English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 09 - Livre Neuf : RELIGION > La religion, philosophie de consentement au système social

La religion, philosophie de consentement au système social

mercredi 12 mars 2008, par Robert Paris

Site : Matière et révolution

www.matierevolution.fr

Sommaire du site

Pourquoi ce site ?

Pour nous écrire, cliquez sur Répondre à cet article


On se souvient de l’expression bien connue "La religion est l’opium du peuple". On pense souvent à l’opium que peut utiliser l’individu face à ses souffrances de la vie. On a en tête le rôle de la religion face à la dureté de l’existence, face à la mort des proches en particulier. On pense moins au rôle de la religion dans les transformations sociales par lesquelles sont passées les sociétés. Faire accepter aux peuples ces changements qui leur étaient défavorables a alors été une tâche importante dévolue aux religions. C’est aussi, et surtout, là que réside le rôle d’"opium" du peuple !

Extraits de "Classes, castes et monarques : les sources religieuses"de Maurice Godelier

"L’enracinement religieux de la reproduction des rapports sociaux ne concerne pas seulement les sociétés les plus simples, relativement peu différenciées. Il est encore plus fortement impliqué dans l’émergence de hiérarchies, d’ordre, de castes ou de classes sociales, apparues dans les civilisations les plus diverses. (...)

A Tonga, une hiérarchie (...) permettait à une classe de nobles, les eiki, de disposer du pouvoir absolu sur le biens et les personnes qui vivaient sur leurs terres. ils tiraient leur noblesse de leur proximité avec le "tu’i tonga", chef suprême descendant du dieu Tangaloa, et étaient libérés de tout travail autre que la guerre et l’accomplissement des rites.

Le même procès de sacralisation est à l’oeuvre dans la formation des sociétés très hiérarchisées comme celle de l’Inde des castes, où les brahmanes étaient chargés de sacrifier aux dieux, jouissaient d’une position privilégiée et de revenus liés à leur fonction. Ils dépendaient pour leur existence matérielle du travail des basses castes, paysannes et autres, et pour leur défense, de la caste des guerriers, qui leur était immédiatement inférieure dans l’échelle de la pureté.

Enfin, la consécration, au sommet de la société, d’un monarque divin comme le pharaon d’Egypte ou l’empereur de Chine représente l’aboutissement de ce processus avec la sacralisation de l’Etat. (...)

La naissance des classes et des castes fut un processus sociologique et historique qui a impliqué à la fois le consentement et la résistance de ceux auxquels la formation de ces groupes sociaux dominants faisait peu à peu perdre leurs anciens statuts (...) La violence y a joué un rôle, mais le consentement sans doute encore plus."

extrait des "Grands dossiers des Sciences Humaines" de décembre 2006

INDE

de Monique Desroches :

"Intégration du social au religieux

En Inde, le religieux et le social forment un tout indissociable rendant extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, l’établissement d’une démarcation entre le sacré et le profane. Le comportement de chaque hindou est, en effet, régi par un ensemble de règles précises qui lui dictent, par exemple, la place qu’il doit occuper dans la société, le genre de travail qu’il peut accomplir, la nourriture à laquelle il a droit, les dieux qu’il doit vénérer ainsi que les modes d’adoration. Les traditions varieront donc selon l’appartenance à une classe précise dans la hiérarchie sociale. Cet encadrement de la société s’est cristallisé dès les temps anciens et apparaît clairement dans les textes sacrés des Codes des lois de Manu ainsi que dans L’art de gouverner (Artha-Sastra). Ces textes stipulent d’abord une division de la société en quatre grandes classes sociales, les castes, et précisent ensuite pour chacune d’elles, des rôles socio-religieux spécifiques. Ainsi :

*

aux "Brahmanes", le Créateur assigna d’enseigner et d’étudier, de sacrifier pour eux-mêmes et pour les autres (comme officiants), de donner et de recevoir des dons ; *

aux "Ksatriyas", de protéger les créatures, de donner, de sacrifier pour eux-mêmes et d’étudier, ainsi que de ne pas s’attacher aux objets des sens ; *

aux "Vaisyas", il enseigna de protéger le bétail, de donner, de sacrifier et d’étudier, de faire commerce, du prêt à intérêt et de cultiver la terre ; * aux "Sudras", le Tout-Puissant enjoignit une seule activité, l’obéissance sans murmure aux trois premières classes.

