English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Que se passe-t-il à l’Hôpital Tenon (Paris) ?

Que se passe-t-il à l’Hôpital Tenon (Paris) ?

jeudi 31 mars 2016, par Robert Paris

Une opération scandaleuse

Pendant le temps des travaux à la Maternité de Tenon, la direction s’y entend à récupérer les personnels de la Mater afin de les réemployer comme bouche-trous dans d’autres activités et, pour ces nouvelles fonctions, ils ont droit à une formation ultrarapide, en fait une formation bidon. Elle prétend ainsi remplacer les diplômées d’auxiliaires de puériculture en donnant à des aides soignantes cinq jours de « formation » quand ce métier nécessite six mois d’une vraie formation.

Parmi les manipulations de la direction de Tenon, l’une d’entre elles est un véritable scandale et devrait être rendue publique : elle consiste à faire passer « IBO » des infirmières en cinq jours et des faire remplacer de véritables IBODES qui sont, elles, formées pendant 18 mois pour assister des opérations de bloc chirurgical. Non seulement cela signifie une dégradation considérable de la qualification d’IBODE mais c’est inacceptable et dangereux.

La direction déqualifie ainsi toutes les fonctions professionnelles afin de boucher des trous qu’elle a elle-même produits en refusant d’embaucher. A ce rythme là, compte-t-on former des « faisant fonction » d’infirmière ou de médecin au même rythme pour jouer les bouche-trous ?

Qui ira à la poubelle

Les expertises demandées par les syndicats face au plan Hirsch ont donné leurs conclusions et on ne peut pas dire que ces résultats soient faits pour nous étonner, nous qui connaissons très bien les conditions de travail actuelles à l’APHP ! Elles montrent que la charge de travail déborde dans les services, que le sous-effectif est permanent et les dépassements d’horaires fréquents, qu’il y a un sentiment assez général d’un travail qui n’a pas pu être correctement accompli, une augmentation des arrêts de travail liés au surmenage. On ne vous apprendra rien. Et, bien entendu, ces rapports, Hirsch s’en moque et ils iront remplir ses poubelles. C’est la grève générale de l’APHP, dirigée par les personnels eux-mêmes au travers d’une coordination nationale des personnels de santé, qui seule peut donner au gouvernement le rapport selon lequel Hirsch et le plan Hirsch sont bons pour la poubelle !

Voilà qui aggrave le sous-effectif

Les personnels partant en retraite finissent leur carrière à l’APHP en éclusant les comptes CET, ce qui signifie qu’ils sont portés à l’effectif pendant trois mois sans travailler et sans être remplacés. La direction fait semblant qu’il n’y a pas de départ pour refuser tout remplacement, en précaire comme en fixe. Et cela durera tant qu’on acceptera de faire du travail en plus du nôtre…

Direct sur le brancard !

Les brancardiers de Tenon n’ont plus qu’à s’allonger eux-mêmes tout de suite sur leurs brancards tant la charge de travail devient insupportable, vu le sous-effectif catastrophique. Aux équipes réduites se rajoutent les départs non remplacés, les arrêts-maladie longues durées également non remplacés. Alors, si ceux qui restent à l’effectif tombent malades, c’est la cata ! C’est de quoi rendre malades les derniers bien pôrtants. Tous les brancards seront ainsi occupés d’avance !

C’est de l’argent au noir !

On a appris que l’argent des comptes CET, celui des congés non pris, a été provisionné par l’APHP au cas où elle serait condamnée à les rembourser. Cela signifie des sommes mises de côté sous prétexte social et qui servent à grossir les caisses de l’APHP en se rajoutant aux sommes des ventes immobilières déjà considérables. Et cela signifie aussi que, si les trésoreries des hôpitaux sont dans le rouge, la trésorerie centrale de l’APHP est tout à fait dans le vert avec 36,6 millions d’excédents financiers, argent en réalité volé aux personnels et aux patients !

Retour aux accouchements à la maison ?

La maternité de Bourg la Reine ferme ses portes alors que les maternités voisines (Béclère et Bicêtre) sont débordées. L’ARS et la ministre s’en moquent : ils suivent la consigne de fermer à tout prix des maternités ! Les enfants naîtront bien tout seuls comme dans le temps…

Loi Touraine, Hirsch, Khomri, même combat !

C’est effectivement le même combat qui relie toutes les lois scélérates mises en œuvre par le gouvernement. Une loi casse l’impôt, une autre casse le code du travail, une troisième casse le service public de santé, une cinquième casse le service public de transports, une sixième casse les retraites, une septième s’attaque aux personnes d’origine étrangère. Une logique commune : transformer l’argent public en caisse commune où pourront se servir les patrons pour augmenter leurs profits. Bien entendu, il ne s’agit pas des petits patrons mais de ceux des trusts et des banques, des financiers et des assurances, des bourses et des spéculateurs.

