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En Iran comme en France et ailleurs, libération des femmes et libération des exploités sont inséparables

mardi 18 octobre 2022, par Alex, Waraa

La libération des femmes et la révolution sociale sont les conditions inséparables menant au renversement du capitalisme et à l’instauration du communisme !

Religieux, néo-féministes et réformistes enferment les femmes derrière des religions ou un progressisme qui ne combat ni la propriété privée capitaliste, ni l’État,ni ses gouvernements !

Alors qu’en Iran, suite à l’assassinat par le pouvoir de Mahsa Amini, le combat des femmes et des travailleurs contre le pouvoir se poursuit et s’intensifie même dans les rues, qui sont ceux qui soutiennent réellement ce combat ? Ni les gouvernants dits démocratiques, ni les gauches, ni les féministes bourgeois et petits bourgeois, ni les syndicats, ni même les extrêmes gauches officielles… Les uns sont gênés de combattre directement la religion, les autres de soutenir un combat révolutionnaire.

Le constat d’E. Badinter sur l’Iran et la lutte des femmes

La philosophe féministe E. Badinter, a été interrogée sur la radio d’État France Inter à propos des soulèvements qui ont lieu en Iran depuis la mort de Mahsa Amini. Après avoir salué le courage des femmes iraniennes et exprimé son sentiment contradictoire entre « craintes et espérances », E. Badinter a déploré à juste titre le silence assourdissant des pseudo-féministes :

« Il y a féministes et féministes : les plus jeunes, les néo-féministes, je ne suis pas frappée par leurs indignations, leurs manifestations à propos du voile et pour une bonne raison : elles défendent les filles voilées en France. Dans le système de « l’intersectionnalité », les trois groupes que sont les gens de couleurs, les néo-féministes et les islamistes il y a une entente : aucun des trois ne bouge contre l’autre. Les islamistes ne disent jamais un mot contre les militantes LGBT. »

La contre-attaque de la radio-État ne se fit pas attendre : la « néo-féministe » A-C Mailfer eut un droit de réponse, qui tourna à l’exécution médiatique d’E. Badinter qui d’après cette néo-féministe : ignore la soif de justice des femmes, et face aux violences, leur indignation. Mais A-C Mailfer ne dit rien concernant l’absence de soutien à la lutte menée contre l’obligation du port du voile en Iran, mais aussi en France ! Qui ne dit mot consent, le néo-féminisme ne fait pas sienne la lutte des femmes contre le voile.

Néo-féminisme, LGBT, théorie des genres, lutte dégenrée mais racisée, ou dé-racisée mais genrée, tous ces mots envahissent la politique, mais les travailleurs doivent-ils se préoccuper de tels débats, au moment les questions des salaires et des retraites sont à l’ordre du jour ?

La question de la condition féminine dans les révolutions bourgeoises et ouvrières

La question de la situation des femmes a été posée de fait par les femmes d’Iran qui se sont soulevées et par celles qui dans le monde entier se sont rassemblées spontanément pour leur exprimer leur soutien.

Toute révolution qui mérite ce nom voit l’entrée en scène des femmes derrière des revendications qui les concernent particulièrement elles ainsi que celles qui concernent toutes les classes populaires. La marche (armée) des femmes sur Versailles le 5 octobre 1789, la manifestation du 8 mars 1917 à Petrograd sont emblématiques de ces « journées » qui marquèrent les grandes révolutions. Un des derniers exemples en fût la marche des femmes du Mali qui fit tomber la dictature en 1991.

Si la Révolution française maintint les femmes dans leur statut de citoyennes de seconde classe, c’est qu’elle resta une révolution bourgeoise ; les nouveaux droits des femmes conquis par la Révolution d’Octobre 1917, bien avant qu’ils fussent donné en France (égalité juridique complète, droite de vote etc.), furent le fruit d’une révolution dirigée par les ouvriers appuyés par les paysans pauvres.

Seule une révolution internationale menée par la classe ouvrière donnera tous leurs droits aux femmes, et sans une lutte des femmes pour leur émancipation aucune révolution ouvrière ne pourra triompher, c’est un des acquis, devenu un principe, du mouvement ouvrier révolutionnaire ! Le fait que le plus grand dirigeant révolutionnaire d’Europe occidentale au XXème siècle fut une femme, militante du mouvement ouvrier révolutionnaire, à savoir Rosa Luxemburg, est l’illustration de ce principe. Opprimée en tant que femme, en tant que femme juive, en tant que femme juive polonaise, touchée par toutes les formes d’oppression et d’exploitation de l’homme et de la femme, c’est en rejoignant l’Internationale ouvrière socialiste d’Engels, Lénine et Jaurès que Rosa Luxemburg choisit de combattre.

