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Comment Socrate a gagné la bataille politique en perdant son procès et en étant… condamné à mort…

mercredi 14 janvier 2026, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Quand la démocratie athénienne décidait, en 399 avant notre ère, de condamner à mort Socrate, elle s’est accusée elle-même…

Diderot dans « Le neveu de Rameau » :

« De Socrate ou du magistrat qui lui a fait boire la cigüe, quel est aujourd’hui le déshonoré ? »

Nombre d’écrivains, d’historiens, de philosophes et d’autres commentateurs ont estimé que la condamnation de Socrate, qui plus est par une toute neuve démocratie qui venait d’en finir avec une dictature violente, avait un caractère symboliquement fort, dépassant les seules circonstances, Socrate devenant un héros proclamant la liberté du penseur par rapport à l’ordre politique et social.

Il y a de quoi étonner de voir que l’accusation de Socrate lui reproche de proposer d’autres dieux que ceux de la cité, alors que toute la société grecque, Athènes y compris, croyait en de multiples dieux et tout un chacun pouvait adorer les dieux qui lui chantaient et introduire ceux qu’il voulait. L’accusation d’impiété existait mais concernait des gens qui avaient manifesté publiquement le mépris des dieux et fait des gestes désobligeants dans des manifestations religieuses, ce dont personne n’accuse Socrate. Il semble clair que l’accusation de Socrate a été mensongère. Non pas qu’il soit innocent en tout mais parce qu’on ne voulait pas dire clairement ce qu’on lui reprochait.

La mort de Socrate, choisissant d’avaler la cigüe et de mourir empoisonné, plutôt que de fuir la ville d’Athènes est certainement remarquable.

C’est Socrate lui-même qui a décidé de faire de son procès et de sa mort une leçon aux Athéniens et même au-delà aux humains. Il a estimé, lui, qu’il y avait un message profond à retirer de cette condamnation de Socrate et même que c’était plus important que toutes les leçons qu’il aurait pu transmettre de son vivant.

Mais, comme tous les messages de Socrate, celui du procès et de la condamnation n’est pas transparent. Ce penseur n’a jamais donné de leçon directe, jamais transmis un enseignement au sens propre et il n’a pas dit en clair quelle leçon il fallait tirer de sa mort, pas plus que de sa vie. Non seulement il ne l’a pas écrit (il a choisi de ne rien laisser comme écrit) mais sa leçon philosophique, il ne l’a même pas dit ouvertement bien qu’ayant sans doute parlé philosophie (et politique) avec un plus grand nombre d’Athéniens que ses contemporains et de toutes les couches sociales, de haut en bas. Il connaissait personnellement les plus hautes personnalités et fréquentait le petit peuple, ouvriers, domestiques, étrangers, esclaves et femmes compris. Tout Athènes savait qui il était et, avant même son procès, il avait fait l’objet d’écrits, de pièces de thèâtre, que ce soit pour ou contre Socrate, et était le sujet de nombre de conversations et été estimé comme un personnage dérangeant.

La première des leçons qui nous est parvenue, c’est qu’on ne peut tuer une idée. Jamais Socrate n’a été aussi connu que depuis qu’Athènes l’a tué.

Tué par la démocratie…

Bien sûr, la première chose qui étonne tout le monde, c’est que Socrate n’a pas été spécialement inquiété par la dictature des Trente (dictature des tyrans imposée à la cité athénienne en 404 avant J.-C. par la défaite et l’occupation militaire spartiate pendant moins d’un an) et l’a été par la démocratie qui lui a succédé !

https://www.jlperillie.com/single-post/propos-5-la-d%C3%A9mocratie-ath%C3%A9nienne-a-tu%C3%A9-le-p%C3%A8re-de-la-philosophie

On a cru trouver l’explication dans le fait que Socrate n’aimait pas la démocratie. C’est d’autant plus curieux qu’il a été considéré comme le père de la démocratie athénienne qui a suivi et qui s’est réclamée de lui…

Socrate n’était pas un adepte de la dictature mais pas non plus du pouvoir des policiens fondé sur le vote majoritaire camouflant une société dominée par les maitres d’esclaves, a fortiori s’il s’agissait du vote majoritaire des citoyens, en éliminant les femmes, les esclaves, les mineurs, les étrangers (dits métèques, ce qui comprenait non seulement ceux venant d’autres pays que la Grèce mais aussi d’autres cités qu’Athènes !). Pour Socrate, une majorité obtenue par des alliances, de la corruption, des complicités, de la démagogie, une telle démocratie n’était pas le pouvoir du peuple mais des menteurs. Et derrière les politiciens, derrière le simulacre de démocratie, il y avait une classe exploiteuse très riche de maitres d’esclaves. La démocratie trompait le peuple athénien en liant l’obtention de droits et de iens au développement de l’impérialisme. Voilà ce que combattait Socrate !

