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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Le r&#233;gime des Mollahs et l'entit&#233; sioniste sont fond&#233;s sur l'apartheid</title>
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		<dc:date>2023-10-27T22:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;gime des Mollahs et l'entit&#233; sioniste sont fond&#233;s sur l'apartheid &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'islamisme sert d'alibi &#224; Isra&#235;l pour maintenir et p&#233;renniser sa politique de la terre br&#251;l&#233;e, Isra&#235;l sert &#233;galement d'alibi aux r&#233;gimes islamistes pour maintenir et p&#233;renniser leur incendiaire politique d'ali&#233;nation religieuse. L'islamisme et le sionisme ont des int&#233;r&#234;ts convergents, pour ne pas dire des int&#233;r&#234;ts identiques, dans la mesure o&#249; ils justifient, garantissent et p&#233;rennisent l'existence l'un de l'autre. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot121" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot140" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;gime des Mollahs et l'entit&#233; sioniste sont fond&#233;s sur l'apartheid&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'islamisme sert d'alibi &#224; Isra&#235;l pour maintenir et p&#233;renniser sa politique de la terre br&#251;l&#233;e, Isra&#235;l sert &#233;galement d'alibi aux r&#233;gimes islamistes pour maintenir et p&#233;renniser leur incendiaire politique d'ali&#233;nation religieuse. L'islamisme et le sionisme ont des int&#233;r&#234;ts convergents, pour ne pas dire des int&#233;r&#234;ts identiques, dans la mesure o&#249; ils justifient, garantissent et p&#233;rennisent l'existence l'un de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces convergences d'int&#233;r&#234;ts, il existe &#233;galement des homologies culturelles et soci&#233;tales. Notamment entre le r&#233;gime islamiste iranien et l'entit&#233; sioniste. Les deux r&#233;gimes sont fond&#233;s sur l'apartheid. La s&#233;gr&#233;gation. L'asservissement d'une partie de la population. Dans le cas d'Isra&#235;l, il s'agit de la population autochtone palestinienne. Dans le cas de l'Iran, il s'agit de la population f&#233;minine autochtone. Les deux respectives populations sont soumises &#224; la m&#234;me oppression. Aux m&#234;mes dispositions discriminatoires, fond&#233;es sur l'apartheid ethnique pour Isra&#235;l, l'apartheid sexuel pour l'Iran. &#192; la diff&#233;rence que, si en Isra&#235;l les Palestiniens sont colonis&#233;s par des &#233;trangers (des juifs), venus occuper la terre de Palestine, les femmes iraniennes sont, elles, &#171; colonis&#233;es &#187; par leurs propres compatriotes masculins, issus du m&#234;me territoire. C'est plus ignoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime phallocentrique des Mollahs a beau se draper de la posture antisioniste, en mati&#232;re de politiques discriminatoires et s&#233;gr&#233;gationnistes, il applique les m&#234;mes dispositifs &#224; l'&#233;gard de la population f&#233;minine iranienne, la m&#234;me politique d'apartheid incarn&#233;e par un syst&#232;me discriminatif fond&#233; sur un droit qui r&#233;duit les femmes au statut de second rang sous tutelle masculine, s'exer&#231;ant &#224; chaque instant de leur vie. Dans les faits, elles n'ont, en droit, aucune autonomie de d&#233;cision pour elles-m&#234;mes et sont r&#233;duites &#224; l'&#233;tat de sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, les Mollahs ne peuvent se pr&#233;valoir d'aucune l&#233;gitimit&#233; politique, encore moins humaine et morale, pour condamner ou combattre le r&#233;gime sioniste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime des Mollahs est la version islamique du sionisme, fond&#233;e sur l'usurpation du pouvoir, l'apartheid, la th&#233;ocratie islamiste, la violence &#233;tatique, la militarisation de la soci&#233;t&#233;, les milices. En un mot le fascisme religieux et la religion du fascisme. Deux modes de gouvernance r&#233;actionnaires inh&#233;rents aux deux &#201;tats th&#233;ocratiques fond&#233;s sur l'apartheid, ou aux deux &#201;tats discriminatifs bas&#233;s sur la th&#233;ocratie. Si le r&#233;gime sioniste s'appuie sur sa soldatesque nazifi&#233;e pour terroriser la population palestinienne assujettie, le r&#233;gime th&#233;ocratique des Mollahs s'appuie, lui, sur 40 000 soudards (so&#251;lards : enivr&#233;s &#224; l'islamisme terrorisant), dits &#171; gardiens de la r&#233;volution &#187;, qui s'engraissent sur 80 millions d'habitants paup&#233;ris&#233;s, r&#233;duits &#224; se nourrir uniquement de dogmatismes islamistes approvisionn&#233;s sans mod&#233;ration par les nantis du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour rappel, c'est en 1979 que les femmes iraniennes subissent leur &#171; Nakba &#187; : l'exode de leurs droits, l'expulsion de leur dignit&#233;. Depuis cette sinistre &#171; Nakba &#187;, elles sont devenues &#233;trang&#232;res dans leur propre pays. Cette catastrophe d&#233;bute en 1979, date de l'arriv&#233;e au pouvoir de l'ayatollah Khomeini, qui instaure une R&#233;publique islamique. Ou plut&#244;t R&#233;publique phallocratique. Une R&#233;publique des hommes, faite par les hommes et pour les hommes. Comme l'&#201;tat d'Isra&#235;l est un &#201;tat juif, fait par les juifs et pour les juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son investiture, la premi&#232;re mesure autant politique que religieuse qu'il impose &#224; la soci&#233;t&#233; s'applique exclusivement aux femmes : l'obligation de porter le tchador, nom donn&#233; au voile iranien ; suivie de l'abaissement de l'&#226;ge du mariage de 18 &#224; 9 ans pour les filles (une forme de l&#233;galisation de la p&#233;dophilie. En Isra&#235;l les soldats sont autoris&#233;s &#224; tirer sur des enfants, notamment lors des intifada, en Iran les hommes sont autoris&#233;s &#224; attirer maritalement des petites filles dans leur alc&#244;ve. En 2020, 31 379 filles &#226;g&#233;es de 10 &#224; 14 ans ont &#233;t&#233; mari&#233;es de force en Iran, selon les chiffres publi&#233;s par l'institut national iranien des statistiques. Soit une augmentation de 10 % par rapport aux chiffres de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente). On l'oublie souvent : la mesure d'obligation du port du voile instaur&#233;e par le nouveau despote th&#233;ocratique Khomeini entra&#238;ne imm&#233;diatement une vague de contestation dans le pays, mais rapidement &#233;cras&#233;e dans le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le port du voile obligatoire est d&#233;finitivement inscrit dans la loi iranienne en 1983. &#171; Ce voile, on l'a rendu obligatoire pour prot&#233;ger nos valeurs &#187;, confiait Khomeini, en 1984. Voil&#224; l'aveu prononc&#233; : &#171; nos valeurs &#187;, autrement dit celles de la soci&#233;t&#233; th&#233;ocratique r&#233;trograde. Celles qui l&#233;galisent l'avilissement de la condition des femmes iraniennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde qualifie le changement de r&#233;gime de 1979 de &#171; r&#233;volution islamique &#187; iranienne. Or, il serait plus appropri&#233; de caract&#233;riser ce cataclysme politique de Coup d'&#201;tat Islamiste Masculiniste. Khomeini et ses sbires islamistes n'ont pas commis leur coup d'&#201;tat pour d&#233;poser la dynastie Pahlavi, mais pour destituer la royale et noble Femme iranienne de la soci&#233;t&#233;, de son r&#232;gne sur sa vie personnelle. Ce n'&#233;tait pas la monarchie l'ennemie des Mollahs, mais la femme iranienne. Pour exister, la femme iranienne doit vivre dor&#233;navant derri&#232;re son rideau. Le rideau d'enfer. Le chef de l'autorit&#233; judiciaire iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejei, vient de rappeler cette r&#232;gle discriminatoire en d&#233;clarant que les femmes non voil&#233;es seraient poursuivies &#171; sans piti&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mort de Mahsa Amini, en septembre dernier, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e par la police des m&#339;urs, les Iraniennes sont de plus en plus nombreuses &#224; enlever leur voile en signe de protestation. Or, dans un communiqu&#233; publi&#233; jeudi, le ministre de l'Int&#233;rieur a d&#233;crit le voile comme &#233;tant &#171; l'une des fondations civilisationnelles de la R&#233;publique islamique d'Iran &#187; et qu'il n'y aurait aucun &#171; recul &#187;, ni &#171; tol&#233;rance &#187; sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce coup d'&#201;tat masculiniste islamiste r&#233;ussi sera imit&#233; par d'autres pays, notamment l'Alg&#233;rie. En Alg&#233;rie, apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; leur coup d'&#201;tat violent, c'est-&#224;-dire leur insurrection arm&#233;e terroriste dans les ann&#233;es 1990, les islamistes poursuivront leur combat &#171; pacifiquement &#187; en s'appliquant &#224; perp&#233;trer des mini-coups d'&#201;tats culturel, parfois avec l'aide de certains membres salafis&#233;s du r&#233;gime de Bouteflika. Ils auront mieux r&#233;ussi leur &#171; r&#233;volution islamique &#187;, ou plus exactement leur coup d'&#201;tat islamiste. Avec leurs m&#339;urs surann&#233;es fonci&#232;rement misogynes, ils ont recouvert l'Alg&#233;rie d'un voile culturel r&#233;actionnaire et phallocentrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, dans les &#201;tats musulmans, notamment en Iran, la femme est soumise &#224; un v&#233;ritable code d'indig&#233;nat patriarcal, symbolis&#233; par cette l&#233;gislation exceptionnelle qui lui est exclusivement appliqu&#233;e. Ce code d'indig&#233;nat f&#233;minin est la derni&#232;re forme d'oppression, survivant dans les &#201;tats islamiques o&#249; l'inf&#233;riorisation de la femme est grav&#233;e dans le marbre des m&#339;urs mais &#233;galement inscrite dans certaines Constitutions, notamment en Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime d'indig&#233;nat, &#224; l'exemple de l'opposition s&#233;gr&#233;gationniste entre &#171; sujet indig&#232;ne &#187; et &#171; citoyen europ&#233;en &#187; instaur&#233;e par la France coloniale en Alg&#233;rie, &#233;tablit un statut d'exception pour les femmes musulmanes. Ce r&#233;gime d'indig&#233;nat, comparable au r&#233;gime d'apartheid longtemps en vigueur en Afrique du Sud, est la derni&#232;re survivance d'oppression humaine. Dans le cadre de ce r&#233;gime d'indig&#233;nat, les &#201;tats islamistes, notamment leurs franges fondamentalistes fanatis&#233;es, &#224; l'instar des Mollahs iraniens, contraignent les femmes &#224; se voiler enti&#232;rement le corps et &#224; se soumettre &#224; des conventions sociales humiliantes et avilissantes. Certes, les femmes de ces pays, notamment l'Iran, sont autoris&#233;es &#224; se scolariser et &#224; exercer une profession (comme certains indig&#232;nes alg&#233;riens &#233;taient autoris&#233;s &#224; se scolariser et &#224; travailler), mais elles demeurent toujours d'&#233;ternelles mineures soumises &#224; la tutelle du m&#226;le (comme l'indig&#232;ne alg&#233;rien &#233;tait mis sous tutelle des colons fran&#231;ais). Les femmes sont consid&#233;r&#233;es comme la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de leur p&#232;re, mari, fr&#232;re, c'est-&#224;-dire l'homme de la famille (comme l'Alg&#233;rien et son pays, l'Alg&#233;rie, &#233;taient la &#171; propri&#233;t&#233; &#187; des autorit&#233;s coloniales fran&#231;aises).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la v&#233;rit&#233;, sous couvert de religion islamique, une coutume vestimentaire pa&#239;enne est p&#233;rennis&#233;e au nom de cette mill&#233;naire domination patriarcale et de cet atavique attachement obsessionnel &#224; des traditions misogynes toujours aussi pr&#233;gnantes. Le Mollah iranien, en particulier, tout comme l'homme islamiste, en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'exemple du colon fran&#231;ais fonci&#232;rement attach&#233; &#224; ses privil&#232;ges colonialistes, au point d'avoir livr&#233; une guerre exterminatrice au peuple alg&#233;rien pour continuer &#224; le priver de son droit &#224; la dignit&#233; et de son &#233;mancipation nationale, refuse obstin&#233;ment de renoncer &#224; ses privil&#232;ges phallocentriques enrob&#233;s de religiosit&#233; islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, les Mollahs iraniens et les m&#226;les islamistes du monde entier, avec les sionistes d'Isra&#235;l, sont les derniers sp&#233;cimens &#224; perp&#233;tuer la mentalit&#233; colonialiste en plein 21&#232;me si&#232;cle. Les premiers en colonisant la femme (musulmane) autochtone, les seconds en colonisant le peuple palestinien, tous deux au nom de prescriptions fallacieusement religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime phallocratique des Mollahs et le r&#233;gime raciste sioniste doivent nous inspirer la m&#234;me r&#233;pugnance. Et la m&#234;me volont&#233; de combattre ces deux derni&#232;res formes de colonialisme. La femme iranienne est la &#171; Palestinienne &#187; du r&#233;gime des Mollahs. Notre s&#339;ur iranienne, captive des Mollahs, m&#233;rite la m&#234;me empathie que celle r&#233;serv&#233;e &#224; notre fr&#232;re palestinien. Son avilissement doit susciter en nous le m&#234;me sentiment d'indignation et de r&#233;volte. Nous devons lutter semblablement pour leur lib&#233;ration, leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honte &#224; qui peut chanter pendant que Rome br&#251;le, notait dans son po&#232;me Alphonse de Lamartine. Hontes &#224; ceux qui continuent &#224; batifoler pendant que la femme iranienne est consum&#233;e par les Mollahs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mayotte est la Crim&#233;e et le Donbass de la France coloniale donneuse de le&#231;ons</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7320</link>
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		<dc:date>2023-07-17T22:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mayotte est la Crim&#233;e et le Donbass de la France coloniale donneuse de le&#231;ons &lt;br class='autobr' /&gt;
Une contribution de Khider Mesloub &#8211; A la suite de la publication de mon article, intitul&#233; &#171; Les Comoriens sont plus chez eux que les colonisateurs fran&#231;ais &#187;, certains commentateurs alg&#233;riens ont d&#233;fendu &#171; le droit de la France &#224; expulser les Comoriens. Car, selon eux, Mayotte lui appartient &#187;. &#171; L&#233;galement, la France est chez elle &#224; Mayotte puisque ses habitants (Mahorais) ont vot&#233; pour rejoindre la France lors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mayotte est la Crim&#233;e et le Donbass de la France coloniale donneuse de le&#231;ons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une contribution de Khider Mesloub &#8211; A la suite de la publication de mon article, intitul&#233; &#171; Les Comoriens sont plus chez eux que les colonisateurs fran&#231;ais &#187;, certains commentateurs alg&#233;riens ont d&#233;fendu &#171; le droit de la France &#224; expulser les Comoriens. Car, selon eux, Mayotte lui appartient &#187;. &#171; L&#233;galement, la France est chez elle &#224; Mayotte puisque ses habitants (Mahorais) ont vot&#233; pour rejoindre la France lors d'un r&#233;f&#233;rendum. Les Comoriens n'ont aucun droit l&#233;gal sur Mayotte. On doit respecter ce droit &#187;, &#233;crit un commentateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces Alg&#233;riens, probablement &#233;tablis en France, comme la majorit&#233; des Fran&#231;ais, ont fait de l'ignorance une vertu. Et de la x&#233;nophobie leur morale. Aussi pi&#233;tiner l'histoire et &#233;craser les peuples de couleur s'int&#232;grent-ils dans la m&#234;me logique et entreprise coloniales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ignorance de la v&#233;ritable histoire portant sur l'ind&#233;pendance de l'archipel des Comores, conjugu&#233;e avec leur conditionnement par la propagande n&#233;ocolonialiste fran&#231;aise, expliquerait leur fourvoiement. Leur d&#233;voiement. Et donc leur d&#233;vouement &#224; la cause coloniale et imp&#233;rialiste fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rappel historique sur les tenants et aboutissants du processus d'ind&#233;pendance de l'archipel des Comores leur permettra probablement d'infl&#233;chir leur jugement n&#233;ocolonial, de changer d'opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le sillage des d&#233;colonisations initi&#233;es au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quoique tardivement, l'archipel des Comores d&#233;cide d'enclencher le processus d'autod&#233;termination.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est utile de rappeler que l'archipel des Comores est compos&#233; de quatre grandes &#238;les comprenant Mayotte, Anjouan, Moh&#233;li et la Grande Comore. Un archipel uni par l'appartenance ethnique, l'histoire et la religion (l'islam). Autrement dit, ces populations forment un m&#234;me et seul peuple d'ob&#233;dience musulmane. Les Mahorais sont des Comoriens. L'appellation m&#234;me de Mahorais, en tant qu'entit&#233; autonome, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par la France coloniale. Ainsi, les quatre &#238;les de l'archipel des Comores partagent la m&#234;me langue, la m&#234;me religion, la m&#234;me culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, des accords sont pass&#233;s avec la France relatifs &#224; l'accession &#224; l'ind&#233;pendance des Comores. Sur les quatre &#238;les, une &#238;le se distingue par son inclination francophile cultiv&#233;e par quelques lettr&#233;s : Mayotte, habit&#233;e par ce que l'on d&#233;signe improprement par le n&#233;ologisme Mahorais, terme confectionn&#233; par la France coloniale &#224; des fins de s&#233;paratisme. Autrement dit, la France applique le s&#233;paratisme (cette position politique visant &#224; la s&#233;paration d'un groupe culturel, ethnique, tribal, religieux, racial, politique ou autre d'un groupe plus large, en vue de se constituer en communaut&#233; distincte ou &#171; nation &#187; ind&#233;pendante) depuis des d&#233;cennies. Non pas sur son territoire mais sur un territoire d'un pays &#233;tranger (Liban, Comores, etc.), qu'elle convoite, qu'elle compte occuper ou contr&#244;ler. Avec la France imp&#233;rialiste, c'est diviser la population, non pas seulement pour mieux r&#233;gner, mais pour bien rogner le territoire d'un pays souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 d&#233;cembre 1974, lors du r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination des Comores, cette &#171; &#233;lite mahoraise &#187; obtient &#224; Mayotte un vote &#224; 63,8% contre l'ind&#233;pendance. Les trois autres &#238;les votent &#224; pr&#232;s de 100% en faveur de l'ind&#233;pendance. Pour l'ONU, seul le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum pour l'ensemble des Comores est valide. Donc, l'ind&#233;pendance de l'archipel des Comores est reconnue par toutes les instances internationales. Y compris par la France. Avant, par un de coup de th&#233;&#226;tre dont elle est coutumi&#232;re, de se raviser. De r&#233;viser sa position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, le 6 juillet 1975, l'Assembl&#233;e des Comores proclame l'ind&#233;pendance des quatre indissociables &#238;les formant l'archipel des Comores, le gouvernement fran&#231;ais, par la voix de son porte-parole, ent&#233;rine la position officielle fran&#231;aise : &#171; Le gouvernement se d&#233;clare dispos&#233; &#224; entamer avec les nouvelles autorit&#233;s les pourparlers concernant les transferts de responsabilit&#233;s. S'agissant de l'&#238;le de Mayotte, le gouvernement tiendra compte de la volont&#233; ainsi manifest&#233;e. &#187; Ainsi, pour autant qu'on puisse en juger par les d&#233;clarations officielles du porte-parole du gouvernement, l'Etat fran&#231;ais reconna&#238;t la souverainet&#233; de la nouvelle R&#233;publique des Comores sur Mayotte, quoiqu'une des &#238;les ait vot&#233; pour son maintien au sein de la France. Car la France s'&#233;tait prononc&#233;e favorablement pour le d&#233;compte global des suffrages sur l'ensemble de l'archipel, et non &#238;le par &#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
A cette date, aucun dirigeant fran&#231;ais n'&#233;voque une division ult&#233;rieure du territoire comorien. Y compris Val&#233;ry Giscard d'Estaing, fra&#238;chement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique. Au mois d'octobre 1974, lors d'une conf&#233;rence, il rappelle avec insistance la position officielle de l'Etat fran&#231;ais concernant l'archipel des Comores : &#171; Pour ce qui est de l'&#238;le Mayotte, le texte a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; par l'Assembl&#233;e nationale, il s'agit de l'archipel des Comores (&#8230;). C'est une population qui est homog&#232;ne, dans laquelle n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine fran&#231;aise, ou un peuplement tr&#232;s limit&#233;. Etait-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne ind&#233;pendante et qu'une &#238;le, quelle que soit la sympathie qu'on puisse &#233;prouver pour ses habitants, conserve un statut diff&#233;rent ? Je crois qu'il faut accepter les r&#233;alit&#233;s contemporaines. Les Comores sont une unit&#233;, ont toujours &#233;t&#233; une unit&#233;. Il est naturel que leur sort soit un sort commun, m&#234;me si, en effet, certains d'entre eux pouvaient souhaiter (et ceci naturellement nous touche), eh bien que nous ne puissions pas, ne devions pas en tirer les cons&#233;quences, m&#234;me si certains pouvaient souhaiter une autre solution ? Nous n'avons pas, &#224; l'occasion de l'ind&#233;pendance d'un territoire, &#224; proposer de briser l'unit&#233; de ce qui a toujours &#233;t&#233; l'unique archipel des Comores. &#187; Telle est la position officielle de la France relativement &#224; l'ind&#233;pendance de l'archipel des Comores, dont l'intangibilit&#233; des fronti&#232;res est &#233;galement reconnue. Elle ne souffre aucune ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, pour d'&#233;videntes raisons g&#233;ostrat&#233;giques et sous la pression du lobby militariste, la France va trahir ses engagements diplomatiques. La France op&#232;re un virage &#224; 180 degr&#233;s. Selon la puissance imp&#233;rialiste fran&#231;aise, Mayotte doit &#224; tout prix demeurer dans le giron n&#233;ocolonial tricolore. Pour la France imp&#233;rialiste, cet archipel de l'oc&#233;an Indien, du moins l'&#238;le de Mayotte, constitue un int&#233;r&#234;t capital pour sa situation g&#233;ostrat&#233;gique sur la route maritime de l'Est africain. C'est un axe majeur du commerce mondial. Implant&#233;e dans une r&#233;gion centrale de l'oc&#233;an Indien et au nord du Canal du Mozambique, l'&#238;le de Mayotte repr&#233;sente un enjeu militaire pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et un poste avanc&#233; de sa domination dans la r&#233;gion. Au reste, d&#232;s 1975, la base de la L&#233;gion &#233;trang&#232;re, auparavant &#233;tablie dans la Grande Comore, est transf&#233;r&#233;e &#224; Mayotte. En 1976 est install&#233;e une base navale d'une dimension plus &#233;tendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En violation du droit international, des r&#233;solutions de l'ONU et des engagements explicitement formul&#233;s par le pr&#233;sident Val&#233;ry Giscard d'Estaing lors de sa conf&#233;rence d'octobre 1974, la France d&#233;cide d'organiser en f&#233;vrier 1976 un r&#233;f&#233;rendum d'annexion pour la seule Mayotte, car celle-ci avait vot&#233; lors du scrutin pour l'ind&#233;pendance de l'archipel en 1974 pour son maintien dans la France. (Comme si, apr&#232;s les deux r&#233;f&#233;rendums sur l'autod&#233;termination de l'Alg&#233;rie organis&#233;s les 8 janvier 1961 et le 1er juillet 1962, tous deux ayant approuv&#233; largement l'ind&#233;pendance, par un retournement de situation, le gouvernement fran&#231;ais avait d&#233;cid&#233; d'organiser un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum uniquement en Alg&#233;rie. C'est-&#224;-dire o&#249; seuls les pieds-noirs auraient eu le droit de se prononcer sur l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie. Le r&#233;sultat serait totalement diff&#233;rent : 99% auraient vot&#233; pour le maintien du statu quo, autrement dit l'Alg&#233;rie fran&#231;aise.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un climat &#233;maill&#233; de violences (d&#233;j&#224; !), d'affrontements, d'intimidations, voire d'expulsions des Comoriens partisans de l'unit&#233; de l'archipel que l'ill&#233;gal r&#233;f&#233;rendum d'annexion de Mayotte est organis&#233; par l'Etat colonial fran&#231;ais. Avec une population locale analphab&#232;te &#224; 80%, conditionn&#233;e par l'&#233;lite mahoraise francophile, un scrutin cornaqu&#233; de main de ma&#238;tre par les services secrets fran&#231;ais, le r&#233;sultat atteint, sans surprise, un chiffre brejn&#233;vien : 99,4% des votes exprim&#233;s se portent en faveur du maintien au sein du domaine fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, ce r&#233;f&#233;rendum d'annexion n'a jamais &#233;t&#233; reconnu par les instances internationales. Ni par l'ONU. Aussi la France, depuis 1976, est hors la loi. Elle est consid&#233;r&#233;e comme une force d'occupation. Depuis lors, l'ONU r&#233;affirme en permanence la n&#233;cessit&#233; de respecter l'unit&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'archipel des Comores, compos&#233; des &#238;les d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Moh&#233;li et, bien s&#251;r, de Mayotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, sous l'instigation criminelle de la France, c'est-&#224;-dire en violation du droit international, Mayotte (mentalement colonis&#233;e) fait s&#233;cession, sur la base d'un r&#233;f&#233;rendum ill&#233;gitime et ill&#233;gal, vot&#233; par une population analphab&#232;te dont la majorit&#233; ne parle absolument pas fran&#231;ais, ni ne sait o&#249; est situ&#233;e la France. Qui est plus, un r&#233;f&#233;rendum d'annexion avalis&#233; par seulement 17 850 votants. Question : &#224; supposer que la Corse veuille redevenir italienne, et organise, avec l'aide de l'Italie, un r&#233;f&#233;rendum de rattachement &#224; l'Italie. Comment la France r&#233;agirait-elle ? Reconna&#238;trait-elle ce rattachement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;publique des Comores continue naturellement de contester ce qu'elle consid&#232;re comme une annexion, une occupation coloniale de son territoire. Le rattachement de Mayotte a imm&#233;diatement &#233;t&#233; suivi par l'adoption de nombreuses r&#233;solutions de l'ONU visant la France. De m&#234;me, la communaut&#233; internationale est toujours demeur&#233;e unanime pour reconna&#238;tre cette &#233;vidence : le caract&#232;re comorien de l'&#238;le comorienne de Mayotte. Pour l'ensemble des instances internationales, la France a viol&#233; le droit international en arrachant Mayotte &#224; son archipel comorien. Condamn&#233;e plus de vingt fois par l'ONU et l'Union africaine, cette occupation demeure ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis. Selon certains juristes fran&#231;ais, &#171; l'int&#233;gration de Mayotte au territoire fran&#231;ais est non seulement contraire au droit international, elle bafoue &#233;galement le droit fran&#231;ais &#187;. Car, selon ces constitutionnalistes &#171; la R&#233;publique ne peut s'augmenter de portions de territoire par le vote unilat&#233;ral d'une entit&#233; extranationale ou territoriale. Il faut, selon l'article 3 de la Constitution, l'assentiment du peuple fran&#231;ais dans son entier &#187;. Autrement dit, seul le peuple fran&#231;ais, consult&#233; par voie r&#233;f&#233;rendaire, dispose du droit d'avaliser l'extension territoriale. Or, les Fran&#231;ais n'ont jamais &#233;t&#233; sollicit&#233;s pour approuver l'annexion de Mayotte. Comme le soulignent les juristes, les habitants de Mayotte ne constituant pas un peuple &#224; part enti&#232;re, conform&#233;ment &#224; la d&#233;finition du droit international, ils sont donc comoriens depuis la d&#233;claration d'ind&#233;pendance de l'archipel des Comores &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis. D'apr&#232;s ces juristes, &#171; les actes juridiques des r&#233;f&#233;rendums de 1976 et celui de mars 2009 relatif &#224; la d&#233;partementalisation (laquelle est devenue effective le 1er mars 2011) sont des actes juridiquement inconstitutionnels et, par cons&#233;quent, nuls de plein droit &#187;. Notamment le &#171; visa Balladur &#187; qui a supprim&#233; la libert&#233; de circulation entre Mayotte et le reste de l'archipel des Comores.