232;s une nuit de bataille, l'avenue Ulloi br&#251;lait, la gare Deli fumait. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A certains endroits, les troupes russes concluaient un arrangement avec les autorit&#233;s locales ; en l'absence de gouvernement central (Kadar et ses hommes se gardant bien de se pointer sur le territoire national), les soviets ouvriers hongrois prenaient en mains la direction des affaires. L'arm&#233;e nationale &#233;tait r&#233;gie par des comit&#233;s r&#233;volutionnaires. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale fut d&#233;clar&#233;e sans d&#233;lai dans tout le pays &#171; jusqu'au retrait total des troupes sovi&#233;tiques. &#187; (&#8230;) Nous n'avions pas fait cent pas que nous nous trouv&#226;mes au milieu de la plus grande bataille de Budapest. Il s'agissait de l'attaque d'unit&#233;s d'insurg&#233;s renforc&#233;e d'une batterie de canons antichars de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re hongroise. (&#8230;) Deux soldats arm&#233;s de mitraillettes arrach&#232;rent la kalachnikoff de mes mains. (&#8230;) Le g&#233;n&#233;ral d'arm&#233;e S&#233;rov me d&#233;clara : &#171; (&#8230;) Salopard, je vais te faire pendre &#224; l'arbre le plus haut de Budapest. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'enl&#232;vement puis l'arrestation d'Imre Nagy, le Conseil ouvrier national r&#233;agit avec fermet&#233;. Il donna pour consigne aux usines d'arr&#234;ter la production jusqu'au retour d'Imre Nagy et au d&#233;part des Russes. La gr&#232;ve fut totale sur le territoire, aucune branche d'industrie ne travailla, les bureaux, les &#233;coles, les services &#233;taient ferm&#233;s en Hongrie. ( &#8230;) Le 23 novembre, un mois apr&#232;s le d&#233;but de l'insurrection de Budapest, (&#8230;) Sandor Racz, pr&#233;sident du Parlement ouvrier, se leva et dit : &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de maintenant et pendant une heure, il n'y aura pas &#226;me qui vive dans les rues de la capitale. C'est notre mani&#232;re de comm&#233;morer nos morts tomb&#233;s dans la bataille pour la libert&#233;. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 d&#233;cembre, le Parlement ouvrier de Budapest fut mis hors la loi, ses dirigeants, choisis au vote secret par la totalit&#233; des usines et entreprises de la Hongrie, arr&#234;t&#233;s &#224; leur domicile. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Hongrie 1956 &#187; de Andy Anderson </title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7107</link>
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		<dc:date>2023-10-15T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Hongrie 1956 &#187; de Andy Anderson : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Le 6 mars 1953, le Kremlin annon&#231;a brusquement que Staline &#233;tait mort apr&#232;s une courte maladie. Les travailleurs de l'Europe de l'Est estim&#232;rent que le temps &#233;tait venu de mettre fin &#224; l'oppression que son r&#233;gime leur avait impos&#233;e. Ils n'attendirent pas longtemps, la premi&#232;re manifestation de masse fut celle des ouvriers de Plzen, au d&#233;but du mois de juin. &lt;br class='autobr' /&gt; Plzen est l'un des plus grands centres industriels de Tch&#233;coslovaquie. La grande (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits de &#171; Hongrie 1956 &#187; de Andy Anderson :&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 6 mars 1953, le Kremlin annon&#231;a brusquement que Staline &#233;tait mort apr&#232;s une courte maladie. Les travailleurs de l'Europe de l'Est estim&#232;rent que le temps &#233;tait venu de mettre fin &#224; l'oppression que son r&#233;gime leur avait impos&#233;e. Ils n'attendirent pas longtemps, la premi&#232;re manifestation de masse fut celle des ouvriers de Plzen, au d&#233;but du mois de juin. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plzen est l'un des plus grands centres industriels de Tch&#233;coslovaquie. La grande fabrique d'armes et de v&#233;hicules Skoda y est implant&#233;e. La manifestation, qui fut tout &#224; fait spontan&#233;e, eut d'abord lieu pour protester contre l'&#233;change de la monnaie. Mais, au fur et &#224; mesure qu'elle se propageait, des exigences politiques se firent jour, une plus grande participation &#224; la gestion des usines, l'abolition du travail aux pi&#232;ces, la d&#233;mission du gouvernement et des &#233;lections libres. Au moment o&#249; la manifestation avait presque atteint la dimension d'une r&#233;volte (ainsi, des soldats en uniforme s'y &#233;taient joints et la foule avait occup&#233; l'H&#244;tel de Ville), des troupes arriv&#232;rent de Prague et l'insurrection fut rapidement r&#233;prim&#233;e. Des insurrections spontan&#233;es qui &#233;clat&#232;rent par la suite dans d'autres r&#233;gions de Tch&#233;coslovaquie et dans d'autres pays-satellites furent &#233;cras&#233;es imm&#233;diatement, avant m&#234;me d'avoir eu droit &#224; la &#171; une &#187; des journaux nationaux et &#233;trangers. Deux semaines plus tard, le 17 juin 1953, les travailleurs de Berlin-Est se r&#233;voltaient. Les ouvriers quitt&#232;rent en masse les usines (&#8230;) La r&#233;volte commen&#231;a par une manifestation des ouvriers du B&#226;timent sur la Stalin Allee. Abandonnant l'outil, ils march&#232;rent sur le centre-ville pour pr&#233;senter leurs revendications. Les travailleurs des transports abandonn&#232;rent leurs tramways et les chauffeurs de camions laiss&#232;rent leurs v&#233;hicules sur place pour rejoindre la manifestation. (&#8230;) Les travailleurs ne furent soumis qu'apr&#232;s avoir livr&#233; des combats sanglants contre les chars russes. Pendant plusieurs jours cette r&#233;volte attira l'attention du monde entier, non seulement parce qu'elle &#233;tait men&#233;e par des travailleurs dont les revendications &#233;taient autant politiques qu'&#233;conomiques, mais aussi &#224; cause de l'intervention directe et brutale de la Russie. (&#8230;) Cependant, la derni&#232;re des choses que souhaitait Moscou, &#224; ce moment-l&#224;, c'&#233;tait de se montrer faisant usage des chars et des ba&#239;onnettes de l'Arm&#233;e Rouge pour &#233;touffer la r&#233;volution en Europe orientale. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Hongrie, au d&#233;but du mois de juillet 1953, Malenkov lui-m&#234;me &#171; conseilla &#187; &#224; Rakosi de se retirer pour un certain temps &#224; l'arri&#232;re-plan de la sc&#232;ne politique. Imre Nagy, qui avait &#233;t&#233; ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de 1944, ministre de l'Int&#233;rieur en 1946, et qui avait, d'une mani&#232;re ou d'une autre, surv&#233;cu aux diff&#233;rentes purges, devint premier ministre. Son discours tra&#231;a les grandes lignes du nouveau programme. (&#8230;) Il fallait accorder plus d'int&#233;r&#234;t &#224; l'industrie l&#233;g&#232;re et aux biens de consommation. (&#8230;) Une ferme collective pouvait &#234;tre dissoute sur un vote de la majorit&#233; de ses membres. Les tribunaux d'exception devaient &#234;tre abolis. (&#8230;) De nombreux prisonniers politiques furent remis en libert&#233;. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectivement, les concessions de Nagy avaient &#233;t&#233; relativement minces. Mais, pour le Kremlin, il allait encore trop vite. Le 18 avril 1955, l'Assembl&#233;e Nationale d&#233;cida par un vote &#171; unanime &#187; de relever Nagy de sa fonction. Le peuple hongrois se raidit en voyant Rakosi revenir &#224; l'avant-plan. (&#8230;) La plupart des concessions accord&#233;es au cours des vingt mois qu'avait dur&#233; le gouvernement Nagy furent d&#232;s lors soumises &#224; la &#171; tactique du salami &#187; et furent petit &#224; petit retir&#233;es. (&#8230;) Apr&#232;s la cl&#233;mence relative du r&#233;gime de Nagy, le brusque retour &#224; l'heure de 1953 provoqua une r&#233;sistance de la classe ouvri&#232;re plus intense que jamais. Des mesures toujours plus s&#233;v&#232;res furent n&#233;cessaires pour &#171; discipliner &#187; les masses. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 20e Congr&#232;s du Parti Communiste russe qui se tint en f&#233;vrier 1956, les &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; de Krouchtchev sur Staline provoqu&#232;rent un tremblement de terre politique. Les fondations des partis communistes du monde entier en furent &#233;branl&#233;es. (&#8230;) Krouchtchev &#233;tait-il au courant du ferment qui allait grandissant en Pologne et en Hongrie, avant m&#234;me le 20e Congr&#232;s ? Savait-il que ce ferment affectait m&#234;me le parti communiste polonais ? Comprenait-il le danger potentiel que cela repr&#233;sentait, tant pour son propre r&#233;gime que pour celui des satellites ? &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il qu'en Pologne, au matin du 28 juin 1956, les ouvriers de la fabrique de locomotives Zispo, &#224; Poznan, se mirent en gr&#232;ve et descendirent dans la rue. Ce n'&#233;tait pas sur un coup de t&#234;te. Plusieurs semaines auparavant, un comit&#233; avait &#233;t&#233; &#233;lu, qui avait pr&#233;sent&#233; un cahier de revendications &#224; la direction. Certaines de ces revendications &#233;taient pr&#233;visibles : augmentation des salaires, diminution des prix, abaissement des cadences dans le travail &#224; la production. Mais la direction s'effraya quand ces &#171; simples ouvriers &#187; critiqu&#232;rent la mani&#232;re dont l'usine &#233;tait g&#233;r&#233;e et quand ils exig&#232;rent une organisation diff&#233;rente du travail dans les divers ateliers. (&#8230;) Les n&#233;gociations tra&#238;n&#232;rent en longueur, sans donner le moindre r&#233;sultat. A la fin, les ouvriers d&#233;masqu&#232;rent le proc&#233;d&#233; et, par milliers, envahirent les rues de la ville. Au fur et &#224; mesure que la nouvelle se r&#233;pandait, les travailleurs des autres entreprises se r&#233;unissaient, discutaient et votaient pour se joindre au mouvement. Le caract&#232;re politique des manifestations se r&#233;v&#233;la alors. Les pancartes port&#233;es dans les d&#233;fil&#233;s r&#233;clamaient des choses comme &#171; Pain et libert&#233; &#187;, &#171; les Russes dehors &#187;, &#171; Abolition du travail aux pi&#232;ces &#187;, etc.&lt;br /&gt;
D'autres gens, se mettant sous la direction des ouvriers, se joignirent &#224; eux. Les manifestations de Poznan prirent bient&#244;t la physionomie d'une insurrection &#224; grande &#233;chelle. Les chars et les troupes russes entour&#232;rent la ville, mais n'y entr&#232;rent pas. Le gouvernement fit plut&#244;t intervenir les chars polonais. (&#8230;) le sang des travailleurs coula dans les rues. Deux jours plus tard, la r&#233;volte &#233;tait &#233;cras&#233;e. (&#8230;) Il y eut des gr&#232;ves de solidarit&#233; dans plusieurs autres villes, mais elles furent rapidement isol&#233;es et n'atteignirent pas les proportions du mouvement de Poznan. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frapp&#233;e et d&#233;sar&#231;onn&#233;e, la bureaucratie polonaise accusa des &#171; provocateurs &#187; et des &#171; agents secrets &#224; la solde des Etats-Unis et de l'Allemagne de l'Ouest &#187; d'&#234;tre &#224; l'origine de la r&#233;volte. Mais, le 18 juillet, au cours d'une r&#233;union du Comit&#233; Central du parti, le premier secr&#233;taire Edward Ochab d&#233;clara : &#171; Il est n&#233;cessaire de rechercher avant tout les causes sociales de ces incidents qui sont, pour notre Parti tout entier, un signal d'alarme qui t&#233;moigne d'une s&#233;rieuse perturbation dans les relations entre le Parti et les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re. &#187; (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gomulka, excommuni&#233; et emprisonn&#233; en 1951, sous r&#233;sidence surveill&#233;e depuis 1954, fut r&#233;int&#233;gr&#233; dans le parti. (&#8230;) Le 21 octobre, le Politburo polonais fut &#233;lu et, comme pr&#233;vu, Gomulka devint le premier secr&#233;taire du parti. Des remaniements durent imm&#233;diatement op&#233;r&#233;s dans le gouvernement, l'arm&#233;e et le parti. Rokossovki donna sa d&#233;mission et retourna &#224; Moscou o&#249; il obtint sur le champ le poste de ministre de la D&#233;fense. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gomulka n'avait triomph&#233; que tant qu'il repr&#233;sentait les aspirations du peuple polonais. La base de son pouvoir &#233;tait en fait extr&#234;mement fragile. Les int&#233;r&#234;ts qu'il repr&#233;sentait &#233;taient ceux de la bureaucratie polonaise. Tout en suivant l'action ind&#233;pendante des travailleurs polonais et leur exigence incessante d'une plus grande participation dans la conduite de leur propres affaires, la base de la bureaucratie &#8211; m&#234;me purg&#233;e des es &#233;l&#233;ments pro-russes &#8211; demeurait faible et instable. (&#8230;) En &#233;change d'une restitution partielle de ses propri&#233;t&#233;s confisqu&#233;es, l'Eglise mit son influence au service de Gomulka.&lt;br /&gt;
A partir du printemps 1956, l'escalade rapide de la tension en Pologne fut accompagn&#233;e d'un d&#233;veloppement similaire en Hongrie. (&#8230;) En avril 1956, le &#171; Cercle Pet&#244;fi &#187; fur fond&#233; par les Jeunesses communistes (principalement des &#233;tudiants). (&#8230;) Le gouvernement Rakosi interdit alors ces r&#233;unions, ce qui ne fit qu'empirer les choses. L'interdiction fut bien vite lev&#233;e. (&#8230;) Bient&#244;t, les r&#233;unions du Cercle Pet&#244;fi attir&#232;rent des milliers de personnes. (&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rakosi, qui &#233;tait &#224; Moscou, revint subitement &#224; Budapest. (&#8230;) Il dressa une liste des noms les plus connus parmi les politiciens et les &#233;crivains. Mais, avant que la premi&#232;re phase (les arrestations) ne fut mise en train, les Russes expliqu&#232;rent &#224; Rakosi que son projet serait l'&#233;tincelle qui mettrait le feu aux poudres d'une situation d&#233;j&#224; explosive. (&#8230;) Les Hongrois apprirent la d&#233;mission de Rakosi le 18 juillet. Ils apprirent en m&#234;me temps que Janos Kadar et le social-d&#233;mocrate Gy&#246;rgy Marosan, r&#233;cemment r&#233;habilit&#233;s, avaient &#233;t&#233; nomm&#233;s membres du Politburo. C'&#233;taient les premi&#232;res des quelques concessions mineures qui furent accord&#233;es pendant le mois d'ao&#251;t, dans cette situation tumultueuse, ces concessions devaient se r&#233;v&#233;ler insignifiantes et m&#234;me tout &#224; fait inad&#233;quates. Les souffrances des travailleurs avaient &#233;t&#233; trop longues et trop dures pour qu'ils se fassent des illusions sur des modifications au niveau de la classe dirigeante ou pour qu'ils se laissent acheter par quelques sous de plus dans leur enveloppe de paie. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cercle Pet&#244;fi &#233;tait devenu, bien que pas tout &#224; fait consciemment, le porte-parole des d&#233;sirs du peuple travailleur de Hongrie. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe dirigeant, qui se sentait plus que jamais hors du coup, essaya de s'attirer les sympathies en organisant des fun&#233;railles pompeuses pour Laszlo Rajk. Nombre de ceux qui avaient mis en sc&#232;ne son proc&#232;s et son ex&#233;cution en tant que &#171; titiste-fasciste &#187; d&#233;ploraient maintenant avec indignation la &#171; diffamation &#187; du camarade Rajk qui avait &#233;t&#233; &#171; condamn&#233; et ex&#233;cut&#233; bien qu'innocent &#187;. (&#8230;) Plus de 200.000 personnes assist&#232;rent &#224; ces fun&#233;railles, et &#224; ce moment-l&#224;, les dirigeants ne virent pas clair ; ils ne comprirent pas que la demande d'une r&#233;habilitation de Rajk &#233;tait tout &#224; fait symbolique, car le peuple n'avait pas oubli&#233; la brutalit&#233; de la police secr&#232;te de Rajk. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le mois de septembre et le d&#233;but d'octobre, les travailleurs &#233;taient devenus actifs. Ils r&#233;clamaient une &#171; autogestion ouvri&#232;re effective &#187; dans les usines. (&#8230;) Le noyau de cette remarquable conscience politique des ouvriers se trouvait dans la zone industrielle tr&#232;s dense de l'&#238;le de Csepel (au sud de la ville, sur le Danube, entre Buda et Pest, surnomm&#233;e Csepel-la-rouge). (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cercle Pet&#244;fi fit siennes les revendications des travailleurs, mais ses membres ne se rendaient pas encore compte de leurs implications r&#233;volutionnaires. (&#8230;) Le Cercle Pet&#244;fi appela &#224; manifester en masse le 23 octobre, &#171; pour exprimer notre profonde sympathie et notre solidarit&#233; &#224; l'&#233;gard de nos fr&#232;res polonais &#187; dans leur lutte pour la libert&#233;. (&#8230;) Une foule de plusieurs milliers de personnes s'&#233;tait rassembl&#233;e sous la statue de Pet&#244;fi et rejoignait maintenant la manifestation. (&#8230;) Un petit nombre de travailleurs avaient quitt&#233; leur travail pour l'occasion, assez conscients et d&#233;cid&#233;s. (&#8230;) La manifestation &#233;tait termin&#233;e. Pour quelque raison inconnue, les gens se dirig&#232;rent vers la place Kossuth Lajos, o&#249; se trouve le Parlement. (&#8230;) La foule devait maintenant approcher les 100.000 personnes. (&#8230;) peut-&#234;tre pensaient-ils &#224; ce que Ger&#246; venait de dire : &#171; la manifestation des &#233;tudiants avait &#233;t&#233; une tentative de d&#233;truire la d&#233;mocratie &#8230; Les intellectuels avaient accumul&#233; les calomnies contre l'Union sovi&#233;tique&#8230; &#187; Tout cela &#233;tait un mensonge &#233;hont&#233;. (&#8230;) Quand cette masse compacte parcourut les rues, plusieurs autres milliers de personnes s'y joignirent, pour la plupart des ouvriers qui rentraient chez eux apr&#232;s le travail. (&#8230;) Un groupe de manifestants d&#233;cida de se rendre aux abords du grand parc municipal de Budapest o&#249; se trouvait l'Homme d'acier, une statue de Staline qui faisait huit m&#232;tres de haut. (&#8230;) Ils mirent la corde au cou de &#171; Staline &#187;. Des centaines de mains impatientes saisirent la corde. (&#8230;) Une d&#233;l&#233;gation se rendit &#224; la Radio, rue Brody Sandor, suivie de 100.000 personnes, pour exiger que leurs revendications soient diffus&#233;es. (&#8230;) La d&#233;cision spontan&#233;e des manifestants de se rendre &#224; la Maison de la Radio sensibilisait particuli&#232;rement les travailleurs. (&#8230;) Les premiers rangs &#233;taient maintenant tout contre le cordon des A.V.O. (&#8230;) Le mitrailleuses firent feu. (&#8230;) La r&#233;volution hongroise avait commenc&#233;. (&#8230;) Ceux qui, un peu plus t&#244;t, avaient quitt&#233; les fabriques d'armes y retourn&#232;rent. Leurs camarades des &#233;quipes de nuit les aid&#232;rent &#224; charger des camions d'armes r&#233;quisitionn&#233;es pour la cause : revolvers, fusils, fusils mitrailleurs et munitions. Puis, de nombreux ouvriers des &#233;quipes de nuit quitt&#232;rent les usines et se rendirent rue Brody Sandor pour aider &#224; distribuer les armes et pour se joindre &#224; la foule, dont le nombre ne cessait d'augmenter. De nombreux policiers remirent leurs armes aux ouvriers et aux &#233;tudiants, puis se tinrent &#224; l'&#233;cart ; quelques-uns se joignirent m&#234;me &#224; la manifestation. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les combats se poursuivaient dans la rue Brody Sandor et que l'on s'effor&#231;ait de prendre possession de la Maison de la Radio, des milliers de travailleurs et d'&#233;tudiants formaient de groupes dans les rues environnantes. Ces groupes s'&#233;parpill&#232;rent dans la ville pour &#233;tablir des barrages de contr&#244;le et occuper quelques-unes des places principales. (&#8230;) Il faut bien souligner que, si la situation avait atteint &#224; ce moment-l&#224; les dimensions d'une insurrection arm&#233;e, elle n'avait aucunement &#233;t&#233; projet&#233;e ou organis&#233;e. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les premi&#232;res heures du mercredi 24 octobre, ouvriers et &#233;tudiants mouraient dans les rues pour la libert&#233; supr&#234;me, de d&#233;cider comment faire fonctionner la soci&#233;t&#233;. Entre temps, les dirigeants manoeuvraient en coulisse. (&#8230;) Ger&#246; invita Nagy &#224; le remplacer (&#8230;) A 7H30 du matin, la radio fit mention de Nagy comme &#171; pr&#233;sident du conseil des ministres &#187;, le terme officiel pour d&#233;signer le premier ministre. (&#8230;) A 8H du matin, on annon&#231;a la d&#233;cision (&#8230;) du gouvernement de demander l'aide des unit&#233;s militaires russes en garnison en Hongrie. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imre Nagy &#233;tait sans doute le premier ministre du gouvernement qui fit appel aux troupes russes. (&#8230;) Malgr&#233; cela, les intellectuels croyaient encore en lui. L'une des causes principales de leur na&#239;vet&#233; &#233;tait leur manque de contact avec les ouvriers. Il y avait, dans une certaine mesure, une g&#234;ne et une suspicion r&#233;ciproques entre ces deux classes sociales. Mais l'action, la r&#233;volte proprement dite, les avait r&#233;unis comme rien d'autre n'aurait pu le faire. Ce sont les travailleurs qui, le matin du mercredi 24 octobre, sauv&#232;rent la lutte d'une d&#233;faite totale. Ils consid&#233;raient en effet que l'alternative Nagy &#233;tait &#224; c&#244;t&#233; de la question. Dans la soci&#233;t&#233; qu'ils entrevoyaient (&#8230;) il n'y avait de place ni pour un premier ministre, ni pour un gouvernement de politiciens professionnels, ni pour des fonctionnaires ou des patrons qui leur donnent des ordres. La d&#233;cision de Nagy de faire intervenir les chars russes ne fit que renforcer le moral et la r&#233;solution des travailleurs. Ils &#233;taient maintenant plus que jamais d&#233;cid&#233;s &#224; combattre jusqu'au bout quel que f&#251;t le r&#233;sultat.&lt;br /&gt;
Des milliers de gens avaient pass&#233; les premi&#232;res heures du mercredi dans les rues ou dans les meetings. Un conseil r&#233;volutionnaire de travailleurs et d'&#233;tudiants fut constitu&#233; &#224; Budapest et si&#233;gea en permanence. Et, pendant ce temps, Radio-Budapest continuait &#224; d&#233;verser les mensonges : &#171; La r&#233;volte est sur le point de s'effondrer, des milliers de rebelles se sont rendus aux autorit&#233;s ; ceux qui ne se rendent pas seront s&#233;v&#232;rement ch&#226;ti&#233;s. &#171; (&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 8H30, &#224; Budapest, la nouvelle courait que des ouvriers avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; engag&#233;s dans des combats avec des chars russes. (&#8230;) Juste apr&#232;s 9 heures, Nagy fit &#224; la radio une d&#233;claration o&#249;, personnellement, en tant que premier ministre, il demandait que l'on mette fin aux combats et que l'on r&#233;tablisse l'ordre. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chars russes avaient commenc&#233; &#224; entrer dans la ville par diff&#233;rents points pendant la matin&#233;e du 24 octobre. Certaines unit&#233;s furent imm&#233;diatement attaqu&#233;es par les ouvriers et les &#233;tudiants. D'autres ne furent attaqu&#233;es qu'apr&#232;s avoir occup&#233; des positions strat&#233;giques et ouvert le feu. (&#8230;) A pr&#233;sent la bataille faisait rage dans tout Budapest. (&#8230;) Les tanks de l'Union des R&#233;publiques Socialistes Sovi&#233;tiques, les &#171; tanks ouvriers &#187; tiraient des &#171; obus ouvriers &#187; qui d&#233;chiquetaient les corps des ouvriers hongrois. (&#8230;) Avant la fin de la semaine, ces quelques milliers d'&#233;tudiants et d'ouvriers avaient mis quelques trente chars russes hors de combat. (&#8230;) Pendant les accalmies, ils s'asseyaient et fumaient une cigarette en causant boutique &#8211; c'est-&#224;-dire de la r&#233;volution qui &#233;tait leur affaire. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caserne Kilia &#233;tait sous le contr&#244;le d'une unit&#233; de l'arm&#233;e hongroise sous les ordres du colonel Pal Mal&#233;ter, qui s'&#233;tait mis au c&#244;t&#233; du peuple. Les hommes de Mal&#233;ter &#233;taient estim&#233;s par un grand nombre de travailleurs et d'&#233;tudiants. (&#8230;) Parall&#232;lement, on assistait &#224; l'extension de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve commen&#231;a le matin du mercredi 24. Elle se propagea rapidement dans les usines de la banlieue industrielle de Budapest, &#224; Csepel, aux usines Ganz, Lancz, Etoile Rouge ; elle s'&#233;tendit ensuite aux autres centres industriels du pays : Miskols, Gyor, Szolnok, P&#233;cs, Debrecen. A Budapest, la quasi-totalit&#233; de la population s'&#233;tait insurg&#233;e. Dans les r&#233;gions industrielles, par contre, la r&#233;volution &#233;tait presque exclusivement le fait des ouvriers. Partout, les travailleurs formaient des conseils : dans les usines, les aci&#233;ries, les centrales &#233;lectriques, les mines, les d&#233;p&#244;ts de chemin de fer. Partout, ils discutaient &#224; fond leurs programmes et leurs revendications. Partout, ils prenaient les armes et, en bien des endroits, ils s'en servaient. (&#8230;) Il y avait &#224; pr&#233;sent des centaines de Conseils Ouvriers de par le pays. Le nombre des membres de ces conseils variait consid&#233;rablement de m&#234;me d'ailleurs que leurs programmes. Cependant, dans tous ces programmes, on retrouvait certaines exigences communes : abolition de l'A.V.O., retrait total des forces russes, libert&#233; civile et politique, gestion ouvri&#232;re des usines et des industries, cr&#233;ation de syndicats ind&#233;pendants, libert&#233; absolue pour tous les partis politiques et amnistie g&#233;n&#233;rale pour tous les insurg&#233;s. Les divers programmes demandaient aussi l'augmentation des salaires et des pensions (&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 25 octobre, les Conseils avaient d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; &#233;tablir des liens entre eux. Dans les villes, des Conseils Centraux (g&#233;n&#233;ralement connus sous le nom de Conseils R&#233;volutionnaires) &#233;taient compos&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s de tous les conseils de la r&#233;gion. (&#8230;) A la fin de la journ&#233;e, les Conseils d&#233;tenaient, en dehors de l'Arm&#233;e Rouge, le seul pouvoir r&#233;el dans le pays. (&#8230;) Ce jeudi 25 marqua une sorte de tournant. Il sembla que le gouvernement &#233;tait en train de c&#233;der. (&#8230;) Le conseil de Miscolsc n'&#233;tait pas oppos&#233; &#224; Nagy, mais au contraire il proposa qu'il soit le premier ministre. Mais cela ne l'emp&#234;cha pas de faire exactement le contraire de ce que voulait Nagy quand celui-ci supplia les rebelles de d&#233;poser les armes et de reprendre le travail. (&#8230;) A la fin de la semaine, les Conseils avaient pratiquement mis sur pied une r&#233;publique des conseils. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nagy prit &#224; nouveau la parole &#224; Radio-Budapest (toutes les autres stations de radio du pays &#8211; Miskolc, Gyor, P&#233;cs, Szeged, Debrecen et Magyarovar &#8211; &#233;taient d&#233;sormais sous le contr&#244;le des Conseils R&#233;volutionnaires). Il annon&#231;a des concessions : l'A.V.O. serait dissoute et le gouvernement &#171; r&#233;organis&#233; &#187;. Il promit un cessez-le-feu (&#8230;). A la fin de la semaine, beaucoup de gens commen&#231;aient &#224; penser que la r&#233;volution &#233;tait victorieuse. Les chars russes n'attaquaient plus, et le bruit courait qu'ils allaient peut-&#234;tre quitter Budapest. Et pourtant les travailleurs se d&#233;fiaient toujours de Nagy. (&#8230;) Le lundi 29 octobre, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de tous les Conseils du pays, r&#233;unis &#224; Gyor, adress&#232;rent &#224; Nagy une r&#233;solution &#233;nergique qui r&#233;affirmait leurs revendications. Ce message prenait presque la valeur d'un ultimatum. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi matin, tr&#232;s t&#244;t, Radio-Budapest confirma que l'Arm&#233;e Rouge allait se retirer. (&#8230;) Les unit&#233;s de l'Arm&#233;e Rouge commenc&#232;rent &#224; quitter Budapest &#224; 16 heures. Mais les travailleurs restaient m&#233;fiants. A Gyor, les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Conseils proclam&#232;rent imm&#233;diatement qu'il fallait continuer et renforcer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale jusqu'&#224; ce que le dernier soldat russe ait quitt&#233; le pays. (Il y avait d&#233;j&#224; eu une reprise du travail dans quelques usines). On n'envisagerait l'&#233;ventualit&#233; d'une reprise du travail que lorsque les n&#233;gociations sur les autres revendications seraient entam&#233;es. (&#8230;) Dans certains quartiers de Budapest et dans le reste du pays, les travailleurs rest&#232;rent en armes et attach&#233;s &#224; leurs organisations. On se trouvait en face d'une situation classique de &#171; double pouvoir &#187;. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arm&#233;e Rouge ne s'&#233;tait retir&#233;e de Budapest que pour occuper des positions &#224; l'ext&#233;rieur de la ville. Celle-ci &#233;tait encercl&#233;e par les chars russes. Au moment, des troupes sovi&#233;tiques fra&#238;ches p&#233;n&#233;traient par divisions enti&#232;res dans la partie nord-est du pays. (&#8230;) Cent-dix kilom&#232;tres seulement les s&#233;parait encore de Budapest. D&#232;s que les Conseils R&#233;volutionnaires, les Conseils Ouvriers et les autres organismes autonomes du nord-est de la Hongrie apprirent ces mouvements des troupes russes, ils en inform&#232;rent les autres Conseils du pays. Ils adress&#232;rent plusieurs ultimatums &#224; Nagy (&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir du 1er novembre, la d&#233;l&#233;gation du gouvernement (qui comprenait Pal Mal&#233;ter, le communiste estim&#233; de tous (&#8230;) qui &#233;tait maintenant ministre de la D&#233;fense, ainsi que son chef d'Etat-Major, le g&#233;n&#233;ral Istvan Kovacs) &#233;tait toujours en train de n&#233;gocier le retrait de l'Arm&#233;e Rouge (&#8230;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi 3 novembre, &#224; 14H18, Radio-Budapest annon&#231;a : &#171; La d&#233;l&#233;gation sovi&#233;tique a promis que les trains transportant des troupes ne passeront plus la fronti&#232;re hongroise. &#187; (&#8230;) Plusieurs membres du dernier cabinet de Nagy &#233;taient persuad&#233;s que les Russes n'attaqueraient pas. (&#8230;) Les ouvriers ne partageaient pas cet optimisme. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait maintenant totale. Les ouvriers contr&#244;laient vraiment la situation. (&#8230;) Peu avant minuit, le colonel Pal Mal&#233;ter et le g&#233;n&#233;ral Kovacs furent arr&#234;t&#233;s par les officiers de l'Arm&#233;e Rouge, alors qu'ils participaient encore officiellement aux &#171; n&#233;gociations &#187;. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 4 novembre, &#224; quatre heures du matin, Budapest fut r&#233;veill&#233;e par l'explosion des obus qui tombaient sur le centre de la ville. Des centaines de canons post&#233;s sur les hauteurs de Buda ouvraient le feu. (&#8230;) L'attaque fut men&#233;e simultan&#233;ment dans tout le pays. Toutes les grandes villes furent pilonn&#233;es par l'artillerie. Mais les habitants ne se laiss&#232;rent pas prendre de panique. (&#8230;) D&#232;s le premier coup de feu, ils furent galvanis&#233;s et pr&#234;ts &#224; l'action. (&#8230;) les barricades furent reconstruites (&#8230;) Les chars furent imm&#233;diatement attaqu&#233;s par la population. (&#8230;) Les m&#234;mes sc&#232;nes se d&#233;roul&#232;rent dans les autres grandes villes de Hongrie. Partout, les gens combattaient avec plus de courage et dans des conditions bien plus difficiles que dix jours auparavant. Il y avait en effet maintenant dans le pays quinze divisions blind&#233;es russes &#8211; six mille chars. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un bombardement intense, tous les arrondissements ouvriers de Budapest &#8211; Cespel-la-Rouge, Ujpest, Kobainya &#8211; et Denapentele &#233;taient toujours aux mains des travailleurs. (&#8230;) Les nouvelles troupes russes ne faisaient pas de sentiment &#224; l'&#233;gard des Hongrois ; elles avaient &#233;t&#233; convenablement endoctrin&#233;es : les rebelles &#233;taient des &#171; fascistes &#187; et des &#171; capitalistes bourgeois &#187;. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, Janos Kadar (&#8230;) constitua ce qu'il appela un nouveau &#171; Gouvernement des Ouvriers et des Paysans &#187;. Ce gouvernement fit imm&#233;diatement une d&#233;claration demandant au gouvernement russe &#171; une aide pour liquider les forces contre-r&#233;volutionnaires et r&#233;tablir l'ordre. &#187; (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance arm&#233;e &#224; grande &#233;chelle prit fin le samedi 10 novembre. Des dizaines de chars russes hors de combat se trouvaient &#233;parpill&#233;s dans tout Budapest. Dans les villes, la r&#233;sistance arm&#233;e organis&#233;e par les groupes de travailleurs et de jeunes prit fin le 14 novembre. (&#8230;) Et les Hongrois n'&#233;taient toujours pas vaincus. Les Conseils ouvriers se renforc&#232;rent. Ils proclam&#232;rent leurs revendications demeuraient inchang&#233;es. (&#8230;) Le vendredi 16 novembre, Kadar fut contraint d'entamer des n&#233;gociations avec les conseils. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de certains conseils accept&#232;rent de demander aux travailleurs de reprendre le travail. A condition qu'un certain nombre de leurs revendications soient satisfaites imm&#233;diatement (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil Ouvrier Central de Budapest devait se r&#233;unir au Stade National le 21 novembre. (&#8230;) Les tanks russes bloqu&#232;rent les rues qui m&#232;nent au Stade National. (&#8230;) De nombreux membres importants des comit&#233;s de base furent arr&#234;t&#233;s. (&#8230;) Le 7 d&#233;cembre, on tire sur des manifestants dans les villes industrielles. Les arrestations en masse parmi la base des Conseils Ouvriers se poursuivent. (&#8230;) Le 8 d&#233;cembre, 10.000 personnes manifestent contre l'arrestation de deux membres du Conseil ouvrier de la ville de Salgoiarjan. &#8230;Etc&#8230; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 d&#233;cembre Manifestations &#224; Budapest &#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 d&#233;cembre dans la ville d'Eger, des manifestants lib&#232;rent de force des membres emprisonn&#233;s du Conseil Ouvrier. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 d&#233;cembre, &#224; Eger, la police tire sur une foule importante de manifestants &#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des tracts et des affiches r&#233;volutionnaires sont imprim&#233;s et distribu&#233;s&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours massivement suivie&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 d&#233;cembre La peine de mort pour fait de gr&#232;ve est remise en vigueur. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 d&#233;cembre Gy&#246;rgy Marosan, social-d&#233;mocrate et ministre dans le gouvernement Kadar, d&#233;clare que si c'est n&#233;cessaire le gouvernement mettra &#224; mort 10.000 personnes pour prouver que c'est lui le vrai gouvernement, et non les Conseils Ouvriers. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de janvier 1957, les membres des conseils qui n'avaient pas encore &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s commenc&#232;rent &#224; d&#233;missionner. (&#8230;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massacre des Hongrois, la destruction des organisations qu'ils avaient construites pendant la br&#232;ve p&#233;riode de libert&#233; et la totale reprise en mains de tous les aspects de leur vie par la bureaucratie marqua la fin d'une &#233;poque : l'&#232;re pendant laquelle les bureaucrates russes avaient partiellement r&#233;ussi &#224; se faire passer pour les d&#233;fenseurs du socialisme et les champions de la classe ouvri&#232;re. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Extraits de &#171; l'Humanit&#233; &#187;, quotidien du Parti Communiste Fran&#231;ais, du 25 octobre 1956 :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les difficult&#233;s in&#233;vitables n'ont pas manqu&#233; dans les pays de d&#233;mocratie populaire, sp&#233;cialement en Pologne et en Hongrie. Ces deux pays ont &#233;t&#233; ravag&#233;s, pill&#233;s pendant les ann&#233;es de guerre. Les destructions ont &#233;t&#233; incommensurablement, infiniment plus &#233;lev&#233;es que dans notre propre pays. Par ailleurs, les longues ann&#233;es de guerre froide ont oblig&#233; ces pays &#224; un lourd mais n&#233;cessaire effort de d&#233;fense. Tout r&#233;volutionnaire comprend cela, ce qu'il en d&#233;coulait des conditions de vie parfois difficiles pour les travailleurs. (&#8230;) Les forces r&#233;actionnaires hostiles au socialisme, misant sur l'ensemble de ces &#233;l&#233;ments bri&#232;vement &#233;num&#233;r&#233;s depuis le d&#233;but de cet article, ont pens&#233; que l'occasion &#233;tait venue de passer &#224; l'attaque en profitant de la volont&#233; affirm&#233;e de tous les Partis Communistes et Ouvriers de corriger les erreurs commises dans le pass&#233; et dans des domaines divers. (&#8230;) Les dirigeants hongrois, par exemple, ont qualifi&#233; &#224; juste titre de &#171; groupes contre-r&#233;volutionnaires &#187; les &#233;l&#233;ments qui ont provoqu&#233; les troubles d'hier &#224; Budapest. (&#8230;) Les travailleurs de France approuveront toujours les mesures prises dans les pays qui construisent le socialisme pour sauvegarder et consolider les conqu&#234;tes r&#233;volutionnaires contre les forces hostiles &#224; la soci&#233;t&#233; nouvelle. &#187; Sign&#233; : Marcel Servin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Extraits de la d&#233;claration du Bureau Politique du Parti Communiste Fran&#231;ais du 4 novembre 1956 :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s deux semaines de confusion politique, la cause du socialisme triomphe en Hongrie. (&#8230;) Barrant la route &#224; ceux qui furent les alli&#233;s de Hitler, aux repr&#233;sentants de la r&#233;action et du Vatican que le tra&#238;tre Nagy avait install&#233;s au gouvernement, la classe ouvri&#232;re hongroise dans un sursaut &#233;nergique a form&#233; un gouvernement ouvrier et paysan qui a pris en main les affaires du pays. (&#8230;) Le Parti Communiste Fran&#231;ais approuve pleinement la conduite du gouvernement ouvrier de Hongrie. (&#8230;) Face &#224; l'offensive acharn&#233;e et bestiale des fascistes, des f&#233;odaux et de leurs alli&#233;s les princes de l'Eglise pour restaurer en Hongrie le r&#233;gime terroriste de Horthy, il e&#251;t &#233;t&#233; inconcevable que l'arm&#233;e des ouvriers et des paysans de l'URSS ne r&#233;pondit pas &#224; l'appel qui lui &#233;tait adress&#233; alors que les meilleurs fils de la classe ouvri&#232;re hongroise &#233;taient massacr&#233;s, pendus, ignoblement tortur&#233;s. (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce que d&#233;cidaient et proclamaient les conseils ouvriers r&#233;volutionnaires de la Hongrie de 1956</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7077</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7077</guid>
