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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Pygm&#233;es et Bushmen, chasseurs-cueilleurs nomades au stade du communisme primitif</title>
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		<dc:date>2020-01-03T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>Cameroun</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>
		<dc:subject>Communisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pygm&#233;es et Bushmen, chasseurs-cueilleurs nomades au stade du communisme primitif &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Pygm&#233;es ne sont pas un peuple, pas une ethnie, pas les occupants d'une r&#233;gion localis&#233;e, mais tout l'ancien peuple humain chasseurs-cueilleurs de petite taille des for&#234;ts d'Afrique soit des centaines de peuples, d'ethnies, de soci&#233;t&#233;s diverses et de r&#233;gions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;cisons tout de suite que &#171; Pygm&#233;es &#187; et &#171; Bushmen &#187; sont des noms qui n'ont rien de commun avec des noms de peuples r&#233;els. Ils ont en commun (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot163" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot284" rel="tag"&gt;Communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_13962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/groupe-Pygmees-lethnie-Baka-Cameroun_0_730_417.jpg' width=&#034;729&#034; height=&#034;417&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pygm&#233;es et Bushmen, chasseurs-cueilleurs nomades au stade du communisme primitif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es ne sont pas un peuple, pas une ethnie, pas les occupants d'une r&#233;gion localis&#233;e, mais tout l'ancien peuple humain chasseurs-cueilleurs de petite taille des for&#234;ts d'Afrique soit des centaines de peuples, d'ethnies, de soci&#233;t&#233;s diverses et de r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons tout de suite que &#171; Pygm&#233;es &#187; et &#171; Bushmen &#187; sont des noms qui n'ont rien de commun avec des noms de peuples r&#233;els. Ils ont en commun d'avoir &#233;t&#233; une invention des colonisateurs occidentaux et de ne pas exister en r&#233;alit&#233; ! Il n'existe en effet pas plus un peuple Pygm&#233;e qu'un peuple Bushmen et cela ne signifie pas seulement que ces noms ont &#233;t&#233; invent&#233;s par les colons mais aussi que ces entit&#233;s n'existent pas r&#233;ellement comme un peuple. En effet, ces termes employ&#233;s par les colonisateurs occidentaux d&#233;crivent non un ou deux peuples mais toute une s&#233;rie de peuples, de la for&#234;t &#233;quatoriale pour les pr&#233;tendus &#171; Pygm&#233;es &#187; et de la savane d'Afrique du Sud pour les pr&#233;tendus &#171; Bushmen &#187;. Et non seulement une s&#233;rie de peuples mais une s&#233;rie de civilisations diff&#233;rentes. Ces peuples ont subi le m&#233;pris, l'oppression, l'esclavage forc&#233; et m&#234;me l'extermination syst&#233;matique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des &#171; id&#233;es &#187; compl&#232;tement fausses des colonisateurs, c'est que la petite taille des Pygm&#233;es et des Bushmen exprimerait une inf&#233;riorit&#233; raciale et c'est compl&#232;tement imb&#233;cile. La petite taille n'est pas insignifiante mais elle ne signifie nullement une race d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e ou peu &#233;volu&#233;e, ni inf&#233;rieure de quelque mani&#232;re que ce soit. De m&#234;me, aucun des comportements de ces peuples n'exprime une quelconque inf&#233;riorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule caract&#233;ristique qui les diff&#233;rencie clairement de nous, c'est qu'ils sont chasseurs-cueilleurs nomades et n'appartiennent pas &#224; une soci&#233;t&#233; qui reconnait ni l'Etat, ni l'argent, ni la soumission &#224; un pouvoir quelconque, ni aucune forme d'oppression, de r&#233;pression, de propri&#233;t&#233; priv&#233;e des biens de production et des moyens de production, qui ne consid&#232;re pas qu'il faut accumuler des biens, qu'il faut produire le plus de richesses possibles, ni le plus d'enfants possibles et surtout pas qu'il faut viser &#224; la domination d'autres hommes ou &#234;tres vivants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains imb&#233;ciles essaient de faire croire que ces peuples seraient interm&#233;diaires entre l'homme moderne et le singe ou bien un reste des premiers hommes, avant l'esp&#232;ce humaine actuelle, mais c'est compl&#232;tement faux : ce sont des hommes modernes, des homo sapiens sapiens, exactement au m&#234;me titre que nous. Ils ne manifestent aucun type d'inf&#233;riorit&#233; g&#233;n&#233;tique, physiologique, intellectuelle ou culturelle ou d'un autre type encore. Leurs diff&#233;rences sont nombreuses mais elles sont surtout dues au milieu, au mode de vie, au mode de production, aux relations &#233;conomiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'ailleurs reconna&#238;tre que les colonisateurs africains, des peuples agriculteurs, n'ont pas g&#233;n&#233;ralement fait mieux que les colonisateurs europ&#233;ens &#224; l'&#233;gard de ces peuples. Ils les ont esclavagis&#233;s, aussi bien les uns que les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des peuples qui ont en commun de ne pas &#234;tre pass&#233;s au stade de l'agriculture et donc de ne pas avoir connu ni la s&#233;dentarisation, ni l'urbanisation, ni l'Etat, ni la division en classes sociales, ni encore la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, ni l'agriculture et, m&#234;me quand ils l'ont connu, de s'y refuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es, caract&#233;ris&#233;s par leur petite taille (en moyenne 1,44 m&#232;tre par homme adulte) semblent &#234;tre les plus anciens occupants de la for&#234;t &#233;quatoriale d'Afrique. Ils se r&#233;partissent en groupes tr&#232;s dispers&#233;s, du Cameroun au Rwanda en passant par le Gabon et jusqu'&#224; l'Afrique australe. L'immense majorit&#233; ne s'est pas s&#233;dentaris&#233; et n'est pas pass&#233; &#224; l'agriculture, restant chasseurs-cueilleurs. Ils forment des peuples divers : Bushmen, Binga, M'buti, Twa, San, Bongo, Baga, Barimba, Bakoya, etc. On ne sait pas s'ils ont une origine commune ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces peuples ne cherchent pas l'accumulation de richesses, ne se s&#233;dentarisent pas, ne forment pas des villages durables et des villes, ne constituent pas d'Etat, ne d&#233;veloppent pas des in&#233;galit&#233;s, ne forment pas de classes sociales, n'ont pas des dirigeants puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers r&#233;cits d'explorateurs sur les Pygm&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A journey to Ashango-land &#187; (1867) de Du Chaillu, traduit en fran&#231;ais en 1868 par &#171; L'Afrique sauvage &#187;, puis &#171; The Country of the Dwarfs &#187; (1872), &#233;tude des &#171; Bongo &#187;. Du Chaillu souligne le refus des Pygm&#233;es de cultiver : &#171; Pourquoi planter alors qu'il y a tant de fruits et de gibier dans la for&#234;t ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du Chaillu d&#233;crit une &#171; tribu de nains &#187;, appellation sous laquelle une peuplade d'Afrique a &#233;t&#233; mentionn&#233; d&#233;j&#224; en 1686 dans &#171; Description de l'Afrique &#187; par Dapper (1686). Il fait le rapprochement entre les Bongo et les Bushmen d'Afrique du sud et avec les chasseurs-cueilleurs d'Afrique de l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Pierre-Philippe Rey a &#233;tudi&#233; les Barimba en 1970, Raymond Mayer a &#233;tudi&#233; les Pygm&#233;es du Gabon en 1981, Emmanuel Mve Mebia a &#233;tudi&#233; les Baka, Pither Medjo-Mve a &#233;tudi&#233; les Bakoya, Kaim Klieman a &#233;tudi&#233; les Barimba, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les termes &#171; pygm&#233;e &#187;, &#171; populations autochtones &#187; ou &#171; peuples de la for&#234;t &#187; englobent les diff&#233;rents groupes ethniques diss&#233;min&#233;s le long de l'&#233;quateur dans de nombreux &#201;tats de l'Afrique centrale actuelle, allant de la partie occidentale Cameroun, Gabon, Congo, R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, jusqu'au Rwanda, au Burundi et &#224; l'Ouganda &#224; l'est. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs-p&#234;cheurs sont aujourd'hui confront&#233;s &#224; une pr&#233;carisation croissante et leur culture se trouve menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es sont divis&#233;s en deux grands ensembles : un groupe des Pygm&#233;es de l'ouest et un groupe des Pygm&#233;es de l'est. Ces deux ensembles ont diverg&#233; il y a environ 20 000 ans. Les deux auraient suivi une &#233;volution convergente vers une forme de nanisme insulaire, ils se distinguent cependant par la forme de leur courbes de croissance respectives. Les deux groupes partagent des caract&#233;ristiques culturelles communes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Pygm&#233;es de l'Est, pr&#233;sents au Rwanda, &#224; l'est de la RDC et en Ouganda) : ce groupe comprend les Aka, Sua, Efe (ou Mbuti) et les Batwa ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Pygm&#233;es de l'Ouest, pr&#233;sents au Cameroun, en Centrafrique, au Gabon, au Congo Brazzaville et en RDC) : y sont inclus les Bakas, Kola, Bongo, Koya, Aka et Twa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pygm&#233;es pratiquent traditionnellement une forme de nomadisme. Ceux-ci se d&#233;placent entre des campements temporaires install&#233;s pour une p&#233;riode de chasse, chaque campement accueille une famille &#233;largie. Ces campements sont constitu&#233;s d'un ensemble de mongulus, des huttes construites en feuilles de marantac&#233;es assembl&#233;es sur un treillis ancr&#233; en terre et arqu&#233; de force en forme de tonnelle. Les feuilles sont pos&#233;es comme des tuiles agraf&#233;es par leurs p&#233;tioles incis&#233;s. Ce sont les femmes qui se chargent de construire ces huttes. Cela d&#233;note une grande importance des femmes dans ces soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les ethnies l'unit&#233; sociale de base est le campement, il est g&#233;n&#233;ralement compos&#233; de 30 &#224; 70 individus qui vivent dans une dizaine de huttes. Les individus sont g&#233;n&#233;ralement &#233;troitement apparent&#233;s ou li&#233;s par des mariages. La composition des groupes change r&#233;guli&#232;rement et ils entretiennent de fortes relations entre groupe voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; pygm&#233;e, bas&#233;e sur le retour imm&#233;diat (par opposition au retour diff&#233;r&#233;, c'est-&#224;-dire avec un &#233;change de monnaie comme &#233;tape), est l'une des plus &#233;galitaires qui existe. Il n'y a pas de hi&#233;rarchie au sein des campements, m&#234;me pour les activit&#233;s de groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es pratiquent la chasse &#224; l'arc ou &#224; l'arbal&#232;te, &#224; la sagaie et au filet. Alors que la chasse &#224; l'arc (ou l'arbal&#232;te) se pratique individuellement, les battues au filet peuvent rassembler les individus de plusieurs campements. Les techniques de chasse varient selon le type de gibier disponible mais aussi selon les groupes ethniques. Ils sont r&#233;put&#233;s pour la chasse &#224; l'&#233;l&#233;phant. Ils p&#234;chent gr&#226;ce &#224; des retenues temporaires qui leur permettent de capturer le poisson ou &#224; l'aide de nasses de vannerie. En plus des fruits et des tubercules, ils r&#233;coltent du miel et des chenilles pour l'alimentation. Le produit de la chasse est syst&#233;matiquement partag&#233; entre les chasseurs pour leurs familles, les fruits de la r&#233;colte eux ne sont distribu&#233;es qu'en cas de surplus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les animaux les plus consomm&#233;s sont les rongeurs (porc-&#233;pic et rats de Gambie) l'hyloch&#232;re et les c&#233;phalophes. Les petits morceaux de viande abats et tubercules peuvent &#234;tre cuits &#224; l'&#233;touff&#233; ou bouillis en sauce par les femmes au campement, ces sauces varient en fonction de la saison et les disponibilit&#233;s en accompagnement. La cuisine pratiqu&#233;e par les hommes pendant les exp&#233;ditions de chasse est plus rapide, les viandes sont grill&#233;es. Les Pygm&#233;es ont tendance &#224; attaquer la viande en mordant lat&#233;ralement avec les canines et pr&#233;molaires, car leurs incisives tall&#233;es en pointe sont fragiles et hypersensibles au chaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pharmacop&#233;e traditionnelle &#224; base de plantes leur est utile pour soigner les blessures et maladies propres &#224; la vie en for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pygm&#233;es poss&#232;dent une connaissance mat&#233;rielle et une intelligence de la for&#234;t tr&#232;s importante, ils sont de ce fait souvent employ&#233;s par les ONG, les compagnies d'exploitation du bois ou les soci&#233;t&#233;s de chasse comme guides. Ces talents leur sont reconnus (parfois consid&#233;r&#233;s tr&#232;s &#233;lev&#233;s) par leurs voisins agriculteurs11. Une &#233;tude men&#233;e chez les Baka et les Aka de la r&#233;gion de la Sangha, a montr&#233; qu'ils connaissaient, ou en tout cas accordaient une plus grande importance aux &#171; produits forestiers non-ligneux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que consid&#233;r&#233;s comme chasseurs cueilleurs, les peuples de la for&#234;t g&#232;rent la for&#234;t et en particulier la ressource en igname : il est d'usage pour eux de replanter un fragment d'igname dans un trou combl&#233; avec de l'humus, apr&#232;s l'avoir r&#233;colt&#233; dans la for&#234;t. Ceci enrichit nettement la for&#234;t en ressources, les anciens campements abandonn&#233;s depuis plus de 10 ans, sont de 6 &#224; 30 fois plus riches en ignames que le reste de la for&#234;t et les ignames y sont moins piquants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le communisme primitif des chasseurs-cueilleurs pygm&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Pygm&#233;es chassent &#224; leur mani&#232;re, et pas au fusil. On le sait, ils sont tr&#232;s petits ; il est presque ironique de penser que ce sont les hommes les plus petits qui tuent les animaux les plus gros (les &#233;l&#233;phants). Avec un courage immense, ils attendent la charge de l'&#233;l&#233;phant, apr&#232;s avoir fix&#233; en terre une grosse lance dirig&#233;e vers la poitrine de l'animal ; ils ne se sauvent qu'au dernier moment ; ou bien ils frappent aux flancs et au ventre, ou encore aux pattes, pour lui couper les tendons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas essay&#233; de les accompagner &#224; la chasse &#224; l'&#233;l&#233;phant. Pour atteindre la zone favorable, quatre ou cinq journ&#233;es de marche en for&#234;t auraient &#233;t&#233; n&#233;cessaires, &#224; une temp&#233;rature oscillant entre 35 et 40&#176;, et surtout avec un degr&#233; d'humidit&#233; de 100%. Mais je me souviens de ce que m'en avait racont&#233; un agriculteur africain qui y &#233;tait all&#233;, et qui, au moment crucial, s'&#233;tait cach&#233; derri&#232;re un arbre, saisi d'une peur incontr&#244;lable &#224; la vue du grand animal fon&#231;ant sur son &#171; tuma &#187; (le titre prestigieux auquel a droit le Pygm&#233;e pass&#233; ma&#238;tre dans la chasse &#224; l'&#233;l&#233;phant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je demandai au chef d'un campement si nous pouvions aller chasser avec eux ; nous &#233;tions deux, un coll&#232;gue et moi-m&#234;me. Il me r&#233;pondit qu'il devait consulter les autres. La soci&#233;t&#233; pygm&#233;e ne comporte pas de hi&#233;rarchies sociales et le &#171; chef &#187; n'y a pas d'autorit&#233; v&#233;ritable, il est seulement un point de rep&#232;re pour les personnes qui viennent de l'ext&#233;rieur&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le campement se composait de neuf ou peut-&#234;tre dix familles ; sept d'entre elles donn&#232;rent leur accord. Dans la chasse au filet, celle qui est habituellement pratiqu&#233;e par la grande majorit&#233; des Pygm&#233;es, sept filets au moins sont n&#233;cessaires pour former autour des animaux un cercle suffisamment grand. Chaque famille poss&#232;de en g&#233;n&#233;ral un de ces filets, longs d'environ cinquante m&#232;tres, tress&#233;s &#224; l'aide d'une cordelette confectionn&#233;e &#224; partir de l'&#233;corce de certains arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous part&#238;mes le lendemain matin et camp&#226;mes dans la for&#234;t &#224; quelques heures de notre base de d&#233;part. En deux ou trois heures, les femmes construisirent les cabanes, qui sont de forme h&#233;misph&#233;rique un peu allong&#233;e, de la longueur d'un Pygm&#233;e couch&#233;, et pourvues d'une ouverture si petite qu'on ne peut y p&#233;n&#233;trer qu'en rampant. Elles sont form&#233;es d'une squelette de branches entrecrois&#233;es et recouvertes de grandes feuilles qui les rendent parfaitement &#233;tanches &#224; la pluie. La couche est faite de troncs dispos&#233;s dans le sens de la longueur, parall&#232;lement au corps. Deux jeunes Pygm&#233;es, qui n'avaient pas d'&#233;pouse pour construire leur cabane dormirent &#224; la belle &#233;toile sur un lit de branches, serr&#233;s l'un contre l'autre pour se prot&#233;ger du froid de la nuit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, ce fut le d&#233;part pour la chasse, en compagnie des femmes et des enfants les plus petits, qui allaient &#224; la recherche de tortues et d'oiseaux. La for&#234;t est touffue, avec des arbres hauts de trente &#224; quarante m&#232;tres ; le feuillage est si dense qu'il ne laisse pas filtrer les rayons du soleil, si bien que l'on y vit constamment plong&#233; dans une ombre &#233;paisse. Sur le sol la v&#233;g&#233;tation est rare, constitu&#233;e de buissons ou d'arbustes, tr&#232;s verts, afin de compenser la faiblesse de la lumi&#232;re ; ce sont ces m&#234;mes plantes que nous retrouvons dans nos appartements urbains, o&#249; la lumi&#232;re n'abonde pas. Le sol est jonch&#233; de troncs d'arbres tomb&#233;s et d'obstacles divers. Les hommes mettent en place les filets, hauts d'environ un m&#232;tre, de mani&#232;re &#224; former approximativement un cercle, et les fixent &#224; des branches basses pour que les animaux ne les voient pas trop facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette phase, tous restent silencieux, invisibles les uns aux autres, jusqu'&#224; ce qu'un signal les avertisse que le cercle est pr&#234;t, et la chasse commence alors. Un groupe de trois ou quatre hommes avance vers le centre, arm&#233; de lances, en faisant du bruit pour effrayer le gibier ; tous les autres restent pr&#232;s des filets, y compris les femmes, et se tiennent pr&#234;ts &#224; attraper les animaux qui, en s'enfuyant, viennent s'y prendre et tomber, ou restent un instant prisonniers des mailles. Ils se rel&#232;vent en effet tr&#232;s vite, et il faut agir rapidement pour les immobiliser ou les frapper. La for&#234;t est tr&#232;s dense et l'on n'y voit en g&#233;n&#233;ral qu'&#224; quelques m&#232;tres, si bien qu'il est rare d'assister &#224; la rencontre avec l'animal ; on entend des bruits de lutte et des cris, toute une excitation qui se prolonge jusqu'&#224; ce que le gibier soit pris, ou bien se soit &#233;chapp&#233;. Ce cycle de chasse dure quarante ou cinquante minutes ; le groupe se d&#233;place ensuite d'environ un kilom&#232;tre pour recommencer ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On continua ainsi pendant toute la journ&#233;e, sans attraper grand-chose. Entre un cycle et un autre, on tenta de changer le cours du sort par des actes de magie et des formules, tant&#244;t en crachant sur les filets, tant&#244;t en app&#226;tant les animaux par des chants, ou bien en les insultant. A un moment donn&#233;, un gros animal fut captur&#233; : nous le compr&#238;mes aussit&#244;t car nous entend&#238;mes &#224; quelque distance de l&#224;, au milieu du tohu-bohu de la chasse, un grand &#233;clat de rire argentin, de toute &#233;vidence une exclamation de joie. Il s'agissait d'une grande antilope.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le gibier est partag&#233; entre les membres du campement mais certains des meilleurs morceaux sont r&#233;serv&#233;s &#224; celui qui a pris l'animal. Pour les Pygm&#233;es, la chasse est &#233;videmment un travail, n&#233;cessaire pour vivre, mais c'est aussi un travail amusant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es ont d&#233;velopp&#233; une extraordinaire connaissance du comportement des animaux, qui leur permet de pratiquer des chasses tr&#232;s difficiles, comme la chasse ua fourmilier, ou tr&#232;s dangereuses comme la chasse &#224; l'&#233;l&#233;phant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es aiment profond&#233;ment le genre de vie qui est le leur. Il est difficile de les d&#233;raciner : on ne le peut que si l'on d&#233;truit la for&#234;t, comme cela a &#233;t&#233; fait durant ces derniers mill&#233;naires, et continue de se faire, &#224; une vitesse hallucinante, dans une v&#233;ritable tentative d'an&#233;antissement &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus de 99% de son histoire, l'humanit&#233; a v&#233;cu de la chasse et de la cueillette. Les Pygm&#233;es sont un des rares exemples encore existants de peuples qui pratiquent ce genre de vie. Dans les ann&#233;es soixante, il ne restait d&#233;j&#224; plus gu&#232;re de populations aupr&#232;s desquelles ont pouvait encore mener ce genre de recherche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation sociale primitive devait &#234;tre tr&#232;s semblable &#224; l'organisation sociale actuelle des Pygm&#233;es. Les Pygm&#233;es sont nomades ou semi-nomades. Une tribu peut se composer de cinq cents, mille ou deux mille personnes, parfois m&#234;me plus, mais ils vivent toujours en bandes, en groupes d'une trentaine de personnes en moyenne &#8211; ce nombre peut varier entre dix et cinquante, femmes en enfants compris -, qui chassent ensemble. Plusieurs de ces bandes, ou la tribu tout enti&#232;re, peuvent se r&#233;unir par intervalles pour des f&#234;tes ou des c&#233;l&#233;brations qui sont l'occasion de grandes danses ou de rites collectifs. Les danses et les chants en ch&#339;ur sont les activit&#233;s sociales les plus importantes chez les Pygm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps suffit pour construire une maison et il leur est donc facile de changer souvent de lieu de campement &#8211; n&#233;cessit&#233; qui leur est impos&#233;e par la chasse &#8211; et d'en b&#226;tir un nouveau &#224; quelques journ&#233;es de marche. La composition du camp n'est pas fixe mais relativement fluide&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le territoire de chasse est r&#233;parti entre les diff&#233;rents groupes, et les individus en h&#233;ritent de leurs parents ; de plus, ils acqui&#232;rent en se mariant le droit de chasser sur le territoire de la famille de leur &#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 30 &#224; 40% de la nourriture des Pygm&#233;es est constitu&#233;e de viande de gibiers divers, essentiellement d'antilope et de gazelle. Le singe est &#233;galement consid&#233;r&#233; comme un mets de choix, en particulier nos cousins les grands singes, comme le gorille et le chimpanz&#233;, qui habitent les m&#234;mes r&#233;gions que les Pygm&#233;es. La chasse est la t&#226;che des hommes, tandis que les femmes s'occupent de la cueillette du reste de l'alimentation : fruits, herbes et v&#233;g&#233;taux de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils marchent pieds nus et sont, ou du moins &#233;taient jusqu'&#224; il y a peu de temps, totalement d&#233;v&#234;tus. Leur seul v&#234;tement est un cache-sexe, g&#233;n&#233;ralement fait d'&#233;corce d'arbre. Ils ne savent pas tisser, et lorsqu'ils en ont la possibilit&#233;, ils se procurent volontiers aupr&#232;s des agriculteurs des guenilles de coton, chemises ou pantalons en piteux &#233;tat. Au d&#233;but de mon travail, &#224; la moiti&#233; des ann&#233;es soixante, ils fabriquaient encore ces cache-sexe &#224; partir de morceaux d'&#233;corce d'arbre, battus afin de les rendre plus souples&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es sont extraordinairement bien adapt&#233;s &#224; l'environnement de la for&#234;t. Ils sont des experts de tout ce qui vit. Ils tirent des herbes et des racines des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;ralement inconnus de la m&#233;decine occidentale. Ils trempent leurs fl&#232;ches dans un poison meurtrier, compos&#233; d'extraits de trois ou quatre plantes diff&#233;rentes ; ils ont &#233;galement d&#233;velopp&#233; pour ces poisons des antidotes. Leur comp&#233;tence majeure est l'&#233;thologie, c'est-&#224;-dire la connaissance du comportement animal, fondamentale pour eux dans la chasse. Ce sont en r&#233;alit&#233; les seuls &#234;tres humains capables de survivre dans la for&#234;t par leurs propres moyens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es sont les gens les plus pacifiques que j'aie jamais connus. Gentils, d'une grande dignit&#233; et spirituels. Ils d&#233;testent la violence et la fuient. S'ils sont en d&#233;saccord, ils discutent, ils se disputent bruyamment&#8230; Il est exceptionnel qu'ils en viennent aux armes. Les meurtres sont rares&#8230; En cas de dissension grave, l'un des deux quitte le campement et rejoint une autre bande&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y chez eux ni chefs, ni hi&#233;rarchie, ni lois. Les hommes et les femmes sont &#233;gaux. Les questions qui concernent tout le monde sont d&#233;battues en commun autour du feu. La punition la plus grave qui puisse &#234;tre inflig&#233;e par la communaut&#233; est l'&#233;loignement du camp, qui &#233;quivaut pratiquement, dans la for&#234;t, &#224; une condamnation &#224; mort : vivre dans la for&#234;t est magnifique en groupe, mais y survivre seul est impossible. Naturellement, l'exil&#233; peut toujours s'adjoindre &#224; un autre groupe, si celui-ci est dispos&#233; &#224; l'accueillir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects qui m'a le plus frapp&#233; est l'amour exceptionnel que portent aussi bien les p&#232;res que les m&#232;res &#224; leurs enfants, qui sont &#233;lev&#233;s par leurs parents mais trait&#233;s par tous les adultes du groupe comme s'ils &#233;taient les leurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forte solidarit&#233; existe &#224; l'&#233;gard des anciens et de ceux qui ont quelque handicap, du moins aussi longtemps qu'il est possible de les aider sans mettre en danger la vie du groupe&#8230; J'ai constat&#233; moi-m&#234;me qu'on n'abandonne pas les aveugles ou les malades graves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur divinit&#233; &#8211; si on peut l'appeler ainsi &#8211; est la for&#234;t, dont ils se sentent faire int&#233;gralement partie. Elle est le p&#232;re et la m&#232;re, elle est l'&#234;tre gr&#226;ce auquel la vie est possible et qu'il faut respecter. Quand un Pygm&#233;e meurt, selon les r&#233;gions, soit on br&#251;le son corps, soit on le d&#233;pose &#224; l'int&#233;rieur de sa cabane que l'on abat sur son cadavre apr&#232;s avoir accompli les rites fun&#233;raires, puis on d&#233;place le campement en laissant l&#224; le mort pour qu'il se dissolve dans la terre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es sont connus depuis l'Antiquit&#233; &#8211; H&#233;rodote et Aristote le disaient d&#233;j&#224; &#8211; pour &#234;tre les hommes les plus petits qui existent. En r&#233;alit&#233;, ils ne sont pas d'aussi petite taille que beaucoup de gens le croient. La tribu la plus petite a une stature moyenne de 1,43 m pour les hommes et 1,37 m pour les femmes. Il existe des groupes de Pygm&#233;es plus grands, et m&#234;me de dix centim&#232;tres en moyenne. C'est une taille qui n'est gu&#232;re inf&#233;rieure, par exemple, &#224; celle de l'ex-roi d'Italie Victor-Emmanuel III ; et l'on voit parfois dans nos contr&#233;es des gens aussi petits qu'un Pygm&#233;e d'Afrique. C'est quand on en voit beaucoup ensemble que l'on se rend compte qu'il s'agit d'un peuple tr&#232;s particulier. Mais il ne faut pas confondre les Pygm&#233;es avec les nains, qui sont petits en raison d'un dysfonctionnement physiologique ; dans plusieurs cas de nanisme hypophysaire, on rencontre d'ailleurs des tailles plus petites encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas si les Pygm&#233;es sont devenus petits au fil du temps ou s'ils l'ont toujours &#233;t&#233;. Si, comme cela est possible, ils ont toujours v&#233;cu dans la for&#234;t, nous n'avons aucun espoir de retrouver des ossements car le sol y est &#224; ce point acide que les os eux-m&#234;mes s'y dissolvent rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers hommes, il y a deux ou trois millions d'ann&#233;es, &#233;taient tr&#232;s petits, plus petits m&#234;me que les Pygm&#233;es. Dans le monde industriel, la stature moyenne a augment&#233; pendant ces deux derniers si&#232;cles, essentiellement parce que l'alimentation s'est am&#233;lior&#233;e. Si nous regardons les armures m&#233;di&#233;vales, nous constatons qu'elles sont g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s petites ; un homme d'aujourd'hui n'y entrerait pas. Les premi&#232;res donn&#233;es disponibles quant &#224; la hauteur moyenne des Europ&#233;ens remontent au d&#233;but du si&#232;cle dernier &#8211; Napol&#233;on faisait mesurer la taille des conscrits -, et elles nous montrent que nos quadrisa&#239;euls &#233;taient nettement plus petits qu'on ne l'est aujourd'hui, que nos trisa&#239;euls &#233;taient d&#233;j&#224; un peu plus grands, et ainsi de suite ; mais le grand saut a &#233;t&#233; accompli en ce si&#232;cle, d'abord dans le nord de l'Europe, ensuite dans le Sud. La taille des Pygm&#233;es a-t-elle augment&#233; aussi ? Certains disent oui, mais nous n'avons aucune certitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es vivent tous aujourd'hui dans la for&#234;t africaine. Nous constatons que les peuples qui habitent la for&#234;t tropicale, o&#249; le climat est tr&#232;s humide, sont g&#233;n&#233;ralement toujours petits : c'est le cas dans le sud de l'Inde comme en Indon&#233;sie, aux Philippines et en Nouvelle-Guin&#233;e, pour les Mayas d'Am&#233;rique centrale comme pour les habitants des for&#234;ts tropicales br&#233;siliennes, bien que de tous ces peuples les Pygm&#233;es soient les plus petits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un corps est de petite taille, la surface de ce corps, rapport&#233;e &#224; son volume, est plus grande&#8230; La chaleur du corps s'&#233;vacue par la surface ; si celle-ci est comparativement plus grande, parce que nous sommes plus petits, la chaleur s'&#233;vacue plus facilement et l'action du refroidissement (par sudation) est plus efficace. Dans un milieu chaud et humide, il convient donc d'&#234;tre petit. C'est un premier m&#233;canisme de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre avantage de la petite taille, pour qui doit d&#233;penser une &#233;nergie consid&#233;rable, est que l'on a besoin de moins d'&#233;nergie pour d&#233;placer son propre poids&#8230; Le Pygm&#233;e, lorsqu'il se d&#233;place, fait moins d'effort qu'un individu plus grand que lui, parce que le poids qu'il a &#224; d&#233;placer est moindre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite taille appara&#238;t donc comme une adaptation biologique &#224; la vie dans la for&#234;t. Il se peut que les Pygm&#233;es y aient v&#233;cu suffisamment longtemps pour qu'une telle adaptation ait lieu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les Pygm&#233;es soient petits, leur t&#234;te est aussi grosse que la n&#244;tre. Leur thorax est muscl&#233;, bras et jambes sont minces et fusel&#233;s, les jambes sont un peu courtes mais l'ensemble est gracieux. Ils sont athl&#233;tiques, et les hommes grimpent avec une agilit&#233; merveilleuse dans des arbres parfois hauts de quarante m&#232;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, de nombreux groupes pygm&#233;es ne passent plus la totalit&#233; de l'ann&#233;e dans la for&#234;t. Pendant quatre et m&#234;me parfois six mois par an, &#224; la saison s&#232;che, ils construisent leurs campements non loin des villages des agriculteurs locaux, qui les utilisent comme main d'&#339;uvre dans leurs plantations et les traitent en esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A dire vrai, de nombreux agriculteurs consid&#232;rent les Pygm&#233;es comme moins que des humains. Ils ont &#233;tabli un syst&#232;me d'esclavage h&#233;r&#233;ditaire, au sens o&#249; un Pygm&#233;e a toujours un ma&#238;tre parmi les agriculteurs, que ses enfants h&#233;ritent de ce m&#234;me ma&#238;tre et que les enfants du ma&#238;tre h&#233;ritent de ses Pygm&#233;es. Cet esclavage est d'ailleurs une r&#233;alit&#233; surtout dans la t&#234;te des agriculteurs ; et, de fait, il ne peut avoir lieu qu'avec le consentement du Pygm&#233;e. Le ma&#238;tre doit le traiter de mani&#232;re raisonnable, faute de quoi le Pygm&#233;e s'en va dans la for&#234;t, o&#249; plus personne n'est capable de le retrouver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe entre les agriculteurs et les Pygm&#233;es une relation commerciale, g&#233;n&#233;ralement au d&#233;savantage de ces derniers, qui n'utilisent pas d'argent et ignorent sa valeur. Les agriculteurs ne sont pas capables de chasser ou d'&#233;lever du b&#233;tail, hormis des poules, quelques ch&#232;vres, et, plus rarement, des porcs ; aupr&#232;s des Pygm&#233;es, ils se procurent donc essentiellement de la viande, ainsi que d'autres produits de la for&#234;t. En &#233;change, les Pygm&#233;es obtiennent, outre la nourriture, des outils en fer tels que des pointes de lance et des couteaux, et des r&#233;cipients de terre cuite (de plus en plus fr&#233;quemment remplac&#233;s maintenant par des casseroles, parfois m&#234;me fabriqu&#233;es en Chine). En effet, ils ne savent pas travailler le fer, car les habitudes nomades ne permettent pas d'emporter avec soi ces poids excessifs que repr&#233;senteraient des enclumes ou des forges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pygm&#233;es sont consid&#233;r&#233;s comme les plus pauvres de tous, tout en bas de l'&#233;chelle &#233;conomique. Les agriculteurs, tant qu'ils le peuvent, font en sorte de les laisser dans l'ignorance de l'usage de la monnaie, de peur qu'ils n'en viennent alors &#224; leur co&#251;ter trop cher. Le Pygm&#233;e travaille beaucoup pour eux, notamment dans les champs, du moins pendant les saisons qui ne se pr&#234;tent pas &#224; la chasse. Il construit &#233;galement les toits des maisons, car il est habile grimpeur et l&#233;ger. Outre les outils, il est pay&#233; avec de l'alcool, du tabac, du manioc et des bananes, que les agriculteurs, il n'y a pas tr&#232;s longtemps encore, &#233;taient les seuls &#224; produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques Pygm&#233;es commencent eux aussi aujourd'hui &#224; produire du manioc. En effet, le manioc est une plante dont la culture demande peu de surveillance : il suffit de planter une petite branche dans la terre, de revenir deux ans plus tard et de r&#233;colter les racines&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, les Pygm&#233;es n'aiment pas l'agriculture. Ils ne s'y r&#233;solvent que lorsque la for&#234;t est d&#233;truite. Contraints &#224; changer de mode de vie, ils ne se sont pas seulement faits paysans, certains sont devenus potiers, et d'autres, p&#234;cheurs. Ils survivent tant bien que mal mais, aussi longtemps qu'ils le peuvent, ils vont &#224; la chasse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des agriculteurs n'a jamais &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme tr&#232;s agr&#233;able&#8230; Le chasseur travaille en g&#233;n&#233;ral moins que l'agriculteur. Cela vaut &#233;galement pour les quelques groupes de chasseurs qui subsistent encore dans la savane, cette plaine recouverte d'herbe, avec un arbre ici ou l&#224;, peupl&#233;e d'un grand nombre d'animaux herbivores. Aujourd'hui, avec la concurrence des &#233;conomies plus avanc&#233;es, ces chasseurs ont presque tous disparus mais l'abondance du gibier et sa visibilit&#233; devaient leur assurer autrefois une vie merveilleuse. Dans la for&#234;t, les animaux peuvent plus facilement se cacher&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes des agriculteurs, auxquelles revient la part la plus dure du travail dans les champs, travaillent, elles, nettement plus que les femmes pygm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La for&#234;t est un peu sombre, bien s&#251;r, mais le Pygm&#233;e s'y trouve parfaitement &#224; son aise, il s'y prot&#233;g&#233;. C'est un lieu o&#249; rien de mal ne peut lui arriver, o&#249; les dangers sont pour lui minimes et la vie tr&#232;s agr&#233;able. La m&#234;me remarque vaut d'ailleurs pour tous les autres peuples de chasseurs-cueilleurs modernes sur lesquels nous avons des informations ethnographiques ou historiques. Ces peuples sont (ou &#233;taient) magnifiquement adapt&#233;s &#224; leur milieu, mais d&#232;s lors que celui-ci a &#233;t&#233; d&#233;truit, il leur a fallu in&#233;vitablement soit changer de mode de vie soit dispara&#238;tre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste tr&#232;s peu de populations de chasseurs-cueilleurs : une trentaine, il y a encore quelques ann&#233;es, beaucoup moins aujourd'hui. Pratiquement, seuls les Pygm&#233;es en Afrique centrale, les Khoisan en Afrique m&#233;ridionale et les Aborig&#232;nes d'Australie ont encore une certaine importance num&#233;rique (au-del&#224; des cent-mille individus) mais il n'y a plus que les Pygm&#233;es, et encore, pas tous, pour continuer &#224; vivre essentiellement de la chasse et de la cueillette&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe en Afrique du sud deux populations connues en g&#233;n&#233;ral comme &#233;tant les Bochimans (de &#171; Bushmen &#187;, autrement dit les gens des broussailles) et les Hottentots. Les anthropologues ont invent&#233; le terme de &#171; Khoisan &#187;, en additionnant le nom des Khoi (les Hottentots) et celui des San (les Bochimans), car le terme de Bochiman est consid&#233;r&#233; comme p&#233;joratif ; mais il semble que ce nouveau nom &#233;galement leur soit d&#233;sagr&#233;able, et nous ne savons pas tr&#232;s bien comment les appeler&#8230; Ils habitent aujourd'hui des endroits tr&#232;s arides mais ils vivaient ant&#233;rieurement dans un environnement plus favorable, la savane, dont ils ont &#233;t&#233; chass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise &#224; part la diff&#233;rence d'environnement, d'&#233;cologie, les Khoisan ont un mode de vie plut&#244;t semblable &#224; celui des Pygm&#233;es : ils se d&#233;placent eux aussi en bandes de trente personnes en moyenne, passant librement d'une bande &#224; une autre et s'associant en groupes plus importants dans certaines circonstances. Tr&#232;s peu d'entre eux sont rest&#233;s aujourd'hui chasseurs-cueilleurs. Beaucoup sont devenus travailleurs dans les fermes, quelque fois soldats, ou bien survivent d'une mani&#232;re ou d'une autre dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont conserv&#233; leur langue, qui est certainement tr&#232;s ancienne et pr&#233;sente une caract&#233;ristique &#233;tonnante : elle poss&#232;de des sons qui ne se rencontrent dans aucune langue et qu'on appelle des &#171; clicks &#187; ; ce sont des sortes de claquements de la langue, dont il existe plusieurs vari&#233;t&#233;s, toutes difficiles &#224; imiter. Certaines tribus bantoues d'Afrique du Sud, telle celle des Xhosa, se sont beaucoup m&#234;l&#233;es avec les Khoisan, comme le montre l'apparition dans leur langue de trois clicks diff&#233;rents, ainsi que celle de g&#232;nes khoisan dans leur patrimoine g&#233;n&#233;tique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les groupes de chasseurs-cueilleurs existant encore aujourd'hui ont des coutumes communes, m&#234;me si celles-ci disparaissent peu &#224; peu, soit par l'extinction physique de ces groupes, soit par leur conversion &#224; d'autres modes de vie. Ce sont toujours des petits groupes, qui n'ont pas d'organisation hi&#233;rarchique, les chefs g&#233;n&#233;ralement n'existent pas et la vie sociale est fond&#233;e sur le respect r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont souvent une &#233;thique &#233;labor&#233;e. Une caract&#233;ristique importante de ces populations situ&#233;es aux niveaux les plus bas de l'&#233;chelle &#233;conomique est que sur le plan de la morale elles ne sont nullement primitives. Elles ont simplement une vision profond&#233;ment diff&#233;rente de la n&#244;tre. Quand les Hollandais, arriv&#233;s au Cap, se mirent &#224; remonter vers le nord avec leurs troupeaux, occupant les territoires des indig&#232;nes, les incidents avec les populations commenc&#232;rent&#8230; Les paysans boers se mirent &#224; tirer &#224; vue, exterminant litt&#233;ralement les Khoisan dans de vastes zones. Il n'en est plus rest&#233; qu'en Namibie et au Botswana, dans des savanes et des d&#233;serts pauvres et peu convoit&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chasseurs-cueilleurs ont un sens de la propri&#233;t&#233; diff&#233;rent, parce que la propri&#233;t&#233; individuelle est rare chez eux, et peu importante. Certains droits existent cependant, comme celui du territoire de chasse. Le Pygm&#233;e surpris &#224; chasser sur un territoire qui n'est pas le sien doit payer une amende, non pas en argent puisqu'ils ignorent l'argent, mais en nature. Par contre, il ne respecte pas les propri&#233;t&#233;s des agriculteurs &#8211; quand il ne risque pas d'&#234;tre vu -, et en particulier les produits alimentaires que ces derniers cultivent et dispensent avec une extr&#234;me frugalit&#233; aux Pygm&#233;es qui travaillent pour eux dans les champs. Il ne s'agit pratiquement que de bananes et de manioc, deux aliments l'un et l'autre tr&#232;s pauvres sur le plan nutritif. Ces propri&#233;t&#233;s agricoles modernes sont, au fond, les anciens terrains de chasse, des zones de for&#234;t que l'on a converties en abattant les arbres, sans leur demander aucune permission ni leur offrir aucune compensation. Les Pygm&#233;es savent parfaitement que les agriculteurs les exploitent et qu'ils les consid&#232;rent comme des b&#234;tes mais ils ont besoin de ne pas rompre les relations avec eux. Ils se vengent en leur volant de la nourriture quand ils le peuvent, et en se moquant d'eux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pygm&#233;e va encore &#224; la chasse &#224; l'arc ou, dans certaines zones, &#224; l'arbal&#232;te, mais il chasse surtout au filet. Son avenir, c'est l'avenir de la for&#234;t, qui &#233;tait d&#233;truite lentement dans le pass&#233; et qui l'est aujourd'hui &#224; une vitesse accrue. En Afrique, ce processus a commenc&#233; il y a trois mille ans, quand les paysans bantous partis du Cameroun se sont &#233;tendus vers le sud et vers l'est, et il s'est poursuivi, avec lenteur, des si&#232;cles durant. Aujourd'hui, il s'acc&#233;l&#232;re, et de nombreux groupes pygm&#233;es ont &#233;t&#233; contraints ces derni&#232;res d&#233;cennies d'abandonner le type d'existence qu'ils menaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des Pygm&#233;es, des Bochimans, des Eskimos, des Aborig&#232;nes australiens et de ces quelques autres groupes de chasseurs-cueilleurs qui survivent encore (sans doute pour peu de temps, on l'a vu) nous aide &#224; comprendre comment pouvaient vivre nos anc&#234;tres. Naturellement, on ne peut pas penser que le mode de vie de ces populations est rest&#233; totalement inchang&#233; depuis les temps les plus recul&#233;s. Les Pygm&#233;es sont en contact avec les agriculteurs africains depuis au moins deux mille deux cent ans, troquant les produits de la chasse contre des outils de fer, plus efficaces que les outils de pierre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction des habitations, la vie sociale en petits groupes semi-nomades, la dimension m&#234;me de ces groupes, tout cela n'a probablement pas chang&#233; d'une mani&#232;re sensible. De nombreux autres aspects de la vie des chasseurs-cueilleurs d'aujourd'hui &#233;voquent la vie que menaient nos anc&#234;tres : l'habitude de partager la nourriture, mang&#233;e en commun ; l'absence caract&#233;ristique de hi&#233;rarchies rigides et de lois pr&#233;&#233;tablies (toute la tribu prend part aux d&#233;cisions) ; probablement aussi les usages qui se rattachent &#224; la fertilit&#233; et &#224; la natalit&#233;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui sommes-nous &#187; de Cavalli-Sforza&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cea_0008-0055_1993_num_33_129_2078&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'invention des Pygm&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/NS-004.pdf#page=38&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi en anglais, &#171; Les Pygm&#233;es Mbuti &#187; de Colin Turnbull&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00801999/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore en anglais sur les Pygm&#233;es du Gabon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.com/news/2017/03/democratic-republic-congo-pygmy-grow-deal-weed/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Why Pygmies Are Dealing Weed to Survive&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=chasseurs-cueilleurs+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi sur les chasseurs-cueilleurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3463&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les chasseurs-cueilleurs bushmen sont menac&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5265&#034;&gt;La soci&#233;t&#233; des chasseurs-cueilleurs en voie de disparition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;mergence de l'homme, parmi les hominid&#233;s, une cons&#233;quence&#8230; du communisme des chasseurs-cueilleurs !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Les San du Kalahari, une image de la vie de nos anc&#234;tres ?&#034;Religions, classes et Etat &#034;Comment conna&#238;tre le mode de vie des hommes de la pr&#233;histoire ? La premi&#232;re source est celle des traces arch&#233;ologiques. A partir des outils, des vestiges d'habitat, elle nous livre des indices sur le mode de vie des hommes de la pr&#233;histoire, mais des indices forc&#233;ment partiels. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t d'observer comment vivent les derni&#232;res soci&#233;t&#233;s de chasseurs-cueilleurs encore pr&#233;sentes sur la plan&#232;te. Ce fut le cas de quelques groupes d'Aborig&#232;nes d'Australie, d'Inuits ou de populations san du d&#233;sert du Kalahari qui ont v&#233;cu jusqu'&#224; il y a peu selon un mode de vie de chasseurs-cueilleurs nomades. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations san sont souvent appel&#233;es &#034;Bushmen&#034;. Mais Bushmen est un terme d&#233;valorisant qui signifie &#034;l'homme de la brousse&#034;. Autrefois, ce peuple occupait toute l'Afrique australe. Ce n'est donc pas la vie dans le d&#233;sert qui a fa&#231;onn&#233; sa morphologie. Durant des centaines, voire des milliers d'ann&#233;es, les San ont perp&#233;tu&#233; leurs traditions ancestrales, et ce malgr&#233; l'arriv&#233;e, &#224; diff&#233;rentes reprises, de peuples pratiquant d'autres modes de vie (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la soci&#233;t&#233; san repose sur un ensemble de groupes, ou clans, ayant les m&#234;mes coutumes et partant le m&#234;me dialecte, li&#233;s entre eux par un syst&#232;me d'alliances qui forme un r&#233;seau leur permettant de survivre durant les p&#233;riodes de disette. Le groupe est compos&#233; de dix &#224; quinze familles qui se s&#233;parent au fil des saisons selon l'unit&#233; fondamentale de la bande. Celle-ci, forte d'une trentaine de membres au plus, correspond au noyau de la soci&#233;t&#233;. la bande est tr&#232;s soud&#233;e, car ses membres sont tous plus ou moins apparent&#233;s. La famille, parents et enfants, est son &#233;l&#233;ment f&#233;d&#233;rateur : elle a sa propre hutte, la sph&#232;re priv&#233;e &#233;tant ainsi pr&#233;serv&#233;e. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les San, il n'y a pas d'autorit&#233; centrale, pas de chef, mais souvent un patriarche &#233;lu. Il est respect&#233; par tous et repr&#233;sente le groupe ou la bande dans certaines occasions : respect du territoire, rassemblements, litiges, ... Le plus souvent, les probl&#232;mes sont r&#233;gl&#233;s par les chasseurs les plus habiles ou par les anciens souvent plus exp&#233;riment&#233;s. Toutes les d&#233;cisions sont prises lors des d&#233;lib&#233;rations entre adultes. La &#034;propri&#233;t&#233; priv&#233;e&#034;, &#224; l'exception de certains points d'eau familiaux, n'existe pas chez les San. L'individu, comme le sol et ce qu'il y a dedans et dessus, appartient &#224; la nature. Au sein des groupes, la libert&#233; individuelle est respect&#233;e et une certaine &#233;galit&#233; r&#232;gne entre hommes et femmes. La division sexuelle du travail est bien marqu&#233;e. Les femmes, par exemple, cueillent les v&#233;g&#233;taux et les hommes chassent le grand gibier. Toutes les nourritures, v&#233;g&#233;tales et animales, sont &#233;quitablement r&#233;parties ; le partage est une des caract&#233;ristiques du comportement social des peuples chasseurs. Le chasseur habile ne tire ni prestige ni b&#233;n&#233;fice personnel, c'est le complexe dit d'&#034;humilit&#233;&#034; (...)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article tir&#233; de &#034;les grands dossiers de Sciences Humaines&#034; de janvier 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction &#224; &#171; Dialectique de la nature &#187; de Friedrich Engels</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546</guid>
