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Accueil du site > 01 - Livre Un : PHILOSOPHIE > LIVRE UN - Chapitre 12 : Annexes philosophiques > Aristote, notre contemporain ?

Aristote, notre contemporain ?

jeudi 20 octobre 2016, par Robert Paris

Aristote continue de nous imposer ses préjugés philosophiques, sans même que nous en soyons conscients

L’un de ces préjugés est certainement le dualisme, un autre est aussi l’anti-dialectique, reste encore la métaphysique, et aussi le formalisme. Bien des philosophes et aussi des scientifiques, se réfèrant ou pas à Aristote, en suivent les principes… La pensée d’Aristote favorise la pensée réductionniste selon laquelle « le tout est la somme des parties », la pensée classificatrice selon laquelle le tout est de bien ranger les sortes de choses, la pensée dogmatique selon laquelle le raisonnement est purement formel, la pensée qui sépare âme et corps, enfin la pensée réactionnaire selon laquelle l’ordre est naturel et bon.

Aristote :

« Les contraires ne peuvent actuellement coïncider en un même sujet. »

C’est la thèse anti-dialectique par excellence !

Aristote affirme le principe de la continuité du monde, fondé sur la continuité divine…

« L’un est le continu. (...) Telles sont les différentes significations de l’Un : le continu naturel, le tout, l’individu et l’universel. (...) Est contigu tout ce qui, étant consécutif, est en contact (...) On dit qu’il y a continuité quand les limites par lesquelles deux choses se touchent, et se continuent, deviennent une seule et même limite. (...) Si les points sont susceptibles d’être en contact, les unités ne le sont pas : il n’y a, pour elles, que la succession ; enfin il existe un intermédiaire entre deux points, mais non entre deux unités. (...) Il est impossible que le mouvement ait commencé ou qu’il finisse, car il est, disons-nous, éternel. Et il en est de même pour le temps, car il ne pourrait y avoir ni l’avant ni l’après si le temps n’existait pas. Le mouvement est, par suite, continu, lui aussi de la même façon que le temps, puisque le temps est lui-même, ou identique au mouvement, ou une détermination du mouvement. (...) Aussi appelons-nous DIEU un vivant éternel rayon parfait ; la vie et la durée continue et éternelle appartiennent donc à DIEU, car c’est même cela qui est DIEU. (...) On pourrait se poser encore la difficulté suivante. Etant donné qu’il n’y a pas de contact dans le nombres, mais simple consécution, est-ce les unités entre lesquelles il n’existe pas d’intermédiaire (...) Les mêmes difficultés se présentent pour (...) la ligne, la surface et le solide (...) La même question pourrait se poser au sujet du point. (...) Ces points ne viennent certes pas d’un certain intervalle. »

« La Métaphysique » d’Aristote est une charge contre les dialecticiens :

« Il y a, dans les êtres, un principe au sujet duquel on ne peut pas se tromper (...) : c’est qu’il n’est pas possible que la même chose, en un seul et même temps, soit et ne soit pas, et il e est de même pour tout couple semblable d’opposés. (...) On ne peut donc pas être dans la vérité en adoptant les doctrines d’Héraclite ou celles d’Anaxagore ; sans quoi il s’ensuivrait que les contraires sont affirmés du même sujet. (...) Les arguments d’Héraclite les persuadèrent que toutes les choses sensibles sont dans un flux perpétuel. (...) Il n’y a pas de science de ce qui est en perpétuel écoulement. »

« Une proposition dialectique est une question face à laquelle il est possible de répondre par oui ou par non. »

Aristote, dans « Les topiques »

« Nous en avons assez dit pour établir que la plus ferme de toutes les croyances, c’est que les propositions opposées ne sont pas vraies en même temps (…). Mais, puisqu’il est impossible que les contradictoires soient vraies, en même temps, du même sujet, il est évident qu’il n’est pas possible non plus que les contraires coexistent dans le même sujet. En effet, des deux contraires l’un est privation non moins que contraire, à savoir privation de l’essence ; or la privation est une négation de quelque chose dans un genre déterminé. Si donc il est impossible que l’affirmation et la négation soient vraies en même temps, il est impossible aussi que les contraires coexistent dans le même sujet, à moins qu’ils ne soient affirmés, l’un et l’autre, d’une certaine manière, ou encore que l’un ne soit affirmé que d’une certaine manière, et l’autre, absolument. »

