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Le darwinisme social de la sociobiologie

vendredi 25 mai 2012, par Robert Paris

Dans ce texte, on trouve des parties en anglais intercalées de parties en français...

Stephen Jay Gould dans “La structure de la théorie de l’évolution” :

« J’estime que la vogue connue par le sélectionnisme génique durant ces dernière années constitue un épisode inhabituel dans l’histoire des sciences, car je suis convaincu que la thèse centrale de cette théorie est logiquement incohérente. »

Le darwinisme social de la sociobiologie

d’après des extraits de « Les héritiers de Darwin » de Marcel Blanc

« C’est au mois de juin 1975 que parut, aux Etats-Unis, l’imposant ouvrage « Sociobiologie : la nouvelle synthèse » du biologiste américain Edward O. Wilson, professeur à Harvard, spécialiste des sociétés de fourmis. Ce livre – 700 pages et de grand format – connut immédiatement un grand succès, à la fois dans les médias et dans les librairies. Il s’autoproclamait l’ouvrage fondateur d’une nouvelle discipline, la sociobiologie, qui avait pour but l’étude scientifique de toutes les sociétés animales et humaines à la lumière de la théorie néo-darwinienne de l’évolution. (…) Selon Wilson, les comportements sociaux ont pour effet et pour but de propager au maximum certaines variantes génétiques au sein des populations, conformément à la théorie néo-darwinienne, selon laquelle l’évolution consiste en un changement de fréquence des gènes (des variantes génétiques) au sein des populations. Autrement dit, la sociobiologie réalisait l’intégration de l’écologie et de l’éthologie au sein de la théorie néo-darwinienne. C’est pour cela que Wilson avait intitulé son livre « la nouvelle synthèse ». Cela faisait aussi allusion à l’appellation donnée à la théorie néo-darwinienne par ses praticiens : la « théorie synthétique de l’évolution ». Cependant, la « nouvelle synthèse » de Wilson était aussi une nouvelle « lecture » de la théorie néo-darwinienne, reprenant à son compte les concepts principaux de l’ultra-darwinisme : maximisation de l’efficience darwinienne, altruisme de la parentèle altruisme réciproque, etc.

L’accueil fait à Wilson par la communauté scientifique américaine (puis internationale) présenta d’emblée deux facettes : d’un côté, une grande majorité loua l’entreprise, en raison notamment de son ambition à représenter une nouvelle synthèse théorique dans le domaine de la biologie de l’évolution ; d’un autre côté, une minorité active en dénonça immédiatement l’idéologie « réactionnaire » sous-jacente, renouant avec le « darwinisme social ».

Ce dernier courant d’idées philosophico-politique remonte à la fin du dix-neuvième siècle, et peut se définir en deux mots comme l’application à la société humaine de la théorie de la sélection naturelle. On s’accorde à reconnaître que l’un des tout premiers auteurs à plaider en faveur du « darwinisme social » ne fut pas Darwin lui-même, mais le philosophe anglais Herbert Spencer (1830-1903) qui cherchait à expliquer par les mêmes lois mécanistes l’évolution de la matière, de l’univers, de la vie et de la société humaine. C’est d’ailleurs lui qui a forgé (en 1862) l’expression « survie des plus aptes », que Darwin reprit dès la seconde édition de « L’origine des espèces » pour définir la sélection naturelle. En gros, le darwinisme social considère que les êtres humains sont, par nature, inégaux, c’est-à-dire dotés d’aptitudes innées diverses, certaines « supérieures », d’autres « inférieures ». La vie dans la société humaine serait une « lutte pour la vie » ni plus ni moins que celle des animaux dans la nature. Il serait normal, parce que naturel, que les « plus aptes » l’emportent, c’est-à-dire réussissent dans leurs entreprises, s’enrichissent, accèdent aux postes de direction, etc., bref, détiennent les leviers du pouvoir social et politique. Et il serait normal et naturel que les « moins aptes » occupent des emplois subalternes, se contentant d’être des exécutants, etc. En outre, H. Spencer soutenait que les Etats ne devaient pas entraver le processus naturel de sélection biosociologique des « élites ». Les mesures sociales dans le but d’ « aider les pauvres » étaient absurdes : la théorie scientifique de la sélection naturelle montrait que les inférieurs, les moins aptes, devaient mourir plus tôt et laisser moins de descendants.

