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Pouvons-nous définir « la vie » afin de rechercher les traces de ce phénomène dans l’Univers ?

mardi 4 février 2020, par Robert Paris

Intéressant : la plupart des "terrestres" sont incapables de comprendre les messages envoyés aux extraterrestres !!!

Pouvons-nous définir « la vie » afin de rechercher les traces de ce phénomène dans l’Univers ?

On se demande souvent si nous allons finalement rencontrer des traces de vie dans l’Univers et, pour le moment, on pense ne pas y être parvenus. Une minorité, par contre, estime connaître des preuves de cette existence et même d’une conscience supérieure, y compris des traces terrestres de passage d’extraterrestres. Tout ce qui étonne y est systématiquement attribué, comme la chute des civilisations ou leurs étranges connaissances, techniques ou modes d’expression. Comme toute civilisation quasi entièrement disparue est une énigme et qu’il y en a quelques centaines, cela donne matière à de nombreuses divagations. On passe aisément aux extraterrestres et delà au mystique. Certains affirment même que le manque de faits probants proviendrait, selon eux, de l’activité intense d’effaçage systématique de la part des classes possédantes. Je me demande si ces classes dirigeantes, face à des extraterrestre superpuissant, n’aurait pas consisté plutôt à pactiser avc eux qu’à les cacher… Bien entendu, aucun des partisans de cette vie extraterrestre ne nous éclaire sur la nature de la vie pour les extraterrestre et la différence entre ce mode de vie et le notre. Mais passons sur les élucubrations infondées et posons la question en scientifiques.

De quels faits scientifiques dispose-t-on pour discuter sérieusement la reconnaissance de ce qu’esl « la vie » ? La question elle-même peut-elle avoir un sens scientifique ?

Eh bien, tout d’abord, on dispose de toutes les manifestations extrêmement diverses de la vie terrestre. Cette diversité nous permet de savoir que la vie est majoritairement fondée sur un environnement à l’oxygène mais a pu et peut encore parfaitement fonctionner sur un environnement sans oxygène et même ne supportant pas la présence d’oxygène. De même, la vie peut être ou pas dans une atmosphère sulfurée et les températures ou pressions acceptables peuvent être très dissemblables. Donc les conditions d’existence de la vie ne sont pas uniques et om peut parfaitement imaginer que la vie soit apparue dans des conditions extrêmement différentes de celles qui existent sur Terre. Nous n’en tirons donc aucun critère restrictif sur les possibilités de vie extraterrestre ni aucun critère permettant de définir les conditions générales permettant son éclosion et son développement. Elle peut se fonder sur des chaînes carbonées mais on peut imaginer aussi qu’elle pourrait s’en passer. Ne connaissant pas les conditions de son apparition, nous ignorons les milieux qui permettent, ou pas, son émergence.

Sur Terre, la vie elle-même semble empêcher tout développement d’une autre vie fondée sur d’autres bases. On peut imaginer des structures fondées sur d’autres atomes que le carbone mais on n’est pas parvenus à les produire ni à reproduire la fabrique Vivant. C’est un élément fondamental qui nous fait donc défaut pour répondre à la question posée. Ce qui n’interdit pas de réfléchir encore et d’argumenter…

Nous pouvons, par exemple, raisonner sur les multiples formes de vie, apparaissant dans des milieux divers, appartenant à des familles très diverses du Vivant terrestre et tenter de trouver en elles un critère commun de « la vie ». Malheureusement, une fois encore, on se heurte ici à un mur infranchissable car nous pensons actuellement que toutes ces formes de vie ont la même origine, ce qui signifie qu’il n’y a sans doute qu’une seule vie sur Terre, une vie avec seulement des ramifications diverses…

Si une ou plusieurs espèces étaient apparues indépendamment des autres, on pourrait comparer leur fonctionnement à celui des autres et commencer à en tirer un critère général. Mais, pour des éléments qui sont nés engendrés par un même ensemble, il n’y a pas matière à comparer et à généraliser. Nous savons déjà ce que ces espèces très diverses ont en commun et ce n’est pas une définition générale ou un principe commun : c’est leur origine. Elle est, pensons-nous, la même pour tous. Et cela ne nous aide guère pour en tirer un principe de base. Comme il y a eu sur Terre une seule manifestation du phénomène « la vie » ou que cela semble être ainsi, il ne nous est pas possible de comparer plusieurs manifestations d’origine diverses de la vie. L’amibe et l’homme, le champigon, la mousse, l’arbre et le microbe, c’est la même vie. Nous n’avons jamais trouvé une espèce vivante dont on puisse dire qu’elle ne semble pas provenir de la même origine.

