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Accueil du site > 06- Livre Six : POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE > 1-2 Réformisme et fascisme contre la révolution sociale > L’identitaire français, drapeau de la guerre civile fratricide

L’identitaire français, drapeau de la guerre civile fratricide

vendredi 31 janvier 2014, par Robert Paris

Reconnaissez-vous la carte de France en 476 ? L’identitaire est une réponse de la bourgeoisie face à la crise : pour éviter que les travailleurs et les peuples s’unissent face aux banquiers et aux capitalistes, il faut mettre en avant des questions sociétales qui fâchent comme pour ou contre l’homosexualité, pour ou contre le voile islamique, pour ou contre l’avortement, pour ou contre Israël et les Palestiniens, pour ou contre les Juifs ou les Musulmans, etc… Il s’agit de faire croire aux populations qu’une question qui les divise (comme mariage homo, PMA, IVG ou "théorie du genre") est bien plus importante que la question sociale qui les unit.

Où est-elle cette prétendue France unie du passé, mythe des identitaires français ?

Il n’y a pas un peuple mais des centaines qui ont coexisté et sont mêlés. Il n’y a pas un territoire et la seule frontière qui ait toujours été la même est celle des mers... Il n’y a pas un mode de vie unique, une conception unique de l’existence, des moeurs, des relations, de la vie sociale, familiale ou individuelle, de l’éducation, de la morale, des lois, etc. Il n’y a pas d’idéologie unique, de religion unique, de perception unique qui serait inscrite dans le mot « France » et qu’il s’agirait de défendre à tout prix... Il n’y a pas eu et il n’y a pas une loi unique, pas d’Etat unique, pas de pouvoir unique. Même aujourd’hui, la loi n’est pas la même pour tous : pas la même pour le continent et la Corse, pas la même pour les territoires coloniaux (dits d’outremer), pas la même en Alsace-Lorraine, etc, pas la même suivant les classes sociales, l’origine sociale, le sexe, l’âge, même si elle l’est formellement, etc.

Première occupation humaine Sites préhistoriques : des populations nouvelles de cultivateurs (en vert) vont coexister et se mêler aux anciennes populations de chasseurs-cueilleurs En 5000 avant J.-C. Les premières grandes civilisations (quatrième millénaire avant J.-C.) En vert la culture des vases à entonnoir (TRB). En bleu, la culture rubanée, à céramique linéaire (LBK). En orange, la culture de Lengyel, en violet, la culture Vinča, en rouge, culture de Cucuteni-Trypillia et en jaune, la partie occidentale de la culture Yamna. Epoque matriarcale Epoque des deux expansions néolithiques (dans la zone à partir de 4700 ans avant J.-C.) Epoque de la civilisation des mégalithes (4000 avant J.-C. à 1500 avant J.-C.) Civilisation du cuivre (à partir de 3000 ans avant J.-C.) Epoque de la civilisation dite campaniforme (de 2900 ans avant J.-C. à 1900 ans avant J.-C.) Epoque Hallstatt ou première civilisation du fer (1300 avant J.-C. à 800 avant J.-C.) Civilisation des champs d’urnes (1300 avant J.-C. à 700 avant J.-C.) Civilisation des Lingons (ancien peuple de type gaulois) (1200 avant J.-C.) Quatre civilisations se superposent et s’interpénètrent Invasion des Cimbres Après les invasions des Cimbres (520 avant J.-C.) Noms des principaux peuples à l’époque de La Tène ou deuxième civilisation du fer (400 avant J.-C. à 100 avant J.-C.) Epoque de l’expansion Celte Des peuples multiples En 60 avant J.-C. Avant la conquête romaine A l’époque de la conquête romaine Le partage entre les Francs et les Alamans en 258 après J.-C. Gaule romaine (période qui va de 52 avant J.-C. à 486 après J.-C.) Au sein de l’empire romain Gaule de Jules César Nouvelle division romaine Les invasions de 370 après J.-C. à 450 après J.-C. Royaumes des peuples germains jusqu’en 480 après J.-C. Royaume franc à l’avènement de Clovis Sous Clovis (465-511) Des invasions... Encore des invasions... En 507 En 687 après J.-C. A la fin du septième siècle Royaume Wisigoth avant 700 Conquête arabe en 700 Les invasions au neuvième et dixième siècle De 481 à 814 En 829 après J.-C. Empire de Charlemagne Division carolingienne Traité de Verdun (843) En 870 Epoque carolingienne (880 après J.-C.) Invasions vikings et normandes (époque carolingienne) Epoque des grands fiefs (neuvième siècle) Epoque du règne de Hugues Capet (987-996) En l’an 1000 après J.-C. De 1180 après J.-C. à 1223 après J.-C. En 1223 après J.-C. Carte des langues diverses des peuples En 1328 En 1415 En 1429 (Epoque de Jeanne d’Arc) Carte de la guerre de religion (1540-1598) En 1657 Les langues régionales Langues d’Oc et langues d’Oil et.... le Breton La France de 1801 sous la Première République L’empire colonial français

L’identitaire français, non pas un drapeau politique de l’unité d’un peuple, mais d’une guerre civile fratricide

Des formes du fascisme et du racisme, qui se cachent derrière l’affirmation identitaire française, se développent et se diversifient en France. Elles ont pour noms : FN de Le Pen, Bloc Identitaire, Solidarité et Progrès, Eglise de Scientologie, groupes intégristes islamiques, Manif pour tous, Civitas, groupes skins d’extrême droite, syndicat de police Alliance, groupes chrétiens anti-avortement et anti-homo, France Jeunesse Civitas ou Institut Civitas, Jeunesse identitaire, Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Riposte Laïque, Printemps français, les JNR et Troisième Voie, Tribu K, SOS enfants d’Irak, Solidarité des Français, Nouvelle droite populaire, Réseau-Identités, Comité de Lépante, NON à la substitution de population, Collectif Famille Mariage, Collectif Pour l’Enfant, Rassemblement des Contribuables Français, La révolte fiscale c’est maintenant,Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale, Comité d’entraide aux prisonniers européens, Nissa Rebela, Terre et peuple, Solidarité alsacienne, Chrétienté-solidarité, Renouveau français, Ligue de Défense Juive, Egalité et Réconciliation de Soral-Dieudonné et l’extrême droite du PS avec son ministre de l’Intérieur Valls.

De plus en plus, on entend parler en France de courants politiques qui se réclament d’une identité de type national et ethnique. C’est sur de telles bases que divers groupes de l’extrême droite viennent de manifester dimanche dernier à Paris en entraînant pas mal de monde. Cela signifie-t-il qu’il y aurait en France un sentiment d’oppression nationale que ces courants se chargeraient d’exprimer, de canaliser, d’exploiter ? Surfent-ils sur de vrais problèmes nationaux ou exploitent-ils une démagogie complètement mensongère et démagogique ?

Y a-t-il une véritable question nationale derrière les objectifs et le succès relatif de ces courants ou se contentent-ils de transformer la crise mondiale du capitalisme en affrontement sur des bases nationales en faisant comme si la crise frappait plus particulièrement la France alors que ce n’est nullement le cas ?

Cherchent-ils à unir « les Français » en un même peuple et qui seraient « ces Français », catégorie qui ne recouvriraient même pas les possesseurs de pièces d’identité et encore moins la population possédant les droits de séjour et de travail en France ? Ne veulent-ils pas en fait opposer on seulement Français et étrangers mais deux fractions de la population française ? Cherchent-ils effectivement à opposer de manière de plus en plus violente les Français blancs occidentaux aux Français de couleur ou d’origine étrangère ou encore de religion autre que la leur ? A opposer les Catholiques et les Protestants soit aux Juifs soit aux Musulmans ?

Une question nationale dans la crise actuelle en France ? Et pour les Français de souche encore ! Les Français seraient-ils opprimés par les travailleurs immigrés ? Foutaises ! Les Catholiques et les Protestants seraient-ils attaqués dans leurs croyances par des Musulmans ou des Juifs ? Balivernes !