Cette répartition des activités entre les castes a entraîné une distribution variable de celles-ci à travers le pays. Il semble, en effet, que les castes se soient regroupées dans des régions où leur présence était requise et où l’environnement allait faciliter l’accomplissement de leurs fonctions quotidiennes. Cependant, l’observation directe des phénomènes vécus rapportés dans la littérature contemporaine révèle que la division en castes ne serait pas aussi rigide, imperméable et sclérosée que semblent le démontrer les textes anciens. Il arrive quelquefois, rapporte Srinivas (Religion and Society among the Coorgs of South India, 1952 : 30), que des éléments propres aux castes supérieures soient empruntés par les castes inférieures. Ces emprunts se retrouvent, réinterprétés à des niveaux quelconques de la vie religieuse, sociale et culturelle, et constituent ainsi ce qu’on appelle le phénomène de sanskritisation. L’hindou qui respectera entièrement la liste des devoirs spécifiques à sa caste d’appartenance, se verra réincarner, après sa mort dans une caste supérieure. Benoist souligne à ce sujet que cette idéologie, diffusée par les castes supérieures, permet à chacun d’accepter sa place dans la hiérarchie sociale, puisque le respect de celle-ci et des devoirs qui y sont associés est le gage d’un accès à une connaissance supérieure ("Religion hindoue et dynamique de la société réunionnaise" - Annuaire des pays de l’Océan Indien, 1979 : 128).

Le panthéon indien

L’ensemble des pratiques religieuses indiennes se rattache à l’hindouisme, c’est-à-dire à la croyance en un Esprit Absolu appelé Brahman. La présence de ce dernier se manifeste à travers une trinité, dénommée Trimurti, composée de Brahma, le créateur, Vishnu, le conservateur et Civa, le destructeur et producteur de vie. Brahma ne fait pas l’objet d’un culte spécial. Par contre, les Brahmanes dédient à chacun des deux autres un culte particulier. Ces deux cultes ont donné naissance à deux grandes traditions religieuses indiennes : les vishnuites et les civaistes. Les vishnuites croient en la théorie de la réincarnation. Ils sont à la recherche d’un dieu personnel qui est en quelque sorte un avatar de Vishnu. Dans cette recherche individuelle, Krishna, lui-même avatar de Vishnu, occupe une place prépondérante. Civa, pour sa part, est connu comme étant à la fois un dieu destructeur et régénérateur. Les paysans l’associent aux mystères de la reproduction. Mais il faut souligner que la religion indienne ne possède pas de dogme monolithique applicable à l’ensemble de la population ; une large interprétation du mystique caractérise, en fait, chacun des niveaux de la hiérarchie sociale. Yarrow écrit à ce sujet : The Hindu generally does not follow any rigid dogma ; there is a great deal of interpretation between the various views of the divine... ("Hinduism" - Sources of Indian Tradition, 1958 ; 201) Cependant, malgré la diversité socio-iteligieuse apparente entre les divinités invoquées et conséquemment entre les modalités cultuelles, Benoist insiste sur le fait que la discontinuité entre la religion issue des grands textes sacrés, pratiquée par les castes supérieures, et la religion dravidienne des castes inférieures, n’est pas aussi radicale qu’elle peut le laisser paraître : Par-delà la multiplicité des dieux et des rites, écrit-il, des analogies profondes permettent une vision unitaire et hiérarchique de l’hindouisme... Tout se passe, poursuit l’auteur, comme si chaque sous-ensemble social (famille, caste, tribu), s’était accroché en quelque point du continuum religieux hindou, dont il fait le centre de sa vie religieuse, tout en s’adressant pour telle ou telle fin précise à d’autres points situés plus ou moins loin et occupés par d’autres sous-ensembles sociaux dont on sollicite les services. (Benoist "Religion hindoue et dynamique de la société réunionnaise" - Annuaire des pays de l’Océan Indien, 1979 : 138). Cette conception du phénomène religieux hindou est fondamentale, principalement en ce qui a trait à sa composante dynamique dans un système qui, à première vue, apparaît rigide et figé.

