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Le prolétariat, classe révolutionnaire

samedi 29 août 2009, par Robert Paris

LA REVOLUTION RUSSE DE 1917

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THE MATTER AND THE REVOLUTION

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"La Commune de Paris (1871) est la première tentative de la révolution prolétarienne pour briser la machine d’Etat bourgeoise. Elle est la forme politique enfin trouvée par quoi l’on peut et l’on doit remplacer ce qui a été brisé." Lénine dans "L’Etat et la révolution".

« Seule l’explication marxiste de tout ce qui s’est passé peut rendre à l’avant-garde prolétarienne sa confiance en elle-même. Il ne suffit pas d’exprimer sa sympathie aux victimes, il faut devenir plus forts, pour renverser et étouffer le bourreau. »

« La théorie et l’histoire enseignent que la substitution d’un régime social à un autre suppose la forme la plus élevée de la lutte de classe, c’est-à-dire la révolution. Même l’esclavage n’a pu être aboli aux Etats-Unis sans guerre civile. La force est l’accoucheuse de toute vieille société grosse d’une nouvelle. Personne n’a été capable de réfuter ce principe fondamental énoncé par Marx, de la sociologie des sociétés de classe. Seule la révolution socialiste peut ouvrir la voie au socialisme. »
Léon Trotsky dans « Le marxisme et notre époque »

« Si l’on n’entrait dans les combats qu’en étant sûr de la victoire, aucune bataille n’aurait jamais eu lieu sur cette terre. Un calcul préalable des forces disponibles ne peut déterminer d’avance l’issue des combats révolutionnaires. S’il en était autrement, on aurait depuis longtemps remplacé la lutte des classes par une statistique des classes. »
Léon Trotsky dans « 1905 »

« Dialectique et métaphysique
« La pensée marxiste est dialectique : elle considère tous les phénomènes dans leur développement, dans leur passage d’un état à un autre. La pensée du petit-bourgeois conservateur est métaphysique : ses conceptions sont immobiles et immuables et il y a, pour elle, entre les phénomènes, des cloisons infranchissables. L’opposition absolue entre une situation révolutionnaire et une situation non révolutionnaire représente un exemple classique de pensée métaphysique, selon la formule : « Ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas ; et tout le reste vient du Malin … »
« Dans le processus de l’histoire, on rencontre des situations stables tout à fait non révolutionnaires. On rencontre aussi des situations notoirement révolutionnaires. Il existe aussi – il ne faut pas l’oublier – des situations contre-révolutionnaires. Mais ce que l’on trouve surtout, à notre époque de capitalisme pourrissant, ce sont des situations intermédiaires, transitoires, entre une situation non révolutionnaire et une situation prérévolutionnaire, entre une situation prérévolutionnaire et une situation révolutionnaire ou … contre-révolutionnaire. Ce sont précisément ces états transitoires qui sont d’une importance décisive du point de vue de la stratégie politique. »
Léon Trotsky
dans « Encore une fois où va la France ? »
(mars 1935)

« Il est possible que nous perdions notre prochaine bataille, au sens bourgeois du terme. (...) Pour un révolutionnaire, l’action permanente est le moteur social de l’histoire ; c’est pourquoi le simple fait d’entamer un combat est déjà une victoire. »
Le révolutionnaire anarchiste Buenaventura Durruti
dans un meeting de la révolution d’Espagne en janvier 1936

Le communisme est dépassé, nous dit-on. La révolution prolétarienne est périmée. La lutte de classe n’existe plus. Voilà la thèse dominante aujourd’hui et qui infecte bien des travailleurs. Non seulement ils ne croient pas que leur classe pourrait prendre la tête de la société mais beaucoup considèrent que les horreurs du stalinisme sont dues à la tentative des travailleurs de diriger la société. Certains vont même jusqu’à remettre en cause la réalité des classes sociales dans le monde actuel. Pourquoi vouloir s’assimiler une science et une philosophie révolutionnaire puisque le monde ne connaîtra plus de révolutions prolétariennes ? En réalité, la révolution prolétarienne reste la préoccupation centrale de la bourgeoisie et de l’impérialisme. C’est cette obsession qui guide leurs choix fondamentaux Nous allons le montrer sur des exemples comme l’alliance URSS/USA de Yalta, la décolonisation, les guerres civiles (Iran, Yougoslavie), les terreurs blanches (Rwanda, Algérie) et les dictatures militaires, la fin de l’apartheid et de la politique des blocs est/ouest. Mais, avant d’étudier les formes que prend la lutte des classes actuelle, il nous faut nous représenter, autant que faire se peut, comment les luttes et les révolutions ont marqué l’histoire du passé.

