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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Socrate sans savoir à qui le demander

lundi 21 octobre 2019, par Robert Paris

Hegel, dans « Histoire de la philosophie », tome II, écrit : "Socrate fut un héros en ce qu’il comprit consciemment le principe suprême et le proclama. Le principe suprême possède un droit absolu. Telle est en général la condition des héros dans l’histoire universelle : c’est par leur intermédiaire que se réalise l’ascension du monde nouveau. Parce qu’il contredit le principe établi, le principe nouveau parait un principe destructeur. Pour la même raison, il semble aussi que les héros font violence aux lois ; et, individuellement, ils sont condamnés à périr ; mais leur principe poursuit son action, encore que sous une autre forme, et il sape ce qui est établi."

Karl Marx dans « Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure »  : « Socrate est l’image du monde et son professeur. »

« Voir dans Socrate avant tout un patriote, travaillant par la prédication morale au relèvement d’Athènes, n’oblige pas à méconnaître les autres faces de son caractère et de son génie. Il pourra, sans interrompre la mission qu’il s’est donnée, entrer par hasard dans l’atelier de Parrhasius ou de Cliton et leur donner des conseils fort sensés sur la peinture et la statuaire ; il pourra discuter avec Pistias les qualités qui font une bonne armure, avec Théodote les moyens d’attirer ou de retenir les amans ; dans les heures de méditation intense et solitaire, lorsque, par exemple, à la grande surprise de l’armée, il passait tout un jour et toute une nuit debout et immobile, il déterminera l’idée générale d’une science des mœurs, il concevra, comme le veut M. Zeller, la nécessité d’une philosophie du concept ; il découvrira, ainsi qu’en témoigne Aristote, les discours inductifs et la définition. Pourquoi même lui contester l’honneur d’avoir entrevu l’importance métaphysique du principe des causes finales ? Pourquoi n’aurait-il pas été quelque peu physicien, géomètre, arithméticien ? Xénophon nous assure que, s’il niait l’utilité de ces sciences, il ne les ignorait pas, et Platon nous le montre lisant dans sa jeunesse et critiquant le grand ouvrage d’Anaxagore. » (Ludovic Carrau, « La Sophistique et Socrate »)

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Socrate sans savoir à qui le demander

[Dialecticien et communiste https://www.matierevolution.fr/spip...]

Eh oui, Socrate est dialecticien !

Socrate, un révolutionnaire

« Connais-toi toi-même

Socrate condamné par… nous

Zénon et Socrate

Zénon, Socrate, Parménide et … Platon

Socrate contre… Nietzsche !

Aristophane contre Socrate

Socrate pour la libération des femmes

Grèce antique : la philosophie de Zénon d’Elée et de Socrate

Et si Platon, Démocrite, Socrate, Parménide, Zénon et les anciens philosophes Grecs revenaient…

Les véritables entretiens de Socrate

Socrate, d’après Diogène Laërce

Apologie de Socrate d’après Xénophon

Socrate d’après Platon

Socrate d’après Plutarque

Platon, le premier anti-Socrate

Ses disciples nous parlent de Socrate

Pensées de Socrate

SOCRATE.

« Tous les êtres sont dans un mouvement, un flux, un renouvellement continuel…. La sagesse, φρόνησις. C’est l’intelligence de la mobilité des choses et de leur flux continuel, φορᾶς καὶ ῥοῦ νόησις….

Ceux qui croient que tout est en mouvement, supposent que la plus grande partie de l’univers ne fait que passer, mais qu’il y a un principe qui parcourt l’univers et produit tout ce qui passe, et que ce principe est d’une vitesse et d’une subtilité extrême. Car il ne pourrait traverser toutes choses dans leur mouvement, s’il n’était assez subtil pour que rien ne pût l’arrêter, et assez rapide pour qu’en comparaison de la vitesse de sa course tout fut comme en repos. Ainsi puisque ce principe gouverne toutes les choses en les parcourant et les pénétrant, διαιόν on l’a appelé avec raison δίκαιον »

source

Socrate et la libération des femmes

Socrate : « Il y a donc, selon toi, des talens de femmes, et d’autres réservés aux hommes. »

Source

SOCRATE. Voyons donc ; si on te demandait : sont-ce les plus sages ou les moins sages qui donnent les noms les plus justes ?

HERMOGÈNE. Évidemment ce sont les plus sages, répondrais-je.

SOCRATE. Dans une ville, à parler en général, sont-ce les hommes ou les femmes qui te paraissent les plus sages ?

HERMOGÈNE. Ce sont les hommes.

SOCRATE.

Remarque bien ceci. D’abord, je puis rapporter l’image de l’homme à l’homme, celle de la femme à la femme, et ainsi du reste.

CRATYLE. Oui.

SOCRATE. Je puis aussi rapporter, tout au contraire, l’image de l’homme à la femme et celle de la femme à l’homme,

CRATYLE. Cela est encore possible.

