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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Aux classes laborieuses du monde entier - A tous ceux qui sont les fr&#232;res et les soeurs des r&#233;volt&#233;s et des peuples travailleurs en train de r&#233;volutionner la Tunisie, l'Alg&#233;rie, l'Egypte, la Jordanie..... le Maghreb et le monde arabe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Maghreb</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Martinique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aux classes laborieuses du monde entier &lt;br class='autobr' /&gt;
A tous ceux qui sont les fr&#232;res et les s&#339;urs des peuples travailleurs r&#233;volutionnaires de Tunisie, d'Alg&#233;rie, d'Egypte, de Jordanie..... &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident de Tunisie en fuite, premier ministre de Jordanie d&#233;missionn&#233;, ministres tunisiens du RCD renvoy&#233;s, Moubarak en salle d'attente, et maintenant &#224; qui le tour ? Moubarak, Bouteflika, Hussein, Asad, Saleh, Aziz, Ghannouchi et Mohamed VI sont sur des si&#232;ges &#233;jectables !!! Ils essaient de jeter du lest pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Jordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Maghreb&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Martinique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aux classes laborieuses du monde entier&lt;div class='spip_document_2411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/sans-titre-1_325045_465x348.jpg' width=&#034;465&#034; height=&#034;348&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A tous ceux qui sont les fr&#232;res et les s&#339;urs des peuples travailleurs r&#233;volutionnaires de Tunisie, d'Alg&#233;rie, d'Egypte, de Jordanie.....&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident de Tunisie en fuite, premier ministre de Jordanie d&#233;missionn&#233;, ministres tunisiens du RCD renvoy&#233;s, Moubarak en salle d'attente, et maintenant &#224; qui le tour ? Moubarak, Bouteflika, Hussein, Asad, Saleh, Aziz, Ghannouchi et Mohamed VI sont sur des si&#232;ges &#233;jectables !!! Ils essaient de jeter du lest pour mieux conserver le syst&#232;me mais les manifestants et la population en veulent justement au syst&#232;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution qui vient de commencer est-elle une r&#233;volution d&#233;mocratique, une r&#233;volution socialiste, une r&#233;volution comme celle des pays de l'Est ou comme mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'est pas seulement dans les aspirations des peuples mais aussi dans la r&#233;alit&#233; du monde d'aujourd'hui. Elle diff&#232;re des changements &#224; l'Est par le fait que ces transformations ont &#233;t&#233; voulues par les grandes puissances et les classes dirigeantes locales au contraire des mouvements en Tunisie ou en Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 a eu lieu dans des pays qui &#233;taient en plein d&#233;veloppement &#233;conomique a une &#233;poque o&#249; le syst&#232;me connaissait des crises de d&#233;veloppement mais pas une une panne g&#233;n&#233;ralis&#233;e des investissements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que les r&#233;volutions que nous vivons aujourd'hui sont porteuses d'un autre avenir... si elles vont jusqu'au bout et, sinon, m&#232;neront directement dans le mur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui chers fr&#232;res, chers s&#339;urs, camarades prol&#233;taires du Maghreb et du monde arabe, les exploit&#233;s du monde entier ont les yeux tourn&#233;e vers vous dans cette t&#226;che que vous avez d&#233;cid&#233; s'assumer, celle de faire chuter avec bravoure des dictatures vieilles de 30 ou de 40 ans, vivant comme des royaut&#233;s depuis des d&#233;cennies, alors que vous tremblez devant la simple n&#233;cessit&#233; de vivre ou de survivre, comme le disait un manifestant de Tunisie. Ou encore comme le disaient les r&#233;volt&#233;s d'Alg&#233;rie : &#034;nous n'avons pas peur de mourir puisque nous somme d&#233;j&#224; morts&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n'avez pas craint d'affronter les r&#233;pressions de la dictature mais aussi de remettre en question un fatalisme de la mis&#232;re tr&#232;s bien implant&#233; et soigneusement cultiv&#233; par le pouvoir... Il ne faut pas craindre de b&#226;tir un avenir tout neuf, d&#233;barrass&#233; de l'ancien syst&#232;me d'exploitation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, chers fr&#232;res, ch&#232;res soeurs, camarades prol&#233;taires, vous &#234;tes en train de tenter la grande aventure consistant &#224; b&#226;tir un monde nouveau, parce que le mod&#232;le des pays capitalistes dits avanc&#233;s ou dits d&#233;mocratiques n'est pas un mod&#232;le pour nous autres, les exploit&#233;s de la terre. Oui, leurs d&#233;mocraties sont une leurs tromperies ! A quoi sert de nous pr&#233;senter les &#233;lections libres comme une issue si elle ne m&#232;ne pas &#224; sortir de la mis&#232;re ? Oui, leurs &#233;conomies ne sont plus qu'un mod&#232;le du pass&#233;, un attirail de mus&#233;e car cette vielle soci&#233;t&#233; est d&#233;j&#224; morte puisque, m&#234;me dans des pays riches comme les USA les possesseurs de capitaux priv&#233;s ont cess&#233; d'investir dans le syst&#232;me... et pas seulement dans des pays comme le n&#244;tre ! Prendre exemple sur les pays riches au moment o&#249; ils sont ruin&#233;s de dettes et que leur population connait un ch&#244;mage de masse longue dur&#233;e n'est certainement pas une bonne perspective pour vos luttes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre r&#233;volution est la manifestation d'un des premiers craquements politiques et sociaux du syst&#232;me mondial de domination issu de la crise mondiale du monde capitaliste et certainement pas le dernier...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Loin d'&#234;tre finie, la crise mondiale issue des USA et qui frappe actuellement l'Europe et le Japon, est bien caract&#233;ristique de l'incapacit&#233; du syst&#232;me mondial de retrouver un nouveau souffle. Non pas qu'il soit momentan&#233;ment fatigu&#233; mais parce qu'il a atteint son &#226;ge de s&#233;nilit&#233;, ayant d&#233;pass&#233; le plus hait niveau de ses capacit&#233;s. On nous annon&#231;ait pourtant une confiance g&#233;n&#233;rale dans la reprise mondiale qui allait &#234;tre tir&#233;e par les &#233;conomies asiatiques, notamment chinoise et indienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui raisonnent ainsi font comme si l'&#233;conomie, c'&#233;tait autre chose que les int&#233;r&#234;ts d'une classe exploiteuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un capitalisme aux mains des propri&#233;taires priv&#233;s de capitaux, qui ne survit que gr&#226;ce &#224; des injections massives et r&#233;p&#233;t&#233;es d'argent public, y compris aux USA ou en Chine, n'a pas d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les semaines, on apprend qu'un Etat, qu'une banque centrale ou qu'une institution financi&#232;re internationale distribue des milliards, des dizaines de milliards et des centaines de milliards aux capitalistes priv&#233;s, banquiers, assurances, finance, bourses et patrons de l'industrie ou du b&#226;timent. Maintenant, ce sont les patrons de l'Automobile qui veulent qu'on leur fasse des cadeaux de dizaines de milliards. Les Etats-Unis et l'Angleterre ont &#233;t&#233; les premiers &#224; se lancer dans ces distributions massives qui d&#233;passent largement toutes les sommes jamais vues dans des interventions &#233;tatiques ou institutionnelles. Elles d&#233;passent m&#234;me le capital d&#233;tenu par ces institutions au point qu'elles vont maintenant emprunter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'explication qui nous en est donn&#233;e de ces distributions massives de fonds publics aux capitalistes et banquiers priv&#233;s est la n&#233;cessit&#233; de &#171; combattre la crise &#187;, &#171; de soutenir le cr&#233;dit &#187; et d' &#171; aider l'emploi et les petites entreprises &#187;. L'itin&#233;raire de cet argent montre bien que ce ne sont que des mensonges. Le plan Paulson pour &#171; sauver les banques am&#233;ricaines &#187; a &#233;t&#233; une distribution de centaines de milliards : environ 10 milliards en moyenne par banque. Il ne comportait aucune condition, aucun contr&#244;le de l'utilisation des fonds, aucun organisme pour surveiller leur destination. Si bien que, de l'aveu des autorit&#233;s elles-m&#234;mes, sept sur les dix milliards ont &#233;t&#233; donn&#233;es en gratification personnelle aux patrons de ces banques am&#233;ricaines et non pour combler le trou. Et pour cause : le trou avoisine les quatre mille milliards de dollars d'actifs dits &#171; pourris &#187;, c'est-&#224;-dire que ne vaudront plus jamais rien, du type subprimes. Il s'agit d'actions en bourse fond&#233;es seulement sur des dettes .et des hypoth&#232;ques, qu'il s'agisse de dettes immobili&#232;res, financi&#232;res, boursi&#232;res, ou autres. Eh bien, il n'a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; que par les plans d'Obama qui pr&#233;voit ... d'en faire d'autre encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand capital s'est lanc&#233; dans ces op&#233;rations invraisemblables parce qu'il &#233;tait incapable de proposer des investissements fond&#233;s sur une production, sur un capital industriel, commercial ou productif quelconque. Les banques y ont jet&#233; leurs capitaux et ceux de leurs clients. Les industriels, les collectivit&#233;s locales, les Etats, tout le monde a jou&#233; &#224; ces actions pourries parce qu'elles se revendaient toujours plus cher. Jusqu'au krach de 2008. Et maintenant qu'ils ont noy&#233; l'&#233;conomie sous ces dettes et les dettes de la dette, il leur reste &#224; noyer les fonds d'Etat de la m&#234;me mani&#232;re. Jusqu'&#224; quand ? Jusqu'&#224; avoir vid&#233; les coffres des Etats ? C'est d&#233;j&#224; fait ! Jusqu'&#224; ce que la crise de confiance dans les monnaies et la cr&#233;dibilit&#233; des Etats et des banques emporte le tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauver le syst&#232;me, les grands capitalistes et les chefs des Etats n'y croient sans doute plus depuis longtemps. Ils essaient surtout de gagner du temps pour trouver les moyens que les classes ouvri&#232;res de tous les pays ne comprennent pas trop vite ce qui est en train de se passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est caract&#233;ristique que les chefs d'Etat du monde n'aient mis aucune condition aux sommes qu'ils ont donn&#233; aux banquiers, aux assurances, aux financiers et aux patrons priv&#233;s. Cela signifie qu'ils ne leur demandent nullement de faire repartir les investissements, de ne pas supprimer des emplois, de ne pas fermer des usines, de ne pas jeter &#224; la rue des salari&#233;s. Il ne leur demande rien en contrepartie de sommes colossales qui sont prises sur l'argent public et qui vont &#234;tre enlev&#233;es aux h&#244;pitaux, &#224; l'Education, aux collectivit&#233;s locales, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'ailleurs frappant que droite comme gauche, et aux USA Bush comme Obama, soient tout &#224; fait pour ces distributions massives de fonds publics en pure perte et sans aucune garantie, sans aucune contre-partie. Les petites entreprises, les petits paysans, les artisans ne seront pas mieux trait&#233;es que les salari&#233;s. C'est seulement le grand capital qui est l'objet de tous leurs soins. Plus que jamais, la politique des Etats est au service d'une seule classe sociale : la classe li&#233;e au grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, il est n&#233;cessaire &#224; la classe ouvri&#232;re d'avoir sa propre politique, de mener ses propres combats et d'abord de ne donner aucune caution aux distributions de fonds qui pr&#233;tendent sauver telle ou telle entreprise. Les banques am&#233;ricaines ont &#233;t&#233; &#171; sauv&#233;es &#187; par une telle intervention et maintenant on y annonce des suppressions massives d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aide &#224; l'emploi, l'aide &#224; l'&#233;conomie, l'aide au cr&#233;dit, l'aide &#224; l'automobile, l'aide &#224; l'&#233;cologie, derri&#232;re lesquels se cachent les Sarkozy, tout cela n'est rien d'autre que du vol de richesses publiques pour engraisser des profiteurs priv&#233;s. On a bien vu que l'Etat am&#233;ricain n'a pas aid&#233; les propri&#233;taires endett&#233;s &#224; ne pas perdre leur maison ni les salari&#233;s &#224; ne pas perdre leur emploi, ni les petits paysans, artisans ou commer&#231;ants &#224; ne pas faire faillite. L'aide &#224; l'industrie ne signifie nullement que les industriels ne vont pas r&#233;duire massivement leur production et licencier massivement comme vient de le montrer le sid&#233;rurgiste Mittal. Nous ne pouvons pas compter sur l'Etat et sur les patrons pour r&#233;soudre nos probl&#232;mes face &#224; la crise. Nous devons compter sur nous-m&#234;mes, nous travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;fendre leur avenir et celui de toute la soci&#233;t&#233;, les travailleurs doivent se d&#233;solidariser du syst&#232;me, des gouvernants et de toute la classe capitaliste et d&#233;fendre leurs propres perspectives : alors ils y auras un milliards de pi&#232;ges a surmont&#233; en premi&#232;re partis est les partis r&#233;formistes de tout poils des assos de tout poiles qui sont capable de s'entendre avec les grands riche pour m&#232;tres aux mains le pouvoirs aux fascistes alors &#231;a n'est pas une lutes que du prol&#233;tariats tunisiens ou &#233;gyptien mais une luttes d'une classe social mondial des opprim&#233;es de toute la plan&#232;te en tout cas nous, mati&#232;re et r&#233;volution nous vous proposons de s'organiser d'une mani&#232;re totalement ind&#233;pendants de tout les anciens tirants et de touts les r&#233;formistes en comit&#233;s d'exploit&#233;s et propos&#233; une autre mod&#232;le de soci&#233;t&#233; socialiste qui de toute fa&#231;on est l'avenir de l'humanit&#233; .oui mille fois vive la lutte du prol&#233;tariat en Tunisie et ailleurs. Mes chers fr&#232;res et s&#339;urs, voici un texte qui en dit long sur la luttes des classe datent il y a 3000 ans avant J-C&#8230;. : &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034;&gt;R&#233;volutions de l'Egypte antique&lt;/a&gt;. Si la civilisation capitaliste a atteint ses limites, ce n'est pas en effet la premi&#232;re qui a ainsi chut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La Premi&#232;re P&#233;riode interm&#233;diaire va voir bouscul&#233;es les valeurs fondamentales des Pharaons &#224; la fin du r&#232;gne du roi P&#233;py II, fils d'&#194;nkhsenp&#233;py II. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audran Labrousse dans &#034;Les pyramides des reines d'&#201;gypte &#224; Saqq&#226;ra&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Labrousse est le directeur de la Mission arch&#233;ologique fran&#231;aise de Saqq&#226;ra&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site Mythologica &#233;crit en 2009 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;LE TEMPS DES TROUBLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vers 2260 avant notre &#232;re, l'Egypte se morcelle, une r&#233;volution brutale et sanglante &#233;clate, les riches sont ruin&#233;s, leurs biens pill&#233;s, leurs tombeaux d&#233;truits et livr&#233;s aux pilleurs de tombes. &#171; La r&#233;sidence royale a &#233;t&#233; ravag&#233;e en une heure &#187;, &#233;crit un scribe. &#171; Je m&#233;dite, raconte un autre scribe, sur les &#233;v&#233;nement. Des changements s'op&#232;rent, ce n'est d&#233;j&#224; plus comme l'an dernier, chaque ann&#233;e est plus pesante que l'autre. Le pays est boulevers&#233;. &#187; Le pharaon, si proche des dieux, croyait - on avec certitude quelques ann&#233;es auparavant, a perdu peu &#224; peu beaucoup de son prestige. Si certains Egyptiens se lamentent de ces bouleversements, cette r&#233;volution est b&#233;n&#233;fique pour d'autres. Profitant des troubles, le peuple s'approprie les proc&#233;d&#233;s rituels et magiques des rites fun&#233;raires, jusqu'alors r&#233;serv&#233;s au roi et aux grands, et acc&#232;de &#224; son tour &#224; l'immortalit&#233; : De nouvelles notions religieuses et morales se font jour dans le pays : la diffusion du culte d'Osiris, parti de Bousiris dans le Delta, s'&#233;tend sur tout le territoire ; le peuple voit aussi s'ouvrir devant lui l'acc&#232;s aux charges de l'Etat. &#171; Les riches se lamentent, les mis&#233;reux sont dans la joie et chaque ville dit : &#171; laissez nous chasser les puissants de chez nous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le scribe Ipouer A l'&#233;poque de la r&#233;volution sociale &#233;gyptienne de -2260 avant J.-C&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912&#034;&gt;la suite...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Egypte, Alg&#233;rie, Koweit, Jordanie.... ce que craignent Moubarak, Bouteflika, Mohamed VI, Saleh, Khadafi, Bouteflika, .... et les classes dirigeantes, c'est la classe ouvri&#232;re !!</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1913</link>
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		<dc:date>2011-02-08T10:10:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Maghreb</dc:subject>
		<dc:subject>koweit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La meilleure preuve, c'est ce que viennent d'offrir aux travailleurs Moubarak et son pouvoir ou encore Bouteflika ... &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident &#233;gyptien, qui joue l'essoufflement du mouvement de protestation contre lui, a promis une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites. &lt;br class='autobr' /&gt;
Afin de calmer les revendications, autant sociales que politiques au d&#233;but du mouvement, le pr&#233;sident a promis &#224; partir du 1er avril une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites. Il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Jordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Maghreb&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot244" rel="tag"&gt;koweit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_2391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/revolution_wallpaper___by_jeevay.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/revolution_wallpaper___by_jeevay.jpg' width=&#034;1600&#034; height=&#034;1200&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La meilleure preuve, c'est ce que viennent d'offrir aux travailleurs Moubarak et son pouvoir ou encore Bouteflika ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident &#233;gyptien, qui joue l'essoufflement du mouvement de protestation contre lui, a promis une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de calmer les revendications, autant sociales que politiques au d&#233;but du mouvement, le pr&#233;sident a promis &#224; partir du 1er avril une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites. Il a aussi demand&#233; la formation d'une commission d'enqu&#234;te sur les violences du 2 f&#233;vrier, o&#249; des affrontements meurtriers ont oppos&#233; partisans et d&#233;tracteurs du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmentation g&#233;n&#233;rale de salaires et de pensions &#8211;retraites. Telles sont les derni&#232;res mesures prises par le premier ministre Ahmad Chafic pour calmer une rue toujours mobilis&#233;e contre Hosni Moubarak. Ces augmentations co&#251;teront plus d'un milliard de dollars au Tr&#233;sor, estime le ministre des Finances, Samir Radwane. Mais ce n'est pas le moment de rechigner. La hausse entrera &#224; vigueur &#224; partir du 1er avril. Pour autant, la place Tahrir, lieu de rassemblement des anti-Moubarak, ne d&#233;semplissait pas mardi, envahi par des milliers de tentes frapp&#233;es de slogans et d'inscriptions claires. Le mot d'ordre reste le m&#234;me : le d&#233;part du pr&#233;sident Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. Le r&#233;gime qui a ouvert le dialogue avec les opposants, y compris les islamistes, a ordonn&#233; lundi l'ouverture d'une enqu&#234;te sur les violences du mercredi 2 f&#233;vrier, quand des pro- et anti-Moubarak se sont affront&#233;s dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les autres dictateurs ne sont pas en reste : promesses sociales de Bouteflika, du dictateur du Koweit, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249;, &#224; propos de la Tunisie, on n'entend surtout parler de &#171; r&#233;volution d&#233;mocratique &#187;, il faut revenir sur la nature de classe de cette r&#233;volution. N&#233;e &#224; Sidi Bouzid, partant de l'immolation par le feu d'un jeune ch&#244;meur crevant de la mis&#232;re, c'est avant tout une r&#233;volution prol&#233;taire, une r&#233;volution contre la dictature, mais aussi une r&#233;volution contre le ch&#244;mage, une r&#233;volution contre la hausse des prix, une r&#233;volution contre la mis&#232;re. Tout comme c'est des quartiers pauvres que sont venues les r&#233;centes &#233;meutes insurrectionnelles en Alg&#233;rie, c'est du c&#339;ur de la classe ouvri&#232;re qu'est n&#233;e la r&#233;volution tunisienne, une r&#233;volution qui couvait d&#233;j&#224;, avec la lutte du bassin minier de Gafsa. Ce sont bien souvent des militants de base de l'UGTT (alors que la bureaucratie collaborait avec le r&#233;gime), la principale organisation ouvri&#232;re de Tunisie, qui ont organis&#233; les protestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins spectaculaire et m&#233;diatis&#233;e que les &#233;meutes, la r&#233;volution en Tunisie a aussi &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'utilisation de cette arme traditionnelle de la classe ouvri&#232;re qu'est la gr&#232;ve, comme &#224; Sfax o&#249; &#224; l'exception des h&#244;pitaux et des boulangeries, 100% des travailleurs et travailleuses de la ville &#233;taient en gr&#232;ve le 9 janvier. Ces gr&#232;ves ont touch&#233;es bien des secteurs, en particulier les centres d'appel sous-trait&#233;s par France-T&#233;l&#233;com, Orange ou SFR. C'est bien la classe ouvri&#232;re qui a lanc&#233; le combat et qui a entrain&#233; derri&#232;re elle toutes les couches de la population qui voulaient en finir avec la dictature de Ben Ali, en liant gr&#232;ves et manifestations insurrectionnelles. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela, la classe ouvri&#232;re est, en Tunisie comme ailleurs, la seule classe r&#233;volutionnaire, qui &#171; n'ayant rien &#224; perdre que ses cha&#238;nes &#187;, n'a rien &#224; craindre de faire ce saut dans l'inconnu qu'est la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution en Tunisie est &#224; mille lieux des pseudo-r&#233;volutions &#171; color&#233;es &#187; d'Ukraine ou de G&#233;orgie, ces fausses r&#233;volutions o&#249; tout &#233;tait jou&#233; &#224; l'avance, et o&#249;, appuy&#233;s par quelques manifestations, une fraction de la clique au pouvoir en remplace une autre. Les dizaines et dizaines de morts rendent impossible de parler de la r&#233;volution tunisienne de 2011 comme d'une &#171; r&#233;volution de velours &#187;, tout comme il &#233;tait d&#233;j&#224; impossible de parler de la sorte de la crise r&#233;volutionnaire en Iran de 2009. C'est d'ailleurs justement ce c&#244;t&#233; prol&#233;taire de la r&#233;volution tunisienne qui inqui&#232;te, non seulement les dirigeants des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, mais aussi ceux des pays europ&#233;ens. Car cette r&#233;volution, si elle a chass&#233; Ben Ali, est aussi une d&#233;faite pour Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant la fuite de Ben Ali, Mich&#232;le Alliot-Marie proposait d'aider le r&#233;gime en place &#224; r&#233;primer. La premi&#232;re inqui&#233;tude de l'&#201;tat fran&#231;ais va bien s&#251;r pour les int&#233;r&#234;ts des capitalistes fran&#231;ais qui, avec la dictature de Ben Ali, b&#233;n&#233;ficiait d'une classe ouvri&#232;re musel&#233;e et donc bon march&#233;. En lui refusant, malgr&#233; sa tradition d'accueil des dictateurs d&#233;chus, l'&#201;tat fran&#231;ais a montr&#233; son m&#233;pris pour ses pions qui &#233;chouent &#224; maintenir l'ordre. Tant que les profits entre dans les poches des bourgeois et que l'ordre n&#233;cessaire &#224; l'extorsion de la plus-value est maintenu, l'&#201;tat fran&#231;ais se fout de la nature du r&#233;gime. En C&#244;te d'Ivoire par exemple, apr&#232;s &#234;tre intervenu militairement pour prot&#233;ger Gbagbo, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais appuie d&#233;sormais Ouattara. L'&#201;tat fran&#231;ais ne soutenait Ben Ali que tant qu'il &#233;tait au pouvoir. Qu'importe les &#234;tres humains, m&#234;me chefs d'&#201;tats ou PDG, pour le syst&#232;me capitaliste. Pas plus qu'une entreprise n'a du mal &#224; trouver un successeur apr&#232;s le d&#233;part d'un PDG, l'&#201;tat fran&#231;ais n'aurait aucun mal &#224; composer avec n'importe quel successeur de Ben Ali, qui prendrait le pouvoir suite &#224; un coup d'&#201;tat militaire, une &#233;lection, truqu&#233;e ou non, ou n'importe quel moyen contr&#244;l&#233; par la bourgeoisie. Mais l&#224;, c'est l'insurrection prol&#233;taire qui a fait fuir Ben Ali, c'est la rue qui a affront&#233; les flics du r&#233;gime et il en ressort ce sentiment que d&#233;teste tous les chefs d'&#201;tat, celui qui arrive lorsque des ch&#244;meurs, des travailleurs, des damn&#233;s de la terre et for&#231;ats de la faim interviennent brusquement sur la sc&#232;ne de l'histoire pour prendre leur destin en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'agit d'une vraie r&#233;volution, n&#233;e des entrailles de la soci&#233;t&#233; et en particulier de la classe prol&#233;taire, et non d'une fausse r&#233;volution de palais, les r&#233;volutions ne cessent que rarement mais souvent commencent, se renforcent et se radicalisent avec le d&#233;part d'un dictateur, comme ce fut le cas avec Nicolas II en Russie (1917), Guillaume II en Allemagne (1918) ou le Shah en Iran (1979). Dimanche 16 janvier d'ailleurs, &#224; Regueb,&lt;br class='autobr' /&gt;
petite ville tunisienne de 8.000 habitants, 1.500 personnes ont d&#233;fil&#233; en scandant : &#171; Nous ne nous sommes pas r&#233;volt&#233;s pour la formation d'un gouvernement d'union avec une opposition de carton-p&#226;te &#187;. Lundi 17 janvier, de nouvelles manifestations ont &#233;clat&#233; &#224; Tunis, r&#233;prim&#233;es par des tirs de gaz lacrymog&#232;nes, et, dans les quartiers populaires, les habitant(e)s s'organisent pour assurer leur auto-d&#233;fense face aux flics et aux voyous de Ben Ali et constituent des comit&#233;s de quartiers. Des appels &#224; manifester circulent le 18 janvier, &#224; Tunis comme &#224; Sousse contre le nouveau gouvernement, sous le mot d'ordre &#171; le dictateur est tomb&#233;, pas la dictature &#187;. La &#171; r&#233;volution tunisienne &#187;, qui d&#233;j&#224; n'est plus seulement tunisienne, semble loin d'&#234;tre termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que si Ben Ali est parti, tout l'appareil d'&#201;tat de sa dictature reste en place. Le &#171; gouvernement d'union nationale &#187; est compos&#233;e &#224; 85% de membre du RCD, le parti de Ben Ali, de ses anciens ministres et des hommes de son appareil. Les membres de &#171; l'opposition &#187; int&#233;gr&#233; dans ce gouvernement, sont en grande partie des membres de l'ancienne opposition l&#233;gale et officielle auquel s'est ajout&#233; un membre du parti Ettajdid (ex Parti Communiste de Tunisie) qui, apr&#232;s avoir longtemps soutenu le r&#233;gime de Ben Ali avait fini par &#234;tre interdit. Bien s&#251;r, il y a des promesses, on parle de l'instauration de la libert&#233; de presse, d'opinion et de cr&#233;ation de partis, des prisonniers politiques comme Hamma Hammami ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s et des &#233;lections sont promis dans six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;part de Ben Ali, le nouveau gouvernement l&#226;che bien s&#251;r sur quelques revendications. L'histoire des r&#233;volutions russe, allemande et iranienne, avec leurs diff&#233;rences, montre que la bourgeoisie peut reculer devant la r&#233;volution prol&#233;taire, abandonner ses plus fid&#232;les serviteurs, mais que, si elle conserve le pouvoir, si elle maintient son appareil d'&#201;tat, quelqu'en soit la forme, elle cherchera par tous les moyens &#224; &#233;craser cette classe ouvri&#232;re qui a os&#233; se r&#233;volter. Les illusions d&#233;mocratiques, les alliances derri&#232;re tel ou tel front avec une fraction de la bourgeoisie, au nom de &#171; la d&#233;mocratie &#187;, de la &#171; nation &#187;, ou de &#171; l'anti-imp&#233;rialisme &#187;, ont toujours co&#251;t&#233; tr&#232;s cher en sang aux ouvriers qui se sont r&#233;volt&#233;s. En 1918, le Parti Social-D&#233;mocrate (SPD) avait vendu la r&#233;publique aux ouvriers qui s'&#233;taient r&#233;volt&#233;s contre la guerre, &#233;crasant &#224; Berlin, en Bavi&#232;re et ailleurs les prol&#233;taires qui construisaient une r&#233;publique socialiste. Lorsque, avec la crise de 1929 et ses r&#233;percussions dramatiques en Allemagne, on commen&#231;ait dans les rangs ouvriers &#224; s'inqui&#233;ter des chemises brunes nazies, des th&#233;oriciens sociaux-d&#233;mocrates expliquaient que &#171; l'Allemagne n'est pas l'Italie &#187; et que la constitution de Weimar prot&#233;gerait les libert&#233;s face aux fascisme. En 1933, le prol&#233;tariat allemand, le mieux organis&#233; d'Europe, allait conna&#238;tre la plus terrible des d&#233;faites et des r&#233;pressions. Plus pr&#232;s de nous, en 1973 au Chili et la constitution d'un gouvernement de type Front Populaire, les prol&#233;taires s'inqui&#233;taient de la menace d'un coup d'&#201;tat militaire, r&#233;clamait des armes pour se prot&#233;ger. Les dirigeants des partis de gauche expliquaient, le plus s&#233;rieusement du monde, que le Chili n'est pas l'Argentine, que l'arm&#233;e resterait &#224; la place que lui confie la constitution... jusqu'au coup d'&#201;tat de Pinochet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Iran n'est pas le Chili &#187; &#233;tait un mot d'ordre populaire dans la gauche iranienne des ann&#233;es 1970. En f&#233;vrier 1979, l'insurrection &#224; T&#233;h&#233;ran balayait le Shah et sa monarchie. Dans toutes les usines, des Shorras (conseils) &#233;taient constitu&#233;s par des ouvriers, les universit&#233;s &#233;taient contr&#244;l&#233;es par des groupes de gauche et d'extr&#234;me-gauche, mais, soutenu par la bourgeoisie du bazar et le clerg&#233; &#224; l'int&#233;rieur, par la France, la Grande-Bretagne et les USA &#224; l'&#233;tranger,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khomeiny revenait de son exil. Il promettait que les prisons pour d&#233;tenus politiques deviendraient des mus&#233;es et l'&#233;lectricit&#233; gratuite. La plupart des partis de gauche iraniens expliquaient qu'il fallait, au nom de la &#171; r&#233;volution nationale-d&#233;mocratique &#187; ou de &#171; l'anti-imp&#233;rialisme &#187;, que les ouvriers cessent leurs gr&#232;ves et protestations, le 8 mars 1979 les femmes avaient r&#233;ussi &#224; faire reculer Khomeiny sur la question du hidjab obligatoire dans l'administration... mais d&#233;j&#224; des groupes du Hezbollah commen&#231;aient &#224; semer la terreur contre les militants ouvriers, les femmes qui refusaient le voile, les militants d'extr&#234;me-gauche qui ne se pliaient pas &#224; la nouvelle &#171; unit&#233; nationale-d&#233;mocratique et anti-imp&#233;rialiste &#187; derri&#232;re le clerg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;tariats d'Allemagne, du Chili ou d'Iran ont fait la cruelle exp&#233;rience apr&#232;s qu'on les ait berc&#233; d'illusions sur la &#171; d&#233;mocratie &#187; ou sur &#171; l'unit&#233; nationale anti-imp&#233;rialiste &#187;, et qu'on ait trouv&#233; des pr&#233;textes pour arr&#234;ter, avant de le r&#233;primer, le mouvement r&#233;volutionnaire, que l'on ne peut pas faire de &#171; r&#233;volution &#224; moiti&#233; &#187;. Une fois le mouvement r&#233;volutionnaire lanc&#233;, l'alternative n'est plus que la victoire d'une classe et l'&#233;crasement de l'autre ; les ouvriers d'Allemagne, du Chili et d'Iran qui se sont lanc&#233;s dans de formidables r&#233;volutions sans prendre le pouvoir l'ont pay&#233; par la mort de dizaines de milliers des meilleurs d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude v&#233;ritable de la classe dirigeante am&#233;ricaine envers le mouvement des masses tunisiennes est une hostilit&#233; implacable, comme l'indique un commentaire de Jackson Diehl, membre du comit&#233; de r&#233;daction du Washington Post, vendredi, &#171; La menace la plus imminente qui p&#232;se sur les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains au Moyen-Orient, n'est cependant pas la guerre, mais la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute : &#171; La violence a d&#233;j&#224; migr&#233; vers l'Alg&#233;rie et les sp&#233;culations vont bon train dans les m&#233;dias arabes quant &#224; savoir o&#249; appara&#238;tra le prochain &#171; sc&#233;nario tunisien &#187; : en &#201;gypte ? en Jordanie ? en Libye ? Tous ces pays sont menac&#233;s par l'augmentation rapide des cours mondiaux de la nourriture et du carburant ; les Nations unies ont pr&#233;venu la semaine derni&#232;re d'un &#171; Choc des prix des denr&#233;es alimentaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de la semaine derni&#232;re en Tunisie ont une fois de plus r&#233;v&#233;l&#233; l'immense pouvoir social et potentiel r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. Mais la faiblesse cruciale du mouvement de masse tient &#224; l'absence d'une perspective, d'un programme et d'une direction r&#233;volutionnaires clairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet &#224; la bourgeoisie locale et &#224; ses soutiens imp&#233;rialistes de se regrouper et de forger de nouveaux moyens d'&#233;craser l'opposition et de d&#233;fendre le capitalisme tunisien. Le d&#233;part de Ben Ali ayant enlev&#233; la cible la plus directe de la col&#232;re populaire, le r&#233;gime tunisien est d&#233;j&#224; en train de mener la contre-offensive. Sous couvert de &#171; gouvernement d'unit&#233; &#187; et d'&#233;lections &#224; venir, l'&#233;tat d'urgence et le couvre-feu restent en place et la police et l'arm&#233;e continuent &#224; abattre et arr&#234;ter les opposants au r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence d'une lutte r&#233;volutionnaire rend encore plus critique la question de la conscience, de la perspective et du programme politiques. L'histoire de la Tunisie et de tout le Moyen-Orient donne une confirmation &#233;clatante de la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire mondiale &#233;labor&#233;e par Trotsky et la Quatri&#232;me Internationale sur la base de la perspective de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a expliqu&#233; Trotsky, en opposition au Stalinisme, &#224; la sociale-d&#233;mocratie et au nationalisme bourgeois, &#224; l'&#232;re de l'imp&#233;rialisme, la bourgeoisie des pays ayant un d&#233;veloppement capitaliste retard&#233; est incapable de mener &#224; bien les t&#226;ches de la r&#233;volution d&#233;mocratique. Faible et d&#233;pendante, entrav&#233;e par des liens innombrables avec l'imp&#233;rialisme &#233;tranger et les forces f&#233;odales locales, la bourgeoisie de pays comme la Tunisie est mille fois plus craintive et hostile envers la force r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re qu'elle ne l'est envers l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maghreb et monde arabe : r&#233;forme ou r&#233;volution ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912</guid>
		<dc:date>2011-02-07T17:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;La loi fondamentale de la r&#233;volution (...), la voici : pour que la r&#233;volution ait lieu, il ne suffit pas que les masses exploit&#233;es et opprim&#233;es prennent conscience de l'impossibilit&#233; de vivre comme autrefois et r&#233;clament des changements. Pour que la r&#233;volution ait lieu, il faut que les exploiteurs ne puissent pas vivre et gouverner comme autrefois. C'est seulement lorsque ceux d'en bas ne veulent plus et que ceux d'en haut ne peuvent plus continuer de vivre &#224; l'ancienne mani&#232;re, c'est alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique78" rel="directory"&gt;1-3 Le r&#233;formisme d'aujourd'hui, du syndicalisme &#224; l'altermondialisme et au d&#233;mocratisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Jordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_2328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/3D9F77F357B4112896CB29E012E06F.jpg' width=&#034;768&#034; height=&#034;512&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;La loi fondamentale de la r&#233;volution (...), la voici : pour que la r&#233;volution ait lieu, il ne suffit pas que les masses exploit&#233;es et opprim&#233;es prennent conscience de l'impossibilit&#233; de vivre comme autrefois et r&#233;clament des changements. Pour que la r&#233;volution ait lieu, il faut que les exploiteurs ne puissent pas vivre et gouverner comme autrefois. C'est seulement lorsque ceux d'en bas ne veulent plus et que ceux d'en haut ne peuvent plus continuer de vivre &#224; l'ancienne mani&#232;re, c'est alors seulement que la r&#233;volution peut triompher. Cette v&#233;rit&#233; s'exprime autrement en ces termes : la r&#233;volution est impossible sans une crise nationale (affectant exploit&#233;s et exploiteurs).&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, dans &#034;La maladie infantile du communisme&#034;, 1920&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme comme les classes dirigeantes essaient de nous faire croire que le Maghreb et le monde arabe sont en voie de se r&#233;former. C'est le principal mensonge li&#233; &#224; la situation. Si c'&#233;tait possible, ils auraient peut-&#234;tre envie de le faire pour &#233;viter les risques r&#233;volutionnaires mais ce n'est pas une question de bonne volont&#233;. Ils ne peuvent pas aller contre les lois de leur propre soci&#233;t&#233; ! La mati&#232;re ne peut changer de forme au point d'aller contre la gravitation... La bourgeoisie ne peut aller contre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Et, &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste, une bourgeoisie nationale ne peut s'&#233;manciper partiellement qu'en devenant elle-m&#234;me imp&#233;rialiste... Et il ne suffit pas de le souhaiter !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions sont r&#233;gies par d'implacables lois auxquelles sont soumises leurs acteurs et leurs victimes. Elles ne d&#233;pendent pas directement de ce qu'en pensent les participants mais aussi de conditions objectives qui les d&#233;passent. Et ce d'autant que ni les masses ni les classes dirigeantes n'ont l'exp&#233;rience directe de ce type d'&#233;v&#233;nement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les masses travailleuses souhaitaient la r&#233;volution ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que les masses petites bourgeoises souhaitaient la r&#233;volution ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que les classes dirigeantes souhaitaient la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant l'enchainement des &#233;v&#233;nements les y m&#232;ne ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que depuis longtemps les masses souhaitaient que les classes dirigeantes r&#233;alisent des r&#233;formes et qu'elles aimeraient encore bien qu'elles les r&#233;alisent mais elles n'y croient plus...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, objectivement, il est impossible aux classes dirigeantes de r&#233;aliser ces r&#233;formes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le caract&#232;re de la r&#233;volution qui a lieu au Maghreb et dans le monde arabe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le sort du seul dictateur qu'il s'appelle Moubarak ou Ben Ali qui importe, c'est celui de la domination des classes dirigeantes sur l'Egypte, le monde arabe, le Maghreb et m&#234;me le monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise que traversent actuellement Maghreb et monde arabe, n'est pas une crise (seulement) politique dans le sens o&#249; les peuples &#233;gyptien, tunisiens et alg&#233;riens (et autres) veulent plus ou moins de d&#233;mocratie mais elle est d'abord et avant tout une crise sociale, sympt&#244;me pathologique d'une crise plus profonde, la crise du capitalisme. Les motivations profondes des &#233;meutiers de Bab Elwed ou de Kasserine ne traduisent pas des aspirations populaires pour plus ou moins de bla bla d&#233;mocratique mais elles expriment la r&#233;volte d'une jeunesse d&#233;soeuvr&#233;e contre un syst&#232;me synonyme de mis&#232;re et de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette mis&#232;re n'est pas occasionnelle mais profonde &#224; l'heure o&#249; les USA eux-m&#234;mes connaissent pour la premi&#232;re fois un ch&#244;mage de longue dur&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remettre en question la mis&#232;re, c'est aussi remettre en question la domination capitaliste et imp&#233;rialiste sur le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande diff&#233;rence avec la &#034;chute du mur de Berlin&#034;, c'est-&#224;-dire la fin des r&#233;gimes staliniens de l'Est, c'est que cette derni&#232;re &#233;tait voulue &#224; la fois par les classes dirigeantes de l'Est et de l'Ouest (l'imp&#233;rialisme). Elles l'ont pr&#233;par&#233;, organis&#233;, dirig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du Maghreb et du monde arabe, les classes dirigeantes locales comme imp&#233;rialistes n'ont rien voulu du tout ni m&#234;me rien pressenti !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause ! Cette r&#233;volte menace le syst&#232;me alors que la chute du mur de Berlin &#233;tait n&#233;cessaire au syst&#232;me et apparaissait m&#234;me comme sa victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or remettre en question la domination imp&#233;rialiste en p&#233;riode de crise syst&#233;mique mondiale, n'est-ce pas une r&#233;volution sociale qui vise au communisme, m&#234;me si cette perspective n'est pas n&#233;cessairement consciente ? Il est n&#233;cessaire par contre qu'elle le devienne si elle veut aller jusqu'au bout de ses perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on dit, une r&#233;volution, on sait comment cela commence mais nul de sait comment cela finit. Cela peut aller beaucoup plus loin que ne le voudraient les classes dirigeantes et que leurs man&#339;uvres ne le pr&#233;voient ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles voudraient bien d'&#034;une transition&#034; mais est-ce que les masses les laisseront maintenir la continuit&#233; de l'exploitation et de de l'oppression ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution, c'est des comit&#233;s de travailleurs qui remettent en question la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et le caract&#232;re de classe de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution, c'est faire basculer les soldats dans le camp des travailleurs et des jeunes organis&#233;s en comit&#233;s populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens la r&#233;volution est encore en germes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;suite &#224; venir&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Dans une soci&#233;t&#233; prise de r&#233;volution, les classes sont en lutte. Il est pourtant tout &#224; fait &#233;vident que les transformations qui se produisent entre le d&#233;but et la fin d'une r&#233;volution, dans les bases &#233;conomiques de la soci&#233;t&#233; et dans le substratum social des classes, ne suffisent pas du tout &#224; expliquer la marche de la r&#233;volution m&#234;me, laquelle, en un bref laps de temps, jette &#224; bas des institutions s&#233;culaires, en cr&#233;e de nouvelles et les renverse encore. La dynamique des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires est directement d&#233;termin&#233;e par de rapides, intensives et passionn&#233;es conversions psychologiques des classes constitu&#233;es avant la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'en effet une soci&#233;t&#233; ne modifie pas ses institutions au fur et &#224; mesure du besoin, comme un artisan renouvelle son outillage. Au contraire : pratiquement, la soci&#233;t&#233; consid&#232;re les institutions qui la surplombent comme une chose &#224; jamais &#233;tablie. Durant des dizaines d'ann&#233;es, la critique d'opposition ne sert que de soupape au m&#233;contentement des masses et elle est la condition de la stabilit&#233; du r&#233;gime social : telle est, par exemple, en principe, la valeur acquise par la critique social-d&#233;mocrate. Il faut des circonstances absolument exceptionnelles, ind&#233;pendantes de la volont&#233; des individus ou des partis, pour lib&#233;rer les m&#233;contents des g&#234;nes de l'esprit conservateur et amener les masses &#224; l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapides changements d'opinion et d'humeur des masses, en temps de r&#233;volution, proviennent, par cons&#233;quent, non de la souplesse et de la mobilit&#233; du psychique humain, mais bien de son profond conservatisme. Les id&#233;es et les rapports sociaux restant chroniquement en retard sur les nouvelles circonstances objectives, jusqu'au moment o&#249; celles-ci s'abattent en cataclysme, il en r&#233;sulte, en temps de r&#233;volution, des soubresauts d'id&#233;es et de passions que des cerveaux de policiers se repr&#233;sentent tout simplement comme l'&#339;uvre de &#034; d&#233;magogues &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses se mettent en r&#233;volution non point avec un plan tout fait de transformation sociale, mais dans l'&#226;pre sentiment de ne pouvoir tol&#233;rer plus longtemps l'ancien r&#233;gime. C'est seulement le milieu dirigeant de leur classe qui poss&#232;de un programme politique, lequel a pourtant besoin d'&#234;tre v&#233;rifi&#233; par les &#233;v&#233;nements et approuv&#233; par les masses. Le processus politique essentiel d'une r&#233;volution est pr&#233;cis&#233;ment en ceci que la classe prend conscience des probl&#232;mes pos&#233;s par la crise sociale, et que les masses s'orientent activement d'apr&#232;s la m&#233;thode des approximations successives. Les diverses &#233;tapes du processus r&#233;volutionnaire, consolid&#233;es par la substitution &#224; tels partis d'autres toujours plus extr&#233;mistes, traduisent la pouss&#233;e constamment renforc&#233;e des masses vers la gauche, aussi longtemps que cet &#233;lan ne se brise pas contre des obstacles objectifs. Alors commence la r&#233;action : d&#233;senchantement dans certains milieux de la classe r&#233;volutionnaire, multiplication des indiff&#233;rents, et, par suite, consolidation des forces contre-r&#233;volutionnaires. Tel est du moins le sch&#233;ma des anciennes r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement par l'&#233;tude des processus politiques dans les masses que l'on peut comprendre le r&#244;le des partis et des leaders que nous ne sommes pas le moins du monde enclin &#224; ignorer. Ils constituent un &#233;l&#233;ment non autonome, mais tr&#232;s important du processus. Sans organisation dirigeante, l'&#233;nergie des masses se volatiliserait comme de la vapeur non enferm&#233;e dans un cylindre &#224; piston. Cependant le mouvement ne vient ni du cylindre ni du piston, mais de la vapeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s que l'on rencontre dans l'&#233;tude des modifications de la conscience des masses en temps de r&#233;volution sont absolument &#233;videntes. Les classes opprim&#233;es font de l'histoire dans les usines, dans les casernes, dans les campagnes, et, en ville, dans la rue. Mais elles n'ont gu&#232;re l'habitude de noter par &#233;crit ce qu'elles font. Les p&#233;riodes o&#249; les passions sociales atteignent leur plus haute tension ne laissent en g&#233;n&#233;rai que peu de place &#224; la contemplation et aux descriptions. Toutes les Muses, m&#234;me la Muse pl&#233;b&#233;ienne du journalisme, bien qu'elle ait les flancs solides, ont du mal &#224; vivre en temps de r&#233;volution. Et pourtant la situation de l'historien n'est nullement d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Les notes prises sont incompl&#232;tes, disparates, fortuites. Mais, &#224; la lumi&#232;re des &#233;v&#233;nements, ces fragments permettent souvent de deviner la direction et le rythme du processus sous-jacent. Bien ou mal, c'est en appr&#233;ciant les modifications de la conscience des masses qu'un parti r&#233;volutionnaire base sa tactique. La voie historique du bolchevisme t&#233;moigne que cette estimation, du moins en gros, &#233;tait r&#233;alisable. Pourquoi donc ce qui est accessible &#224; un politique r&#233;volutionnaire, dans les remous de la lutte, ne serait-il pas accessible &#224; un historien r&#233;trospectivement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les processus qui se produisent dans la conscience des masses ne sont ni autonomes, ni ind&#233;pendants. N'en d&#233;plaise aux id&#233;alistes et aux &#233;clectiques, la conscience est n&#233;anmoins d&#233;termin&#233;e par les conditions g&#233;n&#233;rales d'existence. Dans les circonstances historiques de formation de la Russie, avec son &#233;conomie, ses classes, son pouvoir d'&#201;tat, dans l'influence exerc&#233;e sur elle par les puissances &#233;trang&#232;res, devaient &#234;tre incluses les pr&#233;misses de la R&#233;volution de F&#233;vrier et de sa rempla&#231;ante - celle d'octobre. En la mesure o&#249; il semble particuli&#232;rement &#233;nigmatique qu'un pays arri&#233;r&#233; ait le premier port&#233; au pouvoir le prol&#233;tariat, il faut pr&#233;alablement chercher le mot de l'&#233;nigme dans le caract&#232;re original dudit pays, c'est-&#224;-dire dans ce qui le diff&#233;rencie des autres pays.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L&#233;on TROTSKY.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans la pr&#233;face &#224; l'histoire de la r&#233;volution russe - f&#233;vrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique77&#034;&gt;la suite sur r&#233;forme et r&#233;volution (et aussi contre-r&#233;volution)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sident de Tunisie en fuite, premier ministre de Jordanie d&#233;missionn&#233;, ministres tunisiens du RCD renvoy&#233;s, Moubarak en salle d'attente, et maintenant &#224; qui le tour ? Moubarak, Bouteflika, Hussein, Assad, Saleh, Aziz, Ghannouchi et Mohamed VI sont sur des si&#232;ges &#233;jectables... </title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1895</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1895</guid>
		<dc:date>2011-02-04T21:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les classes dirigeantes du monde arabe sont affol&#233;es par la r&#233;volte et reculent. Elles bloquent les prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et annoncent des embauches massives de jeunes pour d&#233;samorcer les mouvements sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
La panique est totale. Au Koweit, elle am&#232;ne les classes dirigeantes &#224; annoncer des cadeaux... &lt;br class='autobr' /&gt;