Les réformistes et la question des femmes ! Le cas de la France

A la lumière de ce principe, la journée des confédérations syndicales du 29 septembre en France, et même la grève menée par les syndicats dans les raffineries mettent en lumière le caractère profondément réactionnaires des directions syndicales qui les mettent en scène, les dirigent, et en limitent la portée, faisant des manifestations les plus nombreuses et des grèves les mieux suivies des échecs annoncés.

Ce 29 septembre, toutes les organisations syndicales (dont la CFDT, la CGT, SUD) qui appelaient à cette journée se sont refusées à en modifier un peu le programme, en y incluant un hommage à Mahsa Amini, assassinée par le pouvoir iranien. Dans son communiqué du 23 septembre, intitulé « La CGT soutient les iraniennes et iraniens mobilisés pour défendre leurs libertés », on lit que la CGT « en Iran comme partout dans le monde, s’oppose et condamne les violences faites aux femmes, la répression des manifestations, les violences policières, les arrestations arbitraires et l’impunité de ceux qui les commettent ! »

La France n’y est pas nommée, et à part un principe général, aucun appel à l’action ! Comme si la question de la situation de la femme n’était pas à l’ordre du jour autant en France autant qu’en Iran. Comme si les femmes n’étaient pas les premières à subir les coups du capitalisme contre le prolétariat ! Comme si la fraction prolétarienne représentée par les femmes n’était pas la plus exploitée et la plus opprimée dans cette France du Grand Capital !

E. Badinter a balayé devant sa porte en dénonçant la passivité des néo-féministes, les travailleurs peuvent faire de même et mettre la CGT dans le même panier concernant la solidarité avec les femmes d’Iran. Rien d’étonnant, les néo-féministes et les syndicalistes réformistes sont souvent liés aux même partis politiques : PC, PS, LFI, EE- les Verts. Ces mêmes partis qui se font le chantre de la défense du port du voile sous couvert d’un progressisme frelaté et ont soutenu les politiques anti-covid dont les femmes ont pourtant été les premières victimes !

La question de la femme en France

Il n’y pas qu’en Iran que les femmes sont méprisées. Le monde occidental dit démocratique n’est-il pas celui des féminicides en hausse continuelle, celui des violences contre les femmes, celui de l’inégalité hommes/femmes, celui de la pornographie, celui de la pédophilie (des prêtres et des autres), celui d’une police raciste contre les femmes autant que contre les jeunes de banlieue, celui des harcèlements de jeunes filles et de femmes dans des écoles et des entreprises, etc… Les femmes de France n’ont-elles pas été les plus frappées par la dégradation de la situation sanitaire depuis covid ? Ce sont des femmes qui ont été le plus sanctionnées (suspendues de leur poste de travail) refusant de se plier à la pseudo-vaccination en milieu hospitalier pendant le Covid19. Au début de l’épidémie, des femmes âgées mourantes ont été privées de tout contact avec leurs proches, traitement inhumain. La police des mœurs d’Iran a toujours trouvé des confrères dans la police médicale avant tout masculine des médecins. En France, les travailleuses les plus exploitées et précaires ne sont-elles pas, voilées ou non, les travailleuses venues d’Afrique et d’Asie (comme les "catholiques des Philippines"), travaillant dans des secteurs comme le nettoyage, souvent sous-traitants du secteur public ? Même en France, le voile imposé aux femmes est une discrimination quotidienne d’un trop grand nombre de femmes. La féministe iranienne C. Djavann l’avait dénoncé dans « Bas les voiles » en des termes qui restent valables aujourd’hui : Nous sommes en France, pays de droit, et certaines familles s’arrogent le pouvoir de voiler leurs filles mineures. Cela signifie en faire des objets sexuels, des objets. Une fille n’a aucun droit, le garçon a tous les droits.

