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Notre campagne pour la défense des services publics

dimanche 12 août 2018, par Robert Paris

Et notre combat pour le service public aujourd’hui ?

Notre campagne pour la défense des services publics à Arcueil en 2004

Services publics : la Bourse ou la vie ?

La Poste, l’Hôpital, EDF/GDF, les Télécommunications, les Transports, la Recherche, l’Ecole, la Sécurité Sociale : à court ou moyen terme, tous les services publics sont menacés par des restructurations et privatisations. Le gouvernement attaque tous azimuts. Coup sur coup, il a imposé le changement de statut d’EDF et de GDF (ouverts au capital privé dès 2005 avec déjà la remise en cause du système de retraite), il a achevé la privatisation de France Telecom et planifié la restructuration de La Poste avec la fermeture d’un tiers des bureaux de poste (soit 6000 dans le pays). Aux Assises de la recherche, il a été clair que le gouvernement entend pratiquer la faveur au secteur privé et zéro embauche. A la R&D, c’est le débauchage plus ou moins déguisé.

Après EDF et GDF, c’est La Poste qui est préparée à l’ « ouverture du capital »

Les bureaux de poste ont déjà subi la réduction de l’ouverture au public. Désormais, où qu’on habite, impossible d’échapper à des restrictions massives et systématiques. Partout, le courrier sera moins bien assuré du fait de la diminution des tournées. Et si dans une zone jugée pas assez peuplée, le bureau de poste sera fermé, ailleurs il sera surpeuplé par des queues interminables. La suppression d’un tiers des effectifs des postiers d’ici à 2012, cela signifie des dizaines de milliers de chômeurs de plus, et autant de services en moins !

L’objectif de la Poste : cesser d’être la « banque du pauvre », cesser d’offrir des services peu rémunérateurs, et développer des activités financières rentables, visant une clientèle aisée.

Des fermetures qui frappent aussi les hôpitaux

Après la catastrophe de la canicule de l’été 2003 (15 000 morts) le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que la mise en place du « plan hôpital 2007 », qui vise à rentabiliser l’hôpital public pour céder les parties les plus lucratives au secteur privé. La "rentabilité" signifie moins de personnel. A l’hôpital Bicêtre, les blocs opératoires disposent de 36 infirmières sur un effectif théorique de 54 ! La dégradation des hôpitaux publics ainsi programmée les voue à la fermeture ! L’Hôtel-Dieu, Saint-Vincent de Paul et René Muret s’ajoutent à la liste des hôpitaux condamnés à disparaître, pendant que d’autres, comme Argenteuil, sont menacés de faillite, l’Etat refusant de payer.

La privatisation, c’est des tarifs plus élevés pour des services dégradés Quant à l’ « ouverture à la concurrence », elle n’est pas synonyme de baisse des prix : en se répartissant le marché, les capitalistes imposent des prix élevés. D’ores et déjà, la hausse des tarifs de l’électricité est envisagée pour les particuliers en 2007. On ne sait pas encore quand le gaz va augmenter ni de combien mais cela vient à coup sûr avec des conséquences graves pour les charges.

Pratiquer des tarifs élevés, c’est priver les plus modestes des services et des soins élémentaires, au mépris de leur santé et de leur vie. Sous prétexte de rentabilité, EDF coupe déjà le courant aux plus démunis. Cet été, on a vu un incendie frapper un foyer à Saint-Denis, parce que la famille était contrainte de s’éclairer à la bougie. Qu’est-ce que ce sera quand EDF sera privatisée ? Et que deviendront les malades sans le sou, si les critères de la rentabilité financière continuent d’être appliqués à la santé ?

Et la cherté n’est pas une garantie de qualité ! L’exemple du chemin de fer anglais est édifiant avec les tarifs les plus élevés d’Europe et un système coûteux en vies humaines. Des retards considérables et une liste noire d’accidents mortels, voilà où mène la recherche du profit à tout crin.

La seule rentabilité recherchée, c’est celle du capital. La seule chose qui compte, les profits des actionnaires privés. Au lieu d’être organisés en vue de la satisfaction rationnelle et efficace des besoins de tous, les services publics sont métamorphosés en entreprises financières.

L’HOPITAL, L’ENERGIE, LES TRANSPORTS, L’ECOLE, LA POSTE,

TOUS LES SERVICES PUBLICS SONT ATTAQUES ET MENACES

Il ne passe pas de jour sans que l’on apprenne un projet de privatisation ou de restriction et de rentabilisation d’un nouveau service public. L’hôpital public est en ce moment victime d’une vaste opération de rentabilisation. La réforme de l’hôpital public, intitulée « plan hôpital 2007 » est en est train d’être mise en place, avec des fermetures de lits, de services et d’hôpitaux. Le budget est réduit de 850 millions € en trois ans dont 150 millions € dans l’année. Le ministre Douste-Blazy déclare que cela « implique 2% d’économies sur les achats de médicaments, 10% sur les dispositifs médicaux et fournitures hôtelières générales et 5% sur la majeure partie des prestations de service. » Il ajoute qu’il « demandera aux Agences Régionales d’Hospitalisation de faire des économies sur la politique d’achat concernant les fournitures. ». En fait, il économise surtout sur le personnel et sur le dos de la Santé ! Le effectifs sont de plus en plus réduits et le personnel est à bout. La dégradation du service est mise en place par l’autorité de tutelle ! C’est le ministre de la Santé publique qui la casse ! Pour faire face aux attentes aux urgences, aux blocs chirurgicaux, il faudrait au contraire embaucher en nombre des infirmières et des agents hospitaliers et cesser de livrer l’hôpital au privé !