		<dc:date>2023-01-03T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce que d&#233;cidaient et proclamaient les conseils ouvriers r&#233;volutionnaires de la Hongrie de 1956 &lt;br class='autobr' /&gt; Lechoslaw Gozdzik : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La bureaucratie et les conseils ouvriers ne peuvent pas se marier. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement K&#225;d&#225;r avait accus&#233; le Conseil central de vouloir &#171; faire du Conseil central des ouvriers un organisme de pouvoir central ex&#233;cutif &#187;. En r&#233;alit&#233;, si telle &#233;tait bien la volont&#233; des ouvriers hongrois parfois exprim&#233;e par leur Conseil central, sa position publique n'a presque jamais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_16826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/par89465-teaser-story-big.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/par89465-teaser-story-big.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;845&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/ellenzek-oktober-23-2020-video.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/ellenzek-oktober-23-2020-video.jpg' width=&#034;1155&#034; height=&#034;576&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/LapingHungary1956-p246.jpg' width=&#034;340&#034; height=&#034;479&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16823 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16822 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16821 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/varsovie_big_0.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;388&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/hungary1.jpg' width=&#034;588&#034; height=&#034;431&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que d&#233;cidaient et proclamaient les conseils ouvriers r&#233;volutionnaires de la Hongrie de 1956&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lechoslaw Gozdzik :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La bureaucratie et les conseils ouvriers ne peuvent pas se marier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement K&#225;d&#225;r avait accus&#233; le Conseil central de vouloir &#171; faire du Conseil central des ouvriers un organisme de pouvoir central ex&#233;cutif &#187;. En r&#233;alit&#233;, si telle &#233;tait bien la volont&#233; des ouvriers hongrois parfois exprim&#233;e par leur Conseil central, sa position publique n'a presque jamais d&#233;pass&#233; l'affirmation qu'il &#233;tait le seul repr&#233;sentant qualifi&#233; des ouvriers pour n&#233;gocier avec le gouvernement, non le renverser et prendre sa place. De m&#234;me, pendant toute une p&#233;riode en Russie, les soviets n'avaient pas r&#233;clam&#233; le pouvoir, les bolcheviks &#233;tant les seuls, avec L&#233;nine, &#224; reprendre le mot d'ordre : &#171; Tout le pouvoir aux soviets &#187;. Le Conseil central n'a pas r&#233;clam&#233; &#171; Tout le pouvoir aux conseils &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conseil Ouvrier de Telefongy&#225;r&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour cette usine de 3000 ouvriers qui fabriquait des appareils t&#233;l&#233;phoniques, dans le XIVe, nous b&#233;n&#233;ficions du t&#233;moignage de Ferenc T&#246;ke, chronom&#233;treur, d&#233;l&#233;gu&#233; de l'usine puis vice-pr&#233;sident du COC. Le conseil fut cr&#233;&#233; le 25 octobre par une assembl&#233;e de 800 ouvriers pr&#233;sents. Le conseil ouvrier ainsi &#233;lu comprenait 25 membres environ. Le conseil ouvrier fut constitu&#233; de telle mani&#232;re que, sauf son pr&#233;sident et son secr&#233;taire, il ne comportait aucun membre permanent. Chaque d&#233;partement de l'usine en avait &#233;lu deux ou trois. Au total, 19 des membres du conseil &#233;taient des ouvriers manuels. 50% environ des membres du conseil ouvrier &#233;taient des jeunes, de 23 &#224; 28 ans. &#171; Ils avaient particip&#233; aux diverses actions r&#233;volutionnaires, aux manifestations, au d&#233;boulonnage de la statue de Staline, aux combats devant la Radio, etc. Par leur envergure et leur esprit r&#233;volutionnaire, ils avaient r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner les travailleurs de l'usine. &#187; 90% des membres du conseil appartenaient d'ailleurs au parti, et plusieurs d'entre eux &#233;taient des militants actifs. &#171; Mais les ouvriers avaient confiance en eux, car ils savaient qu'ils avaient toujours d&#233;fendu leurs int&#233;r&#234;ts. Tout ce qu'on leur demandait, c'&#233;tait un pass&#233; irr&#233;prochable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Radio-Gy&#246;r, le 27 octobre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;l&#233;gation du conseil ouvrier de l'entreprise p&#233;troli&#232;re Sz&#246;ny a rendu visite, cet apr&#232;s-midi, au conseil ouvrier de la Fabrique de Wagons de Gy&#246;r&#8230;. Les ouriers de Sz&#246;ny leur ont racont&#233; que des comit&#233;s nationaux et des conseils ouvriers se formaient sur tout le territoire entre Gy&#246;r et Tatabanya. Les travailleurs des usines de Komarom et de Sz&#246;ny se solidarisent avec les ouvriers de Busapest. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Radio-Miskolc, le 27 octobre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis deux jours, la ville de Miskolc est dirig&#233;e par le Conseil Ouvrier et le Parlement Etudiant. Le Conseil Ouvrier a pris le contr&#244;le de la garnison et de la police&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Radio-Kossuth, le 28 octobre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des conseils ouvriers ont &#233;t&#233; form&#233;s dans la Fabrique de chaussures &#171; Duna &#187;, dans la filature de Coton, dans la Draperie Hongroise, dans l'Usine Textile Gildberger et dans la Fabrique de Cuir &#171; Tancsics &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Szabad N&#233;p, le 28 octobre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Arrivent de toutes parts du pays, l'une apr&#232;s l'autre, des nouvelles annon&#231;ant la formation de conseils ouvriers, de conseils nationaux ou de comit&#233;s r&#233;volutionnaires socialistes, de d&#233;partement et de ville&#8230; Les membres de ces conseils sont les repr&#233;sentants des travailleurs et ont re&#231;u leur poste par des &#233;lections d&#233;mocratiques. Ceux qui ont perdu la confiance du peuple, qui l'ont tyrannis&#233; ou qui n'avaient comme seuls soucis que leur carri&#232;re, ne se trouvent pas parmi eux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andy Anderson :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis le premier jour de la r&#233;volution, c'&#233;tait un v&#233;ritable mouvement prol&#233;tarien qui s'&#233;tait manifest&#233; par la formation spontan&#233;e de Conseils dans toute la Hongrie. Ces Conseils, partiellement isol&#233;s par l'Arm&#233;e Rouge, cherch&#232;rent imm&#233;diatement &#224; se f&#233;d&#233;rer et, &#224; la fin de la premi&#232;re semaine, ils avaient pratiquement mis sur pied une r&#233;publique des Conseils. Seule leur autorit&#233; signifiait quelque chose. Le gouvernement n'avait aucune autorit&#233;, en d&#233;pit du fait que Nagy (soutenu par la plupart des conseils) se trouvait &#224; sa t&#234;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En province : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et la naissance des conseils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A Budapest, l'initiative de l'agitation reposait, nous l'avons vu, sur les organisations d'&#233;tudiants. C'est &#224; leur Comit&#233; r&#233;volutionnaire que sont venues se joindre les d&#233;l&#233;gations d'ouvriers au fur et &#224; mesure que ces derniers se sont lanc&#233;s dans la bataille. En province, la r&#233;volution a commenc&#233; par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale insurrectionnelle, d&#233;clench&#233;e d&#232;s la nouvelle de l'intervention russe. Elle s'est imm&#233;diatement traduite par la constitution de conseils ouvriers qui ont pris le pouvoir. Ainsi, pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies, les travailleurs hongrois, dans leur lutte contre la bureaucratie, retrouvaient spontan&#233;ment les formes de l'organisation et du pouvoir prol&#233;tariens. Ils retrouvaient la tradition des soviets (le mot russe pour conseils) de 1905 et 1917, celle-l&#224; m&#234;me de la premi&#232;re R&#233;publique hongroise des conseils (mars 1919). Les conseils, &#233;lus par la base, avec leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables &#224; tout moment et responsables devant leurs mandants, sont la r&#233;alisation authentique, dans la pratique, de la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne et du pouvoir des ouvriers arm&#233;s. Des conseils hongrois, on peut &#233;crire ce qu'&#233;crivait Trotsky du soviet de Petrograd de 1905 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le soviet est le pouvoir organis&#233; de la masse m&#234;me, dominant toutes ses fractions. C'est la v&#233;ritable d&#233;mocratie, non falsifi&#233;e, sans les deux Chambres, sans bureaucratie professionnelle, conservant aux &#233;lecteurs le droit de remplacer, quand ils veulent, leurs d&#233;put&#233;s. Le soviet, par l'interm&#233;diaire de ses membres, par les d&#233;put&#233;s que les ouvriers ont &#233;lus, pr&#233;side directement &#224; toutes les manifestations sociales du prol&#233;tariat dans son ensemble ou dans ses groupes, organise son action, lui donne un mot d'ordre et un drapeau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Conseil de Miskolc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nord-ouest de la Hongrie, dans la r&#233;gion industrielle de Borsod, pr&#232;s des mines de charbon, des aci&#233;ries, au coeur de l'industrie sid&#233;rurgique et m&#233;tallurgique, Miskolc, ville de 100 000 habitants, est la premi&#232;re qui ait annonc&#233; la constitution de son conseil ouvrier. Dans la nuit du 24 au 25 octobre, les insurg&#233;s, ma&#238;tres de l'&#233;metteur radio, annoncent qu'ils ont pris le pouvoir et exigent un &#171; nouveau gouvernement dans l'esprit de B&#233;la Kun et de L&#225;szl&#243; Rajk &#187;. La r&#233;f&#233;rence &#224; ces deux dirigeants communistes, tous deux assassin&#233;s par Staline, Kun, pr&#233;sident en 1919 de la R&#233;publique des conseils, ex&#233;cut&#233; pendant les proc&#232;s de Moscou, Rajk, pendu comme &#171; titiste &#187; en octobre 1949, est significative de l'orientation politique du mouvement. Le 25 octobre, les comit&#233;s ouvriers des usines ont &#233;lu un Conseil ouvrier de la ville, dont le programme est diffus&#233; par la radio locale : &#171; Nous demandons qu'aux postes les plus importants du parti et de l'Etat soient plac&#233;s des communistes d&#233;vou&#233;s au principe de l'internationalisme prol&#233;tarien, qui soient avant tout hongrois et respectent nos traditions nationales et notre pass&#233; mill&#233;naire. Nous demandons l'ouverture d'une enqu&#234;te sur l'institution assurant la protection de l'Etat (l'AVH) et l'&#233;limination de tous ceux qui, dirigeants ou fonctionnaires, sont plus ou moins compromis. Nous demandons que les crimes de Farkas et de ses acolytes soient examin&#233;s en proc&#232;s public devant un tribunal ind&#233;pendant, m&#234;me si ce proc&#232;s doit mettre en cause des individus haut plac&#233;s. Nous demandons que les coupables de mauvaise direction et administration du plan soient imm&#233;diatement remplac&#233;s. Nous demandons que les salaires r&#233;els soient &#233;lev&#233;s. Nous voulons obtenir l'assurance que le Parlement ne sera pas plus longtemps une machine &#224; voter et que les parlementaires ne seront plus une machine &#224; approuver. &#187;. Le 25, le &#171; conseil ouvrier &#187; et le &#171; Parlement &#233;tudiant &#187; assument le pouvoir dans l'agglom&#233;ration de Miskolc, et, d&#232;s le lendemain, l'autorit&#233; du conseil ouvrier est reconnue dans tout le d&#233;partement de Borsod.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le conseil ouvrier du comitat de Borsod&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; constitu&#233; le 25 octobre 1956 &#224; Miskolc, la pr&#233;fecture du comitat, sous la conduite de Mikl&#243;s Papp et d'Attila Nagy, alors que Rudolf F&#246;ldv&#225;ri et la d&#233;l&#233;gation d'usine Dim&#225;vag &#233;taient en pourparlers avec Imre Nagy &#224; Budapest. La r&#233;union de fondation, dans le quartier de l'universit&#233; de la ville, a soutenu imm&#233;diatement la gr&#232;ve. Elle a d&#233;cid&#233; d'&#233;tablir une garde ouvri&#232;re de 150 hommes pour renforcer la s&#233;curit&#233; publique, et a incit&#233; &#224; &#233;tablir les conseils ouvriers dans les usines. En cons&#233;quence, les conseils ouvriers ont assur&#233; le fonctionnement des usines et de beaucoup de municipalit&#233;s dans le comitat de Borsod-Aba&#250;j-Zempl&#233;n, les jours suivants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la prise du quartier g&#233;n&#233;ral de la police, le 26 octobre, le conseil ouvrier du comitat s'est &#233;tabli dans les locaux du conseil du comitat, une action symbolisant que le pouvoir avait &#233;t&#233; pris par les forces de la r&#233;volution. Bien que le conseil ouvrier ait imm&#233;diatement commenc&#233; &#224; organiser ses forces de s&#233;curit&#233;, il ne put emp&#234;cher une manifestation violente, le 27 octobre, contre l'AVO organis&#233;e spontan&#233;ment par la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil ouvrier a command&#233; l'administration du comitat et a adopt&#233; les 21 points des ouvriers comme programme. Le 5 novembre, le conseil ouvrier a tenu des n&#233;gociations st&#233;riles avec le commandement des forces sovi&#233;tiques occupant la ville. Tous ses membres furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s en Ukraine subcarpatique, derri&#232;re la fronti&#232;re sovi&#233;tique. Le r&#232;gne du parti stalinien fut r&#233;tabli sous la f&#233;rule de K&#225;roly Gr&#243;sz Cependant, la gr&#232;ve qui continuait a fait reculer le parti stalinien : les membres arr&#234;t&#233;s du conseil ouvrier ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s &#224; la mi-novembre et certains m&#234;me int&#233;gr&#233;s dans le fonctionnement de la ville et du conseil d'usine, mais finalement, le 9 d&#233;cembre, le conseil fut dissout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26, Rudolf F&#246;ldvari, secr&#233;taire r&#233;gional du PC, membre du conseil ouvrier, d&#233;clare &#224; Radio-Miskolc que le gouvernement Nagy a accept&#233; les revendications du conseil. Miskolc appelle les travailleurs de la r&#233;gion &#224; &#233;lire des conseils dans toutes les entreprises sans tenir compte de l'affiliation politique de leurs membres. Le m&#234;me jour se constitue, par la f&#233;d&#233;ration des conseils locaux, le conseil ouvrier du d&#233;partement de Borsod, qui contr&#244;le la r&#233;gion. Sa d&#233;l&#233;gation &#224; Budapest r&#233;clame &#224; Imre Nagy : la hausse imm&#233;diate des salaires, pensions et allocations familiales, la fin de la hausse des prix, l'abolition de la taxe sur les m&#233;nages sans enfants, le jugement de Farkas et un Parlement qui ne soit pas une assembl&#233;e de &#171; B&#233;ni-oui-oui &#187;, le retrait des troupes sovi&#233;tiques et la publication du Trait&#233; de commerce hungaro -sovi&#233;tique, la correction des &#171; erreurs &#187; du plan. Le 28 au matin, la radio annonce que les conseils ouvriers ont dissous toutes les organisations communistes de la r&#233;gion de Borsod. Dans les campagnes, les paysans, qui avaient &#233;t&#233; soumis &#224; des mesures de collectivisation forc&#233;e, ont chass&#233; les responsables des kolkhozes et proc&#233;d&#233; &#224; la distribution des terres. Les conseils ouvriers approuvent leur action. Le premier apparu, le Conseil de Miskolc, est conscient de ses responsabilit&#233;s. Ce qu'il a &#233;tabli &#224; l'&#233;chelle du d&#233;partement de Borsod, le pouvoir des conseils, il cherche &#224; l'&#233;tendre &#224; l'ensemble du pays. Le 28, Radio Miskolc &#171; demande aux conseils ouvriers de toutes les villes de province de coordonner leurs efforts en vue de cr&#233;er un seul et unique mouvement puissant &#187;.Elle propose comme base d'accord le programme suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
1.	L'&#233;dification d'une Hongrie libre, souveraine, ind&#233;pendante, d&#233;mocratique et socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Une loi instituant des &#233;lections libres au suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	Le d&#233;part imm&#233;diat des troupes sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	L'&#233;laboration d'une nouvelle Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	La suppression de l'AVH, le gouvernement ne devra s'appuyer que sur deux forces arm&#233;es : l'arm&#233;e nationale et la police ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	Amnistie totale pour tous ceux qui ont pris les armes et inculpation de Ger&#246; et de ses complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.	Elections libres dans un d&#233;lai de deux mois avec la participation de plusieurs partis. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Conseils de Gy&#246;r et de Transdanielie sont les premiers &#224; r&#233;pondre &#224; cet appel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Conseil de Gy&#246;r&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gy&#246;r est une ville de 100 000 habitants. C'est la ville de la gigantesque usine de wagons et locomotives Wilhelm-Pieck (Gy&#246;ri-M&#225;vag). L'insurrection a d&#233;but&#233; par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. La garnison russe a accept&#233; de se retirer sans combat. C'est un Comit&#233; national r&#233;volutionnaire, &#233;lu dans les entreprises, qui dirige la r&#233;gion, assist&#233; d'un Comit&#233; militaire qui prend ses ordres. Le comit&#233; comprend vingt membres de tendances politiques diverses. II est pr&#233;sid&#233; par un m&#233;tallurgiste, ancien responsable du parti social-d&#233;mocrate, Gy&#246;rgy Szab&#243;, mais la personnalit&#233; la plus en vue en est un ancien responsable du Parti national paysan, d&#233;put&#233;, ami d'Imre Nagy, Attila Szigeti. Il a affaire, dans le comit&#233;, &#224; une opposition dirig&#233;e par l'ancien maire de la ville, Ludwig Pocsa, &#233;lu par l'entreprise dans laquelle il travaille. Mais, sur les revendications imm&#233;diates, le comit&#233; est d'accord : il exige la fixation d'une date, d'ici deux ou trois mois, pour des &#233;lections libres, le retrait des forces russes de Hongrie. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des mineurs demandent &#171; la garantie que l'arm&#233;e sovi&#233;tique quittera imm&#233;diatement le pays, ainsi que la garantie que des &#233;lections libres avec participation de tous les partis seront autoris&#233;es &#187;. Radio-Gy&#246;r d&#233;clare solennellement le 28 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux insurg&#233;s se sont m&#234;l&#233;s des &#233;l&#233;ments troubles &#224; tendance fasciste et contre-r&#233;volutionnaire. Nous ne voulons pas que revienne le vieux syst&#232;me capitaliste ; nous voulons une Hongrie libre et ind&#233;pendante. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Conseil de Sopron&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la petite ville industrielle de Sopron, en Hongrie occidentale, le conseil ouvrier a &#233;t&#233; &#233;lu au scrutin secret dans les entreprises et &#224; l'Ecole foresti&#232;re. Le socialiste autrichien Peter Strasser a assist&#233; &#224; ses r&#233;unions et certifie : &#171; Ils sont absolument oppos&#233;s &#224; la restauration de l'ancien r&#233;gime de Horthy. &#187;. Le conseil a organis&#233; le maintien de l'ordre au moyen de patrouilles compos&#233;es d'un ouvrier, d'un soldat et d'un &#233;tudiant. Il a envoy&#233; en Autriche deux d&#233;l&#233;gations de jeunes communistes, pour alerter le mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Conseil de Magyarovar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de Magyarovar a &#233;t&#233; lui aussi &#233;lu au bulletin secret. II comprend 26 membres, dont quatre communistes, des sans-partis et des repr&#233;sentants des vieux partis r&#233;formistes, sociaux-d&#233;mocrates, nationaux-paysans, petits-propri&#233;taires. Son pr&#233;sident est un ouvrier communiste, Gera. Il d&#233;clare : &#171; Il y a seulement deux grands probl&#232;mes : les Russes doivent s'en aller et il doit y avoir des &#233;lections d&#233;mocratiques. &#187; Au journaliste am&#233;ricain qui s'&#233;tonne, il pr&#233;cise : &#171; Les communistes qui sont dans le conseil sont de braves gens. Ils n'oppriment personne et le peuple hongrois le sait. &#187;. Le programme du Conseil de Magyarovar demande des &#233;lections libres et d&#233;mocratiques sous le contr&#244;le de l'ONU, la libert&#233; des partis d&#233;mocratiques, la libert&#233; de presse et de r&#233;union, l'ind&#233;pendance des syndicats, la lib&#233;ration des d&#233;tenus, la dissolution de l'AVH, le d&#233;part des Russes, la dissolution des collectivit&#233;s paysannes &#233;tablies de force, la suppression des diff&#233;rences de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le programme des conseils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas possible de poursuivre plus longtemps cette &#233;num&#233;ration. Dans toutes les villes industrielles de Hongrie se sont dress&#233;s des conseils ouvriers : &#224; Dunapentele, l'ancienne Sztalinv&#225;ros, la &#171; perle &#187; de l'industrialisation sous R&#225;kosi, &#224; Szolnok, le grand n&#339;ud ferroviaire du pays, &#224; P&#233;cs, dans les mines du sud-ouest, &#224; Debreczen, &#224; Szeged. Avant le 1&#176; novembre, dans tout le pays, dans toutes les localit&#233;s, se sont constitu&#233;s des conseils, qui prennent en charge le maintien des acquis socialistes et assurent le ravitaillement de la capitale en lutte. Tous pr&#233;sentent les m&#234;mes caract&#233;ristiques : &#233;lus par les travailleurs dans le feu de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale insurrectionnelle, ils assurent le maintien de l'ordre et la lutte contre les Russes et Avos par des milices d'ouvriers et d'&#233;tudiants arm&#233;s ; ils ont dissous les organismes du PC, &#233;pur&#233; les administrations qu'ils ont soumises &#224; leur autorit&#233;. Ils sont l'expression du pouvoir des ouvriers en armes. Voici un exemple entre mille de l'&#233;tat d'esprit de la population dont ils expriment la volont&#233;. Le 29 octobre, &#224; 10 h 20, la radio de Gy&#246;r libre annonce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous communiquons le message des femmes du village Gyirmot &#224; la radio de Gy&#246;r libre : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les paysannes de Gyirmot appellent les femmes des environs de Gy&#246;r. Au cours de la journ&#233;e d'hier, nous avons appris, par l'une des n&#244;tres qui rentrait du march&#233; de Gy&#246;r, une chose honteuse qui nous a toutes r&#233;volt&#233;es. La voici : quelques paysannes du march&#233;, face &#224; la demande d&#233;mesur&#233;e, ont vendu le lait destin&#233; au ramassage r&#233;gulier, et elles l'ont vendu &#224; 6 forints le litre au lieu de 3 forints. Donc, non seulement elles n'ont pas accompli leurs obligations, et il y aura moins de lait pour les ouvriers de Gy&#246;r, mais encore elles en ont tir&#233; profit. Nous sommes &#233;galement scandalis&#233;es par l'augmentation du prix du canard, vendu par une paysanne &#224; 30 forints le kg... Une telle femme n'est pas une Hongroise ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Femmes, ne permettez pas que de telles choses puissent se renouveler ! N'oubliez pas que l'acheteur est le combattant qui lutte pour notre avenir ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme des conseils, malgr&#233; des formulations diff&#233;rentes, est remarquablement coh&#233;rent : tous exigent le d&#233;part imm&#233;diat des Russes, la dissolution de l'AVH, la promesse d'&#233;lections libres, la libert&#233; pour les partis d&#233;mocratiques, l'ind&#233;pendance des syndicats et le droit de gr&#232;ve, la libert&#233; de presse et de r&#233;union, la r&#233;vision des plans et la hausse des salaires, la libert&#233; de l'art et de la culture. Tous, par leur existence m&#234;me, revendiquent le droit de l'ouvrier hongrois de prendre en mains son propre sort. Tous exigent un gouvernement r&#233;volutionnaire comprenant les repr&#233;sentants des insurg&#233;s. Par leur exemple, par leur action, ils sont un danger mortel pour la bureaucratie comme pour l'imp&#233;rialisme. Dans l'imm&#233;diat, ils sont au premier chef responsables des r&#233;voltes antibureaucratiques qui se produisent dans l'arm&#233;e russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie_02.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie_02.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattants de rue : premier tour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 octobre et dans les jours qui suivirent, l'aspect le plus visible de la r&#233;volution hongroise fut les combats de rue. Pour qu'une r&#233;volution se produise, l'autorit&#233; de l'&#201;tat doit s'affaiblir suffisamment pour d&#233;sorienter les forces de r&#233;pression. Cela s'&#233;tait pass&#233; en Hongrie. Les 23 et 24 octobre, la panique au sein de la direction de Budapest &#233;tait telle que certains se sont enfuis &#171; dans des bunkers souterrains impropres &#224; tout travail &#187;, selon les membres du bureau politique sovi&#233;tique qui s'y trouvaient. La police r&#233;guli&#232;re s'est av&#233;r&#233;e impuissante et &#224; Budapest, un nombre important des 1 200 officiers, dirig&#233;s par S&#225;ndor Kop&#225;sci, le chef de la police de Budapest, a fait d&#233;fection vers les manifestants. L'arm&#233;e aussi &#233;tait d&#233;sorient&#233;e. La seule unit&#233; majeure &#224; avoir initialement ob&#233;i aux ordres de r&#233;primer les manifestations &#233;tait le troisi&#232;me corps d'arm&#233;e dont le commandant a forc&#233; ses hommes &#224; l'action et a m&#234;me bombard&#233; des manifestants &#224; Tiszakeske et Kecskemet depuis les airs avant qu'il n'y pense mieux et ne se soit enfui sous la protection russe. La plupart des unit&#233;s de l'arm&#233;e ont adopt&#233; une position de neutralit&#233; b&#233;nigne. Parfois, ils sont intervenus pour imposer des cessez-le-feu aux forces de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat. Parfois, des unit&#233;s, ainsi que des soldats individuels, se sont directement dirig&#233;s vers les manifestants. Le principal groupe de d&#233;fense de l'&#201;tat &#233;tait donc l'AVH d&#233;test&#233; de la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat. C'est parce qu'ils semblaient si isol&#233;s que Ger&#246; a fait appel aux forces sovi&#233;tiques pour le soutien tard le 23 octobre. Avec quelque 31 000 soldats imm&#233;diatement &#224; port&#233;e de main, et quelque 1 100 chars et puissance a&#233;rienne, c'&#233;tait une force formidable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des provinces, o&#249; la pr&#233;sence des forces russes &#233;tait &#233;galement limit&#233;e, les forces de s&#233;curit&#233; hongroises ont rapidement &#233;t&#233; d&#233;bord&#233;es, malgr&#233; les tirs sur les manifestants. Le conflit &#224; Budapest &#233;tait plus co&#251;teux. Au plus fort, peut-&#234;tre 15 000 manifestants, arm&#233;s d'armes saisies ou donn&#233;es par la protection civile, la police et l'arm&#233;e, ont fait face &#224; l'AVH en d&#233;sint&#233;gration et &#224; l'arm&#233;e russe. Les combats &#233;taient s&#233;rieux &#224; un petit nombre de points cl&#233;s, mais l'AVH et les Russes ne savaient pas quoi faire. Les Russes avaient des ordres confus. Les troupes ordinaires ont &#233;t&#233; rapidement d&#233;concert&#233;es lorsqu'elles ont d&#233;couvert qu'elles faisaient face &#224; des Hongrois ordinaires. Il y a eu une certaine fraternisation. Les tensions sont mont&#233;es d'un cran le 25 octobre lorsque des tirs aveugles ont fait de nombreux morts devant le parlement hongrois. Du 26 au 28 octobre, la radicalisation et la polarisation se sont poursuivies. C'&#233;tait &#224; ce point que Nagy a r&#233;ussi &#224; &#233;tablir un cessez-le-feu et &#224; annoncer que les troupes sovi&#233;tiques se retireraient de Budapest &#8211; le d&#233;but, beaucoup ont esp&#233;r&#233;, d'un retrait n&#233;goci&#233; de la totalit&#233; de la Hongrie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La preuve de Budapest est qu'une grande partie des combats de rue a &#233;t&#233; men&#233;e par des jeunes, y compris m&#234;me des &#233;coliers. Les combattants avaient tendance &#224; former des groupes auto-organis&#233;s, souvent autour d'individus cl&#233;s, dont certains avaient peut-&#234;tre un pass&#233; trouble, bien qu'il soit difficile de s&#233;parer revendication et contre-revendication. Mais on aurait tort d'en faire trop. &#034;C'est &#233;mouvant que ce soient les voyous de Ferencv&#225;ros qui aient cr&#233;&#233; l'&#233;thique &#224; partir de rien pendant la r&#233;volution&#034;, a d&#233;clar&#233; un &#233;tudiant &#224; l'&#233;poque. [17]Il est clair qu'un vaste processus de radicalisation &#233;tait en cours. Le r&#244;le du colonel P&#225;l Mal&#233;ter qui est devenu &#171; le h&#233;ros le plus populaire de la r&#233;volution &#187;, dont il paiera de sa vie, ex&#233;cut&#233; par le r&#233;gime K&#225;d&#225;r, n'en est pas le moindre exemple. Mal&#233;ter avait eu une carri&#232;re erratique qui allait du poste de garde du corps du dictateur d'avant-guerre Horthy &#224; celui de partisan form&#233; en Russie combattant les nazis, puis de haut responsable de la nouvelle arm&#233;e. Il a d'abord tent&#233; de jouer un r&#244;le neutre lorsqu'il a &#233;t&#233; envoy&#233; pour tenter de soulager la caserne de Kili&#225;n, mais a ensuite fait appel au minist&#232;re de la D&#233;fense pour que les forces sovi&#233;tiques se retirent afin de r&#233;duire la tension et les pertes de vie. Lorsque cela a &#233;t&#233; refus&#233;, il a jet&#233; son sort avec les r&#233;volutionnaires : &#034;Je dois vous informer que je tirerai sur le premier char sovi&#233;tique &#224; s'approcher de la caserne de Kili&#225;n.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des conseils ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majeure partie de Budapest avait arr&#234;t&#233; le travail, soutenue par des gr&#232;ves croissantes dans le reste du pays, alors que ces luttes se d&#233;roulaient. Un nouveau r&#233;seau de comit&#233;s et de conseils a commenc&#233; &#224; &#233;merger. Les &#233;chos de 1917 sont &#233;vidents. Certaines de ces nouvelles formes &#233;taient des comit&#233;s d'usine. Ceux-ci seraient ensuite li&#233;s &#224; des conseils ou comit&#233;s r&#233;volutionnaires (parfois appel&#233;s nationaux). Mais dans les petites localit&#233;s, des conseils locaux ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement form&#233;s. Le sch&#233;ma et les noms pr&#234;tent souvent &#224; confusion car, contrairement &#224; la Russie de 1917, le temps manque pour &#233;laborer des formes d'organisation plus sophistiqu&#233;es. Mais cela ne diminue en rien le r&#244;le central de ces conseils ni ce qu'ils ont r&#233;alis&#233; en peu de temps. &#034;Sans leur pression politique&#034;, disent les auteurs du compte rendu hongrois standard &#233;dit&#233; par Gy&#246;rgy Litv&#225;n. Mais l'importance va au-del&#224; de cette dynamique politique imm&#233;diate, c'est pourquoi elles restent si controvers&#233;es et si difficiles &#224; dig&#233;rer pour les comptes les plus conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Budapest &#233;tait le centre du mouvement des conseils ouvriers. Autrefois la deuxi&#232;me ville d'un grand empire, elle &#233;tait maintenant la t&#234;te exag&#233;r&#233;e d'un petit pays et contenait pr&#232;s d'un cinqui&#232;me de la population hongroise. Plus de la moiti&#233; de la production industrielle du pays y &#233;tait produite par 46 % de ses travailleurs industriels. Ils &#233;taient concentr&#233;s dans les travaux d'ing&#233;nierie, les usines chimiques, les industries de consommation et alimentaires. Ici aussi se trouvaient une partie importante des travailleurs hongrois du b&#226;timent et des transports. L'industrie n'&#233;tait pas uniform&#233;ment r&#233;partie dans la ville. Deux des zones les plus concentr&#233;es &#233;taient le district d'&#218;jpest au nord et l'&#238;le de Csepel sur le Danube au sud, longtemps une zone industrielle bas&#233;e sur le fer, l'ing&#233;nierie, le papier et le p&#233;trole. La ville, coup&#233;e par le Danube, avait tendance &#224; &#234;tre plus industrielle du c&#244;t&#233; de Pest que de Buda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier conseil ouvrier de Budapest a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le 23 octobre dans le quartier d'&#218;jpest dans l'immense usine Egyes&#252;lt Izz&#243; (lampe unie) qui employait environ 10 000 personnes. Un jour plus tard, les comit&#233;s d'usine et les conseils ouvriers se r&#233;pandaient dans la plupart des usines et des districts de la ville. Les 29 et 30 octobre, des conseils ouvriers de district ont commenc&#233; &#224; &#234;tre cr&#233;&#233;s dans les zones o&#249; se concentraient les plus grandes usines - &#218;jpest, Obuda, Angyalf&#246;ld, Csepel. Puis, le 31 octobre, un parlement des conseils ouvriers de Budapest a &#233;t&#233; convoqu&#233; avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s de 24 usines et a cherch&#233; &#224; &#233;tablir un nouvel ordre en leur sein. De nombreux &#233;l&#233;ments de cet ordre sont rest&#233;s flous, mais la plupart des commentateurs ont &#233;t&#233; frapp&#233;s par la sophistication des demandes. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'organe supr&#234;me de contr&#244;le de l'usine est le conseil ouvrier d&#233;mocratiquement &#233;lu par les ouvriers... Le directeur est employ&#233; par l'usine. Le directeur et les plus hauts employ&#233;s doivent &#234;tre &#233;lus par le conseil ouvrier ... le directeur est responsable devant le conseil ouvrier pour tout ce qui concerne l'usine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conseils se sont &#233;galement pench&#233;s sur la situation politique, exigeant toute une s&#233;rie de mesures de d&#233;mocratisation et, surtout, le retrait des troupes russes. Dans ce processus, les anciens instruments de la domination stalinienne ont simplement &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. Le Parti communiste et les syndicats officiels, deux des moyens de r&#233;pression de la classe ouvri&#232;re et de pouss&#233;e de l'accumulation, &#233;taient marginalis&#233;s. Comme l'&#233;crit Lomax, &#034;Lorsque quelques jours plus tard le gouvernement, le Parti communiste et le Conseil central des syndicats ont appel&#233; &#224; tour de r&#244;le &#224; la cr&#233;ation de conseils ouvriers [dans une tentative rat&#233;e de les diriger - MH ], ils ne faisaient que reconna&#238;tre officiellement &#224; un fait d&#233;j&#224; accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitablement, la g&#233;ographie des conseils ouvriers en dehors de Budapest refl&#233;tait la g&#233;ographie industrielle de la Hongrie, avec les plus forts dans le nord et les plus faibles dans les villes des plaines agricoles du sud. Mais, comme l'a dit Peter Fryer, le journaliste choqu&#233; mais honn&#234;te du Daily Worker du Parti communiste britannique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ces comit&#233;s, dont le r&#233;seau s'&#233;tendait d&#233;sormais &#224; toute la Hongrie, &#233;taient remarquablement homog&#232;nes. Ils &#233;taient &#224; la fois des organes d'insurrection &#8211; la r&#233;union de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les usines et les universit&#233;s, les mines et les unit&#233;s de l'arm&#233;e &#8211; et des organes d'autonomie populaire auxquels le peuple arm&#233; avait confiance. En tant que tels, ils jouissaient d'une autorit&#233; consid&#233;rable et il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que jusqu'&#224; l'attaque sovi&#233;tique du 4 novembre, le v&#233;ritable pouvoir du pays &#233;tait entre leurs mains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auditeurs d'une &#233;mission de radio de Miskolc ont entendu la d&#233;claration suivante le 25 octobre : &#171; Nous en avons assez ! Assez de l'autonomie de certains dirigeants ! Nous aussi nous voulons le socialisme, mais selon nos conditions hongroises particuli&#232;res, refl&#233;tant les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re hongroise et de la nation hongroise &#187;. Miskolc &#233;tait la deuxi&#232;me plus grande ville de Hongrie. Elle comptait quelque 140 000 habitants en 1956 et &#233;tait situ&#233;e au nord-est de Budapest dans le comt&#233; de Borsod, &#171; la plus grande zone industrielle ininterrompue de Hongrie &#187;. Toute la r&#233;gion avait &#233;t&#233; un centre d'expansion rapide dans la campagne d'industrialisation post-1948, bas&#233;e sur des investissements concentr&#233;s dans l'industrie lourde, les cimenteries et les briqueteries, ainsi qu'une usine de textile. Au fur et &#224; mesure de son expansion, Miskolc a fusionn&#233; avec Di&#243;sgy&#246;r, le site de la premi&#232;re fonderie de fer de Hongrie et maintenant le principal centre sid&#233;rurgique ainsi que l'emplacement d'une grande usine de machines fabriquant du mat&#233;riel roulant et des turbines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que se trouve le deuxi&#232;me grand foyer des conseils ouvriers de 1956. Tandis que les &#233;tudiants locaux formaient un parlement &#233;tudiant, des comit&#233;s se formaient dans les usines puis des conseils ouvriers. Les choses commencent &#224; bouger le 22 octobre avec la formation de divers comit&#233;s puis, le 24 octobre, d'un &#171; conseil du travail &#187;. Organisation r&#233;partie dans et entre les usines des villes voisines. L'autorit&#233; gouvernementale s'est effondr&#233;e localement face &#224; une manifestation de masse &#224; Miskolc le 26 octobre, au cours de laquelle 38 personnes seraient mortes lorsque les forces de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat ont ouvert le feu et que la foule a pris sa revanche. Les ouvriers, les &#233;tudiants et les forces en place qui leur ont fait d&#233;fection ont rapidement r&#233;tabli l'ordre et Radio Miskolc a pu annoncer le 27 octobre que &#171; depuis deux jours, la ville de Miskolc est sous la direction du conseil ouvrier et du parlement &#233;tudiant. Les nouveaux conseils de la ceinture industrielle se sont regroup&#233;s pour former un conseil des travailleurs de Borsod &#224; l'&#233;chelle du comt&#233;. Lorsqu'on a affirm&#233; plus tard &#224; Budapest qu'il s'agissait d'une contre-r&#233;volution, le Conseil ouvrier du comt&#233; de Borsod a simplement dit : &#171; Vous n'avez qu'&#224; d&#233;crocher le t&#233;l&#233;phone, et dans trois heures nous y serons, les ouvriers de Ozd, Di&#243;sgy&#246;r, Miskolc, tous 20 000 et arm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord de Budapest se trouvait la petite ville de Salgotarjan. Ici, l'industrie &#233;tait bas&#233;e sur le charbon, le fer et l'acier et il n'y avait pas d'universit&#233;. Quiconque s'y serait arr&#234;t&#233; fin octobre aurait trouv&#233; une ville dans laquelle la radicalisation semble avoir impliqu&#233; l'un des changements de pouvoir les plus pacifiques. Le 25 octobre, une gr&#232;ve est devenue g&#233;n&#233;rale et le 27 octobre, il y a eu une marche vers le centre-ville. Le Parti communiste local a tent&#233; de diriger le mouvement des conseils ouvriers, mais il a &#233;t&#233; &#233;cart&#233;. Mais le calme relatif de cette p&#233;riode serait trompeur, car dans la phase suivante, Salgotarjan deviendrait un centre majeur de r&#233;sistance &#224; l'invasion russe et au gouvernement K&#225;d&#225;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gy&#246;r avait une population d'environ 70 000 habitants en 1956. Situ&#233;e sur le Danube, &#224; 80 miles au nord-ouest de Budapest et sur la route principale de Budapest &#224; Vienne, la ville s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e sur la base de l'expansion de ses travaux de construction de wagons d'avant-guerre, de textiles et industries des biens de consommation. A proximit&#233; se trouvaient la ville mini&#232;re de Tatab&#225;nya et des villes plus petites bas&#233;es sur l'exploitation du charbon &#224; ciel ouvert et de la bauxite. Un certain m&#233;contentement est apparu avant le 23 octobre mais la nouvelle des &#233;v&#233;nements de Budapest a conduit &#224; une petite manifestation le 24 octobre, qui a rapidement fait boule de neige. Dans la soir&#233;e, les forces de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat ont de nouveau ouvert le feu. Le lendemain, des milliers de personnes sont sorties. Les gr&#232;ves se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es et l'autorit&#233; locale s'est effondr&#233;e. Le 26 octobre, un Comit&#233; r&#233;volutionnaire national &#224; l'&#233;chelle de la ville a &#233;t&#233; form&#233; et le lendemain, Radio Free Gy&#246;r a annonc&#233; que &#171; des comit&#233;s nationaux et des conseils ouvriers se formaient partout entre Gy&#246;r et Tatab&#225;nya &#187;. Le conseil de Gy&#246;r est devenu le noyau du Conseil national transdanubien form&#233; pour repr&#233;senter la moiti&#233; ouest de la Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les forces de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat avaient perp&#233;tr&#233; un autre massacre &#224; proximit&#233; de Mosonmagyar&#243;v&#225;r, au cours duquel 52 personnes &#233;taient mortes. L'ordre n'a &#233;t&#233; r&#233;tabli que lorsque la police de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat a &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;e par les troupes locales sous le contr&#244;le du conseil de Gy&#246;r. La force des conseils ouvriers ici &#233;tait bas&#233;e sur les usines de Gy&#246;r et les mines voisines de Tatab&#225;nya et Balinka. Le Conseil national de Gy&#246;r a non seulement publi&#233; un programme, mais a &#233;galement dirig&#233; la ville et a m&#234;me n&#233;goci&#233; pendant un certain temps avec les chefs militaires sovi&#233;tiques locaux. Mais sa t&#226;che la plus exigeante consistait &#224; faire face aux courants politiques crois&#233;s &#224; Gy&#246;r. L'ambiance dans la ville &#233;tait &#233;chauff&#233;e et, surtout au d&#233;but, il y avait de la frustration face &#224; la timidit&#233; de Nagy &#224; Budapest. Certaines forces de droite ont tent&#233; d'en profiter, tout comme des aventuriers, certains de l'int&#233;rieur de la Hongrie, d'autres de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re. Il y a eu plusieurs &#233;pisodes tendus avant que les dirigeants du conseil local ne soient en mesure d'encourager l'accent sur la construction d'une base gr&#226;ce au d&#233;veloppement du mouvement des conseils ouvriers dans la r&#233;gion transdanubienne &#233;largie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au sud sur le Danube, &#224; environ 40 milles de Budapest, se trouvait Szt&#225;linv&#225;ros (aujourd'hui Duna&#250;jv&#225;ros). Cela devait &#234;tre la pi&#232;ce ma&#238;tresse du nouveau d&#233;veloppement industriel de la Hongrie. &#192; la fin des ann&#233;es 1940, ce n'&#233;tait qu'un village envahi par la v&#233;g&#233;tation, mais au printemps 1950, la construction de l'usine sid&#233;rurgique de Staline a commenc&#233; sous la supervision d'ing&#233;nieurs sovi&#233;tiques avec apparemment une communaut&#233; &#171; socialiste &#187; mod&#232;le - le plus grand projet d'investissement des cinq premiers de la Hongrie. plan de l'ann&#233;e. En 1956, Szt&#225;linv&#225;ros comptait 30 000 habitants et, comme en Russie, le bien-&#234;tre y passait largement au second plan par rapport aux exigences de la production d'acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture dominait encore une grande partie du sud du pays. Ici, les grandes villes avaient &#233;t&#233; des centres commerciaux, administratifs et &#233;ducatifs, avec leur structure sociale moins intens&#233;ment affect&#233;e par l'industrialisation stalinienne. Debrecen est la troisi&#232;me plus grande ville de Hongrie avec une population d'environ 130 000 habitants en 1956. Elle avait &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de l'&#233;ph&#233;m&#232;re d&#233;claration d'ind&#233;pendance de Kossuth vis-&#224;-vis de l'Empire autrichien en 1849 et la base du gouvernement de lib&#233;ration soutenu par les Sovi&#233;tiques en 1944. Le 23 octobre &#233;tudiants qui manifestaient ont &#233;t&#233; rejoints par des travailleurs. Les dirigeants locaux du parti ont ordonn&#233; aux forces d'ouvrir le feu, tuant trois personnes. Au cours des jours suivants, des pourparlers entre les repr&#233;sentants des soldats locaux, les &#233;tudiants et les ouvriers ont conduit &#224; la formation du Comit&#233; r&#233;volutionnaire socialiste de Debrecen qui est rapidement devenu le pouvoir effectif de la ville jusqu'au deuxi&#232;me assaut sovi&#233;tique le 4 novembre. Une deuxi&#232;me ville du sud, Szeged, peupl&#233;e d'un peu moins de 100 000 habitants, &#233;tait le lieu o&#249; les premi&#232;res organisations &#233;tudiantes ind&#233;pendantes avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es avant le 23 octobre. Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements du 23 octobre &#224; Budapest, les &#233;tudiants de Szeged ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans des manifestations locales et des affrontements occasionnels jusqu'au 26 octobre, date &#224; laquelle les forces de s&#233;curit&#233; se sont retir&#233;es. Des conseils ouvriers dans les usines locales ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, qui se sont ensuite associ&#233;s &#224; des groupes d'&#233;tudiants pour former un Conseil r&#233;volutionnaire populaire le 30 octobre. Cela a alors commenc&#233; &#224; organiser une garde nationale locale. &#233;tait le lieu o&#249; les premi&#232;res organisations &#233;tudiantes ind&#233;pendantes avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es avant le 23 octobre. Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements du 23 octobre &#224; Budapest, les &#233;tudiants de Szeged ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans des manifestations locales et des affrontements occasionnels jusqu'au 26 octobre, date &#224; laquelle les forces de s&#233;curit&#233; se sont retir&#233;es. Des conseils ouvriers dans les usines locales ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, qui se sont ensuite associ&#233;s &#224; des groupes d'&#233;tudiants pour former un Conseil r&#233;volutionnaire populaire le 30 octobre. Cela a alors commenc&#233; &#224; organiser une garde nationale locale. &#233;tait le lieu o&#249; les premi&#232;res organisations &#233;tudiantes ind&#233;pendantes avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es avant le 23 octobre. Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements du 23 octobre &#224; Budapest, les &#233;tudiants de Szeged ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans des manifestations locales et des affrontements occasionnels jusqu'au 26 octobre, date &#224; laquelle les forces de s&#233;curit&#233; se sont retir&#233;es. Des conseils ouvriers dans les usines locales ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, qui se sont ensuite associ&#233;s &#224; des groupes d'&#233;tudiants pour former un Conseil r&#233;volutionnaire populaire le 30 octobre. Cela a alors commenc&#233; &#224; organiser une garde nationale locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pecs avait &#233;t&#233; le site de la premi&#232;re universit&#233; de Hongrie et &#233;tait &#233;galement un important centre de commerce et de transformation agricole. En 1956, elle comptait 110 000 habitants. Sa croissance apr&#232;s 1948 avait &#233;t&#233; affect&#233;e par le d&#233;veloppement de l'extraction du charbon &#224; proximit&#233; et de l'extraction de l'uranium. Ici, cependant, l'ordre ancien a mieux r&#233;sist&#233; dans les premiers jours. Les patrons locaux ont encourag&#233; les comit&#233;s d'usine dans la conviction qu'ils pouvaient mettre leurs propres gens &#224; leur t&#234;te, mais ils ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. Puis, alors que la nouvelle des &#233;v&#233;nements se r&#233;pandait ailleurs, la police de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat local a commenc&#233; &#224; s'effondrer. Les 28 et 29 octobre, des conseils sont &#233;lus et une garde nationale cr&#233;&#233;e. Les conseils de Pecs &#233;taient moins impressionnants en profondeur que ceux du nord, mais la ville serait un centre majeur de r&#233;sistance aux forces russes dans la phase suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce ne sont pas seulement les villes qui ont &#233;t&#233; touch&#233;es par la r&#233;volution. Comme le montre le tableau 1, la Hongrie &#233;tait encore un pays essentiellement agricole. L'autorit&#233; a commenc&#233; &#224; s'effondrer dans les zones rurales les samedi et dimanche 27 et 28 octobre. Le processus avait des &#233;chos de la r&#233;volte paysanne traditionnelle. Des nouvelles arrivent des protestations urbaines, parfois port&#233;es directement par les travailleurs migrants de retour des usines. Des discussions ont eu lieu dans les centres villageois et les pubs, et le dimanche autour et dans les &#233;glises. Craignant un &#201;tat qu'ils jugent &#224; la fois oppresseur et exploiteur, les paysans, reflet d'une &#233;conomie morale plus ancienne, cherchent &#224; l&#233;gitimer symboliquement leur r&#233;volte. Des comit&#233;s nationaux de village ont &#233;t&#233; &#233;lus dans de nombreux endroits. Alors que certains des anciens dirigeants ruraux impos&#233;s ont fui et que d'autres se sont vu offrir une sorte de protection, des personnalit&#233;s moins d&#233;test&#233;es pourraient symboliquement remettre les cl&#233;s du centre du village aux nouveaux comit&#233;s. La campagne de l'&#201;tat contre la religion avait &#233;t&#233; particuli&#232;rement ressentie et, par cons&#233;quent, s'habiller endimanch&#233; pour aller &#224; l'&#233;glise avait une r&#233;sonance particuli&#232;re ce week-end. Parfois, les secr&#233;taires locaux du parti stalinien &#233;taient charg&#233;s de porter les croix. Les dossiers fiscaux &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme un instrument du pouvoir de l'&#201;tat et br&#251;l&#233;s &#224; certains endroits. Certains villageois ont &#233;galement charg&#233; des charrettes de nourriture &#224; emporter dans les villes &#224; la fois comme un geste de solidarit&#233; et comme une affirmation de la moralit&#233; sup&#233;rieure du don sur l'histoire pass&#233;e des livraisons forc&#233;es &#224; l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le niveau de politisation &#224; la campagne &#233;tait beaucoup plus faible qu'&#224; la ville. Mais, avec la disparition du pouvoir de l'&#201;tat, de nombreux paysans en ont profit&#233; pour quitter ce qu'ils consid&#233;raient comme une agriculture organis&#233;e par l'&#201;tat. Au d&#233;but de 1957, il ne restait plus qu'environ 6 % des paysans dans des coop&#233;ratives d'&#201;tat qui poss&#233;daient d&#233;sormais environ 10 &#224; 12 % des terres arables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question s'est pos&#233;e de savoir dans quelle mesure les conseils ouvriers devaient soutenir la gr&#232;ve et coop&#233;rer avec le gouvernement Nagy alors qu'il commen&#231;ait &#224; &#233;largir l'agenda du changement sous la pression des conseils. Presque d&#232;s le d&#233;but, des d&#233;l&#233;gations s'&#233;taient rendues &#224; Nagy pour l'influencer. Puis, le 1er novembre, les forces russes semblant se retirer et Nagy radicalisant sa position, les d&#233;l&#233;gu&#233;s des conseils ont fait valoir que la gr&#232;ve devait &#234;tre annul&#233;e tout en maintenant le r&#244;le g&#233;n&#233;ral des conseils. Cela a provoqu&#233; de vifs d&#233;bats locaux, mais lorsque les conseils de district de Csepel et d'&#218;jpest ont accept&#233; de soutenir un retour au travail, la position a &#233;t&#233; approuv&#233;e et la date fix&#233;e au lundi 5 novembre. Mais l'accord serait rendu superflu par le deuxi&#232;me assaut militaire sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/haynes/2006/xx/hungary56.