La France est-elle, dans les rapports de force mondiaux, une nation opprimée ? Non, c’est un pays impérialiste oppresseur, un vieil impérialisme qui continue à postuler de faire la pluie et le beau temps dans ses anciennes colonies devenues indépendantes, à y mener des guerres, à y faire et défaire les dictateurs, à y faire fructifier ses profits par le vol des richesses minières, pétrolières ou agricoles. La France ne dédaigne pas de « projeter » ses troupes aux quatre coins du monde, de l’Afghanistan à la Côte d’Ivoire et du Kosovo à la Libye, en passant par le Mali, le Niger et le Centrafrique. Elle postule à en faire autant en Syrie…

La France est-elle une nation opprimée par l’Europe ? Ce serait plutôt le contraire, avec le tandem France-Allemagne exploitant les nations assujetties d’Europe de l’Est et du Sud.

La France serait-elle le parent pauvre du monde capitaliste face à la crise, contrainte de payer plus que les autres les frais de la crise ? Ce n’est même pas vrai ! Elle n’est pas la plus frappée en termes d’emplois, de salaires, de sacrifices. Elle fait seulement partie d’un monde en recul, en crise profonde, fondamentale même. Mais les courants dont on vient de parler ne veulent surtout pas discuter de cela, ni remettre en cause le fonctionnement du capitalisme.

La civilisation de la France est-elle menacée par la liberté donnée aux homosexuels de se marier ? On pourrait le croire en voyant des manifestants nombreux et excités vouloir interdire le mariage des homos. Comme si ce mariage allait augmenter le nombre d’homos ou empêcher ceux qui ne le sont pas de vivre comme ils le souhaitent ! Les mêmes ou presque manifestent contre le droit à l’IVG, c’est-à-dire le droit des femmes à disposer de leur corps. C’est donc bel et bien un mouvement hostile à tout progrès des mœurs et favorable au retour à la société passée. S’ils défendent la « France éternelle », cela signifie pour eux le retour au féodalisme et au paternalisme. C’est la société française vichyste et pétainiste qui réapparaît.

C’est aussi la société française colonialiste qui revendique de retrouver ses anciens privilèges de l’époque coloniale et notamment de pouvoir traiter les Noirs et les Arabes comme ils traitaient leurs esclaves coloniaux. Et ils prétendent notamment décider que ces derniers n’auront pas les mêmes droits que le reste de la population, pas même le droit de choisir leur mode de vie et leurs convictions personnelles.

L’Islam menace la France, proclament ces gens-là ! Il faut dire que l’extrême droite n’est pas la seule à propager cette propagande. Les gouvernants de droite comme de gauche disent de même pour justifier notamment leurs interventions militaires et policières dans le monde mais aussi pour diviser les milieux populaires. Sarkozy-Guéant et Hollande-Valls n’ont pas un discours bien différent de l’extrême droite sur ce thème. Récemment, sous prétexte de deux jeunes qui ont rejoint le djihad islamiste en Syrie, Hollande a lancé un rappel à l’ordre dénonçant ceux qui veulent diviser la France et lancer la guerre des races. Mais, en désignant seulement du doigt les Français d’origine maghrébine, c’est lui qui jette de l’huile sur le feu de la guerre de religion, de la guerre ethnique, de la guerre raciale… Il ne passe pas de semaine que Valls lance une nouvelle attaque en ce sens, que ce soit contre les Roms, contre les sans-papiers, contre les immigrés, contre le terrorisme, contre le voile islamique, contre la viande halal, contre la fête du mouton, contre les mosquées, contre les Musulmans. Son cirque contre Dieudonné en fait partie.

La guerre civile en France, la droite et la gauche la sèment et l’extrême droite la récolte mais ce sont les classes dirigeantes qui y ont intérêt et la raison de fond, c’est que la société bourgeoise n’est plus capable de fonctionner et qu’elle préfère que les affrontements sociaux, inévitables, se déroulent sur ce type de terrain, que la violence sociale oppose les exploités entre eux sur des critères ethniques, raciaux, religieux, plutôt qu’ils opposent oppresseurs et opprimés, travailleurs et capitalistes.

On pourrait se dire : il est vrai que les femmes musulmanes sont opprimées par le voile islamique, par cette vieille société patriarcale musulmane, par les imams, par le monde arabe, etc… Mais faut-il croire que ceux qui ont agressé violemment dans la rue des femmes voilées voulaient seulement la libérer de son oppression ?

Faut-il croire aussi les gouvernants français, de gauche comme de droite, quand ils prétendent à coups de lois et de répression, libérer les femmes musulmanes en France ? S’ils avaient le souci des femmes musulmanes qu’ils prétendent pourquoi défendraient-ils les régimes qui utilisent l’appareil le plus réactionnaire de la religion musulmane et les pratiques féodales correspondantes comme Hollande quand il s’entretient avec les dirigeants saoudiens, qataris, et autres féodaux des principautés pétrolières ? Pourquoi les ministres femmes françaises portent-elles le voile quand elles vont dans ces pays ?

Qui a mis en place en Mauritanie un système intégriste islamique en même temps que raciste contre les Noirs sinon le régime politique lié à la France ?

Qui a soutenu la djihad islamiste radicale et terroriste en Syrie sous prétexte de soutien au peuple syrien contre le dictateur Assad, sinon la France ?

Qui a soutenu la djihad islamiste radicale et terroriste en Libye, sous prétexte de soutien au peuple libyen contre le dictateur Kadhafi, sinon la France ?

Qui soutient l’actuel régime afghan islamiste, qui maintient l’oppression des femmes musulmanes, en intervenant militairement pour appuyer ce régime, sinon la France ?

La France n’agit ainsi que dans la foulée du monde capitaliste occidental, comme Bush qui déclarait la croisade occidentale contre l’Islam mais soutenait des régimes islamistes au Pakistan ou en Indonésie…. La démagogie prétendument défenseuse de la civilisation existait déjà à l’époque coloniale et elle n’a fait que changer de forme !

Si ces extrémismes de droite ne sont nullement nouveaux, ils semblent recevoir un soutien nouveau, avoir une nouvelle audience, gagner dans les milieux petits bourgeois et même dans certains milieux populaires et ouvriers. Ils ne sont vraiment combattus ni par les gouvernants de gauche ni par ceux de droite, ni par les partis ni par les syndicats. Le nationalisme exacerbé ne peut pas être combattu par des courants bourgeois car tous cultivent d’autant plus le nationalisme que la société est en crise et qu’il leur faut donner un drapeau national à leur politique au service des classes dirigeantes. Dans ces conditions, les courants d’extrême droite bénéficient d’un boulevard…

Des communautarismes, des nationalismes agressifs et xénophobes, des christianismes intégristes, des hostilités à l’Europe et aux étrangers, des hostilités aux homos et aux femmes, des hostilités aux Musulmans et aux banlieues, des replis sur soi dans l’hexagone, des hostilités aux fonctionnaires et à l’Etat central, tout cela se développe et s’additionne actuellement et trouve d’autant plus une audience que la confiance dans la société actuelle chute : effondrement économique et social mais aussi politique, idéologique et moral. Les couches moyennes ne croient plus en leur avenir au sein de cette société et elles ne voient pas d’autre société possible, d’où leur haine montante. La classe ouvrière, tant qu’elle est guidée, défendue, organisée ou représentée officiellement par des partis et des syndicats réformistes liés au pouvoir, ne peut nullement incarner un tel avenir.

Au sein des couches moyennes déstabilisées par la crise, menacées dans leur avenir économique et social, qui marquent l’opinion publique plus que leur poids économique et social notamment grâce aux média, l’idée qui monte est celle d’une menace sur « l’identité française », sur la « civilisation française », sur la « société française », sur ses valeurs, sur son poids, sur son mode de vie, sur ses mœurs, sur sa tradition, etc. L’idée a été lancée non seulement par l’extrême droite mais par la droite de Sarkozy-Guéant, notamment avec les débats sur l’identité française et aussi par la gauche de Hollande-Montebourg-Valls qui met sans cesse en avant la « défense de la France » comme si c’était la nation qui était menacée par « l’Etranger » et non les travailleurs par le grand capital. Le nationalisme exacerbé n’est pas moins défendu par la gauche de la gauche et les appareils syndicaux…

Si Hollande se drape dans son discours antiraciste, il aide au développement de celui-ci par ses actes contre les Roms et les sans-papiers, contre les Musulmans. Il se drape dans sa profession de foi européenne mais lance des déclarations contre le travail en France des Bulgares et des Roumains, contre le travail au noir, contre les sans-papiers, comme si c’était là que se trouvait la cause de la montée du chômage en France. Il blanchit ainsi le patronat français.

