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Des échos des travailleurs de Renault sous la menace du couperet

jeudi 28 mai 2020, par Max

Quelle "distance barrière" à l’usine ?!!!

Le patron veut à tout prix ouvrier les usines ou... il veut les fermer ?!!!

Des échos des travailleurs de Renault sous la menace du couperet

Devons-nous accepter de travailler sous Covid ?

Les patrons comme Renault nous disent qu’ils ont pris toutes les précautions mais c’est une vaste comédie. Ils ont fait travailler nombre d’entre nous en plein confinement et prétendent que c’était sécurisé. Le motif invoqué : ces salariés n’étaient pas en télétravail ! On est plus sécurisés parce que notre activité ne permet pas le télétravail ! Balivernes ! Et après, comme remerciement, des plans de suppressions d’emplois et de fermetures d’usines !!!

Les salariés de Caudan occupent leur site

Bien sûr, les travailleurs de Caudan (Fonderie de Bretagne) ont raison de se battre contre la fermeture et les suppressions d’emplois. Cependant…

Cependant, on ne comprend pas pourquoi Renault ne serait pas en grève en même temps puisque cela fait partie du même plan de fermetures ! Mais les syndicats de Renault négocient avec le patron…

"Fermer la fonderie serait un gâchis, un non-sens économique, un non-sens industriel, un non-sens politique, et ce serait un désastre humain sur la région de Lorient..." dit la CGT qui a appelé à cette occupation de site. Pour Fabien Gâche, délégué central CGT chez Renault, la fermeture de la Fonderie de Bretagne et de 3 autres sites viendrait affaiblir encore l’industrie automobile française, et menacer l’avenir même de la marque au losange. Ces militants-là raisonnent sur l’intérêt de la production, l’intérêt de l’industrie, sur l’intérêt de la France, mais pas sur celui des exploités ! Car l’intérêt des travailleurs n’est pas de se battre site par site. Ces quatre usines que Renault menace de fermer ne sont pas les seules. Et les syndicats ne devraient pas croire la direction. Ce que les capitalistes vont devoir fermer ce n’est pas telle ou telle usine, c’est l’ensemble de l’économie. Ils ne vont pas procéder à quelques milliers de licenciements mais au moins à celui d’un salarié sur deux ou même de deux salariés sur trois. C’est toute la classe ouvrière qui est sacrifiée ou menacée et on ne s’en tirera pas avec une occupation d’une usine et une lutte site par site !!! On ne s’en tirera pas sans s’organiser en comités de grèves sur tous les sites et fédérés nationalement, s’unissant aux comités de grève de tout le secteur Automobile !

La rigueur en retard....

A Lardy, le port du masque est devenu obligatoire, et son port est surveillé avec zèle. D’autres mesures sont en place depuis le 11/05. La direction veut se donner une bonne image. L’image d’une direction respectueuse de la législation et soucieuse de la santé des salariés. Soit, mais alors pourquoi avoir fait travailler certains salariés pendant des semaines sans aucune précaution en plein confinement ? Sans masque, sans gel, sans distance souvent, etc.... Pourquoi ? Juste pour essayer de tenir les jalons. La santé des salariés est prioritaire chez Renault, sauf s’il y a d’autres priorités ! Et comme il y a toujours d’autres priorités : le profit et l’exploitation !

Santé, justice et grand capital

Certains ont trouvé scandaleux que la justice (oui, la justice !) ordonne de fermer l’usine de Sandouville après sa réouverture sous Covid en plein confinement. Faut dire que c’était suite à une plainte de la CGT, syndicat qui avait choisi cette méthode plutôt que d’appeler à la grève. Que Renault ne respecte pas la loi, mette en danger la vie de ses salariés, ça ne choque personne, surtout pas les autres syndicats de collaboration de classes !

Au boulot !

Le gouvernement a hâte que l’économie reprenne au plus vite, dit-il. Il veut faire croire qu’il combat la crise économique et que celle-ci proviendrait seulement du Covid. D’où la réouverture des écoles pour les plus jeunes, ceux qui ne peuvent se garder seuls, les 100km de trajets sans dérogation.... avec des mesures étonnantes, voir contradictoires ainsi le "restaurant d’entreprise" est ouvert, certes avec les fameuses mesures barrières, mais ouvert quand même. Mais alors pourquoi un restaurant "normal" ne pourrait pas ouvrir en respectant les mêmes mesures sanitaires ? Parce que les "restaurants d’entreprises" font partie de grands groupes industriels, au contraires des restos "normaux" ! Derrière toutes les décision du gouvernement, le banquier Macron de ROTSCHILD et le MEDEF ne sont jamais loin...

On ferme ou pas et combien

Après les annonces "fuitées" dans la presse sur les fermetures d’usines Renault en France, on s’attend au pire. Et si d’aventure, c’était moins pire qu’annoncé, il y aura toujours assez de syndicats de collaboration de classes pour crier victoire, encenser le dialogue social, le fameux "grâce à nous" qui ne dupe plus personne. Juste une comédie grand guignol où la direction tire les ficelles des syndicats marionettes... Avec eux, le SENARDrio est toujours écrit d’avance !

