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Quelle politique pour l’extrême gauche à PSA Aulnay et ailleurs...

dimanche 6 mai 2012, par Robert Paris

Quelle politique est menée par Lutte Ouvrière à PSA Aulnay ?

L’organisation d’extrême gauche Lutte Ouvrière qui se dit communiste révolutionnaire et trotksyste se félicite de la politique qu’elle mène au travers de la CGT de l’usine PSA-Citroën d’Aulnay, syndicat où elle est majoritaire et qu’elle dirige. Elle a averti les salariés des menaces sur l’emploi en dévoilant des plans secrets de la direction, en les diffusant dans l’usine et dans le grand public, en demandant au patron de s’engager publiquement sur les emplois à Aulnay, en envoyant un courrier à Sarkozy en pleine campagne électorale pour le coincer et en mobilisant dans la rue les salariés et les habitants de la région pour laquelle PSA est l’entreprise la plus importante pour les emplois. Elle a tellement réussi que l’ensemble des salariés d’Aulnay l’ont soutenue et que le syndicat maison du patron, le SIA, ancienne CFT, a été contrainte de soutenir la démarche, ce dont la CGT se félicite. Pourquoi y aurait-il quelque chose à redire à cette politique des révolutionnaires utilisant l’arme réformiste du syndicat dans le sens des intérêts de classe et mobilisant ainsi les travailleurs ? Telle est effectivement la question : il y a effectivement une manière révolutionnaire d’utiliser les appareils réformistes et les aspirations des travailleurs qui ne le sont pas moins, mais la frontière est vite franchie vers la compromission et même vers la trahison des intérêts de classe…

Tout d’abord quelques questions :

- n’y avait-il des suppressions d’emplois qu’à Aulnay dans les plans trouvés de la direction ? Non !

- fallait-il se refuser à tenter d’unir les salariés des divers sites de PSA et aussi ceux de Renault et de l’Automobile, tout aussi menacés par des licenciements massifs ? Non !

- est-ce qu’il y avait des raisons de penser que l’intervention de Sarkozy allait sauver les emplois de PSA que le patron du trust serait décidé à détruire ? Non !

- est-ce que le président de la république est une autorité intermédiaire censée intervenir aux côtés des salariés face à un patron licencieur ? Non !

- est-ce que le but de la lutte doit être de faire pression sur le président pour le mettre en porte à faux lors de l’élection présidentielle en laissant croire ainsi que si on n’obtient pas satisfaction, ce serait parce qu’on n’a pas le bon président ? Non !

- est-ce qu’il faut ainsi reprendre l’argumentation des centrales syndicales lors de la lutte des retraites, prétendant que si on n’a pas obtenu satisfaction, c’est à cause du président ? Non !

- est-ce que le but de la mobilisation des salariés doit être une négociation syndicat/patronat/gouvernement ? Non !

- est-ce que l’on doit organiser les mobilisations seulement site par site en défendant chacun son site, avec tout au plus le soutien de quelques militants des autres sites, et sans appeler à une riposte d’ensemble ? Non !

- est-ce qu’on doit cacher que les centrales syndicales refusent la mobilisation des différents sites ensemble ? Non !

- est-ce qu’on doit accepter de s’unir avec le syndicat patronal qui a eu il n’y a pas si longtemps des comportements fascistes dans l’entreprise ? Non !

Le dernier tract CGT PSA Aulnay

Comment les travailleurs de PSA Aulnay peuvent se défendre ?

Après ces critiques, donnons la parole à Lutte Ouvrière pour expliquer sa politique à PSA Aulnay :