Les déclarations de Hollande en faveur de l’Etat d’Israël sont fréquentes et violentes et elles ne font que transférer davantage sur le sol français le conflit du Moyen-Orient, poussant Juifs et Arabes à mener ce combat en France même. Ainsi, Hollande lance un hommage appuyé de la France au sanguinaire Sharon décédé, auteur notamment de la guerre du Liban, des massacres de Sabra et Chatila et provocateur de la deuxième intifada. Il ne perd pas une occasion d’appuyer le président d’extrême droite israélien Netanyahou. Quel meilleur soutien à la tentative de Soral-Dieudonné d’attirer vers une extrême droite antisémite le monde arabe et musulman de France ? Même les attaques violentes contre Dieudonné par la police et la justice ne font qu’accentuer la polarisation et donner une énorme publicité politique à ces dirigeants politiques antisémites.

Attiser la guerre de religions, la guerre de races, la guerre d’ethnies, la guerre de cultures, la guerre de civilisations, la guerre des nations, la guerre des vieux contre les jeunes n’est pas le propre de l’extrême droite. Toute la bourgeoisie s’oriente vers ce choix car la crise du capitalisme n’a pas d’issue, pas de sortie du tunnel, pas de reprise, pas de réforme possible, pas de solution. Toutes les mesures économiques, que ce soient celles de Sarkozy, de Hollande, de Bush ou d’Obama et des autres dirigeants du monde, consistent à injecter sur les marchés financiers, banquiers, boursiers des milliers de milliards de dollars, sans limite et sans autre effet que de retarder un nouvel effondrement inévitable du capitalisme.

A l’origine de l’effondrement de 2007, il y a fondamentalement un surplus considérable de capitaux privés, en si grande quantité que l’économie est incapable de les absorber, de leur offrir des investissements, ne peut que les amener à fonder des spéculations en chaîne, de plus en plus rentables mais de plus en plus invraisemblables, ne reposant sur aucun fondement vraiment économique, productif ou marchand. Les spéculations qui en sont sorties, dont les subprimes ne sont qu’un des cas, se nourrissent elles-mêmes, n’ont de valeur que parce qu’elles misent sur l’augmentation exponentielle de ces capitaux flottants incapables de s’investir et sur l’obligation des institutions centrales, Etats et banques centrales, de couvrir les spéculations des banques, des trusts, des bourses et des spéculateurs…

La manière de résoudre la crise de suraccumulation, marquée par un excès de capitaux, ne peut pas être d’augmenter follement la masse de capitaux circulants en ouvrant toutes grandes les portes des coffre-forts de banques centrales. De telles mesures ne servent qu’à retarder un effondrement inévitable.

C’est une mesure politique afin que les classes dirigeantes puissent profiter du répit afin de semer les germes de la haine entre les exploités. L’effondrement de 2007, si les classes dirigeantes l’avait laissé se dérouler, c’était une vague de révolutions comme au Maghreb et dans le monde arabe mais à l’échelle mondiale et dirigé par le peuple travailleur.

C’est parce que les classes dirigeantes ont fait semblant de se mobiliser pour l’emploi, pour les salariés, pour défendre les économies, les entreprises qu’ils ont momentanément désarmé les salariés. Ainsi, ils ont laissé croire aux classes moyennes qu’elles allaient payer les frais de la crise à cause des fonctionnaires, des travailleurs, des chômeurs, des retraités. Ils ont préparé politiquement et socialement la montée des idées d’extrême droite parce qu’il leur faut préparer politiquement et socialement de futurs régimes de dictatures et de fascismes. Il leur faut aider à la formation de groupes capables de cette action violente contre les travailleurs car les classes dirigeantes savent que l’affrontement avec la classe ouvrière est inévitable. Elles savent que la classe prolétarienne représente un danger révolutionnaire pour la domination capitaliste, pour la propriété privée des capitaux et des trusts, même si les travailleurs eux-mêmes n’en ont pas encore conscience.

A terme, la seule issue pour les classes dirigeantes, c’est de détruire la société démocratique bourgeoise, de détruire le consensus, de démolir la société de conciliation sociale, d’en finir avec la concorde entre patrons et syndicats, de frapper directement et de plein fouet les travailleurs, les milieux populaires et la petite bourgeoisie. Le risque est grand qu’en agissant ainsi, ils unissent ces classes et couches sociales contre le grand capital. D’où la nécessité absolue des toutes les démagogies qui divisent la classe travailleuse et qui agitent la petite bourgeoisie contre le prolétariat.

L’intervention massive des Etats et des banques centrales dans l’économie n’a pas pour but de trouver une solution économique à la crise mais de temporiser pour préparer une offensive politique, policière et militaire contre les travailleurs et les couches populaires. Il s’agit de transformer le monde en une vaste guerre civile en cultivant partout les haines entre les races, entre les régions, entre les ethnies, entre les religions, entre les nations.

Les haines entre Japonais et Chinois, entre Chrétiens et Musulmans, entre Juifs et Arabes, entre peuples du Nord et du Sud (avec notamment la fermeture des frontières aux immigrants) sont plus que jamais favorisées, organisées, mises en avant par les gouvernants et les média. Les peuples du Nord ne peuvent que croire qu’ils sont envahis par la misère du Sud et de l’Est. Les Chrétiens sont persuadés qu’ils subissent une invasion musulmane et terroriste, etc, etc.

La montée actuelle de ces sentiments a gagné la France et elle permet d’augmenter progressivement le caractère policier de l’Etat, la violence des interventions des bandes armées légales et extra-légales. Valls n’est que l’expression de cette politique d’extrême-droite.

La présence de la gauche au pouvoir est même un facteur aggravant à d’autres égards. Elle permet à la petite bourgeoisie de faire comme si c’était, d’une manière ou d’une autre, un camp proche de celui de la classe ouvrière qui dirigeait l’Etat, un camp proche en tout cas des syndicats de salariés, et que cela avait des conséquences sociales ou sociétales. Ainsi, l’extrême-droite et la droite prétendent que la situation sécuritaire s’aggrave, que l’islam est mieux traité que le christianisme et le judaïsme en France et que l’école serait livrée aux enseignements de l’athéisme, de l’homosexualité et de la masturbation, tout comme les femmes seraient détournées du droit chemin de la procréation par l’interruption volontaire de grossesse et le droit à l’avortement, ainsi par la procréation médicalement assistée, allant, selon ses réactionnaires, contre la nature… Cette extrême droite identitaire en est à faire campagne pour retirer les enfants des écoles en faisant croire qu’ils sont en danger d’être influencés par une propagande en faveur de l’homosexualité !

Si la gauche sert de repoussoir à l’extrême droite, elle le fait d’autant mieux qu’elle prend des airs provocants de réformateurs courageux et finit toujours par s’écraser. Elle proclame qu’elle combattra tous les racismes mais, devant un commando d’extrême droite qui occupe une mosquée, Valls affirme qu’il ne faut pas céder à la provocation et ne fait aucune arrestation. Loin de nous l’idée de demander à l’Etat bourgeois, même commandé par la gauche, de s’attaquer à l’extrême droite mais il serait important que le mouvement ouvrier démasque par contre qu’il ne le fait pas afin que les travailleurs ne s’imaginent pas que c’est l’Etat qui va s’attaquer au fascisme, illusion classique. Les organisations ouvrières se gardent bien de signaler ce fait qui se vérifie sans cesse. Par exemple, les manifestants fascistes de « jour de colère » qui se sont attaqués à coups de lacrymogènes aux policiers ont, pour la plupart été relâchés sans être inquiétés par le gouvernement de gauche et Valls, alors que des manifestants ouvriers, par exemple ceux de Goodyear, avaient été traduits en justice sans s’être attaqués aux policiers mais seulement parce qu’ils se défendaient.

