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Aux lois qui fabriquent des illégaux, des "sans-papiers", répondons que nous sommes des prolétaires sans frontières !

mardi 11 mars 2008, par Tiekoura Levi Hamed

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Pour beaucoup de militants qui soutiennent la cause des "sans-papiers" ou celle des immigrés contre les lois racistes, cette lutte ne serait qu’une lutte citoyenne, démocratique et non un combat de classe.

Tel n’est pas notre point de vue.

Les immigrés, les "sans-papiers" n’existent que parce que les classes dirigeantes ont eu besoin d’une main d’oeuvre sous-payée, sans droits, ne disposant pas de liens avec les organisations du pays, etc... Il s’agit bel et bien de pratiquer une division de la classe ouvrière. il est donc impossible de discuter le combat des sans-papiers ou des immigrés indépendamment de celui des travailleurs.

ls payent leurs impôts et sont assujettis aux charges sociales. Pourtant, ils travaillent au noir sans pause ni congé et ne bénéficient d’aucune protection sociale. Une poignée de travailleurs maliens et sénégalais ne pouvant plus supporter ces conditions de vie iniques au “pays des droits de l’Homme” ont entamé depuis deux jours une grève illimitée pour réclamer leur régularisation. Notre correspondant à Paris fait le point.

Excedés par la violation de leurs droits, des travailleurs maliens ont déclenché le 13 février une grève illimitée dans le grand restaurant parisien “La Grande Armée”. Loin d’être inhabituel, ce genre d’événements est fréquent en France. Ce sont des personnes qui répondent à toutes les conditions de travailleurs réguliers : ils paient des impôts et sont assujettis aux charges sociales.

Ceux qui se sont révoltés dans “La Grande Armée” sont d’origines malienne et sénégalaise. Ils ont été embauchés en toute connaissance de cause par la direction du restaurant qui est situé sur l’avenue de la grande armée à deux pas des Champs Elysées. Pour trois d’entre eux, la direction aurait demandé en 2003, en 2005 et fin 2007 qu’ils changent leur nom. La Sécurité sociale française leur aurait fait savoir que leur numéro de sécu n’existait pas. Cuisiniers, plongeurs, barmans mais aussi chargés du nettoyage et tout cela à la fois... Sans eux, le restaurant ne pourrait pas tourner et la direction engrange de substantiels profits. Pourtant leur condition de travail est déplorable.

En 2007, un cuisinier a travaillé 11 heures pendant 4 mois sans prendre de congés et sans pause. Les deux jours de congés hebdomadaires sont bien souvent réservés aux heures supplémentaires, au motif bien connu “travailler plus pour gagner plus”. Ces heures supplémentaires, quand elles sont payées, le sont à part. Les plannings bougent tous les jours, parfois le matin pour l’après midi.

Pour prendre leur mois de congés payés, ces travailleurs sont obligés de démissionner. De retour au restaurant, la direction diminue leur salaire pendant deux à trois mois et leur fait signer un nouveau contrat de travail. Il en est de même quand ces travailleurs sont mutés d’un restaurant du groupe à un autre. Pendant le service, il n’y a pas de pause pour manger et quand c’est possible, cela se fait toujours debout en travaillant. L’achat de la tenue de travail est à leur charge ainsi que son lavage.

Comme les autres travailleurs “sans papiers”, ceux du restaurant “La Grande Armée” ont des fiches de paye et la plupart payent des impôts. Tous cotisent aux caisses d’assurance maladie, aux Assedic et à la retraite. Seraient-ils si corvéables s’ils étaient en situation régulière, si ne planait pas sur eux la menace de perdre leur travail et d’être reconduits dans leur pays d’origine ? Certains d’entre eux sont là depuis de nombreuses années.

Soutenus par le syndicat CGT et l’association “Droit devant”, ils ont entamé depuis onze heures le mercredi 13 février une grève illimitée pour leur régularisation.

Ces travailleurs comme des dizaines de milliers d’autres “sans papiers” travaillent depuis des années dans ces métiers que le gouvernement français appelle “métiers en tension” (restauration, bâtiment, nettoyage...), qu’il veut maintenant réserver aux travailleurs des pays de l’Est qui viennent d’intégrer l’Union Européenne.

Ces métiers sont dits “en tension” alors que ces travailleurs “sans papiers” sont déjà derrière les fourneaux, au pied de la grue, ou à nettoyer les bureaux...

Et c’est ainsi que la France, la prétendue "patrie des droits de l’Homme", traite les étrangers “sans papiers”. Aux côtés de l’Europe, elle est en train de décider qu’un sans papiers pourra passer dix-huit mois en prison pour simple carence administrative !!! Les sans-papiers sont pourtant les victimes et non les coupables de cette situation administrative et certainement pas des criminels.

Quelques articles sur le combat pour la régularisation

En 2002 : La nouvelle mobilisation des sans-papiers

Avec l’occupation de la basilique de Saint-Denis à la fin août, la lutte et la mobilisation des sans-papiers vient d’atteindre un nouveau palier. La lutte des « Saint Bernard » en 1996 avait marqué la première tentative des clandestins de sortir au grand jour. En août de cette même année la fracture à la hache par les CRS de la porte de l’église où certains s’étaient réfugiés, avait propulsé la question dans les médias. Mais la participation effective au mouvement des dizaines de milliers de victimes de l’exclusion administrative était restée très minoritaire. Cette fois, c’est en grand nombre qu’ils se sont impliqués. Tout d’abord, l’occupation de la basilique leur a donné un point de ralliement au moment où leur situation se trouvait considérablement aggravée par le déploiement policier engagé par le nouveau ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Des milliers de gens qui ont une situation précaire mais sont souvent tout de même parvenus à se constituer une petite vie, avec un travail et un logement misérables, se voient menacés à tout moment par la multiplication des contrôles policiers, même si ceux-ci ont pour prétexte de mettre un terme à la délinquance et non de rechercher les sans-papiers eux-mêmes. Leur situation est de moins en moins tenable.

A Saint-Denis, les militants sans-papiers et ceux qui les soutiennent ont recueilli des dossiers pour les soumettre à nouveau aux autorités et ce geste a provoqué une importante mobilisation. Le gouvernement ayant déclaré qu’il allait traiter la question différemment de ses prédécesseurs et que tous les dossiers seraient réétudiés même quand ils ont déjà été l’objet de tous les rejets légaux, l’espoir est revenu. Le simple fait que l’on puisse déposer à nouveau son dossier a eu un effet d’entraînement qui a largement dépassé le rassemblement et l’occupation de Saint-Denis, et tmuché tout le pays. Les foyers de travailleurs immigrés n’ont jamais été aussi sensibilisés et des communautés entières comme les Africains ou les Chinois sont en train de s’y organiser.

Des illusions et des espoirs

Il y a sans doute une grande illusion dans les suites favorables qui pourraient être données au dépôt de ces dossiers. C’est tout au plus quelques cas sur des milliers que les préfectures s’apprêtent à régulariser et le gouvernement n’a fait là que se donner une posture plus humaine pour contrecarrer l’effet médiatique de la mobilisation. Et surtout, il a réaffirmé que le cas par cas resterait la règle. Il a établi plusieurs contre-feux, en montrant la lutte des sans-papiers comme une simple agitation de lême-gauche ou encore en faisant donner une partie de la hiérarchie catholique pour dénoncer les occupations d’église. La plupart de ces travailleurs ont déjà suivi le parcours du combattant du clandestin et été rejetés successivement par toutes les institutions (l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides, les préfectures, le ministère, le tribunal administratif, le conseil d’Etat...). Ils ont eu d’autre part, avec les reniements de Chevènement, l’exemple concret de la valeur qu’il faut accorder aux promesses d’un ministre de l’Intérieur. Mais évidemment, le besoin d’obtenir ces fameux papiers est si grand que l’espoir renaît au premier signe d’un changement possible, même le plus mince.