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pis. L'hypocrisie de l'Etat fran&#231;ais se d&#233;voile sur le registre religieux. Pour m&#233;nager les Mahorais (acheter leurs voix et leur asservissement colonial), majoritairement musulmans, et continuer &#224; se m&#233;nager une place dor&#233;e sur l'&#238;le de Mayotte, l'Etat fran&#231;ais imp&#233;rialiste a d&#251; faire d'&#233;normes concessions. Quitte &#224; enfreindre la loi. A pi&#233;tiner la Constitution. A bafouer ses &#171; principes r&#233;publicains et la&#239;cs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pendant que les dirigeants fran&#231;ais, depuis plus de quarante ans, au nom de la la&#239;cit&#233;, pourchassaient, dans l'Hexagone, toute entorse aux principes &#171; r&#233;publicains &#187;, condamnaient des citoyens fran&#231;ais de confession musulmane pour de v&#233;nielles infractions &#224; caract&#232;re religieux, Mayotte, cens&#233;ment d&#233;partement fran&#231;ais, &#233;tait livr&#233;e aux confr&#233;ries islamiques. A la charia (d&#233;sign&#233;e sous la locution euph&#233;mistique &#171; droit coranique &#187;). Par exemple, l'Etat civil &#233;tait/est encore g&#233;r&#233; par les cadis. Les juges de paix sont musulmans et souvent illettr&#233;s. La polygamie est rest&#233;e une pratique courante. La loi restreint l'h&#233;ritage des femmes &#224; la moiti&#233; de celui d&#233;volu aux hommes, telle qu'elle est en vigueur dans les pays musulmans. Le code civil est en arabe. Les noms de famille sont pratiquement inexistants (g&#233;n&#233;rant des probl&#232;mes pour l'&#233;tat-civil fran&#231;ais). Seuls 45% des Mahorais parlent fran&#231;ais et entre 30 et 40% sont analphab&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, pour ses int&#233;r&#234;ts g&#233;ostrat&#233;giques et militaires, la bourgeoisie fran&#231;aise est dispos&#233;e &#224; pi&#233;tiner ses hypocrites valeurs la&#239;ques, comme elle le prouve, du reste, avec les pays du Golfe, &#233;picentre de l'islamisme et du financement du terrorisme, pays avec lesquels elle entretient d'&#233;troites relations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ironie de l'histoire, l'Etat imp&#233;rialiste fran&#231;ais promettait aux Comoriens de Mayotte, baptis&#233;s Mahorais, de transformer leur &#238;le en eldorado. Or, aujourd'hui, Mayotte est devenue une immense favela, disposant d'un revenu par habitant &#233;quivalent &#224; certains pays sous-d&#233;velopp&#233;s. C'est le &#171; d&#233;partement &#187; le plus pauvre de France. 84% des &#171; Mahorais &#187; vivent sous le seuil de pauvret&#233; &#224; Mayotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relents n&#233;ocoloniaux de la France et ses politiques s&#233;gr&#233;gationnistes s'illustrent par la condition sociale mis&#233;rable des habitants mahorais de Mayotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mayotte, si on la consid&#232;re comme un d&#233;partement fran&#231;ais, se classe &#224; la derni&#232;re place dans pratiquement tous les domaines. On y rel&#232;ve le produit int&#233;rieur brut par habitant le plus faible du pays, avec seulement 9 241 euros en 2018 contre 22 359 pour la R&#233;union et 38 900 pour la Seine-Saint-Denis. Selon l'INSEE, la moiti&#233; de la population de Mayotte a un niveau inf&#233;rieur &#224; 3 140 euros par an et 80% des habitants vivent sous le seuil de pauvret&#233; (dans l'Hexagone, ce taux est de 14% : preuve que les Mahorais sont consid&#233;r&#233;s comme des &#171; citoyens fran&#231;ais &#187; de seconde zone). Le taux de ch&#244;mage y est de 34% (six fois plus qu'en m&#233;tropole). Et pourtant, en d&#233;pit de cette cruelle pr&#233;carit&#233;, et de la chert&#233; des produits dans l'&#238;le dans la mesure o&#249; ils sont massivement import&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les minima sociaux ne sont toujours pas align&#233;s sur ceux des autres Fran&#231;ais de la m&#233;tropole. En 2021, pour l'indig&#232;ne mahorais, le RSA y est de 282 euros pour une personne seule contre 565 euros en France m&#233;tropolitaine. De m&#234;me, le salaire minimum n'est qu'&#224; 7,74 euros brut de l'heure contre 10,25 au niveau national. Au plan scolaire, Mayotte d&#233;tient le plus faible taux de r&#233;ussite au baccalaur&#233;at : 71,49% en 2019 contre 88,1% au niveau national. Par cons&#233;quent, c'est le territoire fran&#231;ais le moins dipl&#244;m&#233; avec 68,5% des habitants peu ou pas dipl&#244;m&#233;s contre 28,4% au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rappelle &#233;trangement la situation de l'Alg&#233;rie &#224; l'&#233;poque coloniale. A la veille de l'ind&#233;pendance, en 1961, seuls 12% de la population &#233;taient rudimentairement scolaris&#233;s. Le nombre de bacheliers tr&#232;s faible (assur&#233;ment, si l'Alg&#233;rie &#233;tait demeur&#233;e fran&#231;aise, la condition sociale de l'indig&#232;ne alg&#233;rien serait aujourd'hui vraisemblablement similaire &#224; celle des Mahorais de Mayotte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareillement, sur le plan m&#233;dical, Mayotte cumule plusieurs pathologies potentiellement l&#233;tales. Symptomatiques d'un contexte colonial d&#233;lib&#233;r&#233;ment entretenu par l'Etat fran&#231;ais, des maladies disparues en m&#233;tropole, comme la l&#232;pre ou la tuberculose, se propagent toujours sur l'&#238;le, sur fond de p&#233;nurie d'eau. Le nombre de m&#233;decins est d&#233;ficient. A Mayotte, il y a cinq fois moins de m&#233;decins par 100 000 habitants que dans un d&#233;partement fran&#231;ais de l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis, Mayotte est en proie &#224; une ins&#233;curit&#233; chronique. Face aux difficult&#233;s &#233;conomiques et sociales, la d&#233;linquance et la criminalit&#233; flambent. Mayotte est devenue une &#171; poudri&#232;re, une bombe &#224; retardement, c'est un Titanic &#224; la d&#233;rive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de ce bilan socio&#233;conomique colonial dramatique pour la population autochtone, de l'explosion de la criminalit&#233;, de l'implosion de la soci&#233;t&#233;, sans aucun doute, la France imp&#233;rialiste ne semble pas pr&#232;s de r&#233;troc&#233;der Mayotte. Et pour cause. L'&#238;le occup&#233;e abrite un r&#233;giment de la l&#233;gion &#233;trang&#232;re et peut accueillir navires et avions de guerre en cas d'alerte militaire. Elle abrite &#233;galement un centre d'&#233;coute qui permet &#224; la France de surveiller l'ensemble de l'oc&#233;an Indien. Et une bonne partie du continent africain. Qui plus est, la r&#233;gion rec&#232;le aussi de nombreuses ressources, tant halieutiques qu'&#233;nerg&#233;tiques. D'importants gisements gaziers y ont &#233;t&#233; d&#233;couverts ces derni&#232;res ann&#233;es. L'occupation de Mayotte permet &#233;galement &#224; la France de p&#233;renniser un semblant de puissance maritime au niveau plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France accuse la Russie d'avoir organis&#233; un r&#233;f&#233;rendum ill&#233;gal dans le Donbass pour s'approprier ill&#233;galement cette r&#233;gion ukrainienne. Pour contrer la politique annexionniste de la Russie, la France aide militairement le r&#233;gime n&#233;onazi de Kiev, notamment par l'envoi d'armes.&lt;br class='autobr' /&gt;
De toute &#233;vidence, la France ne peut faire la le&#231;on &#224; la Russie au sujet de la Crim&#233;e ou du Donbass (ou &#224; la Turquie au sujet de Chypre). Car, elle-m&#234;me, depuis bient&#244;t un demi-si&#232;cle, colonise ce territoire de l'oc&#233;an Indien, Mayotte, situ&#233;e, non pas &#224; ses fronti&#232;res, mais &#224; 8 000 km de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.algeriepatriotique.com/2023/05/01/mayotte-est-la-crimee-et-le-donbass-de-la-france-coloniale-donneuse-de-lecons/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.algeriepatriotique.com/2023/05/01/mayotte-est-la-crimee-et-le-donbass-de-la-france-coloniale-donneuse-de-lecons/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effondrement r&#233;current des immeubles &#224; Marseille : les classes dirigeantes fran&#231;aises coupables</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7273</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7273</guid>
		<dc:date>2023-06-19T22:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Effondrement r&#233;current des immeubles &#224; Marseille : les classes dirigeantes fran&#231;aises coupables &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce week-end, dans la nuit du samedi &#224; dimanche, pour la &#233;ni&#232;me fois, un immeuble d'habitation de quatre &#233;tages s'est effondr&#233; dans le 5e arrondissement de la cit&#233; phoc&#233;enne, au 17 rue de Tivoli, entra&#238;nant dans sa chute une partie des b&#226;timents du 15 et du 19 rue de Tivoli. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par mesure de s&#233;curit&#233;, pas moins de 33 immeubles ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s dimanche dans le quartier de la Plaine et 160 personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effondrement r&#233;current des immeubles &#224; Marseille : les classes dirigeantes fran&#231;aises coupables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce week-end, dans la nuit du samedi &#224; dimanche, pour la &#233;ni&#232;me fois, un immeuble d'habitation de quatre &#233;tages s'est effondr&#233; dans le 5e arrondissement de la cit&#233; phoc&#233;enne, au 17 rue de Tivoli, entra&#238;nant dans sa chute une partie des b&#226;timents du 15 et du 19 rue de Tivoli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par mesure de s&#233;curit&#233;, pas moins de 33 immeubles ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s dimanche dans le quartier de la Plaine et 160 personnes ont &#233;t&#233; prises en charge, a pr&#233;cis&#233; le maire Beno&#238;t Payan en d&#233;but d'apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de l'incendie toujours en cours le dimanche apr&#232;s-midi, le travail des secouristes a &#233;t&#233; tr&#232;s compliqu&#233;, voire impossible &#224; accomplir pour secourir d'&#233;ventuelles victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon plusieurs sources, l'effondrement de ce b&#226;timent, situ&#233; en pleine centre-ville de Marseille, aurait occasionn&#233; de nombreux bless&#233;s dont certains en urgence relative. D'autre part, entre quatre et une dizaine de personnes seraient sous les d&#233;combres. Un bilan provisoire qui pourrait s'alourdir dans les prochaines heures, selon les pompiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient qu'en 2018, le 5 novembre, trois immeubles v&#233;tustes s'&#233;taient &#233;croul&#233;s comme des ch&#226;teaux de carte dans la rue d'Aubagne. L'effondrement de ces b&#226;timents situ&#233;s en pleine centre-ville de Marseille, dans un quartier ouvrier, avait provoqu&#233; la mort de huit r&#233;sidents. Or, selon les informations locales publi&#233;es &#224; l'&#233;poque du drame, ces immeubles faisaient depuis plusieurs ann&#233;es l'objet de signalement alarmant en raison de leur insalubrit&#233; et ins&#233;curit&#233;. L'un des immeubles, par ailleurs b&#226;timent municipal, pourtant objet d'un arr&#234;t&#233; depuis une dizaine de jours pour graves d&#233;formations, aurait d&#251; &#234;tre depuis longtemps &#233;vacu&#233;. Plus dramatique et cynique, selon MarsActu, dans l'un des trois b&#226;timents, &#171; une micro cr&#232;che de dix berceaux &#187;, devait y &#234;tre install&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dens&#233;ment peupl&#233;, le quartier de Noailles de Marseille est habit&#233; majoritairement par des travailleurs pauvres, issus de l'immigration. &#192; l'&#233;poque, comme lors de chaque catastrophe similaire, l'effondrement de ces trois immeubles avait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un crime social. Les autorit&#233;s municipales et gouvernementales accus&#233;es d'&#234;tre responsables de l'effondrement des immeubles. Sans oublier les affairistes immobiliers, ces marchands de sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, les autorit&#233;s municipales et gouvernementales, qualifi&#233;es par certaines associations de criminels sociaux, sont fr&#233;quemment accus&#233;es de favoriser l'h&#233;bergement de personnes dans des logements insalubres, en d&#233;pit des p&#233;rils encourus par les familles pauvres, contraintes de r&#233;sider dans ces b&#226;timents centenaires v&#233;tustes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, la cit&#233; phoc&#233;enne est une ville en butte &#224; une triple ins&#233;curit&#233;. L'ins&#233;curit&#233; urbaine g&#233;n&#233;r&#233;e par l'explosion de la d&#233;linquance et de la criminalit&#233;, devenues dans certains quartiers les principales activit&#233;s d'une jeunesse anomique priv&#233;e de tout avenir. L'ins&#233;curit&#233; architecturale induite par l'insalubrit&#233; de la majorit&#233; des immeubles. Et l'ins&#233;curit&#233; sociale provoqu&#233;e par la crise &#233;conomique end&#233;mique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marseille est une ville gangren&#233;e par la criminalit&#233;. Depuis plusieurs d&#233;cennies, la mairie de Marseille a d&#233;lib&#233;r&#233;ment abandonn&#233; les quartiers populaires, livr&#233;s &#224; la mafia, aux trafiquants et aux diff&#233;rents d&#233;linquants. De m&#234;me, la mairie a laiss&#233; des centaines de b&#226;timents situ&#233;s dans ces quartiers populaires se d&#233;grader, tandis qu'elle investissait des milliards dans les quartiers hupp&#233;s, notamment dans le quartier de la Joliette transform&#233; en centre d'affaires et de tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, dans un rapport d'expertise sur l'am&#233;nagement de Marseille publi&#233; en 2013, il &#233;tait soulign&#233; que presque la moiti&#233; des immeubles &#233;tait sordide ou d&#233;grad&#233;e. Un cinqui&#232;me en &#233;tat d'insalubrit&#233; ou de p&#233;ril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour information, nombre des quartiers de Marseille concentre une population vivant dans une grande pauvret&#233;, o&#249; les locataires vivent de minimas sociaux. Profitant de la pr&#233;carit&#233; de ces travailleurs pauvres, incapables de se loger dans des quartiers d&#233;cents, les propri&#233;taires louent &#224; des tarifs exorbitants leurs taudis partiellement ou jamais r&#233;nov&#233;s. Aussi, les trag&#233;dies immobili&#232;res, comme celle de la rue d'Aubagne en 2018, sont pr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, L'&#201;tat fran&#231;ais est autant responsable que la mairie de Marseille dans la d&#233;gradation du parc immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas inutile de rappeler que l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne &#224; Marseille &#233;tait intervenu au lendemain de l'annonce par Macron de l'augmentation &#224; 300 milliards d'euros pour le renforcement de l'arm&#233;e en vue de la militarisation de l'Europe (annonce r&#233;it&#233;r&#233;e le jour de l'Armistice le 11 novembre 2018). De m&#234;me, l'effondrement de l'immeuble de la rue de Tivoli intervient &#233;galement au lendemain de l'annonce de l'augmentation &#224; 413 milliards d'euros du budget de l'arm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces diff&#233;rentes mesures favorables &#224; l'armement, coupl&#233;es avec les multiples subventions accord&#233;es aux grandes fortunes, contrastent avec la politique macronienne de guerre sociale livr&#233;e aux travailleurs, de destruction massive des acquis sociaux. De surcro&#238;t, ces mesures antisociales sont accompagn&#233;es par le quadrillage policier des quartiers populaires jamais autant mis sous surveillance, en butte &#224; l'intimidation et &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, la classe bourgeoise fran&#231;aise, tandis qu'elle s'oppose &#224; tout financement pour l'am&#233;lioration des conditions de vie et d'h&#233;bergement des cat&#233;gories populaires urbaines, d&#233;pense n&#233;anmoins des sommes faramineuses pour la pr&#233;paration &#224; la guerre urbaine contre les classes populaires, et &#224; la guerre imp&#233;rialiste qu'elle compte mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, dans de nombreuses villes fran&#231;aises, des millions de travailleurs r&#233;sident dans des logements aussi insalubres que p&#233;rilleux. Les classes parasitaires dirigeantes fran&#231;aises, par leur politique de restrictions budg&#233;taires, contribuent &#224; l'explosion de futures catastrophes immobili&#232;res similaires &#224; celle survenue &#224; Marseille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, ces trag&#233;dies ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des accidents, mais comme l'&#339;uvre d'un crime social commis par les classes dirigeantes fran&#231;aises contre les travailleurs pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marseille est la pr&#233;figuration de l'&#233;croulement des villes (vies) mondial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement r&#233;currente et &#233;c&#339;urante des immeubles &#224; Marseille est symptomatique de l'&#233;tat de d&#233;labrement de la soci&#233;t&#233; capitaliste s&#233;nile. Marseille est la pr&#233;figuration de l'&#233;croulement de l'ensemble des villes et vies mondiales. Nul doute, Marseille, aux plans urbanistique, &#233;conomique, social et s&#233;curitaire, repr&#233;sente l'exorde du futur imm&#233;diat dramatique, r&#233;serv&#233; &#224; l'ensemble des pays. Nous entrevoyons &#224; l'&#233;chelle internationale les pr&#233;ludes apocalyptiques de l'avenir imm&#233;diat avec l'exemple de Marseille, en proie &#224; l'ins&#233;curit&#233; prot&#233;iforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la cit&#233; phoc&#233;enne est une ville en butte &#224; une triple ins&#233;curit&#233;. L'ins&#233;curit&#233; urbaine g&#233;n&#233;r&#233;e par l'explosion de la d&#233;linquance et de la criminalit&#233;, devenues dans certains quartiers les principales activit&#233;s d'une jeunesse anomique, priv&#233;e de tout avenir. L'ins&#233;curit&#233; architecturale induite par l'insalubrit&#233; de la majorit&#233; des immeubles. Et l'ins&#233;curit&#233; sociale provoqu&#233;e par la crise &#233;conomique end&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille est fr&#233;quemment sous les d&#233;combres, tout comme sa jeunesse populaire tombe sous les balles pour des affaires sombres, loin de la tranquillit&#233; des classes opulentes qui vivent dans la s&#233;curit&#233; &#224; l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les effondrements r&#233;guliers des immeubles ne sont pas des accidents mais des crimes sociaux commis par les gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ces trag&#233;dies ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des accidents, mais comme un crime social commis par les classes dirigeantes contre les populations pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns r&#233;torqueront que, contrairement &#224; la catastrophe de la rue d'Aubagne survenue le 5 novembre 2018, l'effondrement de l'immeuble de la rue Tivoli, le week-end dernier, n'est pas d&#251; &#224; un probl&#232;me d'insalubrit&#233; mais &#224; une explosion de gaz provoqu&#233;e par une r&#233;sidente &#226;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes. Mais cette cause &#171; explosive &#187; d&#233;voile une autre r&#233;alit&#233; encore plus scandaleuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, dans les deux catastrophes, il n'en demeure pas moins que les dirigeants sont responsables et coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que l'effondrement d'immeubles pour cause de v&#233;tust&#233; est d&#251; &#224; l'absence totale de r&#233;novation et d'entretien, donc &#224; l'incurie des gouvernants, objectiv&#233;e par l'abandon des quartiers populaires entra&#238;nant leur d&#233;gradation, de m&#234;me que les effondrements par explosion, provoqu&#233;e souvent par des personnes &#226;g&#233;es isol&#233;es, sont imputables &#224; l'abandon de ces populations s&#233;niles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le capital se d&#233;sinvestit (se d&#233;sint&#233;resse) aussi bien des quartiers populaires que des retrait&#233;s isol&#233;s, qu'il livre semblablement &#224; la d&#233;solation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Laisser les seniors vuln&#233;rables seuls, dans l'isolement social et la d&#233;tresse psychologique, sans aide ni protection, est criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'on laisse les petits enfants seuls, sans adultes ni protection ? Jamais. C'est m&#234;me puni par la loi. Encore que, dans le capitalisme, du moins dans les pays d&#233;velopp&#233;s, la protection et l'&#233;ducation des enfants s'explique pour des raisons purement &#233;conomiques. Les enfants constituent une future force productive pour le capital, source de plus-value. Tel n'est plus le cas des &#171; vieux &#187;, devenus, au contraire, une charge financi&#232;re pour le capital. Qu'il souhaite rapidement exp&#233;dier Outre-tombe, pour ne plus devoir &#224; les entretenir, c'est-&#224;-dire &#224; payer leur pension de retraite et leurs co&#251;teux soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, est-ce qu'on laisse les petits enfants seuls, sans adultes ni protection ? Jamais. Pourtant, c'est ce que fait le capital avec des dizaines de millions de personnes &#226;g&#233;es vuln&#233;rables, ces vieux tomb&#233;s en enfance. Tout le monde sait qu'au cr&#233;puscule de sa vie, avant de tirer sa r&#233;v&#233;rence, en vertu des lois r&#233;gressives, victime d'un processus neurod&#233;g&#233;n&#233;ratif, la personne &#226;g&#233;e est aux prises avec son enfance qui lui retombe dessus. Qui dit enfance dit d&#233;pendance. (Il se remet &#224; marcher &#224; trois pattes &#8211; &#224; l'aide d'une canne &#8211; puis &#224; quatre pattes &#8211; &#224; l'aide d'un d&#233;ambulateur.) Il commence &#224; perdre l'&#233;quilibre et le calibre de ses facult&#233;s intellectuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le capital les laisse seules, sans accompagnement ni protection, livr&#233;es &#224; elles-m&#234;mes. Avec tous les risques encourus par ces personnes fragiles isol&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le capital laisse ces personnes &#226;g&#233;es vuln&#233;rables se consumer &#224; petit feu, qui, &#224; force de br&#251;ler leur moral r&#233;duit en cendres, peuvent, par manque de lucidit&#233; et de vigilance, se transformer en torches vivantes en d&#233;clenchant des incendies, en bombes humaines en provoquant des explosions d'immeubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyniquement, le capital investit davantage dans les vestiges historiques qu'il transforme, par int&#233;r&#234;t p&#233;cuniaire, en sites touristiques lucratifs prot&#233;g&#233;s, que pour nos a&#238;n&#233;s, ces monuments humains survivants, patrimoine vivant de l'humanit&#233;, qu'il laisse se d&#233;labrer et s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humble humanit&#233; (le prol&#233;tariat) devra-t-elle, encore une seconde, continuer &#224; tol&#233;rer l'existence de ce dangereux &#233;difice vermoulu, baptis&#233; capitalisme, dans lequel sont claquemur&#233;s 8 milliards d'individus &#224; la vie brinquebal&#233;e par les r&#233;currentes crises funestes, provoqu&#233;es par la mafia bourgeoise mondialis&#233;e, ou proc&#233;der &#224; sa destruction pour construire un &#233;difice &#233;conomique plus &#233;quilibr&#233;, plus conforme aux normes de justice sociale, plus respectueux de la vie humaine, notamment celle des a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5002&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les syndicats luttent toujours pour organiser la d&#233;faite</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7272</link>
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		<dc:date>2023-06-14T22:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les syndicats luttent toujours pour organiser la d&#233;faite &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t la d&#233;cision du Conseil constitutionnel fran&#231;ais connue, la syndicratie, qui rime avec oligarchie et hypocrisie, a certes manifest&#233; son indignation. Mais pour aussit&#244;t adopter une attitude empreinte de r&#233;signation. &lt;br class='autobr' /&gt;
