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Voici comment Lutte ouvrière qui dirige le syndicat CGT de PSA Aulnay conçoit la lutte.

dimanche 19 février 2012, par Robert Paris

Dernières nouvelles de la fermeture d’Aulnay et des licenciements à Rennes

Bien évidemment, nous sommes de tout coeur avec les salariés de PSA comme avec tous ceux qui sont menacés de licenciement, c’est-à-dire aujourd’hui toute la classe ouvrière. Nous voulons seulement discuter quelle est la meilleur stratégie de lutte contre les licenciements.

Voici comment Lutte ouvrière qui dirige le syndicat CGT de PSA Aulnay conçoit la lutte.

Samedi, la manifestation des salariés du site PSA d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a connu un certain succès. Les organisateurs attendaient quelques centaines de personnes, ils en ont finalement dénombré 2.000.

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical à Aulnay et porte parole de Lutte Ouvrière, a dénoncé un "plan scandaleux, révoltant". "On va sacrifier Aulnay pour surexploiter les usines de Poissy (Yvelines) et Mulhouse, et développer le low cost", a-t-il dit. Selon la note de stratégie présentée par la CGT, la Turquie, le Maroc et les pays d’Europe centrale et orientale sont cités parmi les pays susceptibles d’accueillir de nouveaux sites. Une nouvelle manière d’affirmer que la cause des suppressions d’emplois est à l’étranger. Mercier a déjà eu ce type de discours...

On comprend que le patron, que Sarkozy tiennent ce type de discours sur le low cost comme cause de suppressions d’emplois en France. Mais Mercier se revendique de l’extrême gauche... L’idée du low cost comme cause de chômage en France est dans les documents de la direction de PSA pour tromper les travailleurs. En réalité, les patrons de l’Automobile ne délocalisent pas tant que cela. Ils utilisent surtout leur argent pour spéculer. Ils ne mettent avant les risques de délocalisation que pour faire reculer la classe ouvrière.

Mercier parle de partager le travail entre tous les sites et "tous", c’est seulement les sites français ! En réalité, le site de Madrid qui est aussi menacé qu’Aulnay si ce n’est plus. Mais la lutte avec ceux de Madrid n’est pas encore prévue…

La proposition de la CGT de « répartir le travail entre Aulnay, Poissy et Mulhouse » a le mérite d’être claire : on exclus Madrid de la répartition…

"En 2004, l’usine d’Aulnay a produit 418.000 véhicules. En 2011, on n’a produit que 135.000 voitures", décrit le cégétiste Jean-Pierre Mercier, pour qui "la direction est en train de vider l’usine".

Mercier souligne que PSA fait exprès de n’annoncer les licenciements qu’après les élections présidentielles. Mais cette remarque ne concerne pas que PSA.

Le cabinet du ministre du Travail, Xavier Bertrand fait le forcing auprès des patrons pour éviter les plans sociaux. En cette période électorale, l’ex-secrétaire général de l’UMP qui n’a pas envie que les chiffres du chômage, déjà très élevés, ne se dégradent encore veut calmer le jeu d’ici aux élections.

Ainsi, Alexandre Bompard (Fnac) ou encore Luc Oursel (Areva) ont reçu des instructions pour repousser de quelques mois leurs projets de licenciement. La Fnac, qui a fait part de son intention de supprimer 500 postes (dont 300 en France) en janvier dernier, a été priée de ne pas aller au-delà pour le moment. Idem pour le groupe Areva qui projetait de se délester de 3.000 emplois dans l’Hexagone.

Les chantiers navals licencient massivement chez les sous-traitants. Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste. PSA avait à l’automne annoncé une réduction de la voilure. Sur les conseils de la rue de Grenelle, le groupe ne fera aucune communication qui puisse inquiéter les salariés d’ici à mai 2012.

Chez Renault, les relations avec l’Etat – actionnaire à hauteur de 15 % - sont plus complexes, mais les mesures d’économie évoquées fin décembre par Carlos Tavares, le DG du groupe, sont repoussées de quelques mois. Elles devraient prendre effet au second semestre et non au premier comme prévu à l’origine.

BNP Paribas va licencier 1400 salariés.

La Société générale va licencier des centaines de salariés. Le Crédit agricole aussi…

Cofinoga va licencier 433 salariés, etc….

Kodak menace la totalité de ses milliers de salariés !

Sans compter les suppressions de postes dans toute la fonction publique y compris l’enseignement.

Lejaby et Sea France ou les sous-traitants automobile ne vont pas être les seuls à licencier. Des licenciements massifs se préparent partout !

Quand va-t-on proposer d’unir toutes ces luttes ?

Pourquoi ne pas s’être servi de la mobilisation des salariés d’Aulnay pour appeler à cette lutte d’ensemble.

