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Pas en notre nom...

lundi 3 septembre 2018, par Robert Paris

Editorial – Pas en notre nom…

Aviez-vous demandé à vos gouvernants de bombarder des populations civiles pacifiques ? Leur aviez-vous demandé de détruire toutes les infrastructures d’un pays ? Leur demandez-vous de s’attaquer à des peuples entiers ? De bombarder des écoles ? L’avez-vous demandé au Niger ? Au Mali ? En Centrafrique ? Au Yémen ? Au Cameroun ? Au Tchad ? En Irak ? En Syrie ? En Lybie ? Au Pakistan ? Ou ailleurs ? Avez-vous demandé au gouvernement de mettre en place un génocide au Rwanda ? Etiez-vous réellement informés du but de ces guerres et de ces massacres ? Non, bien entendu ! Et pourtant, c’est en votre nom que ces interventions ont eu lieu, soi-disant pour défendre vos intérêts et votre sécurité, soi-disant contre vos ennemis mortels ! Même si vous l’ignoriez, votre nom a servi de caution, votre silence a couvert des crimes, votre ignorance a permis de justifier ces assassinats de masse de civils, hommes, femmes et enfants, ces bombardements d’écoles, de crèches, de bus scolaires, de maisons. Ces guerres ont produit en masse des migrants, des populations terrorisées par les guerres et les bombardements, que les armées et les polices qui se revendiquent de vous ont encore frappés, tués, matraqués, enfermés dans des camps de rétention, derrière des barbelés, transformés en chair à profit pour des passeurs, des maquereaux, des violeurs, des bandits et des armées terroristes…

Que de crimes se commettent en notre nom !

Que de guerres et de massacres commis par les Etats capitalistes sont prétendument justifiés au nom de notre bien-être et de notre sécurité ! Que de crimes de toutes les conquêtes territoriales ont pour prétexte la prospérité de nos sociétés occidentales !

Dans le passé, ancien ou récent, au nom des intérêts des peuples dits occidentaux et en réalité de leurs classes possédantes, de nombreux crimes ont été commis qui ont pour noms en vrac et au hasard : esclavage des Noirs, guerre d’Algérie, génocide juif et tzigane, guerres mondiales, massacres coloniaux, ethnocide des Indiens, etc. Certes, l’esclavage, le colonialisme, le fascisme semblent anciens, mais on a trouvé de nouvelles manières d’esclavagiser des peuples entiers, de les coloniser, de les gouverner de manière fasciste…

Mais le présent n’est pas moins sanglant et le sang y est répandu sans compter, toujours au nom des intérêts des peuples dits occidentaux. Ils ont pour nom : Irak, Syrie, Rwanda, Algérie, Yougoslavie, Kosovo, Libye, Niger, Ukraine, Mali, République Centrafricaine, Roms, Migrants, Yemen, Afghanistan, Irak, Pakistan, Liban, etc.

Savez-vous que c’est au nom du peuple français que l’Etat a organisé de grands crimes, de même que les autres grands Etats de la planète, de même que l’Etat anglais, américain, ou allemand, de même qu’autrefois l’Etat allemand ou espagnol ?

Exactement comme, au nom de la défense de la liberté, le gouvernement supprime des libertés. Au nom de la défense de l’emploi, le gouvernement supprime des emplois. Au nom de la défense des services publics, le gouvernement les casse. Au nom de la défense de la sécurité des citoyens, celle-ci est plus que jamais menacée par les guerres qu’il organise contre les peuples aux quatre coins du monde. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les gouvernants ont produit un terrorisme mondial plus élevé que jamais et mieux financé et soutenu par eux-mêmes. Au nom des peuples, les gouvernants ne cessent de s’attaquer à ces peuples. C’est au nom de la défense du peuple libyen qu’on a fait la guerre en Libye, soutenu les terroristes libyens puis fait la guerres aux civils obligés à migrer. Au nom de la lutte contre le terrorisme, on terrorise. Au nom du bien-être, on le détruit. Au nom de la santé, on tue la santé. Ainsi, l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, a organisé il n’y pas si longtemps l’éradication des Indiens sous prétexte d’eugénisme, au nom de la sélection, non naturelle, des races humaines soi-disant les plus viables…

« Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage », disait Jaurès, alors qu’il sentait approcher la première guerre mondiale, une boucherie dont il prévoyait le caractère catastrophique, le recul énorme de la civilisation, de la démocratie, de l’humanité. Et c’était déjà la crise du capitalisme et ses conséquences révolutionnaires qui lui permettaient de deviner ce caractère inéluctable, du point de vue des capitalistes, de la marche à la guerre.