Source

Socrate :

« Au rapport de Solon, les prêtres égyptiens, lorsqu’ils lui racontèrent la guerre de ce temps-là. Et il en est de même des noms des femmes. En outre, la tenue et l’image de la déesse, que les hommes de ce temps-là représentaient en armes conformément à la coutume de leur temps, où les occupations guerrières étaient communes aux femmes et aux enfants, signifient que, chez tous les êtres vivants, mâles et femelles, qui vivent en société, la nature a voulu qu’ils fussent les uns et les autres capables d’exercer en commun la vertu propre à chaque espèce…

Tel était le genre de vie de ces hommes qui étaient à la fois les gardiens de leurs concitoyens et les chefs avoués des autres Grecs. Ils veillaient soigneusement à ce que leur nombre, tant d’hommes que de femmes, déjà en état ou encore en état de porter les armes, fût, autant que possible, constamment le même, c’est-à-dire environ vingt mille. »

Source

SOCRATE

Ménexène, j’ai justement eu pour maître une femme qui ne manque pas de valeur dans l’art oratoire et qui a formé beaucoup d’excellents orateurs, et en particulier un qui est le premier de la Grèce, Périclès, fils de Xanthippe.

MÉNEXÈNE

Qui est cette femme ? C’est sans doute Aspasie dont tu parles ?

(…)

MÉNEXÈNE

Par Zeus, Socrate, elle est bienheureuse, ton Aspasie, de pouvoir, étant femme, composer de tels discours.

SOCRATE

Eh bien, si tu ne le crois pas, suis-moi, et tu l’entendras parler elle-même.

MÉNEXÈNE

Je me suis trouvé plus d’une fois avec Aspasie, Socrate, et je sais ce qu’elle vaut.

SOCRATE

Eh bien, ne l’admires-tu pas et aujourd’hui ne lui sais-tu pas gré de son discours ?

MÉNEXÈNE

Si, Socrate ; je sais même beaucoup de gré de ce discours à Aspasie ou à celui, quel qu’il soit, qui te l’a débité, et j’ajoute, beaucoup de gré aussi à celui qui l’a récité.

Source

Socrate : « Puisqu’il y a doute, renvoyons la question à un autre moment : achevons à présent de qui est commencé. Pour moi, je vois la danseuse qui attend et à laquelle on apporte des cerceaux. » Sur cela, la musicienne fait entendre sa flûte, et quelqu’un placé près de la danseuse lui donne des cerceaux jusqu’à douze. Elle les prend : aussitôt elle danse et les jette en l’air, en calculant à quelle hauteur elle doit les jeter pour les recevoir en cadence. Alors Socrate : « Il y a mille preuves, mes amis, et ce que fait cette enfant en est une nouvelle, que la nature de la femme n’est pas inférieure à celle de l’homme : il ne lui manque qu’un peu plus d’intelligence et de vigueur. Qu’ainsi ceux d’entre vous qui ont une femme lui apprennent résolûment tout ce qu’ils veulent qu’elle sache et qu’elle mette en pratique. »

Socrate s’adressant directement à Antisthène : « Pour cette fois, dit-il, les spectateurs ne nieront pas, je crois, qu’on ne puisse donner des leçons de courage, puisque cette danseuse, toute femme qu’elle est, passe si hardiment à travers les épées.

Source

Xénophon rapporte les propos de Socrate à son fils :

