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Hollande-Valls, une nouvelle étape de l’offensive du grand capital contre les travailleurs mais aussi contre la petite bourgeoisie

mardi 15 avril 2014, par Robert Paris

Hollande-Valls, une nouvelle étape de l’offensive du grand capital contre les travailleurs mais aussi contre la petite bourgeoisie

Valls, nouveau premier ministre, a développé dans son discours à l’assemblée nationale, en vue d’obtenir la confiance, un programme qui s’intègre parfaitement dans les buts actuels de la grande bourgeoisie. Au point que la droite elle-même ne peut pas dire autre chose que de souhaiter plein succès à Valls. Au point que Pierre Gattaz, dirigeant du syndicat du grand patronat MEDEF, se doit de déclarer : « Je salue ce discours ! »

« Diminuer le coût du travail, diminuer les dépenses d’Etat, diminuer les impôts et taxes patronales, développer la privatisation des services publics, augmenter les aides aux entreprises », voilà les principaux objectifs économiques du nouveau gouvernement et ce n’est pas pour déplaire aux capitalistes, banquiers, financiers et autre spéculateurs.

La thèse défendue par ce gouvernement, qui se dit encore de gauche parce que cela contribue à bien enfoncer la classe ouvrière et les milieux populaires, affirme que ce qui plomberait le redémarrage économique et la baisse du chômage serait… le coût excessif du travail. C’est non seulement une manière d’opposer actifs et chômeurs, salariés en fixe et salariés précaires ou sans emploi, mais aussi une manière de désigner du doigt dans les difficultés économiques actuelles un responsable : la classe ouvrière !!!

Mais ce serait une erreur de n’y voir qu’une simple attaque économique contre la classe ouvrière visant à soutenir économiquement la classe capitaliste. C’est bien plus que cela : une offensive politique visant à rendre la petite bourgeoisie (qui va en grande partie faire les frais de cette politique) hostile aux travailleurs.

Le fait que ce soit la gauche, censée être plus proche des travailleurs sous prétexte qu’elle est proche des syndicats, qui gouverne et qui se charge de ponctionner les revenus de la petite bourgeoisie, des épargnants pour remplir les caisses de l’Etat et mieux distribuer ces fonds aux plus grandes entreprises, permet que la petite bourgeoisie soit remontée contre la classe ouvrière, d’autant que ce gouvernement de gauche se charge de faire croire qu’une partie de l’argent irait aux plus démunis des salariés.

En effet, le gouvernement Hollande-Valls annonce en même temps une défiscalisation des plus bas revenus et des profits des grandes entreprises, en ne défiscalisant nullement les petites entreprises, ce que les petits patrons ont parfaitement remarqué.

De plus, l’objectif affiché est la défense des emplois des salariés, de leurs salaires, de leurs entreprises, aussi bien lorsque l’Etat diminue les charges des entreprises que lorsqu’il diminue les impôts des salariés les plus pauvres.

C’est ainsi que quelques miettes distribuées aux salariés (5 milliards officiellement) servent à distribuer 50 milliards aux capitalistes et à remonter la petite bourgeoisie contre la classe ouvrière.

Le gouvernement peut compter sur les partis de gauche, de la gauche de la gauche et des syndicats pour ne pas démasquer cette opération car ces derniers affichent une hostilité violente aux revendications de la petite bourgeoisie, et tout particulièrement depuis la mobilisation des « bonnets rouges ».

Ces organisations veulent même faire croire que le rôle de l’Etat serait justement de faire cela : d’aider les travailleurs aux dépens des petits patrons ! Quelle meilleure propagande que la leur pour rejeter la petite bourgeoisie dans les bras de la haine fasciste ?

Enflammer la petite bourgeoisie contre la classe ouvrière est un des buts essentiels des classes dirigeantes à l’étape actuelle et quiconque prend la tête du gouvernement de la bourgeoisie doit s’en montrer capable, qu’il soit de droite, de gauche ou d’extrême droite. La gauche est de loin la plus efficace pour faire cela puisque lui est attribuée une plus grande distance vis-à-vis des capitalistes et une plus grande proximité vis-à-vis des travailleurs.

Il s’agit donc de faire croire que c’est la défense des emplois, des salaires et des services publics qui est en train de ponctionner les revenus de la petite bourgeoisie et de mener à des fermetures et des faillites de petites entreprises. Cela ne peut qu’enrager petits commerçants, petits artisans, petits épargnants et petits entrepreneurs contre la classe ouvrière et la gauche et faire monter les sentiments fascistes au sein des classes moyennes.

