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Luttes de classes au Liban

jeudi 12 mars 2020, par Robert Paris

Luttes de classes au Liban

Le mouvement révolutionnaire a débuté au Liban en octobre 2019, alors que le gouvernement annonçait l’instauration d’une taxe sur les communications par WhatsApp. L’État, très endetté, avait entamé une politique d’austérité depuis plusieurs mois. "Il faut un gouvernement indépendant", réclame un manifestant à Beyrouth. Les coupures de courant rythment le quotidien des Libanais, alors, ces derniers se mobilisent devant la compagnie d’électricité. "C’est l’heure de la révolution", lancent les manifestants !

Appauvrissement, creusement des inégalités, économie atone, État inefficace et politiques qui se partagent le gâteau depuis trente ans et la fin de la guerre civile. Voilà le terreau de cette contestation sociale, de ce ras-le-bol, que les Libanais appellent déjà "révolution" parce que pour la première fois, elle dépasse les appartenances religieuses et communautaires. Délogé de son barrage Anthony était chrétien, Adi sunnite, Sami, lui, est chiite. "Cela fait trente ans que ces partis politiques jouent avec la religion (...). C’est une guerre d’existence. Et en même temps, ils sont en train de changer les lois pour voler plus", estime Sami.

Tout un système, que les libanais les plus remontés veulent cette fois faire tomber, notamment ceux de la jeune génération.

La rue conteste de système confessionnel, conteste la classe dirigeante, conteste les possédants, conteste l’ordre politique et social, conteste la corruption des prétendues élites !!!

La révolution qui commence au Liban remet en cause les autorités traditionnelles, chiites par les chiites et sunnites par les sunnites ! Le Hezbollah et Amal sont aussi mises en cause que le pouvoir traditionnel maronite-druze, etc. Dans chaque camp, le peuple et la jeunesse remettent en cause leurs propres leaders. Finies pour le peuple révolutionnaire les dissensions tribales qui ont marqué le Liban depuis la guerre civile ! C’est la misère, la corruption, les inégalités, l’injustice, l’absence de droit du peuple travailleur qui marque cette lutte !

Tous les clans du Liban, Hezbollah, Amal, druzes, chrétiens, sunnites veulent le maintien des pouvoirs en place, des classes possédantes. Tout le peuple du Liban est uni contre eux !!! La réalité sociale du pays, la voilà ! C’est bel et bien la lutte des classes que le système des clans voulait éradiquer !

Subitement conscientes du rôle qu’elles pouvaient jouer, les femmes Libanaises se sont aussitôt organisées pour déjouer les pièges tendus en vue de les faire taire. Les tentatives du pouvoir destinées à transformer la colère de la rue en affrontements se sont multipliées via les fake news, les provocations policières et les attaques déguisées, menées en particulier par les milices chiites du Hezbollah et celles du mouvement pro-iranien Amal. Des marches ont été organisées des deux côtés des quartiers naguère séparés par les lignes de démarcation issues de la guerre civile, dont la seule évocation réveille encore les démons des pires années qu’a connues le pays. Au 45e jour de la colère populaire, une première marche a eu lieu entre les deux quartiers de Ain el-Remmaneh et de Chiyah, respectivement à majorité chrétienne et à dominante chiite, d’où était partie l’étincelle de la guerre en 1975. Les mères de famille à l’origine de cette marche à la rose blanche ont scandé des slogans rejetant toute guerre confessionnelle.

Et le Liban capitaliste s’effondre ! Le Liban en défaut de paiement pour la première fois de son histoire !

Le Liban en 2008

Le Liban de 1975 à 2011

Encore en 2011

Toujours en 2011

En 2015

Au lendemain de la répression à Beyrouth d’une manifestation citoyenne contre la crise des déchets qui dure depuis des semaines au Liban, le mouvement à l’origine de la mobilisation exige la démission du gouvernement.

La "crise des poubelles" dégénère au Liban, où une manifestation pacifique qui exigeait une solution au problème de la collecte des ordures, a été durement réprimée par les forces de l’ordre dans le centre de Beyrouth, samedi 22 août.

Coups de matraque, gaz lacrymogènes, canons à eau, tirs de sommation… La police et les militaires chargés de la sécurité du secteur du Parlement et du siège du gouvernement se sont heurtés aux manifestants, parmi lesquels au moins 16 personnes ont été blessées. Dans un communiqué, les Forces de sécurité intérieure (police) ont fait état de 35 blessés dans leurs rangs. Des manifestations de moindre ampleur ont eu lieu, samedi et dimanche, dans plusieurs villes du pays, en solidarité avec les manifestants de la capitale.