La syndicratie prend acte de la d&#233;cision de validation rendue par le Conseil constitutionnel. Elle ne compte pas se mutiner contre cet &#171; arr&#234;t d&#233;mocratique &#187;, selon les principaux oligarques syndicaux, r&#233;tribu&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les syndicats luttent toujours pour organiser la d&#233;faite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t la d&#233;cision du Conseil constitutionnel fran&#231;ais connue, la syndicratie, qui rime avec oligarchie et hypocrisie, a certes manifest&#233; son indignation. Mais pour aussit&#244;t adopter une attitude empreinte de r&#233;signation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La syndicratie prend acte de la d&#233;cision de validation rendue par le Conseil constitutionnel. Elle ne compte pas se mutiner contre cet &#171; arr&#234;t d&#233;mocratique &#187;, selon les principaux oligarques syndicaux, r&#233;tribu&#233;s par l'&#201;tat. Car, selon les caciques syndicalistes, &#171; la loi fait force de loi &#187;. Quoique cette loi soit pass&#233;e en force. Par leur attitude pusillanime et collaborationniste, les syndicats confirment leur r&#244;le de saboteurs des luttes et de d&#233;fenseur de la d&#233;mocratie bourgeoise. Y compris quand cette d&#233;mocratie d&#233;voile son vrai visage hideux totalitaire, son imposture politique, son inclination r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soucieux de la &#171; coh&#233;sion sociale &#187;, donc de l'ordre capitaliste, la syndicratie pr&#244;ne d&#233;sormais l'apaisement pour &#233;viter des &#233;meutes susceptibles de faire couler beaucoup de sang, provoqu&#233; par les coups de matraque et non par des fusillades. Car les fusillades n'existent plus en France. Du moins jusqu'&#224; pr&#233;sent. La bourgeoisie fran&#231;aise pourrait changer son fusil d'&#233;paule. Et se mettre &#224; l'&#233;pauler pour faire feu sur les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, en France les fusillades &#233;taient fr&#233;quentes jusqu'&#224; l'or&#233;e du 20&#232;me si&#232;cle. La fusillade de Fourmies demeure la plus dramatique, apr&#232;s celle de la Commune de Paris. Le 1er mai 1891 &#224; Fourmies, une manifestation en faveur de la journ&#233;e de 8 heures prend en effet un tour dramatique. Au terme d'un jour de tension entre les manifestants et l'arm&#233;e, celle-ci fait feu sur la foule. Bilan : 9 morts et 3 bless&#233;s. La trag&#233;die a un &#233;cho national. Elle illustre surtout que l'&#201;tat bourgeois, d&#232;s cette &#233;poque, ne tol&#232;re pas les manifestations ouvri&#232;res. Cela d&#233;montre &#233;galement que les violences polici&#232;res comme les massacres militaires commis contre les manifestants sont ancr&#233;s dans l'usage s&#233;curitaire de l'&#201;tat fran&#231;ais, qui n'h&#233;site pas &#224; noyer dans le sang une manifestation, r&#233;primer une r&#233;volte par un massacre de masse (les Alg&#233;riens peuvent t&#233;moigner des cruaut&#233;s subies par la France coloniale durant 132 ans d'occupation tortionnaire et g&#233;nocidaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut qualifier la France de &#171; Fille a&#238;n&#233;e &#187; des nations sanguinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour la bourgeoisie fran&#231;aise les fusillades avaient le d&#233;faut d'entra&#238;ner des r&#233;volutions, par suite de la r&#233;action insurrectionnelle des prol&#233;taires enhardis et radicalis&#233;s. C'est pour cette raison que les fusils seront remplac&#233;s par les matraques dans la r&#233;pression des manifestants, autrement dit par les CRS. En 1945, le g&#233;n&#233;ral Charles de Gaulle cr&#233;e les CRS, brigades anti-&#233;meutes, dor&#233;navant en charge de la r&#233;pression des manifestations au moyen d'instruments et de techniques de plus en plus sophistiqu&#233;s. Par exp&#233;rience, la bourgeoisie fran&#231;aise sait que tirer &#224; balles r&#233;elles sur des insurg&#233;s entra&#238;nerait in&#233;vitablement le prol&#233;tariat &#224; s'armer. Donc plus &#224; m&#234;me &#224; organiser une r&#233;volution victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, pour revenir aux temps modernes marqu&#233;s par le pacifisme des luttes syndicales, pour donner l'illusion de la poursuite de la lutte, l'intersyndicale compte maintenir un semblant de mobilisation, &#224; la mani&#232;re du combat sempiternel des Gilets jaunes qui avait dur&#233; des mois, avec le risque de provoquer le chaos. L'intersyndicale compte conserver la strat&#233;gie de mobilisation fond&#233;e sur le m&#234;me s&#233;quen&#231;age de report &#224; quinze jours pour chaque manifestation. On voudrait &#233;puiser les prol&#233;taires, d&#233;moraliser les travailleurs, on ne s'y prendrait pas autrement. Avec des manifestations organis&#233;es &#224; 15 jours d'intervalle, la col&#232;re ouvri&#232;re finira in&#233;vitablement par s'&#233;mousser, s'estomper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, l'intersyndicale ne compte pas d&#233;vier d'un iota de sa strat&#233;gie de lutte d&#233;faitiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore une fois, ce long mouvement de contestation contre la r&#233;forme des retraites vient confirmer, si besoin est, la fonction bourgeoise, et des syndicats et des institutions &#171; r&#233;publicaines &#187;, en l'esp&#232;ce l'Assembl&#233;e nationale, le S&#233;nat et le Conseil constitutionnel, tous acquis &#224; la cause du patronat, &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. Ces institutions &#339;uvrent au service du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats organisent syst&#233;matiquement l'&#233;chec des luttes des travailleurs. Le d&#233;faitisme est leur marque de fabrique. La fabrication des d&#233;faites est l'activit&#233; professionnelle des syndicats. Dans ce secteur du d&#233;faitisme ils excellent par leur technicit&#233; capitularde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout syndicat, appareil d'&#201;tat d'encadrement et de contr&#244;le des travailleurs, pour qui le sabotage de la lutte des ouvriers et le sabordage de l'&#233;mergence r&#233;volutionnaire constituent ses activit&#233;s essentielles, ne peut, par d&#233;finition, remporter quelque victoire, comme toute l'histoire du syndicalisme du 20&#232;me si&#232;cle nous l'enseigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de trois mois de mobilisations cornaqu&#233;es par l'intersyndicale, dans tout le pays, caract&#233;ris&#233;es par l'absence totale de toute contestation des orientations programmatiques et m&#233;thodes d'organisation syndicale, auront accouch&#233; d'un 49.3, puis d'une dol&#233;ance de m&#233;diation, enfin d'une validation de la r&#233;forme par le Conseil constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis les sempiternelles processions liturgiques et carnavalesques, les multiples p&#233;titions, la parlementarisation de l'action ouvri&#232;re objectiv&#233;e par les supplications obs&#233;quieuses adress&#233;es aux d&#233;put&#233;s pour voter contre la r&#233;forme ou pour la mention de censure, ou les objurgations r&#233;v&#233;rencieuses formul&#233;es &#224; Macron pour le supplier de renoncer &#224; sa r&#233;forme, aucune autre alternative de lutte n'a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e ni impos&#233;e par les militants et protestataires : pas d'Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales souveraines et d&#233;cisionnelles, pas de coordinations, pas d'extension de la lutte &#224; l'ensemble des secteurs industriels, administratifs et tertiaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assur&#233;ment, les caciques des syndicats d'&#201;tat ont su intelligemment contr&#244;ler le mouvement de contestation, le man&#339;uvrer, avec la contribution et la complicit&#233; des partis gauchistes, notamment la NUPES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, si les syndicats moribonds sont, ces derniers mois, revitalis&#233;s, c'est pour neutraliser le mouvement de r&#233;volte insurrectionnel naissant, annihiler toute perspective r&#233;volutionnaire. Et ils ont bien r&#233;ussi &#224; man&#339;uvrer et &#224; contr&#244;ler le mouvement de contestation contre la r&#233;forme des retraites. Pour preuve, toute la classe politique fran&#231;aise, y compris le gouvernement, qualifie d'exemplaire l'attitude respectable des syndicats. Le plus ancien d&#233;put&#233; de l'Assembl&#233;e nationale, Charles de Courson, s'est m&#234;me fendu d'un communiqu&#233; rendant hommage aux syndicats pour &#234;tre parvenus &#224; &#171; tenir le mouvement &#187;. C'est-&#224;-dire &#224; le museler. En effet, ces pompiers syndicalistes sont parvenus &#224; circonscrire le feu de la r&#233;volte ouvri&#232;re, &#224; r&#233;duire en cendres l'incendie subversive prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans nul doute, les syndicats sont les meilleurs alli&#233;s du capital. Ce sont toujours les syndicats qui organisent la diversion pour amener la col&#232;re ouvri&#232;re et le m&#233;contentement social sur un terrain de distraction ludique et de destruction hyst&#233;rique. Destruction commise par ces autres alli&#233;s du capital, les black blocs, ces agents du pouvoir, sp&#233;cialistes du d&#233;voiement des luttes, dont le programme politique se cantonne &#224; br&#251;ler des poubelles et des scooters au lieu de br&#251;ler le salariat et le monde de l'argent : le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, l'&#233;chec total de la strat&#233;gie de l'intersyndicale n'est plus &#224; d&#233;montrer. Hormis les journ&#233;es d'inaction st&#233;riles et inutiles organis&#233;es depuis trois mois, programm&#233;es machiav&#233;liquement jusqu'&#224; &#233;puisement des participants et, surtout, &#233;c&#339;urement des indigestes manifestations, aucune autre m&#233;thode de lutte offensive et combative n'a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre. Il ne pouvait pas en aller autrement avec les syndicats d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, cet &#233;chec n'est pas imputable aux millions de travailleurs massivement mobilis&#233;s et courageusement d&#233;termin&#233;s &#224; lutter. Il est imputable &#224; l'orientation imprim&#233;e au mouvement par l'Intersyndicale. Par crainte d'une &#171; explosion sociale &#187;, comme ne cessent de le r&#233;p&#233;ter, &#224; l'intention du gouvernement, les pompiers dirigeants syndicaux visc&#233;ralement attach&#233;s &#224; la d&#233;fense de l'ordre bourgeois, l'intersyndicale a repris les vieilles m&#233;thodes de mobilisation en pointill&#233;s, incarn&#233;es par les fameuses journ&#233;es d'action r&#233;it&#233;r&#233;es &#224; intervalles &#233;loign&#233;s, et par les fumeuses &#171; grevettes &#187; (portions de gr&#232;ves) renouvelables &#187; dans quelques secteurs isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la m&#234;me tactique &#233;puisante et d&#233;moralisante, employ&#233;e depuis des ann&#233;es lors des pr&#233;c&#233;dentes luttes, &#224; l'origine des cuisantes d&#233;faites. Cette tactique de l'intersyndicale permet d'une part d'&#233;viter les &#171; d&#233;bordements &#187; de la lutte ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire de neutraliser tout surgissement d'une authentique lutte de classe entra&#238;nant l'ensemble du prol&#233;tariat contre les capitalistes et leur &#201;tat, d'autre part d'att&#233;nuer consid&#233;rablement les dommages caus&#233;s &#224; l'&#233;conomie bourgeoise. En trois mois de mobilisation, jamais l'&#233;conomie n'a &#233;t&#233; r&#233;ellement bloqu&#233;e par des gr&#232;ves ou occupations d'usine. En revanche, avec la complicit&#233; de la police, les syndicats ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment orchestr&#233; les &#171; d&#233;bordements &#187; de violences, pour discr&#233;diter la lutte ouvri&#232;re (associ&#233;e &#224; la violence), dissuader les manifestants, notamment des familles, &#224; se joindre au mouvement de r&#233;volte (par crainte de la violence). Ainsi, les syndicats d'&#201;tat organisent non seulement les d&#233;faites, mais orchestrent &#233;galement les violences, commises par leurs compagnons de cort&#232;ge, les black-blocs, ces sp&#233;cialistes de la d&#233;gradation des biens comme les syndicalistes sont sp&#233;cialistes dans la d&#233;sagr&#233;gation des luttes ouvri&#232;res. Les premiers flambent les poubelles, les seconds jettent &#224; la poubelle la lutte authentique prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, l'orientation pusillanime de l'intersyndicale est inh&#233;rente &#224; la caract&#233;ristique sociale bourgeoise des centrales syndicales elles-m&#234;mes. Fond&#233;es sur la collaboration de classe, ces organisations syndicales, l&#233;galistes et pacifistes, s'attachent syst&#233;matiquement &#224; d&#233;montrer leur respectabilit&#233; et loyaut&#233; capitalistiques par leur opposition &#224; toute lutte qui ne s'int&#232;gre pas dans les principes du &#171; dialogue social &#187;, qui ne respecte la &#171; paix sociale &#187;, c'est-&#224;-dire l'ordre &#233;tabli bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle ces appareils d'encadrement des salari&#233;s sont vraiment des organisations bourgeoises machiav&#233;liques et sc&#233;l&#233;rates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement ils organisent syst&#233;matiquement les &#233;checs par leurs m&#233;thodes de lutte d&#233;faitistes, mais, en agents policiers de l'&#201;tat, avec leur logique s&#233;curitaire, au nom du pacifisme et de la d&#233;fense de l'ordre &#233;tabli, ils fustigent et condamnent les travailleurs d&#233;sireux d'adopter des actions de lutte radicales. C'est-&#224;-dire r&#233;volutionnaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas, l'&#233;chec programm&#233; de ces mobilisations syndicales vient, &#224; point nomm&#233;, rappeler au prol&#233;tariat que, pour mener une lutte de classe victorieuse contre les classes dirigeantes, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes. Pour triompher, ils doivent se battre en dehors des instances bourgeoises parlementaires et syndicales, qui viennent de prouver leur inanit&#233;, leur soumission au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, cette d&#233;faite annonc&#233;e, orchestr&#233;e de bout en bout par les caciques des syndicats d'&#201;tat, signe la fin des centrales syndicales qui sortent totalement d&#233;cr&#233;dibilis&#233;es, puisqu'elles ont &#233;t&#233; incapables de faire reculer et plier le gouvernement. D&#233;sormais, les travailleurs savent qu'ils ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes, sur leur force. Et, essentiellement, sur leur auto-organisation au sein d'Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales libres, et des comit&#233;s d'usine d&#233;mocratiquement &#233;lus par l'ensemble des ouvriers sur les lieux du travail et r&#233;vocables &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le mouvement ouvrier le proclamait longtemps en guise de profession de foi : L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes (et non des syndicats, qui ne repr&#233;sentent pas la classe ouvri&#232;re mais les capitalistes, l'&#201;tat).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Espace public source de pr&#233;occupation pour la classe dominante fran&#231;aise </title>
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		<dc:date>2023-03-28T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

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&lt;p&gt;En France, le mouvement de protestation contre la r&#233;forme des retraites, d&#233;sormais ponctu&#233;, &#224; la suite de son imposition dictatoriale par le recours au despotique 49.3, d'occupations quotidiennes de plusieurs places urbaines, notamment la place de la Concorde &#224; Paris, confirme combien l'Espace public constitue une source de pr&#233;occupation majeure pour la classe dominante. Pour le gouvernement Macron. &lt;br class='autobr' /&gt;
Globalement, quelle que soit la forme de gouvernance, d&#233;mocratique ou dictatoriale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, le mouvement de protestation contre la r&#233;forme des retraites, d&#233;sormais ponctu&#233;, &#224; la suite de son imposition dictatoriale par le recours au despotique 49.3, d'occupations quotidiennes de plusieurs places urbaines, notamment la place de la Concorde &#224; Paris, confirme combien l'Espace public constitue une source de pr&#233;occupation majeure pour la classe dominante. Pour le gouvernement Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, quelle que soit la forme de gouvernance, d&#233;mocratique ou dictatoriale, l'Espace public rev&#234;t une dimension politique hautement n&#233;vralgique. Mais de mani&#232;re plus accentu&#233;e en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les derni&#232;res d&#233;clarations du ministre de l'Int&#233;rieur, G&#233;rard Darmanin, viennent rappeler combien le principal souci s&#233;curitaire de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais, c'est l'&#233;vitement de l'occupation de l'Espace public par des protestataires. C'est l'obstruction d'&#233;rection de campements &#224; vocation politique dans les centres villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a rapport&#233; Franceinfo : &#171; L'ordre public a &#233;galement &#233;t&#233; abord&#233; par le ministre de la police dans son message, dans lequel il accorde une tol&#233;rance z&#233;ro zadisation &#187;. Autrement dit, tol&#233;rance z&#233;ro &#224; l'occupation p&#233;renne de l'Espace public. Pour rappel, le terme zadisme est issu de l'acronyme ZAD (zone &#224; d&#233;fendre). Mais ZAD relevait au d&#233;part du jargon d'urbanisme. Il signifie &#171; zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233; &#187;. Par extension, il a donn&#233; naissance au n&#233;ologisme zadisme pour d&#233;signer une forme de campement &#224; vocation politique, de militantisme consistant &#224; occuper des zones que l'on d&#233;sire pr&#233;server, dans le cas des sites naturels, ou &#171; fructifier &#187; politiquement, dans le cas d'une place publique urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIX&#232;me, en Europe, les grandes villes capitalistes ont &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement en proie &#224; des &#233;meutes et insurrections, dont le point culminant fut la Commune de Paris en 1871. Par ailleurs, avec le d&#233;veloppement du capitalisme les luttes sociales deviennent de plus en plus urbaines, contrairement aux &#233;poques ant&#233;rieures o&#249; elles &#233;taient &#224; base essentiellement rurales (ph&#233;nom&#232;ne encore dominant tout le long du XX&#232;me si&#232;cle dans les pays colonis&#233;s ou semi-colonis&#233;s). La ville devient ainsi le centre de la lutte. Et la lutte se concentre en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, d&#232;s cette &#233;poque troubl&#233;e, la bourgeoisie, via l'&#201;tat, l'organe charg&#233; de son int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, s'int&#233;resse &#224; l'urbanisme dans une optique essentiellement s&#233;curitaire. Depuis lors, pour contr&#244;ler et r&#233;primer ais&#233;ment les &#171; classes dangereuses &#187;, les architectes de la politique antisubversive con&#231;oivent l'urbanisation comme un espace de pacification politique et de d&#233;samor&#231;age des conflits sociaux. En effet, avec la naissance du capitalisme, le d&#233;veloppement exponentiel des villes a induit une politique architecturale et urbanistique soucieuse prioritairement du maintien de l'ordre &#233;tabli. Pour ce faire, tout le territoire urbain est configur&#233; dans le dessein de restreindre les relations humaines, d'emp&#234;cher les rencontres, l'expression de la spontan&#233;it&#233; (artistique, ludique, &#224; plus forte raison politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique urbanistique utilitariste n'est jamais qu'une inscription dans l'espace des rapports sociaux capitalistes, caract&#233;ris&#233;s par l'exigence de la valorisation du capital et de la reproduction sociale fond&#233;e sur une s&#233;gr&#233;gation spatiale et une in&#233;galit&#233; sociale. Aussi, peut-on dire que la fracture sociale se conjugue avec la fracture spatiale. Et pour colmater artificiellement ces fractures, notamment en France, l'&#201;tat des riches, hant&#233; par l'unit&#233; nationale, s'emploie constamment (mais vainement) &#224; cimenter la population par l'&#233;rection de superstructures id&#233;ologiques f&#233;d&#233;ratrices, incarn&#233;es notamment par les c&#233;l&#233;brations des h&#233;ros patriotiques et autres &#233;v&#233;nements historiques, symbolis&#233;es par la politique incantatoire de &#171; vivre ensemble &#187; au-del&#224; de &#171; nos &#187; clivages sociaux, &#171; nos &#187; divergences d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, notamment en France, dans la conception &#233;tatique de l'organisation urbanistique, l'Espace public doit demeurer une zone de non-droit pour ses habitants. En dehors de la fr&#233;quentation du lieu d'exploitation appel&#233; entreprise, et des temples de la consommation incarn&#233;s par les centres commerciaux, les divers boutiques et magasins de commerce, o&#249; la concentration massive des foules est encourag&#233;e et promue en politique de la ville pour des raisons consum&#233;ristes, les habitants sont somm&#233;s de confiner leur existence dans leur habitation carc&#233;rale b&#226;tie dans ces &#233;difices immobiliers (bidonvilles sociaux b&#226;tis loin de la ville) verticaux, ravag&#233;s par la pollution sonore et atmosph&#233;rique, la vacuit&#233; existentielle et la solitude pathologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le souci d'harmoniser le capitalisme par l'instauration de la paix sociale et la neutralisation des r&#233;voltes insurrectionnelles, l'am&#233;nagement urbanistique et architectural est en permanence con&#231;u dans l'optique de contr&#244;le de l'Espace public, d'injonction de mani&#232;re de vivre et de circulation, par ailleurs mise sous surveillance via les cam&#233;ras et, d&#233;sormais, via certaines applications num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, les urbanistes et les architectes ont pour fonction de concevoir un Espace public totalement polic&#233;, chloroform&#233;, caut&#233;ris&#233;. Une architecture urbaine o&#249; la bonne &#171; conscience citoyenne &#187; (r&#233;publicaine et la&#239;que dans le cas de la France) efface toutes les asp&#233;rit&#233;s sociales. Un espace o&#249; l'opposition de classe est, au moins amortie, sinon annihil&#233;e (id&#233;ologiquement s'entend). Une agglom&#233;ration o&#249; les citoyens sans distinction sociale partagent dans un esprit de civilit&#233; mercantile les m&#234;mes espaces de travail et de consommation. Un espace &#171; harmonieux &#187;, citoyen (r&#233;publicain, la&#239;que). Construit pour l'apaisement social (un cadre social par ailleurs trop violemment min&#233; par les tensions pathologiques g&#233;n&#233;r&#233;es par les conditions de vie pr&#233;caris&#233;es et paup&#233;ris&#233;es). Construit pour la neutralisation des conflits sociaux. La pacification des rapports sociaux et la s&#233;curisation des biens. La protection des gens honn&#234;tes (entendu gens de biens) et de la propri&#233;t&#233; (priv&#233;e : prioritairement celle des nantis, il va de soi). Un espace o&#249; les distinctions sociales sont dilu&#233;es, les clivages jugul&#233;s, les crispations communautaristes d&#233;samorc&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, un Espace urbain o&#249; la stratification sociale imprime son empreinte g&#233;ographique. Donc, dans lequel chaque quartier abrite une classe sociale sp&#233;cifique. Dans lequel seuls les univers de travail et les surfaces de consommation sont partag&#233;s en commun par cette frange de la population &#224; la solvabilit&#233; ostentatoirement exhib&#233;e pour se distinguer. Dans lequel les agglom&#233;rations publiques sont astreintes &#224; la r&#233;glementation, soumises &#224; l'interdiction de toute manifestation sans autorisation pr&#233;alable. Un Espace public que seules les forces de l'ordre sont autoris&#233;es &#224; occuper sans limitation, &#224; coloniser de mani&#232;re visible et violente, au besoin, pour dissuader toute r&#233;union, attroupement, occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie de l'histoire, le monde capitaliste occidental s'est b&#226;ti sur l'uniformisation des modes de vie artificiellement polic&#233;s, et ne survit que gr&#226;ce &#224; l'uniforme, autrement dit sa police. Dans le monde occidental contemporain s&#233;nile, d&#233;chir&#233; par de permanents conflits sociaux, caract&#233;ris&#233; par la d&#233;l&#233;gitimation des institutions et l'&#233;rosion du consensus social, la police est devenue l'ultime et unique rempart de la bourgeoisie, en particulier en France. Quand une classe dominante fonde son pouvoir sur la seule force de la r&#233;pression, c'est symptomatique de sa faiblesse, annonciatrice de sa disparition imminente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, un relent de fin de r&#233;gime s'exhale de la France bourgeoise en pleine putr&#233;faction institutionnelle et gouvernance instinctuelle. Le r&#232;gne de la force pr&#233;vaut dans ce pays gouvern&#233; par des mercenaires du Capital Atlantiste, d&#233;termin&#233;s &#224; tailler en pi&#232;ces les r&#233;gimes sociaux, &#224; ruiner l'&#233;conomie nationale, &#224; clochardiser la majorit&#233; de la population laborieuse. Y compris par la violence. La Terreur polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns, notamment Ari&#233; Alimi, avocat, membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme, et Xavier Mathieu, ex-d&#233;l&#233;gu&#233; syndical CGT de Continental devenu acteur, n'h&#233;sitent pas &#224; parler de terrorisme d'&#201;tat pour qualifier la maintenance dans les manifestations en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il y a une esp&#232;ce de radicalisation de la maintenance politique dans les manifestations depuis des ann&#233;es, depuis les gilets jaunes. L'&#201;tat, depuis quelques ann&#233;es, se comporte comme un terroriste dans les manifestations, en fait. La fa&#231;on de faire taire les manifestations, de faire en sorte qu'il y ait le moins de monde possible, c'est de taper sur les gens pour qu'ils aient peur de ne plus revenir. Ils radicalisent, ils tapent tr&#232;s fort, ils terrorisent en fait, ils terrorisent les manifestants, parce que l&#224; ce qui s'est pass&#233; samedi (18 mars 2023) justement, ce que je vous explique sur la radicalisation, &#231;a marche trop bien. Il faut faire peur aux gens, la meilleure fa&#231;on pour qu'il y ait le moins de monde, c'est de faire peur aux gens. Et moi, je vais vous dire, sinc&#232;rement, je le dis, il y a des gens qui ont peur, il y a le black-bloc, il y a des gens qui disent &#034;ouais, le black-bloc, c'est violent&#034;, mais les trois-quarts des gens &#224; qui je parle et je dis &#034;pourquoi tu ne viens plus aux manifestations ?&#034;, ils m'ont dit &#034;c'est trop violent&#034;, mais les trois quarts ne me disent pas &#034;c'est violent les black-blocs&#034;, ils parlent de violence polici&#232;re : les gaz, les lacrymog&#232;nes, les grenades de d&#233;sencerclement, les flashballs&#8230; Ils ont peur de la police, parce que le black-bloc ne s'attaque pas &#224; eux, ils ont peur des r&#233;actions de la police &#187;, a d&#233;clar&#233; Xavier Mathieu dans sa r&#233;cente vid&#233;o publi&#233;e par M&#233;diapart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce registre des violences polici&#232;res, d&#233;frayant fr&#233;quemment la chronique, la France a &#233;t&#233; condamn&#233;e par plusieurs instances, notamment l'ONU. Qui plus est, les violences polici&#232;res en France ont fait l'objet de plusieurs travaux de recherche. Notamment par le chercheur Sebastian Roch&#233;. Ce chercheur a soulign&#233; le mois dernier qu'en France (officielle) &#171; Un certain degr&#233; de brutalit&#233; est accept&#233; au pr&#233;texte du maintien de l'ordre &#187;. Il a ajout&#233; : &#171; On d&#233;nombre quand m&#234;me des dizaines de mutil&#233;s et bless&#233;s graves ces derni&#232;res ann&#233;es. Avec &#233;galement cette peur d'aller manifester en famille qui s'exprime &#187;. Selon ce chercheur, l'&#201;tat fran&#231;ais d&#233;p&#234;che des escadrons de CRS pour &#233;pouvanter et terrifier les manifestants afin de les dissuader de revenir manifester. &#171; Ces unit&#233;s sont clairement constitu&#233;es pour faire peur, pour sid&#233;rer les gens. C'est leur but. Pendant les gilets jaunes, les DAR (d&#233;tachements d'action rapide), les blind&#233;s &#224; roues de la gendarmerie nationale, les h&#233;licopt&#232;res, les drones, sont destin&#233;s &#224; montrer la sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle de la police &#187;, a-t-il pr&#233;cis&#233;. &#171; Au del&#224; de l'usage de la technique, c'est un fait dont la port&#233;e n'a pas &#233;t&#233; bien vue par les commentateurs. La technique de la nasse, tr&#232;s employ&#233;e lors du mouvement des Gilets jaunes, tout comme les arrestations pr&#233;ventives ont aussi fait leur retour. Tout cela rel&#232;ve de d&#233;cisions politiques. La question de l'institutionnalisation de ce maintien de l'ordre, de cette routinisation qui porte atteintes aux droits politiques, se pose aujourd'hui &#187;, a soulign&#233; S&#233;bastien Roch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la violence et la r&#233;pression ne constituent pas l'unique instrument de domination et de gouvernance. En effet, l'id&#233;ologie &#171; citoyenne &#187;, (r&#233;publicaine et la&#239;que), abondamment distill&#233;e par les relais de conditionnement officiels, pourvoit ais&#233;ment au maintien de l'ordre par l'int&#233;riorisation des r&#232;gles dominantes, l'impr&#233;gnation psychologique de la servitude volontaire. Dans le capitalisme occidental totalitaire, les individus, selon le concept de la fausse conscience r&#233;ifi&#233;e popularis&#233; par le philosophe George Lukacs, int&#233;riorisent les normes sociales et semblent asservies, d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur existence par une forme d'ali&#233;nation participative et une participation sociale ali&#233;nante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, dans cet Espace public o&#249; r&#232;gnent l'anonymat, la s&#233;paration et la distance, les relations sociales sont soumises &#224; des r&#232;gles de socialisation symboliquement codifi&#233;es. Ces relations sont r&#233;gies par des &#171; conduites citoyennes &#187; fond&#233;es sur la &#171; civilit&#233; &#187; (qui rime avec servilit&#233;) et le respect de l'ordre dominant. Les citoyens doivent certes vivre ensemble, mais en ordre g&#233;ographique et social dispers&#233;, et surtout dans le respect de l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, pour ce faire, l'urbanisme &#339;uvre &#224; la s&#233;paration et &#224; l'&#233;clatement des structures sociales traditionnelles de socialisation populaires, pour an&#233;antir toutes les relations humaines non fond&#233;es sur des rapports marchands, anim&#233;es d'un esprit de solidarit&#233; et de collectivit&#233;. De l&#224; s'explique, notamment en France, la politique de stigmatisation et de fustigation des populations immigr&#233;es maghr&#233;bines et subsahariennes par les autorit&#233;s fran&#231;aises. Car elles sont porteuses de traditions collectives et g&#233;n&#233;reuses incompatibles avec les normes bourgeoises individualistes et &#233;go&#239;stes du monde occidental. Les lois sur le s&#233;paratisme s'int&#232;grent dans cette politique urbanistique d'&#233;clatement de ces communaut&#233;s r&#233;gies par l'esprit de solidarit&#233;, la culture d'entraide et de partage, et de r&#233;sistance &#224; l'emprise de mod&#232;les soci&#233;taux occidentalistes jug&#233;s d&#233;cadents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, depuis plusieurs d&#233;cennies, notamment en France, pour pacifier l'Espace public, l'&#201;tat, par le truchement de ses institutions &#233;ducatives incarn&#233;es par l'&#233;cole et la famille (devenues des structures contr&#244;l&#233;es enti&#232;rement par des instances &#233;tatiques noyaut&#233;es par les mouvements LGBT), impose les bonnes conduites citoyennes dispens&#233;es par l'&#233;ducation, la p&#233;dagogie et l'instruction civique, compendiums de l'id&#233;ologie