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L’affaire Renault ou comment un scandale en étouffe un autre, beaucoup plus gros ...

mardi 12 avril 2011

LE COUP DE LA LETTRE ANONYME...

Le film d’espionnage international frappant Renault était décidément un bide, une invention pure et simple de la direction et même peut-être de Ghosn lui-même !

Pas de compte à l’étranger, pas d’enquête réelle, pas de preuve, pas d’accusation quelconque, pas de pays étranger qui espionnait, pas de piles électriques menacées, pas de reproche quelconque aux trois licenciés. Tout n’était qu’un montage… La direction se dit victime… d’un corbeau. Et si le corbeau se tenait sur la plus haute branche….

Tout en déclarant qu’il veut la lumière sur l’affaire Renault d’espionnage inventé par la direction, le gouvernement cherche une sortie qui ne révèle rien...

Il espère qu’en faisant sauter quelques dirigeants, on pourra faire oublier qu’on a essayé d’en licencier en douce quelques autres sur des prétextes fallacieux.

Et surtout qu’on oubliera de se demander quelle était la raison de cette opération invraisemblable...

Non seulement cela révèle comme le fait la presse des méthodes de direction fort peu recommandables mais cela pourrait dévoiler d’autres calculs...

Toute la presse s’est interrogée sur la mise à pied puis le licenciement sans preuve par le PDG Ghosn de trois hauts cadres de la firme automobile sous l’accusation d’espionnage industriel. Il est symptomatique que la "fuite" prétendue concerne le fameux projet phare de Renault de véhicule électrique. En effet, ce projet sur lequel Ghosn a prétendu miser tout l’avenir de la société était contesté par une partie de la direction. Le roi a-t-il mal supporté d’être remis en question par sa cour censée se contenter de courbettes ? Ou, au contraire, la direction de Renault est-elle un tel panier à crabes qu’elle est capable de vendre (à bon prix) à la concurrence ? Dans les deux cas, les salariés n’ont pas de quoi être surpris, eux qui constatent sans cesse que, derrière le discours officiel, la réalité est tout le contraire. Le PDG qui bloque les salaires fait envoler le sien en flèche. Que ce dernier soit capable de se couvrir contre un éventuel échec en mouillant ses collaborateurs n’aurait rien d’étonnant. Ghosn nous avait habitués à renier ses engagements appeler "Contrat Renault 2009" pour lequel il avait demandé à chaque salarié de s’engager sans s’en expliquer et sans la moindre gène... Le "contrat Ghosn", c’est tout ce qui est bon pour Ghosn est bon pour Renault. La suite risque d’être... électrique !

Un nouvel épisode de l’affaire d’espionnage : des ordinateurs ont été volés au Plessis-Robinson. On savait que Ghosn cherchait des preuves pour appuyer son échafaudage branlant d’espionnage. Pour construire l’affaire, Ghosn avait payé d’anciens barbouzes de la guerre d’Algérie au tarif de 100.000 €. A eux de se débrouiller pour mouiller les trois hauts cadres en prouvant que l’on attaquait le secret de commercialisation des batteries électriques des futures voitures électriques Renault. Quelle chance : les deux ordinateurs volés contiennent des données secrètes sur ce thème. Soit les secrets de Renault sont très mal gardés soit ce vol arrange bien Ghosn… Cela vient merveilleusement à point nommé pour prouver… après coup… la culpabilité des trois cadres licenciés. Comme l’écrit « L’Express », « Ghosn s’emploie à étayer la thèse de l’espionnage ». Mais est-ce qu’il n’en fait pas trop pour… l’étayer ?