Les plus importantes des privatisations ont été celles de France Telecom et d’EDF/GDF. Les conséquences les plus graves sont encore à venir. Dores et déjà, elles ont des conséquences pour l’emploi et les hausses de tarifs. Les économies de France Telecom (15 milliards d’euros d’économies en 3 ans) se sont faites sur le dos des salariés et des usagers. Ainsi, France Telecom a supprimé 7700 emplois en 2003 et 8800 emplois en 2004. La dernière en date est le i-TGV, société privée créée par la SNCF, première étape vers la privatisation des gares, du fret et de tout le transport ferré. La réforme de La Poste a fait grand bruit en province mais elle frappe aussi nos banlieues. Les victimes sont les postiers mais aussi les usagers qui vont voir le service public se dégrader de la volonté même de ses responsables. Les queues s’allongent, les horaires d’ouverture des guichets se réduisent. Ainsi, les guichets et les tris d’Arcueil, Gentilly et Cachan sont menacés d’être regroupés. EDF, devenue société anonyme en attendant son entrée en Bourse, annonce qu’elle va réaliser un plan de d’économies de 2,5 milliards d’euros d’ici 2005 (dont 1,6 milliards en France) notamment par des hausses de tarifs et des suppressions d’emplois.

C’est pour faire face à cette attaque généralisée que des habitants d’Arcueil et de la région ont décidé, suite au succès de la réunion et de la pétition lancée à l’initiative de l’Etincelle et de la LCR, la mise en place d’un collectif de défense des services publics. 360 personnes ont déjà signé et 115 personnes ont pris des pétitions pour en faire signer dans leur lieu de travail ou leur quartier. Cette pétition a été portée au receveur de La Poste de Gentilly (malgré son refus de nous recevoir) puisqu’elle proteste notamment contre les menaces de regroupement des guichets et des tris d’Arcueil et Gentilly. La Poste veut réduire ses guichets pour vendre des locaux, construire son capital en vue de faire rentrer de l’argent. Elle vise à racheter les entreprises étrangères de poste. Elle vise également à réduire les emplois de postiers, de tri ou de guichetier, aggravant ainsi le chômage.

Tarifs en hausse, réductions de personnel : les services publics en voie de privatisation

Après la hausse du prix du gaz de 3,8% imposée il y a quelques semaines, de nouvelles hausses de tarifs viennent d’être annoncées dans les services publics menacés par la privatisation. Le timbre va encore augmenter de 6%, soit une augmentation de 13% en moins de 2 ans ! Le 1er juillet 2005 entrera en application une hausse de 3,4% des transports en Ile-de-France, qui va s’ajouter à la hausse de 13% des trois dernières années. Après s’être déjà désengagé du financement des transports à hauteur de 20% entre 1997 et 2002, l’Etat prévoit d’en transférer la gestion à la Région en juillet.

Cette semaine, le président d’EDF a confirmé qu’il envisage une hausse des tarifs d’au moins 7,5% d’ici à 2007, qui accompagnerait une hausse du prix de l’énergie à la production de 25%. Cela n’est qu’un avant-goût des hausses qui interviendront ensuite, lorsque la libéralisation totale du marché prendra effet pour tous les consommateurs. Pour les gros clients comme la SNCF, la déréglementation du prix de l’électricité, déjà en vigueur, s’est soldée par une augmentation de leur facture de 50% !

Et dans tous les services publics – énergie, transports, télécommunications, éducation, santé – c’est le même scénario qui se reproduit : tous les programmes de « rentabilisation » qui précèdent et accompagnent les privatisations imposent des compressions de personnel.

Outre les hausses de tarifs, la restructuration d’EDF en vue de son entrée en Bourse va imposer un plan massif de réduction d’emplois : 15 000 à 20 000 postes sont ainsi menacés d’être supprimés d’ici à 2007 ! France Télécom, dont la privatisation vient d’être achevée, a supprimé 7700 emplois en 2003 et 8800 emplois en 2004. Concernant l’Education Nationale, les chiffres de la carte scolaire publiées cette semaine indiquent la suppression de 5850 postes d’enseignants de collèges et lycées à la rentrée 2005. La toute récente création de « iD-TGV » nous a rappelé que la SNCF supprime des emplois de guichetiers : cette filiale privée gère des rames sur l’axe Paris-Marseille, dont la réservation est accessible uniquement via internet. Dans le cadre de leur transformation en centres commerciaux, les gares seront vidées de 30% des postes d’accueil et de guichets SNCF d’ici à 2010.

Toutes ces suppressions d’emplois conduisent à un sous-effectif préjudiciable au fonctionnement du service public. Les conséquences sont particulièrement dramatiques dans la Santé. Le « plan Hôpital 2007 » prévoit ainsi la suppression de 80000 emplois, ce qui aggravera encore l’attente aux urgences, les délais pour une opération ou une consultation … Avec la suppression d’un tiers des effectifs d’ici 2012, la restructuration de la Poste, qui se traduit en province par la suppression de 6000 bureaux de poste frappe aussi nos banlieues. Les queues s’allongent, les horaires d’ouverture des guichets se réduisent. Ainsi, les guichets et les tris d’Arcueil, Gentilly et Cachan sont menacés d’être regroupés.