Autre exemple remarquable : la police de Valls protège systématiquement les manifestants anti-avortement et chrétiens intégristes qui interviennent à proximité de l’hôpital Tenon à paris alors qu’ils empêchent les manifestants pro-IVG de s’approcher de l’hôpital et ne les protègent pas des agressions quand ils ne les agressent pas eux-mêmes, comme récemment pour une manifestation pacifique syndicale !

Il ne faut pas croire la propagande selon laquelle le fascisme en France viendra nécessairement et seulement des groupuscules d’extrême droite. Il peut tout aussi bien provenir de la droite ou même de la gauche comme l’Histoire le montre. Même l’histoire de France démontre cela puisqu’on trouve dans le régime de Vichy aussi bien des dirigeants issus du PCF, du PS, de la droite et de l’extrême droite. On y trouve aussi bien le Maréchal Pétain, Laval, Déat, Doriot et autres…Miterrand.

Quand la politique de la bourgeoisie va à l’extrême droite, c’est qu’il s’agit d’une nécessité pour les intérêts généraux de la bourgeoisie et cela n’a rien à voir avec les qualités ou les défauts de tel ou tel de ses représentants ou de tel ou tel courant politique.

On voit d’ailleurs que des éléments d’extrême droite s’insinuent dans la gauche (avec Valls) comme dans la droite (avec Sarkozy-Guéant), au centre (comme le montre ce maire centriste qui regrette l’époque de Vichy) ou au même à la gauche de la gauche (avec Dieudonné ou Soral)…

Valls est actuellement le plus dangereux des militants de l’extrême droite française car il cumule les qualités (ou les défauts, selon où on se place) de justifier des actions d’extrême droite avec une caution générale de la gauche à l’extrême droite, même si sa personne est critiquée car il marche sur leurs plates-bandes et casse leurs espoirs politiciens. C’est lui, qui maire d’Evry, proclamait haut et fort vouloir transformer sa banlieue en faisant en sorte qu’on y trouve moins de Blacks et de Beurs et « plus de blancs blancos » !!! C’est lui qui y faisait toute une propagande sécuritaire, prétendant être le mieux capable de s’attaquer à l’insécurité qu’il attribuait aux jeunes de banlieues. Voilà les « qualités » qui l’ont amené à être choisi par Hollande au poste de ministre de l’Intérieur. Et il faut rappeler que, loin d’être un simple individu isolé, il a tout un lobby patronal très à droite qui le soutient et le promeut dans les média, lobby qui part d’un groupe de grands patrons de Fouks à Pinault. C’est cela qui fait qu’il ne peut pas faire un pas ou une déclaration sans être plus médiatisé que le chef de l’Etat et que des milliers de sondages ne servent qu’à le créditer dans l’opinion.

Valls n’est pas seul au sein de la gauche à créditer des thèses d’extrême droite. Montebourg en présentant la question de la crise comme l’affaiblissement de la France fait de même. Lui aussi donne un crédit de gauche aux thèses de l’extrême droite et de la droite. Tout le gouvernement crédite aussi la thèse d’un Travail trop bien payé qui pèserait trop sur le Capital, l’idée de droits sociaux trop importants en France qui nuiraient à ce pays par rapport à la concurrence exacerbée, etc. Sarkozy développait précédemment exactement la même propagande.

Les courants d’extrême droite ont donc un soutien politique et médiatique de gauche comme de droite qui leur permet de surfer aisément sur la vague de peur sociale et de démoralisation liée à la crise du capitalisme mondial. Cette crise semble donner crédit à l’idée de se replier sur l’hexagone national, à celle de redonner un pouvoir plus puissant à l’Etat sur le plan sécuritaire, tout en diminuant son imposition pour favoriser l’entreprise (thèse soutenue par tous les politiciens bourgeois de l’extrême droite à la gauche gouvernementale).

Tous les milieux petits bourgeois, d’ordinaire points d’appui irremplaçables de l’ordre établi, deviennent enragés parce que leurs boutiques, leurs commerces, leurs petites entreprises, l’avenir lié aux études universitaires de leurs enfants, la rentabilité de leurs avoirs en bourse, en épargne, en investissements immobiliers et en assurances-vie sont menacés. Ils se moquent de savoir que toute la planète est concernée par la même crise et considèrent qu’eux seuls, en France, le sont. La « révolte des bonnets rouges » de Bretagne montre que ce sentiment monte dans la petite bourgeoisie et qu’un milieu ordinairement calme et légaliste est maintenant exploité par l’extrême droite.

Rien n’empêcherait encore la classe ouvrière de devenir un pôle attractif pour une fraction de cette petite bourgeoisie, pour sa jeunesse notamment mais cela nécessiterait de se démarquer directement et clairement du gouvernement bourgeois de gauche, de ne pas laisser les appareils syndicaux s’acoquiner avec ce gouvernement (et même y participer comme la CFDT, syndicat soi-disant politiquement indépendant…). Cela nécessiterait même qu’ils laissent au gouvernement bourgeois la responsabilité de ses attaques antisociales en refusant de les consigner au cours des négociations nationales.

Mais ce n’est pas encore l’essentiel.

Il faudrait que le mouvement ouvrier organisé apparaisse comme une alternative à cette société au service des banquiers, des spéculateurs, des bourses, des profiteurs de tous poils, des trusts, etc., qu’il soit porteur d’un autre avenir pour la société humaine que le capitalisme, que la propriété privée des moyens de production et ne se contente pas de manière corporatiste de chercher à diminuer les coûts et les coups, à payer moins un tout petit peu moins cher les sacrifices et à négocier le poids des chaînes.

Personne ne peut obtenir ce changement de cap des appareils syndicaux d’un pays comme la France où ils sont complètement intégrés à l’appareil d’Etat et inféodés à la bourgeoisie. Il ne faut pas compter pour cela sur les appareils syndicaux même si cela ne veut pas dire qu’il faille rejeter de manière sectaire les militants syndicalistes des entreprises. Mais il ne faut pas craindre d’éclairer ces derniers sur la position collaborationniste de leurs organisations dans la lutte des classes.

Il est, de même, illusoire de compter sur les directions des syndicats pour combattre le nationalisme, la xénophobie, le racisme, l’impérialisme français et notamment ses interventions militaires, la montée des communautarismes et de l’extrême droite qui s’en nourrit.

Les syndicats sont les premiers à avoir cultivé les illusions dans l’Etat français, dans la démocratie française, dans la justice française, dans les institutions de la république, et patati et patata. Ils sont les premiers à avoir propagé le nationalisme économique soi-disant pour la défense de l’entreprise, de la filière, du secteur économique, de la production française, les premiers à se satisfaire des discours nationalistes d’un Montebourg, contribuant à assimiler la défense des salariés à la « défense de la France ».

Le résultat est que la petite bourgeoisie, loin de se tourner vers un camp de la classe ouvrière ou d’être neutre en face de lui, se retrouve hostile aux fonctionnaires, aux ouvriers, aux syndicats (qui manifestent même contre les revendications des petits bourgeois comme CGT et CFDT en Bretagne !). Ils se raccrochent donc à un discours qui présente les travailleurs comme destructeurs de la France !

Mais quelle est donc cette « France éternelle » dont tous se revendiquent ? Où l’ont-ils vu dans la passé, dans le présent et dans l’avenir ? Nulle part !

