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L’organisation d’extrême gauche opportuniste Lutte Ouvrière aime la police, tout en critiquant son utilisation par les gouvernements

dimanche 14 juin 2020, par Robert Paris

L’organisation d’extrême gauche opportuniste Lutte Ouvrière aime la police, tout en critiquant son utilisation par les gouvernements

Bien entendu, vu le mouvement de masse qui secoue le monde, depuis l’insurrection de Minneapolis, et qui dénonce violemment la police raciste et ultraviolente contre le peuple travailleur, l’organisation Lutte ouvrière (LO) d’Arthaud et Arlette Laguiller peut sembler se rallier à cette dénonciation et à ce mouvement… Cependant il convient de ne pas s’y tromper et un petit retour en arrière rappelle les positions passées…

Mais que propose LO aux travailleurs, aux jeunes, à la population face aux violences policières ouvertes et évidentes : rien !

On y lit :

« Eh bien, le camp des travailleurs et des opprimés doit lui aussi se préparer ! »

Se préparer en quoi, comment, à quoi, l’article ne le dit pas !!

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On n’y trouvera pas un mot indiquant la perspective de la destruction de l’Etat capitaliste, sur la mise en place des milices ouvrières et celles du peuple travailleur, etc.

Examinons au hasard, par-ci par-là des prises de position de l’organisation française LO sur la police :

LO (20 octobre 2016) : « on ne peut évidemment qu’être choqué des agressions gratuites répétées à l’encontre des policiers. »

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LO (3 novembre 2005) : « Même sur le plan strictement policier, il n’y a pas, dans les quartiers dits sensibles, plus de police de proximité ou de postes de police permanents. La politique de Sarkozy, c’est d’envoyer ponctuellement une armada de CRS pour mener la guerre contre un quartier en s’en prenant à tout ce qui est jeune, à tous ceux dont le faciès leur déplaît, quand ils ne s’amusent pas à tirer des grenades lacrymogènes à l’intérieur d’une salle de prières. La démagogie de Sarkozy ne rend pas les quartiers populaires plus sûrs pour leurs habitants, mais, en revanche, elle encourage les attitudes les plus répressives de la police et le racisme de nombre de ses éléments. Et, en face, elle sème la haine. »

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LO écrit (8 juillet) : « En contradiction complète avec ses promesses, le ministre Sarkozy a mené dans son domaine la même politique que ses collègues : tours de passe-passe sur les effectifs pour cacher leur baisse, fermetures de postes de police, budgets non pourvus. »

LO (18 janvier 2008) : « Des policiers connaissant les habitants et connus par eux, s’efforçant de se faire admettre par eux et par les jeunes des quartiers, seraient plus efficaces pour régler les problèmes, désamorcer des conflits avant qu’ils se transforment en affrontements, qu’une escouade de CRS musclés. »

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LO (11 décembre 2019) : « vingt-cinq gendarmes et policiers sont morts en mission en 2018, sans compter les suicides. Le danger du métier est sans doute réel... tout comme celui qu’encourent bien des travailleurs, puisque pour l’ensemble des salariés on dénombre cinq cents morts par an, là encore sans tenir compte ni des maladies professionnelles ni des suicides. »

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LO (26 octobre 2016) : « Une de leurs fonctions étant d’intervenir dans les quartiers meurtris par le chômage et la pauvreté, les policiers se heurtent brutalement, comme les habitants de ces quartiers qui les subissent au quotidien, aux conséquences de ces deux fléaux : la loi des bandes, les trafics petits ou grands et la violence que tout cela génère. En se déchargeant sur eux, l’État les envoie au casse-pipe, sans états d’âme. »

« Les policiers du rang ne sont pas mieux traités que le personnel des hôpitaux ou de l’Éducation nationale. » (toujours le 26 octobre 2016)

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LO (4 novembre 2005) : « Même sur le plan strictement policier, il n’y a pas, dans les quartiers dits sensibles, plus de police de proximité ou de postes de police permanents. La politique de Sarkozy, c’est d’envoyer ponctuellement une armada de CRS. »

En octobre 2016, LO présentait les manifestations de policiers comme étant « le fait de fonctionnaires de base, ceux qui patrouillent dans les gares, dans les quartiers populaires, ceux qui sont appelés quand ça dérape entre voisins, ceux qui accueillent le public dans les commissariats ».

