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Notre principale divergence avec l’extrême gauche française : ils ne sont pas clairs vis-à-vis de la nature de l’Etat capitaliste !

mercredi 23 octobre 2019, par Robert Paris

Notre principale critique de l’extrême gauche opportuniste, c’est sa manière de camoufler la question de la nature de l’Etat et de la démocratie bourgeoise pour justifier ses alliances avec nos ennemis

« Quand même ! Vous êtes plutôt du même bord que l’extrême gauche, par rapport à tous ces gens qui ne sont ni révolutionnaires, ni communistes, ni même anticapitalistes et vous les critiquez autant que si c’étaient des ennemis. »

Voilà ce que nous écrit un lecteur du site qui nous affirme que tout cela ne l’empêche pas d’être assidu sur Matière et Révolution et de prendre en considération nos critiques des réformistes politiques et syndicaux. Il estime que c’est justement cette critique qui devrait nous rapprocher des autres groupes d’extrême gauche qui, selon lui, sont tout aussi critiques.

Tout d’abord, rappelons qu’en bonne politique révolutionnaire, il n’y a pas de diplomatie, pas de « bonnes relations » ni de « mauvaises relations » mais il y a accord ou désaccord politique. L’accord ne peut provenir que d’une proximité sur les questions de fond. Et, parmi celles-ci, l’une des plus importantes sera toujours la question de la nature de l’Etat. Cette question signifie qu’il n’y a pas d’Etat « de gauche », ni d’Etat « de droite », ni d’Etat « progressiste », ni d’Etat « populaire » ou de « front populaire », ni même d’Etat d’extrême droite ou d’Etat fasciste. Il n’y a que l’Etat bourgeois, dictateur de la classe capitaliste, ou l’Etat ouvrier, dictature du prolétariat révolutionnaire visant à la suppression planétaire du pouvoir des capitalistes. C’est cela, en résumé, la question de la nature de l’Etat, du moins pour des marxistes révolutionnaires.

Tous ceux qui affirment qu’ils veulent pousser l’Etat plus à gauche sont réformistes. Tous ceux qui affirment vouloir pousser plus à gauche les réformistes, politiques, associatifs ou syndicaux, sont des opportunistes. Pas plus qu’un cochon « poussé à gauche » ne devient une vache, des organisations réformistes poussées à gauche ne deviennent ni meilleures, ni révolutionnaires, ni simplement moins bureaucratiques, moins bourgeoises.

Quant à pousser l’Etat capitaliste, prétendument démocratique (alors qu’il n’y a rien de moins démocratique que la dictature du 1% de capitalistes), vers la gauche, quand les masses prolétariennes le font vraiment, cet Etat est en fait surtout poussé… vers des politiques d’extrême droite, de dictature et de guerre. Et, même dans ce cas, la continuité de l’Etat se poursuit et il ne cesse pas une seule seconde de défendre les mêmes intérêts, ceux du grand capital, national comme mondial contre le prolétariat et en trompant la petite bourgeoisie. Désolé de devoir rappeler ce B-A-BA ou du moins ce qui devrait l’être pour des militants politiques se revendiquant notamment de Marx. Et cela signifie que l’on ne doit pas pactiser avec ceux qui prétendent réformer l’Etat et le mode de production capitaliste et surtout pas légitimer leurs grossiers mensonges. Entraîner les travailleurs influencés par les syndicats et les partis « de gauche » de la bourgeoisie et les militants honnêtes éventuellement oui, mais laisser entendre que ces appareils pourraient être gauchis surtout pas !!! C’est la tromperie la plus dangereuse que de faire croire que l’Etat capitaliste, arme de guerre de nos ennemis, pourrait être gauchi, pourrait être plus favorable aux intérêts des travailleurs et des masses laborieuses.

L’union des révolutionnaires (ceux qui le sont en paroles et en actes) n’est à confondre avec la caution aux mensonges, aux trahisons et aux méthodes de caution des bureaucraties, celles de la gauche et de la gauche de la gauche mais y compris celles des petits appareils politiques de l’extrême gauche opportuniste (LO, NPA, POI, AL, FA, Révolution permanente, etc.). Ce n’est pas se tenir à l’écart du mouvement ouvrier que se tenir à l’écart des compromis et compromissions des opportunistes avec les réformistes bourgeois. Ce n’est pas diviser la classe ouvrière que de la séparer de ses faux amis en démasquant ces derniers.