Ni Poutou, ni Arthaud, ni Buffet, qui étaient tous présents à la manifestation et ont fait des déclarations, n’ont appelé à cette lutte d’ensemble à partir de la lutte d’Aulnay. Est-ce un hasard malheureux ? Certes, Poutou et Arthaud parlent d’une manière générale de lutte d’ensemble dans leur discours, mais, à propos d’Aulnay, ils ne parlent que de défendre Aulnay, la C3, et la production du site, ce qui est parfaitement contradictoire. La lutte d’ensemble ne partira pas sur le slogan "la C3 à Aulnay" !!!

Peut-on faire croire aux salariés de PSA Aulnay qu’ils vont pouvoir se battre seuls contre des licenciements qui vont concerner des dizaines de grandes entreprises ?

Pourquoi ne mettre en avant que la manière d’organiser et de répartir la production d’automobiles alors qu’il est évident que le grand patronat prépare un vaste licenciement collectif après les présidentielles ? Est-ce que le slogan de l’interdiction des licenciements n’est plus valable sur le terrain syndical alors que les mêmes l’utilisent sur le terrain politique ?

Mercier avait déclaré devant les caméras de télévision qui diffusaient partout son discours ce jour-là lors de la mobilisation à PSA :

« S’ils veulent investir à l’étranger, qu’ils piochent dans leur caisse, cela ne doit pas se faire au détriment de l’emploi en France »

"Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France."

Et il rajouté :

"Aujourd’hui nous sommes compétitifs en France et nous allons nous battre pour garder nos emplois".

Donc LO (il n’y a rien de personnel sur Mercier là-dedans) a fait dire le contraire à un de ses militants : un discours politique et un autre syndical.

Rien de pire pour y voir clair politiquement.

Un discours sous-entend que c’est des délocalisations et l’autre dit le contraire.

Un est pour le grand public au vu des bureaucrates CGT aussi et l’autre en petit comité de soutien de LO…

« S’ils veulent investir à l’étranger, qu’ils piochent dans leur caisse, cela ne doit pas se faire au détriment de l’emploi en France », s’est indigné Jean-Pierre Mercier, de la CGT. Sous-entendu : c’est pour délocaliser que le patron supprime des emplois : pour investir "à l’étranger". Et c’est faux. Les patrons suppriment des emplois parce qu’ils ne veulent pas investir dans la production et qu’ils ne veulent plus que spéculer. Le capitalisme est en phase de destruction...

Or Jean-Pierre Mercier est de Lutte Ouvrière, une organisation d’extrême gauche....

Déclarer "Aujourd’hui nous sommes compétitifs en France et nous allons nous battre pour garder nos emplois". signifie que "nous" sommes donc en compétition avec les "travailleurs étrangers" !!!

"Nous" sommes des Français et pas des prolétaires du monde !!!

Jean-Pierre Mercier a assuré que le groupe avait d’"autres solutions que de supprimer des emplois pour faire face à des possibles baisses de ventes".

Comme si c’était les baisses des ventes qui nécessitaient des suppressions d’emplois...

L’extrême gauche a des solutions pour les patrons...

Comme si c’était une bonne idée d’entrer dans la logique des "solutions" qui est celle des syndicalistes réformistes !

La CGT PSA se donne des objectifs industriels : " Des garanties sur Aulnay :

C’est-à-dire l’application de la motion signée par 2200 salariés d’Aulnay en juin demandant un engagement par écrit de la Direction dans un accord tripartite (Syndicats, PSA , gouvernement) pour le maintien de la fabrication de la C3 à Aulnay jusqu’à son terme (au minimum décembre 2016) en deux équipes, avec un plan de charge permettant de garantir tous les emplois existant actuellement sur l’usine, intérimaire compris ; et l’attribution à Aulnay d’un futur modèle après la C3." (tract CGT du 8 novembre 2011 - la CGT PSA est tenue par Lutte Ouvrière)

Mais peut-on mener une lutte qui s’élargisse au delà de PSA Aulnay sur de tels objectifs ? Non !

On a pu entendre des militants syndicalistes d’extrême gauche déclarer au rassemblement des salariés de PSA contre les suppressions d’emplois : "Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France." C’est une manière hypocrite de sous-entendre que ce sont les emplois en Chine ou au Brésil qui cassent les emplois en France. C’est faux ! Les emplois baissent partout dans le monde en ce moment, y compris en Chine : la mondialisation n’en est pas la cause, pas plus que les délocalisations. Si le patron veut le faire croire, ce n’est pas un hasard...

Le patronat n’est plus en train de mondialiser l’économie, il est en train de mondialiser la chute irrévocable de son système....

Le raisonnement précédent sous-entend qu’il s’agit simplement de délocalisations en vue d’augmenter les profits et que la racine de cette politique n’a rien à voir avec la crise que connait le système mondial. C’est faux.