Le combat révolutionnaire des femmes ne concerne pas seulement l’Iran, ce n’est pas simple solidarité. Il concerne le monde, y compris les pseudo démocraties ! Mais tel n’est pas le cas ! Les bureaucraties syndicales appuyées par l’extrême gauche opportuniste et par les néo-féministes, ne mènent plus les combats féministes ; le féminisme bourgeois présente la lutte des femmes seulement comme un combat pour des droits démocratiques dans le cadre d’un capitalisme qui ne serait pas à remettre en cause, à l’heure où c’est l’effondrement du capitalisme qui fait reculer dans le monde la plupart des avancées qui avaient été arrachées notamment le droit à l’avortement de plus en plus contestés quand il n’est pas tout simplement à nouveau interdit comme aux Etats-Unis sous l’action des conservateurs, de l’extrême droite et des religieux !

Pas question pour les réformistes de tous poils, déclarés ou non, de dire que pour les femmes et les hommes du prolétariat l’heure est à l’action révolutionnaire contre le capitalisme ! Pas question pour les réformistes, féministes ou non, de faire le lien entre la lutte des femmes et du prolétariat d’Iran, notamment dans le secteur pétrolier, l’insurrection populaire au Sri-Lanka qui a fait tomber le dictateur à défaut de la dictature, et avec la lutte de des classes en France ! Pas question pour les réformistes de montrer que toutes ces insurrections sont celles d’une seule et même classe sur toute la planète, le prolétariat international et sont les fruits d’une chaine de révolutions ouvrières qui mettent à l’ordre du jour la révolution sociale c’est-à-dire le renversement du capitalisme à l’échelle mondiale et la lutte pour le communisme et la fédération internationale des comités de travailleurs !

Les « journées d’action syndicale » sont à ce titre révélatrices de la politique réactionnaire de la gauche politique et syndicale et de ses extrêmes gauches et autre néo-féministes, sous couvert de luttes pour les salaires ou de luttes progressistes ! Aucune perspective révolutionnaire n’y est défendue ! Et ne comptons pas sur les extrêmes gauches du capital pour le faire !

L’extrême-gauche et les journées syndicales d’inaction

Journée d’inaction routinière passant inaperçue, le 29 septembre à la lumière des soulèvements en Iran, des voiles brûlés par les femmes iraniennes, a en effet vu son programme syndical limité aux salaires, transformé en programme ouvertement réactionnaire. L’aspect positif de cette journée est pour les travailleurs l’éclairage donné, si besoin en était, sur ces courants incluant ceux qui se veulent l’aile « radicale » de ces journées pour mieux faire avaler les couleuvres « réformistes » des appareils syndicaux inféodés au capitalisme et liés historiquement à la social-démocratie et au stalinisme, deux courant profondément contre-révolutionnaire, ayant sauvé à maintes reprises les capitalistes de la révolution sociale en France !

Cette pseudo-aile radicale au sein du syndicalisme jaune en France représentée par LO, le NPA ou ses satellites, Révolution Permanente (moréniste) d’Anissa Kazib, la Fraction étincelle ou encore l’UCL (dite communiste libertaire) n’ont proposé le moindre changement au programme du 29 septembre et se font ainsi les défenseurs de ce syndicalisme bureaucratique qu’ils prétendent combattre !

JP Mercier, porte-parole de la pseudo-trotskiste N. Arthaud, dénonça énergiquement à la dernière fête de l’Huma, la « démocratie bafouée à la CGT » mais seulement parce qu’il voulait sauver son poste bureaucratique de délégué syndical central. Le même dirigeant syndical pseudo révolutionnaire appelle les travailleurs à faire confiance à la CGT dans la lutte actuelle, dont il dit le 11 octobre : « Vive la lutte des travailleurs des raffineries ! L’essentiel est que la lutte soit dirigée démocratiquement par les travailleurs qui veulent se battre ». Pas un mot de critique sur la CGT ! Pas un mot sur le fait que le seul moyen qu’une lutte soit dirigée démocratiquement par les travailleurs, c’est la création de comités de grèves ! Pas de pouvoir des travailleurs sans auto-organisation et encore moins de libération des femmes sans celle-ci !

