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Que signifie l’adage : « Toute philosophie est fille de son temps. »

dimanche 19 août 2018, par Robert Paris

Que signifie l’adage : « Toute philosophie est fille de son temps. »

En fait, c’est Hegel qui a écrit dans ses « Eléments de Philosophie du Droit » :

« Chacun est un fils de son temps et donc la philosophie est elle aussi une époque telle qu’elle est appréhendée dans la pensée de ce temps. »

« Fils de son temps », Hegel a en effet conscience d’être marqué par l’époque de la révolution française qu’il considère comme une révolution universelle :

« Tous les êtres pensants ont célébré ensemble cette époque. Une émotion sublime a dominé en ce temps-là, un enthousiasme pour l’esprit a parcouru le monde comme si une réconciliation réelle avec le divin était advenue. »

« Je crois qu’aucun signe des temps n’est meilleur que celui-ci : c’est que l’humanité est représentée comme si digne d’estime en elle-même ; c’est une preuve que le nimbe qui entourait les têtes des oppresseurs et des dieux de la terre disparaît. Les philosophes démontrent cette dignité, les peuples apprendront à la sentir ; et ils ne se contenteront pas d’exiger leurs droits abaissés dans la poussière, mais ils les reprendront — ils se les approprieront. »

« Messieurs ! Nous sommes situés dans une époque importante, dans une fermentation, où l’Esprit a fait un bond en avant, a dépassé sa forme concrète antérieure et en acquiert une nouvelle. »

Pour Hegel, la pensée sur le monde a un sens parce que le monde lui-même en a un :

« La raison ne peut penser et agir dans le monde que parce que le monde n’est pas un pur chaos. » écrit Georg Wilhelm Friedrich Hegel.

In english, we can read Hegel, in Elements of the Philosophy of Rights :

“Every one is a son of his time ; so philosophy also is its time apprehended in thoughts.”

Read here

“Every philosophy is the philosophy of its time, it is a link in the whole chain of spiritual development ; It can, therefore, only satisfy the interests of its time.”

“Philosophy is that which grasps its own era in thought.”

“World history is the record of the spirit’s efforts to attain knowledge of what it is in itself.”

Introduction to the History of Philosophy

Marx, A Contribution to the Critique of Hegel’s Philosophy of Right

G.W.F Hegel :

« Chaque philosophie est la philosophie de son époque, elle est un maillon dans toute la chaîne du développement spirituel ; elle ne peut donc satisfaire que les intérêts de son temps. (...) C’est pourquoi il ne peut y avoir de nos jours des platoniciens, des aristotéliciens, des stoïciens, des épicuriens. Les ressusciter signifierait vouloir ramener à un degré antérieur... On peut regarder un tel retour en arrière ... comme le refuge de l’impuissance incapable de faire face à la riche matière du développement qui exige d’être maîtrisée par la pensée et saisie en profondeur - impuissance qui cherche son salut dans la fuite et dans l’indigence. »

« La philosophie est donc un système en son développement ; il en est de même de l’histoire de la philosophie et c’est là le point principal, la notion fondamentale que ce traité présentera en cette histoire. »

« Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, forme une situation si particulière, que c’est seulement en fonction de cette situation unique qu’il doit se décider… »

« En tant que pensée du monde, elle (la philosophie d’une époque) n’apparaît qu’à l’époque où la réalité effective a achevé son processus de formation et en a fini avec lui. »

« Le trésor de raison consciente d’elle-même qui nous appartient, qui appartient à l’époque contemporaine, ne s’est pas produit de manière immédiate, n’est pas sorti du sol du temps présent, mais pour lui c’est essentiellement un héritage, plus précisément le résultat du travail, et à vrai dire, du travail de toutes les générations antérieures du genre humain. De même que les arts de la vie extérieure, la quantité de moyens et procédés habiles, les dispositions et les habitudes de la vie sociales et politiques sont un résultats de la réflexion, de l’invention, des besoins, de la nécessité et du malheur, de la volonté et de la réalisation de l’histoire qui précède notre époque, de même ce que nous sommes en fait de sciences et plus particulièrement de philosophie nous le devons à la tradition qui enlace tout ce qui est passager et qui est par suite passé, pareille à une chaîne sacrée, ... et qui nous a conservé et transmis tout ce qu’a créé le temps passé. Or, cette tradition n’est pas seulement une vieille ménagère qui se contente de garder fidèlement ce qu’elle a reçu et le transmet sans changement aux successeurs, elle n’est pas une immobile statue de pierre, mais elle est vivante et grossit comme un fleuve puissant qui s’amplifie à mesure qu’il s’éloigne de sa source. »

