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Non à toute alliance avec nos exploiteurs et leurs valets ! Vive le Front des exploités, avec à sa tête la classe ouvrière !

mercredi 30 juin 2021, par Alex, Waraa

Non aux Front nationaux, aux Fronts républicains, aux Fronts de gauche, aux Fronts intersyndicaux !

Non à toute alliance avec nos exploiteurs et leurs valets !

Vive le Front des exploités, avec la classe ouvrière à sa tête !

Après les dernières élections, dans lesquelles la population ne s’est reconnue dans aucun camp de la bourgeoisie, les prétendus républicains déclarent « victoire » : ils auraient battu le fascisme aux élections régionales ! La droite, la gauche, se « félicitent » de leurs victoires dans différentes régions, les présentant fièrement comme autant de victoires contre l’extrême droite. Ce qui n’empêche pas la droite de s’allier avec l’extrême droite dès le lendemain, et le centre de s’allier à la droite, et le centre de s’allier à la gauche et la gauche de la gauche de s’allier à la gauche. « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette »… On connaît la chanson…

Ils nous refont le coup du front populaire, du front républicain, du front démocratique contre le fascisme !

Premièrement, ces vieux routiers de la gauche et de la droite voudraient nous faire oublier que ce sont eux qui, en gouvernant, ont crédibilisé depuis des années l’extrême droite, en menant eux-mêmes des politiques d’extrême droite.

Ce sont eux qui ont discrédité toute perspective ouvrière de changement social, ouvrant un boulevard à l’extrême droite.

Ce sont eux qui ont démontré que les organisations de gauche étaient tout autant pro-patronales que celles de droite.

Ce sont eux qui ont convaincu la petite bourgeoisie que le prolétariat n’était pas porteur d’une nouvelle société.

Ce sont eux qui ont affirmé que les immigrés, que les Musulmans, que les sans papiers, que les jeunes de banlieues étaient la principale menace en France et autres balivernes du même acabit !!!

Ce sont des hommes politiques de gauche et de droite qui ont mené la politique antisociale qui a enflammé le mouvement des Gilets jaunes et qui ont participé au sein des gouvernements Macron à la répression des Gilets jaunes. Et ce sont les élus de droite et de gauche de ces régions qui ont récemment couvert les violences policières contre les Gilets jaunes, violences ayant pour but qu’eux et ceux qui étaient tentés de les suivre « s’abstiennent » de faire de la politique, car les travailleurs ne sont sommés d’en faire, sous la forme d’un vote, que lors des mascarades électorales. Entre deux élections, aucun droit de contrôler ou révoquer les élus. Au travail, interdit de diffuser des tracts politiques. La passivité politique des travailleurs, c’est ce que cherche à imposer en permanence l’Etat bourgeois aux travailleurs ! Le vote aux élections bourgeoises n’est qu’un déguisement de cette impossibilité faite aux travailleurs de s’exprimer politiquement dans le cadre des institutions bourgeoises.

En Afrique, de la guerre d’Algérie au génocide des Tutsis en 1994, et dans toutes les opérations secrètes de la Françafrique, c’est la terreur blanche, cautionnée par des gouvernements locaux, qui a toujours été mise en œuvre par la droite et la gauche républicaine. La chasse aux migrants, c’est le gouvernement français qui l’organise à grande échelle depuis des années en finançant en Libye de véritables camps de concentration. Le président réélu de la région PACA se félicitera sans doute que la Méditerranée reste un cimetière « républicain » pour des milliers migrants.

Avec l’élection présidentielle d’avril 2021 en ligne de mire, l’appareil d’Etat et ses serviteurs, politiques ou syndicaux, vont tenter de redonner à ce leurre un prestige qu’il a clairement perdu vu le taux d’abstention record des dernières élections. Et les fronts « populaire », « républicain », « anti-fasciste » font partie des pièges tendus aux travailleurs pour qu’ils soient dissuadés d’élaborer leur propre politique. En France et en Espagne en 1936, les fronts populaires promettaient aux ouvriers et paysans de les défendre contre le fascisme, à conditions qu’ils renoncent à la révolution sociale et politique. Les travailleurs ont pourtant eu Pétain-Hitler en France, Franco en Espagne. Ces politiques de Front populaire portées par le PS, le PC et la CGT en 1936 faisaient suite aux défaites de la classe ouvrière face au fascisme et au nazisme, en Italie et en Allemagne. Mais dans ces deux pays, c’est aussi des fronts républicains qu’avaient proposé les partis de gauche et les syndicats, en appelant les ouvrier à faire confiance aux partis de droite, à la police et à l’armée de la bourgeoisie « démocratique ».