Le nationalisme français n’est pas si vieux qu’on le croit dans la population. Il a été inventé au cours de la guerre de cent ans qui opposait deux branches de la même famille royale, dirigées toutes les deux par des Français mais dont l’une gouvernait également l’Angleterre. En Angleterre a finalement triomphé celle qui ne gouvernait pas en France, battant les Jacobites et intronisant les rois saxons plutôt que Français et, inversement en France, après avoir eu un roi anglais (ce que les livres d’Histoire de France feignent d’ignorer), les classes dirigeantes féodales ont opté pour un roi qui ne gouverne pas l’Angleterre, cultivant pour cela le nationalisme avec la geste de Jeanne d’Arc…

Mais cette histoire de France idéologique dont la bourgeoisie se revendique est totalement mensongère. Il n’existe aucune France éternelle, fondée sur un peuple unique, un territoire unique, une civilisation unique, une mentalité forgée par les siècles, un combat permanent pour l’existence, incarnée soi-disant par la continuité de l’Etat couvrant l’ensemble du territoire.

Comme on va le voir, ce territoire n’a aucune ancienneté, a valsé (rien à voir avec Valls) au cours des siècles et des époques.

Quant au prétendu « sentiment national », il n’a d’abord pris de l’importance qu’au sein des classes dirigeantes et n’a nullement gagné l’essentiel de la population qui restait paysanne (plus de la moitié de la population jusqu’en 1936 et encore 44% de celle-ci après la deuxième guerre mondiale). Dans les campagnes, quand la population parlait de « pays », il s’agissait du territoire entourant le village. La seule mention de la nation consistait à rappeler les enfants « morts pour la patrie » dans les guerres mondiales ! Or, jamais le mouvement ouvrier français ne fait mention que ces assassinés l’ont été pour les intérêts de la bourgeoisie, lors de plusieurs guerres mondiales et coloniales (pas seulement deux) et pas pour défendre une quelconque patrie ! Jamais les organisations réformistes ne se démarquent des grands massacres accomplis dans l’intérêt des classes dirigeantes nationales ! Comment s’étonner alors que l’opinion reste marquée par l’idéologie du nationalisme français ?

Sarkozy, lors de sa présidence, avait cultivé l’identitaire français, organisant même des études, des enquêtes, des débats à l’échelle nationale sur ce thème.

Qui est Français, qui ne l’est pas, que faut-il pour l’être, suffit-il d’avoir ses papiers même si on vient d’une origine nationale, culturelle tout autre, il suffisait d’agiter ces thèmes comme Sarkozy-Guéant pour favoriser tous les fantasmes d’une France envahie, transformée en poste avancé du monde musulman… Là encore, le mouvement ouvrier se gardait bien de relever le défi pour affirmer l’identité de classe face à l’identité nationale, se contentant de dénoncer des démagogies visant à détourner du débat social. La gauche et l’extrême gauche ne faisait pas mieux, refusant le combat et laissant le terrain sous prétexte de le ne pas céder aux provocations.

Quel est le peuple unique de France dont ils parlent ? Les Gaulois, les Huns, le peuple des Mégalithes, les Indo-européens, les Normands au Nord ou les Grecs au Sud, les Romains ou les mille autres peuples qui ont occupé ce territoire en totalité ou en partie ? L’unité dont ils parlent n’a jamais existé, ni unité de langue, ni unité de peuple, d’idéologie, de mode de vie, de conceptions, d’origines, etc. Ni même unicité du pouvoir d’Etat vues les multiples divisions changeant parfois plus que tous les cent ans…

Et bien des divisions plus profondes que celles des institutions restent elles aussi cachées comme celles entre Catholiques et Protestants qui ont mené au grand massacre national qui a suivi celui de la Saint-Barthélemy à Paris, organisé par le roi de France, les forces armées de l’Etat français et les extrémistes catholiques.

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15 Messages de forum

  • La situation est celle d’une classe dirigeante en bout de course qui sait que l’avenir ne va offrir qu’un chômage de masse et qu’une misère généralisée à une population qui ne l’a pas connue depuis la dernière guerre mondiale, avec des licenciements en masse y compris dans les grandes entreprises, y compris dans l’Automobile, le Bâtiment, les banques, y compris dans les services publics, y compris parmi les fonctionnaires. Bien entendu, cela n’est pas possible sans grandes réactions et sans risque de soulèvement social.

    C’est bien pourquoi ces classes dirigeantes ont cherché un dérivatif et elles ont trouvé que le meilleur était la guerre de religion : monter le reste des masses populaires contre les Musulmans en les présentant comme la cause de l’insécurité et du terrorisme, quitte à fabriquer des « preuves », quitte à prendre en otage toute la population française en utilisant la réprobation bien naturelle contre un tueur d’enfants.

    La justice, les média et la police ont été mis au service de ces objectifs inavouables. La gauche et les syndicats sont incapables de réagir contre cette politique. L’extrême gauche en est tout aussi incapable. Ils ont peur d’être accusés de cautionner le terrorisme ou l’assassinat criminel d’enfants.

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  • Des militants d’un groupe d’extrême droite (Bloc Identitaire) ont occupés le chantier de la mosquée de Poitiers en construction le samedi 20 octobre 2012. Valls a refusé de bouger le petit doigt soi-disant pour "ne céder à la provocation". Deux poids, deux mesures quand des ouvriers occupent leur usine pour ne pas perdre leur travail, la répression les frappe et le gouvernement se refuse à lever les sanctions...

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  • Bien sûr, il ne suffit pas de voir que les classes dirigeantes sont aux abois du fait d’une crise insoluble pour le système. Il ne suffit pas de s’apercevoir que ces classes dirigeantes n’ont injecté des sommes colossales, qu’elles ne possédaient même pas, uniquement dans le but de préparer justement de tels dérivatifs et ne pas se retrouver avec une révolution sociale à l’échelle mondiale. C’est cependant un éclairage indispensable pour décrypter la suite…

    En effet, on assiste en France à une mobilisation des moyens policiers, administratifs, judiciaires et médiatiques pour donner à penser que le principal problème de la population serait une insécurité causée par une fraction de la population française : celle de confession musulmane accusée de provoquer des violences, des crimes, de soutenir le terrorisme, etc…

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  • Effectivement, la nation et l’idée nationale ne datent pas d’une éternité !

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  • Les catholiques seraient-ils les nouveaux parias de la société française, les marginaux de la République laïque et socialiste ? Un procès en sorcellerie a commencé, dans leurs rangs les plus à droite, contre la « gauche libérale-libertaire » au pouvoir.

    Celle-ci stigmatiserait une religion longtemps majoritaire, ancrée dans notre culture et notre histoire, fondatrice de nos moeurs, aujourd’hui réduite au rang de minorité, simple « communauté » comme les autres, ignorée du débat public, traitée avec moins d’égards que la communauté juive et même la communauté musulmane.

    Etabli par une ultra-droite qui manifeste de nouveau dans les rues dimanche 2 février, l’acte d’accusation recense et amalgame, souvent grossièrement, toute une série de griefs, nouveaux et anciens : des dispositions législatives déjà acquises, comme le « mariage pour tous » ou l’interruption volontaire de grossesse, celles qui sont à venir comme la nouvelle loi sur la famille, qui ouvrirait le droit à la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples de femmes homosexuelles, à la GPA (gestation pour autrui) pour les hommes homosexuels. Ou comme la prochaine loi sur la fin de vie qui pourrait autoriser le suicide assisté et l’euthanasie active.

    Moins bien traités que les juifs et les musulmans !

    Quel baratin de grenouille de bénitier...

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  • L’institut Civitas, une association catholique intégriste, est beaucoup plus pointilleux sur le soi-disant respect du dogme que sur la vérification des informations qu’il livre à ses fidèles.

    Sur le site internet de l’institut, un article paru le 10 février dernier et intitulé « Voici l’éducation sexuelle enseignée à nos enfants », met en avant des photographies présentant une jeune femme mimant des positions sexuelles sur son bureau, face à des élèves.

    La scène a lieu au Canada

    Sauf que la scène ne s’est jamais déroulée en France. Le site debunkers de hoax, spécialisé dans les rumeurs diffusées sur les sites d’extrême-droite, et répéré par L’Express, est parvenu à remonter l’origine de ces photographies.

    Et selon eux, la scène a lieu au Canada et non dans l’Hexagone. D’ailleurs un premier indice aurait pu mettre les rédacteurs de Civitas sur la voie de la raison : la mention HIV/AIDES est inscrite au tableau en Anglais (VIH/SIDA en Français).