Hegel, dans « Leçons sur l’histoire de la philosophie » :

« Pour que la philosophie apparaisse il faut la conscience de la liberté, et le peuple dans lequel la philosophie commence doit avoir la liberté comme principe ; pratiquement, cela est lié à l’épanouissement de la liberté réelle, la liberté politique. Celle-ci commence seulement là où l’individu se sait comme individu pour soi, comme universel, comme essentiel, comme ayant une valeur infinie en tant qu’individu ; où le sujet a atteint la conscience de la personnalité, où donc il veut affirmer sa valeur absolument pour soi. La libre pensée de l’objet y est incluse, - de l’objet absolu, universel, essentiel. Penser, cela veut dire mettre quelque chose dans la forme de l’universalité ; se penser veut dire se savoir comme universel, se donner la détermination de l’universel, se rapporter à soi. Là est contenu l’élément de la liberté pratique [...]. Dans l’histoire la philosophie apparaît donc seulement là où et en tant que se forment de libres constitutions. L’Esprit doit se séparer de son vouloir naturel, de son immersion dans la matière. »

Hegel, dans « La Phénoménologie de l’esprit » :

« Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner de la peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle - comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la mesure d’un soulier. Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. »

Friedrich Engels dans « La contribution à la critique de l’économie politique de Karl Marx » :

« Ce qui distinguait le mode de pensée de Hegel de celui de tous les autres philosophes, c’était l’énorme sens historique qui en constituait la base. Si abstraite et si idéaliste qu’en fût la forme, le développement de sa pensée n’en était pas moins toujours parallèle au développement de l’histoire mondiale (...) Il fut le premier à essayer de montrer qu’il y a dans l’histoire un développement, une cohérence interne (...) Dans la Phénoménologie, l’Esthétique, l’Histoire de la philosophie, partout pénètre cette grandiose conception de l’histoire, et partout la matière est traitée historiquement, dans sa connexion déterminée, quoique abstraitement inversée, avec l’histoire. »

Comprendre une philosophie nécessite effectivement de comprendre l’époque qui l’a vue naître, les problèmes posés aux hommes à cette époque, les problèmes posés particulièrement aux penseurs aussi, y compris les scientifiques, les penseurs de la politique ou de l’économie. Ainsi, on peut difficilement percevoir ce que signifie une philosophie, par exemple une religion, sans se référer à l’époque de sa fondation.

Francis Bacon, au début du XVIIe siècle, donne au progrès (« advancement ») une perspective temporelle, en affirmant que « la vérité est fille du temps ».

La pensée de Bacon a été une base de la pensée hégélienne selon laquelle « toute philosophie est fille de son temps », elle-même reprise par Karl Marx, en ces termes : « Les philosophes ne sortent pas de terre comme des champignons, ils sont le produit de leur temps, de leur peuple dont la quintessence spirituelle s’exprime à travers les idées philosophiques... La philosophie n’est pas extérieure au monde ».

Or à chaque époque, le monde change de problèmes réels (économiques, sociaux, sociétaux, politiques, idéologiques) et aussi de problèmes philosophiques.

A une époque donnée, dans une société donnée, dans un milieu social donné, il y a une philosophie dominante déterminée pour l’essentiel par l’histoire et les besoins de la classe dirigeante. Il y a de nombreux courants philosophiques qui ont de grandes différences entre eux et se combattent. Matérialismes contre idéalismes, logique formelle ou métaphysique contre logique dialectique, philosophies déterministes contre philosophies indéterministes, philosophies historiques contre philosophies a-historiques, philosophies du continuum ou du discontinu, du holisme ou du réductionnisme, etc…

A chaque époque sa philosophie. Quelle est la nôtre ?

Des époques diverses pour le matérialisme

Histoire de la philosophie

Histoire du matérialisme

Quand la Mésopotamie démontre que la philosophie antique n’est pas née en Grèce…

La philosophie et la politique dans une époque de guerre et de révolution

Pourquoi avons-nous besoin de philosopher

Le marxisme affirme-t-il être la fin de la philosophie ?

Qu’est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?

