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Les USA ont quitté l’Irak mais la guerre continue sous une autre forme : celle de la vague d’assassinats

samedi 11 janvier 2014, par Robert Paris

Les USA ont quitté l’Irak mais la guerre continue sous une autre forme : celle de la vague d’assassinats

La guerre des impérialismes pour « libérer l’Irak » n’a en rien porté les fruits prétendus : aucune paix, aucun développement, aucune liberté, ni pour le peuple, ni pour les femmes, ni pour les travailleurs (plus de répression antisyndicale que jamais).

Les USA, qui se sont désinvestis de leur rôle de police dans la région, misent maintenant sur l’Iran pour jouer ce rôle mais ils se heurtent pour cela au refus de l’Arabie saoudite et des pétromonarchies qui avaient appuyé toutes les guerres des USA et alliés contre l’Irak de leurs deniers.

La guerre continue donc avec des assassinats d’Iraniens et alliés et, de l’autre côté, des assassinats des Irakiens qui combattent l’influence de l’Iran en Irak.

L’Irak n’est pas sorti de la guerre qui prend de plus en plus la tournure d’une guerre civile entre des parties de la population…

Au moins 44 personnes ont été tuées dans de nouvelles violences en Irak. Trente-cinq personnes ont péri dans un attentat contre un marché du sud de Bagdad, ont annoncé des responsables. « Deux bombes ont explosé dans un marché de Dora, tuant 35 personnes et en blessant 56 », a indiqué Saad Maan, le porte-parole du ministère, qui a insisté sur le fait que le marché était visé, et non une église.

Des premières informations de sources sécuritaires avaient indiqué qu’une église, à proximité, avait été la cible de l’attaque. « La zone visée est une zone où cohabitent musulmans et chrétiens », précise le responsable irakien. Le patriarche chaldéen, Louis-Raphaël Sako, a affirmé que l’attaque « visait un lieu pauvre près de l’église à Dora ».

Au nord de Bagdad, une bombe a explosé également mercredi sous les gradins d’un stade de football. Quatre personnes, dont deux policiers, ont été tués.

Ce même jour de Noël, un autre attentat à la bombe a tué une personne et en a blessé trois autres, toujours près de Bagdad. A Tikrit, dans le nord de l’Irak, des hommes armés ont abattu trois policiers.

La volonté de faire un grand nombre de victimes est manifeste.

Depuis des mois, les attentats visent souvent des lieux fréquentés en Irak, comme des marchés, des cafés et des mosquées, pour faire le plus grand nombre possible de victimes. Outre la guerre que mènent chiites et sunnites, plusieurs églises avaient été également visées par les violences.

Le quartier de Dora, au sud de Bagdad, avait déjà été la cible jeudi d’un attentat anti-chiite, où au moins 20 personnes avaient été tuées. Un kamikaze avait fait exploser sa charge sous une tente où des pèlerins recevaient de la nourriture et des boissons avant de partir pour la ville sainte de Kerbala, dans le centre du pays.

Les attentats « dénaturent l’image de l’islam et de la religion, s’ils sont faits au nom de la religion », avait réagi Monseigneur Pios Cacha, de l’église Saint-Joseph de Bagdad. « L’Eglise est un lieu d’amour et de paix, qui n’est pas fait pour la guerre ».

L’invasion américaine a mis fin au règne de Saddam Hussein, mais ouvert un chapitre sanglant de l’histoire de l’Irak, faisant du pays un champ de bataille entre insurgés et troupes étrangères. La communauté chrétienne, prise au milieu des tirs, a également été directement visée par ces violences.

L’année 2013 a été noire pour l’Irak, qui a renoué avec des niveaux de violences proches de ceux de 2008.

Dix ans après la capture de Saddam Hussein et l’invasion américaine en 2003. Cette année, les violences ont été aussi meurtrières que durant la guerre civile en 2008. Le dernier bilan effectué par l’Agence France presse fait état de plus de 6 650 morts en 2013. Et les chiffres continuent de grimper. Flambée de la violence et du terrorisme, guerre en Syrie, vide politique, la crainte de la guerre civile refait plus que jamais surface en Irak.

Les autorités irakiennes se disent particulièrement inquiètes de la résurgence de groupes liés à Al-Qaïda, poussés par le conflit en Syrie voisine, et accusent des insurgés sunnites liés au réseau extrémiste d’être à l’origine de la plupart des attentats. Les sunnites, eux, se plaignent d’être l’objet d’une campagne de répression du gouvernement dirigé par les chiites.