« Depuis juillet 2011, les travailleurs d’Aulnay-sous-Bois se mobilisent contre la fermeture annoncée de l’usine. Après plusieurs débrayages, une manifestation dans les rues d’Aulnay, des démonstrations devant le siège de PSA à Paris, les ouvriers avaient prévu d’aller manifester devant le QG de Sarkozy, dès le vendredi 23 mars. Cela inquiéta alors suffisamment les pouvoirs publics pour qu’ils cherchent à l’éviter à tout prix en promettant qu’une délégation serait reçue le même jour à Bercy, au ministère de l’Économie. Plusieurs centaines d’ouvriers se rassemblèrent donc pour y accompagner leur délégation reçue par des représentants de Sarkozy et du gouvernement. Et, toujours pour éviter une manifestation devant le QG de Sarkozy, ces représentants du gouvernement promirent une autre réunion, cette fois à la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le vendredi 30 mars, le préfet de Seine-Saint-Denis présidait donc à Bobigny une réunion avec un directeur de PSA, des représentants des syndicats de l’usine et des élus locaux. Le gouvernement brillait par son absence. On était encore loin de la réunion tripartite demandée par les ouvriers de PSA — avec un représentant du gouvernement, la direction de PSA et les syndicats — pour que soit signée une garantie du maintien des emplois au moins jusqu’en 2016 et l’attribution d’un nouveau véhicule. Quant aux discours tenus pendant cette réunion, ils ne visaient qu’à essayer de les endormir. Au milieu des bavardages sur la compétitivité, le directeur de PSA osa affirmer qu’il n’y aurait peut-être pas de remplaçant au véhicule C3 et que la direction ne pouvait rien prévoir à l’horizon 2014. Le mensonge était tellement gros que même les élus socialistes essayèrent de dire à ce directeur arrogant qu’il pourrait au moins y mettre du sien pour faire croire à la bonne volonté de la direction ! Finalement, tout ce que le préfet put proposer était une nouvelle réunion en juin, afin de ne pas déranger le bon déroulement des élections. Bref, il fallait que les ouvriers menacés de licenciement se taisent pendant les élections. Au moins, cette réunion montra l’attitude arrogante et méprisante de la direction et elle a convaincu plusieurs centaines d’ouvriers de la nécessité de se battre contre la fermeture, sans attendre un geste du côté du patron. Jeudi 12 avril, c’est donc à plus de 400 que les travailleurs décidèrent d’aller manifester devant le QG de Sarkozy. Leur détermination eut raison de la surdité du gouvernement, puisque la veille au soir le préfet annonça finalement que Sarkozy lui-même recevrait une délégation. Cela a été ressenti par tous les travailleurs comme un premier pas. Bien entendu, à cette réunion, Sarkozy ne proposa rien, ne promit rien de concret. En revanche, il établit, avec beaucoup de fierté, la liste des cadeaux qu’il avait offerts à PSA. Mais il ne sut plus quoi répondre quand un membre de la délégation lui fit remarquer qu’avec tout cela il avait donc les moyens d’imposer le maintien des emplois à la direction de PSA. Face à la mobilisation des ouvriers, Sarkozy a quand même dû prévoir la tenue d’une véritable réunion tripartite, qui devait se tenir mercredi 18 avril, en présence du ministre de l’Industrie comme le demandaient les grévistes. Tout reste encore à faire encore pour empêcher la fermeture de l’usine d’Aulnay. Bien des travailleurs sont conscients qu’avoir obtenu cette réunion est un premier pas mais qu’il faudra considérablement étendre et renforcer la mobilisation pour forcer PSA à signer un accord de maintien de l’emploi.

Les travailleurs devront utiliser leur force, leur nombre afin de contraindre le patron à céder. Mais les petits reculs de la partie adverse sont des étapes dans la mobilisation et la lutte, et sont des encouragements à la poursuivre contre les attaques de la direction. (…)

PSA Peugeot-Citroën — Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : une réunion obtenue par la mobilisation