HINDOUISME

Contrairement aux autres grandes religions, l’hindouisme n’a pas de fondateur. Elle n’a pas un livre sacré mais plusieurs. On estime que l’hindouisme est apparu environ 2000 avant J.C. avec l’arrivée des peuples indo-européens, ou Aryens, dans le nord de l’Inde. Il faut noter que l’hindouisme ne s’est pas toujours exprimé sous sa forme actuelle et qu’il a beaucoup évolué. Les historiens appellent védisme et brahmanisme les principales expressions des cultes liés aux Védas tels qu’ils existèrent jusqu’au 4-5è siècle après J.-C. C’est à cette époque que le brahmanisme, sclérosé par les rites sacrificiels et par l’omniprésence du clergé, fut remis en question. Les courants vishnuïste et shivaïste prirent alors une position dominante dans l’expression de la religion védique.

Ce sont les musulmans qui introduisent le mot "hindou" au 8è siècle. Au 12è siècle, le terme classique de Sanatana Dharma ("ordre éternel") apparaît pour désigner l’hindouisme.

Aujourd’hui plus de 80% des indiens sont hindous.

Les textes sacrés sont divisés en deux catégories : celle formant la Çruti (textes transmis par la puissance divine) et celle formant la Smriti (textes transmis par la mémoire des hommes).

1. La Çruti est formée par les 4 textes sacrés de l’hindouisme : les Vedas.

1. Le Rigveda (livre des versets) 2. Le Yajurveda (livre des formules rituelles) 3. Le Samaveda (livre des chants) 4. L’Atharvaveda (livre d’Atharvan)

De ces quatre livres, le Rigveda est le plus ancien. Il a été rédigé environ 1400 ans avant J.C. Cette période a vu les prêtres (les brahmanes) affirmer leur supériorité sur les autres classes sociales.

Le Yajurveda et le Samaveda constituent la liturgie proprement dite. Ils regroupent les versets utilisés par les prêtres durant les cérémonies.

L’Atharvaveda est constitué de 20 livres qui regroupent des prières magiques récitées dans un but précis : charmes contre la maladie, charmes d’amour, pour la prospérité, pour une longue vie, etc...

Chacun de ces quatre Vedas est lui-même divisé en quatre parties qui sont des textes explicatifs des Vedas écrits en prose :

1. Les Samhitas. 2. Les Brahmanas. 3. Les Aranyakas. 4. Les Upanishads.

Les Samhitas sont les recueils de base dont découlent les autres. Le plus important est le Rigveda-Samhita car c’est dans celui là que les prêtres trouvent les prières et la liturgie utilisées le plus souvent.

Les Brahmanas sont des traités d’explication en prose. Ils mettent en lumière les liens existants entre les rituels et la mythologie en s’appuyant sur la symbolique. Ces textes mettent le sacrifice au centre du fonctionnement de l’univers.

Les Aranyakas sont eux aussi des textes explicatifs mais de caractère plus ésotérique. Ils sont appelés "livres forestiers" car ils ne peuvent pas s’étudier dans le village mais à l’extérieur, dans le recueillement. Ils mettent en perspective les relations entre le sacrifice, le cosmos et l’homme.

Les Upanishads sont des traités d’inspiration philosophique. Ils reflètent le mystère de la mort et insiste sur l’unité de l’univers. Ils mettent fin aux Vedas.

2. La Smitri est formée de textes divers inspirés par les Vedas. On y trouve des traités sur le dharma (fondement de la vie d’un hindou) : les Dharma Sutras et les Dharma Shastras. Ils forment en quelque sorte la loi hindou. L’un des plus importants Shastra est le livre de la Loi de Manu dont l’influence sur la vie hindoue est énorme.

