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Pour la défense de Yvan Colonna, le berger devenu bouc-émissaire, j’accuse…

mardi 16 septembre 2014, par Robert Paris

Avertissement : notre site ne soutient aucun nationalisme, pas plus le nationalisme français que le nationalisme corse, ou même le nationalisme européen ou occidental. Bien entendu, notre site ne légitime en rien l’assassinat d’un préfet de Corse. Notre position dans cette affaire n’a rien à voir avec la cause corse qui elle-même n’a rien à voir avec cet assassinat. Ce que nous défendons ici, c’est seulement la cause de la justice contre un Etat au service de mafias bourgeoises.

Pour la défense de Yvan Colonna, le berger devenu bouc-émissaire, j’accuse…

Affaire Erignac, affaire Colonna ou affaire du clan mafieux Pasqua-Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy : « Je serai un homme d’Etat quand j’aurai permis la capture d’Yvan Colonna. » et il organise le fameux GRB = Groupe de Recherche du Berger !!! Ce n’est pas un groupe de recherche de la vérité sur l’assassinat d’Erignac !!!

Même si bien des gens l’ignorent, l’existence d’un lien entre Sarkozy avec un clan corse mafieux, le clan pro-français Pasqua-Peretti, est un des éléments explicatifs du procès Colonna. En épousant une jeune femme du clan corse Peretti, Sarkozy a noué des liens familiaux avec le maire de Neuilly, préparant ainsi son arrivée comme futur maire de Neuilly. Pour ceux qui croiraient que cela n’a rien à voir avec la Corse, il suffirait de rappeler que les débuts « en politique » de Sarkozy n’étaient pas liés à des élections ni à une mairie mais au groupe paramilitaire de Pasqua, groupe d’origine corse, le SAC. Ceux qui penseraient que Sarkozy, des années après, un divorce plus loin, n’avait plus rien à voir avec la Corse, il leur suffirait de savoir où Sarkozy a envoyé son fils faire un stage… Non seulement, c’est en Corse mais c’est comme berger. Et où comme berger ? La Corse est grande ! Eh bien, c’est comme berger à Cargèse que le fils Sarkozy a fait son stage ! Mais l’expression « le berger de Cargèse » ne vous rappelle-t-elle rien ? C’est exactement ainsi qu’a été désigné celui qui a été accusé de l’assassinat du préfet Erignac : Colonna. Eh oui ! La proximité de Sarkozy avec l’affaire Colonna est grande. C’est ce qui explique qu’un ministre de l’Intérieur, qui va rapidement devenir le président de la République, se permette d’affirmer haut et fort devant les média que Colonna est coupable avant même que commence le premier procès de Colonna. C’est ce qui explique que Sarkozy s’implique personnellement par des pressions sur les cours de justice pour que le procès soit le plus dur possible pour Colonna, pour que les autres pistes possibles ne soient pas explorées, pour que les droits de la défense ne soient pas respectés.

« La chose est jugée » estiment certains. On ne peut pas revenir dessus. Colonna a écopé de la prison à perpétuité avec une peine « de sûreté » incompressible de 22 ans.

La première question à se poser sur les procès Colonna : y a-t-il des preuves matérielles, y a-t-il des témoignages confirmés devant un tribunal et qui accuseraient Colonna ? La réponse est non. Il y a eu des centaines de personnes arrêtées dans cette affaire. Colonna est-il plus particulièrement ciblé par son implication personnelle dans les faits ? L’arme lui appartenait-elle ? Y avait-il ses empruntes ? Y avait-il son sang, son ADN, des choses retrouvées à l’un de ses domiciles ? A avait-il autre chose que le fait qu’il avait été averti qu’on allait l’impliquer et qu’il se cachait ? Non, rien !

Mais alors pourquoi peut-on condamner Colonna de manière constante, et même en empirant la peine, au cours de plusieurs procès successifs. Ne peut-on penser qu’autant de procès avec des cours et des juges différents seraient une preuve de la « sérénité » de la Justice française ? Non, le nombre de procès montre seulement qu’il a été prouvé que les procès précédents étaient entachés de nullité du fait de fautes évidentes sur le plan juridique. Des juges de parti pris, des cours composées de manière ad hoc, des pressions non voilées de la présidence de la République, voilà à quoi on a assisté dans chacun de ces procès… Pourquoi toutes ces pressions si on disposait de la moindre preuve contre Colonna, la question mérite d’être posée. Il n’y a pas de témoin réel contre Colonna, car les membres du commando affirment avoir été torturés pour qu’ils disent que Colonna en faisait partie, le policier témoin Lebbos, le même qui a fait de grosses pressions sur tous les témoins et membres supposés du commando, non seulement a refusé de témoigner mais s’est désisté de ses affirmations précédentes. Par contre, le père de Colonna affirme avoir fait un repas avec son fils chez un restaurateur de Cargèse qui confirme.

Nous allons montrer ici que la condamnation de Colonna découle, non de telles preuves contre lui, mais des pressions d’un clan corse, celui du ministre de l’Intérieur Sarkozy, un clan mortellement hostile au clan corse de Colonna, un clan qui détient de nombreuses positions au sein de l’Etat et de la Justice, un clan disposant du pouvoir sur la présidence et sur les forces de police, sur les forces spéciales et les services secrets également (voir Marion), un clan prêt à tout pour faire tomber Colonna et qui l’a affirmé publiquement avant que le procès commence….

En écrivant cela, nous ne contestons nullement la loi qui interdit de remettre en question un jugement terminé, celui de Colonna. Non, nous ne pouvons pas faire cela puisque c’est illégal de le faire. Nous contestons seulement l’affirmation selon laquelle « Colonna a été jugé ». Non, le procès, tel qu’il s’est déroulé condamne… le « clan Sarkozy-Pasqua » et le clan corse pro-français !!!

Prenons l’exemple du juge Didier Wacogne. Pouvons-nous prouver qu’il était de parti pris, à l’avance, avant que s’ouvre le procès qu’il présidait ? Oui, c’est même très facile. Il a tout simplement refusé toutes les demandes de la défense, et particulièrement celle d’une reconstitution des faits sur place qui aurait montré l’impossibilité physique pour Colonna d’être là où on l’accusait d’avoir été, sur les lieux du crime, à l’heure du crime.

Mais ce n’est pas tout. Wacogne efface tous les faits susceptibles de blanchir Colonna ou d’accuser quelqu’un d’autre. Il ignore tout simplement les informations qui vont en sens inverse de la culpabilité de Colonna. Il ne les mentionne pas au procès. Il fait semblant de ne pas avoir été mis au courant. Il est même contraint publiquement, au cours du procès, de reconnaitre qu’il a bien reçu une communication de Didier Vinolas, ancien proche collaborateur du préfet Erignac, secrétaire de la préfecture d’Ajaccio au moment des faits, proche de la veuve Erignac, qui a participé aux frais de l’enterrement de son ami, selon laquelle Vinolas disposait d’informations accusant deux personnes, dont aucune n’était Colonna ni un ami de Colonna, personnes qui n’ont jamais été mentionnées au cours des différents procès, qui n’ont jamais été interrogées, qui n’ont jamais été impliquées… Ce n’est pas tout, Didier Wacogne avait été personnellement averti que Didier Vinolas souhaitait témoigner. Il a prétendu au procès qu’il avait bien reçu ce courrier mais… ne l’avait pas ouvert… Ce n’est qu’un début : le policier Lebbos, présenté comme le principal témoin de l’accusation, témoin capital puisqu’il accusait personnellement Colonna, a refusé de témoigner au procès, prétextant un certificat médical pour troubles dépressifs. Wacogne estime que cela n’entache en rien la preuve par ce témoignage ! Il avait d’ailleurs refusé de porter à la connaissance de la défense le fait que le policier retirait son témoignage au procès sous prétexte de maladie alors qu’il en était informé avant que commence le procès. Lorsqu’il lui est reproché d’avoir présenté des pièces ou posé des questions qui n’ont rien à voir avec l’affaire il répond : « Si j’avais voulu verser au dossier la recette du brocciu, j’aurais pu le faire » !!! On appelle cela un juge impartial… Et les désistements se sont multipliés : Jean-Louis Bruguière, appelé en sa qualité d’ancien magistrat instructeur de l’affaire n’aura pas à se justifier de sa gestion de celle-ci : il invoque « une indisponibilité » que couvre bien entendu Wacogne… Les écoutes qu’ont mené les policiers et les magistrats instructeurs au début des recherches de l’assassin d’Erignac ont été cachée ou détruites mais les concernés répondent : « Ces écoutes recélaient des discussions anodines qui n’avaient aucun intérêt pour l’enquête ». La destruction d’une affaire qui n’est pas achevée est totalement interdite. Les avocats affirment vouloir auditionner ces pièces pour prouver qu’on a voulu, dès le début, impliquer Colonna sans y parvenir. On refuse de leur donner en disant que ces pièces sont introuvables… Justice introuvable….

Le préfet de Corse, Claude Erignac, a été assassiné le 6 février 1998. Le verdict a été prononcé à l’encontre de Colonna le 27 mars 2009. La police et la justice avaient donc tout le temps pour s’informer, pour trouver ou pas des preuves. Ce temps n’a pas du tout été utilisé dans ce but mais pour effacer des preuves et pour en fabriquer d’autres. Qui était mieux placé pour cela que le clan qui est au pouvoir à la tête de l’Etat, des forces de police, des forces spéciales, des services secrets intérieurs, du gouvernement, et dans les personnalités de la Justice ? Un clan qui est aussi au pouvoir en Corse ! Le clan Pasqua-Sarkozy !

Est-il impossible que le préfet Erignac ait trouvé des preuves contre ce clan et que cela soit ça qui ait déterminé la neccessité de son élimination ? Ce n’est nullement impossible. Erignac, s’il a trouvé des preuves d’une culpabilité mafieuse du clan corse Francia, aurait été jusqu’au bout de ce combat et n’aurait pas reculé. Il n’est nullement un homme de Sarkozy, un homme de Pasqua, au contraire. Il s’est déjà opposé dans l’île corse aux hommes de cette mafia. Ce n’est donc pas un soupçon gratuit. C’est tout cela qui va être balayé par une campagne médiatique de grande ampleur. Qui veut noyer son chien… On va d’abord contacter Colonna pour le convaincre de s’enfuir et on va ensuite présenter cette fuite comme un aveu… Cela suffira en guise de preuve à la grande presse qui ne tarira pas d’articles sur le « berger de Cargèse ». Tout est contre lui. Il a été nationaliste. Il s’est opposé à l’Etat français. Mais ce n’est nullement une preuve de criminalité. Sinon, il faudrait arrêter la moitié de la jeunesse corse…

La grande presse quand elle parle de clans nationalistes, de clans mafieux corses, oublie systématiquement le principal clan de la Corse, le plus puissant, le plus riche, le plus actif, le clan pro-français qui dispose du plus de moyens financiers, du plus de moyens politiques, du plus de pouvoir, le clan Pasqua-Sarkozy… Le premier à devoir être soupçonné dans l’assassinat d’un haut magistrat défendant la justice devait être ce clan là mais cela est impossible au moment même où ce clan a atteint le pouvoir suprême : celui de la présidence de la République française !!! Donc il n’est pas question de ce clan dans les dizaines de milliers d’articles qui vont paraître sur cette affaire dans la presse, les enquêtes de la radio et de la télé. Sans parler, bien entendu, des multiples procès Colonna…

Un fait démontre à quel point il y a eu implication d’un clan mafieux contre Colonna : l’assassinat de sont principal défenseur, des années après : maître Antoine Sollacaro est assassiné avec clairement les méthodes d’une mafia corse, la mafia dite « Francia ». N’aurait-elle rien à voir avec le clan Pasqua-Sarkozy ? Dans l’enquête sur l’assassinat de maitre Sollacaro, ne doutons pas que la question ne sera jamais même posée ni ce clan cité, comme d’habitude…

