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Brochure - Quand les capitalistes souhaitent la nationalisation de leur économie en faillite… …qu’en pensent les révolutionnaires …et qu’en disent les opportunistes de l’extrême gauche ?

jeudi 11 juin 2020, par Karob

"Singer fait partie de ceux qui voient dans l’étatisation du moindre truc une mesure à moitié socialiste ou du moins susceptible de préparer le socialisme, et c’est pourquoi il est ravi, dans son for intérieur, des tarifs douaniers protecteurs, du monopole du tabac, de l’étatisation des chemins de fer, etc. Ce sont-là des foutaises..." (Lettre d’Engels à Bebel)

"On a vu récemment, depuis que Bismarck s’est lancé dans les étatisations, apparaître certain faux socialisme qui même, çà et là, a dégénéré en quelque servilité, et qui proclame socialiste sans autre forme de procès, toute étatisation, même celle de Bismarck. Évidemment, si l’étatisation du tabac était socialiste, Napoléon et Metternich compteraient parmi les fondateurs du socialisme. Si l’État belge, pour des raisons politiques et financières très terre à terre, a construit lui-même ses chemins de fer principaux ; si Bismarck, sans aucune nécessité économique, a étatisé les principales lignes de chemins de fer de la Prusse, simplement pour pouvoir mieux les organiser et les utiliser en temps de guerre, pour faire des employés de chemins de fer un bétail électoral au service du gouvernement et surtout pour se donner une nouvelle source de revenus indépendante des décisions du Parlement, - ce n’était nullement là des mesures socialistes, directes ou indirectes, conscientes ou inconscientes." (AntiDühring, F. Engels)

"Dire que les travailleurs veulent établir les conditions de la production collective à l’échelle de la société et, chez eux, pour commencer, à l’échelle nationale, cela signifie seulement qu’ils travaillent au renversement des conditions de production d’aujourd’hui ; et cela n’a rien à voir avec la création de sociétés coopératives subventionnées par l’Etat." (Critique du programme de Gotha, Karl Marx)

"Ce serait évidemment une erreur désastreuse, une parfaite escroquerie que d’affirmer que la route vers le socialisme ne passe pas par la révolution prolétarienne mais par la nationalisation par l’Etat bourgeois de diverses branches de l’industrie et de leur transfert aux mains des organisations ouvrières." (L’industrie nationalisée et la gestion ouvrière, Trotsky)

“Quand nous disons : “contrôle ouvrier”, ce mot d’ordre étant toujours accompagné de celui de la dictature du prolétariat, le suivant toujours, nous expliquons par là de quel État il s’agit." (“Les bolcheviks garderont-ils le pouvoir ?” de Lénine)

Le journal capitaliste français La Tribune :

Depuis la fin 2019, l’effondrement inévitable de l’économie capitaliste mondiale est maintenant couvert du prétexte de la pandémie et les gouvernants envisagent, parmi les moyens de faire payer la note aux peuples, la nationalisation des dettes des trusts, après avoir milité pour la privatisation des profits !

Roux-de-Bezieux patron du MEDDF défend le patriotisme économique

https://www.lopinion.fr/edition/eco...

https://www.lemonde.fr/economie/art...

Quand les capitalistes souhaitent la nationalisation de leur économie en faillite…

…qu’en pensent les révolutionnaires

…et qu’en disent les opportunistes de l’extrême gauche ?

L’extrême gauche officielle et opportuniste va-t-elle cautionner une telle opération sous prétexte qu’elle s’intitule nationalisation ? Va-t-elle camoufler le fossé entre nationalisations et socialisation des moyens de production, autrement dit l’abolition de la propriété privé des grands capitalistes par la révolution sociale, et effacer ainsi l’opposition entre dictature du capital et dictature du travail) et cautionner ainsi la politique contre-révolutionnaire de la grande bourgeoisie capitaliste ? Nous remarquons que, face à la proposition des gouvernants de sauver momentanément les capitalistes de la faillite, ou plutôt de les faire durer une petit peu, en substituant l’Etat aux propriétaire privés par une « nationalisation » (le terme de nation espérant faire appel à un nationalisme plus populaire notamment dans la gauche et les syndicats !), les extrêmes gauches officiels, tout en maugréant et protestant de diverses manières contre le capitalisme et contre les gouvernants, sont gênés de repousser clairement la proposition de ces « nationalisations » car les gauches et les syndicats, auxquels ils sont malgré tout liés, ont tendance à approuver sous prétexte de sauver les entreprises et l’économie, et même de sauver les emplois et la vie des travailleurs. En fait, c’est distribuer massivement de l’argent public, en faisant payer à la population le prix de la faillite du capitalisme, et c’est reculer seulement un peu une chute, qui était déjà inévitable depuis l’effondrement de 2007. Ces nationalisations d’une « nation » (L’Etat capitaliste, ce n’est pas le peuple !!!) aux mains des milliardaires n’ont rien à voir avec la socialisation que nous, travailleurs, sommes capables de mettre en place pour peu que nous arrachions le pouvoir économique et politique des mains de la classe exploiteuse et le donnions à une pouvoir réellement démocratique des exploités et opprimés.

Une affiche du PCF :

Le NPA la reprend à son compte Il ne manque à cette position qu’un seul "détail" : quel est l’Etat qui nationalise ? L’Etat actuel capitaliste ou l’Etat du pouvoir aux conseils de travailleurs et aux comités du peuple travailleur ?

Les travailleurs contrôlent-ils l’entreprise nationalisée ou contrôlent-ils l’Etat et toute l’économie ? Les travailleurs contrôlent-ils l’entreprise ou le pouvoir d’Etat ? Cela veut dire : ont-ils détruit le pouvoir d’Etat capitaliste ?!!! Mais l’extrême gauche opportuniste se garde bien de le dire !!!

Notre principale critique de l’extrême gauche opportuniste : ils ne sont pas clairs sur la nature capitaliste de l’Etat

Capitalisme national et souverainisme économique, voies de secours du capitalisme mondialisé ?

On nous présente actuellement des « solutions » diamétralement opposées à celles qui ont été présentées depuis des années comme les privatisations, la mondialisation et la financiarisation, qui, toutes les trois, étaient chargées de tirer le capitalisme de l’avant jusqu’aux années 2000 et dont la dynamique est arrivée en fin de course. Les gouvernants et classes possédantes prétendent aujourd’hui redonner un nouveau souffle au capitalisme en développant des nationalisations si nécessaire, le retour à une économie plus nationale, plus patriote, plus souveraine et une réforme du poids de la finance. C’est du moins ce qu’ils prétendent même si leurs projets réels peuvent être très différents de leurs déclarations. En tout cas, c’est une manière de dire que le capitalisme a encore des perspectives d’avenir, même si celles-ci, ils le reconnaissent, vont représenter de lourds sacrifices pour les classes populaires ou pauvres, à commencer par les prolétaires…

https://www.latribune.fr/economie/f...

https://www.france24.com/fr/2020032...

http://www.leparisien.fr/economie/c...

Les partis bourgeois/capitalistes et les nationalisations

Quand les « libéraux » vantent les mérites de la nationalisation !

Face à la faillite ou risque de faillites de entreprises grandes, la question de la nationalisation de ces entreprises revient sur le devant de la scène. Elle est même défendue aujourd’hui par ceux-là même qui ne jurent que par le secteur privé et qui, d’ailleurs, privatisent les services. Même grand patronat, par la bouche de son président, se dit favorable à de telles mesures.

Bruno Lemaire :

« Si pour protéger notre patrimoine industriel, il faut aller jusqu’à la nationalisation, je n’aurai aucune hésitation ».« Tous les moyens à disposition seront utilisés pour protéger les grandes entreprises françaises y compris des opérations de prise de participations et même de nationalisation si nécessaire ».

voir ici

Édouard Philippe :

« S’il fallait nationaliser des entreprises essentielles, alors nous le ferions ».

lire ici

Philippe le mardi 17 mars sur France 2 : « Nous pourrions nationaliser ».

Lire ici

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, favorable à la nationalisation d’entreprises en grande difficulté :

« Il ne faut pas avoir de tabous en la matière. »

Lire ici

De la gauche de la gauche à l’extrême droite : tous sont pour les nationalisations !

De la France Insoumise au Rassemblement National, tous défendent l’idée de nationaliser certaines entreprises comme solution à la situation actuelle :

https://www.lexpress.fr/actualite/p...

La France Insoumise

Jean Luc Melenchon :

« (…) Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (RN) ont tous deux demandé, mardi 24 mars, la nationalisation de l’usine Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme) qui, avant sa fermeture, était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical. »

https://www.france24.com/fr/2020032...

Olivier Quatennens

Nationaliser et réquisitionner des entreprises stratégiques. Qu’attend le gouvernement pour nationaliser Luxfer et Famar qui produisent du matériel essentiel  ?

https://www.humanite.fr/adrien-quat...

Le secrétaire général du PCF, Fabien Roussel :

« Emmanuel Macron fait mine de découvrir le rôle de l’État et des services publics  ! Cette crise sanitaire révèle en fait tout ce qui nous manque pour faire face à une telle pandémie  : une industrie puissante, des services publics et un État forts avec des marges budgétaires pour agir. Le capitalisme a considérablement réduit le rôle de l’État, affaibli nos services publics et en même temps encouragé la délocalisation des entreprises, notamment dans la production de médicaments. Il faut donc rompre avec ces logiques d’austérité et de rentabilité financière, et préparer dès maintenant un nouveau modèle économique, social, écologique. L’idéal communiste est plus que jamais d’actualité. Nous voulons une société dans laquelle l’État joue tout son rôle, avec des services publics renforcés et une vie démocratique rénovée jusque dans les entreprises, avec de nouveaux pouvoirs pour les salariés. Par la relocalisation de notre industrie, nous devons retrouver la maîtrise des grands secteurs stratégiques du pays, aujourd’hui vendus au privé, relancer la recherche, bref, retrouver notre souveraineté économique. Chaque citoyen doit être protégé tout au long de sa vie, de l’école jusqu’à la retraite, avec un travail et un salaire digne. Chacun doit pouvoir trouver sa place dans la société. L’être humain, c’est la priorité  ! »

https://www.humanite.fr/fabien-rous...

L’union de la gauche en faveur de la nationalisation

https://www.liberation.fr/debats/20...

Thomas Guénolé, conseiller de Jean-Louis Borloo, directeur des études de l’UDI, conseiller d’Arnaud Montebourg et co-directeur de l’école de formation de La France insoumise défend la nationalisation de certains entreprises pour éviter la perte de « la souveraineté économique de la France (qui permettrait) une prise de contrôle extérieure à prix cassés. Divers investisseurs institutionnels, divers fonds souverains, sont parfaitement capables de telles opérations de sang froid : certains (les "fonds vautour") s’en font même une spécialité. Comme l’a évoqué dès le 17 mars le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, cette situation d’extrême péril économique rend nécessaire de procéder à des nationalisations-sauvetages. De plus, indépendamment de la situation boursière, plusieurs multinationales françaises sont si gravement mises au point mort par la crise sanitaire, qu’elles pourraient vraisemblablement faire faillite si le gouvernement ne les nationalise pas. »

https://www.marianne.net/debattons/...

La souveraineté économique de la France mis en avant par Thomas Guénolé est avant tout une défense des capitalistes nationaux contre d’autres capitalistes. Leur souveraineté économique n’est en rien comparable à la souveraineté politique du peuple travailleur de France et sa souveraineté économique. En quoi défendre la souveraineté économique de le France, pardon des capitalistes autrement dit des très grandes fortunes françaises ou des grands groupes, reviendrait-il à défendre la souveraineté économique du peuple ? En rien ! Ces patrons et fleurons bien français ont montré depuis bien longtemps que leurs intérêts sont incompatibles avec celui du peuple. Ces nationalisations ne seront donc pas menées dans notre intérêt.

Le Parti Socialiste

https://www.nouvelobs.com/politique...

L’extrême droite au travers de Marine Le Pen

Marine Le Pen propose d’« envisager la possibilité des nationalisations » et se « réjouit » d’ailleurs que le gouvernement soit sur la même longueur d’onde. Elle propose aussi « du localisme et du patriotisme économique », par exemple en faisant en sorte « que notre grande distribution vende une production française, agricole notamment ». « Je ne suis pas en désaccord total avec ce que propose le gouvernement », admet la parlementaire RN, avant de nuancer : « Encore faut-il que cela se passe comme ils l’ont annoncé. »

https://www.lepoint.fr/politique/co...

Les nationalisations capitalistes ou l’étatisation par l’État capitaliste, une arme des capitalistes contre le peuple travailleur !

La nationalisation d’entreprises en faillite ou stratégiques (production de matériels médicaux, de médicaments…) est-elle la solution qu’on veut bien nous faire croire à l’effondrement économique actuelle.