Patrons escrocs !

Alors que les patrons sont toujours à se plaindre des charges trop lourdes,non seulement ,ils ne se vantent jamais des aides de l’état dont ils profitent, mais si en plus, ils peuvent détourner la loi pour en croquer plus, ils n’hésitent pas. Ainsi de nombreux patrons, ont fait travailler leurs salariés, alors que l’état leur payait le chômage technique ! Que les salariés compenseront en payant plus d’impôts les prochaines années. Elle est pas belle la vie ? Enfin, ça dépend pour qui !

Un plan ? Ces mafieux en ont à revendre !

La direction de Renault laisse fuiter dans la presse qu’elle annoncera le 29 mai, un plan d’économie de 2 milliards, rien que ça, avec des fermetures de sites comme Flins, Choisy le Roi ou la fonderie de Caudan. Après avoir fermé le CTR à Rueil, c’est donc à la production que les actionnaires décident de s’attaquer. Cela fait 30 ans au moins que Renault casse les salariés et l’outil industriel, en France, en Belgique, au Japon et partout dans le monde. Ils vont prétendre sauver l’entreprise en faisant une saignée. Ils vont jurer que les salariés seront reclassés. Ils iront négocier avec l’État et les syndicats pour éviter les drames comme ils nous le répètent tout le temps. Plan de sauvegarde, plan compétitivité, plan B, plan sur la comète, mais surtout plus on avance plus on voit que le plan est toujours le même : satisfaire les actionnaires en se gavant sur le dos des travailleurs.

Schweitzer, Ghosn, Pelata, Senard, tous les mêmes !

Ces gestionnaires de multinationales passent, les affaires aussi, mais on voit que la même logique financière de casse sociale continue et empire. Ces PDG gouvernent un jour des entreprises publiques, après privés et le lendemain, ils sont reclassés comme consultants au sein de l’État pour tel ou tel gouvernement de la république peu importe. Ceux là sont ceux qui sont sur le devant de la scène et puis il y a ceux qu’on ne voit pas, les discrets, ceux des conseils de surveillance d’actionnaires qui sont à peine cités dans la presse bourgeoise et syndicale.Ils représentent les intérêts des propriétaires de titres d’actions, bref les détenteurs majoritaires des capitaux. Contrairement à l’idée qu’en étant salariés/actionnaires, nous aurions notre mot à dire, on voit bien depuis la privatisation que l’État n’a plus du tout voix au chapitre. Jospin en 1997 a finalement accepté sans broncher la fermeture de Renault Vilvorde, usine la plus productive du groupe à l’époque.

La propriété privé ne se partage pas chez les capitalistes et en période de liquidation les seules choses qu’ils vont partager, ce sont les coûts (et les coups !) de licenciements et de chômage technique.

L’Etat pourrait-il y changer quelque chose ?

Cette machine politique est aussi le moyen le plus ancien de conservation de l’ordre social. Il ne suffit pas de changer le chef et quelques gradés pour modifier la nature de l’outil : un marteau servira toujours à enfoncer les clous quelque soit la main qui le tient. L’État, avec un régime démocratique ou une dictature maquillée, restera l’instrument de défense de la propriété privé des multinationales même si ce sont nos impôts qui servent à engraisser les actionnaires.

Devons-nous réclamer que l’Etat aide les capitalistes ?

Les organisations qui prétendent défendre les travailleurs ne sont pas claires sur ce qu’elles pensent des aides sur fonds publics, sur l’argent de nos impôts, pour aider Renault, les autres trusts de l’Automobile, ou Air France, d’autres trusts ou d’autres banques… Pour justifier les aides de l’Etat, Renault prétend qu’il est victime du Covid mais c’est faux. C’est bien avant Covid que les patrons ont envisagé leur attaque. Sa cause n’a rien à voir avec la pandémie. Toute l’Automobile mondiale envisageait cette attaque dès 2019 et elle a commencé aux USA. C’est aux patrons de payer pour la chute de leur système.

Deux mondes s’affrontent et donc pas d’arrangement possible

Est-ce que des vautours se font des politesses autour d’une carcasse ?

Les capitalistes sont prêts à négocier avec tous les réformistes politiques de la planète, quand il y a quelque chose à négocier, c’est à dire quand l’économie est dans une phase de développement. Ce qui est arrivé quelque fois mais périodiquement le capitalisme est en crise. Et là c’est le chômage, la surexploitation et la misère. Depuis 2008, cette « crise » multiplie les millionnaires et les milliardaires. Alors crise ou intox ?

Capitalisme industriel VS capitalisme financier ?

Renault Nissan produisaient plus de voitures en 2007 que jamais dans l’histoire de l’automobile. Même chose pour Ford, General Motor, Chrysler, Toyota, Fiat etc.. Et pourtant ces trusts ont fait faillite en 2008. Intox ? Tour de passe plutôt car la faillite n’a pas duré le temps que les banques centrales des Etats viennent éponger les dettes. Tous ont fait faillite, non pas à cause de l’offre qui aurait été supérieure à la demande car toutes les voitures se vendaient bien et se sont encore bien vendu après. Non, ces trusts font faillite car leur rentabilité a chuté. En d’autres termes, la banque Renault-Nissan a chuté en 2008. L’action dévisse car le système capitaliste mondial est stoppé net. L’immense masse d’argent qui circule sur toute la planète ne trouve plus ou se placer !