de la pens&#233;e dominante bourgeoise d&#233;cadente. Mais aussi le contr&#244;le social et la r&#233;pression polici&#232;re &#224; l'endroit des r&#233;calcitrants, des indociles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, l'Espace public, dans toutes ses dimensions, de la simple rue au parc en passant par la place, est soumis aux mesures restrictives de la circulation. Toute occupation &#171; en bande organis&#233;e &#187; (sous-entendu collectivement) de ces lieux publics, et ce, quel que soit le mobile (d'ordre artistique, sportif, festif, ludique ou politique), est s&#233;v&#232;rement condamn&#233;e par la loi &#233;dict&#233;e par l'&#201;tat, autrement dit par la classe dominante soucieuse du maintien de son ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plus forte raison, toute effervescence sociale op&#233;r&#233;e dans les espaces publics est per&#231;ue comme une perturbation, une atteinte &#224; l'ordre public, et appelle par cons&#233;quent, diligemment, une r&#233;ponse r&#233;pressive de la part des forces de police, bras arm&#233; de la classe dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'Espace public ne doit jamais devenir un lieu d'expression de libert&#233;, exerc&#233;e par des collectifs en lutte. Car, toute occupation de l'Espace public favorise l'&#233;mergence de la vraie d&#233;mocratie populaire et, corr&#233;lativement, l'&#233;closion d'un contrepouvoir susceptible d'&#233;branler le pouvoir dominant. De l&#224; s'explique la propension h&#226;tive des pouvoirs &#224; d&#233;loger violemment toute occupation de l'Espace public, toute manifestation organis&#233;e dans une agglom&#233;ration, comme on le rel&#232;ve actuellement en France. L'&#201;tat s'emploie en permanence &#224; emp&#234;cher la constitution p&#233;renne de rassemblements, d'attroupements, de regroupements propices &#224; la fermentation politique subversive et &#224; la cr&#233;ation de collectifs autonomes librement organis&#233;s, susceptibles d'initier et d'instaurer un forum de discussion libre, une agora d&#233;mocratique populaire permanente qui peut se transformer en contre-pouvoir capable de supplanter et d'abolir les institutions dominantes officielles bourgeoises d&#233;j&#224; malmen&#233;es et d&#233;l&#233;gitim&#233;es, c'est-&#224;-dire les rendre caduques, donc ill&#233;gitimes. Autrement dit, capables d'engendrer une situation de dualit&#233; de pouvoir surgie sur un conflit irr&#233;ductible des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie publique ne doit pas &#234;tre occup&#233;e par le peuple, car cela risque de lib&#233;rer sa voix. Cette voix collective &#233;mancipatrice. Qu'il ne faut pas confondre avec la voix &#233;lectorale conc&#233;d&#233;e par le capital, qui converge toujours vers la m&#234;me voie : celle des palais gouvernementaux contr&#244;l&#233;s par la classe r&#233;gnante qui demeure toujours ma&#238;tresse du pouvoir quels que soient les r&#233;sultats des scrutins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Historiquement, cette voix populaire est longtemps demeur&#233;e encadr&#233;e par ses pr&#233;tendus repr&#233;sentants asserment&#233;s. Lors de ses manifestations de m&#233;contentement social, aucune fausse note ne venait perturber le concert de protestation organis&#233; par les chefs d'orchestre des partis et syndicats &#171; ouvriers &#187;, ces virtuoses de la Collaboration de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, longtemps, sous la houlette des partis politiques populistes affid&#233;s du pouvoir, notamment en France o&#249; le parti communiste (PCF) et le parti socialiste (SFIO, PS) avaient pignon sur rue, mais ne ruaient pas dans les brancards tant ils avaient mis depuis belle lurette la R&#233;volution au rancart, les contestations &#233;taient structurellement organis&#233;es. Elles respectaient les bonnes conduites citoyennes de l'Espace public et de l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la particularit&#233; des nouveaux mouvements sociaux, comme l'avait illustr&#233; le mouvement des Gilets jaunes en France, se caract&#233;risent par le rejet de toutes les formes organisationnelles classiques de lutte assur&#233;es par les instances apolitiques (ONG), politiques ou syndicales stipendi&#233;es. Mais, surtout, se singularisent par la r&#233;pudiation des r&#232;gles de biens&#233;ance urbaines. D&#233;pourvus de toute affiliation doctrinale et de quelque structuration p&#233;renne, d&#233;nu&#233;s de tout projet de transformation social coh&#233;rent, ces mouvements anarchiques &#233;chappent en apparence &#224; tout contr&#244;le et emprise du pouvoir &#233;tatique. Ils occupent d&#233;sormais l'Espace public de mani&#232;re spontan&#233;e et anarchique, comme on l'observe ces derniers jours en France, notamment &#224; la Place de la Concorde et dans plusieurs villes de province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, pollu&#233;s par l'apolitisme (&#224; diff&#233;rencier du consciencieux antipolitisme), les contestataires contemporains, biberonn&#233;s au lait de l'id&#233;ologie citoyenne aphasique, versent dans un activisme musculeux processionnel ponctu&#233; de d&#233;gradations gratuites et futiles, et aussi sombrent dans les palabres aseptis&#233;es entre gens de bonnes compagnies. Port&#233;s par la petite-bourgeoisie intellectuelle paup&#233;ris&#233;e en congruence id&#233;ologique avec la classe de gouvernance (qu'elle r&#234;ve de remplacer ou d'&#233;pauler), les mouvements sociaux contemporains s'ins&#232;rent parfaitement dans le paysage politique domin&#233; par l'id&#233;ologie consensuelle citoyenne pour laquelle la concertation r&#233;v&#233;rencieuse prime sur la contestation radicale, la r&#233;volte irrationnelle sans fin sur la R&#233;volution consciente ayant une Fin (le renversement du mode de production capitaliste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet activisme pr&#233;tendument apolitique, sans perspective r&#233;volutionnaire et r&#233;solument r&#233;formiste (voire nihiliste), en vogue dans de nombreux pays, notamment en France, se mod&#232;le sur l'individualisme consum&#233;riste contemporain massivement r&#233;pandu dans le monde occidental s&#233;nile et d&#233;cadent. Il est le produit d'une soci&#233;t&#233; anomique o&#249; domine le chacun pour soi. Il n'est pas &#233;tonnant qu'il valorise plut&#244;t les r&#233;seaux sociaux dans lesquels triomphent le r&#232;gne du narcissisme atomis&#233;, la culture irr&#233;fl&#233;chie de l'instantan&#233;it&#233; et de l'utopie pr&#233;datrice. Ces adeptes de l'id&#233;ologie citoyenne populiste de gauche comme de droite v&#233;hiculent l'id&#233;e d'une soci&#233;t&#233; pacifi&#233;e au sein de laquelle la lutte des classes aura disparu et la vraie d&#233;mocratie enfin r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e. Comme s'il pouvait exister une d&#233;mocratie dans une soci&#233;t&#233; capitaliste, par essence fond&#233;e sur l'exploitation, l'oppression, l'extorsion de la plus-value et la violence polici&#232;re. Comme tout un chacun peut le constater en France et dans tous les pays occidentaux pr&#233;tendument &#171; d&#233;mocratique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette petite-bourgeoisie intellectuelle, dominante au sein de toutes les structures politiques, syndicales et associatives, impose non seulement son id&#233;ologie, mais elle s'&#233;vertue de faire passer ses int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques de classe pr&#233;caris&#233;e pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Par son discours cat&#233;goriel, elle brouille et efface les antagonismes de classe. En butte &#224; une crise &#233;conomique et sociale profonde, cette petite-bourgeoisie pr&#233;caris&#233;e et paup&#233;ris&#233;e, en phase de prol&#233;tarisation avanc&#233;e, occupe l'Espace public pour exprimer ses revendications sectorielles qu'elle pr&#233;sente comme l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, ce qui arrange bien le pouvoir dominant qui &#339;uvre &#224; la popularisation des questions soci&#233;tales, meilleur antidote contre la Question sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, sa contestation ne propose aucune alternative, encore moins une soci&#233;t&#233; alternative. Elle alterne supplications obs&#233;quieuses adress&#233;es aux gouvernants et d&#233;pr&#233;dations et d&#233;gradations gratuites.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette forme de lutte st&#233;rile est en congruence avec l'id&#233;ologie nihiliste r&#233;pandue en Occident d&#233;cadent et belliciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette viciation de la lutte, d&#233;naturation combative, s'explique sociologiquement par la d&#233;sindustrialisation des pays occidentaux, l'&#233;tiolement de la classe ouvri&#232;re, vecteurs de la perte de la conscience de classe, de la culture ouvri&#232;re &#233;mancipatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; observer les actuels mouvements de r&#233;volte men&#233;s en France (et dans tous les pays), on rel&#232;ve des mutations au plan de la lutte des classes. En effet, l'entreprise n'est plus l'unique lieu d'expression de la conflictualit&#233; sociale. Pour la nouvelle g&#233;n&#233;ration de salari&#233;s nucl&#233;aris&#233;s, du fait de la pr&#233;carisation et de l'atomisation professionnelles, du ch&#244;mage massif end&#233;mique, il devient difficile de s'organiser au niveau de l'entreprise. De surcro&#238;t, le capitalisme englobe d&#233;sormais toutes les sph&#232;res de l'existence. De l&#224; s'explique l'&#233;miettement de la lutte. La fragmentation sectorielle du combat politique (f&#233;minisme, &#233;cologisme, antiracisme, etc.), facteur de d&#233;p&#233;rissement du projet &#233;mancipateur universel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les r&#233;volutionnaires processionnels : compagnons de route du capital</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7161</link>
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		<dc:date>2023-03-02T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires processionnels : compagnons de route du capital &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#232;re de la domination totalitaire du capital, hors de question de perturber la machine de fabrication. Encore moins de subvertir le mode de production capitaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nos jours, la sacro-sainte semaine de travail est respect&#233;e comme une divinit&#233; par l'ensemble des salari&#233;s, surtout par les &#171; r&#233;volutionnaires &#187; processionnels et les s&#233;ditieux du week-end, ces nouveaux protestataires respectueux des r&#232;gles sacr&#233;es du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;volutionnaires processionnels : compagnons de route du capital &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#232;re de la domination totalitaire du capital, hors de question de perturber la machine de fabrication. Encore moins de subvertir le mode de production capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, la sacro-sainte semaine de travail est respect&#233;e comme une divinit&#233; par l'ensemble des salari&#233;s, surtout par les &#171; r&#233;volutionnaires &#187; processionnels et les s&#233;ditieux du week-end, ces nouveaux protestataires respectueux des r&#232;gles sacr&#233;es du travail et de leurs divins lieux d'exploitation, ces temples de la production capitaliste o&#249; viennent besogner quotidiennement les esclaves des temps modernes. La semaine sacr&#233;e de travail est ainsi pr&#233;serv&#233;e de toute souillure contestataire subversive, insurrectionnelle. Les cinq journ&#233;es de labeur ne sont plus perturb&#233;es par des d&#233;brayages et des gr&#232;ves sauvages. Encore moins une occupation d'usine, des Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, des Conseils ouvriers. Ainsi en a d&#233;cid&#233; le dieu-capital, parvenu &#224; ses proph&#233;tiques fins par la gr&#226;ce de son emprise sur les cerveaux obtenue par le contr&#244;le totalitaire des moyens de propagande scolaires et m&#233;diatiques. Donc par le conditionnement des mentalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le capital fa&#231;onne les esprits comme ses usines fabriquent ses produits : de mani&#232;re standardis&#233;e, uniformis&#233;e, rationalis&#233;e, robotis&#233;e. Les produits, comme leurs producteurs esclaves-salari&#233;s, ob&#233;issent aux m&#234;mes normes de fabrication. Ces deux marchandises interchangeables, vendues sur le march&#233;, offrent &#224; leurs propri&#233;taires l'opportunit&#233; de valoriser leur capital, d'accro&#238;tre leurs richesses, de p&#233;renniser leur domination. De fait, l'usine comme l'entreprise du tertiaire, ces nouveaux temples de l'&#233;conomie moderne, ne sont plus profan&#233;es par l'arr&#234;t de travail massif et p&#233;renne. Ne font plus l'objet de d&#233;brayages impromptus, d'occupation improvis&#233;e, de cessation d'activit&#233; intempestive. Encore moins de tentative d'appropriation collective par ses v&#233;ritables producteurs afin de diriger leurs activit&#233;s de production pour la satisfaction des besoins sociaux essentiels et non pour le profit. Inexorablement, la loi de la valeur continue &#224; r&#233;gir le fonctionnement des entreprises. Le capital &#224; contr&#244;ler leur fabrication. &#192; accaparer leur propri&#233;t&#233;, &#224; s'approprier leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esclaves-salari&#233;s ont si bien int&#233;gr&#233; les lois divines du capital qu'ils &#233;prouvent une frayeur phobique &#224; les enfreindre, &#224; les br&#251;ler, &#224; les abolir. Aussi, ne faut-il pas s'&#233;tonner de les voir sacrifier leur vie pour l'usine, le bureau, ces nouveaux totems des temps modernes, dirig&#233;s par les ma&#238;tres du monde, les dieux de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ironie de l'histoire, c'est que le capital est parvenu &#224; inverser et &#224; pervertir toutes les valeurs morales mill&#233;naires. Toutes les anciennes r&#232;gles de vie collectives ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es au monde de l'entreprise, laissant la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; r&#233;gie par les id&#233;es individualistes de la bourgeoisie qui a noy&#233; les relations &#171; dans les eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste &#187;. En effet, au sein de l'entreprise r&#232;gne une respectueuse discipline entre salari&#233;s, mat&#233;rialis&#233;e par l'observance stricte des r&#232;glements accomplis dans une ambiance conviviale, ex&#233;cut&#233;s dans un esprit scientifique et une mentalit&#233; pointilleuse et ponctuelle. Les rapports entre salari&#233;s sont exempts d'agressivit&#233; et de violences (&#224; l'exception de ces violences professionnelles engendr&#233;es par les maladies et les accidents mortels). Dans l'entreprise (cette sph&#232;re &#233;conomique s&#233;par&#233;e par le capital) domine les valeurs d'entraide, l'esprit collectif. Tout le contraire de la soci&#233;t&#233; (le milieu humain dans lequel vit l'individu) o&#249; s&#233;vit le chacun pour soi, l'individualisme, toutes les formes d'agressions et de violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brillamment, le capital a fait en sorte de policer l'usine, de civiliser les rapports sociaux au sein de l'entreprise afin de les rendre productifs, rentables. L'usine est un havre de paix de l'exploitation conventionn&#233;e. Tandis que la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en champ de guerre o&#249; r&#232;gnent la division, l'anarchie, la perversion, l'adversit&#233;, l'hostilit&#233;, la haine, l'affrontement, le racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, le capital a proc&#233;d&#233; &#224; l'&#233;clatement de toutes les structures sociales humaines fond&#233;es sur la solidarit&#233;, l'entraide, le respect, la loyaut&#233;, l'altruisme, le d&#233;vouement parental et filial (remplac&#233; par le d&#233;vouement au patron et &#224; l'argent), comme la famille, les quartiers, les caf&#233;s, les assembl&#233;es de village, etc. Pour les remplacer par l'individualisme, le narcissisme, le libertinage (fr&#232;re siamois du lib&#233;ralisme d&#233;brid&#233;). Tous ces espaces de sociabilit&#233; et de solidarit&#233; mill&#233;naires ont &#233;t&#233; pulv&#233;ris&#233;s par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capital, seuls ses temples de production de profits m&#233;ritent les bonnes r&#232;gles de vie. En r&#233;sum&#233; le respect, le s&#233;rieux, la rigueur, la ponctualit&#233;. Aussi est-il parvenu &#224; fa&#231;onner les esclaves-salari&#233;s selon les normes de ses entreprises, &#224; discipliner leurs rustres m&#339;urs au sein de ses sanctuaires productifs lucratifs. En effet, tandis qu'au sein des entreprises les esclaves-salari&#233;s font preuve d'une grande rigueur dans leurs relations emplies de convivialit&#233; et de civilit&#233;, de probit&#233; et de loyaut&#233;, voire de sentiments mutuels, dans la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; ils cultivent des rapports l&#226;ches ponctu&#233;s de tensions, de haines et de conflits. Observe-t-on quotidiennement des vols, des incivilit&#233;s ou des meurtres au sein des entreprises, ces temples sacr&#233;s de production ? Rarement (sinon jamais). A contrario, la soci&#233;t&#233; est submerg&#233;e par les conflits, les d&#233;lits, les violences et les crimes r&#233;currents et &#233;c&#339;urants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Incontestablement, le capital a r&#233;ussi sa fabrication des esprits, comme il a triomph&#233; depuis des si&#232;cles par son esprit de fabrication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, m&#234;me les festives r&#233;voltes subversives, insurrectionnelles, s'organisent en dehors des jours sacr&#233;s de production ou des lieux de production. Hors de question de perturber la cha&#238;ne de production. Le capital doit pouvoir poursuivre ses batailles de fabrication. Soutenir sa guerre &#233;conomique. Il ne faut pas entraver le processus de production. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les instruments de fabrication doivent tourner &#224; plein r&#233;gime sous n'importe quel r&#233;gime, d&#233;mocratique ou dictatorial. Les moyens de production ne doivent souffrir d'aucune interruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout arr&#234;t de travail est une atteinte au moral du &#171; patriotisme &#187; de l'entreprise. Une offense &#224; la patrie-entrepreneuriale. Un blasph&#232;me commis contre le Dieu-capital. Une h&#233;r&#233;sie &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, ces r&#232;gles sont scrupuleusement respect&#233;es par l'ensemble des esclaves-salari&#233;s. De nos jours, les manifestations, y compris les plus populaires, sont programm&#233;es avec l'assentiment du pouvoir, fix&#233;es par les instances syndicales &#224; tel cr&#233;neau horaire ; voire, pour ne pas p&#233;naliser la production de marchandises, organis&#233;es les week-ends. C'est-&#224;-dire les jours de repos des travailleurs. Ainsi, les travailleurs, m&#234;me la contestation, ils la payent au prix du sacrifice de leur jour de repos conc&#233;d&#233; par le capital. Ils ne portent pas la contestation au sein de l'entreprise. Ils ne s'attaquent pas &#224; leur lieu d'exploitation. Ne luttent pas dans leur environnement concret d'oppression. Ne remettent pas en cause leur asservissement op&#233;r&#233; dans l'entreprise. N'organisent pas leur r&#233;sistance au sein de leur lieu de travail pour mieux le subvertir, mais en dehors du cadre spatial professionnel, au travers de mobilisations inoffensives op&#233;r&#233;es dans un espace urbain r&#233;glementairement d&#233;limit&#233;. De gr&#232;ves perl&#233;es cornaqu&#233;es par les bureaucraties syndicales, mat&#233;rialis&#233;es par des manifestations carnavalesques ritualis&#233;es sur fond d'ambiance de kermesse. En fait de militantisme &#233;mancipateur, avec ces r&#233;volutionnaires processionnels, nous avons droit &#224; des protestations cadenc&#233;es par les pacifiques balades balis&#233;es, canalis&#233;es, banalis&#233;es, illustr&#233;es par les d&#233;bonnaires parades revendicatives inoffensives et les dol&#233;ances courtisanesques adress&#233;es aux gouvernants, ces repr&#233;sentants du Grand capital, responsables des politiques antisociales. Or, le seul moyen de faire plier les ma&#238;tres du monde est d'user de cette arme redoutable que constitue la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, seule capable d'&#233;branler le pouvoir en s'attaquant &#224; l'outil de production, source de la plus-value et des profits pour les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;conomie &#224; l'arr&#234;t, et c'est l'arr&#234;t cardiaque pour le capital, priv&#233; du sang salari&#233; qui irrigue ses profits et assure son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, ces &#171; r&#233;volutionnaires &#187; processionnels ou s&#233;ditieux du week-end ont tellement bien int&#233;gr&#233; l'id&#233;ologie du capital qu'ils s'&#233;rigent en ses meilleurs d&#233;fenseurs. Au demeurant, tous ces r&#233;volutionnaires de l'asphalte, marathoniens de la contestation festive, n'aspirent nullement lutter contre le syst&#232;me capitaliste, mais syst&#233;matiser le capitalisme. Ils s'&#233;vertuent seulement vouloir moraliser le capitalisme, l'humaniser, le r&#233;former, le d&#233;mocratiser. Comme si on pouvait moraliser, humaniser, r&#233;former, d&#233;mocratiser le colonialisme, l'esclavagisme, le nazisme. Ces syst&#232;mes barbares, comme le capitalisme, ne m&#233;ritaient qu'une unique solution politique radicale : la destruction des fondements de leurs structures. Mais la petite bourgeoisie, aujourd'hui pr&#233;dominante dans les instances politiques et syndicales, milite pour la perp&#233;tuation de ce syst&#232;me mortif&#232;re, au sein duquel elle esp&#232;re prosp&#233;rer, assurer sa retraite. D&#233;fendre sa retraite au sein d'un syst&#232;me capitaliste bellig&#232;ne et mortif&#232;re. &#192; quoi bon lutter pour une &#171; retraite juste &#187; quand toute la vie &lt;br class='autobr' /&gt;
professionnelle est fond&#233;e sur l'exploitation et l'oppression, l'esclavage salari&#233;, des conditions de travail iniques, des salaires modiques, et des longues p&#233;riodes de ch&#244;mage d&#233;pourvues d'indemnit&#233;s, donc de dignit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, par sa puissante force id&#233;ologique en congruence avec les besoins du capital, cette petite bourgeoisie politicienne a tellement r&#233;ussi son OPA sur les classes laborieuses qu'elle est parvenue &#224; s'emparer de la direction des luttes via les syndicats, ces mafias gouvernementales, v&#233;ritables instances d'encadrement des travailleurs. Aussi, les travailleurs doivent-ils manifester leur col&#232;re pour revendiquer quelque avantage ou d&#233;noncer quelque avilissement de leurs conditions de travail, attendront-ils sagement, sous la direction de la frileuse centrale syndicale, r&#233;fractaire &#224; tout blocage &#233;conomique, le jour agr&#233;&#233; par la pr&#233;fecture ou le week-end pour organiser leur protestation, en dehors du lieu de travail, transplant&#233;e dans des agglom&#233;rations urbaines aux itin&#233;raires balis&#233;s et encadr&#233;s, &#233;loign&#233;es des sites de production o&#249; est concentr&#233; le prol&#233;tariat industrieux et surtout potentiellement s&#233;ditieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces processions liturgiques syndicales occupent ces nouveaux z&#233;lotes de la politique de la protestation ou plut&#244;t de la prosternation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs protestations incantatoires demeurent des v&#339;ux pieux car ils n'ont toujours pas compris que la r&#233;volution travaille son &#339;uvre toute la semaine, chaque jour, m&#234;me la nuit, avec des instruments de lutte concrets actionn&#233;s au sein des entreprises o&#249; sont produites les richesses par les travailleurs. La r&#233;volution n'est pas une d&#233;ambulation joyeuse sponsoris&#233;e par les instances &#171; militantes &#187; et syndicales stipendi&#233;es, une balade sonoris&#233;e de ballades. Avec ces r&#233;volutionnaires processionnels, &#224; l'instar des activistes actuellement en lutte en France, se battre contre la r&#233;forme de la retraite aboutit in&#233;luctablement &#224; battre en retraite. C'est-&#224;-dire &#224; quitter la bataille subversive. La lutte intransigeante. &#192; force de manifestations carnavalesques &#233;puisantes, dissolvantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan politique, pour ces r&#233;volutionnaires processionnels ou s&#233;ditieux du week-end, le nec plus ultra de la lutte se r&#233;sume en la revendication de l'&#233;puration de la caste gouvernementale (macronienne en France), purification des institutions politiques, autrement dit en remplacement de la clique politique d&#233;nonc&#233;e pour son impopularit&#233;, au moyen de la mascarade &#233;lectorale. Et subs&#233;quemment en &#233;lection d'une nouvelle caste politique cens&#233;ment pr&#233;sum&#233;e int&#232;gre. &#201;videmment, sans transformer aucunement l'infecte base &#233;conomique capitaliste sur laquelle prolif&#232;re l'instance pestilentielle politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur &#171; r&#233;volution citoyenne &#187; n'aspire pas &#224; supprimer les privil&#232;ges, elle se borne &#224; changer les privil&#233;gi&#233;s, c'est-&#224;-dire &#224; privil&#233;gier leur ascension sociale pour ne pas devoir &#224; travailler la semaine ni le week-end, comme l'ensemble des classes parasitaires dirigeantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si la r&#233;volution a pour fin de r&#233;aliser les r&#234;ves, leur r&#233;volte, accomplie dans le lit des conventions sociales &#233;tablies, prolonge le sommeil de la soci&#233;t&#233; peupl&#233;e de cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;volution, c'est les vacances de la vie &#187;, avait dit Andr&#233; Malraux, nos r&#233;volutionnaires processionnels ou s&#233;ditieux du week-end semblent avoir pris &#224; la lettre cette remarque : pour eux, la r&#233;volution est une vacance, dans le sens d'inoccupation, de vacuit&#233;, de carence, d'inaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur r&#233;volte citoyenne est une r&#233;volution couch&#233;e, qui fait ses besoins dans ses draps, pour ne pas souiller les salons du pouvoir par leur incursion subversive. Il n'est pas &#233;tonnant qu'elle ait toujours un go&#251;t de relent de d&#233;faite. Leur r&#233;volte est une gageure. Une gal&#233;jade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La populace ne peut faire que des &#233;meutes. Pour faire une r&#233;volution il faut le peuple &#187;, avait &#233;crit Victor Hugo. Nos r&#233;volutionnaires processionnels et s&#233;ditieux du week-end sont tout juste capables d'organiser des promenades r&#233;cr&#233;atives pour planter le m&#234;me d&#233;cor r&#233;formiste, scand&#233;es les m&#234;mes slogans corporatistes feutr&#233;s filtr&#233;s, proposer les m&#234;mes alternatives &#233;lectoralistes. Or une r&#233;volution sociale ne consiste pas &#224; d&#233;loger un chef d'&#201;tat, f&#251;t-il un dictateur inamovible. Une r&#233;volution sociale ne consiste pas non plus &#224; &#233;vincer une clique du pouvoir pour la remplacer par une faction rivale. Une r&#233;volution sociale &#339;uvre &#224; renverser un ordre social, un mode de production et ses rapports de production inh&#233;rents &#224; ce syst&#232;me, afin d'&#233;riger un nouveau mode de production humain et les nouveaux rapports sociaux de production aff&#233;rents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La religion n'est pas le seul opium du peuple</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7052</link>
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		<dc:date>2022-12-11T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>