Aristote, dans « Métaphysique »

« Si la vérité n’est pas autre chose que d’affirmer le vrai et de nier le faux, il est dès lors impossible que tout soit faux, puisqu’il y a nécessité absolue pour que l’une des deux parties de la contradiction soit vraie. »

Aristote, dans Métaphysique

La continuité à laquelle Aristote tient en premier est le mouvement et la relation de cause à effet : « Dans l’ordre du temps, un acte est toujours préexistant à un autre acte. (...) Ce qui constitue l’unité de tous les êtres, c’est l’indivisibilité du mouvement. (...) Le mouvement local continu est le mouvement circulaire. »

Il combat toute forme de matérialisme :

« L’Intelligence suprême se pense donc elle-même… et sa Pensée est pensée de pensée. » (Métaphysique)

Et son mode de pensée est la logique formelle :

« Par démonstration j’entends le syllogisme scientifique, et j’appelle scientifique un syllogisme dont la possession même constitue pour nous la science. »

Aristote, Organon

Principe de non contradiction, principe du tiers exclus, développement de la logique formelle, dieu comme réalité fondamentale, le bonhaur par la vie contemplative, la morale de l’obéissance aux intérêts de la cité, et de celle-ci aux intérêts des classes dirigeantes, voilà quelques uns des principes idéologiques de base d’Aristote !

Pour Aristote, le mode de raisonnement et de réflexion par excellence est le sillogisme. C’est le modèle du raisonnement mathématique qui le fonde, avec des définitions, des axiomes, des conséquences logiques, etc.

Aristote est un adversaire de la dialectique, celle d’Héraclite comme celle de Socrate et même de Platon.

« Ainsi que nous l’avons dit, il y a des philosophes qui prétendent qu’il est possible que la même chose soit et ne soit pas, et que l’esprit peut avoir la pensée simultanée des contraires. Bon nombre de Physiciens aussi admettent cette possibilité. Mais, quant à nous, nous affirmons qu’il ne se peut jamais qu’en même temps une même chose soit et ne soit pas ; et c’est en vertu de cette conviction que nous avons déclaré ce principe le plus incontestable de tous les principes. »

Aristote, dans « Métaphysique » (Livre IV)

La démarche d’Aristote est classificatrice ce qui signifie qu’elle estime comme point essentiel de ranger chaque chose dans sa catégorie… Par exemple, il s’agit de ranger les animaux en genres et en espèces. Classifier, c’est regrouper et aussi opposer. Par exemple opposer le mouvement et le repos, l’animal et la plante, l’homme et la nature, la terre et le ciel, etc. Il oppose également matériel et immatériel :

« […] s’il n’y avait pas d’autre substance que celles qui sont constituées par la nature, la physique serait science première. Mais s’il existe une substance immobile, la science de cette substance doit être antérieure et doit être la philosophie première ».

Cette dernière affirmation pose donc comme apriori un dualisme : d’un côté la physique et de l’autre la métaphysique…

C’est sa manière de s’opposer en même temps à l’idéalisme de Platon et au matérialisme.

"Puisqu’en effet parmi les êtres les uns sont éternels et divins tandis que les autres peuvent aussi bien exister ou non et participent au pire comme du meilleur ; comme l’âme est meilleure que le corps matériel, l’animé meilleur que l’inanimé parce qu’il a une âme, comme être est meilleur que ne pas être et vivre que ne pas vivre, pour toutes ces raisons il y a génération des animaux. Puisqu’il est impossible que la nature de ce genre d’être soit éternelle, c’est seulement dans une certaine mesure que ce qui naît est éternel. Individuellement, il ne le peut pas. Mais il peut l’être du point de vue de l’espèce. Voilà pourquoi il existe perpétuellement un genre des hommes, des animaux, des végétaux."

