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Accueil du site > 01 - Livre Un : PHILOSOPHIE > LIVRE UN - Chapitre 10 : Dialectique naturelle et sociale > La fin de la mystification de la matière physique, ou chosification

La fin de la mystification de la matière physique, ou chosification

lundi 21 octobre 2013, par Robert Paris

La fin de la mystification de la matière physique, ou chosification

La physique quantique a eu le grand mérite de détruire une image solidement ancrée et qui bloquait toute évolution conceptuelle de la compréhension du phénomène matériel. Tant que l’on voyait l’univers qui nous entoure comme des objets fixes se déplaçant dans un espace vide avec lequel ils n’interagissent pas, on ne risquait pas de saisir le caractère discontinu, fondé sur l’agitation permanente, non linéaire, émergent, sautant sans cesse d’un état à un autre, contradictoire au sens dialectique de l’univers matière/vide.

Soulignons d’abord que le monde des choses n’obéit pas au même type de lois qu’un univers où les structures sont intrinsèquement contradictoires. C’est pour cela que les physiciens quantiques ont été philosophiquement perturbés, amenés pour les uns à se jeter vers un idéalisme ou un agnosticisme philosophique, vers un positivisme ou vers des mysticismes.

Leur certitude d’une matière de base sous forme de choses, atomes ou particules, a été brutalement détruite et définitivement détruite. Toute tentative de la faire réapparaitre est complètement exclue. On peut rappeler pourquoi même si les contradictions logiques de la physique quantique sont un peu connues. Elles s’appellent :

- dualité onde/particule (deux états pourtant apparemment aux propriétés diamétralement opposées)

- superposition d’états qui ne s’interrompt que lors de la mesure ou de l’interaction

- chat de Schrödinger (superposition des états chat mort et chat vivant dans la boite contenant un atome radioactif)

- apparition et disparition d’énergie et de particules dans le vide quantique (modification importante par rapport à l’idée des lois de conservation qui ne sont plus que globales).

- rupture brutale et irréversible entre le monde quantique et le niveau macroscopique. En particulier, toute mesure à l’aide d’instruments macroscopiques (dont l’homme lui-même) est une rupture du déroulement physique spontané.

- symétrie entre matière et antimatière dans le vide quantique (ils n’interviennent qu’en couples provisoires qui se joignent provisoirement pour se séparer chacun de son côté du temps).

- réalité des particules et antiparticules éphémères du vide

- propriété de masse de la matière transmise d’un éphémère à un autre par un corpuscule de type lumière (le boson de Higgs), la masse n’est donc pas attachée à un objet particulier mais saute sans cesse de l’un à l’autre

- émergence des univers et des lois physiques à chaque niveau, l’ensemble des niveaux étant emboités et holistes (le contraire du réductionnisme : le tout détermine autant les parties que le contraire et le tout n’est pas la somme des parties).

- l’élémentarité est un ancien idéal disparu car il y a tout un univers agité de millions de corpuscules dans la structure dite « atome » comme dans celle dite « électron ».

Il en découle l’impossibilité de fonder les bases de l’univers sur des concepts « objets » ou « choses » de type uniquement matière. La matière dite « réelle » nécessite pour être fondée :

- l’antimatière

- la « lumière » (ou bosons)

- le vide quantique (ou corpuscules éphémères)

La matière stable n’est que le produit global d’une agitation sous-jacente d’un univers obéissant à de tout autres lois que l’univers où nous croyons habiter…

Et tout d’abord, ce qui est ici renversé, c’est notre croyance en la capacité de la logique formelle de décrire le monde par des réponses en oui ou non (exclusif) :

- oui ou non, c’est de la matière ou de la lumière

- oui ou non, c’est une onde ou un corpuscule

- oui ou non, c’est de la matière ou du vide

- oui ou non, la matière là existe ou n’existe pas

- oui ou non, le chat est mort ou vivant

- oui ou non, le corpuscule est bien à cet endroit et à cette vitesse

- oui ou non, le corpuscule suit une trajectoire et va se retrouver en tel endroit

- oui ou non, matière ou antimatière ?

- oui ou non, le temps s’écoule dans un seul sens ?

- oui ou non, rien ne peut aller plus vite que la vitesse de la lumière

Malheureusement pour les logiciens formels, et ils sont nombreux y compris parmi les scientifiques car la logique dialectique n’est pas spontanée à l’homme, on doit répondre par :

oui ET non !

Les contradictions ne sont pas diamétrales mais intrinsèques. Elles ne viennent pas de propriétés séparées et opposées mais intérieures à la même structure, inséparables, se combattant sans arrêt et changeant sans cesse de forme...

La philosophie de Hegel avait bien anticipé les découvertes de la science…

Cela n’est pas étonnant : sa philosophie avait pour but une déchosification de l’interprétation du monde. Il combattait la notion de construction d’un monde stable sur des bases de briques élémentaires stables et fondait au contraire le « structurellement stable » sur l’instabilité sous-jacente.

« Tout ce qui vit mérite de mourir et tout ce qui meurt peut redonner naissance à la vie ».

Ce n’est pas la vie OU la mort.

C’est la mort est la vie ET la vie est la mort…

C’est Hegel qui a découvert le chat de Schrödinger !!!!