Cette manière de raisonner laisse entendre que les suppressions d’emplois ne sont pas liées aux désordres financiers, boursiers, monétaires et économiques du système mondial. Et c’est faux.

C’est une manière de dire que le patron de PSA mène une politique particulière qui est particulièrement hostile aux travailleurs et qu’il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c’est faux.

C’est faux parce que l’offensive contre les travailleurs n’est nullement cantonnée à PSA. La première des choses à faire pour élever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit être générale et qu’il est vital de se mobiliser à des niveaux plus important qu’un site comme Citroën Aulnay et même qu’un groupe comme PSA. Il va falloir entraîner toute l’Automobile et même toute la classe ouvrière.

Les licenciements à PSA sont un ballon d’essai qui suit les licenciements et fermetures d’usines chez les sous-traitants de l’Automobile.

Les suppressions d’emplois à PSA ont le même motif que celles à la BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole, Philips, Areva et Air France, notamment... Au lieu de particulariser PSA, des travailleurs conscients devraient lier les luttes des travailleurs entre elles, dans l’Automobile et au delà.

Les luttes des travailleurs des sous-traitants de Peugeot et Renault ayant été isolées et battues, il devient possible de s’attaquer à PSA d’abord puis, un peu plus tard, à Renault.

Est-ce que ces syndicalistes mènent une propagande active permettant aux salariés du reste de l’Automobile de comprendre et combattre cette manœuvre de division ? Nullement !

Les syndicalistes expliquent au contraire la situation site par site (défendre Aulnay), entreprise par entreprise, pays par pays.

Pour quelle raison, les travailleurs de PSA seraient-ils suivis par ceux de Renault sur l’objectif unique de "sauver l’emploi à PSA" ?

Un exemple du manque de clarté de la propagande de LO sur les délocalisations : la déclaration de la candidate Arthaud :

"Que proposez-vous pour réindustrialiser le pays ? « Nous n’avons rien contre le fait d’investir à l’étranger. Mais il faut que les groupes assurent le travail et le salaire des travailleurs en France. "

Tout est dans le "mais" et dans "des travailleurs ... en France". Pourquoi en France opposé à "investir à l’étranger " ? !!!!

Lire ici : lutte-ouvriere.org/en-regions/champagne-ardenne-300/revue-de-presse-314/article/arthaud-remplacer-la-dictature-de

Les « solutions » d’extrême gauche pour les travailleurs face à la crise ?

- Face aux fermetures et licenciements, réclamer du travail pour « sa boite » ? « Les travailleurs de PSA-Citroën Aulnay réclament qu’on produise la nouvelle voiture chez eux, ce qui leur donnerait du travail jusqu’en 2016 … » selon la CGT tenue par le groupe d’extrême gauche Lutte Ouvrière. Cette organisation écrit : « Peugeot-Citroën est un des trusts les plus riches du pays. Il n’est pas en difficulté. » Comme si la politique des trusts était seulement une question de « difficultés » économiques. S’attaquer aux travailleurs d’une entreprise importante qui a mené des luttes, c’est un objectif politique de classe pour le patronat et il faut le dire…Lutte ouvrière écrit : « Sa fermeture serait un drame pour les travailleurs qui seront mis dehors. Mais cela sera aussi une catastrophe pour tous les jeunes de ce département sinistré. » au lieu de développer une argumentation montrant que les travailleurs pourraient être une force prenant la tête des chômeurs de la région et des boites moyennes et petites qui y licencient.

- Face à une attaque générale, se battre entreprise par entreprise ? Au même moment où PSA menace l’emploi, des milliers de travailleurs de l’Automobile sont eux-mêmes attaqués : Les salariés de la Fonderie de Bretagne, l’ex-SBFM, à Caudan, de MBF Technologies, à Saint-Claude, de l’usine de connectique automobile Molex de Villemur-sur-tarn (Haute-Garonne), de l’usine Sealynx à Charleval (Eure) sont licenciés ou vont l’être par Renault et PSA. Vont-ils trouver une manière de se battre ensemble avec les salariés de PSA Aulnay sur le slogan : la nouvelle voiture pour Aulnay ?

- Proposer une lutte pays par pays ? « Les grecs ont raison de se battre ». « Les peuples arabes ont raison de se battre », etc…Est-ce que « les Grecs » sont face à la crise grecque qui ne concernerait pas les travailleurs (et les capitalistes) de France ? Non ! Ce sont notamment les capitalistes de France qui attaquent les travailleurs en Grèce ! Et si les travailleurs en Grèce étaient battus, ce serait également une défaite pour les travailleurs en France…

- Quand la classe ouvrière cherche une lutte d’ensemble, suivre les syndicats ? Devons-nous, sous prétexte de « solidarité avec le peuple grec » rester ici sans critique de la stratégie des centrales (journées nationales d’action sans organisation des travailleurs) ?