Le prolétariat est-il toujours une classe révolutionnaire ? La classe ouvrière joue-t-elle, 80 ans après la révolution d’octobre, le même rôle historique de transformation sociale, capable de menacer le système que celui des prolétaires de Petrograd ? Est-elle encore le fossoyeur de l’ordre bourgeois que Marx avait entrevu ? Bien des commentateurs affirment que ce n’est plus là qu’un vieux mythe, inadapté à un monde moderne dans lequel la classe ouvrière ne serait même plus indispensable économiquement, du fait du progrès technique et de la croissance des services. Même si les licenciements massifs ont effectivement réduit considérablement le nombre de prolétaires actifs, ils n’ont pas réduit leur importance pour l’économie. Quant à dire que l’on pourrait parler moins d’un prolétariat qu’à l’époque de Marx où l’industrie n’existait qu’en Angleterre, où que dans la révolution russe où les ouvriers n’étaient que 3% de la population, c’est carrément une plaisanterie !

Depuis la deuxième guerre mondiale on n’aurait plus, selon eux, assisté une révolution prolétarienne et la crainte de celle-ci ne servirait plus nulle part de base à la politique mondiale. En somme, l’histoire ne serait plus celle de lutte des classes. La chute de l’URSS, celle du régime des pays de l’est comme celle de la Chine et leur réintégration économique dans le marché capitaliste mondial comme leur alignement politique sur les pays occidentaux, toujours selon eux, sonnerait le glas d’un autre mythe : celui du socialisme devant succéder au capitalisme puisque les dirigeants de ces pays se font aujourd’hui eux-mêmes les pourfendeurs de l’idée du socialisme et les meilleurs défenseurs du capitalisme.

Cela ne signifie pas, bien entendu, que ces commentateurs se seraient fait autrefois les défenseurs du marxisme ni des intérêts du prolétariat ni de son rôle révolutionnaire ! Mais, quand même, ils trouvent qu’il y a eu une époque, disons les débuts de la société bourgeoise, où cette perspective était beaucoup plus crédible et même où le prolétariat a été une réelle menace révolutionnaire comme en 1848 et en 1871 à Paris, en 1905, en février et en octobre 1917 en Russie, en 1925-27 en Chine et en 1936 en Espagne. Selon eux, depuis il n’y a plus rien !
Ils admettent que la révolution russe a été le début d’une vague révolutionnaire internationale qui a bien failli emporter l’Europe bourgeoise et même le monde à peine sortie de la première guerre mondiale. La révolution ouvrière partie de Russie où elle a donné le pouvoir aux organisations ouvrières de masse, les soviets, et le pouvoir politique central au parti ouvrier révolutionnaire, bolchevik, s’est étendue à la Finlande, la Hongrie, l’Allemagne, l’Italie, ... et les bourgeoisies de France, d’Angleterre ont dû retirer leurs troupes de Russie, sous la menace de les voir se mutiner et la révolution s’étendre à leur propre métropole. Le dirigeant anglais Lloyd George déclarait même au conseil de quatre grandes puissances en janvier 1919 : « si j’envoie un seul soldat de plus en Russie, j’ai un soviet au pouvoir à Londres ! » Dans le monde entier des insurrections étaient marquées par cette vague révolutionnaire même quand ces luttes étaient dirigées par des petites bourgeoisies nationales car ce qui menaçait les bases mêmes de la domination impérialiste c’était la révolution contre le pouvoir capitaliste débutée en Russie. Aujourd’hui, on nous dit que tout cela est bel et bien fini et ne se reproduira plus.

Les défenseurs ouverts du capitalisme, comme les politiciens qui prétendent le réformer, qu’ils se rangent à droite ou à gauche (même le dirigeant prétendument encore « communiste » français Robert Hue ne veut plus parler de prolétariat mais « des gens » !), prétendent que l’on n’a plus vu intervenir depuis la deuxième guerre mondiale et prédisent que nous ne risquons plus de revoir la révolution prolétarienne. Il ne nous resterait plus en somme qu’à admettre le capitalisme comme éternel et à chercher à l’améliorer.

Est-ce que la bourgeoisie méprise tant ses thuriféraires (qu’ils soient économistes, journalistes, politiciens ou historiens) pour ne tenir aucun compte de leurs avis ou sait-elle parfaitement faire la part de la pure propagande, d’ailleurs payée par ses soins ? En tout cas, elle ne tient aucun compte de telles sornettes et toute sa politique continue de tenir compte comme d’un facteur de première importance du risque de révolution prolétarienne. Même dans un pays riche comme la France, elle maintient des troupes chargées uniquement de s’entraîner à la prise des villes, dans le massif central avec du matériel anti-émeute. Est-ce uniquement pour aider ses confrères des pays pauvres ? L’Etat américain, même s’il est le plus riche du monde, craint lui aussi les émeutes, en particulier du fait d’une fraction particulière du prolétariat : celle des ghettos noirs ! Et elle aussi se prépare en permanence à les affronter. L’accroissement spectaculaire des inégalités entre riches et pauvres est seulement un peu plus spectaculaire aux USA. Malgré un discours anti-communiste relativement efficace selon lequel la menace est disparue, la bourgeoisie américaine n’est pas si rassurée qu’elle le prétend. Et dans le reste du monde, la politique de l’impérialisme ne peut s’expliquer que par la crainte du prolétariat. Elle seule permet de comprendre l’alliance USA/URSS, non seulement pour faire face à l’Allemagne pendant la guerre, mais aussi, à l’après-guerre. C’est elle qui a donné sa durabilité à la bureaucratie russe, et à la politique des blocs qui a suivi. C’est l’impérialisme qui a préféré que se maintienne l’URSS et cela pour la même raison que depuis le début de l’époque stalinienne et du « socialisme dans un seul pays » : du fait de la double faiblesse de l’impérialisme et du prolétariat. Ni l’un ni l’autre n’ont été en état de l’emporter finalement et la bourgeoisie a fonctionné sans cesse avec l’idée d’ « endiguer le communisme », sauf que le communisme, ce n’était pas l’URSS mais une troisième grande puissance mondiale : le prolétariat potentiellement menaçant. Au contraire, le stalinisme était un des puissants moyens politiques et militaires pour faire face aux risques communistes dus au prolétariat. Et cette menace due au prolétariat n’a pu se réaliser qu’en l’absence d’une organisation révolutionnaire du prolétariat, absence due en grande part à l’action internationale et contre-révolutionnaire du stalinisme.