Ce ne serait pas la première fois que des entreprises seraient nationalisées pour éviter la faillite comme les quatre grandes compagnies ferroviaires françaises dans les années 30 qui donneront naissance à la SNCF mais sera aussi le début des premières fermetures de lignes et de gares avant d’être à nouveau privatisée. Les nationalisations ont pu avoir comme objectif aussi de moderniser l’appareil productif selon les intérêts des capitalistes en faisant en sorte que l’État prenne la responsabilité de la fermeture d’activité économique de moins en moins rentable comme les mines ou les chantiers navals. Ces nationalisations se sont faites au profit des grands patrons qui ont été indemnisés. D’autres secteurs ont été nationalisées, comme le réseau autoroutier, électrique entre autres ont été pris en charge par l’État car trop couteux en termes d’investissement pour les capitalistes, avant que leur exploitation ne soit privatisée.

Selon les secteurs, les entreprises nationalisées ont été plus ou moins soumises au marché c’est-à-dire aux critères capitalistes. Les banques nationalisées par exemple n’étaient pas moins capitalistes que les banques privées, et une entreprise comme Renault, nationalisée à la fin de la seconde guerre mondiale, n’exploitait pas moins ses ouvriers qu’à PSA, ou General Motors par exemple.

Les nationalisations capitalistes peuvent donc répondre à plusieurs objectifs et ne remettent pas en cause le capitalisme contrairement à ce que la gauche ou la gauche de la gauche aimeraient nous faire croire.Oui, des secteurs peuvent être nationalisées ou étatisées et fonctionnaient avec des normes ou critères capitalistes. Mais les nationalisations ont aujourd’hui un tout autre objectif, faire la promotion d’un capitalisme qui serait « social » et national par le biais des nationalisations. D’où les interventions constantes de la gauche de la gauche à l’extrême droite pour défendre le patriotisme économique dont les nationalisations seraient un des pans.

Derrière les nationalisations capitalistes, le patriotisme économique, une arme de guerre contre le peuple travailleur

Le gouvernement, par la voix de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, lance des appels au « patriotisme économique », les entreprises réfléchissent à un retour dans l’Hexagone. Le made in France peut-il réussir à tirer son épingle du jeu auprès des Français, une fois cette crise passée ? Amandine Hesse l’appelle en tout cas de ses vœux. Et pour cause, « en achetant Français, on soutient aussi notre modèle économique. Dans le sens où nos entreprises contribuent en payant les salaires, mais également les cotisations sociales », détaille la présidente de la FIMIF.

https://fr.sputniknews.com/france/2...

https://www.huffingtonpost.fr/entry...

https://www.challenges.fr/economie/...

Chez les Républicains :

https://www.sudouest.fr/2020/04/05/...

A gauche c’est la même chanson

https://www.boursorama.com/actualit...

A l’extrême droite aussi

https://www.boursorama.com/actualit...

De la gauche de la gauche et même une partie de l’extrême gauche jusqu’à l’extrême droite de Marine Le Pen, ils dénoncent la mondialisation et le néo-libéralisme comme cause de la « crise » actuelle. Mais déjà les fascismes européens dénonçaient en leur temps le libéralisme et mettait en avant la nécessité d’un État fort, d’un État stratège… Et c’est au nom du patriotisme économique autre nom pour l’unité nationale que les sacrifices seront imposés au peuple travailleur.

Nationalisations et patriotisme économique ou privatisations et néolibéralisme, c’est toujours l’État au service des capitalistes

Il faut y rajouter que les travailleurs sont poussés par les syndicats et aussi parfois par les patrons à être favorables aux nationalisations mais il faut voir que plus l’état aide plus il en prend pour prétexte à imposer des sacrifices aux salariés !

S’il fallait caractériser d’un seul mot le sens de leur nouvelle politique, nous dirions fascisme ou nationalisme-socialisme. En effet, ses ingrédients sont : État fort cumulant tous les pouvoirs et suspendant progressivement toutes les libertés, nationalisme à tout va avec fermeture des frontières, production nationale, nationalisme tous azimuts, présentation de tout ce qui vient de l’extérieur comme menaçant, dangereux (soit l’inverse exact de la période précédente), nationalisation des dettes privées du grand capital payées par l’argent public, avec la nationalisation des trusts en faillite, mobilisation policière et militaire contre un ennemi intérieur assimilé d’abord à ceux qui ne respectent pas le confinement, ceux qui ne subissent pas en silence, ceux qui contestent les mesures antisociales, et bientôt aussi ceux qui manifesteront pour leurs libertés, pour leurs droits sociaux, pour ne pas subir la misère. Donc nationalisme virulent et affirmé, étatisme à tout crin au service d’intérêts privés, et répression d’Etat (la police et l’armée dans les rues et aussi participant au pouvoir politique) qui s’appuie en plus aussi sur la mobilisation des civils sous la forme de milices, de dénonciations, la mobilisation forcée sur le « front du travail » avec la dénonciation du droit de retrait, l’imposition de l’ « économie de guerre » avec « de l’argent sans limite » pour défendre les trusts et des promesses creuses pour les travailleurs et les petits commerçants et artisans.

Le « nous sommes en guerre de Macron » doit être traduit par : c’est la guerre intérieure contre les exploités, c’est la guerre de classe, et on n’épargnera ni le sang ni les larmes ! Ils ont déjà commencé avec la destruction du code du travail qui permettra aux patrons d’imposer 60 heures de travail, des horaires à leur guise, et la prise de congés payés selon le calendrier qu’ils auront décidé, et on en passe… Le coronavirus a bon dos, il s’agit bien là de défendre d’abord la rentabilité jusqu’à la mort pour les profits des capitalistes.

Ce qui caractérise cette nouvelle politique, c’est que l’État prend tout en charge, prétend qu’il paiera tout, assurera tout, financera tout, organisera tout. Le capitalisme de libre concurrence est mort, nous dit-on, pour couvrir le fait que c’est la mort totale du capitalisme et pas de l’une de ses formes, de l’un de ses secteurs, la mort d’un des fondements essentiels à savoir la création de richesses par l’investissement productif et fondé sur la valeur-travail, sur la plus-value extraite du travail humain productif. Sur le plan financier, c’est l’État et la banque centrale qui financent tout, qui paient tout, qui se chargent de tout, qui assument toutes les dettes, qui autorisent tous les débordements, qui couvrent toutes les faillites. Les partisans de ces mesures sont des gouvernants qui, la veille encore, se gargarisaient de formules pour justifier le tout libéral, la fin de l’Etat et on en passe des mensonges officiels de propagande. Ce sont aussi ceux qui se gargarisaient de mondialisation et de suppression des frontières pour le grand capital (pas pour les êtres humains !).

Oui, un tel programme flirte de plus en plus avec le fascisme ! Quelle menace peut susciter un tel programme ? Est-ce la pandémie du coronavirus avec sa vague mortelle ? Mais en quoi cela justifierait-il l’État dictatorial, le nationalisme exacerbé, la fermeture des frontières aux « marchandises extérieures » (sauf les masques, les gants, les appareils respiratoires !!!!), la répression policière et militaire, la surveillance policière des mails, des réseaux sociaux et téléphones, la propagande mensongère contre les tendances prétendument irresponsables et anarchiques des populations, la campagne massive de peur (du genre « nous allons tous tomber malades, c’est inexorable ») qui a succédé à la campagne mensongère selon laquelle « ce n’est rien, c’est moins qu’une grippe » et aussi « l’essentiel est ne pas céder à la peur » ?!!!!

La montée mondiale du fascisme, ce n’est pas le coronavirus qui le nécessite mais c’est la chute inéluctable du capitalisme qui s’est manifestée fin 2019, avant l’apparition du coronavirus !

Dans cette situation de mort du capitalisme, les capitalistes et les États et gouvernements à leur service sont prêt à entrainer les peuples du monde avec eux dans leurs tombes à l’image des pharaons se faisant enterrer avec leurs esclaves. Par cette politique, les classes dirigeantes et leurs fidèles larbins luttent avant tout contre la révolution sociale qui commençait à embraser le monde de Hong-Kong, en passant par l’Afrique, la France et les Amériques… résultat de l’impasse dans lequel le capitalisme mondial se trouvait depuis 2007/2008… Ils préférèrent décimer les peuples que voir le communisme… Et afin d’éviter la révolution, les grandes fortunes capitalistes ont besoin de faire croire à des solutions nationales… Et c’est tout le rôle de nationalisations capitalistes : lutter contre l’idée de l’abolition de la propriété privée des moyens de productions entre les mains de ce 0,1% d’ultra riche capitalistes. Aussi les révolutionnaires doivent-ils être clair sur l’attaque que cachent la politique de nationalisation. Nationalisation qui, de gauche comme de droite, sont des nationalisations capitalistes. Reste à savoir si l’extrême gauche qui se réclame de la révolution saura mener une politique communiste révolutionnaire sur cette question des nationalisations.

L’État sauveur suprême du capitalisme et des peuples face au Covid-19 ?

« L’État fort », interventionniste au plan économique, au plan politique et même au plan répressif, est présenté désormais comme le nouveau centre économique et social de toute la société alors qu’auparavant on nous serinait qu’il y avait « trop d’État » en nous affirmant que le libéralisme nous mènerait au développement économique et à la liberté.

On nous dit dorénavant que les trusts et les banques vont être sauvées par des fonds d’État, que les emplois seront garantis ou supprimés par décision d’État, que les aides aux entreprises proviendront de l’État, que l’État va être le grand distributeur de sommes colossales qui ne sortiront pas de mécanismes économiques mais d’une espèce de caverne d’Ali Baba des finances publiques capable de verser des centaines de fois plus qu’elle n’en détient et de produire des multiplications de pains que Jésus n’aurait pas renié… Il ne sera plus nécessaire, pour distribuer des milliers de milliards de richesses, de les avoir produites ou de garantir qu’on pourra les produire, il suffira de la signature de l’État national. Eh bien ! Si on savait cela, on aurait évité des dizaines de crises économiques mondiales dans le passé ! Dans le capitalisme d’après, pas besoin de produire des valeurs pour les distribuer. Nous sommes dans le domaine du miracle. Jusque-là, la finance se contentait d’anticiper sur des productions de richesses à venir pour distribuer des profits mais elle devait toujours s’assurer ensuite que ces richesses avaient bien produit autant de valeur que prévu, faute de quoi la faillite était là. Désormais, la loi de la valeur est abolie. L’État national pourrait décréter que telle ou telle entreprise ne peut pas faire faillite ! C’est de la sorcellerie pure !

Présenter ces politiques comme une solution nouvelle est trompeur vu que cela a été exactement la « solution » avancée massivement en 2008 et elle nous a mené à l’effondrement actuel. Avec cependant un maintien de l’économie et du marché mondial, alors qu’aujourd’hui ils disparaissent !!!

Tout cela n’empêchera pas pour autant d’entendre des voix s’élever pour que l’on va finir par trouver une solution, celle-là ou une autre. Ils nous diront que le capitalisme s’est toujours sorti des pires crises et chutes. Mais ces voix, prompts à décider que le capitalisme va forcément s’en sortir, sont bien silencieuses pour nous dire ce qui lui arrive, quelle serait sa maladie si c’en est une ou quel ressort ne fonctionne plus. Mais surtout quelles raisons aurions-nous de croire qu’il peut redémarrer et qui plus est dans l’intérêt des peuples travailleurs du monde ?

Mais à quels problèmes est donc confronté le capitalisme pour que ces « solutions » à base d’une hypertrophie de l’État national, d’une multiplication de ses pouvoirs et de son rôle, soient la réponse ? Pour évaluer ce que valent les prétendues solutions que le capitalisme entend appliquer pour se sortir d’affaire, il faut répondre à la question suivante : qu’est-ce qui est mort en 2008 et 2020 ? Est-ce l’ultra-libéralisme, la mondialisation, la financiarisation, le capitalisme pollueur, l’absence d’un État fort, le manque de développement à caractère national ?

Est-ce que l’on va assister à un changement complet de la forme du capitalisme mais sans en changer le fond, à une espèce de transition vers un capitalisme d’état, avec des trusts nationalisés, avec un retour à des économies plus nationales, avec un redressement des frontières économiques, prix qui serait à payer pour sauver finalement les fondamentaux du capitalisme, la source du profit du grand capital et empêcher ainsi une chute dramatique en redressant les bourses, les productions, fusse au prix d’un plus grand effort social et économique de toute la population ?

On nous pose la question : mais vous, dites-le-nous donc, qu’est-ce qui fait chuter aujourd’hui le capitalisme, si ce n’est pas la pandémie. On verra bien alors s’il y a une solution au problème en termes de capitalisme d’état ou de capitalisme respectant les frontières nationales, ou encore de capitalisme respectueux de la nature, ou, pour finir sous l’égide d’un Etat fort…

Effectivement, pour évaluer la prétendue « solution », il faut connaître précisément le mal.