L’idéalisme philosophique

Donnons aussi la parole aux adversaires violents d’Hegel.

Arthur Schopenhauer, « Contre la philosophie universitaire » (1851) :

« Avant tout, l’éloge d’un homme aussi dénué de valeur et aussi dangereux que Hegel, qu’on vient nous donner comme le premier philosophe de ce temps-ci et de tous les temps, a été certainement, pendant les trente dernières années, la cause de l’entière dégradation de la philosophie et, par conséquent, du déclin de la haute littérature en général. Malheur à l’époque où, en philosophie, l’effronterie et l’absurdité se substituent à la réflexion et à l’intelligence ! »

« Les partisans de Hegel ont donc complètement raison quand ils affirment que l’influence de leur maître sur ses contemporains a été énorme. Avoir paralysé totalement l’esprit de toute une génération de lettrés, avoir rendu celle-ci incapable de toute pensée, l’avoir menée jusqu’à lui faire prendre pour de la philosophie le jeu le plus pervers et le plus déplacé à l’aide de mots et d’idées, façonnées par le verbiage le plus vide sur les thèmes traditionnels de la philosophie avec des affirmations sans fondement ou absolument dépourvues de sens, ou encore par des propositions reposant sur des contradictions - c’est en cela qu’à consisté l’influence tant vantée de Hegel. »

Karl Popper sur Hegel dans « La Société ouverte et ses ennemis » :

« Le succès de Hegel marqua le début de « l’âge de la malhonnêteté » (ainsi que Schopenhauer décrivait la période de l’idéalisme allemand) et de « l’âge de l’irresponsabilité » (ainsi que K. Heiden qualifiait l’âge du totalitarisme moderne) ; d’une irresponsabilité d’abord intellectuelle puis, ce fut l’une de ses conséquences, d’une irresponsabilité morale ; d’un nouvel âge régi par les magie des mots éclatants et par le pouvoir du jargon. »

Karl Marx critique Hegel

« La philosophie, et plus particulièrement la philosophie allemande, a un penchant pour la solitude, pour l’isolement systématique, pour l’austère introspection qui d’emblée l’oppose et la rend étrangère aux journaux, prompts à la riposte et au tapage, passionnés de la seule information. Saisie dans son élaboration systématique, la philosophie est impopulaire ; son tisser intime apparaît au regard du profane comme un exercice aussi peu sensé que peu pratique. On voit en elle une maîtresse de magie, dont les incantations prennent un ton de solennité du fait qu’on ne les comprend pas. Fidèle à son caractère, la philosophie n’a jamais fait le premier pas pour troquer l’ascétique soutane contre la mise légère et conventionnelle des journaux. Seulement, les philosophes ne sortent pas de terre comme des champignons ; ils sont les fruits de leur temps, de leur peuple, dont la sève la plus subtile, la plus précieuse et la plus secrète circule dans les idées philosophiques. Le même esprit qui construit les systèmes philosophiques dans les cerveaux des philosophes construit les chemins de fer avec les bras des ouvriers. »

(Karl Marx, dans l’article de tête du numéro 179 de la « Kölnische Zeitung », Rheinische Zeitung, juillet 1842)

« L’indépendance acquise par les pensées et les idées est une conséquence de l’indépendance acquise par les conditions et les relations personnelles des individus. (…) l’intérêt exclusif et systématique que les idéologues et les philosophes portent à ces pensées, donc la systématisation de celles-ci, est une conséquence de la division du travail (...). Il suffirait aux philosophes de dissoudre leur langage dans le langage ordinaire dont il est abstrait pour reconnaître en lui le langage truqué du monde réel et pour comprendre que ni les idées ni le langage ne forment un univers indépendant : ce ne sont que les expressions de la vie réelle. »

(Karl Marx, dans « L’idéologie allemande »)

41 Messages de forum

  • G.W.F Hegel, dans son « Cours d’Histoire de la Philosophie » :

    « Chaque philosophie est la philosophie de son époque, elle est un maillon dans toute la chaîne du développement spirituel ; elle ne peut donc satisfaire que les intérêts de son temps. C’est pourquoi l’Esprit en qui vit présentement un profond concept déterminé ne peut se satisfaire d’une philosophie antérieure… C’est pourquoi il ne peut y avoir de nos jours des platoniciens, des aristotéliciens, des stoïciens, des épicuriens. Les ressusciter signifierait vouloir ramener à un degré antérieur… D’autre part, on peut regarder un tel retour en arrière… comme le refuge de l’impuissance incapable de faire face à la riche matière du développement qui exige d’être maîtrisée par la pensée et saisie en profondeur – impuissance qui cherche son salut dans la fuite et dans l’indigence. »