On veut bien, à propos de la Corse, parler de guerre des clans, on veut bien, éventuellement mentionner un clan nationaliste corse, mais on refuse de mentionner un clan anti-nationaliste pro-français alors que quiconque se renseigne un peu découvre de multiples assassinats qui impliquent le clan profrançais en Corse, découvre toute une période où la proximité de ce clan du pouvoir à la tête de l’Etat français avait déjà été une époque d’affaires de barbouzes impliquant des liens entre ce clan corse et les forces de répression et le pouvoir d’Etat. Donc il n’y a aucune raison de penser, que ces mêmes forces revenant à la tête de l’Etat, elles ne seraient pas capables de recommencer les mêmes crimes… On peut au moins s’interroger, examiner les faits allant en ce sens. Aucune police, aucun juge, aucun média ne se permettra dans l’ « affaire Erignac » transformée exclusivement en « affaire Colonna » de chercher dans cette direction alors que l’implication personnelle du chef de l’Etat dans cette affaire pose déjà question du fait que lui-même est connu pour faire parti de ce clan corse…

Une des personnes impliquées dans l’assassinat d’Erignac, Pierre Alessandri, a affirmé avoir participé au crime et affirme aussi, depuis 2009, que Colonna ne faisait pas partie du groupe. Les membres du groupe ont reconnu les faits. Colonna a toujours clamé leur innocence. Il est donc indispensable de disposer de preuves personnelles contre lui pour l’impliquer, soit des preuves qu’il faisait partie du groupe avant les faits, des preuves concernant la possession de l’arme du crime, des empreintes sur cette arme, des traces d’empreintes, des preuves au moins sur la présence de Colonna sur le lieu du crime, des preuves sur les mensonges de Colonna. La police ne disposera de rien de tout cela. La justice non plus. Les deux vont refuser d’enquêter sur quoique ce soit d’autre que la culpabilité de Colonna. Cela seul est une preuve d’implication de ceux qui sont censés chercher la vérité dans l’affaire elle-même… L’indignation contre l’importance du crime ne justifie pas toutes les dérives de la justice et de la police, tellement importantes qu’il serait difficile ici d’en dresser toute la liste.

Le policier Lebbos, témoin clef, ex-DNAT, non seulement a des problèmes médicaux, mais nie avoir cité Colonna : « Pourquoi aurais-je cité le nom d’Yvan Colonna ? Je n’ai rien contre toutes ces personnes ? »

Petit rappel sur les barbouzeries de clan corse pro-français

Dès la création du FLNC en 1976, les partisans de la secte "Corse Française et Républicaine" commencèrent à plastiquer et incendier les biens appartenant à des militants autonomistes.

A sa création en 1977, FRANCIA annonce la couleur "unisson nous contre les terroristes et les renégats" ou encore "Grace au seul remède infaillible il faut tuer tous les autonomistes poseurs de bombes" : On se souviendra du plasticage du siège central de l’UPC, des biens personnels de Maitre Vincent Stagnara détruits par un attentat, de l’explosif lancé dans le jardin de la mère D’Edmond Simeoni en septembre 1978. Avec l’Affaire Bastelica-Fesch, le réseau Barbouzard du S.A.C (Service Action Civique) est mis à jour, malgré cela, il est difficile de faire prendre conscience à cette époque les manipulations de l’Etat Français dans ce qui se passe en Corse. De 1977 à 1979, le groupe clandestin antinationaliste Francia a été responsable d’une centaine d’attentats. Avec les compliments du pouvoir politique. Impunité totale !

A Auriol, la famille de Jacques Massié - chef du SAC, l’opaque Service d’Action Civique - a disparu ; dans sa maison les forces de l’ordre découvrent les traces d’un massacre. Trois membres du SAC et l’instituteur Jean-Bruno Finochietti sont inculpés pour homicide volontaire. Alors que seul le corps de Jacques Massié a été retrouvé près de Nans les Pins -, les gendarmes continuent les fouilles pour retrouver les cinq autres victimes de la tuerie.

Le 19 juillet 1981, à Auriol, un maçon remarque une épaisse fumée qui s’élève de la villa de Jacques Massié, inspecteur de police et militant RPR. Les gendarmes découvrent sur place de nombreuses traces de sang et constatent la disparition de six personnes : Jacques Massié, son épouse Marie-Dominique, leur fils Alexandre âgé de sept ans, ses beaux-parents Jules et Emmanuelle Jacquèmes, et son beau-frère Georges Ferrarini. C’est Jacques Massié qui était visé, en tant que responsable régional du SAC, Service d’Action Civique, service d’ordre d’origine gaulliste, créé en 1960 et qui a fait parler de lui, dans la région, à diverses reprises pour ses accointances avec le "milieu". Les conditions de ce massacre sont connues lorsque trois militants du SAC sont interpellés (un instituteur, un patron d’entreprise de peinture et un ancien légionnaire converti en commercial). Ils nient leur implication, mais la police retrouve les empreintes de l’instituteur, qui finit par avouer l’assassinat des six personnes. Le même jour, le corps de Massié, tué à l’arme blanche, est retrouvé au col du Petit-Galibier, dans le Var ; le 30 juillet, les cinq autres cadavres sont découverts au fond d’un puits de mine désaffectée au Luc (Var). Le commando était constitué de cinq membres du SAC. Le commanditaire serait Jean-Joseph Maria, adjoint de Massié dans cette police parallèle, désireux de se débarrasser d’un chef trop encombrant qui menaçait de communiquer des documents compromettants. Maria sera condamné à la perpétuité ; Pierre Debizet, patron national du SAC sera inculpé d’homicide volontaire et de séquestration. Incarcéré six semaines, il bénéficiera d’un non-lieu en 1984. Ce massacre révèle un noyautage de la police marseillaise par les "barbouzes" et conduit à la nomination d’une commission parlementaire, dont l’enquête aboutira à la dissolution du SAC le 3 août 1982.

Le préfet Bonnet a tenté de faire revivre les barbouzeries et a dû être démissionné. La politique mise en place par Bernard BONNET n’était pas le fruit de la dérive solitaire d’un haut fonctionnaire. Elle avait été voulue et organisée au plus haut sommet de l’Etat : la culpabilisation collective de toute une communauté, les procédures d’exception et leur cortège de violation des droits fondamentaux : atteintes à la présomption d’innocence, incarcérations abusives, racisme et tracasseries anti-corse au quotidien et, pour couronner le tout, dérives barbouzardes du GPS sous l’autorité d’un Préfet… Quand des nationalistes corses sont assassinés en série, le ministère ne trouve rien ni personne. Il se contente de dénoncer la loi du silence qui, selon lui, ferait partie de la culture corse. Il en profite seulement pour aller faire de multiples déclarations incendiaires en Corse et y multiplier les forces de l’ordre. Et si ces nationalistes avaient été assassinés par des barbouzes ? Est-ce que ce serait l’augmentation des forces de l’ordre qui résoudrait le problème ? Elles ont augmenté et le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas trouvé les assassins des nationalistes ! Il n’a même pas une piste à part de dénoncer la « classe politique corse » qui ferait silence…

A chaque attentat nationaliste en réplique, les forces de l’ordre arrêtent pourtant des gens, trouvent des pistes, sont très actives alors que dans les cas inverses, à chaque assassinat d’un nationaliste, il n’y a rien... Cherchez l’erreur. Et les assassinats continuent donc malgré l’accroissement des forces de l’ordre. Sur le préfet Bonnet, voici ce qu’écrivait le Figaro, peu suspect de sympathie avec la cause des nationalistes corses ni des assassins d’Erignac :

« Au procès Colonna, les notes disparues du préfet Bonnet… Le successeur de Claude Érignac avait remis des notes au procureur. Elles ne figurent pas au dossier. Les explications du juge Bruguière sont très attendues. Ce maintien un peu roide, cette voix plus haut perchée qu’on ne l’attendait, ce débit aisé, cette propension - difficilement tenue en laisse - à l’autocélébration, cette gestuelle d’orateur professionnel qui rajuste mécaniquement le micro du pouce et de l’index pendant que, de la tête, il regarde alternativement à gauche et à droite avec la régularité d’un essuie-glace bien huilé, pas de doute, l’ancien préfet Bernard Bonnet est en grande forme. Invité à livrer son témoignage au troisième procès d’Yvan Colonna, le successeur de Claude Érignac, assassiné le 6 février 1998, parvient presque à faire oublier son implication dans la pantalonnade des paillotes incendiées, un an plus tard. Son propos est plus clair que lors de ses précédentes prestations. Que dit-il ? Que le 18 novembre 1998, puis le 11 décembre suivant, il est venu à Paris rencontrer le procureur de la République de l’époque, Jean-Pierre Dintilhac. Il lui a remis des notes selon lesquelles Alain Ferrandi était le chef du commando de tueurs, révélant qu’une tentative avortée - au sujet de laquelle il n’y aura jamais d’enquête approfondie - avait eu lieu quelques semaines avant l’assassinat. Parmi les complices potentiels de M. Ferrandi, le préfet Bonnet citait un Colonna, mais pas Yvan : son frère Stéphane. Le haut fonctionnaire tient ces « tuyaux » d’un informateur, connu sous le pseudonyme de « Corte ». « Je ne connais que des bouts de vérité, admet le témoin. Il est vrai que je n’ai jamais cité le nom d’Yvan Colonna. Mais des convergences rendent crédible sa possible implication. Il avait le profil, pas plus, pas moins. » Sans pouvoir le prouver, le témoin estime que le berger, accusé d’être le tireur de la rue Colonel-d’Ornano, faisait partie du FLNC du secteur Cargèse-Sagone, vivier criminel dans lequel aurait puisé Alain Ferrandi pour constituer le « groupe des anonymes » interpellé en mai 1999, tandis que M. Colonna prend le maquis pour quatre ans. La déposition de M. Bonnet ressemble à un panier bien garni qui offre à boire à l’accusation et à manger à la défense. Elle arrange l’accusation, car présente l’accusé comme un suspect non négligeable dès la fin de l’année 1998, alors que l’exploitation de la « piste agricole » fait figure de « trop long égarement ». Le fait que plusieurs autres révélations de « Corte » sur l’entourage d’Alain Ferrandi aient été validées par la justice donne également du prix à ses dires sur Yvan Colonna. Mais « Corte » a aussi désigné deux hommes qui seront acquittés en 2006 : les Bastiais Andriuzzi et Castela. Et c’est au tour de la défense de faire son miel des notes Bonnet remises au procureur le 16 novembre 1998. La date importe, car il existe au dossier un procès-verbal de la police antiterroriste daté d’août 1998 et faisant état d’un fait survenu le 6 octobre suivant. Comme les limiers de la DNAT ne passent pas forcément pour des extralucides - ils sont encore sous le charme du « mirage » de la piste agricole, persifle le témoin -, on ne peut que s’étonner. Mais il y a plus intrigant : « Corte » se trompe en chuchotant à l’oreille du préfet Bonnet. Il ne dénonce pas « Castela », mais un « Castola ». Or, dans le fameux PV d’août, ce patronyme apparaît également à la place de Castela… Pour la défense, aucun doute : la DNAT a voulu chiper, en novembre, les conclusions de M. Bonnet, pour en tirer, seule, le profit, et sortir enfin de l’ornière agricole. Un autre fait plaide en faveur de cette thèse : les notes du préfet n’apparaissent nulle part dans le dossier. Le procureur Dintilhac affirme, sous serment, qu’il les a transmises au juge Bruguière. Lequel a toujours protesté du contraire, ce qui fait quelque peu désordre. Le magistrat, surnommé l’« Amiral », est attendu à la barre le 27 mai : il peut d’ores et déjà préparer son ciré, le temps s’annonce à l’orage. »

Rappelons quelques épisodes significatifs lors de l’enquête sur l’assassinat du préfet :

- 350 personnes interpellées en 10 mois, de février à décembre 1998 ; rapporté à la population française, ce chiffre reviendrait à placer en garde à vue arbitrairement plusieurs dizaines de milliers de personnes : si cela c’était passé dans l’hexagone, qui, dans la classe politique française, aurait accepté pareil scandale sans dire un mot ?