l vaut mieux pr&#233;venir que d&#233;guerpir. C'est sans doute la raison qui a pouss&#233; l'&#233;mir du Kowe&#239;t, Sabah al-Ahmad Al-Sabah, &#224; offrir 5 milliards de dollars &#224; la population, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Jordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les classes dirigeantes du monde arabe sont affol&#233;es par la r&#233;volte et reculent. Elles bloquent les prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et annoncent des embauches massives de jeunes pour d&#233;samorcer les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panique est totale. Au Koweit, elle am&#232;ne les classes dirigeantes &#224; annoncer des cadeaux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l vaut mieux pr&#233;venir que d&#233;guerpir. C'est sans doute la raison qui a pouss&#233; l'&#233;mir du Kowe&#239;t, Sabah al-Ahmad Al-Sabah, &#224; offrir 5 milliards de dollars &#224; la population, anticipant ainsi d'&#233;ventuelles &#233;meutes d'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, annonc&#233;e samedi par l'&#233;mir, cette g&#233;n&#233;reuse donation a &#233;t&#233; approuv&#233;e &#224; l'unanimit&#233; mercredi par les 53 membres du Parlement du Kowe&#239;tien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Officiellement, ce g&#233;n&#233;reux &#8220;cadeau&#8221; princier au peuple intervient &#224; l'occasion de festivit&#233;s nationales, dont le cinquantenaire de l'&#233;mirat. Mais il est permis de penser que l'&#233;pisode tunisienne d&#233;bouchant sur le d&#233;part forc&#233; de Ben Ali, le soul&#232;vement de la rue &#233;gyptienne, la grogne des peuples arabes qui veulent en d&#233;coudre avec l'&#232;re des potentats, semblent avoir donner mati&#232;re &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; l'&#233;mir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, chaque sujet parmi les 1,15 million de Kowe&#239;tiens de souche recevra le 24 f&#233;vrier 1.000 dinars (3.580 USD) en esp&#232;ces et disposera gratuitement de denr&#233;es alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; jusqu'au 31 mars 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation populaire est telle que le dictateur du Y&#233;men supplie le peuple de ne pas descendre dans la rue pour la journ&#233;e de col&#232;re, que le dictateur US et que celui de la France appellent Moubarak &#224; quitter vite le pouvoir m&#234;me si les chefs militaires ont peur qu'en quittant il leur fasse perdre leurs privil&#232;ges &#233;conomiques et politiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dirigeantes ont peur du peuple et reculent. Elles ont ramen&#233; en arri&#232;re les prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et reculent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aucune &#233;lection ne nous a donn&#233; un pareil changement nulle part que celui obtenu d&#232;s maintenant par la r&#233;volte sociale : faire peur &#224; ce point aux classes dirigeantes locales comme celles du monde entier !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la propagande des terroristes est &#233;cras&#233;e : le Maghreb et le monde arabe ont montr&#233; que le mouvement populaire n'a pas besoin d'Al Qa&#239;da pour se faire respecter du monde entier !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, l'Egypte enti&#232;re scandait le m&#234;me slogan : &#171; Qu'il parte, qu'il parte ! &#187; et le monde entier &#233;tait suspendu &#224; leurs l&#232;vres. Plus d'un million de personnes ont manifest&#233; en Egypte, selon les autorit&#233;s. Au Caire, la capitale, mais aussi &#224; Alexandrie, Suez, Isma&#239;la ou dans les villes du delta du Nil comme Tanta, Mansoura, Mahalla el Koubra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes Moubarak est toujours l&#224; malgr&#233; deux millions de manifestants mais c'est pour rendre son d&#233;part moins enthousiasmant pour les peuples de la r&#233;gion. L'imp&#233;rialisme lui a conseill&#233; de partir en douceur pour ne pas risquer d'enflammer tout le monde arabe et tout le Maghreb et de risquer de faire chuter Bouteflika, Hussein, Assad, Saleh, Aziz, et Ghannouchi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte m&#234;me, les classes dirigeantes, l'arm&#233;e et l'imp&#233;rialisme ont craint que l'annonce de la chute de Moubarak entra&#238;ne un accroissement et un approfondissement non un recul du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, Moubarak a seulement annonc&#233; qu'il n'y aurait pas de Moubarak candidat !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est reculer pour mieux sauter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, la force de la r&#233;volte sociale n'est plus &#224; d&#233;montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui reste &#224; s'organiser pour fonder une nouvelle soci&#233;t&#233; en d&#233;racinant l'ancien syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut absolument que les comit&#233;s de quartiers et d'entreprise &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s pour des comit&#233;s de ville, de r&#233;gion et pour une assembl&#233;e nationale des comit&#233;s populaires incluant les jeunes, les femmes, les paysans, les soldats....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte dans chaque pays doit aider &#224; d&#233;velopper la lutte dans les autres. C'est cet effet domino qui a &#233;t&#233; notre force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas nos diff&#233;rences (bien r&#233;elles) qui importent : c'est notre commune aspiration et l'unit&#233; de nos int&#233;r&#234;ts comme celle de nos ennemis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne devons respecter aucune limite, aucun respect de l'ordre &#233;tabli : cet ordre ancien ne nous apportait qu'un avenir noir ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de protestation n&#233; en Tunisie n'en finit plus de faire des vagues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Alg&#233;rie et surtout l'Egypte, c'est au tour de deux pays du Moyen-Orient de se soulever : le Y&#233;men et la Jordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces deux pays, tous deux frontaliers de l'Arabie Saoudite, connaissent en fait des remous depuis la fin janvier ; mais la contestation a pris de l'ampleur, &#224; tel point que leurs dirigeants, le pr&#233;sident y&#233;m&#233;nite et le monarque hach&#233;mite, ont tous deux annonc&#233; une s&#233;rie de mesures dans l'espoir de ne pas suivre les pas de Zine el Abidine Ben Ali, chass&#233; du pouvoir le 14 janvier. Ainsi, Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis plus de 32 ans au Y&#233;men, a promis de ne pas briguer de nouveau mandat aux prochaines &#233;lections en 2013. Au pouvoir depuis 1978, mais &#233;lu pour la premi&#232;re fois en 1999 au suffrage universel direct puis r&#233;&#233;lu en 2006, la Constitution lui interdisait normalement de se repr&#233;senter une troisi&#232;me fois cons&#233;cutive. Mais son parti, le Congr&#232;s populaire g&#233;n&#233;ral (CPG) avait engag&#233; une r&#233;forme supprimant cette limite, qui devait &#234;tre examin&#233;e le 1er mars au Parlement. C'est justement cet amendement constitutionnel que Saleh s'est engag&#233; &#224; geler, dans un discours prononc&#233; face aux d&#233;put&#233;s, aux membres de la Choura (conseil tribal) et &#224; l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e qu'il avait convoqu&#233;s pour une r&#233;union extraordinaire. &#171; Je formule ces concessions dans l'int&#233;r&#234;t du pays &#187;, a-t-il soulign&#233;, assurant que &#171; l'int&#233;r&#234;t national &#187; passait avant ses &#171; int&#233;r&#234;ts personnels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'Etat y&#233;m&#233;nite Ali Abdoullah Saleh, au pouvoir depuis plus de 30 ans et confront&#233; lui aussi &#224; des manifestations hostiles, a annonc&#233; ce mercredi qu'il ne chercherait pas &#224; briguer un nouveau mandat, l'actuel expirant en 2013. De m&#234;me, il s'est engag&#233; &#224; ne pas transmettre les r&#234;nes du pouvoir &#224; son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas de prolongation, pas de transmission &#187;, a dit Ali Abdoullah Saleh, qui s'exprimait &#224; la veille d'un grand rassemblement pr&#233;vu dans la capitale Sanaa &#224; l'occasion d'un &#171; jour de col&#232;re &#187; dirig&#233; contre lui. Fin janvier, le parti au pouvoir au Y&#233;men a propos&#233; &#224; l'opposition de nouer un dialogue dans le but de mettre fin au mouvement de manifestations antigouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'image de la r&#233;volution tunisienne et de la contestation en cours en Egypte, des milliers de Y&#233;m&#233;nites sont descendus ces derniers jours dans les rues de Sanaa pour demander le d&#233;part du pr&#233;sident Saleh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas de prolongation, pas de transmission &#187;, a insist&#233; le pr&#233;sident y&#233;m&#233;nite, indiquant ainsi qu'il ne c&#232;derait pas non plus les r&#234;nes &#224; son fils a&#238;n&#233; Ahmed, chef de la garde r&#233;publicaine et unit&#233; d'&#233;lite de l'arm&#233;e, comme cela est redout&#233;. Ali Abdallah Saleh a en outre annonc&#233; le report des &#233;lections l&#233;gislatives du 27 avril, comme le souhaitait l'opposition qui demande une r&#233;forme politique pr&#233;alable &#8211;selon elle, 1,5 million de Y&#233;m&#233;nites n'ont pas pu s'inscrire &#224; ce jour sur les listes &#233;lectorales. Le chef de cet Etat de 24 millions d'habitants, seule r&#233;publique de la p&#233;ninsule arabique, a &#233;galement assur&#233; qu'il mettrait en place des &#233;lections au suffrage universel direct pour les gouverneurs des provinces, ce qui donnerait &#224; la population un plus grand poids dans la politique r&#233;gionale. Il a en &#233;change appel&#233; &#224; la fin des manifestations, et &#224; la reprise du dialogue avec le CPG, interrompu depuis l'annonce des &#233;lections l&#233;gislatives du 27 avril. Saleh a enfin propos&#233; de former un &#171; gouvernement d'union nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s de l'opposition, qui a appel&#233; &#224; une &#171; Journ&#233;e de col&#232;re &#187; jeudi, ont boycott&#233; la s&#233;ance. Mais son principal parti, Islah, a jug&#233; ces annonces &#171; positives &#187; tout en pr&#233;cisant attendre qu'elles se &#171; concr&#233;tisent &#187;. &#171; Pour ce qui est du rassemblement de demain, le projet tient, et ce sera une manifestation organis&#233;e et en bon ordre, a n&#233;anmoins ajout&#233; Mohamed al Saadi, l'un des dirigeants de ce parti islamiste. Il s'agit d'une lutte pacifique, par laquelle la population peut faire entendre sa voix et exprimer ses aspirations &#187;, a-t-il soulign&#233;. La semaine derni&#232;re, un rassemblement a mobilis&#233; quelque 16 000 personnes r&#233;clamant le limogeage du gouvernement. Depuis la mi-janvier, une immolation par le feu et trois tentatives ont &#233;t&#233; recens&#233;es dans le pays &#8211;acte de d&#233;sespoir qui avait aussi &#233;t&#233; l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de la r&#233;volte tunisienne, le 17 d&#233;cembre dernier. Pour autant, Saleh a refus&#233; la comparaison avec Tunis. &#171; Nous sommes un pays d&#233;mocratique &#224; la diff&#233;rence de la Tunisie qui a plac&#233; les mosqu&#233;es sous surveillance et fait taire tout le monde &#187;, avait-il fait valoir le mois dernier. Il avait d&#233;j&#224; annonc&#233; une s&#233;rie de mesures telles que des augmentations de salaires, des r&#233;ductions d'imp&#244;ts ou encore l'extension de la couverture sociale &#224; un demi-million de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident y&#233;m&#233;nite Ali Abdallah Saleh, confront&#233; &#224; des protestations populaires, va r&#233;unir mercredi la Chambre de d&#233;put&#233;s et le Conseil consultatif, &#224; la veille d'une manifestation de l'opposition qui a jug&#233; &#034;tardif&#034; l'appel au dialogue du parti au pouvoir. Cette r&#233;union extraordinaire intervient alors que le chef de l'Etat a multipli&#233; les mesures sociales et &#233;conomiques, dont une augmentation des salaires, face &#224; la mont&#233;e de la grogne populaire dans ce pays de 24 millions d'habitants. La cr&#233;ation d'un fonds pour l'emploi des dipl&#244;m&#233;s de l'universit&#233; et l'extension de la couverture sociale &#224; un demi-million de personnes ainsi qu'une r&#233;duction de l'imp&#244;t sur le revenu figurent parmi les mesures d&#233;cid&#233;es le week-end dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'opposition est toujours sceptique. Les manifestations ont d&#233;but&#233; apr&#232;s quatre tentatives d'immolation par le feu dont un cas mortel, le 20 janvier. Comme en Jordanie, les opposants au parti au pouvoir, pr&#233;sents au Parlement, se sont constitu&#233;s en un &#034;Front commun&#034;. Leur chef, Mohamed al-Moutawakel, a assur&#233; mardi &#224; la presse qu'il &#034;n'y aura pas de dialogue sans l'annulation des mesures prises unilat&#233;ralement par le parti au pouvoir&#034;. Une r&#233;f&#233;rence &#224; une r&#233;vision constitutionnelle susceptible d'ouvrir la voie &#224; une &#233;lection &#224; vie du pr&#233;sident Saleh, au pouvoir depuis 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Au Y&#233;men, les manifestations en faveur de la d&#233;mocratie s'ajoutent &#224; une situation int&#233;rieure d&#233;j&#224; difficile pour le pr&#233;sident Saleh&#034;, explique Denis Bauchard, avant de d&#233;velopper : &#034;Le pouvoir doit faire face &#224; la conjonction de r&#233;voltes tribales dans le Nord, du mouvement s&#233;cessionniste du Sud et de la pr&#233;sence d'Al Qa&#239;da. &#034; Inspir&#233;e par la &#034;marche du million&#034; qui a eu lieu mardi en Egypte, l'opposition a appel&#233; &#224; une nouvelle &#034;Journ&#233;e de la col&#232;re&#034; jeudi. Une journ&#233;e qui devrait d&#233;terminer l'avenir du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le roi Abdallah II de Jordanie a nomm&#233; mardi un nouveau Premier ministre, en la personne de Maarouf Bakhit, militaire de carri&#232;re et ancien ambassadeur qui avait d&#233;j&#224; occup&#233; cette fonction entre 2005 et 2007. Ce dernier, qui remplace donc le mal-aim&#233; Samir Rifa&#239;, a la charge de former ces prochains jours un nouveau gouvernement, et de mettre le pays sur la voie de &#171; r&#233;elles r&#233;formes politiques &#187; afin de r&#233;pondre aux demandes des manifestants &#171; en faveur de la d&#233;mocratie &#187;. Le pouvoir esp&#233;rait que le diplomate jouirait d'une grande popularit&#233; et sa promotion ce qui pourrait suffire &#224; endiguer le mouvement de contestation n&#233; de la chert&#233; de la vie, des in&#233;galit&#233;s croissantes dans le pays et de la corruption. Mais la rue ne voit pas du tout Bakhit comme un r&#233;formateur. Une des premi&#232;res mesures prises par le gouvernement en janvier fut le d&#233;blocage de 120 millions de dinars (169 millions de dollars) pour faire baisser les prix et cr&#233;er des emplois. Mais c'est loin de suffire pour satisfaire les revendications sociales populaires !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial - Tunisie, Alg&#233;rie, Jordanie, Mauritanie, Egypte, Y&#233;men, Oman..., tout le Maghreb et le monde arabe veulent se d&#233;barrasser de leurs Ben Ali ! D&#233;barrassons-nous aussi de la domination imp&#233;rialiste et capitaliste qui les a mis au pouvoir et fait prosp&#233;rer !</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1881</link>
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		<dc:date>2011-01-28T00:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Maghreb</dc:subject>
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		<dc:subject>Mauritanie</dc:subject>
		<dc:subject>Oman</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Copains comme cochons... &lt;br class='autobr' /&gt;
Des milliards de dollars par an, voil&#224; ce que les USA font cadeau &#224; Moubarak pour le remercier d'&#234;tre un si bon ami de l'imp&#233;rialisme... &lt;br class='autobr' /&gt;
AUJOURD'HUI 28 JUILLET 2011.... &lt;br class='autobr' /&gt;
Que se passe-t-il au Y&#233;men ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des manifestations en Tunisie, en Alg&#233;rie et en Egypte, des milliers de personnes se l&#232;vent aujourd'hui contre le pouvoir au Y&#233;men. L'opposition r&#233;clame le d&#233;part du pr&#233;sident Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que se passe-t-il en Jordanie et au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Jordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Maghreb&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot223" rel="tag"&gt;Mauritanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot240" rel="tag"&gt;Oman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_2266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/649987_us-president-obama-meets-with-egypt-s-president-mubarak-in-the-oval-office-of-the-white-house-in-washington.jpg' width=&#034;605&#034; height=&#034;378&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Copains comme cochons...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliards de dollars par an, voil&#224; ce que les USA font cadeau &#224; Moubarak pour le remercier d'&#234;tre un si bon ami de l'imp&#233;rialisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AUJOURD'HUI 28 JUILLET 2011....&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve406&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que se passe-t-il au Y&#233;men ? &lt;/h2&gt;&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des manifestations en Tunisie, en Alg&#233;rie et en Egypte, des milliers de personnes se l&#232;vent aujourd'hui contre le pouvoir au Y&#233;men. L'opposition r&#233;clame le d&#233;part du pr&#233;sident Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1845&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que se passe-t-il en Jordanie et au Maghreb ? &lt;/h2&gt;&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;Plus de 3.000 personnes, selon la police, ont entam&#233; une manifestation vendredi &#224; Amman apr&#232;s la pri&#232;re, pour protester contre la vie ch&#232;re et la politique &#233;conomique du gouvernement, avec l'Egypte et la Tunisie en toile de fond.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&#212; Egypte, d&#233;ploie tes hommes et d&#233;barrasse-nous de Hosni Moubarak&#034;, &#034;Hosni Moubarak l'avion t'attend&#034;, &#034;Salutations au peuple &#233;gyptien, toute la nation s'inspire de vous&#034;, &#034;Ben Ali (le pr&#233;sident tunisien d&#233;chu Zine El Abidine Ben Ali) attention, Hosni Moubarak va te rejoindre&#034;, &#034;Salutations chaleureuses &#224; la puissante Tunisie&#034;, &#034;Des populations arabes aux corrompus : fa&#238;tes gaffe &#224; notre col&#232;re&#034;, scandaient les manifestants, en brandissant des drapeaux jordaniens et de leurs partis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Tunisie&lt;/strong&gt;, le premier ministre est toujours le b&#233;naliste Ghannouchi entour&#233; d'autres b&#233;nalistes !!&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet apr&#232;s-midi, au moins cinq personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es lors d'affrontements entre policiers et manifestants dans le centre de Tunis, autour de la place de la Kasbah. Les forces anti-&#233;meutes positionn&#233;es sur une art&#232;re donnant sur la Kasbah ont fait mouvement vers l'esplanade en tirant un grand nombre de grenades lacrymog&#232;nes. Des militaires sur place ne sont pas intervenus. &#034;J'ai vu au moins cinq bless&#233;s. Plusieurs saignaient&#034;, a indiqu&#233; le m&#233;decin du Samu de Tunis, Majdi Amami. Il a pr&#233;cis&#233; que deux bless&#233;s ont &#233;t&#233; atteints par des pierres lanc&#233;es par les manifestants et que la police rejetait ensuite vers eux. Un troisi&#232;me a &#233;t&#233; atteint &#224; la t&#234;te par une grenade lacrymog&#232;ne tir&#233;e &#034;presque &#224; bout portant&#034;, a affirm&#233; ce m&#233;decin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et en Egypte !!!!&lt;div class='spip_document_2253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/patrouille-de-blindes-de-l-armee-egyptienne-au-caire-nuit-du-28-10390779kcdok_1713.jpg' width=&#034;658&#034; height=&#034;371&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Le r&#233;gime de Moubarak fait donner l'arm&#233;e contre des manifestations de masse. Il a fait donner ses tanks contre les manifestants mais un blind&#233; s'est retourn&#233; du c&#244;t&#233; du peuple (photo) et des policiers aussi prennent le parti du peuple...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/2801_EgypteBlinde2_inside.jpg' width=&#034;470&#034; height=&#034;276&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tank pass&#233; &#224; l'insurrection !!!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1249156_cairo_640x200.jpg' width=&#034;640&#034; height=&#034;199&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/a4a7cae2-2af9-11e0-bb06-faf241afbc6a.jpg' width=&#034;493&#034; height=&#034;277&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident &#233;gyptien charge l'arm&#233;e d'&#233;pauler la police pour faire respecter le couvre-feu d&#233;cr&#233;t&#233; au Caire, &#224; Alexandrie et &#224; Suez. Des milliers de personnes ont d&#233;fil&#233; dans le pays, se heurtant violemment aux forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tension est maximale en Egypte qui a connu vendredi un tsunami de manifestants. Face &#224; l'ampleur de la mobilisation et des accrochages entre protestataires et forces de l'ordre, le couvre-feu a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; au Caire, &#224; Alexandrie et &#224; Suez de vendredi 18 heures jusqu'&#224; samedi 7 heures. Au quatri&#232;me jour de protestations, qui ont fait au moins huit morts dont deux policiers, des dizaines de milliers de personnes sont descendues vendredi dans les principales villes du pays, Le Caire, Alexandrie, Suez, Mansoura et Minia pour exiger le le d&#233;part du pr&#233;sident Hosni Moubarak, au pouvoir depuis pr&#232;s de 30 ans. Les heurts avec les policiers, d&#233;ploy&#233;s en masse, ont &#233;t&#233; violents. Les forces de l'ordre, qui peinent &#224; contenir les manifestants, ont tir&#233; des gaz lacrymog&#232;nes, des balles caoutchout&#233;es et des canons &#224; eau pour les disperser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/Affrontements-entre-police-et-manifestants-au-Caire-en-Egypte_scalewidth_300.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;200&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au Caire, la capitale, des milliers d'Egyptiens en col&#232;re ont d&#233;val&#233; comme un torrent dans les rues, quadrill&#233;es par la police apr&#232;s la traditionnelle pri&#232;re du vendredi, criant &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;, &#171; libert&#233; ! libert&#233; ! libert&#233; ! &#187;. Des dizaines de manifestants ont &#233;t&#233; bless&#233;s lors d'affrontements, notamment pr&#232;s d'une des r&#233;sidences du pr&#233;sident. La cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision qatarie al-Jezira fait &#233;tat d'au moins un mort. Deux commissariats ont &#233;t&#233; mis &#224; feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de journ&#233;e, pr&#232;s de la place de l'Op&#233;ra, des personnes revenaient en sang de confrontations avec les forces de l'ordre, qui les auraient battues. Un jeune homme marchant le torse nu a d&#233;voil&#233; son dos marqu&#233; d'impacts de balles en caoutchouc. Des accrochages ont notamment &#233;clat&#233; devant une mosqu&#233;e du centre de la ville, &#224; l'issue de la pri&#232;re hebdomadaire, qui rassemblait 2000 personnes et &#224; laquelle participait l'opposant egyptien le plus en vue Mohamed ElBaradei. D&#232;s la fin de la pri&#232;re, les fid&#232;les se sont mis &#224; scander &#171; A bas Hosni Moubarak &#187;. La police a imm&#233;diatement tir&#233; en l'air des balles caoutchout&#233;es et fait usage de gaz lacrymog&#232;nes et de canons &#224; eau afin de disperser la foule. Vis&#233; par ces tirs, Mohamed ElBaradei a d&#251; se mettre &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/policeegypte.jpg' width=&#034;536&#034; height=&#034;402&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Suez, un manifestant, un chauffeur de 30 ans, a &#233;t&#233; tu&#233; d'une balle dans la t&#234;te alors que la police tentait de disperser la foule qui prenait d'assaut le commissariat. Les manifestants ont aussi incendi&#233; huit voitures de police, mis le feu au poste du quartier d'Arbayine et fait main basse sur les armes qui s'y trouvaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Alexandrie, des manifestants ont incendi&#233; le si&#232;ge du gouvernorat. D'autres ont forc&#233; l'entr&#233;e de l'enceinte d'un commissariat du centre-ville. Selon al-Jezira, une personne aurait &#233;t&#233; tu&#233;e et les antir&#233;gimes contr&#244;leraient la plupart des rue de la deuxi&#232;me ville du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hosni Moubarak devrait s'exprimer prochainement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hosni Moubarak, silencieux depuis le d&#233;but des manifestations mardi, devrait s'exprimer prochainement, affirme la cha&#238;ne am&#233;ricaine d'information CNN. Le pr&#233;sident a charg&#233; l'arm&#233;e de faire respecter la s&#233;curit&#233; avec la police et appliquer le couvre-feu. L'arm&#233;e est jusqu'&#224; pr&#233;sent bien vue des manifestants, qui comptent sur elle pour les prot&#233;ger de la police anti-&#233;meure. Au Caire, des protestataires ont appel&#233; les militaires &#224; rejoindre leur cause. Le pr&#233;sident de la commission des Affaires &#233;trang&#232;res de l'Assembl&#233;e, &#233;galement membre du Parti national d&#233;mocrate au pouvoir, a appel&#233; le pr&#233;sident &#224; &#171; des r&#233;formes sans pr&#233;c&#233;dent &#187; pour &#233;viter une &#171; r&#233;volution &#187; dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe de la nervosit&#233; des autorit&#233;s, la police a assign&#233; &#224; r&#233;sidence l'opposant et prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, ont annonc&#233; des responsables &#233;gyptiens de la s&#233;curit&#233;. Des policiers stationnant devant sa maison dans la banlieue du Caire lui ont dit qu'il ne pouvait quitter son domicile. Dans la matin&#233;e, alors qu'il assistait &#224; la grande pri&#232;re dans une mosqu&#233;e du quartier de Gizeh, la police avait d&#233;j&#224; tent&#233; de contr&#244;ler ses d&#233;placements. Le Nobel s'est dit pr&#234;t &#224; mener une transition au pouvoir apr&#232;s un &#233;ventuel d&#233;part d'Hosni Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrestations se multiplient. Mille personnes ont &#233;t&#233; interpell&#233;es depuis le d&#233;but des manifestations mardi. Au moins vingt membres des Fr&#232;res musulmans ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s dans la nuit de jeudi &#224; vendredi. Parmi eux : cinq anciens d&#233;put&#233;s et cinq membres du bureau politique. La premi&#232;re force d'opposition en Egypte participe d&#233;sormais aux &#171; manifestations de la col&#232;re &#187;. Les Fr&#232;res musulamns n'avaient jusqu'ici qu'appuy&#233; du bout des l&#232;vres les manifestations, tout en laissant &#224; leurs membres le choix d'y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet et les services de t&#233;l&#233;phonie mobile, qui ont jou&#233; un r&#244;le-cl&#233; dans la mobilisation populaire, sont coup&#233;s dans le pays. Environ 88% du r&#233;seau n'est plus disponible en Egypte, estiment les experts pour qui l'ampleur de cette interruption est une premi&#232;re dans l'histoire d'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EDITORIAL
&lt;p&gt;VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tunisie, Alg&#233;rie, Jordanie, Mauritanie, Egypte, Y&#233;men, Oman..., tout le Maghreb et le monde arabe veut se d&#233;barrasser de ses Ben Ali ! D&#233;barrassons-nous aussi de la domination imp&#233;rialiste et capitaliste qui les a mis au pouvoir et fait prosp&#233;rer !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des surprises, et non des moindres, des &#233;v&#233;nements que connaissent les pays du Maghreb et du monde arabe, c'est le soutien public (du moins verbal) que lui accordent les chefs des grandes puissances, &#224; commencer par les deux les plus impliqu&#233;es dans la r&#233;gion : la France et les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, que les r&#233;volt&#233;s issus de la jeunesse et du prol&#233;tariat aient trouv&#233; la sympathie et le soutien de leurs fr&#232;res au del&#224; des mers, quoi d'&#233;tonnant ? Mais que les puissances qui ont toujours favoris&#233; les dictatures de ces m&#234;mes pays se d&#233;couvrent brutalement l'envie de se positionner en faveur des victimes de la r&#233;pression et de l'oppression, c'est plus confondant... Que Sarkozy &#233;prouve une certaine sympathie pour des jeunes des quartiers pauvres qui se r&#233;voltent en jetant des pierres aux forces de l'ordre, en incendiant, en cherchant &#224; renverser l'ordre &#233;tabli, c'est plut&#244;t surprenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et effectivement Sarkozy comme Obama ont finalement choisi de se parfumer au jasmin car l'odeur de l'imp&#233;rialisme leur semblait un peu trop forte dans les circonstances...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes cela fait mieux vis-&#224;-vis des opinions publiques de se dire en faveur de la d&#233;mocratie que pour la dictature, mais si c'&#233;tait le seul motif les grandes puissances occidentales s'en seraient avis&#233; depuis longtemps. Il doit donc y avoir un tout autre motif que de faire plaisir aux na&#239;fs qui voient dans la France un d&#233;fenseur des droits de l'Homme dans le monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a jamais eu meilleurs amis des Ben Ali ou des Moubarak que les dirigeants fran&#231;ais ou am&#233;ricains et les classes dirigeantes que ces gouvernants repr&#233;sentent. Et pour cause : c'est gr&#226;ce aux Ben Ali et Moubarak que les imp&#233;rialismes fran&#231;ais ou am&#233;ricain r&#233;alisent des profits fabuleux dans ces pays. C'est gr&#226;ce &#224; eux que les populations sont maintenues dans une exploitation forcen&#233;e qui profite en premier aux capitalistes fran&#231;ais ou am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ridicule de s'indigner des propos d'Alliot-Maris proposant les services des forces de l'ordre de France pour aider Ben Ali. Comme si, avec la droite comme avec la gauche, les gouvernants fran&#231;ais n'avaient pas fait mille fois pire en formant et armant les milices fascistes Hutus au Rwanda. Et ce n'est qu'un exemple...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, plut&#244;t que de s'&#233;tonner na&#239;vement que les soi-disant d&#233;mocraties occidentales soutiennent les dictatures, il serait plus int&#233;ressant de s'interroger : pourquoi ont-elles pris le tournant et sont-elles devenues des fans de la &#034;r&#233;volution du jasmin&#034; qui leur cause pourtant du souci puisqu'elle d&#233;stabilise en m&#234;me temps tout le monde arabe et le Maghreb ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, justement, l'imp&#233;rialisme se positionne ainsi pour se mettre en situation de proposer ses &#034;solutions d&#233;mocratiques&#034; pour mettre un terme le plus rapidement possible aux d&#233;veloppements insurrectionnels possibles. Car ils craignent qu'elle ne se contente pas de changer un chef d'Etat et prenne un tour social irr&#233;versible...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles pourraient &#234;tre en effet ces suites dangereuses dans des pays comme la Tunisie ou l'Egypte, des pays o&#249; une classe ouvri&#232;re nombreuse a derri&#232;re elle des exp&#233;riences de gr&#232;ves et ne craint plus la r&#233;pression de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dores et d&#233;j&#224;, les travailleurs s'organisent dans les quartiers et les entreprises de Tunisie, d&#233;mettent des patrons et des responsables d'entreprises, et les milieux populaires constituent des comit&#233;s pour prendre en charge la s&#233;curit&#233;, le ravitaillement, la solidarit&#233; face &#224; une situation catastrophique. Ils profitent &#233;galement de la situation pour remettre en question la mis&#232;re et l'exploitation, m&#232;nent des gr&#232;ve, revendiquent des logements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le prol&#233;tariat qui a jou&#233; un r&#244;le important dans le mouvement s'organise et commence &#224; prendre des d&#233;cisions, se structure &#224; l'&#233;chelle nationale en f&#233;d&#233;rant tous ces comit&#233;s, alors l'avenir des classes dirigeantes est bel et bien menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'imp&#233;rialisme est le premier vis&#233;. Car nul ne peut dire alors si de telles exp&#233;riences d'auto-organisation des travailleurs ne peuvent pas s'&#233;tendre &#224; toute la r&#233;gion et au del&#224;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise mondiale, le d&#233;veloppement de luttes prol&#233;tariennes peut d&#233;stabiliser toute la domination imp&#233;rialiste sur le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements d'union nationale, les oppositions &#034;d&#233;mocratiques&#034; bourgeoises, les fausses perspectives d'&#233;lections pr&#233;sidentielles soi-disant libres, tout cela peut &#234;tre mis en place avec l'aide de imp&#233;rialisme pour canaliser, d&#233;tourner, satisfaire momentan&#233;ment quelques aspirations, afin de mieux remettre ensuite la chape de plomb de la mis&#232;re et de la dictature sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pi&#232;ges ne viennent pas seulement des anciens dictateurs mais aussi des politiciens qui postulent &#224; les remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs, les jeunes, les milieux populaires qui se sont mobilis&#233;s ne peuvent en rester l&#224;. Ils ne peuvent se contenter de remplacer un chef de l'Etat par un autre, un ministre par un autre. la dictature qu'il faut d&#233;raciner est bien plus profond&#233;ment ancr&#233;e au sein de tout le syst&#232;me social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner satisfaction aux aspirations sociales des milieux populaires, il faut s'attaquer aux privil&#233;gi&#233;s. Il faut que les travailleurs occupent les usines et y donnent la place dirigeante &#224; leurs comit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour satisfaire les aspirations &#224; la d&#233;mocratie, il faut aller bien plus loin que la d&#233;mocratie bourgeoise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut en finir avec la domination des g&#233;n&#233;raux sur leurs soldats, des chefs des forces de l'ordre sur les policiers. Il faut que les travailleurs et les jeunes appellent les policiers et les soldats qui choisissent de se mutiner &#224; s'organiser eux aussi dans des comit&#233;s qui n'ob&#233;issent plus &#224; la hi&#233;rarchie de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de demi mesure. Ou la r&#233;volution va de l'avant ou elle va vers sa mort...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dehors les dictateurs !!
&lt;p&gt;Dehors toute la bande des profiteurs !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors les imp&#233;rialismes fran&#231;ais, am&#233;ricain et autres !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union des soldats avec le peuple r&#233;volt&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sarmement de l'Etat-Major !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation par les travailleurs des entreprises !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constitution du peuple travailleur en comit&#233;s locaux f&#233;d&#233;r&#233;s nationalement et prenant la totalit&#233; du pouvoir !!!&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;voltes en Tunisie, Alg&#233;rie, Jordanie, Egypte... Le Maghreb et le monde arabe, maillon faible de la cha&#238;ne imp&#233;rialiste ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1845</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1845</guid>
		<dc:date>2011-01-16T08:15:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>
		<dc:subject>Maghreb</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Tunisie et l'Alg&#233;rie, &#231;a bouge en Jordanie, au Maroc, en Libye... &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au tour de la Jordanie d'&#234;tre la cible de manifestations contre la vie ch&#232;re, un mouvement insuffl&#233; par les r&#233;cents &#233;v&#233;nements survenus en Tunisie. Ainsi, ce vendredi, des centaines de personnes sont descendues dans les rues afin de faire entendre leur m&#233;contentement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont les villes de Karak, la capitale Amman et Irbid qui sont les lieux de contestations et de manifestations privil&#233;gi&#233;s contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Jordanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot186" rel="tag"&gt;Maghreb&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s la Tunisie et l'Alg&#233;rie, &#231;a bouge en Jordanie, au Maroc, en Libye...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de la Jordanie d'&#234;tre la cible de manifestations contre la vie ch&#232;re, un mouvement insuffl&#233; par les r&#233;cents &#233;v&#233;nements survenus en Tunisie. Ainsi, ce vendredi, des centaines de personnes sont descendues dans les rues afin de faire entendre leur m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les villes de Karak, la capitale Amman et Irbid qui sont les lieux de contestations et de manifestations privil&#233;gi&#233;s contre l'inflation et le ch&#244;mage en Jordanie. De nombreux manifestants scandent leurs d&#233;saccords avec la politique men&#233;e par le Premier ministre Samir al Rifai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25% des Jordaniens vivent sous le seuil de pauvret&#233;, le salaire minimum en Jordanie est de 150 dinars (158 euros) . Les manifestants accusent le gouvernement d'enrichir les riches et d'appauvrir les pauvres. La capitale Amman est consid&#233;r&#233;e comme la ville la plus ch&#232;re dans le monde arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jordanie est saign&#233; par l'envol&#233;e des prix des hydrocarbures. La facture &#233;nerg&#233;tique a litt&#233;ralement explos&#233; notamment depuis l'arr&#234;t des fournitures, par l'Irak alors dirig&#233; par Saddam Hussein, des produits p&#233;troliers. Depuis la chute de Saddam, plusieurs pays du Golfe, dont notamment le Kowe&#239;t et l'Arabie saoudite, avaient contribu&#233; &#224; combler ce d&#233;ficit en fournissant &#224; la Jordanie du p&#233;trole &#224; un prix pr&#233;f&#233;rentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de pays touch&#233;s par la hausse des prix des produits agroalimentaires dans les march&#233;s internationaux redoutent que des &#233;meutes &#233;clatent &#224; l'instar de ce qui s'est pass&#233; en Alg&#233;rie et de ce qui se passe encore en Tunisie. Ainsi, la Libye a anticip&#233; et a d&#233;cid&#233; de supprimer toutes les taxes sur les produits alimentaires. Le gouvernement a d&#233;cid&#233; de &#171; supprimer les droits de douane et toute autre taxe sur les produits alimentaires, notamment de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ainsi que sur le lait pour enfants &#187;, a d&#233;clar&#233; une source gouvernementale libyenne cit&#233;e par l'AFP, sans pr&#233;ciser si cette d&#233;cision &#233;tait li&#233;e aux troubles sociaux en Tunisie et en Alg&#233;rie voisines. La m&#234;me source a justifi&#233; cette mesure par la flamb&#233;e des prix des produits alimentaires dans le monde, minimisant les recettes tir&#233;es par la Libye, riche pays p&#233;trolier, des taxes douani&#232;res sur les produits alimentaires. Elle a par ailleurs indiqu&#233; que la Libye avait d&#233;pens&#233; 6 milliards de dollars en 2010 sous forme de subventions pour les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ainsi que pour le carburant et les m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de la crise &#233;conomiques mondiale continuent &#224; se faire ressentir l&#224; o&#249; certaines activit&#233;s d&#233;localis&#233;es vers le pays du Sud ferment boutique comme c'est le cas au Maroc. A ce propos, une journ&#233;e de soutien aux 1 500 ouvriers marocains du textile, licenci&#233;s par une filiale d'un groupe anglais suite &#224; la fermeture d&#233;finitive de quatre de ses usines dans la ville de Sal&#233; (pr&#232;s de Rabat), est pr&#233;vue le 21 janvier prochain, &#224; l'initiative d'un syndicat marocain en pr&#233;sence de repr&#233;sentants syndicaux &#233;trangers, a-t-on indiqu&#233; &#224; Rabat. L'Organisation d&#233;mocratique du travail (ODT) organisera, &#224; cette occasion, une marche &#224; travers la zone industrielle de Sal&#233; pour d&#233;noncer les pratiques abusives des propri&#233;taires du groupe Mornatex, responsable de la mise au ch&#244;mage, en novembre dernier, de ces travailleurs suite &#224; l'arr&#234;t complet de ses activit&#233;s dans le royaume, a-t-on ajout&#233;. Depuis cette date, les ouvriers observent des sit-in permanents devant les locaux des usines. Mornatex, filiale de &#171; Courtaulds &#187;, sp&#233;cialis&#233;e dans la confection et l'habillement pour femmes, de lingerie et de v&#234;tements pour les grandes enseignes, telles Marks and Spencer, Victoria's et autres avait d&#233;cid&#233;, soudainement, de quitter le Maroc pour &#171; d'autres lieux plus attractifs o&#249; les responsables offrent de meilleurs avantages fiscaux &#187;, ont soulign&#233; des syndicalistes. Selon eux, les multinationales install&#233;es au Maroc profitent du laxisme et du silence des autorit&#233;s comp&#233;tentes pour contourner la loi et quitter le royaume sans la moindre indemnisation.&#171; Depuis le d&#233;clenchement de la crise internationale, plus de 50 entreprises ont ferm&#233; d&#233;finitivement leurs portes, entra&#238;nant des milliers de postes perdus et de salari&#233;s mis au ch&#244;mages, sans la moindre indemnisation des salari&#233;s licenci&#233;s &#187;, a affirm&#233; un syndicaliste. Les travailleurs de ces usines ferm&#233;es r&#233;clament l'intervention urgente du gouvernement aupr&#232;s de la direction de la multinationale afin d'&#233;viter un drame avec ses retomb&#233;es catastrophiques sur le plan social et sur le textile marocain dont le secteur est le plus pourvoyeur d'emplois au Maroc. Pour les 1 500 travailleurs qui ont diligent&#233; une proc&#233;dure judiciaire aupr&#232;s du tribunal de premi&#232;re instance de Sal&#233;, &#171; il est inacceptable que les multinationales s'enrichissent au Maroc et le quittent sans s'acquitter de leurs engagements envers les salari&#233;s &#187;. Le secteur du textile et cuir, au Maroc a enregistr&#233; 40% de fermetures d'entreprises, soit 24 &#233;tablissements entre janvier et juin 2010 et des licenciements atteignant 74,5% des effectifs, soit 5 699 licenci&#233;s sur un total de 7 645, selon des chiffres du minist&#232;re de l'Emploi marocain. Par ailleurs, une d&#233;gradation marqu&#233;e des exportations du secteur des textiles dont l'activit&#233; est orient&#233;e &#224; 60% vers l'ext&#233;rieur a &#233;t&#233; constat&#233;e durant les neuf premiers mois de l'ann&#233;e 2010 par l'Office des changes marocain sur les indicateurs mensuels des &#233;changes. Cette d&#233;t&#233;rioration s'est particuli&#232;rement fait sentir du cot&#233; des v&#234;tements confectionn&#233;s dont les exportations en valeur ont recul&#233; de 8,5% entre les 9 premiers mois de 2009 &#224; 2010, ce qui repr&#233;sente 13,2 milliards de dirhams contre 14,4 en 2009, soit 1,2 milliard de moins (environ 144 millions de dollars), indique l'Office des changes. Ce dernier signale, par ailleurs, que l'indice de la production industrielle textile a vir&#233; au rouge ces deux derni&#232;res ann&#233;es, s'&#233;tablissant &#224; moins 2,6% en 2008 et moins 0,9% en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d&#233;sireuse d'&#234;tre &#034;contamin&#233;e&#034;, la Libye a mis en quarantaine toutes les taxes sur les produits alimentaires. en d&#233;cidant, lundi 10 janvier 2011, de &#171; supprimer les droits de douane et tout autre taxe sur les produits alimentaires, notamment de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, ainsi que sur le lait pour enfants. &#187; Histoire de se prot&#233;ger contre des tentations de sa population d'imiter les Tunisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout du Maghreb, le Maroc, d&#233;j&#224; touch&#233; par une forte agitation sociale en 2008 et en 2009, a d'abord choisi d'interdire lundi 10 janvier 2011 les marches de soutien aux manifestants tunisiens &#224; Rabat. Officiellement pour ne pas envenimer les relations avec la Tunisie. Les organisateurs pr&#233;voient de tenter de se r&#233;unir &#224; nouveau jeudi 13 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement marocain craint aussi la contagion. Une grande manifestation des ouvriers du textile est d&#233;j&#224; programm&#233;e dans la ville de Sal&#233;, pr&#232;s de la capitale, le 21 janvier 2011, pour protester contre la fermeture de quatre usines en novembre dernier par l'anglais Mornatex qui quitte le pays. Un possible foyer d'infection ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Jordanie pr&#233;f&#232;re pr&#233;venir que gu&#233;rir&lt;br class='autobr' /&gt;
Les voisins directs ne sont pas les seuls concern&#233;s par cette flamb&#233;e de fi&#232;vre sociale. D'autres dictatures du pourtour m&#233;diterran&#233;en connaissent les m&#234;mes maux que la Tunisie et l'Alg&#233;rie. M&#234;mes maux, m&#234;mes rem&#232;des ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, pour l'instant, les solutions du gouvernement tunisien ressemblent &#224; des cataplasmes sur une jambe de bois. M&#234;me si face &#224; l'indignation et surtout aux menaces europ&#233;ennes de stopper les n&#233;gociations sur le statut avanc&#233; (lire : Le Parlement europ&#233;en r&#233;clame une enqu&#234;te ind&#233;pendante sur les manifestants morts en Tunisie), alors que la France se fait bien timide dans cette affaire, le pr&#233;sident Ben Ali vient de d&#233;cider de rel&#226;cher les manifestants d&#233;tenus, de limoger son ministre de l'int&#233;rieur et de cr&#233;er une commission charg&#233;e de lutter contre la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, personne n'a encore trouv&#233; la potion magique permettant de juguler les protestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays comme la Jordanie tente de pr&#233;venir plut&#244;t que de gu&#233;rir. Amman inocule deux vaccins. L'un &#224; sa population, l'autre &#224; ses entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une forte inflation (6,1% fin d&#233;cembre 2010 selon les chiffres officiels), le gouvernement jordanien vient de prendre une s&#233;rie de mesures urgentes, visant &#224; faire baisser les prix dans le royaume, sur ordre du roi Abdallah II. Le souverain esp&#232;re ainsi contenter les Jordaniens de plus en plus m&#233;contents face &#224; la hausse des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la menace de manifestations annonc&#233;es pour vendredi 14 janvier 2011 par des syndicalistes, le roi a demand&#233; au gouvernement de Samir Rifa&#239; d'&#233;laborer une batterie de mesures, la plupart applicables imm&#233;diatement. Abdallah II souligne sa d&#233;termination &#224; &#034;prot&#233;ger les d&#233;favoris&#233;s et la classe moyenne en leur donnant les moyens d'assurer leurs besoins de base&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mesures annonc&#233;es par le gouvernement, l'annulation de la taxe de 6% sur l'essence et le diesel, et la baisse de 18 &#224; 12% de la taxe sur le gaz octane 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois produits avaient augment&#233; de 9% ces derni&#232;res semaines, cons&#233;cutivement &#224; la hausse du prix des mati&#232;res &#233;nerg&#233;tiques au niveau international. La baisse des prix est effective d&#232;s ce mercredi 12 janvier 2011, selon Ayman Safadi, le porte-parole du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, le cabinet a d&#233;cid&#233; d'allouer des fonds suppl&#233;mentaires aux soci&#233;t&#233;s d'Etat afin de faire baisser les prix de produits alimentaires de base. Le kilo de sucre devrait ainsi baisser de 0,58JD (0,62 &#8364;) &#224; 0,53JD (0,57&#8364;), celui de la volaille de 1,85JD (2&#8364;) &#224; 1,60JD, (1,72&#8364;) tandis que les prix du riz devraient chuter de 10%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a &#233;galement demand&#233; au ministre de l'Industrie et du Commerce de prendre d'autres mesures tarifaires si d'autres denr&#233;es de base sont concern&#233;es par la tendance haussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roi Abdallah II a aussi ordonn&#233; &#224; l'arm&#233;e, qui d&#233;tient plus de 80 coop&#233;ratives ouvertes aux militaires autant qu'aux civils, de ne pas augmenter les prix sur les produits de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La batterie de mesures annonc&#233;es devrait, selon le ministre jordanien des Finances, Mohammad Abou Hammour, co&#251;ter au Tr&#233;sor 160M JD (172 M&#8364;) cette ann&#233;e, pr&#233;cisant bien qu'il s'agissait l&#224; de mesures exceptionnelles et qu'elles n'affecteraient pas le budget de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de l'emploi, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de suspendre certaines conditions d'acc&#232;s au secteur de la fonction publique, afin que plus de Jordaniens dipl&#244;m&#233;s &#224; bac+2 puissent poser leur candidature. Les minist&#232;res de l'Enseignement, de la Sant&#233; et du D&#233;veloppement social sont concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaccins pour la population donc mais aussi pour les entreprises. Le gouverneur de la Banque centrale jordanienne (CBJ), Faris Sharaf, demande aux banques d'abaisser les taux d'int&#233;r&#234;t des pr&#234;ts destin&#233;s aux Pme, afin de soutenir la croissance de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le D&#233;partement des statistiques, les PME constituent 90% des entreprises en Jordanie, faisant d'elles des acteurs incontournables en mati&#232;re d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Figaro rapporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations contre la chert&#233; de la vie qui secouent une partie du Maghreb ont atteint vendredi la Jordanie, o&#249; des centaines de protestataires sont descendus dans les rues de plusieurs villes, dont la capitale Amman. A Karak, dans le sud du royaume, les manifestants ont scand&#233; des slogans hostiles au Premier ministre Samir al Rifa&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation, qui s'est d&#233;roul&#233;e dans le calme, a eu lieu malgr&#233; les mesures annonc&#233;es &#224; la h&#226;te par le gouvernement concernant une baisse des prix de certaines denr&#233;es et du carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestations ont eu lieu dans trois autres villes du pays, ont rapport&#233; des t&#233;moins. On signalait 300 &#224; 400 manifestants &#224; Karak, autant dans la capitale Amman et &#224; Irbid, une ville du Nord, et 200 &#224; Dhiban, au sud d'Amman. &#034;Nous protestons contre la politique du gouvernement - les prix &#233;lev&#233;s et la fiscalit&#233; - qui pousse le peuple jordanien &#224; la r&#233;volte&#034;, a expliqu&#233;Taoufik al Batouch, un ancien maire de Karak, lors de la manifestation devant la mosqu&#233;e Al Omari de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici trois jours, alors qu'Alg&#233;rie et Tunisie &#233;taient en proie &#224; des &#233;meutes contre la chert&#233; de la vie, le ch&#244;mage et la baisse du niveau de vie, les autorit&#233;s jordaniennes ont annonc&#233; des baisses de prix concernant certains types de carburant et des denr&#233;es de base comme le sucre et le riz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays arabes ont pris des mesures analogues. La Libye a aboli les droits de douanes et les taxes sur certains produits alimentaires, et le Maroc a pris des mesures pour garantir la stabilit&#233; de l'approvisionnement en bl&#233; &#224; la suite d'une forte hausse du cours de cette c&#233;r&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les mesures gouvernementales ne sont qu'un &#233;cran de fum&#233;e&#034;, a estim&#233; Dergham Halassa, l'un des organisateurs de la manifestation de Karak. &#034;Dans le contexte arabe, nous sommes tous log&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne. Nous vivons tous sous la f&#233;rule de dirigeants r&#233;pressifs&#034;, a-t-il continu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Depuis trois semaines, le Maghreb est en r&#233;volution.
