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Renault : l’arnaque, ça roule...

samedi 16 janvier 2010

Le nationalisme pour camoufler des sales coups

Sarkozy nous joue le grand jeu : il convoque Goshn soi-disant pour défendre les travailleurs de Flins qu’il prétend menacés par la production de la Clio en Turquie. Quoi ? Sarkozy ose affirmer que les salariés de Flins peuvent être menacés dans leur emploi alors qu’il avait déclaré conditionner les aides de l’Etat à Renault à l’objectif de zéro suppression d’emplois dans les usines. Faire croire que ce serait de la faute de la Turquie si Renault licencie, elle est forte ! L’Etat est l’actionnaire principal et c’est lui qui organise les suppressions d’emplois dans l’Automobile…

Comme un deuxième crime

La veuve de Raymond D., technicien au Technocentre Renault qui s’est suicidé en février 2007, demande au tribunal des affaires de la sécurité sociale de Versailles de reconnaître le caractère professionnel du suicide de son mari. L’enquête menée après sa mort révèle qu’il alignait des journées de 10 à 12 heures, jusqu’à 15 heures lorsqu’il se rendait à l’usine de Sandouville, en Seine-Maritime, parfois plusieurs fois par semaine. Depuis l’été 2006, il devait faire face à une charge de travail croissante. Il héritait en septembre des fonctions de « pilote fonction démarrage », ce qu’il redoutait : l’ingénieur qui en avait la responsabilité avait démissionné pour retrouver un semblant de vie personnelle. Aux syndicalistes qui prétendaient, avec le dernier suicide, que la direction faisait profil bas et tenait compte désormais du stress des salariés, la réponse de la direction ne s’est pas fait attendre. Alors qu’elle est condamnée pour faute inexcusable dans le suicide d’Antonio, la direction fait appel. Loin de reconnaître sa faute, elle persiste et signe.

La discrimination syndicale, ça existe !

Renault Trucks a été condamné définitivement par la cour de cassation pour discrimination syndicale. L’entreprise devra verser à trois salariés, tous élus CGT, des dommages et intérêts entre 10.000 et 25.000 euros chacun. Renault aime les « syndicalistes responsables » mais pas les militants ouvriers qui réunissent les salariés, les aident à lutter, à s’organiser.

Portrait de samouraï désarmé

Dans la photo de ses vœux, Ghosn n’arbore plus son air conquérant, les mains sur les hanches. Il a une mine sobre, tout droit, un peu raide même et un style austère. L’échec est passé par là. Il a trop peur qu’on lui demande comment il a fait pour couler l’entreprise avant même la crise de 2008, en jouant aux subprimes.

La ferme !

Les semaines passent, les mois aussi mais la volonté des syndicats de s’opposer à la fermeture Rueil n’est toujours pas là. Citons les. La CGC : « La direction générale se trouve alors contrainte de vendre les bijoux de famille, comme Rueil et le Square-Com de Boulogne ! On n’a pas encore touché au bâtiment X ou à la cour d’honneur avec le char ou encore au petit atelier de Louis Renault ! Mais, qui sait, un jour peut-être ? » Et la CFDT : « Rueil… trop de questions sans réponses. Le transfert du CTRB vers le A continue. (…) Mais quand nous demandons le prix d’un tel déménagement et sa rentabilité, aucune réponse apportée. L’attitude de la direction concernant ce thème sera un indicateur des futures discussions qui pourraient se tendre. » Quant à la CGT : rien. Pourtant, fermer le site de Rueil, en termes d’attaques contre nous tous, ce n’est pas rien.

Hold up en bande organisée

Nos impôts ont servi à renflouer Renault et PSA. Maintenant que ces firmes caracolent dans les bénéfices records, on nous rend notre argent ?

Des records oui, mais pas sur notre feuille de paie !

Près de 2,27 millions de voitures devraient être immatriculées en France cette année, soit une progression de plus de 10% par rapport à 2008, a annoncé le ministère de l’Industrie, en saluant une année "record". Mais le record de 15% de Renault ne touche pas les salaires, les emplois, ni les conditions de travail !! « Le supplément d’intéressement, qui sera versé à tous les salariés si le ’free cash-flow’ est positif en 2009, est porté à 500 Euros » précise la direction. 500 euros, pourquoi pas, mais sur le salaire de base et tous les mois, cela permettrait de respirer !