- l’incarcération infondée, pendant de très longs mois, de quatre mois à dix huit mois, de quarante-deux personnes : certaines d’entre elles – notamment Roger Simoni et Marcel Lorenzoni – sont mortes sans avoir été réhabilitées, d’autres sont ruinées familialement, économiquement, moralement. 13 ans après, ces innocents attendent toujours le non-lieu qui leur est dû : si cela c’était passé dans l’Hexagone, qui, dans la classe politique française, aurait accepté pareil scandale sans dire un mot ?

- les manipulations policières qui sont désormais connus de nous tous : le faux procès-verbal du Commissaire Frizon, les détournements de commission rogatoire du Commandant Lebbos, les mensonges du même débouchant sur la condamnation en première instance d’Andriuzzi et Castela à 30 années de réclusion criminelle, la déposition d’un témoin accusant devant la Cour d’Assises Marion (chef de la DNAT dans l’île) et Battesti (chef des RG dans l’île) d’avoir fait déposer des explosifs chez Matteu Filidori : si cela s’était passé dans l’Hexagone, qui, dans la classe politique française, aurait accepté pareil scandale sans dire un mot ?

- un commissaire divisionnaire de la république dit avoir transmis au plus hauts degrés de l’institution judiciaire et policière le noms de deux suspects et que rien n’a été fait pour enquêter. Que cela soit dénoncé par un témoin commissaire divisionnaire, cité par la partie civile, ne provoque chez le Canard que sarcasmes prouve à quel point pèse peu la vie d’un homme entre les mains de ces journalistes qui se prennent maintenant pour des dieux et dont leur vérité doit être « leur » vérité. Pourquoi, comme dit le Canard Enchaîné, « ce commissaire (détenteur de ce secret) a été renvoyé par Blot, procureur général, vers Claude guéant, qui l’a renvoyé vers le Raid, qui l’a renvoyé on ne sait où ».

- Yvan Colonna est arrêté près d’Olmeto le 4 juillet 2003 après s’être soustrait pendant plus de quatre ans à la justice. Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy déclare le soir de l’arrestation que « La police française vient d’arrêter Yvan Colonna, l’assassin du préfet Érignac » ce qui lui vaut des reproches pour atteinte à la présomption d’innocence et des poursuites judiciaires d’Yvan Colonna. Colonna porte plainte pour atteinte à la présomption d’innocence. Le JDD écrivait : « Yvan Colonna a engagé une procédure mais le tribunal de Paris n’a pu que reporter son jugement à la fin des fonctions présidentielles de Nicolas Sarkozy en raison de son immunité. » La justice suspend donc sa plainte car Sarkozy est depuis président de la république… Depuis que Sarkozy n’est plus président… eh bien depuis rien !!! C’est ça la Justice, voyez-vous !

- la taille du tueur pose problème. Trois témoins oculaires sont tous formels : "Ce n’est pas Yvan Colonna, le tireur était grand 1m80 et plus, blond et sportif" (tiens on dirait la description d’un barbouze des services spéciaux : grand, sportif avec chaussures de sport, calme et déterminé) ! La témoin qui a vu à 4 mètres le tireur se demande pourquoi on accuse un homme bien plus petit…

- le docteur Paul Marcaggi est intervenu en tant qu’expert. Il a examiné les expertises balistiques et en a conclu, publiquement, au procès que cela signifiait que le tireur était nécessairement de très grande taille. Il revient ensuite au procès suivant. Voici ce qu’en décrit Le Monde :

« Une haie de caméras et d’objectifs traquaient, lundi 19 novembre, le retour du docteur Paul Marcaggi dans les couloirs du palais de justice de Paris. Après ses déclarations de la semaine précédente sur la "haute stature" du tireur du 6 février 1998, la cour avait souhaité l’entendre à nouveau. - "Il ne vous aura pas échappé que votre précédente déclaration a suscité quelques commentaires...", a observé le président Dominique Coujard en l’accueillant à la barre. - Oui, j’ai lu cela dans la presse..., a répondu avec calme le médecin légiste. Je voudrais dire deux choses : la première est que je suis Ajaccien, insulaire, et que depuis 12 ans que je fais de la médecine légale, je n’ai jamais eu de pressions. La seconde, c’est que je n’ai pas abordé spontanément le problème de la taille présumée du tireur mais à la suite d’une question de l’avocat général. D’une part, je n’ai pas été formel. D’autre part, cette question ne correspond pas à ma mission, car je ne suis pas expert en balistique. Mais encore une fois, j’ai répondu à une question qui m’était posée". »

Donc voici un expert qui modifie son témoignage et qui dit qu’il n’a pas subi de pressions…

Des pressions sur le légiste ? Mais non mais non ! Quand on fait revenir un témoin à la barre pour que le Président lui explique qu’il n’a EVIDEMMENT pas pu vouloir dire ce qu’il a dit, et que s’il l’a vraiment dit toute l’assistance a EVIDEMMENT mal compris, et que s’il voulait bien dire que ce qu’il a dit et que tout le monde a entendu ce n’est sûrement pas « toute la vérité, rien que la vérité », il faudrait vraiment avoir l’esprit mal tourné pour y voir une forme de pression. C’est juste un rappel pour qu’il ne perde pas de vue que s’il veut rester médecin légiste rémunéré par la Justice il ferait bien de ne pas contrarie la thèse officielle, proclamée par le Ministre de l’Intérieur, aujourd’hui Président de la République depuis des années. Est-il possible d’avoir accusé un Corse à tort dans une affaire où des centaines de personnes ont été accusées ? Oui. La preuve : par exemple, Castela-Andriuzzi, poursuivis comme les instigateurs de l’assassinat d’Erignac ; Ils ont pourtant été acquittés en appel par une cour d’assises spéciale.

Tout dans le procès Colonna prête à étonnement et à méfiance à commencer par la condamnation publique du présumé innocent et sa proximité personnelle et familiale du détenu…. Et sans parler de l’absence totale de preuve matérielle contre Colonna…

Chevènement en août 1999 dans le journal « Le Monde », stigmatisant l’ « acte odieux d’ Yvan Colonna » ;

Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, annonçant fièrement l’arrestation d’ « Yvan COLONNA, l’assassin du Préfet Erignac », et affirmant publiquement, à Santa Lucia di Tallà, en 2007, à la veille du premier procès, sa conviction de la culpabilité d’Yvan ;

Guéant, Secrétaire Général de l’Elysée, recevant nuitamment et clandestinement le témoin Roger Marion quelques jours avant l’ouverture des débats ;

Mme Alliot-Marie, Garde des Sceaux en exercice qui, fait inouï et sans précédent, s’exprima par communiqué officiel dans les heures suivant l’arrêt de la Cour de Cassation, pour adresser ses premières pensées à la partie civile ;

Donc l’Etat français, à son plus haut sommet, est impliqué dans toutes les affaires douteuses de Corse et sa prétendue objectivité fait totalement défaut. Et ce n’est visiblement pas Valls qui va parvenir à changer cela malgré ses rodomontades !

N’oublions pas que, dans la montée du petit personnage Sarkozy, l’entrée dans un clan corse a été un passage obligé, après mariage, vers la montée dans l’appareil du SAC, du RPR, vers les postes politiques et la mairie de Neuilly.

Bien des gens ignorent cette corsitude de Sarkozy qui n’a jamais été éliminée du parcours même après le passage à l’Elysée. N’a-t-il pas envoyé son fils faire un stage comme berger en Corse… à Cargèse ! Berger de Cargèse, cela ne vous dit rien ? C’est le métier de celui qui a été accusé d’avoir éliminé le préfet Erignac, le jeune Yvan Colonna. Eh oui, le clan de Sarkozy est opposé clan de Colonna, clan de gauche contre clan de droite : Clan Culioli-Péretti contre clan Colonna.

Pas étonnant que celui qui a mis la main sur le jeune berger s’appelait Squarcini, vous savez le Corse le plus haut placé dans les services de police nationale et le plus proche de Sarkozy et responsable des services secrets en Corse puis sur le continent, celui est mêlé à toutes les affaires scabreuses de Merah à Bettencourt en passant des affaires immobilières douteuses et par la lutte pour le contrôle du cercle de jeux Wagram…

Beaucoup ne se souviennent même plus du SAC, service d’action civique de Pasqua…

Et, par exemple, de Peretti, haut dirigeant du SAC et parent de Sarkozy…

En 1959, il [Charles Pasqua] est avec Jacques Foccart et Achille Peretti l’un des créateurs du Service d’action civique (SAC), organisme de protection, « police privée » du gaullisme visant à lutter contre les actions terroristes de l’OAS, en pleine effervescence et en pleine illégalité lors de la guerre d’Algérie. Les membres du SAC, fortement liés au Milieu, sont auteurs de nombreux « coups de main ». C’est une finalité du service d’ordre du RPF, créé par le général de Gaulle. En 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

En fait, il n’est nullement un dauphin désigné par son prédecesseur comme il le prétendra ensuite : à la mort de Peretti en 1983, Sarkozy doit d’abord mener la campagne pour Pasqua successeur désigné de Peretti, finalement Pasqua se désiste et Nicolas succède à Peretti à la tête de la mairie de Neuilly à seulement 28 ans.

Sarkozy a épousé en premières noces, Marie-Dominique Culioli, fille des pharmaciens de Vico. Ses deux fils sont donc à moitié corse et issu d’une micro région toute proche de Cargèse. Mieux, lorsque l’un de ses fils exprime le désir de revenir en Corse et de suivre un stage chez un berger c’est dans la région de Cargèse qu’il est placé… L’été, il a déjà fait un stage de berger à quelques encablures de la bergerie d’Yvan Colonna. Les nationalistes ont bien rigolé.]

Selon les deux auteurs, Sarkozy pourrait même avoir un moment corsisé son nom en remplaçant le y par un i, ce en quoi il se trompait. Au XIXème siècle de bons bourgeois corses qui refusaient leur corsitude transformèrent le i de leur nom en y. Ainsi Paul Valéry descend-il de la famille des Valerii. Plus en arrière, tout Neuilly raconte comment le jeune Nicolas fut pris en main par Achille Peretti, l’indétrônable maire de Neuilly qui venait l’accueillir à l’école. De là daterait cet amour pour la Corse qui le poussa dans les bras d’une Culioli.

L’autre Sarkozy s’épanouit en Corse. C’est celui d’un amoureux de l’île de Colomba et de Mateo Falcone. Car le ministre est familier des lieux pour avoir épousé en premières noces une pharmacienne originaire du village de Vico. Où est Vico ? Sur les hauteurs de Cargèse ! Pendant des années, le jeune homme qui avait pris la succession du Corse Achille Peretti à la mairie de Neuilly a passé là ses vacances. Gustave Flaubert a visité la région en 1840 et vante les mérites du village : « À Vico on commence à connaître ce que c’est qu’un village de la Corse. Situé sur un monticule, dans une grande vallée, il est dominé de tous les côtés par des montagnes qui l’entourent en entonnoir. » L’auteur de Madame Bovary s’enchante pour les légendes des lieux : « Vico est la patrie du fameux Théodore dont le nom retentit encore dans toute la Corse avec un éclat héroïque ; il a tenu douze ans le maquis et n’a été tué qu’en trahison. C’était un simple paysan du pays, que tous aimaient et que tous aiment encore. »

Nicolas Sarkozy prend l’habitude de se rendre dans la région d’origine de sa belle-famille, près de Sagone, village de la côte ouest de la Corse. On l’introduit auprès des notables du cru. « Nicolas Sarkozy a fait des efforts pour s’approcher au plus près de la culture corse, explique Jean-Marc Philibert, auteur d’une biographie de Jean Sarkozy, Le fils doré. Le président a eu une enfance un peu particulière, avec un père absent, peu de liens familiaux. Je le crois fasciné par le côté clanique de la société insulaire. »

Pour Antoine Albertini, journaliste spécialiste de l’île, Sarkozy « retrouve en Corse une manière d’être qui lui convient parfaitement : l’exaltation des vertus viriles, de la volonté, et un certain déterminisme. La Corse est à la lisière de plusieurs mondes : la jet-set, les flics musclés, les politiques ambitieux et retors ». A quelques kilomètres de Sagone, dans le village de Cargèse, est établie une autre famille : les Colonna. Presque des voisins, d’autant que la sœur d’Yvan est l’épouse d’André Géronimi, glacier-pâtissier à Sagone et ami de la famille Culioli. Nicolas Sarkozy l’accompagne à l’occasion lors de sa tournée. Y eut-il un jour un face-à-face entre le futur ministre de l’Intérieur et le futur ennemi public n°1 ? L’hypothèse est tout à fait imaginable.