C’est bien ce qui rend ignoble le refus des gouvernements successifs de légaliser ces travailleurs. D’autant plus que ce refus n’a d’autre raison que de permettre aux bourgeois de ce pays d’engranger des milliards de bénéfices supplémentaires. Pas seulement des petits patrons de la restauration ou du bâtiment, mais certains grands du textile ou de la métallurgie. Par exemple, des sans-papiers ont travaillé pour construire le Technocentre Renault ultramoderne de Guyancourt. L’exploitation des sans-papiers est une bénédiction pour les patrons : pas de cotisations sociales, pas d’indemnités de licenciement, pas d’assurance ni déclaration en cas d’accident même grave, etc... L’Etat n’a donc nullement l’intention de renvoyer les sans-papiers. Au mieux de faire quelques exemples pour continuer à précariser les autres, à les maintenir dans l’état de gens traqués, proies faciles des acheteurs de main-d’œuvre à bon marché.

Bien des salariés français ont marché quand Rocard affirmait que « la France ne peut accueillir toute la misère du monde ». Les mêmes pourtant ne sont pas indifférents au caractère révoltant des récits, rapportés régulièrement par la presse, d’immigrés clandestins retrouvés morts accrochés au train d’atterrissage d’un avion ou encore jetés à la mer d’un cargo en pleine tempête. Alors s’il est certainement difficile de rompre le cercle infernal dans lequel les clandestins sont enfermés, surtout en l’absence d’une mobilisation des travailleurs en situation régulière, leur lutte n’est pourtant pas automatiquement condamnée d’avance à rester vaine. Les patrons et le gouvernement peuvent craindre qu’une agitation dans cette fraction surexploitée du prolétariat ne contribue à perturber le climat social, à ouvrir les yeux de tous sur le fait que le sort de celui-ci n’est pas indépendant de la situation faite à celle-là. C’est en tout cas le devoir des organisations ouvrières de mettre l’accent sur cette solidarité.

En 2007 : Sans-papiers : la lutte ne faiblit pas

Les attaques redoublées contre les immigrants dits « illégaux » ne sont pas restées sans réaction : des mobilisations ont eu lieu et une fraction militante s’est regroupée autour de leurs luttes. On se souvient, en 1996, du mouvement des sans-papiers, des travailleurs et des femmes, immigrés africains, qui se sont organisés à partir de leurs foyers avec l’occupation du gymnase Japy puis de l’église Saint-Bernard. En plein mois d’août, une large majorité de la population française a été choquée par l’intervention violente des CRS aux ordres de Pasqua. De là est né un large mouvement de soutien. Les « Saint-Bernard » étaient les premiers à oser descendre dans la rue en clamant « On ne se cache plus ; on est sans-papiers, mais on n’a rien à se reprocher ». Leur lutte a initié un mouvement qui continue jusqu’aujourd’hui.

Des collectifs se sont constitués sur des objectifs précis comme la défense des enfants sans-papiers scolarisés, ou encore la lutte contre les centres de rétention ou contre les « reconduites à la frontière ». D’autres mobilisations sont liées à un événement local comme la menace d’expulsion des 1 000 squatters d’un immeuble du Crous de Cachan en région parisienne.

Des actions locales ont eu un retentissement national et même international comme celles contre la fermeture du centre de réfugiés de Sangatte en septembre 2002, une manifestation à Calais ayant encore eu lieu le 5 novembre 2005.

Aussi un combat discret et multiforme

La lutte des sans-papiers n’a pas toujours un caractère de mobilisation collective et publique. Elle est en fait permanente et individuelle. Chaque sans-papiers doit non seulement trouver du travail mais obtenir d’être payé par son patron, ce qui n’est pas une sinécure. Il doit se battre pour obtenir le droit à des soins et à des médicaments, ce qui n’est pas évident. Il doit lutter pour trouver la confiance, le soutien des habitants et d’autres immigrés, ne serait-ce que pour se loger, éventuellement pour s’inscrire à des études et, finalement, pour tenter d’obtenir des papiers. C’est une lutte de tous les instants. Dans le domaine juridique, la mobilisation d’associations, comme le Gisti, ou d’avocats est précieuse. L’aide de personnes qui apportent leur témoignage pour certifier l’hébergement, l’intégration, les risques encourus dans le pays d’origine, etc., est également nécessaire. Avec des soutiens, le sans-papiers, même arrêté, même déjà incarcéré dans un centre de rétention, peut réussir à se faire relâcher par la justice. Les associations ou les personnes défendant les sans-papiers sont désormais en butte aux attaques du gouvernement, qui a inventé le délit de solidarité. Elles se retrouvent parfois accusées d’activité de passeur de main d’œuvre, de trafic de documents ou d’hébergement illégaux. Des passagers d’avions ayant refusé d’embarquer parce que la compagnie d’aviation transportait des sans-papiers expulsés ont parfois été traduits devant les tribunaux.

Les enfants pas épargnés

La lutte récente des enseignants, des parents d’élèves, des lycéens et des associations pour défendre les jeunes sans-papiers scolarisés a également suscité une certaine mobilisation et recueilli un écho important dans les médias. Le RESF, Réseau éducation sans frontières, a mené de multiples actions, parfois avec succès, pour protéger ces élèves de l’expulsion. RESF écrit ainsi : « À la rentrée 2005 - Guy Effeye, lycéen d’Épinay à qui l’action de ses enseignants et de ses copains ont épargné l’expulsion et la prison, famille Mekhelleche, parents algériens que les autorités prétendaient reconduire en abandonnant leurs enfants de 4 et 7 ans en France, Rachel et Jonathan Makombo, 15 et 14 ans, en fugue puis cachés par des enseignants pendant trois mois pour bloquer l’expulsion de leur mère vers le Congo, pour ne citer qu’eux - ont amené le ministre de l’Intérieur à prendre une circulaire le 31 octobre 2005 par laquelle il suspend l’éloignement des élèves et de leurs familles jusqu’à la fin juin 2006. »

Le 1er février 2006, RESF appelait à une journée de mobilisation avec manifestations devant les préfectures contre de nouvelles menaces d’expulsions. RESF affirmait ainsi : « Cette circulaire n’est pas toujours appliquée : plus d’une cinquantaine de parents d’enfants scolarisés et quelques jeunes scolarisés ont été placés en rétention, dans l’attente de leur expulsion, malgré les promesses ministérielles. La plupart a été libérée grâce à la mobilisation des écoles et des associations, mais cinq d’entre eux ont été effectivement expulsés. » Ce jour-là il y eut quelques centaines de manifestants. L’action a pris son élan dans toute la France mais elle doit continuer car des centaines de jeunes scolarisés sont encore menacés.

Eté 2000 : Des coups de hache de Saint-Bernard à l’expulsion de la Bourse du Travail de Lille : comment la gauche a floué les sans-papiers.

La mort de 58 Asiatiques qui tentaient d’entrer illégalement en Grande-Bretagne a subitement replacé la question des migrations clandestines sous les feux de l’actualité. Les responsables politiques européens ont étalé une fausse compassion envers les victimes tout en claironnant derechef leur volonté de "lutter contre l’immigration clandestine". Même cette tragédie n’aura pas suffi à tempérer un instant le discours répressif et xénophobe à l’égard de l’immigration. Un discours tenu aussi bien par des gouvernements de droite que par un Tony Blair ou un Lionel Jospin : trois semaines avant les événements de Douvres, c’est à Lille que la police intervenait sans ménagements pour évacuer de la Bourse du Travail les sans-papiers en grève de la faim et leurs soutiens. Une opération menée sous la houlette du gouvernement, via le préfet, mais aussi de deux éminents notables socialistes locaux, Pierre Mauroy et Martine Aubry.