C’est pour faire face à cette attaque généralisée que des habitants d’Arcueil et des alentours ont décidé, à la suite de l’écho de la réunion et de la pétition lancée à l’initiative de l’Etincelle et de la LCR, la mise en place d’un collectif de défense des services publics. Cette pétition a été portée au receveur de la Poste de Gentilly (qui en dépit de son titre a refusé de nous… recevoir), puisqu’elle proteste notamment contre les menaces de regroupement des guichet et des tris d’Arcueil et Gentilly.

L’école publique est mise à mal

Les lycéens qui contestent dans la rue, avec l’appui des enseignants, veulent sauvegarder un service public menacé par les projets gouvernementaux. Le « socle commun », le remplacement des enseignants par leurs collègues et bien d’autres réformes comme la nouvelle organisation des établissements et les dotations horaires en peau de chagrin, c’est la casse d’un accès égal de tous à l’enseignement !

Il n’y a plus d’argent pour le service public ?

Le ministre de l’Economie Gaymard avait déclaré que les Français devaient se désintoxiquer de la dépense publique. Il a été pris en flagrant délit d’intoxication avec ses 600 m² de logement payés par le contribuable ! 600 millions € de l’argent public vont aussi servir à couvrir des profiteurs comme Pinault dans l’affaire du Crédit Lyonnais et d’autres millions vont servir à supprimer les impôts des plus riches. Du coup, il n’y a plus d’argent pour les hôpitaux ni pour prolonger le métro à Montrouge-Bagneux ou la ligne de tramway Villejuif-Vélizy.

Un plan pour se blanchir

Le « plan blanc » du ministre de la Santé Douste-Blazy contre l’épidémie de grippe vaut le plan canicule de son prédécesseur Mattéi. Ce sont les restrictions permanentes dans les hôpitaux publics qui placent la santé à la limite d’une catastrophe.

L’hôpital est progressivement démantelé

« Nous avons réussi à faire mieux avec moins de moyens. (..) Nous nous étions engagés à économiser 60 millions d’euros. Nous l’avons fait en augmentant notre activité de 2,7%. » a déclaré Marie-Rose Van Lerberghe, la responsable des hôpitaux publics de Paris, affirmant qu’elle comptait poursuivre les restrictions au moins à hauteur des 240 millions € d’économies prévus.

Air France accuse le lampiste

Une grève surprise a frappé l’aéroport d’Orly en plein départ en vacances. Le coup de colère n’a rien d’étonnant. Les agents de poste sont révoltés que l’un des leurs soit mis à pied dans l’affaire de l’accident mortel d’une hôtesse qui a chuté d’un escalier mobile enlevé prématurément... Le code de procédure prévoit deux agents pour la manœuvre et une assistance vidéo. Malgré l’absence des deux, le PDG d’Air France prétend que le responsable est l’agent qui n’avait pas le moyen de voir l’hôtesse au moment où il manœuvrait ! Air France cherche ainsi à cacher que c’est le manque de moyens qui a tué.

Pour le service public, on marche !

Mille personnes ont défilé dans les rues d’Angoulême pour la défense des services publics. Le 5 mars, une nouvelle manifestation aura lieu à Guéret dans la Creuse pour le même motif. A quand une manifestation à Paris ?

LA DEFENSE DU SERVICE PUBLIC HOSPITALIER

La dégradation de la situation des hôpitaux publiques a plusieurs fois été à la une de l’actualité avec les drames de l’hôpital psychiatrique, notamment à Pau, mais aussi avec les morts de la canicule. Ce n’est pas l’effet du hasard ou de la malchance. Psychiatrie et gériatrie sont devenus les parents pauvres de l’hôpital public avec des moyens et des effectifs en chute libre. Cela ne signifie pas que l’hôpital public, lui aussi désigné comme cible de la politique gouvernementale d’économies sur le dos du public, se porte bien mieux. Le plan hôpital 2007 signifie qu’en 2007 les dépenses de l’hôpital doivent être rentabilisées sur le dos des malades et des personnels de santé.

« Nous avons réussi à faire mieux avec moins de moyens. (..) Nous nous étions engagés à économiser 60 millions d’euros. Nous l’avons fait en augmentant notre activité de 2,7%. » a déclaré Marie-Rose Van Lerberghe, la responsable des hôpitaux publics de Paris et région parisienne, affirmant qu’elle comptait poursuivre les restrictions au moins à hauteur des 240 millions € d’économies prévus.

Des hôpitaux ou des services doivent fermer comme l’Hôtel Dieu, Saint Vincent de Paul, l’hôpital Jean-Rostand, d’Ivry (Val-de-Marne), dont la maternité est sur la sellette ; l’hôpital Bigottini, de Sevran (Seine-Saint-Denis), où 120 lits de long séjour, fermés pour désenfumage, ne rouvriraient pas. Des lits vont encore être supprimés alors que des milliers de lits d’hôpital ont déjà été fermés ces dernières années.

Pour la direction des hôpitaux, il faut gagner de l’argent : les malades doivent sortir le plus vite possible de l’hôpital dès qu’ils sont soignés, les activités de chaque centre hospitalier doivent être choisies en fonction de leur rentabilité, le matériel et le personnel doivent être réduits au strict minimum. On contraint le malade à amener son propre matériel. Même les draps et les couvertures sont réduits. Quant au personnel la dernière annonce de la direction de l’Assistance publique – hôpitaux parisiens en dit long sur la politique suivie Dans les hôpitaux parisiens contre les 1800 suppressions d’emplois et 800 fermetures de lits programmées pour les mois à venir dans le fameux « plan stratégique ». En réalité, c’est même de 4200 postes que la direction prétend se débarrasser. Le chiffre de 1800 est obtenu en soustraction des embauches.