Leurs fils respectifs, en tout cas, se sont rencontrés. Selon Jean-Marc Philibert, qui a recueilli des témoignages sur place, « Jean Sarkozy jouait au foot sur la plage avec le fils d’Yvan Colonna ». Considéré comme un enfant du pays, l’adolescent a, comme son frère, effectué un stage de deux semaines chez un berger de la région. Depuis, Sarkozy a divorcé de son épouse corse et s’est remarié avec Cécilia en octobre 1996. Mais il n’a pas tout à fait divorcé de cette terre attirante et violente à la fois. D’autant que ses deux fils, Pierre et Jean, nés de son premier mariage, se sentent corses et passent toutes leurs vacances sur l’île.

En 1999, à l’adresse de la villa baptisée Ros’hen, apparaît un certain Nicolas Sarkozi (sic), joignable à un numéro aujourd’hui erroné. Le maire de Neuilly avait-il eu la préciosité de « corsiser » son nom de famille hongrois, ou France Télécom a-t-elle commis une erreur ? En tout cas, Sarkozi est bien Sarkozy. Avant qu’il n’intègre le gouvernement Raffarin, il n’y avait pas de protection particulière autour de la bâtisse cossue, coincée entre la mer et la route départementale d’Ajaccio à Cargèse. Depuis, un haut mur de parpaings a été édifié pour « sécuriser » les lieux. En face de la maison Ros’hen, il y a toujours eu et il y a encore le glacier, propriété d’André Geronimi. Notable local, Geronimi fut maire adjoint. Proche du RPR, il aimait deviser avec celui qui n’était encore que le juvénile maire de Neuilly. Le 12 septembre 1983, le glacier de Sagone est victime d’un « paquet », un attentat à l’explosif. L’action n’a jamais été revendiquée. Deux jours après l’explosion, les gendarmes sont mis sur une piste par un renseignement anonyme. En substance : « Allez fouiller chez les Colonna. » La maréchaussée effectue une perquisition dans la propriété. Les militaires extirpent du puits un petit arsenal.

Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.

Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui.

Qui sont les grands acteurs du clan Sarkozy-Pasqua, le clan corse pro-français, dans l’affaire Erignac et pour la transformer en affaire Colonna : Squarcini, Marion, Bonnet, Grenier,…

Squarcini

Ce fils de policier corse est un pur produit des Renseignements généraux. Après avoir été adjoint du directeur régional à Ajaccio au début des années 1980, il dirige ensuite la division “enquêtes et recherches” puis devient directeur central adjoint des RG. Il attend alors son heure dans l’ombre d’Yves Bertrand, l’homme du cabinet noir et des coups tordus de la Chiraquie.

Alors que la droite française se déchire, le Squale prend au bon moment la roue de Nicolas Sarkozy. En 2003, son rôle dans l’arrestation en Corse d’Yvan Colonna, l’ennemi public numéro 1, scelle définitivement la confiance entre les deux hommes. La Corse : le pré carré de Squarcini, qui a bâti toute sa carrière sur sa connaissance encyclopédique des réseaux insulaires.

Quand Sarkozy est élu à l’Elysée, le maître espion devient un personnage central du dispositif présidentiel. De fait, jamais un directeur du renseignement n’était apparu aussi proche d’un chef de l’Etat. En public, le patron de la DCRI ne manque pas une occasion de rappeler l’ampleur de la menace terroriste, des anarcho-autonomes de Tarnac aux nouvelles filières djihadistes. En coulisse, il s’acharne à déminer le terrain pour son patron. Dans l’affaire Woerth-Bettencourt donc, mais aussi dans le dossier libyen, sans doute le plus embarrassant pour Nicolas Sarkozy.

En 1983, Bernard Squarcini est adjoint au directeur régional des Renseignements généraux (RG) en Corse. En 1989, il est chef de la division « enquêtes et recherches » à la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG). En 1993, il devient sous-directeur des recherches à la DCRG tout en étant parallèlement, à partir de 1994, directeur central adjoint des RG sous la direction d’Yves Bertrand. Pour ce dernier, interviewé par Mediapart en janvier 2012, Bernard Squarcini est devenu « l’homme du président, l’espion du président » et « s’est entiché de M. Sarkozy comme n’importe quel fonctionnaire l’aurait fait dans un système autoritaire » tout en estimant que son ancien adjoint « a fait des coups tordus chaque fois qu’il y en avait à faire ». Bernard Squarcini fut notamment l’un des artisans de l’arrestation en 2003 d’Yvan Colonna, l’assassin présumé du préfet Claude Érignac, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur. En février 2004, Bernard Squarcini a été nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il succéda à ce poste à Roger Marion, nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais. En janvier 2004, d’après certaines sources, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, aurait souhaité nommer Bernard Squarcini au poste de Directeur central des Renseignements généraux, mais Jacques Chirac préféra finalement nommer le préfet Pascal Mailhos. Bernard Squarcini est considéré comme un proche de Nicolas Sarkozy, compte tenu notamment de son rôle dans les affaires Colonna, Bettencourt, Merah et Clearstream. Le 17 octobre 2011, alors qu’il est toujours directeur de la DCRI, Bernard Squarcini est mis en examen par la juge Sylvia Zimmermann pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel », dans le cadre de l’"affaire des fadettes".

Roger Marion

L’ancien patron de la police antiterroriste Roger Marion a déclaré ce lundi aux assises de Paris que pour lui, « Colonna est bien évidemment coupable » ! Il déclarait cela au procès en Assises à Paris alors qu’avant lui aucun témoin n’avait affirmé une telle chose !

Il va de soi ! C’est lui qui commandait l’enquête par laquelle on a obligé des témoins, grâce à des méthodes violentes, pour ne pas dire de tortures, à déclarer que Colonna était coupable… Dans le livre Place Beauvau, “les méthodes d’interrogatoire” de la D.N.A.T. ont été mises en cause. Après enquête de l’Inspection générale de la police nationale, diligentée par le ministre de l’Intérieur, aucun fait allégué n’a été avéré, ce qui a conduit le procureur de la République de Paris, auquel cette enquête administrative sur les allégations de tortures et de violence, avait été transmise le 21 mars 2006, à prendre une décision de classement sans suite le 23 mai 2006 (référence parquet 06.081.0801.4).

Lors des commissions d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des forces de sécurité en Corse – en contradiction avec les dispositions de l’Ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des Assemblées parlementaires qui prohibe expressément la création d’une commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires – il a été interrogé sur la “non-arrestation” d’Yvan Colonna le 23 mai 1999, qui a permis de prétendre que Colonna s’accusait lui-même puisqu’il était en fuite, ce à quoi il a répondu que celui-ci avait été prévenu par l’ex-directeur de la Police judiciaire d’Ajaccio, des surveillances dont il était l’objet par les Renseignements Généraux en janvier 1999 (c.f. extrait du procès-verbal de séance du 12 juillet 1999 du rapport n° 1918 de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale). Malgré la plainte déposée contre lui pour dénonciation calomnieuse par l’ex-directeur du S.R.P.J. de Corse, il a été relaxé par l’arrêt n°3 (dossier n°9/01437) en date du 28 janvier 2010 de la 7ème chambre de la Cour d’appel de Paris. Les personnes arrêtées lors de l’enquête sur l’assassinat du préfet ont fait état, lors des audiences en Cour d’assises, ont porté plainte contre des violences illégitimes de la DNAT mais ni Marion, le chef de la D.N.A.T., ni aucun de ses subordonnés, n’ont jamais été poursuivis, ni a fortiori condamnés pour violences illégitimes.

Bonnet

Le préfet Bonnet, avec l’aide de ses gendarmes-barbouzes, a déjà voulu provoquer une guerre civile entre les Corses. On se souvient notamment de l’affaire des paillottes… La politique mise en place par Bernard Bonnet n’était pas le fruit de la dérive solitaire d’un haut fonctionnaire. Elle avait été voulue et organisée au plus haut sommet de l’Etat : la culpabilisation collective de toute une communauté, les procédures d’exception et leur cortège de violation des droits fondamentaux : atteintes à la présomption d’innocence, incarcérations abusives, racisme et tracasseries anti-corse au quotidien et, pour couronner le tout, dérives barbouzardes du GPS sous l’autorité d’un Préfet… Voilà le genre de travail qu’on demandait à un préfet de la France en Corse et qu’Eriganc a refusé de faire…

Bonnet intervient au procès en tant que préfet de Corse, successeur d’Erignac. Or, que déclare Bonnet ? Qu’il a des preuves ? Qu’il connaît quelqu’un qui a des preuves ? Pas du tout ! Il déclare seulement qu’il n’en a pas mais qu’il trouve cette culpabilité « parfaitement crédible ». Voilà ce que rapporte le journal L’Express : Marion dit au procès : « Je tiens pour probable, Yvan Colonna, qu’au début des années 90, vous apparteniez au secteur de Cargèse-Sagone du (mouvement nationaliste corse) FLNC. Je ne peux pas le prouver mais j’avais des informations », a déclaré le témoin Marion à l’adresse de l’accusé Colonna. "Je tiens aussi pour probable que vous y aviez un rôle majeur", a-t-il ajouté en soulignant qu’il ne pouvait pas parler "à la légère" mais assurant, en s’adressant toujours à Yvan Colonna, qu’il était "tout à fait crédible qu’Alain Ferrandi vous ait choisi pour intégrer le commando." Preuve ? Zéro !

Grenier

Le ministère public a été notamment représenté au procès Colonna par Annie Grenier et Alexandre Plantevin.

On se rappellera que Mme Grenier fut une familière des dossiers corses. En 1993, elle officiait comme conseillère juridique au ministère de l’intérieur sous la férule de Charles Pasqua. Ainsi elle assistait aux rencontres secrètes entre le ministre de l’intérieur et les chefs du FLNC d’alors, dont François Santoni tué en août 2000 en Corse du sud.

Rappelons la valse des procès

Après qu’en juillet 2010, la Cour de cassation a annulé sur un vice de procédure, le procès d’appel qui s’était achevé en mars 2009 sur une condamnation à la perpétuité assorti de 22 ans de sûreté, ce troisième procès Colonna s’ouvre.

Rappel des épisodes précédents :

- procès 1 : perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac en février 1998.

- procès 2 : perpétuité et 22 ans de sûreté (finalement annulée par la Cour de Cassation pour vice de forme).

Le 31 octobre 2006, la Cour de cassation ayant rejeté le pourvoi d’Yvan Colonna contre son renvoi devant la Cour d’assises spécialement composée de Paris, celui-ci est renvoyé pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » devant la cour d’assises spéciale de Paris du 12 novembre au 12 décembre 2007, qui le condamne le 13 décembre 2007 à la réclusion criminelle à perpétuité. La peine prononcée par la cour d’assises spéciale de Paris après un mois de procès ne suit pas les réquisitions du parquet, qui avait demandé la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans, la défense ayant demandé l’acquittement. L’un des avocats d’Yvan Colonna, maître Antoine Sollacaro, a évoqué une « erreur judiciaire », affirmant que le dossier est « absolument vide de preuve » et a conclu en annonçant : « Nous allons faire appel dans les plus brefs délais ».

Yvan Colonna est condamné de nouveau à la perpétuité le 27 mars 2009, peine assortie d’une période de sûreté de 22 ans en appel par la cour d’assise de Paris spécialement composée, qui a une compétence exclusive en matière terroriste et qui est composée en appel de 9 magistrats professionnels.

