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Edito – Tout doit changer pour que tout reste pareil

samedi 23 août 2014, par Robert Paris

Edito – Tout doit changer pour que tout reste pareil

« Tout doit changer pour que tout reste pareil », écrivait déjà au siècle dernier l’Italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans son roman Le Guépard. Quand les masses en ont assez de l’exploitation et de l’oppression, du chômage et de la misère, de la dictature des classes dirigeantes, on change le chef de l’Etat et les classes dirigeantes pour que rien ne change ! On change Bush pour Obama, Sarkozy pour Hollande et ensuite Obama pour qui, Hollande pour qui, Berlusconi pour qui ? Pour ne rien changer en tout cas. « Le changement, c’est maintenant » ne concerne que le changement des équipes de politiciens, pas le changement du système social, pas le changement de l’ordre établi.

Votez et vous verrez… que cela ne changera rien : vous aurez le droit de les changer tous à condition de ne rien changer à l’ordre social et donc au résultat…

On le voit bien aux USA. La reprise de la guerre d’Irak par Obama, son soutien à la guerre d’Israël par les Palestiniens et la montée de l’affrontement entre les USA et la Russie montrent que le va-t-en guerre Bush n’a fait la place qu’au va-t-en guerre Obama. L’assassinat de Ferguson et le soutien d’Obama à la police de Ferguson a montré également à tous ceux qui croyaient que l’élection d’Obama représentaient a moins une avancée pour les Noirs. Mais elle ne représente ni une avancée pour l’état social des USA (plus de pauvres que jamais et moins d’aides sociales) ni une avancée pour la paix du monde : plus de guerres que jamais dans lesquelles sont impliqués les USA. L’aide massive qu’Obama a donné aux trusts et aux banques, dès le début de son mandat, a montré là aussi que rien d’essentiel ne différait avec Bush, celui qui avait lancé le premier plan d’aide aux banques et aux trusts. Et pourtant, le monde n’avait pas tari de commentaires sur l’élection d’Obama, prétendant que l’Amérique avait changé par cette élection… Obama a été amené à reconnaître que l’Amérique avait arrêté des gens de par le monde sans jugement, sans mandat pour le faire, sans justice pour le justifier, les avait torturé et ne pouvait prétendre que ces personnes étaient véritablement terroristes ou même criminels. L’Amérique d’Obama a dû reconnaître qu’elle espionnait le monde, qu’elle opprimait le monde mais cela n’a rien changé : l’Amérique d’Obama continuera sur la même voie. Obama s’en est excusé mais il l’a justifié.

Selon les témoins, Michael Brown avait les mains en l’air et suppliait qu’on le laisse en vie lorsqu’il a été achevé de "plusieurs balles". Alors que le jeune noir de Ferguson était désarmé et nullement agressif lorsqu’il a été pourchassé et criblé de six balles, Obama a non seulement soutenu les forces de l’ordre de Ferguson mais dénoncé ceux « qui se promènent avec des armes et menacent la police, ecu qui utilisent cette mort tragique comme prétexte de comportements criminels ». La mort de Trayvon Martin, en février 2012, et la remise en liberté rapide de Zimmerman, son assassin, qui n’avait pas été inculpé dans un premier temps, avaient provoqué une vaste polémique et de nombreuses manifestations aux Etats-Unis. Mais cela n’avait nullement amené Obama à intervenir ni même à prendre parti. Il a refusé de se rendre lui-même à Ferguson ! Alors que tout le pays a les yeux fixés sur ce qui se passe à Ferguson, la Maison Blanche s’est contentée d’une déclaration selon laquelle Obama est tenu au courant régulièrement de la situation dans cette ville et tient au retour au calme. Point à la ligne… Les noirs américains n’ont pas de justice à attendre des institutions américaines. Pas plus avec Obama président qu’avant. Quand on pense que certains ont cru que l’élection d’Obama montrait que les USA étaient très loin de l’époque de l’esclavage ! Les USA sont une véritable prison pour les noirs. Les statistiques sont particulièrement frappantes parmi les minorités : alors qu’un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c’est un Hispanique sur 36 et un Afro-Américain sur 15 qui sont en prison. Dans la tranche d’âge de 20 à 34 ans, c’est un jeune Noir sur neuf qui est derrière les barreaux. Aux Etats-Unis, le taux de chômage des Afro-américains (12,6% en juillet) y est quasiment deux fois supérieur à celui de la population globale (7,4%). Le fossé, loin de se combler, s’accroît. En janvier 1972, qui correspond aux archives les plus anciennes sur la question, 5,8% de la population active était sans emploi, une proportion qui bondissait alors à 11,2% pour les travailleurs noirs. Conséquence : ils forment le bataillon le plus imposant des Américains vivant sous le seuil de pauvreté (27,6%) alors qu’ils ne représentent que 13% de la population. Mais les noirs ne sont pas les seules victimes de la société américaine en crise. « Le fossé ne cesse de se creuser entre les riches et les pauvres », constatait le journal The Observer. Selon de toutes récentes statistiques fédérales, aux Etats-Unis 46 millions de personnes (sur une population de 311 millions) vivent dans la pauvreté, qui atteint ainsi un niveau jamais égalé. L’utilisation des bons alimentaires évoqués dans l’article a augmenté de 75 % ces quatre dernières années et concerne à présent 15 % de la population. Dans le même temps, précise The Observer, la concentration de la richesse entre un petit nombre de mains s’accroît. Les 20 % les plus riches des Etats-Unis contrôlent 84 % des richesses du pays. Un quart des New-Yorkais appartenaient à la classe moyenne en 1970. En 2008, la proportion était tombée à 16 %.