Le comble pour tous ces réformistes, qui croient que le capitalisme peut vivoter alors que son moteur marche aux bénéfices augmentant de 20 % par an. Le capitalisme industriel n’est pas imaginable sans la finance, l’endettement, les crédits, les fusions acquisitions. Mais la finance ne peut pas vivre non plus sans l’extraction du profit réalisé dans les usines. Si l’un s’arrête, l’autre aussi, mais depuis 2008, la pompe à profits a redémarré exclusivement avec l’argent publique, avec des nationalisations qui n’ont pas dit leurs noms, des crédits publics qui creusent le trou de la dette publique, tout cela pour tenter de sauver, soi disant, le soldat capitaliste. On voit ou tout cela mène…

Combien coûte aux Etats le sauvetage des multinationales comme Renault-Nissan ?

C’est en milliers de milliards d’euros que cela se chiffrent, ce sont des sommes qui rendent ridicule le fameux trou de la sécu ou de l’unedic. Les Etats les plus puissants comme les USA, la Chine, le Japon, la France ou l’Angleterre ne peuvent pas faire faillite car de la même façon que si General Motor tombe, ce sont tous les trusts automobiles qui tombent aussi, si les USA tombent, tous les Etats de la planète chutent également.

COVID, confinement, chômage partiel, arrêt de l’économie, 3 mois qui mettent tout parterre ?

Tout allait bien dans le meilleur des mondes et patatras un virus est venu gâcher la fête. Et certains bien pensants vont plus loin encore en prétendant que l’État avec le patronat ont tout fait pour une fois, pour prioriser la santé qui à sacrifier les activités économiques et donc à fragiliser le pays. Bizarrement tout allait bien encore une semaine avant le confinement. Les politiques de tout bords, les PDG, ministres, présidents, médecins au chevet du gouvernement, nous répétaient la petite musique que tout était sous contrôle, pas besoin de masques, de tests, car soit disant inefficaces et maintenant tout ce même petit monde rende obligatoire les masques pour aller au travail. Ces mêmes dirigeants vont plaider leur irresponsabilité et qu’ils se seraient fait abuser par d’autres gouvernements. Facile quand on voit que tous les dirigeants du monde entier ont décidé en même temps de fermer les yeux !

Avant le confinement, pendant et après, les directions syndicales étaient et restent confinées avec les patrons

Ce qui a été remarquable, c’est l’absence des syndicats face à la pandémie, au confinement et à tous les mensonges diffusés à cette occasion, et même dans la plupart des usines, l’absence de toute perspective sociale et politique développée par ces appareils bureaucratiques (à part des communiqués communs avec le patronat et des signatures d’accords), l’absence même des délégués, physiquement ou syndicalement, aux côtés des salariés bien avant la pandémie et le chômage partiel. Pendant le confinement, les négociations avec le patronat se sont multipliées mais pas les discussions syndicales avec la base ouvrière ! Pourtant à l’époque, en février, nous manquions de tout : gel hydroalcoolique, savons, gants, sans parler des fameux stocks de masques qui étaient mieux gardés que la banque de France. Nous avons travaillé pendant des semaines sans que les CHSCT centraux et locaux n’émettent de droit de retrait. Ce sont le plus souvent les salariés eux mêmes qui ont décidé d’arrêter le boulot. Les syndicats ont toujours été invisibles dans les ateliers car ils avaient sûrement beaucoup de chose à se raconter dans les réunions de la direction. Un seul avenir pour la classe ouvrière : la gilejaunisation (auto-organisation et perspectives révolutionnaires) des luttes de classes !

Un microbe qui a bon dos

Bien avant le virus, la production chutait déjà et les sales coups pleuvaient. Depuis 2018, les constructeurs comme Renault anticipaient la chute de leur production. Evidemment, il y a toujours les prétextes soit disant « conjoncturels » comme les surcoûts engendrés par des changements de normes techniques européennes par exemples. Mais si la cigale Renault chante aujourd’hui que les commercialisations d’automobiles ont fondu pendant le confinement, pourquoi crier que le chien a la rage alors que comme pour le secteur aérien, la chute des ventes est logique vu les interdictions de circulation. Est ce que par hasard, comme pour Vilvorde, les patrons ferment des usines dont ils ont tiré le maximum de productivité et qu’ils ne croient pas une minute dans l’avenir de l’activité industrielle automobile ? En tout cas, ils scient la branche sur laquelle ils volent par l’exploitation notre travail et ça cela s’appelle couler le navire sciemment.