Quatre ans après l’occupation des églises Saint-Ambroise et Saint-Bernard, on peut avoir le sentiment d’un retour à la case départ : grèves de la faim, répression policière, expulsions de réfugiés politiques, arbitraire des préfectures, multiplication des reconduites à la frontière accompagnées de violences font à nouveau partie de la réalité quotidienne.

1996 : "des papiers pour tous, le cas par cas on n’en veut pas !" La lutte initiée en mars 1996 par ceux qui allaient devenir les "sans-papiers de Saint-Bernard" a pourtant marqué, politiquement parlant, un tournant dans la situation des travailleurs étrangers sur le territoire français. Après plus de vingt ans de durcissement de la législation sur l’entrée et le séjour, accompagnée d’une pression policière accrue, la mobilisation au grand jour de clandestins, sous un gouvernement de droite, était tout sauf prévisible. Amorcé spontanément dans les milieux ouvriers africains du nord-est parisien, le mouvement fut rapidement relayé par des associations et ne tarda pas à essaimer en direction de la province et à s’élargir à diverses nationalités, donnant naissance à des dizaines de "collectifs" animés d’une farouche combativité. En l’espace de quelques semaines, les "clandestins" d’hier étaient devenus des "sans-papiers", ils se dotaient de porte-parole sur le plan national et, à la surprise générale, s’attiraient la sympathie de l’opinion publique. Ainsi, en plein été, ils faisaient descendre dans la rue des milliers de personnes en réaction au coup de force policier contre l’Eglise Saint-Bernard.

Le parti socialiste, alors dans l’opposition, parvint à tirer parti de l’émotion suscitée par la lutte opiniâtre des sans-papiers sans pour autant s’engager sur la revendication centrale du mouvement : la régularisation globale de tous les étrangers en situation irrégulière. "Des papiers pour tous, le cas par cas on n’en veut pas", scandaient les manifestants. Tel n’était pas le dessein des dirigeants socialistes, gauche et droite étant en accord sur le principe de l’examen individuel des dossiers, le débat portant uniquement sur la définition des "bons" critères de régularisation.

Arrivée au pouvoir au printemps 1997, la gauche plurielle se trouvait dans l’obligation de liquider le passif hérité du gouvernement Juppé. Contrairement à d’autres dossiers (Sécurité sociale, fermeture de Renault Vilvoorde), celui-ci ne concernait pas directement les intérêts du patronat. (Remarquons-le en passant, la régularisation des étrangers est d’ailleurs une source de recettes pour le Trésor Public, de l’ordre de 2500 F par dossier à cette époque). Une opération de régularisation était à la fois possible et pourquoi pas ? souhaitable du point de vue gouvernemental, afin d’éteindre les foyers de lutte les plus actifs et de se démarquer du gouvernement précédent.

L’autre objectif de cette opération était de mettre fin aux contradictions dont la loi Pasqua de 1993 s’était révélée truffée. De nombreux étrangers, qu’ils soient entrés légalement ou non sur le territoire, étaient privés de titre de séjour tout en n’étant pas expulsables du point de vue de la jurisprudence. Interpellés par les forces de l’ordre et placés en rétention, ces étrangers étaient libérés par les juges administratifs, jusqu’à la prochaine interpellation. Régulariser ces situations kafkaïennes était aussi, pour le gouvernement, l’occasion d’améliorer les performances de la machine à expulser.

1997-2000 : la politique Chevènement

La politique de l’immigration du nouveau gouvernement fut confiée à Jean-Pierre Chevènement, réputé critique de gauche du PS tout en cultivant une image de nationaliste intransigeant susceptible de rassurer l’électorat conservateur. Le plan de régularisation mis en oeuvre par Chevènement comprenait deux phases. Une première vague s’est déroulée dans le cadre de la circulaire de juin 1997, formulant des critères d’attribution d’un titre de séjour. Entre 140 000 et 145 000 personnes ont alors déposé des demandes de régularisation en préfectures, soit environ la moitié des personnes concernées, selon les estimations les plus fréquemment citées. Ce plan de régularisation s’est achevé en un an, bien que les recours de tous types se soient poursuivis au-delà et que le gouvernement ait chargé une commission d’un nouvel examen des dossiers de certains déboutés.

A partir de mai 1998, la loi "RESEDA" (réglementant l’entrée et le séjour des étrangers et le droit d’asile) est entrée en vigueur après que le gouvernement eut renoncé à l’abrogation pure et simple des lois Pasqua-Debré. C’est cette loi qui sert désormais de cadre à l’examen des demandes de titre de séjour.

Enfin, en octobre 1999, considérant que le processus de régularisation était grosso modo terminé, le ministre de l’Intérieur à diffusé une circulaire d’un ton et d’un contenu extrêmement répressif, visant à relancer les procédures d’expulsion et à dépasser en ce domaine les niveaux atteints à l’époque de Jean-Louis Debré.

La circulaire de juin 1997 : concession ou coup fourré ?

La vague de régularisation lancée à l’été 1997 est apparue à beaucoup comme une opération généreuse qui allait mettre un terme au calvaire enduré par des dizaines de milliers de travailleurs et d’étudiants condamnés par l’administration à une existence semi-clandestine. Certes, les titres de séjour accordés par les préfectures sont indéniablement une concession au mouvement des sans-papiers dont le précédent gouvernement n’avait pu venir à bout. Le peu qui a été obtenu est dû, non pas au grand coeur des ministres de gauche, mais à la ténacité de milliers de manifestants, de centaines d’occupants et de dizaines de grévistes de la faim.

Il ne faut pourtant pas se laisser abuser par les apparences. Non seulement la circulaire Chevènement a donné lieu à de nombreuses injustices, non seulement elle n’a bénéficié qu’à une partie des sans-papiers, sans leur apporter de garanties durables, mais elle a considérablement aggravé la situation des autres, ceux dont le dossier a été rejeté.

Sur les 140 000 à 145 000 candidats à la régularisation, moins de 80 000 auraient été satisfaits, si l’on se fie aux données officielles, au demeurant difficiles à vérifier. Le taux d’acceptation serait compris entre 50 % et 60 %. Notons que le ministère avait annoncé à l’avance un taux de 50 %, sans même avoir pris connaissance des dossiers, voulant présenter sa politique comme "équilibrée", selon le maître mot jospiniste. Bien entendu, la définition d’un objectif chiffré a priori ne pouvait qu’entraîner le plus grand arbitraire dans l’examen des cas individuels. D’une préfecture à l’autre, d’un dossier à l’autre, les critères d’appréciation ont varié du tout au tout : au point que deux dossiers identiques, présentés dans deux préfectures différentes, ont été accepté pour l’un, refusé pour l’autre. La qualité et le nombre des pièces admises comme justificatif de la présence du demandeur sur le territoire depuis 7 ans (durée exigée des célibataires sans charges de famille) sont demeurés assez énigmatiques.