&lt;p&gt;Pourtant, les principaux journaux et les t&#233;l&#233;visions d'Europe ne parlent que fort peu de ce qui est en train de se passer en Tunisie, mais aussi, &#224; sa suite, en Alg&#233;rie, voire au Maroc, plus prompts &#224; critiquer le d&#233;roulement des &#233;lections en Iran que la dictature f&#233;roce du pr&#233;sident Ben Ali ou la corruption galopante qui pr&#233;vaut au sein du gouvernement Bouteflika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements sont trait&#233;s par la presse en second titre, comme s'il ne se passait rien de d&#233;terminant, et sont ainsi de facto banalis&#233;s, pendant que, en Tunisie et en Alg&#233;rie, les ex&#233;cutions se multiplient sous les balles de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le ph&#233;nom&#232;ne est accru encore par le fait que les gouvernements tunisien et alg&#233;rien emp&#234;chent les images de franchir leurs fronti&#232;res. En outre, Youtube rejetterait les images de violences polici&#232;res post&#233;es par des internautes. Or, sans images, pas de reportage &#224; la t&#233;l&#233;vision...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que ces peuples, nos anciennes colonies, proches de l'Europe, qui furent parties de l'Empire romain (excusez l'humaniste de formation qui s'exprime) et devraient &#234;tre parties de l'Union europ&#233;enne depuis longtemps d&#233;j&#224;, sont en train de s'affirmer, ne les saluerons-nous pas ? Ne les appuierons-nous pas ? 1792 est-il donc si loin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est parti de Tunisie, une dictature soutenue par l'Europe, une dictature o&#249; syndicalistes et journalistes sont emprisonn&#233;s et &#233;limin&#233;s physiquement, sans que nos gouvernements n'y trouvent &#224; redire : un jeune homme, Mohammed Bouaziz, &#224; vingt-six ans, s'est suicid&#233; par le feu en pleine rue, le 18 d&#233;cembre dernier, &#233;puis&#233; par la mis&#232;re et la tyrannie du pr&#233;sident Ben Ali, le grand ami de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans tarder, une manifestation sans pr&#233;c&#233;dent a envahi les rues de la petite ville de Sidi Bousid. Et la col&#232;re s'est r&#233;pandue ; la r&#233;volte a fait tache d'huile et semble se m&#233;tamorphoser en r&#233;volution. Travailleurs pauvres, ouvriers, puis ing&#233;nieurs, m&#233;decins, avocats, fonctionnaires et &#233;tudiants, tout un peuple lass&#233; de la dictature et de la mis&#232;re a embo&#238;t&#233; le pas &#224; cette r&#233;volte. De sociales, les revendications sont devenues politiques, au cri de &#034;Ben Ali, d&#233;mission !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie, cette dictature &#224; deux heures de vol des charters de touristes inconscients et du Club Med, vacille enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le r&#233;gime se d&#233;fend et les emprisonnements sauvages se multiplient et frappent les opposants tous azimuts, y compris les artistes, tel le jeune chanteur Hammadi Ben Amor, qui avait interpel&#233; directement le pr&#233;sident Ben Ali dans une de ses compositions et a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; Sfax, le 6 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police a &#233;t&#233; envoy&#233;e contre la population ; elle a ouvert le feu, &#224; balles r&#233;elles, mais n'a pas pu arr&#234;ter le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cinquantaine de personnes au moins auraient d&#233;j&#224; trouv&#233; la mort. Et les bless&#233;s sont innombrables, &#224; tel point que des h&#244;pitaux commencent &#224; manquer de moyens pour les soigner. Le chef d'&#233;tat-major, qui a refus&#233; de faire tirer sur la foule lors d'une manifestation, a &#233;t&#233; remplac&#233; &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e par le chef de la s&#233;curit&#233;, sur ordre du pr&#233;sident Ben Ali, qui impute officiellement les violences &#224; des groupes terroristes et, selon nos sources, tenterait de justifier de la sorte l'&#233;tablissement de la loi martiale. Le gouvernement a pris la d&#233;cision de fermer les &#233;coles et les universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la r&#233;pression, l'Europe se tait, alors qu'on tue devant sa porte : plus qu'indiff&#233;rent, son silence, complice, est per&#231;u en Tunisie comme un soutien &#224; la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, en particulier, tr&#232;s attendue sur le dossier tunisien, s'est retranch&#233;e derri&#232;re un devoir de neutralit&#233;, par l'interm&#233;diaire de son ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Mich&#232;le Alliot-Marie. Cela dit, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, on aura pu constater que la dictature tunisienne d&#233;range moins la droite que la gauche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux protestations de certains d&#233;put&#233;s de gauche, le gouvernement Sarkozy a donc expliqu&#233; ne pas vouloir s'&#233;riger en &#034;donneur de le&#231;ons&#034; &#224; l'&#233;gard du pr&#233;sident Ben Ali et du peuple tunisien, pr&#233;f&#233;rant, semble-t-il, les r&#233;server pour la C&#244;te d'Ivoire du pr&#233;sident Laurent Gbagbo...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Union europ&#233;enne, on l'avait davantage entendue, lorsqu'il s'&#233;tait agi de stigmatiser la Yougoslavie du pr&#233;sident Slobodan Milosevic...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Tunisie, la contestation a gagn&#233; l'Alg&#233;rie voisine, puis le Maroc : quand Tunis &#233;ternue, pourrait-on dire d&#233;sormais, c'est le Maghreb qui s'enrhume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs jours, Alger et plusieurs grandes villes sont en proie &#224; un soul&#232;vement populaire sans &#233;quivalent depuis les &#233;meutes de la faim de 1988 : les jeunes, surtout, mais aussi la classe moyenne, ruin&#233;e par la crise &#233;conomique et la hausse spectaculaire du prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, ont envahi les rues de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res nouvelles, le pr&#233;sident Bouteflika aurait provisoirement quitt&#233; Alger, o&#249; des troupes de jeunes gens arm&#233;s de sabres, de machettes et de couteaux ont pris le contr&#244;le de certains quartiers. Les grands rassemblements pr&#233;vus, tels les matchs de football, ont &#233;t&#233; supprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; ais&#233;e, qui met depuis des ann&#233;es le pays en coupe r&#233;gl&#233;e, s'inqui&#232;te de l'&#233;volution d'un mouvement social qui est en train de lui &#233;chapper, elle qui s'est accapar&#233;, depuis des ann&#233;es, les revenus du p&#233;trole, dont regorge le sud-alg&#233;rien, et en d&#233;tourne les dividendes, privant l'&#201;tat des ressources n&#233;cessaires au financement d'une politique sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maroc, enfin, si la contestation s'exprime de mani&#232;re moins violente et semble s'&#234;tre affaiblie apr&#232;s seulement quelques jours, plusieurs manifestations se sont mises en branle : la richesse du pouvoir royal, les palais immenses qui narguent, &#224; travers tout le pays, la mis&#232;re du peuple entass&#233; dans la pr&#233;carit&#233; des m&#233;dinas, font depuis longtemps l'objet d'un m&#233;contentement latent qui, &#224; tout moment, pourrait donner lieu &#224; une explosion de col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays, l'opposition semble mieux organis&#233;e, par une &#233;lite politique bien structur&#233;e ; et la r&#233;volte pourrait ressurgir rapidement, &#224; l'instar de celles qui secouent ses voisins imm&#233;diats. Toutefois, la police a re&#231;u l'ordre de disperser les manifestations naissantes, notamment celles qui ont lieu en soutien aux insurg&#233;s tunisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, les opposants &#224; ces gouvernements corrompus s'organisent gr&#226;ce &#224; internet. En Tunisie, de nombreux blogueurs ont ainsi &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, &#224; leur domicile m&#234;me, et incarc&#233;r&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien une r&#233;volution populaire qui secoue le Maghreb et le monde arabe et sa victoire d&#233;pend des travailleurs et de la jeunesse. A eux de s'organiser dans des structures de masse : comit&#233;s, collectifs, conseils pour d&#233;cider de l'avenir de la lutte et de celui de la soci&#233;t&#233; !!&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Palestiniens et la r&#233;volution au Moyen-Orient</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article71</link>
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		<dc:date>2009-12-30T09:41:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Jordanie</dc:subject>

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Ce n'est pas un hasard si le combat des Palestiniens pour la question nationale, le droit &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, le droit &#224; un Etat et le droit &#224; disposer d'une terre et des moyens d'y vivre, s'est appel&#233; la &#171; r&#233;volution palestinienne &#187;. Ce n'est pas que les organisations menant la lutte arm&#233;e contre Isra&#235;l soient r&#233;ellement r&#233;volutionnaires. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si le combat des Palestiniens pour la question nationale, le droit &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, le droit &#224; un Etat et le droit &#224; disposer d'une terre et des moyens d'y vivre, s'est appel&#233; la &#171; r&#233;volution palestinienne &#187;. Ce n'est pas que les organisations menant la lutte arm&#233;e contre Isra&#235;l soient r&#233;ellement r&#233;volutionnaires. Malheureusement elles ne l'&#233;taient pas et ne le sont pas aujourd'hui. Cela ne veut pas dire non plus que les &#171; &#233;lites arabes &#187; soient r&#233;ellement pr&#234;tes &#224; se battre ou m&#234;me seulement soutenir une r&#233;volution populaire. Et encore moins les classes dirigeantes arabes ou les Etats ! Cela signifie que par cinq fois la population pauvre elle-m&#234;me a lanc&#233; des offensives, de grandes r&#233;voltes des pauvres, des ouvriers et des paysans : la r&#233;volte de 1935-39, la lutte des fedayins et son relais dans les luttes ouvri&#232;res et populaires en Egypte de 1967, les combats de 1970 contre la monarchie jordanienne, la r&#233;volution libanaise de 1975-76 et enfin les deux intifadas dans les territoires occup&#233;s de 1987 et 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1936-39 : r&#233;volte paysanne et populaire en Palestine&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Contrairement &#224; ce que l'on croit souvent la lutte des Palestiniens ne date pas de la naissance d'Isra&#235;l, pas plus que leur oppression par des occupants juifs. C'est contre l'oppression de l'occupant ottoman puis imp&#233;rialiste anglais qu'est n&#233; le mouvement palestinien en m&#234;me temps que le combat contre les nouveaux occupants juifs. &lt;br /&gt;
Ce dernier combat ne doit rien &#224; des oppositions religieuses (m&#234;me si cela servira bien des fois de drapeau au nationalisme) ou communautaires entre juifs et arabes. Les juifs repr&#233;sentaient 7% de la population de Palestine en 1900 et vivaient en bonne intelligence avec leurs voisins car ils &#233;taient compl&#232;tement int&#233;gr&#233;s aux nombreux peuples de la r&#233;gion : arabes, druzes, turcs, kurdes, arm&#233;niens, chiites, grecs et bien d'autres. Ils y vivaient du m&#234;me type d'activit&#233;s agricoles ou commerciales, &#233;taient tous opprim&#233;s par le m&#234;me empire ottoman et subissaient tous l'exploitation et l'oppression r&#233;actionnaire de petits seigneurs, propri&#233;taires terriens li&#233;s &#224; la bourgeoisie des villes. &lt;br /&gt;
Ce n'est qu'avec l'arriv&#233;e des colons sionistes, fuyant les pogromes en Russie et en Europe de l'est, que les relations se sont envenim&#233;es. Les communaut&#233;s juives &#233;taient appuy&#233;es par la bourgeoisie occidentale, l'Agence juive finan&#231;ant des achats de terre pour l'implantation de colonies agraires peupl&#233;es exclusivement par des juifs. Des n&#233;cessit&#233;s de s&#233;curit&#233; ne justifiaient en rien ce choix de n'y faire travailler que des juifs, des propri&#233;taires juifs ayant m&#234;me auparavant constitu&#233; des exploitations mixtes. Or sur ces terres achet&#233;es par les fonds collect&#233;s par la communaut&#233; juive internationale &#224; de grands propri&#233;taires f&#233;odaux travaillaient traditionnellement la grande masse des paysans arabes de la r&#233;gion. Les colons ont donc expropri&#233; ensuite les paysans pauvres, anciens tenanciers de la terre, sans chercher ni &#224; les d&#233;dommager ni &#224; les faire participer d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; l'exploitation de la terre. Le d&#233;veloppement des colonies et l'arriv&#233;e de plus en plus massive des immigrants juifs, malgr&#233; les limitations impos&#233;es par les Anglais, repr&#233;sentaient r&#233;ellement une menace pour les paysans pauvres. Avant m&#234;me la naissance d'Isra&#235;l, les juifs sont donc apparus aux Palestiniens pauvres comme des ennemis. Ce n'est pas la d&#233;magogie des dirigeants arabes qui leur a donn&#233; cette image mais la politique sioniste qui, derri&#232;re le socialisme agraire des kibboutz, n'est qu'un vulgaire colonialisme ajout&#233; &#224; une politique d'apartheid (l'emploi juif dans une soci&#233;t&#233; exclusivement juive). C'est ainsi que dirigeants arabes d'un c&#244;t&#233; et dirigeants sionistes de l'autre, qui n&#233;gociaient volontiers avec l'imp&#233;rialisme anglais qui opprimait et m&#233;prisait &#233;galement masses arabes et juives, ne se parlaient pas. Et p&#233;riodiquement avaient lieu des affrontements violents entre paysans palestiniens et colons.&lt;br /&gt;
Mais si le peuple palestinien a &#233;t&#233; tr&#232;s combatif dans les ann&#233;es 30, c'est loin d'&#234;tre exclusivement contre les implantations juives. Il s'est soulev&#233; contre l'imp&#233;rialisme anglais qui est devenu en 1917 la puissance tut&#233;laire avec la chute de l'empire ottoman et contre les petits seigneurs f&#233;odaux. Et ce combat s'int&#233;grait dans celui des masses arabes de la r&#233;gion contre l'imp&#233;rialisme et contre leurs propres classes dirigeantes. &lt;br /&gt;
En 1935 commence un grand mouvement des Palestiniens qui va avoir plusieurs phases et dont la premi&#232;re est une r&#233;volte paysanne qui d&#233;bute en Galil&#233;e pour l'interdiction des ventes de terres arabes au Fonds national juif. L'&#233;tape suivante est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui dure d'avril &#224; octobre 1936. Ouvriers et commer&#231;ants cessent leur activit&#233; et des comit&#233;s se cr&#233;ent dans toutes les villes et les quartiers arabes qui organisent la gr&#232;ve, le ravitaillement, autorisent les d&#233;placements, transmettent les informations. Il s'ensuit une vaste r&#233;volte qui gagne tout le pays et s'amplifie malgr&#233; la r&#233;pression anglaise. Des groupes arm&#233;s s'attaquent aux troupes et des volontaires s'enr&#244;lent, venus de tout le pays mais aussi de nombreux pays arabes. L'&#233;tat d'urgence est proclam&#233;. Aux forces britanniques se joignent les milices sionistes, jusque l&#224; interdites et clandestines. Des travailleurs juifs jouent le r&#244;le de briseurs de gr&#232;ve et font marcher les trains et les usines. La gr&#232;ve doit s'arr&#234;ter en octobre ayant subi 200 morts, 800 bless&#233;s mais l'insurrection paysanne prend le relais. L'&#233;t&#233; 1937, les forces publiques britanniques sont chass&#233;es de J&#233;rusalem, de Galil&#233;e, de H&#233;bron, Beerchebaa et Gaza. La r&#233;pression est f&#233;roce mais la r&#233;volte durera jusqu'en 1939 et il faudra 30 000 hommes de troupes pour que les Anglais parviennent &#224; l'&#233;teindre. C'&#233;tait une terrible occasion manqu&#233;e pour l'union dans la lutte entre travailleurs juifs et arabes. Les Palestiniens se battaient d'abord contre l'imp&#233;rialisme, ennemi &#233;galement des travailleurs juifs. La r&#233;volte paysanne &#233;tait &#233;galement dirig&#233;e contre les propri&#233;taires terriens arabes et m&#234;me palestiniens. L'union &#233;tait possible mais ce n'&#233;tait pas du tout le sens de la politique des dirigeants sionistes.&lt;br /&gt;
Si en 1936-39, la Palestine a connu des &#233;meutes et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des Palestiniens contre l'imp&#233;rialisme anglais, en m&#234;me temps la population syrienne se mobilisait au d&#233;but de 1936 par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui dura 50 jours dans toute la Syrie contre l'occupation fran&#231;aise. Pendant la guerre mondiale, le mouvement de contestation arabe se d&#233;veloppa : en 1941 en Syrie avec une importante agitation sociale et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, puis toujours en 1941 au Liban puis en 1944-45 en Syrie, au Liban et en Palestine.&lt;br /&gt;
C'est la naissance d'Isra&#235;l en 1948 qui a &#233;teint le mouvement palestinien pour de longues ann&#233;es. En effet, les &#171; &#233;lites palestiniennes &#187;, bourgeois et f&#233;odaux, ont &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; abandonner la place pour rejoindre leurs familles &#224; Beyrouth, Amman ou Damas, avant m&#234;me que ne d&#233;marre la guerre de 1948, contrairement aux villageois palestiniens qui n'ont quitt&#233; que sous la menace de v&#233;ritables massacres de la part de l'arm&#233;e isra&#233;lienne et des milices d'extr&#234;me-droite. C'est la premi&#232;re expulsion massive des Palestiniens de leur propre terre et c'est seulement r&#233;cemment que des historiens isra&#233;liens ont exhum&#233; les documents prouvant que les palestiniens ne sont pas partis d'eux-m&#234;mes. Le plan Dalet sous le gouvernement Ben Gourion ne laisse aucun doute : &#171; &lt;i&gt;op&#233;ration contre les centres de population ennemie (...) en d&#233;truisant les villages (en y mettant le feu, en les dynamitant, et en d&#233;posant des mines dans leurs d&#233;bris) et sp&#233;cialement dans le cas de centres de populations difficiles &#224; ma&#238;triser (...) la population expuls&#233;e hors des fronti&#232;res de l'Etat. &#187; &lt;/i&gt;Le cas du village massacr&#233; de Deir Yassine est connu mais loin d'&#234;tre le seul . Ainsi, les bombardements de Lod et Ramlah se sont accompagn&#233;s du massacre de 250 civils. Quarabte et uns villes et villages ont donn&#233; lieu &#224; une expulsion manu militari. Et aussi une centaine de civils sont abattus &#224; l'est d'H&#233;bron, ou encore soixante dans le village de Bab el Cheikh, etc...Quelque&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;800 000 Palestiniens prennent le chemin de l'exil. Ils sont partis pour &#233;viter les massacres mais le discours du pr&#233;sident Ben Gourion est clair : &#171; &lt;i&gt;ne pas les laisser revenir !&lt;/i&gt; &#187; Et la population palestinienne, en partie sous occupation et en partie expuls&#233;e et oblig&#233;e de vivre dans des camps de toiles, a &#233;t&#233; &#233;galement abandonn&#233;e par les classes dirigeantes arabes. &lt;br /&gt;
La victoire militaire d'Isra&#235;l face aux Etats arabes en 1948 permet &#224; ces derniers de justifier l'abandon de l'objectif d'un Etat palestinien, en accusant Isra&#235;l du sort des Palestiniens. Mais en m&#234;me temps, dans le reste du territoire palestinien, ces Etats se sont bien gard&#233;s de mettre en place un Etat palestinien. La Cisjordanie a m&#234;me &#233;t&#233; officiellement annex&#233;e par le royaume de Jordanie en 1950 et le territoire de Gaza par l'Egypte, soit en gros le territoire qu'Isra&#235;l entend conc&#233;der en partie &#224; une &#171; autonomie palestinienne &#187;. En dehors de la bande de Gaza qu'elle contr&#244;le d&#233;sormais, l'Egypte n'a pas accueilli les Palestiniens. D'ailleurs ni lors de l'expulsion massive de 1948 ni &#224; la grande &#233;poque des ann&#233;es 50 du Nasser, leader populaire et panarabe, l'Egypte n'a accueilli les Palestiniens sur son sol. Et aucun pays arabe, pourtant peu &#233;conomes de discours de solidarit&#233; avec les r&#233;fugi&#233;s, n'a accord&#233; sa nationalit&#233; aux Palestiniens. Paradoxalement, c'est au moment o&#249; les Etats arabes sont le plus discr&#233;dit&#233;s que les organisations palestiniennes vont se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1967 : mouvement fedayin et mouvement populaire en Egypte&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;En juin 1967, la d&#233;faite des arm&#233;es arabes contre Isra&#235;l, d&#233;faite militaire cuisante en seulement six jours qui a discr&#233;dit&#233; les r&#233;gimes r&#233;actionnaires comme celui de Jordanie autant que les r&#233;gimes nationalistes radicaux comme celui d'Egypte, a &#233;t&#233; le d&#233;clencheur du mouvement fedayin, c'est-&#224;-dire d'une organisation clandestine de combattants organisant des actes terroristes contre les Isra&#233;liens. Il y a un nouvel exil des Palestiniens (250 000) chass&#233;s des territoires occup&#233;s mais surtout une nouvelle conscience que seule la lutte des Palestiniens eux-m&#234;mes peut changer la situation et quand qu'il ne faut pas compter sur les Etats arabes. Ces derniers brutalement discr&#233;dit&#233;s et d&#233;savou&#233;s par leur propre population (Nasser lui-m&#234;me a d&#251; menacer de d&#233;missionner pour relancer sa popularit&#233; s&#233;rieusement mise &#224; mal) ont d&#251; pour la premi&#232;re fois soutenir ces mouvements. D&#232;s ao&#251;t 1967, Nasser fait appel &#224; Yasser Arafat dont il ignorait jusque l&#224; le petit mouvement. Le harc&#232;lement des forces d'occupation isra&#233;liennes dans les territoires occup&#233;s est organis&#233;e et financ&#233;e. Cependant le territoire ne se pr&#234;tant pas &#224; une gu&#233;rilla, les forces palestiniennes du Fatah de Yasser Arafat s'installent en Jordanie, des deux c&#244;t&#233;s des rives du Jourdain, profitant de l'affaiblissement du r&#233;gime du roi Hussein, son arm&#233;e &#233;tant d&#233;stabilis&#233;e par la honte de la d&#233;faire cuisante contre Isra&#235;l. En 1967, une scission du MNA, &#224; l'origine pro-Nasser se radicalise et fonde le FPLP. Une grande part des fedayin sont des &#233;tudiants plus ou moins gu&#233;varistes ou mao&#239;stes qui lisent Marx, L&#233;nine et Mao. Ce qui encourage ces militants clandestins qui doivent vivre coup&#233;s de la population, c'est que celle-ci se manifeste en 1967 par des gr&#232;ves, sit-in et manifestations contre l'occupation isra&#233;lienne. Un &#233;pisode de confrontation entre l'arm&#233;e isra&#233;lienne et les fedayin am&#232;ne l'arm&#233;e jordanienne &#224; intervenir et se solde par une d&#233;faite isra&#233;lienne. Ce seul combat de Karameh servira &#224; la mystique du mouvement, afin de laver la honte des Etats arabes. Le roi Hussein ira jusqu'&#224; d&#233;clarer devant les journalistes : &#171; nous sommes tous des fedayin ! &#187; L'OLP affirmait se satisfaire du soutien hypocrite et peu r&#233;el des Etats arabe et d&#233;clarait dans sa Charte de 1968 : &#171; &lt;i&gt; l'OLP coop&#232;re avec tous les gouvernements arabes selon les possibilit&#233;s de chacun et ne s'ing&#232;re pas dans les affaires int&#233;rieures d'aucun Etat arabe&lt;/i&gt;. &#187; C'est sous la pression de la radicalisation de la r&#233;volution palestinienne que le septi&#232;me conseil national palestinien est amen&#233; &#224; donner &#224; la lutte nationale mais pour nombre de ses leaders il s'agit juste de phrases radicales qui doivent en rester au stade de la d&#233;claration. C'est compter sans l'influence r&#233;elle que la r&#233;volution palestinienne va entra&#238;ner dans les pays arabes, d'abord en Egypte puis en Jordanie, enfin au Liban.&lt;br /&gt;
En Egypte c'est d&#232;s 1967 que la situation explose, .comme le raconte Mahmoud Hussein dans son ouvrage &#171; La lutte des classes en Egypte &#187;. Si, apr&#232;s l'annonce de la d&#233;mission de Nasser apr&#232;s l'&#233;chec militaire de 1967, les masses sont dans la rue les 9 et 10 juin pour demander &#224; Nasser de revenir au pouvoir, le m&#233;contentement est grand et tout particuli&#232;rement dans les milieux populaires et ouvriers. La premi&#232;re &#233;tincelle part de la banlieue ouvri&#232;re de H&#233;louan, si&#232;ge de grandes usines modernes qui manifestent en d&#233;non&#231;ant l'arm&#233;e &#233;gyptiennes et y rajoutent : &#171; pas de socialisme sans libert&#233; ! &#187;. Un barrage policier est balay&#233; par les ouvriers qui prennent d'assaut le poste de police. Les ouvriers d'H&#233;louan veulent se rendre au Caire mais le minist&#232;re bloque les chemins de fer. Mais les ouvriers de Choubra, dans la banlieue du Caire, prennent le relais, d&#233;clenchant gr&#232;ves et manifestations en solidarit&#233;. Sur la route d'Heliopolis, dix mille manifestants s'opposent violemment aux forces de police. Les jeunes des quartiers pauvres se sont joints aux ouvriers et aux &#233;tudiants. Le pr&#233;sident de l'assembl&#233;e nationale, Sadate, est contraint de recevoir une d&#233;l&#233;gation des manifestants. Autour de l'assembl&#233;e des milliers de manifestants r&#233;clament les droits d&#233;mocratiques en Egypte. Dans plusieurs quartiers populaires des barricades sont &#233;lev&#233;es. Le gouvernement annonce que toutes manifestation est d&#233;sormais interdite. Du coup, une immense manifestation se forme place El Tahrir au Caire form&#233;e d'&#233;tudiants, de jeunes ouvriers et de ch&#244;meurs. Apr&#232;s une bataille rang&#233;e avec la police, l'arm&#233;e intervient en tirant dans la foule. La r&#233;ponse vient des jeunes de quatorze &#224; dix-sept ans qui attaquent massivement les forces de l'ordre, arm&#233;s de pierres et de b&#226;tons. &lt;br /&gt;
D'autres &#233;tapes allaient suivre et notamment celle de novembre 1972 commenc&#233;e par des manifestations universitaires le20 novembre o&#249; l'arm&#233;e fait tirer sur les &#233;tudiants et o&#249; les quartiers populaires prennent partie pour ceux-ci. A partir de l&#224; il va y avoir en Egypte de nombreux mouvements dans la classe ouvri&#232;re. Les villes ouvri&#232;res du delta comme El Khom et Benha font gr&#232;ve sur le tas. Une &#233;meute a lieu &#224; Abou K&#233;bir. Une usine militaire d'H&#233;louan, en gr&#232;ve, s&#233;questre la direction. Cette fois, toute l'Egypte va suivre le mouvement. Les ouvriers s'adressent aux autres ouvriers d'Helouan, de Choubra, Mehalla et Alexandrie. L'arm&#233;e encercle l'usine d'o&#249; est parti le mouvement mais c'est trop tard ; devant la mont&#233;e ouvri&#232;re, le pouvoir recule et les gr&#233;vistes obtiennent la totalit&#233; de leurs revendications. &lt;br /&gt;
Une fois encore les mouvements sociaux avaient un lien avec la situation en Palestine. La haine des milieux populaires vis &#224; vis du r&#233;gime avaient &#233;t&#233; exacerb&#233;es par la signature par l'Egypte du plan am&#233;ricain Rogers pour la paix avec Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1970 : conflit contre la royaut&#233; jordanienne&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;	La conqu&#234;te par Isra&#235;l de la Cisjordanie et de Gaza change la situation des Palestiniens car elle signifie que d&#233;sormais il y a un million de Palestiniens de plus sur le sol contr&#244;l&#233; par son arm&#233;e, dont 600 000 habitants des camps de r&#233;fugi&#233;s. Le nouveau d&#233;part de milliers de Palestiniens vers des camps dans les pays voisins entra&#238;ne une nouvelle vague de militantisme radical avec la formation de plusieurs organisations de combattants qui m&#232;nent des actions arm&#233;es, notamment de la Transjordanie du roi Hussein vers la Cisjordanie occup&#233;e. Or &#224; l'&#233;t&#233; 1970, la Jordanie, dans la foul&#233;e de l'Egypte de Nasser, a sign&#233; le plan de paix am&#233;ricain Rogers. L'Egypte a d&#233;j&#224; donn&#233; le ton, Nasser d&#233;clarant : &#171; &lt;i&gt;nos fr&#232;res palestiniens devront se rallier &#224; la voix de la raison&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;cide de fermer les deux radios palestiniennes qui &#233;mettent du Caire &#171; la voix de la Palestine &#187; et &#171; la voix d'A&#231;ifa &#187;. &lt;br /&gt;
En m&#234;me temps les mouvements palestiniens sont d&#233;bord&#233;s par un afflux de recrues et se radicalisent. Et les r&#233;gimes arabes sont effray&#233;s par ce succ&#232;s et se sentent menac&#233;s. En 1969, le Fatah est en position de prendre le pouvoir au sein de l'organisation palestinienne qui avait &#233;t&#233; fond&#233;e par la Ligue Arabe, l'OLP, coquille vide jusque l&#224; qui n'&#233;tait qu'un alibi des Etats arabes. A Amman, en Jordanie o&#249; stationnent l'essentiel de forces palestiniennes d'o&#249; elles organisent des actions contre les Isra&#233;liens, le climat devient de plus en plus tendu avec le r&#233;gime royal jordanien qui est un r&#233;gime ultra-r&#233;actionnaire et f&#233;odal. Le r&#233;gime royal est d'autant plus menac&#233; que le m&#234;me type de r&#233;gime, r&#233;actionnaire, f&#233;odal et royal, a d&#233;j&#224; chut&#233; en Egypte, en Syrie et en Irak et que 60% de l'arm&#233;e et l'essentiel de l'infanterie sont palestiniennes. Le r&#233;gime a toujours &#233;t&#233; d&#233;test&#233; de la population pauvre et des Palestiniens. Ainsi le roi Abdallah, le p&#232;re de Hussein, a &#233;t&#233; assassin&#233; par un Palestinien en juillet 1954. En 1965-66, une premi&#232;re crise a oppos&#233; Hussein &#224; l'OLP.&lt;br /&gt;
En 1970, l'arm&#233;e jordanienne d&#233;cide de remettre en question le droit des Palestiniens de poss&#233;der leurs propres groupes arm&#233;s et commence par leur interdire en mai1970 de passer du royaume de Jordanie vers la Cisjordanie occup&#233;e par les Isra&#233;liens. Le Fatah est d&#233;bord&#233; par des groupes plus radicaux comme le FPLP de George Habache qui s'en prennent aux forces arm&#233;es r&#233;actionnaires de Hussein dirig&#233;es par des seigneurs b&#233;douins. Cependant ce n'est pas par une politique r&#233;volutionnaire ou de liaison plus grande avec les masses pauvres jordaniennes que le FPLP fonde sa plus grande radicalit&#233; mais par des actions terroristes, notamment contre le roi Hussein. Du 7 au 15 juin 1970, l'arm&#233;e jordanienne fait 500 morts et plus de mille bless&#233;s dans les rangs palestiniens. A l'occasion d'affrontements entre militaires et combattants palestiniens, le Fatah d&#233;nonce ... les organisations palestiniennes qui interviennent contre les exactions des forces royales jordaniennes et se solidarise &#224; plusieurs reprises avec le roi contre les radicaux palestiniens. Le 13 juin, le Fatah d'Arafat collabore m&#234;me avec l'arm&#233;e jordanienne pour neutraliser les Palestiniens pr&#232;s d'Amman. Mais le FPLP devient plus influent chez les combattants de Jordanie et de Gaza que le Fatah et ce dernier est contraint de se radicaliser pour ne pas perdre pied. On assiste entre la monarchie et les forces palestiniennes et d&#233;mocratiques jordaniennes &#224; une situation de double pouvoir.&lt;br /&gt;
Le 14 septembre toute une partie de la Jordanie est consid&#233;r&#233;e &#171; zone lib&#233;r&#233;e &#187; par les organisations palestiniennes et jordaniennes qui appellent &#224; un gouvernement d&#233;mocratique. Le 15 septembre, les organisations palestiniennes mettent en place &#224; Irbid un congr&#232;s populaire &#224; Irbid. Les forces arm&#233;es jordaniennes sont contraintes d'&#233;vacuer la capitale, Amman qui tombe aux mains de l'insurrection. &lt;br /&gt;
Ce sont les blind&#233;s, l'artillerie et l'aviation jordaniennes qui vont &#234;tre lanc&#233;es contre les combattants palestiniens et les camps de r&#233;fugi&#233;s. Le 17 septembre, les forces arm&#233;es jordaniennes commencent &#224; bombarder les camps palestiniens : les forces royales bombardent&lt;br /&gt;
sans discontinuer le gigantesque camp de r&#233;fugi&#233;s de Djebel-Wahadate et Djebel-Akhdar et Djebel-Hussein, o&#249; sont retranch&#233;s des fedayins dans de mis&#233;rables bidonvilles, continuent &#224; &#234;tre les cibles favorites de l'artillerie lourde, qui tire jour et nuit. La capitale est bombard&#233;e et les civils ne sont pas &#233;pargn&#233;s. C'est le d&#233;but de &#171; septembre noir &#187;, la r&#233;pression sanglante de l'arm&#233;e jordanienne, faisant plus de milliers de morts que l'arm&#233;e isra&#233;lienne n'en a jamais fait ! Les trois premiers jours se soldent par 3500 morts et un accord est sign&#233; selon lequel la r&#233;sistance palestinienne qui reconna&#238;t l'autorit&#233; du Hussein et accepte de quitter les villes jordaniennes. &lt;br /&gt;
Les forces fedayins qui semblaient si puissantes n'avaient pas de commandement central. Arafat &#233;tait contre s'attaquer au roi et Habache, tr&#232;s r&#233;volutionnaire en paroles, &#233;tait ailleurs, plus pr&#233;occup&#233; par sa strat&#233;gie d'actes terroristes que par la r&#233;volution jordanienne. Les officiers b&#233;douins sont rest&#233;s fid&#232;les au roi et personne dans la r&#233;sistance palestinienne n'a appel&#233; les petits soldats &#224; se joindre &#224; la r&#233;sistance. Les forces palestiniennes n'auront de soutien que de la population civile jordanienne. Quand le roi Hussein envoie ses troupes b&#233;douines contre les forces palestiniennes, la Syrie et l'Irak retirent leurs propres troupes pour ne pas intervenir. Ainsi Bagdad retire 15 000 hommes de troupes qui stationnaient en Jordanie. Hafez el Assad de Syrie impose &#224; son aviation de ne pas intervenir aux c&#244;t&#233;s des Palestiniens et 23 septembre, les chars syriens se retirent de Jordanie. Le contingent saoudien pr&#232;s de Kerak soutient Hussein. Le roi Faycal d'Arabie s'accorde avec la Libye pour &#171; &lt;i&gt; cesser toute assistance &#224; la r&#233;sistance palestinienne&lt;/i&gt; &#187;. Le 18 septembre les USA ont d&#233;cid&#233; de renouveler enti&#232;rement tout le mat&#233;riel militaire de la Jordanie. Devant les premiers affrontements entre les Palestiniens et le r&#233;gime du roi Hussein de Jordanie, journal &#233;gyptien Al Ahram, pro-gouvernemental, &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;il faut prendre garde au complot isra&#233;lo-am&#233;ricain contre tous les pays arabes, et pas seulement la Jordanie.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; Nasser, apr&#232;s huit jours de silence et pour tout soutien, il ram&#232;ne Arafat au Caire pour lui faire signer un cessez le feu qui impose &#224; la r&#233;sistance son retrait des villes jordaniennes. Le 27 septembre, tous les chefs d'Etat arabes signent un texte demandant le d&#233;sarmement des palestiniens.&lt;br /&gt;
Loin d'en tirer les le&#231;ons sur l'hypocrisie de la &#171; solidarit&#233; arabe &#187; quand il s'agit des Etats et des classes dirigeantes, les responsables palestiniens renoncent &#224; la perspective de r&#233;volution arabe et s'alignent sur la position des chefs d'Etat. Un dirigeant palestinien, analyse ainsi les &#233;v&#233;nements : &#171; &lt;i&gt;nous nous sommes tromp&#233;s en pr&#233;sentant la r&#233;volution palestinienne comme une alternative au r&#233;gime jordanien. L'&#233;troit m&#233;lange d&#233;mographique et social palestino-jordanien a conduit le mouvement r&#233;volutionnaire &#224; penser que la majorit&#233; de la population en Jordanie lui &#233;tait favorable et lui permettrait d'acc&#233;der au pouvoir. Ce fut une erreur monumentale&lt;/i&gt; &#187;. Les dirigeants palestiniens ont donc consid&#233;r&#233; l'affrontement avec les forces jordaniennes comme une tragique m&#233;prise, due &#224; l'erreur d'avoir menac&#233; le r&#233;gime jordanien d'une r&#233;volution sociale ! Le 28 septembre 1970, quelques jours apr&#232;s le massacre, Yasser Arafat ira m&#234;me jusqu'&#224; se r&#233;concilier avec le massacreur en embrassant publiquement Hussein et en affirmant qu'il n'a jamais voulu mener un seul combat contre les r&#233;gimes arabes mais seulement contre Isra&#235;l. &lt;br /&gt;
Mais ce n'est pas fini car le roi Hussein est d&#233;cid&#233; d'en finir avec les combattants palestiniens et de les chasser du pays. Le 13 janvier 1971, l'arm&#233;e jordanienne donne le coup de gr&#226;ce &#224; la r&#233;sistance palestinienne en attaquant les r&#233;duits palestiniens &#224; l'artillerie, au bombardement a&#233;rien et aux blind&#233;s. Le camp de Wahdat est bombard&#233; par des bombes au phosphore et les morts par br&#251;lures s'y comptent par milliers. En avril 1971, les combattants palestiniens doivent quitter la Jordanie et des centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s quittent le pays. Loin de radicaliser socialement la direction palestinienne, la r&#233;pression d'un soi-disant &#171; fr&#232;re arabe &#187; n'a que radicalis&#233; qu'une petite minorit&#233; et uniquement sur le terrain des actions terroristes notamment avec le groupe &#171; septembre noir &#187;, actes terroristes qui ont dur&#233; jusqu'en 1974 et ont contribu&#233; &#224; couper les combattants du peuple palestinien lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1975-76 : r&#233;volution sociale au Liban&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;	C'est surtout au Liban que les organisations palestiniennes se r&#233;fugient apr&#232;s septembre noir et l'expulsion de Jordanie. La jonction entre les organisations palestiniennes et les masses pauvres va &#234;tre encore plus profonde menant aux premiers pas d'une r&#233;volution en 1975, toujours contre la volont&#233; des dirigeants du Fatah de Yasser Arafat qui ne veut nullement d'une r&#233;volution contre les r&#233;gimes r&#233;actionnaires arabes. &lt;br /&gt;
Au Liban les militants palestiniens vont trouver non seulement la sympathie des populations libanaises mais vont entra&#238;ner une r&#233;action sociale contre la bourgeoisie libanaise. D&#232;s 1969, la bourgeoisie et l'Etat libanais, trouvant que la pr&#233;sence de forces arm&#233;es form&#233;es de pauvres palestiniens est un danger social, commencent &#224; s'affronter &#224; ces combattants mais un compromis est finalement trouv&#233; en novembre 1969. La pr&#233;sence des Palestiniens en armes et qui se battent renverse le rapport des forces entre les classes sociales libanaises en encourageant les travailleurs du Liban &#224; ne plus se laisser faire. De 1972 &#224; 1975, la classe ouvri&#232;re libanaise et les couches populaires se radicalisent : aux balles des militaires r&#233;pondent les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales ouvri&#232;res en novembre 1972, d&#233;cembre 1973, janvier et ao&#251;t 1974. Et en m&#234;me temps cette classe ouvri&#232;re intervient aux c&#244;t&#233;s des Palestiniens : par exemple, le 1&#233; avril 1973, c'est un cort&#232;ge de 250 000 personnes qui traverse Beyrouth pour l'enterrement de trois leaders palestiniens tu&#233;s par un commando isra&#233;lien.&lt;br /&gt;
Une gauche anti-confessionnelle, ouvri&#232;re et syndicaliste, se d&#233;veloppe en liaison avec les Palestiniens. Les gr&#232;ves ouvri&#232;res se multiplient et les travailleurs interviennent autant dans les groupes arm&#233;s palestiniens que ces derniers dans les gr&#232;ves et manifestations ouvri&#232;res. Palestiniens et libanais pauvres ne font plus qu'un et la bourgeoisie libanaise arme ses milices d'extr&#234;me-droite pour &#233;craser les travailleurs et les Palestiniens. La bourgeoisie tente de faire reculer la classe ouvri&#232;re en employant la violence dans les gr&#232;ves : deux morts dans la gr&#232;ve de Ghandour &#224; Beyrouth, deux autres morts dans celle des planteurs de tabac du sud Liban, intervention militaire contre les paysans en lutte contre les f&#233;odaux, bombardement par l'arm&#233;e des camps palestiniens, enfin soul&#232;vement de Sa&#239;da suite &#224; une lutte des p&#234;cheurs soutenue par les Palestiniens et mitraill&#233;e par l'arm&#233;e (11 morts). Mais la violence des phalanges et de l'arm&#233;e libanaise, loin d'impressionner les travailleurs, provoque une radicalisation de la population pauvre qui s'unit aux Palestiniens arm&#233;s. En quelques mois, les travailleurs unis aux palestiniens font subir une d&#233;faite &#224; l'arm&#233;e unie aux bandes fascistes. Cependant, l'OLP de Yasser Arafat, loin de soutenir le soul&#232;vement ouvrier, d&#233;clare en juin 75 : &#171; &lt;i&gt; tout ce qui se passe au Liban est injustifiable. La r&#233;volution palestinienne sait que le v&#233;ritable champ de bataille se trouve en Palestine.&lt;/i&gt; &#187; Arafat ne veut pas d&#233;stabiliser les dictature de Moyen Orient et compte au contraire &#234;tre reconnu &#234;tre des leurs. Mais devant la radicalisation de la r&#233;volution palestinienne, Arafat suit et s'unit &#224; Habache en mai 1976.&lt;br /&gt;
Le 21 mars 1976, la gauche libanaise et la r&#233;sistance palestinienne (palestino-progressiste) lancent une offensive dans le centre de Beyrouth et dans la montagne. L'insurrection est alors en voie de gagner sur toute la ligne devant une arm&#233;e libanaise divis&#233;e et en battant les phalangistes. Or, la r&#233;volte du Liban menace d'autres pays o&#249; les Palestiniens ont trouv&#233; refuge, comme la Syrie. Aussi le premier pays qui va intervenir pour arr&#234;ter la menace d'une victoire du camp des travailleurs est justement la Syrie. Alors que les dirigeants de la gauche libanaise et des Palestiniens accueillent avec satisfaction l'intervention d'un &#171; pays fr&#232;re arabe &#187;, les tanks syriens qui rentrent au Liban interviennent aux c&#244;t&#233;s de l'extr&#234;me-droite chr&#233;tienne contre le camp &#171; palestino-progressiste &#187;. Pour tous ceux qui ont cru &#224; la solidarit&#233; des gouvernements arabes, c'est une chute tr&#232;s dure car la Syrie &#233;tait, en paroles, particuli&#232;rement radicale sur ce terrain. Le 31 mai 1976 c'est le d&#233;but de l'intervention conjointe contre les palestino-progressistes de l'arm&#233;e syrienne, de la r&#233;sistance palestinienne aux ordres de la Syrie, la Sa&#239;ka et de l'arm&#233;e palestinienne organis&#233;e par la ligue arabe, l'ALP. A ce moment la r&#233;sistance palestinienne n'a plus le soutien d'aucun pays arabes. Un des &#171; hauts faits d'armes &#187; de l'arm&#233;e syrienne contre les palestiniens est la bataille de Tall El-Zataar : l'arm&#233;e syrienne pilonne ainsi m&#233;thodiquement le camp de r&#233;fugi&#233;s de Tall El-Zaatar qui, refusant de se rendre pendant des mois, est affam&#233; puis massacr&#233; par la soldatesque. Le si&#232;ge aura dur&#233; du 22 juin au 12 ao&#251;t 1976 ! Et ce n'est qu'un exemple ! Arm&#233;e syrienne et phalanges fascistes chr&#233;tiennes collaborent m&#234;me dans cette &#233;limination m&#233;thodique de la gauche et des Palestiniens. &lt;br /&gt; En 1977, les Palestiniens sont l&#226;ch&#233;s ouvertement par un des principaux Etats arabes protagonistes, l'Egypte. Sadate se rend en Isra&#235;l pour n&#233;gocier avec Begin, chef de l'Etat isra&#233;lien et leader de la droite, ce qui se traduira par les accords de camp David, la paix est sign&#233;e entra Isra&#235;l et l'Egypte sans pour autant que la question palestinienne avance d'un poil. La paix s&#233;par&#233;e, loin de signifier un affaiblissement des actions isra&#233;liennes contre les palestiniens, sera le pr&#233;lude de l'intervention isra&#233;lienne la plus violente, celle du Liban.&lt;br /&gt; En 1982, c'est l'intervention militaire isra&#233;lienne contre les camps palestiniens bombard&#233;s par l'aviation. Khadaffi envoie alors un message &#224; l'OLP conseillant de &#171; &lt;i&gt;se suicider plut&#244;t que d'accepter l'humiliation &lt;/i&gt; &#187;..., conseil g&#233;n&#233;reux sans doute en guise de soutien. Sous les ordres du g&#233;n&#233;ral Sharon, au titre de &#171; paix en Galil&#233;e &#187;, l'arm&#233;e isra&#233;lienne envahit le Liban jusqu'&#224; Beyrouth sous l'oeil m&#233;dus&#233; et gr&#226;ce &#224; la passivit&#233; des &#171; forces d'interposition &#187; internationales du sud Liban ! C'est le d&#233;but d'un nouveau massacre des Palestiniens.&lt;br /&gt; En juillet 1982, les combattants palestiniens signent leur d&#233;faite : ils quittent Beyrouth y laissant les r&#233;fugi&#233;s livr&#233;s &#224; de nombreux meurtriers isra&#233;liens, phalangistes et arm&#233;e syrienne. Selon l'accord sign&#233; sous l'&#233;gide des Am&#233;ricains, les civils Palestiniens seront prot&#233;g&#233;s. En fait, c'est de suite les massacres que subissent les r&#233;fugi&#233;s d&#232;s septembre 1982. Sabra et Chatila o&#249; 1000 &#224; 1500 r&#233;fugi&#233;s sont ex&#233;cut&#233;s de sang froid par les phalanges libanaises sous les yeux des soldats isra&#233;liens charg&#233;s de les surveiller. La commission isra&#233;lienne Kahane charg&#233;e d'enqu&#234;te sur la responsabilit&#233; isra&#233;lienne mettra en cause Begin et Sharon et 250 000 personnes descendent dans le rue contre le gouvernement.&lt;br /&gt;
