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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La nouvelle situation internationale n&#233;cessite une nouvelle internationale r&#233;volutionnaire des travailleurs</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8711</link>
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		<dc:date>2026-04-08T22:43:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>
		<dc:subject>Voix des Travailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit &#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935) Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot321" rel="tag"&gt;Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/%C2%AB_%C3%89tiquettes_%C2%BB_et_%C2%AB_Num%C3%A9ros_%C2%BB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe Internationale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Parti_mondial_de_la_r%C3%A9volution_socialiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parti mondial de la r&#233;volution socialiste (14 juillet 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces deux textes, ignor&#233;s de tous les partis qui pr&#233;tendent &#034;reconstruire la IV&#176; Internationale&#034; et qui se qualifient de &#034;trotskistes&#034;, avec la b&#233;n&#233;diction des media bourgeois, sont d'actualit&#233; pour poser la question de la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle internationale communiste, marxiste, la V&#232;me, contre celle des partis qui comme LO, les NPAs, RP se r&#233;clament de la &#034;IV&#232;me internaltionale&#034; fond&#233;e par Trotsky, mais qui n'ont plus rien de commun avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marceau Pivert, le mod&#232;le de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des deux textes de Trotksy cit&#233; plus est une lettre r&#233;pondant &#224; celle de Marceau Pivert, membre de l'aile gauche de la SFIO de L&#233;on Blum, dont le parti venait d'exclure les partisans de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La lettre de Marceau Pivert sur les exclusions des chefs de la jeunesse r&#233;volutionnaire de la Seine, malgr&#233; son but louable, renferme un certain nombre d'id&#233;es inexactes qui, dans leur d&#233;veloppement, peuvent conduire &#224; de s&#233;rieuses erreurs. Pr&#233;venir les jeunes camarades contre ces erreurs est le vrai devoir d'un marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pivert lui-m&#234;me accuse nos amis de commettre une grande &#171; erreur psychologique &#187; en prenant le nom de bolcheviks-l&#233;ninistes. Puisque le &#171; bolchevisme initial &#187;, selon Pivert, niait la structure d&#233;mocratique du parti, l'&#233;galit&#233; (?) pour toutes les tendances, etc. par leur nom m&#234;me, les bolcheviks-l&#233;ninistes donnent &#224; la bureaucratie. du parti une arme contre eux-m&#234;mes. En d'autres termes, l' &#171; erreur psychologique &#187; consiste en une adaptation insuffisante &#224; la psychologie de la bureaucratie du parti.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de Trotsky en France &#233;taient entr&#233;s &#224; la SFIO, le parti socialiste de l'&#233;poque, adoptant le titre de Fraction bolch&#233;vique-l&#233;niniste. C'est ce dernier qualificatif que Pivert d&#233;nigre, le pr&#233;sentant comme &#034;faisant mal aux oreilles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolch&#233;viks-leninistes, c'est ce que nous sommes en 2026 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche pivertiste, les groupes fran&#231;ais d'extr&#234;me-gauche l'ont int&#233;gr&#233; &#224; leur langage, &#224; leur identit&#233; : aucun d'eux ne se r&#233;clame du &#034;bolchevisme-l&#233;ninisme&#034;. Ils reprennent le terme de &#034;trotskiste&#034;, raccourci certes commode, mais bien moins pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky continue sa lettre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement de Pivert repr&#233;sente une &#171; erreur politique &#187; tr&#232;s s&#233;rieuse, et m&#234;me une s&#233;rie d'erreurs. Il n'est pas vrai que le &#171; bolchevisme initial &#187; niait la structure d&#233;mocratique du parti. J'avance l'affirmation absolument contraire : il n'y a pas eu et il n'y a pas de parti plus d&#233;mocratique que celui de L&#233;nine. Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. Il ne connaissait pas la dictature cach&#233;e, masqu&#233;e, mais d'au&#173;tant plus n&#233;faste, des &#171; amis &#187; bourgeois du prol&#233;tariat, des parle&#173;mentaires carri&#233;ristes, des maires affairistes, des journalistes de salon, de toute cette confr&#233;rie parasitaire qui permet &#224; la base du parti de parler &#171; librement &#187;, d&#233;mocratiquement &#187;, mais se maintient elle-m&#234;me avec t&#233;nacit&#233; &#224; l'appareil et, en fin de compte, fait ce qu'elle veut. Ce genre de &#171; d&#233;mocratie &#187; dans le parti n'est rien d'autre qu'une copie de l'&#201;tat d&#233;mocratique-bourgeois, qui lui aussi permet au peuple de parler &#171; librement &#187;, puis laisse le pouvoir r&#233;el &#224; une poign&#233;e de capitalistes. Pivert commet une tr&#232;s grande erreur politique en id&#233;alisant et en embellissant la &#171; d&#233;mocratie &#187; hypo&#173;crite et mensong&#232;re de la S.F.I.O. qui, en fait, freine et paralyse l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire des ouvriers en &#233;touffant leur voix par le ch&#339;ur des conseillers municipaux, des parlementaires et autres qui sont impr&#233;gn&#233;s jusqu'&#224; la moelle d'int&#233;r&#234;ts petits-bourgeois &#233;go&#239;stes et de pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires. La t&#226;che du r&#233;volutionnaire, m&#234;me si la marche du d&#233;veloppement le contraint &#224; travailler dans la m&#234;me orga&#173;nisation que les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat, consiste non pas &#224; prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie, mais &#224; &lt;strong&gt;s'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois &#187; est ce que ne font jamais des partis comme LO, les NPAs et RP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rappel historique de Trotsky &#171; Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
est pour nous fondamental. C'est en s'appuyant sur des noyaux ouvriers, qu'une direction r&#233;volutionnaire deviendra un embryon, une fraction d'un futur parti ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la tactique de ces groupes d'extr&#234;me-gauche, c'est d'obtenir des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales pour leurs militants, les pr&#233;senter aux &#233;lections locales et nationales, ce qui leur permettra de revendiquer &#224; nouveau des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupuscules qui se veulent tous les moins sectaires du monde sont incapables de se r&#233;unir comme diff&#233;rentes fractions d'un m&#234;me parti, car ils sont en concurrence aupr&#232;s des bureaucraties syndicales. &#171; les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat &#187;, qui ne sont jamais d&#233;sign&#233;s sous ces noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie &#187; est donc exactement ce que font LO le NPA-R et RP vis-&#224;-vis de LFI, la CGT ou Sud Solidaires. Car &#171; agents de la bourgeoisie &#187; est pour les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes d'aujourd'hui le seul qualificatif juste &#224; appliquer &#224; LFI, la CGT ou Sud Solidaires, et c'est ce que ne font jamais ces groupuscules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de confiance en la classe ouvri&#232;re, c'est ce qui caract&#233;rise ces groupuscules. Pourtant, Trotsky rappelait que pour les marxistes, c'est la classe ouvri&#232;re, non pas les &#034;personnalit&#233;s&#034; en qui r&#233;side le facteur d&#233;cisif :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ceux qui choisiront et qui trancheront, ce seront, en fin de compte, non les Blum et les Zyromski, mais les masses, les millions d'exploit&#233;s. C'est. sur eux qu'il faut s'aligner, c'est pour eux qu'il faut b&#226;tir un parti. Le malheur de Pivert, c'est que jusqu'&#224; maintenant il n'a pas rompu le cordon ombilical qui le relie au petit monde des Blum et des Zyromski&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes ces groupes d&#233;noncent des personnalit&#233;s comme JL M&#233;lenchon mais pas comme des ennemis de classe, des agents de la bourgeoisie, seulement comme des &#034;institutionnels&#034;, donc mod&#233;r&#233;s, et pour mettre en avant des &#034;personnalit&#233;s&#034;, JP Mercier, N. Arthaud, se coulant dans le moule de la politique bourgeoise, qui s&#233;lectionne des &#034;moulins &#224; parole&#034; qui &#034;parlent bien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes des bolch&#233;viks-l&#233;ninistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de reprendre ce nom. C'est celui que Trotsky choisit pour ses partisans en France. Les partis LO et NPA-R r&#233;p&#232;tent d'un ton solennel : nous sommes pour la construction d'un parti communiste r&#233;volutionnaire. Mais ce terme abstrait a toujours &#233;t&#233; revendiqu&#233; par les &#171; pr&#233;tendus communistes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;A chaque occasion nouvelle, [Pivert] regarde ses &#171; amis &#187; et leur t&#226;te le pouls avec inqui&#233;tude. Et c'est cette politique fausse, illusoire, non r&#233;aliste, qu'il r&#233;clame des bolcheviks-l&#233;ninistes ! Ils doivent, para&#238;t-il, renoncer &#224; leur propre nom. Pourquoi ? Est-ce que ce nom effraie les ouvriers ? Au contraire. Si les pr&#233;tendus &#171; communistes &#187;, malgr&#233; toutes les trahisons et tous les crimes qu'ils ont commis, retiennent sous leur drapeau une partie importante du prol&#233;tariat, c'est uniquement parce qu'ils se pr&#233;sentent aux masses comme les porteurs des traditions de la r&#233;volution d'Octobre. Les ouvriers ne craignent ni le bolchevisme ni le l&#233;ninisme. Ils demandent seulement (et ils font bien) : &#171; Sont-ils de v&#233;ritables bolcheviks, ou de faux ? &#187; Le devoir des r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens cons&#233;quents est, non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer dans les faits aux masses leur bolchevisme, c'est-&#224;-dire l'esprit r&#233;volutionnaire cons&#233;quent et le d&#233;vouement absolu, &#224; la cause des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le terme de bolch&#233;visme-l&#233;ninisme fait clairement r&#233;f&#233;rence &#224; Octobre 1917, &#224; la dictature du prol&#233;tariat, comme Trotsky l'expliquait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi donc, insiste Pivert, se coller sur le nombril une &#233;tiquette (?) au lieu de &#171; suivre les enseignements qu'elle comporte &#187; ? Mais Pivert lui-m&#234;me ne porte-t-il pas l' &#171; &#233;tiquette &#187; de socialiste ? Dans le domaine de la politique tout comme les autres domaines de l'activit&#233; humaine, il est impossible de proc&#233;der sans &#171; &#233;tiquettes &#187;, c'est-&#224;-dire sans d&#233;nominations et qualificatifs aussi pr&#233;cis que possible. Le nom de &#171; socialiste &#187; est non seulement insuffisant mais absolument trompeur, car s'intitulent &#171; socialistes &#187; en France tous ceux qui en ont envie. Par leur nom, les bolcheviks-l&#233;ninistes disent &#224; tous et &#224; chacun que leur th&#233;orie, c'est le &#171; marxisme &#187;, que c'est non pas le &#171; marxisme &#187; d&#233;natur&#233; et prostitu&#233; des r&#233;formistes (&#224; la Paul Faure, Jean Longuet, S&#233;verac, etc.) mais le v&#233;ritable marxisme restaur&#233; par L&#233;nine et appliqu&#233; par lui aux questions fondamentales de l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme ; qu'ils s'appuient sur l'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; qu'ils sont solidaires du travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) ; enfin qu'ils se rangent sous le drapeau de la IV&#176; Internationale. En politique, le &#171; nom &#187;, c'est le &#171; drapeau &#187;. Celui qui renonce aujourd'hui &#224; un nom r&#233;volutionnaire pour le bon plaisir de L&#233;on Blum et consorts, celui-l&#224; renoncera aussi facilement demain au drapeau rouge pour le drapeau tricolore&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; (...) [le] travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) &#187; sont des r&#233;f&#233;rences jamais invoqu&#233;es par ces groupuscules d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les 4 premiers congr&#232;s : les c&#233;l&#232;bres &#034;21 conditions&#034; qui y furent &#233;nonc&#233;es en 1920, ces partis n'en remplissent aucune, c'est la raison pour laquelle ils ne se r&#233;clament plus de ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'Opposition de gauche : quand en 1929 Trotsky fut expuls&#233; d'URSS par la bureaucratie contre-r&#233;volutionnaire, il rassembla autour de trois points l' &#171; opposition de gauche &#187; internationale, un de de ces points &#233;tant la d&#233;nonciation de la collaboration de Staline avec les directions syndicales britanniques dans le cadre du Comit&#233; anglo-russe. Or la collaboration avec les directions syndicales fran&#231;aises, c'est l'alpha et l'om&#233;ga de la &#034;tactique&#034; de nos groupes d'extr&#234;me-gauche. Leurs porte-parole sont syst&#233;matiquement des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux fid&#232;les &#224; la direction qui les a nomm&#233;s : Sud-Solidaires pour JP Mercier (LO), Anasse Kazibe (RP) et Ga&#235;l Quirante (NPA-R).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que LO, RP et NPA-R ont trahi les id&#233;aux de la IV&#232;me internationale serait donc d&#233;j&#224; les flatter : c'est de la III&#232;me internationale de 1919-1922, de l'opposition de gauche au stalinisme dans les PC en 1923-1933, que ces groupuscules ne sont en rien les h&#233;ritiers. Ils se rangent parmi cette pl&#233;iade de groupuscules non staliniens qui se disaient socialistes ou communistes, mais irr&#233;cup&#233;rables et contre lesquels Trotsky pol&#233;miqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La 5&#232;me internationale est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des num&#233;ros, Trotsky r&#233;pondait &#224; Pivert :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pivert proclame le droit de tout socialiste d'esp&#233;rer en une meilleure Internationale &#171; avec ou sans changement de num&#233;ro &#187;. Cette ironie un peu d&#233;plac&#233;e sur le &#171; num&#233;ro &#187; repr&#233;sente une erreur politique du m&#234;me type que l'ironie sur l'&#171; &#233;tiquette &#187;. Politiquement, la question se pose ainsi : le prol&#233;tariat mondial peut-il arriver &#224; lutter avec succ&#232;s contre la guerre, le fascisme, le capitalisme, sous la direction des r&#233;formistes ou des staliniens - c'est-&#224;-dire de la diplomatie sovi&#233;tique ? Nous r&#233;pondons : il ne le peut pas. La II&#176; et la III&#176; Internationales ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Celui qui n'a pas compris jusqu'au bout l'effondrement des deux Internationales, celui-l&#224; ne peut pas lever le drapeau de la Nouvelle Internationale. &#171; Avec ou sans changement de num&#233;ro &#187; ? Cette phrase est d&#233;nu&#233;e de sens. Ce n'est pas par hasard que les trois anciennes Internationales se sont trouv&#233;es num&#233;rot&#233;es. Chaque &#171; num&#233;ro &#187; correspond &#224; une &#233;poque d&#233;termin&#233;e, un programme et des m&#233;thodes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le constat de Trotsky est malheureusement d'actualit&#233; : &#171; Les IV&#176; Internationales (issues de scissions de celle fond&#233;e par Trotsky) ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'il y ait actuellement plusieurs IV&#232;me internationale est analogue au fait qu'il y avait &#224; l'&#233;poque o&#249; Trotsky &#233;crivait, la II&#232;me et la III&#232;me. Ces internationales, dont celle du NPA-A et NPA-R (ces partis s'excommunient en France mais se congratulent mutuellement au niveau international dans leur organisation commune, comme Marion Aubry tombe dans les bras de Van der Leyen au parlement europ&#233;en !) sont &#171; deux cadavres dont faire la somme serait vain, leur n&#233;gation &#233;tant la voie &#224; suivre &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle Internationale doit &#234;tre non pas la somme des deux cadavres, comme le r&#234;ve le vieux social-patriote Zyromski, surpris dans sa reconnaissance inattendue de la &#171; d&#233;fense de l'U. R. S. S. &#187;, mais la &#171; n&#233;gation &#187; vivante de ces cadavres et, en m&#234;me temps, la &#171; continuation &#187; du travail historique accompli par les Internationales pr&#233;c&#233;dentes. En d'autres termes, il s'agit de la IV&#176; Internationale. Le &#171; num&#233;ro &#187; signifie ici une perspective et un programme d&#233;termin&#233;s, c'est-&#224;-dire un &#171; drapeau &#187;. Que les philistins ironisent l&#224;-dessus. Il ne faut pas les imiter.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me internationale, dans la continuit&#233; de la III&#232;me qui elle-m&#234;me fut fond&#233;e en opposition aux socio-patriotes. Pour LO, les NPAs, RP, le terme m&#234;me de &#034;social-patriote&#034; n'existe pas ! En ce sens, ces partis ne sont m&#234;me plus dignes de l'aile gauche de la II&#232;me internationale, o&#249; Rosa Luxemburg inaugura la lutte des marxistes contre ces socio-patriote,s en fondant son journal polonais &#034;La cause ouvri&#232;re&#034; d&#232;s 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me Internationale contre les politiques de Fronts populaires mises en place par l'Internationale de Staline en 1935 lors de son VII&#232;me (et dernier) congr&#232;s. Or le NPA-A en 2024 a rejoint le nouveau Front Populaire. Le NPA-R l'a d&#233;nonc&#233;, mais a voulu gard&#233; sa place dans la m&#234;me IV&#232;me internationale que le NPA-A. Le NFP des NPA-s en 2024 est comparable aux FP de 1935 pour les PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre une direction r&#233;volutionnaire c'est d&#233;cider&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument typique de LO ou du NPA-R, c'est le &#034;manque de conscience des travailleurs&#034;. Cet argument est typiquement stalinien, d&#233;j&#224; bien connu de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'aversion pour les &#171; &#233;tiquettes &#187; et les &#171; num&#233;ros &#187; en politique est aussi dangereuse que l'aversion pour les d&#233;finitions pr&#233;cises dans le domaine scientifique. Dans un cas comme dans l'autre, nous avons l&#224; le sympt&#244;me infaillible d'un manque de clart&#233; dans les id&#233;es elles-m&#234;mes. Invoquer les &#171; masses &#187; ne sert, dans de tels cas, qu'&#224; couvrir ses propres h&#233;sitations. L'ouvrier qui croit encore &#224; Vandervelde ou &#224; Staline sera sans doute adversaire de la IV&#176; Internationale. L'ouvrier qui a compris que la II&#176; et la III&#176; Internationales sont mortes &#224; la cause de la r&#233;volution se rangera imm&#233;diatement sous notre drapeau. C'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi il est criminel de cacher ce drapeau sous la table.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#233;pris hautin et brutal envers le pr&#233;tendu manque de conscience des travailleurs ; au contraire modestie obs&#233;quieuse envers le r&#233;formisme lorsqu'il s'agit de prendre ses responsabilit&#233;s, ce sont deux de p&#244;les entre lesquels les centristes oscillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#234;me-gauche dans l'Union sacr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me internationale connut son congr&#232;s fondateur en 1919, mais c'est la trahison de la II&#232;me internationale, entr&#233;e dans l'Union sacr&#233;e qui avait rendu n&#233;cessaire d'annoncer sa fondation d&#232;s 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IV&#232;me internationale fut fond&#233;e en 1938, mais c'est d&#232;s 1933, face &#224; la capitulation des partis staliniens apr&#232;s la prise du pouvoir par Hitler, que sa n&#233;cessit&#233; avait &#233;t&#233; proclam&#233;e par Trotsky. Par la d&#233;claration Staline-Laval, le PC fran&#231;ais entra ouvertement dans l'Union sacr&#233;e en 1935, l'&#233;quivalent pour les PC de l'ao&#251;t 1914 pour les PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mensonge de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise est de blanchir les directions r&#233;formistes en faisant croire qu'elle ne sont plus dans l'Union sacr&#233;e. Comme si apr&#232;s chaque guerre, on repartait &#224; z&#233;ro, en attendant la prochaine. Or la question n'est pas celle pos&#233;e r&#233;guli&#232;rement par ces partis, de savoir si ces directions entreront &#224; nouveau dans l'Union sacr&#233;e lors de la prochaine guerre. La CGT et le PS (comme son avatar LFI) y sont depuis 1914, et ne l'ont jamais quitt&#233;e. Le PC y est depuis 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;p&#233;tant &#224; l'envi que &#171; l'on se dirige vers l'Union sacr&#233;e &#187;, ces organisations cachent le fait qu'on y est d&#233;j&#224;, se posent en aile &#034;vigilante&#034; d'extr&#234;me-gauche de Sud-Solidaires et de la CGT, les cautionnant par leur &#171; soutien critique &#187;. Le soutien sans participation est la pire des formes, car la plus hypocrite, de soutien au gouvernement bourgeois. Ce fut la politique de la CGT en 1936 face au gouvernement de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions de la CGT et de Sud sont dans l'Union sacr&#233;e, et leurs politiques sont de plus en plus ouvertement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des formes que prend la guerre, c'est le racket fiscal exerc&#233; contre les travailleurs &#224; travers les imp&#244;ts indirects qui sont une des composantes de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Parti ouvrier fran&#231;ais, dont le programme fut &#233;crit sous le contr&#244;le de Marx vers 1880, comprenait dans sa partie &#233;conomique : abolition des imp&#244;ts indirects, les organisations d'extr&#234;me-gauche d&#233;noncent ce genre de mesure comme &#034;une diversion&#034;, imitant les directions syndicales qui veulent cantonner la classe ouvri&#232;re &#224; des augmentations de salaires symboliques augment&#233;es lors des NAO. Les augmentations de salaires sont des revendications purement &#233;conomiques, la question des taxes est une revendication politique. Non seulement la suppression des taxes sur les carburants serait une augmentation quasiment sans pr&#233;c&#233;dent du niveau de vie de la majorit&#233; des travailleurs, mais la classe ouvri&#232;re en s'emparant de ce mot d'ordre entrainerait derri&#232;re les classe moyennes pr&#233;ssur&#233;es par ces taxes. Etouffer politiquement et &#233;conomiquement le prol&#233;tariat, c'est ce que signifie ce ralliement de l'extr&#234;me-gauche opportuniste &#224; la seule question des salaires, sous couvert d'orthodoxie marxiste. C'est pour payer leur part au racket fiscal que les travailleurs devraient demander des augmentations de salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid, sanctions contre la Russie, guerre contre l'Iran, droits de douanes, dette publique, tous ces moyens extra-&#233;conomiques pour tirer des profits sont typiques d'une p&#233;riode de guerre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La guerre a fait subir au capitalisme une &#233;volution. Le pressurage syst&#233;matique de la plus-value qui fut jadis pour l'entrepreneur la seule source de revenu, semble &#224; pr&#233;sent une occupation trop fade aux messieurs les bourgeois qui ont pris l'habitude de doubler, de d&#233;cupler leurs dividendes dans l'espace de quelques jours, au moyen de sp&#233;culations savantes bas&#233;es sur le brigandage international. Le bourgeois a rejet&#233; quelques pr&#233;jug&#233;s qui le g&#234;naient et acquis par contre un certain coup de main qui lui manquait jusqu'ici. La guerre l'a accoutum&#233;, comme aux actes les plus ordinaires, &#224; r&#233;duire par le blocus des pays entiers &#224; la famine, &#224; bombarder et incendier des villes et villages pacifiques, &#224; infecter les sources et les rivi&#232;res en y jetant des cultures du chol&#233;ra, &#224; transporter de la dynamite dans des valises diplomatiques, &#224; &#233;mettre des billets de banque faux imitant ceux de l'ennemi, &#224; employer la corruption, l'espionnage et la contrebande dans des proportions jusque-l&#224; inou&#239;es. Les moyens d'action appliqu&#233;s &#224; la guerre rest&#232;rent en vigueur dans le monde commercial apr&#232;s la conclusion de la paix. Les op&#233;rations commerciales de quelque importance s'effectuent sous l'&#233;gide de l'&#201;tat. Ce dernier est devenu semblable &#224; une association de malfaiteurs arm&#233;s jusqu'aux dents. Le terrain de la production mondiale se r&#233;tr&#233;cit chaque jour davantage et la mainmise sur la production devient d'autant plus fr&#233;n&#233;tique et revient d'autant plus ch&#232;re. Emp&#234;cher : voil&#224; le dernier mot de la politique du capitalisme, la devise qui remplace le protectionnisme et le libre-&#233;changisme !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;non&#231;ant le mot d'ordre d'&#171; Abolition des taxes (accise et TVA) sur les carburants ! &#187; comme &#034;diversion du RN&#034;, alors que c'&#233;tait le programme de Marx, un parti comme LO s'engage dans une voie r&#233;actionnaire, demandant aux travailleurs de &#034;gagner la bataille de la taxation&#034;, comme le PC leur demandait de gagner la &#034;bataille de la production&#034; d'apr&#232;s-guerre. Ces soi-disant h&#233;ritiers de Trotsky s'opposent &#224; la lutte du prol&#233;tariat pour sa survie &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup de semonce qui annon&#231;a ce capitalisme de guerre fut la crise financi&#232;re de 2008. Aucune des grandes organisations d'extr&#234;me-gauche n'y vit l'effondrement du capitalisme. Or les pr&#233;misses de la r&#233;volution sont essentiellement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : l'entr&#233;e en guerre est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis pseudo-trotskistes deviennent politiquement de plus en plus ouvertement des satellites de LFI et de l'Etat bourgeois. La r&#233;cente manifestation de soutien au maire LFI de Saint-Denis marque un pas de plus dans cette ligne. Le maire d'une grande ville ne serait plus un agent de la bourgeoisie, car il est &#034;&#224; un autre niveau&#034; ; il n'est plus l'ennemi des travailleurs, mais &#034;quelqu'un qui ne changera pas grand-chose&#034; ; l'antiracisme en d&#233;fense des pauvres remplace la lutte des classes, c'est avec de telles balivernes que LO justifie son soutien &#224; LFI :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce beau monde s'est ainsi retrouv&#233; non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d'une ville ouvri&#232;re. M&#234;me si l'&#233;lection d'un maire insoumis ne changera pas grand-chose &#224; ce que vivent les habitants des cit&#233;s, tant ses probl&#232;mes se situent &#224; un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volont&#233; de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler &#224; une contestation de sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour le NPA-R qui est dans la m&#234;me ligne, le drapeau fran&#231;ais de la mairie de Saint-Denis, remplace le drapeau rouge :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2026-04-08_182106.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH241/capture_d_ecran_2026-04-08_182106-5ca33.jpg?1777604750' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/contre-le-racisme-venu-den-haut-lunion-des-travailleurs-fait-la-force/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre le racisme venu d'en haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la marche &#224; la guerre s'acc&#233;l&#232;re. N'est-il pas temps de planter le drapeau d'un V&#232;me internationale, en renouvelant le constat de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit. Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Who needs war ?</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article8407</link>
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		<dc:date>2025-10-16T04:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>H&#244;pital</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Who needs war ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Who needs the war starting in Europe and what for ? Ukraine, a prelude to a world war between imperialisms ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Many people imagine that the war will remain confined to Ukraine, and that's possible for some time. But it's not just a military accident that will end there. Even if negotiations lead to a Russian military withdrawal, this opens a new period of confrontation between blocs, of wars or threats of war, of the arms race, of violent confrontations that will justify (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot260" rel="tag"&gt;H&#244;pital&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Who needs war ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Who needs the war starting in Europe and what for ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ukraine, a prelude to a world war between imperialisms !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many people imagine that the war will remain confined to Ukraine, and that's possible for some time. But it's not just a military accident that will end there. Even if negotiations lead to a Russian military withdrawal, this opens a new period of confrontation between blocs, of wars or threats of war, of the arms race, of violent confrontations that will justify violent policies by states, both internal and external. This is a new period for Europe and for the world.&lt;br class='autobr' /&gt;
Two imperialist camps at war !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Western camp wants to make people believe that this is not an inter-imperialist war and that only Russia wants war. It is very complicated for Western leaders, as we have just seen with the president of the French bourgeoisie and blue-white-red imperialism, to say they are at war alongside the Ukrainian people and, at the same time, to affirm that they are not at war and that only Russia is. It is essential to make this great leap of declarations to, on the one hand, explain that we are militarily occupying Eastern Europe to militarily help the invaded Ukrainians, and, on the other, that we have not declared war on Russia, that we absolutely do not want it, that we have no interest in it, that the entire Western camp would be purely pacifist in this affair which would only oppose Russia and Ukraine. This is taking people for naive people : it is obvious that NATO, the USA and Europe are on one side of this war and Russia on the other.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, everyone in the Western camp believes that it is Russia that has everything to gain from this war to reconstitute its empire, which has been shattered since the fall of the USSR, and also to make Putin more popular among Russian nationalists. Of course, everyone believes that it is Putin who has every interest in cultivating Russian national feelings and who has long since capitalized on this aspiration of a part of the Russian population for a return to the past grandeur of the empire, of which Ukraine was an essential part. He demonstrated this well, they believe, in Crimea.&lt;br class='autobr' /&gt;
Biden, butcher of the Iraq War, wants war against Russia and China !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To the general public, Putin appears much more dictatorial and militaristic than Biden, but that's just an appearance. Biden led the American war for many more years and in a much bloodier manner than Putin. Because Biden is the chief organizer of the American war in Iraq. It was at that time that the American army locked its enemies (or supposed enemies) in huge containers which were then machine-gunned. And this is just one example of the massive American violence ordered by a certain Biden...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden based the bulk of his political platform on war against Russia and China, and it was on this basis that he was elected. It must be said that his opponent, Trump, based his campaign on peace with the enemy bloc and claimed to be able to turn America against the opposing bloc economically. But he failed to do so. This led international commentators, well before any Russian inclinations in Ukraine, to assert that Biden's election as US president meant war with Russia and China in the short term ! They did not then attribute the exclusive responsibility for the war to Russia and Putin alone, but to an irrepressible need of the United States to fight its main economic adversary on the military front !&lt;br class='autobr' /&gt;
Counter the rise of Russian and Chinese imperialism !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the contrary, the Russia-China bloc constantly repeated that it only wanted peace, which would allow them to constantly gain market share and conquer increasingly dominant positions. To the point that the number of countries joining their international alliance grew more than the number of countries (mainly in Eastern Europe) joining NATO, an anti-Russian alliance. Peace is therefore necessarily more interesting for the Russia-China camp and not out of pacifism !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moreover, Russian imperialism, after its bitter failure in Afghanistan, has learned much more than American imperialism, which has suffered many defeats without being threatened, notably in Korea or Vietnam and throughout Indochina, that a military defeat can lead to a loss of a lot of power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is not to say that the imperialist Russia-China bloc and their allies are pacifist, anti-war, less dangerous, or less imperialist than the USA-Canada-Australia-Japan-Europe bloc. They do not have the same assets, the same past, the same sources of supply, the same types of armies, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Before going to world war ! Gain time to bring the population into line by establishing authoritarian, dictatorial or fascist regimes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Everyone knows that a head-on confrontation with all the military means of each power at play would mean a terrible setback for humanity, but great powers can confront each other more slowly, on a smaller scale, more locally, and in a slower way than simply sending missiles carrying nuclear warheads against the enemy's major cities. Imperialisms can perfectly well choose to put the world at war and first practice a phoney war, allowing them to make their side even more dictatorial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Increase anti-Russian chauvinism ! All those who oppose it are enemies of the nation at war and of the pseudo-camp of imperialist democracy !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In every country, anyone who did not support their war would be accused of treason and treated as such. All countries would thus turn into dictatorships. We can already see this type of development emerging, with attacks against people of Russian origin, in many professions in art, sport, and entertainment, dismissed like the Russian conductor Valery Gergiev from the Vienna Orchestra simply because they are Russian and did not make a public anti-Putin statement ! When a country is at war, a public figure who does not show solidarity with this war is directly threatened...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When Western powers attack all Russians, just because of their nationality, eliminate them from sports games, artistic participation, activities of all kinds, attack them as musicians, as restaurateurs, as intellectuals, as well as as billionaires or generals, attack not dictators but an entire people, is it to demonstrate the democratic character of the Western world, or is it rather to stir up violent chauvinism, to make all Russians stand in solidarity with Putin by forcing all Westerners to stand in solidarity with Biden ?&lt;br class='autobr' /&gt;
The decline of American capitalism and the struggle to maintain its political and economic domination !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is true that for years, American world domination was completely unchallenged. But this is no longer the case, and there cannot be multiple centers of domination without them desiring confrontation, if only to gauge who is winning and decide. But this is far from the only reason for the war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The US's particular hostility toward Russia does not date back to Biden, and not even to Putin. American imperialism, more or less aided in this by the greatest European powers, has long since surrounded Russia with states that are violently hostile to it and violently pro-American, such as Poland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is clear that in 2004, the entire Western world pushed the Ukrainian people against Russia. It is thus remarkable that the latter found the Maidan mobilization remarkable, while not supporting any of the similar uprisings in the world. It is also remarkable that these were the only anti-democratic and reactionary forces that this so-called democratic world supported within the 2004 uprising in kyiv. In the name of Ukraine's freedom, the main aim was to form a new nation of the anti-Russian cordon sanitaire. And NATO hoped to make it join the anti-Russian alliance in turn. It was this threat, more than any other, that lit the fuse. This means that the US was perfectly capable of avoiding conflagration and that, on the contrary, it sought to push for it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If a part of the Ukrainian population thought that it had nothing to lose by going into confrontation with Russia, it is because it believed that Europe and the USA would intervene militarily and immediately in the event of a Russian military attack and, visibly, it was mistaken. Western public opinion was also mistaken. However, the so-called &#034;democratic&#034; Western camp has been careful not to explain this and the commentators under orders have not asked the question. The armies of the Western camp intervene in part of Eastern Europe but not at all in Ukraine !&lt;br class='autobr' /&gt;