Depuis l’enquête de la DCRI qui a pris les ordinateurs des cadres licenciés, Renault se plaint d’être victime de tracasseries et de devenir la « nouvelle affaire Bettencourt » ! La firme accuse même la DCRI de divulguer des secrets Renault ! Qu’est-ce que Ghosn a donc à cacher aux spécialistes de l’espionnage industriel pour craindre autant une enquête ? La direction prétend que l’enquête va nuire à l’image de Renault. Est-ce que les méthodes de Ghosn ne seraient pas avouables ? Est-ce que les techniques commerciales de Renault que ces cadres sont accusés de faire connaître seraient illégales ? La firme au losange aurait loué les services d’un enquêteur en cachant ce travail à son entreprise et le résultat ne donnerait aucune preuve des accusations contre les trois cadres… En tout cas, même sans preuve, Ghosn licencie trois hauts cadres… Bien des hauts cadres sont déstabilisés par cette affaire. Qu’ils en tirent au moins la leçon qu’aussi haut soient-ils et aussi dévoués à Renault, ils peuvent très bien se retrouver du jour au lendemain au chômage comme de vulgaires travailleurs qu’ils n’ont jamais cessé d’être sauf dans leur imagination…

La DCRI a fait son travail, les enquêtes ont été menées, la Suisse et le Liechenstein ont collaboré et au final, pas la moindre trace d’espionnage, pas le moindre compte bancaire secret pour aucun des trois licenciés accusés d’espionnage et d’avoir touchés des dessous de table. Rien de rien et du coté de la DCRI, on parle de plus en plus sérieusement de manipulation interne et de règlement de compte entre salariés du constructeur et d’un affaire qui pourrait se terminer aux prud’hommes à défaut d’être l’affaire d’espionnage industriel du début du XXI ème siècle.

Les dernières investigations de la DCRI ont révélé que l’affaire d’espionnage montée par le service de sécurité de Renault sous les ordres de Ghosn et Pelata visait à faire chuter un haut responsable japonais de Nissan en l’accusant d’être à la tête de l’espionnage organisé par les trois cadres ensuite licenciés puis réintégrés devant la divulgation de la diffamation…

Ghosn avait, selon la presse patronale, le projet de constituer une holding entre Renault et Nissan, une espèce de fusion des deux entreprises en somme. Il a démenti depuis. Peut-être que la crise nucléaire au Japon n’y est pas pour rien... Nul ne peut dire si l’économie japonaise ne va pas complètement s’effondrer du fait de la crise nucléaire. L’état des centrales de Fukushima et Onagawa (que l’on cite moins fréquemment à tort) est toujours plus critique : le gouvernement japonais a annoncé qu’une centrale pouvait exploser comme une bombe atomique et il y aurait alors deux à trois heures pour évacuer Tokyo. Dans ces conditions, Ghosn a fait preuve de beaucoup de flair (!) en proposant une holding avec un trust d’une économie et d’un pays aussi menacés…

Devant la divulgation de leurs manipulations, Ghosn et Pelata ne se sont pas démontés. On s’excuse, on avait tout imaginé. Enfin, pas nous mais le service de sécurité. Elle est un peu forte celle-là ! Ils avaient pourtant été très affirmatifs… Faut-il leur rappeler leurs propos ? Par exemple, lettre de licenciement « Vous avez reçu des sommes d’argent de source étrangère conduisant à la conviction que vous avez donné en échange des informations stratégiques pour l’entreprise. » Pelata avait lancé « nous avons poussé nos investigations afin d’être sûrs d’identifier l’ensemble des personnes concernées au sein de l’entreprise. » Deux semaines plus tard sur TF1, Ghosn enfonçait le clou : « Nous avons des certitudes. Les preuves sont multiples. Dans le JDD, le 23 janvier, Ghosn a affirmait avoir « suivi personnellement l’avancement de ce processus au fur et à mesure ». Et, personnellement, lui et son acolyte n’auraient rien ? Savent ce qu’il en coûte au pénal pour diffamation ?

Dans l’affaire d’espionnage, la direction aura tout déclaré et son contraire : « c’est la Chine » puis « c’est pas la Chine », « ce sont des secrets importants qui ont été divulgués » puis « ce ne sont pas des secrets importants » pour finir par « on sait qui est responsable » puis « on ne sait pas ». Que la direction soit incapable de dire qui s’en serait pris à Renault, c’est ce qu’écrit la direction dans sa plainte contre X.