Viennent ensuite les grandes épopées poétiques : le Mahabharata et le Ramayana.

Le Mahabharata (Épopée de la Dynastie Bharata) a été rédigé entre -300 et +300 ans. C’est un texte de plus de 100 000 vers écrit en sanskrit. Il constitue la plus grande œuvre littéraire du monde, loin devant les épopées grecques comme l’Odyssée. Le Mahabharata raconte l’histoire de la lutte entre les Pandava (Arjuna, Yudhisthira, Bhima, Nakula et Sahadeva), les fils de Panu, et leurs cousins, les Kauravas. Le texte est profondément imprégné par la religion et traite du dharma. Krishna, une des incarnations de Vishnu, y tient une place prépondérante. Au départ il est un des héros du Mahabharata, allié des Pandavas. Lors d’un épisode, raconté dans la Bhagavad-gita (Chant du Seigneur), Krishna conseille Arjuna qui désespère à l’idée de devoir tuer des membres de sa famille. C’est à cette occasion que Krishna révèle sa condition divine. Finalement Arjuna remportera la bataille. La Bhagavad-gita est considéré comme sacré par les hindous. Son influence est profonde car, contrairement aux Vedas, c’est un texte accessible à tous et pas seulement aux castes supérieures.

Le Ramayana a été rédigé entre 300 et 200 avant J.C. On attribue sa création au sage Valmiki. L’histoire raconte celle de Rama, fils du roi d’Ayodhya et frère aîné de Lakshmana, Bharata et Shatrughna. Marié à Sita, Rama était l’héritier désigné du royaume. Mais sa belle-mère, jalouse, s’arrangea pour que Rama soit exilé en forêt avec sa femme et son frère Lakshmana. Au cours de l’exil, Sita fut enlevée par le démon Ravana, roi de Lanka. Allié à une armée de singes emmenés par Hanuman, Rama combattit Ravana, le tua et sauva Sita. Tous retournèrent à Ayodhya et Rama fut couronné roi. Rama est considéré par les hindous comme le fils et l’époux idéal. Rama est considéré comme une incarnation de Vishnu et le Ramayana sert donc de support au culte de Rama. Cliquez ici pour un lire un long résumé.

Dernière composante de la Smitri, les Puranas sont apparus pendant le règne des Gupta. Il s’agit d’une série de livres (traditionnellement 18) dans lesquels sont rassemblés les mythes, légendes, généalogies des dieux et des héros hindous. Comme les épopées, les Puranas sont accessibles à tous à tel point que la mythologie puranique à pris le pas sur la mythologie védique. Les deux principaux dieux des Puranas sont Vishnu et Shiva alors que dans les Vedas ils n’ont que des rôles secondaires. Vishnu est le protecteur et le préservateur, Shiva est le destructeur. Ils sont associés à Brahma, le créateur du monde. Dans les Puranas, le polythéisme est bien plus développé que dans les Vedas. Le plus populaire des Puranas est le Bhagavata-Purana dédié à Krishna.

est traversé par de nombreux courants et il revêt plusieurs formes. Il existe 3 grands cultes : celui de Shiva (le shivaïsme), celui de Vishnu (le vaishnavisme ou vishnuïsme) et celui de Shakti (le tantrisme). Shakti a plusieurs noms dont Kali, Durga et Parvati, épouse de Shiva. Il est possible de dégager des caractéristiques communes :

1. Tout d’abord la reconnaissance de l’autorité des Vedas et celle des Brahmanes. De ce fait, les hindous reconnaissent l’existence de classes sociales (varnas) dont l’appartenance est déterminée à la naissance. La population hindoue est ainsi divisée en 4 classes :

Les Brahmanes (les prêtres). Les Ksatriyas (les rois et guerriers). Les Vaishyas (le peuple ordinaire). Les Shudras (les serviteurs).

Cette division est tirée du Rigveda qui raconte que les Brahmanes sont sortis de la bouche de Purusa, les Ksatriyas de ses bras, les Vaishyas de ses cuisses et les Shudras de ses pieds.