Aristote, « Génération des animaux », II,1,731b)

Opposition diamétrale de l’âme et du corps :

« Voici par contre une absurdité qu’on relève dans la plupart des doctrines sur l’âme. On rattache l’âme à un corps et on l’introduit en lui, sans aucunement définir la cause de cette union ni l’état du corps en question. Il semblerait pourtant que ce fût indispensable. C’est en effet grâce à un élément commun qu’un terme agit en quelque manière et que l’autre pâtit, que l’un est mû et que l’autre meut, et aucun de ces rapports mutuels ne s’établit entre des termes pris au hasard. Or nos théoriciens s’efforcent seulement de déterminer quelle sorte d’être est l’âme, mais pour le corps qui doit la recevoir ils n’apportent plus aucune détermination ; comme s’il se ne pouvait, conformément aux mythes pythagoriciens, que n’importe quelle âme pénètre dans n’importe quel corps ! (opinion absurde), car il semble que chaque corps possède une forme et une figure particulières. Leur théorie revient donc à peu près à dire que l’art du charpentier descend dans les flûtes. Il faut en effet que l’art se serve de ses instruments, et l’âme de son corps. »

« De l’âme » - Aristote

L’opposition entre l’homme est l’animal est souvent affirmée : « Le rire est le propre de l’homme. »

« L’homme est le seul animal qui ait la faculté de rire »

Aristote, « Parties des animaux »

Le but de la science pour Aristote n’est pas de transformer le monde mais de le contempler…

Car le principe numéro un d’Aristote est que le monde est bien fait : « La nature ne fait rien en vain ni rien de superflu ».

L’essentiel de la philosophie pour Aristote est le divin et la morale.

Au plan politique et social, Aristote est un défenseur de l’ordre établi, notamment du régime politique et du système d’esclavage.

« Il est évident qu’il y a par nature des gens qui sont libres, d’autres qui sont esclaves et que, pour ces derniers, demeurer dans l’esclavage est à la fois bienfaisant et juste. »

(Aristote, "La Politique")

« Ainsi, l’homme libre commande à l’esclave tout autrement que l’époux à la femme, et le père, à l’enfant ; et pourtant les éléments essentiels de l’âme existent dans tous ces êtres ; mais ils y sont à des degrés bien divers. L’esclave est absolument privé de volonté ; la femme en a une, mais en sous-ordre ; l’enfant n’en a qu’une incomplète. » (Aristote, dans « La Politique »)

« Ceux qui sont aussi éloignés des hommes libres que le corps l’est de l’âme, ou la bête de l’homme (et sont ainsi faits ceux dont l’activité consiste à se servir de leur corps, et dont c’est le meilleur parti qu’on puisse tirer), ceux-là sont par nature des esclaves ; et pour eux, être commandés par un maître est une bonne chose, si ce que nous avons dit plus haut est vrai. Est en effet esclave par nature celui qui est destiné à être à un autre. »

Aristote, dans « La Politique »

Il place dans une classe inférieure les laboureurs, artisans, commerçants, marins ou pêcheurs, et tous « les gens de fortune trop médiocre pour vivre sans travailler ».

Pour qu’il puisse s’épanouir, il faut que la cité soit bien gouvernée. Une cité heureuse est celle qui est régie par une bonne constitution, « la constitution étant définie par l’organisation des différentes magistratures…

Pour Aristote, la Cité n’est pas une construction artificielle et arbitraire des hommes, mais au contraire un être "naturel".

Pour Aristote, la stabilité est l’essentielle et elle est obtenue par le « bon gouvernement » et par la bonne constitution mais aussi par une base solide fondée sur une classe moyenne nombreuse et prospère. « Il est donc clair aussi que la meilleure communauté politique est celle qui est constituée par des gens moyens, et que les cités qui peuvent être bien gouvernées sont celles dans lesquelles la classe moyenne est nombreuse et au mieux plus forte que les deux autres, ou au moins que l’une des deux, car son concours fait pencher la balance et empêche les excès contraires. »

La philosophie politique d’Aristote repose sur cinq principes :

(i) Le principe de téléologie : la nature ayant une fin, les êtres humains ont donc une fonction (une tâche) à assumer.

(ii) Le principe de perfection : « le bien ultime ou bonheur (eudaimonia) des êtres humains consiste dans la perfection, dans la pleine réalisation de leur fonction naturelle, qu’il voit comme le mouvement de l’âme accordé à la raison ».