Pourtant en 1978, les femmes d’Iran alliées aux travailleurs du secteur pétrolier organisés dans les comités de grèves appelés Shurah, ont mis à terre le régime du Shah d’Iran. En France aussi, ce sont les femmes alliées aux ouvriers qui ont cent fois le pouvoir de renverser le capitalisme et son serviteur Macron, à condition de ne pas commettre l’erreur des ouvriers d’Iran : ils ne doivent pas faire confiance à d’autres qu’en eux-mêmes pour exercer le pouvoir.

Alors qu’en Iran comme ici, le capitalisme est à bout de souffle, toutes ces tendances politiques bourgeoises ou petites bourgeoises, qu’elles se veuillent radicales ou pas, sont également dans l’impasse politique comme le capitalisme car elles sont dans l’incapacité de proposer des perspectives politiques révolutionnaires.

Quelles pourraient être ces perspectives ! La grève du 29 et au-delà toutes les luttes notamment dans les raffineries aurait pu rappeler à la lumière des luttes de classes en Iran en 1978 et en 2022 le rôle joué par les femmes dans les révolutions et comment seule l’auto-organisation du prolétariat a permis de faire tomber la monarchie iranienne avant d’être trahis par une extrême gauche pro-mollah, voyant dans l’islam un anti-impérialisme qu’il n’est pas !

En ne faisant aucun lien avec leurs frères de classes que sont les travailleurs du secteur pétrolier des femmes travailleuses d’Iran, ou ceux du Kazakhstan réprimé début 2022, c’est le voile du nationalisme, du corporatisme étroit, de l’impérialisme que les travailleurs des raffineries revêtent même sans le vouloir. Le radicalisme implique souvent des luttes difficiles, physiques, mais c’est en se limitant à cet aspect que les bureaucrates syndicaux, sous les applaudissements des faux révolutionnaires, que les bureaucrates syndicaux font mener des luttes politiquement très modérées et très divisées aux travailleurs, avec pour résultat une démoralisation puisque la classe ouvrière, "entrée en guerre", n’obtient souvent rien. Sans entrée en guerre contre les directions syndicales, aucune guerre réelle contre le patronat n’aura vraiment commencé. En élargissant la dimension de leur combat à l’Iran même symboliquement, les travailleurs des raffineries seraient bien plus forts.

Pour se libérer, les femmes comme les hommes, tout le prolétariat, devront faire tomber tous les voiles qui nous enchaînent à la société de classe !

Si c’est contre une dictature certes en partie masculine qui leur impose le voile obligatoire que les femmes en Iran sont en lutte c’est avant tout contre un État capitaliste bourgeois, dont le voile de la religion aide à voiler à la nature de classe. Mahsa venait du Kurdistan Iranien. Le slogan « Femmes, vie, liberté » qui est le mot d’ordre provient de milieux proches du PKK. Les femmes kurdes sont opprimées en tant que femme et en tant que Kurde, mais les partis nationalistes kurdes qui prétendent les libérer sont les pires complices de tous les impérialismes. Les femmes kurdes devront se débarrasser du machisme kurde, mais aussi du nationalisme kurde et du capitalisme kurde ! La fin de leur oppression en tant que femme et en tant que Kurde ne sera réalisable que si elles se battent en tant que prolétaires, qu’elles le soient ou non, contre la dictature bourgeoise mondiale, dont l’Iran et tous les nationalistes ne sont que des relais locaux.

Et comme les femmes iraniennes qui combattent et brûlent le voile de la religion, nous travailleurs et travailleuses de France c’est en nous débarrassant également de nos propres voiles qu’ils soient nationalistes, impérialistes, bourgeois, d’extrême droite, réformistes ou encore syndicaux, imposés par les apôtres du capitalisme ou les prêtres syndicaux, que nous aurons une chance de gagner.

C’est avec des Gilets jaunes, en mettant en place des comités de grève et des comités de quartier sous le drapeau de la classe ouvrière, que les travailleurs et les travailleuses l’emporteront.

16 Messages de forum

  • Le mouvement gagne au Moyen Orient... Liban, Turquie, Syrie, Afghanistan...

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  • Iran : après les femmes et les étudiants, ouvriers et professionnels rallient la révolte

    Les appels à la grève générale se multiplient dans le pays, et les travailleurs du secteur pétrolier semblent amorcer un mouvement dans ce sens. Cette possibilité fait craindre aux autorités une contagion à l’ensemble des secteurs.

    https://www.courrierinternational.c...