A l’arrivée, la régularisation est d’une ampleur bien inférieure à celle de 1981 (quand 130 000 demandes avaient été satisfaites sur 150 000 déposées). Cette fois, ce sont 63 000 personnes qui ont été déboutées, formant une nouvelle population de sans-papiers livrés pieds et poings liés aux exploiteurs et négriers de tous poils. Un chiffre à multiplier ou moins par trois pour tenir compte de tous ceux qui ont préféré ne pas sortir de l’ombre, soit par méfiance, soit parce qu’ils n’entraient pas du tout dans les critères, ou n’avaient aucun moyen de le prouver. Ceux qui ont obtenu leur titre de séjour ont dû se contenter d’une carte d’un an, parfois moins, dont le renouvellement, loin d’être automatique, est subordonné pour beaucoup d’entre eux à la présentation d’un contrat de travail. Quant aux déboutés, il leur a été réservé un traitement très sévère : les préfectures ont prononcé contre eux des arrêtés de reconduite à la frontière, mettant un terme à leurs espoirs de séjour légal, et accélérant leur expulsion en cas d’interpellation. Dans son instruction du 11 octobre 1999, Jean Pierre Chevènement a ordonné aux préfets d’inscrire les déboutés "au fichier des personnes recherchées" de la police et au fichier des empreintes. Le piège se referme sur les candidats malheureux : ils peuvent encore moins espérer mener une existence normale que lorsqu’ils étaient anonymes. La régularisation précaire de moins de 80 000 personnes qui, pour la plupart, n’étaient de toute façon pas expulsables, s’est donc accompagnée d’une contrepartie scandaleuse : les 63 000 étrangers qui avaient fait confiance à la gauche plurielle et étaient sortis de l’ombre, ont été fichés et transformés en gibier de police.

Rappelons enfin qu’aucune mesure n’a été prise en faveur des 3000 travailleurs étrangers emprisonnés dans le cadre de mesures de reconduite à la frontière, par exemple en cas de refus d’embarquement. RESEDA : toilettage des lois Pasqua-Debré et "attrape sans-papiers" La circulaire de 1997 était une mesure ponctuelle. La loi promulguée le 11 mai 1998 lui a fait suite, assouplissant les dispositions antérieures sur certains points, les durcissant sur d’autres.

Certes, la loi Chevènement ouvre la possibilité de régularisation de certaines catégories d’étrangers au vu par exemple de leurs liens familiaux ou de leur état de santé (des droits bien malaisés à faire valoir en pratique). Elle supprime le certificat d’hébergement instauré par Jean-Louis Debré, ce qui était bien le minimum, vu que le Parti socialiste lui-même avait défilé à l’appel du collectif des cinéastes. Mais elle lui substitue une "attestation d’accueil" (qui ne suppose plus, cependant, l’inspection du logement).

D’un autre côté, la loi prolonge de 10 à 12 jours le délai de rétention des étrangers interpellés, ce qui permet à l’administration de les placer plus aisément sur les vols disponibles. Ceux qui auront apporté leur aide au séjour de clandestins, notamment "en bande organisée" encourent des peines plus lourdes que sous la droite, sans que la loi fasse mention d’un but lucratif. Les dispositions Chevènement visent donc indistinctement les réseaux de passeurs et les associations d’aide aux sans-papiers. Seuls les parents, conjoints ou concubins sont théoriquement épargnés.

Les étudiants sont victimes d’une discrimination particulière : il leur faut prouver 15 années de présence sur le territoire pour être régularisés au lieu de 10 ans pour les autres étrangers.

En outre la loi prétend offrir une possibilité d’"asile territorial" à certains réfugiés (notamment algériens) persécutés dans leur pays par un groupe ou une organisation qui n’est pas l’Etat et auxquels l’OFPRA refuse systématiquement l’asile politique quitte à les envoyer à une mort certaine. En réalité cet asile territorial n’est attribué qu’au compte-gouttes et de façon discrétionnaire, le ministère de l’Intérieur n’ayant pas à motiver ses refus. Comme l’examen de la demande s’accompagne d’une éventuelle période de rétention, ce dispositif mérite le surnom d’"attrape sans-papiers" que lui a donné une association. De même la création d’un titre de séjour spécifique pour les travailleurs immigrés en retraite rentrés au pays aurait pu être un progrès. Mais cette nouvelle carte offre bien moins d’avantages que la carte de résident et limite la durée des séjours en France. Aspect particulièrement inique de cette loi, les travailleurs immigrés en retraite ne bénéficient que d’une couverture maladie tronquée lors de leurs séjours en France alors même qu’ils continuent obligatoirement à cotiser sur leurs retraites, même s’ils ne séjournent jamais dans l’hexagone : une disposition qui confine à l’escroquerie. Quant à ceux qui n’ont pas validé quinze ans de cotisations, ils sont totalement privés de couverture.

La loi confirme également les restrictions au regroupement familial : le préfet peut s’y opposer lorsque le demandeur ne justifie pas de ressources "stables et suffisantes" c’est-à-dire au moins égales au SMIC. (Il est bien rare de voir le gouvernement si soucieux des ressources des familles populaires : que ne revalorise-t-il pas dès lors les minima sociaux ?). Au total, le bilan de la loi Chevènement n’est certainement pas positif. On ne saurait y voir un assouplissement de la législation envers les immigrés. L’objet de RESEDA n’est pas d’atténuer les effets des lois Pasqua-Debré, encore moins de les abroger, mais d’en corriger certains aspects inapplicables, voire de les durcir. Lors du vote à l’Assemblée, les députés Verts se sont abstenus (sauf l’un d’entre eux qui a voté pour), et un seul des députés communistes a voté contre, tandis que les autres pratiquaient une abstention présentée comme "positive". Car depuis l’entrée du Parti communiste au gouvernement, même si certains dirigeants communistes continuent de réclamer "des papiers pour tous", Robert Hue s’est explicitement démarqué de cette revendication, souhaitant seulement une régularisation "dans les meilleures conditions", un examen des dossiers "dans la dignité", et autres formules évasives.

Automne 1999 : une nouvelle phase de répression s’ouvre

L’examen des demandes de régularisation a entraîné durant plus d’un an un ralentissement considérable des reconduites aux frontières. C’est la circulaire diffusée par Chevènement en octobre dernier , après sa résurrection, qui a rouvert la chasse aux clandestins. "L’activité en matière d’éloignement des étrangers se situe à un niveau anormalement bas", se lamente le ministre, rappelant qu’il est nécessaire d’expulser le plus vite possible les déboutés de la procédure. Il enjoint à la police et à la gendarmerie "d’effectuer des vérifications répétées dans les endroits ( ) où se concentrent les irréguliers" : une incitation au contrôle au faciès (totalement illégal en théorie), et un appel à quadriller les abords des foyers de travailleurs immigrés, les locaux occupés par les collectifs, etc. Le même texte recommande le fichage des déboutés, évoqué plus haut, et le prolongement maximum de la rétention administrative afin de permettre l’exécution des mesures d’expulsion. "J’attache aussi du prix à ce que, dans les derniers mois de 1999, une augmentation significative du nombre d’éloignements effectifs (...) intervienne." Et de promettre aux préfets qu’ils seront convoqués afin de rendre compte de leurs résultats... En clair : faites du chiffre avant tout. Dépasser le chiffre de 12 000 expulsions annuelles atteint sous Debré est désormais l’objectif à peine caché du ministère de l’Intérieur.

Expulsions, scotch, bâillons, consignes répressives, racolage xénophobe...

Cette exigence de rendement n’est possible qu’en bafouant systématiquement les droits des étrangers. Les centres de rétention, à nouveau pleins depuis la circulaire, sont le théâtre de luttes désespérées et parfois sans beaucoup d’échos à l’extérieur. La presse a eu connaissance de cas avérés (cf. L’Humanité du 7.4.2000) de sans-papiers brutalisés, scotchés, voir bâillonnés avec des coussins jusqu’à la perte de connaissance, une pratique qui n’a pas cessé malgré le décès par asphyxie de Sémira Adamu en Belgique. Seules les réticences des compagnies aériennes réfrènent aujourd’hui les ardeurs d’expulsion du gouvernement. Suite à de nombreux incidents et au saccage d’un appareil faisant la liaison Paris-Bamako, les compagnies ont étroitement limité la présence de sans-papiers expulsés sur leurs vols.