The people of Ukraine are being used as cannon fodder to force capitalist Europe to align with American interests !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The war in Europe has another advantage for American imperialism : that of forcing all Western powers, and especially those in Europe, to align themselves strictly with American interests. European leaders pretend to have wanted this of their own free will, but it is clear that they followed through under duress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Another surprise : Western forces have limited their military aid to Ukraine and have provided none to the Ukrainian population. Arming the people has never been part of the customs and practices of capitalist governments in any conflict, in any region of the world. They can provide weapons to armed gangs, but in a very limited way, and they do not provide them to the population at all. Let us recall that the Western alliance during the Second World War did not really want to arm the resistance in France or arm the maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If the pretext for imperialist armed interventions is to help peoples, it never goes so far as to help these peoples liberate themselves. Even worse, if it turns out that a people tends to liberate itself from a dictator, like the Iraqi people against Saddam Hussein, then imperialism still saves the dictator against his people, even if it means then waging a war supposedly to overthrow him !&lt;br class='autobr' /&gt;
The adulterated pacifism of Western democracies is preparing the Sacred Union, as in 1914, for War and is allowing all social and political protests to be silenced !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But, you might say, the Western powers are pacifists and don't want war. Yet you only have to listen to Macron say that the war will spread throughout Europe and that it will be long-lasting to feel how satisfied he is to have a good pretext to announce to the French people hard times and financial aid to the capitalists and how much he expects the war to save him from all the social struggles, from all the struggles of the yellow vests, from all the struggles of the anti-pass, from all the social revolt that is rising. And that's not all, he expects the war to allow him to stifle all criticism, all freedom. Thus, we begin by asserting that anyone who supports Putin becomes an enemy, then it is anyone who does not declare themselves to be against Putin. Moreover, we immediately see all the presidential candidates taking the turn, all the media, all the trade union organizations, all falling into line, standing at attention behind the French government, supposedly to shout &#034;down with war&#034; but not, especially not, down with France's war in Europe, down with sending the French army to Romania for example !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Others may point out that Western powers are trying another weapon that could force Putin to back down : &#034;economic warfare.&#034; This is the term used (and then withdrawn) by French Economy Minister Le Maire. It is also the reality of one of the US interventions, with multiple measures blocking trade, banking, and financial relations. But it is difficult to pass off this aggressive economic intervention against Russia as a reaction to the Russian war, since most of these measures were decided and implemented before the war in Ukraine. It was even these measures, decreed and maintained while Russia announced it was stopping its military maneuvers, that pushed Russia toward radicalizing the confrontation, since there was nothing left to lose. The firebrand of the war was therefore much more Biden than Putin. Even Macron, who calls himself a pacifist, first addressed the armed forces to tell them that they would be called upon in the war against Russia, before addressing the population to tell them that he was not at war with Russia. A fine display of hypocrisy and a return to &#034;war lies&#034; !&lt;br class='autobr' /&gt;
The economic war of the Western imperialist camp to steal market shares !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economic warfare, presented as a peaceful weapon to stop war altogether, is in fact much more the goal than a simple &#034;non-violent&#034; means. Indeed, the Western powers consider that, if peace favors the Russia-China camp, they can force them back through war and in particular through economic warfare which can make them lose much more economically than militarily !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes, if in peacetime the Western camp loses market share, in times of economic war, it is rather the Russia-China camp that loses it.&lt;br class='autobr' /&gt;
The third great global collapse of capitalism and the third great global class war against the people !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And it is indeed the economy that explains the war and not only by the competition between the two great world imperialist blocs. The capitalist economy has entered a critical phase, one where each economic or financial measure to help the system only makes it sink further, and in particular the massive financial interventions to &#034;help the economy&#034; which create a mass of &#034;liquid&#034; capital which ultimately suffocates the economy. From then on, economic war can be a means found to alleviate this situation, in particular to provide new justifications for on the one hand helping the capitalists, notably by the revival of arms production, and on the other by the sacrifices demanded from the population under the pretext of war to help an attacked people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France and its Western allies aren't the only ones playing the hypocrite. Currently, Russia and China are pretending to be less close and to defend their interests separately, with China also playing the pacifist. In this camp, too, the war lie reigns supreme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The current decay of the capitalist system is in no way a product of the Ukrainian war. It did not wait for this to manifest itself and threaten the capitalist world. The collapse threatens not only the Western bloc but also the Russia-China bloc. Both sides have no solution to the fall in profitable productive investments, a fall relative to total capital and due to the fact that this total has reached heights far too high for the system to find outlets for them. While Chinese industry, for example, or Russian industry in some areas, has experienced success, this is by no means sufficient to absorb the mass of newly accumulated capital. As a result, speculation is rife, and central banks are spending colossal sums buying up rotten securities, swallowing up government debt, and saving trusts and banks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, war, by pushing up arms production, raising the price of raw materials, and justifying state aid to capitalists, helps some of them, but it is not enough to save the system. Chinese, Russian, and Western capitalists know this.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They all know very well that it is not the war in Ukraine that will determine the moment when the entire capitalist world will prefer world war to armed peace. This moment will be determined by the existence of an absolutely inevitable collapse, and war will break out a few days before...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;World war is therefore as inevitable as the fall of capitalism, and its date is determined by it. As long as it is not irresistible, as long as the central banks can react financially to the economic collapse, as long as the liquidity crisis and the inflation crisis do not take a catastrophic turn, the war will remain suspended over our heads without breaking out, without the two blocs directly confronting each other, and hypocrisy will remain the order of the day. This is why the Western powers still refuse to intervene in Ukraine, and their supposed solidarity with the Ukrainian people remains nothing more than supposed pacifism. They cannot explain this without revealing all of their calculations and their pessimism about the future of capitalism. The people, for their part, remain ignorant of the issues and the prospects...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More than ever, for working people, the only future lies not in shouting &#034;peace&#034; or &#034;wages&#034; but in preparing for the difficult task of assuming the leadership of human society, because capitalism has become a system of the past, even if it clings to power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Down with the war of all imperialisms : Russian in Ukraine, allied with the Chinese, and, against them, American, English, Japanese, Canadian and Australian, supported by French, German and European imperialisms !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Down with the policy of open Sacred Union of the CGT with the PCF and the Insoumis... and of hypocritical Sacred Union of the electoralist extreme left (LO, NPA)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ruling classes of the capitalist world are determined to lock us into diametric oppositions. After the ultimatums : either terrorism or warlike anti-terrorism, or Islamic fundamentalism or far-right anti-fundamentalism, or Covid denial or panic fear of Covid, or lack of protective measures or mandatory vaccination and health passes, we are being asked to align ourselves with one of the following two camps : war with Russia or war with NATO, or imperialism from the West or imperialism from the East.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reaction is only doing its job, said the revolutionary Blanqui, emphasizing that it is the false friends of the people who betray. But in the face of these policies, what do the &#034;left&#034; political, associative, and trade union currents propose, calling us to action or inaction, to march or to vote, supposedly in the name of &#034;our interests&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faced with the threat of a European or even world war, they all put forward an old reactionary policy : the &#034;Sacred Union&#034; of the proletariat of each country with &#034;its country,&#034; that is to say, &#034;its&#034; capitalist state, &#034;its&#034; bourgeoisie and &#034;its&#034; army.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This policy of Sacred Union hides behind ideals of peace, rejection of war, ... even the rejection of the Sacred Union. From Zemmour to M&#233;lenchon, all the candidates present themselves as loyal servants of the French ruling class, so they are clearly in the Sacred Union ; the workers have nothing to expect from them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But it is important to understand how the main workers' organization, the CGT, and its political satellites, not only the Insoumis and the PCF, but also the official parties of the electoral far-left (LO and NPA and their presidential candidates N. Arthaud and P. Poutou), are also in the Sacred Union, even if they claim the opposite. We have no need to blacken paper demonstrating the nationalism of M&#233;lenchon and the PCF, because they openly claim it, which means that they support the capitalist and imperialist nation. Roussel and M&#233;lenchon propose that imperialisms make peace and do not propose that we overthrow them in a revolutionary manner. We will see that the official far-left, which calls itself internationalist and revolutionary, does no better.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In its document &#034;Peace in Ukraine - Freedom in Russia&#034; of March 2, the CGT gives an analysis of the war in Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This title (which rejects freedom in Ukraine and peace with Russia) contains within itself the worst element of the program, a line taken up by LO and NPA : this war would be primarily a Russian-Ukrainian problem, which would not concern us directly, or only remotely. Thus, &#034;If there is a real fight against this bloody war of Putin, it is the resistance of the Ukrainian people. It is also the demonstrations taking place in Russia by opponents of the war, despite the bans, the persecutions and the thousands of arrests,&#034; writes the NPA. In France, there is no action on the program for these people, apart from the elections !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For N. Arthaud of Lutte Ouvri&#232;re, in the face of the war that threatens not only Russia and Ukraine but all of Europe, has the time for workers' action not come ? Since, according to her, the working class is not ready, the urgency remains... the election : &#034;If we do not want to be subjected to worsening exploitation today and become cannon fodder tomorrow, we must organize to defend our class interests. And as long as our social class is not capable of overthrowing this rotten system, at least anger against it must be expressed. Voting for my candidacy in the presidential election will provide the opportunity.&#034; This is what Lutte Ouvri&#232;re declares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yet in his campaign pamphlet &#034;The Workers' Camp,&#034; N. Arthaud had not made any slogans about the dangers of war ! N. Arthaud's denunciation of capitalism is only from an economic point of view : inequalities between rich and poor. Instead of uttering anti-worker insults like &#034;our social class is not capable,&#034; taken from the Stalinist tradition, LO should apply to itself Trotsky's conclusions about these Stalinists on the eve of war : &#034;The world political situation as a whole is characterized above all by the historic crisis of the leadership of the proletariat.&#034; It is because he rallied to socialism that Jaur&#232;s, as early as 1894 (and not as a naive man surprised in 1914), could affirm : &#034;your society carries war within it.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The blockage of capitalism since 2008 carries within it war, neither the CGT, nor LO, nor the NPA have warned workers of this danger, and this is another aspect of their participation in the Sacred Union for years.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the conclusion of its document, the CGT, by not proposing any role for the working class, puts forward political demands that have not been known to it in France since 1914, for a change of regime : &#034;finally to free this country [Russia] from the totalitarian, nationalist and imperialist darkness in which it has been plunged for more than twenty years.&#034; However, the CGT did not recognize the totalitarian darkness in which Russia was already plunged under Stalin when its general secretary B. Frachon wrote in 1946 : &#034;we have friendship and gratitude for the USSR, like all men who love freedom and are not blinded by partisan hatred.&#034; The CGT broke its ties with Russia with the fall of the USSR, its profession of Russian anti-nationalist and anti-imperialist faith is the form taken by its complete and complete allegiance to French nationalism and imperialism, which it had already shown in 1914 and 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The CGT's condemnation must first and foremost strike the aggressor, in this case Vladimir Putin,&#034; writes the CGT. This analysis echoes that of the French government. By concentrating all the responsibilities on Putin, by leaving hope for a change of person, the CGT is establishing a framework that the far left is following. In his editorials in the company bulletins, N. Arthaud also places all the responsibility on Putin, while omitting the fact that Putin is only the spokesperson for Russian imperialism, restored following capitalism in Russia in 1991. N. Arthaud denies the very existence of a Russian imperialism, heir to that of the Tsars denounced by Lenin and Trotsky : &#034;Down with Putin's wars,&#034; &#034;The military intervention decided by Putin,&#034; &#034;Putin's attack on Ukraine,&#034; etc. N. Arthaud denies the existence of this Russian imperialism, at a time when it takes the form of a war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The CGT dares to make people forget that in 1914, this organization was in the Sacred Union with its secretary L&#233;on Jouhaux who became Commissioner of the Nation and demands :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Our pacifism, the one that has its roots in the Zimmerwald Conference of 1915.&#034; Yet it is the very basis of this Zimmerwald Conference (the international alliance against war in the midst of the imperialist slaughter of 1914, which was supported in particular by Lenin and Trotsky) that the CGT denies (a conference in which it did not participate !) : the existence of a French imperialism that is responsible for the war in Ukraine in the same way as Russian imperialism, regardless of the fact that it was Putin &#034;who started it.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zimmerwald's first observation was in fact to denounce in his Manifesto the imperialist character of the 1914 war : &#034;After a year of massacre, the clearly imperialist character of the war has become more and more evident ; this is proof that its causes lie in the imperialist and colonial policies of all governments, which will remain responsible for the unleashing of this carnage. (...) Whoever is immediately responsible for the unleashing of this war, one thing is certain : the war that has provoked all this chaos is the product of imperialism.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;However, regarding the current war, it is indeed a person responsible (Putyin) and not the imperialist system as a whole that the CGT invokes, it is therefore in the Sacred Union with the Macron government, not in the line of Ziimmerwald ! N. Arthaud follows the CGT in certainly using the term imperialism more often, but in forgetting the one that revolutionaries always denounce : that of their own country. None of the LO editorials published since the invasion of Ukraine by the Russian army mentions or uses the term &#034;French imperialism&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The sending of French troops to Romania, a direct effect of this war ? LO neither mentions nor condemns it ! It was from Romania that a hundred years ago the French General Staff organized the crushing of the revolutions in Russia-Ukraine and Hungary, failing in the first case, succeeding in the second. Romania received Bessarabia (present-day Moldova) from Cl&#233;menceau in 1918 and Hitler in 1941. So is the time of alliances between French or German imperialism and Romanian nationalism at the expense of Ukraine over ? For the CGT, Poutou, and Arthaud, this is indeed the case.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The CGT does not propose any task to the workers here in the face of this war. Since France is supposedly not involved in it (but then why does it send troops to Romania and claim to mobilize the armies, congratulate them and appeal to their sense of duty ?), it is up to the Russians and the Ukrainians to sort things out, relying on the sanctions of our leaders, the only ones authorized to deal with foreign policy. &#034;A lasting peace can only be obtained by [Putin's departure] and this will only come about through the conjunction of three factors : strong and truly effective international sanctions, a Ukrainian resistance that we must hope will be victorious and support for the democratic and progressive Russian opposition.&#034; The NPA, even among one of its factions that calls itself Marxist, sees things in a similar way : &#034;If there is a real struggle against this bloody war of Putin, it is the resistance of the Ukrainian people. These are also the demonstrations taking place in Russia by opponents of the war, despite the bans, the persecutions and the thousands of arrests. (...) It is to these opponents of the war that our solidarity goes. &#034;We could quote LO. The government has nothing to worry about : the CGT, LO and the NPA are not calling for any serious action in France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neither LO nor the NPA takes up the perspective that was that of the left wing of the Zimmerwald conference, and which is the only possible program for workers facing a war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against the open sacred union of the CGT, hypocritical of the electoral extreme left (LO, NPA), this program of Zimmerwald takes on all its relevance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The imperialist war inaugurates the era of social revolution. All the objective conditions of the present epoch place the mass revolutionary struggle of the proletariat on the agenda. It is the duty of socialists, without renouncing any of the legal means of struggle of the working class, to subordinate them all to this pressing and essential task, to develop the revolutionary consciousness of the workers, to unite them in the international revolutionary struggle, to support and advance all revolutionary action, to seek to transform the imperialist war between the peoples into a civil war of the oppressed classes against their oppressors, into a war for the expropriation of the capitalist class, for the conquest of political power by the proletariat, for the realization of socialism.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us not ask imperialisms to make peace, let us overthrow them and replace them with workers' power !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi le mouvement trotskyste a &#233;chou&#233;...</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7466</link>
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		<dc:date>2025-10-11T22:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que les masses ne sont pas sans p&#233;ch&#233;. Nous ne sommes pas enclins &#224; les id&#233;aliser. Nous les avons vues en des circonstances vari&#233;es, &#224; diverses &#233;tapes, au milieu des plus grands bouleversements. Nous avons observ&#233; leurs faiblesses et leurs qualit&#233;s. Leurs qualit&#233;s : la d&#233;cision, l'abn&#233;gation, l'h&#233;ro&#239;sme trouvaient toujours leur plus haute expression dans les p&#233;riodes d'essor de la r&#233;volution. A ces moments, les bolcheviks furent &#224; la t&#234;te des masses. Un autre chapitre de l'histoire s'ouvrit ensuite, quand se r&#233;v&#233;l&#232;rent les faiblesses des opprim&#233;s : h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, insuffisance de culture, manque d'horizon. Fatigu&#233;es, d&#233;&#231;ues, les masses s'affaiss&#232;rent, perdirent la foi en elles-m&#234;mes et c&#233;d&#232;rent la place &#224; une nouvelle aristocratie. Dans cette p&#233;riode les bolcheviks (les &#034;trotskistes&#034;) se trouv&#232;rent isol&#233;s des masses. Nous avons pratiquement parcouru deux cycles semblables : 1897-1905, ann&#233;es de flux ; 1907-1913, ann&#233;es de reflux ; 1917-1923, ann&#233;es marqu&#233;es par un essor sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ; puis une nouvelle p&#233;riode de r&#233;action qui n'est pas encore finie. Gr&#226;ce &#224; ces &#233;v&#233;nements, les &#034;trotskistes&#034; ont appris &#224; conna&#238;tre le rythme de l'histoire, en d'autres termes la dialectique de la lutte des classes. Ils ont appris et, me semble-t-il, r&#233;ussi &#224; subordonner &#224; ce rythme objectif leurs desseins subjectifs et leurs programmes. Ils ont appris &#224; ne point d&#233;sesp&#233;rer parce que les lois de l'histoire ne d&#233;pendent pas de nos go&#251;ts individuels ou de nos crit&#233;riums moraux. Ils ont appris &#224; subordonner leurs go&#251;ts individuels &#224; ces lois. Ils ont appris &#224; ne point craindre les ennemis les plus puissants, si la puissance de ces ennemis est en contradiction avec les exigences du d&#233;veloppement historique. Ils savent remonter le courant avec la conviction profonde que l'afflux historique d'une puissance nouvelle les portera jusqu'&#224; l'autre rive. Pas tous ; beaucoup se noieront en chemin. Mais participer au mouvement les yeux ouverts, avec une volont&#233; tendue, telle est bien la satisfaction morale par excellence qui puisse &#234;tre donn&#233;e &#224; un &#234;tre pensant !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;Leur morale et la n&#244;tre&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi le mouvement trotskyste international a eu du mal &#224; se constituer et est rest&#233; faible en nombre et en comp&#233;tences politiques et sociales ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : nous nous revendiquons du trotskysme et c'est &#224; ce titre que nous d&#233;nions tout droit &#224; se revendiquer du trotskysme &#224; des organisations ne faisant aucune propagande ni ne menant aucune action en faveur des soviets, des conseils de travailleurs et de la perspective du pouvoir des conseils ouvriers r&#233;volutionnaires, ne faisant aucun effort pour vaincre les ennemis du prol&#233;tariat, notamment les r&#233;formistes mais aussi les courants pseudo-radicaux militaires ou islamistes notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Le mouvement trotskyste a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;, l&#224; o&#249; il n&#233;, en Russie, carr&#233;ment &#233;radiqu&#233;, massacr&#233; et aussi discr&#233;dit&#233; d&#233;finitivement. Il n'a pas pu rena&#238;tre car l'essentiel de la politique du stalinisme visait &#224; emp&#234;cher une renaissance du mouvement r&#233;volutionnaire en Russie puis dans le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Le mouvement trotskyste a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;, d&#233;cri&#233;, combattu et ses dirigeants assassin&#233;s partout dans le monde par les agents de Staline, sp&#233;cialement apoint&#233;s pour cela. Des intellectuels ont &#233;t&#233; embauch&#233;s partout dans le monde pour cr&#233;diter la th&#232;se &#171; hitl&#233;ro-trotskyste &#187; et les dirigeants syndicaux aussi ont &#233;t&#233; manipul&#233;s par les officines de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Ceux qui ont rejoint le mouvement trotskyste, &#224; part un ou deux dirigeants dans chaque pays, ne venaient pas d'une ancienne forrmation communiste et rejoignaient plus par r&#233;pulsion du stalinisme que par v&#233;ritable militantisme et formation communiste r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Une grande partie des trotskystes, hors de Russie, ont &#233;t&#233; coup&#233;s du prol&#233;tariat, notamment pas la chasse aux trotskystes dans les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Le mouvement trotskyste est n&#233; dans une phase de d&#233;faites successives du prol&#233;tariat qui ont marqu&#233; les nouveaux militants. Et c'&#233;taient des d&#233;faites d&#233;terminantes comme celle, sans combat, du prol&#233;tariat allemand devant le fascisme. Non seulement mais l'aspect repoussant et d&#233;moralisant du stalinisme pour tous ceux qui le combattaient. M&#234;me si cela donnait raison &#224; Trotsky, cela ne le renfor&#231;ait pas. Le basculement des troskystes espagnols dans le sens nationaliste catalan et d&#233;mocratique petit-bourgeois a sign&#233; la d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) La mainmise stalinienne sur l'URSS a permis la mainmise sur le mouvement ouvrier communiste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) La campagne mondiale sur les proc&#232;s de Moscou, relay&#233;e par la presse bourgeoise, a contribu&#233; &#224; discr&#233;diter les trotskystes dans l'opinion ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Le mouvement trotskyste, malgr&#233; l'influence de Trotsky, a, du coup, &#233;t&#233; victime de tendances petites bourgeoises qui n'&#233;taient pas compens&#233;es par une implantation ouvri&#232;re. Il a m&#234;me rejet&#233; longtemps sa constitution en IVe Internationale, repouss&#233; longtemps son programme de transition, souvent refus&#233; de faire du travail en direction de la classe ouvri&#232;re, eu des illusions sur les fronts populaires, parfois m&#234;me refus&#233; de d&#233;noncer fermement les crimes du stalinisme, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Dans ces conditions, l'assassinat de Trotsky, seul dirigeant r&#233;volutionnaire porteur des le&#231;ons du pass&#233;, a &#233;t&#233; d&#233;terminante pour tuer politiquement le mouvement trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Les meilleurs militants trotskystes ont &#233;t&#233; d&#233;moralis&#233;s par la guerre et l'apr&#232;s-guerre et particuli&#232;rement par l'absence d'une vague r&#233;volutionnaire apr&#232;s la guerre, vague &#233;radiqu&#233;e par avance par le bombardement syst&#233;matique des quartiers ouvriers des pays vaincus par les forces alli&#233;es anglo-am&#233;ricaines. Les bombes atomiques ont achev&#233; de terroriser les peuples, d&#233;j&#224; tortur&#233;s par la barbarie de la guerre dans les deux camps. La guerre mondiale a servi de bain de sng pr&#233;ventif comme pare-feu face aux risques r&#233;volutionnaires d'apr&#232;s-guerre. L'influence du stalinisme et du nationalisme ont permis que les r&#233;volutions coloniales ne prennent pas un tour prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) L'alliance Staline/Hiltler suivie de l'alliance Staline/USA/Angleterre ont transform&#233; l'URSS bureaucratique en agence de l'imp&#233;rialisme mondial et fait basculer le diagnostic de Trotsky (Etat ouvrier &#224; d&#233;formations bureuacratiques) dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. Ceux qui sont rest&#233;s &#224; l'analyse &#171; Etat ouvrier &#187; de la Russie n'en sont pas ressortis plus arm&#233;s, au contraire. Ils ont continu&#233; &#224; pr&#244;ner la &#171; d&#233;fense de l'URSS &#187;, soi-disant par fid&#233;lit&#233; &#224; Trotsky, alors m&#234;me que, Natalia Trotsky et Muniz le soulignaient, la situation mondiale avait chang&#233; et que la Russie elle-m&#234;me n'&#233;tait plus qu'un facteur contre-r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) Finalement, des groupes trotskystes allaient prendre des positions rompant avec le marxisme r&#233;volutionnaire, pr&#234;tant au stalinisme la capacit&#233; de cr&#233;er des Etats &#171; ouvriers &#187; sans r&#233;volution, sans soviets, sans autre intervention que celle de l'arm&#233;e de Staline avec l'accord des imp&#233;rialismes occidentaux ou de l'arm&#233;e de Mao, ou de celle de Castro ou d'autres encore. Ils allaient soutenir des fausses r&#233;volutions, de faux socialismes, des guerilla et autres mouvements situ&#233;s en dehors de l'action r&#233;volurionnaire du prol&#233;tariat, et soutenir aussi les gauches bourgeoises, les syndicats bureaucratis&#233;s et r&#233;formistes, les faux &#233;cologistes, les faux f&#233;ministes, les propagandistes du climat et bien d'autres mouvements qui n'ont rien de r&#233;volutionnaires et rien de socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de Trotsky en Russie ne voulait pas dire que ce dernier avait eu tort ou &#233;tait devenu contre-r&#233;volutionnaire, contrairement &#224; ce que les staliniens ont pr&#233;tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;taient les trotskystes en URSS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6830&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6864&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6864&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6875&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6875&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6526&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6526&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6476&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6476&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5426&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5426&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Destin d'une r&#233;volution isol&#233;e et trahie - la contre-r&#233;volution stalinienne assassine les opposants communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2198&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2198&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat m&#233;thodique des dirigeants trotskystes dans le monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5985&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5985&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5956&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5613&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5613&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6239&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6239&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5968&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5968&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5191&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6149&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6149&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6620&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4850&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4850&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire du stalinisme, le grand organisateur des d&#233;faites prol&#233;tariennes des ann&#233;es trente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6240&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6240&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme a m&#233;thodiquement achet&#233; des intellectuels et les a dress&#233;s contre le trotskysme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6583&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3608&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3608&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1923-24, des gens ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de diff&#233;rents partis pour la seule raison qu'ils n'&#233;taient pas d'accord pour condamner imm&#233;diatement Trotsky. Par la suite, ces &#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; contraints de regrouper leurs forces, sans avoir ni traditions r&#233;volutionnaires ni fondement th&#233;orique sous leurs pieds. Certains d'entre eux ne se sentaient m&#234;me pas faire partie d'une organisation r&#233;volutionnaire et en ont vite profit&#233; pour l'abandonner. Cette derni&#232;re cat&#233;gorie comprend Madeleine et Maurice Paz, et dans une certaine mesure le vieux Loriot et Souvarine qui, n'ayant pas eu le temps de devenir marxiste, est devenu libre penseur, comme je l'ai d&#233;j&#224; &#233;crit plus haut. En Allemagne, Urbahns a compromis pendant plusieurs ann&#233;es l'Opposition entre la social-d&#233;mocratie et le sapronovisme. Enfin, en Belgique, Van Overstraten - et ce fut une grande surprise pour moi - s'est r&#233;v&#233;l&#233; impressionniste et dilettante. Sans compr&#233;hension marxiste, il recommence &#224; z&#233;ro sur chaque question, comme sur une page blanche, comme un autodidacte politique, malgr&#233; sa formation intellectuelle. J'ai rencontr&#233; Overstraten &#224; plusieurs congr&#232;s et lors de deux ou trois visites qu'il m'a rendu au commissariat militaire. Si je me souviens bien, il ne parlait jamais aux congr&#232;s et dans les conversations personnelles, il &#233;coutait plus qu'il ne parlait. Il est tout &#224; fait clair qu'il ne se sentait pas &#224; l'aise dans le Comintern de L&#233;nine : mais maintenant il l'admet ouvertement. Il a perdu la discipline th&#233;orique et organisationnelle, et je crains qu'il ne puisse plus la r&#233;cup&#233;rer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les oppositionnels d'Europe occidentale n'ont jamais v&#233;cu une vie id&#233;ologique et politique coh&#233;rente, n'ont pas abord&#233; les grandes questions, ne se sont pas impliqu&#233;s dans la vie interne des autres partis. C'est ainsi que tous ces compagnons de route accidentels (Urbahns, Overstraten, Souvarine, Paz ) apparaissaient aux autres ainsi qu'&#224; nos camarades, et ils se voyaient tels. Mais au fond, ils nous ont caus&#233; beaucoup de tort, en bloquant aux id&#233;es de l'opposition la voie de l'entr&#233;e dans le parti, qu'ils ont d&#233;clar&#233; mort et liquid&#233;. Cette approche &#233;tait beaucoup plus facile et donnait la possibilit&#233; de vivre tranquillement dans son coin, avec une heure par semaine de discussions oppositionnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre travail &#224; l'&#233;tranger ces deux derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; de mettre un terme &#224; ces fictions, &#224; la multiplication des malentendus fondamentaux et de d&#233;velopper les fondements de l'Opposition de gauche internationale. Pendant ces deux ann&#233;es, j'ai pass&#233; plus de temps &#224; d&#233;fricher qu'&#224; construire. Mais c'&#233;tait un travail pr&#233;alable absolument n&#233;cessaire, si l'on tient compte du fait que le sol est tr&#232;s encombr&#233;, non seulement par les ordures de l'appareil officiel, mais aussi par la confusion et le chaos des regroupements d'opposition al&#233;atoires et accidentels. Une organisation oppositionnelle fonctionnelle n'a &#233;t&#233; pratiquement pr&#233;sente, dans aucun pays, au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es. La meilleure organisation &#233;tait probablement le groupe am&#233;ricain, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'est r&#233;ellement constitu&#233; r&#233;cemment, recevant une forte et nouvelle impulsion du VIe Congr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/nin_21111930.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/nin_21111930.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre destructrice des proc&#232;s de Moscou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4693&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4693&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3160&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3160&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme s'est mobilis&#233;, par exemple en France, contre les militants ouvriers trotskistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6838&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les staliniens fran&#231;ais &#233;taient mobilis&#233;s contre le trotskisme, proclam&#233; ennemi num&#233;ro un et agent du fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mou\'ement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouv&#232;mcnt r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier. Quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2021.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2021.