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  • August Bebel dans « La femme et le socialisme » :

    « Quelle place doit prendre la femme dans notre organisme social afin de devenir dans la société humaine un membre complet, ayant les droits de tous, pouvant donner l’entière mesure de son activité, ayant la faculté de développer pleinement et dans toutes les directions ses forces et ses aptitudes ? C’est là une question qui se confond avec celle de savoir quelle forme, quelle organisation essentielle devra recevoir la société humaine pour substituer à l’oppression, à l’exploitation, au besoin et à la misère sous leurs milliers de formes, une humanité libre, une société en pleine santé tant au point de vue physique qu’au point de vue social. Ce que l’on nomme la question des femmes ne constitue donc qu’un côté de la question sociale générale. Celle-ci agite en ce moment toutes les têtes et tous les esprits ; mais la première ne peut trouver sa solution définitive qu’avec la seconde… La solution pleine et entière de la question des femmes - et nous entendons par là que la femme doit non seulement être, de par la loi, l’égale de l’homme, mais qu’elle doit encore en être indépendante, dans la plénitude de sa liberté économique, et marcher de pair avec lui, autant que possible, dans son éducation intellectuelle, - cette solution est aussi possible dans les conditions sociales et politiques actuelles que celle de la question ouvrière. »
    « Les hommes, pris en grande majorité, ne voient dans la femme qu’un instrument de profits et de plaisirs ; la considérer comme leur égale en droits répugne à leurs préjugés. (…) [Mais] aucun sexe, pas plus qu’une classe n’est fondé à imposer ses limites à l’autre sexe ou à une autre classe. »

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  • Grève générale dans plusieurs villes iraniennes après le meurtre de Mahsa Amini :

    https://atalayar.com/fr/content/gre...

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  • Une chose est sûre, quoi qu’il en pense, le régime phallocratique islamiste de Téhéran ne peut plus se voiler la face : le rideau de fer institutionnel qu’il a érigé sur la société iranienne se disloque, s’effondre sous l’assaut des courageuses résistantes filles et femmes perses, dignes héritières d’une grande civilisation qui avait brillé par sa magnificence, fait trembler l’empire romain. Les femmes iraniennes feront-elles tomber l’empire phallocratique des mollahs ?

    http://kidermesloub.over-blog.com/2...

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  • Le correspondant du Times anglais écrivait pendant la Commune de Paris :
    « Si la nation française ne se composait que de femmes, quelle terrible nation ce serait ».

    Jules Vallès lors de l’enterrement de Victor Noir Janvier 1870 :
    « Des femmes partout. Grand signe. Quand les Femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte... »

    Charles Fourier dans « Théorie des quatre mouvements et des destinées générales » :

    « Dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale. »

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  • Une tribune réactionnaire dans Libération, signée entre autres par le NPA, Anasse Kazib :

    https://nouveaupartianticapitaliste...

    Quel intérêt quand des non-grévistes (les signataires n’appellent pas à rejoindre le mouvement) d’applaudir les raffineries en grèves ? Fini le slogan du Manifeste : Prolétaires de tous le pays, unissez-vous ! C’est du bio que ces signataires veulent vendre :

    A Grandpuits, nous avons assisté à la rencontre de la lutte sociale et de la lutte écologique. Cette alliance est porteuse d’avenir. Pour l’environnement, pour l’emploi et dans l’intérêt de toutes et tous.

    Plus aucune référence à la lutte internationale des travailleurs ou des femmes, à l’heure où les travailleurs du Pétrole en Iran sont entrés en lutte du côté des femmes. Comme le "néo-féminisme", le "néo-écologisme" n’a rien à voir avec le mouvement ouvrier, lui est hostile.

    Comment pousser sa carrière carrière universitaire ou syndicale ? Apparaissez dans la liste des "premiers signataires" de telles tribunes....

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  • Femme tuée par la police des mœurs : affrontements à Zahedan (21-10), Téhéran, Rasht, Karaj, Mahabad et Ispahan et Tabriz (20-10) – 20 et 21 octobre 2022

    https://berthoalain.com/2022/10/22/...

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  • Irène Ansari : « La grève des ouvriers de l’industrie pétrolière iranienne est une très bonne nouvelle pour le mouvement de contestation du pouvoir »
    Par A.Cuxac20 octobre 2022
    Alors que les protestations en Iran ont entamé leur cinquième semaine et avant un nouveau rassemblement de soutien aux Iraniennes samedi à Paris, Causette s’est entretenue avec Irène Ansari, coordinatrice de la Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie.

