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Accueil du site > 04 - Livre Quatre : HISTOIRE CONTEMPORAINE > 25- Guerres impérialistes > Les horreurs des multiples guerres de la France au Tchad

Les horreurs des multiples guerres de la France au Tchad

dimanche 27 octobre 2019, par Robert Paris

Édouard Philippe, le Premier ministre, a informé le Parlement, mercredi 6 février 2019 au soir, que les forces armées françaises conduisaient des opérations offensives au Tchad contre des groupes armés venus de Libye. Le Premier ministre a invoqué l’article 35 de la Constitution qui définit les conditions de mise en œuvre de la guerre et des interventions de forces armées à l’étranger. Techniquement, ces opérations au Tchad ne s’inscriraient donc pas dans le cadre de la lutte anti-terroriste et dans le cadre de l’opération Barkhane. Effectivement, nulle part n’apparaît dans les communiqués officiels français la mention d’une menace terroriste. Il s’agit donc bien d’une intervention française en soutien à un régime allié... C’est la nième fois que la France s’autorise à faire du Tchad son terrain d’entrainement pour des guerres qui ne servent qu’à sauver un dictateur et écraser des peuples !!

Les horreurs des multiples guerres de la France au Tchad

Le 18 mars 1969, l’armée française recevait l’ordre d’intervenir au Tchad contre les troupes du Frolinat, le Front de libération nationale du Tchad. Voir ici Et lire aussi en cliquant iciLa France se lançait alors dans sa plus vaste opération néo-coloniale depuis la guerre d’Algérie. L’opération Limousin sera suivie par les opérations Bison, Tacaud, Manta, Epervier, Bison, Dorca, Serval, etc…. Le Tchad s’est ainsi transformé en vaste terrain d’entrainement direct à la guerre permanente pour l’armée française !!! C’était bel et bien la suite des massacres coloniaux…

La France au Tchad

Quelques films

En 1890

En 1891

En 1898

1898

En 1899, le massacre français

En 1899

En 1900

En 1910

1969

1969-1971

1969

1969-1972

1970

1978-1980

1984

1983-1984

1986

En 1986

1986

1986 et années suivantes

1996-2009, aux côtés du dictateur Déby

En 2004

En 2006

En 2008

2008

En 2013

En 2014

En 2015

En février 2019

2019

Un témoignage de chercheur :

« Au Tchad, comme dans l’histoire de beaucoup de pays africains, l’acteur le plus violent, et donc l’acteur le plus déstabilisant pour le pays, a toujours été l’État lui-même. Or, la France est souvent intervenue pour protéger l’État tchadien contre des rebellions que ses propres pratiques ont suscitées, ce qui a davantage exacerbé les conditions pour des violences futures. Par exemple, la première intervention militaire française importante, celle de 1969-1972 — souvent décrite comme un exemple d’une « contre-insurrection réussie » — a pu mater la plupart des rebelles qui menaçaient le régime du Président François Tombalbaye, mais n’a fait qu’inciter Tombalbaye à intensifier son despotisme qui s’est soldé par sa mort lors d’un coup d’État sanglant en 1975. L’intervention de 1978-1980, l’opération Tacaud, par contre, n’a même pas réussi à instaurer une stabilité temporaire, et s’est vite transformée en désastre pour la politique africaine de la France. Au-delà du simple constat qu’une armée interventionniste n’est pas faite pour résoudre des problèmes profondément politiques, l’une des raisons principales pour l’échec français était la sérieuse incohérence stratégique de l’intervention. Tacaud, visait à empêcher la prise de N’Djamena par des rebelles de Goukouni Weddeye, soutenues par la Libye de Kadhafi. Ce déploiement faisait croire au président tchadien, Félix Malloum et son armée (largement sudiste), qu’ils étaient dorénavant protégés et en sûreté. Pendant les premiers mois de 1979, commençait un violent conflit entre les forces de Malloum et celles de Hissène Habré, son partenaire gouvernemental. La neutralité formelle affichée par les forces françaises présentes à N’Djamena était accompagnée par une décision de son chef, le Général Forest, de laisser Goukouni (qui avait rompu ses relations avec Kadhafi) entrer à N’Djamena et s’allier avec Habré, ce qui a changé les rapports de force dans les combats qui, dans la seule ville de N’Djamena, ont tué plus de 4 000 personnes. Ces batailles ont aussi provoqué le départ de 70 000 – 80 000 personnes — plus de la moitié de la population de la capitale — vers le sud du Tchad. Cette décision de Forest, vivement critiquée au sein du Quai d’Orsay, a eu comme résultat la perte de la crédibilité française parmi les Tchadiens du sud en tant que garante de leur sécurité, ainsi qu’un changement radical de l’équilibre politique du pays, l’effondrement de l’État, et un fractionnement territorial du pays. Dans les mois suivants, il y avait également des soupçons grandissants parmi les différentes factions tchadiennes et des pouvoirs régionaux comme le Nigeria et la Libye, à propos de la relation entre Tacaud et Habré—en partie lié à l’assistance porté par les troupes françaises dans des combats entre les forces de Habré et d’autres groupes rebelles venant de la Libye, et des sentiments pro-Habré assez ouvertement exprimés par certains officiers français sur place (Habré était profondément anti-libyen et ses troupes étaient perçues comme compétentes et disciplinées). Ces soupçons ont miné la capacité de la France à faire valoir sa neutralité dans ses tentatives à faciliter un accord de paix. Ils ont aussi poussé le Nigeria, d’abord perçu comme un partenaire stabilisateur pouvant contrer les visées libyennes, vers une alliance de circonstance avec la Libye pour expulser la France du Tchad. Pire, la décision célebre de Giscard de renverser « l’Empereur » Bokassa en Centrafrique en septembre 1979 a contribué à pousser Goukouni, alors chef du gouvernement de transition au Tchad, de nouveau dans les bras de Kadhafi. L’un des buts du renversement de Bokassa était d’évincer une présence croissante de la Libye (d’une portée quand même exagérée par les services français) en Centrafrique qui pouvait menacer le Tchad. Cependant, sa réussite avec des troupes françaises basés au Tchad faisait croire à Goukouni qu’il pouvait aussi être renversé à tout moment. Ces craintes, ajoutées au regain des tensions entre Habré et lui, l’ont incité à chercher des armes et de l’argent chez Kadhafi qui pouvait l’aider à se maintenir au pouvoir face aux tentatives de Habré de s’en emparer. Malgré le fait que plusieurs factions tchadiennes et les pouvoirs régionaux ont fait savoir, en privé, aux représentants français, qu’ils préféraient que Tacaud reste au Tchad, le Nigeria et la Libye ont fait pression sur les factions tchadiennes pour que le retrait des forces françaises fassent partie des accords instaurant un gouvernement de transition. Aucune faction ne pouvait publiquement renoncer à cette clause sans se compromettre. Alors, quand les combats opposants Goukouni et Habré ont éclaté en mars 1980, les options politiques françaises étaient très limitées. Dans ce contexte, Giscard s’est vu obligé de retirer Tacaud. Dans les mois suivants, après un accord signé entre Goukouni et Kadhafi, l’armée libyenne est intervenue en soutien à Goukouni, alors menacé d’une défaite quasi-certaine face aux forces mieux organisées et mieux dirigées de Habré. En conséquence, quand Giscard quitte le pouvoir en 1981, il laisse un Tchad occupé par la Libye—précisément le sort que sa politique cherchait à empêcher. »

Dans toute l’Afrique ex-coloniale

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