Et le dossier de Renault semble vide d’après ce que déclare le Syndicat Français de l’Intelligence économique (SYNFIE) qui déclare que cette affaire est « un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire ». Cet organisme est très loin d’être d’extrême gauche ! Les déclarations de Ghosn ce dimanche ne nous ont rien appris de plus. D’un côté, il affirme que la concurrence s’intéresse à la technologie Renault, de l’autre il y dit que ce n’était la technologie qui était visée…

En somme, il n’y a aucune preuve et cela n’empêche pas Ghosn de les licencier… sans savoir ! Bien des hauts cadres sont déstabilisés par cette affaire. Qu’ils en tirent au moins la leçon qu’aussi haut soient-ils et aussi dévoués à Renault, ils peuvent très bien se retrouver du jour au lendemain au chômage comme de vulgaires travailleurs qu’ils n’ont jamais cessé d’être sauf dans leur imagination…

Concernant le changement de mode de management et la gestion de l’ambiance interne, C. Ghosn a fait passer un message me semble-t-il : A la question de son départ demandé par la CGT, il a répondu "je dois des comptes a mon CA et a mes actionnaires, pas a untel ou untel". Ce que j’ai entendu par là, c’est "je ne dois pas de comptes aux salariés"... ca commence bien !

Ce que nous, salariés, ne savons pas c’est quelle mouche a piqué Ghosn. Ne s’agit-il pas d’une tentative de se débarrasser de dirigeants qui se seraient permis de critiquer la stratégie du grand boss à Renault, celle du "tout électrique", ce dernier se couvrant du même coup, au cas où le véhicule électrique Renault soit un bide.

En tout cas, que Ghosn ne supporte pas d’être critiqué, on s’en aperçus car la direction, dans un courriel au personnel, nous invite à la réserve en faisant valoir que les "rumeurs sont de nature à porter atteinte à l’image et à l’efficacité" de l’entreprise. Mais c’est elle qui fait courir les rumeurs. C’est aussi convaincant qu’un PDG qui nous invite à la modération salariale en s’octroyant une super-augmentation !

Le Conseil d’Analyse Economique a fait savoir, dans le chapitre lié à la voiture électrique que » …le coût de revient d’un véhicule électrique n’est jamais inférieur ou égal à celui d’un véhicule dit conventionnel à moteur thermique. Ainsi le coût d’une voiture électrique apparait entre 20 et 100% plus élevé que celui d’une auto « normale » à usage équivalent. Ces chiffres dépendant évidemment du kilométrage mensuel ou annuel parcouru ».

Donc Ghosn ne voulait pas être critiqué sur son choix du tout électrique qui va s’avérer être un grand bide...

Qu’on se le dise, on ne critiquera pas impunément la stratégie du grand boss à Renault. Il peut en coûter d’être accusé de vol des secrets industriels pour s’être permis de critiquer le "tout électrique" dans la stratégie de Ghosn. Ce dernier se couvre même ainsi au cas où le véhicule électrique Renault ne marche pas. On ne doit pas critiquer le boss : la direction, dans un courriel au personnel, nous invite à la réserve en faisant valoir que les "rumeurs sont de nature à porter atteinte à l’image et à l’efficacité" de l’entreprise. Mais c’est elle qui fait courir les rumeurs. C’est aussi convaincant qu’un PDG qui nous invite à la modération salariale en s’octroyant une super-augmentation !

Le patron le mieux payé de France est Carlos Ghosn avec plus de neuf millions par an. Jamais jusque là la firme Renault n’avait eu le record du PDG le mieux payé du Japon en plus de celui le mieux payé de France. Et Ghosn est loin devant le suivant !!! Jamais un PDG de Renault n’avait touché la somme colossale de 9,2 millions d’euros par an, soit 726 SMIC, alors que la moyenne des PDG du CAC 40 (les quarante sociétés les plus riches de France) est de 190 SMIC. A l’autre bout de l’échelle des salaires, deux millions trois cent mille salariés touchent le smic soit 1 056 euros net par mois. Ils seront augmentés de 1,6 % au premier janvier prochain... soit la somme considérable de... 16 euros !!!!!