Le 30 juin 2010, la Cour de cassation annule, pour des raisons de vice de procédure, la condamnation du 27 mars 2009 prononcée par la Cour d’assise spéciale de Paris. La juridiction suprême reproche à cette dernière de n’avoir pas respecté l’article 331 du code de procédure pénale interdisant d’interrompre un témoin pendant sa déposition. L’un d’entre eux, cité comme expert par la défense, avait été interrompu par le parquet et les parties civiles en mettant en doute ses compétences en matière de balistique. Son audition s’était déroulée, par la suite, sur deux journées.

Le 8 juillet 2010, Yvan Colonna est condamné à un an de prison ferme pour transport et détention d’arme de première catégorie et relaxé des chefs d’accusation d’association de malfaiteurs et de faits commis en lien avec une entreprise terroriste.

Le parquet fait appel le 11 juillet 2010.

Le lundi 2 mai 2011, s’est ouvert le troisième procès à la cour d’assises de Paris d’Yvan Colonna. Le lundi 20 juin 2011, Yvan Colonna est condamné pour la troisième fois à la réclusion criminelle à perpétuité, sans période de sûreté, par la cour d’assises spéciale de Paris. Pour la première fois de l’histoire juridique française, une cour d’assises a motivé son verdict, anticipant de fait une évolution législative française visant à se mettre en conformité avec la jurisprudence européenne. Le 11 juillet 2012, la Cour de cassation rejette le pourvoi que la défense d’Yvan Colonna a intenté. Le 16 octobre 2012, maître Antoine Sollacaro, qui fut l’un des avocats d’Yvan Colonna, est assassiné dans une station-service sur la route des îles Sanguinaires. Rappelons ce que déclarait cet avocat au procès de Colonna pour dire à qui on avait affaire avec les responsables des forces de l’ordre en Corse : « Eric Battesti est tellement bête et Roger Marion tellement prétentieux (chef des RG et de la DNAT, NDLR) qu’ils mettent des explosifs chez Filidori dans un sac de supermarché qui n’existe même pas en Corse pour l’écrouer », tonne l’avocat. Rappelons la déclaration de Paul Sollacaro : « La police est responsable de la mort de mon père »…

Le 11 janvier 2013, Yvan Colonna saisit la Cour européenne des droits de l’homme, estimant qu’il n’a pas eu le droit à un procès équitable. Et depuis… rien !

Et si on parlait du préfet Erignac ?

C’est lui qui, à peine nommé préfet en Corse, écrit :

"J’ai donc été pris au piège subtil tendu par quelques-uns, pas très nombreux et que je pense indentifier clairement (...) Le piège est quasi imparable pour un préfet. A la légitime ambition, exprimée clairement, d’être nommé préfet de région, on a su ajouter l’affirmation des éminentes qualités professionnelles et personnelles qui justifient un choix aussi unanime que réfléchi, dixit Debré [Jean-Louis, alors ministre de l’intérieur], du gouvernement. Mes qualités sont donc si grandes que me voilà l’homme indispensable pour la Corse. Que répondre, sauf à courir le risque bien réel d’une disgrâce, d’une mise hors cadre ou d’une stagnation. Aucun argument légitimement avancé face à cette "mission de grande confiance, témoignage éclatant etc". Et en plus, c’est sans doute vrai. Si j’ai plus tard, l’occasion de régler ces comptes, il ne faudra pas oublier de le faire... Il faut donc y aller et gérer dans la hâte tous les problèmes personnels, si nombreux, que nous pose cette nomination, vis à vis des familles, de nos projets en Lozère [dont Claude Erignac est originaire], de nos moyens qui vont être bien ajustés. Mais ce n’est pas - et de loin - l’essentiel. Le seul problème sérieux est que j’ai clairement conscience de partir vers une mission impossible, faite de contradictions éclatantes entre le discours public du gouvernement, les négociations plus ou moins secrètes, les intentions réelles des uns et des autres... Officiellement, ma mission est triple : rétablir l’autorité de l’Etat, contribuer au dialogue républicain, faire avancer les dossiers économiques, sociaux et culturels. Mais quels sont les moyens ? Un préfet ne saurait véritablement actionner les machines judiciaire et policière - pour la police, un peu sans doute, mais ce n’est pas ma tasse de thé - Cela dit, je vais m’y efforcer. Le problème est qu’il faut aussi veiller à ne pas contrarier le processus "politique" en cours avec la trêve acquise pour trois mois, attendue pour six mois supplémentaires. En un mot, c’est le grand écart...avec les redoutables conséquences que l’on devine. Pour les dossiers, j’ai l’impression que la volonté politique est bien hésitante. On peut le comprendre à voir les sommes déversées sur la Corse. Comment répondre à beaucoup à Paris de dire que cela suffit...Mais alors comment répondre aux attentes si impatientes de socio-professionnels de tout poil abreuvés, semble-t-il, ces derniers mois en particulier, de bonnes paroles et de semi-promesses. En définitive, c’est cela qui me soucie le plus car je crains beaucoup cet exercice de faux-semblant. Voilà bien vite résumées mes préoccupations du moment. Je ne veux pas les exprimer trop publiquement afin de ne pas démoraliser Dominique [son épouse], qui fait admirablement contre mauvaise fortune bon coeur. Et j’ai toujours préféré "faire envie que pitié" et je tiens à partir de Versailles - ce poste somptueux que je n’ai jamais aimé - en faisant valoir l’évidente marque de confiance du président de la République et du gouvernement.Nous partons donc. Je m’accroche à l’idée que cela peut être pour 18 mois seulement, moyenne approximative de mes prédécesseurs. Et je vais m’efforcer de tenir chronique régulière de cette aventure, mission impossible pour la première fois de ma vie professionnelle".

Le préfet Erignac, armé de telles intentions, c’est-à-dire prêt à refuser de suivre les autorités politico-mafieuses qui l’ont nommées à ce poste, Debré-Sarkozy, a-t-il pu se mettre en travers des volontés de ce clan ? Pourquoi s’est-il opposé au rachat de la caserne Montlaur par la la mafia ? Pourquoi s’était-il opposé à d’autres projets de cette mafia comme celui d’un aérodrome qui aurait pu servir de base pour un transport d’armes et drogue sur les iles Lavezzi ? Pourquoi s’est-il mis en travers du réseau d’influences relatif aux hydrocarbures, au sang, aux télécommunications, aux transferts d’argent, aux affaires immobilières que projetait ce clan ? On ne le saura pas puisque tout a été soigneusement effacé…

Alain Laville, journaliste à Nice-Matin révèle par exemple toute une série d’affaires, qu’il a découvertes notamment dans l’autobiographie d’Eriganc dont on n’a retrouvé que trois pages, et dans lesquelles Erignac était un gêneur face à cette mafia : « la mafia à Cavallo, les curiosités des affairistes locaux, les réseaux Pasqua… » Tiens, encore Pasqua !

Claude Erignac est devenu l’homme qui en savait trop sur la mafia franco-corse, cela est certain. Il a mêlé dans la même enveloppe, enfermée dans son coffre, la note Bougrier (dont Claude Guéant a eu un exemplaire, c’est peut être la raison pour laquelle il a convoqué Roger Marion....?), qui comme l’enquête a pu le prouver, a déclenché, le processus de l’assassinat. ce n’est pas par hasard. Elle est là, l’affaire d’ETAT, dans la disparition de ces pages, écrites de la main du préfet, et dont l’ETAT ne peut nier l’existence, tant les témoignages sont concordants. Ce texte existe et une photocopie aussi.

Madame veuve Dominique Erignac ajoute au procès-verbal qu’elle est très préoccupée et même inquiète de ne pas retrouver toutes ces notes de son époux. Elle ajoute un détail troublant, elle a été étonnée que pratiquement tout ce que l’on a retrouvé dans le bureau de son mari, concerne la période située avant le mois de juillet 1997. En dehors d’une note concernant le mois de novembre 1997, on n’a retrouvé aucun manuscrit.

Qu’a donc écrit le préfet de si brûlant, de si gênant, de si confidentiel entre juillet 1997 et février 1998, de si dangereux pour la mafia corso-continentale ?

Tous ceux qui connaissent Yvan Colonna disent une seule chose : « S’il avait tué le préfet, il l’aurait revendiqué haut et fort, comme un acte politique assumé. »

Colonna était l’homme à abattre, désigné comme étant le tueur tant par Chevènement que par Sarkozy, en dépit du fait que la seule soi-disant « preuve » reliant Colonna au meurtre ce jour-là consistait dans les déclarations des soi-disant membres du « commando Erignac » – qui se rétractèrent l’année suivante, près de trois ans avant leur propre procès. En 2004, alors qu’il purgeait une peine de perpétuité pour son rôle dans le meurtre d’Erignac, Pierre Alessandri, l’un des membres du « commando », avouait être le tireur.

Et si tout cela ne suffisait pas à faire tomber les accusations contre Colonna et prouver qu’il y avait eu machination policière, il y a aussi le fait que le seul témoin oculaire, qui se trouvait à quelques mètres de distance du meurtre, a toujours catégoriquement nié que le meurtrier était Colonna. Cela lui vaut depuis des années de se faire harceler par la police. Le témoignage de cette femme, ainsi que celui d’autres témoins qui ont dit n’avoir vu que deux hommes et non trois comme le prétend l’accusation, ont été écartés ce mois-ci par la cour d’assises spéciale dans sa « motivation » de la condamnation de Colonna : « les déclarations des témoins oculaires de la scène de crime à Ajaccio, qui affirment ne pas reconnaître en la personne d’Yvan Colonna le tireur, doivent nécessairement être appréciées avec les plus grandes réserves au regard du grimage des auteurs, de la rapidité du déroulement des faits, de leur ancienneté, de la position de ces témoins par rapport à la scène et de la qualité de l’éclairage urbain ».

D’autres faits montrent que Colonna est innocent et a été victime d’une machination. Il y a eu plusieurs témoignages concordants enregistrés séparément après l’arrestation de Colonna en 2003 qui le localisaient à 45 kilomètres du lieu au moment du meurtre. Ces témoins ont été menacés d’arrestation s’ils ne se rétractaient pas. La police a reconnu avoir procédé à des filatures, surveillances et écoutes téléphoniques de Colonna pendant plusieurs mois entre le meurtre d’Erignac et l’arrestation du « commando ». S’il n’existe aucune trace de cette surveillance dans le dossier de l’instruction, c’est, comme l’ont reconnu deux flics haut placés lors de la commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement de la police en Corse, parce qu’il n’y avait eu aucun comportement ni contact suspect impliquant Colonna et qu’il avait simplement des relations amicales avec certains membres du commando.

Comme l’a écrit le CDDS dans une lettre de protestation au garde des Sceaux de l’époque, Rachida Dati, suite au premier procès truqué de Colonna en décembre 2007 :

« Nous n’avons aucune illusion dans “l’impartialité” du système judicaire, qui est un instrument répressif au service de la classe possédante. Et la Cour d’assises spéciale sans jury instituée pour juger les accusés de crimes “en rapport avec une entreprise terroriste” n’est que la forme la plus grossière de cette injustice bourgeoise. Ce tribunal d’exception, héritier direct de la tristement célèbre Cour de sûreté de l’Etat et des “sections spéciales” du régime de Vichy, menace tous ceux qui sont perçus comme des ennemis à abattre de la bourgeoisie française et de ses gouvernements – qu’il s’agisse de militants nationalistes, de minorités ethniques ou religieuses en révolte ou d’organisations du mouvement ouvrier. »

Yvan Colonna lui-même a déclaré : « Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabulité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui aurint été assurées. » Ce procès n’a pas encore eu lieu et en son absence, chacun a parfaitement le droit de considérer Colonna comme innocent !