Le darwinisme social était donc dès le départ associé à une défense de la société capitaliste, à une apologie du laisser-faire économique et social. Il s’associa rapidement ensuite à des idéologies eugénistes et racistes. L’eugénisme est une doctrine fondée en 1883 par le propre cousin de Darwin, Francis Galton (1882-1911). Il avait pour but « d’améliorer la race » (entendez la race supérieure) en encourageant la reproduction des sujets les plus doués (entendez les inventeurs, les dirigeants, etc), et en décourageant celle des moins aptes. (…) Certains écrits de Darwin allaient dans le sens du « racisme scientifique ». Bon nombre de biologistes de notre époque ne l’admettent que difficilement, voire le nient purement et simplement. Pourtant, l’ouvrage fondamental même de Darwin a un titre complet fort explicite : « De l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour l’existence ». Et dans « la descendance de l’Homme », certains passages sont clairs. Darwin écrit dans ce livre qu’il existe une hiérarchie des races, les inférieures étant représentées par les « sauvages » (les Noirs d’Afrique et de l’Océanie ; les Indiens d’Amérique du sud…) ; les supérieures par les civilisés, les nations européennes représentant le « sommet de la civilisation », selon l’expression même de Darwin. Et celui-ci rajoute : c’est l’évolution par la sélection naturelle qui a conduit insensiblement, par gradations successives, des races inférieures aux races supérieures. (…)

E. O. Wilson tentait dans son livre d’expliquer les sociétés animales et humaines à la lumière de la théorie de l’évolution néo-darwinienne, ou plus exactement à la lumière de l’ultra-darwinisme. Il estimait en conséquence que la sélection naturelle avait notamment façonné la société humaine (tout comme elle avait façonné celle des fourmis), et par suite supposait que les comportements sociaux des hommes étaient génétiquement programmés (autrement dit innés ou instinctifs). La sélection naturelle ne peut en effet agir qu’en portant sur des variations héréditaires : cela implique qu’elle agit sur des comportements génétiquement déterminés. Et Wilson déclarait que la tâche prioritaire de la sociobiologie humaine était d’établir le « biogramme humain », autrement dit de faire l’inventaire des comportements sociaux génétiquement déterminés, grâce auxquels les êtres humains augmenteraient « leur efficience darwinienne ». (…)

Les virulentes critiques adressées à Wilson par des scientifiques évolutionnistes comme Richard Lewontin (lui aussi professeur de biologie à Harvard) visaient en premier lieu l’hypothèse selon laquelle certains comportements sociaux seraient génétiquement déterminés, et que la société humaine aurait été façonnée par la sélection naturelle. C’était en cela que la sociobiologie de Wilson renouait avec le darwinisme social. Certes, elle ne disait pas que les classes dirigeantes étaient constituées « naturellement » par les individus les plus aptes. Mais, firent remarquer les scientifiques critiques, la sociobiologie apportait une caution scientifique, une légitimité à l’ordre social existant : si le comportement de dominance des hommes par rapport aux femmes était inscrit dans notre patrimoine génétique, alors le patriarcat était inéluctable, et il était inutile de vouloir changer ce système, en abolissant les inégalités persistant encore aujourd’hui entre hommes et femmes. Wilson légitimait également la xénophobie et la guerre, comme conséquences inévitables d’un instinct tribal d’appropriation d’un territoire et d’un instinct guerrier au service de la propagation des gènes. (…)

En 1976, un autre biologiste, Richard Dawkins, vint appuyer la sociobiologie wilsonienne par son ouvrage percutant : « Le gène égoïste ». De manière bien plus explicite que Wilson, le chercheur britannique de l’université d’Oxford énonçait les nouveaux principes de l’ultra-darwinisme : la sélection naturelle n’a pas pour effet de trier les individus, mais les gènes. Autrement dit, la lutte pour la survie ne se faisait pas entre individus, même si on pouvait en avoir l’impression en voyant un chat fondre sur une souris, ou deux mâles se battre pour une femelle. En réalité, disait Dawkins, ce sont les gènes qui luttent pour se propager, par le truchement des organismes qui les hébergent. (…)

Cette conception l’amenait à considérer les comportements sociaux, c’est-à-dire émanant d’un individu (animal ou humain) en direction d’un autre individu, comme des moyens empruntés par les gènes pour augmenter le nombre de leurs copies dans les générations successives. Autrement dit, comme Wilson, il considérait que les comportements sociaux sont génétiquement programmés en vue de la propagation maximale des gènes les plus performants. Au nombre des comportements sociaux, il ne comptait pas seulement les comportements altruistes, mais aussi les comportements d’agression, de dominance et même d’exploitation. (…) Ainsi les mâles (et cela est valable pour l’espèce humaine, selon Dawkins) ont intérêt à « copuler » avec un maximum de femelles car ils produisent très facilement des millions de spermatozoïdes, et peuvent donc propager au mieux leurs gènes en faisant des enfants avec le plus grand nombre possible de femelles. Au contraire, les femelles qui ne produisent difficilement qu’un petit nombre d’ovules durant leur vie et assument une très éprouvante gestation (chez les mammifères) ou couvaison et alimentation des petits (chez les oiseaux) ont intérêt à choisir un bon géniteur et à le retenir au nid pour les aider. Et Dawkins de déclarer : « Il est possible que les mâles humains aient tendance à la promiscuité, et les femmes à la monogamie, pour des raisons de génétique évolutionniste. » (…)