		<dc:date>2017-07-22T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &#224; &#171; Dialectique de la nature &#187; de Friedrich Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ouvrage d'Engels, le compagnon de combat de Karl Marx, est, apr&#232;s l' &#171; Anti-D&#252;hring &#187; du m&#234;me auteur, la premi&#232;re tentative d'une vision g&#233;n&#233;rale de la science moderne, fond&#233;e sur la conception dialectique de Hegel employ&#233;e par un mat&#233;rialiste cons&#233;quent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, le caract&#232;re id&#233;aliste de la dialectique de Hegel n'est pas discutable et la dialectique n'est pas l'ensemble de la conception de ce grand dialecticien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Des contradictions dynamiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction &#224; &#171; Dialectique de la nature &#187; de Friedrich Engels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage d'Engels, le compagnon de combat de Karl Marx, est, apr&#232;s l' &#171; Anti-D&#252;hring &#187; du m&#234;me auteur, la premi&#232;re tentative d'une vision g&#233;n&#233;rale de la science moderne, fond&#233;e sur la conception dialectique de Hegel employ&#233;e par un mat&#233;rialiste cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le caract&#232;re id&#233;aliste de la dialectique de Hegel n'est pas discutable et la dialectique n'est pas l'ensemble de la conception de ce grand dialecticien id&#233;aliste. Marx et Engels n'ont pas pris l'ensemble de sa th&#232;se philosophique. Bien des gens contestent qu'il soit possible d'extraire la philosophie dialectique et de l'employer au sein d'une conception nettement mat&#233;rialiste et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve &#233;galement un grand nombre d'auteurs pour affirmer que &#171; Dialectique de la nature &#187; serait id&#233;aliste, puisque, selon eux, affirmer la dialectique de la nature, au lieu d'une dialectique de la pens&#233;e sur la nature, consisterait &#224; placer une philosophie au-dessus du fonctionnement naturel et donc &#224; faire profession de foi id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; rejettent donc l'ouvrage d'Engels, parfois en affirmant que Marx n'aurait jamais cautionn&#233; ce livre et sa th&#232;se. Mais Engels n'a jamais pu l'achever&#8230; On ne peut donc juger que sur la base des notes et brouillons, sans savoir comment Engels aurait finalis&#233; des formules qui sont parfois un peu bancales par leur r&#233;daction, tout en &#233;tant g&#233;niales par les intuitions et raisonnements effectu&#233;s par ce grand amateur de toutes les sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande question que pose un tel ouvrage est la suivante : le fonctionnement de la nature ob&#233;it-il &#224; une logique que l'on retrouve partout, dans tous les domaines, qui relie les diff&#233;rents fonctionnements, qui leur donne un sens, un mode de fonctionnement, une histoire et est-ce que cette logique est v&#233;ritablement fond&#233;e sur la dialectique formul&#233;e par le grand philosophe allemand Hegel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissons que, dans le monde, la philosophie de Hegel a surtout &#233;t&#233; connue parce que Marx et les marxistes s'en &#233;taient revendiqu&#233;s. La bourgeoisie allemande, elle-m&#234;me, a rapidement renonc&#233; &#224; l'h&#233;g&#233;lianisme et s'est raccroch&#233;e &#224; divers philosophes allemands, pr&#233; ou post Hegel, et notamment &#224; Kant. Bien des scientifiques aussi ont pr&#233;f&#233;r&#233; se r&#233;f&#233;rer &#224; Kant qu'&#224; Hegel, qui, notamment du fait du marxisme, avait trop une odeur de soufre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une raison profonde de ce choix r&#233;side dans le fait que les sciences se sont construites de mani&#232;re tranch&#233;es en domaines s&#233;par&#233;s, ce qui fait qu'une conception d'ensemble des sciences de la nature est apparue &#233;trang&#232;re, ext&#233;rieure, au fonctionnement de la science elle-m&#234;me. Par la suite, les scientifiques ont bien s&#251;r constat&#233; qu'ils perdaient beaucoup &#224; ces s&#233;parations infranchissables et ont construit de multiples passerelles, parlant ainsi d'interdisciplinarit&#233;, mais le mode de construction, s&#233;par&#233;, et le mode d'enseignement, tout aussi divis&#233;, a persist&#233;. Un physicien n'est pas un chimiste, n'est pas un biologiste, n'est pas un sp&#233;cialiste de l'&#233;volution des esp&#232;ces, n'est pas un entomologiste, etc. Un astrophysicien n'est pas un physicien des mat&#233;riaux, un physicien des particules, ou un physicien nucl&#233;aire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, qu'on le comprenne ou pas, l'Univers est un tout, fonctionne comme un tout, les divers niveaux hi&#233;rarchiques sont imbriqu&#233;s, interd&#233;pendants, et indispensables les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, et dans tous les domaines des sciences, on trouve des lois fond&#233;es sur des contradictions dialectiques et non diam&#233;trales. Cela a &#233;t&#233; constat&#233; bien avant Hegel, Marx et Engels, et cela a continu&#233; de se v&#233;rifier ensuite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que chaque loi d&#233;couverte par les sciences est fond&#233;e sur une contradiction dont la base n'est pas le &#171; ou exclusif &#187;, n'est pas la destruction d&#233;finitive mais le combat des contraires, qui ne s'arr&#234;te que pour changer de forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple de ce caract&#232;re dialectique des lois : le hasard et la n&#233;cessit&#233;. Les lois semblent fonder la n&#233;cessit&#233; pure et pourtant tous les progr&#232;s des sciences montrent que l'on n'&#233;limine jamais le contraire de la n&#233;cessit&#233; : la contingence ! Et elles montrent que les deux ne se contentent pas du tout de s'opposer ou de se d&#233;truire mutuellement, elles coop&#232;rent partout, elles sont m&#234;me indispensables l'une &#224; l'autre. Ce n'est pas seulement les lois de l'&#233;volution, les lois quantiques, les lois thermodynamiques qui manifestent de cette interd&#233;pendance du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, c'est toute la science, tout le fonctionnement naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, sur ce point, la conception id&#233;aliste consisterait &#224; affirmer que c'est notre pens&#233;e qui est dialectique et pas la nature, comme si la pens&#233;e appartenait &#224; un domaine compl&#232;tement s&#233;par&#233;, au-dessus du fonctionnement naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un autre exemple, fondamental, celui de la mati&#232;re et de ses structures. Celles-ci sont elles continues ou discontinues, r&#233;parties dans l'espace ou localis&#233;es, agissant &#224; distance ou pas, agissant &#224; une &#233;chelle ou &#224; toutes les &#233;chelles. La r&#233;ponse n'est jamais par oui ou par non, mais les deux &#224; la fois : des apparences &#224; la fois continues et discontinues, des r&#233;alit&#233;s &#224; la fois ondulatoires et corpusculaires, &#224; la fois des grains discontinus et des ondes qui occupent l'espace, &#224; la fois structur&#233;es et d&#233;structur&#233;es, &#224; la fois &#233;tendues et localis&#233;es, &#224; la fois ordonn&#233;es et d&#233;sordonn&#233;es. Le caract&#232;re dialectique d'un tel ordre/d&#233;sordre est patent. Le monde est-il fond&#233; sur la mati&#232;re ou sur le vide, les deux s'opposent-ils ou se composent-ils ? Pas l'un sans l'autre r&#233;pond la physique ! Ils s'opposent et se composent mutuellement ! Et la mati&#232;re est un vide, le vide est une mati&#232;re ! Allez rejeter la dialectique avec cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'espace interstellaire : est-il sujet &#224; la contraction ou &#224; l'expansion ? Eh bien, les deux, contradictoirement et conjointement, la contraction produisant l'expansion et inversement. On sait bien que toutes les structures de l'Univers, de la plan&#232;te &#224; l'amas d'amas de galaxies, sont le produit de contractions. On sait aussi que les galaxies s'&#233;loignent les unes des autres, que le monde est sujet &#224; l'expansion. Il en va de m&#234;me d'une seule &#233;toile : expansion de l'&#233;nergie vers l'ext&#233;rieur s'opposant &#224; la contraction gravitationnelle de la mati&#232;re, les deux &#233;tant li&#233;es inextricablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'atome : expansion ou contraction ? L&#224; encore les deux sont inextricablement reli&#233;s et interd&#233;pendants ! Les forces de r&#233;pulsion et celles d'attraction se compensent dans un ballet agit&#233; et permanent, que ce soit au sein du noyau, dans l'atome, dans les mol&#233;cules, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait prendre &#233;galement comme exemple le type de relation contradictoire entre magn&#233;tisme et &#233;lectricit&#233;, entre stabilit&#233; et instabilit&#233;, entre mati&#232;re et &#233;nergie, entre ordre transmis et ordre &#233;mergent, entre mati&#232;re et ordre &#224; une &#233;chelle et ordre &#224; une autre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait encore rajouter les contradictions entre d&#233;terminisme et ind&#233;terminisme, entre pr&#233;dictibilit&#233; et impr&#233;dictibilit&#233;, entre stabilit&#233; et instabilit&#233;, entre organisation et d&#233;sorganisation, entre virtuel et r&#233;el, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels a lui-m&#234;me multipli&#233; les exemples dans son ouvrage &#171; Dialectique de la nature &#187;, se fondant sur des sciences toutes jeunes comme celle de la morphogen&#232;se, celle de la cellule vivante, celle de la thermodynamique, celle de l'&#233;lectromagn&#233;tisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est d'ailleurs que des exemples : le temps et l'espace eux aussi s'opposent et se composent comme le corpuscule et l'onde, comme le continu et le discontinu, comme l'&#233;tendu et le localis&#233;, comme l'ordre et le d&#233;sordre, comme le n&#233;cessaire et le contingent, comme l'attraction et la r&#233;pulsion, comme l'action et la r&#233;action, comme le r&#233;versible et l'irr&#233;versible, comme le lent et le rapide, comme l'absolu et le relatif, comme&#8230; Comme toute la physique, comme toute la chimie, comme toute la biochimie, comme toute la physiologie, comme l'&#233;volution des esp&#232;ces, comme l'&#233;volution de l'homme et des soci&#233;t&#233;s humaines, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'opposition diam&#233;trale, mais dialectique, entre les contraires : entre mobile et immobile, entre les types de neutrinos, entre les charges &#233;lectriques, entre neutron et proton, entre onde et corpuscule, entre grain et champ, entre vide et mati&#232;re, entre &#233;lectricit&#233; et magn&#233;tisme, entre mati&#232;re et lumi&#232;re, entre d&#233;termin&#233; et ind&#233;termin&#233;, entre continu et discontinu, entre &#233;nergie et mati&#232;re, entre stable et instable, entre r&#233;el et virtuel, entre boson et fermion, entre continu et discontinu, entre local et global, etc, etc. Pas plus d'oppositions diam&#233;trales en physique qu'en chimie, qu'en biologogie, qu'en science de l'&#233;volution, ou en science de la soci&#233;t&#233;. On ne peut pas davantage opposer diam&#233;tralement l'inerte et le vivant, l'homme et l'animal, l'individu et la collectivit&#233;, la libert&#233; et la contrainte, etc. Les contraires sont li&#233;s, mutuellement indispensables, se transforment l'un dans l'autre, participent du m&#234;me ballet dynamique de l'univers. On ne peut pas opposer diam&#233;tralement la conservation et la transformation, que ce soit dans la mati&#232;re, dans la g&#233;n&#233;tique du vivant, dans la politique ou dans le social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;tique est une mine d'exemples d'imbrication du hasard et de la n&#233;cessit&#233;, du continu et du discontinu, de la r&#233;plication &#224; l'identique et de la cr&#233;ation de nouveaut&#233;, du structur&#233; et du d&#233;structur&#233;, de l'agitation et de la r&#233;pression de l'agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un miracle : il n'y a qu'un seul univers et il n'est pas fond&#233; sur des domaines s&#233;par&#233;s, construits ind&#233;pendamment les uns des autres. A part&#8230; A part dans l'esprit des penseurs, des chercheurs et du grand public, qui, bien des fois, consid&#232;re que la science est un monde &#224; part de leur vie de tous les jours, que la science est fond&#233;e sur des exp&#233;riences, des techniques, des raisonnements mais n'a aucun lien avec la pens&#233;e philosophique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels a eu le grand m&#233;rite de casser cette &#171; opinion &#187; qui est celle majoritaire dans la population autant que chez les scientifiques et les philosophes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des scientifiques estiment que la science a pris son envol en se s&#233;parant de la philosophie et bien des philosophes estiment que la seule philosophie des sciences serait math&#233;matique !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont de tels a priori qu'Engels combat syst&#233;matiquement et publiquement dans sa &#171; Dialectique de la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont ces a priori ? Celui du &#171; tiers exclus &#187;, celui des contraires diam&#233;traux, celui de l'impossibilit&#233; de la transformation d'un &#233;l&#233;ment en son contraire, celui de la logique dite formelle, celui de l'ordre diam&#233;tralement oppos&#233; au d&#233;sordre, celui de la loi qui s'opposerait diam&#233;tralement au d&#233;sordre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quoi est fond&#233; un tel a priori s'il ne l'est pas sur des observations ou des raisonnements scientifiques ? Eh bien, il l'est sur les a priori&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que Engels d&#233;montre que ces a priori philosophiques sont une frein et une g&#234;ne &#224; la d&#233;marche scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons-le :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Si, en g&#233;n&#233;ral, il est bon de recommander &#224; MM. les savants, qui ne savent dire assez de mal des absurdes sp&#233;culations a priori de la philosophie de la nature en Allemagne, de lire non seulement les oeuvres th&#233;oriques qui lui sont contemporaines, mais encore les oeuvres post&#233;rieures des physiciens de l'&#233;cole empirique, cela est particuli&#232;rement vrai pour la th&#233;orie de l'&#233;lectricit&#233;. Prenons une oeuvre de 1840 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esquisse des sciences de la chaleur et de l'&#233;lectricit&#233; par Thomas Thomson1. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
vieux Thomson &#233;tait certes en son temps une autorit&#233; ; en outre, il avait d&#233;j&#224; &#224; sa disposition une tr&#232;s importante partie des travaux du plus grand sp&#233;cialiste de l'&#233;lectricit&#233; jusqu'ici, Faraday. Et pourtant son livre contient des choses au moins aussi absurdes que la section correspondante de la philosophie de la nature de Hegel, bien plus ancienne en date. La description de l'&#233;tincelle &#233;lectrique, par exemple, pourrait &#234;tre la traduction directe du passage correspondant de Hegel. Tous deux &#233;num&#232;rent toutes les bizarreries que l'on voulait d&#233;couvrir dans l'&#233;tincelle &#233;lectrique avant de conna&#238;tre sa nature v&#233;ritable et sa riche diversit&#233;, bizarreries qui se sont maintenant r&#233;v&#233;l&#233;es pour la plupart comme des cas particuliers ou des erreurs. Il y a mieux. A la page 446, Thomson raconte avec le plus grand s&#233;rieux les histoires de brigand de Dessaignes, selon lesquelles, lorsque le barom&#232;tre monte et le thermom&#232;tre descend, le verre, la r&#233;sine, la soie, etc., tremp&#233;s dans le mercure se chargent d'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative, tandis que, lorsque le barom&#232;tre descend et que la temp&#233;rature s'&#233;l&#232;ve, ils ont des charges positives ; l'or et plusieurs autres m&#233;taux se chargeraient en &#233;t&#233; d'&#233;lectricit&#233; positive par r&#233;chauffement, et n&#233;gative par refroidissement, tandis que ce serait le contraire en hiver ; lorsque le barom&#232;tre serait haut et le vent au Nord, ils seraient fortement &#233;lectris&#233;s positivement lorsque la temp&#233;rature s'&#233;l&#232;ve, n&#233;gativement lorsqu'elle s'abaisse, etc. Voil&#224; qui suffit pour la fa&#231;on dont sont trait&#233;s les faits. Mais sur le plan de la sp&#233;culation, a priori, voici la th&#233;orie de l'&#233;tincelle &#233;lectrique dont nous r&#233;gale Thomson et qui ne vient pas d'un savant moindre que Faraday lui-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#233;tincelle est une d&#233;charge ou un abaissement de l'&#233;tat d'induction polaris&#233;e de nombreuses particules di&#233;lectriques, du fait d'une action particuli&#232;re d'un petit nombre d'entre elles, qui occupent un espace tr&#232;s petit et tr&#232;s limit&#233;. Faraday admet que les quelques particules o&#249; se localise la d&#233;charge ne sont pas seulement dispers&#233;es, mais qu'elles entrent temporairement dans un &#233;tat particulier extr&#234;mement actif (highly exalted) ; c'est-&#224;-dire que toutes les forces qui les environnent sont projet&#233;es successivement sur elles et que, gr&#226;ce &#224; celles-ci, elles acqui&#232;rent un &#233;tat d'intensit&#233; correspondant qui &#233;gale peut-&#234;tre l'intensit&#233; d'atomes qui se combinent chimiquement ; elles d&#233;chargent alors ces forces comme les atomes d&#233;chargent les leurs, d'une mani&#232;re inconnue jusqu'ici et c'est la fin de tout le processus (and so the end of the whole). L'effet dernier se pr&#233;sente exactement comme si une particule m&#233;tallique avait pris la place de la particule qui se d&#233;charge, et il ne semble pas impossible que les principes d'action dans les deux cas se r&#233;v&#232;lent un jour identiques 2. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Thomas THOMSON : An Outline of the Sciences et He at and Electricity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de la seconde &#233;dition de cet ouvrage, la premi&#232;re datant de 1830. (O.G.I.Z., Obs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- On trouve cette citation de Faraday &#224; la page 400 de la seconde &#233;dition du livre de Thomson. Elle est tir&#233;e du travail de Faraday : Experimental Researches in Electricity, 12th series, publi&#233; dans la revue londonienne : Philosophical Transactions, 1838, p. 105&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels cite aussi les tendances des scientifiques au mysticisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On voit appara&#238;tre ici manifestement quel est le plus s&#251;r chemin de la science de la nature au mysticisme. Ce n'est pas l'imp&#233;tueux : foisonnement th&#233;orique de la philosophie de la nature, mais l'empirisme le plus plat, d&#233;daignant toute th&#233;orie, se m&#233;fiant de toute pens&#233;e. Ce n'est pas la n&#233;cessit&#233; a priori qui d&#233;montre l'existence des esprits, mais l'observation exp&#233;rimentale de MM. Wallace, Crookes et Cie. Si nous avons foi dans les observations d'analyse spectrale de Crookes qui ont amen&#233; la d&#233;couverte du thallium ou dans les riches d&#233;couvertes zoologiques de Wallace dans l'archipel malais, on exige de nous que nous croyions de m&#234;me aux exp&#233;riences et d&#233;couvertes spirites de ces deux savants. Et si nous d&#233;clarons qu'il y a tout de m&#234;me l&#224; une petite diff&#233;rence, &#224; savoir que nous pouvons v&#233;rifier les unes et non pas les autres, les voyants spirites nous r&#233;torquent que ce n'est pas le cas et qu'ils sont pr&#234;ts &#224; nous donner l'occasion de v&#233;rifier aussi les Ph&#233;nom&#232;nes de spiritisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, on ne m&#233;prise pas impun&#233;ment la dialectique. Quel que soit le d&#233;dain qu'on nourrisse pour toute pens&#233;e th&#233;orique, on ne peut tout de m&#234;me pas mettre en liaison deux faits de la nature ou comprendre le rapport existant entre eux sans pens&#233;e th&#233;orique. Mais alors, la question est seulement de savoir si, dans ce cas, on pense juste ou non, et le m&#233;pris de la th&#233;orie est &#233;videmment le plus s&#251;r moyen de penser de fa&#231;on naturaliste, c'est-&#224;-dire de penser faux. Or, selon une vieille loi bien connue de la dialectique, la pens&#233;e fausse, pouss&#233;e jusqu'&#224; sa conclusion logique, aboutit r&#233;guli&#232;rement au contraire de son point de d&#233;part. Et voil&#224; comment se paie le m&#233;pris empirique de la dialectique : il conduit quelques-uns des empiristes les plus terre &#224; terre &#224; la plus saugrenue de toutes les superstitions, au spiritisme moderne. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5222&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi parler d'une dialectique de la nature ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique19&#034;&gt;Introduction &#224; la dialectique de la nature&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&#034;&gt;Dialectique de la nature selon Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dialectique de la nature &#187; de F. Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2558&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelle relation entre la dialectique de Hegel et la science contemporaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5219&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philosophie de la nature de Hegel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034;&gt;Qu'est-ce que la dialectique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2633&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comme la dialectique de Hegel l'affirmait, la science d&#233;montre que la nature fait des bonds&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5256&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vous vous dites mat&#233;rialistes et pourtant vous &#234;tes pour la dialectique de l'id&#233;aliste Hegel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique9&#034;&gt;Des contradictions dynamiques parce que dialectiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4178&#034;&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique, c'est quoi ? De la fausse pens&#233;e stalinienne ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034;&gt;Physique et mat&#233;rialisme dialectique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4089&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contradictions diam&#233;trales et contradictions dialectiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2064&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dialectique, c'est la vie. Penser le monde sans la dynamique des contradictions, c'est la mort....&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article5183&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un seul monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La physique de la mati&#232;re et la philosophie dialectique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034;&gt;Dialectique du positif et du n&#233;gatif&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034;&gt;Dialectique de l'onde et du corpuscule&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4642&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paradoxes dialectiques de la Physique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4102&#034;&gt;Sciences et pr&#233;jug&#233;s politiques et sociaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le marxisme a-t-il raison de se pr&#233;tendre scientifique ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7&#034;&gt;Faut-il une philosophie en sciences ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;voltes en Afrique en 1988-1991 : de la C&#244;te d'ivoire &#224; l'Alg&#233;rie, du B&#233;nin au Mali avec la chute de Moussa Traore et aussi de l'Afrique du sud au Rwanda...</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3779</link>
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		<dc:date>2015-09-17T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Mauritanie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces r&#233;voltes ont eu lieu en m&#234;me temps dans l'essentiel de l'Afrique... &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant toutes ces ann&#233;es de 1988 &#224; 1991, l'Afrique est parcourue de mouvements sociaux, de r&#233;voltes et de manifestations. La lutte touche S&#233;n&#233;gal, Mali, Gabon, C&#244;te d'Ivoire, Niger, Kenya, B&#233;nin, Alg&#233;rie, etc&#8230; Dans certains pays, la mobilisation prend l'aspect d'une r&#233;volte g&#233;n&#233;rale contre le r&#233;gime. Dans d'autres, comme le Mali en 1991 o&#249; le r&#233;gime de dictature militaire de Moussa Traore tombe. Des r&#233;gimes, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique49" rel="directory"&gt;20- R&#233;voltes en Afrique 1988-1991&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot223" rel="tag"&gt;Mauritanie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_5783 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/-949.jpg' width=&#034;420&#034; height=&#034;200&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ces r&#233;voltes ont eu lieu en m&#234;me temps dans l'essentiel de l'Afrique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toutes ces ann&#233;es de 1988 &#224; 1991, l'Afrique est parcourue de mouvements sociaux, de r&#233;voltes et de manifestations. La lutte touche S&#233;n&#233;gal, Mali, Gabon, C&#244;te d'Ivoire, Niger, Kenya, B&#233;nin, Alg&#233;rie, etc&#8230; Dans certains pays, la mobilisation prend l'aspect d'une r&#233;volte g&#233;n&#233;rale contre le r&#233;gime. Dans d'autres, comme le Mali en 1991 o&#249; le r&#233;gime de dictature militaire de Moussa Traore tombe. Des r&#233;gimes, qui avaient tenu depuis les ind&#233;pendances, sont pour la premi&#232;re fois menac&#233;s par les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;..AU BENIN...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#232;ves et des manifestations de fonctionnaires qui ne touchaient plus leurs salaires depuis des mois y &#233;clat&#232;rent en d&#233;cembre 1989. La contestation paralysa l'administration, les &#233;coles et l'universit&#233;. Les banques &#233;taient en faillite, les comptes des particuliers bloqu&#233;s. En 1989, tout au long de l'ann&#233;e, le B&#233;nin est secou&#233; par des luttes populaires diverses des travailleurs du priv&#233;, des fonctionnaires, des &#233;tudiants. Les salari&#233;s d&#233;noncent les salaires impay&#233;s et les mauvaises conditions de travail. C'est l'un des pays o&#249; le mouvement a un caract&#232;re le plus ouvrier. A partir de janvier 1990, les mouvements de contestation se g&#233;n&#233;ralisent en Afrique, avec des gr&#232;ves, des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, des manifestations de masses, des &#233;meutes et des r&#233;voltes. Au B&#233;nin, le 4 janvier 1990, les enseignants sont lanc&#233;s dans un bras de fer avec le pouvoir et d&#233;clarent : &#171; M&#234;me si nos salaires sont pay&#233;s, le travail ne reprendra pas tant que nos revendications ne seront pas satisfaites. &#187; Le pouvoir r&#233;agit en l&#226;chant du lest sur le plan politique. Le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident K&#233;r&#233;kou, qui se faisait appeler &#171; camarade K&#233;r&#233;kou &#187; abandonne son pseudo &#171; socialisme populaire &#187;, le parti unique et ouvre le r&#233;gime. Sous la pression de la rue et du FMI, Mathieu K&#233;r&#233;kou, au pouvoir depuis octobre 1972, d&#233;cida d'abandonner les r&#233;f&#233;rences au &#171; marxisme-l&#233;ninisme &#187; et le r&#233;gime du parti unique. Il accepta la tenue d'une &#171; conf&#233;rence nationale des forces vives de la nation &#187; en f&#233;vrier 1990 qui r&#233;forma la constitution, imposa le multipartisme, la libert&#233; de presse, une amnistie pour les prisonniers politiques et un gouvernement de transition charg&#233; de pr&#233;parer les &#233;lections. Et le 24 mars dernier, ce fut le premier ministre de transition, Nic&#233;phore Soglo, qui remporta les &#233;lections pr&#233;sidentielles contre K&#233;r&#233;kou qui accepta le verdict des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...EN GUINEE...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Guin&#233;e, les choses avaient commenc&#233; plus t&#244;t, mais l'&#233;volution fut moins spectaculaire. Le g&#233;n&#233;ral Lansana Cont&#233;, au pouvoir depuis 1984, avait annonc&#233;, d&#232;s le 2 octobre 1989, la fin du parti unique et la marche vers une d&#233;mocratie pluraliste. Une multitude d'organisations fleurirent alors qui attendent toujours leur l&#233;galisation... En Guin&#233;e aussi l'ann&#233;e 1990 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une s&#233;rie de gr&#232;ves et de manifestations qui touch&#232;rent les enseignants en juin (pour des augmentations de salaires), les pr&#233;-retrait&#233;s de la fonction publique en septembre (pour le paiement de leurs indemnit&#233;s dont ils n'avaient touch&#233; que 10 %), les &#233;tudiants qui furent en gr&#232;ve pendant un mois en novembre (contre la r&#233;duction drastique du nombre de bourses et pour l'application du multipartisme). C'est que la marche vers la d&#233;mocratie pluraliste se faisait &#224; pas de tortue. Finalement une nouvelle constitution a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par de hauts fonctionnaires nomm&#233;s par Lansana Cont&#233;. Elle fut adopt&#233;e par r&#233;f&#233;rendum en d&#233;cembre dernier. Elle instaure le bipartisme et ne sera appliqu&#233;e que dans 5 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...AU GABON...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier, les &#233;tudiants de l'universit&#233; Omar Bongo, au Gabon, entrent en gr&#232;ve et occupent l'universit&#233; pour protester contre le manque de professeurs et de moyens. Il s'en suit des bagarres avec les forces de l'ordre qui font de nombreux bless&#233;s, mais ne parviennent pas &#224; arr&#234;ter le mouvement de protestation au Gabon. Loin de se calmer, les &#233;tudiants d&#233;veloppent la lutte. Le 18 janvier, ils entra&#238;nent les coll&#233;giens et lyc&#233;ens, ainsi que les jeunes ch&#244;meurs. Ce jour-l&#224;, des centaines de manifestations sillonnent les art&#232;res de Libreville et s'affrontent avec les forces de l'ordre. Dans les quartiers populaires, comme Mont-Bouet, Akebe, Rio, Kembo, l'agitation se transforme en &#233;meutes : des groupes de jeunes arm&#233;s de b&#226;tons et de cailloux s'attaquent aux b&#226;timents publics et pillent les boutiques. Des voitures sont incendi&#233;es et servent pour constituer des barrages et barricades. Les manifestants d&#233;filent sur le p&#233;riph&#233;rique qui conduit &#224; l'a&#233;roport et ils le bloquent. Le 18, le pouvoir riposte en fermant universit&#233;s, lyc&#233;es et coll&#232;ges. Mais, la 19, l'agitation gagne de l'ampleur. Plus d'une centaine de boutiques sont pill&#233;es. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se g&#233;n&#233;ralisent &#224; la plupart des quartiers populaires. Le gouvernement interdit les attroupements, renforce les contr&#244;les d'identit&#233; et instaure le couvre-feu &#224; partir de 19 heures. Le mouvement, bien que r&#233;prim&#233;, se poursuit au Gabon. Au Gabon, le couvre-feu semblait avoir r&#233;tabli le calme, mais c'&#233;tait une apparence trompeuse : le 12 f&#233;vrier, le mouvement prend un caract&#232;re social. Depuis cinq ans, les salaires sont bloqu&#233;s, si bien que la gr&#232;ve d'une cat&#233;gorie limit&#233;e met le feu aux poudres. La gr&#232;ve touche d'abord les fonctionnaires : enseignants du sup&#233;rieur, m&#233;decins, agents du minist&#232;re des finances, agents des banques gabonaises et des soci&#233;t&#233;s de cigarettes arr&#234;tent le travail, rapidement rejoints par les salari&#233;s des Postes et T&#233;l&#233;communications, de l'Energie Electrique et de nombreuses soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. L'&#233;lectricit&#233; est coup&#233;e. Les centraux t&#233;l&#233;phoniques sont bloqu&#233;s. Le transport a&#233;rien est en gr&#232;ve. Le pays est paralys&#233; et coup&#233; du monde. C'est une gifle pour Bongo. Les travailleurs de la Navigation entrent en lutte. Le dictateur Bongo accepte de n&#233;gocier directement avec les gr&#233;vistes, puisque les travailleurs en gr&#232;ve refusent d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s par le syndicat unique, agent du pouvoir. Bongo essaie de n&#233;gocier avec chaque cat&#233;gorie &#224; part, mais devant la menace de la g&#233;n&#233;ralisation de la lutte &#224; toute la classe ouvri&#232;re, le dictateur recule. Il d&#233;clare qu'il reconna&#238;t le multipartisme, alors qu'il avait toujours d&#233;clar&#233; que, lui vivant, on ne verrait jamais cela au Gabon ! Le 23 mars, les travailleurs du p&#233;trole de Port Gentil se mettent en gr&#232;ve contre leurs conditions de travail et r&#233;clament des augmentations de salaires. L'agitation s'&#233;tend &#224; d'autres cat&#233;gories de travailleurs, aux lyc&#233;ens, aux coll&#233;giens qui se r&#233;pandent dans les rues. L'intervention de la police entra&#238;ne des &#233;meutes dans la plupart des quartiers populaires. Les manifestants s'en prennent aux b&#226;timents administratifs et aux boutiques qui sont parfois saccag&#233;es et pill&#233;es. La police et les forces de l'ordre locales sont d&#233;bord&#233;es. Les autorit&#233;s de Port Gentil font appel &#224; des renforts militaires de Libreville. Le couvre-feu est instaur&#233; &#224; Libreville, puis dans l'ensemble du pays. Face aux &#233;meutes, les paras fran&#231;ais et la L&#233;gion d&#233;barquent &#224; Port Gentil et &#224; Libreville pour r&#233;primer les manifestants, et pas seulement pour &#171; d&#233;fendre les ressortissants fran&#231;ais &#187; comme il le pr&#233;tend, les forces gabonaises se r&#233;v&#233;lant insuffisantes pour faire face &#224; la r&#233;volte. En deux jours, Port Gentil conna&#238;t une v&#233;ritable explosion de m&#233;contentement social qui s'attaque &#224; tout ce qui repr&#233;sente l'oppression : b&#226;timents publics, int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des riches, voitures&#8230; Au Gabon, Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967 annon&#231;ait le 19 avril 1990 l'instauration imm&#233;diate du multipartisme. Il nommait un premier ministre charg&#233; de la transition et la nouvelle constitution &#233;tait adopt&#233;e le 22 mai. Mais le lendemain un dirigeant de l'opposition, Joseph Rendjemb&#233;, &#233;tait retrouv&#233; mort dans les bras d'une dame, semble-t-il. Mais la suspicion &#233;tait telle que des &#233;meutes se d&#233;clench&#232;rent dans la capitale puis &#224; Port-Gentil. Elf rapatria son personnel fran&#231;ais et arr&#234;ta sa production, suivi par Shell. Le gouvernement fran&#231;ais envoya des renforts de troupes sous pr&#233;texte d'&#233;vacuer et prot&#233;ger les ressortissants fran&#231;ais qui n'&#233;taient pourtant pas menac&#233;s. Mais finalement la garde pr&#233;sidentielle r&#233;ussit &#224; reprendre la ville. Bongo mena&#231;a de faire appel &#224; d'autres compagnies pour exploiter le p&#233;trole et Elf reprit imm&#233;diatement sa production. Des &#233;lections l&#233;gislatives pluralistes eurent lieu en trois temps &#224; l'automne 1990 avec une s&#233;rie d'irr&#233;gularit&#233;s qui aboutirent &#224; des invalidations. Le principal parti d'opposition, le plus mod&#233;r&#233;, ayant d&#233;cid&#233; de d&#233;clarer forfait, l'ex-parti unique remporta 62 si&#232;ges sur 120. Bongo lui-m&#234;me n'entend pas laisser la place avant la fin de son mandat en I992. Il pr&#233;tend se placer d&#233;sormais au-dessus des partis et s'est d'ailleurs pay&#233; le luxe de financer la campagne &#233;lectorale des partis d'opposition qui ont alors mis une sourdine &#224; leurs critiques. Ce sont les paras fran&#231;ais qui ont sauv&#233; Omar Bongo en 1990 contre un mouvement de protestation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...EN COTE D'IVOIRE...