(iii) le principe de communauté : la communauté la plus parfaite est la Cité-État. En effet, n’étant ni trop grande ni trop petite, elle correspond à la nature de l’homme et permet d’atteindre la vie bonne.

(iv) Le principe de gouvernement sous la loi.

(v) Le principe de la règle de raison. Comme Platon, Aristote pense que la partie non rationnelle de l’homme doit être gouvernée par la partie rationnelle.

Etudiée et commentée entre autres par Schelling, puis Heidegger, ainsi qu’à sa suite par Leo Strauss et Hannah Arendt, sa pensée reste un des fondements de la « pensée occidentale »…

Au XIXe siècle, on assiste à un retour à la métaphysique aristotélicienne, qui a débuté avec Schelling et s’est poursuivi avec Ravaisson, Trendelenburg et Brentano.

Pourtant la science contemporaine ne donne pas raison à Aristote : la nature fait des bonds, la matière n’a pas « horreur du vide », etc…

« Par une interprétation assez libre, l’idée d’Aristote a été résumée dans l’adage « la nature ne fait pas de bonds » (...) Selon toute apparence, son règne est compté. La nature semble en effet effectuer des bonds et cela de façon singulière. (...) L’hypothèse des quanta conduit à admettre qu’il y a dans la nature des phénomènes n’ayant pas lieu d’une manière continue mais brusquement et, pour ainsi dire, explosivement. »

Le physicien Max Planck dans « Initiation à la physique »

L’adversaire classique des discontinuités est Aristote. Il affirme nettement que la nature ne fait pas de bonds. Il se fait ouvertement le défenseur de la classe dirigeante et de l’ordre social, dans son ouvrage « Politique ». Il a fait ce choix en connaissance de cause puisque les philosophes grecques avaient posé ce problème avant même qu’Aristote ne débute son œuvre. Zénon d’Elée notamment avait développé ses "paradoxes" qui montraient les contradictions de la conception du temps et de l’espace continus. Comme le montraient les prises de positions révolutionnaires des partisans de la discontinuité comme Zénon ou Socrate, la question dépassait celle de l’examen de la nature. Dans la société athénienne menacée par la révolution sociale, la question de la discontinuité dépassait déjà une simple question de sciences et de philosophie. Elle devenait une question politique. Les condamnations à mort de Zénon et de Socrate le montrent pleinement. Philosophie du discontinu signifiait déjà conception révolutionnaire.

En fait l’affirmation fameuse d’Aristote est bien plus philosophique que scientifique. « Qu’il faille que les gouvernés diffèrent des gouvernants, c’est incontestable. » (dans « Politique » d’Aristote)

Aristote n’a pas trop d’idée sur la manière dont est faite la nature mais il en a plein sur la manière de conserver la société et de préserver les classes dirigeantes, et c’est ce qui lui détermine sa philosophie, laquelle détermine sa conception de la nature et notamment du changement et du mouvement. Et les classes dirigeantes qu’Aristote défendait avaient d’abord « horreur du vide » politique et étatique qui pouvait se produire dans les transitions entre deux formes de sociétés fréquentes dans les villes grecques de l’époque…

Aristote assimilait la nature à des lois figées, justifiant ainsi un ordre social fixe dans lequel l’esclavage serait naturel. Un objet au repos semblait ne se mouvoir que du fait d’une force extérieure. L’existence d’une agitation spontanée de la matière restait insoupçonnée et celle d’une agitation du vide était inconnue. On sait aujourd’hui que la matière et le vide sont toujours agités sans subir aucune action extérieure.

« Pour Aristote, la nature est une activité adéquate à une fin » dit Hegel dans sa Préface à « La phénoménologie de l’esprit ». Eh oui, bien des gens croient encore que les plumes, c’est pour voler, les jambes c’est pour marcher et le cerveau c’est pour penser. Et on continue à questionner le zèbre : les rayures c’est POUR quoi ? La réponse de la science n’est pas de donner un but mais un fonctionnement du vivant. Par exemple en disant que le zèbre est un cheval noir, les bandes blanches correspondant à des inhibitions de couleur, comme pour la ventre de la plupart des animaux. « Aristote fut pendant longtemps responsable d’une autre grave méprise. Il avait admis que l’état de repos d’un corps – celui qu’il conserve lorsqu’aucune influence ne s’exerce sur lui – est l’arrêt. S’il bouge, c’est qu’il subit une force. » rappelle Albert Jacquard dans « La légende de la vie ».