Plus époustouflante encore a été la révélation faite par le sociobiologiste américain David Barsh dans son ouvrage « Sociobiology : the Wispering Within », paru en 1979. Se basant sur l’observation de « copulations forcées » effectuées par des canards mâles célibataires sur leurs congénères femelles déjà appariées par ailleurs, il estimait que le « viol » était une startégie par laquelle le violeur cherchait à « maximiser la propagation de ses gènes ». Et il en concluait : « Peut-être les violeurs humains, dans leur égarement criminel, agissent-ils au mieux de leurs possibilités pour maximiser leur succès reproductif. S’il en est ainsi, ils ne sont pas tellement différents des canards célibataires exclus de la reproduction normale. Autre point : qu’ils avouent volontiers ou non, de nombreux mâles humains sont stimulés par l’idée du viol. Cela ne fait pas d’eux des violeurs, mais cela montre bien qu’ils ont quelque chose de commun avec les canards. » (…)

La plupart des critiques (Kitcher, Lewontin…) ont souligné la manière « cavalière » dont les biologistes parlent des déterminismes génétiques du comportement humain. Ils n’ont, le plus souvent, aucune preuve directe que tel ou tel comportement examiné est génétiquement déterminé. Simplement, ils le postulent pour les besoins de la théorie. Par exemple, si la guerre intertribale permet à un groupe de propager ses gènes plus efficacement (après extermination du groupe rival), alors il doit y avoir des « gènes de la guerre de conquête ». Mais avec ce raisonnement, on peut aller loin. Wilson, par exemple, suppose qu’il y a chez les êtres humains des gènes pour l’homosexualité, la croyance en Dieu, la disposition à se laisser endoctriner ou à se conformer à l’opinion majoritaire. (…) En fait, aucune étude probante n’a montré qu’il existe un déterminisme génétique de quelque trait que ce soit de la personnalité humaine. (…)

On peut néanmoins se demander si la sociobiologie a quelque validité scientifique en ce qui concerne l’explication des sociétés animales. Or, nous allons voir que ses fondements ultra-darwiniens sont, même dans ce domaine, extrêmement discutables, aussi bien au niveau des faits observés que des raisonnements théoriques. (…)

La théorie de l’altruisme pour la parentèle qui semblait si bien expliquer le cas des insectes sociaux s’est vu opposer ces dernières années des observations qui tendent à la réfuter. (...)

Dans le cas des termites, qui sont parfaitement diploïdes, ce n’est pas parce que les larves seraient leurs « super-sœurs » que les ouvrières (et les ouvriers, car chez les termites les travailleurs sont des deux sexes) les soignent et coopèrent à la prospérité de la colonie. (…)

Chez les abeilles, la reine peut être fécondée par plusieurs mâles ce qui aurait pour effet de diminuer le coefficient de parenté des ouvrières, dans la mesure où elles n’auraient pas toutes le même père ! Dans les années 1980, le chercheur américain R. E. Page, de l’université d’Ohio, a montré qu’une reine s’accouplait successivement avec de nombreux mâles durant le vol nuptial (jusqu’à 17 mâles) et que le coefficient de parenté moyen entre ouvrières est plutôt de l’ordre de demi-sœurs (0,25) que de super-sœurs (0,75).

Chez les guêpes, la théorie génétique de l’altruisme rencontre également de sérieux problèmes. Dans beaucoup d’espèces de ces insectes, on trouve plusieurs reines (trois ou quatre) dans chaque colonie et le coefficient de parenté entre ouvrières s’en trouve abaissé. (…)

Chez les fourmis également, des anomalies par rapport aux prédictions de Hamilton se sont fait jour. Les nouvelles colonies sont, on le sait depuis longtemps, fondées par plusieurs reines. Hamilton avait fait l’hypothèse qu’elles pouvaient être sœurs. Las ! Les recherches récentes de K.G. Ross ou S. W. Rissing aux Etats-Unis ont montré qu’il n’en était rien : les cofondatrices d’une nouvelle colonie ne sont pas plus apparentées que des individus pris au hasard dans une population. (…)

Sewall Wright a critiqué vigoureusment la théorie du « gène égoïste » de Richard Dawkins : les gènes ne sont pas des unités indépendantes et ne peuvent pas conquérir la représentation maximale au sein des populations sans la participation des autres gènes du patrimoine génétique. Selon la formulation de S. Wright, les gènes sont co-adaptés.

