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Le syndicalisme pseudo-lutte de classe de la CGT nous enchaine au capitalisme !

jeudi 18 juin 2020, par Karob

Face à une politique sanitaire assassine ! Face à un État policier assassin ! A une reprise du travail imposée pour « relancer » le capitalisme ! Au tsunami de licenciement ! Aux faillites sans précédent des petites entreprises ! A l’endettement abyssal !

La CGT défend-elle un Capitalisme National d’État et la souveraineté économique pour défendre les travailleurs de la « crise » ?

Le syndicalisme pseudo-lutte de classe de la CGT nous enchaine au capitalisme !

Deux camps syndicaux dont l’un serait une CGT une lutte et de classe ?

Les journaux, les politiciens et une partie de l’extrême gauche ont pris pour habitude d’opposer les syndicats entre eux. Il y aurait deux camps syndicaux à savoir d’un côté des syndicats réactionnaires telle que la CFDT accompagnant et négociant toutes les attaques gouvernementales et patronales et de l’autre des « syndicats de lutte » comme la CGT ou SOLIDAIRES qui s’y opposeraient au nom d’un anticapitalisme.

Bien souvent, l’extrême gauche opportuniste (NPA, Fraction l’Étincelle, Révolution Permanente, Lutte Ouvrière, UCL ou la CNT …) reprend cette dichotomie. Et, malgré une « critique » de leur bureaucratie, défend de fait que certains syndicats seraient moins pires que d’autres et mèneraient quand même une politique plus favorable aux travailleurs ou tout du moins une politique que nous pourrions infléchir ou sur laquelle nous pourrions unir. En réalité, ces organisations politiques font bien souvent la publicité pour les officines où ils militent devenant avant tout des syndicalistes et défendant par la même la boutique syndicale où ils militent.

Mais derrière cette opposition qu’on nous vend, existe-t-il vraiment une différence de nature entre la politique de la CFDT et celle de la CGT par exemple ! Ne pas signer des accords, tenir une posture plus « radicale », « oppositionnelle », plus « prompt à la grève » fait-elle de la CGT un syndicat de « lutte de classes » ? Pour en débattre, il faut discuter ce qu’est et ce que n’est pas une lutte de classe.

Ce qu’est une lutte de classe !

Une lutte de classe est une lutte politique du prolétariat contre le capitalisme et le pouvoir des classes dirigeantes sur la société. Si une lutte de classe peut avoir un caractère économique, elle ne s’y cantonne pas comme les luttes syndicales qui en font un horizon indépassable. Et de fait, rester sur le seul terrain économique c’est accepter le cadre capitaliste. De fait une lutte purement économique ou syndicale est d’essence une lutte réformiste pour mieux négocier les conditions de travail et de rémunération sous le capitalisme autrement dit, les luttes économiques et syndicales n’ont d’autres ambitions que de négocier au mieux la vente de la force de travail dans le cadre des rapports d’exploitations capitalistes entre patrons et salariés mais certainement pas de renverser ce rapport d’exploitation. Rapport qui n’existe que sur la base de la propriété privée des moyens de production qui permet d’exploiter le travail d’autrui en échange d’un salaire ou de s’auto-exploiter si on est indépendant.

Une lutte de classe est une lutte qui ne s’arrête pas aux limites de la sacro-sainte propriété privée des moyens de production des capitalistes mais affirme vouloir l’abolir et socialiser les moyens de production entre les mains du peuple travailleur qui devient son propre souverain !C’est une lutte qui développe la conscience de classe c’est à dire qui combat tous les particularismes, les corporatismes, les nationalismes, le racisme, bref tout ce qui oppose le peuple travailleur en son sein ou les peuples entre eux défendant qu’au-delà d’être une classe exploitée sous le capitalisme, nous sommes la seule classe potentiellement révolutionnaire. Car nous sommes la classe sur laquelle r epose la production de richesses et la production de profits, la classe grâce à laquelle le capitalisme a pu se développer et qui a atteint aujourd’hui sa fin, ses limites, le stade où elle ne peut que se transformer en son contraire : de société de production en société de destruction… Et que cette classe ne roule pas pour le capitalisme mais pour l’avenir de l’humanité.

Ce que n’est pas une lutte de classe !

N’est pas une lutte de classe une lutte qui reste sur le seul terrain économique !