La réponse est simple et tient en un petit nombre de points, qui caractérisent la situation depuis les années 2000 et que le capitalisme n’avait jamais connu dans des situations précédentes de crise durant toute son histoire pourtant riche en catastrophes diverses.

COVID-19 est un bouc émissaire : l’effondrement de 2020 prend sa source dans l’effondrement de 2008

La chute actuelle du capitalisme en 2020 est le prolongement non pas du coronavirus de la fin 2019 mais de la chute économique et financière de 2007-2008. Jamais le capitalisme n’est reparti de manière dynamique et autonome depuis l’immense intervention financière centrale de 2008. Depuis cette date il a toujours fallu que les banques centrales « sauvent » le capitalisme, que ce soit par des injections massives, des prêts à taux zéro ou négatifs, en sauvant des trusts ou des banques, en rachetant des titres pourris, des dettes, etc. En fait, les gouvernants, banques centrales et institutions financières mondiales ont fait un choix en 2008 consistant à éviter de laisser la crise économique se dérouler « normalement ».

La normale en régime capitaliste c’est qu’en cas de crise, chaque entreprise paie par une faillite sa propre crise et que le système n’a pas à se porter au secours de tous les faillis. C’est cela qui permettait de réguler le système. Mais en 2008, gouvernements, États et institutions internationales ont décidé de ne pas laisser faire les mécanismes régulateurs de la crise qui doivent permettre la restauration du taux profit, condition nécessaire à la croissance et départ d’un nouveau cycle économique. C’est parce qu’ils ne l’ont pas fait qu’il n’y a pas eu de reprise économique réelle après 2008 du point de vue l’accumulation de capital réel supplanté de plus en plus par la production de capital fictif. Les capitalistes ont fait le choix d’éviter la crise car elle comportait le risque d’un effondrement généralisé. Au lieu de cela, pris de panique, les États et banques centrales ont multiplié les aides financières et économiques.

L’idée que l’État doit se substituer au fonctionnement du capitalisme basé l’investissement privé productif n’est donc pas nouvelle. Dans les faits, c’est déjà le cas depuis 2008. C’est parce qu’il l’a fait que l’économie mondiale s’effondre en 2019-2020. Le capitalisme a tenté depuis 10 ans de se passer des crises de régulation classiques qui ont pourtant jalonné toute son Histoire : 1637, 1720, 1792, 1797, 1810, 1817, 1819, 1825, 1837, 1847, 1857, 1866, 1873, 1884, 1890, 1893, 1900, 1907, 1929, 1939, 1949, 1953, 1966, 1970, 1979, 1982, 1987, 1990, 1994, 1997, 2000, 2001, 2007-2008 et 2015 avec la crise chinoise). Le capitalisme n’a jamais pu s’en passer pour réguler son fonctionnement, même si les classes dirigeantes ont cherché à intervenir sur ces crises ou, après celles-ci, par des moyens étatiques ou par le crédit. Ce qui est certain, c’est que les crises ont permis, après coup, de mettre en adéquation offre et demande, investissements et demande de capitaux, et les différents secteurs de la production et de la distribution de marchandises en se servant des mises en faillite pour éclaircir l’ambiance des affaires et se débarrasser des secteurs non rentables. En restaurant la profitabilité du capital, la dynamique du capitalisme permettait un nouvel essor, une nouvelle expansion économique à une échelle plus étendue mais créant aussi les nouvelles contradictions qui déboucheront sur une nouvelle crise économique.

Ce qui caractérise la situation mondiale du capitalisme depuis 2008, c’est que le système mondial ne laisse plus les crises et les faillites se dérouler et se développer, ni celles des bourses, ni celles des banques, ni celles des financiers, des grands assureurs, des grands capitalistes et des trusts. Ils les aide immédiatement et massivement, interdisant qu’ils coulent…empêchant le mécanisme régulateur de la crise d’agir ! C’est complètement nouveau et c’est général. Ce n’est pas propre à tel ou tel pays ni à telle ou telle situation, tel ou tel capitaliste. Tous sont « sauvés » !

C’est la première fois historique que cela se déroule dans le système capitaliste. Les classes dirigeantes empêchent la crise, aujourd’hui, la chute d’un seul c’est la chute de tous ! Elles ont peur de l’effondrement car pour la prière fois, la crise ne permettrait pas de créer les conditions d’une nouvelle expansion économique. La raison est simple : la trop grande réussite du capitalisme. Il n’y a jamais eu autant de capitaux mais en même aussi peu de débouchés rentables dans la production, unique source de créations de richesses réelles au travers de la production de marchandises. Ce capital en surplus n’a eu d’autres choix que de se financiariser créant une accumulation de capital fictif comme jamais et ne pouvant jamais se réaliser de manière matérielle dans la sphère productive. C’est cette situation sans précédent à laquelle est confronté le capitalisme aujourd’hui ! Même 1929 était crise classique de ce point de vue-là même si elle était une crise majeure. Karl Marx disait à juste titre que : « Le capitalisme ne sera jamais aussi vulnérable que quand il atteindra son apogée. » « La production du capitalisme engendre, telle une loi de la nature inexorable, sa propre négation. »

La régulation tentée par les États et les Banques Centrales ne peut pas remplacer les crises et encore moins de les empêcher. L’interruption brutale et artificielle de la crise chinoise de juillet 2015 en était déjà l’illustration… Elle montre que les aides massives des banques centrales aux trusts, aux assurances et aux banques ne sont que la démonstration que le système n’est plus capable de tolérer les crises cycliques et est contraint d’employer sans cesse des moyens financiers centraux pour combler toutes les fissures jusqu’à ce que… le Titanic prenne l’eau de manière irrémédiable, les banques centrales ne pouvant pas durablement pallier aux dysfonctionnements généralisés du système et à la chute des investissements privés. En ce sens, ne pas laisser faire les mécanismes régulateurs de la crise est déjà un signe que le « capitalisme » ne fonctionne déjà plus « en capitalisme » autrement dit le capitalisme en tant que mode de production est mort même si les classes dirigeantes poussent vers un capitalisme d’État. Mais depuis 2008 c’est déjà un « capitalisme d’État » ou « nationalisé » qui est à l’œuvre ! Et rien n’est résolu !

Cette idée d’un « capitalisme d’État » n’est pas nouvelle. Nous n’avons pas attendu 2020 pour connaitre l’économie « capitaliste d’État ». Et cela n’a rien résolu, bien au contraire. Ce que l’on a appelé « intervention de l’État en faveur de l’économie » n’a pas signifié une aide à la reprise mais des cadeaux sur fonds publics aux capitalistes qui les ont amenés à s’enrichir certes, et plus que jamais, mais sans investir davantage pour autant dans la production. Les interventions des institutions financières centrales n’ont fait qu’augmenter l’argent disponible pour spéculer et rendre plus rentable le fait de spéculer de manière nécrophile, c’est-à-dire en détruisant le système, ce qui fait que l’on a pu parler à juste titre d’autodestruction du système. Pourquoi les banques centrales et les États ont-ils inondé les marchés d’argent public si cela ne fait qu’aggraver l’échelle du problème ? Eh bien parce que s’ils arrêtaient, on ne distribuerait plus de rente à l’essentiel du capital et que le capitalisme s’arrêterait aussitôt par perte de confiance des capitalistes ! Ils ont donc payé le retardement de l’effondrement en distribuant de l’argent qu’ils ne possèdent pas et des sommes telles qu’ils ne les possèderont jamais, fusse en rançonnant toute la population, travailleurs et petite bourgeoisie comprise… Mais, en agissant ainsi, loin de sauver le capitalisme, ils ont seulement reconnu involontairement que la dynamique sur laquelle le capitalisme reposait était mort, qu’il n’était plus capable de fonctionner, que la simple loi du profit capitaliste entraînait la destruction du capitalisme par… le capital nocif, c’est-à-dire par la plus grande part du capital !

Oui, le capitalisme est mort dans son fonctionnement fondamental

Le système capitaliste est un système-monde ! Le nationaliser ou le féodaliser ne le sauvera pas de l’effondrement et ne sauvera pas plus les peuples !

Et aujourd’hui ce sont les mêmes politiques qui sont proposées or le système mondial de cavalerie financière à la Madoff qui a gouverné la planète depuis 2008 a démontré son inefficacité à sortir le capitalisme de l’ornière. Et il ne peut pas être remplacé par un système national d’État à la Madoff comme le tentent les classes dirigeantes. Dès lors que chaque État agit à sa guise, la méthode de 2008 ne fonctionne plus comme elle l’a bien démontré début 2020. Donc l’idée que chaque État va dorénavant sauver ses propres capitalistes en agissant sur des bases nationalistes est une idée creuse. Qu’on le veuille ou pas, le capitalisme dès ses débuts a été un système mondialisé, fonctionnant à l’aide de la finance, sans se préoccuper des frontières nationales. Il ne suffit donc pas d’un décret d’un quelconque gouvernement pour qu’il en soit autrement. C’est une erreur classique de s’imaginer que les politiques monétaires, financières, commerciales, législatives et autres des États nationaux gouvernent le capitalisme alors qu’elles ne font que s’y adapter. Le capitalisme n’est pas plus gouverné par les banques centrales que par les États des pays riches, ni par personne. C’est un système auto-organisé et il n’est pas plus piloté que le vivant ne l’est !

« Le capitalisme ne sera jamais aussi vulnérable que quand il atteindra son apogée."

Karl Marx

Ce n’est pas une maladie due à un virus qui frappe le capitalisme mondial. C’est, au contraire, de son succès que le capitalisme pâtit. Il a atteint un tel niveau de masse du grand capital que l’essentiel du capital ne peut pas trouver à s’investir dans la production et qu’il lui faut inventer sans cesse, non pas des investissements productifs nouveaux, mais des spéculations nouvelles. Et ceux qui « devraient combattre » la spéculation, c’est-à-dire les États et les banques centrales, même si elles le voulaient doivent, au contraire, lui donner des rentes et ainsi l’encourager en améliorant sa rentabilité et en la garantissant ! Agissant de manière mondiale ou nationale, les États et les banques centrales ne peuvent agir différemment sans risquer, là aussi, la chute catastrophique par un affolement des marchés financiers s’apercevant que leurs investissements spéculatifs ne reçoivent plus leurs rentes… Bien sûr, une politique d’État peut prétendre favoriser les entreprises nationales et la consommation nationale, mais cela peut à peine compenser les pertes du commerce mondial dès que les frontières se redressent et se ferment. Même des pays riches ne peuvent prétendre renoncer au marché mondial et le nationalisme ou patriotisme (expression démagogique) économique n’est qu’un discours politicien mensonger pour faire semblant de défendre les peuples en défendant les trusts soi-disant nationaux. En fait, les trusts et les banques démontrent tous les jours qu’ils n’ont rien de « national », à part pour toucher des aides d’État.

Financiarisé ou non ! C’est la dynamique même du capitalisme qui est finie...

La société capitaliste, même sans le fonctionnement de la finance et du prêt de capital, a toujours reposé sur la valeur-travail produite par l’activité humaine et son exploitation, c’est-à-dire le vol d’une partie des richesses aux producteurs. Du moment que des milliers de milliards sont distribués de manière durable, sans que de nouvelles richesses correspondantes ne soient produites par personne et ne le seront jamais ; les milliards ne seront jamais remboursables par les États, fusse en pressurant follement les populations ! Ce n’est plus le capitalisme qui est à l’œuvre. Cela signifie que, pour rester au pouvoir, les capitalistes ont renoncé au fonctionnement du système dans ses bases fondamentales. Cela ne veut pas dire qu’ils ont trouvé une autre solution mais qu’au contraire l’ancien système d’exploitation n’aura plus cours et ne pourra être sauvé. Alors, même si les États et les banques centrales continuent de racheter les titres pourris ou nocifs, les dettes des trusts, des financiers, des bourses, ça ne règlera rien car l’argent ainsi distribué aux capitalistes ne peut que les pousser à nouveau à devenir des spéculateurs, à constituer d’autres actifs pourris, d’autres dettes…

L’effondrement du capitalisme ouvre une période d’instabilité politique, une période révolutionnaire !