Une autre erreur que font d’ailleurs les sociobiologistes en matière de génétique de l’évolution est de considérer que l’issue du processus évolutif est nécessairement l’élimination d’une variante génétique (la moins apte) au profit d’une autre. Dans de nombreux cas, il y a, au contraire, préservation des deux variantes génétiques au sein des populations. (…) En outre, il peut se faire aussi que les variantes génétiques qui supplantent d’autres variantes concurrentes peuvent arriver à ce résultat par le seul jeu du hasard, et notamment dans le cadre des petites populations.

Et ils font comme si tous les aspects de l’organisme (pour eux les comportements sont au nombre de ces aspects) avaient un sens adaptatif, lui conférant le maximum d’efficacité dans la lutte pour la survie. Or, certains aspects des organismes n’ont certainement pas de rôle adaptatif en eux-mêmes, comme l’ont fait remarquer S. J. Gould et R. Lewontin dans un percutant article de critique de l’ « adaptationisme », ce trait caractéristique de l’ultra-darwinisme. (…)

Une autre critique scientifique de fond de l’ultra-darwinisme concerne les notions de « maximisation de l’efficience darwinienne » ou de « succès reproducteur ». Cela met en question la signification même de l’espèce, problème qui est au centre de toute théorie de l’évolution. (…) Ce courant d’idées, ne prenant en compte que la sélection au niveau du gène et n’envisageant l’évolution que comme changement de fréquence des allèles, en est arrivé à nier la réalité de l’espèce comme entité. (…) Les évolutionnistes, comme S. J. Gould qui s’opposent aux sociobiologistes, ont au contraire une vision de l’espèce comme entité et prennent en compte des processus de sélection entre les espèces qui viennent s’ajouter à ceux portant sur les individus et les gènes. »

Richard Lewontin upon sociobiology

STEPHEN JAY GOULD

Stephen Jay Gould dans « Darwin et les grandes énigmes de la vie » :

« Sociobiologie, le livre de E. O. Wilson a été accueilli par un concert d’éloges et de publicité. Je me range, quant à moi, parmi ses rares détracteurs. Après vingt-six chapitres de documentation très précise sur les animaux, Wilson conclue par une spéculation sur la détermination génétique des comportements humains supposés universels. Dans un article du New York Times Magazine, répondant à une critique, Wilson a écrit :

« Il est certain que les comportements sociaux de l’homme, y compris le comportement altruiste, sont sous contrôle génétique. »

Mais les affirmations de Wilson vont plus loin. Le chapitre 27 de son livre… est une spéculation sur l’existence de gènes contrôlant les caractéristiques spécifiques et variées du comportement humain… y compris la malveillance, l’agressivité, la xénophobie, le conformisme, l’homosexualité et les différences de comportement entre homme et femme dans la société occidentale. Le déterminisme biologique est le thème dominant de l’exposé de Wilson sur le comportement humain ; son dernier chapitre n’a de sens que dans ce contexte. Le premier but de Wilson, tel que je le comprends, est de suggérer que la théorie darwinienne pourrait reformuler les sciences humaines, exactement comme elle a, auparavant, transformé tant d’autres disciplines biologiques. Mais, pour que les processus darwiniens puissent s’appliquer, il faut qu’il y ait sélection de gènes. Quelles données permettent donc d’affirmer qu’il existe un contrôle génétique des comportements sociaux de l’homme ? Actuellement, aucune.

Dans l’impossibilité de faire sur l’homme des expériences de génétique classique en élevant par exemple des enfants comme dans un bocal à drosophiles, les sociobiologistes avancent des arguments indirects reposant sur des critères de plausibilité. Wilson emploie principalement trois stratégies : l’universalité, la continuité et l’adaptativité.

Universalité

Si l’on observe certains comportements aussi bien chez les primates que chez les êtres humains, on peut considérer qu’ils résultent d’un contrôle génétique héréditaire. Chez Wilson, les comportements prétendument universels abondent. On lit par exemple : « Il est ridiculement facile d’endoctriner les êtres humains… Ils en ont besoin. » Ou : « Les hommes préfèrent la foi à la connaissance. » Tout ce que je puis dire, c’est que ma propre expérience ne correspond pas à celle de Wilson. (…)

Continuité

Les conduites altruistes sont le ciment des sociétés stables. Pourtant, elles semblent défier l’explication darwinienne. Suivant les principes de Darwin, les individus sont sélectionnés pour apporter une contribution génétique maximum aux générations futures. Pourquoi, dans ces conditions, acceptent-ils de se sacrifier ou de courir des risques au profit des autres ? Dans l’abstrait, la solution est extrêmement simple. Car, en agissant ainsi l’altruiste augmente, en fait, sa représentation dans les générations à venir. Mais qu’en est-il lorsqu’ils s’exercent au profit d’individus extérieurs au cercle familial ?