L’internationale des licencieurs

Ici, à Renault, nous avons vu nos collègues prestataires ou intérimaires être renvoyés chez eux après des mois, voire des années de travail à nos cotés. Nous avons vu des sites fermer et les travailleurs dispatchés avec leurs postes supprimés. En mars 2020 ? Non en 2001, 2008, 2014,2019 . Tout le secteur automobile mondial est touché par le chômage partiel, les licenciements, les fermetures d’usines, la fonte des effectifs, la baisse des salaires ou les augmentations au dixième (0,5%). Le problème est général et les syndicats continuent de prétendre que l’on va défendre « notre » boite, « notre » usine, « mon » atelier, « son » bureau, « son » entreprise, « son » secteur, « son » métier. On voit le résultat depuis 1/4 de siécle !

On se paye notre chômage partiel

Non content de réduire la paye, les patrons s’arrangent avec l’État pour être indemniser. Donc nos impôts vont payer les salaires (car nous ne sommes pas défiscalisés même en temps de crise sanitaire), y compris de ceux qui s’octroient des rémunérations de plusieurs centaines de milliers d’euros par mois. Les charognards rongent la carcasse et pour nous même les NAO sont remisées voir atomisées. Pourtant tous les syndicats continuent de ne jurer que par le dialogue et la négociation..à croire qu’il y a un os à ronger, à moins qu’ils aiment bien le ragoût de couleuvre.

Tout sauf la lutte de classes

Les syndicats sont ils génétiquement programmés pour éviter la lutte de classes ? Et bien c’est plutôt le produit de la sélection darwinienne, car au départ, il y a au moins 150ans, ces mêmes syndicats étaient interdits et il y a encore des pays ou c’est le cas. Mais les guerres et les révolutions ont démontré à la classe dominante bourgeoise qu’il était plus prudent de contrôler un syndicat plutôt que de se le mettre à dos. Depuis cette reconnaissance légale, même les syndicats dits radicaux, sont toujours résolus à négocier et éviter la lutte. Ils ont même abandonné leur objectif principal : l’abolition du salariat. Du coup, à force de reculer devant le patronat, c’est lui qui fixe quasiment toutes les règles. Donc même pour faire grève, il faudrait que les syndicats demandent la permission aux tôliers. Le monde à l’envers et surtout un monde syndical complètement accroc à la drogue patronal.

Les Bergers à ne pas suivre

Renault Sandouville restait fermé fin avril et le secrétaire de la CFDT jugeait cela irresponsable pour l’emploi des intérimaires, car d’après les syndicats signataires de l’accord de reprise, nous pouvions revenir travailler sans risques. C’est garanti sans dangers… Par qui ? Les mêmes qui nous disaient que tout allait bien il y a trois mois...

La CGT se sert donc de la justice pour couvrir la non réouverture, mais finalement est ce que cela dérange la direction de Renault qui parle de fermer des usines faute de production suffisante. Voilà des faux amis, qui font semblant de se préoccuper du sort des précaires aujourd hui pour mieux les laisser se faire surexploiter toute l’année.

La CGT a un plan... mais pas pour la lutte des travailleurs

Un plan de réindustrialisation c’est à dire qu’elle se voit bien redresser le titanic capitaliste.

A entendre le délégué central Renault CGT parler aux salariés de la fonderie de Caudan, Renault a le choix d’investir dans la production en France en relocalisant la production des usines hors France. Comme si le problème de fermeture d’usines et d’effondrement économique allait concerné uniquement la France, c’est à dire comme si ce n’est pas justement dans les pays dits « à bas coûts » que les dégâts sociaux sont déjà les plus durs à encaisser pour les peuples travailleurs. Les préjugés ont la vie dure et celui des relocalisations afin de combattre la concurrence des travailleurs entre eux est un vrai poison.

Deuxième entourloupe : les milliards de l’État doivent servir à la production. Depuis quand une multinationale privé doit fonctionner avec l’argent public pour produire...depuis que la CGT lui souffle cette idée peut être ?

Jamais deux sans trois : si les fermetures de sites sont liées aux fameuses délocalisations hors France, alors pourquoi le constructeur français au losange a commencé par fermer 5 usines et supprimer 21000 emplois au Japon au moment de l’alliance avec Nissan en 1999 ? Pourquoi les premières usines que Renault met au chômage technique sont celles au Brésil à Curitiba en 2009 ou en Espagne en 2008 à Valladolid ?

Les discours syndicaux et les actions des syndicats font tout pour opposer les salariés entre eux. Mais quand les travailleurs de Dacia sont entrés en lutte pour des hausses importantes de salaires, les syndicalistes en France ont préféré miser sur les NAO. Résultats : des augmentations au dixième qui ne dépasse pas les 40 Euros / mois.

Ils voudraient nous faire croire qu’ils ont des solutions économiques pour préserver l’emploi, alors que le secteur automobile a fondu comme neige au soleil depuis plus de 20 ans. Qu’ils nous préservent de leurs conseils concernant le type de lutte à mener, car non l’ouvrier espagnol ou l’ingénieur brésilien, japonais ou marocain ne sont pas des concurrents mais des exploités comme nous et donc des frères de classe. L’internationale ouvrière est à reconstruire mais ce ne sera pas avec les bureaucraties syndicales.

15 Messages de forum

  • Flins, Coisy, Dieppe, pas d’appel syndical à la grève ! PSA, Renault en général non plus !!!