En même temps, cela protège le grand capital de la colère de ces milieux moyens menacés ou attaqués. Pourtant c’est bel et bien le grand capital qui est en crise. C’est lui qui est à la base de la crise de 2007. C’est lui qui siphonne tous les fonds publics. C’est encore lui qui cause le recul économique, qui se désinvestit de la production, qui licencie massivement, qui spécule contre l’économie, qui impose la casse des services publics, etc, etc…

En volant les capitaux de la petite bourgeoisie, l’Etat et les classes dirigeantes visent à faire durer le plus possible la situation, celle d’un système au bord du gouffre. Il ne peut suffire de diminuer le niveau de vie de la classe ouvrière car celle-ci, même ruinée, ne fournirait même pas de quoi faire durer bien longtemps un système qui ne fait mine de tourner qu’en déversant sans cesse des centaines de milliards.

Le seul danger social de la situation actuelle pour les classes dirigeantes serait justement que la classe ouvrière parvienne à entraîner une fraction de la petite bourgeoisie contre le grand capital ou, au moins, parvienne à neutraliser son hostilité car alors ce serait le grand capital qui serait politiquement isolé, sans base sociale, sans grand soutien politique et le fondement même de son pouvoir social serait menacé. Si la classe ouvrière s’adressait à la petite bourgeoisie pour lui proposer un combat commun contre la finance, la banque, l’assurance, la spéculation, la bourse et les trusts, cela suffirait à déstabiliser le pouvoir bourgeois, à menacer le grand capital et à le contraindre à reculer momentanément. Ce type de situation s’est présenté au moment des grèves ouvrières de 1936 et c’est le gouvernement dit « de front populaire » qui s’est chargé alors de casser cette situation menaçante pour les classes dirigeantes.

La bourgeoisie a exactement le même programme partout dans le monde et il n’est pas spécialement dicté par Hollande-Valls mais il y a des situations économiques, sociales et politiques différentes selon les pays. L’offensive contre le prolétariat est plus ou moins avancée suivant les cas. Le type de gouvernement choisi, suivant les alternances qui se sont produites, permet plus ou moins d’isoler les travailleurs et de les désigner du doigt.

L’un des éléments de la situation, c’est la possibilité pour les gouvernants d’exercer un chantage sur les classes laborieuses, de se faire passer pour leurs défenseurs tout en les frappant en fait de plus en plus.

Les gouvernements tiennent à la classe ouvrière le langage suivant : nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver vos entreprises, en particulier les grandes entreprises, mais vous devez de votre côté faire des efforts pour nous y aider. Cela suppose de renoncer à des avantages acquis. Cela nécessite de ne pas nous gêner dans nos efforts, et en particulier de ne pas vous mobiliser que ce soit contre le patronat ou contre le gouvernement. Cela suppose de vous préoccuper seulement de votre entreprise puisque c’est entreprise par entreprise qu’une action du gouvernement pourra être menée. Cela suppose que les organisations syndicales participent à la manœuvre et négocient des reculs. En échange, les Etats pourront débloquer des milliards pour « aider l’entreprise », au nom de l’aide à l’emploi, de l’aide aux salariés et alors une partie des emplois pourra, peut-être, être sauvée.

Mais le chantage d’Etat va bien au-delà : non seulement il consiste à dire que vous, salariés, devez demander que nous déversions des milliards de l’argent des impôts pour « sauver » les entreprises, sauver le grand capital, sauver les banques, sauver les bourses, sauver même les spéculateurs, etc…

Il consiste à dire au monde du travail : vous devez vous-mêmes proposer des sacrifices que vous êtes prêts à faire pour préserver la rentabilité des entreprises. Vous devez renoncer à une partie des services publics pour que l’Etat puisse utiliser les moyens économiser afin d’ « aider l’économie et l’emploi ». C’est pour votre bien, disent les gouvernants, si nous cassons le code du travail, si nous cassons les contrats CDI, si nous cassons les services publics, la sécu, la santé, les salaires fixes, les conditions du travail, etc…

Le chantage est social et politique : vous devez nous soutenir si vous voulez que nous sauvions la société, que nous sauvions vos emplois, vos salaires, vos logements, vos vies de famille, la sécurité de vos existences, etc…

Et la réalité, c’est que les gouvernants sont en train de détruire justement les emplois, les logements, la sécurité de nos existences…

Mais plus encore, leur but est de détruire la capacité sociale, politique et même morale de la classe ouvrière, afin de se protéger des risques révolutionnaires potentiels du prolétariat.