Ils négocient et le patron gagne

Les négociations de syndicats avec la direction ne mènent à rien, ni sur les salaires, ni sur la pénibilité au travail, ni sur les départs en préretraite, les seniors. Quant à l’accord signé le 9 décembre dernier sur « la dynamique des parcours tout au long de la vie professionnelle », c’est carrément du pipeau. Alors, pourquoi les dirigeants syndicaux passent-ils autant de temps à discuter, sinon pour faire croire que c’est indispensable de négocier ? Quant à la signature du nouveau CSC, elle a obtenu la caution des mêmes syndicats que le précédent et il s’y rajoute maintenant la signature de la CGT. Bienvenu au club des syndicats qui s’alignent sur la direction…

Des préretraites ?

Sous peine de devoir verser 1 % de leur masse salariale en cotisation supplémentaire à la CNAV, les entreprises devaient conclure d’ici la fin de l’année des accords pour l’emploi des « seniors ». Pour se mettre en conformité avec la loi sur l’emploi des salariés âgés, Renault vient de signer avec des organisations syndicales un accord sur « la dynamique des parcours tout au long de la vie professionnelle ». Deux taux d’activité sont proposés sur les trois ans, 66 % ou 50 %. Il s’agit d’un taux moyen d’activité qui peut être réparti différemment. Ainsi, 66 % sur trois ans peut se traduire concrètement par travailler 80 % du temps sur deux ans et demi pour enfin partir six mois avant la retraite. Le salarié, lui, ne toucherait que 73 % de son salaire pendant trois ans. Autrement dit, pour pouvoir éventuellement partir à 59 ans et demi après avoir « bénéficié » d’un temps partiel très relatif (80 % de taux d’activité !) à partir de 58 ans, il faut payer la note avec une perte sèche de 27 % du salaire ! Quant à ceux qui opteraient pour le temps partiel à mi-temps, ils ont intérêt à avoir une très bonne paie puisque la perte de salaire dans ce cas serait de 40 % pendant trois ans. La pénibilité au travail exige que les salariés âgés puissent quitter avec au moins l’équivalent du CASA et leur remplacement par des jeunes.

Renault condamné

Le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Nanterre a condamné Renault pour « faute inexcusable » dans le suicide, le 20 octobre 2006, d’Antonio qui s’est donné la mort au Technocentre. Toutes les tromperies de Renault visant à faire croire à un suicide dû à un prétendu divorce et autres mensonges sur les enquêtes d’experts n’auront servi à rien. Renault est condamné mais persiste et signe avec les derniers suicides dont on a eu connaissance et avec son organisation du travail. Ce n’est pas les nouvelles annonces de CSC et de chômage partiel qui nous démentiront.

2 Messages de forum

  • Renault : l’arnaque, ça roule... 20 janvier 2010 22:35, par marcus

    Il n’ y a pas de sauveur suprême ! Travailleurs de l’automobile de toute l’Europe unissons nous !
    Toutes les tentatives de faire croire aux travailleurs de l’automobile que les Sarkozy ou les Ghosn vont sauver leurs emplois visent à les empêcher de s’organiser pour prendre leur sort en main. C’est un mensonge que de prétendre que des usines ne fermeront pas alors qu’en Europe il exite des surcapacités de l’ordre de 20% dans le secteur automobile. Et c’est d’ailleurs à l’échelle de tout le continent qu’il va falloir tisser des liens d’usine en usine pour empêcher les patrons et les Etats de nous opposer les uns aux autres !

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  • Renault : l’arnaque, ça roule... 17 avril 2010 17:46, par robert paris

    PSA ferme un site…
    Les salariés de PSA à Melun-Sénart ont eu la stupeur d’apprendre qu’en pleines annonces de résultats dans le vert, alors que PSA bénéficie encore des aides d’Etat conditionnées par l’absence de fermeture de site prétendait Sarkozy, leur site va fermer et eux être dispersés… Ceux qui croient aux promesses de PSA comme à celles de Renault croient à du vent… Lors du lancement du « pacte automobile », le 9 février 2009, Nicolas Sarkozy roulait des mécaniques : « Renault et PSA ont pris un engagement très important de ne fermer aucun de leurs sites pendant la durée de ces prêts et de tout faire pour éviter les licenciements. » Un an plus tard et 6,5 milliards d’euros offerts aux deux groupes, les belles promesses se sont envolées : fermeture du CTR (Rueil) et de PSA (Melun-Sénart) sans parler de tous les sous-traitants de l’Automobile !

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