Nous n’avons aucune raison de penser que les conditions qui font apparaître la vie sur Terre soient complètement exceptionnelles, vue le nombre de galaxies, d’étoiles et de système planétaires que nous connaissons et, là encore, la plus grande quantité de celles que nous ne connaissons pas. Bien sûr, ce n’est qu’un argument : il peut exister des milliards d’univers sans qu’aucun ne soit dans les conditions de départ qui ont permis la vie. Certes, les mêmes causes entraînent les mêmes effets mais la sensibilité aux conditions initiales entraîne qu’avoir exactement les mêmes conditions est quasiment impossible. Il faudra donc que des conditions différentes permettent aussi la naissance de la vie. L’argument est donc complètement contourné. Il n’ya aucune raison de croire particulièrement à l’une des thèses : l’existence ou la non-existence de la vie extraterrestre. Encore faut-il renoncer au caractère sulfureux de la notion d’ « extraterrestre » et prendre une telle vie comme le résultat des lois de la physico-chimie, comme sur Terre.

Comme toutes les structures auto-organisées de la matière, il est fort probable que la vie soit un produit des lois de la physico-chimie et ne nécessitent aucune autre sorte d’intervention extérieure à ces lois pour apparaître. Nous savons en effet que l’auto-organisation apparaît sans cesse spontanément, l’émergence de structure étant produite naturellement par ces lois. Cela a pu être étudié scientifiquement et cela va jusqu’aux macromolécules de base de la vie. Il est très probable qu’un jour ou l’autre, la formation des ADN et ARN deviendront des phénomènes compris par l’homme et qu’ils apparaitront comme des produits naturels de la physico-chimie. En attendant, nous ne pouvons pas dire comme cela a pu se faire et cela laisse place aux mysticismes et affabulations de toutes sortes. Mais cela ne suffit pas à les créditer sérieusement. La vie est fondée sur des atomes qui ne lui sont pas particuliers et sur des liaisons moléculaires qui obéissent aux lois physico-chimiques. L’émergence ne nécessite pas de miracle : elle apparaît à de multiples niveaux de la matière, pour produire aussi bien les molécules, les cristaux, les nombreuses structures matérielles, les états de la matière et diverses propriétés de celle-ci. Quand une propriété, un état, un paramètre émergent, il n’y a pour cela aucun mystère, aucune intervention d’un pouvoir extérieur à la matière, aucun miracle. Il ne semble pas du tout nécessaire non plus de pouvoir extranaturel pour produire la vie et pas plus sur d’autres planètes dans l’Espace interplanétaire que sur Terre.

La vie semble inséparable de la matière (nous ne voyons aucun phénomène du vivant sans matière), ce qui casse l’argument religieux ou mystique d’un « principe de vie » qui serait séparable de soubassement matériel. Les lois de la matière sont très probablement le fondement de tous les phénomènes du Vivant. Le fait même que la vie soit néguentropique alors que la matière inerte est entropique, s’avère aller dans le sens d’une liaison entre matière inerte et matière vivante. Notons au passage que les expressions « matière vivante » et « matière inerte » ne sont pas très valables scientifiquement, du fait de ce qui précède.

Expliquons en quoi le caractère néguentropique de la vie - elle s’autostructure et perd de l’entropie, disons du désordre, alors que l’entropie de la matière inerte augmente globalement-, montre le caractère interdépendant de la vie et de la non-vie. En effet, la néguentropie de la vie ne contredit la loi générale thermodynamique de l’entropie croissante puisque la perte d’entropie de la vie a absolument besoin d’être compensée par un gain d’entropie de l’environnement du Vivant. Donc pas de vie sans environnement de matière inerte qui augmente encore plus son entropie. La vie est donc inséparable d’un environnement matériel avec lequel des échanges de matière et d’énergie sont permanents.

La formation néguentropique de structures est naturelle et on en connaît de multiples exemples : toutes les structures matérielles qui se forment spontanément : des amas de galaxies aux cristaux, en passant par les galaxies, les étoiles et les planètes, mais aussi la neige, les nuages, etc…

La conception philosophique, dite dichotomique, qui sépare (par la pensée de certains auteurs) vie et non-vie ne semble donc pas valable. Opposer diamétralement la matière terrestre et la vie terrestre semble une philosophie que ne confirme pas l’expérience. C’est aussi faux que de séparer en deux domaines opposés notre conscience et notre corps.