Contrairement à ce que proclament ces gouvernements, cela signifie inévitablement d’aller vers le fascisme, chaque sacrifice accepté par les travailleurs n’étant qu’une étape vers la destruction de tout droit des travailleurs, et chaque recul accepté par les syndicats menant inéluctablement vers le moment où la bourgeoisie choisira de se passer complètement de toute démocratie sociale et notamment de tout droit syndical.

Chaque accord de reculs sociaux signé par les syndicats ne fait qu’ouvrir la voie à un nouveau recul négocié et préparer une situation où il n’y aura même plus besoin de signatures syndicales et même plus besoin de syndicats car le moral des travailleurs et leur confiance auront suffisamment été entamés par leur politique que les classes dirigeantes pourront se passer d’eux. L’oiseau syndical aura coupé lui-même la branche sur laquelle il se tenait !

La politique des gouvernants de gauche prépare la place au fascisme sur tous les plans : elle diffuse son idéologie (le nationalisme exacerbé), elle ligote la classe ouvrière, fait mine d’une complicité avec les organisations ouvrières ; elle forme les futures troupes du fascisme (petits entrepreneurs, étudiants, petits commerçants, chômeurs, petits paysans, petits commerçants, etc…) ; elle les remonte contre le prolétariat, démontre que celui-ci n’a pas à être respecté puisque ses organisations sont si veules et si faibles ; elle ponctionne les revenus des petits bourgeois en prétendant s’en être servi pour aider les travailleurs ; elle discrédite la gauche et les syndicats, ce qui discrédite aussi la classe ouvrière, en montrant que cette gauche et ces syndicats se débinent à chaque affrontement, s’inclinent devant les intérêts du grand capital.

Dans la situation d’effondrement du capitalisme, quiconque cherche comment défendre une perspective face au capitalisme déliquescent doit raisonner en termes de classe en ayant en vue trois classes fondamentales : prolétariat, bourgeoisie et classe moyenne. Bien sûr, sociologiquement, on peut très bien prouver que ces divisions-là ne suffisent pas. Mais, en termes de perspectives sociales et politiques, c’est ce schéma des trois classes qui permet de raisonner valablement.

Bien entendu, les réformistes ne veulent absolument raisonner ainsi, ni les gauchistes, ni les opportunistes.

Certains courants parlent de « peuple », de « milieux populaires », de démocratie. D’autres semblent, au contraire, tout à fait lutte de classe mais il refusent de se préoccuper de la petite bourgeoisie qu’ils estiment définitivement et inévitablement ennemis du prolétariat et du communisme. Ils n’ont bien sûr pas tout à fait tort : si la question était juste de demander aux petits bourgeois s’ils aiment mieux le capitalisme ou le communisme, l’affaire serait d’avance perdue. Elle ne serait même pas gagnée au sein du prolétariat des pays riches et impérialistes, et même pas des autres !

La question de la révolution prolétarienne ne se pose pas en tout temps, en toutes situations mais seulement dans celles où la classe dirigeante est dans l’impasse, généralement à la fois sur le terrain économique, politique et social. Et c’est aussi seulement dans ces situations que la bourgeoisie est amenée à choisir la contre-révolution, même si celle-ci se paie du fascisme, de la dictature, de la guerre, de la violence sous toutes ses formes…

Les commentateurs, qui prétendent inimaginable que le prolétariat revienne révolutionnaire et communiste, prétendent également inimaginable que les bourgeoisies occidentales redeviennent fascistes ou prônent la guerre mondiale. Or, toute l’actualité prouve que tout cela est en train de redevenir d’actualité en même temps…

Malgré l’aveuglement de ces commentateurs, dont les dirigeants politiques et syndicaux, il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se produira quand l’immense montage financier mondial à la Madoff, fondé sur les banques centrales et les Etats, s’effondrera, ayant atteint ses limites de diffusion d’argent public sur les marchés financiers.