Déjà octobre 2013 était le mois le plus meurtrier en Irak depuis cinq ans…

Barack Obama reçoit vendredi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, en quête d’aide des Etats-Unis pour lutter contre la flambée de violences la plus meurtrière que connaît l’Irak depuis cinq ans, deux ans après le départ des derniers soldats américains.

La dernière fois qu’il avait reçu Maliki à la Maison Blanche, le 12 décembre 2011, le président américain, élu sur la promesse de mettre fin à l’engagement militaire dans le pays, avait affirmé que « nous sommes parvenus à un Irak qui se gouverne tout seul (...) et qui a un potentiel énorme ».

A la même époque, il avait parlé de « réussite extraordinaire » de son pays en Irak et assuré qu’après presque neuf ans d’occupation, « nous laissons derrière nous un Etat souverain, stable, autosuffisant, avec un gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple ». Cet optimisme semble déplacé deux ans plus tard, au moment où les attentats ensanglantent quotidiennement l’Irak, théâtre de niveaux de violence inédits depuis 2008.

Plus de 5 400 personnes ont péri depuis le début de l’année dont 964 en octobre, le mois le plus meurtrier en Irak depuis avril 2008 -selon des chiffres officiels publiés vendredi-, en dépit d’opérations militaires d’envergure et de mesures de sécurité renforcées.

En tout 855 civils, 65 policiers et 44 soldats ont été tués, outre 1.600 blessés, selon des chiffres compilés par les ministères irakiens de la Santé, de l’Intérieur et de la Défense.

Le bilan total des morts est le plus élevé depuis avril 2008, où 1 073 personnes avaient été tuées. Le pays sortait alors d’un conflit confessionnel ayant fait plusieurs milliers de morts. Le niveau des violences atteint en octobre fait craindre un nouveau cycle similaire.

Pour l’ancien ambassadeur américain en Irak, James Jeffrey, ces violences « pourraient mettre le pays en pièces si Maliki et les Etats-Unis n’agissent pas rapidement ».

Depuis son arrivée mercredi à Washington, M. Maliki a multiplié les rencontres avec l’exécutif, dont au Pentagone, et les élus du Congrès. Jeudi, il a plaidé pour que la communauté internationale mène une « troisième guerre mondiale » contre le « virus » Al-Qaïda.

Jeudi, le porte-parole de la présidence a reconnu une « augmentation de la violence » en Irak que les Etats-Unis « condamnent de la façon la plus ferme ». Mais Jay Carney a affirmé qu’Al-Qaïda échouerait dans ses tentatives de « provoquer des cycles de représailles religieuses ».

Un responsable du département d’Etat avait expliqué la veille que son pays avait l’intention d’aider l’Irak à lutter « de manière efficace » contre Al-Qaïda, y compris en fournissant des équipements militaires, comme requis par M. Maliki.

« Les Irakiens nous ont demandé des systèmes d’armement (...) Nous soutenons ces requêtes et nous travaillons très étroitement avec le Congrès là-dessus », a ajouté ce diplomate américain, refusant d’entrer dans les détails.

Le principe d’une aide accrue à l’Irak en matière de sécurité est soutenu par d’influents sénateurs républicains et démocrates. Mais mercredi, ces derniers ont critiqué M. Maliki, un chiite, lui attribuant la responsabilité partielle de la reprise des violences par sa « politique sectaire et autoritaire ».

Ces « poids lourds » du Sénat ont aussi exigé de M. Obama qu’il fasse comprendre à M. Maliki que « l’influence pernicieuse de l’Iran au sein du gouvernement irakien constitue un problème sérieux dans notre relation bilatérale ».

Selon eux, Téhéran utilise notamment l’espace aérien irakien pour convoyer du matériel militaire au profit des forces du régime de Bachar al-Assad en Syrie, pays en proie à une guerre civile qui menace de déborder dans l’ouest de l’Irak voisin. M. Maliki a réaffirmé jeudi la neutralité de son pays dans ce conflit.

Jeudi soir, le porte-parole de Maliki, Ali Moussaoui, a qualifié les discussions jusqu’ici menées par le Premier ministre à Washington, notamment avec le vice-président Joe Biden, de « sérieuses et fructueuses ».