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment Trotsky critiquait le courant trotskyste de France sur la question syndicale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article469&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article469&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les militants de l'Opposition de gauche sont ex&#233;cut&#233;s sans proc&#232;s, et nombre d'entre eux ont sans doute p&#233;ri dans le cours de la pr&#233;paration des proc&#232;s &#224; spectacle, de ces amalgames dont on con&#231;oit sans peine combien Staline e&#251;t aim&#233; y faire figurer, dans le r&#244;le d'accus&#233; avouant ses crimes et battant sa coulpe, l'un des &#171; irr&#233;ductibles &#187; qui n'avaient cess&#233; de le braver depuis des ann&#233;es. Trotsky lui m&#234;me redoutait, non sans raison, &#224; l'annonce de chaque proc&#232;s, d'y voir figurer l'un d'entre eux, bris&#233; par les m&#233;thodes perfectionn&#233;es dont il ne sous estimait pas l'efficacit&#233;. Parmi tous les hommes qui n'avaient pas capitul&#233;, Staline pourtant ne r&#233;ussit finalement qu'&#224; briser le seul Mouralov, celui l&#224; m&#234;me qu'il avait curieusement &#233;pargn&#233; en le laissant exercer librement sa profession d'agronome dans la r&#233;gion de Novosibirsk. Ce coup tr&#232;s dur pour Trotsky demeura unique. Parmi les accus&#233;s des trois grands proc&#232;s de Moscou ont figur&#233; certes nombre d'anciens dirigeants ou militants de l'Opposition, mais, &#224; l'exception de Mouralov, tous ces hommes avaient d&#233;j&#224; &#171; capitul&#233; &#187; des ann&#233;es auparavant et s'&#233;taient reni&#233;s publiquement, Zinoviev et Kamenev, Piatakov et Krestinsky d&#232;s 1928, Smirnov, Mratchkovsky, Boguslavsky, Ter Vaganian apr&#232;s Radek en 1929, Rakovsky en 1934 enfin. Mais aucun des bolcheviks l&#233;ninistes maintenus en isolateur depuis des ann&#233;es, rest&#233;s fid&#232;les &#224; l'organisation et &#224; son programme, n'a finalement collabor&#233;, m&#234;me sous la torture, aux proc&#232;s pr&#233;fabriqu&#233;s et la majorit&#233; d'entre eux ont pay&#233; ce refus de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons sur ce qu'&#233;taient ces hommes en 1936 qu'un seul t&#233;moignage, celui de Victor Serge. Il &#233;crit &#224; Trotsky, le 27 mai 1936, peu apr&#232;s sa lib&#233;ration et son arriv&#233;e en Belgique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous sommes en ce moment fort peu nombreux : quelques centaines, dans les cinq cents. Mais ces cinq cents ne fl&#233;chiront plus. Ce sont des hommes tremp&#233;s, qui ont appris &#224; penser et &#224; sentir par eux m&#234;mes et qui acceptent avec tranquillit&#233; la perspective d'une pers&#233;cution sans fin. Dans les isolateurs, nos camarades sont quelques dizaines au total, sur des centaines de zinovi&#233;vistes, droitiers et autres staliniens v&#233;reux. Parmi nous, il n'y a pas grande unit&#233; de vues. Boris Mikh(ailovitch Eltsine) disait : &#034;C'est le G.P.U. qui fait notre unit&#233;&#034;. Deux grandes tendances se divisent &#224; peu pr&#232;s par moiti&#233; : ceux qui estiment qu'il faut tout r&#233;viser, que l'on a commis des fautes depuis le d&#233;but de la r&#233;volution d'Octobre et ceux qui consid&#232;rent le bolchevisme &#224; ses d&#233;buts comme inattaquable. Les premiers sont enclins &#224; consid&#233;rer que dans les questions d'organisation vous aviez raison, avec Rosa Luxemburg, dans certains cas, contre L&#233;nine autrefois. En ce sens, il y a un trotskisme dont les attaches remontent loin (personnellement, je suis aussi de cet avis, pensant toutefois que les principes d'organisation de L&#233;nine ont fait leurs preuves dans une p&#233;riode et un pays donn&#233;, particuli&#232;rement arri&#233;r&#233;). Nous nous divisons aussi par moiti&#233; sur les probl&#232;mes de la d&#233;mocratie sovi&#233;tique et de la dictature (les premiers, partisans de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re la plus large dans la dictature : mon impression est que cette tendance est en r&#233;alit&#233; de beaucoup la plus forte). Dans les isolateurs, un groupe dit du &#034;capitalisme d'&#201;tat&#034; (Goskappisty) s'est d&#233;tach&#233; : ils professent que le capitalisme d'&#201;tat vers lequel s'acheminent &#233;galement Mussolini, Hitler et Staline, est aujourd'hui le pire ennemi du prol&#233;tariat. Ils sont peu nombreux, mais il y a parmi eux quelques camarades des plus capables [ ... ] Il devient de plus en plus difficile, sinon impossible de tenir [ ... ] En g&#233;n&#233;ral, il n'y a plus d'autorit&#233;s : les vieux se sont discr&#233;dit&#233;s, les jeunes entendent penser par eux-m&#234;mes. Par &#034;vieux&#034;, j'entends ici la g&#233;n&#233;ration d'opposants de 23 28 dont il ne reste que quelques cadres admirables, des jeunes d'ailleurs comme les Iakovine et les Dingelstedt. Dans les isolateurs et ailleurs, on trouve surtout maintenant les opposants trotskystes de 1930 1933. Une seule autorit&#233; subsiste : la v&#244;tre. Vous avez l&#224; bas une situation morale incomparable, des d&#233;vouements absolus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1980/00/broue_19800000l.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1980/00/broue_19800000l.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Staline s'appr&#234;tait &#224; revenir sur le chemin de la r&#233;volution, il n'aurait pas extermin&#233; et d&#233;moralis&#233; les r&#233;volutionnaires. En derni&#232;re analyse, Mussolini a raison lorsqu'il &#233;crit dans le &#171; Giornale d'italia &#187; que &#171; personne jusqu'ici n'a port&#233; de coups plus rudes &#224; l'id&#233;al du communisme (de la r&#233;volution prol&#233;tarienne) ni extermin&#233; de communistes avec autant d'acharnement que Staline. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &#8211; 9 mars 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3088&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3088&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Trotsky ach&#232;ve le travail de destruction du trotskysme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5671&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5671&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la deuxi&#232;me guerre mondiale, plusieurs groupes trotskystes ont vir&#233; de bord et quelques rares ont partiellement tenu le cap&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faiblesses du trotskysme en France ont jou&#233; un r&#244;le important&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301125a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301125a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky rappelle &#224; propos des trotskystes am&#233;ricains : &#171; j'&#233;crivais &#224; Cannon :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Le Parti a seulement une minorit&#233; de v&#233;ritables ouvriers d'usine... Les &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens repr&#233;sentent un levain tr&#232;s n&#233;cessaire et je crois que nous pouvons &#234;tre fiers de la qualit&#233; de ces &#233;l&#233;ments. Mais... notre Parti peut &#234;tre inond&#233; par des &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens et peut m&#234;me perdre son caract&#232;re r&#233;volutionnaire. Evidemment notre t&#226;che n'est pas d'emp&#234;cher l'afflux des intellectuels par des m&#233;thodes artificielles... mais d'orienter toute l'organisation vers les usines, les gr&#232;ves, les syndicats...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Prenons un exemple concret : nous ne pouvons pas consacrer suffisamment ou autant de forces &#224; toutes les usines. Notre organisation locale peut choisir comme champ d'activit&#233; durant la p&#233;riode prochaine une, deux ou trois usines dans son rayon et concentrer toutes ses forces sur ces usines. Si nous avons, dans l'une d'elles, deux ou trois ouvriers, nous pouvons cr&#233;er une commission sp&#233;ciale de soutien de cinq membres non ouvriers dans le but d'&#233;largir notre influence dans cette usine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La m&#234;me chose doit &#234;tre faite dans les syndicats. Nous ne pouvons pas introduire des membres non ouvriers dans les syndicats ouvriers. Mais nous pouvons constituer, avec des chances de succ&#232;s, des commissions de soutien pour l'action orale et litt&#233;raire en connection avec nos camarades au sein du syndicat. Les conditions invariables de cette action doivent &#234;tre : ne pas commander les ouvriers, mais seulement les aider, leur donner des suggestions, les armer de faits, d'id&#233;es, de journaux d'usines, de tracts sp&#233;ciaux, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une telle collaboration aurait une &#233;norme importance &#233;ducative, d'une part pour les camarades ouvriers, d'autre part pour les membres non ouvriers qui ont besoin d'une solide r&#233;&#233;ducation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Vous avez par exemple, un nombre important d'&#233;l&#233;ments juifs non travailleurs dans vos rangs. Ils peuvent &#234;tre un levain de valeur, si le Parti r&#233;ussit &#224; les extraire peu &#224; peu d'un milieu clos, et &#224; les lier aux ouvriers d'usines au moyen d'une activit&#233; quotidienne. Je crois qu'une telle orientation assurerait aussi une atmosph&#232;re plus saine &#224; l'int&#233;rieur du Parti...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous pouvons poser sans tarder une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale : un membre du Parti qui n'a pas gagn&#233; au Parti un nouvel ouvrier au cours de trois ou six mois n'est pas un bon membre du Parti.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Si nous assurions s&#233;rieusement une telle orientation g&#233;n&#233;rale et si nous en v&#233;rifiions chaque semaine les r&#233;sultats pratiques, nous &#233;viterions un grand danger, celui de voir les intellectuels et les ouvriers en faux col supplanter la minorit&#233; ouvri&#232;re, la condamner au silence et transformer le Parti en un club de discussion tr&#232;s intelligent, mais absolument inhabitable pour les ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les m&#234;mes r&#232;gles devraient &#234;tre appliqu&#233;es sous une forme correspondante en ce qui concerne le travail et le recrutement de l'organisation de jeunesse, sans quoi nous courons le danger d'&#233;duquer de bons &#233;l&#233;ments jeunes en dilettantes r&#233;volutionnaires et non en combattants r&#233;volutionnaires.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette lettre prouve clairement, je l'esp&#232;re, que je n'ai pas invent&#233; le danger d'une d&#233;viation petite-bourgeois&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma7.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma7.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re chose qu'il faut comprendre dans la situation mondiale, et si on ne la comprend pas tout s'embrouille et l'action devient st&#233;rile, c'est que l'Etat et le gouvernement russes actuels, loin d'avoir pour base la r&#233;volution bolchevique de 1917, ou le moindre de ses restes, repr&#233;sentent face &#224; elle la plus f&#233;roce et achev&#233;e des contre-r&#233;volutions. L'actuel gouvernement russe a contribu&#233; &#224; lui seul &#224; la d&#233;faite de la r&#233;volution mondiale et &#224; l'&#233;tat de prostration des masses bien plus que tous les gouvernements capitalistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans Moscou et le stalinisme mondial, ou bien la guerre imp&#233;rialiste n'aurait pas &#233;clat&#233;, emp&#234;ch&#233;e par la r&#233;volution europ&#233;enne, ou bien la guerre se serait vite et victorieusement transform&#233;e en guerre civile. C'est cette derni&#232;re direction que prenait l'action spontan&#233;e des masses sous l'occupation nazie, action que le stalinisme et le capitalisme mondial ont, sous un &#233;tendard unitaire, r&#233;orient&#233;e vers la guerre imp&#233;rialiste via les mouvements nationaux. Nous en sommes ainsi arriv&#233;s &#224; l'actuelle compl&#232;te domination r&#233;actionnaire du monde par les Trois Grands victorieux, ce qui entra&#238;ne une menace continuelle de nouvelle guerre imp&#233;rialiste et qui donne aux masses une am&#232;re sensation de frustration, gage de domination stalinienne et r&#233;formiste. La crise du mouvement ouvrier mondial se r&#233;sume donc dans la capacit&#233; organique du stalinisme (la social-d&#233;mocratie est un second couteau de peu d'importance) &#224; clouer l'activit&#233; des masses, pendant et apr&#232;s la guerre, dans le cercueil mis en place par les vieux imp&#233;rialismes et la contre-r&#233;volution russe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la guerre le parti am&#233;ricain a eu une attitude opportuniste comparable &#224; celle du centrisme et non &#224; celle qui doit &#234;tre la n&#244;tre. Lui-m&#234;me l'a d&#233;finie comme non-soutien, transformation de la guerre imp&#233;rialiste en vraie guerre contre le fascisme, opposition politique, etc... et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale s'est abstenu d'agitation et de travail sp&#233;cifique contre la guerre, tant &#224; l'arri&#232;re qu'au front. Et la politique de ce parti est apparue face au monde, pendant des ann&#233;es, comme la politique officielle de la IV&#176; Internationale ! D'autre part, ce qui faisait office de centre international l'a tacitement accept&#233; comme bonne. Evidemment, la politique du parti am&#233;ricain a entra&#238;n&#233; vers l'opportunisme tous les groupes de la IV&#176; Internationale dans le monde. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Les camarades qui pendant l'occupation, dans de terribles conditions, ont continu&#233; la lutte g&#233;n&#233;rale pour la r&#233;volution sur la base de nos id&#233;es, se sont montr&#233;s redevables de l'estime et de l'admiration de toute l'Internationale. Notre respect et notre amiti&#233; va &#224; tous ceux qui sont tomb&#233;s et ceux qui continuent. C'est cela m&#234;me qui nous oblige &#224; signaler les erreurs qui entravent aujourd'hui la croissance de l'organisation et la marche r&#233;volutionnaire. Pour r&#233;soudre positivement sa crise, pour aider l'Internationale &#224; r&#233;soudre la sienne, le parti fran&#231;ais doit analyser sa conduite et celle de l'Internationale pendant la guerre imp&#233;rialiste, et condamner les opportunismes et les vacillements. L'erreur la plus grave en ce domaine vient de la nouvelle direction &#233;lue &#224; la Pr&#233;-conf&#233;rence d'avril 1946. Depuis plus d'un an elle n'a toujours pas mis en discussion la politique des principaux partis pendant la guerre imp&#233;rialiste (...). Son erreur risque d'&#234;tre davantage mortelle pour notre mouvement quand cette nouvelle direction rechigne &#224; mettre &#224; l'ordre du jour du Congr&#232;s mondial en pr&#233;paration l'attitude des principaux partis face &#224; la guerre imp&#233;rialiste et aux mouvements nationaux. Une erreur peut &#234;tre grave ou tr&#232;s grave, mais un parti qui sait les corriger poursuivra son chemin vers la r&#233;volution. Une erreur non rectifi&#233;e produit la phtisie th&#233;orique, l'ankylose organique, la destruction t&#244;t ou tard. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas, comme le consid&#232;rent malheureusement quelques tendances, consubstantiel &#224; notre mouvement. Le crit&#232;re qui a toujours pr&#233;valu dans notre attitude vis-&#224;-vis de la question est celui-ci : la d&#233;fense de l'U.R.S.S. dans une guerre contre des ennemis ext&#233;rieurs aide t-elle ou entrave t-elle la r&#233;volution mondiale ? [...] La &#171; d&#233;fense inconditionnelle de l'U.R.S.S. &#187; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e incompatible avec la d&#233;fense de la R&#233;volution mondiale. La d&#233;fense de la Russie doit &#234;tre abandonn&#233;e de toute urgence parce qu'elle lie tous nos mouvements, p&#232;se sur notre progr&#232;s th&#233;orique, et nous donne aux yeux des masses une physionomie stalinisante. Il est impossible de d&#233;fendre la R&#233;volution mondiale et la Russie en m&#234;me temps. C'est l'un ou l'autre. Nous nous pronon&#231;ons pour la R&#233;volution mondiale, contre la d&#233;fense de la Russie, et vous invitons &#224; vous prononcer dans le m&#234;me sens [...] pour &#234;tre fid&#232;les &#224; la tradition r&#233;volutionnaire de la IV&#176; Internationale, nous devons abandonner la th&#233;orie trotskyste de la d&#233;fense de l'U.R.S.S. ; nous produirons ainsi dans l'Internationale la r&#233;volution id&#233;ologique indispensable pour la r&#233;ussite de la R&#233;volution mondiale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat russe a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par le stalinisme dans tout le mouvement ourier comme premier pays socialiste alors que L&#233;nine et Trotsky affirmaient le contraire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement trotskyste en France, le plus&#8230; &#224; droite de tout le trotskysme mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5230&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3738&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3738&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Quatri&#232;me Internationale fond&#233;e par L&#233;on Trotsky a &#233;chou&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'extr&#234;me gauche opportuniste a soutenu les ennemis du prol&#233;tariat sous pr&#233;texte de lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre principale divergence avec l'extr&#234;me gauche fran&#231;aise : ils ne sont pas clairs vis-&#224;-vis de la nature de l'Etat capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi la Quatri&#232;me internationale &#233;tait en &#233;chec en 1939</title>
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		<dc:date>2025-08-05T22:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
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&lt;p&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
avril 1939 &lt;br class='autobr' /&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;avril 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela donne une id&#233;e des difficult&#233;s. Cannon et Shachtman pensaient qu'il s'agissait exclusivement d'un probl&#232;me de direction et d'organisation. Blasco pensait que les camarades fran&#231;ais &#233;taient capables d'analyser la situation politique, mais incapables d'intervenir activement dans la lutte des masses. Mon opinion personnelle est qu'un tel &#233;tat de choses r&#233;sulte de la composition sociale du groupe, de sa concentration &#224; Paris et de l'int&#233;r&#234;t pr&#233;dominant qu'il porte aux questions purement politiques au d&#233;triment des probl&#232;mes des usines, encore que j'aie pu remarquer au milieu de 1937 un grand changement de ce point de vue. Je crois cependant qu'il s'agit d'une question qui demande une r&#233;flexion et une analyse s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. La question de l'Espagne. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour commencer, &#224; partir de toutes les sources disponibles, une enqu&#234;te sur l'activit&#233; organisationnelle de nos camarades en Espagne &#224; partir de 1936. D'apr&#232;s tout ce que j'ai entendu dire, 500 camarades bien organis&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. auraient &#233;t&#233; capables d'essayer de prendre le pouvoir en mai 1937 [2] . Je crois que nous avons beaucoup &#224; apprendre des m&#233;thodes de travail appliqu&#233;es par nos camarades, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U.M [3] . Et comme, de m&#234;me qu'en France et peut&#8209;&#234;tre en Hollande, et en Grande&#8209;Bretagne o&#249; il y a entre nous et la social&#173;-d&#233;mocratie des partis centristes dans lesquels il est vraisemblable que nous ayons &#224; travailler comme nos camarades ont d&#251; le faire dans le P.O.U.M., pour toutes ces raisons, je crois qu'il est tr&#232;s important de travailler &#224; partir de l'exp&#233;rience r&#233;elle de nos camarades en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La section britannique. Vous &#234;tes tous au courant de l'histoire de cette section : la scission de 1936 [4] et la formation de deux groupes, l'un enracin&#233; dans le Labour Party [5] et l'autre &#224; l'ext&#233;rieur [6] . Quand le camarade Cannon est arriv&#233;, &#224; l'&#233;t&#233; 1938, la Revolutionary Socialist League a r&#233;sult&#233; d'une fusion entre l'ancienne Marxist League, qui avait fait scission avec Groves [7] et le Marxist Group [8] , et &#233;tait en contact avec une vingtaine de camarades admirables d'Edinburgh [9] . Le pacte d'unit&#233; et de paix stipulait que chaque groupe devait continuer son activit&#233; propre et qu'au bout de six mois, on tirerait un bilan. Aux derni&#232;res nouvelles, les frictions ont continu&#233; et c'est maintenant le groupe &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party qui domine [10] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi un autre groupe &#8209; celui de Lee [11] - &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, qui a refus&#233; de rien avoir &#224; faire avec la fusion, disant qu'elle &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Le groupe Lee est tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit au camarade Cannon qu'en fin de compte j'&#233;tais arriv&#233; &#224; la conclusion a) que je n'avais aucune objection &#224; ce que m&#234;me la majorit&#233; des camarades du groupe fusionn&#233; soient dans le Labour Party, b) mais que le groupe ind&#233;pendant, avec son journal, devait continuer. En derni&#232;re analyse, la fraction dans le Labour Party ne gagnerait pas beaucoup d'adh&#233;rents dans les circonstances actuelles et notre ind&#233;pendance de groupe, avec un journal &#233;tait absolument n&#233;cessaire. Wicks, Sara, Sumner [12] et autres, de l'ancienne Marxist League, qui ont travaill&#233; pendant quatre ans dans le Labour Party et s'y trouvaient encore, &#233;taient tout &#224; fait d'accord avec nous sur la n&#233;cessit&#233; d'une organisation ind&#233;pendante. Les camarades du Labour Party voulaient un organe comme New International. Nous avons dit non ; nous voulions un journal comme l'ancien Militant [13] mi&#8209;th&#233;orique et mi-d'organisation. Il n'y a pas eu lieu de discuter plus avant la question britannique dans la mesure o&#249; on a eu le temps de l'&#233;tudier de loin. Il est clair que ni des conseils ni une politique ne peuvent faire des miracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'Independent Labour Party est pourtant importante pour nous [14]. Organisationnellement, il est faible, mais il a quatre d&#233;put&#233;s, un journal qui se vend entre 25000 et 30000 exemplaires par semaine, ses congr&#232;s et ses d&#233;clarations sont l'objet de publicit&#233; dans la presse bourgeoise ; il a suffisamment de soutien financier pour pr&#233;senter quinze candidats au &#233;lections dont la majorit&#233; ont perdu le d&#233;p&#244;t de 750 livres par candidat. En g&#233;n&#233;ral, il dit plut&#244;t le m&#234;me genre de choses que nous et recueille tout le soutien moral et financier qui nous revient, par exemple aux Etats&#8209;Unis o&#249; il n'y a rien, entre la social-d&#233;mocratie et nous, du type de ce parti. En outre, l'I.L.P. a pass&#233; son temps &#224; s'ouvrir puis se fermer, mais nous avons &#233;t&#233; incapables d'exploiter les scissions r&#233;p&#233;t&#233;es et le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral de sa gauche. Si nous pouvions scissionner l'I.L.P. et, ainsi que Maxton a, de sa propre initiative, menac&#233; de le faire, entra&#238;ner les Ecossais et laisser le champ libre en Angleterre, nous ne pourrions certes pas cr&#233;er tout de suite un grand parti dirigeant, mais nous ferions un progr&#232;s extraordinaire [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la r&#233;solution de 1936 sur les partis centristes, qui affirmait que l'l.L.P. allait bient&#244;t tomber dans le stalinisme, &#233;tait une erreur [16] qui a d&#233;sorient&#233; la section anglaise. Maintenant, il semblerait que nos progr&#232;s futurs en Grande&#8209;Bretagne dans la direction de l'l.L.P. vont d&#233;pendre largement des succ&#232;s de notre section fran&#231;aise (et de sa capacit&#233;) &#224; attirer &#224; elle les meilleurs &#233;l&#233;ments du P.S.O.P. [17]. Je propose cependant que notre section britannique ne n&#233;glige nullement l'I.L.P. et que, par des brochures, dans sa presse par des articles, elle concentre son offensive sur ses points faibles et ses divergences internes et s'emploie de son mieux &#224; aggraver les scissions qui se dessinent constamment en son sein afin de faciliter sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin la question des camarades qui vont dans les usines, comme on l'a d&#233;j&#224; fait dans une ou deux r&#233;gions d'Am&#233;rique du Nord, o&#249; les intellectuels, d&#233;termin&#233;s &#224; entrer en contact avec les masses, sont entr&#233;s dans l'industrie de l'alimentation et dans d'autres, partout o&#249; cela a &#233;t&#233; possible et, en certains endroits, avec un grand succ&#232;s. Il me semble qu'en France et, tr&#232;s certainement en Grande&#8209;Bretagne, cela constitue un moyen &#224; tenter pour renforcer ce contact avec les masses qui est l'un des plus gros points faibles de notre parti dans les grandes villes comme Londres, Paris, et dans une certaine mesure, New York, tandis que le parti belge, bas&#233; en province sur une r&#233;gion industrielle [18] est extr&#234;mement bien organis&#233; et, en d&#233;pit de certaines faiblesses politiques au cours de la derni&#232;re p&#233;riode [19], d&#233;montre que, dans toute mont&#233;e comme celle qui s'est produite en France [20], il jouerait vraisemblablement un r&#244;le plus important et r&#233;aliserait au moins des progr&#232;s infiniment plus substantiels que ne l'a fait notre section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky &#8209; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis. Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouvement r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier, quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. C'est que les masses ne font pas leur &#233;ducation &#224; travers des pronostics ou des conceptions th&#233;oriques, mais &#224; travers l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale de leur vie. C'est l&#224; l'explication globale : l'ensemble de la situation est contre nous. Il faut que se produise un tournant dans la prise de conscience de classes, dans les r&#233;actions et les sentiments des masses, un tournant qui nous donnera la possibilit&#233; de remporter un grand succ&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des discussions en 1927 &#224; Moscou apr&#232;s l'&#233;crasement des ouvriers chinois par Tchiang Ka&#239;&#8209;chek [21]. Nous l'avions pr&#233;dit dix jours auparavant et Staline nous avait r&#233;pondu par des affirmations de ce genre : &#171; Borodine est vigilant &#187;, &#171; Tchiang Ka&#239;&#8209;chek ne peut mat&#233;riellement nous trahir &#187;, etc Huit ou dix jours plus tard, c'&#233;tait la trag&#233;die et nos camarades exprim&#232;rent leur confiance : notre analyse &#233;tait si manifestement correcte que tout le monde s'en apercevait et que nous &#233;tions s&#251;rs d'entra&#238;ner le parti. Je r&#233;pondis que l'&#233;tranglement de la r&#233;volution chinoise &#233;tait mille fois plus important pour les masses que toutes nos pr&#233;dictions. Nos pr&#233;dictions pouvaient convaincre une poign&#233;e d'intellectuels qui s'int&#233;ressaient &#224; ces probl&#232;mes, mais pas les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire militaire de Tchiang devait in&#233;vitablement provoquer un reflux, une d&#233;moralisation, et ne pouvait en rien favoriser la progression d'une fraction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1917, nous avons connu une longue suite de d&#233;faites. Nous sommes comme des gens qui tenteraient d'escalader une montagne et qui recevraient toujours et toujours des avalanches de pierre et de neige. Il s'est cr&#233;&#233; dans les masses en Asie et en Europe un sentiment nouveau de d&#233;sespoir. Elles ont entendu quelque chose comme ce que nous disions il y a dix ou quinze ans du parti communiste, et elles sont pessimistes. C'est l&#224; l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral des masses. C'est la raison la plus g&#233;n&#233;rale. Il ne nous est pas possible de nous situer en dehors du courant historique g&#233;n&#233;ral, hors de la disposition g&#233;n&#233;rale des forces. Le courant est contre nous, c'est clair. Je me souviens de la p&#233;riode entre 1908 et 1913, en Russie. A cette &#233;poque aussi nous &#233;tions en pleine r&#233;action. En 1905 pourtant, nous avions les ouvriers avec nous, mais en 1908, et m&#234;me en 1907, d&#233;j&#224;, commen&#231;a la grande r&#233;action, le grand reflux. Tout le monde inventait des mots d'ordre et des m&#233;thodes nouvelles pour conqu&#233;rir les masses, mais personne n'y arrivait. Tout ce qu'on pouvait faire &#224; cette &#233;poque, c'&#233;tait de former des cadres, mais ils fondaient ensuite litt&#233;ralement. Il se produisit de nombreuses scissions, &#224; droite, &#224; gauche, vers le syndicalisme, ailleurs... L&#233;nine restait &#224; Paris avec un petit groupe, une secte. Il gardait pourtant confiance, car il savait qu'il y aurait bient&#244;t des possibilit&#233;s de redressement... C'est ce qui se produisit en 1913, o&#249; il y eut une vague dont la guerre brisa le d&#233;veloppement. Pendant la guerre, il r&#233;gna d'abord parmi les ouvriers un silence de mort. Les gens qui se r&#233;unirent &#224; Zimmerwald [22] &#233;taient en majorit&#233; des &#233;l&#233;ments tr&#232;s confus. Au plus profond des masses, dans les tranch&#233;es et ailleurs, il existait bien un &#233;tat d'esprit nouveau, mais tellement souterrain, tellement terroris&#233; encore, que nous nous ne pouvions ni l'atteindre ni lui donner une expression. C'est pour cela que le mouvement se sentait si mis&#233;rable, et m&#234;me la majorit&#233; des gens qui s'&#233;taient rencontr&#233;s &#224; Zimmerwald allaient virer &#224; droite pendant le mois suivant. Je ne cherche pas &#224; d&#233;gager leurs responsabilit&#233;s personnelles mais, l&#224; aussi, il faut une explication globale : c'est que le mouvement zimmerwaldien avait &#224; nager contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre situation &#224; nous est incomparablement plus difficile que celle d'aucune autre organisation, &#224; aucune autre &#233;poque. Nous avons &#224; subir le poids terrible de la trahison de l'Internationale Communiste qui s'&#233;tait dress&#233;e justement contre la trahison de la II&#176; internationale. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la III&#176; Internationale s'est accomplie si rapidement et de fa&#231;on tellement inattendue que c'est la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#224; qui nous avons autrefois annonc&#233; sa formation qui est encore l&#224; pour nous entendre aujourd'hui d&#233;noncer sa trahison. Et ces hommes se souviennent qu'ils ont d&#233;j&#224; une fois entendu tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte aussi de l'importance de la d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie. Car la IV&#176; Internationale, par sa naissance, est li&#233;e &#224; l'Opposition de gauche russe, et les masses, d'ailleurs, nous appellent les &#171; trotskvstes &#187;. On nous dit : &#171; Trotsky veut prendre le pouvoir. Mais pourquoi donc l'a-t-il perdu ? &#187; C'est &#233;videmment une question de fond. Nous devons commencer par y r&#233;pondre en expliquant la dialectique de l'histoire, de la lutte de classes : toute r&#233;volution engendre une r&#233;action. Max Eastman a &#233;crit que Trotsky accordait &#224; la doctrine trop d'importance et que, s'il avait eu plus de bon sens, il n'aurait pas perdu le pouvoir. Effectivement, il n'est rien au monde qui soit plus convaincant que le succ&#232;s et rien de plus repoussant, surtout pour les larges masses, qu'une d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut donc ajouter la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale communiste, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, la terrible d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie, suivie de son extermination. Ces faits&#8209;l&#224; sont mille fois plus convaincants pour la classe ouvri&#232;re que notre pauvre petit journal, m&#234;me quand il atteint le tirage fantastique des cinq mille exemplaires de notre Socialist Appeal [23] . Nous sommes sur un fr&#234;le esquif au milieu d'un courant terrible. Sur cinq ou six bateaux, l'un coule, et on dit tout de suite que c'est la faute du pilote. Mais la v&#233;ritable raison n'est pas l&#224;. La v&#233;rit&#233;, c'est que le courant &#233;tait trop fort. Voil&#224; l'explication la plus g&#233;n&#233;rale, celle que nous ne devons jamais oublier, si nous ne voulons pas sombrer dans le pessimisme ou le d&#233;couragement, nous qui sommes l'avant&#8209;garde de l'avant&#8209;garde. Car cette ambiance marque tous les groupes qui se rassemblent autour de notre drapeau. Il y a des &#233;l&#233;ments courageux qui n'aiment pas aller dans le sens du courant : c'est leur caract&#232;re. Il y a des gens intelligents qui ont mauvais caract&#232;re, n'ont jamais &#233;t&#233; disciplin&#233;s et ont toujours cherch&#233; une tendance plus radicale ou plus ind&#233;pendante : ils ont trouv&#233; la n&#244;tre. Mais les uns et les autres sont toujours plus ou moins des outsiders, &#224; l'&#233;cart du courant g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier. Leur grande valeur a &#233;videmment son c&#244;t&#233; n&#233;gatif, car celui qui nage contre le courant ne peut pas &#234;tre li&#233; aux masses. Aussi la composition sociale d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui commence &#224; se construire n'est&#173; elle pas &#224; pr&#233;dominance ouvri&#232;re. Ce sont les intellectuels qui sont les premiers m&#233;contents des organisations existantes. Par&#173; tout, il y a aussi beaucoup d'&#233;trangers qui, dans leur propre pays, ne se seraient sans doute pas m&#234;l&#233;s aussi facilement au mouve&#173;ment ouvrier. Un Tch&#232;que sera plus facilement membre de la IV&#176; Internationale au Mexique ou aux Etats&#8209;Unis qu'en Tch&#233;coslovaquie m&#234;me. Et de m&#234;me pour un Fran&#231;ais aux Etats&#8209;Unis. Car l'athmosph&#232;re nationale exerce une profonde influence sur les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juifs, par exemple, sont souvent &#224; moiti&#233; &#233;trangers, pas tout &#224; fait assimil&#233;s : ils adh&#232;rent volontiers &#224; toute tendance nouvelle, critique, r&#233;volutionnaire ou &#224; moiti&#233; r&#233;volutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en litt&#233;rature. Une tendance r&#233;volutionnaire nouvelle, qui va contre le courant g&#233;n&#233;ral dominant de l'histoire &#224; un moment donn&#233;, se cristallise d'abord autour d'hommes qui sont plus ou moins coup&#233;s de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour eux qu'il est le plus difficile de p&#233;n&#233;trer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tomb&#233;e du ciel, qu'elle est d&#233;termin&#233;e, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caract&#232;re de notre mission historique en cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous puissions nous satisfaire d'une telle situation. Pour la France, par exemple, il existe, en outre, une vieille tradition du mouvement ouvrier qui n'est pas sans rapport avec la composition sociale du pays, surtout dans le pass&#233; : d'un c&#244;t&#233; une mentalit&#233; petite&#8209;bourgeoise &#8209; l'individualisme - et de l'autre, un &#233;lan, une extraordinaire capacit&#233; d'improvisation. Si on les compare &#224; l'&#233;poque classique de la II&#176; Internationale, on s'aper&#231;oit que le parti socialiste fran&#231;ais et la social-d&#233;mocratie allemande, avaient au parlement le m&#234;me nombre d'&#233;lus. Mais il n'est m&#234;me pas possible de comparer les organisations. Les Fran&#231;ais &#233;taient tout juste capables de collecter 25 000 francs, et encore au prix des pires difficult&#233;s, tandis que pour les Allemands, trouver un demi&#8209;million ne posait pas de probl&#232;mes. Les Allemands avaient dans leurs syndicats plusieurs millions d'ouvriers, les Fran&#231;ais, eux, quelques millions qui ne payaient pas leurs cotisations. Engels terminait en ces termes une lettre dans laquelle il avait caract&#233;ris&#233; l'organisation fran&#231;aise : &#171; Et comme d'habitude, les cotisations ne rentrent pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre organisation fran&#231;aise souffre de la m&#234;me maladie, le mal fran&#231;ais traditionnel, cette incapacit&#233; d'organisation et, bien entendu, en m&#234;me temps, de l'absence des conditions qui permettraient l'improvisation. En outre, dans la mesure o&#249; la France a connu une mont&#233;e ouvri&#232;re, elle s'est produite en liaison avec le Front populaire. Dans ce contexte, la d&#233;faite du Front populaire a constitu&#233; la preuve que nous avions raison comme, auparavant, l'extermination des ouvriers chinois. Mais une d&#233;faite est une d&#233;faite, et elle se retourne directement contre les tendances r&#233;volutionnaires, au moins jusqu'&#224; ce que se produise une nouvelle mont&#233;e &#224; un niveau sup&#233;rieur. Il nous faut nous pr&#233;parer surtout et attendre un &#233;l&#233;ment nouveau, un facteur nouveau dans la configuration g&#233;n&#233;rale des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en France des camarades comme Naville et d'autres qui sont venus &#224; nous, il y a quinze, seize ans, alors qu'ils &#233;taient encore de tout jeunes gens ; ce sont maintenant des hommes m&#251;rs, et, pendant toute leur vie consciente, ils n'ont re&#231;u que des coups, subi que des d&#233;faites, de terribles d&#233;faites, et ils en ont l'habitude. Ils appr&#233;cient hautement la justesse de leurs conceptions, ils sont capables de bonnes analyses, mais ils n'ont jamais &#233;t&#233; capables de p&#233;n&#233;trer dans les masses, d'y travailler, ils n'ont jamais pu apprendre &#224; le faire. Or il est terriblement n&#233;cessaire de regarder ce qui se passe dans les masses. Mais nous avons en France des camarades qui sont ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je connais beaucoup moins bien la situation britannique, mais je crois qu'il y a l&#224; aussi des gens comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons&#8209;nous perdu des hommes ? Apr&#232;s ces terribles d&#233;faites mondiales, la mont&#233;e ouvri&#232;re en France s'est r&#233;alis&#233;e &#224; un niveau tr&#232;s bas, tr&#232;s primitif politiquement, sous la direction du Front populaire. Toute la p&#233;riode du Front populaire a &#233;t&#233; une sorte de caricature de notre r&#233;volution de f&#233;vrier. C'est une honte pour la France, qui traversait voici cent cinquante ans, la plus grande r&#233;volution bourgeoise du monde, que ce mouvement ouvrier ait eu &#224; passer par une caricature de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Vous ne rejetterez donc pas toute la responsabilit&#233; sur le parti communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; Il constitue un facteur important dans l'&#233;laboration de la mentalit&#233; des masses, et on peut dire, en effet, que la d&#233;g&#233;nerescence du parti communiste a &#233;t&#233; un facteur tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, les bolcheviks dominaient compl&#232;tement le mouvement ouvrier. Les statistiques les plus s&#233;rieuses d&#233;montrent qu'&#224; la veille de la guerre les bolcheviks ne repr&#233;sentaient pas moins des trois quarts de l'avant&#8209;garde ouvri&#232;re. Pourtant, avec le d&#233;but de la r&#233;volution de f&#233;vrier, les &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s, les paysans, les soldats, et m&#234;me d'anciens ouvriers bolcheviques ont &#233;t&#233; attir&#233;s dans ce courant Front populaire. Le parti bolch&#233;vique fut r&#233;duit &#224; l'isolement et tr&#232;s affaibli. Le courant g&#233;n&#233;ral &#233;tait &#224; un bas niveau politique, mais il &#233;tait puissant et