D’ailleurs les syndicats se proclament apolitiques. Et c’est au nom de cet apolitisme très politique en réalité qu’ils militent contre l’activité politique des militants révolutionnaires au sein de la classe ouvrière et de l’activité politique de la classe ouvrière elle-même. Derrière cet apolitisme syndical se cache en fait un point de vue réformiste qui est que la classe ouvrière n’a pas besoin de faire de la politique comprenons une politique de lutte de classe, une politique révolutionnaire en vue de renverser le capitalisme. Ces syndicats apolitiques n’hésitent pas par contre à intervenir en politique pour semer des illusions dans tel ou tel parti bourgeois, dit « de gauche », et des illusions dans le prétendu rôle social de l’État bourgeois. Cela signifie donc des travailleurs qui ne possèdent aucune forme d’organisation, d’action, de revendication politique. Cela signifie que la classe ouvrière est dépossédée de la conscience de représenter une alternative face à un capitalisme s’effondrant, s’autodétruisant. Cela signifie que le caractère d’être une force sociale capable de devenir une nouvelle direction politique de la société, un nouveau pouvoir, celui des travailleurs et du peuple travailleur est combattu aujourd’hui pas les organisations qui jouent un rôle dans la classe ouvrière et se réclament encore d’elle. Ces organisations ne défendent même plus l’idée que nous sommes une seule classe, la seule qui soit potentiellement révolutionnaire et qu’à ce titre nous revendiquons et contestons la direction de la société aux grandes fortunes capitalistes qu’est la Haute Bourgeoisie.

N’est pas une lutte de classe, une lutte qui s’en remet à l’État capitaliste, fait appel à lui en se donnant l’air combattif en d’exigeant des solutions qui pourraient venir de lui !

Et l’un des premiers rejets de de la lutte des classes, c’est d’abord le refus de comprendre que l’État national n’est pas au service de l’ensemble du peuple mais seulement d’une classe sociale infime, moins de 1% de la population, qui est possesseur des capitaux et des entreprises de production, des assurances, des banques et autres trusts. En effet, dans les luttes sociales, ils diffusent l’idée que l’État, c’est-à-dire le gouvernement bourgeois, son armée, sa police, son administration, ses institutions sociales, ses organismes d’aide, ses syndicats devraient défendre les intérêts de l’ensemble de la population, qu’il devrait « normalement » défendre l’emploi, le salaire, la retraite, la sécurité des citoyens. Ils diffusent l’idée qu’on doit pouvoir négocier avec les patrons et l’État dans l’intérêt commun de la population. Ils prétendent qu’il y aurait des solutions qui pourraient convenir à tout le monde. De telles idées sont diamétralement opposées à celle de lutte des classes selon laquelle les intérêts des exploiteurs et des exploités sont irrémédiablement inverses. Dans chaque conflit social, les syndicats et les militants politiques qui y participent laissent croire que l’on doit proposer des « solutions », que l’on doit participer à des négociations. Même lorsque les travailleurs sont très opposés à l’idée de négocier les attaques violentes du patron ou de l’État.

Une fois que nous avons déterminé ce qu’est une Lutte de Classe, c’est-à-dire une lutte politique du prolétariat alliée à la petite bourgeoisie en vue de son émancipation au travers du renversement du capitalisme, de ses États, ses gouvernements et de la propriété privée des moyens de production, nous pouvons discuter des politiques syndicales d’organisation comme la CGT présentée comme un syndicat de lutte ou de classe…

Dans la période actuelle la CGT mène-t-elle une lutte de classe ?

La CGT appelle l’État capitaliste à l’aide !

La CGT demande donc à l’État capitaliste de venir en aide aux salariés. Notre salut viendrait donc de cet Etat qui fait a montré sa totale incurie face au Covid-19 laissant des dizaines de milliers e personnes mourir, soutien les licenciements, verse des milliards aux capitalistes, mène des guerres… Bref nous devrions mettre nos espoirs dans l’État assassin des capitalistes.

La CGT négocie la reprise de l’exploitation capitaliste !

CGT et FO ont fini par signer un texte commun qui vise à appeler à la reprise du travail "dans de bonnes conditions" pendant que la CFDT, elle, s’unit carrément au MEDEF !!!

Lire ici : https://www.lefigaro.fr/conjoncture...

La justice a fait fermer Amazon et les syndicats l’ont fait rouvrir : lire ici :

https://www.lecourrier.vn/amazon-ac...

Et il y en a bien d’autres

voir ici : https://www.lci.fr/social/fermeture...

Il faut bien que les syndicats accordent... la reprise de l’exploitation des prolétaires !!!

Martinez explique même que si Renault n’ouvre pas, c’est de la faute de la justice, pas de la CGT !!

lire ici : https://www.ouest-france.fr/normand...