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&lt;p&gt;Football : stade d'exultation du fric et terrain d'exaltation de la violence &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Il y a assez de causes r&#233;elles de conflits pour ne pas les accro&#238;tre en encourageant les jeunes gens &#224; se lancer des coups de pied dans les tibias au milieu de rugissements de spectateurs en furie. &#187; George Orwell. &lt;br class='autobr' /&gt; Le football : v&#233;ritable entreprise int&#233;gr&#233;e &#224; la logique capitalistique &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;dias ont toujours pr&#233;sent&#233; le football comme le meilleur vaccin pour promouvoir la paix entre les peuples, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_16772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/image_0941213_20220922_ob_d46b61_gal-24347.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.matierevolution.fr/IMG/jpg/image_0941213_20220922_ob_d46b61_gal-24347.jpg' width=&#034;594&#034; height=&#034;840&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Football : stade d'exultation du fric et terrain d'exaltation de la violence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a assez de causes r&#233;elles de conflits pour ne pas les accro&#238;tre en encourageant les jeunes gens &#224; se lancer des coups de pied dans les tibias au milieu de rugissements de spectateurs en furie. &#187; George Orwell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football : v&#233;ritable entreprise int&#233;gr&#233;e &#224; la logique capitalistique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont toujours pr&#233;sent&#233; le football comme le meilleur vaccin pour promouvoir la paix entre les peuples, l'amiti&#233; entre les supporteurs. Or, &#224; observer les fr&#233;quents heurts provoqu&#233;s dans les stades, on red&#233;couvre que le football, depuis plusieurs d&#233;cennies, rec&#232;le un virus cong&#233;nital qu'aucune vaccination r&#233;&#233;ducative ne parvient &#224; endiguer : la violence. Jets de projectiles envers des joueurs, bagarres entre supporteurs et joueurs, pelouse envahie par des supporteurs, chants belliqueux et propos racistes : tel est le sinistre spectacle footballistique offert, depuis plusieurs ann&#233;es, dans les stades contamin&#233;s par virus de la haine et de la violence. Cette violence traduit la d&#233;pravation morale d'une soci&#233;t&#233; capitaliste en pleine crise &#233;conomique et civilisationnelle, aggrav&#233;e par les destructions sociales et psychologiques g&#233;n&#233;r&#233;es par la gestion calamiteuse de la pand&#233;mie de Covid-19 et la caporalisation des esprits actionn&#233;e pour apprivoiser les populations &#224; la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e imminente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crivait l'&#233;crivain George Orwell : &#171; pratiqu&#233; avec s&#233;rieux, le sport n'a rien &#224; voir avec le fair-play. Il d&#233;borde de jalousie haineuse, de bestialit&#233;, du m&#233;pris de toute r&#232;gle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns diraient que le stade est le terrain d'entra&#238;nement id&#233;ologique privil&#233;gi&#233; des &#201;tats nationalistes bellicistes, qui se font &#233;galement un honneur chauviniste de convertir les gradins en lieu d'exutoire o&#249; les foules fanatis&#233;es hyst&#233;riques, galvanis&#233;es par une ferveur patriotique incendiaire, viennent en d&#233;coudre avec les supporteurs du pays adverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, comme le disait Pierre Desproges : &#171; Les h&#233;morragies c&#233;r&#233;brales sont moins fr&#233;quentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi &#187;. En revanche, sur le terrain et les gradins des stades, les h&#233;morragies de violences coulent &#224; profusion. C'est m&#234;me la principale profession des fous du ballon rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, le football demeure un sport au rayonnement plan&#233;taire &#233;clatant de notori&#233;t&#233; et succ&#232;s. En t&#233;moigne l'inauguration imminente de la Coupe du monde au Qatar, qui sera suivie par plusieurs milliards de t&#233;l&#233;spectateurs (plus de la moiti&#233; de la plan&#232;te &#8211; 3,7 milliards &#8211; avait regard&#233; la Coupe du Monde 2018 : la finale entre la France et la Croatie avait rassembl&#233; 1,12 milliard d'individus sur la plan&#232;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occasion, pour nous, d'analyser le ph&#233;nom&#232;ne du football selon une approche historique et sociologique critique, et non pas sportive, encore moins footballistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coupe immonde du Qatar est recouverte de sang des martyrs ouvriers immigr&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football demeure un sport au rayonnement mondial indiscutable. Preuve nous est administr&#233;e par l'organisation quadriennale de la Coupe du monde : cette grand-messe plan&#233;taire footballistique orchestr&#233;e par l'organisation lucrative priv&#233;e, la FIFA, les multinationales partenaires de la FIFA et les diverses organisations mafieuses, sans oublier les &#201;tats nationaux toujours en qu&#234;te d'&#233;v&#233;nements c&#233;r&#233;monials pour entretenir et attiser la fibre patriotique pestilentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e la Coupe du monde se d&#233;roule au Qatar, d&#233;sertique pays de la p&#233;ninsule arabique, compos&#233; de 2,9 millions d'habitants, dont 90% de la main d'&#339;uvre est import&#233;e de l'&#233;tranger. Cette main-d'&#339;uvre immigr&#233;e, vivant dans des conditions d'h&#233;bergement insalubres et de promiscuit&#233; d&#233;plorable, entass&#233;e parfois &#224; 40 dans des cabanes sans eau courante, comme jadis les esclaves noirs-am&#233;ricains dans les grands domaines cotonniers des &#201;tats du Sud, est pay&#233;e &#224; un SMIC fix&#233; &#224; moins de 200 euros par mois, alors que le PIB par habitant (qatari) &#233;tait estim&#233; r&#233;cemment &#224; 150 000 dollars par an, parmi le plus &#233;lev&#233; au monde. &#192; noter que, longtemps, pour travailler au Qatar, un &#233;tranger devait &#234;tre &#171; parrain&#233; &#187; par un Qatari, qui avait alors tous les droits sur lui, notamment l'emp&#234;cher de repartir dans son pays par la confiscation de son passeport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire toutes les infrastructures de la Coupe du monde 2022 organis&#233;e au Qatar, les ouvriers &#233;trangers devaient travailler plus de 11 heures par jour, sept jours sur sept, sous des chaleurs caniculaires, le tout pay&#233; entre 50 centimes et 2 euros de l'heure. Globalement, le salaire minimum des ouvriers correspond &#224; moins de 2% du salaire moyen qatari (rapport&#233; &#224; la France dont le salaire moyen est de 2500 euros, cela reviendrait &#224; payer un travailleur immigr&#233; &#224; 50 euros par mois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, des milliers d'ouvriers sont d&#233;c&#233;d&#233;s sur les chantiers, certains sont tout simplement morts d'&#233;puisement &#224; la t&#226;che, subitement frapp&#233;s de crise cardiaque, sous l'effet notamment des chaleurs de plus de cinquante degr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de cette f&#233;odale nation artificielle vivant de l'esclavage salari&#233; import&#233; du monde entier, les Qataris, sur leur propre territoire, constituent que la quatri&#232;me nationalit&#233; repr&#233;sent&#233;e, derri&#232;re les Indiens, les Bangladais et les N&#233;palais. Selon les informations relay&#233;es par de nombreux journaux, pour la pr&#233;paration de sa Coupe du monde, l'&#233;mirat du Qatar aura d&#233;bours&#233; plus de 200 milliards de dollars, dont 140 milliards de dollars pour les infrastructures de transports et 15 milliards dans les installations h&#244;teli&#232;res. Mais il aura &#233;galement sacrifi&#233; 6750 travailleurs &#233;trangers sur les chantiers, tu&#233;s par les exploiteurs-hooligans qataris, ces n&#233;griers enturbann&#233;s des temps modernes. En tout cas, cette premi&#232;re Coupe du monde, organis&#233;e par un pays arabe du Golfe, est recouverte de sang des ouvriers morts pour construire les stades de la honte, les h&#244;tels de l'ignominie, les infrastructures de l'abjection capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coupe immonde de Qatar d&#233;borde de fric et de cadavres ouvriers immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, assur&#233;ment, en d&#233;pit de sa pollution par la logique marchande, le football conserve n&#233;anmoins sa l&#233;gendaire dimension populaire. Certes, le football est devenu une v&#233;ritable entreprise int&#233;gr&#233;e par le capitalisme, mais il repr&#233;sente toujours, pour la majorit&#233; des masses populaires, un spectacle divertissant. Sans conteste, le football, &#224; l'instar de la religion &#224; qui il s'apparente par ses rites solennis&#233;s et sa vocation sacrale universelle, est l'objet d'idol&#226;trie et de d&#233;votion aussi bien par des hordes fanatiques belliqueuses que par des citoyens ordinaires &#171; civilis&#233;s &#187;. Et si, longtemps, il fut accompli avec un esprit amateur et ludique dans une ambiance conviviale et fraternelle, ces derni&#232;res d&#233;cennies le football s'est radicalement m&#233;tamorphos&#233; par sa professionnalisation mercantile outranci&#232;re et son embrigadement id&#233;ologique chauviniste belliqueux. Le football est devenu le stade supr&#234;me de l'ali&#233;nation plan&#233;taire et le terrain topique d'ext&#233;riorisation de la violence, de la haine et du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu football-business, son esprit sportif convivial s'est alt&#233;r&#233;, &#233;rod&#233;. Il n'en demeure pas moins que les classes populaires continuent &#224; pratiquer le football dans un esprit amateur et cordial, &#224; l'abri des attractions v&#233;nales. En effet, par la simplicit&#233; de ses r&#232;gles, ce sport attire encore une masse importante d'amateurs, d'autant plus qu'il peut ais&#233;ment et librement se pratiquer dans la rue, m&#234;me &#224; l'aide d'un ballon confectionn&#233; avec des moyens de fortune. Singuli&#232;rement pour des d'enfants en qu&#234;te de jeux ludiques et &#233;ducatifs, il constitue une bonne &#233;cole de distraction et de formation de l'esprit. Gr&#226;ce &#224; la fois &#224; son jeu collectif mais aussi &#224; ses foisonnants gestes techniques individuels, notamment les spectaculaires dribbles, le football repr&#233;sente un remarquable outil p&#233;dagogique de socialisation exerc&#233; dans l'euphorie. Outre la beaut&#233; du jeu, le football procure &#233;galement de tr&#232;s fortes &#233;motions lors des matchs. Le suspens tient en haleine les joueurs et les spectateurs jusqu'&#224; la derni&#232;re seconde du match. Le football, c'est l'&#233;motion de l'incertitude anxieuse et la possibilit&#233; de la jouissance orgasmique ludique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du football ludique au football disciplinaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, le football na&#238;t en Angleterre en pleine r&#233;volution industrielle et expansion de la classe ouvri&#232;re. Certes, le football, pratique sportive destin&#233;e &#224; l'origine &#224; la formation des futures &#233;lites anglaises, fut l'apanage des classes privil&#233;gi&#233;es, mais il fut progressivement adopt&#233; par les classes populaires comme exercice sportif ludique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, sport amateur sans r&#232;gles d&#233;finies, il devint rapidement objet de sollicitudes de la part de la bourgeoisie pour mieux l'encadrer. En effet, au milieu du XIX&#232;me si&#232;cle, pour discipliner une jeunesse populaire turbulente et frondeuse, la bourgeoisie prit en charge ce nouveau sport d&#233;sint&#233;ress&#233; et b&#233;n&#233;vole pour lui insuffler, par une codification rigoureuse inspir&#233;e de l'univers carc&#233;ral du travail, l'esprit de comp&#233;tition et de performance, de productivit&#233; et de rentabilit&#233;. D&#232;s lors, pour enseigner les vertus de la discipline professionnelle et de la subordination sociale, mieux inculquer l'esprit d'ob&#233;issance &#224; l'autorit&#233; dans les nouvelles manufactures, les patrons impos&#232;rent aux ouvriers d'int&#233;grer des &#233;quipes de football, sport r&#233;put&#233; pour son apprentissage de la discipline (&#224; l'instar du syst&#232;me scolaire carc&#233;ral impos&#233; aux &#233;l&#232;ves, contraints de subir une discipline militaris&#233;e au sein d'une &#233;cole o&#249; la soumission et le respect de l'autorit&#233; constituent les primordiaux apprentissages, gages d'une int&#233;gration r&#233;ussie dans l'entreprise). N&#233;anmoins, les ouvriers surent avantageusement utiliser ce nouveau sport par la cr&#233;ation d'une forte solidarit&#233; au sein de l'&#233;quipe de quartier, mat&#233;rialis&#233;e notamment par leurs rencontres dans les pubs, et plus tard dans les stades. Progressivement, le football devint un sport populaire, dans lequel la classe ouvri&#232;re se reconnut. Corollairement, par la pratique sportive du football, elle se forgea un esprit de lutte et de combativit&#233;. Aussi, gr&#226;ce au football, les classes populaires, apr&#232;s des journ&#233;es d'exploitation, trouv&#232;rent-elles un exutoire pour se divertir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque, les &#233;lites bourgeoises, aux fins de se d&#233;marquer des masses populaires fra&#238;chement entich&#233;es du ballon rond, d&#233;laiss&#232;rent le football pour s'adonner &#224; l'exercice d'autres sports r&#233;put&#233;s plus prestigieux, notamment le tennis et le golf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, au point de vue technique, la codification du football fut &#233;tablie au XIX&#232;me si&#232;cle. Ce fut en 1863 que 17 repr&#233;sentants des publics schools anglais se r&#233;unirent pour unifier les r&#232;gles du football qui variaient alors d'un coll&#232;ge &#224; l'autre. Tout un ensemble de r&#232;gles encadra ensuite ce nouveau sport, notamment celles relatives &#224; la superficie du terrain, d&#233;finitivement fix&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;luctablement, comme il sied &#224; une soci&#233;t&#233; de classe, progressivement envahi par la logique capitalistique industrielle, le football calqua son fonctionnement sur la division du travail en vigueur dans les entreprises. &#192; l'instar de l'atelier de la manufacture, la sp&#233;cialisation des joueurs et des postes au sein de l'&#233;quipe fut instaur&#233;e. D&#232;s lors, l'objectif devint productif : marquer des buts, autrement dit accumuler du &#171; capital-point &#187;. Seule importe la lucarne qui capitalise, sans jeu de mots, tout l'int&#233;r&#234;t de l'enjeu footballistique, au d&#233;triment du terrain r&#233;duit &#224; une surface d'affrontement guerrier occup&#233;e 90 minutes durant par des joueurs robotis&#233;s &#233;quip&#233;s de crampons pour neutraliser l'adversaire, abattre l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plaisir du jeu c&#233;da devant l'angoisse de l'enjeu. La cr&#233;ativit&#233; devant la rentabilit&#233;. L'esprit ludique devant la mentalit&#233; cupide. L'innocence sportive devant la rouerie athl&#233;tique. &#201;ric Cantona, dernier dinosaure demeur&#233; fid&#232;le &#224; l'esprit du football ludique collectif, &#224; la question sur le plus beau but de sa carri&#232;re, r&#233;pondit spontan&#233;ment (j'allais &#233;crire sportivement) : &#187; Mon plus beau but, c'&#233;tait une passe ! &#187; Aujourd'hui, une telle r&#233;plique, pour son h&#233;r&#233;sie sportive, vaudrait &#224; son auteur un bannissement d&#233;finitif des instances footballistiques dominantes. Car le footballeur n'est pas pay&#233; pour jouer mais marquer des buts, remporter des victoires. Comme l'entreprise capitaliste ne fonctionne pas pour satisfaire les besoins humains, mais vendre ses marchandises, remporter des parts de march&#233;, accumuler du capital. Au reste, c'est le m&#234;me romantique &#201;ric Cantona qui a d&#233;clar&#233; &#171; Le ballon, c'est comme une femme, il aime les caresses &#187;. Les instances dirigeantes et les amateurs de football diront plut&#244;t &#171; le ballon rond, c'est comme la soci&#233;t&#233; capitaliste, il cultive les crasses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit d'&#233;quipe du football : terrain d'entra&#238;nement de discipline &#224; l'usine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la naissance du football, dans le cadre de la pacification des rapports sociaux, les instances patronales et religieuses s'invit&#232;rent sur le terrain pour valoriser amplement ce nouveau sport fond&#233; sur l'esprit d'&#233;quipe et l'efficacit&#233; collective, incarnant un mod&#232;le identificatoire id&#233;al pour les travailleurs r&#233;put&#233;s pour leur insubordination. &#171; Les patrons des usines mesurent l'int&#233;r&#234;t et le prestige que peut leur apporter un club de football. Celui-ci, &#224; la fois, permet une union plus forte entre les ouvriers et peut assurer une plus grande renomm&#233;e &#224; l'entreprise. &#187; &#192; l'instar de l'univers industriel, le football valorise la performance individuelle, le travail d'&#233;quipe, la division des t&#226;ches, la planification collective, la solidarit&#233;. Progressivement, le football devint le sport pr&#233;f&#233;r&#233; de la classe ouvri&#232;re, tandis que le rugby (tennis et golf) deviendrait l'apanage des &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, ces instances favoris&#232;rent le d&#233;veloppement de la pratique du football et la fr&#233;quentation des stades. De fait, pour amortir la trop forte pression de l'exploitation salariale, les institutions patronales et &#233;tatiques incit&#232;rent (excit&#232;rent ?) les ouvriers &#224; se d&#233;fouler fr&#233;n&#233;tiquement sur le terrain de football, pour les d&#233;tourner de l'espace de la contestation sociale. Et, en mani&#232;re de catharsis, sur les gradins des stades pour leur procurer une aire d'&#233;panchement de leurs ardeurs combatives, une zone de purgation de leurs frustrations soci&#233;tales. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football constitue ainsi une extraordinaire soupape de s&#251;ret&#233; pour l'ordre &#233;tabli. Un efficace instrument cathartique social apte &#224; purger les &#233;nergies libidinales, un m&#233;canisme de sublimation collective efficient. Le football est une excellente &#233;cole d'usinage des esprits, de fa&#231;onnement des comportements. Le football est l'antichambre de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du XX&#232;me si&#232;cle, le jeu footballistique &#233;volua, se perfectionna. D'amateur, il devint professionnel. Le jeu de passe se d&#233;veloppa au d&#233;triment de la prouesse individuelle. Le football repose depuis lors sur la coop&#233;ration et la construction collective du jeu. Les stades se mu&#232;rent en espaces de sociabilit&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Football : espace d'expression politique et d'identit&#233; nationale au cours de la R&#233;volution alg&#233;rienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, dans certaines circonstances historiques exceptionnelles, le football devint un puissant catalyseur de revendications politiques. Parfois, des espaces d'expression politique. Le football servit m&#234;me d'instrument de revendications politiques, d'affirmation d'identit&#233; nationale, de moyen de lutte anticolonialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie illustra de mani&#232;re triomphale cette instrumentalisation politique du football comme arme h&#233;ro&#239;que de lutte. Dans sa lutte pour son ind&#233;pendance, l'Alg&#233;rie s'appuya entre autres sur le football pour lutter contre le colonialisme. C'est ainsi qu'en 1958, le FLN cr&#233;a sa propre &#233;quipe de football, incarn&#233;e notamment par Rachid Mekhloufi de l'AS Saint-&#201;tienne, Mokhtar Arribi et Abdelhamid Kermali. Ces joueurs, dont certains furent s&#233;lectionn&#233;s en &#233;quipe de France, abandonn&#232;rent leur carri&#232;re et leur mode de vie confortable pour s'engager dans la lutte anticoloniale. &#192; l'&#233;poque, &#224; l'apog&#233;e de la lutte de Lib&#233;ration nationale, 29 footballeurs &#233;voluant dans des &#233;quipes de la France m&#233;tropolitaine, rejoignirent clandestinement la Tunisie pour se mettre au service de la R&#233;volution alg&#233;rienne. Gr&#226;ce &#224; leur notori&#233;t&#233;, ces footballeurs mirent en lumi&#232;re la cause alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces joueurs populaires alg&#233;riens illustr&#232;rent que la lutte contre le colonialisme ne pouvait plus &#234;tre r&#233;duite aux dol&#233;ances pacifiques politiques et &#224; la marginalit&#233; revendicative. Aussi, la lutte anticolonialiste s'invita-t-elle sur le terrain du combat r&#233;volutionnaire. Elle refusa d'&#234;tre toujours mise sur la touche. Elle br&#251;la les r&#232;gles de jeu impos&#233;es par l'adversaire pour chausser les treillis du maquis et enfiler la tenue de combat. Des gradins parlementaires, le combat descendit sur le terrain militaire. De d&#233;fensive, la lutte devint offensive. Le jeu de plume s&#233;mantique c&#233;da devant le fusil d'attaque h&#233;ro&#239;que. Les gardiens de la R&#233;volution alg&#233;rienne n'eurent qu'un but : remporter la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, apr&#232;s avoir servi de caisse de r&#233;sonance anticoloniale, les stades de football deviendront des espaces de revendications politiques et sociales pour la jeunesse alg&#233;rienne paup&#233;ris&#233;e, issue des quartiers populaires, en butte &#224; la d&#233;ch&#233;ance sociale et la mis&#232;re affective et sexuelle. En effet, depuis le d&#233;but de notre si&#232;cle, notamment sous le r&#233;gime de Bouteflika, avec l'&#233;mergence de la culture ultra (supporteurisme radical), lors des rencontres de football, les stades servirent r&#233;guli&#232;rement de tribunes d'expression de contestation politique contre le r&#233;gime, mat&#233;rialis&#233;e notamment par les chants des supporteurs des clubs de la capitale. Lors de chaque match, les supporteurs de certains clubs entonnaient des hymnes de contestation dont le plus c&#233;l&#232;bre est La casa del Mouradia, chant compos&#233; par les supporteurs de l'Union sportive de la m&#233;dina d'Alger (USMA). Ce chant fut fr&#233;quemment repris par les foules lors des manifestations hebdomadaires au cours de l'Acte I du Hirak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La casa del Mouradia, embl&#233;matique hymne footballistique, r&#233;sume ce que pensait du r&#233;gime la majorit&#233; de la jeunesse alg&#233;rienne. Ces multiples chants fustigeaient le despotisme &#233;tatique, la corruption des dirigeants, la mis&#232;re, le ch&#244;mage, la hogra. On peut citer, en vrac, d'autres c&#233;l&#232;bres tubes footballistiques : celui des supporteurs du Mouloudia Club d'Alger (MCA), 3am Sa&#239;d (&#171; Bonne ann&#233;e &#187; ) ; de l'Union sportive de madinet El-Harrach (USMH), Chkoun sbabna ? (&#171; Qui est coupable - de nos malheurs - ? &#187;) ; Quilouna (&#171; Foutez-nous la paix &#187; ; Babour ellouh (&#171; Barque de bois &#187;, 2018), qui &#233;voque la situation des harraga. En Kabylie, les berb&#233;ristes se servent &#233;galement des stades pour clamer des slogans hostiles au pouvoir, utiliser les gradins comme tribune de propagande pour appuyer leurs revendications ethnolinguistiques, voire s&#233;cessionnistes. Lors de certains matchs, d'aucuns brandissent le folklorique embl&#232;me tribal amazigh, entonnent des chants chauvinistes berb&#233;ristes pour proclamer leurs particularismes culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le continent Sud-am&#233;ricain, dans les pays latino-am&#233;ricains, le football repr&#233;senta &#233;galement un moyen de lutte et d'&#233;mancipation. Par exemple, au Br&#233;sil, &#224; l'origine le football fut l'apanage de la bourgeoisie blanche. Progressivement, sans jeu de mots, les afro-br&#233;siliens envahirent le terrain et s'empar&#232;rent du ballon pour se transformer gr&#226;ce au dribble en artistes du football. Avec l'entr&#233;e en jeu des afro-br&#233;siliens dans le football, le terrain d&#232;s lors devint une sc&#232;ne de spectacle o&#249; les plus belles prouesses footballistiques se d&#233;ployaient au grand bonheur des spectateurs &#233;bahis. Contrairement au football europ&#233;en demeur&#233; encore tr&#232;s rigide (frigide ?), car il valorisait toujours la rigueur et la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, les joueurs du monde entier ont adopt&#233; la technique de jeu martiale europ&#233;enne. Ils sont devenus les mercenaires des capitalistes en qu&#234;te d'investissements fructueux. Les joueurs ne mouillent pas seulement le maillot dans le milieu du terrain, mais ils sont aussi mouill&#233;s avec le milieu mafieux du football-business international. (Ces millionnaires en crampons se mouillent aussi bien dans les m&#339;urs des affaires que dans les affaires de m&#339;urs &#8211; affaires des prostitu&#233;es).Assur&#233;ment, le Br&#233;sil incarne le football cr&#233;atif et distractif. L'Europe, elle, personnifie le football normatif et combatif, et surtout lucratif. Dans le football de cette derni&#232;re, prime le jeu d&#233;fensif et disciplin&#233;. Le r&#233;sultat prime sur la qualit&#233; du jeu, tandis que le football br&#233;silien valorise le jeu offensif et cr&#233;atif ; la gratuit&#233; du geste contre l'avidit&#233; du gain ; le beau jeu intelligent contre le laid enjeu argent. Nous avons affaire &#224; deux mentalit&#233;s sportives radicalement antinomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces derni&#232;res d&#233;cennies, quel que soit le continent, le football est soumis &#224; la m&#234;me logique mercantile : le fric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marchandisation du football&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, au cours de ces derni&#232;res d&#233;cennies, le football a subi d'&#233;normes transformations. On a assist&#233; &#224; une profonde marchandisation du football. Force est de constater que le jeu sur la pelouse ne constitue que le paravent sportif pour dissimuler d'autres enjeux, notamment financiers : droits de retransmission t&#233;l&#233;vis&#233;e, recettes, produits d&#233;riv&#233;s, contrats de sponsoring, sommes faramineuses tir&#233;es des transferts, et autres op&#233;rations occultes, par exemple les fameuses caisses noires. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, le football incarne l'id&#233;ologie dominante car il correspond aux valeurs pr&#233;conis&#233;es par le capital. Les clubs de football, convertis &#224; l'&#233;conomie de march&#233;, sont devenus de v&#233;ritables entreprises capitalistes. Certains clubs sont cot&#233;s en bourse. Nul doute, le football n'est pas seulement un jeu sportif, il constitue surtout un enjeu &#233;conomique. Mais &#233;galement politique. Le football constitue une formidable hypnotique distraction collective capable d'occulter tous les autres &#233;v&#233;nements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football est le sport politique par excellence. Comme l'avait &#233;crit l'ethnologue Christian Bromberger : &#187; Il (le football) se situe au carrefour de questions capitales comme l'appartenance, l'identit&#233;, la condition sociale et m&#234;me, par son aspect sacrificiel et sa mystique, la religion. C'est pourquoi les stades se pr&#234;tent si bien aux c&#233;r&#233;monies nationalistes, aux localismes et aux d&#233;bordements identitaires ou tribaux qui d&#233;bouchent parfois sur des violences entre supporters fanatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football sert d'exutoire aux nationalismes et d'adjuvant aux guerres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, force est de constater qu'on a assist&#233; &#224; une manipulation et r&#233;cup&#233;ration politique du football. Sournoisement, le football sert d'exutoire aux nationalismes et d'adjuvant aux guerres. Les tribunes des stades constituent les seules sph&#232;res de tol&#233;rance de d&#233;bridement des exaltations hyst&#233;riques collectives, d'expression des aversions et hostilit&#233;s bannies par ailleurs dans la vie ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le football, au-del&#224; de l'expression des &#233;motions n&#233;vrotiques, on assiste &#233;galement &#224; l'&#233;ruption volcaniques des particularismes primitifs, des conduites tribales. &#192; notre &#232;re des tribus (des petits groupes, des r&#233;seaux sociaux, des communaut&#233;s identitaires et religieuses) o&#249; la Raison a &#233;t&#233; mise au vestiaire, remplac&#233;e sur le terrain soci&#233;tal par les affects et les &#233;motions, tous les tacles comportementaux sont permis pour r&#233;ussir socialement, souvent au d&#233;triment d'autrui laiss&#233; sur la touche. Un chroniqueur a d&#233;clar&#233; &#171; Au football seul le ballon n'est pas pay&#233;, c'est pourtant lui qui se prend le plus de coups &#187;. Il a oubli&#233; d'ajouter que les joueurs et les supporteurs se prennent &#233;galement des coups. Et gratuitement. Les supporteurs, en adeptes du sport du Talion, se font toujours un plaisir de rendre la monnaie de leur pi&#232;ce &#224; leurs rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le club de football personnifie la tribu. Et chaque supporteur d&#233;fend sa tribu. Comme &#224; l'&#233;poque antique, devant une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative, p&#233;riodiquement, certaines tribus se f&#233;d&#233;raient pour constituer une arm&#233;e homog&#232;ne afin de combattre un ennemi commun. De nos jours, cette arm&#233;e est incarn&#233;e par l'&#201;quipe Nationale constitu&#233;e de joueurs appartenant &#224; divers clubs. Parce que les guerres inter&#233;tatiques et intra&#233;tatiques sont interdites (du moins officiellement les &#201;tats ne se font pas la guerre tous les jours), par l'effet de sublimation, ces clubs-tribus se livrent l&#233;galement des conflits sur le terrain et les gradins des stades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;galement les qualifier de vendetta moderne, ces vengeances qui se perp&#233;tuaient de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration entre diff&#233;rents clans qui se vouaient une haine meurtri&#232;re inexpiable. Except&#233; qu'aujourd'hui ces revanches entre clubs ennemis sont codifi&#233;es par des normes officielles r&#233;gies par des instances nationales footballistiques civilis&#233;es. Certains supporteurs de clubs cultivent des inimiti&#233;s irr&#233;conciliables, une hostilit&#233; fanatique, une haine meurtri&#232;re &#224; l'encontre des supporteurs d'un autre club qui rappellent &#233;trangement le ph&#233;nom&#232;ne de la s&#233;culaire vendetta fond&#233;e sur la d&#233;fense de l'honneur et la vengeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, r&#233;guli&#232;rement, dans de nombreux pays les matches de football donnent lieu &#224; des explosions de chauvinisme et de x&#233;nophobie. M&#234;me les &#201;tats s'y m&#234;lent. Lors des matches impliquant les &#233;quipes nationales, responsables politiques et supporteurs n'h&#233;sitent pas &#224; se livrer &#224; des hyst&#233;riques surench&#232;res d'expressions ethnico-identitaires, communautaristes, nationalistes, &#224; la limite du racisme. Seul le football est capable de produire cette sorte de comportements antisociaux. Ainsi, au nom d'une passion infantile confinant &#224; l'intoxication mentale, le football l&#233;gitime et banalise ces hyst&#233;ries chauvinistes et tribales collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, le football est la pr&#233;paration de la guerre par d'autres moyens, le spectacle civilis&#233; de la violence collective &#171; tol&#233;r&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de fanatiques footeux ne jurent que par le football, et n'injurient que pour le football. Par ailleurs, le football enferme les identit&#233;s nationales ou r&#233;gionales dans des identifications mystificatrices (Barcelone, PSG, JSK, MCA, etc.) g&#233;n&#233;rant des comportements de rejet et de haine de l'autre, alimentant des sentiments de vengeance, de revanche (mettre une &#171; racl&#233;e &#187;, une &#171; d&#233;culott&#233;e &#187;, une &#171; branl&#233;e &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symptomatique d'une pathologie inh&#233;rente au football contemporain, lors des matches internationaux, les supporteurs sont envahis par des &#233;lans irrationnels d'identification mim&#233;tique &#224; la &#171; m&#232;re patrie &#187;, donnant lieu &#224; des stigmatisations outranci&#232;res de l'adversaire, &#224; des slogans racistes doubl&#233;s souvent d'agressions physiques, au d&#233;ferlement du chauvinisme, de l'ultranationalisme, de violences interethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Football : d&#233;bordements de violences et d&#233;cha&#238;nements de haine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus inqui&#233;tant encore, il n'y a qu'avec les matches de football o&#249; les stades et les alentours font l'objet d'une bunk&#233;risation milataro-polici&#232;re pour permettre le d&#233;roulement &#171; normal &#187; de la rencontre du match sous haute surveillance. Aucune autre manifestation sportive ou culturelle ne suscite de tels d&#233;cha&#238;nements de violence, furieusement perp&#233;tr&#233;s en d&#233;pit de l'instauration de mesures draconiennes de s&#233;curit&#233; mat&#233;rialis&#233;es par le d&#233;ploiement massif de forces de l'ordre. De fait, nonobstant toutes ces mesures s&#233;curitaires, les matches sont fr&#233;quemment &#233;maill&#233;s de d&#233;bordements de violences et de d&#233;cha&#238;nements de haine (les graves incidents qui se sont produits &#224; Magra lors du match des quarts de finale de la coupe de la Ligue entre le NCM et la JS Saoura viennent rappeler l'ampleur de la violence dans les coulisses des stades).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le football est le seul sport qui se joue sous la clique du fric et de la trique du flic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, force est de constater que la caract&#233;ristique essentielle de la peste &#233;motionnelle footballistique est son pouvoir de contamination. Rien n'est plus contagieux que la peste. Mus par l'esprit de meute ou de horde, les shoot&#233;s du ballon rond transforment souvent les stades en terrains d'affrontements violents g&#233;n&#233;ralis&#233;s meurtriers. Il ne faut pas oublier les responsabilit&#233;s du football-business dans les massacres du Heysel en 1985 et de Sheffield en 1989. Ni les responsabilit&#233;s des forces de l'ordre dans la mort de 131 spectateurs indon&#233;siens. En effet, le 1 octobre 2022, le soir du match, apr&#232;s la d&#233;faite de leur &#233;quipe, pour exprimer leur m&#233;contentement des centaines de fans avaient p&#233;n&#233;tr&#233; sur le terrain. En riposte, la police indon&#233;sienne lan&#231;a aussit&#244;t des vol&#233;es de gaz lacrymog&#232;ne vers les gradins bond&#233;s. Les spectateurs se pr&#233;cipit&#232;rent en masse vers les portes &#233;troites de sortie o&#249; ils furent pi&#233;tin&#233;s par la foule, et &#233;touff&#233;s par la grande quantit&#233; de gaz lacrymog&#232;ne d&#233;vers&#233;e par la police. Au reste, les familles des victimes et les supporteurs &#171; survivants &#187; accus&#232;rent les forces de l'ordre d'avoir r&#233;agi de fa&#231;on disproportionn&#233;e et irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'opinion commun&#233;ment r&#233;pandue, de nos jours le football ne constitue pas un vecteur d'int&#233;gration sociale, de concorde civile ou d'amiti&#233; entre les peuples. Au contraire, la r&#233;alit&#233; effective des terrains nous prouve qu'il remplit une fonction r&#233;actionnaire de d&#233;politisation, de gr&#233;garisation r&#233;gressive et d'exutoire aux frustrations libidinales et sociales, de diversion id&#233;ologique, de d&#233;versoir hyst&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, si le football est producteur de violences sociales, vecteur d'agressivit&#233;s nouvelles, cela tient aussi &#224; sa structure m&#234;me : le football est organis&#233; en logique de comp&#233;tition et d'affrontement ; il est fond&#233; sur le principe de rendement et de hi&#233;rarchie, normes inh&#233;rentes &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste fonci&#232;rement belliqueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Football : r&#233;gression au stade &#171; baballe &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'apoth&#233;ose de l'ali&#233;nation se v&#233;rifie en ces temps de crise &#233;conomique et sociale. En effet, il est path&#233;tique que, au sein des populations, l'unique sujet de conversation quotidien soit le football. &#192; cet &#233;gard, en mati&#232;re de commentaires footballistiques, chaque individu rivalise d'ing&#233;niosit&#233; pour s'improviser expert sportif de comptoir de caf&#233; ou de boutique de rue. Selon la topique psychique freudienne, on est en pleine r&#233;gression au stade &#171; baballe &#187;, o&#249; les d&#233;jections logorrh&#233;iques footballistiques dominent la personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, au-del&#224; de la &#171; f&#234;te populaire &#187;, le football a toujours &#233;t&#233; au service des politiques r&#233;actionnaires, du d&#233;voiement des luttes sociales, vecteur de distillation du chauvinisme, d'obscurcissement de la conscience de classe. Le football est le seul sport d&#233;pourvu d'&#171; innocence politique &#187;. Les grandes messes footballistiques ont souvent servi &#224; l&#233;gitimer diverses dictatures et r&#233;gimes autoritaires, manipulations politiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'historien Eric Hobsbawm, le football c'est &#171; la religion la&#239;que du prol&#233;tariat &#187;, confin&#233; dans la v&#233;n&#233;ration de ces nouveaux Dieux du ballon rond. Pour apaiser les affres du prol&#233;tariat, le football s'est converti &#224; l'affairisme capitaliste, par ses promesses paradisiaques de promotion sociale et d'enrichissement facile cens&#233;ment octroy&#233;s &#224; tout jeune adepte du ballon rond. Une chose est s&#251;re : le football est un efficient instrument de mystification id&#233;ologique et de d&#233;mobilisation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus r&#233;voltant &#224; l'occasion de la derni&#232;re Coupe du monde organis&#233;e en Russie, c'est qu'au moment o&#249; tous les supporteurs de la majorit&#233; des pays communiaient joyeusement dans l'extase tonitruante, partout les syst&#232;mes des protections sociales &#233;taient pulv&#233;ris&#233;s dans un silence assourdissant d'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, au moment o&#249; se d&#233;roulait l'Euro en juin et juillet 2021, en pleine panique pand&#233;mique politiquement instrumentalis&#233;e, les gouvernants poursuivaient leur politique antisociale, acc&#233;l&#233;raient la militarisation de la soci&#233;t&#233;, aggravaient la paup&#233;risation des populations. Et l'actuelle Coupe du monde ne d&#233;rogera pas &#224; ce d&#233;voiement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment, les classes populaires pr&#233;f&#232;rent s'emparer des tribunes des stades que d'occuper les terrains centraux politiques. Pr&#233;f&#232;rent succomber aux &#171; passions vibratoires &#187; et aux &#171; extases &#187; footballistiques que de se passionner pour de vibrantes causes politiques &#233;mancipatrices. Chaque adepte du foot r&#233;clame sa dose d'opium footballistique pour assouvir son addiction, loin des tribulations politiques et sociales mais pr&#232;s des tribunes des stades hyst&#233;riquement envahies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Football : v&#233;ritable multinationale capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paroxysme de l'ali&#233;nation se d&#233;roule dans les stades. Faire jouer les spectacles footballistiques par des acteurs mercenaires millionnaires devant des smicards et des ch&#244;meurs constitue en effet l'apoth&#233;ose de l'ali&#233;nation plan&#233;taire. Par rapport au n&#233;ant que les joueurs produisent, on ne peut que s'alarmer sur l'&#233;tat mental de leurs supporteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, Nul doute, si autrefois le football &#233;tait un spectacle ludique collectif populaire, depuis plusieurs d&#233;cennies il est devenu une v&#233;ritable multinationale capitaliste o&#249; les joueurs sont achet&#233;s, vendus ou &#233;chang&#233;s comme des chevaux de course ou des call-girls de luxe. &#192; l'&#232;re de la mondialisation, l'achat et la vente des footballeurs s'apparentent &#224; de modernes formes de traite d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football professionnel brille par ses multiples prouesses mafieuses : escroqueries, caisses noires, dessous de table, salaires et primes non d&#233;clar&#233;s, faux en &#233;criture, d&#233;tournements, fraudes, truquages, etc. Toutes les normes capitalistes, valoris&#233;es dans le monde de l'entreprise, sont propag&#233;es dans l'univers du football : culte de la performance, d&#233;passement de soi, virilit&#233;, force physique, victoire sur l'autre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Football : agent de diversion social, soupape de s&#251;ret&#233; pulsionnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le football est devenu un instrument de politique d'encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contr&#244;le social, une intoxication id&#233;ologique saturant tout l'espace public. &#192; cet &#233;gard, il repr&#233;sente pour les &#201;tats un id&#233;al agent de diversion social, une soupape d'&#233;chappement permettant la dissolution de l'individu dans la masse gr&#233;gaire anonyme, un terrain propice au conformisme des automates. Ces porteurs d'un ballon &#224; la place du cr&#226;ne ressemblent &#224; ces animaux mus par un fonctionnement mim&#233;tique, instinctuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, le football est devenu une v&#233;ritable machine &#224; d&#233;cerveler les consciences, une entreprise de massification r&#233;gressive des &#233;motions, de chloroformisation des esprits, de cr&#233;tinisation culturelle, de colonisation des conduites par le conformisme gr&#233;gaire, de fanatisation des masses par les chauvinismes hyst&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football sert d'exutoire &#224; ces shoot&#233;s du stade, toxicos du foot, d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;s des stades. Le football, comme tous les sports de comp&#233;tition, stimule l'agressivit&#233;, excite les rivalit&#233;s, intensifie les tensions, attise les haines, exacerbe les conflits, d&#233;cha&#238;ne les violences, enflamme les foules fanatis&#233;es, exalte les chauvinismes, incite aux crimes. Il rec&#232;le m&#234;me un ferment de radicalisme. Certains de ses fanatiques supporteurs ne sont-ils pas &#171; fich&#233;s S &#187;, interdits de stade en raison de leurs activit&#233;s violentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, l'opium footballistique s'apparente &#224; la drogue islamiste o&#249; la violence est &#233;rig&#233;e en r&#233;f&#233;rent culturel, en sport international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le football, les explosions de bonheur s'apparentent davantage &#224; des d&#233;charges pulsionnelles primaires bestiales qu'&#224; des expressions de sentiments li&#233;s &#224; une sociabilit&#233; pacifique fond&#233;e sur l'amour et la fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football est la meilleure &#233;cole de la guerre (autre point commun avec l'islamisme belliqueux qui utilise non pas le ballon rond pour dynamiser les foules mais la bombe explosive pour dynamiter des populations civiles innocentes) : guerres des quartiers, des r&#233;gions, des nations, guerres des maillots, des sponsors et des t&#233;l&#233;visions, guerres ethniques, guerres des supporteurs, transform&#233;es souvent en guerres civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le football est un terreau fertile du racisme (dernier acte raciste, qui plus est en Alg&#233;rie : l'attaquant nig&#233;rien du NC Magra, Soumana Boubacar Hainikoye, a &#233;t&#233; victime d'insultes racistes de la part d'une partie des supporteurs de l'&#233;quipe locale et des dirigeants du club, JS Saoura, selon les informations. En 2014, le joueur africain, l'attaquant camerounais, Eboss&#233;, &#233;voluant dans l'&#233;quipe de la JS Kabylie avait succomb&#233; apr&#232;s avoir re&#231;u des projectiles lanc&#233;s sur lui par des supporteurs), de la x&#233;nophobie, de l'antis&#233;mitisme, de l'exasp&#233;ration des appartenances identitaires, de l'exaltation des diff&#233;rences, des crispations communautaristes, des haines amoureusement partag&#233;es dans les stades (encore des affinit&#233;s &#233;lectives avec l'islamisme qui aime partager son islam haineusement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment, ces derni&#232;res d&#233;cennies, nous vivons &#224; l'&#232;re de l'horreur footballistique g&#233;n&#233;ralis&#233;e : violences, dopage, magouilles, cr&#233;tinisme des supporteurs et joueurs, etc. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de relever que le football est bellig&#232;ne. Le football est la continuation de la guerre par d'autres moyens. Le football est la praxis de la pol&#233;mologie, th&#233;orie de la guerre. Le football est devenu le dernier terrain d'affrontement direct entre pays antagonistes. L'esprit d'invincibilit&#233;, incarn&#233; dans le moral de l'&#233;quipe de football soud&#233;e comme une troupe militaire, est l'&#233;l&#233;ment capital qui permet de gagner ou perdre la guerre footballistique, autrement dit le match.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, nul doute, le football ne rec&#232;le aucune cr&#233;ativit&#233; artistique. Il est &#224; l'art ce que la nuit est au jour : il n'offre aux yeux aucune lumi&#232;re esth&#233;tique. La nuit sombre reproduit les m&#234;mes t&#233;n&#233;breux aveuglants et angoissants paysages minuscules d&#233;pourvus de tout horizon. Le jour au contraire offre au regard un majestueux illimit&#233; spectacle de la nature perp&#233;tuellement m&#233;tamorphos&#233;e. Chaque matin une nouvelle chor&#233;graphie naturelle ouvre le ballet de la danse du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monotone r&#233;p&#233;tition m&#233;canique des gestes techniques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le football, il n'existe aucune cr&#233;ativit&#233;. C'est la monotone r&#233;p&#233;tition de l'ancien, la r&#233;p&#233;tition des m&#234;mes gestes techniques, la reproduction des m&#234;mes sch&#233;mas tactiques acquis au cours des entra&#238;nements. C'est l'&#233;ternel recommencement du m&#234;me jeu appris m&#233;caniquement lors des apprentissages-dressages des jeunes footballeurs soustraits t&#244;t &#224; l'&#233;cole pour &#234;tre livr&#233;s &#224; des centres footballistiques disciplinaires, comme des esclaves. On se croirait &#224; l'usine, soumis &#224; la cadence et au chronom&#232;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, si la chor&#233;graphie sur la pelouse se r&#233;duit aux ballets de la violence et des chocs brutaux, l'&#339;uvre d'art, au contraire, incite &#224; penser, invite &#224; stimuler l'imagination, incline &#224; varier sans fin les &#339;uvres, &#224; bouleverser constamment les r&#232;gles de la cr&#233;ation. Si l'art s'inscrit dans un horizon infini de perspectives o&#249; l'imagination prend son envol pour atteindre le firmament de la cr&#233;ation, le football, lui, s'exerce aux ras des p&#226;querettes dans un p&#233;rim&#232;tre restreint o&#249; le seul enjeu est de projeter un ballon dans la lucarne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a dit que (seule) la religion est l'opium du peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un intellectuel est quelqu'un qui regarde une saucisse et pense &#224; Picasso &#187;, avait dit l'humoriste anglais Alan Patrick Herbert. Nous ajouterons pour notre part, en guise de note finale humoristique : Un footeux est quelqu'un qui couche avec sa femme et pense &#224; Ronaldo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inauguration de l'&#232;re du d&#233;mospotisme en Occident </title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6941</link>
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		<dc:date>2022-09-25T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Inauguration de l'&#232;re du d&#233;mospotisme en Occident &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa forme antique comme dans sa version moderne, la d&#233;mocratie, produit d'une soci&#233;t&#233; d&#233;chir&#233;e par les clivages sociaux, est le mode de gouvernement &#233;labor&#233; par les classes dominantes pour administrer pacifiquement leurs conflits, g&#233;rer politiquement leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques. &#192; l'&#233;poque grecque antique, berceau de son &#233;closion, la d&#233;mocratie, qui n'eut qu'une existence &#233;ph&#233;m&#232;re, ne s'appliquait qu'aux hommes libres. Elle &#233;tait exerc&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique78" rel="directory"&gt;1-3 Le r&#233;formisme d'aujourd'hui, du syndicalisme &#224; l'altermondialisme et au d&#233;mocratisme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inauguration de l'&#232;re du d&#233;mospotisme en Occident &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans sa forme antique comme dans sa version moderne, la d&#233;mocratie, produit d'une soci&#233;t&#233; d&#233;chir&#233;e par les clivages sociaux, est le mode de gouvernement &#233;labor&#233; par les classes dominantes pour administrer pacifiquement leurs conflits, g&#233;rer politiquement leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques. &#192; l'&#233;poque grecque antique, berceau de son &#233;closion, la d&#233;mocratie, qui n'eut qu'une existence &#233;ph&#233;m&#232;re, ne s'appliquait qu'aux hommes libres. Elle &#233;tait exerc&#233;e exclusivement par les hommes libres, en l'esp&#232;ce une portion infime de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie : apanage des classes &#233;conomiquement opulentes et politiquement purulentes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la majorit&#233; de la population laborieuse (les esclaves, m&#233;t&#232;ques, prol&#233;taires et paysans) &#233;tait exclue du jeu et des enjeux &#171; d&#233;mocratiques &#187; des propri&#233;taires d'esclaves. Qui plus est, si la d&#233;mocratie fut invent&#233;e pour les &#171; citoyens &#187; libres afin de s'administrer directement eux-m&#234;mes, l'exercice effective de cette libert&#233; fut permis par leur affranchissement de l'obligation de travailler : le travail &#233;tant assur&#233; par les seuls esclaves. Par cons&#233;quent, &#224; l'&#233;poque antique grecque, d&#233;j&#224; la d&#233;mocratie &#233;tait fallacieuse. Ce fut une d&#233;mocratie d'argent, elle avait une caract&#233;ristique &#171; aristocratique &#187; manifeste, autrement dit un caract&#232;re de classe. Les classes laborieuses &#233;taient exclues du pouvoir &#171; l&#233;gislatif &#187;, &#224; plus forte raison bannies du pouvoir ex&#233;cutif, apanage des classes poss&#233;dantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard, au tournant des 17e et 18e si&#232;cles, &#224; la faveur des r&#233;volutions bourgeoises anglaise, am&#233;ricaine et fran&#231;aise, la remise en sc&#232;ne de la d&#233;mocratie comme mode de d&#233;signation des saltimbanques politiques pr&#233;pos&#233;s &#224; l'administration des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des riches ne fut pas le fruit du hasard, un accident de parcours de l'Histoire. La d&#233;mocratie bourgeoise s'imposa d'embl&#233;e comme la forme de domination politique la plus efficiente et la plus durable, en ce qu'elle associe l'esclave-salari&#233;, baptis&#233; par euph&#233;misme citoyen, au choix politiques de ses ma&#238;tres. Cette forme d'organisation politique de gouvernance est la plus idoine pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de la bourgeoisie, d&#233;fendus par des mercenaires politiciens fabriqu&#233;s par les puissances financi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cet &#233;gard, il est important de relever que la sph&#232;re &#233;conomique est paradoxalement exclue du scrutin d&#233;mocratique. Voit-on un banquier, un patron de conglom&#233;rat industriel &#233;lu au vote universel ? L'&#233;conomie &#8211; le capital et sa reproduction &#233;largie &#8211;, propri&#233;t&#233; exclusive de la minoritaire classe capitaliste, ces n&#233;griers des temps modernes, ne fait l'objet d'aucune forme de gouvernance d&#233;mocratique. Les dirigeants d'entreprise, ces propri&#233;taires d'esclaves-salari&#233;s de notre &#233;poque civilis&#233;e, ne sont jamais &#233;lus d&#233;mocratiquement par les travailleurs mais d&#233;sign&#233;s discr&#233;tionnairement par les d&#233;tenteurs de capital. L'entreprise, pourtant lieu de production des richesses et matrice de la reproduction de la vie, n'est pas soumise &#224; une gestion coop&#233;rative d&#233;mocratique mais &#224; un management dictatorial patronal exerc&#233; contre les salari&#233;s, &#224; qui il n'est pas permis de s'immiscer dans les affaires de l'entreprise &#224; capital priv&#233; ou public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses d&#233;buts, de la fin du XVIII&#232;me si&#232;cle jusqu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, la d&#233;mocratie bourgeoise fut &#233;litaire, &#171; mandarinale &#187;, socialement s&#233;gr&#233;gationniste, politiquement ali&#233;nante. En effet, les classes bourgeoises dominantes en phase de consolidation de leur pouvoir politique et &#233;tatique, plus honn&#234;tes que leurs descendantes contemporaines relativement &#224; la caract&#233;ristique sociale in&#233;galitaire de leur soci&#233;t&#233; de classe, ne se trompaient pas (et ne trompaient pas le peuple opprim&#233;) sur la vis&#233;e r&#233;elle de leur d&#233;mocratie financi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'embl&#233;e, leur d&#233;mocratie capitaliste fut plac&#233;e sous le signe de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de l'opulence, apparent&#233;e &#224; la richesse. Aussi, pour &#234;tre &#233;ligible et &#233;lecteur, fallait-il poss&#233;der un grand patrimoine, s'acquitter d'imp&#244;ts &#233;lev&#233;s, en un mot &#234;tre riche. Cette d&#233;mocratie des riches &#233;tait symbolis&#233;e par le suffrage censitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institutionnalisation du suffrage universel est r&#233;cente. Ce mode de scrutin fut instaur&#233; sous l'instigation des r&#233;voltes populaires en lutte pour b&#233;n&#233;ficier (croyaient-ils) des m&#234;mes droits parlementaires que les classes poss&#233;dantes. Sous la pression des r&#233;currentes insurrections populaires, les classes dominantes se r&#233;sign&#232;rent, contraintes et forc&#233;es, &#224; instituer le suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du XIXe et, surtout, au XXe si&#232;cles, apr&#232;s avoir consolid&#233; sa domination totalitaire sur la soci&#233;t&#233;, passage de la domination formelle &#224; la domination r&#233;elle du capital, pour mieux mystifier le peuple, en particulier dans les pays d&#233;velopp&#233;s en proie &#224; l'&#226;pret&#233; de la lutte des classes, la bourgeoisie eut l'ing&#233;nieuse id&#233;e d'associer &#233;lectoralement (non politiquement, ni &#233;conomiquement : la diff&#233;rence est importante. Car le peuple, hormis les &#233;ph&#233;m&#232;res p&#233;riodes &#233;lectorales racoleuses, est totalement exclu des permanents enjeux politiques, comme il est intrins&#232;quement exclu des structurels enjeux &#233;conomiques, apanages des politiciens stipendi&#233;s, et des patrons et financiers) le peuple &#224; son syst&#232;me r&#233;galien de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; une condition fondamentale : &#224; aucun moment ce &#171; privil&#232;ge &#233;lectoral &#187;, formellement conc&#233;d&#233; par les repr&#233;sentants du capital, ne doit servir de tremplin aux classes populaires pour remettre en cause la hi&#233;rarchie des pouvoirs de la soci&#233;t&#233; de classe, ni le mode de production capitaliste. Autrement dit, le suffrage universel constitue, depuis sa cr&#233;ation, une mascarade &#233;lectorale, permettant d'associer les prol&#233;taires &#224; la reproduction sociale de leur exploitation et ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, le droit de vote fut conc&#233;d&#233; avec parcimonie, de mani&#232;re graduelle, aux diff&#233;rentes couches sociales de la soci&#233;t&#233;, des propri&#233;taires fonciers jusqu'aux couches populaires en passant par les paysans et les femmes sans emploi. L'exp&#233;rience &#233;lectorale &#233;largie ayant &#233;t&#233; concluante &#8211; &#224; savoir qu'aucune formation politique, y compris radicale, ne profitait de cette fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#171; d&#233;mocratique &#187; pour contester l'ordre &#233;tabli et s'emparer du pouvoir parlementaire et ex&#233;cutif en vue de