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En C&#244;te d'Ivoire, o&#249; Houphou&#235;t Boigny est au pouvoir depuis 30 ans, toute une s&#233;rie de mouvements de protestation contre la d&#233;cision de diminuer de 10 &#224; 40 % les salaires dans le public comme dans le priv&#233; a d&#233;marr&#233; en mars 1990. Toutes les cat&#233;gories de salari&#233;s entr&#232;rent tour &#224; tour en lutte, rejoignant les &#233;tudiants en gr&#232;ve d&#232;s f&#233;vrier, et les manifestations se succ&#233;d&#232;rent. En 1988, en C&#244;te d'Ivoire, la contestation d&#233;bute par des mouvements sociaux divers : m&#233;decins, soldats appel&#233;s, policiers et dockers. En m&#234;me temps, on assiste &#224; un mouvement de soldats qui occupent les b&#226;timents publics. Dans le mois de f&#233;vrier 1990 en C&#244;te d'Ivoire, la dictature d'Houphou&#235;t Boigny est en butte &#224; une situation de crise d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent depuis l'ind&#233;pendance. La classe ouvri&#232;re est dans le coup. Les syndicalistes qui manifestaient pour l'autorisation de syndicats libres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Les travailleurs de l'Energie et des Eaux entrent en gr&#232;ve. Le gouvernement essaie de faire croire que les coupures sont li&#233;es &#224; des probl&#232;mes techniques. Le gouvernement annule la mesure de baisse des salaires de 15 &#224; 40% qu'il avait pr&#233;vu d'annoncer. Ce sont les &#233;tudiants qui ont commenc&#233; &#224; s'affronter directement au pouvoir. La premi&#232;re manifestation est partie de la r&#233;sidence universitaire de Youpougon. Ils marchent sur l'universit&#233;, occupent les rues, dressent des barrages. Ils sont rejoints par les lyc&#233;ens et les coll&#233;giens. En expulsant les &#233;tudiants de leurs universit&#233;s, le pouvoir le pousse dans la rue. La jeunesse des quartiers populaires les rejoint et ils envahissent la capitale. La jeunesse se mobilise massivement, remplit les rues de la capitale Abidjan, conspue le pouvoir et le pr&#233;sident Houphou&#235;t, d&#233;truit les signes ext&#233;rieurs de richesse et de pouvoir. On n'avait jamais vu &#231;a : c'est une v&#233;ritable d&#233;ferlante qui d&#233;marre de Koumassi avec un grand nombre de jeunes, tr&#232;s jeunes. Le mouvement de masse de la jeunesse est si important que le pouvoir choisit de faire le mort et de laisser passer la vague. Houphou&#235;t est conspu&#233; par les jeunes et les milieux populaires aux cris de &#171; Houphou&#235;t voleur &#187; et &#171; Houphou&#235;t bandit &#187;. Ils crient aussi : &#171; les grotos (les riches) doivent payer ! &#187;. Des &#233;meutes ont lieu &#233;galement dans les grandes villes, comme Bouak&#233; ou Bongerville. Houphou&#235;t Boigny contre-attaque &#224; la t&#233;l&#233;vision : &#171; On m'accuse d'avoir vol&#233; le pays. Mais c'est un mensonge. Je suis n&#233; dans l'or. Je suis n &#233; dans une cadillac. &#187; Il rajoute qu'en C&#244;te d'Ivoire, on ne peut pas faire payer les riches pour enrichir les pauvres parce qu' &#187;il n'y a que de faux riches et de faux pauvres. S'il y avait un seul riche en C&#244;te d'Ivoire, je lui aurai demand&#233; d'aider le pays. &#187; En mai-juin 1990, de nombreuses cat&#233;gories sociales manifestent. Les travailleurs des bus, de Blohorn, de Carena (chantier naval) ou encore de Sonaco (soci&#233;t&#233; nationale de conditionnement). Pour la premi&#232;re fois en C&#244;te d'Ivoire, le secteur priv&#233; se met en gr&#232;ve. Au mois de mars, le Gabon, la r&#233;volte ouvri&#232;re explose. D&#232;s le 15 avril Houphou&#235;t Boigny revenait sur sa d&#233;cision de diminuer les salaires et le 30 mars il annon&#231;ait l'instauration du multipartisme. Une trentaine de partis &#233;merg&#232;rent et 19 furent reconnus officiellement. L'agitation sociale n'en continua pas moins, au point que les soldats et les policiers se mirent aussi &#224; manifester, et que l'ann&#233;e scolaire fut d&#233;cr&#233;t&#233;e &#171; ann&#233;e blanche &#187; pour les &#233;tudiants. Les travailleurs du secteur public, des banques et des assurances qui, m&#234;me s'ils sont relativement privil&#233;gi&#233;s, ont entam&#233; plusieurs mouvements gr&#233;vistes au cours de ces derniers mois, bien que la police veille &#224; emp&#234;cher les syndicalistes de se r&#233;unir. La crainte de ces gr&#232;ves &#224; l'approche de la paie du mois d'avril a d'ailleurs s&#251;rement jou&#233; pour beaucoup dans le sursis accord&#233; par les bailleurs de fonds d'Houphou&#235;t, sursis qui a permis &#224; celui-ci d'ajourner les r&#233;ductions de salaires annonc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...AU CAMEROUN...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cameroun, une manifestation de 20 000 personnes en faveur du multipartisme eut lieu le 26 mai 1990. La repression fit 6 morts. Mais lors du congr&#232;s du parti unique en juin 1990, appel&#233; le &#171; congr&#232;s de la libert&#233; et de la d&#233;mocratie &#187; , Paul Biya demanda &#224; son parti de se pr&#233;parer &#224; affronter la concurrence et il promit l'&#233;laboration d'une charte des libert&#233;s. En juillet il mit sur pied une commission charg&#233;e de r&#233;viser la constitution. Les lois d'exception ont &#233;t&#233; abrog&#233;es, une amnistie vot&#233;e en avril 1991 alors que des &#233;meutes avaient lieu dans plusieurs r&#233;gions du pays. Les prisonniers politiques furent lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...AU NIGER...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant l'exemple des &#233;tudiants gabonais et s&#233;n&#233;galais, les &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants du Niger se mettent aussi en gr&#232;ve. A Niamey, ils protestent &#233;galement la d&#233;gradation de leurs conditions d'&#233;tudes. Le lendemain, ils organisent une marche politique au travers de la ville. Mais, &#224; hauteur du pont Kennedy qu'ils veulent traverser, les forces de l'ordre chargent et tirent dans la foule. Il y a vingt morts et de nombreux bless&#233;s parmi les manifestants. Le 12 f&#233;vrier, des &#233;v&#233;nements importants se produisent au Niger et au Gabon. Au Niger, devant les violences dont les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; victimes, la col&#232;re l'emporte sur la peur. Une manifestation de protestation regroupe non seulement des &#233;l&#232;ves mais de nombreux travailleurs et des habitants des quartiers populaires. Le groupe des travailleurs de l'uranium est particuli&#232;rement massif et fait une d&#233;monstration de force. La dictature de Sa&#239;bou tente de se disculper, pr&#233;tendant qu'elle n'a pas ordonn&#233; de tirer et ferme les &#233;tablissements scolaires. C'est &#233;galement en juin 1990 que le g&#233;n&#233;ral Ali Sa&#239;bou, &#233;lu en d&#233;cembre 1989 &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat nig&#233;rien, a annonc&#233; une r&#233;vision de la constitution destin&#233;e &#224; favoriser l'av&#232;nement d'un pluralisme politique. Lui qui aime affirmer : &#171; il n'y a pas plus d&#233;mocrate que moi &#187; a n&#233;anmoins fait tirer sur les manifestants en f&#233;vrier dernier, puis en mai sur les Touaregs r&#233;volt&#233;s, et les morts se comptent d&#233;j&#224; par dizaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; A MADAGASCAR&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'est trouv&#233; &#224; Madagascar des centaines de milliers de personnes pour manifester r&#233;guli&#232;rement, malgr&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge, malgr&#233; les risques d'affrontements et les menaces de licenciement pour les fonctionnaires qui font gr&#232;ve, c'est que la population veut un changement qui s'identifie pour elle avec le d&#233;part de Ratsiraka. C'est si vrai que, lorsqu'&#224; la fin juillet, les dirigeants de l'opposition ont propos&#233; un compromis qui maintenait en place le dictateur, ils furent accueillis par des hu&#233;es. Et si les dirigeants de l'opposition peuvent chevaucher ce mouvement, le canaliser, c'est en grande partie parce qu'aucune organisation, aucun parti n'est en mesure de proposer une autre politique ni ne d&#233;nonce m&#234;me les contradictions de tous ces vieux routiers de la politique malgache qui, rappelons-le, ont tous soutenu le r&#233;gime de Ratsiraka pendant des ann&#233;es, et dont certains viennent tout juste de quitter le navire de peur qu'il ne sombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... AU MALI...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, le climat social est &#224; la r&#233;volte d&#232;s 1990. La mis&#232;re a atteint un niveau insupportable. On a vu un directeur d'&#233;cole d&#233;monter le plafond d'une salle de classe pour la revendre afin de nourrir sa famille. La peur du r&#233;gime, qui emprisonne et torture, a &#233;t&#233; telle pendant toutes ces ann&#233;es que les opposants osent &#224; peine parler entre eux. Mais la r&#233;volte est telle que la peur va tomber. Le r&#233;gime s'est discr&#233;dit&#233; par sa corruption et parce qu'il s'est montr&#233; incapable de battre les r&#233;sistances arm&#233;es des touaregs nomades qu'il m&#233;prisait, opprimait et dont il pr&#233;tendait &#233;craser ais&#233;ment dans le sang la r&#233;volte arm&#233;e. Les revendications sociales commencent &#224; monter au cours de l'ann&#233;e 1990. Les petits vendeurs bana-bana, opprim&#233;s et r&#233;primes, et les petits commer&#231;ants ne se laissent plus faire. Les commer&#231;ants en ont assez, par exemple, de voir le commerce des fruits et l&#233;gumes monopolis&#233; par le pr&#233;sident et sa femme. Les associations &#224; but politique se multiplient et le r&#233;gime cherche &#224; leur interdire d'intervenir sur ce terrain. La col&#232;re monte dans la jeunesse et dans la classe ouvri&#232;re. Les fonctionnaires, notamment les enseignants, ne sont pas pay&#233;s pendant des mois quand ce n'est pas des ann&#233;es. Il est tr&#232;s significatif de l'ambiance dans la classe ouvri&#232;re que, le 1er mai 1990, le syndicat unique lui-m&#234;me, l'Union Nationale des Travailleurs du Mali, se prononce pour la premi&#232;re fois en faveur de la d&#233;mocratisation du pays, dans un discours public. L'Association des El&#232;ves et Etudiants du Mali, apr&#232;s la r&#233;pression de 1979, se r&#233;veille de longues ann&#233;es de silence et de soumission. AEEM et Comit&#233; National d'Initiative pour la D&#233;mocratie appellent &#224; une manifestation pour le multipartisme le 10 d&#233;cembre 1990. Plus de dix mille manifestants r&#233;pondent &#224; l'appel. C'est la plus grande manifestation jamais organis&#233;e au Mali sous le r&#233;gime de Moussa Traor&#233;. La manifestation se d&#233;roule pacifiquement dans la capitale Bamako, mais le pouvoir n'entend pas reculer. Les organisateurs et les manifestants non plus. Le 24 janvier 1991, ils appellent &#224; une nouvelle manifestation qui va enclencher le cycle des affrontements se terminant par la chute du dictateur. Les manifestants bloquent la route et saccagent les &#233;difices publics. Les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les manifestants faisant de nombreux morts et bless&#233;s. Le 25 janvier, des chars sont d&#233;ploy&#233;s contre les manifestants et les &#233;coles sont ferm&#233;es. Le 28 janvier, &#224; la nouvelle de l'arrestation de plusieurs &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants, dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'AEEM, Oumar Mariko, le mouvement explose en insurrection de toute la jeunesse, englobant celle des quartiers populaires. Ces derniers, tout particuli&#232;rement les jeunes ch&#244;meurs, arm&#233;s de b&#226;tons et de pierres, envahissent les rues de la capitale, br&#251;lent des magasins et des &#233;difices publics, ainsi que des voitures. Les r&#233;sidences de plusieurs membres du gouvernement et du parti unique, dont celle du directeur g&#233;n&#233;ral des douanes, beau-fr&#232;re du pr&#233;sident Traor&#233;, sont enti&#232;rement saccag&#233;es. A partir de ce moment, les &#233;meutes se multiplient tous les jours dans Bamako, o&#249; les manifestants &#233;rigent des barricades. Cette situation se propage aux villes de province. Les morts de manifestants et le nombre de bless&#233;s ne cessent de cro&#238;tre tous les jours. Le 29 janvier, ce sont des centaines de manifestants arr&#234;t&#233;s qui ont &#233;t&#233; tortur&#233;s, dont une douzaine d'enfants de moins de douze ans. Le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident a annonc&#233; que l'interdiction aux associations de faire de la politique est lev&#233;e, mais cela ne diminue pas la pression de la rue. L'AEEM revendique la lib&#233;ration de tous les emprisonn&#233;s. Le 31 janvier, le gouvernement laisse entendre qu'il pourrait lib&#233;rer de nombreux manifestants arr&#234;t&#233;s dont Oumar Mariko. Le 2 f&#233;vrier, la t&#233;l&#233;vision nationale annonce la lib&#233;ration de 196 &#233;l&#232;ves sur les 232 officiellement arr&#234;t&#233;es. 34 d&#233;tenus ont &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;s en justice et condamn&#233;es lourdement pour trouble &#224; l'ordre public, pillage, incendie, d&#233;vastation d'&#233;difices publics, vol et recel. Les Touaregs du nord du Mali s'invitent dans la lutte, en attaquant l'usine de phosphates de Bourem, &#224; une centaine de kilom&#232;tres de la ville de Gao, dans la nuit du 21 f&#233;vrier 1991, tuant deux militaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 22 mars 1991, les &#233;meutes reprennent &#224; Bamako. De violentes manifestations parcourent la capitale. Les forces de l'ordre tirent &#224; balles r&#233;elles et tuent. C'est un v&#233;ritable carnage &#224; la mitraillette et &#224; la grenade offensive. La guerre est d&#233;clar&#233;e par le pouvoir aux jeunes manifestants qui enflamment le minist&#232;re de l'emploi. Le 23 mars, la jeunesse scolaris&#233;e est rejointe dans la r&#233;volte par les ch&#244;meurs et les travailleurs. Les travailleurs de la COMATEX, dont le dictateur-pr&#233;sident a dit, avec une expression de profond m&#233;pris, qu'ils ne savent m&#234;me pas qui ils sont, ont arr&#234;t&#233; le travail. Les &#233;meutes s'&#233;tendent &#224; l'ensemble du pays. Des r&#233;pressions violentes ont lieu &#224; Sikasso et Diola. Certains policiers se font lyncher. Le centre commercial de Bamako est le si&#232;ge d'un v&#233;ritable carnage. Tout ce qui appartient aux responsables du r&#233;gime est saccag&#233;. Les commer&#231;ants sont attaqu&#233;s eux aussi. Les morts continuent de tomber, mais, cette fois, la foule ne recule plus devant les forces de l'ordre. Les &#233;tudiants inventent un moyen d'autod&#233;fense face aux policiers. Ils l'intitulent article 320 : 300 francs CFA pour acheter un litre d'essence et 20 francs CFA pour une boite d'allumette. L'action consiste &#224; jeter de l'essence sur les policiers et &#224; lancer une allumette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jours suivants, les manifestations continuent, s'attaquant &#224; la BIRD et &#224; la Banque Mondiale de Bamako. L'h&#244;tel de ville est saccag&#233;. Deux dignitaires proches de l'ancien pr&#233;sident ont &#233;t&#233; lynch&#233;s par la foule en col&#232;re. Le 29 mars, des villas de dignitaires sont pill&#233;es. L'Etat d'urgence a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; dans les villes du Mali. Le bilan est de nombreux manifestant morts et de centaines de bless&#233;s graves qui ont les membres d&#233;chiquet&#233;s. Le chef de l'Etat lance un appel au calme et affirme sa &#171; totale disponibilit&#233; pour une dialogue et une consultation et pour trouver des solutions durables des diff&#233;rents probl&#232;mes &#187;. Les manifestants r&#233;pondent &#171; C'est termin&#233;. On ira jusqu'au bout. &#187; Il y a d&#233;j&#224; un bilan de plusieurs centaines de morts. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale commence, paralysant le pays. Les m&#232;res de famille, r&#233;volt&#233;es que leurs enfants soient tu&#233;s comme des lapins, s'attaquent &#224; mains nues &#224; la pr&#233;sidence &#224; Coulouba. Le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident leur barre la route avec des blind&#233;s. Mais l'arm&#233;e ne marche plus et on est &#224; un doigt d'une grave mutinerie. Affirmant agir en coordination avec les organisations d&#233;mocratiques, les militaires d&#233;posent la dictature de Moussa Traor&#233; et prennent le pouvoir le 27 mars 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8230; AU RWANDA&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 janvier 1992, des manifestations d'une ampleur inconnue, contre la dictature militaire et la mais&#232;re et regroupant Hutus et Tutsis, secou&#232;rent les principales villes du Rwanda, notamment Butare, Gitarama et surtout Kigali, o&#249; 50 000 personnes d&#233;fil&#232;rent pour manifester contre le nouveau Gouvernement. Une nouvelle journ&#233;e de manifestation est convoqu&#233;e pour le 15 janvier, mais le pouvoir l'interdit et les manifestants qui passent outre sont arr&#234;t&#233;s. Une situation explosive face &#224; une dictature militaire : des manifestations monstres &#224; Kigali : 100.000 le 8 janvier 1990, puis le 15 janvier 1990, puis la r&#233;volte g&#233;n&#233;rale en 1992 dans la capitale Kigali devant laquelle le r&#233;gime fait mine d'accepter un compromis avec les dirigeants mod&#233;r&#233;s de l'opposition d&#233;mocratique (tout en pr&#233;parant le bain de sang). Le 8 et le 15 janvier 1990, plus de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale Kigali. &#8220; Au d&#233;but de l'automne 1990, le Rwanda traversait une crise profonde qui gagnait petit &#224; petit tout le pays &#8221;, &#233;crit M. G&#233;rard Prunier. Les questions br&#251;lantes qui causent cette mobilisation ne sont nullement les questions dites ethniques mais les questions sociales et politiques, la crise, la mis&#232;re, la corruption du r&#233;gime et la dictature. C'est la corruption en mati&#232;re de scolarit&#233; qui donne l'&#233;tincelle mettant le feu aux poudres. Une enseignante, Agathe Uwilingiyimana, qui sera la premi&#232;re assassin&#233;e au d&#233;marrage du g&#233;nocide, d&#233;nonce les trafics dans les r&#233;sultats du baccalaur&#233;at qui permettent aux enfants de la classe dirigeante d'&#234;tre re&#231;us en rayant les premiers de la liste des re&#231;us. Elle subit une violente r&#233;pression de la part de l'arm&#233;e, mais la population prend fait et cause pour elle. La mobilisation en sa faveur est impressionnante en va faire d'elle une des leaders de l'opposition d&#233;mocratique qui vise &#224; la d&#233;mocratisation du pays, dont le multipartisme. En fait, la r&#233;volte populaire avait une base sociale d'autant plus importante que la classe dirigeante &#233;tait absolument incapable de satisfaire les aspirations populaires, ayant m&#234;me du mal &#224; imaginer comment elle allait partager un g&#226;teau sans cesse plus restreint entre des &#233;quipes concurrentes de la bourgeoisie, du pouvoir, du FPR et de l'opposition. Les recettes du caf&#233; et du th&#233;, durement touch&#233;es par la chute des cours sur les march&#233;s mondiaux, connaissent une baisse inqui&#233;tante. Quant aux espoirs suscit&#233;s par le d&#233;veloppement du tourisme, ils auront &#233;t&#233; fauch&#233;s net avec le d&#233;clenchement de la guerre. En 1991, le d&#233;ficit budg&#233;taire, cens&#233; ne pas d&#233;passer 2,6 milliards de francs rwandais, a atteint 10,5 milliards. Les d&#233;penses de l'Etat ont mont&#233; en fl&#232;che : les effectifs de l'arm&#233;e, guerre oblige, ont quasiment tripl&#233;. Dans les deux ann&#233;es qui suivent le mouvement populaire contre le r&#233;gime va aller sans cesse croissant. Il culmine en 1992 avec des manifestations monstres &#224; Kigali et dans les grandes villes. Dans la capitale, c'est presque la moiti&#233; de la population qui descend dans la rue et conspue les militaires. Les leaders d&#233;mocrates du mouvement sont alors appel&#233;s &#224; participer au gouvernement aux c&#244;t&#233;s des membres du pouvoir li&#233;s &#224; l'arm&#233;e et &#224; l'extr&#234;me-droite. Les opposants d&#233;mocrates &#171; r&#233;alistes &#187; acceptent de gouverner avec les assassins qui ont d&#233;j&#224; maintes fois d&#233;montr&#233; leur capacit&#233; de nuisance. Dans le mouvement d'opposition &#224; la dictature, il y a &#224; la fois des Hutus et des Tutsis. Mais si le r&#233;gime militaire a momentan&#233;ment recul&#233;, remis&#233; le parti unique et appel&#233; certains opposants &#224; la direction du gouvernement, ce n'est que partie remise. Pris entre deux feux, entre FPR &#224; l'ext&#233;rieur et r&#233;volte populaire &#224; l'int&#233;rieur, les dirigeants partent &#224; la recherche d'une solution de type fasciste. Pour retrouver une base populaire, les classes dirigeantes se tournent vers les d&#233;class&#233;s de la capitale et les pauvres des campagnes et se fondent pour cela sur le pr&#233;jug&#233; si fr&#233;quemment employ&#233; en Afrique : l'ethnisme. Des m&#233;dias qui appellent ouvertement au g&#233;nocide des Tutsis, comme la &#171; radio des mille collines &#187; affirment que Tutsi est synonyme de pro-FPR et pr&#233;tendent que si les Hutus ne tuent pas les Tutsis, c'est eux qui seront tu&#233;s. Et pour lier &#224; eux une partie de la population ils l'obligent &#224; se mouiller &#224; leurs c&#244;t&#233;s. Tous ceux qui auront tu&#233; ne pourront plus ensuite prendre parti pour le FPR qui les accuserait de crime. D'o&#249; de premiers massacres, d&#232;s 1990, puis en 1993, dans lesquels des Hutus sont pouss&#233;s &#224; tuer des Tutsis. D'o&#249; aussi la formation de milices de pauvres embrigad&#233;s et form&#233;s &#224; tuer. Cependant, devant l'ampleur de la pression, le Pr&#233;sident Juv&#233;nal Habyarimana finit par accepter de signer un compromis avec l'opposition r&#233;unie. Aux termes de ce compromis, le Gouvernement Nsanzimana serait remplac&#233; par un Gouvernement de coalition. Celui-ci, qui comprendrait des Ministres MRND, serait cependant dirig&#233; par un membre du MDR. (&#8230;) Le 7 avril, le Premier Ministre Dismas Nsengiyaremye pr&#234;tait serment et le nouveau Gouvernement &#233;tait mis en place le 16 avril, couronnant ainsi la r&#233;ussite de la strat&#233;gie d'union de l'opposition. (&#8230;) L'arriv&#233;e au pouvoir du Gouvernement Nsengiyaremye ne signifiait en aucun cas que l'opposition venait de remporter une victoire totale. En effet, si le G&#233;n&#233;ral Juv&#233;nal Habyarimana, son entourage et son parti &#233;taient, pour la premi&#232;re fois depuis 1973, contraints de partager le pouvoir, ils restaient pr&#233;sents aux affaires. Juv&#233;nal Habyarimana restait Pr&#233;sident de la R&#233;publique et Chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e. (&#8230;) Pour nombre de membres du MRND, l'arriv&#233;e au pouvoir de l'opposition et la perspective de n&#233;gociations, en vue d'un partage du pouvoir, entre l'Etat hutu rwandais et le FPR ne devait susciter qu'un refus absolu. C'est ainsi qu'en mars 1992 appara&#238;t sur la sc&#232;ne politique un nouveau parti, la Coalition pour la d&#233;fense de la R&#233;publique (CDR). Au contraire des petits partis ci-dessus &#233;voqu&#233;s, la CDR va jouer un r&#244;le important et largement autonome dans la vie du Rwanda jusqu'&#224; la fin du r&#233;gime. La CDR se positionne comme un mouvement beaucoup plus intransigeant que le MRND dans son opposition au FPR et &#224; la coalition emmen&#233;e par le MDR. Ses dirigeants, M. Jean-Bosco Barayagwiza, son fondateur, M. Jean Barahinyura, son Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, M. Martin Bucyana, harc&#232;lent le r&#233;gime et le MRND, pour leur mollesse envers le FPR et ceux qu'il appelle ses complices (&#8220; ibyitso &#8221;, c'est-&#224;-dire les partis d'opposition). Il est &#224; remarquer que ces personnalit&#233;s, et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale celles de la frange radicale qu'emm&#232;ne la CDR, ne sont pas forc&#233;ment les moins talentueuses, ni les moins brillantes de la vie politique rwandaise. Le journal kinyarwanda &#8220; Kangura &#8221; (&#8220; R&#233;veillez-le &#8221;), dirig&#233; par l'un d'entre eux, M. Hassan Ngeze, est d'une efficacit&#233; politique redoutable gr&#226;ce &#224; des attaques personnelles contre les dirigeants de l'opposition, la corruption voire la criminalit&#233; n'&#233;tant pas l'apanage des seuls dirigeants du MRND. C'est aussi parmi ces sympathisants que se recrutera plus tard l'essentiel des journalistes de l'extr&#233;miste &#8220; Radio-t&#233;l&#233;vision libre des Milles Collines &#8221; (RTLM). Pour nombre de membres du MRND, l'arriv&#233;e au pouvoir de l'opposition et la perspective de n&#233;gociations, en vue d'un partage du pouvoir, entre l'Etat hutu rwandais et le FPR ne devait susciter qu'un refus absolu. C'est ainsi qu'en mars 1992 appara&#238;t sur la sc&#232;ne politique un nouveau parti, la Coalition pour la d&#233;fense de la R&#233;publique (CDR). Au contraire des petits partis ci-dessus &#233;voqu&#233;s, la CDR va jouer un r&#244;le important et largement autonome dans la vie du Rwanda jusqu'&#224; la fin du r&#233;gime. La CDR se positionne comme un mouvement beaucoup plus intransigeant que le MRND dans son opposition au FPR et &#224; la coalition emmen&#233;e par le MDR. Ses dirigeants, M. Jean-Bosco Barayagwiza, son fondateur, M. Jean Barahinyura, son Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, M. Martin Bucyana, harc&#232;lent le r&#233;gime et le MRND, pour leur mollesse envers le FPR et ceux qu'il appelle ses complices (&#8220; ibyitso &#8221;, c'est-&#224;-dire les partis d'opposition). Il est &#224; remarquer que ces personnalit&#233;s, et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale celles de la frange radicale qu'emm&#232;ne la CDR, ne sont pas forc&#233;ment les moins talentueuses, ni les moins brillantes de la vie politique rwandaise. Le journal kinyarwanda &#8220; Kangura &#8221; (&#8220; R&#233;veillez-le &#8221;), dirig&#233; par l'un d'entre eux, M. Hassan Ngeze, est d'une efficacit&#233; politique redoutable gr&#226;ce &#224; des attaques personnelles contre les dirigeants de l'opposition, la corruption voire la criminalit&#233; n'&#233;tant pas l'apanage des seuls dirigeants du MRND. C'est aussi parmi ces sympathisants que se recrutera plus tard l'essentiel des journalistes de l'extr&#233;miste &#8220; Radio-t&#233;l&#233;vision libre des Milles Collines &#8221; (RTLM). (&#8230;) Le mois de mars 1992 voit en effet le d&#233;but d'une s&#233;rie d'attentats terroristes. Par deux fois, des grenades sont jet&#233;es dans la foule, &#224; la gare routi&#232;re de Kigali, faisant cinq morts la premi&#232;re fois et un mort et 34 bless&#233;s la seconde. (&#8230;) Le mois de mars 1992 est aussi celui de la reprise des massacres de Tutsis dans les provinces. (&#8230;) Dans la r&#233;gion du Bugesera, (&#8230;) les massacres dur&#232;rent du 4 au 9 mars, et caus&#232;rent la mort d'un nombre de personnes &#233;valu&#233; &#224; 300 (l'administration rwandaise d'alors en a admis 182). Comme dans le cas des massacres du Mutara (voir ci-dessus), ils furent accomplis par les paysans sous la conduite de leur bourgmestre dans le cadre d'une &#8220; umuganda &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... EN AFRIQUE DU SUD...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement de Botha pr&#233;tend qu'il va r&#233;former l'apartheid, si depuis 1986 il affirme vouloir aller doucement vers la suppression du &#171; pass &#187; (le fameux passeport int&#233;rieur cause de nombreuses &#233;meutes) et d&#233;clare : &#171; Je suis engag&#233; dans un processus de r&#233;formes destin&#233;es &#224; &#233;largir la d&#233;mocratie &#187;, ce n'est pas seulement pour am&#233;liorer son image &#224; l'ext&#233;rieur mais parce que, depuis l'&#233;t&#233; 1984, l'insurrection populaire et ouvri&#232;re gagne chaque ann&#233;e en ampleur dans tout le pays. En ao&#251;t 1984, quelques jours apr&#232;s les &#233;lections, des &#233;meutes &#233;clatent dans la r&#233;gion de Johannesburg, violemment r&#233;prim&#233;es et faisant 29 mort officiellement. A Sabokeng, une grande cit&#233; noire, les forces de l'ordre tentent de d&#233;truire les groupes noirs arm&#233;s. 7000 policiers occupent la ville, fouillent les maisons, et se heurtent &#224; la population noire, faisant officiellement 95 morts. Le maire de Tembissa, une autre grande cit&#233; noire, a d&#251; fuir devant la haine de la population qui manifestait et mena&#231;ait de s'occuper de lui. En avril 1985, dix conseillers municipaux noirs, accus&#233;s de collaboration avec le pouvoir blanc, ont &#233;t&#233; tu&#233;s et 174 d'entre eux ont d&#251; d&#233;missionner. En juillet 1985, 410 policiers ont &#233;t&#233; soit tu&#233;s soit ont vu leur maison br&#251;l&#233;e par les jeunes manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie (imp&#233;rialiste et sud africaine), inqui&#232;te de la mont&#233;e ouvri&#232;re et populaire, cherche &#224; trouver une issue politique qui int&#232;grerait les nationalistes et les r&#233;formistes, en d&#233;tournant le risque social. Les n&#233;gociations de la grande bourgeoisie blanche sud africaine avec l'ANC d&#233;butent en 1985. Le 18 septembre 1985, une d&#233;l&#233;gation d'hommes d'affaire blancs sud africains se rend en Zambie pour rencontrer la direction de l'ANC. L'un d'entre eux est Oppenheimer, principal actionnaire de la De Beer, premier producteur de diamant qui contr&#244;le les deux tiers de la production mondiale de diamant. Il affirme qu'il va falloir rapidement supprimer l'apartheid. Ces patrons blancs n'ont cure des souffrances de la majorit&#233; de la population pauvre d'Afrique du sud, ni des exactions particuli&#232;res subies par les Noirs mais le danger d'explosion ouvri&#232;re incontr&#244;lable, de plus en plus &#233;vident pour tous, les pousse &#224; vouloir changer de r&#233;gime au plus vite. Ils trouvent dans l'ANC (et ses alli&#233;s de l'UDF) un partenaire pr&#234;t &#224; sacrifier la r&#233;volution pour obtenir une part du pouvoir en sauvant la grande bourgeoisie. L'ANC qui affirmait vouloir le socialisme et diriger &#171; une r&#233;volution d&#233;mocratique assurant la lib&#233;ration des opprim&#233;s &#187; rassure les poss&#233;dants d'Afrique du sud. En fait, l'ANC n'avait jamais d&#233;fendu une perspective de renversement de la bourgeoisie, mais seulement de mise place d'une bourgeoisie noire, comme le dit clairement son programme : &#171; la charte de la libert&#233; &#187;. En 1956, Nelson Mandela la commentait ainsi : &#171; Si la Charte proclame la n&#233;cessit&#233; de changement d&#233;mocratique, il ne s'agit en aucune mani&#232;re d'une prise de position pour un Etat socialiste, mais d'un programme pour l'unification des diff&#233;rentes classes et groupements populaires sur une base d&#233;mocratique. &#187; Il concluait : &#171; Le d&#233;mant&#232;lement de ces monopoles (banques et mines d'or) ouvrira un horizon au d&#233;veloppement d'une classe bourgeoise prosp&#232;re non-europ&#233;enne. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de ce pays, une bourgeoisie non-europ&#233;enne aura l'opportunit&#233; de poss&#233;der en son propre nom et en toute l&#233;gitimit&#233; les mines et les usines. Le commerce et l'entreprise priv&#233;e conna&#238;tront un boom et fleuriront comme jamais auparavant. &#187; Rien &#224; voir avec l'image socialiste, et m&#234;me communiste, que les partis communistes ont donn&#233; de Nelson Mandela. Lui, n'a jamais cautionn&#233; cette image. M&#234;me si la mobilisation ouvri&#232;re a contraint, par la suite, l'ANC &#224; parler des travailleurs, le docteur Montlana, num&#233;ro deux de l'ANC, d&#233;clarait : &#171; La solution, c'est que les Noirs travaillent plus dur au sein du syst&#232;me capitaliste. (&#8230;) Laissez ceux qui ont l'ambition, l'ambition capitaliste, individuelle et priv&#233;e, de travailler &#224; la satisfaire et ne leur tournez pas le dos parce qu'ils ne veulent pas devenir des vagabonds avec leur sac sur le dos. (&#8230;) Il y a des gens qui attendent d'un r&#233;gime socialiste qu'il les conduise au pays du lait et du miel. A ces gens-l&#224;, je dis : vous &#234;tes des idiots. Trop de nos gens sont simplement fain&#233;ants. Trop souvent nous reprochons au syst&#232;me nos propres limites. &#187; En juin 1986, la situation a tellement empir&#233; que le gouvernement Botha est contraint de d&#233;cr&#233;ter l'Etat d'urgence. La r&#233;pression qui s'abat alors est massive et f&#233;roce. Des organisations d'opposition jusque l&#224; tol&#233;r&#233;es sont interdites, leurs membres arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, tu&#233;s. Cependant, les gr&#232;ves continuent de se multiplier. L'une des plus grandes est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion du Triangle de Vaal, en novembre 1984, dans laquelle 150.000 travailleurs sont soutenus par 250.000 &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants. Les mots d'ordre sont : d&#233;part des forces de r&#233;pression des cit&#233;s noires, suppression des augmentations de loyers, des tarifs de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, abolition de taxes pour les habitants, am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif pour les noirs. Gr&#226;ce aux pressions conjugu&#233;es de l'ANC, du PC, de la bourgeoisie et de l'Etat, les principaux dirigeants syndicaux firent finalement le choix de renoncer &#224; la perspective qu'ils d&#233;fendaient jusque l&#224; : une Afrique du Sud post-apartheid o&#249; les travailleurs auraient le contr&#244;le du pouvoir et des richesses de la soci&#233;t&#233;, ont accept&#233; progressivement de devenir le prolongement politique de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre la monnaie d'&#233;change contre laquelle l'ANC est arriv&#233;e au pouvoir. C'est sur cette base que se constitua le COSATU, la grande centrale syndicale unifi&#233;e. L'unification des forces de la classe ouvri&#232;re a servi &#224; cacher un changement complet d'orientation. Pour l'ANC, le PC sud-africain et pour la bourgeoisie comme pour l'imp&#233;rialisme, les dirigeants nationalistes noirs n'&#233;taient une bou&#233;e de sauvetage face &#224; la menace r&#233;volutionnaire que s'ils s'av&#233;raient capables de canaliser et de freiner le mouvement r&#233;volutionnaire des masses ouvri&#232;res d'Afrique du sud. Ils ont d&#251; en faire progressivement la d&#233;monstration pendant que l'Afrique du sud faisait &#224; pas compt&#233;s quelques gestes de d&#233;sengagement dans le syst&#232;me de l'apartheid et dans ses interventions militaires contre les pays voisins. Le 22 d&#233;cembre 1988, l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba signent &#224; New York deux trait&#233;s qui pr&#233;voient, l'un le retrait des soldats cubains d'Angola et l'autre, l'accession de la Namibie &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 ao&#251;t 1988, Nelson Mandela, chef historique du Congr&#232;s national africain (ANC), emprisonn&#233; depuis 1963, est hospitalis&#233; au Cap apr&#232;s avoir contract&#233; la tuberculose. En fait, il s'agit du r&#233;sultat d'une n&#233;gociation au sommet entre les dirigeants de la grande bourgeoisie sud-africaine et les dirigeants de l'ANC qui suit une autre n&#233;gociation au sommet entre la haute bureaucratie russe et l'imp&#233;rialisme US. La fin de l'apartheid accompagne la fin de la politique des blocs et la r&#233;int&#233;gration de la haute bureaucratie russe au sein de la bourgeoisie mondiale. Les gestes se multiplient et les pas de chaque partie se succ&#232;dent. Le 23 novembre 1988, le pr&#233;sident Botha d&#233;cide de gracier les &#034; six de Sharpeville &#034;, tous les recours judiciaires ayant &#233;t&#233; &#233;puis&#233;s apr&#232;s le sursis &#224; ex&#233;cution obtenu le 17 mars. Le 15 mars 1989, Pieter Botha reprend ses fonctions &#224; la t&#234;te de l'Etat apr&#232;s la congestion c&#233;r&#233;brale dont il a &#233;t&#233; victime le 18 janvier. Le Parti national, au pouvoir depuis 1948, a souhait&#233;, le 13, que Frederik De Kerk, qui dirige le parti depuis la d&#233;mission, le 2 f&#233;vrier, de Pieter Botha, devienne pr&#233;sident de la R&#233;publique &#034; dans l'int&#233;r&#234;t du pays &#034;. Le 5 juillet 1989, le pr&#233;sident Pieter Botha re&#231;oit, dans sa r&#233;sidence du Cap, Nelson Mandela, chef historique de l'ANC emprisonn&#233; depuis 1963, qui se prononce pour &#034; une &#233;volution pacifique de la situation &#034;. Le 25 ao&#251;t 1989, Frederik De Klerk, nouveau pr&#233;sident sud africain, confirme ses intentions r&#233;formistes : supprimer l'apartheid de fa&#231;on n&#233;goci&#233;e. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 15 octobre 1989, huit dirigeants nationalistes, dont Walter Sisulu, compagnon de Nelson Mandela, sont lib&#233;r&#233;s apr&#232;s vingt cinq ans pass&#233;s en prison. Les sept membres de l'ANC lib&#233;r&#233;s participent, le 29, au premier rassemblement autoris&#233; par le r&#233;gime depuis 1960, qui r&#233;unit soixante mille personnes dans le stade de Soweto. Le 2 f&#233;vrier 1990, le pr&#233;sident sud africain Frederik De Klerk annonce devant le Parlement la l&#233;galisation des mouvements nationalistes noirs, dont le Congr&#232;s national africain (ANC), interdit depuis 1960, la lib&#233;ration des prisonniers politiques qui n'ont pas commis de violences, la fin de la censure et la suspension des ex&#233;cutions capitales. Le 11 f&#233;vrier 1990, Nelson Mandela est lib&#233;r&#233; apr&#232;s vingt sept ans de captivit&#233;. Le 13 f&#233;vrier 1990, parlant devant plus de cent mille personnes au stade de Soweto, &#224; Johannesburg, Nelson Mandela multiplie les appels &#034; au calme et &#224; la discipline &#034;. Le16 f&#233;vrier 1990, le comit&#233; ex&#233;cutif de l'ANC, r&#233;uni depuis le 14 &#224; Lusaka (Zambie) en l'absence de Nelson Mandela, accepte de rencontrer Frederik De Klerk. Le 4 mars 1990, Lennox Sebe, &#034; pr&#233;sident &#224; vie &#034; du bantoustan du Ciskei, est renvers&#233; par un coup d'Etat militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Josh Gqozo. Le nouveau pouvoir r&#233;clame la r&#233;int&#233;gration du Ciskei au sein de l'Afrique du Sud. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 7 juin 1990, l'&#233;tat d'urgence, instaur&#233; le 12 juin 1986, est lev&#233;, sauf dans la province du Natal, o&#249; se poursuivent des affrontements entre factions rivales dans les cit&#233;s noires. Le 19, la loi abolissant, &#224; partir du 15 octobre, la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics est vot&#233;e par les d&#233;put&#233;s. Le 6 ao&#251;t 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent, &#224; Pretoria, leur deuxi&#232;me s&#233;rie de pourparlers pr&#233;alables &#224; des n&#233;gociations sur une nouvelle Constitution. Dans l'accord sign&#233; apr&#232;s quinze heures de discussions, l'ANC annonce qu'elle suspend la lutte arm&#233;e, tandis que le gouvernement s'engage &#224; lib&#233;rer tous les prisonniers politiques et &#224; autoriser le retour des exil&#233;s avant la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article101&#034;&gt;En Alg&#233;rie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article916&#034;&gt;Au Mali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&#034;&gt;Au Rwanda&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article72&#034;&gt;Dans toute l'Afrique noire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3524&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Avec une r&#233;ponse fasciste notamment en Mauritanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1022&#034;&gt;La r&#233;ponse est aussi la dictature militaire r&#233;pressive au Soudan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=YRhaKTZ8Glc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Gabon en 1990&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xfzlvs_la-cote-d-ivoire-en-1990-intervention-de-boigny-ouattara_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La C&#244;te d'Ivoire en 1990&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://boutique.ina.fr/video/economie-et-societe/vie-sociale/CAB90010051/manifestations-en-cote-d-ivoire.fr.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore la C&#244;te d'Ivoire en 1990&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB90020110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Gabon en 1990&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://conflits.revues.org/320&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au B&#233;nin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore au Mali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1826&#034;&gt;1990 au Cameroun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article120&#034;&gt;Et l'une des r&#233;voltes dirig&#233;e par la prol&#233;tariat pouvait entrainer tout le continent : celle d'Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu'&#224; cette &#233;poque le monde est lui aussi touch&#233; par ces r&#233;voltes : &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article79&#034;&gt;Yougoslavie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique72&#034;&gt;Chine&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/venezuela-27-fevrier-1989-jour-peuple-sest-reveille&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_en_Irak_%281991%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Irak&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2123&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippines&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article163&#034;&gt;Birmanie&lt;/a&gt;, et bien s&#251;r les pays de l'Est, pour ne citer que les principales r&#233;voltes populaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article78&#034;&gt;Le grand tournant mondial &#224; partir du milieu des ann&#233;es 80&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Lutte des classes au Gabon</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3519</link>
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		<dc:date>2015-02-11T03:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lutte des classes au Gabon &lt;br class='autobr' /&gt;
PETROLE &lt;br class='autobr' /&gt;
Une partie de la production p&#233;troli&#232;re du Gabon &#233;tait &#224; l'arr&#234;t et des stations service de Libreville et Port-Gentil se trouvaient en rupture de carburant mercredi, suite &#224; une gr&#232;ve lanc&#233;e par le principal syndicat des employ&#233;s du secteur p&#233;trolier. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Organisation nationale des employ&#233;s du p&#233;trole (Onep) a entam&#233; une &#034;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et illimit&#233;e&#034; le 1er d&#233;cembre, protestant notamment contre des licenciements de personnels et l'emploi &#034;abusif&#034; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/-152-c2af9.jpg?1782281768' width='500' height='311' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH331/-153-22084.jpg?1782281768' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4849 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L419xH288/-155-251fb.jpg?1782281768' width='419' height='288' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte des classes au Gabon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PETROLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la production p&#233;troli&#232;re du Gabon &#233;tait &#224; l'arr&#234;t et des stations service de Libreville et Port-Gentil se trouvaient en rupture de carburant mercredi, suite &#224; une gr&#232;ve lanc&#233;e par le principal syndicat des employ&#233;s du secteur p&#233;trolier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation nationale des employ&#233;s du p&#233;trole (Onep) a entam&#233; une &#034;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et illimit&#233;e&#034; le 1er d&#233;cembre, protestant notamment contre des licenciements de personnels et l'emploi &#034;abusif&#034; de main-d'oeuvre &#233;trang&#232;re par les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sources concordantes, les deux majors Total et Shell, qui totalisent environ la moiti&#233; de la production gabonaise estim&#233;e &#224; 230.000 barils par jour, ont vu leurs activit&#233;s fortement perturb&#233;es ces derniers jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