Selon la Maison Blanche, Biden, plus particulièrement chargé du dossier de l’Irak par M. Obama depuis 2009, « a réaffirmé l’engagement des Etats-Unis à équiper (militairement) les Irakiens pour combattre Al-Qaeda ».

La spirale des crimes reste ascendante en novembre et décembre 2013.

Près de 950 personnes sont mortes en Irak durant le mois de novembre, en grande majorité des civils, selon des chiffres des ministères de la Santé, de l’Intérieur et de la Défense publiés dimanche.

Au total, 948 personnes -852 civils, 53 policiers et 43 soldats- ont péri dans les violences qui endeuillent quasi-quotidiennement le pays depuis le début de l’année. En octobre, 964 personnes avaient perdu la vie, le mois le plus meurtrier en Irak depuis avril 2008.

Dimanche encore, au moins 12 personnes ont péri dimanche dans un attentat suicide visant l’enterrement du fils d’un chef tribal membre du groupe Sahwa anti-Qaïda au nord de Bagdad, selon des sources médicale et policière.

Cinq membres des forces de l’ordre et trois civils ont été tués, mardi, dans des attaques en Irak, selon des sources médicales et policières. Des attaques prenant principalement pour cible les forces de sécurité ont fait seize morts en Irak dimanche 29 décembre, dont trois haut-gradés, ont indiqué des responsables des services médicaux et de sécurité.

Quatre militaires ont été tués dans un attentat-suicide à la voiture piégée à Mossoul, dans le nord de l’Irak, ont annoncé la police et une source hospitalière. Le kamikaze a fait exploser son véhicule près d’un convoi de l’armée, tuant un soldat et trois haut-gradés - un général, un colonel et un lieutenant. L’explosion a blessé dix autres personnes parmi lesquelles six soldats, selon ces sources. Toujours à Mossoul, l’une des villes les plus dangereuses d’Irak, une voiture piégée a explosé près d’un point de contrôle de l’armée, tuant quatre autres soldats, et une bombe a détoné dans la ville, tuant un enfant.

Ces attentats contre l’armée interviennent une semaine après une opération militaire contre des insurgés dans la province d’Anbar (ouest), au cours de laquelle une quinzaine de militaires, dont cinq officiers de haut-rang, ont trouvé la mort.

6 750 sont morts depuis le début de l’année.

Par ailleurs, quatre miliciens engagés contre Al-Qaida ont été tués dimanche dans une attaque menée par des insurgés à Abou Ghraïb, à l’ouest de Bagdad.

Des insurgés ont attaqué un poste de contrôle tenu par les Sahwa, des milices recrutées à partir de 2006, à l’origine par l’armée américaine, pour combattre Al-Qaida et assurer la protection des oléoducs qui traversent des zones tribales sunnites, en particulier dans l’ouest du pays. Considérés comme des traîtres par les insurgés sunnites, ces miliciens sont régulièrement la cible d’attaques. A Bagdad même, un attentat à la bombe a fait au moins deux morts et six blessés dans le quartier de Jihad, selon des responsables. Et à Baqouba, au nord de la capitale, un autre bombé placée sur la chaussée a tué une personne et en a blessé quatre.

Les violences se sont multipliées cette année en Irak, renouant avec leur niveau de 2008, lorsque le pays sortait à peine d’un conflit confessionnel après l’invasion américaine de 2003. Plus de 6 750 personnes ont ainsi été tuées depuis le début de l’année, selon un bilan établi par l’AFP sur la base de sources de sécurité et médicales. Selon des experts, ce nouvel engrenage est dû au mécontentement de la communauté sunnite, qui s’estime marginalisée par le gouvernement à majorité chiite. L’arrestation samedi d’un député sunnite, au terme d’un raid qui a coûté la vie à son frère, menace d’accroître ce ressentiment.

Des affrontements armés se sont produits dans la ville irakienne de Ramadi entre les troupes gouvernementales et la population sunnite locale.

Le réseau mobile ne fonctionne pas dans cette zone. Les haut-parleurs dans les minarets appellent les habitants à une « guerre sainte » contre le gouvernement du pays, contrôlé par les chiites.

Au moins 10 personnes ont perdu leur vie dans les affrontements et des dizaines ont été blessés. Les sunnites ont brûlé deux blindés des forces gouvernementales et ont pris un autre blindé d’assaut. Les hélicoptères de combat qui planent au-dessus de la ville de Ramadi, sont en train de tirer sur les insurgés.