C’est cela qui a dicté à l’impérialisme sa nouvelle politique de la fin des années 80 qui a rendu possible la réintégration pacifique de la Russie dans le giron impérialiste et, avec la chute de l’URSS, celle des pays de l’Est. C’est cela qui dicte la volonté de l’impérialisme de désamorcer les conflits. C’est cela aussi qui l’amène dans les zones à risques à laisser et même à souhaiter que des forces ultra-réactionnaires se chargent de faire le sale boulot de massacrer les masses pauvres quand celles-ci deviennent menaçantes. Les génocides se multiplient ces dernières années (Libéria, Somalie, Rwanda, Congo, Sierra Leone, Tchétchénie, Bosnie, Kosovo, Timor, ....). Alors que la chute de l’URSS aurait semblé » stabiliser le monde, on n’a jamais eu autant de conflits avec autant de massacres aux quatre coins du monde. Les interventions impérialistes armées, elles aussi se sont multipliées force internationale puis américaine dans la guerre du Golfe au Koweït puis contre l’Irak à partir de 1991 et bombardements américains jusqu’en 1999, France au Tchad et au Rwanda, ONU en Bosnie en 1995, USA et ONU en Haïti en 97, ONU en République centrafricaine en 1998, ECOMOG (force internationale africaine) au Sierra Leone en 1998, forces opposées de cinq pays africains (manipulées par la France et les USA) au Congo, OTAN au Kosovo, Kfor ensuite, force internationale dirigée par l’Australie au Timor. Et cette liste ignore les interventions financières ou militaires indirectes comme la France et les USA en Angola, en Ethiopie (en guerre contre l’Erythrée). La nécessité d’interventions violentes soutenues par l’impérialisme, ne provient pas, contrairement à ce que voudrait faire croire la propagande de l’ « intervention humanitaire » de la nécessité de faire face à des tyrans locaux assassins et dangereux pour l’ordre mondial. C’est toujours la même chose qui est dangereux : le vide du pouvoir suscité par des crises politiques et sociales de la domination de la bourgeoisie, vide dans lequel le prolétariat pourrait s’engouffrer. Les guerres entre bourgeoisies ont maintes fois ouvert ce genre de risques (guerre franco-allemande donnant naissance à la commune, guerre russo-japonaise donnant naissance à la révolution russe de 1905, guerre mondiale entraînant la révolution mondiale). L’impérialisme intervient, non du fait d’un danger inhérent à des gens comme les Khadaffi, les Milosevic ou les Saddam Hussein (d’ailleurs des gens formés par lui), mais parce que les conflits engendrent des risques révolutionnaires. Et effectivement n’ont pas manqué, comme on va le voir, les occasions où le prolétariat a été menaçant même si, faute de direction politique, on lui a volé sa victoire : Chili 73, Liban 75, Pologne 80, Afrique du sud 80, Algérie 88, Mali 90.

Au travers de ces exemples concrets, je voudrai souligner trois points sur l’actualité de la révolution prolétarienne :

1°) La division en classe continue de marquer la politique de la direction de la société et celle-ci raisonne toujours en fonction des « risques révolutionnaires » même si elle fait tout ce qu’elle peut pour éviter que les classes populaires ne raisonnent ainsi. Et la lutte de classe quand elle prend un caractère exacerbé entraîne des risques révolutionnaires que la classe dirigeante n’omet jamais de prendre en compte. Même si le prolétariat, faute d’une organisation de classe suffisamment conséquente, n’a pas conscience de sa force et de son rôle, la classe dirigeante n’est jamais portée à en minimiser le danger. Toute sa politique le montre.

2°) La classe ouvrière est une force qui est toujours considérable face à la bourgeoisie. Même si idéologiquement elle se considère comme affaiblie par la chute de l’URSS que l’on a présenté comme la fin du mythe du pouvoir prolétarien, même si les licenciements et le chômage rognent sa force et son moral, le prolétariat reste la seule force capable de menacer la bourgeoisie dans ses bastions, les villes, les trusts et de s’attaquer à son Etat pour le renverser.