Yvan Colonna, le berger

31 Messages de forum

  • Aucune empreinte, aucune trace d’ADN, aucune image de vidéosurveillance ne démontraient la présence d’Yvan Colonna sur les lieux. Ajoutons à cela des témoins qui ne reconnaissaient pas l’accusé... Près de vingt personnes ont été témoins du crime. Pas un ne reconnait Colonna. Ainsi Jean Pierre Versini, un enseignant de 61 ans, décrit les membres du commando avec précision, le premier, « longiligne », et le second « grassouillet ». « En tout cas, pas du tout monsieur Colonna qui ne cadre pas avec mon visuel ». Autre témoin, Joseph Colombani, haut fonctionnaire corse et ami de Claude Erignac, a expliqué aux jurés aux deux procès qui se sont succédés : « J’ai regardé Yvan Colonna ici même en 2007 et je n’ai pas eu le déclic. Je le regarde aujourd’hui, et je n’ai pas de déclic. » « J’ai eu le temps de le regarder et je suis sûre et certaine, ce n’est pas lui », assure quant à elle Marie-Ange Contard, croupière de casino et passagère d’une voiture qui circulait, le soir du crime, aux abords du lieu de l’exécution.

    Ce sont les listings d’appel téléphonique des portables des membres du commando présents sur les lieux du crime, qui ont permis de les confondre peu après leur arrestation. Seul hic, Yvan Colonna ne possédait pas de portable. Il n’existe, dans ces conditions, aucune preuve matérielle de sa présence sur les lieux.

    Et pourtant, la cour d’assises spéciale aggrave la peine prononcée en première instance en prononçant la période de sûreté maximale.

    Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, n’avait pas hésité à déclarer en 2003, lors de l’arrestation d’Yvan Colonna : « La police française vient d’arrèter … l’assassin du Préfet Erignac ».

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  • Sarkozy, proche, très proche voisin de Colonna...

    Pierre et Jean Sarkozy participaient aux tournois de foot organisés par le berger, l’été à Sagone. Ils y retrouvaient aussi le fils d’Yvan Colonna, Jean-Baptiste. Et même après le début de la cavale d’Yvan Colonna, Jean, encore adolescent, continuait de fréquenter le fils de l’homme le plus recherché par toutes les polices de France. L’aîné des Sarkozy, Pierre, lui non plus n’est pas en reste. Début 2000, il effectue un stage de berger chez un associé d’Yvan Colonna. L’année suivante, c’est au tour de Jean d’effectuer lui aussi un stage dans une bergerie à Vico, le village familial de sa mère, chez Jean-Pascal Armani.

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  • En 2003, le fils Sarkozy passe l’été en Corse à garder les moutons de la famille de l’indépendantiste corse Yvan Colonna, arrêté précisément à ce moment-là pour l’assassinat du préfet Claude Érignac. Reconnaissez que c’est plus que bizarre…

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  • L’association des noms de Sarkozy et Colonna apparait très tôt, dès 1983, dans une affaire d’attentat à la bombe contre un glacier appartenant à un notable de Sagone, André Géronimi, un proche du RPR et adjoint au maire de la commune. Nicolas et André aiment à passer du temps à discuter ensemble. Or, le glacier se trouve juste en face de la villa de la famille Culioli où le maire de Neuilly de l’époque vient souvent en vacances.

    Pierre Sarkozy, avec Yvan, a parcouru l’Amérique Latine en 1995.

    Dernière anecdote : pendant l’été 2002, un des fils Sarkozy effectue un stage de berger près de la bergerie d’Yvan Colonna.

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  • Mais qui c’est qui amène ainsi le fils du ministre de l’Intérieur à faire un stage près de Colonna ? C’est Christine Colonna, la sœur du plus célèbre fugitif de France, Yvan Colonna. Il la retrouve ainsi... Elle conduit une voiture japonaise affublée à l’arrière d’un splendide autocollant autonomiste corse. A la place du passager : le fils Sarkozy…

    Pourquoi le papa n’apprécie pas et confie à ses policiers, qui lui ont fait passer l’info, la charge de plomber définitivement la famille...

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    • Pour une fois Sarko à eu un bon jugement. Et la provenance de l’arme vous en parlez peu... Et quand on est innocent pourquoi se sauver. Je connais personnellement les colonna et je sais de quoi ils sont capable ainsi que ceux du comité de soutien. Bravo Zola, continuer vos élucubrations, vous êtes plus fort de la justice. Je suis certain que votre prose plaira à certains et surtout certaines. Pour ma part j’espère vivre assez longtemps pour m’expliquer face à face avec yvan colonna. Et sans cagoule. Continuez faite vous plaisir.
      Excusez moi de ne pas mettre de majuscule à certains noms propres, peut être parce qu’ils ne le sont pas.
      François HUGOT

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      • Malheureusement pour vous, ce que vous dites servirait aisément à la défense de Colonna !!!

        Vous commencez par dire que « Pour une fois Sarko à eu un bon jugement. »

        Ah bon ! C’est sarko quia jugé !!! Bel aveu !!!

        Je ne sais pas à quel titre vous intervenez mais j’espère que vous êtes pour quelque chose dans ce jugement inique car vos aveux valent de l’or !!

        Vous écrivez : « Et quand on est innocent pourquoi se sauver. »

        Je pense y avoir répondu : c’est justement ceux qui ont monté l’affaire qui lui ont laissé croire qu’il serait inculpé.

        Donc vous semblez savoir que sa culpabilité a été fabriquée justement par cette "fuite"...

        Vous écrivez : « Je connais personnellement les colonna et je sais de quoi ils sont capable ainsi que ceux du comité de soutien. »

        De quoi ils sont capables ! En somme tous capables de tuer le préfet Erignac ! Vous allez vite en besogne. Vous mériteriez d’être juge dans cette affaire.

        Et, en même temps, vous comptez vous passer de la justice !! En effet, vous écrivez : « Pour ma part j’espère vivre assez longtemps pour m’expliquer face à face avec yvan colonna. Et sans cagoule. »

        Je renonce à relever tous les arguments contre-productifs pour l’accusation de Colonna que contiennent vos élucubrations !

        Décidément, dommage que vous ne soyiez pas dans la partie adverse en justice, cela ferait du vilain pour l’accusation...

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  • Si le préfet Erignac a été responsable des réseaux africains de Charles Pasqua, cette piste d’investigation, selon un mobile mafieux, ne saurait être écartée, par une justice digne de ce nom.
    S’il s’avère qu’Igor Pecatte travaille bien en Angola, pour Elf-Total-fina, alors il serait normal de l’entendre à ce sujet.
    D’autant que Elf a été mouillée dans plusieurs affaires de corruption et a notamment servi de caisse de secours au parti gaulliste.
    Ceci pourrait être donc raccorché à l’Angolagate qui rebondit actuellement (lien 1) où seront auditionné Pasqua, Attali, Marchiani, et surtout Georges Fenech, député UMP, procureur qui a classé l’affaire de l’assassinat du juge François Renaud (lien 2, L’Assassinat du shériff), lequel enquentait sur les liens entre un Hold-up et le financement du SAC (Service d’action civique)... service en Barbouseries Gaulliste, dont justement Charles Pasqua est un des fondateur, avec Achille Peretti (ancien maire de Neuilly), dont Andrée Malah fut la secrétaire. Andrée Malah est la mère de Nicolas Sarkozy, lequel a succédé à Achille Peretti à Neuilly, dont il avait épousé la nièce en première noce, par ailleurs .

    A ce propos, il y en a un qui a fait un voyage en Angola récemment :
    Nicolas Sarkozy.

    Au programme, du voyage, pourtant express.

    Je suppose donc que Sarkozy était venu y vanter les grands services qu’Total-elf rend à la république française (?), tout en recevant certains de ses dirigeants locaux.

    En tout cas très intéressant.

    Cela pourrait expliquer son empressement à qualifier Colonna d’Assassin.

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  • Pourquoi les enquêteurs travaillant sur l’assassinat de Claude Erignac se sont-ils intéressés a la gestion par l’ancien préfet, lorsqu’il etait directeur de cabinet au ministère de la Coopération, du dossier AGRI-CONGO, une societe créée a l’origine par Elf et qui avait bénéficie d’importants credits du FAC (Fonds d’aide et de coopération) ? Active au Gabon, AGRI-CONGO dispose également d’avoirs en Angola ou elle s’occupe de l’approvisionnement de la garde présidentielle.

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  • Un crime politique en Corse. Claude Érignac, le préfet assassiné, Alain LAVILLE, Le cherche midi, 1999, 305 p.

    Publiée juste avant la révélation de la dérive pyromane du préfet de Corse Bernard Bonnet, et quelques semaines avant l’arrestation de quatre des assassins de son prédécesseur Claude Érignac, cette minutieuse enquête reste hautement instructive. Elle nous intéresse surtout par ce qui y est écrit du rôle-pivot tenu dans l’île par la Corsafrique, les « "réseaux Pasqua" [...] qui en Corse, [...] sont partout » (p. 297). Ils y réinvestissent une partie des gains pêchés dans le Golfe de Guinée - dans le pétrole, les jeux, et la vente en tous genres.

    On ne présente plus à nos lecteurs la figure la plus connue, l’empereur des paris et casinos françafricains Robert Feliciaggi. C’est le « grand ami de Jean-Jérôme Colonna » (p. 115), « dit Jean-Jé, le "parrain" de l’île », « fiché au grand banditisme » - à la tête de la "bande du Valinco" (p. 113 et 116). Robert Feliciaggi est une « relation privilégiée » de Noël Pantalacci, « ex-conseiller de plusieurs chefs d’État africains », surnommé « le premier des Africains de Pasqua ».

    Pantalacci a beaucoup fréquenté le Congo-Brazzaville. Avec la bénédiction d’André Tarallo (le manitou africain d’Elf) et en association avec Toussaint Luciani, il a obtenu la location-gérance d’Elf-Corse (environ 600 millions de FF de chiffre d’affaires), cédée ensuite... aux frères Feliciaggi.

    Noël Pantalacci fut un « ennemi intime » du préfet Érignac (p. 115) - qui « s’intéresse peut-être d’un peu trop près » aux "réseaux Pasqua" (p. 154). Il a présidé la Cadec (Caisse de développement de la Corse), célèbre pour l’ampleur de ses prêts "inconsidérés" et irremboursables. Y compris à "Jean-Jé" (12 millions). Il défendit contre le préfet l’installation de 40 machines à sous au casino d’Ajaccio - doublant le premier lot de "bandits manchots" autorisé en 1993 par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. "Jean-Jé" a « des intérêts » dans ce casino (p. 117).

    Rapidement, l’enquête a ciblé un groupuscule nationaliste, composé notamment de leaders agricoles. Depuis 6 mois, le préfet Bonnet avait communiqué à la justice les noms des assassins et les moyens employés. Ne seraient-ils, comme le suggère l’ancien leader d’A Cuncolta François Santoni, que « les instruments de commanditaires dont les préoccupations sont bien éloignées de l’agriculture » (p. 300) ? Un « proche de l’enquête » s’étonne : « Nous ne nous sommes jamais aventurés dans les méandres de certains réseaux parisiens, toujours bien informés et rassemblant de longue date des intérêts politiques et financiers jusque dans l’île... Pourquoi ? ».

    Pourquoi aussi l’épais "journal" du préfet assassiné, où se trouvait probablement consignée une somme d’informations ultrasensibles, a-t-il disparu ?

    Signalons que l’on retrouve parmi les "suspects" un ex-légionnaire qui a « œuvré pour des groupes paramilitaires en Afrique » (p. 292). Autrement dit ce milieu mercenaire dont Bob Denard fut l’un des pôles et les Comores l’une des bases - déjà impliqué dans l’assassinat à Paris de Dulcie September (la représentante de l’ANC de Mandela), en 1988.

    Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°71 - Juin 1999 -

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  • Après 9 ans en prison, Joseph Versini a, selon son avocat, "a définitivement tourné la page du militantisme clandestin". Cet éleveur de porcs à Cristinacce, en Corse-du-Sud, compte "reprendre son activité agricole". Car Joseph Versini, condamné en juin 2003 par la cour d’assises spéciale de Paris à 15 ans de réclusion criminelle pour complicité dans l’assassinat du préfet Claude Erignac, sera remis en liberté conditionnelle le 11 août, a annoncé mercredi son avocat. "Il bénéficiera d’une libération conditionnelle avec port d’un bracelet électronique", a-t-il précisé. "En attendant il sera incarcéré à la maison d’arrêt de Borgo où il devrait arriver aujourd’hui (mercredi) ou demain (jeudi)".