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  • La philo de Hegel aussi est fille de son temps. La révolution française n’est pas du tout étrangère au caractère révolutionnaire de sa pensée philosophique : « tout ce qui existe mérite de périr. »

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    Ou encore :

    « Tout ce qui est réel est rationnel »

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  • En quoi la dialectique de Hegel est révolutionnaire ?

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  • Le plus bel éloge de l’idéalisme de Hegel :

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  • Tout idéaliste qu’il était, Hegel a découvert la dialectique objective du monde réel :

    http://www.matierevolution.org/spip...

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  • Pour Hegel, qu’est-ce que la philosophie ?

    http://www.matierevolution.fr/?arti...

    Quelles sont les idées principales de Hegel ?

    http://www.matierevolution.fr/?arti...

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  • Hegel et la révolution francaise :

    Voici le passage sur la Révolution française : “D’un seul coup, c’était l’idée, le concept du droit qui prévalait, et contre cela le vieil échafaudage de l’injustice ne pouvait résister. C’est sur l’idée de droit qu’on a donc érigé maintenant une Constitution et c’est sur cette base que tout devait désormais reposer. Depuis que le soleil brille au firmament et que les planètes gravitent autour de lui, on n’avait pas vu encore l’homme se dresser sur la tête, c’est-à-dire sur l’idée, et construire la réalité selon l’idée. Anaxagore avait dit le premier que le “vous”, la raison, gouverne le monde : mais voilà que l’homme en est venu à reconnaître que l’idée doit gouverner la réalité spirituelle. Ce fut ainsi un magnifique lever de soleil. Tous les êtres pensants se sont associés à la célébration de cette époque. Une émotion sublime a régné en ce temps, un enthousiasme de l’esprit a fait frissonner le monde entier, comme si l’on assistait pour la première fois à la réconciliation du divin avec le monde.” (HEGEL : Philosophie de l’histoire, 1840, p. 535.). – « Ne serait-il pas grand temps de mobiliser la loi anti-socialiste contre le danger public que représentent les doctrines révolutionnaires de feu le professeur Hegel ? » (Note d’Engels pour la publication de Socialisme utopique et socialisme scientifique.)

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  • "La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale."

    Science de la logique

    Georg Wilhelm Friedrich Hegel

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  • A chaque époque sa philosophie. Quelle est la nôtre ?

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  • La dialectique de Hegel, peu connue en France, est-elle toujours d’actualité pour la pensée scientifique ?
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  • Qu’est-ce qu’une contradiction dialectique au sens de Hegel ?

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    Friedrich Engels dans l’"Anti-Dühring" :

    « Tant que nous considérons les choses comme en repos et sans vie, chacune pour soi, l’une à côté de l’autre et l’une après l’autre, nous ne nous heurtons certes à aucune contradiction en elles. Nous trouvons là certaines propriétés qui sont en partie communes, en partie diverses, voire contradictoires l’une à l’autre, mais qui, dans ce cas, sont réparties sur des choses différentes et ne contiennent donc pas en elles-mêmes de contradiction. Dans les limites de ce domaine d’observation, nous nous en tirons avec le mode de pensée courant, le mode métaphysique. Mais il en va tout autrement dès que nous considérons les choses dans leur mouvement, leur changement, leur vie, leur action réciproque l’une sur l’autre. Là nous tombons immédiatement dans des contradictions. Le mouvement lui-même est une contradiction ; déjà, le simple changement mécanique de lieu lui-même ne peut s’accomplir que parce qu’à un seul et même moment, un corps est à la fois dans un lieu et dans un autre lieu, en un seul et même lieu et non en lui. Et c’est dans la façon que cette contradiction a de se poser continuellement et de se résoudre en même temps, que réside précisément le mouvement. »

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  • Comment Hegel résume lui-même l’ensemble de ses idées philosophiques :

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  • Hegel a-t-il raison de dire que « Tout ce qui est réel est rationnel » ?

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  • Tout idéaliste qu’il était, Hegel a découvert la dialectique objective du monde réel

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  • Lire en ligne les principaux écrits de Hegel ?