Adaptativité

L’adaptation est le trait dominant du processus darwinien. La sélection naturelle s’exerce sans cesse sur les organismes pour les adapter à leur environnement. (…)

Selon E. O. Wilson, le comportement des Esquimaux qui habitent la banquise prouve l’existence de gènes altruistes maintenus par la sélection naturelle. Si les ressources de nourriture s’épuisent, obligeant la famille à se déplacer pour survivre, les vieillards restent volontairement en arrière. Les vieillards, qui possèdent des gènes altruistes augmentent leur propre aptitude darwinienne par leur sacrifice, car ils permettent à leurs proches parents, qui possèdent leurs gènes, de survivre. L’explication n’est pas concluante car il existe également une explication non génétique éminemment simple : les gènes altruistes n’existent pas. Le sacrifice des vieillards est une caractéristique adaptative et non génétique : elle est culturelle. Les familles dépourvues de tradition du sacrifice ne survivent pas longtemps.

Pourquoi aller imaginer qu’il existe des gènes spéciaux pour l’agressivité, la dominance ou la malveillance, alors que nous savons que l’énorme souplesse du cerveau nous permet d’être agressifs ou pacifiques, dominateurs ou soumis, malveillants ou généreux ? La violence, le sexisme, la malveillance général, sont bien biologiques puisqu’ils constituent un sous-ensemble de tous les comportements possibles. Mais le pacifisme, l’égalitarisme et la compassion sont tout aussi biologiques. Et peut-être verrons-nous leur influence augmenter si nous réussissons à créer des structures sociales qui leur permettent de s’épanouir. Ma critique de Wilson ne fait pas appel à un « environnementalisme » non biologique ; elle se contente d’avancer l’idée de potentialité biologique – un cerveau possédant toute la gamme des comportements humains et qui n’est irrésistiblement poussé vers aucun en particulier – par opposition à l’idée du déterminisme biologique – des gènes spécifiques déterminant des traits comportementaux spécifiques. »

Biology Rules

Review of E.0. Wilson’s Consilience, with a supplemented introduction by Richard Morris.

by Niles Eldredge and Stephen Jay Gould

Salvos from the Opposing Camp : In 1998 Edward 0. Wilson published a book titled Consilience, in which he discussed the prospects for unification of human knowledge, in particular the unification of the biological sciences and the humanities. "Consilience" was his term for such a unification. Wilson’s book was not about sociobiology or evolutionary psychology. However, it drew on ideas developed in both those fields. Furthermore, Wilson was the founder of sociobiology. Thus it was not surprising that his book evoked responses from members of the other camp. In particular, Niles Eldredge and Stephen Jay Gould published articles about the book in the same issue of the magazine Civilization. The articles were intended to supplement one another.

Eldredge’s contribution was ostensibly a review of Wilson’s book. However, Eldredge devoted more space to making disparaging comments about evolutionary psychology and about authors such as Richard Dawkins than he did to discussing the book he was supposedly reviewing. He began the second paragraph of his review by saying,

So we find "evolutionary psychologists" like Stephen Pinker telling us that it matters not to the end result how parents rear their children—even though anyone who had ever been a kid knows otherwise. And Richard Dawkins, of "selfish gene" fame, recently appeared in a BBC Horizon film, Darwin’s Legacy, telling his viewers that Hitler had given eugenics a bad name.

Eldredge then linked Dawkins’s selfish genes and sociobiology together by describing sociobiology as a "brilliant, if skewed, theory that described the biological world as an epiphenomenon of a mad race between genes jockeying for position in the world."

Only then did Eldredge begin to speak about Wilson’s book. Wilson claimed to be trying to integrate biology with the humanities, Eldredge said, but his intent was really quite different : "the ’reduction’ of the humanistic fields into the ontology of evolutionary genetics." This kind of reduction just wouldn’t work, Eldredge went on. Complex systems clearly had properties of their own, properties that couldn’t be explained by reductionist methods.

After making some more references to Richard Dawkins, Eldredge returned to the subject of "Wilson’s raid on the humanities," and rhetorically asked, "What…can the evolutionary history of the human gene have to do with human culture ?" He then expounded on his views, insisting again that the behavior of large-scale systems could not be reduced to the workings of their components. Eldredge concluded by saying, in reference to Wilson’s idea that systems of ethics derived, in part from our evolutionary history and our biology :

I shudder when I hear Darwin’s beautiful idea of natural selection mangled when it is applied simplistically as a moral of how we do and should behave.…He [Wilson] is really not so far away from the darker side—as when Richard Dawkins tells us on television that Hitler gave eugenics a bad name.

If the readers of this review came away wondering what on Earth Wilson’s book was about, they probably cannot be blamed. Eldredge used the review primarily as a platform for his own ideas. In fact, he did so rather forcefully. Using some of the language of the sciences of complexity (e.g., properties of complex systems), he had argued that the reductionist program of such biologists and Dawkins, and of scientists like Wilson and the evolutionary biologists, simply would not work. To be sure, Eldredge’s "review" contained some sneering references, to Dawkins in particular. But of course by this time, the debate between the two camps had become quite heated. Eldredge was not the first to have spoken in this way.