- Lutte ouvrière explique ainsi la situation actuelle : « Partout en Europe, la classe capitaliste essaie de préserver, voire d’augmenter le profit de ses entreprises en bloquant les salaires, en faisant faire plus de travail par moins de travailleurs, en aggravant l’exploitation. » La crise serait donc un prétexte pour nous faire payer puisque les riches ont de l’argent, nous disent-ils. C’est faux : même riche et plus riche que jamais, le capitalisme est dans une nouvelle phase, nécrophile dans laquelle il s’autodétruit et cela change tout pour la lutte des travailleurs qui ne peut en rester à la défense économique sous peine d’aller à la catastrophe. Lutte Ouvrière écrit dans son éditorial, comme si rien n’était changé et qu’il n’y avait rien de neuf depuis 2008, « c’est bien cela, le mécanisme de l’économie capitaliste. Aux deux bouts de la chaîne, ce sont ceux qui travaillent, produisent et font vivre la société qui sont sacrifiés pour enrichir des parasites. (…) Le but est de prélever sur les classes exploitées ce qui est transféré à la classe capitaliste. » C’est faux : depuis l’effondrement du capitalisme de 2008, les capitalistes mènent une lutte politique pour faire ravaler aux travailleurs leurs perspectives de classe. Faire croire que la situation actuelle, ce sont seulement des riches qui veulent nous faire payer la crise, que c’est seulement une lutte économique entre riches et pauvres, c’est nous faire renoncer à la lutte politique du prolétariat pour donner une nouvelle direction à toute la société.

- Quel combat de classe ? Dire aux travailleurs qu’il faudra lutter sans leur dire pourquoi on nous a battus dans notre dernière lutte des retraites pour ne parler que de celle-là ? L’édito de LO écrit ; « Il faudra des luttes puissantes pour imposer ces deux objectifs. » Mais dites nous plutôt comment faire en sorte qu’une lutte comme celle des retraites ne mène pas à une défaite. Et d’abord ayez le courage de nous dire que nous avons été battus du fait de la politique de l’intersyndicale. Seule la vérité peut nous permettre de nous battre dans les luttes à venir…

Jean-Pierre Mercier menace : "Tous les candidats à la présidentielle vont entendre parler de PSA".

A Aulnay, au lieu de donner comme objectif de faire reculer les classes dirigeantes en leur faisant craindre l’action de milliers de travailleurs venant sur place défendre les employés de banque, les enseignants, les infirmières, étendant la lutte à tous les sous-traitants automobile, etc, les dirigeants de la lutte proposent seulement de faire peur aux candidats à la présidentielle...

Voir ici (www.cgt-psa-aulnay.fr/multimedia) la video de Mercier qui fait de la pub pour le contrat de confiance : "ouvriers mobilisez vous pour obtenir de PSA un accord de garantie de maintient de l’emploi à Aulnay".

"Faites s’engager les candidats à l’élection présidentielle pour la sauvegarde de l’emploi".

"Allez réclamer dignement à Sarkozy qu’il s’engage à ne pas fermer l’usine".

Mercier déclarait ainsi le 23 juin :

« PSA s’était engagé la main sur le cœur, au moment où il obtenait le prêt de trois milliards, à ne pas fermer de site en France. Alors la France d’en bas, ceux qui se lèvent tôt, comme disait le président de la République, est-ce que le gouvernement va laisser faire PSA pour fermer cette usine d’Aulnay-sous-Bois ? […] Alors nous posons la question concrètement au gouvernement : est-ce qu’il va laisser faire PSA, ou est-ce qu’il va demander lui aussi des engagements écrits de PSA pour qu’il s’engage à garantir l’ensemble des emplois et un nouveau véhicule sur le site d’Aulnay-sous-Bois ? »

« On assiste à une lente mais sûre décrue de la production à Aulnay, depuis plusieurs années, selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT. Pourtant, fabriquer une voiture du segment B ici ou à Poissy coûte le même prix. » Comme si un révolutionnaire pouvait discuter du prix que coûte de travailler ici ou là comme d’un argument dans un sens ou un autre !!!

Voir aussi l’article publié dans Lutte Ouvrière du 1er juillet :

Pour Lutte ouvrière, "ce qui se discute dans les ateliers, quotidiennement, c’est le fait que pour mettre un coup d’arrêt aux projets de la direction, et imposer que le travail soit partagé entre les usines d’Aulnay, de Poissy et de Mulhouse" !!!

Un tract CGT écrit :

"Le 15 décembre nous étions 400 travailleurs sur le parking d’Aulnay pour adresser publiquement une lettre à Sarkozy lui demandant de convoquer une réunion avec PSA, le gouvernement et les syndicats. Pour qu’un accord soit établi garantissant le maintien de tous les emplois chez PSA, notamment à Aulnay, avec la production de la C3 en deux équipes jusqu’en 2016. Cette lettre signée par SIA, CGT, FO, SUD, CFDT CFTC de l’usine a été envoyée à Sarkozy le 21 décembre. Une copie de cette lettre sera envoyée à Hollande."