La pensée réactionnaire actuelle adore Aristote

Opposer diamétralement la matière et le vide

Aristote, l’ennemi de la dialectique

La science contemporaine donne-t-elle raison à Aristote que « le tout est la somme des parties » ? Qui était Aristote

Aristote (Métaphysique – livre V) :

« La partie est antérieure au tout… Mais en acte, les parties sont postérieures au tout ; car c’est après la dissolution du tout qu’elles sont en acte… Quantité s’entend de ce qui est divisible en éléments constitutifs, dont l’un ou l’autre, ou chacun, est un et a, de sa nature, une existence propre. La pluralité est une quantité lorsqu’elle peut se compter ; la grandeur, lorsqu’elle peut se mesurer. On appelle pluralité ce qui est, en puissance, divisible en parties non continues ; grandeur, ce qui peut se diviser en parties continues. Une grandeur continue dans un seul sens, s’appelle longueur ; dans deux sens, largeur, et dans trois, profondeur. Une pluralité finie, c’est le nombre ; une longueur finie, c’est la ligne. Ce qui a largeur déterminée, est un plan ; profondeur déterminée, un corps. Enfin, certaines choses sont des quantités par elles-mêmes, d’autres accidentellement. Ainsi, la ligne est par elle-même une quantité ; le musicien n’en est une qu’accidentellement… Nous disons : le vase contient le liquide, la ville contient les hommes, le vaisseau les matelots ; de même encore le tout contient les parties. Ce qui empêche un être de se mouvoir ou d’agir selon sa tendance, retient cet être… Ainsi les parties proviennent du tout… Sous un autre point de vue, le tout vient de la partie… Partie, dans un sens, se dit de ce en quoi on peut diviser une quantité quelconque. Car toujours ce qu’on retranche d’une quantité, en tant que quantité, s’appelle partie de cette quantité. Ainsi, deux peut être considéré comme partie de trois. Dans un autre sens, on donne seulement ce nom à ce qui mesure exactement les quantités ; de sorte que sous un point de vue, deux sera partie de trois, et sous l’autre, non. Ce en quoi peut se diviser un genre, le genre animal par exemple, autrement que sous le rapport de la quantité, s’appelle encore partie de ce genre. Dans ce sens les espèces sont des parties du genre. Partie se dit aussi de ce en quoi peut se diviser un objet, ou de ce qui constitue le tout ou la forme, ou ce qui a la forme. L’airain, par exemple, est une partie de la sphère ou du cube d’airain, il est la matière qui reçoit la forme. L’angle est aussi une partie. Enfin, les éléments de la définition de chaque être particulier sont encore des parties du tout. De sorte que, sous ce point de vue, le genre peut être considéré comme partie de l’espèce ; sous un autre, au contraire, l’espèce est partie du genre. Tout, s’entend de ce à quoi il ne manque aucune des parties qui constituent naturellement un tout ; on bien de ce qui embrasse d’autres êtres s’il a l’unité, et des êtres embrassés, s’ils forment une unité. Sous ce dernier point de vue, deux cas se présentent : ou bien chacun des êtres embrassés est un, ou bien l’unité résulte de leur ensemble. Ainsi, pour le premier cas, l’universel, (car l’universel reçoit le nom de tout, comme désignant un ensemble,) l’universel est universel parce qu’il embrasse plusieurs êtres, à chacun desquels il s’applique, et que tous ces êtres particuliers forment une unité commune, par exemple, homme, cheval, dieu, parce que ce sont tous des êtres vivants. Dans le second cas, le continu déterminé ; s’appelle tout ou ensemble, parce qu’il est une unité résultant de plusieurs parties intégrantes, surtout lorsque ces parties sont en puissance, quelquefois aussi lorsqu’elles sont en acte. Les objets naturels ont plutôt ce caractère que les objets d’art, comme nous l’avons fait remarquer à propos de l’unité ; car le tout ou l’ensemble est une espèce d’unité. »

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