il aboutit finalement &#224; la r&#233;volution d'Octobre. Il s'agit d'une question de rythme. En France, venant apr&#232;s toutes ces d&#233;faites, le front populaire a attir&#233; des &#233;l&#233;ments qui avaient des sympathies pour nous sur le plan des id&#233;es, mais qui &#233;taient engag&#233;s dans le mouvement des masses, et nous avons &#233;t&#233; encore plus isol&#233;s qu'auparavant, du moins pendant quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte de tous ces &#233;l&#233;ments. Je peux m&#234;me affirmer que nombre de nos dirigeants &#8209; attention, pas tous !, surtout dans les sections les plus anciennes, se verront rejet&#233;s hors du mouvement de masse r&#233;volutionnaire lors du nouveau tournant et que de nouveaux dirigeants, une direction fra&#238;che, na&#238;tront dans le courant r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la r&#233;g&#233;n&#233;ration de notre groupe a commenc&#233; [24] avec l'entr&#233;e dans le parti socialiste. Cette politique ne fut pas clairement comprise par tous ; elle nous permit pourtant de gagner de nouveaux militants. Malheureusement, ces recrues &#233;taient habitu&#233;es &#224; un milieu large et, apr&#232;s la scission, elles se sont un peu d&#233;courag&#233;es. Au fond, elles n'&#233;taient pas suffisamment tremp&#233;es, elles n'ont pas su s'accrocher et elles ont &#233;t&#233; reprises par le courant du Front populaire. C'est regrettable, mais explicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, ces m&#234;mes raisons ont jou&#233; un r&#244;le identique, en plus ce d&#233;plorable facteur qu'a constitu&#233; le comportement du groupe de Nin. C'est lui qui repr&#233;sentait en Espagne l'Opposition de gauche russe, et, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e nous n'avons pas tent&#233; de mobiliser et d'organiser nos forces de fa&#231;on ind&#233;pendante. Nous esp&#233;rions pouvoir gagner Nin a une conception correcte, etc. En public, l'Opposition de gauche le soutenait. Dans une correspondance priv&#233;e, nous avons essay&#233; de le convaincre, de le pousser, mais nous n'avons pas r&#233;ussi. Nous avons perdu du temps. Fallait&#8209;il le faire ? C'est difficile &#224; dire. Si nous avions eu en Espagne un camarade exp&#233;riment&#233;, nous aurions connu une situation bien plus favorable, mais nous n'en avions pas un seul. Nous avons plac&#233; nos espoirs en Nin, et sa politique a consist&#233; en une s&#233;rie de man&#339;uvres personnelles, destin&#233;es &#224; esquiver ses propres responsabilit&#233;s. Il jouait avec la r&#233;volution. Il &#233;tait sinc&#232;re, mais sa mentalit&#233; &#233;tait celle d'un menchevik. C'&#233;tait l&#224; un handicap effroyable, et qu'il &#233;tait difficile de ne surmonter qu'au moyen de formules correctes mais falsifi&#233;es d&#232;s le d&#233;part par ceux&#8209;l&#224; m&#234;me qui nous repr&#233;sentaient dans la premi&#232;re p&#233;riode, les Nin. N'oubliez pas que nous avons perdu la premi&#232;re r&#233;volution, celle de 1905... Avant 1905, nous avions une tradition de grand courage et d'esprit de sacrifice, des forces. Apr&#232;s, nous &#233;tions r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de mis&#233;rable minorit&#233;, de trente &#224; quarante hommes peut&#8209;&#234;tre. Puis il y eut la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Combien le parti bolchevique comptait&#8209;il de militants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; En 1910, dans tout le pays, quelques dizaines. Il y en avait pas mal en Sib&#233;rie. Mais en fait ils n'&#233;taient pas organis&#233;s. Les gens que L&#233;nine pouvait atteindre par lettre ou par un agent n'&#233;taient pas plus de trente ou quarante. Notre tradition, les id&#233;es que nous avions r&#233;pandues parmi l'avant-garde ouvri&#232;re constituaient un extraordinaire capital qui devait &#234;tre utilis&#233;, plus tard, au cours de la r&#233;volution, mais pratiquement, &#224; cette date, nous &#233;tions compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a ses lois propres, tr&#232;s puissantes, plus puissantes que notre propre conception th&#233;orique de l'histoire ! Aujourd'huit en Europe, c'est la catastrophe, le d&#233;clin, l'exter&#173;mination de tous les pays. Cela p&#232;se lourdement sur les ouvriers. Ils voient d'un c&#244;t&#233; toutes ces combinaisons diplomatiques, ces mouvements d'arm&#233;es, et de l'autre un groupe minuscule avec un petit journal qui donne les explications. Or le probl&#232;me, pour eux, c'est qu'ils vont &#234;tre mobilis&#233;s demain, que leurs enfants peuvent &#234;tre tu&#233;s. Il y a une terrible disproportion entre la t&#226;che et les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre &#233;clate maintenant, et il semble qu'elle doive &#233;clater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispers&#233;s d'abord : jeunes, ils seront mobilis&#233;s ; mais subjective&#173;ment, ils resteront fid&#232;les au mouvement. Quant &#224; ceux qui ne seront ni arr&#234;t&#233;s, ni mobilis&#233;s et qui resteront fid&#232;les , &#8209; peut&#173;-&#234;tre trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste &#8209;, ils seront compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s plusieurs mois que critique et d&#233;go&#251;t commenceront &#224; se manifester &#224; une grande &#233;chelle et un peu partout : nos camarades isol&#233;s, un bless&#233; dans un h&#244;pital, un soldat dans une tranch&#233;e, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosph&#232;re a chang&#233;, et prononceront une parole hardie. Et celui&#8209;l&#224; m&#234;me qui &#233;tait un camarade tout &#224; fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un r&#233;giment, d'une division et se sentira un dirigeant r&#233;volution&#173;naire. C'est caract&#233;ristique de notre p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas dire par l&#224; qu'il faille nous r&#233;signer &#224; l'impuissance de notre organisation fran&#231;aise. Je crois sinc&#232;re&#173;ment que, si les camarades am&#233;ricains nous aident, nous pouvons gagner le P.S.O.P. et faire un grand bond en avant. La situation est en train de m&#251;rir et elle insiste pour que nous sachions exploiter cette occasion. Si nos camarades se laissent convaincre qu'il faut virer, la situation changera. Nos camarades am&#233;ricains doivent absolument retourner en Europe, et ne pas se contenter de donner des conseils. Avec le secr&#233;tariat international, il faut d&#233;cider que notre section doit entrer dans le P.S.O.P. Il compte plusieurs milliers de membres [25]. Pour une r&#233;volution, la diff&#233;&#173;rence n'est pas &#233;norme mais pour le travail de pr&#233;paration de l'avant&#8209;garde, elle est consid&#233;rable. Avec des &#233;l&#233;ments neufs, nous pouvons faire un &#233;norme pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, aux Etats&#8209;Unis, nous avons un autre type de travail, et je crois que nous pouvons &#234;tre tr&#232;s optimistes sans nous faire d'illusions, et sans exag&#233;rer. Aux Etats&#8209;Unis, nous avons un cr&#233;dit&#8209;temps sup&#233;rieur. La situation n'est pas imm&#233;diatement aussi pressante, aussi aigu&#235;. C'est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je suis d'accord avec le camarade Stanley [26] qui &#233;crit que nous pouvons maintenant remporter des succ&#232;s tr&#232;s importants dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Nous avons un mouvement tr&#232;s important en Indochine [27]. Je suis absolument d'accord avec le camarade James qu'il nous est possible d'avoir un tr&#232;s important mouvement n&#232;gre, parce que ces gens n'ont pas travers&#233; de la m&#234;me mani&#232;re l'histoire des deux derni&#232;res d&#233;cennies. En tant que masse, ils n'ont rien su de la r&#233;volution russe, ni de la Ill&#176; Internationale. Ils peuvent commencer l'histoire comme si elle en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il nous faut absolument du sang frais. C'est pourquoi nous avons plus de succ&#232;s dans la jeunesse. Dans la mesure o&#249; nous avons pu l'aborder, nous avons eu de bons r&#233;sultats. Les jeunes sont tr&#232;s attentifs &#224; un programme r&#233;volutionnaire, clair et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande&#8209;Bretagne et l'I.L.P. ? C'est aussi une t&#226;che particuli&#232;re. Je l'ai suivie d'un peu plus pr&#232;s quand j'&#233;tais en Norv&#232;ge. Il me semble que nos camarades qui sont entr&#233;s dans l'I.L.P. ont fait avec lui la m&#234;me exp&#233;rience que nos camarades am&#233;ricains avec le S.P. Mais tous nos camarades ne sont pas entr&#233;s dans l'I.L.P. et, autant que j'aie pu le voir, ils ont men&#233; une politique opportuniste et c'est pourquoi leur exp&#233;rience dans l'I.L.P. n'a pas &#233;t&#233; si bonne. L'I.L.P. est rest&#233; presque comme il &#233;tait avant, alors que le P.S. am&#233;ricain s'est vid&#233;. Je ne sais comment il faut l'aborder maintenant. C'est une organisation de Glasgow [28]. C'est un appareil local, avec de l'influence sur la machine municipale, dont j'ai dire qu'elle &#233;tait tr&#232;s corrompue. C'est un travail &#224; part de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes de la base sont un ph&#233;nom&#232;ne familier dans l'I.L.P. Au cours de la pr&#233;paration d'un congr&#232;s, Fenner Brockway [29] devient le patron de la partie qui se rebelle et obtient la majorit&#233;. Maxton annonce alors qu'il va d&#233;missionner. Fenner Brockway s'&#233;crie : &#171; Non, nous abandonnerons notre victoire ? Nous pouvons abandonner nos principes, pas notre Maxton ! &#187; [30]. Je crois que le plus important, c'est de les compromettre &#8209; de les rouler dans la boue &#8209;, les Maxton et les Brockway. Il faut les identifier avec des ennemis de classe. Il faut compromettre l'I.L.P. par des attaques f&#233;roces, impitoyables, contre Maxton. Il est le bouc &#233;missaire de tous les p&#234;ch&#233;s du mouvement britannique, en particulier de l'I.L.P. C'est par de telles attaques, concentr&#233;es contre Maxton, des attaques syst&#233;matiques dans notre presse, que nous pourrons h&#226;ter la scission dans l'I.L.P. En m&#234;me temps, il nous faut souligner que, si Maxton est le laquais de Chamberlain [31] , Fenner Brockway, lui, est le laquais de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Et que pensez&#8209;vous d'un journal ind&#233;pendant, pour fustiger Maxton, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky - C'est une question pratique. Si notre section en France entre dans le P.S.O.P., je crois que le S.I. devrait publier la Quatri&#232;me Internationale pour tous les pays de langue fran&#231;aise, deux fois par mois. C'est juste une question de possibilit&#233; juridique. Je crois que, m&#234;me si nous travaillons &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, il nous faut avoir un journal ind&#233;pendant, non pas en opposition &#224; nos camarades qui sont dedans, mais plut&#244;t pour &#233;chapper au contr&#244;le de l'I.L.P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La conf&#233;rence de septembre 1938 ne dura qu'une journ&#233;e, mais elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de r&#233;unions de commissions. James avait assist&#233; &#224; la commission fran&#231;aise qui avait trait&#233; la question de l'attitude &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P., du P.C.I. de Molinier. L'unanimit&#233; s'&#233;tait faite sur la triste situation pr&#233;sente de la section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En mai 1937, les ouvriers de Barcelone s'&#233;taient lanc&#233;s dans une insurrection qui avait spontan&#233;ment &#233;clat&#233; apr&#232;s une tentative manqu&#233;e des forces de police de reprendre le central t&#233;l&#233;phonique au contr&#244;le des miliciens de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le gros des forces trotskystes se trouvait &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U. M. et ne d&#233;passait pas deux douzaines ; les trotskystes &#233;taient exclus du P.O.U.M. dont les fondateurs ex&#8209;trotskystes s'&#233;taient engag&#233;s &#224; ne pas construire de fraction. C'est au moins ce que les documents nous apprennent. Mais James laisse supposer qu'il y avait &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. un &#171; travail de fraction &#187; engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La scission de la section britannique avait &#233;t&#233; consacr&#233;e par les deux conf&#233;rences des 10 et 11 octobre 1936 et le fait que tous les membres n'avaient pas &#233;t&#233; d'accord pour appliquer la r&#233;solution vot&#233;e sur la section britannique &#224; la conf&#233;rence internationale de &#171; Gen&#232;ve &#187; en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il s'agissait du Militant Group anim&#233; par D. D. Harber et Ken Alexander. Il &#233;tait form&#233; de militants entr&#233;s dans le Labour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Il s'agissait du groupe dit &#171; independent &#187;, puisqu'il avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite exclu de l'I.L.P., regroup&#233; autour de James et du Journal Fight. Rappelons que l'Independent Labour Party (I.L.P.) &#233;tait une vieille formation centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Reg Groves (n&#233; en 1908), membre du P.C., fondateur du &#171; Balham Group &#187;, exclu en ao&#251;t 1932, avait &#233;t&#233; le principal fondateur de la Communist League, puis s'&#233;tait oppos&#233; &#224; l'entrisme dans l'I.L. P. Apr&#232;s la scission de 1933, il &#233;tait entr&#233; dans le Labour Party et &#233;tait devenu l'un des dirigeants de la Socialist League &#224; Londres. Il s'&#233;tait s&#233;par&#233; de son ancien groupe, la Marxist League.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Il s'agit en r&#233;alit&#233; du Militant Group.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Il s'agissait du Revolutionary Socialist Party dirig&#233; par Frank Maitland et qui provenait d'une formation &#171; DeL&#233;oniste &#187; du Socialist Labor Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la nouvelle organisation &#233;tait un ancien des jeunesses communistes qui avait rejoint les trotskystes dans le Labour en 1936, Eric Starkey Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ralph Lee, militant sud&#8209;africain d'origine, se plaignait de n'avoir pas &#233;t&#233; soutenu contre les calomnies staliniennes par la direction du Militant Group. Bien que le S.I. lui ait donn&#233; raison, il avait pris pr&#233;texte de cette affaire pour cr&#233;er sa propre organisation, la Workers International League, avec une poign&#233;e de militants, six ou sept au d&#233;part dont plusieurs devaient jouer ult&#233;rieurement un r&#244;le important dans le mouvement trotskvste britannique (Gerrv Healv. Jock Haston, Betty Hamilton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Venu de l'anarchisme, Henry Sara (1888&#8209;1953) avait &#233;t&#233; du Balham Group, puis de la Marxist League. Harry Wicks (n&#233; en 1905) cheminot r&#233;voqu&#233; en 1926, responsable J.C., avait connu le m&#234;me itin&#233;raire et beaucoup milit&#233; dans le comit&#233; contre les proc&#232;s de Moscou dont le secr&#233;taire &#233;tait Hilary Sumner dit Charles Sumner (1911&#8209;1976), petit&#8209;fils d'un ami de Lincoln et fils du secr&#233;taire de John Reed, recrut&#233; dans le Labour Party en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Il s'agit ici non de The Militant, organe du groupe dans le Labour Party, mais de l'ancien organe de la C.L.A. jusqu'en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les trotskystes avaient milit&#233; dans l'Independent Labour Party de 1933 a 1936 mais en avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. James avait souhait&#233; y rester et y continuer un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] James reste apparemment fid&#232;le &#224; la strat&#233;gie qui avait &#233;t&#233; la sienne en 1936, o&#249; il avait esp&#233;r&#233; un instant faire passer la coupure entre le fief &#233;cossais de Maxton &#8209; irr&#233;cup&#233;rable &#8209; et Fenner Brockway qui incarnait &#224; ses yeux la confusion d'une majorit&#233; de militants anglais honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Cette r&#233;solution intitul&#233;e &#171; Le Bureau international pour l'unit&#233; socialiste r&#233;volutionnaire (bureau de Londres) et la IV' Internationale &#187; est reproduite dans &#338;uvres, 10, pp. 209&#8209;212. Elle affirmait la n&#233;cessit&#233; de &#171; d&#233;noncer syst&#233;matiquement et sans compromissions les h&#233;sitations, les &#233;quivoques et les actes hypocrites du bureau de Londres en tant qu'obstacle le plus proche et le plus imm&#233;diat sur la voie de la poursuite de la construction de la IV&#176; Internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Le P.O.I. &#233;tait toujours profond&#233;ment divis&#233; sur la fa&#231;on dont il devait se comporter &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P. dont l'existence m&#234;me lui &#244;tait pratiquement toute perspective de d&#233;veloppement. Le P.S.O.P. &#233;tait dirig&#233; par Marceau Pivert et form&#233; essentiellement des anciens &#233;l&#233;ments de la gauche de la S.F.I.O. exclus en juin 38 &#224; son congr&#232;s de Royan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le bastion de la section belge avait de tout temps &#233;t&#233; la F&#233;d&#233;ration de Charleroi et ses mineurs de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Trotsky faisait &#224; la section belge deux reproches de taille : celui d'avoir soutenu la candidature du premier ministre bourgeois van Zeeland contre le &#171; rexiste &#187; Degrelle, s'alignant ainsi que la position &#171; antifasciste &#187; de capitulation du P.C. et du P.O.B., et celui d'avoir organis&#233; en pays wallon des syndicats scissionnistes apr&#232;s des exclusions de la centrale r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la mont&#233;e qui avait culmin&#233; avec les gr&#232;ves de juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le mar&#233;chal Tchiang Ka&#239;&#8209;chek (1887&#8209;1975), ancien chef de l'&#233;cole militaire du gouvernement de Canton, puis chef militaire et principal dirigeant de ce gouvernement et du parti nationaliste chinois le Guomindang, avait consenti pendant plusieurs ann&#233;es &#224; utiliser les communistes. En avril 1927, s'alliant a la p&#232;gre et aux banques, il les avait massacr&#233;s &#224; Shanghai et mis hors&#8209;la&#8209;loi dans tout le pays. La politique de soumission du P.C.C. &#224; Tchiang, con&#231;ue et d&#233;fendue par Staline et Boukharine, avait &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Trotsky et l'Opposition de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] La Conf&#233;rence de Zimmerwald, en septembre 1915, marque le premier regroupement internationaliste cons&#233;quent dans le cours de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Socialist Appeal &#233;tait l'organe du Socialist Workers Party, la section am&#233;ricaine de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] La fraction trotskyste &#233;tait entr&#233;e en 1934 dans la S.F.I.O., en ao&#251;t-septembre, constituant le &#171; G.B.L. &#187; (Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.). Ses premi&#232;res recrues avaient &#233;t&#233; les dirigeants des Jeunesses de l'Entente de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] L'&#233;valuation de Trotsky est d'une grande prudence. Jean&#8209;Paul Joubert dans R&#233;volutionnaires de la S.F.I.O. estime &#224; 10 000 l'effectif initial du P.S.O.P., mais pense que ce chiffre baissa tr&#232;s vite en particulier au lendemain de la crise internationale de Munich qui le divisa profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Sherman Stanley &#233;tait le pseudonyme de Stanley Plastrik (1915&#8209;1981), un jeune militant du S.W.P. gagn&#233; dans les jeunesses socialistes, Y.P.S.L. Il se passionnait pour les Indes et avait pris des contacts notamment avec le parti socialiste du congr&#232;s et avait commenc&#233; &#224; &#233;changer une correspondance avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Trotsky disposait d'une information assez succincte sur l'activit&#233; du groupe trotskyste indochinois que dirigeait Ta Tu Thau et qui &#233;ditait La Lutte &#224; Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le bastion de l'I.L.P. se trouvait &#224; Glasgow dont son principal dirigeant James Maxton (1885&#8209;1946) &#233;tait d&#233;put&#233; depuis 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] James avait pens&#233; pouvoir gagner Brockway en 1935, une date &#224; laquelle Trotsky avait perdu toute illusion, &#224; supposer qu'il en ait eu, &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Trotsky fait allusion ici au congr&#232;s de Keighton de l'l.L.P. les 11 et 12 avril 1936 ; le chantage de Maxton &#224; la d&#233;mission avait conduit Brockway et ses partisans &#224; remettre en cause un vote du congr&#232;s et faire se d&#233;juger ce dernier. Cf. &#338;uvres 9 pp. 203&#8209;210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] James Maxton avait d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des Communes qu'il aprouvait enti&#232;rement ce que Chamberlain avait fait pour la paix pendant la p&#233;riode de crise internationale qui s'&#233;tait termin&#233;e par les accords de Munich (Cf. &#338;uvres 19, pp. 144&#8209;148.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The Fourth International in Danger !</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Natalia Sedova, G. Munis &amp; Benjamin P&#233;ret &lt;br class='autobr' /&gt;
The Fourth International in Danger ! &lt;br class='autobr' /&gt;
(27 June 1947) &lt;br class='autobr' /&gt;
At the Plenum held at the end of March, 1947, the IEC adopted regulations relative to the holding of the World Congress of the Fourth International, the bureaucratic character of which, inspired by old Stalinist maneuvers, represent a most alarming symptom. The IEC, indeed, has divided the world into three categories : countries of great, moderate and slight importance, What is the (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Natalia Sedova, G. Munis &amp; Benjamin P&#233;ret
&lt;p&gt;The Fourth International in Danger !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(27 June 1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the Plenum held at the end of March, 1947, the IEC adopted regulations relative to the holding of the World Congress of the Fourth International, the bureaucratic character of which, inspired by old Stalinist maneuvers, represent a most alarming symptom. The IEC, indeed, has divided the world into three categories : countries of great, moderate and slight importance, What is the criterion which inspired such an outrageously arbitrary division ? No one has deigned to share it with anyone in the International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We imagine that the IEC is going to tell us that it was guided by the example of the First Congress of the late Communist International. But are we participants in the same situation as in 1919, or a real imitation of the First Congress of the CI ? At the time of the First Congress the Russian Revolution had just triumphed, the Bolshevik Party numbered hundreds of thousands of members, though in the rest of the world the Communist Parties were still only little groups, for the most part comparable to ours today ; so much so that the Bolsheviks were led to diminish the weight of their party in the young international in order by the free play of an apparent democracy to avoid the latter's automatically becoming a majority against the rest of the world and imposing its uncontested will upon it. It was a question of permitting the entire world to express itself even against the Russian party, that is to say, of assuring the operation of an effective as possible democracy in the International. Is this the same end that the IEC seeks today ? We categorically affirm that it is not, and we are going to demonstrate that the IS and the IEC with their division of the world into three categories have in mind completely opposite ends, While the CI aimed at the weakening of the strong parties and the strengthening of the weak parties in order to assure a maximum of democracy, our IEC aims at the strengthening of the strong parties and the weakening of the weak parties in order to maintain itself in power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Criterion of the Big Three&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us ask once again : What criterion was used in making this division of the world ? The numerical importance of the sections ? No, obviously, since Germany, where the section has just been reconstituted, figures in the first category, though it is of necessity very weak because of its recent formation, while Italy, whose section numbers nearly as many members as France, is placed in the second. We can say as much of the Russian section &#8211; which must obviously be insignificant &#8211; when it is compared with any other section in countries of &#8220;moderate importance.&#8221; It is, then, not a numerical criterion which governed the divisions moreover, we will see further on that the consideration of numbers was taken into account and not for reasons of democracy. Besides, even if it were, this criterion would be fallacious. Let us suppose that the Bolivian section numbers 200 members and that the country has 3,000,000 inhabitants let us admit, also, that the American section in claiming 1,600 members in a country of 150,000,000 is not exaggerating and that this figure is the exact expression of the truth. It is clear that the 200 Bolivian comrades have much more importance in the political life of their backward country than the 1,600 American comrades in theirs. For the relation of forces to be apparently the same, the American section would have to have 10,000 members. Further, this relation of forces would only be superficially equal, since 200 comrades in Bolivia, a backward country, play an infinitely greater role &#8211; they have demonstrated it &#8211; than 10,000 members of the American section would be able to play in the U.S., an advanced country and the principal imperialist country of the entire world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nor is it the revolutionary importance of the countries considered on the arena of the world class struggle which has motivated this division, since it seems that neither the United States nor England will be called upon to play a decisive role in the revolutionary wave which is becoming manifest, while Spain, Italy, Austria, Belgium, Holland, Greece, Indo-China, North Africa, Indonesia, Poland, Hungary, etc., all excluded from the first category, are obviously destined to play an important revolutionary role in the immediate future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These reasons set aside, there remains only the criterion of the Big Three, which has doubtlessly inspired the division of the world. It is, in fact, only the importance on the world capitalist arena which has guided the IEC in its choice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Majority as a Measuring Rod&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To rest content with this declaration, however, would be to consider only one side of the question, its external aspects ; in addition, the adopting of such a criterion shows an unconscious submission to imperialist influence and to the Russian counter-revolution, which must be ceaselessly combated,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is known that the questions which will be discussed at the World Congress, whether the IEC or the IS wishes it or not, concern the politics of our sections during the imperialist war and in relation to the nationalist resistance movements, the problem of the Russian counter-revolution and world Stalinism, the tactic of the Fourth International in regard to Stalinism and reformism (united front, SP-CP-CGT Government) and our pre-war transitional program, But, as if by chance, a good number of sections in &#8220;countries of great importance,&#8221; some of them subjected to a bureaucratic leadership, others badly informed, or not informed at all, on the problems to be discussed, have up to now through their majorities, put themselves on record in favor of the conservative position of the IS and the IEC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The resolution of the IEC decides in parts 5 and 6 of paragraph 3 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To give three delegates to each organization of from one to 150 members if they belong in Category A, two delegates if they belong in Category B, one delegate if they belong in Category C, 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For 150 to 500 members, and with an approximate minimum of 300 members &#8211; one additional delegate. For 500 to 1,000 members, and with an approximate minimum of 750 members &#8211; another delegate &#8211; and so on successively.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here let us insert a piece of figuring, which, for all of its being of necessity approximate, will be nonetheless edifying.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;it immediately stands out that seven countries (of the first category) will receive 28 delegates, while 26 countries (of the second and third category) will receive 45 delegates. In other words, seven countries of &#8220;first importance&#8221; will receive from 35% to 38% of the votes at the Congress. They will then lack only nine delegates to assure themselves control of the Congress. Of course, our Table No. 1 indicates six minority delegates. Even assuming that our estimate of the minority representation from the countries of &#8220;first importance&#8221; is not exaggerated, the six minority delegates that we note will be easily compensated for by support of the sections from countries of &#8220;moderate&#8221; and of &#8220;slight importance.&#8221; Further, Tables No. 2 and No. 3 clearly show this. It can be seen, therefore, that the division adopted by the IEC inevitably and bureaucratically assures it the majority in the World Congress, a majority which it will sit tight on while avoiding discussion of the major problems which are posed before our International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It should be observed also that in the second table the 13 sections of &#8220;moderate importance&#8221; include Spain, whose revolutionary experience &#8211; even if it did not have more members than the Russian section &#8211; is particularly valuable for our epoch since it marks a decisive turn in the history of the Russian counter-revolution and of Stalinism, while the Russian experience, with all its enormous value, refers precisely to a period which the Spanish revolution brought to a close. Similarly found in this list, which is as outrageously arbitrary as the first, is Italy, which offers immense revolutionary possibilities, if a clear policy is followed in regard to revolutionary anti-Stalinist organizations (Bordighists, anarchists, left-socialists), Greece, whose admirable revolutionary combativity ought to give the IEC cause for reflection, Poland and other countries occupied by Russia, which the IEC totally forgets and which offer immense possibilities for action against the Stalinist reaction on condition that the demand is not made to defend the &#8220;degenerated workers' state&#8221; which oppresses them. Finally comes Indo-China, where support to our section has been forgotten for so long and where even to demand who assassinated Thu-Thau has been forgotten in order to support, without serious criticism, the Stalinist government of Ho-Chi-Minh, greetings from whom were so warmly hailed by The Militant and La Verit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It has been seen that the resolution of the IEC creates an important majority in favor of the present leadership which the vote of countries of &#8220;slight importance&#8221; would not be able to modify even if they were able to send all the delegates the IEC grants them and if they all voted against the present leadership, But that is still based on the most favorable hypothesis, for it is impossible for the poor Latin-American sections to send the 10 or 12 delegates given them by the IEC. Moreover, the prohibition against proxy votes in actuality denies a number of sections in countries of &#8220;moderate&#8221; or &#8220;slight&#8221; importance the possibility of making themselves heard and of voting at the Congress, which does not prevent the IEC from demanding in advance the acceptance of the decisions which will be made by the World Congress and of desiring to prohibit all discussion after the Congress. The majority thus cunningly worked out by the IS and the IEC is thereby reinforced. Better yet, with this system, not a single opposition can hope to convince the Congress. What except ideological defeat and organic strangulation can the International expect from a leadership which has taken such decisions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, according to the system wich the IEC means to impose, even if the method were rectified by giving the same basis of representation to all the sections so as to agree with the counties of &#8220;first importance&#8221; it can be seen (Tables 2b and 3b) that a majority is assured for the present International leadership by the fact that the western European, North American and Canadian sections will be almost the only ones able to send all the delegates accorded them. How can it actually be supposed that Mexico, Poland, Peru, Indo-China and other countries will find the necessary means to send two or three delegates ? We have difficulty in believing that this represents ignorance on the part of the International leadership ; on the contrary, we believe that a question of deliberate calculation is involved, for it could not have imagined that the International would accept such an arbitrary division without protest, But the tendencies which seized the leadership thanks to the conditions immediately following the war calculated that the sections in countries of &#8220;moderate&#8221; or &#8220;slight&#8221; importance would demand in principle to be placed on an equal footing with Countries classed as those of &#8220;first importance.&#8221; In most cases they would not be able to send the delegates granted them even if the IEC did justice to their objections &#8211; and justice probably would have been rendered in order to preserve the democratic fa&#231;l ;ade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;only five sections have a membership equal to or greater than 500 persons ; while seven range between 100 and 400. members and 21 have only 50 members or less. If it is really desired to follow the First Congress of the CI, which diminished the weight of the strong sections and increased the weight of the weak ones, a sole method of representation would : be genuinely democratic : one delegate for 1 to 25 members and another delegate for 25 additional members or fraction of 25, up to a maximum of four delegates. To this method of representation must be added still another major democratic regulation : the transfer of majority and minority votes from one section or another or to individuals having a common position so that minorities can participate in the World Congress. To forestall the creation of artificial minorities which might threaten to swamp the Congress, it is important, therefore, to demand that minorities represent at least 20% of the members of their section in order to vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It can be seen that our proposal assures a more democratic representation at the Congress, the economic weaknesses of the distant and poor sections being compensated for by a larger representation for the small sections in general and especially the sections which will not be able to send their delegates to the Congress much less vote, while the IEC acts inversely and systematically discriminates against them in order to favor its combinations. This resolution of the IEC constitutes an immediate and mortal danger to the whole International, It must be revoked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We are witnessing, as has been seen, an attempted bureaucratic seizure of the International leadership by elements interested in stifling a loyal discussion which would provoke their overthrow, It cannot be a question of anything else. Let us recall under what conditions the Pre-Conference of April 1946 was convened and the motives for its convocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The IS and the IEC, which had been designated at the emergency conference of 1940 had only a vegetative political existence and led an almost non-existent organic activity during the whole war, the functioning of these bodies having been paralyzed by personal and political struggles in the atmosphere of the American section. As early as 1944 the Spanish Group in Mexico demanded the convening of a World Congress. Its request found not a single echo. The following year the IEC was consulted on the possibility of the convening of a pre-conference with limited objectives. This pre-conference proposal was accepted, for it was the only possible way of resolving the situation of an IS which was incapable, because of its internal divisions, of organizing a real discussion and preparing a genuine World Congress. It was then explicitly understood that this gathering would have as its task the selection of new leading bodies whose principal mission would be to animate and extend the international discussion in view of the World Congress. Then total Silence. After that, no one in the International was informed of the place and the date of meeting of the projected pre-conference, no discussion or even exchange of views preceded it, the agenda was unknown to almost the whole International. Members of the IEC were uninformed while the French police were perfectly informed. Everything was organized in the dark by leaders interested in assuring themselves the hegemony in this gathering, The composition of the pre-conference, in addition, was as little democratic as possible, which was excusable given the conditions under which it was convened. But its nondemocratic, not to say, anti-democratic character ought to have encouraged the leading bodies which it had elected to compensate for their origin by measures authentically democratic. It is precisely the opposite which we have witnessed. Hardly had it got together when this pre-conference proclaimed itself a conference under the pretext of throwing dust in the eyes of the outside world and issued a manifesto which claimed to introduce the international discussion which it was charged with opening. Then the IS and the IEC began to threaten expulsion and to legislate as if they were the product of a genuine conference delegated full powers by the International ; in a word, they began to prepare the future World Congress majority, totally forgetting their principal mission : the loyal organization of a full discussion of all the problems posed before our International and the working class movement. They have even so completely forgotten their task that in all the discussion bulletins published under their guidance, more than a year after the pre-conference, of all the principal problems which confront our movement, only one, the Russian problem, has been extensively treated, and it still reflects only the official opinion. To our knowledge, only extracts from a thesis of the anti-defensist minority have been published. Can that be called a full and loyal discussion in preparation for a World Congress after seven years of a war which has produced changes of major importance ? No, the discussion has, in its entirety, still to be organized.