Ce que Socrate récuse est parfaitement symbolisé par son procès où un grand nombre de gens ont pu assister, entendre et même juger directement sans avoir été capables de prendre la bonne décision.

Exclure les femmes, les métèques (il fallait deux parents athéniens d’origine pour être citoyen athénien d’après la démocratie de Périclès), les esclaves, les non-athéniens, Socrate n’était pas non plus d’accord avec ce racisme, ce rejet des autres, ce mépris même de tout ce qui n’était pas mâle athénien et cette volonté de dominer les autres. Il reprochait à Athènes non pas seulement ses dieux purement athéniens mais toute cette mentalité athénienne selon laquelle ce qui n’est pas athénien ne mérite pas le moindre intérêt.

D’autre part, il reprochait au vote d’envoyer à des fonctions des gens sur la base de leur popularité et pas de leurs compétences dans des spécialités reconnues par d’autres spécialistes. Pour Socrate, on ne décide pas qui doit être médecin ou conduire un bateau en faisant voter la population. Cette démagogie de la prétendue démocratie lui déplaisait. Il était pour que le peuple se gouverne lui-même mais en se fondant sur d’autres critères que les réseaux d’influence et le clientélisme qui permettaient d’acquérir des voix populaires indépendamment des capacités réelles.

Socrate a déclaré publiquement qu’il ne voulait pas participer aux instances démocratiques des citoyens, une démocratie qu’il estimait biaisée. Il ne s’est présenté ni aux réunions des citoyens ni aux élections, il n’a pas voté et il l’a fait savoir.

La démocratie qui a remplacé la dictature des Trente tyrans en 403 avnt J.-C. était fondée autant que la dictature qui l’a précédé, sur une minorité, sur l’esclavage, sur l’exploitation, sur l’oppression et sur l’impérialisme. Voilà ce qu’en disait Socrate.

Au procès, les accusateurs se sont bien gardés de lui reprocher tout cela. Ils auraient lancé un procès ouvertement politique et ne l’auraient même pas forcément gagné. Ils auraient mis en débat les fondements de leur société et, justement, c’est ce que cette « démocratie » ne permettait pas : remettre en cause les fondements de classe de la domination. Elle permettait seulement de changer le personnel politique. Eh oui, Athènes avait inventé le type de démocratie que le capitalisme a ensuite utilisé… Ce n’est pas par hasard que la bourgeoisie occidentale a glorifié la démocratie athénienne !

La récente loi d’amnistie de -403, votée après le rétablissement de la démocratie, explique sans doute pourquoi le procès intenté à Socrate n’est pas ouvertement politique.

Alors, ses accusateurs lui ont fait des reproches biaisés, n’allant pas directement aux raisons réelles de fond qui faisaient que le discours de Socrate devenait gênant pour les classes dirigeantes de la cité et le risque qu’il prenne du poids devenant considérable à la faveur de la crise qui frappait Athènes suite aux défaites militaires et au déclin économique et social, et même moral, qui s’en est suivi.

Si Socrate ne souligne jamais le caractère préférable de la démocratie sur la dictature, c’est qu’il récusait la validité de l’Etat en général. Cet Etat était à peine en train de se créer. L’armée permanente n’existait pas vraiment. Il n’y avait pas par exemple de fonction permanente de général. La police permanente n’existait pas du tout. Il a fait face à la justice grecque mais celle-ci n’était pas une véritable institution avec de nombreux fonctionnaires. La démocratie voulait renforcer l’appareil d’Etat et le couvrir du voile des décisions populaires.

D’après Platon et Xénophon, Socrate, qui connaîssait bien certains des Trente (en particulier Critias) et qui n’est peut-être pas défavorable au principe d’une telle « révolution » oligarchique, a cependant toujours refusé de se faire le complice de leurs exactions.

Six ans après le procès, le sophiste Polycrate n’est pas gêné de reconnaitre les buts politiques de la condamnation de Socrate dont il prétend défendre la justesse :

« Athéniens, Socrate entraine les jeunes gens à combattre les lois (epi tous nomous askei Sôkratès tous neous). Le régime est en péril. Ce sont des audacieux, des amis de la tyrannie (tyrannikous), des individus insupportables (aphorètous), contempteurs de l’égalité (to ison huperorôntas), ce sont ces gens-là que le sophiste nous fabrique (ho sophistès anthrôpous dèmiourgei). Ne l’empêcherons-nous pas ? Ne l’arrêterons-nous pas ? Ne le chasserons-nous pas (ouk ekbaloumen) avant que ses élèves (trephomenoi) ne renversent la puissance des lois ? »

Polycrate, « L’accusation de Socrate »

En somme, nous allons voir que cet ennemi de Socrate en dit plus que ne l’avouent ses amis : Socrate était plus que gênant : il était dangereux parce qu’il entrainait la jeunsse contre les fondements même de la société athénienne. Rappelons que son ami, le philosophe Zénon d’Elée avait essayé de faire de même sans sa ville contre un dictateur qui l’avait supprimé.