La quête de propriétés dites caractéristiques qui opposeraient diamétralement la vie et la non-vie semble donc un effort sans intérêt pour la pensée philosophique comme pour la recherche scientifique dans la mesure où elles pourraient très bien ne pas exister. La vie est inséparable de la matière inerte terrestre qui lui donne ses éléments, qui lui donne son énergie, avec laquelle elle échange sans cesse des éléments.

Bien sûr, certains peuvent faire remarquer que la vie terrestre peut parfaitement être apparue ailleurs que sur Terre et y être seulement venue après, par panspermie. C’est possible mais, contrairement à ce que croient parfois les partisans de cette thèse, cela ne change pas énormément le problème de la relation matière inerte / matière vivante. Si elle vient d’ailleurs que de la Terre, la vie ne provient pas d’une matière de type différent de celle que nous connaissons sur Terre, sinon nous aurions observé les différences et la vie aurait eu bien de la peine à s’acclimater à notre planète, ce qui n’est pas ce qu’on observe.

Si nous finissons par trouver de la vie dans l’Univers, nous pourrons la comparer à celle qui existe sur Terre. Si c’est dans notre système solaire, la voie lactée, que nous la trouvons, il nous faudra la comparer à la nôtre pour examiner si les deux n’auraient pas la même origine. Par contre, s’il apparaît un phénomène vivant dans une galaxie lointaine, il sera plus probable que le phénomène de la vie aura pu émerger deux fois de manière indépendante. En tout cas, tant qu’on n’aura pas pu comparer deux espèces différentes au moins de la vie, ayant émergé de manière indépendante, on ne pourra pas parler de « la vie » comme d’une généralisation, comme d’une abstraction puisque, nous l’avons déjà souligné, sur Terre nous pensons n’avoir affaire qu’à un seul phénomène de la vie ayant eu des évolutions diverses menant à plusieurs familles et plusieurs espèces au sein de chaque famille, ce qui ne permet pas de définir ni de développer des remarques généralisant les propriétés de ce qu’on peut attribuer un phénomène général de « la vie ».

Cependant, certains ont établi des listes de propriétés qu’ils estiment caractériser le Vivant. Ils ont ainsi comparé entre elles les diverses formes terrestres de vie. Et ils ont aussi comparé le vivant au non-vivant. Ils ont, au passage, été contraints de remarquer que les deux domaines ne s’opposent pas diamétralement mais dialectiquement. Cela entraîne notamment qu’il ne s’agit pas de deux domaines séparés, indépendants, coupés l’un de l’autre, ayant seulement une frontière commune, mais, au contraire, deux domaines interpénétrés et dépendants l’un de l’autre. Le simple exemple des virus a montré la liaison entre vivant et non-vivant. La vie elle-même ne cesse de la démontrer en transformant sans arrêt matière inerte en matière vivante. Bien sûr, sans présence de la vie, nous n’avons jamais vu de nos yeux, ou par d’autre moyen d’observation, la matière inerte se transformer en matière vivante. Nous ne savons même pas si nous le verrons ou l’observerons d’une manière ou d’une autre par nous-mêmes. Cela permet à certains d’affirmer que la matière inerte ne serait pas capable par elle-même de se changer en matière vivante. Mais, là non plus, ils ne possèdent aucun argument valable pour affirmer cela, à part l’ignorance, l’absence de toute expérience le montrant.

Le fait que l’on trouve des macromolécules dans certaines météorites est, à coup sûr, un argument en faveur de l’existence de la vie dans l’Univers mais c’est le seul. Nous ne savons absolument pas si la vie ne pourrait pas se développer sur d’autres bases que les macromolécules. Notre vie terrestre nécessite ces macromolécules et tout particulièrement ARN, ADN et protéines mais rien ne prouve qu’elles soient indispensables pour autre sorte de vie…

Revenons donc aux propriétés qui ont été affirmées comme « caractéristiques de la matière » : néguentropie, accroissement de la complexité, auto-organisation, autoreproduction, autopoïese, mémoire des formes, code génétique, message génétique, macromolécules du vivant et structures au squelette carboné. Ces phénomènes sont bien entendu liés à la vie telle qu’elle se manifeste actuellement sur Terre mais qu’est-ce qui impose qu’elle se manifeste forcément de la même manière ailleurs dans l’Univers ? On pourrait parfaitement imaginer que des structures non carbonées permettent de construire une autre voie d’un phénomène du type du vivant, avec une reproduction, avec des transmissions de mémoire biochimique, avec des propriétés d’auto-organisation, etc.