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Strangulation of Minorities&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We affirm that the IS and the IEC are seeking to prepare their majority at the World Congress, In addition to the calculations which we have already unmasked what shows it clearly is the minute care they have taken to secure a maximum limitation of representation for minorities, both in number and in power. The next to the last part of paragraph three of the resolution of the IEC says : Minorities will be proportionally represented &#8220;in cases where the number of delegates permits it&#8221;. In other cases, all minorities constituting approximately a quarter of their sections at least will be represented with a consultative vote. First of all, proportional representation of minorities, if it is placed alongside of the arbitrary representation of the sections criticized earlier, is only a snare. What minorities could be proportionally represented ? Obviously those of &#8220;countries of first importance&#8221; and yet not all, since that of the American section would have only the satisfaction of revealing its theses. The resolution clearly suggests : &#8220;In cases where the number of delegates permits it.&#8221; For it is obviously not the Peruvian, Polish or Austrian sections, for example, which will have a sufficient number of delegates so that one of them can represent the minority. These sections in countries &#8220;of first importance,&#8221; in addition to the privilege of importance, find themselves granted an additional privilege by the IEC, the luxury, so to speak, of one or more minorities. Precisely among these sections is numbered that of the most imperialist country in the world, and the PCI of France, where the Craipeau majority and the Frank minority have no serious political differences. Moreover, why is a fourth and not a third or fifth of the members required and why is only a consultative vote given ? The resolution does not deign to inform us. What it signifies, we may already know. The reason probably is that there is not a single section at the present moment, thanks to the good offices of the IS, where the minority represents a quarter of the a membership, except the French minority led by Frank, who is under the guardianship of the present world leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nevertheless, the present International leadership is going to be obliged to permit a little discussion to take place, in order to save appearances. The minorities will more or less have the illusion of a discussion, but from now until the end of the year they will not have the time to develop and group themselves, since the IS and the IEC have evaded all discussion of the major questions ; these minorities will therefore not have the time to win a quarter of the members of their sections. Moreover, even if they reached that proportion, most of the non-European sections would be incapable, as we have already stated, of sending all the majority delegates to which they were entitled, not to speak of the s minority delegates. Thus, the stifling of the discussion organized for more than a year by the International leadership, was designed to prevent the growing of an opposition in our movement, The demand for a quarter now gives the coup de grace to minorities in preventing them from being represented at the World Congress. And in case that were not sufficient, now comes the prohibition against proxy votes, and, in consequence, the forestalling of the growth of new formed oppositions, who are prevented from being heard and from voting. For a long time the IS has declared that the next World Congress must above all be a Congress of serious sections of the International. We now know what it understands by that : the sections which support or accept its opportunism, its ideological conservatism, and its organic bureaucratism. Finally, to crown its work, the IEC in its resolution refuses to call the Congress legally on the pretext that the legal convening is &#8220;totally unrealizable under present conditions&#8221; and &#8220;would prevent the presence at the Congress of a series of sections and comrades.&#8221; We cannot accept that statement ; in fact, what prevents the convening of a legal Congress which would hold secret sessions in the course of which illegal comrades would be heard ? The fear of bourgeois and Stalinist repression ? But from how many countries has the authorization to hold a legal Congress been asked ? Obviously from not a single one. First of all, authorization must be asked everywhere for permission to hold a legal congress before taking refuge in conspiratorial methods. Secrecy, added to the restrictive methods already criticized, permit the leadership to combine and maneuver and assures that it will retain the leadership of the International. We confront you &#8211; and, with us, the whole International will demand the withdrawal of your resolution, the beginning of a real discussion of major problems, and the preparation of a democratic congress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For a Genuine World Congress&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the World Congress to represent real progress for the Fourth International, it is first of all necessary for it to be convened under such conditions that not a single comrade will have the slightest reason for thinking of maneuvering by the leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the Congress to adopt resolutions which are necessary for the social revolution all minorities must be represented.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We therefore ask :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; That the sections be represented on the basis of one delegate for every 25 members and additional fractions of 25 up to a maximum of four delegates for each section, minorities being represented in the same manner. However, only minorities representing at least 20% of the membership of their section will have the right to vote. Others will have only a consultative vote. It is in this fashion that the democratic example given us by the Cl at its birth will be followed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sections and minorities will have the right to transmit their vote to sections, minorities, or comrades outside their section.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Organizations close to the Fourth International with differences on this or that point of cur program will be invited to the Congress with the same rights as the official sections, on condition of recognizing the fundamental principles of the International, even if fusion with the official sections has not been realized before the opening of the Congress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; The agenda will comprise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; examination of the politics of the principal parties during the imperialist war and their position in regard to the naticnal resistance movements during the Nazi occupation ;&lt;br class='autobr' /&gt; Character of the war between China and Japan ;&lt;br class='autobr' /&gt; Balance sheet of the Spanish civil war ;&lt;br class='autobr' /&gt; Support or abandonment of the unconditional defense of Russia and the question of world Stalinism (SP-CP-CGT government, united front with Stalinism, etc.) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Outmoding of, or timeliness of, the transitional program and the manner of application of the, parts of the program which remain valid ;&lt;br class='autobr' /&gt; Problem of the tactics of the construction of revolutionary parties ;&lt;br class='autobr' /&gt; Colonial questions ;&lt;br class='autobr' /&gt; Nature of the present historic period and immediate s oe revolutionary perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This agenda is not at all exclusive. All questions of general interest which this or that section or group of comrades would like to present for the examination of the Congress will be discussed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We call upon the whole International to express themselves on the preceding proposals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If the World Congress meets under the conditions decided by the IEC, and even under better conditions, without a through preliminary discussion of the problems which confront our movement (see our open letter to the French PCI} the Congress will constitute a mortal blow for the Fourth International. The situation demands the energetic intervention of the sections and of comrades within the sections. The IEC must immediately withdraw its resolutions ; otherwise the Fourth International will be bureaucratically asphyxiated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; For the revocation of the decision of the IEC or the resignation of the International leadership !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; For a free discussion in the International !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; For a genuine Congress of the International organized on democratic bases !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Long live the Fourth International !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Long live the world socialist revolution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexico, D.F. June 27, 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sections, groups of comrades, or individuals who share our criticisms and proposals are asked to communicate their complete or partial agreement immediately to the IS and to the following address : G. Munis, Apartado Postal 8942, Mexico, D.F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7681</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7681</guid>
		<dc:date>2025-07-20T22:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun f&#233;tichisme sur le nombre &#171; quatre &#187; de quatri&#232;me internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales pr&#233;c&#233;dentes sont mortes et enterr&#233;es en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la r&#233;volution mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucun f&#233;tichisme sur le nombre &#171; quatre &#187; de quatri&#232;me internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales pr&#233;c&#233;dentes sont mortes et enterr&#233;es en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une perspective politique nouvelle et indispensable vue l'arriv&#233;e de la guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait le premier &#224; avoir souhait&#233; retarder cette proclamation tant que le stalinisme n'avait pas fait la preuve de son caract&#232;re r&#233;volutionnaire et tant que le mouvement ouvrier allemand n'&#233;tait pas &#233;cras&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la trahison stalinienne en Allemagne en 1933, trahison que Trotsky avait pr&#233;vue, il tourne et d&#233;cide de proclamer la quati&#232;me internationale, proclamation qui sera retard&#233;e par la faiblesse politique du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le plus dangereux en politique, c'est de se laisser enfermer dans sa propre formule qui hier convenait, mais qui est aujourd'hui d&#233;nu&#233;e de tout contenu. [&#8230;] Une organisation qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e par le tonnerre du fascisme et qui se soumet docilement &#224; des actes aussi scandaleux que de ceux de la bureaucratie d&#233;montre ainsi qu'elle est morte et que rien ne pourra jamais la ranimer. Le dire ouvertement et publiquement est notre devoir direct envers le prol&#233;tariat et son avenir. Dans tous nos travaux ult&#233;rieurs, il est n&#233;cessaire de prendre comme point de d&#233;part l'effondrement historique de l'Internationale communiste officielle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky en 1933, &#171; Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la Quatri&#232;me Internationale ? Celle de L&#233;on Trotsky !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#233;tait l'Internationale communiste (ou IIIe Internationale) de L&#233;nine et Trotsky ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1928&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internatinale communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1929&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux Ouvriers R&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1933&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Quatri&#232;me Internationale et l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration sur la n&#233;cessit&#233; et les principes d'une nouvelle internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la nouvelle Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La troisi&#232;me internationale est morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la IVe Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la IV&#176; Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg et la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ILP et la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sectarisme, centrisme et Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la fondation de la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme de transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;solution sur les t&#226;ches de la section fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel pour la classe ouvri&#232;re espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Discussion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions de la IV&#232;me Internationale, par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Manifeste d'alarme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De la premi&#232;re &#224; la quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1951&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lettre de Natalia Sedova &#224; la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une continuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Quatri&#232;me Internationale fond&#233;e par L&#233;on Trotsky a &#233;chou&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le trotskysme en Chine</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7404</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7404</guid>
		<dc:date>2025-05-26T22:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le trotskysme en Chine &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky sur la r&#233;volution chinoise : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical23.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/08/300828b.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1342&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1928/03/lt_19280302.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical31.html (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le trotskysme en Chine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trotsky sur la r&#233;volution chinoise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical23.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical23.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/08/300828b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/08/300828b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1342&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1342&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1928/03/lt_19280302.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1928/03/lt_19280302.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical31.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical31.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article583&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1929/11/lt19291110.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1929/11/lt19291110.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article809&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article809&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chine 1927 : le stalinisme livre le prol&#233;tariat &#224; la r&#233;pression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1123&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1123&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pcint.org/03_LP/486/486-chine.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pcint.org/03_LP/486/486-chine.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Chen Du-xiu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4080&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article180816&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article180816&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chen_Duxiu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chen_Duxiu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre &#224; tous les camarades du Parti Communiste de Chine &#8211; Son dirigeant Chen Du-Xiu d&#233;nonce publiquement le stalinisme, responsable de la d&#233;faite de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5486&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5486&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chinese texts of Chen Du-xiu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1516&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1516&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes chinois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/clt/1991-1995/CLT57-Mar-1996.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/clt/1991-1995/CLT57-Mar-1996.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trotskysme et la Chine des ann&#233;es trente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/clt/1979-1985/CLT15-Sep-1983.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/clt/1979-1985/CLT15-Sep-1983.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chen Du-xiu et le trotskysme en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cermtri/cermtri_135.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cermtri/cermtri_135.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution chinoise de 1925-1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article290&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article290&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trag&#233;die de la r&#233;volution chinoise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/isaacs/1938/tcr/index.htm?_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/isaacs/1938/tcr/index.htm?_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/avr09/chin-a16.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/avr09/chin-a16.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/avr09/chin-a17.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/avr09/chin-a17.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/avr09/chin-a20.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/avr09/chin-a20.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aventurisme stalinien en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article184593&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article184593&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article184401&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article184401&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotskysme en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique2750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique2750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Lettre_d%E2%80%99un_trotskiste_chinois&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/texts/fr/Lettre_d%E2%80%99un_trotskiste_chinois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zheng Chaolin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Zheng_Chaolin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Zheng_Chaolin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article184602&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article184602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peng Shuzhi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article184385&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article184385&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chen Bilan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article180811&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article180811&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chen_Bilan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chen_Bilan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liu Renjing&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article182759&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article182759&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wang Changyao&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article184436&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article184436&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chen Zhongxi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article180837&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article180837&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liang Gangao&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article182709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article182709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wang Fanxi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Wang_Fanxi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Wang_Fanxi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wang Shiwei&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article184458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article184458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale (communiste)</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7713</link>
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		<dc:date>2024-04-11T22:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale (communiste), fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON : LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE, LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale (communiste), fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline s'attaquait &#224; la perspective internationale et prol&#233;tarienne de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale Communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que repr&#233;sentait la 3&#232;me internationale pour le prol&#233;tariat mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Barta, Pierre Bois et les gr&#232;ves &#224; Renault en 1947</title>
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		<dc:date>2024-02-29T23:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Barta, Pierre Bois et les gr&#232;ves &#224; Renault en 1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous publions ci-dessous le r&#233;cit d'un participant &#224; l'Assembl&#233;e du 23-4, chez Renault (secteur Collas), o&#249; fut d&#233;cid&#233;e la gr&#232;ve pour les 10 francs : &lt;br class='autobr' /&gt;
A 12 h.30, lorsque j'arrive, le trottoir (large d'au moins 8 m&#232;tres) est encombr&#233; d'ouvriers qui sont l&#224;, par dizaines et discutent ; tandis que, par paquets, les ouvriers sortant de la cantine continuent d'affluer. Toutes les conversations roulent sur le m&#234;me sujet : ce qui va se passer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta, Pierre Bois et les gr&#232;ves &#224; Renault en 1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous le r&#233;cit d'un participant &#224; l'Assembl&#233;e du 23-4, chez Renault (secteur Collas), o&#249; fut d&#233;cid&#233;e la gr&#232;ve pour les 10 francs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 12 h.30, lorsque j'arrive, le trottoir (large d'au moins 8 m&#232;tres) est encombr&#233; d'ouvriers qui sont l&#224;, par dizaines et discutent ; tandis que, par paquets, les ouvriers sortant de la cantine continuent d'affluer. Toutes les conversations roulent sur le m&#234;me sujet : ce qui va se passer tout &#224; l'heure. Et le mot de gr&#232;ve circule. Un tract diffus&#233; dans la matin&#233;e, de la main &#224; la main, nous a fait savoir que le Comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pr&#233;c&#233;dente par 350 ouvriers contre 8, a tenu &#224; nous r&#233;unir afin de nous mettre au courant des d&#233;marches qu'il a effectu&#233;es aupr&#232;s de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure donn&#233;e doit &#234;tre respect&#233;e, et, &#224; 12 h.30 pr&#233;cises, un camarade, qui est d&#233;j&#224; sur la fen&#234;tre, commence &#224; parler. Au premier rang de cet auditoire, bien plus nombreux que la fois pr&#233;c&#233;dente, o&#249; se retrouvent presque tous les ouvriers des deux d&#233;partements faisant la &#034;normale&#034;, soit quelque 700 ouvriers, des coups d'oeil significatifs s'&#233;changent ; les visages sont plut&#244;t gais, quoique les esprits soient tendus. Le camarade explique bri&#232;vement, en termes clairs, l'&#233;chec de la d&#233;l&#233;gation, auquel d'ailleurs on s'attendait. Et, devant l'auditoire ouvrier attentif, il d&#233;montre que l'arme gr&#233;viste reste le seul moyen permettant d'obtenir satisfaction. Au milieu des cris d'approbation qui fusent de toutes parts, il explique que la gr&#232;ve &#224; venir sera une lutte des plus s&#233;rieuses qu'il faudra mener avec r&#233;solution jusqu'au bout. &#034;Il ne sera plus question de jouer de l'accord&#233;on ou de rester les bras crois&#233;s &#224; attendre que &#231;a tombe, mais il faudra s'organiser pour faire conna&#238;tre le mouvement dans toutes les usines, faire des piquets de gr&#232;ve et d&#233;fendre les issues de l'usine au besoin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant d'avance aux objections que pouvaient faire certains sur la perte d'argent que cela occasionnerait, et l'intervention toujours possible de la police, il indique que le paiement des journ&#233;es de gr&#232;ve sera exig&#233; ; quant aux &#034;lacrymog&#232;nes&#034; de la police, pendant plus de six ans nous avons re&#231;u des bombes sur la gueule et on n'a rien dit. On s'est continuellement serr&#233; la ceinture avec les sacrifices que la bourgeoisie nous a impos&#233;s pour d&#233;fendre ses coffres-forts. Et aujourd'hui, nous n'aurions pas la force et le courage d'en faire au moins une infime partie pour nous ?&#034; Appuyant ces paroles de cris bruyants, les ouvriers marquaient leur approbation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passant au vote, le camarade demande aux ouvriers de se prononcer sur la gr&#232;ve en tant que moyen &#224; envisager dans les d&#233;lais les plus courts. Tandis que quelques voix seulement votent &#034;contre&#034;, les ouvriers votent &#034;pour&#034;. C'est alors que le d&#233;l&#233;gu&#233; c&#233;g&#233;tiste, litt&#233;ralement pouss&#233; par ses &#034;copains&#034; qui lui ont fray&#233; un chemin, s'avance pour exposer son point de vue, ainsi que le camarade venait de le demander, invitant les opposants &#224; &#233;mettre leur point de vue. Malgr&#233; le calme relatif, les ouvriers &#233;tant curieux de conna&#238;tre ses objections, il ne put &#233;viter de s'attirer la r&#233;plique d'un ouvrier : &#034;Tu vois, ici au moins, il y a de la d&#233;mocratie&#034;. Grimp&#233; sur la fen&#234;tre, parlant &#224; voix basse et ne sachant pas trop quoi dire, le d&#233;l&#233;gu&#233; entreprit d'expliquer aux ouvriers la &#034;situation r&#233;elle en ce qui concerne les salaires&#034; ; pour son malheur, il se mit &#224; parler d'une d&#233;l&#233;gation qui &#233;tait all&#233;e voir Lefaucheux (avec la demande d'&#233;tablir une &#233;galit&#233; de salaires entre les ouvriers d'ici et ceux de chez Citro&#235;n, avec effet r&#233;troactif), que d'ailleurs, ajouta-t-il, elle ne trouva pas. Manifestement, les ouvriers vomissent les d&#233;l&#233;gations et, &#224; peine le d&#233;l&#233;gu&#233; achevait-il ses derni&#232;res paroles que sa voix &#233;tait couverte d'exclamations plus ou moins significatives. &#034;Les d&#233;l&#233;gations, on en a assez&#034;. &#034;Jusqu'o&#249; comptez-vous nous mener en bateau ?&#034;. &#034;On n'en veut plus de tes d&#233;l&#233;gations, maintenant, ce qu'il faut, ce sont des actes&#034;. J'ajoute moi-m&#234;me : &#034;Egalit&#233; avec Citro&#235;n, mais l&#224;-bas ils cr&#232;vent de faim aussi&#034;. Abr&#233;geant son expos&#233;, le d&#233;-l&#233;gu&#233; lan&#231;a un &#034;appel au calme&#034; et une mise en garde &#034;contre les d&#233;magogues&#034; fut non moins hu&#233;e que les &#034;d&#233;l&#233;gations&#034;. Apr&#232;s quoi, il dut descendre pour c&#233;der la place &#224; un ouvrier d'une trentaine d'ann&#233;es qui, grimp&#233; sur la fen&#234;tre, expliqua, en quelques mots, ce qu'il pensait et des d&#233;l&#233;gu&#233;s et des d&#233;l&#233;gations : &#034;Camarades, depuis des mois, on nous fait attendre des augmentations qui doivent toujours arriver demain. On nous a d&#233;j&#224; fait l'histoire en f&#233;vrier et on nous a dit que l'absence de Lefaucheux, &#224; l'&#233;poque, avait emp&#234;ch&#233; les revendications d'aboutir. Cela a recommenc&#233; hier et, une fois encore, il n'&#233;tait pas l&#224;. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont repartis, comme avant. Cela ne peut plus durer. Jusqu'&#224; quand allons-nous nous laisser mener ? Maintenant, ce n'est plus des parlottes qu'il faut, ce sont des actes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compl&#233;tant dans le m&#234;me sens ce que l'ouvrier venait de dire, le premier camarade parla du Minimum vital qui fut mis &#224; l'ordre du jour de la C.G.T., en novembre et qui devait &#234;tre appliqu&#233; avec effet r&#233;troactif &#233;galement. &#034;Mais la C.G.T., dit-il, capitula sur le minimum vital et l'on ne parla plus ni du minimum vital ni de son effet r&#233;troactif. Comment pouvons-nous croire &#224; pr&#233;sent des personnes qui ont capitul&#233; de la sorte ? Qu'est-ce qui nous prouve qu'ils ne capituleront pas de la sorte demain, avec leurs d&#233;l&#233;gations ?&#034; Cet incident clos de la bonne mani&#232;re, le camarade demande alors, pour clore la r&#233;union, que les ouvriers manifestent par un second vote leur confiance au Comit&#233; de Gr&#232;ve afin de l'habiliter &#224; d&#233;clencher la gr&#232;ve au moment opportun. Si la grande majorit&#233; qui accorda sa confiance au Comit&#233; de gr&#232;ve fut la m&#234;me que pr&#233;c&#233;demment, il n'en fut pas de m&#234;me des &#034;contre&#034; qui voyaient leur nombre ramen&#233; &#224; 8. Lorsque la majorit&#233; vota, un ouvrier qui se trouvait pr&#232;s du d&#233;l&#233;gu&#233; lui cria &#224; l'oreille : &#034;Tu les vois, tous ceux qui sont pour l'action, rince-toi l'oeil !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR QUI TRAVAILLENT LES OUVRIERS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier ses refus successifs d'augmenter les salaires, M. Lefaucheux, directeur de la R&#233;gie Renault, a pr&#233;text&#233; le bilan d&#233;ficitaire de la R&#233;gie Renault : &#034;Nous ne pouvons pas vous payer, parce qu'il n'y a plus d'argent...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production aurait-elle diminu&#233; pour expliquer ce d&#233;ficit ? En 1945, 12.000 v&#233;hicules ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;s ; en 1946, 30.000, et en 1947, le programme s'accentue de semaine en semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais le personnel a augment&#233;, nous r&#233;torque-t-on. Fort bien... Mais alors, n'est-ce pas une preuve que les affaires (celles des patrons) marchent &#224; merveille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de la &#034;bataille des 25%&#034;, la section syndicale Renault d&#233;clarait que, pour une Juva 4, 10.000 fr. de salaires &#233;taient d&#233;bours&#233;s, alors que cette voiture &#233;tait catalogu&#233;e &#224; 107.000 fr. Admettons qu'avec l'inflation ces chiffres soient p&#233;rim&#233;s. Il n'y a cependant aucun doute que leur &#233;cart ne se soit agrandi depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Juva 4 sont revendues &#224; l'&#233;tranger avec 20.000 francs de perte. Seulement, l'effort des ouvriers qui les ont r&#233;alis&#233;es a &#233;t&#233; pay&#233; en francs Schuman, alors que c'est en devises que les acqu&#233;reurs &#233;trangers les ont r&#233;gl&#233;es. Quelle est la destination de ces devises ? En premier lieu, le compte en banque des actionnaires, le financement de l'arm&#233;e, tout ce qui concerne &#034;les int&#233;r&#234;ts bien compris&#034; de nos capitalistes, et, en second lieu, l'achat de l'outillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la direction, qui est &#233;trangement silencieuse sur la premi&#232;re destination des fonds de la R&#233;gie, l'est beaucoup moins sur la seconde. Elle est m&#234;me tr&#232;s loquace : les usines du Mans, de Saint-Etienne, d'Orl&#233;ans, d'Annecy, de Vernon, de Saint-Michel, etc..., ont &#233;t&#233; reconstruites et tournent &#224; pleins bras ; 1.500 machines neuves ont &#233;t&#233; achet&#233;es, et surtout, surtout, la 4 CV !... Tout est mis en oeuvre pour sa r&#233;ussite. La substance des ouvriers n'est pas m&#233;nag&#233;e. Pensez donc, il est m&#234;me question que les ouvriers pourront en acheter ! Encore faudrait-il qu'ils puissent acheter le pain quotidien et payer le loyer !