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Bulletin La Voix des Travailleurs de Renault CTR (Rueil)

samedi 10 mai 2014, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


100.000€ pour une vie, c’est pas cher payé !

Eric Pouzet, salarié du CTR décédé en 2005 à 45 ans d’un cancer broncho-pulmonaire avait déjà été reconnu par la Sécurité sociale en maladie professionnelle liée à l’amiante. Grâce à certains de ses camarades qui avaient porté témoignage malgré les pressions du patron. Son décès vient d’être reconnu par la justice en faute inexcusable de Renault et sa famille qui portait plainte touchera 100.000€ grâce à l’action de l’ANDEVA. Et Renault s’en tire à bon compte car la justice bourgeoise a choisi une somme peu élevée du fait d’une maladie très rapidement mortelle (deux mois). Et aussi du fait que l’immense majorité des salariés ayant travaillé dans l’amiante ne l’ont jamais su, n’ont jamais bénéficié de scanner pour détecter d’éventuels cancers. Et ils ont eu double exposition (bâtiments comme le B9 ou Degrémont et pièces amiantées des moteurs) ! D’autres familles de salariés décédés vont porter plainte pour faute inexcusable contre Renault ! Oui, les salariés qui ont mené ce combat ont eu raison : on ne va pas au boulot pour y laisser sa vie pour un patron !

Ils signent, on déguste !

La direction s’est largement félicitée des premiers résultats financiers engrangés par le trust suite à l’accord signé par certains syndicats (CFDT, CFE-CGC, F0) afin d’ « améliorer la compétitivité du groupe Renault ». Cet accord prétendait en même temps défendre les emplois. Or, dans la période, Renault a continué à supprimer des milliers d’emplois… La DRH du groupe Renault, qui n’a pas voulu donner le montant de sommes ainsi récupérées sur le dos des salaries, a déclaré : "Ces gains de productivité nous mettent dans la bonne trajectoire pour atteindre les 500 millions d’euros d’économies prévus en 2016."

Non seulement les emplois Renault continuent de chuter mais c’était même un des objectifs de l’accord comme se félicite la direction : « Sur les 8260 départs prévus d’ici 2016, environ un tiers ont déjà eu lieu. » Les syndicats signataires affichent leur satisfaction sur la manière dont ces départs ont eu lieu sans même examiner le fait qu’ils cautionnent ainsi des diminutions massives d’emplois avec toutes les conséquences antisociales que cela entraîne.

Parallèlement, sur tous les sites, le temps de travail est remonté de 6,5%, sans compensation financière, ce qui correspond à la plus grosse diminution de salaire depuis des années...

Le patron n’embauche que des précaires

Même dans les usines où la production repart à la hausse, Renault se garde bien d’embaucher en fixe. Par exemple, à l’usine de Sandouville, qui se prépare à la nouvelle production de la Trafic, l’augmentation de la charge de travail va nécessiter l’embauche de 300 salariés, pour un site qui en comportait 1800. Eh bien, sur les 300 à 600 nouveaux emplois, c’est 100% d’emplois précaires : que des intérimaires et pas un emploi fixe !!! Cela signifie non seulement des emplois jetables mais des salaires rabaissés avec un tarif horaire de 9,50 euros et sans les primes et avantages Renault… Par exemple, ils ne toucheront pas la prime de performance trimestrielle alors que les pressions en vue de leur imposer plus de performances seront augmentées par rapport aux salariés Renault…

On pourrait se dire que Renault embauchera les salariés qui auront montré leurs capacités mais pas du tout ! Ces salariés ont déjà passé de véritables examens d’embauche comme des salariés en fixe et ont réussi ce concours. Par contre, leur contrat ne pourra pas dépasser les 18 mois. Les syndicats ont protesté sans pourtant s’opposer à ce plan antisocial, cédant une nouvelle fois au chantage patronal ! La CGT s’est même réjouie d’avoir imposé… que les précaires aient le droit de monter dans les bus Renault… Les syndicats qui sont encore plus cul et chemise avec la direction se félicitent que « Les intérimaires bénéficient au même titre que les salariés Renault des allocations été-hiver. »

L’arrivée à Guyancourt, la direction la prépare

Renault a tout prévu en cas de problème pour les salariés de Rueil débarquant massivement au Technocentre de Guyancourt : sa réponse est la multiplication sur le technocentre des « agences RH ». « Lorsqu’un sujet est mal compris, nous rectifions la pédagogie en interne. Exemple : l’arrivée prochaine de 1.200 collaborateurs de Rueil au Technocentre dans le cadre du rapprochement des ingénieries et ses interprétations fautives », affirme Philippe Brismontier, le DRH. « Renault vient de créer la fonction de « facilitateur » afin de dénouer le éventuels conflit entre salariés ou avec le manager. Rattachés au directeur de l’éthique, les deux experts ont vocation à chercher « des solutions amiables concertées et adaptées à chaque situation relationnelle difficile ».

Les salariés de Rueil auront le plaisir de savoir qu’ils sont accueillis comme « des sujets » ! Et comme autant de sujets de mécontentement ?!!!