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  • Des media à la botte des industriels se permettent de parler de reprise du travail "sous haute sécurité sanitaire" !!!

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  • Le gouvernement n’exige pas de Renault qu’il ne ferme aucun site, dit Bruno Le Maire. (déclaration lundi 25 mai)
    Le gouvernement français n’exige pas de Renault qu’il ne ferme aucun site en échange d’un prêt garanti par l’Etat, a annoncé lundi le ministre de l’Economie et des Finances.
    "Bien sûr que nous serons attentifs à chaque emploi, mais nous voulons laisser la possibilité à Renault d’adapter son outil de production", a déclaré Bruno Le Maire, sur l’antenne de BFM TV.
    Pourtant quelques jours avant on pouvait lire dans la presse : Le Parisien le 20 mai 2020
    Renault n’a pas encore confirmé ou infirmé les dires du Canard Enchaîné, mais déjà, l’exécutif prend les devants. Ce mercredi, le Premier ministre Édouard Philippe a affirmé face à des sénateurs que le gouvernement serait « intransigeant » sur la « préservation » des sites de Renault en France, si le constructeur automobile confirmait sa volonté de fermer quatre sites dans le pays.

    Alors le gourverne..ment de jour en jour et fait la girouette pour mieux aider à désamorcer un conflit social à l’horizon.

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  • L’Espagne annonce que Nissan va fermer son usine de Barcelone

    Le constructeur automobile japonais Nissan a décidé de fermer son usine de Barcelone, ce qui représenterait environ 3.000 pertes d’emploi, dans le cadre de son nouveau plan de restructuration mondial, a annoncé jeudi le gouvernement espagnol.
    L’usine principale de Nissan à Barcelone compte environ 2.400 salariés et l’effectif total, en incluant plusieurs établissements associés, s’élève à environ 3.000 personnes.
    L’usine barcelonaise, deuxième site européen de Nissan derrière celui situé en Grande-Bretagne, produit principalement un fourgon électrique et des camionnettes.
    Nissan doit annoncer ce jeudi un plan d’économies drastique et Renault lui emboîtera le pas vendredi.

    A part ça l’extrème gauche syndicaliste propose de partager le travail ...mais ne voit pas comme la CGT , le tsunami des licenciements à l’échelle mondiale. On pourra se partager le chômage partiel mais pas pour très longtemps encore. Et si on partageait les luttes auto organisées dans des comités de grève qui se joindraient à ceux des gilets jaunes ? Interdiction de tous les licenciements partout en France, en Europe , en Amériques et en Asie. Réquisitions par les comités de grèvistes des entreprises qui licencient.

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  • Le Figaro annonce :

    « Le constructeur automobile français Renault, en difficulté financière, compte supprimer environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, dans le cadre d’un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans, a-t-on appris jeudi soir de sources concordantes. Le projet du groupe, qui compte 180.000 salariés dans le monde, doit être rendu public vendredi matin. Il prévoit de réduire les effectifs « sans licenciement sec » via des départs volontaires, des départs à la retraite non remplacés et des mesures de mobilité interne ou de reconversion, ont indiqué ces sources à l’AFP.

    Il devrait affecter quatre sites en France, dans des conditions qui restent en partie à définir : Caudan (Morbihan), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Dieppe (Seine-Maritime) et Maubeuge (Nord). »

    Tout le monde aura remarqué que l’annonce ne dit rien des causes de cette chute, n’ose pas prétendre que c’est juste la pandémie, ne parle plus de Fils (risques sociaux !!!) et ne tient qu’à une chose : faire croire qu’on va saigner la classe ouvrière, progressivement, insensiblement, sans réaction !!! Mais mortellement !!! Il y aura ceux qui seront licenciés et ceux qui mourront au travail !!

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  • Les trusts du secteur Automobile ont chuté bien avant Covid…

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    Nissan, qui avait déjà annoncé en 2019 son intention de supprimer 12.500 emplois à travers le monde face à des surcapacités de production, compte désormais supprimer 20.000 emplois, selon l’agence japonaise Kyodo News. Ceci représente 15 pour cent de ses effectifs totaux. Les sites espagnols seraient en particulier menacés, notamment les centres de production de Zona Franca, Montcada et Sant Andreu de la Barca. Mais en 2019 le groupe comptait également supprimer des postes au Japon, au Royaume-Uni, au Mexique, en Inde et en Indonésie.

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  • Flins ferme puis ne ferme pas. Caudan ferme puis ne ferme pas. La série d’annonces contradictoires ne fait que de commencer et les salariés d’être ballottés entre espoir et désespoir, entre négociations et attaques, entre patronat et syndicats, avant d’être zigouillés comme l’ont été les entreprises qui ferment...