D’un côté, on ne met en avant que la C3 ! Le véhicule qui "doit être produit à Aulnay". De l’autre on dénonce les pays à low cost.

On est parfaitement dans le syndicalisme réformiste qui mène dans le mur...

La CGT (en somme LO) a adressé "une lettre ouverte au président de la République pour la tenue d’une table ronde sur l’avenir de la production à Aulnay".

L’avenir de qui ? De la production à Aulnay ! Pas l’avenir de l’ensemble des salariés !!! Qu’ils soient d’une entreprise ou d’une autre....

Mercier, dirigeant CGT et LO, dans son discours lors de la manifestation à Aulnay le 18/02/2012 :

"Il faut construire une véritable forteresse dans cette usine.

Nous sommes 3500 travailleurs et représentons une force dans cette usine. Nous représentons une force considérable et nous allons trouver des soutiens dans les autres usines."

C’est des soutiens ou c’est un combat ensemble contre la classe capitaliste ? ça change tout !

Notre réponse aux suppressions massives d’emploi doit consister en une riposte unie des travailleurs frappés, regroupant les travailleurs de PSA et les infirmières, les Arcelor (Fleurange) et les postiers, les employés de la BNP Paribas, de la Société générale et les cheminots, secteur privé et secteur public, les jeunes, les chômeurs, les femmes qui subissent de plein fouet le chômage de masse.

Trotsky dans le Programme de transition :

« Il ne s’agit pas du heurt “normal” d’intérêts matériels opposés. Il s’agit de préserver le prolétariat de la déchéance, de la démoralisation et de la ruine. Il s’agit de la vie et de la mort de la seule classe créatrice et progressive et, par là même, de l’avenir de l’humanité. Si le capitalisme est incapable de satisfaire les revendications qui surgissent infailliblement des maux qu’il a lui-même engendrés, qu’il périsse ! La “possibilité” ou l’“impossibilité” de réaliser les revendications est, dans le cas présent, une question de rapport des forces, qui ne peut être résolue que par la lutte. Sur la base de cette lutte, quels que soient ses succès pratiques immédiats, les ouvriers comprendront mieux que tout la nécessité de liquider l’esclavage capitaliste. »

Ce n’est pas un combat des seuls travailleurs de PSA, mais c’est un combat de tous les travailleurs ou une défaite de tous les travailleurs !!!

Comment les travailleurs de PSA-Peugeot-Citroën peuvent se défendre ? Comment les militants ouvriers peuvent organiser la lutte ? Comment apprécier les buts du patron ? Comment construire le rapport de forces ? Quel mode d’action ? Quelle stratégie pour gagner ? Comment développer notre argumentation pour renforcer la conscience et l’organisation du camp des travailleurs ? Quelle perspective ?

Aujourd’hui, les travailleurs combatifs de PSA sont mobilisés dans la rue devant le siège des patrons de l’usine automobile pour crier leur indignation face à l’annonce de milliers de suppressions d’emplois par l’entreprise automobile alors que celle-ci fait des bénéfices, alors qu’elle a reçu de l’argent de nos impôts pour ne pas supprimer des emplois, alors que le patron s’y était engagé, alors qu’il vend des voitures, alors que les profits sont là, etc...

Tels sont d’ailleurs les arguments développés par les travailleurs et, à leur tête, par les militants syndicalistes dont nombre de militants d’extrême gauche, particulièrement de Lutte Ouvrière et du NPA.

Bien entendu, nous soutenons les travailleurs de PSA face au patron.

Et pourtant, nous estimons que le discours que nous venons de reproduire ci-dessus est le producteur de défaites inévitables et que cette manière de mener les luttes, qui est celle des syndicalistes y compris leur frange de gauche, ne peut mener qu’à la défaite. Et nous estimons très important de ne pas nous contenter de notre solidarité avec les travailleurs face au patron et de dire ce que nous pensons de cette stratégie qui mène à l’échec et à la démoralisation....

Les syndicalistes réformistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n’est qu’un prétexte à des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d’une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur rôle aurait aussi atteint le sien.

Cela signifie que leurs seuls critères sont les ventes et les profits. Mais le critère de la crise actuelle est la fin de l’accumulation privée du capital. Les riches ont beaucoup d’argent, mais ne veulent plus l’investir dans la production et le commerce. Ils spéculent. Et plus ils spéculent, plus la spéculation devient plus intéressante à court terme que l’investissement. C’est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le système. Son seul moyen de tenir momentanément a été l’investissement massif des Etats qui a mené à leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l’Etat a donné et n’arrête pas de donner des milliards et cela ne peut suffire à pallier les investissements des trusts.

Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le Bâtiment spéculent. Cela signifie aussi qu’ils estiment la spéculation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures… Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d’argent en jouant sur les dettes souveraines de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines… de la France ! D’où les suppressions d’emplois et les licenciements en prévision…

Les suppressions d’emploi à PSA ne sont pas plus causées par le manque des véhicules vendus que les licenciements à la Société Générale ou à la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du Bâtiment par le manque d’acheteurs d’appartements.

Tous ces licenciements ont exactement la même cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plutôt sur des spéculations financières, les capitalistes n’investissent plus, les banques ne prêtent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des économies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de même...

Soulignons le mode de raisonnement développé dans les média par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants révolutionnaires : le patron gagne de l’argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont là et les travailleurs n’en bénéficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Brésil alors que c’est un trust français aidé par l’Etat français ; PSA a annoncé s’être tiré de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n’est pas juste. Ce n’est pas moral. Ce n’est pas l’intérêt de l’entreprise. Ce n’est pas social. ce ne devrait pas être accepté par l’Etat français qui a payé pour empêcher les suppressions d’emplois. etc, etc...

Bien entendu, nous comprenons très bien ce que veut dire ce discours : la crise est un prétexte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni même supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...

Cela semble légitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n’est qu’un moyen d’aller direct dans le mur, même si les salariés de PSA se mobilisent...

Et d’abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.

Bien entendu, nous ne prétendons en rien légitimer la politique de suppressions d’emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.

Le raisonnement précédent sous-entend qu’il s’agit simplement de délocalisations en vue d’augmenter les profits et que la racine de cette politique n’a rien à voir avec la crise que connait le système mondial. C’est faux.

Cette manière de raisonner laisse entendre que les suppressions d’emplois ne sont pas liées aux désordres financiers, boursiers, monétaires et économiques du système mondial. Et c’est faux.

C’est une manière de dire que le patron de PSA mène une politique particulière qui est particulièrement hostile aux travailleurs et qu’il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c’est faux.

C’est faux parce que l’offensive contre les travailleurs n’est nullement cantonnée à PSA. La première des choses à faire pour élever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit être générale et qu’il est vital de se mobiliser à des niveaux plus important qu’un site comme Citroën Aulnay et même qu’un groupe comme PSA. Il va falloir entraîner toute l’Automobile et même toute la classe ouvrière.

Les licenciements à PSA sont un ballon d’essai qui suit les licenciements et fermetures d’usines chez les sous-traitants de l’Automobile.

Les luttes des travailleurs des sous-traitants de Peugeot et Renault ayant été isolées et battues, il devient possible de s’attaquer à PSA d’abord puis, un peu plus tard, à Renault.

Est-ce que ces syndicalistes mènent une propagande active permettant aux salariés du reste de l’Automobile de comprendre et combattre cette manœuvre de division ? Nullement !

Les syndicalistes expliquent au contraire la situation site par site (défendre Aulnay), entreprise par entreprise, pays par pays.

Pour quelle raison, les travailleurs de PSA seraient-ils suivis par ceux de Renault sur l’objectif unique de "sauver l’emploi à PSA" ?

De même, dans les entreprises qui étaient menacées de fermeture et qui mettaient uniquement en avant la défense du site, comment seraient-ils parvenus à convaincre l’ensemble de la classe ouvrière qu’elle était concernée par cette lutte ?

Même lorsque d’autres mobilisations nationales avaient lieu en même temps, comme celle des retraites, rien n’a été fait pour élargir et généraliser la lutte. On ne peut pas considérer que les promenades de quelques syndicalistes "en solidarité"’ en tiennent lieu...

Le discours selon lequel "il n’y a pas de crise", selon lequel c’est juste une défense classique des emplois face à des patrons profiteurs, prétend être la meilleure manière de se faire comprendre des salariés. Mais ce n’est pas un argument. La seule manière d’avoir une stratégie juste est qu’elle soit fondée sur une véritable analyse de la situation...

Bien sûr, quand on veut juste avoir un discours dénonciateur, il peut sembler meilleur de dire que le patron est simplement un voyou.

Mais la réalité, c’est que PSA est simplement un patron qui mène une politique patronale tout ce qu’il y a de logique en période de crise mondiale. Il ne veut pas investir et il n’est pas le seul. Tous les patrons du monde cherchent comment ils pourraient se désinvestir sans trop y perdre, se désinvestir de l’industrie et même se désinvestir du commerce.

Car l’autre mensonge que diffusent ces syndicalistes est que "normalement" le capital devrait s’investir dans la production et dans le commerce, que normalement il devrait créer des emplois, que normalement il devrait investir en France, que normalement il devrait partager ses bénéfices, etc... Et il est faux aussi qu’il suffit d’être nombreux à PSA à se mobiliser pour le faire reculer.

C’est même l’affirmation qui est sans doute la plus fausse.