Mercredi 18 avril, à Bercy, s’est tenue la première réunion tripartite concernant l’avenir de l’usine PSA d’Aulnay, réunissant les syndicats, la direction et le ministre de l’Industrie. La tenue de cette réunion a été vécue comme un premier pas par les travailleurs de l’usine. C’est au moment où une délégation de quelque 400 travailleurs en grève est venue manifester à proximité du QG de campagne de Nicolas Sarkozy, le 12 avril, que l’organisation de cette réunion tripartite a été obtenue. À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, Sarkozy avait voulu à bon compte faire mine d’être à l’écoute des travailleurs de PSA. À l’occasion, les représentants syndicaux avaient fait comprendre au président-candidat qu’ils n’avaient, cette fois, pas l’intention d’être reçus par des sous-fifres : lors d’une précédente réunion, à Bobigny, le 30 mars, PSA avait envoyé un simple directeur des relations sociales, et le gouvernement un malheureux préfet. Message reçu : mercredi 18 avril, c’est le ministre de l’Industrie qui a reçu les participants et, côté PSA, c’est le n°2 du groupe, Denis Martin, qui a dû faire le déplacement. Tous les représentants syndicaux s’étaient retrouvés sur un même accord en bonne et due forme, qu’il ne restait plus qu’à signer par le gouvernement et la direction. PSA s’engagerait d’abord et avant tout à ce que tous les emplois soient maintenus, que la production se poursuive à Aulnay au moins jusqu’en 2016 et qu’un nouveau véhicule soit affecté par la suite à cette usine. Naturellement, ni Denis Martin ni son serviteur Besson n’ont accepté de signer cet accord. En revanche Denis Martin, pas gêné, s’est tourné vers les élus locaux présents pour leur expliquer que PSA avait des problèmes de compétitivité dus — quelle surprise ! — aux charges et à la fiscalité qui l’écrasent. Alors que 3 500 travailleurs attendent des réponses sur leur éventuel licenciement, ce patron arrogant n’a rien d’autre à faire que de se demander comment gagner encore un peu plus ! À la demande que la baisse des charges soit à l’ordre du jour de la prochaine réunion, les représentants des travailleurs ont répondu que la seule chose à y discuter serait l’article I de l’accord sur le maintien de tous les emplois de l’usine, puis l’article II, puis l’article III, et ainsi de suite. Dans les ateliers, personne ne s’attendait à ce que la direction signe l’accord dès cette première réunion : cela fait des années que le patron prépare la fermeture d’Aulnay, et il est bien évident qu’il faudra plus que des manifestations à quelques centaines pour le faire reculer. Mais, par ailleurs, PSA n’a cessé de déclarer depuis un an qu’il ne serait pas question de participer à quelque rencontre tripartite que ce soit. Le fait d’avoir imposé que cette rencontre ait lieu est vécu, à juste titre, comme un petit succès. (…)

PSA - Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) La manifestation du 18 février Contre la fermeture de l’usine

Samedi 18 février, une manifestation contre le projet de la direction de fermer en 2014 l’usine de montage PSA d’Aulnay-sous-Bois s’est déroulée dans les rues de cette ville. Elle a regroupé 2 000 participants, dont principalement des travailleurs de l’usine et des habitants d’Aulnay.

Des délégations des autres usines PSA, de Rennes à Sochaux, étaient présentes. En effet la fermeture de cette usine signifie une surcharge de travail pour ceux de Poissy ou de Mulhouse.

Des délégations de travailleurs de Renault Cléon, Renault Flins, du Technocentre Renault et de la Snecma Gennevilliers ont aussi participé à la manifestation, montrant qu’ils se sentent concernés : aucun travailleur aujourd’hui, dans l’automobile comme ailleurs, ne peut se sentir à l’abri des coups du patronat. Quelques représentants des différents syndicats du département étaient là, ainsi que des militants des partis politiques, comme ceux du PCF, de Lutte Ouvrière et du NPA. Des élus locaux de gauche ont aussi apporté leur soutien à cette manifestation.

Mais le succès de cette manifestation a été le fruit de l’activité des salariés de l’usine durant les semaines précédentes. Des dizaines de travailleurs se sont organisés pour aller distribuer des tracts sur les marchés du département, où l’accueil bien souvent chaleureux des habitants a réchauffé l’ambiance hivernale. Dans l’usine, les travailleurs arborant fièrement des autocollants contre la fermeture tentaient de convaincre les hésitants. Les délégués des deux principaux syndicats, CGT et SIA, se sont regroupés pour faire des tournées communes. Cela aussi est une première : les différences entre les syndicats ne sont pas gommées, mais ces liens créés sont des gages pour l’avenir.

Pour décourager les salariés, la direction avait fait circuler des bruits sur le danger de casse et de voitures brûlées. Bien des salariés, peu habitués aux manifestations, voire manifestant pour la première fois, ont été agréablement surpris. Cette manifestation n’est qu’une étape dans la mobilisation des travailleurs de PSA contre la fermeture de l’usine d’Aulnay. La lutte n’en est qu’à son début et elle dépendra en grande partie des capacités des travailleurs à s’organiser et à diriger leur lutte. Le succès du 18 février donne de l’espoir pour la suite. »

Nous terminons ici les citations de textes de Lutte Ouvrière censés justifier sa politique. Au lecteur de juger...

Soulignons juste un passage :

« CGT et SIA, se sont regroupés pour faire des tournées communes. Cela aussi est une première : les différences entre les syndicats ne sont pas gommées, mais ces liens créés sont des gages pour l’avenir. »

SIA et CGT unis, un gage d’avenir !!!

Vous voulez savoir ce qu’est le SIA, ancien CSL – CFT ?

Lisez ici

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