C’est cette question de la nature de classe de l’Etat qui nous distingue et nous oppose aux réformistes et c’est encore cette question, cruciale pour des révolutionnaires, qui nous distingue et nous oppose aux opportunistes. Nous ne menons pas des attaques contre des groupes d’extrême gauche qui, dans les paroles et dans les actes, s’en prennent à l’Etat capitaliste. Par contre, nous sommes particulièrement des adversaires des extrême gauches opportunistes qui, d’un côté, se disent pour la révolution et, de l’autre, font tout ce qu’ils peuvent contre la radicalisation réelle des luttes, comme on l’a vu clairement avec le mouvement des Gilets jaunes, qu’ils ont combattu ouvertement à son début pour, parfois, le soutenir du bout des lèvres ou du moins prétendre que le syndicalisme pouvait converger avec lui, effaçant ou tentant d’effacer le caractère révolutionnaire du mouvement des Gilets jaunes alors que les bureaucraties syndicales, elles, ne se sont nullement radicalisées, sans parler de devenir révolutionnaires. Que quelques militants révolutionnaires aient acquis des positions dans le mouvement syndical ne signifie nullement que celui-ci se soit radicalisé mais seulement qu’il a besoin d’avancer masqué et qu’il peut utiliser des militants politiques jouant sur les deux tableaux, un affichage révolutionnaire et une pratique réformiste.

La pratique non-révolutionnaire des opportunistes est particulièrement visible dès qu’il s’agit de l’auto-organisation qui est, rappelons-le, la pierre de touche de toute politique révolutionnaire. Cette dernière ne compte que sur le pouvoir des prolétaires par eux-mêmes et ne peut miser que sur le fait que des luttes auto-organisées préparent les prolétaires à exercer eux-mêmes la totalité du pouvoir. Hors d’une telle politique point de salut pour des révolutionnaires !

Le dernier mouvement des Gilets jaunes a été une pierre de touche pour tester ces groupes d’extrême gauche et il a montré que notre appellation d’ « extrême gauche opportuniste » était bel et bien valide. Loin de reconnaître, dès le début, que ce mouvement était une action révolutionnaire de classe du prolétariat, et même le plus exploité et le plus opprimé, ces groupes ont considéré que c’était du poujadisme raciste derrière des petits patrons déçus du macronisme mais qui en revenaient. Et quand ils ont un modulé leur rejet catégorique, ils sont tombés dans la volonté de ramener ce mouvement dans les clous du syndicalisme réformiste !!! Cela bien sûr sous prétexte de renforcer le mouvement et de lui donner la perspective de la grève générale. Comme si les journées d’action des bureaucraties syndicales, qui ne sont même pas de véritables grèves, préparaient une grève générale. Comme si les travailleurs allaient, dans des journées d’action, avoir les moyens de décider de la poursuite de la lutte, alors que les appareils syndicaux rejettent de manière virulente toute auto-organisation de la lutte par les travailleurs eux-mêmes. Et que ces groupes d’extrême gauche sont loin de soutenir l’auto-organisation des Gilets jaunes et se refusent, contre les bureaucraties, à soutenir l’auto-organisation des travailleurs dans les entreprises.

Rien d’étonnant, du coup, que partout où nos camarades se rencontrent avec les groupes de l’extrême gauche opportuniste, ces derniers soient prêts à pactiser avec tous les réformistes mais même avec la droite et l’extrême droite contre nos camarades. Nous pouvons même remarquer que, plus la situation se radicalise, plus leur opportunisme se révèle, et plus leur hostilité à notre égard est grande, au point de pactiser contre nos camarades avec des courants ouvertement hostiles au prolétariat et au communisme.