Les salariés de l’Automobile en France se préoccupent à juste titre que des pièces venant du Japon puissent être contaminées par la radioactivité. En effet, la région de la centrale qui subit une grave catastrophe nucléaire est celle de l’industrie sous-traitante de l’Automobile. Pourtant, les trusts comme Renault et PSA, tout comme le gouvernement japonais, veulent qu’on n’évacue pas la région de Fukushima irradiée afin justement de continuer à y exploiter les salariés… ! Laisser la population travailleuse sous la menace nucléaire pour que la production sorte et que les profits ne chutent pas, voilà de quelle manière les patrons des trusts japonais comme Ghosn manifestent leur solidarité prétendue avec le peuple japonais !

Pour preuve de sa solidarité avec le peuple japonais, Ghosn nous a écrit pour qu’on donne des sous qui iront dans les caisses de qui ? Du gouvernement japonais pour qu’il soutienne les banques, la bourse, le Yen, les trusts comme il le fait actuellement à coups de sommes colossales ! Pas pour aider la population frappée par le tsunami et qui ne reçoit quasi aucune aide d’Etat ! Et Renault donne l’exemple en donnant la pécadille de 500.000€ ! Ghosn ne manque pas de toupet ! Quand on pense que Nissan fait partie des trusts japonais qui ont fait pression pour obtenir la réouverture des vieilles centrales fermées et qui sont aujourd’hui en situation catastrophique...

Un des derniers numéros du journal de la direction, « Global », donnent-ils selon vous une bonne idée de l’entreprise ?

On y peut lire en titres :

Qui respire le bien-être

La course en tête

L’avenir en rose

Fabriquer le futur

Le progrès permanent

Mais ça finit avec un peu de réalisme :

Chargé d’électricité !!!!

Bien des salariés sont interloqués par cette affaire, se demandant quel en était le but et que pouvait bien chercher la direction de Renault en agissant ainsi. C’est oublier que Ghosn n’avait en rien l’intention de rendre public ces accusations mais seulement de faire peur aux intéressés pour les pousser à signer une démission avec arrangement financier. Et surtout c’est oublier que des gens comme les deux lascars qui gouvernent Renault sont tellement imbus d’eux-mêmes et tellement méprisants vis-à-vis de tous les salariés, y compris hauts placés, qu’ils pensent pouvoir manipuler la réalité à leur guise. On entend beaucoup parler des tyrans du monde arabe mais, au sommet des trusts du CAC40, il y a aussi des beaux spécimens

L’affaire d’espionnage inventé aura permis de rendre public l’espionnage que pratique la direction de Renault contre les salariés, comme ce témoignage paru dans la presse : « On m’a proposé de rejoindre le service Sécurité… Mon chef de service m’a demandé d’enquêter sur la vie privée d’un délégué syndical. Il fallait savoir s’il était homosexuel, d’où venait sa Mercedes, ce qu’il faisait en voyage aux Etats-Unis et de manière générale « éplucher » son train de vie. En pleine nuit, nous avons récupéré les données du disque dur de son ordinateur. A la fin nous savions tout sur lui… On nous a fait fouiller le bureau du médecin du travail pour étudier les dossiers médicaux des employés. Autre exemple : des gars étaient chargés de fouiller le coffre du gestionnaire des ressources humaines… Nous avions installé des mini-caméras dans les cafétérias. On a enquêté sur la vie privée de la secrétaire d’un directeur… J’étais chargé de surfer sur le site de rencontre qu’elle fréquentait… J’ai été licencié pour faute. Ça chauffait pour moi parce que j’avais raconté au délégué syndical ce qu’on lui avait fait. »

Selon Ghosn, tout serait de la faute des média qui auraient lancé l’affaire alors que lui n’aurait accusé personne. C’est pourtant lui qui est monté sur les plateaux télé pour accuser. Rappelons les termes de sa lettre de licenciement : « Il ressort de nos investigations que vous avez reçu des sommes d’argent de source étrangère, conduisant à la conviction que vous avez donné en échange des informations stratégiques pour l’entreprise. » Sic !

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