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Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Septembre 2008 : grève des coupeurs de canne de Colombie

Septembre 2008 : grève des coupeurs de canne de Colombie

lundi 24 novembre 2008, par Robert Paris

Quelques 18 000 travailleurs/euses du sucre de la région de la vallée du Cauca en Colombie, représentés/es par le Syndicat national des coupeurs de canne à sucre (SINALCORTEROS), sont en grève depuis le 15 septembre. L’UITA fait appel au soutien international en leur faveur.

Bien que la production d’éthanol à partir du sucre soit en pleine expansion et que les propriétaires des usines réalisent des profits exceptionnels rendus plus alléchants encore par les exemptions fiscales, la situation des coupeurs de canne à sucre continue de se détériorer. Les travailleurs/euses du sucre de Valle del Cauca reçoivent un salaire de misère pour 14 heures de travail par jour ou plus, sept jours par semaine. Le travail est débilitant, les blessures et les maladies professionnelles sont courantes et le milieu de travail, comme l’eau potable, est fortement pollué par les pesticides.

Les coupeurs de canne à sucre sont employés par les “coopératives” fantoches favorisées par le gouvernement colombien afin de libérer les véritables employeurs de toute obligation de négociation collective et de prestations de santé et de retraite, que les travailleurs/euses doivent donc payer eux-mêmes. Ces “coopératives” fournissent une armée de travailleurs/euses contractuels aux usines de broyage et aux usines d’éthanol (situées dans les zones franches bénéficiant d’exemptions fiscales additionnelles).

Le 14 juillet dernier, le syndicat a présenté ses requêtes à l’association des propriétaires d’usines de broyage et d’éthanol ASOCAÑA, demandant des salaires décents, la réduction des heures de travail, l’amélioration des conditions de vie et des conditions de santé et d’éducation, et le remplacement des fausses coopératives par des contrats de travail formels, la reconnaissance du syndicat et la signature d’une convention collective.

Les demandes sont restées lettres mortes pendant deux mois, jusqu’à ce que le syndicat déclenche la grève le 15 septembre. Les employeurs et le gouvernement ont répondu en recourant à la violence policière pour expulser les travailleurs/euses en grève des usines.

Les travailleurs/euses en grève et leur syndicat ont reçu le soutien et des messages de solidarité d’affiliées de l’UITA dans la région et dans le secteur mondial du sucre. Par l’entremise du site Web du secrétariat régional de l’UITA pour l’Amérique latine, vous pouvez exprimer votre appui en faisant parvenir un message au gouvernement de la Colombie et à l’association patronale ASOCAÑA. Le message presse le gouvernement d’intervenir immédiatement pour amener les employeurs à la table de négociation afin de discuter les demandes présentées par le syndicat le 14 juillet.

2 Messages de forum

  • Salut, article sur la repression en Colombie

    Colombie : deux leaders mineurs assassinés par des paramilitaires
    16-02-2010
    Plus de 20 organisations sociales de la Colombie ont dénoncé le meurtre de 2 leaders mineurs du sud de Bolivar. Elles attribuent les crimes aux groupes paramilitaires.
    Les frères Omar Alonso Restrepo Ospina et José de Jesús Restrepo étaient membres de la Fédération Agrominière du Sud de Bolivar (Fedeagromisbol).

    Ils étaient partis de la municipalité de Montecristo vers Caucasia (Antioche) le 10 février dans l’intention d’acheter des pièces détachées pour leur véhicule.

    Selon des habitants de la zone, les frères ont été abordés par un groupe armé 20 minutes avant d’atteindre la municipalité de Nechí et emmenés vers une destination inconnue.

    Deux jours après, leurs corps sans vie sont apparus avec signes de torture dans la rivière Cauca, à la hauteur des municipalités d’Achí et de Guaranda.

    Les organisations ont considéré que les "meurtres font partis d’une longue chaîne de faits d’agression contre les habitants du sud de Bolivar, comme l’assassinat d’Alejandro Uribe Chacon le 19 septembre 2006".

