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Conceptions syndicalistes et conscience prolétarienne, politique et socialiste

vendredi 26 octobre 2012, par Robert Paris

Conceptions syndicalistes et conscience prolétarienne, politique et socialiste

En échange des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition à la banque financière PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d’organiser un simulacre de négociations où ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement renégocié leur accompagnement. Les syndicats d’Aulnay crient victoire et déclarent que c’est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l’exprime ainsi : un calendrier de négociations !

Des milliers de salariés vont perdre leur emploi et ce n’est nullement remis en question même quand l’Etat débourse dix milliards d’euros et la victoire c’est qu’il n’y ait ni grève ni occupation des sites visés et qu’on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se prétend communiste révolutionnaire de Lutte Ouvrière. Il faut se pincer pour y croire !!!

"On a bloqué la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans négocier sur les mobilités", s’est félicité Jean-Pierre Mercier (CGT).

« C’est un succès de l’unité des salariés d’Aulnay » dit Marcier à la télévision. Ce qu’il appelle unité des salariés, c’est l’unité des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l’unité pour ne pas entrer en grève, pour ne pas occuper, pour ne pas déranger les prétendues négociations, pour ne pas mener la lutte des classes !

Le journal L’Humanité du 25 octobre écrit :

« C’est un premier succès pour les syndicats de PSA Peugeot-Citroën. Ceux-ci sont parvenus à imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des négociations sur les conditions de l’ensemble du plan social annoncé à Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui prévoit plus de 8.000 suppressions d’emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces négociations débuteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, représentant CGT de PSA Aulnay, raconte à la sortie du comité central d’entreprise qui se tenait ce matin : "La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi à vider l’usine (d’Aulnay) le plus vite possible. C’est un premier succès." Selon les syndicats, les conditions de départ des salariés sur Poissy ou d’autres sites du groupe devront désormais faire l’objet de négociations préalables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l’ensemble des mesures d’accompagnement - formations, indemnisations - destinées à ceux qui refusent d’être transférés et à tous les autres salariés concernés par la réduction de la capacité de Rennes ou par la fermeture du site d’Aulnay. »

"Cela fait 17 mois que l’on demande l’ouverture de ces négociations. La direction voulait nous diviser elle n’a pas réussi", explique Jean-Pierre Mercier.

Puis de nuancer : "On a obtenu un calendrier de négociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance à la direction de PSA. Nous attendons qu’Arnaud Montebourg appose signature en bas du document". Parce qu’on peut faire confiance à Montebourg et à l’Etat bourgeois ? A la sortie de l’entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assuré que le « gouvernement et le président de la République partageaient l’inquiétude des salariés » de PSA et promis que la réunion à venir serait l’occasion de « réduire reformater, rediscuter le plan social ». S’il a reconnu implicitement que les suppressions de postes étaient un mal nécessaire pour permettre à Peugeot, en difficulté, de se remettre sur de bons rails, il a néanmoins assuré que le plan social devait être « strictement proportionné aux nécessités de la relance de Peugeot. »

L’Etat a demandé « le reformatage du plan » qui prévoit 8.000 suppressions de postes, a répété le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à l’issue d’une réunion tripartite à Bercy. Mais il n’a obtenu aucun engagement du groupe automobile.

« C’est la négociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l’effectivité de ces efforts », a dit le ministre. Et c’est tout ! Alors que l’Etat a quand même déboursé sans discuter dix milliards d’euros !!!! C’est cher payé de négocier autour du tapis vert ! Voilà tout ce qu’obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards….

En marge du CCE, Philippe Varin, le président de PSA a, de son côté, réaffirmé sur Europe 1 la nécessité de son plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 8.000 postes dans le groupe. Il a surtout confirmé sa volonté de fermer l’usine d’Aulnay-sous-Bois, tout en s’engageant à réduire "l’impact social de ce plan, soit par des plans de reclassement interne, soit par le traitement des salariés les plus défavorisés, soit des mesures de revitalisation. Le reste se fera par des départs volontaires".

Que chaque salarié aurait une proposition, la direction de PSa le prétendait dès l’annonce du plan. Ce n’est absolument pas un recul face à ne lutte qui n’existe d’ailleurs pas encore…

Donc rien de changé et PSA ne recule pas devant le refus des syndicats de mener la lutte d’ensemble de tous les sites vers la grève avec occupation et vers l’extension aux autres entreprises menacées de plans sociaux de masse comme Sanofi, Ford ou Bouygues, sans compter la SNCF.

La stratégie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salariés de Pétroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont même pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salariés d’Arcelor luttent seuls, les salariés de chaque banque comme la banque de France récemment luttent seuls, etc… Tout au plus une petite journée syndicale d’inaction par ci par là. Cette stratégie n’est pas contestée par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui prétendent que leur lutte locale est censée suffire pour faire reculer le patron au moment où l’offensive patronale de licenciements est générale et non locale, globale et non conjoncturelle.

A Paris-Match du 15 novembre, Mercier continue d’expliquer que le patron n’aurait rien à perdre à continuer de faire produire l’usine d’Aulnay. Le reste n’est pas son problème :

« Il reste 450.000 nouvelles C3 à produire, cela ne coûterait pas 1 centime à l’Etat et à PSA de le faire à Aulnay, et nous aurions du travail jusqu’à fin 2016 ! » »

Son leitmotiv est « produire la C3 à Aulnay ».

Est-ce un objectif unificateur pour la lutte de l’ensemble des salariés de PSA ? Il s’en moque ! Les licenciements hors Aulnay ne sont-ils pas plus importants qu’à Aulnay seul ? Il s’en moque ! La C3 à Aulnay et c’est tout !

La conscience de classe est la conscience d’appartenir à une classe qui a des intérêts communs par delà les corporations, les professions, les entreprises, les sites. Il n’en sait rien !

La conscience de classe, base essentielle de la force du prolétariat, n’est pas la négociation à la petite semaine avec les représentants du patronat et de l’Etat avec juste de petites (ou grandes actions) pour appuyer les leaders syndicaux.

La lutte actuelle, menée par le patronat qui licencie massivement tous secteurs confondus et toutes professions, consiste à s’attaquer directement au prolétariat dans son ensemble. Aulnay était un point central de cette attaque et ne semble pas devenir un point central de la riposte, du moins telle que la conçoivent les dirigeants syndicaux, même ceux qui se prétendent d’extrême gauche et qui sont effectivement extrêmement de gauche, la gauche étant la dernière ligne de sauvetage du capitalisme !

La politique prolétarienne devant des licenciements massifs ne consiste pas à s’accrocher à un seul site en le déclarant forteresse ouvrière (une forteresse que l’on n’occupe même pas !) et en refusant de globaliser cette lutte. La soi disant solidarité des différents sites licenciés ne consiste même pas à manifester ensemble vraiment et encore moins à chercher des assemblées communes de salariés !

La politique prolétarienne ne consiste pas à faire appel à l’Etat bourgeois pour nous sauver et même pas à "le mettre devant ses responsabilités" car la responsabilité de l’Etat bourgeois a toujours été de sauver la bourgeoisie. Ses caisses sont pour elle, ses forces de l’ordre sont pour la défendre.

La force du prolétariat, c’est la conscience qu’il ne possède rien à lui, véritablement à lui, dans cette société et que tout ce qu’il a on peut du jour au lendemain le lui reprendre.

Tous ceux qui se disent dirigeants ouvriers et parlent de "notre usine", "notre pays", trahissent leur classe...

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