La production de Total a ainsi chut&#233; d'environ 50%, a indiqu&#233; &#224; l'AFP une source proche du dossier. Durant le week-end, tous les sites offshores de la compagnie avaient &#233;t&#233; paralys&#233;s. &#034;La production reprend progressivement&#034;, a assur&#233; la m&#234;me source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Shell Gabon, 80% de l'activit&#233; a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, selon l'Onep. Une source au sein de la compagnie a confirm&#233; qu'une &#034;grande part&#034; de la production nationale est stopp&#233;e, notamment &#224; Gamba (sud-ouest) o&#249; se trouve &#233;galement son terminal d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'approvisionnement du march&#233; national en carburant, la Soci&#233;t&#233; gabonaise de raffinage (Sogara) de la capitale p&#233;troli&#232;re Port-Gentil, unique raffinerie du pays, est totalement &#224; l'arr&#234;t depuis le 2 d&#233;cembre, selon l'Onep.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les stations-services fonctionnent encore gr&#226;ce aux stocks lib&#233;r&#233;s au d&#233;but de la gr&#232;ve, mais nous serons bient&#244;t tous &#224; pieds&#034;, avertit le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Onep, Paul Aim&#233; Bagafou, qui pr&#233;cise toutefois que des n&#233;gociations sont en cours avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Libreville et Port-Gentil, de nombreuses stations-services sont en rupture de stock et de longues files d'attentes se forment devant les stations encore approvisionn&#233;es, qui rationnent la fourniture de carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat demande la r&#233;int&#233;gration de plusieurs dizaines de salari&#233;s licenci&#233;s par des soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res ainsi que le d&#233;part de leurs dirigeants &#233;trangers, dont certains seraient &#034;en situation irr&#233;guli&#232;re&#034;. Il r&#233;clame &#233;galement la fin des pr&#233;l&#232;vements obligatoires par la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs), les salari&#233;s du p&#233;trole b&#233;n&#233;ficiant d'assurances directement souscrites par leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bras de fer entre l'Etat et l'Onep sont r&#233;currents au Gabon, d&#233;j&#224; touch&#233; par un mouvement similaire d&#233;but 2013. En avril 2011, une gr&#232;ve de quatre jours avait laiss&#233; le pays au bord de la paralysie, et avait co&#251;t&#233;, selon l'Onep, 60 milliards de FCFA (90 millions d'euros) &#224; l'Etat gabonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Onep dit regrouper 4.000 des 5.000 travailleurs gabonais du p&#233;trole, principale richesse du Gabon, 5e producteur en Afrique sub-saharienne. Officiellement, ses recettes assurent &#224; l'Etat 60% de son budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves r&#233;centes, la derni&#232;re dans le secteur p&#233;trolier, font vaciller le pouvoir autoritaire qui craint un sc&#233;nario analogue &#224; celui qui a fait tomber le dictateur du Burkina-Faso Blaise Compaor&#233;. Ce lundi 1er d&#233;cembre. L'ONEP (Organisation nationale des employ&#233;s du p&#233;trole) annonce le d&#233;but d'une gr&#232;ve illimit&#233;e dans le secteur p&#233;trolier, apr&#232;s l'&#233;chec des n&#233;gociations tra&#238;nant depuis plusieurs semaines portant avant tout sur la r&#233;int&#233;gration d'employ&#233;s licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TOTAL r&#232;gne en ma&#238;tre sur la 4 &#232;me puissance p&#233;troli&#232;re d'Afrique noire&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce micro-Etat d'1,5 million d'habitants reste la 4 &#232;me puissance p&#233;troli&#232;re d'Afrique sub-saharienne avec 250 000 barils de p&#233;trole par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un secteur vital pour l'&#201;tat gabonais, qui d&#233;pend &#224; 60 % des revenus du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un march&#233; toujours important pour le groupe fran&#231;ais TOTAL, premier investisseur d&#233;gageant 50 000 barils par jour. TOTAL se partage le march&#233; avec le britannique Shell, m&#234;me si le chinois SINOPEC et le libyen Libya Oil et le fran&#231;ais Perenco sont de plus en plus actifs au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pays paralys&#233; par une gr&#232;ve qui dure depuis une semaine &lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve qui continue depuis une semaine a trouv&#233; entre-temps le soutien de toute la filli&#232;re : des ouvriers de l'extraction jusqu'aux employ&#233;s des stations-services, en passant par les salari&#233;s des raffineries. L'ONEP organise la grande majorit&#233; des 5 000 employ&#233;s du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation perturbe s&#233;rieusement l'&#233;conomie du pays. La seule raffinerie du pays, qui transforme 21 000 barils/jour, &#224; Sogara est compl&#232;tement paralys&#233;e. Les champs p&#233;troliers de Port-Gentil (2&#232;me ville du pays) ne livrent plus de p&#233;trole, l'a&#233;roport local est &#224; court de carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les villes, c'est la panique. Les queues se multiplient devant les stations-services, progressivement &#224; sec, pour obtenir des stocks d'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe fran&#231;ais TOTAL dans la ligne de mire des gr&#233;vistes&lt;br class='autobr' /&gt;
Les majors ont publi&#233; des d&#233;clarations contradictoires. Shell a reconnu que la gr&#232;ve avait fait chuter sa production. Total a ni&#233; tout impact dans un premier temps, avant d'avouer que sa production &#233;tait descendue &#224; 10 000 barils par jour, soit le quart de la production usuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications des gr&#233;vistes sont multiples, elles sont au moins quatre, touchant &#224; des questions politiques : (1) r&#233;int&#233;gration d'employ&#233;s du secteur licenci&#233;s par les majors &#233;trang&#232;res ; (2) suspension des d&#233;ductions salariales impos&#233;es par ces compagnies ; (3) d&#233;part du manager de STSI Boccard, sous-traitant de Total ; (4) d&#233;part du directeur g&#233;n&#233;ral de la Libya oil Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exigences qui pointent les responsabilit&#233;s des grands groupes &#233;trangers, d'abord Total &#8211; qui op&#232;re aussi par l'entremise de leurs sous-traitants, comme Total avec STSI Boccard &#8211; ainsi que celle de l'Etat gabonais, complice du pillage organis&#233;, actionnaire minoritaire de TOTAL-Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'Etat gabonais a commenc&#233; &#224; s'agacer des pratiques frauduleuses de Total. Il vient d'entamer un redressement fiscal &#224; l'encontre de la filiale gabonaise du groupe fran&#231;ais, soup&#231;onn&#233; d'avoir un arri&#233;r&#233; d'imp&#244;t de 565 millions d'&#8364;, soit 5 % du PIB du pays, 20 % du budget national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t la fin de la dictature des Bongo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1960, le Gabon est la base arri&#232;re de la France, &#224; partir d'o&#249; part tous ses mauvais coups en Afrique, du Biafra au Congo. En 1967, la France y place un ancien agent de ses services secrets, Omar Bongo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dernier va y installer un r&#233;gime &#224; parti unique, qui r&#233;prime f&#233;rocement ses opposants. Il y est r&#233;guli&#232;rement r&#233;&#233;lu avec 99,5 % des voix. Il d&#233;tourne des centaines de millions d'&#8364;, gr&#226;ce &#224; l'argent d'Elf puis Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la mort d'Omar, c'est son fils Ali qui prend la succession en 2009. Tout changer pour que rien ne change. Ali truque les &#233;lections mais n'obtient que 41 % des voix au premier tour. Il suspend le deuxi&#232;me tour et s'autoproclame pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s la chute d'un autre ami de la France, le dictateur du Burkina-Faso Blaise Compaor&#233;, en place depuis 27 ans, Ali Bongo a peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que le climat social est explosif au Gabon. Depuis un mois, des mouvements de gr&#232;ve ont &#233;t&#233; lanc&#233;s dans les t&#233;l&#233;coms, la presse, la radio et la t&#233;l&#233;vision, l'&#233;ducation nationale, les universit&#233;s, les h&#244;pitaux. Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avait touch&#233; toute la fonction publique fin octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout les m&#234;mes probl&#232;mes, des salaires et des primes non-pay&#233;s, la col&#232;re face &#224; la logique de privatisation et ses d&#233;g&#226;ts dans les services publics en faillite du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de quoi &#234;tre surpris de voir la tr&#232;s faible couverture de presse en France sur ce mouvement d'ampleur dans un pays francophone, impliquant notre fleuron &#233;conomique. C'est par l'agence britannique Reuters que la nouvelle peut &#234;tre connue en France. Un silence &#233;tonnant. Ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;non&#231;ons la politique de rapine de Total en Afrique, d&#233;non&#231;ons la Fran&#231;afrique plus vivace que jamais : solidarit&#233; avec les travailleurs et le peuple gabonais qui veut en terminer avec cette dictature des Bongo qui dure depuis plus d'un demi-si&#232;cle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TELEVISION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve qui paralysait Gabon T&#233;l&#233;vision et Radio Gabon depuis le 27 novembre dernier a pris fin ce lundi &#224; la suite d'une rencontre entre le personnel et le ministre de la Communication, Denise Mekamne qui n'a pas apport&#233; toutes les solutions souhait&#233;es par les gr&#233;vistes, selon Gabon T&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes ont accept&#233; de suspendre le mouvement suite au paiement de la Prime d'incitation &#224; la performance (PIP). C'&#233;tait l'une des revendications imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les autres points du cahier de charges n'ont pas encore trouv&#233; une solution p&#233;renne. Il s'agit notamment de la fin de la reforme de l'audiovisuel publique gabonais entam&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es mais qui n'abouti pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette reforme s&#233;pare Gabon T&#233;l&#233;vision de Radio Gabon et fait de la RTG 2 une cha&#238;ne th&#233;matique. La reforme a aussi cr&#233;&#233; une autre entreprise de diffusion d&#233;nomm&#233;e T&#233;l&#233;diffusion du Gabon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque nouvelle entit&#233; cr&#233;&#233;e fonctionne comme un office et cesse donc de vivre accroch&#233;e sur le budget de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables de chaque entit&#233; ont &#233;t&#233; nomm&#233;s sans plus. D'o&#249; la col&#232;re des agents qui disent travailler sans un r&#233;el statut. Ils ont donc bloqu&#233; le fonctionnement de ces m&#233;dias pour voir claire. Durant la gr&#232;ve, Gabon T&#233;l&#233;vision et Radio Gabon ont consid&#233;rablement r&#233;duit leurs programmes diffusant de la musique et des documentaires &#224; longueur de journ&#233;e. A 20 heures Gabon T&#233;l&#233;vision diffusait un mini journal de 10 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TELECOMMUNICATIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Gabon, le personnel de Gabon T&#233;l&#233;com, filiale de Maroc T&#233;l&#233;com, est en gr&#232;ve depuis le jeudi 13 novembre et menace de couper les lignes t&#233;l&#233;phoniques et Internet. Les gr&#233;vistes exigent de la direction le paiement des primes r&#233;clam&#233;es et l'augmentation de la prime de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve est la cons&#233;quence de probl&#232;mes mal r&#233;gl&#233;s lors de la privatisation de Gabon T&#233;l&#233;com, il y a sept ans. En 2007, lorsque Maroc T&#233;l&#233;com rach&#232;te Gabon T&#233;l&#233;com, la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en deux ; une maison m&#232;re qui g&#232;re le t&#233;l&#233;phone fixe et l'Internet, ainsi qu'une filiale qui g&#232;re la t&#233;l&#233;phonie mobile. Sur les 1 800 employ&#233;s : 1 400 sont limog&#233;s, 380 conservent leur poste. Les Marocains fusionnent Gabon T&#233;l&#233;com et sa filiale Libertis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparait alors une premi&#232;re difficult&#233; avec un d&#233;ficit criant de personnel. A cela s'ajout&#233; un deuxi&#232;me probl&#232;me : les agents de Libertis et de Gabon T&#233;l&#233;com n'avaient pas les m&#234;mes salaires. Le personnel de l'ex-Libertis reste mieux pay&#233;. Ce sont ces injustices que le Syndicat de national des t&#233;l&#233;communications veut corriger.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous demandons qu'on harmonise les salaires et nous demandons qu'on paie la prime relative &#224; cette mutualisation, que l'on rel&#232;ve la prime de logement, parce qu'&#224; Libreville le logement co&#251;te cher &#187;, explique Martin Essono, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Sinatel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction g&#233;n&#233;rale de Gabon T&#233;l&#233;com est rest&#233;e injoignable. Toutefois, la soci&#233;t&#233; d&#233;ficitaire durant plusieurs ann&#233;es est devenue tr&#232;s rentable et d&#233;sormais son chiffre d'affaires explose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FONCTION PUBLIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance pour le renouveau syndical au Gabon (ARESGA), une plate forme de plusieurs syndicats des travailleurs de la fonction publique a lanc&#233; samedi au terme d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale tenue &#224; Libreville, un mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#224; partir de ce lundi pour d&#233;noncer la rupture du dialogue avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons d&#233;cid&#233; que tous les travailleurs se mobilisent. Et qu'&#224; compter de lundi les actions seront manifestent et dures &#187;, a d&#233;clar&#233; en lan&#231;ant le mot d'ordre de gr&#232;ve, Jo&#235;l Ondo Ella, porte-parole de l'ARESGA. Selon lui, cette gr&#232;ve va commencer par une grande marche des travailleurs en direction de la primature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes reprochent au premier ministre, Daniel Ona Ondo, d'&#234;tre r&#233;fractaire au dialogue. Pour eux, le chef du gouvernement s'est &#171; assis &#187; sur les cahiers de charges assortis des n&#233;gociations entam&#233;es par son pr&#233;d&#233;cesseur, Raymond Ndong Sima en 2013. M. Ona Ondo ne cultiverait pas le principe de la continuit&#233; du service public avance-t-il tel que lui-m&#234;me s'&#233;tait engag&#233; le 29 mars dernier lors de sa lettre de cadrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les syndicalistes, &#171; quand les gens ne dialoguent pas, on peut imaginer une notion de m&#233;pris &#187;. Ils disent ne plus accepter le qualificatif de mauvaise fois qu'on leur attribue &#224; tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'endroit du chef du gouvernement qui est mandat&#233; pour ex&#233;cuter la politique du chef de l'Etat, nous disons non ; nous ne sommes plus d'accord avec un chantage sur la PIP et l'exclusion qui ne dit pas son nom &#187;, a-t-il lanc&#233; visiblement remont&#233;. Les gr&#233;vistes ne veulent plus de la Prime d'incitation &#224; la performance (PIP) qui selon eux n'am&#233;liore pas le pouvoir d'achat du fonctionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;unis au sein de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats de l'administration publique (COSYNAP), du Syndicat national des professionnels des Eaux et For&#234;ts (SYNAPEF), du Syndicat des travailleurs de l'agricultures et bien d'autres structures syndicales d&#233;j&#224; en gr&#232;ve comme la Convention nationale des syndicats du secteur de l'&#233;ducation (CONSYSED) revendiquent dor&#233;navant entre autres &#171; sans d&#233;lai &#187; l'augmenter du Salaire minimum garanti (SMIG), le rel&#232;vement du point d'indice et la valorisation de la pension de retraite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils veulent que le point d'indice actuel qui est de 425 puisse &#233;voluer de 425 &#224; 800 au minimum. Le SMIG quant &#224; lui, de 86 000 FCFA &#224; 200 000 FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie Nationale de Navigation Int&#233;rieure et Internationale (CNNII) persiste dans son mouvement de gr&#232;ve lanc&#233; il y a quelques semaines. En effet, mercredi 4 d&#233;cembre, le personnel de la CNNII section Port-Gentil et Libreville, a brandi des banderoles pour r&#233;clamer de meilleures conditions de travail, au grand d&#233;sarroi des usagers de bateaux qui tentaient de rallier la capitale &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des banderoles affich&#233;es devant les locaux de la Compagnie Nationale de Navigation Int&#233;rieure et Internationale (CNNII), le personnel de cette structure a d&#233;cid&#233; de r&#233;clamer de meilleures conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous revendiquons le paiement des droits l&#233;gaux, le contrat de travail, l'harmonisation salariale, le plan social, la gabonisation des postes &#187;, a expliqu&#233; un repr&#233;sentant du personnel de la CNNII.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face au silence de sa hi&#233;rarchie, le personnel de la compagnie a donc d&#233;cid&#233; d'observer un arr&#234;t de travail depuis lundi 1er d&#233;cembre. A Port-Gentil, le b&#226;timent abritant les bureaux de la CNNII est barricad&#233;, les gros porteurs qui accostent sont bloqu&#233;s rendant tout d&#233;chargement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les employ&#233;s de cette soci&#233;t&#233;, d&#233;plorent le fait que depuis trois mois, la direction g&#233;n&#233;rale est rest&#233;e insensible &#224; leurs cris de d&#233;tresse, et apr&#232;s deux semaines de pr&#233;avis de gr&#232;ve, la hi&#233;rarchie n'a pas daign&#233; entamer de n&#233;gociations, ni de rencontres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En lieu et place de n&#233;gociations, nous avons plut&#244;t re&#231;u des menaces de licenciements. Face &#224; cela, nous disons trop c'est trop &#187;, mart&#232;le le repr&#233;sentant du Syndicat gabonais des marins (Sygama).&lt;br class='autobr' /&gt;
Par rapport &#224; cette situation, de nombreux voyageurs crient au d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec cette gr&#232;ve, les d&#233;placements seront difficiles entre Libreville et Port-Gentil, et de Port-Gentil vers Lambar&#233;n&#233;. Le trafic est toujours tr&#232;s dense &#224; cette p&#233;riode et cette gr&#232;ve n'arrange pas les choses &#187;, a d&#233;plor&#233; un voyageur qui a tent&#233; de rallier la capitale &#233;conomique, en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HOPITAUX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Gabon, depuis deux semaines, le personnel de la sant&#233; est en gr&#232;ve. Il r&#233;clame le versement de la prime d'incitation &#224; la performance (PIP), une nouvelle prime cr&#233;&#233;e par le pouvoir pour corriger les injustices dans la fonction publique. Malheureusement plusieurs fonctionnaires sont exclus du b&#233;n&#233;fice de cette prime d'o&#249; la grogne, comme dans les h&#244;pitaux aujourd'hui, ce mardi 12 ao&#251;t, qui sont quasiment d&#233;serts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une m&#232;re arrive &#224; la maternit&#233; du Centre hospitalier universitaire de Libreville avec sa fille sur le point d'accoucher : &#171; On ne re&#231;oit pas &#187;. D&#233;&#231;ue, elle repart en catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Bay&#233;, directeur g&#233;n&#233;ral du plus grand h&#244;pital du Gabon reconna&#238;t que la gr&#232;ve paralyse son &#233;tablissement : &#171; Nous observons que plusieurs services sont compl&#232;tement ferm&#233;s alors que le personnel d'astreinte et de garde est pr&#233;sent au poste. Donc il y a ce qu'on appelle une gr&#232;ve de z&#232;le. Le personnel est bien pr&#233;sent, mais n'observe pas ce service minimum. Les patients souffrent &#233;norm&#233;ment &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons le droit d'avoir notre part d'argent &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque tous les h&#244;pitaux du service public sont touch&#233;s. Et pourtant, la semaine derni&#232;re, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a officiellement annonc&#233; que tous les fonctionnaires b&#233;n&#233;ficieront finalement de la prime r&#233;clam&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas du tout rassur&#233;s &#187;, r&#233;torque Serge Mikala Moundanga, pr&#233;sident du Syndicat national du personnel de la sant&#233; (Synaps). &#171; Nous restons sur notre faim en disant que ce n'est qu'un discours. Nous pensons que nous avons le droit d'avoir notre part d'argent, qui a &#233;t&#233; vers&#233;e dans les autres administrations, sans quoi nous n'allons pas reprendre notre travail &#187;, menace-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prime d'incitation &#224; la performance (PIP) est une prime cr&#233;&#233;e par Ali Bongo. Elle profite &#224; 30 000 fonctionnaires. Cependant, 40 000 autres en sont exclus pour le moment et la r&#233;clament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOUANES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s la signature du protocole d'accord avec le gouvernement sur la Prime d'Incitation &#224; la Performance, les douaniers ont suspendu la tr&#234;ve et annonc&#233; l'arr&#234;t des n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle gr&#232;ve de la Douane gabonaise a de quoi inqui&#233;ter les populations qui vont pour certaines voir leurs marchandises s'arr&#234;ter au port pendant une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e et pour d'autres les prix augmenter, et notamment ceux des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les douaniers viennent donc de mettre un terme &#224; la s&#233;r&#233;nit&#233; au sein des r&#233;gies financi&#232;res avec la rupture des n&#233;gociations avec le gouvernement. Une d&#233;cision prise en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ce mardi 13 mai 2014. Les douaniers ont indiqu&#233; qu'ils vont &#171; passer &#224; la vitesse sup&#233;rieure &#187;. Ils accusent le gouvernement de ne pas tenir compte de leurs exigences pour ce qui est du montant de la prime de rendement et surtout de vouloir les flouer en ce qui concerne leurs sp&#233;cificit&#233;s douani&#232;res dans le payement de cette. Les douaniers d&#233;noncent &#233;galement des recrutements massifs qui ne correspondraient pas aux besoins r&#233;els de cette administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.labourstart.org/cgi-bin/newsquery2.pl?searchtext=gabon&amp;number=1000&amp;language=fr&amp;Go=OK&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore sur les gr&#232;ves au Gabon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134&#034;&gt;Lire encore sur les luttes de classe au Gabon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/?s=Gabon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les &#233;meutes au Gabon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s la mort de Bongo au Gabon : la fin du dictateur mais pas la fin de la dictature </title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1199</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1199</guid>
		<dc:date>2009-06-15T11:27:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le temps de Bongo est fini &lt;br class='autobr' /&gt;
mais .... &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Gabon, il n'est pas fini le temps des colonies &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gabon reste une poire juteuse du capitalisme fran&#231;ais &lt;br class='autobr' /&gt;
Amiti&#233;s franco-gabonaises &lt;br class='autobr' /&gt;
Les chefs d'Etat pleurent un &#034;ami&#034; tr&#232;s compr&#233;hensif ... &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, le pr&#233;sident Sarkozy a exprim&#233; &#171; beaucoup de tristesse et d'&#233;motion &#187; suite &#224; cette disparition. &#171; C'est un grand et fid&#232;le ami de la France qui nous a quitt&#233;s, une haute figure de l'Afrique et un chef d'Etat qui avait su gagner l'estime et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/20090106BongoInside.jpg' width=&#034;470&#034; height=&#034;465&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le temps de Bongo est fini&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Gabon, il n'est pas fini le temps des colonies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gabon reste une poire juteuse du capitalisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1206656720-BONGO_SARKOZY.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;250&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/afrique/portfolio/2009/02/26/omar-bongo-40-ans-d-amitie-franco-gabonaise_1160956_3212.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amiti&#233;s franco-gabonaises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs d'Etat pleurent un &#034;ami&#034; tr&#232;s compr&#233;hensif ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le pr&#233;sident Sarkozy a exprim&#233; &#171; beaucoup de tristesse et d'&#233;motion &#187; suite &#224; cette disparition. &#171; C'est un grand et fid&#232;le ami de la France qui nous a quitt&#233;s, une haute figure de l'Afrique et un chef d'Etat qui avait su gagner l'estime et le respect de l'ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain &#187;, a ajout&#233; le chef d'Etat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il a &#233;t&#233; de tous les conflits en tant que m&#233;diateur, tr&#232;s souvent &#224; la demande de la France, &#224; la demande de l'Europe, en R&#233;publique centrafricaine, au Congo Brazzaville, au Tchad. C'&#233;tait quelqu'un de tr&#232;s &#233;cout&#233; en Afrique &#187;, a rappel&#233; Alain Joyandet, secr&#233;taire d'Etat fran&#231;ais &#224; la Coop&#233;ration, soulignant qu'il &#171; a jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important en Afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien couple pr&#233;sidentiel fran&#231;ais, Jacques et Bernadette Chirac, ont salu&#233; la m&#233;moire d'un homme qui &#171; aura r&#233;ussi &#224; s'imposer comme un sage &#187;, contribuant &#171; &#224; la paix et &#224; la stabilit&#233; de l'ensemble du continent &#187; africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident am&#233;ricain, Barack Obama, s'est dit &#171; attrist&#233; &#187; d'apprendre la mort du pr&#233;sident Bongo Ondimba du Gabon, qui &#171; a jou&#233; un r&#244;le important dans le d&#233;veloppement et le fa&#231;onnage des fortes relations bilat&#233;rales existant aujourd'hui entre le Gabon et les Etats-Unis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Son travail en faveur de la protection (de l'environnement) dans son pays et son engagement &#224; r&#233;soudre les conflits &#224; travers le continent constituent une part importante de son h&#233;ritage &#187;, a ajout&#233; le pr&#233;sident des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#224; Ban Ki-moon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, il a rendu hommage au pr&#233;sident Bongo &#171; pour le r&#244;le cl&#233; qu'il a jou&#233; dans la recherche de la paix et de la stabilit&#233;, non seulement dans la sous-r&#233;gion de l'Afrique centrale mais &#233;galement dans d'autres parties du continent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1182743581-Le_President_Leon_Mba_et_le_Ministre_Bongo.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;250&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De ministre de M'Ba, Omar Bongo est devenu chef de l'Etat, adul&#233; de tous les pr&#233;sidents fran&#231;ais, de gauche comme de droite ...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/1-france-gabon-giscard-bongo_305.jpg' width=&#034;605&#034; height=&#034;452&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/photo_0302_459_306_45885.jpg' width=&#034;459&#034; height=&#034;306&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/20070727MitterrandBongo.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;191&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/f9297a96-54e7-11de-9e74-39365ab5b829.jpg' width=&#034;493&#034; height=&#034;277&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/h-3-1383885-1231764580.jpg' width=&#034;466&#034; height=&#034;350&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/kouchner-13-france-africa-mali-darfur-icoast-diplomacy-kouchner-soro_172.jpg' width=&#034;605&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/39738662-5463-11de-a619-9bd384adb8b6.jpg' width=&#034;493&#034; height=&#034;277&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/m-ig441.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;338&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise au Gabon&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/corps_1_.jpg' width=&#034;372&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Militaires fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/ffg2.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;378&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_666 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L430xH626/jpg_gabonsarko1-efb0b.jpg?1782270682' width='430' height='626' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Correspondance entre autorit&#233;s gabonaises et fran&#231;aises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort d'Omar Bongo, dictateur du Gabon est comm&#233;mor&#233;e par Sarkozy comme par Obama et par tous les chefs des grandes puissances imp&#233;rialistes. Rien d'&#233;tonnant : Bongo a gouvern&#233; en leur nom et pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts et pas de ceux des travailleurs gabonais bien entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total est particuli&#232;rement reconnaissant pour les profits r&#233;alis&#233;s sur le dos du peuple gabonais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc l'occasion pour les m&#233;dia, en France comme ailleurs dans le monde occidental, de petites phrases de remerciements au d&#233;funt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les travailleurs du Gabon, le dictateur est tout autre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; le luxe&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/image025-92b6a.jpg?1782281768' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH316/roygabkim-778fc.jpg?1782281768' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De l'autre la mis&#232;re et les bidonvilles&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH398/med-et-derriere-la-palissade-la-misere-visoterra-26738-f7891.jpg?1782281768' width='500' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_646 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/bidonville_ou_Libreville-ef374.jpg?1782270682' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Libreville ou bidonville....&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/1228549187-deguerpis_agondje-11602.jpg?1782270682' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rappelons seulement les &#233;v&#233;nements de 1990 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants en droit ont &#233;t&#233; &#224; l'origine du mouvement en se mettant en gr&#232;ve d&#232;s le 20 d&#233;cembre 1990 pour protester contre le manque de professeurs comp&#233;tents et la grande mis&#232;re des biblioth&#232;ques ; ils &#233;taient indign&#233;s aussi par les &#233;chos sur les d&#233;penses somptueuses du mariage de M. Omar Bongo avec la fille du pr&#233;sident congolais Denis Sassou-Nguesso. &#034;Huit milliards de francs CFA &#224; Oyo [lieu de la c&#233;r&#233;monie de noce] et rien pour nous ! A bas les gaspillages !&#034;, criaient les &#233;tudiants et les jeunes ch&#244;meurs, en janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier 1990, les &#233;tudiants de l'universit&#233; Omar Bongo, au Gabon, entrent en gr&#232;ve et occupent l'universit&#233; pour protester contre le manque de professeurs et de moyens. Il s'en suit des bagarres avec les forces de l'ordre qui font de nombreux bless&#233;s, mais ne parviennent pas &#224; arr&#234;ter le mouvement de protestation au Gabon. Loin de se calmer, les &#233;tudiants d&#233;veloppent la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 janvier, ils entra&#238;nent les coll&#233;giens et lyc&#233;ens, ainsi que les jeunes ch&#244;meurs. Ce jour-l&#224;, des centaines de manifestations sillonnent les art&#232;res de Libreville et s'affrontent avec les forces de l'ordre. Il y a cinq manifestants tu&#233;s. Dans les quartiers populaires, comme Mont-Bouet, Akebe, Rio, Kembo, l'agitation se transforme en &#233;meutes : des groupes de jeunes arm&#233;s de b&#226;tons et de cailloux s'attaquent aux b&#226;timents publics et pillent les boutiques. Des voitures sont incendi&#233;es et servent pour constituer des barrages et barricades. Les manifestants d&#233;filent sur le p&#233;riph&#233;rique qui conduit &#224; l'a&#233;roport et ils le bloquent. Le 18, le pouvoir riposte en fermant universit&#233;s, lyc&#233;es et coll&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la 19, l'agitation gagne de l'ampleur. Plus d'une centaine de boutiques sont pill&#233;es. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se g&#233;n&#233;ralisent &#224; la plupart des quartiers populaires. Le gouvernement interdit les attroupements, renforce les contr&#244;les d'identit&#233; et instaure le couvre-feu &#224; partir de 19 heures. Bilan : 70 bless&#233;s, 250 arrestations (dont 1 seul &#233;tudiant). Nouveaux pillages (cent boutiques, appartements) dans les quartiers de Mont Bouet et Akeb&#233; &#224; Libreville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le mouvement, bien que r&#233;prim&#233;, se poursuit au Gabon, il rebondit le 2 f&#233;vrier au S&#233;n&#233;gal. C'est d'abord l'appel &#224; la gr&#232;ve lanc&#233; par la Coordination des &#233;tudiants et &#233;l&#232;ves pour protester contre l'insuffisance des fournitures scolaires et le manque d'&#233;quipements. Le pouvoir s&#233;n&#233;galais r&#233;agit par la fermeture des universit&#233;s et &#233;coles. Suivant l'exemple des &#233;tudiants gabonais et s&#233;n&#233;galais, les &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants du Niger se mettent aussi en gr&#232;ve. A Niamey, ils protestent &#233;galement la d&#233;gradation de leurs conditions d'&#233;tudes. Le lendemain, ils organisent une marche politique au travers de la ville. Mais, &#224; hauteur du pont Kennedy qu'ils veulent traverser, les forces de l'ordre chargent et tirent dans la foule. Il y a vingt morts et de nombreux bless&#233;s parmi les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier, des &#233;v&#233;nements importants se produisent au Niger et au Gabon. Au Niger, devant les violences dont les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; victimes, la col&#232;re l'emporte sur la peur. Une manifestation de protestation regroupe non seulement des &#233;l&#232;ves mais de nombreux travailleurs et des habitants des quartiers populaires. Le groupe des travailleurs de l'uranium est particuli&#232;rement massif et fait une d&#233;monstration de force. La dictature de Sa&#239;bou tente de se disculper, pr&#233;tendant qu'elle n'a pas ordonn&#233; de tirer et ferme les &#233;tablissements scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Gabon, le couvre-feu semblait avoir r&#233;tabli le calme, mais c'&#233;tait une apparence trompeuse : le 12 f&#233;vrier, le mouvement prend un caract&#232;re social. Depuis cinq ans, les salaires sont bloqu&#233;s, si bien que la gr&#232;ve d'une cat&#233;gorie limit&#233;e met le feu aux poudres. La gr&#232;ve touche d'abord les fonctionnaires : enseignants du sup&#233;rieur, m&#233;decins, agents du minist&#232;re des finances, agents des banques gabonaises et des soci&#233;t&#233;s de cigarettes arr&#234;tent le travail, rapidement rejoints par les salari&#233;s des Postes et T&#233;l&#233;communications, de l'Energie Electrique et de nombreuses soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. L'&#233;lectricit&#233; est coup&#233;e. Les centraux t&#233;l&#233;phoniques sont bloqu&#233;s. Le transport a&#233;rien est en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays est paralys&#233; et coup&#233; du monde. C'est une gifle pour Bongo. Les travailleurs de la Navigation entrent en lutte. Le dictateur Bongo accepte de n&#233;gocier directement avec les gr&#233;vistes, puisque les travailleurs en gr&#232;ve refusent d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s par le syndicat unique, agent du pouvoir. Bongo essaie de n&#233;gocier avec chaque cat&#233;gorie &#224; part, mais devant la menace de la g&#233;n&#233;ralisation de la lutte &#224; toute la classe ouvri&#232;re, le dictateur recule. Il d&#233;clare qu'il reconna&#238;t le multipartisme, alors qu'il avait toujours d&#233;clar&#233; que, lui vivant, on ne verrait jamais cela au Gabon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me mois de f&#233;vrier 1990 en C&#244;te d'Ivoire, la dictature d'Houphou&#235;t Boigny est en butte &#224; une situation de crise d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent depuis l'ind&#233;pendance. La classe ouvri&#232;re est dans le coup. Les syndicalistes qui manifestaient pour l'autorisation de syndicats libres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Les travailleurs de l'Energie et des Eaux entrent en gr&#232;ve. Le gouvernement essaie de faire croire que les coupures sont li&#233;es &#224; des probl&#232;mes techniques. Le gouvernement annule la mesure de baisse des salaires de 15 &#224; 40% qu'il avait pr&#233;vu d'annoncer. Ce sont les &#233;tudiants qui ont commenc&#233; &#224; s'affronter directement au pouvoir. La premi&#232;re manifestation est partie de la r&#233;sidence universitaire de Yopougon. Ils marchent sur l'universit&#233;, occupent les rues, dressent des barrages. Ils sont rejoints par les lyc&#233;ens et les coll&#233;giens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En expulsant les &#233;tudiants de leurs universit&#233;s, le pouvoir le pousse dans la rue. La jeunesse des quartiers populaires les rejoint et ils envahissent la capitale. La jeunesse se mobilise massivement, remplit les rues de la capitale Abidjan, conspue le pouvoir et le pr&#233;sident Houphou&#235;t, d&#233;truit les signes ext&#233;rieurs de richesse et de pouvoir. On n'avait jamais vu &#231;a : c'est une v&#233;ritable d&#233;ferlante qui d&#233;marre de Koumassi avec un grand nombre de jeunes, tr&#232;s jeunes. Le mouvement de masse de la jeunesse est si important que le pouvoir choisit de faire le mort et de laisser passer la vague. Houphou&#235;t est conspu&#233; par les jeunes et les milieux populaires aux cris de &#171; Houphou&#235;t voleur &#187; et &#171; Houphou&#235;t bandit &#187;. Ils crient aussi : &#171; les grotos (les riches) doivent payer ! &#187;. Des &#233;meutes ont lieu &#233;galement dans les grandes villes, comme Bouak&#233; ou Bongerville. Houphou&#235;t Boigny contre-attaque &#224; la t&#233;l&#233;vision : &#171; On m'accuse d'avoir vol&#233; le pays. Mais c'est un mensonge. Je suis n&#233; dans l'or. Je suis n &#233; dans une cadillac. &#187; Il rajoute qu'en C&#244;te d'Ivoire, on ne peut pas faire payer les riches pour enrichir les pauvres parce qu' &#034;il n'y a que de faux riches et de faux pauvres. S'il y avait un seul riche en C&#244;te d'Ivoire, je lui aurai demand&#233; d'aider le pays. &#187; En mai-juin 1990, de nombreuses cat&#233;gories sociales manifestent. Les travailleurs des bus, de Blohorn, de Carena (chantier naval) ou encore de Sonaco (soci&#233;t&#233; nationale de conditionnement). Pour la premi&#232;re fois en C&#244;te d'Ivoire, le secteur priv&#233; se met en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 f&#233;vrier au Gabon, gr&#232;ves de la s&#233;curit&#233; a&#233;rienne, des stations-essence, des chemins de fer, de la compagnie d'&#233;lectricit&#233;. Des centrales t&#233;l&#233;phoniques sabot&#233;s. Barrages de taxis dans les rues. Echauffour&#233;es dans les &#233;coles. L'arm&#233;e prend position autour du palais pr&#233;sidentiel &#224; Libreville. La gr&#232;ve des chemins de fer qui acommence alors ne s'ach&#232;vera que le 1er mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mars, le Gabon, la r&#233;volte ouvri&#232;re explose. Le 23 mars, les travailleurs du p&#233;trole de Port Gentil se mettent en gr&#232;ve contre leurs conditions de travail et r&#233;clament des augmentations de salaires. L'agitation s'&#233;tend &#224; d'autres cat&#233;gories de travailleurs, aux lyc&#233;ens, aux coll&#233;giens qui se r&#233;pandent dans les rues. L'intervention de la police entra&#238;ne des &#233;meutes dans la plupart des quartiers populaires. Les manifestants s'en prennent aux b&#226;timents administratifs et aux boutiques qui sont parfois saccag&#233;es et pill&#233;es. La police et les forces de l'ordre locales sont d&#233;bord&#233;es. Les autorit&#233;s de Port Gentil font appel &#224; des renforts militaires de Libreville. Le couvre-feu est instaur&#233; &#224; Libreville, puis dans l'ensemble du pays. Face aux &#233;meutes, les paras fran&#231;ais et la L&#233;gion d&#233;barquent &#224; Port Gentil et &#224; Libreville pour r&#233;primer les manifestants, et pas seulement pour &#171; d&#233;fendre les ressortissants fran&#231;ais &#187; comme il le pr&#233;tend, les forces gabonaises se r&#233;v&#233;lant insuffisantes pour faire face &#224; la r&#233;volte. En deux jours, Port Gentil conna&#238;t une v&#233;ritable explosion de m&#233;contentement social qui s'attaque &#224; tout ce qui repr&#233;sente l'oppression : b&#226;timents publics, int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des riches, voitures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guin&#233;e est &#233;galement sous le coup des r&#233;voltes. A Conakry, Subreka, Kindi,&#8230; il y a des bagarres avec la police, des &#233;meutes, des pillages comme ailleurs. Le gouvernement tente de d&#233;samorcer la col&#232;re. Lansana Cont&#233; sacrifie son ministre de l'Education et parle d'instaurer bient&#244;t le multipartisme. Au Za&#239;re aussi, il y a des gr&#232;ves d'&#233;tudiants et des &#233;meutes &#224; Kinshasa. Cela am&#232;ne le dictateur Mobutu &#224; chercher d'&#233;viter l'explosion sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e en instaurant un multipartisme limit&#233; &#224; trois partis. L'Afrique, ex coloniale anglaise, est elle aussi concern&#233;e, comme au Kenya o&#249; il y a o&#249; il y a eu des &#233;meutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 mars 1990, le pr&#233;sident Bongo, sous la pression des manifestations, a annonc&#233; le remplacement du parti unique par le Rassemblement social-d&#233;mocrate gabonais qui devrait int&#233;grer, au cours de sa conf&#233;rence nationale constitutive, les diff&#233;rentes forces d'opposition autoris&#233;es invit&#233;es &#224; se faire enregistrer. Finalement, il va effectivement autoriser un certain multipartisme dans lequel les autres partis sont tout simplement achet&#233;s un par un ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mars, gr&#232;ve au minist&#232;re des Finances, &#224; la Soci&#233;t&#233; des cigarettes gabonaises, &#224; Air Gabon. Le 21 mars, Gr&#232;ve de la raffinerie du p&#233;trole du Gabon (70 % de ses exportations ; Shell et Elf se partagent ce seul int&#233;r&#234;t occidental pour le Gabon). Le 23 mars, gr&#232;ve contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; successives &#224; un accord avec le FMI, &#224; Libreville (fonctionnaires, banques). Blocages de routes. Les &#233;meutiers prennent d'assaut les boutiques (essentiellement libanaises) de Port-Gentil. Le 25 mars, couvre-feu &#224; Port-Gentil. Le 27 mars, couvre-feu dans tout le Gabon. Interdiction des gr&#232;ves. L'arm&#233;e et la police occupent les carrefours des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 23 mars au 19 avril, conf&#233;rence nationale mise en place par le pouvoir pour calmer et d&#233;tourner la lutte : 2000 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant des &#034; associations politiques &#034; et de la soci&#233;t&#233; civile refusent d'ent&#233;riner l'agenda de transition propos&#233; par le pr&#233;sident Bongo et se prononcent en faveur d'une instauration imm&#233;diate du multipartisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 avril 1990 : Instauration du multipartisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 avril 1990 : D&#233;mission du premier ministre L&#233;on Mebiane remplac&#233; par Casimir Oye-Mba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 mai 1990 : L'assassinat d'un opposant politique fait plonger la capitale &#233;conomique, Port Gentil, dans le chaos. Port-Gentil : attaque et incendie du consulat de France, incendie de b&#226;timents officiels, prise et ouverture de la prison, d&#233;vastation du centre (cin&#233;ma, bo&#238;te de nuit, villas).&lt;br class='autobr' /&gt;
Emeute moins grave &#224; Libreville, o&#249; 600 manifestants attaquent h&#244;tels, cin&#233;mas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Couvre-feu sur tout le territoire. Appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 morts et 17 bless&#233;s. Des &#233;meutes secouent la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite des pillages &#224; Port-Gentil, qui est aux mains des &#233;meutiers, et &#224; Libreville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 mai : La France envoie des troupes, soi-disant pour prot&#233;ger ses ressortissants (1 800 &#233;vacuations), en r&#233;alit&#233;, comme le soulignent les insurg&#233;s, pour prot&#233;ger Bongo, et Elf.&lt;br class='autobr' /&gt;