3°) Lorsque la société est en crise, toute autre politique que révolutionnaire est un piège sanglant. Et la bourgeoisie ne pardonne pas à une classe révolutionnaire qui a représenté une menace même potentielle. Le bain de sang attend les peuples qui ont commencé à développer des soulèvements risquant de mener à la révolution et qui ne vont pas au bout de leur lutte.

Pourquoi penser que la classe ouvrière est toujours une classe révolutionnaire, c’est-à-dire capable d’entrer dans des luttes mettant en cause le système mondial lui-même ? Beaucoup d’auteurs affirment que l’horizon capitaliste est désormais indépassable et que le prolétariat n’intervient plus comme une classe indépendante mais comme un des éléments du système, divisé sociologiquement de plus entre jeunes et vieux, entre précaires et salariés en fixe, entre salariés des pays riches et salariés des pays pauvres, etc… Cela repose sur de nombreux mensonges et le premier est une fausse image de l’époque où la classe ouvrière apparaissait pour indépendante du système. Elle ne l’était déjà pas du fait que la social-démocratie, les syndicats et le stalinisme ne l’étaient pas. Quant à son existence indépendante, c’est exactement ce qui lui a fait défaut dans la plupart des grands événements où elle a participé. La connaissance du passé nous montre qu’il n’y a pas eu moins d’épisodes de grandes luttes que dans les débuts de la classe ouvrière. En témoignent les événements de 1945 en Asie, ceux de 1947 en d’Afrique, de 1948 en Grèce, de 1952 en Bolivie, de 1953 en Allemagne de l’Est, de 1956 en Hongrie, de 1961 en Belgique, de 1964 aux USA, de 1968 en France, en Italie et en Tchécoslovaquie, de 1970 en Pologne, de 1971 en Jordanie, de 1973 au Chili, de 1975 au Liban et au Portugal, de 1976 en Thaïlande, de 1979 en Iran, de 1980 en Pologne, en Corée du sud, en Afrique du sud, de 1986 en Haïti, de 1988 en Algérie, de 1989-91 en Afrique noire, de 1989 en Chine, de 2001 en Argentine, de 2005 en Equateur et Bolivie, de 2006-2007 en Guinée, … etc