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  • Et justement pour ne pas être "zigouillés" , il va falloir contrer les non réactions syndicales, les journées d’inaction, les usines mortes qui ne servent en rien à s’organiser tant que nous , travailleurs , ne le décidons pas nous même . Ces bureaucraties n’en ont jamais assez de mettre dans le mur et vu le travail de sape de ces orga depuis des années, ils vont même aujourd hui faire mine de s’étonner que les salariès ne lisent même plus leur tract et ne répondent pas à leur appel : mais quand on sème la division et la défaite, on récolte la colère et l’indifférence.
    Hier par exemple, aucune diffusion de tracts syndicaux au CTR Lardy alors que Renault annonce supprimer 10% de ses effectifs dans le monde !
    Il y en assez de ces délégués centraux qui parlent à notre place et qui prétendent toujours négocier la longueur de la corde qui va servir à nous étrangler. Si nous voulons arrêter le carnage alors il faut aussi s’organiser indépendamment de ceux qui nous font perdre à chaque lutte.

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  • La volonté de Renault se de débarrasser de Flins ou de Choisy ne date pas de la crise du coronavirus. C’est seulement une occasion qui est offerte par la pandémie. Depuis plusieurs années, l’incertitude plane sur le site. Trop grand, trop proche du bassin d’emploi de Paris, ce qui provoque une instabilité dans les équipes et des coûts de formation plus importants.

    Maintenant, la direction affirme ne pas fermer Flins mais transformer le site. Personne n’est dupe. Ce n’est qu’une manière nouvelle de présenter ! Les emplois vont valser !!!

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    • Oui c’est sûr et il n’y a pas que les emplois qui vont valser , le monde entier était et continue à valser. Sauf que pourquoi ceux qui mènent la valse ont si peur d’annoncer la couleur . Pourquoi se cachent ils toujours derrière des prétextes économiques, politiques ou de crises sanitaires pour faire leur sale boulot ?
      pourquoi s’ils ont toutes les cartes en main , n’arrêtent ils pas de manœuvrer avant même de licencier, fermer des usines, réduire les effectifs, pousser les précaires dehors, ou les CDI à démissionner ?
      Que craignent ils ? Les syndicats ? non au contraire ils sont censés les rassurer !

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  • Renault Maubeuge en grève !

    Pourquoi la CGT Automobile n’appelle pas l’ensemble des salariés de Renault à la grève générale ?

    Parce qu’il ne faut rien attendre des directions syndicales et seulement compter sur nous-mêmes, sur des comités de grève dans les entreprises ! Vive la giletjaunisation des entreprises face aux licenciements, aux fermetures e autres attaques liées ou pas à la pandémie !

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  • Philippe Martinez déclare : « Le gouvernement met les salariés face à des choix cornéliens ». Mais que veut-il dire ainsi : que les travailleurs hésitent entre leur emploi et leur santé, que les salariés ont le choix entre suivre des directions syndicales ou s’organiser eux-mêmes ? Ou encore que les salariés ont le choix entre accepter la loi du grand capital ou la refuser, rester des esclaves ou devenir des prolétaires révolutionnaires ?

    Source

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  • Les travailleurs de Renault Choisy sont promenés seuls dans Choisy pour protester contre la fermeture de leur usine... comme si tous les travailleurs de Renault n’étaient pas menacés !!! Les syndicats ne les appellent pas à lutter contre les capitalistes et leur gouvernement mais pour l’industrie créatrice d’emplois !!! "Non à la casse du moteur d’emplois" disent-ils !!! Le moteur d’emplois c’est l’industrie capitaliste, du moins ils veulent encore y croire ! Et ils ne dénoncent que Sénard, le patron "créateur de chômeurs" !!!

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  • Toute l’industrie est à l’arrêt mais la CGT, comme les autres syndicats, veulent laisser volontairement isolé chaque usine, site, entreprises. Le moteur à 4 temps des syndicats , c’est comment faire sortir la pression par la culasse piston après piston. Une bonne vieille fuite plutôt qu’une explosion ...quoi de plus normal pour des syndicats adeptes de la paix sociale.
    En sauvant les patrons, ils sauvent leur propre fond de commerce et leur revenu qui provient non pas des cotisations , mais de l’Etat bourgeois. La bourgeoisie n’a plus rien à offrir aux syndicats que des usines vides et donc ils ne se rendent même pas compte qu’ils vont finir au chômage aussi. Mais ces réformistes préféreraient se suicider (syndicalement et politiquement) plutôt que de rejoindre la colère générale du monde du travail, ses peurs mais aussi sa seule perspective de s’en sortir : renverser définitivement un capitalisme qui chute.

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  • Des échos des travailleurs de Renault sous la menace du couperet 15 juin 09:42, par trabajadores unidos contra despidos

