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HOPITAL PUBLIC : LA REFORME DE HIRSCH A LA POUBELLE !

dimanche 21 juin 2015, par Robert Paris

PERSONNE NE PEUT LUTTER, S’ORGANISER, DÉCIDER ET GAGNER A NOTRE PLACE !

LA REFORME DE HIRSCH A LA POUBELLE !

Quel compromis de Hirsch avec l’intersyndicale ?

Alors que le mouvement des personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris était en passe de faire reculer le gouvernement et même de faire tomber Hirsch, l’intersyndicale a fait un autre choix : discuter et négocier un compromis qui n’est nullement une victoire de notre lutte, un véritable recul de Hirsch, qui n’engage en rien le directeur général pour l’avenir, à part qu’il se donne du temps pour nous avoir à l’usure, et qui casse la lutte en pleine action… Au bout de la quatrième journée d’action des personnels de l’hôpital public, toutes marquées par un soutien massif et une révolte des agents, les syndicats ont décidé de ne pas aller jusqu’au bout de ce pour quoi ils s’étaient engagés : « retrait du projet, ni amendable, ni négociable » ! Ils ont accepté de négocier en douce, dans le dos des grévistes, sans rendre compte à ceux-ci ni aux manifestants, sans demander l’avis des personnels, ni celui des assemblées générales !!!

Est-il exact que Hirsch a reculé ?

Non ! Il dit seulement proposer aux syndicats « une autre approche, avec les mêmes buts » !!!

Désormais, on ne parlera plus, dit-il, de temps de travail mais de « la qualité de l’emploi », des « conditions de travail » et des « progrès à accomplir en termes d’organisation pour une meilleure prise en charge des patients ».

Mais il ne renonce pas formellement à « remettre à plat des accords de 2002 sur les 35 heures », c’est-à-dire s’attaquer aux 35 heures à l’hôpital public !

Mais, il affirme vouloir « davantage prendre le temps de la négociation » alors que les manifestants et les grévistes comme l’ensemble des personnels étaient très clairs : rien n’est négociable !

Prendre le temps, c’est prendre celui de diviser le mouvement, celui de faire dire aux personnels ce qui lui chante par des enquêtes bidon, de trouver des accords avec les syndicats. Pour reculer vraiment, pour renoncer à son projet de casse de l’hôpital et de ses personnels, il n’a pas besoin de tout ce temps !!!

Il ne veut pas sauver l’hôpital public et ses personnels mais « sauver la réforme » ! Sa réforme, c’est la casse de nos conditions de travail, la casse des emplois, la casse des horaires, la casse des RTT, la casse de l’organisation du travail. Alors, c’est NON !!!

Il prétend maintenir ses réformes dans le cadre d’un prétendu « donnant-donnant » se fondant sur l’accord individuel ou local !

Qu’y a-t-il de neuf dans son discours ?

Il prétend repartir à zéro avec de toutes nouvelles propositions :

- un nouveau calendrier de discussions sur la réorganisation du temps de travail.

- une enquête sur les conditions de travail sera menée en juin, juillet et septembre, suivie par l’ouverture de négociations à l’automne, qui se feront sur la base d’un nouveau document de travail.

- l’intégration du personnel dans ce diagnostic du travail hospitalier.

- une autre approche pour renouer le fil du dialogue et dans un souci d’apaisement.

- un projet de relevé de conclusions.

- des espaces d’expression et de discussion, dans les pôles ou services volontaires, sur l’organisation et les conditions de travail afin de dresser un état des lieux sur le terrain.

Trouve-t-on dans ce charabia une seule de nos revendications ? Non !!! Nous n’avons exigé ni calendrier, ni diagnostic ni enquête, ni un relevé de conclusions, ni un état des lieux, ni des espaces de discussion pour trouver des volontaires pour la réforme Hirsch, ni autre approche avec les mêmes buts !!!

Nous refusons qu’Hirsch rende encore plus dure, plus dangereuse, plus lourde, plus infaisable une profession qui est aux limites de l’acceptable et qui ne permet plus de soigner efficacement les malades !

Nous exigeons :

- le retrait plein et entier du projet

- le renoncement à toute suppression des RTT

- des embauches massives d’emplois statutaires pour faire face aux besoins au lieu du recours systématique aux emplois précaires

- l’embauche de tous les CDD

- le renoncement à toute modification des 35 heures

- le renoncement à toute diminution des effectifs

- le renoncement à la généralisation de la grande équipe

- le renoncement aux 7h et 7h30, y compris pour les CDD

- le renoncement à la logique comptable et aux réductions de moyens financiers à l’hôpital public

- l’arrêt des fermetures de lits, de service, d’hôpitaux et l’arrêt des déménagements de services avec suppressions de postes, l’arrêt de la diminution de l’offre de soin sous prétexte de réorganisation, de regroupement, de modernisation, d’ambulatoire…

- le renoncement à la disparition de notre demi-heure de repas et du temps d’habillage et déshabillage dans le temps de travail

- le renoncement à la disparition d’autres RTT occasionnelles comme les deux RTT pour les congés bonifiés, les jours de congés médaillés, etc…

- enfin, le renoncement à la totalité du plan d’économies de 150 millions d’euros !