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, il faut produire sans revendiquer. Et quand la 4 CV sortira, les b&#233;n&#233;fices subiront le m&#234;me sort : actionnaires, achat de machines avec un nombre plus grand d'ouvriers pour les faire marcher. Ceci, si les affaires &#034;tournent rond&#034;. Mais si les voitures ne se vendent plus, il ne nous restera plus qu'&#224; aller chercher du travail ailleurs... Voil&#224; la perspective pour demain si nous continuons &#224; nous soumettre aux &#034;arguments&#034; du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la R&#233;gie Renault, des ouvriers font des semaines de 60 heures. Transform&#233;s en v&#233;ritables robots, ils travaillent sur deux ou trois machines &#224; la fois. Mais chez Caudron, Hispano et ailleurs, on d&#233;bauche. Les ouvriers vont enfin r&#233;colter les fruits du mot d'ordre &#034;produire&#034;. Pour 500 d'entre eux qui sueront sang et eau en usine &#224; des salaires de famine, 1.000 autres cr&#232;veront de faim aux portes des bureaux d'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tract&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRAVAILLEURS DE LA METALLURGIE DE LA REGION PARISIENNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ouvriers des Usines Renault en Gr&#232;ve s'adressent &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEPUIS LE MARDI 29 AVRIL NOTRE GREVE A PRIS UN CARACTERE GENERAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, depuis plusieurs semaines, des gr&#232;ves partielles r&#233;clamant un rajustement des salaires avaient &#233;clat&#233; dans l'usine. Car avec un salaire de 42 francs pour un O.S. face &#224; la mont&#233;e incessante du co&#251;t de la vie, aucun d'entre nous ne peut joindre les deux bouts. C'est pourquoi le vendredi 25 avril, les d&#233;partements 6 et 18 se mettant en gr&#232;ve, un comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; la presque unanimit&#233;, a &#233;t&#233; mandat&#233; de mener la lutte pour 10 frs. d'augmentation de l'heure sur le taux de base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve, pour mener cette lutte qui int&#233;resse tous les travailleurs, a fait imm&#233;diatement appel &#224; toutes les usines Renault. Et malgr&#233; l'opposition de la Direction syndicale officielle, les travailleurs, organis&#233;s ou non, et quelle que soit leur appartenance aux diff&#233;rentes organisations syndicales ou politiques, ont &#233;t&#233; UNANIMES pour adopter nos revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mandat&#233;s pour exposer nos revendications &#224; la direction patronale, celle-ci, en la personne de M. Lefaucheux, a refus&#233; de nous recevoir et a trait&#233; la d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re avec le plus grand m&#233;pris. M. Lefaucheux bafoue le droit le plus &#233;l&#233;mentaire des ouvriers d'&#233;lire librement leurs repr&#233;sentants. Il veut nous imposer ceux qui dans le pass&#233; l'ont aid&#233; dans son action anti-ouvri&#232;re et avec lesquels il esp&#232;re, mais en vain, s'arranger, pour nous berner une fois de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUE REPR&#201;SENTENT LES 10 FRANCS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant notre action d&#233;cid&#233;e, le patronat et la direction syndicale opposent &#224; notre revendication des 10 francs une augmentation de la prime &#224; la production. Mais le syst&#232;me des primes au rendement, tout ouvrier le sait, c'est la surexploitation de la force de travail de l'ouvrier et ne pr&#233;sente aucune garantie du point de vue salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la politique patronale a toujours &#233;t&#233; de nous faire courir apr&#232;s les prix &#224; l'aide de petites satisfactions partielles pour calmer notre m&#233;contentement. Notre revendication actuelle, qui est celle du minimum vital, c'est-&#224;-dire, pour nous limiter au chiffre de la C.G.T., de 7.000 francs par mois, 10 francs d'augmentation sur le taux de base pour 40 heures de travail, doit mettre fin une fois pour toutes &#224; cet &#233;tat de choses. Car l'augmentation que nous r&#233;clamons doit &#234;tre garantie par son adaptation constante aux indices des prix en fonction de ce qu'il nous fait acheter pour vivre sans mettre en danger notre sant&#233;, Nous voulons L'ECHELLE MOBILE DES SALAIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette revendication, la C.G.T. elle-m&#234;me l'avait mise en avant au mois de d&#233;cembre (salaire minimum vital calcul&#233; selon l'indice des prix). Mais la direction de la C.G.T. l'a abandonn&#233;e, cependant que, malgr&#233; les heures suppl&#233;mentaires et la cadence toujours plus vive, malgr&#233; les promesses sur l'augmentation du pouvoir d'achat au fur et &#224; mesure de l'augmentation de la production, et celles sur la baisse des prix, plus nous travaillons, moins nous gagnons et moins nous pouvons manger. (Dans notre usine la production a augment&#233; de 150% tandis que le salaire r&#233;el a continuellement baiss&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la classe ouvri&#232;re se trouve dans la m&#234;me situation. C'est pourquoi notre direction patronale n'a pu que recourir &#224; un subterfuge, en pr&#233;textant qu'elle &#233;tait en d&#233;ficit et que c'est la politique gouvernementale qui s'oppose &#224; l'augmentation des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela nous r&#233;pondons que ni le pr&#233;tendu d&#233;ficit, ni la politique gouvernementale n'ont emp&#234;ch&#233; M. Lefaucheux de trouver l'argent pour payer une augmentation de 30% sur les produits sid&#233;rurgiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le patronat trouve le moyen d'obtenir l'autorisation du gouvernement pour verser une augmentation de 30% aux potentats milliardaires de la sid&#233;rurgie, comme il trouve en g&#233;n&#233;ral toujours l'autorisation du gouvernement pour toutes ses man&#339;uvres contre les ouvriers et les consommateurs devant notre pression unanime sur le patronat nous verrons le gouvernement s'incliner devant la classe ouvri&#232;re unanime dans ses revendications, comme il a d&#251; le faire en juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS VAINCRONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente souvent la puissance des trusts comme un &#233;pouvantail qui doit toujours nous &#233;craser. Mais la classe ouvri&#232;re, unie dans la d&#233;fense de ses revendications, n'est-elle pas plus puissante qu'un trust ? Nous avons le monopole de la force travail, sans laquelle ces messieurs ne peuvent plus r&#233;colter des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication que nous formulons est une revendication g&#233;n&#233;rale qui int&#233;resse tous les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, nous faisons appel &#224; vous parce que vous &#234;tes dans la m&#234;me situation que nous et que personne ne peut se r&#233;signer &#224; la situation actuelle. Par cons&#233;quent, puisque la lutte est in&#233;vitable et n&#233;cessaire, il faut que nous nous mettions tous ensemble en mouvement, car seule l'union de tous les travailleurs assurera la victoire pour tous. Les sacrifices terribles que nous avons support&#233;s pendant des ann&#233;es, la lutte que nous avons men&#233;e depuis 1934 contre le patronat sont un gage que les travailleurs ne se r&#233;signeront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; la Section syndicale de l'usine Alsthom nous a envoy&#233; un message de solidarit&#233; morale et pratique des ouvriers de leur usine avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, nous sommes tous d'accord pour lutter pour ne pas supporter les frais d'un capitalisme qui nous &#233;crase dans la mis&#232;re, tandis que d'un autre c&#244;t&#233; une poign&#233;e de milliardaires qui ont r&#233;alis&#233; des &#233;normes profits continuent comme auparavant &#224; s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant notre action a &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e par ceux qui, tout en se disant nos dirigeants, non seulement ne nous d&#233;fendent pas, mais encore s'opposent &#224; notre lutte, soit parce qu'ils ont &#233;t&#233; les complices des patrons, soit parce que n'ayant pas confiance en eux-m&#234;mes, ils ont adopt&#233; l'attitude n&#233;faste de l'attentisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; nous qu'il appartient de d&#233;fendre nous-m&#234;mes nos revendications. Nous avons d&#251; vaincre 1es m&#234;mes difficult&#233;s que vous connaissez. Mais notre exemple vous prouve que ces difficult&#233;s peuvent &#234;tre surmont&#233;es : les ouvriers de notre usine ont &#233;lu dans la lutte, directement de leur sein, des d&#233;l&#233;gu&#233;s avec mandat de faire aboutir leurs revendications. La classe ouvri&#232;re est riche d'hommes qui se r&#233;v&#232;leront dans l'action et qui, m&#234;me s'ils manquent d'exp&#233;rience au d&#233;but, peuvent vite, avec l'appui de tous, se corriger dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, camarades, ce que nous avons &#224; vous dire, voil&#224; quelle est la v&#233;rit&#233;, et vous saurez faire justice de toute la campagne de calomnies qui est l'arme de la division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre usine a commenc&#233; le mouvement. Nous appelons tous nos camarades de la m&#233;tallurgie, tous les ouvriers de la R&#233;gion parisienne, &#224; se joindre &#224; nous. Faisons pour nous-m&#234;mes, ne f&#251;t-ce qu'une partie des sacrifices que nous obligent &#224; faire tous les jours les patrons pour leur profit et nous vaincrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES 10 FRANCS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LE MINIMUM VITAL GARANTI PAR L'ECHELLE MOBILE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA SOLIDARITE DE LA CLASSE OUVRIERE UNIE DANS SES REVENDICATIONS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve g&#233;n&#233;ral des Usines Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers de l'Entreprise de Presse R&#233;aumur, de tout c&#339;ur avec les gr&#233;vistes des m&#233;taux (R&#233;gie Renault), leur adressent leur salut fraternel et sont heureux de leur signaler que les TYPOGRAPHES, ROTATIVISTES, IMPRIMEURS, ROGNEURS et MANOEUVRES ont spontan&#233;ment abandonn&#233; leur salaire pour l'ex&#233;cution de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IL Y A UN AN ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, le 25 avril, les ouvriers du secteur Collas, chez Renault, en se mettant en gr&#232;ve pour un &#034;v&#233;ritable minimum vital&#034;, d&#233;clench&#232;rent un mouvement revendicatif qui s'&#233;tendit ensuite, par &#233;tapes, &#224; toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement rompait avec deux ann&#233;es et demie de soumission compl&#232;te des travailleurs au bon plaisir des patrons, soutenus par toutes les tendances syndicales officielles (C.G.T. frachoniste et jouhaussiste, C.F.T.C., etc...). Et il ouvrait une nouvelle p&#233;riode de renaissance du mouvement ouvrier qui, malgr&#233; les revers actuels dus &#224; la puissance encore debout des vieux bureaucrates syndicaux, n'est pas close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas inutile que les lecteurs de La Voix, dont une grande partie est pr&#233;cis&#233;ment de ceux qui ont particip&#233; &#224; cette gr&#232;ve, trouvent ici un historique des &#233;v&#233;nements de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve fut pr&#233;par&#233;e de longs mois &#224; l'avance, par le travail d'un petit nombre de militants ouvriers group&#233;s autour du journal La Lutte de classes (organe de l'Union communiste-trotskyste). La fraction Renault de ce groupe (cr&#233;&#233; pour renverser les capitalistes et instaurer la d&#233;mocratie &#233;conomique et politique ouvri&#232;re), appela les travailleurs &#224; plusieurs reprises, par des tracts, &#224; changer compl&#232;tement d'orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le 7 janvier, dans un tract, elle concluait : &#034;Ce qu'il faut faire, c'est dire &#224; la bourgeoisie et &#224; nos soi-disant repr&#233;sentants : Nous n'avons plus confiance en vous, ni en vos discours, ni en vos manoeuvres. Nous n'avons confiance qu'en une seule chose : notre action.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 f&#233;vrier, elle commen&#231;a &#224; publier La Voix des Travailleurs de chez Renault (dont notre journal n'est que la continuation), qui proclamait : &#034;Nous en tant qu'ouvriers, nous avons d&#233;cid&#233; de discuter, au moyen de ce bulletin, quelle est l'attitude qu'on doit avoir ; nous voulons opposer la conception de la majorit&#233; des ouvriers prise sur le vif, &#224; ceux qui pr&#233;tendent avoir le secret du &#034;bon point de vue&#034; et qui n'h&#233;sitent pas, pour faire triompher ce point de vue, m&#234;me quand il est en contradiction avec l'opinion de la majorit&#233; des ouvriers, &#224; employer des proc&#233;d&#233;s r&#233;pugnants.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses tracts et par La Voix des Travailleurs de chez Renault, le groupe r&#233;ussit &#224; donner aux ouvriers confiance en eux-m&#234;mes et &#224; les amener &#224; prendre en leurs propres mains la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que, le 23 avril 1947, eut lieu l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des ouvriers du secteur Collas qui d&#233;cida la gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e le vendredi 25 avril. Elle avait pour but imm&#233;diat une augmentation de 10 francs sur le taux de base et le paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous le compte rendu publi&#233; &#224; l'&#233;poque dans La Lutte de Classes n&#186; 89 (26 avril 1947). &#034;Le camarade&#034; qui prit le premier la parole et dont le compte rendu devait encore taire le nom, c'est le camarade Pierre Bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuerons &#224; rappeler dans les prochains num&#233;ros les principales &#233;tapes de la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 12 h30, lorsque j'arrive, le trottoir (large d'au moins 8 m&#232;tres) est encombr&#233; d'ouvriers qui sont l&#224;, par dizaines et discutent ; tandis que, par paquets, les ouvriers sortant de la cantine continuent d'affluer. Toutes les conversations roulent sur le m&#234;me sujet : ce qui va se passer tout &#224; l'heure. Et le mot de gr&#232;ve circule. Un tract diffus&#233; dans la matin&#233;e, de la main &#224; la main, nous a fait savoir que le Comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pr&#233;c&#233;dente par 350 ouvriers contre 8, a tenu &#224; nous r&#233;unir afin de nous mettre au courant des d&#233;marches qu'il a effectu&#233;es aupr&#232;s de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure donn&#233;e doit &#234;tre respect&#233;e, et &#224; 12h 30 pr&#233;cises, un camarade, qui est d&#233;j&#224; sur la fen&#234;tre, commence &#224; parler. Au premier rang de cet auditoire, bien plus nombreux que la fois pr&#233;c&#233;dente, o&#249; se retrouvent presque tous les ouvriers des deux d&#233;partements faisant la &#034;normale&#034;, soit quelque 700 ouvriers, des coups d'&#339;il significatifs s'&#233;changent ; les visages sont plut&#244;t gais, quoique les esprits soient tendus. Le camarade explique bri&#232;vement, en termes clairs, l'&#233;chec de la d&#233;l&#233;gation, auquel d'ailleurs on s'attendait. Et, devant l'auditoire ouvrier attentif, il d&#233;montre que l'arme gr&#233;viste reste le seul moyen permettant d'obtenir satisfaction. Au milieu des cris d'approbation qui fusent de toutes parts, il explique que la gr&#232;ve &#224; venir sera une lutte des plus s&#233;rieuses qu'il faudra mener avec r&#233;solution jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il ne sera plus question de jouer de l'accord&#233;on, ou de rester les bras crois&#233;s &#224; attendre que &#231;a tombe, mais il faudra s'organiser pour faire conna&#238;tre le mouvement dans toutes les usines, faire des piquets de gr&#232;ve et d&#233;fendre les issues de l'usine au besoin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant d'avance aux objections que pouvaient faire certains sur la perte d'argent que cela occasionnerait, et l'intervention toujours possible de la police, il indique que le paiement des journ&#233;es de gr&#232;ve sera exig&#233; ; quant aux &#034;lacrymog&#232;nes&#034; de la police, &#034;pendant plus de six ans nous avons re&#231;u des bombes sur la gueule et on n'a rien dit. On s'est continuellement serr&#233; la ceinture avec les sacrifices que la bourgeoisie nous a impos&#233;s pour d&#233;fendre ses coffres-forts. Et aujourd'hui, nous n'aurions pas la force et le courage d'en faire au moins une infime partie pour nous ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuyant ces paroles de cris bruyants, les ouvriers marquaient leur approbation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passant au vote, le camarade demande aux ouvriers de se prononcer sur la gr&#232;ve en tant que moyen &#224; envisager dans les d&#233;lais les plus courts. Tandis que quelques voix seulement votent &#034;contre&#034;, les ouvriers votent &#034;pour&#034;. C'est alors que le d&#233;l&#233;gu&#233; c&#233;g&#233;tiste, litt&#233;ralement pouss&#233; par ses &#034;copains&#034; qui lui ont fray&#233; un chemin, s'avance pour exposer son point de vue, ainsi que le camarade venait de le demander, invitant les opposants &#224; &#233;mettre leur point de vue. Malgr&#233; le calme relatif, les ouvriers &#233;tant curieux de conna&#238;tre ses objections, il ne put &#233;viter de s'attirer la r&#233;plique d'un ouvrier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tu vois, ici au moins, il y a de la d&#233;mocratie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grimp&#233; sur la fen&#234;tre, parlant &#224; voix basse et ne sachant pas trop quoi dire, le d&#233;l&#233;gu&#233; entreprit d'expliquer aux ouvriers la &#034;situation r&#233;elle en ce qui concerne les salaires&#034;. Pour son malheur, il se mit &#224; parler d'une d&#233;l&#233;gation qui &#233;tait all&#233;e voir Lefaucheux (avec la demande d'&#233;tablir une &#233;galit&#233; de salaires entre les ouvriers d'ici et ceux de chez Citro&#235;n, avec effet r&#233;troactif) que d'ailleurs ajouta-t-il, elle ne trouva pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, les ouvriers vomissaient les d&#233;l&#233;gations et, &#224; peine le d&#233;l&#233;gu&#233; achevait-il ses derni&#232;res paroles que sa voix &#233;tait couverte d'exclamations plus ou moins significatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les d&#233;l&#233;gations, on en a assez&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Jusqu'o&#249; comptez-vous nous mener en bateau ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On n'en veut plus de tes d&#233;l&#233;gations, maintenant ce qu'il faut, ce sont des actes.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ajoute moi-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Egalit&#233; avec Citro&#235;n, mais l&#224;-bas ils cr&#232;vent de faim aussi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abr&#233;geant son expos&#233;, le d&#233;l&#233;gu&#233; lan&#231;a un &#034;appel au calme&#034; et une mise en garde &#034;contre les d&#233;magogues&#034; fut non moins hu&#233;e que les &#034;d&#233;l&#233;gations&#034;. Apr&#232;s quoi, il dut descendre pour c&#233;der la place &#224; un ouvrier d'une trentaine d'ann&#233;es qui, grimp&#233; sur la fen&#234;tre, expliqua, en quelques mots, ce qu'il pensait et des d&#233;l&#233;gu&#233;s et des d&#233;l&#233;gations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Camarades, depuis des mois, on nous fait attendre des augmentations qui doivent toujours arriver demain. On nous a d&#233;j&#224; fait l'histoire en f&#233;vrier et on nous a dit que l'absence de Lefaucheux, &#224; l'&#233;poque, avait emp&#234;ch&#233; les revendications d'aboutir. Cela a recommenc&#233; hier et, une fois de plus encore, il n'&#233;tait pas l&#224;. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont repartis, comme avant. Cela ne peut plus durer. Jusqu'&#224; quand allons-nous nous laisser mener ? Maintenant, ce n'est plus des parlottes qu'il faut, ce sont des actes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compl&#233;tant dans le m&#234;me sens ce que l'ouvrier venait de dire, le premier camarade parla du minimum vital qui fut mis &#224; l'ordre du jour de la C.G.T. en novembre et qui devait &#234;tre appliqu&#233; avec effet r&#233;troactif &#233;galement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Mais la C.G.T., dit-il, capitula sur le minimum vital et l'on ne parla plus ni du minimum vital ni de son effet r&#233;troactif. Comment pouvons-nous croire &#224; pr&#233;sent des personnes qui ont capitul&#233; de la sorte ? Qu'est-ce qui nous prouve qu'ils ne capituleront pas de la sorte demain, avec leurs d&#233;l&#233;gations ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet incident clos de la bonne mani&#232;re, le camarade demande alors, pour clore la r&#233;union, que les ouvriers manifestent par un second vote leur confiance au Comit&#233; de gr&#232;ve afin de l'habiliter &#224; d&#233;clencher la gr&#232;ve au moment opportun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la grande majorit&#233; qui accorda sa confiance au Comit&#233; de gr&#232;ve fut la m&#234;me que pr&#233;c&#233;demment, il n'en fut pas de m&#234;me des &#034;contre&#034; qui voyaient leur nombre ramen&#233; &#224; 8. Lorsque la majorit&#233; vota, un ouvrier qui se trouvait pr&#232;s du d&#233;l&#233;gu&#233; lui cria &#224; l'oreille : &#034;Tu les vois, tous ceux qui sont pour l'action, rince-toi l'&#339;il !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GREVE GENERALE CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu le 23 avril 1947 par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des ouvriers des d&#233;partements 6 et 18, se mit aussit&#244;t &#224; la besogne. Il lui fallait prendre toutes les dispositions n&#233;cessaires au d&#233;clenchement de la gr&#232;ve, ainsi que fixer la date au moment le plus favorable pour les ouvriers. Le jour choisi fut le vendredi 25 avril, aussit&#244;t apr&#232;s la paye. Ce matin-l&#224;, &#224; 6h 30, le comit&#233; donna l'ordre de gr&#232;ve, impatiemment attendu par tous les ouvriers. Aussit&#244;t les piquets de gr&#232;ve, pr&#233;vus &#224; l'avance, entr&#232;rent en action et les deux d&#233;partements furent occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tait donc parti. Mais le plus difficile restait &#224; faire. Personne n'avait la na&#239;vet&#233; de croire qu'une augmentation de 10 francs sur le salaire de base et le paiement des heures de gr&#232;ve pouvaient &#234;tre obtenus par douze cents gr&#233;vistes ! Pour renverser la vapeur, pour mettre un frein &#224; la rapacit&#233; capitaliste, il fallait, comme en juin 1936, une action gr&#233;viste de la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette voie, un grand obstacle se dressait devant le comit&#233; de gr&#232;ve. La majorit&#233; des travailleurs (comme l'ont prouv&#233; ensuite la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de chez Citro&#235;n, de Sochaux, du m&#233;tro, et enfin les gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre) &#233;tait, en effet, tout &#224; fait dispos&#233;e &#224; recourir &#224; l'action gr&#233;viste g&#233;n&#233;ralis&#233;e : mais l'appareil c&#233;g&#233;tiste, Frachon et Jouhaux en t&#234;te, allait s&#251;rement s'opposer avec acharnement &#224; un mouvement qui, surgi en dehors de leur contr&#244;le, d&#233;rangeait leurs combinaisons avec le gouvernement capitaliste. Or, si chez Renault, &#224; Collas et partiellement dans d'autres d&#233;partements, le 88 par exemple, l'influence des bureaucrates avait &#233;t&#233; mise en &#233;chec par le travail de la fraction &#034;lutte de classes&#034;, partout ailleurs il n'en &#233;tait pas de m&#234;me. C'est la lutte qui devait donc d&#233;couvrir jusqu'&#224; quel point les travailleurs seraient capables de s'&#233;manciper des bureaucrates par leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve, compos&#233; par les onze ouvriers suivants : Bois, Schwartzman, Faynsilberg, Quatrain, Delanoy, Lopez, Alvarez, Mertin, L&#233;v&#234;que, Vayer et Gadion, d&#233;cida par cons&#233;quent d'entra&#238;ner d'abord dans la gr&#232;ve tous les ouvriers de chez Renault. Par un tract, il appela les ouvriers &#224; un meeting g&#233;n&#233;ral pour le lundi 28 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenu place Nationale, ce meeting fut un succ&#232;s complet pour le comit&#233; de gr&#232;ve. Une voiture-micro, amen&#233;e par les Jeunesses socialistes (qui devaient peu apr&#232;s rompre avec le parti de Blum), permit &#224; ses dirigeants d'exposer les motifs et les buts de la gr&#232;ve aux ouvriers mass&#233;s sur la place. Des repr&#233;sentants de certaines organisations syndicales, C.N.T., &#034;Front Ouvrier&#034;, C.F.T.C., prirent aussi la parole pour exprimer la sympathie de leurs organisations pour la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants c&#233;g&#233;tistes n'os&#232;rent m&#234;me pas se montrer. Ils avaient convoqu&#233; &#034;leur&#034; meeting dans la soir&#233;e et, apr&#232;s avoir parl&#233; sous les hu&#233;es d'une grande partie de l'assistance, se d&#233;fil&#232;rent quand les dirigeants du comit&#233; de gr&#232;ve demand&#232;rent la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne suffisait pas de discours pour que le mouvement s'&#233;tendit effectivement dans tous les d&#233;partements. Les discours peuvent tout au plus donner &#224; la masse une conscience plus claire des buts qu'elle veut atteindre. Ce sont les ouvriers de chez Collas qui, apr&#232;s le meeting, r&#233;ussirent &#224; &#233;largir le mouvement ; ils all&#232;rent directement dans les ateliers et les firent d&#233;brayer. Et, au soir, dix &#224; douze mille ouvriers avaient arr&#234;t&#233; le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la g&#233;n&#233;ralisation de la gr&#232;ve n'&#233;tait plus qu'une question d'heures. C'est pourquoi les dirigeants c&#233;g&#233;tistes tent&#232;rent une derni&#232;re &#034;man&#339;uvre&#034;, avant de recourir &#224; &#034;d'autres moyens&#034;. Le mardi 29 avril, ils appellent les ouvriers de chez Renault &#224; se mettre en gr&#232;ve... POUR UNE HEURE, pour appuyer leurs &#034;revendications&#034; aupr&#232;s de la direction. Ils esp&#233;raient qu'apr&#232;s une telle &#034;action&#034;, les ouvriers reprendraient sagement le joug de la direction syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 30.000 ouvriers et employ&#233;s de l'usine suivirent l'appel de la C.G.T., mais refus&#232;rent de reprendre le travail ensuite. Si la gr&#232;ve &#233;tait n&#233;cessaire, si la C.G.T. elle-m&#234;me y avait &#233;t&#233; contrainte, c'est le comit&#233; de gr&#232;ve qui avait raison : non pas une pitrerie symbolique, mais gr&#232;ve jusqu'&#224; compl&#232;te satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce r&#233;sultat tout &#224; fait inattendu par eux, les dirigeants c&#233;g&#233;tistes d&#233;cid&#232;rent de recourir &#224; &#034;d'autres moyens&#034;. Deux jours plus tard, Thorez devait parader &#224; l'occasion du 1er mai et une gr&#232;ve d'une telle envergure d&#233;clench&#233;e contre sa volont&#233;, mettait en danger non seulement son prestige, mais aussi sa place au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 30 avril, ils firent irruption dans l'usine et les troupes de choc staliniennes eurent vite fait de chasser les faibles piquets de gr&#232;ve que certains ouvriers avaient constitu&#233;s dans les d&#233;partements. Mais ils n'os&#232;rent pas s'attaquer &#224; Collas, car il y avait l&#224; 1.200 ouvriers d&#233;cid&#233;s, enthousiastes, qui se savaient bien dirig&#233;s et &#233;taient par cons&#233;quent pr&#234;ts &#224; se d&#233;fendre contre toute attaque. Dans l'apr&#232;s-midi, &#224; un meeting dans l'&#238;le, H&#233;naff exhorte ainsi ses gardes du corps contre les ouvriers qui veulent prendre la parole : &#034;MAIS TIREZ DONC !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur, pour cacher le v&#233;ritable r&#244;le qu'elle joue, la C.G.T. adopte officiellement la gr&#232;ve et ses revendications. Pour mieux les enterrer, comme on le verra par la suite. Mais &#034;par d'autres moyens&#034;, c'est-&#224;-dire par la violence, les staliniens enregistrent leur premier succ&#232;s. En installant aux portes des d&#233;partements leurs hommes de main baptis&#233;s &#034;piquets de gr&#232;ve&#034;, ils isolent la masse des ouvriers de chez Renault du comit&#233; de gr&#232;ve. Dans ces conditions, l'essai d'&#233;largir le comit&#233; de gr&#232;ve par des repr&#233;sentants d'autres d&#233;partements ne donne aucun r&#233;sultat positif, car les ouvriers qui en viennent repr&#233;sentent leur propre bonne volont&#233;, mais n'ont pas d'appui s&#233;rieux parmi leurs camarades d'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me sort attendait les ouvriers de Collas, qui essay&#232;rent de d&#233;baucher les ouvriers de chez Citro&#235;n, et les militants ouvriers (Jeunesses socialistes, parti communiste internationaliste, etc...), qui s'employ&#232;rent &#224; diffuser, dans le cort&#232;ge du 1er mai le tract du comit&#233; de gr&#232;ve adress&#233; &#224; toute la m&#233;tallurgie. A noter que ce tract fut imprim&#233; &#224; 100.000 exemplaires gratuitement par les typographes de la rue R&#233;aumur (S.N.E.P.). Des secours en argent commen&#231;aient par ailleurs &#224; arriver au d&#233;partement 6. Quelques gr&#232;ves, comme celle des camions Bernard, &#233;clataient &#231;a et l&#224;. Mais les grandes &#034;bo&#238;tes&#034;, sous la pression stalinienne et malgr&#233; une grande effervescence, ne boug&#232;rent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le lendemain, vendredi 2 mai, chez Renault, les ouvriers tiennent bon. En d&#233;pit des pressions et de la man&#339;uvre c&#233;g&#233;tiste consistant &#224; &#034;reprendre&#034; les revendications du comit&#233; de gr&#232;ve. Les bonzes syndicaux voulaient faire reprendre le travail avec 3 francs de &#034;prime au rendement&#034; et promettaient d'obtenir les 10 francs, toujours sur la base d'un rendement accru, par des n&#233;gociations ult&#233;rieures avec M. Lefaucheux. Par 11.354 voix contre 8.015 et 1.009 annul&#233;es, les travailleurs de la r&#233;gie refus&#232;rent de capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se termine la premi&#232;re semaine de gr&#232;ve, qui r&#233;v&#232;le pleinement la force et la faiblesse du mouvement. Sa force, c'est la volont&#233; de tous les ouvriers de reprendre leurs traditions de lutte, d'en finir avec la collaboration de classe. Sa faiblesse, c'est le manque d'une organisation v&#233;ritablement ouvri&#232;re. De ce fait, les ouvriers sont sans d&#233;fense devant l'action r&#233;pressive de l'appareil bureaucratique c&#233;g&#233;tiste, aussi bien dans la majeure partie des usines Renault que dans les autres usines. Tandis que le comit&#233; de gr&#232;ve voit ainsi diminuer consid&#233;rablement ses chances de d&#233;clencher un mouvement g&#233;n&#233;ral comme en juin 1936, les dirigeants c&#233;g&#233;tistes peuvent maintenant, apr&#232;s avoir circonscrit la gr&#232;ve &#224; l'int&#233;rieur de Renault, tenter d'y mettre fin par un nouveau vote. Ils y r&#233;ussiront une semaine apr&#232;s, le 9 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de cette deuxi&#232;me semaine de gr&#232;ve fera l'objet du prochain article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait digne de remarque, la grande presse capitaliste qui, avant la g&#233;n&#233;ralisation du mouvement, avait accord&#233; ses &#034;faveurs&#034; au comit&#233; de gr&#232;ve, se ravise aussit&#244;t. Ces messieurs avaient essay&#233; de jouer au plus fin, escomptant que d'un c&#244;t&#233; ils allaient discr&#233;diter la C.G.T., dont la collaboration &#233;tait pay&#233;e par des postes minist&#233;riels &#224; Thorez et Cie, et que de l'autre c&#244;t&#233; le comit&#233; de gr&#232;ve serait impuissant &#224; mener une v&#233;ritable lutte. Mais le comit&#233; de gr&#232;ve avait port&#233; un coup d&#233;cisif &#224; la politique de soumission des ouvriers au patronat. Son mouvement allait avoir les r&#233;percussions les plus profondes sur toute la vie politique, &#233;conomique et sociale de la France. Ces messieurs les journalistes capitalistes se h&#226;t&#232;rent donc de suivre le conseil que Duclos leur avait donn&#233; &#224; la Chambre : &#034;il fallait jeter des pellet&#233;es de sable sur l'incendie au lieu de l'attiser !&#034; Et, &#224; partir du moment o&#249; la gr&#232;ve devient g&#233;n&#233;rale chez Renault, C.G.T., gouvernement et capitalistes marchent, par une savante division du travail, la main dans la main contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1947, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale chez Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES MINISTRES P.C.F. CONTRAINTS DE DEMISSIONNER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons fait remarquer dans notre pr&#233;c&#233;dent article, du fait que la C.G.T., par des man&#339;uvres et par la violence, avait r&#233;ussi &#224; isoler le secteur Collas et l'usine Renault du reste de la m&#233;tallurgie, le vote du vendredi 2 mai, en faveur de la continuation de la gr&#232;ve (11.354 contre 8.015) n'am&#232;nera aucun changement notable pendant la deuxi&#232;me semaine. La section syndicale Renault, la C.G.T. et le P.C.F. n'auront qu'&#224; continuer le double jeu commenc&#233; dans la premi&#232;re semaine pour arriver &#224; leurs fins : &#233;trangler un mouvement qui est non seulement un d&#233;saveu cinglant du soutien total qu'ils avaient apport&#233; au blocage des salaires au profit des capitalistes, mais aussi une r&#233;volte ouverte contre leur emprise bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce beau monde qui, au d&#233;clenchement de la gr&#232;ve, avait cri&#233; &#224; la &#034;provocation&#034;, devient, en paroles, le d&#233;fenseur de la gr&#232;ve Renault et de ses revendications. Mais, dans la pratique, il en est tout autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usine m&#234;me, la section syndicale travaille en-dessous pour amener les ouvriers par un nouveau vote, &#224; accepter, de guerre lasse, les propositions de M. Lefaucheux, repouss&#233;es le 2 mai. Ces propositions sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#186; prime horaire de production de 3 frs. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#186; paiement des bons coul&#233;s au salaire de base ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; paiement des heures perdues ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#186; r&#233;vision des temps insuffisants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#186; commission de r&#233;vision des chronos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section syndicale promet que l'union des m&#233;taux fera aboutir les 10 francs par des n&#233;gociations ult&#233;rieures... Il n'est m&#234;me pas question du paiement des heures de gr&#232;ve, deuxi&#232;me revendication des gr&#233;vistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, pour effrayer les ouvriers des autres usines tent&#233;s de se mettre en gr&#232;ve en m&#234;me temps que ceux de chez Renault, la direction de la C.G.T. se rallie aux &#034;arguments&#034; de M. Ramadier, premier ministre, et pr&#233;tend avec lui qu'&#034;une revalorisation g&#233;n&#233;rale des salaires provoquerait une hausse des prix&#034;. Or, les 10 francs r&#233;clam&#233;s par les travailleurs de chez Renault ne peuvent &#234;tre obtenus que pr&#233;cis&#233;ment dans le cadre d'une &#034;augmentation g&#233;n&#233;rale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve ne laisse pas ce mensonge sans riposte et r&#233;plique dans un tract (6 mai) : &#034;Ce sont les d&#233;penses ruineuses de l'Etat qui provoquent l'inflation (hausse des prix). M. Ramadier, qui fait fonctionner la planche &#224; billets pour couvrir en partie ces d&#233;penses, veut en m&#234;me temps en rendre responsable la classe ouvri&#232;re. La classe ouvri&#232;re, voil&#224; l'ennemi pour ceux qui parlent au nom des capitalistes. La classe ouvri&#232;re doit non seulement supporter tous les sacrifices qu'on lui impose au nom de promesses non tenues ; mais d&#232;s qu'elle r&#233;clame les choses les plus indispensables pour vivre, on l'accuse, par-dessus le march&#233;, de tous les maux qui sont la cons&#233;quence du fait que l'&#233;conomie est dirig&#233;e par une poign&#233;e de capitalistes parasites. NOUS VOULONS LA HAUSSE DES SALAIRES PAR RAPPORT AUX PROFITS CAPITALISTES&#034;, concluait justement le tract du comit&#233; de gr&#232;ve, mais il est diffus&#233; seulement chez Renault...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Chambre, le 3 mai, apr&#232;s certains discours de d&#233;put&#233;s staliniens de second plan sur la &#034;solidarit&#233; avec les justes (mais sans dire lesquelles !) revendications des ouvriers&#034;, Duclos, au nom du groupe, d&#233;clare &#224; Ramadier : &#034;Nous sommes pour la stabilit&#233; du franc... Nous vous aiderons quelle que soit la conclusion politique de ce d&#233;bat&#034;. Il avait du reste d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; aux journalistes am&#233;ricains : &#034;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est une idiotie !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, les efforts r&#233;unis du gouvernement, de la Chambre, du P.C.F.. et de la C.G.T. ont provisoirement raison de la combativit&#233; ouvri&#232;re. Le vendredi 9 mai, une majorit&#233; de 12.075 ouvriers et employ&#233;s, contre 6.886, se prononce pour la reprise du travail chez Renault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Collas n'a pas encore dit son dernier mot. Il le montrera le lundi 12 mai, quand les ouvriers de ce secteur resteront seuls en gr&#232;ve en r&#233;clamant le paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le vote du 2 mai eut des cons&#233;quences importantes sur le plan gouvernemental. Les ministres P.C.F., qui jusqu'alors avaient cru les ouvriers r&#233;sign&#233;s &#224; leur politique de trahison, r&#233;alis&#232;rent brusquement qu'il n'en &#233;tait rien... Ils avaient dit aux ouvriers qu'on ne revendiquait pas dans un pays ruin&#233; par la guerre et n'avaient pas tol&#233;r&#233; que ceux-ci se mettent en gr&#232;ve, alors que tous les gouvernements auxquels ils avaient particip&#233; &#8211; de De Gaulle &#224; Ramadier &#8211; tol&#233;raient et organisaient le pillage de l'effort ouvrier par une poign&#233;e de parasites capitalistes. Et, en fait, quand la production e&#251;t atteint son niveau de 1938, les salaires &#233;taient tomb&#233;s plus bas que sous l'occupation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de chez Renault, en d&#233;montrant que la C.G.T. ne r&#233;ussirait pas &#224; endiguer ind&#233;finiment la r&#233;volte de la classe ouvri&#232;re contre leur politique de trahison, pose au P.C.F. le dilemme suivant : continuer &#224; partager officiellement la responsabilit&#233; du blocage des salaires en conservant les postes minist&#233;riels et entrer partout en lutte ouverte avec les ouvriers, ou bien r&#233;signer leurs postes minist&#233;riels en attendant que l'orage se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ministres P.C.F. se d&#233;cident pour une &#034;opposition loyale&#034;. Comme l'avait pr&#233;vu le journal La Lutte de classes, le 14 f&#233;vrier 1946, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui s'annon&#231;ait, les oblige &#034;&#224; se mettre temporairement du c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re pour ne pas se couper des masses et pour endiguer leur mouvement&#034;. C'est ce &#224; quoi le P.C.F. et la C.G.T. vont s'employer avec z&#232;le les mois suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlerons de la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve et des enseignements g&#233;n&#233;raux du conflit dans le prochain et dernier article.&lt;br class='autobr' /&gt;
12 MAI 1947 : LE SECTEUR COLLAS &lt;br class='autobr' /&gt;