La CGT défend le Patriotisme économique et la souveraineté industrielle ! Le Medef aussi !

Le MEDEF n’est pas opposé du tout à la souveraineté industrielle puisqu’elle respecte la propriété privée des moyens de production détenue par les capitalistes.

La CGT défend un capitalisme d’État dont le programme économique est national-chauvin bourgeois à l’opposé d’un programme de lutte de classe !

Le bilan est vite tiré. La CGT ne mène en rien une lutte de de classe contre le capitalisme. Elle maintient fermement les travailleurs sur le terrain purement économique (lutte pour les salaires, l’emploi, les services publics…) et divise toujours les luttes en lutte corporatistes, défendant de soi-disant intérêts particuliers, au moment où nous devrions mener une lutte de classe, une lutte politique contre les Grandes fortunes bourgeoises et leur contester leur pouvoir économique et politique pour l’arracher. Alors que nous savons qu’un tsunami de licenciement arrive, que des faillites en cascade vont avoir lieu, qu’un travailleur sur deux dans le monde vont perdre leur revenu (source OIT), la CGT persiste encore plus dans sa politique réformiste et continue de dialoguer avec les gardiens du camp de travail du capitalisme.

Et même quand elle s’aventure sur le terrain politique avec son plan en 34 propositions pour sortir de la crise ainsi que la pétition plus jamais cela que nous avons déjà dénoncés dans d’autres articles (voir les liens en fin d’article), elle reste sur le terrain réformiste et n’offre pas d’autre horizon qu’un capitalisme plus national, plus souverain, plus éthique, plus social…. Mais toujours capitaliste.

La seule perspective de la CGT n’est donc pas d’aider à l’organisation des travailleurs.ses et plus largement du peuple en vue du renversement du capitalisme mais bien tout le contraire. La CGT ne remet pas du tout en cause le régime politique bourgeois dont elle reconnait le cadre républicain et s’inscrit dedans en tant qu’institution reconnu pas la constitution bourgeoise de la 5ème république. A aucun moment elle ne remet en cause la propriété privée des moyens de productions et défend la socialisation de l’ensemble de l’économie sous le contrôle du peuple afin qu’il réponde lui-même à ses besoins. Derrière la défense du monde du travail que la CGT affiche, elle mène en réalité une politique bourgeoise pro capitaliste et contre-révolutionnaire.

https://www.facebook.com/notes/gile...

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La CGT, un syndicalisme contre la lutte de classe et la Révolution !

La CGT n’est pas plus révolutionnaire que la CFDT et pas moins réformiste qu’elle et tout aussi contre-révolutionnaire. La CGT maintien les travailleurs sur un terrain purement économique (syndical) et corporatiste. Négation de la lutte de classe qui est une lutte politique contre le capitalisme non pas pour l’aménager ou le réformer mais l’abattre. Pour les syndicats, Les travailleurs ne doivent défendre que des intérêts particuliers de corporation, de secteurs d’activité, des avantages, des acquis, du métier, du statut, etc. On est loin du point de vue défendue par Marx Et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste revendiquant que les Communistes n’ont pas d’intérêt particulier à défendre et le prolétariat non plus s’il veut jouer un rôle en tant que classe révolutionnaire. Et le prolétariat ne peut jouer ce rôle révolutionnaire de fossoyeur du capitalisme que s’il se met à la tête de la lutte de classe en défendant les intérêts politique de l’ensemble du Peuple Travailleur contre les capitalistes… Ce n’est qu’en combattant les particularismes de toutes sortes que le prolétariat peut unifier pour la première fois l’humanité au-delà des divisions nationales, ethniques, religieuses, raciales, de sexe, de genre, d’orientation sexuelle, d’âge, de métiers…

Les syndicats n’ont aucune confiance dans la force des travailleurs qu’ils combattent d’ailleurs tout opposés qu’ils sont à l’autonomie et indépendance de classe (voir les GJ). Ils préfèrent organiser des « luttes » pour faire pression sur l’État capitaliste…. Ils s’en remettent donc aux larbins des maîtres esclavagistes pour nous sauver.

Nous écrivions déjà à ce sujet en pleine grève des retraites sur la politique traitre des syndicats

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Pour une politique de classe du Peuple Travailleur autonome et indépendante des syndicats relaie de l’appareil d’État des grandes fortunes et de ses politiques au sein du peuple !