La répression s’abat sur les étrangers, mais aussi sur ceux qui les soutiennent : la justice a jugé il y a trois mois Delphine Benama, une jeune française venue en aide à un sans-papiers algérien sans aucun but financier. Relaxée en première instance, elle a été condamnée à la prison avec sursis sur appel du Parquet, donc à l’instigation du gouvernement Jospin. Ce type de condamnation se banalise notamment envers les soutiens des sans-papiers lillois. Déjà fin mars 1998, des passagers du vol Paris-Bamako qui s’étaient solidarisés de sans-papiers menottés, attachés et bâillonnés avaient fait l’objet de poursuites ainsi que des militants qui diffusaient un tract à l’aéroport, stigmatisés par Chevènement comme "trotskistes d’origine britannique". De même les autorités n’hésitent pas à poursuivre les responsables de collectifs pour "non-assistance à personne en danger", de façon à leur faire endosser la responsabilité du décès éventuel de grévistes de la faim. Enfin, comme l’ont montré les événements récents de Lille, le gouvernement a décidé de faire donner la matraque contre les noyaux de sans-papiers qui ont repris le chemin de la lutte. Il est loin, l’été 1996, quand le Parti socialiste s’indignait si éloquemment des coups de hache de Juppé ! Pire encore, derrière les textes de lois et de circulaires, il y a les consignes données en sous-main aux services préfectoraux. Des dossiers parfaitement conformes à la loi sont rejetés sous les prétextes les plus artificiels. Une enquête menée par la Cimade (organisme d’assistance aux étrangers) révélait, en septembre 1998, les pratiques quotidiennes à la préfecture de l’Hérault : tutoiement et comportements insultants envers les étrangers, contrôles aux faciès à l’entrée. Dans l’Hérault comme ailleurs, les pratiques sont en marge de la légalité, et le refus d’examen des dossiers, déclarés irrecevables avant d’être ouverts, est monnaie courante. Plus généralement, sous Jospin comme auparavant, nombreuses sont les administrations qui dénient aux sans-papiers, là encore en toute illégalité, l’exercice de leurs droits à la santé ou à l’éducation.

Dans les centres de rétention, les conditions demeurent inhumaines. En avril dernier, une nouvelle manifestation attirait l’attention sur le centre d’Arenc, près de Marseille, tristement célèbre pour ses mauvais traitements et son insalubrité.

Ceux qui nourrissaient des illusions dans la victoire électorale de la gauche en 1997 doivent aujourd’hui déchanter. Si Lionel Jospin a réussi quelque chose en la matière, c’est surtout à désamorcer le mouvement parti de Saint-Bernard et à démobiliser l’opinion publique de gauche en lui donnant l’impression que le dossier allait être réglé. Quelques milliers de titres de séjour ont été distribués, mais presque autant d’arrêtés d’expulsion : c’est l’"équilibre" façon Jospin. En cela, la politique menée en France ne diffère guère de celle de ses voisins européens (Italie, Belgique), qui dans un contexte de légère décrue du chômage, ont momentanément assoupli la délivrance de cartes de séjour et de travail. Il ne s’agit de rien d’autre que de la régulation du marché du travail pour le compte des capitalistes.

Le gouvernement de la gauche plurielle entonne donc à nouveau le traditionnel refrain de la fermeté dans la "lutte contre l’immigration clandestine". Désormais, le gouvernement prépare les échéances électorales de 2001-2002 et cherche à présenter des chiffres d’expulsion élevés afin de racoler l’électorat xénophobe et couper l’herbe sous le pied aux critiques de droite. Tel est l’objectif évident de la circulaire Chevènement d’octobre 1999.

Les sans-papiers ont eux-mêmes pâti de certaines de leurs illusions dans la gauche plurielle. Ils sont aujourd’hui pratiquement ramenés à la case départ, l’effectif des clandestins n’étant sans doute pas très inférieur à celui de 1996. A ceci près que Saint-Bernard a créé un précédent : malgré la fragilité de leur situation, bien des sans-papiers sont conscients de la force que peut représenter même une petite minorité lorsqu’elle lutte avec obstination. Ils ont conscience d’être moins isolés qu’auparavant car leur combat a révélé les multiples soutiens associatifs ou politiques dont ils pouvaient bénéficier dans la population française. Reste à souhaiter que ce capital d’expérience des luttes soit mis à profit aujourd’hui avec autant d’énergie que sous Juppé.

En 2008 : Les "sans-papiers", un combat de classe

Au petit matin, ce mardi 12 février 2008, un dispositif policier de plusieurs centaines d’agents était mis en oeuvre au foyer de migrants de la Terre au Curé (Paris 13ème) dans une opération de rafle massive résultant en plus de cent interpellations. Cette opération avait été précédée du bouclage de toute la zone dès 4h du matin. Dans cette atmosphère de guerre civile, l’assaut sur le foyer de migrants a commencé, selon des témoins, à 6h45. A l’intérieur du foyer, les portes ont été défoncées, le bureau du gérant a lui aussi été saccagé. Un habitant raconte avoir été violemment bousculé et mis à terre. Deux d’entre eux ont été légèrement blessés durant cette opération qui a duré plusieurs heures, jusque peu après 8 heures du matin.

suite à venir !

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La nouvelle crise systémique de 2008

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10 Messages de forum

  • Pour information :
    "Depuis le 23 mars, 41 travailleurs sans papiers des restaurants KFC sont en grève.." la suite en cliquant ici

    Le contact est facile avec ces camarades pour 2 raisons : le resto est sur le chemin des Halles vers Beaubourg et la terrasse est devenue un lieu de débat ! Et en 2, les employés en lutte sont demandeurs et enthousiastes pour débattre sur plein plein de sujets.

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  • Voici le texte d’un tract rédigé récemment par les membres d’un piquet de grève à Paris. Ils ont tout notre soutien.

    « Habitants de Paris, vous êtes concernés…

    Nous sommes grévistes ADECCO sans papiers depuis le 30 septembre 2008.

    Nous occupons les locaux ADECCO situés au 9 boulevard Magenta à Paris 10eme. Nous demandons du soutien et souhaitons attirer l’attention du public dans notre lutte infernale qui est sans issue.

    ADECCO Intérim nous a employés dans de différents travaux publics, bâtiments, routes, restaurants, etc., sans titre de séjour pendant 10 ans voire plus.

    Nous avons des devoirs tels que payer les impôts, revenu sur salaire mais aucun droit.

    Avoir des cartes de résidents pour tous est le but de notre revendication, ADECCO ne veut pas nous délivrer de document concernant le critère d’intérim et travail temporaire.

    Le Préfet de Police de Paris a adresse une circulaire aux dirigeants d’intérim indiquant les pièces nécessaires à fournir pour la délivrance de titre de résident. Les gérants d’intérim dont les grévistes étaient dans la même situation que nous, tels que MAN, BTP, PERCECT INTERIM, ont tous permis leur régularisation.

    ADECCO ne veut pas entendre parler du critère d’intérim du pouvoir public. Par la pression des grévistes, ADECCO a obtempéré pour 9 des 32 grévistes que nous sommes. Le 7 mai 2009, ils se sont rendus au métro Gaité, à la Sous-Préfecture de Paris où les dossiers ont été refusés en présence de M. Michel BOULAWA, délégué syndical chez ADECCO Intérim, à défaut des lettres d’engagement que le dirigeant M. Fabrice SIMMONNET directeur général adjoint n’a pas voulu signer.

    Sur les murs et dans les agences ADECCO, de grands posters impressionnants de Coluche et Gandhi sont affiches en signe de non discrimination.