    "Joseph Versini a déjà effectué neuf ans de réclusion, il a droit à l’application de la loi comme n’importe quel autre détenu quels que soient les faits qu’il a commis", a estimé son avocat. "La loi prévoit une libération conditionnelle à mi-peine, il remplit les conditions, il doit donc en bénéficier", a-t-il insisté. La libération conditionnelle de Joseph Versini, 50 ans, avait été obtenue en mai mais le parquet de Paris avait fait appel, retardant de trois mois l’application de cette décision, confirmée par la cour d’appel.

    Connu comme militant nationaliste, Versini avait été arrêté en mai 1999. Il faisait partie des membres du commando Erignac jugés en juin 2003 par la cour d’assises spéciale de Paris, alors qu’Yvan Colonna était en fuite. Il avait été condamné à 15 ans de réclusion pour l’attaque, en septembre 1997, de la gendarmerie de Pietrosella, au cours de laquelle avait été dérobée l’arme ayant servi à tuer Claude Erignac, et pour l’assassinat. Lui-même avait participé aux réunions préparatoires mais pas à l’opération le soir du 6 février 1998 car, a-t-il expliqué durant l’instruction et au procès, il ne se sentait pas capable de tuer un homme.

    Pourquoi Versini et pas Colonna ?!!

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  • Erignac, selon certaines sources, n’aurait pas été tué par des nationalistes corses mais abattu par un tueur à gage du nom d’Igor Pecatte exfiltré vers l’Angola où il avait été engagé par le groupe ELF et serait lié aux fonctions antérieurs de celui-ci qui était responsable des réseaux Africains de Charles Pasqua au ministère de la coopération.

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  • - Sur la base de quel indice les présumés complices d’ Yvan Colonna ont-ils été confondus ?
    - Les nombreuses communications téléphoniques qu’ils ont tous échangées au moyen de leurs portables dans les minutes
    précédant l’attentat.
    - L’accusé a-t-il participé à ces échanges téléphoniques ?
    - Non.
    - L’accusé possède-t-il un portable ?
    - Non.
    - Les multiples témoins de cet attentat et parmi eux un proche de la victime ainsi que ceux qui ont décrit le tireur ont-ils
    identifié l’accusé ?
    - Non.
    - A votre connaissance, a-t-on lors d’une reconstitution confronté ces témoins à celui des co-inculpés qui s’est accusé du
    crime ?
    - Non.
    - A-t-on établi la preuve que l’accusé se trouvait sur les lieux de l’attentat ou à proximité lorsqu’il a été perpétré ?
    - Non.
    - A-t-on retrouvé sur la scène du crime une empreinte de l’accusé ?
    - Non.
    - En a-t-on retrouvé sur l’arme ayant servi à abattre le préfet Claude Erignac ?
    - Non.
    - Néanmoins, a-t-on établi que l’accusé a été à un moment ou à un autre en possession de cette arme ?
    - Non.
    - Au cours des interrogatoires l’accusé a-t-il reconnu être l’auteur ou le complice de cet attentat ?
    - Non.
    - Bien que niant sa participation, a-t-il tenu des propos qui pourraient attester du contraire ?
    - Non.
    - Les déclarations de ses co-inculpés l’incriminant initialement ont-elles été maintenues ?
    - Non.
    - Par le passé, l’accusé a-t-il été condamné voire même entendu comme témoin dans une quelconque procédure terroriste ?
    - Non.
    - Contrairement aux observateurs de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme qui dénoncent une enquête et une
    instruction menées exclusivement à charge, pouvez vous affirmer que l’enquête et l’instruction ayant abouti à l’inculpation
    d’Yvan Colonna vous apparaissent comme scrupuleusement conformes aux règles de rigueur et formellement exemptes de
    manquements, de zones obscures ou de contradictions ?
    - Non.
    - Fondant donc votre jugement sur les réponses sans conteste que vous venez de fournir, déclarez-vous Yvan Colonna
    coupable du crime dont on l’accuse ?
    - Oui.
    Cherchez l’erreur.

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  • Enfin quelque chose de clair sur cette affaire extrêmement bizarre !

    Nicolas Sarkozy : « Je serai un homme d’Etat quand j’aurai permis la capture d’Yvan Colonna. » et il organise le fameux GRB = Groupe de Recherche du Berger !!! Ce n’est pas un groupe de recherche de la vérité sur l’assassinat d’Erignac !!!

    Même si bien des gens l’ignorent, l’existence d’un lien entre Sarkozy avec un clan corse mafieux, le clan pro-français Pasqua-Peretti, est un des éléments explicatifs du procès Colonna.

    MERCI

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  • Journée d’audience particulière au procès Colonna ce mardi. Une lettre de menaces en langue corse attribuée à Yvan Colonna bouleverse le programme du jour de la cour d’assises spéciale de Paris. Il n’y a pas l’ombre d’une preuve que cette lettre soit de Colonna et la police refuse de dire comment elle l’a obtenu et de qui.

    La police prétend que cette lettre était là pour faire pression sur Pierre Alessandri, condamné à perpétuité en 2003 après avoir été reconnu coauteur de l’assassinat du préfet, mais c’est une simple faux, affirment les avocats de l’accusé. Le commissaire Christian Lothion, directeur de la police judiciaire, attendu cet après-midi devant la cour pour expliquer comment ces quatre pages manuscrites sont arrivées jusqu’à lui, s’est refusé à le faire. La matinée a donné lieu à une bataille d’experts en téléphonie mobile pour valider ou non les itinéraires donnés par Maranelli et Ferrandi, membres du commando, dans l’heure du meurtre. L’ancienne compagne d’Yvan Colonna, Pierrette Serreri, a ensuite été entendue en début d’après-midi, suivie de Christian Lothion (à lire : la lettre de menaces qui accuse)

    . Qualifié de "barbouze" par l’avocat Antoine Sollacaro, le directeur central de la Police judiciaire Christian Lothion réplique : "J’ignore le cheminement de cette lettre. J’ignore si elle est arrivée ou pas."

    "Vous êtes le messager d’un faux. Nous demandons à la cour d’écarter ce document car c’est un faux", fulmine Me Antoine Sollacaro, l’un des avocats d’Yvan Colonna. "Pour moi, ça, c’est une manipulation, une invention, une création, qui émane de votre ministère, de votre proximité... Il nous faut le nom de votre informateur, sinon, c’est contre vous que nous allons (...) déposer plainte pour faux et usage de faux (...) et vous en subirez les conséquences !", s’est-il exclamé.

    Le commissaire Lothion n’a pas voulu révéler le nom de son informateur.

    Cette lettre m’a été "remise par quelqu’un que je connais professionnellement", a-t-il dit. Cette personne lui a dit qu’il s’agissait "d’un courrier transmis par Colonna à l’un des membres du commando". "Je ne me considère pas comme un délinquant", conclut-il.

    Le point final a été l’assassinat de maitre Sollacaro...

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  • La requête d’Yvan Colonna, condamné à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat, en 1998, du préfet de Corse Claude Erignac, et que l’ancien berger et sympathisant nationaliste avait présentée devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 11 janvier 2013 pour « atteinte au procès équitable », a été déclarée recevable par la Cour. « La requête a passé le filtre de la recevabilité et a été transmise au gouvernement français », a déclaré à la presse son avocat, Me Patrick Spinosi.

    Les arguments présentés par sa défense devant la CEDH avaient déjà été soulevés, mais en vain, devant la Cour de cassation, qui avait rejeté le pourvoi d’Yvan Colonna. Il s’agit notamment des gardes à vue, durant lesquelles les autres hommes poursuivis pour l’assassinat du préfet Erignac, tué par balles le 6 février 1998 à Ajaccio, et leurs épouses avaient mis en cause Yvan Colonna et qui s’étaient déroulées sans avocat. Me Spinosi conteste aussi la décision de la cour d’assises spéciale de verser aux débats une lettre de menaces qu’aurait envoyée Yvan Colonna à un membre du commando condamné avant lui, afin qu’il le disculpe.

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  • Pour Simeoni, qui est à la tête du conseil exécutif de l’assemblée corse, dorénavant à majorité indépendantiste, la question Colonna n’est pas en débat dans la question de la libération des prisonniers politiques corses. Ce qui est en question, c’est la reconnaissance du fait qu’il y a eu un combat politique corse pour lequel ces hommes ont été jugés et emprisonnés. Pour Colonna, c’est un autre problème : celui d’une erreur judiciaire, même si Simeoni ne le dit pas pour ne pas donner de prétexte au pouvoir afin qu’il refuse la libération des prisonniers politiques corses. Mais, même sans ce prétexte, Valls répond : « Il n’y a pas de prisonniers politiques corses. » Cela n’a rien d’étonnant, sur le terrain de l’étatisme nationaliste français, Valls est en pointe et non en retrait et il n’est nullement prêt à reconnaître que l’Etat français aurait emprisonné injustement quiconque, fût-il corse !!!

    Une difficulté de ce procès de l’assassin du préfet Erignac tenait au fait que jeudi 14 octobre 2004, Pierre Alessandri avait rétracté ses aveux, affirmant lors de sa confrontation avec Yvan Colonna, dans le bureau du juge antiterroriste Gilbert Thiel être le tireur qui a abattu Claude Érignac dans le dos. Pour Maître Antoine Sollacaro, avocat d’Yvan Colonna : « La partie civile parlera de « manipulation » ou de « révélations pitoyables ». C’est de bonne guerre. Mais, nous apporterons les éléments d’analyse matérielle qui attestent que la thèse proposée par Alessandri est corroborée par le dossier d’instruction ». Selon lui, dans ce dossier, Yvan Colonna n’a pas sa place sur la scène de l’assassinat : les témoins décrivent deux personnes identifiées comme étant Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, à proximité du préfet. Et, Maître Sollacaro de rappeler : « Ceux qui ont assisté au procès se souviennent de la question du juge Van Ruymbeke : « Mais où était donc Colonna ? ». Et Maître Sollacaro de conclure : « Dans un dossier similaire de droit commun, Colonna serait déjà dehors. Il n’y a pas d’élément matériel et plus de mise en cause. Mais, nous ne sommes pas devant une juridiction indépendante. Se repose le problème d’un procès équitable, l’État agissant à travers la famille Érignac ».

    Marie-Ange Contart raconte comment, le 6 février 1998, elle a échangé un regard avec l’homme qui était en train d’achever le préfet Érignac. Le récit de cette très belle brune aux cheveux courts et au port de tête altier, croupière au casino d’Ajaccio, du fait de sa singulière puissance évocatrice, ressemble à une séquence de film au ralenti.

    La voici assise à côté de sa mère, laquelle conduit la voiture qui s’engage rue Colonel-Colonna-d’Ornano, venant du cours Napoléon. On entend des détonations, on pense à des pétards tirés par de jeunes sots. Tout de suite, Mlle Contart remarque un homme brun. L’auto le dépasse et se trouve à présent au niveau d’un restaurant. Claude Érignac gît sur le trottoir, mais son corps est invisible depuis l’habitacle. Marie-Ange Contart voit un second individu tirer en direction du sol et manipuler son arme, elle trouve cela insolite.

    Tandis que la voiture continue sa lente progression, la passagère accroche le regard de l’assassin. Elle le décrira ainsi : la trentaine, 1,70 m environ, blond cendré, la raie au milieu, une barbe naissante de la couleur des cheveux, qui lui paraissent naturels, un visage fin, de petits yeux enfoncés, un regard perçant, une bouche fine et étirée, des plis entre le nez et la commissure des lèvres. La mère et la fille s’éloignent. Quelques minutes plus tard, en regardant la télévision, elles comprendront qu’elles viennent d’assister à un crime.