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/haynes/2006/xx/hungary56.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;solution du Parlement des Conseils Ouvriers du 31 octobre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de 24 usines dont Usine de Wagons Ganz, Chantier Naval Ganz, Usine Electrique Ganz, Fabrique de Machines Lang, Fabrique de Machines et de Locomotives M.A.V.A.G., Fabriques d'Appareils Electriques Beloa&#239;nnis et Egyes&#252;lt Izzo, etc&#8230;, dans l'int&#233;r&#234;t de la r&#233;alisation de la d&#233;mocratie socialiste, d&#233;cident des revendications suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1)	L'usine appartient aux ouvriers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2)	L'organe supr&#234;me dirigeant de l'entreprise est le Conseil Ouvrier d&#233;mocratiquement &#233;lu par les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3)	Le Conseil Ouvrier &#233;lit en son sein un comit&#233; de direction de trois &#224; neuf membres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4)	C'est le Conseil Ouvrier qui &#233;lit le directeur de l'usine et les employ&#233;s sup&#233;rieurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5)	Le directeur, g&#233;rant des affaires de l'usine, est responsable devant le Conseil Ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6)	Le Conseil Ouvrier se r&#233;serve &#224; lui-m&#234;me les droits suivants : approbation de tous les plans de l'entreprise, d&#233;cision de fixation des salaires et d'emploi des fonds, d&#233;cision de tout contrat avec l'&#233;tranger, d&#233;cision de l'op&#233;ration dans toute affaire de cr&#233;dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7)	De m&#234;me, en cas de conflit, le Conseil Ouvrier tranche pour l'embauche et le licenciement de tout travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8)	Le Conseil Ouvrier d&#233;cide des balances financi&#232;res et de l'utilisaiton des b&#233;n&#233;fices&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9)	Le Conseil Ouvrier prend en mains les affaires sociales de l'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Conseils R&#233;volutionnaires des usines, entreprises, institutions et universit&#233;s de Budapest, 90% de leurs Comit&#233;s R&#233;volutionnaires, ainsi que l'Alliance Paysanne en formation repr&#233;sentant cinq d&#233;partements, ont d&#233;j&#224; accept&#233; la proposition ci-dessus et ont pris les mesures n&#233;cessaires &#224; sa r&#233;alisation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;solution du Conseil Ouvrier de la Fabrique de Wagons et de Machines de Gy&#246;r, le 3 novembre 1956 (extrait) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au nom des travailleurs de notre usine et de la ville de Gy&#246;r, le Conseil Ouvrier de la Fabrique de Wagons et de Machines assure que nous, les ouvriers, sommes fermement attach&#233;s aux aspirations sociales fondamentales, en tant que conqu&#234;tes de la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale. Nous nous opposons de toutes nos forces au retour des grandes propri&#233;t&#233;s, des banques et des usines &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste. En m&#234;me temps, nous nous opposons r&#233;solument &#224; toute sorte de restauration stalinienne-rakosiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel des d&#233;l&#233;gu&#233;s de Comit&#233;s R&#233;volutionnaires des grandes usines de Budapest aux Travailleurs Hongrois, le 1er novembre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mineurs, travailleurs des centrales, ouvriers industriels, de transport et intellectuels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des grandes usines de Budapest sont all&#233;s au Parlement pour n&#233;gocier avec les membres du gouvernement concernant le retrait des troupes sovi&#233;tiques, la situation actuelle du pays et la reprise de la vie. Le gouvernement a accept&#233; les principaux points des revendications&#8230; La situation &#233;conomique du pays a rendu &#233;vident pour les d&#233;l&#233;gu&#233;s que la continuation de la gr&#232;ve aboutirait &#224; la paralysie compl&#232;te et minerait nos conqu&#234;tes r&#233;volutionnaires&#8230; Nous appelons tous les travailleurs du pays &#224; se joindre &#224; notre appel &#224; la reprise du travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Radio Libre &#171; Rajk &#187;, le 5 novembre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Camarades ! De nouveau le sang coule dans notre malheureux pays. Les dirigeants de l'Union sovi&#233;tique ont encore eu recours &#224; leur politique terroriste de colonisation connue &#224; l'&#233;poque de Staline-Rakosi. Pendant que nous menions des n&#233;gociations amicales avec eux, ils nous trompaient et, maintenant, ils organisent des assassinats en masse avec leurs tanks et leurs avions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ! Notre place est sur les barricades&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, tout vrai communiste a sa place maintenant aux barricades ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;solution des d&#233;l&#233;gu&#233;s des Conseils Ouvriers du 11&#232;me arrondissement de Budapest, le 12 novembre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les ouvriers d&#233;l&#233;gu&#233;s des travailleurs des usines du 11&#232;me arrondissements ont unanimement d&#233;cid&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t de la construction du socialisme en Hongrie et de l'avenir du peuple, de reprendre le travail aux conditions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons souligner que la classe ouvri&#232;re consid&#232;re la usines et la terre comme propri&#233;t&#233; du peuple travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple travailleur a cr&#233;&#233; les conseils ouvriers afin de faire pr&#233;valoir sa volont&#233;. C'est pourquoi nous revendiquons l'&#233;largissement &#224; la totalit&#233; des domaines de la psh&#232;re d'activit&#233; des conseils ouvriers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revendiquons des &#233;lections libres o&#249; pourront participer tous les partis ayant reconnu la propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revendiquons le cessez-le-feu imm&#233;diat et l'&#233;vacuation imm&#233;diate des troupes sovi&#233;tiques de Budapest&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel des ouvriers d'Ujpest, le 12 novembre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout ouvrier de Budapest veut que l'ordre soit r&#233;tabli dans la capitale. Bien entendu, nous ne voulons pas de n'importe quel ordre, mais de l'ordre r&#233;volutionnaire b&#226;ti sur la r&#233;alisation des grandes revendications de la r&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution est celle du peuple travailleur hongrois, c'est lui qui s'est battu dans les combats arm&#233;s. Maintenant encore, le peuple hongrois et, peut-&#234;tre en premier lieu, les ouvriers de Budapest, peuvent d&#233;terminer le cours ult&#233;rieur de la r&#233;volution. Ce n'est pas seulement le droit des ouvriers de Budapest, mais leur devoir envers la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, nous nous adressons aux usines de Budapest pour qu'elles envoient, le mardi 13 novembre, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de leurs conseils &#224; la Mairie d'Ujpest &#224; 13 heures, en vue de former le Conseil Ouvrier de Budapest. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;solution du Conseil Central Ouvrier de Budapest du 14 novembre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, le 14 novembre 1956, les d&#233;l&#233;gu&#233;s des conseils ouvriers d'arrondissement ont form&#233; le Conseil Central Ouvrier du Grand-Budapest. Le conseil central ouvrier a re&#231;u le pouvoir de n&#233;gocier au nom des ouvriers de toutes les entreprises situ&#233;es dans la zone industrielle de Budapest et de d&#233;cider de l'arr&#234;t ou de la reprise du travail. Nous proclamons notre rigoureux respect des principes du socialisme. Nous consid&#233;rons les moyens de production comme propri&#233;t&#233; collective que nous sommes pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, ouvriers, estimons que le r&#233;tablissement du calme et de l'ordre exige l'attribution de la direction &#224; une personnalit&#233; jouissant de la confiance du peuple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous protestons contre le fait qu'au sein des nouveaux organes de s&#233;curit&#233;, on nomme les membres des anciens services de s&#233;curit&#233; de l'Etat (A.V.H.)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons qu'une libert&#233; absolue soit garantie &#224; tous ceux qui luttent pour la libert&#233;&#8230;Nous demandons la lib&#233;ration de tous les d&#233;tenus actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons le retrait rapide des troupes sovi&#233;tiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revendiquons que la radio et la presse ne diffusent plus des informations qui ne correspondent pas aux faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nos exigences ne seront pas satisfaites, nous ne laisserons fonctionner que les entreprises indispensables &#224; la vie quotidienne de la population&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons l'abolition du syst&#232;me de parti unique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail ne reprendra que quand nous recevrons des r&#233;ponses satisfaisantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ferenc T&#246;ke, vice-pr&#233;sident du Conseil Central Ouvrier du Grand-Budapest :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque, pendant la r&#233;volution, on proc&#233;da aux &#233;lections du conseil ouvrier de mon entreprise &#8211; je travaillais alors &#224; la fabrique d'appareillages t&#233;l&#233;phoniques, qui employait quelques 3.000 ouvriers &#8211; je me trouvai en t&#234;te de liste avec une confortable avance de voix sur les autres&#8230;Le 25 octobre, les cadres dirigeants essayaient de prendre l'initaitive d'un conseil ouvrier pour en influencer la composition, suivant ainsi la consigne du conseil national des syndicats, approuv&#233;e par le comit&#233; central du parti communiste stalinian&#8230;. Ce fut la forme officielle des mesures prises par lesquelles ils ont voulu garder leur place en se servant du fait qu'ils &#233;taient les initateurs du vote de ce nouveau cosneil ouvrier. Mais les conseils ouvriers ont &#233;t&#233; form&#233;s dans un temps critique o&#249; rien ne pouvait &#234;tre impos&#233; aux ouvriers&#8230; La direction souhaitait imposer ses candidats mais les ouvriers ne l'entendaient pas de cette oreille et seuls furent &#233;lus les candidats par eux&#8230; Devant la tournure des &#233;v&#233;nements, les cadres dirigeants d&#233;missionn&#232;rent de leur propre gr&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; la situation g&#233;n&#233;rale tr&#232;s confuse, et les d&#233;clarations plut&#244;t vagues du gouvernement, on d&#233;cida de ne pas reconnaitre ce dernier jusqu'&#224; plus ample inform&#233; et de poursuivre une gr&#232;ve qui &#233;tait un &#233;tat de fait. Le conseil ouvrier fut charg&#233; d'&#233;tablir un cahier de revendications qui devait &#234;tre approuv&#233; par les ouvriers puis transmis au gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois pr&#233;ciser que la moiti&#233; environ des membres du conseil ouvrier &#233;taient des jeunes de 23 &#224; 28 ans. Ils avaient particip&#233; aux diverses actions r&#233;volutionnaires, aux manifestations, au d&#233;boulonnement de la statue de Staline, aux combats devant la Radio, etc&#8230;. Les travailleurs plus &#226;g&#233;s disaient souvent que si les jeunes &#233;taient capables de d&#233;clencher une telle lutte glorieuse, ils seraient certainement capables et dignes de repr&#233;senter l'ensemble des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er novembre, les conseils ouvriers &#233;taient partout en place et commen&#231;aient &#224; fonctionner.En m&#234;me temps, on commen&#231;ait &#224; relever de leurs fonctions les anciens dirigeants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil Ouvrier fut constitu&#233; de telle mani&#232;re que, sauf son pr&#233;sident et son secr&#233;taire, il ne comportait aucun membre permanent. Chacun de ses membres devait participer &#224; la production avec les autres ouvriers, et, apr&#232;s le travail, assurer le fonctionnement du Conseil, tenir les r&#233;unions, etc&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 novembre au matin, nous f&#251;mes r&#233;veill&#233;s par la cannonade sovi&#233;tique. Cette deuxi&#232;me intervention sovi&#233;tique allait bouleverser tous nos plans. Du coup, les ouvriers des usines se retrouv&#232;rent en &#233;tat de gr&#232;ve&#8230; Le gouvernement invitait &#224; reprendre le travail mais les travailleurs ne manifestaient aucune intention d'ob&#233;ir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez nous, &#224; l'usine d'Appareillage T&#233;l&#233;phonique, les aspirations des travailleurs se pr&#233;cis&#232;rent d&#232;s la premi&#232;re s&#233;ance du Conseil Ouvrier. Elles s'opposaient radicalement aux intentions du gouvernement. Celui-ci voulait en effet que les conseils ouvriers se cantonnent dans des fonctions purement &#233;conomiques, alors que les Conseils ouvriers, eux, r&#233;clamaient de plus en plus un r&#244;le politique&#8230;C'est apr&#232;s le 4 novembre que se dessina la tendance &#224; revendiquer une fonction politique aux conseils ouvriers..C'est alors que fut lanc&#233;e l'id&#233;e d'un Conseil Central Ouvrier&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Balazs Nagy, Le Conseil Central Ouvrier de Budapest :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement a tent&#233; de limiter les activit&#233;s des conseils aux probl&#232;mes purement &#233;conomiques et de les tenir &#224; l'&#233;cart de la sph&#232;re politique. Il a ridiculis&#233; les travailleurs en d&#233;clarant que, m&#234;me dans la sph&#232;re &#233;conomique, les conseils doivent travailler dans les limites impos&#233;es par le cadre l&#233;gal actuel. (Et il a d&#233;clar&#233; qu'il &#233;tait la seule organisation centrale l&#233;gitime - les conseils de district, sans parler d'un conseil central des travailleurs, &#233;taient impensables.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour installer le gouvernement de Kadar, le Haut Commandement sovi&#233;tique a &#233;t&#233; contraint de prendre l'initiative de r&#233;organiser la vie de la capitale - en utilisant des m&#233;thodes militaires, bien s&#251;r. La troisi&#232;me section de sa premi&#232;re ordonnance, du 6 novembre, d&#233;clarait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons appel&#233; les ouvriers, les employ&#233;s des usines, des magasins, des services de transport, des municipalit&#233;s et des entreprises &#224; reprendre le travail. Toute personne tentant de quelque mani&#232;re que ce soit de les emp&#234;cher de retourner au travail sera arr&#234;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait des disputes et des escarmouches quotidiennes entre les ouvriers et des sections de l'arm&#233;e russe. En cons&#233;quence, Grebennik (commandant des forces russes &#224; Budapest) a invit&#233; les dirigeants des conseils ouvriers du 11e arrondissement &#224; une r&#233;union le 8 novembre. Dans une atmosph&#232;re tr&#232;s tendue, les travailleurs ont d&#233;clar&#233; qu'ils ne reprendraient le travail que lorsque leurs revendications auraient &#233;t&#233; satisfaites. Grebennik a rejet&#233; ces demandes d'embl&#233;e, affirmant qu'elles ne pouvaient en aucun cas &#234;tre accept&#233;es. Il traita les ouvriers pr&#233;sents &#224; la r&#233;union de fascistes et d'agents des imp&#233;rialistes et mena&#231;a de les faire arr&#234;ter. Il a de nouveau adopt&#233; le m&#234;me ton lors d'une autre r&#233;union, cette fois avec une d&#233;l&#233;gation des travailleurs de Csepel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Les partis politiques &#233;taient inefficaces et les ouvriers devaient d&#233;pendre enti&#232;rement de leurs propres ressources.) A partir du 8 novembre, les conseils devinrent une v&#233;ritable ruche &#224; Budapest, en particulier dans les XIe et XIIIe arrondissements, ainsi qu'&#224; Ujpest et Csepel. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des conseils ouvriers du 11e arrondissement se sont r&#233;unis le 12 novembre et ont formul&#233; leurs revendications communes sous huit rubriques. C'&#233;tait la premi&#232;re fois depuis le 4 novembre que des communes d'un large territoire se r&#233;unissaient et tenaient une r&#233;union au cours de laquelle &#8211; et c'est l&#224; l'essentiel &#8211; elles s'unissaient pour &#233;laborer un cahier des charges. Ces demandes n'&#233;taient pas non plus une simple liste de griefs familiers ; elles constituaient en quelque sorte un v&#233;ritable programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer bri&#232;vement, leurs revendications &#233;taient : la propri&#233;t&#233; collective des usines, qui devait &#234;tre entre les mains des conseils ouvriers, qui devaient agir comme les seuls directeurs des entreprises ; un &#233;largissement des comp&#233;tences des conseils dans les domaines &#233;conomique, social et culturel ; l'organisation d'une police de type milice, soumise aux conseils ; et sur le plan politique, un syst&#232;me de partis socialistes sans parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union elle-m&#234;me &#233;tait d'une importance vitale, car elle montrait la classe ouvri&#232;re en train de s'organiser &#224; une &#233;chelle plus large que celle de l'usine individuelle. Le jour m&#234;me o&#249; le gouvernement s'appr&#234;te &#224; publier son d&#233;cret limitant l'activit&#233; des conseils aux usines et &#224; la sph&#232;re &#233;conomique, les ouvriers du XIe &#233;tendent leurs activit&#233;s vers une plus grande union des ouvriers. Partout, les travailleurs ont reconnu qu'ils devaient regrouper leurs forces et se mettre &#224; organiser des r&#233;unions de d&#233;l&#233;gu&#233;s. Et &#224; la suite in&#233;vitable de ces r&#233;unions, le Conseil central des travailleurs a rapidement vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y avait pas que les ouvriers qui se pr&#233;occupaient de sauver la r&#233;volution, et donc de s'opposer &#224; l'intervention russe et au nouveau gouvernement de Kadar. Les organisations d'intellectuels, par exemple, &#233;taient &#233;galement actives politiquement, mais elles se concentraient davantage, dans les sph&#232;res politiques et th&#233;oriques, sur la formulation d'une politique qui r&#233;soudrait le probl&#232;me politique cr&#233;&#233; par l'intervention militaire russe. Parmi les propositions qu'ils avancent, la plus remarquable est celle de Bibo, ancien ministre d'&#201;tat du gouvernement Nagy, membre du mouvement populiste socialiste-paysan et l'un des dirigeants du parti Petofi. Bibo a propos&#233; un accord avec l'Union sovi&#233;tique sur la base de garanties mutuelles. Son plan pr&#233;voyait l'&#233;vacuation syst&#233;matique des troupes russes et le retrait &#233;ventuel de la Hongrie du Pacte de Varsovie. Le gouvernement Imre Nagy serait en mesure de donner les garanties n&#233;cessaires &#224; un accord bilat&#233;ral avec l'Union sovi&#233;tique. Bibo a insist&#233; sur le fait que les acquis essentiels de la r&#233;volution, en particulier le syst&#232;me des conseils ouvriers et des comit&#233;s r&#233;volutionnaires, devaient &#234;tre maintenus jusqu'&#224; ce qu'une assembl&#233;e constituante puisse &#234;tre mise en place pour incarner les principes sociaux et constitutionnels du pays. Il y aurait ensuite la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production et une majorit&#233; la&#239;que dans la gestion d'une administration d&#233;centralis&#233;e. en particulier le syst&#232;me des conseils ouvriers et des comit&#233;s r&#233;volutionnaires, doit &#234;tre maintenu jusqu'&#224; ce qu'une assembl&#233;e constituante puisse &#234;tre constitu&#233;e pour incarner les principes sociaux et constitutionnels du pays. Il y aurait ensuite la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production et une majorit&#233; la&#239;que dans la gestion d'une administration d&#233;centralis&#233;e. en particulier le syst&#232;me des conseils ouvriers et des comit&#233;s r&#233;volutionnaires, doit &#234;tre maintenu jusqu'&#224; ce qu'une assembl&#233;e constituante puisse &#234;tre constitu&#233;e pour incarner les principes sociaux et constitutionnels du pays. Il y aurait ensuite la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production et une majorit&#233; la&#239;que dans la gestion d'une administration d&#233;centralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ce programme a &#233;t&#233; largement accept&#233; dans les cercles intellectuels.) Dans leurs tentatives de le mettre en &#339;uvre, Bibo et les intellectuels se sont tourn&#233;s vers les ouvriers. Ils voyaient l'augmentation des activit&#233;s des conseils et ils encourageaient ce d&#233;veloppement, dans l'espoir que les conseils fourniraient la force n&#233;cessaire pour parvenir &#224; ce compromis. Ils firent de leur mieux pour persuader les conseils de s'organiser en un seul corps ; de nombreux intellectuels visitent les usines, participent aux r&#233;unions du conseil et s'adressent aux ouvriers pr&#233;sents. Journalistes, &#233;tudiants et membres du Cercle Petofi ont tous essay&#233; d'&#233;tablir un front commun avec les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une initiative &#224; Ujpest&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 novembre, en m&#234;me temps que se r&#233;unissaient les d&#233;l&#233;gu&#233;s du XIe arrondissement, une autre discussion importante avait lieu &#224; Ujpest, &#224; 30 milles de l&#224;. Lors de cette deuxi&#232;me r&#233;union &#224; Ujpest, une tentative beaucoup plus consciente a &#233;t&#233; faite pour rassembler et organiser la force ouvri&#232;re sous une forme concr&#232;te - dans les conseils. Ce fut une journ&#233;e mouvement&#233;e. Le matin, les membres staliniens de l'ancien Conseil d'Ujpest tinrent une r&#233;union sous la protection attentive des chars sovi&#233;tiques qui patrouillaient &#224; l'ext&#233;rieur. Mais, caract&#233;ristique de cette p&#233;riode, le Conseil ouvrier r&#233;volutionnaire d'Ujpest, organisme cr&#233;&#233; pendant la r&#233;volution, se pr&#233;sente &#233;galement &#224; cette r&#233;union. Le r&#233;sultat de cette &#171; communion des &#226;mes &#187; fut bien s&#251;r Bedlam. Les staliniens de la vieille garde ont bombard&#233; la r&#233;union de phrases r&#233;volutionnaires retentissantes, tout comme Kadar et ses amis, tandis que les membres du conseil ouvrier s'opposaient &#224; tout. A la fin les staliniens sont partis, toujours prot&#233;g&#233;s par les ba&#239;onnettes sovi&#233;tiques, et l'organisation r&#233;volutionnaire est rest&#233;e derri&#232;re, &#224; leur place...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alisant l'impossibilit&#233; de la situation, les membres du Conseil r&#233;volutionnaire se sont d&#233;plac&#233;s dans une autre salle pour tenir leur propre r&#233;union s&#233;par&#233;ment. Comme c'&#233;tait devenu l'usage, quelques jeunes intellectuels particip&#232;rent &#224; la r&#233;union. L'un d'eux s'est lev&#233; et a expliqu&#233; qu'une politique compl&#232;tement oppos&#233;e au gouvernement Kadar de la part des travailleurs serait inefficace, d'autant plus qu'elle ne pourrait pas &#234;tre maintenue tr&#232;s longtemps. Pour cette raison, dit-il, les ouvriers devraient cesser d'avoir quoi que ce soit &#224; voir avec les staliniens dans l'administration et avec le gouvernement central de Kadar ; s'ils voulaient des n&#233;gociations, ils devaient s'adresser aux vrais d&#233;tenteurs du pouvoir, l'arm&#233;e et le gouvernement sovi&#233;tique. Mais d'abord le chemin doit &#234;tre pr&#233;par&#233;. La force organis&#233;e de toute la classe ouvri&#232;re devait &#234;tre repr&#233;sent&#233;e, et cela ne pouvait se faire que par l'interm&#233;diaire d'un conseil central des travailleurs. De plus, ce corps repr&#233;sentatif doit, comme tout tacticien, &#234;tre en mesure d'utiliser toutes les armes dont disposent les travailleurs, par exemple la gr&#232;ve et d'autres formes de manifestation de masse. Il fallait donc absolument que le Conseil central ait l'enti&#232;re confiance de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a poursuivi en disant que, selon lui, pour les travailleurs, mettre l'accent sur les n&#233;gociations avec Kadar, c'&#233;tait admettre une reconnaissance au moins de facto de ce gouvernement. Le seul r&#233;sultat de cette attitude serait que le gouvernement traiterait l'organe central comme un pion dans son propre jeu, ou le liquiderait simplement apr&#232;s un intervalle de temps discret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil ouvrier r&#233;volutionnaire d'Ujpest accepta rapidement la proposition de convoquer des d&#233;l&#233;gu&#233;s des conseils ouvriers pour entreprendre la constitution d'un Conseil central. Ils ont fait appel aux jeunes intellectuels pr&#233;sents pour r&#233;diger et distribuer l'invitation. Ce fut fait, et le texte d&#233;sormais historique, simplement intitul&#233; Call , fut r&#233;dig&#233; et approuv&#233; par le Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Appel appelait les usines de Budapest &#171; &#224; envoyer leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s du conseil &#224; la mairie d'Ujpest &#224; une heure le mardi 13 novembre afin de former le Conseil central ouvrier de Budapest &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pourrait appara&#238;tre &#224; premi&#232;re vue que ce sont les propositions des intellectuels qui ont d&#233;cid&#233; la formation du Conseil central. Mais en fait la proposition ne faisait que co&#239;ncider avec un mouvement d&#233;j&#224; amorc&#233; par les ouvriers vers une forme d'organisation plus coordonn&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/newspape/isj/1964/no018/nagy.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/newspape/isj/1964/no018/nagy.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits de l' &#171; Appel du Conseil Ouvrier Central du Grand Budapest &#187; du 27 novembre 1956 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour une Hongrie socialiste, ind&#233;pendante et d&#233;mocratique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades ouvriers ! Le Conseil central ouvrier des usines et des arrondissements du Grand-Budapest &#233;lu d&#233;mocratiquement par la base vous adresse un appel et des informations dans le but de resserrer encore nos rangs et de les rendre plus unis et plus forts. On sait que le Conseil central ouvrier du Grand-Budapest a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; sur l'initiative des grandes entreprises, le 14 novembre dernier, afin de coordonner le travail des conseils ouvriers des usines et de se faire le porte-parole commun de leurs revendications. (&#8230;) Voil&#224; pourquoi nous avons convi&#233; au Palais des sports, &#224; Budapest, pour le 21 novembre dernier, les repr&#233;sentants de la province, des d&#233;partements, afin que, &#224; la r&#233;union du conseil ouvrier national, nous discutions des questions les plus importantes qui nous pr&#233;occupent (&#8230;) Le gouvernement a interdit cette r&#233;union. Cette mesure inattendue a envenim&#233; la situation. D&#232;s que l'interdiction a &#233;t&#233; connue, les ouvriers des usines de Budapest ainsi que les travailleurs des transports ont cess&#233; le travail et ont commenc&#233; une gr&#232;ve de protestation, sans avoir re&#231;u aucune directive du conseil central. (&#8230;) Nous &#233;tions pr&#234;ts &#224; reprendre le travail dans tout le pays, sans pour autant renoncer &#224; notre droit de gr&#232;ve, &#224; la condition expresse que le gouvernement reconnaisse le conseil ouvrier national comme seul organisme repr&#233;sentatif de la classe ouvri&#232;re et qu'il continue sans d&#233;lai des n&#233;gociations relatives &#224; nos revendications. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 novembre au matin, Jozsef Balazs, l'un des membres de notre d&#233;l&#233;gation, a annonc&#233; personnellement &#224; la radio le r&#233;sultat de ces entretiens. Le pr&#233;sident du Conseil des ministres avait reconnu le Conseil central ouvrier du Grand-Budapest comme qualifi&#233; pour poursuivre les n&#233;gociations et avait promis de soumettre au Conseil des ministres les revendications qui lui &#233;taient pr&#233;sent&#233;es. (&#8230;) Force nous est de proclamer que toutes ces promesses ne constituent pas grand-chose. N&#233;anmoins, nous avons d&#233;cid&#233; de reprendre le travail, car nous avons en vue les seuls int&#233;r&#234;ts du peuple. (&#8230;) Les usines se trouvent entre nos mains, entre les mains des conseils ouvriers. Afin d'augmenter encore nos forces, nous pensons que, en vue des mesures et actions unies, la r&#233;alisation des t&#226;ches suivantes s'impose :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) (&#8230;) former d'urgence des conseils ouvriers d'arrondissement et de d&#233;partement au moyen d'&#233;lections d&#233;mocratiques organis&#233;es &#224; la base. Les usines importantes et d'abord celles qui se trouvent dans les villes centrales de d&#233;partement devront prendre l'initiative de constituer des conseils centraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Tout conseil central d'arrondissement ou de d&#233;partement doit se mettre imm&#233;diatement en rapport avec le Conseil central ouvrier du Grand-Budapest (15-17 rue Akacfa, t&#233;l&#233;phone 422130). Le pr&#233;sident du Conseil central ouvrier est Sandor Racz, pr&#233;sident du conseil ouvrier de l'usine Standard (Beloiannis), son adjoint est Gy&#235;rgy Kalocsai, d&#233;l&#233;gu&#233; du conseil ouvrier des Huileries v&#233;g&#233;tales de Csepel, son secr&#233;taire est Istvan Babai, pr&#233;sident du conseil ouvrier de la Compagnie des tramways de Budapest. Un repr&#233;sentant mandat&#233; du conseil ouvrier d&#233;partemental doit se rendre personnellement au secr&#233;tariat du Conseil central ouvrier du Grand-Budapest, afin d'organiser le contact et de s'entretenir des questions d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Une des t&#226;ches les plus importantes des membres des conseils ouvriers d'usine consiste &#224; s'occuper non seulement de l'organisation du travail, mais aussi &#224; &#233;lire d'urgence les conseils ouvriers d&#233;finitifs. Au cours de ces &#233;lections, nous devons montrer la m&#234;me &#233;nergie pour combattre l'agitation de la dictature rakosiste que celle de la restauration capitaliste. Les conseils doivent &#234;tre compos&#233;s d'ouvriers honn&#234;tes au pass&#233; irr&#233;prochable ! Au sein des conseils, les ouvriers devront poss&#233;der une majorit&#233; d'au moins deux tiers. (&#8230;) Les directeurs d'usine doivent &#234;tre &#233;lus par les conseils eux-m&#234;mes apr&#232;s d&#233;claration de candidature. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) (&#8230;) Seuls les ouvriers ont combattu pour la cr&#233;ation des conseils ouvriers et la lutte de ces conseils a &#233;t&#233; dans bien des cas entrav&#233;s par les syndicats qui se sont bien gard&#233;s de les aider. (&#8230;) Nous sommes hostiles au maintien des permanents syndicaux r&#233;tribu&#233;s. En effet, l'activit&#233; aussi bien au sein d'un comit&#233; d'usine qu'au sein d'un conseil ouvrier doit &#234;tre un travail social b&#233;n&#233;vole. Nous ne voulons pas vivre de la r&#233;volution et nous ne tol&#233;rerons pas que qui que ce soit essaie d'en vivre. (&#8230;) Nous protestons contre la th&#232;se des &#171; syndicats libres &#187; r&#233;cemment constitu&#233;s d'apr&#232;s laquelle les conseils ouvriers devraient &#234;tre uniquement des organisations &#233;conomiques. Nous pouvons affirmer que les v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re sont repr&#233;sent&#233;s en Hongrie par les conseils ouvriers et que, en Hongrie, il n'existe pas actuellement un pouvoir politique plus puissant que le leur. Nous devons &#339;uvrer de toutes nos forces au renforcement du pouvoir ouvrier. (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Extraits d'un entretien avec Sandor Racz, pr&#233;sident du Conseil ouvrier central du Grand Budapest, men&#233; par Sandor Szilagy :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) On imagine difficilement quel &#233;v&#233;nement c'&#233;tait quand la statue (de Staline) s'est &#233;branl&#233;e : le peuple au nom duquel on avait &#233;rig&#233; la statue, &#233;tait all&#233; la renverser. Tout le monde fraternisait. Apr&#232;s le renversement de Joseph, et quand il ne restait plus que ses bottes sur le socle, des gens sont arriv&#233;s en camions pour nous dire d'aller &#224; la maison de radio, qu'on y tirait sur les gens. Tous ceux qui ont pu se sont agripp&#233;s aux camions. Les rues &#233;taient pleines de monde. Deux slogans retentissaient dans la ville : &#171; les Russes dehors ! &#187; et &#171; Imre Nagy au gouvernement ! &#187; Il y avait une telle foule que nous n'avons pas pu entrer &#224; la radio. (&#8230;) Vers 10 heures, quatre blind&#233;s hongrois sont arriv&#233;s. Ils n'ont pas pu entrer dans la rue parce que les gens les ont encercl&#233;s, ont saut&#233; sur eux et ont interpell&#233; les officiers. (&#8230;) Le lendemain matin, (&#8230;) la foule allait et venait et moi je me suis mis &#224; parler. (&#8230;) l y avait toujours cent ou deux cents personnes autour de moi. (&#8230;.) le 29, nous nous sommes retrouv&#233;s &#224; l'usine &#224; environ cinq cents, dans la salle de spectacle. (&#8230;) Je ne me souviens plus qui a propos&#233; de d&#233;signer un conseil ouvrier. Je ne me souviens plus non plus qui a propos&#233; mon nom. Toujours est-il que moi aussi j'ai d&#251; monter sur l'estrade. Finalement, le conseil ouvrier provisoire a eu quinze membres. (&#8230;) Je suis devenu agent de liaison avec l'arrondissement et les autres conseils ouvriers. (&#8230;) Nous avons d&#233;cid&#233; de reprendre le travail et d'organiser la surveillance de l'usine. Il nous paraissait &#233;vident que par la r&#233;volution nous avions obtenu que le directeur ne dirige plus, mais que ce soit nous qui prenions l'usine en mains. (&#8230;) En me promenant dans l'usine, j'ai enlever tous les portraits, toutes les &#233;toiles, les statues et autres salet&#233;s. J'ai dit que ceux qui ne pouvaient pas vivre sans pouvaient les emmener chez eux, mais qu'on pouvait travailler sans tout &#231;a. (&#8230;) Je vivais dans l'usine. Nous avions de quoi manger parce que nous recevions de la campagne des pommes de terre, de la viande, des oies. &#199;a aussi, &#231;a appartient &#224; la r&#233;volution, des paysans baluchon sur le dos qui viennent ravitailler les r&#233;volutionnaires. Le conseil ouvrier payait aussi les avances, du moins &#224; ceux qui venaient les chercher. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but, je n'avais pas l'espoir que les Russes nous laisseraient ce que nous avions conquis. (&#8230;) Je n'&#233;tais pas d'accord non plus avec le fait que Mal&#233;ter et ses gens aillent au quartier g&#233;n&#233;ral sovi&#233;tique qui &#233;tait compl&#232;tement coup&#233; du monde. Le 4 novembre, &#224; 4 heures du matin, on a entendu l'appel de Nagy &#224; la radio. Vous ne pouvez pas vous repr&#233;senter cette trag&#233;die. C'&#233;tait terrible d'entendre ce communiste qui demandait en pleurant aux Russes de ne pas faire de mal &#224; la ville, &#224; ce pays. Je l'entend encore, parce qu'ils ont lu l'appel en Russe aussi. (&#8230;) Quelque chose comme : je vous en prie, je vous en prie. On n'a entendu le premier coup de canon qu'une bonne demi-heure plus tard. Jusqu'au 6, il n'y a eu rien d'autre que des combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions dans l'usine. En tout, nous &#233;tions vingt, mais aucune arme, seulement des pistolets &#8211; &#231;a n'aurait pas eu beaucoup d'int&#233;r&#234;t. Moi, je me suis post&#233; sur le toit de l'usine. De l&#224;, je voyais les projectiles, les bombes qui volaient partout. Nous &#233;tions sur les nerfs, dans une col&#232;re terrible. C'&#233;tait un pays pacifique, calme, pr&#234;t &#224; se mettre au travail, qu'on &#233;tait en train d'attaquer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons convoqu&#233; pour le 8 novembre une s&#233;ance des conseils de l'arrondissement, dans la salle de spectacles de l'usine de Machines et Petits Moteurs. Il y avait environ cent personnes ; d'ailleurs notre but &#233;tait seulement de donner un peu d'espoir aux gens. Unanimement, nous pensions que d&#233;sormais les conseils ouvriers devaient jouer un r&#244;le actif. Jusque l&#224;, nous ne m&#234;lions pas de politique parce que nous avions confiance en Nagy. Nous le voyions comme la garantie de la r&#233;volution. Mais Kadar et sa clique l'ont vendu, lui et la r&#233;volution aussi. A ce moment-l&#224; tout le monde rejetait Kadar ; personne ne voulait lui adresser la parole &#8211; except&#233; les quelques personnes qu'il avait prises dans son gouvernement. Donc nous pensions qu'il fallait sauver le plus possible cette libert&#233; que nous avions conquise et que c'&#233;tait notre affaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12, il y avait entra&#238;nement et nous avons convoqu&#233; l'arrondissement &#224; Beloiannisz. (...) Les gens sont venus des conseils ouvriers de l'arrondissement. J'en connaissais beaucoup de vue, puisque j'ai &#233;t&#233; agent de liaison. Durant ces journ&#233;es, j'ai &#233;t&#233; assez actif. (&#8230;) A ce moment l&#224;, nous avions formul&#233; nos exigences politiques : le d&#233;part des troupes sovi&#233;tiques, le r&#233;tablissement du gouvernement Nagy, la reconnaissance l&#233;gale des conseils ouvriers et des comit&#233;s r&#233;volutionnaires. Quatre ou cinq des d&#233;l&#233;gu&#233;s les avaient formul&#233;s en points, en haut dans le bureau. Ensuite, nous avons vot&#233;. &#199;a, c'est important parce que le 14, Bali s'est rendu &#224; la s&#233;ance de fondation du Conseil Ouvrier Central &#224; l'Egyes&#252;lt Izzo, avec ce programme pr&#234;t. (&#8230;) Sanyi m'a racont&#233; comment le Conseil Ouvrier Central avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;. (&#8230;) Le 14 au soir, Sandor S. Nagy, le fraiseur de Ganz, est venu dire &#224; notre conseil qu'il avait convoqu&#233; une autre r&#233;union (&#8230;) et que nous nous y fassions repr&#233;senter. J'ai dit qu'on m'y envoie, car je trouvais quelque chose bizarre dans cette affaire. (&#8230;) Il y avait environ quatre cent personnes dans la grande salle ; ceux qui &#233;taient &#224; la table pr&#233;sidentielle &#233;taient bien fringu&#233;s, chemise blanche et tout &#8211; moi et les autres dans la salle, bien s&#251;r en bleu de travail, dans lequel nous &#233;tions all&#233;s &#224; l'usine. (&#8230;) Un grand jeune homme parlait &#224; tort et &#224; travers. (&#8230;) A tr&#232;s haute voix, je lui ai demand&#233; de se pr&#233;senter, de dire qui l'avait envoy&#233; ici et comment. Il s'est av&#233;r&#233; qu'il &#233;tait &#233;tudiant et que deux individus &#233;taient venus le chercher pour lui faire d&#233;clarer ce qu'il venait de dire. J'ai annonc&#233; que cette s&#233;ance n'avait aucun int&#233;r&#234;t puisque le Conseil Ouvrier Central du Grand Budapest avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; cr&#233;&#233; et qu'il n'y avait aucun besoin d'un contre-conseil ouvrier. Et donc que moi je m'en allais. Ceux qui voulaient conna&#238;tre le v&#233;ritable programme du Conseil Ouvrier Central pouvaient en prendre connaissance au 15 de la rue Akacfa. (&#8230;) Dix minutes plus tard, la foule commen&#231;ait &#224; se rassembler derri&#232;re moi. (&#8230;) Le conseil ouvrier a fait un rapport aux quatre cent personnes qui m'avaient suivi. Le rapport &#233;tait &#224; peine commenc&#233; que deux soldats russes ont fait irruption. J'ai bien entendu quand ils ont charg&#233; leur mitraillette. Je me suis lev&#233; en sentant les deux mitraillettes dans mon dos. Je suis all&#233; &#224; la table et j'ai commenc&#233; &#224; parler : &#171; M&#234;me si deux soldats russes sont l&#224; dans la porte avec leurs mitraillettes, il faut que nous parlions des probl&#232;mes des travailleurs hongrois ! &#187; La tension est tomb&#233;e et les deux soldats sont partis. (&#8230;) C'est comme cela que j'ai &#233;t&#233; choisi au Conseil Ouvrier Central. (&#8230;) Jozsef Sandor aussi est arriv&#233; &#224; la s&#233;ance &#8211; il faisait la liaison entre Kadar et le Conseil Ouvrier Central &#8211; et il a dit qu'il y avait eu un malentendu avec les Russes et, pour cette raison, il pr&#233;sentait les excuses du gouvernement. Moi, je ne le crois pas, qu'il y ait eu un malentendu. (&#8230;) Nous avions d&#233;cid&#233; avec Jozef Sandor qu'une d&#233;l&#233;gation irait au Parlement. Environ dix personnes ont &#233;t&#233; choisies pour la d&#233;l&#233;gation et j'&#233;tais parmi eux. Kadar n'est arriv&#233; qu'&#224; minuit et il a fallu attendre jusque l&#224;. (&#8230;) Les membres du gouvernement sont arriv&#233;s vers huit heures. Donc sont arriv&#233;s Biszku, Ribansky, Jozsef Sandor, Marosan et d'autres. Et, sans que tu t'en aper&#231;oives, l'un &#233;tait assis &#224; droite, l'autre &#224; gauche et tu &#233;tais soumis &#224; un interrogatoire serr&#233; pour savoir ce que, en fin de compte, tu voulais. L&#224;-dessus, Kadar arrive. (&#8230;) D&#233;venyi, notre chef, ne s'est pas du tout comport&#233; comme il convenait de la part d'un ouvrier. Il salivait, g&#233;missait, b&#233;gayait (&#8230;) Je me suis lev&#233; et j'ai dit : &#171; Nous jacassons ici comme des pies, pendant que dans la rue on tire sur les ouvriers hongrois ! &#187; (&#8230;) Une s&#233;ance du Conseil Ouvrier Central &#233;tait annonc&#233;e pour huit heures du matin. Apr&#232;s le compte-rendu de D&#233;venyi, j'ai demand&#233; la parole et j'ai racont&#233; ce qui s'&#233;tait pass&#233; au Parlement. Puis j'ai propos&#233; une motion de d&#233;fiance contre D&#233;venyi. J'ai critiqu&#233; la conduite de toute la d&#233;l&#233;gation. Ceux d'environ cinquante ans intervenaient plut&#244;t en faveur de D&#233;venyi. Ils disaient que lui obtiendrait quelque chose avec ses marchandages. Par contre, les moins de quarante ans avaient des prises de position plus radicales (&#224; ce moment-l&#224;, personne ne reconnaissait Kadar). J'ai &#233;t&#233; &#233;lu nouveau pr&#233;sident du Conseil Ouvrier Central au scrutin secret. (&#8230;) Nous avons appel&#233; les ouvriers &#224; rentrer dans leurs usines et &#224; y &#233;lire des conseils ouvriers d&#233;finitifs. Les gens de Kadar disaient toujours que les conseils ouvriers n'&#233;taient pas valables parce que les ouvriers n'&#233;taient m&#234;me pas dans les usines et avaient &#233;t&#233; &#233;lus par acclamation, comme si eux avaient &#233;t&#233; choisis par acclamation ! Antal Apro a dit qu'ils prendraient trois membres du Conseil Ouvrier Central dans le gouvernement. Alors, je lui ai dit : &#171; Qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'on m'a envoy&#233; ici pour marchander un quelconque portefeuille minist&#233;riel ? R&#233;pondez-moi plut&#244;t : quand est-ce que les troupes sovi&#233;tiques partiront, quand Imre Nagy reviendra &#224; la t&#234;te du gouvernement et quand les l&#233;galisera-t-on les conseils ouvriers ? A ce moment-l&#224;, les d&#233;portations battaient leur plein. Nous avions un comit&#233; de lib&#233;ration de trois membres, et c'est eux qui allaient au commandement russe pour faire &#233;viter la d&#233;portation aux gens. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil Ouvrier National ne s'est jamais organis&#233;. Nous avons convoqu&#233; les repr&#233;sentants des conseils ouvriers pour une conf&#233;rence le 24, &#224; 8 heures, au stade. Et plusieurs milliers de personnes se sont rassembl&#233;es. Mais les tanks russes encadraient le stade, si bien que m&#234;me une souris n'aurait pas pu passer. Nous sommes all&#233;s au si&#232;ge de Memosz, mais on ne nous a pas laiss&#233;s passer l&#224; non plus. Si bien qu'&#224; soixante ou soixante-dix nous sommes all&#233;s rue Akacfa. Ne serait-ce parce que un ou deux envoy&#233;s de province seulement ont pu acc&#233;der &#224; la petite salle, le Conseil Ouvrier National n'a pas pu s'organiser. (&#8230;) L&#224;, nous avons d&#233;cid&#233; de faire gr&#232;ve les 22 et 23 pour protester contre l'interdiction de notre conf&#233;rence et contre l'enl&#232;vement de Imre Nagy. (...) Entre temps, on m'a d&#233;sign&#233; de nouveau comme pr&#233;sident du Conseil Ouvrier Central du Grand Budapest. (&#8230;) Les discussions avec le gouvernement &#233;taient de la com&#233;die et ne servaient &#224; rien. Ils nous ont fait discuter sur les modifications au programme du gouvernement. Nous avions propos&#233; la reconnaissance par d&#233;cret des conseils ouvriers et du Conseil Ouvrier Central du Grand Budapest, l'attribution des postes de directeur par concours et le droit des conseils ouvriers de renvoyer les directeurs, des choses dans ce genre. Mais le gouvernement se moquait de nous. Il a voulu nous donner une place au minist&#232;re de l'Agriculture, mais je n'ai pas accept&#233; : nous n'&#233;tions pas un minist&#232;re ! (&#8230;) Je suis all&#233; &#224; Vezpren, &#224; la cr&#233;ation du conseil ouvrier du d&#233;partement. C'est eux qui m'avaient invit&#233; &#224; leur s&#233;ance inaugurale. J'&#233;tais assez exasp&#233;r&#233; et je leur ai franchement racont&#233; quel jeu le gouvernement menait avec nous. J'ai aussi particip&#233; &#224; une autre s&#233;ance d'un conseil ouvrier, &#224; l'usine Etoile Rouge de Obuda. Le conseil &#233;tait plein de communistes qui n'allaient pas dans la direction souhait&#233;e par les travailleurs. Moi, j'y vais et j'ai organis&#233; une v&#233;ritable &#233;lection du conseil. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27, il y avait une nouvelle n&#233;gociation avec le gouvernement. C'est moi qui ai dirig&#233; cette d&#233;l&#233;gation. (&#8230;) Quand Kadar est arriv&#233;, je me suis avanc&#233; avec mes questions : &#171; Qu'est-ce que pense Mr Kadar de ce qui se passe, de l'enl&#232;vement d'Imre Nagy et de son &#233;quipe, de la gr&#232;ve, des condamnations des ouvriers&#8230; ? &#187; C'&#233;tait la fin de la n&#233;gociation. Elle a repris le 6 d&#233;cembre. Mais, &#224; l'&#233;poque, les rapports avec le gouvernement s'&#233;taient beaucoup envenim&#233;s. Le parti s'organisait, mais le Conseil Ouvrier Central aussi se renfor&#231;ait constamment. Des groupes de travail se sont constitu&#233;s : presse et information avec Miklos Sebestyen, le groupe pour l'organisation sous la direction de F&#233;renc T&#246;ke, le groupe de travail sur l'&#233;conomie et d'autres. Le 28, nous avons voulu publier le &#171; Journal des travailleurs &#187; sous la direction de Gyula Obersovsky. Nous en &#233;tions d&#233;j&#224; aux premi&#232;res &#233;preuves quand Jozsef Sandor a t&#233;l&#233;phon&#233; pour dire que le gouvernement consid&#233;rait cela comme un acte d'opposition. D'accord, ai-je dit. Alors arr&#234;tons la composition, qu'ils voient notre bonne volont&#233;. Si bien qu'il n'y a eu qu'une feuille d'information, au stencil, qui a paru trois fois, la derni&#232;re fois, peut-&#234;tre le 5 d&#233;cembre. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;tape a &#233;t&#233; celle des deux manifestations : celle des femmes et celle du 6 d&#233;cembre contre le gouvernement. Pour la manifestation des femmes du 4 d&#233;cembre, le Conseil Ouvrier central n'a pas donn&#233; son accord pr&#233;alable par ce que beaucoup parlaient de provocation : on leur tirera dessus et ensuite on nous fera porter la responsabilit&#233;. Moi je n'&#233;tais pas d'accord, mais j'ai d&#251; m'incliner devant la majorit&#233;. Finalement, la manifestation a &#233;t&#233; tr&#232;s belle et tr&#232;s &#233;mouvante. (&#8230;) L'autre manifestation le 6 &#233;tait organis&#233;e par le Parti communiste et nous d&#233;fiait. Ils sont arriv&#233;s &#224; la gare de l'Ouest vers 4 heures, juste quand les travailleurs d'Angyalf&#246;ld et de Ujpest arrivaient et ces derniers les ont bien battus. Le 6 justement nous &#233;tions au Parlement pour y apporter le M&#233;morandum. Les gens de Kadar ont voulu nous coller la responsabilit&#233; des troubles. (&#8230;) Nous avons convoqu&#233; pour le 8 la conf&#233;rence des d&#233;l&#233;gu&#233;s du Conseil Ouvrier National. C'est Ferenc T&#246;ke qui l'avait convoqu&#233;e. (&#8230;) La s&#233;ance a commenc&#233; vers dix heures. Jozsef Sandor appelle pour nous dire de ne pas avoir l'audace de faire la conf&#233;rence, parce que le gouvernement est absolument contre. (&#8230;) Ensuite, vers midi, il y a eu un deuxi&#232;me coup de fil, beaucoup plus important : &#171; on tire sur les travailleurs &#224; Salgonarjan ! &#187; (&#8230;) A l'unanimit&#233;, nous avons accept&#233; la proposition d'une gr&#232;ve de quarante-huit heures. Le Conseil a aussi &#233;labor&#233; un appel aux travailleurs du monde dans lequel nous demandons qu'ils soutiennent les travailleurs hongrois dans la lutte qu'ils avaient entreprise, sans crainte pour leur vie. Cet appel est pass&#233; dans les journaux du monde entier. La gr&#232;ve du 11 et 12 et l'appel ont &#233;t&#233; nos derniers mots. Nous n'avions plus rien &#224; dire &#224; l'&#233;quipe Kadar qui, au lieu de n&#233;gocier, nous tirait dessus. Le 11, les membres du Conseil Ouvrier central ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et le Conseil d&#233;clar&#233; hors la loi. (&#8230;) Ma condamnation a &#233;t&#233; prononc&#233;e le 17 mars 1957 : perp&#233;tuit&#233;. (&#8230;) J'ai &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; le 28 mars 1963, avec la grande amnistie. Je voulais retourner &#224; l&#8216;usine, &#224; Beloiannisz, mais on ne me l'a pas permis ; environ vingt-cinq grandes entreprises ont ensuite refus&#233; mon livret de travail, jusqu'&#224; ce que je trouve du travail chez un m&#233;canicien priv&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945-46, la solidarit&#233; cr&#233;&#233;e par la guerre ne s'est pas d&#233;velopp&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs hongrois. (&#8230;) Apr&#232;s 1945, le syst&#232;me n'a pas aid&#233; &#224; la formation et &#224; l'approfondissement de la conscience ouvri&#232;re, mais au contraire, avec la cr&#233;ation de ce r&#233;gime de mouchard, il a d&#233;sorganis&#233; cette conscience ouvri&#232;re qui aurait d&#251; donner naissance au v&#233;ritable pouvoir des ouvriers. En 1956, ces ouvriers tromp&#233;s ont clairement vu leur situation. Ils se sont rang&#233;s avec fermet&#233; et r&#233;solution aux c&#244;t&#233;s de la r&#233;volution et ils l'ont d&#233;fendue de toutes leurs forces. Ils l'ont fait parce qu'ils se sont rendus compte que c'&#233;tait le moment historique favorable &#224; la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; sans exploitation en Hongrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore sur la r&#233;volution des conseils ouvriers en Hongrie en 1956&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2699&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2699&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/L_Octobre_hongrois_de_1956/oxKOCsk9LoMC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=1956+hongrie+conseil+ouvrier&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/L_Octobre_hongrois_de_1956/oxKOCsk9LoMC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=1956+hongrie+conseil+ouvrier&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://collectiflieuxcommuns.fr/?850-hongrie-1956-les-conseils-ouvriers&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://collectiflieuxcommuns.fr/?850-hongrie-1956-les-conseils-ouvriers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://libcom.org/article/hongrie-1956-le-proletariat-lassaut-du-ciel-mouvement-communiste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://libcom.org/article/hongrie-1956-le-proletariat-lassaut-du-ciel-mouvement-communiste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cras31.info/IMG/pdf/ce_que_furent_les_conseils_ouvriers-2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cras31.info/IMG/pdf/ce_que_furent_les_conseils_ouvriers-2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/isme328/hongrie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.internationalism.org/isme328/hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie_02.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie_02.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/1956_Budapest_l_insurrection/TAic6euuwwUC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=1956+hongrie+conseil+ouvrier&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/1956_Budapest_l_insurrection/TAic6euuwwUC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=1956+hongrie+conseil+ouvrier&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Victoire_d_une_d%C3%A9faite/JcgjsmI3aucC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=1956+hongrie+conseil+ouvrier&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Victoire_d_une_d%C3%A9faite/JcgjsmI3aucC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=1956+hongrie+conseil+ouvrier&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesbonscaracteres.com/epubs/Hongrie-1956.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesbonscaracteres.com/epubs/Hongrie-1956.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;pression stalinienne de la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie (1956)</title>
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		<dc:date>2022-02-17T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;pression stalinienne de la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie (1956) &lt;br class='autobr' /&gt;
BRETON Andr&#233; (1956) : &lt;br class='autobr' /&gt;
HONGRIE, SOLEIL LEVANT &lt;br class='autobr' /&gt;
La presse mondiale dispose de sp&#233;cialistes pour tirer les conclusions politiques des r&#233;cents &#233;v&#233;nements et commenter la solution administrative par quoi l'O.N.U. ne manquera pas de sanctionner la d&#233;faite du peuple hongrois. Quant &#224; nous, il nous appartient de proclamer que Thermidor, juin 1848, mai 1871, ao&#251;t 1936, janvier 1937 et mars 1938 &#224; Moscou, avril 1939 en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_16106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1956_il_y_a_60_ans_les_hongrois_se_revoltaient_contre_le_communisme.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;pression stalinienne de la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie (1956)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;BRETON Andr&#233; (1956) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HONGRIE, SOLEIL LEVANT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse mondiale dispose de sp&#233;cialistes pour tirer les conclusions politiques des r&#233;cents &#233;v&#233;nements et commenter la solution administrative par quoi l'O.N.U. ne manquera pas de sanctionner la d&#233;faite du peuple hongrois. Quant &#224; nous, il nous appartient de proclamer que Thermidor, juin 1848, mai 1871, ao&#251;t 1936, janvier 1937 et mars 1938 &#224; Moscou, avril 1939 en Espagne, et novembre 1956 &#224; Budapest, alimentent le m&#234;me fleuve de sang qui, sans &#233;quivoque possible, divise le monde en ma&#238;tres et en esclaves. La ruse supr&#234;me de l'&#233;poque moderne, c'est que les assassins d'aujourd'hui se sont assimil&#233; le rythme de l'histoire, et que c'est d&#233;sormais au nom de la d&#233;mocratie et du socialisme que la mort polici&#232;re fonctionne, en Alg&#233;rie comme en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a exactement 39 ans, l'imp&#233;rialisme franco-britannique [1] tentait d'accr&#233;diter sa version int&#233;ress&#233;e de la r&#233;volution bolch&#233;vique faisant de L&#233;nine un agent du Kaiser ; le m&#234;me argument est utilis&#233; aujourd'hui par les pr&#233;tendus disciples de L&#233;nine contre les insurg&#233;s hongrois, confondus, dans leur ensemble, avec les quelques &#233;l&#233;ments fascistes qui ont d&#251;, in&#233;vitablement, s'immiscer parmi eux. Mais en p&#233;riode d'insurrection, le jugement moral est pragmatique : LES FASCISTES SONT CEUX QUI TIRENT SUR LE PEUPLE. Aucune id&#233;ologie ne tient devant cette infamie : c'est Gallifet lui-m&#234;me qui revient, sans scrupule et sans honte, dans un tank &#224; &#233;toile rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls de tous les dirigeants &#171; communistes &#187; mondiaux, Maurice Thorez et sa bande poursuivent cyniquement leur carri&#232;re de gitons de ce Gu&#233;p&#233;ou qui a d&#233;cid&#233;ment la peau si dure qu'il survit &#224; la charogne de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite du peuple hongrois est celle du prol&#233;tariat mondial. Quel que soit le tour nationaliste qu'ont d&#251; prendre la r&#233;sistance polonaise et la r&#233;volution hongroise, il s'agit d'un aspect circonstanciel, d&#233;termin&#233; avant tout par la pression colossale et forcen&#233;e de l'&#201;tat ultranationaliste qu'est la Russie. Le principe internationaliste de la r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est pas en cause. La classe ouvi&#232;re avait &#233;t&#233; saign&#233;e &#224; blanc, dans sa totalit&#233;, en 1871, par les Versaillais de France. &#192; Budapest, face aux Versaillais de Moscou, la jeunesse - par-del&#224; tout espoir rebelle au dressage stalinien - lui a prodigu&#233; un sang qui ne peut manquer de prescrire son cours propre &#224; la transformation du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tract r&#233;dig&#233; &#224; la suite de l'&#233;crasement de la r&#233;volution hongroise, en novembre 1956.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signatures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne B&#233;douin, Robert Benayoun, Andr&#233; Breton, Adrien Dax, Yves Ell&#233;ou&#235;t, Charles Flamand, Georges Goldfayn, Louis Janover, Jean-Jacques Lebel, G&#233;rard Legrand, Nora Mitrani, Benjamin P&#233;ret, Jos&#233; Pierre, Andr&#233; Pieyre de Mandiargues, Jacques Saut&#232;s, Jean Schuster, Jacques S&#233;nelier, Jean-Claude Silbermann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Novembre 1956.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Qui vient de donner sa mesure en Egypte, selon ses techniques les plus &#233;prouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE TEST HONGROIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'ordre&#034; r&#232;gne de nouveau &#224; Budapest, sinon en Hongrie. Cependant malgr&#233; une r&#233;pression de plusieurs semaines, les tanks russes ne sont pas venus compl&#232;tement &#224; bout de la r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que de la population. La lutte arm&#233;e des ouvriers et des paysans se poursuit en province, tandis que les arrestations massives et les cours martiales frappent les conseils ouvriers de Budapest et de province. Le &#034;gouvernement&#034; Kadar et les Russes ne reculent devant aucun moyen et tentent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, &#224; n'importe quel prix, de reprendre la situation en main, de restaurer &#224; la fois la domination de la Russie sur la Hongrie et la toute puissance d'une bureaucratie totalitaire sur les ouvriers et les paysans hongrois &#8211; celle-ci &#233;tant la condition premi&#232;re de celle-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame hongrois, le terrible drame DES OUVRIERS ET DES PAYSANS hongrois tombant en 1956 sous le feu des canons russes a &#233;t&#233; le TEST DECISIF pour le r&#233;gime stalinien des &#034;d&#233;mocraties populaires&#034; et de l'URSS. En 1948, le conflit avec la Yougoslavie n'alla pas jusqu'&#224; la guerre ouverte pour deux raisons : d'un c&#244;t&#233;, &#224; l'&#233;poque, Staline n'a pas trouv&#233; un Kadar yougoslave qui justifi&#226;t l'intervention de l'arm&#233;e russe. D'un autre c&#244;t&#233;, Moscou pensait pouvoir obliger la Yougoslavie &#224; capituler sous sa seule pression politique et &#233;conomique et &#233;viter ainsi les risques d'une intervention arm&#233;e dont ils avaient cependant menac&#233; Tito. Le conflit avec la Yougoslavie n'avait donc pas encore montr&#233;, DANS TOUTE SON ETENDUE, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence anti-ouvri&#232;re et oppressive de la caste bureaucratique de l'URSS que r&#233;v&#232;le aujourd'hui la trag&#233;die hongroise : aucun crime ne lui est impossible ; sa vraie nature est anti-socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eclair&#233;s par la trag&#233;die hongroise, tous les ouvriers conscients, tous les v&#233;ritables communistes comprennent maintenant cette v&#233;rit&#233; essentielle pour l'avenir du mouvement ouvrier, pour l'avenir du socialisme. Seuls continuent &#224; ne pas comprendre, ceux qui &#224; tout jamais sont, dans le mouvement ouvrier les adversaires du socialisme, les ennemis de l'&#233;mancipation des travailleurs malgr&#233; leurs paroles &#034;socialistes&#034; ou &#034;communistes&#034; : tel Thorez qui approuve l'intervention des troupes russes en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a ceux pour qui les &#233;v&#233;nements de Hongrie sont une occasion de plus pour cacher, derri&#232;re les crimes staliniens, leurs propres actions anti-socialistes. Mais ceux-l&#224;, les Mollet, les Lacoste, les Pineau, avec leur guerre en Afrique du Nord et leur &#034;coup de Suez&#034;, il y a longtemps que les travailleurs conscients les connaissent pour ce qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le test hongrois, c'est le sang des dizaines de milliers d'ouvriers et de paysans tomb&#233;s pour leur libert&#233; : &#234;tre POUR l'intervention sovi&#233;tique en Hongrie c'est &#234;tre CONTRE l'&#233;mancipation de classe des travailleurs de tous les pays, c'est &#234;tre CONTRE le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DROIT DES &#034;GRANDS&#034; A DISPOSER DES PEUPLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Hongrie &#224; l'Afrique du Nord, en passant par le Moyen-Orient, le bruit des canons a remplac&#233; les belles phrases sur le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes. Partout o&#249; leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou politiques sont menac&#233;s les dirigeants du monde ont recours &#224; la force comme supr&#234;me argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie et les besoins des travailleurs hongrois ou &#233;gyptiens passent apr&#232;s les int&#233;r&#234;ts des grandes puissances qui se partagent le globe, tout comme en g&#233;n&#233;ral les int&#233;r&#234;ts des classes exploit&#233;es passent apr&#232;s ceux des exploiteurs qui ont le pouvoir en mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour conserver leur gagne pain aux actionnaires de la Compagnie du Canal de Suez, les gouvernants n'h&#233;sitent pas &#224; imposer des restrictions &#224; toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs font dans tous les pays du monde, les frais de ces op&#233;rations. Au nom du soi-disant &#034;int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#034; ce sont toujours les m&#234;mes qui p&#226;tissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression sauvage de l'insurrection hongroise et la tr&#232;s peu glorieuse intervention franco-anglaise en Egypte ont tragiquement mis en &#233;vidence le fait que le monde est divis&#233; en &#034;chasses gard&#233;es&#034; par un petit nombre de nations militaris&#233;es &#224; l'extr&#234;me et qui se servent de la force pour imposer leur loi. Partout dans le monde des pays sont occup&#233;s par des arm&#233;es &#233;trang&#232;res. C'est tellement dans les moeurs depuis la fin de la guerre qu'il faut le massacre de tout un peuple comme en Hongrie pour qu'on r&#233;alise le r&#244;le de ces arm&#233;es d'occupation. Les travailleurs hongrois ont &#233;t&#233; assassin&#233;s au nom du Pacte de Varsovie ; demain, nous le serons peut-&#234;tre au nom de la &#034;solidarit&#233; atlantique&#034;. Les pr&#233;paratifs militaires qui se d&#233;veloppent en France visent, en m&#234;me temps qu'&#224; pr&#233;parer le prochain conflit mondial, &#224; remplir au besoin le m&#234;me r&#244;le que l'arm&#233;e russe en Europe orientale. Depuis la fin de la guerre, la France n'a pas cess&#233; de combattre, que ce soit en Indochine, en Afrique du Nord ou en Egypte. Partout nous allions d&#233;fendre les profits de nos patrons avec des fusils comme porte-voix. Depuis dix ans, quand ils ne sont pas occup&#233;s &#224; faire au Guatemala ce que les Fran&#231;ais font en Alg&#233;rie ou les Russes en Hongrie, les Etats-Unis construisent des bases militaires plus formidables les unes que les autres, aux quatre coins du monde et en Europe en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie occupe militairement la moiti&#233; de l'Europe au moyen d'une arm&#233;e colossale dont l'entretien est pay&#233; par les peuples occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Angleterre fait ce que font les USA, mais avec moins de moyens, et ce que fait la France mais avec plus de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde est devenu une vaste prison des peuples gard&#233;e par les arm&#233;es de quelques &#034;grands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Hongrie, l'Egypte et l'Alg&#233;rie n'en sont que l'illustration sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en permettant &#224; nos dirigeants de mener leur guerre en Alg&#233;rie et en Egypte que nous leur donnons un moyen de nous lier les mains ; c'est en acceptant cette politique de brigandage que nous permettons l'installation en France de bases militaires qui am&#232;neront peut-&#234;tre un pr&#233;sident du Conseil fran&#231;ais &#224; faire appel aux arm&#233;es de l'OTAN contre les travailleurs fran&#231;ais, comme Kadar a fait appel aux forces russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Un peuple qui en opprime un autre, n'est pas un peuple libre&#034;, disait L&#233;nine et nous qui laissons nos dirigeants opprimer tant de peuples craignons de voir un jour notre libert&#233; p&#233;rir sous les blind&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; la guerre, ils en sont les premi&#232;res victimes. C'est pourquoi nous devons nous opposer &#224; toutes les occupations de territoires par quelque arm&#233;e que ce soit. Le premier gage de paix dans ce monde au bord du cataclysme serait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE RETRAIT DES TROUPES RUSSES DE LA HONGRIE ET DE TOUTE L'EUROPE ORIENTALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE RETRAIT DE TOUTES LES TROUPES ATLANTIQUES EN FRANCE ET EN EUROPE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE RETRAIT DES TROUPES FRAN&#199;AISES D'EGYPTE ET D'AFRIQUE DU NORD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2012-10-12&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesbonscaracteres.com/epubs/Hongrie-1956.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/swp-us/misc-1/hungary.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In English&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anniversaire de l'insurrection r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat hongrois du 23 octobre 1956 &#233;cras&#233;e dans le sang le 10 novembre 1956 : textes, films et photos</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5573</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anniversaire de l'insurrection r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat hongrois du 23 octobre 1956 &#233;cras&#233;e dans le sang le 10 novembre 1956 : textes, films et photos &lt;br class='autobr' /&gt;
CE QUE FUT LA REVOLUTION DES CONSEILS OUVRIERS HONGROIS DE 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
EN TEXTES &lt;br class='autobr' /&gt;
Anniversaire de la r&#233;volution hongroise d'octobre 1956 &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'&#233;tait le r&#233;gime politique et social du pr&#233;tendu communisme hongrois &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie en 1956 : comment tout a commenc&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Au nom de la classe ouvri&#232;re &#187; de Sandor Kopacsi &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;07- Pays de l'Est 1953-56&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_13646 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/23_OCTOBRE_1956-29f3e.jpg' width=&#034;433&#034; height=&#034;324&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/AVO-23-oct-1956-2-49c71.jpg' width=&#034;464&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/budapest_1956_1-a9f7b.jpg' width=&#034;496&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/conseils.jpg' width=&#034;547&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anniversaire de l'insurrection r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat hongrois du 23 octobre 1956 &#233;cras&#233;e dans le sang le 10 novembre 1956 : textes, films et photos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CE QUE FUT LA REVOLUTION DES CONSEILS OUVRIERS HONGROIS DE 1956&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN TEXTES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2736&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anniversaire de la r&#233;volution hongroise d'octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2705&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'&#233;tait le r&#233;gime politique et social du pr&#233;tendu communisme hongrois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie en 1956 : comment tout a commenc&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2695&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Au nom de la classe ouvri&#232;re &#187; de Sandor Kopacsi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le conseil central du Grand Budapest en 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2693&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Hongrie 1956 &#187; de Andy Anderson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2701&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise des conseils ouvriers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://libcom.org/library/hongrie-1956-%C2%ABle-proletariat-l%E2%80%99assaut-du-ciel%C2%BB-mouvement-communiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat &#224; l'assaut du ciel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2698&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jeunesse d'octobre 1956 &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/ri372/hongrie.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.left-dis.nl/f/hongrie1956.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'ordre r&#232;gne &#224; Budapest &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4457&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La le&#231;on de la r&#233;volution hongroise, de Ignazio Silone&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1956/00/broue_hongrie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise des conseils ouvriers de P. Brou&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesbonscaracteres.com/livre/hongrie-1956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956, de Georges Kaldy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la fin de la seconde guerre mondiale, le stalinisme a sauv&#233; le capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le 5 mars 1953, Staline mourut&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article476&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1953 en Allemagne de l'Est, trois ans avant la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article75&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous couvert de &#034;socialisme&#034;, des Etats profond&#233;ment anti-ouvriers qui font face &#224; la r&#233;volte ouvri&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article452&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; D&#233;mocraties populaires &#187; : ni communistes, ni socialistes, ni d&#233;mocratiques, ni populaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article147&#034;&gt;Les faux socialismes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4395&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le rideau de fer est-il le mur de Staline ou celui des puissances occidentales ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4407&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que deviennent les anciens &#171; pays de l'Est &#187; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN FILMS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : bien entendu, nous ne partageons pas commentaires de la plupart de ces films !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=H5UG5HRWz4U&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le 23 octobre 1956, d&#233;but de l'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sonuma.be/archive/hongrie-1956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Archives audiovisuelles : Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.filmsdocumentaires.com/films/1713-revolution-r-budapest-1956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Films et documentaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://m.ina.fr/video/VDD09016083/hongrie-octobre-1956-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=gYv1iCRusis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=N0pAW4hEpk4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bE1FX0Uf01I&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille de Budapest (en anglais)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=6BaV3W5zMuc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trag&#233;die hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=D8Y2V5LH_xg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise (1956)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VlpKc3mfAyQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=CXU6HPfpC_U&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ihS_D0Btaz8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise de 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Zi3bzXPYnsY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bDkLJA2LLXI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution hongroise de 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/video/VDD09016165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une nation dans la tourmente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=EqImvCnO15w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=8FckhPmtE1A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pleure Budapest : souvenirs d'une r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cinemantik.com/?p=297&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tonnerre sur la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xfnsqu_budapest-1956-jean-pax-mefret_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xcwm68_budapest-1956_music&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur Budapest 56&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xjwip_char-sovietique-capture_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La capture d'un char russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016083&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD11021202/la-revolte-d-une-generation-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte d'une g&#233;n&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016083/hongrie-octobre-1956-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie, octobre 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE85007014/premier-reportage-sur-la-revolution-en-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premier reportage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/I00006275/plateau-jean-rabaud-sur-l-insurrection-en-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A la t&#233;l&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAC90036855/retro-hongrie-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comm&#233;moration&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE03006165/budapest-pendant-la-revolution-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Budapest pendant la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/AFE85007028/sur-les-routes-conduisant-a-budapest-et-premiere-phase-de-la-revolution-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur les routes conduisant &#224; Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/VDD09016165/une-nation-dans-la-tourmente-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une nation dans la tourmente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesfilmsdici.fr/fr/catalogue/752-hongrie-1956.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hongrie 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.slideshare.net/Mattpiche/rvolution-hongroise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les photos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://footage.framepool.fr/fr/bin/2571024,Insurrection_populaire_hongroise,Budapest,Hongrie,1956/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Insurrection populaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00183/l-insurrection-de-budapest.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=iU3xY-h_uGk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hungary 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2012-10-12&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore des lectures&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00183/l-insurrection-de-budapest.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection de Budapest&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN PHOTOS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2692&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise en images&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pinterest.fr/tibor423/hungary-1956/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En photos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution prol&#233;tarienne hongroise de 1918-1919</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4761</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4761</guid>
		<dc:date>2018-01-17T23:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne hongroise de 1918-1919 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution hongroise de 1918-1919, rapport&#233;e par un adversaire de B&#233;la Kun, du prol&#233;tariat, de la r&#233;volution sociale et du communisme : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sous le fond nom d'Emile Sebest&#233;n, B&#233;la Kun arriva &#224; Budapest le 17 novembre 1918. Il trouva un pays en d&#233;composition et un gouvernement faible dont la bonne volont&#233; ne pouvait contrebalancer l'inexp&#233;rience. C'&#233;tait le d&#233;but du r&#233;gime Karolyi, le d&#233;but d'une tentative pour liquider le f&#233;odalisme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_9322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-3637.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;342&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-3638.jpg' width=&#034;482&#034; height=&#034;600&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-3644.jpg' width=&#034;220&#034; height=&#034;147&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne hongroise de 1918-1919&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise de 1918-1919, rapport&#233;e par un adversaire de B&#233;la Kun, du prol&#233;tariat, de la r&#233;volution sociale et du communisme :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sous le fond nom d'Emile Sebest&#233;n, B&#233;la Kun arriva &#224; Budapest le 17 novembre 1918. Il trouva un pays en d&#233;composition et un gouvernement faible dont la bonne volont&#233; ne pouvait contrebalancer l'inexp&#233;rience. C'&#233;tait le d&#233;but du r&#233;gime Karolyi, le d&#233;but d'une tentative pour liquider le f&#233;odalisme et instaurer une Hongrie d&#233;mocratique. C'&#233;tait la fin de la guerre, une guerre o&#249; la Hongrie &#233;tait entr&#233;e en chantant et dont elle sortait ruin&#233;e. C'&#233;tait la fin de la Monarchie, la fin d'un mariage forc&#233; et malheureux avec l'Autriche et avec la Maison de Habsbourg. C'&#233;tait surtout la fin d'un r&#233;gime oligarchique personnifi&#233; par le comte Etienne Tisza, homme d'Etat de grande envergure, hautain et solitaire, rigide et intransigeant, mais droit et profond&#233;ment croyant. Sa conception politique refl&#233;tait sa foi : l'histoire est un grand courant qui dans ses limites pr&#233;d&#233;termin&#233;es unit le pass&#233; avec le pr&#233;sent ; son mouvement continuel conserve et renouvelle l'id&#233;e nationale ; l'homme politique doit veiller &#224; ce que ce d&#233;roulement ne soit ni troubl&#233; ni d&#233;vi&#233; par les t&#234;tes chaudes. Il se m&#233;fiait de ceux qui, manants ou aristocrates, parlaient de nouveaux courants surgis de la vie spirituelle et sociale de l'Europe. Il se m&#233;fiait de tous ceux qui &#233;taient d&#233;sireux d'&#233;largir les cadres mill&#233;naires de la constitution hongroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous sommes une poign&#233;e de Hongrois &#8211;dit-il dans un de ses discours &#8211; notre nation ne peut tenir sa partie qu'&#224; la condition d'inspirer du respect, de la confiance et de l'estime. Pour cela, elle a besoin d'une certaines autorit&#233; spirituelle et morale. Celle-ci ne s'acquiert que si tous ceux auxquels la constitution hongroise a confi&#233; le destin de la nation se recrutent dans l'&#233;lite de la soci&#233;t&#233;, parmi la fleur de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;lite, selon Tisza, &#233;tait encore &#224; former. Il ne consid&#233;rait naissance, fortune, ni dipl&#244;me comme crit&#232;re de cette vocation. Il connaissait mieux que n'importe qui les d&#233;fauts des magnats, il aimait &#224; sa mani&#232;re les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vois &#8211; affirmait-il &#8211; une grande r&#233;serve morale dans cette force primitive et indestructible de la nation hongroise qui somnole dans l'&#226;me, dans la raison et le c&#339;ur du peuple de la plaine, de ce peuple sain de corps et d'esprit, capable de comprendre le beau et le bien, et cr&#233;&#233; pour accomplir toute action noble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il craignait que &#171; cette force primitive &#187; ne se r&#233;veille brutalement sous l'action de ceux qu'il consid&#233;rait comme des faux proph&#232;tes et qu'elle ne soit exploit&#233;e au d&#233;triment de l'avenir de la nation pour l'int&#233;r&#234;t &#233;ph&#233;m&#232;re d'une classe, d'un parti ou d'ambitions individuelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve du paysan hongrois &#233;tait d'avoir un lopin de terre &#224; lui. Mais une r&#233;forme agraire &#233;tait inimaginable dans le pays de Tisza. Celui qui osait en parler se voyait rapidement entre les mains des gendarmes. Le paysan hongrois savait se taire. Il attendait. C'&#233;tait une attente passive, r&#233;sign&#233;e, fataliste. &#171; Si Dieu le veut, m&#234;me le manche de la houe se changera en fusil &#187;, dit un de ses proverbes, et il attendait un aristocrate qui le lib&#233;rerait. Car, dans ce pays, m&#234;me pour faire la r&#233;volution, il fallait un aristocrate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 1514, la r&#233;volte des paysans hongrois avait eu &#224; sa t&#234;te Georges Dosza, un noble, second&#233; par un moine. Les seigneurs s'&#233;taient veng&#233;s cruellement sur celui qui avait &#171; trahi son sang &#187;. Il l'avaient mis sur un tr&#244;ne en fer chauff&#233; &#224; blanc, ceint d'une couronne de fer br&#251;lant et avaient oblig&#233; les paysans &#224; manger &#171; leur roi &#187; r&#244;ti. La peur et l'aversion mutuelles des seigneurs et des paysans hongrois datent de ce temps, et ce repas, apr&#232;s quatre cents ans, nourrissait encore la haine du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me en 1703, l'insurrection du peuple magyar avait trouv&#233; un chef dans la personne du seigneur le plus riche de son pays, le prince Fran&#231;ois Rakoczi, dont le drapeau portait l'image de la Vierge et l'inscription : &#171; Pro libertate &#187;. Son programme r&#233;dig&#233; par lui-m&#234;me avait promis : libert&#233; pour les opprim&#233;s, bien-&#234;tre pour les d&#233;sh&#233;rit&#233;s. Apr&#232;s sa d&#233;faite et son exil, une grande partie de son immense propri&#233;t&#233; (23.000 hectares) fut donn&#233;e comme r&#233;compense &#224; son g&#233;n&#233;ral f&#233;lon, Alexandre Karolyi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;volution de 1848 avec ses revendications anti-f&#233;odales avait aussi des dirigeants aristocrates. Le pr&#233;sident du gouvernement r&#233;volutionnaire avait &#233;t&#233; un comte Batthyany, fusill&#233; sur l'ordre du jeune Fran&#231;ois-Joseph, empereur d'Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1914, depuis que le paysan hongrois avait non seulement le manche de la houe mais aussi le fusil &#171; Manlicher &#187; entre les mains, un r&#232;glement de comptes &#233;tait in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment s'y prendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; trouver un chef ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les magnats hongrois, la famille Karolyi avec un fid&#233;i-commis de quarante mille arpents de terre (les 23.000 hectares d'h&#233;ritage de la f&#233;lonie) et plusieurs dizaines de milliers d'autres arpents libres, jouait un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Elle &#233;tait &#224; la t&#234;te d'un groupe d'aristocrates catholiques, tous possesseurs de grandes propri&#233;t&#233;s, tous ennemis du comte Etienne Tisza, ce colosse calviniste, l'homme de confiance de Fran&#231;ois-Joseph, empereur tr&#232;s catholique de l'Autriche et roi apostolique de la Hongrie. Cette lutte de famille se d&#233;roulait dans les salons du &#171; Cercle National &#187;, club des magnats o&#249;, entre deux parties de tarots, toutes les questions politiques &#233;taient d&#233;battues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existait aussi une Chambre des D&#233;put&#233;s. En 1918 encore, elle &#233;tait compos&#233;e de 413 membres (dont 280 gros propri&#233;taires et 82 avocats) &#233;lus en 1910 selon la loi &#233;lectorale datant de 1874, loi qui elle-m&#234;me n'&#233;tait que la r&#233;plique d'une loi de 1848. Une infime partie de la population, 6,7% seulement, avait le droit de voter ; le comte Tisza avait refus&#233; d'en faire b&#233;n&#233;ficier de plus larges couches de la soci&#233;t&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le peuple n'est pas m&#251;r. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, presque tous les magnats, m&#234;me les adversaires de Tisza &#233;taient d'accord&#8230; Leur avis commun &#233;tait que des urnes des &#233;lections g&#233;n&#233;rales sortirait une r&#233;volution. Celle-ci ne sortit pas des urnes : elle arrivait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait dans la capitale hongroise un autre monde que le monde brillant. Il &#233;tait invisible ; en parler e&#251;t &#233;t&#233; mals&#233;ant : c'&#233;tait le monde ouvrier qui travaillait dans les usines des faubourgs et de la banlieue, et ne venait se promener en ville qu'en de rares occasions et pour laisser sur le pav&#233; des traces rouges&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre perdue rompit toutes les barri&#232;res soigneusement &#233;tablies pour prot&#233;ger de ces &#171; intouchables &#187; la vie seigneuriale du beau monde de Budapest. Elle l&#226;cha sur la capitale le flot des soldats revenus des fronts disloqu&#233;s. Ces soldats ha&#239;ssaient &#171; l'arri&#232;re &#187; qui faisait la bombe pendant qu'ils crevaient au front ; ils ne pensaient qu'&#224; se venger et &#224; prendre du bon temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blocus, les difficult&#233;s de communication et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral priv&#232;rent les grandes usines group&#233;es dans la banlieue de la capitale des mati&#232;res premi&#232;res les plus indispensables. Le ch&#244;mage devint catastrophique&#8230;. Dans la rue comme au caf&#233;, tout le monde discutait en critiquant le gouvernement. Tout le monde vivait dans l'attente d'un changement r&#233;volutionnaire. Le comte Karolyi formait le &#171; Conseil National &#187;. La jeunesse manifestait contre &#171; les g&#233;n&#233;raux allemands &#187; et chantait dans les rues :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ira, &#231;a ira&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aristocrates &#224; la lanterne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte &#233;tait chang&#233; pour la circonstance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ira, &#231;a ira&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lanterne le comte Tisza&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On acclamait le bolchevisme russe sans trop savoir ce qu'il &#233;tait &#8211; sinon qu'il &#233;tait une r&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune empereur-roi Charles, plein de bonne volont&#233;&#8230; nomma Karolyi pr&#233;sident du Conseil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 octobre, la foule, apr&#232;s avoir acclam&#233; le Conseil National, s'appr&#234;ta &#224; marcher sur le Palais Royal afin d'obtenir par force la nomination du comte Karolyi &#224; la t&#234;te d'un gouvernement. Charg&#233;e &#224; la ba&#239;onnette par la garde royale, elle fut refoul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre, des dizaines de milliers de bonnes gens de Budapest se rassembl&#232;rent pour attendre le comte &#224; son retour de Vienne. Le roi mal conseill&#233; manqua sa derni&#232;re chance : un pays tout entier esp&#233;rait qu'il chargerait enfin l'idole du peuple de former son gouvernement ; Karolyi n'ayant pas &#233;t&#233; nomm&#233; pr&#233;sident du conseil, revint comme chef d'une r&#233;volution. La foule le re&#231;ut en chantant La Marseillaise, t&#234;te nue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 octobre, les soldats refus&#232;rent d'aller au front. A l'annonce de ces &#233;v&#233;nements, le g&#233;n&#233;ral Lukasich , t&#233;l&#233;phona au Grand Quartier &#224; Baden, pr&#232;s de Vienne, demanda que l'on r&#233;veille le roi, lui expliqua la situation et son projet de venir &#224; bout de l'&#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non ! Non, je ne veux pas qu'on tire sur le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les soldats en r&#233;volte mirent des esters blancs dans le canon de leurs fusils. Les vitrines furent d&#233;cor&#233;es des couleurs nationales, des inconnus s'embrass&#232;rent dans les rues, des fen&#234;tres, les femmes jet&#232;rent des fleurs sur les passants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ditorialiste du journal conservateur &#171; Az Ujsag &#187; (Le Journal), Thomas Kobor, &#233;crit dans ses souvenirs : &#171; On n'eut pas besoin de renvoyer le parlement, il n'existait plus. La 31 octobre 1918 n'a pas d&#233;truit l'ancien monde, il a seulement constat&#233; sa destruction&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tard dans la soir&#233;e, la nouvelle se r&#233;pandit dans la ville : &#171; Le comte Tisza a &#233;t&#233; assassin&#233;. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les soldats revenant du front qui assassin&#232;rent Tisza. Ils &#233;taient ma&#238;tres de la rue &#224; Budapest. Ils &#233;taient partout, ils manifestaient en criant leurs revendications : des places dans le gouvernement et dans l'administration, et, par-dessus tout, une allocation en argent. Deux jours avant la r&#233;volution, &#224; l'instar des Russes, ils avaient inaugur&#233; le &#171; Conseil des Soldats &#187; qui devint un Etat dans l'Etat et fit passer de mauvais moments au gouvernement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement au &#171; Conseil des Soldats &#187;, un &#171; Conseil des Ouvriers &#187;, &#233;manation des syndicats fut organis&#233;, de m&#234;me un &#171; Conseil des Paysans &#187; et un &#171; Conseil des Etudiants &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde avait des id&#233;es nouvelles, rien ne semblait impossible. Dans un cercle litt&#233;raire, cercle de jeunes &#233;crivains, on tomba d'accord que la seule condition digne d'un homme libre &#233;tait la r&#233;volution permanente et que la r&#233;volution hongroise changerait la face du monde : aucune guerre ne serait plus possible, les hommes vivraient d&#233;sormais dans une fraternit&#233; compl&#232;te, et apr&#232;s avoir r&#233;volutionn&#233; la Terre, on transformerait l'Univers puisque la r&#233;volution ne conna&#238;t ni pause ni fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;union d'ouvriers, un d&#233;bat s'&#233;leva sur l'existence de Dieu. Le pr&#233;sident la soumit &#224; un vote secret, et annon&#231;a le r&#233;sultat : &#171; L'inexistence de Dieu est d&#233;cid&#233;e par une majorit&#233; de cinq voix : trente-neuf votes pour Dieu, quarante-quatre contre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le signe le plus marquant des temps nouveaux fut une manifestation de cuisini&#232;res, de femmes de m&#233;nage et de bonnes &#224; tout faire, appel&#233;es g&#233;n&#233;ralement &#171; servantes &#187; qui, r&#233;unies pour la premi&#232;re fois dans un grand meeting, exig&#232;rent qu'on rempla&#231;&#226;t leur appellation d&#233;gradante par &#171; employ&#233;es m&#233;nag&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 31 octobre, le comte Karolyi forma son gouvernement avec le consentement du roi : il lui pr&#234;ta serment par t&#233;l&#233;phone : on &#233;tait au temps du progr&#232;s. Peu apr&#232;s, sous la pression de l'opinion publique, il lui demanda, aussi par t&#233;l&#233;phone, de d&#233;lier son gouvernement de ce serment. On criait partout : &#171; Vive la R&#233;publique ! &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 novembre, la R&#233;publique populaire hongroise fut proclam&#233;e. Karolyi en sera le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'archiduc Joseph, l'homo regius, qui deux semaine avant encore &#233;tait le repr&#233;sentant de la personne royale en Hongrie, vint le premier jurer fid&#233;lit&#233; devant le Conseil National. Il renon&#231;a &#224; tous ses titres pour devenir le citoyen Habsbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus d'arm&#233;e digne de ce nom ; n&#233;anmoins jamais on n'avait vu tant de soldats dans les rues de Budapest. Tout le monde se promenait en uniforme, m&#234;me ceux qui n'avaient jamais vu le front, ni m&#234;me l'int&#233;rieur d'une caserne. Tout le monde avait une arme, au moins un fusil ou un revolver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque la d&#233;l&#233;gation gouvernementale, conduite par le comte Karolyi, partant pour Belgrade pour conna&#238;tre les conditions de l'armistice, eut besoin d'une escorte de vingt-quatre soldats aptes &#224; ce service, il fallut un jour entier pour les trouver, bien qu'un des chefs du &#171; Conseil des Soldats &#187; f&#251;t parmi les membres de la d&#233;l&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa pr&#233;sence, preuve de l'existence et de la puissance de cette formation r&#233;volutionnaire, fit un effet f&#226;cheux sur le chef de l'arm&#233;e d'Orient (g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais repr&#233;sentant les forces alli&#233;es France, Angleterre, USA&#8230;) charg&#233; de communiquer &#224; la d&#233;l&#233;gation hongroise la ligne de d&#233;marcation provisoire. Ce chef &#233;tait le g&#233;n&#233;ral Franchet d'Esperey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le comte Karolyi lui pr&#233;senta le d&#233;l&#233;gu&#233; du &#171; Conseil des Soldats &#187;, le g&#233;n&#233;ral, dont les id&#233;es politiques &#233;taient inconnues en Hongrie, eut un sursaut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je ne vous croyais pas descendus aussi bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entrevue historique du 8 novembre, le premier contact entre la R&#233;publique Hongroise repr&#233;sent&#233;e par un comte r&#233;publicain et la R&#233;publique repr&#233;sent&#233;e par un g&#233;n&#233;ral royaliste se d&#233;roula dans une atmosph&#232;re glaciale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de la jeune R&#233;publique hongroise avait pr&#233;par&#233; un m&#233;morandum dans lequel il exposait ses sentiments fraternels envers les pays occidentaux et insistait sur le fait que la Hongrie n'&#233;tait pas responsable de la politique de la monarchie autrichienne : elle en &#233;tait la victime. Ce m&#233;morandum destin&#233; au repr&#233;sentant de la France, le pays &#171; de la libert&#233;, de l'&#233;galit&#233; et de la fraternit&#233; &#187;, eut une r&#233;sonance inattendue dans ce salon obscur. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral &#233;clata :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'&#234;tes pas du tout des neutres. Vous &#234;tes des ennemis. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comte Karolyi expliqua que le manque de charbon, cons&#233;quence du blocus, privait la population de travail et de pain. Les moulins ne tournaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'avez-vous pas de moulins &#224; vent ? demanda Franchet d'Esperey&#8230; Depuis 1867, la Hongrie s'est laiss&#233;e duper par les Allemands. Elle est devenue la complice de leur rapacit&#233;. Cette Hongrie-l&#224;, elle subira le sort de l'Allemagne. Vous avez march&#233; avec elle, vous devez &#234;tre ch&#226;ti&#233;s comme elle. Votre pays expiera et paiera. Et malheureusement ce sont les humbles qui auront le plus &#224; souffrir des mis&#232;res de l'invasion, car il restera aux riches la ressource de s'enfuir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comte Karolyi insista sur la question du charbon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans charbon nous aurons le bolchevisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchey d'Esperey, tr&#232;s s&#251;r de lui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dites chez vous que je vais m'en aller maintenant en Russie. Je vais balayer cela. Il n'y aura plus de bolchevisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent ses derniers mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation le quitta, an&#233;antie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisonniers de guerre revenus de Russie comptaient parmi eux un grand nombre d'anciens membres de l'arm&#233;e rouge&#8230; Les tracts de B&#233;la Kun proclamaient que &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, soul&#232;vement arm&#233;, dictature du prol&#233;tariat, telles sont les &#233;tapes vers la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un beau dimanche, la &#171; garde rouge &#187; de B&#233;la Kun manifesta pour la premi&#232;re fois dans les principales art&#232;res de la capitale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vive la r&#233;volution prol&#233;tarienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi suivant, le 12 d&#233;cembre, la population de Budapest &#233;tait t&#233;moin d'une d&#233;monstration massive de la garnison. Officiers en t&#234;te, six mille soldats accompagn&#233;s d'artillerie, d&#233;fil&#232;rent militairement. A la place du drapeau, deux grandes pancartes : &#171; Vive Michel Karolyi ! &#187; et &#171; A bas le ministre de la guerre ! &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq jours plus tard, &#224; Szeged (deuxi&#232;me ville de Hongrie), la garnison enti&#232;re avec ses mitrailleuses et ses canons, suivie des membres du Conseil des Ouvriers se rendit devant l'H&#244;tel de Ville pour exiger la d&#233;mission&#8230; d'un adjoint au maire charg&#233; des questions de ravitaillement. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre mille sous-officiers d&#233;mobilis&#233;s se rendirent devant le minist&#232;re de la guerre, porteurs d'armes. Ils r&#233;clamaient les cinq mille quatre cents couronnes, des v&#234;tements civils et des souliers. Ils pr&#233;sent&#232;rent leurs revendications sous forme d'un ultimatum de trois jours et cri&#232;rent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vive la dictature du prol&#233;tariat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; B&#233;la Kun n'&#233;tait plus un inconnu. Son mouvement prenait de l'envergure. Le monde occidental, lui aussi, commen&#231;ait &#224; apprendre son nom. Un article paru dans &#171; Le Temps &#187; le 25 d&#233;cembre 1918 avertissait le monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le bruit court avec persistance que le chef du parti communiste hongrois, un certain B&#233;la Kun, ancien prisonnier de guerre en Russie, et quelques autres personnages, auraient organis&#233; plusieurs compagnies de gardes rouges avec des soldats d&#233;mobilis&#233;s et des ouvriers sans travail. On leur attribue le dessein de renverser tous les ministres, m&#234;me les deux membres socialistes, trop ti&#232;des &#224; leur gr&#233;, du cabinet Karolyi, et de les remplacer par un gouvernement purement communiste. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la campagne, les paysans, les va-nu-pieds, les soldats d&#233;mobilis&#233;s rentr&#233;s dans leur village attendaient impatiemment le changement promis : le partage des terres voire le partage de la fortune des riches. Les ch&#226;teaux des seigneurs excitaient l'imagination, inspiraient la crainte et suscitaient l'envie. Les maisons des bourgeois, celles de hauts fonctionnaires et des gros commer&#231;ants &#233;taient encore plus jalous&#233;es. Elles &#233;taient habit&#233;es par ceux dont la puissance et la fortune croissaient &#224; vue d'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de la guerre, des paysannes pauvres avaient manifest&#233; devant une sous-pr&#233;fecture et r&#233;clam&#233; du pain pour leurs enfants. La r&#233;ponse fut f&#233;roce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des enfants ? Pourquoi en avez-vous autant ? Vous n'avez maintenant qu'&#224; les manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire et d'autres semblables avaient fait leur chemin dans les villages, dans toute la r&#233;gion et &#233;taient arriv&#233;es jusqu'aux tranch&#233;es. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'ils apprirent la chute de la monarchie et l'av&#232;nement du comte Karolyi, les paysans pauvres attaqu&#232;rent un peu partout des maisons de hauts fonctionnaires, des magasins d'isra&#233;lites, des celliers d'archev&#234;ch&#233;s, des biens seigneuriaux ; ils saccag&#232;rent, ils pill&#232;rent et mirent le feu. L'ordre fut rapidement r&#233;tabli&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce donc, la libert&#233; ? demand&#232;rent les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;coutaient avidement ce que leurs fils rentr&#233;s de la Russie racontaient. Une petite brochure rapport&#233;e du front leur parlait un langage hardi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prenez possession sans retard de toutes les terres, de toutes les usines et de toutes les banques&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; : &#171; Le Parti Communiste Hongrois &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effervescence gagna les grands centres industriels et miniers. Ils &#233;taient travaill&#233;s par des hommes de B&#233;la Kun, mais plus encore par le mirage d'un monde o&#249; les riches ne r&#232;gneraient plus et o&#249; les pauvres jouiraient des biens terrestres. S&#233;duits par le grand r&#234;ve du socialisme, les ouvriers croyaient &#224; l'imminence de la justice sociale. Persuad&#233;s que la r&#233;alisation de cette &#232;re heureuse n'&#233;tait retard&#233;e que par l'embourgeoisement et la mollesse de leurs chefs, ils se d&#233;cid&#232;rent &#224; agir par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers jours de l'ann&#233;e 1919 furent marqu&#233;s par des troubles en divers points du pays. A Budapest, les ouvriers des usines &#224; gaz exig&#232;rent des &#233;trennes de cinq cent couronnes, et, n'ayant pas obtenu satisfaction, saccag&#232;rent les bureaux et les ateliers. Ils furent imit&#233;s le lendemain par les ouvriers de la manufacture d'armes qui, m&#233;contents de n'avoir pas re&#231;u certaines allocations, cess&#232;rent le travail, se rassembl&#232;rent dans les cours et oblig&#232;rent les directeurs &#224; s'en aller. Ensuite, les responsables des ouvriers occup&#232;rent les bureaux et &#233;lirent d'autres directeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article paru dans Le Temps annon&#231;a : &#171; Dans la nuit de jeudi &#224; vendredi, (3 janvier 1919), de graves d&#233;sordres ont &#233;clat&#233; &#224; Salgotarjan, ville de quatorze mille habitants et centre industriel important, en raison de ses charbonnages et de ses hauts fourneaux. Un grand nombre d'ouvriers et la populace de la ville, excit&#233;s depuis plusieurs jours par des agitateurs communistes, attaqu&#232;rent les boutiques et les demeures des commer&#231;ants, et commenc&#232;rent &#224; les piller consciencieusement. Les autorit&#233;s, impuissantes &#224; r&#233;tablir l'ordre, donn&#232;rent leur d&#233;mission. Les syndicats ouvriers form&#232;rent imm&#233;diatement un Conseil qui prit le pouvoir et organisa une garde nationale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des mois de janvier et f&#233;vrier, les ouvriers de plusieurs grandes usines de la capitale chass&#232;rent leurs chefs et &#233;lirent des &#171; directeurs &#187; dans leurs rangs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 f&#233;vrier, les paysans pauvres de G&#246;d&#246;ll&#246; et de Kerepes (villes voisines de Budapest) chass&#232;rent les propri&#233;taires et se partag&#232;rent leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille du nouvel an, B&#233;la Kun se rendit dans plusieurs casernes de la capitale pour ameuter les soldats et les gagner &#224; sa cause. Dans la cour de la caserne, il improvisa un meeting : il incita les soldats &#224; choisir dans leurs rangs de nouveaux commandants et &#224; adh&#233;rer au parti communiste. Soudain un coup de feu partit d'une fen&#234;tre. Les communistes ripost&#232;rent. B&#233;la Kun continua sans broncher. Il y eut plusieurs bless&#233;s. Apr&#232;s cet incident, le leader bolchevik se rendit &#224; la caserne du 32e r&#233;giment d'infanterie. Mais l&#224;, les soldats lui furent hostiles. Ils conspu&#232;rent deux orateurs et lorsque B&#233;la Kun lui-m&#234;me essaya de les haranguer, ils le saisirent et l'enferm&#232;rent dan un dortoir. Les communistes alert&#233;s accoururent pour le lib&#233;rer. Entre temps, le pr&#233;sident du Conseil des Soldats, Joseph Pogany arriva sur les lieux et ordonna l'&#233;largissement du prisonnier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de janvier 1919, le pr&#233;fet de police proposa de nouveau l'arrestation de B&#233;la Kun et de son &#233;tat-major&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique de B&#233;la Kun portait ses fruits non seulement parmi les soldats et dans la populace, mais aussi dans les forteresses m&#234;me des social-d&#233;mocrates. Le nombre d'adh&#233;rents aux syndicats augmentait chaque jour et dans la m&#234;me proportion leur ancienne coh&#233;sion cessait&#8230; En fait, les nouveaux membres ressemblaient plut&#244;t aux partisans de B&#233;la Kun qu'aux ouvriers syndiqu&#233;s form&#233;s par les social-d&#233;mocrates, les meilleurs &#233;l&#233;ments des travailleurs hongrois, les plus habiles et les plus s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comte Karolyi comptait sur cette force si bien organis&#233;e pour sauver sa patrie de l'anarchie et assurer l'int&#233;grit&#233; territoriale du pays. Lorsque ses amis politiques, bourgeois, conservateurs et radicaux, l'avertirent de l'ambition immod&#233;r&#233;e de certains chefs social-d&#233;mocrates, il fut d'avis qu'il serait plus facile de sauver le pays gr&#226;ce au parti ouvrier et &#224; ses relations internationales que par le moyen de la bourgeoisie plus ou moins compromise aux yeux des puissances d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans l'&#226;me de la plupart des social-d&#233;mocrates &#233;prouv&#233;s r&#233;gnait une confusion dangereuse. Le programme de leur parti &#233;tait bien la r&#233;alisation de la soci&#233;t&#233; communiste, la soci&#233;t&#233; sans classe telle que Marx l'avait d&#233;crite. Sur le chemin qui y m&#232;ne, celui-ci avait bien d&#233;sign&#233; comme in&#233;vitable la dictature du prol&#233;tariat que B&#233;la Kun et ses amis r&#233;clamaient aussi. Les dirigeants social-d&#233;mocrates affirmaient en vain que le temps n'&#233;tait pas encore venu de la r&#233;aliser, qu'il fallait pr&#233;parer le chemin qui y conduirait et obtenir les conditions pr&#233;alables que Marx lui-m&#234;me avait pr&#233;conis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais leur troupeau &#233;tait &#233;bloui par les succ&#232;s de L&#233;nine qui r&#233;alisait la dictature du prol&#233;tariat dans des conditions bien diff&#233;rentes des pr&#233;visions de Marx et dans une situation tr&#232;s semblable &#224; celle de la Hongrie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour satisfaire aux revendications de quelques dirigeants impatients et pour montrer &#224; la masse des social-d&#233;mocrates que leur parti avan&#231;ait vers son but, le parti social-d&#233;mocrate exigea et obtint deux nouvelles positions-cl&#233;s dans le gouvernement o&#249; il en poss&#233;dait d&#233;j&#224; deux. En contrepartie, le comte Karolyi et les ministres de tendance mod&#233;r&#233;e demand&#232;rent une politique plus ferme contre les communistes et une distinction plus nette entre les deux partis ouvriers. Les dirigeants social-d&#233;mocrates eux-m&#234;mes, surtout ceux des syndicats, trouv&#232;rent indispensable le renforcement de la discipline de leurs troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 janvier, le jour m&#234;me o&#249; B&#233;la Kun, dans un grand meeting, lan&#231;ait le mot d'ordre de ne plus payer de loyer, le parti social-d&#233;mocrate annon&#231;a l'exclusion des communistes de ses rangs et la convocation d'un Congr&#232;s extraordinaire pour ent&#233;riner cette grave d&#233;cision&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 f&#233;vrier, ch&#244;meurs et soldats d&#233;mobilis&#233;s se r&#233;unirent de nouveau en meeting, puis, selon leur habitude, ils se rendirent devant la r&#233;daction de &#171; Voros Ujsag &#187; o&#249; B&#233;la Kun les harangua :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Notre ennemi num&#233;ro un est la social-d&#233;mocratie. Il faut l'abattre pour d&#233;gager le chemin qui nous m&#232;ne au communisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants se mirent en marche vers l'immeuble de l'organe sacro-saint des social-d&#233;mocrates. Arriv&#233;s &#224; proximit&#233; de leur but, ils se trouv&#232;rent en face d'un cordon de police&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit suivante, B&#233;la Kun fut arr&#234;t&#233; avec son &#233;tat-major, au total quarante-six personnes. Le lendemain, une manifestation de masse fut organis&#233;e par les social-d&#233;mocrates... aux cris de &#171; A bas les communistes ! &#187;, &#171; A bas B&#233;la Kun ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, des sc&#232;nes violentes se d&#233;roulaient dans la prison situ&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de la caserne de police. Le matin, vers neuf heures, environ soixante agents de police escalad&#232;rent le mur qui s&#233;parait leur caserne de la prison&#8230; B&#233;la Kun fut sorti de sa cellule&#8230; frapp&#233; &#224; coups de poing, &#224; coups de crosse, &#224; coups de pieds, d&#233;goulinant de sang&#8230; Les assaillants envahirent le cabinet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tuons le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La mort et pas le m&#233;decin ! (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun perdit connaissance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, les journaux publi&#232;rent des reportages sensationnels. L'&#233;motion s'empara de la capitale. B&#233;la Kun conspu&#233; devint un martyr. L'opinion publique exigea la punition des assaillants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil des ministres hongrois d&#233;cida de donner aux d&#233;tenus bolcheviks tous les droits des prisonniers politiques : leur cellule cessa d'&#234;tre ferm&#233;e, ils purent se rendre visite et recevoir des visiteurs, lire les journaux et se nourrir &#224; leurs frais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie importante du pays &#233;tait envahie. Les Roumains, les Tch&#232;ques et les Serbes, avides de d&#233;pecer le corps vivant de la Hongrie n'attendaient pas le trait&#233; de paix pour cette besogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchet d'Esperey l'avait dit &#224; Belgrade : &#171; Vous avez march&#233; avec les Allemands, vous serez ch&#226;ti&#233;s comme eux. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme agraire du comte Karolyi visait &#224; faire reprendre par l'Etat toute propri&#233;t&#233; sup&#233;rieure &#224; quatre-vingt-dix hectares et d'indemniser ses propri&#233;taires avec des titres de rente &#224; int&#233;r&#234;t de 4 &#224; 5%, puis de r&#233;partir les terres entre les paysans, en premier lieu entre les mutil&#233;s de guerre et les d&#233;mobilis&#233;s ; elle pr&#233;voyait que les nouveaux propri&#233;taires seraient tenus &#224; rembourser &#224; l'Etat la valeur de la terre dans un d&#233;lai de cinquante ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agitateurs communistes expliquaient aux paysans que le morcellement des grandes propri&#233;t&#233;s ne valait absolument rien ; ils recommandaient de former des exploitations collectives qui unifieraient les domaines confisqu&#233;s sans formalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un r&#233;gion transdanubienne, des paysans accept&#232;rent cette mani&#232;re exp&#233;ditive de r&#233;soudre la question agraire ; ils prirent possession par la force des propri&#233;t&#233;s des comtes Zichy, Somsich et Sz&#233;chenyi, soit cent vingt-cinq mille hectares, avec toutes leurs installations et les exploitations qui en d&#233;pendaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les social-d&#233;mocrates approuv&#232;rent ce mode de &#171; r&#233;forme agraire &#187;. Le morcellement des grands domaines les inqui&#233;tait&#8230; En Hongrie, o&#249; la f&#233;odalit&#233; &#233;tait encore vivante, la majorit&#233; des hommes politiques ne pouvait imaginer la production agricole autrement que par grandes exploitations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mars, le commandant Vischer, secr&#233;taire militaire de Lloyd George, arriva &#224; Budapest. Il &#233;tait en voyage d'&#233;tudes en Europe centrale et orientale, travaill&#233;es par le bolchevisme russe. Le comte Karolyi lui expliqua la situation tragique du pays, la mutilation du pays et les difficult&#233;s &#233;conomiques conduisant in&#233;vitablement au bolchevisme&#8230; Il quitta la capitale, persuad&#233; que le gouvernement du comte Karolyi se servait de la menace bolchevique comme moyen de chantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commandant Vischer s&#233;journait encore &#224; Budapest lorsque le ministre social-d&#233;mocrate Kunfi se rendit incognito &#224; la prison pour un entretien confidentiel avec B&#233;la Kun. Cette entrevue surprenante fut suivie d'une d&#233;marche du syndicat des typographes, jusqu'alors pilier de la social-d&#233;mocratie. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de cette puissante organisation demand&#232;rent &#224; B&#233;la Kun d'&#233;laborer un projet de collaboration des deux partis ouvriers. Le 11 mars, dans une longue lettre pleine de citations de Marx, le chef communiste fixa ses conditions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la clandestinit&#233;, Tibor Szamuely pr&#233;parait &#171; un grand coup &#187; : la lib&#233;ration de B&#233;la Kun et de ses compagnons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers des importantes usines m&#233;tallurgiques Manfred-Weiss se ralli&#232;rent &#224; son projet. Le 19 mars 1919, une manifestation massive des ch&#244;meurs ouvrit la grande offensive. Devant le minist&#232;re des affaires sociales, ils revendiqu&#232;rent une allocation extraordinaire, des cartes de ravitaillement qui leur assureraient des achats &#224; moiti&#233; prix, la suppression des loyers, la socialisation imm&#233;diate des usines et des terres. Le lendemain, 20 mars, les journaux ne parurent pas. Les typographes chass&#232;rent leurs responsables social-d&#233;mocrates et &#233;lirent des communistes &#224; leur place. Ceux-ci d&#233;cid&#232;rent de n'imprimer que le journal des bolcheviks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A onze heures dans la matin&#233;e, le colonel Vix, chef de la mission militaire fran&#231;aise se pr&#233;senta avec cinq autre officiers chez le comte Karolyi pour lui transmettre une note de l'Entente, r&#233;dig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral de Lobit et dat&#233;e de Belgrade, 12 mars. Apr&#232;s s'&#234;tre r&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la d&#233;cision de la Conf&#233;rence de la Paix, d'&#233;tablir une zone neutre entre les Hongrois et les Roumains , invoquant des incidents survenus entre les deux populations, la note d&#233;limitait cette zone, exigeait le retrait des troupes hongroises &#224; la limite de la zone neutre dans le d&#233;lai de dix jours et autorisait les Roumains &#224; avancer &#224; la limite orientale de la m&#234;me zone d&#232;s que les Hongrois se seraient retir&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, en fait, une nouvelle perte de territoire presque purement hongrois et la fixation d'une nouvelle ligne de d&#233;marcation qui r&#233;duisait la souverainet&#233; hongroise &#224; un lambeau du pays, insuffisant pour subvenir aux besoins de la population d&#233;j&#224; priv&#233;e de la plupart des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karolyi devint tout p&#226;le en lisant la note :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est impossible. Mais c'est impossible, r&#233;p&#233;ta-t-il, et il demanda un d&#233;lai pour pouvoir expliquer &#224; Paris les cons&#233;quences catastrophiques de cette d&#233;cision&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colonel Vix, impassible, r&#233;pondit qu'il ne s'agissait pas de discuter le contenu de la note ; c'&#233;tait un ordre &#224; ex&#233;cuter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle de la note fut r&#233;pandue dans la capitale&#8230; La r&#233;action fut imm&#233;diate. Trente mille ouvriers m&#233;tallurgistes, l'ensemble du syndicat se rallia aux bolcheviks&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs les plus conservateurs du parti social-d&#233;mocrate furent compl&#232;tement d&#233;rout&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comte dit au conseil des ministres qui d&#233;cidait de rejeter la note de l'Entente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La patrie est en danger. L'heure la plus grave de notre histoire a sonn&#233;. Nous sommes oblig&#233;s de reconna&#238;tre que notre politique fond&#233;e sur les promesses de Wilson a compl&#232;tement &#233;chou&#233;. Nous avons besoin d'une nouvelle orientation qui puisse nous assurer la sympathie de l'Internationale du monde ouvrier&#8230; Je vous propose donc un gouvernement social-d&#233;mocrate homog&#232;ne qui fera face aux imp&#233;rialistes&#8230; A cette fin, les social-d&#233;mocrates doivent trouver un terrain d'entente avec les communistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 mars 1919, au matin, le comit&#233; directeur du parti social-d&#233;mocrate se r&#233;unit pour d&#233;lib&#233;rer sur la formation d'un gouvernement et sur le compromis avec les communistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Refuser de prendre nos responsabilit&#233;s dans la situation actuelle, serait une trahison et envers le pays et envers la classe ouvri&#232;re. Les abandonner tous deux aux bolcheviks serait une faute impardonnable. La Hongrie est sacrifi&#233;e par les imp&#233;rialistes occidentaux, il n'y a plus rien &#224; attendre de ce c&#244;t&#233;&#8230; Une dictature est indispensable dans l'anarchie actuelle du pays ; que ce soit la dictature du prol&#233;tariat plut&#244;t que celle des anciens seigneurs. Et quant &#224; une dictature du prol&#233;tariat, il est de l'int&#233;r&#234;t de tout le monde qu'elle soit entre nos mains&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun et les social-d&#233;mocrates sign&#232;rent donc la r&#233;solution suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les comit&#233;s directeurs du parti social-d&#233;mocrate et du parti communiste aujourd'hui r&#233;unis ont d&#233;cid&#233; l'unification compl&#232;te des deux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. le nom des deux partis unifi&#233;s est provisoirement &#171; Parti Socialiste Hongrois &#187;. La d&#233;cision d&#233;finitive concernant le nom du parti est r&#233;serv&#233;e &#224; l'Internationale r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'unification implique la participation des deux partis au comit&#233; directeur du nouveau parti et au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le &#171; Parti Socialiste Hongrois &#187;, au nom du prol&#233;tariat, prend imm&#233;diatement le pouvoir. La dictature du prol&#233;tariat sera exerc&#233;e par les Conseils des ouvriers, des paysans et des soldats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Il est indispensable d'organiser imm&#233;diatement une nouvelle arm&#233;e issue du prol&#233;tariat pour enlever les armes des mains de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Pour assurer le r&#232;gne du prol&#233;tariat et pour se d&#233;fendre contre l'imp&#233;rialisme de l'Entente, il faut conclure l'alliance militaire et politique la plus &#233;troite et la plus compl&#232;te avec la Russie sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les communistes, le premier enthousiasme c&#233;da la place aux doutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous sommes roul&#233;s, pens&#232;rent les pessimistes, parmi les communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Le camarade Kun s'est laiss&#233; duper par ces vieux renards de social-d&#233;mocrates, murmur&#232;rent ceux qui n'&#233;tant pr&#233;sents &#224; la signature de l'accord, lui en gardaient rancune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun devenait de plus en plus inquiet. Il se retira avec les sept communistes signataires pour discuter de la situation. Mais personne n'&#233;tait plus ma&#238;tre de soi, l'impatience et l'incertitude s'emparait d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'&#233;tait une faute capitale de signer ici, dans la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sans doute, ils utilisent nos signatures pour nous compromettre devant les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville, la nouvelle de l'accord se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre. Szamuely, furieux, &#233;clata :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et tout cela derri&#232;re mon dos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un court conseil de guerre avec ses fid&#232;les, il alerta ses troupes de choc et leur ordonna de lib&#233;rer sur-le-champ les communistes emprisonn&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de la justice fit d&#233;p&#234;cher personnellement le procureur g&#233;n&#233;ral pour lib&#233;rer B&#233;la Kun et ses compagnons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville &#233;tait en effervescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil des Soldats se d&#233;clara unanimement pour la dictature du prol&#233;tariat ; les communistes occup&#232;rent les points strat&#233;giques et plac&#232;rent des batteries au sommet de la colline qui domine la capitale. Les marins rouges arr&#234;t&#232;rent des automobiles et les r&#233;quisitionn&#232;rent sans formalit&#233;. De petits groupes march&#232;rent dans les rues avec des drapeaux rouges et tricolores en criant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vive la Hongrie sovi&#233;tique ! (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun, apr&#232;s une entrevue orageuse avec Tibor Szamuely, qui lui reprocha d'avoir agi &#224; l'improviste, sans l'avoir consult&#233;, se rendit avec ses amis au secr&#233;tariat du parti social-d&#233;mocrate. Il avait l'air d'un for&#231;at lib&#233;r&#233;, ne portait plus la moustache et sur sa t&#234;te ras&#233;e, il gardait encore ses pansements&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comte Karolyi signa sa d&#233;mission :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Conf&#233;rence de Paris a d&#233;cid&#233; en secret l'occupation militaire de la presque totalit&#233; de notre pays&#8230; En ma qualit&#233; de pr&#233;sident provisoire de la R&#233;publique hongroise, je m'adresse, devant cette d&#233;cision de la Conf&#233;rence de Paris, au prol&#233;tariat du monde entier, &#224; son sentiment de justice, pour solliciter son appui. Je d&#233;missionne et je remets le pouvoir au prol&#233;tariat des peuples de Hongrie. Michel Karolyi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tibor Samuley ordonna l'occupation par la force du palais de la Bourse, un des plus importants b&#226;timents de la capitale, pour s'y installer avec son secr&#233;tariat. En m&#234;me temps, il donna l'ordre d'occuper les banques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La police, les casernes, les d&#233;p&#244;ts d'armes, les centres t&#233;l&#233;phoniques, tout est d&#233;j&#224; entre nos mains, mais personne ne pense aux banques. Voulez-vous attendre que la bourgeoisie les d&#233;valise et enl&#232;ve la fortune de l'Etat des prol&#233;taires ? (&#8230;) Dans les casernes, personne n'avait non plus pens&#233; &#224; r&#233;sister. Le g&#233;n&#233;ral Joseph Breit &#233;crit dans ses m&#233;moires : &#171; Il est triste de constater que, lorsque la dictature fut proclam&#233;e, il n'y eut pas un seul officier sup&#233;rieur pour se mettre &#224; la t&#234;te des troupes et essayer de se dresser contre les Pogany et B&#233;la Kun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques furent aussi occup&#233;es sans coup f&#233;rir par quelques jeunes hommes, ainsi que les gares&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tard dans la nuit, vers trois heures, un des signataires, devenu commissaire du peuple adjoint de l'int&#233;rieur, arriva pour les informer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le conseil du gouvernement est constitu&#233;. Pr&#233;sident : Alexandre Garbai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lourd silence accueillit cette nouvelle. Les militants se regard&#232;rent. L'un d'eux se r&#233;volta :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment ? Celui qui, il y a quelques jours, nous traitait de canailles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leader se h&#226;ta d'annoncer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le camarade B&#233;la Kun est nomm&#233; commissaire du peuple aux affaires &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Applaudissements. Puis, de nouveau, le m&#233;contentement prit le dessus lorsque les noms des autres commissaires furent &#233;num&#233;r&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tous des social-d&#233;mocrates !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hier, ils nous promettaient la potence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le coup le plus dur fut d'apprendre que le secr&#233;tariat du parti unifi&#233; fonctionnerait dans les locaux du parti social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Personne d'entre nous ne franchira leur seuil maudit ! (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;fet de police, celui qui avait plusieurs fois propos&#233; la liquidation du mouvement de B&#233;la Kun, affirme dans ses &#171; M&#233;moires &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les gens accept&#232;rent le changement comme un modus vivendi in&#233;vitable pour sauver le pays, pour sauver l'int&#233;grit&#233; territoriale&#8230; On peut dire que le bolchevisme apparut sur la sc&#232;ne sous les couleurs nationales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctionnaires rest&#232;rent &#224; leur place et se d&#233;clar&#232;rent pr&#234;ts &#224; servir la dictature. Leur organisation professionnelle comptant cent vingt mille membres, salua unanimement le r&#233;gime nouveau. Le syndicat des officiers de carri&#232;re assura le Conseil des commissaires du peuple de sa fid&#233;lit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun restait pensif&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'ai r&#233;fl&#233;chi toute la nuit. J'ai cherch&#233; les fautes commises&#8230; J'ai peur que nous ne les d&#233;couvrions trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier conseil des commissaires du peuple pronon&#231;a :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'abolition des titres et des privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La s&#233;paration des Eglises et de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'installation de tribunaux r&#233;volutionnaires avec des juges choisis dans le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4. La pr&#233;paration des &#233;lections aux Conseils des ouvriers, des soldats et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La socialisation des terres, des usines et des immeubles dans un bref d&#233;lai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. La r&#233;quisition de toutes les &#339;uvres d'art appartenant &#224; des particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. L'expropriation des th&#233;&#226;tres pour les mettre au service de la culture prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de ce premier conseil des commissaires du peuple, appel&#233; d&#233;sormais Conseil du Gouvernement R&#233;volutionnaire, B&#233;la Kun lan&#231;a par voie radiot&#233;l&#233;graphique l'appel suivant, en langues fran&#231;aise, anglaise, allemande, roumaine et tch&#232;que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous annon&#231;ons aux travailleurs du monde qu'en Hongrie, le parti social-d&#233;mocrate et le parti communiste se sont r&#233;unis en parti socialiste, et au nom de tous les travailleurs, paysans et soldats, ont cr&#233;&#233; une dictature du prol&#233;tariat, qui a pris le pouvoir politique sans verser une seule goutte de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le pouvoir politique est exerc&#233; provisoirement par le Conseil des commissaires du peuples jusqu'&#224; ce que le congr&#232;s des Conseils des paysans ouvriers et soldats ait fix&#233; d&#233;finitivement la constitution de la R&#233;publique hongroise des Conseils. Le prol&#233;tariat hongrois tout entier fait unanimement bloc pour la dictature sous le drapeau de la r&#233;volution socialiste, et veut poursuivre jusqu'au bout la lutte contre l'imp&#233;rialisme, en union avec la R&#233;publique russe des Soviets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les bourgeois et les annexionnistes tch&#232;ques, slovaques et roumains veulent abattre par les armes la r&#233;volution des travailleurs de la Hongrie. Nous en appelons aux soldats tch&#232;ques, slovaques et roumains. Refusez l'ob&#233;issance, soulevez-vous, tournez vos armes contre vos propres oppresseurs, et ne soyez pas les bourreaux de vos fr&#232;res ! Travailleurs et paysans tch&#232;ques et roumains, secouez le joug de ceux qui, pour remplir leurs poches, vous ont pouss&#233;s &#224; la guerre contre vos fr&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes d&#233;cid&#233;s d'ailleurs &#224; nous d&#233;fendre jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de sang contre toute attaque. Nous sommes d&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;fendre contre quiconque la R&#233;publique hongroise des Conseils, c'est en m&#234;me temps notre volont&#233; de conclure aussit&#244;t que possible une paix qui assure des conditions d'existence aux classes laborieuses hongroises et leur rende la possibilit&#233; de vivre en paix avec tous les peuples du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie sovi&#233;tique vivait alors les moments les plus critiques de son existence. La guerre civile battait son plein. Le 6 mars 1919, Koltchak lan&#231;ait sa grande offensive sur le front de l'Est. De l'ouest, les troupes polonaises avan&#231;aient vers le centre du pays. Les Blancs continuaient leur gu&#233;rilla, ils occupaient et ran&#231;onnaient des villages, parfois des r&#233;gions enti&#232;res, faisant sauter des voies ferr&#233;es et rendaient impossible pour les Rouges le contr&#244;le de leur territoire. L&#233;nine craignait l'imminence d'une offensive g&#233;n&#233;rale de la force de l'Entente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 21 heures, la station de t&#233;l&#233;graphie sans fil de Moscou annon&#231;a &#224; Csepel qu'elle avait parfaitement re&#231;u et le message &#171; A tous ! &#187; et celui adress&#233; &#224; L&#233;nine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine demanda des explications. Il voulait surtout savoir dans quelles conditions avait &#233;t&#233; accomplie l'unification des deux partis et quelles &#233;taient les garanties de la pr&#233;dominance des communistes. B&#233;la Kun le tranquillisa : les positions-cl&#233;s &#233;taient dans les mains des communistes, lui-m&#234;me dominait incontestablement le conseil du gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine conseillait &#224; son disciple prudence et mod&#233;ration, vigilance envers ses co&#233;quipiers social-d&#233;mocrates et compr&#233;hension envers les bourgeois pr&#234;ts &#224; le servir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours de cl&#244;ture du huiti&#232;me congr&#232;s du parti bolchevik, L&#233;nine affirma :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous sommes s&#251;rs qu'il n'y aura que six mois vraiment durs. Cette conviction est surtout fond&#233;e sur la nouvelle de la victoire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le pouvoir sovi&#233;tique n'avait vaincu que parmi les peuples de l'ancien empire de Russie. Jusqu'&#224; pr&#233;sent les gens &#224; courte vue qui abandonnent difficilement la routine, leurs vieilles habitudes, pouvaient penser que la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne sovi&#233;tique se rattachait par des traits sp&#233;cifiques &#224; la Russie, que les particularit&#233;s de cette d&#233;mocratie refl&#233;taient, comme un miroir magique, les vieux traits de la Russie tzariste. Maintenant, cette conception est bris&#233;e dans ses fondements. Camarades, les t&#233;l&#233;grammes que nous avons re&#231;us aujourd'hui nous donnent le tableau de la r&#233;volution en Hongrie. Nous apprenons que les puissances alli&#233;es ont envoy&#233; &#224; la Hongrie un ultimatum brutal au sujet du transit des troupes par son territoire&#8230; Le gouvernement bourgeois a de lui-m&#234;me donn&#233; sa d&#233;mission, est entr&#233; de lui-m&#234;me en pourparlers avec les communistes, avec nos camarades hongrois qui se trouvaient en prison, et a reconnu de lui-m&#234;me qu'il n'y avait d'autre issue que la remise du pouvoir au peuple travailleur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Budapest, sur l'immense place devant le Parlement, l&#224; o&#249; le peuple avait cri&#233; sa haine contre Tisza vers la fin de la guerre, l&#224; o&#249; la R&#233;publique avait &#233;t&#233; proclam&#233;e, devant deux cent mille personnes, B&#233;la Kun pronon&#231;a un discours d'homme d'Etat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les prol&#233;taires hongrois se sont alli&#233;s dans une union sacr&#233;e&#8230; Nous avons accept&#233; le r&#244;le de troupe de choc de la r&#233;volution mondiale&#8230; des luttes tr&#232;s difficiles nous attendent&#8230; La dictature du prol&#233;tariat ne cr&#233;e pas un pays de cocagne. Nous n'avons pas promis de donner du pain, nous voulons organiser un monde o&#249; le pain ne reviendra qu'&#224; ceux qui travaillent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mariage de raison entre nationalisme et internationalisme, entre bourgeois et prol&#233;taires, entre socialistes et communistes commen&#231;ait idylliquement. Mais l'atmosph&#232;re de la lune de miel devint rapidement orageuse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier conseil du gouvernement r&#233;volutionnaire, les communistes propos&#232;rent la s&#233;paration des Eglises et de l'Etat, et l'expropriation des &#233;glises pour les transformer en &#171; maisons du peuple &#187;. Les social-d&#233;mocrates ne voulaient pas aller si vite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unification des deux partis avait bel et bien &#233;t&#233; proclam&#233;e, cependant communistes et social-d&#233;mocrates se m&#233;fiaient et se m&#233;prisaient mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, seuls les membres du parti communiste dissous faisaient des difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des jeunes gens visitaient les permanences des syndicats et exigeaient une orientation &#224; gauche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;la Kun est prisonnier des &#171; bonzes &#187; social-d&#233;mocrates qui sabotent la dictature. Voyez les usines, elle son dirig&#233;es par les valets des capitalistes ! Voyez les terres, elle sont toujours dans les mains des f&#233;odaux ! Exigez l'arrestation des responsables de la guerre, des g&#233;n&#233;raux et des gros capitalistes ! Que la dictature du prol&#233;tariat soit enfin mise en marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun lan&#231;a un avertissement &#171; Contre le z&#232;le des &#233;l&#233;ments irresponsables &#187; mais il resta sans effet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de ces extr&#233;mistes grandissait : ils obtinrent l'arrestation de quelques personnalit&#233;s de l'industrie lourde, des finances et d'un &#233;v&#234;que qui affichait ses sentiments monarchistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s la proclamation de la dictature, le &#171; Voros Usjag &#187; r&#233;apparut comme journal du soir. Sa r&#233;daction devint l'un des centres de ces &#171; francs-tireurs communistes &#187; qui bataillaient contre les temporisateurs et surtout contre les social-d&#233;mocrates consid&#233;r&#233;s comme l'ennemi num&#233;ro un. La &#171; N&#233;pszava &#187; se d&#233;fendit et contre-attaqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux semaines &#224; peine &#233;taient &#233;coul&#233;es et les fr&#232;res ennemis dressaient d&#233;j&#224; leurs camps r&#233;aorganis&#233;s l'un face &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier orage &#233;clata au conseil du gouvernement o&#249; l'atmosph&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; lourde &#224; cause des plaintes continuelles des social-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commissaire &#224; la guerre, Joseph Pogany, accusa ses deux adjoints communistes de favoriser certains &#233;l&#233;ments indisciplin&#233;s. Son premier adjoint, Szamuely, de son c&#244;t&#233;, donna libre cours &#224; ses griefs contre Pogany et ses amis qui, selon lui, favorisaient les &#233;l&#233;ments bourgeois. Le deuxi&#232;me adjoint, B&#233;la Szanto, n'&#233;tait d'accord ni avec l'un ni avec l'autre et exprima ses craintes concernant la d&#233;moralisation de la nouvelle arm&#233;e rouge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, 3 avril 1919, vers midi, &#224; la plus grande surprise de la population, la garnison de Budapest, musique en t&#234;te, se rendit devant le commissariat du peuple &#224; la guerre&#8230; La foule criait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pogany &#224; la lanterne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A bas les social-d&#233;mocrates !