Dans le contexte d’un capitalisme qui s’effondre, regrouper les travailleurs dans un large front qui se fixe des objectifs simples, qui seraient communs à tous les hommes de bonne volonté, bourgeois ou prolétaires, est vital pour la bourgeoisie. Ces fronts ont pour objectif de donner une direction bourgeoise à tout mouvement menaçant de regrouper des masses de travailleurs. Mais même quand les travailleurs s’abstiennent de participer aux élections bourgeoises, cela ne signifie pas qu’ils mettent en place face à l’Etat bourgeois les germes de leur propre pouvoir.

La propagande distillant en permanence des illusions électorales est loin de se terminer avec les élections. Et ce n’est pas seulement à cause des élections présidentielles à venir. Car un des vecteurs des illusions dans la démocratie bourgeoise, sa police, son armée, ses Parlements, est formé par des bureaucrates syndicaux formant l’aile gauche des syndicats qui se remettront bientôt à crier que c’est « dans la rue » que nous changerons le « rapport de force ». Ayant l’air de ne pas croire aux élections, ils ne font qu’inviter les travailleurs à participer à une forme pseudo-révolutionnaire du « crétinisme parlementaire » entre deux élections. Rompant avec l’action directe contre la bourgeoisie que prônaient des CGT-istes révolutionnaires d’avant 1914 (Pouget, Griffuelhes), la CGT de Martinez, avec le soutien de l’extrême-gauche officielle de N. Arthaud- JP Mercier (LO), de Besancenot-Poutou (NPA), n’organise aucune campagne nationale de lutte de sa propre initiative. Les « grands mouvements » de ces dernières années (Loi travail, réforme des retraites, loi sécurité globale), ne sont que des réactions défensives contre justement des « lois » discutées au parlement. Les confédérations syndicales invitent donc les travailleurs à obtenir des députés un vote, une réforme en faveur des ouvriers. Les travailleurs sont donc appelés à agir en tant qu’électeurs ayant perdu la dernière élection, et perdant sans doute la suivante. Et ces manifestations se limitent au cadre légal et pacifique, au lieu de prendre exemple sur les sans-culotte de la Révolution française, dont les leaders, comme les Enragés, envahissaient les Assemblées bourgeoises, menaçant les députés de les révoquer voire les disperser s’ils ne tenaient pas leurs promesses.

Les grands défenseurs de ces « fronts » allant des travailleurs à la bourgeoisie se trouvent aussi bien dans la gauche de la gauche de Mélenchon que chez Macron, Hollande ou Sarkozy… L’extrême gauche officielle n’est pas indemne de ce type de tromperie, même si elle s’en cache un peu. L’apologie la plus hypocrite de ce type de « Fronts » a été représenté dans ces élections par des candidats qui dans cette élection se réclament du communisme révolutionnaire, de la lutte des classes, comme Lutte Ouvrière et le NPA.

Lutte ouvrière se félicite des quelque 320.000 voix obtenues par ses candidats au premier tour des élections régionales : « Ils témoignent de la permanence dans le monde du travail d’un courant politique qui affiche comme objectif le renversement du pouvoir de la grande bourgeoisie. »