Si les travailleurs.ses veulent pouvoir s’émanciper, elles devront d’abord rompre politiquement avec le réformisme tant sur ses objectifs et méthodes pour avancer sur la voie de la lutte de classe et cela signifie constituer des organes de démocraties révolutionnaires partout. Ces organes de démocraties sont les Comités de Travailleurs qui doivent s’ériger sur tous les lieux de travail afin de contester la direction patronale des grandes entreprises privées, publics ou d’État. Ces comités doivent s’ériger aussi dans tous nos lieux de vie. C’est leur fédération qui permettra d’arracher le pouvoir politique et économique aux grandes fortunes et permettra enfin au peuple de devenir souverain et de présider lui-même à sa propre destiné.

1°) Nous organiser sur des bases de classe, indépendantes de la bourgeoisie et donc indépendantes des appareils réformistes syndicaux et politiques

2°) Mener nous-mêmes la lutte par des organismes fondés par nous et se basant sur la dynamique du mouvement, avec des délégués élus et révocables et des décisions prises devant tous et révocables seulement par tous

3°) Unir toutes les luttes de travailleurs en un vaste combat dirigeant ses coups contre la classe dirigeante et remettant en question son droit à diriger la société

4°) Développer la conscience que l’on ne parviendra à satisfaire les revendications ouvrières qu’en se débarrassant de la domination du Capital sur le Travail et en détruisant définitivement l’État capitaliste. 5°) Prendre la tête des soulèvements du peuple travailleur et développer un programme de transformation générale de la société qui entraîne d’autres couches opprimées (jeunes, femmes, retraités, migrants, petite bourgeoisie menacée ou ruinée, autoentrepreneurs, etc.)

6°) Aller vers la suppression de la propriété des moyens de production

Karob

4 Messages de forum

  • Air France supprime 10.000 emplois et va pourtant recevoir une aide massive de l’Etat !!! Les licenciements sont même une condition de cette aide !!! Et les syndicats vont encore mener une fausse lutte localisée alors que c’est toute la classe ouvrière qui a son emploi menacé et détruit !!!

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  • Et, pendant ce temps, le capitalisme frappe !!!

    Airbus dit qu’il va prendre des "décisions difficiles", "amères", "mais nécessaires pour protéger son avenir" (Guillaume Faury, CEO).

    Tous les trusts en font de même mais ils attendent leur tour !

    Air France puis Renault puis le Bâtiment puis les Banques, puis le Tourisme, puis, puis...

    Et le syndicalisme d’accompagnement... accompagne...

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  • voilà ce qu’écrivait Lutte ouvrière, organisation Trotskyste en France, en 1972 dans sa revue Lutte de classe, dans 1 article titré "que faire dans les syndicats ; l’activité des révolutionnaires à FO ou à la CFDT" :
    Sur ce plan-là, son activité sera donc identique à celle qu’il menait auparavant à la CGT : il s’agit de faire en sorte qu’il y ait des réunions syndicales régulières, qu’elles regroupent le plus grand nombre de travailleurs possibles, syndiqués ou non syndiqués, qu’elles soient vivantes et intéressantes, que les décisions y soient prises démocratiquement et les organismes dirigeants démocratiquement élus. Il faut cependant remarquer que si cette activité est généralement plus facile à la CFDT ou à FO qu’à la CGT, à cause du poids plus faible de l’appareil, elle n’y est pas pour autant plus efficace, car il y a finalement plus de travailleurs prêts à se réunir avec la CGT ou en son sein, qu’avec les autres confédérations syndicales.