Des situations où le pouvoir est déstabilisé et où la classe ouvrière est des éléments essentiels de la lutte n’ont pas manqué. Imaginons la révolution russe de 1917 sans l’intervention des militants bolcheviks. Les événements auraient-ils pris le caractère de classe qu’ils ont clairement aujourd’hui à nos yeux ? L’absence d’une direction révolutionnaire communiste dans les événements de la fin des années 1900, absence qui n’a rien de spontané et est due en grande partie à l’intervention contre-révolutionnaire consciente du stalinisme, a marqué la suite de l’Histoire. La menace prolétarienne, l’un des moyens de mesurer à quel point elle reste d’actualité est de comprendre les choix de politique de l’impérialisme et des bourgeoisies. Leurs choix politiques et sociaux restent marqués principalement par cette crainte. Il n’est pas possible de comprendre ces choix politiques et sociaux sans intégrer la menace qu’exerce le prolétariat. L’année 1936 avait rappelé cette menace dans quasiment toutes les régions du monde, de l’Espagne à la France, de la Syrie aux grèves ouvrières aux USA. La guerre n’a pas changé la donne. L’impérialisme a laissé le fascisme prendre le pouvoir en Allemagne parce que celui-ci sauvait le monde de la principale menace révolutionnaire : celle du prolétariat allemand. Les historiens s’interrogent encore que l’aveuglement des bourgeoisies « démocratiques » allant jusqu’à laisser faire l’occupation de l’Autriche et à signer l’occupation de la Tchécoslovaquie (accords de Munich) par Hitler, l’aveuglement de Staline s’accordant avec Hitler pour dépecer la Pologne et se la partager. Ce n’est nullement de l’aveuglement mais des choix de classe. L’impérialisme et le stalinisme ont en commun leur haine de la révolution prolétarienne et c’est ce qui va les unir, bien plus que le combat contre l’Allemagne. Et qui va les unir bien plus tard que la chute d’Hitler.
En 1943, alors que le fascisme allemand est encore bien solide, celui d’Italie s’effondre sous les coups d’une révolte dans laquelle le prolétariat italien joue le rôle principal. Loin de s’appuyer sur cette révolte, l’impérialisme aimerait sauver ce qui reste de l’Etat italien et de son chef fasciste Badoglio. La raison en est justement la menace prolétarienne que font peser ces villes ouvrières italiennes en révolte. La réponse de l’impérialisme va être de bombarder ces villes et de laisser ensuite le fascisme y rétablir l’ordre. C’est un avant-goût de ce que sera la politique impérialiste dans les pays vaincus à la fin de la guerre, comme le devine déjà le dirigeant trotskyste français Barta. De nombreux pays comme l’Allemagne et le Japon, mais aussi la France, la Belgique, la Finlande, la Hongrie vont voir les quartiers ouvriers de leurs villes bombardées, rasées. La crainte d’une vague révolutionnaire à la fin de la deuxième guerre mondiale dans les pays vaincus, comme en avaient connu les pays vaincus de la première guerre mondiale, est commune à l’impérialisme et au stalinisme, et les unit. Et ce d’autant que la révolte des peuples colonisés ne peut plus être contenue. Cette crainte va s’avérer fondée, puisque l’Asie explose à peine la guerre terminée avec le Japon, en 1945. Ces révoltes et révolutions vont devoir être détournées et écrasées, avec l’appui des forces staliniennes au Vietnam, en Corée, aux Philippines, et, en 1947, en Inde et au Pakistan. Avec l’aide des dirigeants nationalistes, le prolétariat est privé d’une perspective propre, et son combat est mis à la remorque de perspectives bourgeoises. En Inde, la révolte est même contrée par une vague de massacres inter-religieux. Les Gandhi et les Jinnah craignent le prolétariat autant que les craignent les impérialismes. En Afrique noire, contrairement à l’image qui en est souvent donnée, c’est le prolétariat, et non la petite bourgeoisie nationale, qui a donné le signal de la lutte contre l’impérialisme. En 1947, ce sont les travailleurs de Madagascar qui se révoltent. Au Cameroun, en 1948, ce sont encore les travailleurs que l’impérialisme français doit écraser. Ce sont encore les ouvriers qui, en 1947-48, bloquent toute l’Afrique de l’ouest « française », du Sénégal à la Haute Volta, du mali à la Guinée, en passant par la Côte d’Ivoire, en se mobilisant autour de la grève générale des chemins de fer. Travailleurs des docks, petits boulots des villes, chômeurs, femmes sont mobilisés avec les cheminots et les travailleurs des ports. Dans cette même période, toute l’Afrique noire connaît une vaste mobilisation qui entraîne des grèves, remplit brutalement les syndicats, menace l’ordre colonial. La radicalité des travailleurs tranche avec la modération des dirigeants de la petite bourgeoisie noire. Les grèves de cheminots se multiplient dans toute l’Afrique : en 1945, de Matadi à Léopoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 à Douala (Cameroun) et en 1947 au Zaïre. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec à la fois la grève générale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers à Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une émeute populaire à Abidjan, en Côte d’Ivoire, luttes qui se déroulent en pleine grève générale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvrière dure jusque dans les années 1950 dans toute l’Afrique, entraînant un développement syndical jusque là inconnu. Des grèves générales la marquent : 1950 à Nairobi, 1955 au Nigeria et 1956 à Abidjan. Souvent l’armée réprime violemment faisant des dizaines de morts. Les organisations ouvrières sont détruites.
Dans les années 50, c’est le prolétariat des « pays de l’Est » qui prend la suite, en 1953 en Allemagne de l’Est et en Tchécoslovaquie, en 1956 en Pologne, à Poznan, et surtout en Hongrie, avec la révolution des conseils ouvriers. Le chef du pouvoir, Gerö, avait répondu : « Nous ne tolérerons pas les revendications de la classe ouvrière. » En réponse, les manifestants ouvriers de Hongrie assiègent la radio, les commissariats. Le pays se couvre de conseils ouvriers révolutionnaires. Les combats ont lieu à Budapest, la capitale, les 23 et 24 octobre 1956 – l’Octobre hongrois. Parce que l’armée hongroise et la police hongroise ont volé en éclats, pour écraser le prolétariat, il faut faire appel à l’armée russe et elle ne parvient pas à ses fins que le 30 octobre… Et encore a-t-il fallu faire venir des milliers d’hommes, des troupes fraîches venues d’Asie qui ne parlent pas le Russe ainsi que 2000 chars, car les soldats russes sont sensibles à la révolution et se mutinent ! L’insurrection n’est définitivement vaincue que le 4 novembre. Et ce n’est pas dû au rapport de forces militaire, mais à l’absence d’organisation politique révolutionnaire du prolétariat.