Loin de changer cela, la présidence d’Obama a été une période où l’écart entre riches et pauvres s’est accru, où les aides publiques aux plus démunis se sont effondrées pendant que les aides publiques aux trusts et aux banques se sont accrues massivement.

Les USA ne sont pas un cas à part ni Obama un politicien plus menteur que les autres, plus lié aux classes dirigeantes que les autres. Ne viennent au pouvoir bourgeois que des politiciens liés pieds et poings aux classes dirigeantes capitalistes et prêts à assumer sur leur personne la responsabilité des crimes politiques et sociaux de ces classes dirigeantes.

Après la crise de 2007-2008, les classes dirigeantes étaient prêtes à toutes les promesses et notamment à celle affirmant qu’ils allaient réformer le système financier, réformer le système bancaire, réformer le système spéculatif, et même réformer l’ensemble du système capitaliste. La réalité, c’est que toutes ces arnaques se sont considérablement aggravées, ponctionannt d’autant les fonds publics mondiaux… Et cela quelle que soit la couleur politique des équipes gouvernantes, qu’elles soient de droite, de gauche ou d’extrême droite !

« Le changement, c’est maintenant » d’Hollande s’est transformé en le « Pas question de changer de politique » de Valls-Hollande ! Et il faudrait plutôt dire : pas question de changer de classe sociale, pas question de cesser de se tenir aux côtés de la classe capitaliste, des banquiers, des trusts !

Bien des gens sont passés de la haine de Sarkozy à la haine de Hollande et du « tout mais pas Sarkozy » à « tout mais pas Hollande ». Cela signifie qu’ils restent dans le piège politicien de la république bourgeoise : votez, démettez l’équipe précédente, mais ne changez rien à la société !

Quand les travailleurs se battent, ils sont poussés par leurs soi-disant leaders à demander aux équipes gouvernantes de les entendre, comme il était possible qu’un gouvernement bourgeois soit impartial et écoute autant les travailleurs que les capitalistes. Ce sont les réformistes qui ont piégé la classe ouvrière en la poussant à réclamer des « bonnes réformes » au moment même où les réformes ne sont que le paquet d’emballage des attaques anti-sociales.

Tous les dirigeants réformistes nous servent leurs « solutions » pour les politiques patronales et gouvernementales comme si nous, travailleurs, devions avoir des solutions pour les capitalistes et pour la société capitaliste. Mais nous n’avons pas besoin de solutions pour les capitalistes et nos solutions, nous allons devoir les trouver nous-mêmes sans que ceux qui se disent nos avocats, syndicaux ou politiques, nous les dictent.

Les centrales syndicales et les partis réformistes ne tireront jamais de leçon de l’échec de leur politique réformiste, consistant à demander sans cesse à l’Etat bourgeois de sauver les travailleurs et les miliuex populaires. Jamais ils ne cesseront de faire croire qu’un beau jour on aura un bon gouvernement qui nous entendra, qui nous sauvera…

Travailleurs, nos solutions face à l’effondrement capitaliste, nous devons les discuter entre nous dans des comités et des conseils de salariés, que nous devrons fonder au cours crise, dans les entreprises et les quartiers.

Travailleurs, sauvons nous nous-mêmes, disait déjà Karl Marx, et il rajoutait que le seul Etat qui serait à nos côtés serait celui où nous dicterions notre loi à la classe capitaliste, comme l’avait fait la Commune de Paris en 1871 !

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