Dans la ville de Tarmiyah, au nord de Bagdad, un kamikaze s’est fait exploser au passage d’une patrouille militaire, tuant au moins deux soldats et en blessant cinq. Les forces de sécurité de cette ville ont précisé avoir arrêté un deuxième homme qui portait une veste chargée d’explosifs.

Dans la province de Ninive, à Ain Jahash, des heurts entre insurgés et une patrouille de l’armée ont fait deux morts, un colonel et un soldat, et cinq blessés parmi les militaires.

A Mossoul, un policier a été tué dans une attaque, tandis qu’un lieutenant de police et son chauffeur étaient blessés dans une deuxième.

Et près de la ville de Baqouba, toujours au nord de Bagdad, le directeur de cabinet d’un parlementaire sunnite a été tué par l’explosion d’une bombe collée à sa voiture. Deux autres civils ont été tués ailleurs dans le pays.

Le démantèlement d’un important campement de protestataires sunnites près de Ramadi en Irak a provoqué des affrontements qui se sont étendus à la ville de Fallouja, à l’ouest de Bagdad, lundi 30 décembre.

Les autorités irakiennes avaient annoncé, lundi dans l’après-midi, que le campement, considéré par le gouvernement comme un repaire d’Al-Qaida, était entièrement démantelé et l’autoroute, que son installation bloquait, rouverte. Elles avaient alors indiqué que la police continuait de poursuivre des protestataires dans Ramadi.

Selon un médecin, les affrontements consécutifs à ce démantèlement ont fait au moins dix morts et une trentaine de blessés, tandis que le porte-parole du premier ministre Nouri Al-Maliki avait assuré que l’opération avait été menée « sans aucune perte, après qu’Al-Qaida et ses membres se sont échappés du camp ».

Quarante-quatre députés ont par ailleurs annoncé qu’il démissionnaient pour protester contre le démantèlement de ce camp de contestataires antigouvernementaux, installé il y a un an après l’arrestation pour des soupçons de terrorisme de gardes de Rafah Al-Issawi, un politicien sunnite influent, alors ministre des finances. Celle-ci avait été perçue comme une illustration de l’abus par les autorités de l’arsenal juridique antiterroriste à l’encontre de la minorité sunnite, majoritaire dans la région de Ramadi, qui s’estime marginalisée.

Des membres de la communauté sunnite avaient installé ce camp il y a un an, au début d’un mouvement de protestation sunnite, qui continue aujourd’hui.

La violence fait partie du quotidien des Irakiens. Et elle ne cesse d’empirer. Le décompte est macabre : entre 500 et 800 tués chaque mois depuis le mois d’avril. Les Nations unies « s’alarment d’un retour au niveau de violence d’il y a cinq ans ». Des attentats à la voiture piégée se coordonnent de plus en plus dans les grandes villes du pays. Le 10 août dernier par exemple, une vague d’attentats a fait près de 80 morts et 240 blessés ; une douzaine d’attaques simultanées se sont produites dans la seule capitale Bagdad. C’est la communauté chiite, qui représente plus de la moitié de la population, qui subit de plein fouet cette flambée de violences.

Les chiites, qui depuis 2003 ont pris les rênes du pouvoir, sont de plus en plus contestés par les sunnites qui se sentent exclus et discriminés. La radicalisation sunnite s’accroît donc. La montée en puissance d’al-Qaïda en est la preuve. Ses capacités d’actions se multiplient et la coordination de ses attaques se précise à mesure que le conflit en Syrie se pérennise. Il n’y a plus de frontières pour les jihadistes qui circulent désormais « librement ».

Fort pourtant de plus d’un million d’hommes armés pour 33 millions d’habitants, le gouvernement du chiite Nouri al-Maliki ne parvient pas à stopper cette spirale du terrorisme. Pour le moment, cette radicalisation sunnite n’entraîne pas réellement le retour des milices chiites. Mais le pouvoir en place se charge tout de même de punir ses détracteurs. Selon Amnesty international, depuis un an, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue, dans les régions où la majorité de la population se réclame de l’islam sunnite, pour protester contre les détentions arbitraires, les violations des droits des détenus et le recours à la législation antiterroriste, et pour réclamer la fin de ce qu’ils considèrent comme une discrimination du gouvernement envers la population sunnite.