Dans les années 60, les pays impérialistes eux-mêmes sont touchés par des mouvements de contestation dans lesquels la classe ouvrière joue un rôle. En 1961, c’est la classe ouvrière de Belgique qui mène une importante grève générale face à une grave crise politique et sociale du pays. Cette lutte est déviée, détournée, trahie par les directions syndicales. En 1964, c’est la principale métropole impérialiste, les USA, qui est menacée. La population noire des grandes villes, une population ouvrière et chômeuse, celle des ghettos et des usines, est mobilisée dans de grandes manifestations, dans une poussée d’organisations politiques et syndicales. La colère explose ici et là. Des dizaines de milliers de militants noirs radicaux, hostiles au système, apparaissent, s’organisent, cherchent des perspectives, s’affirment hostiles au capitalisme et à l’impérialisme, pour le renversement de l’Etat bourgeois. Ils ne renouent pas cependant avec le programme communiste révolutionnaire de Karl Marx que les organisations ouvrières réformistes, staliniennes et syndicalistes ont abandonné elles-mêmes depuis longtemps. En 1964, le pouvoir prend au sérieux la menace que cette direction révolutionnaire noire devienne un danger pour le pouvoir : elle paie des tueurs professionnels pour les éliminer un par un. Le mouvement noir est lié à la lutte des peuples colonisés comme le peuple vietnamien. Cependant, la perspective communiste révolutionnaire n’a pas progressé à la suite de ces combats.
Dans les pays du monde dit « communiste », la révolution hongroise a entraîné des tentatives d’éviter les risques prolétariens : les Cent Fleurs en Chine puis, en 1968, c’est le printemps de Prague en Tchécoslovaquie : une tentative de la bureaucratie stalinienne de réformer et de libéraliser le système pour éviter l’explosion. Dans les deux cas, l’échec est flagrant. En Chine s’ouvre un nouveau cycle dans lequel le prolétariat chinois s’émancipe de sa tutelle « socialiste » et renoue avec les luttes. En Tchécoslovaquie, les travailleurs se mobilisent et doivent faire face aux troupes russes, mais ne disposent d’aucune indépendance politique car ils sont à la merci des fausses perspectives des réformistes staliniens (celles du « Printemps de Prague »).
En 1973, c’est en Amérique latine, au Chili, que la population ouvrière est mobilisée derrière trois grandes organisations politiques ouvrières, le Parti communiste (stalinien), le Parti socialiste (réformiste) et le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire – d’extrême-gauche). On connaît le bilan de ce mouvement : le coup d’Etat militaire d’extrême-droite du général Pinochet, aidé par l’impérialisme américain. Mais c’est la politique des organisations ouvrières qui a détourné le début de montée révolutionnaire des travailleurs chiliens et l’a désarmée, politiquement comme physiquement. Au début des années 70, la bourgeoisie du Moyen Orient est menacée par la montée d’un lien entre le mouvement palestinien – né de leur expulsion des terres d’Israël – et le mouvement ouvrier de la région (Egypte en 1968, puis Jordanie en 1971, puis Liban en 1975). Jamais les dirigeants palestiniens et arabes se revendiquant de l’extrême gauche, et qui ne rompent pas avec les perspectives démocratiques bourgeoises et nationalistes, n’ont permis à ces mouvements de développer des perspectives prolétariennes qui existaient pourtant bel et bien. La classe ouvrière, même quand elle a commencé par triompher comme au Liban en 1975, n’a pas pu mettre en avant ses propres objectifs et ses formes d’organisations de classe. Un leader dit « progressiste » comme Yasser Arafat ne voulait surtout pas d’une action prolétarienne contre les régimes bourgeois de toute la région, y compris les plus pro-impérialistes. En juin 1975, il déclarait à propos de la mobilisation révolutionnaire au Liban autour de la résistance palestinienne : « Tout ce qui se passe au Liban est injustifiable. La révolution palestinienne sait pour sa part que le véritable champ de bataille se trouve en Palestine et qu’elle ne peut tirer aucun bénéfice d’une bataille marginale qui la détournerait de son véritable chemin. » La liaison avec la révolution des masses opprimées du monde arabe, Arafat n’en voulait surtout pas.
Des situations de crise, le monde capitaliste entré en crise après 1970 en a connu de nombreuses : localement comme la crise de domination d’une ancienne puissance coloniale comme le Portugal de 1975, internationalement comme la défaite impérialiste en Indochine, ou mondialement comme la fin de la politique des blocs et le tournant politique international des années 80.
Ce tournant mondial a été causé par la crainte du prolétariat, exactement comme la politique des blocs avait trouvé sa source dans la crainte de la révolution prolétarienne après la deuxième guerre mondiale. A la fin des années 70 et au début des années 80, c’est justement dans les pays piliers de la politique des blocs (1979 en Iran, 1980 en Pologne, en Corée du sud, en Turquie et en Afrique du sud) que la classe ouvrière menait des luttes importantes contre des régimes usés maintenus à bout de bras par les deux blocs. Cette politique, qui avait permis de stabiliser le monde depuis la fin de la guerre mondiale, entraînait des conséquences qui devenaient plus dangereuses que ses avantages. C’est l’impérialisme qui a fait les pas nécessaires pour en finir et qui a montré que les bureaucraties staliniennes des appareils d’Etat de l’Est et de Russie ne demandaient pas mieux que d’être réintégrées dans le giron du marché mondial. L’impérialisme en a profité pour proposer « une nouvelle donne » aux « bourgeoisies émergentes » appelée la mondialisation. Au lieu de s’opposer à l’organisation capitaliste de la société, la jeunesse qui s’est alors mobilisée l’a fait contre des conséquences du système : conséquences sociétales, environnementales ou distribution des richesses. La question de la division de la société en classes est systématiquement évitée par ces courants, qu’ils soient humanitaires, anti-mondialisation ou écologistes. C’est dire que ce n’est certainement pas leur développement qui peut offrir une perspective au prolétariat révolutionnaire.
Si les situations révolutionnaires ou pré-révolutionnaires, dans lesquelles le prolétariat pouvait jouer son rôle et ne s’y refusait pas, n’ont pas manqué – comme les révolutions bolivienne de 1952, hongroise de 1956 ou iranienne de 1979 pour ne citer que celles-là -, le grand absent c’est une politique communiste révolutionnaire au sein du prolétariat. A la suite du « Printemps de Prague et du « Mai 68 » français, les années 60 ont redonné vie à un courant révolutionnaire séparé du stalinisme, mais les événements eux-mêmes ne pouvaient suffire à redonner vie à une analyse et une politique vraiment révolutionnaires. La mode était plutôt au guévarisme et au maoïsme qu’à un renouveau du marxisme révolutionnaire. C’est cette tâche qui reste indispensable pour que les nouvelles luttes du prolétariat révolutionnaire disposent d’une politique et d’une organisation à la hauteur.