.La France intervient militairement pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 mai : Alors que les insurg&#233;s (petits groupes actifs la nuit, mais pas d'organisation f&#233;d&#233;ratrice) continuent de tenir Port-Gentil, des &#233;meutes ont lieu &#224; Mouila et &#224; Lambar&#233;n&#233; (prise de la prison, lib&#233;ration des d&#233;tenus, sac du tribunal, boutiques, voitures saccag&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai : Manifestation fun&#232;bre quotidienne (pour Rendjambe) &#224; Port-pas-si-gentil-que-&#231;a, o&#249; des armes &#224; feu prises dans le palais de justice apparaissent : &#171; On est en R&#233;publique libre de Port-Gentil. &#187; Elf d&#233;cide d'arr&#234;ter sa production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 mai : Les militaires fran&#231;ais tiennent les raffineries et les carrefours de Port-Gentil. Les paras gabonais d&#233;gagent l'a&#233;roport. Le reste de la ville reste insurg&#233; : des bandes de jeunes dressent des barricades de pneus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mai : Etat de Si&#232;ge sur Port-Gentil. Bongo somme Elf et Shell de revenir, sous peine de faire place &#224; d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 mai : Les &#171; B&#233;rets rouges &#187; de la garde pr&#233;sidentielle attaquent Port-Gentil : entre 1 et 6 morts. La manifestation fun&#232;bre du soir a lieu tout de m&#234;me : &#171; Bongo assassin. &#187; Elf reprend la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mai : Des insurg&#233;s, arm&#233;s de fusils de chasse, continuent de se battre &#224; Port-Gentil. Les derni&#232;res barricades sont d&#233;sert&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;amis du Gabon&#034; en France ont d&#233;sesp&#233;r&#233;ment cherch&#233; &#034;quelques milliards&#034; pour &#034;aider le pr&#233;sident &#224; passer le cap des &#233;lections&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;septembre 1990 : Elections l&#233;gislatives. Un graffiti &#224; Port-Gentil : &#171; Votez ESSO ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 octobre 1990 : Premi&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives multipartites. Le parti du pr&#233;sident, Parti d&#233;mocratique gabonais (PDG), remporte le scrutin haut la main conservant 63 si&#232;ges sur 120.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 novembre 1990 : Casimir Oye-Mba, premier ministre, forme un gouvernement comprenant des membres de l'opposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
26 mars 1991 : Une nouvelle constitution instaurant un r&#233;gime semi-pr&#233;sidentiel est adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 d&#233;cembre 1993 : Scrutin pr&#233;sidentiel que remporte Omar Bongo qui d&#233;bute un cinqui&#232;me mandat. L'opposition conteste les r&#233;sultats. Son adversaire, le p&#232;re Paul Mba Abessole, candidat du Rassemblement national des b&#251;cherons (RNB), cr&#233;e un haut conseil de la r&#233;sistance, qui rassemble plusieurs dirigeants de l'opposition,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 d&#233;cembre 1993 : Des &#233;meutes &#233;clatent &#224; l'annonce de la proclamation des r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Le pouvoir instaure l'&#233;tat de mise en garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;etc ......&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 mars 2003&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du secteur industriel de la d'Oloumi &#224; Libreville, ont r&#233;pondu lundi dans l'apr&#232;s-midi au mot de gr&#232;ve illimit&#233;e lanc&#233;e il y a quelques jours par cinq centrales syndicales pour r&#233;clamer l'augmentation de 36.000FCFA du salaire minimum interprofessionnel gabonais (SMIG), d&#233;cid&#233; au mois d'octobre dernier par le chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs du secteur industriel de la d'Oloumi &#224; Libreville, ont r&#233;pondu lundi dans l'apr&#232;s-midi au mot de gr&#232;ve illimit&#233;e lanc&#233;e il y a quelques jours par cinq centrales syndicales pour r&#233;clamer l'augmentation de 36.000FCFA du salaire minimum interprofessionnel gabonais (SMIG), d&#233;cid&#233; au mois d'octobre dernier par le chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont organis&#233; une marche pacifique pour attirer l'attention des plus hautes autorit&#233;s sur la non application du rel&#232;vement du SMIG par leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les travailleurs, ont maintenant besoin de cette augmentation d&#233;cid&#233;e par le chef de l'Etat &#187;, a d&#233;clar&#233; Alo&#239;se Mboumbine, porte parole des syndicats r&#233;unis qui a menac&#233; de durcir le ton au cours de la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur cahier de charge, les gr&#233;vistes r&#233;clament &#233;galement l'am&#233;lioration des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la commune voisine d'Owendo, les agents de V&#233;ritas Gabon, observent aussi une gr&#232;ve pour les m&#234;mes revendications, ont indiqu&#233; plusieurs sources concordantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2006&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats gabonais organisent une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour les salaires 15 ao&#251;t 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libreville &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Gabon, les syndicats appelaient lundi &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de six jours le mois prochain pour protester contre le blocage du salaire national minium depuis des d&#233;cennies dans ce pays producteur de p&#233;trole d'Afrique de l'Ouest. Les h&#244;tels de bord de mer et les boutiques chic de la capitale Libreville contrastent avec la mis&#232;re noire qui touche la population gabonaise, dont un tiers survit avec moins d'1$ par jour malgr&#233; la bonn&#233; sant&#233; des profits p&#233;troliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale va s'&#233;tendre au pays entier et &#224; tous les secteurs et a &#233;t&#233; organis&#233;e pour demander une hausse du salaire minimum &#187; a dit la conf&#233;d&#233;ration des syndicats gabonais (COSYGA) dans un communiqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il dit que le salaire minimum instaur&#233; en 1967 Omar Bongo, le pr&#233;sident africain qui est rest&#233; en poste le plus longtemps, a &#233;t&#233; bloqu&#233; &#224; 44 000 CFA (85$) depuis plusieurs d&#233;cennies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bongo a gagn&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en novembre avec 80% des voix mais l'opposition qui avait essay&#233; de s'appuyer sur le m&#233;contentement populaire face &#224; la pauvret&#233; et au ch&#244;mage dans cette ancienne colonie fran&#231;aise, a dit que les &#233;lections ont &#233;t&#233; truqu&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement a interdit les manifestations apr&#232;s que des &#233;meutes aient &#233;clat&#233; &#224; l'annonce des r&#233;sultats et il a dit que les forces de s&#233;curit&#233; tireraient sans sommation pour disperser les manifestations. D'apr&#232;s l'opposition, cinq personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es dans les jours qui ont suivi les r&#233;sultats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le p&#233;trole compte pour 80% des exportations du Gabon et bien que les caisse publiques aient b&#233;n&#233;fici&#233; de la hausse g&#233;n&#233;rale du prix du brut, les &#233;conomistes estiment que le pays est trop d&#233;pendant de ce secteur et devrait se diversifier avant les r&#233;serves ne s'&#233;puisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les employ&#233;s de Gabon Poste reprennent partiellement le travail GABON - 7 d&#233;cembre 2006 -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; XINHUA Les agents de Gabon Poste &#233;tant en gr&#232;ve depuis plus d'un mois, ont annonc&#233; mercredi soir dans un communiqu&#233; la reprise partielle du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les guichets des ch&#232;ques postaux seront ouverts d&#232;s ce jeudi matin jusqu'&#224; 11 heures&#034;, ont annonc&#233; les gr&#233;vistes dans une d&#233;claration &#224; la presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous demandons au chef de l'Etat, homme de paix et de dialogue, de nous aider &#224; trouver une solution&#034;, ont-ils ajout&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les postiers r&#233;clament une indemnit&#233; &#233;quivalent &#224; 40 mois de salaire par chaque employ&#233;. Ceci pour compenser la perte de l'emploi auquel ils vont faire face d&#232;s la fin de cette ann&#233;e, suite &#224; la liquidation de Gabon Poste par le gouvernement gabonais.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la demande du gouvernement, les postiers ont r&#233;duit leurs exigences &#224; 36 mois au lieu de 40, mais le gouvernement estime que la barre est encore tr&#232;s &#233;lev&#233;e. Les pourparlers sont ainsi bloqu&#233;s sur cette question.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis dimanche dernier dans la soir&#233;e, le gouvernement a r&#233;quisitionn&#233; plusieurs postiers pour rouvrir les guichets et permettre aux &#233;pargnants d'acc&#233;der &#224; leurs avoirs et aux d&#233;tenteurs de comptes bancaires au Centre des ch&#232;ques postaux (CCP) d'effectuer les op&#233;rations souhait&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le licenciement des 850 agents de Gabon poste en fin d&#233;cembre, le gouvernement cr&#233;era une nouvelle soci&#233;t&#233; publique d&#233;nomm&#233;e &#034;La Poste&#034; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 mars 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production p&#233;troli&#232;re de Shell au Gabon est arr&#234;t&#233;e depuis six jours en raison d'une gr&#232;ve des travailleurs des sites de production qui r&#233;clament des avantages sociaux et le d&#233;part de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve a commenc&#233; jeudi et paralyse totalement la production de Shell Gabon qui s'&#233;l&#232;ve normalement &#224; 60.000 barils/jour. Environ 800 personnes, employ&#233;s et sous-traitants, travaillent sur les deux sites, selon la direction de Shell-Gabon.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les travailleurs de Shell r&#233;clament la t&#234;te du pdg (de Shell Gabon) Hans Bakker et de cinq autres dirigeants ainsi que le classement du site de Gamba comme +site p&#233;trolier+&#034;, a affirm&#233; Guy Roger Aurat, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation nationale des Employ&#233;s du P&#233;trole, qui d&#233;fend les travailleurs de Shell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23/12/2008 : employ&#233;s de banque en gr&#232;ve&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L367xH300/ugb_5B1_5D-2d56d.jpg?1782270682' width='367' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manifestation contre la vie ch&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/manifestation_vie_chere-26f54.jpg?1782270682' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;31/12/2008 : enseignants en gr&#232;ve&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L400xH300/greve_5B1_5D_5B1_5D_5B1_5D-de417.jpg?1782270682' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;27/01/2009 : gr&#232;ve des personnels des eaux et for&#234;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L371xH300/eauxforets_5B1_5D_5B1_5D_5B1_5D-92d6b.jpg?1782270682' width='371' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#233;vrier 2009 : 4,2 millions d'euros ont &#233;t&#233; saisis sur les comptes d'Omar Bongo en France pour d&#233;tournement de fonds publics, un tout petit peu des sommes d&#233;tourn&#233;es par la dictature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/comptesbancaires_bongo-500x968.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH968/comptesbancaires_bongo-500x968-7c240.jpg?1782270682' width='500' height='968' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;OMAR BONGO ONDIMBA - (Gabon) Immobilier : 39 propri&#233;t&#233;s, dont 17 au nom du pr&#233;sident lui-m&#234;me. Comptes bancaires : 70, dont 11 au nom du pr&#233;sident lui-m&#234;me. Voitures de luxe : au moins 9 (montant total : 1 493 444 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la partie immerg&#233;e de l'iceberg. Les congolais et les gabonais doivent s'interroger sur l'origine de la fortune de la controvers&#233;e Edith Lucie Bongo Infopagecongo, dans son &#233;ditorial, condamne les biens mal acquis, la dictature, l'impunit&#233; et d&#233;fend les libert&#233;s individuelles et r&#233;gionales, voici pourtant la liste (source Africatime) des richesses colossales en biens immobiliers et entreprises engendr&#233;s par Edith Lucie Bongo au Congo-Brazzaville :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;/ SHELTER-AFRIQUE SACOGI : Soci&#233;t&#233; charg&#233;e de g&#233;rer tous les biens de Mme Edith Lucie BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA soci&#233;t&#233; est compos&#233;e d' Experts comptables et de Financiers Expatri&#233;s. Son si&#232;ge est &#224; Brazzaville (zone industrielle de MPILA ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;/ SCLOG - Soci&#233;t&#233; Commune de Logistique : D&#233;p&#244;t de carburant situ&#233; &#224; Mpila .C'est la propri&#233;t&#233; de Madame Edith Lucie BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;/ ABS - Agriculture B&#226;timent Services : Soci&#233;t&#233; de Construction de 125 logements (habitations) entre OYO et EDOU. Elle appartient &#224; Madame Edith Lucie BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;/ SOGECO - Soci&#233;t&#233; d'&#201;lectricit&#233; du Congo, charg&#233;e d'&#233;lectrifier, (dans un premier temps) BRAZZAVILLE , POINTE- NOIRE, OWANDO, OUESSO, IMPFONDO, OYO et DOLISIE. Le si&#232;ge se trouve &#224; MPILA dans la zone industrielle. Cette soci&#233;t&#233; appartient &#224; Madame Edith Lucie BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;/ SOGEA - Soci&#233;t&#233; charg&#233;e de la construction de la route LEKONI (GABON) - LEKETY (CONGO). Cette Soci&#233;t&#233; est compos&#233;e en majorit&#233; de travailleurs gabonais. Elle appartient &#224; Monsieur et Madame BONGO, gendre et fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;/ ENTREPRISE &#171; NG &#187; : Transformation de la farine de manioc &#171; foufou &#187;, propri&#233;t&#233; de Madame Edith BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;/ SADEC - Soci&#233;t&#233; Agricole pour le D&#233;veloppement de la Cuvette : Fabrication de jus d'ananas. Propri&#233;t&#233; de Madame Edith BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;/ SGEC - Soci&#233;t&#233; charg&#233;e de la Construction de la route OBOUYA - OWANDO et du port de LEKETY ; elle appartient &#224; Madame Edith BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;/ SNPC - Soci&#233;t&#233; Nationale des P&#233;troles du Congo (avec comme filiales : SNPC -services, Sonarep, Gazco, Finico, Contrade), a, en r&#233;alit&#233; pour vrais actionnaires, le Pr&#233;sident SASSOU- NGUESSO et sa fille, Mme Edith Lucie BONGO. Cette soci&#233;t&#233; a comme PDG Mr Bruno ITOUA, neveu du Pr&#233;sident SASSOU et par ailleurs Pr&#233;sident du Conseil d'administration de nombreuses entreprises dont la SNDE, la SNE...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;/ LABO-CITY-CENTER : Laboratoire de Chimie situ&#233; dans l'immeuble CITY CENTER, au centre ville &#224; Brazzaville. C'est en r&#233;alit&#233; un lieu qui sert &#224; la fabrication de la fausse monnaie et au blanchiment de l'argent sale. Le laboratoire appartient &#224; Madame Edith BONGO et Mr Edgar NGUESSO (fille et neveu du Pr&#233;sident SASSOU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;/ Usine de Fabrication d'Eau Min&#233;rale. Install&#233;e &#224; Makabadilou au quartier Talangua&#239;. C'est la propri&#233;t&#233; du Pr&#233;sident SASSOU-NGUESSO et de sa fille, Mme Edith Lucie BONGO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;/ Compagnies A&#233;riennes AVIATRADE et CONGO AIR WAYS (en restructuration). Elles appartiennent &#224; deux filles du Pr&#233;sident SASSOU : Madame EDITH LUCIE BONGO et sa s&#339;ur cadette Madame NGOUELONDELE Ninelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13&#176;/ La Soci&#233;t&#233; X-OIL CONGO dont le Directeur G&#233;n&#233;ral est Monsieur RIBAULS, et le Directeur Commercial Monsieur MOUNGONDO Albert, appartient &#224; 50 % &#224; la famille SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#176;/ La Soci&#233;t&#233; PUMA CONGO (filiale de TRAFIGURA, bas&#233;e &#224; LONDRES), pr&#233;sid&#233;e par Monsieur DAUPHIN, repr&#233;sent&#233;e au CONGO par Monsieur Thierry PLONJOUX et Yves, un belge. Cette soci&#233;t&#233; commercialise le brut de souverainet&#233; pour le compte de la SNPC. Le Capital de PUMA CONGO est d&#233;tenu &#224; 50 % par Monsieur Bruno ITOUA, neveu du Pr&#233;sident SASSOU et par la s&#339;ur de Madame SASSOU Antoinette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15&#176;/ Soci&#233;t&#233; &#171; AFRICA VISION COMPAGNIE &#187; situ&#233;e dans l'avenue NELSON MANDELA &#224; BRAZZAVILLE, dans l'enceinte de l'ex Banque des Kibanguistes. Elle a pour objet la construction de 12.000 logements (habitations) &#224; Brazzaville, Pointe- Noire, Ollombo, Ouesso, Dolisie, Nkayi, Impfongo, Oyo, Boundji, L&#233;kana, Kinkala, Sibiti, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; appartient &#224; Madame Edtih BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16-&#176;/ SOCOFRAN - Soci&#233;t&#233; charg&#233;e de la construction des routes et des grands travaux publics : SOCOFRAN est la propri&#233;t&#233; de M. SASSOU et de sa fille, Madame Edith BONGO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; est dirig&#233;e par un fran&#231;ais Mr.Hubert PEINDUNO appel&#233; &#171; Vice-Pr&#233;sident &#187; du CONGO par tous les observateurs &#233;trangers &#224; cause de son influence d&#233;terminante aupr&#232;s du Pr&#233;sident SASSOU et de sa place envahissante dans l'attribution de march&#233;s de travaux publics et aussi son r&#244;le dans des missions occultes de placement d'argent sale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&#176;/ ESCOM - Soci&#233;t&#233; charg&#233;e de la construction de l'A&#233;roport d'Ollombo. Madame Edith BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU,est la principale actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18&#176;/ SDR - Soci&#233;t&#233; de D&#233;veloppement R&#233;gional, charg&#233;e du traitement de la pierre pour la construction des routes. Propri&#233;t&#233; de Madame Edith BONGO, fille de SASSOU. Elle est dirig&#233;e par Monsieur STRAGET, un sergent belge d'origine hollandaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19&#176;/ SOM - Soci&#233;t&#233; de Construction des B&#226;timents. Elle a en charge la construction de la maison de la Radio et T&#233;l&#233; &#224; OYO ainsi que l'H&#244;tel de la Pr&#233;fecture d'EWO. Elle appartient &#224; Monsieur SASSOU et sa fille Madame Edith BONGO. Le gestionnaire en est Mr OKONGO Marcel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20&#176;/ LIBERTIS TELECOM - Soci&#233;t&#233; de T&#233;l&#233;communications (Cellulaires), propri&#233;t&#233; de Madame Edith BONGO, fille de SASSOU, qui vient d'imposer &#224; son beau fr&#232;re-maire de Brazzaville, Mr HUGUES NGOULONDELE, une publicit&#233; gratuite de sa soci&#233;t&#233; sur tous les v&#233;hicules de transport en commun de personnes et de marchandises , y compris les pousse-pousse et les brouettes &#171; koro-koro &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21&#176;/ SOTELCO - Soci&#233;t&#233; de T&#233;l&#233;communications du Congo, dot&#233;e de trois Stations Terriennes nodales : &#224; OYO, BRAZZAVILLE, POINTE- NOIRE. Elle appartient au Pr&#233;sident SASSOU et &#224; sa fille, Madame Edith BONGO ; qui se sont accapar&#233;s, sans contre partie financi&#232;re, du patrimoine des PTT pourtant privatis&#233; et qui ont supprim&#233; l'appel sur les lignes internationales de t&#233;l&#233;phone des structures de l'&#201;tat, y compris des h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22&#176;/ BGFI - Banque Commerciale gabono-congolaise, o&#249; les gros actionnaires sont Monsieur SASSOU -NGUESSO Denis, sa fille, Madame Edith BONGO et le Pr&#233;sident OMAR BONGO. Cette Banque est g&#233;r&#233;e par un gabonais. La BGFI a acquit le si&#232;ge commercial d'HYDRO CONGO pour une somme modique. A noter que dans cette banque, les comptes de la famille SASSOU sont g&#233;r&#233;s par le Colonel Jean Dominique OKEMBA, Pr&#233;sident du conseil d'administration de BGFI, neveu de SASSOU, qui se passe pour le &#171; vice-Pr&#233;sident &#187; du CONGO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23&#176;/ Usine de Construction d'une ferme industrielle qui sera situ&#233;e &#224; KINTELE. Elle est encore en projet, son objet est de fabriquer les bo&#238;tes de conserves. Les chinois sont associ&#233;s &#224; ce projet. Madame Edith BONGO, fille de SASSOU et Willy NGUESSO, neveu de SASSOU en sont les promoteurs. Les travaux de construction de cette ferme et de l'usine d&#233;buteront en septembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&#176;/ CFCO - Compagnie Ferroviaire Congo Oc&#233;an o&#249; Madame Edith BONGO, fille de SASSOU est associ&#233;e avec des Fran&#231;ais. L'objet est la gestion des activit&#233;s ferroviaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25&#176;/ CTB - Compagnie de transport de Brazzaville. Elle se pr&#233;pare &#224; lancer ses activit&#233;s. Appartient &#224; Madame Edith BONGO fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26&#176;/ SOCOTRANS - Soci&#233;t&#233; Congolaise de Transit. Appartient &#224; Willy NGUESSO, neveu de SASSOU. Elle s'occupe du transport du brut de souverainet&#233; et assiste au comit&#233; de prix qui r&#233;unit les repr&#233;sentants de l'&#201;tat congolais et des compagnies p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27&#176;/ HOTEL ATLANTIC , en reconstruction &#224; tr&#232;s grands frais &#224; POINTE-NOIRE au centre ville. Appartient &#224; Madame Edith BONGO, fille de SASSOU et son p&#232;re Pr&#233;sident Mr SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28&#176;/ HOTEL OLYMPIC PALACE &#224; BRAZZAVILLE, g&#233;r&#233; par un libanais, est la propri&#233;t&#233; du G&#233;n&#233;ral Pr&#233;sident SASSOU et de sa fille, SASSOU Claudia LEMBOUMBA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29&#176;/ HOTEL COSMOS &#224; BRAZZAVILLE appartient &#224; l'&#233;pouse du Pr&#233;sident, Madame Antoinette SASSOU - NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30&#176;/ Les anciens b&#226;timents de la CNSS &#224; OUENZE sont en cours de r&#233;habilitation, pour la construction d'une clinique de prestige appartenant &#224; Madame Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31&#176;/ Domaine situ&#233; &#224; Etatolo-Brazzaville, d'une superficie de 450.000m2 . Destin&#233; &#224; la construction de 75 logements (habitations) : Autorisation de Construction n&#176; 026 DIGEFUR 2003, appartenant &#224; Madame BONGO Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32&#176;/ Domaine avec quatre b&#226;timents &#224; l'ancien emplacement de STUB &#224; Brazzaville. Abattoir situ&#233; au centre industriel de MPILA ; Propri&#233;t&#233; de Madame BONGO Edith, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33&#176;/ Domaine OCER, avec immeuble &#224; un niveau et sept grands b&#226;timents. Situ&#233; en face du Camp du r&#233;giment des blind&#233;s &#224; MPILA -Brazzaville. Est la propri&#233;t&#233; de Madame Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34&#176;/ Grand H&#244;tel - Appartements &#171; la MERIDIENNE &#187;, en face de l' h&#244;tel M&#233;ridien au centre ville &#224; Brazzaville. C'est la propri&#233;t&#233; de Madame Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35&#176;/ Grand Immeuble ex HYDRO CONGO en face de la SNE &#224; Brazzaville. Est devenu la propri&#233;t&#233; de Mme Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36&#176;/ Immeuble ex Direction R&#233;gionale HYDRO CONGO en face du Cr&#233;dit Lyonnais Brazzaville, futur si&#232;ge de la BGFI. C'est la propri&#233;t&#233; Mme Edith BONGO,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37&#176;/ Immeuble ARC, situ&#233; en face de City Center &#224; Brazzaville, si&#232;ge du Club 2002. Officine politique du Pr&#233;sident SASSOU, est la propri&#233;t&#233; de Mr Willy NGUESSO, neveu du Pr&#233;sident SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38&#176;/ Domaine en face du CEG Agostino-NETO, d'une superficie de 8000m2, est la propri&#233;t&#233; de Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&#176;/ Domaine et Immeuble situ&#233;s dans la zone de la prison de Brazzaville, propri&#233;t&#233; de Monsieur Edgar NGUESSO, neveu du G&#233;n&#233;ral SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40&#176;/ Domaine et Immeuble situ&#233; en face de la Facult&#233; des Lettres (BAYARDELLE), si&#232;ge de SOCOTRANS, est la propri&#233;t&#233; de Mr Willy NGUESSO, neveu du G&#233;n&#233;ral SASSOU- NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41&#176;/ Domaine ex PTT, au quartier Camp Clairon, de plus de 70000m2. C'est la propri&#233;t&#233; de Mme LEMBOUMBA - SASSOU Claudia, fille du G&#233;n&#233;ral SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42&#176;/ Domaine AIR AFRIQUE (15 villas), quartier Air Afrique vers le parquet &#224; Brazzaville. Reconstruite &#224; grands frais avec de tonnes de mat&#233;riaux import&#233;s d'Europe par avion. C'est la propri&#233;t&#233; de Mr SASSOU-NGUESSO Kiki, fils du G&#233;n&#233;ral SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43&#176;/ Immeuble City Center ,est la propri&#233;t&#233; de Mme Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44&#176;/ AOGC - Soci&#233;t&#233; de transport des carburants. C'est la propri&#233;t&#233; du Pr&#233;sident SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45&#176;/ SOMAC - Soci&#233;t&#233; de Gardiennage compos&#233;e de 840 &#233;l&#233;ments &#224; Brazzaville et 512 &#233;l&#233;ments &#224; Pointe-Noire, arm&#233;s et habill&#233;s comme des &#233;l&#233;ments de la force publique. Cette Soci&#233;t&#233; appartient &#224; Mr NGUESSO Maurice, fr&#232;re du Pr&#233;sident ; elle est dirig&#233;e par un Colonel angolais qui a comme adjoint un congolais au nom de Mo&#239;se KONAMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;46&#176;/ Vaste Domaine conquis de force &#224; des particuliers. Situ&#233; derri&#232;re la r&#233;sidence priv&#233;e du Pr&#233;sident SASSOU &#224; Mpila, il compte 114 terrains. Ce domaine est la propri&#233;t&#233; de Monsieur SASSOU NGUESSO Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;47&#176;/ ATC Fluvial - Soci&#233;t&#233; de Transport Fluvial. Elle a la double mission de construire des bateaux et de desservir la zone Nord jusqu'au Centrafrique. Elle est dirig&#233;e par un Chinois, et appartient &#224; Jean Dominique OKEMBA, neveu du Pr&#233;sident SASSOU-NGUESSO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;48&#176;/ Usine Textile de KINTSOUNDI, appartient &#224; Madame Antoinette SASSOU- NGUESSO qui a sign&#233; des accords de partenariat avec des Chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;49&#176;/ Palmeraies d'ETOUMBI, OWANDO et SANGHA PALM appartiennent &#224; Mr WAMBA SASSOU-NGUESSO, fils nouvellement reconnu du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;50&#176;/ Domaine ex OFNACOM &#224; Brazzaville avec 8 grands b&#226;timents, appartient &#224; Mme Coco SASSOU-NGUESSO, fille du Pr&#233;sident SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;51&#176;/ Ancien Centre M&#233;dico-social d'AIR AFRIQUE &#224; l'extr&#233;mit&#233; de la rue Mbochi apr&#232;s les rails du chemin de fer, est la propri&#233;t&#233; de Mme Edith BONGO fille de SASSOU, qui projette d'y installer une clinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;52&#176;/ SCAC - Ancien Immeuble SEACO au centre ville. Magasin de vente en gros des produits surgel&#233;s, propri&#233;t&#233; Mme Edith BONGO fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;53&#176;/ Usine de Glucos&#233;s dans l'immeuble situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; du garage municipal &#224; Brazzaville. C'est la propri&#233;t&#233; de Mme Edith BONGO, fille de SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;54&#176;/ CCD - Comptoir Congolais du Diamant. C'est une soci&#233;t&#233; de vente de diamants en provenance de la RDC via OYO. Son si&#232;ge est &#224; MPILA dans l'enceinte du domicile priv&#233; de Mme Edith BONGO, fille de SASSOU, non loin de l'ancien si&#232;ge de CODILOU. Cette soci&#233;t&#233; est la propri&#233;t&#233; du Pr&#233;sident SASSOU-NGUESSO Denis, de sa fille Mme BONGO Edith et de Mr Jean Pierre BEMBA, vice-Pr&#233;sident de la RDC et Mr Jean-Yves Olivier, homme de missions occultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain Christian, cousin germain de Jean Pierre BEMBA log&#233; &#224; l'h&#244;tel OLYMPIC PALACE repr&#233;sente le vice-Pr&#233;sident de la RDC dans cette soci&#233;t&#233; &#224; Brazzaville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A noter que le transport des diamants entre la RDC et OYO est effectu&#233; &#224; bord de trois h&#233;licopt&#232;res, propri&#233;t&#233; de Mr BEMBA, bas&#233;s au camp TSAMBITSO &#224; 20 km d'OYO (camp de formation et d'entra&#238;nement du corps d'&#233;lites du Pr&#233;sident SASSOU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;55&#176;/ LA FAMILLE SASSOU, par l'interm&#233;diaire de SOCOFRAN (de Mr.Hubert PEINDUNO) et de Mr. BERTRANDO et de Mr. TOUNKARA, est propri&#233;taire de 60% du capital de toutes les Banques privatis&#233;es apr&#232;s le mois d'octobre 1997 (COFIPA-CAIC...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;56&#176;/ La soci&#233;t&#233; des assurances NCA CONGO, filiale de ACTIVA est la propri&#233;t&#233; du g&#233;n&#233;ral SASSOU (plus de75%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;57&#176;/ Dans la fili&#232;re bois, la famille SASSOU sous couvert et avec le concours d'hommes de main , d&#233;tient plus de 50% du capital des soci&#233;t&#233;s, notamment la CIB (SANGHA)et MANFHANTHAN (NIARI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;58&#176;/ Tous les champs marginaux de p&#233;trole sont g&#233;r&#233;s par le g&#233;n&#233;ral SASSOU et ses amis (Jean Fran&#231;ois HENIN, DOSSOU, PERODOU, GAVALDA, ABILIO , LE FLOCK PRIGENT, BAKOU ...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;59&#176;/ LIKOUALA S.A. (Soci&#233;t&#233; P&#233;troli&#232;re bas&#233;e &#224; Pointe-Noire g&#233;r&#233;e par un homme de paille Mr. BAHOUMINA Andr&#233;). Cette soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e avec la part c&#233;d&#233;e au gouvernement congolais par la compagnie Total ex ELF sur son champ de p&#233;trole Likouala. Et au lieu que cette cession atterrisse &#224; la soci&#233;t&#233; officielle, quoi que d&#233;j&#224; familiale, la SNPC, le Pr&#233;sident SASSOU, a cr&#233;e sa soci&#233;t&#233; priv&#233;e de gestion de r&#233;serves de p&#233;trole, Likouala S.A., &#171; v&#233;ritable v&#233;hicule commercial pour le partage des revenus du champ de p&#233;trole Likouala &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Likouala S.A. a re&#231;u 65% du champ Likouala de Total, &#233;valu&#233;e &#224; 160 MILLIONS de dollars us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;60&#176;/ H&#244;tel Georges &#224; Pointe-Noire, sur l'avenue de l'a&#233;roport. H&#244;tel de luxe propri&#233;t&#233; de Mme SASSOU Antoinette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;61&#176;/ Concession ex Monoprix &#224; Bazzaville. C'est la propri&#233;t&#233; de Madame Bongo Edith, fille du Pr&#233;sident SASSOU .Un immense immeuble est en construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;62&#176;/ Immeuble de commerce g&#233;n&#233;ral, de boissons haut de gamme, situ&#233; au Beach de Brazzaville en face de l'h&#244;tel Cosmos. Propri&#233;t&#233; de Madame Antoinette SASSOU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;63&#176;/ SCAC-Pointe-Noire. Situ&#233; dans un vaste b&#226;timent nouvellement construit dans l'avenue DE GAULLE, devant l'h&#244;pital A.SICE. Vente en gros de produits surgel&#233;s. C'est la propri&#233;t&#233; de Madame BONGO, fille du Pr&#233;sident SASSOU, dirig&#233;e par un libanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;64&#176;/ Imposant immeuble, ancien si&#232;ge Air Afrique au centre ville : achet&#233; officiellement par la SNPC et qui va le revendre au Pr&#233;sident Sassou et sa fille Edith Bongo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les informations relay&#233;es en fin de semaine derni&#232;re par des organisations fran&#231;aises et africaines, les forces de s&#233;curit&#233; gabonaises ont arr&#234;t&#233; le mercredi 31 d&#233;cembre 2008 Gr&#233;gory Gbwa Mintsa, plaignant gabonais dans l'affaire des biens mal acquis en France par des chefs d'Etat africains (dont Omar Bongo), Marc Ona Essangui, Pr&#233;sident de l'ONG Brainforest et coordonnateur de la coalition Publiez ce que vous Payez Gabon (relais local de la campagne mondiale &#233;ponyme pour la transparence des industries extractives) ainsi que Georges Mpaga, pr&#233;sident du R&#233;seau des organisations libres de la soci&#233;t&#233; civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG). Les bureaux de Publiez ce que vous Payez Gabon et de l'ONG Brainforest ont &#233;t&#233; saccag&#233;s et les ordinateurs de ces organisations saisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, le mardi 30 d&#233;cembre, Gaston Asseko, journaliste et directeur technique &#224; Radio Sainte-Marie et L&#233;on Dieudonn&#233; Koungou, du journal Tendance Gabon, avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s suite &#224; leur convocation au bureau des services de renseignements de l'arm&#233;e gabonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Ben Moubamba, porte parole des Acteurs Libres de la Soci&#233;t&#233; Civile Gabonaise, qui a publi&#233; le 8 d&#233;cembre 2008 une lettre ouverte demandant des comptes au Pr&#233;sident Bongo sur sa gestion financi&#232;re du pays, serait quant &#224; lui activement recherch&#233; par les autorit&#233;s gabonaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interpell&#233;s sont &#224; ce jour toujours d&#233;tenus dans les locaux de la police judiciaire gabonaise, sans qu'aucun motif n'ait &#233;t&#233; donn&#233;. L'&#233;tat de sant&#233; de Gr&#233;gory Gbwa Mintsa serait jug&#233; pr&#233;occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 mai 2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de l'ordre interdisent une manifestation anti-Bongo ....&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/1243294639-FORCES_ORDRE-2-f67de.jpg?1782270682' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L400xH261/1371773810_small-9d604.jpg?1782270682' width='400' height='261' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gabon : Total se pr&#233;pare &#224; f&#234;ter les 80 ans d'exploitation p&#233;troli&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/1222161526-ANNIVERSAIRE_TOTAL_GABON-3b61b.jpg?1782270682' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/1211056797-total_gabon-7aabf.jpg?1782270682' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/29125796744472926cd4a0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH386/29125796744472926cd4a0-087e4.jpg?1782281768' width='500' height='386' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au terme du premier semestre 2008, la premi&#232;re compagnie p&#233;troli&#232;re du pays annon&#231;ait un r&#233;sultat net en hausse de 36% due notamment &#224; la flamb&#233;e des cours du p&#233;trole, avec une production moyenne de 60 mille barils par jour pour un chiffre d'affaires 1047 millions de dollars US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total Gabon a par ailleurs sign&#233; le 9 avril 2008 un accord de financement d'un montant total de 600 millions de dollars US avec un syndicat de banques internationales de premier plan. Cet accord d'une dur&#233;e de 8 ans est soumis &#224; des conditions et des obligations habituelles pour ce type de financement et permettra &#224; Total Gabon de financer son plan d'investissements pluriannuel et notamment le projet de re-d&#233;veloppement du champ d'Anguille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe p&#233;trolier fran&#231;ais &#233;tudie le d&#233;veloppement compl&#233;mentaire du gisement d'Anguille depuis plusieurs ann&#233;es. Ce projet apporterait plus de 100 millions de barils de r&#233;serves prouv&#233;es et probables additionnelles et une production suppl&#233;mentaire de l'ordre de 30 000 barils par jour &#224; l'horizon de la premi&#232;re partie de la prochaine d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gisement d'Anguille, entr&#233; en production en 1996, est d&#233;tenu &#224; 100% par Total Gabon. Ce projet est rendu possible par le renouvellement, pour 25 ans, de sa convention d'&#233;tablissement qui venait &#224; &#233;ch&#233;ance le 30 juin 2007. Cette convention d'&#233;tablissement fixe notamment le r&#233;gime juridique et fiscal des concessions, des permis d'exploitation et des installations d'&#233;vacuation de brut de Total Gabon. Elle r&#233;git dix-sept concessions et permis d'exploitation, repr&#233;sentant une superficie globale de pr&#232;s de 1.500 kilom&#232;tres carr&#233;s et plus de 60% de la production de Total Gabon en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total Gabon est le premier op&#233;rateur p&#233;trolier du pays avec une production totale op&#233;r&#233;e de p&#233;trole brut repr&#233;sentant plus du tiers de la production nationale. Pr&#233;sent depuis 1931, Total Gabon a particip&#233; &#224; la d&#233;couverte de plus de 80 % des r&#233;serves d'hydrocarbures du pays et a d&#233;velopp&#233;, &#224; terre comme en mer, plus de 50 gisements au cours des 50 derni&#232;res ann&#233;es, la premi&#232;re production remontant &#224; 1957.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil d'administration de Total Gabon s'est r&#233;uni le 14 mars 2008 et a arr&#234;t&#233; les comptes d&#233;finitifs de l'exercice 2007. Les responsables de Total Gabon ont annonc&#233; le 17 mars dernier, un r&#233;sultat net de 334,4 millions de dollars US (145,6 milliards de francs CFA) contre 326,4 millions de dollars US (142 milliards de francs CFA) en 2006, soit une augmentation de 2,5%. La production de p&#233;trole brut a atteint les 81,5 milliers de barils/jour contre 84,8 en 2006, soit une baisse de 4%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chiffre d'affaires s'est &#233;lev&#233; &#224; 1456 millions de dollars US (soit 634,2 milliards de francs CFA) en 2007, en augmentation de 177 millions de dollars US par rapport &#224; 2006, soit +14 %, la diminution des quantit&#233;s vendues ayant &#233;t&#233; plus que compens&#233;e par une nouvelle appr&#233;ciation du prix de vente moyen des bruts commercialis&#233;s par Total Gabon en 2007 (66,65 dollars US par baril en 2007 contre 59,08 dollars US par baril en 2006) et par la hausse des recettes de transport de brut pour tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera propos&#233; &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des actionnaires un dividende de 31 dollars par action, 139,5 millions de dollars US (60 milliards de francs CFA) seront distribu&#233;s &#224; l'ensemble des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les charges d'exploitation de la soci&#233;t&#233; ont subies une hausse de 36% entre 2006 (978 millions de dollars US ou 426 milliards de francs CFA) et 2007 (1,331 milliard de dollars US ou 580 milliards de francs CFA) en raison d'un programme toujours soutenu de gros entretiens, de la poursuite de la hausse g&#233;n&#233;rale des prix des services p&#233;troliers, d'un effet de change d&#233;favorable du dollar US contre l'euro et de l'augmentation des postes provisions et amortissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements p&#233;troliers se sont &#233;lev&#233;s &#224; 322 millions de dollars US en 2007 contre 130 millions de dollars US en 2006, et ont principalement concern&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour l'activit&#233; op&#233;r&#233;e sur Mandji, le d&#233;marrage de la premi&#232;re phase du re-d&#233;veloppement du champ d'Anguille avec le forage de 7 nouveaux puits, des travaux de re-d&#233;veloppement sur les champs de Lopez Nord et Port Gentil Oc&#233;an avec le forage de 2 puits, et la poursuite des &#233;tudes de re-d&#233;veloppement des gisements de Baudroie, Hylia et Torpille. &lt;br class='autobr' /&gt;
pour l'activit&#233; op&#233;r&#233;e sur Rabi, la poursuite du projet de d&#233;veloppement compl&#233;mentaire d'Atora et la r&#233;alisation de travaux d'augmentation de la capacit&#233; d'injection d'eau sur Coucal. &lt;br class='autobr' /&gt;
pour l'activit&#233; non op&#233;r&#233;e, la poursuite du programme de travaux sur Rabi Kounga phase III avec la r&#233;alisation d'une nouvelle campagne de forage comprenant 5 nouveaux puits et 2 reprises de puits existants et la d&#233;finition d'une strat&#233;gie de d&#233;veloppement compl&#233;mentaire du champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements p&#233;troliers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2000, Total Gabon a lanc&#233; un important programme d'appr&#233;ciation et de re-d&#233;veloppement des champs existants visant &#224; en am&#233;liorer la r&#233;cup&#233;ration et &#224; en ralentir le d&#233;clin naturel. Le lancement du re-d&#233;veloppement du champ d'Anguille concr&#233;tise l'un des plus importants projets de ce programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total Gabon envisage de lever 600 millions de dollars de dette bancaire pour le financement de son plan d'investissements pluriannuel. De plus, la politique de dividendes pour les ann&#233;es de forts investissements devrait &#234;tre ajust&#233;e en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 milliards de dollars d'investissements pour l'exploitation du champ Anguille &lt;br class='autobr' /&gt;
Le b&#233;n&#233;fice du projet en terme de production est attendu d&#232;s 2008 avec un maximum de production sup&#233;rieur &#224; 30 000 barils par jour dans les ann&#233;es 2013-2014. Le montant des investissements associ&#233;s au projet est &#233;valu&#233; &#224; 2 milliards de dollars pour des r&#233;serves prouv&#233;es et probables additionnelles d'environ 150 millions de barils. Le projet minimise par ailleurs les co&#251;ts op&#233;ratoires gr&#226;ce au recentrage de l'exploitation &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total Gabon exploite le site de Diaba avec la soci&#233;t&#233; Diaba Ltd &lt;br class='autobr' /&gt;