    Par ailleurs, la jeune femme, présentée par Civitas comme un professeur, est Carlyle Jansen, propriétaire d’un sex-shop à Toronto qui mène des conférences sur la sexualité et le plaisir. Un prétexte pour elle de parler des maladies sexuellement transmissibles et des agressions sexuelles.

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  • Au moment où, dans nos pays d’origine, les luttes pour la dignité, la liberté et l’égalité font rage, nous assistons en France à un déferlement de forces conservatrices et réactionnaires porteuses d’inégalité :

    - inégalité revendiquée entre femmes et hommes, sous couvert de défendre des différences entre sexes qui seraient soit-disant menacées ;

    - inégalité entre homosexuels et hétérosexuels, avec la remise en cause de la loi sur le mariage pour tous ;

    - inégalité entre les « races », dont le mot retrouve droit de cité : une ministre noire traitée de guenon, des propos racistes criés en pleine rue et, qui plus est, par des enfants ainsi instrumentalisés.

    Or, nous ne voulons pas de cela pour nos enfants.

    Lors de la « Manif pour tous » du dimanche 2 février 2014, une banderole écrite en arabe et en français affichait : « Les Français musulmans disent non au mariage homosexuel ». Que certains se retrouvent dans ce slogan et affichent leurs penchants réactionnaires, cela ne nous étonne guère et c’est leur choix. Mais, pour notre part, nous ne nous reconnaissons :

    - ni dans ce slogan, nous qui luttons, ici et là-bas, contre la marginalisation et la stigmatisation des homosexuels ;

    - ni dans les délires de la prétendue menace d’indifférenciation entre les sexes à l’occasion des « ABCD de l’égalité » expérimentés dans les écoles, nous qui devons sans relâche défendre, ici et là-bas, l’égalité des droits entre femmes et hommes ;

    - ni dans les propos racistes ou complotistes – que ce complot soit fantasmé comme celui des « arabes », des « musulmans », ou comme celui des « juifs » –, nous qui avons eu à affronter le fantasme de complot de « l’Occident » pour défendre dans nos pays d’origine la liberté de conscience, qui ne peut aller sans la sécularisation du droit.

    Notre mémoire est celle des luttes d’indépendance pour l’égalité entre les peuples, des luttes sociales des années 1970 revendiquant « à travail égal salaire égal », des mouvements comme « La marche de l’égalité et contre le racisme » de 1983, des associations de soutien aux luttes de femmes dans les pays du Maghreb.

    C’est au nom de cette mémoire que nous rejoignons, ici et là-bas, les forces qui se battent contre toutes les inégalités et pour les libertés.

    Pour signature, adressez vos mails à :

    tewfik.allal@mailfr.com

    cherbib@gmail.com

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  • Je ne vous tiendrai pas rigueur de ne pas publier mon commentaire, mais sachez ceci :
    Votre article est un recueil de cartes toutes très intéressantes, mais qui n’ont parfois aucun lien logique entre elles, voire qui ont des liens que vous n’expliquez pas. De plus, des cartes essentielles à la compréhension des frontières n’apparaissent pas (religion, génétique, usages de droit etc...). Vous ne mentionnez rien sur les proportions, les quantités d’individus qui migrent. C’est pourtant essentiel, les indo-européens étaient en nombre autrement plus important que les chasseurs-cueilleurs du néolithique. Certaines de vos cartes sont des hypothèses qui divisent la communauté scientifique, quand elles n’en sont pas la risée. D’autres sont tout simplement mal datées.
    Des cartes de France succèdent aux cartes d’Europe, sans que n’ayez jugé utile d’y mettre des cartes d’autres pays. Vous passez à côté d’arguments gigantesques qui vous sont favorables.
    Vous ne faites aucune différence entre culture, entité politique, peuple etc ...
    Vous allez convaincre, avec cet article, ceux qui recherchent déjà vos propos, où dont le manque d’honnêteté intellectuelle (et d’effort de recherche, de construction structurée, documentée, argumentée) les conduit systématiquement à être catalogués comme des extrémistes, spécialistes de la propagande naïve, ceux qui n’élèvent pas le débat...
    Les gens qui connaissent un peu mieux ces cartes sont plus tentés d’adhérer à une vision assimilatrice que multi-ethnique de la société. Pas par idéologie, mais par réalisme, par acceptation de ce qui constitue l’identité française : l’assimilation d’éléments minoritaires par l’élément majoritaire.
    Je dirais pour finir que ceux que vous décrivez comme "identitaires" sont parfois des gens qui partagent un grand nombre d’idées en commun avec votre bord idéologique. Le problème c’est que vos élites politiques n’ont pas intérêt à ce que vous le compreniez, car vous êtes leur fond de commerce. L’inverse est vrai aussi, mais pour les "identitaires" (selon vous) l’urgence appelle l’union, tant pis pour les divergences, chose que met involontairement en lumière votre développement. Bizarrement, il ne semble pas y avoir d’urgence pour les dirigeants d’extrême gauche. Comme si la mise en esclavage des citoyens-consommateurs était moins urgente à combattre que le sentiment identitaire, qui lui ne date pas d’hier.

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    • Je dirais pour finir que ceux que vous décrivez comme "identitaires" sont parfois des gens qui partagent un grand nombre d’idées en commun avec votre bord idéologique.

      J’aimerai bien que vous me démontriez seulement cela...

      Pour ce qui est du reste, ce texte n’est pas une histoire de France par les cartes mais seulement une argumentation rapide pour montrer uniquement ce simple fait : il n’y a nullement une origine unique du peuple français ni un territoire unique ni une langue unique.

      Merci de votre contribution cependant.

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  • Vous dites :

    « De plus, des cartes essentielles à la compréhension des frontières n’apparaissent pas (religion, génétique, usages de droit etc...). »

    Je ne connais pas de carte génétique de la France et j’aimerai bien que vous m’éclaircissiez sur ce point.

    Question carte des religions, je me demande ce que, de votre point de vue, on pourrait bien tirer d’une carte des religions.

    Par exemple, actuellement certains villages du vignoble de la région de Dijon-Dôle sont de purs villages d’anciens Musulmans qui étaient restés sur place après l’arrivée des troupes de Charles Quint ! Qu’en conclure sur la justification prétendue de l’unité nationale ?

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  • Paris : les identitaires manifestent pour un référendum sur l’immigration

    Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce dimanche à Paris contre « l’islamisation » de la France et pour demander, comme en Suisse, un référendum sur l’immigration. Les organisateurs, Riposte laïque, Résistance républicaine et le Bloc identitaire — des mouvements qui avaient voulu organiser fin 2010 un « apéro saucisson-pinard » dans le quartier populaire et multiethnique de La Goutte d’Or, à Paris —, ont revendiqué 1000 à 2000 manifestants.

    Valls, lui, prétend vouloir modifier les lois sur l’immigration et il donne ainsi du grain à moudre aux fascistes...

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  • La France, qu’est-ce que c’est ?

    Chacun croit qu’il sait de quoi il parle quand il parle de la France mais parlent-ils de la même chose ? De l’hexagone ? D’un même peuple ? Avec des mêmes origines ? Sur un même territoire ? Avec une même langue ? Une même histoire ? Avec la même culture ? Avec les mêmes racines ? On a la même histoire à Brest, Belfort, Colmar, Marseille et Bordeaux qu’à Paris ? Ah bon ! Et depuis quand ?

    Bien sûr, chaque peuple croit que c’est lui qui a fait le pays, que c’est pour lui qu’il est gouverné, que c’est pour lui qu’on a construit l’Etat, que c’est pour le défendre qu’existent les frontières et les armées. Et patati et patata !

    Comme on va le voir ensuite, les cartes historiques ne disent pas cela mais, comme chacun sait, ce qui compte dans le nationalisme c’est "le ressenti"...