Le fait que le système soit en train de frapper non seulement les plus démunis et les prolétaires (on envisage déjà un prolétaire sur deux jetés au chômage), mais aussi les classes moyennes (dont on prévoit de saisir les avoirs, les biens, les épargnes et les assurances-vie, et même les comptes en banque) prouve que les bases sociales du système, de sa stabilité vont nécessairement être remises en cause. Des soulèvements, des déstabilisations sociales et politiques sont inévitables et la gilet-jaunisation du monde va poursuivre son œuvre, cassant tous les pares-feux sociaux comme le réformisme politique, associatif et syndical. Que la classe possédante parvienne, malgré une situation catastrophique pour les peuples, à concentrer entre ses mains une part croissante de la richesse, et, en même temps, représente une proportion de la population sans cesse plus petite, montre que le système n’a plus de base sociale et ne peut plus que chuter au plan du pouvoir comme il chute au plan économique et social. Jamais le système n’a autant enrichi les plus riches et n’a autant nui au reste de la population du monde. Il ne peut que périr ouvrant la voie à une situation révolutionnaire que Marx et Engels décrivaient très bien dans le Manifeste du parti Communiste :

« Pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui garantir des conditions d’existence qui, au moins, lui permettent de vivre dans la servitude. (...) Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer, à la société, comme loi régulatrice, les conditions d’existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec celle de la société. »

Si l’instabilité, qui gagne tout l’édifice du capitalisme, l’ébranlant déjà, s’intensifiera avec le temps ; les explosions révolutionnaires à venir ne sauront être victorieuses que si les peuples travailleurs ont une claire conscience de la situation dans laquelle ils se trouvent et ne se laissent pas berner par les voix du réformisme qui empêcheront toute action révolutionnaire contre le capitalisme putréfiée.

Et on le voit déjà ! Plus le capitalisme s’effondre et devient une dictature ouverte du capital sur les peuples, plus les réformistes politiques et syndicaux de tout genre nous vendent les élections frelatées de la Bourgeoisie qu’elles soient professionnelles ou pas, nous vendent l’État assassin et le repli national comme sauveur…Comme ils continuent de nous vendre les luttes corporatistes organisant la division au sein du peuple ! Pour les réformistes nos objectifs ne devraient être qu’économiques sans remettre en cause le pouvoir politique des classes dirigeantes.

La CGT défenseur d"un capitalisme d’Etat, national et souverain !

L’extrême gauche officielle et la question des nationalisations

Afin de discuter du positionnement de l’extrême gauche sur la question des nationalisations, il faut rappeler comment celle-ci s’est posée dans le mouvement ouvrier notamment révolutionnaire et lors des révolutions en Russie en 1917 ou en Espagne en 1936.

La nationalisation ouvrière telle qu’elle était posé par les révolutionnaires ou nationalisation sous contrôle ouvrier avait pour objectif l’abolition de la propriété privée et la socialisation des moyens des moyens de production autrement la collectivisation de l’économie entre les mains du peuple. Ces nationalisations ouvrières n’étaient pas indépendantes de la nature de classe de l’État autrement dit les nationalisations sont-elles l’œuvre d’un État capitaliste ou d’un État Ouvrier qui n’est rien d’autres que la fédération de Communes Révolutionnaires s’appuyant sur l’auto-organisation du peuple travailleur au travers de conseils d’usines, de soviets….

Les révolutionnaires sur les nationalisations et le contrôle ouvrier sur la production

Nationalisation et la nature de l’État

Dans l’imaginaire collectif, la nationalisation est une mesure de gauche, une mesure sociale voir une mesure « socialiste ». Mais les nationalisations en régime capitalistes sont-elles des nationalisations ouvrières au sens où elles mettent fin à la propriété privée des moyens de productions des capitalistes, en somme une socialisation des moyens de production. Nous allons voir que ceux qui défendent les nationalisations passées ou actuelles même pour les partis de gauche ou se disant communistes comme le PCF, leurs nationalisations se sont en rien des nationalisations ouvrières remettant en cause le mode de production de la société bourgeoise puisque le fait de l’État capitaliste.

Karl Marx

Dans les discussions autour du programme politique du Parti Ouvrier allemand en 1875, Marx se posait la question suivante à savoir ce « Mais alors que signifie le « contrôle populaire et souverain (volksherrschaftlicheKontrolle) du peuple des travailleurs » ? Et cela, plus précisément pour un peuple de travailleurs qui, en sollicitant l’État de la sorte, manifeste sa pleine conscience qu’il n’est ni au pouvoir, ni mûr pour le pouvoir ! »(Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier allemand, 1875). Pour Marx, un peuple travailleur qui s’en remet à l’État capitaliste est un peuple asservi et aliéné et non un peuple qui exerce sa pleine souveraineté politique et préside à sa propre destinée.

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Friedrich Engels dans l’Anti-Dühring :

« Si les crises ont fait apparaître l’incapacité de la bourgeoisie à continuer à gérer les forces productives modernes, la transformation des grands organismes de production et de communication en sociétés par actions et en propriétés d’État montre combien on peut se passer de la bourgeoisie pour cette fin. Toutes les fonctions sociales du capitaliste sont maintenant assurées par des employés rémunérés. Le capitaliste n’a plus aucune activité sociale hormis celle d’empocher les revenus, de détacher les coupons et de jouer à la Bourse, où les divers capitalistes se dépouillent mutuellement de leur capital. Le mode de production capitaliste, qui a commencé par évincer des ouvriers, évince maintenant les capitalistes et, tout comme les ouvriers, il les relègue dans la population superflue, sinon dès l’abord dans l’armée industrielle de réserve.

Mais ni la transformation en sociétés par actions, ni la transformation en propriété d’État ne supprime la qualité de capital des forces productives. Pour les sociétés par actions, cela est évident. Et l’État moderne n’est à son tour que l’organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste contre des empiètements venant des ouvriers comme des capitalistes isolés. L’État moderne, quelle qu’en soit la forme, est une machine essentiellement capitaliste : l’État des capitalistes, le capitaliste collectif en idée. Plus il fait passer de forces productives dans sa propriété, et plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n’est pas supprimé, il est au contraire poussé à son comble. Mais, arrivé à ce comble, il se renverse. La propriété d’État sur les forces productives n’est pas la solution du conflit, mais elle renferme en elle le moyen formel, la façon d’accrocher la solution.

Cette solution peut consister seulement dans le fait que la nature sociale des forces productives modernes est effectivement reconnue, que donc le mode de production, d’appropriation et d’échange est mis en harmonie avec le caractère social des moyens de production. Et cela ne peut se produire que si la société prend possession ouvertement et sans détours des forces productives qui sont devenues trop grandes pour toute autre direction que la sienne. Ainsi, les producteurs font prévaloir en pleine conscience le caractère social des moyens de production et des produits, qui se tourne aujourd’hui contre les producteurs eux-mêmes, qui fait éclater périodiquement le mode de production et d’échange et ne s’impose que dans la violence et la destruction comme une loi de la nature à l’action aveugle ; dès lors, de cause de trouble et d’effondrement périodique qu’il était, il se transforme en un levier puissant entre tous de la production elle-même. »

« Tout en les transformant en propriété d’État, cela ne prive pas les forces productives de leurs qualités de capital. L’État moderne n’est qu’une organisation que les sociétés bourgeoises se sont donnée pour maintenir les conditions générales étrangères à la manière de production capitaliste en face des travailleurs ainsi que des capitalistes isolés. L’État moderne, quelle que soit sa forme, est une machine essentiellement capitaliste ; l’État des capitalistes, c’est le capital collectif idéal. Plus il s’approprie de forces productives, plus il devient un vrai capitaliste collectif, plus encore il exploite les citoyens. Les travailleurs demeurent des salariés, des prolétaires, le capitalisme n’est pas supprimé, au contraire il est poussé à l’extrême. Mais, arrivé à ce point, il change de direction. L’État propriétaires des forces productives n’est pas la solution du conflit ; mais elle tient en lui le moyen même, la clef de la solution, c’est-à-dire du pouvoir de la part du prolétariat ».

Lire ici

Kautsky dans le programme socialiste :

« L’État moderne est en premier lieu l’arme destinée à défendre les intérêts généraux des classes dominantes. Sa nature ne se trouve pas atteinte par le fait qu’il se charge de fonctions qui n’intéressent pas seulement les classes dominantes, mais la société tout entière. Souvent, il ne se les attribue que parce que, si on les négligeait, non seulement l’état de la société, mais encore la situation des classes dominantes s’en trouveraient menacés. Mais, en aucun cas, il ne les remplit contrairement aux intérêts généraux des classes supérieures ou de façon à mettre en péril leur pouvoir.

Si l’État actuel se charge de certaines entreprises, de certaines fonctions, il ne le fait pas pour restreindre l’exploitation capitaliste, mais pour protéger et consolider le mode de production capitaliste, ou bien encore pour participer à cette exploitation, augmenter ainsi ses revenus et diminuer les contributions que la classe capitaliste doit verser pour le maintenir. Comme exploiteur, l’État a cette supériorité sur le capitaliste individuel de disposer non seulement des forces économiques que possède le capitaliste, mais encore des pouvoirs politiques dont il jouit comme autorité publique.

Jusqu’à présent, l’État n’a pratiqué la mise en régie qu’autant qu’elle était conforme aux intérêts des classes dominantes. Il agira de même à l’avenir. Aussi longtemps donc que les classes possédantes seront les classes dominantes, la mise à la charge de l’État d’entreprises et de fonctions n’ira jamais jusqu’à porter préjudice d’une manière générale au capital et à la propriété foncière privée, de façon à restreindre leur pouvoir et leur exploitation.

Ce n’est que quand les classes laborieuses domineront dans l’État que celui-ci cessera d’être une entreprise capitaliste. Ce n’est qu’alors qu’il sera possible de le transformer en une société coopérative et socialiste. »

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Trotsky

Léon Trotsky sur les plans de nationalisations de la gauche et de la CGT

Sous quel régime politique ? Qui est-ce qui nationalisera les banques, les industries-clés, viendra en aide aux paysans, introduira la semaine de quarante heures, en un mot, appliquera le programme de la C.G.T. ? Qui, et comment ? Cette question, camarades, est décisive. Si elle reste sans réponse, le Plan tout entier reste suspendu en l’air Qui détient le pouvoir ? Ce ne sont naturellement pas les formes constitutionnelles ou bureaucratiques du régime étatique qui nous intéressent en ce moment. Mais il y a une question qui domine toutes les autres, c’est celle-ci : quelle est la classe qui détient le pouvoir ? Pour transformer la société féodale en société capitaliste, il a fallu que la bourgeoisie arrache par la violence le pouvoir des mains de la monarchie, de la noblesse, et du clergé. Le Tiers État a très bien compris que son plan de « rénovation économique et sociale » exigeait un régime adéquat. Et de même que la bourgeoisie consciente n’a pas chargé Louis Capet d’abolir le régime médiéval, le prolétariat ne peut charger ni Flandin, ni Herriot, ni d’autres chefs de la bourgeoisie d’appliquer le plan qui doit aboutir à l’expropriation de la bourgeoisie elle-même. Celui qui détient le pouvoir décide des formes de la propriété et toute la réforme se réduit en dernière analyse à l’abolition de la propriété privée et à l’instauration de la propriété collective ou socialiste des moyens de production. Celui qui croit que la bourgeoisie est capable de s’exproprier elle-même est peut-être un excellent poète, mais je ne lui confierai pas, pour ma part, la caisse du moindre syndicat, parce qu’il vit dans le domaine des rêves et que nous voulons, nous, rester dans la réalité. Il faut le dire carrément : seul un gouvernement révolutionnaire, celui des ouvriers et des paysans, prêt à la lutte implacable contre tous les exploiteurs, peut appliquer le Plan, le compléter, le développer et le dépasser dans la voie du socialisme.

Cela signifie pour le prolétariat : conquérir le pouvoir

Lire aussi le plan de la CGT pour éviter que la révolte sociale de 1936 se transforme en révolution prolétarienne

Le contrôle ouvrier sur la production

Lénine

Sur la question des nationalisations et du contrôle ouvrier, Lénine est claire :

« Quand nous disons : “contrôle ouvrier”, ce mot d’ordre étant toujours accompagné de celui de la dictature du prolétariat, le suivant toujours, nous expliquons par-là de quel État il s’agit. » dans les Bolcheviks garderont ils le pouvoir ?

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Mais de quel État s’agit-il pour Lénine si ce n’est celui issue de la Révolution Russe que sont les conseils d’usines ou les Soviets (communes révolutionnaires) et leur fédération au travers de laquelle le peuple travailleur tout entier exerce le pouvoir économique et politique.

Dans le projet de règlement sur le contrôle ouvrier, il apparait que la question du contrôle est directement liée à l’auto-organisation des masses au travers Soviets :

Le contrôle ouvrier est exercé par tous les ouvriers et tous les employés de l’entreprise, soit directement si l’entreprise est assez petite pour que ce soit possible, soit par les représentants élus qui doivent être élus immédiatement dans des assemblées générales, avec un procès-verbal des élections et la communication au gouvernement et aux Soviets locaux des députés ouvriers, soldats et paysans du nom des élus.

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Trotsky

« Quel régime social correspond au contrôle ouvrier de la production ?

