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La BAC du préfet de police de Paris le 21 juillet 2026 à Ivry : on ne gaze pas les enfants !
jeudi 20 août 2026
La BAC du préfet de police de Paris le 21 juillet 2026 à Ivry : on ne gaze pas les enfants !
C’est une mère qui a posté une vidéo à propos des incidents du 21 juillet 2026 à Ivry, concluant par les mots : on ne gaze pas les enfants.
Les faits
Rappelons qu’Ivry fut le fief stalinien de Maurice Thorez, le maire est un de ses héritiers du PCF, qui fait publier sur le site de sa mairie le résumé suivant :
Ivry face aux violences policières
Le 21 juillet, des policiers s’en sont violemment pris aux familles de la cité Amédée Huon. Le 26 juillet, plus de deux cents personnes s’y sont réunies pour protester contre l’impunité policière.
Il est 21h, ce mardi 21 juillet, quand des policiers appréhendent un individu à plusieurs mètres de la cité Amédée Huon, dans le quartier Monmousseau-Vérollot. En bas de celle-ci, une quarantaine d’enfants et d’adolescents joue. Des mamans ont préparé des goûters. Il règne une belle convivialité de quartier. « Pour une raison inconnue, les policiers ont appelé une patrouille de la BAC (Brigade anti-criminalité) de Créteil, qui est arrivée en moins de cinq minutes ! Et ça a été le début du chaos », raconte Fanta dont la mère et la sœur se sont faites gazer et frapper. « On était là pour prendre l’air, explique sa maman. La personne a été arrêtée plus loin. Puis on a reçu deux grenades. On a été choqués, effrayés. Quel individu a pu jeter des grenades sur une aire de jeu où il y a quarante enfants ? J’ai vu que c’était des policiers. J’ai demandé à l’un d’eux : “C’est vous qui avez jeté des grenades ?” Il m’a dit oui. Un policier a sorti sa matraque. J’avais ma petite-fille de 6 ans à la main. Il m’a frappé en me disant : “Rentrez dans vos pays de merde !” Les policiers ont jeté deux autres grenades. Je me suis évanouie. Je suis resté 20 minutes au sol. Les policiers disaient que je jouais la comédie. »
Fanta poursuit : « Les jeunes ont mis ma mère en PLS (position latérale de sécurité) et ont appelé les pompiers. Un policier a dit “Elle n’avait qu’à être plus solide” et n’a rien fait pour l’aider. Ma sœur s’est faite gazer en pleine face ; un jeune a été touché au pied par un tir de flashball ; des enfants se sont perdus à cause de la fumée des lacrymogènes. Ça a duré 30 à 40 minutes. »
Les jeunes du quartier ont éloigné les plus petits des gaz, dont une fillette de 18 mois, et filmé les faits. Des images accablantes montrant une violence policière débridée.Se rassembler contre l’impunité
Dès le lendemain, dans un communiqué (lire ci-dessous), Philippe Bouyssou, maire d’Ivry, a condamné cette agression gratuite : « Une mère de famille a dû être prise en charge aux urgences. Des enfants sont traumatisé-es. Ces violences sont insupportables, inadmissibles et frappent, une fois encore, les habitant-es d’un quartier populaire », dénonce-t-il notamment. Il a écrit à la Préfecture et au ministère de l’Intérieur pour exiger que toute lumière soit faite et que des sanctions soient prises. Une psychologue de la ville a tenu une permanence extraordinaire à la Maison municipale de quartier du Plateau-Monmousseau afin d’accompagner les victimes de violences policières traumatisées. Ouarda Kirouane, adjointe au maire en charge de la tranquillité de l’espace public et prévention de la délinquance, relations avec la Police nationale, ainsi que Mathilde Panot, députée d’Ivry, ont accompagné les victimes au commissariat pour qu’elles portent plainte. En tout, une quinzaine de plaintes ont été déposées et l’IGPN a été saisie.« Nous n’acceptons pas que le racisme continue, que des quartiers puissent être pointé du doigt. Il n’y a pas de citoyens de seconde zone dans ce pays ! a-t-elle rappelé lors du rassemblement du 26 juillet aux pieds de la cité, initié par Assa Traoré et Fanta. La BAC doit être dissoute ! Je salue le courage des jeunes, des mamans. C’est parce qu’il y a eu un sang-froid extraordinaire que cela n’a pas dégénéré. »