Ces classes sont elles-mêmes divisées en castes (jatis). Les castes caractérisaient autrefois la position sociale et professionnelle d’un individu. Elles définissent aussi la manière dont les individus d’une caste devront se comporter face aux rituels religieux. Certains individus sont hors-castes et sont considérés comme "intouchables" (les Dalits) car impurs.

Seules les 3 premières classes peuvent étudier les Vedas et seuls les Brahmanes peuvent l’enseigner. Les Shudras peuvent en revanche écouter et lire les épopées et les Puranas, et ils peuvent pratiquer les principaux rituels religieux.

Les prêtres sont reconnaissables au cordon sacré qu’ils portent sur l’épaule gauche. Il s’agit d’un symbole de spiritualité fait de trois fils entrelacés que le prêtre confectionne lui-même en récitant un mantra. Quand il l’a répété 100 fois il fait un noeud au cordon et souffle dessus. Ainsi, lorsqu’il pratiquera les rituels, il lui suffira de toucher ces noeuds pour retrouver la force spirituelle contenue dans le mantra.

2. Les hindous croient en la succession des réincarnations (samsara). Les conditions de la renaissance sont déterminées par le karma, c’est-à-dire la façon dont la vie précédente s’est déroulée. Le samsara n’a, en principe, pas de début et pas de fin. Le seul moyen d’en sortir est d’atteindre la délivrance (moksha) par divers moyens (les margas) dont la méditation et la dévotion.

La vie d’un hindou est régi par son dharma. Il constitue une sorte de code de conduite sur lequel l’hindou bâti sa vie, convaincu qu’il a une destinée propre notamment définie par sa classe et sa caste de naissance. Les textes relatifs au dharma ont permis l’élaboration d’une doctrine sociale applicable aux trois classes supérieures qui divise la vie en quatre étapes, les ashramas. L’hindou sera donc étudiant (brahmachari), puis chef de famille (grihastha), se retirera ensuite en forêt dans une contemplation spirituelle (vanaprastha) puis deviendra éventuellement un ascétique (sannyasi).

En plus des quatre étapes de la vie, l’homme devra atteindre quatre buts (purushartha) : premièrement suivre son dharma. Deuxièmement rechercher l’artha qui est le profit matériel, la prospérité. Troisièmement rechercher le kama qui est le plaisir physique, sexuel. A ces trois objectifs vient donc s’en ajouter un quatrième qui est le moksha et qui permet, comme nous l’avons vu plus haut, de sortir du cycle des réincarnations.

Beaucoup d’animaux et de plantes sont considérés comme sacré. La plus sacrée d’entre eux est la vache. Cette vénération vient de l’intérêt que portait Krishna aux bovidés. La plupart des hindous sont végétariens.

3. Les hindous croient en une unique réalité, éternelle, transcendante et représentant le tout : le Brahman (à ne pas confondre avec le dieu Brahma). L’univers, et tout ce qu’il contient, est une émanation du Brahman. On a tendance à croire que l’hindouisme est une religion polythéiste au même titre que l’antique religion grecque. En fait, les dieux hindous sont tous une émanation du Brahman. Il n’a pas d’attributs, il est sans forme, contrairement aux dieux qui en émanent.

Les hindous considèrent que Brahman est en chacun d’eux, il est leur âme, l’atman. Il y a donc identité entre la présence du Brahman au sein de l’univers et de l’atman au sein de chaque individu.

Les trois principales figures divines vénérées par les hindous sont : Brahma, Vishnu et Shiva. Ils constituent la trinité hindoue (trimurti). Traditionnellement, Brahma est associé à la création, Vishnu à la conservation et Shiva à la destruction. Bien que la trimurti assigne une place spéciale à ces dieux, ils ne sont pas un élément fondamental de la vie religieuse hindou. Par exemple Brahma ne fait pas l’objet d’un culte important, et de nombreux hindous ne vénèrent aucun des trois.

hindou est centré autours de diverses cérémonies personnelles ou publiques. Le culte (puja) consiste surtout en une succession d’obligations quotidiennes marquées par des invocations. Chez lui, le pratiquant entretient un feu sacré devant lequel il fait des offrandes au dieu invoqué. La famille peut faire effectuer le rituel et les sacrements (samskara) par un brahmane, quelle que soit sa classe sociale.