L’affolement actuel de la petite bourgeoisie et des milieux populaires provient du fait que ces derniers commencent à imaginer que le système s’est heurté à un mur et que les sauvetages prétendus ne sont que de la poudre aux yeux. Le fait même que l’extrême droite commence à nouveau à se cacher démagogiquement derrière des drapeaux anti-capitalistes, anti-financiers, anti-banquiers, anti-capitalistes étrangers le montre aussi pleinement. Cela démontre même le fait que la grande bourgeoisie a besoin de trouver des faux anti-capitalismes pour détourner le mécontentement des milieux moyens et populaires. Ce n’est donc pas seulement un mécontentement qui monte mais une haine du grand capital et de l’Etat à son service, et seule la classe ouvrière peut offrir une perspective à tels sentiments.

Affirmer, dans ces conditions, que la petite bourgeoisie restera fatalement hostile au prolétariat et à la perspective communiste, affirmer aussi que le prolétariat a seulement à se préoccuper de développer ses propres revendications économiques et sociales, de manière ouvriériste et apolitique, affirmer enfin que les petits patrons sont des ennemis au même titre que les grands, c’est emprisonner le prolétariat dans une perspective économiste alors que le problème est politique.

La question qui se pose à la classe ouvrière, c’est celle du pouvoir et pas seulement des revendications économiques. La question du pouvoir prolétarien est celle d’un programme non de revendication mais d’action en vue d’un nouveau type de société et d’Etat. Il ne s’agit pas d’obtenir des avancées du pouvoir bourgeois. Ce dernier peut moins que jamais en donner. Et le soutien dont le prolétariat aura besoin est celui de la plus large fraction possible des milieux moyens à son action au pouvoir…

Et c’est d’autant plus important que bien des milieux salariés sont en fait liés à la petite bourgeoisie par mille liens, parce qu’ils travaillent pour des petits patrons, parce qu’ils appartiennent à des familles de petits patrons. Les milieux moyens pèsent sur l’opinion publique bien plus que leur poids économique. Une partie de la jeunesse, comme les étudiants, sont marqués par leur influence.

Le soutien (ou la sympathie) d’une fraction de la petite bourgeoisie au prolétariat et à ses perspectives sociales et politiques est indispensable mais elle n’est nullement synonyme d’opportunisme, de modérantisme, d’accomodation, du « mettre de l’eau dans son vin », de la non-violence, etc…

L’alliance de la petite bourgeoisie et du prolétariat, autrefois appelée « la faucille et le marteau » quand l’essentiel de la petite bourgeoisie était paysanne, n’est nullement une nouveauté. Elle a toujours été un facteur déterminant de la révolution prolétarienne. Déjà en 1848, le prolétariat a été défait parce qu’il n’a pas su prendre la tête de la petite bourgeoisie radicale et s’est retrouvé seul dans les journées de juin 1848. Inversement, le succès, dans un premier temps, de la Commune de Paris ou de la Révolution d’Octobre provient du l’union de la petite bourgeoisie laborieuse et du prolétariat révolutionnaire.

Le réformisme prétend tenir compte de la nécessité de ce soutien des milieux moyens et prend prétexte de cette nécessité pour soutenir le pouvoir du grand capital. Or, c’est le grand capital, ses banques et ses trust, son Etat, qui casse la petite bourgeoisie, qui lui vole ses économies, qui ruine ses petites entreprises, qui dresse son Etat à réquisitionner ses biens, à la jeter à la rue, à lui reprendre ses propriétés, à la mettre en faillite. Les petits paysans ont été ruinés en masse par le grand capital, pas par le prolétariat.

Entraîner du côté du prolétariat ces milieux moyens, ce n’est pas faire des compromis avec le capitalisme, c’est au contraire défendre une rupture avec le monde capitaliste. Ce n’est pas prôner une « meilleure répartition des richesses » comme le préconisent les réformistes mais retirer au grand capital sa propriété privée des moyens de production et des capitaux, son droit à ruiner tous ceux qui vivent de leur travail, prolétaires comme petits entrepreneurs. Il faut remettre en question aussi la mainmise du grand capital sur l’appareil d’Etat en détruisant ce dernier.

Le programme du prolétariat, pour devenir le drapeau du changement social radical lui permettant de prendre la tête de toutes les couches sociales révoltées, dont la jeunesse, les chômeurs, les femmes et les petits bourgeois, doit être celui d’une attaque radicale contre le grand capital, contre toutes les normes sociales de celui-ci.

Si le prolétariat fait la loi, il est devient interdit de sauver les banquiers, les gros actionnaires des trusts, des bourses, des assurances, des trusts alors qu’on laisse les petits entrepreneurs faire faillite, qu’on laisse jeter à la rue les salariés, qu’on rejette des chômeurs des droits sociaux.