En 2019-2020…

Depuis le 17 octobre 2019, des centaines de milliers de libanais de tous bords sont dans les rues pour dénoncer la dégradation de la situation économique et réclamer le départ d’une classe politique jugée incompétente et corrompue. Un mouvement inédit qui a poussé le gouvernement de Saad Hariri à la démission le 29 octobre. Selon la Constitution, c’est le chef de l’État qui doit déclencher les consultations parlementaires contraignantes en vue de désigner un nouveau Premier ministre. Mais cette démarche n’a toujours pas été lancée. Le président a jusque-là repoussé cette échéance en affirmant vouloir aboutir à un accord politique préalable, afin d’éviter des obstacles au prochain chef du cabinet qui devra former son équipe.

En fait, les classes possédantes du Liban essaient de gagner du temps : elles sont coincées et ont peur de tout perdre...

Forces armées et police n’ont pas de forces suffisantes pour écraser directement la révolte : il leur faut donc continuer à développer des tromperies politiciennes...

Ces tromperies opposent faussement Evo Morales à la la présidente par intérim Jeanine Añez, deux faux ennemis pour cacher les militaires putschistes et la force prolétarienne, les deux seules vraies forces. La président par intérim prétend que la révolte veut couper les vivres aux villes et Morales prétend que le pouvoir veut génocider les Indiens. Tous deux mentent sur la réalité du conflit et sur ses vraies perspectives sociales et politiques...

Au Liban rien ne semble pouvoir arrêter la déferlante de contestation inédite contre le pouvoir, accusé de corruption et d’impéritie. Deux jours après la démission du premier ministre, Saad Hariri, le président, Michel Aoun, a appelé, jeudi 31 octobre, à la formation d’un gouvernement composé de ministres choisis pour leurs « compétences ».

Le chef de l’Etat, qui s’exprimait à l’occasion du 3e anniversaire de son accession à la présidence, s’est engagé à « poursuivre la lutte contre la corruption » et à œuvrer en faveur de la formation d’un cabinet capable de répondre aux « aspirations des Libanais (…) et de réaliser ce que le gouvernement précédent a failli » à faire. "Partez tous !" ont répondu les manifestants ! A peine le discours terminé, les manifestants massés au centre de Beyrouth ont scandé « Tous veut dire tous ! », un slogan-phare de la contestation exprimant le souhait des manifestants de voir partir tous les dirigeants au pouvoir, sans exception.

« Dégage, dégage, tu as affamé tout le monde ! » et « Le peuple veut la chute du régime ! » ont également crié les manifestants qui suivaient le discours en direct, retransmis sur un écran géant.

Le président Hariri démissionné par la rue prétendait revenir au pouvoir et est accueilli par une manifestation monstre.

La tension est montée d’un cran mercredi au Liban, à la suite d’une interview du président Michel Aoun. Des milliers de Libanais en colère ont bloqué des routes dans le pays et manifesté près du palais présidentiel mercredi, après des déclarations du président Michel Aoun semblant ignorer leurs revendications et la mort d’un manifestant. Alors que le mouvement de contestation inédit lancé le 17 octobre réclame le départ de l’ensemble de la classe politique, jugée corrompue et inapte, M. Aoun a lancé mardi soir à la télévision que les révoltés qui jugent qu’aucun homme politique parmi les dirigeants n’est décent, ce sont eux, les manifestants, qui doivent « émigrer ».

Cette déclaration particulièrement a provoqué aussitôt l’ire des manifestants qui ont mis le feu la nuit à des bennes à ordures et des pneus, bloquant artères et routes dans plusieurs villes. Brandissant des drapeaux libanais, ils se sont dirigés mercredi par centaines vers le palais présidentiel de Baabda, dans les hauteurs de Beyrouth, mais ont été bloqués par l’armée qui a fermé toutes les routes y menant avec des barrières de barbelés. En soirée, ils ont installé des tentes non loin. « Il y avait beaucoup de mépris dans les déclarations du président, peut-être il considère que nous n’existons pas, alors nous sommes venus lui faire entendre notre voix" » a déclaré Angie, une ingénieure de 47 ans. « Notre espoir dans le Liban est grand et nous ne voulons pas émigrer » !

Ailleurs dans le pays, des manifestants ont brûlé des pneus et bloqué des axes routiers aux entrées de la capitale, à Tripoli et dans le Akkar (nord) et dans la Bekaa (est). Des altercations ont eu lieu par endroits, des soldats tentant de débloquer les routes. À Tripoli, des milliers de manifestants se sont rassemblés en soirée dans le centre de la capitale du Nord. « Nous comptons bloquer la plupart des routes principales, toutes les administrations publiques et bientôt les responsables dans leurs propres maisons ! », a affirmé à l’AFP Antoine Saad, qui avec des dizaines d’autres jeunes bloquent une route à Jal el-Dib près de Beyrouth. « Le président s’adresse à son peuple avec mépris. Il doit comprendre que le peuple ne veut plus de lui et qu’il doit partir ! ». Depuis, les tractations pour former un gouvernement se font attendre alors que les manifestants réclament un gouvernement d’indépendants et de technocrates et disent leur exaspération face à l’absence de services publics - graves pénuries d’eau et d’électricité principalement -, au chômage et à la corruption, avec une classe dirigeante quasi inchangée depuis des décennies. « Où est-ce que je peux aller les chercher (ces indépendants, NDLR) ? Sur la lune ? », a dit Michel Aoun en proposant un gouvernement de technocrates et d’hommes politiques. « Si, au sein de l’Etat, il n’y a personne qui leur (les manifestants) convient, qu’ils émigrent ! » « Aoun attise la révolte », a titré le quotidien An-Nahar.