Du 21 ao&#251;t au 3 septembre 1982, 14 500 combattants palestiniens qui &#233;taient retranch&#233;s &#224; Beyrouth-Ouest doivent quitter le Liban. Le mouvement palestinien, tr&#232;s affaibli, est r&#233;fugi&#233; &#224; Tunis. En mai 1983, une dissidence au sein du Fatah d'Arafat au Liban est soutenue par la Syrie et la Lybie contre les combattants loyaux &#224; Yasser Arafat. Pour les r&#233;duire, le chef retourne en personne au Liban livrer combat. En juin 1983, ce sont les premiers affrontements entre Palestiniens dissidents et loyalistes du Fath dans la Bekaa. Cette fois c'est Palestiniens contre Palestiniens et la dissidence est r&#233;prim&#233;e par un mois de si&#232;ge meurtrier. Les m&#234;mes combats reprendront en juillet puis en novembre 1983, les dissidents palestiniens, appuy&#233;s par les forces syriennes et libyennes, lancent une offensive contre les positions de Yasser Arafat et de ses fid&#232;les retranch&#233;s depuis la fin septembre dans la r&#233;gion de Tripoli dans le nord du Liban. &lt;br /&gt; Au Liban o&#249; les pauvres abandonn&#233;s par la gauche et les Palestiniens se sont tourn&#233;s vers le mouvement chiite Amal, celui-ci m&#232;ne lui aussi sa r&#233;pression des Palestiniens du Liban au printemps 1985. Le 20 mai 1985, commence la &#171; bataille des camps &#187; : de sanglants affrontements &#224; Beyrouth-Ouest entre Chiites Amal et Palestiniens pour le contr&#244;le des camps. Le si&#232;ge des camps palestiniens dure des semaines, des mois et les r&#233;fugi&#233;s sont r&#233;duits par la famine et les fusillades. Les camps palestiniens du Liban sont transform&#233;s en de gigantesques cimeti&#232;res. Montrant ainsi &#224; quel point il tenait &#224; se montrer en partisan de la d&#233;fense de l'ordre bourgeois, Arafat d&#233;clarait en 1991 &#224; propos de la guerre civile libanaise : &#171; &lt;i&gt;Nous avons veill&#233; sur l'&#233;conomie libanaise. Nos forces, en 1976, puis pendant le si&#232;ge de Beyrouth en 1982, ont prot&#233;g&#233; la banque centrale libanaise et les r&#233;serves d'or des Libanais. Nous avons pr&#233;serv&#233; la stabilit&#233; du Liban.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1987-93 et 2000 : les intifadas, deux r&#233;voltes sociales&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;En d&#233;cembre 1987, l'intifada, la &#171; r&#233;volte des pierres &#187; des territoires occup&#233;s n'est pas du tout le produit de l'action des organisations palestiniennes compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;es. Elle est n&#233;e spontan&#233;ment de la mis&#232;re des bidonvilles, du ch&#244;mage massif, de l'humiliation et de la r&#233;pression quotidienne des forces d'occupation. C'est une explosion sociale d'une population pauvre et en particulier de sa jeunesse. La premi&#232;re ann&#233;e de l'intifada, ont lieu des manifestations de masse. &#192; l'escalade des manifestations, des gr&#232;ves et des heurts r&#233;pondra donc, pour tenter de la stopper, une spirale r&#233;pressive. L'arm&#233;e multiplie les couvre-feu, tire sur les adolescents qui la narguent, les &#171; passe &#224; tabac &#187;, en arr&#234;te des dizaines de milliers et en interne des milliers, n'h&#233;site pas devant les &#171; mauvais traitements &#187; lors de ses raids contre des villages ou dans les prisons, expulse des Palestiniens, etc...&lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me ann&#233;e, les manifestations de masse ont disparu mais sont remplac&#233;es par la gu&#233;rilla &#224; coups de pierres et de cocktails Molotov que m&#232;nent les &#034; groupes de choc &#034; de l'Intifada contre les voitures des colons et les patrouilles de l'arm&#233;e. &#034; C'est une strat&#233;gie de lutte arm&#233;e sans armes &#034; ( &#224; feu). Des comit&#233;s locaux populaires organisent le combat de rue, le ravitaillement, les soins m&#233;dicaux et se f&#233;d&#232;rent en une direction unifi&#233;e du soul&#232;vement.&lt;br /&gt;
L'intifada est marqu&#233;e aussi par l'abandon complet des dirigeants arabes qui continuent leurs n&#233;gociations et bonnes relations nouvellement &#233;tablies, comme si de rien n'&#233;tait.&lt;br /&gt;
Suite au d&#233;veloppement de l'intifada, le roi Hussein conclue qu'il n'est plus utile de revendiquer la Cisjordanie qui serait ing&#233;rable du fait du soul&#232;vement. Le souverain hach&#233;mite rompt en juillet 1988, tout lien juridique et administratif avec la Cisjordanie&lt;br /&gt; En 1988, Yasser Arafat appelle &#224; la fin de l'intifada et tente de mettre fin &#224; la r&#233;volte en obtenant une reconnaissance en &#233;change. Dans ce but, l'OLP reconna&#238;t l'Etat isra&#233;lien en novembre 1988, mais les dirigeants isra&#233;liens ne prennent pas la perche tendue et d&#233;clarent que c'est un pi&#232;ge. En 1990, la guerre du Golfe va entra&#238;ner un isolement encore plus grand du mouvement palestinien car la position d'Arafat en faveur de Saddam Hussein le coupe de ses soutiens financiers dans le Golfe. &lt;br /&gt;
L'Intifada continue et entre en 1992 dans sa cinqui&#232;me ann&#233;e. Le nombre de victimes palestiniennes tu&#233;es par les soldats et les colons isra&#233;liens depuis 1987 a d&#233;pass&#233; le millier &#224; l'&#233;t&#233; 1992. A la mi-1991, on d&#233;nombrait environ 850 Palestiniens tu&#233;s par l'arm&#233;e ou par les colons isra&#233;liens depuis le d&#233;but du soul&#232;vement, en d&#233;cembre 1987. L'Etat d'Isra&#235;l fait face &#224; une r&#233;volte qu'il ne peut arr&#234;ter. Il va lui falloir entamer les n&#233;gociations de 1993 &#224; Oslo pour la faire arr&#234;ter. C'est un tournant politique d&#233;cisif : reconnaissance de l'existence du peuple Palestinien (appel&#233; jusque l&#224; les Arabes), reconnaissance de l'OLP comme repr&#233;sentant du peuple palestinien, promesse d'un territoire qui sera g&#233;r&#233; par une Autorit&#233; Palestinienne d&#233;sign&#233;e par la population. Apparemment une victoire sur toute la ligne mais Isra&#235;l et l'imp&#233;rialisme n'ont c&#233;d&#233; que formellement : sur le terrain la situation des Palestiniens ne va que s'aggraver, provoquant en septembre dernier la nouvelle intifada.&lt;br /&gt; A nouveau c'est spontan&#233;ment que s'est d&#233;clench&#233;e la r&#233;volte, qui prend par surprise et m&#234;me &#224; contre-pied l'OLP et l'Autorit&#233; palestinienne. Les organisations palestiniennes &#233;taient alors toutes tourn&#233;es vers la collaboration politique et polici&#232;re avec Isra&#235;l et n'avaient nullement ce soul&#232;vement en t&#234;te m&#234;me si des militants y ont bien s&#251;r particip&#233; et l'organisent maintenant. Et cette fois, les Palestiniens isra&#233;liens ont particip&#233; au soul&#232;vement. En effet, d&#232;s le d&#233;but de l'intifada, les Palestiniens isra&#233;liens avaient voulu montrer leur solidarit&#233; en manifestant pacifiquement mais la r&#233;action de l'Etat a &#233;t&#233; terrible : treize morts et des ratonnades &#224; Bat Yam, Holon, Jaffa, Tib&#233;riade, Hadera, Ha&#239;ffa, Saint Jean d'Acre, J&#233;rusalem et Tel Aviv. Jamais on n'avait vu ainsi les forces isra&#233;liennes tirer sur des Arabes isra&#233;liens. Du coup, les Palestiniens isra&#233;liens ont &#233;galement explos&#233; notamment &#224; Oum el Fahm, &#224; Jaffa, &#224; Nazareth et dans les agglom&#233;rations b&#233;douines pr&#232;s de Bersheva.&lt;br /&gt; Dans les pays voisins, l'intifada a entra&#238;n&#233; des r&#233;actions mais les divers gouvernements ont tout fait pour les limiter et les canaliser. Au Liban, les manifestations ont eu lieu imm&#233;diatement les samedi 30 septembre et 1er octobre parties des camps palestiniens mais elles y sont rest&#233;es cantonn&#233;es, l'arm&#233;e veillant &#224; leur interdire de sortir. En m&#234;me temps, au Koweit, plusieurs milliers de personnes manifestaient leur solidarit&#233; avec les Palestiniens au point que l'&#233;mir, un ennemi violent des Palestiniens, le m&#234;me qui accorde royalement 50 naturalisations de Palestiniens par an et en a expuls&#233; des centaines de milliers, s'est cru oblig&#233; de dire &#171; la solidarit&#233; du peuple koweitien avec ses fr&#232;res palestiniens &#187;. En Jordanie, des manifestations massives en faveur des Palestiniens ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en affrontements avec la police anti-&#233;meutes. En Egypte, les forces de l'ordre ont tout fait pour que la population ne soit pas appel&#233;e &#224; une grande manifestation, contraignant notamment les &#233;tudiants &#224; manifester &#224; l'int&#233;rieur du campus universitaires en intervenant &#224; coups de matraque et de grenades lacrymog&#232;nes. La r&#233;pression a fait de nombreux bless&#233;s parmi la dizaine de milliers de manifestants. Cependant le 11 octobre une manifestation, interdite, a quand m&#234;me eu lieu au Caire avec plusieurs milliers de manifestants criant &#171; o&#249; est l'arm&#233;e &#233;gyptienne ? &#187; La position des chefs d'&#233;tat arabe a &#233;t&#233; plus que mod&#233;r&#233;e au point que Barak a d&#233;clar&#233; qu' &#171; il se f&#233;licitait &#187; des d&#233;clarations du pr&#233;sident &#233;gyptien et du roi de Jordanie.&lt;br /&gt;
Le Maghreb est &#233;galement tr&#232;s touch&#233; par la question palestinienne. Devant l'&#233;motion populaire, l'Alg&#233;rie a pr&#233;f&#233;r&#233; interdire toute manifestation et a emp&#234;ch&#233; par la force de manifester ceux qui ont tent&#233; le 12 octobre de descendre quand m&#234;me dans la rue. Au Maroc, c'est 700 000 personnes qui se sont rassembl&#233;es &#224; Rabat contre la r&#233;pression isra&#233;lienne. Des manifestations massives ont &#233;galement eu lieu &#224; Marrakech et Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas d'issue pour une paix entre les peuples ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;	Apr&#232;s plus de cinquante ann&#233;es de lutte, des dizaines de milliers de morts (environ 7000 morts en Jordanie en 1970, 30 000 morts au Liban apr&#232;s 1975, 1400 morts dans les diverses r&#233;voltes des territoires occup&#233;s, etc...) et des sacrifices sans nombre, la population palestinienne ne dispose toujours pas d'un territoire, d'un Etat, ni des moyens de subsistance et est toujours un peuple d&#233;plac&#233;, sans papiers, sans domicile fixe, le plus souvent sans travail et sans revenu, otage de tractations sans fin des chefs d'Etat.&lt;br /&gt; A nouveau, il pourrait sembler que la lutte des Palestiniens peut durer &#233;ternellement, toujours entre une n&#233;gociation et un massacre, sans qu'apparemment puisse changer le sort de ce peuple expuls&#233; de sa terre et sans droit. Etats arabes et Isra&#235;l, un camp comme l'autre, comme les Etats imp&#233;rialistes, s'ing&#233;nient &#224; pr&#233;senter le conflit comme le produit de la haine inextinguible entre deux peuples, juifs et arabes, conflit qui serait d&#251; &#224; une incompatibilit&#233; entre deux communaut&#233;s fond&#233;es sur des cultures, des religions diff&#233;rentes. L'Etat d'Isra&#235;l explique ainsi qu'on ne pourra jamais se fier aux Arabes et les Etats arabes que le probl&#232;me n'est pas seulement chez les dirigeants sionistes mais que le peuple isra&#233;lien est aussi l'ennemi. D&#233;j&#224; en 1967, Moshe Dayan d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Les Arabes d&#233;testent les Juifs pour des raisons personnelles, religieuses ou raciales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Les Etats de la r&#233;gion et ceux des pays imp&#233;rialistes pr&#233;sentent bien entendu leurs interventions et leurs guerres comme des efforts pour d&#233;fendre les populations et organiser la paix. En fait, Isra&#235;l, les pays imp&#233;rialistes et aussi les Etats arabes n'ont nulle intention de prot&#233;ger les peuples, pas m&#234;me le leur. Ils se pr&#233;occupent surtout qu'il ne se r&#233;volte pas contre eux et les classes dirigeantes dont ils d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts. La s&#233;curit&#233; des peuples qui sert sans cesse de pr&#233;texte &#224; leurs interventions est le cadet de leurs soucis, y compris Isra&#235;l pour les Isra&#233;liens et les Etats et classes dirigeantes arabes (et palestinienne) pour les Palestiniens. Le nationalisme des uns et des autres a d'abord pour but de faire croire aux peuples qu'ils n'ont pas d'autre choix que de se solidariser avec leurs propres classes dirigeantes c'est-&#224;-dire avec leurs exploiteurs. &lt;br /&gt;
Il n'est pas exact que la r&#233;volte palestinienne et les guerres du Moyen Orient soient le produit d'une haine entre les peuples. De m&#234;me qu'il n'est pas exact que la lutte ait lieu entre toute la communaut&#233; arabe et les isra&#233;liens. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, si l'Etat d'Isra&#235;l a pris son propre peuple au pi&#232;ge de la politique sioniste, cela ne signifie pas que c'&#233;tait une fatalit&#233; ni que cela le sera &#224; l'avenir. Cela signifie encore moins que ce serait l'int&#233;r&#234;t des travailleurs isra&#233;liens de d&#233;fendre l'oppression exerc&#233;e par leur Etat sur le peuple palestinien. La deuxi&#232;me raison r&#233;side dans l'absence totale de v&#233;ritable solidarit&#233; entre les classes dirigeantes et les peuples du Moyen Orient. On peut m&#234;me dire que les diverses arm&#233;es arabes et mouvements arm&#233;s soutenus par eux ont fait beaucoup plus de morts palestiniens que l'Etat d'Isra&#235;l lui-m&#234;me. Ne citons que l'arm&#233;e jordanienne en 1970, l'arm&#233;e et les bandes arm&#233;es fascistes libanaises &#224; partir de 1975, l'arm&#233;e syrienne &#224; partir de 1976. Malgr&#233; leur discours pr&#233;tendument pro-palestinien et parfois anti-imp&#233;rialiste, les Etats arabes sont des Etats r&#233;actionnaires li&#233;s &#224; l'imp&#233;rialisme et qui oppriment des peuples dont l'immense majorit&#233; sont extr&#234;mement pauvres, menac&#233;s sans cesse par des r&#233;voltes des Palestiniens&lt;br /&gt;
&lt;i&gt; &lt;/i&gt;	L'OLP n'existait pas lors de la r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne, de 1936-39 s'est d&#233;clench&#233;e mais par la suite on peut dire qu'elle n'a jamais &#233;t&#233; vraiment du c&#244;t&#233; des r&#233;volt&#233;s dans chacun des soul&#232;vements palestiniens. Ce front uni a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1964 par des Etats arabes soucieux d'abord d'encadrer la r&#233;volte que de la faire triompher. Loin de chercher &#224; agir de mani&#232;re r&#233;volutionnaire en Jordanie, elle n'a fait que subir la confrontation puis se d&#233;fendre en 1970 quand la r&#233;volte palestinienne a d&#233;stabilis&#233; le r&#233;gime r&#233;actionnaire du roi Hussein de Jordanie ce qui a amen&#233; ce dernier &#224; l'&#233;craser dans un bain de sang. Elle n'a jamais soutenu la fusion de la r&#233;volution palestinienne et de celle des pauvres du Liban en 1975-76 contre la bourgeoisie libanaise et ses phalanges d'extr&#234;me-droite. Elle n'a &#233;t&#233; &#224; l'origine ni de l'intifada de 1987 ni de celle d&#233;but&#233;e en septembre dernier. Et cela n'a rien d'&#233;tonnant : l'OLP n'a fait que se maintenir au travers d'une r&#233;volution nationale mais aussi sociale en conservant son orientation bourgeoise consistant &#224; ne jamais vouloir remettre en question les r&#233;gimes arabes et les classes dirigeantes de ces pays pourtant ultra-r&#233;actionnaires et hostiles aux Palestiniens. Et du coup, elle n'a jamais repr&#233;sent&#233; l'organisation capable de donner toute son ampleur au mouvement palestinien, m&#234;me quand celui-ci &#233;tait gros d'une r&#233;volution dans tout le Moyen Orient.&lt;br /&gt; Demander &#224; la r&#233;volution palestinienne d'entra&#238;ner une r&#233;volution arabe ou &#224; l'&#233;chelle du Moyen Orient, de menacer ainsi la domination imp&#233;rialiste dans toute la r&#233;gion, peut sembler irr&#233;aliste. Les Palestiniens doivent d'abord r&#233;gler leurs propres probl&#232;mes, diront les uns. Ils ne peuvent se substituer aux masses arabes, diront les autres, qui soulignent le soutien insuffisant des autres peuples &#224; la lutte des Palestiniens. Mais c'est oublier que la force du combat des Palestiniens, ce qui a sauv&#233; aussi leur combat de l'&#233;crasement ou de l'oubli, est justement que l'imp&#233;rialisme craint le caract&#232;re contagieux et explosif de cette lutte. L'ordre du Moyen Orient est un ordre imp&#233;rialiste et l'imp&#233;rialisme US &#224; lui seul contr&#244;le 20% de la production et 50% des r&#233;serves du Moyen Orient. Il sait parfaitement tout le caract&#232;re instable des r&#233;gimes arabes car c'est l'imp&#233;rialisme lui-m&#234;me qui les a parfois mis en place, qui en a fait ce qu'ils sont, qui g&#232;re leur &#233;conomie et leur dette en maintenant la t&#234;te du noy&#233; juste au dessus du niveau, &#224; la limite de l'explosion sociale. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un m&#234;me combat avec les peuples du Moyen Orient&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Le Moyen Orient est une r&#233;gion importante pour l'imp&#233;rialisme et la lutte des Palestiniens est un des facteurs importants qui rend instable sa domination dans cette r&#233;gion. Les pays du Golfe ne sont pas &#224; l'abri de r&#233;voltes sociales et d'agitations politiques mena&#231;ant ces r&#233;gimes f&#233;odaux ultra-r&#233;actionnaires maintenus &#224; bouts de bras par l'imp&#233;rialisme. Le Koweit l'a montr&#233; en 1990, l'Arabie Saoudite en 1979 et le Bahrein a connu une v&#233;ritable intifada en 1994. L'Irak a &#233;t&#233; menac&#233; simultan&#233;ment par une r&#233;volte des kurdes, une r&#233;volte des chiites pauvres et une situation sociale explosive mais l'intervention militaire de l'imp&#233;rialisme en 1990 a noy&#233; tout cela dans un bain de sang. C'est cette instabilit&#233; et cette sensibilit&#233; des populations &#224; la cause palestinienne qui explique que ces pays financent les organisations palestiniennes. C'est le prix &#224; payer pour ne pas risquer d'&#234;tre mis en cause par les peuples pour leur entente avec l'imp&#233;rialisme et leur passivit&#233; devant les massacres des Palestiniens.&lt;br /&gt;
Les pays voisins, Egypte, Jordanie, Syrie et Liban, sont particuli&#232;rement sensibles &#224; la question palestinienne. On a d&#233;j&#224; cit&#233; trois cas de r&#233;voltes sociales li&#233;es au combat des Palestiniens : Egypte 1967, Jordanie 1970 et Liban 1975-76. Et le Liban a connu &#224; nouveau des &#233;meutes sociales en 1987&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Egypte&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Avec ses 65 millions d'habitants, l'Egypte repr&#233;sente un tiers de la population arabe ! Et une grande part, treize millions, habite la capitale, Le Caire, la ville la plus prol&#233;taris&#233;e du monde (73% !). Au Caire, 22,7% des habitations n'ont pas l'&#233;lectricit&#233;, 36% n'ont pas l'eau courante 40% des logements menacent de s'effondre et 41,7% n'ont pas le tout &#224; l'&#233;gout. Certains quartiers ont la plus forte densit&#233; au monde (Bab al Sharia : 127 000 habitants au m&#232;tre carr&#233;). L'historien Robert Ilbert &#233;crit en 1990, dans la revue &#171; Autrement &#187; : &#171; &lt;i&gt;Du Caire vous pouvez dire qu'elle est cit&#233; f&#233;brile. Il arrive que le volcan sorte de sa torpeur. Et explose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
Combien l'Egypte est d&#233;pendante de l'imp&#233;rialisme, quelques chiffres suffisent &#224; le souligner : avec une dette de 50 milliards de dollars, une inflation de 35%, un ch&#244;mage atteignant 20% de la population active. Deux millions d'&#233;gyptiens ont d&#251; &#233;migrer pour vivre et dix millions survivent gr&#226;ce &#224; cette &#233;migration. C'est dire pourquoi l'Egypte a &#233;t&#233; press&#233;e de faire sa paix avec Isra&#235;l sous l'&#233;gide des USA. D&#232;s sa signature des aides am&#233;ricaines n'ont pas cess&#233; d'arriver. Mais la mis&#232;re grandit presque aussi vite que la richesse d'une infime minorit&#233; tr&#232;s voyante, corrompue et li&#233;e au pouvoir. Le ch&#244;mage touche 2,8 millions de personnes (18% de la force de travail). Il est bien fini le temps de la d&#233;magogie populiste nass&#233;rienne ! Les 5% de familles les plus riches ont absorb&#233; en 1983 22% du revenu national, alors que les 34% les plus pauvres n'en ont per&#231;u que 11%. 2,3% des &#201;gyptiens ont englouti 34% de la consommation nationale, alors que 33% des citadins et 44% des ruraux vivaient en dessous du seuil de la pauvret&#233;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Depuis 1974, la politique d'ouverture (Infitah) amorc&#233;e par le pr&#233;sident Sadate a produit ce que l'on appelle les &#034;nouveaux riches de l'Infitah&#034;qui &#233;talient un luxe tapageur, de plus en plus mal support&#233; par les cat&#233;gories sociales les plus d&#233;favoris&#233;es.&lt;br /&gt;
L'Egypte est entr&#233;e dans le cycle infernal :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;fin de la subvention des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, mise &#224; niveau mondial des prix des produits agricoles et de l'&#233;nergie, r&#233;ductions des moyens de l'Etat, suppression des services publics, baisse des salaires r&#233;els (-24% en cinq ans de 1990 &#224; 1995), sacrifices pour les plus pauvres, privatisations, b&#233;n&#233;fices boursiers, ch&#244;mage, mis&#232;re. Et les r&#233;actions populaires sont en proportions. Les &#233;meutes ont &#233;t&#233; quasi r&#233;guli&#232;res en Egypte mais en janvier 1977, c'est autre chose : c'est carr&#233;ment l'explosion sociale au Caire. Ce sont des &#233;meutes sanglantes ! La d&#233;gradation des conditions de vie de millions d'&#201;gyptiens a suscit&#233; de nombreux conflits sociaux en 1986. D'importantes gr&#232;ves ont secou&#233; les centres ouvriers de Choubra al Kheima et Mehallah al Kobra, durement r&#233;prim&#233;es par les forces de l'ordre. Mais dans un pays o&#249; le mouvement syndical a &#233;t&#233; caporalis&#233;, o&#249; les droits de l'opposition politique sont r&#233;duits, le m&#233;contentement s'exprime surtout sous forme &#034;d'explosion&#034;. Le soul&#232;vement des policiers du Caire en f&#233;vrier 1986 - qui a fait, suivant les estimations officielles, une centaine de victimes et des millions de dollars de d&#233;g&#226;ts - a &#233;t&#233; le dernier exemple de cette forme d'opposition. En ao&#251;t 1988, de violents affrontements ont lue entre la population de la banlieue du Caire et la police. Et l'&#233;t&#233; 1997, c'est le tour des paysans de se r&#233;volter !&lt;br /&gt; Dans ces conditions le r&#233;gime ne s'est jamais vraiment remis de l'humiliation de la d&#233;faite de 1967, de la honte de voir &#224; ses portes les palestiniens qui souffrent et se battent et de voir le r&#233;gime s'entendre avec les dirigeants isra&#233;liens. Politiquement, il n'a trouv&#233; une solution que dans une alternance d'ouverture vis &#224; vis des islamistes, pour combattre les syndicalistes et la gauche, puis d'affrontement avec eux.&lt;br /&gt;
La situation sociale et politique est si tendue en Egypte que l'&#233;tat d'urgence est en vigueur depuis ...1981 et 16 700 personnes sont d&#233;tenues incarc&#233;r&#233;s en vertu de la loi d'urgence.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Jordanie&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;La Jordanie compte 4,5 millions d'habitants, dont plus de 60 % de Palestiniens, parmi lesquels 1,5 million de r&#233;fugi&#233;s de 1948-1949 recens&#233;s par l'agence onusienne UNRWA et 400 000 d&#233;plac&#233;s de la guerre de 1967. Ces Palestiniens sont, de fait, des citoyens de seconde zone, largement exclus des fonctions administratives et militaires importantes &#8211; mais tr&#232;s pr&#233;sents dans l'&#233;conomie. En temps habituel, une vraie tension existe entre eux et les Transjordaniens de souche. Le probl&#232;me pour le r&#233;gime, c'est que toute la population, quelle que soit son origine, prend fait et cause pour les Palestiniens des territoires occup&#233;s. C'est ce qu'a d&#233;montr&#233; la manifestation de soutien &#224; l'intifada le 24 octobre 2000. Voil&#224; ce que rapporte le Monde du 7 novembre 2000. &#171; &lt;i&gt;De m&#233;moire de Jordanien, on n'avait plus vu une telle foule depuis la mort de Gamal Abdel Nasser, en 1970. Entre 20 000 et 50 000 personnes, selon les estimations, dans un pays o&#249; une manifestation &#171; de masse &#187; en rassemble au maximum 5 000, voil&#224; qui a d&#233;montr&#233;, le 24 octobre, l'ampleur de la solidarit&#233; de la population du royaume avec ses &#171; fr&#232;res &#187; palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Mais ce grand rassemblement a aussi constitu&#233; un exemple grandeur nature des difficult&#233;s et des ambigu&#239;t&#233;s dans lesquelles se d&#233;bat aujourd'hui la monarchie hach&#233;mite.&lt;br /&gt;
Plusieurs semaines auparavant, les syndicats avaient appel&#233; &#224; une manifestation nationale de soutien au &#171; droit au retour &#187; des Palestiniens. La population &#233;tait appel&#233;e &#224; converger vers Chouneh, dernier bourg situ&#233; avant le pont Allenby, qui enjambe le Jourdain, point d'entr&#233;e par la route vers les territoires occup&#233;s par Isra&#235;l. Le gouvernement avait, dans un premier temps, autoris&#233; la manifestation. Trois jours avant la marche, il l'interdisait. La veille du jour J, non seulement il l'autorisait de nouveau, mais on annon&#231;ait la pr&#233;sence de plusieurs ministres dans le cort&#232;ge, au point que de nombreux militants palestiniens, d&#233;non&#231;ant la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; par le r&#233;gime, d&#233;cidaient de ne pas y participer. En m&#234;me temps, le pouvoir demandait aux autorit&#233;s locales de veiller &#224; ce que le nombre de v&#233;hicules se rendant sur les lieux soit aussi limit&#233; que possible. R&#233;sultat : une &#233;norme manifestation &#224; l'issue de laquelle des participants, d&#233;bordant les barrages militaires et policiers, et il y aurait eu un mort et 300 bless&#233;s. Publiquement, le r&#233;gime soutient la lutte du peuple palestinien. Le roi Abdallah II a m&#234;me &#233;t&#233; donner son sang pour les Palestiniens victimes de l'intifada et toute la presse a titr&#233; : &#171; Du sang hach&#233;mite pour les bless&#233;s de Palestine &#187;. En r&#233;alit&#233;, le palais est inquiet. La pire de ces &#233;ventualit&#233;s serait &#233;videmment un effet ricochet des affrontements en cours sur l'autre rive du Jourdain, qui mettrait en p&#233;ril la monarchie. &lt;br /&gt;
&#171; Le roi est en harmonie totale avec son peuple. La situation n'est pas dangereuse, mais nous sommes pr&#234;ts &#224; toute &#233;ventualit&#233; &#187;, dit Taleb El Rifa&#239;, ministre de l'information. &lt;br /&gt;
&#171; Nous sommes l'imm&#233;diate arri&#232;re-cour de la Palestine, les premiers affect&#233;s par ce qui s'y passe, &#233;motionnellement, d&#233;mographiquement et g&#233;opolitiquement &#187;, dit encore M. Rifa&#239;. &#171; Notre principal probl&#232;me est d&#233;mographique. Notre r&#233;gime ne survivrait pas &#224; un nouveau transfert de population palestinienne &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
La guerre civile de 1970 n'est pas la seule &#224; avoir montr&#233; combien la situation sociale et la stabilit&#233; du r&#233;gime pouvaient &#234;tre menac&#233;es. &lt;br /&gt;
L'intifada de 1987 a eu imm&#233;diatement des r&#233;percussions en Jordanie, au point que le roi Hussein a &#233;t&#233; contraint pour faire rel&#226;cher la pression d'annoncer en 1988.qu'il renon&#231;ait &#224; toute revendication sur la Cisjordanie.&lt;br /&gt;
La Jordanie a connu, en avril 1989, des &#233;meutes dans plusieurs villes du Sud, en particulier &#224; Maan et Karak. Ces &#233;meutes, durement r&#233;prim&#233;es, auraient fait, selon un bilan officieux, 11 morts et 34 bless&#233;s. Un tel bilan est significatif du malaise profond que traverse le royaume hach&#233;mite, d'autant plus que les violences ont &#233;clat&#233; spontan&#233;ment dans les fiefs b&#233;douins du d&#233;sert, fid&#232;les soutiens du roi Hussein. Les Palestiniens r&#233;sidant en Jordanie n'ont pas particip&#233; &#224; cette r&#233;volte contre la vie ch&#232;re. &lt;br /&gt;
Les &#233;meutes se sont d&#233;clench&#233;es le 18 avril 1989, deux jours apr&#232;s l'adoption par la Jordanie, &#224; la demande du FMI, d'un programme d'aust&#233;rit&#233; qui s'est traduit par d'importantes hausses de produit de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, comme l'essence, le lait ou la margarine. Depuis plusieurs mois, la Jordanie traversait une grave crise &#233;conomique li&#233;e &#224; trois causes essentielles : la diminution des dons vers&#233;s par les pays p&#233;troliers du Golfe (350 millions de dollars en 1987 contre 1,2 milliard en 1978), la baisse spectaculaire des transferts des travailleurs &#233;migr&#233;s (pass&#233;s de 1,3 milliard de dollars en 1983 &#224; 750 millions en 1987), et la fin de la guerre Irak-Iran. Le royaume hach&#233;mite &#233;tait en effet devenu le point de passage des importations et d'une grande partie des exportations irakiennes. Or, la r&#233;gion de Ma'an o&#249; ont &#233;clat&#233; les troubles vit pr&#233;cis&#233;ment du transport routier et a &#233;t&#233; touch&#233;e par la fin de la guerre Irak-Iran et par les hausses du carburant.&lt;br /&gt;
D'autre part, la d&#233;cision du roi Hussein, annonc&#233;e solennellement le 31 juillet 1988, de rompre les liens administratifs et juridiques unissant la Jordanie et la Cisjordanie, a eu des r&#233;percussions importantes sur l'&#233;conomie jordanienne : c'est ainsi que de nombreux Palestiniens de Cisjordanie ont retir&#233; leurs capitaux plac&#233;s dans les banques d'Amman, accentuant la d&#233;pr&#233;ciation du dinar jordanien par rapport au dollar, aggravant ainsi le poids de la dette ext&#233;rieure jordanienne. Enfin, m&#234;me si le roi Hussein a rompu les liens entre la Jordanie et la Cisjordanie, l'opinion publique jordanienne suit avec admiration l'intifada dans les territoires occup&#233;s.&lt;br /&gt; Apr&#232;s les violentes &#233;meutes d'avril 1989 qui avaient fait plusieurs morts dans le sud de la Jordanie, la situation &#233;conomique est demeur&#233;e pr&#233;occupante, avec un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233; (d&#233;passant 20% de la population active), une inflation galopante (entre avril 1988 et avril 1989, le dinar jordanien a perdu 75% de sa valeur par rapport au dollar), et un endettement spectaculaire. Le r&#233;&#233;chelonnement de la dette ext&#233;rieure, estim&#233;e &#224; 8 milliards de dollars en 1990 (soit le double de la valeur du PNB), a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; comme l'objectif prioritaire des autorit&#233;s jordaniennes. D'habiles n&#233;gociations conduites durant l'&#233;t&#233; 1989 ont permis d'obtenir ce r&#233;&#233;chelonnement. En m&#234;me temps, la Jordanie, dans le cadre d'un plan de redressement, s'engageait &#224; r&#233;duire son d&#233;ficit budg&#233;taire (24% du PIB en 1988, 20% en 1989, 16% en 1990, avec pour objectif 6% en 1993).&lt;br /&gt; L'accroissement du ch&#244;mage, accentu&#233; par le retour d'un grand nombre de Jordaniens expatri&#233;s dans les &#034;p&#233;tromonarchies&#034; du Golfe, a conduit Amman, en octobre 1987, &#224; restreindre de nouveau l'octroi de permis de travail aux &#233;trangers. Amman envisage le renvoi de 80 000 Egyptiens et de 10 000 Syriens.&lt;br /&gt;
Avec 20% de la population vit au-dessous du seuil de pauvret&#233; et une pauvret&#233; g&#233;n&#233;rale qui grandit sans cesse, le pays est menac&#233; en permanence d'explosion sociale. Les &#233;meutes d'ao&#251;t 1996 contre l'augmentation de 250% du prix du pain et la hausse des prix des aliments pour le b&#233;tail, impos&#233;es par le FMI, et la r&#233;pression permanente contre toute agitation sociale ou politique, illustrent la fragilit&#233; du r&#233;gime jordanien. D&#233;bord&#233; par les &#233;meutes, d&#232;s le 16 ao&#251;t 1996, le roi a fait appel &#224; l'arm&#233;e qui a r&#233;prim&#233; violemment sans que l'on connaisse le nombre de victimes. Le 17 ao&#251;t, quatre villes du sud sont secou&#233;es par des &#233;meutes qui sont r&#233;prim&#233;es. M&#234;me les islamistes, qui se flattaient d'&#234;tre une opposition radicale sur le terrain social, ont &#171; &lt;i&gt;d&#233;nonc&#233; le caract&#232;re insurrectionnel du mouvement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
En f&#233;vrier 1998, des troubles graves ont lieu &#224; Amman et &#224; Ma'an, faisant au moins un mort et des bless&#233;s, face &#224; une population qui protestait contre les nouveaux bombardements am&#233;ricains sur l'Irak.&lt;br /&gt;
Dans tous les pays du Moyen Orient, des dictatures se sont maintenues inchang&#233;es depuis de longues ann&#233;es gr&#226;ce &#224; la r&#233;pression permanente. Ce qui change la donne c'est l' &#171; ouverture &#233;conomique &#187; (fin de l'&#233;conomie d'Etat, privatisations, poids des capitaux financiers, dette, etc...) s'est produite ici sans l'ombre d'une ouverture politique. La guerre du Golfe, la poursuite par les USA de la politique visant &#224; diaboliser l'Irak met tous ces r&#233;gimes dans une position tr&#232;s d&#233;licate quand, au m&#234;me moment, Isra&#235;l qui r&#233;prime violemment les Palestiniens est soutenu par les USA.&lt;br /&gt;
C'est cette instabilit&#233; politique et sociale des pays du Moyen orient qui a amen&#233; l'imp&#233;rialisme &#224; faire pression sur Isra&#235;l pour un r&#232;glement du conflit palestinien. La fin de l'intifada a fait baisser la pression et Isra&#235;l en a profit&#233; pour retarder ou annuler les mesures pr&#233;vues. Aujourd'hui plus que jamais il est s&#251;r que les Palestiniens ne peuvent gagner qu'en mena&#231;ant de d&#233;stabiliser l'ordre imp&#233;rialiste du Moyen Orient. Seule la menace d'extension peut obliger l'imp&#233;rialisme &#224; faire suffisamment pression sur son alli&#233;, l'Etat d'Isra&#235;l et le contraindre &#224; acc&#233;der aux droits des palestiniens. C'est pour cela que la politique consistant &#224; soutenir les r&#233;gimes arabes, qui est celle d'Arafat, ne peut &#234;tre qu'une trahison des int&#233;r&#234;ts des Palestiniens. On comprend qu'aujourd'hui Arafat ne soit plus la b&#234;te noire des gouvernants isra&#233;liens et m&#234;me presque le contraire !&lt;br /&gt;
Mais dans le combat des Palestiniens, les travailleurs et les pauvres des pays arabes ne sont pas les seuls alli&#233;s. Il y a aussi les travailleurs, les jeunes isra&#233;liens et la partie de la population isra&#233;lienne qui, petits enfants des victimes de pogromes, ne veulent pas devenir les nouveaux gardiens de ghetto d'un nouveau peuple martyr : les Palestiniens .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les isra&#233;liens sont-ils fatalement &lt;br /&gt;
attach&#233;s &#224; la politique agressive de leur Etat ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Et, contrairement &#224; ce qu'affirment les nationalistes des deux camps, depuis le d&#233;but, avant m&#234;me la cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l et jusqu'&#224; aujourd'hui, bien des occasions ont &#233;t&#233; manqu&#233;es par les militants qui auraient voulu unir dans la lutte peuples palestinien et isra&#233;lien. Des combats contre l &#8216;imp&#233;rialisme anglais des ann&#233;es 30 &#224; nos jours, les occasions n'ont pas manqu&#233; dans lesquelles la population et les travailleurs juifs pouvaient s'unir aux Palestiniens et b&#226;tir un autre avenir que celui des guerres sans fin. D'ailleurs certaines petites organisations l'ont plus ou moins d&#233;fendu un certain temps : le parti des ouvriers de Sion dans les ann&#233;es 1900, le parti communiste palestinien dans les ann&#233;es 30 puis le mouvement trotskyste ou des organisations comme les Panth&#232;res noires d'Isra&#235;l.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; La guerre du Liban de 1982 a &#233;t&#233; une de ces occasions manqu&#233;es pour les isra&#233;liens, ou une partie d'entre eux, de remettre en cause la politique sioniste. Ce n'a pas &#233;t&#233; une guerre comme les autres pour les Isra&#233;liens. Elle entra&#238;na un refus de soutien aux op&#233;rations de l'Etat d'Isra&#235;l sans pr&#233;c&#233;dent. Pour la premi&#232;re fois il est &#233;vident qu'il ne s'agit nullement d'une guerre pour la d&#233;fense de la population juive mais d'une guerre de conqu&#234;te et de destruction d'un pays voisin. Une partie importante d'Isra&#235;l s'oppose &#224; la guerre. Le pays est coup&#233; en deux. Le nombre &#233;lev&#233; des soldats isra&#233;liens tomb&#233;s au Liban - 650 tu&#233;s &#224; la mi-avril 1985, environ 3 500 bless&#233;s - a caus&#233; un choc terrible dans le pays, Ph&#233;nom&#232;ne absolument nouveau en Isra&#235;l : des dizaines de soldats ont &#233;t&#233; condamn&#233;s en 1983 &#224; des peines de plusieurs semaines de prison pour refus de rejoindre leurs unit&#233;s.&lt;br /&gt;
Pr&#233;sent&#233;e au d&#233;part comme une op&#233;ration &#224; caract&#232;re limit&#233; dans l'espace (45 kilom&#232;tres au nord de la fronti&#232;re) et le temps, l'offensive appara&#238;tra vite &#224; l'opinion publique isra&#233;lienne comme une vraie guerre, dont le bilan c&#244;t&#233; isra&#233;lien s'&#233;l&#232;vera au d&#233;but de 1983 &#224; 460 morts et 2 500 bless&#233;s. Au fur et &#224; mesure que le si&#232;ge de Beyrouth-Ouest se prolonge, de la mi-juin &#224; la fin ao&#251;t, les divisions vont s'approfondir en Isra&#235;l. Des manifestations pacifistes contre l'assaut de Beyrouth-Ouest r&#233;unissent, &#224; l'appel du mouvement &#034;La paix maintenant&#034;, des dizaines de milliers de personnes. Ils seront plus de deux cent mille &#224; la fin septembre pour r&#233;clamer la constitution d'une commission d'enqu&#234;te officielle sur les responsabilit&#233;s isra&#233;liennes dans les massacres des camps de r&#233;fugi&#233;s palestiniens de Sabra et Chatila. Plus d'un millier de civils palestiniens ont en effet &#233;t&#233; tu&#233;s les 16, 17 et 18 septembre 1982 par des forces phalangistes introduites dans les camps par l'arm&#233;e isra&#233;lienne, &#224; 200 m&#232;tres de ses lignes et de son quartier g&#233;n&#233;ral dans Beyrouth investie.&lt;br /&gt;
Devant la r&#233;action dans les territoires occup&#233;s, le gouvernement militaire ferme les universit&#233;s, destitue les maires &#233;lus, interdit aux h&#244;pitaux de soigner les bless&#233;s des manifestations avant l'arriv&#233;e de la police. Les colons, pr&#233;tendument &#034;civils&#034;, intensifient &#224; l'ombre de cette politique leurs provocations et leurs exactions : enl&#232;vements et assassinats, culminant avec l'acte &#034;fou&#034; du colon juif am&#233;ricain Goodman sur le site de la mosqu&#233;e El-Aqsa, le 11 avril 82.&lt;br /&gt;
Face &#224; cette situation, la minorit&#233; &#034;dissidente&#034; - des sionistes mod&#233;r&#233;s aux antisionistes - se radicalise, se forge une nouvelle d&#233;termination, dont t&#233;moignent notamment les manifestations du comit&#233; isra&#233;lien de soutien &#224; l'universit&#233; de Bir-Zeit en territoire occup&#233;, violemment r&#233;prim&#233;es par l'arm&#233;e. Maigre contrepoids &#224; la course folle de la droite vers la guerre, mais n&#233;anmoins lueur d'espoir.&lt;br /&gt;
Cinq mois apr&#232;s, les conclusions accablantes de la commission d'enqu&#234;te Kahane, qui accuse le gouvernement de porter une &#034;responsabilit&#233; indirecte&#034; dans les massacres, obligent le ministre de la D&#233;fense Ariel Sharon &#224; se d&#233;mettre de ses fonctions, tout en restant au cabinet. Le m&#234;me jour, le 10 f&#233;vrier, un manifestant pacifiste, &#201;mile Grundzweig, est tu&#233; par une grenade lanc&#233;e contre une manifestation de &#034;La paix maintenant&#034;. Ce geste fait prendre conscience &#224; une partie des isra&#233;liens que, si leur mouvement contre la guerre est pacifiste et mod&#233;r&#233;, l'extr&#234;me-droite, elle, se radicalise en Isra&#235;l. L'affaire a boulevers&#233; l'opinion, qui a pris conscience que la coh&#233;sion m&#234;me de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne &#233;tait en cause. Le gouvernement a per&#231;u le risque et recule : le m&#234;me 10 f&#233;vrier 1983, Sharon n'est plus ministre de la D&#233;fense. Le cabinet l'a oblig&#233; &#224; se d&#233;mettre de ses fonctions apr&#232;s la publication du rapport Kahane, qui concluait &#224; la &#034;responsabilit&#233; personnelle&#034; d'Ariel Sharon dans les massacres de Sabra et Chatila&lt;br /&gt; Le 25 f&#233;vrier 1983, un extr&#233;miste juif, Baruch Goldstein, ouvre le feu &#224; l'int&#233;rieur de la mosqu&#233;e Ibrahim (le Caveau des patriarches) &#224; H&#233;bron, (mort de 30 Palestiniens). Mais la pouss&#233;e de l'extr&#234;me-droite continue &#224; se manifester violemment et se influence grandit. L'extr&#234;me-droite fascisante passe de 2,6% des voix et trois d&#233;put&#233;s en 1981 &#224; 10% et 11 d&#233;put&#233;s en 1992. Le 4 novembre1994, c'est l'assassinat &#224; Tel Aviv d'Itzhak Rabin par un extr&#233;miste isra&#233;lien, Ygal Amir a appartenu &#224; la brigade Golani, une unit&#233; d'&#233;lite de l'arm&#233;e, et a m&#234;me travaill&#233; en URSS pour une organisation d'aide aux Juifs sovi&#233;tiques li&#233;e aux services secrets. Dans le m&#234;me temps, il a rejoint la droite religieuse, radicalis&#233;e apr&#232;s l'accord d'Oslo avec l'OLP (Organisation de lib&#233;ration de la Palestine) de Yasser Arafat. L'hypoth&#232;se d'un complot n'a pas &#233;t&#233; retenue par les enqu&#234;teurs, m&#234;me si la responsabilit&#233; de rabbins extr&#233;mistes a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e. &lt;br /&gt;
Le meurtre de Itzhak Rabin provoqua une &#233;motion consid&#233;rable, en particulier au sein de la jeunesse. Des centaines de milliers d'Isra&#233;liens de tous &#226;ges sont venus rendre un dernier hommage &#224; la d&#233;pouille mortelle du Premier ministre, et participer &#224; ses fun&#233;railles &#224; J&#233;rusalem, qui ont, &#233;galement attir&#233; des personnalit&#233;s du monde entier, y compris de plusieurs &#201;tats arabes fra&#238;chement r&#233;concili&#233;s avec l'&#201;tat h&#233;breu.&lt;br /&gt;