Le Premier ministre Nouri al-Maliki, en poste depuis huit ans, est de plus en plus contesté au sein même de sa communauté. La crainte qu’il joue de la violence confessionnelle pour sauver sa peau grandit à mesure que les défections s’accroissent dans son propre camp. L’absence du président participe aussi du chaos politique. Le président Talabani, sunnite, était considéré lors de sa première élection en 2005 comme un médiateur à la crise, pour rassembler une classe politique minée par les divisions entre musulmans chiites et sunnites d’une part, et Arabes et Kurdes d’autre part. Son départ du pays pour des raisons de santé depuis un an est un facteur supplémentaire de l’instabilité du pays. Et les différents organes du gouvernement et les institutions sont au point mort.

Sur le plan constitutionnel, l’Irak est ainsi sans président, la loi fondamentale étant floue sur les dispositions quant à un éventuel remplacement. La Constitution stipule que « le vice-président devrait remplacer le président en cas d’absence », mais aussi que si la présidence devient « vacante », un nouveau président doit être élu dans les trente jours. Or elle n’établit pas de lien entre les deux scénarios.

L’Irak est ainsi plongé dans un chaos sans précédent. « Depuis le retrait américain, expliquait Antoine Basbous sur RFI en août dernier, ce pays continue de souffrir d’une instabilité structurelle. Le pouvoir est contesté. Il est largement dominé par les chiites. Il fait partie de l’alliance iranienne et se comporte de façon sectaire, en traitant les sunnites qui sont minoritaires comme des citoyens de seconde zone », et, ajoutait le directeur de l’Observatoire des pays arabes, « le gouvernement sectaire de Nouri al-Maliki n’est pas appelé à apaiser les conflits ».

C’est ce même Nouri al-Maliki qui use de la menace d’al-Qaïda pour obtenir le soutien des Américains, eux-mêmes en lutte permanente contre le mouvement. Il use aussi de la manne pétrolière et vante les succès de son pays. Depuis 2005 en effet, la production d’or noir a augmenté de 50 % (plus de 7 milliards de dollars ont été générés en huit mois). Mais le pétrole ne permettra pas d’enrayer la crise profonde. D’autant qu’en la matière, tout le monde veut sa part du butin, y compris les jihadistes.

Le pétrole est une arme. Et cela vaut plus que jamais pour l’Irak. Il y a dix ans, les Etats-Unis souhaitaient réformer le secteur pétrolier afin qu’il devienne l’une des bases de la reconstruction du pays. Mais actuellement, le pétrole finance une économie souterraine, une économie de guerre. Même les groupes terroristes financent une partie de leurs actions grâce à la contrebande pétrolière.

Conflits, sanctions, corruption (l’Irak est 7e au classement des pays les plus corrompus établi par l’ONG Transparency International), répression, communautarisme et confessionnalisme planent ainsi encore sur l’Irak, même sans Saddam Hussein. En 2014, le pays aura besoin d’un réel dialogue national autour d’un programme visant à préserver l’unité. Un dialogue qui lui permette d’entamer enfin sa pacification et sa reconstruction.

Que ceux qui voient déjà l’Iran rejouer rapidement dans la cour des grands du pétrole considèrent l’exemple de l’Irak, même si l’insécurité croissante qui y règne est absente de l’autre côté du Chatt-el-Arab. Dix ans après la fin de la guerre et de l’embargo économique contre le régime de Saddam Hussein, le pays n’a pas tenu les espoirs que certains ont mis en lui.

S’il possède les troisièmes réserves mondiales, sa production peine à dépasser 3 millions de barils par jour (2,3 millions en novembre), son niveau de 1989. En 2014, Bagdad compte exporter 3,4 millions de barils chaque jour.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la production pourrait atteindre 6,1 millions de barils en 2020 et 8,3 millions en 2035. « L’Irak va représenter, dans les dix ans à venir, près de 45 % de la croissance anticipée de la production pétrolière mondiale », soulignait, l’an dernier, Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE, mettant en avant des coups d’extraction plus bas qu’au Venezuela et au Canada. A Bagdad, le gouvernement évoquait même le chiffre faramineux de 12 millions de barils dans dix ans.

La loi pétrolière de 2007 réserve toutefois la part du lion à l’Etat irakien et la faible rémunération des contrats de services proposés aux majors internationales les dissuadent d’investir massivement pour doper la production des gisements géants du Sud, améliorer le réseau de pipelines, construire raffineries et terminaux d’exportation. Ainsi, Bagdad va-t-il autoriser ExxonMobil, Shell et BP à revoir à la baisse les objectifs de production sur lesquels ils s’étaient engagés pour remporter les enchères pétrolières de 2009.