Et elle se disait « choquée des agressions gratuites répétées à l’encontre des policiers ». Selon LO, les policiers sont « en première ligne pour constater la dégradation sociale et, au sens propre comme au sens figuré, la prendre en pleine figure ».

« La police doit assurer l’application de ces règles et parfois ses membres se perdent eux-mêmes dans les demandes du gouvernement.. Cela n’empêche pas d’ailleurs l’administration de traiter les policiers avec le même mépris que les autres travailleurs en ne leur fournissant ni masques ni gants alors qu’ils peuvent transmettre ou être contaminés par le virus. »

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En 2001, alors qu’une protestation de policiers et de gendarmes orchestrée par le RPR et le FN, LO écrivait : « Les syndicalistes policiers ont fait une démonstration qui peut être utile à l’ensemble du monde du travail et montré que, pour se faire entendre de l’État-patron, il peut être efficace de manifester son mécontentement dans la rue. » (7 décembre 2001)

En 1981, sur TF1, répondant à une question de journaliste, la candidate à l’élection présidentielle Laguiller expliqua : « Je vais étonner, eh bien, je suis pour l’augmentation du nombre de policiers. Mais il faut qu’ils soient plus prêts de la population. » (30 mars 1981)

Il y a bien longtemps, LO écrivait cependant toutes les semaines dans son journal comme profession de foi de son organisation, jusqu’en 2002 ce texte qu’elle a supprimé ensuite : "Les travailleurs devront détruire l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, c’est-à-dire son gouvernement mais aussi son Parlement, ses tribunaux, sa police, son armée et exercer eux-mêmes, directement, pouvoir, car le bulletin de vote ne peut changer la vie."

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Puis LO a rétabli une version plus soft de double négation : « Il n’est pas possible de transformer la société sans briser l’appareil d’État de la bourgeoisie, c’est-à-dire sa police, son armée, sa justice. »

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Voici ce que disait de la police l’organisation véritablement révolutionnaire et trotskiste de Barta dont LO se prétend l’héritier

« quand le capitalisme pourrit toute la société, ce n’est pas la forme de l’Etat qui décide de la démocratie, mais à qui appartient le pouvoir : à la bourgeoisie, par des organes éloignés des masses, au-dessus et contre elles (police, etc...), ou aux travailleurs, par des organes non distincts de la masse, qui sont leur émanation directe : les Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en lutte. Grâce aux staliniens, le pouvoir n’a pas un instant cessé d’être entièrement entre les mains de la bourgeoisie, car les masses ne disposent d’aucun organe du pouvoir qui soit leur émanation et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie (milices ouvrières, comités d’usine et de quartier, etc...). »

« L’ancien appareil étatique de la bourgeoisie ne peut pas être utilisé par les travailleurs. La destruction de la police, de la bureaucratie, etc..., organes de la bourgeoisie qui écrase les masses, enlèvera à celle-ci ses moyens de domination politique. »

« La guerre civile n’est pas un moyen désespéré auquel on n’a recours qu’à la dernière extrémité : c’est la résolution inébranlable du prolétariat, appuyé sur les masses populaires, d’en finir avec la guerre impérialiste en renversant la bourgeoisie et son Etat (police, justice, corps des officiers, etc...) Sans cette résolution inébranlable de riposter à la guerre impérialiste par la guerre civile, les travailleurs ne doivent pas espérer que c’est la bourgeoisie qui fera quoi que ce soit pour desserrer l’étau qui étouffe les masses ou qui reculera devant n’importe quelle infamie. »