promouvoir les int&#233;r&#234;ts du salariat au d&#233;triment du capital &#8211;, la bourgeoisie se convainquit de l'utilit&#233; politique du suffrage universel, lui assurant toutes les garanties de p&#233;rennit&#233; de sa domination &#233;conomique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;possession du collectif r&#233;el combatif au profit du citoyen abstrait atomis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque, parall&#232;lement, l'irruption mena&#231;ante du prol&#233;tariat sur la sc&#232;ne politique allait contraindre la bourgeoisie &#224; changer son fusil d'&#233;paule : &#224; ne plus l'&#233;pauler contre les prol&#233;taires souvent insurg&#233;s contre le pouvoir. Aussi, pour mieux museler le mouvement socialiste r&#233;volutionnaire naissant (autrement dit, acheter la paix sociale), avait-elle discern&#233; tout l'int&#233;r&#234;t qu'elle pouvait tirer de la participation des partis ouvriers (longtemps interdits) aux mascarades &#233;lectorales. La bourgeoisie consentit &#224; int&#233;grer les partis socialistes et communistes au cirque &#233;lectoral pour mieux les corrompre de l'int&#233;rieur, c'est-&#224;-dire les vider de leur substance r&#233;volutionnaire en transformant leurs dirigeants en mandarins parlementaires dot&#233;s de substantiels appointements. Elle y est parvenue, &#224; observer la mutation des partis ouvriers qui troqu&#232;rent la R&#233;volution contre le parlementarisme. Cette transmutation militante donna naissance au R&#233;formisme, cette na&#239;ve croyance qu'on peut am&#233;liorer la condition de l'ouvrier en faisant l'&#233;conomie de la R&#233;volution. Aujourd'hui, avec la paup&#233;risation absolue de l'ensemble des prol&#233;taires du monde entier, l'histoire vient d&#233;mentir les &#233;lucubrations des r&#233;formistes sur le pr&#233;tendu caract&#232;re progressiste du capitalisme, ou la nature d&#233;mocratique des institutions gouvernementales et parlementaires cens&#233;ment d&#233;finitivement &#233;tablie. Ces institutions, politiquement purulentes et moralement polluantes, sont actuellement dans tous les pays, en particulier en Occident, en voie de durcissement autoritaire, autrement dit de transition dictatoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concession &#171; d&#233;mocratique &#187; constitua une imposture &#171; &#233;lectoraliste &#187; dict&#233;e par le grand capital &#224; la gauche collaborationniste pour lui permettre de se cr&#233;dibiliser aupr&#232;s des ouvriers et de d&#233;voyer la gronde du prol&#233;tariat pressur&#233;. Ce fut le d&#233;but de l'ali&#233;nation citoyenne, autrement dit l'esquisse de la d&#233;possession du collectif r&#233;el combatif au profit du citoyen abstrait atomis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en lieu et place de la satisfaction des revendications sociales portant notamment sur la hausse des salaires, la diminution du temps de travail, c'est-&#224;-dire de l'am&#233;lioration des conditions de vie, la bourgeoisie conc&#233;da-t-elle opportun&#233;ment la g&#233;n&#233;ralisation du suffrage universel. En lieu et place de la r&#233;partition &#233;galitaire des richesses, proc&#233;da-t-elle &#224; la distribution r&#233;guli&#232;re des bulletins de vote &#224; la pl&#232;be affam&#233;e, sous les ovations complaisantes des bureaucrates syndicaux ravis de leur collaboration tra&#238;tresse et l'approbation perfide des partis ouvriers parlementaires infatu&#233;s de leur all&#233;geance. &#192; l'instar des pays du Tiers-monde, notamment d'Afrique et du Maghreb, o&#249; la &#171; d&#233;mocratie &#187; de papier fut g&#233;n&#233;reusement octroy&#233;e au peuple mis&#233;rable &#224; la place de besoins sociaux essentiels. Sans conteste, la d&#233;mocratie bourgeoise constitue l'apoth&#233;ose de l'ali&#233;nation et de la mystification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la v&#233;rit&#233;, depuis son apparition, la d&#233;mocratie parlementaire n'a jamais concern&#233; les classes domin&#233;es, si ce n'est pour &#234;tre sollicit&#233;es p&#233;riodiquement, au moyen de campagnes &#233;lectorales racoleuses, aux fins de d&#233;poser un bulletin de vote dans l'urne, au nom &#233;vocateur tant elle symbolise le r&#233;ceptacle mortuaire des illusions d&#233;pos&#233;es par l'ensemble des classes populaires enterr&#233;es socialement vivantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; plus forte raison, la d&#233;mocratie constitue un efficace adjuvant politique prescrit aux dociles citoyens comme antidote &#224; leur mis&#232;re sociale, citoyens reconnaissants pour ce &#171; privil&#232;ge &#233;lectoral &#187; g&#233;n&#233;reusement octroy&#233; par le pouvoir dominant. Ces dociles citoyens sont satisfaits d'&#233;lire leurs repr&#233;sentants respectifs (mais point respectables) aux pr&#233;tendues diff&#233;rentes casquettes politiques, mais en vrai &#224; l'alternative &#233;lectorale r&#233;duite au choix entre le candidat de la droite du capital et le candidat de la gauche du capital (pour l'Alg&#233;rie : longtemps entre le candidat de la nomenklatura kleptomane FLN&#232;sque et la confr&#233;rie mafieuse et s&#233;ditieuse islamique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans conteste, la d&#233;mocratie bourgeoise a toujours rev&#234;tu un caract&#232;re de classe. Les mascarades &#233;lectorales ont toujours &#233;t&#233; une affaire de riches par lesquelles chaque fraction (clan) de la classe dominante tente d'accaparer les leviers de l'&#201;tat pour l'exercer &#224; son profit. Mais, actuellement, la d&#233;mocratie bourgeoise est en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de d&#233;fense de Macron symbolise les d&#233;rives oligarchiques et despotiques de l'Occident&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, avec la discr&#233;ditation de la d&#233;mocratie financi&#232;re et l'impossibilit&#233; d'instaurer une dictature &#224; visage clairement fasciste, moralement honnie et politiquement bannie, en Occident le capital &#339;uvre &#224; l'&#233;tablissement d'un r&#233;gime oligarchique, c'est-&#224;-dire &#171; un syst&#232;me d'organisation politique dans lequel un petit nombre de personnes concentrent et se partagent les pouvoirs &#233;conomique, politique et m&#233;diatique et discutent entre eux des d&#233;cisions &#224; prendre pour la collectivit&#233; &#187;, comme l'&#233;crit Herv&#233; Kempf, auteur du livre &#171; L'oligarchie, &#231;a suffit, vive la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le Conseil de d&#233;fense, devenu instance supr&#234;me de gouvernance institu&#233;e par Macron, symbolise cette d&#233;rive oligarchique et despotique du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oligarques appartiennent &#224; la cat&#233;gorie des hyper-riches. De nos jours, c'est au sein de cette fraction de la classe poss&#233;dante que se recrutent les d&#233;cideurs politiques (ministres, conseillers, d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs, PDG des grandes entreprises publiques). Issus des grandes &#233;coles, ces oligarques d&#233;butent leur carri&#232;re dans les instances &#233;tatiques, avant de se hisser &#224; la direction d'une banque ou d'une multinationale (ou l'inverse, &#224; l'instar de Macron, ancien banquier). Souvent, ils reprennent du service dans la politique, notamment en qualit&#233; de d&#233;put&#233;, maire ou ministre. Ainsi, cette rotation professionnelle entre secteur priv&#233; et public permet &#224; ces oligarques de fortifier et de fructifier leurs fortune et puissance. Par exemple, un PDG, nomm&#233; ministre (ou plac&#233; par le capital &#224; un poste minist&#233;riel strat&#233;gique), ne manquera pas de favoriser le secteur de son ancienne entreprise ou le secteur de telle soci&#233;t&#233; au sein de laquelle il escompte si&#233;ger &#224; la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, &#224; notre &#233;poque domin&#233;e par les oligarques, m&#234;me les pr&#233;sidents sont &#233;galement devenus de simples administrateurs de l'&#201;tat. L'&#201;tat, lui-m&#234;me, m&#233;tamorphos&#233; en simple rouage assujetti au Grand capital mondialis&#233; et oligarchique. De fait, chaque pays s'est mu&#233; en simple soci&#233;t&#233; anonyme dirig&#233;e par un PDG-pr&#233;sident asservi au capital mondial apatride. Le pouvoir &#233;tatique est devenu &#224; tel point impuissant qu'il est soumis, comme un vulgaire salari&#233;, aux appr&#233;ciations des agences de notations financi&#232;res charg&#233;es de distribuer les notes d'&#233;valuation de la gestion du pays. La moindre mauvaise note en mati&#232;re &#233;conomique et budg&#233;taire, et s'en est fini du pouvoir en particulier, et du pays en g&#233;n&#233;ral. Pris en otage, le pays se voit parachuter un nouvel oligarque-pr&#233;sident, imposer une nouvelle classe dirigeante (caste oligarque affligeante) constitu&#233;e de mercenaires politiciens, fabriqu&#233;s par les puissances financi&#232;res enti&#232;rement contr&#244;l&#233;es par le grand capital mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mani&#232;re du r&#233;gime de Macron intronis&#233; &#224; l'&#201;lys&#233;e par le grand capital, devenu, &#224; la faveur de la pand&#233;mie politiquement instrumentalis&#233;e et de la crise &#233;nerg&#233;tique orchestr&#233;e, et surtout de la gestion r&#233;pressive et punitive des Gilets jaunes, d&#233;mospotique, cette nouvelle forme de gouvernance fond&#233;e &#233;lectoralement sur la d&#233;mocratie mais gouvernementalement sur le despotisme. Macron, hiss&#233; au pouvoir par les firmes et la finance transnationales, n'envisage-t-il pas, comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; Alg&#233;riepatriotique [1] dans son &#233;dition du 14 septembre 2022, d'amender la Constitution pour briguer un troisi&#232;me mandat. Avec Macron, la bourgeoisie occidentale d&#233;cadente inaugure l'&#232;re du D&#233;mospotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mospotisme, c'est ce mode de gouvernance occidentale qui a l'apparence de la d&#233;mocratie par l'&#233;lection, mais le vrai visage du despotisme par la gestion &#233;tatique. Cette gouvernance occidentale oligarchique pr&#233;tend &#234;tre vaccin&#233;e contre la tyrannie, immunis&#233;e contre le fascisme. Mais elle renferme au vrai tous les attributs pathologiques du totalitarisme asymptotique, ce virus despotique, invisibilis&#233; par la subliminale propagande m&#233;diatique autocratique. Ce syst&#232;me d&#233;mospotique viral se propage sur tout le corps social occidental, d&#233;sormais immerg&#233; dans la naus&#233;abonde boue de la servitude volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Un troisi&#232;me mandat se profile &#224; Paris : Macron dans les pas de Bouteflika ?, Alg&#233;riepatriotique, publi&#233; le 14 septembre 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Orchestration des p&#233;nuries &#233;conomiques et de l'inflation sp&#233;culative en Occident </title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6918</link>
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		<dc:date>2022-09-17T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>

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&lt;p&gt;Orchestration des p&#233;nuries &#233;conomiques et de l'inflation sp&#233;culative en Occident &lt;br class='autobr' /&gt;
L'hypocrisie des dirigeants occidentaux est sans limites. Hier, ces gouvernants confinaient leurs populations sous pr&#233;texte de les prot&#233;ger de la mort li&#233;e au Covid-19. Aujourd'hui, ils invitent ces m&#234;mes populations &#224; sacrifier leur vie pour d&#233;fendre la lointaine Ukraine, cette petite Russie, berceau de l'&#201;glise orthodoxe russe. Donc, pays (L'Ukraine) situ&#233; en dehors de l'Union Europ&#233;enne. Avec la bourgeoisie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique84" rel="directory"&gt;5- L'&#233;conomie mondiale en route vers une nouvelle crise syst&#233;mique qui en termine avec l'ancien monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Orchestration des p&#233;nuries &#233;conomiques et de l'inflation sp&#233;culative en Occident&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'hypocrisie des dirigeants occidentaux est sans limites. Hier, ces gouvernants confinaient leurs populations sous pr&#233;texte de les prot&#233;ger de la mort li&#233;e au Covid-19. Aujourd'hui, ils invitent ces m&#234;mes populations &#224; sacrifier leur vie pour d&#233;fendre la lointaine Ukraine, cette petite Russie, berceau de l'&#201;glise orthodoxe russe. Donc, pays (L'Ukraine) situ&#233; en dehors de l'Union Europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la bourgeoisie occidentale la plus b&#234;te du monde, l'imposture sanitaire aura &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233;e plus pr&#233;cocement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : en Occident, aujourd'hui la guerre sociale, entam&#233;e &#224; la faveur de la pand&#233;mie, men&#233;e par la classe dominante contre le prol&#233;tariat se poursuit par l'orchestration des p&#233;nuries des produits essentiels, et surtout le rench&#233;rissement des tarifs des mati&#232;res &#233;nerg&#233;tiques, ces inflations sp&#233;culatives infamantes et affamantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la pand&#233;mie de covid-19, politiquement instrumentalis&#233;e &#224; des fins contre insurrectionnelles par la militarisation de la soci&#233;t&#233;, avait servi de paravent sanitaire pour impulser la premi&#232;re phase de l'orientation de la production vers l'&#233;conomie de guerre, mat&#233;rialis&#233;e par l'imposition de la production exclusive des biens dits essentiels, autrement dit indispensables &#224; la d&#233;fense nationale dans la perspective de la pr&#233;paration &#224; la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e. La gestion s&#233;curitaire de la pand&#233;mie constitua la r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie de guerre. Ce fut la pr&#233;figuration de la militarisation de la soci&#233;t&#233; et de la caporalisation des mentalit&#233;s. Au cours de la pr&#233;tendue crise sanitaire, les &#201;tats occidentaux jet&#232;rent les premi&#232;res bases de la centralisation &#233;tatique de la production, de l'organisation et de la planification de l'&#233;conomie pour l'orienter vers la fabrication exclusive des biens dits essentiels, indispensables &#224; l'instauration d'une &#233;conomie de guerre. &#171; Nous allons durablement devoir nous organiser dans une &#233;conomie de guerre &#187;, vient de d&#233;clarer, sur un ton martial, le pr&#233;sident fran&#231;ais, Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, dans le prolongement de la crise sanitaire, orchestr&#233;e par les &#201;tats occidentaux, durant laquelle l'&#233;conomie fut d&#233;lib&#233;r&#233;ment mise &#224; l'arr&#234;t ou, plut&#244;t, r&#233;orient&#233;e vers la production des biens essentiels, entra&#238;nant une d&#233;sorganisation de la production mondiale et un infl&#233;chissement vers la &#171; relocalisation &#187;, la guerre en Ukraine (provoqu&#233;e et attis&#233;e par l'OTAN) accentue et acc&#233;l&#232;re ce processus de &#171; d&#233;mondialisation &#187; et de d&#233;coupage induit par l'&#233;conomie de guerre et le militarisme. En effet, avec l'exacerbation des tensions commerciales et militaires, le monde s'achemine vers la fragmentation de la mondialisation avec la constitution de blocs de pays aux fondements id&#233;ologiques irr&#233;conciliables, dont les &#233;changes commerciaux seront fortement r&#233;duits, voire rompus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nul doute, la guerre entre l'Ukraine et la Russie s'inscrit dans un conflit plus ample qui oppose, au vrai, la premi&#232;re puissance occidentale, les &#201;tats-Unis, &#224; son concurrent &#233;conomique actuel, la Chine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cet &#233;gard, depuis l'apparition de la pand&#233;mie politiquement instrumentalis&#233;e et, surtout, le d&#233;clenchement de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, on aura remarqu&#233;, au sein du bloc atlantiste, le battage m&#233;diatique r&#233;serv&#233; au discours chauviniste relatif &#224; la politique de relocalisation pr&#244;n&#233;e par la bourgeoisie et son &#201;tat, et &#224; l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les m&#233;dias occidentaux encensent cet agenda de rapatriement des entreprises, pr&#233;c&#233;demment d&#233;localis&#233;es, au bercail national ; vantent les m&#233;rites du projet d'ind&#233;pendance et de s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que r&#233;v&#232;le ce programme de relocalisation des entreprises multinationales vers la &#171; m&#232;re patrie &#187;, pr&#244;n&#233; par les pays occidentaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re raison est d'ordre socio&#233;conomique. &#192; force de contractions salariales r&#233;elles, de pressions sur la productivit&#233; du travail salari&#233;, d'intensification des cadences de travail, le capital des pays occidentaux est parvenu &#224; &#233;galer les dramatiques conditions d'exploitation de la force de travail des pays &#233;mergents et sous-d&#233;velopp&#233;s. Assur&#233;ment, conscient de la d&#233;gradation des conditions sociales et salariales de &#171; ses &#187; prol&#233;taires autochtones, le capital occidental a commenc&#233; &#224; mettre en ad&#233;quation le futur mode de vie des prol&#233;taires d&#233;sormais imp&#233;cunieux, par l'&#233;limination graduelle des secteurs dits non-essentiels. En effet, soumis &#224; de telles mis&#233;rables conditions de vie et de travail, le prol&#233;taire &#171; occidental &#187;, du fait de son imp&#233;cuniosit&#233; et &#233;puisement professionnel, n'aura plus ni les moyens financiers ni le temps de s'offrir des loisirs et des vacances, pour reconstituer sa force de travail surexploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison pour laquelle les pays occidentaux &#339;uvrent &#224; la relocalisation des entreprises est d'ordre imp&#233;rialiste. Dans l'actuel contexte des pr&#233;paratifs de guerre contre la Chine, comme l'avait d&#233;clar&#233; lucidement Donald Trump devant l'assembl&#233;e parlementaire de l'OTAN : &#171; un pays d&#233;biteur &#8211; importateur &#8211; et client d&#233;pendant &#8211; ne peut entrer en guerre contre un pays cr&#233;diteur &#8211; exportateur &#8211; et fournisseur de biens strat&#233;giques essentiels &#187; (il visait la Chine et, indirectement, la Russie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la guerre entre les pays pour l'approvisionnement des march&#233;s occidentaux, d&#233;pendants des fournisseurs manufacturiers chinois, a pris des proportions alarmantes, sans oublier la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des mati&#232;res &#233;nerg&#233;tiques russes, du p&#233;trole &#171; arabe &#187;, des mati&#232;res premi&#232;res et provisions des pays du Sud. La derni&#232;re d&#233;pendance relev&#233;e par les pays occidentaux, paralysant de nombreuses entreprises, concerne les composants &#233;lectroniques fabriqu&#233;s exclusivement en Asie (les &#201;tats-Unis et les pays atlantistes, notamment europ&#233;ens, ne produisent que 10% des semi-conducteurs sur leurs territoires), en particulier Ta&#239;wan, actuellement enjeu de tensions bellicistes entre les &#201;tats-Unis et la Chine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, pour se conformer aux recommandations de Trump qui pr&#233;conise, comme on l'a rapport&#233; plus haut, l'ind&#233;pendance &#233;conomique avant de mener une guerre contre un pays fournisseur, les pays occidentaux ont commenc&#233; &#224; mettre en application ce programme d'&#233;conomie auto-suffisante mat&#233;rialis&#233;e par la &#171; relocalisation &#187; de la production manufacturi&#232;re &#233;tablie jusqu'&#224; pr&#233;sent majoritairement en Chine, la r&#233;organisation de la politique d'approvisionnement en mati&#232;re des &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, les actuelles p&#233;nuries des produits manufactur&#233;s et &#233;nerg&#233;tiques r&#233;pandues en Occident sont d&#233;lib&#233;r&#233;ment planifi&#233;es pour acculer les pays atlantistes, c'est-&#224;-dire le capital occidental, &#224; r&#233;organiser leur production et approvisionnement ind&#233;pendamment des pays de l'Alliance de Shanghai et de la Russie, afin de pouvoir poursuivre leurs pr&#233;paratifs de guerre en toute ind&#233;pendance (notamment contre la Chine : cible principale). Mais, &#233;galement, pour justifier la hausse des prix que les prol&#233;taires devront supporter, induisant la baisse de leur pouvoir d'achat. Donc la d&#233;gradation de leurs conditions sociales, l'affaiblissement de leur r&#233;sistance, facilitant ainsi leur soumission et leur enr&#244;lement dans la future guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e en pr&#233;paration par le grand capital. Un prol&#233;tariat affam&#233; et atomis&#233; devient plus ais&#233;ment corv&#233;able et exploitable, plus perm&#233;able &#224; l'endoctrinement id&#233;ologique nationaliste belliqueux, et, par extension, &#224; l'enr&#244;lement militaire dans l'imminente guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e en pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en guerre, ne cessent de marteler les gouvernants des pays europ&#233;ens. En p&#233;riode de guerre, la r&#232;gle demeure la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour assurer la souverainet&#233; &#233;conomique du pays, en vue de renforcer sa puissance et assurer avec succ&#232;s sa croissance. Or, les pays europ&#233;ens, notamment la France, semblent organiser, &#224; des fins strat&#233;giques, d&#233;lib&#233;r&#233;ment leur &#171; sabordage &#233;conomique sp&#233;culatif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la France est, &#224; cet &#233;gard, exemplaire. Alors qu'elle est cens&#233;e &#234;tre confront&#233;e &#224; une crise &#233;nerg&#233;tique n&#233;cessitant la mobilisation g&#233;n&#233;rale des structures &#233;tatiques et priv&#233;es pour augmenter la production de l'&#233;nergie &#233;lectrique en vue de renforcer les capacit&#233;s productives du pays, d'assurer la p&#233;rennit&#233; de l'approvisionnement et la stabilit&#233; des tarifs, on apprend que, sur les 56 r&#233;acteurs nucl&#233;aires que compte la France, 32 sont curieusement &#224; l'arr&#234;t. Autrement dit, la majorit&#233; du parc nucl&#233;aire fran&#231;ais est d&#233;lib&#233;r&#233;ment mis &#224; l'arr&#234;t, sous pr&#233;texte de r&#233;fection, entra&#238;nant par voie de cons&#233;quence la chute de la production d'&#233;lectricit&#233;. Et, par effet m&#233;canique, l'augmentation exponentielle des prix. De sorte que le prix de gros pour l'&#233;lectricit&#233; est pass&#233; en un an de 85 euros le MWh &#224; plus de 1000 euros aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#201;tat fran&#231;ais orchestre d&#233;lib&#233;r&#233;ment des p&#233;nuries dans de nombreux secteurs &#233;conomiques vitaux, sources d'inflation sp&#233;culative. Ce sabordage nucl&#233;aire, &#224; l'instar du sabotage sanitaire mat&#233;rialis&#233; par la destruction de millions de masques et l'orchestration de la p&#233;nurie des respirateurs au d&#233;but de la pand&#233;mie, servira-il de pr&#233;texte pour instaurer un &#171; confinement &#233;nerg&#233;tique &#187;, coupl&#233; &#224; un rationnement et des coupures de courant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perspective de &#171; confinement &#233;nerg&#233;tique &#187; fut d&#233;j&#224; officiellement &#233;voqu&#233;e par le gouvernement irlandais, comme l'avait rapport&#233;, d&#233;but juin 2022, le journal Irish Independent. Ce quotidien avait indiqu&#233; qu'un &#171; exercice de planification de haut niveau &#187; a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, avec &#171; trois sc&#233;narios possibles pour faire face au d&#233;ficit d'approvisionnement en carburant &#187;. Cet exercice aurait mobilis&#233; &#171; toutes les principales agences de l'&#201;tat et le gouvernement &#187;. Une s&#233;rie de mesures possibles avait fuit&#233;, notamment celle rapportant que &#171; tous les travailleurs non essentiels recevront l'ordre de travailler &#224; domicile &#187;, ainsi que la mise en place d'une limitation pour &#171; tous les d&#233;placements en voiture non essentiels &#187;, mais aussi un contr&#244;le strict &#171; de la quantit&#233; de carburant que les automobilistes peuvent acheter &#224; tout moment &#187;. Tout cela sur fond d'un &#171; confinement &#233;nerg&#233;tique &#187; g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie, &#224; plus forte raison depuis le d&#233;clenchement de la guerre en Ukraine, du fait des multiples mesures restrictives et des successifs confinements impos&#233;s par les gouvernements, et en raison de l'hyperinflation induisant une &#233;rosion du pouvoir d'achat, la production dans les services subit une tr&#232;s forte baisse, notamment dans les secteurs de la culture (arts, spectacles et activit&#233;s r&#233;cr&#233;atives, en proie &#224; une tr&#232;s forte baisse de fr&#233;quentation), les secteurs de l'h&#244;tellerie et de la restauration, avec un recul particuli&#232;rement prononc&#233; dans l'h&#233;bergement. Sans oublier le secteur du tourisme. Tout porte &#224; croire que, dans ce contexte d'&#233;conomie de guerre, ces secteurs du tertiaire &#171; parasitaires &#187; sont d&#233;lib&#233;r&#233;ment sacrifi&#233;s pour axer la production sur l'&#233;conomie de la d&#233;fense nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, toute l'&#233;lite bourgeoise, depuis les politiciens jusqu'aux &#233;conomistes en passant par les m&#233;decins et autres pr&#233;tendus experts scientifiques, avaient incrimin&#233; le coronavirus d'&#234;tre responsable de la crise &#233;conomique. Actuellement, c'est la lointaine guerre locale d'Ukraine qui est incrimin&#233;e. Le Covid-19 a bon dos. En v&#233;rit&#233;, le coronavirus constitue un simple sympt&#244;me visible du capitalisme occidental en d&#233;clin. Et nullement la cause de la crise du capitalisme moribond. En effet, depuis des ann&#233;es, sur le fondement de rapports alarmistes, les scientifiques alertaient sans cesse les pouvoirs publics sur la menace d'une pand&#233;mie provoqu&#233;e par les coronavirus. Les gouvernants occidentaux ignor&#232;rent d&#233;lib&#233;r&#233;ment les alertes des scientifiques. Pour quel motif ? Car, du point de vue du capital, hors de question pour l'&#201;tat d'investir dans les politiques de pr&#233;voyance, de logistiques anticipatoires (notamment dans l'achat des canadairs pour parler d'un th&#232;me d'une brulante actualit&#233; : les feux de for&#234;t). Pour le capitalisme, la pr&#233;vention est une d&#233;pense superflue, inutile. Surtout elle ne rapporte aucun profit. Aussi, la pr&#233;vention n'est jamais int&#233;gr&#233;e dans la logique comptable capitalistique. Mais elle est amplement int&#233;gr&#233;e dans sa strat&#233;gie d'instrumentalisation politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes la pand&#233;mie du coronavirus aura contribu&#233; &#224; l'&#233;clatement foudroyant du syst&#232;me &#233;conomique occidental. Mais la chute avait entam&#233; sa d&#233;gringolade depuis des ann&#233;es. En r&#233;alit&#233; le coronavirus n'aura jou&#233; qu'un r&#244;le d'acc&#233;l&#233;rateur d'une tendance &#233;conomique r&#233;cessive &#224; l'&#339;uvre depuis plusieurs ann&#233;es. D&#233;j&#224;, les premiers signes alarmants s'&#233;taient manifest&#233;s lors de la crise 2007-2008, devant laquelle la crise actuelle est autrement plus foudroyante et d&#233;vastatrice. Si la crise de 2007-2008 affecta principalement le secteur financier, illustr&#233;e par l'effondrement de plusieurs banques, la crise pr&#233;sente est prot&#233;iforme, elle frappe le poumon de l'&#233;conomie occidentale, en l'esp&#232;ce la production. L'effondrement est g&#233;n&#233;ral. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; du ralentissement de l'&#233;conomie, de la chute du secteur touristique, des compagnies a&#233;riennes, se profile la d&#233;b&#226;cle du commerce des pays occidentaux, et surtout la chute de la production. Dans la majorit&#233; des pays occidentaux les usines tournent au ralenti en raison de la d&#233;stabilisation des cha&#238;nes d'approvisionnement, des p&#233;nuries des composants &#233;lectroniques, des mati&#232;res premi&#232;res. Et surtout du rench&#233;rissement du prix des mati&#232;res premi&#232;res et &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun pays du bloc atlantiste n'&#233;chappe &#224; l'effondrement de son &#233;conomie. C'est tout le syst&#232;me capitaliste occidental qui menace de s'&#233;crouler. En d&#233;pit de l'injection de milliers de milliards de dollars et de l'&#233;tatisation de l'&#233;conomie, le d&#233;classement des pays occidentaux est in&#233;luctable. L'&#233;conomie du bloc occidental est au bord de l'implosion, accentu&#233;e par les sanctions &#233;conomiques instaur&#233;es contre la Russie, sous l'instigation des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment, la pand&#233;mie du coronavirus se manifesta-elle &#224; point nomm&#233; pour servir de couverture politique et d'argumentation explicative &#224; l'effondrement de l'&#233;conomie occidentale depuis longtemps pr&#233;visible. De m&#234;me, le d&#233;clenchement de la guerre en Ukraine arrive-t-elle &#224; point nomm&#233; pour occulter les v&#233;ritables mobiles &#233;conomiques de la r&#233;cession actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces explications id&#233;ologiques incriminant, d'abord un microscopique virus, puis la guerre locale ukrainienne, d'&#234;tre responsables de la d&#233;b&#226;cle de l'&#233;conomie occidentale (mondiale) est aberrante. Elles visent &#224; exon&#233;rer le capitalisme. La bourgeoisie occidentale ne peut admettre son incapacit&#233; notoire &#224; faire fonctionner son syst&#232;me capitaliste devenu chaotique et irrationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; chaque catastrophe &#233;conomique provoqu&#233;e par les contradictions du capital (surproduction, baisse du taux de profit, saturation des march&#233;s, exacerbation des tensions commerciales), la bourgeoisie occidentale brandit chaque fois des explications fantaisistes aux fins de disculper sa responsabilit&#233; dans la d&#233;b&#226;cle de son syst&#232;me capitaliste. D&#233;j&#224;, lors de la crise de 1973, responsable de la flamb&#233;e du ch&#244;mage end&#233;mique et de l'inflation galopante, la bourgeoisie occidentale avait invoqu&#233; la hausse du prix du p&#233;trole pour expliquer ces deux ph&#233;nom&#232;nes, inh&#233;rents en vrai au mode de production capitaliste. Tout se passe comme si la hausse du p&#233;trole serait ext&#233;rieure au syst&#232;me, et non constitutive du fonctionnement normatif du commerce capitaliste marqu&#233; par les oscillations des prix, les fluctuations de la conjoncture &#233;conomique soumise en permanence aux pressions et tensions de la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la bourgeoisie occidentale, en proie au d&#233;classement &#233;conomique, invoque la guerre en Ukraine pour expliquer l'effondrement de son &#233;conomie. Mieux : elle accuse la Russie d'&#234;tre responsable de la r&#233;cession. La guerre en Ukraine devient &#171; la faute de la Russie totalitaire &#187;, et non pas du capitalisme en r&#233;cession. Comme si la Russie n'&#233;tait pas partie int&#233;grante du capitalisme mondial, aujourd'hui en plein d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, la bourgeoisie occidentale, pour justifier l'aust&#233;rit&#233; &#233;conomique impos&#233;e aux prol&#233;taires, ces sacrifices pr&#233;sent&#233;s comme de regrettables dommages collat&#233;raux induits par les n&#233;cessaires mesures de r&#233;torsion contre la totalitaire Russie qu'il convient imp&#233;rativement d'affaiblir, recommande-t-elle (pour ne pas dire exige-t-elle), sous couvert de solidarit&#233; avec le peuple ukrainien et de d&#233;fense des libert&#233;s, la r&#233;duction de la consommation des produits essentiels, notamment des mati&#232;re &#233;nerg&#233;tiques, mat&#233;rialis&#233;e par la diminution de la consommation du chauffage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, les sanctions p&#233;nalisent principalement les pays europ&#233;ens. &#192; preuve. Les mesures de r&#233;torsion &#233;conomique contre la Russie qui entra&#238;nent des p&#233;nuries de mati&#232;res premi&#232;res dans tous les pays europ&#233;ens. De m&#234;me, ces sanctions induisent la perte de march&#233;s en Russie pour les entreprises europ&#233;ennes. Les prix des mati&#232;res premi&#232;res flambent, impactant celui de nombreuses marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les peuples europ&#233;ens, toujours t&#233;tanis&#233;s par la gestion criminelle de la pand&#233;mie, assistent, impuissants, &#224; l'amplification de la crise &#233;conomique, &#224; l'aggravation de leur mis&#232;re, &#224; l'accentuation de l'exploitation de la classe ouvri&#232;re. Le grand capital occidental fait payer l'effondrement &#233;conomique de son syst&#232;me aux classes populaires, aux classes moyennes et petites couches entrepreneuriales devenues &#233;conomiquement &#171; inutiles &#187;, r&#233;duites au ch&#244;mage et pr&#233;cipit&#233;es dans la paup&#233;risation absolue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Globalement, le monde entier assiste &#224; la d&#233;confiture du syst&#232;me &#233;conomique occidental. &#192; la d&#233;b&#226;cle de l'ordre social occidental dominant. &#192; l'&#233;chec historique de la classe bourgeoise occidentale s&#233;nile. &#192; la militarisation de la soci&#233;t&#233; occidentale impuls&#233;e par les classes dominantes apeur&#233;es, aux fins de tenter de sauver leur syst&#232;me en pleine d&#233;composition. &#192; la fuite en avant belliciste et guerri&#232;re de pays occidentaux en putr&#233;faction morale et politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Tout a une fin, m&#234;me le capitalisme</title>
		<link>http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6888</link>
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		<dc:date>2022-08-05T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khider Mesloub</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus - Covid-19 </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gestion s&#233;curitaire de la pand&#233;mie : r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
De toute &#233;vidence, chaque &#201;tat, depuis l'apparition de la pand&#233;mie, s'applique &#224; blinder son pouvoir par l'instauration de mesures s&#233;curitaires attentatoires &#224; la libert&#233;, d&#233;cr&#233;t&#233;es sous pr&#233;texte de gestion de la crise sanitaire. Les dirigeants se sont amplement servis de l'opportune pand&#233;mie, politiquement instrumentalis&#233;e, pour aggraver les lois antisociales et durcir la dictature &#171; ordinaire &#187; &#233;tatique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot309" rel="tag"&gt;Coronavirus - Covid-19 &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gestion s&#233;curitaire de la pand&#233;mie : r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie de guerre &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, chaque &#201;tat, depuis l'apparition de la pand&#233;mie, s'applique &#224; blinder son pouvoir par l'instauration de mesures s&#233;curitaires attentatoires &#224; la libert&#233;, d&#233;cr&#233;t&#233;es sous pr&#233;texte de gestion de la crise sanitaire. Les dirigeants se sont amplement servis de l'opportune pand&#233;mie, politiquement instrumentalis&#233;e, pour aggraver les lois antisociales et durcir la dictature &#171; ordinaire &#187; &#233;tatique, renforc&#233;e par la militarisation de la soci&#233;t&#233;. Depuis 2020, les peuples du monde entier assistent, impuissants, &#224; l'ex&#233;cution d'un v&#233;ritable &#171; pronunciamiento sanitaro-s&#233;curitaire &#187; permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans nul doute, l'internement des citoyens innocents en bonne sant&#233;, d&#233;cr&#233;t&#233; au nom de la pr&#233;tendue protection des personnes &#226;g&#233;es et vuln&#233;rables (par ailleurs cens&#233;ment majoritairement vaccin&#233;es), &#224; notre &#233;poque hautement technologique, cens&#233;e &#234;tre &#233;quip&#233;e d'infrastructures m&#233;dicales de pointe, s'int&#232;gre dans le projet de la militarisation de la soci&#233;t&#233;, participe de la caporalisation des mentalit&#233;s, autrement dit de l'assujettissement de l'ensemble de la population &#224; l'&#233;conomie de guerre fond&#233;e sur les restrictions politiques et privations alimentaires afin de favoriser le r&#233;armement des &#201;tats imp&#233;rialistes, anim&#233;s par une politique belliciste et une inclination &#224; la confrontation militaire g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, depuis l'apparition de la pand&#233;mie de Covid-19, sous couvert de guerre virologique les classes dominantes m&#232;nent une guerre de classe aux classes populaires et aux prol&#233;taires, mais surtout aux classes moyennes et petites bourgeoises, pr&#233;cipit&#233;es brutalement dans la paup&#233;risation et la prol&#233;tarisation. Une fois cette guerre de classe, men&#233;e avec succ&#232;s, achev&#233;e ; une fois la militarisation de la soci&#233;t&#233; et la caporalisation des esprits accomplies ; autrement dit, une fois le danger de s&#233;dition et d'insurrection circonscrit &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res, les dominants pourront envoyer ais&#233;ment leurs populations asservies en dehors des fronti&#232;res pour se battre sur les lignes de front, pour le grand b&#233;n&#233;fice du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incontestablement, le monde est en voie d'&#171; Ukrainasation &#187;, autrement dit chaque &#201;tat imp&#233;rialiste rec&#232;le quelque Poutine (Zelensky &#8211; Biden &#8211; Macron) va-t-en-guerre tapi dans les palais dor&#233;s pr&#233;sidentiels pour d&#233;clencher, attiser ou entretenir la guerre ; et une population conditionn&#233;e par l'id&#233;ologie militariste actionn&#233;e par quelque Poutine (Zelensky &#8211; Biden &#8211; Macron) pour, au nom de la d&#233;fense de la patrie ou de la d&#233;mocratie bourgeoise, se transformer en chair &#224; canon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'aggravation de la crise, accentuant l'exacerbation de la concurrence entre chaque capital national et blocs g&#233;ostrat&#233;giques, la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e constitue l'unique solution pour les puissances imp&#233;rialistes rivales. Car la guerre imp&#233;rialiste est une donn&#233;e permanente du capital et de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militarisation de la soci&#233;t&#233; et caporalisation des esprits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;cipitation vers la guerre imp&#233;rialiste g&#233;n&#233;ralis&#233;e se confirme par la d&#233;cision de la Su&#232;de et de la Finlande, pays traditionnellement &#171; neutres &#187;, de rejoindre l'OTAN, accentuant l'encerclement de la Russie, que Poutine voulait, pourtant, desserrer par l'invasion de l'Ukraine. Elle se confirme &#233;galement par la d&#233;cision de la majorit&#233; des &#201;tats d'accro&#238;tre substantiellement leurs d&#233;penses militaires, de relancer leur industrie d'armement pour les pays producteurs d'armes. Elle se confirme, pareillement, par la r&#233;surgence des alliances politiques et militaires, induisant l'exacerbation des polarisations imp&#233;rialistes. Elle se confirme par l'instauration de l'aust&#233;rit&#233; &#233;conomique, mat&#233;rialis&#233;e par des politiques antisociales d&#233;cr&#233;t&#233;es par les gouvernements, la flamb&#233;e de l'inflation (v&#233;ritable imp&#244;t pay&#233; par tous les travailleurs), par la recrudescence de la propagande politico-id&#233;ologique, illustr&#233;e par l'exhortation aux populations d'accepter des sacrifices, &#224; consentir de r&#233;duire leur consommation pour soutenir l'effort de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, la pand&#233;mie de covid-19, politiquement instrumentalis&#233;e &#224; des fins contre-insurrectionnelles par la militarisation de la soci&#233;t&#233;, avait servi &#233;galement de pr&#233;texte pour impulser la premi&#232;re phase de l'orientation de la production vers l'&#233;conomie de guerre, mat&#233;rialis&#233;e par l'imposition de la production exclusive des biens dits essentiels, autrement dit indispensables &#224; la d&#233;fense nationale dans la perspective de la pr&#233;paration &#224; la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e. En effet, la gestion s&#233;curitaire de la pand&#233;mie constitua la r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie de guerre. Ce fut la pr&#233;figuration de la militarisation de la soci&#233;t&#233; et de la caporalisation des mentalit&#233;s. Au cours de la pr&#233;tendue crise sanitaire, les &#201;tats ont jet&#233; les premi&#232;res bases de la centralisation &#233;tatique de la production, de l'organisation et de la planification de l'&#233;conomie pour l'orienter vers la fabrication exclusive des biens dits essentiels indispensables &#224; l'instauration d'une &#233;conomie de guerre. &#171; Nous allons durablement devoir nous organiser dans une &#233;conomie de guerre &#187;, vient de le rappeler sur un ton martial le pr&#233;sident fran&#231;ais, Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, dans le prolongement de la crise sanitaire, orchestr&#233;e par les &#201;tats capitalistes, durant laquelle l'&#233;conomie fut d&#233;lib&#233;r&#233;ment mise &#224; l'arr&#234;t ou, plut&#244;t, r&#233;orient&#233;e vers la production des biens essentiels, entra&#238;nant une d&#233;sorganisation de la production mondiale et un infl&#233;chissement vers la &#171; relocalisation &#187;, la guerre en Ukraine accentue et acc&#233;l&#232;re ce processus de &#171; d&#233;mondialisation &#187; et de d&#233;couplage des &#233;conomies induit par l'&#233;conomie de guerre et le militarisme. En effet, avec l'exacerbation des tensions commerciales et militaires, le monde s'achemine vers la fragmentation de la mondialisation avec la constitution de blocs de pays aux fondements id&#233;ologiques irr&#233;conciliables, dont les &#233;changes commerciaux seront fortement r&#233;duits, voire rompus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute, la guerre entre l'Ukraine et la Russie s'inscrit dans un conflit plus ample qui oppose, au vrai, la premi&#232;re puissance am&#233;ricaine &#224; son concurrent &#233;conomique actuel, la Chine (pays condamn&#233; par la faute des &#201;tats-Unis bellicistes &#224; devenir le prochain th&#233;&#226;tre des op&#233;rations militaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, depuis l'apparition de la pand&#233;mie politiquement instrumentalis&#233;e, et, surtout, de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, au sein du bloc atlantiste, on aura remarqu&#233; le battage m&#233;diatique r&#233;serv&#233; au narratif chauviniste relatif &#224; la politique de relocalisation pr&#244;n&#233;e par la bourgeoisie et son &#201;tat. Tous les m&#233;dias encensent cet agenda de rapatriement des entreprises, pr&#233;c&#233;demment d&#233;localis&#233;es, au bercail national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que r&#233;v&#232;le ce programme de relocalisation des entreprises multinationales vers la &#171; m&#232;re patrie &#187;, pr&#244;n&#233; par les pays atlantistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re raison est d'ordre socio&#233;conomique. &#192; force de contractions salariales r&#233;elles, de pressions sur la productivit&#233; du travail salari&#233;, d'intensification des cadences de travail, le capital des pays atlantistes est parvenu &#224; &#233;galer les dramatiques conditions d'exploitation de la force de travail des pays &#233;mergents et sous-d&#233;velopp&#233;s. Assur&#233;ment, conscient de la d&#233;gradation des conditions sociales et salariales de &#171; ses &#187; prol&#233;taires autochtones, le capital occidental a commenc&#233; &#224; mettre en ad&#233;quation le futur mode de vie des prol&#233;taires d&#233;sormais imp&#233;cunieux, par l'&#233;limination des secteurs dits non-essentiels. En effet, soumis &#224; de telles mis&#233;rables conditions de vie et de travail, le prol&#233;taire &#171; occidental &#187;, du fait de son imp&#233;cuniosit&#233; et &#233;puisement professionnel, n'aura plus ni les moyens financiers ni le temps de s'offrir des loisirs et des vacances, pour reconstituer sa force de travail surexploit&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde raison pour laquelle les pays atlantistes &#339;uvrent &#224; la relocalisation des entreprises est d'ordre imp&#233;rialiste. Dans l'actuel contexte des pr&#233;paratifs de guerre mondiale, comme l'avait d&#233;clar&#233; lucidement Donald Trump devant l'assembl&#233;e parlementaire de l'OTAN : &#171; un pays d&#233;biteur importateur &#8211; donc client d&#233;pendant &#8211; ne peut entrer en guerre contre un pays cr&#233;diteur &#8211; exportateur &#8211; et fournisseur de biens strat&#233;giques essentiels &#187; (il visait la Chine et, indirectement, la Russie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la guerre entre les pays pour l'approvisionnement des march&#233;s occidentaux, d&#233;pendants des fournisseurs manufacturiers chinois, a pris des proportions alarmantes, sans oublier leur d&#233;pendance vis-&#224;-vis des mati&#232;res &#233;nerg&#233;tiques russes, du p&#233;trole arabe, des mati&#232;res premi&#232;res et provisions des pays du Sud. La derni&#232;re d&#233;pendance relev&#233;e par les pays occidentaux, paralysant de nombreuses entreprises, concerne les composants &#233;lectroniques fabriqu&#233;s exclusivement en Asie (les &#201;tats-Unis et les pays atlantistes, notamment europ&#233;ens, ne produisent que 10% des semi-conducteurs sur leurs territoires).&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, pour se conformer aux recommandations de Trump qui pr&#233;conisait, comme on l'a rapport&#233; plus haut, l'ind&#233;pendance &#233;conomique avant de mener une guerre contre un pays fournisseur, les pays occidentaux ont commenc&#233;, sous couvert de la crise sanitaire de la Covid, &#224; mettre en application ce programme d'&#233;conomie auto-suffisante mat&#233;rialis&#233;e par la &#171; relocalisation &#187; de la production manufacturi&#232;re &#233;tablie jusqu'&#224; pr&#233;sent majoritairement en Chine, la r&#233;organisation de la politique d'approvisionnement en mati&#232;re des &#233;nergies fossiles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au vrai, les r&#233;centes p&#233;nuries des produits manufactur&#233;s et &#233;nerg&#233;tiques constat&#233;es en Occident ont &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment accentu&#233;es (planifi&#233;es depuis le d&#233;but de la crise sanitaire) pour acculer les pays atlantistes, c'est-&#224;-dire le capital occidental, &#224; r&#233;organiser leur approvisionnement ind&#233;pendamment des pays de l'Alliance de Shanghai et de la Russie, afin de pouvoir poursuivre leurs pr&#233;paratifs de guerre en toute ind&#233;pendance. Mais, &#233;galement, pour justifier la hausse des prix que les prol&#233;taires devront supporter, induisant la baisse de leur pouvoir d'achat. Donc la d&#233;gradation de leurs conditions sociales, l'affaiblissement de leur r&#233;sistance, facilitant ainsi leur soumission et leur enr&#244;lement dans la future guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e en pr&#233;paration. Un prol&#233;tariat affam&#233; et atomis&#233; devient plus ais&#233;ment corv&#233;able et exploitable, plus perm&#233;able &#224; l'endoctrinement id&#233;ologique nationaliste belliqueux, et, par extension, &#224; l'enr&#244;lement militaire dans les imminentes guerres en pr&#233;paration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une chose est s&#251;re, en d&#233;pit de l'adoption de toutes ces mesures drastiques pour juguler la crise, celle-ci ne cesse de s'approfondir, ob&#233;rant toutes les possibilit&#233;s de reprise &#233;conomique. Nombre d'&#233;tudes admettent que la reprise &#233;conomique mondiale va ralentir, voire s'infl&#233;chir. Le monde assiste, impuissant, au glissement in&#233;luctable de l'&#233;conomie internationale vers la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait des multiples d&#233;s&#233;quilibres, notamment en raison du changement soudain de la consommation de services vers les biens (c'est le r&#233;sultat voulu, comme on l'a soulign&#233; plus haut, de la restructuration des secteurs dits non-essentiels op&#233;r&#233;e au cours de la crise sanitaire 2020-2022), l'&#233;conomie internationale ne devrait pas rattraper son niveau d'avant la pand&#233;mie de Covid-19 avant un certain temps&#8230;pour, plus gravement, replonger car nous avons affaire &#224; une crise syst&#233;mique du capitalisme. En effet, depuis deux ans, on assiste au creusement des d&#233;s&#233;quilibres dans chaque &#233;conomie nationale, mat&#233;rialis&#233; par une consommation favorisant les produits manufactur&#233;s plut&#244;t que les services (d&#233;lib&#233;r&#233;ment p&#233;nalis&#233;s par les confinements et couvre-feux, le pass-sanitaire), sur fond du d&#233;portement vers le commerce &#233;lectronique (l'e-commerce au d&#233;triment du commerce de proximit&#233;). Selon une &#233;tude publi&#233;e par la Conf&#233;rence des Nations unies sur le commerce et le d&#233;veloppement, l'&#233;cart de croissance entre le commerce de marchandises et de services ne cesse de s'&#233;largir. &#171; Le premier a bondi de 22 % au troisi&#232;me trimestre 2021, en rythme annuel, tandis que le second a progress&#233; de 6 %. Les &#233;changes de marchandises, d'une valeur de 5 600 milliards de dollars au troisi&#232;me trimestre 2021, ont atteint un niveau record &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tensions commerciales et escalade guerri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie, &#224; plus forte raison depuis le d&#233;clenchement de la guerre en Ukraine, du fait des multiples mesures restrictives et des successifs confinements impos&#233;s par les gouvernements, et en raison de l'hyperinflation induisant une &#233;rosion du pouvoir d'achat, l'activit&#233; dans les services subit une tr&#232;s forte baisse, notamment dans les secteurs de la culture (arts, spectacles et activit&#233;s r&#233;cr&#233;atives, en proie &#224; une tr&#232;s forte baisse de fr&#233;quentation), les secteurs de l'h&#244;tellerie et de la restauration, avec un recul particuli&#232;rement prononc&#233; dans l'h&#233;bergement. Sans oublier le secteur du tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, face &#224; ces attaques frontales men&#233;es contre les conditions de vie et de travail, le prol&#233;tariat ne demeure pas inerte. Il riposte. En effet, face aux attaques port&#233;es contre ses conditions de vie, de consommateur, de citoyen et de travailleur, la classe prol&#233;tarienne se rebelle. Nous avons eu droit &#224; un aper&#231;u, une sorte de r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale, des mouvements de r&#233;volte surgis spontan&#233;ment pour r&#233;sister contre les mesures antisociales d&#233;cr&#233;t&#233;es par les gouvernants : les carr&#233;s rouges au Qu&#233;bec, les Piketos en Am&#233;rique latine, les Gilets jaunes en Europe, etc. Plus r&#233;cemment, en Guadeloupe, Martinique, Maroc, Sri Lanka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, dans cette p&#233;riode marqu&#233;e par l'exacerbation des tensions commerciales et l'escalade guerri&#232;re, la militarisation de la soci&#233;t&#233; et la caporalisation des mentalit&#233;s, l'Alliance des pays qui parvient le plus efficacement &#224; embrigader son prol&#233;tariat, &#224; briser le plus rapidement la r&#233;sistance de sa classe ouvri&#232;re, de sa petite bourgeoisie en voie de prol&#233;tarisation et de sa moyenne bourgeoisie en pleine paup&#233;risation, triomphera de ses concurrents, et se positionnera ainsi en nouveau leadership de la nouvelle refonte mondiale capitaliste despotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins que le prol&#233;tariat mondial, dans un sursaut historique, parvienne &#224; d&#233;jouer l'agenda socialement r&#233;gressif, autant polici&#232;rement r&#233;pressif que militairement agressif, du grand capital financier par une r&#233;volution sociale &#233;mancipatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : quoique la bourgeoisie tente de dissimuler, par sa propagande officielle, l'effondrement de son mode de production capitaliste moribond derri&#232;re le paravent de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine, les populations mondiales ne sont pas dupes. Elles sont conscientes de vivre la fin de r&#233;gime capitaliste, le cr&#233;puscule du r&#232;gne de la bourgeoisie et de sa civilisation consum&#233;riste. La d&#233;b&#226;cle de son syst&#232;me est g&#233;n&#233;rale : aux plans &#233;conomique, social, institutionnel, scientifique, m&#233;dical, sanitaire, philosophique, moral, culturel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune r&#233;forme salvatrice ne peut &#233;viter l'effondrement du capitalisme. Il est d&#233;sormais en sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie de l'histoire, le syst&#232;me capitaliste, fond&#233; sur l'accumulation de capital extrait du secteur priv&#233;, ne survit qu'&#224; l'aide de fonds publics siphonn&#233;s des budgets de l'&#201;tat et des grandes institutions bancaires, notamment les banques centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, m&#234;me si le capitalisme joue les prolongations, maintenu de force par l'arbitre &#233;tatique &#224; coups de subventions et financements publics, sans le ballon du profit, ni la participation des consommateurs qui ont d&#233;sert&#233; les gradins de la production du fait la fermeture d'entreprises et du ch&#244;mage end&#233;mique, le match historique du syst&#232;me est achev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a siffl&#233; sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine a d&#233;clar&#233; &#171; le capitalisme est une horreur sans fin &#187;. Notre &#233;poque, marqu&#233;e par la r&#233;surgence de la paup&#233;risation, la famine, du ch&#244;mage end&#233;mique, des fl&#233;aux morbides, et, surtout, de la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, lui donne raison. Le capitalisme est ontologiquement pathog&#232;ne, bellig&#232;ne, mortif&#232;re, g&#233;nocidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dramatique situation actuelle marqu&#233;e par la flamb&#233;e des fl&#233;aux pathologiques (notamment la propagation des virus, des maladies psychiatriques et des morbidit&#233;s multiples), par l'aggravation de la crise multidimensionnelle syst&#233;mique, la prolif&#233;ration des guerres et des exodes, constitue une condamnation sans appel du capitalisme. Au reste, depuis un si&#232;cle, c'est-&#224;-dire la Premi&#232;re Guerre mondiale, il n'a surv&#233;cu au-del&#224; de sa mission historique que gr&#226;ce &#224; la falsification de ses lois (endettement, cr&#233;dit, subventions, planches &#224; billets), au durcissement autoritaire de son pouvoir &#233;tatique, illustr&#233; par l'instauration de modes de gouvernance fond&#233;s sur le fascisme, le nazisme, le stalinisme, la d&#233;mocratie financi&#232;re despotique b&#226;tie en Occident d&#233;cadent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est rentr&#233; dans sa crise terminale. Parce qu'il est incapable de poursuivre son d&#233;veloppement normal, d'assurer sa valorisation, il lui faut instaurer des tyrannies (sous couvert de pand&#233;mie) et recourir &#224; la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e (sous couvert de d&#233;fense de la d&#233;mocratie ou de la patrie). S'il y a tyrannie sanitaire pand&#233;mique et escalade guerri&#232;re mat&#233;rialis&#233;e par l'&#233;conomie de guerre et le militarisme, c'est parce que le capitalisme mondialis&#233; ne peut plus continuer de fonctionner dans la &#171; f&#233;licit&#233; consommatrice &#187; fond&#233;e sur le cr&#233;dit intarissable des ann&#233;es consum&#233;ristes des quatre derni&#232;res d&#233;cennies. Apr&#232;s l'ivresse de la consommation &#233;thylique, les peuples, sous l'effet de la virulence de la crise &#233;conomique mondiale provoqu&#233;e par la baisse vertigineuse du taux de profit, se r&#233;veillent avec la gueule de bois, cette intoxication capitalistique qui provoque des naus&#233;es par sa seule existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une formation sociale et &#233;conomique amorce son d&#233;clin, cela signifie que la r&#233;volution sociale est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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