De nombreux obstacles techniques demeurent. Et la situation politique se tend à l’approche des élections législatives d’avril 2014. Les attentats sanglants ont repris à un rythme effréné cette année (la plus meutrière depuis 2008) sur fond de fortes tensions entre chiites et sunnites. Les mouvements sunnites, liés à Al-Qaida, se sont renforcés. Autre fléau : la corruption. Dans son rapport 2013, Transparency International classe l’Irak dans les dix pays les plus corrompus du monde.

En outre, la loi pétrolière octroyant une relative autonomie aux régions n’a pas réglé la question du partage des ressources qui assurent 95 % du budget de l’Etat central. Les relations sont tendues entre Bagdad et les autorités du Kurdistan irakien. Les contrats signés par cette région autonome avec ExxonMobil, Shell, Total et Gazprom Neft n’ont pas été validés par le gouvernement. En revanche, un accord tripartite entre Ankara, Bagdad et le Kurdistan irakien pour acheminer du brut par oléoduc vers la Turquie pourrait être paraphé ce mois-ci, a indiqué le ministre turc de l’énergie, Taner Yildiz, mardi 3 décembre.

A tout cela s’ajoutent des relations ambivalentes avec l’Iran et la menace de déstabilisation liée à la guerre en Syrie, avec laquelle l’Irak partage 600 km de frontières. « Cette double situation de crise, interne et régionale, doit tempérer les projections optimistes qui fleurissent vis-à-vis de l’Irak », préviennent Stéphane Chatton et Nicolas Mazzucchi, spécialistes de sécurité économique, dans un article intitulé « Irak : le mythe d’Eldorado », publié par La Revue de l’énergie (octobre 2013).

12 Messages de forum

  • Une défaite sans précédent du régime irakien et des USA !

    Après la chute de Mossoul, la deuxième plus grande ville du pays, et de toute la région de Ninive aux mains du groupe djihadiste de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), mardi 10 juin, ce sont six secteurs de la province pétrolière de Kirkouk et une région de la province de Salaheddine qui sont tombés dans le giron des islamistes. Une offensive d’une envergure sans précédent qui a conduit le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, a réclamé dans un discours retransmis en direct à la télévision la déclaration de l’état d’urgence.

    Le groupe djihadiste de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) est derrière ces attaques. Selon le Guardian, les islamistes ont pris le contrôle de la ville de Mossoul après quatre jours de combat. Les insurgés ont ensuite libéré les prisonniers de la ville, et ont hissé leur bannière frappée du sceau de l’EIIL sur les bâtiments officiels. « Toutes les unités militaires ont quitté Mossoul [près de 2 millions d’habitants] et les résidents de la ville ont commencé à fuir [vers le Kurdistan] », a indiqué un officier de l’armée irakienne.

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  • A la suite de la chute de Mossoul, des dizaines d’autres localités sont tombées, parfois sans qu’un coup de feu ne soit tiré. Les djihadistes ont ainsi pris Al-Charkat, son aéroport militaire et deux hélicoptères qui s’y trouvaient, selon une déclaration de l’EIIL. La base militaire de Ghezlani contenant de l’artillerie lourde est également passée sous leur contrôle, ainsi qu’Al-Awja, village natal de Saddam Hussein.

    Baiji, stratégique en raison de ses raffineries de pétrole, ou encore Rabia, sur la frontière syrienne, qui permet de contrôler l’acheminement de combattants et d’armes entre les deux pays, sont aussi aux mains de l’EIIL. La liste ne cesse de s’allonger…

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  • La dernière conquête des jihadistes est Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad. Ils ont en outre tenté, en vain, de prendre Samarra, à une centaine de km de Bagdad, selon des témoins.

    Ils se sont emparés depuis mardi de la deuxième ville d’Irak, Mossoul, de sa province, Ninive, et de secteurs dans deux provinces proches, Kirkouk et Salaheddine, majoritairement sunnites.

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  • L’offensive de l’EIL est l’occasion enfin trouvée de mettre en selle l’Iran en Irak...

    Téhéran se dit prêt à apporter son soutien à l’Irak dans la lutte que mène Bagdad face à l’offensive des djihadistes de l’EIIL, mais refuse d’envisager un engagement militaire direct. Une coopération avec Washington pourrait même être étudiée.