Il est clair que le pouvoir n’est pas encore aux mains du prolétariat : car dans ce cas nous aurions non pas le contrôle ouvrier sur la production, mais le contrôle de l’État ouvrier sur la production comme in¬troduction au régime de la production étatique sur la base de la nationalisation. Nous ne parlons ici que du contrôle ouvrier sous le régime capitaliste et le pouvoir de la bourgeoisie. Or, la bourgeoisie, qui se sent bien en selle, ne permettra jamais la dualité du pouvoir dans ses entre¬prises. Le contrôle ouvrier n’est donc réalisable qu’à la condition d’un changement brutal du rapport des forces au désavantage de la bourgeoisie et de son État. Le contrôle ne peut être imposé que par force à la bourgeoisie par le prolétariat, qui est en voie de lui arracher le pouvoir, et par là même la propriété des moyens de production. Ainsi, le régime du contrôle ouvrier est provisoire, transitoire, par son essence même, et ne pouvant que correspondre à la période de l’ébranlement de l’État bourgeois, de l’offensive du prolétariat, de la retraite de la bourgeoisie : c’est à dire à la période de la révolution prolétarienne comprise dans le sens le plus large du mot. Si le bourgeois n’est plus le patron, c’est à dire n’est pas complètement le maître, dans son usine, il s’en suit qu’il ne l’est pas non plus dans son État.

Cela signifie qu’au régime de la dualité du pouvoir dans les entreprises correspond le régime de la dualité de pouvoir dans l’État. On ne doit pas cependant comprendre cette relation mécaniquement comme si la dualité du pouvoir à l’usine et dans l’État naissait le même jour. Le régime de la dualité du pouvoir dans sa forme développée comme une des étapes possibles de la révolution prolétarienne dans chaque pays, peut se développer différemment dans chaque pays avec des éléments multiples et divers.

Ainsi, par exemple, dans certaines circonstances (une crise économique profonde, durable, une organisation solide des ouvriers dans les entreprises, une faiblesse relative du parti révolutionnaire, une force relative de l’État ayant en réserve un fascisme fort, etc.) le contrôle ouvrier de la production peut devancer considérablement la dualité du pouvoir politique dans le pays. »

Œuvres - août 1931 Léon Trotsky : Au sujet du contrôle ouvrier de la production

Stéphane Just

Un rappel historique sur la question des nationalisations en France : lire ici

Nationalisations ouvrières, abolition de la propriété privée et socialisation des moyens de production

Jean Jaurès dans un discours à l’Assemblée :

« Il y a une constatation de fait, c’est que le système capitaliste, le système de la propriété privée des moyens de production, divise les hommes en deux catégories, divise les intérêts en deux vastes groupes, nécessairement et violemment opposés. Il y a, d’un côté, ceux qui détiennent les moyens de production et qui peuvent ainsi faire la loi aux autres, mais il y a de l’autre côté ceux qui, n’ayant, ne possédant que leur force-travail et ne pouvant l’utiliser que par les moyens de production détenus précisément par la classe capitaliste, sont à la discrétion de cette classe capitaliste. Voilà donc le premier élément de la lutte de classes. La condition de fait qui le fonde, qui le détermine, c’est le système de la propriété capitaliste, de la propriété privée. »

Les réformistes de tous poils s’y entendent à nous faire croire que l’on pourrait résoudre les problèmes les plus cruciaux qui frappent les travailleurs et les milieux populaires simplement avec une redistribution des richesses un tout petit peu plus égalitaire, en réduisant l’éventail des revenus, en pratiquant une imposition plus égalitaire, etc...C’est vouloir cacher que l’état actuel du capitalisme nécessite plus que jamais de prendre conscience que la lutte des classes la plus résolue doit mener à son terme : la suppression de la propriété privée des moyens de production.Il y a bien sûr d’autres éléments très fondamentaux dans la conscience de classe prolétarienne et d’abord la nécessité de détruire l’état bourgeois et la nécessité d’une conscience internationale, mais la suppression de la propriété privée des moyens de production doit toujours être placée en première ligne dans le drapeau de l’action du prolétariat.

Engels décrit ainsi l’objectif des communistes :

"avec la transformation des moyens de production en propriété sociale, le travail salarié, le prolétariat disparaîtront eux aussi"(L’origine de la famille de la propriété privée et de l’Etat)

Engels écrit encore dans son introduction aux "Luttes de classe en France" :

« Ce qui donne encore à notre ouvrage (« Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte » écrit par Marx) une importance toute particulière, c’est le fait qu’il prononce pour la première fois sous sa forme condensée la formule par laquelle, à l’unanimité, les partis ouvriers de tous les pays du monde réclament la réorganisation de l’économie : l’appropriation des moyens de production par la société (…). »

Dans le Manifeste du Parti Communiste

« Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat. Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l’expression générale des conditions réelles d’une lutte de classes existante, d’un mouvement historique qui s’opère sous nos yeux. L’abolition des rapports de propriété qui ont existé jusqu’ici n’est pas le caractère distinctif du communisme. Le régime de la propriété a subi de continuels changements, de continuelles transformations historiques. La Révolution française, par exemple, a aboli la propriété féodale au profit de la propriété bourgeoise Ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise. Or, la propriété privée d’aujourd’hui, la propriété bourgeoise, est la dernière et la plus parfaite expression du mode production et d’appropriation basé sur des antagonismes de classes, sur l’exploitation des uns par les autres. En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée. On nous a reproché, à nous autres communistes, de vouloir abolir la propriété personnellement acquise, fruit du travail de l’individu, propriété que l’on déclare être la base de toute liberté, de toute activité, de toute indépendance individuelle. La propriété personnelle, fruit du travail et du mérite ! Veut-on parler de cette forme de propriété antérieure à la propriété bourgeoise qu’est la propriété du petit bourgeois du petit paysan ? Nous n’avons que faire de l’abolir, le progrès de l’industrie l’a abolie et continue à l’abolir chaque jour. Ou bien veut-on parler de la propriété privée d’aujourd’hui, de la propriété bourgeoise ? Mais est-ce que le travail salarié, le travail du prolétaire crée pour lui de la propriété ? Nullement. Il crée le capital, c’est-à-dire la propriété qui exploite le travail salarié, et qui ne peut s’accroître qu’à la condition de produire encore et encore du travail salarié, afin de l’exploiter de nouveau. Dans sa forme présente, la propriété se meut entre ces deux termes antinomiques ; le Capital et le Travail. Examinons les deux termes de cette antinomie. Être capitaliste, c’est occuper non seulement une position purement personnelle, mais encore une position sociale dans la production. Le capital est un produit collectif : il ne peut être mis en mouvement que par l’activité en commun de beaucoup d’individu, et même, en dernière analyse, que par l’activité en commun de tous les individus, de toute la société. Le capital n’est donc pas une puissance personnelle ; c’est une puissance sociale. Dès lors, si le capital est transformé en propriété commune appartenant à tous les membres de la société, ce n’est pas une propriété personnelle qui se change en propriété commune. Seul le caractère social de la propriété change. Il perd son caractère de classe. »

Nationalisation ouvrières, abolition de la propriété privée des moyens de production, socialisation, Révolution et renversement de l’État capitaliste

Pour ces révolutionnaires, la nationalisation est bourgeoise ou ouvrière. Elle dépend directement de la nature de l’État à savoir un État bourgeois ou un État ouvrier. Mais pour que l’État serve l’intérêt du peuple travailleur et non plus les intérêts de la petite minorité capitaliste suffit-il de prendre entre nos mains l’État actuel et de le faire fonctionner pour notre intérêt ou cela doit-il être un acte révolutionnaire ?

Regardons comment Marx y répond :

Le 12 avril 1871, c’est-à-dire justement pendant la Commune, Marx écrivait à Kugelmann : "Dans le dernier chapitre de mon 18-Brumaire, je remarque, comme tu le verras si tu le relis, que la prochaine tentative de la révolution en France devra consister non plus à faire passer la machine bureaucratique et militaire en d’autres mains, comme ce fut le cas jusqu’ici, mais à la briser. » (Souligné par Marx ; dans l’original, le mot est zerbrechen).

Pour Lénine dans L’État et la Révolution :

« Sans révolution violente, il est impossible de substituer l’État prolétarien à l’État bourgeois. »

Seule la révolution sociale peut donc permettre une nationalisation ouvrière qui sera la seule favorable au peuple et répondra à ses besoins par l’intermédiaire son pas de l’État capitaliste mais d’une nouvelle forme d’État issu de la révolution telle que la commune de Paris en 1871 :

Aussi limitée qu’ait été l’expérience de la Commune, Marx la soumet à une analyse des plus attentives dans sa Guerre civile en France. Citons les principaux passages de cet écrit :

• Au XIXe siècle s’est développé, transmis par le moyen âge, "le pouvoir centralisé de l’État, avec ses organes, partout présents : armée permanente, police, bureaucratie, clergé et magistrature". En raison du développement de l’antagonisme de classe entre le Capital et le Travail, "le pouvoir d’État prenait de plus en plus le caractère d’un pouvoir public organisé aux fins de l’asservissement de la classe ouvrière, d’un appareil de domination de classe. Après chaque révolution qui marque un progrès de la lutte des classes, le caractère purement répressif du pouvoir d’État apparaît de façon de plus en plus ouverte". Après la Révolution de 1848-1849, le pouvoir d’État devient "l’engin de guerre national du Capital contre le Travail". Le Second Empire ne fait que le consolider.

• "L’antithèse directe de l’Empire fut la Commune". "La Commune fut la forme positive" "d’une république qui ne devait pas seulement abolir la forme monarchique de la domination de classe, mais la domination de classe elle-même." En quoi consistait précisément cette forme "positive" de république prolétarienne socialiste ? Quel était l’État qu’elle avait commencé de fonder ? "Le premier décret de la commune fut... la suppression de l’armée permanente, et son remplacement par le peuple en armes."

Cette revendication figure maintenant au programme de tous les partis qui se réclament du socialisme. Mais ce que valent leurs programmes, c’est ce qu’illustre au mieux l’attitude de nos socialistes-révolutionnaires et de nos menchéviks qui, justement après la révolution du 27 février, ont en fait refusé de donner suite à cette revendication !

"La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres étaient naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière."

"Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration. Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction 22 publique devait être assurée pour des salaires d’ouvriers. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes... Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le "pouvoir des prêtres"... Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de leur feinte indépendance... ils devaient être électifs, responsables et révocables." Ainsi, la Commune semblait avoir remplacé la machine d’État brisée en instituant une démocratie "simplement" plus complète : suppression de l’armée permanente, électivité et révocabilité de tous les fonctionnaires sans exception. Or, en réalité, ce "simplement" représente une œuvre gigantesque : le remplacement d’institutions par d’autres foncièrement différentes. C’est là justement un cas de "transformation de la quantité en qualité" : réalisé de cette façon aussi pleinement et aussi méthodiquement qu’il est possible de le concevoir, la démocratie, de bourgeoise, devient prolétarienne ; d’État (=pouvoir spécial destiné à mater une classe déterminée), elle se transforme en quelque chose qui n’est plus, à proprement parler, un État

Extrait d’un brouillon d’article de Marx sur la Commune, 1871 :

« La Commune ne fut pas une révolution contre une forme quelconque de pouvoir d’État, légitimiste, constitutionnelle, républicaine ou impériale. Elle fut une révolution contre l’État comme tel, contre cet avorton monstrueux de la société ; elle fut la résurrection de l’authentique vie sociale du peuple, réalisée par le peuple. Elle ne fut pas une révolution ayant pour but de transférer le pouvoir d’État d’une fraction des classes dominantes à une autre, mais une révolution tendant à détruire cette machine abjecte de la domination de classe. Ce ne fut pas un de ces combats mesquins entre la domination de classe dans sa forme de pouvoir exécutif et ses formes parlementaires, mais une révolte contre ces deux formes complémentaires, la forme parlementaire n’étant qu’un accessoire mystificateur du pouvoir exécutif… (…) Ce qu’elle a d’original, c’est que le peuple, après le premier soulèvement, n’a pas déposé les armes et n’a pas remis son pouvoir entre les mains des charlatans républicains des classes dirigeantes ; c’est qu’en fondant la Commune il a pris dans ses propres mains la direction effective de sa révolution et qu’il a trouvé en même temps le moyen de la maintenir, en cas de succès, entre les mains du peuple lui-même, en substituant son propre appareil gouvernemental à l’appareil d’État, à la machine gouvernementale des classes dominantes… La plus importante mesure de la Commune, c’est sa propre existence, ses travaux et son action au milieu des difficultés inouïes ! Le drapeau rouge hissé par la Commune orne en réalité le seul gouvernement des travailleurs de Paris ! Ils ont proclamé hautement et consciemment que leur but était l’émancipation du travail et la transformation de la société ! Mais le caractère vraiment « social » de leur République, c’est le simple fait que des travailleurs gouvernent la Commune de Paris. »