« tout gouvernement qui s’appuierait sur les organes de l’État bourgeois (corps des officiers, police, haute administration, haute magistrature), se comporterait automatiquement (quelle que soit sa phraséologie) comme celui de Vichy. A travers les luttes pour les objectifs immédiats, les travailleurs conscients doivent donc lutter CONTRE LES ILLUSIONS DU PARLEMENTARISME et APPELER A LA CREATION D’ORGANES VERITABLEMENT DEMOCRATIQUES, LES CONSEILS (SOVIETS) OUVRIERS ET PAYSANS, élus à l’échelle locale, régionale et nationale par les masses en lutte contre l’Etat bourgeois. S’appuyant sur ces Comités, le Gouvernement ouvrier et paysan est le gouvernement du peuple par le peuple lui-même. Seul il peut résoudre les problèmes posés par la guerre ; seul il peut punir les criminels qui ont plongé la France dans la IIème guerre mondiale, qui ont détruit les organisations et les libertés ouvrières, qui ont organisé la déportation en Allemagne et fait emprisonner, torturer et tuer des dizaines de milliers de militants ouvriers.

SEULE LA DICTATURE DU PROLETARIAT PEUT ASSURER AUX MASSES LE PAIN, LA PAIX ET LA LIBERTÉ !

A BAS LA REPUBLIQUE "DEMOCRATIQUE" ! VIVE LA REPUBLIQUE SOVIÉTIQUE ! »

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Voici notre point de vue sur cette question clef pour des révolutionnaires : celle de l’appareil répressif de la bourgeoisie

3 Messages de forum

  • Notre principale critique de l’extrême gauche opportuniste : ils ne sont pas clairs sur la nature capitaliste de l’Etat : Lire ici sur cette question

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  • Ces adeptes de l’indifférence politique qui refuse aux exploités le droit de l’action directe politique, qu’en disait le révolutionnaire Engels ?

    « Dans l’attente de la fameuse liquidation sociale, la classe ouvrière doit se comporter avec décence, comme un troupeau de moutons gras et bien nourris ; elle doit laisser le gouvernement en paix, craindre la police, respecter les lois et servir de chair à canon sans se plaindre. Dans la vie pratique de tous les jours, les ouvriers doivent être les serviteurs les plus obéissants de l’État. Néanmoins, dans leur for intérieur, ils doivent protester avec la dernière énergie contre son existence et lui attester le profond mépris qu’ils ressentent pour lui en achetant et en lisant des brochures qui traitent de l’abolition de l’État. Ils doivent se garder d’opposer à l’ordre capitaliste d’autre résistance que leurs déclamations sur la société future dans laquelle cet ordre maudit aura cessé d’exister. Nul ne contestera que si les apôtres de l’indifférence politique s’étaient exprimés de manière aussi claire, la classe ouvrière ne les eût envoyés aussitôt à tous les diables. En effet, elle se serait sentie insultée par des bourgeois doctrinaires et des aristocrates déchus, assez sots et ingénus pour lui interdire tout moyen réel de lutte, alors qu’elle doit prendre dans l’actuelle société même toutes les armes pour son combat, les conditions fatales de lutte ayant le malheur de ne pas cadrer avec les rêveries d’idéologues que nos docteurs en science sociale ont exaltées, jusqu’au séjour des béatitudes, sous le nom de Liberté, Autonomie et Anarchie. D’ores et déjà, le mouvement de la classe ouvrière est si puissant que ces sectaires philanthropes n’ont plus le courage de répéter pour la lutte économique les grandes vérités qu’ils ne cessent de proclamer sur le plan politique. Ils sont trop pusillanimes pour les appliquer aux grèves, aux coalitions, aux syndicats, aux lois réglementant le travail des femmes et des enfants ou limitant la journée de travail, etc. »

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  • Voici encore le type de déclarations de l’organisation Lutte Ouvrière dans un article faussement intitulé « La police une arme de classe contre les travailleurs » :

    « c’est un fait que l’intervention de policiers a permis d’éviter des attentats. »

    « Ces deux caractères de la police, à la fois répressive et utile, varient selon les lieux, les temps, les situations. »

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    Les réformistes bourgeois avouent clairement être des amis de la police. Les opportunistes mêlent les deux affirmations : répressive et UTILE !!!

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