Promesses mensongères

Dix-neuf ex-salariés de Renault-Flins poursuivent le patron suite au PRV de 2009 qui comprenait un congé de reclassement et du chômage avant un départ à la retraite. En raison de la réforme des retraites, la plupart se sont retrouvés en fin de droit. Qu’ils soient victimes de ses promesses mensongères, Renault s’en lave les mains !!!

Hollande-Valls, le gouvernement de quel combat ?

Il suffit de voter à droite ou à l’extrême droite pour avoir élu un gouvernement favorable aux patrons, soutien inconditionnel des banquiers, financiers et trusts et hostile aux travailleurs et aux milieux populaires et ne faisant appel aux milieux moyens que de manière démagogique. Mais suffit-il de voter à gauche pour avoir un Etat au service des travailleurs et des plus démunis ? Certainement pas ! Il suffit d’un Sarkozy pour avoir une attaque en règle contre les retraites, le code du travail et les services publics mais avec un Hollande, ce n’est pas mieux ! Il ne suffit même pas que les milieux populaires qui avaient voté Hollande lui donnent un avertissement électoral en refusant de voter à nouveau pour le parti socialiste pour que le gouvernement de gauche change de cap et cesse de soutenir exclusivement les patrons. Au contraire, avec le gouvernement Hollande-Valls, on a un des gouvernements les plus violemment hostiles aux milieux populaires concoctés depuis longtemps.

Valls lui-même, c’est déjà tout un poème. Avoir choisi Valls comme ministre de l’Intérieur, c’était déjà choisir celui qui déclarait s’attaquer aux « blacks et beurs » et favoriser « les blancs blancos » dans sa mairie d’Evry ! Cela a été le ministre qui n’a pas laissé de semaine sans faire campagne contre les Roms, les immigrés, les jeunes de banlieue, les Musulmans, qui n’a pas craint d’envoyer sa police contre les travailleurs menacés de licenciements… Le choisir comme premier ministre, c’est prendre celui qui s’était démarqué dans la primaire socialiste pour choisir le candidat président par une campagne en faveur des patrons. Valls défendait « le déverrouillage des 35 heures », « la création d’un ministère de l’Économie franco-allemand » ou encore « un allégement des coûts des entreprises ». Dans la course à l’investiture PS en 2011, Valls développait un programme économique donnant la priorité à la baisse des déficits au-dessous de 3 % dès 2013 et à celle de la dette publique, prônant l’inscription de la règle d’or budgétaire dans la Constitution, rejetée par son parti. Pour rétablir l’équilibre, il préconise ainsi la hausse des impôts, la remise en cause des 35 heures, et la modération des salaires. Il souhaite également l’instauration de la « TVA sociale », ou « TVA protection », visant essentiellement à augmenter la TVA sur nombre de produits de consommation dits de « non première nécessité » en échange d’un allègement des cotisations sociales portant sur les salaires). Il propose également un « Small Business Act » pour les PME.

Il plaide également pour l’allongement de la durée de cotisations pour fixer l’âge du départ en retraite et « l’alignement des régimes spéciaux [de retraite] sur le régime général. » En 2010, il s’est déclaré favorable au contrôle de la Commission européenne sur les budgets nationaux, jugeant cela « incontestablement » nécessaire.

Premier ministre, Manuel Valls se positionne d’emblée en défenseur des capitalistes : « Nous devons soutenir les entreprises… Nous allons mobiliser 10, peut être 20 milliards pour les entreprises… Il faut agir vite…. »

On nous bassine sans cesse dans les média sur la prétendue popularité de Valls, prouvée par les sondages d’opinion. Mais que signifient-ils sinon que ce personnage reçoit des suffrages de droite et d’extrême droite en plus de quelques (rares) suffrages de gauche… Sa popularité provient également d’une vaste campagne de presse soutenue par un puissant lobby de grands patrons milliardaires comme Dassault, Fouks, Pinault, Bompard, Bouygues, Bolloré, etc…

L’essentiel n’est nullement dans ces magouilles politiciennes mais dans la lutte des classes elle-même. Certes, les patrons la mènent actuellement, mais ils peuvent le faire parce qu’ils trouvent des syndicats pour signer des accords comme l’ANI, ou comme le pacte de responsabilité, des accords d’entreprise comme à Renault ou PSA, c’est-à-dire des accords dans lesquels les intérêts des salariés sont ouvertement bafoués sous le prétexte d’un chantage à l’emploi, accord organisés sous l’égide et avec la bénédiction du gouvernement de gauche.

Le gouvernement Hollande-Valls n’est pas davantage un gouvernement fort contre la classe ouvrière que les précédents même s’il se proclame fièrement un « gouvernement de combat ». Il suffirait que les travailleurs et les militants syndicalistes honnêtes cessent de se sentir liés à ce gouvernement parce qu’il se prétend de gauche et mènent la lutte, sans crainte d’en découdre avec lui, prenant en compte à quel point il est clair que c’est un gouvernement classique de la bourgeoisie française, avec un « président normal » de celle-ci, qu’il n’a aucune solidarité à avoir avec lui.

A l’heure actuelle, la plus grande force est encore et toujours la classe ouvrière, si elle décide qu’il y en a assez qu’on sauve les banques comme Dexia mais pas les hôpitaux qui lui ont fait des emprunts qui se sont révélés pourris, qu’on aide Renault et PSA mais pas les salariés.

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