Donc, disons le mot : Socrate était un révolutionnaire…

Pourquoi Socrate n’a-t-il pas tenté de renverser la dictature des Trente plutôt que de le tenter contre la fausse démocratie fondée sur la démagogie politicienne ? Parce que cette fameuse dictature (dont le nom provient du petit nombre de gens qui exercent les fonctions du gouvernement : trente) avait défendu victorieusement la cité contre l’invasion de Sparte et que Socrate estimait qu’une guerre défensive était juste.

Pour conclure sur cette accusation venue après coup d’un Socrate qui aurait été partisan de la dictature, il faut souligner que de tels accusateurs (qui n’ont jamais pris la parole dans ce sens au procès mais après) mêlent malhonnêtement deux points qui n’ont rien à voir :

1°) Il est vrai que Socrate connaissait personnellement nombre de membres de la dictature des Trente, non pas parce qu’il aurait soutenu ce régime, mais parce qu’ils ont été choisis par Sparte, vainqueur d’Athènes, dans le personnel politique qui était opposé à la guerre de conquête d’Athènes contre Sparte, ce qui était le cas de Socrate. Mais ce dernier n’a nullement tiré profit de cette proximité, n’a pas participé à ce régime, n’a rien fait en sa faveur, même s’il connaissait bien nombre de ces membres.

2°) D’un tout autre ordre sont les réproches de Socrate à la démocratie athénienne de son temps, y compris celle d’avant la dictature des Trente, critiques qui, comme on l’a déjà dit, portent sur le fait que sont exclus de la citoyenneté une large majorité d’habitants d’Athènes, qu’elle donnait le pouvoir aux plus démagogues, aux plus corrompus, aux plus trompeurs et pas aux plus compétents, ni aux plus soucieux de l’intérêt collectif.

3°) Avant la guerre du Péloponnèse, la démocratie athénienne n’admettait comme citoyens que les personnes dont les deux parents étaient athéniens. Pendant la guerre, elle a admis tous ceux qui voulaient défendre la cité contre Sparte. Après la paix et la remise en place de la démocratie, Athènes a choisi de revenir au système qui ne reconnait comme citoyen que les Athéniens, une démocratie pour une minorité et que combattait Socrate. Voilà comment on a pu faire passer Socrate pour un ennemi de la démocratie en général et même, pour certains de ses ennemis, pour un ami des spartiates alors qu’il était seulement contre la guerre entre les cités grecques, contre l’impérialisme athénien, contre les divisions entre les athéniens et non-athéniens, entre hommes et femmes, entre grecs et non-grecs, entre hommes libres et esclaves, contre toute exploitation et toute oppression. De plus, Socrate était contre la décision d’entrer en guerre contre toutes les cités grecques qui ne voulaient pas se soumettre à Athènes et c’est la démocratie athénienne qui avait mené cette politique impérialiste.

4°) En fait, Socrate est le seul à avoir eu le courage de s’opposer personnellement à la fois à la démocratie et à la dictature !

En -406, après la bataille des Arginuses, on décide, sous l’influence des démagogues, de juger collectivement les généraux ayant conduit cette bataille, au motif qu’ils n’ont pas recueilli les corps des morts. Le hasard veut que Socrate se trouve être alors prytane et chef de l’assemblée. Il est le seul des cinquante prytanes à s’opposer, au péril de sa vie, à cette procédure illégale : selon la loi athénienne, c’est en effet un à un, et non collectivement, qu’on pouvait condamner ces hommes. Son opposition n’empêche toutefois pas les généraux d’être condamnés à mort. En -404, sous le régime des Trente, il refuse d’obéir à l’ordre qui lui est donné d’arrêter un proscrit, Léon de Salamine, là encore au péril de sa vie.

On peut se demander si ce n’est pas nous qui, après coup, grossissons l’importance de la condamnation de Socrate qui n’est peut-être qu’un fait divers juridique qui n’aurait pas tellement compté pour la population et dans l’histoire d’Athènes et de la Grèce…

C’est faux. Le procès de Socrate n’avait rien d’un non événement. Selon les témoignages, tout Athènes n’a pas cessé de parler du procès avant et surtout après. Une foule y assistait. Les juges qui ont pris la décision ne sont pas un, deux ou trois jurés mais 500. Dans la salle du procès, il y avait un grand nombre d’adversaires et d’amis. Et cela montre que Socrate n’était pas un personnage sans importance et que son élimination était une décision politique qui ne concernait pas seulement une petite coterie.