Si Mme Van Lerberghe a déclaré qu’il s’agissait seulement de suppressions d’emplois de personnels non soignants, cela n’est pas fait pour nous rassurer. D’abord, cela ne rend pas plus acceptables ces suppressions d’emplois. Elles vont aggraver le chômage et la charge de travail de tous, soignants et non soignants. Quant aux emplois des soignants, ils n’ont pas cessé eux aussi de diminuer même si elle prétend le contraire ! Le but des déclarations de l’hôpital public est de faire croire qu’il va débaucher des personnels administratifs pour embaucher des soignants alors qu’il fait le contraire.

Les restrictions de crédits sont appelés tarification à l’activité ou T2A et visent en fait à contraindre l’hôpital au budget minimal pour chaque activité. Par exemple une somme donnée pour une opération de la hanche. Cela suppose un nombre précis de compresses, de seringues, etc… Mais, en réalité, on ne peut pas restreindre ainsi le matériel car certaines opérations s’avèrent plus difficiles que d’autres. En ce qui concerne les médicaments, pour la première fois, l’Etat a fixé les prix des médicaments vendus par les trusts pharmaceutiques à l’hôpital. On pourrait penser que c’est un progrès vers la maîtrise des tarifs mais c’est seulement la moitié des médicaments qui sont concernés et ils ne sont pas très encadrés. Les intérêts des trusts ont plus été pris en compte que celui des malades et ceux de la sécu. La T2A est bien plus dure quand il s’agit de nous faire faire des économies sur le dos des malades que pour réduire la marge des trusts !

Les personnels sont sans cesse contraints de se défendre par la grève comme récemment à l’hôpital psychiatrique Guiraud ou aux urgences de l’hôpital Béclère de Clamart. Ils étaient nombreux en grève et dans la rue le 10 mars dernier. Et la défense de l’hôpital public nous concerne tous car un jour ou l’autre on est amené à se faire soigner. Nous ne voulons pas qu’il ait un hôpital pour les riches et un autre pour les pauvres comme c’est en train de se mettre en place pour le plus grand profits du privé et des trusts pharmaceutiques.

Les hôpitaux parisiens sous la menace

L’AP-HP a avalisé hier les orientations médicales pour 2005-2009. 1 820 suppressions d’emplois sont prévues, ainsi que la fermeture de 800 lits de long séjour.

Pour : 29. Contre : 21. Lors d’un premier examen, hier, la majorité des membres du conseil d’administration, et, entre autres, les représentants du corps médical, ont approuvé les grandes lignes du projet de plan stratégique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour la période 2005-2009. Alain Lhostis, élu communiste de Paris et président du conseil d’administration, la majorité municipale, une grande partie des élus des départements et de la région, et l’ensemble des représentants du personnel ont, eux, exprimé leur désaccord catégorique avec ce document, qui détermine les orientations futures de la politique hospitalière parisienne et francilienne. Ils se disent « opposés à la poursuite du plan d’économies imposé par le gouvernement à l’AP-HP qui se traduit par la suppression de plusieurs milliers d’emplois hospitaliers », et ils jugent « inacceptable le retrait unilatéral de l’AP-HP qui se dessine dans la prise en charge des personnes âgées nécessitant des soins de longue durée, au moment même où les besoins augmentent et où l’insuffisance de ce type d’accueil contribue à emboliser gravement les services d’urgences ». Le plan stratégique, dont les principaux points sont connus depuis vendredi dernier, prévoit en effet la fermeture de 800 lits de long séjour en gériatrie, qui entraînerait la suppression de 600 emplois, alors que 1 000 lits de ce type ont déjà été condamnés précédemment au titre de l’« humanisation ». Il inclut également la poursuite du plan dit « de retour à l’équilibre », opérationnel depuis 2004, qui contribuerait à la disparition de 1 820 emplois net à l’horizon 2009, annulant totalement au passage le bénéfice des emplois obtenus suite à l’application de la réduction du temps de travail.

Venus en nombre manifester sous les fenêtres du siège de l’AP-HP, au moment où se tenait le conseil d’administration, les personnels ont dénoncé, de vive voix, les perspectives tracées pour l’avenir. « Chaque année, on nous grapille quelques emplois. Pas chez les soignants, déjà en grande pénurie, mais à la stérilisation, ou à la crèche de l’hôpital. Cela nous met en difficulté dans notre travail », explique Laetitia Schmitt, infirmière de bloc opératoire (IBODE) à l’hôpital Paul-Brousse. Les infirmiers et les médecins ne sont pour autant pas épargnés : « Par manque de personnel, une nouvelle organisation se met en place autour de "pôles", afin de nous contraindre à la mobilité et de nous imposer des tâches qu’on ne sait pas faire. C’est nous pousser dans nos retranchements, tout ça pour faire des économies », s’indigne-t-elle, citant une étude récente sur les conditions de travail dans les hôpitaux, qui montrent que les contraintes deviennent trop difficiles à supporter. Sa collègue, Élisabeth Ferry, aide-soignante dans le même établissement, en gériatrie, a fait ses comptes. « Depuis quinze ans que je travaille à l’AP-HP, le personnel a été divisé par deux pour le même nombre de patients. Aujourd’hui, nous sommes 3 pour nous occuper de 40 malades. Nous ne pouvons pas passer plus de six minutes par toilette. Nous manquons de temps pour faire manger les personnes âgées, qui risquent la dénutrition. » La pression est telle que « nous tombons plus facilement malades, et on nous culpabilise de n’en faire pas assez pour les patients », déplore-t-elle. Pour boucher les trous, l’AP-HP tourne grâce à des contractuels, qu’il faut prendre le temps de former sur le tas, et qui, un mois plus tard, disparaissent dans la nature. Dans les rangs de la manifestation, étaient également fortement représentés les hôpitaux qui voient leur existence, ou certains de leurs services, carrément menacés par le plan stratégique : l’hôpital Jean-Rostand, d’Ivry (Val-de-Marne), dont la maternité est sur la sellette ; l’hôpital Bigottini, de Sevran (Seine-Saint-Denis), où 120 lits de long séjour, fermés pour désenfumage, ne rouvriraient pas ; et l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, qui serait démantelé. Sa disparition du paysage hospitalier français signerait la fin d’une prise en charge d’excellence du handicap et des malformations de l’enfant. « Il s’agit d’une volonté délibérée de supprimer une offre de soins cohérente et de qualité. Les parents n’auront plus qu’à reprendre leur bâton de pèlerin pour chercher les endroits où leurs enfants pourront être correctement soignés », regrette, amère, le Pr Danielle Ginisty, chef du service de stomatologie de Saint-Vincent-de-Paul. Anne-Sophie Stamane