10 Messages de forum

  • Le prolétariat, classe révolutionnaire 25 août 2009 15:16, par bianco

    la société capitaliste peut être renverses pour laisser place a une organisation nouvelle et supérieure de la société le communisme.cette transformation profonde ne pourra se faire qu’au travers d’une révolution de l’ampleur de la révolution russe.la bourgeoisie elle même en france a eu besoin d’une révolution qui dura plusieurs années pour asseoir son pouvoirs face a celui de l’ancien régime.pour arracher durablement les moyens de production au capitalistes les réorganiser et les développer pour satisfaire les besoins de l’humanité la classe ouvrière aura besoin du pouvoir politique. les révolution ouvrier du passe ont toutes été combattues avec acharnement par la bourgeoisie qui utilisait a la fois tout les moyens de l’appareil d’état pour exercer une répression d’une extrême violence et aussi toutes les forces politique a son service pour tromper et désarmer les travailleurs.mobilises pour surmonter ces obstacles et vaincre les exploites auront besoin d’un parti qui se fixe cet objectif et dans l’ensemble de la politique tende vers la préparation de ces périodes d’affrontement contre la bourgeoisie.
    il devra regrouper des militants dévoues aux intérêts des travailleurs et ayant tire les leçons
    des échecs et des succès du mouvement ouvrier.le parti révolutionnaire devra avoir de profondes ramification dans la classe ouvrière et dans l’ensemble des couches exploites de la société pour pouvoir en exprimer les intérêts communs les aidera s’organiser pour détruire l’état de la bourgeoisie et pondre le pouvoir. s’il est certain qu’un parti révolutionnaire ne peut prendre de l’ampleur que pendant les périodes révolutionnaire.le passe a montrée qu’un tel parti ne pouvait surgir de rien .il faut qu’il y ait déjà un noyau de militants révolutionnaire s’étant fixe comme objectif la construction d’un tel parti pour que celui ci puisse réellement émerger et jouer un rôle décisif.

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    • Le prolétariat, classe révolutionnaire 25 août 2009 23:12, par dac dac

      je suis désolé que tu penses si pour réussir une révolution il faut un grand partie et beaucoup de militants. il faut savoir que ce n’est pas les militants ni le partie qui fait la révolution, c’est les ouvriers et le prolétariat avec l’aide d’un partie qui défend les intérêts des opprimes contre la bourgeoisie .petit partie ou grand partie, le problème c’est ce que tu proposes politiquement.
      un partie même ci il a dans chaque usine 1ou 40 militant, si le partie est réformiste, il ne réussira pas a faire grand chose.
      Conclusion ; petit parti ou grand parti ce n’est pas le problème, l’importance c’est la politique qui est menée.

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  • Le prolétariat, classe révolutionnaire 26 août 2009 11:49, par MOSHE

    je suis désolé que tu penses si pour réussir une révolution il faut un grand partie et beaucoup de militants. il faut savoir que ce n’est pas les militants ni le partie qui fait la révolution, c’est les ouvriers et le prolétariat avec l’aide d’un partie qui défend les intérêts des opprimes contre la bourgeoisie .petit partie ou grand partie, le problème c’est ce que tu proposes politiquement. un partie même ci il a dans chaque usine 1ou 40 militant, si le partie est réformiste, il ne réussira pas a faire grand chose. Conclusion ; petit parti ou grand parti ce n’est pas le problème, l’importance c’est la politique qui est menée.

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    • Le prolétariat, classe révolutionnaire 28 août 2009 12:21, par Robert Paris

      Sans théorie révolutionnaire pas de politique révolutionnaire ; sans politique révolutionnaire pas d’organisation révolutionnaire et sans organisation révolutionnaire pas de succès de l’activité révolutionnaire des travailleurs et des peuples

      Robert Paris

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  • Le prolétariat, classe révolutionnaire 12 septembre 2009 17:49, par MOSHE

    Léon Trotsky dans « Le marxisme et notre époque »

    « Si l’on n’entrait dans les combats qu’en étant sûr de la victoire, aucune bataille n’aurait jamais eu lieu sur cette terre. Un calcul préalable des forces disponibles ne peut déterminer d’avance l’issue des combats révolutionnaires. S’il en était autrement, on aurait depuis longtemps remplacé la lutte des classes par une statistique des classes. »
    Léon Trotsky dans « 1905 »