On peut se dire que Socrate a seulement été accusé par deux personnages sans grande importance (Mélétos et Lycon) et pas par la classe dirigeante d’Athènes…

En fait, les principaux accusateurs sont deux personnages falots, sans grande envergure ni grand poids personnel : Mélétos, un auteur et poète tragique grec, appuyé par l’orateur Lycon mais derrière eux se cachait un personnage bien plus considérable, le politicien Anytos qu’on peut considérer comme le deuxième plus puissant homme politique d’Athènes à l’époque du procès, qui se présentait comme l’un des grands défenseurs de la démocratie qui avait participé au renversement de la Tyrannie des Trente peu d’années auparavant.

Leurs arguments sont très formels, peu convaincants, fondés seulement sur la réputation de Socrate, peu étayés par des faits et peu appuyés de soutiens, de témoins, d’autres accusateurs, mais on sait que l’archonte-roi d’Athènes, personnage clef de la Justice à Athènes a estimé, lui, que l’accusation est valide et mérite procès. C’est un message clair du feu vert des classes dirigeantes de la toute nouvelle démocratie athénienne pour se débarrasser définitvement de Socrate.

Connaissant le personnage de Socrate, tout le monde savait qu’il relèverait le défi d’une telle accusation et ne chercherait pas à s’excuser et à demander une petite punition, à plaider coupable en somme pour sauver sa vie.

Celui qui se cache derrière l’accusateur Mélétos, Anytos, est même un personnage politique de premier plan de cette nouvelle démocratie athénienne qui vient de succéder à la dictature des Trente…

L’intellectuel Isocrate, qui étudia ce procès, affirme qu’Anytos était, avec Thrasybule, celui qui jouit de la plus grande autorité à Athènes.

Anytos est un politicien qui a fait toute sa carrière en militant contre la tyrannie et en faveur du parti dit démocratique, dont il est l’un des meneurs. Stratège en 409 av. J.-C. avec Thrasybule, il participe activement à la chute du gouvernement oligarchique des Trente en menant la percée du Pirée. Il se montre également un farouche adversaire des sophistes.

Dans un premier temps après le procès, Anytos s’est vu confier une magistrature importante à Athènes. Il est en effet nommé sitophylax et c’est lui qui est chargé de veiller au transport du blé du port du Pirée à Athènes ainsi que de sa distribution. Cela montre la reconnaissance des classes dirigeantes qui ont manipulé ce procès en le faisant passer pour une action démocratique du peuple.

Mais la victoire juridique d’Anytos contre Socrate fut la dernière, car elle le déconsidéra auprès du peuple et il fut lui-même mis ensuite en accusation et condamné ! Le peuple athénien prit dès lors le parti de Socrate…

Il est remarquable que la défense de Socrate à son procès a surtout été une attaque contre Anytos, plus que contre Mélétos et Lycon… Pour le reste, il ne semble converser qu’avec le peuple d’Athènes comme s’il ne s’agissait pas d’un procès mais d’une de ses fameuses discussions comme il était le seul à en mener !

Comme on l’a dit, Anytos n’est pas le seul haut personnage impliqué. Il y a déjà l’archonte-roi. D’après « L’Euthyphron » de Platon, Euthyphron rencontre Socrate est le siège du « roi » (Basileus1), qui s’occupe des procès criminels religieux, c’est le lieu du greffe et de l’instruction : le roi y reçoit la « plainte » (graphè) d’un accusateur (ou de plusieurs), qui détermine une assignation à comparaître devant lui pour l’accusé, en vue de lui signifier le motif d’accusation (le « crime »), et préparer le « procès » proprement dit (dikè). Mais graphè, par opposition à dikè, signifie aussi, par extension, dans le droit attique (à Athènes), le procès criminel (affaire qui concerne l’ordre public en général) déclenché par la plainte, par opposition au procès civil (conflit entre simples particuliers). On y apprend que Socrate est poursuivi pour une « affaire criminelle » (son impiété est considérée comme une affaire d’État : graphè par opposition à dikè) ; d’autre part, on apprend que Socrate n’a pas son « procès en cours » (dikè tis ousa) mais qu’il est proche, puisqu’il se rend déjà à l’assignation à comparaître (graphè).

https://books.openedition.org/vrin/4787?lang=fr

L’accusé ne passe pas devant un juge mais devant 500 jurés et on ne peut pas dire que ce procès n’ait concerné qu’un petit milieu. Et c’est une foule de partisans des deux camps qui assistaient au procès. En fait, tout le monde savait que le jugement était politique et engageait l’avenir de la cité. Socrate lui-même ne laissait à Athénes aucune autre possibilité. Il n’a fait aucun geste pour reculer l’affrontement, au contraire. Le jugement était soit pour soit contre Socrate, c’est ce dernier qui l’exigeait. Une partie des possédants d’Athènes contre Socrate, les uns ou les autres devaient sortir gagnant ou perdant. Les deux parties voulaient la guerre. Socrate aurait pu demander la clémence de multiples manières, il a refusé. Ce n’est pas par défaut de caractère mais par choix politique. S’il refuse de plaider de manière classique, ce n’est pas pour faire le malin mais pour envoyer son dernier message politique à tout le peuple d’Athènes. C’est lui qui mène le procès. C’est lui l’accusateur. Il n’aura jamais, il le sait, de meilleure tribune pour ses idées. Et nous allons voir ensuite qu’il va gagner en fait l’affrontement tout en perdant le procès car il aura discrédité ses adversaires durablement.