Eldredge then yielded the floor to Gould. Gould’s article, which immediately followed Eldredge’s "review," was titled "In Gratuitous Battle." He began by commenting on the "phony war" between the sciences and the humanities and emphasized that "the sciences and the humanities cannot be in conflict because each encompasses a separate and necessary part of human fulfillment." Then, without making any references to Wilson, Gould launched into a discussion of "the classical error of reductionism." Like Eldredge, he made references to concepts developed in the sciences of complexity such as "emergent properties" and "nonlinear interactions." Gould stated,

I can’t think of an Earthly phenomenon more deeply intricate (for complex reasons of evolutionary mechanism and historical contingency)—and therefore more replete with nonlinear interactions and emergent features—than the human brain.

Gould then went on to his main point. Admitting that human behaviors such as cooperation might have conferred Darwinian advantages under certain circumstances and that symmetrical faces might have indeed been a sign of freedom from genetic blemishes that would hinder reproductive success, he insisted that "no such factual findings can give us the slightest clue as to the morality of morals or the esthetics of beauty." In other words, the findings of the evolutionary psychologists provided no evidence to suggest that human systems of ethics and aesthetics had a genetic foundation. Furthermore, humans were able to free themselves from genetic constraints. "We may choose to insist on cooperation even if aggression confers immediate Darwinian benefit on individuals," he said.

Finally, returning to his original topic, again making no reference to Wilson, Gould said,

The humanities cannot be conquered, engulfed, subsumed or reduced by any logic of argument, or by any conceivable growth of scientific power. The humanities, as the most glorious emergent properties of human consciousness, stand distinct and unassailable.

Gould’s article may have succeeded better as a literary essay than it did as a statement of his scientific beliefs. However, it contained arguments against the validity of the kinds of arguments employed by such scientists as Wilson and the evolutionary psychologists. By characterizing the humanities as products of the emergent properties of the human brain, Gould was implying that they were an aspect of human behavior that could not be reduced to mental modules or explained by reductionist methods. And his essay did complement Eldredge’s contribution. Since Eldredge had already tackled the scientific issues, Gould was free to indulge himself by becoming more philosophical and making full use of his excellent literary style. Many of the readers of that issue of Civilization must have come away with the feeling that, whatever it was that Wilson had said, ethics and humanistic values were really not threatened by the efforts of such reductionist scientists as Richard Dawkins and Edward 0. Wilson.

Gould’s article in Civilization was not an especially clear statement of his objections to the methods of evolutionary psychology. But perhaps he did not really need to outline these objections in detail. He had already done this in his essay "Evolution : The Pleasures of Pluralism," which had appeared in The New York Review of Books.

( Richard Morris, The Evolutionists, New York : W. H. Freeman, 2001, pp. 185-188. )

De Stephen Jay Gould, lire « La structure de la théorie de l’évolution », chapitre « Les espèces en tant qu’individus dans la théorie hiérarchique »

C’est dans ce chapitre où il détaille les concepts de sélection hiérarchique et d’équilibres ponctués que Gould présente le plus longuement les débats scientifiques dans lesquels ils s’est impliqué, ses prises de position, les arguments (pas toujours seulement scientifiques...) qui lui furent opposés et ses propres réponses. C’est ainsi qu’il réfute vigoureusement la théorie du « gène égoïste » de Richard Dawkins et Georges Williams, théorie qu’il qualifie de « féconde erreur de logique » (p. 854). Féconde car elle a animé les débats scientifiques récents, mais erreur tout de même.

La théorie du gène égoïste apparaît en effet diamétralement à l’opposée de la sélection hiérarchique défendue par Gould : elle propose que les entités réellement sélectionnées, les véritables « cibles » de la sélection naturelle, soient les gènes et non les organismes, lesquels ne serviraient que de « véhicule » transitoire aux gènes.

Gould résume ainsi la théorie de Dawkins et Williams, p. 859.

« Williams et Dawkins affirment tous deux la même argumentation en trois étapes : (1) les unités de sélection doivent nécessairement être des réplicateurs ; (2) les réplicateurs doivent nécessairement transmettre des copies fidèles (ou très peu modifiées) d’eux-mêmes d’une génération à l’autre ; (3) les traits des organismes sexués se désagrègent d’une génération à l’autre ; par conséquent, ces derniers ne peuvent être des unités de sélection, tandis que les gènes le peuvent, en raison de leur réplication fidèle. »

Les gènes des organismes sexués ne sont pas, pour Gould, des individus darwiniens (définis plus haut) et « l’erreur de logique » consiste à confondre les supports de l’information et de la transmission de cette information (les « réplicateurs », ici les gènes) et les éléments réellement soumis à la sélection, du fait de leur interaction avec l’environnement (au sens large), les « interacteurs », qui, pour Gould, sont d’abord les organismes et non les gènes. Le fait que le nombre de copies de certains gènes augmente au fil des générations ne signifie pas que les gènes soient les acteurs directs du phénomène : « la comptabilité n’est pas la causalité » (p. 881).