    Née en France à l’initiative de femmes ayant fui l’Iran après la révolution islamique, la Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie (LFID) porte la voix des Iraniennes à l’international. Elle accompagne également des réfugiées iraniennes et afghanes (certaines régions d’Afghanistan parlent le farsi) victimes de violences intrafamiliales ou demandeuses d’asile. L’association a naturellement été l’une des premières à organiser les manifestations françaises de soutien au mouvement de protestation qui embrase le pays depuis la mort de Mahsa Amini.

    Cette jeune femme kurde – son prénom kurde est Jina – est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des mœurs pour port du voile non conforme à la loi islamique. C’était il y a plus d’un mois, et le mouvement ne faiblit pas, malgré la féroce répression du régime, qui a fait au moins 215 morts dont 27 enfants, selon les chiffres de l’ONG Iran Human Rights. Malgré un emploi du temps très chargé entre son soutien aux femmes victimes et l’organisation de la mobilisation française, la coordinatrice de LFID, Irène Ansari, nous a accordé un entretien.

    Causette : Quelles sont les dernières nouvelles que vous recevez de l’Iran ?
    Irène Ansari : Avant toute chose, je tiens à préciser d’emblée que si le régime iranien utilise le terme « république », ce n’en est pas une. Il s’agit d’une théocratie, un état islamique version chiite. De la même manière, il est important de rappeler pour comprendre les événements actuels que l’Iran est un pays multi-peuples : il y a évidemment les Perses mais les peuples turques, kurdes, arabes ou encore baloutches sont très importants. Il ne s’agit pas de minorités ou d’ethnies mais bien de peuples. Ils ont été réprimés par le régime du Shah et ont continué à l’être sous la théocratie actuelle.
    En ce qui concerne les nouvelles les plus récentes, c’est que le mouvement de protestation ne faiblit pas. Des rassemblements d’étudiants ou lycéennes ont lieu pratiquement tous les jours à travers toutes les grandes villes du pays. Certains jours, 30 universités sont mobilisées, d’autres cinq mais la continuité de ces actions est certaine et force l’admiration. En conséquence, les arrestations continuent, et de plus en plus de personnes sont tuées ou blessées.
    Je dirais également que les revendications dépassent désormais largement la suppression des lois sur le port obligatoire du voile ou de la police des moeurs. Nous sommes au-delà du slogan « Femmes, vie liberté ! » scandé juste après la mort de Jina. Les gens réclament la liberté, l’égalité, la justice sociale et crient : « On ne veut pas de la république islamique » ; « Ce n’est pas une république ! »
    D’ailleurs à mes yeux, la nouvelle la plus importante est que depuis quelques jours, les ouvriers de l’industrie gazière et pétrochimique, ainsi que les camionneurs d’une importante raffinerie se sont mis en grève pour soutenir la contestation et dénoncer la répression.

    Pourquoi est-ce important ?
    I.A. : C’est une très bonne nouvelle pour nous parce qu’à mon avis, ce n’est malheureusement pas seulement avec les manifestations qu’on peut renverser ce régime. Je crois sincèrement qu’une grève générale peut le mettre à genou, si une alliance s’opère entre les différents mouvements. Les manifestations seules, malgré le courage inouï de ces jeunes qui agissent au prix de leur vie ou de leur liberté ne suffiront pas. La grève de ces ouvriers de l’industrie pétrolière donne donc un immense espoir pour une coordination entre eux, les enseignants, les intellectuels, les écrivains, les étudiants. Par ailleurs, la puissance du régime étant fondée sur ces ressources pétrolières, cette grève peut l’affaiblir économiquement.