    "Dans cette activité, les militants révolutionnaires visent le fond et non la forme, ils visent à organiser effectivement les travailleurs, et pas seulement à les « syndiquer », et ils doivent donner plus de prix au fait de réunir régulièrement un certain nombre de travailleurs, non syndiqués au besoin, qu’au fait de placer des cartes syndicales à des travailleurs qui ne se réuniront jamais. Les deux choses, réunir les travailleurs, et les syndiqués, ne sont évidemment pas, du moins en général, contradictoires. Mais il est bon de préciser quel est l’aspect de ce travail que les révolutionnaires doivent considérer comme le plus important, de préciser - par rapport à ceux qui se veulent les « meilleurs constructeurs » du syndicat - que les militants révolutionnaires se donnent pour tâche de donner aux travailleurs le goût de l’organisation syndicale, et non de chercher simplement à améliorer les statistiques de telle ou telle section syndicale, en ce qui concerne le nombre de cartes ou de timbres placés, ou le nombre de voix obtenues lors de telle ou telle consultation électorale. Dans leur activité syndicale, les militants révolutionnaires doivent aussi, évidemment, défendre les conceptions qui sont les leurs, dans le domaine de l’activité syndicale proprement dite et de l’activité revendicative. Ils peuvent d’ailleurs généralement le faire plus facilement à la CFDT ou à FO qu’à la CGT, et ils doivent en tous cas le faire la plus ouvertement possible, car si l’importance, et la priorité absolue, que nous accordons au travail au sein de la CGT justifie amplement le fait d’y militer quasi-clandestinement, le fait d’y taire une grande partie de ses opinions et de son programme, pour éviter l’exclusion ou la mise à l’écart, la même attitude serait, à la CFDT ou à FO, dépourvue de sens. Elle n’aurait d’ailleurs d’autre signification que de permettre au militant considéré de progresser dans la hiérarchie syndicale, ce qui présente un intérêt certain quand cette progression correspond à un soutien des travailleurs, mais en est totalement dénuée lorsqu’elle est due à la bienveillance de l’appareil. Militer à la CFDT ou à FO n’a finalement de sens que lorsqu’on peut y défendre ouvertement ses opinions, et c’est d’ailleurs en fonction des possibilités d’expression qu’il aura dans tel ou tel syndicat que le militant révolutionnaire écarté de la CGT devra en particulier choisir dans quelle confédération syndicale il poursuivra dorénavant son activité.

    Mais il faut bien comprendre que défendre ses conceptions dans la section syndicale, essayer de les faire partager par celle-ci, ce n’est pas forcément contribuer à « construire » le syndicat, au sens du moins où l’entend l’appareil, car le fait que la section syndicale adopte une ligne de classe peut très bien amener un certain nombre de syndiqués réformistes à la quitter, et ne lui vaudra pas forcément la faveur immédiate des travailleurs.

    Les militants révolutionnaires, qui défendent le principe d’une confédération syndicale unique et démocratique, susceptible de regrouper tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions, sans aucune exception, ne sont évidemment pas partisans d’exclure les réformistes du syndicat (ou les staliniens à la CGT), ni de les écarter de l’activité syndicale, quand ils ont conquis la majorité au sein du syndicat. La défense de la démocratie ouvrière et syndicale est pour les révolutionnaires une position de principe, et non une astuce tactique, et une telle attitude serait une violation honteuse de leurs propres principes. Mais il peut arriver que ce soient les réformistes (ou même, encore plus exceptionnellement les staliniens au sein de la CGT) qui prennent l’initiative de la rupture, et que la présence de militants révolutionnaires dans le syndicat, ou à sa direction, se traduise finalement par une diminution des effectifs.

    De la même manière, la défense par une section syndicale de positions de classe peut très bien amener une diminution de son influence électorale, dans la mesure où cela peut l’amener à se heurter aux préjugés d’un nombre non négligeable de travailleurs. Présenter par exemple sur les listes de candidats aux élections de délégués du personnel des travailleurs immigrés peut très bien amener un certain nombre de travailleurs français racistes à refuser leurs suffrages à cette liste. Plus généralement, il convient de ne pas oublier que si les militants révolutionnaires défendent toujours, en toutes circonstances, les intérêts généraux des travailleurs, l’ensemble des travailleurs ne se reconnaît pas toujours dans l’organisation syndicale qui défend ses intérêts. Pour ces raisons, faire des résultats électoraux d’une section syndicale, ou du nombre de cartes qu’elle a placé, le seul critère permettant de juger la qualité de l’activité de sa direction est donc loin d’être juste, d’un point de vue révolutionnaire, et c’est évidemment encore bien plus faux quand c’est l’appareil que l’on fait juge de cette activité.

    Dans le domaine de l’activité syndicale comme en tout autre, le seul critère qui doit déterminer l’attitude des révolutionnaires, c’est le but final qu’ils poursuivent, et la politique qu’ils doivent défendre n’est donc pas forcément, par voie de conséquence, celle qui est la plus susceptible de plaire dans l’immédiat au maximum de travailleurs, mais celle qui sera la plus capable d’élever le niveau de conscience de la grande masse des travailleurs."

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  • La CGT a appelé à une journée de manifestation et de grève le jeudi 17 septembre 2020, une heure à peine après que son secrétaire général Philippe Martinez a été reçu à Matignon par le nouveau Premier ministre Jean Castex, ce jeudi 9 juillet.

    Après avoir joué le jeu des négociations, il joue le jeu de la lutte, la fausse bien entendu, la journée d’inaction !!! Et trois mois après !!!

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