S’adresser au petit bourgeois vivant de son travail, c’est lui assurer qu’on ne s’attaque pas à la propriété en général mais à la propriété capitaliste, qu’on ne s’attaque pas à l’entreprise en général mais au grand capital et lui démontrer qu’il est inévitable de s’y attaquer pour défendre tous ceux qui vivent de leur travail.

Casser la démagogie fasciste qui monte, c’est d’abord tisser ce lien entre travailleurs salariés et travailleurs indépendants, en défendant le droit de tous à vivre de leur travail, c’est démasquer les tromperies de l’alliance entre la petite bourgeoisie et la grande, c’est démontrer sans cesse que cette dernière alliance est la cause première de la catastrophe qui frappe aussi bien les travailleurs que les petits bourgeois.

Tous les politiciens réformistes, tous les syndicalistes réformistes, tous les opportunistes de la gauche de la gauche ou de l’extrême gauche refusent absolument de s’orienter dans cette voie.

C’est pourtant la seule manière de répondre aux développements sociaux et politiques qui vont découler des prochains soubresauts de l’économie.

Les mensonges sur la démocratie des pays impérialistes doivent être dénoncés sur le même axe. Cette prétendue démocratie est fondée sur l’alliance de la petite bourgeoisie et de la grande. Elle se fonde aussi sur l’intégration de la fraction supérieure des salariés au sein de la petite bourgeoisie. Mais toutes ces prétendues alliances sont dévoilées quand la crise du système s’approfondit et se dévoile elle aussi, à condition que des courants prolétariens ne craignent pas de militer pour en dénoncer les mensonges.

Il ne faut pas se contenter, par exemple, de dénoncer le programme anti-salariés, de la gauche, de la droite et de l’extrême droite, contre le code du travail, contre le contrat CDI, contre le salaire fixe, contre le salaire minimum, contre les droits syndicaux, contre les services publics, etc… Il faut que des courants prolétariens révolutionnaires dénoncent également publiquement, et au nom des travailleurs, le programme des mêmes courants en faveur du grand capital contre la petite bourgeoisie. C’est la seule manière de couper l’herbe sous le pied du fascisme. C’est casser l’idée que le prolétariat défendrait des intérêts corporatistes, en voulant les faire payer au petit bourgeois.

Les démagogues fascistes parlent d’un Etat qui coûte moins cher en désignant les fonctionnaires du doigt comme des profiteurs des impôts des petits bourgeois. Nous devons dénoncer le grand capital comme le ponctionneur en chef des finances publiques aux dépens des travailleurs mais aussi des petits patrons, petits commerçants, petits artisans, petits paysans, petits pêcheurs, professions libérales, etc, etc…

Seul le prolétariat révolutionnaire peut s’engager à défendre les droits de tous ceux qui vivent de leur travail, y compris les petits bourgeois. Tous les courants sociaux et politiques liés au grand capital et à son Etat ne le peuvent absolument pas. C’est là que nous devons placer la frontière. Nous devons proposer une alliance à toutes les couches sociales qui reconnaissent que le grand capital, seul responsable du système actuel et de sa catastrophe, doit seul être sacrifié mais aucun milieu populaire ne doit l’être.

Le droit social actuel, les lois actuelles, l’Etat actuel ne peuvent nullement défendre les petits entrepreneurs pas plus que les travailleurs. Il faut donc en finir avec la loi du capital pour assurer l’avenir de tous ceux qui vivent de leur travail.

Les idéaux « de gauche », ou de « la gauche de la gauche », ou de l’ « extrême gauche officielle » ne consistent nullement dans cette alliance révolutionnaire car ces partis ne parlent nullement de destruction des lois bourgeoises, de l’Etat bourgeois, des critères bourgeois, de la propriété du grand capital. Ils se contentent de manifester pour revendiquer auprès de cet Etat bourgeois et dans son cadre. Ils font appel à des changements par le vote bourgeois, au sein des élections bourgeoises, qui ne remettent jamais en question la loi du grand capital, même si la domination de celui-ci n’a rien de démocratique, la propriété du grand capital n’étant le fait que d’une fraction minime de la population (moins d’0,5%).

Plus que jamais l’avenir est au programme communiste et la tromperie du côté du programme réformiste bourgeois qui est le meilleur pourvoyeur du développement du fascisme !

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