Les samskaras marquent des rites de passage, de la naissance à la mort, en passant par l’initiation religieuse (upanayana) des jeunes garçons des classes supérieures, et le mariage, le plus important de tous. Les funérailles sont marquées par la crémation du corps du défunt.

Une partie du culte se déroule au temple. Le pratiquant adresse ses prières à une divinité de son choix à qui le temple est dédié. Il peut apporter des offrandes et réciter des prières. La construction d’un temple ne se fait pas au hasard et intervient après de savants calculs astrologiques et numérologiques. L’espace est divisé en 5 parties. Au centre du temple se trouve le "saint des saints" (garbhagriha) qui est la résidence du dieu pour qui le temple a été construit ; puis une chambre interne (antaral) ; un vestibule central (madhya mandapa) ; un grand vestibule (maha mandapa) et un petit vestibule (ardha mandapa). Le "saint des saints" est surmonté d’un dôme (le shikara), symbole du Mont Meru, montagne mythologique qui soutient l’univers. À quelques rares exceptions, et bien que l’accès au temple soit permis à tous, seuls les hindous peuvent pénétrer dans le saint des saints. Les fidèles déambulent autour de ce dernier dans le sens des aiguilles d’une montre.

La représentation du dieu situé dans le saint des saints est traité comme une personnes. Elle est lavée, habillée et ointe. Lors des grandes fêtes, l’idole, ou une copie, est sortie du temple sur un chariot (le rath) et suit une procession.

On accède au temple par des portes dont certaines peuvent être monumentales et surmontées d’un gopura pouvant mesurer plusieurs dizaines de mètres et couvert de statuettes de divinités. Dans les temples les plus importants on peut trouver des halls (mandapas) reliés au centre du temple par des couloirs, des piscines où les fidèles se baignent pour se purifier, des monastères, des écoles.

Durant le culte, les hindous prononcent rituellement la syllabe "Aum" (le pranava). Il s’agit d’un caractère sacré du sanskrit, c’est le son originel, celui qui a permis la création du monde. Pour d’autres, il représente la Trinité (Brahma, Shiva, Vishnu). ""

hindoues sont nombreuses. Leurs dates sont calculées d’après le calendrier lunaire. La façon dont elles sont célébrées peut varier d’un endroit à un autre. Officiellement, en Inde, il y a 16 jours fériés. La plupart des fêtes sont annuelles mais il en existe de plus rares comme Kumbha Mela qui a lieu tous les 12 ans.

Voici les principales fêtes :

Pongal (ou Makar Sankranti) : En janvier. Cette fête est surtout célébrée dans le sud de l’Inde en milieu rural et dure quatre jours. Le pongal est un plat à base de riz, de sucre, de dhal et de lait. Les gens lavent leur maison et les décorent. Le troisième jour est marqué par la vénération du bétail. Les bovidés sont lavés, maquillés, ornés de clochettes et de fleurs avant de parader dans les rues. On assiste aussi à des combats de taureaux.

Maha Shivaratri : en février-mars. C’est la Grande Nuit de Shiva. Les hindous célèbrent la nuit durant laquelle Shiva, sous sa forme de danseur cosmique (le Nataraja), a exécuté le Tandava c’est-à-dire la danse de la création, de la préservation et de la destruction. Dans les temples, les fidèles chantent, récitent des prières, font des offrandes au lingam (symbole phallique de Shiva).

Basant Panchami : en mars. La fête se déroule au cinquième jour du printemps. La couleur jaune y tient une place importante. Les gens portent des vêtements jaunes, offrent des fleurs jaunes en offrande. Cette fête est aussi dédiée à Saraswati, épouse de Brahma.