Les r&#233;seaux terroristes anti-arabes, qui recrutent en premier chef dans les colonies de peuplement juives, ont de leur c&#244;t&#233; multipli&#233; les attentats. En juillet, ils ont ainsi attaqu&#233; l'universit&#233; islamique de Hebron, tuant sur le coup trois &#233;tudiants palestiniens. D'autres petits groupes moins bien organis&#233;s, compos&#233;s de mystiques de choc, de d&#233;linquants tourn&#233;s vers la religion, de sympathisants juifs am&#233;ricains du rabbin Meir Kahane, ont pris pour objectif des institutions religieuses chr&#233;tiennes et musulmanes. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;	&lt;/i&gt;L'intifada de 1987 a &#233;t&#233; une autre occasion manqu&#233;e pour les Isra&#233;liens de se d&#233;marquer radicalement des dirigeants de leur Etat. Les violences de la r&#233;pression ont choqu&#233;. Les autorit&#233;s am&#232;nent de jeunes soldats isra&#233;liens &#224; casser les os des jeunes Palestiniens. Des Isra&#233;liens se r&#233;voltent et une partie traite des Isra&#233;liens l'autre de fasciste. 1500 militaires ont refus&#233; de servir dans les territoires occup&#233;s et 150 font m&#234;me des peines de prison.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Un mouvement d'insoumission (des jeunes qui refusent le service militaire, cela ne s'&#233;tait jamais vu en Isra&#235;l dont l'arm&#233;e avait toujours &#233;t&#233; populaire) se d&#233;veloppe dans la jeunesse isra&#233;lienne.&lt;br /&gt;
Le 24 d&#233;cembre 1988, alors que le nombre de morts et de bless&#233;s se multiplie du fait de l'utilisation par l'arm&#233;e de nouvelles balles en plastique, plusieurs milliers d'Isra&#233;liens manifestent &#224; Tel Aviv contre la r&#233;pression et en faveur d'un dialogue avec l'OLP.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Ces &#233;v&#233;nements ont divis&#233; les Isra&#233;liens. Si une minorit&#233; non n&#233;gligeable est rest&#233;e irr&#233;m&#233;diablement oppos&#233;e &#224; tout compromis sur le &#034;Grand Isra&#235;l&#034; et a refus&#233; de renoncer &#224; la moindre parcelle des territoires conquis en 1967, la majorit&#233; a sembl&#233; au contraire l'accepter et souhaite prendre ses distances par rapport aux pratiques de l'occupation telles qu'a pu les r&#233;v&#233;ler la commission d'enqu&#234;te officielle sur le massacre commis le 25 f&#233;vrier 1994 par un colon juif, le docteur Baruch Goldstein, au Tombeau des Patriarches d'H&#233;bron (Cisjordanie). B. Goldstein a abattu vingt-neuf fid&#232;les musulmans en pleine pri&#232;re avant d'&#234;tre tu&#233; &#224; son tour par les survivants. C'est toutefois sans regrets que la plupart des Isra&#233;liens ont vu leur arm&#233;e quitter la bande de Gaza (&#224; l'exception du secteur des colonies juives) en mai 1994, pour &#234;tre remplac&#233;e par la police palestinienne. Quitter l'&#034;enfer&#034; de Gaza &#233;tait assur&#233;ment un objet de consensus, surtout aupr&#232;s des Isra&#233;liens contraints d'effectuer leurs p&#233;riodes de r&#233;serve &#224; patrouiller dans les camps de r&#233;fugi&#233;s face aux activistes de l'intifada (soul&#232;vement palestinien dans les Territoires occup&#233;s, commenc&#233; en d&#233;cembre 1987).&lt;br /&gt;
En d&#233;pit de l'appui de la majorit&#233; des Isra&#233;liens &#224; la r&#233;pression antipalestinienne et des appels r&#233;p&#233;t&#233;s de la droite nationaliste en faveur de l'expulsion des habitants des territoires occup&#233;s, un malaise s'est install&#233; dans le pays. Seuls les partis d'opposition de gauche et de nombreux groupes extraparlementaires (dont La Paix maintenant) ont organis&#233; des protestations contre la r&#233;pression. Mais ce mouvement a pris moins d'envergure que celui qui s'&#233;tait oppos&#233; &#224; la guerre du Liban en 1982. Six cents soldats avaient &#233;t&#233; tu&#233;s alors (l'occupation du Sud-Liban continue de faire couler du sang) tandis que l'intifada n'a fait que deux victimes du c&#244;t&#233; isra&#233;lien. En outre, le Parti travailliste qui en 1982 &#233;tait dans l'opposition, participe en 1988 &#224; la coalition gouvernementale et c'est un des siens, le ministre de la D&#233;fense, Itzhak Rabin, qui dirige la r&#233;pression&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Les travailleurs isra&#233;liens ont des int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents des patrons &lt;br /&gt;
et de l'Etat isra&#233;liens&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Le seul succ&#232;s du gouvernement d'union nationale a incontestablement &#233;t&#233; d'ordre &#233;conomique. L'inflation a &#233;t&#233; de 185% en 1985 (contre 444,9% en 1984). En juillet 1985, elle atteignait un chiffre record dans l'histoire du pays : 27,5%, puis, apr&#232;s l'adoption d'un plan d'urgence de redressement &#233;conomique, elle a d&#233;cru r&#233;guli&#232;rement pour arriver en janvier 1986 au chiffre impensable de -1,3%. Depuis, l'inflation mensuelle a &#233;t&#233; de l'ordre de 3% environ. Ce sont les salari&#233;s qui ont pay&#233; lourdement cette r&#233;ussite : au cours de l'ann&#233;e 1985, les salaires r&#233;els moyens ont diminu&#233; de quelque 20% pour arriver &#224; l'&#233;quivalent de 450 dollars par mois environ. Les disparit&#233;s sociales se sont approfondies : en 1985, 1% de la population recevait 11,5% du revenu national, 10% s'en partageaient presque 40%, et 14,5% de la population vivaient au-dessous du seuil de pauvret&#233; (avec moins de la moiti&#233; d'un salaire moyen). Le ch&#244;mage a atteint 6,9% en 1985 (contre 5,9% en 1984), et les imp&#244;ts sont rest&#233;s parmi les plus &#233;lev&#233;s du monde. Gr&#226;ce &#224; l'accroissement de l'aide am&#233;ricaine (quelque 3 milliards de dollars en 1985, auxquels s'est ajout&#233; un don de 750 millions de dollars), Isra&#235;l a vu, pour la premi&#232;re fois, sa dette ext&#233;rieure diminuer. Le d&#233;ficit commercial a atteint 2 000 millions de dollars en 1985, contre 2 520 millions de dollars en 1984. La croissance &#233;conomique a &#233;t&#233; insignifiante. L'&#233;conomie isra&#233;lienne est toujours malade de son budget militaire d&#233;mesur&#233;, ce qui a amen&#233; un humoriste isra&#233;lien &#224; dire : &#034;Isra&#235;l n'est pas un pays qui a une arm&#233;e, mais c'est une arm&#233;e qui poss&#232;de un &#201;tat.&#034;&lt;br /&gt;
Malgr&#233; un net recul du ch&#244;mage, 700 000 Isra&#233;liens vivent en dessous du seuil de pauvret&#233; (1575F par mois) et il y a une v&#233;ritable &#171; fracture sociale &#187; entre riches et pauvres Isra&#233;liens entre un revenu mensuel minimum de 3000F, des retrait&#233;s et des travailleurs des kibboutz mis&#233;rables et des hauts revenus de 500 000F.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Avec la nouvelle intifada, l'opposition pacifiste s'est &#224; nouveau manifest&#233;e. Elle r&#233;clame notamment la fin des colonies. Le mouvement &#171; la paix maintenant &#187;, qui souligne que depuis les accords d'Oslo les logements dans des colonies ont augment&#233; de 52,5% avec notamment 80 000 colons de plus en Cisjordanie, revendique l'&#233;vacuation quasi totale des colonies. &lt;br /&gt;
Les provocations de l'extr&#234;me droite ou simplement de nouvelles politiques catastrophiques des classes dirigeantes isra&#233;liennes, le jusqu'au-boutisme guerrier, la violence la r&#233;pression, peuvent aussi cr&#233;er demain de nouvelles occasions pour que s'exprime et s'organise dans la population isra&#233;lienne une v&#233;ritable opposition &#224; la politique sioniste, et si une telle opposition se battait vraiment elle pourrait donner les bases d'un combat commun des deux peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;	Le bilan de cinquante ans de lutte est tr&#232;s dur. Malgr&#233; tout le courage, l'h&#233;ro&#239;sme m&#234;me, des combattants palestiniens et de tout un peuple qui les soutient, leur combat est arriv&#233; &#224; une impasse :au mieux un Etat croupion, d&#233;pendant d'Isra&#235;l, oppresseur suppl&#233;mentaire d'une fraction seulement des r&#233;fugi&#233;s. Parce que la lutte r&#233;volutionnaire des Palestiniens n&#233;cessite une direction qui le soit &#233;galement et que la radicalit&#233; spontan&#233;e des combattants ne peut remplacer une politique r&#233;volutionnaire. Pour que les le&#231;ons de ces combats soient tir&#233;es et m&#234;me fructifi&#233;es dans les luttes suivantes, il est indispensable qu'une organisation marxiste r&#233;volutionnaire, m&#234;me petite, en &#233;claire la voie. C'est l&#224; que r&#233;side le principal soutien que peuvent apporter les r&#233;volutionnaires des autres pays : aider &#224; la formation d'une avant-garde communiste r&#233;volutionnaire ! Si cette condition &#233;tait demain r&#233;alis&#233;e, tous les espoirs seraient permis non seulement aux Palestiniens mais &#224; tous les opprim&#233;s du Moyen Orient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; pour la premi&#232;re fois sous le titre &#171; Thawrat 1936-1939 fi Filastin &#187; dans Chou'un filastiniyyah (Affaires Palestiniennes), n&#186; 6, janvier 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Traduction de la version anglaise : &#171; The 1936-1939 Revolt in Palestine &#187;, Committee for Democratic Palestine, New York, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ghassan Kanafani&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de 1936-39 en Palestine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 1972&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1936 et 1939, le mouvement r&#233;volutionnaire palestinien subit un s&#233;rieux revers du fait de l'action combin&#233;e de trois ennemis distincts qui constituaient ensemble le principal frein au mouvement national en Palestine &#224; chaque &#233;tape cruciale de la lutte : les dirigeants r&#233;actionnaires locaux, les r&#233;gimes des Etats arabes pr&#234;ts &#224; sacrifier la Palestine et l'ennemi imp&#233;rialiste-sioniste. La pr&#233;sente &#233;tude se concentre sur les structures respectives de ses forces distinctes et sur les relations dialectiques existant entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse de l'exp&#233;rience nationale palestinienne qui a vu le jour depuis 1918, s'accompagnant d'une fa&#231;on ou d'une autre de la lutte arm&#233;e, ne s'est pas refl&#233;t&#233;e dans les structures sup&#233;rieures du mouvement national palestinien qui resta sous le contr&#244;le de dirigeants semi-f&#233;odaux et semi-religieux. La raison premi&#232;re est &#224; rechercher dans deux facteurs : l'existence et l'efficacit&#233; du mouvement sioniste qui donna la primaut&#233; relative &#224; la question nationale sur les contradictions sociales. Les masses arabes palestiniennes subirent le poids de cette question nationale en &#233;tant les principales victimes de l'invasion sioniste appuy&#233;e par l'imp&#233;rialisme britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un conflit d'int&#233;r&#234;t majeur entre la direction f&#233;odale et religieuse locale et l'imp&#233;rialisme britannique : la classe dirigeante se devait d'appuyer plus ou moins la lutte r&#233;volutionnaire au lieu d'&#234;tre plus ou moins l'alli&#233;e du pouvoir imp&#233;rialiste comme c'&#233;tait le cas ailleurs. Les imp&#233;rialistes britanniques trouv&#232;rent chez les sionistes &#171; un alli&#233; plus digne de confiance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces facteurs donn&#232;rent &#224; la lutte du peuple palestinien un caract&#232;re particulier qui ne s'applique pas &#224; la lutte nationale arabe en dehors de la Palestine. La direction traditionnelle participa ou au moins tol&#233;ra la forme la plus avanc&#233;e de l'action politique (la lutte arm&#233;e), elle lan&#231;a des slogans progressistes et malgr&#233; sa nature r&#233;actionnaire, elle appuya une direction positive durant la phase critique de la lutte nationale palestinienne. Il est &#224; noter, malgr&#233; tout, que la direction f&#233;odale et religieuse a pu se maintenir &#224; la t&#234;te du mouvement national palestinien tr&#232;s longtemps (jusqu'en 1948). La transformation de la structure &#233;conomique et sociale de la Palestine qui s'est d&#233;roul&#233;e rapidement, a touch&#233; en premier le secteur juif et s'est exerc&#233;e aux frais de la moyenne et petite-bourgeoisie palestinienne ainsi que de la classe ouvri&#232;re arabe. La transformation d'une soci&#233;t&#233; f&#233;odale en soci&#233;t&#233; capitaliste s'est accompagn&#233;e d'une concentration du pouvoir &#233;conomique dans les mains de la machine sioniste dans la soci&#233;t&#233; juive de Palestine. Il est significatif que les Arabes palestiniens ouvertement conciliateurs dans les ann&#233;es trente, n'&#233;taient pas des propri&#233;taires terriens ni des paysans riches mais plut&#244;t des &#233;l&#233;ments de la haute bourgeoisie urbaine dont les int&#233;r&#234;ts co&#239;ncidaient petit &#224; petit avec les int&#233;r&#234;ts en expansion de la bourgeoisie juive. Cette derni&#232;re en contr&#244;lant le processus d'industrialisation cr&#233;ait ses propres agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les pays arabes pr&#234;ts &#224; sacrifier la Palestine jouaient deux r&#244;les contradictoires. D'un c&#244;t&#233;, le mouvement de masse pan-arabe servait de catalyseur pour l'esprit r&#233;volutionnaire des masses palestiniennes, depuis qu'une relation dialectique existait entre les luttes palestiniennes et celles des autres Arabes. D'un autre c&#244;t&#233;, les r&#233;gimes &#233;tablis dans ces pays arabes faisaient tout ce qui leur &#233;tait possible pour limiter et saper le mouvement de masse palestinien. Le conflit s'aiguisant en Palestine, contribuait au d&#233;veloppement de la lutte dans ces pays sur la voie d'une plus grande violence, cr&#233;ant un potentiel r&#233;volutionnaire, ce que ne pouvaient supporter les classes dirigeantes. Les classes dirigeantes arabes furent dans l'obligation de soutenir l'imp&#233;rialisme britannique contre les classes dirigeantes de Palestine &#224; la t&#234;te du mouvement national palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'alliance sionisme-imp&#233;rialisme continua de grandir ; la p&#233;riode 1936-39 ne montra pas seulement la cristallisation du caract&#232;re militariste et agressif de la soci&#233;t&#233; coloniale implant&#233;e par le sionisme en Palestine mais aussi le musellement et la d&#233;faite de la classe ouvri&#232;re palestinienne ;cela aura un effet d&#233;terminant sur la conduite de la lutte. Durant cette p&#233;riode, le sionisme en collaboration avec le Mandat britannique, sapa avec succ&#232;s le d&#233;veloppement d'un mouvement ouvrier juif progressiste ainsi que la fraternit&#233; prol&#233;tarienne juive-arabe. Le Parti Communiste de Palestine fut isol&#233; des ouvriers juifs et arabes, et l'Histadrut r&#233;actionnaire domina compl&#232;tement le mouvement ouvrier juif. L'influence des forces progressistes dans les f&#233;d&#233;rations ouvri&#232;res arabes &#224; Ha&#239;fa et Jaffa diminua pour laisser la place &#224; des directions r&#233;actionnaires qui monopolis&#232;rent l'action politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arri&#232;re-plan : les ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question de l'immigration juive en Palestine ne fut pas simplement un probl&#232;me moral ou national ; elle eut une implication directe sur le statut &#233;conomique du peuple arabe de Palestine, touchant en premier lieu les petits et moyens paysans, les ouvriers et certains secteurs de la petite et moyenne bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re national et religieux de l'immigration juive aggrava plus tard les cons&#233;quences &#233;conomiques. Entre 1933 et 1935, 150 000 juifs immigr&#232;rent en Palestine, portant la population juive du pays &#224; 443 000 soit 29,6% de la population totale &#8211; de 1926 &#224; 1932 le nombre d'immigrants en moyenne par an &#233;tait de 7 201 [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette moyenne s'&#233;leva &#224; 42 985 entre 1933 et 1936 comme un r&#233;sultat direct de la pers&#233;cution nazie en Allemagne. En 1932, 9 000 juifs allemands entr&#232;rent en Palestine, 30 000 en 1933, 40 000 en 1934 et 61 000 en 1935 [2], pr&#232;s des trois quarts d'entre eux s'install&#232;rent dans les villes. Si le nazisme &#233;tait responsable de la terreur contre les juifs et de leur fuite d'Allemagne, ce fut le capitalisme &#171; d&#233;mocratique &#187; qui fut responsable avec le mouvement sioniste de l'envoi d'un grand nombre relatif d'entre eux en Palestine comme l' illustrent les chiffres suivants : des 2 562 000 juifs qui fuirent la pers&#233;cution nazie, les USA n'en accueillirent que 170 000 (6,6%), l' Angleterre 50 000 (1,9%) pendant que la Palestine en re&#231;u 8,5% et que 1 930 000 (75,2%) trouv&#232;rent refuge en URSS [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grave impact &#233;conomique de l'immigration en Palestine peut &#234;tre compris lorsque l'on sait qu'un important pourcentage de colons juifs &#233;taient, &#224; l'origine, des capitalistes : en 1933, 3 250 de ces derniers soit 11% &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme capitalistes, en 1934, 5 124 soit 12%, en 1935, 6 309 soit 10%. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'apr&#232;s les statistiques officiels, sur l'ensemble des immigr&#233;s juifs qui entr&#232;rent en Palestine entre 1932 et 1936, 1 370 (avec 17 119 personnes &#224; charge) poss&#233;daient 1 000 Livres Palestiniennes (LP) au moins et 130 000 &#233;taient officiellement enregistr&#233;es comme demandeurs d'emploi ou d&#233;pendants &#233;conomiquement d'autres immigr&#233;s. [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, l'immigration n'avait pas seulement comme t&#226;che d'assurer la concentration du capital juif europ&#233;en en Palestine pour dominer le processus d'industrialisation, mais &#233;galement d'assurer cette t&#226;che avec un prol&#233;tariat juif : la politique qui conduisit au slogan : &#171; Le travail aux juifs &#187; eut de graves cons&#233;quences en conduisant rapidement &#224; l'&#233;mergence de tendances fascistes dans la soci&#233;t&#233; coloniale juive. Une autre cons&#233;quence f&#251;t le d&#233;veloppement d'une comp&#233;tition violente entre les prol&#233;tariats arabes palestiniens et juifs et entre les paysans arabes palestiniens, les fermiers et les travailleurs agricoles et leurs concurrents juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit s'&#233;tendit aussi &#224; de plus hautes classes sociales quand les petits propri&#233;taires terriens et la moyenne bourgeoisie urbaine r&#233;alis&#232;rent que leurs int&#233;r&#234;ts &#233;taient en p&#233;ril du fait du d&#233;veloppement du capital juif. En 1935, par exemple, les juifs contr&#244;laient 872 des 1 212 entreprises industrielles de Palestine employant 13 678 ouvriers quand dans le m&#234;me temps le reste des entreprises industrielles sous contr&#244;le arabe palestinien employaient 4 000 ouvriers : les investissements juifs s'&#233;levaient &#224; 4,391 millions de Livres Palestiniennes (LP) face aux 704 000 Livres Palestiniennes 4 Ibid . 5 Himadeh, op. cit. , p.26-27. des investisseurs arabes palestiniens, la production juive approchait les 6 millions de Livres Palestiniennes (LP) contre 1,545 millions pour les entreprises arabes palestiniennes : de plus le capital juif contr&#244;lait &#224; 90% les concessions garanties par le Mandat britannique pour un total d'investissement de 5,789 millions de Livres Palestiniennes et donnant du travail &#224; 2 619 ouvriers. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport officiel notait qu'un ouvrier juif percevait en moyenne un salaire de 145% sup&#233;rieur &#224; son concurrent arabe palestinien (cet &#233;cart &#233;tait de 433% dans l'industrie textile employant des femmes juives et arabes palestiniennes et de 233% dans l'industrie du tabac) [7]. &#171; Jusqu'en 1937 le salaire r&#233;el des ouvriers arabes palestiniens a chut&#233; de 10% quand celui des juifs a augment&#233; de 10% &#187; [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat f&#251;t une chute quasi-totale de l'&#233;conomie arabe en Palestine affectant en premier lieu les ouvriers arabes palestiniens. Dans son rapport &#224; la Commission Royale Peel, George Mansour, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des Travailleurs Arabes Palestiniens de Jaffa, indiquait que 98% des ouvriers arabes avaient un relativement bon niveau de vie. Se basant sur un sondage couvrant 1 000 ouvriers de Jaffa en 1936, la F&#233;d&#233;ration trouva que 57% des ouvriers arabes gagnaient moins de 2 750 LP (le salaire minimum pour faire vivre une famille &#233;tait de 11 LP) que 12% gagnaient moins de 4 250 LP, que seuls 12% gagnaient moins de 6 LP, 4% moins de 10 LP, 1,5% moins de 12 LP et 0,5% moins de 15 LP [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand le Mandat britannique refusa d'autoriser pr&#232;s de mille demandeurs d'emploi de Jaffa &#224; manifester le 6 juin 1935, la F&#233;d&#233;ration des Ouvriers publia une d&#233;claration mettant en garde le gouvernement contre la non r&#233;solution des probl&#232;mes promettant que &#171; le gouvernement devra bient&#244;t donner du pain ou des balles aux ouvriers &#187; [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la d&#233;t&#233;rioration des conditions de vie des ouvriers, il &#233;tait pr&#233;visible qu'un soul&#232;vement voit le jour. George Mansour (qui avait &#233;t&#233; auparavant un membre du Parti Communiste) mit en avant dans son rapport &#224; la Commission Peel qu'&#224; la fin 1935, 2 270 ouvriers et ouvri&#232;res arabes &#233;taient au ch&#244;mage dans la seule ville de Jaffa sur une population de 71 000 habitants [11]. Mansour donna cinq raisons expliquant le taux &#233;lev&#233; de ch&#244;mage, quatre d'entre elles &#233;taient directement li&#233;es &#224; l'immigration juive :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) l'installation de nouveaux immigr&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) l'exode rural,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) le renvoi des travailleurs arabes de leur travail,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) la d&#233;t&#233;rioration de la situation &#233;conomique,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) la politique discriminatoire du Mandat britannique en faveur des ouvriers juifs [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une p&#233;riode couvrant neuf mois, le nombre d'ouvriers &#224; la Histadrut augmenta de 41 000. D'apr&#232;s un article publi&#233; dans le num&#233;ro 3460 du journal Davar, les ouvriers de la Histadrut &#233;taient au nombre de 115 000 fin juillet 1936, un rapport officiel du gouvernement (page 117) &#233;valuait leur nombre &#224; 74 000 fin 1935 [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de renvoi des ouvriers arabes palestiniens des usines et des projets contr&#244;l&#233;s par le capital juif fut &#224; l'origine de violents &#233;v&#233;nements. Dans les quatre colonies juives de Malbis, Dairan, Wadi Hunain et Khadira, il y avait 6 214 ouvriers arabes palestiniens en f&#233;vrier 1935. Apr&#232;s six mois, il n'en restait que 2 276 et apr&#232;s un an plus que 617 [14]. Des attaques contre les ouvriers arabes palestiniens eurent lieu. En une occasion au moins, la communaut&#233; juive for&#231;a un patron palestinien et ses ouvriers &#224; quitter le building Brodski &#224; Ha&#239;fa. Parmi ceux qui perdirent syst&#233;matiquement leur travail, il y avait les ouvriers agricoles des vergers, les ouvriers du tabac, les ma&#231;ons et les t&#226;cherons du b&#226;timent [15]. Entre 1930 et 1935, les exportations de l'industrie arabe palestinienne de perles chut&#232;rent entre 11 532 LP et 3 777 LP par an. Le nombre des usines arabes palestiniennes de savon de Ha&#239;fa passa de 12 en 1929 &#224; 4 en 1935. La valeur de leurs exportations passa de 206 659 LP en 1930 &#224; 79 111 LP en 1935 [16]. Il &#233;tait clair que le prol&#233;tariat arabe &#233;tait tomb&#233; &#171; victime du colonialisme britannique et du capital juif, le premier des deux portant la plus grande responsabilit&#233; [17]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yehuda Bauer &#233;crivit [18] : &#171; A la lumi&#232;re des perturbations de 1936, la Palestine f&#251;t peut-&#234;tre le seul pays, mise &#224; part l'URSS, qui ne f&#251;t affect&#233;e par la crise &#233;conomique mondiale ; en fait, elle b&#233;n&#233;ficia d'une r&#233;elle prosp&#233;rit&#233;, r&#233;sultat d'une importation massive de capital (30 millions entr&#232;rent en Palestine). Le capital import&#233; ne suffit pourtant pas aux programmes d'investissements n&#233;cessaires. Cette prosp&#233;rit&#233; reposait sur des fondations fragiles qui s'effondr&#232;rent lorsque l'afflux de capital priv&#233; prit fin et du fait de la peur du d&#233;clenchement d'une guerre en M&#233;diterran&#233;e. Le syst&#232;me des pr&#234;ts s'effondra : il y avait des indications d'un ch&#244;mage s&#233;rieux et d'une baisse de la construction. Les ouvriers arabes palestiniens furent renvoy&#233;s par les patrons juifs et arabes, un grand nombre d'entre eux retourn&#232;rent dans leurs villages d'origine ; la conscience nationale s'&#233;veilla &#224; cause de l'aggravation de la crise &#233;conomique [19]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Bauer met de c&#244;t&#233; le premier facteur : l'immigration juive continue. Sir John Hope notait dans son rapport que &#171; c'est une mauvaise politique, peut-&#234;tre une dangereuse politique que d'autoriser de larges sommes d'argent &#224; &#234;tre investies dans des industries non rentables en Palestine pour justifier une immigration toujours en hausse. &#187;. Dans les faits, l'affirmation de Bauer est infond&#233;e. Alors que l'afflux de capital juif &#233;tait continu durant les ann&#233;es dont il fait mention, il prit son essor en 1935 ; le nombre d'immigr&#233;s s'accrut &#233;galement durant ces ann&#233;es. (Le capital juif investit dans les entreprises industrielles et commerciales juives augmenta de 5,371 millions de LP en 1933 &#224; 11, 637 millions en 1936 ; op.cit.p.323). Plus encore, le renvoi des ouvriers arabes palestiniens par les patrons juifs avait commenc&#233; bien avant cette &#233;poque [20]. Dans le m&#234;me temps, de nombreuses masses paysannes arabes palestiniennes furent chass&#233;es et d&#233;poss&#233;d&#233;es de leurs terres, r&#233;sultat de la colonisation juive des zones rurales [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces masses immigr&#232;rent dans les villes et les cit&#233;s uniquement pour trouver du travail. La machine sioniste tira tout avantage de la rivalit&#233; entre ouvriers arabes palestiniens et ses propres ouvriers juifs. Les militants de gauche &#171; isra&#233;liens &#187; ont observ&#233; bien plus tard que jamais en cinquante ans les ouvriers juifs ne se mobilis&#232;rent sur des questions mat&#233;rielles, ni la F&#233;d&#233;ration des Travailleurs pour changer le r&#233;gime &#171; isra&#233;lien &#187; lui-m&#234;me. &#171; Le prol&#233;tariat juif ne pouvait &#234;tre mobilis&#233; autour de ses int&#233;r&#234;ts de classe &#187; [22].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la situation fut le r&#233;sultat d'une organisation sioniste efficace pour reprendre les mots de Hertzl : &#171; La propri&#233;t&#233; priv&#233;e sur les terres qui nous ont &#233;t&#233; imparties doit &#234;tre saisie des mains de ses propri&#233;taires. Les habitants pauvres doivent &#234;tre rapidement &#233;vacu&#233;s &#224; la fronti&#232;re apr&#232;s s'&#234;tre assur&#233;s qu'ils auront du travail dans les pays dont ils prendront destination. Il doit leur &#234;tre interdit de travailler dans notre pays ; comme pour les grosses propri&#233;t&#233;s terriennes, elles doivent &#234;tre n&#244;tres [23]. &#187; La Histadrut d&#233;clara pour r&#233;sumer sa politique que &#171; autoriser des Arabes &#224; p&#233;n&#233;trer le march&#233; du travail juif, signifie que l'afflux du capital juif sera employ&#233; au d&#233;veloppement arabe, ce qui est contraire aux objectifs sionistes. De plus, l'emploi d'Arabes dans les industries juives conduira &#224; une division de classe en Palestine selon une ligne raciale : des capitalistes juifs employant des ouvriers arabes, si il est permis de le dire c'est introduire en Palestine les conditions qui ont conduit &#224; l'&#233;mergence de l'anti-s&#233;mitisme [24]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'id&#233;ologie et les pratiques &#224; l'oeuvre durant le processus de colonisation, avec l'escalade du conflit contre la soci&#233;t&#233; arabe de Palestine, d&#233;velopp&#232;rent des caract&#233;ristiques fascistes dans les organisations sionistes ; le fascisme sioniste utilisait les m&#234;mes m&#233;thodes que le fascisme ascendant en Europe. L'ouvrier arabe se trouvait &#224; la base d'une pyramide sociale complexe et sa situation se d&#233;gradait &#224; cause de la confusion &#224; l'int&#233;rieur du mouvement ouvrier arabe. Durant la p&#233;riode comprise entre le d&#233;but des ann&#233;es vingt et le d&#233;but des ann&#233;es trente, le mouvement ouvrier progressiste arabe aussi bien que juif, eut &#224; subir des coups tr&#232;s rudes, qui, combin&#233;s &#224; des faiblesses purement subjectives, d&#233;bouch&#232;rent sur sa paralysie virtuelle. D'une part, le mouvement sioniste qui prenait rapidement un caract&#232;re fasciste et pratiquait le terrorisme arm&#233; chercha &#224; isoler et d&#233;truire le Parti Communiste de Palestine (PCP), dont la plupart des dirigeants &#233;taient juifs, et qui r&#233;sistait aux organisations ouvri&#232;res sionistes. D'autre part, la direction palestinienne f&#233;odale et religieuse ne pouvait tol&#233;rer l'&#233;mergence d'un mouvement ouvrier arabe ind&#233;pendant de son contr&#244;le. Le mouvement ouvrier &#233;tait ainsi soumis &#224; la terreur de la direction arabe. Au d&#233;but des ann&#233;es trente, le groupe du Mufti assassina Michel Mitri, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des Ouvriers Arabes de Jaffa. Des ann&#233;es apr&#232;s, Sami Taha, un syndicaliste et pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des Ouvriers Arabes de Ha&#239;fa fut &#233;galement assassin&#233;. En l'absence d'une bourgeoisie nationale &#233;conomiquement et politiquement forte, les ouvriers &#233;taient directement confront&#233;s et opprim&#233;s par la direction f&#233;odale traditionnelle ; cette lutte d&#233;bouchait parfois sur des confrontations violentes, mais le plus souvent elles restaient sous-jacentes quand la direction traditionnelle essayait de prendre directement en mains les activit&#233;s syndicales. Le r&#233;sultat f&#251;t que l'activit&#233; ouvri&#232;re perdit son r&#244;le essentiel dans la lutte. Plus encore, avec l'intensification de la lutte nationale, une relative communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts unifia les ouvriers avec la direction traditionnelle arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste de Palestine r&#233;ussit parfois dans le m&#234;me temps, &#224; organiser l'action politique. A l'occasion du 1 er mai 1920, un groupe de manifestants communistes se heurta &#224; une manifestation sioniste &#224; Tel-Aviv et fut oblig&#233; de fuir la ville et de trouver refuge dans le quartier arabe de Manshiya &#224; Jaffa. Plus tard, un affrontement se d&#233;roula contre les forces de s&#233;curit&#233; britanniques qui avait &#233;t&#233; envoy&#233;es pour arr&#234;ter les bolcheviks [25]. Dans une d&#233;claration du Comit&#233; Ex&#233;cutif du Parti, distribu&#233;e le m&#234;me jour, le Parti d&#233;clarait : &#171; les ouvriers juifs sont ici pour vivre avec vous, ils ne sont pas venus pour vous pers&#233;cuter mais pour vivre avec vous. Ils sont pr&#234;ts &#224; combattre &#224; vos c&#244;t&#233;s contre l'ennemi capitaliste qu'il soit juif, arabe ou britannique. Si les capitalistes vous excitent contre l'ouvrier juif c'est pour se prot&#233;ger eux-m&#234;mes de vous. Ne tombez pas dans le pi&#232;ge, l'ouvrier juif, qui est un soldat de la r&#233;volution, est venu pour vous offrir sa main comme celle d'un camarade dans la r&#233;sistance contre les capitalistes britanniques, juifs et arabes. Nous vous appelons &#224; lutter contre les riches qui vendent leur terre et leur pays aux &#233;trangers. A bas les ba&#239;onnettes britanniques et fran&#231;aises, A bas les capitalistes arabes et &#233;trangers [26]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect significatif de cette longue d&#233;claration n'est pas seulement l'image id&#233;aliste de la lutte mais surtout qu'elle ne mentionne nulle part le mot sioniste alors que le sionisme repr&#233;sentait une menace quotidienne pour les ouvriers et les paysans arabes palestiniens, mais aussi pour les communistes juifs, cinquante-cinq d'entre eux ayant &#233;t&#233; attaqu&#233;s par les sionistes &#224; Tel-Aviv et chass&#233;s &#224; Jaffa. Le Parti Communiste de Palestine (PCP) resta isol&#233; de la r&#233;alit&#233; politique jusqu'&#224; la fin de 1930, l'ann&#233;e de la tenue de son VIIe Congr&#232;s. Dans les r&#233;solutions vot&#233;es &#224; son congr&#232;s, le Parti admettait qu'il &#171; avait adopt&#233; une attitude essentiellement erron&#233;e sur la question du nationalisme palestinien, sur le statut de la minorit&#233; nationale juive en Palestine et de son r&#244;le vis-&#224;-vis des masses arabes. Le Parti a &#233;chou&#233; &#224; construire son activit&#233; parmi les masses arabes palestiniennes et est demeur&#233; isol&#233; en travaillant exclusivement parmi les ouvriers juifs. Cet isolement s'est particuli&#232;rement illustr&#233; par l'attitude n&#233;gative du Parti durant l'insurrection arabe palestinienne de 1929 [27]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en pratique le Parti attaqua syst&#233;matiquement la bourgeoisie palestinienne, qui &#233;tait dans une position difficile, et bien qu'il n' adopta jamais une politique de fronts populaires et d'alliances entre les classes r&#233;volutionnaires, les conclusions du VIIe Congr&#232;s tenu en 1930-31 mettaient en avant une analyse politique plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi dans ses conclusions, le Parti consid&#233;rait que la r&#233;solution de la question nationale palestinienne &#233;tait une des t&#226;ches principales de la lutte r&#233;volutionnaire. Il voyait dans son isolement du mouvement des masses arabes palestiniennes le r&#233;sultat d'une &#171; d&#233;viation influenc&#233;e par le sionisme et qui emp&#234;chait l'arabisation du Parti &#187;. Les documents mentionnent les &#171; efforts opportunistes pour bloquer l' arabisation du Parti &#187;. Le Congr&#232;s adopta la position qu'il &#233;tait du devoir du Parti de d&#233;velopper le nombre de cadres des forces r&#233;volutionnaires capables de diriger l'activit&#233; des paysans (c'est-&#224;-dire des cadres ouvriers arabes palestiniens r&#233;volutionnaires). L' arabisation du Parti, sa transformation en un v&#233;ritable parti des masses travailleuses arabes palestiniennes &#233;tait la condition premi&#232;re du succ&#232;s de son activit&#233; dans les zones rurales [28]. Le Parti se montra pourtant incapable de mettre en oeuvre la mobilisation des Arabes palestiniens et les slogans r&#233;volutionnaires adopt&#233;s par le congr&#232;s ne furent jamais traduits dans la pratique : &#171; Pas un seul dunum [un dunum &#233;quivaut &#224; mille m&#232;tres carr&#233;s. Ndlt] pour les imp&#233;rialistes et les usurpateurs sionistes ! &#187; &#171; Expropriation r&#233;volutionnaire de la terre appartenant au gouvernement, aux promoteurs juifs, aux factions sionistes et aux grands propri&#233;taires et fermiers arabes &#187; &#171; Aucune reconnaissance des accords sur la vente de la terre &#187; &#171; Lutte contre les usurpateurs sionistes &#187; [29].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s d&#233;cida &#233;galement &#171; qu'il n'est possible de r&#233;soudre toutes les questions br&#251;lantes et la fin de l'oppression qu'&#224; travers la r&#233;volution arm&#233;e sous la direction de la classe ouvri&#232;re &#187; [30]. Le Parti Communiste de Palestine ne f&#251;t malgr&#233; tout jamais &#171; arabis&#233; &#187;. Le terrain &#233;tait pr&#234;t pour la domination du mouvement des masses arabes palestiniennes par les directions f&#233;odales et religieuses. Peut-&#234;tre une des raisons qui explique la ligne et les pratiques du Parti d'alors est &#224; chercher dans l'attitude r&#233;volutionnaire sans concession connue dans le Komintern entre 1928 et 1934. Mais malgr&#233; leur faible nombre, leur isolement relatif et leur &#233;chec &#224; gagner les masses arabes palestiniennes, particuli&#232;rement dans les zones rurales, les communistes mirent toute leur &#233;nergie dans la r&#233;volte de 1936. Ils montr&#232;rent un grand courage, coop&#233;r&#232;rent avec certains dirigeants locaux, apport&#232;rent leur soutien au Mufti, nombreux furent tu&#233;s et arr&#234;t&#233;s. Ils ne r&#233;ussirent pas &#224; devenir une force influente. Apparemment, le slogan d'&#171; arabisation &#187; resta lettre morte. Pr&#232;s de dix ans plus tard, le 22 janvier 1946, les Izvestia os&#232;rent comparer la lutte des juifs en Palestine &#224; celle des bolcheviks avant 1917. En tout cas, les r&#233;solutions du VIIe Congr&#232;s du Parti Communiste de Palestine (PCP) n'ont &#233;t&#233; connues que r&#233;cemment ; le processus d'arabisation n'a pas eu lieu et malgr&#233; le r&#244;le d'&#233;ducateur jou&#233; par le Parti et les contributions qu'il fit &#224; la lutte sur ce terrain, il ne joua pas le r&#244;le qu'il s'&#233;tait imparti &#224; son VIIe Congr&#232;s, dans le mouvement national palestinien. Durant la r&#233;volte de 1936, le Parti explosa. Il y eut une autre scission en 1948, puis une autre en 1965 sur la question de l'arabisation : les dissidents d&#233;fendaient une &#171; attitude constructive envers le sionisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;chec du Parti Communiste de Palestine (PCP), la faiblesse de la bourgeoisie arabe &#233;mergente et la d&#233;sunion du mouvement ouvrier arabe signifiait que la direction f&#233;odale et religieuse allait jouer un r&#244;le fondamental dans l'&#233;volution de la situation vers l'explosion en 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arri&#232;re-plan : les paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait la situation des ouvriers &#224; l'heure du d&#233;clenchement de la r&#233;volte de 1936. N&#233;anmoins, ce que nous avons pris en consid&#233;ration jusque l&#224; ne traite que d'un cadre de confrontation entre les soci&#233;t&#233;s juives et arabes en Palestine et plus tard au sein de chacune d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre cadre se situe dans les zones rurales, o&#249; la confrontation prit en premier lieu la forme du nationalisme du fait du capital juif se d&#233;versant sur la Palestine. Malgr&#233; qu'une grande proportion de capital juif fut allou&#233;e aux zones rurales, et malgr&#233; la pr&#233;sence des forces militaires britanniques et la pression intense de la machine administrative en faveur des sionistes, ces derniers n'obtinrent que des r&#233;sultats minimes (un total de 6 752 colons) en comparaison des plans sionistes pour &#233;tablir un Etat juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils aggrav&#232;rent n&#233;anmoins s&#233;rieusement la situation de la population rurale arabe palestinienne. La propri&#233;t&#233; des groupes juifs sur les zones urbaines et rurales passa de 300 000 dunums en 1929 &#224; 1,250 millions de dunums en 1930. La terre achet&#233;e &#233;tait insignifiante du point de vue d'une colonisation de masse et pour la r&#233;solution du probl&#232;me juif. Mais l' expropriation de pr&#232;s d'un million de dunums &#8211; pr&#232;s d'un tiers des terres agricoles &#8211; conduisit &#224; un s&#233;rieux appauvrissement des paysans arabes et des b&#233;douins. Avant 1931, 20 000 familles paysannes avaient &#233;t&#233; expuls&#233;es par les sionistes. Plus encore, la vie agricole dans le monde sous-d&#233;velopp&#233; et dans le monde arabe en particulier, n'est pas seulement un mode de production mais &#233;galement le lieu de relations sociales, religieuses et rituelles. Ainsi, en plus de la perte de la terre, la soci&#233;t&#233; arabe palestinienne rurale fut d&#233;truite par le processus de colonisation. Jusqu'en 1931, seuls 151 juifs pour 1 000 d&#233;pendaient de l'agriculture en comparaison des 637 Arabes pour 1 000. Sur pr&#232;s de 119 000 paysans, seuls 11 000 &#233;taient juifs [31]. En 1931, 19,1% de la population juive travaillait dans l'agriculture, 59% des Arabes palestiniens vivaient de la terre. La base &#233;conomique pour ce choc est tr&#232;s dangereuse, mais pour l'appr&#233;hender compl&#232;tement nous devons voir son aspect national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1941, 30% des paysans arabes palestiniens ne poss&#233;daient aucune terre, quand pr&#232;s de 50% ne poss&#233;daient que des parcelles insuffisantes pour subvenir aux besoins de leur famille. Alors que 250 propri&#233;taires f&#233;odaux poss&#233;daient 4 millions de dunums, 25 000 familles paysannes &#233;taient sans terre et 46 000 poss&#233;daient une surface de 100 dunums. 15 000 travaillaient comme ouvriers agricoles pour les propri&#233;taires. D'apr&#232;s une enqu&#234;te sur 322 villages arabes palestiniens conduite en 1936, 47% des paysans poss&#233;daient moins de 7 dunums et 65% moins de 20 dunums (le minimum requis pour faire vivre une famille &#233;tait de 130 dunums) [32].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elles vivaient sous la triple pression de l'invasion sioniste, de la propri&#233;t&#233; f&#233;odale arabe et de la taxation lourde du gouvernement du Mandat britannique, les masses rurales arabes palestiniennes furent les premi&#232;res conscientes du d&#233;fi national. Durant les r&#233;voltes de 1929 et 1933, de nombreux petits paysans arabes palestiniens vendirent leurs terres aux gros propri&#233;taires terriens pour acheter des armes et r&#233;sister &#224; l'invasion sioniste et au Mandat britannique. C'est cette invasion, par sa remise en cause d'une fa&#231;on de vivre o&#249; la religion, la tradition et l'honneur jouaient un r&#244;le important, qui permit &#224; la direction f&#233;odale et cl&#233;ricale de garder sa position dominante malgr&#233; les crimes qu'elle avait commis. Dans de nombreux cas, ce sont des &#233;l&#233;ments f&#233;odaux qui achet&#232;rent la terre pour mieux la revendre au capital juif. Entre 1933 et 1936, 62,7% de la terre achet&#233;e par les sionistes appartenait aux propri&#233;taires terriens r&#233;sidant en Palestine, 14,9% &#224; des propri&#233;taires terriens absents et 22,5% &#224; des petits paysans. Alors que de 1920 &#224; 1922, les pourcentages &#233;taient de 20,8% pour les propri&#233;taires r&#233;sidants, 75,4 % pour les propri&#233;taires absents et 3,8% pour les petits paysans [33].