La soci&#233;t&#233; a fait appel &#224; la compagnie Gabon Diaba Ltd, filiale de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine Cobalt International Energy pour l'exploitation du site de Diaba (&#224; une cinquantaine de km au large des c&#244;tes sud du Gabon) et ainsi faire face &#224; l'ampleur des investissements n&#233;cessaires. Total Gabon lui a ainsi c&#233;d&#233; 21,25% des parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cession qui a &#233;t&#233; approuv&#233;e par les autorit&#233;s gabonaises a pris effet au 1er janvier 2008. Elle permet &#224; Total Gabon de partager les risques sur ce permis 'fronti&#232;re' en offshore profond, &#224; la recherche de nouveaux th&#232;mes dans des horizons jusque l&#224; inexplor&#233;s. Au terme de cet accord, Total Gabon op&#233;rateur conserve 63,75% aux c&#244;t&#233;s de Cie Gabon Diaba Ltd (21,25%) et de la R&#233;publique Gabonaise (15%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne d'exploration doit s'effectuer en trois p&#233;riodes : la premi&#232;re d'une dur&#233;e de trois ans et demi, comporte un engagement de travaux de 2 000 kilom&#232;tres de sismique 2D, campagne pr&#233;vue en 2008 ; la deuxi&#232;me, d'une dur&#233;e de trois ans et demi &#233;galement, comporte un engagement de 700 kilom&#232;tres carr&#233;s de sismique 3D ; et la troisi&#232;me, d'une dur&#233;e de trois ans, comporte l'engagement du forage d'un puits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Legabon.org, mars 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et il n'y a pas que Total !!&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re Perenco Gabon, 3&#232;me entreprise au Gabon dans son secteur, souhaite d&#233;velopper ses activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directeurs de la soci&#233;t&#233; franco-britannique p&#233;troli&#232;re PERENCO Gabon, 3&#232;me entreprise au classement national dans son secteur, ont rencontr&#233; le chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba ainsi que le ministre d'Etat des Mines, Casimir Oye Mba afin de lui faire part de leur projet de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous lui avons r&#233;it&#233;r&#233; notre souhait d'assurer la p&#233;rennit&#233; du groupe, de d&#233;velopper PERENCO Gabon, par le biais de l'exploration, le d&#233;veloppement du gaz, d'ailleurs nous alimentons maintenant Libreville et Port Gentil avec le Gaz de PERENCO Gabon et &#233;videmment continuer la production et la prospection p&#233;troli&#232;re. Alors, aujourd'hui nous produisons pr&#232;s de 50 000 barils/jour, le groupe est en croissance depuis son arriv&#233;e au Gabon en 1992, nous souhaitons d&#233;velopper des champs gaziers, &#233;galement relancer le d&#233;veloppement de grosses r&#233;serves qui se trouvent au sud du pays, notamment le champs de Mbia, qui compte parmi les plus grosses r&#233;serves du pays. Nous b&#233;n&#233;ficions de l'envol&#233;e des cours du brut, mais il faut faire attention car les prix p&#233;troliers, notamment des contracteurs, augmentent &#233;galement, donc il s'agit de travailler s&#233;rieusement et de ne pas se laisser-aller ; car nous sommes dans une industrie cyclique, nous pr&#233;voyons toujours le futur, nous travaillons sur des cycles longs de 5, 10 voire 15 ans, donc nous profitons actuellement des cours en hausse, mais nous pr&#233;parons &#233;galement l'avenir&#034;, a d&#233;clar&#233; Fran&#231;ois Perrodo, directeur g&#233;n&#233;ral du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Legabon.org, juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et il n'y a pas que le p&#233;trole !!! Il ya le mangan&#232;se, le bois, le caoutchouc ....&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_647 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/1227858999-BOLLORE_TRAVAUX-d96b2.jpg?1782270682' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bollor&#233; au Gabon&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L283xH178/13014-0e74b.jpg?1782270682' width='283' height='178' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bongo et le directeur g&#233;n&#233;ral de Bouygues B&#226;timent International&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Comilog, principale entreprise d'exploitation du mangan&#232;se au Gabon, a annonc&#233; une augmentation de son chiffre d'affaires de 500 milliards de francs CFA entre 2007 et 2008, soit une progression de 250%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie mini&#232;re de l'Ogoou&#233;, la Comilog, principale entreprise d'exploitation du mangan&#232;se au Gabon, a annonc&#233; une augmentation de son chiffre d'affaires de 500 milliards de francs CFA entre 2007 et 2008, soit une progression de 250%. Elle pr&#233;voit pour l'ann&#233;e 2008 une production de 4 millions de tonnes afin de consolider sa part sur le march&#233; mondial de l'acier et de la m&#233;tallurgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 2005, le chiffre d'affaires de la COMILOG &#233;tait d'environ 200 milliards de FCFA. En 2007, la COMILOG a battu son record de production avec 3,3 millions de tonnes par an. Pour 2008, elle pr&#233;voit une production de 4 millions de tonnes. &#171; Pour arriver &#224; conserver sa part de march&#233;, la Comilog devra donc produire entre 150 et 200 000 tonnes de plus par an &#187;, a annonc&#233; M. Gouze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filiale du groupe fran&#231;ais Eramet qui d&#233;tient 67% du capital contre 25% pour l'Etat gabonais, la COMILOG occupe la 101&#232;me place dans la projection 2008 des 500 meilleures entreprises africaines. Elle emploie 1.485 employ&#233;s r&#233;partis entre son site de Moanda et le port min&#233;ralier d'Owendo, au sud de Libreville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en 1953, cette entreprise, a &#233;galement repris &#224; son actif la compagnie de chemin de fer, le Transgabonais, dont elle d&#233;tient la majorit&#233; du capital. 95% du mangan&#232;se extrait destin&#233; aux industries sid&#233;rurgiques transitent par le chemin de fer Transgabonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gabon est devenu le second producteur mondial de mangan&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les performances de la COMILOG sont essentiellement li&#233;es &#224; la hausse de la production de mangan&#232;se et &#224; la demande &#233;lev&#233;e de ce minerai sur le march&#233; mondial. La COMILOG affiche ainsi des ambitions pour consolider sa position de partenaire privil&#233;gi&#233; au d&#233;veloppement du Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COMILOG, qui joue un r&#244;le de choix dans l'&#233;conomie gabonaise, fait partie des plus importants producteurs mondiaux de mangan&#232;se. En effet, le gisement de Moanda repr&#233;sente 30% des r&#233;serves de ce minerai au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie mini&#232;re de l'Ogoou&#233; exploite le mangan&#232;se au Gabon depuis 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COMILOG, dont le si&#232;ge est &#224; Moanda, dans le sud-est du Gabon, est une filiale du groupe fran&#231;ais Eramet. Elle a un capital de 32,8 milliards de FCFA (77.406.288 dollars US), r&#233;parti principalement entre Eramet (Erap, Elf et Im&#233;tal, 61%), l'Etat gabonais (30%) et diverses participations, dont les Hollandais de Formang Holding.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appels d'offres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel d'offre du 1er janvier 2008 - La Poste gabonaise a lanc&#233; un appel d'offres national et international pour l'acquisition et la mise en &#65533;uvre d'un r&#233;seau int&#233;gr&#233; d'interconnexion de la Poste SA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel d'offres du 16 d&#233;cembre - pour les chantiers de la CAN 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel d'offre du 1er janvier 2008 - La Poste gabonaise a lanc&#233; un appel d'offres national et international pour l'acquisition et la mise en &#65533;uvre d'un r&#233;seau int&#233;gr&#233; d'interconnexion de la Poste SA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cet appel d'offres s'adresse exclusivement aux fabricants, op&#233;rateurs et int&#233;grateurs des syst&#232;mes des t&#233;l&#233;communications &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier n&#233;cessaire &#224; la pr&#233;sentation des offres peut &#234;tre retir&#233; contre paiement de la somme de 650 000 F CFA. Paiement &#224; r&#233;alis&#233; aupr&#232;s de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) &#224; l'ordre de : La Poste SA, domicili&#233;e &#224; BEAC - Libreville - GABON - Compte n&#65533; 50 311301 5408.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soumissionnaires sont convi&#233;s &#224; assister ou &#224; se faire repr&#233;senter &#224; l'ouverture des plis des offres techniques, qui aura lieu en s&#233;ance publique, le 22 f&#233;vrier 2008, &#224; 14h00 TU &#224; l'adresse pr&#233;cit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date de limite des d&#233;p&#244;ts : le 15 f&#233;vrier 2008 &#224; 12h00 TU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel d'offres du 16 d&#233;cembre - pour les chantiers de la CAN 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Minist&#232;re gabonais de la Jeunesse et des Sports a lanc&#233; des appels d'offres pour les principaux chantiers &#224; r&#233;aliser dans le cadre de la Coupe d'Afrique des nations &#233;dition 2012 qui aura lieu au Gabon et en Guin&#233;e Equatoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises pourront postuler sur les nombreux chantiers : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; construction d'un nouveau complexe sportif, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; construction d'un village sportif de 300 logements &#224; Libreville, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; construction d'un village de 200 logements pr&#233;vu &#224; Franceville, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;novation du complexe sportif Omar Bongo Ondimba de Libreville, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;novation des stades de Franceville et de Moanda, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; construction des stades d'entra&#238;nement &#224; Franceville et ses environs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget n'a pas &#233;t&#233; communiqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre dernier, le Gabon a s&#233;lectionn&#233; cinq bureaux d'&#233;tudes en vue de pr&#233;parer la faisabilit&#233; de ces projets. Sur les cinq bureaux, deux seulement sont gabonais : 2G et Archi - Pro International. Les trois autres sont originaires du Cameroun (AMMA GECOL), du Congo Brazzaville (AAUC) et d'Egypte (ACE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande entreprise mini&#232;re du monde, BHP Billiton, va d&#233;marrer ses travaux d'exploitation du mangan&#232;se &#224; Franceville, Okondja et Moanda dans le Haut-Ogoou&#233;, avant de s'&#233;tendre &#224; d'autres sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2004, ils avaient lanc&#233; une &#233;tude dont les r&#233;sultats laissaient pr&#233;sager 1,5 million de tonnes de mangan&#232;se par an pour le site d'Okondja. Le groupe minier et d'&#233;nergie, poss&#233;dant des exploitations mini&#232;res et de traitement dans 25 pays et employant 38 000 personnes, vient de publier d'excellents r&#233;sultats de son exercice du 1er trimestre 2007/2008. Il a produit 25,86 millions de tonnes de minerai de fer, soit une progression de 7%. Il s'agit d'un niveau record de production dans le minerai de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les autres productions sont en hausse ; plomb, nickel, cuivre, zinc, argent, uranium et diamants, hormis la production de mangan&#232;se qui a baiss&#233; de 4%, passant &#224; 1,4 million de tonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation de ces 3 nouveaux sites va donc lui permettre d'accro&#238;tre sa production et de r&#233;pondre &#224; la demande mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOVACOM Associ&#233;s - D&#233;but novembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande entreprise mini&#232;re du monde, BHP Billiton, a sign&#233; un accord d'exploitation du mangan&#232;se d'Okondja (situ&#233; &#224; 150 km au sud de Libreville) avec le gouvernement gabonais, le 24 juillet dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2004, ils avaient lanc&#233; une &#233;tude dont les r&#233;sultats laissaient pr&#233;sager 1,5 millions de tonnes de mangan&#232;se par an. Ils ont &#233;galement fait savoir au gouvernement qu'ils &#233;taient int&#233;ress&#233;s par l'exploitation des sels de potasse aux environs de Lambar&#233;n&#233; et de Cocobeach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe minier et d'&#233;nergie, issu de la fusion de la britannique Billiton et de l'australienne BHP (Broken Hill Proprietary Company), en mars 2001, poss&#232;de des installations mini&#232;res et de traitement dans 25 pays, employant 38 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BHP Billiton enregistre une production record de gaz naturel, alumine, aluminium, nickel, minerai de fer, mangan&#232;se, diamants&#65533;, aussi les analystes s'attendent en moyenne &#224; ce que le groupe publie en ao&#251;t un b&#233;n&#233;fice net annuel de pr&#232;s de 32 %, soit 10 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novacom Associ&#233;s Fin juillet 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe fran&#231;ais Eramet, soci&#233;t&#233; d'exploitation mini&#232;re (nickel, mangan&#232;se, alliages) enregistre une forte augmentation de son CA de 37,9 % au 1er trimestre 2008 par rapport au 1er trimestre 2007. Au Gabon, la production de minerai et d'agglom&#233;r&#233; de mangan&#232;se de sa filiale, COMILOG (Compagnie mini&#232;re de l'Ogoou&#233;) est en progression de 10,7 % &#224; 846 500 tonnes, au 1er trimestre 2008 par rapport au 1er trimestre 2007, gr&#226;ce notamment &#224; la forte augmentation des prix du minerai de mangan&#232;se. Le chiffre d'affaires d'Eramet mangan&#232;se a progress&#233; de 92,9 %, toujours sur la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident directeur g&#233;n&#233;ral du groupe Eramet, Patrick Buffet, a rencontr&#233; le pr&#233;sident Omar Bongo Ondimba, le 6 juin dernier &#224; Libreville afin de lui pr&#233;senter ces excellents r&#233;sultats ainsi que les perspectives de d&#233;veloppement des activit&#233;s de sa filiale Gabon. La production de Comilog a augment&#233; sa production avec 3,334 millions de tonnes de mangan&#232;se produits pour un CA de 272 milliards de francs CFA. 20 milliards de francs CFA ont &#233;t&#233; revers&#233;s aux diff&#233;rents actionnaires de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des perspectives favorables&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prix des alliages et minerai de mangan&#232;se ont continu&#233; &#224; augmenter depuis la fin du 1er trimestre 2008. La demande reste bien orient&#233;e. La mont&#233;e en r&#233;gime de la production de minerai et d'agglom&#233;r&#233; de mangan&#232;se au Gabon se poursuit avec l'objectif de 3,5 millions de tonnes sur l'ann&#233;e 2008 et de 4 millions pour 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au d&#233;veloppement des capacit&#233;s de transformation du mangan&#232;se, 400 emplois devront &#234;tre cr&#233;&#233;s dans la province du Haut-Ogoou&#233;. Pour atteindre ces objectifs, Patrick Buffet a annonc&#233; le d&#233;blocage d'investissements colossaux pour le d&#233;veloppement soutenu des activit&#233;s du plateau de Bakoumba, dans la province du Haut-Ogoou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a pas si longtemps que nous &#233;tions &#224; 2 millions de tonnes &#224; Moanda, et bien nous sommes en ligne de compte avec l'engagement que nous avons pris vis-&#224;-vis du pr&#233;sident de la R&#233;publique d'arriver &#224; 3,5 millions de tonnes en 2008 et nous r&#233;fl&#233;chissons m&#234;me &#224; une extension mini&#232;re &#224; 4 millions de tonnes et peut-&#234;tre m&#234;me un peu plus, &#224; l'horizon 2010. Et donc, nous avons engag&#233; toute une s&#233;rie d'investissements, nous avons compl&#233;t&#233; et augment&#233; la production mini&#232;re, et apr&#232;s le plateau de Bagomb&#233;, commenc&#233; la pr&#233;paration du plateau de Koumba &#224; Moanda, de fa&#231;on &#224; d&#233;velopper la production mini&#232;re. Par ailleurs, nous souhaitons cr&#233;er une capacit&#233; de transformation du Mangan&#232;se au Gabon, sous l'angle d'une usine de silico-mangan&#232;se, et d'alliage de Silico-mangan&#232;se d'une part, et de mangan&#232;se m&#233;tal d'autre part, c'est deux usines qui pourraient employer 400 personnes en emplois directs. Ces deux usines seraient donc extraordinairement importantes pour muscler encore l'appareil productif au Gabon, elle suppose &#233;galement que nous ayons la disponibilit&#233; du courant &#233;lectrique du nouveau barrage hydro&#233;lectrique de Poubara, dans des prix concurrentiels &#187; a d&#233;clar&#233; Patrick Buffet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Legabon.org, juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'APP&#201;TIT POUR l'acier dans le monde est une bonne nouvelle pour le Gabon. Le volume des exportations de mangan&#232;se de la Compagnie mini&#232;re de l'Ogoou&#233; (COMILOG) pourrait augmenter de 10 % en 2007 et atteindre les 3,3 millions de tonnes. Le gouvernement gabonais estime que ce ph&#233;nom&#232;ne est d&#251; &#224; l'app&#233;tit des &#201;tats-Unis et de la Chine pour la fabrication de l'acier et &#224; l'augmentation de la capacit&#233; de production de la COMILOG. Le minist&#232;re de l'&#201;nergie vient d'accorder des permis de prospection &#224; deux compagnies chinoises dans la r&#233;gion de Ndjol&#233; au sud-est du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Auguste Onouviet, ministre de l'&#201;nergie, a d&#233;clar&#233; : &#171; Si l'industrie mini&#232;re tient ses promesses, le Gabon pourrait, dans quelques ann&#233;es, devenir le premier producteur mondial de mangan&#232;se devant l'Afrique du Sud. Le gisement de Moanda a une teneur de 50 % en minerai et produit du mangan&#232;se d'excellente qualit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mangan&#232;se, m&#233;tal blanc argent&#233;, est utilis&#233; dans l'industrie de l'acier pour fabriquer des alliages. La production mondiale annuelle d'alliages de mangan&#232;se a d&#233;pass&#233; les 10,3 millions de tonnes en 2004, une augmentation de 14 % par rapport &#224; 2003. La production de minerai de mangan&#232;se s'est maintenue au m&#234;me rythme que la demande, elle a augment&#233; de 19 % par rapport &#224; 2003, pour atteindre plus de 29 millions de tonnes. Seuls quelques pays, l'Australie, le Br&#233;sil, le Gabon et l'Afrique du Sud, fournissent 85 % de la demande mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COMILOG est le 5e producteur mondial de mangan&#232;se, le 3e producteur de mangan&#232;se m&#233;tal et le principal exportateur de bioxyde de mangan&#232;se. Filiale du groupe fran&#231;ais Eramet, son capital a une valeur de 62 milliards. L'&#233;tat gabonais d&#233;tient 25 % des parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabon Magazine Janvier 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'uranium au Gabon &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gabon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CEA (Commissariat pour l'&#233;nergie atomique, France) puis la COGEMA [Compagnie g&#233;n&#233;rale des mati&#232;res nucl&#233;aires, jusqu'au 1er mars 2006 ; aujourd'hui AREVA NC, soit Nuclear cycle], ont exploit&#233; &#224; travers la soci&#233;t&#233; COMUF plusieurs gisements d'uranium au Gabon, &#224; Mounana, entre 1958 et 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AREVA a annonc&#233; en 2007 sur son site web que le r&#233;am&#233;nagement du site de Mounana &#233;tait termin&#233;. Il s'agit du &#171; premier r&#233;am&#233;nagement en for&#234;t &#233;quatoriale conforme aux standards internationaux. La qualit&#233; du r&#233;am&#233;nagement a &#233;t&#233; confirm&#233;e par quatre missions de l'AIEA [Agence internationale pour l'&#233;nergie atomique] effectu&#233;es de 2001 &#224; 2006 pour le compte du gouvernement gabonais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l'enqu&#234;te conduite sur place par SHERPA, en juin 2006,, des t&#233;moignages d'anciens travailleurs Gabonais et d'expatri&#233;s, et des documents consult&#233;s par la CRIIRAD, il ressort que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La protection des travailleurs n'&#233;tait pas correctement assur&#233;e (formation et information sur les risques tr&#232;s insuffisantes, situations avec exposition &#224; des poussi&#232;res radiotoxiques sans port de masque respiratoire adapt&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CRIIRAD rappelle que de l'uranate &#224; 75 % d'uranium pr&#233;sente une activit&#233; en uranium de 19 millions de Becquerels par kilogramme, sans compter les premiers descendants radioactifs de l'uranium 238 et 235.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inhalation de seulement 0,006 et 0,12 gramme de poussi&#232;re d'uranate pourrait alors conduire &#224; d&#233;passer la dose maximale annuelle admissible actuellement en vigueur respectivement pour les personnes du public et les travailleurs du nucl&#233;aire (coefficients de la directive Euratom 96 / 29). Cela correspond &#224; l'inhalation de respectivement 17 et 329 microgrammes par jour sur l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le travail au contact de ces mati&#232;res radioactives sans masque, sans gants, sans information sur les risques et sans pr&#233;cautions &#233;l&#233;mentaires (ne pas manger, ne pas fumer, &#224; proximit&#233; de ces mati&#232;res) conduit &#224; des risques de contamination interne tr&#232;s &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces risques de contamination interne, il faut ajouter les risques li&#233;s &#224; l'exposition externe. Des mesures r&#233;alis&#233;es par le laboratoire de la CRIIRAD en septembre 2006 au droit du parc de stockage des concentr&#233;s uranif&#232;res de l'usine COMURHEX-AREVA de Malv&#233;si (Aude) ont montr&#233; que l'exc&#232;s de rayonnement gamma est mesurable &#224; plus de 200 m&#232;tres au droit de la cl&#244;ture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le suivi m&#233;dical &#233;tait inadapt&#233; et les m&#233;decins non form&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Des b&#226;timents ont &#233;t&#233; construits &#224; Mounana avec des mat&#233;riaux radioactifs (maternit&#233;, &#233;cole, march&#233;). Certains b&#226;timents ont d&#251; &#234;tre d&#233;truits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles situations ont malheureusement eu cours &#233;galement sur le territoire fran&#231;ais. Dans certains cas des situations conduisant &#224; un risque sanitaire inacceptable pour le public ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;es par le laboratoire de la CRIIRAD en des lieux qui avaient pourtant &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment contr&#244;l&#233;s par la COGEMA. Ce fut le cas par exemple lorsqu'en 2001 la CRIIRAD d&#233;montra que dans une scierie construite sur des remblais radioactifs de l'ancienne mine d'uranium CEA-COGEMA des Bois Noirs (Loire), les concentrations en radon conduisaient &#224; un d&#233;passement d'un facteur sup&#233;rieur &#224; 20 des normes sanitaires pour le public. Ce site avait pourtant &#233;t&#233; contr&#244;l&#233; quelques ann&#233;es auparavant par un technicien de la COGEMA. Suite aux mesures de la CRIIRAD, les autorit&#233;s ont impos&#233; &#224; la COGEMA la d&#233;contamination du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; A Mounana, plus de 2 millions de tonnes de r&#233;sidus radioactifs ont &#233;t&#233; simplement d&#233;vers&#233;s dans la rivi&#232;re entre 1961 et 1975. La CRIIRAD tient &#224; rappeler que de tels r&#233;sidus posent des probl&#232;mes radiologiques &#224; long terme car ils sont caract&#233;ris&#233;s par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une radioactivit&#233; importante, sup&#233;rieure &#224; 100 000 Bq / kg et parfois &#224; plus de 500 000 Bq / kg. Le rapport COMUF 1983 indique que la teneur typique du minerai &#233;tait de 3 &#224; 4 kg d'uranium par tonne. M&#234;me en supposant un rendement d'extraction de l'usine &#224; 100 % (extraction de tout l'uranium m&#233;tal), il subsiste dans les r&#233;sidus issus d'un minerai &#224; 4 Kg U / Tonne une radioactivit&#233; &#233;gale &#224; 50 000 Bq / kg pour les descendants de l'uranium 238 &#224; partir du thorium 230, soit une activit&#233; totale qui peut d&#233;passer 500 000 Bq / kg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une faible granulom&#233;trie (boue fine) qui favorise la dispersion ult&#233;rieure des radionucl&#233;ides. Le minerai initial, roche dure situ&#233;e en profondeur, devient un r&#233;sidu d'extraction sous forme d'une boue de tr&#232;s fine granulom&#233;trie. Lorsque cette boue s&#232;che, les poussi&#232;res radioactives qu'elle contient peuvent &#234;tre dispers&#233;es par le vent. Si elle est humide, le transport est possible via les eaux. Or ces r&#233;sidus contiennent des &#233;l&#233;ments tr&#232;s radiotoxiques par inhalation (thorium 230) et par ingestion (plomb 210 et polonium 210).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La pr&#233;sence de 100 % du radium 226 initialement contenu dans le minerai. Sa d&#233;sint&#233;gration g&#233;n&#232;re en permanence un gaz radioactif, le radon 222, difficile &#224; confiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La pr&#233;sence de radionucl&#233;ides &#224; tr&#232;s longue p&#233;riode physique, ce qui pose la question du confinement &#224; long terme. Ces d&#233;chets seront radioactifs pendant des centaines de milliers d'ann&#233;es compte tenu de la p&#233;riode physique du thorium 230 (75 000 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La pr&#233;sence de produits chimiques li&#233;s au traitement (attaque &#224; l'acide sulfurique, &#233;ventuelle neutralisation &#224; la chaux) dans une proportion de 100 kilogrammes par tonne environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le &#171; r&#233;am&#233;nagement &#187; des sites a consist&#233;, semble-t-il, &#224; simplement recouvrir certains secteurs radioactifs de remblais en terre v&#233;g&#233;tale. Les d&#233;chets radioactifs sont toujours dans le sol. Compte tenu de leur tr&#232;s longue p&#233;riode physique, la proc&#233;dure de &#171; r&#233;am&#233;nagement &#187; est totalement insuffisante. Les frais de ce &#171; r&#233;am&#233;nagement &#187; ont &#233;t&#233; pris en charge par un budget Europ&#233;en (Fond Europ&#233;en de D&#233;veloppement). AREVA n'est m&#234;me pas en mesure d'assumer sa responsabilit&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La &#171; qualit&#233; &#187; du r&#233;am&#233;nagement a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;e par l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique). Ceci pose probl&#232;me quant &#224; la neutralit&#233; des contr&#244;les compte tenu de la vocation affich&#233;e de l'Agence (d&#233;veloppement du nucl&#233;aire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CRIIRAD a d&#233;j&#224; mis en &#233;vidence dans le pass&#233; la partialit&#233; et l'insuffisance des diagnostics radiologiques de l'AIEA (atoll de Moruroa). La CRIIRAD a adress&#233; une demande aux autorit&#233;s de radioprotection du Gabon pour obtenir copie des r&#233;sultats des contr&#244;les radiologiques effectu&#233;s &#224; Mounana. Le Minist&#232;re comp&#233;tent a refus&#233; de transmettre ces donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouygues et la for&#234;t gabonaise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/caNO_2569651_1_px_501__w_ouestfrance_-0225b.jpg?1782281768' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le bois du Gabon arrive en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Survie et la plate forme Environnement Gabon, qui regroupe en son sein une quinzaine d'associations et ONG environnementales gabonaises tiennent &#224; alerter l'opinion internationale sur le danger pour l'environnement que repr&#233;sente le site choisi pour la construction d'un nouvel a&#233;roport pr&#232;s de Libreville au Gabon. En effet le site retenu pour ce projet se trouve &#224; l'int&#233;rieur d'une zone hautement prot&#233;g&#233;e : &#171; La for&#234;t class&#233;e de la Mondah &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette unique for&#234;t &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Libreville constitue un tr&#233;sor &#233;cologique. la baie de la Mondah est une zone humide c&#244;ti&#232;re du nord-ouest du Gabon, dont de larges parties ont &#233;t&#233; incluses en ao&#251;t 2002 dans le parc national d'Akanda. C'est un site pr&#233;cieux qui abrite de nombreuses esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales et animales dans une mangrove.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation de ce projet menace s&#233;v&#232;rement l'&#233;quilibre des &#233;cosyst&#232;mes du Parc d'Akanda et constitue un s&#233;rieux probl&#232;me de s&#233;curit&#233; a&#233;rienne pour des avions &#224; r&#233;acteurs par la simple pr&#233;sence en ce lieu de sites de niche et de migration d'oiseaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de faisabilit&#233; a &#233;t&#233; confi&#233;e, en juillet 2006, au groupe fran&#231;ais Bouygues. Aucune consultation pr&#233;alable de la population et des instances de protection de l'environnement n'a eu lieu. Il est curieux de constater que sans une &#233;tude pr&#233;alable d'impact environnemental sur le site, conform&#233;ment aux dispositions du Code de l'environnement, le gouvernement d&#233;cide de mani&#232;re unilat&#233;rale d'implanter un a&#233;roport dans un site aussi sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les chefs d'Etat des grandes puissances ont de belles raisons (en dollars comme en euros) pour regretter Bongo&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/cheque-pairie-du-gabob-390000-e.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH273/cheque-pairie-du-gabob-390000-e-f06e4.jpg?1782281769' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est un grand et fid&#232;le ami de la France qui nous a quitt&#233;s, une haute figure de l'Afrique et un chef d'Etat qui avait su gagner l'estime et le respect de l'ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain&#034;, d&#233;clare un communiqu&#233; de l'Elys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En ce moment de recueillement, le pr&#233;sident de la R&#233;publique adresse, en son nom et au nom du peuple fran&#231;ais, toute sa compassion et sa profonde sympathie &#224; la famille et aux proches du pr&#233;sident Bongo Ondimba, ainsi qu'au peuple gabonais&#034;, poursuit le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il tient &#224; les assurer que la France, fid&#232;le &#224; sa longue relation d'amiti&#233;, demeure, dans cette &#233;preuve, aux cot&#233;s du Gabon, de ses institutions et de son peuple&#034;, conclut la pr&#233;sidence fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L200xH200/Sarko_Bongo020807200-2cf0b.jpg?1782270682' width='200' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je suis attrist&#233; d'apprendre la mort du pr&#233;sident El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon&#034;, &#233;crit Barack Obama dans un communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le pr&#233;sident Bongo a jou&#233; un r&#244;le important dans le d&#233;veloppement et le fa&#231;onnage des fortes relations bilat&#233;rales existant aujourd'hui entre le Gabon et les Etats-Unis&#034;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le pr&#233;sident a syst&#233;matiquement mis l'accent sur l'importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorit&#233; de la protection des tr&#233;sors naturels du Gabon&#034;, indique M. Obama. &#034;Son travail en faveur de la protection (de l'environnement) dans son pays et son engagement &#224; r&#233;soudre les conflits &#224; travers le continent constituent une part importante de son h&#233;ritage&#034;, ajoute le pr&#233;sident am&#233;ricain. &#034;Au nom du gouvernement des Etats-Unis, je pr&#233;sente mes condol&#233;ances &#224; sa famille et au peuple du Gabon&#034;, conclut M. Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que les successeurs potentiels soient hostiles au vol des richesses par les capitalistes ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les candidats &#224; la succession de Bongo ne valent pas mieux ...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.legabon.org/articles_pdf/paul_toungui.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paul Toungui, Ministre d'Etat de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation : &lt;i&gt;&#034;Le Gabon offre &#224; tout investisseur de nombreuses opportunit&#233;s d'affaires rentables&#034;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le site officiel du s&#233;nat fran&#231;ais, on peut lire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Un partenaire privil&#233;gi&#233; de la France en Afrique&lt;br class='autobr' /&gt;
Les relations franco-gabonaises sont traditionnellement denses et empreintes d'estime et de loyale coop&#233;ration r&#233;ciproques : de ce fait, le Pr&#233;sident Omar Bongo s'est dit confiant de leur &#233;volution dans les ann&#233;es &#224; venir, quels que soient les r&#233;sultats des prochaines consultations &#233;lectorales fran&#231;aises ; sur ce point, le groupe s&#233;natorial d'amiti&#233; France-Afrique centrale partage pleinement le point de vue du Chef de l'&#201;tat gabonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette densit&#233; de nos liens se traduit, en particulier, par des contacts de haut niveau tr&#232;s fr&#233;quents entre les responsables des deux pays. Le Pr&#233;sident Jacques Chirac avait ainsi choisi Libreville pour son premier d&#233;placement en Afrique (22 juillet 1995), puis s'y est rendu en visite officielle l'ann&#233;e suivante (16-17 juillet 1996) ; de son c&#244;t&#233;, le Pr&#233;sident Bongo se rend tr&#232;s souvent &#224; Paris (six fois en 2003, 3 fois en 2004, 2 fois en 2005 et 7 fois en 2006). Les visites et les rencontres minist&#233;rielles franco-gabonaises sont &#233;galement fr&#233;quentes, aussi bien lors de rencontres bilat&#233;rales sur diff&#233;rents th&#232;mes (suivi de la politique de d&#233;fense, &#233;changes commerciaux, questions budg&#233;taires et de financement international, etc...) que, le cas &#233;ch&#233;ant, &#224; l'occasion de rencontres multilat&#233;rales se tenant &#224; Paris ou &#224; Libreville ; en outre, M. Gilles de Robien a repr&#233;sent&#233; le Gouvernement fran&#231;ais lors de l'investiture officielle du Pr&#233;sident Bongo dans son nouveau mandat, le 20 janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; parlementaire, les assembl&#233;es des deux &#201;tats ne son pas en reste : pour ne citer que les &#233;changes int&#233;ressant le S&#233;nat, on rappellera en particulier que le Pr&#233;sident Christian Poncelet s'est rendu au Gabon en juin 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays ami, le Gabon apporte &#224; la diplomatie fran&#231;aise un soutien appr&#233;ci&#233; qui fait de ce pays un pivot important de l'action de la France en Afrique, y compris sur le plan militaire11(*).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans qu'il soit n&#233;cessaire de d&#233;tailler l'ensemble des &#233;l&#233;ments de la coop&#233;ration franco-gabonaise, on indiquera que notre coop&#233;ration bilat&#233;rale civile a &#233;t&#233; red&#233;finie sur la base d'un Document cadre de partenariat sign&#233; en octobre 2005 qui retient trois axes principaux (le secteur for&#234;t et environnement, centr&#233; sur la gestion durable des ressources naturelles, le secteur des infrastructures et le secteur de l'&#233;ducation), avec une enveloppe totale de 9,7 millions d'&#8364; programm&#233;s en 2008 et environ 70 assistants techniques (plus 18 agents territorialement affect&#233;s au Gabon mais sur des postes internationaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan commercial, on note une forte pr&#233;sence fran&#231;aise dans beaucoup de secteurs de l'&#233;conomie (70% des investissements &#233;trangers au Gabon : n&#233;goce, BTP, etc.)12(*). La France est, de tr&#232;s loin, le premier fournisseur du Gabon (40 % des achats gabonais) et son troisi&#232;me client. Pour autant, nos &#233;changes, qui se sont &#233;lev&#233;s l'an dernier &#224; 522 millions d'&#8364; (avec un exc&#233;dent de 170 millions d'&#8364;) s'effritent depuis plusieurs ann&#233;es, en raison notamment de la diminution de nos achats p&#233;troliers.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Omar Bongo, dictateur du Gabon, &#233;tait l'ami de la France, comme Habyarimana du Rwanda et Eyadema du Togo. Mais c'est qui &#171; la France &#187; ? Ce n'est certainement pas les travailleurs ni les masses populaires de ce pays !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Bongo est mort et les chefs d'Etat des grandes puissances versent des larmes. Sarkozy est le premier &#224; avoir une pens&#233;e pour les bonnes affaires que Bongo a permises pendant 41 ans aux patrons fran&#231;ais. A Total d'abord mais aussi &#224; tous les autres : les Bollor&#233;, Bouygues, Eramet... Car, en plus du p&#233;trole, ces trusts exploitaient le mangan&#232;se, la for&#234;t, le transport portuaire et autres richesses multiples d'un pays &#8230; pauvre. A qui appartient le Gabon ? Certainement pas &#224; son peuple qui ne re&#231;oit m&#234;me pas les miettes de l'exploitation du pays. Et la reconnaissance des capitalistes fran&#231;ais qui s'exprime par la voix du chef de l'Etat s'est maintenue par del&#224; les changements de gouvernement, de Mitterrand &#224; Chirac et de Jospin &#224; Sarkozy. Pendant que la population s'agglutinait dans des bidonvilles, dans des villages et villes mis&#233;rables, que la sant&#233;, l'&#233;ducation, les transports &#233;taient &#224; l'abandon, des riches gabonais comme fran&#231;ais se sont sucr&#233;s sur ces richesses et sur l'exploitation des travailleurs gabonais. Car, au Gabon, il y a une classe ouvri&#232;re nombreuse et combative, m&#234;me si, en France, &#171; nos &#187; organisations syndicales n'en ont jamais souffl&#233; un mot, ne nous ont jamais appel&#233; &#224; nous solidariser avec leur lutte. Alors m&#234;me que les capitalistes fran&#231;ais et leur gouvernement se solidarisait avec leurs exploiteurs et leur dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des travailleurs ignorent que, si la France appara&#238;t plus pacifique, plus prosp&#232;re, plus agr&#233;able &#224; vivre, plus d&#233;mocratique ou moins r&#233;pressive que bien des pays dans le monde, c'est gr&#226;ce &#224; des profits scandaleux qui sont plus du domaine du colonialisme que du capitalisme moderne. L'ancienne puissance coloniale fran&#231;aise n'en a jamais fini avec le temps des colonies. Non seulement, elle a gard&#233; ses colonies les plus petites comme les Antilles, la R&#233;union, la Guyane, elle a gard&#233; une certaine mainmise sur Madagascar et Ha&#239;ti mais, surtout, elle a maintenu en place des r&#233;gimes honnis de leurs peuples dans ses anciennes colonies d'Afrique. Et l'Afrique n'est pas un cas &#224; part puisque c'est la France qui a soutenu le roi du Cambodge, Sihanouk, celui m&#234;me qui, alors qu'il &#171; &#233;tait le chef de l'Etat et &#171; ami de la France &#187;, a cautionn&#233; et intronis&#233; les khmers rouges responsables du plus grand g&#233;nocide contemporain ! Et, aujourd'hui, le trust fran&#231;ais Total continue &#224; cautionner la dictature birmane avec la caution du gouvernement fran&#231;ais, notamment de Kouchner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec l'argent tir&#233; de la surexploitation des travailleurs africains, des mines d'or du Mali, des mines de fer de Mauritanie, des mines de mangan&#232;se du Gabon, des mines d'uranium du Niger, des puits de p&#233;trole du Gabon ou du Congo, que le capitalisme fran&#231;ais d&#233;pass&#233; depuis longtemps par d'autres grandes puissances en tant que capitalisme financier, a pu se maintenir &#224; flot. Mais le prix, ce sont les peuples qui l'ont pay&#233;. Les rejets de ces mines ont pollu&#233; les villages et villes d'Afrique sans que les pr&#233;tendus &#233;colos qui nous gouvernent ne s'en &#233;meuvent. Les maladies dues au plomb, &#224; l'arsenic, les cancers, les fausses couches, les d&#233;formations infantiles se multiplient dans des populations qui ne tirent aucun profit &#224; l'exploitation de ces minerais. Et ici, personne n'est mis au courant de ce qui se passe. Qui se souvient que le trust qui a fait licencier les ouvriers mineurs de la mine d'or de Morila au Mali est Bouygues ? Qui se souvient que, suite &#224; une gr&#232;ve, il a obtenu que ces mineurs soient incarc&#233;r&#233;s et condamn&#233;s ? Des Fran&#231;ais s'&#233;tonnent parfois que l'Afrique fournisse toujours son contingent de travailleurs immigr&#233;s mais, si une partie de la jeunesse africaine ne r&#234;ve que de fuir le pays vers des eldorados occidentaux, c'est parce que ces pays occidentaux riches les ont pill&#233; et continuent de les piller. Non seulement, il n'est pas question pour la France de rendre aux pays d'Afrique une quelconque compensation pour la traite n&#233;gri&#232;re qui a durablement d&#233;truit le continent, ni de rembourser le pillage colonial qui a suivi jusque dans les ann&#233;es 50, mais ce pillage continue&#8230; Et l'Etat fran&#231;ais se donne les moyens politiques, financiers et &#8230; militaires, que cela dure toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui se souvient qu'en 1990 a commenc&#233; un mouvement de masse au Gabon, des travailleurs et des jeunes, pour renverser la dictature politique et sociale de Bongo et des exploiteurs fran&#231;ais et gabonais ? Qui se souvient que ce mouvement a &#233;t&#233; battu notamment par une intervention militaire fran&#231;aise ? Ici, on peut entendre dans les m&#233;dia le discours d'un certain P&#233;an, qui n'a cess&#233; de soutenir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais lorsqu'il &#233;tait engag&#233; dans le massacre du Rwanda, et qui pr&#233;tend aujourd'hui que Bongo n'a jamais tu&#233;, n'a jamais r&#233;prim&#233;. Ces mensonges sont sanglants. Au Gabon, Omar Bongo repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts des capitalistes fran&#231;ais, a tu&#233; des travailleurs et des jeunes lors de multiples mouvements et particuli&#232;rement en 1990. Il n'a pas obtenu le soutien de l'Etat fran&#231;ais malgr&#233; ses vols, ses exactions, sa dictature mais &#224; cause d'eux. Les d&#233;tournements de fonds publics qui ont &#233;t&#233; r&#233;cemment mis &#224; jour par le proc&#232;s Total puis par le proc&#232;s des d&#233;tournements financiers de Bongo, interrompu avant m&#234;me d'avoir commenc&#233;, ne sont que la partie immerg&#233;e de l'iceberg, de m&#234;me que le financement des campagnes &#233;lectorales en France sur les fonds de Bongo. Tout cela cache la r&#233;alit&#233; : ce sont les capitalistes fran&#231;ais qui ont touch&#233; le gros lot, les milliards du p&#233;trole, du mangan&#232;se, de bois, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat fran&#231;ais joue son r&#244;le qui est d'aider, de couvrir, de soutenir les int&#233;r&#234;ts de quelques trusts capitalistes. Bien des travailleurs croient que le mot &#171; France &#187; couvre une r&#233;alit&#233; qui leur appartiendrait. Ils se trompent lourdement. Ce terme couvre des crimes multiples dont les victimes ne sont pas seulement parmi les peuples anciennement coloniaux. Quand l'Etat fran&#231;ais massacrait l'Alg&#233;rie par exemple, en 1830, 1848 et 1871, elle massacrait aussi les travailleurs fran&#231;ais. Inversement, si on bombardait les quartiers ouvriers des villes en 1944, on bombardait ensuite S&#233;tif et le Constantinois. Travailleurs fran&#231;ais et peuples opprim&#233;s, nous avons les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les m&#234;mes ennemis. En cette p&#233;riode de crise du capitalisme, il sera vital d'en prendre conscience !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial 16-06-2009 - Bongo, l'ami de la France</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1204</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1204</guid>
		<dc:date>2009-06-11T18:01:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LA VOIX DES TRAVAILLEURS &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Travailleurs de tous les pays unissez-vous &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt; Omar Bongo, dictateur du Gabon, l'ami de la France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est qui &#171; la France &#187; ? Ce n'est certainement pas les travailleurs ! &lt;br class='autobr' /&gt; Omar Bongo est mort et les chefs d'Etat des grandes puissances versent des larmes. Sarkozy est le premier &#224; avoir une pens&#233;e pour toutes les bonnes affaires que Bongo a permises aux patrons fran&#231;ais pendant 41 ans. A Total d'abord, mais aussi &#224; tous les autres : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/faucille-et-marteau.jpg' width=&#034;71&#034; height=&#034;72&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Travailleurs de tous les pays unissez-vous &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Omar Bongo, dictateur du Gabon, l'ami de la France.
