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Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)

lundi 11 mars 2019, par Robert Paris

Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)

Chaque chute de la société a représenté la fin définitive d’une grande ville de cette civilisation :

750 de notre ère : chute de la ville de Pampa Grande

1100 de notre ère : chute de la ville de Batan Grande

1300 de notre ère : chute de la ville de Tùcume et fin définitive de la civilisation

Il existe un lien commun dans ces trois villes. Un incendie a ravagé le sommet des monuments juste avant l’abandon de la ville.

Ces monuments en portent encore la trace. En effet, la couleur rouge des murs est due à un feu très intense. On n’a retrouvé aucune trace d’invasion, ni de combats. Ce sont donc les habitants eux-mêmes qui ont mis le feu aux pyramides, détruisant ce qu’ils avaient mis des centaines d’années à construire.

Un incendie volontaire (mais provoqué par qui ?) a donc été l’acte symbolique, s’attaquant au principal symbole du pouvoir religieux-politique, la pyramide, juste avant l’abandon de la ville, dans le cas des trois villes Pampa Grande, Batan Grande, Tùcume. Ces monuments en portent encore la trace. En effet, la couleur rouge des murs est due à un feu très intense.

On n’a retrouvé aucune trace d’invasion, ni de combats. Ce sont donc les habitants eux-mêmes qui ont mis le feu aux pyramides, détruisant ce qu’ils avaient mis des centaines d’années à construire… Les strates archéologiques de Batan Grande révèlent que la ville a été frappée de plein fouet par un mur d’eau… Mais, pour les gens, ces catastrophes ne pouvaient être que l’expression de la colère des dieux.

Donc, si ces phénomènes se produisaient, c’est que les seigneurs et les pyramides n’avaient pas su les protéger. A chaque nouvelle catastrophe qui provoquait de nombreux morts, des famines et des épidémies, la population quittait la ville pour trouver protection ailleurs.

Devenue maudite, la pyramide était incendiée.

Cependant, à Túcume, les choses sont bien différentes. A Túcume, il n’existe aucune trace de catastrophe naturelle. C’est durant l’été 2005 que les archéologues ont découvert pourquoi cette cité a été abandonnée et surtout pourquoi ce peuple a brutalement disparu… Ce sont les nombreux corps découverts à l’extérieur du temple qui ont fourni les réponses. 119 corps ont été découverts, ensevelis sur cinq niveaux.

La plupart de ces gens ont été décapités. Parmi eux, il y avait quelques femmes et des enfants. Le dernier niveau correspond aux derniers jours avant l’abandon de la ville.

Sacrifice ou élimination d’un grand nombre d’individus ?

La version de Wikipedia :

Les Lambayeque, qui ont précédé les Incas entre 750 et 1375, était une civilisation de commerçants et de marchants spécialisés dans la métallurgie et la céramique

« Lambayeque — ou encore Sicán — recouvre une expression culturelle florissante dans la vallée de La Leche sur la côte nord du Pérou, aux environs de l’an 700 et 1300 apr. J.-C. entre la fin de la culture Mochica et la splendeur de l’empire Chimú.

Batán Grande est situé dans la proche vallée du fleuve La Leche. Il s’agit là d’un ensemble de pyramides, connues sous les noms de Huaca de la Cruz, Huaca del Oro, Huaca Colorada et Huaca de los Ingenios, parmi d’autres. Ces constructions furent levées en adobes (argile séchée au soleil et mélangée avec de la paille, dont on fait des briques dites « briques crues ») et en pierres, leurs murs recouverts d’enduits. À la suite d’une inondation, le site de Batàn Grande aurait été abandonné et incendié aux environs de 1100 apr. J.-C. et un nouveau site fut créé à Túcume. L’expansion du royaume Chimú — ayant pour capitale Chan Chan — aura pour conséquence la conquête du peuple lambayèque vers 1350 apr. J.-C.

Chaque pyramide est régie par une société hiérarchique au sommet de laquelle siège un seigneur, considéré comme un demi-dieu. Les pyramides, dans la culture Lambayeque, jouent un rôle bien particulier : elles servent au seigneur à emprunter les pouvoirs des dieux de la montagne. De récentes découvertes indiquent que chaque site aurait été abandonné à la suite d’une catastrophe naturelle de grande envergure. En effet, les phénomènes météorologiques dus à l’El Niño, sont particulièrement violents dans cette partie du monde. Mais ces phénomènes sont alors justifiés de façon religieuse, comme l’expression de la colère des dieux : les pouvoirs des pyramides ont ainsi échoué à protéger la population. Les pyramides sont alors considérées comme maudites et incendiées dans un rituel de purification. »

Les pyramides de Tucume n’ont pas été construites pour servir de tombe, contrairement aux pyramides égyptiennes.