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vive Szamuely !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les soldats envahirent le commissariat du peuple ; Pogany fut fait prisonnier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun, furieux de l'indiscipline de ses amis et d&#233;sireux de se d&#233;barrasser de Szamuely, donna raison aux social-d&#233;mocrates ; il d&#233;clara que le commissaire du peuple &#224; la guerre devait &#234;tre &#224; un des leurs et que Szamuely ne pouvait plus rester membre du gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour apaiser les passions, B&#233;la Kun proposa de garder Pogany et Szamuely, le premier comme troisi&#232;me adjoint aux affaires &#233;trang&#232;res, le second comme troisi&#232;me adjoint &#224; l'instruction publique. Lui-m&#234;me prit le titre de commissaire du peuple &#224; la guerre et choisit Guillaume B&#246;hm, un social-d&#233;mocrate particuli&#232;rement contest&#233; par les communistes, d&#233;j&#224; ministre de la guerre dans le gouvernement de Karolyi, pour diriger ce commissariat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence de Paris pr&#234;tait l'oreille &#224; la r&#233;volution hongroise et &#171; Le Temps &#187; dat&#233; du 4 avril 1919 annon&#231;a :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'issue du conseil tenu hier (2 avril) apr&#232;s-midi par les quatre chefs de gouvernement, MM. Wilson, Lloyd George, Orlando et Clemenceau, le communiqu&#233; suivant &#8211; le premier depuis que si&#232;ge le Conseil des Quatre &#8211; a &#233;t&#233; publi&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le g&#233;n&#233;ral Smuts part pour la Hongrie dans le but de faire une enqu&#234;te sur certains probl&#232;mes soulev&#233;s par l'armistice et sur lesquels le Conseil Supr&#234;me d&#233;sire plus amples informations&#8230; Il est &#224; remarquer que la mission du g&#233;n&#233;ral Smuts sera &#224; la fois politique, militaire, &#233;conomique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Smuts arriva &#224; Budapest le 4 avril 1919&#8230; Smuts d&#233;clara qu'il ne venait pas n&#233;gocier, qu'il &#233;tait porteur d'une proposition &#224; accepter ou &#224; refuser telle quelle. Sa mission avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e par les puissances qui &#233;taient dispos&#233;es &#224; ne pas intervenir militairement si le gouvernement hongrois acceptait sans modification les propositions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; 1. Les troupes hongroises seront retir&#233;es sur une ligne d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 2. Les troupes roumaines n'avanceront pas au-del&#224; de leur position actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 3. Le territoire qui se trouve entre les lignes occup&#233;es par les soldats hongrois et par les troupes roumaines sera d&#233;clar&#233; zone neutre, et occup&#233; par les alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 4. Le gouvernement hongrois observera les engagements d'armistice stipul&#233;s dans les conventions des 3 et 13 novembre 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 5. Les lignes de d&#233;marcation actuelles ne seront pas consid&#233;r&#233;es comme fronti&#232;res politiques. Ces derni&#232;res seront &#233;tablies par la Conf&#233;rence de la Paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le gouvernement hongrois accepte ces conditions, le g&#233;n&#233;ral Smuts proposera la suppression du blocus et l'envoi imm&#233;diat de charbon et de mati&#232;res grasses. Le g&#233;n&#233;ral Smuts proposera aussi que le gouvernement hongrois f&#251;t invit&#233; &#224; la conf&#233;rence des Etats int&#233;ress&#233;s. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun expliqua aux commissaires du peuple que &#171; les r&#233;percussions d'une telle paix transformeraient la force nationaliste qui nous a aid&#233;s &#224; prendre le pouvoir en une force contre-r&#233;volutionnaire qui nous balayerait. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil des commissaires du peuple rejeta la proposition Smuts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence des Quatre d&#233;cida d'en finir avec la dictature de B&#233;la Kun et donna toute libert&#233; aux Etats voisins pour une intervention arm&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rations militaires de la Roumanie commenc&#232;rent le 16 avril 1919 ; elles furent suivies bient&#244;t par celles des Tch&#232;ques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 avril, le gouvernement r&#233;volutionnaire rendit public son d&#233;cret concernant la &#171; socialisation &#187; des terres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 1. Toutes les propri&#233;t&#233;s terriennes grandes ou moyennes avec toutes leurs installations et avec toutes leurs usines passent aux mains des prol&#233;taires, sans aucun d&#233;dommagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 2. Les petites propri&#233;t&#233;s terriennes restent propri&#233;t&#233;s priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; 3. Les propri&#233;t&#233;s terriennes devenues propri&#233;t&#233;s communes seront exploit&#233;es par des coop&#233;ratives agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 4. Toutes les personnes, hommes et femmes, qui ont d&#233;pass&#233; l'&#226;ge de seize ans et qui s'engagent &#224; fournir cent vingt journ&#233;es de travail par an, peuvent faire partie de la coop&#233;rative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ordonnance &#233;mise plus tard fixa &#224; cent acres, c'est-&#224;-dire &#224; cinquante-six hectares la limite de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&#8230; Ainsi les gros propri&#233;taires pouvaient &#233;viter de voir le d&#233;membrement de leurs domaines. Dans la plupart des cas, ils pouvaient m&#234;me rester sur place comme commissaires de l'exploitation, mais dans certaines r&#233;gions les paysans n'acceptaient pas le maintien de leur ancien seigneur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande masse des ouvriers agricoles et des paysans pauvres qui d&#233;sirait le partage des terres fut d&#233;&#231;ue par la politique du gouvernement et se d&#233;sint&#233;ressa compl&#232;tement des &#171; camarades de Budapest &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 1919 trouva la dictature du prol&#233;tariat dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e. L'arm&#233;e roumaine n'&#233;tait plus qu'&#224; cent kilom&#232;tres de la capitale, devant la derni&#232;re ligne de d&#233;fense&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables des usines m&#233;tallurgiques furent convoqu&#233;s d'urgence, et devant un millier d'hommes de l'&#233;lite ouvri&#232;re, l'ancien chef de leur syndicat, Guillaume B&#246;hm, prit la parole :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous n'avons ni fusils, ni canons, ni nourriture, ni v&#234;tements. Nos troupes sont indisciplin&#233;es, sans d&#233;sir de combattre, pareilles &#224; des hordes en d&#233;bandade. Si nous voulons encore sauver la r&#233;volution, il faut que les ouvriers syndiqu&#233;s se rendent au front pour se battre. Si nous en sommes incapables, avouons-le honn&#234;tement, ne nous trompons pas davantage et attendons les yeux ouverts les &#233;v&#233;nements qui doivent nous arriver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce discours d&#233;moralis&#233; et d&#233;moralisant, d&#232;s le lendemain, les ouvriers s'organis&#232;rent pour partir au front. Des travailleurs qui avaient d&#233;j&#224; pass&#233; quatre ann&#233;es dans les tranch&#233;es, des p&#232;res de famille, m&#234;me ceux dont la sant&#233; &#233;tait &#233;branl&#233;e, se pr&#233;sent&#232;rent et s'enr&#244;l&#232;rent, sous la conduite de leurs responsables, dans les bataillons d'ouvriers&#8230; En six jours, quarante mille volontaires prirent les armes&#8230; En quelques jours, la situation militaire fut renvers&#233;e. L'arm&#233;e rouge hongroise repoussa l'arm&#233;e roumaine et l'arm&#233;e tch&#232;que, trois fois plus nombreuse qu'elle ; le 10 mai, elle d&#233;clencha une contre-offensive sur le front tch&#232;que et vola de victoire en victoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le correspondant du Times &#224; Vienne t&#233;l&#233;graphia le 8 juin &#224; son journal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une note des puissances alli&#233;es mettant les Hongrois &#224; demeure d'interrompre leurs op&#233;rations contre les Tch&#232;ques et invitant virtuellement les bolcheviks &#224; Paris, a &#233;t&#233; remise cet apr&#232;s-midi &#224; l'ambassade bolchevique d'ici, par la mission militaire fran&#231;aise&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Voros Ujsag rendit public le texte du t&#233;l&#233;gramme de Clemenceau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au gouvernement hongrois, Budapest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les gouvernements alli&#233;s et associ&#233;s ont l'intention d'inviter les repr&#233;sentants du gouvernement hongrois &#224; la Conf&#233;rence de la Paix pour prendre connaissance de la communication de leurs points de vue concernant les justes fronti&#232;res de la Hongrie. Les Hongrois viennent d'intensifier leurs attaques injustes et violentes contre les Tch&#233;coslovaques. Les alli&#233;s ont d&#233;j&#224; exprim&#233; leur ferme volont&#233; de mettre fin aux hostilit&#233;s superflues et ils ont arr&#234;t&#233; deux fois l'avance de l'arm&#233;e roumaine qui a voulu franchir la ligne de l'armistice, puis la fronti&#232;re de la zone neutre pour marcher sur Budapest ; elles ont arr&#234;t&#233; aussi les arm&#233;es serbe et fran&#231;aise sur le front sud de la Hongrie. Dans ces circonstances, le gouvernement hongrois est formellement appel&#233; &#224; cesser imm&#233;diatement les attaques contre les Tch&#233;coslovaques, faute de quoi les gouvernements associ&#233;s seraient d&#233;cid&#233;s &#224; user sur-le-champ des moyens extr&#234;mes pour contraindre la Hongrie &#224; cesser les hostilit&#233;s et &#224; se soumettre &#224; leur volont&#233; in&#233;branlable de faire respecter leurs ordres. Une r&#233;ponse &#224; ce t&#233;l&#233;gramme est attendue dans les quarante-huit heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clemenceau, Pr&#233;sident de la Conf&#233;rence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;l&#233;gramme de Clemenceau avait trouv&#233; la R&#233;publique des Conseils dans une situation d&#233;licate&#8230; Les bataillons ouvriers continuaient leurs assauts contre les Tch&#232;ques et lib&#233;raient encore quelques villes, mais &#224; c&#244;t&#233; du drapeau rouge, les autorit&#233;s hissaient d&#233;j&#224; le drapeau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 juin, sur le territoire repris aux Tch&#232;ques, B&#233;la Kun fit fonder la &#171; R&#233;publique slovaque des Conseils &#187; qui s'associa imm&#233;diatement &#224; la Hongrie et offrit son alliance &#224; la Russie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juin, B&#233;la Kun envoya &#224; Clemenceau le t&#233;l&#233;gramme suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement de la R&#233;publique hongroise des Conseils s'est conform&#233; strictement &#224; la sommation des puissances alli&#233;es et associ&#233;es de suspendre les hostilit&#233;s sur le front tch&#233;coslovaque. Malgr&#233; les difficult&#233;s, les instructions ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es par le commandement sup&#233;rieur de l'arm&#233;e. Mais l'arm&#233;e tch&#233;coslovaque, sans tenir compte de l'ordre des gouvernements alli&#233;s et associ&#233;s, a n&#233;anmoins d&#233;clench&#233; une nouvelle offensive contre notre arm&#233;e qui &#233;tait en train de satisfaire aux v&#339;ux des puissances alli&#233;es et associ&#233;es dans la R&#233;publique tch&#233;coslovaque&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s, une nouvelle et mena&#231;ante sommation de l'Entente amena B&#233;la Kun &#224; donner l'ordre d&#233;finitif d'&#233;vacuation des territoires reconquis par l'&#233;lan et par le sang des ouvriers hongrois r&#233;volutionnaires et patriotes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Budapest, des signes inqui&#233;tants d'une propagande subversive se multipliaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait surtout l'antis&#233;mitisme que l'on utilisait contre le gouvernement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, les murs de la capitale furent couverts d'affiches :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Camarades ! Il y a cinq cent mille juifs &#224; Budapest. Aucun d'entre eux ne veut aller au front. Exterminez-les s'ils ne veulent pas donner leur vie &#224; la cause sacr&#233;e de la dictature du prol&#233;tariat ! A bas les juifs ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 juin, trois unit&#233;s contre-r&#233;volutionnaires de la flottille danubienne descendirent le fleuve, se rang&#232;rent en ligne de combat &#224; la hauteur de la Maison des Soviets, hiss&#232;rent le drapeau national et d&#233;charg&#232;rent des salves dirig&#233;es tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment sur le deuxi&#232;me &#233;tage, l'appartement de B&#233;la Kun&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les cadets, &#233;l&#232;ves de l'Ecole Militaire de Budapest, sortirent en formation de combat et occup&#232;rent, sans difficult&#233;, le centre t&#233;l&#233;phonique de leur quartier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes contre-r&#233;volutionnaires ne furent m&#234;me pas traduits devant le tribunal&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur du pays, les mouvements contre-r&#233;volutionnaires se multipliaient et parall&#232;lement l'influence et le pouvoir de Szamuely augmentaient. Les r&#233;voltes des paysans prirent de l'envergure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juillet, B&#233;la Kun re&#231;ut de l'Entente l'ordre de ramener le nombre des soldats hongrois au niveau prescrit par la convention d'armistice et fut averti que l'arm&#233;e hongroise ne pouvait &#234;tre utilis&#233;e qu'au maintien de l'ordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume B&#246;hm, apr&#232;s avoir ex&#233;cut&#233; l'ordre de retrait de l'arm&#233;e rouge sur le front tch&#232;que, d&#233;missionna. Son chef d'&#233;tat-major, le colonel Stromfeld, lui aussi quitta son poste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Roumains n'&#233;taient plus qu'&#224; cinquante kilom&#232;tres de la capitale. Les social-d&#233;mocrates, persuad&#233;s par l'Entente que le d&#233;part de B&#233;la Kun du pouvoir sauverait la Hongrie, se pr&#233;par&#232;rent un coup d&#233;cisif&#8230; Dans une r&#233;solution, ils mirent B&#233;la Kun en demeure de se retirer imm&#233;diatement&#8230; La d&#233;mission de B&#233;la Kun fut d&#233;cid&#233;e&#8230; Le comit&#233; directeur du parti unifi&#233; fut inform&#233; de la d&#233;mission du gouvernement et approuva la formation d'un gouvernement social-d&#233;mocrate et syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'arr&#234;ter les troupes roumaine &#224; la nouvelle de la chute du gouvernement r&#233;volutionnaire, le 2 ao&#251;t, Clemenceau t&#233;l&#233;graphia &#224; Romanelli que &#171; le Conseil des alli&#233;s ne d&#233;sirait pas s'immiscer dans les affaires int&#233;rieures de la Hongrie &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 ao&#251;t, les Roumains arriv&#232;rent dans les faubourgs de Budapest&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 ao&#251;t, le gouvernement social-d&#233;mocrate et syndical fut renvers&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain du coup d'Etat, l'archiduc Joseph de Habsbourg r&#233;apparut &#224; Budapest, prit le pouvoir supr&#234;me et nomma un certain Etienne Friedrich &#224; la t&#234;te du gouvernement&#8230; Les journaux roumains annoncent que l'archiduc Joseph a adress&#233; au roi de Roumanie un long t&#233;l&#233;gramme de remerciement pour avoir sauv&#233; la Hongrie en &#233;crasant les bolcheviks&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'entr&#233;e des troupes &#224; Budapest et la prise du pouvoir par l'archiduc Joseph et Etienne Friedrich, des pogroms se d&#233;roul&#232;rent dans les rues de la capitale. Des bandes compos&#233;es de vingt &#224; vingt-cinq &#233;nergum&#232;nes munis de gourdins, de triques, de cravaches, circulaient dans les rues et attaquaient toutes les personnes qu'ils supposaient &#234;tre isra&#233;lites. A ce moment de vengeance, juif et bolchevik avaient la m&#234;me signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisons de Budapest n'&#233;taient pas assez grandes pour accueillir les d&#233;tenus d'abord pass&#233;s &#224; tabac &#224; la pr&#233;fecture de police o&#249; ils subissaient des tortures raffin&#233;es. Des tribunaux sp&#233;ciaux furent cr&#233;&#233;s qui rendaient des jugements sans appel. Plus de vingt-mille proc&#232;s furent intent&#233;s contre trente mille personnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 septembre 1919, l'Arbeiter Zeitung de Vienne &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A Budapest, sous pr&#233;texte de poursuivre les communistes, on arr&#234;te des social-d&#233;mocrates et des ouvriers. La terreur blanche a d&#233;j&#224; fait autant de victimes, autant de cruaut&#233;s que la terreur rouge pendant tout son r&#232;gne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des troupes d'officiers sans solde et sans m&#233;tier, qui s'&#233;taient donn&#233; pour mission de purger la Hongrie du bolchevisme, parcouraient la contr&#233;e, pratiquant des ex&#233;cutions sommaires, pour se venger&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amiral Horthy, lui-m&#234;me, admet dans ses M&#233;moires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai aucune raison d'embellir ce qui &#224; ce moment-l&#224; se passa comme injustice et cruaut&#233; lorsque seule une main de fer pouvait nettoyer le pays&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun &#233;crivit et fit publier par le soin des communistes autrichiens une plaquette en langue allemande sous le pseudonyme Blaise Kolozsvary accusant les social-d&#233;mocrates de son gouvernement d'avoir trahi la cause du prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de l'extrait du t&#233;moignage intitul&#233; &#171; Les cent Jours de B&#233;la Kun &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un autre r&#233;cit de la r&#233;volution et de la guerre de Hongrie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis octobre 1918, le royaume magyar est &#233;galement la proie de l'agitation r&#233;volutionnaire. Si lib&#233;raux et sociaux-d&#233;mocrates se r&#233;unissent dans un Conseil national qui r&#233;clame la d&#233;mocratisation et l'ind&#233;pendance du pays, des conseils de soldats sont simultan&#233;ment cr&#233;&#233;s &#224; l'initiative de soldats de retour du front russe. Le 30 octobre, tandis que le conseil des ouvriers de Budapest voit le jour, la r&#233;volution &#233;clate dans les rues de la capitale envahie par une foule de soldats et de civils en armes qui s'emparent des b&#226;timents officiels, des casernes, des gares et du central t&#233;l&#233;phonique. Des milices ouvri&#232;res se constituent dans les usines. Le 31, le Conseil national hongrois forme un gouvernement dirig&#233; par le comte Mihaly Karolyi qui adopte un programme lib&#233;ral, f&#233;d&#233;raliste et pacifiste. Le 16 novembre, Karolyi proclame la r&#233;publique tandis que le pays se couvre de conseils jusque dans les villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1918 est &#233;galement marqu&#233;e par le retour au pays des 700 000 soldats hongrois prisonniers de guerre en Russie. Quand la R&#233;volution russe a &#233;clat&#233; certains prisonniers, membre du parti social-d&#233;mocrate, ont particip&#233; aux travaux des soviets locaux. C'est le cas en particulier de Bela Kun, ancien fonctionnaire d'une coop&#233;rative ouvri&#232;re, qui adh&#232;re alors au parti bolchevik de Tomsk en Sib&#233;rie. Des organisations r&#233;volutionnaires de prisonniers voient &#233;galement le jour. Apr&#232;s la r&#233;volution d'Octobre, les bolcheviks organisent dans plus de 400 villes des unit&#233;s de garde rouge form&#233;s par des prisonniers hongrois. Ainsi &#224; Tomsk, Ferenc M&#252;nnich devient commandant des gardes rouges de la ville. Mais la majorit&#233; des prisonniers aspire avant tout &#224; rentrer au pays reprendre une vie normale et seulement quelques milliers adh&#233;rent en 1918 aux organisations communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kun, qui a rencontr&#233; Karl Radek et L&#233;nine en d&#233;cembre 1917, est affect&#233; au service de propagande internationale du commissariat du peuple aux affaires &#233;trang&#232;res. Si en janvier 1918 est cr&#233;&#233; aupr&#232;s du comit&#233; militaire du Comit&#233; ex&#233;cutif du conseil des soviets, un bureau des prisonniers qui organise le recrutement massif de volontaires au sein de l'arm&#233;e rouge, l'action des communistes hongrois est vite entrav&#233;e par le trait&#233; de Brest-Litovsk qui interdit la propagande contre le gouvernement austro-hongrois. Pourtant les communistes hongrois pr&#233;parent eux aussi leur retour aux pays et c'est le lieutenant Tibor Szamuely qui est charg&#233; d'organiser le rapatriement des soldats qui doivent devenir la garde pr&#233;torienne de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1918, l'heure de ce retour approche. Le rapatriement commence tandis que les unit&#233;s internationales de l'arm&#233;e rouge, qui comprennent de nombreux volontaires hongrois, sont dirig&#233;es vers l'Ukraine. L'arriv&#233;e des anciens prisonniers venant de Russie n'est pas du go&#251;t des dirigeants social-d&#233;mocrates hongrois qui voient d'un mauvais &#339;il croitre le poids de tous ces extr&#233;mistes. Ils n'ont pas enti&#232;rement tort puisqu'&#224; la suite du retour de Kun, le parti communiste hongrois est cr&#233;&#233; le 24 novembre 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie de guerre de la Hongrie est &#233;galement un formidable acc&#233;l&#233;rateur pour les communistes, d'autant que contrairement aux bolcheviks russes, ils apparaissent &#224; l'opinion comme les champions de l'id&#233;e nationale hongroise. Les ennemis de la Russie sovi&#233;tique ne sont elles pas ses forces de l'Entente qui autorisent le d&#233;pe&#231;age de la Hongrie mill&#233;naire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment national hongrois, humili&#233;, pousse donc une partie des patriotes &#224; se tourner vers les conseils d'ouvriers et de soldats, &#224; la fois pour faire pression sur l'Entente mais &#233;galement convaincu que les r&#233;volutionnaires ne pourront supporter sans r&#233;agir l'invasion du pays par les troupes imp&#233;rialistes des rois de Serbie et de Roumanie. Les communistes, de leur cot&#233;, assurent que les conqu&#234;tes de la r&#233;volution ne peuvent &#234;tre pr&#233;serv&#233;es dans le cadre territorial de la Hongrie sans une alliance militaire avec la Russie sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation r&#233;volutionnaire se poursuit notamment &#224; Budapest. En f&#233;vrier les communistes appellent &#224; l'armement du prol&#233;tariat tandis que le conseil des soldats fait distribuer des armes et que la formation de milices ouvri&#232;res est en plein essor. Le 20 f&#233;vrier, une manifestation ouvri&#232;re d&#233;g&#233;n&#232;re &#224; Budapest faisant 7 morts et donne le pr&#233;texte au gouvernement, soutenu par la direction du parti social-d&#233;mocrate, pour s'attaquer aux communistes dont la direction est emprisonn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la situation internationale qui va mettre &#224; nouveau les communistes sur le devant de la sc&#232;ne. Chez les patriotes hongrois se d&#233;veloppe l'id&#233;e que seul le prol&#233;tariat en armes peut encore sauvegarder l'int&#233;grit&#233; du territoire hongrois tandis que certains officiers sup&#233;rieurs pressent Karolyi de chercher &#224; n&#233;gocier une alliance militaire avec les Sovi&#233;tiques contre l'Entente. Face &#224; cette pression qui se fait chaque jour plus forte, le 2 mars, Karolyi menace de reprendre les hostilit&#233;s si la conf&#233;rence de paix n'applique pas les principes wilsoniens &#224; la Hongrie. Il s'agit d'abord de mettre un terme aux pr&#233;tentions et provocations des Roumains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes roumaines ont atteint en novembre la rivi&#232;re Mures, c'est &#224; dire la ligne de d&#233;marcation convenue par les repr&#233;sentants de l'Entente et de la Hongrie &#224; Belgrade le 13 novembre. Mais en violation de cet accord, le commandement alli&#233; en Orient, sous la direction du g&#233;n&#233;ral Franchet d'Esperey, permet &#224; l'arm&#233;e roumaine d'avancer jusqu'&#224; la ligne des Carpates occidentales. La 7e division roumaine dite Vanatori avance alors en direction de Cluj, et le 1er d&#233;cembre en direction d'Alba-Iulia. Le 24, les unit&#233;s roumaines entrent dans Cluj. Elles s'assurent ainsi la possession des territoires promis par les Alli&#233;s en 1916 : la Transylvanie, la Bukovine et le Banat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le nord de la Hongrie, le 23 d&#233;cembre 1918 une note fran&#231;aise fixe la ligne de d&#233;marcation avec la Slovaquie, ligne qui se trouve &#224; seulement 40 km au nord de Budapest. Les troupes hongroises doivent &#233;videmment &#233;vacuer le territoire slovaque ainsi trac&#233;. Au sud, les forces fran&#231;aises et serbes tiennent une zone qui part de Baja sur le Danube et passe par Szeged et Arad pour entrer en contact avec les Roumains &#224; Deva. Dans ce secteur les Serbes menacent de s'emparer de Pecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour freiner les initiatives roumaines, le Conseil des Alli&#233;s d&#233;cident d'&#233;tablir une zone neutre, occup&#233;e par des troupes fran&#231;aises, britanniques et italiennes, qui fasse tampon entre Hongrois et Roumains. Le 28 f&#233;vrier, le Conseil notifie &#224; la Hongrie l'&#233;tablissement d'une nouvelle ligne de d&#233;marcation qui doit permettre une ultime avanc&#233;e de l'arm&#233;e roumaine en territoire hongrois. Cette ligne co&#239;ncide avec les chemins de fer reliant les villes de Satu Mare, Oradea et Arad. Cependant, l'arm&#233;e roumaine n'est pas autoris&#233;e &#224; entrer dans ces villes. La zone d&#233;militaris&#233;e qui doit &#234;tre cr&#233;&#233;e, s'&#233;tend &#224; partir de cette ligne de d&#233;marcation jusqu'&#224; 5 km &#224; l'int&#233;rieur de la Hongrie. Les Alli&#233;s demandent que le retrait de l'arm&#233;e hongroise derri&#232;re la zone neutre commence le 22 mars 1919 et qu'elle abandonne des villes magyares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient au colonel Fernand Vyx de transmettre le 20 mars au gouvernement hongrois l'ultimatum lui donnant deux jours pour &#233;vacuer la zone neutre. Le 21, devant l'ultimatum qu'il juge inacceptable, Karolyi r&#233;pond qu'il ne peut y donner suite et son gouvernement d&#233;missionne. Il souhaite n&#233;anmoins former un nouveau gouvernement avec les social-d&#233;mocrates mais le 21 c'est un Conseil r&#233;volutionnaire de gouvernement qui voit le jour comprenant une trentaine de commissaires du peuple issu du parti social-d&#233;mocrate et du parti communiste. Les deux partis, nagu&#232;re ennemis, fusionnent dans un Parti socialiste hongrois unifi&#233;. Si le chef du gouvernement est un social-d&#233;mocrate, les postes clefs reviennent aux communistes. Bela Kun est ainsi commissaire aux Affaires &#233;trang&#232;res et Tibor Szamuely secr&#233;taire d'&#201;tat aux affaires militaires afin de seconder le commissaire du peuple &#224; la D&#233;fense Joszef Pogany.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 mars, le mar&#233;chal Foch pr&#233;sente au Conseil des Alli&#233;s un plan d'intervention militaire imm&#233;diate contre la Hongrie dans le but d'acc&#233;l&#233;rer les pourparlers avec les autorit&#233;s hongroises. C'est pour lui la premi&#232;re &#233;tape d'une entreprise plus grande puisqu'il propose &#233;galement d'organiser une offensive avec des troupes finlandaises, polonaises, tch&#232;ques, roumaines, grecques et russes blanches, sous commandement fran&#231;ais, contre la Russie sovi&#233;tique. Si Churchill est favorable au plan Foch, Wilson, Loyd Georges et Clemenceau refusent sachant que les arm&#233;es alli&#233;es ne sont plus totalement s&#251;r comme l'ont montr&#233; les mutineries de la mer Noire. Les Am&#233;ricains refusent fermement la proposition et les Alli&#233;s d&#233;cident seulement de soutenir l'arm&#233;e roumaine qui doit emp&#234;cher la contagion bolchevique dans l'Europe danubienne. La Hongrie, pays vaincu, est alors enserr&#233;e par l'Entente dans un &#233;tau militaire. Sa position est d'autant plus difficile que pour les Alli&#233;s l'accession des communistes au pouvoir en Hongrie est une menace s&#233;rieuse. Elle peut servir de mod&#232;le pour l'Allemagne et ainsi remettre en cause la victoire de 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette hostilit&#233;, Kun envoie le 29 mars un message secret aux Alli&#233;s o&#249; il leur propose d'ouvrir des n&#233;gociations sur la base des droits &#224; l'autod&#233;termination des peuples. Il promet en outre ne pas avoir d'intentions belliqueuses. Pourtant dans le m&#234;me temps les Hongrois mettent sur pied une arm&#233;e rouge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le gouvernement des commissaires du peuple, le social-d&#233;mocrate Joszef Pogany est commissaire &#224; la Guerre assist&#233; par un comit&#233; militaire de 5 membres qui comptent en son sein Bela Kun, Vilmos B&#246;hm, B&#233;la Szanto, Reszo Fiedler et Joszef Haubrich. Un d&#233;cret du 15 avril ordonne &#224; ce comit&#233; de mettre sur pied une arm&#233;e rouge hongroise de 7 divisions dont une doit &#234;tre compos&#233;e de Ruth&#232;nes. Il faut ajouter &#224; ces divisions la division Szekely compos&#233;e de Hongrois originaires de Transylvanie. C'est la seule division encore op&#233;rationnelle et qui se bat depuis l'automne contre les Roumains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e rouge hongroise voit officiellement le jour le 24 mars 1919. Ses effectifs progressent rapidement car si le 29 mars elle compte 11 000 volontaires, ils sont 35 000 le 4 avril et 53 000 le 15 avril. A la fin avril ce sont 16 000 soldats rouges qui d&#233;filent dans les rues de Budapest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 avril, face &#224; de nouvelles offensives roumaines et tch&#232;ques, le gouvernement hongrois lance un appel aux armes. Vilmos B&#246;hm devient alors commandant en chef de l'arm&#233;e rouge avec pour adjoint le colonel Aur&#233;l Stromfeld. Le recrutement est r&#233;organis&#233; pour l'&#233;largir au-del&#224; des seuls volontaires tandis que les conseils de soldats renaissent pour former l'ossature de la nouvelle arm&#233;e. Pour &#233;viter les conflits de comp&#233;tence entre ces conseils et la hi&#233;rarchie militaire, Stromfeld obtient rapidement que l'activit&#233; des conseils n'interf&#232;re pas avec l'activit&#233; de l'&#233;tat-major. Des mesures &#233;nergiques sont prises pour &#233;tablir une v&#233;ritable arm&#233;e et non pas des milices. Ainsi concernant la discipline, le 25 avril, B&#246;hm pr&#233;vient que la non-ob&#233;issance aux ordres est passible de la cour martiale. Mais contrairement aux bolcheviks, les communistes hongrois sont encore trop peu nombreux pour occuper des postes de commandements et de contr&#244;le dans l'arm&#233;e et ils restent donc domin&#233;s au sein de l'&#233;tat-major.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Hongrois peuvent &#233;galement compter sur l'aide d'unit&#233;s internationales institu&#233;s le 4 avril et qui comptent pr&#233;s de 2000 hommes en juillet 1919 sous le contr&#244;le du communiste Mozes Gabor. Ces unit&#233;s rassemblent des volontaires venus d'horizons diff&#233;rents. Il y a des anciens prisonniers de guerre russes, serbes mais aussi 300 Italiens, des ouvriers bulgares et polonais &#233;migr&#233;s en Hongrie, un millier de volontaires autrichiens issus du 41&#176; bataillon de la Volkswehr et command&#233; par le communiste Leo Rothziegel, quelques d&#233;serteurs serbes, roumains, fran&#231;ais et slovaques. Ils forment d'abord trois puis quatre r&#233;giments. Le second est command&#233; par Rothziegel tandis que le troisi&#232;me, le Bataillon rouge des Balkans, jouera un certain r&#244;le dans la propagande communiste en Yougoslavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;cret du 29 mars pr&#233;cise l'organisation de l'arm&#233;e. C'est avant tout une arm&#233;e de classe compos&#233; d'ouvriers ayant re&#231;u la recommandation du Parti, des syndicats ou des conseils. Les grades et distinctions sont interdits m&#234;me si un d&#233;cret ult&#233;rieur r&#233;tablit l'ancienne terminologie des grades pour distinguer les &#233;chelons du commandement mais sans que cela ne corresponde &#224; des diff&#233;rences de statut ou de solde. Si les officiers d'&#233;tat-major, les commandants de divisions et de r&#233;giments sont d&#233;sign&#233;s par le commissaire &#224; la d&#233;fense, les autres officiers sont directement &#233;lus par les conseils de soldats. Ces officiers doivent n&#233;anmoins au pr&#233;alable faire l'objet d'une &#233;valuation technique par un comit&#233; charg&#233; de d&#233;terminer leur comp&#233;tence. Des commissaires politiques sont &#233;galement institu&#233;s afin d'assurer l'agitation et la propagande dans l'arm&#233;e mais cette fonction &#233;chappe aux communistes au profit des chefs syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mars les Alli&#233;s restent divis&#233;s sur la question hongroise. La Roumanie, qui voit avant tout dans la Hongrie et la Russie deux menaces communistes, demande aux Alli&#233;s l'autorisation de chasser les communistes hongrois du pouvoir. Les Am&#233;ricains quant &#224; eux craignent que l'option militaire contre la Hongrie n'encourage les militaires fran&#231;ais qui aspirent &#224; une nouvelle guerre contre l'Allemagne et la Russie. Alors que les responsables fran&#231;ais sont partisans d'une intervention militaire, les Am&#233;ricains pr&#234;chent toujours la n&#233;gociation. Les Alli&#233;s tombent malgr&#233; tout d'accord sur l'envoi d'une mission confi&#233;e au g&#233;n&#233;ral sud-africain Smuts qui a pour but de freiner l'avance roumaine et de discuter avec les Hongrois de la question de la zone neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions faites alors &#224; Kun sont celles d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;es &#224; Karoliy : l'acceptation des conditions de la note Vyx par les Hongrois entra&#238;nerait la fin du blocus et l'examen de mani&#232;re bienveillante des questions territoriales avec les Roumains, les Tch&#232;ques et les Serbes. Kun, qui sait que l'arm&#233;e rouge est encore embryonnaire, accepte de discuter et veut profiter de cette venue pour ouvrir des n&#233;gociations. Smuts arrive &#224; Budapest le 4 avril. Il d&#233;fend la cr&#233;ation de la zone neutre qui serait sous le contr&#244;le de troupes fran&#231;aises, britanniques et italiennes tandis que Kun demande l'application stricte de l'armistice de novembre. Devant l'impossibilit&#233; de concilier des positions antagonistes, Kun rejette les propositions de Smuts qui quittent alors la Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les Yougoslaves refusent de s'en prendre &#224; la Hongrie pour montrer leur m&#233;contentement concernant le sort que leur r&#233;serve la Conf&#233;rence de la paix, notamment sur les diff&#233;rents qui les opposent aux Italiens, les Tch&#232;ques et les Roumains sont quand &#224; eux volontaires pour mettre &#224; ex&#233;cution la d&#233;cision des Alli&#233;s de mettre la Hongrie au pas. La principale menace pour les Hongrois vient toujours de l'Est, de la Roumanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front roumain, l'arm&#233;e hongroise passe bient&#244;t de 20 000 &#224; 60 000 hommes et s'essaye &#224; l'amalgame des anciens officiers et troupes d'&#233;lite de l'arm&#233;e austro-hongroise avec les volontaires inexp&#233;riment&#233;s. Cette arm&#233;e poss&#232;de 5 trains blind&#233;s et 137 canons. Face &#224; eux se trouvent 64 divisions d'infanterie roumaines, 28 escadrons de cavalerie, 160 canons, 32 obusiers, un train blind&#233;, 3 escadrilles a&#233;riennes et deux bataillons de pionniers. Cette arm&#233;e roumaine de Transylvanie, command&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Georges Mardarescu est divis&#233;e en deux groupes, un au nord et l'autre au sud. Le plan roumain pr&#233;voit en effet de frapper avec le plus de force au nord pour s'emparer de Carei et Oradea afin d'isoler la division Szekely, unit&#233; d'&#233;lite hongroise. Le groupe du sud doit pendant ce temps s'emparer de Radna et Beius et servir de pivot pour la man&#339;uvre de flanc du groupe nord. Le but de l'offensive est d'atteindre la rivi&#232;re Tisza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient des pr&#233;paratifs roumains, les Hongrois se retranchent et dans la nuit du 15 au 16 avril, apr&#232;s une pr&#233;paration d'artillerie, ils attaquent les 6&#176; et 7&#176; divisions d'infanterie roumaines dans la vall&#233;e de Koros. Cette action offensive, qui donne peu de r&#233;sultats, offre aux Roumains l'occasion de lancer une attaque sur l'ensemble du front. Ils repoussent les Hongrois, s'emparent, apr&#232;s de violents combats, des cols de montagnes, et avancent vers l'ouest. Le 18, le front hongrois est rompu. Les 1&#176; et 2&#176; division d'infanterie l&#233;g&#232;re roumaines s'emparent durant la journ&#233;e des vall&#233;es de la Mures et de Crisu. Carei est prise le 19, Prontea et Salonta tombent le 20. Pendant ce temps les troupes fran&#231;aises coupent les lignes t&#233;l&#233;phoniques et t&#233;l&#233;graphiques entre Budapest et le monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril, quand les troupes roumaines atteignent la Tisza, une crise &#233;clate au sein du gouvernement hongrois entre ceux qui veulent capituler et ceux qui au contraire souhaitent r&#233;sister. Kun pose le d&#233;bat devant le Grand conseil r&#233;volutionnaire des ouvriers et des soldats de Budapest, sorte de parlement r&#233;volutionnaire. Le Grand conseil vote pour la d&#233;fense arm&#233;e de la r&#233;volution. En 10 jours il parvient &#224; mobiliser et armer les 50 000 hommes qui lancent l'offensive sur la Slovaquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord, avec l'accord des Alli&#233;s, les troupes tch&#232;ques passent &#224; l'attaque le 27 avril. Elles s'emparent de Chop puis de Moukatcheve o&#249; s'&#233;tablit une liaison avec les troupes roumaines. Le 2 mai la mobilisation g&#233;n&#233;rale commence en Hongrie. Mais ce m&#234;me jour les Roumains sont seulement &#224; 100 km de Budapest. Kun est alors oblig&#233; de demander la fin des hostilit&#233;s. Il propose de reconna&#238;tre les demandes territoriales roumaines en &#233;change d'un renoncement &#224; toute intervention dans les affaires int&#233;rieures hongroises. Sous la pression des Alli&#233;s les Roumains acceptent seulement de cesser les hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mars 1919, quand les communistes prennent le pouvoir en Hongrie, des unit&#233;s de l'arm&#233;e rouge sovi&#233;tique se trouvent en Galicie pr&#233;s de Brodov, soulevant chez les Hongrois l'espoir d'une prochaine jonction militaire avec l'Ukraine rouge par le biais de la Galicie et de la Bukovine. L&#233;nine et Trotsky pensent d'ailleurs &#234;tre en mesure &#224; ce moment l&#224; de r&#233;aliser cette encontre. Ils demandent &#224; Khristian Rakovski, secr&#233;taire du conseil des commissaires du peuple d'Ukraine, et &#224; Vladimir Antonov-Ovseenko, commandant du front ukrainien, que l'arm&#233;e rouge porte son effort en direction de Czernowitz afin d'&#233;tablir le contact avec les Hongrois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Alli&#233;s, la perspective d'une possible jonction entre l'arm&#233;e rouge sovi&#233;tique et l'arm&#233;e rouge hongroise est le pire des sc&#233;narios possibles. Pour l'&#233;viter il est n&#233;cessaire d'emp&#234;cher que les Hongrois ne prennent le contr&#244;le de la Galicie. La g&#233;ographie semble en effet favorable aux communistes puisque la Ruth&#233;nie subcarpatique, la partie orientale du royaume de Hongrie (actuellement en Ukraine) et l'Ukraine sovi&#233;tique ne sont s&#233;par&#233;s que par 200 km. Les Hongrois cherchent alors &#224; contr&#244;ler la ligne ferroviaire qui partant de l'est de la Hongrie &#224; Szatmar-Nemeti (actuellement Satu Mare en Roumanie) rejoint Cernowitz en Ukraine par Kolomyia. Mais cette r&#233;gion est d&#233;j&#224; revendiqu&#233;e par au moins cinq &#201;tats : alors que les nationalistes ukrainiens revendiquent la Bukovine et la Galicie occidentale, la Pologne a des pr&#233;tentions sur la Galicie, la Tch&#233;coslovaquie veut s'emparer de la r&#233;gion de Moukatcheve et la Roumanie de la Bukovine. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du mois d'avril 1919, malgr&#233; les d&#233;convenues, les communistes hongrois peuvent croire que le vent de l'Histoire souffle dans leur sens. L'&#233;lan r&#233;volutionnaire en Europe n'est pas stopp&#233;. L'&#233;tablissement de la R&#233;publique des Conseils en Bavi&#232;re le 7 avril, la tentative insurrectionnelle qui touche Vienne le 17 avril et la progression sovi&#233;tique en Ukraine renforcent l'espoir d'obtenir une aide ext&#233;rieure. Mais la situation de la R&#233;publique des Conseils est pr&#233;caire apr&#232;s la d&#233;faite contre les Roumains. Ces faiblesses encouragent les men&#233;es des contre-r&#233;volutionnaires hongrois qui se trouvent &#224; Vienne. Le 6 mai, ces derniers forment un gouvernement &#224; Arad, sous la direction de Julius Karolyi, soutenu par l'arm&#233;e fran&#231;aise. Ce gouvernement se transporte rapidement &#224; Szeged et donne pour mission &#224; l'amiral Horthy de former une arm&#233;e nationale avec l'aide des Fran&#231;ais et des Yougoslaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour renforcer sa position affaiblie par la d&#233;faite face aux Roumains, Kun d&#233;cide alors de passer &#224; l'attaque au nord contre les Tch&#232;ques qu'il juge &#234;tre le maillon faible des forces encerclant la Hongrie. Il est vrai que les Roumains ont d&#233;j&#224; prouv&#233; leurs forces tandis qu'au sud les Serbes sont intouchables du fait de la pr&#233;sence de troupes fran&#231;aises en Serbie. L'attaque au nord doit surtout faciliter l'&#233;tablissement d'un contact avec les Sovi&#233;tiques. Il est en effet vital d'emp&#234;cher que la jonction des troupes tch&#232;ques et roumaines qui se profile ne ferme la trou&#233;e de Moukatcheve par o&#249; peut s'op&#233;rer la rencontre avec les Sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Hongrie rouge mobilise toutes les ressources n&#233;cessaires pour son offensive dans le nord. L'ensemble des hommes de 19 &#224; 25 ans sont enr&#244;l&#233; ainsi que les anciens officiers de l'arm&#233;e austro-hongroise. Cet effort permet aux Hongrois de concentrer rapidement deux divisions, les 1&#176; et 5&#176;, regroupant pr&#233;s de 40 bataillons, dans le nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les Hongrois se confrontent aux Tch&#232;ques. En d&#233;cembre 1918 des combats ont oppos&#233; pr&#233;s de Bratislava des troupes hongroises et tch&#232;ques. A cette occasion un d&#233;tachement hongrois, command&#233; par les communistes Jeno Laszlo et Gabor Kohn, a occup&#233; la ville le 30 d&#233;cembre et proclam&#232;rent un r&#233;publique des conseils qui fut balay&#233;e seulement 23h plus tard par l'avanc&#233;e de l'arm&#233;e tch&#232;que. Par la suite les communistes hongrois font de la propagande en Slovaquie obligeant les autorit&#233;s tch&#232;ques &#224; d&#233;clarer la loi martiale. Pour emp&#234;cher les immixtions hongroises, les autorit&#233;s tch&#232;ques autorisent les g&#233;n&#233;raux Piccione et Hennocque &#224; organiser l'occupation militaire des territoires hongrois attribu&#233;s par les Alli&#233;s aux Tch&#232;ques soit la Ruth&#233;nie et la Slovaquie du sud. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acceptation de l'ultimatum de Clemenceau et le retrait des troupes de Slovaquie sont des coups rudes pour la R&#233;publique des conseils. Alors que le moral de l'arm&#233;e fl&#233;chit, Vilmos B&#246;hm et Aurel Stromfeld, en d&#233;saccord avec les d&#233;cisions de Kun, d&#233;missionnent et sont remplac&#233;s par Jeno Landler et le g&#233;n&#233;ral Julier qui ne parviennent pas &#224; redonner une coh&#233;sion &#224; l'arm&#233;e malgr&#233; l'arriv&#233;e de nombreux communistes dans les rangs. La confiance dans le gouvernement des conseils semble rompue et les soldats ne croient plus en la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la menace d'une invasion alli&#233;e a jou&#233; son effet, la d&#233;cision de Kun s'explique &#233;galement par un contexte international moins favorable aux Hongrois. Alors qu'en mars et avril &#224; Munich les conseils proclamaient leur soutien &#224; la Hongrie et que des cheminots bloquaient les voies ferr&#233;es pour emp&#234;cher le transport du mat&#233;riel des Alli&#233;s, le 2 mai la r&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re s'effondre. A l'est, le renforcement des arm&#233;es russes blanches par les Alli&#233;s maintient l'encerclement militaire de la Russie sovi&#233;tique et provoque un regain de la guerre civile qui temp&#232;re toutes vell&#233;it&#233;s d'action en direction du Danube, m&#234;me si en juin arrivent &#224; Budapest deux officiers sovi&#233;tiques, des proche de Rakovski, charg&#233;s d'organiser les prisonniers russes devant servir dans l'arm&#233;e rouge hongroise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de soutenir les r&#233;publiques sovi&#233;tiques en p&#233;ril, le Komintern n'a comme moyen d'action qu'un appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale mondiale le 21 juillet. Sans effet en France ni en Angleterre, des manifestations ont lieu ce jour l&#224; en Autriche et en Italie. La journ&#233;e rencontre &#233;galement un grand &#233;cho en Roumanie, notamment &#224; Bucarest paralys&#233; par la gr&#232;ve. Dans l'arm&#233;e des r&#233;giments exigent la d&#233;mobilisation, et en juillet des soldats du 107&#176; r&#233;giment d'infanterie d'Alba Julia rejoignent l'arm&#233;e rouge. Le gouvernement roumain r&#233;agi par des arrestations mais la contestation ne parvient pas &#224; disloquer l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://communismeetconflits.over-blog.com/article-les-guerres-de-la-hongrie-rouge-avril-aout-1919-2nde-partie-114718162.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; Conseil des quatre &#187; (les quatre principaux imp&#233;rialismes oppos&#233;s &#224; l'Allemagne, r&#233;uni &#224; Paris en 1919, fait ses commentaires de la r&#233;volution russe, hongroise et europ&#233;enne :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;24 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clemenceau : Le p&#233;ril bolcheviste s'&#233;tend en ce moment vers le sud et vers la Hongrie ; il continuera &#224; s'&#233;tendre tant qu'il ne sera pas arr&#234;t&#233; ; il faut l'arr&#234;ter &#224; Odessa et &#224; Lemberg. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lloyd George : Si les dirigeants allemands arrivent &#224; la conclusion que ce qu'ils ont de mieux &#224; faire est d'imiter la Hongrie et de faire alliance avec les Bolcheviks, s'ils pr&#233;f&#232;rent le risque d'une anarchie de quelques ann&#233;es &#224; une servitude de trente-cinq ans que ferons-nous ? (...) Si nous avions &#224; occuper un pays tr&#232;s peupl&#233;, comme la Westphalie, tandis que l'Allemagne autour de nous se rel&#232;verait ou serait agit&#233;e par un bolchevisme contagieux, quels ne seraient pas nos d&#233;penses et nos risques ? (...) Ma conviction est que les Allemands ne signeront pas les propositions qu'on envisage (...) L'Allemagne passera au Bolchevisme. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 27 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mar&#233;chal Foch : Pour arr&#234;ter l'infiltration bolcheviste il faut cr&#233;er une barri&#232;re en Pologne et en Roumanie, fermant la br&#232;che de Lemberg, et assainir les points de l'arri&#232;re qui peuvent &#234;tre infect&#233;s, comme la Hongrie, en assurant le maintien des communications par Vienne. En ce qui concerne particuli&#232;rement la Roumanie, les mesures n&#233;cessaires sont pr&#233;vues en d&#233;tail pour envoyer &#224; son arm&#233;e les effets et &#233;quipements qui lui manquent. Cette arm&#233;e sera plac&#233;e sous le commandement d'un g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais. Vienne sera occup&#233;e par des troupes alli&#233;es sous un commandement am&#233;ricain. (...) Nous sommes d'accord sur l'aide &#224; donner &#224; l'arm&#233;e roumaine et sur l'&#233;vacuation d'Odessa, qui est li&#233;e &#224; notre action en Roumanie. (...) Quant &#224; l'id&#233;e d'op&#233;rer la jonction entre les forces polonaises et roumaines pour faire face &#224; l'est, c'est le pr&#233;lude d'une marche vers et cela nous conduit &#224; la question d'une intervention militaire en Russie. Nous avons examin&#233; cette question plus d'une fois et nous sommes chaque fois arriv&#233;s &#224; la conclusion qu'il ne fallait pas penser &#224; une intervention militaire. (...) L'&#233;vacuation d'Odessa est consid&#233;r&#233;e comme le moyen de reporter des ressources, dont l'emploi &#224; Odessa ne pouvait conduire &#224; aucun r&#233;sultat satisfaisant, sur la Roumanie pour compl&#233;ter ses moyens de d&#233;fense. (...)Pour arr&#234;ter l'infiltration bolcheviste il faut cr&#233;er une barri&#232;re en Pologne et en Roumanie, fermant la br&#232;che de Lemberg, et assainir les points de l'arri&#232;re qui peuvent &#234;tre infect&#233;s, comme la Hongrie, en assurant le maintien des communications par Vienne. (...) Contre une maladie &#233;pid&#233;mique, on fait un cordon sanitaire : on place un douanier tous les deux cent m&#232;tres et on emp&#234;che les gens de passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lloyd George : Il n'est pas de l'int&#233;r&#234;t du gouvernement allemand de nous emp&#234;cher de former une barri&#232;re contre le bolchevisme. (...) Sachons prendre une d&#233;cision ; ne faisons pas avec la Hongrie comme avec la Russie ; une Russie nous suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pichon : Que s'est-il pass&#233; (en Hongrie) ? (...) Le d&#233;part du comte Karoliyi et (. .) la chute du gouvernement (...). Une r&#233;publique des soviets a &#233;t&#233; proclam&#233;e. Nos missions ont &#233;t&#233; chass&#233;es et le premier acte du nouveau gouvernement a &#233;t&#233; de s'adresser &#224; L&#233;nine et de lui dire qu'on &#233;tait pr&#234;ts &#224; marcher avec lui. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : Il faut avant tout &#233;claircir la situation. Le gouvernement de Budapest (...) est un gouvernement de soviets parce que c'est la forme de gouvernement &#224; la mode et il peut y avoir bien des esp&#232;ces de soviets.&lt;br class='autobr' /&gt; Pichon : La Hongrie nous r&#233;pond par la r&#233;volution, par l'expulsion de nos missions. Nous sommes li&#233;s &#224; la Roumanie, &#224; qui nous avons promis de lib&#233;rer les populations transylvaines.&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : Il faut &#233;viter, par une attitude trop dure, de pousser un pays apr&#232;s l'autre dans le bolchevisme. Le m&#234;me danger existe &#224; Vienne. Si nous avions &#224; jeter l&#224; une ligne de d&#233;marcation, Vienne pourrait se jeter le lendemain dans le bolchevisme. Si de pareils &#233;v&#233;nements se r&#233;p&#232;tent, nous n'aurons pas de paix, parce que nous ne trouverons plus personne pour le conclure. En ce qui concerne la Hongrie (...) il ne servirait &#224; rien de lui dire &#171; Nous ne voulons rien avoir &#224; faire avec vous (...) nous n'avons jamais rien eu &#224; faire, ni les uns ni les autres, avec des gouvernements r&#233;volutionnaires. &#187; Quant &#224; moi, je suis pr&#234;t &#224; entrer en conversation avec n'importe quel coquin (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Lloyd George : Le comte Karolyi est un homme fatigu&#233;, qui a jet&#233; le manche apr&#232;s la cogn&#233;e, et le bolchevisme n'a eu qu'&#224; prendre une place vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 avril 1919&lt;br class='autobr' /&gt; Orlando : Nous avons re&#231;u un t&#233;l&#233;gramme de notre l&#233;gation en Suisse nous annon&#231;ant que la proclamation de la r&#233;publique des soviets &#224; Vienne est probable pour le 14 de ce mois, &#224; moins que Vienne ne soit occup&#233;e par les Alli&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Lloyd George : Qui propose-t-on d'envoyer occuper Vienne ? pourquoi, si nous suivions ces suggestions, n'occuperions-nous pas l'Europe enti&#232;re ? Nos repr&#233;sentants &#224; Berlin nous tiennent le m&#234;me langage ; il n'y aurait plus de raison de s'arr&#234;ter. (...) J'ai re&#231;u un t&#233;l&#233;gramme du War Office me faisant conna&#238;tre que la situation en Allemagne s'aggrave et que l &#187;on craint une catastrophe. (...) Aujourd'hui, nous apprenons la proclamation de la r&#233;publique des soviets en Bavi&#232;re. Le danger est que, quand nous demanderons aux d&#233;l&#233;gu&#233;s allemands : &#171; qui repr&#233;sentez-vous ? &#187;, ils ne sachent que r&#233;pondre. (...) Nous sommes d'accord pour examiner ce que nous aurons &#224; faire non seulement si l'Allemagne tombe en d&#233;composition, mais aussi si la situation s'aggrave en Autriche et dans les pays voisins. (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 mai 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident Wilson : La situation &#224; Varsovie est certainement dangereuse. L'opinion est tr&#232;s mont&#233;e et aux excitations nationalistes se m&#234;lent des menaces de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des postes et des chemins de fer. (...) Paderewski nous avertit qu'une intransigeance compl&#232;te de notre part aurait pour r&#233;sultat une r&#233;volution en Pologne et, pour commencer, la chute de son gouvernement. (...) Le seul moyen de r&#233;gler la question hongroise est une intervention militaire. Il n'y aurait pas de r&#233;sistance. (...) On nous conseille d'envoyer &#224; Budapest une mission politique ayant &#224; sa t&#234;te un homme comme le g&#233;n&#233;ral Smuts pour assurer l'&#233;tablissement d'un gouvernement stable. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Lloyd George : Nous sommes au milieu des sables mouvants. (...) Avez-vous vu le t&#233;l&#233;gramme de L&#233;nine qui accuse les troupes de Denikine d'atrocit&#233;s. J'ai bien peur qu'en fait les atrocit&#233;s n'aient lieu des deux c&#244;t&#233;s. Que penser des victoires de Koltchak ? (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : M&#234;me incertitude au sujet de la Hongrie. Nous recevons des rapports sur l'impopularit&#233; de la dictature du prol&#233;tariat. (...) La conclusion de mon repr&#233;sentant est que le seul moyen de r&#233;gler la question hongroise est une intervention militaire. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Clemenceau : Il me para&#238;t bien difficile d'occuper Budapest. Que nous demandera-t-on d'occuper ensuite ? Ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'on nous invite &#224; occuper telle ou telle partie de l'Europe. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : J'ai donn&#233; au D&#233;partement d'Etat l'instruction d'entrer directement en communication avec l'amiral Koltchak et de lui poser un certain nombre de questions, notamment sur ses intentions en ce qui concerne l'Assembl&#233;e Constituante et le r&#233;gime agraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin1919&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : Je prie les membres du Conseil militaire interalli&#233; de nous faire conna&#238;tre la situation militaire en Hongrie. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Lloyd George : J'ai des informations r&#233;centes d'un Anglais, venu de Budapest, et d'ailleurs tr&#232;s hostile &#224; Bela Kun. Il rejette toute la faute de ce qui est arriv&#233; sur les Roumains. (...) Bela Kun, &#224; ce moment, &#233;tait perdu. Il &#233;tait isol&#233; dans Budapest. Sa situation pouvait se comparer &#224; celle de la Commune de Paris imm&#233;diatement avant sa chute. L'avance des Roumains a soulev&#233; le sentiment national hongrois et donn&#233; &#224; Bela Kun une arm&#233;e (...) J'ai re&#231;u deux t&#233;l&#233;grammes de notre repr&#233;sentant militaire &#224; Prague. Le premier dit que la situation est tr&#232;s grave, que les Tch&#232;ques manquent de munitions, que Presbourg est menac&#233; et que le bolchevisme se d&#233;veloppe en Slovaquie. Le second annonce qu'&#224; la requ&#234;te du Pr&#233;sident Masaryk, le g&#233;n&#233;ral Pell&#233; a &#233;t&#233; plac&#233; &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e tch&#233;coslovaque et la loi martiale proclam&#233;e &#224; Presbourg. (...) Le g&#233;n&#233;ral Franchet d'Esperey, qui nous repr&#233;sente tous, a donn&#233; une premi&#232;re fois aux Roumains ordre de s'arr&#234;ter. Cet ordre n'a pas &#233;t&#233; ob&#233;i. (...) Je propose d'arr&#234;ter tout envoi de mat&#233;riel &#224; la Roumanie jusqu'&#224; ce qu'elle ait ob&#233;i &#224; notre ordre. (...) La plus grande partie de nos difficult&#233;s vient de ce que les Etats qui sont nos amis refusent de suivre nos instructions. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : Je n'aime pas jouer les d&#233;p&#244;ts de munitions. Cela peut produire des explosions. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Lloyd George : Les Allemands ne savent plus o&#249; ils en sont. Ils ressemblent &#224; un homme pris dans un cyclone, &#224; qui l'on demanderait tout &#224; coup : &#171; &#224; quel prix vendez-vous votre cheval ? &#187; D'ailleurs nous sommes un peu dans la m&#234;me situation. (...) Il faut aboutir. Nous ne pourrons tenir aucune des autres nations tant que nous n'aurons pas fait la paix avec l'Allemagne. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
10 juin 1919&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Wilson : Nous vous avons convoqu&#233;s, Messieurs, parce que nous sommes tr&#232;s pr&#233;occup&#233;s de la situation militaire en Hongrie et autour de la Hongrie. (...) Cette seconde offensive (roumaine) a eu comme cons&#233;quence la chute de Karolyi, dont l'attitude envers l'Entente &#233;tait plus amicale que celle d'aucun autre homme d'Etat hongrois .C'est alors que Bela Kun s'empara du pouvoir. Son gouvernement n'&#233;tait pas de nature &#224; &#234;tre accept&#233; par les classes les plus &#233;tablies de la population. Mais quand les Tch&#232;ques, &#224; leur tour, attaqu&#232;rent le territoire hongrois. On nous rapporte que les officiers de l'ancienne arm&#233;e hongroise eux-m&#234;mes vinrent se ranger autour du gouvernement de Bela Kun. Celui-ci donc arriv&#233; au pouvoir en cons&#233;quence de l'offensive roumaine y a &#233;t&#233; consolid&#233; par l'offensive tch&#232;que. Rien ne peut &#234;tre plus fatal &#224; notre politique. (...) Nous devons &#233;viter de cr&#233;er nous-m&#234;mes le bolchevisme en donnant aux populations des pays ennemis de justes raisons de m&#233;contentement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 juin 1919&lt;br class='autobr' /&gt; Lloyd George : Le Conseil &#233;conomique nous demande s'il n'y a pas lieu de lever le blocus de la Russie bolcheviste et de la Hongrie d&#232;s la signature du trait&#233; avec l'Allemagne. La question, en r&#233;alit&#233;, se borne &#224; savoir si les allemands seront les seuls &#224; avoir le droit de commercer avec la Russie. (...) Si je croyais que nous puissions &#233;craser les Bolcheviks cette ann&#233;e, je serai d'avis de faire un grand effort auquel participeraient les flottes anglaise et fran&#231;aise. Mais l'amiral Koltchak vient d'&#234;tre repouss&#233; &#224; trois cent kilom&#232;tres en arri&#232;re. Une des ses arm&#233;es est d&#233;truite. (...) Pour moi, l'amiral Koltchak ne battra pas L&#233;nine. Il arrivera plut&#244;t un moment o&#249; les adversaires se rapprocheront pour mettre fin &#224; l'anarchie. Il semble que les affaires militaires des Bolcheviks soient bien conduites. Mais les observateurs qui nous renseignent disent que la pure doctrine bolcheviste est de plus en plus abandonn&#233;e et que ce qui se constitue l&#224;-bas, c'est un Etat qui ne diff&#232;re pas sensiblement d'un Etat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/08/300801a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;on Trotsky - Pour un bilan de la r&#233;volution hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article213&#034;&gt;Lire encore sur la r&#233;volution hongroise de 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1598&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le royaume de Hongrie avant 1914&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1608&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Hongrie du d&#233;but de la guerre en 1914 &#224; la vague de gr&#232;ve de 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxiste.org/theorie/histoire-materialisme-historique/246-la-republique-sovietique-hongroise-de-1919-la-revolution-oubliee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Hongrie sovi&#233;tique de 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_hongrie_de_karolyi_a_horthy_revolutions_contre-revolution_et_regence.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie de la r&#233;volution et de la contre-r&#233;volution en Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/rint144/la_revolution_hongroise_de_1919_ii.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur la r&#233;volution hongroise de 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://communismeetconflits.over-blog.com/article-les-guerres-de-la-hongrie-rouge-avril-aout-1919-derniere-partie-114811583.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les guerres de la Hongrie rouge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6295528h/f1.image.r=les%20cent%20jours%20de%20b%C3%A9la%20kun?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bulletin p&#233;riodique de la presse hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k817072z/f1.item.r=les%20cent%20jours%20de%20b%C3%A9la%20kun%20Hongrie%20r%C3%A9volution%201918.zoom&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Populaire commente la r&#233;volution hongroise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2438&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;volution d'Octobre et la R&#233;publique des conseils en Hongrie, Par Balazs Nagy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.internationalism.org/rint139/1914_23_dix_annees_qui_ebranlerent_le_monde_la_revolution_hongroise_de_1929.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise de 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;In english :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/kun-bela/1918/07/04.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bela Kun - The Revolution in Hungary&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/kun-bela/1918/07/24.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bela Kun - Materials for the History of the Birth of the Hungarian Revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/kun-bela/1918/05/15.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bela Kun - A School of Social Revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1918/nov/03.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vladimir Lenin - Speech At A Rally - In Honour Of The Austro-Hungarian Revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1919/mar/23.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;V. I. Lenin - Record Of Wireless Message To B&#233;la Kun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://otheraspect.files.wordpress.com/2011/11/writings-of-bela-kun.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Writings of Bela Kun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/kun-bela/1918/07/24.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bela Kun - Materials for the History of the Birth of the Hungarian Revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin... de l'histoire en 1928...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Visitons la galerie de l'Internationale stalinienne en commen&#231;ant par quelqu'un, je citerai tout d'abord Bela Kun, sans vouloir par l&#224; exag&#233;rer son importance, ni dans le bon ni dans le mauvais sens. En toute justice, il faut reconna&#238;tre que Bela Kun n'est pas le pire &#233;l&#233;ment des milieux dirigeants de l'Internationale ; deux autres communistes hongrois le compl&#232;tent : Varga et Pepper. Tous les trois, intervenant presque continuellement comme professeurs et directeurs de conscience des sections nationales, jouent un r&#244;le international. Deux d'entre eux, Kun et Pepper, sont des sp&#233;cialistes hautement qualifi&#233;s de la lutte contre le &#034; trotskysme &#034;. L'&#233;ph&#233;m&#232;re R&#233;publique sovi&#233;tique hongroise leur conf&#232;re encore un certain lustre d'autorit&#233;. Cependant, il ne faut pas oublier que ces politiques n'ont pas eu &#224; prendre le pouvoir : il leur fut mis sous le nez par une bourgeoisie accul&#233;e &#224; l'impasse. Ayant pris le pouvoir sans combat, les dirigeants hongrois montr&#232;rent qu'ils n'&#233;taient pas de taille &#224; le garder. Leur politique fut une cha&#238;ne d'erreurs. Bornons-nous &#224; en mentionner deux cha&#238;nons : premi&#232;rement, ils oubli&#232;rent l'existence de la paysannerie et ne lui donn&#232;rent pas la terre ; deuxi&#232;mement, dans leur joie, ils firent fusionner le jeune Parti communiste avec la social-d&#233;mocratie de gauche d&#232;s que celle-ci s'accrocha au pouvoir. Ils montr&#232;rent ainsi &#8211; et Bela Kun en t&#234;te &#8211; que l'exp&#233;rience russe ne leur avait appris &#224; comprendre ni la question paysanne ni le r&#244;le du parti dans la r&#233;volution. Naturellement, ces fautes qui co&#251;t&#232;rent la vie &#224; la r&#233;volution hongroise s'expliquent par la jeunesse du parti hongrois et par l'extr&#234;me manque de pr&#233;paration politique de ses chefs. Mais n'est-il pas stup&#233;fiant que Bela Kun, comme son ombre social-d&#233;mocrate Pepper, puisse se croire d&#233;sign&#233; pour d&#233;noncer en nous, oppositionnels, une sous-estimation des paysans et une incompr&#233;hension du r&#244;le du Parti ? O&#249; est-il dit qu'un homme qui, par l&#233;g&#232;ret&#233;, a cass&#233; bras et jambes &#224; ses familiers est promu, de ce fait, au titre de professeur de chirurgie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du IIIe Congr&#232;s, Bela Kun, flanqu&#233; de son indispensable compl&#233;ment, adopta une attitude ultra-gauchiste. Ils d&#233;fendirent la strat&#233;gie qui fut appliqu&#233;e en Allemagne, en mars 1921, et dont Bela Kun &#233;tait l'un des principaux inspirateurs. Ils partaient du point de vue que, si l'on ne provoquait pas tout de suite la r&#233;volution en Occident, la R&#233;publique sovi&#233;tique &#233;tait vou&#233;e &#224; la mort. Bela Kun chercha maintes fois &#224; me convaincre de &#034; tenter la chance &#034; dans cette voie. J'ai toujours repouss&#233; son &#034; aventurisme &#034; et, avec L&#233;nine, je lui ai expliqu&#233;, au IIe Congr&#232;s, que la t&#226;che des communistes europ&#233;ens est de &#034; sauver &#034; l'U.R.S.S. non pas en proc&#233;dant &#224; des mises en sc&#232;ne r&#233;volutionnaires, mais en pr&#233;parant s&#233;rieusement les partis europ&#233;ens &#224; la prise du pouvoir. Aujourd'hui, Bela Kun, avec les Pepper de tout poil, croit pouvoir m'accuser de &#034; scepticisme &#034; envers les forces vives de la R&#233;publique sovi&#233;tique ; d'apr&#232;s lui, je sp&#233;culerais uniquement sur la r&#233;volution mondiale. Ce qu'on appelle l'ironie de l'histoire rev&#234;t ici l'aspect d'une v&#233;ritable bouffonnerie. A vrai dire, ce n'est pas fortuitement que le IIIe Congr&#232;s entendit retentir comme un leitmotiv la formule de L&#233;nine : &#034; Tout cela, par la b&#234;tise de Bela Kun. &#034; Et lorsque, dans mes conversations priv&#233;es avec L&#233;nine, j'essayais de prendre la d&#233;fense de Bela Kun contre des attaques trop cruelles, L&#233;nine r&#233;pondait : &#034; Je ne conteste pas que ce soit un homme combatif, mais en politique il n'est propre &#224; rien ; il faut faire en sorte que personne ne le prenne au s&#233;rieux. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Pepper, c'est le prototype de l'adapt&#233;, du client politique. De tels individus se sont toujours pos&#233;s et se poseront toujours sur toute r&#233;volution victorieuse aussi infailliblement que les mouches sur le sucre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe de la R&#233;publique sovi&#233;tique hongroise, Pepper chercha &#224; entrer en contact avec le comte Karolyi. Lors du IIIe Congr&#232;s, il &#233;tait ultra-gauchiste. En Am&#233;rique, il se fit le h&#233;raut du parti La Follette et entra&#238;na le jeune Parti communiste dans le marais jusqu'&#224; la ceinture. Inutile de dire qu'il s'est fait le proph&#232;te du socialisme dans un seul pays et qu'il est devenu l'un des plus farouches antitrotskystes. C'est aujourd'hui sa profession, comme d'autres tiennent une agence matrimoniale ou vendent des billets de loterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;p&#233;ter de Varga ce que j'en ai d&#233;j&#224; dit : qu'il est le type achev&#233; du Polonius th&#233;oricien, au service de toutes les directions de l'Internationale communiste. Il est vrai que ses connaissances et ses qualit&#233;s d'analyse font de lui un militant utile et qualifi&#233;. Mais il n'y a pas trace en lui de force de pens&#233;e ou de volont&#233; r&#233;volutionnaire. Il &#233;tait brandl&#233;rien sous Brandler, maslovien sous Maslov, thaelmannien sous ce n&#233;ant qui a nom Thaelmann. Consciencieusement et scrupuleusement, il sert toujours les arguments &#233;conomiques de la ligne politique adverse. Quant &#224; la valeur objective de ses travaux, elle se limite enti&#232;rement &#224; la qualit&#233; politique de la commande, sur laquelle il n'a lui-m&#234;me aucune influence. Il d&#233;fend la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, comme je l'ai dit, en excipant du manque de culture politique de l'ouvrier russe, qui a besoin de perspectives &#034; consolantes &#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical4.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &#171; Les cent jours de B&#233;la Kun &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1936, le premier grand proc&#232;s fit dispara&#238;tre avec Kamenev et Smirnov, Zinoviev, pr&#233;sident du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun, consid&#233;r&#233; comme &#171; zinovi&#233;viste &#187;, fut rappel&#233; en Russie. Il arriva &#224; Moscou au d&#233;but de 1937. Peu apr&#232;s, un jour de printemps, le comit&#233; ex&#233;cutif fut convoqu&#233;. Dimitrov pr&#233;sida la s&#233;ance. A la stupeur g&#233;n&#233;rale, il annon&#231;a l'importance de l'ordre du jour : l'affaire B&#233;la Kun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapporteur, Manouilsky, homme de confiance de Staline, accusa son coll&#232;gue hongrois de d&#233;viation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manouilsky accusa B&#233;la Kun d'avoir toujours &#233;t&#233; d&#233;viationniste, m&#234;me &#224; l'&#233;poque o&#249; il avait &#233;t&#233; le chef de la dictature du prol&#233;tariat hongrois. Il alla jusqu'&#224; l'accuser d'avoir &#233;t&#233; en m&#234;me temps au service de la police secr&#232;te roumaine&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa plaidoirie tomba dans un silence l&#226;che&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire fut transmise &#224; une commission sp&#233;ciale et l'accus&#233; fut suspendu de toutes ses fonctions. A la sortie de la salle, deux agents du G.P.U. l'attendaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devait dispara&#238;tre quelques mois plus tard, &#224; l'&#233;poque o&#249; des amis de L&#233;nine avou&#232;rent, sur l'ordre de Staline, qu'ils &#233;taient des tra&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;la Kun ne s'y conforma pas. Il refusa de t&#233;moigner contre Radek. Il invectiva les enqu&#234;teurs du G.P.U. :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je veux prouver devant le monde entier que vous avez trahi la cause du prol&#233;tariat international !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut fusill&#233; sans proc&#232;s&#8230; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les le&#231;ons des &#233;checs de la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne de 1917-1923</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4741</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4741</guid>
		<dc:date>2018-01-15T23:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne Deutschland</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne Espa&#241;a</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Finlande</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les le&#231;ons des &#233;checs de la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne : Autriche, Allemagne, Pologne, Italie, Bavi&#232;re, Hongrie, Finlande Avertissement : pour nous, comme pour les Bolcheviks, la r&#233;volution russe ne pouvait triompher comme r&#233;volution socialiste, ne pouvait m&#234;me se maintenir au pouvoir, sans qu'elle triomphe aussi en Europe. L'&#233;chec de la r&#233;volution europ&#233;enne sonnait donc in&#233;vitablement le glas du socialisme en Russie&#8230; Cependant, il est n&#233;cessaire de comprendre pourquoi la r&#233;volution (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Allemagne Deutschland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Espagne Espa&#241;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot268" rel="tag"&gt;Finlande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot270" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les le&#231;ons des &#233;checs de la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne : Autriche, Allemagne, Pologne, Italie, Bavi&#232;re, Hongrie, Finlande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : pour nous, comme pour les Bolcheviks, la r&#233;volution russe ne pouvait triompher comme r&#233;volution socialiste, ne pouvait m&#234;me se maintenir au pouvoir, sans qu'elle triomphe aussi en Europe. L'&#233;chec de la r&#233;volution europ&#233;enne sonnait donc in&#233;vitablement le glas du socialisme en Russie&#8230; Cependant, il est n&#233;cessaire de comprendre pourquoi la r&#233;volution a triomph&#233; en Russie alors qu'elle a &#233;chou&#233; en Europe et, du coup, pourquoi elle a &#233;chou&#233; finalement aussi en Russie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article559&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Europe de l'ouest apr&#232;s la r&#233;volution russe de 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article204&#034;&gt;La r&#233;volution russe de 1917 et la vague r&#233;volutionnaire en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article214&#034;&gt;Les puissances imp&#233;rialistes pendant la vague r&#233;volutionnaire en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1436&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vague r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la social-d&#233;mocratie allemande pactisait avec le Haut-Etat Major et les corps francs fascistes contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1919/10/autriche.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autriche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1920/11/kapp.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1920/06/pologne.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pologne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5677&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3802&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Finlande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4859&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bavi&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4987&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autriche-Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article278&#034;&gt;Encore l'Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2438&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pologne et Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.internationalism.org/rint139/1914_23_dix_annees_qui_ebranlerent_le_monde_la_revolution_hongroise_de_1929.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore la Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.lautre.net/que-faire/que-faire-no01-aout-octobre-2009/article/italie-1919-1921-les-conseils-d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toujours l'Italie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3488&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore l'Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article705&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Russie et Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la vague r&#233;volutionnaire de 1917-1920 en Europe a &#233;chou&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des soviets et du Parti dans la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/rinte80/vague.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1917-23 : La premi&#232;re vague r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat mondial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/avbol/avbol.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'av&#232;nement du bolchevisme&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la vague r&#233;volutionnaire a &#233;chou&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2357&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La trahison de la r&#233;volution russe a-t-elle commenc&#233; avec la signature des accords de Brest-Litovsk comme le pr&#233;tendaient les SR de gauche et les communistes de gauche tels Boukharine et Radek ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical31.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;chec s'est poursuivi en Chine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Waterloo, la premi&#232;re guerre mondiale en Europe&#8230;.</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4457</link>
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		<dc:date>2017-09-15T23:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Angleterre Great Britain</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Waterloo, la premi&#232;re guerre mondiale en Europe&#8230;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Napol&#233;on dit au sujet de la bataille : &#171; ce sera l'affaire d'un d&#233;jeuner &#187;. Pourtant, la simple escarmouche va se m&#233;tamorphoser en une journ&#233;e cauchemardesque d'environ neuf heures, dans le sang et la boue. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je ne comprends pas les Anglais ! Tandis qu'en France nous donnons &#224; nos rues des noms de victoire : Wagram, Austerlitz&#8230; l&#224;-bas, on leur colle des noms de d&#233;faite : Trafalgar square, Waterloo Place&#8230; &#187; &#233;crivait l'humoriste Alphonse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Angleterre Great Britain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Waterloo, la premi&#232;re guerre mondiale en Europe&#8230;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on dit au sujet de la bataille :&lt;i&gt; &#171; ce sera l'affaire d'un d&#233;jeuner &#187;&lt;/i&gt;. Pourtant, la simple escarmouche va se m&#233;tamorphoser en une journ&#233;e cauchemardesque d'environ neuf heures, dans le sang et la boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne comprends pas les Anglais ! Tandis qu'en France nous donnons &#224; nos rues des noms de victoire : Wagram, Austerlitz&#8230; l&#224;-bas, on leur colle des noms de d&#233;faite : Trafalgar square, Waterloo Place&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &#233;crivait l'humoriste Alphonse Allais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien connu, m&#234;me en France, que l'un des moments historiques de l'Europe a &#233;t&#233; la d&#233;faite de Napol&#233;on &#224; Waterloo, d&#233;faite sans laquelle l'Europe serait fran&#231;aise. Mais les livres d'histoire de France tentent de camoufler ce fait. Et maintenant la France veut interdire &#224; l'Europe de reconnaitre ce fait : elle refuse la mise en circulation d'une pi&#232;ce de deux euros comm&#233;morant Waterloo !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si toutes les puissances europ&#233;ennes ont c&#233;l&#233;br&#233; Waterloo, d&#233;faite d&#233;terminante de l'empereur Napol&#233;on et de la France, cette derni&#232;re tente plut&#244;t d'oublier ce grand massacre guerrier europ&#233;en, termin&#233; sur une d&#233;faite sanglante&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; nombre de ses batailles pr&#233;c&#233;dentes contre l'Angleterre et la Prusse, cette fois Napol&#233;on a, au d&#233;part, la sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique et la sup&#233;riorit&#233; du feu des canons&#8230; Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.-B. Decoster &#233;tait un cabaretier-paysan de la r&#233;gion qui occupait une maison non loin de l'actuel monument &#224; l'Aigle bless&#233;. Il fut enr&#244;l&#233;, contre son gr&#233;, par Napol&#233;on pour servir de guide. Comme il se cachait au moindre coup de feu, l'histoire raconte que l'empereur le fit attacher les mains sur son cheval. Voici son r&#233;cit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout le champ de bataille de Waterloo, tremp&#233; de pluie et de sang, p&#233;tri avec la moisson de seigle et de ma&#239;s, par les pieds des chevaux, ressemblait &#224; une esp&#232;ce de p&#226;te. Il pr&#233;sentait alors &#224; l'&#339;il vingt-cinq mille morts et bless&#233;s au moins, et un plus grand nombre de chevaux dans le m&#234;me &#233;tat. La terre &#233;tait jonch&#233;e d'armes, de selles, de brides, de sacs, de v&#234;tements divers, de d&#233;bris de cartouches, de livrets militaires, etc. Le lendemain on consuma sur des b&#251;chers dress&#233;s &#224; la h&#226;te, et l'on enterra dans des esp&#232;ces de tranch&#233;es qui traversent le champ de bataille, les corps qui semblaient ne plus respirer, sans s'informer bien strictement s'ils n'auraient pas pu &#234;tre ramen&#233;s &#224; la vie. Le reste fut aussi bien soign&#233; qu'il fut possible. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Waterloo, c'est &#171; le plus affreux carnage que j'aie jamais vu &#187;, devait se rappeler le mar&#233;chal Ney&#8230; Lettre de M. le mar&#233;chal prince de la Moskowa, &#224; S. Exc. M. le duc d'Otrante, 26 juin 1815.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.courrierinternational.com/article/waterloo-1815-2015-un-terrible-carnage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un terrible carnage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.memoires-en-jeu.com/inprogress/waterloo-morts-en-masse-et-memoire-vivace/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La m&#233;moire de Waterloo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rh19.revues.org/431&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les temps retrouv&#233;s de Waterloo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=2U6uCAAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;ni fran&#231;ais de la d&#233;faite de Waterloo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lepassebelge.blogs.lalibre.be/archive/2017/04/17/la-memoire-brabanconne-de-waterloo-1157776.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aussi une m&#233;moire belge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=AVqbBgAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=bernard+cornwell+waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwipl_Kh4u7TAhVDnRoKHeMBCUMQ6AEIMTAB#v=onepage&amp;q=bernard%20cornwell%20waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronique d'une bataille l&#233;gendaire par Cornwell&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_TII_L1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;cit de Waterloo par Victor Hugo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Waterloo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La po&#233;sie de G&#233;rard de Nerval&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Chartreuse_de_Parme_(%C3%A9dition_Martineau,_1927)/Chapitre_III&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le R&#233;cit de Stendhal dans &#171; La chartreuse de Parme &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Champ_de_bataille_de_Waterloo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le champ de bataille de Waterloo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Expiation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La po&#233;sie de Victor Hugo : Waterloo, morne plaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Waterloo,_trente-quatre_ans_apr%C3%A8s_la_bataille&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille, vue par L&#233;on Gozlan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Bataille_de_Waterloo_(RDDM)/01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Waterloo, vu par Henry Houssaye&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63772793.r=histoire%20de%20waterloo%20guerre%20europ%C3%A9enne?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue du militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k733390/f4.image.r=histoire%20de%20waterloo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Waterloo, dans les M&#233;moires de Napol&#233;on -&gt; http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k840474r/f5.image.r=histoire%20de%20waterloo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vue par le colonel Heym&#232;s, aide de camp de Napol&#233;on&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=x1hBAAAAIAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commentaires du r&#233;cit du g&#233;n&#233;ral Gourgaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=MU1BAAAAIAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;cit d'un ancien officier de la garde imp&#233;riale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=MlHPhDReBX4C&amp;pg=PA231&amp;lpg=PA231&amp;dq=waterloo,+la+m%C3%A9moire+historique&amp;source=bl&amp;ots=TZAWDOVS_V&amp;sig=Afs1OzkwVz1WasvAYc7Ba3jz7HQ&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiU9IGC4-7TAhWLtBoKHXY7D0IQ6AEIWTAI#v=onepage&amp;q=waterloo%2C%20la%20m%C3%A9moire%20historique&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La campagne de 1815&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=z6N3CgAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;cit anglais : The History of Four Days, Three Armies and Three Battles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=ZCt3qmX8_VEC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Waterloo by Cornwell&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=l2oUAAAAQAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Battle of Waterloo, the British Point of View&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=V0MBAAAAQAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Waterloo, The Dowfall of Napoleon I&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=PGV_T6QxHuIC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A Critique of Waterloo, par Clausewitz&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=FSmODAAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=Waterloo&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=Waterloo&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et en italien... La Bataglia&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Waterloo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur la bataille de Waterloo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4671&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Napol&#233;on Bonaparte, un h&#233;ros ou un criminel, un r&#233;volutionnaire ou un contre-r&#233;volutionnaire, un dictateur imp&#233;rialiste ou un lib&#233;rateur des peuples ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution dans l'empire austro-hongrois</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3918</link>