&lt;p&gt;Mais c'est qui &#171; la France &#187; ? Ce n'est certainement pas les travailleurs ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Omar Bongo est mort et les chefs d'Etat des grandes puissances versent des larmes. Sarkozy est le premier &#224; avoir une pens&#233;e pour toutes les bonnes affaires que Bongo a permises aux patrons fran&#231;ais pendant 41 ans. A Total d'abord, mais aussi &#224; tous les autres : les Bollor&#233;, Bouygues, Eramet... Car, en plus du p&#233;trole, ces trusts exploitent le mangan&#232;se, le bois, le transport portuaire et autres richesses multiples du Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A qui appartient le Gabon ? Certainement pas &#224; son peuple qui ne re&#231;oit m&#234;me pas les miettes de l'exploitation du pays. Et la reconnaissance des capitalistes fran&#231;ais, qui s'exprime par la voix du chef de l'Etat, s'est maintenue par del&#224; les changements de gouvernement, de Mitterrand &#224; Chirac et de Jospin &#224; Sarkozy. Pendant que la population s'agglom&#233;rait dans des bidonvilles, que la sant&#233;, l'&#233;ducation, les transports &#233;taient &#224; l'abandon, des riches, gabonais comme fran&#231;ais, se sont sucr&#233;s sur l'exploitation des travailleurs gabonais. Pourtant, les travailleurs gabonais se sont battus et ont m&#234;me menac&#233; en 1990 la p&#233;rennit&#233; de la dictature sociale. Si les travailleurs fran&#231;ais l'ignorent c'est qu'ici &#171; nos &#187; organisations syndicales ou de gauche n'en ont pas souffl&#233; mot, alors m&#234;me que les capitalistes fran&#231;ais et leur gouvernement se solidarisaient avec les exploiteurs et la dictature. Qui se souvient qu'en 1990 a commenc&#233; un mouvement de masse au Gabon, des travailleurs et des jeunes, pour renverser la dictature politique et sociale de Bongo et des exploiteurs fran&#231;ais et gabonais ? Qui se souvient que ce mouvement a &#233;t&#233; battu notamment par une intervention militaire fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien des travailleurs ignorent d'ailleurs que, si la France appara&#238;t plus pacifique, plus prosp&#232;re, plus agr&#233;able &#224; vivre, plus d&#233;mocratique ou moins r&#233;pressive que bien des pays dans le monde, c'est gr&#226;ce aux profits de pillage de type colonial r&#233;alis&#233;s dans des pays comme le Gabon. L'ancienne puissance coloniale fran&#231;aise n'en a jamais fini avec le temps des colonies. Non seulement, elle a gard&#233; ses colonies les plus petites comme les Antilles, la R&#233;union, la Guyane, elle a gard&#233; une certaine mainmise sur Madagascar et Ha&#239;ti mais, surtout, elle a maintenu en place des r&#233;gimes honnis de leurs peuples dans ses anciennes colonies d'Afrique. Et l'Afrique n'est pas un cas &#224; part puisque c'est la France qui a soutenu le roi du Cambodge, Sihanouk, celui m&#234;me qui, alors qu'il &#233;tait le chef de l'Etat et &#171; ami de la France &#187;, a cautionn&#233; et intronis&#233; les khmers rouges responsables d'un g&#233;nocide ! Et, aujourd'hui, le trust fran&#231;ais Total continue &#224; cautionner la dictature birmane avec la caution du gouvernement fran&#231;ais, notamment de Kouchner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est avec l'argent tir&#233; de la surexploitation des travailleurs africains, des mines d'or du Mali, des mines de fer de Mauritanie, des mines de mangan&#232;se du Gabon, des mines d'uranium du Niger, des puits de p&#233;trole du Gabon ou du Congo, que le capitalisme fran&#231;ais d&#233;pass&#233; depuis longtemps par d'autres grandes puissances, a pu se maintenir &#224; flot. Mais le prix, ce sont les peuples qui l'ont pay&#233;. Les rejets de ces mines ont pollu&#233; les villages et villes d'Afrique sans que les pr&#233;tendus &#233;colos qui nous gouvernent ne s'en &#233;meuvent. Les maladies dues au plomb, &#224; l'arsenic, les cancers, les fausses couches, les d&#233;formations infantiles se multiplient dans des populations qui ne tirent aucun profit de l'exploitation de ces minerais. Et ici, personne n'est mis au courant de ce qui se passe. Qui se souvient que le trust qui a fait licencier les ouvriers mineurs de la mine d'or de Morila au Mali est Bouygues ? Qui se souvient que, suite &#224; une gr&#232;ve, il a obtenu que ces mineurs soient incarc&#233;r&#233;s et condamn&#233;s ? Des Fran&#231;ais s'&#233;tonnent parfois que l'Afrique fournisse toujours son contingent de travailleurs immigr&#233;s mais, si une partie de la jeunesse africaine ne r&#234;ve que de fuir le pays vers des eldorados occidentaux, c'est parce que ces pays occidentaux riches les ont pill&#233; et continuent de les piller. Non seulement, il n'est pas question pour l'Etat et les capitalistes fran&#231;ais de donner une compensation aux peuples d'Afrique victimes de la traite n&#233;gri&#232;re, ni de rembourser le pillage colonial qui a suivi jusque dans les ann&#233;es 50, mais ce pillage continue&#8230; Et l'Etat fran&#231;ais se donne les moyens politiques, financiers et &#8230; militaires, que cela dure toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La gauche et la droite, les organisations syndicales, tous ceux qui pr&#233;tendent parler en France au nom des travailleurs n'ont jamais vraiment remis tout cela en cause. Pas plus qu'ils ne mettent aujourd'hui vraiment en cause la volont&#233; des capitalistes de faire payer aux travailleurs les frais de la crise. Comme on vient de le constater avec les journ&#233;es d'action syndicales et de la gauche qui ont fini en queue de poisson. Alors, nous travailleurs, sans suivre nos pr&#233;tendus repr&#233;sentants, d&#233;fendons nous-m&#234;mes nos propres perspectives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve de la sant&#233; au Gabon</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1130</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1130</guid>
		<dc:date>2009-05-09T19:27:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve dans le secteur de la sant&#233; se durcit &lt;br class='autobr' /&gt;
lundi 27 avril 2009. &lt;br class='autobr' /&gt; LIBREVILLE, 27 avril (Infosplusgabon) - La gr&#232;ve dans le secteur de la sant&#233; se durcit ce lundi apr&#232;s trois mois d'une longue gr&#232;ve entrecoup&#233;e de reprises de travail au lendemain de l'appel des autorit&#233;s sanitaires internationales de prendre des dispositions pour circonscrire une &#233;ventuelle &#233;pid&#233;mie de grippe porcine au Gabon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des contr&#244;les stricts vont &#234;tre effectu&#233;s sur les cargaisons de denr&#233;es alimentaires, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve dans le secteur de la sant&#233; se durcit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lundi 27 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIBREVILLE, 27 avril (Infosplusgabon) - La gr&#232;ve dans le secteur de la sant&#233; se durcit ce lundi apr&#232;s trois mois d'une longue gr&#232;ve entrecoup&#233;e de reprises de travail au lendemain de l'appel des autorit&#233;s sanitaires internationales de prendre des dispositions pour circonscrire une &#233;ventuelle &#233;pid&#233;mie de grippe porcine au Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des contr&#244;les stricts vont &#234;tre effectu&#233;s sur les cargaisons de denr&#233;es alimentaires, notamment de porcelets en provenance d'Am&#233;rique du Sud et d'aileurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil, la France, l'Afrique du Sud sont les pays pourvoyeurs de viandes porcines et de leurs d&#233;riv&#233;es au Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve annonc&#233;e ce lundi dans le secteur de la sant&#233; va certainement affaiblir la veille sanitaire pr&#233;conis&#233;e en cette p&#233;riode de contagion du virus de la grippe porcine dans certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bureau local de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) &#224; Libreville a recommand&#233; depuis samedi &#171; que tous les pays intensifient leur surveillance de tous les cas inhabituels de maladies ressemblant &#224; une grippe ou &#224; une grave pneumonie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pid&#233;mie de grippe porcine apparue au Mexique a caus&#233; la mort d'une centaine de personnes, selon les autorit&#233;s sanitaires mexicaines. Pour l'instant, aucune op&#233;ration de vaccination contre la grippe porcine n'a &#233;t&#233; envisag&#233;e au Gabon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes en Afrique 1988-91</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article72</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article72</guid>
		<dc:date>2007-07-01T13:14:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Kenya</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;gal</dc:subject>
		<dc:subject>Guin&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SITE MATIERE ET REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt;
www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire du site &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous &#233;crire, cliquez sur R&#233;pondre &#224; cet article &lt;br class='autobr' /&gt; Lire &#233;galement sur le site : &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volutions de l'Afrique antique &lt;br class='autobr' /&gt; Afrique du sud : de l'explosion ouvri&#232;re &#224; la fin de l'apartheid &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;voltes en Afrique : 1988-1991 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les responsables du g&#233;nocide rwandais &lt;br class='autobr' /&gt; 1999-2000 : R&#233;volte en C&#244;te d'Ivoire &lt;br class='autobr' /&gt;
Mali &lt;br class='autobr' /&gt; Emeutes au Burkina Faso &lt;br class='autobr' /&gt; Cameroun &lt;br class='autobr' /&gt;
Avril 2008 : les ouvriers &#233;gyptiens et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique49" rel="directory"&gt;20- R&#233;voltes en Afrique 1988-1991&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot134" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot152" rel="tag"&gt;Kenya&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot159" rel="tag"&gt;S&#233;n&#233;gal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot167" rel="tag"&gt;Guin&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;SITE MATIERE ET REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire &#233;galement sur le site :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article230&#034;&gt;R&#233;volutions de l'Afrique antique&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article95&#034;&gt;Afrique du sud : de l'explosion ouvri&#232;re &#224; la fin de l'apartheid&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article72&#034;&gt;R&#233;voltes en Afrique : 1988-1991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034;&gt;Les responsables du g&#233;nocide rwandais&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article207&#034;&gt;1999-2000 : R&#233;volte en C&#244;te d'Ivoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article161&#034;&gt;Mali&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article247&#034;&gt;Emeutes au Burkina Faso&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article251&#034;&gt;Cameroun&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article315&#034;&gt;Avril 2008 : les ouvriers &#233;gyptiens et la population d&#233;fient Moubarak&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article314&#034;&gt;Avril 2008 : &#233;meutes en Afrique contre la vie ch&#232;re&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article352&#034;&gt;Avril 2008 : Des &#233;meutes de la faim &#224; la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article210&#034;&gt;Avril 2008 : Nouvelles du Kenya&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alg&#233;rie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article101&#034;&gt;Alg&#233;rie 1988 : de l'explosion sociale au terrorisme se revendiquant de l'islamisme&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article209&#034;&gt;Actualit&#233;s sociales en Alg&#233;rie&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article306&#034;&gt;L'Alg&#233;rie en mouvements&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=M7pVByq9Nfg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de 1988, le film1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=idLPjAgCs-s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de 1988, le film2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=q4mwOcK2BRs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de 1988, le film3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wttloB_4zxw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de 1988, le film4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x6xgwq_algerie-5-octobre-1988-1_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de 1988, le film5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=WrSNG_a1-Ps&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte de 1988, le film6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme un feu de for&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant toutes ces ann&#233;es de 1988 &#224; 1991, l'Afrique est parcourue de mouvements sociaux, de r&#233;voltes et de manifestations. La lutte touche S&#233;n&#233;gal, Mali, Gabon, C&#244;te d'Ivoire, Niger, Kenya, B&#233;nin, Alg&#233;rie, etc&#8230; Dans certains pays, la mobilisation prend l'aspect d'une r&#233;volte g&#233;n&#233;rale contre le r&#233;gime. Dans d'autres, comme le Mali en 1991 o&#249; le r&#233;gime de dictature militaire de Moussa Traor&#233; tombe. Des r&#233;gimes, qui avaient tenu depuis les ind&#233;pendances, sont pour la premi&#232;re fois menac&#233;s par les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1988, en C&#244;te d'Ivoire, la contestation d&#233;bute par des mouvements sociaux divers : m&#233;decins, soldats appel&#233;s, policiers et dockers. En m&#234;me temps, on assiste &#224; un mouvement de soldats qui occupent les b&#226;timents publics. Au S&#233;n&#233;gal, le r&#233;gime pr&#233;tendait avoir d&#233;mocratis&#233; le pays, en permettant &#224; l'opposition de faire des meetings &#233;lectoraux pour les &#233;lections l&#233;gislatives et pr&#233;sidentielles. Mal lui en a pris, c'est le m&#233;contentement qui s'exprime : le &#171; sopi &#187; (changement) est acclam&#233; depuis 1988, et la jeunesse se bat tous les jours avec les forces de l'ordre. Diouf est d&#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, tout au long de l'ann&#233;e, le B&#233;nin est secou&#233; par des luttes populaires diverses des travailleurs du priv&#233;, des fonctionnaires, des &#233;tudiants. Les salari&#233;s d&#233;noncent les salaires impay&#233;s et les mauvaises conditions de travail. C'est l'un des pays o&#249; le mouvement a un caract&#232;re le plus ouvrier. A partir de janvier 1990, les mouvements de contestation se g&#233;n&#233;ralisent en Afrique, avec des gr&#232;ves, des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, des manifestations de masses, des &#233;meutes et des r&#233;voltes. Au B&#233;nin, le 4 janvier 1990, les enseignants sont lanc&#233;s dans un bras de fer avec le pouvoir et d&#233;clarent : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si nos salaires sont pay&#233;s, le travail ne reprendra pas tant que nos revendications ne seront pas satisfaites. &#187; &lt;/i&gt; Le pouvoir r&#233;agit en l&#226;chant du lest sur le plan politique. Le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident K&#233;r&#233;kou, qui se faisait appeler &#171; camarade K&#233;r&#233;kou &#187; abandonne son pseudo &#171; socialisme populaire &#187;, le parti unique et ouvre le r&#233;gime. Cependant, le 16 janvier, les &#233;tudiants de l'universit&#233; Omar Bongo, au Gabon, entrent en gr&#232;ve et occupent l'universit&#233; pour protester contre le manque de professeurs et de moyens. Il s'en suit des bagarres avec les forces de l'ordre qui font de nombreux bless&#233;s, mais ne parviennent pas &#224; arr&#234;ter le mouvement de protestation au Gabon. Loin de se calmer, les &#233;tudiants d&#233;veloppent la lutte. Le 18 janvier, ils entra&#238;nent les coll&#233;giens et lyc&#233;ens, ainsi que les jeunes ch&#244;meurs. Ce jour-l&#224;, des centaines de manifestations sillonnent les art&#232;res de Libreville et s'affrontent avec les forces de l'ordre. Dans les quartiers populaires, comme Mont-Bouet, Akebe, Rio, Kembo, l'agitation se transforme en &#233;meutes : des groupes de jeunes arm&#233;s de b&#226;tons et de cailloux s'attaquent aux b&#226;timents publics et pillent les boutiques. Des voitures sont incendi&#233;es et servent pour constituer des barrages et barricades. Les manifestants d&#233;filent sur le p&#233;riph&#233;rique qui conduit &#224; l'a&#233;roport et ils le bloquent. Le 18, le pouvoir riposte en fermant universit&#233;s, lyc&#233;es et coll&#232;ges. Mais, la 19, l'agitation gagne de l'ampleur. Plus d'une centaine de boutiques sont pill&#233;es. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se g&#233;n&#233;ralisent &#224; la plupart des quartiers populaires. Le gouvernement interdit les attroupements, renforce les contr&#244;les d'identit&#233; et instaure le couvre-feu &#224; partir de 19 heures. Alors que le mouvement, bien que r&#233;prim&#233;, se poursuit au Gabon, il rebondit le 2 f&#233;vrier au S&#233;n&#233;gal. C'est d'abord l'appel &#224; la gr&#232;ve lanc&#233; par la Coordination des &#233;tudiants et &#233;l&#232;ves pour protester contre l'insuffisance des fournitures scolaires et le manque d'&#233;quipements. Le pouvoir s&#233;n&#233;galais r&#233;agit par la fermeture des universit&#233;s et &#233;coles. Suivant l'exemple des &#233;tudiants gabonais et s&#233;n&#233;galais, les &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants du Niger se mettent aussi en gr&#232;ve. A Niamey, ils protestent &#233;galement la d&#233;gradation de leurs conditions d'&#233;tudes. Le lendemain, ils organisent une marche politique au travers de la ville. Mais, &#224; hauteur du pont Kennedy qu'ils veulent traverser, les forces de l'ordre chargent et tirent dans la foule. Il y a vingt morts et de nombreux bless&#233;s parmi les manifestants. Le 12 f&#233;vrier, des &#233;v&#233;nements importants se produisent au Niger et au Gabon. Au Niger, devant les violences dont les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; victimes, la col&#232;re l'emporte sur la peur. Une manifestation de protestation regroupe non seulement des &#233;l&#232;ves mais de nombreux travailleurs et des habitants des quartiers populaires. Le groupe des travailleurs de l'uranium est particuli&#232;rement massif et fait une d&#233;monstration de force. La dictature de Sa&#239;bou tente de se disculper, pr&#233;tendant qu'elle n'a pas ordonn&#233; de tirer et ferme les &#233;tablissements scolaires. Au Gabon, le couvre-feu semblait avoir r&#233;tabli le calme, mais c'&#233;tait une apparence trompeuse : le 12 f&#233;vrier, le mouvement prend un caract&#232;re social. Depuis cinq ans, les salaires sont bloqu&#233;s, si bien que la gr&#232;ve d'une cat&#233;gorie limit&#233;e met le feu aux poudres. La gr&#232;ve touche d'abord les fonctionnaires : enseignants du sup&#233;rieur, m&#233;decins, agents du minist&#232;re des finances, agents des banques gabonaises et des soci&#233;t&#233;s de cigarettes arr&#234;tent le travail, rapidement rejoints par les salari&#233;s des Postes et T&#233;l&#233;communications, de l'Energie Electrique et de nombreuses soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. L'&#233;lectricit&#233; est coup&#233;e. Les centraux t&#233;l&#233;phoniques sont bloqu&#233;s. Le transport a&#233;rien est en gr&#232;ve. Le pays est paralys&#233; et coup&#233; du monde. C'est une gifle pour Bongo. Les travailleurs de la Navigation entrent en lutte. Le dictateur Bongo accepte de n&#233;gocier directement avec les gr&#233;vistes, puisque les travailleurs en gr&#232;ve refusent d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s par le syndicat unique, agent du pouvoir. Bongo essaie de n&#233;gocier avec chaque cat&#233;gorie &#224; part, mais devant la menace de la g&#233;n&#233;ralisation de la lutte &#224; toute la classe ouvri&#232;re, le dictateur recule. Il d&#233;clare qu'il reconna&#238;t le multipartisme, alors qu'il avait toujours d&#233;clar&#233; que, lui vivant, on ne verrait jamais cela au Gabon ! Dans le m&#234;me mois de f&#233;vrier 1990 en C&#244;te d'Ivoire, la dictature d'Houphou&#235;t Boigny est en butte &#224; une situation de crise d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent depuis l'ind&#233;pendance. La classe ouvri&#232;re est dans le coup. Les syndicalistes qui manifestaient pour l'autorisation de syndicats libres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Les travailleurs de l'Energie et des Eaux entrent en gr&#232;ve. Le gouvernement essaie de faire croire que les coupures sont li&#233;es &#224; des probl&#232;mes techniques. Le gouvernement annule la mesure de baisse des salaires de 15 &#224; 40% qu'il avait pr&#233;vu d'annoncer. Ce sont les &#233;tudiants qui ont commenc&#233; &#224; s'affronter directement au pouvoir. La premi&#232;re manifestation est partie de la r&#233;sidence universitaire de Youpougon. Ils marchent sur l'universit&#233;, occupent les rues, dressent des barrages. Ils sont rejoints par les lyc&#233;ens et les coll&#233;giens. En expulsant les &#233;tudiants de leurs universit&#233;s, le pouvoir le pousse dans la rue. La jeunesse des quartiers populaires les rejoint et ils envahissent la capitale. La jeunesse se mobilise massivement, remplit les rues de la capitale Abidjan, conspue le pouvoir et le pr&#233;sident Houphou&#235;t, d&#233;truit les signes ext&#233;rieurs de richesse et de pouvoir. On n'avait jamais vu &#231;a : c'est une v&#233;ritable d&#233;ferlante qui d&#233;marre de Koumassi avec un grand nombre de jeunes, tr&#232;s jeunes. Le mouvement de masse de la jeunesse est si important que le pouvoir choisit de faire le mort et de laisser passer la vague. Houphou&#235;t est conspu&#233; par les jeunes et les milieux populaires aux cris de &#171; Houphou&#235;t voleur &#187; et &#171; Houphou&#235;t bandit &#187;. Ils crient aussi : &#171; les grotos (les riches) doivent payer ! &#187;. Des &#233;meutes ont lieu &#233;galement dans les grandes villes, comme Bouak&#233; ou Bongerville. Houphou&#235;t Boigny contre-attaque &#224; la t&#233;l&#233;vision : &lt;i&gt;&#171; On m'accuse d'avoir vol&#233; le pays. Mais c'est un mensonge. Je suis n&#233; dans l'or. Je suis n &#233; dans une cadillac. &#187; &lt;/i&gt;Il rajoute qu'en C&#244;te d'Ivoire, on ne peut pas faire payer les riches pour enrichir les pauvres parce &lt;i&gt;qu' &#187;il n'y a que de faux riches et de faux pauvres. S'il y avait un seul riche en C&#244;te d'Ivoire, je lui aurai demand&#233; d'aider le pays. &#187; En&lt;/i&gt; mai-juin 1990, de nombreuses cat&#233;gories sociales manifestent. Les travailleurs des bus, de Blohorn, de Carena (chantier naval) ou encore de Sonaco (soci&#233;t&#233; nationale de conditionnement). Pour la premi&#232;re fois en C&#244;te d'Ivoire, le secteur priv&#233; se met en gr&#232;ve. Au mois de mars, le Gabon, la r&#233;volte ouvri&#232;re explose. Le 23 mars, les travailleurs du p&#233;trole de Port Gentil se mettent en gr&#232;ve contre leurs conditions de travail et r&#233;clament des augmentations de salaires. L'agitation s'&#233;tend &#224; d'autres cat&#233;gories de travailleurs, aux lyc&#233;ens, aux coll&#233;giens qui se r&#233;pandent dans les rues. L'intervention de la police entra&#238;ne des &#233;meutes dans la plupart des quartiers populaires. Les manifestants s'en prennent aux b&#226;timents administratifs et aux boutiques qui sont parfois saccag&#233;es et pill&#233;es. La police et les forces de l'ordre locales sont d&#233;bord&#233;es. Les autorit&#233;s de Port Gentil font appel &#224; des renforts militaires de Libreville. Le couvre-feu est instaur&#233; &#224; Libreville, puis dans l'ensemble du pays. Face aux &#233;meutes, les paras fran&#231;ais et la L&#233;gion d&#233;barquent &#224; Port Gentil et &#224; Libreville pour r&#233;primer les manifestants, et pas seulement pour &#171; d&#233;fendre les ressortissants fran&#231;ais &#187; comme il le pr&#233;tend, les forces gabonaises se r&#233;v&#233;lant insuffisantes pour faire face &#224; la r&#233;volte. En deux jours, Port Gentil conna&#238;t une v&#233;ritable explosion de m&#233;contentement social qui s'attaque &#224; tout ce qui repr&#233;sente l'oppression : b&#226;timents publics, int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des riches, voitures&#8230; La Guin&#233;e est &#233;galement sous le coup des r&#233;voltes. A Conakry, Subreka, Kindi,&#8230; il y a des bagarres avec la police, des &#233;meutes, des pillages comme ailleurs. Le gouvernement tente de d&#233;samorcer la col&#232;re. Lansana Cont&#233; sacrifie son ministre de l'Education et parle d'instaurer bient&#244;t le multipartisme. Au Za&#239;re aussi, il y a des gr&#232;ves d'&#233;tudiants et des &#233;meutes &#224; Kinshasa. Cela am&#232;ne le dictateur Mobutu &#224; chercher d'&#233;viter l'explosion sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e en instaurant un multipartisme limit&#233; &#224; trois partis. L'Afrique, ex coloniale anglaise, est elle aussi concern&#233;e, comme au Kenya o&#249; il y a o&#249; il y a eu des &#233;meutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re s'est assez partiellement mobilis&#233;e. Mais elle a &#233;t&#233; bien plus concern&#233;e que les oppositions politiques, d&#233;bord&#233;es par la radicalit&#233; du mouvement. Ainsi, en C&#244;te d'Ivoire, l'un des hauts lieux du mouvement, le principal opposant, Laurent Gbagbo, &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; En l'absence d'une l&#233;gislation coh&#233;rente (&#8230;) les travailleurs sont oblig&#233;s de recourir &#224; des gr&#232;ves sauvages, tr&#232;s dures&#8230; Il faut absolument changer cette situation. (&#8230;) Nous pensons que mieux l'ouvrier sera prot&#233;g&#233; par la loi, mieux il participera &#224; la production. &#187; &lt;/i&gt;(extrait de &#171; Pour une alternative d&#233;mocratique en C&#244;te d'Ivoire &#187;. D&#232;s le d&#233;but des &#233;meutes, Laurent Gbagbo a appel&#233; les &#233;meutiers &#224; se calmer. Les opprim&#233;s avaient &#224; peine commenc&#233; &#224; menacer le syst&#232;me que ces faux opposants montraient qu'ils savent choisir leur camp.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L180xH249/7060325-78202.jpg?1782270725' width='180' height='249' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'insurrection au Mali et la chute de Moussa Traore&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieutenant Moussa Traor&#233; a pris le pouvoir en novembre 1968, d&#233;posant le premier pr&#233;sident du Mali, Modibo Keita. Il va r&#233;gner pendant 23 ans sans partage sur le pays. Le parti unique, UDPM, va dominer le Mali jusqu'au 26 mars 1991. C'est la r&#233;volte populaire qui va les faire chuter. Le climat social est &#224; la r&#233;volte d&#232;s 1990. La mis&#232;re a atteint un niveau insupportable. On a vu un directeur d'&#233;cole d&#233;monter le plafond d'une salle de classe pour la revendre afin de nourrir sa famille. La peur du r&#233;gime, qui emprisonne et torture, a &#233;t&#233; telle pendant toutes ces ann&#233;es que les opposants osent &#224; peine parler entre eux. Mais la r&#233;volte est telle que la peur va tomber. Le r&#233;gime s'est discr&#233;dit&#233; par sa corruption et parce qu'il s'est montr&#233; incapable de battre les r&#233;sistances arm&#233;es des touaregs nomades qu'il m&#233;prisait, opprimait et dont il pr&#233;tendait &#233;craser ais&#233;ment dans le sang la r&#233;volte arm&#233;e. Les revendications sociales commencent &#224; monter au cours de l'ann&#233;e 1990. Les petits vendeurs bana-bana, opprim&#233;s et r&#233;primes, et les petits commer&#231;ants ne se laissent plus faire. Les commer&#231;ants en ont assez, par exemple, de voir le commerce des fruits et l&#233;gumes monopolis&#233; par le pr&#233;sident et sa femme. Les associations &#224; but politique se multiplient et le r&#233;gime cherche &#224; leur interdire d'intervenir sur ce terrain. La col&#232;re monte dans la jeunesse et dans la classe ouvri&#232;re. Les fonctionnaires, notamment les enseignants, ne sont pas pay&#233;s pendant des mois quand ce n'est pas des ann&#233;es. Il est tr&#232;s significatif de l'ambiance dans la classe ouvri&#232;re que, le 1er mai 1990, le syndicat unique lui-m&#234;me, l'Union Nationale des Travailleurs du Mali, se prononce pour la premi&#232;re fois en faveur de la d&#233;mocratisation du pays, dans un discours public. L'Association des El&#232;ves et Etudiants du Mali, apr&#232;s la r&#233;pression de 1979, se r&#233;veille de longues ann&#233;es de silence et de soumission. AEEM et Comit&#233; National d'Initiative pour la D&#233;mocratie appellent &#224; une manifestation pour le multipartisme le 10 d&#233;cembre 1990. Plus de dix mille manifestants r&#233;pondent &#224; l'appel. C'est la plus grande manifestation jamais organis&#233;e au Mali sous le r&#233;gime de Moussa Traor&#233;. La manifestation se d&#233;roule pacifiquement dans la capitale Bamako, mais le pouvoir n'entend pas reculer. Les organisateurs et les manifestants non plus. Le 24 janvier 1991, ils appellent &#224; une nouvelle manifestation qui va enclencher le cycle des affrontements se terminant par la chute du dictateur. Les manifestants bloquent la route et saccagent les &#233;difices publics. Les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les manifestants faisant de nombreux morts et bless&#233;s. Le 25 janvier, des chars sont d&#233;ploy&#233;s contre les manifestants et les &#233;coles sont ferm&#233;es. Le 28 janvier, &#224; la nouvelle de l'arrestation de plusieurs &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants, dont le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'AEEM, Oumar Mariko, le mouvement explose en insurrection de toute la jeunesse, englobant celle des quartiers populaires. Ces derniers, tout particuli&#232;rement les jeunes ch&#244;meurs, arm&#233;s de b&#226;tons et de pierres, envahissent les rues de la capitale, br&#251;lent des magasins et des &#233;difices publics, ainsi que des voitures. Les r&#233;sidences de plusieurs membres du gouvernement et du parti unique, dont celle du directeur g&#233;n&#233;ral des douanes, beau-fr&#232;re du pr&#233;sident Traor&#233;, sont enti&#232;rement saccag&#233;es. A partir de ce moment, les &#233;meutes se multiplient tous les jours dans Bamako, o&#249; les manifestants &#233;rigent des barricades. Cette situation se propage aux villes de province. Les morts de manifestants et le nombre de bless&#233;s ne cessent de cro&#238;tre tous les jours. Le 29 janvier, ce sont des centaines de manifestants arr&#234;t&#233;s qui ont &#233;t&#233; tortur&#233;s, dont une douzaine d'enfants de moins de douze ans. Le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident a annonc&#233; que l'interdiction aux associations de faire de la politique est lev&#233;e, mais cela ne diminue pas la pression de la rue. L'AEEM revendique la lib&#233;ration de tous les emprisonn&#233;s. Le 31 janvier, le gouvernement laisse entendre qu'il pourrait lib&#233;rer de nombreux manifestants arr&#234;t&#233;s dont Oumar Mariko. Le 2 f&#233;vrier, la t&#233;l&#233;vision nationale annonce la lib&#233;ration de 196 &#233;l&#232;ves sur les 232 officiellement arr&#234;t&#233;es. 34 d&#233;tenus ont &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;s en justice et condamn&#233;es lourdement pour trouble &#224; l'ordre public, pillage, incendie, d&#233;vastation d'&#233;difices publics, vol et recel. Les Touaregs du nord du Mali s'invitent dans la lutte, en attaquant l'usine de phosphates de Bourem, &#224; une centaine de kilom&#232;tres de la ville de Gao, dans la nuit du 21 f&#233;vrier 1991, tuant deux militaires. &lt;br /&gt;
Le 22 mars 1991, les &#233;meutes reprennent &#224; Bamako. De violentes manifestations parcourent la capitale. Les forces de l'ordre tirent &#224; balles r&#233;elles et tuent. C'est un v&#233;ritable carnage &#224; la mitraillette et &#224; la grenade offensive. La guerre est d&#233;clar&#233;e par le pouvoir aux jeunes manifestants qui enflamment le minist&#232;re de l'emploi. Le 23 mars, la jeunesse scolaris&#233;e est rejointe dans la r&#233;volte par les ch&#244;meurs et les travailleurs. Les travailleurs de la COMATEX, dont le dictateur-pr&#233;sident a dit, avec une expression de profond m&#233;pris, qu'ils ne savent m&#234;me pas qui ils sont, ont arr&#234;t&#233; le travail. Les &#233;meutes s'&#233;tendent &#224; l'ensemble du pays. Des r&#233;pressions violentes ont lieu &#224; Sikasso et Diola. Certains policiers se font lyncher. Le centre commercial de Bamako est le si&#232;ge d'un v&#233;ritable carnage. Tout ce qui appartient aux responsables du r&#233;gime est saccag&#233;. Les commer&#231;ants sont attaqu&#233;s eux aussi. Les morts continuent de tomber, mais, cette fois, la foule ne recule plus devant les forces de l'ordre. Les &#233;tudiants inventent un moyen d'autod&#233;fense face aux policiers. Ils l'intitulent article 320 : 300 francs CFA pour acheter un litre d'essence et 20 francs CFA pour une boite d'allumette. L'action consiste &#224; jeter de l'essence sur les policiers et &#224; lancer une allumette. &lt;br /&gt;
Les jours suivants, les manifestations continuent, s'attaquant &#224; la BIRD et &#224; la Banque Mondiale de Bamako. L'h&#244;tel de ville est saccag&#233;. Deux dignitaires proches de l'ancien pr&#233;sident ont &#233;t&#233; lynch&#233;s par la foule en col&#232;re. Le 29 mars, des villas de dignitaires sont pill&#233;es. L'Etat d'urgence a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; dans les villes du Mali. Le bilan est de nombreux manifestant morts et de centaines de bless&#233;s graves qui ont les membres d&#233;chiquet&#233;s. Le chef de l'Etat lance un appel au calme et affirme sa &#171; totale disponibilit&#233; pour une dialogue et une consultation et pour trouver des solutions durables des diff&#233;rents probl&#232;mes &#187;. Les manifestants r&#233;pondent &#171; C'est termin&#233;. On ira jusqu'au bout. &#187; Il y a d&#233;j&#224; un bilan de plusieurs centaines de morts. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale commence, paralysant le pays. Les m&#232;res de famille, r&#233;volt&#233;es que leurs enfants soient tu&#233;s comme des lapins, s'attaquent &#224; mains nues &#224; la pr&#233;sidence &#224; Coulouba. Le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident leur barre la route avec des blind&#233;s. Mais l'arm&#233;e ne marche plus et on est &#224; un doigt d'une grave mutinerie. Affirmant agir en coordination avec les organisations d&#233;mocratiques, les militaires d&#233;posent la dictature de Moussa Traor&#233; et prennent le pouvoir le 27 mars 1991. Un r&#233;giment de parachutistes command&#233; par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Tour&#233; (dit ATT) arr&#234;te Moussa Traor&#233;. Le chef du coup d'Etat prend la t&#234;te d'un &#171; conseil de r&#233;conciliation nationale &#187; auquel collaborent UNTM et AEEM. Imm&#233;diatement, la France l&#226;che Moussa Traor&#233;. Le multipartisme est instaur&#233;. Le chef de la junte militaire lance &#224; la population un appel au calme. La junte d&#233;cide de maintenir en place les anciens gouverneurs de province et tous les directeurs de cabinet. Le 1er avril, apr&#232;s quelques frottements, un compromis est trouv&#233; entre l'opposition et la junte. Des &#233;lections municipales, l&#233;gislatives et pr&#233;sidentielles doivent &#234;tre organis&#233;es avant la fin de l'ann&#233;e. Le 31 mars, ATT est nomm&#233; pr&#233;sident de Comit&#233; de transition pour le salut du peuple. Soumana Sacko, ancien ministre des finances de Moussa Traor&#233;, est nomm&#233; premier ministre. Une conf&#233;rence nationale est annonc&#233;e le 19 juin et s'ouvre le 29 juillet. Elle adopte une constitution, un code &#233;lectoral et une charte des partis, le 13 ao&#251;t. Multipartisme, ind&#233;pendance de la justice, libert&#233; de la presse et libert&#233; syndicale ont &#233;t&#233; adopt&#233;es. Le multipartisme malien est n&#233;. Il va prendre la forme d'une alternance curieuse : une fois ATT (Toumani Tour&#233;), une fois Alpha (Omar Konar&#233;). Ce dernier est dirigeant de l'ADEMA, qui avait &#233;t&#233; deux ans ministre de Moussa Traor&#233;. Rien n'est dit sur les richesses du pays. Le seul point discut&#233; est le d&#233;tournement de fonds en Suisse r&#233;alis&#233; par Moussa Traor&#233; et estim&#233; &#224; 12 milliards de francs fran&#231;ais, montant de la dette du pays. En mars 1992, une paix est sign&#233;e avec la r&#233;bellion touareg.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Dans toutes les tractations politiciennes, pas un mot n'a &#233;t&#233; dit sur les richesses du pays et la redistribution qui a &#233;t&#233; conclue. Au sein de l'arm&#233;e, une redistribution du pouvoir a eu lieu, &#233;galement dans la plus grande obscurit&#233; sous pr&#233;texte de coups d'Etat. En somme, le vrai pouvoir (arm&#233;e et capital) n'est pas du domaine qui est discut&#233; publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le peuple malien reste l'un des plus pauvre du continent, le pays n'est pas pauvre&#8230; pour les capitalistes. Le pays est class&#233;, selon les crit&#232;res des institutions du syst&#232;me des Nations Unies, parmi les pays les plus pauvres du monde :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 753 dollars de PIB (produit int&#233;rieur brut) par habitant (identique au Niger, contre 1573 au Cameroun, 6024 au Gabon, 4676 &#224; la Guin&#233;e Bissau et 9000 &#224; l'Afrique du sud et au Mexique et surtout &#224; comparer aux 23 000 de l'Angleterre et de la France, aux 35 000 des USA)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; plus de la moiti&#233; des Maliens ne savent ni &#233;crire ni lire (contre 20% au Cameroun et 30% au Congo)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une mortalit&#233; infantile de 13% (contre 10% au Centrafrique, 9% au Congo, 8% au Cameroun)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une arm&#233;e de 7300 soldats (contre 2500 au Tchad en guerre permanente ou 7000 en C&#244;te d'Ivoire qui a un PIB quatre fois sup&#233;rieur)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le service de la dette repr&#233;sente 12,2% des exportations&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Pourtant les r&#233;sultats &#233;conomiques sont loin d'indiquer une telle catastrophe :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une augmentation de 4,4% de croissance &#233;conomique en 2000 pour contre 2,7% pour la p&#233;riode 1995-2000.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une production c&#233;r&#233;ali&#232;re record en 1999-2000 : 2 951 600 tonnes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le Mali compte une production de coton de 600.000 tonnes, d'or de 55 tonnes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un doublement de la part du secteur minier dans le produit national brut (PNB)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 90 millions de dollars de recettes touristiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le Mali est un grand producteur d'or : selon &#171; Le Soleil &#187; (S&#233;n&#233;gal) du 15 Mars 2002, avec une production annuelle de pr&#232;s de 55 tonnes d'or, un chiffre d'affaires de pr&#232;s de 300 milliards de FCFA, le secteur minier occupe au Mali indiscutablement une place de choix -parfois m&#233;connue- dans l'&#233;conomie. &#171; Le Mali pourrait &#234;tre Le 3e producteur d'or en Afrique &#187; &#233;crit Panafrican News Agency du 3 Ao&#251;t 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une production d'or sans cesse en hausse : d'une production de 24,356 tonnes d'or en 1998 nous avons atteint 26,675 tonnes en 1999 ; 29,679 tonnes en 2000 et 51,306 tonnes en 2001. On annonce 55 tonnes en 2002.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Apr&#232;s celle de Kaolack, les mines de Morila (la derni&#232;re en date et l'une des plus prometteuses), de Syama, Sadiola situ&#233;es dans les r&#233;gions Sud et Ouest du Mali ont dop&#233; une production qui a presque doubl&#233; en moins de cinq ans, passant de 25 &#224; 52 tonnes de production annuelle. La mine d'or de Morila repr&#233;sente un investissement de pr&#232;s de 90 millions de dollars am&#233;ricains soit plus de 60 milliards de francs CFA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Modibo Coulibaly, le directeur national de la g&#233;ologie et des mines, d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Le Mali se place aujourd'hui au 3e rang des producteurs africains d'or apr&#232;s l'Afrique du Sud et le Ghana. Depuis 1999, l'or a d'ailleurs ravi au coton la premi&#232;re place des produits d'exportation. La production industrielle d'or au 31 d&#233;cembre 2001 est de 51,307 tonnes. Si on ajoute &#224; cela la production artisanale et semi-industrielle, on approche facilement les 55 tonnes. Ceci repr&#233;sente un chiffre d'affaire de pr&#232;s de 300 milliards de Francs Cfa. 36 &#224; 40 % du chiffre d'affaires r&#233;alis&#233; par les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res reviennent au pays.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;La diversification de la production mini&#232;re est un des aspects important de la politique mini&#232;re. Les substances concern&#233;es sont entre autres, les m&#233;taux de base -cuivre, nickel, plomb, zinc- les substances pr&#233;cieuses autres que l'or -diamant, grenats, am&#233;thyste, etc-, les substances &#233;nerg&#233;tiques -p&#233;trole, gaz, charbon, schistes bitumineux et tourbes. Il y a aussi l'&#233;tain, le mangan&#232;se, le fer, le calcaire pour la fabrication de chaux et les mat&#233;riaux de construction (marbre, argile, calcaire, dolomite, gypse etc&lt;/i&gt;.). &lt;i&gt;Il y a encore la d&#233;couverte de pierres pr&#233;cieuses dans les localit&#233;s de Sangaf&#233;, Sandar&#233; et Nioro&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des mines comme celles de Kodi&#233;ran, Loulo, S&#233;gala, Tabakoto et Kalana ne sont pas encore en exploitation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur 143 titres miniers en vigueur dans des mines d'or, 55 titres appartiennent &#224; des soci&#233;t&#233;s maliennes. Trois coop&#233;ratives disposent de titre minier. Il s'agit de la coop&#233;rative des orpailleurs de Dialafara, celle des orpailleurs de Sitakili, et le GIE des orpailleurs de Dioulafoundouding. Pour tous les autres, il s'agit de grandes entreprises capitalistes. Par exemple, les actifs miniers de Semafo en Afrique de l'Ouest s'&#233;l&#232;vent &#224; fin 2001 &#224; 61,5 millions de dollars. En trois ann&#233;es, ils ont pu augmenter de 49,5 millions de dollars. Ils se r&#233;partissent comme suit : 20,3 millions de dollars pour la Guin&#233;e ; 1,2 pour Ghana ; 3,5 pour Burkina Faso ; 7 pour Mali ; 0,33 pour la C&#244;te d'Ivoire et 28,8 millions de dollars pour le Niger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Voici ce qu'&#233;crivait un &#233;l&#232;ve participant &#224; la r&#233;volte du peuple malien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La col&#232;re des pauvres au Mali en 1991&lt;br /&gt;