Parmi les deux cents de personnes présentes lors de ce rassemblement de protestation (dont le maire et plusieurs élu-es d’Ivry), Luc Ladir, adjoint au maire de Vitry, constate à quel point « les faits que les habitants d’Amédée Huon ont vécu se banalisent. Nous avons eu la même chose à Vitry où un gamin s’est fait défigurer par la BAC de Créteil. Je voudrais remercier les jeunes qui se sont organisés alors que certains voudraient casser cette solidarité. »« Ce qu’il se passe ici est le miroir de ce qu’il se passe dans de nombreux quartiers, constate également la militante antiraciste Assa Traoré, dont le frère a été tué par la police il y a dix ans. Nos quartiers comptent, ce ne sont pas des zones de guerre. Les habitants veulent une police qui les protège, les rassure. Pas une police qui les tabasse, les asphyxie. »
Co-secrétaire de la section ivryenne du Parti communiste français, Léo Michel dresse lui-aussi un tableau plus large de la situation : « Il y a un échec dans la gestion du maintien de l’ordre, avec des lois sécuritaires qui font dans la surenchère et un manque de contrôle des forces de police. Il est inquiétant d’observer ce genre d’intervention, que l’on peut interpréter comme un signal d’impunité, notamment par rapport à la loi sur la présomption de légitime défense qui a été voté. Nous appelons à la manifestation du 19 septembre prochain, place de la République à Paris, contre ce “permis de tuer”. Il faut redonner de la sûreté et de la dignité aux habitants. »Que justice soit rendue
« À aucun moment, nous n’avons agressé les forces de l’ordre. Nous avons subi une intervention injustifiée, témoigne une habitante du quartier, présente le 21 juillet. Aujourd’hui, nos enfants sont traumatisés. Nous, les parents, sommes profondément marqués. Aucun contexte ne peut justifier une telle intervention. De quoi sommes-nous coupables ? D’avoir voulu profiter d’une journée d’été avec nos enfants ? Ou de vivre dans cette cité ? La cité Amédée Huon a toujours été un quartier solidaire. Et c’est cette solidarité qui nous permet de faire face aujourd’hui. Nous ne demandons ni privilège, ni faveur. Nous demandons juste que justice soit rendue. Nous demandons que nos enfants puissent grandir sans avoir peur de ceux censés les protéger. »
Présente ce 26 juillet en solidarité, une habitante de Choisy résume la pensée collective : « Qui veut vivre avec une police qui joue les cowboys ? Tout le monde est concerné. »Daniel Paris-Clavel
Ce résumé est à diffuser largement.
Le communiqué du maire est donné en image sur ce même site de la mairie :
Les révolutionnaires face aux incidents du 21 juillet
Le cri de colère de cette femme franco-malienne contre la BAC est analogue au cri de colère des habitants de Porge contre les pompiers et les policiers. Tous sont d’honnêtes travailleurs qui respectent la police et les pompiers en général, mais dénoncent sans hésitation leur action particulière en ce mois de juillet.
Ces habitants de Porge et femmes d’Ivry agissent immédiatement, portant plainte contre l’Etat.
Une de ces femmes d’Ivry fut présente à la manifestation contre l’impérialisme français le 2 mai dernier, voir notre editorial du 14 mai. C’est par elle que Matière et Révolution fut mis au courant de ces événements d’Ivry. La lutte contre l’impérialisme français va de pair avec la lutte contre les violences policières.
Les caractéristiques de ce cri de colère d’Ivry contre les policiers sont similaires à ceux des paysans, des Gilets jaunes qui subirent les violences policières :
1) action de personnes qui se voient comme membres du "peuple français", ne souhaitant pas particulièrement la scission de la démocratie bourgeoise en celle des plébéiens contre celle des grands bourgeois, mais de fait par leur action pratiquant cette scission
2) actions de militants de la démocratisation de l’Etat bourgeois n’ayant pas franchi le pas de l’adhésion consciente à la démocratie révolutionnaire, mais tendant vers cette démocratie révolutionnaire, agissant en démocrates révolutionnaires.
Les révolutionnaires pour cette raison doivent être à leurs côtés. Toutes les revendications à mettre en avant sont caractéristiques de celles de tout programme de transition (entre la révolution bourgeoise et la révolution prolétarienne) comme celui de Trotsky en 1938.