Premièrement LO oublie de remarquer que les deux figures qu’elle met en avant systématiquement dans les media, au détriment d’ouvriers de la base, N. Arthaud et JP Mercier, ont perdu en Ile-de-France, où ils se présentaient, 25% des voix obtenues par LO aux mêmes élections en 2015 ! Cette baisse spectaculaire pour N. Arthaud et JP Mercier n’est-elle pas à mettre au crédit du « désintérêt profond, voire le dégoût croissant de l’électorat populaire pour ces compétitions destinées à désigner les coteries politiques qui auront à gérer les affaires de la bourgeoisie dans les différentes institutions » que LO attribue aux abstentionnistes ? Des révolutionnaires devraient se poser la question. JP Mercier est un délégué syndical central CGT, donc nommé par la bureaucratie de la CGT, du type de Martinez ou Lepaon. Martinez n’incarne-t-il pas une de ces « coteries politiques gérant les affaires de la bourgeoisie » dans de nombreuses institutions où les syndicalistes ont été invités à la mangeoire en 1914 puis 1945 ?

Si, au second tour des élections, LO n’appelait à voter pour aucun parti de la bourgeoisie, même de gauche, cette organisation n’en avait pas toujours fait de même, appelant par exemple à voter pour Mitterrand, l’homme d’extrême droite de la gauche, passé du pétainisme à l’organisation du génocide au Rwanda en passant par la guerre d’Algérie, ou en appelant à voter pour des listes de gauches à certaines élections.

Dans le cas du NPA de Besancenot, l’opportunisme vis-à-vis de la gauche politique ou syndical est plus ouvertement revendiqué encore, c’est dire…

Ce suivisme politique et syndical de soi-disant trotskistes comme N. Arthaud avait déjà été combattu par N. Sedova, la veuve de Léon Trotsky, qui dénonçait les « trotskistes » français qui réclamaient en 1945 un gouvernement PS-PC-CGT. L’extrême gauche électorale (LO-NPA) dénonce aujourd’hui, heureusement, verbalement, le PS et le PC, mais a par contre renforcé ces dernières années son apologie d’un « gouvernement » des bureaucraties de la CGT ou de SUD dans les mouvements de travailleurs. Trotsky, dont LO se réclame et dont se réclamaient les ancêtres du NPA, dénonçait pourtant en 1939 le secrétaire de la CGT comme un « agent direct de l’impérialisme français ». Il dénonçait aussi déjà l’oubli par des soi-disant révolutionnaires du passage des directions syndicales dans le camp de la bourgeoisie : « Il existe deux Internationales ouvrières totalement contre-révolutionnaires. Nos critiques ont visiblement oublié l’existence de cette deuxième catégorie : les syndicats en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et dans les autres pays soutiennent à fond la politique contre-révolutionnaire de leur bourgeoisie ». Grouper les travailleurs lors de journées d’(in)actions dirigées par les intersyndicales est équivalent à leur donner l’illusion dans des fronts populaires. Il n’est pas étonnant que l’extrême gauche électorale ait eu des résultats électoraux analogues à ceux des partis bourgeois qui font tourner le système : un ilot de stabilité dans l’océan abstentionniste.

Combattre le fascisme, ce n’est pas seulement combattre Le Pen. C’est aussi combattre l’extrême droite qui niche au sein des forces policières, militaires, des forces spéciales, de l’antiterrorisme, de l’espionnage, de tout l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, ces gens-là qui annonçaient récemment vouloir mettre en place une dictature militaire, et que Macron appelaient récemment dans ses « conseils de défense »… Ce sont les gouvernements de droite, de gauche et du centre qui ont de plus appelé ces forces répressives à intervenir contre les Gilets jaunes et pour imposer l’ordre prétendument sanitaire…