Les gènes « n’interagissent généralement pas de façon directe [C’est S. J. Gould qui souligne] avec l’environnement. En réalité, ils opèrent par le biais des organismes, lesquels fonctionnent comme de vrais agents dans la « lutte pour l’existence ». Les organismes vivent, meurent, entrent en concurrence avec d’autres, et se reproduisent ; il en résulte que les gènes sont transmis de façon différentielle à la génération suivante. [...] on peut même dire, métaphoriquement bien sûr, que les gènes agissent à la manière de plan de construction pour l’édification des organismes. Mais [...] on ne peut pas conclure qu’ils possèdent, de ce fait, la propriété, qui est absolument requise, d’interagir directement avec l’environnement lorsque les organismes luttent pour l’existence. » (p. 863-864)

Certes, les gènes se répliquent plus fidèlement que les organismes (dont les rejetons ne sont pas des copies exactes), mais cela n’en fait pas des unités de sélection. Car même s’ils définissent les caractéristiques des organismes, ils n’en contrôlent pas complètement les capacités d’interaction avec l’environnement. En effet, les organismes ne sont pas « le produit des effets additifs de gènes individuellement optimisés » (p. 875) : via le développement, l’organisme est le produit d’interactions « non linéaires ou non additives » entre les gènes, et il a donc des propriétés et des capacités particulières, « émergentes », c’est-à-dire non prédictibles par la seule combinaison additive de l’action de chaque gène individuel.

De même, affirme Gould, les espèces présentent des caractéristiques émergentes, c’est-à-dire non réductibles à la somme des caractéristiques des organismes qui les composent — comme, par exemple, la structure de leurs populations, qui pourraient déterminer leur plus ou moins grande capacité à la spéciation —, caractéristiques émergentes permettant un mécanisme de sélection entre espèces.

Gould insiste sur les faiblesses logiques et les contorsions du raisonnement de Dawkins et de Williams, par d’abondantes citations de leurs écrits, tout en montrant en même temps que ces difficultés disparaissent si l’on cesse de réduire l’action de la sélection naturelle à un seul niveau, que ce soit celui des gènes, comme Dawkins, ou celui des organismes, comme Darwin.

On ne peut reprendre ici l’ensemble du raisonnement et des arguments déployés par Stephen Jay Gould dans ce chapitre 8. On relèvera seulement ce passage, critiquant les faiblesses de la théorie du sélectionnisme génique, sur le plan de la mise en évidence pratique (p. 888) :

« Deux raisons fondamentales interdisent de comprendre les causes d’un changement génétique par la simple lecture des bilans comptables de fréquence des gènes. Premièrement, observer qu’un tri génique a eu lieu n’indique pas à quel niveau le mécanisme responsable a pris place. [...] Deuxièmement, même lorsqu’on peut identifier le niveau auquel s’est réalisé le tri génétique dans un cas donné, on ne peut pas savoir, d’après la seule observation de la fréquence des gènes, si le gène retenu l’a été parce qu’il a déterminé une certaine caractéristique du phénotype, qui a été dès lors sélectionnée, ou s’il a été retenu pour une série de raisons peut-être non adaptatives. » Cyril Langlois UFR Sciences de la Terre et de la Mer, Université Bordeaux 1


David H. Hull

Activism, Scientists and Sociobiology

by David L. Hull

For more than 20 years Ullica Segerstråle has been charting the course of sociobiology, beginning with E. O. Wilson’s Sociobiology (1975) and Richard Dawkins’ The Selfish Gene (1976) through to the present-day ’science wars’ and evolutionary psychology. Although she is interested in broad sociological and philosophical trends, her exposition here consists mainly in discussions of individual people, their views and their interrelations.

The chief advocates of sociobiology in the United States whom Segerstråle considers are E. O. Wilson, Robert Trivers and Bernard Davis ; the chief opponents are Richard Lewontin, Stephen Jay Gould, Richard Levins, Jon Beckwith and Stephen Chorover. In the United Kingdom she emphasizes the work of Richard Dawkins, W. D. Hamilton and John Maynard Smith ; Steven Rose and Patrick Bateson are the chief critics. In the United States Wilson emerged as the father of sociobiology whereas in Britain this role devolved on Richard Dawkins, although quite understandably he preferred to call this movement by a name other than the one co-opted by Wilson.

Segerstråle interviewed all the major figures in these disputes and many of the minor figures too. She also attended meetings, both formal and informal, and read the vast literature that sociobiology generated. Her goal was to understand the factors that influenced the course of this scientific movement.