Bien sûr, on n’a jamais vu se former, même en laboratoire, d’autres formes de vie fondées sur d’autres types de structures que celles fondées sur le carbone. Mais cela ne prouve pas que ce n’est pas possible.

Certains affirmeront que notre incapacité à produire la vie en laboratoire, sous la même forme ou sous une autre forme, laisse place à toutes les thèses créationnistes, mystiques, et autres sensationnalismes antiscientifiques ou ascientifiques. Ce serait plutôt l’inverse selon moi : le fait que chaque progrès de nos connaissances sur le monde retire le domaine à la pensée idéaliste démontre que cette dernière est contrainte de se retirer dans le seul domaine de l’ignorance. Et même si ce dernier domaine sera toujours immense, il n’est fait que d’ignorance. Tout ce que l’on connaît nous mène au contraire à une pensée scientifique et non antiscientifique.

Par contre, il se peut fort bien que la question « Existe-t-il d’autres formes de vie dans l’Univers » soit une question mal posée ou fausse, quelle que soient les réponses que l’on puisse y donner. D’abord, la notion de « formes de vie » peut être dépourvue de signification. En tout cas, on vient de voir que la comparaison entre espèces vivant sur Terre ne lui donne pas un sens car toutes appartiendraient alors à la même « forme de vie ». Quant à la comparaison entre l’inerte et le vivant ne permet pas non plus de définir des « formes de vie » opposées à des « formes de non-vie ».

En fait, quand nous disons que nous cherchons « la vie » dans l’Univers, nous devons reconnaître que nous ignorons totalement ce que nous cherchons et que notre connaissance de la vie terrestre ne nous dit rien sur ce que nous pensons trouver.

Il en va de même en ce qui concerne la recherche d’une « forme consciente de vie ». Il est remarquable que le message aux êtres conscients de l’Univers, dite « plaque de Pioneer » du nom de la sonde qui la portait, en forme de tableau représentant un homme, une femme, le niveau de la transition de l’atome d’Hydrogène, notre position dans la galaxie et d’autres éléments qui ont paru fondamentaux, pour décrire notre Terre et nous, aux scientifiques qui ont élaboré le message est davantage une marque d’ignorance totale sur la conscience à laquelle nous nous adressons que d’une quelconque compréhension de celle-ci. Ce message soit disant interplanétaire peut n’avoir de sens que pour des terriens scientifiques et encore... Déjà, la plupart des terriens non scientifiques n’y comprendraient rien !!! C’est donc plutôt une marque de notre ignorance que de nos connaissances les plus fondamentales…

Nous ne savons déjà pas très bien en quoi consiste notre conscience humaine. Nous ne savons pas définir ses limites : s’arrête-t-elle à l’homo sapiens sapiens ou faut-il l’élargir à homo neandertalensis, à homo erectus, à homo habilis, aux australopithèques, à certains animaux ? Des positions sur ce thème existent mais des connaissances, nous n’en disposons pas. Comment saurions-nous donner un cadre de recherche permettant de circonscrire l’activité intitulée « recherche d’une vie consciente dans l’Univers » ?

Certains astrophysiciens ont certes défini des éléments de recherche de ce qu’ils appellent des « traces de vie », comme certaines émissions chimiques, mais n’oublions pas que ce ne sont que des traces d’une vie exactement du même type que la nôtre, or nous ne savons pas si c’est ce qu’il faut chercher.

Tout cela est donc une manifestation de plus que ce que l’on appelle « recherche » n’est pas une course après un objet que nous connaissons déjà, image complètement fausse de la recherche et qui est de plus diffusée pourtant…

« La vie », redisons-le, nous ne saurons la définir que lorsque nous en trouverons une nouvelle manifestation et que nous serons capables de la reconnaître et non avant.

Bien sûr, pour tous ceux pour qui la science doit donner des réponses par oui ou par non, tout cela n’est qu’une discussion sans résultat quelconque.

Qu’est-ce qui caractérise finalement la vie

La vie, l’homme et la conscience s’opposent-ils aux lois physiques de la matière ?