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  • Le prolétariat, classe révolutionnaire 12 septembre 2009 22:08, par MOSHE

    C’est infinement tres curueux cette citaion de ce vieux lion qui selon moi est encore tres actuèlle dans le sens d’hosez osez osez mes amis de dire ce que nous pensons a chaque foi que c’est possible sur tout osez pensez sur tout tout et si possible pensez l’impenssable et en plus l’ecrire a chaque fois que c’est possible a+ sur d’autre sujets je vous laissent savourer cette citation... Léon Trotsky dans « Le marxisme et notre époque »

    « Si l’on n’entrait dans les combats qu’en étant sûr de la victoire, aucune bataille n’aurait jamais eu lieu sur cette terre. Un calcul préalable des forces disponibles ne peut déterminer d’avance l’issue des combats révolutionnaires. S’il en était autrement, on aurait depuis longtemps remplacé la lutte des classes par une statistique des classes. » Léon Trotsky dans « 1905 »

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  • Le prolétariat, classe révolutionnaire 1er août 2010 11:13, par MOSHE

    La Commune de Paris (1871) est la première tentative de la révolution prolétarienne pour briser la machine d’Etat bourgeoise. Elle est la forme politique enfin trouvée par quoi l’on peut et l’on doit remplacer ce qui a été brisé." Lénine dans "L’Etat et la révolution".

    « Seule l’explication marxiste de tout ce qui s’est passé peut rendre à l’avant-garde prolétarienne sa confiance en elle-même. Il ne suffit pas d’exprimer sa sympathie aux victimes, il faut devenir plus forts, pour renverser et étouffer le bourreau. »

    « La théorie et l’histoire enseignent que la substitution d’un régime social à un autre suppose la forme la plus élevée de la lutte de classe, c’est-à-dire la révolution. Même l’esclavage n’a pu être aboli aux Etats-Unis sans guerre civile. La force est l’accoucheuse de toute vieille société grosse d’une nouvelle. Personne n’a été capable de réfuter ce principe fondamental énoncé par Marx, de la sociologie des sociétés de classe. Seule la révolution socialiste peut ouvrir la voie au socialisme. »
    Léon Trotsky dans « Le marxisme et notre époque »

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    • Le prolétariat, classe révolutionnaire 6 août 2010 18:53, par dac dac

      (1805-1881)

      L’un des pionniers du mouvement ouvrier français.

      Etudiant, il rejoint les amis du peuple et est emprisonné à ce titre en 1831. Il rejoint et dirige rapidement la société des saisons après sa libération. En mai 1839, Blanqui dirige une tentative d’insurrection avec Barrès. Vaincu, il est emprisonné.

      Libéré peu avant, Blanqui est une figure centrale de la révolution de 1848. Son activité lui vaut à nouveau la prison puis l’exil. En 1870, il participe à une tentative de proclamer la République. Elle se solde par un nouvel échec et un nouvel emprisonnement qui l’empêche de participer activement à la Commune. Marx dira de Blanqui qu’il était le chef qui lui avait manqué.

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  • Le prolétariat, classe révolutionnaire 7 avril 2013 15:47, par Max

    La crainte d’une vague révolutionnaire à la fin de la deuxième guerre mondiale dans les pays vaincus, comme en avaient connu les pays vaincus de la première guerre mondiale, est commune à l’impérialisme et au stalinisme, et les unit. Et ce d’autant que la révolte des peuples colonisés ne peut plus être contenue. Cette crainte va s’avérer fondée, puisque l’Asie explose à peine la guerre terminée avec le Japon, en 1945. Ces révoltes et révolutions vont devoir être détournées et écrasées, avec l’appui des forces staliniennes au Vietnam, en Corée, aux Philippines, et, en 1947, en Inde et au Pakistan. Avec l’aide des dirigeants nationalistes, le prolétariat est privé d’une perspective propre, et son combat est mis à la remorque de perspectives bourgeoises. En Inde, la révolte est même contrée par une vague de massacres inter-religieux. Les Gandhi et les Jinnah craignent le prolétariat autant que les craignent les impérialismes. En Afrique noire, contrairement à l’image qui en est souvent donnée, c’est le prolétariat, et non la petite bourgeoisie nationale, qui a donné le signal de la lutte contre l’impérialisme. En 1947, ce sont les travailleurs de Madagascar qui se révoltent. Au Cameroun, en 1948, ce sont encore les travailleurs que l’impérialisme français doit écraser. Ce sont encore les ouvriers qui, en 1947-48, bloquent toute l’Afrique de l’ouest « française », du Sénégal à la Haute Volta, du mali à la Guinée, en passant par la Côte d’Ivoire, en se mobilisant autour de la grève générale des chemins de fer. Travailleurs des docks, petits boulots des villes, chômeurs, femmes sont mobilisés avec les cheminots et les travailleurs des ports. Dans cette même période, toute l’Afrique noire connaît une vaste mobilisation qui entraîne des grèves, remplit brutalement les syndicats, menace l’ordre colonial.

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  • Plus que jamais un monde dominé par le grand capital et dont le seul adversaire sérieux est le prolétariat

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