The controversial thread that runs through her narratives is the nature of science. Science functions within a culture. So, do the various sociocultural contexts influence science ? Do capitalist societies necessarily produce capitalist science ? According to the traditional ’internalist’ view of science, scientists make up their minds on scientific issues primarily through reason, argument and evidence. Other factors may be involved, but they should be weeded out.

Just as sociobiology was emerging, a quite different view of science was becoming influential. According to this view, scientists make their decisions in large measure influenced by broader social contexts, such as those of economics and class structure.

More specifically, Segerstråle attempts to discover exactly what the views of the biologists she studied were and why they held them. On what basis do the sociobiologists as well as their opponents evaluate sociobiology ? For example, the versions of evolutionary theory that sociobiologists extended to behaviour and social structure tended to be very individualistic and competitive. Sociobiologists tend to think that selection occurs only at the lowest levels of organization, a position their critics attribute to their economic leanings : the individual is paramount in free-enterprise economic systems. The Marxist opponents of sociobiology tend to think that selection can occur at higher levels of organization, including groups. In Marxism, groups are more important than individuals. Capitalists view nature as competitive, whereas these Marxist critics tend to view it as being much more cooperative.

As Segerstråle notes, one problem with posing the issue in the way she does is that sociobiology’s opponents lived in exactly the same array of societies and subsocieties as their opponents. During their formative years, nearly all of the protagonists in this controversy were raised in competitive, sexist and racist societies. Why did some of them internalize these features of their societies whereas others did not ? Was Wilson really a racist, or did his work just exhibit tacit racism ? Segerstråle makes no mention of anyone calling Lewontin a racist. How did he avoid picking up this feature of his society ?

According to externalists, political leanings influence the scientific views that scientists hold. Lewontin, Levins and Gould are Marxists ; hence, their views on evolution should be influenced by their Marxism. But John Maynard Smith was a more active Marxist than any of these people. Yet he held and still holds views on evolution that are at variance with those of other Marxists and in support of such capitalist running dogs as Wilson and Dawkins. If both internal and external factors affect the course of science, these influences are extremely complicated and at times they conflict.

Segerstråle does not just relate what she has read or what her respondents have told her ; she evaluates it and passes judgement on it. Looking back over the past quarter-century, she considers one of the gratifying developments to have been that we have a "relative vindication of the sociobiologists unfairly accused at the beginning of the controversy".

To complicate matters further, Segerstråle was engaged in the same sort of activity as her subjects. She was a scientist studying scientists, a meta-scientist if you will. She had to make decisions about what she thought she was doing. The fact that she spends a lot of time explaining the relevant science implies that she thinks it matters. If it can influence her, it can influence other scientists as well. This problem confronts all students of science. How we study science implies something about what we take science to be.

As Segerstråle sees it, the significant difference between Wilson and Lewontin was in their attitude towards science. Wilson was willing to take chances, to come up with new ideas and to pursue them even if they seemed implausible or overly ambitious. He admits that his early efforts to biologize all of the social sciences, not to mention the humanities, might seem too simplistic. But he says the beginnings of general theories come out of such oversimplifications. Lewontin, in contrast, possibly because he thinks that such things as social class can influence science, holds a hard-nosed attitude to science—new theories must be clearly formulated and backed up with significant amounts of data.

Accurate though her explanation of the differences between Wilson and Lewontin might be, Segerstråle pays insufficient attention to one crucial aspect of the sociopolitical context of the time — the Vietnam War. Many Americans felt helpless during this time. They were faced with a lot of problems, not the least of which was a cruel, stupid war about which there was so little they could do. They could sign petitions, march in protest and burn draft cards, but that was about it. Early in her discussion, Segerstråle remarks that the sociobiology controversy was not between the left and right. "The actual dividing line went, rather, between a particular type of New Left activist on the one hand and traditional liberals and democrats on the other." The key term is "activist". The battle waged against sociobiology was part of this activism.

I must also mention the most famous incident of all. In 1978, at a meeting of the American Association for the Advancement of Science, both Segerstråle and I attended a session on sociobiology at which Wilson was to present a paper. As he began his presentation, a dozen or so members of the International Committee Against Racism marched up onto the stage, chanting : "Racist Wilson you can’t hide, we charge you with genocide !" A woman then poured water over Wilson’s head. How much water is a matter of conjecture. Usually we are told it was a pitcher of water. Segerstråle remembers a jug. I am sure that it was a small paper cup. One bit of evidence that supports my memory of the incident is that Wilson was able to mop up the water with a single handkerchief. Such are the problems of eye-witness reports.

[ David L. Hull, "Activism, Scientists and Sociobiology," 2000 ; Nature, 407 (October 2000) 673-674. ]

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