    « De jeunes femmes chantent : "Ma chère mère, t’as plus de fille parce que ta fille est descendue et va se prendre une balle" »

    Malgré la répression sanglante, le mouvement se poursuit. Quel regard portez-vous sur sa persistance ?
    I.A. : Oui, la cinquième semaine de contestation est entamée et c’est très rare. Depuis l’avènement de la théocratie, il y a eu des mouvements contestataires et tous ont été violemment réprimés, mais ils ont duré moins longtemps. Il y a vingt-cinq ans, c’était le mouvement des étudiants. En juin 2009, en même temps que les printemps arabes, le peuple s’est soulevé contre la fraude électorale. Fin 2018, il y eut un soulèvement populaire en raison de la crise économique et du manque de perspectives pour les jeunes diplômés, et, le plus récent, les manifestations en novembre 2019 contre la hausse du prix de l’essence. Mais ce n’était pas que contre la vie chère, parce que les gens criaient déjà « À bas le dictateur ! » Ça n’a duré que quatre jours et il y eut 1500 morts.
    On voit donc bien que les tentatives de rébellion ne sont pas nouvelles. Mais si le mouvement actuel perdure, je pense que c’est parce que les gens ont compris qu’on ne pouvait pas réformer ce régime. La mort de Jina a mis le feu à la poudrière des injustices. Les Iraniens ont tout essayé, ils n’ont plus rien à perdre. Parce que de toute façon, ce n’est pas une vie, qu’ils mènent. Ils sont tout le temps en danger parce qu’ils ont bu une goutte d’alcool ou osé fréquenter le sexe opposé. Ajoutez à cela le marasme économique d’un régime qui ne redistribue pas ses richesses et n’offre que l’exode économique pour les plus chanceux… les gens se disent on n’a pas le choix, ça doit changer. J’ai reçu par messages vocaux des slogans d’une détermination absolue et terrible. Des jeunes femmes qui chantent : « Ma chère mère, tu n’as plus de fille parce que ta fille est descendue et va se prendre une balle. »

    « La répression n’empêche pas d’incroyables actes de solidarité : alors que certains blessés ne vont pas dans les hôpitaux parce qu’ils risquent d’être arrêtés, des infirmières et des médecins courageux vont les soigner. »

    Voit-on aujourd’hui le mouvement se structurer ?
    I.A. : C’est très compliqué car en Iran, se syndiquer ou former un parti politique est interdit. Cependant, ces dernières années, on a assisté à l’émergence de syndicats – jamais reconnus par le régime – dans les secteurs des transports ou de l’industrie du sucre ou même, de l’éducation. Leurs leaders sont arrêtés.
    Actuellement, nous recevons des nouvelles selon lesquelles les jeunes sont en train de s’organiser via des comités de quartiers pour faire vivre le mouvement. Mais tout est très compliqué et la clandestinité est leur seule solution.
    En ce qui concerne les attaques du régime sur les canaux de communication, qui participent de ces difficultés à s’organiser, les perturbations se poursuivent. Mais ce n’est jamais total : les images nous arrivent avec du retard mais elles nous arrivent néanmoins.
    Cette répression n’empêche pas d’incroyables actes de solidarité qu’on m’a rapportés : alors que certains blessés ne vont pas dans les hôpitaux parce qu’ils risquent d’être arrêtés, des infirmières et des médecins courageux vont les soigner directement chez eux.

    Si on en revient aux débuts du mouvement, êtes-vous étonnée que le sort terrible de Jina Amini ait déclenché une si grande vague contestataire ?
    I.A. : Nous devons dire que le mouvement actuel doit sa force à la famille de Jina, qui s’est opposée frontalement aux conclusions du médecin légiste qui a évoqué des problèmes cardiaques pour justifier la mort de cette jeune femme de 22 ans et des Kurdes qui, les premiers, ont protesté massivement. Le mouvement est parti du Kurdistan et ce qui est inédit, c’est que le pays entier s’en est montré solidaire.
    Les arrestations pour port du voile non conforme sont monnaie courante et, à la LFID, nous sommes en lien avec ces réalités depuis des années, puisque nous arrivent des femmes qui ont des ennuis judiciaires pour ces raisons.
    Par ailleurs, les femmes iraniennes s’opposent depuis longtemps au régime des Mollah. En mars 1979, à peine un mois après l’arrivée au pouvoir de Khomeini, elles sont descendues par milliers dans les rues pour s’opposer au voile obligatoire et ont été réprimées. A ce titre, vous pouvez voir le film Année zéro, réalisé par des Iraniennes et des Françaises du MLF qui se trouvaient à Téhéran à ce moment-là.