    Le président iranien Hassan Rohani a annoncé, samedi 14 juin, que l’Iran était prêt à apporter une aide militaire face à l’offensive des djihadistes en Irak, sans exclure une coopération avec les États-Unis. Un soutien qui ne se matérialisera cependant pas par une intervention directe dans les combats.

    La progression fulgurante des extrémistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui contrôlent désormais de nombreux territoires dans le nord et l’est du pays voisin, "inquiète" les autorités à Téhéran, a affirmé Rohani. Mais il a cependant insisté sur le fait qu’il y avait "une différence entre aider et intervenir".

    "L’intervention des forces iraniennes" n’est pour l’heure pas envisagée, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse, démentant des informations sur la présence de troupes sur le sol irakien. Il a toutefois précisé qu’il était "possible qu’on nous demande des conseils pour combattre le terrorisme".

    L’Iran, principal allié régional du régime syrien dans sa lutte contre la rébellion, a déjà admis qu’il avait envoyé des conseillers militaires en Syrie pour soutenir l’armée régulière qui a enregistré récemment plusieurs victoires sur le terrain.

    "Nous les avons déjà mis en échec [...]. Cela peut être fait à nouveau", avait indiqué samedi à l’AFP un ancien officier des services de renseignement iranien.

    L’EIIL est également très actif en Syrie, où il contrôle de larges secteurs de la province pétrolière de Deir Ezzor (nord-est), faisant craindre la perspective d’une unité territoriale avec le nord-ouest irakien.

    Rohani a précisé que l’Iran était "prêt à aider l’Irak [...], si le gouvernement irakien nous le demande, sur la base du droit international et de la volonté du peuple et du gouvernement irakiens". Mais "pour le moment, nous n’avons reçu aucune demande particulière", a-t-il expliqué.

    En dépit de l’absence de relations diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis, Téhéran n’exclut pas non plus une coopération avec Washington dans la lutte contre les insurgés, même si les deux pays ont déjà eu des discussions avant le retrait des troupes américaines d’Irak fin 2011 sur la situation dans le pays. Il existe "beaucoup de façons officielles et officieuses" de contacter la partie américaine, a d’ailleurs ajouté en souriant le président Rohani.

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  • Les insurgés sunnites ont marqué un nouveau point samedi en prenant un poste-frontière avec la Syrie au 13ème jour de leur offensive majeure en Irak, consolidant leur contrôle dans l’ouest du pays menacé d’éclatement.

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  • Les combattants sunnites emmenés par l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) continuent de gagner du terrain en Irak. Ces derniers se sont emparés dimanche de trois localités dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, a-t-on appris auprès de témoins et de sources proches des services de sécurité. "L’armée s’est retirée de Raoua, Ana et Routba ce matin et l’EIIL a agi rapidement pour prendre entièrement le contrôle de ces villes", a dit un responsable des services de renseignement militaires. L’EIIL contrôle actuellement une partie de la province d’Anbar, frontalière de la Syrie, depuis le début de l’année et s’est emparé d’une partie du nord-ouest de l’Irak depuis le 10 juin.

    Un frappe aérienne a par ailleurs causé la mort d’au moins 7 personnes dimanche à Tikrit, tenue par des insurgés sunnites dans le nord de l’Irak, où les forces de sécurité tentent de repousser une offensive fulgurante lancée il y a près de deux semaines. La télévision d’Etat irakienne a affirmé que la frappe, visant un groupe d’insurgés, avait tué 40 d’entre eux, tandis que des témoins ont expliqué à l’AFP que sept personnes avaient péri dans cette attaque. Ces témoins n’ont pas précisé si les victimes étaient ou non des combattants.

    Marcher sur Bagdad. A la faveur de leur offensive, lancée le 9 juin et menée par des djihadistes de l’EIIL, les insurgés sunnites contrôlent désormais cette ville, mais aussi Mossoul, deuxième ville du pays. Samedi, ils ont engrangé un nouveau succès avec la prise du poste-frontière d’Al-Qaïm (340 km au nord-ouest de Bagdad), dans la province d’Al-Anbar (ouest). L’EIIL a par d’ailleurs proclamé son intention de marcher sur Bagdad et les villes saintes chiites de Kerbala et Najaf, au sud de la capitale.