    Mais il y a autre chose qui compte vraiment dans l’apparition du nationalisme, c’est pour quelle raison les classes dirigeantes ont ressenti le besoin de faire appel à un sentiment d’union nationale. Car ce sentiment n’a rien de spontané. Il n’a pas existé de tout temps. Il est n’est pas très vieux. Il a surtout été développé au profit et à la demande d’une classe sociale bien particulière : la bourgeoisie. En effet, les peuples nomades et guerriers comme les Germains, les Francs, les Huns, les Normands se moquaient du nationalisme comme d’une guigne. Ils ne se fondaient pas sur un territoire national et guerroyaient partout où ils pouvaient, changeant souvent de région. Ils n’étaient pas attachés à une terre. La première fois que la région connait une direction centrale unifiée, elle ne provient absolument pas d’elle même mais de l’empire romain qui unifie une classe dirigeante sur un territoire, classe possédante appelée gallo-romaine. Mais l’Etat n’est pas fondé sur la base du territoire mais sur celle de l’Empire romain. Dès la chute de l’Empire, l’unification s’effondre et on entre dans la féodalité qui est basée sur la division à outrance : le seigneur est roi dans sa seigneurie où il fait ce que bon lui semble, exerce haute et basse justice, droits de toutes sortes et de devoirs aucun ! La liaison seigneuriale n’est nullement étatique et la nation n’existe pas. La division du territoire est à chaque niveau : du grand fief au petit domaine. Le roi n’est qu’un des seigneurs et pas le principal ni le plus puissant, quand ce n’est pas l’un des plus faibles et pauvres... Les conflits au sein de la féodalité ne se règlent pas en faisant appel à la loi nationale mais à coups de guerres locales, régionales, territoriales ou même internationales. La plus importante des guerres de la féodalité dans cette région est bien entendu la guerre de cent ans qui est si dramatique qu’elle remet en question le pouvoir féodal, permet à la bourgeoisie d’exercer des droits et de faire avancer ses exigences. Parmi celles-ci la défense d’un territoire national...

    Ceux qui se rengorgent sur la grande histoire du peuple français ne connaissent même plus les noms des vrais peuples qui l’ont habité comme les Pictones, les Sénones, les Bituriges ou les Tectosages... Il y a comme cela une bonne centaine de noms de peuples différents et aucun ne peut représenter à lui seul un héritage quelconque "des Français"...

    Ce n’est pas un peuple mais une centaine au moins qui ont coexisté et sont mêlés. Il n’y a pas un territoire et la seule frontière qui ait toujours été la même est celle des mers... Il n’y a pas un mode de vie unique, une conception unique de l’existence, des moeurs, des relations, de la vie sociale, familiale ou individuelle, de l’éducation, de la morale, des lois, etc. Il n’y a pas d’idéologie unique, de religion unique, de perception unique qui serait inscrite dans le mot « France » et qu’il s’agirait de défendre à tout prix... Il n’y a pas eu et il n’y a pas une loi unique, pas d’Etat unique, pas de pouvoir unique. Même aujourd’hui, la loi n’est pas la même pour tous : pas la même pour le continent et la Corse, pas la même pour les territoires coloniaux (dits d’outremer), pas la même en Alsace-Lorraine, etc, pas la même suivant les classes sociales, l’origine sociale, le sexe, l’âge, même si elle l’est formellement, etc.

    Il faut d’abord remarquer que les peuples Germains ne ressentaient pas le besoin d’un Etat centralisé (voir Engels sur les Germains), pas plus que les peuples qui les avaient précédé, qu’ils soient chasseurs-cueilleurs-pêcheurs, éleveurs ou cultivateurs.

    La classe qui va vraiment avoir besoin d’un Etat centralisé n’est pas non plus la classe des féodaux qui vont prendre la suite de l’empire romain. Au contraire, ils détiennent leur pouvoir local du fait de l’absence du pouvoir central et les grands féodaux ne tiennent absolument pas que se constitue un pouvoir central fort et durable.

    La classe qui va appuyer cet effort de constitution d’un pouvoir d’Etat centralisé, durable et non contestable est la bourgeoisie. C’est elle qui va se servir de la faiblesse de la classe dirigeante, menacée par ses guerres internes permanentes (essentiellement la « guerre de cent ans) pour imposer la formation d’un gouvernement stable, de finances saines, de pouvoir militaire et policier suffisant, de protection des villes et des commerces, de routes sures, d’échanges économiques favorisés. Même sous les rois féodaux, la centralisation étatique est d’abord et avant tout une œuvre de la bourgeoisie et qui favorise avant tout la bourgeoisie.

    La première tentative de constituer une classe dirigeante locale sur ce territoire n’a pas eu d’origine nationale. Elle est le fait de l’empire romain qui a constitué un groupe gallo-romain, lui a donné une idéologie commune, des intérêts communs, une vision commune du monde. Mais tout cela s’est effondré avec la chute de l’empire romain et la société qui en est sortie était plus morcelée que jamais : c’était la féodalité ou la loi de seigneurs de guerres, chacun pour soi. Même la structuration de cette société avec des grands et des petits seigneurs n’a pas signifié un moins grand morcellement du pouvoir, chaque petit seigneur étant le roi dans son château et son domaine seigneurial, y ayant tous les droits et aucun devoir. Les grands féodaux ont élu un roi mais ils ont toujours cherché à ce que celui-ci ne soit pas trop puissant et l’ont pris souvent parmi les moins puissants des grands seigneurs féodaux.

    Cependant, à l’encontre de ces grands seigneurs, les rois ont commencé au cours du moyen âge à structurer un état centralisé, à pousser à un début d’unification du territoire, de ses lois, de son gouvernement. Mais le fait que ce soient ces rois féodaux qui aient commencé à fonder « la France » démontre déjà à quel point cela ne s’est nullement fait pour le bien du peuple qui était le cadet des soucis de la royauté et des seigneurs. Le peuple en question, une large majorité de paysans, ignorait le plus souvent qui était le roi et c’est lui-même ou ses historiens qui lui donnaient le nom de « bon roi » ! Pas plus à l’époque féodale qu’à l’époque romaine quiconque se préoccupait de donner une conception commune au « bas peuple ». La religion du peuple n’intéressait pas les classes dirigeantes. La force armée suffisait à maintenir l’ordre. L’Etat ne prétendait pas être aussi un service public et il était clairement une bande d’hommes en armes au service de la classe dirigeante, comme allait l’affirmer le marxisme.

    C’est au cours des guerres féodales que la bourgeoisie a commencé à prendre conscience de son intérêt à fusionner ses intérêts sur un large territoire défendu par un Etat centralisé et a commencé à imposer ses vues aux rois qui dépendaient des bourgeois pour leurs dépenses militaires. La guerre de cent ans a considérablement fait avancer cette conscience de la bourgeoisie, au point qu’elle est parvenue au pouvoir en 1356 avec le gouvernement d’Etienne Marcel. Mais, à cette époque, « la France » d’Etienne Marcel n’allait pas au-delà des villes et régions en commerce avec Paris, et qui recouvrait essentiellement les villes parcourues par des fleuves se jetant dans la Seine. Cela représentait une petite fraction de futur « hexagone national ». Le reste du territoire nord ne se sentait pas concerné et encore moins le « pays d’Oc ». Et c’est avec le développement de cette prise de conscience de la bourgeoisie de ses intérêts propres que le nationalisme français a progressé. L’intérêt du peuple n’a jamais été un souci de l’Etat français, centralisé ou pas, royal ou pas, féodal ou bourgeois. La révolution française, en mettant en mouvement des masses populaires, a momentanément amené un double pouvoir entre l’Etat bourgeois et les comités populaires mais les dirigeants n’ont eu de cesse que d’en finir avec cette dualité et de ramener l’unicité du pouvoir d’Etat en détruisant les comités dès qu’ils l’ont pu. Avec le capitalisme, le colonialisme et l’impérialisme, la couche qui décidait s’est encore réduit et a été constituée des suceurs de sang des peuples et pas seulement de la population de France. Moins que jamais, même avec l’institution de la démocratie bourgeoise, le peuple travailleur n’a eu la moindre voix au chapitre dans les décisions de ce pays, de cet Etat.