Dans leurs salles, les archéologues ont exhumé des restes de nourriture, des os de lamas et des arêtes de poissons : la base de l’alimentation des élites lambayeques. Les fouilles ont également permis de découvrir les restes d’un homme de 35 ans, avec ses bijoux et sa coiffe de plus. C’était donc un des membres de la classe dirigeante de l’époque.

Ainsi, les pyramides de Tucume ont servi de lieu de résidence, de palais pour ces seigneurs. Tucume devait être une ville particulière avec 26 seigneurs au sommet de 26 pyramides. Les archéologues pensent que ces derniers se partageaient le contrôle des différents sites de la vallée.

Le seigneur recevait prêtres et courtisans dans les salles au sommet de leur pyramide. Mais il y avait également des cuisines, des ateliers, des remises et un grand espace à ciel ouvert, sûrement réservé aux cérémonies religieuses.

A l’époque, on pensait que les montagnes avaient des pouvoirs religieux et magiques. En construisant une pyramide, les Lambayeque construisaient une copie de la montagne. Ils pouvaient donc profiter des mêmes pouvoirs surnaturels qui leur permettraient de dompter les forces de la nature. Les seigneurs qui vivaient en haut des pyramides étaient donc considérés comme des demi-dieux, capables de maîtriser ces pouvoirs.

Les dieux siégeaient sur les montagnes et les seigneurs vivaient au sommet des pyramides.

La pyramide sociale n’a jamais été aussi littéralement exprimé : le seigneur se trouve au sommet.

Le fait de brûler une pyramide signifie aussi détruire le pouvoir d’un grand seigneur-chef religieux et de sa caste. C’est une révolution et pas seulement un acte purificateur, comme cela est souvent présenté. Cela nécessite donc une révolution populaire !

Les classes possédantes, même celles de l’ancien monde précolombien, ne se faisaient pas hara-kiri aussi facilement, même en cas de catastrophes climatiques entraînant une perte de confiance des populations exploitées et opprimées. Il fallait que celles-ci sortent de leur passivité et attaquent pour que le pouvoir soit obligé de sacrifier des éléments importants de sa hiérarchie !

Interpréter les chutes de civilisations par de simples évolutions de la conscience religieuse est de l’idéalisme philosophique.

Interpréter ces chutes seulement en termes de catastrophes climatiques, de fausses politiques environnementales, est un discours récent qui a pour but d’enfermer les peuples révoltés d’aujourd’hui dans un message moralisateur qui récuse la lutte des classes. C’est bien au contraire en termes de lutte de classes, justement, que ces chutes de civilisations doivent être interprétés !

La réalité des chutes des civilisations est un produit de la lutte des classes et ne peut être compris que dans ce cadre, à Lambayeque comme pour les Mochica, pour Caral, pour les Mayas, pour les Anasazis et les autres civilisations disparues violemment sans avoir été battues dans une guerre.

Sur la civilisation Lambayeque, textes et films :

Un

Deux

Trois

Quatre

Cinq

Six

Sept

L’Age de Bronze dans les Andes centrales :

La chute de la théocratie du Moyen-Sicán

Shimada et ses collaborateurs (1995 : 170-177) découvrent des signes d’une fin abrupte et violente du centre administratif et cérémonieux de Sicán, à la suite d’un grand incendie, intentionnel et simultané, des principaux bâtiments en pisé. Les dates des structures incendiées sont regroupées entre 1000 et 1050 après JC. Comme il a été prouvé que les structures étaient encore en bon état lorsqu’elles ont été incendiées, l’incendie a eu lieu avant une grande inondation qui a touché les ruines de Sicán et a été datée indépendamment vers 1100 après JC. à plusieurs endroits sur la côte nord :

"En résumé, la destruction intentionnelle des temples qui ne nous montre pas les preuves ultérieures de leur reconstruction suggère un effort concerté et très violent pour éliminer le leadership politique et religieux existant à Sicán. Ainsi, Poma ne pourrait plus jamais avoir la prééminence dont il jouissait durant la période du Moyen-Sicán. Nous ne savons toujours pas comment les processus et les facteurs à long et à court terme ont contribué à cette situation. Des conditions naturelles défavorables peuvent avoir contribué à sa chute. Une sécheresse sévère de trente ans, après des conditions de pluie stables, récemment documentées, commençant vers 1020 après JC. (Voir Shimada et al., 1991, Thompson et al., 1985, 1988, ainsi que Ortloff et Kolata, 1993) auraient considérablement réduit la quantité d’eau atteignant la côte depuis la sierra adjacente. Il s’agissait de la deuxième sécheresse la plus grave et la plus longue dans les Andes, comme l’indique les registres des glaces du Quelccaya depuis 1500 ans. "(Shimada, 1995 : 174).