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois mises en oeuvre par le gouvernement mandataire furent &#233;tablies pour servir les objectifs de la colonisation juive et ce, alors qu' elles &#233;taient pr&#233;sent&#233;es comme sugg&#233;rant qu'elles prot&#233;geaient les paysans de l'expulsion ou de la vente forc&#233;e. En r&#233;alit&#233;, elles ne mettaient pas en oeuvre une telle protection. Le cas de Wadi al-Hawarith, une zone de 40 000 dunums, le village de Shatta avec ses 16 000 dunums et de nombreux autres villages o&#249; la terre fut saisie par les sionistes apr&#232;s en avoir chass&#233; les habitants en sont l'illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat fut que 50 000 juifs vivant dans les colonies agricoles poss&#233;daient 1,2 millions de dunums (24 dunums par habitant) alors que 500 000 Arabes poss&#233;daient moins de 6 millions de dunums (soit 12 dunums par habitant) [34]. Le cas des 8 730 paysans expuls&#233;s de Marj Ibn Amer (240 000 dunums), apr&#232;s que la terre fut vendue aux sionistes par la famille f&#233;odale beyrouthine Sursock, resta en suspens jusqu'&#224; la fin du Mandat en 1948 [35]. &#171; Toute parcelle de terre vendue aux juifs est rendue &#233;trang&#232;re aux Arabes comme si elle avait &#233;t&#233; amput&#233;e du corps de la Palestine et replac&#233;e dans un autre pays [36] . &#187; Ces mots sont ceux d'un grand dirigeant f&#233;odal palestinien. Il ajoute : &#171; Selon les juifs, 10% de la terre achet&#233;e l'a &#233;t&#233; aux paysans, le reste aux grands propri&#233;taires terriens mais en fait la terre appartient &#224; 25% aux paysans [37]. &#187; Cette attitude pleine de contrition de la part d'un f&#233;odal ne change rien au fait que (comme le rapportent les sources juives), sur le total de la terre acquise par trois grandes compagnies juives en 1936 (repr&#233;sentant la moiti&#233; de la terre achet&#233;e par le capital juif &#224; cette date) 52,6% appartenait &#224; des propri&#233;taires absents, 24,6% &#224; des propri&#233;taires r&#233;sidants, 13,4% au gouvernement, aux &#233;glises, &#224; des compagnies &#233;trang&#232;res et 9,4% &#224; des paysans individuels [38].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce transfert de la propri&#233;t&#233; de la terre fut &#224; l'origine du d&#233;veloppement d'une classe de paysans d&#233;poss&#233;d&#233;s qui se tourna vers le travail salari&#233; saisonnier. La majorit&#233; se tourna vers les villes et le travail non qualifi&#233;. &#171; Pour un paysan expuls&#233; de sa terre, il &#233;tait impossible de trouver une autre terre et les compensations &#233;taient le plus souvent tr&#232;s faibles sauf quand le Mukhtar (maire) ou les notables d'autres villages &#233;taient impliqu&#233;s &#187; [39]. La majorit&#233; des petits paysans d&#233;poss&#233;d&#233;s s'install&#232;rent ainsi dans les bourgs et les villes. &#171; A Jaffa, la plupart des nettoyeurs de rues &#233;taient des ex-villageois, la Compagnie Arabe des Tabacs et Cigarettes de Nazareth rapportait que la plupart de ses ouvriers avaient aussi une origine paysanne [40]. &#187; Ce qui suit illustre la condition des paysans migrants : &#171; Nous avons demand&#233; &#224; la Compagnie combien d'ouvriers elle employait et la r&#233;ponse fut 210. Le total des salaires hebdomadaires pay&#233;s aux ouvriers &#233;tait de 62 Livres Palestiniennes (LP) ce qui revenait &#224; un salaire de 29,5 piastres par ouvrier par semaine [41]. &#187; A cette &#233;poque le salaire hebdomadaire d'une ouvri&#232;re juive dans les usines de tabac &#233;tait compris entre 170 et 230 piastres [42]. M&#234;me dans les emplois gouvernementaux, un salari&#233; juif touchait un salaire 100% sup&#233;rieur &#224; celui de son concurrent arabe [43]. En 1930, la Commission Johnson- Crosby estimait que le revenu annuel avant imp&#244;ts d'un paysan &#233;tait de 31,37 LP. Le rapport indiquait plus loin que le montant des imp&#244;ts s'&#233;levait &#224; 3,87 LP. Si on d&#233;duit les 8 LP que le paysan payait pour les int&#233;r&#234;ts sur pr&#234;ts, le revenu annuel se montait &#224; 19,5 LP par an. D'apr&#232;s le m&#234;me rapport, le revenu annuel n&#233;cessaire pour couvrir les d&#233;penses d'une famille de paysans &#233;tait de 26 LP. &#171; Dans les faits, les paysans &#233;taient le groupe le plus lourdement tax&#233; en Palestine. La politique conduite par le gouvernement cherchait clairement &#224; placer le paysan dans une situation &#233;conomique qui assurait l'&#233;tablissement d'un foyer national juif [44]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit clairement que l'immigration juive et la transformation de l'&#233;conomie palestinienne d'une &#233;conomie agricole essentiellement arabe &#224; une &#233;conomie industrielle domin&#233;e par le capital juif affecta en premier lieu les petits paysans arabes palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemptions d'imp&#244;ts furent garanties aux immigr&#233;s juifs ainsi que les exemptions de taxes d'importation pour les industries juives comme pour certains mat&#233;riaux bruts, produits non finis, charbon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les taxes d'importation sur les biens de consommation explos&#232;rent. Le taux de la taxe d'importation passa de 11% au d&#233;but du Mandat britannique &#224; plus de 26% en 1936 ; 110% sur le sucre, 149% sur le tabac, 208% sur le p&#233;trole, 400% sur les allumettes, 26% sur le caf&#233; [45]. Une illustration de la politique gouvernementale est donn&#233;e dans l'histoire suivante expliqu&#233;e &#224; la Commission Peel, par l'Ev&#234;que Gregorius Hajjar : &#171; J'&#233;tais une fois dans le village de Roma dans le district d'Acre o&#249; les habitants vivent de la production d'huile d' olive. Depuis longtemps, ils se plaignaient au Haut Commissaire sur la Compagnie de l'Huile. La compagnie recevait l'aide du gouvernement sous la forme d'exemptions de taxes sur ses importations d'arachide dont elle extrayait de l'huile qu'elle m&#233;langeait &#224; l'huile d'olive et revendait &#224; bas prix. Les gens demandaient qu'on les prot&#232;ge contre les produits de la Compagnie et le gouvernement mit sur pied un comit&#233; pour entendre les plaintes des villageois. Quand le comit&#233; se rendit &#224; Roma, les villageois furent furieux de constater que le pr&#233;sident du comit&#233; n'&#233;tait autre que le directeur de la Compagnie [46]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le syst&#232;me d'imp&#244;t &#233;tait clairement discriminatoire et favorable aux riches. Sur un revenu annuel de 22,37 LP, le taux d' imposition &#233;tait de 25% alors que sur les rentes et salaires sup&#233;rieurs &#224; 1 000 LP par an, il &#233;tait de 12% [47]. Les petits et moyens paysans ne s'appauvrissaient pas seulement du fait de la perte de leurs terres mais ils &#233;taient victimes des pratiques sionistes bas&#233;es sur les slogans &#171; Le travail aux seuls juifs &#187; &#171; Produits juifs uniquement &#187;. Les industriels juifs employaient seulement des ouvriers juifs, les payaient plus cher et leurs vendaient leurs produits &#224; des prix plus &#233;lev&#233;s. Les juifs &#233;taient encourag&#233;s &#224; donner la pr&#233;f&#233;rence aux produits juifs malgr&#233; des prix plus &#233;lev&#233;s que ceux de leurs concurrents arabes [48].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mat&#233;riaux bruts &#233;taient exempt&#233;s de frais de douane alors que de lourdes taxes &#233;taient impos&#233;es sur les biens &#224; l'importation en particulier si les m&#234;mes produits &#233;taient fabriqu&#233;s localement par les entreprises juives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement ajouter la classe connue comme celle des &#171; Effendis &#187; qui vivait en ville et tirait ses revenus de la terre lou&#233;e aux paysans et des int&#233;r&#234;ts des pr&#234;ts aux paysans (les Effendis ne commenc&#232;rent &#224; investir dans l'industrie que dans les ann&#233;es quarante). Cette forme d'exploitation &#233;tait de loin plus ruineuse pour les paysans que la colonisation sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre groupe rural, les B&#233;douins comptait 66 653 personnes en 1931 (en 1922, il y avait 103 000 B&#233;douins en Palestine). Ils jou&#232;rent un r&#244;le primordial dans la r&#233;volte de 1936, comme ils l'avaient fait durant le soul&#232;vement d'ao&#251;t 1929. Ce groupe attira l'attention du Parti Communiste de Palestine dans le congr&#232;s que nous avons pr&#233;c&#233;demment cit&#233;. Les B&#233;douins repr&#233;sentaient une force r&#233;volutionnaire potentielle. &#171; D&#233;sesp&#233;r&#233;s par leur appauvrissement s&#233;v&#232;re et par la faim constante, ils &#233;taient toujours &#224; la t&#234;te des soul&#232;vements arm&#233;s. Leur participation &#224; la r&#233;volte d'ao&#251;t montre qu'ils peuvent jouer un r&#244;le dirigeant dans la r&#233;volte des masses arabes mais dans le m&#234;me temps il appara&#238;t clairement que les chefs de ces tribus se vendent au plus offrant. Ils fournissent constamment l'arm&#233;e des paysans sans terre et des semi-prol&#233;taires avec de nouvelles mains et de nouvelles t&#234;tes [49]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la petite-bourgeoisie arabe urbaine fragment&#233;e &#233;tait dans un &#233;tat de confusion, d'ind&#233;cision et de division. La vitesse avec laquelle la soci&#233;t&#233; se transformait en une soci&#233;t&#233; industrielle juive, ne donnait ni &#224; la bourgeoisie naissante, ni aux f&#233;odaux la chance de participer &#224; cette &#233;volution ou d'en tirer profit. C'est pourquoi, sans aucune surprise, la plupart des dirigeants palestiniens qui t&#233;moign&#232;rent devant la Commission Peel en 1937 et devant les pr&#233;c&#233;dentes commissions id&#233;alisait l'imp&#233;rialisme ottoman et louait la fa&#231;on dont il les traitait par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme britannique. Ils &#233;taient les instruments de la Sublime Porte, le rempart du Sultan et une partie int&#233;grante du syst&#232;me de domination, d'oppression et d'exploitation, alors que l'imp&#233;rialisme britannique les avait chass&#233; de leur place de choix, parce qu'il avait trouv&#233; un agent mieux qualifi&#233;, plus fortement &#233;tabli et plus hautement organis&#233; en la pr&#233;sence du mouvement sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, le r&#244;le fondamental de la direction f&#233;odale et religieuse &#233;tait &#233;tabli : lutter pour une meilleure position dans le r&#233;gime colonialiste. Elle ne pouvait s'engager dans cette lutte sans avoir ralli&#233; auparavant les classes qui avaient faim de se lib&#233;rer elles-m&#234;mes du joug de la colonisation. Avec ce but en t&#234;te, la direction f&#233;odale et cl&#233;ricale dressa un programme qui &#233;tait progressiste, qui adoptait les slogans des masses qu'elle n'avait ni la capacit&#233;, ni la volont&#233; de pousser dans ses conclusions logiques et suivit un mode de lutte qui lui &#233;tait &#233;tranger. Bien s&#251;r, cette direction n'avait pas une totale libert&#233; d'action comme de nombreuses personnes le sugg&#232;rent, au contraire, elle &#233;tait expos&#233;e &#224; toutes les pressions qui s'exer&#231;aient dans le cours des &#233;v&#233;nements, &#224; l'intensit&#233; croissante des confrontations et &#224; toutes les influences que nous avons trait&#233;es auparavant. Cela explique pourquoi elle d&#233;veloppa de temps en temps des contradictions partielles entre ses int&#233;r&#234;ts et ceux des classes dirigeantes des pays arabes qui abandonnaient la Palestine, bien qu' elle d&#233;fende les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts de classe. Cela explique aussi les alliances &#224; large &#233;chelle au sein de la structure de classe de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arri&#232;re-plan : les intellectuels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1930, apr&#232;s treize ans d'occupation britannique en Palestine, le Directeur de l'Education admettait dans son rapport que : &#171; depuis le d&#233;but de l'occupation, le gouvernement n'a jamais travaill&#233; &#224; donner les moindres fonds n&#233;cessaires &#224; la construction d'une seule &#233;cole dans le pays &#187; et en 1935, le gouvernement refusa &#224; 41% les inscriptions scolaires des Arabes palestiniens ayant fait leur demande. Dans les 800 villages de Palestine, il n'y avait que 15 &#233;coles pour filles et 269 pour gar&#231;ons, seules quinze filles d'origine villageoise avaient d&#233;pass&#233; la septi&#232;me classe de l'&#233;cole primaire. 517 villages arabes palestiniens n'avaient ni &#233;coles pour gar&#231;ons, ni &#233;coles pour filles, pas un seul village n'ayant d'&#233;cole secondaire. Plus encore, le gouvernement &#171; interdisait les livres, s'opposait &#224; toute diffusion culturelle dans le monde arabe, et ne fit rien pour &#233;lever le niveau scolaire des paysans&#8230; [50] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 1931, parmi les Palestiniens musulmans seuls 25,1% des gar&#231;ons et 3,3% des filles avaient &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole, parmi les Palestiniens chr&#233;tiens 71,5% des gar&#231;ons et 44,1% des filles (pour les juifs la proportion &#233;tait de 94,3% des gar&#231;ons et 78,7% des filles) 51 . Ces chiffres donnent une id&#233;e de la situation scolaire dans les zones rurales mais ne rendent pas compte du r&#244;le pionnier que joua la Palestine dans l'&#233;ducation depuis le d&#233;but de la renaissance arabe dans les premi&#232;res ann&#233;es du vingti&#232;me si&#232;cle. En fait, un grand nombre de maisons d'&#233;dition s'&#233;tait install&#233; en Palestine avant l'occupation britannique, pr&#232;s de cinquante journaux en langue arabe virent le jour entre 1904 et 1922, auxquels il faut ajouter dix de plus avec un tirage cons&#233;quent, qui furent &#233;dit&#233;s avant la r&#233;volte de 1936. Un nombre de facteurs, qu'il est impossible de tous expliquer en d&#233;tail ici, ont fait de la Palestine un centre important de la culture arabe, et les efforts persistants des intellectuels qui voyag&#232;rent dans et hors la Palestine furent &#224; la base du r&#244;le culturel de la Palestine dans l' &#233;tablissement des associations litt&#233;raires et des clubs litt&#233;raires qui apparurent au d&#233;but des ann&#233;es vingt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement culturel, qui fut aliment&#233; constamment par un flot de dipl&#244;m&#233;s de Beyrouth et du Caire, s'accompagna d'une intense activit&#233; de traduction du fran&#231;ais et de l'anglais. Les missions &#233;trang&#232;res qui avaient &#233;t&#233; attir&#233;es en Palestine pour des raisons historiques et religieuses jou&#232;rent un r&#244;le pro&#233;minent dans le d&#233;veloppement de l'&#233;ducation dans les villes. N&#233;anmoins, nous ne sommes pas int&#233;ress&#233;s ici par la situation culturelle g&#233;n&#233;rale en Palestine durant cette p&#233;riode, mais par l'impact de l'aggravation de la crise politique et &#233;conomique sur le mouvement litt&#233;raire. Le d&#233;veloppement d'une certaine &#171; culture populaire &#187; fut tr&#232;s significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle repr&#233;sentait une certaine prise de conscience qui existait dans les zones rurales malgr&#233; l'illettrisme profond, un r&#233;veil aiguillonn&#233; par le d&#233;veloppement rapide de la r&#233;alit&#233; politique et &#233;conomique. La po&#233;sie populaire, en particulier, refl&#233;tait l'inqui&#233;tude croissante des masses rurales face au d&#233;veloppement de la situation. Ce r&#233;veil spontan&#233; conduisit &#224; un esprit de mobilisation dans les villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des intellectuels urbains, pour sa part, avait une origine de classe f&#233;odale ou petite-bourgeoise mercantile. Bien qu'ils d&#233;fendaient le principe d'une r&#233;volution bourgeoise, les conditions objectives n'&#233;taient en aucun cas favorables au d&#233;veloppement de la classe qui aurait d&#251; logiquement conduire ce processus. Comme les activistes politiques, ils rest&#232;rent sous le contr&#244;le des directions traditionnelles. Leurs travaux refl&#233;taient n&#233;anmoins un degr&#233; d'&#233;veil qui n'&#233;tait pas &#233;gal&#233; par leurs homologues des autres pays arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte entre les d&#233;fenseurs de la r&#233;volution et les r&#233;actionnaires dans les zones rurales, entre les militants r&#233;volutionnaires et les &#233;l&#233;ments d&#233;faitistes dans les villes se d&#233;veloppait en faveur de la r&#233;volution. A notre connaissance, pas un &#233;crivain palestinien, pas un intellectuel palestinien, durant cette p&#233;riode, qui ne prit part aux appels &#224; la r&#233;sistance contre l'ennemi colonisateur. Aucun doute que les intellectuels organis&#233;s dans un parti r&#233;volutionnaire, et ceux qui ne l'&#233;taient pas, jou&#232;rent un r&#244;le important dans la lutte nationale. La position des intellectuels palestiniens &#233;tait unique. Ayant achev&#233;s leurs &#233;tudes et de retour dans leurs villes, ils prirent conscience de l'incapacit&#233; de la classe &#224; laquelle ils appartenaient de diriger la lutte nationale. Mais dans le m&#234;me temps, ils souffraient de leur propre incapacit&#233; &#224; participer et &#224; b&#233;n&#233;ficier du processus de d&#233;veloppement industriel qui &#233;tait contr&#244;l&#233; par une communaut&#233; &#233;trang&#232;re et hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, dans les zones rurales de Palestine, les paysans, sujets depuis des si&#232;cles &#224; une oppression de classe et nationale, vivaient dans une soci&#233;t&#233; des plus archa&#239;ques o&#249; les dirigeants f&#233;odaux et religieux exer&#231;aient leur pouvoir absolu. La po&#233;sie populaire refl&#233;tait souvent la soumission des paysans, que les intellectuels palestiniens, les po&#232;tes en particulier, ne pouvaient ais&#233;ment combattre. Certains intellectuels essay&#232;rent de r&#233;duire le sentiment de soumission des masses paysannes en jouant un r&#244;le important dans la diffusion d'id&#233;es progressistes. Wadi al-Bustani, un po&#232;te d'origine libanaise, dipl&#244;m&#233; de l'Universit&#233; Am&#233;ricaine de Beyrouth et install&#233; en Palestine joua un r&#244;le important comme intellectuel progressiste. Il fut le premier &#224; mettre en garde contre la D&#233;claration Balfour et ses cons&#233;quences, le mois de sa proclamation. Son &#233;poque (quand la Palestine &#233;tait le terrain d'une r&#233;volte arm&#233;e) fut &#224; l'origine d'une puissante avant-garde de po&#232;tes r&#233;volutionnaires dont les travaux devinrent une partie de l'h&#233;ritage culturel des masses [52]. Le 29 janvier 1920, le Gouvernement du Mandat britannique envoya une lettre &#224; l'&#233;diteur du magazine culturel Karmel, publi&#233; &#224; Ha&#239;fa, dans laquelle il demandait que soit publi&#233; un po&#232;me du c&#233;l&#232;bre po&#232;te irakien Ma'ruf al-Risafi qui &#233;tait d&#233;di&#233; au Haut Commissaire britannique, une pri&#232;re et un &#233;loge d&#233;clam&#233; par un narrateur juif du nom de Jehuda. L'&#233;diteur accepta de le publier mais avec une r&#233;ponse. Al-Bustani &#233;crivit la r&#233;ponse sous la forme d'un po&#232;me qui disait les choses suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Discours de Juda ? Ou actes de sorcelleries ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la Parole de Rasafi ? Ou mensonges de la po&#233;sie, la v&#244;tre dans des mots finement choisis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes bien inform&#233; des joyaux que la mer d&#233;verse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette mer est Politique, si la justice s'&#233;tale haut, sa mar&#233;e basse commence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! Celui qui a travers&#233; le Jourdain est notre cousin mais celui qui vient par del&#224; les mers est suspect [53]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce long po&#232;me, qui devint tr&#232;s connu &#224; cette &#233;poque, &#233;tait en fait un document politique unique. Il ne fait pas seulement de al-Risafi un jouet, mais il affirme aussi, &#224; une date pr&#233;coce, des faits politiques d'une grande importance. Il ne mentionne pas seulement l'immigration juive et le danger qu'elle repr&#233;sente, mais aussi le r&#244;le jou&#233; par la Grande-Bretagne dans la division des Arabes palestiniens, la d&#233;claration Balfour et ses cons&#233;quences etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps avant, le 28 mars 1920, Al-Bustani prit lui-m&#234;me la t&#234;te d'une manifestation et r&#233;cita un chant qu'il avait lui-m&#234;me compos&#233;. Il fut convoqu&#233; &#224; un interrogatoire et voici ce qui appara&#238;t dans l'enregistrement de son interrogatoire par le Procureur Public :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Procureur Public : &#171; Des rapports ont &#233;t&#233; &#233;tablis disant que vous &#233;tiez port&#233; sur des &#233;paules et que vous disiez aux gens qui vous suivaient, Oh Chr&#233;tiens, Oh Musulmans ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accus&#233; : &#171; Oui . &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Procureur Public : &#171; Et vous disiez aussi : A qui avez-vous abandonn&#233; le pays ?! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accus&#233; : &#171; Oui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Procureur Public : &#171; Apr&#232;s vous avez dit : Tuez les juifs et les infid&#232;les ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accus&#233; : &#171; Non. Cela est une violation du vers et de la rime. Je n'ai pu dire &#231;a. Ce que j'ai dit &#233;tait m&#233;trique et rimait. Cela s'appelait de la po&#233;sie [54]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode, la po&#233;sie joua un r&#244;le important dans l'expression, &#224; toutes sortes d'occasions, des sentiments des masses abandonn&#233;es. Ainsi quand Balfour arriva de Londres pour assister &#224; la c&#233;r&#233;monie inaugurale de l'Universit&#233; H&#233;bra&#239;que en 1927, assistaient aussi &#224; cette c&#233;r&#233;monie Ahmad Lutfi al-Said comme repr&#233;sentant du gouvernement &#233;gyptien et le po&#232;te Iskandar al-Khuri qui &#233;crivit ces lignes adress&#233;es &#224; Balfour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Courant de Londres vous veniez exciter le feu de cette bataille Oh Lord je ne vous bl&#226;me pas, vous n'&#234;tes pas la source de nos souffrances. C'est l'Egypte qui doit &#234;tre bl&#226;m&#233;e, &#224; qui nous tendons nos mains vides. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim Tuqan, Abu Salma (Abd al-Karim al-Karmi) et Abd al-Rahim Mahmud repr&#233;sent&#232;rent le summum &#224; partir des ann&#233;es trente, de la vague des po&#232;tes nationalistes qui enflamm&#232;rent la Palestine toute enti&#232;re par l'agitation et l'&#233;veil r&#233;volutionnaire. As'af al-Nashashibi, Khalil al -Sakakini, Ibrahim al-Dabbagh, Muhammed Hasan Ala al-Din, Burhan al-Abbushi, Mohammed Khurshid, Qayasar al-Khuri, le pr&#234;tre George Bitar, Bulos Shihada, Mutlaq abd al-Khaliq furent aussi de ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail des trois auteurs, Tuqan, al-Karmi et Mahmud fait preuve d'une force d'appr&#233;ciation extraordinaire des faits, qui ne peut &#234;tre expliqu&#233;e que par une connaissance profonde du bouillonnement des masses. Ce qui appara&#238;t comme une proph&#233;tie inexplicable ou un pouvoir de pr&#233;diction dans leurs po&#232;mes n'est en fait que leur capacit&#233; &#224; exprimer la relation dialectique qui liait leur travail artistique au mouvement en cours dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que nous nous soyons concentr&#233;s sur le r&#244;le jou&#233; par la po&#233;sie et la po&#233;sie populaire ne signifie pas que d'autres manifestations culturelles en Palestine ne jou&#232;rent pas de r&#244;le, ou que leur r&#244;le f&#251;t insignifiant. Les journaux et articles litt&#233;raires, les romans, le mouvement de traduction jou&#232;rent tous un r&#244;le d'avant-garde significatif. Par exemple, dans un &#233;ditorial de Yusuf al-Isa dans Al-Nafa'is en 1920 on lit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Palestine est arabe, ses musulmans sont arabes, ses chr&#233;tiens sont arabes, et ses citoyens juifs sont arabes aussi. La Palestine ne conna&#238;tra pas la tranquillit&#233; si elle est s&#233;par&#233;e de la Syrie et devient un foyer national pour le sionisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des id&#233;es de ce genre dans les ann&#233;es vingt qui fa&#231;onn&#232;rent la mar&#233;e culturelle r&#233;volutionnaire des ann&#233;es trente qui joua un r&#244;le important d'&#233;veil et d'&#233;tincelle pour la r&#233;volte &#8211; chez des &#233;crivains comme Arif al-Arif, Khalil al-Sakakini (un caricaturiste et fils d'un ma&#238;tre charpentier), As'af al Nashashibi (membre de la haute bourgeoisie influenc&#233; par al-Sakakini et adoptant ses id&#233;es), Arif al-Azzuni, Mahmud Saif al-Din al-Irani et Najati Sidqi (l'un des premiers &#233;crivains de gauche qui mit en avant en 1936 le mat&#233;rialisme de Ibn Khaldun et critiqua l'id&#233;alisme). Ce dernier f&#251;t certainement le premier chroniqueur du mouvement nationaliste arabe du d&#233;but de la renaissance qui utilisa une analyse mat&#233;rialiste des &#233;v&#233;nements. Il publia ses travaux dans Al-Tali'a en 1937 et en 1938. On trouve ces id&#233;es &#233;galement chez Abdullah Mukhlis (qui dans les ann&#233;es trente commen&#231;a &#224; d&#233;peindre le colonialisme comme un ph&#233;nom&#232;ne de classe), Raja al-Hurani, Abdullah al-Bandak, Khalil al-Badiri, Muhammad Izzat Darwaza et Isa Al-Sifri (dont l'&#233;loge de la mort d'al-Qassam eut une signification r&#233;volutionnaire profonde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette effervescence dans le milieu culturel palestinien qui connut son apog&#233;e dans les ann&#233;es trente s'exprimait sous des formes vari&#233;es mais reli&#233;es &#224; l'histoire de la litt&#233;rature arabe pour de nombreuses raisons, l'influence la plus importante &#233;tait celle exerc&#233;e par la po&#233;sie et la po&#233;sie populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suit explique &#224; lui seul le r&#244;le que prit la po&#233;sie dans cette p&#233;riode, po&#233;sie qui &#233;tait la plupart du temps pr&#234;che politique direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim Tuqan, par exemple, commentant la fondation en 1932 du &#171; Fonds National &#187; pour sauver la terre de Palestine de la vente aux sionistes (c'&#233;tait le fonds &#233;tabli par la direction f&#233;odale et cl&#233;ricale au pr&#233;texte d'emp&#234;cher la terre des paysans pauvres de tomber dans les mains des sionistes) expliqua : &#171; Huit des responsables de ce projet de Fonds sont des diviseurs de terre pour les sionistes &#187;. D&#232;s 1929, Ibrahim Tuqan d&#233;non&#231;a le r&#244;le jou&#233; par les grands propri&#233;taires terriens dans le probl&#232;me de la terre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont vendu la terre &#224; ces ennemis &#224; cause de leur app&#233;tit pour l'argent ; mais c'est leurs maisons qu'ils ont vendu. Ils auraient pu &#234;tre excus&#233;s si ils y avaient &#233;t&#233; forc&#233;s par la faim, mais Dieu sait qu'ils n'ont jamais eu ni faim ni soif. &#187; &#171; Si seulement l'un de nos dirigeants je&#251;nait comme Gandhi, peut-&#234;tre que son je&#251;ne ferait du bien. Il n'y a pas besoin de s'abstenir de manger, en alestine un dirigeant mourrait sans nourriture. Laissez-le arr&#234;ter de vendre la terre et laissez un bout de terre pour enterrer ses os [55]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, Tuqan avait &#233;crit son po&#232;me &#233;pique sur les condamnations &#224; mort, prononc&#233;es par le gouvernement mandataire contre les trois martyrs Fuad Hijazi de Safad, Muhammad Jumjum et Ata al-Zir d'Acre. Ce po&#232;me devint extr&#234;mement connu, consid&#233;r&#233; comme partie int&#233;grante de l'h&#233;ritage r&#233;volutionnaire, comme le po&#232;me de Abd al-Rahim Mahmud &#233;crit le 14 ao&#251;t 1935 dans lequel il s'adressait &#224; l'Emir Saoud visitant la Palestine : &#171; Etes-vous venu visiter la mosqu&#233;e Al-Aqsa, ou lui dire adieu avant qu'elle ne soit d&#233;truite ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce po&#232;te perdit la vie &#224; la bataille de Al-Shajara en Palestine en 1948, mais avant sa mort, il joua un r&#244;le important, avec Abu Salma et Tuqan, posant les fondations de la po&#233;sie de la r&#233;sistance palestinienne, qui plus tard, sous l'occupation isra&#233;lienne, restera l'une des manifestations les plus visibles de la t&#233;nacit&#233; des masses palestiniennes. La po&#233;sie et la po&#233;sie populaire ont accompagn&#233; le mouvement de masse &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es trente, expliquant les &#233;volutions qui conduisirent au d&#233;clenchement de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me d'Abu Salma, dans lequel il d&#233;crit la r&#233;volte de 1936, parle courageusement du d&#233;sarroi qui accompagna son abandon par les r&#233;gimes arabes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous qui ch&#233;rissez la r&#233;volte de la patrie contre l'oppression inique, lib&#233;rez la patrie des rois, lib&#233;rez-la des pantins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais que nous avions des rois capables de conduire des hommes derri&#232;re eux, honte &#224; de tels rois si les rois sont si vils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Dieu, leurs couronnes ne sont pas dignes de semelles, nous sommes ceux qui prot&#232;gerons la patrie et gu&#233;rirons ses blessures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#233;galement mentionner le po&#232;te populaire &#171; Awad &#187;, qui &#233;crivit la nuit pr&#233;c&#233;dent son ex&#233;cution en 1937, sur les murs de sa cellule &#224; Acre, un po&#232;me splendide se terminant par ces lignes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mari&#233; nous appartient ; malheur &#224; lui que nous combattons, nous lui couperons sa moustache avec un sabre. Agitons la lance avec le beau manche ; d'o&#249; &#234;tes-vous, hommes braves. Nous sommes des hommes de Palestine. Bienvenue avec honneur. P&#232;re du mari&#233;, ne crains rien, nous sommes des buveurs de sang. A Bal'a et Wadi al-Tuffah il y eut l'attaque et le fracas des armes. Oh les femmes jolies chantent et crient. Le jour de la bataille de Beit Amrin vous avez entendu le son des armes &#224; feu, regardez au-dessus de nous, aux balcons [56]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re se d&#233;cha&#238;nait sur les trois &#233;l&#233;ments de la trinit&#233; ennemie &#8211; l'invasion sioniste, le Mandat britannique et la r&#233;action arabe locale et ext&#233;rieure. Elle grandissait &#224; mesure que la situation devenait plus critique. A ce moment, avec l'escalade des conflits et des insurrections arm&#233;es, la campagne d&#233;veloppait son propre &#233;veil &#224; travers les contacts de ses &#233;l&#233;ments &#171; culturels &#187; avec les villes et la multiplication des facteurs conduisant &#224; un tel &#233;veil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bonnes gens, qu'est-ce qui est tant ha&#239; ? Un sioniste et un occidental ? [57] &#187; &#171; Le fusil apparut, le Lion non ; le museau du fusil est humide de ros&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ou :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette arme &#224; feu chez le marchand, Je dis que mon coeur ne sera en paix jusqu'&#224; ce que je l'ach&#232;te, cette arme &#224; feu est couverte de poussi&#232;re faute d'avoir &#233;t&#233; utilis&#233;e mais cherche encore son combattant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'appel enflamm&#233; &#224; la r&#233;volte atteignit un degr&#233; si extraordinaire, que la po&#233;sie populaire, apr&#232;s tant de proverbes conduisant &#224; la soumission et &#224; l'autorit&#233; infaillible de la tradition, devint subitement capable de dire : &#171; Arabe, fils d'une faible et pauvre m&#232;re, vends ta m&#232;re et ach&#232;te un fusil ; un fusil sera meilleur que ta m&#232;re quand la r&#233;volte soulagera tes soucis [58]. &#187; Plus le conflit devenait ardent, plus le &#171; fusil &#187; devenait l'instrument qui d&#233;truit les vieilles murailles de l'appel &#224; la soumission et soudain capable de percer la mati&#232;re, et la r&#233;volte devenait promesse de futur &#8211; meilleure que les choses les plus rassurantes du pass&#233;, la m&#232;re et la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans toute cette effervescence, le f&#233;odalisme patriarcal &#233;tait ossifi&#233; avec sa direction impotente, son autorit&#233; et ses liens avec le pass&#233;. Au beau milieu de tous ces conflits qui s'&#233;tendaient et devenaient de plus en plus profonds, et qui affectaient les ouvriers et les paysans arabes, mais aussi la petite et moyenne bourgeoisie et paysannerie, la situation devint plus exacerb&#233;e en s'exprimant dans les &#233;pisodes arm&#233;s (1929-1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants f&#233;odaux et cl&#233;ricaux palestiniens trouv&#232;rent aussi que leurs propres int&#233;r&#234;ts &#233;taient mis en danger par la force &#233;conomique grandissante &#8211; le capitalisme juif alli&#233; au Mandat britannique. Mais leurs int&#233;r&#234;ts &#233;taient aussi mis en danger par les masses arabes pauvres qui ne savaient plus vers o&#249; se tourner. La bourgeoisie urbaine arabe &#233;tait faible et incapable d'assurer la direction &#224; ce stade de la transformation &#233;conomique marqu&#233;e par une rapidit&#233; in&#233;gal&#233;e, et une petite section de cette bourgeoisie devenait parasitaire et demeurait aux franges du d&#233;veloppement industriel juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions objectives et subjectives amenaient des changements en contradiction avec la voie que la soci&#233;t&#233; arabe suivait en g&#233;n&#233;ral. Les jeunes intellectuels, fils des riches familles rurales, jou&#232;rent un r&#244;le de premier plan dans l'incitation &#224; la r&#233;volte. Ils revenaient de leurs universit&#233;s dans une soci&#233;t&#233; dont ils rejetaient les vieilles relations, une soci&#233;t&#233; qui avait fait son temps, mais aussi dans une soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par l'alliance sionisto-colonialiste qui les excluait de ses nouvelles relations. Ainsi la lutte de classe se m&#234;la de fa&#231;on complexe et avec une extraordinaire force, &#224; l'int&#233;r&#234;t national et aux sentiments religieux, et ce m&#233;lange &#233;clata dans le cadre de la crise objective et subjective que la soci&#233;t&#233; arabe en Palestine traversait. De ce fait, la soci&#233;t&#233; arabe palestinienne resta prisonni&#232;re des directions f&#233;odales et cl&#233;ricales. Du point de vue de l'oppression sociale et &#233;conomique qui &#233;tait le lot des Arabes palestiniens pauvres dans les villes et les villages, il &#233;tait in&#233;vitable que le mouvement nationaliste devait mettre en pratique des formes avanc&#233;es de lutte, adopter des slogans de classe et suivre une ligne de conduite bas&#233;e sur des concepts de classe. De fa&#231;on similaire, face &#224; l'alliance ferme entre la soci&#233;t&#233; envahissante construite par les colons juifs en Palestine et le colonialisme britannique, il &#233;tait impossible d'oublier le caract&#232;re national principal de la lutte. Et du point de vue de la terrible ferveur religieuse qui &#233;tait &#224; la base de la colonisation sioniste de la Palestine et qui &#233;tait ins&#233;parable de toutes ses manifestations, il &#233;tait impossible que la paysannerie sous-d&#233;velopp&#233;e palestinienne ne pratique pas un fondamentalisme religieux comme manifestation d'hostilit&#233; &#224; l'intrusion colonialiste sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du magazine de gauche en langue h&#233;breu Matzpen (n&#186; 5, Avril 1971) dit : &#171; Les conflits de classe en Isra&#235;l tendent parfois &#224; prendre la forme de conflits confessionnels. Les conflits de classe, m&#234;me traduits de fa&#231;on confessionnelle ont &#233;t&#233; pr&#233;sents depuis le d&#233;but au coeur du sionisme. &#187; Bien s&#251;r, cette sentence s'applique &#224; l'extension du r&#244;le jou&#233; par la religion contre l'invasion sioniste comme &#233;tant pers&#233;cut&#233;e &#224; la fois d'un point de vue national et de classe. Par exemple : &#171; Un des r&#233;sultats du sionisme fut que les c&#233;l&#233;brations de l'anniversaire du Proph&#232;te se transformaient en rassemblements nationalistes sous la direction du Mufti de Ha&#239;fa et du po&#232;te Wadi al-Bustani et unissaient aussi tous les responsables chr&#233;tiens et les notables, pas un seul juif n'&#233;tait invit&#233;. De m&#234;me, les Jours des Saints devinrent des festivals populaires nationalistes appr&#233;ci&#233;s des musulmans comme des chr&#233;tiens, dans les villes de Palestine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions f&#233;odales et cl&#233;ricales r&#233;ussirent &#224; s'imposer &#224; la t&#234;te du mouvement des masses. Ils tir&#232;rent avantage de l'incapacit&#233; de la bourgeoisie urbaine arabe &#224; &#233;merger, de leurs attributs religieux, de l'infime taille du prol&#233;tariat arabe et de la faiblesse de son Parti Communiste qui &#233;tait non seulement sous la direction de dirigeants juifs mais aussi dont les &#233;l&#233;ments arabes subissaient l'intimidation et l'oppression de ces directions f&#233;odales depuis les ann&#233;es vingt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte compliqu&#233; et dans l'entrechoc de conflits extr&#234;mement difficiles que la r&#233;volte de 1936 occupa le devant de la sc&#232;ne dans l'histoire de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens ne sont pas d'accord entre eux sur les diff&#233;rents incidents qui se d&#233;roul&#232;rent en diff&#233;rents endroits, ni sur la raison du d&#233;clenchement de la r&#233;volte de 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Yehuda Bauer, &#171; l'incident qui est commun&#233;ment vu comme le d&#233;but des d&#233;sordres de 1936 &#187; s'est d&#233;roul&#233; le 19 avril 1936, quand des bandes arabes palestiniennes attaqu&#232;rent des passants juifs [59].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Isa al-Sifri [60], Salih Mas'ud Buwaysir [61] et Subhi Yasin [62] , la premi&#232;re &#233;tincelle fut allum&#233;e quand un groupe inconnu d'Arabes palestiniens prit en embuscade quinze v&#233;hicules sur la route entre Anabta et la prison de Nur Shams (Subhi Yasin d&#233;crit ce groupe comme &#233;tant un groupe qassamiste comprenant Farhan al-Sa'udi et Mahmud Dairwani). Le groupe d&#233;troussa les passagers juifs et arabes et l'un des trois membres du groupe tint un petit discours aux Arabes palestiniens qui formaient la majorit&#233; des passagers, qui disait selon al-Sifri, &#171; nous prenons votre argent pour pouvoir combattre l'ennemi et vous d&#233;fendre &#187; [63].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le docteur Abd al-Wahhab al-Kayyali pense, lui, que la premi&#232;re &#233;tincelle fut allum&#233;e avant, en f&#233;vrier 1936, lorsqu'une bande arm&#233;e d' Arabes palestiniens encercla une &#233;cole que des promoteurs juifs faisaient construire &#224; Ha&#239;fa, employant uniquement des travailleurs juifs [64]. Cependant, toutes les sources convergent avec raison pour reconna&#238;tre que le soul&#232;vement qassamiste initi&#233; par Sheikh Izz al-Din al- Qassam, fut le commencement r&#233;el de la r&#233;volte de 1936. N&#233;anmoins, le rapport de la Commission Royale Peel, que Yehuda Bauer regarde comme l'une des sources les plus cr&#233;dibles, ignore ces causes imm&#233;diates du d&#233;clenchement de la r&#233;volte et l'attribue &#224; deux raisons principales : le souhait des Arabes de gagner leur ind&#233;pendance nationale et leur aversion et leur peur de l'&#233;tablissement d'un foyer national juif en Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas tr&#232;s difficile &#224; comprendre que ces deux raisons n'en font qu'une et que la terminologie utilis&#233;e est ronflante et ne contient aucune signification pr&#233;cise. Lord Peel mentionne &#233;galement ce qu'il appelle des &#171; facteurs secondaires &#187; qui contribu&#232;rent au d&#233;clenchement des &#171; troubles &#187;. Ce sont : le d&#233;veloppement d'un esprit nationaliste arabe en dehors de la Palestine, l'immigration croissante juive depuis 1933, le fait que les juifs &#233;taient capables d'influencer l'opinion publique en Grande-Bretagne, le manque de confiance des Arabes palestiniens dans les bonnes intentions du gouvernement britannique, la peur des Arabes palestiniens de la recherche continue de terres par les juifs, le fait que l'objectif final du Gouvernement Mandataire n'&#233;tait pas clair [65]. La compr&#233;hension des causes de la r&#233;volte qu' avait la direction d'alors du mouvement national palestinien peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e dans les trois slogans qui avan&#231;aient ses revendications : l'arr&#234;t imm&#233;diat de l'immigration juive, l'interdiction de transfert de propri&#233;t&#233; des terres arabes palestiniennes aux colons juifs, l' &#233;tablissement d'un gouvernement d&#233;mocratique o&#249; les Arabes palestiniens auraient un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant compte tenu de leur sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique [66]. Ces slogans, dans leur version incantatoire, &#233;taient incapables d'exprimer la situation r&#233;elle et en derni&#232;re instance ne visaient qu'&#224; perp&#233;tuer le contr&#244;le de la direction f&#233;odale sur le mouvement nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la vraie raison de la r&#233;volte fut que les contradictions aigu&#235;s contenues dans la transformation de la soci&#233;t&#233; palestinienne arabe, agricole, f&#233;odale et cl&#233;ricale, en une soci&#233;t&#233; industrielle occidentale sioniste et bourgeoise, avaient atteint leur paroxysme comme nous l'avons vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'&#233;tablissement des bases du colonialisme et de sa transformation en colonialisme sioniste, comme nous l'avons d&#233;crit, atteignit son apog&#233;e au milieu des ann&#233;es trente, et la direction du mouvement national palestinien fut oblig&#233;e d'adopter une certaine forme de lutte arm&#233;e faute de quoi il devenait impossible pour elle de se maintenir. Un nombre de facteurs contradictoires jou&#232;rent un r&#244;le dans l'adoption de la lutte arm&#233;e par la direction palestinienne d'alors. Premi&#232;rement , le mouvement d'Izz al-Din al-Qassam. Deuxi&#232;mement , la s&#233;rie d'&#233;checs subis par cette direction, alors &#224; la t&#234;te du mouvement de masse, au regard des revendications mineures et partielles qu'elle avan&#231;ait esp&#233;rant contenir le ressentiment. Les colonialistes n'h&#233;sitaient cependant jamais &#224; les rejeter, et les Britanniques mirent du temps &#224; saisir la valeur de telles manoeuvres, malgr&#233; le fait qu'ils sauvegardaient leurs int&#233;r&#234;ts gr&#226;ce &#224; la comp&#233;tence de leurs agents sionistes. Troisi&#232;mement , la violence sioniste (bandes arm&#233;es, &#171; le travail aux juifs &#187;, etc.&#8230; ) ajout&#233;e &#224; la violence colonialiste (mani&#232;re dont fut r&#233;prim&#233;e la r&#233;volte de 1929).