Et pour mener une lutte d’ensemble face à cette attaque d’ensemble qui concerne aussi bien public que privé, jeunes comme vieux, avec ou sans CDI, français ou pas, ne comptons que sur nos propres forces !


Silence ! on privatise l’Etat !

A la loi Touraine qui prépare la privatisation de l’hôpital public, à la loi Macron qui prépare la privatisation de la SNCF (en développant les compagnies privées de cars à la place de lignes de train du service public), il faut rajouter la loi Eckert qui permet à l’Etat (par la caisse des dépôts et consignations) de mettre la main sur les « comptes dormants » qui n’ont pas été activés sur de longues périodes…

Mais c’est le prélèvement des impôts à la source étonne encore plus que les lois El Khomri ou Macron, que les lois Touraine ou Valls ou encore Cazeneuve (que des lois scélérates !)

« C’est une forme de privatisation du recouvrement de l’impôt », déclare Vincent Drezet (Solidaires Finances publiques). Sous prétexte de simplification, l’Etat se décharge d’une fonction qu’il donne au privé et pour lequel, bien entendu, les patrons auront des compensations : notamment celle de gérer ces sommes et de les conserver… Aucun avantage pour les finances publiques, des suppressions d’emplois publics et des profits privés, une fois de plus !

Les agents de l’hôpital public luttent contre la privatisation rampante de l’hôpital public cachée derrière la prétendue convergence privé-public. Les cheminots luttent contre la privatisation de la SNCF mais il s’agit en fait d’une opération beaucoup plus vaste. Le gouvernement privatise à tout crin et tous azimuts : le permis de conduire, privatise les transports (lignes de bus puis rail), privatise les impôts (prélèvement à la source par lequel l’argent de nos impôts sera aux mains des patrons qui pourront spéculer avec), privatise les retraites (future loi Sapin sur les fonds de pension « à la française » (par lequel l’argent de nos retraites sera aux mains des patrons, encore pour spéculer), privatise les aéroports de Nice et de Lyon, privatise de nombreuses entreprises publiques ou semi publiques pour récolter des sous afin d’investir dans EDF en faillite et couvrant la faillite d’AREVA…

L’Etat vend TF1, Suez, Thomson, 36 banques, des assurances, etc… L’Etat vend également sa participation à Safran… Sous ce même prétexte EDF vend aussi ses entreprises au privé. Au travers d’EDF et d’AREVA, l’Etat privatise l’énergie, par exemple la géothermie… Avec la loi Touraine, il privatise la santé hospitalière : cela vise notamment à intégrer la santé publique et privée dans des groupements hospitaliers communs avec l’objectif de faire 3,4 milliards d’économies de dépenses de santé sur le dos des personnels et des patients.

Et maintenant, le gouvernement Hollande-Valls privatise les services sociaux : c’est la déclinaison française de "social impacts bonds" imaginés par les amis de David Cameron ou par ceux de Barak Obama. Le but : c’est de faire financer un programme social innovant par un investisseur privé, qui sera remboursé ou rémunéré par l’Etat, les collectivités territoriales ou un opérateur public. Quant au nouveau pôle scientifique Paris-Saclay, il est symptomatique de la démarche de privatisation de l’enseignement supérieur. Et maintenant, on prépare le projet de privatisation de Pôle Emploi !!!

Les inspecteurs du permis de conduire sont en grève contre la privatisation de leur activité qui était publique et gratuite… Encore un recul du service public : les lignes téléphoniques fixes à l’ancienne disparaissent. Orange vient d’annoncer son abandon progressif à partir de 2021. Avant cela, l’opérateur historique, qui a déployé ce réseau dans les années 1980, cessera de commercialiser de nouvelles lignes RTC à compter de 2018.

La SNCF rentabilise pour ensuite privatiser... Fin des trains de nuit, suppressions de lignes intercités, restrictions sur le personnel pour les TER, suppressions massives de postes de cheminots, suppressions de passages de trains, la SNCF entre dans une voie… de garage…. Le trafic SNCF est de plus en plus remplacé par du trafic de cars… privés essentiellement. La privatisation du rail public est en bonne voie… malgré la grève du 9 mars ! D’autant que la RATP ne luttait pas en même temps que la SNCF ni que l’hôpital public, ni que l’enseignement public…

La privatisation de Pôle emploi est dans les cartons. La privatisation des retraites arrive avec la loi Sapin sur les fonds de pension. La privatisation de l’hôpital public poursuit son cours… Mais chaque secteur se bat séparément… D’un côté Météo France, de l’autre Radio France, du troisième la SNCF, du quatrième l’enseignement public, du cinquième l’hôpital public. Tous les services publics subissent la même attaque et tous subissent la même division des luttes. Cherchez l’erreur : tous sont battus successivement et séparément !

L’erreur de base : ne pas nous organiser nous-mêmes pour mener nos luttes !

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0