Nous savons cependant combien il est difficile d’interpréter, de dater et de corréler les enregistrements de pluies extraordinaires et de sécheresses anormales préservées par les glaces, dépôts de diatomite, massifs coralliens, cordons littoraux, sédiments, structures architecturales, témoignages archéologiques ou sources écrites (Hocquenghem & Ortlieb , 1992a, 1992b, Macharé & Ortlieb, 1993, Hocquenghem, 1998 : annexe 2, Ortlieb, 2000).

Ce qui est sûr, c’est que, dans les vallées des rivières Piura, Chira et Tumbes, l’instabilité climatique affecte la production et que les longues sécheresses sont plus effrayantes que les événements surprenants El Niño. La vérité est aussi que les populations qui se développent rapidement grâce à l’extension des systèmes d’irrigation sont, aujourd’hui comme hier, très vulnérables. Une sécheresse qui empêcherait l’utilisation du canal Alto Piura pendant plus d’une décennie pourrait, en dépit des réserves stockées, provoquer la famine. Une catastrophe naturelle qui modifierait radicalement et durablement la production des vallées des côtes nord et nord pourrait entraîner une catastrophe sociale. Et si dans ce cas l’élite du Sicán Medio n’assurait pas la reproduction de ses affluents, si elle était incapable, sur le plan matériel et idéologique, de remplir ses tâches administratives et cérémoniales, elle pourrait être démunie et son centre, Sicán, détruit.

Nous comprenons que les membres des théocraties du Centre andin avaient pour fonction de maintenir l’ordre qui garantit la reproduction sociale. Les élites, au niveau matériel, ont assumé la tâche de réguler, d’administrer et de redistribuer les ressources naturelles et culturelles et, au niveau idéologique, de célébrer les rituels du calendrier cérémonial qui maintenaient le contact entre les hommes, leurs ancêtres et leurs ancêtres mythiques. Accomplir leurs obligations a assuré la circulation et a augmenté le flux de forces vitales. Autrement, ils étaient coupables de désordres, naturels ou sociaux, de manifestations de colère ancestrale et, en tant que tels, de possibles victimes de redoutables "pachacuti", le rétablissement de l’ordre entraînant la destruction de centres de pouvoir et de théocraties inefficaces ou déficientes. (Hocquenghem, 1983 ; 1987 ; 1995b ; 1997, 1998 : 197-215).

De plus, au début du deuxième millénaire de notre ère, non seulement la production et le flux des affluents auraient été affectés par des conditions climatiques défavorables, mais, indépendamment du cas présent, le volume des échanges et le montant des avantages de l’économie centrale andine, peut avoir diminué. En fait, depuis un siècle, les secrets de la production de cuivre arsenical auraient dû se répandre dans les Andes centrales et, le cas échéant, la théocratie du Moyen-Sicán aurait perdu le monopole de la production et de la distribution de ce métal, l’un des fondements de son pouvoir.

On peut alors penser que l’incendie des huacas de Sicán témoigne d’une des restructurations observables et attribuables à divers facteurs ou à différentes configurations de facteurs, certains naturels et beaucoup d’autres sociaux, que les archéologues ne réalisent pas, dans l’état actuel des choses, de nos connaissances, identifier avec certitude et aperçu dans toute sa complexité. Cela montre tout d’abord que, si puissantes que soient les théocraties de la côte nord, elles sont restées dans un état d’équilibre fragile qui était brisé, donnant lieu au niveau matériel à une nouvelle configuration socio-économique et politique, bien que l’ordre ait été maintenu au niveau idéologique, les ancêtres et le culte aux ancêtres, la religion, base de la civilisation andine centrale.

Le purgatoire et la fin de la dynastie Sicán

Sican a été détruit, mais ce n’était pas le sort d’autres centres cérémoniels et administratifs du Sican moyen :

"Il est important de noter que le site contemporain de Chotuna - dans la basse vallée de la Lambayeque - ne présente pas de preuve d’une fin abrupte ou violente, comme on l’a vu à Sicán. Il n’ya que les preuves d’une grande inondation vers 1100, suivie d’une nouvelle construction [...] ". (Shimada, 1995 : 175).

Une nouvelle théocratie, à la fin de Sicán, prend son poste et, à partir de 1100, son centre administratif et cérémonial, El Purgatorio, prend place au croisement des vallées de La Leche et de Lambayeque, près de Túcume, autour de la colline de La Raya. , jusqu’en 1375 après JC :

"[...] nous voyons une série de grandes agglomérations urbaines - par exemple, Saltur et Cinto- émergeant le long des collines des collines, dans une grande partie de la région de Lambayeque [...]". (Shimada, 1995 : 177).

Mais dans aucun centre administratif et cérémonial de la côte ou des hautes terres, dans les Andes centrales, accumulé en si peu de temps des richesses comparables à celles qui sont chéries dans leurs tombeaux les élites de la théocratie du Moyen-Sicán, en un siècle et fondées sur monopole de la production et de la distribution de cuivre arsenical et la redistribution de son homologue du Nord, Spondylus.

source

Cultura Sican – Leer aqui

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