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute analyse de la r&#233;volte de 1936-39, on doit r&#233;server une place particuli&#232;re &#224; Sheikh Izz al-Din al-Qassam. Malgr&#233; tout ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit sur lui, ce n'est pas trop de dire que cette personnalit&#233; unique est rest&#233;e m&#233;connue, et le restera sans doute. Tout ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit sur lui l'a &#233;t&#233; de l'ext&#233;rieur, et &#224; cause de la superficialit&#233; de l'&#233;tude de sa personnalit&#233;, de nombreux historiens juifs n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; le d&#233;peindre comme un &#171; derviche fanatique &#187;, alors que les historiens occidentaux ont, eux, choisi de l'ignorer. En fait, il est clair que c'est l'incapacit&#233; de comprendre le lien dialectique entre la religion et les tendances nationalistes qui est responsable de la minimisation de l'importance du mouvement qassamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit de la vision qu'on ait d'al-Qassam, il ne fait aucun doute que son mouvement (12-19 novembre 1935) a repr&#233;sent&#233; un tournant dans la lutte nationaliste et jou&#233; un r&#244;le important dans l'adoption d'une forme plus avanc&#233;e de lutte, en contradiction avec la direction traditionnelle divis&#233;e et &#233;clat&#233;e face &#224; la lutte en expansion. La personnalit&#233; d'al-Qassam, en elle-m&#234;me, constitue probablement un point de rencontre symbolique de cette masse de facteurs li&#233;s qui ont commenc&#233; &#224; &#234;tre appel&#233;s &#171; probl&#232;me palestinien &#187;. Le fait qu'il soit &#171; syrien &#187; (n&#233; &#224; Jabala dans la p&#233;riph&#233;rie de Lattakia) illustre le facteur nationaliste arabe de la lutte. Le fait qu'il soit &#171; azhariste &#187; (il &#233;tudia &#224; Al-Azhar) illustre le facteur nationaliste-religieux repr&#233;sent&#233; par Al-Azhar au d&#233;but du si&#232;cle. Le fait qu'il se soit engag&#233; dans une lutte nationale (il prit part &#224; la lutte contre les Fran&#231;ais en Syrie &#224; Jabal Horan en 1919-20 et fut condamn&#233; &#224; mort) illustre l'unit&#233; de la lutte arabe. Al-Qassam arriva &#224; Ha&#239;fa en 1921, accompagn&#233; de l'&#233;gyptien Sheikh Muammad al-Hanafi et de Sheikh Ali al-Hajj Abid, et commen&#231;a aussit&#244;t &#224; constituer des groupes clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce qui est remarquable chez al-Qassam c'est son intelligence organisationnelle avanc&#233;e et sa patience forte comme l'acier. En 1929, il refusa d'&#234;tre pouss&#233; &#224; annoncer qu'il avait pris les armes, et malgr&#233; le fait que son refus conduisit &#224; une scission, il r&#233;ussit &#224; refaire l'unit&#233; et &#224; garder le secret. Selon un qassamiste bien connu [67], al-Qassam avait pr&#233;vu sa r&#233;volte en trois &#233;tapes, pr&#233;paration psychologique et diffusion du discours r&#233;volutionnaire, formation de groupes clandestins, formation de comit&#233;s charg&#233;s de collecter des fonds et de procurer des armes, de comit&#233;s pour l'entra&#238;nement, la s&#233;curit&#233;, l'espionnage, la propagande, l'information et l'&#233;tablissement de contacts politiques, et enfin le d&#233;clenchement de la r&#233;volte. Ceux qui ont connu al-Qassam disent que lorsqu'il fit irruption avec 25 de ses hommes dans les collines de Ya'bad dans la nuit du 12 novembre 1935, il n'avait pas pour objectif de proclamer la lutte arm&#233;e mais de diffuser l'appel &#224; la r&#233;volte. Un affrontement accidentel l'avait conduit l&#224; et malgr&#233; une r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que, lui et ses hommes furent &#233;cras&#233;s facilement par une unit&#233; britannique. On dit que lorsqu'il r&#233;alisa qu'il ne pourrait pas &#233;tendre la r&#233;volte avec ses camarades, il aurait d&#233;clar&#233; son fameux slogan : &#171; Mourrez en martyrs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons comprendre ce slogan dans le sens &#171; gu&#233;variste &#187;, si nous pouvons utiliser cette expression, et &#224; un niveau national ordinaire, la conduite d'al-Qassam nous montre qu'il &#233;tait conscient de l'importance de son r&#244;le comme initiateur d'un foyer r&#233;volutionnaire avanc&#233;. Ce slogan porta rapidement ses fruits. Les masses suivirent &#224; pied, sur dix kilom&#232;tres jusqu'au village de Yajur, son corps martyr. Mais la chose la plus importante qui arriva fut de d&#233;masquer la direction traditionnelle face au nouveau d&#233;fi que repr&#233;sentait Sheikh al-Qassam. Cette direction, comme le Mandat britannique, &#233;tait consciente du d&#233;fi. Selon un qassamiste , quelques mois avant qu'al-Qassam se rende dans les collines, ce dernier envoya &#224; Hajj al-Amin al-Hussaini par l'interm&#233;diaire de Sheikh Musa al-Azrawi, la demande de 21 d&#233;claration de r&#233;voltes coordonn&#233;es &#224; travers le pays. Hussaini refusa au pr&#233;texte que les conditions n'&#233;taient pas r&#233;unies [68].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand al-Qassam fut tu&#233;, ses fun&#233;railles ne furent suivies que par des pauvres gens. Les dirigeants adopt&#232;rent une attitude d'indiff&#233;rence et r&#233;alis&#232;rent bient&#244;t combien ils avaient eu tort. La preuve en est que les repr&#233;sentants des cinq partis palestiniens qui rendirent visite au Haut Commissaire britannique six jours apr&#232;s la mort d'al-Qassam, lui soumirent un m&#233;morandum extraordinairement impudent dans lequel ils admettaient que si ils ne recevaient pas de r&#233;ponse &#224; ce m&#233;morandum qui paraissait acceptable en g&#233;n&#233;ral, alors ils perdraient leur influence sur leurs bases, les vues extr&#233;mistes et irresponsables prendraient le dessus et la situation se d&#233;t&#233;riorerait [69]. Ils voulaient utiliser le ph&#233;nom&#232;ne al-Qassam pour leur permettre de faire un pas en arri&#232;re. Mais il leur &#233;tait rendu impossible de reculer par le choix de la forme de lutte fait par al-Qassam. C'est ce qui explique la diff&#233;rence d'attitude des dirigeants palestiniens entre la mort d'al- Qassam et la c&#233;r&#233;monie de comm&#233;moration tenue quarante jours apr&#232;s sa mort. Dans l'intervalle de ces quarante jours, ils r&#233;alis&#232;rent que si ils n'essayaient pas de contenir la grande vague cons&#233;cutive &#224; la mort d'al-Qassam, elle les engloutirait. Ils remis&#232;rent leur indiff&#233;rence et prirent part aux rassemblements et discours pour la c&#233;r&#233;monie du Quaranti&#232;me. Hajj Amin al-Hussaini gardera en m&#233;moire cette lacune pendant des ann&#233;es. Plus de vingt ans apr&#232;s, le magazine Filastine, expression du Haut Comit&#233; Arabe, essayera de donner l'impression que le mouvement qassamiste n'&#233;tait rien d'autre qu'une partie du mouvement dirig&#233; par le Mufti, et que ce dernier et al-Qassam &#233;taient des &#171; amis personnels &#187; [70].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Britanniques rapport&#232;rent l'histoire d'al-Qassam dans un rapport sur les incidents de 1935 qu'ils pr&#233;sent&#232;rent &#224; Gen&#232;ve comme suit : &#171; Il y avait des rumeurs persistantes qu'un groupe terroriste avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, inspir&#233; par des facteurs politiques et religieux ; et le 7 novembre 1935, un sergent de police et un agent suivaient une piste dans les collines du district de Nazareth quand deux inconnus ouvrirent le feu contre eux, tuant le sergent&#8230; .Cet incident amena rapidement &#224; la d&#233;couverte d'une bande op&#233;rant dans les environs, conduite par Izz al-Din al-Qassam, un r&#233;fugi&#233; politique venant de Syrie et qui jouissait d'un prestige consid&#233;rable comme dirigeant religieux. Il avait &#233;t&#233; fortement suspect&#233; quelques ann&#233;es auparavant, et on disait qu'il avait la main sur des activit&#233;s terroristes . &#187; &#171; Les fun&#233;railles de Sheikh al-Qassam furent suivies par de tr&#232;s grandes foules et malgr&#233; les efforts des musulmans influents pour garder le calme, il y eut des manifestations et des jets de pierre. La mort d'al-Qassam fut &#224; l'origine d'une vague de puissants sentiments politiques dans les autres centres du pays et les journaux arabes se mirent d'accord pour le pr&#233;senter comme un martyr dans les articles qu'ils &#233;crivaient sur lui [71]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques &#233;taient &#233;galement conscients du changement qu'amenait la mort d'al-Qassam et ils essay&#232;rent aussi de faire marche arri&#232;re comme le montre le Haut Commissaire dans une lettre au Ministre des Colonies. Dans cette lettre, il explique que si les revendications des dirigeants arabes ne sont pas satisfaites, &#171; ils perdront toute leur influence et toute possibilit&#233; de pacification par les vues mod&#233;r&#233;es qu'ils avancent se volatilisera [72]. &#187; Mais l&#224; encore il &#233;tait impossible de faire marche arri&#232;re car le mouvement qassamiste &#233;tait l' expression d'une tendance naturelle capable de faire face &#224; l'escalade du conflit et d'y r&#233;pondre. Rapidement, cela se refl&#233;ta dans la constitution de nombreux groupes et comit&#233;s &#224; tel point que la direction traditionnelle fut oblig&#233;e de choisir entre lutter contre le souhait intensifi&#233; des masses de combattre ou r&#233;primer leur volont&#233; en la pla&#231;ant sous son contr&#244;le. Malgr&#233; que les Britanniques aient pris des mesures rapides, et propos&#232;rent l'id&#233;e d'une assembl&#233;e l&#233;gislative et la fin des ventes des terres aux juifs, il &#233;tait trop tard. Le mouvement sioniste qui commen&#231;ait &#224; se renforcer tr&#232;s fermement &#224; cette date joua son r&#244;le pour minimiser l'efficacit&#233; de l'offre des Britanniques. Dans le m&#234;me temps, la direction du mouvement national palestinien n'avait pas encore d&#233;cid&#233; de l'attitude &#224; adopter mais &#233;tait extraordinairement oscillante et le 2 avril 1936, les repr&#233;sentants des partis palestiniens se pr&#233;par&#232;rent &#224; former une d&#233;l&#233;gation pour aller &#224; Londres expliquer leur point de vue. Les choses se pr&#233;cipit&#232;rent contre toute attente de la direction du mouvement nationaliste, et quand les premi&#232;res flammes s'allum&#232;rent &#224; Jaffa en f&#233;vrier 1936, les dirigeants du mouvement national palestinien croyaient encore possible d'obtenir des concessions partielles des Britanniques &#224; travers la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils furent surpris par la tournure des &#233;v&#232;nements. Tous ceux qui furent associ&#233;s de pr&#232;s aux &#233;v&#232;nements d'avril 1936 admettent que l' &#233;mergence de la violence et de la d&#233;sob&#233;issance civile fut spontan&#233;e, et qu'&#224; l'exception des actions des groupes qassamistes r&#233;siduels, tout ce qui arriva fut l'expression spontan&#233;e du niveau critique atteint par les contradictions. M&#234;me quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale fut d&#233;clar&#233;e le 19 avril 1936, la direction du mouvement national fut &#224; la remorque. Elle prit n&#233;anmoins le train en route et r&#233;ussit &#224; dominer le mouvement national pour les raisons que nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;es dans notre analyse de la situation sociale et politique en Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue organisationnel, le mouvement national palestinien &#233;tait repr&#233;sent&#233; par de nombreux partis, la plupart d'entre eux &#233;tant des vestiges du mouvement anti-ottoman apparu au d&#233;but du si&#232;cle. Cela signifie qu'ils n'avaient jamais pris part &#224; une lutte pour l' ind&#233;pendance (comme ce fut le cas en Egypte) et qu'ils n'&#233;taient rien d'autre que des clubs, sans principes d&#233;finis, contr&#244;l&#233;s par des groupes de notables et d&#233;pendants des all&#233;geances et de leurs influences comme dirigeants f&#233;odaux, religieux, d'hommes influents dans la soci&#233;t&#233; ; ils n'&#233;taient pas des partis avec une base organis&#233;e. Mis &#224; part al-Qassam (et les communistes bien s&#251;r) aucun des dirigeants du mouvement nationaliste palestinien ne poss&#233;dait alors de capacit&#233; d'organisation, m&#234;me Hajj Amin al-Hussaini qui avait pourtant de rares capacit&#233;s administratives, n'avait pas de conception de l'organisation pour la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsabilit&#233;s organisationnelles furent port&#233;es par des talents individuels dans les comit&#233;s inf&#233;rieurs et parmi les cadres interm&#233;diaires. N&#233;anmoins, ils ne furent pas capables de traduire politiquement leurs capacit&#233;s. A l'aube de la r&#233;volte, la situation des repr&#233;sentants du mouvement nationaliste en Palestine &#233;tait la suivante : avec la dissolution du Comit&#233; Ex&#233;cutif Arabe en ao&#251;t 1934, six groupes existaient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Parti de la Palestine Arabe, fond&#233; en mai 1935 et dirig&#233; par Jamal al-Husseini ; il &#233;pousait plus ou moins la politique du Mufti et repr&#233;sentait les f&#233;odaux et les marchands des grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Parti de la D&#233;fense Nationale, fond&#233; en d&#233;cembre 1934 et dirig&#233; par Raghib al-Nashashibi, il repr&#233;sentait la nouvelle bourgeoisie urbaine et les anciens officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Parti de l'Ind&#233;pendance, fond&#233; en 1932, dirig&#233; par Auni Abd al-Hadl. Il comprenait des intellectuels de la moyenne bourgeoisie qui contribu&#232;rent au r&#244;le sp&#233;cial jou&#233; par son aile gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Parti de la R&#233;forme, fond&#233; par le docteur Hussain al-Khalidi en ao&#251;t 1935 et qui repr&#233;sentait certains intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Parti du Bloc National, dirig&#233; par Abd al-Latif Salah&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Parti de la Jeunesse de Palestine, dirig&#233; par Ya'qub al-Ghusain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette multiplicit&#233; &#233;tait purement superficielle ; elle n'&#233;tait pas l'expression claire et d&#233;finie de la configuration de classe dans le pays. La tr&#232;s grande majorit&#233; des masses n'&#233;tait pas repr&#233;sent&#233;e (selon Nevill Barbour, 90% des r&#233;volutionnaires &#233;taient des paysans qui se d&#233;finissaient comme des volontaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une observation de la structure de classe en Palestine en 1931 montre que 59% des Arabes palestiniens &#233;taient paysans (19,1% pour les juifs), 12,9% travaillaient dans le b&#226;timent et dans les mines (30,6% pour les juifs), 6% travaillaient dans les communications, 8,4% dans le commerce, 1,3% dans l'administration etc.&#8230; [73] Cela signifie que la tr&#232;s grande majorit&#233; de la population n'&#233;tait pas repr&#233;sent&#233;e par ces partis politiques, qui &#233;taient l'expression des dirigeants f&#233;odaux et religieux, des compradores urbains et de certains secteurs intellectuels ; elle &#233;tait assujettie au Mufti et &#224; sa classe, les dirigeants f&#233;odaux et cl&#233;ricaux, et qui &#233;tait plus nationaliste que la direction de la bourgeoisie urbaine. Ces derniers, les Effendis, investissaient leur argent, &#224; l'&#233;poque, dans l'industrie (ce qui s'accentua apr&#232;s la d&#233;faite de la r&#233;volte de 1936-39). La petite bourgeoisie en g&#233;n&#233;ral (petits commer&#231;ants, artisans, enseignants, employ&#233;s publics) n'avait pas de direction politique. En tant que classe, elle n'avait aucune influence ni importance sous le r&#233;gime turc, qui reposait sur la classe des Effendis, et &#224; qui il avait donn&#233; le droit de gouvernement local &#224; cause de son d&#233;veloppement en parall&#232;le avec l'aristocratie f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier &#233;tait tout jeune et faible, expos&#233; &#224; l'oppression des autorit&#233;s, soumis &#224; la rivalit&#233; entre prol&#233;tariat et bourgeoisie juifs et pers&#233;cut&#233; par la direction du mouvement nationaliste arabe. Avant la cr&#233;ation du Haut Comit&#233; Arabe avec &#224; sa t&#234;te Hajj Amin al- Hussaini le 25 avril 1936, ce dernier regrettait la croyance populaire grandissante dans ce que l'ennemi r&#233;el &#233;tait le Britannique. Le Parti de la D&#233;fense Nationale qui repr&#233;sentait avant tout la classe compradore urbaine n'&#233;tait pas r&#233;ellement dispos&#233; &#224; un conflit ouvert avec les Britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours avant seulement, le 23 avril 1936, Weizmann, le dirigeant du mouvement sioniste, fit un discours &#224; Tel-Aviv o&#249; il d&#233;crivit la lutte Arabes-sionistes qui commen&#231;ait comme une lutte entre les &#233;l&#233;ments destructeurs et constructifs, mettant en avant les forces sionistes comme l'instrument du colonialisme &#224; la veille de l'affrontement arm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les positions des deux parties &#224; l'aube de la r&#233;volte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la campagne, la r&#233;volte adopta la forme de la d&#233;sob&#233;issance civile et de l'insurrection arm&#233;e. Des centaines d'hommes arm&#233;s afflu&#232;rent pour rejoindre les groupes qui avaient commenc&#233; &#224; se d&#233;ployer dans les zones montagneuses, le non-paiement des imp&#244;ts fut d&#233;cid&#233; &#224; la conf&#233;rence tenue au Coll&#232;ge Raudat al-Ma'aref al Wataniya &#224; J&#233;rusalem le 7 mai 1936 o&#249; prirent part 150 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant les Arabes de Palestine. Un passage en revue des noms des d&#233;l&#233;gu&#233;s fait par Isa al-Safri [74] montre que c'est &#224; cette conf&#233;rence que la direction du mouvement de masse fut confi&#233;e &#224; une alliance faible entre les dirigeants f&#233;odaux-religieux, la bourgeoisie commerciale urbaine et un nombre limit&#233; d'intellectuels. La r&#233;solution adopt&#233;e par cette conf&#233;rence fut br&#232;ve, mais &#233;tait une illustration claire des limites que pouvait atteindre une direction de ce type. &#171; La conf&#233;rence a d&#233;cid&#233; &#224; l'unanimit&#233; d'annoncer qu'aucun imp&#244;t ne sera plus pay&#233; &#224; partir du 15 mai 1936, si le gouvernement britannique ne proc&#232;de &#224; aucun changement radical de sa politique en stoppant l'immigration juive . &#187; La r&#233;ponse britannique &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile et &#224; l'insurrection arm&#233;e fut de frapper en deux points : en premier lieu les cadres organisationnels qui pour la plupart &#233;taient plus r&#233;volutionnaires que la direction, ensuite les masses appauvries qui avaient prit part &#224; la r&#233;volte et qui n'avaient que leurs seules armes pour se d&#233;fendre. Cela prendrait du temps pour expliquer pourquoi les deux seules personnes qui &#233;taient comparativement comp&#233;tentes en termes d'organisation &#8211; Auni Abed el-Hadi et Mohammad Azat Darwazeh &#8211; furent arr&#234;t&#233;es et le reste des cadres soumis aux arrestations et aux pers&#233;cutions &#224; tel point qu'ils furent totalement paralys&#233;s. Cela se traduit dans le fait que 61 Arabes responsables de l'organisation de la gr&#232;ve (les cadres interm&#233;diaires) furent arr&#234;t&#233;s le 23 mai. Dans le m&#234;me temps, cela n'emp&#234;chait pas les Britanniques de donner des permis &#224; quatre des dirigeants de la r&#233;volte (Jamal al-Hussaini, Shibi al-Jamal, Abd al-Latif Salah et le docteur Izzat Tanus) pour voyager &#224; Londres afin de rencontrer le Ministre des Colonies le 12 juin. Il n'y avait rien d'anormal dans cette d&#233;marche et elle fut r&#233;p&#233;t&#233;e dans les mois et les ann&#233;es suivantes. Le Haut Commissaire britannique avait observ&#233; avec une grande satisfaction que &#171; les sermons du vendredi &#233;taient bien plus mod&#233;r&#233;s que ce que j'attendais dans une p&#233;riode o&#249; les sentiments &#233;taient exacerb&#233;s. C'&#233;tait d&#251; dans une large mesure au Mufti [75]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, la situation fut que la direction du mouvement national palestinien consid&#233;ra la r&#233;volte des masses simplement pour faire pression sur le colonialisme britannique pensant am&#233;liorer les conditions de vie des masses mais tout en sauvegardant ses propres int&#233;r&#234;ts en tant que classe. Les Britanniques avaient conscience de ce fait et agirent en ad&#233;quation. N&#233;anmoins, les Britanniques ne prirent pas le risque d'accorder &#224; cette classe les concessions qu'elle d&#233;sirait ; Londres persista dans son engagement concernant la transmission de son h&#233;ritage colonial en Palestine au mouvement sioniste et plus encore, c'est durant les ann&#233;es de la r&#233;volte (1936-1939) que le colonialisme britannique pesa de tout son poids dans le soutien &#224; la pr&#233;sence sioniste et &#224; sa consolidation, comme nous le verrons plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques atteignirent leur but de deux mani&#232;res : en frappant les paysans pauvres r&#233;volutionnaires avec une violence inou&#239;e et en jouant de leur grande influence sur les r&#233;gimes arabes, qui jou&#232;rent un grand r&#244;le de liquidateurs de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement : les lois d'urgence britanniques jou&#232;rent un r&#244;le effectif. Al-Sifri cite une s&#233;rie de sentences prononc&#233;es &#224; cette &#233;poque pour montrer au combien ces lois d'urgences &#233;taient injustes : &#171; Six ans d'emprisonnement pour la possession d'un revolver, douze ans pour la possession d'une grenade, cinq ans de travaux forc&#233;s pour la possession de douze balles, huit mois pour mauvais renseignements &#224; un d&#233;tachement de soldats, neuf ans pour possession d'explosifs, cinq ans pour avoir essay&#233; d'acheter des munitions &#224; un soldat, deux semaines pour la possession d'un b&#226;ton &#8230;etc. [76]. &#187; Selon une estimation britannique soumise &#224; la Soci&#233;t&#233; des Nations, le nombre des Palestiniens tu&#233;s durant la r&#233;volte de 1936 est de un millier, hors bless&#233;s, disparus et intern&#233;s. Les Britanniques utilis&#232;rent la politique de destruction des maisons &#224; l'explosif sur une large &#233;chelle. Dans la ville de Jaffa (le 18 juin 1936) ils firent sauter 220 maisons, 6 000 personnes se retrouv&#232;rent sans domicile. Une centaine de cabanes furent d&#233;truites &#224; Jabalia, 300 &#224; Abu Kabir, 350 &#224; Sheikh Murad et 75 &#224; Arab al-Daudi. Il est clair que les habitants des quartiers d&#233;truits &#224; Jaffa et ceux qui habitaient les cabanes d&#233;truites des faubourgs &#233;taient des paysans pauvres qui avaient fui la campagne pour la ville. Dans les villages, selon al-Sifri, 143 maisons furent d&#233;truites pour des raisons li&#233;es &#224; la r&#233;volte [77]. Les maisons appartenaient &#224; des paysans pauvres, certains moyens paysans et &#224; un tout petit nombre de familles f&#233;odales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : l'Emir Abdallah de Transjordanie et Nuri Said commenc&#232;rent &#224; prendre part &#224; la m&#233;diation avec le Haut Comit&#233; Arabe. N&#233;anmoins, leur m&#233;diation fut infructueuse malgr&#233; le fait que la direction &#233;tait pr&#234;te &#224; accepter leurs bons offices. Le mouvement des masses n'&#233;tait pas pr&#234;t encore &#224; &#234;tre domestiqu&#233; en 1936, mais ces contacts eurent un effet n&#233;gatif sur la r&#233;volte et laiss&#232;rent le sentiment que le conflit en cours m&#232;nerait &#224; un accord et dans la r&#233;alit&#233; cette d&#233;marche qui d&#233;buta sur un &#233;chec fut couronn&#233;e de succ&#232;s en octobre de la m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces contacts n'&#233;taient pas la seule forme de dialectique des relations entre la Palestine et les pays arabes voisins. Cette dialectique &#233;tait plus compliqu&#233;e et refl&#233;tait la complexit&#233; des contradictions, nous avons d&#233;j&#224; vu ce que al-Qassam repr&#233;sentait &#224; ce niveau, et dans ce sens le ph&#233;nom&#232;ne qassamiste continuait dans les faits &#224; exister. De nombreux combattants arabes de la libert&#233; affluaient en Palestine ; il y avait parmi eux Sa'id al-As qui fut tu&#233; en octobre 1936, Sheikh Muhammad al-Ashmar et bien d'autres. Cet afflux comprenait aussi un nombre d'officiers nationalistes aventuristes, dont le plus important &#233;tait Fauzi al-Qawuqji, qui apr&#232;s &#234;tre rentr&#233; en Palestine &#224; la t&#234;te d'un petit groupe en ao&#251;t 1936, se proclama commandant en chef de la r&#233;bellion. Bien que ces hommes utilis&#232;rent et d&#233;velopp&#232;rent les tactiques des rebelles, la plus grande partie de la violence r&#233;volutionnaire &#224; la campagne et des actions de commandos dans les villes fut l'oeuvre des paysans d&#233;poss&#233;d&#233;s. En fait, ce furent les &#171; officiers &#187; issus des rangs des paysans qui jou&#232;rent un r&#244;le central bien que la plupart d'entre eux fussent assujettis au Mufti. Ils repr&#233;sentaient l'h&#233;ro&#239;sme l&#233;gendaire des masses de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les officiels britanniques en Palestine ne partageaient pas compl&#232;tement la politique de Londres de soutien sans faille au mouvement sioniste, pensant qu'il y avait une place dans la collaboration colonialiste pour la classe dirigeante arabe dont les int&#233;r&#234;ts n' &#233;taient pas li&#233;s &#224; la r&#233;volte, la Grande-Bretagne mit en avant finalement le 19 juin 1936 &#171; l'importance du 26 lien organique entre la s&#233;curit&#233; des int&#233;r&#234;ts britanniques et le succ&#232;s du sionisme en Palestine &#187; [78].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande-Bretagne d&#233;cida d'accro&#238;tre ses forces en Palestine et d'accentuer ses mesures r&#233;pressives. Effray&#233;e par cette d&#233;cision, la direction du mouvement nationaliste palestinien vacilla et perdit son calme. Hajj Amin al-Hussaini, Raghib Nashashibi et Auni abd al-Hadi se h&#226;t&#232;rent de rencontrer le Haut Commissaire britannique et il est clair dans les rapports qu'il fit &#224; son gouvernement qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; mettre un terme &#224; la r&#233;volte si les rois arabes leur demandaient de le faire. Ils ne voulaient pas pour autant passer aux yeux des masses comme les instigateurs d'un tel projet tortueux et ils le ni&#232;rent &#224; plusieurs reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s qu'un grand nombre de troupes britanniques, estim&#233; &#224; vingt mille, entra en Palestine et acheva son arriv&#233;e le 30 septembre 1936, on assista au renforcement du degr&#233; de loi martiale. Les autorit&#233;s mandataires accentu&#232;rent leur politique de r&#233;pression sans retenue et, de septembre &#224; octobre, on assista &#224; des batailles d'une grande violence &#8211; les derni&#232;res grandes batailles &#224; l'&#233;chelle de toute la Palestine. Le 11 octobre 1936, le Haut Comit&#233; Arabe distribua une d&#233;claration appelant &#224; la fin de la gr&#232;ve et ainsi de la r&#233;volte : &#171; Vu que nous nous soumettons aux volont&#233;s de leurs Majest&#233;s et de leurs Altesses, les rois arabes, et qu'ob&#233;ir &#224; leurs souhaits est une de nos traditions arabes h&#233;r&#233;ditaires, et vu que le Haut Comit&#233; Arabe croit fermement que leurs Majest&#233;s et leurs Altesses ne donnent uniquement des ordres qu'en conformit&#233; avec les int&#233;r&#234;ts de leurs fils et dans le but de prot&#233;ger leurs droits ; le Haut Comit&#233; Arabe, conform&#233;ment aux souhaits de leurs Majest&#233;s et Altesses, les rois et &#233;mirs, et parce qu'il croit dans le grand b&#233;n&#233;fice qui r&#233;sultera de leurs m&#233;diations et coop&#233;rations, appelle le noble peuple arabe &#224; la fin de la gr&#232;ve et des troubles, au respect de ces ordres qui ont comme seul objet les int&#233;r&#234;ts des Arabes [79]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exactement un mois plus tard (le 11 novembre 1936), le &#171; Commandement G&#233;n&#233;ral de la R&#233;volte Arabe en Syrie sud/Palestine &#187; annon&#231;a qu'il &#171; appelle &#224; l'arr&#234;t complet de tout acte de violence, qu'il n'y ait aucune provocation qui pourrait d&#233;ranger les n&#233;gociations, dont la nation arabe esp&#232;re qu'elles seront un succ&#232;s et obtiendront les pleins droits du pays [80]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours plus tard, le m&#234;me Commandement publia un communiqu&#233; dans lequel il d&#233;clarait qu'il avait &#171; quitt&#233; le terrain, ayant confiance dans les garanties des rois et des &#233;mirs arabes, pour prot&#233;ger la bonne tenue des n&#233;gociations [81] &#187; Comme Jamil al-Shuqairi le dit : &#171; Ainsi, par ob&#233;issance aux ordres des rois et des &#233;mirs, la gr&#232;ve fut lev&#233;e et les activit&#233;s r&#233;volutionnaires prirent fin dans les deux heures qui suivirent la publication de l'appel. [82] &#187; Bien que la Grande-Bretagne d&#233;fiait les dirigeants palestiniens pr&#233;cis&#233;ment sur la question sur laquelle ils avaient d&#233;&#231;u les masses &#8211; l'immigration juive en Palestine &#8211; et bien que ces dirigeants avaient d&#233;cid&#233; de boycotter la Commission Royale (Commission Peel), les rois et les &#233;mirs arabes oblig&#232;rent ces dirigeants &#224; leur ob&#233;ir pour la seconde fois en trois mois. Le Roi Abdul Aziz al-Sa'ud et le Roi Ghazi &#233;crivirent des lettres &#224; Hajj Amin al-Hussaini disant &#171; Vue notre confiance dans les bonnes intentions du gouvernement britannique de faire justice aux Arabes, notre opinion est que vos int&#233;r&#234;ts requi&#232;rent que vous rencontriez la Commission Royale. &#187; En fait, cet incident qui parait anodin, an&#233;antissait l'alliance de la direction du mouvement national, car les forces &#224; la droite d'Hajj Amin al-Hussaini, dirig&#233;es par le Parti de la D&#233;fense Nationale, s'oppos&#232;rent imm&#233;diatement &#224; la d&#233;cision de boycott de la Commission Peel et donn&#232;rent plusieurs signes de leur d&#233;sir d'accepter l'accord que la Grande-Bretagne s'appr&#234;tait &#224; proposer. Les dirigeants de ce parti qui repr&#233;sentaient principalement les Effendis des villes firent le lien entre le m&#233;contentement des gros marchands des villes et la dislocation des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie urbaine, &#233;tant d&#233;pendants des relations &#233;conomiques &#233;troites incarn&#233;es par les agences qu'ils tenaient avec des entreprises industrielles britanniques et parfois juives. Les r&#233;gimes arabes, plus particuli&#232;rement celui de Transjordanie, soutenaient fortement cette aile de droite et Hajj Amin al-Hussaini et ce qu'il repr&#233;sentait n' avait aucune envie de se tourner vers l'aile gauche qu'il avait commenc&#233; &#224; liquider dans les faits. Ainsi son attitude devint vacillante et h&#233;sitante et il fut clair qu'il &#233;tait dans une position o&#249; il ne pouvait ni faire un pas en avant avec la r&#233;volution ni reculer d'un pas de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, quand les Britanniques pens&#232;rent qu'ils &#233;taient maintenant capables d'achever la liquidation politique du Mufti dans cette p&#233;riode de calme suite &#224; la fin de la gr&#232;ve, ils trouv&#232;rent que l'aile droite du Mufti &#233;tait encore trop faible pour contr&#244;ler la situation. Le Haut Commissaire britannique continua malicieusement &#224; penser combien pouvait &#234;tre grand le r&#244;le du Mufti s'il &#233;tait r&#233;duit &#224; sa position entre la droite et le Parti de la D&#233;fense Nationale et la gauche, le Parti de l'Ind&#233;pendance et le mouvement des jeunes intellectuels. Le Haut Commissaire r&#233;alisa la capacit&#233; de la Grande-Bretagne &#224; prendre l'avantage dans ce foss&#233; profond entre &#171; l'inflexibilit&#233; des villageois qui ont r&#233;sist&#233; durant six mois, recevant peu de fonds et refusant le pillage, et la faiblesse ou l'inexistence de grandes qualit&#233;s de direction parmi les membres du Haut Comit&#233; Arabe [83]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justesse des vues du Haut Commissaire du r&#244;le limit&#233; que pouvait jouer l'aile droite du Mufti fut flagrante quand le Parti de la D&#233;fense Nationale &#233;choua dans sa position ambigu&#235; contre le rapport de la Commission Peel publi&#233; le 7 juillet 1937 et qui pr&#233;conisait la partition et l'&#233;tablissement d'un Etat juif. Dans le m&#234;me temps, il devint clair que la crainte du Haut Commissaire de pressions de l'aile gauche du Mufti pour lui faire abandonner son attitude mod&#233;r&#233;e, &#233;tait fond&#233;e. Ces pressions ne vinrent cependant pas d'o&#249; le Haut Commissaire les attendait, mais des cadres interm&#233;diaires qui &#233;taient encore pr&#233;sents dans les comit&#233;s nationaux et qui repr&#233;sentaient les paysans d&#233;poss&#233;d&#233;s et les ouvriers priv&#233;s d'emploi dans les villes et &#224; la campagne. Ainsi la seule voie qui restait au Mufti &#233;tait de fuir. Il &#233;chappa &#224; l'arrestation en trouvant refuge dans le Haram al-Sharif, mais les &#233;v&#232;nements l'oblig&#232;rent &#224; prendre une position qu'il n'avait pas &#233;t&#233; capable de prendre un an plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Septembre 1937, Andrews, le Commissaire de District de Galil&#233;e, fut tu&#233; par quatre partisans arm&#233;s &#224; la sortie de l'&#233;glise anglicane de Nazareth. Andrews &#233;tait &#171; le seul officiel qui administrait pour le Mandat exactement comme le voulaient les sionistes&#8230; Il ne r&#233;ussit jamais &#224; gagner la confiance des Fellahin (paysans palestiniens). &#187; Les Arabes le voyaient comme un ami des sionistes et croyaient que sa t&#226;che &#233;tait de transf&#233;rer la Galil&#233;e &#224; l'Etat sioniste qui avait &#233;t&#233; d&#233;limit&#233; par la proposition de partition. Les paysans arabes le d&#233;testaient et l'accusaient de faciliter la vente des terres de Huleh, et les partisans qui le tu&#232;rent &#233;taient suspect&#233;s d'appartenir &#224; une cellule secr&#232;te de qassamistes [84].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le fait que le Haut Comit&#233; Arabe condamna cet incident le soir m&#234;me, la situation &#233;tait hors de contr&#244;le du Mufti et de son groupe, exactement comme ce qui &#233;tait arriv&#233; quand al-Qassam avait &#233;t&#233; tu&#233;. Pour ce maintenir &#224; la t&#234;te du mouvement national, ils devaient se tenir au devant de la vague montante comme en avril 1936. Mais cette fois, l'enthousiasme r&#233;volutionnaire des masses &#233;tait plus violent, pas seulement &#224; cause de l'exp&#233;rience acquise en une ann&#233;e, mais aussi parce que la contradiction, qui prenait forme devant leurs yeux, devenait plus claire. Il est certain que cette &#233;tape de la r&#233;volution fut dirig&#233;e presque enti&#232;rement contre les Britanniques plut&#244;t que contre les sionistes. L'accentuation de la contradiction avait conduit &#224; la cristallisation de positions plus claires : les paysans &#233;taient presque compl&#232;tement &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution, le r&#244;le de la bourgeoisie urbaine &#233;tait en retrait, les riches de la campagne et les gros paysans moyens h&#233;sitaient &#224; soutenir les rebelles, quand dans le m&#234;me temps les forces sionistes &#233;taient &#224; l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions importantes doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es &#224; cette &#233;tape de la r&#233;volution :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Arabes contact&#232;rent les sionistes, leur proposant une sorte d'arrangement sur la base d'une rupture compl&#232;te des relations avec la Grande-Bretagne. Mais les sionistes rejet&#232;rent imm&#233;diatement cette proposition, parce qu'ils jugeaient fondamentales leurs relations avec la Grande-Bretagne [85]. &#187; Cela s'accompagna d'une explosion du nombre des sionistes servant dans la police en Palestine : de 365 en 1935, on passa &#224; 682 en 1936. Le gouvernement annon&#231;a &#224; la fin de l'ann&#233;e le recrutement de 1 240 sionistes comme auxiliaires de police avec des armes de l'arm&#233;e, un mois plus tard, le chiffre &#233;tait port&#233; &#224; 2 863 [86] et les officiers britanniques jou&#232;rent un r&#244;le important en dirigeant les groupes sionistes dans leurs attaques des villages arabes palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la r&#233;volution qui se situait hors de la Palestine (&#224; Damas) rendit le r&#244;le des dirigeants locaux qui &#233;taient pour la plupart d'origine paysanne pauvre plus important qu'il n'avait &#233;t&#233; dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Ces dirigeants locaux &#233;taient li&#233;s fortement aux paysans. Cela explique jusqu'o&#249; la r&#233;volution fut capable d'aller. Durant cette p&#233;riode, par exemple, Abd al-Rahim al-Hajj &#233;mergea comme commandant local et les communistes affirmaient &#234;tre en contact avec lui et lui donner des informations [87] . Ce d&#233;veloppement aurait pu constituer un tournant historique dans la r&#233;volution si il n'y avait pas eu la faiblesse au propre comme au figur&#233; de la &#171; gauche &#187;, et si ces commandants locaux n'avaient pas &#233;t&#233; oblig&#233;s de maintenir leurs liens organisationnels &#224; un certain niveau avec le Comit&#233; Central de Lutte (Jihad) &#224; Damas, pour des raisons financi&#232;res et de loyaut&#233; traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais dans toute l'histoire de la lutte palestinienne, la r&#233;volution arm&#233;e populaire ne fut si proche de la victoire que durant les mois entre la fin 1937 et le d&#233;but 1939. Durant cette p&#233;riode, le contr&#244;le de la Palestine par les forces britanniques s'affaiblit, le prestige du colonialisme fut au plus bas et la r&#233;putation et l'influence de la r&#233;volution devinrent la force principale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande-Bretagne fut convaincue qu'elle devait se lier aux sionistes qui la mettaient dans une situation unique, qu'elle n'avait eue dans aucune colonie, celle d'avoir &#224; sa disposition une force faisant cause commune avec le colonialisme britannique et fortement mobilis&#233;e contre la population locale. A ce moment, la Grande-Bretagne commen&#231;a &#224; &#233;prouver la n&#233;cessit&#233; de rapatrier une partie de ses forces militaires en Europe pour faire face &#224; la situation de plus en plus critique. Elle vit avec plaisir &#171; l'organisation rapide d'une force de d&#233;fense des volontaires juifs de 6 500 hommes d&#233;j&#224; sur pied [88]. &#187; Elle avait d&#233;j&#224; poursuivit une politique en liaison avec les forces sionistes localement en leur d&#233;l&#233;guant les t&#226;ches de r&#233;pression qui augmentaient. N&#233;anmoins, les Britanniques ne d&#233;truirent pas le pont qui avait &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233; entre eux et la classe dirig&#233;e par le Mufti, et c'est dans cette optique qu'ils jou&#232;rent le r&#244;le primordial dans le maintien du Mufti comme repr&#233;sentant indiscut&#233; des Arabes palestiniens. Leur alternative de direction &#224; la droite du Mufti &#233;tait &#233;puis&#233;e de telle sorte que si le Mufti n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme le seul dirigeant, cela aurait signifi&#233; &#171; que personne ne pouvait repr&#233;senter les Arabes &#224; part les dirigeants de la r&#233;volution dans les montagnes . &#187; comme l'affirma le Haut Commissaire britannique en Palestine [89]. Il n'y a pas de doute que c'est cette raison parmi d'autres qui contribua &#224; laisser le Mufti &#224; la t&#234;te de la direction du mouvement national palestinien, en d&#233;pit du fait qu'il avait abandonn&#233; sa place &#224; la Mosqu&#233;e al-Aqsa et trouv&#233; refuge &#224; Damas depuis la fin janvier 1937. L' oppression britannique qui avait atteint un degr&#233; in&#233;gal&#233;, l'augmentation des raids de la police, les arrestations de masse et les ex&#233;cutions tout le long de 1937 et 1938, affaiblirent la r&#233;volution mais n'y mirent pas un terme d&#233;finitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les britanniques r&#233;alisaient que en essence et en substance, au regard de sa direction locale, cette r&#233;volution &#233;tait une r&#233;volution paysanne. Le sentiment r&#233;volutionnaire qui pr&#233;valait dans toute la Palestine poussait les citadins &#224; porter les habits paysans (le keffieh et l'agal) de telle sorte qu'un paysan venant en ville ne puisse pas &#234;tre harcel&#233; par les autorit&#233;s. Plus tard, on d&#233;cida de s'interdire de porter sur soi les cartes d'identit&#233;s de telle sorte que les autorit&#233;s ne puissent distinguer un citadin d'un rural. Ces &#233;l&#233;ments indiquent tr&#232;s clairement la nature de la r&#233;volution et son influence &#224; l'&#233;poque. La campagne en g&#233;n&#233;ral &#233;tait le terreau de la r&#233;volution et l' occupation temporaire des villes en 1938 ne fut r&#233;alis&#233;e que de l'ext&#233;rieur par des attaques paysannes [90]. Les paysans et les villageois pay&#232;rent aussi le plus lourd tribut &#224; la lutte. En 1938, un grand nombre de paysans furent ex&#233;cut&#233;s pour &#234;tre en possession d'armes. Un rapide coup d'oeil &#224; la liste des noms de ceux qui furent emprisonn&#233;s ou pendus nous montre que dans une tr&#232;s large majorit&#233; il s'agissait de paysans pauvres. Par exemple, &#171; tous les habitants du village de Ain Karem, 3 000 au total, furent condamn&#233;s &#224; s'enregistrer tous les jours &#224; 10 kilom&#232;tres de leur village, au poste de police [91]. &#187; Durant la p&#233;riode, la Grande-Bretagne condamna 2 000 Arabes palestiniens &#224; de lourdes peines, d&#233;molit 5 000 maisons et ex&#233;cuta par pendaison 148 personnes &#224; la prison de Acre, plus de 5 000 personnes croupissaient en prison pour des peines variables [92]. La Grande-Bretagne qui avait abandonn&#233; en novembre 1938 la proposition de partition recommand&#233;e par le Rapport Peel, essayait de gagner du temps. La Conf&#233;rence de la Table Ronde tenue &#224; Londres en f&#233;vrier 1939 fut une illustration typique des transactions douteuses qui se tenaient dans le silence entre le Commandement de la r&#233;volution palestinienne et les Britanniques, qui savaient certainement que le Commandement &#233;tait pr&#234;t &#224; n&#233;gocier &#224; tout moment. Bien s&#251;r Jamal al-Hussaini ne se rendit pas seul &#224; la Conf&#233;rence de la Table Ronde &#224; Londres : il &#233;tait accompagn&#233; de repr&#233;sentants des pays arabes &#171; ind&#233;pendants &#187;. Ainsi, les r&#233;gimes arabes qui &#233;taient des sujets du colonialisme, furent destin&#233;s pour la seconde fois en moins de trois ans &#224; imposer leurs volont&#233;s aux Arabes de Palestine dans le seul int&#233;r&#234;t de ceux qui &#233;taient assis &#224; la table des n&#233;gociations. Les discours de Jamal al-Hussaini, de l'&#233;mir Faysal (Arabie Saoudite), de l'&#233;mir Hussain (Y&#233;men), d'All Mahir (Egypte) et de Nuri al-Sa'id (Irak), qui d&#233;clara qu'il parlait comme un ami intime de la Grande-Bretagne et qu'il ne voulait pas dire un seul mot qui puisse froisser aucun Britannique parce qu'il &#233;tait leur ami du plus profond du coeur [93], confirm&#232;rent le succ&#232;s de la politique britannique suivie depuis si longtemps vis-&#224;-vis de la direction du mouvement national palestinien. Elle ne l'abandonnait pas et lui laissait toujours une porte de sortie de crise. La Grande-Bretagne avait confiance que l'Irak et l'Arabie Saoudite &#171; &#233;taient pr&#233;par&#233;es &#224; user de leurs influences sur les dirigeants palestiniens pour mettre un terme &#224; la r&#233;volution et assurer le succ&#232;s de la Conf&#233;rence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la r&#233;volution ne s'&#233;tait pas &#233;teinte. Selon les rapports officiels, en f&#233;vrier 1939, 110 personnes furent tu&#233;es dans douze engagements contre les troupes britanniques, 112 bless&#233;es. 39 villages furent perquisitionn&#233;s, le couvre-feu fut impos&#233; trois fois dans trois villes diff&#233;rentes, 200 villageois furent arr&#234;t&#233;s, cinq d&#233;partements gouvernementaux furent incendi&#233;s, dix Arabes furent ex&#233;cut&#233;s pour port d'armes, dix colonies juives furent attaqu&#233;es, l'ol&#233;oduc fut sabot&#233;, un train entre Ha&#239;fa et Lydda attaqu&#233; et un poste de recherche install&#233; pr&#232;s de la mosqu&#233;e al-Aqsa. Les rapports britanniques pr&#233;sent&#233;s par le Secr&#233;taire Colonial montrent qu' &#171; entre le 20 d&#233;cembre et le 29 f&#233;vrier, il y eut 348 tentatives d'assassinat, 140 actes de sabotage, 19 kidnappings, 23 braquages, 32 explosions de bombes, 9 mines, o&#249; l'Arm&#233;e perdit 18 hommes et eut 39 bless&#233;s, les Palestiniens perdirent 83 hommes et eurent 124 bless&#233;s, ces chiffres ne comprennent pas les pertes des rebelles&#8230; [94] &#187; Les choses continu&#232;rent ainsi jusqu'en septembre 1939, le mois o&#249; fut d&#233;clench&#233;e la Seconde Guerre Mondiale. Les Palestiniens avaient essuy&#233; des pertes irrempla&#231;ables ; la direction &#233;loign&#233;e de l'esprit de compromis &#233;tait &#224; l'&#233;tranger, les commandements locaux nouvellement constitu&#233;s tombaient les uns apr&#232;s les autres sur les diff&#233;rents champs de bataille, l'oppression britannique avait atteint son apog&#233;e et la violence sioniste s'intensifiait constamment depuis la moiti&#233; de 1937. Il n'y a pas de doute que la pr&#233;sence concentr&#233;e britannique et sa persistance sur le th&#233;&#226;tre des op&#233;rations en Palestine avaient &#233;puis&#233;es les rebelles, qui ne savaient plus avec leur direction qui ils devaient combattre et pourquoi. Par moment, la direction parlait d'amiti&#233; traditionnelle et d' int&#233;r&#234;ts communs avec la Grande-Bretagne, par moment, elle allait plus loin en acceptant de garantir l'autonomie des juifs sur les zones o&#249; ils &#233;taient implant&#233;s. Il ne fait aucun doute que l'oscillation de la direction et que son incapacit&#233; &#224; d&#233;terminer un objectif clair de lutte jou&#232;rent leur r&#244;le dans l'affaiblissement de la r&#233;volution. Mais cela ne doit pas nous conduire &#224; n&#233;gliger le facteur objectif : les Britanniques utilis&#232;rent deux divisions de troupes, plusieurs escadrons a&#233;riens, la police et la Force Frontali&#232;re Transjordanienne ainsi qu'une force sioniste forte de six mille hommes pour prendre le contr&#244;le de la situation. (La Commission Peel admit que les d&#233;penses s&#233;curitaires en Palestine pass&#232;rent de 826 000 Livres Palestiniennes en 1935 &#224; 2,223 millions en 1936). Cette campagne de terrorisme et les efforts d&#233;ploy&#233;s pour couper les rebelles de leurs liens avec les villages &#233;puis&#232;rent la r&#233;volution. La mort d'Abd al-Rahim al-Hajj Muhammad en mars 1939 survint comme un coup terrible port&#233; &#224; la r&#233;volte, la privant d'un de ses plus braves, de ses plus sages et honn&#234;tes dirigeants populaires r&#233;volutionnaires. Apr&#232;s sa mort, les commandements locaux disparurent et quitt&#232;rent le terrain. De plus, le rapprochement franco -britannique &#224; la veille de la Seconde Guerre Mondiale rendit plus facile la d&#233;faite de la r&#233;volution. Arif abd al-Razzaq, poursuivi et affam&#233;, fut remis aux Fran&#231;ais avec certains de ses hommes, les forces jordaniennes arr&#234;t&#232;rent Yusuf Abu Daur et le remirent aux Britanniques qui l'ex&#233;cut&#232;rent. Le terrorisme britannique et sioniste contre les villages avait apeur&#233; les gens dans leur soutien aux rebelles et leur approvisionnement en armes et nourriture, et faute d'un minimum d'organisation il devenait impossible de surmonter ces obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste de Palestine attribua alors la d&#233;faite de la r&#233;volution &#224; cinq principales causes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'absence d'une direction r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'individualisme et l'opportunisme des dirigeants de la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le manque d'un commandement central des forces de la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la faiblesse du Parti Communiste de Palestine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la situation mondiale peu propice [95].