Les physiciens quantiques comme Bohr, Heisenberg étaient horrifiés à l’idée de se jeter dans les bras de la logique dialectique de Hegel attachée dans leur esprit à sa suite matérialiste dialectique chez Marx ! Ils ont préféré le dualisme ou l’idéalisme et même le mysticisme. Ce n’est pas une simple question de compréhension de la physique mais un attachement à la société bourgeoise chez ces patrons de la Physique… En philosophie plus qu’en aucun autre domaine, il y a des choix sociaux.

Jamais la bourgeoisie, parvenue au pouvoir et s’y accrochant bien que son système ait atteint ses limites, ne pourra admettre la philosophie du « tout système social mérite de périr », « toute classe dominante sera renversée », « l’ordre est issu du désordre et c’est le désordre qui amènera un nouvel ordre », etc….

Cette philosophie là est révolutionnaire. Elle fonde le réel sur la dynamique permanente du changement brutal.

Jamais la bourgeoisie, et en particulier ses représentants dans les sciences, ne l’admettra car la dialectique sonne sa propre mort historique et sociale…

La physique a donc poursuivi son chemin mais elle ne disposera pas de son interprétation conceptuelle car les physiciens y ont consciemment renoncé….

Elle continue ses calculs et ses expériences mais ne regroupera plus ses trouvailles au sein d’une philosophie d’ensemble de la physique comme elle l’avait fait avant la physique quantique, avant aussi le chaos déterministe, avant Einstein, Prigogine et bien d’autres…

Bien des problèmes philosophiques frappent à la porte de l’interprétation physique mais ils ne seront pas intégrés :

- non linéarité

- discontinuité

- émergence

- contradiction

- refus de la logique formelle

- interpénétration ordre/désordre

- interpénétration déterminisme/aléatoire

- univers hiérarchiques emboités Etc, etc…

L’évolution des conceptions physiques et philosophiques sont irrémédiablement reliés à l’évolution des conceptions philosophiques de la société, de la politique, du changement social…

Il n’y a aucune objectivité particulière propre aux sciences dites « dures ». Le monde est un tout et le social interagit sur la science comme sur la conception économique et sociale.

La « chosification » n’est pas propre à la physique scientifique. Elle marque toute notre conception du monde, l’économie comme le reste.

Citons Karl Marx, dans « Le Capital », tome III :

« La mystification du système capitaliste – la chosification des rapports sociaux, et la fusion directe des conditions matérielles de la production avec leur forme sociale historiquement déterminée – se trouve achevée dans cette trinité économique que représente le capital-profit (ou encore mieux capital-intérêt), la terre-rente foncière, le travail-salaire et où se manifeste la corrélation des éléments de la valeur et de la richesse en général avec ses sources : c’est le monde ensorcelé, renversé, tourné sens dessus dessous, où Monsieur le Capital et Madame la terre jouent leur jeu de fantômes, à la fois caractères sociaux et simples choses. L’économie classique a le grand mérite d’avoir détruit toute cette mascarade, cette hypocrisie et cette ossification des divers éléments sociaux de la richesse, cette personnification des choses et cette matérialisation des rapports de production, cette religion à l’usage du quotidien, en ramenant l’intérêt à une partie de profit, et la rente à l’excédent sur le profit moyen, si bien qu’ils se confondent tous deux dans la plus-value ; ou encore, en représentant le processus de circulation comme une simple métamorphose des formes, et enfin en réduisant, dans le processus immédiat de la production, la valeur et la plus-value des marchandises au travail. Mais malgré cela, même les meilleurs porte-parole de l’économie classique restent plus ou moins prisonniers de ce monde des apparences qu’ils ont démoli par leur critique, et tombent tous plus ou moins dans des inconséquences, demi vérités et contradictions flagrantes : du point de vue bourgeois, il ne pouvait guère en être autrement. »

Et les physiciens, y compris quantiques, restent plus ou moins prisonniers de ce monde des apparences qu’ils ont démoli par leur critique….

Des structures émergentes au lieu d’objets fixes

Un monde matériel sans cesse en transition

Physique quantique et philosophie

Pourquoi la physique quantique nous pose autant de problèmes philosophiques ?

La physique quantique est-elle kantienne ?

La discontinuité et la physique quantique

La physique de la matière et la philosophie dialectique

Réel et déterminisme dans la physique quantique

Les contradictions des quanta

Quelle est la structure de la matière et du vide - ou comment la matière est virtuelle et le virtuel est matière

La "nature" et les illusions du "bon sens"

Tout est-il virtuel ? La matière n’existe-t-elle que pour une conscience humaine ?

Qu’est-ce que l’atome ? Qu’est-ce que la particule ? Qu’est-ce que l’électron ?

La matière, émergence de structure au sein du vide

Qu’est-ce que le virtuel ?

La science moderne n’est pas débarrassée de l’animisme, de la conception magique

L’étude scientifique obéit-elle à la relation de cause à effet ?

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » ?

L’irréversibilité existe-t-elle au niveau quantique ?

Qu’est-ce que l’équilibre et le non équilibre ?

Qu’est-ce que la discontinuité Qu’est-ce que la non linéarité

Qu’est-ce qu’un système dynamique ? Qu’est-ce que l’émergence

Pourquoi la notion d’émergence d’organisation nous semble indispensable pour comprendre celle de structure en sciences ? La révolution, le grand organisateur

La philosophie dialectique, indispensable aussi en sciences

La dialectique, c’est la vie. Penser le monde sans la dynamique des contradictions, c’est la mort....

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