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		<dc:date>2016-02-13T00:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La milice ouvri&#232;re hongroise &lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e rouge hongroise &lt;br class='autobr' /&gt; Volontaires &#233;trangers de l'arm&#233;e rouge hongroise &lt;br class='autobr' /&gt;
L'amiral Horthy, chef de la contre-r&#233;volution sanglante, re&#231;u &#224; Budapest en novembre 1919 &lt;br class='autobr' /&gt;
Compte-rendu &#233;crit des r&#233;unions du &#171; Conseil des Quatre &#187;, r&#233;unissant &#224; Paris les repr&#233;sentants des grandes puissances imp&#233;rialistes mondiales : &lt;br class='autobr' /&gt;
27 mars 1919 Mar&#233;chal Foch : Pour arr&#234;ter l'infiltration bolcheviste il faut cr&#233;er une barri&#232;re en Pologne et en Roumanie, fermant la br&#232;che de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot166" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot270" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La milice ouvri&#232;re hongroise&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1527.jpg' width=&#034;498&#034; height=&#034;362&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e rouge hongroise&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6496 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1529.jpg' width=&#034;498&#034; height=&#034;341&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Volontaires &#233;trangers de l'arm&#233;e rouge hongroise&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1528.jpg' width=&#034;499&#034; height=&#034;368&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'amiral Horthy, chef de la contre-r&#233;volution sanglante, re&#231;u &#224; Budapest en novembre 1919&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-1526.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;197&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Compte-rendu &#233;crit des r&#233;unions du &#171; Conseil des Quatre &#187;, r&#233;unissant &#224; Paris les repr&#233;sentants des grandes puissances imp&#233;rialistes mondiales :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;27 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mar&#233;chal Foch : Pour arr&#234;ter l'infiltration bolcheviste il faut cr&#233;er une barri&#232;re en Pologne et en Roumanie, fermant la br&#232;che de Lemberg, et assainir les points de l'arri&#232;re qui peuvent &#234;tre infect&#233;s, comme la Hongrie, en assurant le maintien des communications par Vienne. En ce qui concerne particuli&#232;rement la Roumanie, les mesures n&#233;cessaires sont pr&#233;vues en d&#233;tail pour envoyer &#224; son arm&#233;e les effets et &#233;quipements qui lui manquent. Cette arm&#233;e sera plac&#233;e sous le commandement d'un g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais. Vienne sera occup&#233;e par des troupes alli&#233;es sous un commandement am&#233;ricain. (...) Nous sommes d'accord sur l'aide &#224; donner &#224; l'arm&#233;e roumaine et sur l'&#233;vacuation d'Odessa, qui est li&#233;e &#224; notre action en Roumanie. (...) Quant &#224; l'id&#233;e d'op&#233;rer la jonction entre les forces polonaises et roumaines pour faire face &#224; l'est, c'est le pr&#233;lude d'une marche vers et cela nous conduit &#224; la question d'une intervention militaire en Russie. Nous avons examin&#233; cette question plus d'une fois et nous sommes chaque fois arriv&#233;s &#224; la conclusion qu'il ne fallait pas penser &#224; une intervention militaire. (...) L'&#233;vacuation d'Odessa est consid&#233;r&#233;e comme le moyen de reporter des ressources, dont l'emploi &#224; Odessa ne pouvait conduire &#224; aucun r&#233;sultat satisfaisant, sur la Roumanie pour compl&#233;ter ses moyens de d&#233;fense. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Orlando (Italie) : Je demande la permission de lire deux t&#233;l&#233;grammes que nous recevons de notre commissaire italien &#224; Vienne sur la situation. Le premier nous informe qu'on a re&#231;u &#224; Vienne une d&#233;p&#234;che du gouvernement r&#233;volutionnaire de Budapest, invitant le prol&#233;tariat viennois &#224; suivre l'exemple des Hongrois. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par les r&#233;volutionnaires viennois de former un conseil de travailleurs, de mani&#232;re &#224; les mettre en &#233;tat de prendre le pouvoir (...) Le second t&#233;l&#233;gramme (...) consid&#232;re l'infiltration bolcheviste comme probable si la garde populaire n'est pas d&#233;sarm&#233;e. Le gouvernement est faible, mais il suffirait, pour r&#233;tablir la situation, d'envoyer &#224; Vienne deux r&#233;giments am&#233;ricains qui seraient re&#231;us avec soulagement par la majorit&#233; de la population. Une d&#233;claration des Alli&#233;s au sujet des approvisionnements produirait un effet utile mais ne servirait &#224; rien si elle venait apr&#232;s le triomphe des bolchevistes.&lt;br class='autobr' /&gt; G&#233;n&#233;ral Diaz : Le bolchevisme est un mouvement populaire qui se manifeste partout o&#249; les vivres manquent et o&#249; l'autorit&#233; centrale est faible . (...) Son succ&#232;s para&#238;t li&#233; aux succ&#232;s du mouvement bolcheviste russe.. (...) la fermentation qui se produit actuellement n'a pas lieu seulement &#224; Vienne, mais jusque dans les pays slov&#232;nes, partout en un mot o&#249; la population souffre de l'insuffisance du ravitaillement. En occupant Vienne fortement, on tient les voies de communication et on arr&#234;te ce progr&#232;s mena&#231;ant. Ce qu'il faut c'est donner aux populations l'impression que nous apportons des vivres, l'ordre et la s&#233;curit&#233;. Sans cela elles se jetteront instinctivement du c&#244;t&#233; du d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; G&#233;n&#233;ral Bliss : Le mot &#171; bolcheviste &#187; revient si souvent dans nos d&#233;bats qu'&#233;videmment il donne le ton &#224; tout ce qui vient d'&#234;tre dit. Si nous remplacions par le mot &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, ce serait peut-&#234;tre plus clair. Le bolchevisme est la forme prise par le mouvement r&#233;volutionnaire dans les pays arri&#233;r&#233;s qui ont particuli&#232;rement souffert. D'ailleurs nous entendons dire, tant&#244;t que le bolchevisme russe est un produit allemand, tant&#244;t que c'est un mouvement essentiellement russe et qui, de l'est, vient envahir l'Europe. S'il &#233;tait certain qu'il vient de Russie, c'est l&#224; &#233;videmment qu'il faudrait le tuer. Mais le probl&#232;me est plus difficile. Un cordon sanitaire pourrait arr&#234;ter les bolchevistes, mais non le bolchevisme, et pour en faire une barri&#232;re v&#233;ritable, il faudrait d&#233;ployer des forces tr&#232;s consid&#233;rables depuis la Baltique jusqu'&#224; la mer Noire. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pr&#233;sident Wilson : La question n'est-elle pas de savoir s'il est possible d'organiser une r&#233;sistance arm&#233;e contre le bolchevisme, ce qui veut dire : avons-nous, non seulement les troupes qu'il faut, mais les moyens mat&#233;riels, et le sentiment public qui nous soutiendrait ? A mon avis, essayer d'arr&#234;ter un mouvement r&#233;volutionnaire par des arm&#233;es en ligne, c'est employer un balai pour arr&#234;ter une grande mar&#233;e. Les arm&#233;es, d'ailleurs, peuvent s'impr&#233;gner du bolchevisme qu'elles seraient charg&#233;es de combattre. Un germe de sympathie existe entre les forces qu'on voudrait opposer. Le seul moyen d'agir contre le bolchevisme, c'est d'en faire dispara&#238;tre les causes. (...) Une de ces causes est l'incertitude des populations au sujet de leurs fronti&#232;res de demain, des gouvernements auxquels elles devront ob&#233;ir, et, en m&#234;me temps, leur d&#233;tresse parce qu'elles manquent de vivres, de moyens de transport et de moyens de travail. (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8 avril 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Orlando : Nous avons re&#231;u un t&#233;l&#233;gramme de notre l&#233;gation en Suisse nous annon&#231;ant que la proclamation de la r&#233;publique des soviets &#224; Vienne est probable pour le 14 de ce mois, &#224; moins que Vienne ne soit occup&#233;e par les Alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lloyd George : Qui propose-t-on d'envoyer occuper Vienne ? pourquoi, si nous suivions ces suggestions, n'occuperions-nous pas l'Europe enti&#232;re ? Nos repr&#233;sentants &#224; Berlin nous tiennent le m&#234;me langage ; il n'y aurait plus de raison de s'arr&#234;ter. (...) J'ai re&#231;u un t&#233;l&#233;gramme du War Office me faisant conna&#238;tre que la situation en Allemagne s'aggrave et que l &#187;on craint une catastrophe. (...) Aujourd'hui, nous apprenons la proclamation de la r&#233;publique des soviets en Bavi&#232;re. Le danger est que, quand nous demanderons aux d&#233;l&#233;gu&#233;s allemands : &#171; qui repr&#233;sentez-vous ? &#187;, ils ne sachent que r&#233;pondre. (...) Nous sommes d'accord pour examiner ce que nous aurons &#224; faire non seulement si l'Allemagne tombe en d&#233;composition, mais aussi si la situation s'aggrave en Autriche et dans les pays voisins. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lloyd George : Pour l'emploi du temps, il a &#233;t&#233; propos&#233; d'&#233;tudier la semaine prochaine les questions relatives &#224; la paix en Autriche. (...)&lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui me rallie &#224; la proposition de M. Lloyd George, c'est l'effet moral que la convocation aura en Autriche. Les d&#233;p&#234;ches que nous recevons de Vienne indiquent l'urgence de soutenir le gouvernement actuel. La disette, le sentiment que la paix n'est pas en vue, cr&#233;ent un &#233;tat d'esprit dangereux (...)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne dans l'empire Austro-hongrois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 6 janvier, l'Allemagne annonce &#224; Trotsky que les conventions de paix sign&#233;es en d&#233;cembre 1917 sont annul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la Rada (le parlement ukrainien) d&#233;clare que seul un gouvernement f&#233;d&#233;ral de toutes les r&#233;gions de Russie sera habilit&#233; &#224; signer la paix. C'est alors que les villes ukrainiennes de Karkov et Iekaterinoslav se proclament sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve &#233;clate ensuite &#224; Vienne et s'&#233;tend &#224; tous les centres industriels autrichiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 1918 : gr&#232;ves en Autriche &#8211;Hongrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 janvier 1918, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;clate dans un grand nombre de villes allemandes : Berlin, Hambourg, Kiel, Breslau, Danzig, Mannheim, Munich, Nuremberg, &#8230; La gr&#232;ve est interdite et l'&#233;tat de si&#232;ge est renforc&#233;. Cela n'emp&#234;che pas une nouvelle gr&#232;ve de masse &#224; Berlin du 15 au 17 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 28 au 31 janvier : gr&#232;ve ouvri&#232;re &#224; Berlin et dans plusieurs villes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29, la Hongrie bascule &#224; son tour dans la gr&#232;ve : Budapest est paralys&#233;e. Les nouvelles forces sovi&#233;tiques ukrainiennes se joignent &#224; l'Arm&#233;e rouge, marchent sur Kiev, et attaquent &#034;L'Arm&#233;e des Volontaires&#034; de Kornilov. En Pologne, les ouvriers de Varsovie d&#233;cident la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 janvier-15 mai : Guerre civile finlandaise qui se termine par l'&#233;crasement militaire des comit&#233;s populaires et communistes par les troupes blanches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Lenine esp&#232;re qu'une r&#233;volution &#233;clatera en Allemagne, 400000 ouvriers se mettent en gr&#232;ve &#224; Berlin et r&#233;clament la paix. Kiel, Cologne, Hambourg, Munich et Leipzig suivent le mouvement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e roumaine chasse les soviets de Moldavie et occupe le pays. En Allemagne et en Autriche, les gr&#233;vistes sont brutalement mis au pas. La Rada ukrainienne organise une r&#233;pression sanglante et, &#224; Kiev, plus de 1500 ouvriers sont fusill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'Arm&#233;e rouge arrive &#224; Kiev et, le 12 f&#233;vrier, le gouvernement sovi&#233;tique d'Ukraine est proclam&#233;. La Rada en fuite demande alors sa protection &#224; l'arm&#233;e allemande, laquelle s'enfonce d&#233;j&#224; en Ukraine et en Russie. Lenine en appelle au peuple : 100000 hommes viennent aussit&#244;t renforcer l'Arm&#233;e rouge...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 octobre, &#224; Kiel, alors que la flotte de guerre allemande s'appr&#234;te &#224; appareiller, les matelots de plusieurs cuirass&#233;s se r&#233;voltent et &#233;teignent les chaudi&#232;res. L'&#233;tat-major envoie des torpilleurs contre les mutins : 400 mutins sont arr&#234;t&#233;s. Mais l'agitation se r&#233;pand comme une tra&#238;n&#233;e de poudre aupr&#232;s des autres matelots. Le 4 novembre, il y a 20.000 r&#233;volt&#233;s &#224; Kiel et les drapeaux rouges flottent partout. Seul le navire K&#244;nig arbore encore les couleurs imp&#233;riales. Les matelots des autres unit&#233;s de la flotte demandent que ce pavillon soit amen&#233;. La r&#233;volution s'&#233;tend progressivement dans tout le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution &#224; Vienne et chute de la monarchie austro-hongroise. Le Conseil national hongrois est port&#233; au pouvoir par la &#171; r&#233;volution des Asters &#187;. D&#233;but du gouvernement de coalition du comte Mih&#225;ly K&#225;rolyi en Hongrie.&lt;br class='autobr' /&gt;
31 octobre : Allemagne : Le Conseil des ministres se prononce pour l'abdication de Guillaume II d'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution sovi&#233;tique &#233;clate en Hongrie et y prend le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 novembre &#224; Hambourg, 70.000 ouvriers sortent des usines et se rassemblent pour adopter un programme r&#233;volutionnaire. Ils d&#233;cident d'arr&#234;ter l'&#233;tat-major et de s'emparer d'une imprimerie. Le 7 novembre, des conseils ouvriers apparaissent &#224; Wilhelmshaven, Hanovre, Cologne et Munich. Le 8, le mouvement s'&#233;tend &#224; toutes les grandes villes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 novembre : Allemagne : Kurt Eisner prend la t&#234;te d'un conseil d'ouvriers et de soldats &#224; Munich et tente de fonder une Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats du Sud. Fuite du roi de Bavi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 novembre : R&#233;volution &#224; Berlin, abdication du Kaiser Guillaume II face &#224; des insurrections qui enflamment le pays. Le social-d&#233;mocrate Friedrich Ebert forme le nouveau gouvernement qui se pr&#233;tend &#171; conseil des commissaires du peuple &#187; pour imiter le nom du gouvernement russe et cacher qu'il s'agit d'un gouvernement bourgeois contre-r&#233;volutionnaire. Fin de l'Empire allemand, proclamation de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 novembre : Allemagne - Formation d'un conseil supr&#234;me des conseils d'ouvriers et de soldats. L'empereur Guillaume II s'enfuit aux Pays-Bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 novembre, alors que Guillaume II s'enfuit en Hollande, Ebert prend la pr&#233;sidence du conseil des commissaires du peuple et se met en rapport avec l'&#233;tat-major afin de lutter contre le &#171; bolchevisme &#187;. La d&#233;cision est prise de signer l'armistice pour d&#233;samorcer le mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signature de l'armistice, le 11 novembre, v&#233;cue comme une capitulation par la caste militaire, et l'abdication de l'empereur ont boulevers&#233; les cartes politiques pour la bourgeoisie qui compte utiliser le SPD pour &#233;teindre l'incendie de la r&#233;volution &#8230; on connait la suite !&lt;br class='autobr' /&gt;
12 novembre : Charles Ier d'Autriche renonce au pouvoir sans abdiquer. Proclamation de la r&#233;publique allemande d'Autriche. Le droit de vote est accord&#233; aux femmes en Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 novembre-14 novembre : Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Suisse, 250 000 ouvriers se mettent en gr&#232;ve, le Conseil f&#233;d&#233;ral r&#233;pond par la force en envoyant l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 novembre : En Pologne, J&#243;zef Pi&#322;sudski obtient les pleins pouvoirs du Conseil de r&#233;gence et met en place la terreur blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 novembre : Proclamation de la R&#233;publique d&#233;mocratique hongroise, ind&#233;pendante de l'Autriche-Hongrie. Le gouvernement K&#225;rolyi prend des mesures radicales pour d&#233;mocratiser le pays et all&#233;ger la condition ouvri&#232;re et paysanne. Il devoir rapidement c&#233;der le pouvoir aux soviets de travailleurs hongrois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 novembre : Les soviets prennent le pouvoir en Lettonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement de la Russie r&#233;volutionnaire voulu par les imp&#233;rialismes va-t-il &#234;tre rompu par la vague r&#233;volutionnaire europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires d'Autriche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face aux diff&#233;rentes p&#233;nuries qui touchent l'Empire, le 14 janvier 1918, le gouvernement d&#233;cide de r&#233;duire de moiti&#233; la ration de farine pour les ouvriers. Face &#224; cette d&#233;cision, ce sont les ouvriers de Wiener Neustadt qui entrent les premiers en gr&#232;ve. Le lendemain, cette gr&#232;ve commence &#224; s'&#233;tendre de fa&#231;on &#171; sauvage &#187; (pour reprendre les termes utilis&#233;s par Otto Bauer), d'une ville &#224; l'autre et d'une entreprise &#224; l'autre. Le 16 janvier, ce sont autour de l'ensemble des travailleurs de Vienne d'entrer en gr&#232;ve. Enfin, les 17 et 18 janvier voient les r&#233;gions industrielles de Haute-Autriche et de la Styrie rejoindre le mouvement ainsi que les ouvriers hongrois. D&#232;s le d&#233;but, des conseils ouvriers sont &#233;lus dans les diff&#233;rentes assembl&#233;es de gr&#232;ves, ce qui conf&#232;re d'embl&#233;e au mouvement un caract&#232;re r&#233;volutionnaire d'autant plus qu'il &#233;veille &#171; parmi les masses l'espoir de pouvoir transformer imm&#233;diatement la gr&#232;ve en r&#233;volution, de s'emparer du pouvoir et d'imposer la paix &#187; (Otto Bauer). La question de la paix est d'autant plus d'actualit&#233;, que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;roule durant les n&#233;gociations de la paix de Brest-Litovsk auquel participe au c&#244;t&#233; de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie. L'Empereur Charles, effray&#233; par ces gr&#232;ves qui se d&#233;clenchent un peu partout, n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire &#224; Czernin, le 17 janvier 1918 que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; tout le sort de la monarchie et de la dynastie d&#233;pend d'une conclusion aussi rapide que possible de la paix de Brest-Litovsk&#8230; Si la paix ne se r&#233;alise pas, nous aurons ici la r&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, les dirigeants de la social-d&#233;mocratie autrichienne font le m&#234;me constat. Alors que le mouvement a pris de cours la social-d&#233;mocratie, cette derni&#232;re tente d'en reprendre le contr&#244;le par la publication d'un manifeste, d&#232;s le 17 janvier, s'articulant autour de quatre points cens&#233;s mettre un coup d'arr&#234;t &#224; la gr&#232;ve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Signature de la paix de Brest-Litovsk, droit &#224; l'autod&#233;termination des pays controvers&#233;s. De plus, le gouvernement doit tenir inform&#233;s &#171; honn&#234;tement les hommes qui jouissent de la confiance de la classe ouvri&#232;re de l'&#233;tat des n&#233;gociations de paix &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	R&#233;organisation profonde du service de ravitaillement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	D&#233;mocratisation des autorit&#233;s communales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Retour des droits enlev&#233;s aux travailleurs dans les entreprises par la militarisation de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de dire quelques mots de cette plateforme de revendication. Tout d'abord, il faut savoir que depuis le d&#233;but de la gr&#232;ve, la direction social-d&#233;mocrate est en contact permanent avec les autorit&#233;s austro-hongroise et que dans ce cadre, cette plateforme a dans un premier temps &#233;t&#233; soumise &#224; Czernin, qui l'a accept&#233; sans grande modification, avant publication dans l'Arbeiter Zeitung. De plus, la satisfaction des revendications ne porte pas &#224; cons&#233;quence pour l'Empire. Ainsi, concernant le ravitaillement, le gouvernement consent &#224; corriger quelques d&#233;fauts du syst&#232;me et accepte l'abolition des privil&#232;ges de certains particuliers ainsi qu'un rel&#226;chement du blocage des salaires. Concernant la d&#233;mocratisation des autorit&#233;s communales, le gouvernement ne fait que de vagues promesses qui ne seront tout de m&#234;me pas tenues. Pour ce qui concerne les droits des travailleurs dans les entreprises, le gouvernement avance l&#224; aussi de vagues promesses qui ne seront, elles aussi pas tenues, m&#234;me s'il y a tout de m&#234;me un rel&#226;chement au sein des entreprises mais qui est plus d&#251; &#224; l'&#233;puisement g&#233;n&#233;ral du pays et &#224; la baisse dans la discipline du travail qui s'en suit. Enfin, qu'en est-il de la revendication la plus importante, celle de la paix et de la participation de d&#233;l&#233;gu&#233;s des ouvriers aux n&#233;gociations ? Alors que la direction social-d&#233;mocrate crie victoire apr&#232;s l'adresse de Czernin envoy&#233;e aux conseils ouvriers promettant qu'il signerait la paix de Brest-Litovsk, cette revendication a, en fait, perdu tout son sens. En effet, alors que les ouvriers demandent &#224; participer eux-m&#234;mes aux n&#233;gociations et &#224; &#234;tre inform&#233;s de l'avanc&#233;e de ces derni&#232;res, les socio-d&#233;mocrates veulent que ce soit eux et eux seuls qui aient acc&#232;s aux informations pour ensuite les transmettre (ou pas) aux comit&#233;s de gr&#232;ve. De plus, dans cette plateforme de revendications, il n'est pas du tout question de la satisfaction des revendications des russes et d'une moindre solidarit&#233; internationale avec la r&#233;volution russe. En effet, il n'est pas question de l'&#233;vacuation des anciens territoires russes occup&#233;s par les puissances centrales pour qu'il y ait un r&#233;f&#233;rendum libre, la social-d&#233;mocratie adoptant de ce fait, le point de vue des imp&#233;rialistes allemands et austro-hongrois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ces &#233;pisodes, la gauche de la social-d&#233;mocratie ne se distingue pas non plus par son caract&#232;re r&#233;volutionnaire et sa d&#233;termination. En effet, pour Otto Bauer, la gr&#232;ve doit &#234;tre l'occasion d'une grande d&#233;monstration r&#233;volutionnaire mais pas plus et agit dans le sens de sa direction, pour que tout se termine au plus vite. Pour justifier sa ligne politique, Bauer avance plusieurs arguments comme le fait que les troupes acquises au gouvernement sont trop fortes ou encore que l'Allemagne, lib&#233;r&#233;e du front est par la r&#233;volution russe, pourraient alors envahir l'Autriche en cas de r&#233;volution. Or, au moment d&#233;cisif de la gr&#232;ve, de l'aveu m&#234;me du gouvernement, d'une part les troupes &#233;taient insuffisantes pour maintenir l'ordre et d'autre part les ouvriers &#233;taient suffisamment arm&#233;s pour prendre le pouvoir. Ajout&#233; &#224; cela, une semaine apr&#232;s la gr&#232;ve, avaient lieu des mutineries dans l'arm&#233;e, montrant ainsi que les conscrits n'auraient pas forc&#233;ment ob&#233;i &#224; leurs g&#233;n&#233;raux si ces derniers leur avaient ordonn&#233; de tirer sur les ouvriers en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du 20 janvier, la social-d&#233;mocratie appelle les ouvriers &#224; reprendre le travail, ce qui provoque une r&#233;sistance farouche de la classe ouvri&#232;re. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s sociaux-d&#233;mocrates sont insult&#233;s ici et l&#224; de &#171; d&#233;l&#233;gu&#233;s imp&#233;riaux et royaux &#187;. Face &#224; cette direction tra&#238;tre, un groupe de &#171; socialistes r&#233;volutionnaires &#187; tente de se mettre en place avec &#224; sa t&#234;te Frantz Koritschoner qui jouera un r&#244;le important dans la formation du futur Parti Communiste Autrichien. Mais ce petit groupe n'a alors aucune prise sur les &#233;v&#233;nements face au puissant appareil social-d&#233;mocrate solidement implant&#233; dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s la fin de la gr&#232;ve en Autriche, ce sont les travailleurs d'Allemagne qui commencent &#224; se r&#233;volter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1918 est marqu&#233;e sur le plan militaire par une s&#233;rie de d&#233;faites de l'arm&#233;e austro-hongroise notamment sur le front italien. A partir de septembre, diff&#233;rents pays signent des armistices comme c'est le cas de la Bulgarie avec la France et la Serbie. En octobre, c'est autour de l'Empire Ottoman d'abandonner le combat face &#224; la France et l'Angleterre. A la fin de la guerre, les soldats austro-hongrois refusent de monter aux fronts car ils ne croient plus &#224; l'Etat et &#224; la dynastie. Apr&#232;s une &#233;ni&#232;me d&#233;faite face aux italiens, les austro-hongrois signent l'armistice le 4 novembre et Charles 1er abdique. Mais cet armistice et cette abdication arrive aussi dans un contexte difficile pour la classe dirigeante austro-hongroise puisque d&#232;s le mois d'octobre, les ouvriers se sont remis en mouvement. Fort de sa position dominante dans le champ politique, la social-d&#233;mocratie autrichienne (la 3e d'Europe et le parti le plus cons&#233;quent en Autriche), dor&#233;navant dirig&#233;e par les austromarxistes et en particulier Otto Bauer qui remplace Victor Adler d&#233;c&#233;d&#233; le 11 novembre 1918, joue un r&#244;le tr&#232;s important dans le d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements de novembre 1918, que certains qualifient de &#171; r&#233;volution autrichienne &#187; m&#234;me s'ils sont d'une moindre ampleur que ce qui se passe au m&#234;me moment en Allemagne. Bien qu'en position dominante, la social-d&#233;mocratie autrichienne doit compter sur le nouveau Parti Communiste Autrichien cr&#233;e le 4 novembre par des anciens radicaux de gauche du parti social-d&#233;mocrate : Karl Steinhardt, Paul et Elfriede Friedl&#228;nder. Ce parti jouit alors d'une certaine influence chez les ch&#244;meurs et les soldats d&#233;mobilis&#233;s qui ont &#233;t&#233; gagn&#233;s &#224; la r&#233;volution sur le front de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 novembre, les d&#233;put&#233;s de langue allemande au Reichrat proclament la R&#233;publique D&#233;mocratique d'Autriche et &#233;lisent un Comit&#233; Ex&#233;cutif pr&#233;sid&#233; par le social-d&#233;mocrate Karl Renner, qui devient de facto chancelier. Les communistes essaient de hisser le drapeau rouge sur le Parlement et de faire de l'Autriche une r&#233;publique des conseils. Mais ils se heurtent &#224; la social-d&#233;mocratie qui fait tout pour maintenir la continuit&#233; du r&#233;gime bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'Empire austro-hongrois a fait son temps et est &#233;clat&#233; en plusieurs pays : l'Autriche, la Hongrie, la Tch&#233;coslovaquie, le Royaume des Serbes, Croates et Slov&#232;nes. Certains territoires sont annex&#233;s par l'Italie (Trieste et Fiume), d'autres sont rendus &#224; la Roumanie et &#224; la Pologne. L'Autriche ne repr&#233;sente plus que 6 millions d'habitants sur les 50 millions de l'Empire d&#233;funt. Si la population de l'Autriche est majoritairement &#171; allemande &#187;, il y reste des croates, des hongrois et des slov&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de sociaux-d&#233;mocrates envisageaient un rattachement futur &#224; l'Allemagne. C'&#233;tait la continuit&#233; du projet de &#034;Grande-Allemagne&#034;, que d&#233;fendaient les lib&#233;raux du 19&#232;me si&#232;cle et que la social-d&#233;mocratie reprenait en y ajoutant l'id&#233;e qu'un grand pays industriel est n&#233;cessaire pour r&#233;aliser le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les vainqueurs de la guerre (les Etats-Unis, la France, l'Angleterre) en d&#233;cident autrement. En effet, le trait&#233; de Saint-Germain-en-Laye (10 septembre 1919), qui scellent la paix entre l'Autriche et les vainqueurs, reconna&#238;t l'ind&#233;pendance de l'Autriche mais d&#233;signe aussi l'Autriche comme coupable du d&#233;clenchement de la guerre, et lui impose de payer des &#034;r&#233;parations&#034; comme &#224; l'Allemagne. Enfin, les fronti&#232;res du nouvel &#233;tat ont &#233;t&#233; soumises &#224; l'arbitraire des vainqueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie de la guerre, la social-d&#233;mocratie est donc dans une position dominante. Se pr&#233;tendant innocente de la guerre, elle se d&#233;marque de la bourgeoisie, tout en la d&#233;fendant en rejettant la faute principale sur la &#034;bourgeoisie internationale&#034;, en particulier anglaise et am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res &#233;lections dans le cadre de la nouvelle Autriche ont lieu en f&#233;vrier 1919. Ces &#233;lections donnent certes une majorit&#233; &#224; la social-d&#233;mocratie mais somme toute relative puisqu'elle emporte 72 mandats contre 69 mandats pour les chr&#233;tiens-sociaux et une trentaine d'autres mandats pour les autres partis bourgeois, &#224; l'Assembl&#233;e Constituante. La social-d&#233;mocratie est alors oblig&#233;e de composer avec les chr&#233;tiens-sociaux pour former un premier gouvernement, ce dernier &#233;tant toujours dirig&#233; par Karl Renner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, la r&#233;volution touche la Bavi&#232;re et la Hongrie, et les communistes encouragent la cr&#233;ation de conseils ouvriers. Mais la social-d&#233;mocratie au pouvoir fait tout pour canaliser la confiance des travailleurs dans l'&#201;tat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le secr&#233;taire d'Etat aux affaires militaires, Julius Deutsch (social-d&#233;mocrate) int&#232;gre les Gardes Rouges dans l'arm&#233;e populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Au printemps 1919, est &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; de nationaliser certaines grandes entreprises comme les mines, l'&#233;lectrom&#233;tallurgie, l'industrie du bois, les for&#234;ts&#8230; Si ces projets n'ont pas lieu, ils ont pour effet, sur le moment, de d&#233;sarmer une partie des &#233;l&#233;ments les plus combatifs de la classe ouvri&#232;re et de les tourner vers la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	De 1919 &#224; 1920, la social-d&#233;mocratie au pouvir met en place toute une s&#233;rie de mesures sociales telles que les allocations ch&#244;mage, la journ&#233;e de travail de 8h, la protection du travail des femmes et des enfants, les cong&#233;s pay&#233;s, la cr&#233;ation des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'entreprise, la cr&#233;ation d'une Chambre syndicale pour les ouvriers et employ&#233;s et l'assurance maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les austro-marxistes justifient th&#233;oriquement le statu quo : Max Adler pr&#244;ne une repr&#233;sentation des conseils ouvriers au c&#244;t&#233; du parlement, et explique que la paysannerie est trop forte par rapport au prol&#233;tariat et que cette derni&#232;re reste encore hostile au socialisme. D&#232;s 1921, Trotsky dira de l'austromarxisme qu'il constitue &#171; une th&#233;orie &#233;rudite et mani&#233;r&#233;e de la passivit&#233; et de la capitulation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En 1920 les femmes obtiennent, &#224; leur tour, le droit de vote. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces mesures sont mises en place dans un contexte o&#249; la bourgeoisie craint une &#171; bolch&#233;visation &#187; de l'Autriche et s'en remet &#224; la social-d&#233;mocratie pour limiter les d&#233;g&#226;ts. Le ministre de la protection sociale, Ferdinand Hanusch d&#233;clare m&#234;me que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; seule notre l&#233;gislation sociale&#8230; a donn&#233; aux travailleurs la confiance dans notre Etat et dans notre gouvernement ; c'est &#224; elle que nous devons la r&#233;sistance &#224; la tentation de suivre, ici, chez nous, le m&#234;me chemin que Munich ou Budapest &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; l'action de la social-d&#233;mocratie, le jeune Parti Communiste enregistre d&#233;faite sur d&#233;faite, recul sur recul et ne s'en remettra pas. Il ne d&#233;passera plus le record de 10 000 militants atteint en 1919. A l'inverse, la parti-social d&#233;mocrate parvient &#224; recruter toujours plus, atteignant 600 000 adh&#233;rents en 1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1920 se tiennent les premi&#232;res &#233;lections dans le cadre de la nouvelle constitution. Par peur de &#034;la collectivisation&#034;, la paysannerie se jette dans les bras du principal parti de la bourgeoisie, les chr&#233;tiens-sociaux. Ces derniers remportent alors les &#233;lections et ne quitteront plus le pouvoir jusqu'en 1934. Karl Renner est alors remplac&#233; par Michael Meyr. La social-d&#233;mocratie continue en revanche &#224; contr&#244;ler Vienne, o&#249; deux maires sociaux-d&#233;mocrates se succ&#232;dent jusqu'en 1934 : Jakob Reumann jusqu'en 1923 et Karl Seitz de 1923 &#224; 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'effet du contre-coup de la guerre et notamment du co&#251;t des r&#233;parations impos&#233;es par les vainqueurs, la situation sociale est tendue et le pays conna&#238;t un ch&#244;mage de masse. De plus, les d&#233;valuations ainsi que les mesures sociales mises en place engendrent une inflation galopante. Le 1er d&#233;cembre 1921, une grande manifestation se termine par le pillage de commer&#231;ants soup&#231;onn&#233;s de favoriser l'inflation. Il faut attendre 1922, ann&#233;e o&#249; les vainqueurs de la guerre d&#233;cident d'accorder un cr&#233;dit de 650 millions de couronnes-or pour voir la situation &#233;conomique de l'Autriche s'am&#233;liorer un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, si les sociaux-d&#233;mocrates perdent les &#233;lections de 1920, ils gardent tout de m&#234;me le contr&#244;le de Vienne et sa r&#233;gion. Aux &#233;lections municipales, ils r&#233;unissent &#224; obtenir 78 si&#232;ges de conseillers sur 120. Ils trouvent alors une ville dont la situation, selon le t&#233;moignage d'Alfred Rosmer, est terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mis&#232;re se montrait partout, une mis&#232;re qui faisait mal &#224; voir. D&#232;s l'h&#244;tel, le linge en loques, l'&#233;tat d'&#233;puisement physique du personnel la r&#233;v&#233;laient ; dans les vitrines des boutiques tra&#238;naient quelques boites vides. Les hostilit&#233;s &#233;taient &#224; peine termin&#233;es que des trafiquants &#233;taient accourus de partout pour piller la capitale du grand empire effondr&#233; ; d'abord ceux d'Italie, qui, plus proches, &#233;taient arriv&#233;s les premiers ; ils avaient &#233;prouv&#233; une jouissance suppl&#233;mentaire en pillant &#8220;l'ennemi h&#233;r&#233;ditaire&#8220;. Tout ce qu'on voyait et entendait &#233;tait p&#233;nible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces difficult&#233;s, la social-d&#233;mocratie va faire de cette ville, la ville la plus progressiste d'Europe entre les deux guerres. Les multiples r&#233;alisations sont financ&#233;s en grande partie par la mise en place d'imp&#244;t sur les &#171; manifestations apparentes du luxe &#187; (automobile, appartement, &#233;curie de course&#8230;). La r&#233;alisation la plus impressionnante a lieu dans le domaine du logement. Au total, ce sont 60.000 nouveaux logements qui sont construits, r&#233;partit au sein d'une douzaine de quartier diff&#233;rents dont le plus embl&#233;matique est le Karl Marx-Hof. Dans ce dernier, qui comprend 1382 logements et s'&#233;tend sur plus d'un kilom&#232;tre de long, nous retrouvons des buanderies, une biblioth&#232;ques, des espaces verts, des cr&#232;ches, des bureaux, des magasins et m&#234;me un dispensaire. Chaque logement construit comporte une salle de bain et des sanitaires, ce qui est un fait in&#233;dit &#224; l'&#233;poque. Outre le logement, la politique social-d&#233;mocrate s'&#233;tend &#224; tous les domaines de la vie. Ainsi, des restaurants sont cr&#233;es pour fournir la nourriture au quotidien, des structures d'hygi&#232;nes et de pr&#233;voyances sont mises en place pour accompagner les gens de leur naissance &#224; leur mort. Par exemple, &#224; la naissance de chaque enfant, une assistante, employ&#233; par la municipalit&#233;, rend visite &#224; la famille pour lui fournir si besoin une aide et lui offrir un petit trousseau complet pour palier au besoin du nouveau-n&#233;. Au niveau de l'&#233;ducation sont cr&#233;es le tronc commun d'enseignement du 2nd degr&#233;s ainsi que des internats f&#233;d&#233;raux. Dans ce contexte, des r&#233;flexions sont men&#233;es par le personnel &#233;ducatif de la ville sur la fa&#231;on de supprimer chez l'enfant le sentiment d'inf&#233;riorit&#233; qu'il peut ressentir vis-&#224;-vis de ses camarades de classe et de son professeur. Enfin, la ville met en place une politique culturelle volontariste, qu'elle diffuse notamment par la cr&#233;ation de journaux populaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/radek/works/1919/10/autriche.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue de Radek&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rosdolsky/works/1967/10/rosdolsky.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue de Roman Rosdolsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article63&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La situation r&#233;volutionnaire en janvier 1918 &#224; Vienne et la politique des sociaux-d&#233;mocrates&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la vague r&#233;volutionnaire de 1917-1920 en Europe a &#233;chou&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1929/11/lt19291113.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La crise autrichienne et le communisme, Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=3bYHyHvxQH4C&amp;pg=PA383&amp;lpg=PA383&amp;dq=autriche+1918+r%C3%A9volution&amp;source=bl&amp;ots=0h6Inn-t5c&amp;sig=r2ra9ztY3FPaPMsHhjNS5izpRyI&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwj5qI7XjbHKAhWLtBQKHd9hDRM4ChDoAQgrMAI#v=onepage&amp;q=autriche%201918%20r%C3%A9volution&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire sociale de l'Autriche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1915/07/lt19150713.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La social-d&#233;mocratie autrichienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=nmDNCgAAQBAJ&amp;pg=PT43&amp;dq=vienne+la+rouge+1918&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=vienne%20la%20rouge%201918&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vienne, la rouge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article213&#034;&gt;La r&#233;volution hongroise de 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1598&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;publique Sovi&#233;tique de Hongrie (1919) &#8211; 1&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1608&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;publique Sovi&#233;tique de Hongrie (1919) &#8211; 2&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1617&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;publique Sovi&#233;tique de Hongrie (1919) &#8211; 3&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2438&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les r&#233;percussions de la r&#233;volution d'Octobre en 1917-1919 en Pologne et en Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article204&#034;&gt;La r&#233;volution russe de 1917 et la vague r&#233;volutionnaire en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article214&#034;&gt;Les puissances imp&#233;rialistes pendant la vague r&#233;volutionnaire en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_conseils_de_Hongrie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;publique des Conseils de Hongrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://communismeetconflits.over-blog.com/page/33&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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