    Un

    Deux

    Trois

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  • Une pensée est inséparable du monde réel qui l’a produite et donc en particulier de l’époque qui l’a vue naitre, celle de Hegel comme tout autre.

    Considérer la pensée philosophique sans penser la société qui l’a produite, c’est penser l’arbre sans racines...

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  • « La raison a régné et règne dans le monde, et donc aussi dans l’histoire mondiale. »

    Introduction à la Philosophie de l’Histoire de Georg Wilhelm Friedrich Hegel

    Quelle est la philosophie de l’Histoire de Friedrich Hegel ?

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  • "Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner de la peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle - comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la mesure d’un soulier. Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence."

    (Hegel, La Phénoménologie de l’esprit).

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  • Hegel : « la philosophie saisit son temps dans la pensée. »

    Principes de la philosophie du droit

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  • Lire aussi :

    Science de la logique de Hegel

    https://www.matierevolution.fr/spip...

    Encyclopédie des sciences philosophiques de G.W.F. Hegel

    https://www.matierevolution.fr/spip...

    Gradualité et bonds, Friedrich Hegel

    http://www.matierevolution.fr/spip....

    L’Esthétique, Hegel

    https://www.matierevolution.fr/spip...

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  • Vous vous dites matérialistes et pourtant vous êtes pour la dialectique de l’idéaliste Hegel

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  • Pour Hegel, la philosophie était aussi fille de la liberté !

    « Pour que la philosophie apparaisse il faut la conscience de la liberté, et le peuple dans lequel la philosophie commence doit avoir la liberté comme principe ; pratiquement, cela est lié à l’épanouissement de la liberté réelle, la liberté politique. Celle-ci commence seulement là où l’individu se sait comme individu pour soi, comme universel, comme essentiel, comme ayant une valeur infinie en tant qu’individu ; où le sujet a atteint la conscience de la personnalité, où donc il veut affirmer sa valeur absolument pour soi. La libre pensée de l’objet y est incluse, - de l’objet absolu, universel, essentiel. Penser, cela veut dire mettre quelque chose dans la forme de l’universalité ; se penser veut dire se savoir comme universel, se donner la détermination de l’universel, se rapporter à soi. Là est contenu l’élément de la liberté pratique [...]. Dans l’histoire la philosophie apparaît donc seulement là où et en tant que se forment de libres constitutions. L’Esprit doit se séparer de son vouloir naturel, de son immersion dans la matière. »
    HEGEL, Leçons sur l’histoire de la philosophie.

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  • Je ne vois pas ce qu’il y a de révolutionnaire à dire que la philo serait fille de son époque. Aujourd’hui, on dit que les idées passent comme des modes et on n’en est pas plus avancés !!!

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  • Oui, mais Hegel ne dit absolument pas que les idées sont comme des modes !!! Pour lui ce qui existe, idées comme réalités, sont nécessaires historiquement. Et, pour lui, les deux sont liées. On n’a pas seulement les idées que l’on veut mais aussi celles que l’époque permet et même nécessite. Et c’est révolutionnaire à son époque parce qu’il explique comment les idées nouvelles et les réalités nouvelles apparaissent par l’existence de contradictions internes et non par des oppositions externes. C’est la conception de la dialectique des contradictions qui rompt non seulement avec le monde immuable des religions mais aussi avec la notion de contradiction formelle à la Kant.

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  • « La quantité se transforme en qualité », cette thèse dialectique de Hegel est-elle vérifiée par les sciences actuelles ?

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  • Comme la dialectique de Hegel l’affirmait, la science démontre que la nature fait des bonds

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  • Voici comment Hegel s’exprimait sur le lien entre le changement d’époque pour les idées philosophiques et le changement révolutionnaire de la société :

    « Le sentiment que la nature est en contradiction avec la vie sociale telle qu’elle existe entraîne la nécessité que cette contradiction soit dépassée ; et elle l’est quand la vis telle qu’elle existe a perdu sa puissance et toute sa dignité, quand elle est devenue purement négative.