PROLONGE LA GREVE GENERALE CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 12 mai, les ouvriers des d&#233;partements 6 et 18 montr&#232;rent qu'ils n'avaient pas dit leur dernier mot. A une tr&#232;s forte majorit&#233;, ils d&#233;cident, m&#234;me seuls, de continuer la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il ne peut plus &#234;tre question d'obtenir &#034;les 10 francs&#034; ; mais ils r&#233;clament le paiement des heures de gr&#232;ve, leur deuxi&#232;me revendication, que la C.G.T. avait compl&#232;tement pass&#233; sous silence. &#034;Sans paiement des heures de gr&#232;ve, explique le tract du comit&#233; de gr&#232;ve, le 13 mai, le droit l&#233;galement reconnu &#224; la gr&#232;ve ne sera que le droit de se laisser mourir de faim&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;sence d'une volont&#233; de lutte aussi ferme, M. Lefaucheux se d&#233;cide &#224; recevoir les dirigeants du comit&#233; de gr&#232;ve et de faire appel &#224; leur &#034;civisme&#034;. (Plus tard, il niera le fait, car il avait pris la pr&#233;caution de les faire accompagner par les d&#233;l&#233;gu&#233;s c&#233;g&#233;tistes encore en fonction, bien qu'ils ne repr&#233;sentent plus personne). Il n'avait jusqu'alors essay&#233; que des contacts &#034;clandestins&#034;, dans le but de les corrompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entrevue reste infructueuse et finit sur ce court dialogue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. LEFAUCHEUX. &#8211; Ce serait &#034;couler&#034; la R&#233;gie que de payer les heures de gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. BOIS. &#8211; Vous pr&#233;f&#233;rez &#034;couler&#034; les ouvriers qui n'arrivent pas &#224; se nourrir ! Vous avez cependant pu payer les 30 % d'augmentation au trust de la sid&#233;rurgie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. LEFAUCHEUX. &#8211; C'&#233;tait une hausse autoris&#233;e par le gouvernement. Ils ont pr&#233;sent&#233; la note, il fallait bien payer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. BOIS. &#8211; Maintenant, ce sont les ouvriers qui pr&#233;sentent la note et il faudra &#233;galement payer ! Vous trouverez bien l'autorisation du gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, il ne restait rien d'autre &#224; faire &#224; M. Lefaucheux que &#034;d'obtenir&#034; le consentement de M. le ministre du Travail, le &#034;socialiste&#034; Daniel Mayer. Celui-ci, qui pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avait refus&#233; de reconna&#238;tre le comit&#233; de gr&#232;ve, expression de la volont&#233; de la majorit&#233; des ouvriers de l'usine, se lamente maintenant publiquement sur l'&#034;incons&#233;quence&#034; d&#233;mocratique que commet le comit&#233; de gr&#232;ve en continuant la lutte apr&#232;s le vote du 9 mai ! Il avait compt&#233; sur la section c&#233;g&#233;tiste pour &#233;touffer compl&#232;tement le mouvement, mais les dirigeants c&#233;g&#233;tistes, impuissants, font eux-m&#234;mes appel au gouvernement et sa police contre les &#034;250 (sic !) &#233;nerv&#233;s&#034; du secteur Collas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la majorit&#233; des ouvriers de chez Renault n'avait vot&#233; qu'&#224; contre-c&#339;ur la reprise du travail. Ils se rendent compte que cette d&#233;cision, due &#224; la trahison des dirigeants c&#233;g&#233;tistes et du P.C.F. r&#233;duit &#224; n&#233;ant leur lutte de deux semaines et ils sont ind&#233;cis. Partout, dans tous les d&#233;partements, dans tous les ateliers, tant&#244;t une minorit&#233;, tant&#244;t une majorit&#233;, continue &#224; ne pas travailler. D'autant plus que la continuation de la gr&#232;ve au secteur Collas paralyse, par manque de pi&#232;ces, le travail de toute l'usine. Et, n'&#233;tant pas en gr&#232;ve officiellement, ces travailleurs ne perdront pas leur salaire. Toute leur sympathie va donc au secteur Collas, dont la r&#233;ussite serait une victoire pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 15, au soir, MM. Mayer et Lefaucheux capitulent devant les &#034;&#233;nerv&#233;s&#034;. Tous les travailleurs de la R&#233;gie recevront 1.600 francs &#034;d'indemnit&#233; de reprise du travail&#034;. Mais personne n'est dupe de la formule de M. le ministre. Bien que la somme ne repr&#233;sente que le paiement d'une semaine de gr&#232;ve, l'essentiel est acquis : la reconnaissance officielle que le paiement des heures de gr&#232;ve est un droit pour les ouvriers. Et toutes les gr&#232;ves ult&#233;rieures surgies de la base poseront invariablement cette revendication. Le Monde (16 mai), organe officieux des 200 familles, reconna&#238;t la d&#233;faite de la direction et de la C.G.T. &#034;Les accords intervenus (mettant fin &#224; la gr&#232;ve) se payent de concessions assez lourdes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette base, le vendredi 16 mai, apr&#232;s trois semaines de gr&#232;ve jour pour jour, les travailleurs du secteur Collas d&#233;cident &#224; leur tour de reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi prend fin la gr&#232;ve des 30.000 ouvriers des usines Renault. Mais, tel Samson &#233;branlant les colonnes du temple, elle avait d&#233;j&#224; compl&#232;tement boulevers&#233; la situation politique et sociale de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUOI ONT SERVI LES GREVES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se posant la question : A quoi ont servi toutes ces gr&#232;ves de l'ann&#233;e derni&#232;re ? la plupart des ouvriers ne manquent pas de se dire : &#224; rien, sinon de nous avoir enfonc&#233; un peu plus ; notre pouvoir d'achat est maintenant bien plus faible qu'en avril 1947. C'est en somme, exactement ce que la propagande capitaliste de la &#034;grande presse&#034; n'a cess&#233; de leur r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si simple que cela paraisse, rien n'est plus &#233;loign&#233; de la v&#233;rit&#233;. Que les ouvriers aient fait ou pas gr&#232;ve, leur pouvoir d'achat a constamment baiss&#233; d&#232;s avant-guerre ; et si avec la guerre cette baisse a pris des proportions catastrophiques, l'apr&#232;s-guerre, en d&#233;pit du rel&#232;vement de la production a vu se poursuivre le m&#234;me processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#224; cela deux causes principales. D'un c&#244;t&#233;, les d&#233;penses croissantes de l'Etat capitaliste qui, pour rejeter le fardeau des armements sur les travailleurs, l'imp&#244;t n'y suffisant plus, a eu recours &#224; l'imp&#244;t, ensuite &#224; l'inflation, c'est-&#224;-dire l'&#233;mission illimit&#233;e. De l'autre c&#244;t&#233;, la concurrence capitaliste internationale, de plus en plus &#226;pre, qui a d&#233;termin&#233; les monopoleurs fran&#231;ais, pour lutter contre leurs rivaux internationaux &#224; abaisser au maximum le prix de revient. Ils l'ont fait &#224; la mani&#232;re capitaliste, enti&#232;rement sur le dos des ouvriers : diminution relative des salaires par la hausse des prix int&#233;rieurs tout en exigeant un rendement sans cesse accru. Rien de plus &#233;loquent, &#224; ce point de vue, que le chiffre donn&#233; par la R&#233;gie Renault concernant l'accroissement du rendement depuis 1945 : 15 ouvriers par mois pour fabriquer une voiture, actuellement 6 seulement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant, pendant et apr&#232;s le mouvement gr&#233;viste de mai-d&#233;cembre 1947, l'Etat et le patronat ont men&#233; une seule et m&#234;me politique, &#224; savoir r&#233;duire les travailleurs &#224; l'&#233;tat de parias ; le mouvement n'a &#233;t&#233; que la cons&#233;quence de cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse correcte &#224; la question &#034;A quoi ont servi les gr&#232;ves ?&#034; n'est pas, comme le fait la presse r&#233;actionnaire, de rendre celles-ci responsables de la situation actuelle, mais de reconna&#238;tre qu'elles n'ont r&#233;ussi ni &#224; arr&#234;ter, ni m&#234;me &#224; freiner l'exploitation dont les travailleurs sont victimes. Bien que tous les mouvements aient r&#233;ussi &#224; arracher des concessions au moins partielles et m&#234;me, comme dans le cas de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots au mois de juin, de tr&#232;s importantes concessions, les capitalistes ont toujours repris d'une main ce qu'ils ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de l&#226;cher de l'autre. Par la hausse des prix et par des lois fiscales sc&#233;l&#233;rates (lois Schumann), le patronat a regagn&#233;, et au-del&#224;, tout ce que les ouvriers lui ont arrach&#233; par la lutte gr&#233;viste. Et il ne peut en &#234;tre autrement tant que tous les leviers de commande &#233;conomiques et politiques restent entre ses mains. Cela s'est produit m&#234;me apr&#232;s juin 1936, quand la classe ouvri&#232;re, en menant un combat uni a gagn&#233; sur toute la ligne, mais que les organisations syndicales n'ont rien fait pour obtenir la garantie de ces revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour &#233;viter cela que le comit&#233; de gr&#232;ve Renault (tract du 30 avril) demandait L'ECHELLE MOBILE, c'est-&#224;-dire l'adaptation automatique des salaires &#224; l'indice des prix, ce qui, en cas de victoire, ouvrait la voie au CONTROLE OUVRIER sur les affaires des capitalistes. Mais le comit&#233; de gr&#232;ve n'eut pas les forces n&#233;cessaires pour aller jusqu'au bout. La lutte s'est donc men&#233;e sur le seul terrain de l'augmentation des salaires, revendication qui (bien qu'&#233;l&#233;mentaire dans toute gr&#232;ve) est absolument insuffisante dans les conditions actuelles du capitalisme, pour assurer une victoire tant soit peu durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me n'ayant pu atteindre leur but &#8211; faute d'une organisation v&#233;ritablement ouvri&#232;re &#8211; les luttes gr&#233;vistes de mai-d&#233;cembre 1947 ont-elles &#233;t&#233; inutiles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait aussi faux de le croire. Ce que la bourgeoisie poursuit en appauvrissant les travailleurs, c'est non seulement essayer de &#034;tenir&#034; des march&#233;s internationaux, mais aussi de rendre les ouvriers moralement incapables de r&#233;agir &#224; aucune de ses entreprises, pour finalement les soumettre &#224; la dictature militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans les luttes gr&#233;vistes de mai-d&#233;cembre 1947 (et malgr&#233; l'&#233;chec de cette derni&#232;re provoqu&#233; par la direction de la C.G.T.), les travailleurs ont sauvegard&#233; et renforc&#233; leur capacit&#233; de combat. Ils ont &#233;vit&#233; la d&#233;ch&#233;ance morale : Face au patronat les ouvriers se sont dress&#233;s comme une classe d&#233;cid&#233;e &#224; se d&#233;fendre contre la rapacit&#233; capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre r&#233;sultat d&#233;cisif de ces gr&#232;ves a &#233;t&#233; de mettre fin &#224; l'emprise totalitaire des bonzes staliniens de la C.G.T. sur le mouvement ouvrier. Bien que, faute de cadres v&#233;ritablement prol&#233;tariens, une nouvelle centrale syndicale d&#233;mocratique n'ait pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, il existe maintenant beaucoup plus de possibilit&#233;s de s'organiser librement &#224; la base qu'avant mai 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, m&#234;me battues, les gr&#232;ves d'une certaine envergure ne peuvent en aucun cas faire empirer la situation de la classe ouvri&#232;re. Ecoles &#233;l&#233;mentaires de r&#233;sistance au patronat, de solidarit&#233; et de d&#233;mocratie ouvri&#232;res, elles sont presque toujours, quels que soient les r&#233;sultats imm&#233;diats, le seul moyen de progr&#232;s ult&#233;rieurs. Car de m&#234;me que l'enfant n'apprend &#224; marcher qu'en tombant, la classe ouvri&#232;re, classe exploit&#233;e et opprim&#233;e, ne peut qu'apr&#232;s d'innombrables &#233;checs remporter le succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. MATHIEU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NI DU NEUF, NI DU RAISONNABLE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;clamant un gouvernement d'union d&#233;mocratique, la r&#233;solution finale du comit&#233; central du P.C.F., qui vient de se tenir les 15 et 16 avril, &#224; Gennevilliers, confirme qu'en politique non plus l'on ne saurait rester assis entre deux chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est bien le cas du parti stalinien en France. Ce fut uniquement la peur d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s par les trotskystes qui obligea les ministres staliniens &#224; donner leur d&#233;mission, quand la gr&#232;ve Renault d'avril 1947 r&#233;v&#233;la que les ouvriers en avaient assez de la mis&#233;rable politique du produire d'abord, revendiquer ensuite, gr&#226;ce &#224; laquelle Thorez &#233;tait arriv&#233; &#224; la charge de &#034;ministre d'Etat&#034;. Phras&#233;ologie &#034;r&#233;volutionnaire&#034; sans r&#233;volution, verbiage revendicatif sans aucune v&#233;ritable lutte pour les salaires, tant&#244;t en brisant les luttes commenc&#233;es par d'autres, tant&#244;t en lan&#231;ant dans des combats d&#233;cisifs seulement la minorit&#233; des travailleurs (gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre), tout cela n'avait qu'un but de la part des dirigeants du P.C.F. : reprendre leurs troupes en main, lasser la classe ouvri&#232;re qui avait os&#233; troubler leur qui&#233;tude minist&#233;rielle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant partis que pour emp&#234;cher les travailleurs de trouver une voie nouvelle, la lutte v&#233;ritable, c&#244;te &#224; c&#244;te, avec les ouvriers du rang, leur fait l'effet de strapontins ; apr&#232;s avoir r&#233;ussi en grande partie leur travail de d&#233;moralisation, les chefs staliniens ne pouvaient donc que briguer &#224; nouveau quelques mis&#233;rables fauteuils minist&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car gouvernement d'union d&#233;mocratique, c'est cela et rien de plus. Ennemi de l'action ind&#233;pendante des travailleurs, craignant comme la peste la r&#233;volution socialiste, ins&#233;parable d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie ouvri&#232;re, que reste-t-il &#224; Thorez pour &#233;tayer ses pr&#233;tentions gouvernementales, sinon l'arithm&#233;tique parlementaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or celle-ci le pousse, encore et &#224; nouveau, dans les bras des Blum, des Bidault et autres &#034;d&#233;mocrates&#034; ; c'est pourquoi, encore et &#224; nouveau, il tend la main ; mais, comme l'a fait remarquer un journaliste, tel un dieu hindou, il en tend d'innombrables ! Dans tous les sens, m&#234;me oppos&#233;s, ajouterons-nous : au catholique-ouvrier et au catholique-pr&#234;tre, au d&#233;mocrate-ouvrier et au d&#233;mocrate-politicien, au r&#233;sistant-ouvrier et au r&#233;sistant-patron ; en un mot, aux exploit&#233;s en m&#234;me temps qu'aux exploiteurs. Mais, si l'on tend la main au patronat sous pr&#233;texte de d&#233;mocratie, de r&#233;sistance et d'anti-am&#233;ricanisme, c'en est fait de la lutte pour un v&#233;ritable minimum vital, pour l'adaptation des salaires au co&#251;t de la vie en r&#233;duisant les profits des capitalistes et pour le contr&#244;le sur les livres de comptes des requins de la finance et l'industrie ; car on ne peut pas, en m&#234;me temps, s'unir et s'attaquer &#224; quelqu'un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, De Gaulle se livre au m&#234;me jeu. Seulement, dans son jargon, la politique de la main tendue prend nom de j'en appelle &#224; tous. Il a, lui aussi, besoin, le pauvre homme, des Schuman, des Herriot, des Daladier, des Blum et autres parlementaires du m&#234;me calibre, pour &#034;sauver la France&#034;, c'est-&#224;-dire revenir au gouvernement. Le fait qu'il r&#233;clame de nouvelles &#233;lections ne change rien &#224; l'affaire : s'unir au Parlement ou s'unir pour des &#233;lections parlementaires n'est qu'une seule et m&#234;me op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, gr&#226;ce &#224; Thorez et gr&#226;ce &#224; De Gaulle, le ramassis de politiciens qui a dirig&#233; les destin&#233;es de la Troisi&#232;me R&#233;publique et qui a surv&#233;cu &#224; toutes ses catastrophes reste l'arbitre de la situation politique et le ma&#238;tre du destin de la France, sous le nom de Troisi&#232;me Force. Vieille et grim&#233;e, elle ne doit, en r&#233;alit&#233;, son existence qu'&#224; un &#233;quilibre instable entre les forces de De Gaulle et celles de Thorez et leurs ambitions gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces gens, r&#233;unis, pr&#233;tendaient cependant, il y a quelque trois ans, faire ensemble du neuf et du raisonnable. Mais il n'y a rien de raisonnable dans le fait que le peuple fran&#231;ais, d&#233;barrass&#233; du r&#232;gne sanglant de P&#233;tain et de Hitler, ait &#233;t&#233; oblig&#233; d'en revenir au vieux syst&#232;me pourri de la Troisi&#232;me R&#233;publique (qui avait pr&#233;cis&#233;ment engendr&#233; le p&#233;tainisme) et de se mettre sous la coupe des banquiers de New-York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il &#233;tonnant que rien de neuf non plus n'ait &#233;t&#233; fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA VOIX DES TRAVAILLEURS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CLASSE OUVRIERE SE DEFEND,&lt;br class='autobr' /&gt;
MAIS SES ORGANISATIONS BUREAUCRATISEES NE LA DEFENDENT PAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat ne conna&#238;t pas de tr&#234;ve dans la lutte de classe qu'il impose constamment &#224; la classe ouvri&#232;re. Quand celle-ci arrache une victoire, il essaie de reprendre de la main gauche ce qu'il a &#233;t&#233; oblig&#233; de l&#226;cher de la droite. Quand elle subit un &#233;chec, il en profite aussit&#244;t pour pousser plus loin ses &#034;avantages&#034;. C'est ce qui se produit depuis le mois de d&#233;cembre : partout les capitalistes s'attaquent &#224; la dignit&#233; et aux libert&#233;s des ouvriers, &#224; leurs conditions de travail pour les rendre plus p&#233;nibles, &#224; leurs salaires pour les ramener plus bas (dans maints endroits les ouvriers ont &#233;t&#233; ramen&#233;s, par divers proc&#233;d&#233;s, aux salaires d'avant novembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans un endroit et dans l'autre les ouvriers r&#233;pondent par des gr&#232;ves partielles &#224; l'augmentation de la cadence, aux licenciements massifs ou au renvoi de responsables syndicaux, c'est l&#224; la preuve que, s'ils ont &#233;t&#233; trahis dans leurs luttes par les dirigeants bureaucratis&#233;s, ils n'acceptent pas encore de se soumettre au patronat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La classe ouvri&#232;re se d&#233;fend&#034;, s'&#233;crie triomphalement Frachon dans L'Humanit&#233; du 17 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui la classe ouvri&#232;re se d&#233;fend ! Mais la classe ouvri&#232;re se d&#233;fend aujourd'hui non pas en attaquant le patronat comme elle l'avait fait, en mai dernier, en posant ses propres revendications pour un niveau de vie plus digne. La trahison, par les Frachon et Cie, de la lutte gr&#233;viste commenc&#233;e au mois de mai de l'ann&#233;e derni&#232;re, a r&#233;duit la classe ouvri&#232;re &#224; se d&#233;fendre p&#233;niblement pour parer les coups que veut encore lui porter le patronat. Elle se d&#233;fend, mais la confiance dans sa force, son union, ses mots d'ordre et ses dirigeants lui manque, pour pouvoir aller courageusement de l'avant. Est-ce cela la victoire des Frachon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la classe ouvri&#232;re a r&#233;ellement voulu se d&#233;fendre, ses dirigeants bureaucratiques l'en ont emp&#234;ch&#233;e. Si, aujourd'hui que la situation de la classe ouvri&#232;re a empir&#233;, les Frachon crient victoire, c'est parce qu'ils sont rest&#233;s les m&#234;mes qu'il y a un an, &#233;trangers aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs, sabotant leurs luttes et criant victoire quand, apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; les briser, ils peuvent plus facilement s'emparer des leviers de commande. Les ouvriers sont pour eux ce que sont, sur le champ de bataille, les soldats pour les g&#233;n&#233;raux, un pr&#233;texte pour crier victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la classe ouvri&#232;re se d&#233;fend, mais les organisations bureaucratis&#233;es ne la d&#233;fendent pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai dernier, pour s'unir et attaquer le patronat, les ouvriers avaient rejet&#233; les dirigeants tra&#238;tres ; Quand ils seront &#224; nouveau capables de le faire, ils pourront vraiment d&#233;fendre leurs libert&#233;s et leurs conditions d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la R.N.U.R. OU VEULENT EN VENIR LES DIRIGEANTS CEGETISTES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de faire gr&#232;ve, chez Renault comme partout, ne manquent pas. En premier lieu, le probl&#232;me du salaire lui-m&#234;me : la direction a si bien jongl&#233; avec les textes gouvernementaux, que pour la premi&#232;re fois depuis la mise en R&#233;gie, les ouvriers se trouvent pay&#233;s &#224; un taux de base inf&#233;rieur au minimum l&#233;gal de leur cat&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, s'il n'est nul besoin de &#034;fomenter&#034; des gr&#232;ves pour que les ouvriers y recourent, comme en ce moment, pour riposter aux attaques de la direction visant l'augmentation des cadences et la diminution des salaires, la fa&#231;on dont elles sont conduites am&#232;ne la question : o&#249; veulent en venir les dirigeants c&#233;g&#233;tistes avec leurs gr&#232;ves, tant&#244;t pour un motif, tant&#244;t pour un autre, sans aucune liaison, ni aucune coordination ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, pour savoir que tel d&#233;partement de chez Renault est en gr&#232;ve, il faut lire les quotidiens, et, sp&#233;cialement L'Humanit&#233; qui n'enregistre tous les jours que &#034;victoires&#034;. Car dans l'usine, ni tracts ni r&#233;unions, m&#234;me les ouvriers en gr&#232;ve ignorent les revendications qui sont pr&#233;sent&#233;es &#224; la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la 4cv, ainsi qu'aux presses de la t&#244;lerie, les ouvriers ont obtenu satisfaction. Leur salaire &#233;tait tellement anormal et inf&#233;rieur au reste de l'usine (62 et m&#234;me 59 frs. pour un OS &#224; la t&#244;lerie), que la direction a d&#251; c&#233;der, bien que m&#234;me maintenant les ouvriers soient pay&#233;s &#224; un tarif inf&#233;rieur aux autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au D&#233;p.95, par contre, les ouvriers ont fait gr&#232;ve pour revendiquer que la perte de salaire r&#233;sultant de la suppression de 4 heures suppl&#233;mentaires soit compens&#233;e par une augmentation du salaire horaire. Accorder cette revendication, c'&#233;tait pour la direction admettre le principe d'une limitation de la journ&#233;e de travail pour un m&#234;me salaire. Elle a refus&#233;. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s se sont inclin&#233;s, en d&#233;clarant que la direction voulait pousser &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour pouvoir se d&#233;barrasser des d&#233;l&#233;gu&#233;s, et qu'il fallait cesser la gr&#232;ve pour ne pas faire son jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur presse, les dirigeants c&#233;g&#233;tistes affirment que les ouvriers luttent, en m&#234;me temps que pour des revendications particuli&#232;res, pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires, qu'ils chiffrent &#224; 36% (&#233;quivalant &#224; l'augmentation de d&#233;cembre non accord&#233;e par la direction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, dans aucun des mouvements qui ont lieu, ne posent-ils la revendication des 36 %, qu'ils &#034;d&#233;fendent&#034; dans leurs journaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne posent-ils pas la revendication du paiement des heures de gr&#232;ve et r&#233;pondent-ils aux ouvriers qui la r&#233;clament qu'on peut aussi bien s'arranger avec les collectes faites dans l'usine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne posent-ils aucune revendication qui attaque le syst&#232;me de r&#233;mun&#233;ration au rendement, cause de tous les conflits actuels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le Comit&#233; d'entreprise ne prend-il ses responsabilit&#233;s pour publier les chiffres que les ouvriers auraient int&#233;r&#234;t &#224; conna&#238;tre, tels que le d&#233;tail des frais g&#233;n&#233;raux, les sommes investies dans l'achat de nouvelles machines, alors que les revendications des ouvriers ne sont pas satisfaites, les appointements de la haute ma&#238;trise (Grillot, Lefaucheux, etc...), la part vers&#233;e aux concessionnaires pour la vente des voitures, et, enfin, la part des obligataires dont le seul travail est d'encaisser les b&#233;n&#233;fices ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les responsables c&#233;g&#233;tistes ne recherchent pas la satisfaction des revendications ouvri&#232;res, mais uniquement un bilan de &#034;victoires&#034;. Et il est d'autant plus facile d'obtenir la victoire, qu'on n'a rien demand&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'attitude qu'ils prennent, aujourd'hui, d'entretenir une agitation dans l'unique but de prouver leur &#034;emprise sur les masses&#034; et obtenir leur retour au gouvernement, n'est pas faite pour redonner aux travailleurs la confiance en eux-m&#234;mes, diminu&#233;e par l'attitude anti-ouvri&#232;re des dirigeants c&#233;g&#233;tistes dans les gr&#232;ves de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, comme le dit le dernier tract du S.D.R., aux attaques patronales, les ouvriers doivent r&#233;pondre en &#233;laborant eux-m&#234;mes leurs revendications, en d&#233;finissant eux-m&#234;mes les moyens de les faire aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne laisseront pas la responsabilit&#233; de leurs luttes &#224; des chefs sans scrupules qui veulent sp&#233;culer sur leur action pour se hisser &#224; nouveau dans le repaire de brigands qu'est le gouvernement, au lieu de faire aboutir les revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. BOIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1947 en France furent une s&#233;rie de gr&#232;ves insurrectionnelles, initi&#233;es fin avril &#224; la r&#233;gie Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.etudier.com/dissertations/Gr%C3%A8ve-1947/473278.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.etudier.com/dissertations/Gr%C3%A8ve-1947/473278.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta explique la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#171; pour les dix francs &#187; des ouvriers de Renault en 1947 contre le patron, le gouvernement, le PCF et la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://paris-luttes.info/en-avril-1947-demarrait-a-l-usine-8529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://paris-luttes.info/en-avril-1947-demarrait-a-l-usine-8529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.zones-subversives.com/2022/06/pierre-bois-et-les-greves-a-renault.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.zones-subversives.com/2022/06/pierre-bois-et-les-greves-a-renault.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article17060&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article17060&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paperblog.fr/136492/8220la-greve-renault-d8217avril-mai-19478243-de-pierre-bois-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.paperblog.fr/136492/8220la-greve-renault-d8217avril-mai-19478243-de-pierre-bois-2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archivo-obrero.com/pierre-bois-une-vie-de-militant-ouvrier-communiste-revolutionnaire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archivo-obrero.com/pierre-bois-une-vie-de-militant-ouvrier-communiste-revolutionnaire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gr&#232;ves de 1947 en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Barcia-Hardy a construit le mythe fondateur de Lutte Ouvri&#232;re en pr&#233;sentant comme son oeuvre la gr&#232;ve Renault de 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du Syndicat D&#233;mocratique de Renault (SDR) anim&#233; par Pierre Bois (militant du groupe de Barta)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques articles de Pierre Bois, membre de l'UCI de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moires militantes &#224; Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2256&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2256&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;on S&#233;dov, fils de Trotsky, assassin&#233; par Staline</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6397</link>
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		<dc:date>2024-02-07T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
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		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
20 f&#233;vrier 1938 &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on S&#233;dov &lt;br class='autobr' /&gt;
le fils &#8211; l'ami &#8211; le militant &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;di&#233; &#224; la jeunesse prol&#233;tarienne &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'instant o&#249; j'&#233;cris ces lignes, &#224; c&#244;t&#233; de la m&#232;re de L&#233;on S&#233;dov, des t&#233;l&#233;grammes me parviennent de divers pays, m'apportant l'expression de condol&#233;ances. Et chacun de ces t&#233;l&#233;grammes suscite la m&#234;me et insupportable question : &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Ainsi tous nos amis de France, de Hollande, d'Angleterre, des Etats-Unis et du Canada et d'ici, au Mexique, consid&#232;rent comme d&#233;finitif le fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 f&#233;vrier 1938&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on S&#233;dov
&lt;p&gt;le fils &#8211; l'ami &#8211; le militant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;di&#233; &#224; la jeunesse prol&#233;tarienne&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_16108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/arton981-deb98-2.jpg' width=&#034;152&#034; height=&#034;213&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A l'instant o&#249; j'&#233;cris ces lignes, &#224; c&#244;t&#233; de la m&#232;re de L&#233;on S&#233;dov, des t&#233;l&#233;grammes me parviennent de divers pays, m'apportant l'expression de condol&#233;ances. Et chacun de ces t&#233;l&#233;grammes suscite la m&#234;me et insupportable question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Ainsi tous nos amis de France, de Hollande, d'Angleterre, des Etats-Unis et du Canada et d'ici, au Mexique, consid&#232;rent comme d&#233;finitif le fait que S&#233;dov ne soit plus ? &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque t&#233;l&#233;gramme est une preuve nouvelle de sa mort. Et pourtant, nous ne pouvons encore y croire. Et non pas seulement parce qu'il est notre fils, fid&#232;le, d&#233;vou&#233;, aimant. Mais avant tout, parce que plus que quiconque au monde, il est entr&#233; dans notre vie, s'y est li&#233; avec ses racines, comme camarade d'id&#233;es, comme collaborateur, comme gardien, comme conseiller, comme ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette g&#233;n&#233;ration a&#238;n&#233;e, dans les rangs de laquelle nous sommes entr&#233;s &#224; la fin du si&#232;cle dernier, sur la route de la R&#233;volution, tous, sans exception, ont &#233;t&#233; balay&#233;s de la sc&#232;ne. Ce que n'ont pu faire les bagnes du tsar, la d&#233;portation rigoureuse, les besoins des ann&#233;es d'&#233;migration, la guerre civile et les maladies, Staline l'a fait au cours des derni&#232;res ann&#233;es, comme le fl&#233;au le plus malfaisant de la r&#233;volution. Apr&#232;s la g&#233;n&#233;ration a&#238;n&#233;e, a &#233;t&#233; an&#233;antie la meilleure partie de la g&#233;n&#233;ration moyenne, c'est-&#224;-dire celle qu'a suscit&#233;e 1917 et qui a re&#231;u sa formation dans les 24 arm&#233;es du front r&#233;volutionnaire. Pi&#233;tin&#233;e sans traces la meilleure partie de la jeunesse, de la g&#233;n&#233;ration de L&#233;on. Lui-m&#234;me n'y a &#233;chapp&#233; que par miracle : gr&#226;ce au fait qu'il nous a accompagn&#233;s en d&#233;portation et ensuite en Turquie. Au cours des ann&#233;es de notre derni&#232;re &#233;migration, nous avons acquis de nombreux amis, et quelques-uns d'entre eux sont entr&#233;s &#233;troitement dans la vie de notre famille, jusqu'&#224; pouvoir &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme ses membres. Mais tous nous ont approch&#233;s pour la premi&#232;re fois seulement dans ces derni&#232;res ann&#233;es, quand nous avons atteint le seuil de la vieillesse. Seul L&#233;on nous a connu jeunes, et a particip&#233; &#224; notre existence depuis le temps, o&#249; il a pris conscience de lui-m&#234;me. Demeur&#233; jeune, il fut comme de notre g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a travers&#233; avec nous notre deuxi&#232;me &#233;migration : Vienne, Zurich, Paris, Barcelone, New Amherst (le camp de concentration canadien) et, finalement, P&#233;trograd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore tout enfant &#8211; il allait sur ses douze ans &#8211; il avait &#224; sa mani&#232;re assimil&#233; consciemment le passage de la r&#233;volution de f&#233;vrier &#224; celle d'octobre. Son adolescence s'est pass&#233;e sous une haute pression. Il s'est ajout&#233; une ann&#233;e pour entrer plus vite aux Jeunesses Communistes, qui br&#251;laient alors de toutes les ardeurs d'une jeunesse &#233;veill&#233;e. Les jeunes boulangers, au milieu desquels il menait sa propagande, le gratifiaient d'un petit pain frais, et il le rapportait joyeusement sous le pan d&#233;chir&#233; de sa veste. Ce furent des ann&#233;es br&#251;lantes et froides, grandioses et affam&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sa propre volont&#233;, L&#233;on quitta le Kremlin pour le logis en commun des &#233;tudiants prol&#233;tariens, afin de ne pas se distinguer des autres. Il refusait de s'asseoir avec nous dans l'auto, afin de ne pas jouir des privil&#232;ges des bureaucrates. En revanche, il prenait jalousement sa part dans tous les &#034;samedis communistes&#034; et autres &#034;mobilisations de travail&#034;, il nettoyait la neige dans les rues de Moscou, &#034;liquidait&#034; l'analphab&#233;tisme, d&#233;chargeait le pain et le bois des wagons, et ensuite, en qualit&#233; d'&#233;l&#232;ve polytechnicien, r&#233;parait les locomotives. Il ne s'est pas trouv&#233; sur le front des op&#233;rations, c'est seulement parce que l'addition de deux et m&#234;me trois ann&#233;es suppl&#233;mentaires n'aurait pu l'aider : la guerre civile s'est termin&#233;e quand il avait seulement quinze ans. Mais plusieurs fois, il m'avait accompagn&#233; sur le front, s'impr&#233;gnant d'impressions s&#233;v&#232;res (rudes), et connaissait fermement le pourquoi de cette lutte sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers t&#233;l&#233;grammes d'agence ont appris que S&#233;dov vivait &#224; Paris &#034;dans les conditions les plus modestes&#034;. Ajoutons, beaucoup plus modestes que celles des ouvriers qualifi&#233;s. Mais &#224; Moscou, dons ces ann&#233;es o&#249; son p&#232;re et sa m&#232;re occupaient de hautes fonctions, il ne vivait gu&#232;re mieux que ces derniers temps &#224; Paris, plut&#244;t moins bien. Etait-ce une r&#232;gle parmi la jeunesse bureaucratique ? Non, alors d&#233;j&#224;, c'&#233;tait une exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce gar&#231;on, et plus tard dans l'adolescent, et dans le jeune homme, le sentiment du devoir et du sacrifice s'est &#233;veill&#233; de bonne heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1923, L&#233;on s'est brusquement et enti&#232;rement plong&#233; dans le travail de l'opposition. II serait injuste de voir l&#224; seulement l'influence de ses parents. II avait quitt&#233; le bel appartement du Kremlin pour le logement en commun, froid, sale et sans pain, non seulement sans intervention de notre part, mais contre notre volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son orientation politique a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e par ce m&#234;me instinct qui l'incitait &#224; pr&#233;f&#233;rer les tramways surcharg&#233;s de monde aux limousines du Kremlin. La plate-forme de l'Opposition a seulement donn&#233; une expression politique aux traits organiques de son caract&#232;re. L&#233;on rompait inflexiblement avec les &#233;tudiants amis, que leurs p&#232;res bureaucrates arrachaient &#224; coups de griffes du &#034;trotskysme&#034;, et retrouvait le chemin de ses amis boulangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; 17 ans, a commenc&#233; sa vie pleinement consciente de r&#233;volutionnaire. Il a vite assimil&#233; l'art de la conspiration, des r&#233;unions ill&#233;gales, de la presse secr&#232;te et de la diffusion des &#233;crits oppositionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Komsomol a rapidement form&#233; les cadres de ses chefs oppositionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on se distinguait par des qualit&#233;s remarquables de math&#233;maticien. Il venait infatigablement en aide aux &#233;tudiants prol&#233;tariens, n'ayant pas fait d'&#233;tudes secondaires. Et, dans ce travail, il mettait toute son ardeur, corrigeait, poussait en avant, grondant les paresseux. II consid&#233;rait son jeune enseignement comme un service consacr&#233; &#224; sa classe. Ses propres &#233;tudes &#224; l'Institut technique sup&#233;rieur se poursuivaient avec succ&#232;s. Mais elles ne prenaient qu'une partie de sa journ&#233;e de travail. La plus grande partie de son temps, il la donnait avec ses forces et son &#226;me, &#224; la cause de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En hiver 1927, quand commen&#231;a la destruction politique de l'Opposition, L&#233;on achevait sa vingt-deuxi&#232;me ann&#233;e. Il avait d&#233;j&#224; un enfant qu'il venait nous montrer avec fiert&#233; au Kremlin. Sons une minute d'h&#233;sitation, il s'est arrach&#233; &#224; sa jeune famille et &#224; son &#233;cole, pour partager notre sort en Asie Centrale. II agissait non seulement comme un fils mais, avant tout, comme un camarade d'id&#233;es ; il fallait avant tout assurer notre liaison avec Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son travail &#224; Alma-Ata, pendant toute une ann&#233;e, fut, en toute sinc&#233;rit&#233;, incomparable. Nous le nomm&#226;mes ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, ministre de la police, ministre des P.T.T. Et, dans toutes ces fonctions, il fut oblig&#233; de s'appuyer sur un appareil ill&#233;gal. Sur les instructions du Centre Oppositionnel de Moscou, le camarade X..., tr&#232;s d&#233;vou&#233; et tr&#232;s s&#251;r, avait acquis une voiture et une tro&#239;ka de chevaux et travaillait en qualit&#233; de cocher ind&#233;pendant entre Alma-Ata et Frounz&#233; (Pichpek) alors station terminale de la ligne de chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail qui lui &#233;tait d&#233;volu &#233;tait de nous apporter, toutes les deux semaines, le courrier secret de Moscou et de rapporter nos lettres et manuscrits &#224; Frounz&#233; o&#249; l'attendait le courrier de Moscou. Parfois, des courriers sp&#233;ciaux nous arrivaient de Moscou. Les rencontrer n'&#233;tait pas une chose facile &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions log&#233;s dans une maison de tous c&#244;t&#233;s entour&#233;e d'organisations de la Gu&#233;p&#233;ou et des appartements de ses agents. Les rapports ext&#233;rieurs reposaient sur L&#233;on. Il quittait le logis par les nuits profondes, pluvieuses ou neigeuses, ou, trompant la vigilance des espions, il s'&#233;chappait dans la journ&#233;e de la biblioth&#232;que, retrouvant les agents de liaison &#224; l'&#233;tablissement des bains publics, ou dans les fourr&#233;s profonds, aux environs de la ville, ou encore au march&#233; oriental o&#249; les Kirghizes grouillaient en foule, avec les chevaux, les &#226;nes et les marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois, il revenait fr&#233;missant et heureux, avec une flamme guerri&#232;re dans les yeux et avec des acquisitions pr&#233;cieuses cach&#233;es sous le linge. Ainsi, pendant une ann&#233;e, il fut imprenable &#224; l'adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et mieux que cela, il entretenait avec ces ennemis, &#034;camarades&#034; d'hier, les rapports les plus &#034;corrects&#034;, presque &#034;amicaux&#034;, montrant un self-contr&#244;le et un tact constant et nous prot&#233;geant soigneusement de tout conflit avec l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie id&#233;ologique de l'opposition &#233;tait alors &#224; son apog&#233;e. C'&#233;tait l'ann&#233;e du 6&#186; Congr&#232;s du Komintern. Dans les colis de Moscou arrivaient des dizaines de lettres, articles, th&#232;ses de c&#233;l&#233;brit&#233;s et d'inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers mois, jusqu'au changement brutal de la politique de la gu&#233;p&#233;ou, de nombreuses lettres arrivaient aussi par la poste officielle des diff&#233;rents lieux de d&#233;portation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mat&#233;riel vari&#233;, il fallait op&#233;rer une soigneuse discrimination. Et l&#224;, je ne me convainquais qu'avec &#233;tonnement comment, d'une mani&#232;re pour moi imperceptible, cet enfant avait eu le temps de m&#251;rir, comme il savait bien choisir parmi les hommes, il connaissait une quantit&#233; beaucoup sup&#233;rieure d'oppositionnels que moi. Combien s&#251;r &#233;tait son instinct r&#233;volutionnaire, lui permettant de distinguer sans h&#233;sitation le vrai du faux, le r&#233;el du superficiel. Les yeux de sa m&#232;re, qui connaissait davantage son fils, s'illuminaient de fiert&#233; &#224; nos entretiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'avril &#224; octobre, il nous arriva pr&#232;s de 1000 lettres politiques et documents et pr&#232;s de 700 t&#233;l&#233;grammes. Nous avons exp&#233;di&#233;, pour la m&#234;me p&#233;riode, 800 lettres politiques, et, dans cette quantit&#233;, une s&#233;rie de travaux consid&#233;rables comme la critique du programme du Komintern, etc. Sans mon fils, je n'aurais pu accomplir la moiti&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une aussi &#233;troite collaboration ne signifiait pas, toutefois, que des frictions ne s'&#233;levaient pas entre nous, et parfois des diff&#233;rents aigus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes rapports avec L&#233;on, pas plus &#224; ce moment-l&#224; que plus tard, dans l'&#233;migration, ne se distinguaient particuli&#232;rement &#8211; loin de l&#224; &#8211; par un caract&#232;re &#233;gal ni d&#233;pourvu d'asp&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;levais pas seulement contre ses appr&#233;ciations cat&#233;goriques &#224; l'&#233;gard de certains &#034;vieux&#034; de l'opposition par des rectifications et des semonces &#233;nergiques, mais encore, je laissais appara&#238;tre, dans mes rapports avec lui, l'exigence et le formalisme qui me sont inh&#233;rents dans les questions pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces traits peut-&#234;tre utiles et m&#234;me indispensables pour un travail de grande envergure, mais assez insupportables dans les relations priv&#233;es, ont rendu la t&#226;che difficile aux &#234;tres qui me furent le plus proche. Et comme le plus proche d'entre tous les jeunes &#233;tait mon fils, il a eu ordinairement plus &#224; supporter que tous les autres. A un oeil superficiel, il pouvait m&#234;me sembler que nos rapports &#233;taient empreints de s&#233;v&#233;rit&#233; ou d'indiff&#233;rence. Mais sous cette apparence existait un profond attachement r&#233;ciproque, fond&#233; sur quelque chose d'incomparablement plus grand que la communaut&#233; du sang : la communaut&#233; de vues et des jugements, les sympathies et les haines, les joies et les souffrances v&#233;cues ensemble, et les m&#234;mes et grandes esp&#233;rances. Et cet attachement mutuel s'illumina de temps &#224; autre de flammes tellement vives, qu'elles r&#233;compensaient nos trois destins de la m&#233;diocre usure du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nous v&#233;c&#251;mes &#224; 4000 Kms de Moscou, &#224; 250 Kms de la voie ferr&#233;e, une ann&#233;e difficile et inoubliable, qui est rest&#233;e toute enti&#232;re sous le signe de L&#233;on, ou plus exactement de &#034;L&#233;vik&#034; ou de &#034;Levoussetki&#034;, comme nous l'appelions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1929, le bureau politique d&#233;cr&#233;ta mon bannissement &#034;au-del&#224; des limites de l'U.R.S.S.