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Nous sommes tous des migrants !

samedi 20 octobre 2018, par Robert Paris

Nous sommes tous des migrants

Certes, les colons anglais ont envahi la Nouvelle-Zélande et ont esclavagisé les autochtones Maoris mais ces derniers avaient eux-mêmes colonisé ces îles sur sept bateaux au XIe siècle. Et ce n’est bien entendu qu’un exemple. Noir ici

Bateau maori

Tous les territoires de la terre ont été de multiples fois colonisés par des peuples successifs, généralement plusieurs dizaines et même centaines de fois par autant de peuples différents qui venaient par mer ou par terre et ont occupé un territoire parfois inhabité mais généralement déjà habité.

Prenons, par exemple, la haute Mésopotamie. On serait bien en peine de citer les noms de tous les peuples qui l’ont successivement colonisée, militairement ou pacifiquement : Hurrites, Khurrites, Araméens, Cananéens, Hébreux, Phéniciens, Babyloniens, Akkadiens, Assyriens, Sumériens, Arabes, Turcomans, Mongols, Chaldéens, Kurdes, Arméniens, Etrusques, Araméens, Arméniens, Sumériens, Nabatéens, Parthes, Amorrites, Hittites, Egyptiens, Lydiens, Phrygiens, Macédoniens, Ottomans, Syriaques, Parthes, Séleucides, Cappadociens, Levantins, Hongrois, Ciliciens, Byzantins, Bédouins, Caucasiens, Bulgares, Palestiniens, Tartares, Sassanides, Byzantins, Mittaniens, Achéménides, Amorrites, Néo-assyriens, Grecs, Romains, Francs, Croisés, Arabes, Turcs, Syriens, Iraniens, Irakiens, Ottomans, Kurdes, Juifs, Anglais et Français, etc… Et ce n’est sans doute même pas le dixième des divers peuples qui ont occupé cette seule région. Nous ne sommes même pas capables de distinguer les peuples pré-sumériens de cette région et pourtant il y en a eu de multiples. Et cette région du monde n’est pas une exception.

Parler de peuples d’origine d’une région, que ce soit la Mésopotamie, la Palestine ou toute autre région d’Europe, d’Amérique ou d’Asie, est parfaitement absurde. Car, en cherchant bien, on trouve généralement un autre peuple qui a précédé.

Et auparavant, les espèces d’êtres humains se sont succédés ou ont colonisé en même temps un même territoire. Parfois, trois espèces humaines différentes se sont retrouvées dans un même endroit, en Europe, en Afrique, en Turquie ou en Palestine, par exemple.

Tous les êtres vivants ont cette particularité de coloniser sans cesse de nouveaux territoires. L’homme y ajoute son système social, ses classes sociales puis son Etat, son armée, son oppression et son exploitation. Il y ajoute aussi son idéologie chargée de justifier les violences de la colonisation et parfois celles de l’élimination des précédents colons.

Certains croient qu’actuellement les migrants venus d’Afrique et d’Orient seraient en train de coloniser les pays riches occidentaux mais la réalité est inverse : ce sont les armées des pays riches occidentaux qui recolonisent la planète sous prétexte de lutte contre les dictatures, contre les intégrismes, contre les terrorismes. D’un autre côté, l’impérialisme chinois utilise des méthodes plus économiques de colonisation…

Le colonialisme occidental (portugais, espagnol, anglais, français) est très loin d’avoir été la principale vague de colonisation et de migration des peuples. On cite souvent la grande migration des Mongols, des Sémites d’Arabie, des Vikings, des Germains et bien d’autres. Un cas bien connu est celui du peuplement des Amériques par les migrants issus des territoires inuits proches du pôle nord et de Sibérie ainsi que par des peuples issus des îles du Pacifique.

Mais il convient bien sûr de distinguer les migrations et les colonisations des différentes époques, suivant le type de système social dominant qui les sous-tendait. Les peuples chasseurs-cueilleurs migraient, les peuples éleveurs migraient, les sociétés agricoles et commerciales pratiquant le grand commerce migraient et colonisaient des territoires, les empires esclavagistes ont colonisé, les sociétés bourgeoises ont entrepris de conquérir le monde, jusqu’à l’époque impérialiste, et maintenant c’est le capitalisme ayant atteint son stade ultime, nécrophile, sous perfusion, incapable de dépasser ses limites et subissant une longue agonie, qui remet au goût du jour toutes les horreurs de l’accumulation primitive et notamment recolonise la planète.

C’est ce nouveau état du capitalisme pourrissant qui a donné lieu à toutes les horreurs guerrières justifiant prétendument par la lutte contre les dictatures, contre les intégrismes, contre les terrorismes et contre… les migrants que ces multiples guerres ont contraint de quitter leurs pays devenus des enfers.

Dans tous les coins de la planète, des peuples entiers sont transformés en migrants, chassés de leurs maisons, de leurs pays, et poussés sur les routes et sur les mers, traités partout comme du bétail, parqués, matraqués, violentés, rejetés, attaqués par des bandes armées fascistes ou officielles, des polices et des armées, des forces spéciales, la proie des bandits criminels, privés et publics… En Europe, en Amérique, en Asie, en Orient, partout on transforme les peuples en migrants que l’on frappe et que l’on chasse, qui n’ont plus aucun droit, que l’on manipule, que l’on utilise pour transformer les démocraties bourgeoises en dictatures et pour transformer le monde en une vaste guerre, afin de piéger les peuples travailleurs et de détourner leur colère sociale vers… les ennemis étrangers, comme si les migrants, ces victimes, étaient les nouveaux envahisseurs et colonisateurs…

La planète entière devient un vaste territoire concentrationnaire pour migrants. Les démocraties participent à la curée au même titre que les dictatures.

Cette situation est assez récente. Elle n’est pas le produit de la politique d’un seul gouvernement ou d’une seule classe dirigeantes mais de tous. C’est un fait qui date des crises du début des années 2000, celles qui ont marqué que le capitalisme avait atteint ses limites, n’était plus capable de se porter au-delà sans être sans cesse « sauvé » par les puissances publiques, Etats et banques centrales qui devaient sans cesse mettre la totalité de leurs moyens en jeu à chaque fois qu’une crise devait s’annoncer afin de l’empêcher de se dérouler normalement.

La véritable cause des guerres et des guerres civiles, des dictatures et des terrorismes qui parcourent la planète et produisent cette planète de migrants, c’est la crise systémique qui n’a pas cessé depuis 2007 de menacer à tout moment le capitalisme de chuter irrémédiablement, c’est le capitalisme incapable de dépasser une contradiction majeure qui atteint son système : le fait d’être fondé sur l’investissement productif et l’accumulation et le réinvestissement dans le production de la plus-value extraite du travail et, en même temps, d’être de moins en moins capable d’investir une part importante des profits dans la production.

On ne résoudra pas la catastrophe migratoire, pas plus que les terrorismes et antiterrorismes, les guerres qui montent partout simplement par des « bonnes politiques » des gouvernants, des « bonnes relations internationales ». On ne sauvera pas les migrants par des politiques charitables.

On ne fera pas l’économie de la lutte fondamentale contre l’ancien système, la révolution sociale pour en finir avec la propriété privée des moyens de production et des capitaux et contre la mainmise sur le pouvoir d’Etat par l’infime minorité de détenteurs de ceux-ci.

Ne nous laissons pas diviser en migrants et pas encore migrants, prolétaires de tous les pays unissons-nous !

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