Holi : en mars. Cette fête, très populaire et très exubérante, marque le début du printemps. A cette occasion, les hindous se recouvrent les uns les autres d’eau et de poudres colorées. Toute la population participe, jeunes comme vieux. Des feux de joie sont allumés pour célébrer la destruction du démon Holika.

Ramanavami : en avril. Cette fête célèbre la naissance de Rama, héros du Ramayana et incarnation (avatar) de Vishnu. Elle est marquée par des danses et des chants.

Naag Panchami : en juillet/août. Cette fête a lieu en l’honneur du serpent à mille têtes Sesha, protecteur de Vishnu.

Rakshabandham : en août. Cette fête symbolise l’amour que porte une sœur à son frère. Le mot Raksha signifie "protection" et Bandham signifie "liens". A cette occasion, et après un échange de bonbons, les femmes hindoues offrent des bracelet en corde (le rakhi) à leurs frères ou à un homme qu’elles considèrent comme leur frère. En retour, les hommes promettent de les protéger.

Janmashtami : en août. Il s’agit de l’anniversaire de Krishna, huitième avatar de Vishnu. L’image de Krishna enfant est baigné puis placé dans un berceau. On célèbre aussi l’amour que Krishna porte à Radha. Les femmes préparent traditionnellement des confiseries à base de lait et de beurre, aliments préférés de Krishna.

Ganesh Chaturthi : en septembre. C’est la fête de Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, fils de Shiva et Parvati. La célébration est surtout pratiquée dans le sud de l’Inde. Des représentations de Ganesh sont préparées par les fidèles des mois à l’avance. A la fin des festivités, les statuettes et les images de Ganesh sont immergées dans la mer ou une rivière. À Mumbai (Bombay), après une procession rassemblant des milliers de fidèles, les idoles sont immergées dans l’océan.

Dussehra (Durga Puja ou Navaratri) : en octobre. C’est l’une des fêtes les plus importantes de l’Inde. Elle dure dix jours et a une signification différente suivant les régions. Au nord elle célèbre la victoire de Rama sur le démon Ravana. Pendant ces dix jours, la vie de Rama est racontée. Le dixième jour (vijayadasmi), d’immenses effigies de Rama, Sita et Lakshmana sont dressées face à celles de Ravana, son frère Kumbhkarna et son fils Meghnath. Ces dernières sont transpercées de flèches enflammées et sont détruites sous les acclamations de la foule. Au Bengale la fête prend la forme de Durga Puja et est dédiée à la déesse Durga. Elle est Shakti, l’énergie cosmique qui permet la destruction du mal. Au Tamil Nadu, les trois premiers jours sont dédiés à Lakshmi, déesse de la prospérité, les trois suivants à Saraswati, déesse du savoir et des arts, et les trois derniers à Shakti (Durga).

Divali (ou Deepavali) : en octobre. C’est une très grande fête. Elle célèbre les récoltes d’automne. C’est aussi la fête des lumières. Deepa signifie "lumière" et Avali signifie "rangée".Elle marque le retour de Rama après son exil de 14 ans et les lumières sont allumées pour le guider. Lakshmi (notamment à Mumbai) et Kali (à Calcutta) sont aussi célébrées ce jour là. Dans le sud, Divali marque la victoire de Krishna sur le démon Narakasura. Divali marque également le Nouvel An hindou. Pour l’occasion les familles nettoient leurs maisons, portent des habits neufs, tracent des dessins (rangolis) sur les murs et les trottoirs et font exploser des feux d’artifice. La fête s’étale sur cinq jours.

En plus de ces fêtes nationales, il existe quantité de fêtes locales ou régionales. Parmi les plus importantes on peut citer : la fête du Grand Bassin et la fête de Chithirai à Madurai (Tamil Nadu) ; le Marathon des éléphants à Thiruvananthapuram (Kerala) ; Amarnath Yatra à Amarnath (Cachemire) ; la grande fête du char à Puri (Orissa) ; Pooram à Thrissur (Kerala) ; Onam (Kerala).