    Tous les phénomènes de notre temps montrent que la satisfaction ne se trouve plus dans la vie traditionnelle ; cette vie se bornait à dominer sa propriété d’une façon ordonnée, à contempler et profiter de son petit monde complètement subordonné, - et puis il y avait aussi la contradiction entre cette limitation sociale et la nécessaire élévation de l’esprit dans la pensée. D’une part, la misère de l’époque a attaqué cette ancienne propriété ; d’autre part, ces capacités ont aboli l’acceptation de cette limitation, et dans les deux cas cette époque a transformé l’homme en son propre maître, et rendu suprême sa puissance sur la réalité. Sous cette vie aride de l’entendement, la mauvaise conscience qui élève à l’absolu sa propriété des choses inanimées, est devenue plus grande, et par là aussi la souffrance des hommes et une vie meilleure a soufflé sur ce temps… »

    Hegel, « Die Verfassung Deutschlands » (La constitution de l’Allemagne)

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  • Hegel écrit aussi :

    « Qu’ils sont aveugles, ceux qui s’imaginent que des institutions, des constitutions, des lois qui ne sont plus en accord avec les mœurs, les besoins, l’opinion des hommes, des lois qui n’expriment plus l’Esprit, peuvent continuer à subsister, - que des formes dans lesquelles l’intelligence et le sentiment ne s’intéressent plus sont assez puissantes pour constituer l’unité d’un peuple !

    Toutes les tentatives de restituer, par un barbouillage grandiloquent, la confiance en des rapports et des parties d’une constitution auquelle on ne prête plus foi, de donner un vernis de belles paroles aux fossoyeurs, non seulement couvrent de honte leurs malins inventeurs, mais encore préparent une éruption bien plus effrayante, dans laquelle au besoin d’amélioration s’ajoute la vengeance ; et la foule toujours dupée et opprimée punit ainsi la malhonnêteté. Devant le sentiment de l’ébranlement de toutes choses, rien d’autre à faire qu’attendre tranquillement l’écroulement du vieil édifice plein de fissures et attaqué dans ses racines… »

    Hegel, « Uber die neuesten Verhaltaisse Würtembergs » (À propos des derniers développements dans le Wurtemberg)

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  • Il rajoutait dans « Principes de la Philosophie du Droit » :

    « Leurs pensées et leurs actes (ceux des peuples en révolution) dans leurs rapports mutuels sont la dialectique phénoménale de la finité de ces esprits, à partir de laquelle l’esprit du monde se produit dépourvu de bornes, exerçant son action sur les esprits… dans l’histoire du monde en tant que tribunal du monde. »

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  • 45 000 emplois supprimés depuis début 2020 en France !!!

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  • Kant sur la française en 1798 :
    « La révolution d’un peuple spirituellement riche, que nous avons vue se produire de nos jours, peut bien réussir ou échouer ; elle peut bien être remplie de misères et d’atrocités au point qu’un homme réfléchi, s’il pouvait, en l’entreprenant pour la seconde fois, espérer l’accomplir avec succès, ne se déci¬derait cependant jamais à tenter l’expérience à un tel prix ; cette révolution, dis-je, trouve cependant dans tous les es¬prits de tous les spectateurs (qui n’ont pas eux-mêmes été impliqués dans le jeu) une sympathie [c’est Kant qui souligne le mot Teilnehmung] au niveau de ses souhaits, qui confine à l’enthousiasme et dont l’extériorisation même comportait un danger, sympathie donc qui ne peut avoir d’autre cause qu’une disposition morale dans l’espèce humaine. »

    Hegel :

    « La pensée, le concept du droit se fit tout d’un coup valoir et le vieil édifice d’ini¬quité ne put lui résister. Dans la pensée du droit, on cons¬truisit donc alors une constitution, tout devant reposer dé¬sormais sur cette base. Depuis que le soleil se trouve au firmament et que les planètes tournent autour de lui, on n’avait pas vu l’homme se placer la tête en bas, c’est-à-dire se fonder sur l’idée et construire d’après elle la réalité. Anaxagore avait dit le premier que le nous [en grec : la rai¬son] gouverne le monde ; mais c’est seulement maintenant que l’homme est parvenu à reconnaître que la pensée doit régir la réalité spirituelle. C’était donc là un superbe lever de soleil. Tous les êtres pensants ont célébré cette époque. Une émotion sublime a régné en ce temps-là, l’enthou¬siasme de l’esprit a fait frissonner le monde, comme si à ce moment seulement on en était arrivé à la véritable réconciliation du divin avec le monde. »