A nouveau aujourd’hui, la crise de la domination capitaliste, portée à un niveau encore plus profond au sein même du mécanisme du système puisque ce sont les investissements productifs privés qui s’effondrent depuis les années 2000 et tout particulièrement en 2007-2008, ont chuté inexorablement malgré les interventions massives en sens inverses des institutions centrales de tous les pays, mène à la guerre, d’abord la guerre économique et la levée des protectionnismes, la rupture des anciennes alliances et unions, la remise en cause des traités internationaux de commerce, la fermeture des frontières mais aussi à la guerre tout court et même à la guerre mondiale.

Une fois encore, la guerre n’est pas le produit de la seule concurrence mondiale mais est causée par la nécessité pour les classes possédantes de détourner les prolétaires de la lutte des classes. Un peuple en guerre n’est pas, dans l’immédiat, en train de lutter contre son gouvernement, ne remet pas en cause l’armée et la police, ne pense pas d’abord à la lutte sociale, ne développe pas ses forces contre son ennemi intérieur mais est poussé à lutter d’abord contre le peuple voisin présenté comme son ennemi extérieur.

Quand les classes possédantes sont persuadées que le prochain effondrement économique va nécessairement entraîner des mouvements sociaux explosifs d’ampleur, elles anticipent, elles choisissent de lancer elles-mêmes la démolition violente, en détournant le coup qui pourrait les frapper elles, en poussant au fascisme, à la dictature et à la guerre. Actuellement, alors qu’elles font les trois à la fois à l’échelle mondiale, inutile de se demander ce qu’elles pensent des risques d’effondrement. Cette montée massive de la violence capitaliste répond déjà à la question !!!

La violence, la guerre, la terreur sous toutes ses formes, ne sont pas le produit des relations extérieures, de la concurrence entre nations, de la lutte entre peuples, des oppositions entre religions, entre ethnies, entre races, et autres, mais le produit de la politique intérieure, c’est-à-dire de la lutte des classes, entre travailleurs et exploiteurs, y compris et tout particulièrement au sein du même pays. Si toutes les propagandes actuelles privilégient les oppositions entre nations, entre peuples, entre origines des travailleurs, si elles choisissent de souligner la concurrence mondiale, c’est pour détourner les travailleurs de lutter contre leur ennemi principal, qui est, comme le rappelait Lénine, à chercher dans les classes possédantes nationales et non étrangères !

Ce ne sont pas les Chinois qui nous menacent, ce ne sont pas les Coréens, ce ne sont pas les migrants, ce ne sont pas les musulmans, ce ne sont pas les Roms, ce ne sont pas les peuples d’Europe de l’Est, non, ce sont les capitalistes de notre propre pays. L’appareil d’Etat national à leur service n’est pas là pour défendre la population nationale, ni de quelconques intérêts purement nationaux qui, depuis belle lurette, n’existent plus sous le capitalisme.

Si les flonflons nationalistes, si la propagande guerrière qui glorifie les armées, qui poussent la jeunesse à s’y faire embaucher, qui sèment la haine entre les peuples sont plus bruyants que jamais, ce n’est pas parce qu’il y a un vrai fondement à opposer à nouveau militairement les nations, mais c’est parce que le capitalisme n’a pas d’avenir et qu’il préfère que le monde bascule dans l’horreur d’une troisième guerre mondiale plutôt que de connaître une révolution sociale mondiale. Le choix des travailleurs conscients doit être diamétralement opposé !

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