- pour finir, le paiement intégral des jours de grève, le retrait des méthodes de pression pour empêcher les personnels de faire grève et de s’assembler ou de manifester, la suppression de l’utilisation d’huissiers contre les grévistes.

En somme, on ne veut pas garder un seul mot de sa « réforme » bidon et on a le rapport de forces pour l’obtenir !!!

Les choix de l’intersyndicale ne sont pas ceux du personnel !

Ce n’est pas parce que l’intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu’elle a le droit de décider à notre place, de négocier à notre place, de céder sur ce qu’on ne veut pas céder, de parler en notre nom sans nous consulter !

Depuis le début de la mobilisation, il n’a pas été proposé par l’intersyndicale d’assemblée générale inter-hôpitaux. Pourtant, cela nous semblait nécessaire, important, indispensable même. Cela aurait été la moindre des choses d’en tenir une pour débattre ensemble de nos méthodes de lutte.

Il est important pour nous de discuter entre nous, de décider ensemble, de créer des liens entre nous. C’est ce qui manque le plus aux luttes actuelles : ne pas avoir établi des jonctions entre elles. C’est indispensable pour construire le rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.

Rappelons que la dernière fois que nous avons pu remporter une victoire, lors du mouvement débuté à la SNCF en 1995, ce qui a obligé le gouvernement Juppé à reculer, c’est que des assemblées générales interprofessionnelles se tenaient et le gouvernement a cédé dès qu’il a appris que des pans du secteur privé voulaient commencer à rejoindre le public en grève.

L’attaque sur les RTT, en effet, est une attaque parmi tant d’autres du gouvernement contre les salariés et il y en a encore beaucoup d’autres à venir.

Ce ne sont pas que les hôpitaux qui sont touchés par les plans d’économie, par des suppressions de personnel, par des dégradations des conditions de travail.

Nous sommes dans une situation de crise mondiale du capitalisme et, oui, nous allons tous être frappés, écrasés par le rouleau compresseur du diktat du fric.

Différents services publics sont déjà concernés comme l’Education nationale, la SNCF, la recherche, Radio France, sans parler de toutes les entreprises privées où des milliers de salariés sont jetés à la porte avec des fermetures de sites, de services, etc…

Des grèves ont lieu un peu partout, dans plusieurs secteurs du public comme du privé sans même que l’on en ait connaissance et sans qu’aucun lien soit établi entre elles, pas même entre les hospitaliers de différents hôpitaux par exemple. Ces luttes sont isolées alors que l’attaque est générale.

Nous ne pourrons pas faire reculer le gouvernement sur son attaque générale des services publics si nous ne faisons pas comme en 1995, si nous n’organisons pas des assemblées interprofessionnelles et n’étendons pas le mouvement. Les salariés de Radio France commencent, eux aussi, à tirer cette leçon de leur lutte trahie par l’intersyndicale qui leur a imposé d’arrêter la grève pour pouvoir négocier des reculs graves du service public et des suppressions d’emplois…

Nous avons besoin de nous organiser, de nous réunir, de discuter entre nous. Il nous faut des comités de mobilisation des agents de l’APHP dans chaque hôpital avec une coordination de l’ensemble des hôpitaux, avec des liaisons avec l’ensemble du secteur de santé, des liens avec les enseignants, les cheminots, les bibliothécaires, les employés des crèches, les salariés menacés dans leur emploi comme ceux de Total ou d’Areva, c’est-à-dire une assemblée générale interprofessionnelle.

L’intersyndicale ne veut pas mener une telle lutte mais nous, salariés, pouvons la mener !

LA VOIX DES TRAVAILLEURS – www.matierevolution.fr

L’assemblée générale interprofessionnel appelle les agents de l’hôpital public comme les enseignants, les cheminots, les salariés de Radio France et tous les travailleurs du public et du privé qui souhaitent travailler à la convergence des luttes à

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTERPROFESSIONNELLE DU 25 JUIN A 17H

Bourse du Travail, salle Eugène Varlin,

3 rue du château d’eau Métro République

(Le lieu est probable et à confirmer)

1 Message

  • La prétendue réforme (celle des réformistes) ne mène qu’aux contre-réformes. On ne peut obtenir de vraies réformes qu’au moyen… des révolutions !!!! C’est parce qu’ils veulent réformer que les peuples font des révolutions. Mais les peuples, qui font la révolution et se font diriger par des réformistes, creusent leur propre tombe. On ne distingue pas les réformistes au fait qu’ils auraient peur de verser le sang (des autres) – ce n’est pas le cas -, mais au fait qu’ils ont peur de toucher à la sacro-sainte propriété des moyens de production. On ne distingue pas les révolutionnaires par le fait qu’ils ne craindraient pas le bain de sang mais par leur volonté d’en finir définitivement et mondialement avec le système d’exploitation et pas à en changer les forme. Quant à réformer le capitalisme, cela revient à vouloir transformer un bouc en chèvre, sous prétexte de faire croire que le bouc réformé finira par donner du lait…

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