    Nous revendiquons notre droit à la régularisation de notre situation afin de pouvoir travailler dignement sur l’ensemble du territoire français (pays que nous aimons et dans lequel nous souhaitons vivre).

    Le délégué syndical M. Michel BOULAWA et son collègue M. Ben SALLEM ont tenté de déposer à la Préfecture les 23 dossiers restants, sachant bien qu’ils sont incomplets. La lettre d’engagement n’y étant pas, nous sommes 32 grévistes qui avons un but commun, tous devons avoir gain de cause car tous avons une ancienneté au-delà de 5 ans.

    Nous sommes soutenus par la C.G.T dans cette lutte. Marie-Georges Buffet est venue nous rendre visite sur notre piquet de grève. »

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  • Après quatorze mois passés dans les locaux de la Bourse du Travail à Paris, les travailleurs sans-papiers en ont été délogés, mercredi 24 juin, par des gaz lacrymogènes. A l’origine de ce coup de force ? Le service d’ordre de la CGT. Puis les sans-papiers ont été évacués par les CRS mais l’initiaitve vient de la CGT Paris, les deux cents sans-papiers africains qui avaient élu domicile dans les locaux syndicaux de la rue Charlot (III e ) depuis près de quatorze mois ont été évacués au moment où nombre d’entre eux étaient absents, en train de manifester. Ils ont d’abord été éjectés manu militari par le service d’ordre de la CGT. Entourés d’un cordon de plusieurs dizaines de CRS chargés de bloquer les accès, les occupants ont été contraints de vider les deux étages du site dans une atmosphère électrique : à plusieurs reprises, des bousculades musclées ont éclaté entre les policiers et des militants associatifs venus apporter leur soutien aux sans-papiers.

    Des dizaines de CRS

    L’opération préparée par la CGT depuis plusieurs jours a débuté peu avant midi, alors qu’une majorité des occupants s’était absentée pour la traditionnelle manifestation du mercredi en direction des Halles. Des membres de la CGT ont alors demandé aux sans-papiers restés à la Bourse de quitter les lieux. « On leur a demandé de sortir, mais il y a eu des résistances, explique Patrick Picard secrétaire de l’union départementale CGT Paris. Peu après, ceux qui revenaient de la manifestation ont commencé à casser des carreaux. » Au même moment, des dizaines de CRS, chargés d’encadrer la manifestation du mercredi, assistent à la scène et décident d’intervenir. « Depuis plusieurs mois, nous essayions de trouver un accord avec les représentants des sans-papiers, mais sans succès, affirme le leader syndical. Cette occupation durait depuis trop longtemps, et n’a abouti qu’à une poignée de régularisations. Il fallait y mettre un terme. » La situation sur place est restée tendue jusqu’en fin d’après-midi. Les sans-papiers présents au début de l’opération ont été contraints d’entreposer sacs et valises à même la rue, tandis que la majorité des occupants, retenus derrière un cordon de sécurité, assistaient impuissants à l’opération. « La France nous laisse tomber, enrage Demba, 49 ans. C’est la CGT qui nous a dit de venir ici. Et maintenant ils nous mettent dehors ! » « J’ai travaillé pendant sept ans, et j’ai effectué toutes les démarches pour avoir des papiers, mais ça n’a jamais abouti, soupire Diakite, 36 ans. Aujourd’hui, j’ai perdu tout espoir. » En milieu d’après-midi, beaucoup de sans-papiers avouaient ne pas savoir où ils allaient passer la nuit. « En tout cas, moi, je reste devant la Bourse », promettait une jeune Malienne.

    Voici l’info

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  • Un débat après l’expulsion par la CGT des sans-papiers de la bourse du travail à Paris :
    Le film du débat

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  • C’est la CGT qui a expulsé les sans-papiers de la bourse du travail avec des lacrymogènes et l’aide de la police comme le montre la vidéo

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  • Travailleurs sans-papiers isolés - Bilan d’étape

    Par foumonde le lundi 29 juin 2009, 15:41 - Paris - Lien permanent
    Pour­quoi ne sou­te­nons-nous pas col­lec­ti­ve­ment les tra­vailleurs sans-papiers iso­lés qui s’étaient réfu­giés à la Bourse du Tra­vail ?

    Pour­quoi aucune orga­ni­sa­tion con­sé­quente n’a-t-elle pas fer­me­ment con­damné le mode infa­mant qu’a uti­lisé la CGT pour les en délo­ger ?
    Rap­pel :

    Au prin­temps 2008, des tra­vailleurs sans papiers, sou­te­nus par la CGT, occu­pent spec­ta­cu­lai­re­ment quel­ques grands res­tau­rants pari­siens puis une entre­prise de net­toyage pour faire valoir leurs droits à régu­la­ri­sa­tion.

    La France (re)décou­vre l’exis­tence de ces tra­vailleurs (hom­mes et fem­mes) qui vivent sans papiers ni garan­ties, et ce par­fois depuis plus de 10, 20 ans, alors qu’ils et elles sont sala­riés d’entre­pri­ses ayant pignon sur rue.

    Mais un grand nom­bre de tra­vailleurs sans papiers dépen­dant d’entre­pri­ses trop peti­tes pour dis­po­ser d’un syn­di­cat se retrou­vent iso­lés et aban­don­nés à leurs seu­les ini­tia­ti­ves, les for­ces syn­di­ca­les relâ­chant leurs efforts de sou­tien une fois la régu­la­ri­sa­tion au cas par cas obte­nue pour ceux tra­vaillant dans les entre­pri­ses qui dis­po­sent d’une repré­sen­ta­tion syn­di­cale.

    Avec la CSP 75 (Coor­di­na­tion des Sans-papiers 75), plus de 600 - puis jusqu’à 1300 - tra­vailleurs iso­lés sans–papiers déci­dent de se réfu­gier à la Bourse du tra­vail, lieu his­to­ri­que de repré­sen­ta­tion des inté­rêts de tous les tra­vailleurs, au 85 rue Char­lot, dans le 3e. Ils y sont tou­jours, bien orga­ni­sés mais oubliés, pour cer­tains en famille avec leurs enfants.

    En déve­lop­pant la répres­sion et ses con­sé­quen­ces dra­ma­ti­ques, les poli­ti­ques gou­ver­ne­men­ta­les sécu­ri­tai­res pas­sent outre au plus élé­men­taire res­pect de citoyens dont nos socié­tés ont besoin depuis long­temps pour assu­rer cer­tai­nes acti­vi­tés en sous-emploi (le bâti­ment, la res­tau­ra­tion, l’aide à la per­sonne…).

    Cha­cun, cha­cune de nous, habi­tant ou tra­vaillant à proxi­mité peut se sen­tir con­cerné et res­pon­sa­ble de cette pro­fonde infa­mie, tout comme nous avons été cho­qués de ces enfants sco­la­ri­sés en France qui ris­quent d’être expul­sés, du jour au len­de­main, dans un pays qu’ils n’ont jamais connu.

    Face aux défis mul­ti­ples de ce XXIème siè­cle, sou­hai­tons-nous vivre dans des socié­tés refer­mées sur elles-mêmes et aux abois ou dans un monde soli­daire ?
    24 juin, expul­sion vio­lente :

    Mer­credi 24 juin der­nier, pro­fi­tant d’une des mani­fes­ta­tions heb­do­ma­dai­res des tra­vailleurs sans-papiers, un com­mando de gros bras de la CGT déloge à coups de gour­din et de gaz lacry­mo­gène ceux qui sont res­tés à la Bourse (cf. arti­cle et vidéo, Libé du 24/06). Huit per­son­nes ont été hos­pi­ta­li­sées, dont un enfant et une femme plus de 24 heu­res.