« Socrate, s’étant aperçu que Lamproclès, l’aîné de ses fils, était irrité contre sa mère : « Dis-moi, mon enfant, lui demanda-t-il, sais-tu qu’il y a certains hommes qu’on appelle ingrats ? — Je le sais, répondit le jeune homme. — Sais-tu donc aussi ce qu’ils font pour recevoir ce nom ? — Oui ; l’on appelle ingrats ceux qui ont reçu des bienfaits, et qui, le pouvant, n’en témoignent pas de reconnaissance. — Ne vois-tu pas que l’on range les ingrats parmi les hommes injustes ? — Je le vois. — T’es-tu donc déjà demandé si, de même qu’il est injuste de rendre ses amis esclaves, tandis qu’il est juste d’asservir ses ennemis, de même aussi il est injuste d’être ingrat envers ses amis, et juste de l’être envers ses ennemis ? — Assurément ; et je crois que celui qui ne s’efforce pas de témoigner de la reconnaissance à un bienfaiteur, soit ami, soit ennemi, est un homme injuste. — Eh bien ! s’il en est ainsi, l’ingratitude est donc une pure injustice. » Lamproclès en convint. « Et un homme est d’autant plus injuste qu’il se montre ingrat après avoir reçu plus de bienfaits ? » Il en convint encore. « Eh bien ! où trouverons-nous jamais personne qui ait reçu plus de bienfaits que les enfants n’en reçoivent de leurs parents ? Ce sont les parents qui les ont fait passer du néant à l’être, au spectacle de tant de merveilles, à la jouissance de tant de biens que les dieux ont donnés à l’homme : et ces biens nous semblent si précieux, que tous, tant que nous sommes, nous ne craignons rien tant que de les perdre. Aussi les cités ont-elles établi la peine de mort contre les plus grands crimes, comme le châtiment le plus effrayant pour arrêter l’injustice. « Sans doute tu ne te figures pas que c’est exclusivement pour les plaisirs de l’amour que les hommes cherchent à avoir des enfants, puisque les rues et les maisons sont pleines de moyens de se satisfaire ; mais on nous voit considérer quelles femmes nous donneront les plus beaux enfants, et c’est à celles-là que nous nous unissons pour réaliser notre espoir. L’époux nourrit donc avec lui celle qui l’aide à devenir père ; il amasse d’avance pour ses futurs enfants tout ce qu’il croit devoir leur être utile durant leur vie, et il en fait la plus ample provision possible. La femme reçoit et porte ce fardeau qui l’alourdit et qui met ses jours en péril ; elle donne à son enfant une part de sa propre substance ; puis, après une gestation et un enfantement plein de douleurs, elle nourrit et soigne, sans aucun retour, un enfant qui ne sait pas de qui lui viennent ces soins affectueux, qui ne peut pas même faire connaître ce dont il a besoin, tandis que la mère cherche à deviner ce qui lui convient, ce qui peut lui plaire, et qu’elle le nourrit jour et nuit, au prix de mille fatigues, et sans savoir quel gré la payera de ses peines. Mais c’est peu de nourrir les enfants : dès qu’on les croit en âge d’apprendre quelque chose, les parents leur communiquent toutes les connaissances utiles qu’ils possèdent eux-mêmes ; ou bien, ce qu’ils croient un autre plus capable de leur enseigner, ils les envoient l’apprendre auprès de lui, sans épargner la dépense ni les soins, mais faisant tout pour que leurs fils deviennent les meilleurs possible. » À cela le jeune homme répondit : « Oui, certes, elle a fait tout cela et mille fois plus encore ; mais personne cependant ne pourrait supporter son humeur. » Alors Socrate : « Crois-tu donc, dit-il, que l’humeur sauvage d’une bête soit plus insupportable que celle d’une mère ? — Non vraiment, du moins d’une mère telle que la mienne. — Est-ce que par hasard elle t’aurait fait quelque morsure ou lancé une ruade, comme tant de gens en reçoivent des bêtes ? — Mais, par Jupiter, elle dit des choses qu’on ne voudrait pas entendre au prix de la vie. — Et toi, dit Socrate, combien, depuis ton enfance, ne lui as-tu pas causé de désagréments insupportables, et de parole, et d’action, et le jour, et la nuit ? combien de soucis ne lui ont pas donnés tes maladies ? — Mais, du moins, je ne lui ai jamais rien dit, jamais rien fait dont elle eût à rougir. — Quoi donc ? Dois-tu trouver plus pénible d’entendre ce qu’elle te dit, qu’il ne l’est aux comédiens d’écouter les injures qu’ils se prodiguent mutuellement dans les tragédies ? — Mais, à mon avis, comme ils ne pensent pas que celui qui les injurie les injurie pour leur infliger une peine, ni que celui qui les menace les menace pour leur faire du mal, ils endurent facilement ce qu’on leur dit. — Et toi, qui sais bien que ta mère, quoi qu’elle te dise, le dit sans songer à mal, mais qu’elle voudrait te voir aussi heureux que personne, tu t’irrites contre elle ? Crois-tu donc que ta mère soit pour toi une ennemie ? — Non, certes, je ne le crois point, » Alors Socrate : « Eh bien, cette mère qui t’aime, qui prend de toi tous les soins possibles quand tu es malade, afin de te ramener à la santé et que rien ne te manque, qui, en outre, prie les dieux de te prodiguer leurs bienfaits et s’acquitte des vœux qu’elle a faits pour toi, tu te plains de son humeur ? Pour moi, je pense que, si tu ne peux supporter une telle mère, tu ne peux supporter rien de bon. »

Source

Socrate, adversaire de l’esclavage

« Appelle-moi un de ces nombreux esclaves qui t’accompagnent que je te démontre sur lui la chose. » Ainsi débute la célèbre leçon de géométrie que Socrate dispense à un esclave dans le Ménon, un dialogue de Platon

Lire Ménon

Voir ici

Socrate ancêtre de la psychanalyse

Socrate avait-il conscience de développer une psychanalyse, d’accoucher des âmes, c’est-à-dire de mettre à jour des pensées intérieures dont leurs propriétaires ignoraient l’existence ?

Socrate, le psychanalyste : « Les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux-mêmes les bonnes réponses. »

Socrate, rapporté toujours par Platon : « Tu ignores encore, pauvre ignorant, que je suis fls d’une sage femme… T’a-t-on dit aussi que j’exerce la même profession… Sache donc que rien n’est plus vrai… Eh bien, le métier que je pratique est en tous points le même, à cela près que j’aide à la délivrance des hommes, et non pas des femmes, et que je soigne, non les corps, mais les âmes en mal d’enfant. Mais ce qu’il y a de plus admirable dans mon art, c’est qu’il peut discerner si l’âme d’un jeune homme va produire un être chimérique ou porter un fruit véritable. »

Socrate (cinquième siècle avant J.-C.) et sa maïeutique à accoucher les âmes dans laquelle Lacan voit la première analyse : Voir ici

Euripide, représentation théâtrale des idées de Socrate

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