Engels, Préface à la « Guerre civile en France » de Marx :

« La Commune dut aussitôt reconnaître que la classe ouvrière, une fois parvenue au pouvoir, ne pouvait continuer à gérer avec la vieille machine d’Etat ; que cette classe ouvrière, pour ne pas reperdre sa propre domination tout juste conquise, devait d’une part abandonner la vieille machinerie d’oppression jusqu’alors employée contre elle-même, mais d’autre part, s’assurer contre ses propres mandataires et fonctionnaires en les déclarant en tout temps et sans exception, amovibles. En quoi consistait la particularité caractéristique de l’État jusqu’alors ? La société avait pour le soin de ses intérêts communs créé, originairement par simple division du travail, ses organes propres. Mais ces organismes, dont le sommet était le pouvoir de l’État, se sont avec le temps, transformés, au service de leurs propres intérêts particuliers, de serviteurs de la société en maîtres de celle-ci. Comme on peut le voir, par exemple, non seulement dans la monarchie héréditaire mais également dans la République démocratique… Contre cette transformation inévitable, dans tous les États jusqu’à présent, de l’État et des organes de l’État, des serviteurs de la société en maîtres de la société, la Commune employa deux moyens infaillibles. Premièrement, elle soumit toutes les places de l’administration, de la justice et de l’enseignement, à l’élection au suffrage universel des intéressés et, bien entendu, à la révocation à tout moment par ces mêmes intéressés. Et deuxièmement, elle ne paya pour tous les services, élevés comme bas, que le salaire que recevaient les autres ouvriers. Le plus haut traitement qu’elle payât dans l’ensemble était de 6.000 francs. Par là, un frein sûr était mis à la chasse aux places et à l’arrivisme, sans en appeler aux mandats impératifs des délégués aux corps représentatifs, qui étaient encore ajoutés par-dessus le marché…. Le philistin social-démocrate entre une fois de plus dans une terreur sacrée au mot de dictature du prolétariat. Allons bon, voulez-vous savoir, Messieurs, de quoi cette dictature a l’air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat. »

Conclusion :

Pour tous ces révolutionnaires, la nationalisation n’a de sens que si elle est menée par un État ouvrier issu de la révolution et met fin à la propriété privée des capitalistes sur les moyens de production afin d’inaugurer la propriété collective du peuple. Quant à la question du contrôle ouvrier elle est la prémisse de la gestion ouvrière de l’économie sous contrôle de l’État ouvrier. Le contrôle ouvrier avant de devenir une gestion ouvrière est donc une étape transitoire entre le régime capitaliste ou le peuple travailleur commence à imposer son contrôle sur l’économie et la vie politique (situation de double pouvoir, autrement dit, situation révolutionnaire) et le prépare à la prise du pouvoir économique et politique afin de pouvoir diriger la vie économique selon ses intérêts.

Est-ce dans ce sens-là que l’extrême gauche officielle défend les nationalisations et le contrôle ouvrier ?

Nationalisations, contrôle ouvrier sur la production et expropriation des capitalistes : l’exemple de la Révolution espagnole

Le principal élément de la conscience de classe n’est pas celui de la défense des intérêts des travailleurs dans le monde capitaliste, contrairement à ce qu’affirment souvent réformistes et opportunistes, mais la confiance en la capacité des travailleurs de faire fonctionner une économie sur des bases nouvelles, débarrassées de la propriété privée des moyens de production et de la recherche effrénée du profit capitaliste fondé sur le vol de la plus-value des prolétaires, cette classe de travailleurs auxquels on a volé toute possession et tout droit sur ses outils de travail...

En Espagne, en 1936, les travailleurs des villes et des campagnes se sont révélés immédiatement capables d’exproprier la bourgeoisie et de construire une économie sur des bases nouvelles, socialistes.

Extraits de « Leçon d’une défaite, promesse de victoire » de Grandizo Munis :

Le 19 juillet 1936 fait apparaître en Espagne une multitude d’organes de pouvoir révolutionnaire, beaucoup plus conscients de leur nature anticapitaliste que pendant toutes les expériences similaires antérieures, si l’on excepte la Révolution russe. D’une certaine façon, l’exemple des organes de pouvoir espagnols est encore plus explicite que celui de la Révolution russe. En Russie, les organisations ouvrières, mencheviques et socialistes-révolutionnaires inclues, contribuèrent à la formation et au maintien des soviets. En Espagne, au contraire, aucune organisation ouvrière ne contribua à leur formation, et toutes celles qui disposaient de quelque force organisationnelle, du stalinisme au POUM, se donnèrent la main pour les détruire, comme on le verra par la suite. Pourtant, le nombre d’organes de pouvoir ouvrier était proportionnellement plus élevé qu’il ne l’était en Russie pendant la période de double pouvoir. Le processus nécessaire de destruction du vieil Etat et de création d’un nouveau se déclencha grâce à la spontanéité quasi systématique née de la situation. Ceux qui ont accusé le marxisme révolutionnaire de vouloir appliquer à tous les pays le schéma de la révolution russe reçurent, en Espagne, un indiscutable démenti. Les organes de pouvoir révolutionnaire – appelons-les par leur nom – ne sont pas une invention bolchevique, ni un phénomène spécifique à la Russie, mais bien une exigence organique de la transformation de la société capitaliste en une société socialiste. En dépit de l’opposition ouverte du stalinisme et du réformisme, en dépit de l’incapacité de l’anarchisme et du centrisme poumiste, malgré leurs atermoiements et les concessions accordées au pouvoir de la bourgeoisie, ces organes se constituèrent partout et disputèrent le terrain pouce par pouce à l’Etat capitaliste qui relevait la tête, porté sur les épaules des organisations ouvrières. (…) la constitution de comités d’ouvriers, de paysans, de miliciens, de marins refléta instantanément la destruction de l’appareil coercitif capitaliste. Pas une usine, un quartier ouvrier, un village, un bataillon des milices ou un navire n’était dépourvu d’un comité. Au niveau local, le comité était la seule autorité existante ; ses décisions et accords avaient force de loi ; sa justice, c’était la justice révolutionnaire, à l’exclusion de toute autre. La législation bourgeoise était mise au rancart, il n’existait plus d’autre loi que celle dictée par les nécessités de la révolution. La plupart des comités étaient élus démocratiquement par les travailleurs, miliciens, marins et paysans, sans distinction de tendances ; ils réalisaient ainsi la démocratie prolétarienne, s’opposaient à la démocratie bourgeoise et la dépassaient. La puissance publique tomba dans les mains des lieux de travail. (…) Ce fut au rythme de la création des comités-gouvernement que s’opéra l’expropriation de la bourgeoisie et des propriétaires terriens. Contemplant, impuissants, les événements, les fantômes gouvernementaux de Madrid et Barcelone tâchèrent parfois de confisquer ou de nationaliser certaines industries pour empêcher que les travailleurs ne le fassent. En vain. Quand les agents du gouvernement se présentaient, ils tombaient sur un comité ouvrier déjà maître de l’entreprise, qui se refusait à la leur céder. Sans exception, toute la grande propriété industrielle et agricole resta aux mains du prolétariat et des paysans. (…) A l’exception, en partie, du capital financier. Les travailleurs de ce secteur s’étaient aussi emparés des banques ; mais le syndicat des banques et de la Bourse étant totalement dominé par des leaders staliniens et réformistes corrompus, le gouvernement bourgeois eut accès, sans rencontrer de résistance, au capital financier ; il parvint à le contrôler rapidement et à utiliser ses vastes ressources pour reconstituer les organes coercitifs capitalistes et saboter le pouvoir des comités-gouvernement et de la propriété socialiste en formation.

La même passation des pouvoirs se passa dans le domaine de l’armement. Une fois l’armée vaincue et dispersée, le nombre d’armes disponibles devint la seule limite à l’armement des masses pauvres. Immédiatement des milices se constituèrent qui se précipitèrent pour affronter les troupes fascistes dans la sierra de Guadarrama, en Aragon, en Estrémadure, en Andalousie, etc. Des Patrouilles de vigilance en Catalogne et des Milices d’arrière garde dans le reste du pays se créèrent pour maintenir le nouvel ordre révolutionnaire. (…) La propriété, l’armement et le pouvoir politique, trilogie fondamentale de toute société, prirent immédiatement une forme socialiste entre les mains du prolétariat et des paysans, grâce à l’organisation des collectivités qui suivit les expropriations opérées par les diverses milices et Patrouilles de vigilance et par les comités-gouvernement. Bien que très imparfait, le nouveau type de société se dessinait clairement, de la base au sommet.

Extraits de « Espagne 1931-1937 : Le Front populaire contre la Révolution Prolétarienne » Par Charles Heisser :

Le pouvoir des comités

Le syndicaliste français Robert Louzon a ainsi décrit le spectacle qui attend, au début d’août, le voyageur venu de France : « Dès que vous franchissez la frontière, vous êtes arrêté par des hommes en armes. Qui sont ces hommes ? Des ouvriers. Ce sont des miliciens, c’est-à-dire des ouvriers vêtus avec leurs habits ordinaires, mais armés – de fusils ou de revolvers – et, au bras, l’insigne de leur fonction ou du pouvoir qu’ils représentent... Ce sont eux qui... décideront... de ne pas vous laisser entrer, ou bien d’en référer au « Comité ».

« Le Comité, c’est-à-dire le groupe d’hommes qui siège là-haut au village voisin et qui y exerce tout pouvoir. C’est le Comité qui assure les fonctions municipales habituelles, c’est lui qui a formé la milice locale, l’a armée, lui fournit son logement et son alimentation avec les ressources qu’il tire d’une contribution imposée à tous les habitants, c’est lui qui autorise à entrer ou à sortir de la ville, c’est lui qui a fermé les magasins fascistes et qui opère les réquisitions indispensables, c’est lui qui a fait démolir l’intérieur des églises, afin que, selon l’affiche qui figure sur elles toutes, l’église, devenue « propriété de la Généralité » serve aux institutions populaires ».

Dans toutes les villes et dans la plupart des villages d’Espagne agissent sous des noms divers des Comités semblables : Comités populaires, de guerre, de défense, Comités exécutifs, révolutionnaires ou antifascistes, Comités ouvriers, Comités de salut public... Tous ont été constitués dans le feu de l’action, pour diriger la riposte populaire au coup d’État militaire. Leur mode de désignation varie à l’infini. Dans les villages, les usines ou sur les chantiers on a parfois pris le temps de les élire, au moins sommairement, au cours d’une assemblée générale. On s’est toujours soucié en tout cas d’y représenter partis et syndicats, même là où ils n’existent pas avant la révolution, car le Comité représente en même temps l’ensemble des travailleurs et la totalité de leurs organisations : en plus d’un endroit, les élus « s’arrangeront » entre eux pour savoir qui représentera un syndicat ou l’autre, qui sera le « républicain » et qui le « socialiste ». Dans les villes, très souvent, les éléments les plus actifs se sont désignés eux-mêmes. C’est parfois l’ensemble des électeurs qui choisit, dans chaque organisation, les hommes qui siégeront au Comité, mais, le plus souvent, les membres du Comité seront soit élus par un vote au sein de leur propre organisation, soit, tout simplement, désignés par les comités directeurs locaux des partis et syndicats. Il est rare que des Comités aient fait ratifier leur composition par un vote plus large, dans les jours suivant leur désignation : le Comité révolutionnaire de Lérida se fera pourtant consacrer par une « Assemblée constituante » composée de représentants des partis et organisations syndicales de la ville, à qui il rend des comptes. Mais en fait, la « base » n’a de véritable contrôle que sur les Comités de village ou d’entreprise. A l’échelon supérieur, la volonté des organisations est prépondérante.