La radicalisation de la lutte devrait nous rapprocher, estime notre lecteur, mais la réalité montre clairement que c’est tout le contraire, et que c’est la même chose avec les courants réformistes, y compris ceux de la gauche de la gauche. Plus la situation sociale et politique se radicalise, plus leur trahison risque d’apparaître au grand public et plus ils nous sont hostiles car nous le rendons public dans nos écrits. Bien sûr, cela choque ceux qui sont pour la paix des familles au sein de la grande famille d’extrême gauche. Il convient d’ailleurs de remarquer que la plupart des groupes d’extrême gauche pratiquent le silence sur ce qu’ils pensent des politiques les uns des autres. Seuls ceux qui ne pratiquent aucun opportunisme peuvent souhaiter critiquer tout le monde et subir la critique de tout le monde…

Les compromis et compromissions de toutes sortes impliquées par les choix politiques et sociaux de ces courants d’extrême gauche, en particulier pour tenter de devenir l’aile politique de la gauche syndicale, les mènent à des trahisons de fond comme le mouvement des Gilets jaunes vient de le montrer. La pire trahison n’a pas consisté à refuser de participer au début mais à discréditer le mouvement dans la classe ouvrière en le traitant de manipulé par les fascistes-racistes et en de mouvement de petits bourgeois déçus et aigris.

La deuxième trahison fondamentale du mouvement révolutionnaire des Gilets jaunes par cette extrême gauche opportuniste, agissant en tant qu’aile de la gauche syndicale, a consisté, sous prétexte de le renforcer, à le dissoudre dans une alliance sans principes avec une partie du courant syndical, l’essentiel de celui-ci restant aussi hostile, aussi à l’écart et aussi prêt à calomnier et à refuser toute solidarité, y compris avec les victimes de violences policières. L’extrême gauche s’est souvent justifiée pour agir ainsi sous le prétexte que cela allait mener à la grève générale comme débouché du mouvement des Gilets jaunes. Mais de réelle grève générale provenant de cette prétendue convergence syndicats-Gilets jaunes, ou même de grève tout court, on n’en a pas vu la queue nulle part dans aucune entreprise. Et cela pour une raison de fond que l’extrême gauche opportuniste s’est bien gardée de rapporter à ceux qui la soutiennent : les syndicats sont les pires ennemis de toute auto-organisation des luttes sociales car celle-ci sonnerait le glas de leur rôle tampon, de leurs ambitions et leur existence même comme organes de la bourgeoisie et de l’Etat capitaliste au sein du prolétariat. Et, bien entendu, s’ils perdaient le rôle que leur reconnaît l’Etat « démocratique », ils perdraient également les postes et avantages, notamment financiers, qui vont avec. Bien entendu aussi, ce n’est pas pour rien que le grand capital leur accorde tous ces avantages : c’est bel et bien pour trahir les intérêts ouvriers !

Démasquer le réformisme et l’opportunisme est un des objectifs fondamentaux de toute politique révolutionnaire. Les appareils réformistes ont souvent besoin du masque opportuniste à coloration d’extrême gauche pour cacher leurs trahisons. On le voit quand le parti socialiste est complètement discrédité en France : alors Besancenot du NPA vole à son secours au nom de l’unité de la gauche ! On le voit quand les travailleurs remarquent que les syndicats sabotent et calomnient ouvertement le mouvement des Gilets jaunes : Arthaud de l’organisation Lutte ouvrière vole au secours de la CGT, cautionne la politique et les calomnies de Martinez, secrétaire général de ce syndicat et affirme que « nous ne sommes pas des Gilets jaunes »…

Les appareils réformistes sont parfois eux-mêmes isolés de la base des travailleurs et leur tenue camouflage d’extrême gauche leur permet alors de refaire le lien… On assiste donc à des va-et-vient : tantôt la bureaucratie réformiste attaque les petits appareils politiques de l’extrême gauche, tantôt elle leur fait les yeux doux. Dans les deux cas, elle n’est pas plus révolutionnaire, ni plus à gauche, ni moins liée à la grande bourgeoisie et à son Etat. Quand elle fait appel aux militants d’extrême gauche opportuniste, c’est parce qu’il y a plus de risques pour elle d’être démasquée au sein de la classe ouvrière. Ces groupes politiques tirent ainsi profit des luttes de classes, mais pas pour les renforcer, pas pour les rendre conscientes des enjeux et des rapports de force et surtout pas pour favoriser l’auto-organisation des travailleurs et le développement et la défense, au sein de ces organisations de masse en comités de travailleurs, d’un programme social et politique de classe du prolétariat.