Un des principes que défend Socrate à son procès et qui rompt avec toute défense classique à un procès à Athènes est que l’individu n’est pas inférieur à la collectivité. La base même de la justice athénienne était de considérer que le vote des juges était forcément juste, indiscutable et inattaquable. Socrate, au contraire, estime qu’il est plus habilité à savoir qu’il est utile à Athènes que ne peut le dire tout vote de jurés ou de citoyens. Il refuse que l’Etat soit supérieur à tout individu ! Il refuse que le vote des citoyens soit forcément le plus juste. Il affirme qu’un individu peut avoir raison contre la collectivité ! Il affirme que ce n’est pas le nombre de votes qui indique où se situe la raison ! Pour lui, la raison est supérieure à tout. C’est exactement l’opinion contraire à celle qui dominait alors à Athènes ! Mais, contrairement à ce que disent ses ennemis, cela ne veut pas dire que Socrate soit un soutien de la dictature ! D’ailleurs, les vrais partisans de la dictature des Trente et qui avaient participé à ses exactions violentes avaient été amnistiés. Et personne au procès n’a prétendu que c’était le motif de l’accusation de Socrate.

Il y a d’autres indices qui montrent que la campagne contre Socrate est bien plus large et date de bien plus longtemps. C’est en 423 avant J.-C., avec « Les nuées » d’Aristophane, une pièce de théâtre qu’a débuté la campagne de calomnies et d’accusations sociales, philosophiques et politiques contre Socrate. À la fin de la pièce d’Aristophane, l’école de Socrate est même entièrement brûlée par des gens indignés contre Socrate. La plupart des pièces d’Aristophane étaient la critique satirique d’Euripide, disciple de Socrate. Ce dernier relisait, discutait et influençait le contenu des pièces d’Euripide. Comme Socrate, Euripide combattait contre l’oppression des femmes, contre le faux héroïsme guerrier d’Athènes fondé sur les mythes de Homère dans la guerre contre Troie.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534

Il est remarquable que toutes les accusations contre Socrate qui seront dites au procès sont déjà dans la pièce « Les nuées » : détournement de la jeunesse contre les parents, rejet des dieux traditionnels, sophisme, marginalité de Socrate, adoration de nouveaux dieux…

Selon Platon, Socrate aurait dit à son procès : « C’est en effet ce que vous avez vu par vous-mêmes dans la comédie d’Aristophane. »

En réalité, dans la pièce d’Aristophane, Socrate n’est pas accusé d’impiété mais d’athéisme :

Dans sa pièce, Aristophane prête ces mots à Socrate :
« Par quels dieux jureras-tu ? Car, pour commencer, les dieux, c’est une monnaie qui n’a pas cours chez nous. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nu%C3%A9es

On peut aussi penser que Socrate n’était en rien un personnage important à Athènes, n’occupant aucune position publique, n’en ayant jamais occupé une, n’y postulant même pas, n’écrivant rien, n’appelant à aucune réunion publique, refusant de constituer une école philosophique, qui n’a pas été un réel soutien politique à aucun des régimes passés, et donc son procès n’aurait aucune importance politique, sociale ou philosophique, juste une haine personnelle quelconque…

Mais cela est faux. Certes, Socrate n’est pas un personnage ordinaire, faisant de la politique de manière classique, ni pour Athènes, ni ailleurs, ni à son époque ni après. Il affirme d’ailleurs qu’il est le seul à faire vraiment de la politique, ce qui veut dire que sa politique n’a rien à voir avec les cuisines et magouilles politiciennes de ses adversaires. Sa politique consiste en la défense des intérêts collectifs de la population.

Qu’il n’ait jamais participé au pouvoir, ni aux institutions de la démocratie, ni à celles des écoles, des sophistes ou d’autres sociétés intellectuelles, ne signifie pas qu’il était sans importance politique à Athènes. Il influençait une grande partie de la jeunesse, y compris les enfants des responsables politiques les plus importants de tous les bords politiques, rejetons des élites, des grands propriétaires comme des plus démunis. Par exemple, le fils d’Anytos fait partie de ses fidèles… Platon, lui-même, était tout jeune quand il a fait partie des disciples de Socrate et il était d’une grande famille de riches propriétaires terriens influents.