La propriété industrielle

Les bases économiques de la puissance de l’Église ont été détruites en quelques jours de révolution : il en sera de même, dans la majorité des cas, de celles de la bourgeoisie. L’une comme l’autre apparaissent aux révolutionnaires triomphants comme les alliées des généraux soulevés : les « conquêtes révolutionnaires » répandent aussi bien à des exigences idéologiques qu’à des nécessités pratiques. Déjà, dans les semaines qui ont précédé le soulèvement, de nombreux chefs d’entreprise avaient pris la fuite, mis à l’abri leurs capitaux, contribuant ainsi à augmenter le marasme économique. La victoire de la révolution et la terreur qui frappe les chefs et les cadres des entreprises bancaires et industrielles paralysent le fonctionnement d’un appareil économique déjà souvent singulièrement détérioré par le début des combats. Enfin et surtout, la révolution de juillet 36 a ses objectifs sociaux : les ouvriers prennent les usines et les paysans prennent les champs parce que c’est là, à leurs yeux, l’objectif ultime, le couronnement victorieux de leur action révolutionnaire. Il faudrait un livre entier pour décrire l’extraordinaire variété des solutions adoptées par les ouvriers espagnols pour mettre fin à « l’exploitation de l’homme par l’homme » : l’ensemble peut paraître incohérent et passablement utopique. Une étude détaillée ne donne pourtant que le désir d’approfondir la connaissance de cette floraison d’initiatives, pas toujours heureuses, mais presque toujours d’inspiration généreuse. Le cas le plus simple est la saisie de l’entreprise par les ouvriers, l’incautacion :c’est elle qui sera la règle générale en Catalogne, que le patron ait ou non pris la fuite. Mais quand il n’y a pas eu saisie, il apparaîtra très vite nécessaire d’établir un contrôle, l’intervencion, auquel participent conjointement délégués des ouvriers et représentants officiels. Ces deux formes juridiques qui semblent pour l’instant constituer la réalisation concrète du mot d’ordre « l’usine aux ouvriers » donneront naissance à l’étape suivante aux deux formes distinctes des entreprises collectivisées ou syndicalisées et des entreprises nationalisées. Pour l’instant, le domaine de chacune varie en fonction des influences respectives des organisations ouvrières. Dans la région madrilène, où prévaut l’influence de l’U.G.T., 30 % des entreprises, selon Borkenau, sont intervenidas, sous double contrôle gouvernemental et syndical : ce sont les plus importantes. En Catalogne, sous l’influence de la C.N.T., 70 % des entreprises ont été incautadas, et 50 % au Levante. Aux Asturies, industrie et commerce sont presque intégralement contrôlés, alors que les usines du Pays basque échappent à toute incautacion et à toute intervencion. Il faut, cependant, se garder de généraliser et de schématiser : ainsi que le souligne une correspondance du Temps (3 octobre 1936), les Comités ouvriers ne sont pas moins puissants dans les entreprises contrôlées que dans les entreprises saisies, puisque leur visa est obligatoire sur tout chèque émis par la direction. Quand, au début d’août, un décret sanctionne le fait accompli en autorisant l’incautacion des entreprises des « factieux » par l’assemblée des ouvriers et leur gestion par des Comités élus siégeant avec des représentants du gouvernement, Robert Louzon écrit que va « tendre à se réaliser dans les usines la même situation que celle actuellement existante dans l’État : un délégué du gouvernement qui sera le paravent et le Comité ouvrier – lui-même animé et contrôlé par le syndicat – qui sera le vrai pouvoir ». C’est qu’en cette période de multiplicité et d’ « atomisation » du pouvoir, le gouvernement n’a pratiquement nulle part la force de contrebalancer l’influence des Comités.

Dans ce cadre général, les modalités varient à l’infini et nous nous contenterons de quelques exemples. A Barcelone, le fief de la collectivisation, les ouvriers ont, dès les premiers jours, pris en main les transports en commun (trains, autobus, métro), les chemins de fer qui seront bientôt dirigés dans toute la zone par un Comité C.N.T.-U.G.T., le gaz et l’électricité, le téléphone, la presse, les spectacles, les hôtels et les restaurants, puis la plupart des grosses entreprises mécaniques et industrielles et des compagnies de transport : la Ford MotorIberica, Hispano-Suiza, la Société des Pétroles, les Ciments Asland, la Transatlantique, la Maritima. Chaque parti et syndicat s’est emparé d’un local ou d’une imprimerie. Chaque journal d’information est dirigé par un comité ouvrier, élu avec un représentant de chaque catégorie de salariés, rédaction, administration, atelier.

Les services publics sont pris en main par des Comités mixtes C.N.T.-U.G.T. Deux jours après le soulèvement, ils fonctionnent de nouveau : trains, autobus et métro circulent normalement, gaz et électricité sont fournis sans panne. Après un délai plus long, les trains circuleront normalement aussi.

La Ford IbericaMotor, usine de montage, comptait avant la révolution 336 ouvriers permanents, 142 temporaires et 87 employés. Le directeur a d’abord accepté de rester comme technicien avec un salaire de 1 500 pesetas par mois, puis il s’est enfui. L’usine est dirigée par un comité élu de dix-huit membres, douze ouvriers, six employés, dont la moitié sont à la C.N.T., l’autre moitié à l’U.G.T. Leunois, qui en rend compte dans la Révolution prolétarienne du 25 septembre, y a étudié les conditions de travail et les salaires. Il n’y a ni travail aux pièces, ni prime de rendement, ni allocation pour charges de famille. Les victimes d’accident du travail touchent leur salaire intégral pendant sept jours, au lieu de cinq avant la révolution. Le travail se fait à la chaîne, mais sur un rythme lent. Le Comité ouvrier a fixé aux salaires un plafond : 1 500 pesetas mensuels, ce que reçoivent directeur et sous-directeur. Les ouvriers gagnent 22,4 à 36 pesetas par jour de travail effectif, les employés de 500 à 1 200 pesetas par mois. Tous subissent une retenue de 13 % destinée aux chômeurs et aux trente ouvriers de l’usine qui sont au front comme miliciens. Le Comité ouvrier a maintenu l’ancienne échelle des salaires au-dessous de 1 500 pesetas, car « les catégories qui auraient été touchées par une unification des salaires protestèrent : elles considéraient comme inadmissible d’avoir fait la révolution pour aboutir à une diminution de salaires ».

La Fomento de Obras y construcciones, entreprise de travaux publics au capital de 75 millions de pesetas, comptait 600 ouvriers avant la révolution. Elle est dirigée par un Comité ouvrier provisoire de militants C.N.T. et U.G.T. proportionnellement au nombre d’adhérents des centrales. Il y a plus de 300 ouvriers dans les milices. Ceux qui restent travaillent 40 heures et reçoivent le salaire de 48 augmenté de 15 %. Le Libertaire du 23 octobre rapporte que les livres de compte ont été ouverts et que c’est la suppression des « rongeurs » qui a permis d’augmenter les salaires. Il n’y a plus de contremaîtres, mais des responsables élus sur les chantiers, et, sur les plus importants, des « techniciens manuels » n’ayant aucun droit de regard sur le rendement. Les ateliers de construction navale de l’Union naval de Levante à Valence qui comptent 1 400 ouvriers, syndiqués en proportions égales à l’U.G.T. et à la C.N.T., sont dirigés par un Comité ouvrier de sept membres élus pour six mois et qui siègent, pour toutes les décisions avec deux techniciens, le directeur technique et le chef des ateliers. Dès la révolution, l’entreprise abandonne la construction pour se consacrer aux réparations.

L’industrie de la pêche a été collectivisée à Gijon sous la direction d’un Comité de contrôle syndical qui remet le poisson aux Comités ouvriers de ravitaillement. Ni les ouvriers ni les pêcheurs ne reçoivent de salaire : les Comités de ravitaillement leur remettent les produits alimentaires sur présentation d’un carnet de consommation. A Laredo, toutes les embarcations ont été saisies sous la direction d’un Comité d’économie de douze membres, six de la C.N.T., et six de l’U.G.T. C’est par lui que passe tout le poisson pêché. Une fois retenues les dépenses et 45 % pour l’amélioration du matériel, le reste du produit de la vente est partagé également entre tous les « travailleurs de la mer ». Le pêcheur de Lareda gagne 64 pesetas par semaine, beaucoup plus que du temps des armateurs et des grossistes. La collectivisation des salles de cinéma de Barcelone a été à la fois proposée comme modèle par le C.N.T. et tournée en ridicule par ses adversaires. Toutes les salles de la, capitale sont groupées dans une entreprise unique dirigée par un comité de dix-sept membres, dont deux sont élus par l’assemblée générale et les quinze autres par les travailleurs des différentes catégories professionnelles. Les élus, dégagés de leur travail, reçoivent le salaire de leurs camarades de même qualification. Les salaires varient avec les entrées hebdomadaires, la recette étant répartie suivant un coefficient différent pour chaque catégorie (1 pour la préposée aux W.-C., 1,5 pour un opérateur). Le plafond hebdomadaire est fixé à 175 pesetas, les bénéfices éventuels allant à la caisse du syndicat. Chaque travailleur est considéré comme propriétaire de son emploi : il faut une majorité des trois quarts en assemblée générale pour décider d’une sanction. Il est prévu un mois et demi de vacances annuelles, dont quinze jours en hiver. En cas de maladie ou de chômage le travailleur touche intégralement son salaire normal, et, en cas d’invalidité, un salaire proportionnel à ses charges ne pouvant en aucun cas être inférieur à 75 % d’un salaire normal. Les bénéfices doivent être utilisés en priorité à la construction d’une clinique et d’une école. A Puigcerda, selon Lauzon, le commerce de détail a été collectivisé au sein d’une coopérative qui groupe 170 adhérents percevant un salaire uniforme de 50 pesetas par semaine pour les hommes et 35 pour les femmes.

La diversité des solutions adoptées dans les cas cités en exemple souligne la difficulté du problème des salaires. Il est intéressant de constater que les solutions varient entre deux extrêmes, le salaire uniforme d’inspiration anarchiste en vigueur à Puigcerda et le maintien intégral de la hiérarchie existante. Les traminots de Barcelone cherchent un compromis, réduisant de onze à quatre le nombre des catégories de salariés et instaurant une retraite unique. Mais l’éventail reste parfois très ouvert : à l’hôtel España de Valence, le cuisinier gagne presque quatre fois plus que la femme de chambre, un spécialiste fileur dans une usine de Barcelone touche 90 pesetas quand un aide en reçoit 50 et un apprenti.

Nous remarquerons aussi le maintien constant à un taux inférieur des salaires des femmes, même dans le cadre de l’application des principes anarchistes d’égalité, et la constante préoccupation des travailleurs espagnols pour tout ce qu’on peut appeler la mise sur pied de mesures de sécurité sociale, pensions, retraites, congés, indemnités de chômage.

Les nationalisations capitalistes contre la nationalisation expropriatrice ouvrière

« Contemplant, impuissants, les événements, les fantômes gouvernementaux de Madrid et Barcelone tâchèrent parfois de confisquer ou de nationaliser certaines industries pour empêcher que les travailleurs ne le fassent. En vain. Quand les agents du gouvernement se présentaient, ils tombaient sur un comité ouvrier déjà maître de l’entreprise, qui se refusait à la leur céder. Sans exception, toute la grande propriété industrielle et agricole resta aux mains du prolétariat et des paysans. (…) A l’exception, en partie, du capital financier. Les travailleurs de ce secteur s’étaient aussi emparés des banques ; mais le syndicat des banques et de la Bourse étant totalement dominé par des leaders staliniens et réformistes corrompus, le gouvernement bourgeois eut accès, sans rencontrer de résistance, au capital financier ; il parvint à le contrôler rapidement et à utiliser ses vastes ressources pour reconstituer les organes coercitifs capitalistes et saboter le pouvoir des comités-gouvernement et de la propriété socialiste en formation. » Grandizo Munis, « leçon d’une défaite » sur la révolution espagnole

Les extrêmes gauches en France, la question des nationalisations et de la nature de l’Etat

L’ensemble des courants politiques d’extrême gauche dénoncent ou dénonçaient les nationalisations bourgeoisies dans leur presse les faites par l’État capitaliste. Ces mêmes organisations diffusent dans leur presse le point de vu des révolutionnaires sur les questions de la nationalisation, du contrôle ouvrier sur la production, sur l’abolition de la propriété privée des moyens de productions et leur socialisation et même sur la question de l’État. Petite revue de détail de leurs publications sur ces différents thèmes.

Sur les nationalisations :

https://journal.lutte-ouvriere.org/...

https://journal.lutte-ouvriere.org/...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://npa2009.org/node/36964

Sur le contrôle ouvrier, l’abolition de propriété privée, la socialisation des moyens de productions

https://npa2009.org/node/36963

https://npa2009.org/node/37129

Révolution Permanente

https://www.revolutionpermanente.fr...

https://www.revolutionpermanente.fr...

https://www.unioncommunistelibertai...

Une dénonciation des nationalisations, une défense du contrôle ouvrier et de l’expropriation pour cacher leur capitulation pratique

Bien souvent, si ces diverses organisations défendent en théorie ces points de vue (et encore pour certaines, c’est pour mieux cacher leur capitulation en pratique.

Information Ouvrières du POI

En quoi le point de vue de ce militant CGTiste et relayé par ce journal d’extrême gauche est-il différent du point de vue bourgeois :

La différence/divergence porterait alors sur la durée de la nationalisation. Petit problème ? qui nationalise ? L’État ! Croyons-nous un seul instant que l’État capitaliste aux services des grandes fortunes pourrait mettre en place une nationalisation qui soit favorable au peuple travailleur et à ses intérêts. A moins d’avoir les illusions de militant syndical ou de ce journal, nous ne partageons pas du tout ce point de vue.