&#171; En 1991, les Maliens pauvres innocents ne pouvaient plus supporter la dictature impos&#233;e par la bourgeoisie &#224; travers le despote Moussa Traor&#233; et sa clique.&lt;br /&gt;
Un lundi, commen&#231;ait le premier soul&#232;vement populaire d&#233;but&#233; par les petits commer&#231;ants ne pouvant plus supporter les multiples taxes qui leur sont impos&#233;es. &lt;br /&gt;
A ce moment, toute manifestation &#233;tudiante est combattue comme lors d'une guerre. L'AEEM est cr&#233;&#233;e en 1991. Ils font un cahier des charges et le pr&#233;sentent au despote. Celui-ci refuse tout et menace les &#233;tudiants. Alors, les &#233;tudiants d&#233;termin&#233;s d&#233;cident d'en finir avec lui. La destruction des biens, soi disant de l'Etat, commence. L'arm&#233;e commence sa mission : celle de tuer. Et plus on nous tue, plus on est nombreux. Les grands magasins des dignitaires, &#224; Bamako, sont saccag&#233;s, d&#233;pouill&#233;s de leur contenu parce qu'on avait faim et br&#251;l&#233; ensuite jusqu'aux cendres. Ces magasins &#233;taient tous remplis jusqu'au toit, alors qu'&#224; la porte de ces magasins, des enfants, des jeunes, des vieux et des vieilles mourraient de faim et ne pouvaient plus supporter de mourir &#224; la porte de magasins remplis de riz, mil et tout ce que l'on peut imaginer. Il fallait les saccager. Leurs villas ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es les unes apr&#232;s les autres. Toutes les couches sociales participaient, chaque jour et plus nombreux chaque jour, dans les manifestations. Les boutiques, les stations, toutes les voitures de l'Etat ont presque &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es. Au moment o&#249; l'on br&#251;lait les voitures que l'Etat a donn&#233; aux cadres, les maisons de l'Etat ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es, les banques attaqu&#233;es, tous les si&#232;ges de la BEC br&#251;l&#233;s, le drapeau malien (vert-jaune-rouge) d&#233;chir&#233; partout et br&#251;l&#233; pour prouver qu'on a besoin d'autre chose que le drapeau. Dans la p&#233;riph&#233;rie de Bamako vers la Guin&#233;e foresti&#232;re, &#224; 20 kilom&#232;tres de Bamako, les dignitaires du BEC, les ministres avaient des champs, des vergers. Dans ces vergers, il y avait tant de poules, tant de moutons, tant de b&#339;ufs dits &#171; hollandais &#187;, pouvant fournir chacun une vingtaine de litres de lait. Les paysans de cette localit&#233;, arm&#233;s de machettes, de b&#226;tons, dans leur fureur, couraient derri&#232;re ces animaux, en coupaient des morceaux, couraient apr&#232;s l'animal jusqu'&#224; ce qu'il s'&#233;puise et tombe. Ensuite, ils l'achevaient. Leur champ, ils le saccageaient et le br&#251;laient. &lt;br /&gt;
Avec tout &#231;a, l'arm&#233;e redoublait les massacres. Ce fut l'une des journ&#233;es les plus meurtri&#232;res de la r&#233;volution. Au Sahel vert, les enfants, les jeunes entass&#233;s dans cette &#233;cole furent tous assassin&#233;s par l'arm&#233;e utilisant ses armes &#224; feu. Ceux qui essayaient de sortir par la seule issue &#233;taient cribl&#233;s de balles. C'en &#233;tait trop. Les m&#232;res se sont organis&#233;es et ont d&#233;cid&#233; de monter &#224; Koulouko pour en finir d&#233;finitivement avec Moussa. L'arm&#233;e prendra un h&#233;lico pour les arroser de balles, commettant des meurtres atroces. Arroser de balles des femmes manifestant mains nues avec des h&#233;licopt&#232;res militaires, c'&#233;tait inimaginable. &lt;br /&gt;
C'est les femmes qui ont couronn&#233; la r&#233;volution. Elles ont prouv&#233; qu'elles &#233;taient la pi&#232;ce ma&#238;tresse de cette soci&#233;t&#233;. &lt;br /&gt;
Apr&#232;s le coup d'Etat qui a remplac&#233; Moussa Traor&#233;, les pauvres continuaient leurs manifestations. Madou Diarra, cousin de madame Traor&#233; Mariam, devant la foule, s'est suicid&#233;. Les manifestants ont br&#251;l&#233; son corps, comme celui du ministre de l'Education nationale, Bakary Traor&#233;, qui a &#233;t&#233; attrap&#233; par des &#233;tudiants. Le directeur de la douane, Rams&#232;s selon son surnom, a &#233;chapp&#233; mais ses maisons ont br&#251;l&#233;. Tous les commissariats ont &#233;t&#233; d&#233;truits. La prison centrale civile saccag&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du journal Le Monde du 25 mars 1991&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ira jusqu'au bout ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
BAMAKO&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#171; Si j'ai peur ? ... &#187; L'homme &#233;carte la question d'un revers de la main, comme s'il s'agissait d'une mouche. &#171; Ah non, c'est termin&#233;. On n'a plus peur de rien. On ira jusqu'au bout, jusqu'&#224; ce que Moussa s'en aille &#187;, l&#226;che-t-il d'une voix assur&#233;e. Sur le bord de la route qui traverse le quartier semi-r&#233;sidentiel de Badala, au sud de Bamako, les vendeuses de l&#233;gumes ont repris place &#224; l'ombre des manguiers. Un peu plus loin, debout pr&#232;s d'une vieille moto, des gamins se partagent tranquillement une cigarette. N'&#233;taient les carcasses noircies de cinq ou six poids lourds &#8213; dont une, abandonn&#233;, au beau milieu de la chauss&#233;e, et que les automobilistes contournent prestement, sans m&#234;me ralentir, &#8213; on n'imaginerait pas la capitale malienne aux portes du chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; le calme apparent de cette fin d'apr&#232;s-midi, les trois h&#244;pitaux de la ville n'ont pas d&#233;sempli depuis trois jours. Selon les informations donn&#233;es, dimanche 24 mars, dans la soir&#233;e, par la radio nationale, le bilan des &#233;meutes serait de trente-quatre morts et cent quarante et un bless&#233;s. De source officieuse, on estime le nombre probable de tu&#233;s &#224; environ cent cinquante et celui des bless&#233;s &#8213;&#171; essentiellement par balles ou &#233;clats de grenades &#187; &#8213; &#224; quelques trois cents. La Croix-Rouge internationale s'appr&#234;te &#224; recevoir plusieurs centaines de kilos de mat&#233;riel m&#233;dical d'urgence et 3 tonnes de m&#233;dicaments, financ&#233;s par la CEE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'opposition, les forces de s&#233;curit&#233; auraient proc&#233;d&#233; &#224; de tr&#232;s nombreuses arrestations. Plusieurs militants, dont M. Brema Beredouo et Mme Bintou Maiga, membres du Comit&#233; national d'initiative d&#233;mocratique (CNID), ont ainsi disparu, enlev&#233;s en pleine nuit &#224; leur domicile &#171; par des policiers en uniforme et des types en civil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a trop de morts pour faire marche arri&#232;re. Maintenant, au rythme o&#249; vont les choses, je ne donne pas plus de trois ou quatre jours au r&#233;gime pour &#234;tre balay&#233; &#187; pr&#233;dit un habitant de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; fran&#231;aise &#8213;qui, &#224; aucun moment, n'a &#233;t&#233; la cible des &#233;meutiers &#8213; a re&#231;u pour consigne de limiter au strict minimum ses d&#233;placements en ville. A vrai dire, la fermeture des &#233;coles, fin janvier, au lendemain des 3remiers affrontements de rues, avait d&#233;j&#224; incit&#233; nombre de m&#232;res de famille fran&#231;aises et leurs enfants &#224; quitter le pays. Celles qui restaient ont quitt&#233; Bamako dimanche soir par un vol r&#233;gulier d'UTA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le probl&#232;me, c'est que, d&#233;sormais, ni le gouvernement, ni l'opposition ne contr&#244;lent vraiment leurs troupes a, affirme un membre d'une organisation humanitaire. Ainsi, raconte-t-il, on a vu dimanche matin, dans le centre de Bamako, des militaires fon&#231;ant &#224; bord d'un camion et &#171; arrosant &#224; l'aveuglette tout ce qui bougeait sur leur passage &#187;. Pendant ce temps, des bandes de jeunes casseurs s'en prenaient, sans raison apparente, &#224; une usine de v&#233;lomoteurs, &#224; laquelle ils ont fini par mettre le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mot d'ordre de gr&#232;ve illimit&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Le discours prononc&#233; dimanche soir par le pr&#233;sident Moussa Traor&#233;, promettant que &#171; la question du multipartisme serait &#171; &#233;tudi&#233;e &#187; lors du prochain congr&#232;s de l'Union d&#233;mocratique du peuple malien (UDPM, parti unique au pouvoir), cens&#233; s'ouvrir jeudi 28 mars &#224; Bamako, ne semble pas devoir calmer les esprits. L'amorce de &#171; dialogue &#187; esquiss&#233;e dimanche avec l'opposition n'a pas emp&#234;ch&#233; cette derni&#232;re de maintenir son mot d'ordre de gr&#232;ve illimit&#233;e &#224; partir de lundi. Le programme de l'opposition, qui regroupe notamment les militants du CNID et ceux de l'Association pour la d&#233;mocratie au Mali (ADEMA), ne souffre gu&#232;re de compromis. Le texte exige, en effet, &#171; la d&#233;mission de Moussa Traor&#233; et de son gouvernement, la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale et la constitution d'un comit&#233; de salut public charg&#233; de g&#233;rer la transition vers la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
CATHERINE SIMON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article du journal fran&#231;ais &#034;Le Monde&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MALI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BAMAKO :&lt;br class='autobr' /&gt;
VINGT MORTS&lt;br class='autobr' /&gt;
POUR LA.&lt;br class='autobr' /&gt;
DEMOCRATIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De violentes &#233;meutes ont &#233;clat&#233; hier dans la capitale malienne, o&#249; les forces de l'ordre ont tir&#233;, faisant une vingtaine de morts selon des sources m&#233;dicales. Dans un discours&lt;br class='autobr' /&gt;
prononc&#233; dans la soir&#233;e, le pr&#233;sident&lt;br class='autobr' /&gt;
Moussa Traor&#233; annon&#231;ait la mise en place&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'&#233;tat d'urgence, sans exclure le dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Cotonou on vote. A Bamako on tire. C'est l'Afrique &#224; deux vitesses. Alors qu'au B&#233;nin, les habitants s'appr&#234;tent &#224; &#233;lire d&#233;mocratiquement leur futur pr&#233;sident de la R&#233;publique, au Mali, ils risquent leur peau pour obtenir la m&#234;me chose. Vendredi, &#224; Bamako, plusieurs dizaines de jeunes Maliens sont morts pour avoir voulu courir plus vite que le r&#233;gime, leur Pr&#233;sident et son gouvernement sur le chemin du multipartisme et de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Depuis mercredi, &#224; l'appel de l'association des &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants du Mali, une organisation autonome, les &#233;coliers, les lyc&#233;ens et les &#233;tudiants &#233;taient en gr&#232;ve. Vendredi matin, vers 7h30, ils se rassemblent aux quatre coins de la ville. Devant l'&#233;cole centrale d'administration, l'&#233;cole normale sup&#233;rieure, le Lyc&#233;e Prosper-Kemaraou le Lyc&#233;e de Badalodoug&#244;u. Ils veulent b&#233;n&#233;ficier de bourses plus importantes, protestent contre la v&#233;tust&#233; des internats et, surtout, r&#233;clament une commission d'enqu&#234;te &#171; r&#233;ellement ind&#233;pendante &#187; sur les r&#233;cents affrontement les ayant oppos&#233;s aux	forces&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'ordre en janvier dernier. Affrontements qui auraient fait, selon eux, cinq ou six morts et des centaines de bless&#233;s, le tout suivi de nombreuses arrestations. La commission mise en place par les autorit&#233;s ne leur convient pas puisqu'elle est majoritairement constitu&#233;e d'associations d'&#233;l&#232;ves li&#233;es au gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, partout, ils se rassemblent. Ici, ils sont quelques dizaines. L&#224;, quelques centaines. Outre leurs revendications, ils r&#233;clament le d&#233;part du pr&#233;sident Moussa Traor&#233; ou l'av&#232;nement de la d&#233;mocratie. Il y a les lyc&#233;ens et les &#233;tudiants bon teint, et les autres. Ceux qui ont des dipl&#244;mes mais ne trouvent pas de travail. Ceux qui vivent en vendant des cigarettes ou des fringues en attendant mieux. Et tous les exclus qui ne vont plus &#224; l'&#233;cole ou n'y ont jamais &#233;t&#233;. Les bandes des quartiers p&#233;riph&#233;riques qui, arm&#233;es de b&#226;tons ou de cailloux, de cocktail Molotov et&lt;br class='autobr' /&gt;
parfois de machettes, vont s'en prendre &#224; tout ce qui symbolise l'Etat : les stations d'essence li&#233;es aux firmes nationales, les pharmacies, elles aussi nationalis&#233;es, les immeubles des administrations, les banques. Parfois, ils sont organis&#233;s en petit groupe ayant des objectifs pr&#233;cis : les r&#233;sidences de certains repr&#233;sentants du r&#233;gime, les bars, restaurants ou bo&#238;tes de nuit leur appartenant. A chaque fois, on casse et on pille et, souvent, on revend ce que l'on a pu voler. C'est ce qui est arriv&#233; en janvier dernier dans la capitale et dans certaines villes de province. Il y a trois semaines &#224; Gao et &#224; Tombouctou. Mercredi dernier &#224; S&#233;gou, Sikasso, Dioura ou Kati.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi matin, &#224; Bamako. c'est le m&#234;me sc&#233;nario. Les minist&#232;res de l'Emploi, des Finances, de la Justice, de l'int&#233;rieur, de l'Hydrolique et des Eaux et des For&#234;ts, la Banque mondiale, la Bird, la banque Libyo-malienne, l'immeuble de l'Union des femmes du Mali, une annexe du service des douanes, des stations services et des maisons appartenant &#224; des officiels maliens font les frais de l'op&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s vite, les forces de police interviennent. Des affrontements violents &#233;clatent. Au d&#233;but, les policiers lancent des grenades lacrymog&#232;nes, puis tirent ; non &#224; blanc, comme ils l'avaient fait lors des pr&#233;c&#233;dents incidents (ce sont des balles &#224; blanc tir&#233;es &#224; bout portant qui seraient &#224; l'origine des morts de janvier), mais &#224; balles r&#233;elles. Les affrontements les plus violents ont lieu dans le centre ville et dans le quartier de Badaladougou. Viennent les premiers bless&#233;s. Les premiers morts. Souvent jeunes. Parfois tr&#232;s jeunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La ville semble exploser. Un t&#233;moin interrog&#233; par l'Agence France presse parle de &#171; situation quasi insurrectionnelle &#187;. Dans certains endroits, des m&#232;res descendent dans la rue pour soutenir leurs m&#244;mes ou partir &#224; leur recherche. Un groupe de femmes qui emprunte le pont de l'Amiti&#233; enjambant le Niger pour tenter de rejoindre&lt;br class='autobr' /&gt;
l'h&#244;pital central Gabriel-Tour&#233;, o&#249; sont rassembl&#233;s les bless&#233;s, est pris sous le feu policier. Certains t&#233;moins affirment avoir vu les forces arm&#233;es maliennes faire usage de mitrailleuses. C'est le cas de M Demba Diallo, pr&#233;sident de l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH), qui affirme en outre avoir vu des blind&#233;s l&#233;gers de l'arm&#233;e tirer sur la foule. Selon d'autres sources dans les h&#244;pitaux, c'est la panique. On manque de sang et des donneurs anonymes font la queue pour tenter d'aider les m&#233;decins. On parle aussi de nombreuses amputations.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;meute dure toute la matin&#233;e et une vingtaine de morts sont recens&#233;s. A midi, la radio annonce que le pr&#233;sident Moussa Traor&#233; &#171; va s'adresser au pays d'un moment &#224; l'autre &#187;. La nouvelle se r&#233;pand et la ville se calme. On pense aussi &#224; la grande pri&#232;re d&#233;sormais imminente. La radio continue son travail. Et l'imminence du discours pr&#233;sidentiel est sans arr&#234;t rappel&#233;e. En d&#233;but d'apr&#232;s-midi, malgr&#233; quelques tirs sporadiques, c'est l'apaisement.&lt;br class='autobr' /&gt;
14h, 15h, l6h... 17h, le Pr&#233;sident ne parle toujours pas. Il pr&#233;siderait, au palais Koulouba, une r&#233;union extraordinaire du gouvernement et du bureau ex&#233;cutif central du parti unique, l'Union du peuple malien (UDPM). Tout le monde s'interroge : va-t-il, tout en d&#233;non&#231;ant vigoureusement les violences, annoncer enfin la mise en place du multipartisme ? Se contentera-t-il de r&#233;pondre aux revendications lyc&#233;ennes et &#233;tudiantes en renvoyant &#224; plus tard une d&#233;mocratisation du r&#233;gime ? Durcira-t-il encore sa position en annon&#231;ant &#233;ventuellement la mise en place d'un &#233;tat de si&#232;ge renvoyant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aux calendes grecques toute lib&#233;ralisation du r&#233;gime ? Le verdict tombera &#224; 22 heures, avec l'annonce de l'&#233;tat d'urgence et du couvre-feu par le g&#233;n&#233;ral-pr&#233;sident, qui a dit sa &#171; disponibilit&#233; totale &#187; pour le &#171; dialogue &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les militants de l'UDPM, qui doivent se r&#233;unir en congr&#232;s le 28 mars, sont divis&#233;s. Si le secr&#233;taire politique du parti, Djelioul Dialo, s'est prononc&#233; publiquement pour le multipartisme, tout le monde ne semble pas &#234;tre d'accord. A commencer par Moussa Traor&#233;, qui. a montr&#233; lors d'un r&#233;cent remaniement gouvernemental qu'il ne penchait pas vers la conciliation. En effet, il a &#171; durci &#187; son &#233;quipe en faisant rentrer un certain nombre de militaires. au gouvernement, notamment au minist&#232;re de l'int&#233;rieur. Par ailleurs, il a d&#233;cid&#233; de limiter l'expression de l'opposition en interdisant toute &#171; activit&#233; politique &#187; aux associations favorab1es au multipartisme, telle l'Association pour la d&#233;mocratie au Mail (ADEMA) et le Comit&#233; national d'initiative d&#233;mocratique (CNID). Ces mouvements s'&#233;taient joints &#224; l'Union nationale des travailleurs du Mail (UNMT) &#8213;la centrale syndicale unique auparavant li&#233;e au gouvernement&#8213; et &#224; l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH) pour soutenir les lyc&#233;ens et les &#233;tudiants qui manifestaient aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles MILLET (avec AFP)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacqueries au Mali&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la chute du pr&#233;sident Moussa Traor&#233;, les d&#233;sordres se poursuivent&lt;br class='autobr' /&gt;
et les buts de la nouvelle junte restent incertains&lt;br class='autobr' /&gt;
BAMAKO&lt;br class='autobr' /&gt;
de notre envoy&#233;e sp&#233;ciale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a c'est pass&#233; sur la route de l'hippodrome, celle qu'on surnomme &#171; la route des millionaires &#187;. Il devait &#234;tre 10 ou 11 heures du soir : on avait pass&#233; l'heure du couvre-feu, mais le coin semblait calme, se rappelle Fran&#231;oise Huguier, photographe. Tout &#224; coup, on est tomb&#233; sur une bande de gosses arm&#233;s de pierres et de b&#226;tons. Ils avaient fait une esp&#232;ce de barricade de cailloux pour bloquer la route. &#171; Faut nous donner de l'argent pour l'essence, on veut br&#251;ler/ &#187;, nous ont-ils dit. &#187; Forc&#233;s de se soumettre aux exigences des petits pillards &#8213; &#171; Ce n &#8216;est pas qu'ils aient &#233;t&#233; trop agressifs, pr&#233;cise la photographe, mais enfin ils &#233;taient quand m&#234;me une bonne vingtaine autour de la voiture &#187; &#8213;les voyageurs s'en tireront moyennant un billet de 500 francs CFA (1) et quelques instants d'&#233;motion. &#171; Ils n'&#233;taient pas contents qu'on ait donn&#233; si peu' et je me suis ramass&#233; un... pot de moutarde sur la figure &#187;, raconte Fran&#231;oise Huguier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses, cette nuit-l&#224;, n'iront pas plus loin. Comme beaucoup de ces bandes qui &#233;cument Bamako, le gang &#233;tait compos&#233; d'adolescents et de gamins de dix &#224; douze ans &#187;. Le ph&#233;nom&#232;ne de razzia, vingt-quatre heures apr&#232;s la chute du pr&#233;sident Moussa Traor&#233;, est devenu une des pr&#233;occupations majeures de la nouvelle junte militaire. La capitale malienne, qui n'a. jamais montr&#233; une opulence extravagante, offre maintenant une fa&#231;ade d&#233;vast&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mardi 26 mars &#224; midi, sur la place des Souvenirs, une foule h&#233;t&#233;roclite assiste &#224; l'incendie d'une petite maison. La Papeterie de la cath&#233;drale &#8213; principal fournisseur des administrations &#8213; de m&#234;me que le Centre culturel libyen et les locaux d'Air-Mauritanie sont mang&#233;s par les flammes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;quipes de pompiers ont gar&#233; leurs camions au beau milieu de la place. Sans doute ont-ils &#233;t&#233; pr&#233;venus trop tard. En tout cas les tuyaux d'arrosage restent attach&#233;s &#224; l'arri&#232;re des v&#233;hicules... Tandis qu'une partie des gens du quartier contemplent, comme les pompiers, le flamboyant ravage, &#224; l'autre bout de la place une mar&#233;e de pillards joue &#224; colin-tampon avec les militaires. Les assaillants, &#224; la mani&#232;re des mange-mil, ne se laissent pas d&#233;courager. Les tirs &#224; blanc des forces de l'ordre qui gardent un entrep&#244;t convoit&#233;, ne ont que tr&#232;s provisoirement reculer les voraces. Le ballet insolite semble devoir durer des heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faiblesse de l'opposition politique&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#171; jacqueries urbaines &#187;, comme les appelle Patrick Hirtz, chirurgien de M&#233;decins du monde, &#171; sont d'autant plus inqui&#233;tantes quelles restent difficilement contr&#244;lables &#187;. Plus ou moins tol&#233;r&#233;es durant l'&#171; insurrection &#187; des 22 et 23 mars qui a conduit &#224; la chute du &#171; tyran &#187; Moussa Traor&#233;, ces &#171; jacqueries &#187; mettent d&#233;sormais en p&#233;ril les efforts de reconstruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel au calme et &#224; la discipline lanc&#233; mardi par le chef de la junte militaire, le lieutenant-colonel Amadou Toumany Tour&#233;, pr&#233;sident du Conseil de r&#233;conciliation nationale (CRN), semble recevoir un &#233;cho favorable d'une partie croissante de la population. Avec le soutien des autorit&#233;s, des milices de quartier form&#233;es surtout de commer&#231;ants, sont en train de s'organiser contre le pillage. Elles ne devraient &#234;tre arm&#233;es th&#233;oriquement que de gourdins. Il faut, a insist&#233; le pr&#233;sident du CRN, &#171; qu'on puisse remettre de l'ordre dans le pays. sans ba&#239;onnettes et sans PM &#187; (police militaire). Cette profession de foi n'est encore, h&#233;las, qu'un voeu pieux durant la seule journ&#233;e du 26 mars &#8213; apr&#232;s que l'annonce de l'arrestation du chef de l'Etat ait soulev&#233; la capitale, jetant des foules en liesse dans les rues &#8213; les m&#233;decins de l'hopitaI Gabriel Tour&#233;, l'un des deux principaux de Bamako, ont recens&#233; soixante-dix morts et plusieurs dizaines de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On op&#232;re &#224; m&#234;me le sol les bless&#233;s entass&#233;s dans l'&#233;troit couloir. Il y a du sang partout. Le chirurgien local et celui de M&#233;decins du monde travaillent sans un instant de r&#233;pit. Le bilan des victimes depuis le d&#233;but de l'&#233;meute, vendredi, s'&#233;l&#232;ve &#224; deux cents, voire trois cents morts, dans la seule capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent les tirs &#224; blanc des militaires sont rest&#233;s rarissimes C'est &#224; coups de fusils-mitrailleurs et par des jets de grenades que tes soldats et les policiers (ils portent le m&#234;me uniforme kaki) ont tir&#233; sur les civils, arrosant indistinctement les manifestants, les casseurs et les simples badauds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opposants civils au r&#233;gime du g&#233;n&#233;ral Moussa Traor&#233; sont en position de faiblesse vis-&#224;-vis de la junte. Pour chasser le chef de l'Etat, ils ont d&#251; s'en remettre &#224; l'arm&#233;e, responsable, les jours pr&#233;c&#233;dents, d'une partie des carnages commis contre les manifestants. L'argument selon lequel c'est la police, plus que l'arm&#233;e qui a men&#233; la r&#233;pression n'a jamais convaincu grand monde. Chacun comprend en revanche que les associations de l'opposition &#8213; qui ont pour la plupart &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es il y a moins de six mois &#8213; ne puissent pas aujourd'hui jouer un r&#244;le d&#233;terminant. Ces associations, devenues les animateurs de la classe politique, b&#233;n&#233;ficient cependant d'une immense popularit&#233; parmi la population de Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'&#171; arrangement &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; la Bourse du travail, lieu de rendez-vous habituel des manifestants d'hier, que la population de la capitale s'est naturellement pr&#233;cipit&#233;e mardi pour &#171; avoir des nouvelles &#187; sur l'arrestation du &#171; tyran &#187; et acclamer les nouveaux dirigeants militaires Mais l'aura qui entoure ces derniers semble relever davantage du respect que de l'approbation politique ou de l'id&#233;ologie. La place de premier plan occup&#233;e par les avocats et magistrat contestataires, d&#233;fenseurs d l'&#171; &#233;tat de droit &#187; dans la lutte contre l'ancien r&#233;gime explique sans doute cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ne croyez pas qu'il y a eu Un quelconque arrangement. Le seul arrangement qu'il y ait eu, c'&#233;tait pour s'assurer du d&#233;part de Moussa et de &#231;a clique a cru... gouvernement de transition, annonc&#233; pour tes prochains jours, devrait donner des premiers &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. Se d&#233;clarant tr&#232;s favorable au &#171; multipartisme &#187; et &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;, le lieutenant-colonel Tour&#233; a seulement d&#233;clar&#233; que les militaires remettront &#171; d&#232;s qu'il le pourront &#187; le pouvoir aux civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population malienne, &#233;chaud&#233;e par plus de vingt ans d'&#171; exp&#233;rience Traor&#233; &#187;, se r&#233;signera-t-elle &#224; laisser &#224; nouveau le pouvoir politique aux mains des militaires, m&#234;me provisoirement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; m&#234;me si l'arm&#233;e n &#8216;&#233;tait pas intervenue, notre victoire &#233;tait assur&#233;e. L'arm&#233;e a seulement acc&#233;l&#233;r&#233; le processus &#187; a d&#233;clar&#233; mardi Me Demba Diallo, pr&#233;sident de l'Association malienne des droits de l'homme et membre du Comit&#233; national d'initiative d&#233;mocratique (CAID). Tout en donnant &#171; raison &#187; &#224; ceux qui &#171; ont de l'appr&#233;hension devant un uniforme &#187;, Me Diallo n'en a pas moins f&#233;licit&#233; avec force les &#171; officiers patriotes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cadavre immol&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les habitants de Bamako qui suivent avec passion l'&#233;volution de la situation politique, ont commenc&#233; &#224; leur mani&#232;re de tourner la page du pass&#233;. C'est &#224; 8 heures du matin mardi que le corps de Mamadou Diarra, p&#232;re de Marianne Traor&#233;, l'&#233;pouse de l'ancien pr&#233;sident, a &#233;t&#233; sorti de force dc l'h&#244;pital Gabriel Tour&#233; et tra&#238;n&#233; dans la rue. Le cadavre &#224; moiti&#233; nu a &#233;t&#233; immol&#233; en public. &#171; C'est comme &#231;a qu'on fait avec le assassins ! &#187; a rican&#233; un homme dans ta foule, tandis que des jets de pierres et d'insultes accompagnaient la cr&#233;mation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre proche de l'ancien pr&#233;sident, Abduramane Doua Cissoko, ex-directeur g&#233;n&#233;ral des douanes et l'ancien ministre de l'&#233;ducation, Bakary Traor&#233;, ont &#233;galement &#233;t&#233; mis &#224; mort. Beaucoup dans la capitale estiment que cette vague de r&#232;glement de comptes ne fait que commencer.&lt;br class='autobr' /&gt;
CATHERINE SIMON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foudre au Mali&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui croient que la r&#233;volution est une chim&#232;re et un &#233;v&#233;nement pass&#233;, ceux qui croient que l'histoire est finie, ceux qui ont trouv&#233; leur place dans ce monde, m&#234;me en marge, ceux qui sont satisfaits, m&#234;me d'&#234;tre insatisfaits, pr&#233;f&#232;rent ignorer ou oublier des insurrections comme celle du Mali. Sa bri&#232;vet&#233; et sa jeunesse sont la seule po&#233;sie d'aujourd'hui, de l'art hilare, de l'explosion de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 janvier 1991, le gouvernement du dictateur Moussa Traor&#233; signe un &#171; accord de paix &#187; avec les nomades rebelles touaregs, qui gu&#233;rillent au nord du pays. Dans la capitale, Bamako, les manifestations et gr&#232;ves expliquent ce besoin de r&#233;pit de l'Etat. Est-ce une manifestation violemment r&#233;prim&#233;e le 19, l'arrestation d'un leader &#233;tudiant, la rumeur de cette arrestation, ou plus probablement le charme des vitrines, la beaut&#233; des jeunes filles et des jeunes gens, l'&#233;mulation r&#233;ciproque d'une vivacit&#233; d'allure et d'esprit ? L'&#233;meute du 20 janvier dure tout le 21. D'autres pays, d'autres m&#339;urs, disent les imb&#233;ciles qui font allusion aux traditions de la soumission. Les &#233;meutiers du monde entier nous permettent aujourd'hui d'affirmer le contraire. Les m&#339;urs sont les m&#234;mes. La jeunesse malienne a simplement montr&#233; que, quitte &#224; y aller, autant y aller pour de bon. Pharmacies d'Etat, villas, b&#226;timents publics, &#233;ventr&#233;s, vid&#233;s puis grill&#233;s, comme les entrailles d'un poulet, en t&#233;moignent. De 4 &#224; 6 morts, des centaines d'arrestations (dont des dizaines d'enfants de moins de douze ans), la situation est &#171; insurrectionnelle &#187;, comme le d&#233;clare l'information non sans stupeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout s'est arr&#234;t&#233; aussi brusquement que &#231;a a commenc&#233;. Ceux qui se souviennent vaguement d'une insurrection au Mali, en 1991, penseront ici que c'est fini, comme tous ceux qui s'y sont int&#233;ress&#233;s alors. Ceux qui se souviennent des dates diront : mais non, l'insurrection de Bamako, ce n'&#233;tait pas en janvier ! Car ceux qui se souviennent de mars ont oubli&#233; le hors-d'&#339;uvre de janvier. Si notre m&#233;moire milite aussi activement contre notre conscience, comment pourrons-nous, un jour, pr&#233;voir et pr&#233;parer le d&#233;passement d'une insurrection comme celle du Mali ? D'autant que l'&#233;tat des m&#233;moires et des consciences doit &#234;tre &#224; peine meilleur dans les rues de Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout de m&#234;me, le plat de r&#233;sistance qu'a mijot&#233; cette verte jeunesse d&#233;passe en saveur la plupart des entreprises connues. Et la richesse du go&#251;t ne r&#233;side pas dans le seul piment, qui y est pourtant g&#233;n&#233;reux. C'est le 20 mars que tout reprend. Loin de l'information, &#224; Sikasso et Dio&#239;la, les &#233;meutes du printemps &#233;clatent. Le 22, elles gagnent la capitale. Si elles ont, depuis, effac&#233; dans les m&#233;moires celles de janvier, &#224; ce moment-l&#224; elles les ont certainement rallum&#233;es, au moins dans la m&#233;moire de Moussa Traor&#233;. Surpris et d&#233;bord&#233; alors, il d&#233;cide cette fois la plus brutale fermet&#233;. Aussi fait-il tirer dans cette foule indocile, si mobile. Mais celle-ci, o&#249; plus on est jeune plus on semble aguerri, ne se laisse pas intimider, au contraire. L&#224; o&#249; presque partout dans le monde tout s'arr&#234;te dans le deuil et la soumission retrouv&#233;s qu'exaltent les politiciennes pleureuses professionnelles et les oraisons fun&#232;bres d'&#233;ditorialistes qui se prennent pour des dramaturges, &#224; Bamako, c'est le contraire. Comme en Iran en 1978, le feu de l'arm&#233;e mue la col&#232;re en rage. L'insurrection explose comme si la r&#233;pression avait bafou&#233; l'honneur des frondeurs, et le corps du mouvement en s'&#233;tirant avec volupt&#233; mesure sa grandeur. Partout, barricades et pillages occupent la rue. Le luxe de la d&#233;vastation le dispute &#224; la d&#233;vastation du luxe. Sur cette impr&#233;vue riposte, l'Etat d&#233;cr&#232;te le couvre-feu. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est aussit&#244;t d&#233;clench&#233;e. Les 23 et 24, les deux camps sont &#224; fond dans la bataille mais ni l'arm&#233;e ni la police, d'un c&#244;t&#233;, ni les enfants ni les adolescents, de l'autre, ne reculent. D&#233;licieuse d&#233;couverte du monde grand ouvert au milieu des rues tenues depuis trois jours ! Et l&#224;, l'un des moments les plus doux est l'imperceptible instant, incompr&#233;hensible instant o&#249; la peur de mourir change de camp. Le 25, le meeting permanent attaque. Il y a d&#233;j&#224; au moins 150 morts, mais les insurg&#233;s prennent d'assaut la prison, et lib&#232;rent tout le monde. Bien entendu, ils sont dans un monde o&#249; une certaine forme d'incarc&#233;ration est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, et donc o&#249; survivent beaucoup de prisonniers qui ont plus peur de la vie que de la prison. Les insurg&#233;s de Bamako ont d&#251; &#234;tre bien surpris que tout le monde ne veuille pas la libert&#233; qu'ils pratiquaient l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 mars, &#224; 1 heure du matin, Moussa Traor&#233; est arr&#234;t&#233;. D'autres militaires ont compris que, pour sauver l'Etat et leur peau qui y est coll&#233;e, il fallait l&#226;cher leur serment de fid&#233;lit&#233; et trahir le dictateur qu'ils servaient. La journ&#233;e du 26 a &#233;t&#233; celle du grand festin. L&#224;, les vainqueurs ont joui. La vengeance a &#233;t&#233; impunie. Le pillage a &#233;t&#233; complet. Bombance, passion, dispute, vive la richesse, vive la vie, quelle fameuse journ&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une fois, l'information occidentale fourmille d'anecdotes joyeuses et comiques (cette photographe occidentale qui se fait taxer par une bande de moins de douze ans, et comme cette radine ne leur donne que l'&#233;quivalent de 10 francs fran&#231;ais, alors qu'ils veulent l'essence de sa voiture pour br&#251;ler, ils lui envoient &#224; la gueule... un pot de moutarde). Bouche b&#233;e, elle encaisse un &#233;v&#233;nement dont les acteurs pensent plus vite qu'elle. Elle n'a pas eu le temps d'installer ses d&#233;mocrates. Ceux qui feraient l'affaire sont d'ailleurs rest&#233;s cach&#233;s. La lourdeur de son discours la laisse toujours &#224; la veille de ce qui se passe. Et comme ce qui se passe est agogique, exponentiel, fulgurant, elle fait comme tous ceux qui commencent &#224; craindre pour leur peau : elle t&#226;che de suivre. Comprendre et r&#233;cup&#233;rer seront pour plus tard, o&#249; il s'av&#233;rera d'ailleurs qu'il vaut mieux et qu'il aurait mieux valu occulter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux militaires promettent tout : impunit&#233; aux &#233;meutiers, ch&#226;timents de leurs ennemis non lynch&#233;s, prosp&#233;rit&#233; et d&#233;mocratie. Les propri&#233;taires ont &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;s, et leur vie n'est encore que le tremblement devant la mort. Il y a m&#234;me un &#171; expert financier &#187; qui &#171; l&#226;che en priv&#233; &#187; (au 'Monde', 31 mars) : &#171; Finalement, les pillards ont bien fait. Au moins, les gens auront de quoi se nourrir pendant les prochains mois. Vu le chaos &#233;conomique qui s'annonce, ce n'est pas plus mal ! &#187; L'ampleur de la razzia a donc &#233;t&#233; telle que les &#233;conomistes m&#234;mes pr&#233;f&#232;rent applaudir ce qui est leur arr&#234;t de mort. La peur a &#233;t&#233; loin, car tout est all&#233; si vite, si fort : &#171; En Conseil des ministres, Roland Dumas [ministre fran&#231;ais des Affres &#233;tranges] a estim&#233; &#224; pr&#232;s de 2 000 (bien deux mille !) le nombre des victimes dans tout le pays. &#187; Voil&#224; apparemment un ministre impressionn&#233;. Le 19 avril, le bilan officiel s'&#233;tablit &#224; 112 morts et 822 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme les enfants du Mali sont des seigneurs, ils n'ont pas oubli&#233; le dessert. Les 27 et 28 avril, une nouvelle &#233;meute rappelle l'ambiance des fameuses journ&#233;es de mars. C'est une gr&#232;ve de la police. Les &#233;coliers font la circulation. Ils sont donc des casseurs de gr&#232;ve pour les policiers. Les policiers vont casser leurs &#233;coles en repr&#233;sailles. Mais en repr&#233;sailles des repr&#233;sailles, les &#233;coliers d&#233;truisent tous les commissariats de Bamako, en quarante-huit heures. Depuis dix ans, les gr&#232;ves de flics, matons, juges, entre autres professions de d&#233;fenseurs de ce monde, ont r&#233;v&#233;l&#233; ce que la gr&#232;ve pouvait avoir aussi de conservateur. Lorsque les enfants de Bamako r&#232;glent la circulation, ils ridiculisent la gr&#232;ve polici&#232;re et signifient qu'une police est inutile. R&#233;gler la circulation est en effet la seule t&#226;che de police qui peut s'effectuer sans police, c'est-&#224;-dire sans coercition. Les enfants de Bamako ont prouv&#233; que ceux qui circulent peuvent y pourvoir eux-m&#234;mes, c'est un jeu d'enfant. Par ailleurs, nous sommes contre les casseurs de gr&#232;ve, except&#233; dans le cas de la profession des casseurs de gr&#232;ve, o&#249; nous n'avons de sympathie que pour les casseurs de la profession. La suite de cette &#233;meute a &#233;t&#233; la savoureuse anticipation d'une situation fertile : plus d'&#233;coles, plus de commissariats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant de fra&#238;cheur et de n&#233;gativit&#233; m&#233;rite bien d'&#234;tre occult&#233;. Tant de vigueur et d'intelligence m&#233;rite bien d'&#234;tre combattu. Mais contrer frontalement ce mouvement para&#238;t impossible. Il faut donc le laminer. Les nouveaux gouvernants maliens, leurs alli&#233;s dans le monde et l'information occidentale n'ont d'abord pu qu'enrayer la vengeance. Puis, d&#232;s fin mai, ils ont recouru &#224; l'exp&#233;dient de la diversion que Moussa Traor&#233; avait l&#226;ch&#233; &#224; l'aube de sa chute : la guerre contre les Touaregs, qui s'embrigadent en gu&#233;rillas, est la forme primaire et premi&#232;re de r&#233;pression indirecte des insurg&#233;s de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ces insurg&#233;s, ils dig&#232;rent en dormant. Leur r&#233;veil menace d'&#234;tre gargantuesque, et tous leurs ennemis directs le savent. L'occultation et l'oubli sont ainsi la loi que les cadres de la r&#233;cup&#233;ration et de la r&#233;pression s'efforcent d'inoculer, et pour que la Belle au bois dormant ne se r&#233;veille surtout pas, &#224; eux-m&#234;mes d'abord. Ne r&#233;sistons donc pas, en conclusion, au faible jeu de mots qui forme la devise de ces ennemis : honni soit qui Mali pense.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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