    Et elles ont évalué que cela est dû à "une stratégie intégrale de la part d’une alliance entre le Gouvernement National, les multinationales de l’or et les productrices de palme qui essaient de s’emparer des ressources naturelles du sud de Bolivar".

    À la fois, elles ont rendu responsable des meurtres le Gouvernement de Colombie qui s’est "refusé à continuer de dialoguer avec les communautés" de la zone et qui "au contraire continue de militariser la région et de permettre ouvertement l’action des groupes paramilitaires".

    Agence Pulsar, 16 février 2010.

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  • Article sur la grève générale au Panama

    Sanglante répression policière fait au moins deux morts, grève générale
    17-07-2010

    Un jour, après avoir été hué par la multitude dans un stade et un jour avant sa visite à la province de Bocas del Toro, le président panaméen Ricardo Martinelli a été déclaré hier "personne no grata" par les ouvriers de son pays. La semaine passée les mobilisations (photo) dans cette région bananière se sont terminées par une sanglante répression policière, qui a fait deux morts, selon les chiffres officiels, et six, selon les manifestants. Cette semaine, quand le conflit semblait s’être distendu, les syndicats et les travailleurs de la majorité des secteurs ont effectué une grève générale qui a paralysé la nation d’Amérique centrale. Hier le gouvernement s’est limité à reconnaître qu’il y a eu "des erreurs".

    Les manifestations et les grèves qui se sont succèdées dans les deux dernières semaines au Panama ont un seul objectif, annuler la réforme de travail approuvée sous l’auspice du gouvernement libéral de Martinelli, un entrepreneur qui a amassé une des plus grandes fortunes du pays avec sa chaîne de supermarchés. Le mois passé sa majorité au Parlement avait approuvé une loi qui permet aux entreprises de remplacer des travailleurs en grève, de décompter les cotisations syndicales et de les dispenser de réaliser les études d’impact environnemental, entre autres avantages, quand le Pouvoir exécutif considère que le projet productif en question est d’ "intérêt social".

    Mardi dernier, après dix jours de conflit et d’affrontements entre la police et les travailleurs, le gouvernement et le syndicat du secteur bananier ont déclaré une trêve de 90 jours, mais le reste des syndicats ne se sont pas pliés à l’accord et ont déclaré la grève générale. "Si cela ne change pas, le pays va continuer mobilisé et prendre une direction qui peut déboucher sur des confrontations", a prévenu le leader de l’opposant Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD), Mitchel Doens.

    Avec la trêve avec les bananiers, le gouvernement de Martinelli s’est engagé à suspendre l’entrée en vigueur des points les plus controversés de la réforme du travail durant 90 jours. Cependant au fil des jours il est évident que cette promesse ne sera pas suffisante pour dissoudre les mobilisations ouvrières.

    Le président panaméen avait organisé pour aujourd’hui un déplacement à l’épicentre du conflit, la zone bananière de la côte caraïbe. L’idée était de porter des aliments et des produits de base -la région a longtemps été désapprovisionnée après les grèves réitérées- et de se montrer ouvert au dialogue avec les manifestants. Mais les travailleurs ont agi rapidement et lui ont fait savoir qu’il ne serait pas bienvenu, en particulier après les morts suite à la répression policière, a expliqué Samuel Quintero, dirigeant du Syndicat des Travailleurs de l’Industrie Bananière.

    Martinelli a essayé de calmer la situation et a rendu responsable l’autre ennemi des travailleurs bananiers de Changuinola, la transnationale Bocas del Toro Fruit Company (filiale de Chiquita Brands, l’entreprise nord-américaine condamnée aux États-Unis pour financer les Colombiens paramilitaires (ex United Fruit Company, historiquement à l’origine de multiples coups d’Etat en Amérique centrale, NDT). Selon le mandataire, elle a mal interprété la nouvelle loi et a retenu une partie des salaires des travailleurs. Pour le syndicat, l’entreprise a agi protégée par la réforme impulsée et promulguée par Martinelli.

    Pagina/12, 16 juillet 2010.

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