En ce moment, dans une période où le capitalisme est confrontée sans doute à la pire catastrophe de son histoire, il n’est pas question pour un patron de reculer localement...

Si les autres patrons et l’Etat autorisent un patron à attaquer un secteur de la classe ouvrière, c’est justement pour faire une démonstration et démoraliser l’ensemble des travailleurs.

Il suffit que ce secteur se mobilise seul en faisant comme s’il était seul attaqué pour qu’il soit battu.

On pourrait se dire que notre discours est injuste et que les syndicalistes de PSA ne demandent pas mieux que de mobiliser aussi les autres secteurs de l’Automobile et même de toute la classe ouvrière derrière eux. Et c’est vrai. ils vont sans doute faire des gestes dans ce sens et ils auront raison de le faire. Mais tout leur discours aura auparavant retiré tout sens à une mobilisation générale. une vrai mobilisation générale ne peut se réaliser que sur des motifs généraux, pas pour défendre Aulnay ni pour défendre l’emploi à PSA.

Pour gagner, les travailleurs de PSA doivent laisser à penser à leur patron, aux patrons de l’Automobile, aux autres patrons, à l’Etat français, voir aux autres Etats européens, qu’une lutte de classe démarrant à PSA est un véritable danger de généralisation et de victoire faisant payer très cher le plan de suppressions d’emplois à PSA à l’ensemble des patrons, en remontant le moral à tous les travailleurs, en développant des formes d’organisation et de lutte très dangereuses pour toute la classe capitaliste.

La méthode actuelle des syndicalistes de PSA est aux antipodes de cette démarche. Ils restent dans un cadre très acceptable par les appareils syndicaux nationaux pourtant complètement liés à nos ennemis du patronat et de l’Etat. ils ne développent ni des formes de lutte, ni des formes de propagande, ni des formes d’organisation autonome des travailleurs susceptible de se faire craindre de la classe capitaliste et de les faire reculer...

Que feraient des militants et des travailleurs combatifs qui voudraient, en renforçant le rapport de forces de leur classe à PSA, préparer cette classe aux combats qui viennent ?

Tout d’abord, ils bifferaient de leur discours tout ce qui consiste à nier la crise, à la minimiser sous prétexte que les patrons sont riches, qu’ils font des profits, qu’ils se distribuent de l’argent. Bien sûr, les patrons profitent et ont toujours profité, crise ou pas crise. Mais justement, cela ne prouve pas qu’il n’y a pas de crise.

Or, pour la manière de lutter qu’il y ait ou pas un véritable effondrement actuel du système est une question déterminante pour les perspectives de la lutte et, du coup, pour la manière de la mener.

Si c’est une lutte à mort entre les travailleurs et le système, il ne peut plus être question de compter sur les directions syndicales qui sont liées au système...

Il ne peut plus être question de compter sur des luttes localisées.

Il ne peut plus être question de faire croire que l’objectif est la défense des emplois dans le cadre du système. Il faut absolument souligner que, si le système menace nos emplois, nous menaçons mortellement le système...

Il convient de souligner un point : nous ne reprochons pas à des travailleurs ou à des militants d’avoir adhéré à des syndicats, mais nous estimons que cela ne les oblige pas à militer pour que les syndicats dirigent les luttes.

Il est même indispensable que les organisations syndicales ne les dirigent pas et que ce soient des comités élus et révocables de travailleurs, syndiqués et non syndiqués, qui les dirigent.

Mais, me direz-vous, Citroën-Aulnay est justement une entreprise où des militants d’extrême gauche (de Lutte Ouvrière) ont constitué des comités de grève.

Eh bien, nous estimons que cela n’a pas empêché que la lutte reste dirigée par les syndicats parce que les militants qui ont constitué le comité souhaitaient la maintenir ainsi.

Des comités de grève ne sont pas des réunions qui restent en interne. Leurs élus ne se présentent pas aux média avec des étiquettes syndicales mais avec l’étiquette du comité de grève, diffusent les tracts du comité de grève, ont les badges du comité de grève, font savoir aux travailleurs qui manifestent avec eux pourquoi et comment ils se sont organisés en comité de grève. Ils montrent aussi comment et en quoi la politique du comité de grève se distingue de celle des centrales syndicales... Cela n’a pas été la politique de l’extrême gauche, pas plus à PSA qu’ailleurs...

La force de la classe ouvrière est dans sa conscience et dans son organisation. Par conséquent, il est fondamental que les militants ouvriers se fondent sur une véritable analyse de la situation et ensuite il est fondamental qu’ils militent (à l’intérieur et à l’extérieur) pour que les travailleurs soient organisés en comités indépendants des appareils syndicaux.