Les Hôpitaux de Paris supprimeront 1.820 emplois entre 2005 et 2009

A trois jours d’une réunion de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), destinée à approuver un plan stratégique, les syndicats CGT et Sud-Santé ont dévoilé que la direction prévoyait la suppression de 1.820 postes d’agents non soignants sur la période 2005-2009. AP-HP a confirmé ces chiffres en précisant que ces réductions ne compromettraient pas l’offre de soin. Il y « aura autant de personnels travaillant, mais avec davantage de personnels soignants », a indiqué la direction, expliquant qu’« étant donnée la vacance dans les emplois (71.276 postes non médicaux sont ouverts, mais les effectifs réels sont de 68.896 salariés), les 1.820 postes ne concernent pas des emplois physiques ». Les postes touchés sont ceux d’administratifs, de cadres, de personnels ouvriers et techniques et techniciens de laboratoire. Leur réduction procédera de non renouvellement de départs, notamment, a précisé à l’AFP la secrétaire-adjointe de Sud Santé, Yvette Freire.

Déjà, en 2004, l’AP-HP avait supprimé 850 postes non médicaux dans le cadre d’un plan pluriannuel d’économies signé en novembre 2003 avec l’Etat pour permettre aux comptes des hôpitaux de Paris de revenir à l’équilibre en 2006. L’AP-HP a rempli son engagement pour 2004, en réalisant 60 millions d’euros d’économies. En contrepartie, l’Etat a tenu les siens en reprenant 70 millions d’euros de dettes. L’AP-HP a également obtenu de l’Etat l’étalement sur une année supplémentaire du plan d’économies, ce qui limite à 45 millions d’euros les efforts à fournir en 2005. En attendant, les syndicats protestent. CGT CFTC et CFDT appellent à une journée de grève le lundi 21 mars et à un rassemblement devant le siège de l’AP-HP, qui regroupe 39 établissements et emploie 90.658 personnes.

Les Hôpitaux de Paris supprimeront 1.820 emplois entre 2005 et 2009

LE MINISTRE DE LA SANTE MET L’HOPITAL PUBLIC AU REGIME SEC !

Douste-Blazy vient d’annoncer que l’hôpital public, déjà bien malade du fait des restrictions de personnel et de matériel, va devoir subir une ponction de 850 millions d’euros en 5 ans dont 150 millions dans l’année qui vient. Il a affirmé que « cela implique 2% d’économies sur les achats de médicaments, 10% sur les dispositifs médicaux et fournitures hôtelières générales et 5% sur la majeure partie des prestations de service. » Il « demandera aux Agences Régionales d’Hospitalisation de faire des économies sur la politique d’achat concernant les fournitures – textiles à usage unique, fournitures de bureau, matériels informatiques – au vu des expérimentations effectuées dans 14 établissements pilotes qui ont montré que l’on peut faire un plan d’économies sur ces achats de 850 millions d’euros d’ici trois ans. »

En même temps qu’il réduit les dépenses en achat de matériel, il s’attaque au budget de l’hôpital public. Il récuse la demande de la Fédération Hospitalière de France (la FHF qui représente les dirigeants d’un millier d’établissements publics) et selon laquelle il faudrait une progression de budget de 4,74 % pour la simple reconduction des moyens nécessaires au fonctionnement des établissements à minima. La FHF rappelle qu’en 25 ans, la part des hôpitaux dans les dépenses publiques de santé a diminué de 6,6%. D’autre part, la gestion des hôpitaux est étranglée par les « reports de charge » accumulés depuis des années, des « dettes » (en réalité refus de l’Etat d’honorer ses engagements) que la FHF estime à 800 millions d’euros pour fin 2005. Douste-Blazy, lui, n’estime ces charges qu’à 240 millions d’euros. Cela fait quand même une différence de 560 millions. Des différence de calcul d’un tel niveau, cela donne le vertige !