La principale trahison des groupes pseudo-révolutionnaires et opportunistes consiste à faire croire qu’il n’y aurait pas besoin de rompre avec les appareils de la bourgeoisie, dont les réformistes, pour mener une politique véritablement au service des intérêts politiques du prolétariat. Cela signifie faire croire qu’il ne serait pas nécessaire de rompre avec l’Etat, de se confronter directement à lui par l’action directe, qu’il ne serait pas indispensable de refuser systématiquement toute négociation avec lui qui ne serait pas entièrement contrôlée par les travailleurs eux-mêmes. Tout le jeu de ces groupes consiste à apparaître radicalement opposés au gouvernement et aux classes possédantes sans jamais rompre réellement avec l’Etat capitaliste et avec ses organes notamment les appareils politiques, associatifs et syndicaux du réformisme. Ces groupes ne cessent de demander à l’Etat capitaliste d’agir contre les capitalistes, comme si une telle chose était possible, à la manière de leurs maîtres et alliés réformistes. Par contre, jamais ils ne se servent de leurs positions syndicales ou politiques pour proposer au prolétariat de renverser la dictature des appareils syndicaux. Jamais ils ne se servent de leurs éventuelles positions politiques conquises pour remettre en question fondamentalement la classe capitaliste et son Etat. Jamais ils ne tentent d’appeler les prolétaires à déborder le cadre étouffant des bureaucraties syndicales et à s’attaquer réellement à l’ordre du grand capital.

Par exemple, le groupe Lutte ouvrière, qui joue volontiers en paroles au purisme communiste et révolutionnaire, démasque sans cesse la mainmise du grand capital sur toute la société et notamment toutes ses richesses, mais ce n’est nullement pour affirmer que le prolétariat devra les saisir en totalité. Non, c’est seulement pour dire que les organisations ouvrières (lesquelles ? les syndicats ? les comités d’entreprises ? les élus syndicaux ? les secrétaires syndicaux ? on ne sait) devront seulement « contrôler » le grand capital !

Autre exemple, le groupe NPA ne tarit pas de critiques sur les violences policières et militaires de l’Etat bourgeois français mais il affirme aussitôt que c’est « au moyen des élections démocratiques » que le changement social révolutionnaire se produira !!! Le renversement et le démantèlement complet de l’Etat capitaliste n’est pas au programme de ces gens-là !

Certes, dans des publications confidentielles, ces groupes peuvent prétendre vouloir la révolution prolétarienne, se revendiquer Marx et de la révolution d’Octobre 1917, mais dans le grand public jamais leur propagande ne s’appuie sur les idées de Marx, Lénine ou Trotsky, et jamais ils ne s’appuient sur les idées des révolutionnaires du passé pour fonder leurs interventions politiques et syndicales.

Redisons-le, la première nécessité d’une politique révolutionnaire est l’affirmation de la nécessité de la destruction de l’Etat et de tout l’ordre bourgeois et la mise en place de l’Etat et de l’ordre prolétarien, ce qui passe, au travers des luttes sociales par la mise en place des organisations de base du prolétariat : comités de grève, assemblées et coordinations élues et révocables, comités de Gilets jaunes, conseils prolétariens, etc… La seconde nécessité, c’est de défendre et de faire voter, au sein de ces organisations, des perspectives sociales et politiques révolutionnaires, avec des objectifs qui ne visent jamais au replâtrage de la société et du système actuel. C’est cette politique-là que l’on peut appeler véritablement travail de construction du futur parti communiste révolutionnaire. La troisième nécessité, c’est de démasquer, face à ces organisations et à ces programmes, les faux amis des travailleurs et des peuples. La quatrième nécessité, c’est qu’au travers des luttes et du développement de la conscience et de l’organisation autonome du prolétariat, celui-ci devienne le véritable centre dirigeant de toutes les luttes contre la classe possédantes, celle des femmes, celle des jeunes, celle des chômeurs, celle des peuples opprimés et écrasés, la lutte contre les tendances les plus sanglantes du grand capital, vers la guerre, vers des dictatures plus ouvertes et plus violentes, vers la démagogie raciste, etc.