    Ce témoin n’a pas varié depuis 1998. Quand, en 2003, Yvan Colonna est arrêté, on lui demande si elle reconnaît en lui le tueur de la rue Colonel-Colonna-d’Ornano. « Non », affirme-t-elle sans hésiter. « J’ai eu de gros soucis à partir de ce moment, explique-t-elle. Les policiers sont devenus agressifs, mon appartement a été visité, j’ai été suivie, mise sur écoute… » Paranoïa ? Quoi qu’il en soit, la jeune femme, entendue auparavant à de multiples reprises, refuse désormais de collaborer pleinement. Elle s’en tient au principal : l’homme qu’elle a dévisagé le 6 février 1998 n’est pas le berger de Cargèse.

    Pas un seul des témoins oculaires ne l’a reconnu, d’ailleurs comme le tueur du préfet.

    Et pourtant, la justice française n’a nullement l’intention de revoir un jugement entaché d’une telle injustice !

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  • On ignore si Colonna est innocent mais il est certain que ceux qui l’ont poursuivi et jugé sont coupables devant le justice des hommes faute de l’être devant la loi.

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    • bonjour ,
      en ces temps de guerre et d’occupation de la France , les masques de nos Politiques sont tombés , d’abord les aveux de M Hollande François sur les crimes secret d’état

      , puis le comportement plus que houleux de M. Sarkozy , l’obsession de la chasse a l’Homme , M. Colonnna , M. Kadhafi sa s’appel un trouble de l’obsession de la chasse a l a l’Homme !!!!!!

      la moralité , l’intégrité de nos Politiciens est plus que remise en cause de nos jours , personne ne peut me contre dire , nous ne pouvons laisser en Homme en prisons si l ’affaire est un Secret d ’Etat ..............................................le doute doit profiter a l’accuser M. Yvan Colona....................................Un Prefet , l’Etat Sarkozy le trouble est plus que présent

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  • Neuf personnes avaient déjà été victimes des procédures policières et judiciaires, ayant été mises en examen pendant 18 ans pour rien dans l’enquête sur l’assassinat du préfet Claude Erignac. Neuf personnes, innocentées 18 ans après leur mise en examen dans un volet secondaire de l’enquête sur l’assassinat du préfet de Corse, ont obtenu lundi à Paris la condamnation de l’État pour "faute lourde" et le versement à chacune de 100.000 euros de dommages et intérêts. Mais pour Colonna, pas de justice, pas de nouveau procès, pas de changement de statut, pas de possibilité d’être innocentée. C’est la perpétuité ! Pourtant il y avait atteinte à la présomption d’innocence : Nicolas Sarkozy en 2003 l’avait désigné comme « l’assassin du préfet Erignac » ! Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur, avait évoqué « l’acte odieux d’Yvan Colonna », le 16 août 1999, dans les colonnes du Monde. Deuxième atteinte à la présomption d’innocence ! Il restait l’assignation en 2007 de Nicolas Sarkozy devant le juge des référés et celui du fond sur le fondement de l’article 9-1 du code civil. A l’époque, les juges avaient sursis à statuer jusqu’à ce que le Président quitte ses fonctions. La procédure est ensuite restée lettre morte. Et Colonna reste ainsi au fond du puits, sans que son statut de prisonnier d’exception soit rééxaminé !

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  • Une chose est sûre, ce procès ubuesque restera dans les annales judiciaires comme une véritable parodie de justice, étant donné le « dossier » au vide sidéral établi contre Colonna et la conduite aberrante de la procédure elle-même. Mais il est vrai que l’on a l’habitude des traitements spéciaux concernant la Corse, tout particulièrement depuis l’assassinat d’Erignac…

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  • Rappelons notamment :

    • le refus pendant un an de confronter Colonna aux personnes qui l’avaient désigné comme le meurtrier d’Erignac – avant de se rétracter toutes dès 2000 ; le refus pendant deux ans de le présenter aux témoins oculaires (dont Joseph Colombani, alors directeur de cabinet du président de l’exécutif corse et ami du préfet) ayant vu le visage du tireur – des témoins qui ne le reconnaîtront pas ;

    • la décision de garder à vue les compagnes des inculpés dans l’« affaire Erignac », en exerçant diverses pressions physiques et morales sur elles (comme la menace de confier leurs enfants à la DASS), afin de faire avouer ces militants mais aussi d’avoir des témoignages sur leurs liens avec Colonna (l’introduction par les policiers de son nom au cours des interrogatoires et la non-étanchéité de ces interrogatoires, avec la mise en circulation par les enquêteurs des procès-verbaux entre les diverses personnes emprisonnées, ont été établies) ;

    • la volonté d’en rester à un « commando Erignac » composé de sept personnes – les six condamnés de juillet 2003 plus le tireur Colonna. Cette volonté s’est traduite : par la non-prise en compte d’une empreinte relevée à la gendarmerie de Pietrosella (où avait été volée l’arme du crime lors d’un attentat le 6 septembre 1997) et qui indique la présence d’au moins un autre militant ; par le choix d’effectuer un « transport sur place » à Ajaccio sur les lieux du crime, et non une véritable reconstitution qui aurait aidé à établir l’importance numérique de ce commando ; par le rejet des aveux qu’a faits Pierre Alessandri (dès le 25 septembre 2004, dans une lettre au juge d’instruction) d’avoir tué Erignac, comme par le rejet des proclamations d’innocence qu’a toujours formulées Yvan Colonna (entre autres, dans une lettre ouverte du 19 décembre 2000) – tout cela pour s’en tenir absolument à la désignation première par Alessandri de Colonna comme tireur…

    • la totale absence de preuve matérielle, d’indice ou de témoignage établissant la culpabilité du militant corse (Roger Marion, ex-patron de la division nationale antiterroriste, DNAT, comme le juge Le Vert l’admettant eux-mêmes à la barre) ;

    • les mensonges des policiers concernant le déroulement de la garde à vue
    – en particulier du commandant Lebbos, ex-DNAT, qui était au centre de l’enquête policière autour de Colonna ;

    • les omissions diverses des juges « antiterroristes » portant sur des témoignages et des écoutes non transmises à la défense ;

    • la rétractation des personnes ayant d’abord donné Colonna comme meurtrier d’Erignac – ainsi Michèle Alessandri, l’épouse de Pierre, a-t-elle déclaré : « [Les policiers] voulaient absolument placer Yvan Colonna dans le PV. (…) Je suis allée dans le sens qu’ils voulaient entendre. Je n’avais qu’une envie, c’était de partir et de retrouver mes enfants » ;

    • le refus d’accepter l’aveu d’Alessandri, répété le 9 mars, d’avoir tué Erignac ; ainsi que sa déclaration et celles de Ferrandi et Maranelli selon lesquelles Colonna ne faisait pas partie de leur groupe et n’avait pas participé aux attentats de Pietrosella et d’Ajaccio.

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  • Comment répondre à cet article ? Le dégoût, la honte, la révolte primant, mon analyse est rendue difficile et peu sûre car contrariée par ces sentiments...
    Ghjustizia pa Yvan !!!

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  • En choisissant d’insulter les dirigeants corses Talamoni et Simeoni, Macron choisit de radicaliser ce que les dirigeants autonomistes n’avaient pas choisi de radicaliser : le face à face entre Etat français et Corse ! Ce choix s’est marqué par la décision de considérer les autonomistes corses purement et simplement comme "les assassins du préfet Erignac". La décision d’instrumentaliser à nouveau cet assassinat et la déclaration de Macron selon laquelle il n’y aura pas de pitié pour les assassins est un acte de guerre sciemment choisi. L’exemple catalan marque ! Il a permis aux classes dirigeantes espagnoles de radicaliser la répression et la casse de la démocratie au nom de la défense de la nation. Macron espère en faire autant sur le dos du peuple corse.

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  • A la sortie du Palais Fesch à Ajaccio, Stéphania Colonna, sa femme, sort de la foule et s’avance vers Emmanuel Macron : « Mon fils n’a pas vu son père depuis un an et demi. S’il vous plait, faites quelque chose. Ce n’est pas un animal, c’est un être humain », lui dit-elle, des sanglots dans la voix, en lui pressant la main. Macron a répondu en refusant tout rapprochement du détenu Colonna. Et ne parlons pas de reconsidérer le procès à charge, le procès fabriqué, le procès pour l’exemple...

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  • Aux infos hier soir, on a pu entrevoir la femme d’Yvan Colonna voulant interpeller Macron... si elle déclare que son mari est innocent par conséquent il ne s’agit pas d’amnistie, rétorquant à Macron ! Alors que veut-elle ? Serait-il insupportable pour le pouvoir qu’une plainte soit déposée contre l’Etat en vue d’une révision du procès et d’une réhabilitation du berger de Cargese ?
    Force est de constater, de nombreuses affaires en France sous couvert d’assassinats sont le creuset d’une grande manipulation d’un Etat profondément corrompu mettant tous ses moyens de propagandes, de police politique, d’intimidations, de "fakes news"pour couvrir des crimes en bandes organisés aux services de mafias.
    Je ne prétends pas avoir tout compris, mais quand on a été trompé par cet "Etat" à plusieurs reprises,la confiance est au niveau zéro,c’est fini ! Quand je dis trompé, c’est retourner un préjudice contre des victimes qui veulent se défendre : en somme, une inversion des données validées frauduleusement par des représentants officiels.
    A l’instar de épisode Colonna, de nombreuses affaires ne sont pas closes, ni réglées, la revanche, la rancune et même la vengeance peuvent naître : c’est le salaire de l’injustice ! Cette donnée est en prendre en compte !

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  • Contru à Yvan Colonna, ùn ci hè nisuna prova materiale. Nisuna stampa digitale, nisuna chjama telefonica chì u puderebbe assucià à l’assassiniu. E dichjarazione di l’altri accusati, strappate di notte tempu da i pulizzeri di a DNAT ùn bastanu à accertà a culpabilità d’Yvan Colonna, moltu più quandu omu sà chì certi PV sò stati falsificati, chì certi testimonii ùn sò micca stati intesi è chì d’altri assicuranu ch’ellu ùn era ellu à sparà nant’à u prefettu. Di regula, secondu u dirittu, tocca à l’accusazione di dimustrà a culpabilità di l’accusatu. Invece in stu prucessu, hè u cuntrariu. Ancu a dichjarazione di a moglia di Claude Erignac :" Yvan Colonna doit avouer", palesa a mancanza di prove di l’accusazione.

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  • Macron aux dirigeants corses : pas de statut fiscal, pas de langue corse officielle, pas de rapprochement des prisonniers, et encore moins d’amnistie.

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  • Nicolas Sarkozy : « Je serai un homme d’Etat quand j’aurai permis la capture d’Yvan Colonna. » et il organise le fameux GRB = Groupe de Recherche du Berger !!! Ce n’est pas un groupe de recherche de la vérité sur l’assassinat d’Erignac !!!"

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  • C’est le pouvoir d’Etat français qui crée un état d’exception en Corse.

    A preuve : Macron refuse de parler à l’assemblée corse !!!

    Il devrait pourtant être satisfait : il n’y a pas de gilets jaunes en Corse !!!!

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  • Depuis 15 ans qu’il est incarcéré pour l’assassinat du préfet Erignac, Yvan Colonna est soumis au régime de détenu particulièrement signalé (DPS). Le statut de DPS est particulièrement contraignant.

    Il restreint les libertés du détenu en limitant activités et déplacements, mais il l’empêche aussi d’envisager tout transfert vers la prison de Borgo, ce que souhaite Yvan Colonna.

    Or, un DPS ne peut être incarcéré qu’en maison centrale, réservée aux détenus condamnés à de longues peines. Borgo, elle, est classée comme centre pénitentiaire.

    Le tribunal administratif de Toulon avait ainsi un temps annulé le maintien d’Yvan Colonna au registre des détenus DPS, avant d’être déjugé par la cour d’appel marseillaise.

    Décidément,la législation et la justice d’exception ont toujours cours contre le détenu Colonna qui ne demande pourtant pas de sortir avec un bracelet comme Cahuzac !!!

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