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L’anti-impérialisme de façade du NPA-Révolutionnaires
jeudi 6 novembre 2025, par
L’anti-impérialisme de façade du NPA-Révolutionnaires
Soutien à l’OTAN et à l’impérialisme français en Ukraine
Nous commentons ce texte du NPA-R :
https://npa-revolutionnaires.org/limperialisme-a-loffensive-les-peuples-a-la-riposte/
Ils osent titrer « L’impérialisme à l’offensive, les peuples à la riposte » — mais à la fin, on ne trouve qu’un slogan creux, un vœu pieux, une formule morale. Rien, absolument rien, qui ressemble à un programme révolutionnaire concret contre l’impérialisme.
C’est un texte pour la bonne conscience, pas pour la lutte.
On lit des phrases qui sonnent juste : oui, les États-Unis, la France, les grandes puissances pillent et bombardent. Oui, les peuples du Sud résistent. Et alors ? Où est le « que faire ? » ? Où sont les mots d’ordre précis pour le prolétariat et le peuple travailleur de France ? Nulle part.
C’est un anti-impérialisme de façade.
On y dénonce « l’impérialisme » comme une abstraction morale, un grand méchant lointain, sans jamais dire ce qu’il faut faire ici, maintenant, dans le pays impérialiste lui-même.
Or l’ennemi principal du prolétariat français, c’est son propre impérialisme, celui de Total, d’Engie, de Bolloré, de Dassault, de Thalès, de la Ve République.
C’est lui qu’il faut abattre. Pas en l’invectivant, mais en l’attaquant : en bloquant les usines d’armement, en refusant les expéditions coloniales, en sabotant les circuits économiques qui pillent l’Afrique, en appelant à la fraternisation avec les peuples dominés.
Mais tout cela, le NPA-R n’en dit rien.
Pas un mot sur le militarisme français, pas un mot sur les bases militaires en Afrique, pas un mot sur les travailleurs de l’armement ou des ports, pas un mot sur la responsabilité directe du prolétariat métropolitain.
Pas un mot d’ordre.
Rien.
Ils parlent de la Kanaky, de l’Afrique, du Venezuela, mais jamais du prolétariat français comme sujet révolutionnaire. Pas un mot sur la responsabilité du prolétariat de France et des révolutionnaires de France dans les crimes de "notre" impérialisme et notamment sur la responsabilité des organisations syndicales et politiques réformistes qui soutiennent directement la politique de l’impérialisme !
C’est un texte de spectateurs : les « peuples » là-bas résistent, et nous ici, on les applaudit.
C’est un texte moral, pas politique.
L’anti-impérialisme n’est pas une morale, c’est une stratégie révolutionnaire !
Lénine le disait déjà : « Le prolétariat d’un pays oppresseur ne peut être révolutionnaire s’il ne reconnaît pas le droit à l’indépendance des peuples opprimés ».
Mais il ajoutait surtout que cette reconnaissance doit passer par la lutte active contre son propre gouvernement impérialiste.
C’est cela, l’anti-impérialisme : transformer la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire.
Le texte du NPA-R, lui, ne transforme rien.
Il déplore, il compatit, il condamne.
Il n’appelle pas à la destruction du capital-finance français, à la rupture révolutionnaire, à la constitution d’un pouvoir des travailleurs.
Il termine sur une phrase creuse : « Opposons la solidarité internationale des peuples ».
C’est beau, c’est propre, c’est moralement impeccable.
Mais c’est vide.
La solidarité internationale des peuples, sans lutte de classe consciente, sans mots d’ordre précis, sans stratégie de pouvoir, c’est juste une affiche pour les salons universitaires.
L’anti-impérialisme véritable, c’est celui des peuples qui renversent leurs propres États impérialistes, qui détruisent leurs propres bourgeoisies, qui s’organisent en conseils ouvriers et en comités révolutionnaires.
Tout le reste, ce n’est que pacotille.
Il n’y a pas de renversement possible du capitalisme sans perspective du pouvoir aux soviets ! Or, dans ce texte du NPA-R, les mots « soviet », « comités de travailleurs », « conseil du peuple travailleur », « pouvoir aux travailleurs », « dictature du prolétariat » ne figurent même pas. Même le terme comité de grève n’y est pas. Aucune critique des appareils syndicaux et politiques réformistes !
On y parle des luttes, des mouvements, des révoltes, des révolutions sans appeler nullement les prolétaires à s’auto-organiser ! C’est pourtant le seul moyen de renverser l’Etat capitaliste pour mettre en place l’Etat des travailleurs.
Et, derrière ce texte de soi-disant critique de l’impérialisme, il n’est même pas expliqué concrètement comment l’impérialisme français intervient partout dans le monde pour écraser les révoltes et révolutions ni comment il prépare la guerre mondiale !
Notamment, les manœuvres et objectifs de l’impérialisme français en Ukraine n’y sont pas ! Se taire sur ces crimes, c’est les cautionner !