Le remède proposé par ce militant syndical et à l’image des nationalisations défendues par les syndicats dirigés par la gauche gouvernementale et soutenue par une partie de l’extrême gauche nationaliste. Cette extrême gauche fait le jeu du patriotisme ou nationalisme économique en restant sur le terrain bourgeois. Leur politique est ouvertement réformiste puisqu’elle ne remet pas en cause la propriété privée des moyens de production puisque l’État est déjà privatisée par les capitaliste et enferme les travailleurs sur le terrain du nationalisme économique.

Cette extrême gauche n’est plus communiste mais nationaliste. Son mélange de socialisme et de nationalisme économique est un piège pour le peuple travailleur mais elle porte bien son nom ne diffère en rien en réalité avec la nationalisation bourgeoise montrée comme une solution ouvrière.... voilà pour l’extrême gauche nationaliste.

Surtout au moment où la Bourgeoise met en avant le patriotisme économique…

Le NPA dans son journal L’anticapitaliste

Source :https://npa2009.org/idees/entrepris...

" La perspective que nous devons mettre en avant est celle de la nationalisation sans indemnité et sous contrôle des travailleurs d’Alstom, car seul l’État est en mesure de garantir la pérennité des emplois. Il faut batailler pour qu’Alstom soit nationalisé et pour que l’Etat assure la viabilité des sites, en garantissant les débouchés, quitte à s’affranchir des lois de la concurrence capitaliste." Quitte à s’affranchir des lois de la concurrence capitaliste ? Ce n’est donc pas une obligation !

Qui doit mener cette politique ?

« (…) seul l’État est en mesure de garantir la pérennité des emploi (…) et pour que l’État assure la viabilité des sites »

"Il faut aujourd’hui que les organisations syndicales osent remettre en cause la sacro-sainte propriété privée capitaliste et organisent la riposte de l’ensemble des travailleurs du secteur. "

Le NPA qui aime citer Trotski comme caution morale à sa politique fallacieuse ferait bien de relire les syndicats à l’époque de la décadence impérialiste.... Comme il ferait bien des relire le point de vue des révolutionnaires cités plus haut sur la nature de l’État… Donc le sort des travailleurs même si le NPA parle d’organiser « la riposte de l’ensemble des travailleurs du secteur » c’est pour au final s’en remettre à L’État capitaliste. C’est donc une défense de la collaboration de classe que met en avant le NPA entre les bureaucraties syndicales dirigées par la gauche gouvernementale bourgeoises rouage de l’État capitaliste et l’État lui-même.

"Il faut donc oser porter des revendications qui s’opposent à ces lois. Des victoires partielles, imposant la nationalisation d’entreprises qui ferment ou licencient, sont possibles. Elles ouvriraient la voie à la remise en cause du système, à la socialisation des grands moyens de production, sous le contrôle des travailleurs, pour la satisfaction des besoins sociaux."

La socialisation des moyens de production sous contrôle des travailleurs sans préciser que ce sont les comités, soviets, conseils d’usines qui exerceront ce contrôle ouvrier sur la production, c’est laisser de côté que le contrôle ouvrier par les conseils de travailleurs n’est qu’une mesure transitoire devant mener à la dictature du prolétariat...Dans ces circonstances, la socialisation des moyens de productions reste un vœux pieux du NPA qui n’engage à rien… Comment les travailleurs pourraient-ils contrôler la production si en même temps le NPA défend la nationalisation par l’État capitaliste.

L’autonomie et l’indépendance de classe du prolétariat qui doit être l’acteur de ces politiques révolutionnaires est absente... or qui est le sujet révolutionnaire de l’histoire pour Marx ? le prolétariat. Qui doit les mettre en œuvre ? le prolétariat au travers de ses organes de classes que sont les soviets et non pas les syndicats rouage de l’Etat capitaliste ou l’Etat capitaliste lui-même...

Révolution permanente

Afin de discuter de comment RP défend les nationalisations ouvrières sous contrôle ouvrier, nous publions des extraits de publication issu de leur site internet.

https://www.revolutionpermanente.fr...

https://www.revolutionpermanente.fr...

https://www.revolutionpermanente.fr...

https://www.revolutionpermanente.fr...

Si une organisation comme RP met bien en avant les Nationalisations sous le contrôle des travailleurs ou salariés d’un secteur et pose même la question de l’expropriation des capitalistes à aucun moment elle ne précise par quel moyen ce contrôle s’exerce. S’exerce-t-il par l’intermédiaire des syndicats ou par des comités de grèves, des conseils d’usines qui sont une forme bien plus large d’organisation et démocratique des travailleurs ? On ne sait pas …. De plus RP fait du contrôle ouvrier qui est une mesure transitoire vers la gestion ouvrière de toute l’économie par le futur État Ouvrier issu de la révolution sociale… RPO cite abondamment Trotsky pour mieux dévoyer sa pensée...

Fraction de Lutte Ouvrière

Rien sur leur site actuellement pour dénoncer les nationalisations capitalistes qui risquent de se mettre en place si ce n’est de vieux articles, alors que la situation exige un point de vue clair sur le problème de la part des organisations se réclamant du communisme ou de la révolution.

Sur le contrôle ouvrier

https://www.convergencesrevolutionn...

On en saura pas plus sur le contrôle ouvrier.

Lutte ouvrière

https://journal.lutte-ouvriere.org/...

https://www.lutte-ouvriere.org/brev...

https://www.lutte-ouvriere.org/en-r...

A par un ton dénonciateur, pas un mot sur le contrôle ouvrier sur la production (pourtant marque de fabrique LO, l’expropriation des capitalistes…..

L’UCL anciennement Alternative Libertaire et CGA

"Nous pouvons en finir avec ce système, en plaçant l’ensemble des moyens de production et de distribution entre les mains des travailleuses et des travailleurs, en remplaçant l’économie de marché par une économie socialisée et autogérée, et l’État par un système fédéraliste autogestionnaire."

https://www.unioncommunistelibertai...

De quelle manière l’UCL propose-t-elle de socialiser les moyens de productions et quelle forme prend le pouvoir des opprimés remplaçant l’État capitaliste si ce n’est qu’il serait fédéraliste, nous n’en savons rien. ?

Effondrement du capitalisme : Ou il est question de tout sauf de révolution sociale, d’appel à l’insurrection sociale et de la nécessité de la prise du pouvoir par le peuple travailleur….

Extrait dans la presse d’extrême gauche opportuniste, électoraliste et syndicaliste

Lutte ouvrière :

https://www.lutte-ouvriere.org/edit...

https://www.lutte-ouvriere.org/edit...

https://www.lutte-ouvriere.org/edit...

https://www.lutte-ouvriere.org/edit...

https://journal.lutte-ouvriere.org/...

https://journal.lutte-ouvriere.org/...

NPA

L’anticapitaliste

https://npa2009.org/communique/face...

https://npa2009.org/agir/social-aut...

https://npa2009.org/arguments/econo...

https://npa2009.org/actualite/polit...

https://npa2009.org/actualite/polit...

https://npa2009.org/actualite/inter...

https://www.revolutionpermanente.fr...

Convergences Révolutionnaires (Fraction l’Étincelle)

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

https://www.convergencesrevolutionn...

L’Union communiste libertaire

https://www.unioncommunistelibertai...

https://www.unioncommunistelibertai...

https://www.unioncommunistelibertai...

https://www.unioncommunistelibertai...

https://www.unioncommunistelibertai...

Conclusion :

Pour l’ensemble de ces organisations, si elles peuvent dénoncer les nationalisations bourgeoises, elles n’expliquent nullement comment le peuple travailleur pourrait imposer des nationalisations ouvrières, quelle forme prendrait le contrôle ouvrier sur la production, prémices à une gestion ouvrière de l’économie, mais surtout ne le lie pas ces revendications à une perspective révolutionnaire du reversement de la propriété des capitalistes sur les moyens de production par l’expropriation et à la prise du pouvoir par l’instauration d’un pouvoir prolétarien au travers d’organes révolutionnaire comme les conseils d’usines, les communes révolutionnaire (soviets), cad l’émergence d’un État ouvrier au main du seul peuple travailleur dont serait exclu les classes dirigeantes. Malgré leur prise de position qui peut paraître radical, elle reste évasive, ne va pas jusqu’au bout par ce qu’elles ne font aujourd’hui de la prise du pouvoir du peuple travailleur un objectif pratique mais seulement dans un avenir déterminé. Pour ces organisations on en est encore à la lutte revendicative. Elles sont à peine plus à gauche que les directions syndicales. Bref elles restent sur le terrain réformiste, le terrain syndical de la lutte. Comment appeler à la socialisation, au contrôle sur la production sans dire ouvertement les formes que doivent prendre l’auto-organisation. Auto-organisation qu’elles ont d’ailleurs combattu pendant le mouvement des retraites ne soutenant pas les comités de grèves ou créant des pseudos comités de grèves qui n’avaient pas pour objectifs de contester la direction des luttes aux bureaucraties syndicales pour que les grévistes et ceux qui luttent puissent diriger directement leurs luttes contre le gouvernement.

De quelle auto-organisation peut-il bien s’agir quand de toute manière ces organisations s’en remettent en réalité aux syndicats pour organiser les luttes. A ce titre le NPA est éloquent. Il en appelle aux syndicats de lutte pour organiser la défense des travailleurs alors que ces derniers en appelle à Macron pour appliquer leur mesures sociales

Ces organisations n’ont pas pris la mesure que ce qui se joue aujourd’hui c’est socialisme ou barbarie. De fait, se tenant sur le terrain du réformisme, du syndicalisme, elles jouent le rôle dernier rempart du capitalisme qu’elles en en est conscience ou pas….

De part leur politique, les extrêmes gauches opportunistes pavent la voix au "socialisme bourgeois" national... bref au national-socialisme nouvel mouture auquel certain d’entre eux pourraient prendre part. par bien des aspects, je me demande si ce ne sont pas les descendants de ce que Marx appelait dans le manifeste du PC, "le socialisme conservateur ou bourgeois".

Bien entendu, le caractère de classe (prolétarien ou capitaliste) des nationalisations dépend du caractère du pouvoir d’Etat (Etat entièrement aux mains des conseils de travailleurs ou dans ceux des trusts et des banques) !!! Omettre cette distinction, c’est cautionner la politique contre-révolutionnaire du grand capital en période de crise aigüe de sa domination, c’est confondre le national-socialisme et le socialisme international !!

Que le capitalisme soit contraint de recourir à la nationalisation de l’essentiel de ses principaux trusts est un témoignage de l’incapacité du système d’exploitation de fonctionner normalement et n’est nullement un des moyens d’éviter la chute inexorable, seulement de la retarder en noyant tous les fonds publics dans l’abîme de l’effondrement général.

Donner une solution nationale à un phénomène mondial est déjà bien significatif de l’impuissance de la bourgeoisie capitaliste.

C’est la propriété privée des moyens de production qui est remise en cause dans l’effondrement actuel et la nationalisation se garde bien d’en finir avec elle puisqu’elle paie aux capitalistes individuels le rachat des entreprises et que c’est même son objectif premieret agit ensuite en tant que capitaliste collectif en maintenant l’exploitation des travailleurs.

L’extrême gauche, en se refusant à analyser l’effondrement de 2007-2008, a déjà donné sa mesure : la chute historique et irrémédiable du capitalisme a sonné alors ans que cela réveille les petits calculateurs de l’extrême gauche officielle qui n’ont pas entendu ce tocsin !

On peut rajouter que les entreprises nationalisées n’ont cessé de fonctionner de plus en plus au service du grand capital, en cessant complètement d’être des services publics ! En période d’effondrement du capitalisme ce sera nécessairement encore pire : l’Etat bourgeois est alors exclusivement au service du grand capital et toute illusion selon laquelle l’Etat peut défendre l’intérêt général est mortelle !!

La nationalisation capitaliste est une illusion réformiste de plus, un nouveau mensonge qui prétend nous vendre encore la pérennité du système capitaliste, alors même qu’il est clairement périmé, dépassé, incapable de produire encore de nouvelles phases de développement.

L’heure est au socialisme et pas à sa caricature « nationale » ou national-socialiste !

Il est remarquable à quel point les militants qui, de nos jours, se disent révolutionnaires, ont tendance à parler de la crise du capitalisme avec des airs catastrophés comme si la chute du capitalisme devait être examinée avec un air contrit, affolé ou simplement négatif !

Et au défenseur de l’Etat qu’il soit régulateur, providentiel, stratège et qui appelle l’Etat à les sauver, nous leur rappellerons ceci : En dernier lieu, l’Etat capitaliste devient fasciste quand il doit écraser la révolution !

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