A ces fêtes se rajoutent des pèlerinages (tirthayatra) plus ou moins importants et dont l’origine est très ancienne. Les raisons pour lesquelles les pèlerins se rassemblent à un endroit sont diverses. Il peut s’agir des rives d’une rivière ou d’un fleuve comme le Gange, des endroits où ont soi-disant vécu des personnages légendaires, ou des endroits où se sont manifestées des divinités. L’Inde compte sept villes sacrées (les tirtha) : Ayodhya (dédiée à Rama) ; Mathura (Krishna) ; Haridwar (site où le Gange surgit de l’Himalaya) ; Varanasi ; Ujjain (Shiva) ; Dwarka (Krishna) et Kanchipuram. Dwarka est aussi un des points cardinaux (dham) de l’Inde sacrée (celui de l’est). Les trois autres sont Badrinath au nord, Rameswaram au sud et Puri à l’ouest.

Les divinités hindoues sont innombrables. Le panthéon a largement évolué au cours du temps. Les anciens dieux védiques (Surya, Indra, Chandra, Agni...) ont peu à peu été remplacés en importance par d’autres. Aujourd’hui le culte s’organise autour d’une trinité (trimurti) composée par Brahma, Shiva et Vishnu. Les dieux sont associés à des divinités d’essence féminines. La plus importante d’entre elles est Shakti, la Déesse-Mère, qui peut prendre plusieurs formes suivant sa fonction (Paravati, Kali...). Malgré cet aspect polythéiste, il est important de rappeler que tous les dieux émanent d’une seule force cosmique créatrice : Brahman.

ISLAM L’inégalité des fortunes est inscrite dans la nature humaine. Les hommes différencient les uns des autres par leur force physique, leur force de caractère, leur capacité de produire des biens matériels... Une hiérarchie dans le domaine social se forme inévitablement. Cependant, devant Dieu, la puissance matérielle ne donne aucun droit politique. L’Islam n’agrée qu’un seul critère : la piété. Ce sont les valeurs morales qui distinguent les hommes entre eux. L’individu pauvre et pieux a plus de mérite que l’individu riche mais de convictions religieuses moins fermes.

Le Coran fait état de l’existence des classes sociales ; elles sont voulues par le Créateur : " Dieu a favorisé certains d’entre vous plus que d’autres, dans la répartition de ses dons " (S. XVI, 71).

Les différences de fortune sont donc explicitement reconnues. L’inégalité matérielle a été décrétée par Dieu ; c’est Lui qui détermine la richesse des uns et la pauvreté des autres : " Dieu dispense largement ou mesure ses dons à qui il veut " (S. XIII, 26).

à suivre ....

3 Messages de forum

  • La naissance des classes et des castes fut un processus sociologique et historique qui a impliqué à la fois le consentement et la résistance de ceux auxquels la formation de ces groupes sociaux dominants faisait peu à peu perdre leurs anciens statuts (...) La violence y a joué un rôle, mais le consentement sans doute encore plus."

    Répondre à ce message

  • Comment lutter contre l’opium du peuple ?

    Répondre à ce message

  • La religion, philosophie de consentement au système social 24 juin 2015 21:13, par Robert Paris

    Tu as raison de penser qu’il faut combattre l’opium du peuple mais ce qui importe c’est de ne pas mener ce combat séparément du combat pour changer la société, du combat contre l’exploitation et contre toutes les oppressions, celle des femmes, celle des enfants, celle des peuples opprimés, celle des victimes de l’impérialisme, celle des victimes du racisme, du fascisme, du machisme, du sexisme, etc. Cela signifie que, si la lutte de classe doit prendre en charge le combat contre l’oppression par les religions, il doit aussi prendre en charge le combat contre l’oppression des peuples du fait de leur religion. Il doit défendre les peuples victimes d’agression inter-religieuses comme inter-communautaires ou interraciales. Il doit même mener le combat pour le droit de tous les peuples d’exercer la religion qu’ils souhaitent. Comme tu le vois, ce n’est pas simple ni simpliste.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article