Après cette annonce dramatique, le ministre a tenu à rassurer les responsables d’hôpitaux : « je n’irai pas par quatre chemins, je vous propose tout simplement d’annuler vos dettes » leur a-t-il déclaré. Mais sous condition. Il accepte de « remettre les compteurs à zéro à condition de passer un contrat de retour à l’équilibre avec les ARH et d’appliquer au plus vite les deux mesures principales du plan hôpital 2007 » que son prédécesseur Mattei avait imposé : la nouvelle organisation de l’hôpital en pôles, entités à dominante gestionnaire et non médicale qui remplace l’organisation en services et la tarification à l’activité (la fameuse T2A) qui consiste à calculer le fonds versés à l’hôpital sur la base du volume et du type d’activités. Le regroupement en pôles permet une diminution du personnel et la tarification à l’activité permet une réduction des budgets. Le budget « à coût réel » signifie que, si une opération difficile a coûté plus que prévu, si un malade reste à l’hôpital plus de temps que la moyenne calculée par ces bureaucrates, s’il faut refaire des radios, c’est à l’hôpital de payer, quitte à réduire d’autres budgets ou à mettre l’établissement en faillite. L’hôpital est contraint de réduire sans cesse la durée d’hospitalisation, la DMS. Le ministre a déclaré que la tarification à l’activité est « une des ressources les plus transparentes, mobilisatrice et responsabilisante. » Si l’hôpital ne réalise pas ces réductions de dépense et cette réorganisation, le gouvernement lui rappellera ses dettes…

On assiste donc à un chantage : ou vous acceptez d’appliquer le plan de restrictions ou on vous coupe les crédits et on vous déclare en faillite comme une vulgaire société privée. Et ce chantage n’est pas sous-entendu mais ouvert et déclaré. L’aide de 300 millions d’euros (un peu plus du tiers du déficit des hôpitaux publics) qui devrait être débloquée par le ministre est « conditionnées à un contrat de retour à l’équilibre, à l’aune de la tarification à l’activité et de la nouvelle organisation interne de l’hôpital. »

« A l’horizon 2012, les hôpitaux publics seront rémunérés au coût réel » On demande donc aux directeurs de se plier essentiellement à la logique financière et non à l’intérêt des malades. Un « dispositif de suivi » permettra de surveiller son application avec « une mission d’audit et d’accompagnement ». Autant dire que les hôpitaux sont surveillés et encadrés. Et même menacés !

Une vaste opération d’ « évaluation » a été lancée pour cela visant à ce que le ministère appelle « la bonne gouvernance ». A partir de 2005, les hôpitaux publics seront classés selon un palmarès des économies avec « une panoplie d’indicateurs de performance ». Pour motiver les responsables, il a annoncé une réforme du statut des directeurs d’hôpitaux afin de « lier leur avancement à des indicateurs de performance financière » !

On se demande si le coût de toutes ces opérations bureaucratiques et paperassières ne va pas dépasser les économies attendues ! En tout cas, elle va transformer le personnel déjà en nombre insuffisant en spécialistes du remplissage de formulaires, du coupage en quatre de bouts de chandelle. Le plan d’économies bat son plein dans tous les hôpitaux. L’hôpital doit diminuer ses frais, au risque de réutiliser des matériels qui devraient être changés à chaque fois. Le renouvellement des produits à usage unique (gants, brosse à dents, mousse à raser) était déjà très imparfait. Et Douste-Blazy nous annonce que cela va encore empirer ! Qu’est-ce que cela va devenir !

Tout cela concerne bien sûr les hôpitaux parisiens où gouverne la matrone Marie-Rose Van Lerberghe qui est partisan acharnée des plans d’économies, ayant fait ses classes en licenciant les salariés de Lu-Belin ! L’AP-HP, pour sa part, devra faire 60 millions d’euros d’économies en 2005 qui s’ajoutent à une restriction budgétaire du même ordre en 2004. Ce qui est prévu c’est de nouvelles réductions d’effectifs, de nouvelles réductions de lits, moins d’entretien des locaux, des économies sur les soins et des fermetures d’établissements. Cela représenterait 80.000 emplois hospitaliers de moins. Et Marie-Rose rajoute dans son message au personnel « j’ai relevé avec beaucoup de satisfaction que toutes ces difficultés n’enlèvent rien à votre foi dans votre métier. » Et elle croit que notre dévouement va lui permettre de nous surexploiter. Au contraire, nous attachons de l’importance à la santé des malades au point de la défendre contre les destructeurs de l’hôpital comme elle ! Ces plans d’économies font partie du plan d’attaque contre la Sécurité Sociale. En réalité, l’hôpital est une lourde charge pour la Sécu parce que l’Etat refuse de payer pour la santé publique. Il l’est parce que l’Etat refuse de réglementer les prix des médicaments. Quand il s’agit de la santé, le gouvernement n’a que le mot économies à la bouche et pourtant il vient de multiplier par dix le prix du Rimifon, un médicament contre la tuberculose. Le coût pour la Sécu de ce médicament (remboursé à 100%) passera de 250.000 euros à 2,5 millions d’euros. L’argent que le gouvernement vole aux hôpitaux et aux assurés sociaux, il l’offre en cadeau aux laboratoires pharmaceutiques.

On nous annonce que les dépenses de médicaments au premier semestre 2004 sont en augmentation par rapport à l’année 2003. Pourtant, la consommation de médicaments n’a augmenté que de manière dérisoire : + 0,7%. Ce sont les prix qui ont augmenté : + 4,6% en moyenne ! Dans ces conditions, comment l’hôpital pourrait-il réduire ses dépenses sans que ce soit au détriment des malades. Et en particulier au détriment du nombre de personnel chargé des soins et de l’hygiène. Avec les nouvelles restrictions sur les budgets des hôpitaux, cela va nécessairement se traduire par de nouvelles restrictions de personnel. En effet, 60 à 70% du budget sert à payer le personnel. Or on travaille déjà en limite d’effectifs dans un très grand nombre de secteurs et particulièrement pour les infirmières en chirurgie et aux urgences. Diminuer encore les effectifs serait carrément criminel !