&#034; et, comme il s'est av&#233;r&#233;, en Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux membres de ma famille fut laiss&#233; le droit de m'accompagner. De nouveau sans h&#233;sitation, L&#233;on d&#233;cida de nous suivre en exil, se s&#233;parant &#224; jamais de sa femme et de son fils qu'il aimait beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre vie s'ouvrit un nouveau chapitre, avec une page presque vierge : relations, amiti&#233;s, liaisons, il fallut nouer tout cela &#224; nouveau. Et de nouveau notre fils devint pour nous tous l'interm&#233;diaire dans les rapports avec le monde ext&#233;rieur, le gardien, le collaborateur, le secr&#233;taire, comme &#224; Alma-Ata, mais sur un plan de beaucoup plus vaste. Les langues &#233;trang&#232;res qu'il poss&#233;dait, &#233;tant enfant, mieux que le russe, se trouv&#232;rent presque oubli&#233;es dans la fi&#232;vre des ann&#233;es r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II fallut les &#233;tudier &#224; nouveau. On commen&#231;a un travail litt&#233;raire appropri&#233;. Les archives et la biblioth&#232;que &#233;taient enti&#232;rement dans les mains de L&#233;on. Il connaissait bien les oeuvres de Marx, d'Engels et de L&#233;nine, il connaissait &#224; merveille mes livres et manuscrits, l'histoire du parti et de la r&#233;volution, l'histoire des falsifications thermidoriennes. Dans le chaos m&#234;me de la biblioth&#232;que publique d'Alma-Ata, il avait &#233;tudi&#233; les collections de la Pravda des ann&#233;es sovi&#233;tiques et avait tir&#233; d'elles, avec un esprit d'investigation sans faille, les citations et les extraits indispensables. Sans cette documentation pr&#233;cieuse et sans les recherches ult&#233;rieures faites par L&#233;on dans les archives et les biblioth&#232;ques, d'abord en Turquie, ensuite &#224; Berlin, finalement &#224; Paris, pas un des travaux que j'ai &#233;crits au cours de ces dix derni&#232;res ann&#233;es n'eut &#233;t&#233; possible, et en partie L'Histoire de la R&#233;volution Russe. Sa collaboration, incalculable par sa quantit&#233;, n'avait pourtant pas qu'un caract&#232;re &#034;technique&#034;. Le choix personnel des faits, des citations, des caract&#233;ristiques, pr&#233;d&#233;terminait ma m&#233;thode de d&#233;veloppement, ainsi que les conclusions. Dans la R&#233;volution Trahie, il y a pas mal de pages &#233;crites par moi sur les donn&#233;es de quelques lignes extraites des lettres de mon fils et des illustrations tir&#233;es par lui des journaux sovi&#233;tiques qui m'&#233;taient inaccessibles. Encore plus de mat&#233;riaux m'ont &#233;t&#233; fournis par lui pour la biographie de L&#233;nine. Une telle collaboration &#233;tait seulement possible parce que notre solidarit&#233; id&#233;ologique &#233;tait entr&#233;e dans le sang et dons les nerfs. Presque tous mes livres &#224; partir de l'ann&#233;e 1928 devraient en toute justice porter le nom de mon fils &#224; c&#244;t&#233; du mien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, il restait &#224; L&#233;on une ann&#233;e et demie jusqu'&#224; l'ach&#232;vement de sa formation d'ing&#233;nieur. Nous insistions avec sa m&#232;re pour qu'il revint &#224; l'&#233;tranger aux &#233;tudes abandonn&#233;es. Une nouvelle &#233;quipe de jeunes collaborateurs de tous les pays avait eu entre temps le loisir de se former &#224; Prinkipo, en &#233;troite collaboration avec mon fils. L&#233;on ne consentit au d&#233;part que sous la pression du fait que, en Allemagne, il pouvait rendre d'inappr&#233;ciables services &#224; l'Opposition de gauche internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant repris &#224; Berlin ses occupations estudiantines (il fallut repartir au commencement), L&#233;on en m&#234;me temps s'&#233;tait consacr&#233; tout entier au travail r&#233;volutionnaire. Bient&#244;t il entra au Secr&#233;tariat International en qualit&#233; de repr&#233;sentant de la section russe. Ses lettres d'alors &#224; sa m&#232;re d&#233;montrent avec quelle rapidit&#233; il s'&#233;tait assimil&#233; &#224; l'atmosph&#232;re politique de l'Allemagne et de l'Europe Occidentale, comme il savait bien distinguer parmi les hommes et discerner parmi leurs divergences et les nombreux conflits de cette p&#233;riode infantile de notre mouvement. Son instinct r&#233;volutionnaire, enrichi d&#233;j&#224; d'une s&#233;rieuse exp&#233;rience, l'aidait &#224; trouver la voie juste dans presque tous les cas, d'une mani&#232;re ind&#233;pendante. Comme nous nous r&#233;jouissions de trouver dans ses lettres fra&#238;chement d&#233;cachet&#233;es, les m&#234;mes raisonnements et conclusions que je recommandais la veille &#224; son attention. Et combien, passionn&#233;ment et sobrement, se r&#233;jouissait-il de telles rencontres dans nos id&#233;es. Le recueil des lettres de L&#233;on constituera indubitablement une des sources les plus pr&#233;cieuses pour l'&#233;tude de la pr&#233;histoire int&#233;rieure de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les affaires russes demeuraient au centre de ses pr&#233;occupations. Encore &#224; Prinkipo, il devint l'&#233;diteur effectif du Bulletin de l'Opposition russe d&#232;s son apparition (mi-1929 et avait compl&#232;tement pris en charge ce travail dans ses mains depuis son d&#233;part &#224; Berlin ( d&#233;but 1931 ), d'o&#249; le Bulletin fut transf&#233;r&#233; &#224; sa suite &#224; Paris. La derni&#232;re lettre de L&#233;on que nous avons re&#231;ue, &#233;crite le 4 F&#233;vrier 1938, douze jours avant sa mort, commence par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Je vous envoie les &#233;preuves du Bulletin, car le prochain bateau ne partira pas de sit&#244;t, et le Bulletin ne sera pr&#234;t que demain matin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie de chaque num&#233;ro fut un petit &#233;v&#233;nement dans sa vie &#8211; petit &#233;v&#233;nement qui co&#251;tait de grands efforts &#8211;. La composition du Bulletin, la finition des mat&#233;riaux bruts, la r&#233;daction des articles, une correction minutieuse, l'exp&#233;dition, la correspondance avec les amis et les correspondants et ce qui ne vient pas &#224; la derni&#232;re place, ce qui n'&#233;tait pas le moins important la recherche des moyens financiers. En revanche, comme il s'enorgueillissait de chaque num&#233;ro &#034;r&#233;ussi&#034;. Dans les premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;migration, il entretenait une correspondance consid&#233;rable avec les oppositionnels en U.R.S.S. Mais en 1932, la Gu&#233;p&#233;ou rompit presque tous nos liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II fallut chercher des informations fra&#238;ches par des voies d&#233;tourn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on &#233;tait toujours sur le &#034;qui-vive&#034;, cherchant avidement des tuyaux de Russie, s'emparant des touristes revenus d'U.R.S.S., des &#233;tudiants sovi&#233;tiques en mission et des fonctionnaires sympathisants des Repr&#233;sentations &#224; l'&#233;tranger. Il parcourait Berlin pendant des heures enti&#232;res et ensuite Paris, pour semer les agents de la Gu&#233;p&#233;ou &#224; sa poursuite et ne pas compromettre ses informateurs. Pendant toutes ces ann&#233;es, il n'y eut pas un cas o&#249; quelqu'un e&#251;t &#224; souffrir de son manque de vigilance, de son inattention ou de son manque de discernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rapports de la Gu&#233;p&#233;ou, il figurait sous le sobriquet de &#034;fiston&#034;, ainsi que nous en informait l'infortun&#233; Reiss ; on a dit plus d'une fois &#224; la Lublianka :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Le &#034;Fiston&#034; travaille habilement, le &#034;Vieux&#034; l'aurait dure sans lui.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la v&#233;rit&#233;. La t&#226;che n'e&#251;t pas &#233;t&#233; facile sans lui ! Justement pour cette raison, les agents de la Gu&#233;p&#233;ou, p&#233;n&#233;trant aussi dans les organisations de l'Opposition, entouraient L&#233;on d'un filet &#233;pais d'observations, d'intrigues, de pi&#232;ges. Dans les proc&#232;s de Moscou, son nom figurait invariablement &#224; c&#244;t&#233; du mien. Moscou cherchait le moyen d'en finir &#224; tout prix avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'arriv&#233;e de Hitler au pouvoir, le Bulletin de l'Opposition fut imm&#233;diatement interdit. L&#233;on passa en Allemagne encore quelques semaines, menant un travail ill&#233;gal et se cachant de la Gestapo dans les appartements &#233;trangers. Nous sonn&#226;mes l'alarme avec sa m&#232;re, insistant sur un d&#233;part imm&#233;diat de l'Allemagne. Au printemps 1933, L&#233;on se d&#233;cida enfin &#224; abandonner un pays qu'il avait eu le temps de conna&#238;tre et d'aimer et se logea &#224; Paris o&#249; le suivit le Bulletin. Ici, L&#233;on recommen&#231;a ses &#233;tudes &#224; nouveau : il fallut passer un examen dans une &#233;cole fran&#231;aise d'enseignement secondaire, ensuite, pour la troisi&#232;me fois, recommencer en Sorbonne, depuis le d&#233;but, ses &#233;tudes de Physique et de Math&#233;matiques &#224; la Facult&#233; des Sciences. Il vivait &#224; Paris dans des conditions difficiles, dans le besoin, s'occupant par &#224;-coups de ses &#233;tudes universitaires, mais, gr&#226;ce &#224; des dispositions remarquables, il put mener ses &#233;tudes &#224; bonne fin, c'est-&#224;-dire jusqu'au dipl&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses principaux efforts, &#224; Paris, &#233;taient consacr&#233;s, encore plus qu'&#224; Berlin &#224; la r&#233;volution et &#224; une collaboration litt&#233;raire avec moi. Dans les derni&#232;res ann&#233;es, L&#233;on commen&#231;a &#224; &#233;crire lui-m&#234;me plus syst&#233;matiquement pour la presse de la Quatri&#232;me Internationale. A des signes divers, notamment &#224; la r&#233;daction de ses m&#233;moires, pour mon autobiographie, j'ai commenc&#233; &#224; soup&#231;onner en lui, encore &#224; Prinkipo, des dispositions litt&#233;raires. Mais il &#233;tait surcharg&#233; par toutes sortes d'autres travaux, et, comme les id&#233;es et les th&#232;mes nous &#233;taient communs, il me consacrait toujours son activit&#233; d'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Turquie, il &#233;crivit, &#224; ce qu'il m'en souvient, seulement un article de dimensions plus importantes : &#034;Staline et l'Arm&#233;e Rouge ou comment on &#233;crit l'histoire&#034;, sous la signature de Markine, matelot r&#233;volutionnaire, auquel l'unissait, dans ses ann&#233;es d'enfance, une amiti&#233; color&#233;e d'une v&#233;ritable adoration. Ce travail entra dans mon livre &#034;Les crimes de Staline&#034;. Ult&#233;rieurement, ses articles ont paru toujours plus fr&#233;quemment, dans les pages du Bulletin et autres publications de la Quatri&#232;me Internationale, chaque fois sous la pression des n&#233;cessit&#233;s. L&#233;on &#233;crivit seulement quand il avait quelque chose &#224; dire et qu'il savait que nul autre ne pourrait l'exprimer mieux. Dans la p&#233;riode norv&#233;gienne de notre vie, je recevais de divers c&#244;t&#233;s des lettres me demandant d'analyser le mouvement stakhanoviste, qui atteignit, dans une certaine mesure, notre mouvement &#224; l'improviste. Quand il apparut que le prolongement de ma maladie ne pourrait me permettre de faire face &#224; ce probl&#232;me, L&#233;on me fit parvenir le projet de son article sur le stakhanovisme avec une lettre d'introduction tr&#232;s modeste. Le travail me parut, par son s&#233;rieux et par sa p&#233;n&#233;tration, embrasser la question sous tous ses aspects, plein de concision et de relief dans l'argumentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens quelle joie causa mon approbation chaleureuse &#224; L&#233;on. L'article fut imprim&#233; en plusieurs langues et &#233;tablit imm&#233;diatement un point de vue juste sur l'&#233;dification socialiste sous le fouet de la bureaucratie. Des dizaines d'articles ult&#233;rieurs n'ont rien ajout&#233; de concret &#224; cette analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal ouvrage litt&#233;raire de L&#233;on fut toutefois son livre &#034;Le Proc&#232;s de Moscou&#034;, consacr&#233; au proc&#232;s des seize (Zinoviev, Kamenev et autres) et publi&#233; en fran&#231;ais et en allemand. Nous nous trouvions alors, avec ma femme, dans la prison norv&#233;gienne, pieds et mains li&#233;s, sous les coups de la plus monstrueuse des calomnies. A certains degr&#233;s de la paralysie, les &#234;tres voient, entendent et comprennent tout, mais sont incapables de remuer le petit doigt pour &#233;carter un danger mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement &#034;socialiste&#034; norv&#233;gien nous contraignit &#224; cette paralysie politique. Dans ces conditions, le livre de L&#233;on fut pour nous un pr&#233;sent inappr&#233;ciable, premi&#232;re et cinglante r&#233;plique aux falsifications du Kremlin. Je me souviens que les premi&#232;res pages m'en parurent plut&#244;t p&#226;les ; ceci parce qu'elles r&#233;p&#233;taient une appr&#233;ciation politique de l'ensemble de la situation en U.R.S.S. d&#233;j&#224; faite pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; partir du moment o&#249; l'auteur a abord&#233; l'analyse personnelle du proc&#232;s lui-m&#234;me, je me suis senti tout &#224; fait entra&#238;n&#233;. Chaque nouveau chapitre me paraissait meilleur que le pr&#233;c&#233;dent. &#034;Bravo, Levoussetka, &#034; nous disions nous avec ma femme. &#034;Nous avons un d&#233;fenseur ! &#034; Comme ses yeux devaient briller joyeusement en lisant nos louanges chaleureuses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains journaux, et en partie dans l'organe central de la social-d&#233;mocratie danoise, on &#233;mettait la conviction que, malgr&#233; les conditions rigoureuses de l'internement, j'avais visiblement trouv&#233; le moyen de prendre part &#224; l'ouvrage paru sous le nom de S&#233;dov. &#034;On sent la main de Trotsky&#034;. Tout cela, inventions ! Dans le livre, il n'y a pas une ligne de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de camarades qui &#233;taient enclins &#224; consid&#233;rer S&#233;dov seulement comme le fils de Trotsky &#8211; comme en Karl Liebknecht, on n'a vu pendant longtemps que le fils de Wilhelm Liebknecht &#8211; ont eu la possibilit&#233; de se convaincre, ne fut-ce QUE PAR ce livre, qu'il repr&#233;sentait une personnalit&#233; ind&#233;pendante, mais une personnalit&#233; d'envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on &#233;crivait comme il faisait tout le reste, c'est-&#224;-dire consciencieusement : il &#233;tudiait, r&#233;fl&#233;chissait, v&#233;rifiait. La gloire litt&#233;raire lui &#233;tait &#233;trang&#232;re. Les d&#233;clamations de propagande ne le s&#233;duisaient gu&#232;re. En m&#234;me temps, chaque ligne &#233;crite par lui est illumin&#233;e par une flamme vivante dont la source &#233;tait son rare temp&#233;rament r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de sa vie priv&#233;e et familiale de notre &#233;poque, ont form&#233; son caract&#232;re et l'ont tremp&#233;. En 1905, sa m&#232;re attendait sa naissance dans une prison de P&#233;tersbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent de lib&#233;ralisme l'en a fait sortir en automne. l'enfant est venu au monde en f&#233;vrier de l'ann&#233;e suivante. A ce moment-l&#224;, j'&#233;tais d&#233;j&#224; en prison. Voir mon fils pour la premi&#232;re fois ne me fut possible que treize mois apr&#232;s, lors de l'&#233;vasion de Sib&#233;rie. Ses toutes premi&#232;res impressions furent impr&#233;gn&#233;es du souffle de la premi&#232;re r&#233;volution russe, dont la d&#233;faite nous jeta en Autriche. La guerre frappa la conscience de ce gar&#231;on de huit ans, en nous rejetant en Suisse. Mon expulsion fut la seconde de ses grandes le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le paquebot, il tenait des conversations r&#233;volutionnaires mim&#233;es avec le chauffeur catalan. La r&#233;volution signifiait pour lui tous les biens et, avant tout, le retour en Russie. Sur la route du retour d'Am&#233;rique, &#224; Halifax, L&#233;vik, &#226;g&#233; de douze ans, avait frapp&#233; du poing un officier britannique. II savait qui frapper : non les matelots qui m'emportaient du navire, mais l'officier qui commandait. Au Canada, au moment de mon internement au camp de concentration L&#233;on apprit &#224; dissimuler et &#224; jeter furtivement &#224; la boite les lettres non contr&#244;l&#233;es par la police. A P&#233;trograd, il fut brusquement plong&#233; dans une atmosph&#232;re de poursuite anti-bolch&#233;vique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;cole bourgeoise o&#249; il se trouva d'abord, les fils de lib&#233;raux et des S.R. le battaient parce que fils de Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vint un jour au Syndicat des ouvriers du bois o&#249; travaillait sa m&#232;re, avec la main ensanglant&#233;e ; c'&#233;tait le r&#233;sultat d'une explication politique avec les fils des k&#233;renskystes. Il se joignait dans la rue &#224; toutes les manifestations et se cachait dans les portes coch&#232;res des forces arm&#233;es du Front Populaire de l'&#233;poque (coalition des cadets, des S.R. et des mench&#233;viks). Apr&#232;s les journ&#233;es de juillet, amaigri et p&#226;le il me rendait visite dans la prison de K&#233;renski et de Ts&#233;retelli. Dans la famille d'un colonel ami, au cours d'un d&#233;jeuner, L&#233;on et Serge se jet&#232;rent arm&#233;s de couteaux sur un officier qui avait d&#233;clar&#233; que les bolch&#233;viks &#233;taient des agents du Kaiser. Ils r&#233;pondirent d'une mani&#232;re &#224; peu pr&#232;s analogue &#224; l'ing&#233;nieur S&#233;r&#233;browsky, plus tard membre du C.C. stalinien qui essaya de les persuader que L&#233;nine &#233;tait un espion allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;vik apprit t&#244;t &#224; faire grincer ses jeunes dents &#224; la lecture de la calomnie des journaux. Il passa les journ&#233;es d'Octobre avec le matelot Markine qui, &#224; ses heures de loisir, lui enseignait l'art du tir, dans la cave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'est form&#233; le futur militant. La r&#233;volution n'&#233;tait pas pour lui une abstraction, oh, non ! Elle le p&#233;n&#233;trait par les pores de sa peau. C'est pourquoi il agissait s&#233;rieusement avec le devoir r&#233;volutionnaire commen&#231;ant par les volontaires des samedis communistes et finissant par les tra&#238;nards. C'est pourquoi plus tard, il est entr&#233; si ardemment dans la lutte contre la bureaucratie. En automne 1927, L&#233;on accomplissait un voyage oppositionnel &#224; travers l'Oural, en compagnie de Mratchkowsky et de Deloborodov. Au retour tous deux parlaient avec un enthousiasme sinc&#232;re de la conduite de L&#233;on, au cours d'une lutte aigu&#235; et sans espoir, de ses interventions sans compromis aux r&#233;unions de la jeunesse, de son courage physique devant les bandes d'apaches suscit&#233;es par la bureaucratie, de sa virilit&#233; morale, lui permettant de subir la d&#233;faite en portant haut sa jeune t&#234;te. Quand il revint de l'Oural, devenu homme en six semaines, j'&#233;tais d&#233;j&#224; exclu. II fallait s'appr&#234;ter pour la d&#233;portation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait en lui aucun manque de discernement, ni aucune forfanterie, loin de l&#224;. Mais il savait que le danger &#233;tait l'essence de la r&#233;volution comme de la guerre. Il savait, quand il le fallait, et il le fallait souvent, aller au devant du danger. Sa vie, en France, o&#249; la Gu&#233;p&#233;ou a des amis &#224; tous les &#233;tages de l'&#233;difice &#233;tatique, &#233;tait une cha&#238;ne ininterrompue de dangers. Des assassins professionnels &#233;taient sans rel&#226;che &#224; ses trousses. Ils vivaient &#224; c&#244;t&#233; de son appartement. Ils volaient ses lettres, ses archives et &#233;coutaient ses conversations t&#233;l&#233;phoniques. Quand apr&#232;s sa maladie, il passa deux semaines sur les bords de la M&#233;diterran&#233;e, son seul repos au cours de longues ann&#233;es, les agents du Gu&#233;p&#233;ou prirent pension au m&#234;me h&#244;tel. Quand il se pr&#233;para &#224; partir pour Mulhouse afin de rencontrer l'avocat suisse, &#224; propos de l'affaire des calomnies staliniennes dans la presse, toute une bande de la Gu&#233;p&#233;ou l'attendait &#224; la gare de Mulhouse, celle-l&#224; m&#234;me qui, plus tard assassina Ignace REISS. L&#233;on &#233;chappa &#224; une perte certaine, seulement gr&#226;ce &#224; ce que, tomb&#233; malade la veille, il ne pouvait quitter Paris avec une temp&#233;rature de 40&#186;. Tous ces faits sont &#233;tablis par les autorit&#233;s judiciaires de France et de Suisse. Et combien de secrets restent-ils non encore d&#233;voil&#233;s ? Ses amis les plus proches nous &#233;crivaient il y a trois mois, qu'&#224; Paris, il courait un trop grand danger, et insistaient pour son d&#233;part pour le Mexique. L&#233;on r&#233;pondait que le danger &#233;tait certain &#224; Paris, mais que c'&#233;tait un poste de combat trop important et que l'abandonner serait criminel. II ne restait qu'&#224; s'incliner devant cette raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, &#224; l'automne de l'ann&#233;e derni&#232;re, commen&#231;a une s&#233;rie de rupture entre les agents sovi&#233;tiques &#224; l'&#233;tranger, le Kremlin et la Gu&#233;p&#233;ou, L&#233;on se trouva au centre de ces &#233;v&#233;nements. Certains amis protestaient contre ses relations avec ces nouveaux alli&#233;s non encore &#034;&#233;prouv&#233;s &#034; : une provocation &#233;tait possible. L&#233;on r&#233;pliquait : le risque est ind&#233;niable, mais impossible de d&#233;velopper ce mouvement important en restant &#224; l'&#233;cart. Il fallait prendre L&#233;on, cette fois encore, tel que l'avaient fait la nature et les circonstances politiques. Comme un vrai r&#233;volutionnaire, il appr&#233;ciait la vie seulement dans la mesure o&#249; elle servait la lutte lib&#233;ratrice du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier, les journaux mexicains du soir imprim&#232;rent un court t&#233;l&#233;gramme annon&#231;ant la mort de L&#233;on S&#233;dov &#224; la suite d'une intervention chirurgicale. Pris par un travail urgent, je n'avais pas vu ces journaux. Di&#233;go Rivera contr&#244;la par radio de sa propre initiative et vint m'apporter la terrible nouvelle. Au bout d'une heure, j'ai appris la mort de notre fils &#224; Natalia &#8211; dans ce m&#234;me mois de f&#233;vrier o&#249;, 32 ans plus t&#244;t, elle m'avait appris en prison sa naissance. Ainsi s'acheva ce 16 f&#233;vrier, la journ&#233;e la plus noire de notre vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous attendions &#224; beaucoup, presque &#224; tout, mais pas &#224; cela. C'est que tr&#232;s peu de temps avant, L&#233;on nous avait fait part de son intention d'entrer comme ouvrier dans une usine. En m&#234;me temps, il exprimait l'espoir d'&#233;crire, pour un centre d'&#233;tudes, l'histoire de l'opposition russe. II &#233;tait rempli de projet. Seulement deux jours avant que la nouvelle de sa mort ne nous parvint, nous re&#231;&#251;mes de lui une lettre &#233;nergique et pleine de vie, dat&#233;e du 4 f&#233;vrier. Elle est devant moi. &#034;Nous nous pr&#233;parons au proc&#232;s en Suisse ; l'affaire concerne la mise en jugement des participants &#224; l'assassinat d'Ignace Reiss, &#233;crivait-il l'atmosph&#232;re y est tr&#232;s favorable en ce qui concerne l'opinion publique et aussi l'attitude des autorit&#233;s. &#034; Il &#233;num&#233;rait une s&#233;rie d'autres faits et sympt&#244;mes favorables. &#034;En somme, nous marquons des points. &#034; La lettre respirait la confiance dans l'avenir. D'o&#249; provenait donc ce mal et cette mort fulgurante au bout de 12 jours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re et essentielle supposition : le poison. Trouver acc&#232;s aupr&#232;s de L&#233;on, de ses v&#234;tements, de sa nourriture n'offrait gu&#232;re de difficult&#233;s aux agents de Staline. Est-ce qu'une enqu&#234;te judiciaire, m&#234;me lib&#233;r&#233;e des raisons diplomatiques peut, &#224; cet &#233;gard, parvenir &#224; la pleine lumi&#232;re ? En relation avec la guerre, la chimie et l'art de l'empoisonnement ont atteint, ces temps derniers, un d&#233;veloppement tout particulier. Les secrets de cet art sont &#224; vrai dire inaccessibles aux simples mortels. Mais aux empoisonneurs de la Gu&#233;p&#233;ou tout est accessible. Il est tout &#224; fait possible d'admettre qu'un tel poison, ne laissant pas de traces apr&#232;s le d&#233;c&#232;s, m&#234;me &#224; la plus minutieuse des analyses. Et o&#249; sont les garanties de la minutie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien l'ont-ils tu&#233; sans le secours de la chimie ? Il a fallu trop supporter &#224; ce jeune &#234;tre, tr&#232;s sensible et tr&#232;s tendre, dans les profondeurs de sa nature. Une campagne de plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224; contre son p&#232;re et les meilleurs de ses camarades a&#238;n&#233;s, que L&#233;on s'est habitu&#233; d&#232;s l'enfance &#224; respecter et &#224; aimer, avait profond&#233;ment secou&#233; son organisme moral. Une longue suite de capitulations des participants de l'opposition ne lui a pas port&#233; un coup moins rude. Ensuite suivit le suicide &#224; Berlin de Zina, ma fille a&#238;n&#233;e, que Staline avait tra&#238;treusement, par pure vengeance, arrach&#233;e de ses enfants, de sa famille, de son milieu. L&#233;on se trouva sur les bras le cadavre de sa soeur a&#238;n&#233;e et un enfant de 6 ans. Il r&#233;solut d'essayer d'obtenir une communication t&#233;l&#233;phonique avec son fr&#232;re cadet, Serge, &#224; Moscou. Est-ce que la Gu&#233;p&#233;ou avait perdu la t&#234;te devant le suicide de Zina, ou esp&#233;rait-elle surprendre quelque secret, le fait est que la communication fut &#233;tablie, contre toute attente, et L&#233;on r&#233;ussit &#224; communiquer de vive voix la nouvelle tragique &#224; Moscou. Telle fut l'ultime conversation des deux fr&#232;res, condamn&#233;s d&#233;j&#224;, sur le corps encore chaud de leur soeur. Les communications de L&#233;on &#224; Prinkipo sur ce qu'il venait de vivre furent courtes, avares, mesur&#233;es. Il nous &#233;pargnait trop. Mais sous chaque ligne se sentait l'insupportable tension morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s mat&#233;rielles et les privations, L&#233;on les supportait facilement, comme un vrai prol&#233;taire, en plaisantant mais elles aussi, naturellement, laiss&#232;rent leur trace. Infiniment plus destructives furent les &#233;preuves morales ult&#233;rieures. Le proc&#232;s des seize &#224; Moscou, le caract&#232;re monstrueux de l'accusation, les d&#233;positions hallucinantes des accus&#233;s, et dans ce monde Smirnov et Mratchkowsky, que L&#233;on connaissait bien et aimait, l'internement inattendu de son p&#232;re et de sa m&#232;re en Norv&#232;ge, quatre mois sans nouvelles, le vol des archives, notre d&#233;portation secr&#232;te avec ma femme au Mexique, le deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou, avec des accusations et des aveux encore plus d&#233;lirants, la disparition de son fr&#232;re Serge, sous l'accusation &#034;d'empoisonnement d'ouvriers &#034;, les innombrables ex&#233;cutions d'hommes qui furent autrefois des amis proches ou qui le rest&#232;rent jusqu'au bout, les poursuites et l&#232;s attentats de la Gu&#233;p&#233;ou en France, l'assassinat de Reiss en Suisse, le mensonge, la bassesse, la trahison et les pi&#232;ges &#8211; non, le &#034;stalinisme&#034; &#8211; &#233;tait pour L&#233;on autre chose qu'un ph&#233;nom&#232;ne politique abstrait, mais une s&#233;rie ininterrompue de coups moraux et de d&#233;faites psychiques. Fallut-il aux sp&#233;cialistes moscovites recourir &#224; la chimie afin de parachever leur oeuvre, ou suffisait-il de tout ce qu'ils avaient foment&#233; auparavant, le r&#233;sultat demeure le m&#234;me : ILS L'ONT ASSASSINE. Et la nouvelle de sa mort fut marqu&#233; comme un grand triomphe au calendrier thermidorien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de le tuer, ils firent tout pour calomnier et noircir notre fils aux yeux des contemporains et des g&#233;n&#233;rations &#224; venir. Ca&#239;n-Djougachvili et ses acolytes essay&#232;rent de transformer L&#233;on en agent du fascisme et en partisan secret d'une restauration capitaliste en URSS, en organisateur de catastrophes de chemin de fer et en assassin d'ouvriers. Grands furent les efforts de ces crapules ! Des tonnes de boue thermidorienne tombent sur sa jeune image sans y laisser une seule t&#226;che. L&#233;on &#233;tait essentiellement un &#234;tre humain d'une propret&#233; et d'une honn&#234;tet&#233; transparentes. II pouvait raconter sa vie &#224; n'importe quelle assembl&#233;e ouvri&#232;re, sa vie br&#232;ve par ses jours comme court est mon r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II n'avait rien &#224; se reprocher, rien &#224; sceller. L'honn&#234;tet&#233; morale &#233;tait le fil conducteur de son caract&#232;re. II servait sans fl&#233;chir la cause des opprim&#233;s et, en cela, il restait fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me. Des mains de la nature et de l'histoire, il est issu homme d'une trempe h&#233;ro&#239;que. Les grands et terribles &#233;v&#233;nements qui s'approchent de nous auront besoin de tels &#234;tres. Si L&#233;on avait v&#233;cu jusqu'&#224; ces &#233;v&#233;nements, il aurait montr&#233; sa vraie mesure. Mais il ne les a pas atteints. Notre L&#233;on n'est plus, notre enfant, notre fils et militant h&#233;ro&#239;que !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec sa m&#232;re, qui fut pour lui l'&#234;tre le plus proche en ce monde, nous vivons ces heures terribles, &#233;voquant son image, trait pour trait, ne pouvant croire qu'il n'est plus, et pleurons car il n'est plus possible de ne pas le croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous habituer &#224; cette id&#233;e qu'est disparu, sur l'&#233;tendue terrestre, le lumineux point humain, qui nous fut li&#233; par les fils indestructibles des souvenirs communs, de la compr&#233;hension mutuelle et d'un tendre attachement. Personne ne nous connaissait ni ne nous conna&#238;t comme lui, avec nos c&#244;t&#233;s forts et nos c&#244;t&#233;s faibles. II &#233;tait une part, la part jeune de nous deux. Pour cent raisons, nos pens&#233;es et nos sentiments allaient chaque jour vers lui, &#224; Paris. Avec notre gar&#231;on est mort tout ce qui demeurait en nous de jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adieu, L&#233;on ! Adieu, cher et incomparable ami ! Nous ne pensions pas, avec ta m&#232;re, nous ne nous attendions pas &#224; ce que le sort nous charge&#226;t de cette terrible t&#226;che : &#233;crire ta n&#233;crologie. Nous vivions avec la ferme certitude que longtemps apr&#232;s nous encore, tu serais le continuateur de l'oeuvre commune. Mais nous n'avons pas su te prot&#233;ger. Adieu L&#233;on ! Nous l&#233;guons ta pure m&#233;moire &#224; la jeune g&#233;n&#233;ration ouvri&#232;re de ce monde. Tu auras droit de cit&#233; dans les oeuvres de ceux qui travaillent, souffrent et luttent pour un monde meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JEUNESSE R&#201;VOLUTIONNAIRE DE TOUS LES PAYS, PRENDS NOUS LE SOUVENIR DE NOTRE L&#201;ON, ADOPTE LE, IL LE M&#201;RITE ET QUE, D&#201;SORMAIS, IL PARTICIPE INVISIBLE A TES LUTTES, PUISQUE LE SORT LUI A REFUS&#201; LE BONHEUR DE PRENDRE PART A LA VICTOIRE FINALE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#201;ON TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 f&#233;vrier 1938 &#8211; COYOACAN (Mexique)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Lev Sedov est le troisi&#232;me enfant de L&#233;on Trotsky qui eut deux filles (Zina&#239;da et Nina) d'une pr&#233;c&#233;dente union. Sa m&#232;re est Natalia Sedova, militante du groupe de l'Iskra (&#171; L'&#233;tincelle &#187;), qui restera la compagne de Trotsky jusqu'&#224; sa mort et dont elle aura un deuxi&#232;me fils, Serioja (Serge), n&#233; deux ans apr&#232;s Lev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nourri au lait de la R&#233;volution, de sa pr&#233;paration, de son accomplissement et plus tard de sa d&#233;fense, il partage d&#232;s l'enfance avec son jeune fr&#232;re (ses s&#339;urs a&#238;n&#233;es &#233;tant rest&#233;es avec leur m&#232;re) les p&#233;r&#233;grinations de ses parents, dues aux imp&#233;ratifs de la vie militante, des expulsions souvent, des internements parfois et des difficult&#233;s mat&#233;rielles toujours. De ces r&#233;sidences successives dans presque toutes les capitales d'Europe, il gardera la pratique de nombreuses langues, oubliant m&#234;me le russe que ses parents lui r&#233;apprendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a donc onze ans au d&#233;but de la R&#233;volution d'Octobre et on peut penser qu'&#224; &#233;galit&#233; avec la personnalit&#233; et l'aura d'alors de son p&#232;re, les relations familiales &#8211; les r&#233;volutionnaires de tous pays qu'il put fr&#233;quenter -, la p&#233;riode historique consid&#233;r&#233;e fa&#231;onn&#232;rent sa conception du monde et ses engagements. Il s'engagera d&#232;s l'adolescence dans le mouvement de la jeunesse communiste (le Komsomol) n'h&#233;sitant pas &#224; tricher sur son &#226;ge pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'emp&#234;chera pas les conflits de g&#233;n&#233;ration propres &#224; bien des familles puisqu'il quittera le domicile familial &#224; dix-sept ans pour vivre dans une communaut&#233; de militants aussi jeunes que lui. Il entreprend des &#233;tudes d'ing&#233;nieur et se r&#233;v&#232;le un &#233;tudiant brillant. Il se marie avec une jeune ouvri&#232;re en 1925, Anna Metallikova, dont il aura un fils pr&#233;nomm&#233; Lev lui aussi en 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1923, il a commenc&#233; &#224; militer aux c&#244;t&#233;s des oppositionnels &#224; l'orientation bureaucratique prise par la direction du Parti dans une &#233;volution et une logique parall&#232;les &#224; celle de son p&#232;re plut&#244;t que dans son sillage et en 1927, il est l'un des principaux dirigeants de l'Opposition unifi&#233;e dans les rangs du Komsomol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de la d&#233;portation de L&#233;on Trotsky en 1928, il fait le choix de le suivre et c'est &#224; Alma-Ata qu'il devient v&#233;ritablement le collaborateur de son p&#232;re, prenant en charge l'organisation mat&#233;rielle de la vie des d&#233;port&#233;s et surtout l'organisation des liens avec les autres militants exil&#233;s par Staline. C'est l&#224; qu'il rodera de mani&#232;re efficace les m&#233;thodes de clandestinit&#233; impos&#233;es par les conditions de surveillance des d&#233;port&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky banni d'URSS et exil&#233; en Turquie en 1929, Lev le suit prenant en charge le Bulletin de l'Opposition qui pendant quelques ann&#233;es encore pourra franchir clandestinement les fronti&#232;res et parvenir en URSS. La collaboration avec le p&#232;re se poursuit malgr&#233; des difficult&#233;s relationnelles cr&#233;&#233;es par le caract&#232;re tr&#232;s tranchant de Trotsky, les pressions morales, physiques et financi&#232;res qui p&#232;sent sur les exil&#233;s et des probl&#232;mes d'ordre priv&#233;s o&#249; interviennent Jeanne Martin des Palli&#232;res, la nouvelle compagne de Sedov, et Zina&#239;da, fille a&#238;n&#233;e de Trotsky, qui commence &#224; souffrir de graves probl&#232;mes psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la situation internationale se trouvant alors en Allemagne, c'est &#224; Berlin que part Sedov, assumant la direction politique de la section allemande, la r&#233;daction et l'acheminement en URSS du Bulletin de l'Opposition et les soins &#224; Zina&#239;da. Tout cela dans un contexte de mont&#233;e du nazisme et d'hostilit&#233; mena&#231;ante des partisans de la direction du Parti. Ce n'est qu'une fois la victoire d'Hitler consomm&#233;e qu'il se r&#233;soudra &#224; quitter l'Allemagne pour Paris. Il y trouvera la section fran&#231;aise des partisans de Trotsky en pleine querelle de personnes plut&#244;t que de th&#233;orie. C'est d'ailleurs cette atmosph&#232;re d&#233;l&#233;t&#232;re qui le poussait &#224; faire confiance un peu trop facilement aux Russes et c'est &#224; ce moment que se joint &#224; lui, comme principal collaborateur et homme de confiance, Mark Zborowski (alias &#201;tienne), agent des services secrets sovi&#233;tiques et d'ailleurs d&#233;nonc&#233;, ou du moins suspect&#233;, comme tel par certains trotskystes fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tombe du Lev &#034;L&#233;on&#034; Sedov au cimeti&#232;re parisien de Thiais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier &#8211; et colossal &#8211; travail militant de Sedov est l'organisation d'un v&#233;ritable contre-proc&#232;s de Moscou ; travail synth&#233;tis&#233; dans Le livre rouge sur le proc&#232;s de Moscou, livre qui, selon les mots de Pierre Brou&#233;, &#171; reste le point de d&#233;part de toute critique solide du proc&#232;s des Seize &#187;. C'est &#224; ce moment qu'il devient une cible pour les tueurs des services secrets sovi&#233;tiques, d&#233;sign&#233; sous le nom du &#171; Fiston &#187; dans leurs rapports et qu'il &#233;chappe &#224; une tentative, vraisemblablement d'enl&#232;vement, du c&#244;t&#233; de Mulhouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3933&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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