    « Je suis opposée à une intervention militaire de forces étrangères, on ne veut pas que les GI viennent nous sauver, on a vu ce que cela a donné en Afghanistan et en Irak. »

    Avez-vous des informations sur ce qui s’est passé dans la prison d’Evin samedi dernier ?
    I.A. : Cet incendie de la prison d’Evin [dans la capitale Téhéran] survenu samedi a de quoi inquiéter. On ne sait pas exactement ce qui s’est passé et ce qui a déclenché l’incendie et les affrontements entre détenus et gardes mais on parle actuellement d’une dizaine de morts et de 90 blessés, dont certains sont entre la vie et la mort. Apparemment, des prisonniers auraient affiché leur soutien aux contestations.
    A Evin, la plupart des prisonniers sont politiques. Il y a des personnalités, comme les deux cinéastes Jafar Panahi ou Mohammad Rasoulof, mais aussi des syndicalistes et, d’après les informations qui me parviennent, des centaines de jeunes arrêtés dans le cadre de la contestation actuelle. C’est inquiétant car cela rappelle le massacre des prisonniers d’Evin et de Gohardasht [à Téhéran] à l’été 1988. En l’espace de deux mois, le régime avait exécuté plus de 5000 prisonniers politiques. L’actuel président, Ebrahim Raïssi, était membre de la commission de la mort qui a envoyé à la mort ces personnes sur ordre direct [du guide suprême] Khomeini. Pour moi, le régime qui à l’époque avait nié ce massacre, est capable de le réitérer aujourd’hui.

    Devant la prolongation du mouvement, peut-on s’attendre à des défections au sein du régime ?
    I.A. : Je ne pense pas. Ce qui se joue plutôt, ce sont des divergences, de ce qu’on en comprend, au sein du régime sur la façon d’étouffer le mouvement. Certains membres du régime souhaitent réprimer massivement et sans attendre (car, c’est malheureux de dire ça après plus de 200 morts, mais le régime n’a pas encore épuisé toutes ses forces de répression). Une autre tendance est celle qui temporise, en disant le peuple va se lasser. Quoi qu’il en soit, aucun à ce stade ne compte quitter le pouvoir.

    Quel regard portez-vous sur la réaction de la communauté internationale ?
    I.A. : On n’a jamais vu autant de soutien à travers le monde à l’égard des femmes iraniennes. Il n’y a pas une grande ville dans le monde où il n’y ait eu de manifestation. On a eu quelques États qui ont condamné ouvertement la répression, comme le Canada ou la France. Certes, c’est au peuple iranien de faire le changement, je suis opposée à une intervention militaire de forces étrangères, on ne veut pas que les GI viennent nous sauver, on a vu ce que cela a donné en Afghanistan et en Irak.
    Mais le soutien au peuple iranien doit continuer, par exemple en faisant rappeler les ambassadeurs. C’est aussi pour inciter la France à poursuivre son soutien que nous organisons place du Trocadéro à Paris samedi 22 octobre à 13h30 un rassemblement.

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  • Iran : heurts entre les forces de sécurité et des manifestants dans la ville de Mahsa Amini

    https://www.france24.com/fr/asie-pa...

    affrontements à Téhéran – 22 octobre 2022

    https://berthoalain.com/2022/10/24/...

    Femme tuée par la police des mœurs, 6° semaine : mobilisation et répression en Iran – 11 octobre 2022

    https://berthoalain.com/2022/10/23/...

    Femme tuée par la police des mœurs, 32° jour : mobilisation et répression en Iran – 17 octobre 2022

    https://berthoalain.com/2022/10/18/...

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  • En Iran, la révolte ne faiblit pas malgré quarante jours de répression violente…

    https://www.lefigaro.fr/internation...

    …affrontements à Mahabad, Boukan, Boroudjen, Tabriz et Qasr-e-Chirine – 27 octobre 2022

    https://berthoalain.com/2022/10/28/...

    …grèves et affrontements à Téhéran, Saqqez et 18 autres villes – 26 octobre 2022

    https://berthoalain.com/2022/10/27/...

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  • Vive la lutte des femmes pour leur émancipation et contre l’obscurantisme religieux !

    A bas le relativisme culturel qui permet d’imposer le voilement des femmes sous couvert de liberté !

    A bas le voile, symbole du patriarcat oriental !

    A bas le patriarcat !

    A bas le régime capitalo-religieux des mollahs !

    Vive la lutte internationale des femmes ! Pas d’émancipation intégrale des femmes sans révolution sociale !

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