Dans de nombreux hôpitaux de province ont lieu des conflits parce que le personnel hospitalier n’accepte plus de travailler avec le couteau sous la gorge ! Quant à la réorganisation, elle vise ouvertement à des fermetures de lits, des fermetures de services et même d’hôpitaux. Le prétexte est encore la sacro-sainte rentabilité. La liste des hôpitaux menacés s’allonge : après l’Hôtel-dieu, Saint Vincent de Paul, c’est maintenant René Muret ou Argenteuil qui sont cités.

Alors, il est plus que temps de réagir. Comme dans tous les services publics, la rentabilité remplace l’intérêt public aux dépens de la vie de tous. Personnel et usagers, c’est ensemble qu’il faut donner un coût d’arrêt à cette casse systématique organisée par les responsables eux-mêmes !

La Sécurité Sociale en ligne de mire du patronat et du gouvernement

Après les retraites il y a un an, le gouvernement de Raffarin, allié au MEDEF, veut s’attaquer à notre système de santé. Et pour cause : la Sécurité Sociale est financée exclusivement avec les salaires des travailleurs. L’argent des caisses c’est une partie de notre salaire, socialisée en vue de subvenir à nos besoins collectifs.

En s’attaquant à la Sécurité Sociale, le gouvernement veut faire coup double. D’abord, il répond à la vieille revendication patronale de « baisse du coût du travail ». Car les cotisations constituent du « salaire différé », y compris la partie qu’on appelle trompeusement les « cotisations patronales ». Ensuite, pour eux, la Santé doit devenir un marché et être traité comme une entreprise rentable.

Pour les travailleurs, c’est la double facture : non seulement on nous vole l’argent que l’on a déjà cotisé, mais en plus, il faudrait que l’on paie de notre poche les dépenses de santé ! Comme pour les retraites, leur objectif est aussi de contraindre les salariés à cotiser pour des assurances privées.

Le « trou de la Sécu », c’est du bidon…

Pour justifier ces attaques, le gouvernement ressort le même épouvantail que ses prédécesseurs : le « trou » de la Sécurité Sociale, qualifié cette fois-ci d’« abyssal ».

« Abyssal » ? Mais le déficit officiel pour l’année 2003 - 8,9 milliards d’euros - ne représente que 2,3% du budget de la Sécurité Sociale. Comparons plutôt au déficit du budget de l’Etat : 55 milliards d’euros en 2004, soit 20% du budget ! Le « trou » du budget de l’Etat est donc 6 fois plus important en valeur absolue que celui de la Sécurité Sociale. On n’a pas vu le gouvernement réduire pour autant les « dépenses », au contraire, il a accordé encore plus de réductions d’impôts aux plus riches !

Sans compter que les caisses de la Sécurité Sociale ont été excédentaires en 2000 et en 2001 (de 1,8 milliards), puis déficitaires de 3,4 milliards en 2002. Mais alors, qui a creusé le trou ? Sûrement pas nous …

L’Etat et les patrons volent la Sécurité Sociale Les comptes de la Sécurité Sociale seraient largement excédentaires si le patronat, et les gouvernements successifs à son service, ne s’appliquaient pas à les plomber par tous les bouts :

• Les patrons paient de moins en moins leurs cotisations sociales : le montant des cotisations exonérées a été multiplié par six entre 1993 et 2003, passant d’environ 3 milliards d’euros à près de 20 milliards pour le régime général.

• L’Etat ne reverse pas les sommes dues à la Sécurité Sociale : ce sont ainsi 6,5 milliards d’euros que l’Etat n’a pas reversé en 2003 (sur les 8,9 milliards d’euros de déficit de la Sécu).

• L’Etat se décharge sur les caisses d’assurance-maladie de nombreuses dépenses de santé publique, dont les frais de construction, d’entretien et d’investissement des hôpitaux, ou encore la formation des médecins, le financement des écoles d’infirmières, etc...

• La Sécurité Sociale est la vache à lait des intérêts privés dont les profits s’élèvent à 92 milliards par an, dont 10 milliards pour la seule industrie pharmaceutique.

Leur « réforme », c’est une attaque contre la Sécu : il n’y a rien à négocier ! Le gouvernement reprend le même refrain que pour les retraites : le système court à la faillite, car nous dépenserions trop. S’appuyant sur cette affirmation mensongère, il justifie la nécessité d’une profonde « réforme », en clair un vaste programme de déremboursement des soins.

On a déjà eu un avant-goût de son projet avec les premières mesures adoptées : les vagues de déremboursements de médicaments, la nouvelle hausse du forfait hospitalier (+22%), les restrictions de l’accès à l’Aide Médicale d’Etat (AME). Réuni ensuite à l’initiative du gouvernement, le Haut Conseil de l’assurance-maladie a estimé que « tout ce qui est utile ne doit pas pour autant être pris en charge par l’assurance-maladie ». Il a donc proposé d’établir une liste de soins remboursables, le « panier de soins », et de privatiser la prise en charge des autres soins non remboursés ; et de remettre en cause le remboursement à 100% des maladies graves.

Quant à la dégradation du système hospitalier dû notamment au manque d’infirmières, elle n’est plus à prouver après les 15000 morts de la canicule. Avec la « rentabilité » comme critère d’investissement, des fermetures de services ou d’hôpitaux, le « plan Hôpital 2007 » va encore aggraver cette dégradation, en préparant la privatisation de l’hôpital public.