    Barcelone : la fureur des employés de Nissan
    Madrid (AFP) - Une fumée noire monte d’une barricade de pneus brûlés face à une usine centenaire de Barcelone, symbole de l’industrie automobile espagnole. Nissan vient d’annoncer sa fermeture, laissant des milliers d’employés amers et indignés
    Une grève centrale dans la crise du secteur automobile.
    Les travailleurs de Nissan en Catalogne ont appelé à une grève illimitée depuis le 4 mai, et ce face à l’absence de perspective réelle de futur devant la possible vague de licenciement qui risque de toucher le géant automobile mais aussi devant l’incertitude et l’absence de réponse de la part de l’entreprise. “Si la direction pense que c’est parce qu’on est confinés qu’ils vont pouvoir faire ce qu’ils veulent, ils se trompent vraiment” affirmaient-ils déjà dans l’un de leurs communiqué qui annonçait la volonté de se battre pour refuser toute stratégie de fermeture.
    Nissan confirme les suppressions d’emplois alors que la grève contre les fermetures d’usines espagnoles se poursuit
    Par Alejandro López
    8 juin 2020
    Des milliers de travailleurs de Nissan, leurs familles et leurs sympathisants font grève, manifestent et bloquent les routes pour s’opposer à la décision du constructeur japonais de fermer son usine de Barcelone d’ici décembre. Vingt-cinq mille travailleurs seront directement ou indirectement touchés par la fermeture de la plus grande usine de Nissan en Espagne.
    Depuis le 4 mai, au milieu de la reprise de la production dans ses usines après que le gouvernement du Parti socialiste (PSOE)-Podemos a imposé la politique réactionnaire de retour au travail, les syndicats ont appelé les travailleurs de Nissan à faire grève. Le cynisme de l’entreprise anciennement dirigée par le PDG fugitif Carlos Ghosn ne pouvait être plus clair. Elle a ordonné aux travailleurs de reprendre le travail le 4 mai, en pleine pandémie, pour terminer 1300 camionnettes Mercedes inachevées, puis fermer l’usine.
    La semaine dernière, Nissan a annoncé une perte de 6,2 milliards de dollars américains pour l’exercice se terminant en mars, sa première perte annuelle en 11 ans. La fermeture de l’usine fait partie d’un plan de restructuration de l’Alliance, de réduction des coûts et d’augmentation des bénéfices. Dans le cadre de ce plan, l’entreprise vise à réduire sa capacité de production mondiale de 20 pour cent, à environ 5,4 millions d’unités, et à réduire ses coûts de 15 pour cent. Une autre usine Nissan sera également fermée en Indonésie.
    Leur objectif est d’intensifier l’exploitation des travailleurs en mutualisant les sites de production ailleurs en Europe ainsi qu’en Amérique du Sud, en Afrique du Sud et en Asie du Sud-Est.
    La semaine dernière, peu après l’annonce, des travailleurs ont bloqué des rues et brûlé des pneus à l’extérieur de l’usine, située dans la zone franche industrielle.
    Cristina Montero, 43 ans, mère célibataire avec un prêt de logement à rembourser qui travaille à l’usine Nissan depuis 15 ans, a déclaré à El País : « C’est une très mauvaise nouvelle. Nous le savions, nous imaginions que cela pourrait arriver, mais on ne pense jamais que ça va vraiment se réaliser. Il y a beaucoup de familles qui pourraient être jetées dans la rue, et nous sommes désemparés et très en colère. »
    Un autre employé de Nissan avec 21 ans d’ancienneté, José Antonio Pina, a déclaré : « Nous nous en sortons mal depuis de nombreuses années, et maintenant c’est l’effondrement total. »
    Devant l’usine, des centaines de travailleurs se sont réunis pour entendre le chef du comité d’entreprise, le délégué syndical Juan Carlos Vicente, après une réunion avec les dirigeants de l’entreprise.
    Dans une annonce orchestrée aux médias, Vicente s’est plaint : « Ils nous laissent mourir » et a affirmé que les travailleurs « ne faciliteront pas » la fermeture de Nissan : « Nous avons maintenant six mois pour essayer de les faire raviser leurs plans. […] C’est un long processus, nous devons faire pression à la fois sur les politiciens et sur l’entreprise pour qu’ils comprennent que Nissan doit rester, car environ 20.000 familles sont en danger, et le tissu industriel de la Catalogne et de l’Espagne est en jeu ».
    La lutte des travailleurs de Nissan contre la fermeture suscite une énorme sympathie et solidarité. Le lendemain, des milliers de travailleurs de l’automobile se sont rassemblés aux portes des quatre principaux concessionnaires Nissan, criant à poing levé : « Guerre, guerre, guerre, Nissan ne fermera pas ! » Alors que les manifestants marchaient et bloquaient les routes, des dizaines de véhicules klaxonnaient leur soutien ; les voisins applaudissaient ou levaient les poings.
    Vendredi, des travailleurs de Nissan ont organisé une opération escargot de centaines de véhicules dans le centre de Barcelone. Les travailleurs de l’automobile, nombreux accompagnés de leurs familles, ont également reçu le soutien de chauffeurs de taxi, qui mènent une lutte acharnée contre Uber depuis plus d’un an.
    Au milieu de ce massacre d’emplois, les travailleurs sont désormais confrontés à une attaque concertée du gouvernement PSOE-Podemos, du gouvernement régional dirigé par les nationalistes catalans et des syndicats pour isoler, épuiser et enfin réprimer la grève.