Aucune de ces nécessités fondamentales ne sont reconnues par l’extrême gauche opportuniste. Ces derniers sont même prêts à pactiser avec n’importe qui pour combattre les révolutionnaires qui proposent une politique sans compromissions.

Ces groupes ne se contentent pas de faire des alliances ou de pactiser avec des appareils syndicaux. Ils défendent une politique qui est compatible avec ces choix soi-disant tactiques. Par exemple, ils ne combattent jamais clairement l’appareil d’Etat, son armée, sa police, sa justice, ses prisons, ses forces spéciales, ses services « de renseignement », tout son appareil répressif. Ils ne se servent nullement de toutes les occasions où des événements permettraient que le grand public prenne conscience que l’Etat n’est pas au service de la population.

Par exemple, lors des dernières révolutions au Soudan et en Algérie, ils se gardent de relever que le soulèvement a rompu avec les appareils réformistes, politiques et syndicaux. Ils se gardent de rappeler que ce n’est pas seulement en Algérie et au Soudan que l’appareil d’Etat n’est rien d’autre qu’une bande d’assassins au service des classes possédantes. Ils prétendent même que cela ne serait pas le cas dans « nos » pays démocratiques ! Par exemple, Arthaud de l’organisation française Lutte ouvrière déclare que « Dans ces pays-là, ils auront à affronter l’armée ». Comme si en France les travailleurs n’auront pas à affronter l’armée !!! On a vu ce même groupe se dire solidaire des actions revendicatives de la police française menée par des syndicats ultra-réactionnaires ! On l’a vu occulter les tendances putschistes des généraux et anciens généraux du type Desportes, Soubelet, Tauzin et Piquemal. On l’a vu dénoncer les black blocs. On l’a vu dénoncer les révoltes des banlieues et revendiquer une police de proximité. Comme s’il faisait bon être à proximité des matraques, des gazages, des tirs de LBD et on en passe…

Certains de ces groupes ont conquis une petite crédibilité au sein des équipes syndicales mais ils ne l’ont pas conquises aux idées révolutionnaires et elle ne peut nullement servir une politique révolutionnaire. On l’a bien vu récemment dans le mouvement des cheminots quand cette extrême gauche a organisé « l’assemblée inter-gares » et s’est absolument refusée à faire élire pour celle-ci des représentants au sein des assemblées de cheminots car cela aurait consisté à contester les appareils syndicaux. Et ce n’est qu’un exemple. Lors du grand mouvement des personnels des hôpitaux qui conspuait les négociations avec Hirsch des bureaucraties syndicales, cette extrême gauche a même empêché toute organisation des plus radicaux des équipes syndicales qui voulaient contester cette politique de trahison du mouvement.

Bien entendu, la réponse de ces groupes d’extrême gauche opportuniste consiste à dire que nous prenons nos désirs pour des réalités, que nous n’avons aucune conscience de l’état réel de conscience et d’organisation du prolétariat. Mais, comme on vient de le voir avec les Gilets jaunes, quand cette conscience et cette organisation peuvent faire un bond en avant, ces groupes se mettent en travers au lieu d’appuyer cette radicalisation brutale.

Nous ne devons jamais oublier la leçon des révolutions : lors des radicalisations prolétariennes, les organisations qui sont restées liées à la bourgeoisie et au réformisme se sont placées radicalement… en travers de la lutte des travailleurs et ils n’ont utilisé la violence que contre les révolutionnaires ! Les partis de gauche russes participant à la guerre civile des armées russes blanches et impérialistes l’ont montré. La social-démocratie (de droite et de gauche) allemandes en sont un autre exemple historique à ne jamais oublier lors de la révolution prolétarienne en Allemagne en 1918-1919. De même que l’extrême gauche du MIR chilien qui a défendu jusqu’au dernier moment le social-démocrate Allende au pouvoir bourgeois mais pas l’autonomie ouvrière armée. Et ce ne sont que des exemples marquants d’un fait général.

Tout porte à croire que l’un des objectifs de l’extrême gauche opportuniste sera de faire taire, y compris par des moyens physiques, l’extrême gauche qui dénonce l’opportunisme. Nous sommes prévenus !

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