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble cette critique est correcte, mais on doit rajouter &#224; ces causes le fait que le Parti Communiste &#233;tait proche de la direction d'Hajj Amin al-Hussaini dans lequel il voyait &#171; l'appartenance &#224; l'aile la plus anti-imp&#233;rialiste du mouvement nationaliste &#187; et dont les ennemis &#233;taient &#171; des tra&#238;tres f&#233;odaux &#187; [96]. Et ceci malgr&#233; le fait que le groupe du Mufti n'eut aucune h&#233;sitation &#224; liquider les &#233;l&#233;ments de gauche qui essayait de p&#233;n&#233;trer les cercles ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche communiste, en plus d'&#234;tre faible, fut incapable de se d&#233;velopper &#224; la campagne ; elle resta concentr&#233;e dans certaines villes. Elle &#233;choua &#224; arabiser le Parti, comme l'avait recommand&#233; le VIIe Congr&#232;s du Komintern et resta victime de ses vues limit&#233;es de l'unit&#233; arabe, et des relations avec le reste de la patrie arabe, ce qui avait des r&#233;percussions organisationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le d&#233;faut qui est le plus responsable de la d&#233;faite fut le grand foss&#233; creus&#233; par le d&#233;veloppement rapide de la soci&#233;t&#233; en Palestine, sa transformation extr&#234;mement violente d'une soci&#233;t&#233; agricole arabe en une soci&#233;t&#233; juive industrielle. Ce fut la raison r&#233;elle qui emp&#234;cha la bourgeoisie nationale arabe et la petite bourgeoisie de jouer leur r&#244;le historique dans le mouvement national palestinien et permit aux dirigeants f&#233;odaux et religieux de diriger sans rivaux ce mouvement pour une longue p&#233;riode. Le Docteur Abd al-Wahhab al-Kayyali pointe une autre cause importante. &#171; Lassitude du combat &#187;, &#171; La pression militaire constante, l'espoir de l'application de certains aspects du Livre Blanc, et le manque d'armes et de munitions eurent leur part dans la difficult&#233; de continuer la r&#233;volte. De plus, vu que le monde se dirigeait vers le d&#233;clenchement de la Seconde Guerre Mondiale, la France supprima le quartier g&#233;n&#233;ral des rebelles &#224; Damas [97]. &#187; Enfin, nous pouvons ajouter deux autres facteurs en corr&#233;lation : l'attitude de la Transjordanie, de son r&#233;gime servile dirig&#233; par l'&#233;mir Abdullah et l'activit&#233; des agents contre-r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur du mouvement et qui se situait &#224; la p&#233;riph&#233;rie des activit&#233;s terroristes des forces britanniques et sionistes. Le Parti de la D&#233;fense Nationale, dirig&#233; par Raghib Nashashibi, joua le r&#244;le de repr&#233;sentant l&#233;gal du r&#233;gime servile de Transjordanie dans le mouvement national palestinien. Cette liaison &#233;tait probablement une sorte de camouflage car le parti &#233;tait dans l'incapacit&#233; de r&#233;v&#233;ler ses liens de servilit&#233; avec le colonialisme britannique quand le principal ennemi au coeur m&#234;me de la bataille &#233;tait ce m&#234;me colonialisme britannique. C'est pourquoi, le lien avec le r&#233;gime de Transjordanie &#233;tait une sorte de camouflage accept&#233; par les deux parties. Le Parti de la D&#233;fense Nationale &#233;tait un petit groupe d'Effendis urbains qui repr&#233;sentait les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie compradore ascendante et qui commen&#231;ait &#224; d&#233;couvrir que son existence et sa croissance &#233;taient li&#233;es non seulement au colonialisme britannique mais aussi au mouvement sioniste qui contr&#244;lait la transformation industrielle de l'&#233;conomie palestinienne. La situation de cette classe nous permet de r&#233;sumer son r&#244;le historique en disant qu'elle &#171; coop&#233;rait avec les autorit&#233;s d'occupation sur le plan administratif, avec le sionisme sur le plan commercial, qu'elle vendait la terre aux juifs, cassait le mouvement, v&#233;hiculait le doute, embourbait l'activit&#233; nationaliste, renfor&#231;ait les liens entre Abdullah, Hussein et les sionistes en 1923-24 dans le soutien &#224; l' immigration, soutenait le Mandat dans les ann&#233;es vingt, la partition dans les ann&#233;es trente, d&#233;fendait l'&#233;tablissement d'un foyer national juif sur une partie de la Palestine et le transfert d'une autre partie &#224; la Transjordanie&#8230; etc. [98]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mir Abdallah de Transjordanie mit un terme au mouvement de masse transjordanien apr&#232;s que celui-ci ait d&#233;cid&#233; &#224; une Conf&#233;rence Populaire tenue par Mithgal al-Faiz dans le village d'Umm al-Amd de soutenir la r&#233;volution palestinienne en hommes et en mat&#233;riel. Les Britanniques avaient d&#233;cid&#233; de consid&#233;rer la Transjordanie, d&#232;s lors, comme une partie du th&#233;&#226;tre des op&#233;rations contre les activit&#233;s des rebelles palestiniens. Le r&#244;le jou&#233; par le r&#233;gime servile transjordanien ne se limita pas &#224; cela. Il ferma les routes menant en Irak pour pr&#233;venir toute aide, r&#233;duisit les mouvements des dirigeants palestiniens qui avaient &#233;t&#233; oblig&#233;s d'accro&#238;tre leurs activit&#233;s depuis la Transjordanie apr&#232;s la construction d'un r&#233;seau d'&#233;tranglement de barbel&#233;s &#224; la fronti&#232;re nord de la Palestine. Les activit&#233;s de ce r&#233;gime culmin&#232;rent avec l'arrestation en 1939 de deux dirigeants palestiniens. L'un d'entre eux, Yusuf Abu Durrar, fut livr&#233; aux Britanniques qui l' ex&#233;cut&#232;rent. Les forces transjordaniennes &#233;taient engag&#233;es aux c&#244;t&#233;s des troupes britanniques et des bandes sionistes dans leur chasse aux rebelles. Il ne fait aucun doute que le r&#244;le jou&#233; par le r&#233;gime transjordanien encouragea les &#233;l&#233;ments de la contre-r&#233;volution int&#233;rieure &#224; mettre sur pied leurs activit&#233;s. Nombre de dirigeants du Parti de la D&#233;fense Nationale prirent part &#224; l'&#233;tablissement de ce qu'ils appelaient des &#171; d&#233;tachements de paix &#187;, de petites forces mercenaires, form&#233;es en coop&#233;ration avec les Britanniques et qui aidaient &#224; la chasse aux rebelles, prenaient part aux combats contre eux et les chassaient de leurs positions. Fakhri al-Nashashibi &#233;tait un des dirigeants de ces d&#233;tachements, les armant et les dirigeant dans leurs activit&#233;s&#8230; .ce qui conduisit &#224; son assassinat quelques mois apr&#232;s la fin de la r&#233;volution [99]. Avant cela, la sauvage campagne britannique pour d&#233;sarmer la Palestine enti&#232;re avait compt&#233; sur &#171; l'encouragement des &#233;l&#233;ments hostiles au Mufti &#224; renseigner les Britanniques et &#224; identifier les rebelles [100]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude de l'Irak et de l'Arabie Saoudite ne fut pas meilleure que celle du r&#233;gime jordanien. A la Conf&#233;rence de Londres, ils exprim&#232;rent leur disponibilit&#233; &#171; &#224; user de leur influence sur les dirigeants palestiniens pour mettre un terme &#224; la r&#233;volte [101]. &#187; Tout ceci ne permit pas cependant aux dirigeants contre-r&#233;volutionnaires (les agents des Britanniques) de devenir une force de poids parmi les masses. Au contraire, ceci renfor&#231;a le Mufti et sa direction, alors qu'on encourageait les &#233;l&#233;ments contre-r&#233;volutionnaires, entre autre chose, &#224; mod&#233;rer celui-ci et &#224; le confiner dans un cadre qui pouvait &#234;tre contr&#244;l&#233;. Les Britanniques agirent en accord avec leur conviction qu'al- Nashashibi ne pouvait &#234;tre une alternative au Mufti. Le tr&#232;s faible degr&#233; de manoeuvre de l'autorit&#233; du Mufti, qui &#233;tait le r&#233;sultat de conflits mineurs en cours entre le colonialisme fran&#231;ais en Syrie et au Liban et le colonialisme britannique, ne fut pas capable de conduire &#224; un changement radical de direction, et il atteint un point d'ancrage fort &#224; la veille de la guerre. Tous ces faits dans leur globalit&#233; montrent que la r&#233;volution palestinienne fut attaqu&#233;e en trois points vitaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur le plan subjectif &#8211; l'incapacit&#233;, l'oscillation, la faiblesse, la subjectivit&#233; et l'anarchie de ses diff&#233;rents dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur le plan arabe &#8211; la collusion des r&#233;gimes arabes pour faire &#233;chouer la r&#233;volution et un mouvement nationaliste arabe populaire faible qui ne se solidarisait avec la r&#233;volution palestinienne que d'une fa&#231;on s&#233;lective, subjective et marginale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur le plan international &#8211; le d&#233;s&#233;quilibre immense dans l'&#233;quilibre objectif des forces qui voyait l'alliance de tous les membres du camp colonialiste avec le mouvement sioniste qui &#233;tait renforc&#233; par la mise &#224; sa disposition d'une force de frappe consid&#233;rable &#224; la veille de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les meilleures estimations des pertes humaines Arabes durant la r&#233;volution de 1936-39 donnent 19 972 tu&#233;s ou bless&#233;s durant les quatre ann&#233;es, incluant les pertes Arabes palestiniennes victimes des bandes sionistes. Cette estimation est bas&#233;e sur les premi&#232;res conclusions contenues dans les rapports officiels britanniques, compar&#233;es &#224; d'autres documents 102 . On estime selon ces calculs que 1200 Arabes furent tu&#233;s en 1936, 120 en 1937, 1200 en 1938 et 1200 en 1939. De plus, 112 Arabes furent ex&#233;cut&#233;s et 1200 autres tu&#233;s dans diverses op&#233;rations terroristes. Ce qui donne au total 5 032 tu&#233;s durant la r&#233;volution de 1936-39 et 14 760 bless&#233;s. Le nombre des d&#233;tenus fut de 816 en 1937, 2 463 en 1938 et 5 679 en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification r&#233;elle de ces chiffres peut &#234;tre comprise par comparaison. En relation avec le nombre d'habitants, les pertes palestiniennes en 1936-39 auraient signifi&#233; la perte de 200 000 Britanniques, 600 000 bless&#233;s et 1,22 millions de d&#233;tenus. Dans le cas des USA, 1 million de tu&#233;s, 3 millions de bless&#233;s, 6 millions de d&#233;tenus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le dommage le plus s&#233;rieux et r&#233;el tient dans le d&#233;veloppement rapide des secteurs &#233;conomiques et militaires qui permit les fondations de l'entit&#233; coloniale sioniste en Palestine. Il n'y a pas d'exag&#233;ration &#224; affirmer que la pr&#233;sence militaire et &#233;conomique sioniste, dont les liens avec l'imp&#233;rialisme augmentaient fortement, a &#233;tabli ses principales fondations durant cette p&#233;riode et un historien isra&#233;lien a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; dire que &#171; les conditions de la victoire sioniste de 1948 ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es durant la p&#233;riode de la r&#233;volte arabe [103]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique g&#233;n&#233;rale suivie par les sionistes durant cette p&#233;riode peut &#234;tre vue comme une profonde d&#233;termination &#224; &#233;viter tout conflit entre eux et les autorit&#233;s mandataires britanniques, alors que ces derni&#232;res sous la pression des rebelles arabes, &#233;taient oblig&#233;es de refuser certaines revendications du mouvement sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sionistes savaient que si ils donnaient aux Britanniques, qui avaient la plus forte et la plus agressive arm&#233;e coloniale du monde, la chance d'&#233;craser la r&#233;volution arabe en Palestine, cette arm&#233;e rendrait un tr&#232;s grand service &#224; leurs projets, plus qu'ils ne l'avaient r&#234;v&#233;. Ainsi, les plans sionistes s'articul&#232;rent autour de deux lignes parall&#232;les : la plus proche alliance possible avec la Grande-Bretagne &#8211; dans le cadre fix&#233; par le vingti&#232;me Congr&#232;s sioniste tenu &#224; l'&#233;t&#233; 1937, et qui avait exprim&#233; sa disponibilit&#233; &#224; accepter la partition pour se concilier les Britanniques et &#233;viter une rupture avec eux. Cette politique fut adopt&#233;e pour permettre &#224; l'Empire Britannique d'&#233;craser la r&#233;volution arabe qui avait repris &#224; l'&#233;t&#233;. L'autre ligne directrice consistait en la mobilisation interne et continue de la soci&#233;t&#233; des colons sionistes, sous le slogan adopt&#233; par Ben Gourion &#171; Pas d'alternative &#187; qui mettait en avant la n&#233;cessit&#233; de poser les fondations d' une soci&#233;t&#233; militaris&#233;e et de ses instruments &#233;conomiques et militaires. La question d'une conciliation la plus grande possible avec les Britanniques, en d&#233;pit du fait qu'ils avaient par exemple pris des mesures pour r&#233;duire l'immigration juive, fut un tournant dans l'histoire de la politique sioniste durant cette p&#233;riode. Malgr&#233; le fait que certains &#233;l&#233;ments dans le mouvement rejetaient ce qui &#233;tait appel&#233; &#171; self -control &#187;, la voix de cette minorit&#233; n'eut aucun effet. Ce qui &#233;tait la r&#232;gle de cette politique des sionistes fut r&#233;sum&#233;e par Weizman lorsqu'il dit : &#171; Il y a une compl&#232;te similarit&#233; d'int&#233;r&#234;ts entre les sionistes et les Britanniques en Palestine. &#187; Durant cette p&#233;riode, la coop&#233;ration et l'interaction de ces deux lignes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) l'alliance avec le mandat britannique au plus haut point,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) la mobilisation de la soci&#233;t&#233; coloniale juive, eut des cons&#233;quences extr&#234;mement importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie juive trouva avantage dans le d&#233;clenchement de la r&#233;volte arabe pour implanter de nombreux projets qu'elle n'aurait pu implanter dans des circonstances autres. Lib&#233;r&#233;e soudainement de la concurrence des produits agricoles arabes palestiniens moins chers, cette bourgeoisie promut son existence &#233;conomique. Bien s&#251;r cela aurait &#233;t&#233; impossible sans le concours des Britanniques. Durant la r&#233;volution, les sionistes et les autorit&#233;s mandataires r&#233;ussirent &#224; construire un r&#233;seau de routes reliant les principales colonies sionistes et les villes, qui constitua plus tard une partie essentielle de l'infrastructure de l'&#233;conomie sioniste. Ainsi, la route principale entre Ha&#239;fa et Tel-Aviv fut pav&#233;e, et le port d'Ha&#239;fa fut &#233;tendu et &#233;largi, et un port fut construit &#224; Tel Aviv pour faire mourir le port de Jaffa. De plus, les sionistes monopolis&#232;rent les contrats de fournitures aux troupes britanniques qui arrivaient massivement en Palestine. Cinquante colonies sionistes furent &#233;tablies entre 1936 et 1939, et entre 1936 et 1938, les juifs investirent 1,26 millions de Livres Palestiniennes pour la cr&#233;ation d'emplois dans cinq villes juives, alors que les Arabes n'investirent que 120 000 Livres Palestiniennes dans seize villages durant la m&#234;me p&#233;riode. Les juifs s'engag&#232;rent massivement dans les projets s&#233;curitaires pour absorber un grand nombre d'ouvriers juifs au ch&#244;mage qui se pressaient toujours plus nombreux aux fronti&#232;res de la Palestine. &#171; Les Britanniques employ&#232;rent des travailleurs juifs dans la construction &#224; hauteur de 100 000 Livres Palestiniennes [104]. &#187; ainsi que pour des douzaines d' autres projets. Les &#233;tudes r&#233;alis&#233;es post&#233;rieurement nous donnent une meilleure id&#233;e : la valeur des exportations des produits locaux manufactur&#233;s passa de 478 807 LP en 1935 &#224; pr&#232;s du double (896 875 LP) en 1937, malgr&#233; la r&#233;volte [105]. Cela ne peut s'expliquer que par l'activit&#233; croissante de l'&#233;conomie juive. Cette mobilisation s'&#233;tendait du domaine &#233;conomique en alliance avec le mandat, jusqu'au domaine militaire, en collusion avec le mandat. Les Britanniques r&#233;alis&#232;rent que leur alli&#233; sioniste &#233;tait qualifi&#233; pour remplir le r&#244;le qu'aucun autre n'aurait pu jouer si bien. En fait, Ben Gourion ne dit qu'une partie de la v&#233;rit&#233; lorsqu'il admet que le nombre de recrues juives dans la force arm&#233;e quasi-polici&#232;re se portait &#224; 2 863 en septembre 1936, car il ne s'agit que d'une partie des forces juives : il y avait 12 000 hommes dans la Haganah en 1937 et 3 000 autres dans l'Organisation Militaire Nationale de Jabotinski [106].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur alliance, comme repr&#233;sentants r&#233;els du mouvement sioniste, avec le colonialisme britannique conduisit &#224; l'id&#233;e d'une &#171; quasi-force de police &#187; &#224; l'&#233;t&#233; 1936. L'id&#233;e servait de couverture &#224; une pr&#233;sence arm&#233;e sioniste encourag&#233;e par les Britanniques. Cette force servit de transition pendant quelques mois durant lesquels la Haganah se pr&#233;parait &#224; &#233;voluer vers une nouvelle &#233;tape d&#233;but 1937. Non seulement les Britanniques en &#233;taient conscients mais en plus ils aidaient &#224; ce passage. Cette &#233;tape consistait en des patrouilles et des op&#233;rations limit&#233;es contre les Arabes palestiniens, l'objectif central &#233;tant la dispersion et la confusion. Il aurait &#233;t&#233; impossible d'avancer vers cette &#233;tape et de maintenir la &#171; confiance &#187; (l'alliance) avec les autorit&#233;s mandataires si il ne s'&#233;tait agit du r&#233;sultat d'un plan conjoint. Ben Gourion affirme que la farce d'une police suppl&#233;tive sioniste servit &#171; d'atelier &#187; pour l'entra&#238;nement de la Haganah [107]. A l'&#233;t&#233; 1937, cette force re&#231;ut le nom de &#171; D&#233;fense des Colonies Juives &#187; puis plus tard de &#171; Police des Colonies &#187;. Elle &#233;tait supervis&#233;e par le mandat britannique dans tout le pays, et les Britanniques entra&#238;naient ses membres. En 1937, elle fut renforc&#233;e de 3 000 nouveaux membres, qui prirent part dans leur ensemble au r&#244;le direct des op&#233;rations r&#233;pressives contre les rebelles palestiniens en particulier dans le nord. En juin 1938, les Britanniques d&#233;cid&#232;rent que des op&#233;rations offensives devaient &#234;tre prises contre les rebelles. A ce titre, ils donn&#232;rent des instructions sur l'entra&#238;nement de nombreux cadres de la Haganah qui devinrent plus tard les cadres de l'arm&#233;e isra&#233;lienne [108]. D&#233;but 1939, l'arm&#233;e britannique organisa dix groupes de la &#171; Police des Colonies &#187; bien arm&#233;s, auxquels on donna des noms h&#233;breux. Les membres de cette force furent autoris&#233;s &#224; abandonner le &#171; Qalbaq &#187;, couvre-chef officiel, pour le chapeau australien de brousse, afin de les rendre plus distincts. Ces groupes totalis&#232;rent 14 411 hommes, chacun des groupes &#233;tait command&#233; par un officier britannique, assist&#233; d'un second d&#233;sign&#233; par l'Agence Juive. En &#233;t&#233; 1939, les sionistes b&#233;n&#233;ficiaient aussi de 62 unit&#233;s m&#233;canis&#233;es de 8 &#224; 10 hommes chacune. Au printemps 1938, le commandement britannique d&#233;cida de confier &#224; ces &#233;l&#233;ments sionistes la d&#233;fense des chemins de fer entre Ha&#239;fa et Ludd qui &#233;taient fr&#233;quemment attaqu&#233;s par les partisans palestiniens, et il envoya 434 hommes pour ex&#233;cuter cette mission. Six mois plus tard, l' Agence juive r&#233;ussit &#224; porter ce nombre &#224; 800. Cela n'&#233;tait pas qu'au service du renforcement militaire sioniste mais aussi pour l' absorption et l'emploi de nombreux ouvriers juifs au ch&#244;mage dans les villes. Dans cette optique, le prol&#233;tariat juif fut pouss&#233; &#224; travailler dans les organisations r&#233;pressives, non seulement dans les projets s&#233;curitaires britanniques dirig&#233;s contre la r&#233;volution, mais aussi dans la force militaire sioniste. Les fondations de l'appareil militaire sioniste furent &#233;tablies sous le contr&#244;le britannique. La force sioniste &#224; laquelle on avait confi&#233; la d&#233;fense de la ligne de chemins de fer Ha&#239;fa-Ludd fut en charge, plus tard, de la d&#233;fense de l' ol&#233;oduc de la plaine de Bashan. Cet ol&#233;oduc, construit de fra&#238;che date (1934), pour apporter le p&#233;trole de Kirkouk &#224; Ha&#239;fa, avait &#233;t&#233; attaqu&#233; &#224; de nombreuses reprises par les rebelles palestiniens. Cela avait une grande valeur symbolique pour les rebelles arabes, qui &#233;taient conscients de la valeur du p&#233;trole pour les exploiteurs britanniques, et c'est pourquoi ils le br&#251;l&#232;rent pour la premi&#232;re fois pr&#232;s d'Irbid le 15 juillet 1936. Il fut attaqu&#233; plus tard de nombreuses fois : pr&#232;s des villages de Kaukab, d'Hawa, de Mihna Israil, d'Iksal, entre at-Ufula et Bashan, et &#224; Tell Adas, Bira, Ard al-Marj, Tamra, Kafr Misir, Jisr al-Majami, Jinjar, Bashan et Ain Daur. Les Britanniques &#233;taient incapables de d&#233;fendre cet ol&#233;oduc vital et admirent que le &#171; pipe &#187;, comme le surnommaient les paysans arabes palestiniens, &#233;tait magnifi&#233; dans le folklore qui glorifiait les actes d'h&#233;ro&#239;sme populaire. Les Britanniques mirent une protection minimum autour de l'ol&#233;oduc. En Palestine, il &#233;tait d&#233;fendu par les groupes sionistes, et en Transjordanie, il &#233;tait d&#233;fendu par le Sheikh Turki ibn Zain, chef d'une sous division de la tribu des Bani Sakhr, que la compagnie autorisait &#224; patrouiller dans le d&#233;sert [109]. Ben Gourion r&#233;v&#233;la souvent ce fait, que les Britanniques pensaient &#233;tablir une force a&#233;rienne sioniste pour la d&#233;fense de ces int&#233;r&#234;ts. Les Britanniques dans un stade initial furent capables de voir la strat&#233;gie plus tard d&#233;sign&#233;e par les Am&#233;ricains de &#171; vietnamisation &#187;. C'&#233;tait tr&#232;s important parce que c'est &#224; partir de cet incident que les Britanniques acquirent la conviction que la formation d'une force de frappe sioniste r&#233;soudrait de nombreux probl&#232;mes en relation avec la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes, que cette formation prot&#233;gerait ses int&#233;r&#234;ts. L'officier britannique Charles Orde Wingate joua un r&#244;le important pour traduire l'alliance britannico-sioniste en pratique. Les historiens sionistes tentent de donner l'impression que les efforts de Wingate &#233;taient la cons&#233;quence de son temp&#233;rament personnel et de son engagement &#171; id&#233;aliste &#187;. Mais il est clair que cet officier des renseignements, qui avait &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; Ha&#239;fa par ses chefs &#224; l'automne 1937, &#233;tait en charge d'une t&#226;che sp&#233;cifique : la formation d'un noyau de forces de frappe pour la force arm&#233;e sioniste qui avait six mois d'existence et qui exigeait de la pr&#233;paration. Cet officier britannique que les soldats &#171; isra&#233;liens &#187; voient comme le v&#233;ritable fondateur de l'arm&#233;e &#171; isra&#233;lienne &#187; fit du probl&#232;me de l'ol&#233;oduc sa t&#226;che sp&#233;cifique, impliquant des op&#233;rations de terrorisme et de massacres, et c'est lui en personne qui prit le soin de former ses prot&#233;g&#233;s &#224; Ain Daur, parmi lesquels figurait Mosh&#233; Dayan, &#224; devenir des experts dans de telles op&#233;rations. Il ne fait aucun doute, qu'en plus de ses qualit&#233;s d'officier imp&#233;rialiste exp&#233;riment&#233;, Wingate &#233;tait habit&#233; d'une haine raciste illimit&#233; pour les Arabes. Il est clair dans les biographies r&#233;alis&#233;es par ceux qui le connurent qu'il prenait du plaisir &#224; torturer et &#224; tuer des paysans arabes [110].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aide d'imp&#233;rialistes comme Wingate et des dirigeants r&#233;actionnaires du type de l'Emir Abdullah, les Britanniques firent de leur mieux pour que le mouvement sioniste devienne, aux niveaux &#233;conomique et militaire, une t&#234;te de pont pour sauvegarder leurs int&#233;r&#234;ts. Selon la conviction de tous, tout ceci arriva parce que la direction du mouvement national palestinien n'&#233;tait pas suffisamment r&#233;volutionnaire et ne put faire face &#224; ses ennemis unis. Le mouvement national palestinien, paralys&#233; par des facteurs subjectifs que nous avons mentionn&#233;s et par les violentes attaques des Britanniques et des sionistes se trouvait dans une situation tr&#232;s difficile &#224; la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Les affirmations des historiens selon lesquelles les Arabes stopp&#232;rent leur r&#233;volution pour permettre aux Britanniques de mener la guerre contre le nazisme sont d&#233;menties par les faits et par le fait que Hajj Amin al-Hussaini trouva refuge en Allemagne nazie durant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude, dans sa globalit&#233;, pr&#233;sente le tableau politique et social qui pr&#233;valait entre les ann&#233;es 1936 et 1939. C'est cette situation, avec les relations dialectiques contenues en son sein, qui explique la stagnation du mouvement national palestinien durant la guerre. Quand la guerre prit fin, les Britanniques constat&#232;rent que le mouvement national palestinien avait &#233;t&#233; &#233;cras&#233; : sa t&#234;te bris&#233;e, sa base affaiblie et son tissu social d&#233;sint&#233;gr&#233; par les changements violents qui avaient pris place dans la soci&#233;t&#233;, l'&#233;chec de ses dirigeants et de ses partis &#224; l'organiser et &#224; le mobiliser, la faiblesse et la confusion de la gauche et l'instabilit&#233; du mouvement nationaliste dans les pays arabes voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le mouvement sioniste entrait dans les ann&#233;es quarante en trouvant le terrain d&#233;gag&#233; pour lui, dans un climat international extr&#234;mement favorable pour lui, cons&#233;quence de l'ambiance politique et psychologique cons&#233;cutive aux massacres des juifs par Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;gimes arabes dans les pays arabes voisins &#233;taient des r&#233;gimes bourgeois au sens historique, mais sans r&#233;el pouvoir. Il n'y avait pas dans la soci&#233;t&#233; juive en Palestine de mouvement de gauche capable d'exercer sa pression dans une direction oppos&#233;e &#224; ce que l'enti&#232;re soci&#233;t&#233; f&#251;t consacr&#233;e au colonialisme par l'invasion. La gauche palestinienne avait, durant la Seconde Guerre Mondiale, perdu l'initiative, qu'elle avait commenc&#233; &#224; mettre en avant dans les ann&#233;es trente comme le r&#233;sultat du changement de politique du Komintern. Elle avait &#233;chou&#233; &#224; arabiser le Parti. Plus encore, la gauche communiste &#233;tait sujette encore plus &#224; la r&#233;pression de la direction arabe d&#233;faite. (Par exemple, les hommes du Mufti assassin&#232;rent le dirigeant syndicaliste Sami Taha &#224; Ha&#239;fa le 12 septembre 1947. Ils avaient auparavant tu&#233; &#224; Jaffa, le syndicaliste Michel Mitri qui avait jou&#233; un grand r&#244;le dans la mobilisation des ouvriers arabes en 1936).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci rendit capable le mouvement sioniste dans le milieu des ann&#233;es quarante de mettre sur pied son premier conflit contre le colonialisme britannique apr&#232;s des ann&#233;es d'alliance. Ainsi, en 1947, les circonstances devinrent favorables pour r&#233;colter les fruits de la d&#233;faite de la r&#233;volution de 1936, ce qui avait &#233;t&#233; retard&#233; par l'explosion de la Seconde Guerre Mondiale. Le temps mis pour achever le second chapitre de la d&#233;faite palestinienne, de la fin 1947 au milieu de 1948, s'&#233;coula rapidement parce qu'il n'&#233;tait que la conclusion d'un long et sanglant chapitre qui s'&#233;tait &#233;crit d'avril 1936 &#224; septembre 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Himadeh Said (ed.), Economic Organization of Palestine, American University of Beirut, Beirut 1939, p.32.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Menuhin Moshe, The Decadence of Judaism in our Time, Institute of Palestine Studies, Beirut, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Weinstock Nathan, Le Sionisme - Contre Isra&#235;l, Maspero, Paris, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Weinstock, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Himadeb, op. cit, p.373.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Ibid, p.376.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Collection of Arab testimonies in Palestine before the British Royal Commission, al- Itidal Press Damascus, 1938, p.54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Ibid. , p.55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Himadeh, op. cit., (le nombre de ch&#244;meurs s&#180;&#233;levait &#224; 4000 rien qu&#180;&#224; Jaffa apr&#232;s 1936, voir note 5 p.55).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 Collection , op. cit. p.55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 Ibid. p.55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Davar n&#186; 3462 (voir note 13. p.661.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 Collection, op. cit ., p.15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 Ibid., p.66.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 Ibid., p.59.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 Yehuda Bauer, The Arab Revolt of 1936, New Outlook, Vol.9 No. 6 (81), Tel-Aviv, 1966, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 Ibid. , p.51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 En 1930, le nombre d&#180;ouvriers arabes dans le b&#226;timent chuta de 1500 &#224; 500 alors que le nombre d&#180;ouvriers juifs dans ce secteur s&#180;&#233;leva de 550 &#224; 1600.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 Jusqu&#180;en 1931, les sionistes expuls&#232;rent 20 000 paysans arabes palestiniens apr&#232;s avoir rachet&#233; les terres sur lesquels ils travaillaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 Haim Hanagbi, Moshe Machover, Akiva Orr. The Class Nature of Israel, New Left Review (65), Jan-Feb 1971, p.6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 Theodor Herzl, Selected Works, Newman Ed,Vol.7, Book 1. Tel Aviv, p.86.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 Exco Foundation for Palestine. Inc., Palestine. A Study of Jewish, Arab and British Policies, Vol. 1, Yale University Press, 1947, p.561.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 Kayyali Abdulwahhab, Modern History of Palestine, Arab Institute of Studies and Publication, Beirut, 1970. p.174.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 Documents of the Palestine Arab Resistance (1918-1939). Beirut, p.22-25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 Action among the peasants and the struggle against Zionism, The Palestine Communist Party Theses for 1931 , Communist Internationalism and the Arab Revolution , Dar al-Haqiqa, Beirut, p.54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 Ibid. , p.122, 121.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 Ibid. , p.124.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 Ibid. , p.162.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 Himadeh, Ibid. ,p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32 Communist Internationalism , p. 135-145.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33 Weinstock. Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34 Collection , p.34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35 La Sublime Porte avait accord&#233; cette terre &#224; la Famille Sursuk du Liban en retour de services rendus. Voir aussi : Hadawi, Palestine Under the Mandate , 1920-1940, Palestine Studies, Kuwaiti Alumni Association, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36 En 1934, les sionistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37 Ibid ., p.39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38 Hadawi., op. cit. , p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39 Collection , p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 Ibid. , p. 56.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41 Ibid. , p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42 Himadeh, op. cit ., p. 376.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43 Collection , p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44 Ibid ., p. 62-63.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45 Ibid ., p. 62.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;46 Ibid. , p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;47 Ibid. , p. 63.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;48 Rony E. Gubbay, A Political Study of the Arab-Jewish Conflict , Librairie de Droz, Gen&#232;ve, 1959, p.29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;49 Communist Internationalism , p. 143-144. 12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;50 Collection , p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;51 Himadeh, op. cit. , p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;52 Arab Society , by Dr. Ali Ahmed Issa, quoted in Yusra Arnita, Folkloric Arts in Palestine , Beirut, Palestine Research Center, P.L.O.p. 187. 14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;53 Yaghi , Dr. Abdul Rahman, Modern Palestinian Literature . Beirut, p. 232.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;54 Ibid. , p. 237.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;55 Ibid. , p. 283.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;56 Our Popular Songs , by Nimr Sirhan, Jordan, Ministry of Culture and Information, p. 157.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;57 Ibid. , p. 299-300.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;58 Ibid. , p. 301.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;59 Yehuda Bauer, op. cit. , p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;60 Sifri Issa, Arab Palestine Under the Mandate &amp; Zionism , the New Palestine Bookshop, Jaffa, 1937, Vol. II p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;61 Palestinian Struggle over half a century , by Saleh Bouyissir, al-Fatah House, Beirut, p. 180.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;62 The Great Arab Revolution in Palestine , al-Hana House, Damascus, Subhi Yasine, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;63 Bouyissir, op. cit ., p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;64 Kayyali, op. cit ., p.302.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65 Collection , p. 96.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;66 Hadawi, op. cit ., p. 38.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;67 Yasin Subhi, op. cit. , p. 22-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;68 Ibid. , p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;69 Kayyali, op. cit. , p. 296.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;70 Palestine , n&#186; 94, Jan 1,1969, Arab Higher Committee, Beirut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;71 Ibid. , n&#186; 94, p. 19. 22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;72 Kayyali, op. cit. , p. 296.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;73 Palestine's Economic Future , Percy, Lund H, London, 1946, p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;74 Sifri, op. cit. , p. 39-40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;75 Kayyali, op. cit. , p. 311.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;76 Sifri, op. cit ., p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;77 Ibid. , p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;78 Kayyali, op. cit. , p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;79 Documents , p.454.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;80 Ibid. , p. 457.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;81 Ibid. , p. 458.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;82 Collection , p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;83 Kayyali, op. cit. , p. 326.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;84 Neville Barbour, Nisi Dominus , London, p. 183-193.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;85 Kayyali, op. cit. , p. 338.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;86 Jewish Observer , Sept. 20, 1963. London, p. 13-14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;87 Abdul Qadir Yasin, al Katib, n&#186; 121, April 1971, p. 114.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;88 Kayyali, op. cit. , p. 346.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;89 Ibid, p. 346.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;90 En Mai 1938, les rebelles occup&#232;rent Hebron apr&#232;s avoir occup&#233; le vieux port de Jerusalem. Le 9 septembre, ils occup&#232;rent Beersheba et lib&#233;r&#232;rent les prisonniers. Le 5 octobre, ils occup&#232;rent Tib&#233;rias, d&#233;but ao&#251;t certaines parties de Naplouse, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;91 Bouyissir, op. cit. , p. 247.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;92 Ibid., p .247.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;93 Ibid., p. 258.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;94 Al-Ahram , March 1, 1939, Cairo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;95 Yasin, op. cit ., p.115.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;96 Ibid. , p.114.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;97 Kayyali, op. cit. , p.359.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;98 Sayegh Anis, The Hashemite &amp; the Palestine Question , Beirut, 1966, p. 150. 33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;99 Ibid. ,Voir aussi, al-Talia'a, n&#186; 4 , April 7, 1971, Cairo, p. 98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;100 Kayyali, op. cit. , p. 348.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;101 A letter from Baghdad to the British Foreign Minister , 31 Oct. 1930, cit&#233; dans Kayyali, Ibid. , p. 349.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;102 Walid Khalidi editor, From Haven to Conquest, IPS, Beirut, 1971, p. 836-849.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;103 Bouyissir, op. cit. , p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;104 Barbour, op. cit. , p. 193.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;105 Himadeh, op. cit ., p. 323.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;106 Bouyissir, op. cit. , p. 323.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;107 Ben Gurion, op. cit. , p. 372.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;108 Ibid. , p. 373.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;109 Sifri, op.cit. , p. 131-132.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;110 Khalidi, op. cit. , p. 375-378.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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