    Les syndicats et le gouvernement PSOE-Podemos entretiennent l’illusion que la porte des négociations avec Nissan reste ouverte et qu’il existe toujours une possibilité de maintenir l’usine ouverte. Le comité d’entreprise, dirigé par les commissions des travailleurs liés à Podemos (CC.OO) et les syndicats pro-PSOE de l’Union générale du travail (UGT), plaide pour retarder toute escalade des grèves et des manifestations jusqu’à la réunion administrative des dirigeants de Nissan le 6 juin, insistant pour dire que Nissan pourrait revenir sur sa décision.
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    Dans une déclaration commune avec le gouvernement régional catalan, l’association patronale Foment Del Treball et les groupes de petites entreprises, le CCOO et l’UGT, ont exhorté « Nissan à revenir sur sa décision en considération de sa responsabilité envers leurs travailleurs. » Ils ont ajouté qu’ils « continueraient à travailler pour maintenir la chaîne d’approvisionnement de Nissan en Catalogne et apprécieraient l’unité d’action des différentes administrations, employeurs et syndicats pour éviter de confirmer la fermeture définitive des usines en Catalogne ».
    De même, la ministre des Affaires économiques, Nadia Calviño, a affirmé qu’elle était prête à rechercher « une solution alternative », ajoutant : « Nous avons proposé à l’entreprise de mettre en place un processus de discussion et de négociation », car « c’est une usine qui avait un sens stratégique pour l’entreprise, étant la seule en Europe. »
    Cependant, Gianluca De Ficchy, président de Nissan Europe, est réapparu pour déclarer que la décision de fermer l’usine de Barcelone a été prise et est irréversible.
    La semaine dernière, Nissan a indirectement évoqué la raison pour laquelle elle souhaitait que ses usines de Barcelone restent ouvertes jusqu’en décembre. Ashwani Gupta, directeur général des opérations de la société japonaise, a déclaré qu’elle fermerait son usine de fabrication de Sunderland au Royaume-Uni si Londres quittait l’UE suite à un Brexit sans accord. Il a déclaré que l’UE étant le plus gros client de l’usine de Sunderland, les tarifs qui s’imposeraient suite à un Brexit sans accord signifieraient que la production en Grande-Bretagne ne serait pas viable.
    Que ce soit en Espagne, au Royaume-Uni ou en France, tous les syndicats utilisent le même « front commun » pour endormir les travailleurs alors qu’ils collaborent pour accroître l’exploitation des travailleurs ou forcer les travailleurs à accepter les fermetures d’usines.
    Dans l’usine Nissan d’Espagne, le dernier « front commun » des syndicats, des grandes entreprises et des gouvernements régionaux et nationaux a eu lieu en juin 2019, lorsque l’USOC, CC.OO et UGT ont accepté un plan de licenciement, soutenu par le gouvernement régional catalan, touchant 620 travailleurs poussés à accepter la retraite anticipée et d’autres dégraissages. En échange, Nissan s’est frauduleusement engagé à faire de nouveaux investissements dans les usines de Barcelone.
    Les syndicats espagnols ont même refusé de mobiliser les travailleurs des autres usines Nissan épargnées par les fermetures, sans parler des autres usines automobiles de Seat, Mercedes, Volkswagen et PSA. Le même jour que Nissan a fait son annonce, chez Ford, l’UGT et CC.OO ont signé un plan de licenciement impliquant 350 travailleurs de l’usine de Valence, pour rendre l’usine plus compétitive.
    Cette même tactique est actuellement mise en œuvre au Royaume-Uni, où Nissan a annoncé son intention de mettre fin à un régime de retraite à prestations définies pour des centaines de travailleurs dans le cadre de ses mesures d’économie.
    Le syndicat britannique Unite a réagi en annonçant qu’il « était plus que disposé à aider Nissan à se repositionner dans un monde en mutation, mais cela ne doit pas se faire au détriment des emplois, des conditions générales ou d’autres avantages de nos membres. Au cours des prochains jours, nous consulterons l’avis de nos membres et nous nous mettrons à table avec l’entreprise pour trouver une issue positive pour tous ».
    En France voisine, Renault a annoncé son intention de lancer une vague internationale de fermetures et de licenciements de 15.000 emplois dans le monde, dont 4600 en France. Les syndicats français n’organisent même pas de manifestations symboliques. Philippe Martinez, chef du syndicat de la Confédération générale du travail (CGT) stalinienne, a réagi par une rhétorique impuissante et nationaliste. « Nous sommes bouleversés », a-t-il déclaré. Renault « a besoin de reproduire des Renault en France et retravailler sur l’emploi en France ».
    Que ce soit en Espagne, au Royaume-Uni, en France ou dans d’autres pays, les travailleurs sont confrontés aux mêmes tactiques syndicales réactionnaires pour diviser les travailleurs en fonction des frontières, essayant de vendre aux multinationales la force de travail de leurs travailleurs à une valeur marchande moindre que celle des autres pays.
    Une lutte contre cela nécessite la construction d’un mouvement international parmi les travailleurs. L’opposition des travailleurs de l’automobile, y compris les grèves et autres luttes, ne peut être efficace que si elle est mobilisée au-delà des frontières nationales contre les sociétés transnationales, qui déplacent la production d’un pays vers un autre pour maximiser les profits. Cela nécessite la constitution de comités d’action de base indépendants des syndicats nationalistes et procapitalistes.

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