    L’Etat français n’a jamais défendu le peuple français. Les intérêts qu’il défend ne sont pas strictement nationaux, car il ne peut se contenter de défendre la bourgeoisie française, amené à intervenir pour la coalition impérialiste à laquelle il appartient aux côtés des USA, du Japon et des grandes puissances européennes.

    Cela signifie que le nationalisme français sera à nouveau convoqué pour préparer les esprits à la prochaine guerre mondiale impérialiste qui l’opposera au bloc constitué autour des nouveaux impérialismes Russie, Chine, Inde, Iran, Afrique du sud…

    Et, une fois de plus, l’intérêt national, la « défense de la France » sera un prétexte.

    Mais, dès maintenant, la France mène des guerres aux quatre coins du monde sans que cela ait le moindre rapport avec un intérêt national, qui serait celui du peuple qui habite ce territoire. Le nationalisme français est bel et bien une arnaque pour des gogos de la petite bourgeoisie qui veulent croire que ce pays est le leur alors qu’il appartient, comme le reste, aux capitalistes et aux banquiers.

    Quand les milieux populaires et même prolétariens se racontent le conte pour enfants selon lequel l’Etat démocratique serait au service de la population, et prétendent que c’est ce que signifierait dire que c’est un Etat national, que le peuple et la nation sont la même chose, ils feraient bien de se rappeler que « la France » a été créée et voulue par la seule classe exploiteuse, la même qui gouverne aujourd’hui, qui exploite et qui licencie, qui est cause des guerres, des fascismes et autres horreurs n’ayant rien à voir avec la démocratie, que le même Etat dit démocratique a réalisées sans même changer de personnel, du bas en haut…

    « La France », c’est la même qui a pratiqué les massacres coloniaux, qui a soutenu les régimes de dictature post-coloniaux, qui a financé et armé des guerres aux quatre coins de la planète, qui a organisé et armé le génocide rwandais, etc, etc…

    Il fut un temps pas si lointain où on disait aux Français que leur territoire était l’ « Empire français », encore appelé « Union française » qui était un immense territoire colonial dont les peuples avaient été transformés en esclaves et massacrés à chaque fois qu’ils se révoltaient…

    La France n’est pas plus nationale qu’à l’époque nationale puisque sans ses anciennes colonies elle chuterait immédiatement économiquement comme dans sa place politique dans le monde.

    Quant à la prétention de l’idéologie "France", elle est de supplanter les classes sociales alors que ces dernières sont plus à l’oeuvre que jamais. La conscience de classe n’est pas à son point culminant mais la réalité objective des classes explose à tous les niveaux : non seulement économique, en termes de revenus ou de propriété, mais aussi en terme d’éducation, de santé, etc...

    La France est un discours qui continue à marcher mais qui se fonde sur de moins en moins de réalité.

    Il n’y a jamais rien eu de « naturel » dans les frontières de la France, pas plus que dans la manière politique de construire l’Etat français ni la manière juridique d’y défendre la propriété privée des bourgeois, etc., rien de « populaire » dans la domination de cet Etat sur des régions, des pays, des peuples, des classes sociales, rien de purement « national » dans les buts des classes dirigeantes et de l’Etat à leur service, rien de « défense de l’intégrité d’un peuple » dans les guerres cet Etat et dans la formation de cet appareil militaire et policier, judiciaire et pénitentiaire, répressif et oppressif.

    Les petites gens croient se réclamer de la France parce que leurs parents et grands parents seraient morts pour elle mais ils sont morts dans les guerres pour les intérêts des banquiers et capitalistes qui, justement, avaient formé cet Etat et propagé cette idéologie nationale.

    C’est dans les guerres que l’idéal patriotique a été le plus affirmé et les « morts pour la France » ont servi à justifier le nationalisme sous le prétexte qu’il ne fallait pas qu’ils soient morts pour rien. Or, ils n’étaient pas morts pour rien mais pour les intérêts des capitalistes et des banquiers, pas pour une quelconque patrie, la France ou une autre. D’ailleurs, le peuple allemand croyait, lui aussi, mourir pour défendre la patrie, le peuple, la sécurité et le territoire national.

    Le choix de faire la guerre mondiale, fait par les classes dirigeantes et pas par les peuples, ne provenait d’aucune « défense du territoire » et d’aucune « défense du peuple ». Chacun des belligérants le prétendait bien entendu car il se gardait de présenter aux peuples les vraies causes de la guerre et ils s’en gardent toujours bien, cent ans après…

    Comme la crise, comme l’effondrement économique, la guerre était une nécessité du fait du fonctionnement même du capitalisme qui ne peut se passer de ces creux dramatiques. Dans la guerre, il s’agissait de frapper justement le peuple travailleur qu’ils prétendaient défendre mais dont ils craignaient les réactions dans la phase de crise.

    La guerre avait l’avantage d’imposer silence aux actions ouvrières, de contraindre les syndicats et partis réformistes à l’alignement et à la trahison. La guerre et le nationalisme sont des armes contre la lutte des classes, du moins celle des opprimés. La « défense de la patrie » ne diminue pas la défense par les classes dirigeantes de leurs intérêts particuliers, bien au contraire. Les bourgeois n’y sacrifient jamais les profits réalisés dans la production, fût-ce la production d’armes ou d’autres matériels militaires. Et surtout leur objectif est de détourner les risques de soulèvement des peuples et des classes ouvrières en période de crise. La patrie, ils y tiennent comme le meilleur défenseur de leurs intérêts collectifs de classe, pas comme défenseur de prétendus intérêts collectifs d’une nation, d’un peuple, d’un territoire.

    En faisant la guerre d’Indochine ou la guerre d’Algérie, l’armée française ne défendait pas plus le peuple français ou le territoire français qu’en faisant les guerres mondiales.

    La France se disait « mobilisée pour sa défense » mais l’Allemagne aussi disait de même. Chacun prétendait défendre le « territoire national », affirmant que l’Alsace et la Lorraine en faisait partie. Question insoluble puisque les deux étaient vrais, les populations étant mélangées comme à proximité de toutes les frontières, ainsi que les noms des villes continuent à l’indiquer. En fait, les deux étaient faux : personne, ni la France, ni l’Allemagne ne se souciaient de ces deux régions, puisque les deux ne pensaient qu’à la bombarder, à détruire ses villes, à assassiner ses habitants. L’idée nationale, que la bourgeoisie avait été la première à porter historiquement lorsque la bourgeoisie se battait contre la féodalité pour défendre son artisanat et son commerce, ne représentait plus qu’une caricature à l’époque impérialiste où la conquête du monde par les capitaux est déterminante et pas la possession d’un territoire national.

    Les guerres actuelles de la France en Afghanistan, Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali et au Centrafrique ne défendent ni un peuple, ni un territoire, ni une liberté, ni une démocratie, ni celle des Français, ni celle d’un autre peuple, mais les intérêts généraux du groupe de pays capitalistes anciennement installés contre le groupe des pays capitalistes nouvellement arrivés et aussi quelques intérêts particulier des capitalistes français. Même l’idée que les travailleurs français auraient intérêt au succès économique et militaire des patrons français et de leur Etat n’est qu’un mensonge éhonté. Ils n’en profitent que marginalement et les classes dirigeantes, françaises comme autres, se moquent bien de cette question. En période de crise, il n’est en tout cas plus question de cela mais de mettre en coupe réglée aussi bien les Français que les autres… Et aussi d’envoyer à nouveau les Français comme les autres servir de chair à canons des futures guerres mondiales.

    Ceux qui ne voient que de bonnes choses aux sentiments nationaux des Français se cachent les yeux. C’est au nom de ce nationalisme qu’ont été commis les pires crimes.

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  • « La « nation », c’est un mot dont se parent deux sortes de gens : les très malins et les imbéciles. Malheureusement, il y a aussi un petit nombre de sincères et de naïfs qui sont de bonne foi, c’est grâce à eux que les frontières se maintiennent. Autrement, c’en serait vite fait du mot « nation ». »

    Panaït Istrati dans « Codine »

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  • Certains média diffusent ouvertement les thèses fascistes comme Éric Zemmour, chroniqueur de RTL qui déclare : "Des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains, dévalisent, violentent ou dépouillent".

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