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Accueil du site > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu’à la deuxième guerre (...) > Révolution dans l’empire ottoman

Révolution dans l’empire ottoman

samedi 8 août 2020, par Robert Paris

Révolution dans l’empire ottoman

L’Empire ottoman entre dans sa phase de déclin dès le début du XIXème siècle, caractérisé notamment par les sécessions-émancipations de la Grèce, à travers des mouvements insurrectionnels, et de l’Égypte. Mais l’Empire se survit et nombre de sultans procèdent même à des réformes profondes : l’ordre répressif des janissaires est supprimé, l’esclavage des Noirs est aboli, le droit est uniformisé, le costume européen est adopté. L’économie se modernise quelque peu, les finances sont réorganisées à l’occidentale, et en 1866 le pays inaugure sa première ligne de train. Vers 1870, 50 % du commerce de l’empire se fait avec la Grande-Bretagne. La culture française est encouragée chez les élites.

Ce sont les officiers Jeunes-Turcs du Comité Union et Progrès qui mènent, à partir de la garnison de Salonique, la révolution de juillet 1908 contre l’autoritarisme du sultan Abdülhamid II. Ils lui imposent le rétablissement de la Constitution ottomane de 1876, et l’élection d’un Parlement où toutes les composantes nationales de l’Empire sont représentées ; ils donnent à l’Empire une devise empruntée à la France : « Liberté, Egalité, Fraternité, Justice ». Le sultan est contraint à la démission en avril 1909, après une tentative contre-révolutionnaire, et remplacé par son cousin Mehmet V.

La révolution ouvre une période d’intenses débats politiques, entraîne la multiplication des mouvements séparatistes, accélère les pertes territoriales lors des Guerres balkaniques de 1912-1913. Dominé par un triumvirat de pachas (Enver, ministre de la Guerre ; Talaat, ministre de l’Intérieur et chef du parti ; Djemal, ministre de la Marine), le gouvernement, qui entendait réaliser « l’union, le progrès et la liberté », évolue du libéralisme à la quasi dictature d’un parti unique se confondant avec l’appareil d’Etat, dans le sens d’une radicalisation nationaliste, à la fois panturque et islamique. Le parlementarisme est vidé de sa substance, les libéraux pro-occidentaux écartés, les Arméniens victimes de pogroms (en Cilicie en 1909).

En 1914, les Unionistes décident l’entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne, contre la Triple Entente : les Capitulations sont abolies, la Dette ottomane annulée. Ce contexte n’empêche pas la poursuite de la modernisation de l’Etat, et de l’occidentalisation de la société : développement du système scolaire, y compris féminin ; amorce de sécularisation de l’Etat (limitation du rôle des tribunaux religieux ; fonctionnarisation des oulémas ; contrôle des fondations pieuses). Le régime jeune-turc prépare ainsi le terrain de plusieurs des grandes réformes kémalistes ultérieures.

Il flottait déjà, avant même qu’éclate la première guerre mondiale, un parfum de révolution dans tout l’Empire Ottoman. Il y avait eu la guerre italo-ottomane. Il y avait de multiples expressions de sentiments d’hostilité de toutes les nationalités opprimées de l’empire qui était attisé par les grandes puissances comme l’Angleterre et la France contre l’empire. Les Anglais entretenaient même une armée arménienne pour préparer le conflit contre l’empire. Les peuples avaient flairé leur libération et n’entendaient plus s’en laisser imposer par cette prison des peuples. Les Arméniens bougeaient. Les Kurdes bougeaient. Les Juifs étaient touchés par l’aspiration à la liberté. Les Alaouites se rebellaient. Avant même qu’éclate la révolution russe, tout était comme un baril de poudre prêt à exploser.

Le régime ottoman était déjà menacé, depuis 1900, de l’intérieur par la révolution bourgeoise jeune turque. Il n’avait pas eu la force d’écraser cette rébellion. Les Jeunes-Turcs parviennent à renverser le sultan en 1908 avec l’aide des mouvements minoritaires, et dirigent alors l’Empire ottoman. Comme l’empire, comme toutes les classes dirigeantes turques, les « jeunes turcs » se sentent menacés par la révolte des peuples et commencent à les massacrer systématiquement. Il faut dire que les grandes puissances laissent croire à ces peuples qu’ils vont les soutenir militairement contre l’empire, ce qui ne sera pas vrai…

L’empire était une véritable prison des peuples. Cette région avait été successivement occupée par de multiples peuples aux civilisations diverses qui avaient laissé des traces dans les ruines, mais aussi dans les cultures des peuples de la région : Hurrites, Khurrites, Araméens, Cananéens, Hébreux, Phéniciens, Babyloniens, Akkadiens, Assyriens, Sumériens, Arabes, Turcomans, Kurdes, Arméniens, etc… On aurait eu du mal à les citer tous et plus encore à rappeler leurs caractères, leurs apports culturels, cultuels, civilisationnels. Des descendants des Etrusques, des Phéniciens, des Araméens, des Cananéens, des Arméniens, des Sumériens, des Assyriens, des Nabatéens, des Parthes, des Amorrites, des Hittites, des Assyriens, des Egyptiens, des Byzantins, des Romains, des Croisés, des Arabes, des Turcs, des Ottomans, des Anglais et des Français et bien d’autres peuples de l’Antiquité et civilisations diverses étaient passés par là, avaient eu leur heure de gloire, de triomphe, de prospérité, avaient eu le pouvoir, l’avaient perdu, avaient été dispersés.

Lors de la Première Guerre mondiale, la Turquie attaque la Russie. Les Arméniens hésitent entre la neutralité et le camp russe. Lorsque, en avril 1915, la ville de Van, située dans un des endroits clefs du conflit, entre le Caucase russe et Mossoul, décide de créer un gouvernement provisoire arménien les armes à la main, les autorités turques passent à l’offensive dans cette région qui est un peu son ventre mou. C’est le début d’une série de confiscations de biens, d’expulsions et de massacres. Entre 600 000 et 800 000 personnes sur une population estimée à un million et demi périssent. En août 1915, les Arméniens de Cilicie et d’Anatolie occidentale sont à leur tour déportés et persécutés. En un peu plus d’un an, en tout, presque un million d’Arméniens sont exterminés.

Rakovsky et la révolution turque

La révolution en Turquie et les tâches du prolétariat, Léon Trotsky

Rosa Luxemburg et la Turquie

Déclin et chute de l’Empire ottoman

La révolution « jeune turque »

Révolution de 1908

Contre-révolution ottomane de 1909

Opérations impérialistes dans l’empire ottoman et massacre des Arméniens et des Assyro-chaldéens

Un des leaders révolutionnaires

La révolution de 1908, rapportée par le « parti radical ottoman »

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