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Luttes de classes à l’hôpital public en septembre 2019

samedi 28 septembre 2019, par Robert Paris

Urgences : comment gagner ?

Au moins 320 services d’urgences sont en grève dans toute la France et le gouvernement ne lâche rien sur l’essentiel, ni les 300 euros d’augmentation (une prime de 100€, ce n’est qu’une prime et cela peut être supprimé à tout moment !), ni les embauches de personnel en fixe non pris dans les autres services. Les "leaders" du mouvement de grève des urgences constatent que le mouvement, en se cantonnant aux urgences, n’a rien obtenu d’essentiel et de durable !!! « Pas un mot sur les salaires, pas un mot sur les embauches et rien sur l’arrêt de la fermeture des lits », déclare Hugo Huon, porte-parole du collectif Inter-Urgences. « En plus, le chiffre de 750 millions d’euros pour ladite refondation de ces services est une entourloupe », poursuit Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé, « c’est de l’argent pris dans la réserve des hôpitaux, ce n’est en rien un financement neuf. » Quant à la création d’un service d’accès aux soins, « c’est totalement incompréhensible, on n’arrive déjà pas à faire tourner les urgences », lâche, perplexe, Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf). Alors quand est-ce qu’on élargit la grève des urgences à tout l’hôpital public et au-delà pour les faire céder ?!!!

Raison de plus pour revendiquer

Juillet est passé : on le sait et alors ? Eh bien, vous ne vous en souvenez plus mais c’était le moment des augmentations générales de salaires, un moment oublié depuis de longues années puisque nos salaires sont bloqués et pas les prix et autres taxes ! On ferait bien de leur rappeler qu’on n’attendra pas juillet… dans quinze ans !!

Mieux vaut faire envie que Pitié !

A la Pitié-Salpétrière, en réanimation chirurgicale, les équipes ont multiplié ces derniers temps les signalements d’événements indésirables, via les fiches Osiris. Une des fiches a été publiée par la presse : « 1er juin 2019. Il manque deux infirmières. » « 2 juin 2019 : il manque une aide soignante et une infirmière. » « 28 mai 2019 : Surcharge de travail faisant, à plusieurs reprises, approcher de très près la catastrophe. » « Les gants de toilette se déchirent presque systématiquement à l’usage dès qu’ils sont mouillés. » Et c’est loin d’être fini : épuisement généralisé, lits de réa qui ne sont pas des lits de réa, personnels remplacés au pied levé par des personnels par des personnels d’autres services ne connaissant pas la spécialité. Bien entendu, ce n’est pas propre à la Pitié : tout l’hôpital public est traité de la même manière : personnels et patients de plus en plus maltraités !!!

Et si on diffusait la propagande de Buzyn…

« Accorder 300 euros de plus (par mois) ne résoudra pas la crise des urgences. » « Je vais apporter des moyens, mais pas simplement pour financer des postes en plus dans les urgences, parce que ce serait reculer pour mieux sauter ». « Je vais mettre de l’argent dans des solutions pérennes, restructurantes, qui vont régler le problème des urgences sur le long terme ». « Il faut valoriser tout ce qui peut éviter un passage inutile aux urgences ». « Pour soulager les urgences, j’ai demandé à ce que tous les hôpitaux signent des accords avec les EHPAD pour que des personnes âgées accèdent directement aux services de gériatrie, sans passer par la porte des urgences. » « Urgences : un patient pourra faire des examens de biologie dans une maison de santé ; les infirmiers auront de nouvelles compétences : ce qu’il faut pour soulager les urgences, ce sont des mesures pragmatiques et rapides à mettre en œuvre. » « Le problème n’est pas de créer des postes, c’est d’avoir des professionnels. » « Pour que les médecins puissent se concentrer sur leur exercice médical, éviter de faire de l’administratif et qu’un certain nombre de tâches soient passées des médecins à d’autres professionnels notamment des infirmiers et des infirmières que nous allons former évidemment à cela avec des protocoles de coopération. » Avec de telles balivernes, Buzyn n’est pas près de nous convaincre !

Vive la lutte d’ensemble !

Les attaques se multiplient et pourtant on ne cesse de nous proposer des ripostes divisées. Nous sommes nombreux à le relever et à trouver que l’explosion de colère sociale devrait être générale et pas catégorielle, corporatiste, secteur par secteur, profession par profession, syndicat par syndicat, ville par ville, etc. Ainsi, des secteurs des hôpitaux qui voulaient partir en grève, qu’il s’agisse de la Médecine interne de Tenon, de la Neuro de Saint Antoine, et bien d’autres, devraient le faire aux côtés des Urgences en lutte dans toute la France ! Tous ensemble, oui !!!

Changement de statut : pas en mieux !