Et il n’influençait pas que des enfants ou des jeunes… De nombreux intellectuels se réclament de lui, des hommes politiques aussi, toutes sortes de gens, du petit peuple comme des personnalités, de toutes sortes de milieux sociaux.

D’ailleurs, il suffit de voir l’énorme réaction à Athènes à la nouvelle de sa condamnation à mort et de son décès. Il y a eu un retournement d’opinion. Le peuple s’est rapidement opposé violemment à ceux qui l’ont condamné et notamment à Anytos et Mélétos, eux même accusés ensuite.

On a de nombreuses preuves que l’Athènes des années suivantes est à fond pour Socrate. Athènes demande ainsi au grand sculpteur Lysippe de réaliser une statue en bronze de Socrate qui est placée à l’entrée de l’Agora. Et 70 ans après avoir été accusé de corrompre la jeunesse, il est présenté comme un exemple pour elle !

Il y a eu des écrits pour justifier le procès et la condamnation de Socrate comme le texte de Polycrate intitulé « Accusation contre Socrate », mais il y a eu beaucoup plus d’écrits pour défendre Socrate de manières très diverses d’ailleurs. C’est d’ailleurs à Polycrate que répondent Xénophon et Platon en défense de Socrate.

En fait, les historiens estiment qu’il y a eu, dans les années qui ont suivi la mort de Socrate, environ trois cent ouvrages grecs concernant ce procès, eh oui 300 !

On peut se dire que Socrate n’est pas le seul à avoir subi de telles condamnations ou à en être menacé…

Un procès pour impiété ? Mais Socrate n’est effectivement pas le seul penseur et philosophe à en avoir subi. Un décret à ce sujet, datant du début de la guerre du Péloponnèse, est mentionné par Plutarque et aurait visé Périclès à travers Anaxagore. Ce dernier a sans doute été jugé pour impiété en 445. Il a été condamné à mort et sauvé grâce à l’intervention de Périclès.

Aspasie, grande philosophe et joueuse de flute et amie personnelle de Socrate, et compagne de Périclès, aurait elle-même été menacée d’un procès pour impiété. Après les premiers revers de Périclès durant la guerre, la légende dit que ses ennemis espèrent l’atteindre par le biais d’Aspasie en attaquant cette dernière pour impiété — on vise par là les conversations philosophiques qui se tiennent dans sa maison. Le poète comique Hermippos mène l’accusation et Périclès doit user de toute son influence pour la faire acquitter. En réalité, Aspasie était une adepte philosophique de Socrate !

Socrate a sans doute été longtemps sauvé d’une condamnation par le fait que Aspasie intervenait auprès de Périclès pour le protéger. La mort de Périclès a signifié la fin d’un régime politique à Athènes mais aussi la fin de la tranquilité pour Socrate !

Il y aurait bien eu un autre procès pour impiété, celui de Prodicos, mais là encore il s’agit d’un ami de Socrate !

On peut se demander ce que la partie d’Athènes qui détestait Socrate lui reprochait vraiment…

En fait, aucun acte de Socrate ne pouvait être qualifié de preuve d’impiété au sens où on l’entendait à Athènes. Il n’a jamais commis d’actes pour mépriser publiquement des manifestations ou des sites religieux, ni fait de grandes déclarations contre la religion et les dieux, mais il n’en parlait pas du tout, ce qui montre ce qu’il en pensait. Il était athée.

Que reprochait-il aux dieux d’Athènes ? De n’être des dieux que de la cité ! De ne protéger que les athéniens ! D’être des dieux protecteurs de l’exploitation des esclaves et de l’oppression des femmes, des enfants et des métèques. Effectivement, la religion d’Athènes était fondée sur le patriarcat et combattait contre l’ancien matriarcat ! Les dieux d’Athènes s’étaient battus pour dominer les déesses ! Les femmes religieuses de Delphes, qui conservaient un certain poids malgré la domination de la religion patriarcale, affirmaient que Socrate était le plus sage des philosophes et ce n’était pas un hasard ! Socrate ne cessait pas de le clamer pour se moquer des religieux patriarcaux. Voilà le genre de positions de Socrate que les pontes d’Athènes lui reprochaient en termes de religion. C’est cela qu’ils appelaient « vouloir introduire de nouveaux dieux ».

« Comme un taon sur le flanc d’un cheval un peu mou. » C’est ainsi que Socrate résumait son rôle d’agitateur infatigable, œuvrant au sein de la cité athénienne. Jusqu’à sa condamnation à mort en 399 av. J.-C., le philosophe n’eut de cesse de titiller ses concitoyens, au gré de discussions publiques où ses interlocuteurs, interrogés dans le cadre de son art d’accoucher les esprits, se voyaient finalement piégés dans leurs propres contradictions et leurs préjugés.