    L’UD-CGT de Paris a été con­trainte de recon­naî­tre la res­pon­sa­bi­lité de l’ini­tia­tive le soir même tout en dif­fu­sant un com­mu­ni­qué de presse men­son­ger (cf. le com­mu­ni­qué de presse rec­ti­fi­ca­tif de la CSP 75 ci-joint). Elle accuse les tra­vailleurs d’avoir squatté les locaux alors qu’un accord de lon­gue date avait pré­servé l’usage de plu­sieurs éta­ges de la Bouse pour les syn­di­cats ainsi que la con­dam­na­tion de la grande salle.

    A la rue, en ayant fina­le­ment réussi à négo­cier avec la police de récu­pé­rer leurs affai­res, les sans-papiers déci­dent de res­ter sur le bou­le­vard du Tem­ple devant l’entrée prin­ci­pale de la Bourse. Ils y sont tou­jours, déci­dés à y résis­ter, tant qu’une régu­la­ri­sa­tion col­lec­tive ne leur aura pas été accor­dée, sachant que le cas par cas mène à l’arbi­traire.
    L’ostra­cisme récur­rent :

    Depuis 14 mois, seuls des mili­tants ou poli­ti­ques en leur nom, mais aucune orga­ni­sa­tion syn­di­cale, poli­ti­que ou asso­cia­tive con­sé­quente, reven­di­quant par ailleurs la régu­la­ri­sa­tion des tous les tra­vailleurs sans-papiers et de leur famille, (CGT, NPA, RESF et tou­tes les autres…) n’a sou­tenu cette lutte sous l’argu­ment cent fois répété qu’ils n’auraient jamais dû occu­per un tel lieu emblé­ma­ti­que, une mai­son du peu­ple et des tra­vailleurs dans laquelle les sans-papiers con­si­dè­rent avoir cher­ché refuge (cf. les 12 men­suels du Jour­nal, télé­char­gea­bles sur le site de la Bourse occu­pée).

    Au delà des échan­ges cour­tois ou aigre-doux, qui ont jalonné cette lon­gue année, l’UD-CGT de Paris était prête à écou­ter les tra­vailleurs sans-papiers dans leur com­mis­sion « sans-papiers » à con­di­tion, au préa­la­ble, qu’ils aient quitté les lieux, ce qui les con­dam­naient à rede­ve­nir invi­si­bles et sans armes.

    Il est vrai qu’il a été repro­ché à la CSP 75 (Coor­di­na­tion des sans-papiers pari­sienne née de l’occu­pa­tion de l’Eglise Saint-Ber­nard en 1996) de tra­vailler dif­fi­ci­le­ment avec tous les par­te­nai­res poten­tiels en pri­vi­lé­giant les inté­rêts des sans-papiers qu’elle défend (un bon nom­bre sont maliens, ori­gi­nai­res de la région de Kayes, région sèche à tra­di­tion migra­toire). Les rap­ports avec les dif­fé­ren­tes com­po­san­tes de la com­mu­nauté malienne ne sont cer­tai­ne­ment pas sim­ples mais la CSP 75 a pu gérer ces 14 mois de con­di­tions dif­fi­ci­les sans céder aux pro­vo­ca­tions. Mal­gré tou­tes les bon­nes volon­tés, Il est dif­fi­cile de met­tre en oeu­vre la démo­cra­tie (!!!), cela nous donne-t-il le droit de leur jeter l’ana­thème ?
    La situa­tion aujourd’hui :

    Les tra­vailleurs sans-papiers sont tou­jours là, réso­lus mal­gré les épreu­ves, hom­mes et fem­mes. Les syn­di­cats sont main­te­nant assié­gés dans leur pro­pre mai­son, ne pou­vant en sor­tir que par la petite porte et sans gloire.

    Dans un cour­rier trans­mis par Mar­tine Billard, Dépu­tée de Paris, le 26 juin, des mili­tants de RESF ont pro­posé une réu­nion de coor­di­na­tion uni­taire (qui a eu lieu samedi 27 au matin) et décla­rent :

    “La situa­tion engen­drée par l’affaire de la Bourse du tra­vail depuis 14 mois est une bombe pro­pre à faire explo­ser le mou­ve­ment des sans-papiers et celui de leurs sou­tiens qui, pour­tant, n’ont pas besoin de ça. A en croire cer­tains, les sans papiers ne seraient plus en lutte con­tre le gou­ver­ne­ment pour leur régu­la­ri­sa­tion mais con­tre la CGT. Et la CGT serait le pire ennemi des sans papiers. Il faut arrê­ter ces diva­ga­tions dont, à n’en pas dou­ter, le gou­ver­ne­ment se réjouit ! (…) Nous pro­po­sons donc de geler tou­tes les dis­cus­sions sur les res­pon­sa­bi­li­tés de uns et des autres jusqu’à la réso­lu­tion de la crise actuelle. (…)”

    Une pro­chaine réu­nion de coor­di­na­tion est pré­vue mer­credi 1er juillet à 19h, à l’EDMP, 8 impasse Cro­za­tier, 75012, Paris.
    Pour l’heure, les mili­tants d’orga­ni­sa­tions expri­ment leur cons­ter­na­tion et gro­gnent mais les orga­ni­sa­tions pro­pre­ment dites ne s’enga­gent pas clai­re­ment ni pra­ti­que­ment à sou­te­nir le mou­ve­ment.

    Une récente décla­ra­tion du syn­di­cat CGT Saint-Gobain Auber­vil­liers (93), en cri­ti­quant leur direc­tion natio­nale, pose bien le pro­blème qui dépasse les pro­blè­ma­ti­ques de la seule CGT :

    (…)
    2) Le syn­di­cat CGT Saint-Gobain Auber­vil­liers a pris con­nais­sance de l’éva­cua­tion par la force des sans-papiers qui occu­paient la Bourse du Tra­vail depuis le 2 mai 2008.
    Eva­cua­tion réa­li­sée par un groupe de mili­ciens armés qui se pré­ten­dent nos cama­ra­des.
    Scan­da­lisé, le syn­di­cat CGT Saint-Gobain Auber­vil­liers con­damne expli­ci­te­ment et sans aucune réserve cette éva­cua­tion.
    Si au lieu de négo­cier avec Hor­te­feux les cri­tè­res scan­da­leux d’une immi­gra­tion adap­tée aux besoins du capi­ta­lisme, la con­fé­dé­ra­tion avait élargi le mou­ve­ment à tous les sans-papiers - les plus pré­cai­res des tra­vailleurs -, si le mou­ve­ment avait pris l’ampleur des espoirs qu’il sou­le­vait, si l’élar­gis­se­ment indis­pen­sa­ble et pos­si­ble n’avait pas été pure­ment et sim­ple­ment enterré par choix déli­béré de la Con­fé­dé­ra­tion, nous n’en serions pas arri­vés là.

    On en arrive aujourd’hui à à peine 1500 régu­la­ri­sa­tions, les por­tes désor­mais fer­mées et le mou­ve­ment en reflux. Et pour­tant, ce n’est pas l’éner­gie d’un cer­tain nom­bre de mili­tants CGT et de struc­tu­res loca­les qui a man­qué pour déve­lop­per et orga­ni­ser, bien seuls, la lutte de nos cama­ra­des sans-papiers.
    Il est abso­lu­ment nor­mal que le déses­poir et le sen­ti­ment d’aban­don se répan­dent chez nos cama­ra­des, alors qu’ils ont vu l’an der­nier, con­crè­te­ment, qu’il aurait été pos­si­ble de gagner la régu­la­ri­sa­tion pour tous les sans-papiers.
    (…)

    Lire

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  • LO soutient la CGT contre les sans-papiers de la Bourse du travail

    ci-joint le tract de PSA écrit par des militants de LO !