Le comble du changement de statut de la fonction publique, c’est d’organiser toutes les manières pour contourner les fonctionnaires et leur statut !!! Cela signifie qu’on fera de plus en plus appel à des personnels sans statut public ! Ainsi, la rupture conventionnelle du privé s’appliquera dans le public. La direction pourra ainsi détacher d’office des fonctionnaires qui seront affectés à des emplois de droit privé. Et ce sera légal ! La privatisation rampante de l’hôpital public va donc continuer tant qu’on n’y mettra pas un vrai coup d’arrêt. C’est l’explosion sociale, type des gilets jaunes, qu’il nous faudrait à l’hôpital public comme partout.

Le menu n’est pas dans son assiette

Souvent, au niveau des repas des patients à l’hôpital Saint Antoine, on se retrouve à ne pas avoir le menu qui était proposé pour une grande partie des patients. Bien entendu, l’alternative est moins intéressante car plus économique. Car même pour la bouffe, c’est le flux tendu, faire le maximum avec le minimum. C’est un problème récurrent. Et cela n’empêche pas l’hôpital de prétendre que les patients ont le choix.

Chaud, les agents, chaud !

Pendant l’été et les fortes chaleurs caniculaires les agents de sécurité de l’entrée Crozatier ont bien failli cuire en plein soleil d’autant que leur guérite vitrée au soleil augmentait encore plus la température. Pas le moindre équipement pour leur permettre d’être protégés des rayons de soleil et de la chaleur. Ils ont trouvé comme moyen, les quotidiens gratuits du matin comme seuls rideaux, qu’ils collent pour tapisser les vitres de leur guérite. Pas la peine de leur expliquer l’effet de serre : leur réchauffement global, c’est la direction de l’hôpital qui l’organise !

Arrêter la dégradation

Franck Perruche, médecin généraliste, a été urgentiste à l’hôpital Cochin pendant huit ans et apporte son témoignage : « J’ai vu moins d’infirmiers, j’ai vu des prises en charge de plus en plus complexes, avec des services hospitaliers qui derrière jouent pas forcément le jeu. On doit appeler des services le matin, on ne fait plus de médecine. On fait vraiment du papier, on place les patients, on doit négocier les places. C’est ça qui m’usait à la fin... » Sans commentaire…

La pénurie de médicaments a un but

Antibiotiques, traitements contre le cancer, l’hypertension, antiépileptiques : les médicaments qui sont abandonnés, en pénurie, en tension ou en simple rupture d’approvisionnement concernent de nombreuses maladies, et de très nombreux patients et patientes parfois contraints d’interrompre le traitement médicamenteux qui les maintient en bonne santé, faute de pouvoir se les procurer. Outre le stress que ce phénomène cause, il n’est pas sans impact sur la santé des malades. L’ANSM recensait 44 cas de rupture gérés par ses services en 2008, 173 en 2012. Les chiffres ont ensuite bondi pour atteindre 438 ruptures en 2014. En 2017, l’Agence en dénombrait 538. C’est donc déjà 12 fois plus qu’en 2008. Les trusts du médicament choisissent ainsi de vendre aux pays qui les rétribuent le plus, de réduire leurs dépenses de fabrication et prennent ainsi la santé publique en otage pour imposer des hausses de prix !!!

La police n’est pas là pour sauver les femmes !!!

Alors qu’Emmanuel Macron, en visite publique à un centre d’aide aux femmes menacées par leur conjoint, pour démontrer sa préoccupation en la matière, écoutait, incognito, l’appel d’une femme violentée par son mari au centre du 3919, numéro d’appel d’urgence pour femmes battues, il a entendu un gendarme refuser par trois fois de venir en aide à la victime, qui demandait à ce qu’on l’accompagne à son domicile, où se trouvait son agresseur. Des situations de ce type "c’est toutes les semaines", explique Nathalie Rocailleux, directrice d’une association venant en aide aux femmes victimes de violences conjugales. 130 femmes meurent chaque année en France sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon… Les femmes victimes ne parviennent pas à se protéger ni à compter sur la société pour les y aider et ce n’est pas l’Etat policier, bien plus soucieux de réprimer les plus démunis, qui les y aide !!! On les a bien vues, les forces de répression, quand il s’agissait de frapper violemment des femmes Gilets jaunes manifestant pacifiquement !!! Macron veut se faire de la publicité avec son « Grenelle sur les violences conjugales » mais la réalité est ailleurs : l’Etat ne bouge pas le petit doigt pour les femmes victimes de violence. On en a la démonstration tous les jours, à chaque fois qu’une femme est battue, violée ou assassinée…

Quant au gouvernement qui prétend que les personnels de l’hôpital public devraient se charger de dénoncer les cas de femmes battues, il se décharge ainsi bien facilement sur des personnels qui n’ont pas cette fonction et pas le temps de s’en charger. C’est bien significatif du caractère démagogique de la brutale préoccupation de Macron à l’égard des femmes !

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