Des échanges de rues, d’échoppes et de portiques, où « on lui répondait à coups de poing et en lui tirant les cheveux, et la plupart du temps il faisait rire de lui avec mépris », rapporte Diogène Laërce. Impassible et patient, Socrate vécut 70 ans à Athènes, qu’il ne quitta que très rarement, au point que Platon le dit ancré dans sa cité plus que les impotents, les aveugles et les invalides. Issu de l’union d’un sculpteur et d’une sage-femme, Socrate s’empara du savoir-faire maternel pour sa propre maïeutique philosophique.

Xénophon et Platon en témoignent, Socrate critiqua vertement deux fondements essentiels de la démocratie athénienne : le principe de majorité et le tirage au sort. Il affirmait ainsi que « c’est folie de choisir avec une fève les magistrats d’un État, tandis que personne ne voudrait employer un pilote désigné par une fève, ni un architecte, ni un joueur de flûte ». Il déplorait encore qu’on laisse les passagers d’un navire commander au détriment du capitaine, le seul à maîtriser l’art de la navigation. Le philosophe condamna autant l’ignorance du peuple que le poids du nombre. Partisan du gouvernement de ceux qui détiennent le savoir, Socrate ne pouvait qu’irriter ses concitoyens démocrates ; en 399, le cheval mou eut finalement raison du taon.

https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/socrate-le-maitre-de-la-grece-2134.php

Socrate débute ainsi sa défense au procès :
« Voyons, que disaient au juste ceux qui me calomniaient ?
Supposons qu’ils nous traduisent devant vous et lisons leur acte d’accusation : « Socrate est coupable : il recherche indiscrètement ce qui se passe sous la terre et dans le ciel,
il rend bonne la mauvaise cause et il enseigne à d’autres à faire comme lui. » En voilà la teneur : c’est ce que vous avez vu de vos propres yeux dans la comédie d’Aristophane, c’est-à-dire un certain Socrate qu’on charrie à travers la scène, qui déclare qu’il se promène dans les airs et qui débite cent autres extravagances sur des sujets où je n’entends absolument rien…

« Mais alors, Socrate, quelle affaire est-ce donc que la tienne ? D’où sont venues ces calomnies répandues contre toi ? Tu prétends que tu ne fais rien de plus extraordinaire que les autres ; mais tu ne serais sûrement pas l’objet de tant de bruits et de racontars, si tu ne faisais pas autre chose que les autres.
Dis-nous donc ce qui en est, afin que nous ne te jugions pas à la légère. »

Le crime révolutionnaire de Socrate est quadruple : politique, religieux, social et de genre !

Politique parce que Socrate formait secrètement des jeunes révolutionnaires, religieux parce qu’il diffusait publiquement une vision athée, social parce qu’il combattait la société de classe et l’esclavage… Et enfin, il démolissait le patriarcat ! Il sapait tous les fondements d’Athènes…

Quelqu’un qui se contente de bavarder dans les rues, est-ce un véritable danger pour les classes possédantes ?

Il ne faut pas sous-estimer la crise profonde de la société grecque.
J. de Romilly, citant Thucydide d’Athènes écrit : « La guerre entre les Péloponésiens et les Athéniens… fut la plus grande crise qui émut la Grèce et une fraction du monde barbare : elle gagna pour ainsi dire la majeure partie de l’humanité. »
En fait, la société grecque avait atteint son apogée et, si elle s’est détruite en se battant entre Grecs, c’est parce qu’elle tentait ainsi de se trouver un nouveau souffle.

Malgré la fin de la crise du pouvoir et l’amnistie, Athènes reste meurtrie dans sa chair et dans son orgueil : elle n’a plus de flotte, plus de chantiers, pas d’argent. Il fallait aux classes dirigeantes trouver des boucs émissaires de cette situation catastrophique et sans issue. Dans ce but, Socrate a représenté le coupable idéal. Alors que la fierté d’être Athénien est portée à son extrême par des politiciens démagogues, Socrate déclare qu’il n’est ni Athénien, ni Grec mais citoyen du monde. Ensuite, Socrate critique les efforts guerriers d’Athènes, y compris ceux de l’époque dite glorieuse, comme lors des années de Périclès. Il dénonce les guerres de conquête et ne donne raison qu’aux guerres de défense. Il ne voit aucune gloire à tuer d’autres hommes à la guerre.

Comment les amis de Socrate ont-il réagi à ce procès ?

Tous les amis de Socrate ont, à un moment ou un autre, été menacés par la démocratie athénienne et il n’est pas étonnant que, juste après le procès, nombre de ses amis aient quitté précipitamment la cité et se soient réfugiés rapidement à Mégare, pensant qu’il allait y avoir une vaste répression contre eux à Athènes.

Mais, comme on l’a dit, l’opinion des Athéniens s’est retournée peu après la mort de Socrate.