Bien sûr, les comités ne sont pas une panacée et il est possible que des militants syndicalistes en fabriquent qui ne soient pas de vrais organes de classe. Cela n’empêche pas que des militants révolutionnaires de la classe ouvrière doivent combattre la volonté des appareils syndicaux de diriger les luttes. Il est logique que les réformistes se battent au sein des comités de grève pour les détourner de leur chemin. Mais c’est seulement au sein de tels comités que les travailleurs peuvent se préparer à leurs tâches de direction de leurs luttes qui mènent à leurs tâches de direction de toute la société...

Ce n’est pas une lutte d’appareil, mais une lutte de classe et une lutte politique. les buts politiques et sociaux des appareils syndicaux sont l’accompagnement du capitalisme. L’intérêt politique et social des travailleurs est dans le renversement du système. En période d’effondrement de celui-ci, cela devient vital....

Les militants et travailleurs conscients, qui souhaitent réellement défendre les intérêts de leur classe, c’est-à-dire en cette période la lutte vers le pouvoir aux travailleurs doivent :

- oeuvrer dans toutes les circonstances pour l’auto-organisation des travailleurs, même si cela nécessite de combattre les illusions des travailleurs eux-mêmes et surtout si cela nécessite de combattre les appareils syndicaux
- ne rien cacher sur la signification de la crise actuelle
- combattre toutes les illusions selon lesquelles l’Etat devrait faire ceci ou cela
- développer la conscience qu’il ne suffit plus de défendre nos acquis, mais qu’il faut mener le combat contre le système dans son ensemble et à l’échelle mondiale
- développer les liens inter-sites, inter-entreprises, internationaux, et, en particulier, casser la propagande sur la mondialisation, sur les délocalisations. Cette dernière propagande organise la principale division, celle entre travailleurs du monde...

On a pu entendre des militants syndicalistes d’extrême gauche déclarer aujourd’hui : "Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France." C’est une manière hypocrite de sous-entendre que ce sont les emplois en Chine ou au Brésil qui cassent les emplois en France. C’est faux ! Les emplois baissent partout dans le monde en ce moment, y compris en Chine : la mondialisation n’en est pas la cause, pas plus que les délocalisations. Si le patron veut le faire croire, ce n’est pas un hasard...

Le patronat n’est plus en train de mondialiser l’économie, il est en train de mondialiser la chute irrévocable de son système....

Tous les prétextes selon lesquels les travailleurs ne peuvent pas entendre un tel discours sont fallacieux. Les organisations qui ne sont plus capables de tenir un tel discours ont fait un choix. Aux militants conscients de le comprendre et de choisir eux aussi...

Robert Paris

L’un des slogans avancés par Lutte Ouvrière via la CGT de PSA AUlnay était la répartition du travail entre les usines de PSA. Il est bien entendu complètement dépassé par la réalité des événements et ne fait que révéler à quel point les militants de LO étaient persuadés que les licenciements allaient toucher essentiellement les ouvriers d’Aulnay !

TOUS LES SITES SONT TOUCHES ET PAS SEULEMENT AULNAY !!!

Les suppressions d’emplois sont les plus nombreuses à Aulnay qui ferme mais elles concernent aussi Rennes, et Poissy ainsi que l’ingénierie, la R et D...

Sur Vélizy (A et B) plus Meudon, il y aurait la fermeture de Meudon et 684 suppressions d’emplois à Vélizy soit environ 1400 suppressions de postes sur un total de 6500 salariés y travaillant actuellement ! C’est invraisemblable que l’on en dise aussi peu sur Vélizy-Meudon dans les média, dans les syndicats, dans le gouvernement !!! Cela signifie que tout leur jeu va consister à isoler Aulnay et que tout notre intérêt est d’unir la lutte des différents sites de PSA et aussi d’unir les salariés de PSA à tous ceux de l’Automobile et à tous les travailleurs dont les emplois sont menacés comme nous !!! Ne nous laissons pas diviser !

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  • LO était différente en 1967 :

    Ce qui est cependant remarquable dans l’attitude des grandes Centrales syndicales françaises c’est, au-delà de leurs désaccords tactiques et accessoires sur l’opportunité de tel ou tel mouvement, la profonde unité de comportement qui leur fait fondamentalement renoncer à toute lutte, à toute réaction qui ait la moindre chance d’obtenir un résultat revendicatif quelconque. En effet, ce ne sont pas les grèves de cinq jours des cheminots ou de 24 heures de l’électricité qui auraient pu faire aboutir même la plus mineure des revendications de ces deux corporations. Ce n’est pas non plus la grève générale du 13 décembre qui changera la situation où se trouvent les travailleurs à l’heure actuelle. Nous ne comptons plus les « journées » de cette sorte intéressant telle ou telle corporation, ou toute une branche comme les Services Publics ou même l’ensemble des travailleurs, comme l’arrêt général du 17 mai dernier. Ce ne sont pas ces mouvements symboliques qui peuvent contraindre le patronat à céder et a fortiori le gouvernement.

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