Le gouvernement a eu soin d’impliquer les organisations syndicales dans le Haut-Conseil. Car sa méthode consiste à leur faire signer des prétendus constats de déficit pour mieux faire croire à un consensus pour des sacrifices sur la santé et des ponctions pour les salariés. Alors, face à ces attaques, il est indispensable de refuser la confusion entretenue par tous ceux, à droite comme à gauche, directions syndicales comprises, qui parlent de « dialogue » et de « réforme nécessaire ».

Ce que nous devons exiger

Pour financer les caisses de la Sécurité Sociale, exigeons :

• le remboursement des 113 milliards d’exonérations de cotisations sociales patronales,

• l’annulation des 38 milliards de dette de la Caisse de remboursement de la dette sociale

• l’encadrement imposé des prix des trusts pharmaceutiques et de l’industrie médicale

• l’augmentation générales des salaires, et l’interdiction des licenciements

• exclusion des patrons et de l’Etat des caisses de la Sécu

Pour défendre la santé publique, imposons la suppression du « plan hôpital 2007 » :

• arrêt de la fermeture des lits et des hôpitaux

• suppression du principe de rentabilité à l’hôpital

• pas de privatisation rampante de l’hôpital public

Imposons nos revendications par la mobilisation

Refusons de marcher dans les faux débats, qui sous des airs faussement « objectifs », accréditent l’idée que les dépenses de santé ne pourraient plus être assumées par la Sécurité Sociale. Pour les faire reculer sur les mauvais coups qu’ils veulent faire passer avant l’été, commençons dès maintenant à discuter, et à nous réunir sur cet objectif, en vue de nous préparer à défendre ces revendications tous ensemble, et le plus nombreux dans la rue.

Et déjà, faisons du 1er mai une première étape de la mobilisation pour la Sécurité Sociale comme pour toutes nos revendications : 37,5 annuités pour tous, indemnisation totale des chômeurs, la santé pour tous, interdiction des licenciements et défense des services publics !

La Poste, l’Hôpital, EDF/GDF, les Télécommunications, les Transports, l’Ecole, la Sécurité Sociale : à court ou moyen terme, tous les services publics sont menacés par des restructurations et privatisations. Le gouvernement attaque tous azimuts. Coup sur coup, il a imposé le changement de statut d’EDF et de GDF (ouverts au capital privé dès 2005), il a achevé la privatisation de France Telecom et planifié la restructuration de La Poste avec notamment l’annonce de la fermeture d’un tiers des bureaux de poste (soit 6000 dans le pays).

A Arcueil, nous sommes concernés

Au bureau de poste d’Arcueil, nous avons déjà subi la réduction d’une heure par jour de l’ouverture au public. Au Kremlin, la fermeture le midi est annoncée. Désormais, où qu’on habite, impossible d’échapper à des restrictions massives et systématiques. Partout, le courrier sera moins bien assuré du fait de la diminution des tournées. Et si dans une zone jugée pas assez peuplée, le bureau de poste sera fermé, ailleurs il sera surpeuplé par des queues interminables. La suppression d’un tiers des effectifs des postiers d’ici à 2012, cela signifie des dizaines de milliers de chômeurs de plus, et autant de services en moins !

L’objectif de la Poste : cesser d’être la « banque du pauvre », cesser d’offrir des services peu rémunérateurs, et développer des activités financières rentables, visant une clientèle aisée.

Des fermetures qui frappent aussi les hôpitaux

Après la catastrophe de la canicule de l’été 2003 (15 000 morts) le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que la mise en place du « plan hôpital 2007 », qui vise à rentabiliser l’hôpital public pour céder les parties les plus lucratives au secteur privé. La "rentabilité" signifie moins de personnel. Au Kremlin-Bicêtre, les blocs opératoires disposent de 36 infirmières sur un effectif théorique de 54 !

La dégradation des hôpitaux publics ainsi programmée les voue à la fermeture ! L’Hôtel-Dieu, Saint-Vincent de Paul et René Muret s’ajoutent à la liste des hôpitaux condamnés à disparaître, pendant que d’autres, comme Argenteuil, sont menacés de faillite, l’Etat refusant de payer.

La privatisation, c’est des tarifs plus élevés pour des services dégradés Quant à l’ « ouverture à la concurrence », elle n’est pas synonyme de baisse des prix : en se répartissant le marché, les capitalistes imposent des prix élevés. D’ores et déjà, la hausse des tarifs de l’électricité est envisagée pour les particuliers en 2007.

Pratiquer des tarifs élevés, c’est priver les plus modestes des services et des soins élémentaires, au mépris de leur santé et de leur vie. Sous prétexte de rentabilité, EDF coupe déjà le courant aux plus démunis. Cet été, on a vu un incendie frapper un foyer à Saint-Denis, parce que la famille était contrainte de s’éclairer à la bougie. Qu’est-ce que ce sera quand EDF sera privatisée ? Et que deviendront les malades sans le sou, si les critères de la rentabilité financière continuent d’être appliqués à la santé ?

Sans compter que la cherté n’est pas une garantie de qualité ! L’exemple du chemin de fer anglais est édifiant. Depuis la privatisation, les tarifs pratiqués y sont les plus élevés d’Europe, mais le système est aussi très coûteux en … vies humaines. Des retards considérables et une liste noire d’accidents mortels, voilà le résultat de la recherche du profit à tout crin.

La seule rentabilité recherchée, c’est celle du capital. La seule chose qui compte, les profits des actionnaires privés. Au lieu d’être organisés en vue de la satisfaction rationnelle et efficace des besoins de tous, les services publics sont métamorphosés en entreprises financières.

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