Lire ici :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085

Après sa mort, des disciples ont continué que jamais à se réclamer de lui et ont été plus nombreux aussi à le faire…

Parmi ses élèves, sept sont d’après Diogène Laërce considérés comme particulièrement importants. Ce sont Antisthène, Eschine de Sphettos, Platon, Xénophon, Euclide de Mégare, Aristippe de Cyrène et Phédon d’Élis. Tous, sauf peut-être Aristippe, ont écrit des dialogues socratiques. Ce sont des fictions littéraires dans lesquelles des sujets philosophiques font l’objet d’un débat « à la manière » de Socrate. Seuls nous sont parvenus en entier des dialogues de Platon, du Pseudo-Platon (anciennement attribués à Platon mais qui n’ont pas été écrits par lui) et de Xénophon.

Il eut d’autres disciples, dont Apollodore et son frère Aïantodore ; Isocrate, pendant une courte période ; Cébès, Chéréphon, son ami d’enfance et assistant ; Ménexène, Simmias, Métrodore, Alcibiade dès -431, Charmide, Critias, Théétète d’Athènes, Criton et ses enfants Critobule, Hermogène, Epigène et Ctésippe ; Spintharos, père d’Aristoxène ; Hermogène, Lysanias de Sphettos, père d’Eschine de Sphettos ; Coriscos de Scepsis, père de Nélée de Scepsis. L’un de ses disciples, Euclide de Mégare, en 405 av. J.-C., fonda la première école des « Petits socratiques » : le mégarisme. En 400 av. J.-C., un autre disciple, Antisthène, a fondé la deuxième école des « Petits socratiques » : le cynisme. L’année suivante, Aristippe fonda la troisième école : le cyrénaïsme.

Pourquoi Socrate, qui était connu de longue date et violemment critiqué aussi à Athènes depuis longtemps, n’a-t-il été mis en procès qu’en 399 avant J.-C. ?

Comme on l’a dit, son procès a lieu cinq ans après la fin de la guerre du Péloponnèse dans laquelle la cité d’Athènes a été battue militairement par les Spartiates au bout d’un combat de plus de trente années et qui a amené la cité à se déchirer à l’intérieur dans une guerre civile entre partisans d’un régime oligarchique et défenseur d’un système électoral dit démocratique. Mais la crise interne était plus profonde que celle liée à cette guerre. D’abord, ce n’étaient pas seulement Sparte mais une grande partie de la Grèce qui en avait assez de l’oppression d’Athènes. Certaines villes comme Corinthe ou Thèbes voulaient même plus que Sparte la destruction complète et définitive d’Athènes. Des Athéniens comme Socrate ont combattu l’impérialisme athénien. Il y avait un risque qu’une grande partie de la population athénienne veuille en finir avec ce système de domination guerrière et de vol de richesses.

La guerre avait supprimé 10.000 Athéniens (sur une population de 50.000 citoyens !), fait passer la cité de la richesse à la pauvreté (destruction des artisanats, des fermes et du commerce, fuite des esclaves), de la grandeur exagérée à la honte. Accuser l’aveuglement des classes dirigeantes qui avait mené à cette guerre était aisé. L’opinion populaire pouvait changer brutalement face aux classes possédantes et c’est dans ces conditions qu’un extrémiste de gauche comme Socrate pouvait d’un seul coup gagner un poids considérable et c’était déjà le cas dans la jeunesse. L’accuser d’être d’extrême droite (pro-tyrans ou pro-Sparte) était une stratégie classique pour le discréditer. Socrate, en les contraignant à carrément l’éliminer, a retourné l’accusation.

Qu’en tirer comme leçons ?

Quelles leçons les amis et disciples de Socrate en ont tiré

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Que voulait dire Socrate par son fameux « connais-toi toi-même » ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4579

Pourquoi Nietzsche condamnait Socrate

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586

Euripide, un disciple de Socrate

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322

Aristophane, un ennemi déclaré de Socrate

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233

Platon, un prétendu disciple de Socrate

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6175

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6379

Platon, Démocrite, Socrate, Parménide, Zénon en débat

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Socrate

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5464

Qui es-tu Socrate ? Un révolutionnaire ? Un ennemi de l’esclavage ? Un féministe ? Un dialecticien ? Un communiste ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991

Socrate, dialecticien et communiste

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article765

Peut-on considérer Socrate comme fondateur des bases de la philosophie des sciences ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8017
Grèce antique : la philosophie de Zénon d’Elée et de Socrate

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366

Ce que Socrate nous a dit ....

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve72

C’est tous les jours que Socrate est condamné par… nous

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3765

Genèse de l’Etat athénien

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1363

La première « Civilisation grecque » n’était pas… grecque !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900

Et même la civilisation grecque, sa démocratie, sa philosophie, sa poésie, son théâtre, sa politique n’ont été connus mondialement que par une dictature dont l’origine n’était pas grecque mais macédonienne, celle de l’empereur Alexandre le Grand !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_le_Grand

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