Lire encore

Fabien Nivière :

« Il semble vain à première vue de vouloir comparer entre elles plusieurs espèces de vies, dans la mesure où nous n’en connaissons pour le moment qu’une seule, la vie terrestre. Toute conceptualisation nécessite comparaison, donc plusieurs termes à comparer. Par ailleurs, se contenter de rechercher une ressemblance hypothétique entre les propriétés du vivant terrestre tel que nous le connaissons et celles d’une possible vie extraterrestre par analogie est une démarche à la fois arbitraire et antiscientifique. Arbitraire, car il pourrait très bien exister une espèce de vie très différente de la nôtre, et peut-être même différente au point que nous ne l’identifierions pas comme de la vie ; antiscientifique dans la mesure où le passage du singulier à l’universel n’est pas légitime et qu’un seul exemple n’est pas représentatif d’une loi générale. Quelques questions suffiront à illustrer ce problème. A supposer que la vie existe ailleurs, aurait-elle nécessairement les mêmes propriétés chimiques que celles que nous observons sur Terre ? Aurait-elle encore un ADN ? Cet ADN aurait-il encore un groupe phosphate, un sucre comme le ribose, les quatre bases chimiques que nous connaissons (adénine, guanine, cytosine et thymine) ou un autre nombre de bases - pourquoi pas deux ou cinq ? La chimie d’un vivant extraterrestre serait-elle nécessairement celle du carbone (pourquoi pas du bore, qui, au dire des chimistes, serait aussi un bon constituant) ? Aurait-elle forcément besoin d’eau liquide pour se développer (même sur notre planète, il a été démontré que la vie peut subsister sous terre, à des kilomètres de profondeur...). Présenterait-elle la même asymétrie moléculaire appelée l’homo-chiralité, serait-elle, à l’instar de la vie terrestre, constituée d’acides aminés lévogyres et de sucres dextrogyres ? Bref, si nous tombions sur une forme de vie complètement différente de la nôtre, saurions-nous seulement la reconnaître ? Une vie s’étant développée dans du méthane liquide comme sur Titan, ne présenterait certainement pas les caractéristiques terrestres de la vie. Toutes les tentatives de définition du vivant à partir de la seule chimie semblent donc a priori vouées à l’échec et « terramorphes », prisonnières de notre conception terrestre du vivant. De même, la recherche d’oxygène, longtemps considérée à tort comme une signature biologique, et traquée sur les exoplanètes n’est même pas un marqueur suffisant pour attester de la présence de vie : l’oxygène, que l’on a longtemps associé à la présence du vivant n’est pas une biosignature fiable. On a récemment découvert sur la comète Tchouri du dioxygène (oxygène moléculaire) qui s’est sans doute formé en même temps que notre système solaire et en l’absence de vie ; mieux, même sur Terre, de récentes expériences ont démontré que les éponges sont capables de se développer aussi bien dans des milieux très pauvres en oxygène ! Preuve s’il en est qu’une planète pourrait tout aussi bien abriter une forme de vie n’ayant pas besoin d’oxygène pour exister. « Qu’est ce qui est vivant, qu’est-ce qui ne l’est pas ? » n’est donc pas une question qui peut recevoir une réponse immédiate. »

Source

3 Messages de forum

  • La vie n’est pas si compliquée à définir 4 février 21:32, par Terre-à-terre

    Donner une définition de la vie permettant de distinguer de façon globale le vivant du non-vivant n’est pas aussi difficile que votre article le laisse croire : par exemple, on pourrait dire grosso-modo qu’un système délimité est vivant s’il est en mesure de renouveler par lui-même ses propres composantes internes à partir de la matière présente dans son environnement. C’est une définition générale qui permet de distinguer facilement les systèmes mécaniques et électroniques (comme des robots et des ordinateurs) des systèmes organiques vivants ; elle permet aussi de ne pas retenir les processus naturels qui se déplacent et se développent de façon automatique sans réellement être vivants.

    C’est une autre tâche cependant d’identifier des critères physico-chimiques signalant la présence de la vie. Car à ce moment, il faut tenir compte des molécules et des composantes atomiques précises générées par la présence de vie. Et on ne sait pas si les formes de vie que nous connaissons sur Terre sont les seules à pouvoir exister comme le mentionne bien votre article. C’est à cela que s’intéresse surtout l’exobiologie. Le fait de traiter ensemble la définition de la vie et la recherche de traces de vie comme c’est habituellement le cas crée de la confusion sur ce qu’est la vie.

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