    Après la débandade des troupes irakiennes aux premiers jours de l’offensive, les forces de sécurité tentent désormais de se ressaisir et de faire face aux jihadistes. Le président américain Barack Obama a promis d’envoyer 300 conseillers militaires pour les aider dans cette tâche ardue, mais a pour l’instant exclu les frappes aériennes réclamées par le gouvernement irakien. A l’étranger, les appels à un gouvernement d’unité nationale pour sortir le pays du chaos se multiplient, alors que l’ONU a qualifiée la crise de "menace vitale" pour l’Irak.

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  • Des combattants sunnites emmenés par l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés dimanche de trois localités dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak. L’armée a affirmé dimanche qu’elle s’en était retirée pour des raisons "tactiques" de "redéploiement". Mais l’EIIL a pris également le contrôle de deux postes-frontière de la même province, à la frontière irako-syrienne. Selon des officiers et des médecins, les insurgés ont aussi abattu 21 responsables locaux entre samedi et dimanche à Rawa et Aana.

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  • L’avancée d’EIL crée une situation nouvelle. Le 19 juin, le journal israélien Yediot Aharonot relevait “cette situation hautement paradoxale qui voit des amis et des ennemis prétendument jurés (le Hezbollah chiite libanais, le régime syrien alaouite, l’Iran, la Jordanie hachémite et les Etats-Unis) contraints de constituer ensemble et implicitement une sorte de ‘zone tampon’ face aux djihadistes, qui rêvent de rétablir le califat islamique sunnite et de s’emparer de tout le Moyen-Orient.

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  • A Tikrit, les forces officielles reculent devant les jihadistes. L’Etat islamique contrôle cette ville à 160 km au nord de Bagdad depuis le 12 juin. Cela fait maintenant deux semaines que l’armée essaye de la reprendre, en vain. Dans le même temps, 300 personnes liées à la rébellion sunnite irakienne contre le pouvoir chiite se sont réunies à Amman.

    Les forces irakiennes pensaient enfin tenir une bonne nouvelle. Ce mardi, avec l’aide de milices chiites, elles avaient repris une partie de Tikrit, la ville natale de Sadam Hussein. Le siège du gouvernorat de province et l’académie de police étaient notamment passés sous leur contrôle.

    Mais cette avancée a été de courte durée. Mardi soir, des tirs de mortiers et l’action de tireurs embusqués, ont contraint les soldats à reculer pour éviter les pertes. Ils ont trouvé refuge dans une base situé à 4 km au sud de la ville. Et ils pourraient bientôt repartir au combat.

    Ce revers illustre toute la difficulté de l’armée irakienne à reprendre les territoires conquis en juin par l’Etat islamique. Les jihadistes dominent toujours une bonne partie du nord de l’Irak.

    D’après des témoins sur place, les forces gouvernementales ont rencontré un rare succès à Doulhouiyah. Cette ville à 70 km au nord de Bagdad a été reprise dans la nuit de mardi à mercredi après des jours de combat. Il faudra maintenant la conserver. Car Doulhouiyah ne cesse de passer d’un camp à l’autre.

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  • Selon les rapports établis par des journalistes indépendants mettent le nombre de civils irakiens et syriens tués dans les frappes aériennes menées par les États-Unis et ses alliés vont jusqu’à 850.

    Et maintenant les troupes américaines reviennent en Irak.

    Depuis des années, elles ont mis ce pays à feu et à sang. Il ne reste rien debout et ce n’est que le début du carnage !!!

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  • Selon les rapports établis par des journalistes indépendants mettent le nombre de civils irakiens et syriens tués dans les frappes aériennes menées par les États-Unis et ses alliés vont jusqu’à 850.

    Et maintenant les troupes américaines reviennent en Irak.

    Depuis des années, elles ont mis ce pays à feu et à sang. Il ne reste rien debout et ce n’est que le début du carnage !!!

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  • La commission d’enquête anglaise sur la guerre d’Irak a reconnu que Tony Blair et Bush mentaient sciemment en prétendant que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et rejoignait le terrorisme. Tony Blair a eu des mots d’excuse mais c’est pure hypocrisie puisqu’il plaide la bonne foi et prétend encore que « renverser Saddam Hussein était la bonne décision. Le monde est plus sûr. » Plus sûr ! Eh bien, il continue à s’aveugler comme cela lui chante ! Ou plutôt comme cela convient aux intérêts des classes dirigeantes. Voilà celui qu’on avait appelé le « caniche de Bush », voilà ce qu’est un des leaders de la social-démocratie, un menteur et un chien sanglant responsable d’un monde de plus en plus sanglant.

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