    Et Hegel encore dans « Leçons de Berlin » :
    « Philosophies kantienne, fichtéenne, schellingienne : dans ces philosophies s’est déposée et s’est exprimée sous la forme de la pensée la révolution à laquelle l’es¬prit est parvenu ces derniers temps en Allemagne ; dans leur succession nous avons le cours que le penser a pris. A cette grande époque de l’histoire mondiale [...] seuls deux peuples ont participé : le peuple allemand et le peuple fran¬çais, si opposés soient-ils, ou précisément parce qu’ils sont opposés... En Allemagne, ce principe a fait irruption en tant que pensée, esprit, concept ; en France, c’est dans la réalité effective qu’il a fait irruption. »

    En 1849, Klüpfel, bibliothécaire de l’Université de Tübin¬gen, ancien Stiftler, fils d’un Stiftler condisciple de Hegel, écrit dans sa précieuse Histoire et description de l’Université de Tübingen :
    « Un jour on planta un arbre de la liberté sur le marché, et nous trouvons autour de lui le philosophe Hegel et le poète Hölderlin, tous deux boursiers à cette époque, et amis enthousiastes de la liberté. »

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  • Quelques ouvrages sur la philosophie de Hegel :

    https://www.matierevolution.fr/spip...

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  • Qu’est-ce que la dialectique au sens de Hegel ?

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  • Hegel y répond dans sa « Science de la Logique », Introduction :

    C’est le « principe logique, que le négatif est tout aussi bien positif, ou que ce qui se contredit ne se résout pas en un zéro, en un abstrait, mais seulement essentiellement en la négation de son contenu particulier, ou qu’une telle négation n’est pas toute négation, mais la négation de la chose déterminée qui se résout, par conséquent négation déterminée, qu’en conséquence est essentiellement contenu dans le résultat ce dont il résulte – ce qui est proprement une tautologie, car autrement ce serait un immédiat, non un résultat. Du fait que le résultant, la négation est négation déterminée, elle a un contenu. Elle est un nouveau concept, mais plus élevé, plus riche que le précédent, car elle s’est enrichie de la négation ou de l’opposé de celui-ci, le contient par conséquent, mais aussi plus que lui, et est l’unité de celui-ci et de son opposé »

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  • Pour Hegel (Encyclopédie, §14, Remarque, Logique I), la pensée ne trouve son sens que dans ce développement qui exprime à la fin son rapport au tout, c’est-à-dire au monde :

    « Un contenu n’est justifié que lorsqu’il est moment d’un tout. Hors de ce tout, il n’est qu’une hypothèse ou une affirmation subjective ».

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  • La dialectique du maître et de l’esclave, par Hegel (dans « Phénoménologie de l’esprit » :

    https://www.matierevolution.fr/spip...

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  • L’éditorial du n° 179 de la « Gazette de Cologne », Karl Marx, Juillet 1842 :

    « Parce que toute vraie philosophie est la quintessence intellectuelle de son époque, le temps doit venir nécessairement où la philosophie, non seulement intérieurement par sa manifestation, entrera en contact avec le monde réel de son époque et établira avec lui des échanges réciproque. La philosophie cessera alors d’être un système déterminé face à d’autres systèmes déterminés, elle deviendra la philosophie en général face au monde, elle deviendra la philosophie du monde actuel. Les signes extérieurs qui dénotent que la philosophie atteint cette importance, qu’elle devient l’âme vivante de la culture, que la philosophie devient « de ce monde » et que ce monde devient philosophique, ont été les mêmes à toutes les époques ; on peut ouvrir n’importe quel livre d’histoire, et l’on verra se répéter avec une fidélité inaltérable les rites les plus simples qui marquent, sans qu’on puisse s’y méprendre, son entrée dans les salons et les presbytères, dans les salles de rédaction des journaux et dans les antichambres des cours, dans le cœur rempli de haine ou d’amour des contemporains. L’entrée de la philosophie dans le monde est marquée par les cris de ses ennemis qui trahissent la contagion interne par les appels sauvages de détresse qu’ils lancent contre l’incendie allumé par les idées. Ces cris de ses ennemis, ont, pour la philosophie, la même importance que le premier vagissement d’un enfant à l’oreille inquiète de la mère. C’est le cri qui lui annonce que ses idées sont vivantes, qu’elles ont fait éclater la carapace sans défaut d’hiéroglyphes que formait le système, et qu’elles se sont métamorphosées en citoyens du monde. »

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