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Algérie : encore la répression violente. Dehors pouvoir assassin !!!

lundi 21 février 2011

Échauffourées étudiants/policiers à Alger

Au moins un manifestant a été blessé aujourd’hui à Alger au cours d’une série d’échauffourées qui ont opposé des policiers à des étudiants qui tentaient de tenir un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur, ont indiqué des témoins.

Les manifestants ont été bloqués par les forces de l’ordre près du ministère, devant lequel ils comptaient se rassembler pour réclamer l’abrogation d’un décret présidentiel fixant le régime indemnitaire des fonctionnaires, promulgué en décembre et jugé "obsolète", selon ces sources.

"J’ai vu un étudiant le visage ensanglanté", a dit un témoin qui a précisé que cette manifestation avait rassemblé "plusieurs milliers d’étudiants".

La bastonnade, encore la bastonnade. La police anti-émeute a chargé à nouveau, lundi 21 février, un rassemblement des étudiants devant le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique, à Ben Aknoun, sur les hauteurs d’Alger. Selon différents témoignages recueillis au téléphone par DNA, la police a usé de brutalités pour disperser le sit-in des étudiants. On dénombre plusieurs blessés parmi les étudiants.

Plusieurs témoignages confirment que la police ant-émeutes a chargé les étudiants rassemblés autour du siège du ministère. Sérieusement blessés à l’issue du coup de force de la police, certains étudiants ont dû être admis à l’hôpital pour des soins.

Massés devant le siège du ministère, les étudiants protestataires scandaient : « On est des étudiants, nous ne sommes pas des voyous ! »

Les étudiants sont encore sous le choc. « Il fallait voir comment les policiers s’acharnait sans pitié avec leurs matraques sur de pauvres étudiants ! On dirait qu’ils frappaient un mur en béton. J’étais sidéré de voir des étudiants avec des jambes brisées, ou la tête immaculé de sang », raconte Imène, une étudiante présente sur les lieux au moment de l’assaut de la police. Elle ajoute : « Ils n’arrêtaient pas de renforcer le dispositif. On dirait que la police faisait face à des talibans... »

A l’instar de ses collègues, Yacine, étudiant à l’ex-INPS, a également pris part au sit-in, réprimé par les forces de l’ordre. « C’est une honte ! Ce que que nous avons vécu ce lundi est une honte pour le pouvoir algérien ! Cela restera une date triste de notre histoire. Il fallait voir ça ! La police nous a chargée plusieurs fois. On avait les mains levées avec nos pancartes d’étudiants et malgré ça ils nous ont tabassé », confie-t-il.

Légèrement blessé, Yassine poursuit son récit : « A coté de moi, j’ai vu des étudiants la tête en sang, des cris fusaient de partout, des étudiantes se sont évanouies ! Il y a eu des blessés qui ont été évacués vers l’infirmerie… »

A chaud, au téléphone, ce jeune étudiant n’arrive pas à calmer la douleur qui le vrille : « Je suis très en colère ! J’ai la rage ! Que veulent t-ils de plus ? Qui a donné l’ordre de tabasser des étudiants venus réclamer leur droit pacifiquement ? Qui est responsable de cette dérive ? Où va l’Algérie ?! », s’interroge-t-il.

Isma, étudiante à l’Institut national du Commerce,fait aussi parti des manifestants. « J’ai eu la peur de ma vie. Les flics qui sont censé protéger les citoyens n’ont pas hésité à tabasser des étudiants ! Sous la charge de la police, des étudiants sont tombés dans un mouvement de foule. Certain ont été piétinés. C’était effrayant ! », confie-t-elle.

Des images d’étudiants blessés lors de cet assaut circulent actuellement en boucle sur le réseau social Facebook.

Des centaines d’étudiants campent depuis jeudi dernier devant le siège du ministère pour protester contre un décret présidentiel jugé obsolète. Lundi, le rassemblement a donc été dispersé par la police anti-émeute qui a fait usage de brutalités.

Dans la soirée du dimanche 20 février, la police anti-émeute avait donné l’assaut à un sit-in des étudiants autour du siège du ministère de l’Enseignement supérieur.

« On était devant le siège du ministère. Des policiers nous ont bousculés et molestés sur une centaine de mètres jusqu’à hauteur de l’INPS. Sur place, ce sont des forces antiémeutes qui ont pris le relais. Ils ont fait usage d’une violence inouïe. Les matraques se sont abattues sans discernement sur des étudiants pacifiques. C’est la répression totale », racontait à DNA un étudiant de Boumerdes, sous couvert de l’anonymat, encore sous le choc face à la brutalité des forces de l’ordre.

La révolte estudiantine prend de plus en plus de l’ampleur. Mercredi dernier, ils étaient 3000 personnes à observer un rassemblement devant le ministère pour protester contre un décret ministériel. Quelque 200 étudiants ont passé la nuit d’après sur place en signe de protestation.

Le quotidien francophone El Watan a rapporté sur son site internet que près de 4.000 étudiants ont participé à ce rassemblement. Hier, une manifestation similaire avait été dispersée par la police devant le ministère de l’Ensignement supérieur à Ben Aknoun, sur les hauteurs d’Alger, selon les mêmes sources.

Environ 500 étudiants ont de nouveau manifesté aujourd’hui à Alger face au bâtiment du ministère de l’Enseignement supérieur pour exiger l’abrogation d’un décret présidentiel qui dévalorise selon eux leur diplôme d’ingénieur d’Etat. Des participants disent avoir été frappés mais la police nie tout excès.

Le bâtiment officiel situé sur les hauteurs de la capitale était placé sous haute surveillance et des policiers en tenue anti-émeute formaient un cordon pour empêcher les étudiants de manifester sur la voie publique.

"Plusieurs camarades ont été matraqués par la police", a affirmé Halim Djenane, de l’école polytechnique de Bab-Ezzouar, en montrant des photos de visages en sang prises selon lui après la charge de la police sur les étudiants qui tentaient de forcer le cordon.

Une version contestée par le responsable de la police, qui assure que "les agents d’ordre public ont agi dans le strict respect de la loi pour empêcher l’occupation illégale de la voie publique".

Ces étudiants en sont à leur cinquième rassemblement. Ils exigent du ministère l’abrogation pure et simple du décret présidentiel N°10-135 du 13 décembre 2010 relatif à la classification de leur diplôme. Ce texte, qui alimente la contestation depuis des semaines sur les campus, assimile les étudiants qui ont suivi leur cursus dans le système classique, soit cinq années d’études pour obtenir le diplôme d’ingénieur d’Etat, à ceux qui obtiennent un master au bout de quatre années dans le cadre du nouveau système LMD.

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