    Syndicat de site CGT Aulnay PCA, ISS, Géodis

    PCA AULNAY
    Le 30 / 06 / 09

    Depuis quelques jours une campagne anti CGT s’est développée dans les médias sur l’évacuation de la Coordination des Sans Papiers 75 (CSP 75) qui occupait depuis 14 mois la Bourse du travail de Paris.
    Cette organisation, la CSP 75, toute seule et contre l’avis de toutes les organisations qui luttent sur les terrains des papiers, avait décidé de s’attaquer aux syndicats en, occupant la Bourse du travail au lieu de s’en prendre au gouvernement.
    Pour le syndicat CGT de Citroën Aulnay, le seul ennemi c’est le gouvernement. Il n’y a que les préfectures qui délivrent les papiers. Essayer de faire croire autre chose c’est un mensonge.
    C’est pourquoi nous ne cautionnerons sous aucune manière ceux qui par démagogie, ou autre, s’attaque aux syndicats au lieu de s’en prendre au patronat et à son gouvernement.

    Nous portons à votre connaissance le communiqué de l’Union Départemental CGT de Paris.

    Union des syndicats CGT de Paris
    85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03
    Téléphone 01 40 29 14 40
    Télécopie 01 48 87 89 97
    Courriel : cgt.paris@wanadoo.fr
    www.cgtparis.fr
    CCP 27 46 74 P Paris

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Le 24 juin 2009, vers 12h30, les organisations syndicales CGT de Paris et l’UD CGT ont effectivement procédé à l’évacuation de la Bourse du Travail.

    Nous avons choisi un jour où la CSP 75 était en manifestation, ceci pour éviter au maximum les confrontations et les provocations.

    Dès le début, nous avons proposé à la trentaine de sans papiers présents de sortir. Une dizaine d’entre eux l’ont fait de plein gré. Immédiatement, la vingtaine restante s’est emparée de tout ce qu’elle avait sous la main pour le jeter violemment sur les militants de la CGT : tables, chaises, caddies, bacs à ordures, pelles, racloirs balais, gamelles…

    Nos militants ont reculé, attendu que les choses se calment et ont refoulé sans violence les sans papiers dans la grande salle ouverte sur le Boulevard du Temple. Dans les minutes qui ont suivi, plusieurs sans papiers ont démonté des bancs sur la voie publique et cassé des vitres du bâtiment. Ce sont ces derniers incidents qui ont déclenché l’intervention des forces de police à l’extérieur de la Bourse sur appel de tierces personnes.

    Il n’y a eu aucun blessé et aucune arrestation, il n’y avait aucun enfant dans la Bourse et, seules, 2 femmes y étaient présentes. La police n’est pas intervenue à l’intérieur de la Bourse du travail.

    Après 14 mois d’occupation stérile, l’UD CGT 75 a été malheureusement contrainte de prendre cette décision d’évacuation. Lorsque l’on dit combattre des décisions politiques, on cible les adversaires qui en sont les auteurs. En l’occurrence les dirigeants de la CSP 75 ont fait le choix, inexpliqué à ce jour d’investir un lieu de lutte de leurs collègues travailleurs et syndicalistes.

    Les plus de 2500 salariés qui se sont mis en grève dans plus de 100 entreprises depuis le 15 avril 2008 ont fait le choix de combattre patronat et gouvernement, de revendiquer sur leur lieu de travail et ont obtenu plus de 2000 régularisations dont 500 pour des travailleurs individuels.

    Après plus de 200 heures de réunions unitaires ou bilatérales, la CSP 75 a refusé toutes les propositions qui leur ont été faites. La CGT, en février 2009 leur a soumis un projet de relevé de décision, dans le cadre d’une médiation sous l’égide du Haut Conseil des Maliens de France qui n’a pas ménagé son énergie.

    Pourquoi la CSP 75, alors que nous étions proches d’un accord, a-t-elle repoussé toutes les propositions de travail et d’initiatives faites pendant 14 mois par les associations et organisations syndicales ?

    Pourquoi le CSP 75, depuis 14 mois, expose t-elle les 1300 adhérents qu’elle revendique sans expliquer sa stratégie et sans prendre pleinement sa place de manière constructive dans l’ensemble des associations et organisations syndicales ?

    Nous réaffirmons une fois de plus que l’adversaire c’est le patronat et le gouvernement, pas les autres salariés et leurs représentants.

    Maintenant, il est temps de rassembler toutes les énergies disponibles dans leurs diversités, pour continuer à construire, à se rassembler dans le cadre d’un réel rapport de force efficace avec des objectifs clairement identifiés et définis.

    Les luttes à mener sont nombreuses sur les salaires, contre les licenciements, contre les précarités, contre les discriminations, pour la régularisation des sans papiers dans et hors des entreprises, pour le développement des services publics, contre les centaines de milliers de licenciements.

    La CGT y est prête, y travaille dans l’unité. Les salariés avec papiers ou pas ont besoin de ce rassemblement.

    Fait à Paris le 25 juin 2009 à 15 h 45

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  • Bonjour, je m’appelle Bianco et je vais vous envoyer mon commentaire. A bientôt.

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  • Retour sur la Loi raciale

    Le 2 juillet, l’Italie a voté une loi sur la sécurité intérieur et l’immigration créant un délit d’immigration passible d’une amande, mais surtout interdisant aux femmes qui ne sont pas en règles de reconnaître leur enfant ! Et instaurant à nouveaux des millices dans les rues des villes...

    Par le vote du Sénat, le 2 juillet, l’Italie a définitivement adopté la loi sur la sécurité et l’immigration proposée par le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni (Ligue du Nord).

    Ce texte crée un délit d’immigration clandestine passible d’une amende allant jusqu’à 10 000 euros assortie de l’expulsion immédiate.

    Le séjour en centre de rétention des étrangers en situation irrégulière pourra aller jusqu’à six mois, contre deux mois jusqu’ici.

    Mais le plus sordide de tout, cette nouvelle loi rend également obligatoire la présentation d’un permis de séjour ou d’un passeport pour déclarer la naissance d’un enfant à l’état civil. Autrement dit il n’est plus autorisé d’accoucher sans papiers en règle. Que vont devenir les enfants nés de parents sans-papiers ? Que vont devenir les femmes enceintes qui n’oserons plus aller dans une maternité pour mettre au monde leur enfant ? Une telle loi, qui comprend également l’interdiction de se marier lorsque l’on n’a pas de papiers en règle nous laisse un véritable goût amer dans la bouche.

    Par ailleurs, les citoyens sont désormais autorisés à effectuer des rondes pour protéger leur quartier, à condition de ne pas être armés.

    Des intellectuels italiens tel dario Fo et Tabucchi ont envoyé un appel aux européens contre la réintroduction des lois raciales en Europe, publiée le 11 juillet dans le QSP, mais très peu reléguée au niveau de la presse papier...

    Les organisations de défense des droits de l’homme et le Vatican critique la loi qui risque de « pénaliser en premier lieu les près de 500 000 badanti, des femmes originaires pour la plupart des pays de l’est de l’Europe et le plus souvent sans papiers, qui sont employées par des familles italiennes pour s’occuper du ménage, des personnes âgées ou des enfants. Suite aux pressions de certains membres de l’exécutif et d’une partie de la majorité, le gouvernement étudie la possibilité d’une régularisation sélective de ces aides à domicile, » indique le quotidien La Repubblica. Ainsi certaine seraient régularisées tandis que d’autres se verraient l’interdiction de reconnaître leur enfant...

    [Sources : Corriere della sera | Reppublica]

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