Au quatrième mois, des manifestants bloquent les routes et les manifestants s’attaquent aux forces de répression...

Des manifestations monstres ont lieu au Liban pour réclamer la fin du « système confessionnel »...

Les manifestations libanaises ont été accompagnées d’attaques contre quelque 300 banques et distributeurs de billets dans tout le pays. Les banques sont devenues la cible de la colère publique car les gens ont perdu leur épargne, la monnaie libanaise ayant perdu la moitié de sa valeur au cours des trois derniers mois. Les banques ont imposé des limites aux montants retirables par les déposants pour empêcher un effondrement financier ; des restrictions levées pour les riches et les politiquement connectés, mais qui frappent la grande masse de la population.

Les employés de banque sont restés en grève prolongée, en partie par inquiétude pour leur propre sécurité.

La dévaluation de la livre libanaise a entraîné une flambée des prix des denrées alimentaires importées ainsi qu’une réduction de moitié ou presque des salaires réels. Le salaire minimum du pays, l’équivalent de 405 € par mois, est maintenant d’à peine 243 €. La Banque mondiale a averti que les dévaluations persistantes feront que la moitié de la population libanaise vivra dans la pauvreté au lieu d’un tiers actuellement.

Dans de nombreuses industries, les employeurs ont cessé de payer les salaires, ce qui a provoqué des grèves. Les hôpitaux ne disposent plus de médicaments essentiels et le carburant est rationné.

Les manifestations de masse ont été déclenchées le 17 octobre dernier par l’annonce d’une taxe sur des applications populaires de messagerie, dont WhatsApp. Cela a déclenché une révolte de masse contre toutes les mesures d’austérité imposées au cours de la période précédente et contre les conditions de pauvreté et de chômage croissants, la ruine des infrastructures et des services sociaux et la corruption endémique. Comme en Irak, le moteur de la colère ont été les inégalités sociales de plus en plus fortes, la caractéristique essentielle de la société libanaise.

Cette dernière flambée de colère a été encore renforcée par l’annonce que le ministre sortant des Affaires étrangères Gebran Bassil assisterait cette semaine au Forum économique mondial de Davos pour y parler des « troubles dans le monde arabe ». Bassil est le gendre du président Michel Aoun. Une pétition en ligne a demandé au Forum d’annuler son invitation, déclarant qu’il ne devrait pas être invité à « parler au nom d’une nation qui l’a rejeté et l’accuse de corruption flagrante ».

Comme en Irak, un gouvernement intérimaire, dirigé par le président Aoun, s’est avéré incapable de mettre en place un nouveau gouvernement depuis que Hariri a démissionné le 29 octobre. Le Hezbollah, avec le mouvement chiite Amal et d’autres alliés, détient une majorité au Parlement et semble prêt à constituer un cabinet dirigé par l’ancien ministre de l’Éducation et professeur à l’Université américaine de Beyrouth, Hassan Diab.

Iran, Chili, Irak, Syrie, Liban, Algérie, France : la révolution continue et elle est partout fondée sur une révolte sociale qui a pris un tour radical et politique… Partout, les classes possédantes sont mises en cause et pas seulement le personnel politique…

Tout en s’attaquant aux scories du passé national, le Liban participe à la révolution mondiale contre le capitalisme.

La révolte au Liban en 2019-2020

Janvier 2020

Février 2020

Chronologie

1 Message

  • Luttes de classes au Liban 25 mai 10:45, par K.

    C’est la révolte de la faim au Liban !

    « Ton salaire ne vaut plus que 180 dollars, qu’est-ce que tu attends ? » ou encore « Ton salaire = deux boîtes de lait ». Les slogans brandis sur des banderoles à Zouk Mosbeh donnent le ton du mouvement de contestation qui a repris de plus belle hier, redynamisé par la dégradation économique galopante alors qu’il s’était nettement calmé depuis l’arrivée du coronavirus au Liban et le confinement mis en place pour freiner la pandémie. Des manifestations se sont produites dans pratiquement toutes les régions mais l’épicentre se trouvait à Zouk Mosbeh, à l’endroit même où de grandes manifestations avaient eu lieu lors de la contestation du 17 octobre. Sur place, une centaine d’irréductibles déterminés et, face à eux, un nombre impressionnant de soldats. Durant des heures, une course-poursuite incessante a opposé les manifestants à l’armée, les premiers coupant tantôt l’autoroute, tantôt se rétractant à la suite des pressions exercées par la troupe.

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