Quant au Front National, si la nécessité de le combattre apparait comme une évidence, ce n’est pas spécialement dans les élections de la bourgeoisie que cela devait se faire. Là encore, l’extrême-gauche électoraliste brouille les cartes. Ce n’est pas seulement parce que le FN est fondamentalement hostile aux travailleurs qu’il faut le combattre. C’est aussi parce que le rôle de l’extrême droite est de mobiliser les classes moyennes contre le travailleurs. La classe ouvrière doit donc également s’adresser à la petite-bourgeoise qui sinon, fournira des troupes à l’extrême droite. Le mouvement de Gilets jaunes, où se mêlaient travailleurs et bas des classes moyennes, a été une occasion manquée par cette extrême gauche électoraliste. Ce mouvement ayant démarré indépendamment des syndicats, ceux-ci l’ont dénigré, l’extrême gauche également, ne participant au mouvement que pour le surveiller. Le dégoût d’une grande partie de la population du capitalisme et de sa république bourgeoise y est pourtant apparu de manière bien plus constructive que par l’abstention aux élections. Ce ne sont pas des abstentionnistes démoralisés qui s’exprimaient dans les AGs de ronds-points, mais des travailleurs appauvris discutant des questions politiques et économiques. C’est l’abstention, la méfiance et l’hostilité de quasiment toutes les organisations politiques et syndicales que les travailleurs ont constaté, ces organisations qui ont affirmé que les Gilets jaunes étaient fascistes et qui répètent aujourd’hui en chœur aujourd’hui avec les partis bourgeois que les travailleurs sont « passifs, abstentionnistes, mal informés ».

Ce mouvement des Gilets jaunes n’était « pas assez » révolutionnaire ? Toute révolution, bourgeoise ou ouvrière, est pourtant inaugurée pas ce type de mouvement, qui est autant une convulsion d’une ancienne société qui meurt, que le début de l’accouchement d’une nouvelle société. Des révolutionnaires, au lieu de s’ « abstenir » face à de tels mouvements et de participer activement aux élections les plus inutiles devraient s’y engouffrer pour y encourager les germes de l’auto-organisation qui s’y trouvent, rappeler les solutions qu’ont élaborées les travailleurs suite aux expériences de 1830, 1848, 1871, 1917, la décolonisation etc.

Car la seule voie vers l’unité des exploités, unité qui fera leur force, c’est la mise en place de leurs comités, de leurs conseils de travailleurs, de leurs soviets. La lutte contre le fascisme ne pourra que prendre la forme de la lutte entre un Etat ouvrier et l’Etat bourgeois, pas entre différentes tendances au service de cet Etat bourgeois.

Le plus grand mensonge électoral concernant les causes du fascisme est de le confondre avec le progrès électoral des partis d’extrême droite. En France, ce n’est ld PSF du colonel de La Roque qui mit en place le fascisme, mais des politiciens comme Daladier et Laval, issus des partis modérés, avec le concours de tous les partis de gauche et de droite, des syndicats, des institutions scientifiques, qui donnèrent des ministres au maréchal Pétain dans le dernier gouvernement de la IIIème République puis dans son Etat français. Le fascisme espagnol a été possible parce que le gouvernement républicain a écrasé la révolution à Barcelone. Le fascisme chilien est venu du chef d’état major des armées nommé par Allende. Le fascisme est la politique d’une classe sociale, celle du grand capital qui impose ce changement de régime dans des périodes de crise, pas celle d’un parti politicien.

Certes des révolutionnaires peuvent essayer d’utiliser la tribune offerte par une campagne électorale de la bourgeoisie pour y conspuer les politiques bourgeoises et y défendre la perspective d’une révolution sociale. Ils peuvent aussi militer dans les syndicats sans nécessairement se lier à la bureaucratie de ces appareils, eux-mêmes liés à la bourgeoisie et à l’Etat capitaliste. Mais, ce n’est pas simplement en réclamant des « salaires corrects » qu’ils le feront. C’est en se battant pour l’abolition du salariat et du capitalisme, et en comprenant que la venue des révolutions à venir ne se mesure pas à l’aune du seul « niveau de conscience actuel » des travailleurs, mais aux séismes politiques et économiques qu’entraine l’effondrement du capitalisme auquel on assiste et dont la pandémie n’est qu’une des facettes, un effondrement historique et mondial qui pose objectivement la question de « socialisme ou barbarie ». La moindre des choses que l’on aurait dû attendre d’une extrême gauche vraiment révolutionnaire, c’est qu’elle dévoile à la tribune électorale l’enjeu actuel des politiques capitalistes, c’est-à-dire le lien entre la pandémie et la chute du capitalisme et elle ne l’a pas fait. Pourtant, c’est ce lien qui rend inévitable et indispensable la révolution sociale sans laquelle les fascismes et guerres seront eux aussi inévitables…

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